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PROCÈS CONTRE LES INSECTES

Posté par othoharmonie le 2 juin 2017

Occupons-nous maintenant des procès intentés pendant le moyen âge contre les insectes et autres animaux nuisibles aux productions du sol, tels que mouches, chenilles, vers, charençons, limaces, rats, taupes et mulots.

Souvent les récoltes sont dévorées par des quantités innombrables d’insectes qui font invasion sur le territoire d’un canton, d’une commune.

Au moyen âge l’histoire mentionne fréquemment des calamités de ce genre. Ces fléaux produisaient d’autant plus de ravages, que la science agronomique, presque dans l’enfance à cette époque, offrait moins de moyens pour combattre ces désastreuses invasions.

Afin de conjurer ces maux sans remèdes humains, les populations désolées s’adressaient aux ministres de la religion. L’Église écoutait leurs plaintes; leur accordant sa sainte intervention, elle fulminait l’anathème contre ces ennemis de l’homme, qu’elle considérait comme envoyés par le démon.

Chez francesca1

Alors l’affaire était portée devant le tribunal ecclésiastique, et elle y prenait le caractère d’un véritable procès, ayant d’un côté pour demandeurs les paroissiens de la localité, et de l’autre pour défendeurs les insectes qui dévastaient la contrée. L’official, c’est-à-dire le juge ecclésiastique, décidait la contestation. On suivait avec soin dans la poursuite du procès toutes les formes des actions intentées en justice. Pour donner une idée exacte de ce genre de procédure et de l’importance qu’on attachait à en observer les formes, nous extrairons quelques détails d’une consultation qui fut faite sur cette matière par un célèbre jurisconsulte du seizième siècle. L’auteur de cette consultation, ou plutôt de ce traité ex professo, était Barthélemi de Chasseneuz ou Chassanée, successivement avocat à Autun, conseiller au parlement de Paris et premier président du parlement d’Aix.

Après avoir parlé dès le début de l’usage où sont les habitants du territoire de Beaune de demander à l’officialité d’Autun l’excommunication de certains insectes plus gros que des mouches, et appelés vulgairement hurebers (huberes)1 , ce qui leur est toujours accordé, Chasseneuz traite la question de savoir si une telle procédure est convenable. Il divise son sujet en cinq parties, dans chacune desquelles il saisit l’occasion d’étaler l’érudition la plus vaste et souvent la plus déplacée; mais cette habitude, comme on le sait, était ordinaire aux écrivains de cette époque.

Chasseneuz, pour consoler les Beaunois du fléau qui les afflige, leur apprend que les hurebers dont ils se plaignent ne sont rien en comparaison de ceux que l’on rencontre dans les Indes. Ces derniers n’ont pas moins de trois pieds de long; leur jambes sont armées de dents, dont on fait des scies dans le pays. Souvent on les voit combattre entre eux avec les cornes qui surmontent leurs têtes. Le meilleur moyen de se délivrer de ce fléau de Dieu, c’est de payer exactement les dîmes et les redevances ecclésiastiques, et de faire promener autour du canton une femme les pieds nus et dans l’état que Chasseneuz désigne en ces termes: Accessu mulieris, menstrualis, omnia animalia fructibus terræ officientia flavescunt et sic ex his apparet unum bonum ex muliere menstrua resultare.

Indiquant le nom latin qui convient le mieux aux terribles hurebers, notre jurisconsulte prouve qu’ils doivent être appelés locustæ; il fortifie son opinion par des citations qu’il emprunte encore à tous les auteurs de l’antiquité sacrée et profane.

L’auteur discute le point de savoir s’il est permis d’assigner les animaux dont il s’agit devant un tribunal, et finit après de longues digressions par décider que les insectes peuvent être cités en justice.

Chasseneuz examine ensuite si les animaux doivent être cités personnellement, ou s’il suffit qu’ils comparaissent par un fondé de pouvoir. « Tout délinquant, dit-il, doit être cité personnellement. En principe, il ne peut pas non plus se faire représenter par un fondé de pouvoir; mais est-ce un délit que le fait imputé aux insectes du pays de Beaune ? Oui, puisque le peuple en reçoit des scandales, étant privé de boire du vin, qui, d’après David, réjouit le cœur de Dieu et celui de l’homme, et dont l’excellence est démontrée par les dispositions du droit canon, portant défense de promouvoir aux ordres sacrés celui qui n’aime pas le vin. »

Cependant Chasseneuz conclut qu’un défenseur nommé d’office par le juge peut également se présenter pour les animaux assignés, provoquer en leur nom des excuses pour leur non-comparution et des moyens pour établir leur innocence, et même des exceptions d’incompétence ou déclinatoires; en un mot, proposer toutes sortes de moyens en la forme et au fond.

Après avoir discuté fort longuement la question de savoir devant quel tribunal les animaux doivent être traduits, il décide que la connaissance du délit appartient au juge ecclésiastique, en d’autres termes, à l’official.

insectes chez francesca

Enfin, dans la dernière partie de son traité, Chasseneuz se livre à de longues recherches sur l’anathème ou excommunication. Il développe de nombreux arguments au moyen desquels il arrive à conclure que les animaux peuvent être excommuniés et maudits. Parmi ces arguments, qui sont au nombre de douze, nous ferons remarquer ceux-ci:

« Il est permis d’abattre et de brûler l’arbre qui ne porte pas de fruit; à plus forte raison peut-on détruire ce qui ne cause que du dommage. Dieu veut que chacun jouisse du produit de son labeur.

« Toutes les créatures sont soumises à Dieu, auteur du droit canon; les animaux sont donc soumis aux dispositions de ce droit.

« Tout ce qui existe a été créé pour l’homme; ce serait méconnaître l’esprit de la création que de tolérer des animaux qui lui soient nuisibles.

« La religion permet de tendre des piéges aux oiseaux ou autres animaux qui détruisent les fruits de la terre. C’est ce que constate Virgile, dans ces vers du premier livre des Géorgiques :

Rivas deducere nulla
Relligio vetuit, segeti prætendere sepem,
Incidias avibus moliri.

« Or le meilleur de tous les piéges est sans contredit le foudre de l’anathème.

« On peut faire pour la conservation des récoltes même ce qui est défendu par les lois: ainsi les enchantements, les sortiléges prohibés par le droit, sont permis toutes les fois qu’ils ont pour objet la conservation des fruits de la terre; on doit, à plus forte raison, permettre d’anathématiser les insectes qui dévorent les fruits, puisque, loin d’être défendu comme le sont les sortiléges, l’anathème est au contraire une arme autorisée et employée par l’Église.»

À l’appui de ces assertions, l’auteur cite des exemples de semblables anathèmes, tels que ceux de Dieu envers le serpent et le figuier; il en rapporte plusieurs comme ayant eu lieu à des époques récentes.

Il parle d’une excommunication prononcée par un prêtre contre un verger où des enfants venaient cueillir des fruits, au lieu de se rendre au service divin. Ce verger demeura stérile jusqu’au moment où l’excommunication fut levée à la demande de la mère du duc de Bourgogne.

Chasseneuz signale aussi l’excommunication fulminée par un évêque contre des moineaux qui auparavant souillaient de leurs ordures l’église de Saint-Vincent et venaient troubler les fidèles .

Mais, ajoute notre auteur, nous avons dans ces derniers temps des exemples encore plus décisifs. Il raconte alors qu’il a vu à Autun des sentences d’anathème ou d’excommunication prononcées contre les rats et les limaces par l’official de ce diocèse et par ceux de Lyon et de Mâcon; il entre dans le détail de cette procédure; il donne d’abord le modèle de la requête des paroissiens qui ont éprouvé le dommage occasionné par les animaux dévastateurs. Il fait observer que sur cette plainte on nomme d’office un avocat, qui fait valoir au nom des animaux, ses clients, les moyens qu’il croit convenable à leur défense; l’auteur rapporte la formule ordinaire d’anathème. Cette formule est conçue en ces termes: « Rats, limaces, chenilles et vous tous animaux immondes qui détruisez les récoltes de nos frères, sortez des cantons que vous désolez et réfugiez-vous dans ceux où vous ne pouvez nuire à personne. Au nom du Père, etc. »

Enfin Chasseneuz transcrit textuellement les sentences fulminées par les officiaux d’Autun et de Lyon; on en remarque contre les rats, les souris, les limaces, les vers, etc.

Ces sentences sont presque toutes semblables; la différence qui existe entre elles n’est relative qu’au délai accordé aux animaux pour déguerpir; il y en a qui les condamnent à partir de suite; d’autres leur accordent trois heures, trois jours ou plus; toutes sont suivies des formules ordinaires d’anathème et d’excommunication.

Tel était le mode de procédure observé devant le tribunal ecclésiastique dans les poursuites contre les insectes ou autres animaux nuisibles à la terre.

La consultation de Chasseneuz, dont nous venons de donner une courte analyse, acquit à son auteur, qui n’était alors qu’avocat à Autun, une grande réputation comme jurisconsulte; elle lui valut, vers 1510, d’être désigné par l’officialité d’Autun, comme avocat des rats et de plaider leur cause dans les procès qu’on intenta à ces animaux par suite des dévastations qu’ils avaient commises en dévorant les blés d’une partie du territoire bourguignon.

Dans la défense qu’il présenta, dit le président de Thou, qui rapporte ce fait, Chasseneuz fit sentir aux juges, par d’excellentes raisons, que les rats n’avaient pas été ajournés dans les formes; il obtint que les curés de chaque paroisse leur feraient signifier un nouvel ajournement, attendu que dans cette affaire il s’agissait du salut ou de la ruine de tous les rats. Il démontra que le délai qu’on leur avait donné était trop court pour pouvoir tous comparaître au jour de l’assignation; d’autant plus qu’il n’y avait point de chemin où les chats ne fussent en embuscade pour les prendre. Il employa ensuite plusieurs passages de l’Écriture sainte pour défendre ses clients, et enfin il obtint qu’on leur accorderait un plus long délai pour comparaître.

Le théologien Félix Malléolus, vulgairement appelé Hemmerlin, qui vivait un siècle avant Chasseneuz et qui avait publié un traité des exorcismes, s’était également occupé, dans la seconde partie de cet ouvrage, de la procédure dirigée contre les animaux. Il parle d’une ordonnance rendue par Guillaume de Saluces, évêque de Lausanne, au sujet d’un procès à intenter contre les sangsues, qui corrompaient les eaux du lac Léman et en faisaient mourir les poissons. Un des articles de cette ordonnance prescrit qu’un prêtre, tel qu’un curé, chargé de prononcer les malédictions, nomme un procureur pour le peuple; que ce procureur cite, par le ministère d’un huissier, en présence de témoins, les animaux à comparaître, sous peine d’excommunication, devant le curé à jour fixe. Après de longs débats cette ordonnance fut exécutée le 24 mars 1451, en vertu d’une sentence que l’official de Lausanne prononça, sur la demande des habitants de ce pays, contre les criminelles sangsues, qui se retirèrent dans un certain endroit qu’on leur avait assigné, et qui n’osèrent plus en sortir.

Le même auteur rend compte aussi d’un procès intenté dans le treizième siècle contre les mouches cantharides de certains cantons de l’électorat de Mayence, et où le juge du lieu, devant lequel les cultivateurs les avaient citées, leur accorda, attendu, dit-il, l’exiguïté de leur corps et en considération de leur jeune âge, un curateur et orateur, qui les défendit très dignement et obtint qu’en les chassant du pays on leur assignât un terrain où elles pussent se retirer et vivre convenablement. «Et aujourd’hui encore, ajoute Félix Malléolus, les habitants de ces contrées passent chaque année un contrat avec les cantharides susdites et abandonnent à ces insectes une certaine quantité de terrain, si bien que ces scarabées s’en contentent et ne cherchent point à franchir les limites convenues.»

L’usage de ces mêmes formes judiciaires nous est encore révélé dans un procès intenté, vers 1587, à une espèce de charançon (le Rynchites auratus) qui désolait les vignobles de Saint-Julien, près Saint-Julien de Maurienne. Sur une plainte adressée par les habitants à l’official de l’évêché de Maurienne, celui-ci nomma un procureur aux habitants et un avocat aux insectes, et rendit une ordonnance prescrivant des processions et des prières, et recommandant surtout le payement exact des dîmes. Après plusieurs plaidoiries, les habitants, par l’organe de leur procureur, firent offrir aux insectes un terrain dans lequel ils devraient se retirer sous les peines de droit. Le défenseur des insectes demanda un délai pour délibérer, et les débats ayant été repris au bout de quelques jours, il déclara, au nom de ses clients, ne pouvoir accepter l’offre qui leur avait été faite, attendu que la localité en question était stérile et ne produisait absolument rien; ce que nia la partie adverse. Des experts furent nommés. Là s’arrêtent malheureusement les pièces connues du procès, et l’on ignore si l’instance fut reprise et quelle décision prononça l’official. Mais ces détails, réunis à ceux que nous avons donnés précédemment, suffisent pour montrer quelles étaient, il y a trois siècles, les formes suivies dans ces singulières procédures.

Nous n’avons pas besoin de nous étendre sur les motifs qui avaient déterminé l’Église à employer l’excommunication contre les animaux. On comprend quel avantage ce moyen pouvait offrir au clergé, d’un côté par l’influence qu’il exerçait sur l’esprit timide et crédule des populations alors ignorantes et superstitieuses; d’un autre côté par le résultat pécuniaire, qui était toujours le but occulte de ses persévérants efforts. Toutefois, après plusieurs siècles, et grâce à la diffusion des lumières, ces pratiques vicieuses cessèrent, et on vit enfin disparaître ces abus de l’excommunication également contraires à la sublime morale de l’Évangile et aux vrais principes de la foi catholique.

Extrait de Curiosités judiciaires et historiques du moyen âge. Procès contre les animaux, par Émile Agnel. J.B. Dumoulin, Paris, 1858.

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LE TEMPLE DES RATS AU RAJASTHAN

Posté par othoharmonie le 8 septembre 2016

 

Temple des ratsLe plus célèbre des temples dédiés à Karni Mata est le temple à Deshnok , lequel a été créé à la suite de sa mystérieuse disparition où elle se volatilisa de la caverne qu’elle se construisit elle-même pour méditer, sans que nul ne la voit. Le temple est connu pour ses rats, lesquels sont sacrés et traités en tant que tels, leur présence bénissant ceux qui fréquentent le temple, ce dernier leur accordant une religieuse protection.

Karni Mata, sainte ermite, membre d’une caste de conteurs de la région, les Charan, aurait demandé à Yama, le dieu de la Mort, de rendre la vie au fils d’un conteur affligé. Yama s’exécuta, mais ressuscita le jeune homme sous forme de rat. De colère, Karni Mata vola toutes les âmes de sa caste du royaume de Yama : ils se réincarneraient désormais en rat, avant de renaître sous forme humaine…

Le lieu est soumis à plusieurs légendes
– Il paraitrait tout d’abord que la population de rats n’augmente jamais. Le site en abriterait aux alentours de 10 000. 
– Il paraitrait également que nous n’y voyons jamais de ratons. Il faut savoir que les nouveaux rats surgissent de nulle part et que les plus vieux se réincarnent à leur mort. 
– Il paraitrait que l’on ne voit jamais de rats à l’extérieur du temple (pour celui-là je dois admettre qu’il est vrai qu’on n’en a pas vu ailleurs que dans l’enceinte du temple). 
– Et finalement parmi cette dizaine de milliers de rats ne se trouveraient qu’un seul rat blanc, qui, si on l’aperçoit apporterait bonheur et fortune (cool, on l’a vu !).

Dernier détail, faîtes attention où vous mettez les pieds : qui tue un rat doit le remplacer par une statue de rongeur en or pur !

La porte du temple portant des représentations de rats et de tridents (symbole de shiva) est en argent massif, la façade en grès rose et le reste est en marbre blanc.

ON ne peut pas porter de chaussures à l’intérieur de l’enceinte. La balade s’effectuera donc pieds nus ou en chaussettes au milieu des rats (avec cette très agréable sensation de marcher au milieu de la pisse et des crottes de rats). Simple détail a priori pour les croyants !

Comme la plupart des temples, le temple est ornée de nombreuses sculptures d’une superbe minutie.

. En fait, des rats il y en a un peu partout à l’intérieur du temple, très souvent autour des gamelles de boisson et nourritures qui leur sont mis à disposition. Les rats peuvent vous passer entre les jambes si vous vous trouvez sur le chemin d’une gamelle, mais sinon ils dorment tranquillement dans un coin.

Dans tous les cas, on ne peut pas dire que le flux de touristes les dérangent énormément.

Pendant l’année, les pèlerins de toute l’Inde visitent Karni Mata au temple de Deshnok pour lui rendre des hommages religieux. En dehors du Rajasthan, Karni Mata est connue, respectée et aimée dans des États comme le Gujarat, le Madhya Pradesh et en Haryana. Durant le festival de Navrati (célébration de la Shakti, de neuf Déesses), des centaines de personnes voyagent à pied pour aller la vénérer et prier dans ce temple. Si un des rats est tué par accident, le fauteur doit offrir en compensation une statuette de rat en or massif aux brahmanes du temple. Voir ou apercevoir un rat blanc au milieu des hordes de rats noirs est considéré comme particulièrement de bon augure.

Rats

Parmi les milliers de rats vivant au sein du temple, la tradition dit qu’il y a quatre ou cinq rats blancs, que l’on considère comme particulièrement saints. Ils sont les manifestations de Karni Mata elle-même et de sa famille (on se rappellera que Karni Mata est dans une région où vivent les Bishnoïs, dont leur maître, Jambheshwar Bhagavan, choisit de se réincarner en antilope). Les apercevoir est un privilège et les visiteurs ont le devoir de leur donner de la nourriture semblable à de la confiserie, dont les restes sont ainsi bénis par leur salive (les fidèles au temple de Karni Mata considèrent que la nourriture ou les boissons goûtées par les rats sont prasad, « bénies » ; ainsi, par exemple, les dévots trempent leurs doigts dans les bols de lait donnés à l’intention des rats, puis les lèchent ensuite en signe de communion avec la divinté).

C’est la seule communauté de rats diurnes connue dans le monde. Un rat qui monte sur un pied humain est considéré comme une bénédiction de sa part.

De même que le taureau est la monture du Dieu Shiva, l’oie du Dieu Brahmâ, Garuda (le roi des oiseaux) du Dieu Vishnou, le rat est aussi la monture du Seigneur Ganesh, Dieu très populaire et omniprésent en Inde.

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Les mythes autour des chauves-souris tropicales

Posté par othoharmonie le 25 août 2016

 

Les chauves-souris se rencontrent partout sauf dans les zones polaires, mais c’est dans les régions tropicales du Nouveau Monde qu’elles sont le plus nombreuses et le plus diversifiées : environ 260 espèces sur les quelque 950 décrites, soit plus du quart des chiroptères. Ainsi, 3 kilomètres carrés de forêt guyanaise hébergent plus de 50 espèces de chauves-souris différentes, alors que 100 kilomètres carrés de forêt équatoriale au Gabon en abritent 35. Cet écart est moins important entre l’Asie et l’Amérique : pour des surfaces similaires, la péninsule de Malacca d’une part, le Costa Rica et Panamá d’autre part possèdent respectivement environ 90 et 110 espèces de chiroptères.

Par ailleurs, dans les forêts tropicales américaines, le nombre d’espèces de chauves-souris équivaut à peu près à celui des autres espèces de mammifères.

Chauve souris

Les chiroptères d’Amérique tropicale se répartissent en 9 familles et 81 genres. Six de ces familles sont endémiques de ce continent : les noctilionidés (2 espèces), les mormoopidés (8 espèces), les phyllostomidés (qui, avec environ 143 espèces, réunissent plus de la moitié des espèces chiroptères du Nouveau Monde), les natalidés (5 espèces), les furiptéridés (2 espèces) et les thyroptéridés (2 espèces) ; les trois autres familles – les emballonuridés, les molossidés et les vespertilionidés – sont également représentées dans l’Ancien Monde.

Certaines espèces, comme les vampires, ont un régime très spécialisé ; d’autres, au contraire, sont omnivores et se nourrissent en partie de végétaux et en partie d’animaux, des invertébrés surtout. Selon leur alimentation, on distingue 6 grandes catégories de chauves-souris : les hématophages ; les insectivores – qui sont les plus nombreuses – ; les frugivores, les nectarivores, les piscivores et les carnivores.

Un peu plus de la moitié des chauves-souris d’Amérique tropicale se nourrissent d’insectes, soit la totalité des espèces des familles des emballonuridés, des mormoopidés, des natalidés, des furiptéridés, des thyroptéridés, des vespertilionidés et des molossidés ; 20 % des phyllostomidés ; un seul noctilionidé, le petit noctilion, Noctilio albiventris.

Les insectes sont généralement capturés en vol, parfois aussi lorsqu’ils sont posés au sol ou dans la végétation.

Bien que le mot vampire soit originaire d’Europe centrale (étymologiquement, il pourrait venir d’un mot turc [uber] signifiant « sorcière »), c’est dans les régions les plus chaudes d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud que l’on trouve les vrais vampires. Un certain nombre d’invertébrés, comme les sangsues, les tiques et de nombreux insectes (punaises, puces, moustiques), se nourrissent de sang, mais, chez les vertébrés, les vampires sont les seuls à avoir adopté ce régime alimentaire. Il est d’ailleurs assez paradoxal que ces chauves-souris hématophages soient apparues et aient évolué uniquement en Amérique, continent qui, avant l’introduction du bétail par les Européens, était relativement pauvre en grands mammifères. D’autres parties du monde, comme l’Afrique, avec ses grands troupeaux d’herbivores, semblaient, a priori, plus favorables. Sur ce point, le mystère demeure.

Des trois espèces existant actuellement, le vampire commun, Desmodus rotundus, est celle qui a l’aire de répartition la plus étendue. Présent du Mexique à l’Argentine et au Chili, il évite pourtant la région des hauts plateaux mexicains ainsi qu’une bonne partie de la cordillère des Andes. Toutefois, on le trouve à plus de 1 000 m d’altitude (2 300 m au Mexique, 2 600 m en Colombie et même 3 800 m au Pérou). Les vampires se rencontrent dans les deux hémisphères, dans les régions où la température hivernale minimale est au moins égale à 10 °C.

Vol de chauve souris

Vrais et faux vampires

L’histoire de la nomenclature des vampires est significative. Elle montre combien la légende et la réalité ont souvent été confondues.

Bien que les vampires aient été connus dès la conquête du Mexique par Hernán Cortés, il faut attendre 1760 pour que Buffon baptise « vampire » une grosse chauve-souris d’Amérique du Sud, dont il décrit les mœurs hématophages en se fondant sur des témoignages de voyageurs à leur retour du Nouveau Monde. À la même époque, Carl von Linné la décrit sous le nom de Vespertilio spectrum. Il s’agit, en fait, de l’actuel Vampyrum spectrum, le faux vampire, qui, s’il est carnivore, n’est pas un buveur de sang. Nul doute que les termes choisis par ces naturalistes pour dénommer cet animal ont été inspirés par sa grande taille et son aspect peu engageant.

À partir de cette époque et pendant tout le xixe siècle, les zoologistes des muséums européens ont tendance à appeler « vampires » toute une série d’espèces de chauves-souris en général de grande taille, souvent des phyllostomidés, c’est-à-dire possédant l’étrange feuille nasale attribut de cette famille. De là à leur attribuer des mœurs de vampires, il n’y avait qu’un pas. C’est ainsi que sont apparus à cette période des VampyrusVampyrops et autres Vampyressa, qui n’ont en fait rien du vampire. On a même baptisé « vampires » de grandes chauves-souris mangeuses de fruits de l’Ancien Monde : la plus grande chauve-souris du monde, la roussette de Malaisie, une chauve-souris frugivore de 1,70 m, a ainsi été décrite en 1792 sous le nom de Pteropus vampyrus.

En revanche, le vrai vampire reçoit, en 1810, le nom anodin de « phyllostome [à bouche en forme de feuille] arrondi » (Phyllostoma rotundus) ! En 1822, le Français Desmarest découvre que cette petite chauve-souris se nourrit de sang et peut s’attaquer à l’homme. C’est Oldfield Thomas qui, en 1901, lui donne son nom définitif de Desmodus rotundus.

Le vampire sorti des tombeaux

Nombreux sont les mythes et légendes évoquant des créatures suceuses de sang. En Orient, on peut citer, par exemple, les striges (oiseaux de nuit), et les goules qui dévorent les cadavres dans les cimetières. En Europe, le mot vampir, sans doute originaire des Balkans, fait son apparition au xviiie siècle (en Allemagne en 1732).

À l’origine, le vampire est censé être l’esprit d’un mort qui sort la nuit de sa tombe et prend des aspects variés : un animal (grenouille, araignée ou puce) chez les Roms vivant dans les pays slaves, ou un légume (citrouille, pastèque), ou un autre objet inanimé ailleurs, pour aller sucer le sang d’une personne endormie. Celle-ci deviendra vampire à son tour. On notera que, dans les croyances européennes, les chauves-souris ne sont pas associées au vampirisme. Seule la découverte, au xvie siècle, de l’existence d’une chauve-souris hématophage que les scientifiques vont appeler « vampire » va permettre – bien ultérieurement – cette association, qui, aujourd’hui, est bien ancrée dans les esprits.

Vampires et esprits malins

On pourrait s’attendre à une figuration du vampire dans toutes les mythologies, ainsi que dans les arts et l’artisanat des pays où l’espèce est prospère. Curieusement, on la rencontre au contraire plutôt rarement : ainsi il n’en existe aucune trace dans la culture aztèque. En revanche, les Mayas connaissaient bien cet animal : pour eux, la zotziha, ou maison des chauves-souris, est l’une des étapes qui conduit les mourants dans les entrailles de la terre. C’est la demeure du dieu-vampire, ou « chauve-souris de la mort » (camazotz), qui décapite ses victimes. Chez les Arawaks des Guyanes, plusieurs mythes évoquent des chauves-souris géantes qui dévorent ou sucent le sang des êtres humains.

Sur l’île de la Trinité, les morsures des vampires sur des hommes sont attribuées à un esprit malfaisant appelé « soucouyant ». C’est généralement une vieille femme, qui se dépouille la nuit de son apparence humaine et, pour se déplacer, se transforme en boule de feu. Elle pénètre dans les maisons par le trou de la serrure, ou à travers des fissures.

Les premières « victimes » européennes

Natalus_stramineusLes récits des premiers voyages européens et les mythes amérindiens en témoignent : l’homme a, de tout temps, été l’une des proies du vampire. Ainsi, au retour d’un périple dans les régions qui constituent l’actuel Costa Rica, le voyageur au long cours Benzoni écrivait en 1565 : « Il y a de nombreuses chauves-souris qui mordent les gens au cours de la nuit ; on les trouve le long de la côte jusqu’au golfe de Paria et dans d’autres régions, mais nulle part ailleurs elles ne provoquent autant de dommages que dans cette province ; je les ai rencontrées en plusieurs endroits, sur la côte et particulièrement à Nombre de Dios, où, alors que je dormais, elles m’ont mordu aux orteils si délicatement que je n’ai rien senti, mais, au matin, j’ai trouvé les draps (…) baignés de sang… »

Morsures sélectives

Chez l’homme, le vampire choisit de préférence les pieds, les mains et certains endroits de la tête, en particulier le bout de l’oreille. Ce sont en fait les surfaces les plus riches en vaisseaux capillaires. Les tonsures pratiquées par certains peuples Amérindiens, comme les Yanomami du haut Orénoque, sont apparemment une aubaine pour ces chauves-souris, qui les apprécient tout particulièrement.

Au Mexique, une enquête a établi que les chauves-souris vampires s’en prennent le plus souvent aux enfants des deux sexes et préfèrent les femmes aux adultes masculins. Cet ordre de préférence (jeunes, puis femelles et ensuite seulement mâles) vaut également pour d’autres proies, en particulier les bovins. En ce qui concerne ces derniers, le chercheur suisse Dennis Turner estime que la sélection est déterminée par l’épaisseur de la peau, faible chez le veau, moyenne chez la vache, maximale pour le taureau, ainsi que par le degré d’exposition : les veaux dorment plus longtemps et ils restent plus isolés les uns des autres que les adultes.

Sans qu’on sache très bien pourquoi, les vampires s’en prennent à certains individus plutôt qu’à d’autres : sur l’île de la Trinité, par exemple, un enfant de 14 ans a subi des morsures sur les membres, le dos et le visage pendant deux années consécutives, alors que son frère et sa mère, qui vivaient sous le même toit, n’ont jamais été importunés. Seul le cochon que cette famille possédait a lui aussi été mordu.

Pour l’homme, il est d’ailleurs facile de se protéger des morsures au cours du sommeil, puisqu’il suffit de dormir sous une moustiquaire. Il n’en va pas de même pour le bétail…

Un mythe cinématographique

Si la littérature vampirique apparaît au début du xixe siècle, c’est, à la fin du siècle, en 1897, l’écrivain Bram Stoker qui va donner au vampirisme son plus célèbre héros, Dracula (1897). C’est aussi lui qui, pour la première fois, associe la figure maléfique du vampire à la chauve-souris. Le nom de Dracula est quant à lui lié, étymologiquement, au dragon et au diable (le premier est d’ailleurs associé au second dans la symbolique chrétienne médiévale) : il a pour racine drac, qui signifie « diable » en roumain et qui dérive du latin draco, « dragon ».

C’est surtout avec le septième art que le thème du vampirisme va se développer. La plupart des films de vampires tirent leur origine du Dracula de Bram Stoker. Les deux premiers qui s’en inspirent ont été portés à l’écran respectivement en 1922 par F. W. Murnau (Nosferatu le vampire) et en 1931 par Tod Browning (Dracula), et annoncent la naissance de ce mythe contemporain. Dracula a, depuis, été adapté un nombre considérable de fois, et est devenu un mythe à part entière au sein de celui des vampires.

Le mythe de Dracula a fixé dans l’imaginaire l’association vampires/chauves-souris. Bouclant la boucle, en 1988, des paléontologues ont associé Dracula aux chauves-souris, en baptisant Desmodus draculae les restes fossiles d’une chauve-souris hématophage retrouvés au Venezuela dans des terrains du pléistocène.

 

Porteur de la rage

Pour se nourrir, une chauve-souris vampire prélève en moyenne 20 ml de sang par jour (soit un peu plus de 7 litres en une année). Sa salive contenant des substances anticoagulantes, la plaie peut continuer de saigner plusieurs heures après son départ. On a beaucoup spéculé autour des conséquences de ces morsures sur la santé et à la productivité du bétail. Une recherche faite sur des élevages de vaches, en Équateur, a montré que la production de lait n’était pas perturbée par ces pertes de sang occasionnelles. En fait, les prélèvements de sang effectués par les vampires sont minimes par rapport au volume total de sang du bétail, ou même de l’homme, ne provoquant pas de problème particulier.

En revanche, les vampires peuvent, en se nourrissant, transmettre un certain nombre de maladies aux conséquences beaucoup plus graves, en particulier la rage. Le virus infeste la victime par l’intermédiaire de la salive de la chauve-souris, puis s’attaque au système nerveux et entraîne des altérations du comportement, des paralysies et, presque toujours, la mort. Comme tous les mammifères (l’homme ne fait pas exception), les vampires sont eux-mêmes sensibles à ce virus, dont ils peuvent mourir. Pour des raisons encore mal connues, on assiste périodiquement à des épidémies migratrices qui entraînent une mortalité massive pour les bovins et animaux domestiques et, dans une moindre mesure, pour les chauves-souris.

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Faucon : le Messager, la Mémoire

Posté par othoharmonie le 29 juillet 2016

 

Son clan : Épervier. Son élément : Feu. Son allié : Corbeau. Rapide, actif, débordant d’énergie. Capable de s’affirmer, de s’élever au dessus des problèmes. S’apparente au Messager, et enseigne à observer, à scruter le milieu qui nous entoure.

fauconLe  Faucon nous aide à saisir en plein vol une occasion en or qui se présente à nous, et peut également nous aider à examiner notre vie d’un plan plus élevé afin de mieux distinguer les obstacles qui freinent notre envol. Faucon a un rôle de messager comme celui des dieux grecs. Le cri de Faucon annonce toujours un événement joyeux ou avertit d’un danger. Il est important d’examiner attentivement la situation, et de se donner du courage pour passer à travers. Faucon apporte aussi le message invitant à tendre la main et à accepter les cadeaux du Grand Esprit qui sont déjà prêts mais ne sont pas encore perçus en tant que tels. Les personnes qui possèdent la force de Faucon sont de fins observateurs et aucun détail ne leur échappe ; ils ne perdent pas la capacité à voir les choses dans leur ensemble. Ils reconnaissent les signes. Si jamais vous veniez à entendre le cri du faucon, soyez attentif ! Il faut avoir une meilleure perspective pour pouvoir interpréter le message que le faucon vous aura transmis. Tu es splendide comme un oiseau de proie et tu appartiens à la période de l’éveil de la nature. Faucon fait de toi une personne rapide, active et débordante d’énergie. Courageux, persévérant et têtu, tu obtiens toujours ce que tu veux.

Tu es membre du clan de l’Épervier, qui t’unit à l’élément Feu. Tu peux donc être un meneur, un inspirateur, un dirigeant. Mais quels que soient tes projets, agis comme Faucon qui plane avant de fondre sur son objectif. Ne te précipite pas, examine soigneusement ce qui t’attire avant de te lancer. Il en va de même en amour, où tu as tendance à t’engager dans chaque nouvelle aventure à la vitesse de l’éclair. Laisse au moins la chance au coureur de faire les premiers pas et fais-lui croire que c’est lui qui décide : ta vie amoureuse s’en trouvera simplifiée. Suis les conseils de ton allié, Corbeau, car il est sage. Dépense ton surplus d’énergie en faisant du sport. C’est la meilleure façon pour toi de garder la forme et d’évacuer le stress qui te guette à la moindre occasion. Faucon enseigne à observer, à scruter le milieu qui nous entoure.

 Il apporte la Noblesse, la Purification. Il permet de voir notre vie sous son véritable aspect, de nous libérer des fardeaux inutiles et de renouer avec nos racines ancestrales. Lorsque l’on sait d’où nous venons et où nous allons, l’inspiration et l’enthousiasme remplissent notre vie.

Le Faucon, prince des oiseaux en Égypte, par sa beauté et sa force symbolisait le principe céleste. Il incarnait, entre autres, Horus, dieu des espaces aériens dont les yeux étaient le Soleil et la Lune, qui prenait la forme du Faucon ou d’un homme à tête de Faucon. Il était aussi attribut de Horus, symbole du soleil levant. Chez les Incas du Pérou, Faucon était emblème et symbole solaire. Tous les Incas avaient un « double » représenté sous la forme d’un Faucon, qu’ils appelaient Inti. Représenté mettant en pièces des lièvres, Faucon symbolise la victoire du principe mâle, diurne et solaire, sur le principe femelle, nocturne et lunaire. Toujours solaire, ouranien, mâle et diurne, Faucon est un symbole ascensionnel sur tous les plans.

Il indique une supériorité ou une victoire acquises ou en voie de l’être. Encapuchonné, il symbolise l’espérance en la lumière que nourrit celui qui vit dans les ténèbres. Il est l’image des prisonniers, de la lumière sous le boisseau, de la connaissance ésotérique. Avec la devise « post tenebras spero lucem », le faucon encapuchonné est l’emblème de beaucoup d’imprimeurs de la Renaissance. Faucon est le premier esprit totem de la roue de médecine des chamanes amérindiens. Il correspond au début du Printemps et à notre signe astrologique occidental du Bélier. Faucon voit tout de très loin et de très haut ; il est celui par qui arrive la Providence car il est à la fois ses yeux et sa griffe quand il s’abat sur une proie. Les natifs de ce signe sont les instruments du destin, et leur libre-arbitre n’est qu’apparent tant qu’ils n’ont pas appris la modération, car c’est par le biais de leur impulsivité qu’ils sont l’instrument de la providence et c’est en réfléchissant davantage, en tempérant leurs instincts et en prenant davantage les autres en considération qu’ils parviendront à une vraie autonomie.

Évolué, le Faucon est l’oiseau de Feu, le messager entre le ciel et la terre, celui qui est capable de transmettre la loi céleste aux hommes. Il devient alors Horus, le dieu soleil égyptiens à tête de Faucon.

faucon amourLes indiens Zuni l’associent au Zénith : le Soleil est alors tout autant bienfaiteur, parce que porteur de la pleine lumière, que nuisible, parce qu’il brûle alors facilement la peau, c’est la double tendance du Faucon : guide spirituel ou instrument de destruction. En alchimie, Faucon – ou Aigle dévorant le Lion – est symbole de l’affranchissement de la pesanteur, de l’envolée de l’âme.

Par l’association de Faucon à notre signe du Bélier, on peut décrypter ici un message limpide : le dynamisme et l’énergie, pour devenir spirituels, doivent en premier lieu détruire l’Ego et le goût du plaisir terrestre propres au Lion.

Physiquement, la personne Faucon est marquée par un corps d’apparence légère mais tout en muscle qui prédispose au sport, alliant force, réflexe et souplesse. Le regard est perçant, acéré et le nez aquilin. Faucon est actif, violent, impétueux, entreprenant, courageux, égoïste, impatient, arrogant, éveillé, passionné, romanesque, possessif, jaloux. Cycle : La Lune des Arbres en Bourgeons.

Animal totem complémentaire : la Corneille. Forces : entreprenant, enthousiaste, actif, vif d’esprit, pionner, optimiste, dynamique, spontané, chaleureux, courageux, honnête, aventureux, confiant. Faiblesses : impulsif, égoïste, impatient, distrait, tête brûlée. Protégé de Faucon, votre esprit est alerte et ouvert à toute nouvelle idée. Vous avez l’art de porter très haut les projets des autres et votre optimisme renverse les montagnes.

Chez les Amérindiens, Faucon symbolise l’espoir et la bonne nouvelle. Vous êtes relié à la puissance solaire. Votre énergie est donc grande et lumineuse. Votre rôle est avant tout d’éclairer et d’indiquer les bonnes orientations. Vos paroles, précises et convaincantes, apportent la sérénité et l’espoir. Ne soyez pas surpris si votre présence est souvent réclamée ! En amour, vous avez tendance à vous engager dans chaque nouvelle aventure à la vitesse de l’éclair. Laissez au moins la chance à l’autre de faire les premiers pas, et laissez-lui croire que c’est lui qui décide : votre vie amoureuse s’en trouvera simplifiée. Votre totem minéral : l’Opale.

Cette pierre est censée rendre invisible à volonté celui qui la porte. Son énergie provient du Soleil, de la Lune et du Feu. Ses multiples couleurs le rendent adaptable et lui donnent la possibilité de comprendre le message des ancêtres. Porter l’Opale sur soi peut libérer de certains blocages psychologiques et renforcer l’équilibre psychique. Votre totem végétal : le Pissenlit. Ses feuilles sont dentelées et d’un vert très brillant. Très riches en vitamines A, B, C et G, elles contiennent en outre du calcium et du fer. Les Amérindiens s’en servaient comme tonique pour ouvrir les zones d’énergie du corps.

Pour les natifs du Faucon, c’est un excellent décontractant. Comme Faucon se situe au départ du printemps et du cycle de la vie, il profite de l’énergie de l’Est, de l’éveil et des nouveaux départs. Quel que soit son âge, Faucon a toujours des réserves d’énergie. Plein d’enthousiasme, il se lance à corps et âme dans toute activité. Il est ambitieux et généralement très compétitif. Il sait élaborer des plans d’action et les mettre en place rapidement. Il préfère la variété dans son travail et a besoin d’un environnement vivant. Il recherche une certaine liberté d’expression et la sensation d’avancer dans son travail.

La question que le Faucon se pose généralement est : que va-t-il se passer après ?

faucon2Ainsi, il change souvent de travail ou d’activité pour constamment se trouver en face de nouveaux défis. Il conserve rarement un poste ennuyeux et routinier à moins qu’il n’ait développé d’autres activités et passions stimulantes en dehors de son travail. Faucon est passionné et impulsif, il recherche les situations difficiles qui l’incitent à agir ou à prendre des décisions rapidement. Il s’épanouit dans les domaines en constante évolution comme l’électronique, la médecine dentaire, la psychiatrie, l’informatique ou les carrières où il peut diriger des projets comme entrepreneur, chef de production, entraîneur sportif, pompier, sauveteur, etc. En tant que chef, Faucon sait inspirer et motiver ses employés. Il est exigeant et, du fait de son esprit compétitif, il n’accepte pas les défaites, il a parfois des attentes irréalistes envers ses collaborateurs. Il encourage et apprécie les initiatives et le travail bien fait. Il est très direct et droit, donc facile à cerner. Avec lui, on sait à qui on a affaire. Le Faucon le plus célèbre de la mythologie celtique est celui d’Achille.

Dans un dialogue énigmatique avec l’Aède Fintan, il témoigne d’un savoir étendu, dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Faucon symbolise donc la mémoire ancestrale, dont le rôle revêt une importance primordiale dans la pratique chamanique. Si Faucon vous escorte dans vos voyages intérieurs, vous irez loin et atteindrez peut-être même le royaume des ancêtres qui portent l’ensemble du savoir dans leur âme et décident parfois de le partager avec ceux qui connaissent la façon appropriée de le demander. Manifestation du principe solaire, comme l’Aigle qu’il remplace parfois dans certaines régions, le Faucon annonce la victoire de la Lumière sur les ténèbres et représente pour cela un principe initiatique.

Changée en Faucon, Cerridwen initia le jeune Gwion qui devint le grand barde Taliésin. De même, le poète Amorgen chantait : « Je suis un Faucon sur une falaise ». Comme animal pouvoir, Faucon éveille non seulement la mémoire, mais aussi les éléments et les règnes, et il vous apprend à regarder. Faucon peut vous aider à être plus observateur et à voir la façon de se sortir des situations difficiles. Il vous encourage à exprimer la vie d’une perspective plus haute, de façon que vous soyez même de repérer de nouvelles occasions ainsi que des hasards qui pourraient entraver votre progression. Faucon vous encourage à examiner de plus votre vie quotidienne surtout pour y déceler des messages qui se cachent souvent derrière les évènements ordinaires. Les messages de l’esprit sont souvent à portée de main mais l’évidence nous les cache.

Si vous entendez le cri strident de Faucon au cours d’un voyage chamanique vous mettant en garde contre un évènement imminent qui peut vous contraindre à un déséquilibre, cela peut être aussi une exhortation à être hardi et décidé quand surviendra un évènement inattendu. Quoi qu’il en soit, Faucon vous encourage à suivre les diktats du cœur

Sur le blog de Francesca http://francoise1.unblog.fr/

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ARIANE LE COLIBRI

Posté par othoharmonie le 22 février 2016

 

colibriVous avez déjà sûrement entendu décoller une ariane dans votre jardin : son bourdonnement caractéristique ne trompe pas. 

L’histoire est célèbre. « La fille de Minos et de Pasiphaé » tombe amoureuse de Thésée venu en Crète pour tuer le Minotaure. Elle lui donne une épée pour se défendre et une pelote de fil pour retrouver son chemin dans le Labyrinthe construit par l’architecte Dédale. À son retour, Ariane s’enfuit avec Thésée mais celui-ci l’abandonne en route, alors qu’elle est endormie sur le rivage.  René Primevère Lesson (cf. Jacana n° 32) crée le genre Amazilia (cf. Jacana n° 38) en 1843. 

En 1877, dans leur Histoire naturelle des oiseaux-mouches, Mulsant et Verreaux créent le genre Ariana en précisant entre autre : « Les Arianes s’éloignent des Amazilis par un ventre non roux ». Ils ajoutent en note : « Cette partie des Amaziliates a été divisée d’une manière si variable suivant les auteurs, que nous avons été obligé (sic) de créer un nom générique nouveau pour faire comprendre notre pensée sur la manière de classer ces oiseaux. » 

Ils n’indiquent toutefois pas les motifs du choix de ce nom ; on peut penser qu’il s’agit peut-être d’une allusion à leur habitude à utiliser les fils de toiles d’araignées pour consolider leur nid, bien que cette pratique soit largement répandue chez les

Trochilidés. S’agit-il même d’une référence à l’amante de Thésée ? Leurs Ariana sont aujourd’hui des Saucerottia en latin (mais, allez comprendre, Amazilie en allemand et Amazilia en espagnol) et il semble que Pierre Devillers [a étendu le nom français « Ariane » au genre Amazilia

Il écrit en effet : « L’état de la systématique des colibris ne permet pas des coupes logiques. J’ai donc utilisé  »Colibri » (avec  »Oiseau-mouche » comme synonyme) pour l’ensemble de la famille, à l’exception de quelques grands genres, de certains  Groupes de genres bien caractérisés et de l’un ou l’autre petit genre très frappant. J’ai utilisé dans ces cas un nom générique français existant s’il était bref et élégant

(Ariane, Émeraude, Saphir, Érione), ou s’il était bien établi (Campyloptère, Matallure) ».

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LE COLIBRI FAIT SA COUR

Posté par othoharmonie le 12 février 2016

 

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C’est le bruit du vent passant entre les plumes de sa queue qui produit le chant de cour du colibri.

 

Les colibris, ou oiseaux-mouches, sont célèbres pour leur petite taille mais également pour le bourdonnement qu’ils produisent en battant leurs ailes. Il provient de la friction de l’air à travers les plumes. Mais pour faire la cour, le mâle colibri use également des plumes de sa queue pour fredonner son chant d’amour. 

Dans la revue Science, des chercheurs de l’université de Yale (Etats-Unis) décomposent la structure aérodynamique de ce chant. Pour ce faire, ils ont effectué des mesures en soufflerie en soumettant à des vents plus ou moins intenses une trentaine de plumes appartenant à quatorze espèces différentes de colibri. Pour analyser les sons produits, ils ont utilisé du matériel qui sert habituellement en aviation pour inspecter les composants d’aéronefs, un laser doppler vibromètre. 

L’appareil permet de mesurer les vibrations à haute fréquence du mouvement de l’air pour déterminer par exemple l’aérodynamique des fuselages. Résultat : le colibri produit son chant nuptial quand un souffle d’air frappe une plume la faisant vibrer, à la manière d’un drapeau au vent. Les plumes de forme et de taille différentes vibrent à des fréquences différentes mais elles ont des structures harmoniques. En d’autres termes, les sons ainsi produits par l’air sur les plumes de queue sont uniques.  

Outre ce son, les plumes adjacentes peuvent également vibrer à des fréquences différentes, créant ainsi deux ou plusieurs tonalités simultanées. Certains colibris font encore mieux, ils produisent deux sons avec leur queue et un troisième avec leurs cordes vocales. Les auteurs suggèrent que la sélection sexuelle a favorisé la diversification des plumes de queue et que le chant qu’elles produisent est un facteur décisif dans le choix du mâle.

Ainsi, perchés sur une branche tout en s’assurant d’être bien vu par un colibri de passage, ils déploient les plumes de la gorge ou du cou afin de leur adresser un message sans équivoque. Ils agissent aussi de la sorte en exhibant leur queue bien ouverte. Ceci est plus fréquent chez la femelle et les jeunes qui désirent mettre en évidence les pointes blanches des plumes caudales.

Les voltiges aériennes sont principalement de deux types. La première parade se caractérise par un léger va-et-vient d’avant en arrière faisant face à un autre individu. Dans cette mimique en forme d’un petit arc horizontal, les plumes de la queue et de la gorge sont bien déployées. La seconde voltige aérienne, souvent appelée «le pendule», la manifestation est d’une plus grande intensité. Elle consiste à un grand arc de cercle exécuté de haut en bas adoptant la forme d’un grand «U» d’où l’oiseau peut s’élever de 1 à 12 mètres pour ensuite rejoindre son perchoir. A ce moment, il est possible d’entendre un bourdonnement produit par les ailes et des cris grinçants. Cette dernière parade est propre au mâle qui témoignerait de son agressivité vis-à-vis un autre individu de même sexe ou de sexe opposé. Quant à la première, elle ne saurait être l’apanage d’un seul sexe et serait encore là pour témoigner des sentiments hostiles envers d’autres colibris. Les recherches récentes n’excluent pas que ces parades et ces hautes voltiges soient utilisées en d’autres circonstances pour communiquer leurs intentions amoureuses à un partenaire de sexe opposé.

On connaît également une autre parade réalisée par les deux opposants simultanément, qu’on appelle : «vol vertical», les individus volent de haut en bas sur une certaine hauteur en se faisant face à une distance de moins de 1 mètre l’un de l’autre. Cette dernière parade peut être accompagnée de gazouillis.

On reconnaît également un autre vol dit «horizontal» qui se fait sur une courte trajectoire horizontale et peut être accompagné de gazouillis ou de bourdonnements. Ce comportement serait également utilisé pour témoigner son agressivité vis-à-vis un autre colibri et possiblement comme parade nuptiale.

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Le Colibri Abeille

Posté par othoharmonie le 9 janvier 2016

 

 COLIBRI ABEILLLE

 

Le plus petit oiseau au monde est le colibri-abeille, zunzuncito ( el ave más pequeña del mundo ) en espagnol et bee hummingbird ( the World’s Smallest Bird ) en anglais. Le colibri-abeille est à peine plus gros qu’un bourdon avec lequel il est souvent confondu. Le mâle est un peu plus petit que la femelle ne mesurant que 5.5 centimêtres ( environ 2.17 pouces ) de long et pesant seulement 1.95 grammes ( environ 0.07 once ). En comparaison, le colibri géant ( picaflor gigante ) que l’on retrouve dans les Andes mesure environ 21 centimêtres ( 8 pouces et demie ) et pèse 20 grammes ( 0.7 once ), si bien que le colibri-abeille peut se percher sur le bec du colibri géant des Andes. cliquez-ici pour voir un tableau comparatif.

Le nom scientifique du colibri-abeille est Mellisuga helenae en latin et colibri d’Hélène en français. Ce nom lui a été donné en l’honneur d’Hélène Booth, l’épouse d’un ami de Juan Gundlach ( 1810-1896 ), célèbre naturaliste allemand qui a séjourné pendant plusieurs années à Cuba et qui a écrit le premier livre important sur les oiseaux de l’île ( Ornitología Cubana ). Les cubains préfèrent l’appeler zunzuncito, mot espagnol qui veut dire petit zunzun. Zunzun est une onomatopée imitant le bruit fait par le battement très rapide des ailes du colibri. Saviez-vous que le battement des ailes du colibri se fait à une vitesse de 80 battements d’ailes par seconde ?

Le colibri-abeille est une espèce d’oiseau endémique à Cuba, c’est-à-dire qu’elle n’existe qu’à Cuba et nulle part ailleurs. Cuba est vraiment le royaume du plus petit monde puisque c’est là aussi que l’on retrouve la plus petite grenouille au monde ( Sminthillus limbatus ) ainsi que la plus petite chauve-souris papillon au monde ( Natalus lepidus ).

Même si on peut observer le colibri-abeille partout à Cuba, les chances de le voir seront meilleures surtout dans trois régions de l’île. La première région est celle du Parc national de Zapata situé à 180 kilomêtres au sud-ouest de la Havane dans la province de Matanzas. Ce parc est constitué d’une vaste zone de 120 kilomêtres de terres humides remplies de mangroves et de marécages. Il a la forme d’une chaussure d’où son nom de Zapata qui veut dire chaussure en espagnol. C’est aussi l’habitat naturel de 160 espèces d’oiseaux, de 31 sortes de reptiles, de 12 espèces de mammifères et d’une quantité innombrable d’amphibiens, de poissons et d’insectes. La deuxième région est celle de la petite ville historique de Baracoa ( première ville espagnole à Cuba, construite en 1512 ) située sur la pointe sud-est de l’île. Enfin on peut se rendre au sud-ouest de l’île, plus précisément sur l’île de la Jeunesse ( Isla de la Juventud ), anciennement l’île des Pins ( Isla de Pinos ), à ne pas confondre avec l’île des Pins située dans l’océan Pacifique au sud de la Nouvelle-Calédonie.

Le mot colibri nous vient des indiens Taïnos ( premiers habitants de Cuba ) et signifie « oiseau dieu « . Dans la mythologie Taïno, le colibri symbolise la renaissance. Les indiens Taïnos croyaient que la création mourrait lorsque la température devenait sèche et qu’elle naissait de nouveau quand la pluie venait. Ils adoraient le colibri comme un « zeni », une idole fétiche représentant le parcourt du soleil à travers le ciel.

Autres noms communs du colibri dans les Antilles: Beija-flor, Calypte, Chupaflor, Guacariga, Pajaro Mosca, Picaflor, Zumbador, Zun Zun. En langage Taïno, le colibri-abeille se dit  »Guani » à cause de sa couleur bleu-gris. Il est considéré comme un maitre spirituel du monde animal. Audubon ( John James ) , célèbre naturaliste américain, appelait les colibris « des morceaux scintillants d’arc-en-ciel ».

Les colibris ou oiseaux-mouches habitent exclusivement les Amériques. On les retrouve à partir de la Terre de Feu ( la pointe la plus au sud de l’Amérique du Sud ) jusqu’aux abords du Cercle arctique. Toutefois la majorité des espèces habite l’Amérique du Sud et l’Amérique Centrale. À peine une vingtaine d’espèces ont été observées aux États-Unis et de celles-ci, une seule espèce, le colibri à gorge rubis, fait son nid à l’est de la rivière Mississippi jusqu’au Québec.

Aujourd’hui, les colibris font face à un autre danger: la perte de leur habitat naturel. La forêt tropicale, le principal habitat des colibris, recule sur la planête. La bonne nouvelle est que les colibris ont de bonnes chances de survivre grâce à leur grande capacité d’adaptation. Certaines espèces ont même bénéficié du développement de l’agriculture et de l’engouement des gens pour le jardinage qui est devenu l’activité de loisir numéro un en Amérique. L’observation des oiseaux, pour sa part, est la deuxième activité de loisir.

  En 1999, le gouvernement cubain a fait graver des pièces de monnaie illustrant le colibri-abeille. Différentes valeurs ont été mises sur le marché dont celle de 10 pesos en or ( voir illustration à gauche ). Cette jolie pièce de monnaie s’appelle « Zunzuncito » et fait sûrement la joie des collectionneurs. On peut trouver aussi une pièce de 50 pesos en or et une autre de 10 pesos en argent. En 2001, une nouvelle monnaie de 10 pesos en argent est apparue sur le marché. Cette monnaie montre deux zunzuncitos ( colibri-abeilles ) en effigie.

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Aigle : la Sagesse, l’Autorité et le Pouvoir, le Courage

Posté par othoharmonie le 6 décembre 2015

 

1 aigle Ses plumes sont souvent utilisées dans des rituels sacrés. Il aide à prendre du recul pour analyser notre vie. Il offre l’objectivité et la clarté d’esprit nécessaires aux prises de décisions et à la recherche des priorités. Représente l’Esprit, l’habileté de vivre dans le domaine de l’esprit tout en restant branché et équilibré dans le domaine terrestre. Aigle apporte l’éveil et l’illumination. Il enseigne à regarder vers les hautes sphères pour que votre cœur atteigne le Soleil et que vous appreniez à aimer l’ombre aussi bien que la lumière. Aigle incarne la force divine. Il peut aller très haut dans le ciel, plus haut que n’importe quel être vivant et, il est assimilé au Grand Esprit.

Il domine du regard l’ensemble de la vie. Aigle enseigne qu’il est nécessaire de considérer aussi bien les événements positifs que les événements négatifs, les faces d’ombres et de lumière, ce qui aide à poursuivre le développement de son moi propre. C’est par la mise à l’épreuve de sa force d’âme qu’une personne peut acquérir la force de l’Aigle. Les plumes d’Aigle sont utilisées par les chamanes pour guérir l’aura des personnes malades. Venez au bout de vos peurs, regardez au-delà de votre horizon, reliez-vous à l’élément aérien et volez !

C’est ce à quoi exhorte Aigle. Roi des oiseaux, il accompagne ou il représente les plus grands dieux et les plus grands héros. Il est l’attribut de Zeus, l’emblème impérial de César et de Napoléon. Aigle est aussi le symbole primitif et collectif du père et de toutes les figures de la paternité. Symbole aussi des états spirituels supérieurs, de contemplation. Il possède un pouvoir de rajeunissement. Sa vue perçante en fait un clairvoyant. Aigle est l’un des emblèmes de l’orgueil. Dans l’antiquité méditerranéenne, on interprète le vol des Aigles pour percevoir les volontés divines. Oiseau solaire, Aigle est le substitut du Soleil dans les mythologies asiatique et amérindienne.

Pour les Grecs, les Aigles partis de l’extrémité du monde suivent la trajectoire du Soleil, qui coïncide avec l’axe du monde. Chez les Aztèques, le cœur des guerriers sacrifiés est offert en pâture à Aigle Solaire. On les appelle les gens de l’Aigle. Les hommes sacrifiés à Aigle Solaire nourrissent le Soleil et l’accompagnent dans sa course. L’Aigle fixant le soleil, est symbole de la perception directe de la lumière intellective. Le conflit, dans l’imagerie, est souvent symbolisé par le combat de Aigle et de Serpent. Votre caractéristique première ?

La distance. Avec les gens, les choses, les événements. Vous ne vous laissez que très rarement atteindre par ce qui se passe autour de vous. Pas par indifférence ou égoïsme, comme on le croit parfois. Seulement, vous utilisez votre remarquable esprit de synthèse. Vous faites une grande confiance à vos capacités, et vous avez raison ! Vous vous débrouillez toujours, sans forcément beaucoup d’efforts, pour que les situations tournent à votre avantage, ou du moins pour limiter la casse. On dirait parfois qu’un sixième sens vous guide ! Vous n’en êtes pas moins un vrai bourreau de travail, mais savez porter votre effort au bon endroit et au bon moment.

Votre boss, vos collaborateurs ou vos clients vous adorent et vous recommandent chaudement. Le risque est qu’à force de louanges, vous deveniez accro aux compliments. Surtout que l’idée d’avoir une cour de fidèles vous paraît tout à fait séduisante ! Attention donc aux flatteurs, qui pourraient profiter de vous. Heureusement pour vous, votre sagesse ira en s’accentuant avec l’âge : vos expériences vécues vous enrichiront, et vous saurez de mieux en mieux faire le tri au sein de votre entourage. Sur le plan privé, vous saurez faire preuve d’une patience quasi infinie avec vos proches, les enfants notamment. Mais vous aurez parfois du mal à vous intéresser aux petites tracasseries de la vie quotidienne. Votre conjoint devra forcément être du genre dévoué et compréhensif.

Ceux qui s’identifient au totem Aigle se reconnaissent à la puissance de leur capacité de visionnaire, que ce soit une vision à court ou à long terme. L’esprit de ce totem encourage au développement de l’intuition dans votre vie quotidienne. Aigle apporte des enseignements sur les meilleures manières d’élever votre perspective et de prendre du recul par rapport aux situations les plus diverses. Faites appel à l’esprit du totem Aigle pour gagner en puissance d’observation et vous concentrer sur les tâches que vous devez accomplir. De plus, ce totem est un bon compagnon pour développer votre conscience spirituelle. Aigle est un totem dont les attributs et significations sont nombreuses. En voici les plus courants : le messager du monde des esprits, le pouvoir de concentration, la capacité à prendre les devants lorsque le moment opportun se présente, le pouvoir de voir loin, d’avoir une vision claire des situations.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsL’animal totem Aigle appartient au domaine de la sagesse des oiseaux. De ce fait, il porte les attributs qui sont associes à la capacité de voler et de toucher des hauteurs inaccessibles au êtres ordinaires. Aigle peut voler haut dans le ciel sans effort apparent. Comme la plupart des totems oiseaux, cet animal pouvoir est souvent considéré comme un messager porteur des messages venant du monde des esprits et de l’invisible. Si vous avez Aigle comme totem, vous pouvez être enclin à jouer avec des outils de divination et à utiliser votre intuition pour guider vos pas dans la vie. Lorsque Aigle se présente dans votre vie, soyez sensible aux messages qu’il peut vous apporter et soyez réceptif à votre propre intuition. Aigle nous invite à concentrer notre attention dans notre vie quotidienne.

Lorsque vous ressentez la présence de cet animal protecteur, évitez les distractions et concentrez-vous sur la tâche à accomplir. En même temps, Aigle est connu pour prendre de la hauteur facilement. Cet animal a le pouvoir d’apporter un soutien utile pour acquérir une perspective de plus haut niveau sur une question ou un projet qui vous préoccupe.

Lorsque Aigle apparaît dans votre vie, il est sans doute temps d’être moins distrait par les détails, et de vous concentrer sur une perspective plus globale. En vous appuyant sur l’énergie de l’esprit de l’aigle, vous êtes encouragé à envisager clairement ce qui vous attend et défier tous les obstacles qui pourraient se trouver sur votre chemin. Utilisez votre pouvoir de vision et votre clarté d’esprit pour guider vos actions. Aigle est connu pour être un oiseau de proie remarquable. Avoir cet animal comme guide spirituel ou totem met l’accent sur votre capacité à diriger et influencer les autres. Quand Aigle se présente dans votre vie, cela pourrait signifier qu’il est temps de prendre plus d’initiatives et d’être plus actif. Aigle symbolise le pouvoir de l’observation. L’esprit de cet animal totem peut indiquer que vous avez l’opportunité d’étudier attentivement une situation qui vous préoccupe, avant d’agir. La médecine de l’Aigle consiste à observer attentivement la situation et d’agir quand le moment opportun est venu.

La symbolique de Aigle est souvent associée à une capacité de vision puissante. Si vous avez cet animal comme totem, vous avez déjà développé, ou êtes en train de développer, votre capacité à avoir des visions fortes. Peut-être même utilisez- 16 vous votre intuition de manière clairvoyante pour soutenir vos objectifs dans la vie et vos communications avec les autres. Tout comme Aigle peut voir dans les moindres détails à grandes distances, vous êtes capable de percevoir ce que les autres ne peuvent voir en temps ordinaire. Vous avez une affinité avec l’exploration des grands mystères de la vie et la divination. L’Aigle était une des étapes les plus importantes de l’enseignement druidique spirituel et initiatique. En fait le Vautour remplaçait souvent l’Aigle, peu fréquent dans certaines régions.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsSymboliquement, Aigle est l’opposé polaire du Serpent. Aigle se retrouve dans toute la tradition celtique et, comme on pouvait s’y attendre, possède une grande célérité, une vue perçante et un pouvoir magique. Il existe un dialogue entre le héros Arthur et un Aigle, en réalité son neveu Ewilod sous les apparences d’un Oiseau, au cours duquel ce dernier montre une profonde sagesse et une grande connaissance de l’Autre Monde. Autre exemple célèbre, l’Aigle de Cilgwry, dont le pouvoir permit de retrouver Mabon, le dieu celtique. Dans le texte irlandais « Le Voyage de Maelduin », un vieil Aigle se régénère en se baignant dans un lac, acte symbolisant le renouveau de la sagesse à chaque génération. Aigle devient ainsi un allié inestimable quand on s’aventure en territoire inconnu.

Aigle vous aide à voir au-delà des niveaux mondains de l’existence visible, car Aigle en tant qu’animal de pouvoir est votre connexion avec votre moi de l’âme, votre moi supérieur : Aigle peut vous aider à atteindre le ciel tout en gardant les pieds fermement appuyé sur le sol ; il combine ainsi un idéal élevé avec une pratique parfaite. Aigle peut vous montrer que les principes et les actions sont parallèles aux expressions de l’esprit. Dans la cosmologie Amérindienne, Aigle vole près du Soleil, c’est à dire de la lumière du Grand Esprit. Ainsi, Aigle comme animal pouvoir apporte l’illumination, qui est un éclair soudain permettant de voir des vérités spirituelles qui, jusque là, étaient obscures et inconnues.

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Le rôle de la Femme-cygne

Posté par othoharmonie le 24 novembre 2015

 

Femme cygneLa femme-cygne est une légende qui raconte l’histoire d’un jeune homme célibataire qui vole une robe magique faite de plumes de cygne à une femme-cygne pour qu’elle ne puisse pas s’envoler et l’épouse. Dans la plupart des versions, elle porte ses enfants ; lorsque les enfants grandissent, ils chantent une chanson sur l’endroit où leur père a caché la robe de leur mère ; dans d’autres versions, un des enfants demande à sa mère pourquoi elle pleure continuellement et trouve la robe, ou ils lui révèlent le secret d’une autre façon. La femme-cygne reprend immédiatement sa robe et disparaît d’où elle vient. Bien que cela l’attriste d’abandonner ses enfants, elle ne les emporte pas avec elle, mais parfois revient les chercher. Dans certaines versions, le mari parvient à la retrouver seulement après une quête ardue ; le plus souvent, l’impossibilité de la retrouver est assez manifeste pour qu’il ne s’y risque même pas.

Ce thème est assez répandu dans les récits folkloriques à travers le monde sur tous les continents, bien que les types d’oiseaux et d’animaux puissent varier. Quelquefois, il s’agit de créatures célestes féminines qui sont ailées, mais l’idée de fond reste la même.

Le motif des filles-cygnes apparaît dans divers contes russes traditionnels célèbres, tels Les Trois Royaumes (qui évoque « trente-trois filles-cygnes », le héros, Ivan, tombant amoureux de la plus belle), Le Tsar de l’Onde et Vassilissa la très-sageLa Plume de Finist-Clair-Faucon, ou encore Va je ne sais où, rapporte je ne sais quoi.

Dans une version bouriate, une femme-cygne a été obligée d’épouser un chasseur bouriate et ils ont onze enfants. Un jour, elle demande à son mari s’il se souvient où il a caché sa vieille peau. Son mari, confiant après tant d’année de vie commune, la lui montre. Alors elle se glisse immédiatement dedans et s’envole sur le toit. De là, elle déclare son intention de retourner au ciel, et demande à ses enfants d’effectuer des cérémonies en son honneur chaque printemps et chaque automne, lorsque les cygnes migrent.

Une version sibérienne met en scène ce qui ressemble à des femmes-oiseaux (le récit est plutôt imprécis sur la nature des femmes, mais il est fait mention de plumes, ce qui suppose qu’il s’agit bien de femmes-oiseaux). Sur les conseils d’une vieille femme, un Samoyède découvre sept jeunes filles surnaturelles qui se baignent dans un lac et il vole la robe de plumes de l’une d’elles. Celle-ci est alors obligée de mettre ses pouvoirs à son service et elle l’aide à se venger des sept frères qui avaient tué sa mère. Se rendant invisible, elle va leur voler leur cœur et les lui rapporte. Il détruit alors le cœur de ses ennemis, les faisant ainsi mourir ; ce que voyant, la jeune fille lui vole à lui aussi son cœur.

Selon Julien d’Huy, un tel récit aurait également existé durant la préhistoire européenne et aurait eu comme héroïne un bison ; en effet, on retrouve le motif de l’animal quadrupède en Amérique du Nord et en Europe, dans une surface coïncidant à l’aire de diffusion de l’haplogroupe X, ce qui permettrait de dater approximativement l’apparition de ce motif entre -30000 et -40000 ans. Il aurait été notamment illustré par le panneau des « femmes-bisons » dans la grotte du Pech Merle.

Le terme femme-cygne est un terme présent dans de rares ouvrages de référence en français, comme l’Encyclopédie Universalis.

Dans la mythologie grecque, le dieu suprême Zeus prit la forme d’un cygne pour séduire Léda, fille de Thestios (roi d’Étolie) et l’épouse de Tyndare (roi de Sparte). De ses amours avec le dieu, elle conçut deux enfants (Hélène et Pollux), qui naquirent dans un œuf, alors que Clytemnestre et Castor, fils de Tyndare, naquirent dans un autre œuf (selon une autre version, c’est Némésis qui aurait pondu un œuf qui fut ensuite confié à Léda). Les récits varient cependant sur ce point, et les auteurs présentent parfois les Dioscurescomme fils de Zeus tous deux, ou bien ne parlent que d’un seul œuf (quand ils en parlent : ce n’est pas le cas d’Homère).

Le motif des filles-cygnes apparaît dans divers contes russes traditionnels célèbres, tels Les Trois Royaumes (qui évoque « trente-trois filles-cygnes », le héros, Ivan, tombant amoureux de la plus belle), Le Tsar de l’Onde et Vassilissa la très-sageLa Plume de Finist-Clair-Faucon, ou encore Va je ne sais où, rapporte je ne sais quoi.

Dans un conte des Philippines, un homme riche épie des filles nageant dans un étang, qui s’envolent une fois rhabillées de leur pagne. Il « comprend qu’elles [sont] des étoiles » et dérobe le pagne de l’une d’elles, lui proposant ensuite de le lui rendre si elle l’épouse

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Le cygne symbole de la monarchie

Posté par othoharmonie le 24 novembre 2015

 

L’Angleterre fut très certainement à l’origine de cette tradition aristocratique. Les cygnes royaux y figurent pour la première fois dans des écrits du Xème siècle. A compter de 1482, la noblesse insulaire accède au droit de propriété du prestigieux volatile. Elle est tenue de marquer ses oiseaux ; tout cygne n’arborant pas les armes de son propriétaire étant considéré comme patrimoine du roi d’Angleterre. Aujourd’hui encore, Outre-Manche, la fin de juillet est marquée par une tradition séculaire : le marqueur officiel de la reine parcourt la Tamise sur une barque, en tenue écarlate de grand apparat. Son rôle ? Localiser les cygnes et rendre compte de son recensement auprès de sa Très Gracieuse Majesté.

Cygne monarchie

En France, une ordonnance royale de 1684 précise les modalités de protection de l’espèce sur la Seine et ses affluents. Peu avant la révolution, une cérémonie de partage des jeunes cygnes avait officiellement lieu chaque année entre évêques, abbés et membres de la Noblesse ; une manière parmi tant d’autres de marginaliser le petit peuple et de générer des frustrations. Ici et là, dans les cahiers de doléances qui précédèrent de peu les événements de 1789, le cygne apparaît nommément parmi la liste des privilèges dont le Tiers-Etat réclame l’abolition.

Le souffle de l’histoire ébranla la société ; couronnes et sceptres vacillèrent mais l’auréole du cygne resta bien en place ; si bien que jusqu’au siècle dernier, l’animal était encore considéré conne un cadeau de grande valeur : c’est ainsi que la population de cygnes du lac Léman, célèbre entre toutes, naquit au moins pour partie du présent d’un couple fait en 1839 par le prince de Fürstenberg à la ville de Genève. Les introductions ultérieures sur le bassin lémanique et les premières reproductions naturelles in situ transformèrent cette implantation en formidable succès pour l’espèce. Selon Paul Géroudet (Les Oiseaux du Lac Léman, Delachaux & Niestlé, 1987), la population du lac, estimée à 150 – 200 individus vers 1904, atteignit l’effectif de 1 437 oiseaux en janvier 1974, et ce malgré des mesures de régulation consistant à perforer une partie des oeufs entre 1960 et 1984 (284 oeufs piqués sur la rive vaudoise au seul printemps 1974, par exemple).

 

Extrait du site http://www.oiseaux.net/

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LE CYGNE ET SON RAPPORT LUMINEUX

Posté par othoharmonie le 21 novembre 2015

 

De la Grèce ancienne à la Sibérie, en passant par l’Asie Mineure, aussi bien que par les peuples slaves et germaniques, un vaste ensemble de mythes, de traditions et de poèmes célèbre le cygne, oiseau immaculé, dont la blancheur, la puissance et la grâce font une vivante épiphanie de la lumière. 

 Cygne et lumière

Il y a toutefois deux blancheurs, deux lumières : celle du jour, solaire et mâle ; celle de la nuit, lunaire et femelle. Selon que le cygne incarne l’une ou l’autre, son symbole s’infléchit dans un sens différent. S’il ne se clive pas et s’il veut assumer la synthèse des deux, comme c’est parfois le cas, il devient androgynal et de plus chargé de mystère sacré. Enfin, de même qu’il y a un soleil et un cheval noirs, il existe un cygne noir, non pas désacralisé, mais chargé d’un symbolisme occulte et inversé.

Il existe un conte bouriate qui évoque un chasseur qui surprit un jour trois splendides femmes se baignant dans un lac solitaire. Elles n’étaient autres que des cygnes qui s’étaient dépouillés de leur manteau de plumes pour entrer dans l’eau. L’homme vola l’un de ces costumes et le cacha, ce qui fit qu’après leur bain, deux seulement des femmes-cygnes purent reprendre possession de leurs ailes et s’envoler. Le chasseur prit la troisième pour épouse. Elle lui donna onze fils et six filles, puis repris son costume et s’envola après lui avoir tenu ce discours : « Vous êtes des êtres terrestres et vous resterez sur la terre, mais moi, je ne suis pas d’ici, je viens du ciel et je dois y retourner. Chaque année, au printemps, lorsque vous nous verrez passer, volant vers le Nord, et chaque automne, quand nous redescendrons vers le Sud, vous célèbrerez notre passage par des cérémonies spéciales ».

Un conte analogue se retrouve chez la plupart des peuples altaïques, avec des variantes, où l’oie sauvage se substitue souvent au cygne. Dans tous ces récits, l’oiseau de lumière, à la beauté éblouissante et immaculée, est la vierge céleste, qui sera fécondée par l’eau ou la terre, le lac ou le chasseur, pour donner naissance au genre humain. Cette lumière céleste cesse d’être masculine et fécondatrice pour devenir féminine et fécondée. On rejoint par ces mythes la représentation égyptienne de la hiérogamie Terre-Ciel : Nout, déesse du Ciel, est fécondée par Geb, dieu de la Terre. Il s’agit alors en ce cas de la lumière lunaire, laiteuse et douce, d’une vierge mythique. Cette acceptation du symbole du cygne semble avoir prédominé chez tous les peuples slaves, ainsi que chez les Scandinaves, les Iraniens et les Turcs d’Asie Mineure. L’image, ou pour mieux dire la croyance, est parfois poussée jusqu’à ses plus extrêmes conséquences. Ainsi, dans le bassin du Iénisséi, on crut longtemps que « le cygne avait des règles comme la femme ». Mais le cygne, au hasard des peuples, a de nombreux avatars : outre l’oie sauvage, déjà mentionnée, mais également la mouette chez les Tchouktches, et la colombe et le pigeon en Russie. 

 

Le cygne incarne le plus souvent la lumière mâle, solaire et fécondatrice. En Sibérie même, cette croyance, bien qu’elle ne soit pas généralisée, a laissé quelques traces. Ainsi, toujours chez les Bouriates, les femmes font une révérence et adressent une prière au premier cygne qu’elles aperçoivent au printemps. Mais c’est dans la lumière pure de la Grèce que la beauté du cygne mâle, inséparable compagnon d’Apollon, a été le plus clairement célébrée ; dans les mythes, cet oiseau ouranien est également le lien qui fait correspondre, par ses migrations saisonnières, les peuples méditerranéens et les mystérieux Hyperboréens. On sait qu’Apollon, dieu de la musique, de la poésie et de la divination, est né à Délos, un jour sept. Des cygnes sacrés firent, ce jour-là, sept fois le tour de l’île, puis Zeus remit à la jeune divinité, en même temps que sa lyre, un char attelé de ces blancs oiseaux. Ceux-ci l’emmenèrent « d’abord dans leur pays, sur les bords de l’océan, au-delà de la patrie des vents du Nord, chez les Hyperboréens qui vivent sous un ciel toujours pur ». Dans son ouvrage sur les mystères d’Eleusis, Victor Magnien suggère que le cygne « symbolise la force du poète et de la poésie ». Le cygne sera l’emblème du poète inspiré, du pontife sacré, du druide habillé de blanc, du barde nordique…  

 

En Extrême-Orient, le cygne est aussi symbole d’élégance, de noblesse et de courage. C’est pourquoi, selon Lie-tseu, les Mongols firent boire du sang de cygne à l’empereur Mou des Tcheou. Il est encore symbole de la musique et du chant, tandis que l’oie sauvage, dont on sait l’extrême méfiance, est un symbole de prudence, dont le Yi-king fait usage pour indiquer les étapes d’une progression circonspecte. Cette progression est susceptible, bien entendu, d’une interprétation spirituelle.

Ces différents animaux sont mal distingués par l’iconographie hindoue, dans laquelle le cygne de Brahma (hamsa), qui lui sert de monture, possède la morphologie de l’oie sauvage. Le hamsa, c’est l’oiseau aquatique. Monture de Brahma, c’est le symbole de l’élévation du monde informel vers le ciel de la connaissance.

Le symbolisme du cygne ouvre d’autres perspectives encore en ce qu’il pond ou qu’il couve l’œuf du monde. Telle est « l’oie du Nil » dans l’Egypte ancienne. Tel encore le « hamsa » couvant le « Brahmanda » sur les Eaux primordiales dans la tradition de l’Inde. Tel enfin l’œuf de Léda et de Zeus, dont sont issus les Dioscures, coiffés chacun d’une moitié de cet œuf dont ils figurent la différenciation. Il n’est pas inutile d’ajouter que, selon des croyances fort répandues encore à une époque récente, les enfants, nés de la terre et de l’eau, étaient apportés par des cygnes. De l’union de Zeus déguisé en cygne et de Léda serait née Hélène de Troie à la beauté aussi légendaire que celle du cygne.

Dans les textes celtiques, la plupart des êtres de l’Autre Monde qui, pur une raison ou pour une autre, pénètrent dans le monde terrestre, empruntent la forme du cygne et y voyagent le plus souvent par deux, reliés par une chaîne d’or ou d’argent. Dans bien des œuvres d’art celtiques, deux cygnes figurent chacun sur un côté de la barque solaire, qu’ils guident et accompagnent dans son voyage sur l’océan céleste. Venant du Nord ou y retournant, ils symbolisent les états supérieurs ou angéliques de l’être en cours de délivrance et retournant vers le Principe suprême. Sur le continent et même dans les îles, le cycle est souvent confondu avec la grue, d’une part, et l’oie, d’autre part ; ce qui explique l’interdit alimentaire dont cette dernière faisait l’objet, d’après César, chez les Bretons.

CYGNE SACRELe cygne fait également partie de la symbolique de l’alchimie. « Il a toujours été regardé, par les Alchimistes, comme un emblème du mercure. Il en a la couleur et la mobilité, ainsi que la volatilité proclamée par ses ailes. Il exprime un centre mystique et l’union des opposés (eau-feu), en quoi l’on retrouve sa valeur archétypale d’androgyne. Au monastère franciscain de Cimiez, la devise latine dégage l’ésotérisme de l’image « Divina sibi canit et orbi » : « Il chante divinement pour soi et pour le monde ». Ce sifflement est nommé le chant du cygne (le signe chantant), parce que le mercure, voué à la mort et à la décomposition, va transmettre son âme au corps interne issu du métal imparfait, inerte et dissous (Basile Valentin, « Les Douze Clefs de la Philosophie – Editions de Minuit).

 

Extrait du Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

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LA SYMBOLIQUE DU CYGNE

Posté par othoharmonie le 17 novembre 2015

 

 

Symbolique du cygneDe la Grèce ancienne à la Sibérie, en passant par l’Asie Mineure, aussi bien que par les peuples slaves et germaniques, un vaste ensemble de mythes, de traditions et de poèmes célèbre le cygne, oiseau immaculé, dont la blancheur, la puissance et la grâce font une vivante épiphanie de la lumière*.

Il y a toutefois deux blancheurs, deux lumières ; celle du jour, solaire et mâle ; celle de la nuit, lunaire et femelle. Selon que le cygne incarne l’une ou l’autre, son symbole s’infléchit dans un sens différent. S’il ne se clive pas et s’il veut assumer la synthèse des deux, comme c’est parfois le cas, il devient androgynal et de plus chargé de mystère sacré. Enfin, de même qu’il y a un soleil* et un cheval noir*, il existe un cygne noir, non pas désacralisé, mais chargé d’un symbolisme occulte et inversé.

Les Bouriates content qu’un chasseur surprit un jour trois femmes splendides qui se baignaient dans un lac* solitaire. Elles n’étaient autres que des cygnes, qui s’étaient dépouillés de leur manteau de plumes pour entrer dans l’eau. L’homme ravit un de ces costumes et le cacha, ce qui fit qu’après leur bain, deux seulement des femmes-cygnes purent reprendre possession de leurs ailes et s’envoler. Le chasseur prit la troisième pour épouse. Elle lui donna onze fils et six filles, puis reprit son costume et s’envola après lui avoir tenu ce discours : Vous êtes des êtres terrestres et vous resterez sur la terre, mais moi, je ne suis pas d’ici, je viens du ciel et je dois y retourner. Chaque année, au printemps, lorsque vous nous verrez passer, volant vers le Nord, et, chaque automne, quand nous redescendrons vers le Sud, vous célébrerez notre passage par des cérémonies spéciales (HARA, 319).

Un conte analogue se retrouve chez la plupart des peuples altaïques, avec des variantes, où l’oie* sauvage se substitue souvent au cygne. Dans tous ces récits, l’oiseau de lumière, à la beauté éblouissante et immaculée, est la vierge céleste, qui sera fécondée par l’eau* ou la terre* – le lac ou le chasseur – pour donner naissance au genre humain. Mais comme le souligne justement J. -P. Roux (ROUF, 351), cette lumière céleste cesse ici d’être masculine et fécondatrice, pour devenir féminine et fécondée. On rejoint par ces mythes la représentation égyptienne de la hiérogamie Terre-Ciel. Nout, déesse du Ciel, est fécondée par Geb, dieu de la Terre. Il s’agit alors en ce cas de la lumière lunaire, laiteuse et douce, d’une vierge mythique. Cette acception du symbole du cygne semble avoir prédominé chez tous les peuples slaves, ainsi que chez les Scandinaves, les Iraniens et les Turcs d’Asie Mineure. L’image – ou pour mieux dire la croyance – est parfois poussée jusqu’à ses plus extrêmes conséquences. Ainsi, dans le bassin du Iénisséi, on crut longtemps que le cygne a des règles, tout comme la femme (ROUF, 353). Mais le cygne, au hasard des peuples, a de nombreux avatars : outre l’oie sauvage, déjà mentionnée, signalons la mouette* chez les Tchouktches, la colombe* et le pigeon* en Russie (ibid. p. 353).

Le cygne incarne le plus souvent la lumière mâle, solaire et fécondatrice. En Sibérie même, cette croyance, bien qu’elle ne soit pas généralisée, a laissé quelques traces. Ainsi, Uno Harva note que, chez les Bourates, les femmes font une révérence et adressent une prière au premier cygne qu’elles aperçoivent au printemps (HARA, 321). Mais c’est dans la lumière pure de la Grèce que la beauté du cygne mâle, inséparable compagnon d’Apollon, a été le plus clairement célébrée dans les mythes, cet oiseau ouranien est également le lien qui fait correspondre, par ses migrations saisonnières, les peuples méditerranéens et les mystérieux Hyperboréens*. On sait qu’Apollon, dieu de la musique, de la poésie et de la divination, est né à Délos, un jour sept*. Des cygnes sacrés firent, ce jour-là, sept fois le tour de l’île, puis Zeus remit à la jeune divinité, en même temps que sa lyre, un chars attelé de ces blancs oiseaux. Ceux-ci l’emmenèrent d’abord dans leur pays, stir les bords de l’océan, ace-delà de la patrie des vents du Nord, chez les Hyperboréens qui vivent sous un ciel toujours pur (GRID, 41). Ce qui fait dire à Victor Magnien, dans son ouvrage sur les mystères d’Éleusis, que le cygne symbolise la force du poète et de la poésie (MAGE, 135). II sera l’emblème du poète inspiré, du pontife sacré, du druide habillé de blanc, du barde nordique, etc. Le mythe de Léda semble, à première vue, reprendre la même interprétation, mâle et diurne, du symbole du cygne. A l’examiner de plus près on remarque, cependant, que, si Zeus se change en cygne pour approcher Léda, c’est, nous précise le mythe grec, après que celle-ci s’est métamorphosée en oie pour lui échapper (GRID, 257). Or, nous avons vu que l’oie est un avatar du cygne dans son acception lunaire et femelle. Les amours de Zeus-Cygne et de Léda-Oie représentent donc la bipolarisation du symbole, ce qui conduit à penser que les Grecs, rapprochant volontairement ses deux acceptions diurne et nocturne, ont fait de cet oiseau un symbole hermaphrodite où Léda et son divin amant ne font qu’un.

Cette même idée sous-tend l’analyse que fait Gaston Bachelard d’une scène du second Faust (BACE, 50 sq). Dans les eaux fraîches, ces eaux voluptueuses dont Novalis dit qu’elles se montrent avec une céleste toute-puissance comme l’élément de l’amour et de l’union, apparaissent les vierges au bain des cygnes les suivent, qui ne sont tout d’abord que l’expression de leur nudité permise (Bachelard) puis, enfin, le cygne, et il nous faut ici citer Goethe :

Comme fièrement et avec complaisance la tête et le bec se meuvent…
Un d’entre eux, surtout, – semble se rengorger avec audace,
et fait voile rapidement à travers tous les autres ;
ses plumes se gonflent comme une vague sur la vague,
il s’avance en ondulant vers l’asile sacré…

(vers 7300-7306)

L’interprétation de cette tête et de ce bec, celle de ces plumes gonflées, celle enfin de l’asile sacré se passent de commentaire voici le cygne mâle en face du cygne femelle, représenté par les jeunes filles et Bachelard de conclure l’image du cygne est hermaphrodite. Le cygne est féminin dans la contemplation des eaux lumineuses, il est masculin dans l’action. Pour l’inconscient, l’action est un acte. Pour l’inconscient, il n’y a qu’un acte… (BACE, 152). L’image du cygne, dès lors, se synthétise, pour Bachelard, comme celle du Désir, appelant à se confondre les deux polarités du monde manifestées par ses luminaires. Le chant du cygne, dès lors, peut s’interpréter comme les éloquents serments de l’amant… avant ce terme si fatal à l’exaltation qu’il est vraiment une mort amoureuse (ibid.). Le cygne meurt en chantant et chante en mourant, il devient de fait le symbole du désir premier qui est le désir sexuel.

Poursuivant l’analyse du chant du cygne, il est troublant de retrouver, par le biais de la psychanalyse, la chaîne symbolique lumière-parole-semen, si présente dans la pensée cosmogonique des Dogon Jung, note G. Durand (DURS, 161), rapprochant le radical sven du sanscrit svan, qui signifie bruire, va même jusqu’à conclure que le chant du cygne (schwan), oiseau solaire, n’est que – la manifestation mythique de l’isomorphisme étymologique de la lumière et de la parole.

cygneJe ne citerai qu’un seul exemple de l’inversion symbolique à laquelle se prête l’image du cygne noir. Dans le conte d’Andersen Le camarade de voyage, qui puise aux sources du folklore scandinave, une vierge ensorcelée et sanguinaire apparaît sous la forme d’un cygne noir. Plongé par trois fois dans un bassin d’eau purifiante, ce cygne devient blanc, et la princesse, exorcisée, sourit enfin à son jeune époux (ANDC, 87).

En Extrême-Orient, le cygne est aussi symbole d’élégance, de noblesse et de courage. C’est pourquoi, selon Lie-tseu, les Mongols firent boire du sang de cygne à l’empereur Mou des Tcheou. Il est encore symbole de la musique et du chant, tandis que l’oie sauvage, dont on sait l’extrême méfiance, est un symbole de prudence, dont le Yi-king fait usage pour indiquer les étapes d’une progression circonspecte. Cette progression est susceptible, bien entendu, d’une interprétation spirituelle.

Ces différents animaux sont mal distingués par l’iconographie hindoue, dans laquelle le cygne de Brahma (hamsa), qui lui sert de monture, possède la morphologie de l’oie sauvage. La parenté étymologique de hamsa et d’anser est flagrante, dit M.T. de Mallmann. Le hamsa, monture deVaruna, c’est l’oiseau aquatique monture de Brahma, c’est le symbole de l’élévation du, monde informel vers le, ciel de la connaissance. Dans un sens voisin, des textes sanscrits du Cambodge identifient Çiva au Kalahamsa qui fréquente le lac du cœur des yogi, au hamsa qui siège dans lebinduhamsa signifiant en même temps l’anser et l’Atmâ ou le Soi, l’Esprit universel. Attribué à Vishnu, il devient un symbole de Narâyana, l’un des noms du Dieu créateur, et l’âme du monde personnifiée.

Le symbolisme du cygne ouvre d’autres perspectives encore en ce qu’il pond oui qu’il couve l’œuf du monde. Telle est l’oie du Nil dans l’Égypte ancienne. Tel encore le hamsa couvant le Brahmanda sur les Eaux primordiales dans la tradition de l’Inde. Tel enfin l’œuf de Léda et de Zeus, dont sont issus les Dioscures, coiffés chacun d’une moi- tié de cet œuf dont ils figurent la différenciation. Il n’est pas inutile d’ajouter que, selon des croyances fort répandues encore à une époque récente, les enfants, nés de la terre et de l’eau, étaient apportés par des cygnes (BHAB, DANA, ELIM, GUET, MALA, SOUN).

Dans les textes celtiques, la plupart des êtres de l’Autre Monde qui, pour une raison ou pour une autre, pénètrent dans le monde terrestre, empruntent la forme du cygne et voyagent le plus souvent par deux reliés par une chaîne d’or ou d’argent. Sur beaucoup d’oeuvres d’art celtiques, deux cygnes figurent chacun sur un côté de la barque solaire, qu’ils guident et accompagnent dans son voyage sur l’océan céleste. Venant du nord ou y retournant, ils symbolisent les états supérieurs ou angéliques de l’être en cours de délivrance et retournant vers le Principe suprême. Sur le continent, et même dans les îles, le cygne est souvent confondu avec la grue, d’une part, et l’oie, d’autre pail ce qui explique l’interdit alimentaire dont cette dernière faisait l’objet, d’après César, chez les Bretons (OGAC, 18, 143-147 CHAB, 537-552).

Le cygne fait également partie de la symbolique de l’alchimie. Il a toujours été regardé, par les Alchimistes, comme un emblème du mercure. Il en a la couleur et la mobilité, ainsi que la volatilité proclamée par ses ailes. Il exprime un centre mystique et l’union des opposes (eau-feu), en quoi l’on retrouve sa valeur archétypale d’androgyne. Au monastère franciscain de Cimiez, la devise latine dégage l’ésotérisme de l’image Divina sibi canit et orbi. Il chante divinement pour soi et pour le monde. Ce sifflement est nommé le chant du cygne (le signe chantant), parce que le mercure, voué à la mort et à la décomposition, va transmettre son âme, au corps interne issu du métal imparfait, inerte et dissous.

 

(Source : Basile Valentin, Les 12 clefs de la Philosophie, trad. Eugene Canseliet, Ed. de Minuit, Paris 1956, p. 152).

 

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DES HOMMES AU CONTACT DES CYGNES

Posté par othoharmonie le 8 novembre 2015

 

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Symbole de pureté et de majesté, le cygne est présent dans toutes les formes d’expression humaines. Fidèle à ses lieux d’habitation traditionnels, aujourd’hui envahis par l’homme, il est peu aimé des agriculteurs, et fuit toujours plus au nord pour préserver sa précieuse tranquillité.

Le cygne tubercule, proche parent du cygne sauvage, est si présent dans les jardins et parcs publics de nombreux pays qu’il sert tout naturellement de référence aux écrits se rapportant à son espèce. Il est aussi l’un des premiers animaux à participer à l’univers enfantin. Rares sont les enfants qui n’ont jamais jeté de pain à des cygnes, tout en craignant de se faire mordre. En Amérique du Nord, et surtout en Europe, de nombreux manèges proposent une nacelle en forme de cygne, réalisant ainsi l’impression du naturaliste Buffon qui voyait dans l’oiseau le modèle offert par la nature pour la construction des bateaux.

Enfin, beaucoup de tout-petits ont entendu le conte d’Andersen, le Vilain petit canard, narrant l’histoire d’un jeune cygne égaré dans une nichée de canards, rejeté pour sa « laideur » et qui deviendra, bien entendu, d’une somptueuse beauté.

 

L’une des plus anciennes références au cygne figure dans la mythologie grecque. Léda, femme de Tyndare, roi de Sparte, ayant pris l’apparence d’une oie pour se soustraire aux avances de Zeus, celui-ci se changea en cygne pour lui plaire. De l’œuf issu de leur union naquirent les Dioscures, dont chacun était coiffé d’une demi-coquille. Cette légende inspira les peintres dont le Corrège et Léonard de Vinci. Le mythe selon lequel le cygne à l’agonie émettrait un chant ultime avant de trépasser a été célébré par la musique et la danse. La Mort du cygne, tirée du célèbre Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns, a été dansée par les plus grandes étoiles du ballet.

 DES HOMMES AU CONTACT DES CYGNES dans CYGNE 220px-Cygne_nid_2

Dans la littérature, la dernière production d’un musicien ou d’un poète est qualifiée de « chant du cygne ». La grâce et la blancheur de l’oiseau ont maintes fois servi d’éléments de comparaison aux poètes pour célébrer une femme ou l’idée de la pureté. Pierre Jean de Béranger parle d’une femme « aux mains blanches, au cou de cygne » et Charles Baudelaire souhaite unir « un cœur de neige à la blancheur des cygnes ».

Dans le symbolisme et le langage expressif, le cygne est également très présent. En Extrême-Orient, il représente l’élégance, la noblesse et le courage. En Sibérie, il est sujet de dévotion et les femmes bouriates font une révérence au premier oiseau qu’elles voient passer au printemps.

Le nom de l’oiseau a également été attribué, au cours des siècles, en littérature, pour honorer des écrivains au style pur et élégant. Pindare, poète lyrique grec, fut ainsi appelé « le cygne de Dircé ». Plus tard, le poète romain Virgile reçut le nom de « cygne de Mantoue » et l’abbé Fénelon fut surnommé le « cygne de Cambrai ».

Enfin, en astronomie, le cygne donne son nom à une constellation de la Voie lactée dont la disposition stellaire rappelle la silhouette d’un animal aux ailes déployées.

Adaptation des cygnes… et des hommes

Le cygne sauvage n’est pas une espèce menacée. Cela ne signifie pas pour autant que son avenir soit assuré. Qu’ils soient révolus ou malheureusement actuels, les dangers sont toujours en relation directe avec l’homme.

La situation est surtout préoccupante dans les régions où les cygnes ont établi leurs traditionnels quartiers d’hiver. Situées pour partie en Europe moyenne, elles correspondent à des zones à forte pression démographique ; or, le cygne a besoin d’une certaine tranquillité. Si, au fil des décennies, cette exigence s’est quelque peu atténuée, au moins dans les régions où la chasse n’est pas exagérément développée et où les chasseurs sont respectueux des règlements en vigueur, il n’en reste pas moins que, dans les pays où hivernent de forts contingents d’anatidés (oies et cygnes notamment, de plusieurs espèces), des problèmes se posent dans les zones agricoles, ces oiseaux consommant des végétaux cultivés, comme la partie aérienne des navets ou des betteraves fourragères, ou encore pâturant dans les herbages réservés aux bovins ou aux moutons, intrusions que les agriculteurs et les éleveurs apprécient peu.

Les problèmes ont été partiellement réglés dans certains États comme les Pays-Bas, qui accordent des primes compensatoires aux agriculteurs concernés, de manière à les indemniser et à éviter toute réaction individuelle fâcheuse. Au Japon, les services gouvernementaux ont décidé de financer le nourrissage hivernal des cygnes sauvages et des cygnes de Bewick en des lieux où ces oiseaux ont appris à se concentrer et où ils ont perdu une partie de leur caractère farouche. Certains critiquent d’ailleurs ce genre de pratique en arguant du fait qu’il n’est pas bon de faire perdre à une espèce sa méfiance naturelle et que, en outre, la concentration de nombreux oiseaux en un même lieu les expose à des pertes sévères en cas d’épizooties (maladies contagieuses).

Sur les lieux de nidification, la chasse, les destructions directes et volontaires ont amoindri la population jusqu’au xxe siècle. Le cygne était chassé notamment pour sa chair. Un oiseau pesant une dizaine de kilos n’était certes pas considéré comme une proie négligeable. C’est ainsi que, en Suède, la limite sud de répartition du cygne sauvage a progressivement reculé vers le nord. Située à 60° de latitude nord en 1800, elle devait atteindre 67° vers 1920, l’oiseau fuyant l’homme. En Scandinavie, les persécutions ont presque cessé depuis vingt ans et l’oiseau a reconquis en partie son domaine ancestral.

Dans le sud de l’aire de reproduction de l’espèce, la diminution des espaces d’habitat favorables a représenté un autre péril pour les cygnes. De nombreuses zones marécageuses, par exemple, ont été asséchées aux Pays-Bas. Cette poldérisation intensive a transformé en prairies certains sites d’hivernage habituels de cygnes sauvages. Les oiseaux, n’ayant pas changé leurs lieux de résidence, s’y sont adaptés. Et il n’est pas rare de voir de nos jours des cygnes brouter de l’herbe en compagnie des vaches. Dans d’autres endroits privilégiés, c’est la déforestation intensive qui menace les cygnes.

Reste un autre danger venu de la modernisation : les câbles aériens avec lesquels les oiseaux en migration entrent en collision de plus en plus souvent.

Cygne trompette Le plus rare des cygnes, le cygne trompette, a failli disparaître totalement au début du xxe siècle. L’espèce était pourtant largement répandue autrefois au Canada et aux États-Unis, où elle vivait jusqu’au sud des Grands Lacs. La conquête de l’Ouest devait quasiment signer son arrêt de mort, de même que celui du condor de Californie. Les colons n’hésitèrent pas à tuer des milliers de cygnes pour la quantité de chair qu’ils représentaient et pour leur abondant duvet. Cet excellent isolant thermique était fort prisé pour la confection des couettes et oreillers. Les plumes étaient utilisées aussi pour orner des chapeaux et des costumes de scène et pour confectionner des houppettes de poudrier. 

Les destructions aboutirent à une situation presque désespérée : dans les années 1930, on recensa 66 cygnes trompettes encore existants. Cette minuscule population survivante était confinée dans la région du parc national de Yellowstone. Des mesures draconiennes furent alors décidées pour l’implantation de sujets sur différentes zones protégées, grâce à l’importation d’individus trouvés en Alaska. Des échanges et des croisements furent mis au point de manière à assurer un meilleur brassage génétique. En 2002, le nombre total des cygnes trompettes a pu être estimé à 18 000 individus, les trois quarts vivant en Alaska.

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Le cygne est un chantre merveilleux

Posté par othoharmonie le 2 novembre 2015

 

LE CYGNEBelon regarde le cygne comme le plus grand des oiseaux d’eau, ce qui est assez vrai, en observant néanmoins que le pélican a beaucoup plus d’envergure; que le grand albatros a tout au moins autant de corpulence, et que le flamant ou phénicoptère a bien plus de hauteur, eu égard à ses jambes démesurées. Les cygnes dans la race domestique, sont constamment un peu plus gros et plus grands que dans l’espèce sauvage; il y en a qui pèsent jusqu’à vingt-cinq livres; la longueur du bec à la queue est quelquefois de quatre pieds et demi, et l’envergure de huit pieds; au reste, la femelle est en tout un peu plus petite que le mâle.

Le bec ordinairement long de trois pouces et plus, est, dans la race domestique, surmonté à sa base par un tubercule charnu, renflé et proéminent, qui donne à la physionomie de cet oiseau une sorte d’expression; ce tubercule est revêtu d’une peau noire, et les côtés de la face, sous les yeux, sont aussi couverts d’une peau de même couleur; dans les petits cygnes de la race domestique, le bec est d’une teinte plombée, il devient ensuite jaune ou orangé avec la pointe noire; dans la race sauvage le bec est entièrement noir avec une membrane jaune au front; sa forme paraît avoir servi de modèle pour le bec des deux familles les plus nombreuses des oiseaux palmipèdes, les oies et les canards; dans tous, le bec est aplati, épaté, dentelé sur les bords, arrondi en pointe mousse, et terminé à sa partie supérieure par un onglet de substance cornée.

Dans toutes les espèces de cette nombreuse tribu, il se trouve au-dessous des plumes extérieures, un duvet bien fourni, qui garantit le corps de l’oiseau des impressions de l’eau. Dans le cygne, ce duvet est d’une grande finesse, d’une mollesse extrême et d’une blancheur parfaite; on en fait de beaux manchons et des fourrures aussi délicates que chaudes.

La chair du cygne est noire et dure, et c’est moins comme un bon mets que comme un plat de parade, qu’il était servi dans les festins chez les Anciens, et par la même ostentation chez nos ancêtres; quelques personnes m’ont néanmoins assuré que la chair  des jeunes cygnes était aussi bonne que celle des oies du même âge.

Quoique le cygne soit assez silencieux, il a néanmoins les organes de la voix conformés comme ceux des oiseaux d’eau les plus loquaces; la trachée artère descendue dans le sternum fait un coude, se relève, s’appuie sur les clavicules, et de-là, par une seconde inflexion, arrive aux poumons. A l’entrée et au-dessus de la bifurcation, se trouve placé un vrai larynx garni de son os hyoïde, ouvert dans sa membrane en bec de flûte: au-dessous de ce larynx le canal se divise en deux branches, lesquelles après avoir formé chacune un renflement, s’attachent au poumon; cette conformation, du moins quant à la position du larynx, est commune à beaucoup d’oiseaux d’eau, et même quelques oiseaux de rivage ont les mêmes plis et inflexions à la trachée artère, comme nous l’avons remarqué dans la grue, et selon toute apparence, c’est ce qui donne à leur voix ce retentissement bruyant et rauque ces sons de trompette ou de clairon qu’ils font entendre du haut des airs et sur les eaux.

Néanmoins la voix habituelle du cygne privé, est plutôt sourde qu’éclatante; c’est une sorte de strideur, parfaitement semblable à ce que le peuple appelle le jurement du chat, et que les Anciens avoient bien exprimé par le mot imitatif drensant : c’est, à ce qu’il paraît, un accent de menace ou de colère; l’on n’a pas remarqué que l’amour en eût de plus doux, et ce n’est point du tout sur des cygnes presque muets, comme le sont les nôtres dans la domesticité, que les Anciens avoient pu modeler ces cygnes harmonieux, qu’ils ont rendus si célèbres. Mais il paraît que le cygne sauvage a mieux conservé ses prérogatives, et qu’avec le sentiment de la pleine liberté, il en a aussi les accents: l’on distingue en effet dans ses cris, ou plutôt dans les éclats de sa voix, une sorte de chant mesuré, modulé; des sons bruyants de clairon, mais dont les tons aigus et peu diversifiés sont néanmoins très éloignés de la tendre mélodie, et de la variété douce et brillante du ramage de nos oiseaux chanteurs.

Au reste, les Anciens ne s’étaient pas contentés de faire du cygne un chantre merveilleux, seul entre tous les êtres qui frémissent à l’aspect de leur destruction, il chantait encore au moment de son agonie, et préludait par des sons harmonieux à son dernier soupir: c’était, disaient-ils, près d’expirer, et faisant à la vie un adieu triste et tendre, que le cygne rendait ces accents si doux et si touchants, et qui, pareils à un léger et douloureux murmure, d’une voix basse, plaintive et lugubre, formaient son chant funèbre; on entendait ce chant, lorsqu’au lever de l’aurore, les vents et les flots étaient calmés; on avait même vu des cygnes expirants en musique et chantant leurs hymnes funéraires. Nulle fiction en Histoire Naturelle, nulle fable chez les Anciens n’a été plus célébrée, plus répétée, plus accréditée; elle s’était emparée de l’imagination vive et sensible des Grecs ; Poëtes, Orateurs, Philosophes même l’ont adoptées, comme une vérité trop agréable pour vouloir en douter. Il faut bien leur pardonner leurs fables; elles étaient aimables et touchantes; elles valaient bien de tristes, d’arides vérités, c’étaient de doux emblèmes pour les âmes sensibles. Les cygnes, sans doute, ne chantent point leur mort; mais toujours, en parlant du dernier essor et des derniers élans d’un beau génie prêt à s’éteindre, on rappellera avec sentiment cette expression touchante; c’est le chant du cygne!

 

Extrait de l’Histoire naturelle des oiseaux : Buffon – Le Cygne

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LE CHANT DU CYGNE

Posté par othoharmonie le 28 octobre 2015

 

AUCUN chant, jusqu’ici, n’a été plus vanté que le chant du Cygne , lequel, comme on sait, est devenu proverbe. Quand l’admiration publique voulut décerner un hommage flatteur au chantre du Barbier de Séville et de Guillaume Tell , elle le surnomma le Cygne de Pesaro.

CHANT DU SIGNE

Nous croyons donc intéresser nos lecteurs en consacrant ici quelques pages au rôle symbolique que joue le Cygne dans les mythologies anciennes et modernes. Pour les Grecs, le Cygne est un oiseau prophétique consacré à Apollon ; pour les peuples du Nord, il possède également le don de la divination et offre des rapports intimes avec les divinités de la lumière. Tout porte à croire que la beauté du Cygne, son air calme et majestueux, le charme et l’élégance de ses attitudes, où Ton remarque autant de grâce que de noblesse, et surtout l’éclatante blancheur de son plumage, lui ont valu, de tout temps, l’honneur d’être pris pour l’emblème de l’astre du jour.

Quant à la faculté musicale du Cygne, nous y reviendrons tout à l’heure. Pour le moment, restons dans le domaine de la fable, et sans trop nous attarder à en analyser les fictions aimables et touchantes, faisons d’abord remarquer que le nom de Cycnus a été donné par les poètes grecs et latins à différents personnages dont la destinée rappelle plus ou moins les traits principaux de la légende du Cygne. Parmi les héros célébrés sous ce nom par les anciens mythologues et présentés comme ayant subi la métamorphose du chasseur Cycnus dont parle Ovide, nous nous bornerons à citer ce chef de Liguriens, fils du roi Sthénélus, ami et parent de Phaéton. Il passait pour habile musicien, et après avoir versé d’abondantes larmes à la mort de son imprudent ami (Phaéton), il fut changé en Cygne par Apollon et mis au rang des astres. Telle est l’origine de la Constellation du Cygne. Virgile, qu’on appelle aussi le Cygne de Mantoue , a recueilli au Xe chant de Y Enéide ce souvenir des temps héroïques :

« On raconte, dit-il, que Cycnus, touché du malheur de son cher Phaéton, pleurait son ami sous le feuillage ombreux des peupliers ses sœurs (les Héliades métamorphosées en peupliers), et charmait par ses chants ses tristes amours ; il vieillit en chantant, vit son corps se couvrir d’un blanc et moelleux duvet, quitta la terre, et, toujours en chantant, s’envola vers les cieux. »

Ajoutons que chez les Grecs l’Apollon dorien. qui présidait aussi au chant, avait pour compagnon le Cygne. Homère, dans un de ses Hymnes, leur rend simultanément hommage, comme le prouve cette invocation : « O Phébus, le Cygne te chante mélodieusement, en agitant ses ailes, lorsqu’il s’élance sur le rivage près du Pénée ; c’est à toi que le poète, en tenant sa lyre sonore, chante toujours le premier et le dernier. » Nous dirions bien encore que Jupiter, épris de Léda, femme de Tyndare, choisit la forme de cet oiseau pour se rapprocher de celle qu’il aimait; que, séduite par le Cygne divin, Léda mit au monde un œuf d’où sortirent les Dioscures ainsi que la blonde Hélène, etc., etc.; mais nous croyons par ce qui précède avoir suffisamment démontré les attributions du Cygne dans la mythologie classique, et il est temps de nous occuper des fables qui ont un rapport direct avec son agonie mélodieuse. Isidore de Séville, et après lui Albert le Grand, disent que le Cygne ou Cycnus est ainsi nommé parce qu’il produit un son agréable en modulant les sons de sa voix. Quoi qu’il en soit de cette étymologie, les poètes anciens ont prodigué au Cygne les épithètes les plus flatteuses : « Cygne chanteur, Cygne mélodieux », disent Homère et Euripide. Eustathe, le scoliaste d’Homère, ajoute gravement : « L’expérience est notre meilleur garant de ce que les Cygnes chantent d’une manière remarquable. » Callimaque, dans son Hymne à Délos, appelle les Cygnes « oiseaux des Muses ; » Horace, voulant louer Pindare, l’appelle Dircœum Cycnum , et enfin Virgile, qui honore les Cygnes des épithètes de sonorus, argutus, excellens, sublime, cantans , caractérise par ces mots charmants leurs modulations harmoniques :

Longo canoros Dant per colla nodos. « Et font sortir de leurs longs gosiers des chants mélodieux et retentissants. » (ENÉIDE, 1. vu. v. 700.) Les poètes ne sont pas seuls à célébrer le chant du Cygne; philosophes, historiens, naturalistes, tous se réunissent d’un commun accord pour en faire l’éloge. Au reste, d’après Pausanias, la renommée du Cygne comme musicien était un fait établi : « Quand les Cygnes chantent, dit Oppien, les rochers et les vallées leur répondent; plus que tous les autres oiseaux, ils méritent le nom de musiciens, et c’est aussi sous ce nom qu’ils sont consacrés à Apollon. Leur chant n’est pas lugubre comme celui des Alcyons, mais suave et doux comme le son tiré de la flûte ou de la harpe. » Elien, au livre V de son Histoire de trouve le moyen d’enchérir sur Oppien, et les Pères de l’Eglise eux-mêmes, ont vanté le chant du Cygne. Saint Chrysostôme, dans ses Commentaires sur les Epîtres de Saint Paul, attribue ce chant à l’harmonie, et D. Naziance, dans une épître où il blâme les discours superflus et loue les paroles discrètes, dit qu’il préfère le chant suave, quasi rare, des Cygnes, à l’éternel babil des hirondelles. Le Cygne est donc célébré comme un oiseau chanteur, le favori d’Apollon. D’après le témoignage des anciens, dit à ce sujet M. Georges Kastner, (1) le Cygne n’est pas seulement doué de la faculté mélodieuse, mais c’est à l’heure suprême qu’il exhale ses plus beaux chants. Tandis que toute la nature vivante a horreur de la mort et frémit à l’idée de la destruction, le Cygne, comme s’il avait le pressentiment d’une vie meilleure, bat des ailes et prélude par des accents d’un charme ineffable à son dernier soupir- » Aristote, du reste, affirme au IX e livre de son LE CHANT DU CYGNE dans CYGNEdes Animaux, que les Cygnes ont l’habitude de chanter, surtout lorsqu’ils vont mourir. Des personnes qui ont voyagé sur les mers d’Afrique en ont vu beaucoup qui chantaient d’une voix plaintive et mouraient ensuite. Voici maintenant comment Platon, dans le interprète cette tradition mystérieuse : « Il semble, dit-il par la bouche de Socrate, que vous me regardez comme moins habile à la divination que les Cygnes ; car ceux-ci, quand ils sentent leur fin prochaine, se mettent à chanter encore plus qu’auparavant et avec bien plus de douceur. Ils se félicitent ainsi d’aller rejoindre le Dieu dont ils avaient été les compagnons.

Mais les hommes, parce qu’eux-mêmes ils redoutent la mort, publient faussement qu’alors les Cygnes chantent de tristesse, comme s’ils déploraient leur mort, ne considérant pas qu’aucun oiseau ne chante quand il a faim ou froid ou qu’il éprouve quelqu’autre douleur. Ni les rossignols, ni les hirondelles, ni la huppe même ne le font, bien qu’on dise que celle-ci chante par 1 effet d un sentiment de tristesse.

Pour moi, je ne crois pas que ces oiseaux chantent pour cette cause non plus que les Cygnes mais comme ils sont consacrés à Apollon, et qu’ils participent aux dons prophétiques, ils prédisent les biens delà vie future et se réjouissent ce jourlà plus qu’ils n’ont jamais fait en aucune circonstance de leur vie. » Pythagore est du même avis que Platon, et dit que le chant suprême du Cygne ne signifie pas la tristesse, mais la joie de passer à une vie meilleure. La plupart des poètes latins, à l’exemple des Grecs, offrent des citations que nous pourrions multiplier ; mais ce que nous venons de dire suffit pour ne laisser aucun doute sur le mythe du Cygne mourant dans la poésie classique, ainsi que sur la signification que les anciens philosophes attribuaient à cette fable. Quant à l’origine naturelle de cette fiction qui a si heureusement inspiré tant de beaux génies, on la trouve dans les traditions égyptiennes.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsEn effet, pour désigner un musicien âgé, les Egyptiens, dans leur écriture hiéroglyphique, dessinaient un Cygne, parce que, selon eux, cet oiseau ne chante jamais plus mélodieusement qu’aux approches de la mort. La figure du Cygne est donc un funèbre, témoins ces beaux vers de Lucrèce : « Les Cygne de l’antre de l’Hélicon, dans les convulsions de la froide mort, font entendre d’une voix lugubre leur plainte harmonieuse. » Aussi les anciens ont-ils souvent représenté cet oiseau sur les monuments funéraires. On a des preuves de ce symbole dans le témoignage de certains auteurs défavorables au chant du Cygne. On connaît l’ancien proverbe qui dit que les Cygnes chanteront quand les geais cesseront de babiller, c’est-à–dire jamais. Les poètes mêmes qui ont fait l’éloge des Cygnes en louant les charmes harmonieux de leur voix, leur appliquent parfois des épithètes propres à faire entendre le contraire. Ainsi Virgile, qui, suivant l’opinion traditionnelle leur accorde volontiers des qualités mélodieuses, les traite tout autrement quand il parle avec connaissance de cause : il leur applique alors lepithète de rauci, rauques, qui, certes, ne réveille ancune idée musicale. « Les Cygnes rauques se font entendre sur les eaux murmurantes. » Ovide va même jusqu’à imiter par le mot drensent le cri qu’ils font entendre : « La grue crie, et les Cygnes, qui vont par groupes, grincent sur les fleuves. »

Quant aux naturalistes anciens, Élien, entre autres (L. I), reconnaît que les Cygnes ont une grande réputation de chanteurs, mais que ni lui ni probablement aucun autre n’a occasion de les entendre; il sait seulement, ajoute-t-il, que les anciens ont la ferme croyance que d’ordinaire cet oiseau chante avant de mourir une espèce d’air qui s’appelle à cause de cela F air du Cygne . Pline s’exprime encore plus ouvertement contre le préjugé en question : « On parle, dit-il (L. X), des chants mélodieux du Cygne à l’heure de sa mort, c’est un préjugé démenti par l’expérience.» Enfin Lucien se raille agréablement de la crédulité de ceux qui croient à cette fable, et Athénée, après avoir cité l’avis d’Aristote sur cette question, ajoute : « Alex. Myndien m’assure qu’ayant observé plusieurs Cygnes qui se mouraient, jamais il ne les entendit chanter.

Cette erreur, adoptée par les écrivains les plus éminents de l’antiquité, se transmit avec leurs œuvres de siècle en siècle, et le Moyen âge, si enclin au merveilleux, recueillit religieusement la fiction relative à la surprenante faculté vocale de l’oiseau d’Apollon. Les épopées du Nord font mention de Valkyries ou femmes-cygnes, qui presque toujours symbolisent la grâce féminine : De leur col blanc courbant les lignes, On voit dans les contes du Nord y Sur le vieux Rhin, des femmes-cygnes Nager en chantant près du bord, a dit Théophile Gautier. Les Eddas et les Niebelungen nous les montrent assises au bord des rivages, ayant comme attribut la blancheur des plumes de cet oiseau. Du domaine de la mythologie, les vierges-cygnes passèrent plus tard dans les contes chevaleresques et figurèrent longtemps dans les traditions populaires. C’est ainsi que le roman français intitulé le Lac du Désiré , peint l’étonnement d’un chevalier qui aperçoit une vierge-cygne sans guimple (voile) dans la forêt. Enfin la littérature du Moyen âge a donné le nom de Chevalier au Cygne à un personnage mystique qui fait l’objet d’un long poème, dû au minnesinger Conrad de Wùrtzbourg, dont une version a été reproduite en vers au treizième siècle, par Renaut et par Graindor de Douai, puis en prose par Berthauld de Villebresme. Il en est provenu un livre populaire en langue française, très répandu dans le Pays-Bas et cité pour la première fois dans un ouvrage intitulé le Chevalier au Cygne et Godefroy de Bouillon, publié par le baron de Reiffemberg.

1024px-John-James-Audubon-001 dans CYGNELes hommes-cygnes n’ont donc pas tenu moins de place que les femmes-cygnes dans les mythologies du Nord. Au Cygne, dit avec raison M. Georges Kastner, auquel nous devons les principaux éléments de cette étude, « au Cygne correspond ainsi toute une épopée chevaleresque où l’oiseau tant de fois chanté par la muse antique prend, sous l’influence du génie romantique, une signification nouvelle. Le Cygne amène en effet vers le Nord de vaillants chevaliers qui fondent les premières principautés des bords du Rhin… Au caractère religieux dont Pavait revêtu l’antiquité, le Cygne des traditions du Nord unit un caractère profondément historique, » Passons maintenant du domaine de la poésie dans celui de la science, et analysons les recherches qu’a provoquées parmi les naturalistes le mythe que les religions antiques ont légué aux cultes du Nord.

Le dix-septième siècle a vu surtout se multiplier les dissertations spéciales sur le Chant du Cygne. Bartholin, dans ses nombreux opuscules de médecine et de chirurgie où l’on trouve une monographie du Cygne, se met au nombre des partisans de l’ancienne croyance ; après avoir décrit l’anatomie et le chant de l’oiseau, il conclut en démontrant que le Cygne est organisé de manière à pouvoir chanter. Voici sa définition : « Un oiseau plus grand que l’oie, au genre de laquelle il appartient. Il a une voix suave et harmonieuse. » Le dix-huitième siècle était moins crédule. Le 23 février 1720, le sieur Morin présente à l’Académie royale des inscriptions et belles-lettres un Mémoire bizarre, dont le titre est presque une épigramme : Question naturelle et critique, scavoir pourquoi les Cygnes, qui chantoient autrefois si bien, chantent aujourd’hui si mal . Il va sans dire que l’auteur de ce Mémoire relègue dans le domaine de la fable tout ce que les anciens ont dit au sujet du Cygne.

Enfin, en 178 3, des observations faites sur des Cygnes sauvages, à Chantilly, propriété du prince de Condé, devinrent encore l’objet d’un Mémoire adressé à l’Académie. Il résulta d’une lettre écrite à Buffon par l’abbé Arnaud, « qu’on ne peut pas dire que les Cygnes de Chantilly chantent; mais leurs cris sont véritablement et constamment modulés ; leur voix n’est point douce, elle est au contraire aiguë, perçante et très peu agréable. x» Mongez, qui de son côté publia les observations qu’il fit sur ces mêmes Cygnes de Chantilly, assure que leur chant est composé de deux parties alternatives très distinctes : 1 Ils commencent par répétera mivoix un son pareil à celui qui est exprimé par ce monosyllabe, couq, couq, couq , toujours sur le même ton. Ils élèvent ensuite la voix leur chant a quelque analogie, pour la qualité du son, au cri déchirant du paon » Un autre observateur, que sa place à Chantilly avait mis à portée d examiner les deux Cygnes que l’on y nourrissait, Valmont de Bomare, rapporte ce qui suit dans son Dictionnaire d’histoire naturelle : « Le Cygne a une voix, mais quelle voix ? un cri perçant.

On entend tou hou à plusieurs reprises ; le hou est d’un demi-ton au-dessus du tou ; comme la femelle donne les deux mêmes sons, mais plus bas ou moins forts, \orsqu ils crient ensemble, l’oreille distingue sensiblement une espèce de carillon aigre et désagréable. On dirait, dans le lointain, que c’est un concert discordant, un bruit semblable à celui de deux trompettes de foire lorsque les enfants s’en amusent ; enfin, la voix du Cygne, si célèbre par sa mélodie, a une gamme très bornée, un diapason d’un ton et demi L histoire de la nature ne doit pas peindre des fictions ‘, elle doit la dessiner d’un trait pur et correct. »

Après de pareils témoignages, on a lieu d’être surpris lorsque Bachaumont ( Mémoires secrets J, racontant l’expérience faite sur les Cygnes de Chantilly, parle d’un concert mélodieux , car l’organisation particulière de la poitrine et de la gorge du Cygne ne lui permet pas de chanter ; excellente raison à laquelle aurait rien dû songer le célèbre naturaliste Bory de Saint-Vincent, lorsqu’il attribue aux Cygnes « des sons pareils à ceux d’une harpe éolienne.» Il est vrai qu’il écrivait cela dans l’Encyclopédie moderne (t. vu, p. 418 ), à l’article CANARD! En résumé, dit de Salgues, qui range avec raison la croyance au chant du Cygne parmi les Erreurs et les préjugés répandus dans la société, « la configuration de son bec n’annonce guère qu’il soit destiné à se distinguer dans 1 art des Linus et des Orphée. On ne connaît point de chants gracieux sortis d’un bec large, ouvert et aplati. »

Il nous faut donc renoncer au respect pour le talent musical du Cygne, surtout à l’harmonie que cet oiseau produit avant de mourir, dont aucun auteur sérieux n’a affirmé la vérité. Mais quelle est alors l’origine de cette opinion qui attribue au favori d’Apollon un chant si doux et si agréable.? De toutes les hypothèses, la préférable est celle émise par M. Georges Kastner : « N est-il pas possible, dit le savant écrivain, que la mythologie ancienne ait considéré le Cygne comme un oiseau consacré à Apollon, non pas à cause de la beauté de son chant, mais à cause de La beauté de ses formes, de la blancheur, de la pureté de son plumage, ou peut-être que, pour des raisons quelconques, on le croyait propre à la divination, comme d’autres oiseaux encore? Une fois consacré à Apollon, le Cygne est devenu le compagnon des Muses et le symbole des poètes, et ce n’est que plus tard qu’on lui a attribué cette voix suave et harmonieuse qui convenait si bien à sa beauté de même qu’à la nature de son rôle auprès du dieu de la lumière et des arts. » En effet, on s’est plu de tout temps à représenter le Cygne comme le symbole des poètes. C’est ainsi qu’Alciat, dans ses Emblèmes , nous montre un Cygne sur un parchemin qui pend à 1 une des branches d’un vieil arbre, avec cette inscription : Insigna poetarnm, et six vers latins dont voici la traduction :

Trumpeter_Swans_in_Grand_Teton_NP-NPS« Il y a des écussons de famille avec 1 oiseau de Jupiter, d’autres avec des serpents ou des lions. Mais ces animaux féroces ne conviennent pas à l’image du poète; c’est le beau Cygne qui doit soutenir les lauriers de la sagesse. Il est consacré à Phébus et se nourrit dans nos contrées. Autrefois il était roi, et il conserve encore aujourd’hui ses anciens titres. » Henri Heine, dans un de ses Lieders , et notre poète Millevoye, ont consacré chacun une strophe à la poétique allégorie des anciens. Mais Lamartine seul, en interprétant ce sujet, s’est rendu 1 écho des giands poètes de l’antiquité, et surtout de Platon : Chantons, puisque mes doigts sont encore sur ma lyre; Chantons, puisque la mort comme un Cygne m’inspire, Au bord d\in autre monde, un cri mélodieux.

C’est un présage heureux donné par mon génie : Si notre âme n’est rien qu’amour et qu’harmonie, Qu’un chant divin soit mes adieux! La lyre en se brisant jette un son plus sublime; La lampe qui s’éteint tout à coup se ranime, Et d’un éclat plus pur brille avant d’expirer ; Le Cygne voit le ciel à son heure dernière : L’homme seul, reportant ses regards en arrière, Compte ses jours pour les pleurer. A notre époque, où tant de poétiques fictions et de nobles croyances ont disparu pour faire place souvent à de tristes réalités, le chant du Cygne restera, nous l’espérons, comme un symbole des dernières inspirations du génie. Meyerbeer, Rossini, Auber et Halévy sont allés se rejoindre dans la tombe ; mais tout n’a pas péri avec eux, car leurs chefs-

d’œuvre sont immortels comme leur gloire. Aussi, nous, qui avons connu ces musiciens illustres et entendu leurs derniers accents, terminerons-nous par ces belles paroles de Buffon : « Il faut bien pardonner aux Grecs leurs fables, elles étaient aimables et touchantes, elles valaient bien d’arides, de froides vérités : c’étaient de doux emblèmes pour les cœurs sensibles. Sans doute, les Cygnes ne chantent point leur mort ; mais toujours en parlant du dernier effort et des derniers élans d’un beau génie près de s’éteindre, on rappellera avec sentiment cette expression touchante : « C’est le chant du Cygne ! »

(1) Les Sirènes, Essai sur les principaux Georges Kastner. Paris, iB5B. 3″ Partie

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Histoire du Cygne héraldique

Posté par othoharmonie le 27 octobre 2015

 

CYGNE BlasonLe cygne apparaît tôt dans le bestiaire héraldique. Vers 1200, il est déjà présent parmi la vingtaine d’espèces animales ornant les blasons repérées par Michel Pastoureau .

Cependant, si sa présence est ancienne, le cygne demeure un animal relativement peu fréquent dans l’héraldique au cours de la période médiévale. Bien que les oiseaux figurent dans près de 10 % des armoiries portées entre les xiiie et xve siècles, à peine 2 % d’entre elles représentent un cygne. Michel Pastoureau et Laurent Hablot, spécialistes de l’emblématique médiévale, proposent d’expliquer cette rareté par le caractère ambivalent du cygne dans les bestiaires médiévaux. Ainsi, selon Hugues de Fouilloy, rédigeant son De avibus (Le Livre des oiseaux) entre 1130 et 1160 :

« La blancheur du cygne est le symbole du converti. Le cygne a un plumage blanc mais une peau noire. Allégoriquement la couleur blanche du plumage signifie le prétexte sous lequel la peau noire est dissimulée. Parce que le péché de chair est dissimulé par divers prétextes. Lorsque le cygne nage sur la rivière, il tient son cou dressé, parce que l’homme fier, entaché par des possessions matérielles, se rengorge lui-même de posséder des biens transitoires. On dit que le cygne produit un chant d’une immense douceur lorsqu’il est à l’agonie. De même, à la fin de sa vie le fier prend toujours plaisir à la douceur de ce monde, et mourant, il se souvient de ses mauvaises actions. Mais lorsque le cygne est privé de son plumage neigeux, placé sur une broche, il est mis à rôtir dans les flammes. De même, une fois mort, le riche orgueilleux, dépouillé de sa gloire terrestre, est précipité dans les flammes de l’enfer, où il est son châtiment, de sorte que celui qui avait coutume de rechercher les plus viles nourritures, descendu aux abysses, devient nourriture pour les flammes. »

Sa fréquence sur l’écu augmente considérablement à partir du xviie siècle, au moment où le répertoire des meubles et figures héraldiques s’accroît et se diversifie. L’héraldiste Théodore de Renesse dénombre à la fin du xixe siècle 774 familles européennes ayant un cygne ou une tête de cygne sur leur blason. À titre de comparaison, le même auteur ne compte que 12 familles arborant le rat — une figure beaucoup moins appréciée — sur leur écu.

Le cygne est, en héraldique, une figure naturelle qui s’inspire de l’oiseau du même nom. Relativement peu fréquent sur l’écu tout au long du Moyen Âge, cet animal est, en revanche, à compter du xive siècle, une figure courante des ornements extérieurs de l’écu, en particulier le cimier et les supports, de même que sur les devises et emblèmes personnels.

Sa fréquence sur l’écu augmente considérablement à partir du xviie siècle, au moment où le répertoire des meubles et figures du blason s’accroît et se diversifie.

Quand rien n’est précisé, le cygne est représenté passant, les ailes fermées et tourné vers la gauche.

Le cygne est dit becqué, langué ou membré, suivant que son bec, sa langue ou ses pattes sont d’une couleur différente de celle du corps.

Navré, il est transpercé d’une flèche ou d’un dard.

Lorsqu’il est posé sur une onde, c’est-à-dire qu’il paraît nager sur une mer ou une rivière, il est dit nageant.

Dans le premier quart du xiiie siècle, Wolfram Von Eschenbach crée dans son Willehalm le personnage sarrasin de Josweiz. Né d’un père blanc, Matusales et d’une mère noire, une Africaine de Jetakranc, Josweiz a la peau noire et blanche et ses armes représentent un cygne blanc aux pattes et au bec noirs, reflet fidèle de son apparence et de sa filiation.

Dans les armoriaux imaginaires des chevaliers de la Table ronde du xve siècle étudiés par Michel Pastoureau, le cygne n’est qu’exceptionnellement employé. Ne figurant sur aucun écu, il n’est utilisé que dans les cimiers et supports de deux chevaliers jouant un rôle mineur. Le roi Urien de Gorre, beau-frère d’Arthur et père d’Yvain, a pour supports deux cygnes d’argent, becqués et membrés de sable. Patrides le Hardi, neveu de Baudemagu, a pour cimier une tête et un col de cygne d’argent, becqué de sable et pour supports deux cygnes d’argent, becqués et membrés de sable.

Armes parlantes

Selon Michel Pastoureau, le cygne serait, contrairement à d’autres oiseaux comme le coq et le corbeau, rarement employé dans les armes parlantes. Cependant, les exemples sont relativement abondants dans les pays de langue germanique (schwan, cygne en allemand), notamment Schwangau, Schwanberg, Schwanheim, Schwanenberg, Hohenschwangau et Merenschwand.

Histoire du Cygne héraldique dans CYGNE 220px-H%C3%A9raldique_meuble_cygne.svgL’un des exemples les plus célèbres d’armes parlantes avec un cygne est celui du dramaturge Jean Racine, dont le blason familial représentait, sous forme de rébus, un rat au-dessous d’un cygne (Racine ≈ rat-cygne). Appréciant peu la figure du « vilain rat » qui « [le] choquait », Jean Racine ne conserva que le cygne dans les armes qu’il fit enregistrer en 1697 en conformité avec l’édit royal de novembre 1696 : « D’azur au cygne d’argent becqué et membré de sable ».

 

Il peut être difficile de distinguer le cygne de l’oie dans certaines représentations artistiques, en raison de leur morphologie semblable (les deux appartiennent à la famille des Anatidés) et de la couleur blanche qu’ont en commun toutes les espèces de cygnes de l’hémisphère nord et plusieurs races d’oie domestique. Cette confusion peut se retrouver en héraldique.

 

L’alcyon est, d’après la mythologie grecque, un oiseau aquatique fabuleux qui faisait son nid sur les flots de la mer. Souvent identifié avec le martin-pêcheur, la mouette, le pétrel, le goéland ou le cygne, il est figuré dans ses plus anciennes représentations héraldiques comme un martin-pêcheur dans son nid, donc comme un oiseau de taille moyenne, au bec pointu. L’apparence de l’alcyon s’est ensuite modifiée puisque ses représentations plus tardives en font une « sorte de cygne, représenté dans son nid et voguant sur les flots ».

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Les canards célèbres

Posté par othoharmonie le 17 octobre 2015

 

 

Canard célèbreDans la langue du journalisme, on appelle canard une bourde, une chose absurde présentée avec toutes les apparences de la vérité, quelquefois même appuyée de dissertations historiques ou scientifiques qui semblent de nature à écarter toute accusation de supercherie.

Le mot canard a pénétré dans le langage courant pour désigner une fausse nouvelle, une mystification.

Un auteur contemporain donne au canard l’origine suivante :

« Pour renchérir sur les nouvelles ridicules que les journaux de France lui apportaient tous les matins, un journaliste belge imprima, dans les colonnes d’une de ses feuilles, qu’il venait de se faire une expérience très intéressante et bien propre à caractériser l’étonnante voracité du canard. Vingt de ces volatiles étant réunis, on hacha l’un d’eux avec ses plumes et on le servit aux autres qui le dévorèrent gloutonnement. On immola le deuxième, qui eut le même sort, puis le troisième, et enfin successivement tous les canards, jusqu’à ce qu’il n’en restât plus qu’un seul, qui se trouva ainsi avoir dévoré les dix-neuf autres, dans un temps déterminé et très court. Cette fable, spirituellement racontée, eut un succès que l’auteur était peut-être loin d’en attendre. Elle fut répétée par tous les journaux de l’Europe ; elle passa même en Amérique, d’où elle revint chargée d’hyperboles. On en rit beaucoup, et le mot canard resta pour désigner les nouvelles invraisemblables que les journaux offrent chaque jour à la curiosité de leurs lecteurs. »

L’origine du canard nous semble beaucoup plus ancienne. L’auteur d’un ouvrage publié en 1605, dédié à Sully et intitulé : Histoire admirable des plantes et herbes esmerveilleuses et miraculeuses en nature, dit très gravement qu’il existe un arbre dont la moëlle est de fer, et d’autres arbres dont les fruits tombés dans les eaux se changent en poissons et les fruits tombés sur terre se transforment en oiseaux volants. Il parle surtout d’un arbre, lequel estant pourry produit des vers, puis des canards vivans et volans. Du Bartas, le poète de l’époque, a chanté cet arbre merveilleux.

….. Dans les glaneuses campagnes
Vous voyez des oysons qu’on appelle gravagnes,
Qui sont fils (comme on dit) de certains arbrisseaux
Qui leur feuille féconde animent dans les eaux.
Ainsi le vieil fragment d’une barque se change
En des canards volans : ô changement estrange!
Même corps fut jadis arbre verd, puis vaisseau,
Naguère champignon et maintenant oiseau.

Il est très probable que le volatile, si singulièrement engendré, dont parlent Du Bartas et le naturaliste, son contemporain, n’est autre que la macreuse (canard de mer). En effet, pendant longtemps, les marins, n’ayant jamais pu découvrir de nids de macreuses — par la raison que ces oiseaux font leurs nids dans les régions les plus froides du globe — ont prétendu que la macreuse prenait naissance dans les coquillages attachés aux débris des vaisseaux. Le nom scientifique de la macreuse prouverait même que les savants partagèrent, jusqu’à un certain point, cette croyance : en effet, ils l’ont appelée anatife ou anatifère, deux mots latins anas (canard) et ferre (porter). Les marins de nos jours donnent encore le nom de graine de canards à un coquillage qui s’attache particulièrement aux carènes des vieux navires.

Ne pourrait-on pas admettre que la croyance relative à la macreuse, tournée plus tard en ridicule, amena l’emploi du mot canard avec le sens figuré qu’il a pris dans la conversation. Usité d’abord parmi les marins, il aurait passé ensuite dans le langage populaire, et l’histoire du journaliste belge, qui probablement connaissait la légende du canard de mer, l’aurait fait pénétrer dans la langue du journalisme, où il a fait fortune.

Quoiqu’il en soit, les journaux de notre époque, même les plus sérieux, se livrent avec un zèle infatigable à l’éducation du canard. Telle absurdité plaisante, sortie du cerveau d’un journaliste, entre deux verres de Champagne, est servie le lendemain au public avec une gravité et un appareil de mise en scène qui trompent quelquefois les gens du métier eux-mêmes.

Le canard le plus célèbre est, sans contredit, celui auquel on a donné le nom de serpent de mer, du Constitutionnel. De temps à autre, ce journal, peu plaisant s’il en fut, publie un article constatant, avec preuves à l’appui, que les passagers de tel navire, commandé par le capitaine un tel, ayant à son bord tel ou tel savant, ont aperçu, dans les eaux de telle mer, un monstrueux serpent dont ils ont pu reconnaître exactement les formes, les mouvements et les caractères distinctifs. L’article, assaisonné aux meilleures sauces, dans les cuisines de la rédaction, est servi tout chaud aux lecteurs émerveillés. Les initiés rient dans leur barbe, et les autres croient avoir ajouté un beau fleuron à leurs connaissances en histoire naturelle.

Le serpent de mer du Constitutionnel a fait si bonne route qu’on dit souvent : c’est un serpent de mer au lieu de : c’est une fausse nouvelle, une plaisanterie.

Ce n’est pas que le serpent de mer n’existe que dans l’imagination des journalistes en bonne humeur, comme beaucoup sont portés à le croire. Cet animal n’est pas un mythe, et nous aurons occasion de lui consacrer un article.

Les canards ne sont pas toujours à l’adresse des naïfs et des ignorants. L’Académie des sciences elle-même en a avalé plus d’un, et du plus beau plumage; témoin l’histoire suivante, qui vaut la peine d’être racontée.

Les canards célèbres dans OIE ET CANARD 220px-1993_06_theatre_donald_duckLe célèbre Ampère était aussi distrait que savant. Un jour, il devait lire, à une séance de l’Académie, un rapport sur une question de la plus haute importance. Arrivé à l’Institut, quelques minutes seulement avant l’ouverture de la séance, Ampère s’aperçut qu’il avait oublié chez lui le rapport qu’il devait lire. Très contrarié de cet oubli, il s’arrêta sur la première marche de l’escalier et se mit à réfléchir à ce qu’il devait faire. Machinalement, sa main s’était posée sur la pomme de marbra de la rampe où le soleil dardait à ce moment de chauds rayons. Il remarqua que le côté de la pomme exposé au soleil était relativement chaud, tandis que l’autre côté, placé à l’ombre, avait la froideur ordinaire du marbre. Il remarqua en outre que la pomme, légèrement dévissée, pouvait faire un demi-tour de plus sur elle-même. Il lui fit faire ce demi-tour, de façon que le côté chaud se trouvât à l’ombre et le côté froid au soleil. Alors un sourire narquois apparut sur ses traits, et montant dans la salle où l’attendaient ses collègues déjà réunis, il leur dit : « Messieurs, avant de vous donner lecture de mon rapport, j’ai hâte de vous faire constater un phénomène étrange. » Il les conduisit alors au pied de l’escalier, leur fit toucher la pomme merveilleuse, froide du côté du soleil et chaude du côté de l’ombre, et s’amusa pendant plus d’une heure de leurs exclamations de surprise et des explications que la plupart donnaient incontinent. L’Académie rentra en séance, et, sans plus penser au rapport que devait lire Ampère, mit à l’ordre du jour cette question : « Pourquoi une pomme de marbre, exposée au soleil, reste-t-elle froide du côté où dardent les rayons solaires, et devient-elle chaude du côté placé à l’ombre ? »

Pondant plusieurs mois, bon nombre d’académiciens s’escrimèrent à expliquer le phénomène, mais pas un n’eut l’idée de s’assurer de la véracité du fait, en exposant une pomme de marbre au soleil. Le plus curieux de l’affaire, c’est qu’Ampère lui-même présenta à ses collègues un mémoire où il prétendait donner une explication irréprochable au point de vue de la science. Un beau jour enfin, la piste fut éventée, les rieurs eurent beau jeu et Ampère se fit, à l’Académie des sciences, des ennemis irréconciliables.

Une aventure du même genre advint, il y a quelques années, à une académie de province. Un chroniqueur l’a racontée comme il suit :

« S’il m’en souvient bien, c’était à… ne nommons pas la ville. Respect aux académies malheureuses ! Un jour, le président arriva rouge d’émotion, et tout haletant de joie :

» Messieurs et honorés collègues, dit-il, je viens vous proposer de décerner à l’un de nos compatriotes, le docteur V…, chirurgien de marine, en ce moment à Chandernagor, un diplôme de membre correspondant. Le docteur V… doit prendre rang désormais parmi les plus illustres bienfaiteurs de l’humanité. Il vient d’inventer une manière de guérir les fractures des membres, qui ouvre une voie nouvelle et brillante à la chirurgie. Voici la lettre que j’ai reçue de lui tout à l’heure :

« Mon cher maître, ce matin, un matelot, tombé du haut d’une vergue sur le pont, s’est brisé la jambe gauche. Il gisait sans pouvoir se relever, quand un de ses camarades accourt et entoura le membre fracturé de ficelle goudronnée. Aussitôt le blessé, qui n’avait donné aucun signe de douleur, se relève et reprend immédiatement son service, comme s’il ne lui fut rien arrivé. Je compte bien désormais user d’un moyen aussi héroïque, quand pareil cas se renouvellera. »

L’Académie, à l’unanimité des suffrages et par acclamation, accorda le diplôme demandé.

» Le président se hâta d’écrire à Chandernagor pour annoncer au docteur V… la glorieuse marque de sympathie et d’admiration que lui décernait l’élite savante de ses concitoyens.

» Le docteur répondit :

« Merci à vous et à l’Académie, mon cher maître. A propos! J’étais si pressé l’autre jour en vous écrivant, que j’ai oublié de mentionner un détail peu important, sans doute, mais qui complète l’observation chirurgicale qui me vaut tant d’honneur. La jambe cassée du matelot était une jambe… de bois. »

Le canard n’a quelquefois d’autre but que de faire courir les gens. C’est alors une sorte de poisson d’avril. Un journal annonça un jour que le puits de Grenelle lançait dans ses gerbes d’eau de beaux petits poissons rouges, tout prêts à être mis en bocal, et que le gardien du puits les cédait à un prix modéré. Il vint des acheteurs. Un autre annonça que désormais le public serait admis à visiter l’intérieur de l’obélisque : il se présenta des visiteurs. Un troisième rapporta que, dans les fouilles faites à Alise, on avait retrouvé une paire de pistolets qui, grâce à une inscription, étaient reconnus pour avoir appartenu à César. Le public pourrait aller admirer ces pièces rares au musée de Cluny, où le gouvernement les avait fait déposer. Et il vint au musée de Cluny des curieux qui demandèrent à voir les pistolets de César.

Image illustrative de l'article Le Canard enchaînéA un degré moins élevé de l’échelle sociale, le canard est un puissant élément de succès pour les exhibiteurs de curiosités qui parcourent les foires et les fêtes de banlieue. Nous avons vu le prospectus d’un Musée antique qui annonçait, entre autres merveilles : un pépin de la pomme qu’Eve offrit à Adam — le plat sur lequel Esaü mangea les lentilles qui lui coûtèrent si cher — un morceau de la mâchoire d’âne avec laquelle Samson assomma tant de Philistins — le glaive avec lequel Judith trancha la tête à Holopherne — la queue du chien d’Alcibiade — le cheveu qui tenait suspendue l’épée sur la tête de Damoclès, etc.

Qui de nous est sûr de n’avoir pas, plus d’une fois, avalé des canards, absolument comme il arrive aux habitués des restaurants de Paris de manger du chat pour du lapin et du cheval mariné pour du sanglier?

issu du site : Le dictionnaire des curieux

 

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La plume d’oie

Posté par othoharmonie le 6 octobre 2015

 

Au 18ème siècle, Auvillar connut la célébrité pour ses faïences. Une autre profession, assez rare, presque unique en France, rendit également célèbre la cité : la préparation et l’exportation de la plume d’oie à écrire. Favorisée par une région de plus dense élevages de volailles, la production s’élevait à la fin du 18ème siècle à plusieurs centaines de milliers de plumes, et s’exportait jusqu’au Levant et en Espagne.

Plume-d-oie-des-neigesChaque aile d’oie ne donnait que quelques plumes ( remiges ) de gtande qualité dites  » plumes de marque  » à canon très large. Souvent, l’artisan allait vendre lui-même sa production aux foires de Baucaire ou de Bordeaux, après la création du canal du Midi. Ces foires rassemblaient  » la hanse germanique « , association de marchands allemands ayant le monopole du commerce par eau, de la mer du Nord à la Baltique, et qui étaient grands amateurs et acheteurs de nos plumes pour leur qualité. La rapide diffusion de la plume métallique, apparue en angleterre au milieu du 19ème siècle, est venue mettre fin à cette industrie locale.

Préparation de la plume :
Avant son utilisation, la plume à écrire subissait un traitement assez complexe qui pouvait durer plusieurs jours, et qui consistait à rendre le canon plus dur, pour une meilleur et durable utilisation. Avant la taille qui se faisaient à l’aide de couteaux spéciaux, très difficiles à trouver aujourd’hui, ce traitement, appelé trempe et clarification, nécessitait une grande attention et une grande habileté manuelle de la part du fabriquant pour manier le feu, l’eau et le sable nécessaires à cette opération.

De l’habileté et de l’expérience de l’artisan, dépendait une réputation de qualité qui dépassait parfois les frontières, comme ce fut le cas à Auvillar. Habituellement, les plumes d’oies, de cygnes, de dindons sont utilisées pour des écritures de grosseur moyenne ou grande. Quant à celles de canards et de corbeaux, elles sont plutôt destinées aux écritures les plus fines et le dessin, ces dernières étant petites et difficiles à tenir : on peut tailler leur réservoir et l’insérer dans un morceau de bois ou de roseau, pour une meilleure tenue en main, ancêtre du porte plume moderne. L’usage de l’utilisation des plumes remonte très loin dans le temps. Au British Muséum, des peintures égyptiennes représentent des scribes employant cet instrument. Les romains l’utilisaient sur le vélin ( environ 190 ans AV JC ).

Au moyen âge, différentes espèces d’oiseaux furent employées : le pélican, le faisan, l’aigle, le paon et le corbeau.
Pour le dindon ou l’oie aux nombreuses pennes, les cinq premiers tuyaux sont habituellement utilisés, les rémiges, les sixièmes ou septièmes pannes sont plutôt réservées au dessin très fin, de même que les rectrices ou plumes de la queue.
Les plumes dont le tuyau s’oriente vers la droite quand on les tient dans la main qui écrit, proviennent de l’aile gauche. Certains calligraphes les préfèrent aux plumes de l’aide droite, qui elles s’orientent vers la gauche. L’époque la plus favorable pour le ramassage coïncide avec celle de la mue, car les plumes se trouvent alors dans une période qui facilite leur traitement ultérieur. Une plume se compose de trois parties : le tuyau, le réservoir et les barbes avec leurs barbules.

A l’état naturel, le réservoir est recouvert d’une sorte de peau graisseuse renfermant la moelle, et qui a donc tendance à ramollir. Afin d’y remédier, il faut durcir la plume. Avant la taille de la plume, celle-ci devait être débarrassée de la membrane graisseuse qui entoure le tuyau.  Ces différentes techniques de transformations, appelées « trempe » et « clarification », ont varié selon les époques et l’expérience des artisans.

La trempe :
Cette méthode employée au 18ème siècle consiste à humecter les plumes d’oie, soit en les plaçant dans une cave humide pendant un jour ou deux, le bec de la plume en terre, soit en les enveloppant dans une étoffe humide, plusieurs heures avant de les traiter.

A travers la grille d’un feu, introduire le réservoir de la plume de sorte qu’il ne touche pas le feu, mais soit bien chauffé en tous points. La plume ainsi chauffée sera passée sous une plaque de métal chaude, à la surface lisse. Ce procédé permet d’ôter la substance membraneuse recouvrant le réservoir et lui donne une forme bien ronde. Renouveler ensuite l’opération en inversant la position du réservoir. Lui faire reprendre sa forme originelle sur le feu. La pression sous la plaque l’ayant préalablement aplatie. A noter que si la plume n’a pas été suffisamment humectée, elle risque de se fendiller sur les côtés. Ce travail exige une très grande attention. En dernier lieu, frotter la plume avant de la polir. Un autre procédé consiste à couper en biais l’extrémité de la plume et de la placer dans des cendres chaudes. Enlever la membrane extérieure en grattant le réservoir avec le dos de la lame d’un couteau, puis limer la plume en frottant avec un lainage. On peut également mouiller le réservoir, puis en maintenant au dessus d’un feu de charbon de bois, le gratter avec le couteau.

La Clarification :
Selon ce procédé du 17ème siècle, commencer par enlever la pellicule extérieure de la plume en grattant puis couper son extrémité. La plonger ensuite dans de l’eau bouillante contenant une petite quantité d’alun et de sel. Après 15 mn, la faire sécher dans un poëlon de sable chaud puis dans un four. Au 19ème siècle, la méthode de clarification diffère sensiblement. Elle consiste à lier les plumes en botte ( mais sans trop les serrer ), et à les placer dans une marmite à l’étuvée, de sorte qu’elles ne touchent pas l’eau. Il suffit ensuite de les recouvrir d’un couvercle et de laisser la vapeur agir pendant une heure. Ensuite, il faut les sortir et les faire sécher près d’un feu. Le lendemain, il ne restera plus qu’à gratter les réservoirs avec le dos d’un couteau, et à les lisser avec un lainage. Après plusieurs jours, on pourra utiliser ces plumes.
La taille et l’incision du bec sont possibles. Cependant, exécutée trop tôt, lorsque la matière est encore molle, l’incision risque de ne pas être franche et nette.

ecrit-plume_1La taille des plumes :
On commence par raccourcir la plume, arracher les barbules superflues et ôter les duvets. L’instrument ayant été durci, on coupe obliquement l’extrémité du côté du ventre, on en fait autant pour le dos, puis on incise la fente de ce côté avec le tranchant du couteau que l’on glisse dans le tuyau, en prenant bien garde de ne pas trop enfoncer la lame. En effet, il est toujours préférable d’agrandir la fente par éclatement, ce qui présente l’avantage de la garder fermée. Par le canal ainsi formé s’écoulera l’encre. Ensuite, on retourne la plume et on lui fait une grande ouverture sur le ventre, on évide l’extrémité de part et d’autre de la fente. Enfin, pour tailler le bec, on pose le dessous de la plume sur une surface dure et lisse, et on place le canif sur le tranchant à l’endroit où l’on veut couper. Ce dernier coup que les maîtres de l’art appellent le  » tact « , doit être fait subtilement, de manière vive et nette. Cette taille date du 18ème siècle.

Une telle profession ne nécessitait pas un matériel important ou encombrant. Par contre, elle obligeait l’artisan à une surveillance soutenue et le contrôle permanent de la chaleur, de l’humidité durant les manipulations qui ne souffraient d’aucune erreur, pour atteindre la perfection exigée par les calligraphes et utilisateurs professionnels de l’époque. Il fallait aussi une parfaite connaissance de la qualité des différentes plumes, afin de les soumettre à un véritable et difficile travail d’artiste.

Consulter le site de référence : http://www.auvillar.com/le-musee/la-plume-doie/

 

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Les chiens – les chats et les Humains

Posté par othoharmonie le 21 juillet 2015

 

Dogue_de_BordeauxLES CHIENS  /

Lorsque Edward rentre à sa maison de Wickword, ses setters irlandais se trouvent toujours quasiment au portail pour l’accueillir. Sa femme raconte qu’ils commencent à l’attendre entre dix et vingt minutes avant son arrivée, et en tout cas bien avant qu’il n’engage sa voiture dans l’allée. Ceci l’intrigue d’autant plus que son mari travaille à Londres, selon des horaires irréguliers, et ne lui donne généralement aucune indication sur son heure de retour. La capacité des setters irlandais à percevoir le retour de leur maître est commune à bien des chiens. Au cours de ses recherches aux Etats-Unis et en Europe, R. Sheldrake rassembla sur le sujet, plus de 500 témoignages.

La première tentation fut d’attribuer ce comportement à des automatismes routiniers acquis par l’espèce ou au fait que le chien est équipé d’un odorat très performant et d’une ouïe très fi ne. Après étude, R. Sheldrake s’aperçut que ces éléments ne suffisaient pas à expliquer totalement le phénomène. Ce comportement routinier pouvait être évoqué si les maîtres rentraient tous les jours à la même heure. Mais dans nombre d’observations, ce n’était pas le cas, les allées et venues des maîtres étaient aléatoires.

La plupart des chiens possèdent un sens olfactif plus développé que le nô- tre ; ils sont donc probablement en mesure de flairer leur maître ou le véhicule à une distance bien supérieure à la nôtre. Mais jusqu’où au juste ? Pour flairer quelqu’un qui rentre chez lui, le chien doit humer l’air. À supposer que le vent souffle dans la bonne direction, que l’animal soit dehors, jusqu’à quelle distance est-il physiquement possible à l’animal de sentir l’approche d’une personne ? Les estimations les plus fi ables considèrent que cette distance est considérablement inférieure à un mille (soit 1,6 km) avec un chien saint hubert, le plus olfactivement sensible de toutes les races. Les spécialistes ont constaté que cette race, placée vent arrière, est capable de détecter la présence d’une personne cachée dans une haie jusqu’à 800 mètres de distance, à condition que le vent souffle dans la bonne direction et que la personne reste immobile…

Ceci peut expliquer pourquoi certains chiens réagissent une minute ou deux avant l’arrivée de leur maître, mais pas pourquoi certains le font dix ou vingt minutes avant, et indépendamment de l’ouverture de la fenêtre ou du sens du vent. On sait également que l’animal peut percevoir des sons émis à des distances bien supérieures aux possibilités humaines ainsi que des fréquences auditives inaudibles à l’oreille humaine. Des études scientifiques menées en Angleterre par Kevin Munro, selon la méthode du «Potentiel évoqué Auditif», ont établi que les différences de perceptions entre l’homme et le chien étaient quasiment identiques, excepté pour la perception des fréquences aiguës.

Ceci écarte l’explication par l’acuité auditive. Nombreux sont aussi les maîtres qui peuvent témoigner de la capacité de leur chien à anticiper leur retour en l’absence de tout bruit. Ainsi le mari de madame Gavitt, habitant Morrow en Géorgie a pu constater que leur chien commençait à réagir au moment où sa femme décidait de regagner son domicile et se dirigeait vers le véhicule qu’elle avait choisi de prendre. En fait, un certain nombre de témoignages attestent que le chien «perçoit», quel que soit le moyen de locomotion utilisé, le moment où la personne se met en route. Pendant plus d’une année, R. Sheldrake se livra alors à une série d’expériences qui furent filmées, avec un chien qui montrait cette faculté de pressentir le retour de sa maîtresse : tout fut soigneusement consigné par écrit. Aucun autre animal n’a encore été observé aussi minutieusement, mais plusieurs séries de vidéos ont été réalisées avec d’autres chiens. Les conclusions sont que les chiens semblent en effet réellement savoir quand leur compagnon humain rentre à la maison, même lorsque ce retour s’effectue à des heures choisies au hasard et dans des véhicules non habituels.

LES CHATS

800px-Chat_angora_noirBien des chats semblent également savoir quand leur maître va rentrer à la maison, mais dans une moindre proportion : 359 témoignages collectés contre 585 pour les chiens. Il est probable qu’une des raisons en est que les chats sont plus indépendants et éprouvent moins le besoin d’évoluer dans l’intimité de leur maître. Les chats ayant la possibilité de vagabonder librement à l’extérieur, ils adaptent généralement leur comportement aux conditions météorologiques. Ces fluctuations gênent la mise sur pied d’expériences filmées pour les chats, mais des observations écrites dé- taillées ont toutefois été réalisées. Elles ont amené à des conclusions semblables. À l’instar de celles des chiens, ces manifestations sont de nature télépathique et dépendent de la force des liens unissant le chat et l’homme. J’avance l’hypothèse que ces liens s’établissent par le truchement des champs morphiques et que ces derniers s’étirent mais ne se rompent pas lorsque l’homme part et laisse le chat derrière lui. Les réactions des chiens et des chats anticipant le retour de leur maître reposent sur de puissants liens sociaux noués entre les hommes et les animaux. Il existe toutefois suffisamment de matériau permettant de penser qu’au moins 17 autres espèces animales paraissent capables de prévoir le retour d’un compagnon humain. On y trouve des oiseaux et notamment des perroquets (Sur 33 témoignages reçus à propos des oiseaux, 20 concernent les perroquets) et bien sûr les chevaux.

ET CHEZ LES HUMAINS ?

Si les réactions anticipatives sont tellement répandues chez les animaux, tout donne à penser qu’il en va de même chez les humains. Ceux qui ont vécu ou voyagé en Afrique connaissent bien les capacités de certains indigènes à pressentir le retour des leurs en dehors de tout moyen de communication. Ainsi, Laurens van der Post découvrit que les Bushmen du Kalahari étaient en mesure de «savoir» que des membres de leur tribu regagnaient leur camp après avoir tué une antilope à 80 km de là. Ils entendaient la mélopée entonnée en de telles circonstances dès leur arrivée au camp.

Dès la mort de l’antilope, ils avaient été informés «subtilement». Il est probable que le terreau qui fonde les sociétés traditionnelles favorise davantage l’enracinement de telles facultés. Nous citerons encore le célèbre «don de double vue» des populations celtiques implantées dans les Highlands d’Écosse qui incluait, entre autres, la «perception» anticipative du retour de personnes provisoirement absentes. En Norvège, ce phénomène porte même le nom de «Vardoger» qui signifie littéralement «esprit avertisseur». Les personnes déclarent entendre celui qui arrive dans la maison alors qu’en réalité, il n’arrive que 10 à 30 minutes plus tard. Analysé dans le contexte du comportement anticipatif chez les animaux, ce type de réactions s’intègre dans une typologie beaucoup plus vaste. Le pressentiment de l’arrivée peut constituer un aspect important de l’histoire naturelle de la télépathie. Le fait que ce type de réactions peut affecter des bébés ou des personnes endormies montre qu’elles ne font pas appel aux sphères les plus élevées du mental mais cheminent à des niveaux plus fondamentaux.

article source SACREE PLANETE

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LE MILIEU NATUREL DES CHIMPANZES

Posté par othoharmonie le 13 avril 2015

 

 

290px-Bonobo1_CincinnatiZooL’aire de répartition du chimpanzé diminue. Il y a une cinquantaine d’années, on en trouvait partout, de l’ouest à l’est, du Sénégal à la Tanzanie. Mais la forêt tropicale est en régression : l’homme étend sans cesse son territoire, détruisant la forêt sur son passage, si bien que, n’ayant plus d’habitat, le chimpanzé disparaît. Si l’on parle strictement en terme de surface, Pan troglodytes troglodytes et P. troglodytes schweinfurthi ont été peu touchés en Afrique centrale et de l’Est. Mais leur terrain est tout de même diminué de tous les côtés, surtout aux limites est et nord. À l’est, il n’y en a plus au Rwanda, ni au Burundi, de moins en moins en République centrafricaine, au Soudan et en Ouganda. Il n’y en a presque plus en Tanzanie. Il n’y a qu’en République démocratique du Congo, au Gabon, en Guinée-Équatoriale et au Cameroun qu’on en trouve encore en abondance. P. troglodytes verus, à l’ouest, est dans une situation critique. S’il vit encore dans neuf pays africains, il est devenu très rare et proche de l’extinction au Burkina Faso, au Ghana, en Guinée-Bissau et au Sénégal, et a disparu à l’état sauvage au Togo et en Gambie. Peut-être déjà éteinte au Bénin, l’espèce survit pour l’essentiel en Côte d’Ivoire, au Liberia, en Sierra Leone et au Mali.

P. t. vellerosus est la sous-espèce la plus menacée avec ses faibles effectifs estimés à moins de 6 500 individus et a le plus souffert de la réduction de son habitat. Si elle est à l’abri dans le Parc national de Gashaka-Gumti, au Nigeria, elle est souvent victime du braconnage dans les zones où elle n’est pas protégée.

La première cause de sa raréfaction est la déforestation : devant la montée démographique, de plus en plus de terres sont défrichées pour l’agriculture, les pâturages, les plantations industrielles, l’extraction minière ou la construction de routes. Les arbres sont coupés, pour fournir du bois précieux, de la pâte à papier ou simplement du combustible, qui est une source d’énergie bon marché pour beaucoup de populations pauvres. On estime que l’Afrique occidentale et centrale a perdu plus de 80 % de sa forêt originelle. Les forêts des extrémités est et ouest du continent ne sont déjà presque plus que des souvenirs. Dans les années à venir,  il ne restera qu’un seul bloc forestier important en Afrique tropicale : le bassin du fleuve Congo, où habite le bonobo. À la déforestation, il faut ajouter le braconnage, encore assez répandu, en vue de la capture de petits vivants et pour la viande vendue sur certains marchés. Enfin, le chimpanzé succombe également aux maladies infectieuses qu’il peut contracter par les contacts de plus en plus fréquents avec les hommes et leurs déchets, et a été atteint de plein fouet dans certaines régions par la fièvre hémorragique due au virus Ebola. Au cœur de la République démocratique du Congo, l’espace limité du bonobo, lui, s’est peu réduit de volume, sauf au sud. Mais le bonobo est tout de même en déclin dans de nombreuses localités. Il n’y a qu’au nord qu’on le trouve encore en abondance. Il reste, à l’état sauvage, entre 30 000 et 50 000 bonobos, et entre 172 700 et 299 700 chimpanzés communs (2003), selon des estimations à prendre toutefois avec précaution. Les deux espèces de chimpanzés sont menacées. Elles figurent dans la classe A des espèces totalement protégées prévue en annexe de l’African Convention on the Conservationof Nature and Natural Resources signée en 1968 par 40 États et ratifiée par 30 d’entre eux, dont le Cameroun, la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire, le Congo, le Gabon, le Kenya, le Ghana, le Liberia, le Mali, le Mozambique, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, la Tanzanie, l’Ouganda, le Togo et la Zambie. Les chimpanzés sont également inscrits à l’annexe I de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction) et classés dans la catégorie « en danger » par l’U.I.C.N. (Union internationale pour la conservation de la nature) depuis 2007. En danger d’extinction, ils bénéficient d’une protection totale, que ce soit vis-à-vis de la chasse, de la capture, ou pour toute autre utilisation commerciale.

Le chimpanzé disperse les graines

Le chimpanzé commun, on l’a vu, occupe des habitats variés, allant de la savane buissonnante à la forêt dense humide. Le climat le plus sec qu’il fréquente se trouve aux limites nord et est de sa zone de répartition. Il vit alors dans une savane plus ou moins riche en arbres. Ailleurs, dans les régions plus arrosées, il occupe tous les types de forêts, que celles-ci soient primaires (vierges), dégradées – à tous les stades d’évolution – ou inondées. Sa préférence va à la forêt secondaire, c’est-à-dire celle qui a repoussé après avoir été coupée. On le trouve aussi sur tous les types de relief, du bord de la mer jusqu’à 3 000 m d’altitude à la frontière  ougando-congolaise, sur le mont Ruwenzori.

Le bonobo, lui, est un animal exclusivement forestier et qui ne fréquente que les plaines. Mais, comme l’autre espèce, il occupe divers types de forêts – forêts primaires, ou forêts secondaires à sous-bois dense ou saisonnièrement inondées. Lui aussi marque une nette préférence pour les forêts secondaires.

Comme les deux espèces se nourrissent essentiellement de fruits, les chimpanzés jouent un rôle important dans la dissémination des graines. Au Gabon, dans les années 70, les chercheurs français Annette et Marcel Hladik ont recense près de 150 espèces végétales dont les fruits, feuilles ou fleurs étaient mangés par les chimpanzés ; un tiers étaient des lianes. Ils ont donc un rôle négatif sur la végétation, puisqu’ils prélèvent des quantités non négligeables de graines et de jeunes pousses, mais ils le compensent car ils avalent les graines des fruits, puis, allant un peu plus loin, les libèrent dans leurs fèces. Ils contribuent ainsi à la dispersion des plantes dont ils se nourrissent, participent au renouvellement de la forêt et au maintien de la diversité chez les végétaux. Toutefois, l’action du chimpanzé n’a pas été étudiée assez en détail pour savoir si, au bout du compte, il rend plus de services qu’il ne cause de dommages : on ne sait pas, par exemple, si, comme l’éléphant, il est indispensable à certaines plantes dont les graines, sans lui, ne pourraient être disséminées…

LE MILIEU NATUREL DES CHIMPANZES dans SINGEÀ l’occasion, le chimpanzé est aussi un prédateur de petits vertébrés. Il est capable alors de piller des nids d’oiseaux ou de capturer de petites antilopes, des jeunes rongeurs ou des petits d’autres singes, comme le babouin.

Les proies sont le plus souvent attrapées par surprise, par des individus isolés. En général, il n’y a pas de technique de chasse précise, ni de collaboration entre deux ou plusieurs chimpanzés pour attraper une proie. C’est plutôt le hasard qui détermine la proie : ainsi, le jeune babouin, le colobe ou le cercopithèque (un singe à longue queue) est attaqué lorsqu’il se déplace ou se nourrit dans les arbres fruitiers, au cours d’une rencontre inopinée avec un chimpanzé.

Le chimpanzé peut également se comporter en parasite. Au Gombe, en forêt de Tanzanie, où travaille la célèbre primatologue Jane Goodall, la forêt est mélangée à la savane. Chimpanzés et babouins y cohabitent en bon voisinage. Les chercheurs ont vu des chimpanzés voler leur proie à des babouins. À la grande surprise des scientifiques, les babouins ne réagissaient pas, alors qu’ils ont des canines capables de tenir en respect une panthère. Ni les vols, ni les meurtres n’empêchent les jeunes babouins et les jeunes chimpanzés de jouer ensemble.

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