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Les bienfaits des vers

Posté par othoharmonie le 13 juillet 2015

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Les vers peuvent nous aider à sauver ce monde en décomposition !
L’action des vers de terre est essentielle à la survie de l’homme et de son environnement. Ils sont un maillon indispensable de la chaîne alimentaire et les garants de la fertilité des sols, que nous exploitons pour nous nourrir.

Labourent les sols et le rendent fertile

L’action des vers de terre est essentielle à la survie de l’homme et de son environnement. Ils sont un maillon indispensable de la chaîne alimentaire et les garants de la fertilité des sols, que nous exploitons pour nous nourrir. Le lombricien est un animal fouisseur. Son activité et son écologie en font un acteur majeur dans la structuration des sols. Véritables laboureurs du sol, ils sont capables de retourner des surfaces considérables. Pour un hectare, on estime que 20 à 30 tonnes passent par leur tube digestif.

Par le travail constant qu’ils exercent, les vers de terre enfouissent dans les couches profondes du sol les éléments organiques prélevés en surface et remontent à la surface la terre des couches profondes ingérée en même temps que les matières organiques. Charles Darwin les appelait les « premiers laboureurs ». Titre amplement mérité au vu de leurs travaux. La présence des vers de terre maintient une structure du sol, dite grumeleuse, qui résulte du passage de la terre dans le tube digestif, des apports de différentes sécrétions et de l’action des bactéries et des champignons. Cette structure est favorable à la circulation de l’air et de l’eau, elle favorise la vie bactérienne et augmente la fertilité du sol. Par contre cette structure grumeleuse disparaît si les vers de terre sont éliminés par les traitements chimiques, les labours fréquents, ou si le sol est compacté par le passage répété d’engins lourds.

Nourrissent et protègent les végétaux

Les lombriciens constituent la première biomasse du sol. Et les scientifiques évaluent à plusieurs centaines de tonnes par hectare leurs déjections qui apportent, ce faisant, une part très importante des éléments nutritifs (phosphore, calcium, zinc, magnésium) nécessaires à la croissance de vos plantes, fleurs, etc.. les rendant ainsi plus résistantes aux attaques de maladies et de parasites.

Les plantes puisent leur nourriture dans l’air et le sol. Aujourd’hui, nous savons que pour avoir une croissance saine, non seulement les différents éléments nutritifs et les oligo-éléments sont indispensables pour nos plantes, mais aussi la matière organique ; celle-ci n’est présente que dans l’humus et est mise à disposition des plantes par les vers et les micro-organismes

Médecins du sol : lutte contre les parasites

Certaines espèces de vers de terre permettent elles aussi la régulation de parasites des plantes. Des études récentes tendent à démontrer que des vers de terre pourraient devenir des alliés efficaces pour limiter l’impact négatif des parasites sur les cultures, sans nuire à l’environnement puisqu’ils éviteraient ainsi à l’espèce humaine l’utilisation de produits chimiques toxiques.

Aident les plantes à boire

En fonction des espèces, les vers de terre agissent différemment sur la structure du sol. Ils creusent des galeries plus ou moins profondes ce qui accélère ainsi l’infiltration de l’eau dans le sol et limite le ruissellement. Ils améliorent l’aération et la circulation des liquides et des gaz qui atteignent plus facilement les racines des plantes. Les galeries creusées permettent aussi aux racines de s’étendre plus facilement et d’accroître la surface d’échange alimentaire entre le sol et les végétaux.

Luttent contre l’érosion des sols

En creusant ces immenses réseaux de galeries, ils procurent des voies d’infiltration dans le sol. De plus ils agissent sur la structure granulaire du sol, en ingérant la terre puis en la rejetant sous forme de gros agrégats dont les propriétés chimiques sont modifiées par rapport au sol environnant (pH neutre, plus grande stabilité des agrégats…) et la structure grumeleuse du sol est favorable au stockage de l’eau. Un sol qui possède une population importante de vers de terre peut absorber des précipitations importantes, voire de très fortes pluies d’orage. La présence des vers de terre limite les risques de ruissellement en surface. Protéger les populations de vers de terre, restaurer les populations détruites ou affaiblies, constituent un moyen efficace de lutter contre l’érosion des sols et d’augmenter leur fertilité.
L’apport de vers dans le sol l’aère et le nourrit, empêchant le compactage de la terre et donc les inondations et leurs conséquences désastreuses pour les cultures et les habitants.

Régénèrent les sols épuisés

L’utilité des vers de terre dans la formation de l’humus, pour la restructuration des sols, et la fertilisation des sols pauvres n’est plus à démontrer, mais reste à être généralisée. En Inde, une expérience test de réintroduction de vers de terre a permis, dès la première année, de doubler la production de thé dans un sol épuisé par l’agrochimie (http://geo5.environnement.free.fr/exchron.html).

Utiles pour la pêche

Les vers de terre et les vers de compost sont également utilisés pour le marché de la pêche en eau douce aussi bien qu’en eau de mer. L’élevage du vers de compost a continué de se développer aux Etats-Unis, grâce à Hugh Carter, cousin de l’ex-président des États-Unis, qui a commencé à élever des vers de compost en 1947 dans un cercueil ! Après 25 ans de pratique et d’expérience de l’élevage du ver, Carter était en mesure de fournir 15 millions de vers par an aux magasins de chasse et de pêche.

Recyclent les déchets

En mettant les vers au travail dans un lombricomposteur, nos poubelles diminuent de 40%.
Les vers de terre recyclent les déchets organiques en les digérant.
Les vers de terre nous apportent donc la solution idéale à la problématique grandissante et préoccupante qu’est la gestion de nos déchets ménagers, tout en favorisant la protection de l’environnement.

Traitent les eaux usées

Récemment, les vers de compost sont utilisés en France et au Chili pour purifier les eaux usées des petites communes peu peuplées et où il n’y a pas d’industries polluantes Depuis 2004 en France dans la station d’épuration de Combaillaux (près de Montpellier) et dans une petite commune du Chili, on teste une nouvelle méthode d’épuration des eaux usées. Le principe est simple : L’une des cuves de la station d’épuration fonctionne selon le principe classique du lit bactérien alors que l’autre est un lombrifiltre. Ce dernier est composé d’écorces de pin posées sur un lit de copeaux de bois et de graviers auquel ont été ajoutés des vers de terre spécifiques, ici de l’espèce Eisenia andrei, qui sont arrosés, par intermittence, d’eau usée. Les vers – 25000 par m² – ne sont visibles. Ils dégradent intégralement les effluents en les consommant, sans utiliser de grandes quantités d’eau, comme c’est le cas dans les stations classiques. Il n’y a pas de boues à la sortie, seulement des tortillons de terre et de l’eau quasi-potable. Cependant, les vers n’agissent pas seuls. Les kilomètres de galeries qu’ils creusent assurent l’oxygénation des bactéries. Cette association permet un fort rendement épurateur, surtout pour les matières en suspension et les matières organiques. Cette forme originale de station d’épuration est adaptée aux petites communes de 1500 habitants environ. Elle nécessite peu d’espace, permet une économie de 20 à 30% par rapport au coût et l’entretien d’une station classique, ne consomme que très peu d’énergie et produit peu de nuisances olfactives et sonores. Cependant, ce système, comme tous les procédés biologiques, est sensible aux pics de toxicité des eaux usées : les vers meurent s’ils sont nourris avec des eaux contenant du mercure, du cuivre ou de l’arsenic. Ce sont donc de bons indicateurs de l’écotoxicité. Le lombrifiltre ne convient donc qu’aux communes sans industries ou sans activités polluantes raccordées au réseau domestique.

Dépolluent les sols

Phytoremédiation des sols. Parce qu’ils ingurgitent des quantités considérables de terre et de débris végétaux pour se nourrir, les vers de terre concentrent la pollution. A proximité des routes on a trouvé dans les vers de terre des concentrations en plomb plusieurs dizaines de fois supérieures à celles du sol. La même chose a été observée pour le DDT, la concentration de ce polluant atteignant 150 fois celle observée dans le milieu. Ainsi les vers de terre jouent dans le milieu terrestre le même rôle de concentrateurs de pollution que l’on observe en milieu marin chez les mollusques. C’est un aspect très important et qu’il ne faut jamais perdre de vue quand on évalue les risques de toxicité dus à la présence d’un polluant. Ainsi, les vers de compost, et plus particulièrement l’espèce Eisenia andrei, aident les écotoxicologues à mesurer les degrés de pollution des sols

Dégradent la matière organique mise à profit dans les filières de l’agronomie

A la station expérimentale de Guernevez (29), dans le cadre du programme « Porcherie verte », sur les conseils de la communauté scientifique, on a, avec succès, traité par lombrifiltration – élevage de vers de terre sur un support organique arrosé par un liquide chargé de matières organiques (eaux usées, lisier ou fumier de bâtiments d’élevage…) – du lisier et fumier porcin.

Certainement, surtout dans le contexte du développement de filières « non alimentaires ». L’évacuation rapide des déjections animales par un système de « chasse d’eau » permet une amélioration des élevages en bâtiment, grâce à la limitation des odeurs, des émissions d’ammoniac et des gaz à effet de serre. Cependant, pour être durable, le système doit recycler l’eau, être facile à gérer pour les éleveurs et ouvrir de nouvelles voies de valorisation des nutriments excrétés.
Ce procédé, développé avec la Chambre d’Agriculture du Finistère, le CNRS et d’autres partenaires (Universités de Rennes, Montpellier, Brest, Jiao Tong de Shanghai, Cemagref de Rennes, Agrocampus Ouest, Cirad avec des financements du Département du Finistère, de la Région Bretagne, de l’Europe et de l’Etat), conduit à : – produire des engrais organiques exportables, – incorporer des coproduits agro-forestiers, – réduire le besoin de surface d’épandage, – réduire l’émission d’ammoniac, de méthane et d’odeurs d’un élevage sur lisier conventionnel, – considérer les lombriciens comme un bioindicateur, simple à contrôler, de la stabilité du système, à défaut de les élever en vue d’une récolte.

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Solution contre la faim dans le monde?

Les vers sont également utilisés pour leur fort taux de protéine (70%) dans l’alimentation animale (poules et poissons notamment) et des études scientifiques sont en cours concernant l’alimentation humaine. Les vers pourraient bien répondre au problème crucial de la faim dans le monde et en particulier dans les pays en voie de développement. Les vers : prochaine source de protéines pour les humains ?

Et même lavent plus blanc que blanc!

Source : http://www.unesco.org/courier/1999_02/pdf/courrier.pdf

Pourquoi ne pas tirer de certaines des 1 800 espèces de vers de terre, comme les Eisenia foetida, les enzymes qu’ils fabriquent et qui viennent facilement à bout de taches de sang, de vin ou de terre?

 (Source : Libération, 12/06/2004) autre source :http://www.prodinra.inra.fr/prodinra/pinra/data/2009/02/PUB860600600171_20090226111856863.pdf

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Le prédateur du lombric

Posté par othoharmonie le 4 juillet 2015

 

 

imagesUn Plathelminthe (ver plat) terrestre, prédateur de lombrics (ver de terre), vient d’être détecté cet hiver dans trois localités françaises (Finistère, Alpes-Maritimes, Corse). Ce genre de ver n’existe pas naturellement en Europe. Dans les quelques pays où des espèces proches ont été récemment détectés, comme en Angleterre, on observe une quasi disparition de sa proie (les lombrics), causant des pertes agronomiques et des déséquilibres majeurs sur les milieux naturels. Son origine serait l’hémisphère sud, le plus probablement la Nouvelle-Zélande. 

Dans son aire de répartition naturelle, les lombrics ont développé des stratégies d’évitement qui leur permettent de se maintenir malgré ce prédateur. Mais en Europe, les lombrics ne sont pas préparés à cette menace. Or les lombrics sont des « espèces ingénieurs » : ils creusent des galeries qui aèrent le sol et permettent la circulation de l’eau, elles réassimilent la matière organique du sol, la rendant disponible et exploitable par les végétaux. L’impact de leur disparition, autant pour les systèmes agricoles que naturels, serait un désastre. Les lombrics sont par ailleurs considérés dans beaucoup d’écosystèmes comme la biomasse animale la plus importante. Ils sont donc une ressource déterminante dans les chaines alimentaires, permettant à de nombreux prédateurs naturels d’exister (insectes, oiseaux, mammifères, amphibiens…). Leur disparition pourrait provoquer la disparition de ces autres espèces. 

Le ver plat invasif est assez facile à reconnaître. Il est un peu aplati, noir avec deux vagues bandes dorées. Il arrive qu’on le rencontre en amas emmêlé. C’est un organisme d’apparence anodine, mais d’un impact majeur pour l’environnement. Il n’est pas venimeux, mais peut être toxique si on l’ingère (et ne peut donc se substituer au lombric dans la chaîne alimentaire).

Nous lançons donc un appel à témoin afin de réaliser une cartographie de son implantation. 

Si vous avez observé un tel animal, contactez le Professeur Jean-Lou JUSTINE.
Adresse courriel : jean-lou.justine@mnhn.fr

 

Voici une nouvelle et très grave menace qui pèse sur notre équilibre écologique.

Cette fois, c’est sous nos pieds, dans le sol de nos jardins, dans les pots de fleurs qu’elle se cache sous la forme de vers. Des plathelminthes terrestres invasifs viennent d’être découverts en France. Ce ver est originaire de Nouvelle-Zélande et est probablement arrivé en France dans des pots de fleurs, indirectement, via l’Angleterre victime de ce fléau depuis plusieurs années.

Car les plathelminthes terrestres invasifs sont de redoutables prédateurs qui dévorent nos vers de terres, les lombrics. Or, les lombrics sont un maillon essentiel de la biodiversité. Les chercheurs n’hésitent pas à parler de catastrophe écologique majeure… 

Il y a quelques temps, des élèves d’une école maternelle découvraient dans la cour de jeux plusieurs « bêtes », ressemblant à des reptiles d’une quarantaine de centimètres de long… Un spectacle qui fait froid dans le dos. 

téléchargementIl ne s’agissait pas de serpent mais de l’une des quatre espèces de Plathelminthe découvertes en France depuis quelques mois. Car, il y a six mois, personne ne savait que ce ver s’était installé en France.     Il a fallu la perspicacité d’entomologistes amateurs pour donner l’alerte. Le professeur Jean-Lou Justine du Muséum National d’histoire naturelle a rapidement ouvert une page web consacré à cet animal. Au fil des mois, les témoignages se sont multipliés, confirmant que les plathelminthes étaient bien installés en France, avec deux régions particulièrement touchées, la Bretagne et le midi.

Aujourd’hui les scientifiques ont acquis la conviction que les plathelminthes terrestres sont probablement présents sur tout le territoire national. Chez nous, ils n’ont ni prédateurs, ni parasites et peuvent donc se reproduire et se répandre sans limites. Le problème, c’est qu’au moins l’un des quatre espèces se nourrit de nos bons vieux vers de terre, les lombrics qui sont sans défense face à cet ennemi redoutable.

[…]

L’autre problème c’est le fait qu’on ne sait aujourd’hui presque rien sur ces vers, qui pourraient même être toxiques pour l’homme.

[…]

On a vraiment besoin du public et notamment des jardiniers amateurs. Ce sont eux qui ont les mains dans la terre, qui travaillent le sol et qui sont capables de les repérer… », insiste le professeur Justine.

Lire l’article en entier

 

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QUI EST LE VER DE TERRE

Posté par othoharmonie le 23 juin 2015

 

Pontoscolex_corethrurusLe ver de terre est un animal fouisseur qui contribue au mélange permanent des couches du sol.

Sa diversité spécifique et génétique, son activité et son écologie en font un acteur majeur dans la structuration et l’entretien des propriétés physiques des sols, dont leur capacité à retenir et épurer l’eau et dans la qualité du fonctionnement des agroécosystèmes.

La géodrilologie est la branche de la zoologie dont l’objet est l’étude des vers de terre.

 

Les vers de terre sont omniprésents dans les sols tropicaux ou tempérés (sauf quand ils sont très acides). Au sein de la diversité d’organismes peuplant le sol, ils représentent le groupe dont la biomasse est la plus importante. Leur diversité taxonomique est très importante (3 627 espèces lombriciennes recensées en 1994 ; estimées à 7 000, voire beaucoup plus, au total).

Leur présence varie selon les milieux. Ainsi on peut trouver 10 individus/m² dans une forêt d’épicéas tempérée, 30 individus/m² dans une prairie maigre, 250 individus/m² dans une forêt de feuillus ou un champ et jusqu’à 500 individus/m² dans un pâturage. L’épandage de fumier solide de bovin, dans une proportion de 50 tonnes à l’hectare par année, augmente le nombre de Lumbricus terrestris (anéciques) de près de 250 %, leur nombre dépassant 1000 individus/m², ce qui représente 5 tonnes de vers de terre à l’hectare4.

Des recensements montrent généralement que cette abondance est beaucoup plus réduite au sein des parcelles agricoles labourées et monoculturales ou en présence de pesticides. En effet, depuis un siècle, certains terrains sont passés de 2 tonnes de vers de terre à l’hectare à 50 kg ou moins.

Selon les sols, le climat et les espèces de lombrics, on estime entre 40 et 120 tonnes de turricules qui sont excrétés par an et par hectare, autrement dit toute la terre d’un jardin ou d’un champ passe dans le tube digestif des lombrics en une cinquantaine d’années.

Les vers de terre appartiennent au groupe cœlomate, tripoblastique protostomien, à la sous-classe des Oligochètes (littéralement : qui ont peu de poils), à l’ordre des Haplotaxida et au sous-ordre des Lumbricina.

Les caractéristiques de morphologie sont utilisées par les systématiciens pour classer les vers de terre. Ces caractéristiques sont : la position segmentale du clitellum sur le corps, la longueur du corps, sa forme (cylindrique ou aplatie), le nombre de segments corporels, le type et la position des soies, la description du prostomium, le péristomium, la position externe et la morphologie des orifices génitaux, le type de renflements glandulaires sur le clitellum.

Chaque segment est généralement garni de quatre paires de courtes soies sur la face ventrale (vers tempérés) ou d’une rangée de soies tout autour (nombreuses espèces tropicales). Ces soies ont des tailles et formes variées selon le mode de vie et de locomotion.
Les deux premiers segments et le dernier n’ont pas de soies et ont un rôle particulier : pointe pour le premier, bouche pour le deuxième et anus pour le dernier. Le premier segment est appelé prostomium  (tête réduite par évolution régressive), le second peristomium , et le dernier pygidium.

Du fait d’une respiration cutanée (les vers de terre ne possèdent pas de poumons), le corps doit rester humide pour permettre la respiration et éviter la déshydratation.
Certains vers de terre d’Amérique centrale et du Sud peuvent atteindre les 3 mètres.

Le ver de terre possède une chaîne nerveuse ventrale (hyponeurien), et un système circulatoire fermé.

Le système circulatoire comprend un gros vaisseau dorsal contractile où le sang est propulsé vers l’avant. Cinq à sept paires de cœurs latéraux reprennent le sang et l’envoient vers l’arrière dans un vaisseau ventral.

Le tube digestif est assez élaboré et comprend une bouche, un pharynx qui peut servir de ventouse pour tirer les aliments dans les galeries et de broyeur pour les triturer. Les aliments passent ensuite dans le jabot, reçoivent un apport de carbonate de calcium des glandes de Morren, passent dans le gésier qui continue le broyage et atteignent enfin l’intestin. C’est là qu’est produit le complexe argilo-humique. La forte activité microbienne de son tube digestif permet au lombric de consommer 20 à 30 fois son volume de terre quotidiennement.

La couleur du corps est le plus souvent du rose au marron, parfois irisé avec des reflets violets. Quelques espèces sont très colorées (orange ou turquoise, notamment chez certains Trigasterd’Amérique centrale).

Le ver de terre se déplace dans un mouvement péristaltique, par contractions asynchrones des muscles longitudinaux et circulaires des segments qui prennent appui sur les cavités cœlomiques. Ces déformations des segments de l’hydrosquelette permettent la mobilité de l’animal.

Il existe de très nombreuses espèces de lombrics réparties sur toute la surface du globe, les plus grands, tels que Megascolides australis ou Driloleirus macelfreshi vivent pour la plupart en zone tropicale.

En France, les espèces Lumbricus terrestris (ver de terre commun), Lumbricus rubellus ou Eisenia fetida (ver du fumier) sont les plus fréquentes.

Certaines espèces vivent dans le bois mort et la matière en décomposition. D’autres circulent dans le sol essentiellement horizontalement, et d’autres encore verticalement (ce sont celles qui laissent des turricules caractéristiques en surface).

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BIBLIOGRAPHIE DU LOMBRIC

Posté par othoharmonie le 19 juin 2015

 

  1. Darwin 1881
  2.   Pédofaune ou faune du sol 
  3.  Bustos-Obregon, E. and R. I. Goicochea (2002). « Pesticide soil contamination mainly affects earthworm male reproductive parameters. » Asian Journal of Andrology 4(3): 195-199.
  4.  Classification 
  5. Patrick Lavelle, « Les vers de terre, acteurs majeurs de la vie   » émission Continent sciences sur France Culture, 22 octobre 2012
  6.  L’incroyable histoire des vers de terre   INRA

800px-Lumbricus_terrestris
  UPMC Biologie, Programme du Séminaire de clôture du Projet ANR Jeune Chercheur « Edisp » ; Capacité de dispersion des vers de terre   14 & 15 juin 2012 ; avec ANR, campus de Jussieu

 

 

 

DES LIENSDescription de cette image, également commentée ci-après

 

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Caméléon sensible à la lumière et à la chaleur

Posté par othoharmonie le 14 juin 2015

 

 

FurciferPardalisMaleEn Europe, le caméléon commun habite les régions littorales dans les dunes et les forêts de pins ou d’eucalyptus. Très exposées au vent comme au soleil, les dunes subissent au cours de l’année des écarts de température allant de 10 à 30 °C. L’espèce ne semble pas souffrir du froid et vit jusqu’à 1 750 m dans l’Atlas, en Afrique du Nord, et jusqu’à 1 000 m dans les montagnes du Taurus, en Turquie. Selon le Français Robert Bourgat, l’amplitude, c’est-à-dire la variation de température au cours d’une journée, en Afrique du Nord atteint fréquemment 40 °C. On imagine par quelles couleurs de l’arc-en-ciel passe la robe du caméléon du matin jusqu’au soir avec de telles variations thermiques.

Tous les caméléons sont arboricoles, mais pas pour autant forestiers. Certains caméléons peuvent habiter, en Afrique du Nord, au Proche-Orient ou en Europe méridionale, des zones arides, voire désertiques, à végétation arbustive très espacée, comme c’est le cas par exemple de Chamaeleo chamaeleon ou deChamaeleo calytratus. À Madagascar, les nombreuses espèces présentes se répartissent dans des biotopes très variés allant du jardin urbain aux forêts caducifoliées (arbres à feuilles caduques) de l’Ouest, en passant par les étendues forestières d’altitude et celles des zones tropicales ou équatoriales humides. La place des caméléons dans ces écosystèmes est aussi variable que ces écosystèmes eux-mêmes, représentant des extrêmes, du désert brûlant et sec à la forêt humide et froide.

Sensibles à la lumière et à la chaleur

Les variations des teintes des caméléons ne relèvent pas du mimétisme comme on l’a cru longtemps.  Elles dépendent des réactions de l’animal, mais surtout des changements thermiques de son environnement et de l’intensité lumineuse qui influent sur le fonctionnement des chromatophores. Ainsi, dans l’obscurité ou la nuit, le caméléon commun « perd » toutes ses couleurs : lorsqu’il est au repos, il devient blanchâtre, livide. On connaît certains des facteurs intervenant dans ce phénomène spectaculaire de changement de couleur, et notamment la lumière. Par exemple, si l’on place l’une des faces du tronc d’un caméléon commun sous les rayons directs du soleil et que l’on cache l’autre face, on constate, après un quart d’heure, que la face ensoleillée a viré au brun sombre, alors que la face restée à l’ombre est devenue très pâle et tachetée de vert (cependant, si l’animal a froid, il devient entièrement sombre pour mieux capter les radiations solaires). Si l’ensemble du corps est soumis à la lumière, il devient uniformément brun sombre. Une autre expérience a montré que si l’on intercale un grillage entre l’animal et le soleil, l’ombre portée par les mailles va s’imprimer en jaune vif sur les flancs sombres ! Enfermé dans une boîte noire à une température de 25 °C, le caméléon prend une teinte vert brillant. Dans les mêmes conditions, mais à une température de 10 °C, sa peau tourne au gris terne.

Les autres lézards, proies ou rivaux ?

Les caméléons ont des relations un peu particulières avec les autres lézards, eux aussi insectivores. Dans certaines régions, comme en Afrique du Nord, seuls les caméléons sont arboricoles, ils n’entrent donc pas en compétition avec les lézards dans la recherche de leur alimentation. Mais ces derniers sont parfois la proie de certains grands caméléons qui n’hésitent pas à s’en nourrir, à l’occasion.

Des ennemis mal connus

Il semble que le plus grand nombre de prédations aient lieu lorsque les caméléons se déplacent maladroitement à terre, et qu’elles soient le fait d’espèces très diverses. Dans les arbres et les arbustes, où l’animal est nettement plus à l’aise, ce sont surtout des oiseaux diurnes que les caméléons doivent se protéger. Les serpents arboricoles sont également parfois susceptibles de s’approcher et de capturer un caméléon sur sa branche. Ainsi, en Europe, les deux principaux ennemis du caméléon commun sont un rapace, le busard cendré (Circus pygargus) et un reptile, la couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus).

Description de l'image Chameleon_in_Berenty_Madagascar_0001.JPG.Au moment de la mue, le caméléon est moins alerte et devient une proie plus facile. La mue a lieu 3 ou 4 fois par an, toute sa vie, quand l’animal est en bonne santé. Lorsque les conditions sont mauvaises et que l’animal est dénutri ou malade, il devient gris terne et sa mue, laborieuse, peut durer plusieurs mois.

Pendant la phase qui précède la mue, l’animal perd l’appétit et ralentit ses déplacements. La cornée s’opacifie, devient bleutée. Tout le corps prend bientôt une teinte bleuâtre sous l’effet de la lymphe, qui s’infiltre entre l’ancien épiderme et la nouvelle peau, formée de cellules peu kératinisées. Puis le vieil épiderme se détache par plaques depuis la commissure des lèvres jusqu’au dessous des pattes. Le caméléon, gêné par ces lambeaux de peau, se frotte contre des branches pour s’en débarrasser.

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La symbolique du caméléon

Posté par othoharmonie le 4 juin 2015

 

290px-Chameleo_parsoniiAnimal complexe aux caractéristiques physiques clairement distinctes, le caméléon a un côté solaire tout comme le serpent. A cet égard, il est le messager des dieux célestes, dont il est géographiquement proche, il est le bienveillant et le familier. Mais son mimétisme, qui lui permet de se fondre dans son environnement, en fait aussi un animal de l’ombre, invisible et dissimulateur. A la différence du serpent qui cherche le soleil, le caméléon est quant à lui un animal solaire qui aspire à rester dans l’ombre.

Une légende camerounaise illustre parfaitement cette ambivalence et cette grande modestie du caméléon. Dieu aurait à l’origine envoyé deux messagers, un lézard et un caméléon. Le lézard porterait aux hommes la nouvelle de la mort sans retour et le caméléon celle de la résurrection – le premier arrivé déterminant par là même le destin futur des êtres vivants. Mais le lézard trompa le caméléon, en lui recommandant d’aller lentement pour ne pas ébranler le monde sous le bruit de ses pas. Inquiet, docile, le caméléon ralentit sa marche et arriva bon dernier. Messager de la lumière, porteur de bonnes nouvelles, il est aussi celui dont l’humilité suscite la discrétion.

Le caméléon est affublé d’une queue préhensible, signe d’habileté ; son oeil mobile est tour à tour symbole de prudence et de savoir.

À cause de ses changements de couleur rapides et réversibles, le caméléon est très souvent pris en exemple pour décrire une attitude versatile. À sa capacité de camouflage est généralement associée une image d’opportuniste ! En effet, une rumeur populaire énonce qu’il est capable de prendre la couleur de n’importe quel support. Sa peau deviendrait donc strié vert-rose s’il est posé sur votre nappe rayé vert-rose ! Histoire enjolivée ou réalité ?

Le caméléon se meut littéralement, en mode ralenti. Au sens figuré la temporalité est abordée. Les processus de changement exigent de la patience, se passent régulièrement ou se produisent soudainement, durent plus ou moins longtemps et se font à un instant prématuré, propice ou trop tard.

Enfin, les peuples autochtones d’Afrique parlent de la sagesse du caméléon. De même, j’ai confiance en la sagesse des personnes en quête d’aide, qu’ils trouvent leur propre chemin.

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Le Caméléon sensible à la Lumière

Posté par othoharmonie le 23 mai 2015

 

En Europe, le caméléon commun habite les régions littorales dans les dunes et les forêts de pins ou d’eucalyptus. Très exposées au vent comme au soleil, les dunes subissent au cours de l’année des écarts de température allant de 10 à 30 °C. L’espèce ne semble pas souffrir du froid et vit jusqu’à 1 750 m dans l’Atlas, en Afrique du Nord, et jusqu’à 1 000 m dans les montagnes du Taurus, en Turquie. Selon le Français Robert Bourgat, l’amplitude, c’est-à-dire la variation de température au cours d’une journée, en Afrique du Nord atteint fréquemment 40 °C. On imagine par quelles couleurs de l’arc-en-ciel passe la robe du caméléon du matin jusqu’au soir avec de telles variations thermiques.

Tous les caméléons sont arboricoles, mais pas pour autant forestiers. Certains caméléons peuvent habiter, en Afrique du Nord, au Proche-Orient ou en Europe méridionale, des zones arides, voire désertiques, à végétation arbustive très espacée, comme c’est le cas par exemple de Chamaeleo chamaeleon ou deChamaeleo calytratus. À Madagascar, les nombreuses espèces présentes se répartissent dans des biotopes très variés allant du jardin urbain aux forêts caducifoliées (arbres à feuilles caduques) de l’Ouest, en passant par les étendues forestières d’altitude et celles des zones tropicales ou équatoriales humides. La place des caméléons dans ces écosystèmes est aussi variable que ces écosystèmes eux-mêmes, représentant des extrêmes, du désert brûlant et sec à la forêt humide et froide.

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Les variations des teintes des caméléons ne relèvent pas du mimétisme comme on l’a cru longtemps.  Elles dépendent des réactions de l’animal, mais surtout des changements thermiques de son environnement et de l’intensité lumineuse qui influent sur le fonctionnement des chromatophores. Ainsi, dans l’obscurité ou la nuit, le caméléon commun « perd » toutes ses couleurs : lorsqu’il est au repos, il devient blanchâtre, livide. On connaît certains des facteurs intervenant dans ce phénomène spectaculaire de changement de couleur, et notamment la lumière. Par exemple, si l’on place l’une des faces du tronc d’un caméléon commun sous les rayons directs du soleil et que l’on cache l’autre face, on constate, après un quart d’heure, que la face ensoleillée a viré au brun sombre, alors que la face restée à l’ombre est devenue très pâle et tachetée de vert (cependant, si l’animal a froid, il devient entièrement sombre pour mieux capter les radiations solaires). Si l’ensemble du corps est soumis à la lumière, il devient uniformément brun sombre. Une autre expérience a montré que si l’on intercale un grillage entre l’animal et le soleil, l’ombre portée par les mailles va s’imprimer en jaune vif sur les flancs sombres ! Enfermé dans une boîte noire à une température de 25 °C, le caméléon prend une teinte vert brillant. Dans les mêmes conditions, mais à une température de 10 °C, sa peau tourne au gris terne.

Les caméléons ont des relations un peu particulières avec les autres lézards, eux aussi insectivores. Dans certaines régions, comme en Afrique du Nord, seuls les caméléons sont arboricoles, ils n’entrent donc pas en compétition avec les lézards dans la recherche de leur alimentation. Mais ces derniers sont parfois la proie de certains grands caméléons qui n’hésitent pas à s’en nourrir, à l’occasion.

Il semble que le plus grand nombre de prédations aient lieu lorsque les caméléons se déplacent maladroitement à terre, et qu’elles soient le fait d’espèces très diverses. Dans les arbres et les arbustes, où l’animal est nettement plus à l’aise, ce sont surtout des oiseaux diurnes que les caméléons doivent se protéger. Les serpents arboricoles sont également parfois susceptibles de s’approcher et de capturer un caméléon sur sa branche. Ainsi, en Europe, les deux principaux ennemis du caméléon commun sont un rapace, le busard cendré (Circus pygargus) et un reptile, la couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus).

Description de cette image, également commentée ci-aprèsAu moment de la mue, le caméléon est moins alerte et devient une proie plus facile. La mue a lieu 3 ou 4 fois par an, toute sa vie, quand l’animal est en bonne santé. Lorsque les conditions sont mauvaises et que l’animal est dénutri ou malade, il devient gris terne et sa mue, laborieuse, peut durer plusieurs mois.

Pendant la phase qui précède la mue, l’animal perd l’appétit et ralentit ses déplacements. La cornée s’opacifie, devient bleutée. Tout le corps prend bientôt une teinte bleuâtre sous l’effet de la lymphe, qui s’infiltre entre l’ancien épiderme et la nouvelle peau, formée de cellules peu kératinisées. Puis le vieil épiderme se détache par plaques depuis la commissure des lèvres jusqu’au dessous des pattes. Le caméléon, gêné par ces lambeaux de peau, se frotte contre des branches pour s’en débarrasser.

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BIBLIOGRAPHIE DU CAMELEON

Posté par othoharmonie le 19 mai 2015

 

 

 Tom Harris, « How Animal Camouflage Works »  , How Stuff Works 

Emma Young (2008). Chameleons fine-tune camouflage to predator’s vision. New Scientist 

 Le plus petit caméléon au monde découvert près de Madagascar   sur le site MaxiSciences   

Reptarium Reptile Database,  

 Définitions lexicographiques   et étymologiques   de « Caméléon » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales

 

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Dieu-Singe et l’héritage indien

Posté par othoharmonie le 17 mai 2015

 

 

 KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERAHanuman, considéré comme un dieu célibataire, chargé de pouvoir et de force, Hanuman est sans conteste le dieu le plus dévoué à Rama. Parmi de nombreux récits à son sujet, une légende bien ancrée dans les têtes raconte que, dans sa jeunesse, en scrutant le soleil en train de se lever de bon matin, Hanuman pensait qu’il s’agissait d’un fruit mûr. Bondissant alors, comme à son habitude, il attrape le soleil et l’insère dans sa bouche. Mais de peur qu’il avale le soleil et que par conséquent le monde entier s’éteindrait, tous les dieux pour une fois unis le supplient de recracher l’astre lumineux : le dieu-singe se soumet et le monde est sauvé in extrémis comme il se doit. Autrefois comme de nos jours, ses pouvoirs magiques et de guérison sont invoqués lors des catastrophes ou en cas de maladie. Indiscutablement, Hanuman c’est d’abord un dieu « bon », à défaut d’être le bon dieu, toujours serviable et même corvéable à merci.

Adepte de la médecine des plantes, Hanuman soignait les bons blessés en même temps qu’il tuait les méchants démons. Doté de multiples dons et talents, Louis Frédéric rapporte qu’il était « réputé savant et un des premiers grammairiens, il est devenu un personnage familier et très vénéré du folklore indien. Son effigie est souvent représentée dans les lieux où l’on vénère Vishnu et Rama ». Parmi les diverses appellations qui lui sont habituellement attribuées, on peut mentionner celles de Marutputra (« fils des Marut »), d’Anili (fils d’Anila ») ou encore d’Anjaneya (« fils d’Anjana »). En Inde tout particulièrement, « Hanuman Jayanti » continue d’être une fête religieuse populaire, célébrant la date anniversaire de la naissance présumée du dieu-singe, il s’agit du jour de la pleine lune du mois de Chaitra (en mars-avril). Selon le Dictionnaire des mythes et symboles de Nadia Julien, fils de la reine des singes Anjana et du dieu du vent Vayu, Hanuman est également nommé comme étant celui « qui a de puissantes mâchoires », ainsi que le « grand héros » (Mahavira), le « sanctifié, purifié » (Pavana), ou le « fils du Vent » (Maruti). Armé d’une massue d’or, il est parfois représenté comme un singe vigoureux, au visage rougi et à la queue interminable, sans oublier son poitrail velu et couvert de tatouages de Sita et Rama.

Le singe est donc un sauvage et inversement. Un raccourci évidemment un peu court mais qui a fait couler beaucoup d’encre pour ceux qui passent leur temps – surtout à la fin du XIXe siècle et hélas encore jusqu’à nos jours pour certains exaltés de ladite « inégalité des races » – à quêter le chaînon manquant entre le singe et l’homme. Il est pourtant clair comme de l’eau de roche que le singe descend directement de l’arbre, l’homme descend clairement du singe, pendant que Dieu – s’il existe – ne fait qu’observer la scène en simple spectateur atterré…

Dans la tradition hindoue, Hanuman est à la fois le protecteur des primates, le gardien du lieu sinon du seuil pour les habitants, l’incarnation de la dévotion (bhakti) pour les ascètes, et même le symbole de la force guerrière pour les lutteurs et autres sportifs avides de victoires ! Avec la vache et le serpent, le singe est l’un des trois animaux les plus sacrés de l’hindouisme. Des autels et surtout des statues sont dédiés à Hanuman, dans les temples comme au bord des routes, en effet le dieu et néanmoins primate à longue queue est réputé pour préserver des accidents de circulation. Cela dit, en Inde comme à Bali, les macaques en liberté peuvent se montrer voraces voire rapaces, en tout cas dangereux dans certains cas. Ainsi, à New Delhi, des habitants ont été attaqués par une armée de singes guère pacifiques causant au passage de nombreux dégâts. Shimaj Vij rapporte ces faits qui ne datent pas d’hier semble-t-il : « En octobre 2007, Sawinder Singh Bajwa, qui était alors le maire adjoint, a trouvé la mort en tombant de sa terrasse alors qu’il tentait de repousser des singes. Ironie du sort, lors de l’élection qu’il avait remportée peu de temps auparavant, la ‘menace des singes’ avait été un des principaux thèmes de campagne »… La protection des habitants sous les bons auspices du dieu-singe Hanuman, mentionnée plus haut, peut donc parfois s’avérer toute relative. En fait, trop de singes tuent tout simplement l’harmonie sociale au sein des groupes de primates. Et à New Delhi, les autorités ont été contraintes de « construire » des sortes de « prisons » rien que pour les singes trop guerriers dont les évasions d’ailleurs restent une spécialité pour beaucoup d’entre eux, sans doute injustement incarcérés… Mais l’enfermement, pour les animaux comme pour les humains, n’a jamais été une bonne solution, cela se saurait.

Extrait du site : http://www.baliautrement.com/dieu_hanuman.htm

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Le singe sacré et l’homme

Posté par othoharmonie le 1 mai 2015

 

290px-Trachypithecus-geei-croppedEn Inde, les singes sacrés bénéficient d’une situation privilégiée, puisqu’ils y sont vénérés. Mais d’autres colobinés sont chassés pour leur viande, pour leur fourrure ou pour approvisionner la pharmacopée traditionnelle. Tous souffrent de la disparition accélérée de leurs forêts tropicales.

Comme beaucoup d’espèces, le singe sacré possède de nombreux noms vernaculaires ou très savants, selon les sources. En hindi, il se nomme hanuman, ou langur. Ce dernier nom est, d’ailleurs, parfois attribué très largement à toutes les espèces asiatiques de la sous-famille des colobinés. Les scientifiques, quant à eux, appellent parfois semnopithèques (du grec semnos, vénérable, et pithecos, singe) l’entelle commun ainsi que tous les représentants des genres Semonopithecus, Presbytis et Trachypithecus. Chez les Anglais, ces mêmes espèces de singes portent le nom éloquent de « mangeurs de feuilles » ou « singes des feuilles » (leaf monkeys). Le terme d’entelle vient pour sa part du grec et signifie « celui qui commande » ; c’était le nom d’un héros de l’Antiquité, guerrier troyen que chanta Virgile dans le livre V de l’Enéide.

La mythologie indienne fait de l’entelle le descendant du dieu-singe Hanuman. La célèbre épopée indienne du Ramayana raconte l’intervention d’Hanuman et de son peuple singe pour aider le prince Rama (incarnation de Vishnou) à libérer sa femme Sita, prisonnière de Ravana, le roi des démons, qui la retient captive à Lanka, une ville au-delà des mers. Pour ce faire, les singes ramassent des arbres et des rochers et les transportent jusqu’à la grève. En cinq jours, ils réussissent ainsi à construire un gigantesque pont sur l’océan, qu’ils empruntent avec Rama pour aller affronter victorieusement le roi des démons à la terrible bataille de Lanka. Cette tradition se retrouve à travers toute l’Inde et dans le Sud-Est asiatique, même loin de l’aire de répartition actuelle du singe sacré. Le combat de Rama et des singes contre le démon figure sur des bas-reliefs de nombreux temples, sur celui d’Angkor Vat, au Cambodge, et sur celui de Prambanan, à Java, en Indonésie, par exemple, de même qu’il est repris à Bali comme thème de danses.

Une autre légende explique la coloration contrastée du singe sacré. On raconte que c’est lui qui introduisit la mangue en Inde, après l’avoir volée à Lanka. Condamné au bûcher pour ce larcin mais s’étant échappé, il en a gardé la face, les mains et les pieds tout noirs.

Dans la littérature contemporaine, Rudyard Kipling fait de ces singes des héros du Livre de la jungle. On raconte aussi que le meilleur confiseur de Simla, ayant préparé un magnifique gâteau de noces, l’avait enfermé, en attendant le repas, dans une pièce dont la fenêtre était restée ouverte, face à la montagne. Quand on vint chercher le gâteau, les entelles faisaient la chaîne pour le sortir, morceau par morceau. Les miettes blanchirent le flanc de la montagne.

On dit encore que, pour jouer un très mauvais tour à son voisin, il suffit de jeter une poignée de grains sur son toit à l’époque de la mousson. Dès que les entelles ont repéré les grains, ils viennent les ramasser, n’hésitant pas à retourner et à jeter les tuiles pour ne rien laisser perdre.

En Inde, les entelles bénéficient du respect de la population hindoue et vivent dans l’enceinte des temples, où ils sont protégés et nourris. Mais, parfois, ils deviennent si familiers avec les hommes qu’ils n’hésitent pas à s’approcher des maisons pour y voler quelque chose ou pour piller les jardins et les récoltes. On raconte qu’au début du xxesiècle, une bande de singes qui avaient été transportés par charrette loin de l’endroit où ils étaient devenus indésirables étaient revenus tranquillement, en suivant à pied la charrette tout le long du chemin de retour !

 Description de cette image, également commentée ci-après

Les colobes africains ont vécu une époque très difficile au début du xxe siècle, lorsque la fourrure de colobe guéréza fit fureur en Europe. En fait, cette mode avait commencé dès la fin du xixe siècle, et ce sont des dizaines de milliers de peaux de colobes noir et blanc qui ont été exportées tous les ans pendant cette trop longue période. La fourrure servait de doublure pour des pelisses ou était utilisée pour confectionner de petits tapis.

Aujourd’hui, la chasse commerciale pour la fourrure a pratiquement cessé en Afrique, et les colobes guérézas sont, heureusement, passés de mode. Mais il y existe toujours une chasse locale, qui semble avoir un effet non négligeable dans l’ouest de l’aire de répartition de l’espèce.

Mais le colobe guéréza, comme les autres colobes, souffre aujourd’hui essentiellement de la disparition de son habitat (déforestation pour l’exploitation du bois, expansion des terres cultivées…).

Dans la forêt de Kyasanur

Dans la région de Mysore, au sud de l’Inde, les entelles et le macaque bonnet jouent un rôle important dans le cycle d’une maladie qui a commencé à faire parler d’elle en 1957. Dans la forêt de Kyasanur, ces singes, ainsi que de nombreux autres vertébrés, sauvages ou non (le bétail est lui aussi touché), peuvent être atteints par le virus de la maladie de la forêt de Kyasanur (genre Flavivirus). Ce virus, un arbovirus (pour Arthropode Born Virus, virus transmis par des arthropodes piqueurs comme les moustiques et les tiques) transmis par des tiques Haemaphysalis, provoque une fièvre hémorragique potentiellement mortelle chez les singes.

L’homme peut être touché par la maladie de la forêt de Kyasanur, mais il est un hôte occasionnel. Cependant, il a provoqué de façon indirecte, par son activité, une augmentation considérable de la prévalence de la maladie chez les animaux. Dans les années précédant la reconnaissance de cette maladie chez l’homme, la population a pratiquement doublé autour de la forêt. Les villageois ont déboisé de grandes surfaces et ont mené leurs bovins pâturer dans le sous-bois. Les zones déboisées ont été rapidement envahies par une plante d’origine américaine, la corbeille d’or, Lantana sp., qui pousse en fourrés denses, favorables à la prolifération de petits mammifères (musaraignes, rongeurs, etc.). La population de tiques vivant dans la région sur les petits mammifères et les bovins s’est donc fortement accrue. Les entelles et les macaques, descendant volontiers à terre, sont piqués par les tiques et contractent la maladie. Les mêmes tiques piquent également les forestiers, les ramasseurs de bois, les bergers. L’infection chez l’homme s’accompagne rarement des signes cliniques qui permettent de la déceler : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, perte d’appétit et de sommeil. La convalescence est longue et la mortalité atteint 5 % des cas cliniques. Les méthodes de prévention consistent à surveiller l’état de santé des populations d’entelles pour suivre le développement du virus et à encourager le port de vêtements protecteurs contre les piqûres de tiques par les personnes qui vont en forêt. Il existe un vaccin.

Mesures de protection

Les populations d’entelles sont toutes en déclin. L’entelle le plus menacé est Semnopithecus ajax, du nord-ouest de l’Inde ; ses effectifs sont estimés (2003) à moins de 500 individus, dont 250 adultes. Semnopithecus hypoleucos du sud-ouest de l’Inde est vulnérable, tandis que Semnopithecus priam, du sud de l’Inde et du Sri Lanka, et Semnopithecus hector, du nord de l’Inde, du Bhoutan et du Népal, sont quasi-menacés. Ces espèces souffrent de la déforestation intensive.

Le langur du Nilgiri, Trachypithecus johnii, dans l’ouest du massif des Ghats (sud-ouest de l’Inde), souffre de la fragmentation et de la disparition de son habitat, ainsi que de la chasse (sa peau est utilisée pour la fabrication de percussions, sa chair est consommée et sert en médecine traditionnelle – la pression exercée par celle-ci sur l’espèce diminue toutefois, résultat de campagnes de protection impliquant les communautés locales).

Plus à l’est, des pays tels que le Viêt Nam, aidés par des organismes internationaux comme l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), mettent en place des programmes de protection. Ce pays héberge plus de quinze espèces de primates, dont huit colobinés : un rhinopithèque ou singe doré, les trois espèces de doucs et quatre espèces du genre Trachypithecus. Mais les espèces sauvages du pays doivent faire face à une déforestation dramatique : en 1944, la forêt recouvrait encore 43 % du pays ; en 1993, elle ne représentait plus que 20 % de sa surface, voire moins. Parallèlement, la population humaine a considérablement augmenté. C’est dire la menace qui pèse sur les espèces sauvages en général, et les singes en particulier. Malgré cela, il existe au Viêt Nam une stratégie nationale de leur conservation.

En Chine, les projets de protection sont maintenant nombreux, et heureusement, car les singes y ont longtemps été chassés pour de prétendues propriétés médicinales, fort prisées dans la pharmacopée traditionnelle locale. Au sud du pays, la forêt tropicale humide de la province du Yunnan et la forêt subtropicale du Guangxi hébergent encore de nombreux primates, dont des entelles comme le langur de François,Trachypithecus francoisi (entre 1 400 et 1 650 individus sur son aire de répartition chinoise) et Trachypithecus phayrei. En-dehors de cette zones, les programmes les plus importants concernent les rhinopithèques ou singes dorés. La réserve de Fanjingshan abrite le rarissime et très menacé Rhinopithecus brelichi, dont ne subsistent qu’environ 750 individus (estimation 2005).

Rhinopithecus roxellana, le rhinopithèque de Roxellane, et Rhinopithecus bieti bénéficient de l’existence de plusieurs réserves sur leur aire de répartition. Parallèlement à la protection des habitats, indispensable pour la survie des écosystèmes, Rhinopithecus bieti fait l’objet d’un programme de reproduction en captivité.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsUn autre colobiné menacé est le nasique, Nasalis larvatus, endémique de l’île de Bornéo. Il est présent sur l’ensemble des entités politiques de l’île : le petit État de Brunei, les provinces malaises de Sabah et de Sarawak, les provinces indonésiennes de Kalimantan Timur, Kalimantan Tengah, Kalimantan Barat et Kalimantan Selatan. Dans la partie malaise, la quasi-totalité de la population de nasiques se trouve dans la province de Sarawak, et n’atteint pas 1 000 individus. Les nasiques sont plus nombreux dans la partie indonésienne. Sur toute l’île, les populations de nasiques décroissent et sont maintenant totalement isolées les unes des autres.

À l’échelle internationale, les colobinés sont protégés par la Convention de Washington (Cites) qui réglemente le commerce des espèces sauvages menacées ; ils y sont, selon les espèces, inscrits en Annexe I (toute chasse ou capture interdite) ou en Annexe II (prélèvements réglementés).

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LES CARACTERISTIQUES DU SINGE SACRE

Posté par othoharmonie le 30 avril 2015

 

 

 

1_txdam30243_9dd4e4L’entelle, ou singe sacré, a deux traits caractéristiques : des formes fines et élancées qui le différencient du macaque, nettement plus lourd, et une face noire aux yeux curieux entourée de poils blancs formant une sorte de cagoule à visière.

La longueur de ses membres montre sa parfaite adaptation à la vie arboricole. Il présente les caractéristiques du groupe des colobinés, à savoir des mains et des pieds relativement longs du fait d’un développement important des phalanges, et des pouces courts, surtout ceux de la main. Cette longue main permet de bonnes prises lors des déplacements dans les arbres.

Sur les grosses branches, les entelles se déplacent à quatre pattes, mais sur les rameaux plus fins, ils grimpent et font de l’escalade. Quand ils ne sautent ni ne courent, les entelles se reposent, assis. Il leur arrive de s’allonger sur le ventre ou sur le flanc, mais leur position habituelle est d’être assis sur les fesses, aussi bien pour manger que pour dormir. L’entelle a une callosité ischiale sur chaque fesse. Ces callosités sont contiguës chez le mâle, mais nettement séparées chez la femelle, contrairement à ce que l’on observe chez les babouins ou les macaques.

Les sens de l’entelle sont probablement proches de ceux de l’espèce humaine. La vision binoculaire bien développée permet une juste perception des distances, ce qui est essentiel lors des sauts d’arbre en arbre. L’ouïe est comparable à la nôtre. L’odorat n’est peut-être pas très utilisé, étant donné que la plupart des communications sont auditives et visuelles. Ce sens est néanmoins important à courte distance pour sélectionner l’alimentation, et dans les relations interindividuelles (mère-jeune et adultes entre eux).

Comme tous les colobinés, le singe sacré a un thorax assez large, mais, à la différence des autres membres de sa sous-famille, il n’a pas un très gros ventre et ce, malgré le fort développement de son estomac.

La longue queue de l’entelle a un diamètre quasi constant à tout âge et ne présente pas de touffe terminale, comme chez d’autres colobinés. Pendant les courses et les sauts, à terre comme dans les branches, elle lui sert de balancier ou de contrepoids. Quand il est assis sur une branche, sa queue, pendante, joue un rôle de stabilisateur en abaissant son centre de gravité. Chez les jeunes animaux, elle est, aussi, l’objet de nombreux jeux.

Si les paumes des mains et des pieds sont nues, le dessus est recouvert de fourrure nettement plus foncée que le reste du corps.

Sur le visage, de face, l’encadrement bien net des poils laisse le museau noir très dégagé. Comme chez tous les singes de l’Ancien Monde, les narines sont rapprochées. L’écartement des yeux, relativement grand, contribue à améliorer la vision binoculaire. La vision stéréoscopique est une acquisition des primates, liée à la vie arboricole. Comme chez tous les singes – à l’exception des espèces nocturnes (les douroucoulis d’Amérique du Sud, genre Aotus) –, la rétine est composée de cônes et de bâtonnets. Les cônes donnent une bonne acuité visuelle et la vision des couleurs. Les bâtonnets, plutôt situés en périphérie de la rétine, permettent une certaine vision dans la pénombre. Chez le singe sacré, la zone centrale de la rétine est ainsi composée de cellules en cônes avec la fovéa (point d’acuité visuelle maximum) placée en son centre.

 

Comme celle de l’homme, la dentition du singe sacré comporte 32 dents. Les canines des mâles sont nettement plus développées que celles des femelles et leur servent probablement lors des luttes ayant pour enjeu la domination des groupes de femelles et de jeunes. Les molaires et les prémolaires sont munies de pointes, ou cuspides. L’intérieur des molaires du haut et l’extérieur de celles du bas sont moins renforcés et moins convexes que chez les cercopithécinés (macaques, babouins…). Cette différence caractéristique est importante, surtout, pour reconnaître les primates fossiles. N’ayant pas à stocker de nourriture dans ses joues, le singe sacré n’a pas de poche jugale.

 

Les entelles, se rencontrent au Pakistan, en Inde, au Sri Lanka et au Bangladesh. Ils habitent aussi bien à près de 4 000 m d’altitude, dans les hautes vallées himalayennes du Cachemire, que dans les forêts tropicales côtières, en passant par des paysages relativement secs et ouverts du centre de l’Inde. Sur ce vaste domaine, ils côtoient nombre d’autres singes, tels que le macaque rhésus, Macaca mulatta, dans tout le nord de la péninsule indienne, le macaque bonnet, Macaca radiata, au sud de la rivière Godavari, le macaque à toque,Macaca sinica, au Sri Lanka, et le rare macaque à queue de lion, Macaca silenus, dans les forêts des Ghats occidentaux du sud de l’Inde. Mais, où qu’ils se trouvent, les entelles ne cohabitent généralement qu’avec une seule espèce de macaque. La concurrence entre eux est limitée du fait que les macaques sont nettement plus terrestres et plus omnivores que les entelles. Le menu du macaque rhésus, par exemple, contient 19 % de feuilles contre 54 % pour les entelles ; et 72 % de fruits et de graines contre 37 % pour les entelles. Les fleurs représentent respectivement 4 et 5 % dans le menu de l’une et l’autre espèces et les petites proies 2 % et 0 %. Leurs spectres alimentaires sont donc suffisamment différents pour que ces singes puissent cohabiter sans difficulté. On les voit même parfois se nourrir ensemble sur un arbre en pleine fructification.

imagesLe sud de l’Inde, montagneux et couvert de forêts humides, principalement sur la face occidentale des Ghats, héberge à la fois l’entelle Semnopithecus dussumieri, le langur du Nilgiri, Trachypithecus johnii, le macaque bonnet et le macaque à queue de lion. Ce dernier, plus arboricole que le macaque bonnet, consomme régulièrement des fruits (il laisse d’ailleurs la moitié des graines, favorisant ainsi la reproduction des arbres), mais il ne constitue pas une dangereuse concurrence car il reste à peine 1000 représentants de cette espèce. Le langur du Nilgiri, au pelage foncé, habite surtout les forêts d’altitude entre 900 et 2 000 m. Plus arboricole que le singe sacré, il affectionne les massifs forestiers humides ouverts aux vents de l’ouest, qui apportent la mousson, en juillet. Il mange beaucoup plus de feuilles (71 % de son régime) mais moins de fruits (17 %) et de graines (10 %) que celui-ci. Ce sont ces différences de régime alimentaire qui permettent à toutes ces espèces de cohabiter.

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LA VIE DES GORILLES

Posté par othoharmonie le 22 avril 2015

 

 

800px-Cross-river-gorillaLes gorilles habitent les forêts et sont actifs le jour. Tandis que les gorilles des pays plats préfèrent les forêts tropicales humides, les gorilles des montagnes vivent plutôt dans les forêts secondaires. Les gorilles des montagnes se tiennent la plupart du temps au sol. Les gorilles des pays plats grimpent souvent dans les arbres à la recherche de nourriture, même les mâles lourds montent fréquemment dans des arbres dont la hauteur peut atteindre vingt mètres. À terre, les gorilles marchent à quatre pattes en s’appuyant sur les phalanges de leurs mains et non sur les paumes comme d’autres singes plus franchement quadrupèdes. Chaque nuit, pour se reposer, ils construisent un nid de feuilles en à peine cinq minutes. Les gorilles de montagne ont leurs nids à terre la plupart du temps, les gorilles des pays plats dans les arbres.

Les gorilles vivent en groupe avec à leur tête un mâle adulte appelé « dos argenté ». La composition des groupes varie de deux à trente individus, la moyenne se situant entre 10 et 15. En général chaque groupe se compose d’un mâle adulte (mâle à dos d’argent), d’un ou de plusieurs mâles plus jeunes (mâles à dos noirs), de plusieurs femelles adultes (cinq à six) et de quelques petits. Lorsqu’il y a plusieurs mâles dans un groupe, seul le mâle dominant peut s’accoupler.

Le comportement des groupes est variable, les séparations temporaires pour la recherche de nourriture sont fréquentes. Contrairement à beaucoup d’autres genres de primates ce sont le plus souvent les femelles qui quittent le groupe pour en trouver un autre. Les groupes durent généralement longtemps, parfois surviennent des luttes entre mâles pour savoir qui dirigera le groupe. Si un nouveau mâle gagne, il tue la descendance du vaincu. On peut voir dans cet infanticide un profit biologique du fait que les femelles qui allaitent ne peuvent pas concevoir et, après la mort de leur petit, sont rapidement prêtes à copuler de nouveau.

L’instinct territorial est peu développé, plusieurs groupes cherchent leur nourriture aux mêmes endroits et s’évitent les uns les autres. Comme leur nourriture se compose surtout de feuilles, ils n’ont pas à aller bien loin pour la trouver, d’abord parce que les feuilles abondent, ensuite parce qu’elles sont peu nutritives, ce qui les oblige à de longues périodes de repos. Les gorilles connaissent toute une série de sons, des cris et de grognements qu’ils utilisent pour reconnaître les membres de leur groupe et les étrangers et aussi comme moyen d’intimidation. On connaît bien leur façon de se frapper la poitrine. On croyait autrefois ce comportement réservé aux mâles plus âgés, on le retrouve en fait chez tous. Il sert probablement à signaler sa position, ou il s’agit d’un rituel de bienvenue. Début 2009, l’une des plus vastes études jamais faites sur les grands singes, menée par des scientifiques de l’Université de Saint-Andrews en Écosse, indique l’existence d’un langage commun chez tous les gorilles basé sur 102 signes.

Les gorilles comme les chimpanzés utilisent des feuilles épineuses, riches en tanin pour se débarrasser des parasites intestinaux qui les gênent. Ils en avalent une quantité assez grande sans les mâcher, si bien qu’elles grattent les parois intestinales et en délogent les vers

 

Le gorille est après le bonobo et le chimpanzé, du point de vue génétique, l’animal le plus proche de l’humain. Cette parenté a été confirmée par les similitudes entre les chromosomes et les groupes sanguins. Le génome humain ne diffère que de 2 % de celui du gorille.

Redressés, les gorilles atteignent une taille de 1,70 mètre, mais ils sont en fait un peu plus grands car ils ont les genoux fléchis. L’envergure des bras dépasse la longueur du corps et peut atteindre 2,75 mètres.

Il existe une grande différence de masse entre les sexes : les femelles pèsent de 90 à 150 kilogrammes et les mâles jusqu’à 275. En captivité, particulièrement bien nourris, ils atteignent 350 kilogrammes.

Le pelage dépend du sexe et de l’âge. Chez les mâles les plus âgés se développe sur le dos une fourrure gris argenté, d’où leur nom de « dos argentés ». Le pelage des gorilles de montagne est particulièrement long et soyeux.

Comme tous les anthropoïdes, les gorilles sont dépourvus de queue. Leur anatomie est puissante, le visage et les oreilles sont glabres et ils présentent des torus supra-orbitaires marqués.

Longévité : 30 ans en milieu naturel, jusqu’à 50 ans en captivité ;

Durée de gestation : 250 à 270 jours ;

Longueur moyenne du pénis en érection : 5 cm ;

les gorilles, comme d’autres singes proches de l’homme possèdent des dermatoglyphes (équivalent des empreintes digitales), y compris sur les phalanges des mains qui sont des zones de contacts avec le sol quand le gorille marche sur les poings fermés ou à demi ouverts.

Leur aire de répartition se partage sur deux massifs forestiers géographiquement distants de quelque mille kilomètres, l’un est situé à l’est de l’Afrique centrale, l’autre à l’ouest de celle-ci.

640px-Susa_group,_mountain_gorillaLe bloc forestier ouest-africain abrite la sous-espèce la plus abondante (Gorilla gorilla gorilla ou waren). Sa population est estimée entre 40 000 et 80 000 individus, répartis sur le Cameroun, la Guinée équatoriale, le Gabon, le Congo-Brazzaville et la République centrafricaine. Une population relique (Gorilla gorilla diehli) de quelque 250 individus subsiste dans la partie sud du Nigeria à la frontière avec le Cameroun.

Le bloc est-africain abrite les deux autres sous-espèces. Les quelque 12 000 gorilles des plaines orientales (Gorilla beringei graueri) se répartissent en plusieurs populations isolées à l’est de l’actuelle République démocratique du Congo, dans des habitats variables allant des plaines aux forêts de haute altitude (jusqu’à 3 300 mètres). Les gorilles de montagne (Gorilla beringei beringei), dont il subsiste environ 600 individus, vivent dans la forêt de Bwindi en Ouganda.

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Les singes capucins

Posté par othoharmonie le 22 avril 2015

 

290px-Macaco-prego_Manduri_151207_15Les sapajous et capucins vivent en groupes multimâles-multifemelles de 3 à 40 individus avec un ratio de femelles d’autant plus élevé que la troupe est nombreuse. Les relations de dominance se révèlent moins « caricaturales » que chez les singes de l’Ancien Monde. Les femelles forment des coalitions entre elles, souvent chez le capucin à front blanc et le capucin à face blanche, plus rarement chez le sapajou des Guyanes. Les coalitions entre mâles s’avèrent moins fréquentes et le dominant y joue un rôle déterminant. Les relations intermâles diffèrent selon les espèces. Ainsi, les interactions sont-elles presque toujours dyadiques (entre deux sujets) et agressives chez le sapajou des Guyanes, polyadiques (coalitions entre plusieurs sujets) et agressives chez le capucin à face blanche, franchement polyadiques et relativement tolérantes (sauf pendant la reproduction) chez le capucin à front blanc. Il existe d’importantes variations de tendance entre populations d’une même espèce et même entre groupes d’une même population. Cela appelle une réflexion : les généralisations comportementales, et même les généralités tout court, s’appliquent avec un « succès » modéré aux primates, êtres évolués dont l’histoire personnelle et la trajectoire psychologique ne peuvent se résumer dans des statistiques.

C’est la femelle qui fait des avances au mâle. Cette cour assidue peut se prolonger trois heures durant, sans interruption. On voit que la femelle, loin d’être passive, se montre particulièrement entreprenante, c’est pourquoi l’on parle aujourd’hui, pour un certain nombre de primates comme les capucins et l’orang-outan, non plus de réceptivité (terme classique) pour les femelles en chaleur mais de proceptivité (terme inventé par Franck Beach) afin de mettre en évidence leur attitude active et sélective.

Lors d’une expérience réalisée en captivité sur des sapajous, Frans B. M. de Waal et Michelle L. Berger, deux chercheurs de l’université d’Emory à Atlanta (Géorgie), sont parvenus à démontrer que ces primates ne rechignent pas à coopérer même s’ils savent qu’ils ne seront pas tous récompensés. En retour, la coordination mutuelle de leurs efforts débouche sur un partage spontané des ressources plus fréquent que lorsque le primate agit seul.

Dans cette expérience, un couple de sapajous est installé dans une boîte et les individus séparés par une cloison maillée. Devant chacun d’eux un bol transparent est disposé sur un plateau, un seul bol contenant des quartiers de pommes. Le plateau est suffisamment lourd pour ne pouvoir être ramené que grâce à la force conjointe de la paire. Après avoir uni leurs efforts pour tirer vers eux le plateau, l’unique primate récompensé partage volontiers ses bouts de pomme à travers la cloison alors qu’il aurait la possibilité physique de ne pas le faire. Lorsqu’un seul sapajou est mis à contribution pour ramener le plateau, il se montre moins enclin à partager. Ainsi, l’aide stimule-t-elle le partage et le partage stimule-t-il l’aide.

Dans la nature, les sapajous manient des outils (enclume, ramille, branche). Dorothy Fragaszy, dans le Nordeste brésilien, a observé des sapajous écalatant des noix sur des enclumes naturelles (pierres effleurantes) à l’aide de pierres (sélectionnées et préférées) pesant la moitié de leur poids et soulevées par-dessus tête. Ailleurs, un vieux mâle trop édenté pour casser des noix du Brésil, utilisa un gros os. Sue Boinski a observé un capucin à face blanche achever un serpent venimeux à l’aide d’une grosse branche, le reptile ayant été frappé une cinquantaine de fois ! Au sein d’une troupe de 21 capucins à face blanche du Panama (variété imitator) évoluant dans le parc national de Santa Rosa au Costa Rica, Suzanne Chevalier-Skolnikoff a observé que leur taux de recours à un outil est comparable à celui des grands singes, chimpanzé excepté. Ils utilisent des branches ou des bâtons pour se frapper mutuellement, atteindre d’autres espèces comme les pécaris, les coatis et les intrus (l’observatrice elle-même !) ou s’en servent comme sonde alimentaire. En captivité, le capucin apprend à se servir habilement d’un marteau, emploie un bâton pour récupérer des aliments hors de sa cage, monte sur une caisse et crée des empilements pour s’emparer d’un objet haut placé. Toujours en captivité, une femelle prénommée Alice a été surprise en train de nettoyer sa blessure à l’aide d’un petit morceau de bois : elle plongeait son outil dans une fiole remplie de sirop mise à sa disposition lors d’une expérience précédente et appliquait le liquide sur la plaie. Une autre fois, alors que son petit avait été blessé à la tête, Alice avait brisé un morceau de bois puis mâchonné son extrémité avant de gratter l’écorchure et de nettoyer la plaie.

Encore plus fort, Antonio Christian de A. Moura a observé en 2006 dans le PN de la Serra da Capivara une population sauvage de sapajous à barbe (C. (S.) libidinosus) frappant des pierres contre des substrats afin d’effrayer les prédateurs, un comportement unique à six groupes et transmis culturellement.

Sapajous et capucins sont omniprésents en Amérique centrale et du Sud sur environ 12 millions de km², depuis le Belize jusqu’au nord de l’Argentine et de la Bolivie, occupant l’ensemble des régions tropicales et subtropicales à leur disposition, du niveau de la mer à plus de 2 500 mètres d’altitude, aussi bien dans les forêts pluvieuses ou sèches, dans les marécages ou les mangroves. Seuls l’Uruguay et le Chili ont résisté aux envahisseurs. Avec les hurleurs, ils ont la distribution la plus étendue sur ce continent. Mais si les hurleurs se sont largement répandus grâce à un régime plus ou moins folivore, la réussite des sapajous et capucins tient à leur éclectisme alimentaire. Toutefois, grâce à sa mâchoire plus grande et plus épaisse et ses canines plus larges, seul le sapajou a accès aux fruits à péricarpe coriace, comme ceux de certains palmiers, que sont incapables d’éclater les capucins. Ce « plus » morphologique confère au sapajou la capacité d’explorer des régions inhospitalières et constitue l’un des points clés de son succès radiatif. Alors que les capucins sont restreints à la forêt amazonienne (et à une petite partie de l’Amérique centrale), les sapajous ont conquis tout le continent sud-américain jusqu’à 30°S.

290px-Tufted_CapuchinLe genre Cebus est l’unique représentant de la sous-famille des Cebinae, bien que certains auteurs aient proposé d’y inclure les saïmiris sous forme d’une tribu.

La taxinomie des différentes espèces est source de nombreux débats parmi les spécialistes, notamment en raison de la grande variabilité individuelle du pelage qui présente une « infinité » de nuances de marrons. La plupart des auteurs s’accordent pour différencier deux groupes d’espèce, les capucins « à touffes » et les capucins « sans touffes », d’après la division effectuée par le zoologue Daniel Giraud Elliot en 1913. Les premiers se distinguent des seconds par la présence d’une crête sommitale chez les mâles et de deux touffes latérales sur le haut de la tête, plus ou moins imposantes et qui prennent parfois l’apparence d’une houppe centrale. Comme certaines espèces du groupe des capucins « à touffes » en sont en réalité dépourvus (par exemple Cebus xanthosternos), on préfère parfois parler de « capucins robustes » (groupe « à touffes » ) et de « capucins graciles » (groupe « sans touffes » ). En 2001, le primatologue brésilien José de Sousa e Silva Jr. a révisé la classification des capucins à partir de l’étude de plus de trois mille spécimens morts ou vivants et a proposé de regrouper les capucins « à touffes » dans leur propre sous-genre : Cebus (Sapajus) - Kerr, 1792.

La division en espèces et en sous-espèces est par contre loin d’être consensuelle. Silva Jr. reconnaît ainsi sept espèces de « capucins robustes », alors que le primatologue Colin Groves n’en distingue que quatre. Ce dernier se base sur les variations de couleur du pelage et la forme de la houppe chez les mâles. De plus, le Sapajou fauve (Cebus flavius), qui avait été décrit au xviiie siècle, a été redécouvert en 2006 dans le Nord-Est du Brésil, au bord de l’extinction.

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LE MILIEU NATUREL DES CHIMPANZES

Posté par othoharmonie le 13 avril 2015

 

 

290px-Bonobo1_CincinnatiZooL’aire de répartition du chimpanzé diminue. Il y a une cinquantaine d’années, on en trouvait partout, de l’ouest à l’est, du Sénégal à la Tanzanie. Mais la forêt tropicale est en régression : l’homme étend sans cesse son territoire, détruisant la forêt sur son passage, si bien que, n’ayant plus d’habitat, le chimpanzé disparaît. Si l’on parle strictement en terme de surface, Pan troglodytes troglodytes et P. troglodytes schweinfurthi ont été peu touchés en Afrique centrale et de l’Est. Mais leur terrain est tout de même diminué de tous les côtés, surtout aux limites est et nord. À l’est, il n’y en a plus au Rwanda, ni au Burundi, de moins en moins en République centrafricaine, au Soudan et en Ouganda. Il n’y en a presque plus en Tanzanie. Il n’y a qu’en République démocratique du Congo, au Gabon, en Guinée-Équatoriale et au Cameroun qu’on en trouve encore en abondance. P. troglodytes verus, à l’ouest, est dans une situation critique. S’il vit encore dans neuf pays africains, il est devenu très rare et proche de l’extinction au Burkina Faso, au Ghana, en Guinée-Bissau et au Sénégal, et a disparu à l’état sauvage au Togo et en Gambie. Peut-être déjà éteinte au Bénin, l’espèce survit pour l’essentiel en Côte d’Ivoire, au Liberia, en Sierra Leone et au Mali.

P. t. vellerosus est la sous-espèce la plus menacée avec ses faibles effectifs estimés à moins de 6 500 individus et a le plus souffert de la réduction de son habitat. Si elle est à l’abri dans le Parc national de Gashaka-Gumti, au Nigeria, elle est souvent victime du braconnage dans les zones où elle n’est pas protégée.

La première cause de sa raréfaction est la déforestation : devant la montée démographique, de plus en plus de terres sont défrichées pour l’agriculture, les pâturages, les plantations industrielles, l’extraction minière ou la construction de routes. Les arbres sont coupés, pour fournir du bois précieux, de la pâte à papier ou simplement du combustible, qui est une source d’énergie bon marché pour beaucoup de populations pauvres. On estime que l’Afrique occidentale et centrale a perdu plus de 80 % de sa forêt originelle. Les forêts des extrémités est et ouest du continent ne sont déjà presque plus que des souvenirs. Dans les années à venir,  il ne restera qu’un seul bloc forestier important en Afrique tropicale : le bassin du fleuve Congo, où habite le bonobo. À la déforestation, il faut ajouter le braconnage, encore assez répandu, en vue de la capture de petits vivants et pour la viande vendue sur certains marchés. Enfin, le chimpanzé succombe également aux maladies infectieuses qu’il peut contracter par les contacts de plus en plus fréquents avec les hommes et leurs déchets, et a été atteint de plein fouet dans certaines régions par la fièvre hémorragique due au virus Ebola. Au cœur de la République démocratique du Congo, l’espace limité du bonobo, lui, s’est peu réduit de volume, sauf au sud. Mais le bonobo est tout de même en déclin dans de nombreuses localités. Il n’y a qu’au nord qu’on le trouve encore en abondance. Il reste, à l’état sauvage, entre 30 000 et 50 000 bonobos, et entre 172 700 et 299 700 chimpanzés communs (2003), selon des estimations à prendre toutefois avec précaution. Les deux espèces de chimpanzés sont menacées. Elles figurent dans la classe A des espèces totalement protégées prévue en annexe de l’African Convention on the Conservationof Nature and Natural Resources signée en 1968 par 40 États et ratifiée par 30 d’entre eux, dont le Cameroun, la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire, le Congo, le Gabon, le Kenya, le Ghana, le Liberia, le Mali, le Mozambique, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, la Tanzanie, l’Ouganda, le Togo et la Zambie. Les chimpanzés sont également inscrits à l’annexe I de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction) et classés dans la catégorie « en danger » par l’U.I.C.N. (Union internationale pour la conservation de la nature) depuis 2007. En danger d’extinction, ils bénéficient d’une protection totale, que ce soit vis-à-vis de la chasse, de la capture, ou pour toute autre utilisation commerciale.

Le chimpanzé disperse les graines

Le chimpanzé commun, on l’a vu, occupe des habitats variés, allant de la savane buissonnante à la forêt dense humide. Le climat le plus sec qu’il fréquente se trouve aux limites nord et est de sa zone de répartition. Il vit alors dans une savane plus ou moins riche en arbres. Ailleurs, dans les régions plus arrosées, il occupe tous les types de forêts, que celles-ci soient primaires (vierges), dégradées – à tous les stades d’évolution – ou inondées. Sa préférence va à la forêt secondaire, c’est-à-dire celle qui a repoussé après avoir été coupée. On le trouve aussi sur tous les types de relief, du bord de la mer jusqu’à 3 000 m d’altitude à la frontière  ougando-congolaise, sur le mont Ruwenzori.

Le bonobo, lui, est un animal exclusivement forestier et qui ne fréquente que les plaines. Mais, comme l’autre espèce, il occupe divers types de forêts – forêts primaires, ou forêts secondaires à sous-bois dense ou saisonnièrement inondées. Lui aussi marque une nette préférence pour les forêts secondaires.

Comme les deux espèces se nourrissent essentiellement de fruits, les chimpanzés jouent un rôle important dans la dissémination des graines. Au Gabon, dans les années 70, les chercheurs français Annette et Marcel Hladik ont recense près de 150 espèces végétales dont les fruits, feuilles ou fleurs étaient mangés par les chimpanzés ; un tiers étaient des lianes. Ils ont donc un rôle négatif sur la végétation, puisqu’ils prélèvent des quantités non négligeables de graines et de jeunes pousses, mais ils le compensent car ils avalent les graines des fruits, puis, allant un peu plus loin, les libèrent dans leurs fèces. Ils contribuent ainsi à la dispersion des plantes dont ils se nourrissent, participent au renouvellement de la forêt et au maintien de la diversité chez les végétaux. Toutefois, l’action du chimpanzé n’a pas été étudiée assez en détail pour savoir si, au bout du compte, il rend plus de services qu’il ne cause de dommages : on ne sait pas, par exemple, si, comme l’éléphant, il est indispensable à certaines plantes dont les graines, sans lui, ne pourraient être disséminées…

LE MILIEU NATUREL DES CHIMPANZES dans SINGEÀ l’occasion, le chimpanzé est aussi un prédateur de petits vertébrés. Il est capable alors de piller des nids d’oiseaux ou de capturer de petites antilopes, des jeunes rongeurs ou des petits d’autres singes, comme le babouin.

Les proies sont le plus souvent attrapées par surprise, par des individus isolés. En général, il n’y a pas de technique de chasse précise, ni de collaboration entre deux ou plusieurs chimpanzés pour attraper une proie. C’est plutôt le hasard qui détermine la proie : ainsi, le jeune babouin, le colobe ou le cercopithèque (un singe à longue queue) est attaqué lorsqu’il se déplace ou se nourrit dans les arbres fruitiers, au cours d’une rencontre inopinée avec un chimpanzé.

Le chimpanzé peut également se comporter en parasite. Au Gombe, en forêt de Tanzanie, où travaille la célèbre primatologue Jane Goodall, la forêt est mélangée à la savane. Chimpanzés et babouins y cohabitent en bon voisinage. Les chercheurs ont vu des chimpanzés voler leur proie à des babouins. À la grande surprise des scientifiques, les babouins ne réagissaient pas, alors qu’ils ont des canines capables de tenir en respect une panthère. Ni les vols, ni les meurtres n’empêchent les jeunes babouins et les jeunes chimpanzés de jouer ensemble.

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A la conquête du Perroquet et du Lion

Posté par othoharmonie le 7 avril 2015

 

 

620717550_982390Il était une fois une bande de perroquets qui vivait dans la forêt. Tôt le matin, ils allaient manger des épis de maïs à la ferme, et l’après-midi ils mangeaient des oranges. Ils faisaient un grand remue-ménage avec leurs cris et plaçaient toujours un perroquet en sentinelle dans les plus grands arbres pour voir si quelqu’un venait. 

Les perroquets sont aussi nuisibles que les sauterelles, car ils ouvrent pour les picorer les épis de maïs, lesquels, ensuite, pourrissent à la pluie. Et comme, d’autre part, les perroquets sont bons à manger en ragoût, les ouvriers agricoles les chassaient au fusil. Un jour, un homme fit tomber d’un coup de fusil un perroquet sentinelle ; celui-ci, blessé, se débattit un bon moment avant de se laisser capturer. L’ouvrier le porta à la maison, pour les enfants du patron ; les garçons le soignèrent, car il n’avait qu’une aile brisée. 

Le perroquet guérit très bien et s’apprivoisa complètement. On l’appela Pedrito. Il apprit à donner la patte ; il aimait se tenir sur l’épaule des gens et leur chatouillait les oreilles avec son bec. Il vivait en liberté et passait presque toutes ses journées dans les orangers et les eucalyptus du jardin. Il aimait également se moquer des poules. À quatre ou cinq heures de l’après-midi, l’heure à laquelle on prenait le thé à la maison, le perroquet entrait lui aussi dans la salle à manger, se hissait à l’aide de son bec et de ses pattes sur la nappe et mangeait du pain trempé dans du lait. Il raffolait du thé au lait. 

Pedrito passait tant de temps avec les garçons, et les gosses lui disaient tant de choses, que le perroquet apprit à parler. 

Il disait : « Bonjour, petit perroquet !… Elle est bonne la soupe !… De la soupe pour Pedrito !… »

Il disait d’autres choses que l’on ne peut répéter, car les perroquets, comme les enfants, apprennent avec beaucoup de facilité les gros mots. Quand il pleuvait, Pedrito hérissait ses plumes et se racontait tout bas tout un tas de choses. 

Quand le temps s’améliorait, il volait alors en criant comme un fou. Il était, on le voit, un perroquet bien heureux qui, en plus d’être libre, comme le désirent tous les oiseaux, prenait aussi, comme les gens riches, son five o’clock tea. Or, voici ce qui arriva au milieu de ce bonheur : après une après-midi de pluie qui faisait suite à cinq jours de tempête, le soleil sortit enfin et Pedrito se mit à voler en criant :

« Quelle belle journée, petit perroquet ! Elle est bonne la soupe !… Donne la patte, Pedrito ! » 

Il s’envola loin, jusqu’à ce qu’il vit, en contrebas, tout en bas, la rivière Paraná, qui ressemblait à un large et lointain ruban blanc. Il continua et continua de voler ; enfin, il se percha sur un arbre pour se reposer. Et voilà que rapidement, il vit briller au sol, à travers les branches, deux lumières vertes, comme d’énormes vers luisants. 

« Qu’est-ce donc ? se demanda la perroquet. Elle est bonne la soupe ! Qu’est-ce que c’est ? Bonjour Pedrito !… » 

Le perroquet parlait toujours ainsi, comme tous les perroquets, en faisant des phrases sans queue ni tête, et parfois il était difficile de le comprendre. Comme il était très curieux, il descendit de branche en branche pour se rapprocher. Il vit alors que les deux lumières vertes étaient les yeux d’un tigre, qui s’était accroupi et le regardait fixement. Mais Pedrito était tellement heureux de la belle journée qu’il n’eut pas peur du tout. « Bonjour, Tigre ! dit-il. Donne-la patte, Pedrito ! » 

Et le tigre, avec sa voix terriblement rauque, lui répondit : « – Bon-jour !

– Bonjour Tigre ! Elle est bonne la soupe !… Elle est bonne la soupe !… Elle est bonne la soupe !… » 

 Et il répéta de nombreuses de fois « Elle est bonne la soupe !… » parce qu’il était quatre heures de l’après-midi et qu’il avait très envie de prendre du thé au lait. Le perroquet avait oublié que les animaux sauvages ne prennent pas de thé au lait, c’est pourquoi il invita le tigre. « Il est bon, le thé au lait ! lui dit-il. Bonjour Pedrito ! Tu veux prendre du thé au lait avec moi, ami tigre ? » Mais le tigre se mit en colère car il crut que le perroquet se moquait de lui et, de plus, comme il avait faim lui aussi, il eut envie de dévorer le perroquet bavard. Il lui répondit donc :

  « Bon-jour ! Ap-pro-che-toi un peu car je suis sourd ! Le tigre n’était pas sourd. Ce qu’il voulait, c’était que Pedrito se rapproche assez pour l’attraper d’un coup de patte. Mais le perroquet ne pensait qu’au plaisir qu’auraient les gens de la maison lorsqu’il se présenterait pour prendre le thé avec ce magnifique ami. Et il vola jusqu’à une autre branche, plus proche du sol. 

« Elle est bonne la soupe, à la maison ! répéta-t-il en criant aussi fort qu’il pouvait. – Plus près ! Je n’en-tends pas ! » répondit le tigre de sa voix rauque. Le perroquet se rapprocha un peu plus et dit : « Il est bon, le thé au lait ! – Rap-pro-che-toi en-co-re ! » répéta le tigre. Le pauvre perroquet se rapprocha encore et, à cet instant, le tigre fit un terrible saut, aussi haut qu’une maison, et atteignit Pedrito avec l’extrémité de ses griffes. 

Il n’était pas parvenu à le tuer, mais lui avait arraché toutes les plumes du dos et la queue entière. Il ne restait plus à Pedrito une seule plume sur la queue. « Attrape ! rugit le tigre. Va donc prendre ton thé au lait ! » Le perroquet, hurlant de douleur et de peur, s’envola ; mais il ne pouvait pas bien voler, car il lui manquait la queue, qui est le gouvernail des oiseaux. Il volait en titubant d’un côté ou de l’autre, et tous les oiseaux qui le rencontraient s’éloignaient, effrayés, de cette étrange bestiole. Enfin il put parvenir à la maison, et la première chose qu’il fit fut de se regarder dans le miroir de la cuisinière. 

Pauvre Pedrito ! C’était l’oiseau le plus bizarre et le plus laid que l’on puisse imaginer, tout déplumé, sans queue et tremblant de froid. Comment pourrait-il se présenter dans la salle à manger dans un tel état ? Il vola alors jusqu’au creux qu’il y avait dans le tronc un eucalyptus, et qui formait une sorte de grotte, et se cacha dans le fond, grelottant de froid et de honte. Pendant ce temps, dans la salle à manger, tous s’étonnaient de son absence : « Où peut bien être Pedrito ? disaient-ils. Et ils appelaient : « Pedrito ! Elle est bonne, la soupe, Pedrito ! Thé au lait, Pedrito ! » Mais Pedrito ne sortait pas de sa grotte, ni ne répondait, muet et immobile. Ils le cherchèrent partout, mais le perroquet ne se montra pas. Tous crurent alors que Pedrito était mort, et les garçons fondirent en larmes. Chaque après-midi, à l’heure du thé, ils se souvenaient toujours du perroquet et se rappelaient aussi combien il aimait manger du pain trempé dans du thé au lait. Pauvre Pedrito ! Ils ne le reverraient plus parce qu’il était mort. 

Mais Pedrito n’était pas mort, seulement il restait dans sa grotte, sans se laisser voir par personne, parce qu’il éprouvait beaucoup de honte à se voir pelé comme une souris. La nuit, il descendait pour manger et remontait aussitôt. À l’aube, il descendait de nouveau, sur la pointe des pattes, et allait se regarder dans le miroir de la cuisinière, toujours très triste car les plumes tardaient beaucoup à repousser. Enfin, un beau jour, par une après-midi où la famille était assise à table, à l’heure du thé, elle vit entrer un Pedrito très calme, qui se dandinait comme si rien ne s’était passé. Tous crurent mourir, mourir de plaisir quand ils le virent bien vivant et avec de très belles plumes. 

ZsXME« Pedrito, petit perroquet ! lui disaient-ils. Que t’est-il arrivé, Pedrito ? Comme il a des plumes brillantes, le petit perroquet ! » Mais ils ignoraient que c’étaient de nouvelles plumes et Pedrito, très sérieux, ne pipait mot. Il ne fit rien d’autre que de manger du pain trempé dans du thé au lait. Mais pour ce qui est de parler, pas un seul mot. Aussi le maître de maison fut-il très étonné quand, le matin suivant, le perroquet s’envola et se percha sur son épaule en bavardant comme un fou. En deux minutes, il lui raconta ce qui lui était arrivé : une promenade au Paraguay, sa rencontre avec le tigre et le reste ; et il ponctuait chacun de ses épisodes en chantant : « Pas une plume sur la queue de Pedrito ! Pas une plume ! Pas une plume ! » 

Et il l’invita à aller à la chasse au tigre avec lui. Le maître de maison, qui était justement sur le point d’acheter une peau de tigre dont il avait besoin pour la mettre devant le poêle, fut très content de pouvoir l’obtenir gratuitement. Il retourna à la maison prendre son fusil de chasse, et entreprit avec Pedrito le voyage au Paraguay. Ils convinrent que lorsque Pedrito verrait le tigre, il le distrairait en bavardant pour que l’homme puisse s’approcher tout doucement avec son fusil de chasse. Et il en fut ainsi. Le perroquet, posé sur une branche de l’arbre, bavardait et bavardait, en regardant en même temps de tous côtés, pour voir s’il apercevait le tigre. Enfin il entendit un bruit de branches cassées et vit soudain au pied de l’arbre deux lumières vertes qui le fixaient : c’étaient les yeux du tigre.

Alors, le perroquet se mit à crier : « Belle journée ! Elle est bonne, la soupe !… Bon thé au lait ! Veux-tu du thé au lait ? » 

Le tigre, très en colère après avoir reconnu le perroquet déplumé qu’il croyait avoir tué et qui avait de nouveau de très belles plumes, jura que cette fois celui-ci ne lui échapperai pas. Ses yeux étincelèrent de colère quand il répondit de sa voix rauque : « Ap-pro-che-toi plus ! Je suis sourd ! » Le perroquet vola jusqu’à une branche plus proche, toujours en bavardant : « Bon, le pain au lait !… 

IL EST AU PIED DE CET ARBRE !… » 

En entendant ces derniers mots, le tigre rugit et se leva d’un bond : « À qui parles-tu ? mugit-il. À qui as-tu dit que je suis au pied de cet arbre ? – À personne, à personne !… cria le perroquet. Bonjour Pedrito ! Donne la patte, petit perroquet ! » Et il continua à bavarder en sautant de branche en branche et en s’approchant. Mais il avait dit “Il est au pied de cet arbre” pour avertir l’homme, qui s’était approché et soigneusement accroupi, avec le fusil de chasse sur l’épaule. Arriva un moment où le perroquet ne put plus s’approcher plus, parce que sinon il tomberait dans la gueule du tigre, alors il cria : « Elle est bonne, la soupe !… 

ATTENTION ! – En-co-re plus près ! rugit le tigre en prenant son élan pour sauter. – Bon, le thé au lait ! ATTENTION, IL VA SAUTER ! » 

Et en effet, le tigre sauta. Il fit un énorme saut que le perroquet évita en s’élançant dans les airs comme une flèche, en même temps que lui. Au même moment, l’homme, qui avait appuyé le canon de son fusil contre un tronc pour ajuster son tir, pressa la détente. Neuf balles, chacune de la taille d’un pois chiche, entrèrent comme un éclair dans le cœur du tigre qui, en lançant un hurlement qui fit trembler la forêt tout entière, tomba, mort. Quant au perroquet, quels cris de bonheur il lançait ! Il était fou de joie, parce qu’il se savait vengé – et bien vengé ! – de ce fourbe animal qui lui avait arraché les plumes. 

L’homme était lui aussi très content, parce que tuer un tigre est une chose difficile, et que de plus il avait une fourrure à mettre devant le poêle de la salle à manger. Quand ils arrivèrent à la maison, tous apprirent pourquoi Pedrito était resté si longtemps caché dans le creux de l’arbre, et tous le félicitèrent pour son exploit. Ils vécurent dès lors très heureux. Mais le perroquet n’oubliait pas ce que lui avait fait le tigre ; lorsqu’il entrait dans la salle à manger pour prendre le thé, il s’approchait toujours de la peau du tigre, étendue devant le poêle, et il l’invitait à prendre du thé au lait. « Elle est bonne, la soupe !… lui disait-il. Tu veux du thé au lait ? La soupe pour le tigre ! » 

Et tous mouraient de rire. Et Pedrito aussi. 

El loro pelado extrait des Cuentos de la selva (Contes de la forêt vierge) LE PERROQUET DEPLUME Traduction : Bruce Demaugé-Bost

 

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Les perroquets et l’homme

Posté par othoharmonie le 29 mars 2015

 

Capturé pour ses plumes, apprécié pour sa chair, recherché pour sa compagnie, le perroquet a souvent souffert de son succès auprès des hommes : certaines espèces ont déjà disparu, d’autres déclinent, et cet oiseau grégaire, très attaché à sa vie de couple, se retrouve fréquemment seul en captivité.

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Un engouement de longue date…

L’usage décoratif et rituel des plumes de perroquets pour la réalisation de parures et surtout de coiffures est très ancien et très répandu parmi les populations indigènes, notamment chez les tribus indiennes d’Amérique équatoriale et tropicale. L’ara, qui fait son nid au sommet des arbres ou de rochers abrupts, est considéré comme un avatar du feu céleste. Ses longues plumes rouges sont des symboles solaires. La quête de ces plumes est certainement l’une des raisons qui ont poussé les Incas à pénétrer dans les forêts de l’est du Pérou.

En tant que compagnons, les perroquets ont été appréciés par l’homme depuis des milliers d’années. Mais, s’il est possible de déterminer approximativement l’époque à laquelle le monde occidental s’est intéressé à ces oiseaux exotiques, on est en revanche incapable de préciser quand les Indiens d’Amérique du Sud ont commencé à capturer des perroquets pour en faire des animaux familiers. Dans une étude sur la question, K. Kolar indique que les premiers perroquets à être amenés vivants en Europe le furent, sans doute, au ive siècle avant J.-C., par un des capitaines de la flotte d’Alexandre le Grand, appelé Onésicrite, lorsqu’il revint de l’expédition vers l’Indus. Ces oiseaux étaient des perruches à collier (Psittacula eupatria), que l’on rencontre en Inde et dans le sud de l’Asie et qui portent également le nom évocateur de perruches d’Alexandre. Par la suite, les perroquets, comme le jaco, ou perroquet gris d’Afrique, ne cessèrent de jouir d’une grande popularité auprès des Grecs, puis des Romains. Pline l’Ancien les mentionne dans ses écrits et donne même des conseils pour leur apprendre à imiter la parole humaine ; la méthode est quelque peu brutale, elle consiste à taper sur la tête de l’animal avec « un bâton aussi dur qu’un bec de perroquet » !

À l’époque, les perroquets n’étaient pas seulement appréciés pour leurs qualités esthétiques ou leurs talents d’imitateurs, mais également pour leur valeur… culinaire. Les festins se devaient en effet de comporter des mets rares et surprenants pour témoigner de la puissance du maître de maison. L’empereur Élagabal, dont le règne (218-222) fut marqué par la débauche, faisait servir à ses invités des têtes de perroquets pour qu’ils se régalent de leur cervelle. De même, sa troupe de lions recevait des perroquets en pâture.

Les échanges commerciaux avec le Moyen-Orient et les croisades firent croître au Moyen Âge l’importation de ces oiseaux colorés. Ainsi, au Vatican, les perroquets détenus en captivité au début du xve siècle étaient suffisamment nombreux pour qu’existe la charge de custos papagalli (« garde-perroquets »). À partir de la fin du xve siècle, les voyages d’exploration dans le Nouveau Monde permirent d’accroître les disponibilités en perroquets. Les aras, notamment, furent souvent représentés sur des tableaux comme ceux du peintre flamand Savery.

À propos des perroquets du Nouveau Monde, K. Korla cite deux curieuses anecdotes. La première veut que Christophe Colomb ait été amené à modifier sa route et donc à atteindre le nouveau continent en apercevant une volée de perroquets signalant la proximité de la terre… La deuxième, qui rappelle singulièrement l’histoire des oies du Capitole, raconte comment les habitants indigènes d’un village du Panamá furent prévenus de l’arrivée imminente des envahisseurs espagnols par les cris de perroquets apprivoisés.

Les espèces australiennes ne furent connues, très progressivement, qu’après les voyages des premiers explorateurs, à partir du début du xviie siècle. La perruche ondulée, l’un des oiseaux de cage les plus répandus actuellement, ne fut importée en Europe qu’assez tardivement. L’espèce ne fut décrite et nommée qu’en 1794. En 1831, une perruche empaillée fut rapportée à Londres. Le célèbre ornithologue John Gould réussit à en faire venir quelques exemplaires vivants dès 1840. Dix ans plus tard, le jardin zoologique d’Anvers, en Belgique, se lançait dans l’élevage des perruches ondulées. L’entreprise ayant été couronnée de succès, d’autres tentatives eurent lieu et, peu à peu, tous les pays d’Europe se mirent à importer ces perruches par millions. Depuis, la reproduction en captivité s’est généralisée.

L’ampleur du trafic

Le goût du public et la sympathie suscitée par les perroquets ne doivent pas masquer les énormes problèmes qu’entraîne le commerce de ces oiseaux. L’inquiétude légitime est encore accrue par l’existence d’un florissant commerce parallèle, à l’échelle mondiale. La convention de Washington sur le commerce international des espèces menacées a placé en annexes I ou II la totalité des psittaciformes, à l’exception de la perruche à collier rose (Psittacula krameri), de la perruche callopsite (Nymphicus hollandicus), de la perruche ondulée (Melopsittacus undulatus) et de la perruche à face rose (Agapornis roseicollis). Ainsi, la quasi-totalité des perroquets sont interdits à la vente, sauf dérogations exceptionnelles, et totalement protégés (annexe I), ou soumis à de strictes réglementations (annexe II). Parmi les espèces totalement protégées figurent notamment l’ara macao, l’ara de Lear et l’ara de Spix. Malgré ces dispositions internationales, de nombreuses espèces de perroquets sont placées dans une situation critique par les trafiquants. Entre 1996 et 2002, environ 1, 6 million de perroquets ont été importés par les pays européens, dont environ 600 000 perruches du genre Agapornis, 200 000 perroquets africains du genre Poicephalus, 170 000 perroquets gris du genre Psittacus, 142 000 perruches du genre Psittacula et 120 000 amazones. Les volumes conjugués du commerce et du trafic mondiaux atteignent des proportions  inquiétantes. L’ampleur du trafic illégal est difficile à estimer si ce n’est par le nombre de saisies. Ainsi, malgré l’adoption du Wild Bird Conservation Act en 1992, quelque 1 500 perroquets mexicains, dont certains rares et protégés, ont été saisis aux États-Unis selon l’U. S. Fish & Wildlife Service’s (FWS) entre 1992 et 2005. Les prises sont fréquentes comme l’illustrent les recensements du réseau TRAFFIC.  En Europe, ce commerce s’est également développé, par exemple en République tchèque et en Slovaquie où, entre 2 000 et 2002 plus de 400 perroquets ont été saisis, parmi lesquels des espèces inscrites à l’annexe I de la Convention de Washington comme le cacatoès des Moluques et l’Amazone de Cuba, très difficiles à trouver sur le marché et qui peuvent atteindre un prix très élevé. L’ampleur du problème est telle que les pays concernés sont souvent dépassés par les événements. Les trafiquants ne manquent pas d’astuce pour exercer leur coupable activité. J.-P. Le Duc, dans un rapport sur cette question, signale notamment la technique dite du « couloir central » : « Au milieu d’une caisse destinée au transport d’oiseaux, on installe une autre caisse où l’on cache la marchandise prohibée. La grande caisse est ensuite remplie de petits oiseaux granivores dont le commerce n’est pas interdit. Au passage de la douane, la caisse principale ne pouvant être ouverte sans risque de faire s’envoler tous les oiseaux, personne ne pourra remarquer l’astucieuse cachette. »

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Il faut ajouter que, parfois, les douaniers ne disposent pas des connaissances suffisantes pour identifier à coup sûr certaines espèces. Pour pallier cette carence, bien excusable lorsque l’on connaît les difficultés d’identification que peuvent présenter de nombreux perroquets, le poste de douane de l’aéroport de Roissy  a été doté d’un terminal informatique relié à une banque de données qui leur facilite les identifications et leur indique les dispositions à prendre pour le respect de la législation internationale en vigueur. Pour obtenir des résultats probants, il faut que les pays importateurs prennent des mesures efficaces.  En juin 2007, la Commission européenne a adopté une recommandation afin de renforcer la lutte contre le commerce illégal d’espèces animales menacées. À travers le monde, de nombreuses actions ont été entreprises pour tenter de protéger les perroquets menacés. Des parcs et des réserves ont été créés, des programmes d’élevage en captivité visant à reconstituer les effectifs dans les cas les plus critiques – comme ceux des espèces insulaires en voie de disparition – ont été mis au point.

Le prix d’un perroquet


 Sur le marché légal, le prix d’un perroquet varie en fonction de l’âge et de l’espèce allant, par exemple en France, de 800 € pièce pour un perroquet gris du Gabon adulte à 3000 € pour un jeune ara chloroptère. Si les trafiquants écoulent le plus souvent leurs spécimens à des prix inférieurs à ceux du marché pour amadouer les revendeurs, un perroquet d’une espèce rare peut atteindre un prix bien supérieur.

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Origine et évolution des perroquets

Posté par othoharmonie le 28 mars 2015

 

Étymologie du mot «perroquet»

Au XIVe siècle, le mot Perroquet désigne sans doute le diminutif du nom Pierre, et est d´abord utilisé comme nom propre. «Petit Pierre» est attribué ensuite à l´oiseau, et adopté comme nom commun. Il a remplacé, l´ancien français papegai, papegaut, nom habituel de l´oiseau au Moyen Âge.

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(Sources utilisées: Petit Robert, 1995; Grand Robert de la langue française, 2001; Baumgartner et Ménard, Dictionnaire étymologique et historique de la langue française, 1996; Rey et Chantreau, Dictionnaire des expressions et locutions, 1997; U. Kösters-Roth (Hrsg.), Lexikon der französischen Redewendungen, 1990)

Le terme générique de perroquet recouvre en réalité environ 340 espèces d’oiseaux, tous réunis dans l’ordre des psittaciformes, qu’on les nomme perroquets, perruches ou cacatoès. Leur origine fort ancienne a été attestée, malgré les difficultés que constitue l’étude des oiseaux fossiles, car leur squelette léger, aux os fragiles, résiste mal au temps. Mais des indices extrêmement ténus suffisent aux paléontologistes pour reconstituer une espèce disparue.

Le plus ancien perroquet fossile a pu être identifié grâce à la découverte d’un simple tarsométatarse. Cet os du pied fut mis au jour en France, dans l’Allier, par le chercheur Milne-Edwards, dans des terrains de l’oligocène ou du miocène supérieur, datant d’une trentaine de millions d’années. L’enquête conclut qu’il s’agissait d’un petit perroquet, rappelant probablement le perroquet gris d’Afrique, auquel a été donné le nom scientifique de Archeopsittacus verreauxi et qui appartenait à un genre aujourd’hui disparu. Le plus ancien fossile d’un genre encore existant est une perruche nommée Conuropsis fratercula. Elle a été identifiée à partir d’un humérus gauche retrouvé dans des dépôts datant d’une vingtaine de millions d’années (miocène supérieur), dans le Nebraska, aux États-Unis. On connaît également deux autres espèces de perruches fossiles appartenant à des genres actuellement répandus en Amérique du Sud. Il s’agit de Cyanoliseus ensenadensis et d’Aratinga roosevelti. Ces deux oiseaux ont été découverts en Argentine et en Équateur, dans des terrains datant de moins de 1 million d’années. 

L’examen de tous ces perroquets fossiles montre que leur morphologie générale ne s’est guère modifiée depuis ces temps reculés. Il faut y voir le signe d’une adaptation parfaitement adéquate de façon précoce et n’ayant donc pas nécessité de changements notables.

Les très nombreuses espèces de perroquets aujourd’hui répandues sur tous les continents, excepté l’Europe, vivent le plus souvent dans la forêt tropicale, mais aussi parfois en plaine ou même dans la neige. Parmi elles, les aras (espèces), ces grands perroquets d’Amérique du Sud aux superbes coloris dont la silhouette à longue queue est universellement connue.

Le perroquet est un oiseau à gros bec très recourbé, muni d´un plumage bigarré et parfois d´une crête qu´il dresse par curiosité ou irritation. Il vit dans les pays chauds en Amérique du Sud, en Amazonie et en Afrique par exemple. L´ara, le chrysotis, le lorot rouge, le pione, le Jacquot, et le perroquet d´Amérique (dont les Indiens utilisaient les plumes pour s´en faire des coiffes magnifiques) font partie de cette grande famille. Et chacun fournit une palette de couleur dont seule la Nature est capable. 

On parle d´ailleurs, en français, de la couleur «vert perroquet» pour désigner un vert perroquet vif et criard. De même, cet aspect très coloré et peu discret se retrouve dans l´expression: «On dirait un perroquet» ,ou «c´est un vraiperroquet!». Celle-ci décrit la façon criarde et disparate dont une personne est habillée. On relèvera de fait le côté négatif ou du moins assez railleur de son emploi. Au figuré, un perroquet est également une personne qui répète les paroles d´autrui sans les comprendre. Ainsi, dans le domaine scolaire, on dira: «il a récité sa leçon par cœur comme un perroquet!». C’est loin d´être un compliment, puisque cela sous-entend une note de stupidité ou d´incapacité à penser et réfléchir par soi-même. 

Et savez-vous ce que l´on vous apportera si vous commandez un perroquet dans un café perroquet? On vous amènera soit un verre d´absinthe, soit une boisson composé d’un mélange de pastis et de menthe. A consommer avec modération, bien sûr! 

Dans le domaine maritime, le perroquet est très présent également: c´est ainsi que l´on désigne un mât gréé sur une hune. Par extension, c´est aussi, non seulement, cette voile de forme carrée qui est supérieure au hunier, mais aussi l´ensemble de la voile, du mât et du gréement. On le constate, cela n´a rien à voir avec notre animal aux multiples couleurs! Par contre, encore chez les animaux, le perroquet de mer perroquet est, par analogie, le nom vulgaire du macareux, et il existe aussi un poisson nommé poisson perroquet-perroquet

Enfin, le mot de la semaine désigne également un porte-manteau à pieds, à patères courbes dont on se servait d´antan dans les salons.

 

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L’HABITAT DES PERROQUETS ARAS

Posté par othoharmonie le 22 mars 2015

 

 

araLa forêt tropicale humide constitue l’habitat préférentiel des aras. C’est dans cet environnement à la température et à l’hygrométrie élevées que les perroquets trouvent en abondance les graines et les fruits ou autres éléments végétaux qui constituent leur nourriture, tandis que les immenses arbres ont souvent le tronc percé de cavités propices à leur nidification. Les aras fréquentent surtout les zones de basse altitude, mais ils peuvent monter jusqu’à plus de 1 000 ou 1 100 mètres. Appréciant la proximité de l’eau, ils installent fréquemment leurs dortoirs aux abords de calmes bras de fleuves ou d’éléments plus tumultueux comme des cascades ou des rapides.

Cet attachement quasi exclusif à la forêt tropicale fait courir le plus grand danger à la plupart des aras et des autres perroquets, en raison des atteintes que l’homme porte à ce milieu. On estime que les forêts tropicales mondiales disparaissent au rythme effrayant de 30 hectares à la minute, soit environ cinq fois la superficie de la Belgique chaque année. Le sol sur lequel croissent les forêts tropicales humides est à la fois peu épais et relativement pauvre. Les éléments nutritifs dont profitent les arbres sont en grande partie constitués par la décomposition permanente d’une énorme masse végétale, facilitée par la chaleur et l’humidité. Une fois que les grands arbres ont été abattus, la mince couche de terre arable ne tarde pas à être entraînée par les pluies violentes qui s’abattent régulièrement sur ces régions situées entre les tropiques. Là où la couverture subsiste, elle est trop pauvre pour permettre la croissance de grands arbres et le retour à l’état antérieur. Au mieux, il s’installe une végétation secondaire qui ne peut plus abriter qu’une infime partie de la faune d’origine.

Les aras fréquentent parfois ce type de formation végétale, mais seulement de façon marginale et épisodique. Ils n’y trouvent pas suffisamment de nourriture et ne se sentent pas protégés au sein de ces boisements trop clairsemés.

Ces perroquets aux couleurs éclatantes et au plumage souvent bigarré sont, malgré leur grande taille, très difficiles à repérer dans leur milieu habituel. Cela est dû à l’épaisseur des feuillages qu’ils fréquentent, à leur habitude de se tenir presque en permanence dans la partie supérieure des plus grands arbres, et au silence qu’ils observent tant qu’aucun danger ne les menace. Par ailleurs, leur plumage constitue un excellent camouflage. Certaines espèces se fondent dans le feuillage, comme l’ara militaire ou l’ara à front châtain, qui possèdent un plumage à dominante verte. Chez d’autres aras plus bigarrés, la grande diversité des tons rompt, en multiples petites taches de couleurs, la silhouette des oiseaux qui deviennent ainsi moins aisément identifiables par les prédateurs. Les moments les plus favorables pour observer les aras sont le matin et le soir, lorsque les oiseaux, en petites bandes, volent des dortoirs aux zones de nourrissage.

Redoutable harpie

En raison de la hauteur à laquelle ils se cantonnent, les aras n’ont pour ainsi dire rien à craindre des prédateurs terrestres. Il arrive cependant que certains félins forestiers, comme le jaguar, l’ocelot ou le jaguarondi, parviennent à capturer un perroquet qui s’est aventuré un peu plus bas, alléché par des fruits tout particulièrement tentants. Mais il ne s’agit, le plus souvent, que de jeunes oiseaux inexpérimentés.

 L’HABITAT DES PERROQUETS ARAS dans PERROQUETPour les aras, le véritable danger, hormis l’homme, vient des airs. Leurs principaux prédateurs sont en effet de grands rapaces diurnes forestiers, parfaitement adaptés à ce type de milieu. Leurs ailes sont larges et relativement courtes, leur queue longue. Ils peuvent ainsi manœuvrer à grande vitesse au milieu des frondaisons. Parmi ces chasseurs redoutés des perroquets figurent l’aigle huppé, le spizaète orné et l’impressionnante harpie féroce , qui est l’un des rapaces les plus puissants au monde. Ces grands oiseaux ont une envergure comprise entre 1,50 et 2 m et possèdent des pattes aux tarses épais, aux doigts robustes terminés par des ongles longs et très recourbés. Curieusement, ils portent tous une huppe plus ou moins importante sur le sommet du crâne. Parmi leurs proies, ils comptent les aras et bien d’autres oiseaux, mais aussi, souvent, les singes.

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LE SENS de la communication chez le Perroquet

Posté par othoharmonie le 17 mars 2015

 

800px-Scarlet_macaw_eating_31l07Vivant pour la plupart en colonies, les Psittacidae ont développé des aptitudes particulières à communiquer. Les principaux moyens sont les vocalises et les attitudes corporelles. Ainsi ils expriment le plaisir, la frayeur, la colère, la faim ou la fatigue, et réclament de l’attention. De nombreuses espèces ont la capacité d’imiter la voie humaine. Pouvoir parler implique d’avoir des organes spécialisés pour produire le son mais aussi un système neurologique central élaboré car il faut contrôler ces organes avec une grande précision. Ils doivent aussi savoir écouter et mémoriser, comparer leur production avec ce qu’ils entendent. Il semble que la plupart des Psittacidae n’imitent pas les sons dans leur milieu naturel, bien que des perroquets gris aient été observés en imitant le chant d’autres oiseaux pendant la période de reproduction. Toutes les espèces n’ont pas les mêmes capacités en la matière, et pour chaque espèce, les différences de capacités peuvent être importantes entre individus. Le Perroquet gris est l’espèce la plus réputée en la matière. La raison pour laquelle ils imitent les sons n’est pas réellement connue mais l’explication la plus commune est qu’ils trompent ainsi leur ennui et leur solitude en captivité. Les vocalises, dans leur milieu naturel, leur permettent de rester en contact avec leur entourage lorsqu’ils ne se voient pas. Pour qu’il parle, il est indispensable de séparer l’oiseau de ses congénères.

Toutes les attitudes corporelles n’ont pas la même signification chez toutes les espèces, mais il existe des similitudes pour certains comportements de base. Chez eux, le besoin de communication est inné ainsi le clignotement des yeux associés à une dilatation des pupilles comme le hérissement des plumes du cou ou les grognements (en dehors même de la connaissance de chien) semblent être un signe d’agressivité. À l’opposé le ronronnement semble être un signe de contentement. Ils sont capables de crier et de chanter en général avec un volume sonore élevé et qui témoigne d’une large catégorie d’émotion.

Si les espèces de cet ordre sont originellement réparties surtout dans toute la zone tropicale, ce sont des oiseaux principalement forestiers mais certaines espèces vivent en savane, quelques espèces fréquentent des milieux plus ouverts et certaines vivent naturellement dans les zones tempérées comme la Conure à tête jaune, aujourd’hui éteinte, en Amérique du Nord. C’est en Amazonie et en Australasie que leur diversité est la plus importante. Alfred Russel Wallace a remarqué que la plus grande concentration en espèces se trouve de Sulawesi aux îles Salomon. Cette surface qui représente un cinquantième des forêts équatoriales abritait le cinquième ou le quart des espèces. On en trouve en Amérique centrale, en Amérique du Sud, dans le sud de l’Amérique du Nord, en Afrique sub-saharienne, en Océanie, dans toute l’Asie jusqu’au sud de la Chine et de l’Himalaya.

Plusieurs espèces (comme la Conure veuve et la Perruche à collier) forment également désormais des colonies viables en Europe (dont Espagne, France, Belgique) et aux États-Unis à partir d’oiseaux échappés de captivité. Certaines espèces vivent dans des zones subalpines et même à de très hautes altitudes (à plus de 6 000 m dans les Andes ou dans l’Himalaya).

Certaines espèces sont exclusivement sédentaires, d’autres peuvent être plus ou moins migratrices. Certaines espèces sont territoriales, d’autres adoptent un style de vie entièrement nomade.

Des témoignages de domestication en Inde remontent au ve siècle av. J.-C.. Ces animaux apparaissent ensuite comme signes hiéroglyphiques à partir de -360 av. J.-C.. Les premiers Psittacidae à être importés en Europe par la suite d’Alexandre le Grand ont été nommés en son souvenir Perruche Alexandre. Ces animaux témoignaient de la richesse de leur propriétaire. La possession de perroquets n’était plus rare sous Tibère. Au ier siècle Pline l’Ancien a décrit une technique d’apprentissage de la parole aux perruches à collier. Écrit au xiiie siècle, le Masnavi, un document afghan, détaille une technique à l’aide d’un miroir pour apprendre à parler aux Psittacidae.

Ces oiseaux furent oubliés par l’Occident qui les redécouvre à l’occasion des croisades. Les explorations européennes, comme celle de Marco Polo et la conquête des Amériques, donnèrent également l’occasion aux occidentaux de découvrir d’autres espèces. À la fin du xviiie siècle, les européens découvrent l’Australie et la grande diversité de ses espèces. Depuis le Moyen Âge, ces oiseaux sont importés vers l’Europe, puis l’Europe et les États-Unis et ces importations ont fortement augmenté depuis les années 1970, à tel point que les prélèvements massifs de perroquets sauvages sur les marchés européens participèrent à la disparition de certaines espèces et que d’autres sont menacées d’extinction. L’ara de Spix a probablement disparu à l’état sauvage, les seuls spécimens vivants connus étant aujourd’hui des aras captifs.

En Amérique du Sud, certaines communautés ont élevé ces espèces afin d’obtenir des plumes pour fabriquer des coiffes. Ils ont mis en place des procédés à base de teintures ou de décolorants pour obtenir les couleurs voulues mais aussi en changeant le régime alimentaire, comme le décrit Charles Darwin, ou en appliquant des produits chimiques sur des oiseaux captifs, ce qui se nomme tapirage. Soit les Psittaciformes sont d’abord plumés puis leur épiderme est massé avec des décoctions de plantes, soit du venin est déposé dans le calamus de leurs plumes. Les couleurs structurales des plumes disparaissent et les plumes sont alors jaunes ou roses lors de la repousse. Les Enawenê-Nawê, avec du venin de batracien, transforment des plumes normalement vertes en plumes jaunes avec des nuances de vermillon.

Votre perroquet a besoin de communiquer avec les êtres qui l’entourent : c’est indispensable pour sa santé, pour son équilibre. C’est comme celà dans la nature. Bien sûr vous souhaitez un « Perroquet qui parle »… En disant cela, vous pensez : – Je veux un perroquet qui parle mon langage… Mais tous les perroquets ne parlent pas le langage des humains. Certains sont bavards très jeunes, d’autres plus tardifs. Cependant il est important de savoir qu’un Perroquet de Compagnie parle – s’il le veut – quand il le veut ! Il y a des perroquets qui sont muets pendant des années, et qui, un beau matin, se mettent à parler. D’autres qui sont bavards depuis longtemps décident de ne plus parler. Un perroquet peut être très bavard dans une famille, et complètement muet dans une autre. Pourquoi ? Il faudrait pouvoir le lui demander, nous ne pouvons pas penser à Papagaio (Fêmea) REFON 010907.jpgsa place. Nous ne pouvons que faire des déductions sur les raisons de son silence ou non silence. Mais ce n’est pas parce que votre perroquet ne parle pas votre langage, qu’il ne communique pas ! Observez le bien… Très vite, vous comprendrez son langage. Langage corporel : plumes dressées sur la tête, rétrécissement ou dilatation de la pupille, position du corps, bruits et bruitages ; tout est langage, tout est communication. Pour aider un perroquet à parler votre langage, il convient de lui parler beaucoup, souvent, mais aussi, de lui accorder des temps de repos. Il faut lui donner le temps d’assimiler, de s’entrainer à votre langage. Ecoutez… Souvent, quand vous n’êtes pas dans la pièce, votre perroquet s’entraîne à parler, écoutez-le, ne le dérangez pas dans ses études. Pour l’aider, désigner toujours le même objet par le même mot et, la même action par la même phrase. Attention : les perroquets adorent répéter les « gros mots », les jurons, et même si c’est souvent cocasse, cela peut surprendre vos invités. En votre absence vous pouvez laisser la radio ou la télévision en marche, mais pensez à mettre une prise minuteur pour que l’oiseau ne soit pas au bruit toute la journée.

 

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C’est quoi un Perroquet

Posté par othoharmonie le 15 mars 2015

290px-Eclectus_Parrot_-_melbourne_zooHormis le Perroquet-hibou, les caractéristiques biologiques des perroquets sont celles des Psittaciformes. un ordre d’oiseaux tropicaux connus, par exemple, sous les termes génériques de perroquets, perruches, loris ou conures, ces termes désignant également plus particulièrement certaines espèces. Ils possèdent des caractères très marqués et assez homogènes qui permettent de les identifier facilement.

D’une intelligence reconnue, certaines espèces sont capables de vocalisations remarquables et d’imiter la voix humaine. 

 Il y a bien entendu des nuances pour chaque espèce : voir les articles détaillés pour plus d’informations sur leur description ou leur mode de vie. 

Le terme pour désigner ce groupe d’oiseaux dérive du latin Psittacus, terme qui serait une déformation de Sittace, une ville d’Assyrie où des espèces de psittacidés vivaient. L’ancien nom vernaculaire pour désigner l’ordre était papegeai (et Papegaux), aujourd’hui ce terme a été remplacé par perroquet, terme qui apparaît comme imprécis pour beaucoup d’espèces car les termes perruche et inséparables sont bien connus. Il est cependant possible de reconnaître quelques grands groupes qui semblent naturels comme celui qui compte les cacatoès, celui qui compte les loris et loriquets, celui qui compte les nestors et le Kakapo. Il est plus difficile de reconnaître des groupes naturels dans les espèces restantes, bien que le groupe défini par la classification de Howard et Moore comme celui des Arinae semble lui aussi assez naturel. 

Ces oiseaux sont particuliers sur le plan morphologique. Ils disposent en effet d’une crête mobile, un arrangement différent des artères de la carotide, une vésicule biliaire, des différences au niveau des os du crâne et l’absence de couleurs structurales dans les plumes qui ne leur permettent pas d’avoir des teintes aussi nombreuses que chez les autres Psittacidae. Des études génétiques suggèrent ce groupe comme monophylétique.

Le groupe qui inclut les loris

Le groupe formé par les loris et loriquets a été considéré comme troisième famille sous le nom de Loriidae pendant de nombreuses années. Cependant, ils sont maintenant regroupés sous le taxon des Loriinae sous-famille de Psittacidae par une majorité d’auteurs. Les données biogéographiques et celles obtenues à partir de diverses études génétiques permettent de dire que ce groupe est monophylétique.

Ils sont plus proches des psittacinés que des cacatuinés.

Les Psittaciformes non volants de Nouvelle-Zélande

Le Nestor et le Kakapo sont très différents des autres Psittaciformes. Aussi bien morphologiquement que comportementalement. Ils ont presque toujours été considérés comme des Psittaciformes primitifs, ou du moins comme étant génétiquement éloignés de la branche principale.

Le groupe restant

Bien que les connaissances sur ce groupe, notamment sur les relations entre espèces, se soient améliorées au cours de ces dernières années, les espèces restantes sont probablement toujours paraphylétiques. La position phylogénétique des espèces qui le composent est donc susceptible d’évoluer dans les années à venir. Cette sous-famille regroupe près de 300 espèces.

Ce sont des oiseaux trapus à grosse tête avec un cou trapu, de taille petite à grande (de 8 à 100 cm).

Leur bec est très reconnaissable, court, épais et puissant, recourbé et articulé. La maxille et la mâchoire sont fixées à la charnière du crâne, ce qui offre la possibilité d’un mouvement vertical important et puissant d’autant que la musculature des mandibules est hautement développée. Cependant, comme pour quelques autres espèces d’autres ordres comme les flamants, le bec n’est pas fixé au crâne. Sauf exception, la face interne de l’extrémité de la mâchoire est tapissée de lamelles striées. Tous les Psittacidae, sauf le Psittrichas de Pesquet, utilisent leur bec de la même façon pour extraire les graines de leur gangue. La graine est tenue entre les mandibules et c’est la mandibule inférieure qui écrase la gangue et la langue extrait la graine. Leur bec pousse continuellement ce qui incite ces oiseaux à l’entretenir en s’en servant. À la base du bec se trouve la cire, généralement nue, qui entoure les narines. La langue est aussi très musculeuse et leur permet de placer les graines à briser de façon à avoir plus de puissance. Chez les Loriinae, aussi nectarivores, l’extrémité de la langue possède une sorte de râpe.

Chaque œil est indépendant. Ils ont un cou très mobile ce qui leur permet un champ de vision très large. Leurs pattes zygodactyles, logiques pour des oiseaux le plus souvent arboricoles, sont courtes.

Beaucoup d’espèces portent un plumage aux coloris exubérants. Pourtant les Psittacidae ne synthétisent pas de pigments bleus ou verts, mais c’est grâce à l’effet Tyndall, unphénomène optique, que certaines espèces disposent des plumes de ces couleurs. Les cacatoès ont sur le sommet de la tête une crête de plumes mobiles qui peut être levée ou rétractée. La plupart Description de cette image, également commentée ci-aprèsdes espèces disposent d’un dimorphisme sexuel faible, voire inexistant, Alisterus scapularis et quelques autres espèces faisant exceptions. La méthode la plus fiable de sexage est le sexage génétique.

La plus petite de ces espèces de Psittacidae vivantes est la Perruche pygmée Micropsitta pusio avec un poids adulte de 10 g et une taille de 8 cm. La plus grande espèce vivante de Psittacidae est l’Ara hyacinthe qui mesure un mètre, queue comprise. Certaines espèces sont jugées plus atypiques que d’autres, comme les Grand Éclectus dont le dimorphisme sexuel marqué est une exception, le Kakapo qui ne vole pas, ou les Kaka, Kéa et le Cacatoès nasique pour la forme de leur bec, ou tout bonnement par leur aspect comme le Cacatoès noir.

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