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Les mythes de chant du cygne

Posté par othoharmonie le 20 novembre 2015

 

 

Chant du cygne« Peu importe qu’une histoire soit vraie, pourvu qu’elle soit belle », disait Giono. C’est donc en guise d’introduction, pour ne pas y revenir et comme on s’acquitte d’une basse besogne, que je l’affirme ici : les cygnes trompettent, sifflent, drensent, drensitent, mais le chant du cygne, hélas, CA N’EXISTE PAS !.. tiens, à propos d’hélas… c’est aux Grecs, une fois de plus, que nous devons cette légende : et comme les légendes ont aussi des histoires… voici celle du chant du cygne. 

Il y eut, bien entendu, des précurseurs, et non des moindres: au Xème siècle avant notre ère, un aveugle divin du nom d’Homère effleura timidement la chose en l’hymne XXI de l’Iliade… et, cinq-cents ans plus tard, ce fut au tour d’Eschyle, par la bouche de son Agamemnon, d’en faire autant, mais de manière encore plus timorée.  

Il fallut attendre le Phédon de Platon pour que le chant du cygne fît une entrée fracassante et triomphale dans la littérature occidentale… fracassante et triomphale, certes, mais tragique, en cela que Socrate, emprisonné, sur le point de se faire exécuter, accueillait en sa geôle ses anciens disciples… et voici ce qu’il répondit à ces derniers, qui, naturellement, hésitaient à questionner une ultime fois son immense sagesse : 

A ce que je vois, vous me croyez inférieur aux cygnes pour la divination. Quand ils sentent approcher l’heure de leur mort, les cygnes chantent ce jour-là plus souvent et plus mélodieusement qu’ils ne l’ont jamais fait, parce qu’ils sont joyeux de s’en aller chez le dieu dont ils sont les serviteurs. 

Socrate et Platon l’avaient dit. Le mythe était né. 

Le dieu dont il est question dans l’extrait, c’est Apollon : dès son plus jeune âge, le futur dieu du soleil, de la beauté, de la grâce, et, partant, de la musique, se vit offrir par son Zeus de père un magnifique char d’or céleste – tiré par trois immenses cygnes blancs et majestueux, s’il vous plait !.. ces oiseaux, dès lors, devinrent son emblème, et, sacrés, peuplèrent de leur silhouette sereine et gracile ses nombreux sanctuaires pourvus d’un plan d’eau. 

C’est par un glissement tout naturel que l’on finit par prêter les talents du maître aux serviteurs, et puisque Apollon passait pour le meilleur musicien de tous les temps, les cygnes furent bientôt tenus pour des volatiles au chant divin… mais seulement en des circonstances exceptionnelles, au moment de mourir, où, sentant venir leur dernier souffle et sur le point d’aller rejoindre leur dieu tutélaire, ils entonnent à sa gloire un chant d’une incroyable beauté, reproduisant aux oreilles humaines le miracle d’Apollon.

 

Par la suite, un nombre impressionnant d’auteurs, de tous les horizons, de toutes les époques, entretinrent pieusement cette étincelle, jaillie du détour d’une plume antique, et firent d’elles un feu de joie : un chroniquer des Croisades n’écrivit-il pas « contrefaisant le cinne qui chante quand il doit morir », Shakespeare ne fit-il pas dire à son Emilia mourante « je veux imiter le cygne et mourir en musique », Franz Schubert n’appela-t-il pas son dernier recueil de lieders Le chant du cygne, Marcel Aymé ne lui consacra-t-il pas l’un de ses plus émouvants Contes du chat perché?.. bref, en 1798, ce fut la consécration : le très sérieux dictionnaire de l’Académie Française enregistra notre locution comme se rapportant au « dernier ouvrage d’un grand poète, qu’un homme a fait peu de temps avant sa mort » ! 

Le chant du cygne, donc… bien qu’il ne soit que pure affabulation, car, ainsi que Pline l’Ancien l’avait déjà remarqué, les cygnes sont muets, sa légende est parvenue jusqu’à nous de la plus belle des manières, consacrée par les arts, trônant au sommet de notre imaginaire poétique !.. mais au fond, pourquoi – car après tout, nous avons cessé de croire en Apollon ?.. je n’en sais rien. Peut-être en avons-nous tout simplement besoin, pour adoucir à nos yeux la mort d’un si bel animal, ou bien la mort en général… peut-être recherchons-nous tous, quelque part, notre chant du cygne.  

Source :  http://www.les-vegetaliseurs.com/

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UNE OIE – UN CANARD

Posté par othoharmonie le 9 septembre 2015

 

Gros oiseau (anatidé) à silhouette massive, cou allongé, bec large, pattes palmées, plumage brun ou gris, herbivore, migrateur, répandu dans tout l’hémisphère Nord.

Il existe de nombreuses races d’oie domestique, telles l’oie de Toulouse, dont la « variété de type industriel » a été sélectionnée pour la production de foie gras, l’oie du Poitou, élevée pour sa peau (« peau de cygne »), l’oie d’Alsace et l’oie du Bourbonnais, l’oie de Guinée, de format moyen, très rustique et facile à élever.

Les oies se déplacent à terre avec aisance et nagent peu. Elles mènent une vie sociale complexe, associant à la monogamie une organisation collective des vols de migration et de la prise de nourriture. Aucune espèce sauvage ne niche en France, mais presque toutes viennent y hiverner, et notamment l’oie des moissons, l’oie cendrée, dont dérive la race domestique, et l’oie rieuse, nichant dans l’extrême Nord.

CanardUNE OIE – UN CANARD dans OIE ET CANARD 220px-Zwerggans_%28Anser_erythropus%29_-_Weltvogelpark_Walsrode_2011

Canard                                                                Oie 

Oiseau palmipède appartenant à l’ordre des ansériformes. 
On nomme cane la femelle et caneton le petit du canard.

Le colvert (Anas platyrhynchos), couramment désigné par le terme générique de canard sauvage, a donné naissance à un grand nombre de races de canards domestiques ou communs : race pékin, la plus développée, aylesbury, rouen… A l’origine canard barboteur de surface, le canard commun présente un dépôt de gras sous-cutané abondant. Il ne se gave pas. 

Le canard de Barbarie (Cairina moschata) se différencie aisément des canards communs par l’existence de caroncules rouges et l’absence de chant, ce qui le fait appeler canard muet. Le mâle est nettement plus lourd que la femelle. Le barbarie produit une viande rouge avec un rendement de carcasse supérieur à celui du canard commun. Il peut se gaver. Originellement d’un plumage noir, les souches développées pour l’élevage industriel présentent le plus souvent un plumage blanc ou gris barré. 

Le croisement d’un mâle barbarie avec une cane commune donne naissance à un canard mulard, hybride infertile exploité originellement pour la production de gras, qui présente des caractéristiques intermédiaires entre celles du canard commun et celles du canard de Barbarie.

La production d’œufs de cane est quant à elle une production spécifique du Sud-Est asiatique. 

L’amélioration des techniques d’élevage a permis de diminuer l’incidence de nombreuses pathologies. Par ailleurs, les vaccinations contre la parvovirose, la maladie de Derszy et la pasteurellose aviaire confèrent une bonne protection. La réovirose et les maladies bactériennes (colibacillose et syndrome de mortalité brutale du caneton) sont les principales pathologies infectieuses qui restent à maîtriser. Le syndrome de mortalité brutale du caneton est apparu en 1991 et continue à se développer ; la maladie se déclenche vers l’âge de 5 à 10 jours chez le barbarie, et vers 12 à 15 jours chez le mulard. Elle est toujours associée à la présence de Streptococcus bovis. Les canards sont également des réservoirs, porteurs sains, de salmonelles.

Parmi les parasitoses, trichomonose, coccidiose et aspergillose nécessitent une prophylaxie médicale (aliments médicamenteux, etc.). Le canard est l’oiseau le plus sensible aux aflatoxines.

Enfin, le développement de souches lourdes a accentué les problèmes de boiterie.

 

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LE MALÉFICE DU HIBOU

Posté par othoharmonie le 5 mars 2015

 

290px-Marsh_owl_(Asio_capensis)Le froid était très vif en cette nuit de février 1756. L’homme marchait à grands pas, s’arrêtant de temps en temps pour mieux s’orienter. En ce lieu la forêt était moins dense et les rayons de lune éclairaient par instants cette silhouette, la faisant ressembler à quelque énorme insecte. Brusquement l’homme se figea. En face de lui le château fort lui apparut à la fois imposant et inquiétant, se dressant comme un obstacle infranchissable. Après s’être assis, l’inconnu sortit une arquebuse de sa housse. Dans deux heures tout au plus, le jour se lèverait; il lui suffisait d’attendre et d’être patient, le reste se déroulerait, il en était sûr, suivant son plan.

L’oiseau, comme sorti de nulle part, survola une des tourelles de la forteresse, longea le chemin de ronde, puis piqua vers la vallée. Un claquement sec se fit entendre. Comme happé en plein vol par la main d’un géant invisible, l’oiseau s’immobilisa une fraction de seconde, puis entama une chute à la verticale.

Accroupi au pied de la muraille, le chasseur regardait sa proie. Sa stupeur fut grande quant il s’aperçut de son erreur. Il n’avait pas tué le hibou mais un vulgaire faucon. Il n’eut d’ailleurs pas le loisir d’y réfléchir longtemps ; il ressentit une violente douleur à la nuque, puis ce fut le néant.

Le village de Malesuerte comptait un peu moins de deux cents âmes . L’agriculture, l’élevage et la production de charbon.

de bois occupaient la totalité de la population qui vivait chichement. Isolés du reste du monde pendant les longs mois d’hiver, les villageois menaient une vie rude, parfois même à la limite du supportable. Cette solitude les rendait taciturnes et ombrageux. La famille Auguste n’échappait pas à la règle et, comme les autres, était sujette à la superstition.

Ce jour là, le clan était rassemblé dans la salle commune, autour de la grande table en chêne massif. Il y avait là le père, trois de ses quatre fils, la mère et les deux filles. Le père Auguste, assis en bout de table, le buste bien droit, ses mains puissantes posées à plat, s’adressait à ses garçons. C’était un homme d’environ soixante ans, cheveux blancs, le visage buriné par la vie au grand air, aux traits empreints d’une certaine noblesse qui ne laissait pas deviner sa condition modeste de charbonnier. Sa voix aiguë pour un homme de stature très imposante, surprenait : « Je crois qu’il ne faut plus se leurrer, votre frère aîné ne reviendra plus. Je ne voulais d’ailleurs pas qu’il s’attaque au hibou. Cet oiseau est un sorcier déguisé. »

Un long silence suivit. On attendait que le père n’ait plus rien à dire. Joseph, le troisième fils, d’un imperceptible signe de la main, demanda la parole :  « Père, l’idée de la mort de mon frère Jacques m’est insupportable. C’est pour nous tous qu’il a eu le courage d’aller au château. Nous devons le venger. »

Joseph était le trait d’union entre le village et le marché de la ville située à cinq lieues plus bas, dans la vallée. Il y transportait les marchandises, vendues ou troquées , à dos de mulet. Son contact avec le monde extérieur lui faisait ressentir les choses de la vie sous un éclairage différent. Il avait du mal à admettre la sorcellerie et les drôles d’histoires qui en découlaient. Pendant une année, le père Auguste avait hébergé gratuitement un colporteur, à la seule condition qu’à l’issue de son séjour, Joseph sache lire et compter. A l’époque , l’enfant très doué avait facilement assimilé cet apport intellectuel. Maintenant, une fois par semaine, le soir, en rentrant du marché, il faisait les comptes sur la grande table. La famille et même parfois quelques voisins venaient le regarder. Ces gens simples admiraient Joseph, subjugués qu’ils étaient par la magie des chiffres qui s’alignaient sur le papier posé devant lui. Seul, était audible le léger grattement de la plume d’oie, bruit amplifié par le silence quasi religieux qui régnait dans la pièce. Pendant ces soirées, le temps semblait s’arrêter, comme si un dieu miséricordieux avait décidé que ces oubliés avaient eux aussi besoin d’une lumière spirituelle.

Accoudé à sa fenêtre, Joseph dominait la rue principale où contrairement aux habitudes, à cette heure de la journée, la foule se pressait nombreuse. Des bruits de voix, des sons lui parvenaient par bribes, parfois compréhensibles, parfois sourds et confus : c’était la rumeur, sournoise, protégée par l’anonymat, dangereuse et perfide. Elle s’insinuait dans tous les esprits, lentement mais sûrement, distillant son poison ; le village était maudit disait-elle et un exorciste allait venir pour extraire le Mal. La disparition de Jacques, l’aîné de la famille Auguste, après celle des trois filles du village, c’était le trop plein qui avait déclenché l’intervention de l’Eglise.

Joseph ferma les yeux ; il ne se sentait pas très bien. En ville, il s’était lié d’amitié avec Raphaël, le vieil armurier, qui lui avait raconté comment ,jadis, l’Inquisition procédait pour chasser les démons. Il eut le pressentiment que le malheur allait frapper le village.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsDe haute taille, d’une maigreur extrême, tonsuré, le visage blafard, lugubre dans sa robe de bure sombre, frère Thomas arriva le surlendemain. Il était accompagné d’un deuxième moine, sorte de géant au visage inexpressif, qui avait tout du garde du corps. La charrette qui les transportait, tirée par un âne, était encadrée par deux pandores à cheval. L’autorité judiciaire n’avait pas lésiné sur les moyens en expédiant, elle aussi, deux représentants de la loi. Deux familles furent priées d’aller prendre pension chez des parents ou des amis, afin de libérer leur logis pour les nouveaux venus.

L’après midi l’enquête commençait. Frère Thomas décida d’interroger toutes les personnes susceptibles d’apporter un témoignage concret sur l’enlèvement des trois fillettes disparues. Il n’apprit rien de bien précis si ce n’est le fait qu’à chaque disparition, un hibou avait été aperçu près de la maison de la victime. Cet oiseau de nuit venait, on en était presque sûr, du château. D’ailleurs il y avait bien longtemps que l’on n’avait revu le châtelain. Peut-être le hibou le séquestrait- il ? Certains affirmaient même que le rapace et le maître des lieux ne faisait qu’un ; la nuit il se transformait pour assouvir on ne sait quelle vilenie. L’enquêteur décida qu’un des gendarmes irait rapidement visiter le château. Il verrait ensuite s’il était nécessaire de « donner » la question à l’un des témoins. Il soupçonnait certains de ne point lui dire toute la vérité.

Le château dominait le village, rappelant que dans un lointain passé son rôle était de protéger les paysans qui dépendaient du puissant seigneur, maître absolu de toutes ces terres environnantes. A vol d’oiseau, à travers la forêt, la distance qui les séparait pouvait être estimée à un quart de lieue, mais pour y accéder par la voie normale, il fallait ressortir du village par la porte sud puis remonter un chemin sinueux et pentu.

C’est en 1200, alors que Philippe II régnait sur une France très chrétienne et sous forte influence papale, que le premier seigneur, Thibaut de Passevent prit possession de ce fief, don de son suzerain. Il partit d’ailleurs très rapidement, en 1202, pour la quatrième croisade ordonnée par Innocent et conduite par Boniface de Montferrat. Les croisés, alliés de Venise qui fournissait les moyens de navigation pour la traversée furent détournés sur la côte Adriatique puis vers Constantinople dont ils s’emparèrent, fondant l’Empire latin. De retour en 1204, Thibaut vécut sur ses terres, soucieux d’assurer sa descendance . Depuis les comtes de Passevent s’étaient succédés sur ce domaine et, actuellement, c’est le dernier héritier, Jauffret, qui en était le seigneur. Il sortait rarement et personne ne pouvait se vanter de vraiment le connaître.

Le gendarme arrêta son cheval devant l’énorme porte en bois massif, un peu surpris qu’elle fut entrouverte. Toujours en selle, il pénétra à l’intérieur et se trouva, après être passé sous un porche, dans une cour pavée, délimitée par des bâtiments dont les fenêtres protégées par des barreaux n’étaient pas sans évoquer celles d’une prison. Mettant pied à terre, le pandore attacha sa monture à un anneau scellé dans le mur. Il ne put s’empêcher d’imaginer un preux chevalier qui, quelques siècles plus tôt , aurait eu le même geste. Inconsciemment il était impressionné par l’atmosphère qui régnait en ce lieu. De sa voix puissante il appela plusieurs fois mais à l’écho de ses exhortations suivait un silence anormalement pesant. Il faillit repartir mais pensant à son chef qui attendait son rapport, il prit la décision de pousser plus loin ses investigations. Un coup d’œil circulaire lui fit découvrir une porte basse, située sur sa gauche, apparemment ouverte. Il s’approcha et, la poussant du pied pour élargir le passage, il découvrit qu’elle donnait sur un escalier en pierre qui s’enfonçait vers le niveau inférieur. En descendant les premières marches il eut la désagréable impression d’être guidé comme un vulgaire gibier s’avançant dans le piège tendu par un invisible chasseur. L’endroit était humide et sentait le moisi. Passant la main sur son front, il la retira mouillée par la transpiration ; il ne pouvait s’empêcher de céder à une certaine angoisse. Il s’invectiva mentalement et poursuivit sa descente. L’escalier était plongé dans une demi obscurité propice à créer un climat quelque peu surnaturel ; le sentiment d’être épié le rendit encore plus nerveux et c’est presque au pas de charge qu’il atteignit la dernière marche. Faisant une pause pour mieux récupérer, il crut voir deux yeux qui le fixaient intensément. Il fallait qu’il se calme, il n’allait pas comme ces paysans ignorants croire aux histoire de hibou. Il s’appuya sur la porte qui lui faisait face et nota que l’énorme verrou qu’il venait de tirer glissait facilement, ce qui prouvait un entretien constant. La pièce dans laquelle il venait d’entrer était très vaste et relativement bien éclairée grâce aux ouvertures pratiquées dans le plafond en forme de voûte. Une croisée d’ogives donnait à ce lieu un air de chapelle. Sur le sol des caisses oblongues étaient parfaitement rangées. La première qu’il essaya d’ouvrir lui résista ; sortant son poignard, il réussit après de longs efforts, à décrocher le couvercle qu’il souleva. Il ne put retenir un cri ; une onde glacée parcourut tout son corps le laissant comme étourdi. Là, devant lui, gisait le corps d’une fillette, sec, vidé, comme momifié. Au dessus, par l’ouverture d’une meurtrière dissimulée dans le mur, apparut l’extrémité métallique d’un carreau d’arbalète. Le gendarme entendit ,un sifflement, ressentit une violente douleur à la nuque, puis ce fut le néant.

L’arrivée du cheval sans cavalier, à la tombée de la nuit, provoqua un énorme malaise à Malesuerte . Frère Thomas décida, prudemment , d’attendre le lendemain pour agir. Grimaud le gendarme, pensait à son adjoint disparu ; pour lui le retour de la monture était la preuve formelle que son collègue avait été agressé. Bon cavalier il n’avait pu être désarçonné et, très respectueux du règlement, il n’avait sûrement pas oublié d ‘attacher son cheval s’il s’en était séparé.

*******

Description de cette image, également commentée ci-aprèsDans le laboratoire qu’il avait créé au château, Jauffret de Passevent, examinait deux jeunes femmes allongées sur des lits placés de part et d’autre de l’escabeau sur lequel il était assis. Une « pompe » actionnée par un poids qui descendait très lentement, entraînant un mécanisme complexe, faisait circuler à travers des tuyaux reliés aux deux corps, le liquide sanguin. Ainsi une des deux femmes se « vidait » au bénéfice de l’autre. Quelques soubresauts, accompagnés d’un râle profond, alertèrent le comte qui souleva la paupière de la personne placée à sa droite, constatant ainsi que ce n’était plus qu’un cadavre. –« déjà ! c’est à peine suffisant. Il faudra que j’avise. » soliloqua Jauffret en stoppant la machine. Sur sa gauche, le visage de la femme avait perdu sa lividité d’origine et sa bouche entrouverte témoignait du retour vers une respiration plus régulière. Une nouvelle fois Agnès de Passevent reprenait vie.

Atteinte d’une mystérieuse maladie, un apport de sang nouveau et vivifiant lui était indispensable par périodes régulières. Son époux avait cherché et trouvé la solution grâce aux secrets appris et transmis par un de ses ancêtres qui avait longtemps séjourné dans la région de Constantinople. En ce temps là, de nombreuses universités arabes enseignaient les mathématiques et les sciences, en avance sur les connaissances des savants du royaume de France. Le vrai problème avait été l’approvisionnement qui posait un sérieux cas de conscience. L’amour du comte pour  son Epouse l’avait finalement emporté . Le village était là, il suffisait de se servir ; après tout ces gens lui appartenaient.

Sortant de ses réflexions, Jauffret passa dans la pièce voisine où se tenait, debout sur la table, un magnifique hibou. Voyant apparaître son maître, l’oiseau, en signe de bienvenue, pencha légèrement la tête et ferma un œil ; c’est toujours ainsi qu’il l’accueillait. S’asseyant sur un fauteuil qui ressemblait fort à un trône, le seigneur s’adressa au rapace : « Vois-tu Soliman j’ai encore besoin de tes services. Ces jeunes filles ne peuvent pas toutes être utilisées pour régénérer Agnès. Certaines ne sont pas compatibles. C’est ce qui explique le grand nombre de tes incursions au village. J’ai repris la bague au doigt de ta dernière victime. La voici ; décide toi même de la date de ton intervention. Es-tu d’accord ? » Ce faisant, il posa sur la table un merveilleux bijou : la bague en or dans laquelle était serti un magnifique rubis. Le rapace leva la patte en signe d’assentiment. Sa mission très simple naguère, s’était compliquée depuis l’arrivée des étrangers au village et des rumeurs faisant état de sa présence sur les lieux des différentes disparitions. Le plus discrètement possible, il déposait à portée de la jeune fille choisie un message avec un dessin représentant une femme arrivant au château. Jointe à ce message, la bague. Le rêve des amours du beau prince et de l’humble bergère est éternel. La future victime venait d’elle même se livrer au bourreau.

Le soleil n’arrivait pas à percer le brouillard givrant dû à la conjonction du froid et de l’humidité. Un cavalier, penché sur l’encolure de sa monture, franchissait la porte sud. Sa silhouette, dans ce décor figé et hostile, faisait penser à quelque fantôme échappé d’une légende celte. C’était le gendarme Grimaud qui, tenace, continuait son enquête. Il revenait du château où le cheval de son adjoint, la bride libre, l’avait conduit, lui donnant ainsi la certitude que c’est là bas que le malheur était arrivé. Le vieux soldat n’arrivait pas à se consoler ; une véritable amitié le liait au disparu qu’il avait lui même formé professionnellement ; de plus il regrettait amèrement de ne pas l’avoir accompagné dans sa mission. Des larmes coulaient sur ses joues tannées par des années de campagnes dans l’armée du roi Louis. C’était la première fois de sa vie qu’il pleurait.

Lorsqu’il atteignit la place du bourg, une forte agitation y régnait. Frère Thomas n’avait pas perdu son temps. Jugeant inutile d’aller voir le seigneur des lieux, qui ne pouvait être la cause de la colère de Dieu, il décida d’interroger un des témoins. Celui-ci serait désigné par des villageoises. Deux matrones, estimant qu’il valait mieux ne pas s’attirer les foudres de l’inquisiteur, se portèrent volontaires. Après un court conciliabule, elles décidèrent que Fanchette dite la bâtarde, correspondait au profil demandé. Fanchette, quinze ans bientôt, jolie quoique menue pour son âge, était de caractère taciturne et sauvage. Née de père inconnu elle fut recueillie, à la mort de sa mère, par des voisins. Un murmure traversa la foule que le moine estima être la preuve d’un accord général. C’est de cette foule que les deux paysannes extirpèrent leur proie muette et tremblante de peur . Elles la portèrent jusqu’au centre de la place car la terreur qu’elle éprouvait l’empêchait de marcher. Le deuxième moine, le colosse, posa à terre un immense cadre en bois sur lequel les deux femmes attachèrent la fillette après l’avoir entièrement déshabillée. C’est dans une grange où tout avait déjà été aménagé en une sorte de tribunal, que l’homme de Dieu fit transporter celle qui allait, disait-il, lui révéler les obscurs dessous de cette affaire .

Son second, transformé en tourmenteur, attendait les ordres. L’inquisiteur commença par asperger d’eau bénite la malheureuse victime, puis fit un signe à son aide. Le premier supplice choisi pour une « question » simple : la scarification. Un cri horrible, d’une puissance dont on n’ aurait pu soupçonner la suppliciée capable, fit frissonner toute l’assistance, lorsque le bourreau, d’un coup de lame commença son œuvre. Le silence qui suivit fut rompu par la voix grave de frère Thomas qui, main droite tendue, agitait un crucifix. «  Avoue que tu as été visité par le diable, avoue tes crimes, responsables de la malédiction qui s’est abattue sur le village. »

Il y eut un mouvement de foule dans le fond de la salle. C’était Joseph qui ne pouvant en supporter davantage, sortait rapidement pour ne pas évacuer sur place son dernier repas. Le vent frais qui soufflait à l’extérieur lui fit reprendre ses esprits ; il arrivait à nouveau à raisonner correctement. La nuit n’allait pas tarder à tomber. Ici pendant l’hiver tout se passait très vite, il n’y avait pratiquement pas de crépuscule. L’ interrogatoire arrêté, il faudrait bien placer la prisonnière quelque part. La nuit venue il aviserait. Il repensa à son ami le vieil armurier qui lui avait parlé de la Renaissance, des philosophes qui mettaient en doute l’existence de Dieu, de l’importance de l’homme dans l’univers, le guidant vers un humanisme que sa nature généreuse acceptait naturellement, spontanément.

Bien à l’abri derrière le muret qui prolongeait la fontaine, Joseph observait l’entrée du bâtiment où Fanchette   était séquestrée. Le moine géant montait la garde devant la porte d’entrée. Bien que possédant une longue dague, le jeune homme savait qu’il n’avait aucune chance dans un combat au corps à corps contre un tel adversaire, sûrement armé lui aussi. Il en était là de ses réflexions, cherchant une hypothétique solution, lorsque dame chance lui tendit une main secourable. La sentinelle, après avoir jeté un long regard aux alentours, entrebâilla la porte et pénétra à l’intérieur. La lune était montante depuis deux nuits et sa clarté, sans être trop vive, permettait d’éviter les problèmes de déplacement. En quelques foulées, Joseph, dague à la main se faufila dans la grange. Il lui fallut de longues secondes pour que ses yeux s’habituent à l’obscurité. Ce fut le bruit d’une forte respiration accompagnée de grognements qui attira son attention. Après avoir enfoncé un chiffon dans la bouche de la fille, le moine lui avait détaché les chevilles. Malgré la résistance de sa victime, il lui écartait inéluctablement les jambes. La robe de bure relevée jusqu’à la taille laissait voir ses fesses musclées qui se mouvaient à la recherche du plaisir. Joseph plaça la pointe de son arme sous l’omoplate gauche du violeur, l’orientant légèrement vers le haut puis pesa de tout son poids sur le manche de sa dague. Le corps du moine devint tout   flasque. La suppliciée n’ était pas en trop mauvais état. Le bourreau avait peut-être ,en officiant, pensé à ne pas abîmer celle qu’il espérait retrouver la nuit.

Fuir ne servirait à rien, tôt ou tard ils seraient repris ; il ne fallait pas compter sur la complicité des habitants de Malesuerte.

Une seule solution s’offrait à lui : ruser et battre ce maudit moine avec ses propre armes. Pour cela Joseph disposait de deux atouts sérieux ; tout d’abord, une grande imagination , et puis un esprit rationnel libéré de toutes ces croyances, conséquences d’un obscurantisme entretenu par la religion.

Après avoir libéré Fanchette, il attacha le moine sur le cadre de torture, en prenant soin auparavant de nettoyer et de dissimuler la blessure, lui croisa les mains qu’il entoura d’un chapelet pris dans une poche du vêtement de l’ecclésiastique. Il fit la leçon à la jeune paysanne, lui expliquant l’attitude à adopter pour la suite des évènements. Puis après avoir fermé la porte d’entrée, il revint à l’extérieur et se mit à hurler. Quelques minutes plus tard les habitants portant des torches le découvrir à genoux ; l’extase se lisait sur son visage.

-« Je passais par hasard, leur dit-il, lorsque j’ai aperçu une lumière aveuglante, peut-être était-ce un ange, qui venait de la grange. Je n’ai pas osé entrer, c’est sûrement un miracle. »

Personne n’ayant le courage d’ouvrir la porte, on alla quérir frère Thomas. Entouré de quelques hommes, dont certains armés de fourches, il entra puis, stupéfait, s’arrêta . Fanchette à genoux, les bras en croix, s’adressait au religieux attaché sur le cadre. Elle ne se fit pas prier pour expliquer qu’un ange était venu lui annoncer que le village était lavé de ses péchés. Le moine s’était offert en signe de rédemption.

L’inquisiteur comprit qu’il n’avait plus sa place à Malesuerte. Après quelques instants de réflexion, il annonça son prochain départ. Joseph aurait bien aimé savoir si le moine avait «  gobé » son conte. Avait-il la foi au point de croire au miracle ? Etait-il simplement bon perdant devant une situation qui lui échappait ? Il se promit d’en discuter plus tard avec son ami Raphaël.

Le village avait repris ses habitudes et la tension était retombée depuis que la menace de l’Eglise n’était plus ressentie par les habitants. La famille Auguste, chez qui vivait maintenant Fanchette, avait même reçu la visite des deux matrones responsables de ses malheurs, venues implorer son pardon. Tout semblait être au beau fixe et pourtant la menace du hibou demeurait, elle, bien réelle.

Le gendarme ne pouvait se résoudre à considérer son enquête comme terminée. Les disparitions restaient toujours une énigme. Son côté mécréant lui faisait rejeter les explications données par frère Thomas qui pour lui n’était qu’un pervers dangereux. Le souvenir de son jeune adjoint venait hanter ses nuits et il savait que seule la vengeance le libèrerait. Il faudrait bien qu’un jour le comte Jauffret sorte de son antre. Il suffisait d’être patient .

Il errait donc, observant, écoutant les conversations des uns et des autres, à l’affût de quelque détail qui le mettrait sur une piste. Sa pugnacité allait être récompensée.

La nuit et une brume épaisse s’étaient alliées pour gommer petit à petit les contours des objets environnants. Tout devenait flou et irréel. Enveloppé dans sa cape, tapis au poste d’observation qu’il avait choisi parce qu’il dominait le village, Grimaud perçut un bruit venant du chêne voisin. Un rapace, parti de la cime de l’arbre, après avoir parcouru une vingtaine de mètres se posa sur le rebord de la fenêtre d’une des maisons. L’oiseau semblait tenir une proie dans son bec ; il la posa et frappa ensuite contre la vitre ; lorsque la personne, à l’intérieur, se manifesta, il repartit. Le gendarme bondit et parvint rapidement à la fenêtre ouverte, se trouvant nez à nez avec une jeune femme à qui il arracha des mains l’objet apporté par le hibou. Poussant un cri la villageoise referma brutalement, terrorisée par cette apparition soudaine. Bague et message en main, il ne fallut pas longtemps à l’enquêteur pour deviner comment le châtelain procédait pour attirer ces naïves jeunes filles. Maintenant il tenait ce monstre qui laisserait la porte du château ouverte afin de laisser entrer

« l’invitée ». Il devait en profiter pour y pénétrer sans être vu. A cette seule condition il garderait un avantage certain sur l’adversaire. Il eut une pensée pour son malheureux collègue qui s’était probablement fait piéger parce que repéré dès son arrivée. Il fallait donc détourner l’attention d’un éventuel guetteur en l’occupant côté forêt. Qui voudrait bien l’aider ? Il songea à Joseph qu’il devinait intelligent, ayant du caractère, et beaucoup plus évolué que les autres villageois ; il le soupçonnait d’ailleurs d’avoir joué la comédie, devant la grange, pour sauver Fanchette. Il avait examiné le « gros » et son œil d’expert avait rapidement trouvé la cause de sa mort. Par prudence il n’avait rien dit. Joseph à qui Grimaud raconta ses dernières découvertes, accepta d’emblée. Il n’oubliait pas que son frère avait disparu lui aussi en allant chasser ce maudit hibou.

D’immenses bûches brûlaient dans la vaste cheminée de la salle d’armes, rendant la température de la pièce un peu plus clémente. De temps à autre les craquements du bois qui éclatait sous les morsures des flammes rompaient le silence de la pièce. Sur l’encadrement du foyer faisant saillie dans la salle, des trophées de chasse étaient posés ; il fallait être fin observateur pour remarquer que le hibou placé là, était lui, bien vivant. Immobile il observait le maître des lieux perdu dans ses pensées. Le comte Jauffret était bien obligé d’admettre que les transfusions faites à son épouse étaient de moins en moins performantes. Ce jour, elle avait souhaité demeurer dans sa chambre en compagnie de sa suivante.

Il fut tiré de ses sombres réflexions par un bruit insolite venant de l’extérieur. S’approchant d’une fenêtre, il vit un jeune homme, une hache à la main, en train d’abattre un chêne. Cette forêt appartenait au domaine comtal ; nul ne pouvait se permettre d’en couper le bois sans son autorisation. Tout contrevenant prenait de grands risques en outrepassant la loi. Jusqu’à ce jour personne n’avait osé s’y risquer. Le châtelain n’hésita pas longtemps ; décrochant une arbalète du mur voisin, il l’arma rapidement puis s’accoudant pour avoir une bonne assise, il visa l’intrus, attendant pour tirer que celui-ci ne bouge plus. Concentré sur sa cible l’arbalétrier n’entendit pas arriver dans son dos le gendarme Grimaud ; ce dernier avait par précaution enroulé des chiffons autour de ses chaussures pour éviter tout bruit. Pétrifié par la surprise, Jauffret sentit la pointe d’un sabre s’appuyer fortement sur son cou. –« Par Pilate et Barabbas, tu lâches ton arme ou je t’étripe. » La voix du militaire résonna sous la voûte comme un cri de victoire. Homme d’expérience, il savait que tuer un noble pouvait lui valoir Description de cette image, également commentée ci-aprèsde sérieux ennuis. Sous Louis XV on ne badinait pas avec les roturiers qui se le permettaient. Ne cédant pas à son impulsion première dictée par la vengeance il désarma son adversaire puis lui lia les poignets ; passant ensuite le buste à la fenêtre, il agita son couvre-chef. En bas, soulagé et heureux Joseph répondit à son signal.

Après avoir dépêché un courrier à cheval vers la ville la plus proche, Grimaud accueillit avec soulagement un lieutenant de police et ses hommes. La comtesse fut acheminée sur Paris pour un retour dans sa famille. Le comte de Passevent, lui, serait jugé par un tribunal spécial nommé par le Roi.

Par la porte sud, le gendarme Grimaud repartait, mission accomplie. Il n’était pas seul ; Joseph l’accompagnait, en route pour l’école de gendarmerie. « Vois-tu fiston lui glissa l’ancien, dans cette aventure, j’ai perdu un ami, mais le destin m’a donné un fils. »

FIN

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LA CHOUETTE HULOTTE

Posté par othoharmonie le 10 février 2015

 

220px-Strix_aluco_alucoUne mauvaise réputation

Habile à pourchasser la vermine, comme les rats et souris qui provoquent des dégâts dans les stocks de grains, elle est l’amie des fermiers.

Pourtant, la chouette hulotte n’a pas bonne réputation et l’imaginaire collectif la classe dans les oiseaux de malheur !

Sans doute, ses hululements étranges qui résonnent dans la nuit, alors qu’on ne la voit pas, en sont-ils pour quelque chose. Ou encore l’apparition de sa silhouette fantomatique, lorsqu’elle est soudainement prise dans les phares d’une voiture.

Et cette sombre réputation ne date pas d’hier : pour les romains, entendre son cri annonçait une mort imminante. Dans le folklore arabe, la chouette hulotte est l’incarnation des esprits des défunts non vengés. Sa présence dans les ruines et les cimetières n’aide pas non plus à renommée : mais quoi de plus normal pour une amatrice de rongeurs de les guetter là où ils sont nombreux ?!

La chouette hulotte est un oiseau robuste, qui mesure généralement entre 37 et 43 cm de longueur avec une envergure de 81 à 96 cm. Comme les espèces de son genre Strix et à la différence des grand-ducs, par exemple, elle ne possède pas d’aigrettes et le disque facial entourant les yeux brun foncé est généralement assez plat. L’animal est sujet aupolymorphisme et a deux formes qui diffèrent par leur couleur du plumage cryptique : l’une a le haut de corps roux et brun et l’autre brun grisâtre, bien que des couleurs intermédiaires puissent également se rencontrer. Les parties inférieures des deux morphotypes sont blanchâtres et taché de brun. Selon la théorie de l’évolution, un des plumages doit assurer un meilleur camouflage et imposer un seul morphotype. Or en fonction des générations, ce n’est pas le même morphotype qui domine alors que leur valeur sélective semble bien différente, ce phénomène est connu sous le principe du pierre-feuille-ciseaux selon la théorie des jeux évolutionnistes .

Cette espèce présente un dimorphisme sexuel, la femelle étant plus grande que le mâle d’environ 5 %, et plus lourde de 25 %.

Avec une hauteur plus importante et de longues phases planées, le vol de la chouette hulotte est produit avec moins de battements d’ailes que les autres espèces de chouettes eurasiennes. Le vol de la chouette hulotte est assez lourd et lent, particulièrement lors des premiers battements d’ailes de son envol. Comme chez la plupart des chouettes, le vol est rendu silencieux par ses plumes soyeuses et par une bordure de barbules fines placées sur le bord d’attaque des rémiges primaires les plus externes. Sa taille, sa forme trapue et ses ailes larges la distinguent des autres chouettes trouvées dans son aire de répartition. La chouette lapone, les différents grand-ducs et la chouette de l’Oural sont de forme semblable, mais beaucoup plus grands.

Les yeux de la chouette hulotte sont placés à l’avant de la tête et leurs champs de vision se chevauchent de 50 à 70 %, lui conférant ainsi une meilleure vision binoculaire que les rapaces diurnes chez qui ce chevauchement ne dépasse pas 30 à 50 %. La rétine de la chouette hulotte a quelque 56 000 bâtonnets sensibles à la lumière par millimètre carré, et bien que l’hypothèse selon laquelle l’animal pourrait voir dans la partie infrarouge du spectre électromagnétique ait été rejetée, on entend encore souvent dire que la chouette hulotte a une vue supérieure de 10 à 100 fois celle des humains dans des conditions de faible éclairage. Toutefois, la base expérimentale de cette affirmation est probablement inexacte par au moins un facteur de 10. L’acuité visuelle réelle de la chouette n’est en fait que légèrement supérieure à celle de l’homme, et sa sensibilité accrue est due à des facteurs optiques plutôt qu’à une plus grande sensibilité rétinienne. En fin de compte, les humains et les chouettes ont atteint la limite de la résolution rétinienne chez les vertébrés terrestres.

Les adaptations à la vision de nuit incluent une grande taille de l’œil, sa forme tubulaire, un grand nombre de bâtonnets groupés dans la rétine, et une absence de cônes, puisque lesbâtonnets ont une sensibilité supérieure à la lumière. Ces bâtonnets ne contiennent que peu de gouttelettes lipidiques, dont la présence réduirait l’intensité lumineuse. À la différence des rapaces diurnes, les chouettes ont normalement une seule fovéa, ce qui est peu développé, sauf chez les chasseurs diurnes, comme le hibou des marais.

Son ventre est pâle avec des stries sombres, et les parties supérieures du corps sont brunes ou grises. Plusieurs des onze sous-espèces reconnues ont les deux variantes. Le nid est généralement dans un trou dans l’écorce d’un arbre et il permet de protéger les œufs et les jeunes contre les prédateurs potentiels. Cette chouette ne migre pas et attache beaucoup d’importance à son territoire. Beaucoup de jeunes oiseaux meurent de faim s’ils ne peuvent pas trouver un territoire libre une fois la protection parentale finie.

220px-Strix_aluco_3youngCe rapace chasse principalement les rongeurs pendant la nuit, généralement en fondant sur sa proie depuis une hauteur et l’avalant entièrement, rejetant ensuite des pelotes de réjection. Sa vision et son audition couplées à un vol silencieux l’aident dans sa chasse nocturne. Cependant, contrairement à une croyance populaire, sa rétine n’est pas plus sensible que celle d’un humain et c’est plutôt ses oreilles placées de façon asymétrique qui sont essentielles à sa chasse car elles lui donnent une excellente audition directionnelle. La chouette hulotte est capable de capturer des chouettes plus petites, mais est elle-même vulnérable aux grands-ducs de plus grande taille ou à l’autour des palombes. Les renards roux sont une cause importante de mortalité chez les jeunes fraîchement sortis du nid.

La Chouette hulotte (Strix aluco) ou Chat-huant est une espèce d’oiseau de la famille des Strigidae. Ce rapace nocturne est très répandu en Eurasie, notamment en Europe.

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Le Tigron

Posté par othoharmonie le 12 février 2012

Un tigron est un hybride issu du croisement artificiel d’un tigre et d’une lionne. Il n’est pas aussi fréquent que son contraire, le ligre, bien que vers la fin du XIXe siècle et au début du XXe il se rencontrait plus fréquemment. Les tigrons ne se produisent pas dans la nature, puisque le lion et le tigre ont des comportements et des habitats radicalement différents.

Le li-tigron est le croisement d’un lion mâle et d’un tigron femelle. Seule le tigron femelle est fertile.

 Fichier:Tigon4.jpgLes tigrons peuvent présenter des caractéristiques des deux parents : ils peuvent avoir les deux taches de la mère (les lions portent les gènes pour les taches — les lionceaux sont tachetés) avec les stries du père. La crinière d’un mâle semblera toujours plus courte et moins apparente que celle d’un lion et est plus proche de la crinière courte du tigre mâle. Une idée répandue mais fausse est que les tigrons seraient plus petits que les lions ou les tigres. Ils ne dépassent pas la grandeur de leurs parents, car ils héritent d’eux des gènes inhibiteurs de croissance, mais ils ne montrent aucun signe de nanisme ou de miniaturisation ; ils pèsent souvent environ 150 kilos et ont la silhouette des chats domestiques.

 La rareté relative des tigrons est souvent imputée aux tigres qui trouvent le comportement d’une lionne en chaleur trop compliqué et peuvent ainsi ne pas remarquer dans son comportement les signaux qui indiquent sa volonté de s’accoupler. Pourtant les lionnes sollicitent activement leur partenaire, si bien que la rareté actuelle des tigrons vient très probablement du fait que par leur taille ils sont moins impressionnants que les ligres. Gerald Iles, dans At Home In The Zoo (1961) écrit qu’il a pu obtenir 3 tigrons pour le Zoo de Belle Vue à Manchester, mais qu’il n’a jamais vu de ligre. Actuellement la Chine produit un certain nombre de tigrons.

 Les croisements de tigre en captivité ont été fréquents au cours des siècles. Le premier croisement enregistré en Inde date de 1837 où un tigron a été offert à la Reine Victoria par la princesse de Jamnagar (un État indien). Gerald Iles a aussi fait allusion à un cirque itinérant dans les années 1830 où un tigre et une lionne portée après portée produisaient de petits hybrides, dont certains ont été présentés à la cour de Grande-Bretagne en 1837.

 Fichier:Tigon2.jpgUn des tigrons les plus connus était Ranji, issu du Prince Ranjitsinji de Nawangagar et a été offert au Zoo de Londres en 1928. Frohawk, artiste et journaliste pour le magazine de chasse The Field trouva Ranji farouche et a dit que l’hybride se rapprochait du tigre plus que du lion par la forme du corps et de la tête et qu’il était particulièrement intéressant que bien que la créature fût un mâle, la crinière ne fût pas plus fournie que celle possédée par certains tigres. Tout au plus y avait-il une petite touffe au bout de la queue. Le pelage, pourtant, est fauve et il y manque entièrement la nuance caractéristique orange-rougeâtre de tous les tigres sauf ceux des régions les plus froides de l’Asie centrale. Les stries malgré tout, bien que peu marquées, sont nettement reconnaissables et les parties les plus basses du corps sont blanchâtres comme chez les tigres.

 Dans Wonders of Animal Life édité par J A Hammerton (1930), Ranji est ainsi décrit : « Au Jardin zoologique de Londres a été produit un hybride des plus intéressants entre un tigre et une lionne, auquel on donne le nom de tigron. Ce n’est vraiment pas une bête d’aspect majestueux, il est très long sur ses pattes, lesquelles portent des stries fort proéminentes et d’une nuance générale de sable. »

 

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