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Le monde moderne et les animaux

Posté par othoharmonie le 4 février 2017

 

Nous pouvons fermer les yeux autant que nous le voulons, la réalité contemporaine de notre rapport aux animaux n’est pas honorable. Elevage intensif, expérimentation scientifique et déconsidération, font aussi partie du paysage, aux côtés de notre rapport affectif envers nos animaux de compagnie. Comment l’être l’humain justifie-t-il de faire subir à l’animal de telles situations de maltraitance ? C’est à se demander quelle est la réelle « bonne cause » pour laquelle des milliers d’animaux sont sacrifiés toutes les semaines au nom de la recherche. N’est-il pas sérieusement temps de modérer nos expérimentations animales ? Pensons-nous que les animaux sont des choses, à notre service ? 

animaux

En dessinant un univers mécanique, dans lequel tout serait inerte et déterminé, Galilée au 17ème siècle, Descartes et Newton au 18ème siècle, ont promu un mode de pensée radical, fondateur de notre culture. « Ce que le matérialisme dit c’est que d’une manière imprécise, à un moment de l’évolution, la conscience humaine se serait allumée subitement, commente Rupert Sheldrake avec une pointe d’ironie (…) Tout le reste de l’univers serait totalement inconscient et mécanique ». Cette philosophie matérialiste, qui décrit la nature, et donc l’animal, comme totalement dénués de conscience et obéissant à des automatismes, a ouvert la voie à toutes sortes d’exploitations abusives par l’homme de son environnement. Car à partir du moment où l’animal est une machine qui n’a pas de conscience, tout est justifié. 

Mais nous n’avons pas toujours eu ce rapport à l’animal. Vinciane Despret nous raconte comment, jusqu’au 18ème siècle, nombre d’animaux soupçonnés d’avoir commis des crimes, avaient des droits et étaient traînés en justice, avec procédures en bonne et due forme. « Ces procès témoignaient d’une sagesse que nous réapprenons, ça et là, à cultiver : la mort de l’animal peut ne pas aller de soi. La justice devait intervenir » raconte-t-elle. Et c’est ce qu’il s’est passé en 1713, à Piedade no Maranhao au Brésil, non pas avec des animaux domestiques, mais avec des termites accusées de la destruction d’une partie d’un monastère. Surprenant. « L’avocat qui leur fut attribué plaida de manière ingénieuse, poursuit Vinciane Despret (…) Le juge décida, au regard des faits et des arguments, d’obliger les moines à offrir un tas de bois aux termites ; ces dernières reçurent quand à elles l’ordre de quitter le monastère et de limiter leur louable industrie à ce tas de bois ». Si cet exemple paraît incroyable, il montre combien nous avons su par le passé considérer les formes de vie qui nous entourent comme étant conscientes et détentrices de droits, tout comme nous.  

isabelleLes chercheurs qui ont ouvert avec Bruno Latour et Isabelle Stengers la « boîte noire » de la fabrication des sciences modernes n’ont pas fini de faire vaciller les contours du monde qui nous entoure. Le dernier livre de Vinciane Despret « Que diraient les animaux…si on leur posait les bonnes questions ? » ne s’adresse pas seulement à la communauté des chercheurs (sociologues ou philosophes des sciences, éthologues et scientifiques) mais se trouve susceptible d’intéresser et de concerner n’importe qui soucieux des rapports que nous entretenons avec les animaux. Plus que cela, il rend directement préhensibles et accessibles les conséquences pratiques et quotidiennes (pour tout un chacun) d’autres versions d’un « faire science ». Interrogés non seulement dans les laboratoires, mais aussi dans leur milieu de vie, avec ceux qui vivent à leurs côtés, ré-harnachés en quelque sorte par cette opération aux ambiguïtés du monde, les animaux dont parle Vinciane Despret n’apparaissent plus du tout bêtes.

La mise en cause, bien que jamais abordée frontalement (sous le registre de la critique ou de la dénonciation) n’en reste pas moins radicale : les frontières ontologiques entre les êtres humains et les animaux définies par les sciences expérimentales depuis plus d’un siècle ne tiennent pas l’épreuve de notre relation aux animaux et de la relation qu’ils entretiennent avec leur environnement. Si la mise en cause n’est jamais abordée frontalement, c’est aussi que le propos de Vinciane Despret n’est pas d’attaquer la science, ni les scientifiques, mais plutôt des manières de faire science. Il ne s’agit pas pour elle de disqualifier en généralité les résultats des sciences expérimentales mais d’interroger spécifiquement et cas par cas leurs dispositifs méthodologiques et le type d’interprétation que ces dispositifs génèrent.

Pour cela, la démonstration de Vinciane Despret n’emprunte pas le déroulement linéaire du livre de sciences sociales, c’est un abécédaire, on entre ainsi « par le milieu », on déambule d’une lettre à l’autre et l’on comprend vite que ce cheminement bien singulier ne relève pas du tout d’un simple effet de style. La logique d’exposition correspond directement à la proposition heuristique du livre : la connaissance que nous avons des animaux n’est ni univoque, ni de portée générale, elle est résolument plurielle et ouverte, ainsi n’y accède-t-on qu’à accorder de l’importance à la discontinuité, à l’événement. On y accède par fragments donc, par morceaux d’expériences, aux frontières des mondes humains et non humains, c’est-à-dire tout aussi bien dans les laboratoires que dans les fermes des éleveurs, les zoos, dans les forêts amérindiennes ou les pâturages portugais. L’espièglerie de l’exemplification et la multiplication des anecdotes cocasses procèdent également de cette heuristique particulière, la mise à mal du Grand Partage entre humains et animaux peut ainsi être poursuivie sans gravité ni pathos, et surtout s’accompagner d’un rire communicatif qu’en progressant dans la lecture, on se surprend même à éprouver comme partagé avec les animaux eux-mêmes.

Chaque entrée du livre est indexée à un terme (Corps, Génie, Imprévisibles, Justice) et à une question provocatrice (« Les singes savent-ils singer ? » « Les oiseaux font-ils de l’art ? » « Peut-on conduire un rat à l’infanticide ? » « Les animaux font-ils des compromis ? »), ces couplages étranges se trouvent eux-mêmes rapportés aux cas empiriques (des éléphants thaïlandais qui peignent des esquisses devant les touristes, des pingouins aux identités sexuelles multiples, des pies menteuses, des orangs-outans qui lancent leurs selles à la tête des scientifiques, des perroquets qui ne répètent pas ce que l’on voudrait…) indifféremment extraits de corpus de recherches éthologiques ou de Youtube. Vinciane Despret ne répond pas aux questions posées en début de chaque chapitre mais au contraire nous propose de la suivre dans ses hésitations, elle donne ainsi à voir différentes situations où ces questions reçoivent d’autres réponses que celles envisagées par les scientifiques (cf. V comme Versions) ces derniers étant bien souvent incapables de les recevoir pour la double raison qu’elles échappent aux dispositifs d’établissement de la preuve mais surtout qu’ils n’attendent aucune réponse qui puisse être formulée par les animaux eux-mêmes.  cf. p 206

 livrecf. p 209 Parmi la foule d’exemples qui sont avancés, je proposerais d’en extraire simplement deux d’entre eux, pas les plus drôles, dont je laisse le plaisir de la découverte aux lecteurs du livre, mais sans doute ceux qui nous (êtres humains) concernent le plus. Le premier exemple se trouve à la lettre « S comme Séparations », sous-titré de « Peut-on mettre un animal en panne ? » ; y est examiné le régime de production de preuves qui a conduit à la formulation de la théorie de l’attachement par le psychologue Harry Harlow. « Le poison de l’héritage » d’Harry Harlow tient selon Despret en la manière dont le laboratoire expérimental a produit les preuves d’une des plus grandes évidences sensibles que nous avons en commun avec beaucoup d’animaux : l’affection. Pour parvenir à démontrer la nécessité vitale du lien tactile, Harlow a répété avec des rates, puis avec de petits macaques rhésus, des procédures de séparations d’avec leurs petits. De là, le type de questions qu’il pose sont les suivantes : que se passe-t-il si l’on affame la mère et qu’on lui donne le choix entre se nourrir et rejoindre son petit ? Que se passe-t-il si la mère est remplacée par un mannequin en tissu ? Que se passe-t-il si le mannequin est en métal et fournit du lait ? « L’expérience de séparation ne s’arrête pas à séparer des êtres les uns des autres, elle consiste à détruire, à démembrer et, surtout à enlever. Comme si c’était le seul acte qui puisse être accompli […] Apparaît alors le véritable fil qui guide cette histoire : celui d’une routine qui s’emballe et devient folle. Séparer les mères et leurs petits, puis séparer les mères d’elles-mêmes, dans leur propre corps, enlever les ovaires, les yeux, le bulbe olfactif  ». Cette fois-ci rien de drôle, bien au contraire. La science expérimentale apparaît comme une machine non plus simplement « à rendre bête » mais plus littéralement comme un appareil de torture. Le fait qu’à aucun moment Harry Harlow interroge ce que les dispositifs eux-mêmes induisent, que jamais ne soit imaginé qu’ils puissent largement « causer » le désespoir qu’ils sont précisément censés permettre d’enregistrer, fait dire à Vinciane Despret que la théorie de Harlow ne tient qu’à une chose : « un exercice systématique et aveugle de l’irresponsabilité»

 cf. p 116. Vinciane Despret s’appuie particulièrement dans ce chapitre sur les travaux de Noëlie V (…)

Dans le second exemple (qui pourra être lu dans ses développements à la Lettre K « comme Kilos », sous-titré de « Existe-t-il des espèces tuables ? »), Vinciane Despret nous invite à réfléchir un peu plus sérieusement sur nos propres manières de faire, et c’est bel et bien à cet endroit qu’est disposée la charge pragmatique du livre. La propension des sciences expérimentales à séparer pour ordonner le vivant ne leur est pas propre, les techniques modernes d’abattage, en convertissant des corps en carcasses, procèdent d’opérations du même ordre. « Les parties du corps de l’animal sont traduites en mode de cuisson : le rôti, la pièce à bouillir, le morceau à braiser », « on parlera du bœuf, du veau, du porc ». En même temps que le laboratoire des sciences expérimentales devient monde, le corps mort des « animaux tuables » devient viande, dépouillés ainsi de leur singularité, ce qu’il reste des corps peut alors se muer en une mesure en kilogrammes. On comprend combien tout cela nous concerne, on entrevoit aussi le type de questions vertigineuses que cela peut susciter : Et si en achetant des morceaux de viande dans le supermarché d’à côté, en recoupant ces morceaux dans nos assiettes, nous remâchions l’oubli que c’est une vie que nous nous apprêtons à avaler ? 

 Que diraient les animaux, si… on leur posait les bonnes questions ?

Vinciane Despret

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Les préjugés dont les chauves-souris sont victimes

Posté par othoharmonie le 2 août 2016

 

La plupart du temps méconnues du grand public, les chauves-souris sont souvent considérées comme des animaux parasites qui provoquent des désagréments permanents. Ce préjugé est malheureusement à l’origine de nombreux mythes et de la destruction des chauves-souris dans le monde occidental. Elles sont pourtant peut-être nos plus grandes alliées, après les animaux domestiques. Strictement insectivores, les espèces européennes ont la charge de nous débarrasser des désagréables moustiques et tipules qui hantent nos soirées l’été.

CHAUVE SOURIS

Les chiroptères ont pâti d’une mauvaise réputation

Dans le monde occidental, même si l’homme se considère souvent comme à la pointe en matière de technologies diverses, les chauves-souris sont encore perçues comme des animaux maléfiques qui suscitent une très grande peur et une forte répulsion. Simplement par méconnaissance !

Animaux nocturnes, elles se sont forgées, comme beaucoup d’autres, une réputation particulière et ont enflammé l’imagination des hommes. Déjà, dans la Rome antique, on les décrivait comme des animaux apparentés par nature au diable. Beaucoup plus tard, elles symbolisaient même l’antéchrist, c’est-à-dire le démon. Si les anges étaient représentés avec des ailes d’oiseaux, le diable au contraire était paré d’ailes de chauves-souris. Elles symbolisaient aussi sa capacité à se battre contre les anges, ce qui illustrait bien le rôle des chauves-souris dans l’imaginaire. On les clouait même sur les portes des granges jusqu’au milieu du XXe siècle, dans le Berry par exemple.

On leur a aussi attribué des vertus maléfiques. Animaux nocturnes capables de voir la nuit, on disait qu’ils avaient la capacité de rendre la vue aux aveugles, si leurs yeux étaient appliqués sur la tête des malades. Ils faisaient aussi partie de la pharmacopée des sorcières au Moyen Age.

Cette réputation n’est pas partagée dans le monde

Les chauves-souris ne font pas l’objet des mêmes considérations sur tous les continents.

C’est le cas en Amérique centrale où, sur les représentations religieuses, certaines divinités ont une tête et des ailes de chauves-souris.

L’art maya n’est pas le seul dans ce cas. En Chine, elles sont plutôt symboles de fidélité. Certains religieux portent d’ailleurs sur leur robe une figure représentant un arbre avec des racines et ses branches, symboles de la vie, sont entourées de cinq chauves-souris aux ailes déployées. Celui qui porte cette figure est censé jouir d’une longue vie, être riche, en bonne santé, heureux et ne pas mourir dans la souffrance.

Peu à peu réhabilitées, elles restent exposées de nos jours aux impacts des activités humaines

Considérées comme des oiseaux impurs, c’est pourtant Léonard de Vinci qui les regarda différemment pour la première fois en Europe. Il construisit en effet ses premiers modèles de machines volantes à partir d’ailes de chauves-souris. Il s’était fondé sur leur morphologie pour obtenir un vol manuel généré par l’énergie humaine.

Les réflexions relatives à ces animaux sont en train d’évoluer depuis une soixantaine d’années : on se rend compte finalement dans l’expérience populaire qu’elles ne s’accrochent pas aux cheveux ou qu’elles ne sucent pas le sang (hormis trois espèces de vampires en Amérique du Sud).

Mais une autre menace est apparue depuis la fin des années 1950 : la modification des paysages par l’homme et l’utilisation de produits chimiques qui engendrent leur empoisonnement direct ou indirect, fragilisent à leur tour les populations.

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LE MALÉFICE DU HIBOU

Posté par othoharmonie le 5 mars 2015

 

290px-Marsh_owl_(Asio_capensis)Le froid était très vif en cette nuit de février 1756. L’homme marchait à grands pas, s’arrêtant de temps en temps pour mieux s’orienter. En ce lieu la forêt était moins dense et les rayons de lune éclairaient par instants cette silhouette, la faisant ressembler à quelque énorme insecte. Brusquement l’homme se figea. En face de lui le château fort lui apparut à la fois imposant et inquiétant, se dressant comme un obstacle infranchissable. Après s’être assis, l’inconnu sortit une arquebuse de sa housse. Dans deux heures tout au plus, le jour se lèverait; il lui suffisait d’attendre et d’être patient, le reste se déroulerait, il en était sûr, suivant son plan.

L’oiseau, comme sorti de nulle part, survola une des tourelles de la forteresse, longea le chemin de ronde, puis piqua vers la vallée. Un claquement sec se fit entendre. Comme happé en plein vol par la main d’un géant invisible, l’oiseau s’immobilisa une fraction de seconde, puis entama une chute à la verticale.

Accroupi au pied de la muraille, le chasseur regardait sa proie. Sa stupeur fut grande quant il s’aperçut de son erreur. Il n’avait pas tué le hibou mais un vulgaire faucon. Il n’eut d’ailleurs pas le loisir d’y réfléchir longtemps ; il ressentit une violente douleur à la nuque, puis ce fut le néant.

Le village de Malesuerte comptait un peu moins de deux cents âmes . L’agriculture, l’élevage et la production de charbon.

de bois occupaient la totalité de la population qui vivait chichement. Isolés du reste du monde pendant les longs mois d’hiver, les villageois menaient une vie rude, parfois même à la limite du supportable. Cette solitude les rendait taciturnes et ombrageux. La famille Auguste n’échappait pas à la règle et, comme les autres, était sujette à la superstition.

Ce jour là, le clan était rassemblé dans la salle commune, autour de la grande table en chêne massif. Il y avait là le père, trois de ses quatre fils, la mère et les deux filles. Le père Auguste, assis en bout de table, le buste bien droit, ses mains puissantes posées à plat, s’adressait à ses garçons. C’était un homme d’environ soixante ans, cheveux blancs, le visage buriné par la vie au grand air, aux traits empreints d’une certaine noblesse qui ne laissait pas deviner sa condition modeste de charbonnier. Sa voix aiguë pour un homme de stature très imposante, surprenait : « Je crois qu’il ne faut plus se leurrer, votre frère aîné ne reviendra plus. Je ne voulais d’ailleurs pas qu’il s’attaque au hibou. Cet oiseau est un sorcier déguisé. »

Un long silence suivit. On attendait que le père n’ait plus rien à dire. Joseph, le troisième fils, d’un imperceptible signe de la main, demanda la parole :  « Père, l’idée de la mort de mon frère Jacques m’est insupportable. C’est pour nous tous qu’il a eu le courage d’aller au château. Nous devons le venger. »

Joseph était le trait d’union entre le village et le marché de la ville située à cinq lieues plus bas, dans la vallée. Il y transportait les marchandises, vendues ou troquées , à dos de mulet. Son contact avec le monde extérieur lui faisait ressentir les choses de la vie sous un éclairage différent. Il avait du mal à admettre la sorcellerie et les drôles d’histoires qui en découlaient. Pendant une année, le père Auguste avait hébergé gratuitement un colporteur, à la seule condition qu’à l’issue de son séjour, Joseph sache lire et compter. A l’époque , l’enfant très doué avait facilement assimilé cet apport intellectuel. Maintenant, une fois par semaine, le soir, en rentrant du marché, il faisait les comptes sur la grande table. La famille et même parfois quelques voisins venaient le regarder. Ces gens simples admiraient Joseph, subjugués qu’ils étaient par la magie des chiffres qui s’alignaient sur le papier posé devant lui. Seul, était audible le léger grattement de la plume d’oie, bruit amplifié par le silence quasi religieux qui régnait dans la pièce. Pendant ces soirées, le temps semblait s’arrêter, comme si un dieu miséricordieux avait décidé que ces oubliés avaient eux aussi besoin d’une lumière spirituelle.

Accoudé à sa fenêtre, Joseph dominait la rue principale où contrairement aux habitudes, à cette heure de la journée, la foule se pressait nombreuse. Des bruits de voix, des sons lui parvenaient par bribes, parfois compréhensibles, parfois sourds et confus : c’était la rumeur, sournoise, protégée par l’anonymat, dangereuse et perfide. Elle s’insinuait dans tous les esprits, lentement mais sûrement, distillant son poison ; le village était maudit disait-elle et un exorciste allait venir pour extraire le Mal. La disparition de Jacques, l’aîné de la famille Auguste, après celle des trois filles du village, c’était le trop plein qui avait déclenché l’intervention de l’Eglise.

Joseph ferma les yeux ; il ne se sentait pas très bien. En ville, il s’était lié d’amitié avec Raphaël, le vieil armurier, qui lui avait raconté comment ,jadis, l’Inquisition procédait pour chasser les démons. Il eut le pressentiment que le malheur allait frapper le village.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsDe haute taille, d’une maigreur extrême, tonsuré, le visage blafard, lugubre dans sa robe de bure sombre, frère Thomas arriva le surlendemain. Il était accompagné d’un deuxième moine, sorte de géant au visage inexpressif, qui avait tout du garde du corps. La charrette qui les transportait, tirée par un âne, était encadrée par deux pandores à cheval. L’autorité judiciaire n’avait pas lésiné sur les moyens en expédiant, elle aussi, deux représentants de la loi. Deux familles furent priées d’aller prendre pension chez des parents ou des amis, afin de libérer leur logis pour les nouveaux venus.

L’après midi l’enquête commençait. Frère Thomas décida d’interroger toutes les personnes susceptibles d’apporter un témoignage concret sur l’enlèvement des trois fillettes disparues. Il n’apprit rien de bien précis si ce n’est le fait qu’à chaque disparition, un hibou avait été aperçu près de la maison de la victime. Cet oiseau de nuit venait, on en était presque sûr, du château. D’ailleurs il y avait bien longtemps que l’on n’avait revu le châtelain. Peut-être le hibou le séquestrait- il ? Certains affirmaient même que le rapace et le maître des lieux ne faisait qu’un ; la nuit il se transformait pour assouvir on ne sait quelle vilenie. L’enquêteur décida qu’un des gendarmes irait rapidement visiter le château. Il verrait ensuite s’il était nécessaire de « donner » la question à l’un des témoins. Il soupçonnait certains de ne point lui dire toute la vérité.

Le château dominait le village, rappelant que dans un lointain passé son rôle était de protéger les paysans qui dépendaient du puissant seigneur, maître absolu de toutes ces terres environnantes. A vol d’oiseau, à travers la forêt, la distance qui les séparait pouvait être estimée à un quart de lieue, mais pour y accéder par la voie normale, il fallait ressortir du village par la porte sud puis remonter un chemin sinueux et pentu.

C’est en 1200, alors que Philippe II régnait sur une France très chrétienne et sous forte influence papale, que le premier seigneur, Thibaut de Passevent prit possession de ce fief, don de son suzerain. Il partit d’ailleurs très rapidement, en 1202, pour la quatrième croisade ordonnée par Innocent et conduite par Boniface de Montferrat. Les croisés, alliés de Venise qui fournissait les moyens de navigation pour la traversée furent détournés sur la côte Adriatique puis vers Constantinople dont ils s’emparèrent, fondant l’Empire latin. De retour en 1204, Thibaut vécut sur ses terres, soucieux d’assurer sa descendance . Depuis les comtes de Passevent s’étaient succédés sur ce domaine et, actuellement, c’est le dernier héritier, Jauffret, qui en était le seigneur. Il sortait rarement et personne ne pouvait se vanter de vraiment le connaître.

Le gendarme arrêta son cheval devant l’énorme porte en bois massif, un peu surpris qu’elle fut entrouverte. Toujours en selle, il pénétra à l’intérieur et se trouva, après être passé sous un porche, dans une cour pavée, délimitée par des bâtiments dont les fenêtres protégées par des barreaux n’étaient pas sans évoquer celles d’une prison. Mettant pied à terre, le pandore attacha sa monture à un anneau scellé dans le mur. Il ne put s’empêcher d’imaginer un preux chevalier qui, quelques siècles plus tôt , aurait eu le même geste. Inconsciemment il était impressionné par l’atmosphère qui régnait en ce lieu. De sa voix puissante il appela plusieurs fois mais à l’écho de ses exhortations suivait un silence anormalement pesant. Il faillit repartir mais pensant à son chef qui attendait son rapport, il prit la décision de pousser plus loin ses investigations. Un coup d’œil circulaire lui fit découvrir une porte basse, située sur sa gauche, apparemment ouverte. Il s’approcha et, la poussant du pied pour élargir le passage, il découvrit qu’elle donnait sur un escalier en pierre qui s’enfonçait vers le niveau inférieur. En descendant les premières marches il eut la désagréable impression d’être guidé comme un vulgaire gibier s’avançant dans le piège tendu par un invisible chasseur. L’endroit était humide et sentait le moisi. Passant la main sur son front, il la retira mouillée par la transpiration ; il ne pouvait s’empêcher de céder à une certaine angoisse. Il s’invectiva mentalement et poursuivit sa descente. L’escalier était plongé dans une demi obscurité propice à créer un climat quelque peu surnaturel ; le sentiment d’être épié le rendit encore plus nerveux et c’est presque au pas de charge qu’il atteignit la dernière marche. Faisant une pause pour mieux récupérer, il crut voir deux yeux qui le fixaient intensément. Il fallait qu’il se calme, il n’allait pas comme ces paysans ignorants croire aux histoire de hibou. Il s’appuya sur la porte qui lui faisait face et nota que l’énorme verrou qu’il venait de tirer glissait facilement, ce qui prouvait un entretien constant. La pièce dans laquelle il venait d’entrer était très vaste et relativement bien éclairée grâce aux ouvertures pratiquées dans le plafond en forme de voûte. Une croisée d’ogives donnait à ce lieu un air de chapelle. Sur le sol des caisses oblongues étaient parfaitement rangées. La première qu’il essaya d’ouvrir lui résista ; sortant son poignard, il réussit après de longs efforts, à décrocher le couvercle qu’il souleva. Il ne put retenir un cri ; une onde glacée parcourut tout son corps le laissant comme étourdi. Là, devant lui, gisait le corps d’une fillette, sec, vidé, comme momifié. Au dessus, par l’ouverture d’une meurtrière dissimulée dans le mur, apparut l’extrémité métallique d’un carreau d’arbalète. Le gendarme entendit ,un sifflement, ressentit une violente douleur à la nuque, puis ce fut le néant.

L’arrivée du cheval sans cavalier, à la tombée de la nuit, provoqua un énorme malaise à Malesuerte . Frère Thomas décida, prudemment , d’attendre le lendemain pour agir. Grimaud le gendarme, pensait à son adjoint disparu ; pour lui le retour de la monture était la preuve formelle que son collègue avait été agressé. Bon cavalier il n’avait pu être désarçonné et, très respectueux du règlement, il n’avait sûrement pas oublié d ‘attacher son cheval s’il s’en était séparé.

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Description de cette image, également commentée ci-aprèsDans le laboratoire qu’il avait créé au château, Jauffret de Passevent, examinait deux jeunes femmes allongées sur des lits placés de part et d’autre de l’escabeau sur lequel il était assis. Une « pompe » actionnée par un poids qui descendait très lentement, entraînant un mécanisme complexe, faisait circuler à travers des tuyaux reliés aux deux corps, le liquide sanguin. Ainsi une des deux femmes se « vidait » au bénéfice de l’autre. Quelques soubresauts, accompagnés d’un râle profond, alertèrent le comte qui souleva la paupière de la personne placée à sa droite, constatant ainsi que ce n’était plus qu’un cadavre. –« déjà ! c’est à peine suffisant. Il faudra que j’avise. » soliloqua Jauffret en stoppant la machine. Sur sa gauche, le visage de la femme avait perdu sa lividité d’origine et sa bouche entrouverte témoignait du retour vers une respiration plus régulière. Une nouvelle fois Agnès de Passevent reprenait vie.

Atteinte d’une mystérieuse maladie, un apport de sang nouveau et vivifiant lui était indispensable par périodes régulières. Son époux avait cherché et trouvé la solution grâce aux secrets appris et transmis par un de ses ancêtres qui avait longtemps séjourné dans la région de Constantinople. En ce temps là, de nombreuses universités arabes enseignaient les mathématiques et les sciences, en avance sur les connaissances des savants du royaume de France. Le vrai problème avait été l’approvisionnement qui posait un sérieux cas de conscience. L’amour du comte pour  son Epouse l’avait finalement emporté . Le village était là, il suffisait de se servir ; après tout ces gens lui appartenaient.

Sortant de ses réflexions, Jauffret passa dans la pièce voisine où se tenait, debout sur la table, un magnifique hibou. Voyant apparaître son maître, l’oiseau, en signe de bienvenue, pencha légèrement la tête et ferma un œil ; c’est toujours ainsi qu’il l’accueillait. S’asseyant sur un fauteuil qui ressemblait fort à un trône, le seigneur s’adressa au rapace : « Vois-tu Soliman j’ai encore besoin de tes services. Ces jeunes filles ne peuvent pas toutes être utilisées pour régénérer Agnès. Certaines ne sont pas compatibles. C’est ce qui explique le grand nombre de tes incursions au village. J’ai repris la bague au doigt de ta dernière victime. La voici ; décide toi même de la date de ton intervention. Es-tu d’accord ? » Ce faisant, il posa sur la table un merveilleux bijou : la bague en or dans laquelle était serti un magnifique rubis. Le rapace leva la patte en signe d’assentiment. Sa mission très simple naguère, s’était compliquée depuis l’arrivée des étrangers au village et des rumeurs faisant état de sa présence sur les lieux des différentes disparitions. Le plus discrètement possible, il déposait à portée de la jeune fille choisie un message avec un dessin représentant une femme arrivant au château. Jointe à ce message, la bague. Le rêve des amours du beau prince et de l’humble bergère est éternel. La future victime venait d’elle même se livrer au bourreau.

Le soleil n’arrivait pas à percer le brouillard givrant dû à la conjonction du froid et de l’humidité. Un cavalier, penché sur l’encolure de sa monture, franchissait la porte sud. Sa silhouette, dans ce décor figé et hostile, faisait penser à quelque fantôme échappé d’une légende celte. C’était le gendarme Grimaud qui, tenace, continuait son enquête. Il revenait du château où le cheval de son adjoint, la bride libre, l’avait conduit, lui donnant ainsi la certitude que c’est là bas que le malheur était arrivé. Le vieux soldat n’arrivait pas à se consoler ; une véritable amitié le liait au disparu qu’il avait lui même formé professionnellement ; de plus il regrettait amèrement de ne pas l’avoir accompagné dans sa mission. Des larmes coulaient sur ses joues tannées par des années de campagnes dans l’armée du roi Louis. C’était la première fois de sa vie qu’il pleurait.

Lorsqu’il atteignit la place du bourg, une forte agitation y régnait. Frère Thomas n’avait pas perdu son temps. Jugeant inutile d’aller voir le seigneur des lieux, qui ne pouvait être la cause de la colère de Dieu, il décida d’interroger un des témoins. Celui-ci serait désigné par des villageoises. Deux matrones, estimant qu’il valait mieux ne pas s’attirer les foudres de l’inquisiteur, se portèrent volontaires. Après un court conciliabule, elles décidèrent que Fanchette dite la bâtarde, correspondait au profil demandé. Fanchette, quinze ans bientôt, jolie quoique menue pour son âge, était de caractère taciturne et sauvage. Née de père inconnu elle fut recueillie, à la mort de sa mère, par des voisins. Un murmure traversa la foule que le moine estima être la preuve d’un accord général. C’est de cette foule que les deux paysannes extirpèrent leur proie muette et tremblante de peur . Elles la portèrent jusqu’au centre de la place car la terreur qu’elle éprouvait l’empêchait de marcher. Le deuxième moine, le colosse, posa à terre un immense cadre en bois sur lequel les deux femmes attachèrent la fillette après l’avoir entièrement déshabillée. C’est dans une grange où tout avait déjà été aménagé en une sorte de tribunal, que l’homme de Dieu fit transporter celle qui allait, disait-il, lui révéler les obscurs dessous de cette affaire .

Son second, transformé en tourmenteur, attendait les ordres. L’inquisiteur commença par asperger d’eau bénite la malheureuse victime, puis fit un signe à son aide. Le premier supplice choisi pour une « question » simple : la scarification. Un cri horrible, d’une puissance dont on n’ aurait pu soupçonner la suppliciée capable, fit frissonner toute l’assistance, lorsque le bourreau, d’un coup de lame commença son œuvre. Le silence qui suivit fut rompu par la voix grave de frère Thomas qui, main droite tendue, agitait un crucifix. «  Avoue que tu as été visité par le diable, avoue tes crimes, responsables de la malédiction qui s’est abattue sur le village. »

Il y eut un mouvement de foule dans le fond de la salle. C’était Joseph qui ne pouvant en supporter davantage, sortait rapidement pour ne pas évacuer sur place son dernier repas. Le vent frais qui soufflait à l’extérieur lui fit reprendre ses esprits ; il arrivait à nouveau à raisonner correctement. La nuit n’allait pas tarder à tomber. Ici pendant l’hiver tout se passait très vite, il n’y avait pratiquement pas de crépuscule. L’ interrogatoire arrêté, il faudrait bien placer la prisonnière quelque part. La nuit venue il aviserait. Il repensa à son ami le vieil armurier qui lui avait parlé de la Renaissance, des philosophes qui mettaient en doute l’existence de Dieu, de l’importance de l’homme dans l’univers, le guidant vers un humanisme que sa nature généreuse acceptait naturellement, spontanément.

Bien à l’abri derrière le muret qui prolongeait la fontaine, Joseph observait l’entrée du bâtiment où Fanchette   était séquestrée. Le moine géant montait la garde devant la porte d’entrée. Bien que possédant une longue dague, le jeune homme savait qu’il n’avait aucune chance dans un combat au corps à corps contre un tel adversaire, sûrement armé lui aussi. Il en était là de ses réflexions, cherchant une hypothétique solution, lorsque dame chance lui tendit une main secourable. La sentinelle, après avoir jeté un long regard aux alentours, entrebâilla la porte et pénétra à l’intérieur. La lune était montante depuis deux nuits et sa clarté, sans être trop vive, permettait d’éviter les problèmes de déplacement. En quelques foulées, Joseph, dague à la main se faufila dans la grange. Il lui fallut de longues secondes pour que ses yeux s’habituent à l’obscurité. Ce fut le bruit d’une forte respiration accompagnée de grognements qui attira son attention. Après avoir enfoncé un chiffon dans la bouche de la fille, le moine lui avait détaché les chevilles. Malgré la résistance de sa victime, il lui écartait inéluctablement les jambes. La robe de bure relevée jusqu’à la taille laissait voir ses fesses musclées qui se mouvaient à la recherche du plaisir. Joseph plaça la pointe de son arme sous l’omoplate gauche du violeur, l’orientant légèrement vers le haut puis pesa de tout son poids sur le manche de sa dague. Le corps du moine devint tout   flasque. La suppliciée n’ était pas en trop mauvais état. Le bourreau avait peut-être ,en officiant, pensé à ne pas abîmer celle qu’il espérait retrouver la nuit.

Fuir ne servirait à rien, tôt ou tard ils seraient repris ; il ne fallait pas compter sur la complicité des habitants de Malesuerte.

Une seule solution s’offrait à lui : ruser et battre ce maudit moine avec ses propre armes. Pour cela Joseph disposait de deux atouts sérieux ; tout d’abord, une grande imagination , et puis un esprit rationnel libéré de toutes ces croyances, conséquences d’un obscurantisme entretenu par la religion.

Après avoir libéré Fanchette, il attacha le moine sur le cadre de torture, en prenant soin auparavant de nettoyer et de dissimuler la blessure, lui croisa les mains qu’il entoura d’un chapelet pris dans une poche du vêtement de l’ecclésiastique. Il fit la leçon à la jeune paysanne, lui expliquant l’attitude à adopter pour la suite des évènements. Puis après avoir fermé la porte d’entrée, il revint à l’extérieur et se mit à hurler. Quelques minutes plus tard les habitants portant des torches le découvrir à genoux ; l’extase se lisait sur son visage.

-« Je passais par hasard, leur dit-il, lorsque j’ai aperçu une lumière aveuglante, peut-être était-ce un ange, qui venait de la grange. Je n’ai pas osé entrer, c’est sûrement un miracle. »

Personne n’ayant le courage d’ouvrir la porte, on alla quérir frère Thomas. Entouré de quelques hommes, dont certains armés de fourches, il entra puis, stupéfait, s’arrêta . Fanchette à genoux, les bras en croix, s’adressait au religieux attaché sur le cadre. Elle ne se fit pas prier pour expliquer qu’un ange était venu lui annoncer que le village était lavé de ses péchés. Le moine s’était offert en signe de rédemption.

L’inquisiteur comprit qu’il n’avait plus sa place à Malesuerte. Après quelques instants de réflexion, il annonça son prochain départ. Joseph aurait bien aimé savoir si le moine avait «  gobé » son conte. Avait-il la foi au point de croire au miracle ? Etait-il simplement bon perdant devant une situation qui lui échappait ? Il se promit d’en discuter plus tard avec son ami Raphaël.

Le village avait repris ses habitudes et la tension était retombée depuis que la menace de l’Eglise n’était plus ressentie par les habitants. La famille Auguste, chez qui vivait maintenant Fanchette, avait même reçu la visite des deux matrones responsables de ses malheurs, venues implorer son pardon. Tout semblait être au beau fixe et pourtant la menace du hibou demeurait, elle, bien réelle.

Le gendarme ne pouvait se résoudre à considérer son enquête comme terminée. Les disparitions restaient toujours une énigme. Son côté mécréant lui faisait rejeter les explications données par frère Thomas qui pour lui n’était qu’un pervers dangereux. Le souvenir de son jeune adjoint venait hanter ses nuits et il savait que seule la vengeance le libèrerait. Il faudrait bien qu’un jour le comte Jauffret sorte de son antre. Il suffisait d’être patient .

Il errait donc, observant, écoutant les conversations des uns et des autres, à l’affût de quelque détail qui le mettrait sur une piste. Sa pugnacité allait être récompensée.

La nuit et une brume épaisse s’étaient alliées pour gommer petit à petit les contours des objets environnants. Tout devenait flou et irréel. Enveloppé dans sa cape, tapis au poste d’observation qu’il avait choisi parce qu’il dominait le village, Grimaud perçut un bruit venant du chêne voisin. Un rapace, parti de la cime de l’arbre, après avoir parcouru une vingtaine de mètres se posa sur le rebord de la fenêtre d’une des maisons. L’oiseau semblait tenir une proie dans son bec ; il la posa et frappa ensuite contre la vitre ; lorsque la personne, à l’intérieur, se manifesta, il repartit. Le gendarme bondit et parvint rapidement à la fenêtre ouverte, se trouvant nez à nez avec une jeune femme à qui il arracha des mains l’objet apporté par le hibou. Poussant un cri la villageoise referma brutalement, terrorisée par cette apparition soudaine. Bague et message en main, il ne fallut pas longtemps à l’enquêteur pour deviner comment le châtelain procédait pour attirer ces naïves jeunes filles. Maintenant il tenait ce monstre qui laisserait la porte du château ouverte afin de laisser entrer

« l’invitée ». Il devait en profiter pour y pénétrer sans être vu. A cette seule condition il garderait un avantage certain sur l’adversaire. Il eut une pensée pour son malheureux collègue qui s’était probablement fait piéger parce que repéré dès son arrivée. Il fallait donc détourner l’attention d’un éventuel guetteur en l’occupant côté forêt. Qui voudrait bien l’aider ? Il songea à Joseph qu’il devinait intelligent, ayant du caractère, et beaucoup plus évolué que les autres villageois ; il le soupçonnait d’ailleurs d’avoir joué la comédie, devant la grange, pour sauver Fanchette. Il avait examiné le « gros » et son œil d’expert avait rapidement trouvé la cause de sa mort. Par prudence il n’avait rien dit. Joseph à qui Grimaud raconta ses dernières découvertes, accepta d’emblée. Il n’oubliait pas que son frère avait disparu lui aussi en allant chasser ce maudit hibou.

D’immenses bûches brûlaient dans la vaste cheminée de la salle d’armes, rendant la température de la pièce un peu plus clémente. De temps à autre les craquements du bois qui éclatait sous les morsures des flammes rompaient le silence de la pièce. Sur l’encadrement du foyer faisant saillie dans la salle, des trophées de chasse étaient posés ; il fallait être fin observateur pour remarquer que le hibou placé là, était lui, bien vivant. Immobile il observait le maître des lieux perdu dans ses pensées. Le comte Jauffret était bien obligé d’admettre que les transfusions faites à son épouse étaient de moins en moins performantes. Ce jour, elle avait souhaité demeurer dans sa chambre en compagnie de sa suivante.

Il fut tiré de ses sombres réflexions par un bruit insolite venant de l’extérieur. S’approchant d’une fenêtre, il vit un jeune homme, une hache à la main, en train d’abattre un chêne. Cette forêt appartenait au domaine comtal ; nul ne pouvait se permettre d’en couper le bois sans son autorisation. Tout contrevenant prenait de grands risques en outrepassant la loi. Jusqu’à ce jour personne n’avait osé s’y risquer. Le châtelain n’hésita pas longtemps ; décrochant une arbalète du mur voisin, il l’arma rapidement puis s’accoudant pour avoir une bonne assise, il visa l’intrus, attendant pour tirer que celui-ci ne bouge plus. Concentré sur sa cible l’arbalétrier n’entendit pas arriver dans son dos le gendarme Grimaud ; ce dernier avait par précaution enroulé des chiffons autour de ses chaussures pour éviter tout bruit. Pétrifié par la surprise, Jauffret sentit la pointe d’un sabre s’appuyer fortement sur son cou. –« Par Pilate et Barabbas, tu lâches ton arme ou je t’étripe. » La voix du militaire résonna sous la voûte comme un cri de victoire. Homme d’expérience, il savait que tuer un noble pouvait lui valoir Description de cette image, également commentée ci-aprèsde sérieux ennuis. Sous Louis XV on ne badinait pas avec les roturiers qui se le permettaient. Ne cédant pas à son impulsion première dictée par la vengeance il désarma son adversaire puis lui lia les poignets ; passant ensuite le buste à la fenêtre, il agita son couvre-chef. En bas, soulagé et heureux Joseph répondit à son signal.

Après avoir dépêché un courrier à cheval vers la ville la plus proche, Grimaud accueillit avec soulagement un lieutenant de police et ses hommes. La comtesse fut acheminée sur Paris pour un retour dans sa famille. Le comte de Passevent, lui, serait jugé par un tribunal spécial nommé par le Roi.

Par la porte sud, le gendarme Grimaud repartait, mission accomplie. Il n’était pas seul ; Joseph l’accompagnait, en route pour l’école de gendarmerie. « Vois-tu fiston lui glissa l’ancien, dans cette aventure, j’ai perdu un ami, mais le destin m’a donné un fils. »

FIN

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PLAIDOYER pour les animaux ; car ils sont tous sacrés

Posté par othoharmonie le 19 juillet 2014

 

 

J’aborde ce chapitre avec une émotion particulière. En effet, la maltraitance animale et la désespérance qui l’accompagne représentent à mes yeux la grande honte d’une ère civilisée, et le déshonneur absolu d’une humanité totalement irresponsable et en situation de grand désarroi. Pourquoi faisons-nous payer nos erreurs ou nos difficultés à des êtres innocents sans défense ? Qu’avons-nous donc à leur reprocher pour faire subir un tel sort à certains ? 

Les animaux ne comprennent que la tendresse et l’amour, contrairement à de nombreux humains pour qui ces sentiments ne concernent que leur compte en banque et leurs intérêts financiers ou bassement matériels. Car c’est bien le commerce sous toutes ses formes qui conduit aux excès et atrocités que nous connaissons. Les trafics en tout genre et la production industrielle sont passés et passent toujours par là, avec la haute bénédiction de politiciens incapables ou incompétents pour prendre les mesures qui s’imposent.

 Produisez ! Produisez ! …. veaux, vaches, cochons, couvées…

 frr 

S’il est vrai que parfois, le bien peut être confondu avec le mal, il n’existe pas de confusion possible lorsqu’il s’agit de maltraiter un animal. Je m’explique : lorsqu’un humain agit en conscience pour une œuvre quelconque au profit de ses concitoyens ou d’autres personnes en difficulté momentanée, il pense à juste titre œuvrer pour le bien d’autrui, et il est vrai que c’est la réalité. Cependant, n’oubliez pas que vous êtes venus sur terre pour vivre  des épreuves que vous-mêmes, très souvent, vous êtes assignées. En conséquence, celui qui enlèverait l’obstacle placé devant vous, agirait pour lui comme pour vous dans le sens du bien, mais il n’est malheureusement qu’apparent. Ce qui veut dire que l’épreuve que vous deviez vivre est remise à plus tard Pourtant, il n’est pas inutile d’aider puisque c’est le sens de la mission qui est la nôtre. Aider, bien sûr, mais aider utilement et pas seulement pour le bien-être matériel et physique. Il faut aider, mais accompagner cette aide en mettant en valeur le sens spirituel de la démarche. 

Tu ne pourras aider ton prochain que s’il comprend que ton aide est seulement ponctuelle et limite au sursaut nécessaire à sa vie. C’est à dire que l’aide qui n’en finit jamais n’est plus une aide ayant pour but de remettre sur rails l’être en dérive, mais devient une assistance permanente incompatible et contraire à toute évolution. L’être qui se trouve en difficulté soit s’aider lui-même, s’il désire obtenir une aide  de Dieu. 

Je reviens maintenant au massacre que subissent les innocents que sont les animaux. Ils n’ont rien demandé d’autre en venant sur terre, qu’être heureux et bien traités. Même s’ils savent qu’ils servent l’homme (cet ingrat qui n’a en général aucune reconnaissance pour eux, et plus particulièrement pour les animaux qui le nourrissent) l’esprit de l’animal sait ce qui l’attend. Il n’est pas un objet ni une machine à produire ou à reproduire ; c’est ce que beaucoup d’hommes croient. Mais ces gens ne sont que de simples esprits en tout début d’évolution. 

Les animaux ont une âme, bien sûr. Comment pourriez-vous imaginer un seul instant que l’animal qui donne tant d’Amour à son prochain, puisse en être dépourvu ? Leur âme est pourtant très différente de celle de l’humain. Elle ne comporte pas en son sein de progrès personnel à réaliser, ou d’accomplissement quelconque que l’animal porterait consciemment. Il n’en est rien. Le jugement ne l’habite pas davantage, l’âme en est dépourvue, et pour cause : aucun animal n’est jugé dans l’autre monde. Les animaux se prosternent tous devant Dieu dès qu’ils ont franchi la porte de leur Paradis. Le Paradis animal ressemble au Paradis humain. Il est harmonieux en tous points et seul l’Amour règne en ce lieu. 

La condition animale est très différente de la condition humaine, même si parfois elle s’en rapproche de façon étonnante. Mais cela n’est qu’apparence parce que l’animal est un être dépourvu de conscience au sens humain du terme, même s’il sait parfois que son action n’est pas toujours en harmonie avec l’attente de son maître. Toutefois c’est plus la crainte de la correction plutôt que sa raison qui le conduit à adopter un comportement opposé à son instinct. Nos amis les animaux sont mus par cet instinct, et par lui seul. L’humain est pour eux un être reconnu, mais rarement pris en considération, sauf si celui-ci est débordant d’Amour. Ils ne comprennent, sachons le reconnaître, que lui. 

Il est vrai toutefois que le degré d’amour distribué sans compter de leur part, est différent selon les races. L’instinct animal vient souvent contrarier ce sentiment exprimé par lui. Ce qui veut dire que l’animal peut être très affectueux et docile avec certaines personnes, mais également indifférent, très agressif ou méchant avec d’autres. Cela vaut également pour les animaux entre eux. L’hypocrisie ne fait pas partie de sa panoplie sentimentale, contrairement à l’humain qui ne sait que tromper ou trahir en se voilant la face. Certains se reconnaissent et d’autres ne se reconnaissent pas. C’est un peu le même mécanisme qui est en jeu chez l’humain, à partir de l’instant où il a dépassé toute notion matérialiste de la vie, et qu’il s’est installé dans le registre le plus sincère des lois régissant leur rapports entre les hommes. Il s’agit pour l’humain d’un système de valeurs, d’une échelle qu’il gravit progressivement au fur et à mesure des incarnations successives. 

Nos animaux domestiques sont ceux qui donnent le plus d’Amour. Il suffit de les aimer pour qu’ils nous le rendent au centuple. Parfois et même très souvent, ils aiment aussi ceux qui les maltraitent. Ils ont pour eux, de façon instinctive, une forme de pitié parce qu’ils savent, même s’ils sont dépourvus d’intelligence au sens humain du terme, que l’individu qui les frappe, les martyrise, les tue sans égard, ou qui les fait volontairement souffrir pour sacrifier à des rites ignobles, ridicules et totalement dépassés, est un esprit faible et primaire. Nul esprit évolué ne peut faire de mal à l’animal, quel  qu’il soit. Parce qu’il sait qu’en se rapprochant de Dieu, il se rapproche aussi de toutes les créatures de l’univers qui sont bien sûr, tel que st-francois-dassiseFrançois d’Assise le proclamait haut et fort : ses frères, ses sœurs ou ses parents ! Quel Grand Homme que ce Saint François d’Assise !

Ils reconnaissent le fort, mais ils reconnaissent également  le faible, ils sont respectueux de l’un et de l’autre quoi qu’ils leur fassent, quoi qu’il leur en coûte, même si la vie leur est enlevée ; les animaux savent pourquoi ils sont venus sur terre, et chacun joue son rôle. Ils n’ont besoin de personne pour dicter leur conduite. Ils ont tout simplement besoin, eux aussi, d’exemple : cet exemple dont leurs parents ne sont pas dépourvus, et qu’ils leur enseignent selon leur propre condition animale. 

Pourchassez-les ! Eliminez-les ! Martyrisez-les ! Continuez vos vices ! Défoulez-vous sur eux ! En agissant ainsi, c’est sur Dieu, leur Créateur, que vous agissez ! Alors, réfléchissez bien et posez-vous la question de savoir lequel d’entre vous deux est le plus féroce des prédateurs ? 

Tout doit être fait pour éviter de faire souffrir les animaux. Ce mal n’est pas un mal nécessaire, mais bien un mal inutile. Il ne fera grandir ni le bourreau, ni sa victime, et pour cause : l’animal n’est pas sur terre pour progresser spirituellement. En conséquence, tous les individus qui se livrent à des actes barbares sur les animaux, quels qu’ils soient, auront un lourd tribut à payer. Il serait bien qu’ils s’en rendent compte dès maintenant et qu’ils cessent leurs brutalités. Mais l’argent… encore lui … toujours lui, les rend sourds et aveugles. Ils ne voient plus ce qu’est un animal. Ils n’imaginent plus que c’est un être sensible qu’il faut aimer et surtout protéger pour la sauvegarde des espèces Ces êtres sont ignobles, et je leur demande une seule chose : qu’ils puissent une seule fois dans leur vie se mettre à la place de ceux qu’ils font gratuitement souffrir Qu’ils organisent, par exemple, un convoi parcourant des milliers de kilomètres. Qu’ils prennent place debout, serrés comme des sardines, dans la remorque, sans le droit de s’asseoir, ni de boire, ni de bouger pour se délasser les jambes. 

Je viens d’évoquer le sort que subissent des millions d’animaux partout dans le monde ; il n’est pas nécessaire de leur faire subir de telles atrocités. Oh, bien sûr, ils ne se plaignent jamais, ils souffrent en silence. Et c’est ce qui fait jouir, d’ailleurs, certains être malsains heureux de se défouler sur eux. 

Maintenant je citerai un second exemple : prenez un éleveur d’oies ou de canards. Faites-lui subir pendant des semaines le même gavage que celui qui se permet de faire à des bêtes innocentes qui n’ont rien demandé, et surtout pas qu’on fasse grossir démesurément leur foie pour le seul luxe de la cuisine raffinée.. Je n’irai pas au-delà dans l’exemple, pourtant, ils sont nombreux. Je dirai simplement ceci : tous les actes de violence gratuite à l’égard de tous les animaux de la planète seront sévèrement jugés au moment des aveux. 

Hontes à vous, humains, qui prenez du plaisir à faire ou à voir souffrir l’animal. Respectez-le autant qu’il vous respecte. Prenez modèle sur lui et cessez de le considérer comme un individu méprisable. Il était présent sur cette terre bien avant que vous y fassiez vos premiers pas. Il n’a pas besoin de vous pour vivre. Retournez-vous donc cette question et prouvez-lui votre reconnaissance. 

Une loi spirituelle inflexible et incontournable doit être marquée au plus profond de nos âmes et nos consciences ; tout acte de violence perpétré gratuitement sur quiconque et en particulier sur les êtres innocents, sans défense, sera retourné à son envoyeur qui en supportera à son tour toute la douleur morale. Mais il vous faut savoir qu’elle sera amplifiée considérablement et multipliée 10 fois,… 100 fois… 1000 fois.. et bien davantage dans les cas les plus graves. Vous voilà prévenus, vous n’y échapperez pas ! Personne ne peut éviter le retour de bâton. 

Frappez, vous serez frappés ! Calomniez, vous serez calomniés ! Martyrisez, vous le serez aussi. La liste ne s’arrête pas à ces quelques exemples, vous l’avez tous compris. La leçon est sévère, mais elle est nécessaire et utile pour tous les orgueilleux, les sans-cœur, les égoïstes, les êtres peu scrupuleux qui ne pensent qu’à eux, et ignorent souvent volontairement la souffrance de l’autre. Mieux vaut ne pas voir, c’est plus confortable. Prenez conscience sans tarder de ce jugement potentiel qui sera en réalité le vôtre ; le jugement de votre âme, celui de votre double, de cet être miroir qui vous habit déjà. C’est lui et lui seul qui  prêté serment, et c’est donc bien à lui que revient le jugement ! 

La vivisection animale, les tests et autres expériences pratiqués sur les animaux, quelle que soit leur race, ne sont rien d’autre que les mêmes atrocités commises sur les humains lors de la dernière guerre mondiale, par les médecins de l’horreur. Tous les praticiens qui se livrent à de tels actes, ne sont pas différents dans leur démarche à ceux que je viens d’évoquer. Ils s’imaginent peut-être que parce qu’il s’agit d’un animal, leur action n’est pas si grave. Ils se trompent et feraient bien de réfléchir à deux fois, à la finalité objective de leurs expériences barbares. Ils oeuvrent, soi-disant au nom de la santé humaine ; mai sils oeuvrent réellement au nom des puissances de l’argent, des puissances de la grande industrie pharmaceutique, sans scrupule lorsqu’il s’agit de gagner de l’argent, y compris au nom de la maltraitance animale. 

Les esprits étroits de ces individus vont un jour connaître le même sort que celui de leurs victimes. Ils seront, sans aucune excuse acceptable, dépecés à leur tour. Bien sûr, il n’y aura rien de physique dans cette intervention, mais elle sera, qu’ils le sachent dès maintenant, beaucoup plus douloureuse. Le dépeçage dont il est question concernera chaque cellule spirituelle de leur âme. Il leur faudra se justifier entre elles pour le bien, mais surtout le mal qu’elles auront fait subir à l’innocence ; par cette lutte intestine, l’esprit concerné souffrira terriblement, et le seul moyen pour lui de racheter ses fautes sera celui de revenir sur terre afin de rendre par l’Amour aux animaux, la dette de sa cruauté. 

Les animaux, quels qu’ils soient, et en particulier ceux qui sont les plus familiers de l’homme, ne sont pas venus sur terre pour subir ces sévices, y compris au nom de la santé humaine ou de sa « beauté ». Rares sont les humains qui se préoccupent du triste sort de ces bêtes encagées, qui subissent quotidiennement la douleur physique et morale ; les hommes qui pratiquent de telles monstruosités en seront un jour redevables. Ils seraient bien inspirés de s’en rendre compte dès maintenant. 

Les animaux n’ont pas à subir la domination des hommes assoiffés de pouvoir et d’orgueil. Les animaux sont des êtres sensibles, ils doivent à ce titre mériter le plus grand respect. Laissez-les vivre en paix. Donnez-leur les meilleures conditions de vie, surtout à ceux qui vous nourrissent. Elevez-les naturellement, sans les heurter et en les aimant. Ils vous le rendront des milliers de fois au cours de leur vie et ne seront jamais épuisés par l’Amour ! Ils ne réfléchissent pas sur ce qui est bien ou mal : ils aiment. 

Il est tout de même assez paradoxal que les apprentis-sorciers : ceux qui jouent avec la santé publique en ne respectant pas les lois de la nature soient les mêmes, qui plus tard, se torturent l’esprit pour trouver l’antidote de leurs propres erreurs. 

La vache est folle ! En êtes-vous si sûrs Messieurs les éleveurs et autres vétérinaires complaisants et souvent complices ? Arrêtez de leur infliger les pires sévices. Ne croyez pas un seul instant que ces actes gratuits et violents seront sans conséquence ; il vous faudra un jour en rendre compte. 

Assassiner un animal après l’avoir fait volontairement souffrir, est un acte aussi grave que l’assassinat d’un humain. 

Libérez-le d’une maladie incurable s’il n’est plus possible de le soigner, parce que contrairement à l’humain, il ne progressera pas spirituellement par la souffrance. Dans ce cas, il vous est permis de le faire. Mais ne martyrisez jamais ces êtres sensibles et très intelligents, qui sont uniquement sur terre pour vous aider dans votre propre évolution. Or, avec ce que nous voyons de la souffrance animale, nous sommes obligés de crier avec force : STOP. Stop au massacre. Stop à la violence gratuite et non fondée ! Stop aux expériences inutiles ! Stop à la destruction des espèces animales ! 

FORUM1 adresseLorsque tous les animaux auront disparus de la surface du globe les hommes gémiront, se plaindront, et reconnaîtront enfin qu’ils se sont mal conduits vis-à-vis de ces créatures sensibles. Alors, ils pleureront sur leur sort et admettront leurs erreurs. Mais il sera trop tard, leurs crimes seront définitivement achevés. 

   Par Francesca

 

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Cœur de pigeon

Posté par othoharmonie le 2 octobre 2013


IA LEGENDE

Cœur de pigeon dans PIGEON - COLOMBE images-16

Lorsque le père Jacques perdit sa bonne femme, il resta avec deux fils, que son travail de simple journalier ne suffisait pas à nourrir. Comme ceux-ci étaient en âge de courir le pays, il leur dit : « Mes enfants, je vous donne à chacun un bissac, c’est tout ce que je peux faire pour vous, allez avec cela chercher votre pain. »

Les deux frères s’en allèrent, de porte en porte, implorer la charité. Comme c’était presque toujours à l’aîné qu’on faisait l’aumône, ce dernier, qui désirait garder tout pour lui, se fâcha un jour et dit à son frère : « Va de ton côté et moi du mien. »

Le plus jeune, du nom de Jean, s’éloi gna tout attristé, cheminant lentement à travers les sentiers des bois dans lesquels il s’attarda à manger des cornes ou des alizes. Le soir venu, s’étant égaré et ne sachant ou coucher, il eut l’idée d’imiter le petit Poucet et de grimper dans un arbre pour tâcher de découvrir un gîte. Bien lui en prit, car il aperçut une lumière et se dirigea de ce côté.

Un château s’offrit bientôt à sa vue. Il frappa timidement à la porte de ce logis pour demander à passer la nuit. Une belle dame vint lui ouvrir, et, en examinant le petit voyageur, son cœur s’attendrit. « Entre, mon enfant, s’écria-t-elle, viens réparer tes forces. » Elle lui fit servir un pigeon rôti, et, lorsqu’il eut bien mangé, elle lui dit d’aller prendre du repos.

Le lendemain matin, Jean, en se réveillant, sentit quelque chose de dur sous son oreiller. Il regarda ce que c’était et découvrit un sac renfermant cinquante écus. « Cet argent n’est point à moi, pensa-t-il, je ne dois pas y toucher. »

Afin de ne pas abuser de l’hospitalité de la bonne dame, il s’habilla promptement et voulut lui faire ses adieux ; mais apprenant qu’elle n’était pas levée, il pria les serviteurs de la remercier en son nom et, son bissac sur le dos, reprit la clef des champs.

La servante, en allant faire le lit et la chambre du voyageur, découvrit l’argent et le porta à sa maîtresse, en lui demandant ce que cela signifiait, et si elle voulait mettre son honnêteté à l’épreuve.

« Rassure-toi, répondit la dame, tu n’es pas en cause, il s’agit de l’enfant qui vient de partir et qu’il faut ramener au plus vite, car je veux l’adopter pour mon fils. »

Tous les domestiques se lancèrent à la poursuite du jeune garçon, qu’ils ne tardèrent pas à rattraper. « Retournez au château, lui dirent-ils, vous avez plu à notre maîtresse qui veut vous garder près d’elle. » L’enfant fut enchanté et revint sur ses pas.

La dame l’accueillit avec toutes sortes d’amitiés et lui dit : « Tu n’as pas pris l’argent qui se trouvait ce matin sous ton oreiller et qui, cependant, t’appartient. » 

— Comment cela ? Je ne possède pas une obole.

— Tu possèdes cinquante écus, et tous les matins tu en auras autant. Le cœur de pigeon, que tu as mangé hier soir et que tu ne pourras jamais digérer, procure chaque nuit cinquante écus à la personne qui l’a avalé. Mais d’ailleurs, ajouta-t-elle, tant que tu seras ici, tu n’auras pas besoin d’argent. Tu trouveras tout ce qu’il te faut, et je vais donner des ordres pour que de savants professeurs viennent te donner des leçons.

Au bout de quelques années, l’ancien cherchou-de-pain ne se reconnaissait plus lui-même. Au lieu du vagabond déguenillé c’était maintenant un beau jeune homme instruit, distingué et habile à tous les exercices d’adresse. Il est bon d’ajouter que, comme il était intelligent et travailleur, ses maîtres n’avaient pas eu beaucoup de peine à en faire un jeune homme accompli.

Sa bienfaitrice — qui n’était autre qu’une fée — l’aimait comme son fils et s’efforçait de lui rendre la vie aussi douce que possible. 

Le nouvel étudiant s’en allait souvent à la ville voisine habitée par le roi, et un jour qu’il se promenait sur les places publiques il entendit publier, à son de trompe, et au nom du souverain, que celui qui réussirait à faire rire la princesse sa fille, atteinte d’une maladie que le rire seul, au dire des médecins, pouvait guérir, obtiendrait sa main.

De retour à la maison, il raconta ce qu’il avait entendu publier, et la fée lui répondit :

— Il ne tient qu’à toi d’épouser la princesse et dès demain, si tu le veux, je te mettrai à même de la faire rire.

— Qu’inventez-vous pour cela ?

— Tu le verras demain, si tu es toujours décidé à tenter l’aventure.

Le lendemain, après le déjeuner, la fée lui demanda s’il avait réfléchi à sa proposition.

— Oui, dit-il, et j’attends ce que vous allez me donner pour faire rire la malade.

— Va dans la cour où tu trouveras une voiture qui marche seule, ce qu’on a pas encore vu. Monte dedans, va te promener à la ville, et, si la princesse te voit, je t’assure qu’elle rira de bon cœur. 

Notre curieux alla examiner la voiture qui avait aux quatre coins un moulin à vent destiné à faire tourner chaque roue. Des meuniers coiffés de bonnets de coton apparaissaient de temps en temps aux fenêtres des moulins, et tiraient la langue aux gens stupéfaits de voir fonctionner une pareille machine.

Jean monta dans le véhicule, qui se dirigea aussitôt vers la ville, escorté de tous les curieux qui l’avaient rencontré. Ceux-ci riaient tellement, en voyant les meuniers tirer la langue aux passants, qu’ils attirèrent la princesse aux fenêtres du palais.

Elle aussi, en voyant cette étrange chose partit d’un franc éclat de rire. Le roi, tout joyeux, se dirigea vers le char qui avait le privilège de désopiler la rate des gens, et lorsqu’il eut fait la connaissance du protégé de la fée il voulut le présenter à sa fille.

Le jeune homme sut se montrer tel qu’il était : instruit, distingué, et conquit promptement le cœur de la princesse.

Il revint souvent au palais où il était attendu avec impatience et où les noces ne tardèrent pas à avoir lieu.

images-121 dans PIGEON - COLOMBEII

Après quelques jours de mariage, la princesse s’aperçut que son mari trouvait chaque matin, sous son oreiller, cinquante écus, et elle en conçut une vive jalousie.

Comme elle avait une fée pour marraine elle alla lui conter ses chagrins.

— Tu es une sotte, lui dit la fée, l’argent de ton mari est à toi comme à lui puisqu’il ne te refuse rien, et qu’il est même le premier à t’offrir tout ce que tu peux désirer.

— C’est égal, ça m’humilie, et je voudrais que ce fût moi qui trouve tous les matins cinquante écus sous mon oreiller.

— Tu n’es pas raisonnable, et tu pourras bien un jour te repentir de ta jalousie.

— Tant pis ! je veux que ce soit moi et non lui qui apporte l’argent dans le ménage.

— Alors il faut pour cela, mon enfant, lui faire rendre le cœur d’un pigeon qu’il a dans l’estomac et d’où lui vient sa fortune. Je vais te donner un vomitif que tu lui administreras sans qu’il s’en aperçoive ; et lorsqu’il aura rejeté le cœur de pigeon, tu devras l’avaler.

La princesse emporta le médicament, et dès le lendemain le fit prendre à son époux qui, après avoir été très malade, sans en connaître la cause, vomit le cœur de pigeon que sa moitié avala prestement.

À partir de ce jour, ce fut la femme qui eut, chaque matin, cinquante écus sous son oreiller.

Le nouvel époux trouva la chose étrange et s’en alla à son tour la raconter à sa bienfaitrice, qui devina la jalousie de la jeune femme, mais n’en dit rien au mari.

— Ne t’inquiète pas de cela, dit-elle, j’ai à t’offrir un objet qui te dédommagera au centuple de ce que tu as perdu. C’est un chapeau qui s’appelle le chapeau des désirs, parce qu’il procure à celui qui le porte tout ce qu’il peut imaginer.

Le jeune marié rentra au palais couvert de son précieux chapeau. 

Sa femme s’aperçut bien vite que son mari possédait un nouveau don qui lui permettait d’obtenir à l’instant tout ce qu’il désirait. Elle l’interrogea de toutes les façons sans pouvoir se renseigner. Furieuse, indignée, elle retourna chez sa marraine pour lui conter ses nouveaux chagrins.

Cette fois, la fée se fâcha presque et la menaça d’un grand malheur. Mais l’enfant gâtée pleura tellement que la vieille en eut pitié, et lui apprit que son mari possédait le chapeau des désirs.

— Comment m’y prendre pour le lui dérober ?

— Tu le veux ? Eh bien ! advienne que pourra et écoute moi :

« Quand il fera très chaud, emmène ton époux dans une forêt éloignée, et, lorsqu’il voudra se reposer, mets sa tête sur tes genoux, de façon à pouvoir lui glisser dans les cheveux ce peigne magique. Il s’endormira aussitôt. Comme son sommeil sera long, tu pourras lui dérober son chapeau et rentrer chez toi pour le mettre en lieu sûr. » 

Dès le lendemain, il fit une chaleur accablante, la princesse manifesta le désir d’aller chercher la fraîcheur sous les ombrages des grands arbres.

On fit atteler deux superbes chevaux à un calèche, et la jeune femme donna l’ordre au cocher de les conduire dans l’endroit le plus désert d’une forêt qu’elle lui désigna.

Il se promenèrent longtemps et lorsque le prince, accablé de fatigue, demanda à se reposer sur la mousse, au bord d’un ruisseau, son épouse prit place à ses côtés, et tout doucement l’attira sur ses genoux.

Jean ne tarda pas à s’endormir au murmure de l’eau, aussitôt sa femme lui glissa le peigne magique dans les cheveux. Puis prendre le chapeau, courir à la voiture, donner l’ordre au cocher de rentrer au palais, fut pour elle l’affaire d’un instant.

Pendant ce temps, le pauvre abandonné dormait profondément et ne s’éveilla que le soir du deuxième jour, au moment où la lune apparaissait sous l’horizon.

Son premier soin fut de chercher son chapeau, qu’il ne trouva pas, puis d’appeler la princesse qui était partie. Se voyant seul et mourant de faim, il regarda autour de lui s’il ne découvrait pas quelques plantes capables de calmer ses douleurs. Il vit des asphodèles dont il arracha les racines ; mais il n’en eut pas plutôt mangé qu’il fut métamorphosé en âne.

III

Il y avait sept ans que le pauvre aliboron errait au hasard lorsqu’il entra dans la cour du château de son ancienne bienfaitrice.

La fée, en voyant cet animal pénétrer dans sa demeure comme s’il la connaissait, eut le pressentiment du malheur arrivé à son fils adoptif. De sa baguette, elle toucha l’âne qui redevint le beau jeune homme d’autrefois.

Bien que le mari de la princesse ne fût pas méchant, un désir de vengeance lui vint au cœur. Aussi, un jour qu’il traversait la forêt dans laquelle il s’était en dormi, il remplit ses poches de racines d’asphodèles, et continua sa promenade vers la ville.

Dirigeant ses pas vers le palais, il apprit que sa femme donnait un grand dîner, et qu’elle était dans ses appartements à faire sa toilette. Il se rendit près d’elle, la reconnut à peine tant elle avait engraissé et vieilli. Elle, au contraire, s’extasia sur sa bonne mine et lui demanda d’où il venait.

— J’arrive, dit-il, d’un pays où l’on trouve une plante qui conserve la jeunesse et rend la beauté quand on l’a perdue.

— Oh ! vous eussiez bien dû nous en apporter, s’écria la femme de chambre présente à l’entrevue, et qui avait toujours été la mauvaise conseillère de la princesse.

— Je ne vous ai point oubliées, et la preuve c’est que voici les racines de la plante en question.

Toutes les deux voulurent en manger et furent aussitôt changées en ânes. Le prince les fit conduire dans les écuries du palais et alla prendre place à la table du festin.

Comme l’on s’étonnait de la disparition de sa femme, il raconta la transformation qu’il avait subie, et la punition qu’il venait d’infliger.

Le dîner terminé il envoya chercher un meunier auquel il dit : « Voici deux ânes que tu conserveras pendant sept ans, ne les ménage pas, fais-les travailler, fouaille-les s’ils sont paresseux, et fait en sorte de me les rendre dociles et soumis. »

Au bout de sept années, on lui ramena les deux vieux ânes étiques qui, au moyen de la baguette de la fée, reprirent leur première forme, et devinrent deux personnes bien sages et corrigées de leurs défauts.

(Conté par Thurette Gautier du village de la Fresnais, commune de Bain.)

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Dauphin : expérience en captivité

Posté par othoharmonie le 24 avril 2013

 

Dans les années soixante en Floride, John Lilly inflige aux dauphins de cruelles expériences (qu’il regrettera par la suite) pour évaluer cette intelligence. Les dauphins sont soumis à des secousses électriques transmises à des électrodes plantées sur le cerveau. Selon les réactions obtenues, les secousses localisent une zone sensible révélatrice d’une activité insoupçonnée. Lilly va jusqu’à faire absorber du LSD aux dauphins pour tester leurs réactions…

Enfin, il comprend que l’intelligence des cétacés ne réside pas uniquement dans leur parenté cérébrale avec l’être humain. Il cesse alors ses expériences et se lance dans une autre forme d’étude, à l’écoute du « peuple de la mer », comme il nomme les dauphins.  C’est en les regardant vivre qu’on pourra mieux cerner leur forme d’intelligence. La complexité de leur langage, de leurs structures sociales ou familiales, leurs comportements surprenants, n’en sont que des signes extérieurs.

Les chercheurs, comme ceux qui s’intéressent aux cétacés, découvrent chaque jour de nouveaux éléments qui élargissent le champ de possibilités de ces animaux. 

Le développement exceptionnel du cerveau du dauphin suppose de toute façon hors du commun pour un animal. Un dauphin doué assimile assez facilement les exercices qu’ on lui enseigne et il fait aisément le rapport de cause à effet lorsque le coup de sifflet du dresseur ponctue l’ un de ses mouvements naturel pouvant servir à comprendre un nouvel exercice. Les dauphins s’ imitent les uns de autres. Certains nouveaux arrivants font tout simplement leur apprentissage au contact de ceux qui on déjà fait leurs classes. On peut sans doute parler d’ intelligence lorsqu’ on fait accomplir au dauphin des tâches pratiques. Les dauphins, animaux capricieux, peuvent témoigner d’ une réelle mauvaise humeur.  Lorsqu’ ils boudent dans leur coin, refusant tout travail, peut-on parler d’ une attitude raisonnée?

Chaque individu à sa nature et les réactions différentes selon les animaux sont plutôt d’ ordre caractérielles que dictées part un raisonnement précis. 

Dauphin : expérience en captivité dans DAUPHIN dauphin

Cela explique la sélection qui se fait au moment de la capture d’ un dauphin. Il faut séparer très rapidement les sujets apparemment doués afin d’ obtenir avec eux les meilleurs résultats dans le temps les plus bref. Si, par erreur, on se retrouve avec un cancre dont on ne peut rien tirer, les responsables du zoo qui auront investi 150 000 francs (en France, ici au Canada je ne sais pas ce que ça vaut) pour acquérir un chômeur professionnel seront fort contrariés. Néanmoins, ils conserveront l’ animal qui n’y peut rien: ce sont les risques du métier, il faut en tirer les conséquences.

Le dauphin est-il intelligent? Il est difficile de comparer l’intelligence des dauphins à celle de l’être humain. Le dauphin a l’intelligence du milieu dans lequel il vit. Son cerveau est extrêmement développé mais il ne possède ni main ni corde vocale aussi il s’exprime différemment. 

Un film documentaire rapporte des expériences faites avec des dauphins aux États-Unis afin de déterminer si ceux-ci sont dotés d’une intelligence : On associe une séquence de signaux faits avec les poings (type langage pour sourds-muets) au fait de donner de la nourriture au dauphin.

Après avoir répété l’opération, on constate qu’a la vue du signal le dauphin attend sa nourriture. La même chose se passe lorsque l’animal voit les signaux reproduits par des boules en images de synthèse sur un écran. On en déduit qu’il s’agit d’un comportement intelligent puisque le dauphin « comprend » un langage « abstrait ». Ce type de déduction me parait absurde.
Elle me semble traduire une conception erronée et une incompréhension de la notion même d’intelligence ; car il ne peut s’agir ici que d’un réflexe « pavlovien », une association due à un conditionnement par la répétition, entre un événement et la perception de signaux. Pour ce qui est du « langage abstrait », les mouvements effectués par les boules en image de synthèse évoquent les mouvements effectués avec les poings fermés. Il n’y a donc rien d’étonnant à cela.

D’autre part l’intelligence est une capacité de « traitement des informations » (stimulus de l’environnement). Elle permet, après mémorisation, le rapprochement et la comparaisons des informations, puis l’élaboration d’un projet adapté à la situation (1).
L’intelligence est l’aptitude à une activité mentale d’une complexité supérieure à un simple réflexe de type « pavlovien »(seul mis en évidence par l’expérience). Ou encore, elle permet quelque chose de plus élaboré que la simple réaction conditionnée, à un signal. 

Croyez-vous qu’il peut accomplir une série d’ activités successives? 
On serait tenté de répondre par l’ affirmative lorsqu’ on a assisté à la démonstration suivante: en bref c’ est l’ histoire d’ un sous-marin de plage monté par deux plongeurs , qui essaye de pénétrer dans un port pour commettre un acte de sabotage. 

Voici le déroulement des opérations:

Le sous-marin est d’ abord repérer par une sentinelle: Ou le dauphin.

  • Ce dernier se précipite vers une bouée sonore.
  • D’ un coup de rostre sur un levier, il déclenche un signal sonore. La bouée est alerté.
  • On simule l’ attaque du sous-marin en sautant plusieurs fois par-dessus l’ engin.Le dauphin retourne à la base et son dresseur lui met dans la bouche une bombe fumigène.
  • Il la dépose près du sous-marin, elle éclate, le sous-marin coule.
  • Appels désespérés des rescapés. Le dauphin s’ approche et un d’ ente eux s’ accroche à sa nageoire dorsale.
  • On le ramène vers le bord du bassin.
  • L’ autre ennemi est en train de se noyer, et le dauphin lui apporte une bouée de sauvetage.
  • On achève le sauvetage.
  • Le dauphin , vedette de cette expérience, dont la scène a été imaginé par Martin P, avait eu, en son temps, un énorme succès. On avait toujours eu l’ air de s’amuser follement de toute cette agitation créée par un enchaînement, d’ agitation qu’ il réalisait sans se tromper.
    Le spectateur avait, grâce au commentaire, l’ impression d’ avoir affaire non pas a un animal dressé, mais à un être intelligent. 

Mais le dauphin Oum, témoignait simplement, d’ une mémoire extraordinaire. 

Vous voyez l’ intelligence de cet magnifique animal? Et regardez bien le prochain paragraphe… Vous allez croire que c’ est inusité mais c’ est au contraire très réel!!! 

Depuis longtemps les hommes rêvent de communiquer avec des dauphins. L’intelligence de ces mammifères leur permet déjà d’exécuter des tours surprenants qui ravissent les visiteurs des Marinelands dans le monde. De même que des chimpanzés ont appris à communiquer par des symboles très simples, des dauphins sont en train d’apprendre à communiquer avec leurs dresseurs grâce à une sorte de machine à écrire géante. Cette expérience est actuellement tentée en Floride à Epcott la cité expérimentale du futur de Disneyland. 


Deux jeunes dauphins appelés Bob et Toby sont en train d’apprendre à taper à la machine pour parvenir un jour peut-être à réaliser des phrases entières. La machine à écrire pour dauphins à la taille d’un minibus. Elle est accrochée sous un ponton qui permet ainsi de la placer à n’importe quel endroit du bassin ou vivent les deux dauphins. Les 62 touches de la machines sont en fait des tubes de 30 cm de diamètres dans lesquels les dauphins introduisent leur nez (ou plutôt leur rostre). A chaque introduction il coupe un faisceau infrarouge qui active la touche et transmet l’information à un ordinateur.


Les opérateurs humains peuvent aussi activer telle ou telle touche en introduisant leur main dans les tubes. Dans le fond de chaque tube se trouvent des symboles en trois dimensions comme un poisson, un anneau ou un bâton. Le dauphin peut par exemple composer la phrase « donne bâton à Toby » en introduisant successivement son rostre dans les trois tubes correspondants.


Avec son bâton il pourra ensuite ouvrir une boite contenant des jouets ou de la nourriture. Les chercheurs d’Epcott espèrent apprendre à leurs dauphins à utiliser la machine à écrire en moins d’un an. Il faudra ensuite deux ans pour que Bob et Toby sachent former des phrases en regardant faire les humains comme des enfants qui observent leurs parents. On va peut-être enfin savoir ce que les dauphins pensent des hommes! 

Dernièrement des test sur l’ intelligence des dauphins ont prouvés qu’ ils était plus intelligent que nous le pensions… 
Seul l’ être humain et les grands singes d’ Amérique sont capable de se reconnaître dans un miroir.
Et bien maintenant nous pouvons y ajouter LE DAUPHIN!!!!

Ce test a été effectué de façon suivante:

1) Ils ont installé des miroirs dans 2 bassins où était 2 dauphins soit 1 dans chaque bassin
2) Ils les ont maquillé avec des stylos qui ne sont pas nocif pour les animaux.. 
3) Les dauphins se sont mis a contempler leur nouveau look dans le miroir 

Finalement, j’ai vu ce reportage et ils n’avaient pas l’air de détester leur image!!!!  

Finalement, les hommes sont encore à la recherche du degré de l’ intelligence du dauphin… 

Peut-être qu’ un jour ils le découvriront! j’ose l’espérer !

http://lemaini.edwige.free.fr/ledauphincest/index.html

 Venez rejoindre le forum de Francesca : http://devantsoi.forumgratuit.org/

 

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Mocha Dick

Posté par othoharmonie le 19 janvier 2012

 

Dessin en niveaux de gris d'un bord de mer, où trois cachalots gisent sur le sable. D'autres sont dans l'eau, peut-être sur le point de s'échouer également.Mocha Dick est un cachalot mâle fameux qui vivait dans le sud de l’Océan Pacifique aux débuts du XIXe siècle. Il fréquentait souvent les eaux de l’île Mocha, île côtière du sud du Chili. Contrairement à la plupart des cachalots, Mocha Dick était de couleur blanche, due peut-être à un albinisme. Il a peut-être été l’inspirateur de la baleine Moby Dick dans le roman éponyme d’Herman Melville en 1851 : le fait n’est pas établi faute de références à ce cachalot dans la correspondance et les manuscrits du romancier qui n’y parle que du navirel’Essex détruit par un cachalot noir anonyme. Dick renvoyait vraisemblablement au prénom, diminutif de Richard, comme ce fut le cas de plusieurs cachalots combatifs évoqués par Melville dans Moby Dick affublés par les marins d’un prénom.

Gravure ancienne représentant un cachalot échoué et titrée « Le Physale Cylindrique »Mocha Dick était célèbre pour avoir survécu à de nombreux harponnages ou tentatives de harponnages de chasseurs de baleines (selon certains décomptes, plus d’une centaine) avant d’être finalement tué. Il était grand et puissant, capable de faire sombrer de petites embarcations juste avec ses nageoires. Selon J.N. Reynolds, qui a rassemblé des informations de témoins directs de Mocha Dick, le cachalot avait une méthode particulière de souffler :

« Au lieu de projeter son jet vers l’avant en oblique, et de broncher en un effort bref et compulsif avec un bruit de reniflement comme le font en général ceux de son espèce, il chassait l’eau par son nez en un large volume altier et perpendiculaire à des intervalles réguliers et passablement distants ; son expulsion produisait un rugissement continu, comme la fumée s’échappant de la valve de sécurité d’une puissante machine à vapeur. »

« Instead of projecting his spout obliquely forward, and puffing with a short, convulsive effort, accompanied by a snorting noise, as usual with his species, he flung the water from his nose in a lofty, perpendicular, expanded volume, at regular and somewhat distant intervals; its expulsion producing a continuous roar, like that of vapor struggling from the safety valve of a powerful steam engine. »

Mocha Dick dans BALEINE 220px-Walfang_zwischen_1856_und_1907Mocha Dick était couvert par une énorme quantité de pouce-pieds, beaucoup plus que la normale pour son espèce, ce qui lui donnait un aspect rugueux.

Selon Reynolds, Mocha Dick a probablement été chassé une première fois avant l’année 1810 au large de l’île Mocha. Sa survie aux premiers harponnages ainsi que son apparence inhabituelle le rendirent rapidement célèbre parmi les baleiniers de Nantucket. Beaucoup de capitaines essayèrent de le chasser après avoir contourné le Cap Horn. Il était docile et amical s’il n’était pas attaqué, nageant quelquefois le long des navires. Cependant, très destructeur et capable d’une grande férocité quand on l’attaquait, il était craint des harponneurs.

Dessin du pont d'un bateau, avec la tête d'un cachalot découpée. Un homme se tient au milieu du spermaceti de la carcasse charcutée, plusieurs autres s'affairent autour, lui tendant notamment une bassine pour mettre le précieux produit.

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Le Chien 3

Posté par othoharmonie le 20 novembre 2011

Par G. de Cherville 

Les adversaires du système du Chien primitif objectent encore que cet animal n’existe pas dans les contrées où l’homme ne l’a Le Chien 3 dans CHIEN 220px-Yumi_19mois2point précédé ; ils insinuent que le Dhôl, dont les bandes exploitent les jungles des frontières ouest du Bengale, que le I ou Dingo de l’Australie, que le Deeb de la Nubie et de l’Abyssinie, que l’Aguari de l’Amérique du Sud, peuvent être des descendants de Chiens civilisés qui, cédant à la passion de la franche lippée, auraient rompu leur ban. 

On pourrait, il est vrai, leur répondre que, si le Chien était l’espèce composite qu’ils imaginent, il lui serait advenu, dans ce retour à la sauvagerie, ce qui arrive non seulement à tous les animaux domestiques, mais à tous les végétaux cultivés quand on les abandonne à eux-mêmes ; ces Chiens auraient usé de leur indépendance pour restituer à chacune des souches dont ils sont originaires, ce qu’ils auraient emprunté à chacune d’elles ; l’animal façonné par l’homme aurait rapidement disparu pour se refondre avec les Loups, avec les Chacals. 

Mais vraiment est-ce bien la peine de vous remorquer à notre suite, dans l’ornière conjecture, au-dessus de laquelle quelques-uns ont du moins des ailes pour planer. Plutôt que d’essayer d’ajouter un peut-être aux peut-être qui ont été présentés comme des solutions, ne vaut-il pas mieux se rallier à l’opinion la plus simple et la plus honorable pour le Chien, c’est-à-dire à celle de Buffon ? Je l’adopte sans m’informer davantage si elle est plus solidement justifiée que l’opinion contraire, uniquement parce que, selon moi, la règle de trois a toujours tort contre la règle du sentiment. 

Spitz.jpgEn raison de mon estime, disons le mot vrai, de ma tendresse pour l’animal dont je vous occupe, je tiens essentiellement à ce qu’il ait figuré dans l’œuvre du cinquième jour. Quoi ! il aurait eu en partage la délicatesse exquise du sens de l’odorat, l’agilité, la grâce, la force, le courage, à tous ces dons Dieu aurait ajouté des vertus dont on ne l’accusera pas d’avoir été prodigue : la patience, la tempérance, la fidélité, la constance, le désintéressement, la chaleur dans le sentiment, il aurait permis que cette simple bête eût quelquefois de l’esprit, il lui aurait ordonné de mettre tout cela au service de l’homme et il n’aurait pas jugé que ce véritable chef-d’œuvre fût digne d’une façon particulière ? C’est tout à fait invraisemblable. 

Sans doute la fabrication de cette machine chassante et aimante aurait quelque chose de très flatteur pour l’orgueil de notre espèce ; mais, d’un autre côté, la nécessité de l’intervention humaine dans la composition d’un être si supérieur aux êtres qui extérieurement lui ressemblent, serait quelque peu humiliante pour le Créateur. Ne sommes-nous donc pas assez riches en merveilles de notre façon ? N’avons-nous pas à notre actif la poudre à canon, la vapeur, la photographie et le reste ? Nous pouvons laisser le Chien au bon Dieu. (A SUIVRE…. ) 

CHERVILLE, Gaspard de Pekow marquis de (1821-1898) : Le Chien (1882).   



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (23.VII.2002) Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com

http://www.bmlisieux.com/ 



Diffusion libre et gratuite (freeware) 



Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 



Gif chiens

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