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Quelques couleuvres

Posté par othoharmonie le 13 mai 2012

 

La Couleuvre à collier, Natrix natrix, est une espèce de serpents de la famille des Colubridae.

Cette couleuvre est un serpent non venimeux d’Europe. Son collier clair, ses pupilles rondes, et ses larges écailles frontales la distingue des Vipères, dont elle contribue à limiter la population. Elle se distingue également par une allure plus fine, tandis qu’elle peut dépasser les 60 cm de longueur et atteindre 150 cm.

Lorsque la couleuvre à collier est dérangée, sa première défense est la fuite. Elle a tendance à se sauver en nageant à grande vitesse à la surface de l’eau. Sinon, elle peut siffler fortement, simuler une attaque en frappant sans ouvrir vraiment la gueule. Il est extrêmement rare qu’elle se défende en mordant. Si on la saisit, elle s’enroule autour de son agresseur, et sécrète une forte odeur en déversant le contenu malodorant de ses glandes cloacales. Elle peut aussi simuler la mort et de mettant inerte sur le dos, la bouche ouverte et la langue pendante.

La couleuvre à collier est une espèce protégée sur l’ensemble du territoire métropolitain français

Détail de la tête de Natrix natrix avec, en couleur, l'écaille temporale (en rouge), les écailles post-oculaires (en vert) et l'écaille préoculaire (en bleu).

La Couleuvre vipérine (Natrix maura) est une espèce de serpent de la famille des colubridés

Elle se rencontre en Europe (France, Espagne, Portugal, Suisse, Italie) ainsi qu’en Afrique du Nord (Algérie, Tunisie, Maroc et Libye). On la rencontre également sur certaines îles alentours comme la Sardaigne.

Natrix maura fréquente généralement des sous-bois et milieux humides, vivant souvent non loin de points d’eau (mares, lacs ou cours d’eau n’ayant pas beaucoup de courant).

Elle est appelée « vipérine » car ses motifs ressemblent à ceux de certaines vipères. Contrairement à celles-ci, elle ne possède pas de venin et présente des pupilles rondes et non fendues verticalement. Elle est souvent confondue, de ce fait, avec Vipera aspis var. atra de couleur grise et Vipera aspic var. fransciredi (marron orangé) avec qui elle partage une partie de son aire de répartition. Cette stratégie adaptative lui permet de faire croire à de potentiels prédateurs qu’elle est venimeuse, à l’instar de la vipère aspic.

Cette confusion a par ailleurs donné naissance au mythe de « l’aspic d’eau » qui serait une vipère vivant dans les cours d’eau. Il s’agit en réalité de la couleuvre vipérine et non de la vipère aspic puisque cette dernière ne fréquente généralement pas les milieux humides.

Quelques couleuvres dans SERPENT 220px-Natrix_maura_02_by-dpc

 

Coronella est un genre de serpents de la famille des Colubridae. Les membres de ce genre sont couramment appelés coronelles.

Les espèces de ce genre se rencontrent en Afrique du Nord, sur une grande partie du continent eurasien, de la France à la Russie, et en Inde.

Les membres de ce genre dépassent rarement les 60 cm de longueur. Leur cou est peu marqué, de sorte que le tête s’inscrit dans le prolongement du corps. Leurs pupilles sont rondes. Les dents de la mâchoire supérieure sont plus grandes vers l’arrière de la gueule. Le corps est presque cylindrique et couvert d’écailles lisses. Les sous-caudales sont jumelées.

Un serpent grisâtre est lové sur des rochers

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Serpents dans tous ses états

Posté par othoharmonie le 12 mai 2012

 

 Issu du livre : »Un zèbre au Sahara » de Chris Saunier

 

Serpents dans tous ses états dans SERPENT DSC_2764-recDepuis qu’Eve a croqué la pomme, les serpents ont mauvaise réputation.

 Pour beaucoup d’entre nous, ces animaux sans bras ni jambes symbolisent encore la perfidie. On les gratifie volontiers d’une intelligence ne dépassant pas celle d’une assiette de couscous. Pourtant, ils parviennent à survivre aux  pires conditions. Cette prouesse mérite quand même quelques explications…

Comme beaucoup de ses cousins, la vipère à cornes est sourde comme un pot. 

Elle n’a pas plus d’ouïe qu’un fer à repasser. En revanche, elle dispose d’un odorat qui ferait baver de jalousie n’importe lequel de nos toutous.

 Son autre talent est moins célèbre. Il n’a été reconnu que très tard, et tout à fait par hasard. On doit cette découverte à une équipe de jeunes sismologues japonais. Au cours d’un voyage d’études dans le désert, ils remarquèrent cette race de vipères, encore plus sauvage que les autres.  Perdue au milieu des dunes, avec peu de nourriture aux alentours, la vipère à cornes ne devait sa survie qu’à un système de chasse bien particulier. Elle possédait une aptitude démesurée à ressentir les vibrations du sol. Beaucoup plus prononcée que chez les autres serpents, elle utilisait cette supériorité pour localiser ses proies, à distance. Elle pouvait ainsi déceler le pas d’un animal à plusieurs kilomètres!

 En face d’une telle découverte, les étudiants nippons rentrèrent pensifs au pays du soleil levant. L’idée germa et l’année suivante, ils financèrent eux-mêmes une expédition qui retourna au Sahara. Son but : capturer des vipères à cornes pour les étudier. Dès que les premiers spécimens arrivèrent au Japon,  les travaux commencèrent. Les facultés de ces bestioles pour détecter les variations sismiques allaient être efficacement utilisées. C’est ainsi que le Japon mit en place l’un des tous premiers systèmes de prévision des tremblements de terre.

 Donc, si un jour vous croisez une vipère à cornes et qu’elle s’enfuit à votre approche,  ne vous imaginez surtout pas que votre arrivée ait pu la surprendre. 

Mine de rien, ça faisait déjà un bon quart d’heure qu’elle vous « écoutait marcher ». 

Ne vous fiez pas non plus à son allure nonchalante. Derrière ses faux airs de  spaghetti trop cuit, cet animal reste perpétuellement à l’écoute de son environnement.

 Côté serpents, la France est plutôt bien lotie. Nos petits orvets terrorisent autant  qu’un lacet de chaussure. Quant à nos grosses couleuvres, elles ne sont pas plus venimeuses que des chipolatas. En faisant du camping sauvage, l’une d’elles a même partagé illicitement mon duvet. Discrètement enroulée contre mon ventre, je ne l’ai découverte qu’au matin, en ouvrant les yeux. Je vous laisse imaginer à quel point le réveil fut mouvementé… 

 Seule, la rarissime couleuvre de Montpellier dispose d’un venin. C’est le reptile venimeux le plus long et le plus rapide d’Europe, mais  la pauvre bête n’est pas gâtée par la nature. Avec ses crochets dissimulés tout au fond de la gueule, il lui est pratiquement impossible de mordre un humain. A moins, bien sûr, qu’il ne lui tende le doigt, mais la cervelle  est alors à soigner autant que la morsure… 

 Ce curieux serpent, résultat probable du croisement entre un tuyau d’arrosage et une agrafeuse, reste une exception de la nature.

A la suite d une morsure de serpent, des mesures rapides doivent être prises. 

Il faut commencer par nettoyer la plaie. Un bandage doit ensuite être posé sur la blessure et le blessé doit être transporté d’urgence dans la plus proche unité de soins. En cas de doute, le serpent doit être tué et apporté pour identification,  ce qui déterminera l’administration d’un sérum antivenimeux spécifique.  Pas facile de courir après un cobra de deux mètres qui vient de vous infliger une profonde morsure. Il connaît bien son territoire et, à la vitesse où il se débine,  vous risquez une embolie. Quant à le tuer, je vous laisse le soin d’imaginer une méthode…

  Au Maroc, comme dans beaucoup de pays chauds, le venin des serpents se modifie beaucoup avec l’environnement. Il n’a pas toujours la même composition qui dépend de la nourriture, de la fréquence de ses repas, et aussi de la température extérieure et du climat. Dans cette région du globe, la variation saisonnière de la toxicité des venins est très importante.  Ainsi, ils deviennent plus alcalins et plus actifs si la température s’élève. 

ophuicius_grec dans SERPENT   Dans les régions bordant le Sahara, il existe des circuits touristiques très connus. Ils donnent un aperçu paradisiaque du désert et présentent l’avantage d’être sans danger. On y croise aussi bien des retraités passionnés par les belles photos que des baroudeurs du dimanche en mal d’exotisme. En milieu d’après-midi, les convois d’autobus, ou de Land roover, déposent les grappes de touristes au pied des immenses dunes. En attendant de pouvoir photographier le coucher du soleil, chacun s’affaire pour monter sa tente.

Les bêtes qui vivent dans les parages ont pris l’habitude d’attendre sagement le départ des voyageurs avant d’aller fouiller les restes de leurs repas. Ces animaux trouvent régulièrement de la nourriture et ne sont donc absolument pas agressifs. Comme le prétend ce vieux proverbe africain : «  la nourriture calme !  ». Ici, les bestioles sont plutôt craintives et s’enfuient à l’approche de l’homme.

Si l’on pénètre dans le désert en utilisant les pistes, on se sent peut être plus aventurier, mais le contact avec les animaux reste le même. La véritable aventure commence là où personne ne va jamais. Pour cela, il faut quitter définitivement les pistes et s’enfoncer profondément dans le désert. Alors, la nourriture devient rare, voire inexistante. Le comportement des animaux change du tout au tout. Pour les bestioles du quartier, le moindre objet qui traverse le paysage représente peut-être le dernier repas avant longtemps. Alors, l’animal affamé ne fait plus la différence entre une souris et une voiture. Il s’attaque à tout ce qui n’est pas en sable. La survie dans un désert est à ce prix. Alors qu’ailleurs un autoradio resté allumé ferait fuir les animaux, ici, il va au contraire attirer bon nombre de bestioles. S’il y a dans les parages des écailles, des poils ou des dents, elles ne tarderont pas à rappliquer…

Un matin, j’avais quelques vérifications à effectuer avant de démarrer. A moitié réveillé, j’ai ouvert la portière et mis les pieds dans le sable. Aussitôt, un serpent est sorti de sous la voiture. C’est le genre de surprise qui vous déclenche un réveil explosif. Je suis passé instantanément de l’état nébuleux à celui de ressort. Je me suis retrouvé debout sur le capot, sans me souvenir comment j’y étais monté. Les pupilles bien collées au fond des yeux, j’ai ensuite passé le reste de la journée à regarder constamment derrière moi.

Donc, le matin, avant de descendre de sa voiture mieux vaut regarder où on pose le pied. L’ombre du véhicule a certainement attiré bon nombre de petits animaux. Sous la voiture, c’est peut-être devenu un zoo. Si le premier coup de démarreur fait détaler quelques fennecs, c’est plutôt bon signe. Leur caractère de prédateur est la garantie qu’aucune autre bestiole n’a pu s’introduire sous le véhicule. Sinon, il peut y avoir des serpents, ou des scorpions noirs. Leur piqûre est tout simplement mortelle. Alors, il est conseillé de démarrer et de rouler un peu. Les vibrations de la voiture permettent aussi de se débarrasser des bestioles nocturnes qui auraient pu se faufiler sur les pièces mécaniques. Je me souviens d’un autre réveil dans la voiture, les vitres couvertes d’araignées. J’ai découvert plus loin, la carcasse d’un animal qui leur servait de nid.

Voir d’autres chapitres du livre ici : http://perso.magic.fr/unzebreausahara/lire_un_chapitre.htm

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