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Renard polaire

Posté par othoharmonie le 3 février 2012

  Vulpes lagopusLe renard polaire, renard arctique ou renard isatis (Vulpes lagopus ou Alopex lagopus), est un renard natif des régions arctiques qui comprend au moins quatre sous-espèces et qui a fait l’objet d’élevages pour ses fourrures durant l’entre-deux-guerres.

 La répartition contemporaine est circumpolaire, mais il semble, au vu des ossements trouvés par les paléontologues, que dans les millénaires qui ont suivi la dernière glaciation, il ait pu vivre avec le renard roux jusqu’en Belgique et en France, avec le lion des cavernes et les hyènes, voire des fennecs, durant notre préhistoire.

 Les renards polaires sont donc présents actuellement dans l’ensemble de l’Arctique, à savoir au Groenland, en Russie, au Canada, en Alaska, au Svalbard, en Islande et dans les Alpes scandinaves. Le statut de conservation du renard polaire à l’UICN est bon (préoccupation minimale), à l’exception de la Scandinavie. Le renard polaire est par ailleurs le seul mammifère natif d’Islande. Il est venu sur cette île isolée de l’Atlantique Nord à la fin de la dernière glaciation en marchant sur la mer gelée.

 Renard polaire dans RENARDLe nombre de renards polaires tend à varier dans un cycle correspondant à la population de lemmings, l’une de leur principale proie. En revanche, comme les renards se reproduisent très rapidement et meurent souvent jeunes, ils sont peu sensibles aux effets de la chasse. Ils ont toutefois été exterminés de plusieurs zones où les humains se sont établis.

 Le renard polaire est en train de perdre du terrain au profit du renard roux, plus grand. Historiquement, le loup gris a maintenu la population du renard roux à un niveau assez bas. L’extermination du loup gris dans de nombreuses régions a permis à la population de renards roux de grandir et ces derniers ont repris la niche du grand prédateur. Dans certaines régions du nord de l’Europe, des programmes autorisent la chasse du renard roux dans les anciennes zones de peuplement des renards polaires.

 Plus petit que son cousin le renard roux, il mesure entre 50 cm et 1m et pèse environ 5 kg. Ses oreilles sont plus petites et son museau est plus court que celui du renard roux.

 Sa fourrure lui permet de limiter la déperdition thermique, un atout qui lui est vital étant donné son environnement 320px-Alopex_lagopus_summer_coat dans RENARDpolaire. Sa fourrure blanche en hiver lui permet de mieux se fondre dans le décor neigeux de son habitat. En été, son pelage est brun foncé. Il se sert de sa longue queue pour recouvrir son museau et ses pattes lorsqu’il dort. Son espérance de vie en liberté et de 10 a 15 ans. Il se nourrit essentiellement de petits animaux comme les lemmings ou les lièvres polaires, les oiseaux et leurs œufs. Il s’approvisionne aussi sur les carcasses de phoques et de rennes laissées par les ours blancs et les loups.

 La période de reproduction du renard polaire va de début septembre à début mai. Ils forment des couples monogames durant cette période. La période de gestation dure 52 jours. Les portées sont en moyennes de 6 à 7 renardeaux, mais peuvent monter jusqu’à 11. Le mâle et la femelle participent à l’éducation des renardeaux dans un terrier. Les femelles quittent ensuite la famille pour former leurs propres groupes, tandis que les mâles restent avec la famille.

 

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Renard en Corée

Posté par othoharmonie le 2 février 2012

NineTailsFox.JPGÀ en croire les contes coréens, un renard qui vit mille ans se métamorphose en kumiho. Il peut se transformer comme il veut, et entre autres en une belle fille, souvent dans l’intention de séduire les hommes. Il existe de nombreux contes où apparaît le kumiho. On peut trouver plusieurs d’entre eux dans l’encyclopédique Abrégé de la littérature orale coréenne (한국 구비문학 대계, Hanguk Gubimunhak daegyeo).

 Bien que le kumiho soit capable de changer son apparence, il reste toujours quelque chose en lui qui rappelle le renard ; son aspect extérieur change, mais sa nature reste la même.

  •  Dans La Transformation du Kumiho (구미호의 변신, Kumihoeui byeosin), un kumiho prend exactement l’apparence de la mariée à l’occasion d’une noce. La mère de la jeune femme elle-même est incapable de voir la différence. Le kumiho n’est découvert qu’au moment où ses vêtements lui sont enlevés.

 

  • Bak Munsu et le Kumiho (박문수와 구미호, Bakmunsuwa Kumiho) relate une rencontre que Bak Munsu fait avec une fille qui vit seule dans les bois, et dont l’apparence fait penser au renard.

 

  • Dans La Jeune fille qui reconnut un kumiho grâce à une poésie chinoise (하시로 구미호를 아라낸 처녀, Hasiro Kumihoreul ari jeonyeo) le kumiho est en fin de compte découvert quand un chien de chasse reconnaît le renard à son odeur et l’attaque. Bien qu’il soit traditionnellement présenté comme une femme quand il se transforme en être humain, dans ce conte, c’est en jeune homme que le kumiho se métamorphose ; il essaye alors de tromper la jeune fille pour qu’elle l’épouse. Mais cela reste le seul cas de transformation masculine.

 

  • Aquarelle montrant trois sorcières vêtues de blanc chevauchant des balais, volant au milieu de troncs d'arbres rouges, au pied desquels se trouvent trois loups noirs.Dans Un Bâton magique qui tue le renard, un homme voit un kumiho se transformer en vieille femme. Il la poursuit va la tuer en frappant avec son bâton. Retransformée en kumiho, il dit qu’il a pu la reconnaitre car son bâton est magique et peut détecter les kumiho en tremblant. Il la vend très cher à un homme, et ce dernier va aller tuer une fille qu’il croit être un kumiho (nerveux, il a lui-même tremblé et fait secouer le bâton), fouille son corps pour trouver sa queue mais il finit par se faire lyncher pour son crime, ne se rendant compte que tard de s’être fait berner.

 Ces « renardes » sont donc de redoutables sorcières qui, sous la forme de séductrices d’une élégance vertigineuse, peuvent conduire un homme, un clan, un empire à leur perte avant qu’elles ne retrouvent leur fourrure rousse et le silence nocturne des bois.

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Comportement du renard

Posté par othoharmonie le 1 février 2012

Un renard

Tous les auteurs anciens s’accordaient à considérer le renard comme un animal exclusivement solitaire. Cette conception a prévalu jusqu’à la fin des années 1970, époque où les chercheurs se sont rendu compte, grâce notamment à la technique du radiopistage, que le renard était au contraire capable de communiquer et d’avoir une vie sociale élaborée, en constituant des groupes spatiaux, permanents ou temporaires, au sein desquels le couple dominant accepte la présence de congénères de rang inférieur. En fait, selon les circonstances et les conditions de vie du milieu (dispersion des ressources alimentaires), le renard peut être tout aussi bien solitaire que « social ». De même, le statut d’un individu n’est pas figé, il peut évoluer au cours de son existence.

 

Dans les grandes zones de forêts ou d’alpages, les renards n’ont guère de relations entre eux. Ils vivent en solitaire la majeure partie de l’année, dispersé sur de très grands domaines de plusieurs milliers d’hectares. A la différence d’autres espèces comme le loup ou le dauphin, le renard n’a pas besoin de former des bandes pour chercher s Vulpes veloxa nourriture ; sauf exception, il chasse tout seul, sans l’aide de ses congénères.

 Dans d’autres milieux, un peu plus riche en nourriture, les renards vivent en couple pratiquement toute l’année. Cette structure semble constituer l’unité de base de la population, mais les relations entre les deux partenaires ainsi qu’avec la portée sont plus ou moins étroite et demeurent très mal connues.

 Lorsque les ressources alimentaires sont abondantes, en particulier dans les zones périurbaines, les renards adoptent un mode de vie communautaire. Ils forment des clans organisés sur d’étroits domaines vitaux de moins de 200 hectares défendus en commun. Le groupe se compose d’un couple dominant entouré de 1 à 5 individus de rang subalterne, presque toujours des femelles. Sa cohérence est entretenue par des rapports hiérarchiques amicaux entre ses membres. En revanche, les contacts avec les groupes voisins sont empreints d’hostilité, seules les femelles apparentées, mères et filles, peuvent avoir des relations de bon voisinage.

 La reproduction est assurée par les femelles dominantes. Les jeunes se dispersent rarement au-delà d’une trentaine de kilomètres. La quasi-totalité des mâles émigrent.

 

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Renard de Magellan

Posté par othoharmonie le 28 janvier 2012

Le renard de Magellan (Lycalopex culpaeus, syn. Pseudalopex culpaeus ou Dusicyon culpaeus), aussi connu sous le nom de Loup de Magellan ou Renard des Andes est appelé communément culpeo en Argentine. C’est le second plus grand canidé vivant d’Amérique du Sud, seulement dépassé par le loup à crinière ou aguará guazú en langue guaranie.

 Lycalopex culpaeus Il ressemble au renard roux avec sa tête et ses pattes rougeâtres. Le ventre, le cou et la gueule sont blancs et le pelage de son dos est gris rayé de noir. La queue est abondamment pourvue de poils gris qui deviennent noirs à son extrémité.

 Il habite dans les prairies et les bois caducifoliés de Terre de Feu, de Patagonie et des Andes, parvenant au nord jusqu’en Équateur.

 Il se nourrit de rongeurs, de lapins, d’oiseaux, de lézards, et, dans une moindre mesure de charognes.

 Dans certaines zones très peuplées il attaque des troupeaux d’ovins, raison pour laquelle il fut durement pourchassé par les éleveurs de bétail qui l’abattirent ou empoisonnèrent des charognes. Il est de ce fait devenu rare dans certaines régions et dans d’autres, il fut exterminé jusqu’à sa disparition.

 Un animal intermédiaire entre renard et loup en liberté dans la neigeJadis certaines tribus fuégiennes ont domestiqué le culpeo, obtenant de ce fait le chien yagán. Le loup des Malouines, disparu au XIXe siècle, était un grand canidé de la taille d’un loup étroitement apparenté au culpeo.

 

 

 

 

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Renard de Darwin

Posté par othoharmonie le 28 janvier 2012

 Lycalopex fulvipesLe renard de Darwin (Lycalopex fulvipes, syn. Pseudalopex fulvipes ou Dusicyon fulvipes) est une petite espèce de canidé, actuellement menacée, du genre Lycalopex. Le renard de Darwin a été découvert sur l’île de Chiloé, au large du Chili, par le naturaliste Charles Darwin en 1834. Une théorie fut longtemps maintenue, selon laquelle le renard de Darwin était une sous-espèce du renard gris d’Argentine (P. griseus) ; toutefois, la découverte en 1990 d’une petite population de renards de Darwin, sur le continent, et plus précisément dans le parc national Nahuelbuta et des analyses génétiques subséquentes ont établi le statut d’espèce unique du renard de Darwin.

 Lycalopex est un genre sud-américain de canidé, et le renard de Darwin, ayant une lointaine parenté avec les loups, n’est techniquement pas un renard. Quand Charles Darwin recueillit un spécimen de l’île de Chiloé, il observa qu’il était à distinguer des espèces P. culpaeus et P. griseus, qui se rencontrent sur le continent. Le renard de Darwin ne s’hybride pas avec les autres espèces du même genre; vivant uniquement dans les forêts, il est plus petit et de couleur plus sombre que les autres espèces. Il fallut attendre la découverte d’une petite population de renards de Darwin, sur le continent, dans le parc national forestier de Nahuelbuta, ainsi que des analyses génétiques, pour confirmer que le renard de Darwin constituait une espèce distincte.

 À l’époque du Pléistocène tardif, l’île de Chiloé était reliée au Chili par un pont de terre. Ce dernier disparut il y a 15 000 ans, quand le niveau de la mer augmenta, suite à la dernière glaciation, ce qui conduisit à l’existence de deux populations isolées de renards de Darwin.

Renard de Darwin dans RENARD 220px-Pseudalopex_fulvipes-primer_planoLe renard de Darwin a un pelage brun foncé, avec des zones rouges sur la tête et la face, et a des jambes plus courtes que celles des renards continentaux. Il pèse de deux à quatre kilos.

On considère généralement que le renard de Darwin est une espèce exclusivement forestière, habitant les forêts humides et tempérées du sud. On les rencontre seulement dans les zones boisées de Chiloé et du continent. Ils sont le plus actifs au crépuscule et avant le lever du soleil.

 On pense qu’il ne subsiste plus que 250 renards de Darwin sur l’île Chiloé, et environ 70 sur le continent ; ils sont par conséquent considérés comme très gravement menacés par l’UICN. La fragmentation de la forêt adjacente aux parcs nationaux est un sujet d’inquiétude, tandis que les chiens présents dans les parcs, causes potentielles de décès par contamination ou d’attaques directes, sont probablement la plus grande menace pour la survie des renards.

 

 

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Le peuple renard

Posté par othoharmonie le 21 janvier 2012

Même si la cause lupine peut paraître, à priori, éloignée de celle de l’ami Goupil, c’est pourtant bien du même combat dont il s’agit.

  Loup grisToujours classé NUISIBLE dans nos peu évolutifs et souvent arbitraires textes, confectionnés, dirait-on, par des amis des chasseurs, afin de leur complaire bassement, le renard est aussi un animal persécuté.

 Pourtant, à part dans les lieux d’où la rage n’a pas été éradiquée, le renard ne devrait guère nous inquiéter et susciter tant d’illégitimes craintes.

 Victime, tout comme le loup, de préjugés tenaces et de médisances ancestrales, le renard, et ce, depuis Cro-Magnon où on commença à l’étriper pour sa viande, n’a jamais cessé d’être une proie.

 Dans l’antiquité déjà, considéré comme nuisible, on tuait sans remords cette bête réputée sale, méchante, et fort rusée que l’on situe à mi-chemin entre la vermine répugnante et la créature infernale, cynique et perfide.

 Ainsi le renard est un monstre de duplicité, qui doit périr au plus vite par le fer et le feu car lui aussi est accusé d’être en concurrence suspecte avec l’homme. Pour cela, avant d’entrer en guerre, les Assyriens et les Perses le chassaient au cours de leurs manoeuvres préliminaires.

 Urocyon littoralisAu Moyen-Age, « Renart » est une menace. On dit qu’il véhicule la rage et, ses sanglantes équipées dans les basses-cours n’arrangent rien à l’affaire.

 A la Renaissance, on l’apprécie surtout en fourrure, tout comme de nos jours.

Aussi ou davantage éliminé que le loup, comment se fait-il que le renard n’ait pas disparu de nos paysages ?

 C’est sans doute que le renard est méfiant, intelligent, et que les multiples facultés d’adaptation de cet opportuniste, lui ont permis de survivre dans les pires conditions. C’est un être hypersensible qui perçoit, démultipliées, les odeurs, les bruits, les images…

 Tout comme le loup, le renard est un mythe vivant. Notre culture judéo-chrétienne est imprégnée de sa présence, et dès le Moyen-Age on le découvre dans les églises et les poèmes épiques.

 Le Roman de Renart a été composé et recomposé dans tous les pays européens. Décrit comme solitaire, vindicatif et rebelle, ce canidé devint célèbre par sa malice.

 En fait, le renard n’est pas vraiment un solitaire obstiné comme on a voulu nous le faire croire et, s’il le devint c’est par la force des choses et non parce qu’il est associal, tant s’en faut. Une fois constitué leur couple et consommé leur union, Mr et Mme Renard ne se quittent plus et font preuve d’une grande tendresse l’un envers l’autre, si leur existence, semée d’embûches et de pièges mortels, leur en laisse le temps…

  Cerdocyon thousDoté d’un naturel jaloux, messire Goupil remet vertement à leur place, les individus susceptibles de mettre à mal l’équilibre et l’harmonie de son couple.

 En Europe, la haine ancestrale du loup et du renard est toujours aussi présente.

Abandonnant les campagnes trop peuplées de fusils et de pièges, le renard a élu domicile dans nos villes. Maintenant, il habite aussi bien à Rome qu’à Paris.

 Le renard nouveau est urbain; Londres, par exemple, compte plusieurs dizaines de milliers de renards dans ses banlieues (plus de soixante mille recensés par les scientifiques) Vivant sous les planchers des maisons, dans les combles, les jardins ou les parcs, dans le métro ou dans les tunnels ferroviaires, il détrône à présent le peuple Rat.

 

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Bibliographie du Renard

Posté par othoharmonie le 16 janvier 2012

Bibliographie du renard

  1. WEB, Les Renards, le Renard roux, Vulpes vulpes L., Canidés, http://www.chambon.ac-versailles.fr/science/faune/zool/mammif/renard.htm [archive]
  2. http://www.hww.ca/hww2_F.asp?id=102 [archive]
  3. http://animal.cheloniophilie.com/Fiches/Renard-roux.php [archive]
  4. Mammal Species of the World, consulté le 25 janv. 2011
  5. NCBI, consulté le 25 janv. 2011
  6. étude sur les renards urbains de Nantes [archive]
  7. « Le renard » sur le site de Bruxelles Environnement [archive]

                                                                            66 dans RENARD

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Mythes et légendes : Girafe

Posté par othoharmonie le 15 janvier 2012

 issu de  : Mythes et légendes

Mythes et légendes : Girafe dans GIRAFE 170px-Namibie_Etosha_Girafe_04La légende du loup-garou. C’est une des histoires les plus connues dans le monde et particulièrement dans l’imaginaire des européens. Elle met en scène les rapports entre un homme et une bête, le premier rêvant de partager les capacités de chasseur du second, pour se défendre contre les forces de la nature. Des chroniques de ce genre, qui révèlent le caractère légendaire d’un animal, existent aussi en Afrique. Certes, d’un pays à un autre, et même d’une région à une autre, un même animal peut colporter plusieurs symboles légendaires. Mais, force est de reconnaître que l’existence et la prolifération de ces histoires renseignent sur la place des animaux dans l’histoire des sociétés africaines. A titre d’exemple, les animaux comme la girafe, le lion, la tortue, le lièvre ou encore l’éléphant et les reptiles comme la vipère et le boa, ont une place importante dans plusieurs contes et mythes du continent. De manière générale, ces mythes et légendes sont transmis à travers des récits oraux que les anciens font aux plus jeunes, lors des soirées d’initiation ou à d’autres moments. Il y a aussi un apport considérable de littérature écrite dans la vulgarisation de ces récits, á travers par exemple des ouvrages comme Les contes et nouveaux contes d’Amadou Koumba de Birago Diop, ou encore plus récemment, la saga cinématographique de Kirikou de Michel Ocelot. 

 Quand on prend un animal comme la girafe, on se rend compte qu’il véhicule un nombre de mythe important dans plusieurs pays en Afrique. Il se raconte qu’à l’antiquité, l’empereur Jules César en avait le symbole de ses conquêtes africaines. Chez les arabes du Soudan, si un cavalier arrivait à battre à la course une girafe, deux fois le même jour, il devenait digne d’un roi, et avait le respect de tous, s’il parvenait à la tuer. Chez les bantous d’Afrique centrale, la girafe a plutôt suscité admiration et sublimation parce qu’on lui trouvait des pouvoirs magiques ; certains allant même jusqu’à utiliser sa queue comme un attribut de pouvoir pour les chefs de haut rang. Dans d’autres pays, et notamment ceux de la région sahélienne, des peintures rupestres très anciennes qui représentent des girafes attaquées à l’arc et à la lance par des indigènes, constituent un fonds précieux de la culture de ces pays. 

 

http://aubingeorges.unblog.fr/2009/01/26/quelques-mythes-et-legendes-sur-les-animaux-en-afrique/

                                                                                                  gifs girage

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Langage de girafe

Posté par othoharmonie le 8 janvier 2012

Langage de girafe dans GIRAFE 220px-Two_male_Giraffe_are_necking_in_San_Franzisco_Zoo_4La girafe est l’animal terrestre qui a le plus grand cœur. Le « girafien » est par conséquent le langage du cœur et la langue au moyen de laquelle on peut mettre fin aux altercations belliqueuses – avec les autres et avec soi-même !

Marshall Rosenberg – qui a grandi aux Etats-Unis en tant que Juif blanc dans un quartier noir au taux de criminalité extrêmement élevé – a vécu, petit enfant, une situation où des groupes d’hommes tout entiers étaient assassinés autour de lui. Lui et ses parents survécurent, mais à peine fut-il à l’école qu’il se vit confronté à une totale inhumanité. Il était rejeté à cause de son nom de famille.

Alors que beaucoup d’autres, à sa place, eussent été dépassés par les événements et se fussent réfugiés dans la dépression, Marshall réfléchit très tôt à ce qui devrait être changé dans le monde pour que de telles choses ne puissent plus se produire. Et il a trouvé quelque chose : depuis 40 ans, il travaille avec succès dans le monde entier sur la base de sa méthode. Ce qu’il a trouvé, il l’appelle aujourd’hui la « communication non violente » ou encore le « langage de la girafe« .

Marshall travaille beaucoup avec des images et des représentations enfantines. Celles-ci aident aussi les adultes à apprendre plus vite la « nouvelle langue ». Il existe ainsi, selon lui, un langage de la girafe et un langage du loup.

Notre ton habituel, aujourd’hui bien souvent considéré comme normal, est appelé « langage du loup » par Marshall, ou encore « langage suicidaire ».

Les bébés et les petits enfants qui apprennent tout juste à parler s’expriment encore très automatiquement en girafien ; mais, par imitation et papotage, ils apprennent très vite le langage suicidaire du loup. Exemple : imaginez un bébé qui est couché dans son petit lit et qui a faim pendant la nuit et qui, s’il pouvait déjà parler, crierait de son petit lit : « Eh, les parents, qu’est-ce qu’il y a ? Est-ce que vous roupillez encore égoïstement ? Bougez-vous le train arrière et, s’il vous plaît, apportez-moi mon biberon ! »

Si les bébés communiquaient ainsi (c’est-à-dire à la manière du loup), ils mourraient tous de faim. Mais heureusement, les bébés « parlent » encore girafien et n’expriment que leurs besoins et leurs sentiments.

1001142-Girafes dans GIRAFE

Et CELA est précisément le langage de la girafe : on exprime… ce qui est (observation de la situation) … comment on se sent à cette occasion (sans y ajouter d’évaluation) ; … le besoin propre qui, à cette occasion, est satisfait ou n’est pas satisfait.

Dans le cas positif, on peut remercier en girafien avec une particulière efficacité ; dans le cas négatif, on peut même aplanir les conflits. Mais la girafe ne parle pas seulement girafien ; elle entend aussi avec des oreilles de girafe. C’est-à-dire qu’elle n’entend jamais une offense ou une réflexion minable. Derrière tout ce qui est dit, la girafe entend les sentiments et les besoins et répond à ceux-ci, non à ce qui a été dit. La girafe détectera des occasions positives dans ce qui a été dit, là où d’autres n’entendront que des « attaques ».

Marshall a vécu un exemple très significatif au Nigéria, où il a pu servir de médiateur dans une guerre tribale.

Il y avait là deux tribus qui étaient si déchirées qu’elles avaient déjà tué plusieurs centaines de personnes de part et d’autre. En 6 mois, un élève de Marshall parlementa avec les deux tribus jusqu’à ce qu’il les eût convaincues de se rencontrer avec Marshall dans une conversation commune. Au cours de ces 6 mois, 63 nouvelles personnes avaient été tuées.

Les chefs de tribu ainsi que 12 membres de chaque tribu et Marshall vinrent à la rencontre qui fut finalement arrangée. Marshall pria les deux chefs de lui dire quels étaient ceux de leurs besoins que ne satisfaisait pas l’autre tribu.

Chef A : « Ceux d’en face sont des meurtriers ! »
Chef B : « Vous voulez nous opprimer ! »

Marshall qui avait interrogé sur les besoins, ne recevait en réponse que des accusations. En tant que médiateur, il pointa ses oreilles de girafe et essaya d’en extraire, derrière les accusations formulées en langage de loup,les sentiments et les besoins. Il dit au chef A : « Chef, est-ce que je vous comprends bien si je dis que vous avez besoin de sécurité et que vous voudriez bien que les conflits, quelle que soit leur importance, soient quand même réglés de manière que tous les membres de votre tribu ne craignent pas pour leur vie ? »

Chef A : « C’est exactement ce que j’ai dit. Oui ! »
Naturellement, ce n’était pas du tout ce qu’il avait dit, mais c’était en définitive ce qu’il voulait dire. Il l’avait exprimé en langage suicidaire de loup, et Marshall l’avait entendu avec des oreilles de girafe et traduit en langue girafienne.

« Pourquoi as-tu donc assassiné mon fils ? » cria aussitôt un membre de la tribu B. Marshall lui dit alors, ainsi qu’au chef B : « Chef, nous allons bientôt en arriver aux besoins de votre tribu. Auparavant, voudriez-vous être assez aimable pour répéter ce que vous venez d’entendre ? »

Le chef B dut s’y reprendre à 4 fois avant de pouvoir répéter la phrase, traduite en girafien, de manière que le chef A se sentit correctement compris.

Puis les rôles furent inversés. Marshall dit au chef B : « Chef B, est-ce que je vous comprends bien si je dis que vous avez un besoin d’égalité ? Vous voudriez être aussi bien accepté, en tant qu’homme, que les membres de la tribu A ? » (L’une des tribus était chrétienne, l’autre musulmane). « C’est exactement cela que j’ai dit ! » proféra aussi le chef B. Marshall avait de nouveau pertinemment traduit le lupin en girafien. Il fit alors répéter au chef A la phrase girafienne jusqu’à ce que le chef B fut satisfait.

A cet instant, un autre membre de la tribu se leva et dit : « nous ne pouvons pas apprendre en un jour ce mode de communication, mais si nous avions appris plus tôt à communiquer de cette façon, nous n’aurions pas eu besoin de nous entretuer !  » Marshall se réjouit infiniment de cette déclaration, et la rencontre se termina par le fait que de nombreux membres des deux tribus se déclarèrent volontaires pour s’entraîner au langage de la girafe et pour s’instaurer médiateurs pour le cas où de nouveaux problèmes surgiraient.

 

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L’âne par Victor Hugo 6

Posté par othoharmonie le 24 décembre 2011

 

L'âne par Victor Hugo 6 dans ANEJe voudrais pouvoir vous citer un admirable tableau de l’origine de la terre, un tour de force littéraire que Victor Hugo, seul, est capable d’accomplir. Le poète, en racontant les évolutions du globe avant l’arrivée de l’homme, se maintient dans la stricte description scientifique, et pourtant poétise cet exposé technique.

 Mais je fatiguerais votre attention, quand je veux seulement la défier. L’enthousiasme, comme l’ennui, pèse sur l’âme et l’opprime. Je n’irais pas au bout de ma tâche, si je m’arrêtais toutes les fois que je suis ému et transporté.

 Je me borne à une analyse ; c’est à vous plus tard, si je n’ai pas trahi mon projet, à prendre le livre, à achever la lecture.

 Victor Hugo, dans toutes ses oeuvres, en apparence les plus capricieuses, a un plan très arrêté, très complet, et le poème a des divisions méthodiques.

 Voulant prouver que l’homme use mal de son savoir, et que le savoir est malsain quand il n’est pas animé de l’amour de l’humanité, il met par séries tous ses griefs, et débute par l’enfance.

- Que faites-vous de l’enfance ? demande-t-il aux pédants.

 Vous savez, Messieurs, que Victor Hugo, ce grand coeur paternel, est toujours particulièrement tendre, éloquent, douloureux, quand il parle de l’enfance. Ne vous étonnez donc pas de l’entendre s’exprimer ainsi par la voix de son âne :

 

…………………….Pauvres fous ! Dieu vous livre
L’enfant, du paradis des anges encore ivre ;
Vite, vous m’empoignez ce marmot radieux,
Ayant trop de clarté, trop d’oreilles, trop d’yeux,
Et vous me le fourrez dans un ténébreux cloître,
On lui colle un gros livre, au menton, comme un goître ;
Et vingt noirs grimauds font dégringoler des cieux,
O douleur ! ce charmant petit être joyeux ;
On le tire, on le tord, on l’allonge, on le tanne,
Tantôt en uniforme, et tantôt en soutane ;
Un beau jour Trissotin l’examine ; un préfet
Le couronne ; et c’est dit ; un imbécile est fait !

 

Je ne sais si j’ai des lycéens dans mon auditoire. Je voudrais en avoir beaucoup ; mais je les prierais de ne pas prendre ces paroles du poète pour une excitation à la révolte.

 dans ANECette colère généreuse, combien de mères l’ont ressentie devant les programmes dans lesquels la routine emprisonne les enfants ! On s’occupe d’élargir l’espace dans cette cage des écoliers ; on y fait entrer plus d’air, plus de ciel, plus de nature, moins de formules, moins de fatras ; on fatigue moins la mémoire, on compte davantage sur le raisonnement ; mais nous sommes encore bien loin de la solution entrevue ; et, je le dis à regret, la France, qui n’est pas la dernière, n’est pas non plus la première, en fait d’instruction et d’éducation. C’est un tort qu’elle a expié, il y a dix ans ; tort qu’elle comprend ; qu’elle n’a pas encore réparé aujourd’hui, et pour lequel le poète a raison de la harceler.

 Tyrannique envers l’enfant, comment l’homme se conduit-il envers le génie ?

Victor Hugo a le droit de ne pas redouter qu’on l’accuse de parler pour lui, et comme on sent son grief involontaire dans cette plainte touchante :

 Après avoir plongé dans la sublimité, Après avoir volé le gouffre illimité,
Dans l’humaine cohue obstinée à ses voiles Malheur à qui revient ! L’infini plein d’étoiles,
Sur la terre où le cuistre admire l’avorton, N’a qu’un débarcadère appelé Charenton.
 
Oui, le crachat jaillit de cent bouches ouvertes Sur tous les pâles Christs des saintes découvertes ! Oui, malheur au héros qui, la lunette en main,
Se dresse au lointain bord de l’horizon humain, Guetteur mystérieux et vedette avancée !
Il est toujours tué ; par qui ? par la pensée ! Car, dès que les docteurs ont vu, troupeau jaloux,
Poindre une idée, ils ont la tristesse des loups, La foule n’aime point qu’un astre la dérange
Avec un flamboiement de clarté trop étrange, Et la pensée humaine a peur des vastes cris
Du génie, et du vol des immenses esprits.

 

(A SUIVRE…)

 

Issu de la conférence faite à Courbevoie, le 7 novembre 1880 au profit de la bibliothèque populaire

par Louis Ulbach – sous la présidence de M. Laurent Pichat, sénateur

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Ane d’Asie

Posté par othoharmonie le 19 décembre 2011

                                                             Ane d'Asie dans ANE hemione

Anes sauvages d’Asie. By Lip Kee

L’âne sauvage d’Asie habite les steppes et les zones arides et montagneuses.

Sa robe est généralement brun-rougeâtre en été et s’éclaircit en hiver pour devenir brun-jaunâtre. La partie ventrale est blanche ou chamois. Cette espèce se caractérise par une raie noire aux bords blancs sur la partie dorsale.
Les jambes sont courtes et les pieds assez petits. Le poids varie de 200 à 260 kg.

Cette espèce est monogame. L’étalon reste avec une seule jument pendant la saison de reproduction et les 12 mois de gestation.

Les accouplements s’effectuent entre avril et octobre. La femelle met au monde un seul ânon.

                                             pt15913 dans ANE

Jeune Equus hemionus. By Lip Kee

Moins de 50% des jeunes survivent au-delà de la première année.

En liberté, l’âne sauvage d’Asie vit au maximum 14 ans mais peuvent atteindre près de 30 ans en captivité.

Le loup est le seul prédateur connu avec l’homme bien sûr. Les populations nomades de Mongolie estiment que les ânes font concurrence au bétail domestique pour les maigres ressources alimentaires.

Bien que protégée, l’espèce est donc chassée.

 

                                                                          Gif anes

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Ours et Folklore

Posté par othoharmonie le 3 décembre 2011

 

Sous l’influence de l’Église , l’ours est devenu violent, méchant et lubrique : il hantait même les couloirs des monastères (c’est dire le niveau obsessionnel des nonettes frustrées) !… Par une inversion malheureusement fréquente « L’ésotérisme fait parfois de l’ours un animal vil et répugnant ! » Dict. des Symboles, op. cit. 

 

Dans nos Folklores, encore : L’Ourse est un animal lunaire et un symbole de la végétation et elle suit donc les cycles Ours et Folklore  dans OURS pt58440lunaires ; tous les vingt huit jours viennent les menstrues que le langage populaire appelle… les ourses (cf. art. Gnaa) !… 

Notre ourse, ayant bien mangé tout l’été, bien grasse, se couche à la Saint-Martin (louages, foires, exhibition de Martin l’ours…) pour sa grande hibernation. L’hiver passé, elle se lève à la Chandeleur/ Imbolc, jour de la Purification des menstrues et donc Fête des relevailles de Marie, ce qui a un rapport avec “Diane au bain” et le mythe d’Actéon (“celui qui habite le rivage”) et qui fut transformé en Cerf et mangé par le chien-loup de Diane-Lune… (légendes astrales : cf. art. Astrologie nordique). 

 

Le 1er Février, fête de Brigit au triple visage (cf. Déesse Mère*) et jour de lactation des brebis, est la “Vigile” : l’ourse, qui vient de sortir, regarde où en est la végétation, pour voir si la terre est “poilue” ou “chevelue”, car “elle doit se couvrir d’herbe à l’apparition de l’ourse”. Puis elle regarde la lune : si elle est “blanche”, c’est à dire pleine avec ciel clair, c’est qu’il y a danger de gel, alors l’ourse se recouche dans sa caverne, en attendant le printemps. (cf. § Imbolc, in art. Fêtes #2 Printemps)… 

 

Si elle est “noire” (s’il n’y a pas de lune) elle pète (vents) et, ainsi, elle libère les âmes… qui peuvent alors regagner le Paradis, c’est à dire la Voie Lactée et c’est alors la Fête* et la Bataille des Vents d’Eole – dont la tourmente submergea Avallon – et l’Ourse se recouche aussi ! C’est pourquoi, le 3 Février, vient la Saint Blaise – du germanique blasen souffler (cf. “Dire sans le Dire” in art. Blason). Ce Blaise est le “protecteur de la Puissance de Parole par laquelle doit passer tout Savoir Druidique” !… 

 

En route on montre que l’ourse ressort de sa petite mort dans la caverne quarante jours après et peu avant le 1°Mai. C’est alors la Grande Fête de l’Ourse, transformée par le christianisme en “Résurrection de Jésus”, avec grotte-tombeau et pierre qu’on lève comme celle du Mundus des Romains aux cris de “Mundus patet”

 

À Saint-Laurent-de-Cerdan en Valespir (Cerdagne), il existe encore une importante fête nommée Jean de l’Ours… Troussepoil – le “dérober” d’Angles en Vendée – tenait plus de l’ours que du dragon: « C’était un dépiauter de vaches et k1566600 dans OURSun trousser de filles. Mais, elles devinrent toutes affreuses après qu’il eut été changé en pierre par un “saint homme” du nom de… Martin” » bien sûr (…) 

 

« À Arles-sur-Tech, dans les Pyrénées, le premier dimanche après la chandeleur on simule l’enlèvement d’une jeune fille, la Rossera (la Rousse ou Rosmerta ?), par un ours avec lequel elle reste enfermée quelque temps dans une hutte. C’est très exactement un mariage (hiérogamie) entre l’ours et la femme (cf. aussi l’Homme Sauvage en Meubles de l’art. Blasons). On trouvera dans les nombreux ouvrages de van Genet un catalogue abondant des dictons relatifs à la prévision du temps qui ont l’ours comme mesureur. » J.-C. Clébert, Bestiaire fantastique, Albin Michel, 1971 (un excellent livre dans lequel vous trouverez… tout ! ou presque… mais qu’il n’est évidemment pas question de plagier ici.) On se reportera aussi avec profit à notre article Fêtes, chandeleur…

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La Pie nous dit

Posté par othoharmonie le 30 novembre 2011

 

 Pica picaPour les Chinois, le pont sur la voie lactée qui permet à la Tisserande et au Cortège Nuptial de rejoindre le Bouvier, a été fait par les Pies : on reconnaîtra là des constellations et des mythes indo-européens concernant le pont Bifrost des Nordiques. 

 

L’aspect noir et blanc des pies en fait un symbole du “passage” (cf. art. astrologie nordique) et il est curieux de constater que les vêtements à “pans” de cérémonie ont conservé ces couleurs ainsi que la “queue de pie” (qui figurait d’ailleurs sur les vêtements celtiques d’Europe centrale). Il en est de même pour les musiciens de concert qui sont des “messagers” (cf. Elfes), des médiateurs du “passage” entre deux mondes… 

 

O n disait en Thrace que “les Piérides 28 qui chantaient divinement, ou Péritios, étaient les habitants de l’Atlantide mais Ovide rapporte que “c’était neuf jeunes filles qui tentèrent de rivaliser avec les Muses : ayant perdu dans un concours de chant (car personne de pouvait égaler les Sirènes-oiseaux d’Atlantide!), elles furent changées en pies” dont le grand folkloriste Sébillot nous dit qu’autrefois « elles avaient un vêtement d’une richesse incomparables avec une aigrette sur la tête et une queue aussi splendide que celle du paon”. Et, c’est depuis cette punition que les pies jacassent : “Rac, Rac, Rac”, telles Rakassa la sorcière !” 

 

La Pie nous dit  dans OISEAUX 220px-Pica_picaLa Pie était consacrée à Dionysos/ Bacchus, le Dieu du renouveau printanier et, symbole cyclique et de l’année nouvelle, elle fut conservé par le folklore allemand des superstitions post chrétiennes qui rapporte “qu’elle doit être tuée entre Noël et l’Epiphanie” comme le Vieux Soleil. Mais, en fait, “en tuer une porte malheur car elle prévient de l’approche du loup” ! Ceci, joint à son “ancien plumage”, nous remémore le coq nordique Gullinkambi, “crête d’or” qui, lors du cataclysme du Ragnarök, avertit les dieux de l’arrivée du ravageur “loup” Fenrir ! Est-ce pour cela qu’en Poitou-Saintonge, “pour la remercier d’être vigilante et l’inciter à le demeurer, on lui offrait une crêpe le jour du carnaval, voire même la dernière javelle des moissons” ? 

 

Selon une légende bretonne “C’est la Pie qui apprit au forgeron à souder le fer: voyant qu’il n’y arrivait pas, elle lui cria « Mets de l’argile ! », il se fâcha tout d’abord contre cet oiseau bruyant qui, énervant, l’agaçait  dans sa tentative infructueuse puis il suivit son conseil et le fer se souda parfaitement !” Voici une technique bien digne de Siegfried et qui fut propre à déclencher l’admiration du Nain Mime (cf. le mythique opéra Das Ring de Richard Wagner). 

 

220px-Elster_wikipedia2 dans OISEAUXOn dit dans les Côtes d’Armor que “le Coq-Pie – qui naît d’un oeuf de poule couvé par une pie – chante toutes les heures si régulièrement qu’il peut servir d’horloge”  (cf. § Ørlög in art. Destin). Se trouve-t-on ici devant une légende de Kronos dégradée ou voilée par la Kala (cf. art. Astro et Troubadour) ? En effet ce coq-pie était probablement la figuration du Grand Ase en Corneille car celle-ci était considérée comme une initiatrice. 

 

Le folklore hongrois a conservé la trace de sa fonction dans la légende selon laquelle : “la pie dut apprendre au pigeon à faire son nid, mais comme il répliquait à chacune de ses explications « Je sais, je sais… », elle le laissa en plan !”… Pour finir, repassons par la Chine pour évoquer à nouveau la Grande Catastrophe : « La fille de Yen-Ti, roi du feu, se transforma en pie et monta au ciel après l’incendie de son nid, ce qui est une apothéose d’Immortel taoïste, en quoi la pie joue un rôle analogue à celui de la grue. » Chevalier, op. cit.

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Le Chien 2

Posté par othoharmonie le 20 novembre 2011

Par G. de Cherville 

Lhasa apso r5.jpgLa conquête du Chien fut autrement intéressante que ne l’est celle d’un empire, puisque sans elle, très probablement, il n’eût jamais existé d’empire. Sans le Cheval et sans le Chien, avec le Cheval mais sans le Chien, qui sait si la fameuse évolution découverte par M. Darwin se fût accomplie ? Nous serions certainement des Singes extrêmement distingués, mais nous n’en aurions peut-être, peut-être pas dépouillé la peau velue, si nous n’avions pas pensé à nous rallier cet inappréciable serviteur qui, en nous aidant à asservir les autres animaux, en se chargeant de garder les troupeaux, nous a créé les loisirs dont toutes nos découvertes scientifiques et économiques ont été les conséquences. 

Rouage social moins actif qu’aux temps primitifs, le Chien reste néanmoins un animal indispensable. Il défend la maison et son maître, non plus contre les Lions et les Panthères, mais contre les bêtes féroces de notre espèce, encore plus redoutables, il reste notre auxiliaire à la chasse et dans la surveillance des bestiaux, il nous étonne par sa fidélité, nous distrait par sa gentillesse, nous prodigue des leçons de reconnaissance et de désintéressement, dont nous ne profitons pas assez, et enfin, nous aime par-dessus le marché ; lui demander davantage ce serait se montrer trop exigeant. 

Le Chien a-t-il été un animal primitif ? Est-il une création composite façonnée, pétrie, modelée, éduquée, perfectionnée, assimilée par l’industrie humaine ? 

Le Chien 2 dans CHIEN 180px-Magyar_agar_kanLes deux hypothèses ont leurs partisans ; les uns et les autres ont dépensé souvent du talent, quelquefois du génie, toujours beaucoup d’encre à exécuter d’aventureux stepple-chases sur le turf des conjectures et des probabilités. 

Rien ne passionne davantage les savants que les problèmes dont l’utilité est contestable. 

M. de Buffon penchait pour une race de Chiens sauvages, souche unique de toutes les variétés que nous connaissons ; il désigne le Chien de berger comme étant celui qui se rapproche le plus de cette race mère, il l’a choisi pour souche dans son arbre généalogique des races canines. Sa théorie se basait sur l’insuccès des tentatives multipliées qu’il aurait faites pour rapprocher par l’accouplement le Chien de ses congénères Loup et Renard. 

Les contradicteurs de l’illustre académicien ont répondu que, trop soucieux de sa dignité et de la blancheur de ses manchettes, il n’avait jamais présidé, comme il convient au véritable naturaliste, c’est-à-dire en personne, aux expériences qui furent le prétexte de tant de pages immortelles. Effectivement, on est quelque peu tenté d’accuser les fondés de pouvoir du grand homme, d’avoir abusé de la confiance qu’il leur accordait, car il est aujourd’hui surabondamment démontré que le métis, vainement cherché par Buffon, s’obtient non seulement avec le Loup, mais avec le Chacal, que l’intervention humaine n’est pas même nécessaire pour qu’il se produise, qu’il existe de nombreuses preuves de ces croisements accidentels dans l’état d’indépendance. (A SUIVRE….) 

CHERVILLE, Gaspard de Pekow marquis de (1821-1898) : Le Chien (1882). 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (23.VII.2002) Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com

http://www.bmlisieux.com/ 



Diffusion libre et gratuite (freeware) 



Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 



Gif chiens

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Le Chien 3

Posté par othoharmonie le 20 novembre 2011

Par G. de Cherville 

Les adversaires du système du Chien primitif objectent encore que cet animal n’existe pas dans les contrées où l’homme ne l’a Le Chien 3 dans CHIEN 220px-Yumi_19mois2point précédé ; ils insinuent que le Dhôl, dont les bandes exploitent les jungles des frontières ouest du Bengale, que le I ou Dingo de l’Australie, que le Deeb de la Nubie et de l’Abyssinie, que l’Aguari de l’Amérique du Sud, peuvent être des descendants de Chiens civilisés qui, cédant à la passion de la franche lippée, auraient rompu leur ban. 

On pourrait, il est vrai, leur répondre que, si le Chien était l’espèce composite qu’ils imaginent, il lui serait advenu, dans ce retour à la sauvagerie, ce qui arrive non seulement à tous les animaux domestiques, mais à tous les végétaux cultivés quand on les abandonne à eux-mêmes ; ces Chiens auraient usé de leur indépendance pour restituer à chacune des souches dont ils sont originaires, ce qu’ils auraient emprunté à chacune d’elles ; l’animal façonné par l’homme aurait rapidement disparu pour se refondre avec les Loups, avec les Chacals. 

Mais vraiment est-ce bien la peine de vous remorquer à notre suite, dans l’ornière conjecture, au-dessus de laquelle quelques-uns ont du moins des ailes pour planer. Plutôt que d’essayer d’ajouter un peut-être aux peut-être qui ont été présentés comme des solutions, ne vaut-il pas mieux se rallier à l’opinion la plus simple et la plus honorable pour le Chien, c’est-à-dire à celle de Buffon ? Je l’adopte sans m’informer davantage si elle est plus solidement justifiée que l’opinion contraire, uniquement parce que, selon moi, la règle de trois a toujours tort contre la règle du sentiment. 

Spitz.jpgEn raison de mon estime, disons le mot vrai, de ma tendresse pour l’animal dont je vous occupe, je tiens essentiellement à ce qu’il ait figuré dans l’œuvre du cinquième jour. Quoi ! il aurait eu en partage la délicatesse exquise du sens de l’odorat, l’agilité, la grâce, la force, le courage, à tous ces dons Dieu aurait ajouté des vertus dont on ne l’accusera pas d’avoir été prodigue : la patience, la tempérance, la fidélité, la constance, le désintéressement, la chaleur dans le sentiment, il aurait permis que cette simple bête eût quelquefois de l’esprit, il lui aurait ordonné de mettre tout cela au service de l’homme et il n’aurait pas jugé que ce véritable chef-d’œuvre fût digne d’une façon particulière ? C’est tout à fait invraisemblable. 

Sans doute la fabrication de cette machine chassante et aimante aurait quelque chose de très flatteur pour l’orgueil de notre espèce ; mais, d’un autre côté, la nécessité de l’intervention humaine dans la composition d’un être si supérieur aux êtres qui extérieurement lui ressemblent, serait quelque peu humiliante pour le Créateur. Ne sommes-nous donc pas assez riches en merveilles de notre façon ? N’avons-nous pas à notre actif la poudre à canon, la vapeur, la photographie et le reste ? Nous pouvons laisser le Chien au bon Dieu. (A SUIVRE…. ) 

CHERVILLE, Gaspard de Pekow marquis de (1821-1898) : Le Chien (1882).   



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (23.VII.2002) Texte relu par : A. Guézou
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Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 



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Le Chien 8

Posté par othoharmonie le 20 novembre 2011

 

Par G. de Cherville 

 

J’ai observé pendant plusieurs années un chenil qui renfermait toujours de vingt à vingt-cinq animaux ; j’ai reconnu qu’il existait CavalierKgChas2 wb.jpg.jpgentre ce que je me permettrai d’intituler leurs caractères des nuances très tranchées, parfois fort originales. Je les ai vus subir la domination du plus fort, se résigner aux caprices du plus hargneux avec une passivité que la race humaine n’eût pas désavouée, accabler les faibles, les souffreteux, appuyer d’un coup de dent le coup de fouet tombant sur l’échine du voisin, tout cela avec une lâcheté qui malheureusement ne leur est pas spéciale. Jamais je n’ai surpris chez aucun d’eux les symptômes d’une préférence bien marquée pour tel ou tel de ses camarades, partant nulle trace de jalousie. Par exemple, si le piqueur s’avisait de caresser un de ces messieurs, toute la société était en effervescence, chacun protestait sans unisson, c’était un tapage à vous rendre sourd. 

 

Ce sentiment arrive chez le Chien à des proportions vraiment humaines ; c’est lui que le proverbe aurait dû choisir comme type de la jalousie bien plutôt que le Tigre. Quand il s’agit de l’amitié du maître, tout lui porte ombrage ; non seulement, il souffre difficilement que celui-ci en fasse une part, si mince qu’elle soit, à un autre animal, mais il est, visiblement, très douloureusement affecté, lorsque les témoignages de l’affection de ce maître, s’adressent à quelque bipède ; en pareil cas, son œil, cet œil qui est le raccourci d’une physionomie, s’alanguit, devient humide et la tête se détourne avec une résignation consternée. 

 

Le Chien 8 dans CHIEN 220px-Cavalier-king-charlesC’est principalement à l’endroit des enfants que cette jalousie se manifeste. La fille d’un fonctionnaire de l’administration des forêts s’était prise d’amitié pour un énorme braque que son père avait ramené d’Allemagne. L’animal était si doux, il se prêtait avec tant de complaisance aux caprices de sa petite maîtresse, un vrai tyran, il lui témoignait tant d’attachement, enfin, il y avait un contraste si piquant dans la domination de cette frêle blondine sur cette bête gigantesque que les parents encouragèrent la liaison et permirent que le Chien dormît, pendant la nuit, sur un tapis devant le lit de son amie. 

 

La situation se modifia quand on ramena de la campagne un second enfant qui était en nourrice. Le braque fut complètement délaissé pour le petit frère que sa sœur aimait beaucoup et avec lequel elle pouvait jouer à la maman. L’abandonné en conçut une irritation manifeste, il devint triste, morose ; quand la petite fille embrassait le baby, il levait sur elle des yeux sanguinolents, il grondait sourdement. On s’en amusait. 

 

Un jour que les enfants étaient restés seuls avec leur compagnon, et que l’aînée berçait le petit garçon sur ses genoux, le braque, sans provocation aucune, s’élança sur celui-ci et, d’un coup de dent, lui enleva un morceau de joue. Aux cris on était accouru. Tandis qu’on emportait les enfants, le père avait pris un pistolet et tiré sur le Chien. Atteinte mortellement, la misérable bête eut encore la force de se traîner dans la chambre où l’on avait transporté sa petite maîtresse, et ce fut sur son tapis et les yeux fixés sur elle qu’elle expira. 

 

Nous avons dit plus avant que le croisement du Chien et du Loup pouvait se réaliser même dans la vie sauvage ; ces sortes d’unions libres étonnent surtout ceux qui, en pratiquant la chasse de notre unique grand carnassier, se sont familiarisés avec ses Otterhund.jpgmœurs. 

 

Pour caractériser la situation de deux irréconciliables, on dit : ils sont comme Chien et Chat ; on exprimerait bien plus fortement les proportions extrêmes de l’inimitié en disant comme Chien et Loup. Si le premier dérive du second comme on le prétend, celui-ci n’en honore pas moins son petit cousin d’une haine très profonde et comme cette animosité se double d’un goût très prononcé pour sa chair, jamais il ne laissera échapper l’occasion de dîner, non pas avec, mais de tous les Chiens sur lesquels il pourra poser sa griffe. (A SUIVRE….) 

 

 

CHERVILLE, Gaspard de Pekow marquis de (1821-1898) : Le Chien (1882). 

 



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Le Chien 9

Posté par othoharmonie le 20 novembre 2011

 

Par G. de Cherville 

 

Le Chien 9 dans CHIEN 220px-RasteauPyrrhusDans les villages forestiers, ceux de ces derniers qui s’aventurent dans la campagne après le coucher du soleil, les braques, les épagneuls qui s’attardent dans les bois sont des Chiens parfaitement perdus ; y eût-il des Moutons dans le voisinage, ce sera toujours sur ces Chiens isolés que le Loup fixera ses préférences. Ce qui est encore assez étrange, c’est que ces mêmes Loups traiteront avec une certaine déférence les Chiens courants des meutes qui leur ont donné la chasse, même quand ils sont isolés, même quand ils ne sont pas de taille à opposer une bien vive résistance. Il nous est bien souvent arrivé de perdre en fond de forêt plusieurs de ces Chiens qui y passaient la nuit, on nous les a toujours ramenés sains et saufs. Chiens d’arrêt, nous n’en aurions retrouvé que les os. Pourquoi ce privilège ? Probablement parce que le Loup se souvient et compare ; parce qu’il se rappelle les angoisses qu’il a dû à de tels Chiens, parce qu’il sait qu’ils marchent toujours en nombre et accompagnés et que sa prudence l’emporte sur les suggestions de sa haine et de son appétit. 

 

ThemisDouCoudounie.jpgDans l’espèce canine, c’est surtout par la terreur que se traduit l’antipathie si profonde des deux races. Cette terreur elle est instinctive, elle est innée. Il n’est nullement besoin d’un acte de guerre pour apprendre au Chien qu’il est en présence de son implacable ennemi ; l’odeur du Loup, même lorsque pour la première fois elle frappe son odorat, une odeur caractéristique dont son instinct a la prescience, suffit à lui apprendre à qui il a affaire et, en pareil cas, chez l’immense majorité de ces animaux, chez tous ceux qui n’appartiennent pas à quelques variétés spéciales, les poils se hérissent, les yeux sont hagards, ils tremblent et multiplient les signes de l’épouvante. 

 

Ce court aperçu des sentiments que ces Capulets et ces Montaigus nourrissent les uns pour les autres donne la mesure de l’originalité que doit affecter, dans la solitude des grands bois, la première entrevue de ce soupirant à demi paralysé par la terreur et cette belle qui doit se demander si elle cédera ou à la faim ou à l’amour. 

 

Il est cependant incontestable que de loin en loin, c’est le dieu malin qui l’emporte. En 1864, le fils de M. le docteur Chenu tua dans les bois de Lahoussaye-Crécy un Loup complètement noir, qu’il aurait pris pour un Chien, s’il n’avait vu quelques instants auparavant la Louve accompagnée de plusieurs Louvards au pelage également très foncé, qui furent tués quelque temps après ainsi que la mère. Le père était un Chien noir appartenant à un cultivateur de Nangis, il avait été vu plusieurs fois en compagnie de la Louve. 

 

Des portées de Chiens-Loups ont été trouvées dans des forêts de la Sarthe et de la Mayenne ; l’un de ces animaux fut élevé par un de nos amis, il tenait beaucoup plus du Chien de Terre-Neuve que du Loup. (A SUIVRE….) 

 

 

CHERVILLE, Gaspard de Pekow marquis de (1821-1898) : Le Chien (1882). 

 



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Le Chien 10

Posté par othoharmonie le 20 novembre 2011

 

Par G. de Cherville 

 

Beagle-Harrier-fr.jpgVoici enfin un fait plus récent, dont l’authenticité est établie par des témoins dont la véracité ne saurait être mise en doute. Depuis trente ans, les Loups sont rares dans l’Ile-de-France, où la surveillance des gardes est loin d’être aussi chimérique que dans les autres départements ; cependant, il y a trois ans, une Louve s’était établie dans la forêt de Villefermoys où sa présence fut longtemps sans être signalée, parce que, fidèle aux traditions de sa race, elle résistait stoïquement aux tentations que devait exercer sur elle le gibier qui fourmille dans ce massif, et s’en allait exercer ses déprédations à des distances assez considérables de ses domaines. 

 

Cette Louve exemplaire ne sut pas imposer à son cœur la discrète réserve que pratiquaient ses appétits. Si Loup qu’on soit, il vient une heure où la solitude semble pesante. L’heure ayant sonné pour notre ermite, elle chercha d’abord autour d’elle, puis dans tous les couverts qui lui étaient familiers, mais l’écho seul répondant aux hurlements sinistres par lesquels elle troublait le silence des nuits, elle chercha un équivalent à l’animal de son espèce qui s’obstinait à ne pas venir. 

 

Il y avait auprès de la forêt un gros Chien, moitié dogue et moitié terrier, qui avait pour emploi de surveiller et de défendre l’habitation fort isolée du sieur Boyer, garde particulier de M. T…, propriétaire du château des Bouleaux. Ce fut sur ce Chien que la Louve jeta son dévolu et, renversant toutes les traditions, elle séduisit le Chien terrier et disparut avec lui, un véritable rapt. 

 

Le Chien 10 dans CHIEN 220px-German_Shepherd_Dogs_portraitQuelques jours après M. T…, se promenant à cheval dans Villefermoys, vit la Louve sauter la route à cinquante pas de lui et derrière la Louve, lui emboîtant le pas, un Chien dans lequel il reconnut immédiatement celui de son garde. Il essaya de les poursuivre en poussant son Cheval à travers bois, mais l’un et l’autre se perdirent dans le fourré. Il rencontra des bûcherons qui lui racontèrent que plusieurs fois déjà ils avaient aperçu cette Louve et le Chien de Boyer allant de compagnie. 

 

Après une douzaine de jours, le Chien terrier réintégra la civilisation ; si les amours ne sont pas plus éternelles dans le monde des Loups que dans le nôtre, les ruptures n’y sont pas moins orageuses. L’infortuné n’avait pas été tout à fait mangé, mais tout son corps portait des traces de coups de griffes et de dentées. 

 

Cependant l’aventure ayant ébruité le secret de l’existence de la Louve, l’amodiataire de Villefermoys, M. le comte de G…., très jaloux de la conservation de ses admirables chasses, ordonna des battues pour les délivrer de ce commensal redoutable. La Louve échappa en forçant la ligne des traqueurs ; mais ceux-ci trouvèrent le liteau, qui renfermait trois petits ; l’un d’eux, absolument Loup par la forme et par le pelage, a été conservé par M. le comte de G… ; les deux autres, chez lesquels le métissage était nettement accusé par la forme des oreilles et par les balzanes de leurs pattes, furent envoyés au Jardin des Plantes. 

 

220px-Berger_allemand_en_montagne dans CHIENLa pièce a un second acte. Comme vous venez de le voir, la Louve avait sauvé sa peau ; après quelques jours de retraite, elle rentra en Villefermoys, y reprit ses demeures et ses habitudes, s’efforçant de mériter l’indulgence par sa modération locale. Au printemps suivant, volage et fidèle tout à la fois, elle revint à son Chien terrier, qui, après une fugue comme l’année précédente, comme l’année précédente aussi revint au logis, battu, pas content, mais probablement disposé à recommencer une troisième fois cette petite excursion dans la société des ennemis mortels de son espèce, si une balle bien plantée n’était pas venue dénouer ce petit roman forestier par la mort de son héroïne. (A SUIVRE

 

 

CHERVILLE, Gaspard de Pekow marquis de (1821-1898) : Le Chien (1882). 

 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (23.VII.2002)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com

http://www.bmlisieux.com/ 



Diffusion libre et gratuite (freeware) 



Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 



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Le Chien 15

Posté par othoharmonie le 20 novembre 2011

 

Par G. de Cherville 

 

Galgo espagnol Hembra.jpg.jpgD’après Buffon, le lévrier serait venu du mâtin, transporté dans les pays méridionaux, où sa taille se serait développée ; puis aurait diminué progressivement lorsqu’il aurait été réimporté dans le nord pour aboutir en Angleterre aux levrettes et aux levrons. Il ne manque pas d’arguments pour battre en brèche cette explication fantaisiste. Si les similitudes physiologiques signifient quelque chose, le lévrier est moins rapproché du mâtin que du Chien de berger dont il a le ventre harpé, le museau effilé et l’énergie musculaire. Les grands lévriers ont existé au nord dans l’antiquité. Les vertagi, les Chiens si recherchés des Romains venaient de la Gaule. Ovide compare Apollon poursuivant Daphné à un lévrier gaulois chassant un lièvre, et qui, près de le saisir, s’allonge et précipite sa course. La taille de ces animaux diminue si peu dans les contrées septentrionales que l’Irlande en possédait une race gigantesque, éteinte aujourd’hui, qui n’avait pas moins de un mètre de hauteur.

 

 Quoi qu’il en soit, en raison des preuves multiples que nous avons de l’antiquité de son existence, il est incontestable que le lévrier a figuré au moins pour une part dans les croisements qui nous ont fourni les variétés de Chiens que nous avons utilisés pour la poursuite des animaux sauvages, depuis le lapin jusqu’au Lion, que nous avons même employés à chasser l’homme, dans les circonstances, assez honteuses pour notre espèce, où l’homme devenait un gibier. 

 

Les premiers descendants du lévrier furent exclusivement des Chiens courants ; le Chien d’arrêt est une création des temps modernes et la date en est indéterminée. Toussenel lui assigne pour origine le développement de l’art de la fauconnerie : « Comme il fallait des Chiens pour faire lever le gibier plume et le gibier poil devant les oiseaux de vol, dit-il, on en a rencontré qui pointaient naturellement la pièce de gibier avant de la faire partir, on a cultivé ces dispositions en prolongeant le pointage jusqu’à l’arrêt solide. On a obtenu par ce moyen le Chien couchant, c’est-à-dire qui se couche contre le gibier qu’il arrête pour se laisser couvrir avec celui-ci sous le filet. Le fusil venu, qui permettait de tirer au vol, le Chien couchant s’est transformé de lui-même en simple Chien d’arrêt. » 

 

Si la poursuite est la seule méthode de chasser qui ait été inspirée au Chien par la nature, il ne nous en semble pas moins que l’arrêt existait en germe dans les aptitudes de l’animal avant sa domestication

 

Le Chien 15 dans CHIEN 252px-Podengo_Portugues« Boire sans soif et faire l’amour en tout temps, voilà ce qui distingue l’homme de la brute, » a dit Figaro. Il aurait pu ajouter marcher sans but et sans prétexte. L’homme est le seul être qui se promène ; l’animal est économe de sa peine et de sa fatigue ; il n’use de ses forces que dans la nécessité stricte qu’exigent ses besoins d’alimentation et de reproduction ; quand il ne travaille pas, il dort. 

 

Avant de se résigner à pourchasser laborieusement sa proie, le carnassier se recueille ; il va tenter de la surprendre, le félin en donnant à la terreur le temps de paralyser la défense de sa victime, les autres en se rapprochant le plus près possible de la proie, en s’immobilisant soit pour rassembler leurs forces, soit pour mieux mesurer leur élan. L’arrêt du Chien existait en germe dans cette courte halte avant la surprise. Il est si bien inné dans la race qu’il n’est pas de chasseur auquel il ne soit arrivé de voir un Chien courant prendre une attitude de pointer devant un lièvre au gîte qu’il n’avait pas éventé. Il est si peu particulier à l’espèce canine qu’un jour dans une forêt de Normandie, nous avons pris pour un Chien un Loup que nous apercevions à cinq ou six cents mètres de l’endroit où nous nous trouvions et qui s’approchait d’un troupeau d’oies en se rasant dans les broussailles, avec des façons qu’un braque n’eût pas désavouées. 

 

Les races françaises de Chiens courants et couchants ont joui longtemps d’une légitime célébrité ; les premières fournissaient des sujets d’une vitesse médiocre, mais doués d’un odorat exquis, puissamment gorgés, aux abois retentissants, aux hurlements formidables tels qu’il convenait dans les forêts abruptes et imparfaitement percées auxquelles ils étaient destinés. Ces races ont à peu près disparu à la suite des croisements multipliés avec les Chiens anglais dont la rapidité avait été retrempée par une addition de sang de lévrier. Nous n’avons pas été beaucoup plus heureux avec nos trois principales espèces de Chiens couchants, braques, épagneuls et griffons, dont l’incurie des propriétaires a si bien amené la dégénérescence qu’aujourd’hui même, chez nous, ce sont les Chiens anglais, pointers et setters, qui tiennent le haut du pavé !  (A SUIVRE….) 

 

 

CHERVILLE, Gaspard de Pekow marquis de (1821-1898) : Le Chien (1882). 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (23.VII.2002)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
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Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 



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L’Ours 3

Posté par othoharmonie le 19 novembre 2011

Par Jules Vallès

L’Ours cherche à s’exiler sur la terre ferme. Il aborde les côtes du Groënland.L'Ours 3 dans OURS pt18537Là, il trouve à vivre pendant sa saison de souffrance, c’est-à-dire la saison chaude. Il chasse à travers cette immensité nue, où se dresse de temps en temps un pin, un mélèze, un bouleau ; il embrasse de ses pattes mal faites la roche dure où poussent l’anémone et la renoncule, brins de plantes, qui ressemblent à des éclats de bijoux et ont l’air d’être tombés du ciel.

Il aime à rester carnivore dans ces contrées maudites : il trouve parfois sur sa route quelques cadavres de Chiens esquimaux, qui ont été étranglés et à moitié avalés par une troupe de ces Loups gris, qui sautent sur les attelages des traîneaux, qu’il poursuit à son tour et dont il cherche le sillon dans les neiges.

Il lui arrive de surprendre quelque Renard bleu ou argenté, à la jambe fine, à l’oeil doux, qu’il égorge avec joie, lui, l’espèce d’estropié dont les jarrets plient trop bas et dont l’oeil a toujours une pointe de sang.

Mais les Esquimaux et les Groënlandais sont là qui le guettent avec leurs carabines. Ils savent qu’il viendra rôder autour des huttes souterraines d’où sort la colonne de fumée blanche.

Il échappe souvent, car il est courageux et a la vie dure. Alors, quand l’hiver revient, que la neige tombe de nouveau, il remonte vers le Nord et dans la nuit.

Le froid a ressaisi les glaçons, les soudant sur place. Les brouillards, fumée du dégel et de la débâcle, ont été poussés par le vent du côté de l’Islande et de l’Angleterre, qu’ils vont empoisonner et étouffer. Les blocs énormes se reforment et émergent lentement de la mer.

L’Ours blanc rôde dans ce cruel paysage qui s’adoucit pourtant et s’illumine de feu quand le soleil disparaît et va s’éteindre dans la mer.

 L’Ours blanc devrait avoir sa place à la porte de ce paradis d’Odin, où dans le bleu de l’azur il y avait de larges taches de sang.

Il est à son aise dans cette nature et reprend sa course vertigineuse. Il rencontre parfois l’homme dans ces pays terribles, l’homme qui, comme lui, est en chasse : en chasse d’une découverte, et qui, du museau de sa barque, crève la glace pour avancer.

Sur cette barque, qui fait sauter les banquises, l’Ours blanc se présente comme un fou avec la fureur d’un être qui défend son domaine. Les matelots lèvent la hache, l’Ours ne quitte pas sa prise. Il attend que ses pattes soient coupées et il retombe en plongeant dans la mer, faisant un grand trou rouge.

 Ursus arctos middendorffiCeux qui ont étudié l’histoire naturelle savent qu’on classe l’Ours dans l’espèce des mammifères, famille des carnivores, tribu des plantigrades : ce qui veut dire que l’Ourse enfante ses petits vivants et les nourrit de son lait pendant la première jeunesse, que la chair saignante ne leur fera pas peur, et qu’en marchant ils appuieront toute la plante du pied jusqu’au talon. Voilà, pour les écoliers, ce que signifie mammifère, carnivore et plantigrade. Mais ni les écoliers, ni les ignorants, ni le troupier ni la bonne, qui se penchent contre la grille de la fosse aux Ours, ne tiennent à en savoir tant. Ils savent seulement que maître Martin mange volontiers les vieux soldats tout crus, quitte à se casser les dents sur leur nez d’argent. Ils connaissent l’histoire de l’invalide qui, ayant cru voir luire un louis neuf au pied de l’arbre où Martin avait grimpé tout le jour, descendit dans la fosse pendant la nuit pour se glisser jusqu’à la pièce jaune, la ramasser, et remonter plus riche de vingt francs. Il ne remonta pas, l’Ours le croqua et le digéra ; on retrouva dans la digestion un bouton de tunique : c’était ce bouton de cuivre que l’invalide avait pris pour le louis d’or et fourré tout de même dans son gousset. Cette histoire fait le fond des conversations entre le tourlourou et la payse, le provincial et le Parisien, la grand’mère et le moutard, devant la fameuse fosse du Jardin des plantes. (A SUIVRE…) 

VALLÈS, Jules (1832-1885) : L’Ours (1882). 



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