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LES CARACTERISTIQUES DU SINGE SACRE

Posté par othoharmonie le 30 avril 2015

 

 

 

1_txdam30243_9dd4e4L’entelle, ou singe sacré, a deux traits caractéristiques : des formes fines et élancées qui le différencient du macaque, nettement plus lourd, et une face noire aux yeux curieux entourée de poils blancs formant une sorte de cagoule à visière.

La longueur de ses membres montre sa parfaite adaptation à la vie arboricole. Il présente les caractéristiques du groupe des colobinés, à savoir des mains et des pieds relativement longs du fait d’un développement important des phalanges, et des pouces courts, surtout ceux de la main. Cette longue main permet de bonnes prises lors des déplacements dans les arbres.

Sur les grosses branches, les entelles se déplacent à quatre pattes, mais sur les rameaux plus fins, ils grimpent et font de l’escalade. Quand ils ne sautent ni ne courent, les entelles se reposent, assis. Il leur arrive de s’allonger sur le ventre ou sur le flanc, mais leur position habituelle est d’être assis sur les fesses, aussi bien pour manger que pour dormir. L’entelle a une callosité ischiale sur chaque fesse. Ces callosités sont contiguës chez le mâle, mais nettement séparées chez la femelle, contrairement à ce que l’on observe chez les babouins ou les macaques.

Les sens de l’entelle sont probablement proches de ceux de l’espèce humaine. La vision binoculaire bien développée permet une juste perception des distances, ce qui est essentiel lors des sauts d’arbre en arbre. L’ouïe est comparable à la nôtre. L’odorat n’est peut-être pas très utilisé, étant donné que la plupart des communications sont auditives et visuelles. Ce sens est néanmoins important à courte distance pour sélectionner l’alimentation, et dans les relations interindividuelles (mère-jeune et adultes entre eux).

Comme tous les colobinés, le singe sacré a un thorax assez large, mais, à la différence des autres membres de sa sous-famille, il n’a pas un très gros ventre et ce, malgré le fort développement de son estomac.

La longue queue de l’entelle a un diamètre quasi constant à tout âge et ne présente pas de touffe terminale, comme chez d’autres colobinés. Pendant les courses et les sauts, à terre comme dans les branches, elle lui sert de balancier ou de contrepoids. Quand il est assis sur une branche, sa queue, pendante, joue un rôle de stabilisateur en abaissant son centre de gravité. Chez les jeunes animaux, elle est, aussi, l’objet de nombreux jeux.

Si les paumes des mains et des pieds sont nues, le dessus est recouvert de fourrure nettement plus foncée que le reste du corps.

Sur le visage, de face, l’encadrement bien net des poils laisse le museau noir très dégagé. Comme chez tous les singes de l’Ancien Monde, les narines sont rapprochées. L’écartement des yeux, relativement grand, contribue à améliorer la vision binoculaire. La vision stéréoscopique est une acquisition des primates, liée à la vie arboricole. Comme chez tous les singes – à l’exception des espèces nocturnes (les douroucoulis d’Amérique du Sud, genre Aotus) –, la rétine est composée de cônes et de bâtonnets. Les cônes donnent une bonne acuité visuelle et la vision des couleurs. Les bâtonnets, plutôt situés en périphérie de la rétine, permettent une certaine vision dans la pénombre. Chez le singe sacré, la zone centrale de la rétine est ainsi composée de cellules en cônes avec la fovéa (point d’acuité visuelle maximum) placée en son centre.

 

Comme celle de l’homme, la dentition du singe sacré comporte 32 dents. Les canines des mâles sont nettement plus développées que celles des femelles et leur servent probablement lors des luttes ayant pour enjeu la domination des groupes de femelles et de jeunes. Les molaires et les prémolaires sont munies de pointes, ou cuspides. L’intérieur des molaires du haut et l’extérieur de celles du bas sont moins renforcés et moins convexes que chez les cercopithécinés (macaques, babouins…). Cette différence caractéristique est importante, surtout, pour reconnaître les primates fossiles. N’ayant pas à stocker de nourriture dans ses joues, le singe sacré n’a pas de poche jugale.

 

Les entelles, se rencontrent au Pakistan, en Inde, au Sri Lanka et au Bangladesh. Ils habitent aussi bien à près de 4 000 m d’altitude, dans les hautes vallées himalayennes du Cachemire, que dans les forêts tropicales côtières, en passant par des paysages relativement secs et ouverts du centre de l’Inde. Sur ce vaste domaine, ils côtoient nombre d’autres singes, tels que le macaque rhésus, Macaca mulatta, dans tout le nord de la péninsule indienne, le macaque bonnet, Macaca radiata, au sud de la rivière Godavari, le macaque à toque,Macaca sinica, au Sri Lanka, et le rare macaque à queue de lion, Macaca silenus, dans les forêts des Ghats occidentaux du sud de l’Inde. Mais, où qu’ils se trouvent, les entelles ne cohabitent généralement qu’avec une seule espèce de macaque. La concurrence entre eux est limitée du fait que les macaques sont nettement plus terrestres et plus omnivores que les entelles. Le menu du macaque rhésus, par exemple, contient 19 % de feuilles contre 54 % pour les entelles ; et 72 % de fruits et de graines contre 37 % pour les entelles. Les fleurs représentent respectivement 4 et 5 % dans le menu de l’une et l’autre espèces et les petites proies 2 % et 0 %. Leurs spectres alimentaires sont donc suffisamment différents pour que ces singes puissent cohabiter sans difficulté. On les voit même parfois se nourrir ensemble sur un arbre en pleine fructification.

imagesLe sud de l’Inde, montagneux et couvert de forêts humides, principalement sur la face occidentale des Ghats, héberge à la fois l’entelle Semnopithecus dussumieri, le langur du Nilgiri, Trachypithecus johnii, le macaque bonnet et le macaque à queue de lion. Ce dernier, plus arboricole que le macaque bonnet, consomme régulièrement des fruits (il laisse d’ailleurs la moitié des graines, favorisant ainsi la reproduction des arbres), mais il ne constitue pas une dangereuse concurrence car il reste à peine 1000 représentants de cette espèce. Le langur du Nilgiri, au pelage foncé, habite surtout les forêts d’altitude entre 900 et 2 000 m. Plus arboricole que le singe sacré, il affectionne les massifs forestiers humides ouverts aux vents de l’ouest, qui apportent la mousson, en juillet. Il mange beaucoup plus de feuilles (71 % de son régime) mais moins de fruits (17 %) et de graines (10 %) que celui-ci. Ce sont ces différences de régime alimentaire qui permettent à toutes ces espèces de cohabiter.

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LA VIE DES GORILLES

Posté par othoharmonie le 22 avril 2015

 

 

800px-Cross-river-gorillaLes gorilles habitent les forêts et sont actifs le jour. Tandis que les gorilles des pays plats préfèrent les forêts tropicales humides, les gorilles des montagnes vivent plutôt dans les forêts secondaires. Les gorilles des montagnes se tiennent la plupart du temps au sol. Les gorilles des pays plats grimpent souvent dans les arbres à la recherche de nourriture, même les mâles lourds montent fréquemment dans des arbres dont la hauteur peut atteindre vingt mètres. À terre, les gorilles marchent à quatre pattes en s’appuyant sur les phalanges de leurs mains et non sur les paumes comme d’autres singes plus franchement quadrupèdes. Chaque nuit, pour se reposer, ils construisent un nid de feuilles en à peine cinq minutes. Les gorilles de montagne ont leurs nids à terre la plupart du temps, les gorilles des pays plats dans les arbres.

Les gorilles vivent en groupe avec à leur tête un mâle adulte appelé « dos argenté ». La composition des groupes varie de deux à trente individus, la moyenne se situant entre 10 et 15. En général chaque groupe se compose d’un mâle adulte (mâle à dos d’argent), d’un ou de plusieurs mâles plus jeunes (mâles à dos noirs), de plusieurs femelles adultes (cinq à six) et de quelques petits. Lorsqu’il y a plusieurs mâles dans un groupe, seul le mâle dominant peut s’accoupler.

Le comportement des groupes est variable, les séparations temporaires pour la recherche de nourriture sont fréquentes. Contrairement à beaucoup d’autres genres de primates ce sont le plus souvent les femelles qui quittent le groupe pour en trouver un autre. Les groupes durent généralement longtemps, parfois surviennent des luttes entre mâles pour savoir qui dirigera le groupe. Si un nouveau mâle gagne, il tue la descendance du vaincu. On peut voir dans cet infanticide un profit biologique du fait que les femelles qui allaitent ne peuvent pas concevoir et, après la mort de leur petit, sont rapidement prêtes à copuler de nouveau.

L’instinct territorial est peu développé, plusieurs groupes cherchent leur nourriture aux mêmes endroits et s’évitent les uns les autres. Comme leur nourriture se compose surtout de feuilles, ils n’ont pas à aller bien loin pour la trouver, d’abord parce que les feuilles abondent, ensuite parce qu’elles sont peu nutritives, ce qui les oblige à de longues périodes de repos. Les gorilles connaissent toute une série de sons, des cris et de grognements qu’ils utilisent pour reconnaître les membres de leur groupe et les étrangers et aussi comme moyen d’intimidation. On connaît bien leur façon de se frapper la poitrine. On croyait autrefois ce comportement réservé aux mâles plus âgés, on le retrouve en fait chez tous. Il sert probablement à signaler sa position, ou il s’agit d’un rituel de bienvenue. Début 2009, l’une des plus vastes études jamais faites sur les grands singes, menée par des scientifiques de l’Université de Saint-Andrews en Écosse, indique l’existence d’un langage commun chez tous les gorilles basé sur 102 signes.

Les gorilles comme les chimpanzés utilisent des feuilles épineuses, riches en tanin pour se débarrasser des parasites intestinaux qui les gênent. Ils en avalent une quantité assez grande sans les mâcher, si bien qu’elles grattent les parois intestinales et en délogent les vers

 

Le gorille est après le bonobo et le chimpanzé, du point de vue génétique, l’animal le plus proche de l’humain. Cette parenté a été confirmée par les similitudes entre les chromosomes et les groupes sanguins. Le génome humain ne diffère que de 2 % de celui du gorille.

Redressés, les gorilles atteignent une taille de 1,70 mètre, mais ils sont en fait un peu plus grands car ils ont les genoux fléchis. L’envergure des bras dépasse la longueur du corps et peut atteindre 2,75 mètres.

Il existe une grande différence de masse entre les sexes : les femelles pèsent de 90 à 150 kilogrammes et les mâles jusqu’à 275. En captivité, particulièrement bien nourris, ils atteignent 350 kilogrammes.

Le pelage dépend du sexe et de l’âge. Chez les mâles les plus âgés se développe sur le dos une fourrure gris argenté, d’où leur nom de « dos argentés ». Le pelage des gorilles de montagne est particulièrement long et soyeux.

Comme tous les anthropoïdes, les gorilles sont dépourvus de queue. Leur anatomie est puissante, le visage et les oreilles sont glabres et ils présentent des torus supra-orbitaires marqués.

Longévité : 30 ans en milieu naturel, jusqu’à 50 ans en captivité ;

Durée de gestation : 250 à 270 jours ;

Longueur moyenne du pénis en érection : 5 cm ;

les gorilles, comme d’autres singes proches de l’homme possèdent des dermatoglyphes (équivalent des empreintes digitales), y compris sur les phalanges des mains qui sont des zones de contacts avec le sol quand le gorille marche sur les poings fermés ou à demi ouverts.

Leur aire de répartition se partage sur deux massifs forestiers géographiquement distants de quelque mille kilomètres, l’un est situé à l’est de l’Afrique centrale, l’autre à l’ouest de celle-ci.

640px-Susa_group,_mountain_gorillaLe bloc forestier ouest-africain abrite la sous-espèce la plus abondante (Gorilla gorilla gorilla ou waren). Sa population est estimée entre 40 000 et 80 000 individus, répartis sur le Cameroun, la Guinée équatoriale, le Gabon, le Congo-Brazzaville et la République centrafricaine. Une population relique (Gorilla gorilla diehli) de quelque 250 individus subsiste dans la partie sud du Nigeria à la frontière avec le Cameroun.

Le bloc est-africain abrite les deux autres sous-espèces. Les quelque 12 000 gorilles des plaines orientales (Gorilla beringei graueri) se répartissent en plusieurs populations isolées à l’est de l’actuelle République démocratique du Congo, dans des habitats variables allant des plaines aux forêts de haute altitude (jusqu’à 3 300 mètres). Les gorilles de montagne (Gorilla beringei beringei), dont il subsiste environ 600 individus, vivent dans la forêt de Bwindi en Ouganda.

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La vie des Gibbons

Posté par othoharmonie le 22 avril 2015

 

Gibbon_à_mains_blanches_(Zoo_de_Lille_Nord)Les caractéristiques générales des gibbons sont celles des primates hylobatidés, avec des nuances pour chaque espèce : voir les articles détaillés pour plus d’informations sur leur comportement ou leur physiologie respective.

Les gibbons sont totalement arboricoles et ont développé des formes hautement spécialisées de locomotion. Le fort allongement de leurs bras et de leurs mains sont adaptés à la brachiation qui optimise l’accès aux fruits dans les branches terminales des arbres dans lesquels ils peuvent se déplacer à 50 km/h et faire des bonds de plus de 10 mètres, ce qui leur permettent de franchir les trouées dans la canopée. Leurs membres antérieurs, dont l’avant-bras dépasse en longueur le bras, sont très allongés, si bien que sans effort l’animal dressé est à même de toucher le sol de ses mains fermées. Ne pouvant rester debout immobile, ils pratiquent plus rarement la bipédie (environ 10 % de leur temps de locomotion) mais avec une démarche maladroite, devant fléchir l’articulation des hanches et des genoux. Ces caractéristiques expliquent qu’ils marchent en se balançant pour garder l’équilibre et les membres antérieurs souvent au-dessus de leur tête. 

a plus ancienne représentation de gibbon est une figurine datée du IIIe ou IVe siècle ap JC durant la dynastie des Zhou. Ils sont souvent représentés graphiquement, particulièrement pendant la dynastie des Song et au début de celle des Yuan. Les peintures de Yì Yuanji et Muqi Fǎcháng sont les plus connues.

En se basant sur la littérature – sous le nom de yuán - et leur représentation dans les peintures chinoises, le sinologue Robert van Gulik conclut que les gibbons sont très répandus au centre et au sud de la Chine au moins jusqu’aux Song c’est-à-dire au xive siècle. Les premiers écrivains chinois décrivent le gibbon comme un être se déplaçant gracieusement dans la canopée, comme le « gentlemen » des forêts, contrairement à l’avide macaque attiré par la nourriture de l’homme.

Les taoïstes attribuent des propriétés occultes aux gibbons, croyant qu’ils pourraient vivre mille ans et se transformer en êtres humains. Du fait de l’influence de la Chine sur le Japon, cet animal est souvent représenté dans l’art japonais, plus particulièrement dans le motif zen du gibbon cherchant à attraper le reflet de la lune dans l’eau, bien que n’ayant jamais été naturellement présent sur l’île.

Ce terme de yuán est devenu le terme générique en mandarin pour désigner les singes. Ils ont peut-être disparu de Chine du fait de la destruction de leur habitat.

Le Gibbon est le nom d’un super-vilain évoluant en costume de gibbon dans l’Univers Marvel.

Gibbon est le nom d’un Mangemort, l’un des personnages de l’univers de Harry Potter.

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La vie des BABOUINS

Posté par othoharmonie le 18 avril 2015

 

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Le babouin jaune est le plus répandu des babouins de savane. Il se caractérise par la couleur de son pelage, son museau long et massif comme celui du chien, son corps relativement svelte, ses membres allongés, avec des mains dont le pouce est opposable aux autres doigts. La tête est ronde, avec une face noire et un menton qu’encadrent des sortes de favoris caractéristiques, d’un blanc argenté.

De loin, il se reconnaît à la façon dont il porte la queue : d’abord dressée en oblique, puis légèrement recourbée, les deux tiers tournés vers le bas.

Le mâle adulte est deux fois plus gros que la femelle et a un aspect léonin à cause de ses puissantes canines en forme de poignards et de sa crinière. Dense sur le crâne, les épaules et le dos, où il forme une sorte de cape de fourrure, le pelage est en revanche peu fourni sur le reste du corps.

Sur les fesses, les babouins des deux sexes ont des callosités nues et colorées. Chez la femelle, la peau située dans la région ano-génitale se gonfle et prend une couleur plus vive durant la période de l’œstrus, de sorte que toute cette partie du corps devient alors proéminente.

Tous les sens des babouins sont assez développés. L’odorat est subtil, l’ouïe particulièrement fine, et la vue, excellente. Le babouin discerne bien les couleurs, ce qui lui permet notamment de faire son choix parmi les plantes à consommer. Ce singe a des capacités gutturales puissantes ; il est très criard et émet une grande variété de sons : grognements, aboiements, hurlements de fréquence et d’intensité variables. Sans être assimilables au langage humain, ses cris, associés à toutes sortes de gestes et de postures, expriment de multiples émotions. Contrairement aux autres primates, le cynocéphale ne réagit jamais par le silence à une quelconque situation. Le son émis le plus fréquemment est un doux grognement qui accompagne la recherche alimentaire, surtout quand le couvert est épais. Lorsqu’il se retrouve par hasard tout seul, le jeune émet une sorte de gazouillis, ou pousse de faibles gémissements. Quant aux plus vieux, en particulier les mâles, s’ils sont restés longtemps tout seuls, ils fêtent ensuite les retrouvailles avec la troupe par une sorte de sanglot ou de bref aboiement. Entre mâles, un grognement peut annoncer une menace et précéder l’aboiement ou le rugissement qui va accompagner un combat.

Le système de digestion du babouin, particulièrement évolué, est bien adapté à son régime omnivore. Il est très proche de celui de l’homme, si ce n’est que le cæcum n’est pas encore un appendice et que la cavité buccale est flanquée de grandes abajoues, poches internes situées dans la joue de l’animal et dans lesquelles les babouins peuvent stocker quelque nourriture pendant un petit moment.

Les babouins adultes sont très résistants, mais la mortalité infantile est importante, de l’ordre de 30 %.

Les sous-espèces

Trois sous-espèces ont été décrites : Papio cynocephalus cynocephalus, Papio cynocephalus ibeanus etPapio cynocephalus kindae. Cette dernière est nettement plus petite que les autres (les mâles ne dépassent pas la taille des femelles des deux autres sous-espèces).

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Les Perroquets des neiges

Posté par othoharmonie le 22 mars 2015

 

téléchargement (1)Dans l’imagerie populaire, les perroquets – notamment les aras – sont systématiquement associés à la forêt vierge profonde et mystérieuse. Il est vrai que les perroquets apprécient particulièrement ce type de milieu. Pour s’en convaincre, il suffit de considérer le nombre d’espèces présentes dans les pays où domine la forêt humide. Rien qu’au Brésil, en Colombie et au Venezuela, par exemple, on trouve respectivement 70, 49 et 48 espèces de ces oiseaux au bec crochu. Mais la répartition des perroquets et autres perruches est si étendue et les espèces si nombreuses qu’on en rencontre également dans toutes sortes d’autres milieux. On peut ainsi observer des perruches sauvages en pleine ville, qu’il s’agisse de perruches à croupion rouge , en Australie, ou de perruches à collier rose , en Inde. Certaines espèces fréquentent les milieux semi-désertiques, se déplaçant au gré des pluies pour trouver leur nourriture et nicher en toute hâte. C’est le cas de plusieurs petites perruches australiennes, comme la perruche à calotte bleue  ou la perruche à queue noire.

Enfin, contrairement à ce que l’on croit couramment, les perroquets ne réclament pas forcément un climat chaud. On peut même rencontrer certains d’entre eux dans des paysages neigeux, ce qui paraît un peu surprenant. Ainsi, le kéa , un gros perroquet, couleur bronze, vit entre 600 et 2 000 m dans les montagnes de Nouvelle-Zélande. Espèce vulnérable, il est protégé depuis 1970. De même, la perruche de Pennant  et le cacatoès à tête rouge sont deux espèces australiennes que l’on rencontre, entre autres, dans les Alpes australes.

Quant aux perroquets qui habitent les forêts, ils font parfois des incursions dans les champs. Il arrive aussi que les aras, de façon variable selon les espèces, s’aventurent à découvert pour gagner les plantations d’arbres fruitiers réalisées par l’homme. Ces invasions ne sont guère appréciées, même si le nombre restreint des perroquets qu’elles concernent n’entraîne pas, en général, de dommages importants. Mais en Australie, le cacatoès laboureur a été activement chassé en raison des dégâts qu’il causait aux cultures. L’interdiction de le chasser ou de l’empoisonner ainsi que l’extension des cultures a permis de reconstituer son effectif qui s’était fortement réduit.

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Quelques caractéristiques du Perroquet

Posté par othoharmonie le 19 mars 2015

 

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Son plumage aux couleurs éclatantes, son étonnante dextérité, son don d’imitation ont valu de tout temps au perroquet de fasciner les hommes. Les Indiens ont vu en lui le symbole de l’énergie solaire. La quête de ses plumes a entraîné les Incas au cœur de la jungle. Des collectionneurs paient des fortunes pour acquérir un de ces oiseaux exotiques… 

Les aras se nourrissent essentiellement des graines et des fruits qu’ils trouvent en abondance dans la forêt tropicale. Mais certains arbres semblent les attirer tout particulièrement. Le « sablier », par exemple. Sa sève est toxique (les Indiens l’utilisent pour empoisonner les cours d’eau, afin d’y ramasser ensuite les poissons tués), mais ses fruits comportent un grand nombre de coques bivalves qui, à maturité, éclatent avec un bruit sec, d’où le nom scientifique de l’arbre Hura crepitans, en libérant une graine dont se régalent les aras. Ces oiseaux apprécient aussi les fruits du Lecithys, sortes de grosses capsules à paroi épaisse, appelés « marmites de singe » ou « quatélés ». Lorsque ces fruits sont mûrs, ils s’ouvrent par un opercule circulaire situé au sommet, ce qui rend la graine accessible. Ils aiment aussi beaucoup les fruits juteux du spondias, appelés aussi « prunes d’Espagne » ou « mombins rouges ».

Un bec casse-noix

Grâce à leur bec bien spécifique, les aras et autres perroquets sont les seuls à pouvoir consommer certains fruits et graines particulièrement coriaces, tels que les fruits du bertholletia, connus sous le nom de « noix du Brésil » : leur coque brune triangulaire, extrêmement résistante, dissimule une amande très appréciée des aras.

La mandibule supérieure du bec, très développée et terminée en forme de crochet aigu, permet aux aras d’extraire les graines cachées dans des réceptacles profonds. Bien que nettement plus courte, leur mandibule inférieure est également importante et recourbée vers le haut. L’épaisseur conjuguée des deux fait du bec une pince robuste. Son action est encore renforcée par de puissants muscles solidement insérés sur l’os crânien. Chez de nombreux oiseaux, la mandibule supérieure est relativement mobile par rapport au crâne. Mais, chez les perroquets, cette mobilité est particulièrement importante du fait que la mandibule est reliée à l’os crânien par une sorte de charnière tendineuse. Elle peut ainsi, en basculant légèrement vers le bas, opérer à la manière d’un levier pour briser les coques les plus dures.

La langue vient compléter cet appareillage efficace. Très épaisse, fortement musclée et rugueuse, elle est en général terminée par une peau cornée qui la protège contre les aspérités des fruits secs. L’oiseau l’utilise pour tenir les aliments. Lorsqu’il veut décortiquer une graine, l’ara la coince fermement entre la langue et le dessous de la mandibule supérieure, puis il enlève l’écorce en actionnant les bords tranchants de la mandibule inférieure. Pour empêcher que la graine ne glisse, la face inférieure de la mandibule supérieure est, en outre, doublée d’une série de rainures transversales rappelant une râpe grossière. 

Le bec des perroquets leur sert aussi à se déplacer. Lorsqu’un ara veut gagner une branche voisine de celle où il se trouve, plutôt que de recourir au vol, il tend le cou, saisit du bec la branche convoitée puis il s’y accroche d’une patte. Ayant ainsi deux points d’appui sur la nouvelle branche, il opère un rétablissement au terme duquel, ayant assuré sa prise avec les doigts, il desserre enfin l’étreinte de ses mandibules. Parfois les perroquets se suspendent ainsi à un rameau, comme par jeu.

Pour se nourrir, les perroquets font aussi appel à leurs pattes. Celles-ci sont terminées par des doigts zygodactyles, c’est-à-dire opposés deux à deux, qui assurent une prise très puissante. Les perroquets se servent ainsi fréquemment d’une de leurs pattes comme d’une main pour porter la nourriture à leur bec. De tous les oiseaux, ce sont ceux qui font preuve de la plus grande dextérité. On a même constaté que, tout comme les humains, les perroquets pouvaient être droitiers ou gauchers. Ils ont souvent une préférence très marquée pour l’une des deux pattes. Cette préférence peut être identique pour tous les oiseaux d’une espèce donnée ou être variable selon les individus chez une autre espèce. Des études menées par M. McNeil et son équipe, en 1971, ont d’ailleurs montré que les os de la patte privilégiée étaient légèrement plus longs que ceux de l’autre patte. 

En broyant les graines qu’ils mangent, les perroquets les rendent impropres à la germination et jouent donc un rôle négatif pour le renouvellement du milieu végétal dans lequel ils vivent. En revanche, lorsqu’ils avalent tout rond un fruit charnu, les graines que celui-ci contient demeurent intactes et le résultat est différent. D’autant que certaines semences doivent impérativement transiter par le système digestif des oiseaux pour que se déclenche le processus germinatif. Il existe alors une symbiose entre la plante qui fournit l’aliment et l’oiseau qui rend possible sa germination. Bien qu’aucune étude précise n’ait mesuré l’impact des perroquets sur le milieu où ils vivent, on peut penser qu’ils participent à l’équilibre indispensable de la forêt tropicale.

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LE MALÉFICE DU HIBOU

Posté par othoharmonie le 5 mars 2015

 

290px-Marsh_owl_(Asio_capensis)Le froid était très vif en cette nuit de février 1756. L’homme marchait à grands pas, s’arrêtant de temps en temps pour mieux s’orienter. En ce lieu la forêt était moins dense et les rayons de lune éclairaient par instants cette silhouette, la faisant ressembler à quelque énorme insecte. Brusquement l’homme se figea. En face de lui le château fort lui apparut à la fois imposant et inquiétant, se dressant comme un obstacle infranchissable. Après s’être assis, l’inconnu sortit une arquebuse de sa housse. Dans deux heures tout au plus, le jour se lèverait; il lui suffisait d’attendre et d’être patient, le reste se déroulerait, il en était sûr, suivant son plan.

L’oiseau, comme sorti de nulle part, survola une des tourelles de la forteresse, longea le chemin de ronde, puis piqua vers la vallée. Un claquement sec se fit entendre. Comme happé en plein vol par la main d’un géant invisible, l’oiseau s’immobilisa une fraction de seconde, puis entama une chute à la verticale.

Accroupi au pied de la muraille, le chasseur regardait sa proie. Sa stupeur fut grande quant il s’aperçut de son erreur. Il n’avait pas tué le hibou mais un vulgaire faucon. Il n’eut d’ailleurs pas le loisir d’y réfléchir longtemps ; il ressentit une violente douleur à la nuque, puis ce fut le néant.

Le village de Malesuerte comptait un peu moins de deux cents âmes . L’agriculture, l’élevage et la production de charbon.

de bois occupaient la totalité de la population qui vivait chichement. Isolés du reste du monde pendant les longs mois d’hiver, les villageois menaient une vie rude, parfois même à la limite du supportable. Cette solitude les rendait taciturnes et ombrageux. La famille Auguste n’échappait pas à la règle et, comme les autres, était sujette à la superstition.

Ce jour là, le clan était rassemblé dans la salle commune, autour de la grande table en chêne massif. Il y avait là le père, trois de ses quatre fils, la mère et les deux filles. Le père Auguste, assis en bout de table, le buste bien droit, ses mains puissantes posées à plat, s’adressait à ses garçons. C’était un homme d’environ soixante ans, cheveux blancs, le visage buriné par la vie au grand air, aux traits empreints d’une certaine noblesse qui ne laissait pas deviner sa condition modeste de charbonnier. Sa voix aiguë pour un homme de stature très imposante, surprenait : « Je crois qu’il ne faut plus se leurrer, votre frère aîné ne reviendra plus. Je ne voulais d’ailleurs pas qu’il s’attaque au hibou. Cet oiseau est un sorcier déguisé. »

Un long silence suivit. On attendait que le père n’ait plus rien à dire. Joseph, le troisième fils, d’un imperceptible signe de la main, demanda la parole :  « Père, l’idée de la mort de mon frère Jacques m’est insupportable. C’est pour nous tous qu’il a eu le courage d’aller au château. Nous devons le venger. »

Joseph était le trait d’union entre le village et le marché de la ville située à cinq lieues plus bas, dans la vallée. Il y transportait les marchandises, vendues ou troquées , à dos de mulet. Son contact avec le monde extérieur lui faisait ressentir les choses de la vie sous un éclairage différent. Il avait du mal à admettre la sorcellerie et les drôles d’histoires qui en découlaient. Pendant une année, le père Auguste avait hébergé gratuitement un colporteur, à la seule condition qu’à l’issue de son séjour, Joseph sache lire et compter. A l’époque , l’enfant très doué avait facilement assimilé cet apport intellectuel. Maintenant, une fois par semaine, le soir, en rentrant du marché, il faisait les comptes sur la grande table. La famille et même parfois quelques voisins venaient le regarder. Ces gens simples admiraient Joseph, subjugués qu’ils étaient par la magie des chiffres qui s’alignaient sur le papier posé devant lui. Seul, était audible le léger grattement de la plume d’oie, bruit amplifié par le silence quasi religieux qui régnait dans la pièce. Pendant ces soirées, le temps semblait s’arrêter, comme si un dieu miséricordieux avait décidé que ces oubliés avaient eux aussi besoin d’une lumière spirituelle.

Accoudé à sa fenêtre, Joseph dominait la rue principale où contrairement aux habitudes, à cette heure de la journée, la foule se pressait nombreuse. Des bruits de voix, des sons lui parvenaient par bribes, parfois compréhensibles, parfois sourds et confus : c’était la rumeur, sournoise, protégée par l’anonymat, dangereuse et perfide. Elle s’insinuait dans tous les esprits, lentement mais sûrement, distillant son poison ; le village était maudit disait-elle et un exorciste allait venir pour extraire le Mal. La disparition de Jacques, l’aîné de la famille Auguste, après celle des trois filles du village, c’était le trop plein qui avait déclenché l’intervention de l’Eglise.

Joseph ferma les yeux ; il ne se sentait pas très bien. En ville, il s’était lié d’amitié avec Raphaël, le vieil armurier, qui lui avait raconté comment ,jadis, l’Inquisition procédait pour chasser les démons. Il eut le pressentiment que le malheur allait frapper le village.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsDe haute taille, d’une maigreur extrême, tonsuré, le visage blafard, lugubre dans sa robe de bure sombre, frère Thomas arriva le surlendemain. Il était accompagné d’un deuxième moine, sorte de géant au visage inexpressif, qui avait tout du garde du corps. La charrette qui les transportait, tirée par un âne, était encadrée par deux pandores à cheval. L’autorité judiciaire n’avait pas lésiné sur les moyens en expédiant, elle aussi, deux représentants de la loi. Deux familles furent priées d’aller prendre pension chez des parents ou des amis, afin de libérer leur logis pour les nouveaux venus.

L’après midi l’enquête commençait. Frère Thomas décida d’interroger toutes les personnes susceptibles d’apporter un témoignage concret sur l’enlèvement des trois fillettes disparues. Il n’apprit rien de bien précis si ce n’est le fait qu’à chaque disparition, un hibou avait été aperçu près de la maison de la victime. Cet oiseau de nuit venait, on en était presque sûr, du château. D’ailleurs il y avait bien longtemps que l’on n’avait revu le châtelain. Peut-être le hibou le séquestrait- il ? Certains affirmaient même que le rapace et le maître des lieux ne faisait qu’un ; la nuit il se transformait pour assouvir on ne sait quelle vilenie. L’enquêteur décida qu’un des gendarmes irait rapidement visiter le château. Il verrait ensuite s’il était nécessaire de « donner » la question à l’un des témoins. Il soupçonnait certains de ne point lui dire toute la vérité.

Le château dominait le village, rappelant que dans un lointain passé son rôle était de protéger les paysans qui dépendaient du puissant seigneur, maître absolu de toutes ces terres environnantes. A vol d’oiseau, à travers la forêt, la distance qui les séparait pouvait être estimée à un quart de lieue, mais pour y accéder par la voie normale, il fallait ressortir du village par la porte sud puis remonter un chemin sinueux et pentu.

C’est en 1200, alors que Philippe II régnait sur une France très chrétienne et sous forte influence papale, que le premier seigneur, Thibaut de Passevent prit possession de ce fief, don de son suzerain. Il partit d’ailleurs très rapidement, en 1202, pour la quatrième croisade ordonnée par Innocent et conduite par Boniface de Montferrat. Les croisés, alliés de Venise qui fournissait les moyens de navigation pour la traversée furent détournés sur la côte Adriatique puis vers Constantinople dont ils s’emparèrent, fondant l’Empire latin. De retour en 1204, Thibaut vécut sur ses terres, soucieux d’assurer sa descendance . Depuis les comtes de Passevent s’étaient succédés sur ce domaine et, actuellement, c’est le dernier héritier, Jauffret, qui en était le seigneur. Il sortait rarement et personne ne pouvait se vanter de vraiment le connaître.

Le gendarme arrêta son cheval devant l’énorme porte en bois massif, un peu surpris qu’elle fut entrouverte. Toujours en selle, il pénétra à l’intérieur et se trouva, après être passé sous un porche, dans une cour pavée, délimitée par des bâtiments dont les fenêtres protégées par des barreaux n’étaient pas sans évoquer celles d’une prison. Mettant pied à terre, le pandore attacha sa monture à un anneau scellé dans le mur. Il ne put s’empêcher d’imaginer un preux chevalier qui, quelques siècles plus tôt , aurait eu le même geste. Inconsciemment il était impressionné par l’atmosphère qui régnait en ce lieu. De sa voix puissante il appela plusieurs fois mais à l’écho de ses exhortations suivait un silence anormalement pesant. Il faillit repartir mais pensant à son chef qui attendait son rapport, il prit la décision de pousser plus loin ses investigations. Un coup d’œil circulaire lui fit découvrir une porte basse, située sur sa gauche, apparemment ouverte. Il s’approcha et, la poussant du pied pour élargir le passage, il découvrit qu’elle donnait sur un escalier en pierre qui s’enfonçait vers le niveau inférieur. En descendant les premières marches il eut la désagréable impression d’être guidé comme un vulgaire gibier s’avançant dans le piège tendu par un invisible chasseur. L’endroit était humide et sentait le moisi. Passant la main sur son front, il la retira mouillée par la transpiration ; il ne pouvait s’empêcher de céder à une certaine angoisse. Il s’invectiva mentalement et poursuivit sa descente. L’escalier était plongé dans une demi obscurité propice à créer un climat quelque peu surnaturel ; le sentiment d’être épié le rendit encore plus nerveux et c’est presque au pas de charge qu’il atteignit la dernière marche. Faisant une pause pour mieux récupérer, il crut voir deux yeux qui le fixaient intensément. Il fallait qu’il se calme, il n’allait pas comme ces paysans ignorants croire aux histoire de hibou. Il s’appuya sur la porte qui lui faisait face et nota que l’énorme verrou qu’il venait de tirer glissait facilement, ce qui prouvait un entretien constant. La pièce dans laquelle il venait d’entrer était très vaste et relativement bien éclairée grâce aux ouvertures pratiquées dans le plafond en forme de voûte. Une croisée d’ogives donnait à ce lieu un air de chapelle. Sur le sol des caisses oblongues étaient parfaitement rangées. La première qu’il essaya d’ouvrir lui résista ; sortant son poignard, il réussit après de longs efforts, à décrocher le couvercle qu’il souleva. Il ne put retenir un cri ; une onde glacée parcourut tout son corps le laissant comme étourdi. Là, devant lui, gisait le corps d’une fillette, sec, vidé, comme momifié. Au dessus, par l’ouverture d’une meurtrière dissimulée dans le mur, apparut l’extrémité métallique d’un carreau d’arbalète. Le gendarme entendit ,un sifflement, ressentit une violente douleur à la nuque, puis ce fut le néant.

L’arrivée du cheval sans cavalier, à la tombée de la nuit, provoqua un énorme malaise à Malesuerte . Frère Thomas décida, prudemment , d’attendre le lendemain pour agir. Grimaud le gendarme, pensait à son adjoint disparu ; pour lui le retour de la monture était la preuve formelle que son collègue avait été agressé. Bon cavalier il n’avait pu être désarçonné et, très respectueux du règlement, il n’avait sûrement pas oublié d ‘attacher son cheval s’il s’en était séparé.

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Description de cette image, également commentée ci-aprèsDans le laboratoire qu’il avait créé au château, Jauffret de Passevent, examinait deux jeunes femmes allongées sur des lits placés de part et d’autre de l’escabeau sur lequel il était assis. Une « pompe » actionnée par un poids qui descendait très lentement, entraînant un mécanisme complexe, faisait circuler à travers des tuyaux reliés aux deux corps, le liquide sanguin. Ainsi une des deux femmes se « vidait » au bénéfice de l’autre. Quelques soubresauts, accompagnés d’un râle profond, alertèrent le comte qui souleva la paupière de la personne placée à sa droite, constatant ainsi que ce n’était plus qu’un cadavre. –« déjà ! c’est à peine suffisant. Il faudra que j’avise. » soliloqua Jauffret en stoppant la machine. Sur sa gauche, le visage de la femme avait perdu sa lividité d’origine et sa bouche entrouverte témoignait du retour vers une respiration plus régulière. Une nouvelle fois Agnès de Passevent reprenait vie.

Atteinte d’une mystérieuse maladie, un apport de sang nouveau et vivifiant lui était indispensable par périodes régulières. Son époux avait cherché et trouvé la solution grâce aux secrets appris et transmis par un de ses ancêtres qui avait longtemps séjourné dans la région de Constantinople. En ce temps là, de nombreuses universités arabes enseignaient les mathématiques et les sciences, en avance sur les connaissances des savants du royaume de France. Le vrai problème avait été l’approvisionnement qui posait un sérieux cas de conscience. L’amour du comte pour  son Epouse l’avait finalement emporté . Le village était là, il suffisait de se servir ; après tout ces gens lui appartenaient.

Sortant de ses réflexions, Jauffret passa dans la pièce voisine où se tenait, debout sur la table, un magnifique hibou. Voyant apparaître son maître, l’oiseau, en signe de bienvenue, pencha légèrement la tête et ferma un œil ; c’est toujours ainsi qu’il l’accueillait. S’asseyant sur un fauteuil qui ressemblait fort à un trône, le seigneur s’adressa au rapace : « Vois-tu Soliman j’ai encore besoin de tes services. Ces jeunes filles ne peuvent pas toutes être utilisées pour régénérer Agnès. Certaines ne sont pas compatibles. C’est ce qui explique le grand nombre de tes incursions au village. J’ai repris la bague au doigt de ta dernière victime. La voici ; décide toi même de la date de ton intervention. Es-tu d’accord ? » Ce faisant, il posa sur la table un merveilleux bijou : la bague en or dans laquelle était serti un magnifique rubis. Le rapace leva la patte en signe d’assentiment. Sa mission très simple naguère, s’était compliquée depuis l’arrivée des étrangers au village et des rumeurs faisant état de sa présence sur les lieux des différentes disparitions. Le plus discrètement possible, il déposait à portée de la jeune fille choisie un message avec un dessin représentant une femme arrivant au château. Jointe à ce message, la bague. Le rêve des amours du beau prince et de l’humble bergère est éternel. La future victime venait d’elle même se livrer au bourreau.

Le soleil n’arrivait pas à percer le brouillard givrant dû à la conjonction du froid et de l’humidité. Un cavalier, penché sur l’encolure de sa monture, franchissait la porte sud. Sa silhouette, dans ce décor figé et hostile, faisait penser à quelque fantôme échappé d’une légende celte. C’était le gendarme Grimaud qui, tenace, continuait son enquête. Il revenait du château où le cheval de son adjoint, la bride libre, l’avait conduit, lui donnant ainsi la certitude que c’est là bas que le malheur était arrivé. Le vieux soldat n’arrivait pas à se consoler ; une véritable amitié le liait au disparu qu’il avait lui même formé professionnellement ; de plus il regrettait amèrement de ne pas l’avoir accompagné dans sa mission. Des larmes coulaient sur ses joues tannées par des années de campagnes dans l’armée du roi Louis. C’était la première fois de sa vie qu’il pleurait.

Lorsqu’il atteignit la place du bourg, une forte agitation y régnait. Frère Thomas n’avait pas perdu son temps. Jugeant inutile d’aller voir le seigneur des lieux, qui ne pouvait être la cause de la colère de Dieu, il décida d’interroger un des témoins. Celui-ci serait désigné par des villageoises. Deux matrones, estimant qu’il valait mieux ne pas s’attirer les foudres de l’inquisiteur, se portèrent volontaires. Après un court conciliabule, elles décidèrent que Fanchette dite la bâtarde, correspondait au profil demandé. Fanchette, quinze ans bientôt, jolie quoique menue pour son âge, était de caractère taciturne et sauvage. Née de père inconnu elle fut recueillie, à la mort de sa mère, par des voisins. Un murmure traversa la foule que le moine estima être la preuve d’un accord général. C’est de cette foule que les deux paysannes extirpèrent leur proie muette et tremblante de peur . Elles la portèrent jusqu’au centre de la place car la terreur qu’elle éprouvait l’empêchait de marcher. Le deuxième moine, le colosse, posa à terre un immense cadre en bois sur lequel les deux femmes attachèrent la fillette après l’avoir entièrement déshabillée. C’est dans une grange où tout avait déjà été aménagé en une sorte de tribunal, que l’homme de Dieu fit transporter celle qui allait, disait-il, lui révéler les obscurs dessous de cette affaire .

Son second, transformé en tourmenteur, attendait les ordres. L’inquisiteur commença par asperger d’eau bénite la malheureuse victime, puis fit un signe à son aide. Le premier supplice choisi pour une « question » simple : la scarification. Un cri horrible, d’une puissance dont on n’ aurait pu soupçonner la suppliciée capable, fit frissonner toute l’assistance, lorsque le bourreau, d’un coup de lame commença son œuvre. Le silence qui suivit fut rompu par la voix grave de frère Thomas qui, main droite tendue, agitait un crucifix. «  Avoue que tu as été visité par le diable, avoue tes crimes, responsables de la malédiction qui s’est abattue sur le village. »

Il y eut un mouvement de foule dans le fond de la salle. C’était Joseph qui ne pouvant en supporter davantage, sortait rapidement pour ne pas évacuer sur place son dernier repas. Le vent frais qui soufflait à l’extérieur lui fit reprendre ses esprits ; il arrivait à nouveau à raisonner correctement. La nuit n’allait pas tarder à tomber. Ici pendant l’hiver tout se passait très vite, il n’y avait pratiquement pas de crépuscule. L’ interrogatoire arrêté, il faudrait bien placer la prisonnière quelque part. La nuit venue il aviserait. Il repensa à son ami le vieil armurier qui lui avait parlé de la Renaissance, des philosophes qui mettaient en doute l’existence de Dieu, de l’importance de l’homme dans l’univers, le guidant vers un humanisme que sa nature généreuse acceptait naturellement, spontanément.

Bien à l’abri derrière le muret qui prolongeait la fontaine, Joseph observait l’entrée du bâtiment où Fanchette   était séquestrée. Le moine géant montait la garde devant la porte d’entrée. Bien que possédant une longue dague, le jeune homme savait qu’il n’avait aucune chance dans un combat au corps à corps contre un tel adversaire, sûrement armé lui aussi. Il en était là de ses réflexions, cherchant une hypothétique solution, lorsque dame chance lui tendit une main secourable. La sentinelle, après avoir jeté un long regard aux alentours, entrebâilla la porte et pénétra à l’intérieur. La lune était montante depuis deux nuits et sa clarté, sans être trop vive, permettait d’éviter les problèmes de déplacement. En quelques foulées, Joseph, dague à la main se faufila dans la grange. Il lui fallut de longues secondes pour que ses yeux s’habituent à l’obscurité. Ce fut le bruit d’une forte respiration accompagnée de grognements qui attira son attention. Après avoir enfoncé un chiffon dans la bouche de la fille, le moine lui avait détaché les chevilles. Malgré la résistance de sa victime, il lui écartait inéluctablement les jambes. La robe de bure relevée jusqu’à la taille laissait voir ses fesses musclées qui se mouvaient à la recherche du plaisir. Joseph plaça la pointe de son arme sous l’omoplate gauche du violeur, l’orientant légèrement vers le haut puis pesa de tout son poids sur le manche de sa dague. Le corps du moine devint tout   flasque. La suppliciée n’ était pas en trop mauvais état. Le bourreau avait peut-être ,en officiant, pensé à ne pas abîmer celle qu’il espérait retrouver la nuit.

Fuir ne servirait à rien, tôt ou tard ils seraient repris ; il ne fallait pas compter sur la complicité des habitants de Malesuerte.

Une seule solution s’offrait à lui : ruser et battre ce maudit moine avec ses propre armes. Pour cela Joseph disposait de deux atouts sérieux ; tout d’abord, une grande imagination , et puis un esprit rationnel libéré de toutes ces croyances, conséquences d’un obscurantisme entretenu par la religion.

Après avoir libéré Fanchette, il attacha le moine sur le cadre de torture, en prenant soin auparavant de nettoyer et de dissimuler la blessure, lui croisa les mains qu’il entoura d’un chapelet pris dans une poche du vêtement de l’ecclésiastique. Il fit la leçon à la jeune paysanne, lui expliquant l’attitude à adopter pour la suite des évènements. Puis après avoir fermé la porte d’entrée, il revint à l’extérieur et se mit à hurler. Quelques minutes plus tard les habitants portant des torches le découvrir à genoux ; l’extase se lisait sur son visage.

-« Je passais par hasard, leur dit-il, lorsque j’ai aperçu une lumière aveuglante, peut-être était-ce un ange, qui venait de la grange. Je n’ai pas osé entrer, c’est sûrement un miracle. »

Personne n’ayant le courage d’ouvrir la porte, on alla quérir frère Thomas. Entouré de quelques hommes, dont certains armés de fourches, il entra puis, stupéfait, s’arrêta . Fanchette à genoux, les bras en croix, s’adressait au religieux attaché sur le cadre. Elle ne se fit pas prier pour expliquer qu’un ange était venu lui annoncer que le village était lavé de ses péchés. Le moine s’était offert en signe de rédemption.

L’inquisiteur comprit qu’il n’avait plus sa place à Malesuerte. Après quelques instants de réflexion, il annonça son prochain départ. Joseph aurait bien aimé savoir si le moine avait «  gobé » son conte. Avait-il la foi au point de croire au miracle ? Etait-il simplement bon perdant devant une situation qui lui échappait ? Il se promit d’en discuter plus tard avec son ami Raphaël.

Le village avait repris ses habitudes et la tension était retombée depuis que la menace de l’Eglise n’était plus ressentie par les habitants. La famille Auguste, chez qui vivait maintenant Fanchette, avait même reçu la visite des deux matrones responsables de ses malheurs, venues implorer son pardon. Tout semblait être au beau fixe et pourtant la menace du hibou demeurait, elle, bien réelle.

Le gendarme ne pouvait se résoudre à considérer son enquête comme terminée. Les disparitions restaient toujours une énigme. Son côté mécréant lui faisait rejeter les explications données par frère Thomas qui pour lui n’était qu’un pervers dangereux. Le souvenir de son jeune adjoint venait hanter ses nuits et il savait que seule la vengeance le libèrerait. Il faudrait bien qu’un jour le comte Jauffret sorte de son antre. Il suffisait d’être patient .

Il errait donc, observant, écoutant les conversations des uns et des autres, à l’affût de quelque détail qui le mettrait sur une piste. Sa pugnacité allait être récompensée.

La nuit et une brume épaisse s’étaient alliées pour gommer petit à petit les contours des objets environnants. Tout devenait flou et irréel. Enveloppé dans sa cape, tapis au poste d’observation qu’il avait choisi parce qu’il dominait le village, Grimaud perçut un bruit venant du chêne voisin. Un rapace, parti de la cime de l’arbre, après avoir parcouru une vingtaine de mètres se posa sur le rebord de la fenêtre d’une des maisons. L’oiseau semblait tenir une proie dans son bec ; il la posa et frappa ensuite contre la vitre ; lorsque la personne, à l’intérieur, se manifesta, il repartit. Le gendarme bondit et parvint rapidement à la fenêtre ouverte, se trouvant nez à nez avec une jeune femme à qui il arracha des mains l’objet apporté par le hibou. Poussant un cri la villageoise referma brutalement, terrorisée par cette apparition soudaine. Bague et message en main, il ne fallut pas longtemps à l’enquêteur pour deviner comment le châtelain procédait pour attirer ces naïves jeunes filles. Maintenant il tenait ce monstre qui laisserait la porte du château ouverte afin de laisser entrer

« l’invitée ». Il devait en profiter pour y pénétrer sans être vu. A cette seule condition il garderait un avantage certain sur l’adversaire. Il eut une pensée pour son malheureux collègue qui s’était probablement fait piéger parce que repéré dès son arrivée. Il fallait donc détourner l’attention d’un éventuel guetteur en l’occupant côté forêt. Qui voudrait bien l’aider ? Il songea à Joseph qu’il devinait intelligent, ayant du caractère, et beaucoup plus évolué que les autres villageois ; il le soupçonnait d’ailleurs d’avoir joué la comédie, devant la grange, pour sauver Fanchette. Il avait examiné le « gros » et son œil d’expert avait rapidement trouvé la cause de sa mort. Par prudence il n’avait rien dit. Joseph à qui Grimaud raconta ses dernières découvertes, accepta d’emblée. Il n’oubliait pas que son frère avait disparu lui aussi en allant chasser ce maudit hibou.

D’immenses bûches brûlaient dans la vaste cheminée de la salle d’armes, rendant la température de la pièce un peu plus clémente. De temps à autre les craquements du bois qui éclatait sous les morsures des flammes rompaient le silence de la pièce. Sur l’encadrement du foyer faisant saillie dans la salle, des trophées de chasse étaient posés ; il fallait être fin observateur pour remarquer que le hibou placé là, était lui, bien vivant. Immobile il observait le maître des lieux perdu dans ses pensées. Le comte Jauffret était bien obligé d’admettre que les transfusions faites à son épouse étaient de moins en moins performantes. Ce jour, elle avait souhaité demeurer dans sa chambre en compagnie de sa suivante.

Il fut tiré de ses sombres réflexions par un bruit insolite venant de l’extérieur. S’approchant d’une fenêtre, il vit un jeune homme, une hache à la main, en train d’abattre un chêne. Cette forêt appartenait au domaine comtal ; nul ne pouvait se permettre d’en couper le bois sans son autorisation. Tout contrevenant prenait de grands risques en outrepassant la loi. Jusqu’à ce jour personne n’avait osé s’y risquer. Le châtelain n’hésita pas longtemps ; décrochant une arbalète du mur voisin, il l’arma rapidement puis s’accoudant pour avoir une bonne assise, il visa l’intrus, attendant pour tirer que celui-ci ne bouge plus. Concentré sur sa cible l’arbalétrier n’entendit pas arriver dans son dos le gendarme Grimaud ; ce dernier avait par précaution enroulé des chiffons autour de ses chaussures pour éviter tout bruit. Pétrifié par la surprise, Jauffret sentit la pointe d’un sabre s’appuyer fortement sur son cou. –« Par Pilate et Barabbas, tu lâches ton arme ou je t’étripe. » La voix du militaire résonna sous la voûte comme un cri de victoire. Homme d’expérience, il savait que tuer un noble pouvait lui valoir Description de cette image, également commentée ci-aprèsde sérieux ennuis. Sous Louis XV on ne badinait pas avec les roturiers qui se le permettaient. Ne cédant pas à son impulsion première dictée par la vengeance il désarma son adversaire puis lui lia les poignets ; passant ensuite le buste à la fenêtre, il agita son couvre-chef. En bas, soulagé et heureux Joseph répondit à son signal.

Après avoir dépêché un courrier à cheval vers la ville la plus proche, Grimaud accueillit avec soulagement un lieutenant de police et ses hommes. La comtesse fut acheminée sur Paris pour un retour dans sa famille. Le comte de Passevent, lui, serait jugé par un tribunal spécial nommé par le Roi.

Par la porte sud, le gendarme Grimaud repartait, mission accomplie. Il n’était pas seul ; Joseph l’accompagnait, en route pour l’école de gendarmerie. « Vois-tu fiston lui glissa l’ancien, dans cette aventure, j’ai perdu un ami, mais le destin m’a donné un fils. »

FIN

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Le Serpent et tous ses symboles

Posté par othoharmonie le 14 février 2015

 

 

800px-Bothriechis_schlegelii_La taille des serpents est très variable selon les espèces, de 10 cm à 10 m. Ils une croissance continue tout au long de leur vie, même si cette croissance ralentit avec l’âge. Contrairement à de nombreux autres animaux, ils ne renouvellent pas leur peau en continu. Lorsque cette peau devient trop exiguë, elle se déchire et se détache de l’animal, remplacée en dessous par une autre nouvellement formée. 

Le corps des serpents est recouvert d’écailles, qui peuvent avoir toutes sortes de tailles, de formes, de textures et de dispositions, y compris au sein d’une même espèce. Ils peuvent présenter à peu près toutes les couleurs existantes. La couleur des serpents peut varier au cours de la vie chez un même individu. Ainsi, certaines espèces peuvent changer de couleur au cours d’une même journée, à la manière des caméléons, mais d’autres changent de couleur sur le plus long terme[1]. Ainsi, la couleur des jeunes individus peut être très différente de la couleur des adultes[2]. La couleur des serpents joue un rôle important puisqu’elle leur permet de se camoufler aux yeux des prédateurs et des proies potentielles. 

La colonne vertébrale est constituée d’un grand nombre de vertèbres (160 à 400) très bien articulées les unes par rapport aux autres, permettant aux serpents de se déplacer par ondulation. La bouche peut se distendre au passage des proies qu’ils capturent. De ce fait, les serpents sont capables d’avaler des proies énormes : dans l’estomac d’un  python de cinq mètres on a trouvé un léopard (préalablement étouffé). Les serpents sont tous carnivores. Ils  peuvent avaler une grande quantité de nourriture en une seule fois et sont capables de jeûner pendant de nombreux jours suite à cela. 

Les serpents ont une très mauvaise vue. Ils se repèrent dans leur milieu en sentant les odeurs et les déplacements  d’air grâce à leur langue bifide. Certains serpents ont une image thermique de la  proie. Ils sont sensibles aux  radiations infrarouges et peuvent percevoir les plus infimes changements de température. Les serpents se  rencontrent dans la plupart des régions du globe excepté les plus froides.

 

SYMBOLISME

La symbolique des dragons est à rapprocher de celle des serpents.

 

Terre

Le serpent, dépourvu de pattes, le corps tout entier collé au sol, s’abritant sous terre, est considéré assez  universellement comme le symbole de la Terre-mère. C’est un symbole chtonien des forces de la nature, du territoire et des forces souterraines. Dans la tradition celtique, les énergies souterraines se manifestent parfois sous la forme de « femmes serpent », comme la Vouivre. 

Le serpent est relié aux divinités proche-orientales du monde souterrain : la déesse de l’amour et de la fertilité  assyrienne, Ishtar, ou Qadesh en Palestine. Quetzalcoatl, «Serpent à plumes» aztèque, serait allé dans le monde souterrain pour y créer le cinquième monde de l’humanité. 

Eau

Le serpent, créature parfois aquatique, peut représenter l’Esprit de l’Eau. La Vouivre est une femme-serpent  aquatique dans la mythologie celte. Mélusine est une femme dont le bas du corps se transforme en serpent tous les  samedis lorsqu’elle prend son bain. De nombreux dragons processionnels sont liés aux crues de fleuves. 

Feu

En Gaule, le serpent apparaît parfois associé au bélier. Cette combinaison pourrait être en rapport avec le culte du  foyer, car le bélier est souvent associé au feu.[3] 

Protection

Dans la Grèce mycénienne, Athéna était une déesse du foyer et des greniers, également protégés par le serpent qui  apparaît sur son bouclier, l’égide. Le serpent est donc gardien des lieux. Dans la mythologie nordique  Midgardsormr, le Grand Serpent qui vit dans la « Grande Mer » primordiale, entoure le monde du milieu  (Midgard), la terre des hommes au centre de laquelle se trouve la terre des dieux, Asgard. Au-delà de la Mer et des  anneaux protecteurs de Midgardsormr se trouve Utgard où sont les puissances mauvaises et destructrices, les  Géants et les Forces du Chaos ; en mordant sa queue il assure au monde humain sa cohésion et sa solidité. En  Egypte, l’Uréus, déesse féminine qui représente l’oeil de Ré, flamme devenue serpent, symbole de la vigilance en  éveil, protège le front du Pharaon. La Montagne de l’Occident est gardée par Oudjat, la déesse serpent, dame du  Silence ; elle remplit aussi les fonctions de protectrice du grenier. 

Guérison

Dans l’Antiquité grecque, le dieu de la médecine, Asclépios (Esculape pour les romains), avait le serpent pour attribut. Dans les temples qui lui étaient dédiés, à Epidaure notamment, l’oracle était rendu par l’intermédiaire de serpents, serpents que l’on retrouve d’ailleurs enroulés autour du caducée. Sa fille, la déesse de la santé Hygie est également représentée avec un serpent.

 

Snakes_DiversityImmortalité, mort et Renaissance

Comme d’autres animaux, qui entrent sous terre comme on enterre les morts, et en ressortent, les serpents sont symboles de renaissance et d’immortalité. Puisqu’ils sont carnivores et qu’ils tuent leurs proies en utilisant leur venin, on les a associés à la mort. 

Le serpent change de peau, ce qui donne l’impression qu’il quitte un vieux corps pour renaître. L’« Ouroboros », serpent qui se mord la queue, symbolise le cycle infini de la vie et de la mort. On retrouve ce symbole dans de nombreuses civilisations Méduse est une femme à la chevelure de serpents, pétrifiant les hommes de son regard. Le sang coulant de sa veine gauche est un poison, tandis que celui de sa veine droite est un remède capable de ressusciter un mort[4]. 

Quetzalcoatl, ou «Serpent à plumes», chez les Aztèques, était un dieu de la mort, mais aussi de la renaissance.

Les Romains associaient aux serpents les âmes des défunts : Virgile raconte, dans L’Enéide, comment Enée voit un serpent se glisser près de la sépulture de son père et goûter les mets sacrés qu’il y a déposés avant de regagner le fond du tombeau, augure d’un message des ancêtres signifiant qu’ils en acceptent l’offrande. 

Transe et divination

Delphes possédait, depuis des temps reculés, un oracle gardé par le Python, serpent dragon, génie serviteur de la déesse Gaïa. Vaincu par le dieu solaire Apollon, il resta sur place et transmit le pouvoir oraculaire. La figure serpentine est souvent présente dans les « hallucinations », chamaniques ou non, provoquées par des plantes psychotropes. 

Autres figures mythiques

Dans la Gaule orientale et dans le pays du Rhin le serpent apparaît sur un cheval galopant, renversant un monstre – que l’on appelle couramment l’anguipède – semi-zoomorphe, semi-anthropomorphe. Dans la cosmogonie nordique, Yggdrasil – l’Arbre du monde, a ses racines rongées en permanence par un serpent, Nidhögg. 

La Kundalini est représentée comme un serpent endormi, lové au niveau du premier chakra (l’éveil de cette énergie vitale permet à l’initié d’atteindre la Sagesse). Hermès, dieu de la sagesse et maître des chemins et des carrefours, trouva un jour deux serpents en train de se battre et, leur tapant sur la tête avec son bâton de pèlerin, parvint à les concilier ; tous deux s’enroulèrent autour de ce bâton qui deviendra le caducée, symbole de la capacité à relier les contraires – les énergies solaires et lunaires – autour d’un axe vertical. 

Rhéa aurait pris la forme d’une couleuvre pour échapper aux ardeurs amoureuses de Zeus. Mais celui-ci se changea en serpent. Hermès les réconcilia en plaçant le bâton entre les deux.[5] Chez les Romains, Juno Sospita, la « protectrice », est la patronne de Lanuvium, près de Rome, où l’on pratiquait un rite annuel pour savoir si l’année  serait fertile. Une jeune fille allait nourrir un serpent qui habitait au coeur d’une grotte. Si le serpent acceptait les gâteaux, l’année serait bonne ; dans le cas contraire, elle serait stérile. Dans la tradition babylonienne, le serpent dragon femelle, Tiamat, est vaincu par le dieu héros Marduk, et dépecée, faisant ainsi naître le Ciel, la Terre et tous les êtres vivants. 

En Egypte, dans certaines cosmogonies, le Noun, océan indifférencié des potentialités, est associé au dragon serpent Apap (Apophis pour les Grecs) qui, chaque nuit, menace de dissolution le soleil et toute la création. 

Chez les Mongols, inspirés par les Chinois, le serpent dragon est un des douze animaux célestes. Il tourne sur lui-même et autour de l’univers. Il passe l’hiver sous terre d’où il sort au printemps pour monter au ciel. Il est ambivalent et soutient l’arbre de vie. En Inde, les rois serpents Nagas sont des divinités protectrices des fleuves, porteurs de vie et de fécondité mais aussi de sagesse ancestrale. En tant que faiseur de pluie, tel le serpent arc-en-ciel de la mythologie des aborigènes d’Australie, il représente la fertilité et les ressources abondantes de la terre.

Le Serpent et tous ses symboles  dans SERPENT 289px-Ecc2PRATIQUES

En Egypte, lors de la fondation d’un temple, on doit clouer au sol le serpent des puissances de la terre pour pouvoir entreprendre la construction. Les mêmes rites magiques propitiatoires se retrouvent en Chine dans la science de la géomancie. 

En Bulgarie le 25 mars se tenait la fête appelée « Blagovetz » ou encore « Blagovechtenie ». Les garçons sautaient par-dessus un grand feu pour se préserver en été des piqûres et morsures des serpents et des lézards. Les femmes faisaient du bruit avec une pince à feu, un tisonnier ou d’autres objets de ferraille, en tournant dans tous les coins du jardin, pour que les serpents et les lézards qui, selon la croyance, sortaient ce jour de leur cachette d’hiver, se sauvent de la maison. Elles disaient : »Courez les serpents et les lézards, parce que les cigognes arrivent ».

Le culte romain de Bona Dea a pu impliquer des serpents. 

Sources

1. Chris Mattison, Tous les serpents du monde, Delachaux et Niestlé, 2008, p.30

2. Chris Mattison, Tous les serpents du monde, Delachaux et Niestlé, 2008, p.31

3. Dimitri Nikolai BOEKHOORN, Bestiaire mythique, légendaire et merveilleux dans la tradition celtique : de la

littérature orale à la littérature

4. Piere Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Paris, Presses universitaires de France, 1999

[1951], p.168

5. Belfiore, Jean-Claude, Croyances et symboles de l’Antiquité, Larousse, Paris, 2010. p.195.

Retrouvez l’encyclopédie collaborative Wiccapedia : http://www.wiccapedia.fr

 

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LA CHOUETTE RAYEE

Posté par othoharmonie le 11 février 2015

 

 

290px-Strix-varia-005-cropL’adulte mesure 44 cm de long avec une envergure des ailes de 112 cm. Il a un visage pâle avec des anneaux foncés autour des yeux, un bec jaune et les yeux bruns. C’est la seule chouette typique de l’est des États-Unis qui ait les yeux bruns, toutes les autres ayant les yeux jaunes. La tête est ronde et n’a pas d’oreilles touffes, contrairement au hibou des marais. La partie supérieure est tachetée de gris-brun. La partie inférieure est blanche tachetée, la poitrine est tachetée horizontalement tandis que le ventre est tacheté verticalement. Les jambes et les pieds sont couverts de plumes jusqu’aux talons.

Les lieux de reproduction de la Chouette rayée sont les forêts denses du Canada, de l’est des États-Unis et du sud de l’Amérique centrale. Au cours des dernières années, la Chouette rayée s’est propagée à l’ouest des États-Unis. Des études récentes montrent que les quartiers de banlieue sont un habitat idéal pour les Chouettes rayées. En utilisant des émetteurs, les scientifiques ont constaté que les populations ont augmenté plus rapidement dans les banlieues que dans les forêts primaires. Le principal danger de la banlieue pour les chouettes vient des automobiles. L’augmentation de la descendance des Chouettes rayées contrebalance ainsi les taux de décès dus aux automobiles et à la maladie.

Chouette rayée et Chouette tachetée du Nord

La Chouette rayée pourrait être en partie responsable du déclin récent de la Chouette tachetée du Nord, originaire de Washington, de l’Oregon et de la Californie. Depuis lesannées 1960, la Chouette rayée a étendu son aire de répartition vers l’ouest des États-Unis, peut-être parce que les changements de l’homme ont créé de nouveaux habitats dans l’ouest du pays. Lorsque les Chouettes tachetées et les Chouettes rayées partagent le même environnement, ces dernières sont généralement plus agressives et éliminent la concurrence, conduisant à une diminution des populations des chouettes d’origine. Les deux espèces ont également été appelées à se croiser. En anglais, on appelle les hybrides « Sparred Owl » ou « Botted Owl ».

Le 5 avril 2007, la Maison-Blanche a rendu publique une proposition du U.S. Fish and Wildlife Service qui suggérait de procéder à des tirs de Chouettes rayées afin de diminuer la pression exercée par cette espèce sur les Chouettes tachetées. La proposition préconisait la création de 18 sites dans les territoires occupés par des Chouettes tachetés où entre 12 et 32 Chouettes rayées seraient tuées sur chaque site. Les écologistes craignent que le blâme des Chouettes rayées pour leur implication dans la diminution de la population de Chouettes tachetées réduise l’attention portée à la protection territoriale et que la coupe de bois soit réinstaurée dans les zones protégées où habitent des Chouettes tachetées.

Comportement

Le nid de la Chouette rayée est souvent présent dans la cavité d’un arbre, mais peut aussi être sur un vieux site de nidification utilisé par un corbeau ou un écureuil. La Chouette rayée est une résidente permanente, mais peut se promener après la saison de nidification. Si un site de nidification s’est montré approprié dans le passé, elles le réutilisent souvent, à la manière des oiseaux non-migrateurs. Aux États-Unis, les œufs sont pondus à partir de début janvier dans le sud de la Floride à la mi-avril dans le nord du Maine, la ponte se composant de 2 à 4 œufs. Les œufs sont couvés par la femelle et l’éclosion a lieu environ 4 semaines plus tard. Les jeunes chouettes quitteront le nid quatre à cinq semaines après l’éclosion. 

Le régime alimentaire de la Chouette rayée est constitué principalement de nombreuses espèces de souris, mais aussi de lapins, des tamias, des renards, d’opossums et d’oiseaux comme les tétras et les colombes. La Chouette rayée patauge parfois dans l’eau afin de capturer des poissons.

La Chouette rayée chasse en attendant sur une haute perche de nuit, ou en volant à travers les bois et en s’élançant vers le bas sur sa proie. Elle chasse généralement à l’aube ou au crépuscule, mais elle peut également chasser durant les jours nuageux. De toutes les chouettes d’Amérique du Nord, elle est celle la plus susceptible d’être active pendant la journée, surtout pour élever les petits.

Le cri habituel de la Chouette rayée est une série de huit hululements accentués se terminant en « oo-aw », avec une baisse de ton à la fin, puis un silence, pendant lequel la chouette écoute les réponses de ses congénères. Le cri est bruyant, et ce durant la plupart des saisons.

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LA CHOUETTE HULOTTE

Posté par othoharmonie le 10 février 2015

 

220px-Strix_aluco_alucoUne mauvaise réputation

Habile à pourchasser la vermine, comme les rats et souris qui provoquent des dégâts dans les stocks de grains, elle est l’amie des fermiers.

Pourtant, la chouette hulotte n’a pas bonne réputation et l’imaginaire collectif la classe dans les oiseaux de malheur !

Sans doute, ses hululements étranges qui résonnent dans la nuit, alors qu’on ne la voit pas, en sont-ils pour quelque chose. Ou encore l’apparition de sa silhouette fantomatique, lorsqu’elle est soudainement prise dans les phares d’une voiture.

Et cette sombre réputation ne date pas d’hier : pour les romains, entendre son cri annonçait une mort imminante. Dans le folklore arabe, la chouette hulotte est l’incarnation des esprits des défunts non vengés. Sa présence dans les ruines et les cimetières n’aide pas non plus à renommée : mais quoi de plus normal pour une amatrice de rongeurs de les guetter là où ils sont nombreux ?!

La chouette hulotte est un oiseau robuste, qui mesure généralement entre 37 et 43 cm de longueur avec une envergure de 81 à 96 cm. Comme les espèces de son genre Strix et à la différence des grand-ducs, par exemple, elle ne possède pas d’aigrettes et le disque facial entourant les yeux brun foncé est généralement assez plat. L’animal est sujet aupolymorphisme et a deux formes qui diffèrent par leur couleur du plumage cryptique : l’une a le haut de corps roux et brun et l’autre brun grisâtre, bien que des couleurs intermédiaires puissent également se rencontrer. Les parties inférieures des deux morphotypes sont blanchâtres et taché de brun. Selon la théorie de l’évolution, un des plumages doit assurer un meilleur camouflage et imposer un seul morphotype. Or en fonction des générations, ce n’est pas le même morphotype qui domine alors que leur valeur sélective semble bien différente, ce phénomène est connu sous le principe du pierre-feuille-ciseaux selon la théorie des jeux évolutionnistes .

Cette espèce présente un dimorphisme sexuel, la femelle étant plus grande que le mâle d’environ 5 %, et plus lourde de 25 %.

Avec une hauteur plus importante et de longues phases planées, le vol de la chouette hulotte est produit avec moins de battements d’ailes que les autres espèces de chouettes eurasiennes. Le vol de la chouette hulotte est assez lourd et lent, particulièrement lors des premiers battements d’ailes de son envol. Comme chez la plupart des chouettes, le vol est rendu silencieux par ses plumes soyeuses et par une bordure de barbules fines placées sur le bord d’attaque des rémiges primaires les plus externes. Sa taille, sa forme trapue et ses ailes larges la distinguent des autres chouettes trouvées dans son aire de répartition. La chouette lapone, les différents grand-ducs et la chouette de l’Oural sont de forme semblable, mais beaucoup plus grands.

Les yeux de la chouette hulotte sont placés à l’avant de la tête et leurs champs de vision se chevauchent de 50 à 70 %, lui conférant ainsi une meilleure vision binoculaire que les rapaces diurnes chez qui ce chevauchement ne dépasse pas 30 à 50 %. La rétine de la chouette hulotte a quelque 56 000 bâtonnets sensibles à la lumière par millimètre carré, et bien que l’hypothèse selon laquelle l’animal pourrait voir dans la partie infrarouge du spectre électromagnétique ait été rejetée, on entend encore souvent dire que la chouette hulotte a une vue supérieure de 10 à 100 fois celle des humains dans des conditions de faible éclairage. Toutefois, la base expérimentale de cette affirmation est probablement inexacte par au moins un facteur de 10. L’acuité visuelle réelle de la chouette n’est en fait que légèrement supérieure à celle de l’homme, et sa sensibilité accrue est due à des facteurs optiques plutôt qu’à une plus grande sensibilité rétinienne. En fin de compte, les humains et les chouettes ont atteint la limite de la résolution rétinienne chez les vertébrés terrestres.

Les adaptations à la vision de nuit incluent une grande taille de l’œil, sa forme tubulaire, un grand nombre de bâtonnets groupés dans la rétine, et une absence de cônes, puisque lesbâtonnets ont une sensibilité supérieure à la lumière. Ces bâtonnets ne contiennent que peu de gouttelettes lipidiques, dont la présence réduirait l’intensité lumineuse. À la différence des rapaces diurnes, les chouettes ont normalement une seule fovéa, ce qui est peu développé, sauf chez les chasseurs diurnes, comme le hibou des marais.

Son ventre est pâle avec des stries sombres, et les parties supérieures du corps sont brunes ou grises. Plusieurs des onze sous-espèces reconnues ont les deux variantes. Le nid est généralement dans un trou dans l’écorce d’un arbre et il permet de protéger les œufs et les jeunes contre les prédateurs potentiels. Cette chouette ne migre pas et attache beaucoup d’importance à son territoire. Beaucoup de jeunes oiseaux meurent de faim s’ils ne peuvent pas trouver un territoire libre une fois la protection parentale finie.

220px-Strix_aluco_3youngCe rapace chasse principalement les rongeurs pendant la nuit, généralement en fondant sur sa proie depuis une hauteur et l’avalant entièrement, rejetant ensuite des pelotes de réjection. Sa vision et son audition couplées à un vol silencieux l’aident dans sa chasse nocturne. Cependant, contrairement à une croyance populaire, sa rétine n’est pas plus sensible que celle d’un humain et c’est plutôt ses oreilles placées de façon asymétrique qui sont essentielles à sa chasse car elles lui donnent une excellente audition directionnelle. La chouette hulotte est capable de capturer des chouettes plus petites, mais est elle-même vulnérable aux grands-ducs de plus grande taille ou à l’autour des palombes. Les renards roux sont une cause importante de mortalité chez les jeunes fraîchement sortis du nid.

La Chouette hulotte (Strix aluco) ou Chat-huant est une espèce d’oiseau de la famille des Strigidae. Ce rapace nocturne est très répandu en Eurasie, notamment en Europe.

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SALAMANDRE ET SYMBOLISME

Posté par othoharmonie le 6 février 2015

 

sLa salamandre est symbole d’immortalité : son corps peut s’autorégénérer. L’homme pourra-t-il, lui aussi, reconstituer un jour naturellement tout ou partie de son organisme ? Pourrons-nous faire repousser des tissus ou des organes entiers et vivre éternellement ? L’apparition de techniques scientifiques ultramodernes laisse penser que la régénération d’une partie du corps humain est désormais possible. Mais les questions soulevées, d’ordre scientifique autant qu’éthique, demeurent nombreuses. Axel Kahn, personnalité scientifique mondialement reconnue, et Fabrice Papillon, journaliste spécialisé des questions de génétique, font la synthèse des avancées dans un domaine méconnu du grand public, mais qui mobilise et fait jubiler toute une population de scientifiques et de médecins : la médecine régénératrice.

« Une bonne mise au point sur les dernières avancées médicales et leurs limites. »
Science et Vie

 

Les avancées en biologie ont montré que l’irréversibilité génétique des cellules différenciées n’est plus aussi certaine.  Contrairement à ce qui était admis il y a encore quelques années, on sait désormais que presque tous les types de  cellules, et non les seules cellules embryonnaires, possèdent une étonnante plasticité cellulaire. De nombreuses  perspectives thérapeutiques régénératrices voient le jour avec l’avènement des cellules-souches, embryonnaires ou  adultes, et l’on peut penser que dans un avenir assez proche (c’est déjà le cas avec les greffes de cellules-souches hématopoïétiques), il sera possible de réparer n’importe quel tissu lésé.

Les thérapies par les cellules souches offrent d’énormes promesses pour le traitement de certaines maladies et la  réparation des tissus. La science des cellules souches présente même le potentiel d’arrêter ou de renverser le processus de  vieillissement – jusqu’à un certain stade. Certaines entreprises développent leurs capacités à faire pousser des tissus  humains à partir de cellules souches. De nouvelles thérapies surprenantes sont inventées.

Les immenses espoirs soulevés par cette médecine régénérative vont susciter une pression économique et sociale très forte pour développer toutes les voies de recherche en matière de cellules-souches et de plasticité cellulaire. Les acteurs devront néanmoins rester très vigilants et veiller à ce que ces recherches prometteuses  gardent une finalité thérapeutique incontestable et se poursuivent de manière transparente dans un cadre  législatif et éthique précis et rigoureux.

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La vie de l’Otarie de Californie

Posté par othoharmonie le 14 janvier 2015

 

téléchargement (4)Avec son pelage chocolat foncé, ses petites oreilles et son museau conique très caractéristique, l’otarie diffère fondamentalement des phoques. La tête est portée par un long cou très mobile. Lorsque l’otarie est à terre, ses 4 membres supportent le poids du corps alors que, dans l’eau, seuls les membres antérieurs servent à la propulsion. Ils sont d’ailleurs beaucoup plus développés que les membres postérieurs, notamment là où les doigts, réunis par une palmure, forment une palette natatoire. Les mains ne portent pas de griffes, en revanche, les orteils 2, 3 et 4 en possèdent. Les mamelles des otaries présentent quatre tétons, alors que la plupart des phoques n’en ont que deux.

La denture des otaries est particulière en ce qu’on ne peut distinguer les prémolaires des molaires : on parle de dents post-canines ; celles-ci, contrairement à ce que l’on remarque chez certains phoques, n’ont qu’une seule pointe conique. Elles sont plus adaptées pour saisir des proies glissantes que pour sectionner ou broyer la nourriture. Le nombre d’incisives est stable : trois par demi-mâchoire supérieure et deux par demi-mâchoire inférieure.

Vivant à la fois dans l’air et dans l’eau, les otaries, comme tous les pinnipèdes (otaries, morses, phoques), n’ont pas les mêmes capacités sensorielles dans chacun de ces éléments. Ces milieux aux propriétés physiques si différentes ne véhiculent pas les informations de la même façon. Ainsi, dans l’air, l’acuité visuelle est limitée aussi bien à courte qu’à longue distance. Un observateur peut s’approcher, en plein jour, en rampant lentement, jusqu’à moins de 2 mètres d’un groupe d’otaries de Californie. Une fois qu’ils ont découvert l’intrus, les animaux étendent leur cou dans sa direction et, balançant la tête d’un côté à l’autre, le scrutent intensément, comme s’ils cherchaient à mieux le discerner. Malgré cette vision aérienne médiocre, les otaries sont très sensibles aux contours nets et aux mouvements brusques : tout objet se dressant au-dessus du niveau général des animaux et se déplaçant peut déclencher une réaction d’alarme. Un homme en position verticale provoque une réaction dès qu’il se trouve à une distance de 75 mètres durant la journée et de 25 mètres environ par nuit claire. D’ailleurs, les signaux visuels utilisés dans la vie sociale sont simples et évidents : ils ne requièrent que la perception de la silhouette et du mouvement. En revanche, la vision dans l’eau est bien meilleure ; elle est d’ailleurs largement utilisée lors de la recherche de nourriture.

Faisant partie des mammifères les plus bruyants, les otaries de Californie savent donner de la voix. Elles se servent en priorité de signaux vocaux pour communiquer. Grâce à ses vocalisations, le mâle résidant fait part de son statut et de son agressivité. La femelle exprime de la même manière son mécontentement. Mère et jeune se reconnaissent par les sons émis, tandis que les jeunes communiquent entre eux vocalement. Tous ces éléments plaident également en faveur d’une bonne acuité auditive.

Même s’il n’est utilisé qu’en des circonstances bien précises, l’odorat semble assez développé. Il permet au mâle d’identifier la femelle en chaleur et à la mère de reconnaître son petit, ce qui implique un haut degré de discrimination olfactive.

Enfin, la peau des otaries est très sensible au toucher, mais la réponse aux stimuli tactiles est sélective. Ainsi, les femelles qui allaitent réagissent de manière agressive au moindre contact, alors qu’en dehors de cette période elles aiment constituer des groupes compacts en se blottissant étroitement les unes contre les autres.

La vie amphibie des otaries les oblige constamment à adapter leur température au milieu ambiant : elles doivent conserver leur chaleur dans l’eau et être capables de la dissiper dans l’air.

images (3)Ce problème est particulièrement aigu dans le cas de l’otarie de Californie qui, se reproduisant en été dans la zone tempérée chaude ou tropicale, supporte à terre des températures particulièrement élevées. Pour le résoudre, elle maintient son pelage humide (l’évaporation de l’eau la rafraîchit), se tient le plus souvent sur un sol mouillé (auquel elle cède de la chaleur par conduction) et mène la plus grande partie de ses activités pendant la nuit.

 

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Histoire de l’Otarie

Posté par othoharmonie le 11 janvier 2015

 

220px-Otarie10Issus du groupe ancestral des énaliarctidés, animaux de petite taille qui vivaient dans le Pacifique nord, le long de la zone côtière, les premiers représentants de la famille des otaries (otariidés) seraient apparus dans le Pacifique Nord au miocène supérieur, il y a environ 24 millions d’années. Cependant, les plus anciens fossiles d’otaries connus datent du milieu du miocène, il y a environ 15 millions d’années.

Les otaries franchirent l’équateur au pliocène, il y a 2 à 5 millions d’années environ, sans doute à une époque où une zone d’eaux froides s’étendait, de façon continue, le long de tout le Pacifique oriental. L’absence de tout fossile dans l’Atlantique indique que le passage entre le Pacifique et l’Atlantique, au niveau de l’Amérique centrale, n’existait pas encore. Cependant, la température n’est vraisemblablement pas le facteur déterminant ayant influé sur la dispersion des otaries. Il existe en effet une corrélation certaine entre leur distribution actuelle et les zones océaniques où la nourriture est abondante, ce qui est généralement le cas dans les eaux froides. Dans l’hémisphère Sud, les otaries se répandirent d’île en île en suivant le courant circumpolaire antarctique. La séparation des lions de mer (otariinés) des otaries à fourrure (arctocéphalinés) est relativement récente : elle date en effet de 2 à 3 millions d’années.

Jadis regroupés au sein de l’ordre des pinnipèdes (une subdivision de la classification scientifique aujourd’hui obsolète), les otaries, les morses et les phoques auraient une origine commune (groupe monophylétique) – cette thèse, qui a un temps été remise en cause, semble confirmée par les résultats de diverses études génétiques. Les racines de ces animaux restent toutefois mal élucidées ; les pinnipèdes partageraient un ancêtre commun avec, selon les auteurs, soit les ursidés (ours), soit la superfamille des mustéloïdes (qui inclue les mustélidés – belettes, visons, etc. – et les procyonidés – ratons laveurs).

Les otaries aiment à se blottir les unes contre les autres. Elles forment ainsi des rassemblements à terre, qui ne présentent pas d’organisation sociale stable en dehors de la saison de reproduction (de septembre à avril), et qui sont plutôt le fait d’un fort instinct grégaire qui pousse les otaries à se regrouper de façon compacte, même si de vastes portions de littoral sont disponibles alentour. Les animaux non reproducteurs adoptent eux aussi cette attitude sur les sites de reproduction. Toute activité soudaine (irruption d’autres animaux ou de l’homme)  ou tout bruit inhabituel peuvent déclencher une réaction d’alarme : les animaux se précipitent alors dans l’eau sans même essayer d’identifier la menace.

Une toilette minutieuse

Lors des périodes de vie à terre, les otaries passent donc de longs moments à se frotter les unes aux autres ou contre les rochers, mais aussi à faire leur toilette. Adoptant une attitude qui n’est pas sans rappeler celle des chiens, l’animal peigne son pelage à l’aide des griffes de l’un de ses membres postérieurs : il peut ainsi atteindre n’importe quelle partie des 2/3 avant du corps. L’un des membres antérieurs peut être aussi utilisé pour gratter la partie postérieure du corps ou la tête.

Des heures entières à dormir

La plus grande partie du temps est consacrée au repos. Grâce à leur corps très flexible, les otaries peuvent adopter des postures de repos très variées. Elles dorment en général en position allongée, mais elles sont aussi capables de s’endormir dressées sur leurs pattes, la tête en position verticale, museau pointé vers le haut.

Très agiles à terre

L’otarie de Californie se déplace très facilement à terre. Sur terrain délicat (rochers glissants), un mâle à la poursuite d’un rival peut probablement se mouvoir plus rapidement qu’un homme. Lorsqu’il marche, l’animal utilise ses quatre pattes alternativement : il prend appui sur ses mains et sur la partie postérieure de ses pieds. Mais, comme la mobilité des membres postérieurs est réduite, l’avancée doit être accompagnée d’une importante flexion de la colonne vertébrale. La tête et le cou se balancent régulièrement d’un côté à l’autre. L’otarie peut aussi se déplacer au galop : le balancement de la tête devient alors vertical. On estime alors que sa vitesse peut atteindre 25 à 30 km/h.

De très bonnes nageuses

L’eau est l’élément de prédilection des otaries et, même lors de la période de reproduction où leur existence est essentiellement terrestre, elles effectuent de fréquentes incursions dans le milieu aquatique : pour s’y rafraîchir, pour y trouver de la nourriture (pieuvres, calmars et poissons divers, anchois, harengs, saumons, etc.) comme pour y jouer. Elles s’amusent ainsi à surfer sur les vagues ou s’engagent dans des poursuites effrénées. Elles peuvent même dormir dans l’eau, près du rivage, allongées sur le côté, un membre négligemment levé.

La « nage des marsouins »

Malgré leur silhouette massive, les otaries sont d’une agilité surprenante. Lorsqu’elles nagent, la force propulsive est fournie par des mouvements simultanés des membres antérieurs, les membres postérieurs servant de gouvernail. Pour se déplacer rapidement, elles « marsouinent » : elles émergent périodiquement au-dessus de la surface et décrivent un arc de cercle avant de plonger à nouveau. On a parfois observé des groupes de 5 à 20 juvéniles nageant ainsi en file indienne ; ce comportement est peut-être à l’origine de certaines histoires de serpents de mer. La vitesse maximale pouvant être atteinte Otariedans l’eau est proche de 30 km/h.

Un pêcheur habile

La recherche de la nourriture est souvent individuelle, mais, lorsque les bancs de calmars ou de poissons sont importants, les otaries coopèrent entre elles ou même, parfois, avec des individus d’autres espèces, comme les marsouins.

Dans l’eau, leur souplesse est prodigieuse : elles peuvent changer presque instantanément de direction et, grâce à la mobilité de leur long cou, capturer aisément leurs proies. Les plus petites sont consommées aussitôt sous l’eau, les plus grosses étant débitées en morceaux à la surface avant d’être ingurgitées.

Lorsqu’elles sont à la recherche de nourriture, les otaries, contrairement aux phoques, effectuent des plongées de courte durée à des profondeurs relativement faibles. Des données expérimentales montrent que leurs descentes ne durent en moyenne que 3 minutes (maximum 12) à des profondeurs variant entre 70 et 270 m maximum. La durée de plongée dépend d’ailleurs de la masse de l’animal : plus celle-ci est importante, plus la plongée peut être longue, car un animal plus volumineux stocke davantage d’oxygène et l’utilise de manière plus efficace. Les quelques bilans énergétiques établis donnent, pour une otarie de 85 kilos ayant effectué 200 plongées de 2 minutes environ et ayant ramené en moyenne 60 grammes de poisson par plongée, un rapport énergie acquise/énergie dépensée voisin de 4, c’est-à-dire que l’énergie acquise est quatre fois supérieure à l’énergie dépensée.

 

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LA GRANDE HISTOIRE DE LA CHASSE AU PHOQUE

Posté par othoharmonie le 7 janvier 2015

 

Pinniped_collageLes phoques sont chassés par les humains depuis l’âge de pierre. À l’origine, les phoques étaient frappés avec des bâtons lorsqu’ils sortaient de l’eau. Plus tard, les chasseurs de phoques se sont équipés de harpons pour lancer sur les animaux à partir de bateaux en mer, et de crochets pour tuer les petits sur la glace ou la terre. Les phoques peuvent également être pris au piège dans les filets. L’utilisation d’armes à feu pour chasser les phoques au cours de l’ère moderne a considérablement augmenté le nombre de prises. Les pinnipèdes sont généralement chassés pour leur viande et leur graisse. Les peaux des otaries à fourrure et des phocidés sont transformées en manteaux, et les défenses de morses continuent d’être utilisés pour des sculptures ou comme ornements. Il y a une distinction entre la chasse de subsistance du phoque par les peuples autochtones de l’Arctique et la chasse commerciale : les chasseurs de subsistance utilisent généralement des produits du phoque pour leur consommation propre et dépendent de cet animal et de sa chasse pour leur survie. Les autorités nationales et internationales ont établi une législation dérogatoire pour les chasseurs autochtones car leurs méthodes de chasse sont considérées comme moins destructrices pour les populations de pinnipèdes et l’environnement. Cette distinction est toutefois remise en question car les peuples autochtones utilisent de plus en plus des armes modernes et des transports mécanisés pour chasser, et vendent les produits issus de phoques sur les marchés. Certains anthropologues affirment que le terme «subsistance» devrait également s’appliquer à ces échanges tarifés tant qu’ils se déroulent dans la production et la consommation locale. Plus de 100 000 phocidés (notamment des Phoques annelés) ainsi que près de 10 000 morses sont pris chaque année par des chasseurs indigènes.

La chasse commerciale du phoque était historiquement aussi développée que l’industrie baleinière. Les espèces exploitées comprenaient le Phoque du Groenland, le Phoque à capuchon, le Phoque de la Caspienne, les éléphants de mer, les morses et toutes les espèces d’Otaries à fourrure. L’ampleur de la chasse au phoque a considérablement diminué après les années 1960, après que le gouvernement canadien a pris des mesures pour réduire la durée de la chasse et protéger les femelles adultes. Plusieurs espèces qui étaient auparavant exploitées commercialement ont vu leur population s’accroître à nouveau. Par exemple, la population d’Otaries à fourrure antarctiques est revenue à ce qu’elle était avant les débuts de la chasse commerciale. L’Eléphant de mer du nord a été chassé presque jusqu’à son extinction à la fin du xixe siècle, et il ne demeurait alors plus qu’une petite population sur l’île de Guadalupe. Car il a recolonisé une grande partie de son aire de répartition historique, a une bottleneck population. À l’inverse, le Phoque moine de Méditerranée a disparu de la plupart de son ancienne aire de répartition, qui s’étendait de la Méditerranée à la mer Noire et l’Afrique du Nord-Ouest, et on le trouve seulement dans le nord-est de la Méditerranée et certaines régions d’Afrique du Nord-Ouest. Plusieurs espèces de pinnipèdes continuent à être chassées. La Convention for the Conservation of Antarctic Seals permet une chasse limitée de Phoques crabiers, de Léopards de mer et de Phoques de Weddell. Cependant, la chasse du Phoque de Weddell est interdite entre septembre et février pour les animaux de plus d’un an, afin d’assurer la présence d’un bon nombre de reproducteurs sont en bonne santé. D’autres espèces sont strictement protégées comme les éléphants de mer, les Phoques de Ross et les Otaries à fourrure antarctiques. Le gouvernement du Canada autorise la chasse aux Phoques du Groenland. Cela soulève énormément de controverses et de débats. Les partisans de la chasse aux phoques insistent sur le fait que les animaux sont euthanasiés et que les jeunes à fourrure blanche ne sont pas chassés, tandis que leurs opposants soutiennent qu’il est irresponsable de tuer les phoques du Groenland car ils sont déjà menacés par le déclin de leur habitat.

Le Phoque moine des Caraïbes a été tué et exploité par les colons européens et leurs descendants à partir de 1494, commençant avec Christophe Colomb lui-même. Les phoques étaient des cibles faciles pour les chasseurs organisés, les pêcheurs, les chasseurs de tortues et les boucaniers parce qu’ils ont évolué dans un contexte où ils avaient très peu de prédateurs terrestres et étaient donc «génétiquement apprivoisés ». Aux Bahamas, pas moins de 100 phoques ont été abattus en une nuit. Dans le milieu duxixe siècle, on pensait que l’espèce était éteinte, jusqu’à ce qu’une petite colonie soit trouvée près de la péninsule du Yucatán en 1886. Toutefois les massacres de ces phoques se sont poursuivis, et la dernière observation fiable de l’animal date de 1952. L’UICN a déclaré l’espèce éteinte en 1996. L’Otarie du Japon était commune autour des îles japonaises, mais la surexploitation et la concurrence de la pêche sur ses ressources alimentaires a fait diminuer de façon drastique la population dans les années 1930. Le dernier individu observé était un jeune en 1974.

220px-Seals_at_Cape_Cross,_Namibia_(3045707919)Au contraire, certaines espèces sont devenues tellement abondantes qu’elles entrent en conflit avec les populations locales. Aux États-Unis, les pinnipèdes et les autres mammifères marins sont protégés en vertu de la Loi sur la protection des mammifères marins de 1972 (MMPA). Dès lors, la population d’Otaries de Californie n’a cessé de croître, et entre cette date et le début des années 2010 elle avait augmenté de 250 000 individus. Ces animaux ont commencé à exploiter des environnements plus artificiels comme les quais pour se reposer. Mais beaucoup de quais ne sont pas conçus pour supporter le poids de plusieurs lions de mer au repos, ce qui peut provoquer leur détérioration et divers autres problèmes. Les gestionnaires de la faune ont utilisé diverses méthodes pour contrôler ces animaux, et certains fonctionnaires des villes concernées ont redessiné les docks afin qu’ils puissent mieux résister. Les otaries sont aussi en conflit avec les pêcheurs puisque les deux exploitent les mêmes stocks de poisson. En 2007, la MMPA a été modifiée pour autoriser la chasse des otaries qui s’en prenaient aux saumons en migration au barrage Bonneville. La loi de 2007 vise à limiter les dégâts occasionnés sur les populations de saumons du Nord-Ouest du Pacifique. Les officiers de la faune sauvage ont tenté en vain de faire fuire les otaries en utilisant des bombes, des balles en caoutchouc et des bean bags. Les efforts pour chasser les lions de mer des zones occupées par l’Homme se sont également révélés inefficaces. Des critiques émanant par exemple de la Humane Society n’acceptent pas que des otaries soient tuées, affirmant que les barrages hydroélectriques constituent une plus grande menace pour le saumon. Des conflits similaires ont existé en Afrique du Sud avec les Otaries à fourrure d’Afrique du Sud, réputées suivre les bateaux et s’introduire à l’intérieur des filets des sennes coulissantes pour consommer les poissons en grande concentration. Dans les années 1980 et 1990, les politiciens et pêcheurs sud-africains demandaient que les otaries à fourrure puissent être abattues, estimant que ces animaux entraient en compétition avec les pêcheries commerciales. Des études scientifiques ont toutefois monté que l’abattage des otaries à fourrure aurait en fait un effet négatif sur l’industrie de la pêche, et l’idée a été abandonnée en 1993.

220px-Phoca_vitulina_(Habor_Seal),_Point_Lobos,_CA,_US_-_DiliffLes pinnipèdes peuvent également être menacés par l’homme de manière plus indirecte. Ils sont involontairement pris dans les filets de pêche par les pêcheurs et avalent accidentellement des hameçons. La pêche au filet maillant et la senne sont des causes importantes de mortalité chez les phoques et autres mammifères marins. Les espèces communément prises dans des filets sont l’Otarie de Californie, le Phoque moine d’Hawaï, les Otaries à fourrure du Nord et les Otaries à fourrures brunes. Les pinnipèdes sont également touchés par la pollution marine. Des niveaux élevés de produits chimiques organiques s’accumulent dans ces animaux car ils sont près du sommet de la chaîne alimentaire et ont de grandes réserves de graisse. Les mères allaitantes peuvent transmettre les toxines à leur jeune. Ces polluants peuvent causer des cancers gastro-intestinaux, une baisse de la reproductivité et une plus grande vulnérabilité aux maladies infectieuses. La destruction de l’habitat de ces animaux par l’exploitation du pétrole et du gaz et les collisions avec les bateaux sont d’autres menaces liées à l’Homme qui pèsent sur ces animaux.

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Le phoque moine de Méditerranée

Posté par othoharmonie le 28 décembre 2014

 

 

DioramaMonachusPrésentation :

Le monachus monachus est aussi appelé phoque moine de Méditerranée. Il est de la famille des pinnipèdes, qui comprend les otaries, les morses et les phoques.

Le monachus monachus est sans nul doute, l’espèce la plus menacée de cette famille.

Localisation :

Autrefois, le monachus monachus peuplait toute la Méditerranée et une partie des côtes africaines.
Aujourd’hui, il n’y en aurait pas plus de 200 dans la Méditerranée. Il fait partie de l’une des 10 espèces les plus menacées au monde…

Menaces :

Plusieurs facteurs sont responsables de la diminution des phoques moines de Méditerranée et malheureusement, dans bien des cas, l’homme est responsable des misères que connaît ce sympathique animal.

  • La pollution de la mer Méditerranée est en constante augmentation ces dernières années et cause de véritables désastres dans les populations de phoques. Elle est responsable de maladies qui affaiblissent l’organisme des monachus monachus. 
  • L’omniprésence de l’homme et du tourisme sur les plages de Méditerranée a poussé le phoque à quitter son milieu naturel. En effet, ce timide animal ne supporte pas notre présence et l’agitation qu’elle amène. Les femelles ont ainsi cessé de mettre bas sur des plages, elles donnent désormais naissance au bord des falaises et dans des cavités rocheuses sous le niveau de la mer. Ces endroits sont trop dangereux pour les petits et les tempêtes font des ravages dans les portées de nouveaux-nés. 
  • La surpêche a aussi vidé la mer de ses poissons et a rendu les conditions de vie des monachus monachus difficiles durant certaines périodes de l’année. De plus, il arrive que des pêcheurs frappés par l’ignorance tuent gratuitement cet animal parce qu’il constituerait un rival néfaste pour la pêche, ce qui est absolument faux aux vues des populations de phoques moines restantes. 
  • Les filets de pêches causent aussi occasionnellement des morts…

 

Effort de conservation :

Quelques associations pour la protection des monachus œuvrent pour sauvegarder leurs dernières zones de reproduction connues. Elles procèdent à des comptages et des campagnes de communication pour sensibiliser les populations locales au sort des phoques. De plus, des zones de protections marines et côtières ont vu le jouren Grèce, en Turquie et en Mauritanie pour sauvegarder quelques individus parsemés…

Ce qu’il faudrait au monachus c’est un programme de protection regroupant l’ensemble des acteurs de Méditerranée. Ainsi qu’un programme de reproduction pour grossir les populations qui sont tombées à des seuils critiques. Les phoques pourraient disparaître en quelques années si une épidémie ou une catastrophe naturelle venait à les frapper.

Reproduction :

Chaque femelle donne naissance à un seul petit. Les portées arrivent entre avril et juillet au terme d’une gestation de 11 mois. A sa venue au monde, le petit phoque moine ne dépasse généralement pas le mètre de long mais il pèse déjà entre 10 et 20 kilos.
Il têtera sa mère pendant les deux premiers mois de sa vie et il ne lui faudra pas moins de deux semaines pour quadrupler son poids de naissance. Au bout de 5 ans, les jeunes monachus monachus atteindront leur majorité sexuelle.

En savoir plus :

alt=Description de cette image, également commentée ci-aprèsSa taille varie généralement de 2 à 3 mètres, de la nageoire à la tête et son poids est compris entre 200 et 310 kilos pour les plus gros spécimens.
Comme tous les phoques, il se nourrit principalement de poissons mais les crustacés, les poulpes, les langoustes, les homards, les seiches et occasionnellement les algues font aussi parties de son régime alimentaire. Il doit ingurgiter 15 kilos de nourriture chaque jour pour subvenir à ses besoins énergétiques.

Contrairement à ses congénères, ce phoque n’est pas friand des eaux froides du grand nord. Il préfère s’installer dans les climats tempérés où les eaux sont plus chaudes. On s’est aperçu qu’une partie de la population de phoques moines de Méditerranée a réussi l’exploit de traverser l’océan atlantique pour fonder une nouvelle colonie, le phoque moine des caraïbes. Puis, suite au canal de Panama, une nouvelle colonie à vue le jour sur les côtes hawaïennes. Mais c’était en des temps plus heureux pour les phoques moines. Aujourd’hui, pour les mêmes raisons que leurs cousins de Méditerranée, les phoques moines d’Hawaï sont en danger critique d’extinction. Il n’en resterait pas plus d’un millier. Et pour les monachus des caraïbes, la situation est désastreuse. L’espèce est aujourd’hui éteinte. Ce constat est tombé en 2008 après 5 années de recherche sans succès…

 

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LES PETITS SAUVEURS DE RHINOCEROS

Posté par othoharmonie le 19 décembre 2014

Javan_Rhino_ZimmermanQuand les rhinocéros étaient encore chassés avec l’arc et les flèches et avec les lances pour subsister, leur système de réaction, basé sur la première alarme donnée par le volettement des pique-boeufs (Buphagus erythrorhynchus) les gardes du rhinocéros ou askari wa kifaru en swahili, les petits oiseaux au bec rouge qui mangent les parasites sur leur peau, et sur l’ouïe fine et directionnelle, l’odorat et la vue qui n’est pas aussi faible qu’on le dit, suffisait à en garantir la sécurité par la fuite ou la charge. L’équilibre est altéré quand les  établissements humains se multiplient et les animaux sauvages sont considérés comme une menace pour l’agriculture et pour le développement commercial et industriel en Afrique qui, jusqu’aux années 60 du XXe siècle, était encore envisagé selon les canons occidentaux, et par l’attribution superstitieuse de pouvoirs occultes à des organes animaux. 

Les rhinocéros causent de graves dommages aux plantations, car leur estomac requiert une grande quantité de nourriture pour se remplir. Ainsi les agriculteurs anéantissent l’animal sauvage et les braconniers se consacrent à la chasse de spéculation. 

Le braconnage et la superstition constituent le cocktail assassin qui menace les rhinocéros, mais ce sont la surpopulation, la déforestation et l’agriculture qui ont limité la mobilité de ces animaux, empêchant leurs contacts et les échanges entre les différents groupes. Dans une aire donnée, il faut au moins cinquante rhinocéros pour en garantir la conservation : pour le succès de la reproduction, un nombre inférieur n’offrirait pas la diversité génétique nécessaire, causant maladies et malformations chez les petits. 

Contrairement à un lieu commun, la faute principale de la perte des rhinocéros n’est pas à attribuer aux chasseurs étrangers, mais elle est imputable aux politiques imprévoyantes de gestion du territoire et de la faune, et aux braconniers locaux. Il suffit de dire que l’anglais John A. Hunter qui a abattu selon les chroniques 1600 rhinocéros, agissait sur ordre du gouvernement afin de libérer les terres de ces grosses bêtes encombrantes, pour y transférer la tribu des Wakamba. Deux nettoyages ethniques en un seul coup. Malheureusement, même au troisième millénaire, un nouveau gouvernement africain a déclaré démagogiquement que le peuple vient avant la Nature ; ainsi on néglige l’environnement et tout le monde va mal. Par conséquent, la faune sauvage est anéantie par la réduction rapide des aires naturelles occupées par les immigrés illégaux, par la destruction de la végétation, par la faim, des éléments qui se traduisent aussi par le braconnage. 

Les possessions françaises entre les XIXe et XXe siècles ont vu un véritable massacre encouragé par l’administration coloniale au nom du progrès. En 1927, pas moins de 800 cornes ont été exportées par le sultanat de la zone de Fort Archambault (Sahr) près du Lac Tchad. Le chasseur professionnel Cannon a tué avec un boucher appelé Tiran près de 350 rhinocéros en moins de quatre ans au Cameroun, en Oubangui-Chari et au Tchad. Le marché et l’opportunité ont également entraîné l’abandon de la chasse à l’ivoire pour celle aux rhinocéros, parce qu’abattre les rhinocéros est plus facile que les éléphants et la demande de cornes ne cesse de croître. La mentalité d’autrefois est bien représentée par l’opinion de Stewart Edward White dans son The Land of Footprints de 1913  » Les rhinocéros sont trop nombreux. Il ne fait aucun doute que cette espèce doit être la première à disparaître parmi les grands animaux africains. On ne saurait permettre à un animal si lunatique de courir dans une zone habitée, ni dans des zones constamment traversées par l’homme. L’espèce devra probablement être conservée dans des zones circonscrites appropriées. Ce serait un péché que de faire disparaître un exemple si parfait d’animal préhistorique  » et il indique que  » La peau de rhinocéros bien traitée devient transparente comme l’ambre et on réalise avec des souvenirs comme des écuelles, des plateaux, des coupe-papiers, des fouets, des bâtons et naturellement les pieds du rhinocéros sont d’excellentes boîtes à cigares ou encriers « . Par ailleurs, parmi les outrages que l’imagination perverse de l’homme a su infliger à la faune, il y a eu précisément l’expédition de White dans le but de prendre au lasso le plus grand nombre de rhinocéros et d’autres espèces sauvages africaines. 

Pour information, les cow-boys Ambrose Means et Marshall Loveless ont réussi l’exploit. Le psychologue Gerhard Swanepoel a tracé le portrait-robot du braconnier sud-africain : 30 ans, indigène, mâle, il parle afrikaans, zoulou ou anglais. Un tiers a suivi le premier cycle de l’enseignement secondaire, un tiers le second cycle du second degré, 30 % est au chômage, d’autres sont manoeuvres ou commerçants. L’écoulement a lieu dans les grandes villes dotées de voies de communication, d’aéroport et de criminalité organisée. Les délinquants attaquent les fermes privées pour voler les armes avec lesquelles braconner, mais le plus souvent les armes sont des vieux AK-47 qui se vendent à 100 rands à Soweto. Ceux qui procurent la bush meat pour le marché alimentaire indigène utilisent essentiellement les pièges de fil barbelé volé, au lieu des traditionnelles fibres des feuilles de Sansieveria aethiopica, ou construisent des fusils rustiques à chargement par la bouche. De moins en moins utilisés l’arc et les flèches empoisonnées avec l’uhlunguyembe (Acokanthera oppositifolia) ou le Strophanthus kombe pour les buffles et les antilopes, ou le gifbol (Boophane disticha) pour les petites proies. Dans le delta du Zambèze, les bandes de braconniers sur véhicules tout-terrain Unimog supplantent les pauvres indigènes Sena qui chassent avec les chiens, les faméliques Kaffir dogs et avec des lances et panga, la large serpe africaine. En général ils n’en tirent que les entrailles, étant donné que les indigènes sont très friands de tripes, le reste est jeté. Le pire c’est quand dans le bush les incendies font rage, allumés par les braconniers qui détruisent la végétation et les récoltes, entraînant des régimes plus pauvres en hydrates de carbone et vitamines, la famine pour les animaux d’élevage et une carence en protéines pour la population. 

À noter que le braconnier qui risque de nombreux coups, de nombreuses années de prison et la vie, les garde-chasses ayant en Afrique le permis de tuer, touche seulement quelques dollars. La corne est revendue à quelques intermédiaires, puis à un commerçant qui la garde en magasin pour atteindre une certaine quantité à exporter illégalement, dissimulée au milieu d’autres marchandises, par exemple du port de Beira, jusqu’à Hongkong, en Inde, à Singapour, au Japon. 

Les indices se dirigent vers des grossistes indiens qui approvisionnent les marchés orientaux et recyclent les profits en Inde, au Japon et en Chine. Les gains sont répartis entre les grossistes sur la côte (à Dar Es Salaam, etc.), les commerçants des pays importateurs et le cerveau de l’opération qui se trouve probablement à Tokyo. 

Extrait de : Le Rhinocéros – Histoires fantastiques et légendes authentiques en Français

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Croyance autour de la corne de rhinocéros

Posté par othoharmonie le 6 décembre 2014

220px-Nas-HornLeur comportement sexuel les a beaucoup desservis. En effet, contrairement à un grand nombre d’espèces, l’accouplement peut durer plus d’une demi-heure. C’est sans doute pourquoi certains attribuent, sans fondement, des effets thérapeutiques et aphrodisiaques à la corne de rhinocéros broyée, alors que celle-ci est constituée principalement de kératine, une substance banale retrouvée dans les ongles, les cheveux et les sabots.

De tous temps tenue pour aphrodisiaque par les Chinois et les Japonais qui la prennent en infusion, la corne de rhinocéros n’a aucune vertu médicinale mais, à cause de cette croyance, beaucoup de rhinocéros sont tués. En Chine, le kilogramme de poudre de corne de rhinocéros se vend 50 000 USD. Entre 1980 et 1984, le nombre des rhinocéros noirs, autrefois très répandu, a diminué de moitié, probablement à cause de leurs cornes. En 1970, il y avait 70 000 rhinocéros noirs en Afrique, 15 000 en 1981 et seulement 4 200 en 2011, principalement en Afrique du Sud, Namibie, Zimbabwe et Kenya. Mais la population progresse enfin et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) considère l’espèce comme sauvée. Le rhinocéros blanc se porte mieux avec 18 000 individus, dans le sud de l’Afrique. Pour réduire la chasse, la International Rhino Foundation a mis en place despatrouilles antibraconnage. En 2008, 83 rhinocéros noirs ont été braconnés rien qu’en Afrique du Sud. En 2011, ce chiffre est de 448. En 2012, 668. Elle a aussi entrepris de déplacer des animaux vers des zones très surveillées au Kenya (Parc national de Tsavo East) et au Zimbabwe (à Hwange et à Lemco).

L’accouplement des rhinocéros peut durer une heure et se répéter plusieurs fois par jour. Une telle vitalité, jointe à la forme suggestive de la corne, est peut-être à l’origine de la réputation de puissant aphrodisiaque attribuée à cette dernière, cause principale du massacre, au cours du XXe siècle, de toutes les espèces de rhinocéros. Pourtant, aucune des analyses effectuées sur différents prélèvements de cornes n’a pu mettre en évidence autre chose que de la kératine, la même protéine qui constitue nos ongles et de nos cheveux.

La corne des rhinocéros responsable des massacres

Il y a peu d’exemples, avec celles de l’éléphant, de destructions aussi massives et aussi systématiques que celles des rhinocéros. Aujourd’hui, l’espèce se rencontre essentiellement à l’abri de réserves, de sanctuaires de la vie sauvage ou de zones protégées.

Toutes les vertus prêtées à la corne du rhinocéros viennent de traditions asiatiques. Autrefois, quand les rhinocéros asiatiques étaient plus nombreux, l’« approvisionnement » avait lieu sur place, dans la vallée du Gange ou dans les forêts de la péninsule indochinoise. En raison de la chute des effectifs des rhinocéros en Asie, la chasse s’est étendue aux rhinocéros africains.

Quelles seraient les vertus de cette corne ? De l’Inde à la Chine, on lui prête divers pouvoirs protecteurs, curatifs ou stimulants. Autrefois, les princes indiens se devaient de boire dans une coupe creusée dans la corne d’un rhinocéros. La légende raconte que la coupe se brisait en deux si un ennemi y avait versé du poison. On affirmait également qu’une corne de rhinocéros placée sous le lit d’une femme enceinte facilitait l’accouchement.  Une autre tradition voulait que l’on guérisse une morsure de serpent en plaçant sur la blessure un petit morceau de corne.

L’urine de l’animal aurait aussi des pouvoirs : un petit flacon accroché à l’entrée d’une maison protègerait les habitants contre les mauvais esprits, les fantômes et les maladies. Sachant cela, les guérisseurs continuent aujourd’hui de recueillir l’urine en se servant là où il est facile de se la procurer, c’est-à-dire auprès des soigneurs des jardins zoologiques népalais et indiens — une tradition qui, elle, n’a aucune conséquence négative sur l’espèce.

Toutes ces pratiques, qui ne donnaient pas lieu à des massacres en règle, ont permis pendant longtemps la cohabitation du rhinocéros et de l’homme. Il n’en va pas de même depuis que la corne est vendue comme aphrodisiaque. Cette vertu illusoire est à l’origine d’une véritable flambée du marché (à titre illustratif, à la fin des années 1980, le kilogramme de corne se vendait environ 16 000 dollars).

Croyance autour de la corne de rhinocéros dans RHINOCEROS 220px-Rhinoc%C3%A9ros_de_Louis_XVUn commerce d’un autre type existe au Yémen. La corne, entière cette fois, est richement décorée et utilisée comme étui du poignard traditionnel, le jambia. La raréfaction des animaux a entraîné un envol des prix qui n’a pas découragé la riche clientèle yéménite. Le braconnage africain n’en a été que plus actif.

Aujourd’hui, en dépit des approvisionnements rendus de plus en plus difficiles par la baisse des effectifs des rhinocéros et par l’interdiction totale, à l’échelle internationale, du commerce de leurs cornes, le braconnage persiste, en raison des sommes exorbitantes pouvant être obtenues en Asie, notamment au Népal, pour la corne de rhinocéros (une seule corne peut se monnayer plusieurs dizaines de milliers de dollars).

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Caractéristique du rhinocéros

Posté par othoharmonie le 6 décembre 2014

 

Diceros_bicornis_2006_09_cAux temps préhistoriques, les rhinocéros avaient parfois une tout autre apparence que leurs représentants actuels.

Les rhinocéros géants ont été avec Paraceratherium (connu également sous le nom de Baluchitherium et d’Indricotherium) les plus grands mammifères terrestres connus de tous les temps. Ils avaient un long cou, étaient dépourvus de corne et vivaient pendant l’Oligocène (-30 millions d’années).

Les premiers parents connus des rhinocéros sont des fossiles de l’Éocène supérieur. Ces Amynodontidae étaient déjà aussi grands que les rhinocéros actuels, mais n’avaient pas de corne et se nourrissaient probablement de plantes aquatiques (d’où leur nom allemand « Wassernashörner » littéralement : rhinocéros d’eau).

Les véritables rhinocéros (Rhinocerotidae) se sont séparés en deux lignées : les Elasmotheriinae dont le genre le plus connu Elasmotherium vivait encore à la dernière période glaciaire et se distinguait par une corne immense, longue de 2 m, et les Rhinocerotinae avec les trois genres mentionnés plus haut. Les hommes préhistoriques de l’Ouest européen ont côtoyé 4 espèces de rhinocéros qui avaient survécu à trois glaciations, mais qu’elles ont sans doute contribué à faire disparaître.

Le rhinocéros laineux de l’ère glaciaire est rangé parmi les Dicerorhinini, il est donc apparenté aux rhinocéros de Sumatra.

La principale caractéristique visible des rhinocéros, ce sont leurs cornes sur le nez. Selon l’espèce il y en a une ou deux. Chez les rhinocéros fossiles, on trouve aussi des espèces dépourvues de corne. La corne avant pousse sur l’os nasal, la corne arrière (quand elle existe) sur l’avant du crâne. Malgré leur dureté, les cornes ne se composent pas d’une substance osseuse, mais de kératine agglutinée, une protéine fibrillaire que l’on trouve aussi dans les cheveux. La plus grande corne connue mesurait 1,58 m.

Dans certaines cultures de l’Asie orientale, on utilise la corne de rhinocéros pour en faire des sculptures, des coupes libatoires notamment. Les supposés effets thérapeutiques et aphrodisiaques attribués à la corne broyée et la mode des poignards en corne de rhinocéros dans les classes supérieures du Yémen, comme marque de standing et symbole de virilité, ont favorisé leur trafic sur le marché noir et le braconnage d’espèces pourtant en voie de disparition.

On distingue la corne de rhinocéros des autres cornes grâce à l’existence de poils sur la corne, d’un intérieur qui est plein contrairement à l’ivoire qui est creux. Les cornes de rhinocéros possèdent une couleur généralement sombre qui peut virer au marron clair selon les cornes.

Les rhinocéros ont un corps massif et des jambes grosses et courtes. Chaque pied a trois doigts se terminant chacun par une sorte de petit onglon, d’où l’empreinte caractéristique en feuille de trèfle. La peau est épaisse et de couleur grise ou brune. Chez les espèces asiatiques, la peau au début du cou et des jambes est si plissée qu’elle donne l’impression d’un blindage.

Les rhinocéros ont une capacité visuelle faible, mais cet inconvénient est compensé par un odorat subtil et une très bonne audition.

Malgré leur apparence, les rhinocéros sont dotés d’une musculature impressionnante, qui leur permet de courir très vite si nécessaire, jusqu’à 50 km/h pour les plus rapides. Très agiles, ils peuvent aussi faire volte-face en pleine course.

Les mâles ne possèdent pas de scrotum : les testicules se trouvent à l’intérieur du corps.

Les rhinocéros vivent normalement en solitaires mais, dans la savane, on peut parfois voir de petits troupeaux.

Ils sont à la fois polygames et polyandres. Mâles et femelles ont plusieurs partenaires.

Si une femelle est en chaleur, les mâles peuvent en venir à se battre. Le vainqueur fait sa cour à la femelle de façon curieuse : il marque son territoire avec son urine et ses déjections, faisant tourner sa queue à la manière d’un ventilateur pour épandre sur une plus grand surface ; en outre, les deux partenaires se pourchassent et se battent l’un contre l’autre avant l’accouplement.

Après une gestation de 15 à 18 mois naît un petit qui peut rester deux ans et demi avec la mère. Il suit sa mère comme son ombre. Celle-ci est alors spécialement agressive et le défend même contre les membres de son espèce mais à la naissance du suivant, elle le chasse.

Dans la journée les rhinocéros dorment, ils sont surtout actifs au crépuscule et la nuit.

Ce sont des animaux craintifs qui évitent les hommes. C’est lorsqu’ils se sentent menacés qu’ils attaquent. Très rares, ces attaques peuvent parfois occasionner de graves blessures en raison de la puissance de l’animal et du danger que représente la corne.

Des rhinocéros sont souvent accompagnés par des oiseaux du genre pique-bœufs qui se perchent sur leur peau et les nettoient des parasites ou hérons gardes-bœufs qui chassent les insectes dérangés au sol par le passage de l’animal. Dans des cas assez rares, les jeunes rhinocéros peuvent être une proie d’opportunité pour de grands félins comme le lion. En revanche, les rhinocéros adultes n’ont aucun ennemi si ce n’est l’homme.

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LES AIGLES DECRITS PAR ARISTOTE

Posté par othoharmonie le 29 novembre 2014

 

 

290px-Philippine_Hawk-eagleLes aigles sont de plusieurs espèces. L’un qu’on appelle le pygargue fréquente les plaines et les. bois, et les environs des villes. On le surnomme encore quelquefois le Tueur-de-faons. Il vole aussi sur les montagnes et dans les forêts, se fiant à son courage. Les autres espèces d’aigles ne se montrent que bien rarement dans les plaines et dans les bois. 2Une seconde espèce d’aigle est celui qu’on nomme le Plangos; il est en effet le second en grosseur et en force. Il fréquente les halliers, les vallons et les lacs. On le surnomme aussi le Tueur-de-canards, et le Morphnos. C’est de celui-là que veut parler Homère, quand il raconte la sortie de Priam.  Un autre aigle est de couleur noire, le plus petit, et, cependant, le plus fort de tous. Il n’habite que les montagnes et les forêts. On l’appelle indifféremment l’aigle noir et le Tueur-de-lièvres; c’est le seul aigle qui nourrisse ses petits, et qui les garde jusqu’à ce qu’ils sortent du nid. Son vol est rapide; il est solitaire, superbe, sans aucune crainte, belliqueux; et sa voix, toujours forte, ne tourne jamais au gémissement et à la plainte.  Une autre espèce a des ailes tachetées de noir et la tête blanche ; c’est le plus grand de tous les aigles. Ses ailes sont très-peu étendues ; son croupion est allongé. Il ressemble assez à un vautour; on l’appelle la cigogne-de-montagnes, et aussi le sous-aigle. Il habite les bois. Il a toutes les mauvaises qualités des autres aigles, sans en avoir aucune des bonnes.  Il se laisse prendre et poursuivre par des corbeaux et des oiseaux aussi faibles. Son vol est lourd ; il vit d’aliments mi-sérables et se nourrit de charognes. Il a toujours faim ; il crie sans cesse et se plaint toujours.

 Une autre espèce d’aigles sont ceux qu’on appelle aigles de mer. Us ont un cou long et gras, des ailes recourbées, et un croupion très-large. Us habitent la mer et ses rivages; mais souvent aussi, ne pouvant porter la proie qu’ils ont saisie, ils sont entraînés au fond de l’eau.  Les aigles qu’on appelle aigles-francs forment une autre espèce. On prétend que c’est le seul de tous les biseaux dont la race soit parfaitement pure. Toutes les autres espèces d’aigles, d’éperviérs, et d’oiseaux plus petits, sont issues de mélanges, où se sont commis une foule d’adultères réciproques. Cet aigle-là est le plus grand de tous ; il est même plus gros que l’orfraie, et de moitié plus gros que les autres aigles. Il est de couleur rousse. Il se montre aussi rarement que l’oiseau appelé le Cymindis.

 Le moment de la journée où l’aigle fait son travail de chasse et où il vole, c’est depuis l’heure du déjeuner des hommes jusqu’au soir. Le matin, il reste en repos, jusqu’à l’heure où nos marchés s’emplissent. A mesure que les aigles vieillissent, leur bec s’allonge, la partie supérieure se recourbant de plus en plus ; et ils finissent par mourir de faim. On raconte à ce sujet une fable qui nous apprend que c’est là une punition de l’aigle, qui, étant jadis homme, avait violé l’hospitalité envers celui qu’il avait reçu.  Ils font, pour leurs petits, des provisions de nourriture, quand il y en a de trop, parce qu’il ne leur est pas facile de s’en procurer tous les jours, et que quelquefois le dehors ne leur fournit absolument rien. Quand ils voient quelqu’un se préparer à surprendre leur nid, ils le frappent à coups d’ailes et le déchirent de leurs serres. D’ailleurs, ils ne font pas leurs nids dans des lieux plats, mais au contraire dans des endroits fort élevés, spécialement dans des roches inaccessibles, parfois aussi sur un arbre.  L’aigle nourrit ses petits jusqu’à ce qu’ils soient capables de voler ; alors, il les chasse du nid, et il les éloigne à de grandes distances, tout à l’en-lour.

Une seule paire d’aigles occupe en effet un vaste espace, et c’est pour cela qu’ils empêchent les autres de se faire une demeure près d’eux.  L’aigle ne chasse jamais dans les environs de son nid ; mais c’est toujours au loin, s’y envolant d’un seul trait. Quand il a chassé et qu’il a surpris une proie, il la dépose et ne l’emporte pas sur-le-champ. Si le poids lui en paraît trop lourd, il l’abandonne. Il ne prend pas non plus les lièvres  tout à coup ; mais il les laisse d’abord courir dans la plaine. Il ne fond pas tout droit sur le terrain, mais peu à peu, et en faisant un grand cercle, qu’il réduit successivement. Il prend ces deux précautions pour n’être pas lui-même surpris à terre. II se pose en général sur un point élevé, parce qu’il ne s’envolerait de terre que lentement. D’ailleurs, il vole très-haut pour embrasser l’espace le plus loin possible. Aussi, est-ce le seul oiseau dont les hommes aient fait un oiseau divin. Comme tous les autres oiseaux à serres recourbées, l’aigle ne se repose pas sur les rochers, parce que la dureté de la pierre serait un obstacle à la courbure des ongles. Il chasse les faons, les lièvres, les renards, et tous les jeunes animaux qu’il est assez fort pour saisir. L’aigle vit longtemps; et ce qui le prouve, c’est que son nid reste très-longtemps le même.

SOURCE : http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote

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Le Donjon des Aigles

Posté par othoharmonie le 28 novembre 2014

 

téléchargement (2)Des rapaces nocturnes :  Contrairement à une croyance répandue, les rapaces nocturnes ne sont pas éblouis par la lumière du jour.

Grâce à leur volume, à leur forme ou encore à leur position, leurs yeux se révèlent d’une  grande efficacité par faible luminosité.  L’énorme pupille des nocturnes constitue un caractère remarquable; elle peut se dilater presque entièrement dans l’obscurité pour laisser passer un maximum de lumière, cependant elle ne leur permet pas de voir dans l’obscurité totale.

Les nocturnes possèdent une excellente vision spatiale. Les yeux ont une position faciale, le regard est fixe mais le cou, très souple, mobile, et capable d’exercer des rotations de près de 270° pour une inclinaison de 180° permet un très large champ de vision.

La perception des couleurs est cependant peu développée chez les nocturnes. Les cellules (cônes) qui en sont responsables sont présentes, mais la plupart des espèces distinguent moins bien la couleur que l’homme.

 LA PELOTE DE REJECTION

Lorsqu’un rapace se nourrit, il découpe les grosses proies mais avale souvent les petites proies en entier, surtout les rapaces nocturnes. Les poils, les plumes, l’os ou les carapaces des insectes ne pouvant être digérés, sont rejetés par le bec sous forme de petites boules noires ou grises : ce sont les pelotes de réjection.

On trouve les pelotes sous les perchoirs habituels des rapaces : bâtiments, arbres, poteaux,… Dans la nature les pelotes sont difficiles à trouver car elles sont rapidement détruites par les intempéries. Par contre, elles se conservent assez longtemps dans les bâtiments. Si on en trouve une grande quantité au même endroit, il y a de fortes chances pour qu’une famille de rapaces soit installée dans ce secteur.

En étudiant le contenu de ces pelotes, en particulier celles des rapaces nocturnes dont les sucs digestifs moins puissants laissent tous les éléments intacts, on peut connaître le régime alimentaire des rapaces. Dans la pelote de l’Effraie des clochers, on trouve des os de petits rongeurs (mulots, campagnols) de musaraignes et très rarement d’oiseaux. Les pelotes du Hibou petit- duc contiennent essentiellement des carapaces d’insectes.

Pour se déplacer pendant la migration, les rapaces utilisent différentes techniques : Les grands rapaces aux ailes longues et larges peuvent planer facilement en se laissant porter par les ascendances thermiques (courant d’air chaud montant du sol vers le haut, créé par le réchauffement du soleil). Ils prennent ainsi de l’altitude (plusieurs centaines de mètres) sans battre des ailes et donc sans se fatiguer. Ensuite, ils se laissent glisser, toujours en planant, perdent petit à petit de la hauteur jusqu’à la prochaine ascendance où ils remontent à nouveau.

Si le mauvais temps les surprend, ils sont obligés de faire une halte.  Les rapaces peuvent ainsi parcourir 300 à 400 km par jour sans grands efforts. Tous les rapaces sont protégés par la loi depuis 1972.

Cela signifie qu’il est interdit de les tuer, ni même de les capturer, de prendre les œufs ou les nids. Jusqu’à la fin des années 60, les rapaces étaient considérés comme des animaux nuisibles qu’il fallait détruire par tous les moyens : tirs au fusil, pièges et poisons étaient largement utilisés. Les principales victimes de ces destructions furent les aigles et surtout les vautours qui, à cette époque, ont disparu en France, à l’exception des Pyrénées.

La sensibilisation et l’information du public ont permis de donner une autre image des rapaces.

Aujourd’hui, presque tout le monde sait que les vautours sont des oiseaux très utiles, qu’ils nettoient la nature en éliminant les animaux morts porteurs de maladies. Les rapaces limitent aussi très fortement le nombre des rongeurs qui peuvent détruire les récoltes. Ils participent à la sélection naturelle en capturant de préférence les animaux affaiblis ou malades, ils diminuent les risques d’épidémie (épizootie) et favorisent les individus les mieux adaptés.

En fait, si l’on observe beaucoup de rapaces dans une région, cela veut dire qu’il y a beaucoup de proies et que la nature est en « bonne santé ». Par contre, s’ils n’y sont plus, c’est peut-être que la pollution a fait disparaître les proies ou que l’homme a transformé l’écosystème (destruction des forêts, assèchement des marais, disparition des vieux arbres, constructions).

 Les menaces qui pèsent sur les rapaces : De grands bouleversements sont apparus au XXème siècle dans les paysages d’Europe occidentale :

- La mécanisation et l’intensification de l’agriculture (engrais, remembrement…) – L’usage de pesticides

- La réduction des bocages et des prairies

- L’occupation de vastes surfaces par l’urbanisation, l’industrie, le tourisme, les routes et autoroutes.

- La multiplication des pistes forestières, des sentiers de montagne qui provoquent des dérangements.

- Plus de 500 000 km de lignes électriques à moyenne et haute tension en France. Elles provoquent électrocution et collision avec les câbles.

- Collision contre les véhicules.

- Empoisonnements, intoxications chroniques, tirs illégaux.

Cependant, les mesures prises de protection de renforcement des populations, de réintroduction n’ont pas été inutiles :

- Le faucon pèlerin a peu à peu reconquis ses territoires d’origine.

- Le vautour fauve a accru ses effectifs.

- Le vautour moine est à nouveau nicheur en France.

Il est aujourd’hui de notre devoir de respecter au mieux leurs milieux, en évitant tout dérangement, toute malveillance, pour que nous-mêmes aujourd’hui et ceux qui nous suivront puissent encore avoir le loisir, la chance, de pouvoir vivre dans un monde de biodiversité où les rapaces seront toujours synonymes de liberté.

Les rapaces sont les témoins d’une nature préservée, riche et variée. Chacun d’entre-nous peut participer à la protection des rapaces : en plantant des arbres, en installant des nichoirs ou en limitant l’utilisation des produits chimiques lorsque l’on possède un jardin.

donjon-des-aigles-beaucens-1311754294LE COMPORTEMENT DE L’AIGLE

Les aigles territoriaux parcourent leur domaine tout au long de l’année. Les adultes sont sédentaires, bien que les populations nordiques de Scandinavie et d’Amérique du nord soient en partie migratrices. De rares individus juvéniles et immatures sont parfois observés en hivernage dans des zones humides, comme la Camargue. La saison de reproduction de l’Aigle royal débute au mois de novembre. A ce moment de l’année, on peut observer une recharge d’une ou de plusieurs aires et les vols territoriaux et nuptiaux se font plus fréquents. Le choix de l’aire de reproduction intervient plus tard.

La période des parades s’étale de décembre à mars. Spectaculaires, les parades comportent des acrobaties et des jeux aériens : longs piqués, vols en festons, retournements et accrochages de serres à serres, offrandes de proies. Il y a deux types de parades nuptiales aériennes : un piqué au cours duquel l’oiseau qui vole le plus bas se renverse sur le dos et se défend en tendant les serres, et le vol en « festons », sinusoïdal, pendant lequel l’Aigle royal alterne piquets « ailes au corps » et remontées avec battements d’ailes.

Les premiers accouplements de janvier marquent le début de la reproduction proprement dite. L’Aigle royal est monogame, mais des trios avec deux femelles ont toutefois été signalés.

Le couple marque fortement son territoire par des vols caractéristiques : simulations d’attaques, vols en festons, poursuites, piqués… Il est peu combatif, même s’il est territorial. Il se limite à de simples manœuvres d’intimidations, voire à de rares poursuites. Cependant, il arrive que de véritables combats éclatent lorsqu’un oiseau étranger pénètre sur un territoire de nidification. Seuls les environs du nid sont réellement défendus.

 La population mondiale est estimée entre 50 000 et 100 000 couples nicheurs [bg21]. En Europe, la population nicheuse est estimée dans une fourchette de 8 400 à 11 000 couples. Son statut de conservation est considéré comme « défavorable ». Les populations semblent stables, voire en légère augmentation localement. Des incertitudes subsistent cependant sur le statut de certaines populations baltes, balkaniques, voire scandinaves, avec des déclins locaux probables . L’Aigle royal est en cours de réintroduction en Irlande.

L’effectif français fait état de 390 à 450 couples .  Pendant environ deux siècles, de 1750 à 1950, l’Aigle royal fut chassé de façon intensive dans toute l’Europe, ce qui entraîna son déclin général. En France, l’espèce est considérée comme rare . Il nichait encore en forêt de Fontainebleau et en Champagne jusqu’au XIXe siècle. Partout persécuté, tiré et empoisonné, il trouva ses derniers refuges dans les massifs montagneux des Alpes, des Pyrénées et du Massif Central. C’est dans la décade 1950 à 1960 qu’un changement d’opinion commença à se dessiner à la suite des conséquences catastrophiques de l’emploi des pesticides sur les populations de rapaces diurnes. L’interdiction de l’usage du DDT et la protection totale de l’Aigle royal dans de nombreux pays européens, permirent progressivement d’inverser la tendance. De la fin des années 1960 à la fin des années 1990, les effectifs se sont à nouveau développés et on assiste encore aujourd’hui à une augmentation numérique et à une expansion géographique de l’espèce en périphérie des noyaux durs de populations montagnardes (Languedoc, Ardèche, Jura, Provence…). Les effectifs sont stabilisés dans les bastions alpins et pyrénéens, mais de nombreuses zones de moyennes montagnes ne sont pas encore complètement recolonisées, notamment en Languedoc-Roussillon, Midi Pyrénées et Provence Alpes Côte d’Azur

LES MENACES POTENTIELLES

La principale menace actuelle concerne l’aménagement des espaces naturels, notamment en zone de montagne. La  multiplication des pistes, de chemins et sentiers, ou encore le développement de l’urbanisation, accentuent  considérablement la pression anthropique sur des sites de plus en plus accessibles. Bien que sachant s’adapter à de  nouvelles situations et à un certain degré d’anthropisation des habitats, l’Aigle royal ne demeure pas moins  extrêmement vulnérable aux dérangements sur ses terrains de chasse et en particulier aux abords du site de nidification. La désertion de certains sites de nidification a été observée à la suite de la création de pistes. Les Aigles royaux en sont alors parfois réduits à délaisser des sites de nidification favorables pour d’autres nettement moins  intéressants et plus vulnérables. L’aménagement de falaises à des fins ludiques (via-ferrata, voies d’escalade), est une  menace supplémentaire dans les espaces non protégés. Le survol civil et militaire des sites de reproduction par des  aéronefs, peut entraîner l’abandon de l’aire. Toutes les activités humaines, pratiquées à proximité des aires entre novembre et août (chantiers forestiers, sports de pleine nature…) sont d’une manière générale très néfastes.

images (4)Le développement récent des parcs éoliens sur les territoires à aigle peut perturber fortement les couples en place.  Dans le cas des Corbières maritimes, même si le risque de collision semble faible, la perte de territoire et les  perturbations : création de pistes, maintenance journalière, tourisme ont un impact important.

La fermeture du milieu, suite à la régression du pastoralisme et à la reforestation, peut pénaliser l’Aigle royal pour l’accès à la ressource trophique. Dans le Massif central, la diminution des effectifs de lapins, liée à l’évolution de la  myxomatose pendant les années 1950-1960, affecta gravement les populations d’aigles. Sur 34 sites de reproduction, 23 ont alors été abandonnés. Cette diminution du nombre de proies disponibles, associée à de nombreuses destructions, a conduit à une régression des couples d’aigles et à un agrandissement de leurs territoires   

La présence de nombreuses lignes électriques aériennes ou de câbles de remontées mécaniques en travers des gorges, sur le rebord des plateaux et à flanc de versant, provoque de lourdes pertes par électrocution ou collision.

Des cas d’empoisonnement sont toujours à déplorer. Cette dernière menace est à prendre très au sérieux dans les  secteurs à nouveau fréquentés par les grands carnivores (ours, loup). Au moins cinq aigles royaux ont été retrouvés  empoisonnés en 2005, dans les Alpes et les Pyrénées.  La réglementation des parcs nationaux et des réserves, ainsi que certaines mesures de gestion cynégétique ont  contribué à la restauration des populations d’espèces proies, notamment d’ongulés sauvages, augmentant les  potentialités trophiques de plusieurs massifs. Il conviendrait d’étendre ces mesures à d’autres massifs, par le biais de mesures contractuelles sur le retour d’espèces chassables. Ainsi, la création de garennes ou de cultures faunistiques dans des habitats favorables, pourrait fortement contribuer à développer de nouvelles populations d’espèces proies (lapins, lièvre,…) et à fixer des oiseaux sur des territoires favorables. La création d’aires protégées comme des arrêtés de protection de biotopes est indispensable pour les sites de nidifications les plus exposés  .

Les couples nidifiant sur des arbres doivent faire l’objet d’une attention particulière. Ils sont en effet davantage soumis aux dérangements, notamment par les travaux forestiers. Des périodes d’interdiction de travaux et la délimitation d’un périmètre de quiétude aux abords des nids, sont des mesures simples de conservation, relativement aisées à mettre en œuvre. Par exemple, dans le Parc national des Cévennes, Les travaux d’exploitation et l’accès à  certaines pistes à proximité des aires y sont limités de mars à août dans un rayon de 300 mètres. De même, il ne faut pas créer de nouvelles pistes ou permettre des places de retournement proches des aires. En effet, en plus des dérangements motorisés, ces aménagements peuvent faciliter des accès à des grimpeurs et la création de pistes DFCI a été suivie d’équipement de voies d’escalade.

D’une manière générale, il est primordial de veiller à ce qu’aucune activité de loisir et, a fortiori, aucun  aménagement afférent, ne soit réalisé dans les secteurs de nidification. Une attention particulière doit être portée pour éviter la création ou le balisage de chemin de randonnées en surplomb ou en vis à vis des aires. Des travaux de conventionnements avec les principales structures administratives, associatives ou professionnelles liées aux sports de pleine nature permettrait de prévenir la majorité des dérangements. Sauf exception, des sites de nidification non dérangés sont pérennes pendant plusieurs années, voire plusieurs décennies.

Une vigilance toute particulière doit être mise en œuvre dans les secteurs où l’Aigle royal cohabite avec des populations de grands carnivores, afin d’y éviter l’utilisation illicite du poison.

La sécurisation préventive et curative des pylônes électriques à proximité des sites de nidification doit être une priorité pour la conservation de cette espèce. Dans ce cadre, il est important de conventionner avec EDF ou les sociétés d’électrification pour pouvoir lancer des aménagements curatifs mais surtout préventifs en allouant des budgets annuels à ces travaux. De même, la visualisation des câbles de remontée mécanique doit être systématique dans tous les territoires de chasse montagnards. Il est aussi très important d’informer les acteurs socioprofessionnels qui sont amenés à cohabiter avec l’Aigle royal  en zone de moyenne montagne. L’aménagement de grillages au dessus des enclos permet de limiter l’impact de la prédation de volailles sur des exploitations agricoles. Une information en amont des agriculteurs doit être prévue.

Toutes les mesures en terme d’ouverture des milieux lui sont favorables comme les brûlages dirigés, le girobroyage des landes et/ou le maintien de l’activité pastorale en montagne. De même dans les zones collinaires de garrigues comme les Corbières, le maintien de toutes activités agricoles maintenant des milieux ouverts et des zones de lisières ont un effet bénéfique.

Il conviendrait également d’éviter les opérations de reboisement dans les zones encore favorables à l’espèce. 

 

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