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Mouton d’Europe

Posté par othoharmonie le 22 février 2012

À partir de l’Asie du sud-ouest, l’élevage du mouton va se propager rapidement vers l’Europe. Pratiquement depuis sa création, la civilisation grecque antique avait fait du mouton son principal animal d’élevage et on dit que les animaux recevaient un nom propre. Les moutons scandinaves d’un type très proche de ceux d’aujourd’hui, avec une queue courte et une toison multicolore, sont apparus aussi dès le début de cette propagation. Plus tard, les Romains vont élever les moutons sur une large échelle et l’Empire a été un agent important dans la propagation de l’élevage du mouton sur l’enseMouton d'Europe dans MOUTON 220px-Tunisian_man_with_sheepmble du continent. Pline l’Ancien, dans son encyclopédie l’Histoire naturelle, parle longuement de mouton et de la laine. Déclarant « Merci beaucoup, aussi, d’avoir reçu les moutons, à la fois pour apaiser les dieux, et pour nous donner leur toison. », il poursuit en décrivant en détail les anciennes races de moutons et leurs nombreuses couleurs, la longueur et la qualité de leur laine. Les Romains ont également été les premiers à couvrir leurs moutons, en leur enfilant un manteau (aujourd’hui généralement en nylon) pour améliorer la propreté et la brillance de leur laine.

Pendant l’occupation romaine des îles britanniques, une grande usine de transformation de la laine a été créée à Winchester, en Angleterre, vers 50. En l’an 1000, l’Angleterre et l’Espagne étaient les épicentres de la production ovine dans le monde occidental. Comme les premiers éleveurs de moutons mérinos, qui ont historiquement dominé le commerce de la laine, étaient espagnols, l’Espagne s’est considérablement enrichie. L’argent rapporté par la laine a servi en grande partie à financer la politique des dirigeants espagnols et, par conséquent, les voyages vers le Nouveau Monde par les conquistadores. La puissante Mesta (son titre complet est Honrado Concejo de la Mesta, l’honorable Conseil de la Mesta) était une corporation de propriétaires de moutons formée essentiellement de riches marchands espagnols, du clergé catholique et de la noblesse qui contrôlaient les troupeaux de moutons mérinos Au XVIIe siècle, la Mesta représentait plus de deux millions de têtes de moutons mérinos.

Les troupeaux de la Mesta faisaient une transhumance saisonnière à travers l’Espagne. Au printemps, ils quittaient les pâturages d’hiver (invernaderos), en Estrémadure et en Andalousie pour aller paître sur les pâturages d’été (agostaderos) en Castille, avant de revenir à nouveau en automne. Les dirigeants espagnols désireux d’accroître leurs revenus accordaient des droits importants à la Mesta, souvent au détriment des paysans locaux. Les énormes troupeaux de Fichier:Beliermerinos.jpgmérinos avaient un droit de passage sur les routes de la transhumance (Cañadas). Villes et villages étaient obligés par la loi de laisser paître les troupeaux sur leurs terres et la Mesta avait sa propre police qui pouvait convoquer des personnes en infraction devant ses propres tribunaux. L’exportation de mérinos sans autorisation royale était également une infraction punissable, ce qui assura un quasi-monopole sur la race à l’Espagne jusqu’à l’invasion de l’Espagne par Napoléon Ier au début du XIXe siècle. Auparavant, en 1786, Louis XVI avait pu obtenir par un accord secret, un troupeau de mérinos de son cousin le roi d’Espagne qui a constitué la base pour la race de moutons Mérinos de Rambouillet (ou mérinos français). Après la fin de l’interdiction d’exporter, les moutons mérinos furent exportés dans le monde entier et l’élevage espagnol revint vers des races de mouton à laine grossière telles que la Churra, et perdit sa place sur le marché mondial de la laine.

Un événement important, non seulement dans l’histoire de l’espèce ovine domestique, mais de tous les animaux, est l’œuvre de Robert Bakewell dans les années 1700. Avant lui, l’amélioration des races était souvent basée sur le hasard, sans démarche scientifique pour la sélection des reproducteurs. Bakewell a établi les principes de la reproduction sélective, surtout l’élevage sélectif en ligne pour les moutons, les chevaux et les bovins. Son travail a influencé par la suite Gregor Mendel et Charles Darwin. Sa contribution la plus importante sur les moutons a été le développement de la race Leicester Longwool, une race à maturation rapide et de conformation trapue qui a été à la base de nombreuses races modernes. Aujourd’hui, l’importance de l’industrie du mouton au Royaume-Uni a diminué de manière significative

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Mouton des Amériques

Posté par othoharmonie le 22 février 2012

Mouton des Amériques dans MOUTON 220px-Aberdeen_ramAucun des espèces ovines originaire d’Amérique n’a jamais été domestiquée, bien qu’elles soient plus proches génétiquement du mouton domestique que de nombreuses espèces ovines d’Asie et d’Europe. La première race de mouton arrivée en Amérique du Nord est probablement la race Churra arrivée avec Christophe Colomb lors de son deuxième voyage en 1493. Le deuxième lot de moutons arriva avec Hernán Cortés en 1519 au Mexique. Il ne semble pas y avoir eu de commerce de laine ou d’animaux entre les populations locales, mais les troupeaux vont se propager dans tout ce qui est maintenant le Mexique et le sud-ouest des États-Unis avec les colons espagnols. La race Churra a également été introduite dans la tribu amérindienne Navajo et est devenue une partie essentielle de leurs moyens de subsistance et de leur culture. L’actuelle race Navajo-Churro est le résultat de ce patrimoine.

Amérique du Nord

Fichier:Mutton bustin.jpgLe transport suivant de moutons vers l’Amérique du Nord n’aura lieu qu’en 1607, avec le voyage du Susan Conant en Virginie. Toutefois, les moutons qui sont arrivés au cours de cette année là ont tous été abattus à cause de la famine et aucun troupeau permanent ne put s’installer dans la colonie pendant deux ans, jusqu’en 1609. En 1611, les colons avaient porté leur cheptel à 400 têtes. En 1640, il y avait environ 100 000 moutons dans les 13 colonies et, en 1662, on construisit une usine de laine à Watertown, au Massachusetts. Pendant les périodes de troubles politiques et de guerre civile en Grande-Bretagne dans les années 1640-1650, le commerce maritime a été perturbé et les colons ont jugé urgent de démarrer leur propre production de laine pour leurs vêtements. De nombreuses îles au large de la côte ont été débarrassées de leurs prédateurs pour y mettre les moutons en sécurité: Nantucket, Long Island, Martha’s Vineyard et les petites îles à Boston Harbor en sont été les principaux exemples. Il reste quelques rares races de moutons américains, comme le Hog Island qui sont le résultat de ces troupeaux insulaires. La mise de moutons et de chèvres en liberté dans les îles était une pratique courante de la colonisation au cours de cette période. Dès le début, le gouvernement britannique va interdire l’exportation de moutons ou de laine vers l’Amérique pour empêcher toute tentative de concurrence avec les îles Britanniques. C’est une des nombreuses mesures commerciales restrictives qui ont précipité la Révolution américaine, car l’industrie du mouton a continué d’augmenter en dépit des interdictions.

Peu à peu, à partir des années 1800, la production ovine va migrer vers l’ouest des États-Unis. Aujourd’hui, la grande majorité des troupeaux vit dans la partie occidentale du pays. Au cours de cette migration vers l’ouest, la concurrence entre les éleveurs d’ovins et de bovidés va devenir plus vive, pouvant s’achever parfois en guerres rangées. En dehors de la simple concurrence pour les pâturages et les droits sur l’eau, les éleveurs de bovidés pensaient que les sécrétions des glandes des pieds des moutons rendaient impropres les terrains aux bovidés.

Lorsque la production ovine fut bien installée sur l’ouest des États-Unis, elle s’adapta à d’autres coutumes de l’ouest américain comme le rodéo. Dans l’Amérique d’aujourd’hui, un événement traditionnel amusent certains, c’est les rodéos de mouton dans lesquels les enfants concourent pour voir qui peut rester le plus longtemps sur le dos d’un mouton avant de tomber.

Une autre conséquence du mouvement vers l’ouest des troupeaux de moutons en Amérique du Nord a été le déclin des espèces sauvages comme le mouflon canadien (Ovis canadensis). La plupart des maladies de l’espèce ovine domestique sont transmissibles aux ovins sauvages, et ces maladies, ainsi que le surpâturage et la perte de leur habitat, ont été cités comme les principaux facteurs de la chute du nombre de mouflons américains. La production ovine a atteint un sommet en Amérique du Nord au cours des années 1940-1950 avec 55 millions de têtes. Depuis, et encore aujourd’hui, le nombre de moutons ne cesse de diminuer avec la baisse du prix de la laine et la diminution de la consommation de viande ovine.

Amérique du Sud

220px-Merino_New_Zealand dans MOUTONEn Amérique du Sud et en particulier en Patagonie, l’élevage du mouton est une industrie encore active. L’élevage du mouton a été largement favorisé sur cette partie du continent américain par l’immigration espagnole et britannique, populations dont les pays d’origine avaient une importante industrie de l’élevage du mouton à cette époque. L’Amérique du Sud a un assez grand nombre de moutons, mais la nation ayant le plus important cheptel ovin en 2004 (le Brésil) avait à peine plus de 15 millions de têtes, beaucoup moins que la plupart des grands pays d’élevage. Les principaux défis que doivent relever les éleveurs de moutons d’Amérique du Sud sont la baisse phénoménale du prix de la laine à la fin du XXe siècle et la destruction de l’habitat par l’exploitation forestière et le surpâturage. La région sud-américaine la plus importante internationalement pour l’élevage du mouton est la Patagonie, qui a été la première à rebondir après la chute des prix de la laine. Avec simplement quelques rares prédateurs et pratiquement aucune concurrence pour les pâturages (le seul mammifère rival est le guanaco), la région est la mieux adaptée au monde pour élever des moutons surtout la région du rio de la Plata dans la Pampa. La production ovine en Patagonie a culminé en 1952 à plus de 21 millions de têtes, mais est revenue à moins de dix millions aujourd’hui. La plupart des éleveurs se concentrent sur la production de laine de moutons Mérinos et Corriedale pour l’exportation mais la rentabilité a diminué avec la baisse du prix de la laine, tandis que l’industrie du gros bétail continue de croître.

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Mouton d’Australie

Posté par othoharmonie le 19 février 2012

 

Fichier:Sheep mustering.jpgL’Australie et la Nouvelle-Zélande sont des pays majeurs pour l’élevage des moutons qui demeure un emblème de l’agriculture et de l’économie de ces pays. La Nouvelle-Zélande a le plus fort rapport au monde de moutons par habitant avec 12 moutons par habitant et l’Australie est incontestablement le plus grand exportateur de moutons au monde. En 2007, la Nouvelle-Zélande a même déclaré le 15 février journée nationale de l’agneau pour célébrer l’histoire de la production ovine du pays Le premier troupeau de moutons (70 bêtes) à destination de l’Australie est arrivé du Cap de Bonne-Espérance en 1788. Les suivants furent un troupeau de 30 moutons en provenance de Calcutta puis d’Irlande en 179. Au début, tous les ovins importés en Australie étaient utilisés exclusivement pour les besoins alimentaires des colonies pénitentiaires. Les débuts de l’industrie lainière australienne sont dus à la vision prémonitoire et aux efforts du capitaine John MacArthur. À sa demande, 16 moutons mérinos espagnols ont été importés en 1797, début de l’élevage industriel ovin. En 1801 MacArthur était à la tête de 1000 moutons et, en 1803, il a exporté 111 kg de laine en Angleterre. Aujourd’hui, MacArthur est généralement considéré comme le père de l’industrie ovine australienne.

Le développement de l’industrie du mouton en Australie a été explosif. En 1820, le continent avait 100 000 moutons, dix ans plus tard, il en avait un million. En 1840, la Nouvelle-Galles du Sud avait à elle seule 4 millions d’ovins; dix ans plus tard le chiffre était passé à 13 millions. Même si la majeure partie de la croissance dans les deux pays est due au soutien actif de la Grande-Bretagne dans son désir de se fournir en laine, les deux pays (Australie et Nouvelle-Zélande) ont travaillé indépendamment pour développer des races : Corriedale, Coolalee, Coopworth, Perendale, Polwarth, Booroola Merino, Peppin Merino, et Poll Merino sont toutes des races créées en Nouvelle-Zélande ou en Australie. La production de laine était une activité économique bien adaptée pour une colonie très éloignée de sa mère-patrie. Avant l’avènement de moyens de transports maritimes et aériens rapides, la laine était un des rares produits viables qui ne risquait pas de se gâter avant d’arriver dans les ports britanniques. L’abondance de nouvelles terres et les hivers doux de la région ont également contribué à la croissance de l’industrie du mouton en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Fichier:Theshearingofthe rams.jpgEn Australie, les moutons ont toujours été en grande partie élevés sur de vastes terrains clôturés et étaient destinées à la production de laine superfine pour les vêtements et autres produits ainsi qu’à la production de viande. Les troupeaux néozélandais étaient gardés comme en Angleterre, dans des exploitations clôturées sans bergers. Bien que la laine était autrefois la principale source de revenus pour les propriétaires de moutons de Nouvelle-Zélande, aujourd’hui, c’est la production de viande qui est cette source.

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Description du mouton

Posté par othoharmonie le 19 février 2012

Les moutons sont des ruminants relativement petits, le plus souvent avec des cornes situées sur le côté de la tête et des poils bouclés appelés laine. Les moutons domestiques se distinguent de leurs cousins sauvages et de leurs ancêtres sur plusieurs points, après être devenus des animaux largement néoténiques sous l’influence de l’homme. Quelques races primitives de moutons conservent quelques caractéristiques de leurs cousins sauvages, telles que la queue courte. En fonction de la race, l’espèce ovine domestique peut ne pas avoir de cornes du tout, des cornes chez les deux sexes (comme chez les moutons sauvages), ou chez les mâles seulement. La plupart des races à cornes en ont une seule paire.

Description du mouton dans MOUTON 320px-Take_ours%21Un autre trait unique aux ovins est la grande variation de couleur de leur laine. Les moutons sauvages ont pour la plupart des teintes brunes. Les moutons domestiques vont du blanc au chocolat noir et peuvent même être tachetés ou pie. La sélection pour une laine blanche a commencé très tôt au début de la domestication des moutons, et la laine blanche est devenue un trait dominant qui s’est rapidement répandu. Toutefois, les moutons de couleur apparaissent à nouveau dans de nombreuses races modernes, et peuvent même apparaître comme un trait récessif chez les troupeaux de moutons blancs. Alors que les grands marchés commerciaux souhaitent avoir de la laine blanche, il existe un créneau pour les laines de couleur, surtout dans le filage à la main.

En fonction de la race, les moutons montrent une variation importante de taille et de poids. Leur vitesse de croissance et de prise de poids est un trait héréditaire qui est souvent sélectionné dans les nouvelles races de moutons.Ils mesurent entre 1 m et 1,5 m de long, queue comprise. Les brebis pèsent généralement entre 45 et 100 kg alors que les béliers pèsent entre 45 et 160 kg.

Les moutons ont 32 dents. Comme pour les autres ruminants, les huit incisives sont portées par la mâchoire inférieure et viennent s’appuyer sur un bourrelet édenté porté par la mâchoire supérieure ce qui permet à l’animal d’arracher la végétation. Il n’y a pas de canines, mais un écart important entre les incisives et les prémolaires. Cette partie s’appelle aussi la barre. Jusqu’à l’âge de quatre ans (lorsque toutes les incisives sont sorties), il est possible de connaître l’âge d’un mouton à son nombre d’incisives, une nouvelle paire d’incisives sortant chaque année.

320px-Cr%C3%A2ne_mouton dans MOUTONLes incisives sont perdues peu à peu lorsque l’animal vieillit, ce qui rend plus difficile son alimentation et entraîne une dégradation de sa santé et, chez la brebis, de sa productivité. C’est pour cette raison que l’état général des moutons en pâture commence à se dégrader lentement à partir de quatre ans et que l’espérance de vie moyenne d’un mouton est de 10 à 12 ans, bien que certains moutons puissent vivre 20 ans.

Les moutons ont une bonne audition, et sont sensibles aux bruits artificiels. Les moutons ont des pupilles horizontales leur permettant une excellente vision périphérique. Avec un champ visuel de 270 ° à 320 ° environ, les moutons peuvent voir derrière eux sans avoir à tourner la tête. Toutefois, les moutons ont une mauvaise perception de la profondeur de champ; des ombres ou des creux dans le sol peuvent leur faire peur. En général, les moutons ont tendance à fuir l’obscurité et aller dans des endroits bien éclairés.

Les moutons ont également un excellent odorat et, comme toutes les espèces de leur genre, ont des glandes odorantes juste en face des yeux et entre les doigts. Le rôle de ces glandes n’est pas connu avec précision; celles sur la tête semblent avoir un rôle d’attirance sexuelle; les glandes interdigitales peuvent également avoir un rôle dans la reproduction mais pourraient avoir d’autres utilités, telles que l’excrétion d’un ou de déchets ou servir de marqueur odorant pour aider les brebis perdues à retrouver leur troupeau.

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Races de moutons

Posté par othoharmonie le 19 février 2012

 

Article détaillé : Liste des races ovines.

Article détaillé : Liste et classification des races ovines de France.

 Troupeau de moutonsLes moutons et les chèvres sont étroitement liés (les deux font partie de la sous-famille des Caprinae) et il peut être parfois difficile de les distinguer uniquement par leur apparence. Toutefois, ce sont des espèces bien séparées, de sorte que les hybrides sont rares et sont toujours stériles. Un hybride -stérile- d’une brebis et d’un bouc est appelé un chabin ou ovicapre et il a 57 chromosomes (les moutons ont 54 chromosomes, les chèvres 60). Il ne doit pas être confondu avec la chimère génétique appelée geep obtenue en fusionnant un embryon de chèvre et un embryon de mouton.

Visuellement, les moutons et les chèvres diffèrent par la barbe et la lèvre supérieure divisée chez les ovins, unique chez les caprins. La queue des moutons, même courte, est pendante tandis que celle des chèvres est érigée. Les races ovines sont également souvent naturellement dépourvues de cornes (soit dans les deux sexes soit seulement chez les femelles), tandis que les chèvres naturellement sans cornes sont rares (bien que de nombreuses chèvres en soient privées artificiellement). Les mâles des deux espèces diffèrent en ce que les boucs ont une forte odeur caractéristique pendant le rut, alors que les béliers n’en ont pas.

L’espèce ovine domestique est un animal élevé à des fins multiples et il existe maintenant plus de 200 races créées pour servir ces fins diverses. Certains auteurs donnent un nombre d’un ou même de plusieurs milliers de races mais ces nombres ne peuvent pas être vérifiés. Presque tous les moutons sont classés selon le but pour lequel ils sont le mieux adaptés : laine, viande, lait, peau, ou une combinaison pour les races mixtes. D’autres caractéristiques sont utilisées pour classer les moutons : couleur de la face (généralement blanche ou noire), longueur de la queue, présence ou absence de cornes, topographie de la région où la race a été développée. Ce dernier point est particulièrement noté au Royaume-Uni où les races sont décrites comme étant d’altitude (colline ou montagne) ou de plaine. Les moutons peuvent également être classés par la présence ou non de matières grasses dans leur queue. Les moutons à queue grasse sont rares en Europe mais communs en Afrique et en Asie. On subdivise même ces moutons en moutons stéatopyges (moutons à fesses grasses) et moutons à queue grasse stricto sensu.

Races de moutons dans MOUTON 320px-Brebis_agneauLes races sont également classées en fonction de la façon dont elles sont aptes à produire un certain type de cheptel reproducteur. En règle générale, les moutons sont classés en « race brebis » ou « race bélier ». Les races brebis sont celles qui sont robustes et ont de bonnes capacités de reproduction et de maternité. Leurs brebis servent à remplacer les brebis des autres races. Les races béliers sont sélectionnées pour une croissance rapide et la qualité de leur carcasse et les mâles sont accouplés avec des brebis des races élevées pour produire des agneaux de boucherie. Les races de plaine et de montagne sont également traitées de cette façon, avec les brebis rustiques de montagne accouplées avec des béliers de plaine plus grands et à croissance plus rapide pour donner des agnelles qui deviendront des brebis reproductrices appelées mules, qui seront croisées avec des béliers à viande pour produire des agneaux de boucherie de qualité. Beaucoup de races, particulièrement celles rares ou primitives, n’entrent dans aucune de ces catégories.

Des races sont classées selon leur type de laine. Les races à laine sont celles qui ont une laine dense et bouclée, qui est très appréciée des utilisateurs. La plupart d’entre elles sont issues de moutons mérinos dont la race continue à dominer le monde industriel de la laine. Le record de prix de vente pour un mouton appartient à un bélier mérinos australien qui a été vendu 16 000 dollars australiens Les races à laine mixtes sont généralement des races à viande à croissance rapide croisées avec des béliers à tête noire. Certaines grandes races intermédiaires, comme le Corriedale, élevé pour sa viande et pour sa laine est un croisement de races à laine longue avec une racine à belle laine et ont été créées pour une grande production commerciale. Les races à laine longue sont les races les plus grandes mais ont généralement une vitesse de croissance réduite. Les races à laine longue sont les plus appréciées pour les croisements, pour améliorer les attributs d’autres types de moutons. Par exemple : la race américaine Columbia a été développée en croisant des béliers Lincolns (une race à longue laine) avec les brebis mérinos de Rambouillet à la laine fine. Une nouvelle race britannique, l’Exlana, issue du croisement entre une Blackbelly Barbade et une Sainte-Croix, a été développée afin de perdre automatiquement sa laine dès que les températures augmentent. La laine ayant beaucoup perdu de sa valeur, cela évite au berger une tonte non rentable.

Certaines races de moutons donnent une laine grossière, à poils longs ou moyens. Ces races sont traditionnellement utilisées pour faire la laine des tapis, laine d’une grande variabilité, mais dont la principale qualité est de résister à une utilisation intensive. Comme la demande de tapis de laine de qualité diminue, certains éleveurs de ce type de moutons ont essayé d’utiliser quelques-unes de ces races traditionnelles à d’autres fins. D’autres sont toujours utilisées principalement comme race à viande.

220px-B%C3%A9lier dans MOUTONUn petit nombre de races de moutons sont utilisées pour le lait. La plupart sont des races mixtes, élevées en premier pour leur viande ou leur laine, accessoirement pour leur lait, mais il y a quelques races qui sont principalement utilisées pour la traite. Ces moutons produisent une plus grande quantité de lait et sur une plus longue durée que les autres. La différence de qualité de lait se fait sur la teneur en matières grasses et en protéines mais pas sur la teneur en lactose. La durée de la lactation varie de 90 à 150 jours pour les brebis domestiques et de 120 à 240 jours pour les races laitières. La production de lait est de 50 à 100 litres par an pour les brebis domestiques et de 180 à 500 pour les meilleures races laitières. Certains laits sont transformés en fromages de brebis réputés : Manchego en Espagne, Roquefort en France, Feta en Grèce.

Un dernier groupe de races ovines est utilisé pour sa fourrure car ses poils ne frisent pas comme dans les autres races. Ces moutons qui ressemblent aux premiers moutons domestiques avant le développement des races à laine sont élevés pour la viande et leur peau. Certaines races modernes de moutons à fourrure, comme le Dorper, sont le résultat de croisements de races à laine et de races à fourrure. Ces races sont moins coûteuses à l’entretien car elles n’ont pas besoin d’être tondues. De plus, elles sont plus résistantes aux parasites externes et supportent mieux le temps chaud.

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Comportement du mouton

Posté par othoharmonie le 18 février 2012

Fichier:Sheep herding, Arkansas.jpgLes moutons sont des animaux qui, lorsqu’ils peuvent se sentir menacés, ont un fort instinct grégaire et ce trait peut être considéré comme le trait comportemental fondamental de l’espèce. La hiérarchie dominante naturelle des moutons et leur inclinaison à suivre docilement un chef de file vers de nouveaux pâturages ont été certainement les facteurs essentiels qui en ont fait une des premières espèces animales domestiquées. Tous les moutons ont tendance à se tenir à proximité des autres membres du troupeau, bien que l’intensité de ce comportement varie avec les races. Les agriculteurs exploitent ce comportement pour garder les moutons ensemble sur des pâturages non clos et pour les déplacer facilement. Les bergers peuvent aussi s’aider de chiens de berger dont les capacités peuvent les aider au déplacement des troupeaux. Les moutons sont aussi très intéressés par les aliments et le fait d’être souvent nourris par l’homme fait qu’on les voit venir solliciter les gens pour avoir de la nourriture. Les éleveurs qui ont des moutons à déplacer peuvent exploiter ce comportement en marchant en tête du troupeau avec un seau de nourriture ce qui permet de les déplacer sans contrainte.

Dans les régions où les moutons n’ont pas de prédateurs naturels, ils n’ont pas ce comportement grégaire. On peut aussi dresser les moutons pour qu’ils restent sur des pâturages bien précis non clôturés sans qu’ils aillent errer librement dans les zones environnantes. Les brebis enseignent ce comportement à leurs agneaux et lorsque les troupeaux entiers sont abattus, il y a lieu de réapprendre ce comportement aux animaux de remplacement.

Le comportement observé pour les troupeaux de moutons ne se retrouve, en règle générale, que pour les groupes de moutons supérieurs ou égaux à quatre. En dessous de ce nombre, ils peuvent réagir différemment. Pour les ovins, le principal mécanisme de défense est tout simplement la fuite lorsqu’ils estiment qu’un danger a franchi leur distance de sécurité. Ensuite, s’ils se sentent acculés, ils peuvent charger ou ruer. Cela est particulièrement vrai pour les brebis avec des agneaux nouveau-nés.

En troupeau, les moutons ont tendance à suivre un meneur qui, le plus souvent, est tout simplement la première brebis à se déplacer. Toutefois, les moutons établissent une hiérarchie physique avec des animaux à position dominante dans le groupe. Les animaux dominants ont tendance à être plus agressifs envers les autres et se nourrissent habituellement en premier dans les mangeoires. La taille des cornes, surtout pour les béliers, est un facteur important dans la hiérarchie du troupeau. Les béliers avec des cornes de tailles différentes semblent moins enclins à lutter entre eux pour établir une hiérarchie que les béliers avec des cornes de même taille. Les moutons deviennent très stressés lorsqu’ils sont séparés du reste de leur troupeau.

Fichier:PECORE-SHEEPS-CORDEIROS-01.JPGLes moutons savent reconnaître les visages des humains et des autres ovins et peuvent s’en souvenir pendant des années. À l’intérieur d’un troupeau, les moutons apparentés ont tendance à être plus proches entre eux qu’avec le reste du troupeau; dans les troupeaux contenant plusieurs races, des sous-groupes raciaux ont tendance à se former, et une brebis et ses descendants directs se déplacent souvent ensemble même dans les grands troupeaux.

Les moutons sont fréquemment considérés comme des animaux extrêmement stupides. Leur instinct grégaire et la rapidité avec laquelle ils fuient en cas de danger font que souvent leur comportement est mal compris par les non-initiés. Pourtant, une monographie d’une université de l’Illinois sur les moutons les a placés juste après les porcs et sur un pied d’égalité avec les bovins pour leur QI, et quelques moutons ont montré des capacités pour résoudre des problèmes, ainsi un troupeau dans le Yorkshire, en Angleterre a trouvé le moyen de traverser les grilles barrières placées sur le sol en se déplaçant sur le dos. En plus, ils peuvent également différencier des états émotionnels par les caractéristiques du visage. Si on travaille avec eux patiemment, on peut leur apprendre leur nom et de nombreux moutons sont dressés pour être dirigés par un licou pour des séances de présentation ou à d’autres fins. Les moutons répondent également bien à la formation conditionnée. Très rarement, les moutons sont utilisés comme bêtes de somme. Les nomades tibétains répartissent à parts égales leurs bagages sur le dos des animaux lorsqu’ils déménagent.

 

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Le tigre et le Brahmine

Posté par othoharmonie le 16 février 2012

Le tigre, le brahmine et le chacal

Un jour, un brahmine traversait un village de l’Inde. Il faut savoir qu’un brahmine est un Hindou qui ne fait jamais de mal aux animaux, et qui les traite en frères. Donc, un jour, le brahmine traversait un village lorsqu’il vit sur le bord de la route une grande cage de bambou, et dans cette cage, il y avait un énorme tigre, que les villageois avaient pris dans un piège et enfermé là pour le vendre à une ménagerie, parce qu’il dévorait tous leurs moutons.

Le tigre et le Brahmine dans TIGRE 320px-Tigeress_with_cubs_in_Kanha_Tiger_reserve« Frère brahmine, frère brahmine, dit le tigre, ouvre la porte et laisse-moi sortir un peu pour aller boire. J’ai tellement soif, et il n’y a pas d’eau dans ma cage.
— Mais, frère tigre, dit le brahmine, si j’ouvre la porte, tu me sauteras dessus et tu me mangeras ?
— Que vas-tu penser là ? demanda le tigre. Jamais de la vie je ne ferais une chose pareille ! Fais-moi sortir juste une petite minute, pour chercher une goutte d’eau, frère brahmine ! »
Le brahmine ouvrit la porte de la cage et laissa sortir le tigre, mais, dès que celui-ci fut dehors, il sauta sur le brahmine pour le manger. « Frère tigre, dit le pauvre brahmine, tu m’as promis de ne pas me manger, ce que tu fais là n’est ni honnête ni juste !
— Au contraire, c’est tout à fait honnête et juste, dit le tigre, et quand bien même il en serait autrement, ça m’est égal. Je vais te manger. » Mais le brahmine supplia tellement le tigre que celui-ci finit par consentir à attendre jusqu’à ce qu’ils eussent consulté les cinq premières personnes qu’ils rencontreraient.

La première chose qu’ils virent sur le bord du chemin fut un grand figuier banian.
« Frère banian, dit le brahmine, est-il juste et honnête que le tigre veuille me manger après que je l’ai fait sortir de sa cage ? » Le figuier banian les regarda, et dit d’une voix lasse : « Pendant l’été, quand le soleil est brûlant, les hommes viennent s’abriter à mon ombre et se rafraîchissent avec mes fruits mais, quand le soir vient et qu’ils sont reposés, ils cassent mes branches et éparpillent mes feuilles. L’homme est une race ingrate. Que le tigre mange le brahmine. »
Le tigre sauta sur le brahmine, mais celui-ci cria : « Pas encore ! pas encore ! Nous n’en avons vu qu’un ! Il y en a encore quatre à consulter. »

Un peu plus loin, ils virent un buffle couché en travers du chemin. Le brahmine s’arrêta et lui dit : « Frère buffle, oh ! frère buffle, est-ce qu’il te semble honnête et juste que ce tigre veuille me manger, quand je viens juste de le faire sortir de sa cage ? » Le buffle les regarda, et dit d’une voix basse et profonde : « Quand j’étais jeune et fort, mon maître me faisait travailler dur, et je le servais bien. Je portais de lourds fardeaux, et je traînais de grandes charrettes. Maintenant que je suis vieux et faible, il me laisse sans eau et sans nourriture pour que je meure sur le chemin. Les hommes sont ingrats. Que le tigre mange le brahmine. »

220px-Golden_tiger_1_-_Buffalo_Zoo dans TIGRELe tigre fit un bond, mais le brahmine dit très vite : « Oh ! mais, ce n’est que le deuxième, frère tigre, et tu m’en as accordé cinq ! » Le tigre grommela beaucoup, mais consentit à aller un peu plus loin.

Bientôt, ils virent un aigle planant au-dessus de leurs têtes, et le brahmine l’implora : « Oh ! frère aigle, frère aigle ! Dis-nous s’il te semble juste que ce tigre veuille me manger, après que je l’ai délivré d’une terrible cage ? » L’aigle continua à planer lentement pendant quelques instants, puis il descendit et parla d’une voix claire : « Je vis dans les nuages, et je ne fais aucun mal aux hommes. Cependant, toutes les fois qu’ils peuvent trouver mon aire, ils tuent mes enfants et me lancent des flèches. Les hommes sont une race cruelle. Que le tigre mange le brahmine. » Le tigre sauta de nouveau, et le brahmine eut bien de la peine à le persuader d’attendre encore. Il y consentit pourtant et ils continuèrent leur chemin.

Un peu plus loin, ils virent un vieux crocodile, à demi enterré dans la vase, près de la rivière. « Frère crocodile, frère crocodile, dit le brahmine, est-ce que vraiment il te semble juste que ce tigre veuille me manger, alors que je l’ai délivré de sa cage ? » Le vieux crocodile se retourna dans la vase, et grogna, et souffla, après quoi, il dit, de sa voix éraillée : « Je reste tout le jour couché dans la vase, aussi innocent qu’une colombe. Je ne chasse pas les hommes, et pourtant, toutes les fois qu’un homme me voit, il me jette des pierres et me pique avec des bâtons pointus, en m’insultant. Les hommes ne valent rien. Que le tigre mange le brahmine.
— En voilà assez, dit le tigre, tu vois bien qu’ils sont tous du même avis. Allons !
— Mais il en manque un, frère tigre, dit le pauvre brahmine, plus qu’un, le cinquième ! Le tigre finit par consentir, bien malgré lui.

Bientôt ils rencontrèrent un petit chacal, trottant gaiement sur la route. « Oh ! frère chacal, frère chacal, dit le brahmine, dis-nous ce que tu penses ! Est-ce que vraiment tu trouves juste que ce tigre veuille me manger, après que je l’ai délivré de sa cage ?
— Plaît-il ? demanda le petit chacal.
— Je dis, répéta le brahmine en élevant la voix, crois-tu qu’il soit juste que ce tigre me mange, quand c’est moi qui l’ai fait sortir de sa cage ?
— Cage ? répéta le petit chacal d’un ton distrait.
— Oui, oui, sa cage, dit le brahmine. Nous voulons connaître ton avis. Penses-tu…
— Oh ! dit le petit chacal. Vous voulez avoir mon avis ? Alors, je vous prierai de parler bien distinctement, car je suis quelquefois assez lent à comprendre. De quoi s’agit-il ?
— Penses-tu, dit le brahmine, qu’il soit juste que ce tigre veuille me manger, quand c’est moi qui l’ai fait sortir de sa cage ?
— Quelle cage ? demanda le petit chacal.
— Celle où il était, dit le brahmine. Tu vois bien…
— Mais je ne comprends pas bien, interrompit le petit chacal. Tu dis que tu l’as délivré ?
— Oui, oui, oui, dit le brahmine. C’est arrivé comme ça : je marchais le long de la route, et je vis le tigre…
— Oh ! ma tête ! dit le petit chacal. Je ne pourrai jamais rien comprendre, si tu commences une si longue histoire. Il faut parler plus clairement. Quelle sorte de cage ?
— Une grande cage ordinaire, dit le brahmine, une cage en bambou.
— Ça ne me dit rien du tout, fit le petit chacal. Vous feriez mieux de me montrer la chose, alors, je comprendrai tout de suite. » Ils rebroussèrent chemin et arrivèrent à l’endroit où se trouvait la cage.

Fichier:Canis mesomelas (Cape Cross).jpg« À présent, voyons un peu, dit le petit chacal. Frère brahmine, où étais-tu placé ?
— Juste ici, sur la route, dit le brahmine.
— Tigre, où étais-tu ? dit le petit chacal.
— Eh bien ! dans la cage, naturellement, dit le tigre, qui commençait à s’impatienter, et qui avait bien envie de les manger tous les deux.
— Oh ! je vous demande pardon, monseigneur, dit le petit chacal. Je suis vraiment bien peu intelligent. Je ne peux pas me rendre compte. Si vous vouliez bien… Comment étiez-vous dans cette cage ? Dans quelle position ?
— Idiot ! Comme cela ! dit le tigre, en sautant dans la cage ; là, dans ce coin, avec la tête tournée de côté.
— Oh ! merci, merci, dit le petit chacal. Je commence à y voir clair, mais, il y a encore une chose, pourquoi y restiez-vous ?
— Ne peux-tu pas comprendre que la porte était fermée ? hurla le tigre.
— Ah ! la porte était fermée ? Je ne comprends pas très bien. La… porte… était… fermée ?… Comment était-elle fermée ?
— Comme cela, dit le brahmine en poussant la porte.
— Ah ! comme cela ? Très bien, dit le petit chacal. Mais, je ne vois pas de serrure. Ce n’est pas très solide. Pourquoi le tigre ne pouvait-il pas sortir ?
— Parce qu’il y a un verrou, dit le brahmine en poussant le verrou.
— Ah ! il y a un verrou ? dit le petit chacal. Vraiment ? Il y a un verrou ? Eh bien ! Mon bon ami, dit-il au brahmine, maintenant que le verrou est poussé, je vous conseille de le laisser comme il est. Et pour vous, monseigneur, continua-t-il en s’adressant au tigre, plein de fureur, je crois qu’il se passera un certain temps avant que vous ne trouviez quelqu’un d’autre pour vous ouvrir. »

Et, se tournant vers le brahmine, il lui fit un profond salut.
« Adieu, frère, dit-il. Votre chemin va par ici, et le mien va par là. Bonne journée ! 

                                            c84j12dh

 

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Le Chien 12

Posté par othoharmonie le 20 novembre 2011

Par G. de Cherville 

Examinons donc succinctement le Chien d’aujourd’hui dans ses trois grandes attributions, la garde des troupeaux, la défense de la maison et la chasse. 

European Groenendael male.jpgLa sympathie que la race nous inspire se change, quand il s’agit du Chien de berger, en une sorte d’admiration presque respectueuse. Ah ! le noble et vaillant animal, martyr obscur du devoir, expression de l’abnégation poussée chez le serviteur jusqu’à ses plus extrêmes limites. 

Voyez-le, efflanqué, décharné, avec sa toison inculte, dont les mèches agglutinées ne déguisent qu’imparfaitement sa maigreur, son profil aigu, ses oreilles pointues et demi-tombantes, et son œil brun rayonnant d’intelligence et d’ardeur, sentinelle vigilante passant et repassant d’un pied infatigable sur la ligne que ne doivent pas franchir les moutons confiés à sa surveillance. Sans cesser d’exécuter sa consigne, la sentinelle reste attentive aux ordres du maître ; au moindre signe il s’élance, repousse dans le rang une bête qui s’était laissée tenter par quelque touffe verdoyante, puis reprend sa promenade. Faut-il mettre le troupeau en mouvement, il s’élance, pousse à droite, charge à gauche, aboie à ceux qui ne se décident pas assez vite à suivre la colonne, mais en s’en tenant toujours à la menace, voltige sur ses flancs, se reporte à l’arrière-garde, harcèle les traînards, dirige, maintient leur cohue qu’au besoin il saurait défendre. 

Car, après sa journée si laborieusement remplie, seul, il ne trouvera pas dans le sommeil le repos réparateur dont il aurait besoin ; le sien est encore une faction. Couché sous la cabane du maître, mais toujours aux aguets, l’œil ouvert, l’oreille attentive, il quitte son abri pour faire une ronde autour du parc qui protège le peuple moutonnier, écoutant les bruits qui traversent le silence des nuits, éventant longuement les émanations que lui apporte la brise, essayant d’y surprendre l’odeur caractéristique de l’ennemi, qu’il appréhende sans le craindre comme tant d’autres Chiens, et avec lequel en cas d’assaut il n’hésiterait pas à lutter. Et pour tant de fatigues, pour ce labeur de jour et de nuit, pour tant d’efforts, pour tant de luttes, pour tant de dévouement, il n’a, le pauvre animal, d’autre salaire qu’un morceau de pain noir, le plus souvent tout juste suffisant pour l’empêcher de mourir, et, de loin en loin, quelque réconfortante caresse du berger dont il est l’adjudant. 

Le Chien 12 dans CHIEN 240px-BarbarLes traits d’intelligence du Chien de berger son innombrables, nous n’en citerons qu’un seul qui témoigne combien il a le sentiment de sa mission ; il y a quelques années, après de longues pluies, la Sarthe démesurément grossie avait commencé à couvrir les prairies qu’elle traverse. Cependant le soleil s’étant montré, un fermier, qui voulait faire prendre l’air à son troupeau, ordonna à son berger de le conduire dans un pacage situé dans les bas-fonds. Dans la journée, l’inondation avait pris des proportions considérables ; un petit chemin qu’il fallait traverser pour revenir au village avait été gagné par les eaux qui y coulaient avec une rapidité de torrent ; le berger, un enfant, eut l’imprudence de s’y engager ; ce fut à grand’peine qu’il gagna lui-même le bord opposé, et, sous ses yeux, une vingtaine de ses moutons furent emportés par le courant. Le pauvre petit perdant la tête courut à la ferme, les paysans arrivèrent en nombre ; on retrouva sept de ces moutons à plus d’un kilomètre, paissant paisiblement sur un îlot où le Chien, qui s’était laissé aller à la dérive avec eux, les avait tirés les uns après les autres, sous les yeux d’un meunier témoin de ce curieux sauvetage.

 Nous avons bien des variétés de Chiens de garde, mais ce sont les boule-dogues et les Terre-Neuve qui, pour le quart d’heure, sont en possession de la confiance de la grande majorité des propriétaires.  (A SUIVRE…) 

CHERVILLE, Gaspard de Pekow marquis de (1821-1898) : Le Chien (1882). 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (23.VII.2002)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com

http://www.bmlisieux.com/ 



Diffusion libre et gratuite (freeware) 



Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 



1277-canin-gifs-chiens04 dans CHIEN

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L’Ours 6

Posté par othoharmonie le 19 novembre 2011

Par Jules Vallès

Alexandre Dumas a raconté dans ses Impressions de voyage en Suisse qu’étant descendu à l’hôtel de la Porte à Martigny, il eut l’occasion de goûter d’un bifteck d’ours qui faisait la réputation de l’hôtellerie.

L'Ours 6  dans OURS 220px-American_Black_Bear_close-upVoilà le récit de ce fameux dîner :

« Lorsque je rentrai dans la salle à manger, les voyageurs étaient à table : je jetai un coup d’oeil rapide et inquiet sur les convives ; toutes les chaises se touchaient et toutes étaient occupées, je n’avais pas de place !

» Un frisson me parcourut par tout le corps, je me retournai pour chercher mon hôte. Il était derrière moi. Je trouvai à sa figure une expression méphistophélitique. Il souriait…

» – Et moi, lui dis-je, et moi, malheureux ?…

» – Tenez, me dit-il, en m’indiquant du doigt une petite place à part, tenez, voici votre place, un homme comme vous ne doit pas manger avec tous ces gens-là.

» C’est qu’elle était merveilleusement servie, ma petite table. Quatre plats formaient le premier service, et au milieu était un bifteck d’ours, mince à faire honte à un bifteck anglais.

» Mon hôte vit que ce bifteck absorbait mon attention. Il se pencha mystérieusement à mon oreille :

» – Il n’y en aura pas de pareil pour tout le monde, c’est du filet d’ours, rien que cela !

» J’aurais autant aimé qu’il me laissât croire que c’était du boeuf.

» Je regardais machinalement ce mets si vanté, qui me rappelait ces malheureuses bêtes que, tout petit, j’avais vues, rugissantes et crottées, avec une chaîne au nez et un homme au bout de la chaîne, danser lourdement à cheval sur un bâton, comme l’enfant de Virgile ; j’entendais le bruit mat du tambour sur lequel l’homme frappait ; le son aigu du flageolet dans lequel il soufflait ; et tout cela ne me donnait pas,pour la chair tant vantée que j’avais sous les yeux, une sympathie bien dévorante, j’avais pris le bifteck sur mon assiette ; et j’avais senti à la manière triomphante dont ma fourchette s’y était plantée, qu’il possédait au moins cette qualité qui devait rendre les moutons de Mlle de Scudéri bien malheureux. Cependant j’hésitais toujours, le tournant et retournant sur les deux faces rissolées, lorsque mon hôte qui me regardait sans rien comprendre à mon hésitation, me détermina par un dernier : Goûtez-moi cela et vous m’en direz des nouvelles.

» En effet j’en coupai un morceau gros comme une olive, je l’imprégnai d’autant de beurre qu’il était capable d’en éponger, et, en écartant mes lèvres, je le portai aux dents, plutôt par mauvaise honte que dans l’espoir de vaincre ma répugnance. Mon hôte, debout derrière moi, suivait tous mes mouvements avec l’impatience bienveillante d’un homme qui se fait un bonheur de la surprise que l’on va éprouver. La mienne fut grande, je l’avoue. Cependant je n’osai tout à coup manifester mon opinion. Je craignis de m’être trompé ; je recoupai silencieusement un second morceau d’un volume double à peu près du premier ; je lui fis prendre la même route avec les mêmes précautions et quand il fut avalé :

» – Comment, c’est de l’ours ? dis-je.

» – Parole d’honneur.

» – Eh bien, c’est excellent.

220px-Spiritbear dans OURS» Au même instant on appela à la table mon digne hôte, qui, rassuré par la certitude que j’avais fait honneur à son mets favori, me laissa en tête à tête avec mon bifteck. Les trois quarts avaient déjà disparu lorsqu’il revint, et, reprenant la conversation où il l’avait interrompue.

» – C’est, me dit-il, que l’animal auquel vous avez à faire est une fameuse bête… pesant au moins trois cent vingt !

» – Beau poids.

» Je ne perdais pas un coup de dent.

» – … Qu’on n’a pas eu sans peine, je vous en réponds.

» Je portai mon dernier morceau à ma bouche.

» – Ce gaillard a mangé la moitié du chasseur qui l’a tué…

» Le morceau me sortit de la bouche comme repoussé par un ressort.

» – Que le diable vous emporte ! dis-je, en me retournant de son côté, de faire de pareilles plaisanteries à un homme qui dîne.

» – Je ne plaisante pas, monsieur, c’est vrai comme je vous le dis. »

Eh bien ! cette histoire de bifteck d’ours qui devint rapidement populaire en 1832 n’était qu’une mystification. Voici ce que Dumas raconte dans son Grand Dictionnaire de cuisine, oeuvre posthume, à l’article OURS. (A SUIVRE…)

 

VALLÈS, Jules (1832-1885) : L’Ours (1882). 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (04.II.2009) Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com

http://www.bmlisieux.com/ 



Diffusion libre et gratuite (freeware) 



Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882

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