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LA PERLE, SYMBOLE MYSTIQUE DE LA CONNAISSANCE

Posté par othoharmonie le 30 mai 2016

 

 

Selon les anciennes croyances orientales, les pierres précieuses étaient animées d’une vie propre, et leur correspondance directe avec les astres et les plantes attestait d’une harmonie générale dont l’homme, connaissant  les pouvoirs de  chacune pouvait bénéficier. Pour les alchimistes, la perle, principe féminin, est dotée d’une puissance comparable à celle de  la pierre philosophale ; et selon Zosime : « L’accomplissement de la (transformation) matérielle a lieu au moyen de la perle. » Si la perle permet donc la réalisation du grand-œuvre des alchimistes, elle est aussi, dans certains milieux gnostiques, le symbole de la rencontre avec soi-même et donc, avec Dieu. 

perles1

Pour, conclure,- nous: souhaiterions; évoquer à travers l’exemple de la perle, l’expression spécifique de la foi et des mystères, chez deux auteurs chrétiens » de langue  syriaque; En effet, par la description qu’ils donnent de la perle, Ephremde : Nisibe (IVe siècle) et Jacques de Saroug (Ve- siècles) apparaissent comme les héritiers naturels des croyances sur les origines et les vertus de la  perle, et peut-être aussi – mais comment ? mesurer exactement l’impact d’une pareille : influence ? – des croyances gnostiques, qui ont pris naissance sur un sol qui ne leur était pas étranger. 

Cette dimension « gnostique » de la perle, trouve une expression particulière dans les croyances et la liturgie mandéennes et dans certains écrits manichéens9.0. Dans ces religions gnostiques à caractère dualiste, la perle représente en effet la lumière qui, dans le drame cosmique et anthropologique, est retenue prisonnière des ténèbres. . Le salut, qui doit’ ramener l’ordre premier par le triomphe de la lumière, passe par la « libération » de la  perle. Une partie de ces enseignements gnostiques  apparaît, dans l’hymne de la perle des Actes de Thomas récit initiatique où dominent des symboles tels que la lumière, la gnose salvatrice, le vêtement royal : et l’accès au royaume des deux. Dans quelle, mesure retrouve- t-on ces motifs chez Ephrem de Nisibe et Jacques de Saroug. 

Partant de thèmes communs à ces écrits, nous essayerons de montrer qu’ils présentent certes avec des nuances, mais dans le même esprit, nous semble-t-il, une nouvelle dimension, du mythe de la perle. Depuis les plus anciennes croyances, la perle est restée une

«puissance» féminine et lumineuse. Et si elle demeure, un symbole de vie; elle est devenue dans les religions du salut, l’enjeu et le symbole du triomphe du royaume de lumière et de la vie éternelle. Sur е plan cosmique cette  parcelle lumineuse est prisonnière des  ténèbres et  sur le plan anthropologique le plus précieux des joyaux est  aussi la partie  la plus  noble  et la plus lumineuse de l’homme ? l’âme Le salut universel et individuel exige donc la libération de cette lumière tombée dans l’abîme, ou captive d’une «maison obscure» le corps humain 

Dans la- littérature mandéenne; la perle apparaît  à la fois dans les écrits en prose mais la complexité de ces récits relatant les étapes du salut n’a pas encore livré tous ses arcanes – et dans les textes liturgiques Ainsi, la perle est-elle un élément « magique » que  le  héros doit arracher de : l’abîme, avec la: couronne on retrouve le symbole royal  et le miroir, emblème de la connaissance. La liturgie des morts, une des cérémonies principales de  la religion mandéenne doit accompagner l’ascension de l’âme vers le monde des lumières. Or cette âme  la perle  est invoquée comme une jeune fille de noble condition tombée dans une mauvaise maison où elle est – humiliée et ravalée : au rang de servante :

 

Va en paix, toi qui répands le parfum

Toi qui as rendu le corps puant parfumé

Va en paix, toi, dispensatrice de lumière

Toi qui as éclairé la maison obscure

Va en paix, toi qui es élue, pure,

Sans péché, sans tache

 

II  convient de s’arrêter un  instant sur cette personnification de l’âme. En effet les Caractéristiques de la perle – jeune fille lumineuse, parfumée,  pure : rappellent  le motif : iranien de la Daena, celle qui apparaît à chacun à la fin de sa vie. Elle représente la somme des actions la « religion » de tout homme. Pour le juste elle est jeune belle et parfumée et pour le pécheur elle est vieille laide et puante. Dans les deux cas, cette jeune fille se présente à un moment bien précis, le terme de l’existence. Et si la Daena, par les différentes formes qu’elle revêt, est distincte de l’âme elle est; pour, les: homme justes lumineuse ; et selon certains savants; l’étymologie même de son nom évoque la lumière. . Or n’est-ce  pas la spécificité première de : la perle ? » On pourrait aussi  se demander pourquoi,  dans la  tradition iranienne, cette Daena, qui est une forme de « double » représentant la véritable apparence des actions du défunt, est féminine et – dans certains cas  séduisante. La  recherche d’une réponse à ce problème nous éloignerait trop de notre propos, mais mériterait d’être  approfondie à un autre moment. 

Perle blog

Dans le  vaste  ensemble que représente la littérature manichéenne  il faudrait presque dire, les littératures  manichéennes, étant  donné l’importance géographique  de la diffusion de la

secte  la, perle est un symbole  de lumière sacrée. Comme  les mandéens, les manichéens accordent une place  de premier plan au  symbolisme royal… Ainsi,  la perle  y  est – elle associée. Elle représente en effet la piété du roi : « La perle précieuse dite lune claire, qui est le premier entre tous  les joyaux » passage que l’on  peut rapprocher d’un extrait du : poète persan ; Firdousi qui rapporte que lors du couronnement de Xosran, un des joyaux était une perle issue de la Fan (gloire) divine. La perle est aussi  au cœur des spéculations  dualistes de la secte et selon, les Kephalaiw du Maître, l’esprit vivant a accompli sept travaux ; il- a notamment « ramené  le premier homme comme la perle remontée de la mer ». Ce « plongeon », qui rappelle le baptême, rite central de la religion mandéenne, évoque aussi le baptême chrétien notamment dans la description qu’en donne Ephrem de Nisibe dans ses hymnes. 

Les symboles que l’on «vient d’évoquer se retrouvent dans le récit gnostique de l’hymne de  la perle et, c’est ce  qu’on va s’efforcer de montrer, dans les écrits d’Ephrem de Nisibe et Jacques de Saroug, qui placent la perle au cœur de leurs hymnes à la foi au Christ. Ainsi le salut est-il lumière celle de la perle ; et dans cette lumière, on, retrouve la figure royale, la connaissance et le royaume des cieux. Mais tandis que dans l’hymne de l’âme ces « vertus » sont celles du vêtement de  splendeur le double lumineux que l’enfant victorieux dans  sa  quête de  la  perle, va revêtir chez  les  auteurs chrétiens syriaques, elles  sont tout entières contenues dans l’éclat de la perle. 

Pour Ephrem, la perle, « fille du luminaire » évoque la naissance  virginale le Christ : « Tu es – la seule parmi toutes  les pierres qui en son origine ressemble au verbe du :Très-Haut » et les mystères de la- foi. Elle recèle en outre des enseignements mystérieux : le poète y voit ; « des  figures  évoquées sans langue  et des symboles  exprimés  sans lèvres.  Chez Jacques

de Saroug, la lumière qui émane de lа perle est l’expression du symbole royal :  En ton être tu es le plus riche des symboles de lumière. C’est pourquoi ta splendeur te sert de manteau.  L’image du fils du roi est marquée en toi. Or, dans l’Hymne de la perle, le héros victorieux voit venir à sa rencontre un vêtement lumineux fait de pierres  précieuses :  L’image du  roi  des rois tout entière sur lui tout entier, en relief, était peinte. 

La perle, comme le vêtement de splendeur, est source merveilleuse de connaissance. Le poète en bénéficie  sans ; aucun autre recours que la : perle :  Elle : m’a rassasié, cette perle me tenant lieu de livres de lectures et même de commentaires.

 

lire la suite … http://mondeose.com/fr/histoire-dhuitre/

 

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REVER DE PAON

Posté par othoharmonie le 18 mars 2014

 

téléchargement (6)Traditionnellement, le paon est un symbole masculin solaire. Sa roue est une représentation du disque solaire. Mais il symbolise aussi l’illusion et la vanité. Le paon représente l’extérieur des choses, l’apparence, un aspect masculin négatif. Le paon est souvent l’image d’un être qui manque de profondeur, qui cherche à capterl’attention. Les multiples yeux dessinés sur sa queue représentent ce besoin d’être vu, plus que de regarder.

Si vous rêvez de paon, vous êtes face à un homme superficiel, qui se surestime. S’il possède de réelles qualités, sa vanité le cloue au sol. Il séduit son entourage, mais votre inconscient vigilant n’est pas dupe. Il vous met en garde.

Positif : Rayonnement personnel.

Négatif :  Surestimation de soi, égocentrisme, narcissisme, aspect masculin négatif.

Voir également le symbolisme de la ROUE :

La roue est un symbole de mouvement, d’énergie et de temporalité. Elle symbolise les cycles, le renouvellement, l’impermanence et la transformation.

Positif : La roue en mouvement visualisée dans sa forme pure est la roue de la vie, la roue du temps. Traditionnellement elle symbolise le cycle des naissances. Ce sont les incarnations successives chez les bouddhistes ou les hindouistes, le Samsara, comparé à une roue qui nous enchaîne de vie en vie, dans un perpétuel recommencement. Cette idée de réincarnation est accentuée quand les roues sont de couleur rose.

La roue qui possède des rayons est un symbole solaire. La forme et la course dusoleil dans le ciel sont semblables à une roue en mouvement. Elle symbolise la formidable énergie qui émane de l’astre sous forme de chaleur et qui lui imprime son mouvement. C’est la roue solaire. C’est aussi la roue du zodiaque avec sesdouze constellations que traverse le soleil dans sa course autour de la terre.

Si nous utilisons de nombreux véhicules munis de roues dans nos rêves, nous ne les voyons que très rarement. Elles sont présentes puisque le véhicule se déplace, mais restent invisibles. Elles sont semblables à ces centres énergétiques dont nous utilisons l’énergie sans connaître leur existence.

Les rêves où les roues sont présentes et visibles sont donc des rêves importants. Elles représentent la conscience de cette énergie, la reconnaissance des grands cycles de l’homme et de l’univers.

Négatif : Si ces roues sont bloquées, c’est notre propre évolution psychique qui reste bloquée. Il est important de comprendre les causes de cette absence d’énergie, de chercher qui ou quoi nous met des bâtons dans les roues. Sans mouvement il n’y a pas de vie.

Mouvement, mécanique céleste, évolution, temporalité, énergie, naissance et mort, réincarnation.

Signification du Paon dans les rêves

 

1. Introduction

images (6)Le paon dans les rêves représente la confiance et l’ego. Le paon peut signifier comme un message qui indique que nous sommes trop confiants, et que nous devrions peut-être nous humilier un peu. Si le paon fait du bruit dans votre rêve, cela indique que vous essayez trop d’impressionner les gens. Des plumes du paon sont tous en éventail, c’est un message qui invite à un nouveau projet est sur son chemin vers vous.

2. Symbolisme du paon et signification

Le paon est un possesseur de certaines des caractéristiques humaines les plus admirées, et est un symbole de l’intégrité et de la beauté que nous pouvons accomplir lorsque nous nous efforçons de montrer nos vraies couleurs. Dans l’histoire, le mythe, la légende et les traditions, le symbolisme de paon porte présages : Noblesse, Sainteté, orientation, la protection et la vigilance.   Contemplez les pouvoirs du paon lorsque vous avez besoin de plus de dynamisme et la vitalité de votre expérience. Le paon peut aussi vous aider sur votre chemin spirituel, et être un nouveau souffle dans votre chemin de foi.  Le paon peut rajeunir les niveaux d’estime de soi aussi. Si vous vous sentez un peu maussade, imaginez l’affichage glorieux qu’offre le Paon. Cela nous met dans une ambiance propre à embrasser sa propre noblesse. En un clin d’œil, vous marcherez la tête haute et fière comme un paon aussi!  Signification de paon symbolique, vision, Libre, spiritualité, immortalité, raffinement, incorruptibilité.   Dans la mythologie gréco- romaine, le paon est identifié avec Héra (Junon) qui a créé le paon d’Argus dont les cent yeux (vu sur les plumes de la queue du paon) symbolisent la voûte du ciel et les «yeux» des étoiles.   Dans l’hindouisme, le paon est associé à Lakshmi qui est une divinité représentant la bienveillance, la patience, la bonté, la compassion et bonne chance.  Semblable à Lakshmi, le paon est associée à Kwan -yin dans la spiritualité asiatique. Kwan -yin (ou Quand Yin) est également un emblème de l’amour, de compassion vigilance, bonne volonté, nourrir, et la bonté. La légende raconte qu’elle a choisi de rester un mortel, même si elle pourrait être immortelle parce qu’elle voulait rester derrière et de l’humanité de l’aide dans leur évolution spirituelle. A Babylone et en Perse le paon était considéré comme un gardien de la royauté, et c’est souvent vu dans les gravures sur les trônes des rois. Dans le christianisme, le symbolisme du paon représente l’église ” qui voit tout «, avec la sainteté et la sainteté qui lui est associée. En outre, le paon représente la résurrection, le renouvellement et l’immortalité dans les enseignements spirituels du christianisme.

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Le Loup-Garou !

Posté par othoharmonie le 8 mai 2012

Une Histoire de Loup-garou 

Louvigny de Montigny (1876-1955)

– J’sus pas histoireux, non, vous savez que j’sus pas histoireux, répétait le chasseur Jos. Noël, chaque fois qu’il était sollicité de raconter quelques-unes de ses aventures qu’il rapportait volontiers après s’être fait prier un brin, et qu’il exagérait invariablement à chaque répétition.

De sorte que ses histoires étaient devenues fameuses et que les étrangers se faisaient un régal de les entendre de sa bouche. Et le remarquable, c’est que gascon comme à peu près tous les voyageurs canadiens, il finissait par se convaincre de la vraisemblance de ces souvenirs dont l’évocation lui mettait dans la voix un frisson qui ne manquait pas d’émouvoir aussi ses auditeurs.

Le Loup-Garou ! dans LOUP 220px-Loup-garou-LebrunJos. Noël, c’est le braconnier terrible, chassant également au poil, à la plume, et aussi adroit à dépister le gibier que les garde-chasses. Les paysans, plus attachés à la terre, l’appellent avec mépris et tout bas « un métis, comme qui dirait un commencement de sauvage. » Ce qualificatif l’humilie cependant, car Jos. Noël s’estime « pire qu’un sauvage. »

Aussi est-il ravissant de le voir rentrer d’une expédition où il a pu « faire cheniquer » les Algonquins qui braconnent comme lui dans la région du lac Thérien.

Notre homme vit en effet pauvrement, si l’on veut, mais librement, à la façon des oiseaux. Il a son nid – sa masure – sur le rivage du lac qui étend soyeusement sa nappe sur les cantons de Preston et de Gagnon, cet immense élargissement de la rivière Petite-Nation que les colons continuent de nommer Lac-Long, bien qu’il ait reçu, il y a quelques années, le nom du premier pionnier de ce territoire, le vénérable abbé Amédée Thérien.

Puisque nous y sommes, notons donc en passant l’idée qu’ont eue des gens de raison d’émailler le martyrologue géographique qu’est notre province de Québec, par des dénominations signifiant enfin quelque chose. Et souhaitons voir bientôt les noms de nos législateurs, de nos poètes et de nos philanthropes s’appliquer à ces nappes d’eau majestueuses, à ces caps altiers, à ces monuments impérissables qui s’affichent aujourd’hui lacs Tortu, Rond, Long, Bossu, et montagnes Plate, en Équerre ou Carrée.

Encore que ces appellations baroques n’ont pas toujours la justesse de celles que Jos. Noël donne aux différents points de sa réserve. Quand il appelle une montagne Chevreuil, c’est qui s’y trouve quelques familles ruminant, paisibles, dans la chênaie ou dans l’érablière, mais condamnées par lui à mort, sans espoir de commutation. Quand il nomme un lac Castor, c’est qu’il s’y multiplie quelques castes de ces rongeurs dont la peau est vendue d’avance.

Mais là où Jos. Noël est superbe, c’est à l’arrivée en son domaine de sportsmen qui se confient à lui pour faire un bon coup de feu. Il se plaît alors à dévoiler ses cachettes, à indiquer ses « ravages » de chevreuils, ses « débarcadères » de loutres et ses « battues» de visons, soucieux seulement de faire porter son nom de grand chasseur à Montréal ou à Ottawa qui lui semblent la métropole et la capitale de l’univers. Au demeurant, Jos. Noël est suffisamment assuré qu’avec toutes leurs armes à répétition les citadins ne feront pas beaucoup de mal à ses bêtes.

Chaque été, avec quelques camarades, j’allais rater quelques belles pièces de gibier dans le domaine de Jos. Noël. Nous le louions pour nous guider, pendant les vacances du temps passé et déjà loin : ces années que je regrette assurément pour leurs soixante jours de liberté franche, mais pas du tout à cause de l’internement de dix mois qu’il nous fallait subir sous prétexte de nous instruire et qui nous faisait soupirer comme à l’attente d’un héritage après la sortie du collège.

Fichier:Lycaon-Nathan.jpgPar un de ces divins crépuscules de juillet, nous revenions d’un campement à l’embouchure du lac Poisson-Blanc où nous étions allés forcer une pauvre biche que nous ramenions victorieusement dans le canot, avec certaines autres dépouilles opimes et nos chiens haletants après une journée de course folle.

Fatigués nous aussi de deux heures d’aviron, nous mîmes une sourdine à notre gaieté lorsqu’il s’agit de faire le portage de cinq milles qui nous séparait du lac Thérien, et que nous devions cependant accomplir pour atteindre nos quartiers, à la station Duhamel.

Aussi, proposa-t-on, ayant enfin pris terre, de dresser la tente sur la berge et d’attendre le lendemain pour faire le portage. Au reste, la marche devait être délicieuse à entreprendre par une belle aurore d’été.

– I’mouillerait à boire deboute, prononça vivement Jos. Noël, i’ ventrait à m’dévisser la tête de d’sus les épaules, i’ ferait un temps à m’vendre au iable que jamais j’passerai la nuit su’ c’chemin-cite.

– Et pourquoi ça ?

– Pourquoi ?… Pourquoi ?… Tenez, j’sus pas histoireux, j’pas d’affaire à vous dire pourquoi ; mais croyez-moué qu’on a autant d’acquêt à continuer not’ bauche jusqu’au boute.

Et ayant en un clin d’oeil fait tourner le canot sur ses épaules, le guide cria : Ever up ! – celui, dans sa langue hétéroclite, invitait à se mettre en route. Il allait même partir lorsque nous lui demandâmes de donner au moins des explications ayant la vertu de nous faire oublier la fatigue de nos jambes et de nos bras.

– Eh ben, v’là ! L’loup-garou ravaude toutes les nuits par icite et j’ai pas envie de l’rencontrer encore une fois.

– Tiens, tiens, l’ami Jos. Noël qui a vu le loupgarou. Elle est inattendue, celle-là, et faut nous dire comment cela s’est fait.

– J’sus pas histoireux, mais puisque vous voulez pas vous décider à partir, écoutez ben et escusez-là.

Remettant alors son canot sur la touffe d’aulnettes verdissant le rivage, Jos. Noël alluma sa pipe et commença d’une voix tremblotante qui enleva tout doute sur sa sincérité :

– Vous allez voir, à un mille et quèques parches d’icite, le creek Doré qui servait à la drave des Edwards, y’ a sept ou huit ans. C’est su’ c’creek que j’ai blanchi plus que j’blanchirai pas dans toute ma vie.

C’était su’ la fin d’février. J’venais d’déouacher un ours tout justement au lac Vaseux, à la décharge du Poisson-Blanc, d’ous qu’on d’sort. C’était une fantaisie qui avait pris à un big bug d’Bytown d’avoir une peau d’ours, et j’étais allé li qu’ri, à la raquette, pendant qui s’soûlait au village.

J’trouve mon dormeux dans sa ouache, j’l’assomme et l’emmêne dans ma traîne. Le long du ch’min, mon chien Boulé fait lever un buck qui passe dret devant mon fusil. J’le caboche, au vol, et pis l’entraîne avec l’autre.

Mais on a beau avoir la patte alarte, on traverse point l’Poisson-Blanc et pis on le n’traverse pas en criant ciseau. C’qui fait qu’on arrivait su la breunante quand j’lâchai l’lac pour prendre le portage, en plein ous qu’on est dans l’moment d’à c’te heure.

La noirceur timbe tout d’un coup ; l’temps s’brumasse, s’pesantise et i’ commence à neiger, à mouiller, pis au bout d’une minute i’ timbait pus inque d’la pluie, à siaux.

Comme j’voulais pas rester su’ la route, à pas plus d’huit milles de chez nous, j’poigne mes jambes et j’me mets à marcher, mais au bout d’un mille, ça marchait pus, pantoute.

Ça calait comme une swamp, la traîne collait à terre, j’étais trempe comme an’ lavette et au bout d’mon respire.

Allons, Seigneur ! quoi faire ! Ça a l’air pas mal ch’nu d’rester en chemin… D’un autre côté, j’voulais pas m’en aller allège à la maison et laisser mes deux animaux dans l’bois ousque les loups ou les renards les auraient étripés. J’avais peur itou de c’sauvage de Tanascon, de c’trigaudeux qui passe son temps à ravauder pour faire des canailleries.

Pis j’pense aussi tout d’un coup qu’on s’trouvait faire su’ l’Mardi Gras et qu’il allait y avoir du fun avec queque chose à boire au village… J’me rattelle, mais ça pouvait plus avancer.

Toujours qu’pour lorse j’gagne l’vieux chanquier, qui avait été abandonné l’printemps d’avant, pour passer la nuit à l’abri, ou tant seulement me r’niper un p’tit brin et attendre qu’la pluie soit passée. Mais vous savez si c’est d’meure, ces pluies d’hiver : quand ça commence, ça finit pus.

J’fume trois, quatre pipes en faisant sécher mes hardes contre la cambuse ousque j’avais allumé une bonne attisée après avoir eu une misère de cheval maigre pour trouver des écopeaux sèches. Et comme j’étais à moquié mort d’éreintement et que j’cognais des clous d’six pouces et demi, j’me résine donc, en sacraillant ben un peu, à passer la nuit dans un chanquier.

J’accote la porte avec une bonne bûche, j’étends quéques branches de cèdre su l’bed qu’les hommes du chanquier avaient laissé correct, j’plie mon capot d’sus, j’snob mon fusil à la tête, et dors garçon !…

Ben sûr plusieurs heures plus tard, – parce que l’feu était éteindu, – mon chien Boulé, qui s’était couché avec moué, m’réveille en grognant… J’écoute et ça rôdait autour du chanquier. J’entendais rouler les quarts vides qui avaient été laissés là par les raftmen, comme si quéque finfin avait essayé d’faire des belles gestes avec… Et pis les archements s’approchent, et tout au ras d’la porte, j’entends un tas de r’niflages avec des grognements d’ours.

J’compte ben qu’c’est pas la peine d’vous dire si i’ faisait noir, en grand, dans not’ sacrée cabane pas d’feu, par c’te nuit mouillée.

J’me dis : C’est drôle qu’un ours ait sorti de sa ouache de c’temps-cite ; mais l’crapet a p’t’être ben cru que c’était l’printemps, rapport à la pluie, et fatigué de se licher la patte, i’aurait aussi ben voulu recommencer à manger pour tout de bon. Toujours que j’m’assis su l’bed, j’décroche mon tisonnier, j’y rentre deux balles par-dessus la charge de posses qu’i avait déjà et j’me dis qu’si l’vingueux venait roffer trop proche, j’y vrillerais un pruneau qui y ferait changer les idées.

J’me disais : J’voué rien, c’est ben clair, mais si l’ours rentre dans l’chanquier ousqu’i’ sent son pareil et pis l’chevreux mort, i’ pourra pas faire autrement que d’faire canter la porte et j’watcherai l’moment d’le garrocher.

Ben, j’avais pas aussitôt dit ça qu’l’animal était entré dans la cabane sans qu’la porte eusse canté d’une ligne.

Ça bite le iable ! que j’dis. Et j’étais ben sûr qu’i’étais rentré, par c’qu’i marchait en faisant craquer l’plancher comme si un animal de deux cents se s’rait promené su’ l’side walk…

La peur, ça m’connaît pas, mais j’vous persuade qu’j’aurais une tapée mieux aimé m’voir à danser quelque rigodon d’Mardi Gras et à passer la diche avec mes voisins du lac Long.

Pis, c’était d’voir mon Boulé ; lui qu’i’ aurait pas kické d’s’engueuler avec un cocodrile enragé, le v’là qui s’racotille, qui s’colle su moué, la queue entour les jambes, et si ébiscaillé qu’i’ devait pus avoir formance de chien en toute.

J’le poigne pour tâcher d’le sacrer en bas, d’le soukser, pas d’affaire. I’s’grippe après moué, et s’met à siller comme un chien qu’i’ aurait attrapé l’aspe et qu’il aurait senti sa mort.

Tandis c’temps-là, l’animal qui tournaillait dans la place, nous avait aperçus, et j’me trouve tout d’un coup face à face avec une paire de z’yeux d’flammes, qui remuaient, tenez, pareils à des trous d’feu dans une couverte de laine ; c’était pas des yeux d’ours, c’est moué qui vous l’dis. Le v’là qui s’met à grogner, pis à rire, pis à brailler, pis à s’rouler su’l’dos, à planter l’chêne, à swingner qui timbe dans son jack. I’ achevait pus d’culbuter, l’maudit.

Débarque donc, véreux d’chien, que j’dis à Boulé.

Mais i’était collé au bed, i’ tremblait comme une feuille avec pus une coppe de coeur…

Vous pensez qu’j’étais pas gros, moué non plus, avec c’te gibier dans c’te noirceur d’enfer… J’avais les cheveux dret su’ la tête ; l’eau m’coulait dans l’dos et même que j’me tenais la gueule pour empêcher mes dents d’faire du train…

À la fin, y’a un sacré boute, que j’dis. J’griffe mon fusil et j’vise l’animal dans ses yeux de feu : V’lan ! L’coup part pas… Ah ben, ça y est, c’est l’iable qui nous a ensorcelés. Mais avant d’me laisser emporter tout rond par le gripet, j’voulais au moins essayer l’aut’coup, et pour pas l’manquer, j’attends que l’animal arrive au ras moué.

Comme si i’avait diviné mon idée, le v’là qui arrive aussitôt… Ah ! mon blasphème ! que j’dis, puisque t’en veux, poigne-le. Et, mes vieux, c’coup-là partit en faisant un éclair qui m’fit voir une bête effrayante avec un corps d’ours, une grande queue et haut su pattes comme un veau.

Mais aussitôt l’éclair passé, v’la-t-i pas que j’entends appeler mon nom, oui :

Jos. Noël ! Jos. Noël !

et par une voix que j’connaissais d’puis des années, par Ti-Toine Tourteau.

Là, j’vous l’dis, j’ai eu peur, un peu croche. Et, ma foi d’gueux ! j’aurais aimé mieux m’voir entouré d’une gang de chats tigrés en furie que d’me savoir face à face avec c’pendard, c’vendu au mistigris, c’t’étripeur d’poules noires, c’te chasseur de galeries… c’te tout c’que vous voudrez d’maudit. On rencontre pas des églises à tous les pas dans l’bois et pis on n’a pas toujours le temps d’faire ses dévotions all right ; mais j’vous dis que c’pendard-là nous escandalisait tous et qu’pas un chrétien voulait y parler sans avoir quéque médaille bénite dans l’gousset : un sacreur qui faisait lever les poêles… c’est bien simple, un sorcier qui méritait d’être cruxifié su’ un poteau de télégraphe.

C’était lui, l’possédé, qui m’parlait, sûr comme vous êtes là, avec un’ voix d’mourant :

– Tu m’as tué, Jos. Noël, tu m’as tué, mon Dieu, mon Dieu.

- Pardon…

– Hein, c’t’y toué, Ti-Toine, c’t’y toué ? qu’ j’y criais quasiment plus mort que lui. Mais lève-toi donc, animal, es-tu mort ?…

Batème ! répond donc ; as-tu envie que l’iable m’emporte avec toué ? I’ continuait à s’lamenter :

– J’vas mourir, j’vas mourir.

– Torrieux d’sarpent, veux-tu m’faire mourir de peur ? Réponds donc une bonne fois. C’t’y toué, Ti- Toine Tourteau ?

– Oui,… oui,… tu m’as tué,… j’vas mourir.

– Ous tu d’viens ?…

I’ répondait pus, mais j’l’entendais qui gigotait comme un croxignole dans la graisse bouillante.

J’ai p’t’-être ben rêvé, que j’me dis, en fin d’compte ; l’gars est p’t’être ben malade ; ça s’peut ben que j’me trouve chez lui… Quoi penser dans un ravau pareil ? J’essaye d’allumer une allumette, mais i’s’cassaient à mesure que j’les frottais su’ l’mur.

Ah ben, y’a des sacrées imites, que j’dis. J’saute en vas du lite pour voir si c’était du lard ou du cochon, mais v’là que j’timbe su’ un corps étendu cont’ la cambuse. Des grands doigts fretes comme d’la glace m’attrapent le poignet et me mettent la main dans une mare chaude et collante comme du sang.

– Tu m’as tué, soupirait-il encore, tu m’as tué…

Fallait inque m’égratigner… une goutte de sang.

Ah ! sainte bénite ! j’me rappelle tout d’un coup qu’on délivre les loups-garous en les grafignant, en leur faisant sortir une goutte de sang, et j’y d’mande ben vite :

– T’es-tu loup-garou ?

I’répétait :

– Tu m’as trop fait mal, tu m’as tué… oui, j’sus loup-garou…

C’est tout c’que j’ai entendu parce que je revins à moué inque le sourlendemain, ou plutôt le lendemain, puisque c’ravau-là s’était passé l’mercredi des Cendres.

220px-Loup_garou_02 dans LOUPDepuis sept ans que c’pendard de Tourteau faisait pas ses pâques, i’avait viré en loup-garou à la première heure du huitième carême qui i’allait encore commencer comme un chien. C’est l’matin du jeudi qu’j’ai été trouvé à la porte du chanquier par Tanascon qui s’vante encore d’m’avoir sauvé la vie, parce que c’jour-là i’ m’a volé mon chevreux pis mon ours…

– Et Ti-Toine Tourteau ? demandâmes-nous sans rire à Jos. Noël qui ne parlait plus.

– On l’a jamais r’vu.

– Et le chantier en question, il doit être fort intéressant à visiter…

– Pour ça, y’a pas d’trouble, vous l’voirez point. La première chose que j’ai faite a été d’y mettre une allumette qui a pris celle-là, j’en réponds…

Voyant que nous n’allions pas réussir à décider notre guide, nous fîmes le sacrifice de notre nuit en forêt, dédommagés d’ailleurs par la narration qui avait dissipé notre lassitude.

Et Jos. Noël, morne encore du souvenir évoqué, recoiffa son canot et reprit le portage qui fut franchi d’une haleine, dans le silence de la veillée fraîchissante que nous nous gardions aussi de troubler, les oreilles à la confidence des oiseaux commençant à rêver, les yeux au ciel où fuyaient des petits nuages, comme un troupeau de grands cerfs blancs, poursuivis par les archanges qui leur lançaient des étoiles. 

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L’Ane 8

Posté par othoharmonie le 25 décembre 2011

Par Édouard Drumont

 S’il me fallait chercher l’analyse la plus complète et l’explication la plus profonde de la nature de l’Ane, je la demanderais à Apulée.

 Ces mythes grecs, si clairs dans la radieuse jeunesse de l’Hellade, tombèrent un peu dans la subtilité au moment de la décadence. Malgré tout, même dans le latin alambiqué de l’Africain Apulée, ils gardent encore je ne sais quel charme pénétrant.

 L'Ane 8 dans ANEN’est-elle point saisissante cette allégorie d’un homme jeune et beau métamorphosé en Ane et condamné à ne reprendre sa première forme que lorsqu’il aura mangé des roses ? C’est l’éternelle histoire de l’indigent auquel on ordonne pour se guérir du Haut-Brion et du jus de poulet. C’est le cercle vicieux en un mot ; il faut justement à l’Ane ces roses que nul n’aura la pensée de lui offrir.

 J’aperçois là, pour ma part, formulée en termes très suffisamment précis, une nouvelle preuve de la similitude que j’indiquais en commençant entre le travailleur et l’Ane. Pour se relever de la position humiliée qui est la sienne, il faut à l’homme comme à la bête des roses, c’est-à-dire les parfums, la grâce, la science, l’art, l’idéal, tout ce qui brille, tout ce qui sent bon, tout ce qui poétise et enchante l’existence. Or, précisément, c’est ce qui n’est pas à la portée des misérables.

 Au milieu d’un sacrifice, l’Ane s’approche du prêtre d’Isis qui porte des roses à la main et il reprend son enveloppe première. En dépit des détails scabreux auxquels se plaît la fable milésienne qui a servi de thème premier à Apulée, l’auteur ne s’est-il pas proposé un enseignement plus haut ? N’a-t-il pas voulu dire à tous que c’est au prêtre qu’appartient la mission d’initier à l’éternelle beauté, de relever et d’affranchir les déshérités de l’univers ?

Que disions-nous ? Que l’Ane était dédaigné de la littérature. Dans le monde antique finissant, il inspire un livre à Apulée ; dans notre monde moderne, déjà bien vieux, et qui, avec ses troubles, ses angoisses, ses fantômes hallucinants, ressemble tant au siècle où vécut l’Africain, Victor Hugo donne à un poème tout entier ce titre : l’Ane.

 Ne voilà-t-il pas de quoi consoler le pauvre animal de la disgrâce qui vient de le frapper ? Jadis, martial du moins après sa mort, il fournissait la peau ronflante à ces tambours sonores sur lesquels on battait la charge ; s’il ne courait pas lui-même au-devant d’un trépas sublime, il avait la satisfaction d’y envoyer les autres. Hélas ! on a crevé les tambours en même temps qu’on tuait beaucoup d’autres choses. L’Ane n’est plus utile à la musique qu’en fournissant avec ses tibias les montures de ces clarinettes que Toussenel détestait si cordialement et qui sont de plus en plus nécessaires aux aveugles qui se multiplient dans un pays où les borgnes sont rois…  (FIN)

 ÉDOUARD DRUMONT.

ULBACH, Louis (1822-1889) : L’âne par Victor Hugo, conférence faite à Courbevoie, le 7 novembre 1880 au profit de la bibliothèque populaire.- Paris : Calmann-Lévy, 1881.- 19 p. ; 22 cm.


Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Bibliothèque Municipale de Lisieux (30.XI.2001)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Bibliothèque municipale, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.66.50.- Minitel : 02.31.48.66.55. – Fax : 02.31.48.66.56
Mél : bmlisieux@mail.cpod.fr, [Olivier Bogros] bib_lisieux@compuserve.com
http://www.bmlisieux.com/


Diffusion libre et gratuite (freeware) Texte établi sur l’exemplaire d’une collection particulière.


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