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L’image de la Pieuvre

Posté par othoharmonie le 18 mars 2012

 

L'image de la Pieuvre dans PIEUVRE 200px-Nautilus_view_bayMet apprécié des cuisines méditerranéennes depuis l’Antiquité, cet innocent mollusque n’a pas toujours représenté la figure d’un pouvoir occulte démesuré. Il semble bien que ce soit une confusion taxinomique avec un autre céphalopode, l’Architeuthis, ou calmar géant, qui lui confère dans le récit des marins son aspect monstrueux.

 Très vivante dans le folklore scandinave, la figure mythologique du Kraken (que nous avons vu plus haut), pourvue de nombreux bras qui s’agrippe aux navires et les entraîne vers le fond, n’a pourtant jamais été représentée et garde tout son mystère jusqu’au XVIIIe siècle. L’article que lui consacre le Supplément de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert croit pouvoir identifier cet animal légendaire à une sorte de poulpe géant. Cette conjecture est entérinée par le naturaliste Pierre Denys de Montfort dans son Histoire naturelle des mollusques (1802), qui lui donne sa première concrétisation iconographique, inaugurant un genre qui, de Vingt mille lieues sous les mers (Jules Verne, 1869) à Pirates de Caraïbes II (Gore Verbinski, 2006), occupe une place marquée de l’imaginaire enfantin.

 A ce stade, l’image de la pieuvre géante est une figure de fantaisie, proche du dragon ou de la licorne. Elle évoque une force menaçante dissimulée au fond des mers, sans pour autant être liée à un contenu métaphorique déterminé. A la fin du XIXe siècle, on la voit associée à la franc-maçonnerie, première manifestation d’un lien entre cette figure et un pouvoir occulte – mais sur un mode qui tient encore de la caricature amusante, non de la dénonciation argumentée. En 1901, un récit de l’écrivain américain Frank Norris lui donne valeur de modèle structural. En décrivant les manipulations spéculatives des compagnies de chemins de fer destinées à affaiblir les paysans californiens, The Octopus (La Pieuvre) installe l’idée d’un pouvoir tentaculaire secret qui agit par le biais des leviers économiques.

 Souvent noyées à tort dans un nuage d’occultisme et de folklore, les formes modernes du conspirationnisme sont directement liées à l’essor de nouveaux pouvoirs économiques sans contrepartie ni contrôle politique, qui accompagnent le développement du capitalisme industriel à partir de la seconde moitié du XIXe siècle. L’image de la pieuvre géante s’avère une figure idéale pour donner une figure concrète à des entités mal définies dont l’action n’est perceptible qu’indirectement. A la connotation traditionnelle de puissance cachée du Kraken, les tentacules permettent d’ajouter l’idée de ramifications multiples, tandis que le corps mou du céphalopode illustre celle d’un pouvoir sans visage. Au début du XXe siècle, l’essor de la communication commerciale et politique emprunte à l’univers de la caricature la force de la simplification métaphorique. Dans ce contexte, la figure de la pieuvre devient une redoutable arme visuelle.

Une illustration de Vingt mille lieues sous les mers par Alphonse de Neuville Il lui manque encore un élément décisif. C’est la combinaison de la pieuvre et de ses tentacules avec la figure géographique du globe ou du planisphère qui lui confère sa forme achevée. Dans un dessin du Minneapolis Times de 1902, intitulé « The Octopus Who Strangles the World » (« La pieuvre qui étrangle le monde »), la tête du céphalopode est celle de John Davison Rockefeller, PDG de la Standard Oil, dont les bras enserrent le monde entier.

Dès lors, cette figure s’appliquera à toutes les formes d’empire, supposé ou réel, dont la domination est perçue comme le résultat d’un mécanisme caché. En 1917, l’ouvrage du géographe allemand Alfred Hettner, Englands Weltherrschaft und ihre Krisis (« La crise de l’empire mondial anglais »), fournit un modèle canonique qui inspirera de nombreuses déclinaisons, notamment des versions dénonçant la ploutocratie américaine ou la Russie bolchevique.

 Les figures et les métaphores aussi perdent leur efficacité et se dévalorisent, au fur et à mesure de leur répétition et de la diversification de leurs contextes d’usage. D’une grande puissance graphique, la figure de la pieuvre assise sur le monde finit par souffrir de sa dimension caricaturale et de son association étroite à l’univers conspirationniste. On la trouve encore employée après-guerre, par exemple par le parti communiste français pour dénoncer le plan Marshall. Mais le coeur n’y est plus, et la figure tombe rapidement en désuétude. On ne la rencontre désormais plus guère que dans les ouvrages ou les sites inspirés par la mouvance islamiste, qui associent volontiers antisémitisme et dénonciation de l’Occident capitaliste.

 Stauroteuthis syrtensisQue conclure de ce parcours iconographique? Si l’on ne peut nier que l’image de la pieuvre géante ait été associée à l’antisémitisme, cet usage est loin d’épuiser sa signification. C’est parce qu’elle est une représentation par excellence de la conspiration qu’elle a été utilisée dans le cadre antisémite, et non l’inverse. Le film de Grignon lui-même en apporte la preuve: dans la séquence incriminée par Riché, la mention des Rothschild n’est pas faite au hasard, mais renvoie à un épisode historique cité de façon elliptique, qui attribue un rôle-clé à la création de la Réserve fédérale américaine en 1913. Cette thèse renvoie à un schéma complotiste déjà ancien, dont on peut retrouver de nombreuses occurrences en ligne, qui décrit une société secrète, prétendument intitulée La Pieuvre noire (cette organisation où l’on rencontre aussi bien des francs-maçons que des communistes, vise évidemment l’instauration d’un gouvernement mondial).

 La pieuvre de Grignon n’est pas antisémite, mais bien complotiste. Faute d’interroger d’assez près les documents qu’il utilise, Pascal Riché se trompe à plusieurs reprises dans ses interprétations visuelles. L’un des exemples historiques auquel il renvoie, sans en identifier la source, est issu du pamphlet américain Coin’s Financial School, publié en 1893 par William Hope Harvey. Là encore, il s’agit d’une charge anticapitaliste et anti-anglaise, sans aucun lien avec l’antisémitisme. Un prof n’aime pas qu’on lui fasse la leçon. Pour se le permettre, encore faut-il disposer d’arguments irréfutables. Dans le cas contraire, mieux vaut réfléchir à deux fois avant de procéder à des associations hasardeuses.

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L’Ane 8

Posté par othoharmonie le 25 décembre 2011

Par Édouard Drumont

 S’il me fallait chercher l’analyse la plus complète et l’explication la plus profonde de la nature de l’Ane, je la demanderais à Apulée.

 Ces mythes grecs, si clairs dans la radieuse jeunesse de l’Hellade, tombèrent un peu dans la subtilité au moment de la décadence. Malgré tout, même dans le latin alambiqué de l’Africain Apulée, ils gardent encore je ne sais quel charme pénétrant.

 L'Ane 8 dans ANEN’est-elle point saisissante cette allégorie d’un homme jeune et beau métamorphosé en Ane et condamné à ne reprendre sa première forme que lorsqu’il aura mangé des roses ? C’est l’éternelle histoire de l’indigent auquel on ordonne pour se guérir du Haut-Brion et du jus de poulet. C’est le cercle vicieux en un mot ; il faut justement à l’Ane ces roses que nul n’aura la pensée de lui offrir.

 J’aperçois là, pour ma part, formulée en termes très suffisamment précis, une nouvelle preuve de la similitude que j’indiquais en commençant entre le travailleur et l’Ane. Pour se relever de la position humiliée qui est la sienne, il faut à l’homme comme à la bête des roses, c’est-à-dire les parfums, la grâce, la science, l’art, l’idéal, tout ce qui brille, tout ce qui sent bon, tout ce qui poétise et enchante l’existence. Or, précisément, c’est ce qui n’est pas à la portée des misérables.

 Au milieu d’un sacrifice, l’Ane s’approche du prêtre d’Isis qui porte des roses à la main et il reprend son enveloppe première. En dépit des détails scabreux auxquels se plaît la fable milésienne qui a servi de thème premier à Apulée, l’auteur ne s’est-il pas proposé un enseignement plus haut ? N’a-t-il pas voulu dire à tous que c’est au prêtre qu’appartient la mission d’initier à l’éternelle beauté, de relever et d’affranchir les déshérités de l’univers ?

Que disions-nous ? Que l’Ane était dédaigné de la littérature. Dans le monde antique finissant, il inspire un livre à Apulée ; dans notre monde moderne, déjà bien vieux, et qui, avec ses troubles, ses angoisses, ses fantômes hallucinants, ressemble tant au siècle où vécut l’Africain, Victor Hugo donne à un poème tout entier ce titre : l’Ane.

 Ne voilà-t-il pas de quoi consoler le pauvre animal de la disgrâce qui vient de le frapper ? Jadis, martial du moins après sa mort, il fournissait la peau ronflante à ces tambours sonores sur lesquels on battait la charge ; s’il ne courait pas lui-même au-devant d’un trépas sublime, il avait la satisfaction d’y envoyer les autres. Hélas ! on a crevé les tambours en même temps qu’on tuait beaucoup d’autres choses. L’Ane n’est plus utile à la musique qu’en fournissant avec ses tibias les montures de ces clarinettes que Toussenel détestait si cordialement et qui sont de plus en plus nécessaires aux aveugles qui se multiplient dans un pays où les borgnes sont rois…  (FIN)

 ÉDOUARD DRUMONT.

ULBACH, Louis (1822-1889) : L’âne par Victor Hugo, conférence faite à Courbevoie, le 7 novembre 1880 au profit de la bibliothèque populaire.- Paris : Calmann-Lévy, 1881.- 19 p. ; 22 cm.


Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Bibliothèque Municipale de Lisieux (30.XI.2001)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Bibliothèque municipale, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.66.50.- Minitel : 02.31.48.66.55. – Fax : 02.31.48.66.56
Mél : bmlisieux@mail.cpod.fr, [Olivier Bogros] bib_lisieux@compuserve.com
http://www.bmlisieux.com/


Diffusion libre et gratuite (freeware) Texte établi sur l’exemplaire d’une collection particulière.


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Abeille et notre santé

Posté par othoharmonie le 17 décembre 2011

Gif abeilleLes substances produites par certaines abeilles – cire d’abeille, propolis, gelée royale, miels de différentes plantes et même leur venin – ont la réputation ancestrale d’être excellentes pour la santé.

Ce sont évidemment les abeilles à miel domestiquées qui en sont les meilleures pourvoyeuses.

À la différence des guêpes et des frelons, l’abeille n’est pas un prédateur et ne chasse pas pour se nourrir. Cependant, les abeilles défendent leur nid et leurs routes aériennes des intrus. Les espèces prisées pour l’apiculture sont les plus tolérantes à cet égard. D’autres, comme l’abeille tueuse, hybride apparu au Brésil dans les années 1950, sont plus agressives à l’approche de leur nid. Une abeille en train de butiner est généralement inoffensive.

Du latin apis pour abeille, l’apithérapie est aussi ancienne que l’apiculture elle-même. Elle consiste à utiliser les produits récoltés, transformés ou sécrétés par l’abeille - le miel, la propolis, le pollen, la gelée royale et le venin - à des fins diététiques et thérapeutiques.

Depuis le début des années 1950, des études menées un peu partout dans le monde ont permis de mieux comprendre les vertus traditionnellement attribuées au miel et à la propolis, et de découvrir les bienfaits, jusqu’alors inconnus, du pollen et de la gelée royale. Toutefois, l’application la plus nettement thérapeutique des produits de l’abeille – et l’une des plus anciennes – demeure l’utilisation du venin d’abeille pour soigner les affections rhumatismales et arthritiques chroniques, certaines maladies inflammatoires comme les tendinites et les bursites, ainsi que la sclérose en plaques.

 

Approche millénaire et moderne

gifs abeillesLes connaissances de l’usage médicinal du venin d’abeille remontent à la plus haute Antiquité. Des textes chinois vieux de 2 000 ans en font mention. De même, Hippocrate (460-377 av. J.-C.), le père de la médecine, considérait le venin comme un remède idéal pour traiter l’arthrite et les problèmes d’articulations. Au XIXe siècle, le médecin autrichien Phillip Terc, un pionnier de l’apithérapie dans la médecine moderne, utilisait le venin d’abeille pour traiter les maladies rhumatismales. Dans son rapport publié en 1888 (Report about a peculiar connection between the beestings and rheumatism), il signale qu’aucune complication n’est survenue durant les 25 années au cours desquelles il a traité plus de 500 patients souffrant de rhumatismes, et pratiqué plus de 39 000 traitements.

 

Charles Mraz est aussi considéré comme un grand maître de l’apithérapie. Il a pratiqué pendant plus de 60 ans à la fois comme apiculteur et thérapeute, dans l’État du Vermont aux États-Unis, et a transmis son savoir-faire un peu partout gifs abeilles etc.dans le monde, jusqu’à sa mort en 1999. En 1928, Franz Kretchy a mis au point une technique permettant de contourner l’application directe du venin par piqûres d’abeilles en injectant une solution à l’aide d’une seringue. Bien que l’approche soit controversée, elle n’a cessé de susciter de l’intérêt. Plusieurs organismes, qui regroupent des individus ainsi que des associations engagés dans l’apithérapie et dans les domaines connexes, notamment Apitherapy.com et l’American Apitherapy Society, veillent à transmettre les plus récentes découvertes dans le domaine (voir Sites d’intérêt).

 

Les données concernant l’efficacité de l’apithérapie reposent presque uniquement sur des preuves anecdotiques. Il n’y a pas d’études scientifiques qui en auraient démontré les effets thérapeutiques de façon vraiment probante. Toutefois, des recherches récentes ont permis d’identifier, en partie, les composants du venin qui seraient responsables de son action. Il contient en effet certains agents anti-inflammatoires, notamment l’adolapine et la mélittine. Reconnue pour être 100 fois plus puissante que l’hydrocortisone, la mélittine stimule la production de cortisol, une hormone stéroïdienne qui agit aussi comme anti-inflammatoire. En règle générale, on s’entend pour dire que ces composants ont une action tonifiante et stimulante, qu’ils renforcent le système immunitaire et contribuent à détoxiquer l’organisme.

 

Issu du site…. http://www.passeportsante.net/fr/Therapies/Guide/Fiche.aspx?doc=apitherapie_th

                                                        gifs abeilles

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Vertus du Lait d’Anesse

Posté par othoharmonie le 14 décembre 2011

Le lait d’ânesse est considéré comme le plus proche de celui de la femme. On peut aussi manger sa viande et en produire du saucisson, notamment en Provence.

 

Vertus du Lait d'Anesse dans ANE 320px-Equus_asinus_Kadzid%C5%82owo_002L’exploitation de l’ânesse laitière était en honneur chez les peuples anciens. Les Grecs considéraient le lait d’ânesse comme un excellent remède, les Romains en faisaient une boisson de luxe. Hippocrate le recommandait pour toutes sortes de maux : empoisonnements et envenimations, douleurs articulaires, cicatrisation des plaies, etc… 

 

Buffon le signale dans son Histoire Naturelle : « Le lait d’ânesse est un remède éprouvé et spécifique pour certains maux, et l’usage de ce remède s’est conservé depuis les Grecs jusqu’à nous… » 

 

Au 19ème siècle, et même au début du 20ème, le lait d’ânesse était un remède auquel recouraient nombre de personnes. S’établirent à l’époque, surtout à Paris, beaucoup de « vacheries asiniennes » où s’adressaient les élégantes afin d’obtenir le précieux breuvage. On vendait le lait plus de 8 F le litre (8 F d’avant la guerre de 14-18…). Lorsque cessa cette mode, les établissements se tournèrent vers la production de lait destiné aux enfants en bas âge que leurs mères ne pouvaient nourrir. C’est ainsi que l’Hôpital des Enfants Assistés a longtemps entretenu un troupeau d’ânesses. On faisait souvent téter les bébés directement au pis de l’ânesse. En pesant le nourrisson, on s’est aperçu qu’il tétait chaque jour entre un litre et un litre et demi. 

 

Le docteur Parrot, qui gérait la nourricerie à l’Hôpital des Enfants Assistés, détaille le cérémonial (Bulletin de l’Académie de médecine, 1882) : « Les écuries où l’on tient les ânesses, saines, propres et bien aérées, ouvrent sur les doroirs où sont les enfants à allaiter. Traitée avec douceur, l’ânesse se prête facilement à allaiter le nourrisson qu’on lui présente. Son trayon est bien adapté à la bouche de l’enfant pour la préhension et la succion. L’infirmière s’assoit sur un escabeau à droite de l’animal et près de sa croupe. Elle porte avec sa main gauche la tête de l’enfant, ses genoux servant d’appui au reste du corps. La main droite sert particulièrement à agir sur la mamelle, qu’elle presse de temps en temps pour faciliter l’écoulement du lait, surtout si l’enfant est faible. On fait téter les enfants cinq fois pendant la journée et deux fois pendant la nuit. Une ânesse peut nourrir trois enfants de cinq mois ». 

 

Le lait d’ânesse est celui qui se rapproche le plus du lait maternel. Pour obtenir une qualité identique du lait, on soumet les ânesses à un régime alimentaire strict : foin sec ou luzerne sèche avec un peu de paille hachée, et du son pour augmenter les principes minéraux. Quelques carottes en hiver, quelques de bottes d’herbe verte au printemps. 

 

Contrairement à d’autres animaux, il est impossible de demander du lait à une ânesse si on lui enlève son petit. Il faut donc alterner les séances où on laisse téter l’ânon et les séances de traite. L’ânesse va donner du lait jusqu’à ce que son petit cesse de téter, en moyenne une année. 

 

On obtient en général entre un litre et un litre et demi de lait par ânesse et par jour. 

 

 

http://www.bourricot.com/Selection/VertusLait.html

 

Mongolie hémione.jpg

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L’Éléphant 1

Posté par othoharmonie le 21 novembre 2011

 

 

Par Louis Figuier 

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On a dit, avec raison, que l’homme est le maître de la nature. Il a soumis tous les animaux à son empire ; il a transformé suivant L'Éléphant 1 dans ELEPHANT 320px-Loxodontacyclotisses désirs la végétation qui couvre la terre ; il a percé des montagnes, comblé des vallons, creusé des voies dans l’épaisseur des collines, changé les isthmes en voie maritime, et noyé des continents. Il est, en un mot, à la tête de la création inanimée ou vivante. Mais on peut bien admettre un moment cette hypothèse que l’homme aurait pu ne point exister, ou bien encore qu’il aurait pu disparaître, par un des cataclysmes dont notre globe a été plusieurs fois le théâtre. L’homme aurait pu périr pendant la période glaciaire, alors qu’un refroidissement subit se manifesta sur toute l’étendue de la terre habitée, et que l’abaissement excessif de température fit disparaître un certain nombre d’espèces animales, dont on ne retrouve aujourd’hui que les vestiges, à l’état fossile, dans les terrains de cette époque. Il aurait pu être anéanti pendant les périodes diluviennes, qui ont laissé des traces si profondes de leurs ravages dans les terrains quaternaires.

En admettant l’hypothèse de la disparition, de la suppression de l’espèce humaine, on peut se demander quel est celui des animaux qui aurait remplacé l’homme, dans son rôle de souverain de la nature.

Elephant Mud Bath.oggA cette question, nous répondrons, avec assurance, que l’être animé qui aurait pris, en l’absence de l’homme, la direction suprême de la création, c’est l’Éléphant. De même que l’homme, parti des plateaux de l’Asie orientale, s’est répandu peu à peu dans toutes les contrées du globe, de même l’Éléphant, parti des rives de l’Indus, ou des bords des fleuves africains, se serait acclimaté dans toutes les contrées de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique actuelles. Et de même que l’homme règne aujourd’hui en tranquille vainqueur sur toutes les tribus animales, de même l’Éléphant aurait étendu son empire sur toute la création zoologique.

Qu’a-t-il fallu à l’homme pour assurer sa victoire sur le reste des habitants du globe ? La main et l’intelligence. Nous n’examinerons pas si l’homme possède la main parce qu’il possède l’intelligence, ou si son intelligence, comme le voulaient les philosophes sceptiques du dernier siècle, n’est que le résultat de l’existence de la main. Prenons les deux éléments tels qu’ils sont, sans rechercher leur dépendance mutuelle, et disons, avec tous les naturalistes, que l’intelligence et la main sont les causes de la suprématie de l’homme.

Or, l’Éléphant est pourvu de l’intelligence et de la main. La main est même disposée d’une manière plus commode et plus efficace chez l’Éléphant que chez l’homme. Elle est posée à l’extrémité d’une sorte de bras extrêmement long et prodigieusement flexible, vulgairement désigné sous le nom de trompe. (A SUIVRE…) 

 

FIGUIER, Louis (1819-1894) : L’Éléphant (1882). 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (05.II.2009) Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com

http://www.bmlisieux.com/ 



Diffusion libre et gratuite (freeware) 



Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 



 

elephants dans ELEPHANT

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Le buffle 1

Posté par othoharmonie le 21 novembre 2011

  

Par Henri Dalivoy 

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 Boselaphus tragocamelusJe dois au lecteur un aveu pénible mais loyal : je n’ai jamais vu d’autres Buffles que ceux du Jardin des plantes et du Jardin d’acclimatation. J’ajouterai, pour achever ma confession, que l’étude sur place de ces animaux a suffi largement à mon bonheur et ne m’a pas inspiré la moindre velléité d’aller, un jour, faire avec eux plus ample connaissance en Roumanie, en Égypte, en Perse, aux Indes ou au Cap de Bonne-Espérance. Pure question de goût. Ce n’est point ma faute si je n’ai pas l’humeur vagabonde et si je considère comme une calamité un simple déplacement de Paris à Carcassonne ou à Quimper-Corentin.

Je ne me vante ni ne m’excuse de cette horreur des pérégrinations lointaines ; je me borne à constater, non sans une satisfaction secrète, que j’ai, du moins, cela de commun avec d’illustres naturalistes, voire même de fameux auteurs de récits de voyages, qui n’ont, de la vie, quitté leur cabinet. Il n’a jamais manqué, et, à notre époque surtout, il ne manque pas d’explorateurs infatigables, d’audacieux chercheurs d’inconnu, pour aller recueillir, dans les régions les plus inaccessibles de l’ancien et du nouveau monde, toutes les données, tous les renseignements propres à combler les lacunes de la science. Je m’incline respectueusement devant ces modestes et intrépides approvisionneurs de MM. les savants en chambre ; cependant ma déférence et mon admiration ne vont pas jusqu’à suivre leur exemple. Si la fatalité voulait que j’eusse à opter entre les deux destinées, je préfèrerais, à coup sûr, le rôle sédentaire ; il exige moins d’héroïsme et conduit plus rapidement à l’Institut.

Mais revenons au Buffle.

Le buffle 1 dans VACHE - BOEUF.... 220px-Muybridge_Buffalo_gallopingJ’ai lu et noté ce qui a été écrit, que je sache, sur ce ruminant ; je me suis passé la fantaisie, bien inoffensive, de compulser, à son sujet, la Bible, les classiques grecs et latins, Aristote, Pline, etc., les « bestiaires » du moyen âge, les encyclopédies d’Albert le Grand, de Vincent de Beauvais, etc., l’interminable série des voyageurs, des naturalistes et des compilateurs des seizième, dix-septième et dix-huitième siècles, les grands ouvrages de Buffon, Cuvier, Flourens, d’Orbigny, etc., et, enfin, tous les travaux récents de zoologie. Eh bien ! je n’ai guère été, après, plus instruit qu’avant, et l’on ne me reprendra certainement pas à une pareille débauche de bouquins. Que de fables, que d’incertitudes, que de contradictions, que de desiderata, non seulement chez les écrivains de l’antiquité, du moyen âge et de la renaissance – ce qui s’explique de reste – mais aussi – et cela m’a enlevé une chère illusion – chez les plus célèbres naturalistes modernes et contemporains. Il m’a fallu une foi robuste pour ne pas douter de la science et désespérer du progrès.

On n’attend pas de moi, d’ailleurs, un de ces longs et doctes mémoires que peut seul se permettre un membre de l’Académie des sciences ou un professeur au Muséum ; ma tâche, heureusement, est plus modeste : les Animaux chez eux ne sont ni une revue d’érudition ni un traité complet d’histoire naturelle, et, pour ne parler que du Buffle et de ce qui me concerne, les superbes dessins de M. Lançon se passeraient fort bien de toute espèce de texte ; ma vile prose n’a pas d’autre but que de servir de repoussoir aux planches. Le lecteur, si lecteur il y a, est prévenu : il n’aura pas à me reprocher sa déception. (A SUIVRE…) 

 

DALIVOY, Henri : Le buffle (1882). 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (11.II.2009) Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com

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Diffusion libre et gratuite (freeware) 



Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 



Vache_10 dans VACHE - BOEUF....Vache_10

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Le Chat 3

Posté par othoharmonie le 20 novembre 2011

Par Théodore de Banville 

 

Jewelkatz Romeo Of Stalker-Bars.jpgLe Chat aime le repos, la volupté, la tranquille joie ; il a ainsi démontré l’absurdité et le néant de l’agitation stérile. Il n’exerce aucune fonction et ne sort de son repos que pour se livrer au bel art de la chasse, montrant ainsi la noblesse de l’oisiveté raffinée et pensive, sans laquelle tous les hommes seraient des casseurs de cailloux. Il est ardemment, divinement, délicieusement propre, et cache soigneusement ses ordures ; n’est-ce pas déjà un immense avantage qu’il a sur beaucoup d’artistes, qui confondent la sincérité avec la platitude ? Mais bien plus, il veut que sa robe soit pure, lustrée, nette de toute souillure. Que cette robe soit de couleur cendrée, ou blanche comme la neige, ou de couleur fauve rayée de brun, ou bleue, car ô bonheur ! il y a des Chats bleus ! le Chat la frotte, la peigne, la nettoie, la pare avec sa langue râpeuse et rose, jusqu’à ce qu’il l’ait rendue séduisante et lisse, enseignant ainsi en même temps l’idée de propreté et l’idée de parure ; et qu’est-ce que la civilisation a trouvé de plus ? Sans ce double et précieux attrait, quel serait l’avantage de madame de Maufrigneuse sur une marchande de pommes de la Râpée, ou plutôt quel ne serait pas son désavantage vis-à-vis de la robuste fille mal lavée ? Sous ce rapport, le moindre Chat surpasse de beaucoup les belles, les reines, les Médicis de la cour de Valois et de tout le seizième siècle, qui se bornaient à se parfumer, sans s’inquiéter du reste.

 

Cat 0063.JPGAussi a-t-il servi d’incontestable modèle à la femme moderne. Comme un Chat ou comme une Chatte, elle est, elle existe, elle se repose, elle se mêle immobile à la splendeur des étoffes, et joue avec sa proie comme le Chat avec la souris, bien plus empressée à égorger sa victime qu’à la manger. Tels les Chats qui, au bout du compte, préfèrent de beaucoup le lait sucré aux souris, et jouent avec la proie vaincue par pur dandysme, exactement comme une coquette, la laissant fuir, s’évader, espérer la vie et posant ensuite sur elle une griffe impitoyable. Et c’est d’autant plus une simple volupté, que leurs courtes dents ne leur servent qu’à déchirer, et non à manger. Mais tout en eux a été combiné pour le piège, la surprise, Le Chat 3 dans CHAT 220px-Astghik_1l’attaque nocturne ; leurs admirables yeux qui se contractent et se dilatent d’une façon prodigieuse, y voient plus clair la nuit que le jour, et la pupille qui le jour est comme une étroite ligne, dans la nuit devient ronde et large, poudrée de sable d’or et pleine d’étincelles. Escarboucle ou émeraude vivante, elle n’est pas seulement lumineuse, elle est lumière. On sait que le grand Camoëns, n’ayant pas de quoi acheter une chandelle, son Chat lui prêta la clarté de ses prunelles pour écrire un chant des Lusiades. Certes, voilà une façon vraie et positive d’encourager la littérature, et je ne crois pas qu’aucun ministre de l’instruction publique en ait jamais fait autant. Bien certainement, en même temps qu’il l’éclairait, le bon Chat lui apportait sa moelleuse et douce robe à toucher, et venait chercher des caresses pour le plaisir qu’elles lui causaient, sentiment qui, ainsi que nous l’avons vu, blessait Buffon, mais ne saurait étonner un poète lyrique, trop voluptueux lui-même pour croire que les caresses doivent être recherchées dans un but austère et exempt de tout agrément personnel.   (A SUIVRE….) 

 

THÉODORE DE BANVILLE.

 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (30.I.2009)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com

http://www.bmlisieux.com/ 



Diffusion libre et gratuite (freeware) 



Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 



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Classification du Papillon

Posté par othoharmonie le 6 novembre 2011

 

La taxinomie des insectes est en pleine évolution voire révolution, et les différentes classifications sont très disparates notamment concernant les sections situées entre les ordres et les genres.

 

Classification du Papillon dans PAPILLON 220px-Carolus_Linnaeus_by_Hendrik_Hollander_1853Carl von Linné dans Systema Naturae (1758) reconnaît trois groupes de lépidoptères : les Papilio, les Sphinx et les Phalaena avec sept sous-groupes dans les Phalaena (Scoble, 1995). Cette séparation se retrouve aujourd’hui dans 9 des super-familles de lépidoptères.

 

Après Linné, Denis et Schiffermüller (1775) sont suivis par Fabricius (1775) et Latreille (1796). Ils identifient beaucoup plus d’espèces en les regroupant dans ce qui sera reconnu comme des genres.

 

Hübner décrit beaucoup des genres modernes et Ochsenheimer et Friedrich Treitschke (1776-1842), dans une série de volumes sur la faune de lépidoptères européens publiés entre 1807 et 1835, renforcent les fondements de leur classification en genres (Scoble, 1995).

 

G.A.W. Herrich-Schaffer (plusieurs volumes, 1843-1856), et Edward Meyrick (1895) basent leur classification sur le nervurage des ailes. Au même moment, Sir George Hampson travaille sur la distinction entre Microlepidoptera et Macrolepidoptera.

 

Parmi les premiers entomologistes à étudier les fossiles d’insectes et leur évolution, Samuel Hubbard Scudder (1837-1911) travaille sur les papillons. Il publiera une étude des gisements du Colorado. Andrey Vasilyevich Martynov (1879-1938) met en évidence la proximité des lépidoptères et des trichoptères (Grimaldi et Engel, 2005).

 

animaux-papillon-00014 dans PAPILLONParmi les apports majeurs du XXe siècle figure la séparation basée sur la structure de l’appareil génital des femelles en Monotrysia et Ditrysia par Carl Julius Bernhard Börner (1880-1953) en 1925 et 1939 (Scoble, 1995).

 

Willi Hennig (1913-1976) développe l’analyse cladistique et l’applique à la phylogénie des insectes. Niels P. Kristensen, E. S. Nielsen et D.R. Davis étudient les relations entre les familles de Monotrysia, Kristensen ayant travaillé sur la phylogénie des insectes et des grands groupes de lépidoptères (Scoble 1995, Grimaldi et Engel, 2005). Alors qu’en général, les phylogénies basées sur les analyses de l’ADN diffèrent des phylogénies basées sur les analyses morphologiques, ce n’est pas le cas pour les lépidoptères, au moins à grande échelle (Grimaldi et Engel, 2005). Les tentatives de regroupement des super-familles de lépidoptères en grand groupes naturels ont toutes échoué car les critères actuels Microlepidoptera et Macrolepidoptera, Heterocera et Rhopalocera, Jugatae et Frenatae, Monotrysia et Ditrysia (Scoble 1995) ne permettent pas de définir des groupes monophylétiques.

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La science des éléphants

Posté par othoharmonie le 23 octobre 2011

Beaucoup de voyageurs et même de naturalistes, heureux d’avoir à parler d’êtres aussi merveilleux, ont adopté trop facilement les récits mensongers ou exagérés qu’ils avaient recueillis, et longtemps l’histoire des éléphants a tenu du roman plus que de la vérité.

 

Les Anciens et les Modernes.

La science des éléphants  dans ELEPHANT 220px-Elfenbein-NaturL’ivoire des éléphants a été connu bien avant que l’on sût de quels animaux il provenait. Il en est plusieurs fois question dans la Bible, où il est désigné sous le nom de sissabim (les Rois, liv. III, chap. x). Hérodote est le plus ancien des auteurs grecs qui aient parlé des éléphants. Il les cite, ainsi que les lions et quelques autres animaux, parmi les productions de la Libye orientale; toutefois ce ne fut guère qu’à l’époque d’Alexandre que les Européens eurent à leur égard des renseignements un peu exacts. Aristote parle longuement des éléphants. C’était l’éléphant de l’Inde (Elephas maximus) qu’on découvrit donc d’abord en Grèce, dans la deuxième moitié 220px-Elfenbein_verarbeitet dans ELEPHANTdu IVe siècle avant notre ère ; il était (jusqu’à l’époque de Cuvier, qui distinguera l’Elephas indicus et l’elephas africanus), regardé; comme identique avec l’éléphant africain (Loxodonta africana). La description qu’en fait Aristote est, au jugement de Cuvier, plus exacte que celle que fera beaucoup plus tard Buffon. Ce qui le frappa d’abord, c’est ce nez allongé qu’on appelle la trompe.

 

« Le nez de l’éléphant est, dit Aristote, fait de manière et tellement allongé qu’il lui sert de main ; il porte ainsi à la bouche son boire et son manger; en le relevant, il le tend à son conducteur comme une main; il s’en sert pour arracher des arbres, et lorsqu’il traverse un fleuve, il le tient élevé au-dessus des eaux pour respirer; étant cartilagineux, ce nez se courbe facilement par son extrémité. » (Aristote, Histoire des Animaux, II,I) . 

 

 

C’est ce qui fera dire à Buffon que  :

« l’éléphant a le nez dans la main, et qu’il est le maître de joindre la puissance de ses poumons à l’action de ses doigts.  » 

 

220px-La_Palmyre_088Aristote a manqué de faire mention d’une sorte de doigt qui termine la trompe et qui permet à l’animal de toucher et de saisir les plus petits objets. C’est avec raison qu’il donne le nom de dents
, et non celui de cornes, aux deux défenses qui sortent de chaque côté de la trompe et qui sont de véritables incisives. Hérodote a dit le premier que l’ivoire est la matière fournie par ces dents. Aristote est encore dans le vrai quand il dit que l’éléphant a cinq doigts à chaque pied, que leur division est peu sensible et qu’on n’y remarque pas d’ongles. Son aspect rugueux lui fit dire que l’éléphant est le moins velu des quadrupèdes (mammifères).

 

Buffon admettra, sur le rapport des historiens et des voyageurs, que

« les éléphants ne produisent jamais dans l’état de domesticité. »  

 

Cette assertion est absolument contredite par l’expérience, déjà comme des Anciens;  Elien (liv. 11, chap. XI), Columelle (liv. III, chap. VIII) disent positivement que du temps du Néron on possédait à Rome des éléphants nés dans cette ville en domesticité et qu’on profitait de leur jeune âge pour les dresser à mille tours d’adresse. Ce que Buffon dit de la pudeur des éléphants qui  « en se livrant à l’amour craignent surtout les regards de leurs semblables », est évidemment une pure fiction poétique. Aristote avait déjà fait remarquer que l’incertitude qui règne sur certains détails vient de ce que ces animaux s’accouplent dans des lieux solitaires. Contrairement à l’opinion d’Aristote, Buffon et ses collègues de l’Académie ont affirmé que l’éléphant nouveau-né tète avec la trompe et non avec la bouche. Cependant Aristote avait raison : des observations postérieures à celles de Buffon et de ses collègues ont démontré que l’éléphant nouveau-né tète avec la bouche et non avec la trompe.

 

Les Anciens ont également raconté des faits nombreux des l’intelligence des éléphants et en cela ils n’ont pas été contredits par les modernes, qui ont repris la question de plus haut. Ils ont montré que, si l’on compare le cerveau à le masse du corps, l’éléphant est de tous les mammifères celui qui a le cerveau le plus petit, et que la souris est celui qui l’a le plus grand. Certainement si l’on compare cerveau à cerveau, on trouve que l’éléphant est le mammifère qui a le cerveau le plus grand (le cerveau de l’éléphant est à peu près le double de celui de l’humain). 

 

« Mais, disait Flourens, ce n’est ni l’un ni l’autre de ces deux modes de comparaison qui donne le rapport de l’intelligence aux autres facultés. Pour avoir ce rapport, il faut comparer le cerveau proprement dit, organe exclusif de l’intelligence, aux autres parties de l’encéphale. » (note de Flourens, dans son édition de Buffon, t. III). 

 

On avait traité de fable ce que Pline avait dit de la crainte que l’éléphant aurait des rats. 

« Le fait, affirme Cuvier, est très exact ; nos éléphants de la ménagerie tremblent à la vue d’une souris. »  

 

Aura-t-on, après cela, des doutes sur l’intelligence des éléphants? car ne pas jauger un adversaire à sa taille, c’est déjà plus que de l’intelligence, c’est déjà de la sagesse ! 

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Les humains contre les éléphants

Posté par othoharmonie le 23 octobre 2011

L’esclavage des éléphants. 

Les humains contre les éléphants  dans ELEPHANT 220px-Schlacht_bei_Zama_Gem%C3%A4lde_H_P_MotteLes menaces d’extinction qui pèsent sur les éléphants ne sont pas nouvelles. Et si aujourd’hui c’est surtout la survie de l’Éléphant d’Afrique qui préoccupe, c’est de la préservation de l’éléphant d’Asie dont on s’est d’abord préoccupé. La chasse des Éléphants a été réglementée en Inde par le gouvernement anglais dès le XIXe siècle, et c’est grâce à cette protection que l’espèce est encore représentée sur le continent, comme à Ceylan, par de nombreux individus. Mais, ce qui aura sauvé les éléphants d’Asie, et aura justifié leur protection, c’est leur utilisation pour les travaux de force. Il n’est pas négligeable aujourd’hui dans certaines campagnes; il était essentiel dans les siècles passés dans tout le Sud-Est de l’Asie. 

 

170px-The_phalanx_attacking_the_centre_in_the_battle_of_the_Hydaspes_by_Andre_Castaigne_%281898-1899%29 dans ELEPHANTOn peut les dresser à tous les ouvrages qui exigent à la fois de la force et de l’adresse, à porter des fardeaux tels que des poutres, à traîner des chariots ou même la charrue, etc. Pour charger une poutre, l’Éléphant se sert de sa trompe et place ce fardeau en équilibre sur ses défenses, qui peuvent soulever jusqu’à 500 kilogrammes, mais non très longtemps. Sur le dos, un Éléphant peut transporter de 1000 à 1 250 kg sur un parcours de 60 à 80 kilomètres.  

 

Lorsqu’il doit transporter des voyageurs, on place sur son dos une sorte de palanquin solidement assujetti par des sangles et qui peut contenir deux ou trois personnes assises. Le cornac se place à cheval sur le cou de l’animal et le dirige de la voix en s’aidant d’un aiguillon fourchu, dont l’une des pointes est rabattue en forme de crochet. C’est une monture désagréable en raison du roulis que son allure ordinaire, l’amble, imprime au palanquin. Cependant tous les princes et les gens des hautes castes de l’Inde se servaient de cette monture; non seulement pour voyager, mais encore pour chasser le tigre, un de leurs plus dangereux divertissements. La hauteur de cette monture donnait aux chasseurs plus de sécurité que le dos d’un cheval. Au Siam, on leur faisait aussi remplir le rôle du bourreau en écrasant sous leur lourde patte le corps des condamnés à mort.  

 

Les éléphants se sont révélés très utile pour traverser les montagnes, car leur pied large et sûr leur permet de monter avec aisance; la descente est plus difficile, mais ils en éludent les difficultés en s’agenouillant des pattes de derrière et se laissant glisser avec adresse, le ventre contre le sol, jusqu’à ce que ses pattes de devant rencontrent un appui sûr. Tous les princes asiatiques, ainsi que la Compagnie anglaise des Indes orientales, entretenaient à l’époque coloniale un grand nombre d’éléphants dressés.  

 

220px-Elephant_sanctuary_GuruvayurLes éléphants ont eu, comme on l’a vu, dans l’histoire militaire de l’Antiquité un rôle considérable. Dans les temps modernes, ces animaux ont été utilisés à la guerre, mais seulement  pour porter des bagages et de l’artillerie. En 1868, l’armée anglaise marchant contre le roi d’Abyssinie, Théodoros, débarqua sur la côté occidentale de la mer Rouge quarante-cinq éléphants asiatiques qui permirent à cette armée de transporter ses munitions et sa grosse artillerie à travers les montagnes et jusque sur le haut plateau où Théodoros s’était retranché dans la forteresse de Magdala. Au début du XXe siècle, l’armée anglaise de l’Inde possédait encore mille éléphants d’artillerie; chaque pièce était traînée par deux éléphants attelés en flèche. 


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On a bien sûr songé à utiliser les éléphants en Europe; on s’est dit, au XIXe siècle, qu’un seul éléphant traînerait les lourds omnibus et les tramways à travers les rues encombrées des grandes villes, avec autant d’aisance et beaucoup plus de sécurité que trois ou quatre chevaux. Mais la raison qui s’est opposée à l’utilisation de cette puissante force motrice était ici encore économique : l’énorme quantité de nourriture nécessaire à l’éléphant aurait rendu ce mode de locomotion très coûteux. De plus il aurait fallu ajouter le prix du transport depuis l’Asie, car l’élevage de l’éléphant sur place aurait été prohibitif; il est d’ailleurs exclu même en Asie. En effet, bien que l’on ait de nombreux exemples d’éléphants s’étant reproduits en captivité, les différentes espèces n’ont jamais été complètement domestiquées, et c’est parmi les Éléphants sauvages que l’on va toujours chercher les individus que l’on utilise ensuite, en Inde, comme animaux domestiques. L’éléphant est pratiquement le seul animal domestique dont l’humain n’ait pas complètement détruit la souche sauvage originelle. Cette exception s’explique par la croissance très lente de l’éléphant, l’énorme quantité de nourriture dont il a besoin et la facilité avec laquelle il se laisse apprivoiser. Il est donc plus économique de laisser à la nature le soin de son élevage et de n’enlever l’animal à sa forêt natale que lorsqu’il est d’âge à rendre des services, c.-à-d. lorsqu’il est à peu près adulte, vers l’âge de vingt ans. Il peut d’ailleurs vivre soixante-dix ans et plus. 

 

Eléphants en Inde.

 

 

290px-Elephant_br%C3%BBle-parfumLorsque l’on veut se procurer de ces animaux, on opère de grandes battues dans les forêts qu’ils habitent en poussant les éléphants vers un enclos formé de solides palissades et ouvert d’un seul côté. Lorsque tout le troupeau, ainsi cerné, s’est jeté de lui-même dans cette enceinte on en ferme l’ouverture et l’on y fait entrer des éléphants domestiques spécialement dressés dans ce but et qui, montés et dirigés pas leur cornac, savent avec une adresse et une astuce véritablement surprenante, aider à la capture de leurs frères sauvages. On passe à ceux-ci un noeud coulant qui leur serre solidement l’un des pieds de derrière et on attache solidement au tronc d’un arbre : la faim, les privations, les brimades diverses font le reste, si bien qu’au bout de six mois l’animal peut être monté et employé aux mêmes travaux que les éléphants réduits en domesticité depuis de longues années.

 

 

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L’éléphant et l’Art

Posté par othoharmonie le 20 octobre 2011

  

Éléphant (gravure du XVIIIe siècle) L’ivoire des défenses de l’éléphant a longtemps servi à la réalisation d’œuvres d’art. Les œuvres en or et ivoire sont qualifiées de chryséléphantineschrusos, or en grec. Ce nom a été déformé en olifant, pour désigner une corne (instrument de musique) en ivoire. 

 

Le chryséléphantin 5signifiant « or » et elephántinos signifiant « ivoire ») est une technique de sculpture apparue en Grèce aux alentours du VIe siècle av. J.‑C., se caractérisant par l’utilisation de plaques d’ivoire (généralement pour représenter la chair, le corps humain) et d’or assemblées sur une armature de bois. Une statue créée avec cette technique est appelée une chryséléphantine

 

On peut citer l’exemple de la statue d’Athéna, l’Athéna Parthénos, qui se trouvait dans le Parthénon, faite d’or et d’ivoire, et qui était donc une statue chryséléphantine, mais aussi celle de Zeus à Olympie sculptée par Phidias et faisant partie des Sept merveilles du monde

La technique et le terme de chryséléphantine est repris à l’époque Art déco pour des statuettes en bronze doré et ivoire, une mode qui a périclité après la Seconde Guerre mondiale, entre autres à cause de la production en série[1]. Des artistes comme Demetre Chiparus, Peter Tereszczuk, Georges Omerth ou Ferdinand Preiss ont réalisé de nombreuses chryséléphantines. 

 

Ces anciennes chryséléphantines ont connu un nouvel attrait pour les collectionneurs à partir des années 1970 mais le marché a vite été confronté à des circuits de contrefaçon.

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Le chat à travers l’histoire

Posté par othoharmonie le 25 septembre 2011

Egyptian mau - Horus 2.jpgOn a longtemps pensé que les premiers à s’intéresser aux chats étaient les Égyptiens vers 2000 av. J.-C, mais la découverte en 2004 par une équipe d’archéo-zoologiste des restes d’un chat proche de ceux d’humains dans une sépulture à Chypre nous ramène vers 7500 et 9500 av. J.-C. 

 Avant de devenir un animal de compagnie pour les Égyptiens, le chat s’est vu confier l’immense tâche de surveiller et protéger les récoltes dans les silos à grains (blé). En chassant les rats et les souris, il veille à la non-propagation de maladies graves comme la peste, et en tuant les serpents il assure également la protection de la maison. De nombreux temples possédaient leurs propres chats. Il était interdit de tuer ou même de maltraiter un chat sous peine de mort. Pour les Égyptiens, la déesse Bastet à tête-de-chat symbolisait la fécondité et l’amour maternel. Des milliers de momies de chats retrouvées dans les cimetières ou près de leurs maîtres montrent à quel point les Égyptiens vénéraient les chats. 

La Grèce, ne connaissait pas les chats à cette époque. Ce sont les Phéniciens qui volèrent aux Égyptiens quelques couples de cet animal sacré pour les revendre aux Grecs. 

Les Romains, par contre, adoraient le félidé et lui vouaient une véritable passion. D’abord utilisé comme coussin auto-chauffant dans la haute société, l’usage de posséder un chat se répandit dans tout l’Empire et dans toutes les couches de la population, assurant la dispersion de l’animal dans toute l’Europe.

Durant la majeure partie du moyen âge, l’Europe chrétienne, le chat fut satanisé. Le chat était associé à la malchance et au mal, s’il était noir c’était encore pire. On le considérait comme un animal de la sorcellerie et du diable. Persécuté, torturé, massacré, il faillit disparaître d’Europe. Pas de chance, en son absence, les rongeurs colportèrent une charmante maladie prénommée Peste, qui tua une bonne partie de l’humanité. Pour une fois que le chat se montrait nécessaire, ils s’en sont débarrassés. 

La renaissance marque un certain retour en grâce du chat, surtout en raison de son action préventive contre les rongeurs, mangeurs de récoltes. Mais il faudra attendre le XIXe siècle avant que le chat soit vraiment réhabilité à la faveur des écrivains et Le chat à travers l’histoire dans CHAT 180px-Egyptian-mau-Facepoètes. 

A l’Antiquité 

Les Égyptiens de l’Antiquité divinisèrent le chat sous les traits de la déesse protectrice Bastet, symbole de la fécondité et de l’amour maternel, dont le culte se situait principalement dans la ville de Bubastis. Les archéologues ont découvert de très nombreuses momies de chats qui montrent à quel point les Égyptiens les vénéraient ; on peut voir ces momies, entre autres, à Paris (musée du Louvre), à Londres (British Museum) ou au Caire (Musée égyptien du Caire).

220px-Mauegyptien dans CHATEn guise d’animaux chasseurs de rongeurs, la Grèce antique ne connaît longtemps que les mustélidés (furets et belettes). Ce sont les Phéniciens qui volèrent aux Égyptiens quelques couples de leur animal sacré pour les revendre aux Grecs. Aristophane cite même la présence d’un marché aux chats à Athènes.

Les Romains, en revanche, vouaient une passion au chat : d’abord réservé aux classes aisées, l’usage de posséder un chat se répandit dans tout l’Empire et dans toutes les couches de la population, assurant la dispersion de l’animal dans toute l’Europe.

Au Moyen Âge et Renaissance 

En principe, l’image du chat est positive dans l’islam en raison de l’affection qu’éprouvait Mahomet, sauvé de la morsure d’un serpent par un chat. À l’inverse, le chat fut satanisé dans l’Europe chrétienne durant la majeure partie du Moyen Âge, manifestement en raison de son adoration passée de la part des païens et surtout de la réflexion de la lumière dans ses yeux, qui 220px-Egy_maupassait pour être les flammes de l’Enfer. Dans la symbolique médiévale, le chat était associé à la malchance et au mal, d’autant plus quand il était noir, ainsi qu’à la sournoiserie et à la féminité. C’était un animal du diable et des sorcières. On lui attribuait des pouvoirs surnaturels, dont la faculté de posséder neuf vies. Les différentes vagues de peste, dues à la prolifération des rats, pourraient être une conséquence de la diminution du nombre de chats.

Cependant, la Renaissance marqua un certain retour en grâce du chat, principalement en raison de son action préventive contre les rongeurs, dévoreurs de récolte. Les Grandes découvertes et la mise au jour d’espèces exotiques jouèrent également un rôle certain. L’empereur Charles-Quint emporta ainsi avec lui lors de sa retraite au monastère de Yuste deux petits chats brésiliens qui lui avaient été offerts par sa sœur Catherine de Portugal.

La Périodes moderne et contemporaine 220px-Egyptian_Mau_at_Fif%C3%A9_Worldshow_Sankt_Gallen_2009

Une première tentative de réhabilitation fut la célèbre Histoire des Chats : dissertation sur la prééminence des chats dans la société, sur les autres animaux d’Égypte, sur les distinctions et privilèges dont ils ont joui personnellement (1727) de François-Augustin de Paradis de Moncrif. L’auteur y prend la défense du chat à travers des références historiques, notamment à l’ancienne Égypte, qui se veulent érudites et constituent en réalité un pastiche de la pédanterie.

Malgré de nobles exceptions comme les chartreux de Richelieu ou le persan blanc de Louis XV, le chat ne connut son véritable retour en grâce qu’à la faveur du romantisme : il devint l’animal romantique par excellence, mystérieux et indépendant. Toujours au XIXe siècle, il se retrouva également symbole du mouvement anarchiste (France), à travers son image poétique, autonome et gracieuse. Le XXe siècle, quant à lui, a gardé cette vision romantique tout en s’intéressant au chat d’une manière plus scientifique.

 

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