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Lion d’Esope 1

Posté par othoharmonie le 6 mai 2012

Lion d'Esope 1 dans LION du-lion-de-l-ours-et-du-renardDu Lion et de la Mouche.
Une Mouche défia un Lion au combat, et le vainquit : elle le piqua à l’échine, puis aux flancs, puis en cent endroits ; entra dans ses oreilles, ensuite au fond de ses naseaux ; en un mot, le harcela tant, que de rage de ne pouvoir se mettre à couvert des insultes d’un insecte, il se déchira lui-même. Voilà donc la Mouche qui triomphe, bourdonne, et s’élève en l’air. Mais comme elle vole de côté et d’autre pour annoncer sa victoire, l’étourdie va se jeter dans une toile d’Araignée et y reste.  » Hélas ! disait-elle, en voyant accourir son ennemie, faut-il que je périsse sous les pattes d’une Araignée, moi qui viens de me tirer des griffes d’un Lion ? « 

Analyse des Fables d’Esope

BARSEPA - feuilles d'automne

De l’Homme et du Lion.

Un Homme et un Lion voyageaient ensemble, et disputaient, chemin faisant, sur les avantages de leur espèce. Au fort de la dispute, il aperçurent un bas-relief qui représentait Hercule étouffant un Lion.  » Cette figure, dit l’Homme, en se tournant vers le Lion, peut t’apprendre que les Hommes sont plus forts que les Lions. – Votre raisonnement porte à faux, répliqua le Lion ; car si nous avions parmi nous des Lions Sculpteurs, on verrait beaucoup plus d’Hommes terrassés et étouffés par les Lions, que de Lions par les Hommes.  » Cette raison ne convainquit point l’Homme, qui s’opiniâtra toujours de plus en plus à défendre son opinion. Le Lion fatigué de cette dispute, se jeta sur l’Homme et le mit en pièces.  » Tu vois bien maintenant, lui dit-il, lequel est le plus fort de l’Homme ou du Lion. « 

Analyse des Fables d’Esope

 BARSEPA - feuilles d'automne

Du Lion, du Sanglier et des Vautours.
    Le Lion et le Sanglier acharnés l’un sur l’autre s’entre-déchiraient. Cependant des Vautours regardaient attentivement le combat, et se disaient les uns aux autres :  » Camarades, à bien juger des choses, il n’y a ici qu’à gagner pour nous. Ces Animaux-ci ne quitteront point prise, que l’un des deux ne soit par terre. Ainsi, ou Lion, ou Sanglier, voici la proie qui ne peut nous manquer.  » Ils n’y comptaient pas à tort ; car ils l’eurent en effet et même plus grosse qu’ils ne pensaient. Le Sanglier fut étranglé sur l’heure par le Lion, et celui-ci que l’autre avait percé d’un coup de ses défenses, mourut quelques jours après de sa blessure, de sorte que les Vautours profitèrent de l’un et de l’autre.

 Analyse des Fables d’Esope

cerfeau dans LION

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Le Lion d’Esope

Posté par othoharmonie le 6 mai 2012

Le Lion d'Esope dans LION Les-Fables-d-Esope1_carre_192       Du Lion irrité contre le Cerf qui se réjouissait de la mort de la Lionne.
Un Lion avait invité tous les quadrupèdes à honorer les obsèques de sa Femme qui venait de mourir. Pendant que tous les Animaux ressentaient à la mort de la Reine une douleur inexprimable, seul, le Cerf, à qui elle avait enlevé ses fils, étranger au chagrin, ne versait pas une larme. Le Roi s’en aperçut. Il fait venir le Cerf pour le mettre à mort. Il lui demande pourquoi il ne pleure pas avec les autres la mort de la Reine.  » C’est ce que j’aurais fait, dit celui-ci, si elle ne me l’avait pas défendu. Quand j’approchai, son âme bienheureuse m’apparut. Elle se rendait aux demeures Élyséennes, ajoutant qu’il ne fallait pas pleurer son départ, puisqu’elle se rendait vers les parcs riants et les bois, séjour enchanté du bonheur.  » À ces mots, le Lion plein de joie accorda au Cerf sa grâce. Cette fable signifie que c’est parfois le devoir d’un Homme prudent de feindre et de s’abriter de la fureur des puissants derrière une honorable excuse.

analyse d’Esope

 

 BARSEPA - feuilles d'automne

 

Du Lion et du Rat.

 Un Lion fatigué de la chaleur, et abattu de lassitude, dormait à l’ombre d’un arbre. Une troupe de Rats passa par le lieu où le Lion reposait ; ils lui montèrent sur le corps pour se divertir. Le Lion se réveilla, étendit la patte, et se saisit d’un Rat, qui se voyant pris sans espérance d’échapper, se mit à demander pardon au Lion de son incivilité et de son audace, lui représentant qu’il n’était pas digne de sa colère. Le Lion touché de cette humble remontrance, lâcha son prisonnier, croyant que c’eût été une action indigne de son courage de tuer un animal si méprisable et si peu en état de se défendre. Il arriva que le Lion courant par la forêt, tomba dans les filets des chasseurs ; il se mit à rugir de toute sa force, mais il lui fut impossible de se débarrasser. Le Rat reconnut aux rugissements du Lion qu’il était pris. Il accourut pour le secourir, en reconnaissance de ce qu’il lui avait sauvé la vie. En effet, il se mit à ronger les filets, et donna moyen au Lion de se développer et de se sauver.

analyse d’Esope

 BARSEPA - feuilles d'automne

Du Lion et du Renard.

 Le Lion affaibli par la vieillesse, ne pouvait plus prendre les autres animaux à la course. Il résolut de se servir d’artifice pour les surprendre et pour en faire curée. Il se retira dans le fond de sa caverne pour mieux exécuter ce dessein, et fit savoir partout qu’il était malade. Les autres animaux accoururent pour le visiter, mais il les étranglait et les dévorait à mesure qu’ils entraient dans sa caverne. Le Renard se douta de la ruse du Lion, et du mauvais tour qu’il avait joué à ceux qui étaient venus le visiter. Il se contenta donc de demander de loin au Lion, et sans entrer dans sa caverne, comment il se portait.  » Je me porte fort mal, dit le Lion ; pourquoi n’entrez-vous pas, ajouta-t-il ? – C’est, lui répliqua le Renard, que je vois fort bien les vestiges de ceux qui sont entrés dans cette caverne, mais je n’aperçois point les traces de ceux qui en sont sortis. « 

Analyse des Fables d’Esope

 BARSEPA - feuilles d'automne

Du Lion amoureux.
Un Lion devint amoureux de la Fille d’un Chasseur, et ce fut si éperdument, qu’il courut chez le Père, et la lui demanda en mariage. Celui-ci, qui ne pouvait s’accommoder d’un gendre si terrible, la lui eût refusée net, s’il eût osé ; mais comme il le craignait, il eut recours à la ruse.  » Comptez sur ma Fille, dit-il au Lion, je vous l’accorde ; mais avant que d’en approcher, songez que vous ne sauriez lui marquer votre tendresse, qu’elle ne soit en danger d’être blessée, ou par vos dents, ou par vos ongles. Ainsi, Seigneur Lion, trouvez bon, s’il vous plaît, qu’après vous avoir limé les unes, on vous rogne encore les autres. Vos caresses en seront moins dangereuses, et par conséquent plus agréables.  » Le Lion, que l’amour aveuglait, consentit à tout, et sans penser qu’il allait se mettre à la merci de son ennemi, se laissa désarmer. Dès qu’il le fut, les Chiens, le Chasseur et la Fille même se jetèrent sur lui, et le mirent en pièces.

Analyse des Fables d’Esope

esop58 dans LION

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Le Lama et les Incas

Posté par othoharmonie le 4 mai 2012

Le Lama et les Incas dans LAMA pt20620

image de Lionel Arnould



Nous sommes en 1532, les Incas sont un peuple précolombien du groupe andin. Il est à l’origine de l’empire inca, l’un des trois grands empires de l’Amérique précolombienne. La fin de cet empire est une horreur, car ils n’ont existé qu’environ un siècle avant d’être détruit par les conquistadores espagnoles. Six des sept millions d’Incas sont morts pendant cette conquête.

La Pacha Mama est la déesse-terre dans leur religion et ils ont réalisé en son honneur des sacrifices. Pour instituer le culte, les Incas bâtissent des temples dédiés principalement au soleil. Le plus célèbre de tous est le Coricancha, le temple du Soleil de Cuzco. Il fût le plus vaste et le plus richement orné de son époque : ses grands murs de pierre mesuraient 140 mètres de long sur 135 mètres de large. Le pourtour du temple était orné d’une énorme corniche en or, les autels, les portes, les statues, étaient décorées de planches d’or et d’argent, incrustées de pierres précieuses, qui reflétaient la lumière. Au-dessus de l’autel, étincelait un grand disque d’or, censé représenter le Soleil. Il était placé de telle manière que les rayons du soleil levant le frappaient et le faisaient briller.

À cette époque les récoltes ne pouvant être garanties, des techniques de conservation étaient développées pour faire face aux années difficiles. Ils font pousser, à 4000 km d’altitude, une graine, le quinoa. Pour développer cette culture, des terrasses (andenes) ont été construites. Et comme les Aztèques, ils ont construit des aqueducs pour l’irrigation.

Voyons leurs croyances maintenant. Viracocha est le principal dieu des Incas, dieu créateur, roi de la foudre et des tempêtes. Avant sa venue, le monde était sans soleil, c’est donc lui qui le créa ainsi que la lune et les étoiles. Il a ensuite peuplé les Andes. Les Incas voyaient leur vallée comme le reflet de la voie lactée et utilisaient la nature pour donner une forme à leur constellation.

Dans un mythe Inca, le lama dit au berger d’emmener tous les animaux, en haut du Mont Vilcacoto, il prévient le berger que dans exactement un mois, le déluge arrivera et engloutira tout. Quand l’eau commence à monter, il y a tellement d’eau en haut de la colline, que le renard glisse et se mouille la queue. C’est pourquoi, jusqu’à ce jour, le renard à le bout de la queue noire. Le lama du mythe est probablement le lama astronomique c’est-à-dire un nuage de poussières interstellaires. Il semble que la constellation inca du lama observait l’est dans l’attente d’une catastrophe. Si l’on observe le solstice d’hiver en décembre 650, on s’aperçoit que la constellation du renard à la queue coupée par l’horizon, queue dans l’eau et devient noire dans le mythe.

Comment ont-ils pensé leur calendrier ? Les Incas tiennent compte des mouvements du Soleil pour reconnaître les années et les jours et des mouvements de la Lune pour identifier les mois. Ils identifiaient notre année solaire en observant les solstices et en commençant l’année par le solstice d’été qui tombe le 23 ème jour de décembre et se termine au même point où il a commencé. L’année inca était donc une année solaire débutant au solstice d’été et se terminant au solstice d’été suivant. Coricancha, le temple du soleil, était le véritable centre de l’empire inca. Du temple, partaient 42 lignes imaginaires dans toutes les directions. Ces axes passaient par des sanctuaires, des huacas naturels ou construits par l’homme qui tous avaient trait à la religion, à la tradition.

Les incas et les planètes : dans les mythes, les Dieux sont souvent associés à des planètes. On attribue Saturne à Viracocha alors que le peuple inca se considère comme le peuple de Jupiter. La rencontre de Viracocha et le père de Manco Capac devait se traduire par une conjonction de Saturne et Jupiter. Après observation de l’année 650, il y a une conjonction entre les Jupiter et Saturne au coucher du Soleil. Il s’agit de l’endroit exact où se trouve l’entrée du monde des Dieux. Le lendemain matin, apparaît une faille entre la voie lactée et le Soleil. Le pont est rompu entre la terre et les dieux. Il est temps pour Viracocha de rejoindre l’autre monde. Ces coïncidences entre événements célestes et faits réels vont mener les incas à croire que l’astronomie détenait le secret de leur destin. Les incas voient leurs ruines dans les étoiles et cela va les conduire à leur perte.

lama_015 dans LAMAPachacutec inca était l’héritier légitime du trône inca. Doté d’un grand talent militaire, Pachacutec initia l’expansion fulgurante du grand empire inca. Au nord il conquit le royaume Chimu, au sud il poussa jusqu’à la vallée de Nazca. Il ne fut pas qu’un conquérant sanguinaire, il fut aussi un remarquable gestionnaire, dotant son immense empire d’une solide et efficace structure administrative. Machu Picchu aurait été une de ces résidences. La ville sacrée Machu Picchu est considérée comme une œuvre maîtresse de l’architecture inca.

Les Incas ont été accusés d’avoir modifiés et enjolivé leur histoire. Selon la légende, un lama descend toutes les nuits sur terre pour aller boire l’eau de la mer, s’il ne le fait pas, c’est la fin du monde. Au solstice, la constellation du lama présent dans la voie lactée annonce l’endroit où se lève le soleil, cela on le sait. En 1432, ce lien entre soleil et voie lactée n’est plus que ténu. Un siècle plus tard, la voie lactée faussera compagnie au soleil. Ce qui, dans la vision inca, romprait un pont entre le ciel et la terre. Voilà le parallèle avec ce qui s’est passé en 650. À l’aube du solstice d’été 1532, la voie lactée a perdu contact avec l’horizon au lever du soleil, c’est alors que les Espagnols arrivent.

Pour éviter que ce jour arrive, Pachacutec ordonne le sacrifice de 10 000 lamas. Le sang de ces derniers est recueilli dans de petits pots de terre après avoir été bénis. Ils sont ensuite placés au sommet de chaque colline et de chaque montagne. Des enfants aussi furent sacrifiés, afin d’emmener cette prière, « fasse que le soleil et la terre restent a jamais jeune, que la terre cesse de tourner et que la paix règne » auprès des étoiles. La seule guerre que la seule guerre qu’il ait eu à faire, c’est une guerre contre le temps. Pour cela, ils ont nourri la terre de bien trop de victimes sacrificielles. Dans leur lutte contre cette terrible vision d’avenir, ils ont envoyé à la mort de jeunes enfants, âmes pures.

Huayna Capac, le dernier grand Inca meurt terrassé, vers 1527, par une maladie mystérieuse apportée par les conquérants espagnols. (Surement la variole). Comme prédit, la fin des Incas est là.

Les Incas ont essayé de construire un monde de paix, de créer une terre d’abondance, ils ont essayé d’unir des tributs en guerre et ont construit des réseaux routiers et tout cela en moins d’un siècle. Malheureusement, ils n’ont pas réussis à se sauver eux-mêmes.

Cité des Incas, cité de génies

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Esope analyse le chien

Posté par othoharmonie le 1 mai 2012

D’un Bouvier.
Un Bouvier, paissant un troupeau de Boeufs, perdit un Veau. Il passa son temps à parcourir tous les endroits déserts et à faire des recherches, mais il ne découvrit rien. Alors il promit à Jupiter, au cas où il trouverait le Voleur qui avait pris son Veau, de Elio v Schaerlig im Juni 2007 klein.jpglui offrir un Chevreau en sacrifice. Il arriva dans un bois de chênes et là il découvrit que le Veau avait été dévoré par un Lion. Éperdu et terrifié, levant les mains au ciel, il s’écria :  » Seigneur Jupiter, je t’avais promis de te donner un Chevreau si je découvrais mon Voleur. Maintenant je te promets un taureau si j’échappe à ses coup.  » Cette fable convient aux malheureux qui, en cas de perte demandent aux dieux de trouver la chose perdue et qui, l’ayant trouvée, cherchent à ne pas tenir leur promesse.

 

Analyse des Fables d’Esope

 

Du Bouvier et de Hercule.
Un Charretier emmenait d’un village un chariot qui glissa dans une fondrière. Il lui fallait du secours et il se tenait là sans rien faire, implorant Hercule. Car c’était ce dieu qu’il aimait et honorait entre tous. Alors le dieu lui apparut et lui dit :  » Mets la main aux roues, pique tes Boeufs et ensuite implore le dieu quand à ton tour tu agiras. En attendant, ne fais pas de prières en vain. « 

Analyse des Fables d’Esope

 

De deux Chiens qui crèvent à force de boire.
Deux Chiens passaient le long d’un fleuve ; comme ils le regardaient, ils y aperçurent une pièce de chair qui flottait assez loin d’eux. Alors l’un dit à l’autre :  » Camarade, il nous faut bien garder de manquer cette proie, et pour l’atteindre, j’imagine un expédient qui me semble sûr. Toute cette eau qui coule entre ce que tu vois et la rive où nous sommes, nous pouvons la boire. Or, sitôt que nous l’aurons bue, tu conçois bien qu’il faut que l’endroit où ce friand morceau flotte, reste à sec, et ainsi il nous sera fort aisé d’arriver jusqu’à lui. Compte, mon cher, qu’il ne peut nous échapper « . Et cela dit, ils en burent tous deux de telle sorte, qu’à force de se gonfler d’eau, ils perdirent bientôt haleine, et crevèrent sur la place.

Analyse des Fables d’Esope

Bouvier des Flandres.jpgDu Père de famille reprochant à son Chien d’avoir laissé prendre ses Poules.
Un Père de famille ayant oublié de fermer l’abri dans lequel ses Poules passaient la nuit, au lever du jour trouva que le Renard les avait toutes tuées et emportées. Indigné contre son Chien comme s’il avait mal gardé son bien, il l’accablait de coups. Le Chien lui dit :  » Si toi, à qui tes Poules donnaient des oeufs et des poussins, tu as été négligent à fermer ta porte, quoi d’étonnant à ce que moi, qui n’en tire aucun profit, enseveli dans un profond sommeil, je n’aie pas entendu venir le Renard « . Cette fable veut dire qu’il ne faut attendre des Serviteurs de la maison aucune diligence, si le Maître lui même est négligent.

Analyse des Fables d’Esope

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Histoire du loup

Posté par othoharmonie le 9 mars 2012

Le Petit Chaperon rougeIllustration de Jessie Willcox Smith, 1911Il y a environ 50 millions d’années est apparu un mammifère avec des dents en partie conçues pour découper la viande, les carnassières. Au cours des 10 millions d’années qui suivirent, ces créatures se sont développées en grand nombre et sous des formes différentes. Une de ces espèces, appelée Miacis, ressemblait aux chiens d’aujourd’hui. L’espèce Miacis fait partie de la famille Miacidae, de laquelle sont issues toutes les familles actuelles de carnivores : les chiens, les chats, les ours, les belettes, les ratons laveurs, civettes, et hyènes.

 Il y a trente à quarante millions d’années, l’espèce Miacis donna naissance à deux types de mammifères que l’on peut rattacher, grâce à deux séries de fossiles, au chien et à l’ours. L’ancêtre du chien, le Cynodictis, avait le même nombre de dents que le loup. Il était plus petit que ce dernier, mais son corps était long et flexible comme celui d’une belette ; ses pattes étaient d’une taille moyenne. Les 15 millions d’années qui suivirent virent le développement de la famille des ratons laveurs qui se démarqua pour continuer son évolution séparément.

Par la suite, il y a entre 15 et 30 millions d’années, la tendance s’accentua pour donner les caractéristiques du loup contemporain, du Cynodictis en passant par le Cynodesmus et le Tomarctus. La partie supérieure de la patte s’allongea, ainsi que les pattes qui devinrent plus compactes, l’empreinte intérieure devint plus atrophiée sur la patte arrière et plus réduite sur la patte avant ; la queue se raccourcit, et toutes ces proportions commencèrent à se rapprocher de celles des loups et des renards.

 Le loup et le renard sont tous deux issus du Tomarctus et commencèrent à se développer séparément il y a environ 15 millions d’années. Bien que la taille du renard n’ait pas beaucoup évoluée, le loup quant à lui, continua à grandir. Une autre espèce apparentée Canis dirus se démarqua également. Certains d’entre eux étaient bien plus grands que les loups d’aujourd’hui, mais ils ont disparu. Depuis environ un ou deux millions d’années, le loup est pratiquement resté le même.

Histoire du loup dans LOUP 240px-MC_Timberwolf Certaines populations de Canis lupus ont évolué parallèlement aux loups, puis choisi de s’allier avec l’homme pour obtenir des proies plus facilement, jusqu’à devenir peu à peu le chien domestique et toutes les races que nous lui connaissons. Les chiens parias, semi sauvages, de l’Inde donnent une idée de ce qu’a pu être cette évolution progressive vers la domestication.

 L’homme cherche aussi à faire des croisements entre le chien et le loup dans le but d’augmenter la résistance des chiens et leurs performances physiques, perdues au fil des sélections. Les chiens-loups sont des hybrides plus ou moins stables. En France par exemple ne sont reconnues que les races appelées chien-loup tchécoslovaque et de chien-loup de Saarloos mais d’autres tentatives sont faites aussi en Amérique du Nord.

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Renard polaire

Posté par othoharmonie le 3 février 2012

  Vulpes lagopusLe renard polaire, renard arctique ou renard isatis (Vulpes lagopus ou Alopex lagopus), est un renard natif des régions arctiques qui comprend au moins quatre sous-espèces et qui a fait l’objet d’élevages pour ses fourrures durant l’entre-deux-guerres.

 La répartition contemporaine est circumpolaire, mais il semble, au vu des ossements trouvés par les paléontologues, que dans les millénaires qui ont suivi la dernière glaciation, il ait pu vivre avec le renard roux jusqu’en Belgique et en France, avec le lion des cavernes et les hyènes, voire des fennecs, durant notre préhistoire.

 Les renards polaires sont donc présents actuellement dans l’ensemble de l’Arctique, à savoir au Groenland, en Russie, au Canada, en Alaska, au Svalbard, en Islande et dans les Alpes scandinaves. Le statut de conservation du renard polaire à l’UICN est bon (préoccupation minimale), à l’exception de la Scandinavie. Le renard polaire est par ailleurs le seul mammifère natif d’Islande. Il est venu sur cette île isolée de l’Atlantique Nord à la fin de la dernière glaciation en marchant sur la mer gelée.

 Renard polaire dans RENARDLe nombre de renards polaires tend à varier dans un cycle correspondant à la population de lemmings, l’une de leur principale proie. En revanche, comme les renards se reproduisent très rapidement et meurent souvent jeunes, ils sont peu sensibles aux effets de la chasse. Ils ont toutefois été exterminés de plusieurs zones où les humains se sont établis.

 Le renard polaire est en train de perdre du terrain au profit du renard roux, plus grand. Historiquement, le loup gris a maintenu la population du renard roux à un niveau assez bas. L’extermination du loup gris dans de nombreuses régions a permis à la population de renards roux de grandir et ces derniers ont repris la niche du grand prédateur. Dans certaines régions du nord de l’Europe, des programmes autorisent la chasse du renard roux dans les anciennes zones de peuplement des renards polaires.

 Plus petit que son cousin le renard roux, il mesure entre 50 cm et 1m et pèse environ 5 kg. Ses oreilles sont plus petites et son museau est plus court que celui du renard roux.

 Sa fourrure lui permet de limiter la déperdition thermique, un atout qui lui est vital étant donné son environnement 320px-Alopex_lagopus_summer_coat dans RENARDpolaire. Sa fourrure blanche en hiver lui permet de mieux se fondre dans le décor neigeux de son habitat. En été, son pelage est brun foncé. Il se sert de sa longue queue pour recouvrir son museau et ses pattes lorsqu’il dort. Son espérance de vie en liberté et de 10 a 15 ans. Il se nourrit essentiellement de petits animaux comme les lemmings ou les lièvres polaires, les oiseaux et leurs œufs. Il s’approvisionne aussi sur les carcasses de phoques et de rennes laissées par les ours blancs et les loups.

 La période de reproduction du renard polaire va de début septembre à début mai. Ils forment des couples monogames durant cette période. La période de gestation dure 52 jours. Les portées sont en moyennes de 6 à 7 renardeaux, mais peuvent monter jusqu’à 11. Le mâle et la femelle participent à l’éducation des renardeaux dans un terrier. Les femelles quittent ensuite la famille pour former leurs propres groupes, tandis que les mâles restent avec la famille.

 

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Lion 10

Posté par othoharmonie le 4 décembre 2011

Par H. Demesse

Lion 10 dans LION pt5057Nous nous souvenons d’avoir lu dans un ouvrage ancien qu’une captive ayant été attaquée par des Lions, elle les apaisa en leur tenant le discours suivant : « O Lions, vous qui êtes beaux, nobles et forts, vous ne me ferez pas de mal quand vous saurez ce que je suis : une pauvre femme bien chétive et bien faible, une mère après laquelle attend son enfant. Ayez pitié de moi, ô Lions ; n’abusez pas de votre force contre moi… », etc. etc.

Et l’auteur de cette fable, que retiennent facilement et répètent les amis du merveilleux, ajoute que les Lions, vraisemblablement touchés par de si belles paroles, laissèrent partir sans lui faire de mal, cette femme si humble et si éplorée.

Dans le sixième des contes siciliens publiés par Mme Gonzenbach, le petit Giuseppe arrache une épine de la patte d’un Lion ; le Lion reconnaissant lui donne un de ses poils ; à l’aide de ce poil, le jeune homme peut, en cas de nécessité, devenir un Lion terrible, et sous cette forme il dévore la tête du roi des dragons.

Et c’est en partant de l’idée du Lion monstrueux que les anciens ont été unanimes à croire qu’entre tous les animaux, le Lion craint le Coq et particulièrement sa crête d’un rouge ardent. Dans une fable d’Achille Tatius, le Lion se plaint que Prométhée ait permis au Coq de l’effrayer ; mais il se console bientôt en apprenant que l’Éléphant est tourmenté par le Moucheron qui lui bourdonne dans les oreilles.

Les anciens attribuaient au Lion une antipathie particulière pour les odeurs fortes. Mais cette opinion doit être rangée avec celle qui considère la Lionne comme stérile.

Quand les femmes de l’antiquité rencontraient une Lionne, elles regardaient cette circonstance comme un présage de stérilité.

Dans la fable d’Ésope, les Renards se vantent de leur fécondité devant la Lionne, qu’ils tournent en ridicule parce qu’elle ne donne naissance qu’à un seul petit. « Oui, répond-elle ; mais c’est un lion. » Sous le signe du Lion, la terre aussi devient aride et par conséquent inféconde. Quand le soleil entre dans le signe du Lion, il atteint le maximum de sa puissance, et la couronne d’or que les Florentins déposaient le jour de la Saint-Jean sur le Lion érigé au milieu de la place publique était un symbole de l’approche de la saison qu’ils désignent sous un nom composé de deux mots sol lione, réunis en un seul.

NZEL06_187-lions dans LIONLa vue du Lion en songe était également un présage heureux chez les anciens ; quand Agariste et Philippe virent un Lion en rêve, ce rêve fut considéré comme un avertissement, pour le premier, de la naissance de Périclès, et pour le second, de celle d’Alexandre le Grand.

Le mythe du Lion et du Tigre est essentiellement asiatique ; néanmoins une grande partie de ce mythe se développa en Grèce, où le Lion et le Tigre finirent par être connus et durent inspirer, comme dans l’Inde, un sentiment analogue à la terreur religieuse causée par les rois orientaux.

Le narasinha de l’Inde fut appelé, au moyen âge, le roi par excellence ; de même, dans la Grèce, le roi reçut aussi le nom de Léôn.

Héraclès, Hector, Achille, parmi les héros grecs ; Wolfdieterich, et plusieurs autres héros de la tradition germanique, avaient l’usage du Lion pour signe distinctif ; le coursier du héros Hildebrand est un Lion.

On voit, par toutes ces légendes, combien le Lion était respecté dans l’antiquité. Le nombre de ces carnassiers devait être jadis considérable, si l’on en juge par l’incroyable consommation que les Romains faisaient jadis de ces animaux, pour leurs jeux. (A SUIVRE…) 

HENRI DEMESSE. 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (30.I.2009) Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com

http://www.bmlisieux.com/ 



Diffusion libre et gratuite (freeware) 



Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 

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Lion, animal TOTEM

Posté par othoharmonie le 3 décembre 2011

Lion, animal TOTEM dans LION lion-m-acircle-thumb840045Le lion porte tous les traits d’indépendance farouche, du guerrier combat quand acculés ou menacés, et de la capacité de voir clairement ce qu’il regarde, qui sont partagés par tous les membres de la famille des félins. Cependant, le lion est inhabituel parce qu’il vit dans une famille appelée « fier ». Son origine est l’Afrique, et si vous portez le lion comme un totem, vous devriez lire et comprendre le terrain physique de l’Afrique, surtout l’environnement et l’équilibre de la vie sur les savanes là.

Le lion est certainement un totem pour la puissance de l’énergie féminine. Alors que le lion mâle s’assoit autour de la recherche avec sa belle crinière, c’est la femelle qui est le travailleur, le chasseur, et le tueur. Quand vous entendez le rugissement du mâle, savoir qu’il est seulement en utilisant cette bouche grande pour effrayer  ; jeu dans la direction de la femelle qui est à l’affût. C’est elle qui alimente le groupe; qui se soucie pour les jeunes, et qui est la force nourrir la fierté.

Alors que le mâle est le protecteur du groupe, même qu’il ne cherche pas les confrontations ou d’attaquer inutilement. Il agira en cas de contestation, et se battront jusqu’à la mort pour protéger, mais il préfère de beaucoup la durépt47359 dans LIONe de vie calme et paisible. Est-ce votre humeur? Avez-vous s’en prendre à d’autres sans cause? Mieux vaut prendre une leçon de lion. :)

Si vous êtes attiré par le lion, d’examiner comment vous agissez et inter-agir dans des groupes – pas seulement votre propre famille, mais votre situation de travail et vos activités sociales. Quel est votre rôle dans chacun de ces groupes? Que faites-vous contribuer? Qu’est-ce que vous obtenez de chacune? Portez-vous votre propre poids dans l’effort de groupe?

Une leçon de lion qui va vous servir est bien pour apprendre les secrets du silence, et de regarder pour le bon moment de prendre les mesures qui sont importantes pour vous. Comme le renard, le lion est furtive et peut disparaître dans ses environs pour se repérer, de savoir où les forces et les faiblesses mensonge, et de regarder pour sa possibilité de profiter pleinement d’une situation.

Apprendre le bon usage du pouvoir, la force et la force de lion. Soyez calme, tranquille et sécuritaire est en votre pouvoir, mais, lorsque cela est nécessaire, n’hésitez pas à se battre pour les choses qui vous sont chers. 

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Le Chien 2

Posté par othoharmonie le 20 novembre 2011

Par G. de Cherville 

Lhasa apso r5.jpgLa conquête du Chien fut autrement intéressante que ne l’est celle d’un empire, puisque sans elle, très probablement, il n’eût jamais existé d’empire. Sans le Cheval et sans le Chien, avec le Cheval mais sans le Chien, qui sait si la fameuse évolution découverte par M. Darwin se fût accomplie ? Nous serions certainement des Singes extrêmement distingués, mais nous n’en aurions peut-être, peut-être pas dépouillé la peau velue, si nous n’avions pas pensé à nous rallier cet inappréciable serviteur qui, en nous aidant à asservir les autres animaux, en se chargeant de garder les troupeaux, nous a créé les loisirs dont toutes nos découvertes scientifiques et économiques ont été les conséquences. 

Rouage social moins actif qu’aux temps primitifs, le Chien reste néanmoins un animal indispensable. Il défend la maison et son maître, non plus contre les Lions et les Panthères, mais contre les bêtes féroces de notre espèce, encore plus redoutables, il reste notre auxiliaire à la chasse et dans la surveillance des bestiaux, il nous étonne par sa fidélité, nous distrait par sa gentillesse, nous prodigue des leçons de reconnaissance et de désintéressement, dont nous ne profitons pas assez, et enfin, nous aime par-dessus le marché ; lui demander davantage ce serait se montrer trop exigeant. 

Le Chien a-t-il été un animal primitif ? Est-il une création composite façonnée, pétrie, modelée, éduquée, perfectionnée, assimilée par l’industrie humaine ? 

Le Chien 2 dans CHIEN 180px-Magyar_agar_kanLes deux hypothèses ont leurs partisans ; les uns et les autres ont dépensé souvent du talent, quelquefois du génie, toujours beaucoup d’encre à exécuter d’aventureux stepple-chases sur le turf des conjectures et des probabilités. 

Rien ne passionne davantage les savants que les problèmes dont l’utilité est contestable. 

M. de Buffon penchait pour une race de Chiens sauvages, souche unique de toutes les variétés que nous connaissons ; il désigne le Chien de berger comme étant celui qui se rapproche le plus de cette race mère, il l’a choisi pour souche dans son arbre généalogique des races canines. Sa théorie se basait sur l’insuccès des tentatives multipliées qu’il aurait faites pour rapprocher par l’accouplement le Chien de ses congénères Loup et Renard. 

Les contradicteurs de l’illustre académicien ont répondu que, trop soucieux de sa dignité et de la blancheur de ses manchettes, il n’avait jamais présidé, comme il convient au véritable naturaliste, c’est-à-dire en personne, aux expériences qui furent le prétexte de tant de pages immortelles. Effectivement, on est quelque peu tenté d’accuser les fondés de pouvoir du grand homme, d’avoir abusé de la confiance qu’il leur accordait, car il est aujourd’hui surabondamment démontré que le métis, vainement cherché par Buffon, s’obtient non seulement avec le Loup, mais avec le Chacal, que l’intervention humaine n’est pas même nécessaire pour qu’il se produise, qu’il existe de nombreuses preuves de ces croisements accidentels dans l’état d’indépendance. (A SUIVRE….) 

CHERVILLE, Gaspard de Pekow marquis de (1821-1898) : Le Chien (1882). 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (23.VII.2002) Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
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Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 



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L’Ours 4

Posté par othoharmonie le 19 novembre 2011

Par Jules Vallès

L'Ours 4  dans OURS 250px-Black_Bear_CubJ’ignore si l’histoire est vraie ; Toussenel, dans son livre sur les bêtes, déclare n’en être pas sûr : mais il déclare aussi que, si vraiment l’invalide descendit près de l’Ours, il commit une impardonnable témérité en y descendant en uniforme. L’Ours Martin venait de l’étranger, d’un pays qui fut conquis par nos armes du temps de Napoléon. Reconnaissant sous l’habit militaire un de ceux qui avaient passé avec l’insolence du vainqueur devant la cage où il jouait quand il était petit, Martin avait cru accomplir un devoir plutôt qu’une ribotte en avalant le vieux soldat : claquement de mâchoires qui le vengeait du claquement du drapeau ennemi dans les rues de sa patrie et devant les grilles de son berceau !

Ce Martin doit être mort aujourd’hui. La légende de l’invalide remonte à une quarantaine d’années environ. Je ne crois pas que les Ours d’à présent auraient la même gourmandise. Je me figure même que toutes les histoires de férocité répandues à propos des animaux sauvages rentreraient dans le néant comme le pauvre homme dans la gueule de l’Ours, et seraient reconnues comme le louis d’or qui était un bouton de cuivre, si on y regardait d’un peu près, et si des sceptiques – pas trop gros – s’aventuraient dans des tête-à-tête avec ces fauves. Pauvres diables, depuis si longtemps emprisonnés, privés de l’odeur des bois ou du désert, dont les griffes et les pattes se sont usées sur le bois d’un plancher de cage, comme les pieds d’un concierge sur le carreau de sa loge, époussetés par les gardiens comme des peaux de voyage ou des descentes de lit !

Je les crois tous bons garçons : en tous cas, l’Ours n’a pas le masque menaçant et la marche fiévreuse des grands félins, Lions, Tigres, Panthères, qui ont parfois des clignements d’yeux et des bâillements qui font peur ; la queue se tord tout d’un coup comme un Serpent qui se dresse.

- Remue-t-il la queue ? demanda le dompteur Vanamburgh aux assistants, pendant que son grand Lion lui mâchonnait le crâne.

- Oui, répondirent les assistants terrifiés.

- Dites une prière pour moi ; je suis perdu…

Mais l’Ours n’a pas de queue, ou si peu que ce n’est pas la peine d’en parler, et ce qu’on en voit indique de l’espièglerie plutôt qu’autre chose. Cela fait songer au bout de chemise qui passe par la culotte des petits garçons. C’est gai, modeste et bon enfant.

Tout bien compté, l’Ours est un animal familier. En France, à coup sûr il est plutôt bête curieuse que bête sauvage. Nos aïeux même en ont fait, il y a longtemps, l’emblème de la patauderie vaniteuse.

Eh mon Dieu ! Jetez un coup d’oeil sur la fameuse satire cyclique du moyen âge, le Renard.

L’Ours Brun fait partie du conseil des ministres à la cour du roi Noble (le Lion). Ce Brun est un personnage grave, sournois, et gourmand. Voici son épopée :

 dans OURSLes sujets du roi Noble viennent se plaindre près de leur souverain des actions commises par maître Renard. Isengrin le Loup, son ami, l’accuse d’avoir abusé de son hospitalité pour séduire sa femme ; le Chat Hinzé réclame de son côté une andouille volée. Hennenq le Coq crie vengeance parce que le Renard lui a tué Gratte-Pied, la meilleure des couveuses, sa fille.

C’est alors que le roi convoque les plus sages du royaume à la tête desquels se trouve Brun. C’est lui qui est désigné spécialement pour remplir la mission délicate et dangereuse ; il est chargé de prévenir maître Renard que sous peine de mort il doit comparaître devant la cour royale :

- Soyez prudent, ajoute le roi, le Renard est faux et malin. Il n’est de ruses qu’il n’emploiera.

- Oh ! que nenni, réplique l’Ours avec assurance.

Et il part.

Il arrive devant Malpertuis, le château du Renard. La porte est fermée à triple verrou.

- Mon neveu ! êtes-vous à la maison ? C’est Brun l’Ours qui vient de la part du roi.

Le Renard a de la méfiance, ayant des remords, il regarde si l’Ours est bien venu seul, finit par se tranquilliser et fait entrer le messager royal :

- Soyez le bienvenu, mon cher oncle, pardonnez-moi si je vous ai fait attendre ; je lisais mon bréviaire. J’irai voir le roi bientôt, mais aujourd’hui je suis réellement trop indisposé.

- Qu’avez-vous ?

- J’ai trop mangé de miel.

- Trop de miel… mais je l’aime bien, le miel ! dit l’Ours en se léchant la moitié de la tête avec un air béat.

Le Renard sourit et l’entraîne chez le charpentier Portevyl.

Il lui fait voir un tronc d’arbre fendu baillant de la longueur d’une aune.

- Mon oncle, il y a dans cet arbre du miel, et plus que vous ne le croyez, fourrez-y votre museau le plus profondément que vous pourrez… Vous allez voir !

220px-Grizzly_Bear_YellowstoneL’Ours se laisse enjôler, il glisse sa tête jusqu’aux oreilles dans la fente et même y enfonce ses pattes de devant. Le Renard avait pris la précaution de mettre un coin de bois dans la fente ; il le retire alors, et voilà maître Brun pris, tête et pattes, comme dans un étau. Brun crie, beugle, pendant que le Renard retourne à son donjon.

Le charpentier, à ce bruit, se lève, aperçoit l’Ours pris au piège ; il ameute les villageois ; qui frappent à coups de pierre et de bâton sur tout ce qu’on voit de maître Brun. L’Ours s’évanouit. Les paysans l’arrachent du tronc, les oreilles déchirées et saignantes, la peau crevée, et ils le jettent à l’eau.

- Le soleil a-t-il vu un animal plus en détresse que moi ! pense l’Ours qui est parvenu à sortir de la rivière et s’est assis sur son cul au bord de l’eau.

Il se remet en route, clopinant, et reparaît devant le roi.

- Est-ce bien brun que je vois ! s’écrie le monarque.

L’Ours ne peut articuler un mot.

- C’est une trahison du Renard ! Peut-on avoir traité si noble seigneur d’une pareille manière !

Cette fois on enverra le Chat Hinzé pour porter le message.

Le Renard est traîné enfin devant le roi, et condamné à périr par la corde. Rentrée de maître Brun, qui passe bourreau. C’est lui qui conduira le coupable à la potence.

Mais du haut de l’échelle le Renard harangue la foule : il est prêt, dit-il, à faire des révélations importantes. Le roi donne l’ordre de surseoir à l’exécution.

Que va dévoiler le Renard ? Une conspiration contre le roi dans laquelle est compromis le malheureux Brun, Ours-conseiller grave et intègre.

Le Renard obtient sa grâce. L’Ours doit s’éloigner de la Cour, bien heureux encore de n’être pas occis. Mais le récit du Renard était une calomnie. La vérité se fait jour. Maître Brun rentre en faveur auprès de son maître et reprend son rôle de nigaud, toujours bousculé mais toujours en place. (A SUIVRE…)

VALLÈS, Jules (1832-1885) : L’Ours (1882). 


Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (04.II.2009) Texte relu par : A. Guézou
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Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com

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Diffusion libre et gratuite (freeware) 



Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882

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L’écureuil et l’homme

Posté par othoharmonie le 16 octobre 2011

Quel que soit le motif qu’ils aient pu invoquer, les Européens ont fait preuve, depuis longtemps, de bienveillance à l’égard de l’écureuil. Ainsi les dames romaines de l’Antiquité avaient-elles pour animaux de compagnie des écureuils apprivoisés.

 L'écureuil et l'homme  dans ECUREUIL 220px-Ab_sciurus_vulgaris  Présent dans de nombreuses légendes populaires et dans les contes de fées, l’écureuil occupe une place importante dans les mythes indiens et germaniques. Dans la légende allemande, le dieu Donar considérait l’écureuil roux comme sacré à cause de sa couleur flamboyante. Dans un conte indien, on raconte qu’un écureuil assèche l’Océan avec sa queue. Les Germains et les Anglo-Saxons le sacrifiaient jadis lors de la célébration des solstices d’été et d’hiver. Et Buffon, dans son Histoire naturelle des quadrupèdes, l’évoque en ces termes : « L’écureuil est un joli petit animal qui n’est qu’à demi sauvage, et qui, par sa gentillesse, par sa docilité, par l’innocence même de ses mœurs mériterait d’être épargné. [...] Il est propre, leste, vif, très alerte, très éveillé, très industrieux ; il a les yeux pleins de feu, la physionomie fine, le corps nerveux, les membres très dispos : sa jolie figure est encore rehaussée, parée par une belle queue en forme de panache, qu’il relève jusque dessus sa tête et sous laquelle il se met à l’ombre. » Ses déplacements sont décrits avec le même enthousiasme : « Il craint l’eau plus encore que la terre, et l’on assure que, lorsqu’il faut la passer, il se sert d’une écorce pour vaisseau et de sa queue pour voile et pour gouvernail ! » Buffon ajoute que le poil de sa queue sert à faire des pinceaux. Inversement, sa peau, dit-il, ne fait pas une bonne fourrure.

Aujourd’hui, dans certains pays, les écureuils sont chassés pour leur fourrure, leurs poils (avec lesquels on fabrique les pinceaux de peintre), ou leur viande. La taïga russe fournit les peaux les plus prisées, que l’on appelle « petit-gris ». Aux États-Unis, deux espèces arboricoles, l’écureuil gris de l’Est, Sciurus carolinensis, et l’écureuil renard, S. niger, font l’objet d’une chasse réellement importante. 40 millions d’écureuils gris, chassés pour leur chair, sont ainsi prélevés chaque année. Malgré ces prises, les deux écureuils sont encore présents sur une large partie de leur aire naturelle. Il n’en demeure pas moins que certaines sous-espèces de l’écureuil renard sont réellement menacées, principalement quand la chasse et le déboisement associent leurs effets. En Europe, cependant, l’écureuil gris est considéré par l’U.I.C.N. comme l’une des 100 espèces invasives les plus menaçantes pour la biodiversité, abîmant notamment l’érable faux platane, Acer pseudoplantanus, et le hêtre, Fagus sylvatica).

Des solutions simples

 dans ECUREUILOutre le respect de la réglementation visant à protéger l’espèce en France, la préservation de celle-ci requiert que l’on accorde la plus grande attention à l’environnement de l’écureuil, à son cadre de vie et de reproduction. Des espaces d’au moins 100 hectares de forêts mixtes sont nécessaires pour maintenir une population viable. Si les écureuils peuvent endommager à l’occasion des forêts, une gestion simple permet d’endiguer le problème. Il n’est, en effet, pas nécessaire de supprimer les écureuils pour contrôler leur population. Ainsi, afin de limiter les effectifs d’écureuils roux, on peut, par exemple, élaguer les grands arbres, réduire leur couronne terminale et abattre les arbres aux fûts élancés, particulièrement convoités pour la construction des nids. On peut, encore, planter des feuillus tels les bouleaux et les saules, ou des essences exotiques, retirer les sources d’alimentation d’appoint comme les mangeoires, ou isoler le secteur favorable à la reproduction de l’espèce. Ces mesures inoffensives s’avèrent efficaces et sont plus respectueuses de l’animal.

Tout savoir sur l’écureuil … http://www.larousse.fr/encyclopedie/vie-sauvage/%C3%A9cureuil_roux/178167

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