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L’hermine et l’homme

Posté par othoharmonie le 28 mai 2013


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L'hermine et l'homme dans HERMINE - VISON- BELETTE hermine13La fourrure de l’hermine, symbole de pureté morale, orne la robe des hauts dignitaires de l’Église, de l’État ou de l’Université. Mais l’animal est, pour certains chasseurs, un dangereux concurrent. Utilisée pour lutter contre les campagnols, elle a aussi commis de sérieux ravages là où les hommes l’ont introduite.

  « Il était une fois une hermine tout de blanc vêtue, poursuivie par un renard. Au cours de cette poursuite, les deux ennemis arrivèrent devant un ruisseau boueux. L’hermine avait deux solutions : se faire prendre par le renard ou passer dans le ruisseau et donc salir sa belle robe blanche. Elle choisit la première solution. » Telle est la légende qui explique la devise de la Bretagne : Kentoc’h mervel evit em lousa, « Plutôt mourir que de se souiller. » L’hermine stylisée est représentée sur de nombreux objets, ainsi que sur les armes de familles de la noblesse bretonne.

    Symbole de pureté morale, la fourrure blanche de l’hermine orne aussi depuis des siècles les tenues des plus hauts dignitaires, et bien sûr des rois. Pour satisfaire à ces modes, de nombreux pièges sont posés en Scandinavie, en Russie et en Amérique du Nord. Dans les années 1920 et au début des années 1930, l’État de New York fournit, à lui seul, 100 000 peaux d’hermine blanches par an. En 1937, le Canada envoie 50 000 peaux d’hermine en Grande-Bretagne, pour les cérémonies du couronnement de George VI. Pendant la décennie 1970, de 40 000 à 100 000 hermines et belettes à longue queue sont capturées chaque année aux États-Unis et au Canada. Et au Kamtchatka, en Sibérie, de l’hiver 1937-1938 à l’hiver 1963-1964, les captures d’hermines fluctuent entre 4 000 et 12 000 par an. Aujourd’hui, les peaux d’hermine sont moins recherchées, peut-être à cause du minutieux travail que demandent l’assemblage et la préparation de fourrures de si petite taille.

 Au début du XIXe siècle, l’arrivée en Nouvelle-Zélande des Européens amenant avec eux divers animaux et défrichant les terres a eu des conséquences désastreuses sur la faune locale. Plus de 150 populations différentes d’oiseaux indigènes de l’archipel ont disparu ou sont menacées de disparition. On ne connaît pas les chiffres pour les lézards et les insectes, mais ils sont certainement du même ordre de grandeur, voire pire. Les actions conjuguées de l’homme, du chien, du rat, du cochon ont provoqué l’anéantissement de nombreuses espèces qui n’étaient pas habituées à se méfier d’eux.

    L’hermine a, quant à elle, été introduite en Nouvelle-Zélande après 1884, dans le but d’enrayer la pullulation de lapins. Elle commet de nombreux dégâts sur les espèces d’oiseaux qui nichent à terre, surtout dans l’île du Sud ; elle s’attaque, par exemple, aux poussins des kiwiset dévaste les nids du mohoua . Comme elle peut  nager sur 1 km ou 1,5 km, elle a aussi été capable d’aller s’installer sur des îles proches de la Nouvelle-Zélande.

    Aujourd’hui, les oiseaux néo-zélandais qui ont survécu sur la grande île sont ceux qui étaient capables de réagir. Leur dynamique de population diffère de celle des espèces identiques qui vivent sur des îlots côtiers où elles n’ont encore jamais vu ni belette, ni hermine, ni rat, ni chat. Les populations qui côtoient les hermines produisent davantage de jeunes par nichée, commencent à se reproduire plus tôt en saison et pendant plus longtemps. Elles dépensent donc nettement plus d’énergie, mais compensent ainsi les pertes importantes dues à la prédation. Par ailleurs, si certaines populations craignent encore l’hermine, la déforestation et la destruction de leurs habitats sont  aujourd’hui une menace bien plus grave pour elles.

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Les belettes sont-où ?

Posté par othoharmonie le 19 mai 2013

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Le genre Mustela, auquel appartient l’hermine, représente la sous-famille des mustélinés au sein de la famille des mustélidés ; il rassemble 17 espèces de petits carnivores terrestres ou semi-aquatiques, prédateurs efficaces de petits vertébrés, largement répartis dans le monde. Leurs comportements sont très proches. Là où deux ou trois espèces cohabitent, des différences de taille permettent d’éviter une concurrence alimentaire trop importante.

 Les belettes sont-où ? dans HERMINE - VISON- BELETTE belle-belette

   Outre les belettes (voir ci-dessous), le genre Mustela comprend les putois. Deux espèces sont eurasiatiques : le putois,  (et sa forme domestique le furet, ) et le putois des steppes. La troisième est américaine : il s’agit du  putois à pieds noirs, Mustela nigripes, des Grandes Plaines des États-Unis. Celui-ci a frôlé l’extinction à la fin des années 1970. Sa raréfaction est imputable aux effets combinés de la disparition de ses proies, les chiens de prairie – tapetum lucidumeux-mêmes victimes de l’extension de l’agriculture, ainsi que de persécutions (empoisonnements) – et de la destruction de son habitat. Disparu à l’état sauvage, l’espèce a fait l’objet d’un programme d’élevage en captivité, puis de plusieurs réintroductions dans la nature. Aujourd’hui, la population sauvage, issue de ces réintroductions, est en hausse, mais le putois à pieds noirs reste très rare et en danger.

   Le vison d’Europe appartient lui aussi à la sous-famille des mustélinés. En revanche, le vison d’Amérique, auparavant classé dans le genre Mustela, fait aujourd’hui partie du genre Neovison. Ce genre comprend aussi une espèce éteinte, le vison des mers , qui, jusqu’au XIXe siècle, habitait les côtes rocheuses atlantiques du Canada et du nord des États-Unis. Exterminé par la chasse, pour sa fourrure, il aurait disparu vers 1860 (il se serait peut-être maintenu jusqu’en 1894).

Le plus petit des carnivores : de 25 à 250 grammes selon les régions.

Identification : queue plus courte que l’hermine, jamais noire à l’extrémité sauf quelques poils foncés, ligne de démarcation irrégulière entre colorations du dos et du ventre, souvent une tache brune sur la joue blanche.

Répartition : proche de celle de l’hermine mais absente en Irlande et nettement plus méridionale. En Amérique du Nord et au nord de l’Eurasie (Scandinavie et Russie), animaux plus petits et blancs l’hiver. Sur le pourtour méditerranéen, au Maghreb et en Égypte, en Corse et en Sardaigne, se trouvent les animaux les plus grands.

Sans doute

 deux sous-espèces :  la belette « des neiges », que l’on trouve dans le Nord de l’aire de répartition de l’espèce (les belettes « pygmées », rattachées à, se rencontrent également en Amérique du Nord et au Japon), et  sous-espèce d’Europe occidentale, de Grande-Bretagne et d’Asie occidentale. La belette a été introduite en Nouvelle-Zélande.

Alimentation : chasseur de campagnols et de lemmings encore plus spécialisé que l’hermine.

Comportement : gestation de 34 à 37 jours, sans diapause. Pas de crinière chez les jeunes ; pas d’accouplement au nid. Sevrage entre 4 et 12 semaines ; maturité, chez les deux sexes, vers 3 ou 4 mois. Si les proies abondent, les femelles peuvent avoir une seconde portée le même été avec un œstrus fin mai, et les jeunes nés en avril peuvent se reproduire dès le premier été. Les années où les campagnols sont rares, il peut ne pas y avoir du tout de reproduction.

Outre la belette à longue queue, l’Amérique tropicale héberge deux espèces mal connues :

   La belette de Colombie,  est connue par une dizaine de spécimens recueillis dans les Andes, entre 1 750 et 2 500 m d’altitude ; un a été trouvé en Équateur, tous les autres proviennent de la cordillère centrale de Colombie. Le mode de vie de cette belette andine est inconnu. Elle est l’un des plus rares mammifères du monde, et les zones où elle est supposée vivre souffrent de la déforestation.

   La belette tropicale, ou belette amazonienne, a été baptisée Mustela africana par suite d’une erreur d’étiquetage entre le lieu de capture et le musée où elle a été décrite. Mal connue, elle habite les forêts humides du bassin de l’Amazone, de l’est de l’Équateur jusqu’au Brésil et au nord-est du Pérou. De brune à chocolat sur le dessus, elle est plus pâle dessous, mais avec une ligne médiane de la couleur du dos sur le ventre. Elle nage et grimpe bien.

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L’hermine et l’homme

Posté par othoharmonie le 8 mai 2013

L'hermine et l'homme dans HERMINE - VISON- BELETTE hermine-300x199La fourrure de l’hermine, symbole de pureté morale, orne la robe des hauts dignitaires de l’Église, de l’État ou de l’Université. Mais l’animal est, pour certains chasseurs, un dangereux concurrent. Utilisée pour lutter contre les campagnols, elle a aussi commis de sérieux ravages là où les hommes l’ont introduite.

 « Il était une fois une hermine tout de blanc vêtue, poursuivie par un renard. Au cours de cette poursuite, les deux ennemis arrivèrent devant un ruisseau boueux. L’hermine avait deux solutions : se faire prendre par le renard ou passer dans le ruisseau et donc salir sa belle robe blanche. Elle choisit la première solution. » Telle est la légende qui explique la devise de la Bretagne : Kentoc’h mervel evit em lousa,« Plutôt mourir que de se souiller. » L’hermine stylisée est représentée sur de nombreux objets, ainsi que sur les armes de familles de la noblesse bretonne.

   Symbole de pureté morale, la fourrure blanche de l’hermine orne aussi depuis des siècles les tenues des plus hauts dignitaires, et bien sûr des rois. Pour satisfaire à ces modes, de nombreux pièges sont posés en Scandinavie, en Russie et en Amérique du Nord. Dans les années 1920 et au début des années 1930, l’État de New York fournit, à lui seul, 100 000 peaux d’hermine blanches par an. En 1937, le Canada envoie 50 000 peaux d’hermine en Grande-Bretagne, pour les cérémonies du couronnement de George VI. Pendant la décennie 1970, de 40 000 à 100 000 hermines et belettes à longue queue sont capturées chaque année aux États-Unis et au Canada. Et au Kamtchatka, en Sibérie, de l’hiver 1937-1938 à l’hiver 1963-1964, les captures d’hermines fluctuent entre 4 000 et 12 000 par an. Aujourd’hui, les peaux d’hermine sont moins recherchées, peut-être à cause du minutieux travail que demandent l’assemblage et la préparation de fourrures de si petite taille.

L’HERMINE EN NOUVELLE-ZÉLANDE

Au début du XIXe siècle, l’arrivée en Nouvelle-Zélande des Européens amenant avec eux divers animaux et défrichant les terres a eu des conséquences désastreuses sur la faune locale. Plus de 150 populations différentes d’oiseaux indigènes de l’archipel ont disparu ou sont menacées de disparition. On ne connaît pas les chiffres pour les lézards et les insectes, mais ils sont certainement du même ordre de grandeur, voire pire. Les actions conjuguées de l’homme, du chien, du rat, du cochon ont provoqué l’anéantissement de nombreuses espèces qui n’étaient pas habituées à se méfier d’eux.

   L’hermine a, quant à elle, été introduite en Nouvelle-Zélande après 1884, dans le but d’enrayer la pullulation de lapins. Elle commet de nombreux dégâts sur les espèces d’oiseaux qui nichent à terre, surtout dans l’île du Sud ; elle s’attaque, par exemple, aux poussins des kiwis (Apteryx), et dévaste les nids du mohoua (Mohoua ochrocephala). Comme elle peut  nager sur 1 km ou 1,5 km, elle a aussi été capable d’aller s’installer sur des îles proches de la Nouvelle-Zélande.

   Aujourd’hui, les oiseaux néo-zélandais qui ont survécu sur la grande île sont ceux qui étaient capables de réagir. Leur dynamique de population diffère de celle des espèces identiques qui vivent sur des îlots côtiers où elles n’ont encore jamais vu ni belette, ni hermine, ni rat, ni chat. Les populations qui côtoient les hermines produisent davantage de jeunes par nichée, commencent à se reproduire plus tôt en saison et pendant plus longtemps. Elles dépensent donc nettement plus d’énergie, mais compensent ainsi les pertes importantes dues à la prédation. Par ailleurs, si certaines populations craignent encore l’hermine, la déforestation et la destruction de leurs habitats sont  aujourd’hui une menace bien plus grave pour elles.

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Fourmis et les croyances

Posté par othoharmonie le 7 janvier 2013

Les fourmis, rêves et croyances humaines
Une référence symbolique riche et complexe …

Les fourmis sont à la base d’un bon nombre de nos mythes et croyances.

En Afrique, elles occupent une place prépondérante dans la tradition orale et écrite au même titre que le lion ou le phacochère; chez les Dogons du Mali fut étudié une mythe cosmogonique dans le cadre duquel les fourmis occupent une place centrale; trois versions expliquent l’origine de la Terre.

Fourmis et les croyances dans FOURMI formica_rufa_detailL’une d’elles, énoncée dans l’ouvrage « Dieu d’eau » implique les fourmis dans la formation de la terre. Pour les Dogons, Amma, le créateur du Monde, était un potier. Il commença par fabriquer l’astre solaire et l’astre lunaire en pétrissant deux boules de terre en forme de canaris. Il leur donna la couleur rouge pour le soleil et blanche pour la lune. Puis il prit un peu de terre et la modela en forme de femme dont le sexe était une fourmilière. C’était la Terre, avec laquelle il s’accoupla pour donner le Chacal et les Monno. Ceux-ci donnèrent les ancêtres des hommes d’aujourd’hui.

La connaissance des fourmis est parfois plus terre à terre. Pierre Jaisson explique dans son ouvrage « La fourmi et le sociobiologiste » que les indiens Lacandons du Chiapas (Mexique) avaient une terminologie binominale pour désigner les fourmis de leur forêt, ce qui montre leur connaissance approfondie de la nature. Certains indiens de l’altiplano mexicain identifient la fourmi comme le serpent corail qui fonde les sociétés de fourmis champignonnistes Atta. Ils le considèrent comme la reine des fourmis. Effectivement, le serpent entre impunément dans la colonie pour y pondre, d’où la légende qui en fait le fondateur de la fourmilière. Le même type de légende existerait à Madagascar pour d’autres fourmis et d’autres serpents.

Un proverbe Mossi, au Burkina Faso, dit que lorsque les fourmis coordonnent leurs mandibules elles transportent un éléphant.

Les fourmis inspirent les courants philosophiques et théologiques plus récents à travers le monde comme elles l’ont fait pour les croyances plus anciennes. Elles sont présentes dans le Coran. La sourate 27 porte leur nom. Les fourmis sont mentionnées dans le verset 18. Elles y apparaissent comme un peuple évolué apeuré par la venue de Salomon. Ce texte datant de l’époque du Prophète servit par la suite de support à Djahiz dans son Kitâb al-hayawân (Le livre des animaux, 8/9ème siècle). Dans ce livre, Djahiz décrit la fourmi comme un animal doté d’un odorat extrêmement fin lui permettant de détecter la nourriture à de grandes distances et d’informer les autres fourmis de la présence de cette nourriture. Le comportement des fourmis moissonneuses est aussi décrit. Les mêmes données se retrouvent dans « Les merveilles de la création » (Quazwini, 13ème siècle) et  » La grande vie des animaux » (Damiri, 14ème siècle) (A. Aarab, comm. pers.).

A l’image de la philosophie de l’antiquité, les fourmis sont prises comme exemple par certaines religions. Dans le Talmud, elles sont le symbole de l’honnêteté et de la vertu; pour le bouddhisme, elles représentent les activités matérialistes. Là encore, c’est bien souvent l’apparente perfection de leurs organisations sociales ainsi que les similitudes entre leur comportement et le nôtre qui incitent les prophètes à les prendre pour exemple.

Jean ROUSSEAU – A partir de « Les fourmis », Alain Lenoir
dans « Si les lions pouvaient parler »
sous la direction de Boris Cyrulnik, Gallimard, 1998.

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Imaginons la Fourmi

Posté par othoharmonie le 31 décembre 2012

 

LES FOURMIS DANS L’IMAGINAIRE HUMAIN

 

Imaginons la Fourmi dans FOURMI 220px-chinguetti-manuscrit-termitesLes fourmis font partie de bon nombre de nos croyances, de nos légendes et de nos mythes. Ceci est particulièrement vrai en Afrique, chez les Dogons. Cette tribu du Mali fût étudiée pendant de longues années par l’ethnologue français M. Griaule.

 Celui-ci donna trois versions possibles pour expliquer le mythe de l’origine de la Terre. L’une d’elle, énoncée dans l’ouvrage Dieu d’eau implique les fourmis dans la formation de la terre. Pour les Dogons, Amma, le créateur du Monde était un potier. Il commença par fabriquer l’astre solaire et l’astre lunaire en pétrissant deux boules de terre en forme de canaris. Il leur donna la couleur rouge pour le soleil et blanche pour la lune. Puis il prit un peu de terre et la modela en forme de femme dont le sexe était une fourmilière. C’était la Terre, avec laquelle il s’accoupla pour donner le Chacal et les Monno. Ceux-ci donnèrent les ancêtres des hommes d’aujourd’hui.

 Parfois la connaissance des fourmis est beaucoup plus proche de la réalité. Selon Pierre Jaisson (La fourmi et le sociobiologiste, 1993 p. 276) les indiens lacandons du Chiapas (Mexique) avaient une terminologie binominale pour désigner les fourmis de leur forêt, ce qui montre leur connaissance approfondie de la nature. Pour certains indiens de l’altiplano mexicain, c’est le serpent corail qui fonde les sociétés de fourmis champignonnistes Atta. Ils le considèrent comme la reine des fourmis. Effectivement le serpent entre impunément dans la colonie pour y pondre, d’où la légende qui en fait le fondateur de la fourmilière. Le même type de légende existerait à Madagascar pour d’autres fourmis et d’autres serpents.

 Un proverbe Mossi au Burkina Faso dit que lorsque les fourmis coordonnent leurs mandibules elles transportent un éléphant.

 Les fourmis sont également présentes dans le Coran. La sourate 27 porte leur nom. Les fourmis sont mentionnées dans le verset 18. Elles y apparaissent comme un peuple évolué apeuré par la venue de Salomon. Ce texte datant de l’époque du Prophète servit par la suite de support à Djahiz dans son Kitâb al-hayawân (Le livre des animaux, 8/9ème siècle). Dans ce livre Djahiz décrit la fourmi comme un animal doté d’un odorat extrêmement fin lui permettant de détecter la nourriture à de grandes distances et d’informer les autres fourmis de la présence de cette nourriture. Le comportement des fourmis moissonneuses est aussi décrit. Les mêmes données se retrouvent dans «  Les merveilles de la création » (Quazwini, 13ème siècle) et  » La grande vie des animaux «  (Damiri, 14ème siècle) (A. Aarab, comm. pers.).

  dans FOURMIA l’image de la philosophie de l’antiquité, les fourmis sont prises comme exemple par certaines religions. Dans le Talmud, elles sont le symbole de l’honnêteté et de la vertu ; pour le bouddhisme, elles représentent les activités matérialistes. Là encore, c’est bien souvent l’apparente perfection de leurs organisations sociales ainsi que les similitudes entre leur comportement et le nôtre qui incitent les prophètes à les prendre pour exemple. Certaines castes indiennes sont respectueuses de toute forme de vie et « marchaient pieds nus afin de ne pas écraser une fourmi, dans une ville où l’on mutilait les enfants pour les envoyer mendier » (Un coeur invaincu, de Mariane Pearl, Plon 2003, page 138).

 La fourmi est souvent utilisée comme symbole de travailleur de l’ombre comme le journal du syndicat Sud d’Indre et Loire de la santé qui s’appelle « L’écho des fourmis » (exemplaire de février 2003) ou encore symbole d’économie, par exemple à Rennes pour le recyclage sélectif des déchets, ou symbole du monde « underground » comme les architectes « Ant Farm » américains. La fourmi est aussi bien sûr symbole d’insecte économe et travailleur comme on le voit dans le journal Le Monde du 24 mars 2009

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Les lapins domestiques

Posté par othoharmonie le 17 novembre 2012

 

Les lapins domestiques dans LAPIN - LIEVRE 220px-Rabbit_sharing_appleLe lapin domestique est exclusivement issu d’une espèce : le Lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus). Son élevage, appelé cuniculture, s’est développé à partir du Moyen Âge. Son but premier est la production de viande, mais il permet également la production de poils et de fourrures. Par ailleurs, les lapins sont aujourd’hui employés comme modèles dans les laboratoires, et peuvent également devenir des animaux de compagnie, du fait de leur caractère affectueux. Diverses races ont été développées suite à la sélection par l’homme. Elles présentent une très vaste gamme de tailles et de couleurs de robe et sont chacune adaptée à un de ces usages.

Le lapin domestique est un lapin européen qui a été domestiqué. Issus du « lapin de garenne » sauvage, élevés à l’origine en semi-liberté dans de vastes espaces clos, les lapins de clapier sont de petits mammifères herbivores qui diffèrent très peu de l’espèce souche. Tout comme leur ancêtre des garennes, ils sont en effet de l’espèce Oryctolagus cuniculus, classée dans l’ordre des lagomorphes, la famille des léporidés et le genre Oryctolagus. Le lapin domestique est également caractérisé par ses fortes pattes arrières, adaptées à la locomotion par bonds, et ses longues oreilles. Ses dents poussent continuellement et lui permettent de ronger ses aliments, il pratique aussi la cæcotrophie, ré-ingérant une partie de ses crottes pour les digérer à nouveau. C’est un animal social mais très territorial. Il peut être docile, voire affectueux vis à vis des hommes, s’il est habitué jeune à leur compagnie. Il existe plus de 100 races de lapins domestiques recensées au début du XXIe siècle, toutes descendent du lapin européen qui a été domestiqué au Moyen Âge en Europe occidentale : une époque relativement récente comparée avec d’autres animaux domestiques.

220px-bundesarchiv_bild_183-2005-0626-510_berlin_frau_beim_kaninchenfttern dans LAPIN - LIEVRELe lapin domestique est particulièrement prolifique et donne naissance à des portées nombreuses à de faibles intervalles de temps, notamment dans les élevages à vocation commerciale. Facile à élever bien que relativement fragile, il est d’abord destiné à l’approvisionnement en viande, mais aussi en fourrure et en poils grâce à l’apparition des lapins angoras. Il est aujourd’hui utilisé comme animal de laboratoire et c’est devenu un animal de compagnie (NAC) populaire, au point de donner lieu à l’organisation de concours raciaux ou bien de saut. Les très nombreuses races de lapins ont été créées à la faveur de la sélection effectuée par l’homme afin de les adapter aux divers usages précités.

Le lapin est, de manière générale, un animal qui a fortement marqué la culture en raison de sa douceur et de sa prolificité, symbole lunaire de fertilité. Il est de nos jours principalement associé à l’univers enfantin.

Le lapin domestique est issu du lapin de garenne, et reste donc très proche de cette espèce qui forme son ancêtre sauvage. L’aspect extérieur des lapins domestiques peut toutefois varier considérablement selon les races sélectionnées par les éleveurs, et l’animal se démarquer du lapin de garenne tant par sa taille, puisqu’il existe des races dites naines ou géantes, que par sa fourrure, puisque le lapin domestique peut arborer des poils plus ou moins longs ainsi que des coloris variés.

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Lapin, animal de laboratoire

Posté par othoharmonie le 29 octobre 2012

Divers lapins domestiques (Oryctolagus cuniculus)Le lapin intéresse depuis bien longtemps les scientifiques comme modèle animal. Ainsi, dès le XVIIe siècle, des lapins sont utilisés en ophtalmologie, puis comme modèle d’investigation pour les études pharmacologiques de transfert placentaire de médicaments, métabolites et stéroïdes, sa placentation étant similaire à celle de la femme. Cet animal présente notamment les avantages d’être prolifique, de petite taille et de pouvoir être élevé dans des conditions bien maîtrisées, conditions indispensables pour en faire un animal de laboratoire. Sa taille intermédiaire en fait un sujet idéal pour effectuer des manipulations trop délicates sur les souris et les rats. Les trois races préférentiellement utilisées par les scientifiques sont le néo-zélandais, le hollandais et le bélier. Du fait de sa bonne réponse immunologique, il peut permettre la production d’anticorps spécifiques. C’est aussi un bon substrat pour la toxicologie, car le lapin a une gestation courte est suffisamment grand pour que les irritations soient bien visibles et que l’on puisse étudier les fœtus. De plus, il est très sensible aux agents tératogènes et a une réponse proche de celle de l’homme. Il est utilisé pour divers tests dermatologiques. Il est également utilisé actuellement dans les domaines cardiovasculaires, ostéo-articulaires et respiratoires, ainsi qu’en oncologie et diabétologie. C’est un modèle approprié pour étudier l’hypertension et l’athérosclérose car son métabolisme lipidique est plus proche de l’homme que celui de la souris. Il est adéquat pour étudier l’arthrose et pour valider les nouvelles technologies d’imagerie ostéo-articulaire. L’étude des papillomavirus s’appuie souvent sur des observations sur les lapins. La lapine a également longtemps été utilisée comme diagnostic précoce de grossesse chez la femme. En effet, les hormones particulières à la femme enceinte et présente dans ses urines (des dérivés de la progestérone) provoquent la reprise d’activité de l’ovaire de la lapine qui se les voit injecter par intraveineuse.

Un lapin a été pour la première fois cloné à partir de cellules adultes en 2002, performance réitérée à plusieurs reprises. Les diverses mutations que l’on rencontre chez certaines souches offrent des opportunités pour réaliser des études génétiques. Par ailleurs, on considère généralement que le lapin est plus représentatif des mammifères que la souris pour étudier le développement embryonnaire précoce, et notamment la période d’activation transcriptionnelle du génome et la gastrulation. La transgénèse a permis la production de molécules pharmaceutiques complexes dans le lait de lapin. Cet animal, par sa taille intermédiaire, permet la production de protéines recombinantes en quantité raisonnable et à faible coût. Enfin, sa domestication tardive en fait une espèce idéale pour étudier le processus de domestication et les processus génétiques associés.

Lapin, animal de laboratoire dans LAPIN - LIEVRE 220px-Ro_pool_gilberteDans le monde, ce sont environ 1,5 million de lapins qui sont utilisés comme animaux de laboratoire en 1995, ce qui reste une valeur modeste en comparaison de ceux d’autres animaux utilisés pour les mêmes fins. Les pays les plus concernés sont l’Allemagne et les États-Unis qui élèvent chacun 300 000 lapins de laboratoire. On peut d’ailleurs noter qu’aux États-Unis, un élevage à vocation commerciale sur quatre est destiné à la production de lapins pour des laboratoires. Le Japon, et dans une moindre mesure les autres pays d’Europe de l’Ouest, le Canada ainsi que la Chine et la Corée du Sud utilisent également des lapins comme modèles d’expérimentations. L’opinion publique n’approuve pas toujours ces expérimentations, et des mouvements se développent pour s’y opposer au Royaume-Uni et aux États-Unis, comme le Human against rabbit exploitation (HARE).

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Liens entre les lutins et les chevaux

Posté par othoharmonie le 18 octobre 2012

 

Liens entre les lutins et les chevaux dans CHEVAL 220px-Lutin_by_godoPlusieurs chercheurs ont remarqué des liens très étroits entre lutins et chevaux, « si étroits que, dans les chansons de geste médiévales comme dans le plus moderne folklore, lorsque le lutin prend forme animale, il adopte presque toujours celle-là ». La raison semble liée, en plus du lien à l’élément liquide et au dieu Neptune déjà évoqué, au fait que le cheval, animal familier des hommes, est aussi le plus approprié pour se rendre dans les univers féeriques et pour jouer les « tours » caractéristiques du lutin, tels que jeter un cavalier dans une mare de boue, une rivière ou une fontaine. Dans la littérature médiévale,Malabron et Zéphyr se changent fréquemment en chevaux. Le « nain » Frocin qui affuble le roi Marc’h d’oreilles de cheval dans la version de la légende fournie par Béroul au xiie siècle, est vraisemblablement issu du lutin folklorique. Le roman de Thèbes et d’autres textes évoquent aussi la paternité d’un fabuleux poulain noir pour le netunnoitun ou luiton, ce dernier étant bien connu à l’époque pour s’occuper des écuries. Guillaume d’Auvergneaffirme au xiiie siècle qu’au matin, les crins des chevaux sont retrouvés tressés, et couverts de petites gouttes de cire. François Le Poulchre ajoute en 1587 qu’un cheval rentré souillé à l’étable peut être retrouvé « estrillé et net le lendemain, sans que de créature il eut été touchée pour en oster l’ordure ». Paul Sébillot fournit de nombreux témoignages : en Normandie, le lutin mène les chevaux boire, dans la Beauce et en Franche-Comté, il les étrille, les soigne, et les nourrit, ce qui en en Haute-Bretagne les fait hennir au moment où le Maît’ Jean apporte leur nourriture. Le fouletot franc-comtois vole le foin pour le donner à sa bête préférée, si le maître n’en a pas dans son fenil. En Normandie, le lutin vole les plus beaux épis d’avoine pour ses favoris, il en est de même en Acadie, où il prend le grain des chevaux gras pour le donner à ceux des plus pauvres paysans.

L’elficologue Pierre Dubois cite de nombreux témoignages de lutins visitant les écuries durant la nuit, et laissant pour traces de leur passage des torsades dans les crinières, qu’ils utilisent afin de se confectionner des étriers (les fameux « nœuds de fées »), et galoper toute la nuit. Paul Sébillot en relève dans la Manche en 1830, cette croyance est très ancrée dans le Nord de la France, particulièrement la Bretagne et la Normandie. Preuve du forfait des lutins, le propriétaire retrouve son animal couvert de sueur au matin. Les chevaux aux « nœuds de fées » sont prisés sur les marchés bretons, et les juments réputées pour devenir de bonnes poulinières. La tradition rapporte qu’il ne faut surtout pas démêler les crinières de ces juments : dans le Berry, cela les fait avorter, en Franche-Comté cela provoque une mort dans l’année, et en Acadie, les lutins se vengent en maltraitant les chevaux. Des témoignages de crinières emmêlées sont recueillis par les paysans de Haute-Bretagne et du Québec jusqu’au début du xxe siècle.

Ces phénomènes ont été de tous temps attribués aux lutins ou à des créatures similaires, jusqu’à la découverte d’une explication scientifique, celle d’une plique polonaise, défaut d’entretien longtemps considéré comme une maladie.

Tomte dans CHEVALLa diabolisation du lutin conduit toutefois à une inversion progressive de son rôle envers les chevaux : dans le Berry, d’animal favori, le cheval devient sa victime, et « seuls l’âne et le bœuf échappent aux tourments des lutins, grâce à leur rôle dans la Nativité ». Les deux croyances coexistent parfois, le sôtré étant capable d’agacer les chevaux ou de les soigner. Un objet déjà utilisé pour se protéger des changelings, tel qu’une pierre percée (contre le foulta de Suisse romande) ou une série de coquilles d’œufs (contre le chorriquet à Treffiagat), peut être déposé dans l’écurie pour en chasser les lutins. En Ontario, des graines de lin sont mélangées à la ration des chevaux, pour forcer les lutins à trier. Les traditions canadiennes parlent de créer une girouette à forme équine que le lutin vient ensuite chevaucher, ou de faire détresser les crinières par une femme enceinte. En Haute-Bretagne, des séances d’exorcisme sont menées, mais sont mal acceptées par les populations à en croire ce témoignage collecté par Paul Sébillot : « si on brûle les crins avec un cierge bénit, le lutin ne revient jamais, mais les bêtes sont, par suite de son départ, exposées à dépérir ».

Parallèlement « les silhouettes du lutin et du cheval tendent à se confondre et à se fondre en un seul personnage dont le rôle est d’égarer, d’effrayer et de précipiter dans quelque mare ou rivière ceux qui les montent ». Paul Sébillot rapporte des croyances populaires quant à plusieurs lutins-chevaux jouant ce rôle, notamment le Bayard de Normandie, le Mourioche de Haute-Bretagne, Maître Jean, le Bugul-noz et la jument blanche de la Bruz. Dans les îles anglo-saxonnes, Puck prend cette forme pour effrayer la population.

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Mi-cheval, mi-aigle

Posté par othoharmonie le 26 septembre 2012

Mi-cheval, mi-aigle dans CHEVAL 260px-Vider_Beatrice_voltaUn hippogriffe est une créature imaginaire hybride, d’apparence mi-cheval et mi-aigle, qui ressemble à un cheval ailé avec la tête et les membres antérieurs d’un aigle. Sa figure est peut-être issue du bestiaire fabuleux des Perses et de leur Simorgh, au travers du griffon.

Son origine est évoquée par le poète latin Virgile dans ses Églogues. S’il est quelquefois représenté à l’époque antique et sous les Mérovingiens, il est clairement nommé et défini pour la première fois dans l’œuvre de l’Arioste, le Roland furieux (Orlando furioso), au début du XVIe siècle. Dans ce roman de chevalerie, inscrit dans la continuité du cycle carolingien, l’hippogriffe est une monture naturellement née de l’accouplement d’une jument et d’un griffon, extrêmement rapide et capable de voler autour du monde, chevauchée par les magiciens et de nobles héros, tel le paladin Roger qui délivre la belle Angélique sur son dos. Symbole des pulsions incontrôlées, l’hippogriffe emporte Alstophe jusque sur la lune. Le succès de ce roman fait que la figure et le nom de l’hippogriffe sont repris dans d’autres histoires du même type.

Parfois représenté sur des blasons en héraldique, l’hippogriffe devient un sujet artistique, largement illustré par Gustave Doré au XIXe siècle. Il est, comme de nombreuses créatures légendaires, de retour dans les œuvres modernes et notamment le jeu de rôle, les jeux vidéo, ainsi que des romans de fantasy. La saga Harry Potter l’a fortement popularisé à travers le personnage de Buck.

372px-Orlando_Furioso_1 dans CHEVALLa possible origine antique de l’hippogriffe ne fait pas l’unanimité parmi les spécialistes récents. En effet, cette créature n’est pas nommée, aucun mythe ni aucune légende ne lui sont rattachés (contrairement au griffon et au simurgh) avant la parution du Roland furieux. La position dominante chez les spécialistes (entre autres, celle de l’historien des croyances équestres Marc-André Wagner) est de voir dans l’hippogriffe une création de l’Arioste dans la continuité du cycle carolingien, au début du XVIe siècle et à la fin du Moyen Âge. Jorge Luis Borges cite par exemple sans ambiguïté l’Arioste comme l’inventeur de l’hippogriffe, tout comme les auteurs du Webster’s 1828 American Dictionary.

Des représentations artistiques proches de l’hippogriffe sont toutefois attestées dès l’antiquité.

On trouve dans la littérature latine une évocation de l’origine de l’hippogriffe, plus tard réutilisée par l’Arioste, sous la plume de Virgile dans ses Églogues :

« … les griffons s’accoupleront avec des juments, les cerfs timides et les chiens viendront boire ensemble… »

— Virgile, Églogues

Virgile considérait que l’union des griffons et des juments était un mauvais présage, et d’après Jorge Luis Borges, il signifie par là « l’impossibilité ou l’incongruité ».

Maurus Servius Honoratus, grammairien du IVe siècle dont le commentaire sur Virgile In tria Virgilii Opera Expositio est resté célèbre, ajoute que les griffons sont mi-aigles et mi-lion, habitent dans les Monts hyperboréens et sont les redoutables ennemis des chevaux (hoc genus ferarum in hyperboreis nascitur montibus [...] equis vehementer infesti), sans doute pour donner davantage de force à son texte. Jorge Luis Borges ajoute que la locution Jungentur jam grypes equis, soit « croiser des griffons avec des chevaux », est devenue proverbiale au fil du temps grâce à ce commentaire.

Parmi les thèmes de combats entre animaux figurant sur les parures en or des Scythes, on trouve des griffons attaquant des chevaux, ce qui laisse à supposer que l’appétit du griffon pour le cheval était déjà connu. L’hippogriffe lui-même est décrit (mais non nommé) par Pline l’Ancien, dans son Histoire naturelle.

Il n’existe pas d’étude permettant de savoir si l’hippogriffe fait (ou a fait) l’objet de croyances, à l’instar du dragon, des fées ou de la licorne. Selon une tradition rapportée par l’historien catalan Vidal, cet animal était censé vivre, au Moyen Âge, près de Ceret dans le Roussillon. On trouverait les traces de ses serres sur un rocher près du mas Carol. La possibilité d’une croyance en l’existence réelle de l’hippogriffe tel qu’Arioste le décrit est fermement attaquée dans un essai scientifique sur la religion en 1862, disant qu’un tel animal ne peut ni être une création divine, ni avoir d’existence réelle. L’hippogriffe y est vu comme l’amalgame de divers animaux et l’auteur ajoute que pour soutenir son poids, les ailes seraient elles-mêmes si lourdes qu’elles seraient impossibles à mettre en mouvement, ce qui prouve sans ambiguïté son inexistence.

Un très grand nombre d’auteurs lient l’hippogriffe à Pégase, monture des poètes mais aussi symbole de mort, dans lequel ils voient l’ancêtre de la monture de l’Arioste. Ce lien donne une dimension plus poétique à l’hippogriffe, et le lie au pouvoir de l’imagination humaine. Toutefois, d’autres auteurs font savoir que l’hippogriffe est clairement vu comme une monture de guerriers, contrairement à Pégase,.

L’auteur ésotériste D. J. Conway voit dans l’hippogriffe une créature du plan astral qui a pour fonction de mener ses cavaliers sur la voie spirituelle et de leur faire vivre de fortes expériences mystiques, notamment pour voyager entre les mondes durant les méditations. L’hippogriffe exprimerait également un certain refus de l’autorité.

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Le Cheval de l’Antiquité

Posté par othoharmonie le 14 septembre 2012

L’utilisation du cheval dans l’Antiquité fut très importante pour de nombreux peuples, en particulier pour le transport et la guerre car la maitrise de cet animal fut parfois le facteur de victoire ou de défaite lors de conflits. Les chevaux antiques différaient par leur conformation et leur élevage du cheval moderne, et ils étaient en général de plus petite taille.

En Europe, les Grecs, Romains et Byzantins utilisaient le cheval pour la guerre, les communications, le transport mais aussi les courses de chars. De leur côté, les Celtes vénéraient Épona, déesse des chevaux, dont le culte nous a été transmis du fait de son adoption par les troupes équestres romaines. Au Moyen-Orient, certaines tribus Perses semblent avoir sélectionné les pur-sang arabes Modèle : Ref insuffisante, chevaux du désert, robustes et élégants, ils inventent aussi le polo. Lorsque les Hyksôs envahissent l’Égypte au XVIIe siècle av. J.‑C., les Égyptiens n’utilisaient les chevaux que pour des tâches civiles. La cavalerie, qui fera la puissance des pharaons du Nouvel empire, était alors du côté de l’ennemi et sera un facteur déterminant dans la défaite égyptienne. En Afrique, la cavalerie numide est une unité importante des armées carthaginoises lors des guerres puniques tandis que la cavalerie romaine était réputée médiocre.

Le Cheval de l'Antiquité dans CHEVAL 660px-Bataille_Waterloo_1815_reconstitution_2011_2

En Asie, le plus ancien char hippomobile à nous être parvenu intact provient de la tombe de l’empereur Chinois Wu Ding, mort en 1118 av. J.-C. Le cheval était peu utilisé comme animal de trait dans l’agriculture mais les Chinois seraient à l’origine du collier d’épaule. Ils utilisèrent l’étrier au VIe siècle av. J.‑C., la cavalerie formant le gros des troupes chinoises. Le cheval (馬) sert de moyen de transport et de communication (coursier). Quand le jeu de polo perse arriva à la cour de l’empereur, tout le monde s’en éprit. Les Chinois ne faisant pas d’élevage permanent des chevaux, ces derniers restaient un produit de luxe importé du Moyen-Orient.

Au Japon, le cheval sert d’animal de combat, de coursier et au transport de marchandises, mais dans ce dernier cas il est guidé par des hommes à pied, ce qui limite son potentiel. Des peuples d’Asie ont développé une unité militaire originale qui est l’archer à cheval.

Les équidés sont représentés sur des peintures rupestres dès le XXXe millénaire av. J.-C., mais ces animaux sauvages n’étaient probablement que chassés pour leur viande.

La découverte la plus récente fait remonter la domestication du cheval à 5 500 ans, dans l’actuel Kazakhstan, au sein de la culture Botaï. Auparavant, on ne disposait d’une preuve irréfutable de la domestication du cheval qu’avec la découverte de trace d’utilisation de chariots funéraires dans la Culture d’Andronovo vers le IIe millénaire av. J.-C.. Selon l’hypothèse kourgane, la domestication des chevaux eut lieu en Ukraine vers le IVe millénaire av. J.-C..

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Cheval des temps modernes

Posté par othoharmonie le 14 septembre 2012

Cheval à la Renaissance et temps modernes

À l’arrivée de la Renaissance, l’invention de la poudre à canon entraîne la fin de la cavalerie lourde et une nouvelle sélection du cheval de guerre. Des académies d’équitation sont créées, d’abord en Italie, pour obtenir des chevaux plus maniables. L’école espagnole de Vienne est construite dès 1572 et les Habsbourgs fondent le haras berceau d’élevage du Lipizzan à Lipica, en 1580.

Cheval des temps modernes dans CHEVAL 300px-Haras_Nationaux_Cheval_Passion_1L’idée de mieux sélectionner les chevaux de guerre fait son chemin sous François Ier, et le 17 octobre 1665, Colbert ordonne la création des haras nationaux. Au XVIIIe siècle, la création de haras, d’écuries et d’écoles de dressage renforce la renommée des chevaux royaux, devenus plus légers et plus souples. À la veille de la révolution française, l’état possède quinze haras nationaux et près de 750 reproducteurs. Les haras nationaux sont supprimés par l’assemblée constituante en 1790.

Les Anglais croisent des chevaux pur-sang arabes et Barbes avec leurs espèces indigènes pour créer les Pur Sangs, fameux chevaux de course.

Les premiers colons espagnols réintroduisirent le cheval Barbe et andalou dans les deux continents américains. L’espèce y avait disparu depuis plus de huit millénaires. En 1519, Les conquistadores d’Hernán Cortés amènent avec eux onze chevaux et six juments qui deviennent les premiers ancêtres des mustangs. Les Amérindiens n’avaient jamais vu ces bêtes, ce qui aide les conquistadores à remporter de nombreuses batailles car ils passaient pour des divinités. Cortez aurait déclaré : « Nous devons notre victoire à Dieu et à nos chevaux ». L’animal se répand rapidement, surtout en Amérique du Nord. Durant la conquête de l’Ouest, plusieurs centaines de milliers de chevaux sauvages peuplent le continent. Au XVIIIe siècle, les Amérindiens élèvent de grandes hardes de chevaux dont le nombre total dépasse les cent cinquante mille individus. À partir de ces mustangs dressés émergent les palominos. Les Indiens Nez-Percés opèrent des sélections à partir des mustangs pour obtenir l’appaloosa.

Articles détaillés : Cheval à la Renaissance et haras nationaux (France).

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Histoire de pachyderme

Posté par othoharmonie le 18 août 2012

Ecoute donc avec tes pieds, martela l’éléphant


Éléphant (gravure du XVIIIe siècle)Les éléphants émettent et reçoivent des coups de fil, plus précisément des coups de pieds, longue distance. Les pieds viendraient donc au secours des oreilles.

Les éléphants communiqueraient sur de grandes distances, en captant par les pieds, les vibrations dans le sol. D’après Caitlin O’Connell-Rodwell, de l’université de Stanford (Etats-Unis), les ondes sismiques provoquées par les mastodontes se propageraient jusqu’à plus de trente kilomètres de leur lieu d’émission. Par exemple, c’est en martelant le sol avec leurs pieds que les troupeaux s’avertissent du danger.

Illustration Pour vérifier leur théorie selon laquelle les éléphants entendent aussi avec leurs pieds, C. O’Connell-Rodwell et ses collègues, Linette A. Hart et Byron T. Aranson, ont testé trois vibrations différentes. Ces dernières ont été tirées de sons normalement émis par les éléphants sauvages d’Afrique. Le premier est un signal d’alarme, le second, un salut, et le dernier signifie en quelque sorte « Allons-y ! ». Ces émissions acoustiques ont été transformées en ondes sismiques puis envoyées dans le sol. Les chercheurs ont alors observé les réactions de huit jeunes éléphants au Zimbabwe.

Une femelle a particulièrement bien réagi au signal d’alarme. A chaque expérience, elle se penchait comme pour mordre la poussière. Pour C. O’Connell-Rodwell, cette agitation est d’autant plus frappante qu’elle est rarissime dans la nature. Les pachydermes ne réagissent comme ça que dans des conditions extrêmes. Le même test a été fait sur les mâles. Il semble qu’ils soient plus stoïques. Au dire de la chercheuse, « leurs réactions ont été plus subtiles. »

L’ouïe pédestre n’étant plus à démontrer, restait à savoir si cette communication présentait un quelconque intérêt par rapport à un mode plus classique, basé sur les oreilles. De précédents travaux ont montré que les éléphants émettent des vocalises en basse fréquence (20 Hertz). Si les conditions de temps sont idéales, elles peuvent voyager dans l’air sur une dizaine de kilomètres. Selon les coauteurs de l’étude publiée par C. O’Connell-Rodwell dans le Journal of the acoustical society of America, ces vocalises seraient complétées par les ondes sismiques. Ces dernières seraient capables de parcourir des distances trois fois plus importantes, environ 32 kilomètres.

Comme leur consœur africaine, les deux éléphants femelles asiatiques, Elephas maximus, vivant dans une réserve privée près de Jefferson au Texas, réagissent aux ondes sismiques issues des vocalises basse fréquence. Les pachydermes les capteraient par l’intermédiaire de leurs pieds. L’information circulerait ensuite le long de leur squelette. Si cette complémentarité entre les deux modes de communication se confirme, elle pourrait expliquer certains comportements des pachydermes. Par exemple, « quand il pleut en Angola, des éléphants situés à 160 kilomètres commencent à partir à la recherche de l’eau, raconte C. O’Connell-Rodwell. Le signal du départ pourrait être donné par les vibrations générées par le tonnerre. »

Moins poétique mais plus près de nous, ces recherches pourraient bénéficier aux pachydermes des zoos. En effet, il serait sans doute bien vu d’isoler ces mastodontes, aux pieds sensibles, des vibrations citadines.
Acoustique – 13 mars 2001

commentaire de Françoise Dupuy-Maury
Histoire de pachyderme dans ELEPHANT 220px-1917_Elephant_vor_dem_PflugEn dehors de cela, j’ai appris que l’éléphant est aussi le seul animal doté d’un doigt au niveau de sa trompe. C’est unique dans la nature. Ce pachyderme aux facultés encore insoupçonnées se caractérise aussi par son incroyable agilité dans l’eau. Pour moi, il a dû garder quelque chose des cétacés, surtout dans sa capacité de communiquer par émission de basses fréquences.

Alors oui, je ne peux m’empêcher de songer au fait qu’il y aurait sans doute beaucoup à apprendre à celui qui pratique la méditation. Comme de sentir, d’entendre avec les pieds, avec tout le corps les ondes de types basses fréquences et les ondes sismiques qui se propagent par le squelette. L’éléphant par l’énorme capacité respiratoire et la taille de sa cage thoracique qu’il utiliserait à bon escient comme une…. caisse de résonnance, à l’image d’un tambour. Le tambour qui est un objet sacré dans les rituels chamanique puisqu’il permet de mettre l’individu en état de transe afin d’accéder à des états modifiés de conscience.

L’éléphant, bien qu’animal terrestre doit sa survie à sa capacité à trouver des points de ravitaillement en eau. Les éléphants s’organisent par une vie de société type matriarcal. C’est la doyenne qui mène le reste du troupeau aux différents points d’eau et ceci sur des territoires de plusieurs centaines de kilomètres. La science a toujours mis en avant le fait que si le choix de guider le reste du groupe était laissé à la doyenne c’était parce qu’elle avait la mémoire qui remonte au plus loin dans le temps afin d’augmenter les possibilités de trouver les points d’eau. Mais ils n’ont jamais songé au fait qu’étant la plus ancienne elle puisse être tout simplement la plus expérimentée pour cette tâche. Donc il n’y a peut-être là pas seulement une question de mémoire mais d’expérience et d’acuité sensorielle.

Je pense à ton expérience KaZim et je me dis que si tu es entrée une fois en résonnance avec ce type d’animal, rien ne s’oppose au fait que tu puisses renouveler l’expérience. Il est possible pour l’être humain d’apprendre à écouter avec ses pieds, avec son corps et de sentir les vibrations du sol, les ondes sismiques qui le parcoure par dizaine chaque jour, même ceux qui sont de faibles intensité. L’éléphant en tant qu’animal pouvoir, je crois qu’il guide l’homme à entrer en résonnance avec sa sensibilité tactile et aussi à être physiquement et intuitivement sensible aux point d’eau. Dans diverses traditions il est dit que l’homme par nature est gardien du feu et la femme est gardienne de l’eau mais cela n’empêche pas que l’homme soit, au travers de son parcourt, amené à être sensible à l’eau en temps qu’élément.

Ce serait intéressant, à ceux qui sont intéressés sur le sujet, de partager nos connaissances sur les qualités d’autres animaux et de tirer des conclusions quand à notre animal totem.

gif éléphant

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Histoire de la Poule

Posté par othoharmonie le 16 août 2012

 Mais pas n’importe quelle poule, La Poule Soie (Nègre Soie)

 (par Matthieu Leuridan, issu  de son livre : Livre NS matthieu.JPG)

 

Histoire de la Poule dans POULE et COQ photo1-vends-poules-negre-soie-hollandaises-huppees-0x3xex2w9454561-225x300La Nègre soie  ou Poule Soie, est depuis très longtemps répandue en Europe et a été présentée comme étant importée de Chine ou plus généralement d’Asie. Certains lui donnèrent cependant d’autres origines, souvent farfelues et « exotiques ».

Les volailles ayant donné naissance à la Nègre soie sont originaires d’Asie et plus particulièrement de Chine. La mutation du plumage soyeux est apparue en plus du caractère « peau noire » (présent dans différents endroits du monde sur diverses souches ou races) et fut fixée par les éleveurs soucieux de l’aspect ornemental de leurs poules.

Marco Polo, grand explorateur de l’Asie, l’a décrite dans ses récits qui furent rédigés à son retour de Chine où il a séjourné de 1271 à 1295 à la Cour de Kubilay Khan, empereur mongol et fondateur de la dynastie des Yuan, conquérants de la Chine. A l’époque, Marco Polo décrit la Nègre soie de manière simple : « il existe des poules qui n’ont pas de plumes, mais la peau avec du poil noir comme un chat, et qui sont toutes noires et grasses, de sorte que c’est chose étrange à voir. Elles font d’excellents œufs comme celles de notre pays et sont fort bonnes à manger ». C’est, certes, un peu bref comme description. Mais l’existence de volailles à plumage soyeux et peau noire, ancêtres de la Nègre soie, est cependant avérée.

Il est également certain que les Japonais ont contribué en grande partie à la sélection puis à la diffusion de la Nègre soie. En effet, après l’avoir eux-mêmes sélectionnée durant des décennies et des siècles, l’améliorant probablement de beaucoup, ils ont développé leur transport maritime et l’ont, petit à petit, exportée et introduite en Europe.

On sait qu’aux 16ème et 17ème siècles, des voyageurs en provenance d’Asie ont amené des oiseaux dits laineux et des volailles à peau noire. Ils pensaient que ces volailles étaient de deux races différentes, mais sous le manteau laineux des poules, une peau noire était dissimulée. La Nègre soie était donc régulièrement exportée vers nos contrées d’Europe.

Suite à cette arrivée, à l’époque appelée « Négresse » ou « poule laineuse », la Nègre soie se répandit rapidement. Elle fut encline à un engouement dû à ses caractéristiques et sa morphologie ornementale qui firent sa réputation. Elle se développa ainsi sur le territoire européen.

Silky bantam.jpgCe n’est qu’à la fin du 19ème, début du 20ème siècle que la Nègre soie fit son apparition aux Etats-Unis et s’y développa. Il en est approximativement de même pour son développement australien.

Suite à sa diffusion dans toute l’Europe occidentale, la Nègre soie fut sommairement décrite par plusieurs auteurs après la brève description de Marco Polo au 13ème siècle. Ainsi, en 1555,  Conrad Gesner la cite. En 1599, Ulysse Aldrovandi, botaniste italien ayant été le premier à créer un jardin botanique, compare le plumage de la Nègre soie à une toison blanche comme neige. Le célèbre Comte de Buffon la décrit sommairement aussi.

Le nom Nègre soie découle d’un mélange des noms donnés à l’époque : elle fut, on l’a vu, appelée Négresse, la Nègre, la poule laineuse, la poule à poils etc. mais c’est le mélange des principales caractéristiques qui lui vaut désormais son nom. Nègre pour sa peau, soie pour son plumage. Il est intéressant de noter que seuls les pays francophones la nomment ainsi des deux caractéristiques, les autres l’appelant simplement « soyeuse » ou « poule soyeuse ». Sachez que le nom Nègre soie est en cours de changement pour les pays francophones et que, dès 2010, celle-ci pourrait être rebaptisée …

La Nègre soie a énormément évolué depuis sa création. Plusieurs caractéristiques de la Nègre soie sont récessives donc, pour être maintenues, il est impératif de contrôler et de choisir les accouplements, ce sont les bases de la sélection. Les caractères tels que les cinq doigts et la qualité de la soie ont, eux aussi, fait l’objet d’un travail de sélection sur les siècles passés, les éleveurs recherchant les sujets les plus soyeux. La huppe, durant les deux derniers siècles d’élevage de la Nègre soie, a doublé de volume : cela est dû à la volonté d’éleveurs d’améliorer l’aspect ornemental des Nègre soie qu’ils possédaient. Une énorme sélection a été effectuée sur la crête : il y a encore trente ans, les crêtes de nos Nègre soie étaient de bien des sortes, avec bien souvent de grosses épines, et les populations avaient des crêtes très hétérogènes. 

La forme barbue de Nègre soie a pour origine les Etats-Unis : c’est en effet les éleveurs américains qui ont développé ce modèle qui est désormais chez eux beaucoup plus répandu que la Nègre soie non barbue, tendance qui s’amorce également en Europe pour la variante grande race.

220px-A_fuzzy_baby_chicken_and_its_mom dans POULE et COQLa Nègre soie naine a, quant à elle, une origine exclusivement européenne : ce sont des éleveurs hollandais qui ont commencé sa sélection dès le début des années 1980. Elle y fut créée avec un objectif ornemental et dans un souci de gain de place. En effet, les éleveurs néerlandais ont très peu de place aussi les naines sont très répandues chez eux car nécessitant moins de place que les grandes races de volailles. Elle fut ensuite rapidement élevée en Allemagne puis plus modestement dans le reste de l’Europe

 Depuis la création des Nègres soies naines, une attention particulière sur la masse des Nègres soies grande race a été donnée : ainsi la masse de la grande race a été augmentée pour creuser un écart satisfaisant avec la Nègre soie naine et ce, quel que soit le pays. Dans les années à venir, c’est une tendance qui devrait s’accentuer encore (changement en cours au niveau français) il n’en reste pas moins qu’une très forte attention est à mettre en place sur le réel nanisme de la Nègre soie naine

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Un Lynx comme les autres

Posté par othoharmonie le 9 août 2012


Les lynx sont capables de voir en dormant
Un Lynx comme les autres dans LYNX 220px-Bobcat_lynx_rufusLynchée, l’argonaute, est l’éponyme du lynx car comme lui, il avait un discernement si subtil qu’il voyait jusqu’aux enfers. Ne dit-on pas qu’un prince a des yeux de lynx, lorsqu’il est si pénétrant dans les affaires, et qu’il a de si bons espions, qu’il découvre tous les secrets de ses ennemis et tout ce qui se passe dans ses états.

Au 18e siècle la question se pose encore parmi la communauté scientifique. Les modernes le croient fabuleux puisqu’il a la faculté de voir au travers des murailles. Mais un nommé Jonston prétend qu’il est bien réel puisqu’il n’est autre que le loup-cervier. Saliger précise même qu’il s’agit du mâle de cette espèce.

Nous sommes lynx envers nos pareils et taupe envers nous-mêmes. C’est la même histoire que la paille et la poutre dans l’oeil, nous voyons les plus faibles défauts des autres, mais nous ne voulons pas voir nos propres imperfections.

Le lynx est un animal comme les autres ou presque…

Gaston Phébus dit que « les uns l’appellent lous-cerviers, les autres chatz-lous ». Il ajoute « le lou-cervier se différencie du chat forestier par sa taille et par les taches qui ornent son pelage » et hasarde « les poils qui forment des toupets à l’extrémité des oreilles serviraient à sentir la direction du vent ».

Dans le Sud-ouest de la France du 15e siècle, où Gaston comte de Foix avait ses terrains de chasses, les chats forestiers, felis silvestris, et les lynx étaient encore nombreux. Un gros chat, peut avec un poids de plus de 10 kg, ressembler à un jeune lynx, il n’était donc pas rare alors que les deux animaux soient confondus.

Depuis le Moyen Age il disparait peu à peu de notre territoire. Éliminé de l’Ile-de-France dés le 16e siècle, il se réfugie dans les zones montagneuses.

Dans les Hautes-Alpes il est demeuré commun jusqu’en 1870. Le dernier lynx des Alpes française a été vu guettant des marmottes en 1913 au dessus de Saint-Paul d’Ubaye par un garde forestier.

Le dernier lynx du Centre de la France fut tué à Génolhac-Lozère en 1875 ; Dans les Pyrénées, deux lynx, on ne sait pas s’il s’agit du lynx pardelle espagnol ou du lynx européen, furent tués sur le Canigou en 1917.

Après de multiples programmes de sauvegarde et de réintroduction dans l’ensemble de L’Europe, il est à nouveau bien présent dans le Jura et les Vosges. Mais avec un tableau de chasse d’au moins un chevreuil ou un chamois par semaine, agrémenté ça et là d’un mouton ou d’une chèvre, le retour de l’animal fabuleux ne fait pas toujours l’unanimité chez les éleveurs et les chasseurs oublieux souvent qu’il les « débarrasse » aussi souvent des renards et des martres.

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L’Académie des Lynx

Posté par othoharmonie le 17 juillet 2012

 

L’Académie des Lynx (Accademia dei Lincei en italien) est la plus ancienne académie scientifique d’Europe. Fondée en L'Académie des Lynx dans LYNX1603 par un pacte entre le prince Federico Cesi et deux amis, elle adopte la référence à la vue perçante du lynx qui symbolise à la fois la puissance de vue de la science et la découverte de l’extraordinaire pouvoir de résolution du microscope — un nouvel outil qui ouvre au XVIIe siècle la voie à des découvertes fondamentales sur la nature de l’homme.

Rétrospectivement, la création de cette académie sera l’un des moments forts de la révolution scientifique de la Renaissance, puisqu’elle fonde une tradition nouvelle, celle des académies, sociétés savantes et autres réseaux de correspondants initiés. Ses héritières modernes sont :

Célèbre pour sa défense de Galilée et pour sa défense de la physique moderne, l’Académie des Lynx avait également à l’origine l’ambition d’éditer une encyclopédie de la philosophie naturelle de l’époque. Le projet n’aboutit pas.

  • 17 août 1603 : fondation à Rome de l’Académie des Lynx par le prince Federico Cesi, Francesco Stelluti et Johannes de Filiis. Ils choisissent un lynx blanc comme emblème et la maxime : Sagacius ista.
  • 25 décembre 1603 : inauguration solennelle. Cesi est élu Princeps perpétuel.
  • 1604 : les activités de l’Académie sont étroitement surveillées. Certains membres sont dénoncés au Saint-Office.
  • 1610 : adhésion de Giambattista della Porta.
  • 25 avril 1611 : adhésion de Galilée. Désormais, le lynx blanc de l’Académie ornera le frontispice de tous les ouvrages de Galilée.
  • 1612 : ambitieux projets éditoriaux. Opposition du Saint-Office.
  • 1616 : condamnation du système de Copernic.
  • 1745 : Fondation d’une nouvelle académie à Rimini, mais son activité ne dure pas.
  • 1838 : Le Pape Grégoire XVI suggère de refonder d’une nouvelle académie scientifique. Son projet sera réalisé par Pie IX en 1847 sous le titre de Accademia Pontificia dei Nuovi Lincei.
  • 1859 : Suite à la réunification de l’Italie et la disparition des États pontificaux, l’institution se scinde en deux académies :
    • L’Accademia Pontificia dei Nuovi Lincei qui est rebaptisée en 1936 Académie pontificale des sciences.
    • La Reale Accademia dei Lincei

Accademia Nazionale dei Lincei

En 1946, la Reale Accademia dei Lincei est rebaptisée Accademia Nazionale dei Lincei. Son siège est situé au Palazzo Corsini, la Villa Farnesina, sur la Via della Lungara à Rome. En 1986, les statuts de l’académie décident que sa composition sera de 540 membres, 180 seront italiens, 180 seront étrangers, et 180 seront des correspondants italiens à l’étranger. Les membres de l’académie sont divisés en deux classes : la première correspond aux sciences mathématiques, physiques et naturelles, la seconde aux sciences morales, historiques et philosophiques.

En 2001, la classe des sciences pures est composée de cinq catégories :

  1. Mathématique, mécanique et applications
  2. Astronomie, géodésie, géophysique, et applications
  3. Physique, chimie et applicationslynx dans LYNX
  4. Géologie, paléanthologie, minéralogie et applications
  5. Sciences biologiques et applications

La classe des sciences morales est composée de sept catégories :

  1. Philologie et linguistique
  2. Archéologie
  3. Critique d’art et de la poésie
  4. Histoire et géographie historique et humaine
  5. Sciences philosophiques
  6. Sciences juridiques
  7. Sciences sociales et politiques

Depuis sa reconstitution elle honore des personnalités mondiales de ces différents domaines de la connaissance par le prix Antonio Feltrinelli.

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Différents escargots

Posté par othoharmonie le 5 juillet 2012

 

Différents escargots dans ESCARGOTIl est connu depuis la préhistoire. Les hommes l’ont toujours ramassé et consommé. En effet, nombre de coquilles d’escargots ont été retrouvées dans des sites préhistoriques. Bien plus tard, les Romains les engraissaient dans des « escargotières », les nourrissant de vin et de son. Les Gaulois, eux, les préféraient en dessert. Au Moyen-Age, les escargots faisaient partie de l’alimentation courante, accommodés de toutes sortes de façons et considérés comme une viande maigre. Pendant les 17ème et 18ème siècle, ils furent assez oubliés. Mais au début du 19ème, Talleyrand remit les escargots à la mode, demandant à son célébrissime chef, Antonin Carême, d’en préparer pour un dîner qu’il offrait au Tsar de Russie. Maintenant, l’escargot se consomme de diverses façons dans toutes les régions françaises et dans nombre d’autres pays. La plupart viennent d’élevages.

Les différentes variétés

Plusieurs variétés d’escargots existent :

  • l’escargot de Bourgogne : il est appelé aussi « escargot des vignes » ou « gros blanc ». Il a une coquille jaune fauve striée de brun de 40 à 45 mm au bord lisse ou à peine ourlé. Il se ramasse surtout en Bourgogne, en Franche-Comté, en Savoie et en Champagne. Les élevages sont assez rares.
  • le petit-gris : appelé « cagouille » en Charente, il est plus petit. Sa coquille de 26 à 30 mm est brunâtre. On le ramasse en Provence, dans le Languedoc, en Charente et en Bretagne. Les élevages sont nombreux.
  • l’achatine : c’est un escargot de qualité très inférieure. Cette espèce n’existe pas en France, elle vient de Chine, d’Indonésie ou d’Afrique.

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Psychanalyse de l’Escargot

Posté par othoharmonie le 12 juin 2012

 

Le temps logiques / PSYCHANALYSE Laurence Follézou

En ces temps agités pour la psychanalyse en terre de France, j’ai choisi de vous présenter un cas de gentille subversion politique, celle de Francesco del Cossa, exemplaire pour nos rencontres annuelles.

 Del Cossa, artiste peintre de son état, fait partie de la grande Ecole de Ferrare, école soutenue par la famille d’Este. C’est la période du quattrocento, période de renouvellement du langage artistique, tout y est décloisonné, le théâtre, la musique, l’architecture… l’archéologie, la psychanalyse, la neurologie… L’Italie est très divisée et traversée par le grand schisme d’occident. Le monde catholique est partagé entre trois papes s’excommuniant hardiment l’un l’autre. C’est donc le tout début d’une renaissance singulière.

 Vers 1470, del Cossa peint une Annonciation, c’est un travail de ‘commande’ qui en dehors de bien des particularités pour l’histoire de l’art sur le plan de la perspective, comporte un élément génial : un escargot fonce droit devant lui, toutes cornes dehors.

Psychanalyse de l'Escargot dans ESCARGOT Pomacea-300x197Voici l’escargot de l’Annonciation, à ma connaissance, il n’en existe qu’un seul. Cet animal a fait tomber beaucoup d’encre. Daniel Arasse, historien d’art, disparu depuis peu, a écrit à ce sujet des éléments appuyés sur un raisonnement géométrique. Pour lui Dieu au fond du tableau a la même taille que notre gastéropode. Géants tous deux, ils se trouvent dans le même alignement. Il en fait ainsi une concordance Dieu-Escargot. Umberto Eco abonde dans ce sens et use d’humour, au fond Dieu a laissé beaucoup de temps se passer entre la Chute et l’Annonciation, l’escargot en est le symbole.

 

Mais regardons de près cet animal surpris en pleine course du côté de la Vierge. Le peintre a choisi de le représenter sur le bord du tableau, il aurait pu, à la limite, le peindre sur le cadre.

Il n’appartient pas à l’image, il fait partie d’un autre monde, celui du peintre regardant la scène, sinon nous aurions affaire à un escargot monstrueux, ayant la même taille que le pied de la vierge alors qu’à échelle réelle, cet escargot a la taille d’un bon escargot de Bourgogne.

 Quelle était alors l’intention de Del Cossa ? Pour Daniel Arasse, le tableau ne représente évidemment pas la vérité de l’Annonciation, il n’en est qu’une image. Mais cette image comporte l’emblème de l’intention de l’artiste, comme figure de l’impossible.

Pour qu’une femme puisse enfanter il y a une nécessité qu’elle ait des règles. Les règles étaient considérées comme la trace du péché originel, en anglais, les règles se nomment  » The curse of Eve « . La malédiction d’Eve traverse ainsi le Channel, à Saint-Malo Robert

Surcouf montre du doigt l’ennemi, et son débarquement possible. La vierge a été choisie par Dieu et représente le seul cas d’Immaculée Conception. On peut supposer que cela ne comporte aucune trace de règles, pure de toute trace de malédiction, le tabernacle sans tache, le ‘ pas de trace de tache’.

En 1470, date de création de ce tableau, la question de l’Immaculée Conception est une question primordiale, les papes qui se suivent rapidement à cette époque de l’histoire, veulent asseoir leur autorité et Sixte IV en 1477 prend la décision de fêter cette Immaculée Conception le 8 décembre. Sixte IV avait été nommé en 1464 ministre général de l’Ordre des Frères mineurs, un franciscain. Frères mineurs et Frères prêcheurs, plus tard franciscains et dominicains sont ‘englués’ dans des disputes d’Ecole depuis le moyen âge et à travers la personne de Marie, c’est la question du pouvoir de l’Eglise qui est en cause.

Du Ve au XVIe siècle la virginité donne lieu à maintes polémiques à travers lesquelles se forme cette croyance particulière à l’Immaculée Conception. L’Immaculée Conception devient un dogme de l’église par sa promulgation en 1854, par Pie IX, la vierge échappe légalement au péché originel, les apparitions nombreuses en confortent la dévotion. Au fond, ce qui est dogmatisé c’est le péché originel, cette promulgation trouve sa cohérence politique comme tentative de saper tout ce qui relève de l’Aufklärung, le savoir basé sur la raison éclairée. Il s’agit à ces moments là de l’histoire 1477, 1854, 2004 de barrer le chemin aux valeurs essentielles que sont le refus de l’intolérance, la liberté de penser…

 Et, ainsi, il se trouve qu’un escargot nous indique comment regarder ce que nous voyons… dans cette rencontre amoureuse entre le divin et l’humain. Généralement cet animal glisse pour avancer sur un mucus visqueux sécrété par une glande située sous la lèvre inférieure. Nous pouvons en constater le rail épais sur nos murs, plus l’escargot bave et plus il prend de la vitesse. Del Cossa le peint en pleine vitesse mais sans trace de bave et pour plus de précaution encore, il le peint juste sur le bord du tableau, en prenant bien garde de ne pas ‘salir’ l’espace virginal de sa muqueuse épaisse.

 Cet extraordinaire mouvement chez un animal dégusté depuis l’antiquité et stocké dans les monastères pour le ressortir en période de disette, intéresse les scientifiques du Massachusetts. Ces américains se sont décidés à construire un robot-escargot afin d’analyser la mécanique de son déplacement et espèrent ainsi résoudre la mécanique des fluides à petites échelles. Un escargot ça bave et Del Cossa, grand peintre de la nature, nous donne ici une trace ironique et non dupe d’une commande politique qui le fait vivre par ailleurs, bien qu’il quitte Ferrare sur cet argument : la commande ne le fait plus vivre, les couleurs, surtout le bleu ‘enfant de Marie’, sont hors de prix.

Gravure ancienne représentant un homme âgé vétu des couleurs de l'amérique, tenant un document et chevauchant un escargotIl existe une fresque au palais de Schifanoia à Ferrare dont quelques scènes ont été peintes par Del Cossa, notamment celle d’un jeune homme introduisant sa main dans la jupe d’une jeune fille, venant pointer au-delà de la gentille subversion politique, la curiosité du peintre sur la féminité. L’Annonciation de del Cossa, est bientôt suivie par d’autres dont celle de Carlo Crivelli, peintre, formé lui aussi à l’école de Ferrare, peinte en 1486 parée d’une courge et d’une pomme. Le message est clair.

 Donc, ce ‘pas de trace de bave’, cette absence de trace de bave fait signe à quelqu’un de ce qui a été interrogé par un peintre et de ce qui sera… un dogme de l’église.

Quelque chose fait signe, vous le verrez avec nos intervenants au cours de cette journée, une trace hasardeuse dans la rencontre peut, tout à coup, occuper notre espace mental, l’instant d’un regard, et souligne le malentendu de dire des choses qui ne se laissent pas aisément saisir. Comment dès lors se donner le temps de comprendre ce qui chiffonne dans un espace qui se situera comme ‘hors d’oeuvre’, espace réservé à recevoir une inscription, un dire, un symptôme, un imaginaire flamboyant où nous pourrons relater les exploits de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours… Nous entendrons ainsi aujourd’hui l’évocation de traces volontaires ou involontaires, signes de notre héritage culturel, d’archéologie science toute moderne, tout comme la neurologie et la psychanalyse. L’évocation de l’extension lente et majestueuse du gros orteil pour le neurologue reste aujourd’hui un signe majeur et re-trace une bagarre de vingt ans dans l’histoire de la médecine. Nous entendrons le psychanalyste situer le lieu d’une incorporation minutieuse et tragique de la musique d’un père dans l’oeuvre du fils, lieu d’une intimité filiale.

Au-delà de la trace de départ, le moment de conclure ‘le temps pour comprendre’ sera la marque d’une rencontre multiple d’aujourd’hui  » dans cette visibilité du monde devenue énorme, effrayante… dans une telle perspective géante, inhumaine par ses dimensions, chacun se sent devenir infiniment petit « . Je rends hommage ainsi à Romain Gary très sensible sur les questions de danger médiatique et de transparence sociale.

Le moment de conclure laisse place au style, cette marque de poinçon intime à l’exergue de chacun. Le peintre saura ainsi utiliser le choc des techniques, des formes, intégrant le versant rituel à sa toile, en métamorphose, comme un passage d’une trace à une autre, dans un saut hors-temps, comme une urgence.

 Avant de passer la parole à nos intervenants, je vous transmets une recette à base d’escargots relatée par Lacarrière comme étant celle d’un peintre du Mont Athos du XVIIIe siècle. Il s’agit de donner de l’élasticité à l’or en poudre, utilisé notamment sur les icônes :

1. Trouver l’escargot

2. Allumer une bougie devant la tête de l’animal

3. Recueillir sa bave qu’il devrait expulser magistralement sous l’effet de la chaleur

Conclure en mélangeant l’or, l’alun et la bave.

 » Il y a toujours deux manières de résoudre un problème, j’opterai toujours pour la troisième « 

 

Friedrich Nietzsche ‘Mort parce que bête’ 

Remerciements à del Cossa, D. Arasse, U. Eco, Crivelli, R. Gary, Lacarrière, J. Lacan et Nietzsche.

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Seigneur des Mouches

Posté par othoharmonie le 27 avril 2012

Seigneur des Mouches dans MOUCHE 220px-BeelzebubBelzébuth, littéralement le « Seigneur des Mouches« ; Latin : Beelzebūb) est un dieu païen du monde sémite vraisemblablement vénérée à Éqrôn (ou Accaron). Dans des sources principalement bibliques et postérieures aux textes vétéro-testamentaires, Belzébuth est un démon, un prince de l’Enfer.

Baal, appellation commune pour les dieux dans les mondes philistins et phéniciens, signifie « maître » ou « propriétaire ». D’après la Bible, Baal-zvuv était une divinité adorée par les philistins, un oracle. En ougaritique zbl b’l ars signifie prince, maître de la terre. Il est aussi une forme du diable pour les chrétiens.

Pour Thomas K. Cheyne, le nom originel de la déité pourrait être Baal-Zebul, Zebul signifiant « élevé » ou « prince », et signifier quelque chose comme le « prince Baal » ou le « maître des princes » ou le « propriétaire de la haute demeure« . L’existence d’une divinité portant ce nom a été attestée, plus au nord, vers l’actuelle Syrie. Le nom originel aurait ensuite été transformé en Baal-Zebub.

Différentes hypothèses existent quant à l’origine et au sens de cette seconde partie du nom, Zebûb ou Zoubeb ou zboub, qui signifie « mouche » ou « moustique » ou « petit insecte ». L’hypothèse principale voit dans cette déformation un calembour consistant à déformer le nom en « seigneur des mouches » pour s’en moquer et réduire son importance.

Dans le même esprit, il a été proposé qu’il s’agirait d’une variante de Zabal, « fumier » ; la divinité serait alors nommée « seigneur du fumier », déformation donnée par les Israélites à un dieu ennemi, référence aux sacrifices qui lui sont faits, zabal portant le sens d’enfumer. Cette deuxième version est cependant contestée par les exégètes modernes.

Pour le théologien Jacques Ellul, il s’agit d’une habitude de la judéité antique que reflète le texte biblique de reprendre des aspects culturels du monde alentour, pour les détourner ou s’en moquer, ainsi selon lui Baal-Zebul le chef des princes devient Baal-Zebub le seigneur des mouches, ou encore le taureau mythologique qui devient un simple veau d’or. Une dernière hypothèse possible est que Zebûl serait un nom de lieu disparu depuis.

Il existe plusieurs orthographes alternatives, quoique moins fréquentes, comme Baal-sébub, Baal-zébub, Baalzébuth, Béelzébub, Béelzébuth, Belzéboul, Belzébul, Belzébut, etc.

Ancien Testament

220px-Azazel dans MOUCHELe culte de Belzébuth est évoqué dans le deuxième livre des Rois dans la querelle qui oppose le roi Ochozias au prophète Elie. Dans cet épisode de la vie d’Elie, Belzébuth est une divinité païenne adorée à Éqrôn, et non un démon.

Etant tombé du balcon de son palais, Ochozias fait consulter Belzébuth (Béel-Zébub) pour savoir s’il guérira ; mais Dieu envoie Elie pour informer celui-ci qu’il sera puni pour avoir adoré un dieu païen. Ochozias envoie alors à deux reprises un groupe de soldats pour se saisir d’Elie et par deux fois, Dieu les fait périr. A la troisième fois, Dieu épargne les soldats qui s’en retournent et confiment au roi Ochozias la sentence prononcée par Elie à son encontre. Ochozias meurt et son frère Joram lui succède.

Nouveau Testament

Le nom de Belzébuth apparaît à plusieurs endroits dans le Nouveau Testament et laisse entendre qu’au premier siècle le monde sémite tient maintenant Belzébuth comme le chef des démons. Un glissement sémantique s’est effectué entre les écrits vétéro-testamentaires et les Evangiles ; de divinité païenne, Belzébuth est maintenant considéré comme un démon.

Belzébuth est cité dans deux épisodes de la vie du Christ : le discours apostolique et la guérison d’un démoniaque sourd-muet.

  • Dans le discours apostolique, Jésus envoie ses apôtres en mission. Il leur donne le pouvoir de guérison et d’exorcisme, et les exhorte à évangéliser. À cette fin, il partage un certain nombre de recommandations et d’encouragements, et les prépare à ce qu’ils soient persécutés, à ne pas craindre la persécution. Ainsi, le Christ les met en garde contre ces maisons dont le maître serait Belzébuth : se choisir un tel maître est révélateur de la moralité de ceux qui y habiteraient.

« Il suffit au disciple d’être comme son maître, et au serviteur comme son seigneur. S’ils ont appelé le maître de maison Béelzéboul, combien plus les gens de la maison ! Matthieu 10,25 »

  • Dans l’épisode de la guérison d’un démoniaque sourd-muet, le Christ est en conflit avec les scribes et les pharisiens. L’évangile de Marc apporte cette précision, que l’objet du conflit porte sur le respect du Sabbat, en effet, le Christ guérissait, même le jour du Sabbat. Il guérit donc un démoniaque sourd-muet, et déclenche la vindicte des docteurs de la loi juive qui l’accusent d’être possédé par Béelzéboul, et de chasser les démons au nom de Béelzéboul. À ceci le Christ répond que seul l’Esprit Saint peut chasser des démons. Dans l’évangile de Luc, les pharisiens et les scribes exigent du Christ un prodige ; celui-ci leur répond qu’il ne leur donnera que le signe de Jonas, c’est-à-dire, sa résurrection, trois jours après sa Passion.

« Si Satan est divisé contre lui-même, comment son royaume pourra-t-il subsister ? puisque vous dites que c’est par Béelzéboul que je chasse les démons. Luc 11,18 »

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Historique de la Mouche TSE TSE

Posté par othoharmonie le 13 avril 2012

 Mouche tsé-tsé (Glossina sp.)Le premier piège à glossines a été mis au point et utilisé dans les plantations de l’île de Sao Tomé et Principe en 1910, il s’agissait de blouses noires enduites de glue (Da Costa et al., 1916). Pendant la première moitié du XXe siècle, les méthodes utilisées par les colonisateurs consistèrent surtout à réaliser des opérations de débroussaillage et d’abattage des animaux sauvages. Néanmoins, la lutte contre la maladie du sommeil, notamment pendant la grande pandémie qui a ravagé l’Afrique Centrale et de l’Ouest entre 1920 à 1950, est d’abord passée par le dépistage et le traitement aux moyens d’équipes mobiles. C’est à cette époque que les chercheurs s’intéresseront vraiment aux pièges à glossines (Harris, 1930 ; Chorley, 1933 ; Morris, 1949) . C’est avec l’apparition du DDT dans les années 1940 que les insecticides vont être utilisés massivement jusque dans les années 1960, période des indépendances pour de nombreux états africains. Les pulvérisations aériennes ont été largement utilisées en Afrique Australe, notamment au Zimbabwe (Rhodésie à l’époque), mais les problèmes posés par le rapport coût / efficacité de la méthode ainsi que son impact sur la faune non cible, ont amené des chercheurs à mettre au point de nouveaux procédés. De plus, le fait que les glossines enterrent leurs larves rendait l’éradication quasi-impossible et nécessitait des pulvérisations répétées. C’est ainsi que les pièges à glossines vont faire un retour en force à la fin des années 1960 jusque vers les années 2000. Le piège de référence en matière de lutte contre les glossines est le piège biconique (Challier & laveissière, 1973), conçu pour attirer les glossines des groupes palpalis et fusca. Plusieurs déclinaisons de ce piège seront mises au point dans les années 1980, améliorant l’efficacité et réduisant les coûts de fabrication : le piège pyramidal (lancien, 1981 ; Gouteux & lancien, 1986), le piège monoconique « vavoua » (Laveissière & Grébaut, 1990).

Avec la conférence internationale d’Alma-Alta en 1978, il fut reconnu aux communautés le droit d’être impliquées dans les systèmes de santé. À partir de là plusieurs campagnes massives de lutte contre les tsé-tsé vont être réalisées, notamment en Afrique francophone. Ces campagnes de lutte vont faire la preuve de l’efficacité de la méthode et impliqueront les communautés concernées. Malheureusement, ce succès étant essentiellement dû à l’implication d’équipes spécialisées sachant appliquer à la lettre les procédures inhérentes à la mise en place de ces dispositifs, dans les pays qui vont s’essayer à la lutte massive par piégeage, le manque de réussite des campagnes, lié au non respect des procédures, va reléguer la lutte antivectorielle par piégeage au second plan.

Concernant la protection du bétail, d’autres techniques que le piégeage sont préconisées, qui passent par l’utilisation d’insecticide directement sur l’animal (pour-on, imprégnation des membres inférieurs). En effet, si l’on fait abstraction de la pulvérisation aérienne, le défi majeur de la protection du bétail réside dans l’immensité des surfaces à protéger. La mise en œuvre d’une protection directement sur l’animal présente dès lors tout son intérêt.

 Mouche tsé-tsé (Glossina sp.)La technique du lâcher d’insecte stérile ou SIT, mise au point dans les années 1960 et utilisée avec succès dans les grandes plantations industrielles du sud des États-Unis et d’Amérique Centrale, a été testée dans les années 1980 au Burkina Faso (Politzar & Cuisance, 1984). Cette technique consiste à produire une grande quantité de mâles et de les stériliser en les soumettant à des radiations. Ces insectes sont ensuite relâchés dans la nature et vont s’accoupler avec les femelles sauvages. Si la proportion de mâles stériles sur celui des mâles sauvages est assez importante, un ordre de grandeur de 10 sur 1 étant requis, et si la population de glossines visée est géographiquement isolée, l’espèce est rapidement éradiquée.

Cette technique a été utilisée sur l’île de Zanzibar de 1994 à 1998, où en quatre ans, plus aucune mouche tsé-tsé n’a été repérée. Le programme d’éradication, mené en coopération entre la FAO et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a consisté dans un premier temps à réduire drastiquement la population de mouches tsé-tsé à l’aide d’insecticide, pour permettre à la technique de l’insecte stérile d’être efficace, ce n’est qu’après, que les mouches mâles stériles ont été relâchées. Un rapport de 50 pour 1 a été utilisé sur Zanzibar, de manière à s’assurer du succès de l’opération.

Depuis le succès de Zanzibar, l’Union Africaine désire étendre l’utilisation de cette technique à d’autres pays africains.

Sarcophaga carnariaLes opposants à ce projet soutiennent que la suppression totale de cette espèce risque de déséquilibrer l’écosystème, dans lequel la mouche tsé-tsé a sans doute sa place. Un programme important d’éradication de la mouche tsé-tsé a déjà été appliqué dans les années 1970-1980 dans la région de Ngaoundéré. Une continuité de ce programme au début des années 1990 consistait à utiliser des pièges à insectes de façon à constituer un barrage naturel à l’expansion de l’insecte dans la zone considérée comme éradiquée. Cette initiative aura permis une amorce du développement de la production laitière entraînant avec elle un ralentissement des transhumances du bétail et un début de la culture fourragère sur le plateau de l’Adamaoua.

Un point faible du SIT est constitué par sa lourdeur et son coût. La production des mâles stériles sur un mode industriel est délicate, onéreuse et nécessite un équipement spécialisé pour la stérilisation (bombe au cobalt). De plus, la réussite de cette technique, qui se traduit par l’éradication d’une population de glossines, passe par l’identification de populations de tsé-tsé isolées en s’appuyant sur de longues et coûteuses études de génétique.

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La mouche en cosmétique

Posté par othoharmonie le 12 avril 2012

 

Le 18 ème siècle : Epoque de raffinement.

La mouche en cosmétique dans MOUCHE Langage_des_MouchesLe maquillage est recouvert d’un épais fard blanc, les joues sont rouges, les rouge à lèvre sont choisie en fonction du rang social (grenat pour les dames de la cour, rouge plus claire pour les bourgeoises et violet agressif pour les femmes de mauvaises réputation).

C’est aussi la grande mode des mouches, chaque emplacement a une signification (au coin de l’œil pour la passionnée, au milieu de la joue pour la galante, aux commissures des lèvres pour la coquette et sur les seins pour la provocante).

Le visage était recouvert de blanc. On pensait que les produits blancs donnaient une peau blanche. Le blanc évoquait la virginité et donnait l’illusion d’un visage pur, exempt de toute tache, de toute cicatrice, et dissimulait les rougeurs, les couperoses et les dermatoses provoquées par la nourriture très épicée et par les vins capiteux. La blancheur du teint était également un signe d’oisiveté et donc de richesse. Les dames se mettaient aussi parfois une quantité impressionnante de mouches (petites rondelles de taffetas noir disposées sur le visage et destinées entre autres à cacher les impuretés tels que les boutons, les petites rougeurs, les grains de beauté…), toujours pour faire ressortir la blancheur de leur teint. Les précieuses se blanchissaient et évitaient, lors des promenades, le bronzage en portant un masque qu’elles maintenaient par un bouton entre les dents, ce qui évitait la conversation.

Une couleur marque l’apogée de cette illusion : le rouge. Le rouge était la marque du pouvoir aristocratique. Quand une femme voulait séduire, elle ajoutait du rouge sur les joues. Dès 1673, toutes en portaient.

Sous Louis XIV, le fard devint le symbole de l’amour, de l’émancipation, mais aussi de l’adultère, de l’impudeur. Les femmes se fardent à l’extrême, surchargées de blanc et de rouge. Toutes les gammes de rouge explosent agressivement. Les cosmétiques de l’époque se composent de céruse, du sublimé, du rouge d’Espagne, du vinaigre distillé ou de l’eau de fleur. La céruse est de l’oxyde de plomb (produit extrêmement toxique) que l’on poudrait sur le visage, le cou, parfois les bras et la naissance de la gorge. Au début du XVIIIe siècle, les précieuses fabriquaient elles-mêmes leurs fards.

mode-et-robes-au-18-eme-siecle dans MOUCHEElles portaient toutes des noms :
Près de l’œil, elle se nomme assassine ou passionnée.
Au coin de la bouche, c’est la baiseuse.
Sous la lèvre, elle devient friponne ou coquette.
Sur le nez, effrontée ou gaillarde.
Sur le front, la majestueuse
Sur la joue, c’est la galante.
Sur une ride, dans le creux du sourire, elle est enjouée.
Sur la poitrine, c’est la généreuse.
Sur un bouton, la receleuse.
Ou bien sur le menton, ne serait-ce point la discrète

Cette mode disparaitra à la fin du XVIIIème siècle. Il faudra attendre un bon siècle pour que cette mode soit à nouveau en vigueur. Dans les années trente, l’emplacement favori est le coin de l’œil droit, les spécialistes du maquillage les vendent en boîtes. On les fixe en humectant  la partie encollée. Nous sommes à l’ère de la mouche autocollante. Les adeptes du piercing n’ont rien inventés avec la “médusa” et la “Madonna” qui agrémentent la lèvre supérieure.

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