• Accueil
  • > Recherche : tigre blanc chasse

Résultats de votre recherche

Le COLIBRI au folklore martiniquais

Posté par othoharmonie le 24 janvier 2016

 

colibri-huppe
  

Il était une fois…

Qu’on ne s’attende point à trouver ici des cosmogonies ou des métaphysiques. Ni même l’expression des grandes aventures sentimentales qui marquent l’homme. La pensée comme le sentiment est un luxe.

Il était une fois, une fois de malheur, une fois de misère et de honte, un homme noir accroché à la terre noire…

Qu’on le prenne comme on voudra, c’est un peuple qui a faim. Pas un conte où ne revienne — vision de ripaille ou de saoulerie — cette obsession des ventres vides. C’est Hearn qui le signale:

«Pauvre Yé, tu vis encore pour moi d’une façon intense ailleurs que dans ces histoires de boire et de manger qui révèlent si cruellement la longue faim de ta race d’esclaves. Car je t’ai vu couper la canne à sucre sur les flancs de montagnes bien au-dessus des nuages. Je t’ai vu grimper de plantation en plantation, le coutelas à la main; je t’ai vu grimper à travers les bois grouillants de serpents jusqu’à quelque cratère éteint pour cueillir un choux palmiste, toujours affamé, toujours sans ressources»

Qu’il s’agisse de Yé, de Nanie-Rosette, du conte de dame Kélément, l’inspiration reste la même: la misère, la faim. Toujours la même revanche du rêve sur la réalité. Magnifique revanche. A nous le ciel des bombances! Et c’est à la conquérir, la bombance, qu’un Ti-Jean-l’oraison, qu’un St-Jean Bango doivent le meilleur de leur gloire. Et même quand manger n’est pas l’idéal, l’idéal reconnu par la morale, il reste du moins la tentation suprême, irrésistible, la forme la plus attrayante et la plus perfide du péché. Vous le savez, Nanie-Rosette, prisonnière du rocher, guettée par le diable pour n’avoir pas su résister à la succulence du «féroce».

Boire, manger, toujours incessamment repris, le même rêve. Ne sourions pas, à ces «naïvetés». Sous une forme de prime abord puérile, mais, en tout cas, directe, document historique d’une valeur inestimable. Quand on aura dépouillé toutes les archives, compulsé tous les dossiers, fouillé tous les papiers des abolitionnistes, c’est à ces contes que reviendra celui qui voudra saisir, éloquente et pathétique, la grande misère de nos pères esclaves.

Et voilà qui révèle le mécanisme secret du merveilleux. Quand l’homme écrasé par une société inique cherche en vain autour de lui le grand secours, découragé, impuissant, il projette sa misère et sa révolte dans un ciel de promesse et de dynamite.

Après le cycle de la faim, le cycle de la peur. Le maître et le compagnon d’esclavage, le fouet, et la délation. C’est l’époque où des aventuriers, blancs ou nègres, se spécialisent dans la chasse «aux marrons»; l’époque où les molosses fouillent ravins et montagnes; celle où la délation assure la liberté au traître. Autant dire le temps de la Peur, de la grande Peur et de l’universelle Suspicion.

D’où l’étrange et caractéristique mythologie du zombi. Tout est zombi. Lisez, méfiez-vous de tout. Leurs formes rassurantes ou charmantes? Leurre! Piège! Attention au crabe qui claudique dans la rue, au lapin qui détale dans la nuit, à la femme trop aimable et trop aguichante: zombi, zombi vous dis-je! Comprenez que contre vous, conspirent l’humanité et l’animalité et la nature toute entière.

«Zombi, écrit Hearn, le mot est plein de mystère, même pour ceux qui le créèrent… Le zombi vous trompe sous l’apparence d’un compagnon de voyage, d’un vieux camarade, comme les esprits du désert des Arabes; ou même sous la forme d’un animal».

Ne le confondez pas avec le vulgaire revenant devenu Zombi lui aussi par un abus de langage. Ne le confondez pas davantage, avec le Zombi haïtien, ce doux et consciencieux robot, ce mort vivant de bonne volonté. Autrement brutal le phénomène martiniquais. On a peur. On se méfie. De quoi? De tout. Du mal qui s’affirme, comme du mal qui se camoufle. Gardez-vous de l’être; mais encore, gardez-vous du paraître…

COLIBRIUn tambour. Le grand rire du Vaudou descend des mornes. Combien, au cours des siècles, de révoltes ainsi surgies! Que de victoires éphémères! Mais aussi quelles défaites! Quelles répressions! Mains coupées, corps écartelés, gibets, voilà ce qui peuple les allées de l’histoire coloniale. Et rien de tout cela n’aurait passé dans le folklore? Vous connaissez le conte de Colibri. Colibri, contre qui se liguent le Cheval, le Boeuf, le Poisson-Armé et Dieu lui-même. Colibri et son fidèle compagnon: le tambour!

«Pouesson-Armé fonçait toujours. Au second coup, ce fut fini.

— Mon dernier combat, dit Colibri qui tomba mort.

Pouesson Armé, en toute hâte, ramassa un grand coutelas qui traînait par là, coupa la tête de Colibri, la mit sous la pierre de taille dans la cour de la maison. Alors seulement, il prit le tambour et l’emporta». (L. Hearn. Trois fois bel conte…)

Et maintenant que reste-t-il? La Faim, la Peur, la Défaite. Le grand circuit triangulaire et ses monotones escales. Ce qui reste? Colibri, le vaillant colibri est bien mort. Son tambour ne bat plus la charge. Alors, il reste, à côté du Crapaud mutilé, à côté du Tigre, Colibri, mais Lapin le madré, le rusé, le roublard… le lâcheur. Abâtardissement de la race. Voilà le grand fait. Les solutions individuelles remplacent les solutions de masse. Les solutions de ruse remplacent les solutions de force.

Que reste-t-il? Les petits malins, les astucieux, ceux qui savent y faire. Désormais l’humanité se divise en deux groupes: ceux qui savent et ceux qui ne savent pas se débrouiller. Admirable résultat de deux siècles de civilisation!

Il était une fois un homme noir accroché à la terre noire…

Aimé Césaire et René Ménil

Publié dans COLIBRI | Pas de Commentaires »

PANTHERE et LEOPARD, le saviez-vous

Posté par othoharmonie le 25 août 2015

 

 la-panthere et le léopard

Il est important de souligner que le léopard est aussi appelé la panthère et que contrairement à ce qu’on pourrait croire il s’agit du MÊME ANIMAL.

Son habitat 

La panthère vit en asie, en Afrique et au Moyen-Orient.

Sa nourriture

Le léopard n’est pas dutout un animal difficile quant à son régime alimentaire. Il se nourrit de petits animaux tel que des rongeurs, des lapins, des serpents, des insectes et même des poissons. Il mange aussi des animaux de taille moyenne comme des antilopes, des gazelles, de phacochères et des gnous. Enfin il mange aussi des singes.

Certains léopards sont réputés pour avoir tué des humains. Ils font cela quand ils sont blessés ou affaiblis et qu’il ne peuvent plus chasser autre chose.Cependant, on trouve des cas extrêmes où des léopard on attaqué des centaines d’hommes au cours de leur vie. L’un des deux cas les plus graves est celui d’un léopard qu’on a nommé le léopard de Rudrapayagaurait tué 125 personnes. Un autre cas encore plus grave, est celui d’une femelle léopard baptisée Panar Leopard qui aurait tué environ 400 personnes !!

Les bébés

Les bébés restent dans le ventre de la mère pendant environ 3 mois et il en naît de 2 à 3.

Savais-tu que…?

  •  La panthère aime grimper au arbres. Cela lui permet de ne pas se faire attaquer, de manger tranquille et de ne pas se faire voler ses proies.
  • Certains léopard naissent noirs. De la même façon que certains tigres naissent blancs. On les appelle alors, panthères noires.
  • Le léopard vit envrion 10 ans, mais peut aller jusqu’à 20 ans en captivité.
  • Le léopard est très difficile à observer car il reste caché dans les arbres.
  • Depuis toujours, semble-t-il, on utilise le léopard pour la chasse.
  • On retrouve environ 8 sous-espèces de léopard : Le léopard d’Arabie, le léopard  de Java, le léopard  d’Afrique, le léopard du Sri Lanka et le léopard indien. 

Dans la classification des espèces, le genre Panthera (de la famille des félins) regroupe plusieurs espèces de félins comme le léopard, le jaguar, le lion, le tigre, et le léopard des neiges.

Chacune de ces espèces a un nom scientifique ayant pour base Panthera :

Le léopard s’appelle Panthera pardus.
Le jaguar s’appelle Panthera onca.
Le lion s’appelle Panthera leo.
Le tigre s’appelle Panthera tigris.
Et le léopard des neiges s’appelle Panthera uncia.

Étrangement, on appelle un lion un lion, un tigre un tigre, un jaguar un jaguar, mais quand il s’agit du léopard, on hésite toujours entre panthère ou léopard

Quand il s’agit du léopard tacheté, on dit généralement léopard. Quand il s’agit d’un léopard noir, on a plutôt tendance à dire panthère noire. De même pour le léopard des neiges, avez-vous souvent entendu panthère des neiges?
Pourtant, toutes les appellations sont exactes, puisque « léopard » et « panthère » sont synonymes. Il s’agit simplement de préférences et d’habitudes.

 

Publié dans PANTHERE - LEOPARD | Pas de Commentaires »

Comportement de la panthère de l’Amour

Posté par othoharmonie le 8 août 2015

 

L’animal est solitaire en dehors des périodes de reproduction, mais compte tenu de sa rareté, son comportement est peu connu. Il chasse au crépuscule ou à l’aube. Sa robe lui permet de passer inaperçu au milieu de la végétation, et de s’approcher suffisamment près de sa proie pour fondre sur elle en quelques sauts. La panthère est résistante au manque d’eau. En effet, en période de sécheresse elle peut survivre en buvant seulement tous les deux ou trois jours. Le fauve partage son territoire avec le tigre de Sibérie mais des différences dans les techniques de chasse, les proies et le rythme d’activité leur permettent de cohabiter sans qu’il n’y ait trop de confrontations dont la panthère ne sortirait pas vainqueur.

Next_Leap_CincizooReproduction de la panthère de l’Amour

Au contraire des régions équatoriales, la période de reproduction ne s’étend pas sur l’année, mais se limite aux mois de janvier et février. En effet, comme la gestation dure environ trois mois, les petits naissent au printemps, ce qui permet à la mère d’assurer leur subsistance après l’allaitement, et de leur enseigner les rudiments des techniques de chasse. Les petits naissent aveugles dans la tanière ou l’abri qu’aura trouvé leur mère, et ils commencent à voir au bout de six à dix jours.  Leur fourrure est généralement plus longue et plus épaisse que celle de leur génitrice afin de les protéger du froid de l’hiver. Elle présente également un coloris plus terne, un peu grisâtre, ce qui leur permet de mieux se confondre avec l’environnement et d’échapper aux éventuels prédateurs. Les jeunes sont indépendants vers 1 an, mais restent avec leur mère entre dix-huit et vingt-quatre mois.

La menace de disparition de l’espèce est réelle. Selon les scientifiques qui suivent les félins, il ne subsisterait qu’une trentaine d’individus à l’état sauvage, dont sept femelles seulement. Ce sont la déforestation ainsi que la chasse pour sa fourrure et pour alimenter le marché de la pharmacopée traditionnelle chinoise, qui lui valent ce statut de « danger critique d’extinction ». Si rien n’est fait pour protéger le félin dans son environnement naturel, ses derniers refuges seront les zoos qui, à l’heure actuelle, abritent environ 200 individus. 

 

D’après Bestiaires du moyen-âge de Michel Pastoureau

La panthère est un être admirable, un animal doux et bienveillant, une figure christologique. C’est un fauve dont les propriétés sont en tout point merveilleuses. Son pelage n’est pas uniforme mais fait le plus souvent de 7 couleurs différentes, nombre qui au moyen-page constitue la perfection. Ces sept couleurs selon les auteurs du moyen-âge sont: blanc, noir, rouge, bleu, vert, jaune, brun (etc selon les auteurs). 

Plusieurs bestiaires anglais du XIIIème siècle montre une panthère dont la robe est parsemée non pas de tâches mais d’yeux à l’image d’Argus, ce géant de la mythologie grecque qui voyait tout et partout. 

D’après les auteurs, tous les animaux, sauf le dragon, sont attirés par l’odeur de la panthère. Celui-ci s’enfuit à sa vue et se réfugie dans les profondeurs de la terre, car la panthère est l’ennemie du dragon. La panthère chasse le dragon, le met en fuite et parfois le tue uniquement avec son odeur. Car la panthère a l’odeur de la sainteté, l’odeur du Christ lui-même, d’ailleurs la panthère est souvent comparée au Christ à cette époque. Dans les plus anciens manuscrits, la panthère vient en deuxième position dans la présentation des animaux, juste après le lion, qui est comparé à Dieu.

Phillipe de Thaon, compilateur d’un bestiaire anglo-normand (1120-1130) ajoute que le nom de la panthère commence par la syllabe « pan », qui en grec veut dire « tout », il explique ainsi que comme le Christ, la panthère est l’incarnation chez les animaux d’un « grand tout » rassembleur.

Comportement de la panthère de l'Amour dans PANTHERE - LEOPARD 220px-SnowCubs01Selon Pline, la panthère ne peut enfanter qu’une seule fois, car ses petits dans son ventre lui déchirent le ventre avec leurs griffes lui interdisant de procréer une seconde fois. Cela a permis de donner comme conclusion qu’il faut respecter ses parents et ne pas leur faire la guerre et qu’il faut se montrer patient en toute circonstance. Ste Marguerite (patronne des femmes enceintes au moyen-âge) semble associée à la panthère, dans le sens où à cette époque il était dit que « prier Ste Marguerite évitera aux femmes de connaître le sort de la panthère »

Quelques textes consacrent un chapitre au « pard » (pardus) présenté comme la mâle de la panthère. Il est doté d’un pelage bigarré et ne possède pas l’haleine délicieuse de la panthère et n’attire pas les autres animaux. Au contraire, c’est une bête cruelle, rusée et infidèle. Il s’accouple parfois avec la lionne (femelle perpétuellement en chaleur presque aussi lubrique que la louve) ils donnent ainsi naissance à un bâtard, néfaste et redoutable: le léopard.

 

Publié dans PANTHERE - LEOPARD | Pas de Commentaires »

Panthère nébuleuse

Posté par othoharmonie le 30 juillet 2015

 

Neofelis_nebulosaLa Panthère nébuleuse  ou Panthère longibande est une espèce de félin de taille moyenne, avec des pattes courtes et une très longue queue. Le pelage est fauve distinctement marqué de larges taches rectangulaires aux rebords sombres évoquant des nuages, ce qui est à l’origine de son nom. Il s’agit du félin actuel qui a les canines les plus longues proportionnellement à sa taille.

La Panthère nébuleuse est difficile à observer dans la nature en raison de son caractère discret. Elle est réputée pour ses talents arboricoles, cependant elle se déplace essentiellement au sol, et utilise les arbres pour se mettre à l’abri des prédateurs comme le tigre et le léopard. Territoriale et solitaire, elle chasse des proies tant nocturnes que diurnes, dont la taille varie de celle de l’Écureuil terrestre des palmiers au Cerf cochon .

L’aire de répartition s’étend dans toute l’Asie du Sud-Est du Népal jusqu’à la Chine. Son habitat de prédilection est la forêt primaire tropicale humide, bien qu’elle puisse s’accommoder d’autres biotopes. La Panthère nébuleuse est placée en annexe I de la CITES et est protégée par les législations nationales de la quasi-totalité des pays où elle vit. Toutefois, la déforestation et le braconnage sont des menaces sérieuses pour l’avenir de l’espèce, et l’Union internationale pour la conservation de la nature estime que ce félin est « Vulnérable ». Par ailleurs, c’est un félin rare dans les espaces zoologiques, la formation de couples reproducteurs est difficile et rend l’élevage conservatoire délicat.

Les caractéristiques morphologiques et comportementales de la Panthère nébuleuse sont à mi-chemin entre celles des grands félins (Pantherinae) et des petits félins. En conséquence, son classement taxonomique a été fortement débattu. En 2006, des analyses génétiques et morphologiques ont conduit à la création d’une nouvelle espèce : Neofelis diardi. La Panthère nébuleuse de Taïwan est probablement une sous-espèce invalide, ce qui ouvre des possibilités de réintroduction à Taïwan.

La Panthère nébuleuse est un félin important dans le folklore des Aborigènes de Taïwan. Elle est également assez présente en philatélie.

La robe de la Panthère nébuleuse est marquée de larges taches de couleur plus sombre que le fond uni, de forme elliptique à rectangulaire et bordées sur l’arrière d’une ligne noire épaisse. Des petits points noirs peuvent éventuellement se trouver à l’intérieur des taches. Les marques sur les épaules sont de la largeur du flanc. Une double rayure partielle parcourt la colonne vertébrale. Le fond uni de la robe est dans les tons fauve clair.

Le museau est de couleur blanche, la face intérieure des membres et le ventre sont couleur crème. De petites taches noires unies marquent le front et les joues. Le nez est rose, avec parfois de petites taches noires. Les pattes et le ventre sont tachetés de marques oblongues entièrement noires. Deux barres noires horizontales courent sur la nuque. À l’extrémité de la queue, les taches se muent en rayures noires épaisses. Les marques des jeunes sont pleines sur les flancs et deviennent « nébuleuses » vers l’âge de six mois. La disposition des taches est unique à chaque individu.

 

La Panthère nébuleuse est le félin dont les canines sont de nos jours les plus longues proportionnellement à sa taille : elles peuvent atteindre 3,8 à 4,5 cm de long12. Afin de laisser la place aux canines, le diastème entre les canines et les molaires est large ; de plus, la première prémolaire est souvent absente de la denture ou de taille réduite. L’ouverture de la mâchoire atteint 100. En raison de la longueur des canines et des adaptations morphologiques associées, la Panthère nébuleuse est souvent comparée au Tigre à dents de sabre, bien qu’elle n’y soit absolument pas apparentée.

Le crâne est plus allongé et étroit que celui des autres petits félins, avec une crête sagittale bien développée pour supporter les muscles des mâchoires. La forme du crâne et des canines est similaire aux Panthera, mais la taille est trop petite pour y correspondre. L’os hyoïde est complètement ossifié.

 lurp_NashvilleZoo

La Panthère nébuleuse est un animal très habile dans les arbres. Sa longue queue qui sert de balancier, ses pattes courtes et ses larges pieds qui lui confèrent un centre de gravité très bas ainsi que sa puissance musculaire et la souplesse de ses articulations en font un animal extrêmement habile dans les arbres. La Panthère nébuleuse peut bondir de branches en branches, descendre un tronc la tête en bas ou se suspendre sur une branche avec ses pattes postérieures. Parmi les félins, seul le Margay en Amérique du Sud a des capacités de grimpeur similaires.

Ces capacités pour l’escalade ont dans un premier temps conduit à l’hypothèse que la Panthère nébuleuse était arboricole. Cependant les observations réalisées dans la nature ont montré qu’elle est plus souvent au sol que dans les arbres. Par exemple, en 1987, un subadulte, capturé dans un poulailler au Népal puis relâché dans le parc national de Chitawan après avoir été muni d’un collier émetteur, se déplaçait systématiquement au sol et se reposait dans les denses prairies d’un lit de rivière. De même, une étude réalisée à la fin des années 1990 montre que la distance moyenne parcourue par ce félin est supérieure à un kilomètre par jour, ce qui serait difficile pour des déplacements uniquement arboricoles.

L’utilisation des aptitudes arboricoles pour trouver un refuge ou de la nourriture est sans doute influencée par les prédateurs et les proies présentes sur le territoire. Par exemple, en présence du tigre ou du léopard, la Panthère nébuleuse adopte une stratégie d’évitement en ayant un comportement plus arboricole et plus nocturne

Publié dans PANTHERE - LEOPARD | 2 Commentaires »

A la conquête du Perroquet et du Lion

Posté par othoharmonie le 7 avril 2015

 

 

620717550_982390Il était une fois une bande de perroquets qui vivait dans la forêt. Tôt le matin, ils allaient manger des épis de maïs à la ferme, et l’après-midi ils mangeaient des oranges. Ils faisaient un grand remue-ménage avec leurs cris et plaçaient toujours un perroquet en sentinelle dans les plus grands arbres pour voir si quelqu’un venait. 

Les perroquets sont aussi nuisibles que les sauterelles, car ils ouvrent pour les picorer les épis de maïs, lesquels, ensuite, pourrissent à la pluie. Et comme, d’autre part, les perroquets sont bons à manger en ragoût, les ouvriers agricoles les chassaient au fusil. Un jour, un homme fit tomber d’un coup de fusil un perroquet sentinelle ; celui-ci, blessé, se débattit un bon moment avant de se laisser capturer. L’ouvrier le porta à la maison, pour les enfants du patron ; les garçons le soignèrent, car il n’avait qu’une aile brisée. 

Le perroquet guérit très bien et s’apprivoisa complètement. On l’appela Pedrito. Il apprit à donner la patte ; il aimait se tenir sur l’épaule des gens et leur chatouillait les oreilles avec son bec. Il vivait en liberté et passait presque toutes ses journées dans les orangers et les eucalyptus du jardin. Il aimait également se moquer des poules. À quatre ou cinq heures de l’après-midi, l’heure à laquelle on prenait le thé à la maison, le perroquet entrait lui aussi dans la salle à manger, se hissait à l’aide de son bec et de ses pattes sur la nappe et mangeait du pain trempé dans du lait. Il raffolait du thé au lait. 

Pedrito passait tant de temps avec les garçons, et les gosses lui disaient tant de choses, que le perroquet apprit à parler. 

Il disait : « Bonjour, petit perroquet !… Elle est bonne la soupe !… De la soupe pour Pedrito !… »

Il disait d’autres choses que l’on ne peut répéter, car les perroquets, comme les enfants, apprennent avec beaucoup de facilité les gros mots. Quand il pleuvait, Pedrito hérissait ses plumes et se racontait tout bas tout un tas de choses. 

Quand le temps s’améliorait, il volait alors en criant comme un fou. Il était, on le voit, un perroquet bien heureux qui, en plus d’être libre, comme le désirent tous les oiseaux, prenait aussi, comme les gens riches, son five o’clock tea. Or, voici ce qui arriva au milieu de ce bonheur : après une après-midi de pluie qui faisait suite à cinq jours de tempête, le soleil sortit enfin et Pedrito se mit à voler en criant :

« Quelle belle journée, petit perroquet ! Elle est bonne la soupe !… Donne la patte, Pedrito ! » 

Il s’envola loin, jusqu’à ce qu’il vit, en contrebas, tout en bas, la rivière Paraná, qui ressemblait à un large et lointain ruban blanc. Il continua et continua de voler ; enfin, il se percha sur un arbre pour se reposer. Et voilà que rapidement, il vit briller au sol, à travers les branches, deux lumières vertes, comme d’énormes vers luisants. 

« Qu’est-ce donc ? se demanda la perroquet. Elle est bonne la soupe ! Qu’est-ce que c’est ? Bonjour Pedrito !… » 

Le perroquet parlait toujours ainsi, comme tous les perroquets, en faisant des phrases sans queue ni tête, et parfois il était difficile de le comprendre. Comme il était très curieux, il descendit de branche en branche pour se rapprocher. Il vit alors que les deux lumières vertes étaient les yeux d’un tigre, qui s’était accroupi et le regardait fixement. Mais Pedrito était tellement heureux de la belle journée qu’il n’eut pas peur du tout. « Bonjour, Tigre ! dit-il. Donne-la patte, Pedrito ! » 

Et le tigre, avec sa voix terriblement rauque, lui répondit : « – Bon-jour !

– Bonjour Tigre ! Elle est bonne la soupe !… Elle est bonne la soupe !… Elle est bonne la soupe !… » 

 Et il répéta de nombreuses de fois « Elle est bonne la soupe !… » parce qu’il était quatre heures de l’après-midi et qu’il avait très envie de prendre du thé au lait. Le perroquet avait oublié que les animaux sauvages ne prennent pas de thé au lait, c’est pourquoi il invita le tigre. « Il est bon, le thé au lait ! lui dit-il. Bonjour Pedrito ! Tu veux prendre du thé au lait avec moi, ami tigre ? » Mais le tigre se mit en colère car il crut que le perroquet se moquait de lui et, de plus, comme il avait faim lui aussi, il eut envie de dévorer le perroquet bavard. Il lui répondit donc :

  « Bon-jour ! Ap-pro-che-toi un peu car je suis sourd ! Le tigre n’était pas sourd. Ce qu’il voulait, c’était que Pedrito se rapproche assez pour l’attraper d’un coup de patte. Mais le perroquet ne pensait qu’au plaisir qu’auraient les gens de la maison lorsqu’il se présenterait pour prendre le thé avec ce magnifique ami. Et il vola jusqu’à une autre branche, plus proche du sol. 

« Elle est bonne la soupe, à la maison ! répéta-t-il en criant aussi fort qu’il pouvait. – Plus près ! Je n’en-tends pas ! » répondit le tigre de sa voix rauque. Le perroquet se rapprocha un peu plus et dit : « Il est bon, le thé au lait ! – Rap-pro-che-toi en-co-re ! » répéta le tigre. Le pauvre perroquet se rapprocha encore et, à cet instant, le tigre fit un terrible saut, aussi haut qu’une maison, et atteignit Pedrito avec l’extrémité de ses griffes. 

Il n’était pas parvenu à le tuer, mais lui avait arraché toutes les plumes du dos et la queue entière. Il ne restait plus à Pedrito une seule plume sur la queue. « Attrape ! rugit le tigre. Va donc prendre ton thé au lait ! » Le perroquet, hurlant de douleur et de peur, s’envola ; mais il ne pouvait pas bien voler, car il lui manquait la queue, qui est le gouvernail des oiseaux. Il volait en titubant d’un côté ou de l’autre, et tous les oiseaux qui le rencontraient s’éloignaient, effrayés, de cette étrange bestiole. Enfin il put parvenir à la maison, et la première chose qu’il fit fut de se regarder dans le miroir de la cuisinière. 

Pauvre Pedrito ! C’était l’oiseau le plus bizarre et le plus laid que l’on puisse imaginer, tout déplumé, sans queue et tremblant de froid. Comment pourrait-il se présenter dans la salle à manger dans un tel état ? Il vola alors jusqu’au creux qu’il y avait dans le tronc un eucalyptus, et qui formait une sorte de grotte, et se cacha dans le fond, grelottant de froid et de honte. Pendant ce temps, dans la salle à manger, tous s’étonnaient de son absence : « Où peut bien être Pedrito ? disaient-ils. Et ils appelaient : « Pedrito ! Elle est bonne, la soupe, Pedrito ! Thé au lait, Pedrito ! » Mais Pedrito ne sortait pas de sa grotte, ni ne répondait, muet et immobile. Ils le cherchèrent partout, mais le perroquet ne se montra pas. Tous crurent alors que Pedrito était mort, et les garçons fondirent en larmes. Chaque après-midi, à l’heure du thé, ils se souvenaient toujours du perroquet et se rappelaient aussi combien il aimait manger du pain trempé dans du thé au lait. Pauvre Pedrito ! Ils ne le reverraient plus parce qu’il était mort. 

Mais Pedrito n’était pas mort, seulement il restait dans sa grotte, sans se laisser voir par personne, parce qu’il éprouvait beaucoup de honte à se voir pelé comme une souris. La nuit, il descendait pour manger et remontait aussitôt. À l’aube, il descendait de nouveau, sur la pointe des pattes, et allait se regarder dans le miroir de la cuisinière, toujours très triste car les plumes tardaient beaucoup à repousser. Enfin, un beau jour, par une après-midi où la famille était assise à table, à l’heure du thé, elle vit entrer un Pedrito très calme, qui se dandinait comme si rien ne s’était passé. Tous crurent mourir, mourir de plaisir quand ils le virent bien vivant et avec de très belles plumes. 

ZsXME« Pedrito, petit perroquet ! lui disaient-ils. Que t’est-il arrivé, Pedrito ? Comme il a des plumes brillantes, le petit perroquet ! » Mais ils ignoraient que c’étaient de nouvelles plumes et Pedrito, très sérieux, ne pipait mot. Il ne fit rien d’autre que de manger du pain trempé dans du thé au lait. Mais pour ce qui est de parler, pas un seul mot. Aussi le maître de maison fut-il très étonné quand, le matin suivant, le perroquet s’envola et se percha sur son épaule en bavardant comme un fou. En deux minutes, il lui raconta ce qui lui était arrivé : une promenade au Paraguay, sa rencontre avec le tigre et le reste ; et il ponctuait chacun de ses épisodes en chantant : « Pas une plume sur la queue de Pedrito ! Pas une plume ! Pas une plume ! » 

Et il l’invita à aller à la chasse au tigre avec lui. Le maître de maison, qui était justement sur le point d’acheter une peau de tigre dont il avait besoin pour la mettre devant le poêle, fut très content de pouvoir l’obtenir gratuitement. Il retourna à la maison prendre son fusil de chasse, et entreprit avec Pedrito le voyage au Paraguay. Ils convinrent que lorsque Pedrito verrait le tigre, il le distrairait en bavardant pour que l’homme puisse s’approcher tout doucement avec son fusil de chasse. Et il en fut ainsi. Le perroquet, posé sur une branche de l’arbre, bavardait et bavardait, en regardant en même temps de tous côtés, pour voir s’il apercevait le tigre. Enfin il entendit un bruit de branches cassées et vit soudain au pied de l’arbre deux lumières vertes qui le fixaient : c’étaient les yeux du tigre.

Alors, le perroquet se mit à crier : « Belle journée ! Elle est bonne, la soupe !… Bon thé au lait ! Veux-tu du thé au lait ? » 

Le tigre, très en colère après avoir reconnu le perroquet déplumé qu’il croyait avoir tué et qui avait de nouveau de très belles plumes, jura que cette fois celui-ci ne lui échapperai pas. Ses yeux étincelèrent de colère quand il répondit de sa voix rauque : « Ap-pro-che-toi plus ! Je suis sourd ! » Le perroquet vola jusqu’à une branche plus proche, toujours en bavardant : « Bon, le pain au lait !… 

IL EST AU PIED DE CET ARBRE !… » 

En entendant ces derniers mots, le tigre rugit et se leva d’un bond : « À qui parles-tu ? mugit-il. À qui as-tu dit que je suis au pied de cet arbre ? – À personne, à personne !… cria le perroquet. Bonjour Pedrito ! Donne la patte, petit perroquet ! » Et il continua à bavarder en sautant de branche en branche et en s’approchant. Mais il avait dit “Il est au pied de cet arbre” pour avertir l’homme, qui s’était approché et soigneusement accroupi, avec le fusil de chasse sur l’épaule. Arriva un moment où le perroquet ne put plus s’approcher plus, parce que sinon il tomberait dans la gueule du tigre, alors il cria : « Elle est bonne, la soupe !… 

ATTENTION ! – En-co-re plus près ! rugit le tigre en prenant son élan pour sauter. – Bon, le thé au lait ! ATTENTION, IL VA SAUTER ! » 

Et en effet, le tigre sauta. Il fit un énorme saut que le perroquet évita en s’élançant dans les airs comme une flèche, en même temps que lui. Au même moment, l’homme, qui avait appuyé le canon de son fusil contre un tronc pour ajuster son tir, pressa la détente. Neuf balles, chacune de la taille d’un pois chiche, entrèrent comme un éclair dans le cœur du tigre qui, en lançant un hurlement qui fit trembler la forêt tout entière, tomba, mort. Quant au perroquet, quels cris de bonheur il lançait ! Il était fou de joie, parce qu’il se savait vengé – et bien vengé ! – de ce fourbe animal qui lui avait arraché les plumes. 

L’homme était lui aussi très content, parce que tuer un tigre est une chose difficile, et que de plus il avait une fourrure à mettre devant le poêle de la salle à manger. Quand ils arrivèrent à la maison, tous apprirent pourquoi Pedrito était resté si longtemps caché dans le creux de l’arbre, et tous le félicitèrent pour son exploit. Ils vécurent dès lors très heureux. Mais le perroquet n’oubliait pas ce que lui avait fait le tigre ; lorsqu’il entrait dans la salle à manger pour prendre le thé, il s’approchait toujours de la peau du tigre, étendue devant le poêle, et il l’invitait à prendre du thé au lait. « Elle est bonne, la soupe !… lui disait-il. Tu veux du thé au lait ? La soupe pour le tigre ! » 

Et tous mouraient de rire. Et Pedrito aussi. 

El loro pelado extrait des Cuentos de la selva (Contes de la forêt vierge) LE PERROQUET DEPLUME Traduction : Bruce Demaugé-Bost

 

Publié dans PERROQUET | Pas de Commentaires »

Le Rhinocéros Légendaire

Posté par othoharmonie le 15 décembre 2014

 

Le Rhinocéros Légendaire dans RHINOCEROSLe rhinocéros, dont le nom, déjà fixé à l’époque romaine, signifie littéralement corne sur le nez, est un animal qui a toujours impressionné l’homme par son aspect terrifiant et massif. Représenté dès les temps préhistoriques, il a, au cours des siècles, été souvent l’objet d’estampes, de tableaux ou de sculptures. Ce thème apparaît également dans la littérature ou le cinéma.

Bien qu’il ne soit pas aussi souvent représenté que d’autres espèces animales, le rhinocéros est figuré dans de nombreuses grottes ornées dont les Combarelles, la grotte Chauvet, lagrotte Margot, Cussac, Arcy-sur-Cure. Des rhinocéros laineux sont attestés à Lascaux et à Rouffignac.

Les figurations aurignaciennes (- 32 000 à – 29 000 ans) de la grotte Chauvet comprennent une représentation de deux rhinocéros s’affrontant et une tête rhinocéros à deux cornes. Les techniques utilisées sont parfois plus qu’une simple esquisse au charbon. En particulier, les artistes ont utilisé une technique de préparation par raclage de la paroi pour faire ressortir l’animal, représenté avec un trait noir sur fond blanc.

Les archéologues ont mis au jour dans la vallée de l’Indus, sur le site de Mohenjo-daro, des tombes attribuées à la période -2400 -1800. Ils y ont trouvé des cachets rectangulaires en stéatite blanche portant de courtes inscriptions et des représentations animales dont celles de rhinocéros indiens.

Le rhinocéros a été assez peu représenté par les artistes dans l’Antiquité. En Égypte, on peut toutefois citer une représentation de Thoutmôsis III (environ -1450) chassant le rhinocéros. Il y a également un rhinocéros à deux cornes sur la Mosaïque Barberini de Préneste (Palestrina), qui reproduit un original égyptien du IIe s. av. J.-C., et un rhinocéros (indien ?) assez maladroitement représenté sur un fresque d’un tombeau de Marisa, dans le Negev (Israël), également au IIe s. av. J.-C. En Chine, des vases en bronze (zun) en forme de rhinocéros ont été découverts, datant des dynasties Shang (XIe s. av. J.-C.) et des Han occidentaux (206 av. J.-C. – 9 ap. J.-C.).

Aux trois premiers siècles, les bronziers gallo-romains ont fabriqué de petites statuettes de rhinocéros en bronze. L’une est au Musée d’archéologie nationale (Saint-Germain-en-Laye) ; une autre, représentant un rhinocéros « noir » africain d’une manière très réaliste, a été retrouvée dans l’épave de Port-Vendres III et est datée de la fin du iie siècle.

Certaines mosaïques romaines du iie au ive siècle représentent des rhinocéros. Il y en a un, peu réaliste, sur une mosaïque de Pérouse (IIe s.) représentant Orphée charmant les animaux, un autre sur une mosaïque de Lydda (Lod, Israël) du ive siècle, où il fait face à un éléphant dans un paysage africain. La plus belle (et énigmatique) est un détail de la mosaïque de la Grande Chasse dans la villa romaine du Casale à Piazza Armerina, également du ive siècle, où un groupe de soldats romains capture au lasso un rhinocéros indien dans un marécage.

Cet animal semi-mythique continue au xviie et au xviiie siècle d’apparaître assez fréquemment dans les arts décoratifs (tapisseries, fresques, décor de céramique, illustrations de livres) sans toutefois inspirer de réalisations aussi monumentales que celles du xvie siècle. Signalons toutefois un bas-relief de bronze par Giambologna sur une porte de la cathédrale de Pise(Italie).

Au milieu du xviiie siècle, le rhinocéros en armure est un thème conventionnel clairement lié à celui du décor exotique et de la chinoiserie. En témoignent la tapisserie du « Cheval rayé » de la Suite des Indes, ou encore ces statuettes qui font partie des chefs d’œuvre de la porcelaine de Saxe.

Avec la tournée de Clara les choses changent. L’image du rhinocéros indien a supplanté celle du monstre cuirassé de Dürer. Le Hollandais Vandelaar réalise deux gravures quasi surréalistes avant la lettre (où Clara, alors encore toute jeune, broute dans un décor de ruines accompagnée d’un squelette humain); l’Allemand Johann Elias Ridinger réalise d’après nature dessins et gravures plus conventionnels. À la demande de Louis XV, Clara pose pour le peintre animalier Jean-Baptiste Oudry, dont le tableau monumental fut exposé au Salon de 1751, tandis qu’à Venise Pietro Longhi réalise deux versions de la Mostra del Rinoceronte, d’un réalisme outrancier.

Le xixe siècle en France sera celui du réalisme animalier, qui prend des proportions monumentales. Pour l’Exposition universelle de 1878 à Paris, Henri-Alfred Jacquemart réalise un rhinocéros, fondu en 1878 à Nantes dans les usines de J. Voruz Aîné. D’une hauteur de 2,86 m et d’une largeur de 2,29 m, il fait partie d’un ensemble de quatre statues de fonte (dorées à l’origine) monumentales (un cheval, un taureau, un éléphant et un rhinocéros) entourant la fontaine devant le Palais du Trocadéro. Démonté en 1935 lors de la démolition du Palais du Trocadéro, le rhinocéros de Jacquemart fut installé Porte de Saint-Cloud jusqu’en 1985. Avec le cheval et l’éléphant (le taureau est à Nîmes), ce rhinocéros est aujourd’hui sur le parvis duMusée d’Orsay.

Toujours à Paris, Auguste Cain réalise en 1882 sur commande de l’État le groupe « Rhinocéros attaqué par des tigres » en 1882. L’original en plâtre (aujourd’hui perdu ?) est présenté hors-concours au Salon 1882, et sa version monumentale en bronze est placée en 1884 dans le Jardin des Tuileries, où il se trouve toujours.

La statue de Jacquemart a sans doute inspiré en 1930 la jeune artiste américaine Katharine Ward Lane (1899-1989) qui devait décorer la façade des nouveaux laboratoires de biologie de l’université Harvard à Cambridge, Massachusetts. La Fondation Rockefeller avait financé le projet pour 2 millions de dollars de l’époque. De 1932 à 1937, date de l’inauguration, elle réalisa deux colossales statues en bronze de rhinocéros indiens, de la taille dit-on des plus gros spécimens connus. Traditionnellement surnommés Bessie et Victoria, ces deux rhinos comptent parmi les plus grosses statues de bronze fondues au xxe siècle aux États-Unis.

Enfin Salvador Dalí a conçu « le Rhinocéros habillé de dentelle », rhinocéros dürérien associé à des tests d’oursins. Cette statue de bronze a été produite à de nombreux exemplaires, la plupart de simples statuettes, mais une version monumentale de 3,52 m de haut et de 3,6 tonnes se trouve aujourd’hui à Marbella (Espagne). Il existe d’autres exemplaires de ce colosse.

220px-Jacquemart_RhinocerosC’est au XVe siècle que l’auteur du Songe de Poliphile avait imaginé un monument constitué d’une statue colossale d’éléphant portant sur son dos un obélisque égyptien. L’influence de cette œuvre inclassable fut immense aux XVIe et XVIIe siècles, notamment pour la conception de jardins. L’éléphant portant un obélisque fut réalisé par plusieurs artistes (il y en a un sur laPiazza della Minerva à Rome, œuvre d’Ercole Ferrata en 1667). Un sculpteur français – était-ce Jean Goujon ? – associa cet éléphant (qu’il ne connaissait que par les illustrations du Songe de Poliphile) au Rhinocerus de Dürer, et réalisa un rhinocéros portant un obélisque pour l’entrée solennelle du roi Henri II à Paris le 16 juin 1549. Le monument a hélas disparu, il n’en demeure qu’une gravure.

Récupéré par les surréalistes, ce thème a été repris au XXe siècle. Dans un des tableaux du Casanova de Federico Fellini, le décor du palais romain d’un diplomate britannique, dans lequel se déroule une orgie, comprend un rhinocéros dürérien rose portant sur son dos une colonne ornée d’une spirale (comme les colonnes Trajane ou Antonine) et terminée par un demi-globe, symbole sexuel évident.

Salvador Dalí, quant à lui, a conçu deux sculptures. L’une représente l’éléphant du Poliphile, surmonté d’un obélisque et intitulée « l’Eléphant Spatial », l’autre le rhinocéros dürérien portant sur son dos un empilement de tests d’oursins ayant la forme d’un obélisque, et intitulée « le Rhinocéros cosmique ». Les deux animaux ont les pattes démesurément allongées comme celles d’un insecte. Dali a déclaré que si la ville de Paris devait un jour lui élever une statue, il souhaitait une version colossale du Rhinocéros cosmique, surmontée de son buste par Arno Breker, et installée dans les jardins du Trocadéro, là même où s’était dressé le rhinocéros de Jacquemart.

Publié dans RHINOCEROS | Pas de Commentaires »

La légende des panda

Posté par othoharmonie le 28 décembre 2013

 

 

Une légende des Pandas

Une légende chinoise réécrite à la sauce d’Angélique-Emmanuelle en écho aux études sur les pandas. 
Variation sur une légende chinoise

images

Il n’y a pas si longtemps, les bambous de l’Est cachaient un village aussi petit que prospère. Chaque jour y défilaient palanquins de soie, chaises à porteurs de mandarins, de gens communs, processions de moines, d’acrobates et de désœuvrés. Les badauds se pressaient ainsi pour admirer, selon l’expression même des lettrés, les perles dans leur écrin de jade. Ils voulaient parler, bien sûr des pandas de la forêt. 

En ce temps-là les pandas étaient blancs comme la première neige et doux comme des chatons. Ils batifolaient avec les enfants du coin, ou s’endormaient paisiblement, comme des gros nuages échoués sur les jardins. Alors, les citadins s’extasiaient. Les poètes déclamaient de lourds sonnets, les dames soupiraient, les villageois se frottaient les mains. «Un bon spectacle s’apprécie mieux l’estomac plein! Une tête de canard épicée mon bon seigneur. Des pâtes aux sésames pour avoir de beaux enfants. Mouton aux intestins fourrés, le meilleur de la contrée». Tout cela était joliment gai. Seuls les peintres s’agaçaient, car comment peindre tant de blanc quand on n’a que de l’encre noire à se mettre sous la dent.

La renommée du village grandissait et de drôles de choses commencèrent à arriver. Les gracieuses dames regardaient les oursons en se demandant comment gagner un teint si blanc. «C’est dans leur coeur peut-être murmuraient-elles. Coeur de panda aux pousses de bambous ferait un met précieux». A leurs côtés les fonctionnaires gonflaient la poitrine en contemplant les grands mâles. «Comme cette fourrure rehausserait bien ma robe de diplômé. Ne dit-on pas, pour les habits, que rien ne vaut les neufs?». Et avec cela, tant et tant de regards en coin que les pandas finirent par s’inquiéter. Ils s’enfoncèrent bien loin dans la forêt, jusqu’aux frontières du royaume de Maître Tigre. Crocs et griffes leur inspiraient moins de peur que l’avidité des hommes.

Les villageois les regrettèrent beaucoup. Plus de pandas, plus de curieux, il fallait retourner aux champs et trimer pour manger, c’était la dure et triste vérité. Vraiment ils n’étaient pas contents, les pandas le savaient bien, et s’en cachaient d’autant. 

La seule qui comprenait les ours blancs, la seule qui les rencontrait chaque jour dans l’ombre verte des bambous étaient la jolie Xia, la petite fille du forgeron, joyeuse, insouciante, et trop bavarde pour ne pas se dévoiler. 
Son frère qui n’aimait pas ni le feu, ni la sueur ni le fer vit la une belle aubaine. Suivre secrètement Xia dans la forêt, trouver un jeune panda et le tuer serait une affaire vite menée. Un couple de Pékin cherchait justement un coeur frais et une pelisse qu’ils paieraient à grands coups d’or et de riz blanc.

Le perfide cajola la fillette et lui offrit un nouveau jouet, une libellule de bambou qui volait haut dans le ciel quand on la lâchait. Xia ravie courut la montrer à ses amis de la forêt. Elle ne vit pas qu’une ombre la suivait. Comme la fillette jouait avec trois oursons, le frère s’accroupit silencieusement, banda son arc, visa le plus blanc et tira. La corde fit un bruit étrange en claquant, un bruit qui n’avait rien à faire là. Xia l’entendit et comprit qu’un grand danger guettait. Elle se jeta sur les pandas et les entoura de ses bras. La flèche lui brisa le coeur et elle s’effondra. La libellule de bambou retomba doucement sur sa poitrine. Le frère frappé d’horreur s’enfuit en hurlant dans la forêt, dans le royaume sanglant du tigre qui l’attendait.

Les oursons tremblants secouèrent un peu leur petite amie, la léchèrent, lui offrir des jeunes feuilles, mais n’en tirèrent pas un rire. Ne sachant que faire ils la laissèrent là pour aller chercher les anciens. Pendant ce temps, les villageois cherchaient Xia qui ne rentrait pas. Ils trouvèrent leur petite perle sans vie dans l’ombre verte, et devinèrent trop vite ce qui s’était passé. Un triste cortège rentra au bercail ce soir-là. 

Le lendemain, jour de funérailles, une procession plus triste encore se présenta aux portes du village. Tout les pandas, fantômes de douleur, s’assemblèrent autour du corps fragile de Xia. Personne n’eut le coeur de les chasser, tandis que les flammes guidaient l’enfant vers les îles lointaines. Comme c’était l’usage alors, les pandas marchèrent dans la cendre pour accompagner Xia aux limites du monde, et leurs pattes se teintèrent de deuil. Ne pouvant supporter les adieux déchirants du forgeron, ils se bouchèrent les oreilles, et cachèrent leurs yeux pleins de larmes. Un masque de détresse s’inscrivit sur leurs museaux si blancs. 

Au crépuscule, les pandas repartirent sans bruit dans les bambous et la vie reprit comme il se doit. Mais quand les villageois aperçoivent comme un éclair tâché de noir dans l’océan vert, ils savent que le souvenir de Xia n’est pas oublié. 

Retrouver le texte original sur  http://twinkle.over-blog.com/article-29840618.html

Publié dans PANDA | Pas de Commentaires »

Le Lynx roux

Posté par othoharmonie le 27 juillet 2012

 

Le Lynx roux dans LYNX 220px-Linces10-210x300Le Lynx roux aussi appelé Lynx bai, Chat sauvage en français du Canada, Chat tigré en français cadien et Bobcat en anglais est un félin du genre Lynx qui vit en Amérique du Nord. Avec douze sous-espèces reconnues, ses populations s’étalent entre le sud du Canada et le nord du Mexique, en englobant la majeure partie des États-Unis. Ce prédateur occupe une vaste gamme d’habitats, depuis les zones boisées jusqu’aux régions semi-désertiques, incluant les zones urbaines et les environnements marécageux.

Le Lynx roux ressemble aux trois autres espèces du genre Lynx, avec des oreilles couronnées d’un plumet de poils noirs, une queue courte et une démarche chaloupée en raison de ses pattes postérieures très longues. Il a toutefois des barres noires distinctives sur ses pattes antérieures et une courte queue au bout noir. Il mesure en moyenne 90 cm de la tête à la queue, pour 50 cm à l’épaule. Son poids varie de 6 à 13 kilogrammes.

Bien que le Lynx roux préfère les lapins et les lièvres, il est un chasseur opportuniste qui peut s’attaquer aussi bien aux insectes qu’aux petits rongeurs ou aux daims. Le type de proies dépend de leur abondance, de l’habitat, de la localisation et des saisons. Comme la plupart des félins, le Lynx roux est territorial et principalement solitaire, bien qu’il y ait des chevauchements entre territoires. Il emploie plusieurs méthodes pour délimiter son territoire, dont les marques de griffes et les dépôts d’urine ou d’excréments. Le Lynx roux se reproduit en hiver et au printemps et a une période de gestation d’environ deux mois.

Chassé par l’homme, à la fois pour le sport et sa fourrure, sa population est cependant stable. Cet « insaisissable » prédateur caractéristique des États-Unis apparaît dans la mythologie des Nord-Amérindiens et le folklore des colons européens.

La fourrure du Lynx roux est courte, douce et dense, de teintes variées. Le dos va du gris clair au brun rougeâtre, plus sombre au milieu. En général, les lèvres, le menton, l’intérieur des membres et le ventre sont de couleur crème. La robe peut être marquée de taches noires ou brun foncé, ou de raies. L’arrière des oreilles est noir avec une tache blanche bien visible. De plus, les oreilles sont couronnées par une touffe de poils noirs, comme pour tous les lynx. La queue est courte, blanche sur la partie inférieure, marquée d’une large bande noire sur le dessus de l’extrémité et de plusieurs raies sombres.

Les Lynx roux des régions désertiques possèdent les robes les plus claires tandis que les populations du Nord, vivant en forêt, sont plus sombres. Les jeunes naissent avec une fourrure tachetée. Quelques spécimens mélaniques ont été aperçus et capturés en Floride : leur robe noire laisse apparaître les taches. Il existe également des individus albinos.

Fichier:Lynx lynx 1 (Martin Mecnarowski).jpgLes traces du Lynx roux montrent quatre orteils sans trace de griffes en raison de leur rétractilité. L’empreinte, aussi longue que large, peut mesurer de deux à huit centimètres et la moyenne est à 4,5 cm. Quand il marche ou trotte, les empreintes sont espacées de 20 à 46 cm, mais lorsqu’il court, le Lynx roux peut faire de grandes enjambées de un à trois mètres.

Comme tous les félins, les traces des pattes avant tombent exactement au-dessus des traces des pattes arrière. Les traces du Lynx roux peuvent être distinguées de celles du chat haret ou du chat domestique grâce à leur grosseur : le chat domestique a des empreintes de 10 cm2 tandis que celles du Lynx roux atteignent les 13 cm2.

L’hybridation entre le Lynx roux et le Lynx du Canada existe : aux États-Unis, on appelle le résultat d’un tel croisement un « Blynx » ou un « Lynxcat », contraction du terme « Bobcat » désignant le Lynx roux et « Lynx » désignant le Lynx du Canada. En 2004, des études génétiques menées sur ces deux espèces ont confirmé que trois spécimens sauvages du Minnesota à l’origine ambiguë étaient issus de l’hybridation. L’ensemble des hybrides étudiés avait un Lynx du Canada pour mère. Les signalements d’hybrides sauvages sont, pour l’instant, confinés au sud de l’aire de répartition du Lynx du Canada. Les pattes des hybrides sont en général plus larges que celles du Lynx roux, mais moins que celles du Lynx du Canada. Leur robe et la longueur des plumets de leurs oreilles sont plus proches de celles du Lynx roux. Un cas de Blynx femelle féconde a été signalé en 2008.

Des hybridations en captivité avec l’ocelot ont été signalées. Une légende, probablement colportée par la créatrice de la race dans les années 1980 aux États-Unis, veut également que le pixie-bob soit une race de chat issue du croisement naturel entre un Lynx roux et un chat domestique 

Publié dans LYNX | Pas de Commentaires »

Le Loup-Garou !

Posté par othoharmonie le 8 mai 2012

Une Histoire de Loup-garou 

Louvigny de Montigny (1876-1955)

– J’sus pas histoireux, non, vous savez que j’sus pas histoireux, répétait le chasseur Jos. Noël, chaque fois qu’il était sollicité de raconter quelques-unes de ses aventures qu’il rapportait volontiers après s’être fait prier un brin, et qu’il exagérait invariablement à chaque répétition.

De sorte que ses histoires étaient devenues fameuses et que les étrangers se faisaient un régal de les entendre de sa bouche. Et le remarquable, c’est que gascon comme à peu près tous les voyageurs canadiens, il finissait par se convaincre de la vraisemblance de ces souvenirs dont l’évocation lui mettait dans la voix un frisson qui ne manquait pas d’émouvoir aussi ses auditeurs.

Le Loup-Garou ! dans LOUP 220px-Loup-garou-LebrunJos. Noël, c’est le braconnier terrible, chassant également au poil, à la plume, et aussi adroit à dépister le gibier que les garde-chasses. Les paysans, plus attachés à la terre, l’appellent avec mépris et tout bas « un métis, comme qui dirait un commencement de sauvage. » Ce qualificatif l’humilie cependant, car Jos. Noël s’estime « pire qu’un sauvage. »

Aussi est-il ravissant de le voir rentrer d’une expédition où il a pu « faire cheniquer » les Algonquins qui braconnent comme lui dans la région du lac Thérien.

Notre homme vit en effet pauvrement, si l’on veut, mais librement, à la façon des oiseaux. Il a son nid – sa masure – sur le rivage du lac qui étend soyeusement sa nappe sur les cantons de Preston et de Gagnon, cet immense élargissement de la rivière Petite-Nation que les colons continuent de nommer Lac-Long, bien qu’il ait reçu, il y a quelques années, le nom du premier pionnier de ce territoire, le vénérable abbé Amédée Thérien.

Puisque nous y sommes, notons donc en passant l’idée qu’ont eue des gens de raison d’émailler le martyrologue géographique qu’est notre province de Québec, par des dénominations signifiant enfin quelque chose. Et souhaitons voir bientôt les noms de nos législateurs, de nos poètes et de nos philanthropes s’appliquer à ces nappes d’eau majestueuses, à ces caps altiers, à ces monuments impérissables qui s’affichent aujourd’hui lacs Tortu, Rond, Long, Bossu, et montagnes Plate, en Équerre ou Carrée.

Encore que ces appellations baroques n’ont pas toujours la justesse de celles que Jos. Noël donne aux différents points de sa réserve. Quand il appelle une montagne Chevreuil, c’est qui s’y trouve quelques familles ruminant, paisibles, dans la chênaie ou dans l’érablière, mais condamnées par lui à mort, sans espoir de commutation. Quand il nomme un lac Castor, c’est qu’il s’y multiplie quelques castes de ces rongeurs dont la peau est vendue d’avance.

Mais là où Jos. Noël est superbe, c’est à l’arrivée en son domaine de sportsmen qui se confient à lui pour faire un bon coup de feu. Il se plaît alors à dévoiler ses cachettes, à indiquer ses « ravages » de chevreuils, ses « débarcadères » de loutres et ses « battues» de visons, soucieux seulement de faire porter son nom de grand chasseur à Montréal ou à Ottawa qui lui semblent la métropole et la capitale de l’univers. Au demeurant, Jos. Noël est suffisamment assuré qu’avec toutes leurs armes à répétition les citadins ne feront pas beaucoup de mal à ses bêtes.

Chaque été, avec quelques camarades, j’allais rater quelques belles pièces de gibier dans le domaine de Jos. Noël. Nous le louions pour nous guider, pendant les vacances du temps passé et déjà loin : ces années que je regrette assurément pour leurs soixante jours de liberté franche, mais pas du tout à cause de l’internement de dix mois qu’il nous fallait subir sous prétexte de nous instruire et qui nous faisait soupirer comme à l’attente d’un héritage après la sortie du collège.

Fichier:Lycaon-Nathan.jpgPar un de ces divins crépuscules de juillet, nous revenions d’un campement à l’embouchure du lac Poisson-Blanc où nous étions allés forcer une pauvre biche que nous ramenions victorieusement dans le canot, avec certaines autres dépouilles opimes et nos chiens haletants après une journée de course folle.

Fatigués nous aussi de deux heures d’aviron, nous mîmes une sourdine à notre gaieté lorsqu’il s’agit de faire le portage de cinq milles qui nous séparait du lac Thérien, et que nous devions cependant accomplir pour atteindre nos quartiers, à la station Duhamel.

Aussi, proposa-t-on, ayant enfin pris terre, de dresser la tente sur la berge et d’attendre le lendemain pour faire le portage. Au reste, la marche devait être délicieuse à entreprendre par une belle aurore d’été.

– I’mouillerait à boire deboute, prononça vivement Jos. Noël, i’ ventrait à m’dévisser la tête de d’sus les épaules, i’ ferait un temps à m’vendre au iable que jamais j’passerai la nuit su’ c’chemin-cite.

– Et pourquoi ça ?

– Pourquoi ?… Pourquoi ?… Tenez, j’sus pas histoireux, j’pas d’affaire à vous dire pourquoi ; mais croyez-moué qu’on a autant d’acquêt à continuer not’ bauche jusqu’au boute.

Et ayant en un clin d’oeil fait tourner le canot sur ses épaules, le guide cria : Ever up ! – celui, dans sa langue hétéroclite, invitait à se mettre en route. Il allait même partir lorsque nous lui demandâmes de donner au moins des explications ayant la vertu de nous faire oublier la fatigue de nos jambes et de nos bras.

– Eh ben, v’là ! L’loup-garou ravaude toutes les nuits par icite et j’ai pas envie de l’rencontrer encore une fois.

– Tiens, tiens, l’ami Jos. Noël qui a vu le loupgarou. Elle est inattendue, celle-là, et faut nous dire comment cela s’est fait.

– J’sus pas histoireux, mais puisque vous voulez pas vous décider à partir, écoutez ben et escusez-là.

Remettant alors son canot sur la touffe d’aulnettes verdissant le rivage, Jos. Noël alluma sa pipe et commença d’une voix tremblotante qui enleva tout doute sur sa sincérité :

– Vous allez voir, à un mille et quèques parches d’icite, le creek Doré qui servait à la drave des Edwards, y’ a sept ou huit ans. C’est su’ c’creek que j’ai blanchi plus que j’blanchirai pas dans toute ma vie.

C’était su’ la fin d’février. J’venais d’déouacher un ours tout justement au lac Vaseux, à la décharge du Poisson-Blanc, d’ous qu’on d’sort. C’était une fantaisie qui avait pris à un big bug d’Bytown d’avoir une peau d’ours, et j’étais allé li qu’ri, à la raquette, pendant qui s’soûlait au village.

J’trouve mon dormeux dans sa ouache, j’l’assomme et l’emmêne dans ma traîne. Le long du ch’min, mon chien Boulé fait lever un buck qui passe dret devant mon fusil. J’le caboche, au vol, et pis l’entraîne avec l’autre.

Mais on a beau avoir la patte alarte, on traverse point l’Poisson-Blanc et pis on le n’traverse pas en criant ciseau. C’qui fait qu’on arrivait su la breunante quand j’lâchai l’lac pour prendre le portage, en plein ous qu’on est dans l’moment d’à c’te heure.

La noirceur timbe tout d’un coup ; l’temps s’brumasse, s’pesantise et i’ commence à neiger, à mouiller, pis au bout d’une minute i’ timbait pus inque d’la pluie, à siaux.

Comme j’voulais pas rester su’ la route, à pas plus d’huit milles de chez nous, j’poigne mes jambes et j’me mets à marcher, mais au bout d’un mille, ça marchait pus, pantoute.

Ça calait comme une swamp, la traîne collait à terre, j’étais trempe comme an’ lavette et au bout d’mon respire.

Allons, Seigneur ! quoi faire ! Ça a l’air pas mal ch’nu d’rester en chemin… D’un autre côté, j’voulais pas m’en aller allège à la maison et laisser mes deux animaux dans l’bois ousque les loups ou les renards les auraient étripés. J’avais peur itou de c’sauvage de Tanascon, de c’trigaudeux qui passe son temps à ravauder pour faire des canailleries.

Pis j’pense aussi tout d’un coup qu’on s’trouvait faire su’ l’Mardi Gras et qu’il allait y avoir du fun avec queque chose à boire au village… J’me rattelle, mais ça pouvait plus avancer.

Toujours qu’pour lorse j’gagne l’vieux chanquier, qui avait été abandonné l’printemps d’avant, pour passer la nuit à l’abri, ou tant seulement me r’niper un p’tit brin et attendre qu’la pluie soit passée. Mais vous savez si c’est d’meure, ces pluies d’hiver : quand ça commence, ça finit pus.

J’fume trois, quatre pipes en faisant sécher mes hardes contre la cambuse ousque j’avais allumé une bonne attisée après avoir eu une misère de cheval maigre pour trouver des écopeaux sèches. Et comme j’étais à moquié mort d’éreintement et que j’cognais des clous d’six pouces et demi, j’me résine donc, en sacraillant ben un peu, à passer la nuit dans un chanquier.

J’accote la porte avec une bonne bûche, j’étends quéques branches de cèdre su l’bed qu’les hommes du chanquier avaient laissé correct, j’plie mon capot d’sus, j’snob mon fusil à la tête, et dors garçon !…

Ben sûr plusieurs heures plus tard, – parce que l’feu était éteindu, – mon chien Boulé, qui s’était couché avec moué, m’réveille en grognant… J’écoute et ça rôdait autour du chanquier. J’entendais rouler les quarts vides qui avaient été laissés là par les raftmen, comme si quéque finfin avait essayé d’faire des belles gestes avec… Et pis les archements s’approchent, et tout au ras d’la porte, j’entends un tas de r’niflages avec des grognements d’ours.

J’compte ben qu’c’est pas la peine d’vous dire si i’ faisait noir, en grand, dans not’ sacrée cabane pas d’feu, par c’te nuit mouillée.

J’me dis : C’est drôle qu’un ours ait sorti de sa ouache de c’temps-cite ; mais l’crapet a p’t’être ben cru que c’était l’printemps, rapport à la pluie, et fatigué de se licher la patte, i’aurait aussi ben voulu recommencer à manger pour tout de bon. Toujours que j’m’assis su l’bed, j’décroche mon tisonnier, j’y rentre deux balles par-dessus la charge de posses qu’i avait déjà et j’me dis qu’si l’vingueux venait roffer trop proche, j’y vrillerais un pruneau qui y ferait changer les idées.

J’me disais : J’voué rien, c’est ben clair, mais si l’ours rentre dans l’chanquier ousqu’i’ sent son pareil et pis l’chevreux mort, i’ pourra pas faire autrement que d’faire canter la porte et j’watcherai l’moment d’le garrocher.

Ben, j’avais pas aussitôt dit ça qu’l’animal était entré dans la cabane sans qu’la porte eusse canté d’une ligne.

Ça bite le iable ! que j’dis. Et j’étais ben sûr qu’i’étais rentré, par c’qu’i marchait en faisant craquer l’plancher comme si un animal de deux cents se s’rait promené su’ l’side walk…

La peur, ça m’connaît pas, mais j’vous persuade qu’j’aurais une tapée mieux aimé m’voir à danser quelque rigodon d’Mardi Gras et à passer la diche avec mes voisins du lac Long.

Pis, c’était d’voir mon Boulé ; lui qu’i’ aurait pas kické d’s’engueuler avec un cocodrile enragé, le v’là qui s’racotille, qui s’colle su moué, la queue entour les jambes, et si ébiscaillé qu’i’ devait pus avoir formance de chien en toute.

J’le poigne pour tâcher d’le sacrer en bas, d’le soukser, pas d’affaire. I’s’grippe après moué, et s’met à siller comme un chien qu’i’ aurait attrapé l’aspe et qu’il aurait senti sa mort.

Tandis c’temps-là, l’animal qui tournaillait dans la place, nous avait aperçus, et j’me trouve tout d’un coup face à face avec une paire de z’yeux d’flammes, qui remuaient, tenez, pareils à des trous d’feu dans une couverte de laine ; c’était pas des yeux d’ours, c’est moué qui vous l’dis. Le v’là qui s’met à grogner, pis à rire, pis à brailler, pis à s’rouler su’l’dos, à planter l’chêne, à swingner qui timbe dans son jack. I’ achevait pus d’culbuter, l’maudit.

Débarque donc, véreux d’chien, que j’dis à Boulé.

Mais i’était collé au bed, i’ tremblait comme une feuille avec pus une coppe de coeur…

Vous pensez qu’j’étais pas gros, moué non plus, avec c’te gibier dans c’te noirceur d’enfer… J’avais les cheveux dret su’ la tête ; l’eau m’coulait dans l’dos et même que j’me tenais la gueule pour empêcher mes dents d’faire du train…

À la fin, y’a un sacré boute, que j’dis. J’griffe mon fusil et j’vise l’animal dans ses yeux de feu : V’lan ! L’coup part pas… Ah ben, ça y est, c’est l’iable qui nous a ensorcelés. Mais avant d’me laisser emporter tout rond par le gripet, j’voulais au moins essayer l’aut’coup, et pour pas l’manquer, j’attends que l’animal arrive au ras moué.

Comme si i’avait diviné mon idée, le v’là qui arrive aussitôt… Ah ! mon blasphème ! que j’dis, puisque t’en veux, poigne-le. Et, mes vieux, c’coup-là partit en faisant un éclair qui m’fit voir une bête effrayante avec un corps d’ours, une grande queue et haut su pattes comme un veau.

Mais aussitôt l’éclair passé, v’la-t-i pas que j’entends appeler mon nom, oui :

Jos. Noël ! Jos. Noël !

et par une voix que j’connaissais d’puis des années, par Ti-Toine Tourteau.

Là, j’vous l’dis, j’ai eu peur, un peu croche. Et, ma foi d’gueux ! j’aurais aimé mieux m’voir entouré d’une gang de chats tigrés en furie que d’me savoir face à face avec c’pendard, c’vendu au mistigris, c’t’étripeur d’poules noires, c’te chasseur de galeries… c’te tout c’que vous voudrez d’maudit. On rencontre pas des églises à tous les pas dans l’bois et pis on n’a pas toujours le temps d’faire ses dévotions all right ; mais j’vous dis que c’pendard-là nous escandalisait tous et qu’pas un chrétien voulait y parler sans avoir quéque médaille bénite dans l’gousset : un sacreur qui faisait lever les poêles… c’est bien simple, un sorcier qui méritait d’être cruxifié su’ un poteau de télégraphe.

C’était lui, l’possédé, qui m’parlait, sûr comme vous êtes là, avec un’ voix d’mourant :

– Tu m’as tué, Jos. Noël, tu m’as tué, mon Dieu, mon Dieu.

- Pardon…

– Hein, c’t’y toué, Ti-Toine, c’t’y toué ? qu’ j’y criais quasiment plus mort que lui. Mais lève-toi donc, animal, es-tu mort ?…

Batème ! répond donc ; as-tu envie que l’iable m’emporte avec toué ? I’ continuait à s’lamenter :

– J’vas mourir, j’vas mourir.

– Torrieux d’sarpent, veux-tu m’faire mourir de peur ? Réponds donc une bonne fois. C’t’y toué, Ti- Toine Tourteau ?

– Oui,… oui,… tu m’as tué,… j’vas mourir.

– Ous tu d’viens ?…

I’ répondait pus, mais j’l’entendais qui gigotait comme un croxignole dans la graisse bouillante.

J’ai p’t’-être ben rêvé, que j’me dis, en fin d’compte ; l’gars est p’t’être ben malade ; ça s’peut ben que j’me trouve chez lui… Quoi penser dans un ravau pareil ? J’essaye d’allumer une allumette, mais i’s’cassaient à mesure que j’les frottais su’ l’mur.

Ah ben, y’a des sacrées imites, que j’dis. J’saute en vas du lite pour voir si c’était du lard ou du cochon, mais v’là que j’timbe su’ un corps étendu cont’ la cambuse. Des grands doigts fretes comme d’la glace m’attrapent le poignet et me mettent la main dans une mare chaude et collante comme du sang.

– Tu m’as tué, soupirait-il encore, tu m’as tué…

Fallait inque m’égratigner… une goutte de sang.

Ah ! sainte bénite ! j’me rappelle tout d’un coup qu’on délivre les loups-garous en les grafignant, en leur faisant sortir une goutte de sang, et j’y d’mande ben vite :

– T’es-tu loup-garou ?

I’répétait :

– Tu m’as trop fait mal, tu m’as tué… oui, j’sus loup-garou…

C’est tout c’que j’ai entendu parce que je revins à moué inque le sourlendemain, ou plutôt le lendemain, puisque c’ravau-là s’était passé l’mercredi des Cendres.

220px-Loup_garou_02 dans LOUPDepuis sept ans que c’pendard de Tourteau faisait pas ses pâques, i’avait viré en loup-garou à la première heure du huitième carême qui i’allait encore commencer comme un chien. C’est l’matin du jeudi qu’j’ai été trouvé à la porte du chanquier par Tanascon qui s’vante encore d’m’avoir sauvé la vie, parce que c’jour-là i’ m’a volé mon chevreux pis mon ours…

– Et Ti-Toine Tourteau ? demandâmes-nous sans rire à Jos. Noël qui ne parlait plus.

– On l’a jamais r’vu.

– Et le chantier en question, il doit être fort intéressant à visiter…

– Pour ça, y’a pas d’trouble, vous l’voirez point. La première chose que j’ai faite a été d’y mettre une allumette qui a pris celle-là, j’en réponds…

Voyant que nous n’allions pas réussir à décider notre guide, nous fîmes le sacrifice de notre nuit en forêt, dédommagés d’ailleurs par la narration qui avait dissipé notre lassitude.

Et Jos. Noël, morne encore du souvenir évoqué, recoiffa son canot et reprit le portage qui fut franchi d’une haleine, dans le silence de la veillée fraîchissante que nous nous gardions aussi de troubler, les oreilles à la confidence des oiseaux commençant à rêver, les yeux au ciel où fuyaient des petits nuages, comme un troupeau de grands cerfs blancs, poursuivis par les archanges qui leur lançaient des étoiles. 

Publié dans LOUP | Pas de Commentaires »

Le Tigre ch.6

Posté par othoharmonie le 17 février 2012

 

Par Fulbert Dumonteil

 C’est un vrai Tigre, le Tigre américain.

Le Tigre ch.6 dans TIGRE 320px-Tiger_teethEt Humboldt a vu des Jaguars traverser à la nage des fleuves d’une lieue, traînant à leur gueule un Cerf ou un Cheval. Il égorge tout ce qu’il rencontre et l’on assure qu’il attaque le puissant alligator lui-même, qu’il va défier au sein des rivières. C’est toujours un duel à mort : ou le Jaguar étrangle le Caïman ou le Caïman l’entraîne et le noye au fond des eaux. Le prince de Wied a rencontré des Jaguars aussi grands que le Tigre royal. Reugger et d’Azara comparent sa force prodigieuse à celle du Lion.

Son cri est terrible, et tout tremble dans les forêts quand son formidable hou-hou fait retentir les échos à deux lieues à la ronde. C’est bien là la voix d’un maître !

Le Tigre américain a un goût particulier pour le nègre, dont les fortes exhalaisons l’attirent de très loin. Pour lui, le blanc n’est qu’une viande de seconde catégorie. Mais, faute d’un mulâtre ou d’un Indien, le Jaguar se contente d’un Espagnol.

Quand un nègre et un blanc voyagent ensemble, le nègre est toujours le préféré, et, comme une seule victime suffit au Tigre américain, le blanc continue paisiblement sa route en remerciant le Seigneur de l’avoir fait descendre non de Cham, mais de Japhet.

On chasse le Jaguar à la lance, à la fourche, au couteau, à la massue, à la flèche, au lacet. Ces deux dernières chasses sont les plus sûres et les plus curieuses. Dans le premier cas, le puissant animal est empoisonné ; dans le second, il est étranglé.

L’Indien se fabrique une barbacane avec un bambou et de toutes petites flèches avec des épines qu’il trempe dans le terrible poison appelé curare.

Poursuivi par une meute de dogues, le Tigre d’Amérique grimpe sur un arbre d’où il nargue ses adversaires hurlants. C’est alors que le chasseur lui envoie ses flèches empoisonnées, qui pénètrent plus profondément que la balle de la meilleure carabine. C’en est fait : le Jaguar se raidit, tremble et tombe, ébauche un rugissement, expire dans une convulsion horrible. Une épine a vaincu le roi des pampas.

Dans le Paraguay, quand le Jaguar a grimpé sur un arbre, on lui lance, avec une adresse merveilleuse, un lacet autour du cou. Il a été vu ; il est pris. Un chasseur attache aussitôt un bout de la corde à l’anneau de sa selle et lance son cheval au galop, traînant en rase campagne le fauve rugissant de colère et de douleur.

Si le Tigre, disloqué, meurtri, sanglant, oppose une dernière résistance, un autre chasseur lui passe un second lacet aux jambes de derrière, et les cavaliers, galopant à toute bride en sens opposé, n’ont bientôt plus qu’un cadavre entre eux. Une corde a suffi pour étrangler le tyran des forêts.

 Jaguar (Panthera onca)Il n’est pas rare de voir de petits Jaguars apprivoisés dans un village américain. Après avoir empoisonné ou étranglé ses parents, l’Indien l’emporte dans sa cabane, lui passe une corde au cou et l’attache devant la porte, à la branche d’un palmier.

Le petit Jaguar s’apprivoise, il oublie tout ; on lui donne de la viande cuite, du lait et des boules pour jouer ; il s’amuse avec les chiens, ces ennemis mortels de sa race, et fraternise avec les chats, ces pygmées !

Il est captif, il est vaincu. Mais, un jour, il regarde d’un air étrange ses compagnons de jeux et, d’une patte dédaigneuse, il repousse les boules comme s’il venait de comprendre qu’un jouet ne vaut pas la liberté.

Il s’étend comme une couleuvre à l’ombre du palmier et semble prêter l’oreille au bruit des forêts lointaines son oeil brille, sa queue frissonne, son flanc bat : n’entend-il pas le terrible hou-hou du grand carnassier des pampas, du formidable Tigre américain ?

D’un coup d’épaule, il brise sa chaîne ; d’un bond, il gagne la forêt. Il est libre, et, comme s’il voulait venger les siens, là où sa mère fut tuée, il tue !

La jungle l’emporte sur la niche, la liberté sur la chaîne : le prisonnier, l’orphelin, l’enfant se fait homme, se fait Tigre. Tout tombe sous sa griffe ou meurt sous sa dent. C’est une vaste hécatombe de fauves, de reptiles et d’oiseaux.

Le petit joueur de boules n’appartient plus qu’aux forêts. Né dans l’esclavage, on peut se faire à la chaîne et oublier la liberté. Mais si, secouant le joug, on retourne une bonne fois à la liberté, on finit par l’aimer tant qu’on ne peut plus s’en séparer.

D’un bond nouveau retombons du Paraguay au Bengale et revenons au Tigre d’Asie.

A tiger in Pilibhit Tiger Reserve.jpg

Je vous le présente non plus en manteau royal, mais en robe de chambre.

Les amours du Tigre ne durent que deux ou trois semaines. Mais quelles amours !

Ce sont des combats épouvantables et de monstrueuses caresses mêlées de cris terrifiants comme en peuvent faire entendre des Chats de neuf pieds !

Le Tigre est un papa gâteau plein de bonhomie et de tendresse pour ses gracieux bébés.

Pour jouer avec sa joyeuse famille, il néglige les troupeaux du voisinage et oublie l’humanité. (à suivre)

 

DUMONTEIL, Fulbert (1830-1912) : Le tigre (1882).


Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (07.II.2009)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com
http://www.bmlisieux.com/


Diffusion libre et gratuite (freeware)


Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882.

Publié dans TIGRE | Pas de Commentaires »

Tigre de 3 m

Posté par othoharmonie le 16 février 2012

 

Tigre de 3 m dans TIGRE 220px-Ligre_-_RedimensionnementLe tigre est un félin qui peut atteindre 3 m du mufle à l’extrémité de la queue, tel le plus grand d’entre eux, le tigre sibérien. Sa magnifique fourrure jaune orangé, striée de larges bandes noires, devient blanche sous le ventre. Plus audacieux que le LION, il n’hésite pas à vivre au voisinage de l’homme. Les tigres ne vivent qu’en Asie, principalement aux Indes, en Indochine et à Java. Certains, véritables « mangeurs d’hommes », terrorisaient jadis les indigènes. De nos JOURS, décimés, ils ne sont plus que quelques milliers et leur CHASSE est sévèrement réglementée.

Lorsqu’en 1917, après les échecs subis au Chemin-des-Dames, la France, épuisée par 3 ANNÉES de guerre, se trouva au bord de l’effondrement, le président de la République, Raymond Poincaré, appela à la tête du gouvernement GEORGES CLEMENCEAU, un vieillard de 73 ans. Ce dernier résuma son programme en une phrase : « Je fais la guerre », et, triomphant de tous les découragements, il l’appliqua, avec la dernière ÉNERGIE, jusqu’à la victoire finale. Les caricaturistes avaient surnommé Clemenceau le « Tigre« , en raison de son visage rude et de sa griffe acérée de journaliste. L’Histoire l’a immortalisé sous ce surnom. En témoignage d’admiration, le sherpa Tensing, vainqueur de l’Everest avec Hillary, fut appelé le « Tigre des tigres ».

Publié dans TIGRE | Pas de Commentaires »

Le Tigron

Posté par othoharmonie le 12 février 2012

Un tigron est un hybride issu du croisement artificiel d’un tigre et d’une lionne. Il n’est pas aussi fréquent que son contraire, le ligre, bien que vers la fin du XIXe siècle et au début du XXe il se rencontrait plus fréquemment. Les tigrons ne se produisent pas dans la nature, puisque le lion et le tigre ont des comportements et des habitats radicalement différents.

Le li-tigron est le croisement d’un lion mâle et d’un tigron femelle. Seule le tigron femelle est fertile.

 Fichier:Tigon4.jpgLes tigrons peuvent présenter des caractéristiques des deux parents : ils peuvent avoir les deux taches de la mère (les lions portent les gènes pour les taches — les lionceaux sont tachetés) avec les stries du père. La crinière d’un mâle semblera toujours plus courte et moins apparente que celle d’un lion et est plus proche de la crinière courte du tigre mâle. Une idée répandue mais fausse est que les tigrons seraient plus petits que les lions ou les tigres. Ils ne dépassent pas la grandeur de leurs parents, car ils héritent d’eux des gènes inhibiteurs de croissance, mais ils ne montrent aucun signe de nanisme ou de miniaturisation ; ils pèsent souvent environ 150 kilos et ont la silhouette des chats domestiques.

 La rareté relative des tigrons est souvent imputée aux tigres qui trouvent le comportement d’une lionne en chaleur trop compliqué et peuvent ainsi ne pas remarquer dans son comportement les signaux qui indiquent sa volonté de s’accoupler. Pourtant les lionnes sollicitent activement leur partenaire, si bien que la rareté actuelle des tigrons vient très probablement du fait que par leur taille ils sont moins impressionnants que les ligres. Gerald Iles, dans At Home In The Zoo (1961) écrit qu’il a pu obtenir 3 tigrons pour le Zoo de Belle Vue à Manchester, mais qu’il n’a jamais vu de ligre. Actuellement la Chine produit un certain nombre de tigrons.

 Les croisements de tigre en captivité ont été fréquents au cours des siècles. Le premier croisement enregistré en Inde date de 1837 où un tigron a été offert à la Reine Victoria par la princesse de Jamnagar (un État indien). Gerald Iles a aussi fait allusion à un cirque itinérant dans les années 1830 où un tigre et une lionne portée après portée produisaient de petits hybrides, dont certains ont été présentés à la cour de Grande-Bretagne en 1837.

 Fichier:Tigon2.jpgUn des tigrons les plus connus était Ranji, issu du Prince Ranjitsinji de Nawangagar et a été offert au Zoo de Londres en 1928. Frohawk, artiste et journaliste pour le magazine de chasse The Field trouva Ranji farouche et a dit que l’hybride se rapprochait du tigre plus que du lion par la forme du corps et de la tête et qu’il était particulièrement intéressant que bien que la créature fût un mâle, la crinière ne fût pas plus fournie que celle possédée par certains tigres. Tout au plus y avait-il une petite touffe au bout de la queue. Le pelage, pourtant, est fauve et il y manque entièrement la nuance caractéristique orange-rougeâtre de tous les tigres sauf ceux des régions les plus froides de l’Asie centrale. Les stries malgré tout, bien que peu marquées, sont nettement reconnaissables et les parties les plus basses du corps sont blanchâtres comme chez les tigres.

 Dans Wonders of Animal Life édité par J A Hammerton (1930), Ranji est ainsi décrit : « Au Jardin zoologique de Londres a été produit un hybride des plus intéressants entre un tigre et une lionne, auquel on donne le nom de tigron. Ce n’est vraiment pas une bête d’aspect majestueux, il est très long sur ses pattes, lesquelles portent des stries fort proéminentes et d’une nuance générale de sable. »

 

Publié dans TIGRE | Pas de Commentaires »

Tigre de l’Inde

Posté par othoharmonie le 12 février 2012

 

Image illustrative de l'article Parc national de RanthamboreLa péninsule indienne est un continent à part, dont la diversité géographique a permis de préserver plus de 350 espèces de mammifères et 1200 espèces d’oiseaux dans ce pays. Vous pourrez finir vos vacances en beauté en partant à la recherche du tigre du Bengale.

Le tigre indien, l’un des plus beaux animaux du monde reste très vulnérable. Vous pourrez voir, en retenant votre souffle, ces prédateurs rôdant dans les buissons et épier le troupeau de cerfs dans un grand silence. Profitez de votre passage dans le pays pour visiter l’une des nombreuses réserves.

Des Tigres magnifiques.

Les tigres sont les plus grands membres vivants de la famille du chat et normalement, ils pèsent environs 500-600 livres et font environs 9 à10 pieds en excluant la queue. L’apparence extérieure du tigre d’habitude consiste en un pelage jaune – rougeâtre ou un marron rougeâtre avec des rayures noires et sur le ventre, il a des rayures blanches qui lui donnent une apparence royale. Ses oreilles sont noires à l’extérieur et chacune possède une importante tâche blanche. Ces colorations distinctives sont utilisées comme un camouflage. Plus rarement, les tigres indiens naissent avec un pelage seulement blanc et des rayures noires. Le tigre indien possède des yeux avec des couleurs différentes telles que le bleu et le marron.

Les tigres indiens se trouvent en Inde, Népal, Bangladesh et au Nord de Myanmar. Le tigre est le symbole de l’Inde depuis des siècles. Le tigre est profondément ancré dans notre culture, notre religion et notre passé. Il est donc difficile d’imaginer l’Inde sans cet animal élégant et majestueux. Les deux espèces que l’on peut voir en Inde sont le tigre Royal du Bengale et le tigre blanc.

Fichier:Panthera tigris tigris.jpgLe tigre Royal de Bengal

Le tigre de Bengale est natif de la Péninsule Indienne. On le retrouve aussi au Bangladesh, Nepal, Bhutan et Burma. Le tigre royal du Bengale est un chasseur puissant avec des dents tranchantes et un corps agile.

  • Le Kanha National Park
  • Le Bandhavgarh National Park
  • Le Bandipur National Park
  • Le Ranthambore National Park
  • Le Manas Wildlife Sanctuaire
  • Le Kaziranga National Park

Personnellement, lors de mon voyage au Rajasthan, le seul tigre que j’ai pu y voir est celui de la réserve de Ranthambord …

Publié dans TIGRE | Pas de Commentaires »

Tigre blanc

Posté par othoharmonie le 10 février 2012

Tigre blanc dans TIGRE 192px-Singapore_Zoo_Tigers_croppedLe tigre blanc dit « tigre blanc royal », comme tous les tigres, est un mammifère carnivore de la famille des félidés. Son pelage est blanc avec des rayures noires, et ses yeux sont bleus.

Il s’agit en réalité d’un tigre du Bengale possédant une anomalie génétique appelée leucistisme.

 Il n’est pas à confondre avec les spécimens albinos (une maladie génétique), qui n’ont pas de rayures et des yeux plutôt rouges (très rare chez le tigre albinos car leur yeux sont en général clairs, voire blancs).

 Le tigre blanc tend à être plus grand que le tigre roux, tant à la naissance qu’à sa taille adulte. Cela pourrait leur donner un avantage dans la nature en dépit de leur couleur inhabituelle. Les tigres roux hétérozygotes sont également plus grands que les autres tigres ; Kailash Sankhala, le directeur du zoo de New Delhi dans les années 1960 déclara que « l’une des fonctions du gène blanc pourrait être de garder une gène accroissant la taille dans la population, en cas de besoin ».

 220px-Tigre_d%27Asie_%C3%A0_robe_blanche dans TIGRELes tigres blancs commencent à faire parler d’eux vers la fin du XIXe siècle : quelques spécimens sauvages sont signalés. Des tigres blancs à rayures noires sont signalés dans la nature en Inde durant l’Empire moghol (1556–1605). Une peinture de 1590 d’Akbar le Grand chassant près de Gwalior montre quatre tigres dont deux blancs. Dix-sept cas de tigres blancs sont recensés en Inde entre 1907 et 1933 dans les districts d’Orissa, Bilaspur, Sohagpur et Rewa. Le 22 janvier 1939, le premier ministre népalais tire sur un tigre blanc au campement de Barda au Terai dans le Népal. Le dernier tigre blanc fut tué en 1958 et la mutation est considérée comme éteinte dans la nature. De nombreuses rumeurs de tigres blancs sauvages ont parcouru l’Inde depuis lors, mais aucune n’a été considérée comme crédible. Le célèbre chasseur Jim Corbett dans son film Man-Eaters of Kumaon a filmé une tigresse blanche et ses deux petits roux ; cette vidéo, la seule montrant un tigre blanc dans la nature, a été utilisée par National Geographic dans un film sur Jim Corbett.

 320px-%D0%A2%D0%B8%D0%B3%D1%80_01.10.2008_047En 1965, la « collection indienne » de Marjorie Merriweather Post présentée à Washington contenait une chaise rembourrée en peau de tigre blanc. Une photographe en couleur de cet objet apparaît dans le numéro du 5 novembre 1965 du magazine Life. Le numéro d’octobre 1975 du National Geographic montre une photographie du ministre de la Défense des Émirats arabes unis avec un tigre blanc empaillé dans son bureau.

 S.H. Prater écrit dans The book of Indian Animals (1948) que « les tigres blancs ou partiellement blancs ne sont pas rares dans certaines forêts ouvertes humides d’Inde centrale »

C’est un mythe que les tigres blancs ne sont pas capables de prospérer dans la nature et l’Inde avait planifié une réintroduction de tigres blancs captifs dans une réserve près de Rewa. Dans la nature, les tigres blancs se reproduisent depuis des générations et A.A. Dunbar Brander dans Wild animals in central India (1923) ajoute que « Les tigres blancs se rencontrent occasionnellement. Il y a des croisements réguliers de ces animaux dans les environs de Amarkantak, à la jonction entre l’État de Rewa et les districts de Mandla et Bilaspur. La dernière fois que je suis allé à Mandla en 1919, une tigresse blanche et ses petits blancs y vivaient. En 1915, un mâle a été capturé par l’état de Rewa et emprisonné. Une excellente description de cet animal par Mr Scott de la police indienne, a été publiée dans le volume XXVII, numéro 47 du journal de la société d’histoire naturelle de Bombay.

220px-White_tigers_drinking Cet article mentionné par A. A. Dunbar Brander décrivit : « Le tigre blanc captif de Rewa a été capturé en décembre 1915 dans la jungle de l’Etat, près de Sohagpur. Il devait avoir deux ans à ce moment-là. Il y avait deux autres tigres blancs au sud de Rewa liés à celui-ci, mais on considérait que la mère de cet animal n’était pas blanche… Un tigre blanc a été tué par un Sardar à Sohargpur Tahasil il y a dix à douze ans. Deux autres tigres ont été signalés près de Shahdol et Annuppur mais les ordres de sa Majesté étaient de ne pas les tuer. On disait que celui d’Annuppuer était le frère de celui qui avait été capturé. Ces tigres blancs erraient dans les environs des districts britanniques des provinces centrales et semblaient vivre dans les montagnes de Maikal. »

 Victor H. Cahalane signala des tigres blancs au nord de la Chine en 1943 : « … La Chine du Nord a produit de nombreux albinos, avec les inévitables rayures brunes effacées. De très rares tigres mélanistiques (noirs) sont connus. »

 

 

Publié dans TIGRE | Pas de Commentaires »

Tigres célèbres

Posté par othoharmonie le 5 février 2012

 

Tigres célèbres dans TIGRE 220px-Mosaic_museum_Istanbul_2007_011Les tigres célèbres sont moins nombreux que les tigres de fiction. On compte toutefois la tristement connue « tigresse de Champawat » : mangeuse d’homme, elle terrorisa toute une région pendant huit ans avant d’être abattue par le chasseur Jim Corbett. Parmi les tigres du cirque, on peut également citer Montecore, le tigre blanc ayant attaqué le dompteur Roy Horn du tandem Siegfried & Roy. Enfin, Satin est un tigre qui a reçu en 1955 un Patsy award pour son interprétation dans le film Les Gladiateurs (Demetrius and The Gladiators) sorti en 1954.

 En musique, le groupe Le Tigre est un groupe punk féministe américain. La chanson Eye of the Tiger composée par le groupe américain Survivor pour le film Rocky III a été réutilisée de nombreuses fois. Le Taking Tiger Mountain by Strategy est un opéra de Pékin, l’un des huit autorisés lors de la Révolution culturelle.

 Fichier:Illustrations de Icones animalium quadrupedum viviparorum et oviparorum-Tigre.jpegDe nombreux tigres apparaissent dans la littérature, à commencer par Shere Khan du Livre de la Jungle. Parmi les tigres de fictions, on compte également le tigre de l’Histoire de Pi, Tigrou dans Winnie l’Ourson de Alan Alexander Milne, Louison le tigre du capitaine Corcoran dans Les Aventures du capitaine Corcoran de Alfred Assollant. Dans le domaine de la bande dessinée, c’est Hobbes de Calvin et Hobbes qui retiendra l’attention, mais on peut citer également Moloch dans Corentin Feldoë ou encore Joé le Tigre dans La jungle en folie.

 

Publié dans TIGRE | Pas de Commentaires »

L’Ours 8

Posté par othoharmonie le 18 novembre 2011

Par Jules Vallès

L’Ours a sa cage même au théâtre.

L'Ours 8  dans OURS 250px-OursBlanc_Zoo_de_La_Fl%C3%A8che« Un Ours, en argot de comédiens, est une pièce qui brille par son absence d’intérêt, de style, d’esprit et d’imagination et qu’un directeur de théâtre bien avisé ne joue que quand il ne peut pas faire autrement – comme autrefois, aux cirques de Rome, on ne faisait combattre les Ours que quand il n’y avait ni Lions, ni Tigres, ni Éléphants. » Telle est là définition de Delvau. Joachim Duflot explique l’origine de cette impression. « Tout le monde, dit-il, se souvient de cette farce désopilante appelé l’Ours et le Pacha, que le théâtre des Variétés joua cinq cents fois au moins. Le père Brunet représentait le pacha blasé qui veut qu’on l’amuse ; Odry jouait le montreur de bêtes répétant à tout propos : Prenez mon Ours. Ces trois mots obtinrent une telle vogue au théâtre, que les directeurs, à l’aspect d’un auteur qui tenait un manuscrit, lui disaient de loin : « Vous voulez m’amuser, vous m’apportez votre Ours, c’est une pièce charmante, faite pour le théâtre. – C’est bien ce que je pensais, prenez  mon Ours ! » Depuis ce temps, l’Ours est un vaudeville ou un mélodrame qui a vieilli dans les cartons. »

Que nous les aimons nos bonshommes d’Ours, tels que nous les voyons installés dans la fosse du Jardin des Plantes, dans la ménagerie pauvre, ou encore au coin du feu d’auberge où, comme des chiens, ils se tiennent, les pattes dans la cendre, près de leur montreur en sabots et en bonnet de laine.

Il y en a même qui, sans avoir été pris au piège, sans avoir été domptés, sans avoir subi l’anneau dans le nez et la muselière sur la gueule, sans se faire prier, sont venus, un beau soir d’hiver, prendre place au foyer de quelque paysan des Vosges ou du Jura. Ils ont trouvé la porte ouverte, sont entrés et on ne les a pas chassés, parce qu’ils ne demandaient qu’un coin pour y grogner en rêvassant, quelques os ou quelques feuilles à mâcher pour vivre. (A SUIVRE…) 

 

VALLÈS, Jules (1832-1885) : L’Ours (1882). 

 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (04.II.2009)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com

http://www.bmlisieux.com/ 



Diffusion libre et gratuite (freeware) 



Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882

pt5025 dans OURS

Publié dans OURS | Pas de Commentaires »

Chats Célèbres

Posté par othoharmonie le 23 septembre 2011

 Chat amoureux

  • Petra, le chat chasseur de souris de la maison du premier ministre Britannique jusqu’en 1973.

 

Wilberforce, le chat chasseur de souris de la maison du premier ministre Britannique de 1973 à 1983. Wilberforce était le chat qui a vécu au 10 Downing Street entre 1973 et 1987 et a servi sous quatre Premiers ministres du Royaume-Uni : Edward Heath, Harold Wilson, James Callaghan et Margaret Thatcher. Il était essentiellement chargé d’attraper les souris, et succéda dans ce rôle à Petra.

Selon Bernard Ingham, ancien attaché de presse de Margaret Thatcher, Wilberforce était un chat normal, pour qui Thatcher a un jour acheté « une boîte de sardines dans un supermarché de Moscou ». Lors de l’émission télévisée diffusée de la BBC à l’occasion des élections générales de 1983, la présentatrice Esther Rantzen fut autorisée à tenir le chat et à le présenter aux téléspectateurs.

Le groupe musical Wilberforce a choisi son nom en l’honneur de ce chat.

Il a pris sa retraite le 3 avril 1987 et a été remplacé par Humphrey, né en 1988, l’année du décès de Wilberforce.

+

chat feuilleHumphrey, le chat dératiseur remplaçant de Wilberforce mis à la retraite en 1997. (1988 – mars 2006) fut un chat employé comme chasseur de souris au 10 Downing Street d’octobre 1989 au 13 novembre 1997. Arrivé dans les lieux à l’âge d’un an, il a servi sous les mandats de Margaret Thatcher, John Major et Tony Blair, mais fut rapidement mis à la retraite après l’arrivée de Tony Blair.

+

Sybil, le chat remplaçant d’Humphrey, de 2007 à 2009. 

Sybil est une chatte employée au 11 et au 10 Downing Street, et morte le 27 juillet 2009 après une brève maladie. Nommée d’après Sybil Fawlty, personnage de fiction d’une série de la BBC, elle appartenait au Chancelier de l’Échiquier, Alistair Darling.

La confirmation des fonctions de Sybil fut donnée le 11 septembre 2007 par le porte-parole officiel de Gordon Brown, qui déclara : « Je comprends que les Darlings ont une chatte, et qu’elle a récemment été amenée à Downing Street… Cela ne pose pas de problème au Premier Ministre et à Sarah. La chatte devrait prochainement faire une apparition. »

Sybil, qui était une chatte noir et blanc, était le premier chat à Downing Street depuis qu’Humphrey avait été mis à la retraite — vraisemblablement sur l’initiative de Cherie Blair, réputée allergique aux chats — en 1997.

Sybil eut du mal à s’habituer à Downing Street et il y eut des rumeurs de mésentente avec Gordon Brown. Elle quitta Downing Street après six mois et mourut en juillet 2009

+

Le chat du Cheshire dans Alice au pays des merveilles illustré par John Tenniel.

chat pel.laineLe chat du Cheshire [ˈtʃɛʃə] est un chat de fiction tigré (ou mackerel tabby) qui apparaît dans le roman Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll (1865). Son nom est un hommage de Lewis Carroll au comté de Cheshire dans lequel il est né. Il est parfois appelé chat de Chester, d’après l’ancien nom du comté.

Doué pour les conversations philosophiques, le chat use parfois d’une rhétorique débridée voire surréaliste qui trouble Alice. La folie du chat est toutefois plus apparente que réelle et il passe pour l’un des rares personnages pourvus de raison, mais adoptant une attitude nihiliste vis-à-vis de son environnement. Le chat du Cheshire semble être le reflet imaginaire de la chatte Dinah à qui Alice récite ses leçons avant de passer dans le Pays des merveilles.

 

Source wikipédia

Publié dans CHAT | Pas de Commentaires »

 

Жихен - Tendresse Éternelle |
binsle120 |
Univers sans lisse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les maux avec des mots
| Iz avance
| mbuello