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Les VACHES SACREES DE L’INDE

Posté par othoharmonie le 8 décembre 2016

 

L’une des premières images qui saute aux yeux, lorsqu’on traverse une métropole ou un petit village indien, est la présence des vaches déambulant librement dans les rues. Ces images témoignent de l’attachement que les Indiens, essentiellement les hindous, ont envers cet animal. Une relation qui symbolise le caractère végétarien du régime alimentaire d’une grande partie de la population : les interdits et les tabous y sont nombreux. Ils dépendent à la fois de la complexité du système social des castes ainsi que de la grande diversité géophysique du pays.

vache sacré

Revenons aux vaches. La vie de Krishna, figure essentielle du panthéon de l’hindouisme, avatar du dieu Vishnou, comprend de nombreux épisodes dans lesquels il s’est posé en défenseur du monde animal. La tradition lui donnera même les noms de Bala Gopala, « l’enfant qui protège les vaches », ou de Govinda, « celui qui apporte satisfaction aux vaches ». Dans un passage de l’épopée du Mahabharata, Krishna aurait déclaré que « la viande des animaux » est « comme la chair de nos propres fils ». Dans la religiosité hindoue, manger du bœuf est absolument interdit, parce que l’animal est sacré.

Hindouisme et pureté

Cette vénération a deux aspects. Le premier est pragmatique : la vache fournit le lait, le yaourt et le beurre, son urine est utilisée dans le cadre de la médecine ayurvédique, et sa bouse sert de combustible, d’engrais et d’isolant dans les maisons. Le second est d’ordre religieux : la vache est une incarnation de la Mère divine. L’adoration dont jouit cette dernière est une composante majeure du culte rendu à Krishna, basé sur les exigences de la bakhti, dimension féminine et compassionnelle de l’hindouisme. Il faut d’ailleurs noter l’importance du beurre clarifié ghee (beurre chauffé jusqu’à en éliminer totalement l’eau et les matières protéinées, ce qui lui donnerait de nombreuses vertus) de la vache dans l’accomplissement des rites.

La question des interdits alimentaires, dans l’hindouisme, est entièrement déterminée par l’organisation de la société en castes. Traditionnellement, celle-ci est répartie en trois groupes : les hautes castes, avec les prêtres (brahmanes) ; la caste des seigneurs, chefs de guerre et combattants (les kshatriya) ; et les basses castes avec, notamment, les agriculteurs, les commerçants, les artisans (vaishya), les serviteurs (sudra). N’oublions pas aussi ces dizaines de millions de « hors castes » (intouchables, tribus aborigènes Adivasi).

Le poids des castes

La justification essentielle des rites alimentaires chez les brahmanes est fondée sur la distinction entre le pur et l’impur. Elle est au cœur de leur vie religieuse, sociale et culturelle. La pureté renvoie à la nature des aliments et au mode de préparation. On distingue habituellement une bonne (paka) nourriture, liée à l’usage du beurre clarifié, et qui contribue à la purification, et une mauvaise (kasha) nourriture, basée sur des aliments prohibés, renforçant dans l’être les impuretés. Les nourritures clairement interdites sont les viandes, notamment le bœuf, les produits issus de la volaille (œufs), le poisson, ainsi que quelques légumes. Les brahmanes refusent également tout plat préparé par des personnes appartement aux castes inférieures, considérées comme « impures ». Ce refus peut se traduire par des comportements intransigeants : dans une cuisine, on préférera préparer les plats loin d’une porte, car de telles personnes pourraient la franchir. En outre, certaines confréries de brahmanes refusent de consommer betteraves et tomates, le rouge étant la couleur du sang.

Les kshatriya, parce qu’ils assument la fonction guerrière, ont un régime alimentaire moins rigoureux : le mouton et le poulet sont autorisés. Plus on descend dans l’organisation des castes, moins il y a d’interdits alimentaires. Ce sont souvent les conditions socio-économiques déplorables dans lesquelles vivent les populations des castes inférieures (et les intouchables) qui les empêchent de consommer de la viande. Plus qu’un interdit à proprement parler, c’est un végétarisme contraint par la pauvreté.

Quant aux sikhs, ils sont dans leur immense majorité végétariens. Représentant 2 % de la population indienne, ils sont aujourd’hui 20 millions et vivent essentiellement dans le Nord-Est du pays. Fondé par Guru Nanak Dev (1469-1539) dans un village du Penjab historique (aujourd’hui situé au Pakistan), le sikhisme prend appui de façon originale sur des éléments théologiques de l’islam (monothéisme) et de l’hindouisme (karma, réincarnation). Plusieurs textes de cette tradition associent l’abattage d’un animal à un assassinat. Dans l’un de ses chants, le maître fondateur déclara : « Le sage laisse cours à la pitié. Homme sans pitié, tu es un boucher. Tu tiens le couteau, et crie, impitoyable : “Qu’est-ce qu’une chèvre ? Qu’est-ce qu’une vache ? Que me font les autres bêtes ?” Or, le maître a dit :  “Nulle différence entre les différents meurtres. Ô Nânak, ne détruis pas l’esprit pour conserver le corps !” »

Viande et œufs sont prohibés. Mais certains sikhs, qui ne refusent pas la nourriture carnée, considèrent néanmoins qu’il leur est impossible de manger un animal ayant été préparé selon les rituels musulman (égorgement) ou hindou (décapitation). Par ailleurs, leur régime alimentaire n’interdit pas les produits laitiers.

vache-sacrée

La non-violence du jaïnisme

Pour leur part, les jaïns sont certainement, en Inde, les grands représentants de la culture spirituelle végétarienne. La conception jaïne du monde, développée à partir du VIe siècle avant notre ère, est éminemment vitaliste : tout ce qui existe possède une âme et une conscience, mais selon des degrés d’intensité différents. L’épine dorsale de cette philosophie religieuse est fondée sur le principe que le salut, reposant sur les Trois Joyaux – la Vision juste, la Connaissance juste et la Conduite juste – doit s’exprimer par un comportement altruiste envers toutes les créatures. Cette spiritualité a des conséquences sur le régime alimentaire, faisant de l’ahimsa, la non-violence, une vertu cardinale. Dans le jaïnisme, le végétarisme n’est pas lié à la notion de pureté et d’impureté, mais à une éthique fondée sur le respect de la vie sous toutes ses formes et à une doctrine intransigeante du salut. En effet, le jaïnisme considère que la réincarnation dépend de l’exemplarité du comportement religieux, social et alimentaire, de l’individu. Or, en tuant un animal pour se nourrir de sa chair, ou en volant aux abeilles leur miel, le jaïn prend le risque de se réincarner, après sa mort, en démon…

La société jaïne, à l’instar des hindous, pose beaucoup plus de contraintes alimentaires à ses élites religieuses, en l’occurrence les moines et nonnes engagés dans la voie de l’ascétisme, qu’au commun des mortels. Par exemple, l’ascète jaïn ne mangera ni avant le lever du soleil, ni après son coucher, de crainte de blesser une créature par manque de lumière – sans oublier que la flamme de la bougie est souvent mortelle pour les insectes volants. Certains ascètes jaïns portent un masque devant la bouche pour ne pas avaler d’insectes : non qu’il s’agisse d’un tabou alimentaire à proprement parler, mais parce que la vie doit être protégée. Quelle que soit sa condition sociale, le jaïn doit respecter ces trois interdits de mâmsa (viande), madya (vin) et madhu (miel). D’autres aliments sont prohibés : poisson, œufs, racines végétales (oignon, ail, betterave, carotte, pomme de terre, etc.).

Malgré le poids de ses traditions religieuses, l’Inde est plongée dans le tourbillon d’une mondialisation dont les effets sont à la fois économiques et socioculturels. Les classes moyennes du pays, tout en restant fortement attachées à leurs régimes alimentaires, tendent à adopter de nouveaux comportements, sous l’influence des modèles occidentaux. Ainsi la jeunesse des grandes villes fréquente-t-elle de plus en plus ces restaurants venus d’ailleurs que sont les pizzerias et autres fast-food… L’avenir nous dira si cette occidentalisation des comportements est en mesure de modifier en profondeur la relation que les Indiens entretiennent avec leur nourriture.

* Écrivaine et journaliste, Nathalie Calmé consacre une grande partie de ses travaux au dialogue interreligieux, à l’écologie et aux cultures de l’Inde. 

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Figure du Porc et l’Hindouisme

Posté par othoharmonie le 13 avril 2016

 

La figure du porc (ou du sanglier, les Indiens ne font pas la différence) est celle, au niveau de la mythologie hindoue, d’un avatar/descente du Seigneur Vishnou, sous le nom de Varâha, tuant un démon voulant noyer la Déesse Terre, épouse cosmique de Vishnou.

Dans l’histoire du pays, la religion a très souvent joué un rôle primordial. La diversité et la tolérance religieuse sont des traits significatifs de la culture indienne. La très grande majorité des Indiens se reconnaissent dans une religion et celle-ci joue souvent un rôle essentiel dans leur vie.

cochon

L’Inde est le foyer de 6 religions principales :

L’HINDOUISME

L’hindouisme est la religion principale du pays. Elle est pratiquée par environ 80,5% de la population. Cette religion a pour caractéristique de n’avoir ni prophète, ni dogme centraux. Les hindous ont par contre des centaines de dieux et déesses (on dit même qu’il y en aurait 30 millions !) qu’ils vénèrent selon leurs envies.

Les trois principaux dieux, qui forment la trinité hindou sont Brahma (la création), Vishnu (la préservation) et Shiva (la destruction). Pour les reconnaître, petit moyen memo-technique : Brahma a plusieurs têtes, Vishnu a 4 bras, et Shiva est bleu et porte un serpent autour du cou ! Enfin bon, cette technique a des limites car ces caractéristiques correspondent également à d’autres dieux, un vrai casse tête !

Chaque divinité est reliée à une thématique précise : Hanuman pour la force, Lakshmi pour l’argent, Saraswati pour l’éducation et les arts… Elles sont également liées à un animal qui leur sert de… moyen de transport. Ainsi, Ganesh se déplace sur une souri, Shiva sur une vache ou encore Hanuman sur un singe !

A chaque divinité ses temples et ses célébrations religieuses, donc autant vous dire qu’il y a de quoi faire ! De notre côté, nous avons déjà participé aux anniversaires de Shiva et d’Hanuman !

Les représentations des divinités sont partout : séries tv, art, calendriers, publicités, autocollants, dans les voitures, au bureau…

Les hindous sont majoritairement végétariens (cela dépend de leur caste) et considèrent la vache comme « leur mère » à tous, d’où son statut d’autant plus sacré.

Au sein de l’hindouisme, règne le système hiérarchique des castes qui organise la société indienne. Même si la discrimination par la caste est aujourd’hui interdite par la constitution Indienne, ce système continue à avoir de l’influence au quotidien.

LE JAÏNISME

Le jaïnisme ne concerne que 0,4% de la population indienne, mais nous avons quand même envie de vous en parler car on a visité pas mal de leurs temples et qu’on les trouve assez rigolos !

Dans la pratique de leur culte, les jaïns sont entièrement vêtus en orange excepté leur guru qui, lui, n’est pas du tout vêtu (!), signe d’ouverture vers ses disciples à qui il ne cache rien ! Il porte seulement un balai en plume de paon lui servant à écarter les petits animaux et insectes qu’il risquerait d’écraser.

Leur précepte central est le respect de la non-violence.

LE SIKHISME

 Le sikhisme est la religion de 1,9% des indiens. Les sikhs vivent principalement au Punjab (région au nord de l’Inde). Ils sont reconnaissables par plusieurs symboles comme par exemple la barbe et les cheveux jamais coupés (sainteté), le sabre ou l’épée (pouvoir et dignité : Et nous qui nous demandions pourquoi ils se baladaient tous avec un couteau en ceinture !), un bracelet en acier (courage)… ! Les hommes et les enfants de cette confession portent également des turbans caractéristiques.

Le lieu de culte central des sikhs est le temple d’or situé à Amristar, au Punjab, prés de la frontière avec le Pakistan. Dans ce lieu, comme dans l’ensemble des temples jains, la nourriture et le logement sont gratuits pour tous, quelque soit leur caste ou leur foi. Le sikhisme refuse le système des castes imposé par l’hindouisme.

LE BOUDDHISME

Le bouddhisme concerne 0,8% de la population indienne, majoritairement dans le Nord, prés de la frontière avec le Népal. De notre côté, nous n’avons pas été en relation avec cette religion durant notre séjour sur place. Cette religion, née en Inde, a quasiment disparu du pays au début du XXème siècle et  a refait légèrement surface vers 1950 avec l’arrivée de réfugiés tibétains et suite aux refus du système des castes. Tout cela nous laisse à penser que cette religion, ou philosophie est beaucoup plus présente chez nous qu’elle ne l’est ici.

C’est une religion ou la notion de dieu est absente. Elle incite les croyants à rechercher la vérité à travers leur propre expérience. C’est en se défaisant des liens du désir et de l’illusion qui emprisonnent l’homme que celui-ci atteindra l’éveil (Bouddha signifiant l’éveillé).

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L’ISLAM

L’islam est la seconde religion en Inde. Elle représente 13,4% de la population indienne. L’arrivée de l’islam remonte principalement aux invasions militaires qui ont donné naissance à l’Empire Moghols en Inde du Nord au XVI et XVII siècles.

Les tensions et conflits communautaires entre hindous et musulmans sont nombreux. Le conflit entre l’Inde et le Pakistan à propos du Cachemire les ravive sans cesse. Dans certaines zones tout de même, les deux communautés cohabitent pacifiquement comme ici, à Partapur.

La plus grande mosquée d’Inde est la Jama Masjid et se trouve dans le Old Delhi. Nous avons eut la chance de la visiter, mais pas Bertrand qui ne plaisait pas trop au garde à l’entrée !

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LE CHRISTIANISME

Le christianisme concerne 2,3% de la population. On trouve en Inde certaines des plus anciennes communautés chrétiennes au monde (cf.les chrétiens de Saint-Thomas). Il n’est donc pas rare (ce qui nous a surpris au départ) de croiser au coin d’une rue des écoles « Saint Joseph », des églises au design « indian style » ou encore des YMCA Guest House (Young Men’s Christian Association), testé et non approuvé !

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TRADITION SPIRITUELLE

Posté par othoharmonie le 16 octobre 2011

 

beaux papillonsles Animaux et les Hommesbeaux papillons 

 

Je prendrai pour exemple l’Inde car j’y suis allée faire un séjour en 2010 et j’ai été particulièrement touchée par la relation respectueuse des hommes envers les animaux…

 

 

TRADITION SPIRITUELLE pt52227En Inde, la relation entre l’homme et l’animal revêt une grande importance, depuis toujours, et à tous les niveaux de la société. Les animaux sont présents partout dans la vie quotidienne des indiens, du plus petit, le moustique, dont chacun doit et sait se prémunir dès la tombée de la nuit, jusqu’au plus gros, l’éléphant majestueux, présent jusqu’au coeur des villes. Vous pourrez croiser avec émerveillement sa démarche chaloupée au détour d’une rue, ou le voir tout décoré bénir stoïquement de sa trompe les dévots à l’entrée du temple.

 

Entre ces deux extrêmes, toute une foule de créatures habite les campagnes, et aussi, plus étonnamment, les villes. La plus célèbre d’entre elles est la vache sacrée que l’on rencontre un peu partout en Inde, promenant sa nonchalance, indifférente semble-t-il à la cacaphonie ambiante. Sa présence est respectée et il existe même des maisons de retraite où les vieux animaux malades sont soignés et nourris jusqu’à leur mort. Dans les villes, elles se contentent souvent d’une peau de banane par-ci par-là, peut-être un légume chapardé sur l’étal d’un marchand, et ne rechignent pas à avaler papiers et tissus, dans l’attente d’un festin occasionnel — les restaurants, parfois, versent les restes de la journée dans la rue au plus grand bonheur de ces dames. Leurs bouses, quant à elles, sont précieusement récoltées, puis mélangées avec de la paille, et séchées en galettes bien rangées contre les murs. Elles deviendront un combustible inestimable dans les foyers.

 

La principale source de lait ne provient pas de la vache, mais du buffle domestique. Ces animaux noirs et imposants, intelligents, dociles, sont les véritables animaux de ferme en Inde, et produisent un lait très nutritif apprécié des indiens. Les vaches ne sont pas les seuls animaux nettoyeurs de la rue, elles sont aidées en cela par les cochons, les chèvres, les chiens. Ces derniers ne sont pas très estimés, ils sont pourtant nombreux, errant, souvent ignorés, parfois méprisés. Dans les villes, les familles aisées tendent à adopter le chien comme animal de compagnie, à la façon des pays occidentaux. Les nettoyeurs des villes viennent aussi du ciel. Les corbeaux, vautours, et autres rapaces n’hésitent pas à investir les rues à la recherche de nourriture. Les corbeaux surtout, nombreux, émettent des croassements joyeux très caractéristiques du paysage sonore en Inde.

pt53354     Bien d’autres animaux partagent la vie quotidienne des indiens, comme ce petit écureuil rayé si commun dans les parcs, sur les murs et les arbres des villes. Les singes, quant à eux, n’hésitent pas à escalader les maisons et à chaparder la nourriture de la main même des personnes. Dans les paniers des charmeurs de serpents, les cobras attendent le son de la flûte pour épater touristes et badauds. Fréquents dans les campagnes, leurs morsures font de nombreuses victimes dans ce pays où l’on marche encore souvent pieds nus. Le paon, oiseau magnifique originaire des jungles de l’Himalaya, est également très répandu, et son cri strident est communément entendu dans la campagne indienne. Il a d’ailleurs été choisi comme l’oiseau national du pays.

     Si beaucoup de ces animaux sont venus vivre aux marges de la société humaine et s’y sont adaptés par intérêt, les hommes, réciproquement, ont aussi su utiliser les animaux pour les aider dans leurs travaux quotidiens. Les boeufs, les chevaux, les dromadaires, les éléphants, — humbles serviteurs — ont de tout temps tiré charrues et charrettes, transporté les hommes, acheminé les marchandises, accompagné les guerriers sur les champs de bataille. Mais les animaux ont rendu aux hommes d’autres formes de service plus étonnantes. Les ours, les singes, les serpents ont aidé maints saltimbanques à gagner leur nourriture quotidienne. Au Bengale, les loutres sont dressées par les pêcheurs pour rabattre les poissons vers les filets. Une fois son devoir accompli, la loutre saute dans la barque en émettant un petit cri joyeux pour obtenir sa récompense. Il n’est pas rare de voir les villageois apprivoiser des mangoustes et des civettes pour protéger leurs récoltes des nombreux rats. Et il y a plusieurs siècles, les princes Moghols utilisaient les guépards pour chasser gazelles et antilopes.
     L’Inde est encore, ne l’oublions pas, une terre d’animaux sauvages qui inspira à Kipling le fameux « Livre de la Jungle ». D’ailleurs, le mot jungle vient de « jangal » (« forêt » en Hindi). Depuis des temps immémoriaux, les éléphants, les ours, les loups, les panthères, les singes, les pythons, les vautours et bien sûr le tigre royal, le redoutable « Sher Khan », (bien d’autres encore), ont habité la belle nature de ce pays. L’Inde est une des dix terres au monde qui possède le plus grand nombre d’espèces animales, et aucune autre région, à part l’Amérique du sud, n’accueille autant d’oiseaux différents. 

  

 

papillon partIssu de  Libération animale et jainisme par Marjolaine Jolicoeurpapillon part 

 

Le jaïnisme est pratiqué de nos jours par près de 10 millions d’adeptes en Inde mais aussi en Amérique du Nord et en Europe. Certains de ses concepts ont des correspondances dans l’hindouisme et le bouddhisme, chez plusieurs philosophes de la Grèce antique ainsi que dans des sectes gnostiques comme les Cathares ou les Manichéens. Comme si toutes les traditions spirituelles avaient un fond commun de vérité, des principes qui se rejoignent sur l’essentiel. Le premier et l’ultime de ces principes est l’ahimsa ou non-violence en sanskrit. A la fois radical et idéaliste, ce vœu pour le respect des êtres vivants doit s’incarner dans tous nos actes. Plus facile à dire qu’à faire dans notre univers de cruautés, d’holocaustes et de matérialisme. L’ahimsa n’a jamais été une voie facile. Loin derrière nous dans le temps, les jains se sont posé les mêmes questions éthiques en tant que végétariens et défenseurs des animaux, dans un environnement souvent hostile. 

 

 La souffrance de ce monde est immense et de cette souffrance vient une grande compassion. Les humains comme les animaux marchent dans le même labyrinthe, tournent sur la même roue, emprisonnés dans la matière. Pour le philosophe végétarien Plotinus qui vécut de 204 à 270 : «Tous les êtres sont des centres unis sur un même point central ». Dans cette vision d’unité toutes les vies se doivent respect et une mutuelle assistance, liées entre elles par le fil du vivant, comme les équivalents de notre propre soi.

 

Nous devrions nous sentir concernés non seulement pour les membres de notre famille proche ou ceux de notre propre espèce, mais pour l’écosphère en entier. Faire du mal aux animaux, ou à la planète selon l’écologiste Naess, revient en quelque sorte à se couper un doigt. Quand Francione dit que la « révolution qu’il souhaite est celle du coeur», il exprime le même concept véhiculé par toutes les traditions spirituelles pour qui « la voie c’est le coeur.»

 

La véritable non-violence implique nécessairement l’abstention de chair animale  puisque chaque être vivant à sa dignité propre. Les jaïns croient en l’existence de l’âme (nommée atman ou jiva). Qu’elle habite dans un corps humain ou animal, l’âme voyage dans un processus évolutif. Afin que les animaux mais aussi les humains puissent atteindre la libération, le refus de la viande – et du poisson – demeure une priorité absolue. Et dans une vision juste, l’unique intention de l’humain dans ses contacts avec les autres êtres, c’est le désir de leur libération finale. Nous sommes loin ici de l’impérialisme anthropocentrique de certaines religions qui s’estiment supérieures aux animaux, autorisant du même coup leur exploitation et leur domination. Malheureusement, leur « tu ne tueras point » ne s’adresse pas à l’animal, pourtant lui aussi notre prochain.   

 

Pour les jaïns (et pour tous les végétalien-nes à vrai dire) les métiers de tanneurs et de bouchers sont exclus, ainsi que la chasse et la pêche. Ils ne consomment pas de viande, de poisson, d’oeufs, de miel et d’alcool. Ne portent pas de soie ou de fourrure. Il est strictement interdit d’entrer dans les temples avec un objet en cuir. Dans la mesure du possible, il ne faut pas tuer les insectes. A propos des produits laitiers, un grand nombre de jaïns ont abandonné leur consommation afin de ne pas être laomonks5complices de la violence faite aux vaches et à leurs veaux. Plusieurs temples d’Amérique du Nord n’utilisent plus de lait pour les rituels. 

 

En Inde, les moines se nourrissent d’un plat nommé «amil » n’ayant ni beurre, lait ou épices. Pour eux c’est l’ultime repas sattvique, le plus pur qui soit. Les règles alimentaires s’avèrent plus exigeantes pour les moines : ils ne mangent pas avant le lever ou après le coucher du soleil. Mais pour tous les jaïns, sans exception, la chair animale est interdite Dans nos sociétés occidentales où une alimentation sans chair animale est très souvent dénigrée parce qu’étant une source potentielle de carences – en particulier chez les enfants – il est intéressant de constater que les jaïns jouissent d’une bonne santé physique malgré leur abstention de viande depuis plusieurs générations, voire plusieurs millénaires. 

Papillons volent

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