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RECONCILIER L’HUMAIN, l’ANIMAL ET LA NATURE

Posté par othoharmonie le 7 juin 2017

 

Le spécisme, nommé par analogie avec le racisme et le sexisme, « désigne toute attitude de discrimination envers un animal en raison de son appartenance à une espèce donnée », écrit l’auteur. Ce « préjugé » consacre à la fois la supériorité des humains sur les autres espèces et légitime des différences de traitement, en créant des catégories « injustifiées » (animaux de boucherie, de compagnie, de loisirs, etc.).

Mais l’ANTISPECISME, dont se revendique Aymeric Caron, refuse de faire passer les intérêts des humains avant ceux des « animaux non humains » – sans toutefois nier les différences entre les espèces. Cette obligation morale et éthique implique de ne plus tuer ni de ne faire souffrir des animaux qui partagent avec nous les mêmes caractéristiques (être capable de sensibilité, d’intelligence ou d’empathie), et dont la vie importe autant que la nôtre.

En effet,  nous choyons nos chiens et nos chats, mais nous mangeons les vaches, les moutons et les cochons. Nous méprisons les pigeons et admirons les aigles. Nous exterminons les rats tout en protégeant les pandas. Pourquoi ? Car la plupart d’entre nous sommes Spécistes. C’est ce « dogme en vigueur » qu’entend pourfendre l’écrivain AYMERIC CARON auteur de ce  livre : ANTISPECISTE  aux éditions Fayard

Livres d'Emeric

EXTRAIT du livre Antispéciste de Aymeric Caron – PAGE 115

LA CONDITION DES ANIMAUX DANS LES CIRQUES ET LES ZOOS

Il n’est pas dans la nature d’aucun animal sauvage d’être dressé à faire des tours sous la menace d’un fouet ou sous les ordres d’un sifflet. Un lien ou un tigre n’a pas à se tenir sagement sur un cube ou à lever la patte lorsqu’on le lui ordonne, pas plus qu’il n’a à bondir dans des cerceaux. Un éléphant n’a pas à tourner en rond sur une piste minuscule, à s’asseoir sur un tabouret ou à se dresser sur ses pattes arrières au signal. Un singe n’a pas à faire le pitre pour amuser la galerie en montant sur un vélo. Un dauphin, une orque ou une otarie n’ont pas à s’incliner devant des spectateurs, ni à virevolter dans les airs en parfaite synchronisation, ni à trimbaler un bonhomme ou un objet au bout de leur museau. Ça vous plairait, à vous, de devoir faire le guignol devant des chiens, des chats ou des singes ? « C’est tellement mignon » ! clameraient-ils tandis qu’ils assisteraient au spectacle de l’humiliation.

On dompte le féroce, on maîtrise le puissant, on instrumentalise l’intelligence. Aucun de ces animaux soumis à nos caprices n’a choisi ce qui lui arrive. Soyons objectifs : parmi les dresseurs, il est évident que certains et même beaucoup sans doute, sont sincèrement attachés aux animaux qu’ils côtoient quotidiennement. Mais il arrive d’aimer mal. D’étouffer, de faire souffrir, d’oppresser. On aime mal lorsque jamais on ne se demande : « Mais que veut vraiment l’autre » ? On aime mal quand on ne permet pas à celui sur lequel on a jeté son dévolu de réaliser pleinement son être. On aime mal lorsque l’on ne pense qu’à soi et non à celui qu’on est censé aimer.

Les numéros de cirque ne sont pas conçus pour le plaisir des animaux, mais pour celui des humains qui s’en amusent. Je pourrais m’étendre longuement sur les enquêtes qui ont montré les conditions déplorables dans lesquelles sont détenus certains animaux de cirque, comme ces lions qui passent leurs journées dans des cages de quelques mètres carrés.

L’association Peta rappelle :

« Tous les animaux détenus dans des cirques ont des besoins spécifiques. Certains, comme les lions ont besoin d‘un climat chaud ; d’autres, comme les ours, d’un climat plus frais. Tous ont besoin d‘espace, d’activités, de liens sociaux, d’eau et de nourriture en quantité suffisante […] Pendant la morte saison, les animaux restent dans des box de transport, des étables, voire même dans des camions ou des remorques« .

On pourrait évoquer la possibilité d’un cirque respectueux, de normes de bien-être à respecter et à améliorer. Or, le débat ne se situe plus à cet endroit. Jamais un cirque ne sera un lieu d’épanouissement pour un animal sauvage.

Arrêtons-nous un instant sur le cas des orques qui deviennent agressives en captivité. Prisonnières, elles sont désespérées, stressés, en un mot, malheureuses. Il faut pour comprendre la détresse de ces mammifères marins visionner le film Blackfish ou même une vidéo accessible sur YouTube qui montre l’attaque de l’orque Kasatka, contre le dresseur Ken Peters en 2006 en SeaWorld San Diego. Pendant de longues minutes, au lieu d’exécuter le numéro attendu, à savoir pousser Ken par la plante des pieds et le projeter en l’air, Kasatka va saisir l’une de ses chevilles dans sa mâchoire, l’entraîner au fons du bassin plusieurs fois tout en le ramenant à la surface pour qu’il puisse respirer.  Pendant près de dix minutes, l’orque va jouer avec son prisonnier en refusant de la lâcher.

Image de prévisualisation YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=aDT3EqopzpY

Les dresseurs comprendront plus tard c qui a provoqué la colère de l’animal ; les pleurs de son bébé Kalia dans un bassin attenant. Ils raconteront aussi que dans l’après midi, Kastka s’était emportée contre son bébé et qu’n arrivant dans le bassin destiné au show, elle avait continué de « parler » à son enfant.

Les cris qu’elle entendra pendant le numéro seront des cris de détresse. Et l’on comprend alors que Kasatka, qui a elle-même été violemment capturée à l’âge d’un an en Islande, qui a été séparée de sa mère, se rebelle contre sa situation et contre ce que les hommes font subir à son propre bébé. Elle est en colère, et veut montrer au maître qu’il peut être l’esclave si elle le désire. Elle pourrait tuer Peters mais elle choisit de lui laisser la vie ; il ne s’agit que d’un avertissement. Les orques sont extrêmement intelligente s, et savent très bien ce qu’elles font. En février 2016, Peter a révélé qu’un animal par moi était mort prématurément chez SeaWorld au cours des trois mois précédents. Les mammifères marins n’ont rien à fiche dans des cages en verre.

En Février 2015, la ville de Lieusaint, en Seine et Marne, a décidé d’interdire les cirques avec animaux sauvages. Elle a justifié sa position en expliquant que « les spectacles de cirque contiennent des numéros imposant aux animaux des exercices contre nature », que « les conditions de détention et de dressage des animaux occasionnent à ces derniers des pathologies avérées » et que « les normes minimales ne peuvent pas être respectées par ces cirques du fait de la nature itinérante de ces établissements ».

Lieusaint a suivi l’exemple de bon nombre de pays. Un mouvement est en marche dans le monde, qui atteste que les droits des animaux sauvages commencent à être sérieusement pris en compte, sauf évidemment en France où, une fois de plus, nous avons dix métros de retard.

En juillet 2015, la Catalogne, après avoir banni la corrida en 2016, a voté l’interdiction des animaux sauvages dans ses cirques. Des interdictions similaires, complètes ou partielles existent déjà dans près de trente pays, parmi lesquels l’Autriche, la Belgique, la Bolivie, la Bulgarie, Chypre, le Costa Rica, la Croatie, le Danemark, la Finlande, la Grèce, la Hongrie, l’Inde, Israël, la Lettonie, le Liban, Malte, le Mexique, les Pays-Bas, le Pérou, le Portugal, Singapour, la Slovénie et la Suède. Certains de ces pays interdisent même tout animal, sauvage ou non (les chiens et les chevaux par exemple)

[…] 

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Les VACHES SACREES DE L’INDE

Posté par othoharmonie le 8 décembre 2016

 

L’une des premières images qui saute aux yeux, lorsqu’on traverse une métropole ou un petit village indien, est la présence des vaches déambulant librement dans les rues. Ces images témoignent de l’attachement que les Indiens, essentiellement les hindous, ont envers cet animal. Une relation qui symbolise le caractère végétarien du régime alimentaire d’une grande partie de la population : les interdits et les tabous y sont nombreux. Ils dépendent à la fois de la complexité du système social des castes ainsi que de la grande diversité géophysique du pays.

vache sacré

Revenons aux vaches. La vie de Krishna, figure essentielle du panthéon de l’hindouisme, avatar du dieu Vishnou, comprend de nombreux épisodes dans lesquels il s’est posé en défenseur du monde animal. La tradition lui donnera même les noms de Bala Gopala, « l’enfant qui protège les vaches », ou de Govinda, « celui qui apporte satisfaction aux vaches ». Dans un passage de l’épopée du Mahabharata, Krishna aurait déclaré que « la viande des animaux » est « comme la chair de nos propres fils ». Dans la religiosité hindoue, manger du bœuf est absolument interdit, parce que l’animal est sacré.

Hindouisme et pureté

Cette vénération a deux aspects. Le premier est pragmatique : la vache fournit le lait, le yaourt et le beurre, son urine est utilisée dans le cadre de la médecine ayurvédique, et sa bouse sert de combustible, d’engrais et d’isolant dans les maisons. Le second est d’ordre religieux : la vache est une incarnation de la Mère divine. L’adoration dont jouit cette dernière est une composante majeure du culte rendu à Krishna, basé sur les exigences de la bakhti, dimension féminine et compassionnelle de l’hindouisme. Il faut d’ailleurs noter l’importance du beurre clarifié ghee (beurre chauffé jusqu’à en éliminer totalement l’eau et les matières protéinées, ce qui lui donnerait de nombreuses vertus) de la vache dans l’accomplissement des rites.

La question des interdits alimentaires, dans l’hindouisme, est entièrement déterminée par l’organisation de la société en castes. Traditionnellement, celle-ci est répartie en trois groupes : les hautes castes, avec les prêtres (brahmanes) ; la caste des seigneurs, chefs de guerre et combattants (les kshatriya) ; et les basses castes avec, notamment, les agriculteurs, les commerçants, les artisans (vaishya), les serviteurs (sudra). N’oublions pas aussi ces dizaines de millions de « hors castes » (intouchables, tribus aborigènes Adivasi).

Le poids des castes

La justification essentielle des rites alimentaires chez les brahmanes est fondée sur la distinction entre le pur et l’impur. Elle est au cœur de leur vie religieuse, sociale et culturelle. La pureté renvoie à la nature des aliments et au mode de préparation. On distingue habituellement une bonne (paka) nourriture, liée à l’usage du beurre clarifié, et qui contribue à la purification, et une mauvaise (kasha) nourriture, basée sur des aliments prohibés, renforçant dans l’être les impuretés. Les nourritures clairement interdites sont les viandes, notamment le bœuf, les produits issus de la volaille (œufs), le poisson, ainsi que quelques légumes. Les brahmanes refusent également tout plat préparé par des personnes appartement aux castes inférieures, considérées comme « impures ». Ce refus peut se traduire par des comportements intransigeants : dans une cuisine, on préférera préparer les plats loin d’une porte, car de telles personnes pourraient la franchir. En outre, certaines confréries de brahmanes refusent de consommer betteraves et tomates, le rouge étant la couleur du sang.

Les kshatriya, parce qu’ils assument la fonction guerrière, ont un régime alimentaire moins rigoureux : le mouton et le poulet sont autorisés. Plus on descend dans l’organisation des castes, moins il y a d’interdits alimentaires. Ce sont souvent les conditions socio-économiques déplorables dans lesquelles vivent les populations des castes inférieures (et les intouchables) qui les empêchent de consommer de la viande. Plus qu’un interdit à proprement parler, c’est un végétarisme contraint par la pauvreté.

Quant aux sikhs, ils sont dans leur immense majorité végétariens. Représentant 2 % de la population indienne, ils sont aujourd’hui 20 millions et vivent essentiellement dans le Nord-Est du pays. Fondé par Guru Nanak Dev (1469-1539) dans un village du Penjab historique (aujourd’hui situé au Pakistan), le sikhisme prend appui de façon originale sur des éléments théologiques de l’islam (monothéisme) et de l’hindouisme (karma, réincarnation). Plusieurs textes de cette tradition associent l’abattage d’un animal à un assassinat. Dans l’un de ses chants, le maître fondateur déclara : « Le sage laisse cours à la pitié. Homme sans pitié, tu es un boucher. Tu tiens le couteau, et crie, impitoyable : “Qu’est-ce qu’une chèvre ? Qu’est-ce qu’une vache ? Que me font les autres bêtes ?” Or, le maître a dit :  “Nulle différence entre les différents meurtres. Ô Nânak, ne détruis pas l’esprit pour conserver le corps !” »

Viande et œufs sont prohibés. Mais certains sikhs, qui ne refusent pas la nourriture carnée, considèrent néanmoins qu’il leur est impossible de manger un animal ayant été préparé selon les rituels musulman (égorgement) ou hindou (décapitation). Par ailleurs, leur régime alimentaire n’interdit pas les produits laitiers.

vache-sacrée

La non-violence du jaïnisme

Pour leur part, les jaïns sont certainement, en Inde, les grands représentants de la culture spirituelle végétarienne. La conception jaïne du monde, développée à partir du VIe siècle avant notre ère, est éminemment vitaliste : tout ce qui existe possède une âme et une conscience, mais selon des degrés d’intensité différents. L’épine dorsale de cette philosophie religieuse est fondée sur le principe que le salut, reposant sur les Trois Joyaux – la Vision juste, la Connaissance juste et la Conduite juste – doit s’exprimer par un comportement altruiste envers toutes les créatures. Cette spiritualité a des conséquences sur le régime alimentaire, faisant de l’ahimsa, la non-violence, une vertu cardinale. Dans le jaïnisme, le végétarisme n’est pas lié à la notion de pureté et d’impureté, mais à une éthique fondée sur le respect de la vie sous toutes ses formes et à une doctrine intransigeante du salut. En effet, le jaïnisme considère que la réincarnation dépend de l’exemplarité du comportement religieux, social et alimentaire, de l’individu. Or, en tuant un animal pour se nourrir de sa chair, ou en volant aux abeilles leur miel, le jaïn prend le risque de se réincarner, après sa mort, en démon…

La société jaïne, à l’instar des hindous, pose beaucoup plus de contraintes alimentaires à ses élites religieuses, en l’occurrence les moines et nonnes engagés dans la voie de l’ascétisme, qu’au commun des mortels. Par exemple, l’ascète jaïn ne mangera ni avant le lever du soleil, ni après son coucher, de crainte de blesser une créature par manque de lumière – sans oublier que la flamme de la bougie est souvent mortelle pour les insectes volants. Certains ascètes jaïns portent un masque devant la bouche pour ne pas avaler d’insectes : non qu’il s’agisse d’un tabou alimentaire à proprement parler, mais parce que la vie doit être protégée. Quelle que soit sa condition sociale, le jaïn doit respecter ces trois interdits de mâmsa (viande), madya (vin) et madhu (miel). D’autres aliments sont prohibés : poisson, œufs, racines végétales (oignon, ail, betterave, carotte, pomme de terre, etc.).

Malgré le poids de ses traditions religieuses, l’Inde est plongée dans le tourbillon d’une mondialisation dont les effets sont à la fois économiques et socioculturels. Les classes moyennes du pays, tout en restant fortement attachées à leurs régimes alimentaires, tendent à adopter de nouveaux comportements, sous l’influence des modèles occidentaux. Ainsi la jeunesse des grandes villes fréquente-t-elle de plus en plus ces restaurants venus d’ailleurs que sont les pizzerias et autres fast-food… L’avenir nous dira si cette occidentalisation des comportements est en mesure de modifier en profondeur la relation que les Indiens entretiennent avec leur nourriture.

* Écrivaine et journaliste, Nathalie Calmé consacre une grande partie de ses travaux au dialogue interreligieux, à l’écologie et aux cultures de l’Inde. 

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Historique de la Tique

Posté par othoharmonie le 12 septembre 2014

 

220px-Tique_se_nourrissantLa connaissance des tiques par les auteurs anciens semble avoir été très lacunaire. Longtemps masculin, le nom tique est devenu féminin dans le langage courant. Curieusement, alors que les poux et puces sont bien décrits par les chroniqueurs et médecins de l’antiquité à nos jours, et que de nombreuses potions et recettes existaient pour s’en débarrasser, les tiques semblent très rarement évoquées par les textes du passé. Plusieurs dictionnaires anciens évoquent la tique aussi appelée « ricin » comme un insecte infectant les chiens et les bœufs.

« Tique, ou Tiquet, Ricinus, Croton vermis canes et boues infestans, non habens exitum excrementi. » ;

« Insecte noirâtre qui s’attache aux oreilles des chiens, des bœufs, &c. La tique crève après s’être gorgée de sang. » pour l’Académie française en 1762,

Émile Littré en précise dans le dernier quart du XIXe siècle la définition comme suit, en signalant que la tique s’attaque aussi au mouton et à d’autres animaux, mais sans évoquer l’homme (alors que la définition du pou dans le même dictionnaire le cite très explicitement).

« Un des noms vulgaires donnés aux espèces du genre ixode, et surtout à l’ixode ricin qui s’attache aux chiens, aux bœufs, aux moutons et autres animaux (les ixodes ne sont pas des insectes, mais des arachnides).

BUFF., Ois. t. XII, p. 92: « Ils [certains oiseaux] se posent sur les bœufs et sur les vaches pour manger les tiques, les vers et les insectes nichés dans le poil de ces animaux »

« Soûl comme une tique, très soûl, vu que la tique se gorge de sang et semble immobile ensuite. »

La tique du chien était aussi autrefois aussi appelée « Rézée » ou « lagast » dans le Languedoc. Le Nouveau dictionnaire d’histoire naturelle, appliquée aux arts, à l’agriculture, à l’économie rurale et domestique, à la médecine etc, en 1819 (p 295 du tome XXIX) dit en parlant de la graine de ricin dont on extrait l’huile bien connue : « Nos romains l’appellent ricinus parce qu’elle ressemble au ricinus, espèce de pou qui tourmente les moutons » (Le ricin était aussi appelé « Croton », nom également donné aux tiques à cette époque.)

Les auteurs anciens ne font curieusement pas allusion au fait que des tiques piquaient les hommes. Ils les citent comme affectant le bétail, les oiseaux et les chiens.

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Bibliographie du Kangourou

Posté par othoharmonie le 24 mai 2014

Les kangourous de Pierre Darmangeat Les kangourous
Auteur : Pierre Darmangeat 

La découverte par l’image et par le récit d’un animal fascinant : description, habitat, alimentation, comportement, reproduction. De superbes photographies pour voir les animaux au cœur de leurs activités. Un portfolio en début d’ouvrage pour suivre le fil de leur comportement.

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Le kangourou de Stéphanie Ledu Le kangourou
Auteur : Stéphanie Ledu 

Bonk ! Bonk ! Un drôle d’animal bondit dans le désert rouge, comme un homme avec les pieds attachés. C’est le kangourou roux, le plus grand des marsupiaux. Dans la poche de maman, le petit est bien à l’abri. Ce géant paisible est la mascotte de l’Australie mais, accusé de brouter l’herbe des moutons, il est aussi chassé sans pitié…

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L'ivresse du kangourou et autres histoires du bush par Cook

Kenneth Cook

ISBN : 2290042447 
Éditeur : J’ai Lu (2013) 

Note moyenne : 3.57/5 (sur 61 notes)Ajouter à mes livres

Résumé :

« Il y eut une longue pause, durant laquelle Benny émit de petits bruits de bouche compatissants, et enfin le kangourou ouvrit ses deux yeux injectés de sang. Je vous jure qu’à cet instant, il a grimacé… Puis il bondit soudain par-dessus la palissade et partit comme un bolide vers la brasserie. »
 
Que faire face à un kangourou qui a pris goût à la bière ? Peut-être pas le poursuivre à travers toute la ville pour le mettre en état d’arrestation… sauf chez Kenneth Cook dont les mésaventures trouvent toujours une issue aussi hilarante qu’absurde. Une simple partie de voile dans la baie de Sydney, un séjour forcé dans une cabane en compagnie d’un rat, la présence 
d’inoffensifs lézards à bord d’un avion, tout devient homérique! 

 

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La chèvre historique

Posté par othoharmonie le 19 avril 2014

 

250px-Chèvres_nainesEn Grèce, c’est la chèvre Amalthée qui s’appliqua à nourrir Zeus enfant quand son père Cronos le cherchait pour le dévorer ; c’est elle aussi qui organisa autour du petit les danses bruyantes des Courètes, destinées à couvrir les cris du divin bébé, caché dans une grotte du mont Ida. D’autres chèvres nourricières sont connues dans la mythologie grecque, comme celle qui donna la mammelle à Philandros et Phylacidès, les fils d’Acacallis et Apollon, ou celle qui allaita Égisthe, fils de Pélopie et de Thyeste ;  le nom de cet Égisthe, de même étymologie que le mot « égide », est d’ailleurs tiré de la dénomination grecque de la chèvre : aix, aigos (Grimal 1990 : 342, 367).

Mais, bien que mère attentive, la nourrice de Zeus était en réalité un animal monstrueux, si horrible à voir que les Titans avaient exigé qu’elle ne quitte pas sa caverne. Selon certaines versions du mythe Amalthée n’est pas le nom de la chèvre, mais celui d’une nymphe qui accompagnait cet animal alors appelé Aïx. Dans tous les cas, un jour que l’enfant divin jouait avec l’animal nourricier, il lui brisa involontairement une corne, dont il fit présent à la  nymphe qui l’accompagnait, en l’assurant qu’elle se remplirait de fruits suivant ses souhaits : ainsi apparut la Corne d’Abondance. À la mort de la chèvre qui l’avait nourri, Zeus, lors du combat des dieux contre les Titans, fit de sa peau un bouclier, celui-là même sur lequel la déesse Pallas attacherait plus tard la tête de la Méduse. La peau de cette chèvre prit le nom d’ « égide » (d’un mot grec dérivé du nom de la chèvre, Aix), devenue symbole de protection jusque dans notre expression actuelle « sous l’égide de… ». Voici la version du mythe, telle que contée par Ératosthène, qui vécut de 287 à 212 avant notre ère environ, et qui dit l’avoir empruntée au poète et chanteur mythique  Musée, disciple d’Orphée :

« Musée dit que Zeus, à sa naissance, fut remis par Rhéa entre les mains de Thémis, que celle-ci donna le nouveau-né à Amalthée, que cette dernière le confia à une chèvre qu’elle possédait, et que cette chèvre fut la nourrice de Zeus. Cette chèvre était une fille d’Hélios et d’un aspect si épouvantable que les dieux du temps de Cronos, horrifiés par l’aspect qu’avait cette fille, avaient demandé à Terre de la cacher dans une des grottes de Crète. Terre la cacha donc loin des regards et la remit entre les mains d’Amalthée, qui nourrit Zeus au lait de cette chèvre. Quand l’enfant parvint à l’âge viril et s’apprêta, bien qu’il fût sans armes, à faire la guerre aux Titans, un oracle invita Zeus à utiliser la peau de la chèvre comme une arme, en raison de son caractère invulnérable et terrifiant, et parce qu’elle portait, au milieu du dos, le visage de Gorgone. Zeus suivit l’oracle et apparut, grâce à ce stratagème, deux fois plus grand qu’il n’était. Il recouvrit les os de la chèvre d’une autre peau, lui donna la vie et la rendit immortelle. On dit qu’il la transforma en constellation céleste. »

Effectivement, la Chèvre se trouve maintenant au ciel, sous forme de la constellation du même nom, ainsi que le rapporte Ovide (Fastes V) : « le dieu métamorphosa en étoiles sa nourrice et la corne féconde de sa nourrice, qui aujourd’hui encore porte le nom de sa maîtresse ». Tout près, se trouvent les deux chevraux mis bas par la nourrice de Zeus au moment où le dieu lui était apporté. Le mythe dit que ces chevraux auraient été « catastérisés » (c’est-à-dire placés au ciel, honneur auquel nul bouc n’a eu droit) par Zeus en raison du service rendu par leur mère, mais les astronomes pensent qu’ils auraient été reconnus par Cléoastre de Ténédos, au VIe siècle avant notre ère. En tout cas, ils étaient bien connus des navigateurs, car leur lever et leur coucher était annonciateur des tempêtes d’équinoxe et, au quatrième siècle avant notre ère, Aratos écrit dans Les Phénomènes, un poème didactique sur l’astronomie, que « la Chèvre et les Chevreaux souvent voient des hommes faire naufrage sur la mer bouillonnante » (Charvet 1998 : 77-80).

Que la chèvre nourrice de Zeus ait eu un aspect monstrueux, terrifiant, n’est pas très étonnant : le mot grec Khimairâ, signifiant « jeune chèvre » a donné notre mot Chimère, par allusion au monstre attesté dans L’Iliade, et qui était un hybride de trois animaux (lion, chèvre, serpent). La Chimère grecque, sorte de dragon cracheur de feu qui fut tué par le héros Bellérophon, était décrite soit la sous forme d’un être formé de trois parties prises à ces espèces, soit sous celle d’un lion à trois têtes de ces mêmes animaux. Dans tous les cas c’est un être composite, et son nom est maintenant utilisé pour désigner tout être, mythique ou réel, rassemblant les éléments de plusieurs espèces. En exemple de chimère, on peut donc citer le capricorne, qui a corps de bouc ou de chèvre, et queue de poisson ou de dauphin. Un autre exemple est le tragélaphos grec, mi-bouc mi-cerf, dont le nom a été donné par les naturalistes à une famille d’antilopes d’Afrique du Sud : les tragélaphinés.

La chèvre, participant de la grotte (comme dans le mythe d’Amalthée qui éleva Zeus dans une caverne de l’Ida), entrentient donc des sympathies avec le monde souterrain, et dans les contes populaires comme La Chèvre d’Or, elle garde les trésors enfouis. Elle n’en n’est pas moins un animal montagnard, familier des crevasses, des rochers escarpés et des cîmes, et donc aussi de nature aérienne, ce qui la prédispose à la prophétie. Ainsi, Diodore de Sicile nous apprend que l’emplacement du grand temple d’Apollon à Delphes fut découvert par des chèvres : leurs bergers avaient remarqué que chaque fois qu’elles s’approchaient d’une faille d’où s’exhalaient des fumées inquiétantes, elles se mettaient à danser ; ils y reconnurent un signe des dieux et y édifièrent un sanctuaire à Gaïa, déesse de la terre, ultérieurement dédié à Apollon (Bibliothèque historique, XVI). Là, durant des siècles, des pèlerins vinrent consulter les oracles donnés par une pythie (devineresse) que les exhalaisons d’éthylène naturel faisait tomber en une transe lui permettant de prophétiser (De Boer & al. 2001).

Autre découverte imputée par les grecs à une chèvre, celle des vertus du vin : le berger Staphylos (nom qui signifie « la grappe », en grec) remarqua que l’une de ses chèvres rentrait toujours plus tard, et surtout plus gaie, que les autres ; l’ayant suivie, il découvrit que c’est parce qu’elle se gavait de fruits jusqu’alors inconnus : les raisins, qu’on eut ensuite l’idée de presser pour en faire un liquide… dont les vertus sont désormais bien connues (Grimal 1990 : 428)

Description de cette image, également commentée ci-aprèsLe rôle nourricier de la chèvre s’atteste également dans la mythologie nordique, où la chèvre Heidhrún, qui broute l’arbre Læradhr poussant sur le toit de la valhöll (« salle des guerriers morts au combat »), fait couler de son pis un hydromel qui va remplir les coupes que servent les valkyries aux einherjar, qui sont les guerriers morts et rassemblés autour du dieu Odhinn (Simek 1996 : 102, 159-160).

En Orient (Chine, Tibet) la vivacité de la chèvre l’a prédisposée à être associée au dieu de la foudre, tout comme en Grèce, on l’a vu, la constellation de la Chèvre et des Chevreaux est annonciatrice d’orage. Et si la couverture du Tabernacle était tissée en poils de chèvres, ce n’est peut-être pas sans rapport avec le fait que YHVH s’était manifesté à Moïse sous la forme de tonnerre et d’éclairs. De même, le fait que le char de Thorr soit tiré par les deux boucs Tanngrísnir (« celui qui montre les dents ») et Tanngnjóstr (« celui qui grince des dents »), de sorte que ce dieu est surnommé hafra dróttin ou « seigneur des boucs », permet de corréler l’ensemble à l’image des caprinés en général, qui sont des animaux « orageux », prompts à se battre et à s’affronter à coups de cornes. La transposition mythique de ces combats voit dans les coups de tonnerre le fracas des cornes qui s’entre-frappent, et dans les éclairs les étincelles détachées par les sabots des lutteurs sur les rochers, ou bien, dans le cas des boucs de Thorr, l’éclat de leurs dents. Il n’est du reste pas impossible que l’odeur caractéristique des caprins (surtout du bouc !) ait été rapprochée de celle, méphitique, qui se produit au point de chute de la foudre. Cette métaphore caprine du tonnerre et de la foudre est donc la raison pour laquelle on a songé à se protéger de ce phénomène en plaçant une corne de bouc, ou sa peau, à l’étage supérieur des maisons (Charbonneau Lassay 1940 : 181).

Aristote (VI, 19) disait que les chèvres « n’ont pas de stabilité », et que ce sont des animaux « vifs et versatiles ». Le rapprochement du nom latin de la chèvre, capra, avec les termes du type « caprice » et « capricieux » a souvent été mis à profit pour justifier la libre nature de cet animal, semblant ne souffrir aucune loi. C’est pourquoi du reste saint Augustin en fit l’emblème du paganisme, ignorant la loi du Christ : « par la chèvre » – écrit-il dans un sermon – « il faut comprendre l’Église des païens qui sautait avec des bons sans entrave ».

Au cours des âges, on assiste en fait à une nette dégradation de l’image des caprins, progressivement contaminée par la mauvaise réputation du bouc, la lubricité légendaire de ce dernier en étant la cause (Voisenet 2000 : 31-32). Déjà, Philon écrivait que « les boucs […] sont lascifs dans leurs relations sexuelles où ils montrent une ardeur frénétique ». Avec l’avènement du christianisme, cet animal fut donc nettement rejeté dans le camp du mal, et à partir du XIIe siècle, on en fit même l’incarnation préférée du démon.

Par voie de conséquence, sa femelle et son petit, sans faire l’objet d’une condamnation aussi nette, n’en ont pas moins subi les effets de la réprobation des clercs, qui a fait pencher leur statut symbolique du côté du paganisme et du satanisme. Lors du jugement dernier, tel que décrit par Matthieu dans le Nouveau Testament,  les boucs ne sont-ils pas placés à gauche, alors que les brebis le sont à droite ? Dans son Sermon sur le Cantique, Saint Bernard commentait cela en disant que les boucs, symbole des « sens du corps égarés et lascifs par lesquels le péché est entré dans l’âme », représentent les pécheurs, et doivent donc être placés à gauche. Et Matthieu (XXV, 31, 34, 41) justifiait cette répartition en disant que YHVH se tournerait vers ceux de gauche en leur disant : « Retirez-vous de moi, maudits ; allez au feu que j’ai préparé pour le diable et les siens ».

En Europe, de nombreux mythes dualistiques de création de la chèvre imputent sa création au Diable cherchant à imiter l’œuvre divine, et l’opposent à d’autres animaux domestiques très positivement valorisés. En France, on dit ainsi que lorsque Dieu créa la vache, le diable voulut l’imiter, ne réussissant qu’à faire la chèvre, donc ici considérée comme une sorte de « vache ratée ». Un récit arménien comparable dit que Dieu créa le mouton, et le diable la chèvre, mais quand ce dernier voulut fièrement montrer sa créature à Dieu, il la prit par la queue, qui lui resta dans la main : dans cette optique, la chèvre serait donc un « mauvais mouton ». D’autres légendes, russes et polonaises, exposent qu’après avoir créé la chèvre, le diable, incapable de l’animer, ne put le faire qu’un invoquant la puissance divine ; et cela l’énerva tellement que, d’un coup de dent, il coupa la queue de la pauvre bête. Enfin, un petit conte catalan montre fort bien comment la chèvre est, au sens propre, « marquée » par le démon :

« Dieu et le diable parièrent à qui ferait le coursier le plus beau et le plus vigoureux. Dieu fit le cheval. Le diable, pour surpasser l’œuvre de Dieu, chargea un petit démon d’aller espionner ce que faisait Notre-Seigneur au Ciel. Le démon réussit à voir comment Dieu faisait la queue du cheval : il courut en enfer, et raconta au diable que la créature divine avait une longue queue formée d’une poignée de poils réunis seulement par un bout et qui pendaient librement comme sur un plumeau. Le diable voulut absolument savoir quelle était la longueur de la queue, et le petit espion lui dit qu’elle avait à peu près deux empans de long. Pour surpasser Notre-Seigneur, le diable fit à la chèvre – c’était son œuvre – une queue de sept aunes. Quand tous les deux comparurent à l’endroit convenu, Dieu présenta le cheval, avec son allure altière et son élégance inimitable. Il fit un parcours magnifique qui suscita l’admiration générale :  d’abord au pas, puis au trot, et pour finir au galop. Alors le diable lâcha la chèvre barbue, cornue et poilue comme lui. Elle avait une très longue queue qui traînait par terre sur plusieurs aunes, et s’accrochait à tous les buissons et à toutes les plantes, l’empêchant de marcher. Furieux et honteux de cet échec éclatant, le diable coupa la queue de la chèvre d’un coup de dents. Libérée de cette traîne qui l’entravait, la chèvre s’enfuit à toutes jambes et disparut. Comme elle était une œuvre du diable et qu’elle porte son empreinte, la chèvre l’aide autant qu’elle peut, et a une grande amitié pour lui : aussi le diable se cache-t-il souvent sous la forme d’un bouc. Sur la queue de la chèvre, on reconnaît encore la marque des dents du démon » (Amades 1988 : 240-241).

Un rituel de carême peu connu, mentionné par saint Augustin dans un de ses sermons confirme la valence négative de la chèvre : « Il faut fouler aux pieds les vices et les peaux de chèvre ; il faut déchirer la guenille maudite des chevreaux ». Ce rite consistait, pour le catéchumène, à se mettre debout sur une peau de chèvre, afin de bien montrer qu’il renonçait aux vices et aux péchés du passé (Mariño Ferro 1996 : 85).

Description de cette image, également commentée ci-aprèsPourtant, le côté aérien (car montagnard) de la chèvre sauve son image d’une totale contamination par celle du bouc. Cette nature aérienne s’atteste avec la « chèvre unijambiste » (Aja-ekapâda) du panthéon védique, qui est une sorte de tourbillon atmosphérique considéré comme une puissance. Et ce sont des chèvres qui tirent le chario de Pûshan, divinité védique du soleil, car il doit emprunter des chemins escarpés. Dans son Exposition sur le Cantique, Grégoire le Grand fait de la chèvre une image de « la foi, l’espérance et la charité par lesquelles nous nous gardons purs et grâce auxquelles nous gravissons les hautes montagnes de la contemplation ». Et dans son Élucidation du cantique, Alain de Lille va jusqu’à la comparer au Christ, à cause de l’acuité de son regard et de sa familiarité avec les hauteurs, selon une comparaison déjà exprimée par le Pseudo-Cassiodore à cause de la finesse de vue et de la rapidité de l’animal (Ayzac 1866, Miquel 1992 : 62). Mais il convient de préciser qu’il s’agit là de la chèvre sauvage, telle qu’elle est décrite dans les bestiaires médiévaux comme celui d’Oxford, du XIIIe siècle : « La chèvre a la particularité suivante : pour paître elle va de sommet en sommet et grâce à l’acuité de sa vue elle distingue les bonnes herbes des mauvaises herbes […]. De même les bons prédicateurs […] s’élèvent de vertu en vertu, toujours plus haut. Avec les yeux du cœur ils savent reconnaître les bonnes pensées des mauvaises. » Et d’ajouter : « La chèvre aime à rester sur les très hautes montagnes et sait reconnaître le simple promeneur du chasseur. De même, Notre-Seigneur Jésus-Christ aime les hautes montagnes, c’est-à-dire les Prophètes et les Apôtres. »

Ce thème de l’acuité visuelle légendaire des caprins remonte à l’Antiquité, car Pline l’Ancien rapporte déjà que, de son temps (Ier siècle), on disait « qu’elles voient aussi clair la nuit que le jour », et que manger du foie de bouc donne aux nyctalopes la faculté de voir la nuit (Histoire naturelle, livre VIII, lxxvi). La christianisation de ce motif s’opéra rapidement, et saint Grégoire de Nysse, qui mourut vers l’an 400 présentait la chèvre comme l’emblème de la totale perfection et de l’universalité du regard scrutateur du Christ. Et l’association de la chèvre au Christ se renforçait de la fameuse comparaison du Cantique de Salomon : « Mon Bien-Aimé est semblable à la chèvre ». Certaines figurations du Bon Pasteur le montrent environné de moutons et de chèvres et portant sur les épaules, non l’habituelle brebis égarée, mais bel et bien une chèvre. Nul doute que dans ce cas, la chèvre figure « l’âme égarée dans les vices impurs » (Charbonneau-Lassay 1940 : 194).

Parmi ces vices, figure évidemment la concupiscence, et Vulson de la Colombière en témoigne : « La Chèvre ronge avec des dents venimeuses les bourgeons des meilleurs arbres, ruinant la campagne, d’où vient que les Athéniens la bannissoient de leur territoire, et même aujourd’hui elles sont défendues en plusieurs provinces de France. La Chèvre dénote la femme de mauvaise vie, car tout de mesme que sa morsure est pestilentielle aux bourgeons, ainsi les baisers et les paroles de la courtisane causent beaucoup de dommages et de malheurs aux hommes ; et comme la Chèvre cherche à manger les bourgeons et nouvelles feuilles, tout de mesme la femme débauchée tasche à corrompre et attirer en ses filets les jeunes gens comme estant plus facile à décevoir pour le peu d’expérience qu’ils ont. »

Enfin, le caractère ambigu de la chèvre se retrouve dans ce que l’on dit de son intelligence. Pour Pline l’Ancien, elle est remarquable, et il en veut pour preuve l’histoire suivante : « Deux chèvres venant en sens contraire se rencontrèrent sur un pont très étroit ; le peu de largeur de la passerelle ne leur permettait pas de faire demi-tour, et la marche en arrière était rendue impossible en raison de la longueur du chemin à parcourir, sans voir, sur une piste étroite, avec, au-dessous, la menace d’un torrent aux ondes rapides. Alors une des deux chèvres se coucha, et l’autre passa en l’enjambant. »

Or La Fontaine, traitant du même sujet dans sa fable Les Deux Chèvres, leur prête assez de bêtise et de fierté mal placée pour qu’aucune ne veuille céder le chemin à l’autre, et que cela les conduise à leur perte :

Dès que les Chèvres ont brouté,

Certain esprit de liberté

Leur fait chercher fortune; elles vont en voyage

Vers les endroits du pâturage

Les moins fréquentés des humains.

Là s’il est quelque lieu sans route et sans chemins,

Un rocher, quelque mont pendant en précipices,

C’est où ces Dames vont promener leurs caprices;

Rien ne peut arrêter cet animal grimpant.

Deux Chèvres donc s’émancipant,

Toutes deux ayant patte blanche,

Quittèrent les bas prés, chacune de sa part.

L’une vers l’autre allait pour quelque bon hasard.

Un ruisseau se rencontre, et pour pont une planche.

Deux Belettes à peine auraient passé de front

Sur ce pont;

D’ailleurs, l’onde rapide et le ruisseau profond

Devaient faire trembler de peur ces Amazones.

Malgré tant de dangers, l’une de ces personnes

Pose un pied sur la planche, et l’autre en fait autant.

Je m’imagine voir avec Louis le Grand

Philippe Quatre qui s’avance

Dans l’île de la Conférence.

Ainsi s’avançaient pas à pas,

Nez à nez, nos Aventurières,

Qui, toutes deux étant fort fières,

Vers le milieu du pont ne se voulurent pas

L’une à l’autre céder. Elles avaient la gloire

De compter dans leur race (à ce que dit l’Histoire)

L’une certaine Chèvre au mérite sans pair

Dont Polyphème fit présent à Galatée,

Et l’autre la chèvre Amalthée,

Par qui fut nourri Jupiter.

Faute de reculer, leur chute fut commune;

Toutes deux tombèrent dans l’eau.

Cet accident n’est pas nouveau

Dans le chemin de la Fortune.

Une fois de plus, on le voit, entre le texte antique et son adaptation du XVIIe siècle, le statut symbolique de la chèvre a subi une nette dépréciation : de particulièrement intelligent qu’était cet animal pour Pline, il devient un modèle de stupidité chez La Fontaine.

source : http://public.terredeschevres.fr/1_PRINCIPAL/1_1_terre/Histoire/Histoire_01mythes.html

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LES SIGNES CHINOIS : LA CHEVRE

Posté par othoharmonie le 18 avril 2014


également symbolisé par le mouton – brebis

 

téléchargement (3)C’est le plus doux et le plus féminin des signes chinois.

Prévenant et altruiste, sentimental et rêveur, la chèvre peut être un insupportable pleurnicheur s’il se lève du mauvais pied. 

La chèvre a besoin de conseils et d’appuis, tout en veillant à son espace ; dans le cas contraire il fera tout son possible pour attirer l’attention, se disant insatisfait jusqu’à ce que, attendri ou lassé par sa désarmante douceur, on satisfasse ses exigences les plus absurdes. 

caractéristiques,qualités et défauts de la chèvre

- Création
– insoumission
– Adresse
– Opportunisme
– Désordre
– Douceur
– Compassion

 

Exigeant et capricieux, la chèvre veut toujours ce qu’il y a de mieux et peut dilapider des fortunes pour de beaux objets.

S’il se sent motivé, il peut travailler avec beaucoup de dévouement et d’esprit de sacrifice, mais il manque souvent de méthode et gaspille son énergie. Il est créatif, habile et imaginatif et craignant de ne pas être à la hauteur, la chèvre soigne son travail avec méticulosité. La chèvre peut traînasser pendant des mois dans la désorganisation la plus totale, puis tout terminer en quelques nuits, stimulé par son angoisse.

De toute manière, il sait qu’il sera aidé et qu’il aura toujours auprès de lui une foule de personnes prêtes à réaliser ses désirs.

Modeste et pacifique, assez dépendant, la chèvre déteste les responsabilités, les imprévus et les charges auxquelles il n’est pas préparé.

La maison de ses rêves, entourée d’un grand jardin, doit être toujours sereine, tranquille, harmonieuse et à l’abri de la solitude et de la violence. L’arche de Noé, débordante d’animaux et d’enfants réclamant son affection et ses sourires représente un idéal.

Affectueuse et timide, peu sûre d’elle, la chèvre risque d’étouffer son partenaire avec ses attentions, projetant à l’extérieur son besoin de protection et de câlins. Difficile dans ses choix amoureux, allergique aux relations exigeantes, la chèvre peut retarder indéfiniment son mariage pour rester dans le cocon familial.

La chèvre se fie volontiers à ses intuitions, mais pèche souvent par superficialité et négligence dans les domaines de la santé et des finances.

Si une main ferme n’est pas là pour la diriger, la chèvre peut se retrouver dans les ennuis par légèreté et irresponsabilité ; mais il faut lui laisser l’impression qu’elle peut vagabonder comme bon lui semble.

La chèvre déteste la discipline, la ponctualité, elle est désespérée par les reproches et la moindre critique peut le déstabiliser et faire ressurgir son insondable pessimisme. Pas rancunière, la chèvre pardonne les offenses mais a du mal à reconnaître ses torts, et peut même s’amuser à provoquer si elle se sent protégée.

La chèvre s’attache de manière excessive aux objets et aux personnes, et garde une forte tendance à s’apitoyer sur son sort, craintive de manière maladive, passive et soumise.

 

téléchargement (4)L’année de la chèvre
C’est une année tranquille, parfaite pour se détendre. Moment idéal pour les négociations et les accords de paix. Les progrès sont lents, seuls, l’art, la mode et la créativité font des pas de géants. Attention aux excès de pessimisme, d’émotivité.

 

Compatibilité et affinités de la chèvre avec les autres signes chinois :
Harmonieux voir excellents rapports avec : Chat, dragon, cheval, sanglier.
Désaccords plus ou moins profond avec : Rat, buffle

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Le Lama, protecteur de troupeau

Posté par othoharmonie le 3 mai 2012

 

Comme le chien ou l’âne, le lama peut aussi être utilisé comme animal de protection des troupeaux ovins.

  Vigogne (Vicugna vicugna)Le lama réagit agressivement envers les animaux qui s’approchent d’un troupeau (chiens, coyotes, renards, loups). Les lamas qui pèsent entre 115 et 225 kg peuvent facilement effrayer les loups. Le lama émet des cris d’alarme aigus et pourchasse les prédateurs en s’interposant entre le troupeau et le prédateur.

 Comme le chien le lama doit avoir noué des liens étroits avec les moutons. On Place d’abord le lama près des brebis, dans un enclos séparé. Dès que les brebis se sont habituées à sa présence, on laisse le lama entrer dans l’enclos des brebis. Peu à peu le lama adoptera sa nouvelle famille en adoptant des comportements doux avec les moutons. Il devient alors un compagnon très protecteur et défend son territoire et le troupeau avec énergie.

 Témoignage d’un éleveur utilisant des lamas pour protéger son troupeau

 Après un an d’apprentissage chez nous, « Tonto Chuno », mâle lama de six ans est parti en novembre 2000 dans un troupeau de 350 brebis, sur le versant Ouest du Vercors, pour participer à leur protection contre les prédateurs.

Un lama, gardien du troupeau ? Pourquoi un lama se mettrait-il à protéger des moutons contre un prédateur ?

 Le Lama, protecteur de troupeau dans LAMA 2224953835_small_2Et bien tout simplement parce que cela s’inscrit dans le comportement normal de cet animal : c’est une particularité comportementale du lama que de défendre un territoire et les petits. Un éleveur de lamas vous dira que le mâle est très attaché aux jeunes lamas qui naissent : lors d’une naissance, il se précipite pour flairer le nouveau-né, il reste très souvent couché près des jeunes lamateaux pendant que les mères broutent. Et lorsque le lama est dans un troupeau de moutons, il n’est pas rare de voir les agneaux lui sauter sur le dos comme ils le font habituellement avec les brebis.

 Un lama est toujours aux aguets : il surveille tout ce qui se passe dans le pré. Parfois, si le terrain le permet, il aime monter sur un lieu plus élevé : surélévation du terrain, petite colline, rocher… d’où il a une vue encore plus large.

 Très territorial, le lama chasse les intrus qui risquent de présenter un danger pour son groupe. Donc, il sera efficace pour éloigner les chiens, loups et renards.

On peut se demander avec raison si le lama est efficace dans toutes les situations : des loups qui attaquent en meute, plusieurs chiens qui se liguent etc….

Aux États-Unis où les grands prédateurs ne sont pas rares (ours, pumas), les lamas sont connus pour prévenir les bergers en cas d’attaque : le lama va signaler le danger en poussant le cri d’alerte : une sorte de hennissement que l’éleveur reconnaît parfaitement. En ce qui me concerne, j’ai observé une femelle alpaga (donc de taille moitié moindre qu’un lama) qui hennissait. Je me suis précipitée : elle signalait la présence dans le champ d’un taureau, animal qu’elle savait ne pas faire partie de notre élevage… D’autres éleveurs ont observé le lama se mettre entre les moutons et le danger.

 Très souvent, le lama va devenir le chef du troupeau, et assumera son rôle en conduisant le troupeau pour manger, boire ou se mettre à l’abri. Il peut également empêcher le troupeau d’aller dans un lieu où se trouve un prédateur et ramener ses moutons dans un endroit plus sûr. Nous avons observé un jour le troupeau revenir sans raison apparente. Tout le troupeau avait une attitude « bizarre ». En allant regarder de près, j’ai vu que dans le bois d’où les lamas revenaient, il y avait un sanglier de belle taille… Je pourrais vous raconter dès dizaines d’exemples similaires…

 Tous les éleveurs qui utilisent des lamas aux États-Unis confirment l’arrêt presque total des mortalités dues aux prédateurs depuis qu’ils y ont introduit leur lama, et certains attestent de la reprise de cette mortalité lorsque, pour une raison ou une autre, ils ont enlevé le lama. C’est vrai qu’à la maison, je sais tout de suite s’il s’est passé quelque chose, les lamas le disent : une naissance, une barrière mal fermée, un lama qui n’est pas dans son parc, un sanglier ou un chien étranger…

 

Un Éleveur de Lamas

 Si vous désirez acheter un lama pour aider à la protection de votre troupeau de moutons, d’oies ou de canards gras. Bernard et Christiane Giudicelli vous proposent plusieurs lamas aptes à cette fonction, formation et conseils d’élevage : comment nourrir et soigner un lama, quels comportements adopter pour assurer son éducation. Ils ont également développé tout un chapitre sur ce sujet dans le nouveau livre « Lamas et Alpagas, les connaître, les élever », indiquant les conditions de succès pour cette activité.

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Mouche d’hier et d’aujourd’hui

Posté par othoharmonie le 11 avril 2012

La mouche des estives
Mouche d'hier et d'aujourd'hui dans MOUCHE moucheEn plein progression en Europe occidentale à la fin des années 80, la mouche des estives s’attaque à la région vulvaire des brebis, et autres zones humides; yeux, nez, prépuce, macération de la laine, plaies. Elle a provoqué la mort de milliers de moutons dans les Pyrénées et les Alpes méridionales. Cette larve s’attaque parfois à l’homme. Les asticots logés dans l’oreille traversent les tympans et entraîne une surdité, ils atteignent parfois les yeux. Les myases provoquées par ces larves sont si douloureuses que certains malades infestés en perdent la raison.

La mouche et le policier
Les larves et les adultes d’insectes créophage ou nécrophage donnent de précieuses indications pour dater un décès. Elles attaquent les cadavres par escouades, les premières arrivant 5 minutes après le décès. Par «  escouades  » on entend par là que les espèces s’y succèdent selon un ordre bien déterminé, exploité en entomologie policière.

La mouche et le médecin
Certaines larves de diptère (lucilia sericata, et notre mouche domestique), s’attaquent aux tissus nécrosés des plaies .Cette thérapie a été appliquée dès le 16ème siècle et jusqu’à l’arrivée des antibiotiques dans les années 40. Aujourd’hui en Californie, des chercheurs de l’International School of Survival et des praticiens attachés à l’Université de Californie (Irvine) se consacrent à cette «  maggot therapy  ». Des médecins l’utilisent en service hospitalier, avec succès à titre expérimental, depuis 1989, particulièrement sur des malades diabétiques. Cette thérapie est indiquée en cas d’échecs de traitement antibiotiques ou d’impossibilité de recourir à la chirurgie, particulièrement pour les mastoïdiens, les brûlures, les plaies infestées, les ulcères et certaines tumeurs ou l’ostéomyélite. Bien entendu les asticots utilisés sont des souche stérilisée et ne s’attaquent qu’aux tissus nécrosés…

 Siphlonurus occidentalisLa mouche et la gastronomie
Les Indiens d’Amériques centrales raffolent des gâteaux d’éphydrides, alors qu’en Afrique orientale on adore les chironomides. Cette consommmation est un   apport non négligeable pour les populations, en particulier pour les enfants qui prennent ces asticots pour des friandises.

La mouche drosophile
La drosophile transporte les produits qui permettent le fermentation du vin et son cycle de reproduction très rapide a permis de mieux comprendre le fonctionnement des cellules du corps humain.

La mouche et la vache
La sarcophaga carnaria vecteur de la maladie de la vache folle ?
Un article de Lancet de décembre 1999 rapporte une expérience de laboratoire où un hamster est contaminé par la tremblante (analogie de la vache folle chez la brebis) lors de l’ingestion d’asticots contaminés par la maladie.

250px-Caddisfly_Larva dans MOUCHELa mouche et le biologiste
Pour mesurer le degré de pollution de l’eau en pesticide, on pense utiliser la drosophile (drosophila melanogaster) qui est très sensible à la pollution. Elle succombe dans un temps plus ou moins long selon le degré de pollution après contact avec de l’eau souillée. Ce laps de temps pourrait déterminer le niveau de pollution.

La mouche et les fourmis
Pour éradiquer le fléau des fourmis de feu (solenopsis invicta) qui envahissent les Etats-Unis, on importe des mouches décapiteuses (psedacteon tricuspus) de l’Amérique du Sud. Ces mouches pondent dans la fourmi, l’asticot se développe dans sa tête, puis il secrète une substance qui fait chuter la tête de la fourmi. 

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Signe du mouton

Posté par othoharmonie le 25 février 2012

 

Créatif, artistique, apprécié, généreux, accommodant, sensible, soucieux. Le Mouton est un esprit rêveur et créatif, toujours en manque de temps pour explorer son moi intérieur. Il est plus confortable lors que profondément connecté avec lui-même. Pour être heureux le Moutons doit pouvoir vagabonder à où il en a envie. Le Mouton est par nature artistique et inventif. Il ‘est pas à la recherche de richesses matérielles et il se fie à son imagination pour enrichir sa vie. Cependant, le Mouton peut être très généreux avec ceux qu’il aime.

 Fichier:Tête Tarasconnais.jpgLe Mouton ne réussit pas toujours bien dans les relations romantiques. Il s’attache facilement et se sent insécurisé. Il se fait des soucis. Pour compenser son insécurité, le Mouton a besoin de sentir aimé et admiré en permanence. Le Mouton est extrêmement sensible et il se fera du mauvais sang pour des choses sans importance. En cas de conflit dans une relation, le Mouton se retirera en lui-même ou quittera physiquement la scène.

 Lorsque ses amours vont bien, le Mouton peut être très exigeant envers sa partenaire. Le Mouton ne fait pas que prendre, mais sait aussi donner à la personne aimée.

 Le Mouton qui apprend à contrôler ses soucis peut être très heureux. Lorsqu’il réalise que ses amis et sa famille l’attendent à son retour de ses voyages intérieurs, le Mouton peut être vraiment heureux.

 Signe occidental équivalent : le Cancer.

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Le Chien 6

Posté par othoharmonie le 20 novembre 2011

 

Par G. de Cherville 

 

Lorsque Descartes eut promulgué son arrêt sur l’automatisme des bêtes, un de ses adversaires, le Père Bougeant, entreprit de le Le Chien 6 dans CHIENréfuter en démontrant dans un gros livre que ces bêtes étaient des diables, ce qui indiquait qu’il ne trouvait pas que ce fût l’esprit qui leur manquât. Depuis que cette question est sortie du domaine de la métaphysique pour entrer dans celui des études expérimentales, la doctrine cartésienne a perdu de son autorité. G. Leroy, Réaumur, Cuvier, l’avaient tour à tour battue en brèche, et l’admirable travail synthétique de Flourens lui a porté un coup décisif. 

 

En dépit du proverbe « on n’est trahi que par les siens, » les contempteurs de l’intelligence des animaux ne se rencontrent jamais parmi les gens qui vivant au milieu d’eux les étudient à chaque heure de la journée et dans chaque acte de leur existence. 

 

Avancez que le Chien est une simple machine, devant ce que vous voudrez de veneurs, de chasseurs, de bergers, de bouviers, etc., il ne s’en trouvera pas un seul qui ne hausse les épaules, et les plus sincères vous exprimeront immédiatement la part qu’ils prennent à l’accident qui vous arrive ! La négation de l’intelligence animale appartient généralement à ceux qui ont été le moins à même de l’apprécier. A défaut des métaphysiciens, braves philosophes, planant trop haut pour bien juger de ce qui se passe si bas, vous ne retrouvez ces conclusions que dans cette catégorie de savants qui physiologisent le scalpel à la main et dont les relations avec le Chien commencent et finissent dans le laboratoire où le sujet de leurs études a été déposé muselé et ficelé comme un mouton d’abattoir. 

 

A côté de la doctrine qCane Corso Italiano.jpgui entend réduire le Chien à ses seuls instincts, il est une école qui, péchant par l’excès contraire, arrive à le doter si libéralement sous ce rapport que nous serions réduits à lui porter envie. Ce ne sont pas seulement par quelques fables romanesques plus ou moins ingénieuses que se traduisent ces tendances, l’anecdote, le fait divers ont versé également sur cette pente du merveilleux et, en raison de l’immense publicité qu’elles trouvent dans la presse, des invraisemblances s’accréditent. Les récits fantaisistes de quelques écrivains en quête de copie ont distancé de fort loin ce Chien étonnant, lequel, ayant à rapporter le charbon incandescent que lui avait jeté son maître, commença par l’éteindre avec l’arrosoir que lui fournissait la nature ! 

 

Incontestablement doué d’une certaine dose d’intelligence, le Chien raisonne, mais seulement sur des idées d’un ordre particulier et selon que ses sens les lui présentent. Il compare, mais par rapport à quelque circonstance tangible attachée aux objets eux-mêmes ; il est incapable de former une abstraction, de déduire un raisonnement complexe de ses perceptions comme de ses sensations. (A SUIVRE…) 

 

 

CHERVILLE, Gaspard de Pekow marquis de (1821-1898) : Le Chien (1882). 

 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (23.VII.2002)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com

http://www.bmlisieux.com/ 



Diffusion libre et gratuite (freeware) 



Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 



Gif chiens

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