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L’Enfant Éléphant

Posté par othoharmonie le 14 mars 2015

(The Elephant’s Child)


L'enfant et l'elephanteau. A children with an young elephant.Dans les Temps Anciens et Reculés, ô ma Mieux-Aimée, l’Éléphant n’avait pas de trompe. Il n’avait qu’un petit bout de nez brun bombé de la taille d’une botte, qu’il balançait bien de droite et de gauche, mais avec quoi il ne pouvait rien ramasser. Or, il y avait un Eléphant, un nouvel Éléphant, un Enfant d’Éléphant, plein d’une insatiable curiosité, ce qui fait qu’il posait toujours un tas de questions. Avec ça, il vivait en Afrique et il remplissait toute l’Afrique de son insatiable curiosité. Il demanda à sa grande tante l’Autruche pourquoi les plumes de sa queue poussaient comme ça, et sa grande tante l’Autruche lui donna une fessée avec sa patte dure, dure. Il demanda à sa grande tante la Girafe pourquoi elle avait la peau tachetée et sa grande tante la Girafe lui donna une fessée avec son sabot dur, dur. Mais il était toujours plein d’une insatiable curiosité. Il demanda à son gros oncle l’Hippopotame pourquoi il avait les yeux rouges, et son gros oncle l’Hippopotame lui donna une fessée avec son gros sabot ; et il demanda à son oncle poilu, le Babouin, pourquoi les melons avaient ce goût-là et son oncle poilu, le Babouin, lui donna une fessée avec sa patte poilue, poilue. N’empêche qu’il était toujours plein d’une insatiable curiosité ! Il posait des questions à propos de tout ce qu’il voyait, entendait, éprouvait, sentait ou touchait et tous ses oncles et ses tantes lui donnaient la fessée. Et il demeurait malgré tout plein d’une insatiable curiosité ! 

Un beau matin, au milieu de la Précession des Équinoxes, cet Enfant Éléphant à l’insatiable curiosité posa une nouvelle question, une bonne, qu’il n’avait encore jamais posée. Il demanda : 

— Qu’est-ce que le Crocodile mange au dîner ? 

Tous lui dirent « Chut ! » à haute et terrible voix ; puis ils le fessèrent sur-le-champ, pendant un long moment, sans s’arrêter. 

Lorsque ce fut terminé, il tomba sur l’Oiseau Kolokolo assis au milieu d’un buisson de jujubier et il lui dit : 

— Mon père m’a donné la fessée, ma mère m’a donné la fessée ; tous mes oncles et tantes m’ont donné la fessée pour mon insatiable curiosité, n’empêche que je veux savoir ce que le Crocodile mange au dîner ! 

Alors l’Oiseau Kolokolo dit, avec un cri lugubre : 

— Va sur les rives du grand Fleuve Limpopo, aux grasses eaux vert-de-grisées et huileuses, bordé d’arbres à fièvre. Et tu le découvriras. 

Dès le lendemain matin, comme il ne restait plus rien des Équinoxes, puisque la Précession avait précédé conformément au précédent, cet insatiable Enfant Éléphant prit cinquante kilos de bananes (des petites rouges), cinquante kilos de canne à sucre (de la longue violette) et dix-sept melons (des verts croquants) et il dit à sa famille : 

— Au revoir. Je vais au grand Fleuve Limpopo, aux grasses eaux vert-de-grisées et huileuses, bordé d’arbres à fièvre, afin de savoir ce que le Crocodile mange au dîner. 

Alors, tous ensemble ils lui donnèrent une fessée de plus pour lui porter chance, quoiqu’il leur demandât bien poliment d’arrêter. Puis il s’en alla, un peu échauffé, mais pas du tout étonné, tout en mangeant des melons et en jetant la peau car il ne pouvait pas la ramasser. Il alla de Grahamstown à Kimberley et de Kimberley à Khamascountry, et à Khamascountry il prit la direction du nord-est, en continuant à manger des melons jusqu’à ce qu’enfin il atteignît les rives du grand Fleuve Limpopo, aux grasses eaux vert-de-grisées et huileuses, bordé d’arbres à fièvre, exactement comme l’avait décrit l’Oiseau Kolokolo. 

Tu dois savoir et comprendre, ô ma Mieux-Aimée, qu’avant cette semaine-là, et ce jour, cette heure, cette minute, l’insatiable Enfant Éléphant n’avait jamais vu un Crocodile et ne savait pas à quoi ça ressemblait. Tout ça faisait son insatiable curiosité. La première chose qu’il vit fut un Serpent-Python-de-Rocher-Bicolore enroulé autour d’un rocher. 

— ’Scusez-moi, dit l’Enfant Éléphant très poliment, mais avez-vous vu une chose ressemblant à un Crocodile dans ces parages hétérogènes ? 

— Si j’ai vu un Crocodile ? répéta le Serpent-Python-de-Rocher-Bicolore d’un ton d’absolu mépris. Que vas-tu me demander ensuite ? 

— ’Scusez-moi, dit L’Enfant Eléphant, mais auriez-vous l’obligeance de me dire ce qu’il mange au dîner ? 

Alors le Serpent-Python-de-Rocher-Bicolore se désenroula rapidement du rocher et il donna une fessée à L’Enfant Éléphant avec son écailleuse queue flagelleuse. 

— C’est étrange, dit L’Enfant Éléphant. Mon père et ma mère, mon oncle et ma tante, sans parler de mon autre tante la Girafe et de mon autre oncle le Babouin, m’ont tous donné la fessée pour mon insatiable curiosité, et je suppose que vous faites la même chose pour la même raison. 

Sur ce, il prit congé très poliment du Serpent-Python-de-Rocher-Bicolore après l’avoir aidé à se réenrouler autour du rocher et il poursuivit son chemin, un peu échauffé, mais pas du tout étonné, en mangeant des melons et en jetant la peau car il ne pouvait pas la ramasser ; jusqu’à ce qu’il posât la patte sur ce qu’il prit pour une bûche, juste au bord du grand Fleuve Limpopo aux grasses eaux vert-de-grisées et huileuses, bordé d’arbres à fièvre. Mais il s’agissait en réalité du Crocodile, ô ma Mieux-Aimée, et le Crocodile cligna de l’œil, comme ceci ! 

— ’Scusez-moi, dit L’Enfant Éléphant très poliment, mais vous n’auriez pas vu un Crocodile dans ces parages hétérogènes ? 

Alors le Crocodile cligna de l’autre œil et souleva à demi sa queue hors de l’eau ; et L’Enfant Éléphant recula très poliment car il n’avait pas envie de recevoir encore une fessée. 

— Approche, Petit, dit le Crocodile. Pourquoi me poses-tu cette question ? 

— ’Scusez-moi, dit L’Enfant Éléphant très poliment, mais mon père m’a donné la fessée, ma mère m’a donné la fessée, sans parler de ma grande tante l’Autruche et de mon gros oncle l’Hippopotame, de ma tante la Girafe qui rue si fort et de mon oncle poilu le Babouin, sans oublier le Serpent-Python-de-Rocher-Bicolore à l’écailleuse queue flagelleuse, près de la rive, qui frappe plus fort que tous les autres, et donc, si ça ne vous ennuie pas, j’aimerais mieux ne plus être fessé. 

— Approche, Petit, dit le Crocodile, car c’est moi le Crocodile. 

Et pour le prouver il se mit à verser des larmes de Crocodile. L’Enfant Éléphant en eut le souffle coupé, il s’agenouilla sur la rive, haletant, et dit : 

— Vous êtes la personne que je cherche depuis si longtemps. Voudriez-vous me dire, s’il vous plaît, ce que vous mangez au dîner ? 

— Approche, Petit, dit le Crocodile. Je vais te le souffler à l’oreille. 

Alors l’Enfant Éléphant approcha sa tête près de la gueule qui-mord-qui-tue du Crocodile, et celui-ci le saisit par son petit nez qui jusqu’à cette semaine, ce jour, cette heure, cette minute, n’était pas plus grand qu’une botte, mais bien plus utile. 

— Je pense, dit le Crocodile, et il le dit entre ses dents, comme ceci, je pense que je commencerai aujourd’hui par de L’Enfant Éléphant. 

En entendant cela, ô ma Mieux-Aimée, L’Enfant Éléphant fut fort ennuyé et il dit en parlant du nez : 

— Laissez-boi bartir ! Vous be faites bal ! 

Alors le Serpent-Python-de-Rocher-Bicolore descendit la rive ventre à terre et dit : 

— Mon jeune ami, si tu ne te mets pas maintenant, immédiatement et sans délai à tirer de toutes tes forces, j’ai bien peur que ce vieil ulster à larges bandes de cuir (il voulait parler du Crocodile) te précipite dans ce courant limpide avant que tu puisses dire « ouf ». 

Ainsi s’exprima le Serpent-Python-de-Rocher-Bicolore. Alors L’Enfant Éléphant s’assit sur ses petites hanches et il tira, tira, tira, tant et si bien que son nez commença à s’allonger. Et le Crocodile barbotait dans l’eau qu’il rendait crémeuse à grands coups de queue, et lui aussi il tira, tira, tira. 

Et le nez de L’Enfant Eléphant continuait à s’allonger ; et L’Enfant Eléphant se campa sur ses quatre petites pattes et tira, tira, et son nez continuait à s’allonger ; et le Crocodile battait l’eau en se servant de sa queue comme d’une rame et lui aussi, il tira, tira, tira et à chaque fois le nez de L’Enfant Eléphant s’allongeait davantage et cela lui faisait un mal de tous les diables ! 

Puis L’Enfant Éléphant sentit ses pattes glisser, et il dit en parlant du nez, qui avait maintenant près de cinq pieds de long : 

— Je n’en beux blus ! 

Alors le Serpent-Python-de-Rocher-Bicolore descendit la rive et se noua en double demi-clef autour des pattes de derrière de L’Enfant Éléphant et il dit : 

— Voyageur imprudent et inexpérimenté, nous allons maintenant nous livrer sérieusement à un petit effort de traction car sinon, j’ai le sentiment que ce vaisseau de guerre à propulsion là-bas avec un pont supérieur blindé (par ces mots, ô ma Mieux-Aimée, il faisait allusion au Crocodile) va compromettre pour toujours ta future carrière. 

Ainsi s’exprima le Serpent-Python-de-Rocher-Bicolore. Alors il tira et L’Enfant Éléphant tira et le Crocodile tira, mais L’Enfant Éléphant et le Serpent-Python-de-Rocher-Bicolore tirèrent plus fort et le Crocodile finit par lâcher le nez de L’Enfant Éléphant avec un « plop » qui résonna tout le long du Limpopo. 

Alors L’Enfant Éléphant s’assit brusquement et lourdement, mais tout d’abord il prit bien soin de dire « merci » au Serpent-Python-de-Rocher-Bicolore avant de s’occuper de son pauvre nez étiré. Il l’enveloppa dans des feuilles de bananier fraîches et le trempa au frais dans le grand Fleuve Limpopo aux grasses eaux vert-de-grisées et huileuses. 

— Pourquoi fais-tu ça ? demanda le Serpent-Python-de-Rocher-Bicolore. 

— ’Scusez-moi, dit L’Enfant Éléphant, mais mon nez a perdu sa forme et j’attends qu’il rétrécisse. 

— Tu risques d’attendre longtemps, dit le Serpent-Python-de-Rocher-Bicolore. Certaines gens ne savent pas ce qui est bon pour eux. 

L’Enfant Éléphant resta assis trois jours à attendre que son nez rétrécisse. Mais il ne diminuait pas, et en plus il le faisait loucher. Car tu auras vu et compris, ô ma Mieux-Aimée, que le Crocodile en tirant en avait fait une véritable trompe comme celle qu’ont les Éléphants aujourd’hui. À la fin du troisième jour, une mouche vint le piquer sur l’épaule et avant même de se rendre compte de ce qu’il faisait, il leva sa trompe et tua la mouche. 

— Avantage numéro un ! dit le Serpent-Python-de-Rocher-Bicolore. Tu n’aurais pas pu en faire autant avec ton sale petit bout de nez. Essaye de manger un peu maintenant. 

Avant de se rendre compte de ce qu’il faisait, L’Enfant Éléphant étendit sa trompe et arracha une grosse touffe d’herbe qu’il épousseta contre ses pattes de devant avant de se l’enfourner dans la bouche. 

— Avantage numéro deux ! dit le Serpent-Python-de-Rocher-Bicolore. Tu n’aurais pas pu faire ça avec ton sale petit bout de nez. Ne trouves-tu pas que le soleil tape dur par ici ? 

— En effet, dit L’Enfant Éléphant. 

Et avant de se rendre compte de ce qu’il faisait, de sa trompe il pompa une pompée de bourbe au bord du grand Fleuve Limpopo aux grasses eaux vert-de-grisées et huileuses, et se la plaqua sur la tête où ça lui fit un beau bonnet de boue bulleuse et flasque qui lui dégoulinait derrière les oreilles. 

— Avantage numéro trois ! dit le Serpent-Python-de-Rocher-Bicolore. Tu n’aurais pas pu faire ça avec ton sale petit bout de nez. Et maintenant, aimerais-tu recevoir encore des fessées ? 

— ’Scusez-moi, dit L’Enfant Éléphant, mais ça ne me plairait pas du tout. 

— Ça te dirait de donner une fessée à quelqu’un ? dit le Serpent-Python-de-Rocher-Bicolore. 

— Ça me plairait énormément, je l’avoue, dit L’Enfant Éléphant. 

— Dans ce cas, dit le Serpent-Python-de-Rocher-Bicolore, tu verras que ton nouveau nez est fort utile pour fesser les gens. 

— Merci, dit L’Enfant Éléphant. Je m’en souviendrai ; maintenant, je crois que je vais rentrer chez moi et rejoindre ma chère famille pour essayer. 

Alors L’Enfant Éléphant rentra chez lui à travers l’Afrique en frétillant de la trompe. Lorsqu’il voulait manger des fruits, il les cueillait directement sur l’arbre au lieu d’attendre qu’ils tombent comme auparavant. Lorsqu’il voulait de l’herbe, il l’arrachait du sol au lieu de s’agenouiller comme auparavant. Lorsque les mouches le piquaient, il brisait une branche d’arbre et s’en servait comme chasse-mouches ; et il se faisait un nouveau bonnet de boue fraîche fangeuse-spongieuse lorsque le soleil était trop chaud. Quand il en avait assez de marcher seul à travers l’Afrique, il chantait dans sa trompe et ça faisait autant de bruit que plusieurs fanfares. Il fit un détour afin de trouver un gros Hippopotame (ce n’était pas un parent) et lui administrer une terrible fessée pour s’assurer que le Serpent-Python-de-Rocher-Bicolore ne lui avait pas menti au sujet de sa nouvelle trompe. Le reste du temps, il ramassa les peaux de melon qu’il avait jetées en se rendant au fleuve Limpopo, car c’était un Pachyderme très propre. Par un soir sombre il retrouva sa chère famille ; il enroula sa trompe et dit : 

— Comment allez-vous ? 

Ils étaient très heureux de le revoir et ils dirent aussitôt : 

— Viens ici recevoir une fessée pour ton insatiable curiosité. 

— Peuh ! dit l’Enfant Éléphant. Je crois que vous ne connaissez rien à la fessée ; moi par contre, je peux vous montrer. 

Sur ce, il déroula sa trompe et jeta deux de ses chers frères cul par-dessus tête. 

— Oh, purée ! dirent-ils. Où as-tu appris ce coup-là et qu’as-tu fait à ton nez ? 

— Le Crocodile qui vit sur les rives du grand Fleuve Limpopo aux grasses eaux vert-de-grisées et huileuses m’en a donné un nouveau, dit l’Enfant Éléphant. Je lui ai demandé ce qu’il mangeait au dîner et j’ai reçu ça en souvenir. 

— Ce n’est pas beau, dit son oncle poilu, le Babouin. 

— Oui, c’est vrai, dit l’Enfant Éléphant, mais c’est bien commode. 

images (2)Et, saisissant son oncle poilu, le Babouin, par une patte poilue, il l’envoya dans un nid de frelons. Puis ce méchant Enfant Éléphant se mit à fesser toute sa chère famille pendant un long moment, jusqu’à ce qu’ils fussent très échauffés et fort étonnés. Il arracha à sa grande tante l’Autruche les plumes de sa queue ; et il attrapa sa grande tante la Girafe par les pattes de derrière et la traîna dans un buisson d’épines ; il cria après son gros oncle l’Hippopotame et lui souffla des bulles dans les oreilles pendant que celui-ci faisait la sieste dans l’eau après manger ; mais il ne laissa personne toucher à l’Oiseau Kolokolo. À la fin, ça chauffait tellement que tous les membres de sa chère famille se précipitèrent, un par un, vers les rives du grand Fleuve Limpopo aux grasses eaux vert-de-grisées et huileuses, et bordé d’arbres à fièvre, pour emprunter au Crocodile de nouveaux nez. Quand ils revinrent, personne ne fessa plus personne ; et depuis ce jour, ô ma Mieux-Aimée, tous les Éléphants que tu verras, et tous ceux que tu ne verras pas, ont des trompes exactement semblables à la trompe de l’insatiable Enfant Éléphant. 

À mon service j’ai mis 
Six bons garçons. 
Voici leurs noms : 
Quoi, Pourquoi, Quand, 
Où, Qui, Comment. 
C’est d’eux que j’ai tout appris. 
De l’orient 
Jusqu’au couchant 
Je les envoie par monts, par vaux 
Mais quand s’achèvent leurs travaux, 
À tous je propose 
Une bonne pause. 
Aux heures où d’usage 
Je suis à l’ouvrage, 
Je leur donne un long répit, 
Et je n’oublie pas 
Le temps des repas, 
Car ils ont grand appétit 
Mais autres gens, autres manières : 
Je connais une personne 
Jeune et mignonne 
Qui emploie bien dix millions 
De bons garçons 
Et qui jamais ne leur laisse 
Repos ni cesse. 
À peine ouvertes ses paupières, 
Au loin, pour traiter ses affaires, 
Elle envoie, très urgemment, 
Un bon million de Comment 
À peu près deux millions d’Où, 
Et surtout… 
Sept millions de Pourquoi !

 

SOURCE  / http://kiplinginfrench.free.fr/HCCtable.html

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Préjugés des Anciens sur les Salamandres

Posté par othoharmonie le 6 février 2015

 

 

 
 
téléchargementLa salamandre, pour la définir tout de suite familièrement, est une sorte de crapaud ayant une queue. Les mœurs de cet animal ne présentent aucune propriété extraordinaire, et cependant, sur la foi de quelques observations d’une très faible portée, il s’est accumulé peu à peu autour de son nom une réputation immense, notamment celle de posséder la vertu d’éteindre le feu.

Lorsqu’on blesse ou qu’on irrite ce petit animal, il suinte de sa peau, visqueuse comme celle du crapaud, une humeur laiteuse, amère, d’une odeur forte et tout à fait repoussante. Cette propriété est fort simple, et évidemment destinée dans le plan de la nature à écarter de lui les ennemis que la paresse de sa marche ne lui permet pas de fuir. C’est là cependant ce qui est devenu le principe de toutes les fables qui se sont répandues sur le compte de la salamandre.

D’abord, il est incontestable que cette humeur est légèrement vénéneuse : elle fait périr, en effet, les insectes et les petits animaux ; mais on s’est assuré, par des expériences positives, qu’elle est sans aucune action délétère sur l’homme et sur les animaux d’une certaine taille. Cependant, chez les anciens, son poison a passé pour un des plus redoutables du monde. Pline assure qu’il suffit que la salamandre ait touché un fruit en passant pour que ce fruit se change aussitôt en un poison violent. Je croirais volontiers que dans l’empire romain on en était venu à forger une multitude de poisons que l’on rapportait à la main de la nature précisément parce qu’il y en avait un trop grand nombre qui ne sortaient que de celle des hommes.

Quoi qu’il en soit, cette mauvaise réputation de la salamandre, qui n’aurait guère le droit de régner que parmi les mouches et les autres insectes, s’est conservée dans nos campagnes. La salamandre est rangée presque partout par les paysans parmi les animaux les plus venimeux, et quand on en découvre quelqu’une on s’en débarrasse aussitôt avec une sorte d’horreur. Elle ne mérite cependant pas une réprobation plus énergique que le crapaud, car à l’égard des mœurs et de son venin elle est presque en tout pareille.

Mais cette faculté d’empoisonnement n’est que la moindre merveille de la salamandre. Sa plus fameuse propriété est d’éteindre le feu ; et l’on a vu au Moyen Age des savants qui, se fondant sur cette antipathie naturelle, prétendaient éteindre les incendies en jetant au milieu des flammes des salamandres. Ce préjugé a ses racines dans l’Antiquité. « La salamandre, dit Pline, est un animal si froid que rien qu’à toucher le feu il l’éteint comme le ferait de la glace. » Aristote enseigne à peu près la même chose, mais avec plus de réserve : « Cet animal, dit-il, à ce que l’on prétend, éteint le feu lorsqu’il y entre. »

Il y a là quelque vérité, mais il faut la bien préciser pour ne s’y point méprendre. Il est certain que si l’on met une salamandre sur quelques charbons, comme il se dégage immédiatement de son corps cette humeur laiteuse dont nous avons parlé, les charbons qui la touchent, s’ils ne sont pas trop forts et trop ardents, s’éteignent promptement ; mais cela ne tient nullement à la froideur de l’animal, car cette humeur serait toute chaude qu’elle n’éteindrait pas moins le feu sur lequel elle se répandrait, comme l’eau qui n’éteint pas moins le charbon quand elle est bouillante que quand elle est à la glace.

Mais de ce fait si simple, grâce aux exagérations de la théorie des sympathies et des antipathies, si puissante dans l’ancien état de la science, est sortie l’idée que la nature de la salamandre était antipathique à celle du feu, et de là la persuasion que la salamandre repoussant absolument le feu, cet agent ne saurait la consumer. Telle a été l’opinion vulgaire au Moyen Age ; et, pour la détruire, il a fallu que les savants de la Renaissance se livrassent à cet égard à des expériences positives.

Mathiole rapporte qu’il vit une salamandre mise dans un brasier et brûlée en très peu de temps. Picrius et Amatus font des déclarations semblables. Galien, chez les anciens, avait observé la même chose, car il dit que la salamandre supporte à la vérité l’action du feu, mais qu’elle finit bientôt par y être consumée ; et il recommande même ses cendres comme un médicament utile.

Certes, une si grande autorité aurait dû mettre entrave à l’exagération ; mais le merveilleux, une fois né, s’arrête rarement avant d’être parvenu au terme de la carrière. L’incombustibilité de l’animal une fois implantée de cette manière dans les imaginations, on a oublié bien vite la pauvre petite salamandre des fossés et des caveaux humides, et l’on est allé jusqu’à donner à l’animal lui-même une organisation franchement fantastique. On lui a attribué le feu pour séjour habituel, comme l’eau aux poissons ou l’air aux papillons ; on a voulu qu’il y puisât sa nourriture ; on lui a fait souffler et vomir la flamme ; on lui a supposé des ailes pour se mouvoir plus à l’aise dans cet élément subtil ; on lui a ôté son humble figure, et on en a fait un dragon : voilà la généalogie de cette furieuse salamandre du blason de François Ier.

téléchargement (1)Il se conçoit que l’on ne se soit pas arrêté en si beau chemin. Les voyageurs, qui pouvaient prétendre avoir rencontré des salamandres aux pays lointains, n’avaient pas à se faire grand scrupule de rapporter des preuves matérielles de leur mensongère trouvaille. Aussi vit-on circuler pendant un temps, dans le commerce des curiosités naturelles, des étoffes faites avec de la laine de salamandre : on en était venu à donner de la laine à ce dragon. Cette laine, ou plutôt encore cette soie, était blanche, fine, d’une assez grande souplesse, et résistait en effet parfaitement bien à l’action du feu le plus ardent. On pouvait en faire des tissus, et, à l’aide de ces tissus, braver non pas la violence du feu, mais le danger de voir les vêtements s’enflammer au simple contact de la flamme : aussi la laine de salamandre eut-elle un moment une célébrité rare.

Le fait est que si l’on avait dû juger de l’incombustibilité de la salamandre d’après celle de cette prétendue laine, il aurait fallu regarder l’animal comme réellement doué de la propriété prodigieuse que le vulgaire lui attribuait. Mais cette substance provenait-elle réellement d’un animal ? Là était la question, et, malheureusement pour les amis du merveilleux, il s’est trouvé que la laine de salamandre était tout simplement un minéral filamenteux bien connu des naturalistes, et connu même des anciens sous le nom d’asbeste.

(D’après « Le Magasin pittoresque », paru en 1870)

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L’Hygiène au Moyen Âge

Posté par othoharmonie le 3 octobre 2014

 

téléchargement (2)L’hygiène est définie aujourd’hui comme étant l’ensemble des principes et des pratiques tendant à préserver et à améliorer la santé. 

Elle regroupe le fait de se laver, de manger sainement et de v ivre dans un environnement sain.   Le mot vient du grec : Hygie qui était la déesse de la santé et de la propreté. Elle était la fille d’ Asclépios, dieu de la médecine.  

    Au Moyen Âge, la not ion d’hygiène est déjà présente même si le mot n’existe pas encore. Néanmoins les pratiques varient selon les couches de la société et selon que l’on se trouve en ville ou à la campagne.  Au Moyen Âge, on écrit aussi des ouvrages sur la façon de tenir son logis. Par exemple, le  Ménagier de Paris  (ouvrage anonyme écrit vers 1393) est un traité de morale et d’économie domestique.  

        Chambre médiévale  : On y donne aussi des conseils d’hygiène. L’auteur y explique par exemple que la maison doit être bien chauffée et qu’il ne doit pas y avoir de puces. Plusieurs techniques sont données pour chasser les puces : mettre des feuilles d’aulne sur le sol de la maison, mettre un « drap estru » (= un drap à long poils) ou une peau de mouton sur le lit où les puces se coinceront (une fois les puces prises au piège des poils du drap, on le sort à l’extérieur pour faire partir les puces).  Mouche et abeille                 

De même, il ne faut pas qu’il y ait de mouches dans  la maison ; pour les faire partir, le Ménagier  conseille de pendre des petites touffes de fougère dans la maison : les mouches s’y logeront, il suffira alors de jeter les fougères dehors. Pour lutter contre les insectes, ce traité préconise également de dormir avec un « cincenellier » (= une moustiquaire) sur le lit.   

          On  utilise aussi des pièges à insectes : « une chausse de toile liée au fond d’un pot qui ait le cul percé » avec à l’intérieur du miel ou un fruit ; ou « un cordon pendant et mouillé en miel » où les mouches se colleront.  Pour éliminer les poux, puces et autres parasites,  il faut, pense-t-on,  ranger le linge, les couvertures et les habits très serrés dans des coffres.

Ainsi, confinés, sans lumière et sans air, les parasites (les poux, notamment) « meurent dans l’heure ».

Au Moyen Âge, contrairement à l’espace privé dont on prend soin, l’espace public n’est pas touché par des mesures d’hygiène. Ainsi, les villes sont très sales et les condit ions de vie n’y sont pas saines.  

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A l’époque où on dressait les Puces

Posté par othoharmonie le 29 septembre 2014

 

téléchargement (6)On a bien attelé des éléphants, mais, « Qui peut le plus ne peut il pas le moins ? » alors, pourquoi ne pas atteler des puces ? On dit que déjà, dans l’Ancienne Egypte, des amuseurs publics auraient présenté des puces dressées…mais, c’est au XVIIIème siècle qu’apparaissent les premiers « mini-cirques » présentant des puces savantes capables d’exécuter de nombreux tours et, entre autres, de tirer des charges.

Nous sommes à l’époque des « cabinets de curiosités » et, jouant sur le goût de l’époque, des saltimbanques imaginatifs, qui tous se faisaient appeler Maitre ou Professeur, créèrent de petits cirques, tenant souvent dans une valise, et dont les « artistes « étaient des puces qu’ils dressaient, disaient ils, « comme on dompte les fauves , et cela « sous les plus grands des petits chapiteaux du monde ! »

Au XIXème puis au XXème siècle, ils seront des dizaines à parcourir l’Europe et le Nouveau Monde : Acme flea circus, Bertolotto (1833) Buckland (1891) Heckler (1930) Chester (1935), George Tollerton (1935) Alfred Testo (1950) Michael et Richard Bentine (1950) Ballantine (1958) Heckler fils (1958) Tomlin (1976) Likonti’s, (1920). William & Elsi Torp (1920) qui installent leur cirque dans les jardins de Tivoli à Copenhague, leur fils assurera leur succession jusqu’ en 1965. Entre temps il se sera produit à Atlantic City (New jersey), et terminera sa carrière à Ténériffe aux Canaries en 1970.

A côté des itinérants, se produisant dans les baraques foraines, parcs d’attractions et foires, certains cirques sont installés de façon permanente, à Londres au 238 Régent Street, à Copenhague dans Tivoli Gardens, dans de grandes villes aux USA : en Alaska, au Texas, à New York, en Floride. En France, il semble que des cirques étaient installés, à Paris et à Nice, mais les documents sont rares.

Les actrices

Les puces, qui vont être les artistes de ces spectacles, sont de l’espèce pulex irritans, puce spécifiquement adaptée à l’espèce humaine. Elles ont été choisies pour leur taille et leur puissance. Il s’agit d’insectes de 4 à 8 mm de long, dépourvus d’ailes, piqueurs et hématophages (ne consommant que du sang humain), de couleur brune, aplatis latéralement et disposant de trois paires de pattes dont la dernière, très développée, les rend aptes au saut.

Leur tête et leur thorax portent des peignes, des épines et ou soies cornées dont la répartition permet l’identification des espèces, très nombreuses. Enfin leurs pattes portent des crochets qui faciliteront leur accroche au cours des exercices qu’elles devront effectuer.

Elles pèsent de 0,5 à 1 milligramme, selon qu’elles soient gorgées ou non, et peuvent tirer de 500 à 1000 fois leur poids. Une puce vit de 1 à 2 ans selon les conditions ambiantes (température, humidité, nourriture).

S’il est une expression courante grossièrement erronée c’est bien : « faire un saut de puce », pour désigner un faible déplacement, car, en réalité, les puces sont les championnes incontestées du saut en hauteur, avec des bonds de plus de 20 cm, (record à 48 cm) ce qui, rapporté à l’échelle humaine, équivaudrait à sauter par-dessus la Tour Eiffel ! Enfin, une puce peut effectuer jusqu’à 600 sauts en une heure. Ces bonds fabuleux sont réalisés grâce à une protéine élastique : la résiline, présente dans les muscles des cuisses et qui accumule l’énergie, comme dans une catapulte, lors du relâchement, la propulsion se fait avec une très forte accélération, vers le haut. (140G ont été enregistrés !)

images (7)Dans les premiers temps, les entrepreneurs de spectacles s’approvisionnaient en puces auprès des vagabonds et des clochards dont l’hygiène douteuse favorisait la croissance des petites bêtes, mais , avec le temps et l’apparition des aspirateurs, l’offre devint rare et les prix augmentèrent ; En 1935, Professeur Chester payait 2 shillings la douzaine de puces, en 1950, Professeur Testo dit payer 6 shillings, en 1976 l’inflation galopante voit les puces valoir une demi couronne pièce ! ( soit 2,5 shillings). Les difficultés d’approvisionnement obligèrent les cirques à se sédentariser, car la mortalité importante des artistes imposait un renouvellement fréquent, impossible en voyage ; (certains recevaient leurs puces par la poste dans des enveloppes, encore fallait il que le coup de tampon oblitérateur du postier ne frappe pas au mauvais endroit !). Les puces devant prendre deux repas sanguins par jour pour vivre, c’est sur l’avant bras du propriétaire que les repas étaient servis et duraient un bon quart d’heure … (c’est le principe du « boy piqure » utilisé naguère en Afrique pour les expérimentations sur les moustiques vecteurs du paludisme).

Les « cirques » se présentaient sous globe ou dans de petites valises et c’est sur les affiches que le programme du spectacle était détaillé et illustré. On y voyait : danseuses avec orchestre, trapézistes, danseuse sur corde, cracheuses de feu, jongleuses , équilibristes plongeuse de haut vol, puce canon ,saut dans le cercle de flammes, des escrimeuses, Samson l’hercule, des personnages historiques à cheval et en costume : les trois héros de Waterloo : Napoléon, Blücher, Wellington, des scènes domestiques ,des batailles, les Champs Elysées, ainsi que des véhicules variés, animés ou tractés par des puces : moulin à trépigneuse, coach, char antique, landau, corbillard, tricycle ,ballons, grand bi, canon, petit train, ou encore :tirer une chaînette d’argent de 200 maillons avec crochet à une extrémité, cadenas et sa clef à l’autre, faire rouler une grosse boule, dérouler un tapis etc.…. Les spectateurs, une vingtaine au maximum, pouvaient louer des loupes, pour ne rien rater du spectacle.

Tous les accessoires étaient fabriqués, parfois en ivoire, par des modélistes et orfèvres qui s’efforçaient de diminuer le poids autant que possible, les vêtements étaient cousus par des Sœurs mexicaines aux doigts de fées ! Restait à atteler les puces ! opération digne de la microchirurgie consistant à passer un fil extrêmement fin (0,35mm), mais solide, de soie, d’or ou de platine, que l’on fixait sans trop serrer sur le céphalothorax de l’insecte et qu’il conservait sa vie durant.

La mise en œuvre de toutes ces activités ne devait bien entendu rien au dressage, de nombreuses astuces permettaient de stimuler le mouvement des puces : collage à poste fixe, agitation des supports, chauffage des planchers !, stimulation manuelle …Ces procédés plus ou moins barbares émurent les bonnes âmes et, en Angleterre, une très sérieuse « Society for the Prévention of Cruelty to Insects » SPCI : Société pour la Protection des Insectes Maltraités) vit le jour et porta plainte contre les cirques de puces et réclama leur fermeture.

Enfin, les puces ne furent pas les seuls insectes mis « au travail » ; des phasmes, bourdons, araignées, mouches, bousiers, scorpions, fourmis, papillons adultes et larvaires, coccinelles, pucerons…n’y échappèrent pas et furent identifiés dans trois cirques anglais inspectés par la SPCI. Une question se pose : Pourquoi les « dresseurs »n’ont-ils pas utilisé le pou de l’homme ( pediculus capitis ou phtirius pubis , le morpion !) ces insectes sont plus grands, plus visibles et plus puissants, faciles à se procurer, ils ne sautent pas ni ne volent et leurs pattes sont pourvues de fortes griffes qui auraient facilité accrochage et déplacements ?

téléchargement (7)Faux et usage de faux !

Au XXème siècle, des organisateurs peu scrupuleux présentaient dans attractions ou aucune puce ne figurait ! la supercherie consistait à animer artificiellement des grains de riz sculptés et teints, ou d’autres éléments inertes que l’on disait être des puces En 1950, Michael Bentine , un animateur britannique fameux, présenta un faux cirque de puces au Royal Variety Show, que la BBC le programma durant 30 années dans ses programmes pour enfants ; il alla même en Amérique se produire, à la télévision, au fameux Johnny Carson show. Il est probable que de nos jours, avec les merveilles des nanotechnologies on verra des puces électroniques attelées, et fort savantes !

source : http://www.jbwhips.com/QUAND-ON-ATTELAIT-LES-PUCES.html

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Le moustique littéraire

Posté par othoharmonie le 28 juillet 2014

 

 

images (5)Je n’imaginais pas un jour parler moustiques. Jusqu’au jour où je décidai de louer une petite maison en bord de mer auprès des marais pour des vacances d’été tranquilles. 

Saviez-vous qu’il existe plusieurs personnalités de moustiques ? 

D’abord, Il y a celui qu’on appelle le moustique pépère. Celui-là vient vous visiter la nuit incognito, on s’en aperçoit à peine, juste une petite piqûre au réveil sur l’orteil ou sur la main, et le voilà reparti, très content de lui. 

Il y a le moustique détective. Celui-là est plus rusé, plus têtu. Il exerce en solo à plein temps. Vous entrez dans une librairie très tôt le matin, dès l’ouverture et il vous a déjà repéré du coin de la rue. Bien sûr, vous n’avez rien vu venir. Il attend que vous ayez fini vos achats, vous piste à nouveau, connaît votre code de carte bleue par coeur, vos couleurs préférées. Son léger ronflement se perd dans les klaxons des voitures, les hauts-parleurs de la ville et le bruissement des conversations chez les commerçants.

Vous vous apprêtez à ouvrir la porte de la maison, il est déjà entré, vole plus vite que son ombre, inspectant les lieux, il se moque de savoir si vous êtes seul ou non. La politesse, le moustique détective ne connaît pas. Rien n’est secret pour lui. Rien ne le perturbe non plus. Que vous écoutiez de la musique, que vous froissiez du papier, cuisiniez, il continue son investigation de façon assidue. Parfois, vous pensez qu’il s’est envolé par la fenêtre ouverte, vous ne l’entendez plus vibrillonner de ses ailes et toc, il vient vous effleurer une oreille, mais pour le moment, il ne vous pique pas. Il attend l’heure propice. Il mange comme vous, regarde le même programme télé, écoute toutes les conversations téléphoniques, se rend sur la plage avec vous, parle avec les mêmes personnes, sauf que le soir, après avoir réuni toutes les informations, il se décide à intervenir et à piquer fort. Si vous résistez, il vous pique encore plus fort. Il va jusqu’à vous proposer un marché, enfin, un marché qui ressemble étrangement à une menace :

- Laisse-moi te piquer et je t’offre un tatouage, puis je partirai.

Il sait aussi travailler en bande. L’union fait la force, moustique détective sait être philosophe et là, c’est le cauchemar.

 Il y a donc les moskito tous têtus, qui ont reçu une formation de piqueur, de fileur professionnel chez le moustique détective. Très souvent, ils arrivent en bande de dix. Si vous tentez d’en semer un en l’écrasant, dix autres apparaissent. C’est là où les ennuis commencent et les vacances se terminent. 

Oui, finies les belles vacances au soleil, les envies de conciliabules sous la lune, le tout feu, tout flamme, parce que les moskitotoustêtus savent piquer là où ça fait mal, laissant leur signature de Lupinois ailés sur les parties les plus apparentes de votre corps. Le plus curieux chez eux tient dans l’invisible. On les voit arriver mais jamais faire. Pour se défendre, il est recommandé d’avoir avec soi du lourd, catalogues, encyclopédies, livres, objets en tout genre, vaisselle cassée et des boules quiès pour le voisinage.

Prévert, René Char au début m’ont bien aidé, Pessoa aussi, mais je ne suis pas sûr qu’ils seraient fiers de moi.

Ainsi, une grande partie de mes vacances se résuma à chasser les moustiques, tout en m’octroyant des balades maritimes, usant de stratégies rocambolesques pour profiter du paysage. 

La dernière nuit des vacances arriva, j’étais si épuisé de ma lutte anti-moustiques, énervé de tant de tapage diurne et nocturne que j’avais de la peine à trouver le sommeil, je sortis avec Le promeneur solitaire dans ma poche.

Je ne restai pas longtemps seul, un moustique mousquetaire rescapé et qui agit selon la devise un pour tous, tous pour un, m’accompagna et me dit ceci :

- « La prochaine fois, achetez de la citronnelle ! »

Ce furent ses derniers mots.

… 

Et j’entendis une mouche voler.

 

Extrait du livre de Agnès Chêne paru sur http://www.atramenta.net/lire/moustiques/41344/1#oeuvre_page

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la réputation du Moustique

Posté par othoharmonie le 18 juillet 2014

 

images (7)L’histoire de cet animal plutôt élégant mais à très mauvaise réputation.

Les professeurs de biologie demandent souvent quel est animal qui tue le plus de gens. Leurs pauvres élèves se ridiculisent en s’écriant «l’ours gris!», «le tigre!», «le cobra !» ou même «l’hippopotame!». La bonne réponse, bien sûr, c’est le moustique femelle –pas de fourrure, pas de crocs, rien qu’une aiguille hypodermique ailée. Sa longueur dépasse à peine cinq millimètres, elle a six pattes, et c’est le vecteur de maladies le plus efficace de tout le règne animal. C’est grâce à son odorat qu’elle nous repère, attirée par l’acide lactique et d’autres ingrédients de notre transpiration. Elle sent aussi le dioxyde de carbone que nous expirons et arrive jusqu’à notre visage en remontant le sillage de notre respiration. Plus on sue et plus on halète en la chassant, plus on l’intéresse.

La plupart ne boivent pas de sang

Son apparence n’est pas répugnante. Au contraire, sa petite taille, ses lignes pures, la longueur de ses pattes et sa fragilité lui donnent une certaine élégance. On serait même prêt à lui donner un millilitre de sang, malgré la démangeaison qui accompagne sa piqûre, si on ne s’inquiétait pas de ce qu’elle peut transmettre. Parmi les nombreux agents pathogènes qu’un moustique peut véhiculer, le pire est le paludisme, qui tue chaque année plus d’un million de personnes, dont les deux tiers se trouvent en Afrique sub-saharienne, pour la plupart des enfants de moins de 5 ans.

Tenter de donner une meilleure réputation à une telle créature n’a pas de sens. Personne n’aime les moustiques, ni les amis de ces insectes. Pourtant, il est injuste de dire indistinctement du mal des 2.600 espèces de moustiques déjà décrites. Parce qu’il n’y en a qu’environ 80, soit 3%, qui boivent du sang humain. Sur les 2.520 variétés de moustiques relativement irréprochables, il y en a même une qu’on aimerait voir en expansion: celle des Toxorhynchites, qui mangent d’autres moustiques. A l’état de larves, les Toxorhynchites dévorent leurs cousins, puis s’en prennent à leurs frères et sœurs, continuant souvent à les attaquer jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un seul. Ce drame se déroule dans une minuscule nappe d’eau qui s’accumule au creux d’un arbre ou une petite flaque du même genre. Ces moustiques, y compris l’Aedes, qui transmet des maladies, se sont adaptés à l’environnement industriel et se reproduisent dans des pneus usagés. Comme le savent tous ceux qui ont essayé, il est très difficile d’évacuer l’eau d’un pneu.

Même les moustiques qui se nourrissent de sang n’en ont pas besoin à chaque repas. En fait, ils puisent l’essentiel de leur énergie dans les fleurs et les plantes, auxquelles ils sont utiles en les pollinisant. Le moustique mâle, innocent mis à part le rôle qu’il joue en produisant davantage de femelles, se nourrit en se contentant exclusivement de nectar ainsi que de fluides issus des plantes. Une sorte de moustique qui ne s’intéresse pas à nous est le principal pollinisateur d’une orchidée assez jolie, la platanthère à feuilles obtuses, qui pousse dans les marécages des forêts de l’hémisphère nord. Un autre moustique pollinise la Platanthera integrilabia, une espèce en voie de disparition originaire des Appalaches.

Pourquoi tous les moustiques ne peuvent-ils pas être végétariens? Il y a des millions d’années ou davantage, un moustique primitif, peut-être presbyte, a pu confondre un végétal et un mammifère qu’il a piqué accidentellement, ce qui lui a donné le goût du sang. A présent, les femelles de ces 80 espèces dangereuses ont évolué, comme les tiques, et utilisent du sang pour produire des œufs. Le bourdonnement décidé qu’on entend à l’extérieur (ou à l’intérieur) d’une tente de camping et lié à la survie d’une race animale. Le sang des mammifères contient un mélange très riche de protéines, de fer, de graisses et de sucre qui déclenche le fonctionnement des ovaires d’une femelle de moustique. En 90 secondes à peine, elle peut aspirer jusqu’à trois fois son poids de sang.

Pour accomplir cet exploit, elle se sert de sa trompe. Les ciseaux rudimentaires de ses ancêtres, les moucherons, se sont agrandis et développés sur des générations pour devenir un outil efficace permettant de percer la peau et de boire le sang. Cette trompe est faite de deux tubes entourés par des paires de lames coupantes. Quand elle se pose pour se nourrir, les arêtes tranchantes glissent l’une contre l’autre, comme celles d’un couteau électrique à découper, et fendent la peau. Pendant qu’elle cherche un petit vaisseau sanguin pour l’entailler, son tube salivaire injecte un anticoagulant dans l’étroit tube aspirateur pour éviter qu’il ne se bouche. Les protéines de sa salive provoquent une réaction de notre système immunitaire –une enflure et une démangeaison. Tous les organismes pathogènes qu’elle transporte traversent ses glandes salivaires. A la suite d’un saut diabolique de l’évolution des espèces, les parasites responsables du paludisme qui se multiplient dans l’intestin de l’anophèle perturbent l’organe qui sécrète l’anticoagulant. Leur porteuse doit donc piquer d’autres victimes pour boire la même quantité de sang, et le plasmodium prospère.

Les premiers moustiques sont apparus il y a plus de 200 millions d’années. Ils buvaient probablement le nectar des nouvelles plantes qui fleurissaient ou le sang des dinosaures. (Dans le film Jurassic Park, on a extrait de l’ADN de dinosaure d’un moustique pris dans de l’ambre.) Ils ont dû être vraiment ravis lorsque nous sommes arrivés, environ 190 millions d’années plus tard, presque sans fourrure et avec une peau relativement tendre. Lucy et sa famille d’Afrique orientale ont très certainement souffert de fièvres provoquées par des germes que véhiculaient des moustiques.

images (8)Ensuite, comme maintenant, les moustiques se sont multipliés dans l’eau stagnante. Et bien trop vite: l’œuf de cet insecte buveur de sang peut donner un adulte en cinq jours seulement –et ces œufs sont très nombreux. Le moustique porteur du paludisme en pond plusieurs centaines, un par un; d’autres espèces en font des quantités à la fois. Le vivier qui leur sert de piscine n’est sans doute pas plus grand qu’un vieux gobelet en carton ou un couvercle de pot de confiture et il peut être très sale –de l’eau des égouts, par exemple. Une larve de moustique, longue d’environ huit millimètres, ressemble à un teckel aquatique à poils durs ou, si vous préférez, à un asticot velu. Sa tête et son corps sont suspendus à un tube respiratoire qui monte à la surface de l’eau. Au fur et à mesure que ce tuba aspire l’air, des cils filtrent l’eau à la recherche de protozoaires et de bactéries.

Les poissons sont nos amis

L’accouplement d’un moustique néo-zélandais correspond exactement à la définition de la rapacité. Une fois que les larves sont devenues des chrysalides en forme de virgule, les mâles adultes s’approchent et attendent que d’autres femelles éclosent. Dès que l’une d’elles apparaît, un mâle arrive et s’accouple avec elle avant que ses ailes ne soient assez sèches pour lui permettre de s’échapper. Il existe un autre rituel d’accouplement, plus courant et plus libre: les moustiques mâles se rassemblent et forment un nuage. Les femelles choisissent d’y entrer ou non. 

Nos alliés vivants dans la lutte contre les moustiques sont principalement les poissons qui mangent leurs larves. A ce titre, on peut remercier le piranha et la gambusie. Les larves de libellules dévorent les larves de moustiques et les libellules adultes se nourrissent de moustiques adultes. Pour leur part, les chauves-souris ont une réputation meilleure que ce qu’elles méritent. En réalité, les moustiques représentent moins de 1% de l’alimentation des chauves-souris. C’est aussi vrai de l’hirondelle noire, même si on l’apprécie.

Si les chauves-souris, les oiseaux et les insecticides pouvaient éliminer tous les moustiques, ce qui est impossible, les exterminer ne serait pourtant pas une bonne idée. Leurs innombrables larves nourrissent les petits poissons, mangés à leur tour par les gros poissons, qui constituent la principale source de protéines dans de nombreux pays en développement.

Naturellement, nous portons un regard anthropocentrique sur les moustiques. On s’en préoccupe parce que ce sont les plus mortels ennemis de l’homme. Il vaut peut-être la peine de penser à la vie en prenant le point de vue de cet insecte. La vie d’un moustique femelle, qui dure trois à six semaines, est loin d’être une partie de plaisir. Boire du sang n’est pas facile; plus elle met de temps à trouver un vaisseau sanguin, plus elle risque d’être écrasée. Et après tout, elle n’a pas choisi de véhiculer tous ces parasites mortels. Où les trouve-t-elle? Chez nous, tout simplement. 

Nous avons passé les cinquante dernières années à chercher un vaccin contre le paludisme, ce qui nous éviterait de le transmettre aux moustiques et de l’attraper à cause d’eux. Il peut être plus logique de les aider à résister à cette maladie. On a récemment achevé le séquençage du génome de deux des espèces les plus dangereuses de moustiques. Au lieu d’utiliser ces connaissances pour mieux les anéantir, pourquoi ne pas s’en servir pour renforcer leur système immunitaire? On se résignerait aux enflures et aux démangeaisons si on était sûr de ne pas avoir de fièvre ensuite.

Article de Constance Casey sur http://www.slate.fr/

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Le colibri, gros plan

Posté par othoharmonie le 19 janvier 2014

 

220px-Phlogophilus_hemileucurus_+_Paphinia_cristata_-_Gould_-_Humm._161Fascinants par leur taille minuscule, les colibris, qui passent de fleur en fleur pour trouver le nectar qui constitue l’essentiel de leur alimentation, sont capables d’un vol extrêmement performant et rapide. Battant des ailes plusieurs dizaines de fois par seconde – de sorte, qu’en vol, il est impossible de distinguer ces dernières –, les « oiseaux-mouches », comme ils sont surnommés, sont les seuls oiseaux à savoir voler en marche arrière.

1. La vie des colibris

1.1. De petits oiseaux amateurs de nectar

Indépendants et plus ou moins agressifs, les colibris vivent en général en populations lâches. Ils présentent, selon les espèces, diverses manières de se nourrir et d’occuper l’espace. Les « territoriaux » exploitent des végétaux à fleurs très riches en nectar et ont tendance à se contenter de territoires restreints qu’ils défendent âprement à coups de bec contre tout intrus. Ils se déplacent peu, à l’inverse des « trappeurs » qui, s’intéressant à des fleurs moins mellifères, doivent nécessairement couvrir davantage de terrain pour subvenir à leurs besoins. Les « généralistes » ne se contentent pas seulement du nectar des fleurs ; ils sucent aussi le jus s’écoulant des fruits abîmés ou trop mûrs, capturent des insectes en vol ou explorent les fleurs et les feuilles à la recherche de ceux qui se seraient englués dans le suc. Les colibris « chapardeurs » pillent même les toiles d’araignée, dont ils s’approprient adroitement les victimes. Pour recueillir le nectar, les colibris « perceurs », comme le colibri féerique, Heliothryx barroti, ou le colibri à épaulettes, Eupherusa eximia, percent la base des longues corolles, car leur bec est trop court pour s’introduire jusqu’au fond.

Une langue pour récolter le nectar

Une langue pour récolter le nectar


La langue des colibris est un remarquable outil. La scission en deux branches, l’enroulement des bords en deux gouttières longitudinales et la présence de fines excroissances favorisent la rétention du suc des fleurs. La langue est également protractile, c’est-à-dire capable de saillir nettement hors du bec, grâce aux deux muscles latéraux de la langue qui passent sous le crâne, puis remontent par-dessus pour se fixer enfin à la hauteur des fosses nasales, tout près de la base du bec.

Des oiseaux polygames

Chaque année, à la saison des amours, la recherche d’un ou d’une partenaire est l’occasion de parades ritualisées. Dans les forêts tropicales à la végétation dense, le mâle se contente souvent de démonstrations assez statiques, préférant demeurer immobile et se fier à sa voix pour séduire une femelle. Pourtant, la plupart des colibris sont de si piètres chanteurs qu’ils doivent unir leurs faibles gazouillis pour être audibles. Ces chœurs réunissent plus de cent participants chez l’ermite à brins blancs, Phaethornis superciliosus. Ailleurs, la parade des mâles donne lieu à un véritable ballet aérien auquel s’associe généralement la femelle. Toutefois, les femelles de certaines espèces se posent plus volontiers sur une branche proche pour assister aux évolutions de leur mâle.

Le colibri, gros plan dans OISEAUX 320px-Sparkling_Violet-ear_%28Colibri_coruscans%29_11Après l’accouplement, la femelle abandonne le mâle. Elle assumera seule les exigences de la ponte, de la couvaison et de l’élevage des jeunes.

1.2. Un nid construit par la femelle

Installé sur une fourche d’arbre, sur une liane, dans un cactus ou à l’extrémité d’une large feuille (sur sa face inférieure), le nid du colibri, très élaboré chez certaines espèces, peut être très volumineux, représentant jusqu’à vingt fois la taille de l’oiseau. Mais il se réduit parfois à une délicate cupule, guère plus grosse qu’une demi-noix.

Le nid est l’œuvre exclusive de la femelle. Celle du colibri lucifer, Calothorax lucifer, n’attend d’ailleurs pas d’avoir trouvé un partenaire pour en réaliser la construction. Réunissant de la mousse, des fibres, des tigelles, des brins d’herbe, des débris d’écorce, de la bourre et même du duvet, elle élabore rapidement un édifice soigné. Il faut une quinzaine de jours et des centaines d’allers et retours à la femelle du saphir à oreilles blanches, Hylocharis leucotis, pour bâtir la douillette coupe de mousse dont elle fixe l’assise à l’aide de toiles d’araignée et qu’elle tapisse de poils fins, prélevés sur des galles du chêne.

Récolte tous azimuts

Pour rendre le nid le plus confortable possible, les colibris utilisent des matériaux variés. Les lichens sont très recherchés, car ils offrent à la fois un camouflage précieux et une bonne protection contre les infiltrations d’eau de pluie. Les qualités adhésives des fils et des toiles tissés par les araignées et certaines chenilles servent tantôt à ceinturer les divers éléments du nid, tantôt à fixer celui-ci sur son support, notamment lorsque la construction est élaborée à l’extrémité d’une feuille retombante. Dans ce dernier cas, les observateurs ont noté que la longueur de la feuille choisie et la façon dont elle retombe sont des paramètres fondamentaux : il ne faut pas que la feuille soit susceptible d’être retournée par le vent, ce qui condamnerait les œufs.

La femelle du colibri thalassin, Colibri thalassinus, laisse pendre, à l’extérieur de son nid, des brins d’herbe dont la verticalité favorise l’écoulement des gouttes de pluie.

Tous les matériaux sont bons, qu’ils soient d’origine végétale, animale ou humaine. Au Costa Rica, des colibris ont été observés prélevant des cheveux sur la tête d’observateurs parfaitement immobiles, sans doute pour en tapisser l’assise de leur nid, comme s’il s’agissait de bourre végétale. Dans certains cas, des colibris se livrent au pillage de nids d’autres espèces. Une femelle de colibri thalassin a ainsi été vue profiter des absences de la propriétaire d’un nid occupé par des petits pour y voler de la mousse.

1.3. Des centaines de voyages pour nourrir les poussins

Ce sont le plus souvent deux œufs qui sont pondus, à 48 heures d’intervalle. Comparativement à la taille de certains colibris, ces œufs sont assez volumineux, bien que leur poids soit, en moyenne, compris entre 0,4 et 1,4 g à peine. Les plus petits œufs de colibris mesurent entre 8 et 11 mm de long, ce sont ceux du colibri d’Hélène, Mellisuga helenae ; les plus gros, ceux du colibri géant, Patagona gigas, peuvent atteindre 20 mm. Quelle que soit l’espèce considérée, les œufs sont toujours d’un blanc uni et de forme elliptique. Leur taille ne les prive cependant pas d’une résistance satisfaisante aux menus accidents qui peuvent se produire, par exemple à l’occasion de coups de vent.

L’incubation nécessite de deux à trois semaines. Durant cette période, la femelle ne dispose que de brefs moments de répit pour trouver à se nourrir. Comme elle est seule à couver – le mâle, généralement, n’assure pas le relais même si quelques exceptions existent –, toute variation trop importante de température en son absence menace les embryons. L’assiduité de la femelle à couver se traduit dans certains cas par la persistance à couver durant plusieurs semaines des œufs non fécondés et dépourvus d’embryon, ou dont l’embryon est mort.

À l’éclosion, les poussins de colibris brisent leur coquille par des coups répétés qu’ils donnent de leur bec court. Très vite, celui-ci se développe, facilitant ainsi le nourrissage des petits par la femelle. Comme tous les oiseaux nidicoles (littéralement « qui aiment le nid »), les jeunes colibris sortent de l’œuf à un stade de développement peu avancé et doivent achever leur croissance en demeurant à l’abri du nid. Les poussins sont presque nus à l’éclosion, si l’on excepte de rares plaques d’un court duvet. Leurs paupières sont soudées et leurs globes oculaires se devinent sous la peau fine et quasi transparente. Au tout début de leur existence, les poussins ne réagissent donc nullement à la vue de leur mère. Ce sont les vibrations qu’elle imprime au nid lorsqu’elle se pose au bord de ce dernier qui stimulent la nichée. Les petits dressent le cou, d’abord obliquement en raison de la faiblesse de leurs muscles, puis verticalement, le bec largement ouvert. Quand leurs yeux s’ouvrent, au bout d’une semaine environ, les jeunes pointent tout naturellement leur bec vers leur mère.

Lorsque la femelle du colibri part à la recherche de nourriture, elle stocke les matières alimentaires qu’elle récolte dans la partie supérieure de son tube digestif. Il s’agit de nectar, pur ou mêlé de minuscules insectes vite ramollis par un début de digestion. De retour au nid, elle distribue la nourriture à ses poussins par régurgitation dans le gosier béant de ses petits, en y enfonçant profondément le bec. Allant et venant sans cesse durant cette période où les jeunes dépendent totalement d’elle pour leur survie, la femelle renouvelle l’opération deux ou trois fois chaque heure, soit plusieurs dizaines de fois par jour.

Après environ deux à trois semaines, les petits colibris abandonnent le nid. Ils sont alors capables de voler et se livrent à des simulacres de vols nuptiaux, véritables exercices d’entraînement qui annoncent les futures parades.

1.4. Voler aussi en reculant

134px-050305_Brown_Violet-ear_crop dans OISEAUXQu’il s’agisse de parcourir un territoire, de se livrer à des déplacements migratoires à la recherche de nourriture ou d’attirer l’attention d’une femelle, l’existence du colibri se déroule essentiellement dans les airs. Au cours de toutes ses activités, le colibri se déplace à la force de ses ailes. Il est assez rare de voir cet oiseau marcher, et, même lorsqu’il lui faut changer de place sur une branche, il préfère voler brièvement plutôt que d’avoir recours à ses modestes pattes.

Malgré sa petite taille, il est un authentique champion du vol et sa vitesse est surprenante. Selon des études pratiquées en soufflerie citées par l’Américain Scott Weidensaul, le colibri à gorge rubis, Archilochus colubris,atteint 43 km/h, et quelques espèces tropicales vont jusqu’à 70 km/h. Certains ornithologues estiment que les colibris seraient capables de voler à 95 km/h ou même de dépasser les 100 km/h dans la nature, sans doute aidés par de puissants vents favorables.

Les colibris sont, par ailleurs, les seuls oiseaux au monde capables de voler en marche arrière.

Un rythme spectaculaire

L’oiseau-mouche peut filer droit dans les airs, pratiquer le vol stationnaire ou reculer en modifiant simplement l’incidence de ses ailes, c’est-à-dire leur angle d’attaque dans l’air. Mais, quel que soit le mode de vol qu’il choisit, le rythme de ses battements d’ailes, incroyablement rapide, ne varie pas. De l’ordre d’une cinquantaine ou d’une soixantaine par seconde, l’ornithologue français J. Berlioz en retient les valeurs de 78 et même 200 – ce qui constituerait le record absolu – chez certaines espèces.

1.5. Milieu naturel et écologie

L’altitude et la latitude importent peu aux colibris, que l’on rencontre sur tout le continent américain, de l’Alaska à la Terre de Feu, des forêts de plaines aux hautes montagnes. Le colibri détenteur du record d’altitude est le métallure de Stanley, Chalcostigma stanleyi, qui vit sur les pentes des volcans équatoriens, au-dessus de 3 800 m.

Aux épaisses forêts tropicales, les colibris préfèrent souvent les milieux moyennement boisés, les habitats ouverts parsemés de buissons, ou même les régions subdésertiques. En effet, ces oiseaux qui nichent souvent à moins de cinq mètres du sol s’accommodent mal des très grands arbres. De plus, les forêts pluviales ne recèlent pas toujours les fleurs qui leur conviennent.

Les colibris sont plus rares dans les régions arides. Ainsi, le saphir Xantus, Hylocharis xantusii, qui vit dans la presqu’île de Basse-Californie, à la très maigre végétation, et le colibri à queue courte, Myrmia micrura, qui fréquente le littoral aride du sud de l’Équateur et du nord-ouest du Pérou, sont des cas extrêmes. Se nourrissant du suc des cactées, ils dépendent du pic des cactus (Melanerpes cactorum) ou de certains insectes aux puissantes mandibules pour entamer l’enveloppe épaisse de ces plantes coriaces.

Le colibri roux, Selasphorus rufus, qui atteint l’Alaska, est l’espèce la plus septentrionale. L’espèce qui s’étend le plus au sud est le colibri du Chili, Sephanoides sephaniodes. Présent à l’ouest de la cordillère des Andes, il atteint la Patagonie. On l’observe en Terre de Feu et jusqu’aux îles Malouines.

D’amples mouvements migratoires

Description de l'image  Myrmia micrura.jpg.Ces oiseaux-mouches aux répartitions extrêmes qui nidifient dans les régions tempérées n’y disposent souvent plus d’une nourriture assez abondante, en hiver quand fleurs et insectes se raréfient. L’arrivée de la mauvaise saison est l’occasion de mouvements migratoires dont l’ampleur peut surprendre si l’on considère la petitesse de ces oiseaux. Pourtant, leurs performances sont élevées et leur musculature autorise des déplacements rapides et à grande échelle. Le colibri roux, par exemple, niche sur une étroite bande depuis l’Alaska jusqu’à l’Arizona et hiverne au Mexique. Les trajets les plus spectaculaires sont accomplis par le colibri à gorge rubis,Archilocus colubris, qui occupe en été la moitié est des États-Unis et l’extrême sud-est du Canada, et hiverne au sud du Mexique et en Amérique centrale. Ces oiseaux sont parfois victimes d’un coup de froid tardif une fois revenus sur leurs lieux de nidification les plus septentrionaux.

Certains parmi les colibris se contentent de voler au-dessus des terres ou de longer la côte du golfe du Mexique. D’autres oiseaux relient la Floride à la péninsule mexicaine du Yucatán, parcourant plus de mille kilomètres d’une traite au-dessus des flots.

Une bonne résistance au froid

Au Québec, l’ornithologue Arthur C. Bent a observé des colibris ayant résisté à une température inférieure à 0 °C pendant plusieurs jours et à un enneigement de 15 cm ; les oiseaux se nourrissaient alors de menus insectes engourdis.

Les colibris sédentaires habitant des zones montagneuses intertropicales, à plusieurs milliers de mètres d’altitude dans les Andes, présentent une adaptation aux baisses nocturnes de température. Leur métabolisme chute et ils entrent dans une léthargie accompagnée d’un ralentissement des rythmes respiratoire et cardiaque, avec baisse de la température interne. Chez le colibri de Clémence, Lampornis clemenciae, on compte de 480 à 1 200 battements cardiaques à la minute, pour une température ambiante de l’ordre de 30 °C dans la journée. La nuit, lorsque la température a chuté de moitié, son rythme cardiaque tombe à 36 pulsations à la minute.

Un engourdissement provisoire est également constaté chez certains colibris, dont le métallure à gorge de feu (Metallura eupogon). Chez ces espèces montagnardes, la température corporelle nocturne est légèrement inférieure à 20 °C, c’est-à-dire à la moitié de la température diurne.

Des oiseaux pollinisateurs

Seuls oiseaux du Nouveau Monde à se nourrir essentiellement de nectar, les colibris jouent un rôle certain dans la pollinisation. Il reste à prouver que certaines fleurs ne pourraient exister sans les colibris qui, eux-mêmes, disparaîtraient en l’absence de ces fleurs ; mais il est établi que quelques fleurs, dont celles à corolle tubulaire, ont besoin d’espèces de colibris déterminées pour assurer leur pollinisation dans des proportions importantes. Des adaptations botaniques sont apparues sur certaines fleurs. Ainsi, tant qu’une fleur de Centropogon n’est pas visitée par un colibri, ses étamines sont orientées vers le bas. Lorsqu’un colibri vient en prélever le nectar, son crâne heurte les étamines et se couvre de pollen ; ces dernières se relèvent alors et dégagent le pistil, qui pourra recevoir à son tour le pollen véhiculé par un autre colibri. De même, lorsque le campyloptère violet, Campylopterus hemileucurus, visite une fleur de Rasizea spicata, le pistil, d’abord relevé, s’abaisse dès que les étamines ont été délestées de leur pollen.

De rares prédateurs

En raison de leur petite taille et de leur vol extrêmement véloce, les colibris n’ont pour ainsi dire pas de prédateurs réguliers. De plus, ils se montrent fort agressifs et n’hésitent pas à foncer sur rivaux, intrus ou prédateurs, en cherchant à les piquer avec le bec, avant de s’esquiver prestement.

Les plus gros d’entre eux sont parfois la proie de certains faucons, et les serpents arboricoles s’attaquent de nuit aux colibris somnolents. Enfin, les petites espèces seraient susceptibles de se prendre dans les grosses toiles d’araignées. Le chercheur Scott Weidensaul cite également des captures occasionnelles par des libellules, des mantes religieuses, et même par des poissons et des grenouilles, qui s’empareraient des colibris pendant leur bain.

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Conversation animalière avec S.Ward

Posté par othoharmonie le 1 janvier 2014

« Conversations with Animals » de Suzanne Ward

 

                                                                               Suzy Ward

Dans ce livre qui vient d’être édité, Suzanne Ward, qui depuis de nombreuses années reçoit télépathiquement les messages de son fils Matthew, a eu la surprise, il y a 7 ans environ, d’entendre un des nombreux chiens abandonnés, dont elle s’occupe, lui adresser la parole…et depuis, elle a le plaisir de converser télépathiquement avec la plupart d’entre eux. Nous découvrons dans ce témoignage combien ces fidèles compagnons sont sensibles à l’attention que les humains leurs prêtent. Nous apprenons que tout chien, avant de venir au monde, est instruit par l’Ange de leur espèce, « Le Grand Chien », qui les prépare à l’aventure qui les attend sur Terre et à leur rôle auprès des humains. 

Suzy après avoir conversé avec ses chiens, a étendu son répertoire pour communiquer avec d’autres animaux dont elle livre le contenu dans son livre. Elle souligne que les animaux ont une gamme d’intelligence et d’émotions plus large que la plupart des hommes leurs attribuent et particulièrement chez les espèces les plus évoluées. Ces dernières sont très réceptives et reconnaissent, par exemple, lorsque les esprits des « défunts » animaux et humains sont présents. Comme êtres multidimensionnels, ils vont et viennent entre les mondes de l’esprit et la matière, de telle sorte ils savent qu’il n’y a pas de mort.
Les animaux sont honnêtes et loyaux et leur amour est inconditionnel. Les animaux qui étaient particulièrement liés à des humains peuvent retourner plus tard à eux, sous la même forme physique ou une espèce différente, mais ayant gardé la même personnalité et les mêmes dispositions.
Tout comme les âmes humaines évoluent à travers de nombreuses vies et apprennent par des expériences, il en est de même pour les animaux et il n’est pas inhabituel pour l’énergie de l’âme humaine de s’incarner dans un animal pour expérimenter ce genre de vie. 

Voici un extrait significatif d’une rencontre peu commune :  » L’été dernier, alors que j’arrosais les pétunias de la banquette de fleurs située le long de la barrière, j’aperçus ce qui avait l’air d’un minuscule criquet jaunâtre, posé sur une feuille. Un « criquet » me vint à l’esprit, bien que j’en avais jamais vu de pareil ! Pourquoi n’a-t-il pas fui, lorsque j’ai arrosé juste à ses côtés ?

« Il a commencé à me parler. Après qu’il m’ait dit que ce qu’il allait me confier était destiné au livre que j’étais en train d’écrire, il s’embarqua dans un monologue. A ce moment-là mon livre n’était qu’une ébauche, mais j’écoutai plein d’étonnement et tout ce que je pus dire après-coup, c’est que je serais incapable de me souvenir de tout ce qu’il avait raconté. Le criquet me dit qu’il n’y avait pas besoin que je m’en souvienne, qu’il me rappellerait cela au moment opportun. Je levai les yeux un instant, puis regardai à nouveau la feuille où le criquet se trouvait précédemment, il avait disparu…

« Oui, je suis ici, juste comme je te l’avais dit que je serai. Les gens n’ont pas de respect pour les insectes, ne reconnaissent pas l’importance que nous jouons dans vos vies. Il est vrai que certains parmi nous sont juste une plaie, comme les mouches, mais la plupart d’entre nous, jouons une part significative dans la chaîne de la vie, dont vous pensez être au sommet. Ce n’est pas vrai, en ce qui concerne l’intelligence et la connaissance spirituelle, ce sont les baleines et les dauphins qui détiennent cette place, mais il y a une part d’intelligence que vous nommez instinct, que vous ne pouvez même pas concevoir ou que vous ne prenez pas la peine de considérer dans la vie des insectes sur cette planète. 

« Vous ne nous remarquez même pas, à moins que ce soit avec un sentiment de répugnance, comme envers les cafards et les fourmis dans vos cuisines, puis c’est avec dégout que vous nous exterminez. J’ai choisi cette forme, afin de porter attention et honneur aux insectes, qui sont de loin les formes de vie les plus répandues sur la planète. Nous sommes interconnectés avec toute autre vie ici, y compris celle des humains et une part de votre éveil est la reconnaissance que nous avons tous, tout comme vous, part à ce drame. Vous avez besoin de nous honorer comme êtres interconnectés que nous sommes et respecter nos vies comme nous respectons les vôtres. Vous êtes à un moment où vous devez choisir entre vous élever, ou chuter, et nous voyons que nombreux parmi vous ne s’élèveront pas, parce que vous fermez vos yeux à notre importance, tout comme vous fermez vos yeux à l’importance de toute vie humaine. 

« Je pense que ça suffit, Madame Suzy. Je crois avoir été clair que les humains tomberont, à moins qu’ils élèvent leurs yeux et leurs cœurs et ressentent l’unité en chaque vie dans ce monde, que chaque fourmi et escargot a sa place dans cette conscience une, ainsi le sont chaque arbre, la fleur la plus petite, ainsi l’est chaque enfant affamé et chaque homme riche. Il n’y a pas de séparations. Les humains doivent commencer à comprendre cela et agir avec respect et honneur et aider chacun, chaque âme vivant sur Terre, car nous TOUS sommes des âmes, tout comme vous.

« Merci de bien vouloir transmettre mon message. Je n’ai plus besoin du corps que vous aviez vu, puis vu disparaître. Je l’ai fait afin que vous puissiez me voir et me prêter attention. » 

SOURCE / GalacticChannelings.com January 1 2014

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Aider le hérisson

Posté par othoharmonie le 18 août 2013

 

Comment venir en aide aux hérissons ?

Tout hérisson visible en plein jour est un hérisson en péril même s’il a l’air bien portant. En effet, les mouches sont attirées pour pondre dans ses piquants, des asticots naissent peu de temps après et dévorent littéralement notre ami. C’est pour cette raison qu’il faut impérativement le mettre à l’abri momentanément, il sera toujours temps de le relâcher à la nuit tombée. Vous pouvez également lui donner de l’eau et de la pâtée pour chiens ou chats à manger, jamais de lait de vache.

Si par hasard vous tombez accidentellement sur un nid, recouvrez de feuilles les bébés et surtout ne les touchez pas, la maman peut s’être éloignée momentanément pour chercher la nourriture. Mais si au bout de 24 heures le nid est toujours vide, il faudra prendre en charge les bébés : chaleur et lait maternisé pour chiots et chatons toutes les trois heures.

 L’actualité du refuge

Le Sanctuaire des hérissons recueille chaque année les « orphelins d’automne », ces hérissons abandonnés par leurs parents entrés en hibernation. Une structure unique en France, soutenue par la Fondation 30 Millions d’Amis depuis près de 10 ans.

 L’hiver est une période critique pour les hérissons en général, ceux en bas âge en particulier. Alors que la nourriture se raréfie, les adultes entrent en hibernation, laissant leur progéniture sans protection ; notamment les portées nées tardivement du fait du réchauffement climatique (qui décale la saison des amours, NDLR).

1 hérisson sur 5 atteint l’âge d’1 an

Les bébés hérissons menacés à l’approche de l’hiver !En France, le Sanctuaire des hérissons basé à Fouencamps, près d’Amiens (80), est l’unique « hôpital » exclusivement consacré à ce petit mammifère omnivore. Nourris et soignés par une équipe de bénévoles passionnés, ils attendent d’être réintroduits dans leur milieu naturel. Et à l’approche de l’hiver, le centre compte déjà plus d’une centaine de « résidents permanents ». « Un hérisson adulte doit peser au moins 600 grammes pour avoir une chance de survivre à l’hibernation, précise Anne Fingar, fondatrice de la structure. Or un bébé hérisson non sevré ne pèse que 100 grammes et sera par conséquent condamné si personne n’est là pour le recueillir ! » La durée de vie moyenne d’un hérisson oscille entre 7 et 10 ans. Mais seulement un hérisson sur cinq atteint l’âge d’un an.

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Sanctuaire des hérissons

Sanctuaire des hérissons
7 rue de Noye
80440 Fouencamps
Tél. : 03 22 09 21 03
Tél. : 06 83 77 15 68

 

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Autruches Élevées dans des fermes

Posté par othoharmonie le 9 juin 2013

 surtout pour leurs plumes

Autruches Élevées dans des fermes dans AUTRUCHE - EMEU elevageImmenses et bouffantes, les plumes d’autruche, pour les Égyptiens, symbolisaient la justice et l’équité, car elles sont de largeur égale de part et d’autre de leur axe central (ce qui n’est pas le cas chez les autres oiseaux). Une plume d’autruche surmontait ainsi la tête de la déesse égyptienne Maat, qui présidait à la pesée des âmes. Les chasse-mouches des pharaons et des hauts dignitaires étaient en plumes d’autruche pour rappeler que leur devoir essentiel était la justice.

   Les plumes d’autruche ont aussi été utilisées pour la décoration des attributs guerriers. Les Égyptiens en ornaient le frontal des chevaux qui tiraient leurs chars de combat ou de parade, et, au Moyen Âge, elles surmontaient souvent le heaume des chevaliers. Plus tard, elles ont servi, notamment, à empanacher le large feutre des mousquetaires.

   À partir du XVIIe siècle en Occident, elles paraient les coiffures des dames de la noblesse et les chapeaux extravagants des premiers artistes lyriques. Mais c’est au cours du XIXe siècle que les plumes d’autruche connaissent leur plus grand succès en suscitant un véritable engouement. Les modistes en font une énorme consommation et les revues à grand spectacle, des deux côtés de l’Atlantique, ne peuvent être conçues sans une profusion de plumes froufroutantes. Pour satisfaire une telle demande, la chasse ne suffit plus, sous peine de voir se tarir définitivement la source. Aussi voit-on apparaître des fermes spécialisées dans l’élevage des autruches. La première est créée en 1838, en Afrique du Sud, dans la vallée du Petit Carro, au sud de la province du Cap. La région, fertile et facile à irriguer, permet de planter des champs de luzerne, où les autruches sont lâchées en semi-liberté. Les fermes se multiplient ; en 1875, 2 159 autruches sont élevées dans cette région, et 110 000 en 1914. On voit apparaître des élevages en Algérie, en Sicile et en Floride. Une ferme est même créée en France, à Nice, et une autre en Allemagne, à Hambourg. Dans les années 1910, l’Afrique du Sud exporte 370 000 kg de plumes d’autruche par an, ce qui représente un nombre de plumes considérable. Puis, avec la guerre, tout bascule. La mode changee, les chapeaux se portent moins. Seuls les music-halls ont encore des besoins importants, et aujourd’hui encore, les plumes sont surtout utilisées par l’industrie du spectacle. Les plus recherchées sont celles des mâles, les noires, mais plus encore les blanches, qui se prêtent bien à la teinture. La collecte des plumes se fait tous les neuf mois, peu après la mue, afin qu’elles ne soient pas encore usées. Les plumes ne sont pas arrachées, mais coupées au ras de la peau (ce qui est indolore pour l’animal) et prélevées uniquement sur des autruches de 3 à 12 ans.

   Les fermes d’autruches produisent aujourd’hui également du cuir, de la viande (consommée sous forme de steaks, de terrines, etc.) et des œufs. Ces élevages, que l’on peut tous visiter, ont aussi une fonction touristique, en Afrique (où sont organisées des courses d’autruches montées par des jockeys) comme en Europe.

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Elevage du Chameau

Posté par othoharmonie le 2 mai 2013

 

Elevage du Chameau dans CHAMEAU - DROMADAIRE elevageLa sobriété du chameau est légendaire : « nous avons vu, explique l’auteur, en hiver, des chameaux en bel état au repos dans un pâturage vert, refuser l’abreuvoir pendant 71 jours consécutifs » ! Il convient donc de présenter le chameau à l’abreuvoir dans de bonnes conditions, afin qu’il fasse un abreuvoir le plus copieux possible – un chameau mâle adulte peut absorber 150 à 200 litres parfois. Pour que votre chameau ait soif, voire très soif, préparez-le par un pâturage sec d’un ou deux jours.

Mais ce n’est pas tout ! La recherche d’un abreuvoir ne se fait pas au hasard, loin s’en faut. L’eau de l’abreuvoir doit être propre, privée de toute impureté et de toute odeur. Evitez par conséquent l’eau des mares aux abords fangeux et nauséabonds. Les eaux les meilleures pour les chameaux doivent être légèrement salées ou légèrement arseniquées. Enfin, conduisez-le à l’abreuvoir de préférence en plein midi, et ce, en vue d’empêcher des cas de bronchites provoqués par la fraîcheur de l’eau.

Que faire en cas de maladie ?

Quatre maladies, toutes contagieuses, peuvent atteindre le chameau : la gale, la congestion pulmonaire (n’haz), la tabourite, le djedri ou fièvre aphteuse. Pour la gale, le remède le plus efficace consiste à appliquer du goudron sur la partie malade. La tabourite, dont l’agent de transmission serait une mouche, est, quant à elle, presque toujours mortelle.

Les pâturages constituent son petit-déjeuner, son déjeuner et son dîner, mais ils diffèrent selon les saisons. En hiver, les herbes vertes forment la base de son alimentation, tandis qu’au printemps, il faut l’amener vers les arbres et les arbustes, qui se couvrent alors de feuilles, de jeunes pousses vertes ou encore de fruits, les carroubes, dont il raffole. Pendant la saison chaude, seul le had reste encore vert ; cependant celui-ci doit être associé à un autre fourrage, car il possède des propriétés laxatives qui peuvent être causes d’un affaiblissement chez le chameau

 chameau dans CHAMEAU - DROMADAIRE

Allure du chameau : 6 à 7 kms/h

Durée moyenne d’une journée de marche : 40 à 50 kilomètres

  L’officier méhariste aura par dessus tout la vocation : il doit aimer le chameau, dont l’aspect peu séduisant, le cri rauque, l’apprivoisement souvent incomplet, ont rebuté plus d’un nouveau venu ; il faut aussi qu’il fasse fort peu de cas de ses aises et de son confort, lesquels bien souvent, sinon toujours, sont en opposition avec les besoins, nous allions dire les aises, de ses chameaux. »

 L’examen portera sur le dressage, la conformation, l’état de santé et l’âge du chameau, c’est-à-dire entre six ans, âge où il atteint son complet développement, quand sont tombées ses deux dernières dents de lait, et douze ans, âge où le chameau commence à se faire vieux

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Les animaux sont aussi des baromètres

Posté par othoharmonie le 3 février 2013

Insectes baromètres et thermomètres
pressentant pluie, grêle et vent

(D’après « Le Mois littéraire et pittoresque », paru en 1901)

  par LA RÉDACTION

Les animaux sont aussi des baromètres dans XXX - ARTICLES DE PRESSE 4972737chat1-150x150Sur la seule foi d’observations, nos ancêtres considéraient certains insectes comme excellents thermomètres-baromètres dont il suffisait de scruter le comportement pour prévoir pluie, orage, vent ou encore grêle, tels les grillons, rainettes ou géotrupes

Déjà chez les Anciens — maints passages d’auteurs grecs ou latins l’attestent — on cherchait à prédire le temps, et, comme les observations scientifiques manquaient alors, le peuple érigea en principes des coïncidences fortuites. Virgile, par exemple, va nous renseigner sur les préjugés météorologiques en honneur chez ses superstitieux contemporains. Citons donc quelques vers du chantre de Mantoue traduits par Delille.

Voici d’abord les signes précurseurs de l’orage :

La grue avec effroi s’élançant des vallées
Fuit ces noires vapeurs de la terre exhalées ;
Le taureau hume l’air par ses larges naseaux ;
La grenouille se plaint au fond de ses roseaux ;
L’hirondelle en volant effleure le rivage ;
Tremblante pour ses oeufs, la fourmi déménage.

La pluie se pronostique également avec facilité :

Quand la jeune Phébé rassemble sa lumière,
Si son croissant terni s’émousse dans les airs,
La pluie alors menace et la terre et les mers.

Il faudra craindre les vents :

Quand des feux du soleil, l’Occident se colore
Si de taches semé, sous un voile ennemi,
Son disque renaissant se dérobe à demi.

La grêle s’abattra :

Si de son lit de pourpre on voit l’Aurore en pleurs
Sortir languissamment sans force et sans couleurs.

Au contraire, lorsque l’arc de la lune brille le quatrième jour, le beau temps se maintiendra un mois durant :

Le ciel sera sans eau, l’aquilon sans haleine.
L’océan sans tempêtes…

grenouilles dans XXX - ARTICLES DE PRESSEA quelques-uns de ces pronostics, nos populations rurales accordent encore certaine confiance, et les indications que les hommes des champs tirent des végétaux ou des animaux se sont multipliées au cours des âges. Ainsi on admet que la corolle du liseron se ferme aux approches de la pluie, que le mouron, ce « baromètre du pauvre homme », comme on le surnomme dans les campagnes, tient également ses fleurs closes dans des circonstances atmosphériques analogues, et si la rose de Jéricho contracte ses branches, on peut compter sur la sécheresse. Mais la prédiction du temps basée sur la gent animale paraissait jusqu’ici assez illusoire malgré l’intérêt que lui témoignèrent de grands savants.

Sous ce rapport, l’exemple de la rainette est typique. Le naturaliste Dumeril n’écrivait-il pas, en 1863, à propos de cette jolie petite grenouille verte : « On se fait un hygromètre ou un baromètre vivant en mettant une de ces bestioles dans un vase où l’on a soin de lui donner de l’eau et des insectes pour sa nourriture. Munie dans sa prison de verre d’une petite échelle, son ascension indique que le temps sera sec. » Le maréchal Vaillant soutenait la même thèse, lors d’une discussion relative à l’établissement d’observatoires météorologiques sur toute l’étendue de nos possessions africaines : « La grenouille du père Bugeaud, disait-il, égayé encore aujourd’hui les bivouacs de nos soldats en Afrique. Ce grand homme de guerre consultait sa rainette avant de mettre ses troupes en marche pour une expédition » et, poursuivait l’orateur, il faut se livrer à des observations analogues dans notre colonie afin de démontrer ou d’infirmer leur exactitude. Eh bien, l’expérience a prononcé aujourd’hui. La rainette ne saurait donner un renseignement atmosphérique sérieux.

Au début du XXe siècle, une revue américaine estimée, Popular science monthly, proposa de déterminer la température de l’air par un procédé assez singulier reposant sur le nombre de cris lancés par le grillon dans l’espace d’une minute, nombre variable suivant les oscillations thermométriques. Mlle W. Brooke y formula, en effet, la règle mathématique suivante. Adoptez 72 stridulations par minute à 60° Fahrenheit (15,5°C) et pour chaque série de quatre stridulations en plus, ajoutez 1° Farhenheit ; pour chaque période de quatre stridulations en moins, diminuez de la même quantité et vous obtiendrez une concordance parfaite entre les températures ainsi déterminées et celles relevées au thermomètre — du moins la Broooke nous l’affirme.

Vers le même temps, l’entomologiste avignonnais bien connu J.-H. Fabre, a montré que les géotrupes étaient de distingués météorologistes. Voyons à l’œuvre ces sagaces insectes, et d’abord un mot sur leurs mœurs. Parmi les assainisseurs des champs, les uns, tels que les mouches, les dermestes et les nécrophages, sont chargés de disséquer les cadavres. Une taupe gît-elle éventrée sur le chemin, au pied de la haie, un enfant sans pitié a-t-il lapidé un lézard qu’avril venait de revêtir de sa splendide parure d’émeraude, vite ces petits croque-morts accourent, attirés par le fumet du morceau. Ils charcutent, ils dissèquent et en une journée les minuscules fossoyeurs ont accompli leur tâche. La place est nette.

La seconde catégorie d’insectes préposés par la Nature à la salubrité rurale ne met pas moins d’empressement à faire disparaître les bouses de vaches, le crottin du cheval ou autres déjections d’animaux, et les géotrupes se distinguent entre tous. Ils épurent, ces pauvres « bousiers », avec toute l’ardeur de leurs mandibules, de leurs pattes, et nous n’accordons à ces utiles auxiliaires qu’un regard dédaigneux.

Les géotrupes abandonnent seulement leurs repaires vers le crépuscule et, à condition toutefois que l’atmosphère soit calme et chaude, ils se mettent à la recherche des matériaux nauséabonds dont ils vont se repaître avec délice. En une séance nocturne, la souillure choisie par chaque groupe sera enfouie. Mais si la pluie menace ou si le vent souffle, nos stercoraires restent tranquilles, car ils ont amassé sous terre des victuailles suffisantes pour un long chômage.

Fabre décrit dans son mémoire les curieuses expériences qui lui ont permis de tirer ces conclusions et il en résume les grandes lignes en trois cas généraux.

Premier exemple : soirée magnifique. Les géotrupes s’agitent dans la cage où le naturaliste les a enfermés et se montrent impatients d’accomplir leur tournée vespérale, signe de beau temps pour le lendemain. Effectivement, le jour suivant, l’atmosphère fut d’une remarquable pureté.

Deuxième observation : nuit superbe encore. Selon les indications du baromètre et l’état du ciel, le savant naturaliste croit à la continuation du beau temps. Les bousiers ne partagent pas cet avis. Ils ne mettent pas le nez dehors contrairement à leur habitude. L’insecte, plus subtil que l’homme, avait senti l’averse qui tomba un peu avant l’aurore.

Troisième fait, non moins typique. Cette fois, le ciel est couvert et la venue d’une forte ondée semble prochaine. Cependant, grâce à la subtilité de leurs organes, les géotrupes pensent sans doute le contraire puisqu’ils bourdonnent dans leur geôle. La justesse de leur pronostic s’affirme du reste bientôt, les nimbus menaçants se dissipent et, dès son lever, le soleil se montre radieux.

images-3De même, l’état électrique de l’atmosphère influence beaucoup les bousiers. Aux approches de l’orage, par de lourdes et chaudes soirées, ils s’agitent et s’inquiètent plus que de coutume. A cet égard, J.-H. Fabre relate une expérience bien remarquable. Les 12, 13, 14 novembre, les géotrupes de ses volières firent preuve d’une extraordinaire agitation. Quelle était donc le pourquoi ? Une bourrasque avait éclaté sur le nord de la France, et la forte dépression barométrique, cause de la tempête, se répercutait dans la région d’Avignon. Comme le constate le sagace entomologiste, les géotrupes lui parlaient de l’ouragan « avant son journal » ! Faut-il regarder ces constatations comme des coïncidences fortuites ?

Cependant Fabre a vu de même les chenilles processionnaires du pin subir l’influence des perturbations atmosphériques. Bien mieux, elles paraissent pourvues d’organes curieux, véritable arsenal d’instruments météorologiques. Alors, tandis que la rainette serait impuissante à prédire le temps, les géotrupes et les processionnaires constitueraient de merveilleux insectes-baromètres dont la délicatesse laisserait bien loin les indications brutales de la colonne de mercure.

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Menaces de la fourmi

Posté par othoharmonie le 28 décembre 2012

Menaces de la fourmi dans FOURMI fourmi9-198x300Certaines pollutions, dont celles par les pesticides affectent de nombreuses espèces, mais c’est surtout l’introduction d’autres espèces de fourmis, invasives, et la destruction de leurs habitats (forêts, prairies, savanes et brousses tempérées, savanes, bocage) qui sont les premières menaces. Leurs prédateurs naturels sont nombreux, des mouches parasites, aux mammifères tels que le pangolin ou le tamanoir qui sont des consommateurs spécialisés, de nombreux animaux les consomment épisodiquement, le faisan ou l’ours brun en Europe, ou encore les chimpanzés, qui savent utiliser des brindilles pour aller les chercher dans leur nid, sans jamais mettre en péril les espèces, semble-t-il.

 Les fourmis arboricoles se déplaçant le long des branches ou sur les feuilles dans la canopée de la forêt courent le risque d’être balayées par le vent, la pluie, ou même par un singe qui passe. On a observé en 2005 que les fourmis arboricoles survivent en se comportant en « parachutistes ». Lorsqu’elles tombent, elles se mettent en position pattes écartées, comme les parachutistes qui contrôlent leur chute en inclinant leurs membres et leur corps. Ces fourmis glissent avec les pattes antérieures et l’abdomen orientés vers le tronc d’arbre, effectuant souvent des virages à 180° en direction de la cible dans les airs.

 Évolution de l’espèce

Les Formicidae (fourmis) sont apparues au cours du Crétacé, il y a un peu plus de 100 millions d’années. Le plus ancien fossile connu apparenté aux fourmis est Gerontoformica cretacica qui a été découvert dans l’ambre de l’Albien supérieur de Charente-Maritime (France). Les fourmis semblent avoir divergé d’insectes apparentés aux guêpes. Dès lors, de nombreuses espèces sont apparues en se spécialisant aussi bien pour la vie souterraine qu’arboricole, voire les deux. La sous-famille Martialinae, dont la seule espèce connue est Martialis heureka, pourrait être à l’origine de toutes les autres sous-familles.

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Lion d’Esope 1

Posté par othoharmonie le 6 mai 2012

Lion d'Esope 1 dans LION du-lion-de-l-ours-et-du-renardDu Lion et de la Mouche.
Une Mouche défia un Lion au combat, et le vainquit : elle le piqua à l’échine, puis aux flancs, puis en cent endroits ; entra dans ses oreilles, ensuite au fond de ses naseaux ; en un mot, le harcela tant, que de rage de ne pouvoir se mettre à couvert des insultes d’un insecte, il se déchira lui-même. Voilà donc la Mouche qui triomphe, bourdonne, et s’élève en l’air. Mais comme elle vole de côté et d’autre pour annoncer sa victoire, l’étourdie va se jeter dans une toile d’Araignée et y reste.  » Hélas ! disait-elle, en voyant accourir son ennemie, faut-il que je périsse sous les pattes d’une Araignée, moi qui viens de me tirer des griffes d’un Lion ? « 

Analyse des Fables d’Esope

BARSEPA - feuilles d'automne

De l’Homme et du Lion.

Un Homme et un Lion voyageaient ensemble, et disputaient, chemin faisant, sur les avantages de leur espèce. Au fort de la dispute, il aperçurent un bas-relief qui représentait Hercule étouffant un Lion.  » Cette figure, dit l’Homme, en se tournant vers le Lion, peut t’apprendre que les Hommes sont plus forts que les Lions. – Votre raisonnement porte à faux, répliqua le Lion ; car si nous avions parmi nous des Lions Sculpteurs, on verrait beaucoup plus d’Hommes terrassés et étouffés par les Lions, que de Lions par les Hommes.  » Cette raison ne convainquit point l’Homme, qui s’opiniâtra toujours de plus en plus à défendre son opinion. Le Lion fatigué de cette dispute, se jeta sur l’Homme et le mit en pièces.  » Tu vois bien maintenant, lui dit-il, lequel est le plus fort de l’Homme ou du Lion. « 

Analyse des Fables d’Esope

 BARSEPA - feuilles d'automne

Du Lion, du Sanglier et des Vautours.
    Le Lion et le Sanglier acharnés l’un sur l’autre s’entre-déchiraient. Cependant des Vautours regardaient attentivement le combat, et se disaient les uns aux autres :  » Camarades, à bien juger des choses, il n’y a ici qu’à gagner pour nous. Ces Animaux-ci ne quitteront point prise, que l’un des deux ne soit par terre. Ainsi, ou Lion, ou Sanglier, voici la proie qui ne peut nous manquer.  » Ils n’y comptaient pas à tort ; car ils l’eurent en effet et même plus grosse qu’ils ne pensaient. Le Sanglier fut étranglé sur l’heure par le Lion, et celui-ci que l’autre avait percé d’un coup de ses défenses, mourut quelques jours après de sa blessure, de sorte que les Vautours profitèrent de l’un et de l’autre.

 Analyse des Fables d’Esope

cerfeau dans LION

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Genèse de la Mouche – chapitre 3

Posté par othoharmonie le 29 avril 2012


Chapitre 3
- Le 15 Mars 1842 -

 

Principal but négatif de la mouche comme stabilisateur

 Sylvicola fenestralisCe que nous avons pu connaître jusqu’à présent de la mouche est certainement merveilleux, et même extrêmement merveilleux; mais l’une des merveilles les plus grandes de ce tout petit animal tient dans sa destination, et avec cela aussi dans le mode et la manière où la mouche y correspond.

 Combien et quels sont donc les buts auxquels est appelé à servir ce tout petit animal? Le but pourrait-il donc être unique? S’il en était ainsi, comme ce serait peu! Peut-il être multiple?

 Dans toute la création il n’y a aucune chose qui ait plus de deux polarités, à savoir l’une positive et l’autre négative; c’est ainsi qu’il n’y a qu’un haut et qu’un bas, qui se trouvent vis-à-vis l’un de l’autre; car le milieu ne représente rien d’autre qu’une liaison entre ces deux extrêmes; et aussi qu’il n’y a qu’un extérieur et un intérieur, un matériel et un spirituel, un bien et un mal, un vrai et un faux.

S’agissant donc du but de l’existence d’un être, cela ne peut s’étendre à d’autre chose qu’à l’une ou à l’autre de ces deux polarités seulement. Voyons donc à présent tout ce à quoi peut servir la mouche, et commençons par le pôle extérieur!

 Vous avez certainement déjà été frappés par le fait qu’en temps hivernal il est très rare de voir un de ces petits animaux, alors qu’à la saison estivale ce n’est qu’un fourmillement et un frémissement continuels de ces petits habitants ailés de l’air.

Voilà, Mes chers petits enfants, que nous sommes sur le point de faire apparaître un autre prodige de notre petit animal.

 Que la mouche soit pleine de poils et de petits piquants, nous l’avons déjà vu à l’occasion de la découverte de la première merveille, quand Je vous expliquai le pourquoi et le comment de son cheminement.

 Mais cela n’est pas le seul motif pour lequel ce petit animal est ainsi parsemé de poils et de piquants. Mais à présent vous apprendrez aussitôt pour quelle raison chacun de ces petits insectes est pourvu aussi d’une paire d’ailes pour voler.

 Vous voyez, suite à l’absorption du fluide électrique (de la manière que vous connaissez déjà) la mouche devient si légère qu’elle n’a pour ainsi dire plus de poids, et par conséquent elle peut être transportée facilement très haut dans l’air, par sa petite paire d’ailes, dans toutes les directions.

 Mais pourquoi est-elle transportée de cette façon, ou bien, pourquoi, plus il fait chaud, doit-elle voler de-ci de-là dans toutes les directions, avec d’autant plus d’assiduité et de rapidité dans ses mouvements?

 Sciara hemerobioides À présent faites bien attention; nous allons maintenant découvrir cela aussi. Vous voyez, ces millions et ces millions de mouches ont partout la mission de consommer la partie surabondante de ce qu’on appelle le feu électrique qui afflue du soleil, et de le rendre de cette façon plus faible dans son ensemble, afin que, suite à une charge excessive, il ne se libère pas de lui-même et n’ait pas à envoyer pour ce motif un monde entier sens dessus dessous; car, voyez-vous, ce feu électrique est un feu extrêmement puissant, et cela se comprend naturellement de soi, toujours dans les limites de sa sphère positive; tant que l’électricité négative d’un corps terrestre équilibre en puissance celle positive qui se développe à partir des rayons du soleil, une mise en liberté de l’électricité positive est rendue impossible.

 Cependant si la positive dépasse la négative seulement d’un millième, alors il n’y a absolument aucun moyen d’empêcher un libre dégagement de la positive. Et comment peut-on donc éviter une telle ruine générale ? – Regardez à présent un peu nos petits animaux, comment ils se poussent de-ci et de-là dans toutes les directions avec la plus grande diligence, et absorbent dans leur vol rapide l’excès d’électricité positive. De cette façon la polarité du fluide s’inverse aussitôt, puisque ces petits insectes consomment en eux le positif, qui correspond ici à l’oxygène, pour ensuite exhaler à nouveau la partie négative, précisément comme le fait l’homme avec l’azote de l’air atmosphérique aspirée, aussitôt que le poumon y a soustrait l’oxygène dans le but de l’alimentation du sang.

Mais vous pourriez Me demander: Mais est-il vraiment possible que ces petits animaux soient capables de faire un tel travail ?

 À quoi Je vous dis en réponse: Oh oui, Mes chers Enfants! Puisque, vous voyez: une seule mouche inverse en une chaude journée d’été tant d’électricité positive en elle, que, si celle-ci pouvait être accumulée dans un récipient, elle aurait assez de force pour réduire en poudre en un instant une montagne dix fois plus grande que votre Schlossberg.

 Il en est de même de la quantité d’air qu’un homme aspire et expire en un jour; si elle pouvait s’allumer, toute l’Europe en serait tellement détruite, que son actuelle configuration en serait complètement changée, au point que personne ne serait plus en mesure de reconnaître qu’il y a eu un jour une région bien peuplée et fertile, comme elle l’est actuellement.

 Et afin que cela ne doive pas vous sembler trop fabuleux, J’attirerai votre attention sur la façon dont une très petite cause (considérée du point de vue naturel) a pu faire naître un grand tremblement de terre qui fut perçu sur près de la moitié de la Terre, et même plus loin encore. Cette cause, voyez-vous, consistait en mille pieds cubes d’air emprisonné, qui, en raison de la pression des contraintes extérieures, s’enflammèrent.

 Donc, en admettant qu’un homme en quatre inspirations consomme un pied cube d’air, ou mieux dit, qu’il l’inverse et le change, et en pensant au nombre de fois que l’homme respire en un jour, vous vous étonnerez du volume d’air qui est consommé, ou mieux, inversé, par un homme seulement , en une journée, ou bien plus précisément au cours de vingt quatre heures.

Mycetophila fungorum © James K. Lindsey Si, après ce qui vient d’être dit, vous examinez tant soit peu la chose, il ne vous apparaîtra certainement pas trop extravagant ce que Je vous exposai d’abord, c’est-à-dire, qu’avec l’air aspiré et expiré en une journée par un homme, pourrait être détruite l’Europe entière.

 Et ainsi ne doit pas non plus vous étonner ce que Je vous ai dit de l’électricité qu’une mouche change en un jour.

 Et si une mouche peut déjà faire tant, que ne pourront pas faire ensuite les nombreux millions de millions de mouches!

 Dites-Moi donc à présent, Mes chers Enfants, cela n’est-il pas peut-être un prodige que Je préserve toute une Terre d’une destruction soudaine, en Me servant d’aides aussi petits et insignifiants ?

  Et pourtant tout cela n’est seulement qu’un petit but accessoire de ce petit animal, et donc pas encore le prodige le plus grand.

 Mais à présent patientez encore, car les choses principales vont seulement venir; et pour aujourd’hui restons en là!

Extrait de : Une démonstration naturelle pour éclairer l’éternelle vérité :  »Dieu est Amour » Reçu par la Grâce du Seigneur par Jacob Lorber  1942

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Genèse de la mouche chapitre 9

Posté par othoharmonie le 28 avril 2012


Chapitre 9
- Le 22 mars 1842 -

Principe et essence de la lumière

Cynips du chêne Dans la précédente communication nous avons donc entendu bourdonner notre mouche, en tant que premier animal, autour d’une planète nouvellement formée. Il sera maintenant nécessaire d’éclaircir quelque peu cette figure de rhétorique; c’est pourquoi en guise de plus grande élucidation pour certains plus faibles d’intelligence, Je vous dirai que cela est à prendre seulement dans les rapports de temps, mais non dans ceux d’espace; car en ce dernier cas, pourrait venir à certains l’idée qu’un essaim gigantesque de mouches doit faire escorte à une semblable planète à l’égal d’une queue cométaire; cela est donc à comprendre seulement dans un sens temporel, c’est-à-dire, comment à une période donnée de formation, succède une autre plus développée et plus parfaite.

 Cela nous le savions déjà, et maintenant vous allez penser:

  »Mais quoi d’autre de plus grand et réellement de plus victorieux encore pourra-t-on tirer de la malheureuse mouche?

 Parce que nous l’avons suivie depuis son origine, et d’ailleurs, malgré tout ce qui a été dit d’elle de merveilleux et d’extraordinaire, nous avons trouvé qu’elle correspond bien sûr pleinement aux ordonnances divines, mais à la fin elle n’est ni plus ni moins qu’une « mouche ordinaire », comme nous avons l’occasion d’en voir suffisamment, durant la saison estivale, par grands essaims.

 Ceci est, voyez-vous, une remarque bien trouvée, et elle me servira de très bonne fondation pour construite sur elle un édifice solide.

 Mais avant d’entreprendre la construction de l’édifice même, nous devons procéder à celle d’un abri apte à nous préserver convenablement de quelques attaques; car autrement notre pauvre petit insecte pourrait bien ne pas s’en tirer avec la vie sauve, particulièrement en ces temps où abondent les savants attrapeurs de mouches et les gobe-mouches profondément érudits.

 Et où nous préparerons-nous à construire nos tranchées ? – Vous voyez, ce sera bien difficile à préciser.

 Car là où la raison humaine myope peut moins qu’ailleurs pénétrer dans la claire sphère de la réalité, c’est là qu’on trouve le plus d’opinions fausses et d’hypothèses, et là justement que sont élaborées les théories les plus variées, dont la dernière venue obtient toujours le dessus comme il arrive dans la mode française du vêtement.

 Mais quelle est la chose, au sujet de laquelle en cette époque cultivée, il existe dans l’ensemble presque tout autant de théories qu’il y a de savants eux-mêmes ?

 Vous voyez, cette chose est la lumière.

 Par conséquent nous devons jeter à présent quelques coups d’oeil attentifs à la lumière elle-même, et cela sera l’abri qui nous est nécessaire; nous reviendrons alors seulement à notre mouche.

 Maintenant posons donc la question principale: 

Qu’est donc la lumière en soi, et comment se propage-t-elle?

Genèse de la mouche chapitre 9 dans MOUCHE 220px-Diplolepis-rosae Pour montrer cela, il ne sera absolument en rien nécessaire de citer une théorie erronée existante quelle qu’elle soit, mais au contraire nous exposons notre explication, et que celle-ci serve aussi bien à vous, qu’à tout un chacun, de pierre de touche pour vérifier combien de métal noble ou vil se trouve en toutes les autres théories.

 Qu’est donc la lumière ? – Si vous voulez comprendre bien et à fond ce qu’est la lumière telle qu’elle apparaît dans le temps et dans l’espace, vous ne devez la considérer ni comme chose totalement matérielle, et pas non plus comme totalement spirituelle; mais bien matérielle et spirituelle en même temps, et il faut la regarder comme une polarité constituée de telle sorte que la partie spirituelle en est le pôle positif, et la partie matérielle le pôle négatif.

 Cette polarité n’est cependant pas à comprendre comme l’antérieur et le postérieur, mais bien plutôt comme l’intérieur et l’extérieur, de sorte que l’intérieur représente le pôle positif et l’extérieur le pôle négatif.

 Mais de quelle façon arrive-t-il ensuite que ces deux pôles se manifestent comme « lumière » ?

 Cette difficulté, voyez-vous, sera bien vite surmontée. Si vous prenez ce que l’on appelle une pierre à feu et que vous la frottiez avec un fer trempé, vous verrez bien vite s’échapper une quantité d’étincelles de ces points où le fer trempé est passé sur la pierre. – Ces étincelles sont lumière; mais d’où ont-elles puisé la luminosité: de la pierre ou bien du fer? Ou bien en même temps des deux?

 Ici il n’est pas nécessaire de descendre dans les détails pour pouvoir affirmer que durant un semblable acte, les étincelles sont issues purement du fer dont, par l’action de la pierre dure, se détachent des parties extrêmement petites, qui s’allument pour la raison que les particules d’air enfermées dans les pores du fer, ne pouvant échapper à la pression exercée avec le frottement, s’allument, et portent ainsi les particules de fer détachées à l’état d’incandescence.

À présent nous savons donc aussi ceci; mais comment s’allume ensuite l’air comprimé, et qu’est la luminosité qui se manifeste lors de cet allumage? 

Mais cela, il est impossible de l’expliquer autrement qu’en vous disant ce qui vous sera encore répété à plusieurs reprises, à savoir que l’air n’est pas autre chose que le corps matériel des esprits intellectuels qui y sont contenus. Certes, la chose sonnerait mieux aux oreilles des physiciens si J’avais remplacé le mot « esprits » par celui de « Forces libres, non liées »; mais comme nous voulons aller au fond de la chose, nous préférons parler, plutôt que de la propriété, de l’entité qui a cette propriété en elle, entité qui dans notre cas est l’esprit lui-même; ou plutôt, n’ayant pas ici affaire à seulement un, mais bien plutôt à de très nombreux esprits, nous dirons donc les esprits eux-mêmes.

 Et maintenant que nous avons établi cela, nous pouvons, assurés et sans crainte d’errer, nous avancer sur le bon sentier. – Écoutez donc: puisque l’esprit est une force polaire positive, il tend constamment à la liberté la plus absolue et la plus illimitée, et dans son état de captivité il reste tranquille tant que du côté de la polarité négative qui l’entoure, ou – pour le dire sous une forme plus compréhensible – du côté de son enveloppe, ne lui arrive pas quelque contrainte inhabituelle. Mais à peine l’esprit subit-il de l’extérieur une pression ou un heurt quelconque, qu’il s’éveille aussitôt dans sa sphère restreinte habituelle et manifeste son existence par son mouvement d’extension ; et cette manifestation se traduit toujours par le phénomène bien connu de vous de la luminosité.

 Voilà que jusqu’à ce point nous avons assez avancé, mais malgré cela chacun pourra ajouter: Tout cela sera juste et vrai, mais qu’est vraiment cette luminosité en elle-même, nous ne le savons pas encore. Mais Je vous réponds: Encore un peu de patience, puisqu’à vous tous il est bien connu qu’un gros chêne, chargé d’ans, ne peut être abattu d’un seul coup.

Cimbex sp. Et nous arriverons bien à bout de la nature même de la luminosité.

 Qu’est donc enfin cette luminosité en elle-même ? 

Un exemple vous rendra la chose palpable. Qu’observez-vous chez un homme dont le coeur est encore plein d’orgueil, lorsqu’il reçoit de la part de quelqu’un un coup bien dur et humiliant? Ne s’allumera-t-il pas subitement d’une colère furieuse, de sorte que tout son corps sera envahi d’un frémissement de rage, son regard étincellera de colère, et ses cheveux se hérisseront dans toutes les directions ? – Et s’il se trouve en compagnie d’autres personnes de même disposition d’esprit, ces personnes ne se mettront-elles pas aussi en colère, peut-être pas au même degré, mais plus ou moins selon leur degré d’amitié avec lui?

 Je suis d’avis que ce phénomène n’a besoin d’aucune autre explication; il suffit que vous prêtiez attention à une armée sur le point de livrer bataille, et il ne vous échappera pas comment cette irradiation de colère, ou bien cette fureur fébrile envahit les combattants par milliers, et les entraîne avec elle dans la mêlée sanglante.

 Or, pour peu que vous considériez intérieurement ce fait, la question de la nature même de la luminosité devrait être résolue: car l’esprit polaire positif enfermé dans la polarité négative est entraîné lui aussi à la colère par suite d’un choc, colère qui équivaut en lui à la conscience qui s’est réveillée de sa propre prison; cette conscience suscite ensuite en lui aussi le grand désir de s’étendre ou de se libérer.

 Mais comme la polarité extérieure négative qui l’entoure est constituée de façon qu’elle peut certes se dilater jusqu’à un certain degré, mais que d’un autre côté elle est toutefois indestructible, ou, mieux dit encore, qu’elle n’est pas déchirable, l’esprit qui aspire à devenir libre la dilate autant qu’il lui est possible; comme cependant il ne réussit pas à se dégager, il se contracte à nouveau rapidement, et répète ensuite ses tentatives avec une force renouvelée en supposant dans son erreur pouvoir briser sa propre enveloppe; cet acte, plus d’un esprit est en mesure de le répéter plusieurs milliers de fois par seconde; cet acte est appelé la « fureur », et il est accompagné de la colère toujours croissante.

 Mais quelle est la conséquence visible de cet acte qui, en soi, peut être appelé vraiment une « fureur fébrile » ?

 Il arrive alors que les esprits encore tranquilles se trouvant proches d’un tel esprit pris par la colère, viennent à percevoir cet état fébrile, et par l’entremise de leur polarité extérieure ils s’allument de la même fièvre; et la propagation de cette fébrilité partagée peut être d’autant plus rapide que les enveloppes polaires négatives des esprits – dont l’air est vraiment composé -se trouvent en étroit contact l’une avec l’autre.

 Et maintenant nous avons exactement tout ce qu’il nous faut; car la fébrilité d’un tel esprit est perçue par l’oeil des animaux, et mieux encore par l’oeil humain, et cette perception est vraiment ce que vous appelez « luminosité »; car l’oeil est ainsi formé, qu’il peut percevoir ces oscillations bien qu’elles soient légères, et ce pour la raison que chaque oeil est aussi plus ou moins, en lui-même, par moitié spirituel et par moitié matériel; il a donc avec ce qui est appelé « lumière » une polarité commune grâce à laquelle il peut aussi recueillir et percevoir tout ce qui lui est semblable.

 Sarcophaga carnaria Quand donc une telle polarité s’allume en elle-même de la manière qui a été décrite, il se produit toujours aussi le phénomène de la luminosité ; la luminosité en elle-même, à son tour, n’est ensuite que la propagation de cet état fébrile parmi les polarités spirituelles qui se trouvent au voisinage de la polarité spirituelle qui s’est allumée en elle-même; laquelle propagation, se manifeste à des distances plus ou moins grandes, selon le degré de grandeur et de violence de la polarité spirituelle qui s’est ainsi allumée, et qui suscite dans les autres polarités un état fébrile qui, même s’il n’est pas trop violent, est pourtant du moins toujours perceptible. Naturellement, cette fébrilité s’affaiblit au fur et à mesure que la distance à la polarité initialement enflammée augmente.

 Mais à présent vous direz: « En ce qui concerne la luminosité, nous serions il est vrai, au clair; mais nous ne le sommes pas encore en ce qui concerne la raison pour laquelle nous apercevons les objets illuminés selon leur forme, ni non plus sur la constitution des diverses lumières, particulièrement de la lumière solaire ».

 Là Je vous dirai seulement que ce ne sera plus bien difficile, car à cet égard nous avons déjà vaincu à fond la plus grande difficulté.

 En ce qui concerne donc le mode de vision des objets, elle n’est rien d’autre en elle-même que le résultat d’un empêchement à la propagation que nous connaissons maintenant, et parfaitement correspondant à la forme matérielle compacte d’un objet; ou alors elle est un retour dédoublé de la propagation, due à un coup secondaire ou – si cela est plus compréhensible pour vous – un contre-coup de la part de l’objet.

 En ce qui concerne ensuite la lumière du soleil, sa luminosité est du même genre celle de l’étincelle bien connue de nous; la différence tient seulement en ce que la lumière blanche du soleil dérive d’une vibration d’amour, tout à fait de la même manière que la lumière rougeâtre de la combustion que vous connaissez, dérive d’une vibration de colère; et parce que la lumière du soleil a son origine dans un frémissement d’amour, sa propagation diffère aussi de celle de la lumière qui est causée par un frémissement de colère. 

En quoi consiste cette différence, et comment ensuite nous arriverons enfin à la victoire concernant notre petit animal, va vous être montré clairement la prochaine fois. Et nous arrêterons là pour aujourd’hui! 

Extrait de : Une démonstration naturelle pour éclairer l’éternelle vérité :  »Dieu est Amour » Reçu par la Grâce du Seigneur par Jacob Lorber  1942

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Démonologie du Seigneur des Mouche

Posté par othoharmonie le 26 avril 2012

Les opinions divergent quelque peu concernant la place exacte de Belzébuth (Seigneur des Mouches) dans l’ordre infernal. Il pourrait être le Prince des démons et le chef suprême de l’empire infernal. Cette notion est reprise par sainte Françoise dans ses révélations, relatées dans son Traité sur l’Enfer : Belzébuth appartenait avant sa rébellion contre Dieu au chœur des dominations; depuis il a établi son pouvoir sur tous les crimes qu’enfante l’idolâtrie, et préside aux ténèbres infernales. Pour d’autres, il est un sous-prince, empereur des 6 666 légions infernales. Pour John Milton, il est premier en pouvoir et en crime après Satan. Le Grand Grimoire le mentionne également, lui attribuant le titre de prince, juste en dessous de Lucifer.

Démonologie du Seigneur des Mouche dans MOUCHE 220px-BeelzebubBelzébuth appartient à la première hiérarchie des mauvais Anges et fut jadis appelé dans le pays de Canaan « Seigneur des ordures » ou « Seigneur des mouches ». Il chassait en effet ces dernières des moissons qu’elles infestaient, et son temple s’en trouvait tout à fait libéré. Il est le fondateur d’un « Ordre des mouches » comportant plusieurs grades, dont il honore ses créatures les plus sales, les plus viles et les plus abjectes. On ignore cependant l’aspect qu’il prend devant ses adorateurs. Certains le comparent à une énorme mouche, d’autres le confondent avec Priape ou Bacchus.

Le Monarque des Enfers, dit Palingène, est d’une taille prodigieuse, assis sur un trône immense, ayant le front ceint d’un bandeau de feu, la poitrine gonflée, le visage bouffi, les yeux étincelants, le sourcil élevé et l’air menaçant, il a les narines extrêmement larges et deux grandes ailes de chauve-souris sur ses épaules, il est noir comme un Maure, il a deux pattes de canard, une queue de lion et de longs poils de la tête aux pieds. Quand il est en colère, il vomit des flammes et hurle comme un loup, enfin Astaroth apparaît à ses côtés, sous la forme d’un âne. Mais il peut tout aussi bien revêtir d’autres aspects qui peuvent même être parfois séduisants, comme quand il devient Biondetta, forme voluptueuse mais redoutable de Belzébuth, capable de changer de sexe et d’apparence (animal, succube…).

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Sa Majesté des Mouches

Posté par othoharmonie le 25 avril 2012

 

Sa Majesté des mouches (titre original : Lord of the Flies) est un drame psychologique en noir et blanc écrit et réalisé par Peter Brook d’après l’œuvre de William Golding.
Ce film est une excellente adaptation, très fidèle au roman éponyme, et William Golding, en personne, l’a soutenu.

Sa Majesté des Mouches dans MOUCHE 220px-Beelzebub« Tout ce que je voulais, c’était une petite somme d’argent. Pas de scénario, juste des enfants, une caméra, et une plage. »

L’histoire s’articule en trois grands actes.

Après la chute de leur avion dans l’océan Pacifique, un groupe de jeunes garçons britanniques âgés de six à douze ans se retrouve seul sur une île montagneuse.

Loin du monde des adultes, les enfants s’organisent sur un modèle démocratique : ils élisent comme chef, Ralph secondé par son camarade Piggy, dit le « gros », souffre-douleur et objet des moqueries. Ils explorent leur île. Jack, le plus vieux de tous, le plus fort physiquement, humilié de ne pas avoir été choisi comme chef, et jaloux, construit son propre clan : il pratique l’apologie de la force et du plaisir. Le pouvoir de Ralph diminue au fur et à mesure que Jack renforce le sien. Dans cette micro-société, au début du troisième acte, on est passé à la barbarie et à la tyrannie.

Analyse

9782070374809 dans MOUCHEL’analyse sociologique, anthropologique et philosophique que William Golding illustre finement dans ce roman est sombre et pessimiste : la civilisation n’est qu’un vernis qui ne tient pas à grand chose ; dès que les humains sont livrés à eux-mêmes, leur liberté prend le visage de la sauvagerie, de la superstition et de la violence. L’auteur assène un ultime coup de massue à la fin du roman lorsque les enfants, finalement retrouvés par l’équipage d’un navire de guerre croisant dans les parages, s’écroulent en pleurs : il montre ainsi que l’homme fuit sa propre liberté, qu’il s’empresse de se mettre entre les mains d’une entité supérieure dès qu’il en a la possibilité.

Analyse symbolique

Par ailleurs, le roman peut être analysé sous un angle symbolique, chaque personnage représentant des forces ou des idées sociologiques différentes :

Ralph, le personnage principal, est l’enfant le plus âgé de l’île avec Jack, presque adolescent, qui tente d’organiser le groupe en utilisant un symbole fort de communication et de rassemblement (la conque) peut représenter les tentatives humaines de rassemblement en des sociétés égalitaires comme la démocratie.

Jack, le fougueux chef du chœur d’enfants qui prend peu à peu le contrôle du groupe, représente le pouvoir guerrier, brutal et violent mais charismatique et aventureux par opposition au côté contraignant de l’organisation démocratique.

Roger, le second de Jack dans la nouvelle hiérarchie, représente la cruauté brute et inquiétante, le plaisir d’infliger la douleur ou de tuer, le fascisme grandissant à l’ombre du pouvoir guerrier.

Porcinet, l’obèse intellectuel et fragile dont les lunettes sont utilisées pour faire le feu représente le savoir et la connaissance, mais aussi la dépendance et la faiblesse. Méprisé par le pouvoir guerrier, il lui est pourtant vital : le feu qu’il est capable de créer est le symbole du pouvoir par excellence. L’instrument de ce pouvoir, les lunettes, finit par être volé par Jack et leur propriétaire écrasé par un rocher poussé du haut d’une falaise.

On confère parfois à l’œuvre une portée freudienne : Ralph serait le Moi, Porcinet le Surmoi et Jack le Ça.

Simon, l’enfant courageux qui n’hésite pas à défier ses peurs représente la sagesse et la vérité – il sera le premier tué parmi les enfants, sacrifié en une fête orgiaque sanglante sur l’autel des superstitions qu’il était justement sur le point de détruire en apportant la vérité.

320px-MuscidaeLes jumeaux Sam-Erik (Sam et Eric) ainsi que les autres enfants du groupe, ballottés entre les deux pouvoirs qui s’affrontent, peuvent représenter le peuple qui se débrouille comme il peut pour survivre.

Tout ce petit monde gravite autour d’une tête de cochon en décomposition (qui attire les mouches, d’où le titre de l’œuvre) plantée sur une pique par Jack et idolâtrée comme une divinité qui cristallise les peurs des enfants face à une nature mystérieuse et inquiétante. Elle représente plus, à l’insu des enfants, prenant dans l’hallucination de Simon – juste avant sa découverte du corps du parachutiste – ce nom symbolique d’un démon ancestral : Belzébuth signifie en hébreu « seigneur des mouches » ; cet épisode préfigure le réveil d’une sauvagerie destructrice refoulée dans les profondeurs de l’être humain par les normes sociales.

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Oiseau-Mouche

Posté par othoharmonie le 22 avril 2012

 

Les oiseaux-mouches sont principalement nectarivores, le nectar constituant 90 % du régime alimentaire, mais égalementOiseau-Mouche dans MOUCHE 200px-Selasphorus_platycercus1 insectivores. Les insectes qu’ils capturent en vol, qu’ils récoltent sur les feuilles ou encore qu’ils retirent des toiles d’araignée leur sont indispensables comme apport en protéines. Certaines espèces peuvent se nourrir de la sève qui coule des arbres après que les pics y ont creusé à la recherche d’insectes ou de sève. Ils consomment en moyenne la moitié de leur poids en sucre chaque jour. Ils se nourrissent de 5 à 8 fois par heure à raison de 30 à 60 secondes à chaque fois, pour 3,14 à 7,6 calories par jour, ce qui est énorme en comparaison de leur taille.

La superficie de leur territoire est déterminée par l’abondance des fleurs dont ils se nourrissent.

Les oiseaux-mouches atteignent et absorbent le nectar des fleurs grâce à leur longue langue extensible séparée en deux parties à leur extrémité et garnie de petites soies et de nervures. Préalablement renfermée dans une structure particulière attachée à leur bec en forme d’étui, leur langue entre et sort, tel un ressort, un peu à la manière d’un pic. Leur langue atteint le nectar dans la corolle, puis celui-ci monte le long de celle-ci par capillarité. Il est finalement aspiré lorsque la langue est de retour dans le bec.

Certaines fleurs comme les Ornithophilous et les becs des oiseaux-mouches qui les visitent auraient connu un processus de coévolution. En effet, les fleurs bénéficient du passage des oiseaux-mouches dans leur corolle pour déposer leur pollen sur la tête de l’oiseau-mouche qui la visite. Ces fleurs profitent donc de cet oiseau en accroissant la probabilité que ce pollen soit déposé dans une autre fleur de la même espèce et la féconde. L’évolution du système buccal des oiseaux-mouches, langue et bec, s’est faite en parallèle avec l’adaptation des fleurs.

D’autre part, pour attraper plus facilement les insectes, lorsqu’ils ouvrent leur bec, la base de celui-ci s’agrandit. Ceci est unique chez les oiseaux.

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Capacités de l’Oiseau-Mouche

Posté par othoharmonie le 22 avril 2012

 

Les oiseaux-mouches sont capables de battre des ailes très rapidement, 8 à 10 Hz pour le colibri géant, 20 à 25 battements pour les espèces de taille moyenne et plus de 70 pour les plus petites. Leurs battements d’ailes produisent un vrombissement caractéristique.

Archilochus-alexandri-003.jpgLa structure osseuse de leurs ailes que l’on ne retrouve qu’au niveau du poignet des autres oiseaux assure une mobilité des épaules unique alors qu’elle est axée sur le seul mouvement vertical dirigé de haut en bas pour les autres oiseaux. Les oiseaux-mouches, grâce aux particularités de leur squelette peuvent battre des ailes dans toutes les directions et faire des prouesses aériennes inégalées. Ils peuvent voler sur place en effectuant des mouvements de leurs ailes en forme de 8. Ils sont les seuls oiseaux capables de voler en arrière. Leurs cabrioles peuvent être effectuées à une vitesse moyenne de 30 à 45 kilomètres par heure. Le vol d’avant en arrière ou vol en piqué peuvent atteindre 96 km par heure avec jusqu’à 200 battements par seconde pour un vol en plongée. Selon des chercheurs américains, cet oiseau parvient à faire du sur-place en battant des ailes à 75 % vers le bas et à 25 % vers le haut. Cette façon de voler rappelle le vol de certains insectes comme celui des Sphingidae.

Archilochus-alexandri-002-edit.jpgLes oiseaux-mouches vivent dans des milieux très diversifiés, depuis les forêts andines, aux forêts tropicales en passant par les forêts tempérées d’arbres à feuilles caduques de la Terre de Feu ou d’Alaska. Certains oiseaux-mouches ne vivent que dans un biotope très particulier, voire un étage particulier d’une forêt, les autres étages étant occupés par d’autres espèces d’oiseaux-mouches. Ceci est lié à la symbiose évolutive entre certaines plantes et ces oiseaux. Les oiseaux-mouches pollinisent 58 espèces de fleurs au Brésil. Les ananas sont pollinisés par les oiseaux mouches, il est d’ailleurs interdit d’importer ces oiseaux dans plusieurs régions du monde où ces pollinisateurs n’existent pas, comme aux îles Hawaii, pour ne pas menacer les rendements. Pour certaines espèces, ils sont même les seuls à pouvoir le faire et sont donc vitaux pour la survie de ces plantes.

Les ailes des oiseaux-mouches sont creuses et fragiles, rendant la fossilisation difficile, l’histoire de cette famille n’est donc connue que grâce aux analyses phylogénétiques. Il semble que les oiseaux-mouches aient un ancêtre commun avec les martinets, il y a environ 35 Ma. Deux fossiles d’espèces très voisines, datés de 29 Ma, ont été mis au jour dans le Bade-Wurtemberg et nommés Eurotrochilus inexpectatus. Ils vivaient dans un climat comparable à celui de l’Amérique du Sud actuellement. Un spécimen de Eurotrochilus bien conservé et trouvé en France révèle que ceux-ci sont morphologiquement Capacités de l'Oiseau-Mouche dans MOUCHE 200px-Hummingbirds_fightingtrès modernes et plus proches des Trochilinae que des Phaethornithinae. Le plus vieux fossile comparable avait été mis au jour en Amérique du Sud et datait de 1 Ma seulement.

L’hybridation de l’ADN suggère que l’explosion radiative initiale ait eu lieu, au moins en partie, au cours du Serravallien, entre 12 et 13 Ma, pendant l’émergence des Andes. Ces oiseaux sont passés d’une altitude de 1 500 mètres à 2 000 mètres. On les suppose originaires de l’Amérique du Sud car leur diversité y est la plus importante.

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