Résultats de votre recherche

Le Lynx dans les Vosges

Posté par othoharmonie le 10 août 2012

Animal complètement méconnu, contrairement au loup et à l’ours, le lynx est longtemps demeuré ignoré par les populations et ne laisse aucune trace dans le folklore local. Seule la toponymie des lieux témoigne de sa présence. Pourtant, avant d’être exterminée vers la fin du XVIIe siècle, l’espèce était répandue au moyen-âge dans nos montagnes comme dans nos forêts de plaine.

 Le Lynx dans les Vosges dans LYNXLe lynx a été réintroduit dans le Massif vosgien en 1983. Seul programme officiel autorisé par l’Etat afin d’établir un second noyau de population proche du Massif jurassien, où le lynx est présent suite aux lâchers effectués en suisse dans les années 1970. Entre 1983 et 1993, neuf femelles de douze mâles ont été lâchés, mais seule, une dizaine d’animaux survivent. Quatre femelles et six mâles fondent alors, la population actuelle. 

Le lynx, félin de grande taille, mesure de 80 à 110 cm de longueur, 50 à 70 cm de hauteur, pour un poids de 18 à 25 kg. Son pelage est roux, fauve à brun gris avec des mouchetures noires. Des longs pinceaux de poils prolongent les extrémités des oreilles. Sa queue est très courte et il possède une allure élancée, haut perché sur des membres particulièrement longs et robustes.

L’espèce vit dans nos vallées boisées, pourvu qu’elle y trouve la quiétude et de quoi se nourrir. Le lynx est un animal solitaire et ne tolère aucun congénère adulte du même sexe sur son territoire. Selon les individus, un lynx adulte occupe un domaine vital dont la superficie varie entre 150 à 450 km².  Il peut parcourir des distances de 10 à plus de 20 km au cours d’une nuit.

220px-Lynxes_at_Skansen dans LYNXC’est sur ce vaste territoire, que le félin capture ses proies. Il tue lui même les proies qu’il consomme. L’essentiel de son régime alimentaire est constitué d’ongulés de taille moyenne, principalement le chevreuil et le chamois. D’autres espèces comme le lièvre, les petits carnivores (renards, chat sauvages ou domestiques…) les rongeurs et les oiseaux complètent ce menu. Les proies de grande taille sont constituées de biches adultes ou jeunes cerfs (daguets). La prédation sur le sanglier est quasi inexistante. Le lynx attaque également les animaux domestiques, moutons et chèvres.

Aujourd’hui, plus de vingt ans après les premiers lâchers, le lynx occupe dans le Massif vosgien, une superficie égale à 3627 km². L’espèce est présente dans le Massif vosgien depuis les contreforts Francs-Comtois jusqu’à Saverne. D’est en Ouest, cette aire s’étend depuis le piémont alsacien jusqu’aux premiers massifs forestiers montagneux du versant lorrain. Dans les Vosges du Nord le présence de l’espèce est plus sporadique.

Le félin a trouvé des conditions favorables, liées à la présence d’ongulés sauvages et de forêts suffisamment denses. Toutefois, le développement de la population est particulièrement lent et semble lié à l’effectif faible de lynx fondateurs réintroduits sur une trop longue durée. L’isolement géographique de la population Vosgienne, le braconnage,  limitent également l’extension de l’espèce.

Alain Laurent. Réseau Lynx ONCFS 

Publié dans LYNX | Pas de Commentaires »

La réintroduction du Lynx

Posté par othoharmonie le 10 août 2012

 

C’est dans le cadre de l’opération « Grand Retour » du WWF France que la réintroduction du lynx a été programmée en étroite liaison avec le Groupe Lynx d’Alsace. La disparition du lynx en Alsace remonte à 1640 et l’ours brun fut exterminé entre 1750 et 1760.

La réintroduction du Lynx dans LYNX 220px-VenuskopfLe premier lâcher a été effectué le 5 mai 1983 dans le massif du Taennchel avec l’appui de l’Office national des forêts. Le projet de lâcher quelques exemplaires de lynx fut vivement critiqué par les éleveurs et les chasseurs craignant pour la survie de leur cheptel. D’autres personnes, sous l’emprise d’une peur atavique du loup-cervier de nos ancêtres, se joignirent aux doléances des adversaires du lynx. Trois animaux, deux mâles de 19,5 et 21 kg et une femelle de 15,5 kg capturés en République tchèque et munis de colliers radio-émetteurs pour permettre le pistage de leurs déplacements sont lâchés dans le massif du Taennchel. Transférés dans des cages situées au cœur de la pente du Taennchel, le site du lâcher, ils ont effectué une période de repos et subi une vaccination anti-rabique avant qu’ils ne soient libérés. Le premier couple, Xenie et Boric, libéré le 2 mai 1983 est resté à proximité du point de lâcher, ce qui prouve qu’ils se sont très vite acclimatés. Le mâle Boric a été retrouvé mort le 10 janvier 1984 dans la forêt de Willer-sur-Thur, victime d’un braconnier. Un autre lynx mâle, Alex, libéré le 4 juin 1983 au Taennchel a disparu le 28 octobre 1983 des contrôles télémétriques. On retrouvera son crâne le 24 mars 1986 non loin de son lâcher dans la forêt domaniale de Ribeauvillé. Il est arrivé à maintes reprises, dans d’autres circonstances, que les lynx se dispersent sur de grandes étendues.

Ce premier lâcher fut suivi par sept autres à la fin de 1991. On peut dire que jusqu’en 1993, vingt-et-un animaux ont été réintroduits dans le massif vosgien dont quinze en particulier au Taennchel. Cinq ont disparu ou ont été abattus. Tous les lynx sont suivis régulièrement par télémétrie et radiopistage. Un autre couple de lynx, Hectorine et Sixty ont été lâchés dans le massif du Climont le 27 mars 1987. Tatra, une femelle lynx, a été lâchée au Taennchel le 24 mars 1992. Au total treize lynx ont été introduits dans le massif du Taennchel, quatre dans le massif du Climont et deux dans le massif du Rossberg. Six ont été retrouvés morts par maladie ou tués par balle. En théorie il reste, dans ces trois massifs qui se jouxtent, douze lynx vivants. Récemment un lynx a été aperçu au-dessus de la crête de Sainte Marie-aux-Mines ce qui prouve que le lynx s’est très bien acclimaté dans les environs. De nombreuses mises bas sont signalées par les correspondants du Réseau lynx, créé par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Tous les indices, empreintes, poils, excréments, cadavres, hurlements ou observations visuelles sont recueillis. Ainsi 74 rapports sont enregistrés durant douze mois dans les Vosges, chevauchant les années 2006-2007.

Il apparaît aujourd’hui, que le lynx s’est durablement installé dans les Vosges, avec des reproductions attestées (Taennchel, La Hingrie près du col de Fouchy). Les hauteurs du val de Lièpvre et du val de Villé font partie des territoires qu’il fréquente. Sa discrétion et la densité encore faible de son peuplement sont ses meilleurs atoûts pour échappper à l’homme, son seul prédateur.

Lynx_lynx_cub_20050709-300x199 dans LYNXLe lynx est un animal en voie de raréfaction. C’est un superprédateur qui a sa place dans l’équilibre naturel de la forêt. Il empêche les chevreuils de devenir trop nombreux ce qui est nuisible. En capturant les animaux malades ou faibles, il améliore l’état sanitaire des animaux sur place. Le lynx ne vit qu’en forêt : les Vosges étaient le seul massif français où il était absent. Le lynx chasse à l’affût. Il attaque les proies à la gorge pour les étouffer. Les proies du lynx sont le chamois, les petits rongeurs, le cerf, le chevreuil, les petits carnivores, le lièvre, le renard. En 2006 on estimait que le massif des Vosges avait entre 30 à 40 lynx. Le massif du Taennchel reste l’un des endroits de prédilection des chasseurs en raison d’une forte densité de cerfs, de chevreuils et de sangliers. Mais la population des lynx vosgiens reste encore fragile en raison d’un braconnage fréquent et des risques liés à la chasse et à la circulation automobile.

Publié dans LYNX | 1 Commentaire »

Lynx dans les Alpes

Posté par othoharmonie le 9 août 2012

programme SCALP

 

Lynx dans les Alpes dans LYNX lynx07L’incertitude quant à l’avenir du lynx dans plusieurs régions des Alpes est à l’origine du projet SCALP (Status and Conservation of the Alpine Lynx Population), qui vise à regrouper les différentes populations de lynx vivant dans les Alpes. Des experts de tous les pays alpins surveillent le statut de l’animal et mettent au point des stratégies de gestion et de conservation de l’espèce à long terme dans les Alpes.

 

Pour que les populations de grands prédateurs soient viables, elles doivent disposer d’habitats étendus reliés entre eux. Elles sont sensibles aux modifications de l’habitat et à la diminution de leurs proies sur de grandes surfaces. Ce sont ces modifications qui, à l’instar de la chasse au lynx menée par l’homme, sont responsables de la disparition de l’espèce dans presque toute l’Europe centrale et occidentale au siècle passé.

Aujourd’hui, le lynx est protégé légalement dans la plupart des pays européens. L’homme semble exprimer ainsi sa volonté d’accepter le retour de cet animal autrefois tant haï. Mais ce ne sont pas quelques modifications de lois qui permettront de garantir la cohabitation du lynx et de l’homme. C’est précisément parce que le lynx a besoin d’un habitat étendu qu’il entre inévitablement en contact avec l’homme.

Les Alpes constituent l’une des plus vastes régions encore vierges d’Europe: 200 000 km2 de forêts, de pâturages et de sommets alpins. Mais c’est aussi le massif montagneux le plus exploité au monde, d’où la nécessité de disposer de concepts pour régler les conflits entre le lynx et l’homme.

L’incertitude quant à l’avenir du lynx dans plusieurs régions des Alpes est à l’origine du projet SCALP. Actuellement, les experts du SCALP, issus de tous les pays alpins, surveillent le statut du lynx dans les Alpes. Le SCALP a pour objectif de réunir les deux populations principales de Suisse et de Slovénie. Dans ce but, les experts ont mis au point une stratégie applicable à l’ensemble des Alpes, qui a été approuvée par le comité de la Convention de Berne en 2001. Il s’agit également de combler les lacunes de la recherche afin de dépassionner le débat opposant les chasseurs et la protection de la nature. L’avenir du lynx dépend en priorité de la recherche d’un consensus général sur les mesures de gestion avec la population locale.

L’arc alpin est extrêmement hétérogène d’un point de vue culturel; on y parle plusieurs langues et y pratique des systèmes administratifs très différents d’une région à l’autre. Autant d’éléments qui ne faciliteront pas la mise en oeuvre d’une stratégie de conservation du lynx pour l’ensemble des Alpes.

Mais si nous acceptons de relever le défi, le lynx ne sera pas le seul à y gagner.

 

lynxbd dans LYNXLe projet SCALP est soutenu par le WWF Suisse et par la Fondation MAVA. L’évolution des effectifs de lynx dans les Alpes depuis la réintroduction de l’animal jusqu’en 1995 a été résumée dans Hystrix (1998). Le document démontre la nécessité de disposer de méthodes de monitoring comparables et d’une interprétation commune des données pour pouvoir comparer le statut du lynx dans les différents pays. Par conséquent, les pays ont travaillé sur une base commune pour interpréter les observations confirmées de lynx de 1995 à 1999; le résultat a été résumé dans Hystrix (2001). Le rapport actuel couvrant la période de 2000 à 2004 est en préparation.

 

Le SCALP a organisé une première conférence à Engelberg en 1995 en vue d’évaluer le succès des réintroductions. À l’époque tous les noyaux de population, qui semblaient avoir perdu leur dynamique originelle, étaient restés isolés. Mais les choses ont changé depuis. En 2001, le SCALP a présenté à la

Convention de Berne un projet de stratégie de gestion du lynx dans les Alpes. La tendance d’une expansion nouvelle se dessine tant à l’est qu’à l’ouest. Les translocations de lynx dans l’est des Alpes suisses en 2001 et 2003 ont engendré momentanément une nouvelle population, dont l’avenir est pourtant encore incertain. En 2003, le SCALP a discuté des problèmes actuels du lynx dans les Alpes avec les autorités compétentes à l’occasion de la deuxième conférence du SCALP à Amden.

Les publications ainsi que des informations détaillées peuvent être téléchargées sous www.kora.ch

Publié dans LYNX | Pas de Commentaires »

Un Lynx comme les autres

Posté par othoharmonie le 9 août 2012


Les lynx sont capables de voir en dormant
Un Lynx comme les autres dans LYNX 220px-Bobcat_lynx_rufusLynchée, l’argonaute, est l’éponyme du lynx car comme lui, il avait un discernement si subtil qu’il voyait jusqu’aux enfers. Ne dit-on pas qu’un prince a des yeux de lynx, lorsqu’il est si pénétrant dans les affaires, et qu’il a de si bons espions, qu’il découvre tous les secrets de ses ennemis et tout ce qui se passe dans ses états.

Au 18e siècle la question se pose encore parmi la communauté scientifique. Les modernes le croient fabuleux puisqu’il a la faculté de voir au travers des murailles. Mais un nommé Jonston prétend qu’il est bien réel puisqu’il n’est autre que le loup-cervier. Saliger précise même qu’il s’agit du mâle de cette espèce.

Nous sommes lynx envers nos pareils et taupe envers nous-mêmes. C’est la même histoire que la paille et la poutre dans l’oeil, nous voyons les plus faibles défauts des autres, mais nous ne voulons pas voir nos propres imperfections.

Le lynx est un animal comme les autres ou presque…

Gaston Phébus dit que « les uns l’appellent lous-cerviers, les autres chatz-lous ». Il ajoute « le lou-cervier se différencie du chat forestier par sa taille et par les taches qui ornent son pelage » et hasarde « les poils qui forment des toupets à l’extrémité des oreilles serviraient à sentir la direction du vent ».

Dans le Sud-ouest de la France du 15e siècle, où Gaston comte de Foix avait ses terrains de chasses, les chats forestiers, felis silvestris, et les lynx étaient encore nombreux. Un gros chat, peut avec un poids de plus de 10 kg, ressembler à un jeune lynx, il n’était donc pas rare alors que les deux animaux soient confondus.

Depuis le Moyen Age il disparait peu à peu de notre territoire. Éliminé de l’Ile-de-France dés le 16e siècle, il se réfugie dans les zones montagneuses.

Dans les Hautes-Alpes il est demeuré commun jusqu’en 1870. Le dernier lynx des Alpes française a été vu guettant des marmottes en 1913 au dessus de Saint-Paul d’Ubaye par un garde forestier.

Le dernier lynx du Centre de la France fut tué à Génolhac-Lozère en 1875 ; Dans les Pyrénées, deux lynx, on ne sait pas s’il s’agit du lynx pardelle espagnol ou du lynx européen, furent tués sur le Canigou en 1917.

Après de multiples programmes de sauvegarde et de réintroduction dans l’ensemble de L’Europe, il est à nouveau bien présent dans le Jura et les Vosges. Mais avec un tableau de chasse d’au moins un chevreuil ou un chamois par semaine, agrémenté ça et là d’un mouton ou d’une chèvre, le retour de l’animal fabuleux ne fait pas toujours l’unanimité chez les éleveurs et les chasseurs oublieux souvent qu’il les « débarrasse » aussi souvent des renards et des martres.

Publié dans LYNX | Pas de Commentaires »

Le Lynx d’un autre temps

Posté par othoharmonie le 6 août 2012


En des époques où l’on confondait volontiers le réel et le fabuleux, certains animaux avaient une place particulière dans l’imaginaire populaire. Le lynx avait un statut bien particulier, il était considéré comme fabuleux et bien réel en même temps.

Autres temps, autres mœurs

Le Lynx d'un autre temps dans LYNX 220px-Lince_Ib%C3%A9rico_Do%C3%B1anaNos anciens connaissaient, pour le côtoyer dans nos campagnes, un animal en tous points semblable à celui que nous appelons aujourd’hui lynx et qu’ils appelaient loup-cervier.
Ces naturalistes d’une autre époque, influencés par la mythologie, les alchimistes et les poètes prétendaient que le linx ou lynx était un animal fabuleux mais bien réel, au même titre que les dragons, les chimères ou les centaures. Ils avaient des preuves :

Lorsqu’un lynx a uriné, son urine se glace. Il se forme une pierre luisante de la longueur du petit doigt qu’il recouvre de terre. Ce joyau, appelé Lapis lyncis se trouvait en abondance dans la région de Caen en Normandie. Les septiques prétendent qu’il s’agit de pierre d’ambre jaune ou succin mais il semblerait que ces pierres soient en réalité des bélemnites, des céphalopodes fossiles qui ont la forme d’une balle de fusil. Bacchus est revenu de sa conquête de l’Inde sur un char tiré par des lynx.

On ne jette pas tout dans le lynx
La peau du lynx est une des fourrures les plus estimée ; malheureusement les poils en sont raides et tombent rapidement. La chair du lynx est pour les iakoutes un mets délicieux, qu’ils estiment à l’égal de la viande cheval. Cela peut nous étonner, mais nous le sommes encore plus d’apprendre, que d’après Tschudi, les Suisses mangent du lynx avec plaisir. Kobell rapporte qu’au congrès des Princes, qui se tint à Vérone en 1822, plusieurs fois on vit figurer à la table des empereurs d’Autriche et de Russie du rôti de lynx ; il ajoute que, en 1819, on reçut à Ettal l’ordre de tuer les lynx, la viande en ayant été ordonnée au roi de Bavière, comme remède contre le vertige.

Où voir des lynx

Nulle part ! Sauf si on est extrêmement chanceux et patient, il est impossible de voir un lynx en liberté. Mais on fréquente les forêts des Vosges et du Jura ont peu être en contact avec des indices de présence.
Les traces : les pieds ressemblent à ceux laissés par un grand chien avec une différence qui trahit le passage de notre animal l’absence de marques de griffes, puisque que comme chez tous les félins (sauf chez le guépard) celles- ci sont rétractiles.

Les griffades sur les arbres
Comme les chats, les lynx se font les griffes. Ils s’appuient sur les arbres et y laissent des estafilades profondes dans l’écorce à une quarantaine de centimètres de hauteur.

Les crottes
Les laissées sont des cigares fuselés de couleurs variables terminés comme chez la plupart des carnivores par aiguillons, ces extrémités fuselés sont constituées de poils non digérés. La taille de ces crottes, jusqu’à 12 cm, permet de les distinguer de celles du renard qui ne dépassent jamais 8 cm.
Ces crottes sont souvent aspergées d’urine à odeur forte habituelle chez les félidés.

Article réalisé par Jean-Pierre Fleury. 

Publié dans LYNX | Pas de Commentaires »

Le Lynx, on en parle

Posté par othoharmonie le 31 juillet 2012


Il existe quatre sous-espèces de lynx dans le monde :

• Sur le continent américain, le lynx du Canada (F.l. canadensis) et le lynx roux ou Bobcat (F.l. rufus)

• Sur le continent eurasiatique, le lynx Boréal (F.l. lynx) et le lynx d’Espagne ou lynx pardelle (F.l. pardinus).

Le nom du Lynx vient de l’Antiquité grecque : Lyncée était le pilote de l’Argos, navire de Jason lorsqu’il partit en quête de la Toison d’Or. Lyncée avait une vue supra-normale lui permettant de voir sous terre, « Lyncaeus » signifiant « à la vue perçante ».

Le Lynx, on en parle dans LYNX 250px-Linces11-231x300

Ainsi, un dicton indien dit :

« Si tu laisses tomber dans la grande prairie une brindille, le daim l’entend, le lynx la voit et l’ours la sent ! »

En réalité, la vision du lynx n’est pas meilleure que celle d’un autre félin. Le célèbre « œil de lynx » viendrait donc d’une confusion avec la mythologie. Par contre, sa vue adaptée à la vie nocturne (contractée, sa pupille est ronde, à la différence de celle du chat), son ouïe excellente, et, ses pattes poilues et élargies qui rendent sa marche particulièrement silencieuse en font un hôte discret des forêts.

Le dernier bilan de l’ONCFS (période triennale 2002-2004) conclut que l’aire de distribution de l’espèce (F.l. lynx) continue globalement d’augmenter, avec cependant des différences de cinétique relative selon les massifs. L’ordre de grandeur supposé des effectifs par massifs (massif vosgien : 30 à 40 ; massif jurassien : 85 à 100 ; massif alpin : 20 à 40), conjugué à cette croissance positive, suggère un état de conservation plutôt favorable, même si le statut des Alpes et des Vosges reste moins conforté que celui du Jura …

[D’après l’article de E. Marboutin, C. Duchamps, M. Catusse Réseau Lynx – Loup,CNERA PAD, ONCFS]

 4 sous-espèces différentes du Lynx :

Le lynx du Canada  

Le lynx roux  

Le lynx d’Eurasie  

 Le lynx d’Espagne  

Publié dans LYNX | Pas de Commentaires »

La rumeur sur le Loup

Posté par othoharmonie le 29 février 2012

            

A la source d’une peur, on trouve bien souvent une rumeur. Et au bout d’une rumeur, naît la peur. Il n’en est pas allé différemment de la peur du loup. Un jour on lui prête quelques méfaits, le lendemain chacun relaye ces croyances. Les médias les premiers.

La rumeur sur le Loup dans LOUP 320px-Czechoslovakian_Wolfdog_pairLa rumeur est toujours intimement liée à la peur. C’est sur la peur que la rumeur repose, mais, en contrepartie, elle entretient la peur et s’en fait le relais. Quand ce cercle vicieux est enclenché, c’est presque le mouvement perpétuel qui s’instaure entre ces deux pôles. Le loup n’a pas échappé à ce tourbillon infernal. Les premières accusations lancées à l’encontre de cet animal qui dérange ont lancé le processus. Des siècles de rumeurs, ensuite, ont créé de toutes pièces, petit à petit, l’animal cruel et sanguinaire qui erre encore aujourd’hui et connaît de beaux jours dans notre inconscient collectif. Il n’est pas rare de nos jours que le loup fasse l’objet de rumeurs, même dans des contrées dont il a totalement disparu. La peur se vend bien. Les médias le savent… Ils l’exploitent.                                                                                                                                                                                                                                                                                                            

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   La « peur du sauvage » ou le témoin d’une société

 Loup gris commun (Canis lupus lupus)Pour comprendre une rumeur et, éventuellement, la combattre, il est donc avant tout indispensable de comprendre le groupe dans lequel elle surgit. Ainsi, Kapferrer espère faire naître une « radioscopie de la France profonde révélée par ses rumeurs ». De grands domaines de crispations semblent en dessiner les contours révélateurs : la peur de l’étranger, la peur pour les enfants, la peur pour la santé, la peur du changement, mais surtout, pour le cas qui nous occupe, la peur du retour à l’état sauvage. Les rumeurs de fauves semant la terreur dans les campagnes sont monnaie courante. « A l’évidence, elles reflètent un désarroi aigu du monde rural, c’est-à-dire ceux qui sont au front, face à la nature, cette même nature qu’un combat millénaire a réussi à faire reculer, à maîtriser, à rendre productive. Loin de se sentir soutenu par l’arrière, par ceux qui, de Paris, de la ville, prennent les décisions qui les concernent, ils se sentent lâchés. » (KAPFERRER, 1987, 184). Un éleveur parle des loups à un journaliste de « Terre Sauvage » : « J’en ai tué et je recommencerai. Vous croyez que c’est drôle de voir mourir ses brebis ? Vous croyez que les écolos de Paris accepteraient de vivre comme nous ? » (NICOLINO, 2003, 64). Le malaise profond du monde rural est indéniable, particulièrement en ce qui concerne l’écologie.                      

« Le loup-garou de Paris« , comme bon nombre de grands films, a contribué à donner du loup une image démoniaque. Ph.: www.  euroloup.com                                        

51604H3EH6L._SL500_AA300_ dans LOUPCes rumeurs sont unanimes selon Kapferrer, « on » nous envoie des bêtes sauvages. Pour ce qui est du retour du loup dans le Mercantour, l’accusation est portée haut et fort à l’encontre des écologistes. La thèse du retour naturel du loup est sévèrement réfutée par les éleveurs. « L’écologiste est la bête noire du paysan. Il tend à vouloir le supplanter dans ce qui fonde l’identité de la paysannerie : la gestion de l’environnement naturel. Le monde rural vit très mal les parachutages d’écologistes dans la campagne française : l’arrivée subite de ces experts en chambre lui parait être une insulte à sa propre compétence et à des siècles de traditions et d’expériences rurales, durement acquises sur le tas. Il est significatif que les « envoyeurs » des bêtes sauvages soient des écologistes : ce sont eux qui pilotent les avions et les hélicoptères. Le survol par avion est normal : l’écologiste dispose de larges moyens, puisqu’il est soutenu par le gouvernement, moyens qui font défaut à l’agriculture. D’autre part, on survole un pays comme on survole un dossier. A la différence des paysans qui connaissent à fond le dossier nature pour y plonger leurs mains dès l’aube, l’écologiste plane dans l’abstraction et légifère de façon irresponsable. Il est un apprenti sorcier. Ses décisions portent un grave préjudice à ceux qui connaissent véritablement la nature, qui vivent dans la nature, les paysans, les sociétés de chasse. En lâchant l’animal sauvage, on tue l’animal domestique, on rend impraticable la nature qu’il fallut tant de siècles pour contrôler. Pour le monde rural, rien n’est plus symbolique de l’utilité ou de l’inutilité des écologistes que la réimplantation d’animaux sauvages sous leur égide : lynx dans les Vosges, vautours en Cévennes. Ces actes séduisent les citadins : pour eux, la nature est un concept, l’état sauvage une compensation à l’état artificiel de leur environnement de béton. » (KAPFERRER, 1987, 184-185). A cet égard, il est important de signaler que, dans le cas qui nous occupe, les loups sont bien revenus en France naturellement, faute de quoi, ils auraient été abattus en toute légalité. La thèse est officielle et appuyée d’arguments solides. (voir : Espèce protégée ? Le droit ne suffit pas !)

640px-Canis_lupus_meute_Gramat« Derrière ce discours naturaliste, il y a un discours social, mettant à nu les rapports que le monde rural entretient avec son environnement. Dix années plus tôt, dans le cadre d’une enquête sur le loup en Limousin, les chercheurs citent une réflexion presque machinale des habitants : « Les loups vont revenir. » Cette phrase est un symbole. La campagne française se désertifie. Les villages abandonnés se multiplient ; les voies secondaires de la SNCF se ferment une à une. Les loups n’auront plus peur du bruit et de la présence raréfiée de l’homme. La nature redevient hostile. Les rumeurs de Bête expriment un désarroi profond. Dans les ruines des villages abandonnés, les bêtes vont revenir. Au niveau le plus profond, ce que craignent les ruraux, c’est le retour de la sauvagerie : dire que les bêtes sont de retour, c’est aussi porter un jugement sur les rapports sociaux, ou plutôt, leur absence. Laisser la France aller en friche, c’est s’engager lentement sur le chemin qui mènerait de façon inéluctable à l’Etat sauvage. » (KAPFERRER, 1987, 185-186).

Publié dans LOUP | Pas de Commentaires »

 

Жихен - Tendresse Éternelle |
binsle120 |
Univers sans lisse |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Les maux avec des mots
| Iz avance
| mbuello