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PROCÈS CONTRE LES INSECTES

Posté par othoharmonie le 2 juin 2017

Occupons-nous maintenant des procès intentés pendant le moyen âge contre les insectes et autres animaux nuisibles aux productions du sol, tels que mouches, chenilles, vers, charençons, limaces, rats, taupes et mulots.

Souvent les récoltes sont dévorées par des quantités innombrables d’insectes qui font invasion sur le territoire d’un canton, d’une commune.

Au moyen âge l’histoire mentionne fréquemment des calamités de ce genre. Ces fléaux produisaient d’autant plus de ravages, que la science agronomique, presque dans l’enfance à cette époque, offrait moins de moyens pour combattre ces désastreuses invasions.

Afin de conjurer ces maux sans remèdes humains, les populations désolées s’adressaient aux ministres de la religion. L’Église écoutait leurs plaintes; leur accordant sa sainte intervention, elle fulminait l’anathème contre ces ennemis de l’homme, qu’elle considérait comme envoyés par le démon.

Chez francesca1

Alors l’affaire était portée devant le tribunal ecclésiastique, et elle y prenait le caractère d’un véritable procès, ayant d’un côté pour demandeurs les paroissiens de la localité, et de l’autre pour défendeurs les insectes qui dévastaient la contrée. L’official, c’est-à-dire le juge ecclésiastique, décidait la contestation. On suivait avec soin dans la poursuite du procès toutes les formes des actions intentées en justice. Pour donner une idée exacte de ce genre de procédure et de l’importance qu’on attachait à en observer les formes, nous extrairons quelques détails d’une consultation qui fut faite sur cette matière par un célèbre jurisconsulte du seizième siècle. L’auteur de cette consultation, ou plutôt de ce traité ex professo, était Barthélemi de Chasseneuz ou Chassanée, successivement avocat à Autun, conseiller au parlement de Paris et premier président du parlement d’Aix.

Après avoir parlé dès le début de l’usage où sont les habitants du territoire de Beaune de demander à l’officialité d’Autun l’excommunication de certains insectes plus gros que des mouches, et appelés vulgairement hurebers (huberes)1 , ce qui leur est toujours accordé, Chasseneuz traite la question de savoir si une telle procédure est convenable. Il divise son sujet en cinq parties, dans chacune desquelles il saisit l’occasion d’étaler l’érudition la plus vaste et souvent la plus déplacée; mais cette habitude, comme on le sait, était ordinaire aux écrivains de cette époque.

Chasseneuz, pour consoler les Beaunois du fléau qui les afflige, leur apprend que les hurebers dont ils se plaignent ne sont rien en comparaison de ceux que l’on rencontre dans les Indes. Ces derniers n’ont pas moins de trois pieds de long; leur jambes sont armées de dents, dont on fait des scies dans le pays. Souvent on les voit combattre entre eux avec les cornes qui surmontent leurs têtes. Le meilleur moyen de se délivrer de ce fléau de Dieu, c’est de payer exactement les dîmes et les redevances ecclésiastiques, et de faire promener autour du canton une femme les pieds nus et dans l’état que Chasseneuz désigne en ces termes: Accessu mulieris, menstrualis, omnia animalia fructibus terræ officientia flavescunt et sic ex his apparet unum bonum ex muliere menstrua resultare.

Indiquant le nom latin qui convient le mieux aux terribles hurebers, notre jurisconsulte prouve qu’ils doivent être appelés locustæ; il fortifie son opinion par des citations qu’il emprunte encore à tous les auteurs de l’antiquité sacrée et profane.

L’auteur discute le point de savoir s’il est permis d’assigner les animaux dont il s’agit devant un tribunal, et finit après de longues digressions par décider que les insectes peuvent être cités en justice.

Chasseneuz examine ensuite si les animaux doivent être cités personnellement, ou s’il suffit qu’ils comparaissent par un fondé de pouvoir. « Tout délinquant, dit-il, doit être cité personnellement. En principe, il ne peut pas non plus se faire représenter par un fondé de pouvoir; mais est-ce un délit que le fait imputé aux insectes du pays de Beaune ? Oui, puisque le peuple en reçoit des scandales, étant privé de boire du vin, qui, d’après David, réjouit le cœur de Dieu et celui de l’homme, et dont l’excellence est démontrée par les dispositions du droit canon, portant défense de promouvoir aux ordres sacrés celui qui n’aime pas le vin. »

Cependant Chasseneuz conclut qu’un défenseur nommé d’office par le juge peut également se présenter pour les animaux assignés, provoquer en leur nom des excuses pour leur non-comparution et des moyens pour établir leur innocence, et même des exceptions d’incompétence ou déclinatoires; en un mot, proposer toutes sortes de moyens en la forme et au fond.

Après avoir discuté fort longuement la question de savoir devant quel tribunal les animaux doivent être traduits, il décide que la connaissance du délit appartient au juge ecclésiastique, en d’autres termes, à l’official.

insectes chez francesca

Enfin, dans la dernière partie de son traité, Chasseneuz se livre à de longues recherches sur l’anathème ou excommunication. Il développe de nombreux arguments au moyen desquels il arrive à conclure que les animaux peuvent être excommuniés et maudits. Parmi ces arguments, qui sont au nombre de douze, nous ferons remarquer ceux-ci:

« Il est permis d’abattre et de brûler l’arbre qui ne porte pas de fruit; à plus forte raison peut-on détruire ce qui ne cause que du dommage. Dieu veut que chacun jouisse du produit de son labeur.

« Toutes les créatures sont soumises à Dieu, auteur du droit canon; les animaux sont donc soumis aux dispositions de ce droit.

« Tout ce qui existe a été créé pour l’homme; ce serait méconnaître l’esprit de la création que de tolérer des animaux qui lui soient nuisibles.

« La religion permet de tendre des piéges aux oiseaux ou autres animaux qui détruisent les fruits de la terre. C’est ce que constate Virgile, dans ces vers du premier livre des Géorgiques :

Rivas deducere nulla
Relligio vetuit, segeti prætendere sepem,
Incidias avibus moliri.

« Or le meilleur de tous les piéges est sans contredit le foudre de l’anathème.

« On peut faire pour la conservation des récoltes même ce qui est défendu par les lois: ainsi les enchantements, les sortiléges prohibés par le droit, sont permis toutes les fois qu’ils ont pour objet la conservation des fruits de la terre; on doit, à plus forte raison, permettre d’anathématiser les insectes qui dévorent les fruits, puisque, loin d’être défendu comme le sont les sortiléges, l’anathème est au contraire une arme autorisée et employée par l’Église.»

À l’appui de ces assertions, l’auteur cite des exemples de semblables anathèmes, tels que ceux de Dieu envers le serpent et le figuier; il en rapporte plusieurs comme ayant eu lieu à des époques récentes.

Il parle d’une excommunication prononcée par un prêtre contre un verger où des enfants venaient cueillir des fruits, au lieu de se rendre au service divin. Ce verger demeura stérile jusqu’au moment où l’excommunication fut levée à la demande de la mère du duc de Bourgogne.

Chasseneuz signale aussi l’excommunication fulminée par un évêque contre des moineaux qui auparavant souillaient de leurs ordures l’église de Saint-Vincent et venaient troubler les fidèles .

Mais, ajoute notre auteur, nous avons dans ces derniers temps des exemples encore plus décisifs. Il raconte alors qu’il a vu à Autun des sentences d’anathème ou d’excommunication prononcées contre les rats et les limaces par l’official de ce diocèse et par ceux de Lyon et de Mâcon; il entre dans le détail de cette procédure; il donne d’abord le modèle de la requête des paroissiens qui ont éprouvé le dommage occasionné par les animaux dévastateurs. Il fait observer que sur cette plainte on nomme d’office un avocat, qui fait valoir au nom des animaux, ses clients, les moyens qu’il croit convenable à leur défense; l’auteur rapporte la formule ordinaire d’anathème. Cette formule est conçue en ces termes: « Rats, limaces, chenilles et vous tous animaux immondes qui détruisez les récoltes de nos frères, sortez des cantons que vous désolez et réfugiez-vous dans ceux où vous ne pouvez nuire à personne. Au nom du Père, etc. »

Enfin Chasseneuz transcrit textuellement les sentences fulminées par les officiaux d’Autun et de Lyon; on en remarque contre les rats, les souris, les limaces, les vers, etc.

Ces sentences sont presque toutes semblables; la différence qui existe entre elles n’est relative qu’au délai accordé aux animaux pour déguerpir; il y en a qui les condamnent à partir de suite; d’autres leur accordent trois heures, trois jours ou plus; toutes sont suivies des formules ordinaires d’anathème et d’excommunication.

Tel était le mode de procédure observé devant le tribunal ecclésiastique dans les poursuites contre les insectes ou autres animaux nuisibles à la terre.

La consultation de Chasseneuz, dont nous venons de donner une courte analyse, acquit à son auteur, qui n’était alors qu’avocat à Autun, une grande réputation comme jurisconsulte; elle lui valut, vers 1510, d’être désigné par l’officialité d’Autun, comme avocat des rats et de plaider leur cause dans les procès qu’on intenta à ces animaux par suite des dévastations qu’ils avaient commises en dévorant les blés d’une partie du territoire bourguignon.

Dans la défense qu’il présenta, dit le président de Thou, qui rapporte ce fait, Chasseneuz fit sentir aux juges, par d’excellentes raisons, que les rats n’avaient pas été ajournés dans les formes; il obtint que les curés de chaque paroisse leur feraient signifier un nouvel ajournement, attendu que dans cette affaire il s’agissait du salut ou de la ruine de tous les rats. Il démontra que le délai qu’on leur avait donné était trop court pour pouvoir tous comparaître au jour de l’assignation; d’autant plus qu’il n’y avait point de chemin où les chats ne fussent en embuscade pour les prendre. Il employa ensuite plusieurs passages de l’Écriture sainte pour défendre ses clients, et enfin il obtint qu’on leur accorderait un plus long délai pour comparaître.

Le théologien Félix Malléolus, vulgairement appelé Hemmerlin, qui vivait un siècle avant Chasseneuz et qui avait publié un traité des exorcismes, s’était également occupé, dans la seconde partie de cet ouvrage, de la procédure dirigée contre les animaux. Il parle d’une ordonnance rendue par Guillaume de Saluces, évêque de Lausanne, au sujet d’un procès à intenter contre les sangsues, qui corrompaient les eaux du lac Léman et en faisaient mourir les poissons. Un des articles de cette ordonnance prescrit qu’un prêtre, tel qu’un curé, chargé de prononcer les malédictions, nomme un procureur pour le peuple; que ce procureur cite, par le ministère d’un huissier, en présence de témoins, les animaux à comparaître, sous peine d’excommunication, devant le curé à jour fixe. Après de longs débats cette ordonnance fut exécutée le 24 mars 1451, en vertu d’une sentence que l’official de Lausanne prononça, sur la demande des habitants de ce pays, contre les criminelles sangsues, qui se retirèrent dans un certain endroit qu’on leur avait assigné, et qui n’osèrent plus en sortir.

Le même auteur rend compte aussi d’un procès intenté dans le treizième siècle contre les mouches cantharides de certains cantons de l’électorat de Mayence, et où le juge du lieu, devant lequel les cultivateurs les avaient citées, leur accorda, attendu, dit-il, l’exiguïté de leur corps et en considération de leur jeune âge, un curateur et orateur, qui les défendit très dignement et obtint qu’en les chassant du pays on leur assignât un terrain où elles pussent se retirer et vivre convenablement. «Et aujourd’hui encore, ajoute Félix Malléolus, les habitants de ces contrées passent chaque année un contrat avec les cantharides susdites et abandonnent à ces insectes une certaine quantité de terrain, si bien que ces scarabées s’en contentent et ne cherchent point à franchir les limites convenues.»

L’usage de ces mêmes formes judiciaires nous est encore révélé dans un procès intenté, vers 1587, à une espèce de charançon (le Rynchites auratus) qui désolait les vignobles de Saint-Julien, près Saint-Julien de Maurienne. Sur une plainte adressée par les habitants à l’official de l’évêché de Maurienne, celui-ci nomma un procureur aux habitants et un avocat aux insectes, et rendit une ordonnance prescrivant des processions et des prières, et recommandant surtout le payement exact des dîmes. Après plusieurs plaidoiries, les habitants, par l’organe de leur procureur, firent offrir aux insectes un terrain dans lequel ils devraient se retirer sous les peines de droit. Le défenseur des insectes demanda un délai pour délibérer, et les débats ayant été repris au bout de quelques jours, il déclara, au nom de ses clients, ne pouvoir accepter l’offre qui leur avait été faite, attendu que la localité en question était stérile et ne produisait absolument rien; ce que nia la partie adverse. Des experts furent nommés. Là s’arrêtent malheureusement les pièces connues du procès, et l’on ignore si l’instance fut reprise et quelle décision prononça l’official. Mais ces détails, réunis à ceux que nous avons donnés précédemment, suffisent pour montrer quelles étaient, il y a trois siècles, les formes suivies dans ces singulières procédures.

Nous n’avons pas besoin de nous étendre sur les motifs qui avaient déterminé l’Église à employer l’excommunication contre les animaux. On comprend quel avantage ce moyen pouvait offrir au clergé, d’un côté par l’influence qu’il exerçait sur l’esprit timide et crédule des populations alors ignorantes et superstitieuses; d’un autre côté par le résultat pécuniaire, qui était toujours le but occulte de ses persévérants efforts. Toutefois, après plusieurs siècles, et grâce à la diffusion des lumières, ces pratiques vicieuses cessèrent, et on vit enfin disparaître ces abus de l’excommunication également contraires à la sublime morale de l’Évangile et aux vrais principes de la foi catholique.

Extrait de Curiosités judiciaires et historiques du moyen âge. Procès contre les animaux, par Émile Agnel. J.B. Dumoulin, Paris, 1858.

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Symboles et croyances autour du crocodile

Posté par othoharmonie le 23 novembre 2016

 

  • Logo de « Lacoste », venant du surnom de son inventeur, le joueur de tennis René Lacoste.
  • Dans beaucoup de caricatures politiques, les capitalistes sont représentés comme des crocodiles.
  • Logo du journal satirique soviétique, puis russe, « Kрокодил » (Krokodil).
  • Blason de Nîmes, où l’animal est attaché à un palmier, sans doute en référence au retour d’Afrique de la septième légion qui est venue se baser à Nîmes.
  • Trois crocodiles sont l’emblème de la ville de Bamako, capitale du Mali.crocodile
  • Petsuchos était le crocodile sacré de la ville de Médinet el-Fayoum durant l’Égypte antique. Il est lié au dieu de l’eau et de l’inondation Sobek.
  • En Égypte antique, c’était l’un des douze animaux sacrés associé aux douze heures du jour et de la nuit.
  • Dans la mythologie hindoue, le dieu du Gange Gangâ a pour compagnon un crocodile.
  • Le célèbre étang aux crocodiles de Karachi (Pakistan) entretient plus de cinquante de ces reptiles : ils sont considérés comme des divinités.
  • D’après une légende papoue, c’est un crocodile, nommé Kabakmeli, qui a créé le monde et ses habitants.

Dans les villages de Sabou et de Bazoulé au Burkina Faso, le crocodile est l’animal totémique des habitants, donc sacré. Il est associé aux mythes fondateurs des villages et à la cosmogonie locale. C’est l’un des seuls endroits au monde où l’homme à la possibilité de chevaucher ces sauriens sans se soucier.

Porteur du monde, divinité nocturne et lunaire, maître des eaux primordiales, le crocodile, dont la voracité est celle de la nuit dévore chaque soir le soleil. La force qu’il exprime est inéluctable, comme la nuit pour que revienne le jour, comme la mort pour que revienne la vie : Forces maîtresses de la mort et de la renaissance.

Le crocodile, le déchaîné créatif, Les forces du monde, C’est le symbole de création et la destruction.

Le Crocodile est le gardien et le protecteur de toute la connaissance.
Elle est la mère qui détient toute la connaissance. Donne du repos et attend pour donner naissance
Étudiez chaque morceau de connaissance soigneusement avant de continuer au suivant.
Le soin des yeux est important pour le Peuple d’alligator ou le Crocodile.
Quand un Crocodile se montre, cherchez une occasion de toucher des énergies très primaires, il y aura une occasion pour la nouvelle connaissance et la sagesse.

Le crocodile, maître des eaux primordiales dont la voracité est celle de la nuit, dévore chaque soir le soleil. Sa force est inéluctable.

Crocodile

Symbole d’abondance, dans la mythologie maya, il veille aux extrémités des 4 chemins (comme le jaguar chez les aztèques).
Dans la mythologie chinoise, le crocodile est l’inventeur du tambour et du chant. Il joue un rôle dans l’harmonie et le rythme du monde.

En Inde, le crocodile est la monture du mantra Vam qui est la semence verbale de l’eau.
Chez les pueblo-mixtèques et les aztèques, la terre est née d’un crocodile qui vivait dans la mer originelle.
Dans la mythologie égyptienne, le crocodile Sobek est le dévorateur et il assiste à la psychostasie car il engloutira les âmes qui n’auront pu se justifier. En Égypte, on apprivoisait des crocodiles sacrés que l’on ornait de bijoux. Toutefois, dans certaines régions, ils étaient considérés comme des monstres.

Le crocodile est maître des mystères de la vie et de la mort, le grand initiateur, le symbole des connaissances occultes, la lumière alternativement éclipsée et foudroyante.

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Le crocodile bien vivant des légendes

Posté par othoharmonie le 20 novembre 2016

 

 

Dans l’île de Madagascar, mille légendes courent sur le crocodile, appelé « voay » par les Malgaches. On prétend, par exemple, qu’il avale un caillou par an et qu’il suffit d’ouvrir l’estomac d’un voay tué pour connaître son âge.

En 1950, Raymond Decary, qui fut administrateur des colonies, note que l’ethnie Zafindravoay se proclame apparentée aux crocodiles. On raconte qu’une femme est à l’origine de cette ethnie. Elle se fit un jour piéger dans la rivière où elle vivait avec un voay. Elle accoucha, à terre, de deux enfants avant de s’échapper pour retrouver son mari lacustre. Fidèles à cette légende, les Zafindravoay ne tuent jamais de crocodiles et affirment pouvoir traverser sans danger les rivières.

Dans le nord de Madagascar, un autre clan de cette ethnie offre aux voays de grandes funérailles.

Crocodilia_collage

Toujours selon Decary, les riverains du lac Itasy se réunissaient autrefois sur les rives du lac pour adresser un avertissement aux crocodiles. Ils les priaient de ne pas s’attaquer aux pêcheurs et aux femmes venant puiser l’eau et laver le linge. Ce clan respectait totalement les voays et ses lois interdisaient formellement de tuer ou même de blesser l’un d’eux. Quiconque dérogeait à ce principe était condamné à mort car l’on pensait que sa vie était réclamée par les « habitants du lac ». À Madagascar, ce sont les sorciers qui dialoguent avec les voays ainsi que certains hommes nommés « les maîtres des crocodiles ». En parlant avec un voay, ils communiqueraient, en fait, avec l’âme de leur enfant mort et réincarné dans ce crocodile « apprivoisé ».

Selon une autre légende, le village d’Antankara prospérait naguère à l’endroit où se trouve actuellement un lac. Ce village aurait été englouti avec tous ses habitants, dont descendraient les crocodiles actuels. C’est dans une atmosphère de fête que des cérémonies réunissant des foules se tiennent sur les bords de ce lac. On y offre de la viande de bœuf aux voays sacrés ; le tout accompagné de musiques et de danses. À Komakoma, le rituel exigeait d’offrir à ces reptiles les viscères des rois Sakalava décédés. Ces entrailles sacro-saintes devaient transmettre leurs pouvoirs aux crocodiles du lac. La seule exception où un homme pouvait capturer un de ces animaux était pour lui prélever des dents, utilisées ensuite dans un but religieux. Encore fallait-il que cet homme ne fût pas né un dimanche ! On capturait le voay vivant à l’aide d’un piège, puis on lui frottait les mâchoires avec de la
citrouille ou de l’igname cuits. Trois dents facilement déchaussables étaient alors pieusement recueillies et serties dans une monture d’argent. Le crocodile édenté avait les pattes ornées d’anneaux d’argent. Relâché et portant désormais le titre de razan’panjaks (ancêtre royal), il devenait une sorte de justicier dévorant tout criminel qui s’approchait de son territoire lacustre.

À ce propos, Leguevel, de Lacombe rapporte, en 1840, le récit d’une épreuve de justice à laquelle il lui a été donné d’assister. Une jeune femme, accusée d’avoir eu des relations avec un esclave, fut condamnée à subir « l’ordalie par le crocodile » une nuit de pleine lune. On la fit s’avancer nue dans la rivière et y plonger trois fois devant un îlot peuplé de voays. Sortie indemne de l’épreuve, elle fut reconnue innocente et largement dédommagée par son accusateur

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Tradition des Rats des Temples en l’Inde

Posté par othoharmonie le 17 septembre 2016

 

Parmi les milliers de rats vivant au sein du temple de Karni Mata à Deshnok

la tradition dit qu’il y a quatre ou cinq rats blancs, que l’on considère comme particulièrement saints. Ils sont les manifestations de Karni Mata elle-même et de sa famille (on se rappellera que Karni Mata est dans une région où vivent les Bishnoïs, dont leur maître, Jambheshwar Bhagavan, choisit de se réincarner en antilope). Les apercevoir est un privilège et les visiteurs ont le devoir de leur donner de la nourriture semblable à de la confiserie, dont les restes sont ainsi bénis par leur salive (les fidèles au temple de Karni Mata considèrent que la nourriture ou les boissons goûtées par les rats sont prasad, « bénies » ; ainsi, par exemple, les dévots trempent leurs doigts dans les bols de lait donnés à l’intention des rats, puis les lèchent ensuite en signe de communion avec la divinité).

rats

C’est la seule communauté de rats diurnes connue dans le monde. Un rat qui monte sur un pied humain est considéré comme une bénédiction de sa part.

De même que le taureau est la monture du Dieu Shiva, l’oie du Dieu Brahmâ, Garuda (le roi des oiseaux) du Dieu Vishnou, le rat est aussi la monture du Seigneur Ganesh, Dieu très populaire et omniprésent en Inde.

À la suite de la venue de touristes occidentaux non respectueux de la sacralité des lieux, – ou des animaux, ou des sentiments des adorateurs ainsi que du climat de dévotion envers Karni Mata (qui doit être de rigueur au sein du temple), il est possible de se voir refuser l’entrée (qui est gratuite) si l’on n’est pas hindou, jaïn ou Indien, c’est-à-dire, si l’on n’y vient pas pour prier ou pour rendre hommage à Karni Mata, attitudes qui sont des manques de respects et des entorses à la politesse dans la coutume indienne : un temple hindou est un lieu d’adoration sacrée pour les pèlerins recherchant la communion divine, non une « curiosité » ayant pour but de distraire des touristes seulement préoccupés de pensées profanes au sein d’un édifice religieux, sans déférence aucune pour les croyances, les philosophies ou les aspects externes et rituels de l’hindouisme.

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On connaissait les vaches sacrées d’Inde, voici les rats sacrés. Sachez que ces petits rongeurs circulent en toute liberté dans le temple, donc si vous en avez peur, fuyez ! D’autant plus que vous devrez enlever vos chaussures…

Situé à Deshnok, au sud de Bikaner, le Karni Mata Temple attire de nombreux touristes pour son originalité. Les rats seraient une réincarnation des membres de la caste des Charan, à laquelle appartenait Karni Mata. Cette femme sainte désirait ressusciter un enfant au Royaume de Yama mais ce dernier avait déjà été transformé en rat blanc. De colère, elle décida que désormais, plus aucun membre de sa caste ne passerait par le royaume de Yama pour leur réincarnation mais qu’ils deviendraient directement des rats. C’est pourquoi ces rats sont aussi sacrés. 

D’ailleurs, si vous en voyez un blanc, c’est plutôt bon signe ! Au contraire, si vous en écrasez un, les fidèles risquent de ne pas être contents du tout. 

La surprise de voir des dizaines de rats agglutinés autour d’une gamelle d’eau et de graine est un brin… répugnante mais un peu de courage, vous ne le regretterez pas et cette visite sera un épique moment à raconter à vos proches. 

Admirez l’architecture du temple construit au XVIe siècle, la façade blanche de marbre sculpté, les sculptures offertes par le maharaja Ganga Singh, et les portes en argent massif qui ouvrent sur le sanctuaire.

Un conseil (très avisé) : portez des chaussettes et glissez sur le sol pour éviter de marcher sur les rats, bien que inoffensifs. Karni Mata temple

Au Rajasthan le temple Karni Mata est dédié aux rats : selon une légende raconte que une déesse hindou, Durga, avait demandé au dieu de la mort de faire revivre le fils d’un conteur (quelqu’un qui raconte des histoires). Mais le dieu de la mort avait refusé. Pour se venger, Durga transforma tous les conteurs en rats… Ainsi, le dieu de la mort n’avait plus de morts pour se nourrir…

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Nos amis les rats : Apollon, dieu des rats

Posté par othoharmonie le 6 septembre 2016

 

Rats et souris sont des animaux qu’on ne s’attend pas à trouver auprès des déesses et des dieux. Erreur, on les retrouve ici ou là, justement où l’on ne les attend pas. Par exemple, Apollon. Peu de dieux grecs sont aussi lumineux que ce dieu solaire à la beauté parfaite, tellement éblouissant qu’on ne peut pas le regarder en face sans mourir. Apollunai, le verbe, signifie en grec «  faire mourir ».

Pour brillant qu’il soit, le cher Apollon terrifie même les dieux. Lorsqu’il entre sur l’Olympe, son pas est si puissant qu’on l’appelle « L’Ebranleur », et il pénètre armé, bandant son arc d’argent, toujours menaçant sur les bords. Comme sa jumelle Artémis, il a fort mauvais caractère et comme elle, il est impitoyable. Encore, quand il  fait mourir d’un arrêt cardiaque, c’est une mort douce. Mais Apollon est aussi capable d’écorcher vif le satyre Marsyas qui l’avait défié dans un concours de flûte. On appelle Apollon l’Ebranleur, le Pur, le Brillant, l’Oblique parce qu’il préside aux oracles ambigus de la Pythie, sa prêtresse, mais jamais on ne l’appelle le Cruel, ce surnom qu’il mériterait bien.

Apollon2

Mais il se trouve qu’on l’appelle aussi le dieux aux rats, ou bien « le dieu-rat », en grec, Apollon Smintheus, dit encore « dieu des souris ». Voilà qui mérite explication. Apollon, qui sait tuer, a une vocation de guérisseur, ce qui s’entrevoit dans les consultations de l’oracle de Delphes, son principal sanctuaire. Il a pour fils Asclépios, le dieu de la médecine, si habile à soigner les humains qu’il est même parvenu à les ressusciter- pas longtemps, car Zeus le foudroya. Et le rat là-dedans ? J’y viens.

 Le petit rat, ou la souris, font partie des médicaments administrés par les médecins, notamment le bébé souris plongé dans du miel, et qu’on donne tout entier à avaler aux enfants malades. Oui, je sais, c’est peu ragoûtant. Toujours est-il que des souris blanches étaient soigneusement gardées dans les temples d’Apollon, comme guérisseuses, divinatrices et pour protéger le dieu de brutales invasions de souris grises. Ou de rats transportant la peste.

C’est quasiment de l’homéopathie : pour se préserver de la peste véhiculée par les rongeurs gris, ayez deux ou trois souris blanches. J’y insiste, car nous retrouverons exactement le même dispositif en Inde.

L’Apollon aux rats, Apollo Smintheus, est également celui qui contribua à la naissance de Troie. Des Crétois, pour qui les rats étaient des animaux sacrés, partirent fonder une ville en Asie mineure. Apollon leur avait prédit dans un oracle qu’il leur faudrait fonder la cité à l’endroit où ils seraient attaqués par des ennemis venus de l’intérieur, surgis du sol. Comme par hasard, la nuit où le prince crétois établit son campement, des hordes de rats dévorèrent les cordes des arcs, les courroies des boucliers, les liens qui tenaient les piquets des tentes, enfin, tout ce qu’un rat peut grignoter. Les Crétois comprirent qu’ils étaient arrivés et fondèrent la ville de Sminthion,  dressant un temple à l’Apollon Smintheus où ils installèrent, bien entendu, deux ou trois souris blanches pour se protéger de la peste.

Avant le génial Yersin qui découvrit le bacille de la peste à la fin du XIXème siècle, le dieu Apollon avait compris que les petits rongeurs dont la puce répand la peste étaient des réservoirs animaux d’épidémie. Les dieux sont cachottiers ; et ils ne l’ont pas dit, même pas à la Pythie.

source http://www.franceculture.fr/

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Souris et Rats dans les contes

Posté par othoharmonie le 19 août 2016

 

En Europe, le rat et la souris sont donc présents dans les contes, puisque les frères Grimm ont notamment transcrits la légende du joueur de flûte de Hamelin au xixe siècle, que la baronne d’Aulnoy a écrit La Bonne Petite Souris au xviie siècle et que la « petite souris Pérez » apparaît dans différents contes hispaniques au xixe siècle. La souris est aussi présente dans La petite souris grise écrit la Comtesse de Ségur (1799 – 1874), où la fée « Détestable » a l’apparence d’une souris. Un autre conte des frères Grimm met en scène un de ces deux animaux, il s’agit de Chat et souris associés. Dans ce conte, un chat et une souris se sont mis en ménage et vivent dans un grenier. En prévision de l’hiver, ils font des provisions qu’ils cachent sous l’autel d’une église. Mais le chat, qui a faim, s’éclipse souvent pour aller manger seul les provisions. Quand l’hiver vient et qu’ils décident d’aller les chercher, elles ont disparu. La souris comprend alors, et le chat ne fait qu’une bouchée de cette dernière.

légende sourisRat et souris sont aussi très présents dans les fables. De nombreuses fables de Jean de La Fontaine parlent du rat et de la souris et leur prêtent des caractéristiques anthropomorphes. Il s’inspire beaucoup des fables d’Ésope. Parmi les fables de La Fontaine, on en compte pas moins de douze ayant le mot « rat » dans leur titre et cinq ont le mot « souris » ou « souriceau » dans leur titre. Le rat est représenté seize fois dans les fables, huit d’entre elles ne le distinguent pas de la souris. Le poète mélange rat et souris au fil des textes en confondant maintes fois rats et souris au gré des vers. Rats et souris jouent dans les fables de La Fontaine divers rôles et montrent différents traits de caractère. Il s’agît tantôt de la sagesse tantôt de l’inexpérience. Mais aussi de la vanité, de la fidélité, de la témérité et de l’oisiveté. Les douze fables de Jean de La Fontaine ayant dans le titre le mot « rat » sont, par ordre chronologique : Le Rat de ville et le Rat des champsLe Chat et un vieux RatLe Combat des Rats et des BelettesLa Grenouille et le RatConseil tenu par les ratsLe Lion et le RatLe Rat qui s’est retiré du mondeLe Rat et l’HuîtreLe Rat et l’ÉléphantLe Chat et le RatLes Deux Rats, le Renard, et l’Œuf et Le Corbeau, la Gazelle, la Tortue, et le Rat.

Les cinq fables ayant dans le titre le mot « souris » ou « souriceau » sont, par ordre chronologique : Le Cochet, le Chat, et le SouriceauLes Souris et le Chat-HuantLa Souris métamorphosée en filleLa Querelle des chiens et des chats, et celle des chats et des souris et Le Vieux Chat et la Jeune Souris.

La souris est également présente dans les comptines. La chanson enfantine la plus connue en France et parlant de la souris est, sans doute, Une souris verte. On peut également citer d’autres chansons enfantines comme j’ai trouvé dans mes cheveux ou encore un joli loir. En Angleterre, on retrouve la souris dans la célèbre comptine Hickory Dickory Dock, qui date de la seconde moitié du xviiie siècle.

En Asie, rat et souris sont parfois l’objet de cultes locaux, ils sont parfois considérés sacrés et sont très souvent liée aux divinités hindouistes et bouddhistes. En Chine, le rat (ou souris) est un signe d’astrologie chinoise, il est décrit comme étant ambitieux, charmeur, imaginatif et passionné. C’est l’un des signes favorables : celui de l’abondance. Car beaucoup de rats signifie beaucoup de récoltes (blé et riz principalement). Il est parfois également considéré comme un animal de l’âme, probablement à cause de son intelligence et de sa sociabilité. Ainsi, en Chine du Sud, le rat est censé avoir apporté le riz à l’homme. Au Japon, le rat est associé à la chance et en Inde, le rat ou la souris est la monture de Ganesh, dieu de la chance et de la sagesse. Ils y revêtent donc des aspects positifs et si comme en Europe le rat est lié à l’argent, en Europe il est associé à l’avarice alors qu’en Asie il est généralement symbole de prospérité. Le rat et la souris se rencontrent principalement dans les croyances populaire d’Inde et d’Extrême-Orient mais on les retrouve aussi dans d’autres coins de l’Asie et même sur d’autres continents tel l’Afrique, où ils ont diverses images. La souris est lié à la divination et aux présages dans certains lieux d’Afrique sub-saharienne comme ce fût parfois le cas dans l’Antiquité gréco-romaine et dans un conte perse, le rat est en quelque sorte associé à la vanité et à l’inexpérience comme dans quelques-unes des fables d’Ésope et de Jean de La Fontaine.

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Le Sanglier pour les peuples Celtes

Posté par othoharmonie le 13 mai 2016

 

Le symbolisme du sanglier est d’origine très ancienne et couvre la plus grande partie du monde indo-européen. Le mythe est issu de la tradition hyperboréenne. Le sanglier y figure l’autorité spirituelle. Ce qui peut être en rapport avec la retraite solitaire en forêt du druide ou du brahmane, ou avec la propriété du sanglier de déterrer la truffe mystérieuse produit de la foudre, selon d’anciennes légendes, et de se nourrir des fruits du chêne, arbre sacré. A lui s’oppose l’ours, emblème du pouvoir temporel. En Gaule, aussi bien qu’en Grèce, on chasse le sanglier, et même on le met à mort. C’est l’image du spirituel traqué par le temporel.  

sangliers et peuple celte

Le quatrième des douze travaux d’Hercule consistait à capturer vivant le sanglier d’Erymanthe, animal malfaisant qui se terrait sur cette montagne d’Arcadie appelée Erymanthe. C’est également Homère qui nous rapporte dans un de ces récits comment Heleager, aidé de Thésée et d’Atlante, donne la chasse au sanglier monstrueux de Calydon, envoyé par Artémis pour punir l’impiété de son roi Oené. Il y a là, de toute évidence, un symbolisme d’ordre cyclique, par substitution d’un règne à un autre. Notre cycle est désigné par les Hindous comme étant celui du sanglier blanc.

En astrologie chinoise, le sanglier est considéré comme un signe particulièrement auspicieux et un gage de loyauté.

Au Japon, le sanglier est un animal zodiacal, associé au courage, voire à la témérité. Il sert de monture au Kami de la guerre. Inoshishi, porc sauvage-sanglier, est le dernier des douze animaux du Zodiaque. Au Japon, il est donc symbole de courage et de témérité. Devant les sanctuaires shintoïstes consacrés à Wakenokiyomaro se trouvent des statuettes de sangliers. Le dieu de la guerre, lui-même, Usa-Hachiman est parfois représenté sur un sanglier.

Si le sanglier apparaît au centre de la Roue de l’Existence bouddhique, c’est sous la forme d’un animal noir, symbole de l’ignorance et des passions. On le désigne parfois comme un porc et c’est bien sous cet aspect qu’il faut voir les significations obscures de l’animal, autant est vil celui du porc. Le porc sauvage est le symbole de la débauche effrénée et de la brutalité.

Pendant tous ces temps anciens, il est frappant de constater que le sanglier fut pour l’homme non seulement un concurrent mais aussi un adversaire réellement dangereux. A l’époque gauloise au moment où se sont développées les grandes forêts en Europe, l’animal est chassé autant par plaisir que par nécessité. C’est à cette même époque qu’il prend une valeur symbolique de plus en plus importante et l’allure d’un véritable symbole guerrier. Les représentations figurées qui attestent de ce caractère abondent. L’une des plus célèbres est la statuette retrouvée à Euffigneix en Haute-Marne. Le sanglier figure très fréquemment sur des enseignes militaires gauloises, en particulier sur celles de l’Arc de Triomphe d’Orange et sur des monnaies de l’indépendance. On possède un assez grand nombre de sangliers votifs en bronze et de nombreuses représentations sur des reliefs de pierre. L’animal n’a cependant rien à voir avec la classe guerrière, si ce n’est pour s’opposer à elle en tant que symbole de la classe sacerdotale.

Le sanglier est, comme le druide, en rapport étroit avec la forêt : il se nourrit du gland du chêne et la laie, symboliquement entourée de ses neuf marcassins, fouit la terre au pied du pommier, l’arbre de l’immortalité. Confondu avec le porc, dont il se distingue du reste très mal, les Celtes avaient des troupeaux de porcs vivant pratiquement à l’état sauvage, le sanglier constitue la nourriture sacrificielle de la fête de Samain et c’est l’animal consacré à Lug. Dans plusieurs récits mythiques, il est question du porc magique qui, dans les festins de l’Autre Monde, est toujours cuit à point et ne diminue jamais. Au grand festin de la fête de Samain, le premier novembre, la nourriture principale consiste en viande de porc.

Moccus « porc » est un surnom de Mercure dans une inscription gallo-romaine de Langres. Le twrch trwyth, en irlandais triath, le roi, qui s’oppose à Arthur, représente le Sacerdoce en lutte contre la royauté à une époque de décadence spirituelle. Le père de Lug, Cian, se transforme en porc druidique pour échapper à ses poursuivants. Il meurt toutefois sous forme humaine.

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En aucun cas, et pas même dans des textes irlandais d’inspiration chrétienne, le symbolisme du sanglier n’est pris en mauvaise part. Il y a là une contradiction entre le monde celtique et les tendances générales du christianisme. On pense par association d’idées à Dürer, remplaçant, près de la crèche de Noël, le bœuf et l’âne par le sanglier et le lion.

Cependant, bien avant les Gaulois, les hommes chassaient et vénéraient les sangliers. A l’époque néolithique, l’homme cherche à domestiquer l’animal et le porc domestique est né à cette époque et, pendant des siècles, il fournit la plus grande partie de la viande consommée par l’homme en Europe.

Durant la Préhistoire, la cohabitation, plus ou moins concurrentielle, plus ou moins prédatrice, de l’homme et du sanglier, connut sans doute des phases diverses principalement du fait de l’alternance de périodes glacières et de phases interglaciaires. A cette même époque, le sanglier est très présent dans le pourtour méditerranéen et apparaît fréquemment dans la mythologie et notamment celle des Grecs, comme évoqué précédemment.

Dans la tradition chrétienne, le sanglier symbolise le démon, soit qu’on le rapproche du cochon, goinfre et lubrique ; soit que l’on considère son impétuosité, qui rappelle la fougue des passions ; soit encore que l’on évoque son passage dévastateur dans les champs, les vergers et les vignobles.

Ce symbolisme du sanglier était très riche chez les Celtes, mais il était aussi présent de façon généralisée dans les mythes indo-européens comme dans la Grèce mycénienne, l’Inde védique, chez les Germains, laissant penser à une origine commune. Il représente la force et le courage ainsi que la Connaissance et a un rapport avec l’Au-delà. Les Celtes le considéraient comme un animal sacré. Des têtes de sanglier ornent les armes et sa viande accompagne les défunts dans leur dernier voyage.

Les pratiques funéraires de l’époque reflètent d’ailleurs l’importance accordée à l’animal. Dès l’âge de Bronze (2000 – 800 avant Jésus-Christ), on dépose dans les sépultures des défenses de sanglier. On y voit une promesse d’abondance dans l’au-delà, peut-être pour le guerrier la préfiguration du banquet divin qui attend les plus méritants. Son rôle est à rapprocher de celui du taureau dans les mythologies des origines de l’Europe. Certains druides, dont le sanglier était l’attribut, se faisaient appeler « sanglier ».

Le Moyen Age européen reprit cette symbolique dans l’Héraldique où le sanglier est très représenté, notamment dans les Ardennes, mais également dans le vocabulaire de l’escrime avec l’expression « dent du sanglier ». En règle générale, le sanglier apparaît dans les blasons, de profil et « passant » c’est-à-dire semblant avancer, trois pattes au sol, une patte avant levée. Il est dit « défendu » si ses défenses sont d’une couleur différente de celle du corps. Sa tête se dit « hure », son nez « boutoir » et sa couche « bauge ».

Le sanglier apparaît souvent dans la pharmacopée du passé. L’utérus de laie, après marinade, fournissait une poudre qui passait pour renforcer celui de la femme et de le rendre propre à la fécondation. L’urine de l’animal tué restant dans sa vessie était, après adjonction d’un peu d’huile, mise à sécher dans la cheminée. Lorsqu’elle avait pris la consistance du miel, c’était un remède contre les calculs biliaires et les vers chez l’enfant.

Les défenses des mâles furent également employées comme talisman pour la protection. Les Romains en fixaient aux harnais de leurs chevaux avant les batailles. Aujourd’hui, on les voit toujours comme pendentifs pour les ânes ou les mules dans certains pays.

Les soies de l’animal continuent pour leur part à fournir à la brosserie une matière première d’une qualité exceptionnelle et irremplaçable, d’une dureté qui les rend inusables, tout en étant d’une grande douceur.

Enfin, le sanglier joue un grand rôle sur la dissémination des truffes. En effet, le sanglier en mangeant vers de terre et insectes contribue à la dissémination des ascopores et du mycélium truffier dans la forêt. De plus par son action de remuage et d’aération du sol, le sanglier semble favoriser le développement de la truffe, tout en faisant des dégâts sur de jeunes truffières plantées en arrachant les arbres. La truffe c’est ce champignon souterrain de la taille d’une noix, que l’on appelle « le diamant noir » dans le Périgord et en Provence, bien dans la symbolique plutonienne ou Scorpion et de tout ce que recèle le monde souterrain.

Bibliographie : Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins – Vu sur le site http://www.sylvie-tribut-astrologue.com/tag/les-celtes-consideraient-le-sanglier-comme-un-animal-sacre/

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Éléphant : la Paix, la Stabilité, la Longévité, la Puissance

Posté par othoharmonie le 28 mars 2016

 

En Occident, Éléphant est l’image de la lourdeur et de la maladresse. Mais il symbolise aussi la puissance royale. L’Éléphant Blanc procure la pluie et les bonnes récoltes. Éléphant est symbole de stabilité, d’immuabilité.

Il est aussi symbole de la connaissance. C’est d’un Éléphanteau que la reine Mâya conçut Bouddha. En Inde et au Tibet, il joue, comme d’autres animaux, le rôle d’animal-support-du-monde. Il est cosmophore, considéré comme un animal cosmique : quatre piliers supportant une sphère. En Afrique, Éléphant symbolise la force, la prospérité, la longévité et la sagesse. Mais chez les Ekois, il devient symbole de violence et de laideur.

la paix, le bien être

L’Éléphant serait le vengeur de l’adultère. Éléphant symbolise encore la paix et la prospérité. En Asie, il est la monture des rois divins, il est donc aussi le symbole de la domination du centre royal sur les directions de l’espace terrestre. Mais il représente aussi la sagesse et la connaissance, il est l’instrument de l’action et de la bénédiction des dieux. Comme le Taureau, on lui attribue aussi la capacité de porter le monde. Aristote avait dit que l’Éléphant est « la bête qui dépasse toutes les autres par l’intelligence et l’esprit ».

Dans la symbolique occidentale comme orientale, l’éléphant est associé à la mémoire, la sagesse, la longévité, la prospérité, la bienveillance, le père. Dans le folklore africain, l’Éléphant tient le rôle du père, du chef des animaux. Dans la religion hindoue, Ganesh est un dieu à tête d’éléphant ; il est le dieu de la Sagesse et le patron des étudiants. Les rares Éléphants blancs sont sacrés en Inde, et les Éléphants, domestiqués et décorés aux couleurs des dieux, bénissent les fidèles de leur trompe dans certains temples. En Inde, l’Éléphant évoque la force, la puissance, l’orage (forme ronde et grise des nuages de pluie). Chaque dieu hindou chevauche un animal : Indra, dieu des Orages et de la Bataille, et Agni, dieu du Feu, se déplacent à dos d’éléphant.

Au Laos, passer sous la trompe d’un éléphant permet d’acquérir ses attributs : force, longévité, fertilité et caractère sacré. Chaque année à l’occasion du nouvel an bouddhique, les cornacs laotiens célèbrent pour leur éléphant un baci ou soukhouan, cérémonie de rappel des âmes. Dans le Coran, la 105e sourate s’intitule l’Éléphant. Elle comprend cinq versets révélés à la Mecque, et doit son nom à l’expression les gens de l’Éléphant, présente dans le tout premier verset. Cette expression désigne les Abyssins, qui occupaient le Yémen voisin, voulaient évangéliser l’Arabie tout entière, notamment en attaquant la Kaaba, à La Mecque. En raison des entraves qu’ils mettaient au pèlerinage, le « ministre du calendrier » du gouvernement mecquois se vengea en profanant l’église de San’a. C’est alors que le gouvernement abyssin, abraha, fit venir un éléphant de taille gigantesque appelé Mahmoud et dirigea une expédition punitive sur La Mecque.

Dans la symbolique chrétienne, l’Éléphant symbolise le baptême : la femelle met bas dans l’eau d’un étang, à côté duquel le mâle monte la garde pour écarter le Dragon, symbole de l’Esprit du Mal. Il représente aussi la chasteté (de tempérament frigide, il ne peut engendrer qu’après avoir absorbé, en guise d’aphrodisiaque, une racine de mandragore), la constance, la maîtrise de soi, la bénignité des princes (il n’a pas de fiel), la tempérance, la circonspection et la prudence. En France, on dit de quelqu’un qui a une bonne mémoire qu’il a « une mémoire d’Éléphant » ; effectivement, l’Éléphant a une excellente mémoire et se souvient très longtemps les visages humains par exemple. L’Éléphant représente les quatre piliers du monde : il porte le monde sur son dos.

Il est également le symbole du Parti républicain aux États-Unis. Si Éléphant est votre totem, demandez-lui de vous aider à traiter les souvenirs traumatisants, à renouveler les liens familiaux, ou encore à commencer un nouveau projet. Vous pouvez accéder à son pouvoir en organisant une fête pour votre parente la plus âgée, en allant voir un Éléphant dans son habitat naturel ou dans un parc animalier. Éléphant soigne les ruptures dans la famille ou la communauté, et encourage la paix et la tranquillité. En tant que gardien ou protecteur, Éléphant protège votre famille élargie, et garde contre les obstacles à la réussite en affaires.

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Les crabes et l’homme

Posté par othoharmonie le 12 mars 2016

 

Démiurge ou démon du mal ?

Le crabe n’a pas toujours eu bonne réputation dans le monde occidental. Du cancer au cancre en passant par le chancre ou le panier de crabes, son nom sert à désigner toutes sortes de maux. Mais l’animal jouit aussi d’une grande renommée grâce à sa place dans le zodiaque et à sa saveur délicate. Sans parler de ses vertus médicinales et de son prestige symbolique pour les peuples d’Orient.

crabes homme

Langues et légendes du monde entier

Dans toutes les langues indo-européennes, les noms génériques pour désigner les crabes se ressemblent : en grec, karkinos,  en latin, cancer, en védique, karkatan, en anglais, crab, en allemand, krabbe, en italien,granchio, en espagnol, cangrejo, en portugais, caranguejo, etc. Les lettres « c » ou « k », « a » et « r » paraissent être des constantes dans la formation du mot crabe.

Dans la symbolique occidentale, le crabe est souvent l’objet d’interprétations péjoratives. On parle ainsi de « panier de crabes » pour un groupe de personnes dans lequel les conflits sont fréquents, de « vieux crabe » pour un monsieur âgé, pas très sympathique, borné et ridicule. Un « cancre », qui désignait initialement le tourteau, est un enfant paresseux, nul, et, jadis, désignait un homme rapace. Un chancre est une maladie provoquant des ulcères cutanés, et une autre « rongeant » l’écorce des arbres. Le cancer, familièrement appelé crabe, est la terrible maladie que l’on sait.

Dans la mythologie grecque, un cruel crabe géant vient à l’aide de l’Hydre de Lerne dans son combat contre Héraclès, en mordant celui-ci au pied. C’est d’ailleurs pour le récompenser de ses services qu’Héra, jalouse de ce fils qu’a eu son époux Zeus avec Alcmène, met le crabe au nombre des douze signes du zodiaque (c’est le cancer).

En Afrique, le crabe symbolise parfois le mal ou le démon du mal. En revanche, dans les pays orientaux, les crabes sont admirés, voire vénérés, et porteurs de riches symboles. Les crabes dorippes « à face humaine » de Chine ou du Japon sont considérés comme sacrés : la croyance veut qu’ils renferment l’âme d’un défunt, qu’ils soient le lieu de la réincarnation de l’âme des morts. Ce sont des objets de curiosité, utilisés pour la fabrication d’objets familiers (vases, tasses, pots, etc.), et une source d’inspiration pour les peintres.

Selon la tradition cambodgienne, le crabe est un symbole bénéfique : celui qui saisit un crabe en rêve s’attend à voir ses désirs comblés. Chez les Munda du Bengale, le crabe est un démiurge chargé par le Soleil de remonter la terre du fond des océans.

Le cancer, signe du zodiaque

Dans le système du zodiaque instauré vers 2 000 ans avant J.-C. par les Babyloniens, le crabe (ou l’écrevisse) constitue le signe de la constellation (signe du Cancer) dans lequel le soleil entre au solstice d’été, le 22 juin, au moment où les jours décroissent et où le soleil, descendant, semble rétrograder, peut-être par référence à la marche à reculons que l’on attribue souvent indûment au crabe.

Le crabe que les Grecs ont fait figurer dans le zodiaque (terme qui, en grec, signifie « cercle d’animaux » ou « constellation des vivants ») est non pas un crabe marin mais un crabe d’eau douce, le « crabe du lit des rivières ». À savoir un potamidé (Potamion potamos) à développement direct, qui vit dans les fleuves et les lacs de Grèce, et qui est également commun dans le Tigre et l’Euphrate, non loin de Babylone.

Selon les traditions astrologiques occidentales, le Cancer est un signe d’eau, peu actif et rêveur, paresseux et hypersensible.

Les crabes toxiques

De nombreuses espèces de crabes sont comestibles et très appréciées ; mais d’autres ont une chair toxique. On trouve des indications de crabes nocifs dans de très anciens traités pharmacologiques chinois, dans des récits d’anciens naturalistes et dans des rapports ethnographiques. Par ailleurs, on a souvent relaté des cas de troubles graves, d’empoisonnements et même de décès brutaux dans diverses régions indo-pacifiques, après l’ingestion de crabes. Plusieurs espèces du superbe genre Demania (surtout Demania Toxica) ont causé la mort en Inde et aux Philippines.

Dans les années 1960, les premières expériences de toxicologie furent entreprises par les Japonais et par des chercheurs de Singapour et des Philippines. C’est ainsi que fut découvert, dans la chair de certains crabes, un poison extrêmement toxique, plus précisément une neurotoxine qui n’est pas détruite par la chaleur de la cuisson. Un seul gramme de cette toxine peut tuer 42 000 souris ! On s’aperçoit aujourd’hui que la plupart des espèces de crabes rejetées par les populations locales, considérées dans la croyance populaire comme tabous, ou suspectées d’être nocives dans certaines régions, contiennent cette toxine.

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Découvert au xixe siècle, menacé au xxe siècle

La découverte d’Uca tangeri remonte à 1830. Cette année-là, un naturaliste embarqué sur le navire la Victoire, qui se trouvait à marée basse au fond de la rade de Tanger, remarqua un très grand nombre de petits crabes, tous des mâles, à demi cachés dans la vase et dont seules les pinces émergeaient de leurs terriers. Les matelots s’en délectèrent, et, un peu plus tard, l’espèce était décrite comme nouvelle et baptisée d’après le lieu de sa récolte sur le rivage marocain. Peu de temps après, on reconnut d’autres Uca tangeri en Andalousie, puis au Portugal sur les côtes de l’Algarve.

À Cadix, le crabe violoniste est surnommé « écrevisse de mer », car il vit à l’embouchure du Guadalquivir dans les parties les plus élevées et fangeuses de la côte. C’est l’une des seules espèces d’Uca régulièrement consommée, en Andalousie et au Portugal : on chasse les crabes, mais on n’arrache que la grande pince (en andalou, carrasquena) du mâle, que l’on vend ensuite sur les marchés comme une friandise, un hors d’œuvre. Un ou deux ans plus tard, le crabe aura régénéré son chélipède amputé et, en cas de capture, on pourra à nouveau détacher cette belle patte de « première repousse » (zapatera). Elle sera alors remplacée par une patte plus petite, de « deuxième repousse », qui ne tentera plus guère les « chasseurs ».

Hormis Uca tangeri, pour sa « superpince », et une autre espèce commercialisée au Japon, les crabes violonistes sont peu consommés dans le monde. Mais certaines espèces disparaissent par suite de la pollution, de drainage, de la destruction de la mangrove ou des milieux naturels.

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Le Coq est le symbole alchimique du Vitriol

Posté par othoharmonie le 27 décembre 2015

coq de-la-france

Formé par la cuisson du sel et du soufre. Au début du Grand Œuvre, le Lion vert (la matière première) est soumis au feu de l’athanor, et se trouve agressé par le Renard dont la queue figure le soufre. Basile Valentin, parlant du soufre se muant en Vitriol, fait dire à l’adepte que « le coq mangera le renard », et au final, un Coq triomphant symbolisera l’issue de sa confrontation avec le Lion.

L’origine de cette symbolique se trouve chez le philosophe Lucrèce, et chez Pline l’Ancien (Histoire naturelle). Lucrèce affirme dans son De natura rerum que : « quand chassant la nuit au battement de ses ailes, le Coq appelle l’aurore de sa voix éclatante, le plus courageux des Lions est incapable de lui tenir tête et de le regarder en face, tant il songe alors à la fuite ». La pierre alectoire (pierre du Coq) est, depuis l’antiquité romaine jusqu’au Moyen-Âge, le talisman des athlètes.

Ce bézoard, nom donné aux concrétions pierreuses que l’on trouve dans le corps des animaux, aurait, selon le Grand Albert, la vertu d’étancher la soif. Cependant, il doit être extrait d’un Coq d’au moins quatre ans. Mais le véritable pouvoir de cette pierre merveilleuse est ésotérique et ne peut être obtenu qu’à l’issue d’un combat symbolique de Coqs. Ce duel, d’une extrême violence, se termine par la mort d’un des deux gallinacés. Son sens est à rapprocher du mythe d’Abel et de Caïn, qui sont les personnifications de deux forces antagonistes.

À la mort d’Abel, Seth représentera la force de l’équilibre, le bâton du boiteux, ou encore, l’axe du caducée. À la mort du Coq, on trouvera cette force sous la forme d’une pierre en fouillant l’intérieur de ses entrailles. D’après le Lapidaire de Marbode (1035-1123), la pierre serait cristalline, blanche, et de la grosseur d’une fève. Elle rend les athlètes invincibles et procure le verbe clair et l’éloquence aux orateurs.

C’est une pierre de lumière, la même qui est évoquée par l’acronyme des alchimistes (et des Francs-Maçons), V.I.T.R.I.O.L : Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem soit : Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée. En d’autres termes : la pierre philosophale. Se rectifier, c’est marcher droit à nouveau après un boitement mais à l’aide d’une canne, d’un bâton rectiligne, symbole de l’Équilibre. L’idée d’un coq emblème des Gaulois est relativement récente. Si les Celtes vénéraient le Coq comme attribut de Lug, puis de Mercure (époque gallo-romaine), ils n’en ont pas fait pour autant l’emblème de leur peuple.

Ce sont les Romains qui ont nommé l’habitant de la Gaule gallus (gaulois), mot qui signifie aussi Coq. Jules César, dans sa Guerre des Gaules, compare la vaillance du Coq protégeant farouchement sa basse-cour à la fougue des guerriers gaulois. Mais il faut attendre la fin du Moyen-Âge pour voir les souverains français accepter le Coq comme emblème de leur courage et de leur vigilance, et c’est seulement à partir de la Renaissance que le Coq personnifie la Nation française .

Voir un Coq en rêve annonce souvent une bonne nouvelle, mais, selon Artémidore d’Ephèse, rêver d’un combat de Coqs présage un conflit, une bataille. Cependant, compte tenu de la richesse du symbole dans son aspect alchimique et initiatique, le combat de Coqs ne peut être que bénéfique. Il est, en effet, une étape nécessaire à la découverte de la Pierre Philosophale, à la réalisation du Grand Œuvre qui va nous transformer, nous faire évoluer.

Les plumes de Coq symbolisent le courage et la victoire du jour sur la nuit. Ses plumes sont donc réservées aux guerriers chamaniques. Animal familier qui sait se faire entendre, Coq a trouvé une place importante dans de nombreuses religions et traditions. Symbole universel, les vertus qu’on prête à cet animal solaire sont en effet innombrables. Porte-bonheur, prophète guérisseur, il incarne le courage, l’intelligence, et on l’associe volontiers à la résurrection. Sa démarche, le buste en avant, le fait passer pour fier.

Parce qu’il a pour lui seul de nombreuses poules, on en a fait un symbole de virilité : il est d’usage de dire d’un homme qui cherche à séduire les femmes qu’il fait le Coq. En Extrême-Orient, Coq symbolise les Cinq Vertus : les vertus civiles, les vertus militaires, le courage, la bonté et la confiance. Annonçant l’avènement du soleil, il est efficace contre les mauvaises influences de la nuit : il les éloigne de la maison, si on le place en effigie sur la porte. Au Viêt-Nam, la patte de Coq bouillie est une image du macrocosme et sert à la divination. Dans le Bouddhisme tibétain, Coq est un symbole exceptionnellement néfaste : il figure au centre de la Roue de l’Existence, associé au Porc et au Serpent comme l’un des Trois Poisons ; sa signification est le désir, l’attachement, la convoitise et la soif. En Europe, il est parfois pris comme une image de la colère.

COQSymbole de la lumière naissante, il est un attribut d’Apollon. Symbole du temps, il est aussi attribut d’Hermès. Dans les traditions nordiques, Coq est symbole de vigilance guerrière. Comme symbole maçonnique, il est signe de la vigilance et de l’avènement de la lumière initiatique. Il correspond au mercure alchimique. Au Japon, son chant est associé à celui des dieux ; c’est lui qui fit sortir la déesse Amaterasu de la caverne où elle se cachait, ce qui correspondit au lever du soleil et à la manifestation de la lumière. Dans l’enceinte des grands temples Shintoïstes, des Coqs magnifiques circulent en toute liberté. Des Coqs sacrés sont également entretenus au temple d’Ise.

Parfois on considère même que les Torii des temples furent à l’origine édifié pour servir de perchoirs au volatile. Les Japonais lui attribuent encore la vertu du courage, et son rôle bénéfique lui est reconnu dans tous les pays d’Extrême-Orient. Le caractère chinois qui le désigne, « Ki », est homophone de celui qui signifie bon augure, favorable. Chez les Musulmans, le Coq a un rôle annonciateur. Mahomet parle d’un Coq sacré de très grande taille et d’une blancheur immaculée, dans le paradis. Selon le prophète, ce grand Coq blanc avertira les Musulmans du jour du jugement dernier. Dans la culture islamique, il est comparé au muezzin chargé, depuis le haut d’un minaret, d’appeler aux cinq prières quotidiennes de l’Islam : comme lui, il réveille les croyants et les invite à la prière.

Pour les Chrétiens, le Coq est l’emblème du Christ (lumière et résurrection), et symbole de l’intelligence divine. Comme le Christ, il annonce l’arrivée du jour après la nuit, c’est-à-dire, symboliquement, celle du bien après le mal. C’est en vertu de ce pouvoir qu’une représentation de Coq orne de nombreux clochers d’églises. Les Romains sacrifiaient des Coqs aux dieux pour obtenir la protection de leur maison. Au XVIIe siècle, les marins de l’île de Ceylan, au sud de l’Inde, offraient des Coqs au Roi des Vents pour s’assurer une navigation sans encombre. Au Bénin où l’on pratique un culte appelé Vodoun, le Coq est un symbole de vie. Selon la tradition, pour faire revenir à la vie quelqu’un qui est mort violemment, il convient de faire tournoyer un Coq vivant par les pattes au-dessus de la dépouille.

L’animal est ensuite sacrifié, et son foie est mangé cru. Ces rites ont traversé l’Atlantique avec les esclaves africains et survivent, en Haïti notamment, sous le nom de Vaudou. En Guinée-Bissau, au sud du Sénégal, le peuple des Bijogos se sert de Poulets pour savoir si les étrangers sont les bienvenus. Leur roi ne peut décider seul d’accueillir un visiteur : il doit COQdemander à l’esprit protecteur du village sa bienveillance. Pour cela, il saisit un Poulet et lui tranche le cou d’un geste franc. Quand le Poulet s’immobilise, le roi verse les dernières gouttes de son sang sur une statuette représentant l’esprit protecteur. Une prêtresse l’aide à interpréter la réaction de l’esprit.

Demandez à votre totem Coq de vous aider à créer un bouclier de protection psychique vous avertissant des dangers, et à protéger physiquement votre conjoint et votre famille. Vous accéderez à son pouvoir en lisant le Kâma-Sûtra, et en ayant une grande confiance en vous-même. En tant que guérisseur, Coq accroît l’énergie Yang, et soigne les dysfonctionnements sexuels.

En tant que gardien ou protecteur, Coq éloigne les mauvais esprits, et protège contre le feu.

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LE CYGNE ET SON RAPPORT LUMINEUX

Posté par othoharmonie le 21 novembre 2015

 

De la Grèce ancienne à la Sibérie, en passant par l’Asie Mineure, aussi bien que par les peuples slaves et germaniques, un vaste ensemble de mythes, de traditions et de poèmes célèbre le cygne, oiseau immaculé, dont la blancheur, la puissance et la grâce font une vivante épiphanie de la lumière. 

 Cygne et lumière

Il y a toutefois deux blancheurs, deux lumières : celle du jour, solaire et mâle ; celle de la nuit, lunaire et femelle. Selon que le cygne incarne l’une ou l’autre, son symbole s’infléchit dans un sens différent. S’il ne se clive pas et s’il veut assumer la synthèse des deux, comme c’est parfois le cas, il devient androgynal et de plus chargé de mystère sacré. Enfin, de même qu’il y a un soleil et un cheval noirs, il existe un cygne noir, non pas désacralisé, mais chargé d’un symbolisme occulte et inversé.

Il existe un conte bouriate qui évoque un chasseur qui surprit un jour trois splendides femmes se baignant dans un lac solitaire. Elles n’étaient autres que des cygnes qui s’étaient dépouillés de leur manteau de plumes pour entrer dans l’eau. L’homme vola l’un de ces costumes et le cacha, ce qui fit qu’après leur bain, deux seulement des femmes-cygnes purent reprendre possession de leurs ailes et s’envoler. Le chasseur prit la troisième pour épouse. Elle lui donna onze fils et six filles, puis repris son costume et s’envola après lui avoir tenu ce discours : « Vous êtes des êtres terrestres et vous resterez sur la terre, mais moi, je ne suis pas d’ici, je viens du ciel et je dois y retourner. Chaque année, au printemps, lorsque vous nous verrez passer, volant vers le Nord, et chaque automne, quand nous redescendrons vers le Sud, vous célèbrerez notre passage par des cérémonies spéciales ».

Un conte analogue se retrouve chez la plupart des peuples altaïques, avec des variantes, où l’oie sauvage se substitue souvent au cygne. Dans tous ces récits, l’oiseau de lumière, à la beauté éblouissante et immaculée, est la vierge céleste, qui sera fécondée par l’eau ou la terre, le lac ou le chasseur, pour donner naissance au genre humain. Cette lumière céleste cesse d’être masculine et fécondatrice pour devenir féminine et fécondée. On rejoint par ces mythes la représentation égyptienne de la hiérogamie Terre-Ciel : Nout, déesse du Ciel, est fécondée par Geb, dieu de la Terre. Il s’agit alors en ce cas de la lumière lunaire, laiteuse et douce, d’une vierge mythique. Cette acceptation du symbole du cygne semble avoir prédominé chez tous les peuples slaves, ainsi que chez les Scandinaves, les Iraniens et les Turcs d’Asie Mineure. L’image, ou pour mieux dire la croyance, est parfois poussée jusqu’à ses plus extrêmes conséquences. Ainsi, dans le bassin du Iénisséi, on crut longtemps que « le cygne avait des règles comme la femme ». Mais le cygne, au hasard des peuples, a de nombreux avatars : outre l’oie sauvage, déjà mentionnée, mais également la mouette chez les Tchouktches, et la colombe et le pigeon en Russie. 

 

Le cygne incarne le plus souvent la lumière mâle, solaire et fécondatrice. En Sibérie même, cette croyance, bien qu’elle ne soit pas généralisée, a laissé quelques traces. Ainsi, toujours chez les Bouriates, les femmes font une révérence et adressent une prière au premier cygne qu’elles aperçoivent au printemps. Mais c’est dans la lumière pure de la Grèce que la beauté du cygne mâle, inséparable compagnon d’Apollon, a été le plus clairement célébrée ; dans les mythes, cet oiseau ouranien est également le lien qui fait correspondre, par ses migrations saisonnières, les peuples méditerranéens et les mystérieux Hyperboréens. On sait qu’Apollon, dieu de la musique, de la poésie et de la divination, est né à Délos, un jour sept. Des cygnes sacrés firent, ce jour-là, sept fois le tour de l’île, puis Zeus remit à la jeune divinité, en même temps que sa lyre, un char attelé de ces blancs oiseaux. Ceux-ci l’emmenèrent « d’abord dans leur pays, sur les bords de l’océan, au-delà de la patrie des vents du Nord, chez les Hyperboréens qui vivent sous un ciel toujours pur ». Dans son ouvrage sur les mystères d’Eleusis, Victor Magnien suggère que le cygne « symbolise la force du poète et de la poésie ». Le cygne sera l’emblème du poète inspiré, du pontife sacré, du druide habillé de blanc, du barde nordique…  

 

En Extrême-Orient, le cygne est aussi symbole d’élégance, de noblesse et de courage. C’est pourquoi, selon Lie-tseu, les Mongols firent boire du sang de cygne à l’empereur Mou des Tcheou. Il est encore symbole de la musique et du chant, tandis que l’oie sauvage, dont on sait l’extrême méfiance, est un symbole de prudence, dont le Yi-king fait usage pour indiquer les étapes d’une progression circonspecte. Cette progression est susceptible, bien entendu, d’une interprétation spirituelle.

Ces différents animaux sont mal distingués par l’iconographie hindoue, dans laquelle le cygne de Brahma (hamsa), qui lui sert de monture, possède la morphologie de l’oie sauvage. Le hamsa, c’est l’oiseau aquatique. Monture de Brahma, c’est le symbole de l’élévation du monde informel vers le ciel de la connaissance.

Le symbolisme du cygne ouvre d’autres perspectives encore en ce qu’il pond ou qu’il couve l’œuf du monde. Telle est « l’oie du Nil » dans l’Egypte ancienne. Tel encore le « hamsa » couvant le « Brahmanda » sur les Eaux primordiales dans la tradition de l’Inde. Tel enfin l’œuf de Léda et de Zeus, dont sont issus les Dioscures, coiffés chacun d’une moitié de cet œuf dont ils figurent la différenciation. Il n’est pas inutile d’ajouter que, selon des croyances fort répandues encore à une époque récente, les enfants, nés de la terre et de l’eau, étaient apportés par des cygnes. De l’union de Zeus déguisé en cygne et de Léda serait née Hélène de Troie à la beauté aussi légendaire que celle du cygne.

Dans les textes celtiques, la plupart des êtres de l’Autre Monde qui, pur une raison ou pour une autre, pénètrent dans le monde terrestre, empruntent la forme du cygne et y voyagent le plus souvent par deux, reliés par une chaîne d’or ou d’argent. Dans bien des œuvres d’art celtiques, deux cygnes figurent chacun sur un côté de la barque solaire, qu’ils guident et accompagnent dans son voyage sur l’océan céleste. Venant du Nord ou y retournant, ils symbolisent les états supérieurs ou angéliques de l’être en cours de délivrance et retournant vers le Principe suprême. Sur le continent et même dans les îles, le cycle est souvent confondu avec la grue, d’une part, et l’oie, d’autre part ; ce qui explique l’interdit alimentaire dont cette dernière faisait l’objet, d’après César, chez les Bretons.

CYGNE SACRELe cygne fait également partie de la symbolique de l’alchimie. « Il a toujours été regardé, par les Alchimistes, comme un emblème du mercure. Il en a la couleur et la mobilité, ainsi que la volatilité proclamée par ses ailes. Il exprime un centre mystique et l’union des opposés (eau-feu), en quoi l’on retrouve sa valeur archétypale d’androgyne. Au monastère franciscain de Cimiez, la devise latine dégage l’ésotérisme de l’image « Divina sibi canit et orbi » : « Il chante divinement pour soi et pour le monde ». Ce sifflement est nommé le chant du cygne (le signe chantant), parce que le mercure, voué à la mort et à la décomposition, va transmettre son âme au corps interne issu du métal imparfait, inerte et dissous (Basile Valentin, « Les Douze Clefs de la Philosophie – Editions de Minuit).

 

Extrait du Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

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LA SYMBOLIQUE DU CYGNE

Posté par othoharmonie le 17 novembre 2015

 

 

Symbolique du cygneDe la Grèce ancienne à la Sibérie, en passant par l’Asie Mineure, aussi bien que par les peuples slaves et germaniques, un vaste ensemble de mythes, de traditions et de poèmes célèbre le cygne, oiseau immaculé, dont la blancheur, la puissance et la grâce font une vivante épiphanie de la lumière*.

Il y a toutefois deux blancheurs, deux lumières ; celle du jour, solaire et mâle ; celle de la nuit, lunaire et femelle. Selon que le cygne incarne l’une ou l’autre, son symbole s’infléchit dans un sens différent. S’il ne se clive pas et s’il veut assumer la synthèse des deux, comme c’est parfois le cas, il devient androgynal et de plus chargé de mystère sacré. Enfin, de même qu’il y a un soleil* et un cheval noir*, il existe un cygne noir, non pas désacralisé, mais chargé d’un symbolisme occulte et inversé.

Les Bouriates content qu’un chasseur surprit un jour trois femmes splendides qui se baignaient dans un lac* solitaire. Elles n’étaient autres que des cygnes, qui s’étaient dépouillés de leur manteau de plumes pour entrer dans l’eau. L’homme ravit un de ces costumes et le cacha, ce qui fit qu’après leur bain, deux seulement des femmes-cygnes purent reprendre possession de leurs ailes et s’envoler. Le chasseur prit la troisième pour épouse. Elle lui donna onze fils et six filles, puis reprit son costume et s’envola après lui avoir tenu ce discours : Vous êtes des êtres terrestres et vous resterez sur la terre, mais moi, je ne suis pas d’ici, je viens du ciel et je dois y retourner. Chaque année, au printemps, lorsque vous nous verrez passer, volant vers le Nord, et, chaque automne, quand nous redescendrons vers le Sud, vous célébrerez notre passage par des cérémonies spéciales (HARA, 319).

Un conte analogue se retrouve chez la plupart des peuples altaïques, avec des variantes, où l’oie* sauvage se substitue souvent au cygne. Dans tous ces récits, l’oiseau de lumière, à la beauté éblouissante et immaculée, est la vierge céleste, qui sera fécondée par l’eau* ou la terre* – le lac ou le chasseur – pour donner naissance au genre humain. Mais comme le souligne justement J. -P. Roux (ROUF, 351), cette lumière céleste cesse ici d’être masculine et fécondatrice, pour devenir féminine et fécondée. On rejoint par ces mythes la représentation égyptienne de la hiérogamie Terre-Ciel. Nout, déesse du Ciel, est fécondée par Geb, dieu de la Terre. Il s’agit alors en ce cas de la lumière lunaire, laiteuse et douce, d’une vierge mythique. Cette acception du symbole du cygne semble avoir prédominé chez tous les peuples slaves, ainsi que chez les Scandinaves, les Iraniens et les Turcs d’Asie Mineure. L’image – ou pour mieux dire la croyance – est parfois poussée jusqu’à ses plus extrêmes conséquences. Ainsi, dans le bassin du Iénisséi, on crut longtemps que le cygne a des règles, tout comme la femme (ROUF, 353). Mais le cygne, au hasard des peuples, a de nombreux avatars : outre l’oie sauvage, déjà mentionnée, signalons la mouette* chez les Tchouktches, la colombe* et le pigeon* en Russie (ibid. p. 353).

Le cygne incarne le plus souvent la lumière mâle, solaire et fécondatrice. En Sibérie même, cette croyance, bien qu’elle ne soit pas généralisée, a laissé quelques traces. Ainsi, Uno Harva note que, chez les Bourates, les femmes font une révérence et adressent une prière au premier cygne qu’elles aperçoivent au printemps (HARA, 321). Mais c’est dans la lumière pure de la Grèce que la beauté du cygne mâle, inséparable compagnon d’Apollon, a été le plus clairement célébrée dans les mythes, cet oiseau ouranien est également le lien qui fait correspondre, par ses migrations saisonnières, les peuples méditerranéens et les mystérieux Hyperboréens*. On sait qu’Apollon, dieu de la musique, de la poésie et de la divination, est né à Délos, un jour sept*. Des cygnes sacrés firent, ce jour-là, sept fois le tour de l’île, puis Zeus remit à la jeune divinité, en même temps que sa lyre, un chars attelé de ces blancs oiseaux. Ceux-ci l’emmenèrent d’abord dans leur pays, stir les bords de l’océan, ace-delà de la patrie des vents du Nord, chez les Hyperboréens qui vivent sous un ciel toujours pur (GRID, 41). Ce qui fait dire à Victor Magnien, dans son ouvrage sur les mystères d’Éleusis, que le cygne symbolise la force du poète et de la poésie (MAGE, 135). II sera l’emblème du poète inspiré, du pontife sacré, du druide habillé de blanc, du barde nordique, etc. Le mythe de Léda semble, à première vue, reprendre la même interprétation, mâle et diurne, du symbole du cygne. A l’examiner de plus près on remarque, cependant, que, si Zeus se change en cygne pour approcher Léda, c’est, nous précise le mythe grec, après que celle-ci s’est métamorphosée en oie pour lui échapper (GRID, 257). Or, nous avons vu que l’oie est un avatar du cygne dans son acception lunaire et femelle. Les amours de Zeus-Cygne et de Léda-Oie représentent donc la bipolarisation du symbole, ce qui conduit à penser que les Grecs, rapprochant volontairement ses deux acceptions diurne et nocturne, ont fait de cet oiseau un symbole hermaphrodite où Léda et son divin amant ne font qu’un.

Cette même idée sous-tend l’analyse que fait Gaston Bachelard d’une scène du second Faust (BACE, 50 sq). Dans les eaux fraîches, ces eaux voluptueuses dont Novalis dit qu’elles se montrent avec une céleste toute-puissance comme l’élément de l’amour et de l’union, apparaissent les vierges au bain des cygnes les suivent, qui ne sont tout d’abord que l’expression de leur nudité permise (Bachelard) puis, enfin, le cygne, et il nous faut ici citer Goethe :

Comme fièrement et avec complaisance la tête et le bec se meuvent…
Un d’entre eux, surtout, – semble se rengorger avec audace,
et fait voile rapidement à travers tous les autres ;
ses plumes se gonflent comme une vague sur la vague,
il s’avance en ondulant vers l’asile sacré…

(vers 7300-7306)

L’interprétation de cette tête et de ce bec, celle de ces plumes gonflées, celle enfin de l’asile sacré se passent de commentaire voici le cygne mâle en face du cygne femelle, représenté par les jeunes filles et Bachelard de conclure l’image du cygne est hermaphrodite. Le cygne est féminin dans la contemplation des eaux lumineuses, il est masculin dans l’action. Pour l’inconscient, l’action est un acte. Pour l’inconscient, il n’y a qu’un acte… (BACE, 152). L’image du cygne, dès lors, se synthétise, pour Bachelard, comme celle du Désir, appelant à se confondre les deux polarités du monde manifestées par ses luminaires. Le chant du cygne, dès lors, peut s’interpréter comme les éloquents serments de l’amant… avant ce terme si fatal à l’exaltation qu’il est vraiment une mort amoureuse (ibid.). Le cygne meurt en chantant et chante en mourant, il devient de fait le symbole du désir premier qui est le désir sexuel.

Poursuivant l’analyse du chant du cygne, il est troublant de retrouver, par le biais de la psychanalyse, la chaîne symbolique lumière-parole-semen, si présente dans la pensée cosmogonique des Dogon Jung, note G. Durand (DURS, 161), rapprochant le radical sven du sanscrit svan, qui signifie bruire, va même jusqu’à conclure que le chant du cygne (schwan), oiseau solaire, n’est que – la manifestation mythique de l’isomorphisme étymologique de la lumière et de la parole.

cygneJe ne citerai qu’un seul exemple de l’inversion symbolique à laquelle se prête l’image du cygne noir. Dans le conte d’Andersen Le camarade de voyage, qui puise aux sources du folklore scandinave, une vierge ensorcelée et sanguinaire apparaît sous la forme d’un cygne noir. Plongé par trois fois dans un bassin d’eau purifiante, ce cygne devient blanc, et la princesse, exorcisée, sourit enfin à son jeune époux (ANDC, 87).

En Extrême-Orient, le cygne est aussi symbole d’élégance, de noblesse et de courage. C’est pourquoi, selon Lie-tseu, les Mongols firent boire du sang de cygne à l’empereur Mou des Tcheou. Il est encore symbole de la musique et du chant, tandis que l’oie sauvage, dont on sait l’extrême méfiance, est un symbole de prudence, dont le Yi-king fait usage pour indiquer les étapes d’une progression circonspecte. Cette progression est susceptible, bien entendu, d’une interprétation spirituelle.

Ces différents animaux sont mal distingués par l’iconographie hindoue, dans laquelle le cygne de Brahma (hamsa), qui lui sert de monture, possède la morphologie de l’oie sauvage. La parenté étymologique de hamsa et d’anser est flagrante, dit M.T. de Mallmann. Le hamsa, monture deVaruna, c’est l’oiseau aquatique monture de Brahma, c’est le symbole de l’élévation du, monde informel vers le, ciel de la connaissance. Dans un sens voisin, des textes sanscrits du Cambodge identifient Çiva au Kalahamsa qui fréquente le lac du cœur des yogi, au hamsa qui siège dans lebinduhamsa signifiant en même temps l’anser et l’Atmâ ou le Soi, l’Esprit universel. Attribué à Vishnu, il devient un symbole de Narâyana, l’un des noms du Dieu créateur, et l’âme du monde personnifiée.

Le symbolisme du cygne ouvre d’autres perspectives encore en ce qu’il pond oui qu’il couve l’œuf du monde. Telle est l’oie du Nil dans l’Égypte ancienne. Tel encore le hamsa couvant le Brahmanda sur les Eaux primordiales dans la tradition de l’Inde. Tel enfin l’œuf de Léda et de Zeus, dont sont issus les Dioscures, coiffés chacun d’une moi- tié de cet œuf dont ils figurent la différenciation. Il n’est pas inutile d’ajouter que, selon des croyances fort répandues encore à une époque récente, les enfants, nés de la terre et de l’eau, étaient apportés par des cygnes (BHAB, DANA, ELIM, GUET, MALA, SOUN).

Dans les textes celtiques, la plupart des êtres de l’Autre Monde qui, pour une raison ou pour une autre, pénètrent dans le monde terrestre, empruntent la forme du cygne et voyagent le plus souvent par deux reliés par une chaîne d’or ou d’argent. Sur beaucoup d’oeuvres d’art celtiques, deux cygnes figurent chacun sur un côté de la barque solaire, qu’ils guident et accompagnent dans son voyage sur l’océan céleste. Venant du nord ou y retournant, ils symbolisent les états supérieurs ou angéliques de l’être en cours de délivrance et retournant vers le Principe suprême. Sur le continent, et même dans les îles, le cygne est souvent confondu avec la grue, d’une part, et l’oie, d’autre pail ce qui explique l’interdit alimentaire dont cette dernière faisait l’objet, d’après César, chez les Bretons (OGAC, 18, 143-147 CHAB, 537-552).

Le cygne fait également partie de la symbolique de l’alchimie. Il a toujours été regardé, par les Alchimistes, comme un emblème du mercure. Il en a la couleur et la mobilité, ainsi que la volatilité proclamée par ses ailes. Il exprime un centre mystique et l’union des opposes (eau-feu), en quoi l’on retrouve sa valeur archétypale d’androgyne. Au monastère franciscain de Cimiez, la devise latine dégage l’ésotérisme de l’image Divina sibi canit et orbi. Il chante divinement pour soi et pour le monde. Ce sifflement est nommé le chant du cygne (le signe chantant), parce que le mercure, voué à la mort et à la décomposition, va transmettre son âme, au corps interne issu du métal imparfait, inerte et dissous.

 

(Source : Basile Valentin, Les 12 clefs de la Philosophie, trad. Eugene Canseliet, Ed. de Minuit, Paris 1956, p. 152).

 

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HISTOIRE DE L’HOMME LEOPARD

Posté par othoharmonie le 28 août 2015

 

 

 

Étymologie du nom Léopard :
n. m. du latin léo, (lion) et pardus, (panthère).
Nom donné à la panthère tachetée d’Afrique (long. 1,20m).

leo
Introduction 

Les aniotasanioto ou anyoto, dit également « hommes-léopards », sont membres d’une société secrète africaine criminelle ayant une base de religiosité animiste. 
Cette société est réputée pour recruter ses cadres parmi les sorciers, sans pour autant revêtir la structure hiérarchisée d’une secte moderne. 
Ils étaient actifs autrefois au Congo belge, dans la région des Babali du Haut Aruwimi et pratiquaient l’assassinat rituel en simulant une attaque de léopard. 
Anyoto viendrait d’un verbe nyoto qui signifie griffer, mais la tradition populaire parle aussi d’une Aniota qui aurait été une instigatrice de la secte.

Initiation 

Ce n’était pas de manière délibérée que les jeunes hommes entraient dans la secte, ils étaient désignés par les anciens et ne pouvaient se soustraire à cette volonté. 
Leur initiation commençait juste après la circoncision, ils devaient alors abandonner leur famille et se rendre dans un endroit isolé, forêt ou îlot. 
Là, pendant de longs mois, le néophyte était soumis à des épreuves très pénibles comme porter un tronc d’arbre d’un poids égal à celui d’un homme adulte et à courir avec ce fardeau. 
Il s’agissait en fait d’acquérir la souplesse et la vigueur d’un léopard quand il transporte une grosse proie. L’exercice était non seulement harassant mais aussi très dangereux, car, pendant que le jeune garçon se livrait à cette épreuve, les autres postulants lançaient des javelots comme ils l’auraient fait sur un fauve en fuite. 
Si le candidat était blessé ou tué, nul ne s’en souciait, cela prouvait simplement qu’il n’était pas digne de devenir un « homme-léopard ». 
En cas de réussite, on apprenait alors à l’initié à imiter parfaitement le cri des félins et à se servir de ses armes d’assassin.

Armes 

Les armes de «l’homme-léopard » étaient une cagoule en écorce battue, peinte en imitant le pelage du félin, un bâton à empreinte de léopard et une petite fourche métallique imitant les griffes acérées d’une patte de fauve. On peut voir un costume d’aniota au Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren près de Bruxelles.

Histoire 

La croyance générale était que les « hommes-léopards », n’avaient pour cible que les noirs hostiles à la tradition et à l’indépendance, ou trop enclins à coopérer avec les colons. Parmi les victimes, on n’a jamais recensé un blanc. 
Les Aniotas furent aussi réputés anthropophages et, à un niveau supérieur, d’être capables de projeter leur conscience dans le corps d’un léopard, qu’ils pouvaient ainsi téléguider pour aller tuer quelqu’un, sur le principe du loup-garou mais sans transformation corporelle. 
Les Anyotos étaient connus et craints de la population, mais celle-ci faisait cependant souvent appel à leurs services pour agir en tant que justiciers. 
L’administration coloniale belge lutta contre cette confrérie qui risquait de déstabiliser le système mis en place. Dès 1921, des suspects furent arrêtés et pendus en place publique. 

De 1933 à 1934, plusieurs centaines de corps lacérés et atrocement mutilés furent retrouvés. Les blessures donnaient à penser que le meurtre était l’œuvre d’un fauve. Les empreintes repérées au sol, autour des victimes, tendaient à corroborer cette hypothèse. Mais, un examen plus approfondi révéla bientôt que tous ces crimes avaient été perpétrés par de faux félins: les « hommes-léopards ». Les populations locales refusèrent en majorité de collaborer avec les autorités coloniales par crainte de représailles. Ces massacres auraient été liés à la rivalité entre deux populations : les Bapakombe et les Wanande, les premiers reprochant aux seconds d’envahir leur territoire.

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Au XXIe siècle 

Le mouvement n’aurait plus fait parler de lui depuis ou serait à l’état latent. Mais, quelques groupes « d’hommes-léopards » et « d’hommes-panthères » subsistent dans certains districts du Cameroun et des états limitrophes comme le Nigeria et le Congo.

Confréries semblables 

Les animaux de totem sont différents : hommes-lions au Tanganyika, hommes-hyènes en Côte d’Ivoire ainsi que des hommes-chimpanzés, hommes-crocodiles, hommes-panthères, hommes-gorilles, hommes-babouins, dans d’autres régions d’Afrique. 
La structure criminelle de la fraternité serait par contre identique.

Dans la culture populaire 

La bande-dessinée Tintin au Congo fit connaître au grand public et pérénisa le thème de la confrérie en 1931. 
La confrérie est évoquée dans la série Tarzan : Tarzan et les hommes-léopards (Tarzan and the Leopard Men), publié en 1933. 
Bob Morane affronte des « hommes-léopards » dans le roman La Vallée des Brontosaures, publié en 1955. 
Enfin, le personnage de Jacques Martin Alix affronte aussi des « hommes-léopards » africains dans l’album La griffe noire (1959).

Conclusion 

Peu à peu, ces sociétés secrètes se sont transformées en organisations destinées à faire régner la terreur politique. Ce n’est pas un hasard si certains révolutionnaires américains, en lutte contre la ségrégation raciale et l’hégémonie « blanche » qui règne aux Etats-Unis, ont choisi pour emblème la « black panther » (panthère noire).

  

SOURCE : http://moserm.free.fr/moulinsart/sommaire.html

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ELEPHANTS SANS DEFENSE

Posté par othoharmonie le 21 juillet 2015

 

 

Elephant d´AfriqueSymbole de l’Afrique, l’éléphant risque de disparaître d’ici à vingt ans. L’ivoire se raréfie et sa valeur marchande augmente. Une aubaine pour les braconniers et les organisations criminelles…

Février 2012, quelque part près de la ville centrafricaine de Birao. Une colonne de cavaliers pénètre au pas en territoire soudanais. En uniformes dépareillés, fusils-mitrailleurs en bandoulière, cette centaine d’hommes rentre au pays après six semaines d’expédition et plus de 2 000 km parcourus entre le Darfour et le nord du Cameroun. Dans leur sillage pourrissent des carcasses d’éléphants, défenses coupées à la hache, comme les trois cents et quelques pachydermes retrouvés les semaines précédentes dans le parc national camerounais de Bouba Ndjida.  À voir dromadaires et mulets ployer sous la charge, la chasse a été bonne pour les miliciens Djanjawid qui, comme à chaque fin de saison sèche, vont empocher un bon paquet de dollars une fois que l’ivoire revendu aura pris la direction de Khartoum.

Avril 2012, dans le nord-est de la RDC, les gardiens du parc national de la Garamba s’affairent, perplexes, autour de l’un des vingt-deux cadavres d’éléphants édentés et exécutés d’une balle de gros calibre dans la tête. Aucune trace dans l’herbe haute, pas de viande prélevée… Puis l’un des gardes se souvient avoir aperçu un hélicoptère de l’armée ougandaise survoler la zone quelques jours plus tôt, à la recherche du rebelle Joseph Kony – du moins officiellement. Deux mois plus tard, trente-six défenses sont saisies à l’aéroport d’Entebbe (Ouganda), en partance pour l’Asie via le port de Mombasa (Kenya), où elles devaient être chargées dans un conteneur de piments pour échapper aux douaniers. L’armée ougandaise expédierait chaque année sous le manteau pour près de 1 million de dollars (763 000 euros) d’ivoire.

Plus de 500 éléphants massacrés en deux ans

Septembre 2012, des agents du Kenya Wildlife Service (KWS) encerclent une douzaine de Shebab, près du village de Garsen, à 200 km au sud de la frontière somalienne. Depuis que les cheikhs leur ont ordonné de trouver de l’ivoire pour remplir les caisses, les islamistes s’enfoncent de plus en plus loin au sud, jusqu’au Mozambique parfois. Les rangers kényans osent quelques tirs de sommation avant de se faire accueillir à coup de grenades. Ils laissent quatre des leurs sur le terrain pendant que les Shebab repartent avec leur butin vers Kismayo (Somalie) et son port de contrebandiers. Après avoir vu ses effectifs se stabiliser pendant plus de vingt ans, le troupeau kényan subit une nouvelle saignée. Selon le KWS, 384 éléphants ont été abattus illégalement en 2012, en plus des 289 massacrés un an plus tôt. Comme le coltan et le diamant, l’ivoire fait couler le sang en Afrique. Certes, forces armées régulières et mouvements rebelles ont déjà été accusés de braconner l’or blanc – l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita) et la Résistance nationale mozambicaine (Renamo) ont su, dans les années 1980, profiter de la complicité d’officiers sud-africains pour alimenter la demande, essentiellement japonaise à l’époque.

Mais « ce qui frappe aujourd’hui, c’est l’échelle quasi industrielle à laquelle les massacres sont perpétrés, et la débauche de moyens militaires et logistiques utilisés à travers le continent », s’alarme Bas Huijbregts, responsable du World Wildlife Fund (WWF) pour l’Afrique centrale. Depuis 2007 et l’explosion de la consommation asiatique, dopée par l’émergence d’une classe moyenne chinoise avide de signes extérieurs de richesse, les volumes de contrebande atteignent des proportions inégalées, même dans les années 1980. À l’époque, la situation était pourtant si désespérée que la communauté internationale avait été contrainte d’imposer un moratoire interdisant toute forme de commercialisation de l’ivoire africain, en 1989. Avec plus de 24 tonnes d’ivoire illégal saisies aux quatre coins du monde, 2011 a battu un triste record. « Sachant que les douanes estiment mettre la main sur 10 % à peine de l’ivoire trafiqué, près de 250 tonnes sont sans doute illégalement vendues chaque année », calcule Céline Sissler-Bienvenu, directrice France et Afrique francophone du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW). Comme les autres ONG, ce fonds évalue à entre 25 000 et 35 000 le nombre de pachydermes abattus annuellement. « Toutes les quinze minutes, un éléphant est tué en Afrique », poursuit la responsable de l’IFAW.

Et ce rythme n’est pas près de ralentir, car à mesure que diminue la population – estimée à un demi-million d’individus sur le continent -, les prix flambent. Négocié autour de 2 000 dollars à Pékin, le kilo d’ivoire s’échange à plus de 250 dollars en Afrique, contre à peine une trentaine dix ans plus tôt. « De quoi faire naître les vocations », confirme Bas Huijbregts. Aussi bien chez les paysans installés près des parcs nationaux et qui, fatigués de voir leurs champs piétinés, guident les braconniers en échange d’un peu de viande ou de quelques billets, que chez les fonctionnaires désireux d’arrondir leurs fins de mois. Sans oublier les mafias asiatiques, bien décidées à profiter d’un trafic orienté à 90 % vers la Chine ou la Thaïlande, et qui représenterait chaque année entre 500 et 900 millions de dollars. « L’augmentation impressionnante du nombre de saisies massives [supérieures à 800 kg] témoigne de l’implication des grands réseaux criminels, seuls capables d’organiser et de financer de telles expéditions », affirme Tom Milliken, directeur du Système d’information sur le commerce des éléphants (Etis).

1024px-ElephantTrainingCampExploitant au mieux l’instabilité politique de certains États, la porosité des frontières et la faiblesse, voire l’inexistence, des peines encourues, les syndicats du crime peuvent aussi s’appuyer sur la diaspora chinoise pour jouer les intermédiaires ou les passeurs. Avec leur importante communauté asiatique, des pays comme le Nigeria, l’Angola ou le Soudan occupent une place centrale dans le transit de l’ivoire illégal, alors que leurs éléphants ont disparu depuis longtemps. « Les organisations mafieuses en profitent pour complexifier les voies de sortie », observe Bas Huijbregts. Elles utilisent des bateaux de pêche immatriculés en République populaire de Chine dans le golfe de Guinée, ou multiplient les points de passage.

>> Lire aussi : Kenya : le gouvernement hausse le ton contre les braconniers d’éléphants

 

 


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Dieu-Singe et l’héritage indien

Posté par othoharmonie le 17 mai 2015

 

 

 KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERAHanuman, considéré comme un dieu célibataire, chargé de pouvoir et de force, Hanuman est sans conteste le dieu le plus dévoué à Rama. Parmi de nombreux récits à son sujet, une légende bien ancrée dans les têtes raconte que, dans sa jeunesse, en scrutant le soleil en train de se lever de bon matin, Hanuman pensait qu’il s’agissait d’un fruit mûr. Bondissant alors, comme à son habitude, il attrape le soleil et l’insère dans sa bouche. Mais de peur qu’il avale le soleil et que par conséquent le monde entier s’éteindrait, tous les dieux pour une fois unis le supplient de recracher l’astre lumineux : le dieu-singe se soumet et le monde est sauvé in extrémis comme il se doit. Autrefois comme de nos jours, ses pouvoirs magiques et de guérison sont invoqués lors des catastrophes ou en cas de maladie. Indiscutablement, Hanuman c’est d’abord un dieu « bon », à défaut d’être le bon dieu, toujours serviable et même corvéable à merci.

Adepte de la médecine des plantes, Hanuman soignait les bons blessés en même temps qu’il tuait les méchants démons. Doté de multiples dons et talents, Louis Frédéric rapporte qu’il était « réputé savant et un des premiers grammairiens, il est devenu un personnage familier et très vénéré du folklore indien. Son effigie est souvent représentée dans les lieux où l’on vénère Vishnu et Rama ». Parmi les diverses appellations qui lui sont habituellement attribuées, on peut mentionner celles de Marutputra (« fils des Marut »), d’Anili (fils d’Anila ») ou encore d’Anjaneya (« fils d’Anjana »). En Inde tout particulièrement, « Hanuman Jayanti » continue d’être une fête religieuse populaire, célébrant la date anniversaire de la naissance présumée du dieu-singe, il s’agit du jour de la pleine lune du mois de Chaitra (en mars-avril). Selon le Dictionnaire des mythes et symboles de Nadia Julien, fils de la reine des singes Anjana et du dieu du vent Vayu, Hanuman est également nommé comme étant celui « qui a de puissantes mâchoires », ainsi que le « grand héros » (Mahavira), le « sanctifié, purifié » (Pavana), ou le « fils du Vent » (Maruti). Armé d’une massue d’or, il est parfois représenté comme un singe vigoureux, au visage rougi et à la queue interminable, sans oublier son poitrail velu et couvert de tatouages de Sita et Rama.

Le singe est donc un sauvage et inversement. Un raccourci évidemment un peu court mais qui a fait couler beaucoup d’encre pour ceux qui passent leur temps – surtout à la fin du XIXe siècle et hélas encore jusqu’à nos jours pour certains exaltés de ladite « inégalité des races » – à quêter le chaînon manquant entre le singe et l’homme. Il est pourtant clair comme de l’eau de roche que le singe descend directement de l’arbre, l’homme descend clairement du singe, pendant que Dieu – s’il existe – ne fait qu’observer la scène en simple spectateur atterré…

Dans la tradition hindoue, Hanuman est à la fois le protecteur des primates, le gardien du lieu sinon du seuil pour les habitants, l’incarnation de la dévotion (bhakti) pour les ascètes, et même le symbole de la force guerrière pour les lutteurs et autres sportifs avides de victoires ! Avec la vache et le serpent, le singe est l’un des trois animaux les plus sacrés de l’hindouisme. Des autels et surtout des statues sont dédiés à Hanuman, dans les temples comme au bord des routes, en effet le dieu et néanmoins primate à longue queue est réputé pour préserver des accidents de circulation. Cela dit, en Inde comme à Bali, les macaques en liberté peuvent se montrer voraces voire rapaces, en tout cas dangereux dans certains cas. Ainsi, à New Delhi, des habitants ont été attaqués par une armée de singes guère pacifiques causant au passage de nombreux dégâts. Shimaj Vij rapporte ces faits qui ne datent pas d’hier semble-t-il : « En octobre 2007, Sawinder Singh Bajwa, qui était alors le maire adjoint, a trouvé la mort en tombant de sa terrasse alors qu’il tentait de repousser des singes. Ironie du sort, lors de l’élection qu’il avait remportée peu de temps auparavant, la ‘menace des singes’ avait été un des principaux thèmes de campagne »… La protection des habitants sous les bons auspices du dieu-singe Hanuman, mentionnée plus haut, peut donc parfois s’avérer toute relative. En fait, trop de singes tuent tout simplement l’harmonie sociale au sein des groupes de primates. Et à New Delhi, les autorités ont été contraintes de « construire » des sortes de « prisons » rien que pour les singes trop guerriers dont les évasions d’ailleurs restent une spécialité pour beaucoup d’entre eux, sans doute injustement incarcérés… Mais l’enfermement, pour les animaux comme pour les humains, n’a jamais été une bonne solution, cela se saurait.

Extrait du site : http://www.baliautrement.com/dieu_hanuman.htm

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VISITE AU TEMPLE DES SINGES

Posté par othoharmonie le 9 mai 2015

 

Statue_In_Haladiagada_KendrapadaHanuman, le dieu-singe, est le fils du Vent, Vâyu, un Dieu Védique, et aussi Dikpala. Sa mère est une immortelle Apsara du nom d’Anjana qui avait pris la forme d’une femelle de singe. Hanuman a un corps d’acier et l’esprit d’un yogi. Sa bravoure physique, sa discipline mentale et sa pureté spirituelle lui ont gagné de nombreux admirateurs. C’est un grand dévot de Vishnu et les légendes le mettant en scène se trouvent surtout dans le Râmâyana.

Quand il était enfant, il confondit le soleil avec un fruit et tenta de le manger ce qui provoqua des perturbations dans les mouvements des neuf corps astrologiques, les Graha (Planètes). Quand Indra, Seigneur des Cieux, lança son tonnerre pour arrêter Hanuman, Vâyu fut si mécontent qu’il aspira l’air des trois mondes, étouffant ainsi toutes les créatures. Vâyu ne se calma que lorsque les autres dieux lui eurent promis une vie éternelle et une sagesse infinie. Cet événement donna aussi à Hanuman le pouvoir de surpasser l’influence funeste de tous les corps célestes. Grâce à ce don, les humains qui désirent se protéger des influences maléfiques de Mars ou de Saturne, adressent leurs prières à Hanuman.

Hanuman est un être d’une force prodigieuse, il est même le symbole de la force. Immortel, il a le pouvoir de voler dans les airs. Ce pouvoir, il l’utilise pour voler d’un seul trait de l’Himalaya jusqu’à Lanka. Hanuman est aussi un excellent médecin connaissant les herbes qui soignent. Il en usera abondamment pour secourir les blessés lors de la gigantesque bataille contre Râvana et ses troupes. Enfin, Hanuman est un savant grammairien.

Mais si Hanuman est si unanimement vénéré, c’est parce qu’il incarne les plus hautes valeurs de la dévotion et du dévouement sans faille envers le Dieu Râma :

 L’une des légendes du Ramâyâna raconte que lorsque Lakshmana, le frère de Râma, est gravement blessé d’une flèche empoisonnée par Indrajit, il faut, pour le sauver, collecter des herbes provenant des montagnes d’Aushada dans les Himalaya. Hanuman s’envole immédiatement dans la direction du nord mais, incapable d’identifier l’herbe sanjîvani, il prend le chemin du retour, transportant dans sa main la montagne entière. Il sauve ainsi la vie de Lakshmana puis rapporte la montagne à son emplacement d’origine.

 Dans le Ramâyâna, à nouveau, on raconte comment Hanuman aide Râma à secourir son épouse Sîtâ qui a été kidnappée par Râvana, le roi-Râkshasa de Lanka. Hanuman vole au-dessus de la mer à la recherche de Sîtâ et réussit à la localiser. Il trompe les gardes de Râvana et se présente devant Sîtâ. Il la réconforte et lui annonce que Râma viendra bientôt la délivrer avec l’aide de l’armée des singes. Puis il s’en retourne par la voie des airs vers Râma et Sugriva, le Roi des Singes, son allié.

Au cours de ses mésaventures, Hanuman est capturé par les Râkshasa qui mettent le feu à sa queue; il se débrouille pour se libérer et à son tour, met le feu à la cité de Lanka avec sa queue en feu.

Hanuman ordonne à ses soldats-singes, que viennent spontanément aider tous les animaux, la construction d’un pont qui permette de traverser la mer entre l’Inde et Ceylan pour atteindre plus aisément la cité de Lanka. S’ensuit une bataille sans merci, pendant laquelle Râma se tient sur les épaules d’Hanuman. Râvana et ses alliés les Râkshasa sont vaincus et exterminés, Sîtâ délivrée.

D’innombrables petits sanctuaires sont consacrés à Hanuman, surtout dans le sud de l’Inde. Il est représenté principalement de deux manières :

 Lorsqu’il figure dans un groupe où se trouvent Râma, Lakshmana et Sîtâ, il se tient devant ces Dieux, dans une attitude d’humilité, les deux mains jointes en prière, la queue reposant sur le sol, près de ses pieds. 
 Mais dans les temples qui le célèbrent, on le montre seul, dans une attitude héroïque.

Les sculpteurs qui le représentent visent à montrer les trois caractéristiques d’Hanuman : courage, force et dévotion. Dans quelques cas, Hanuman montre de ses mains l’abhaya et le varada mudra. A Rameshvaram, son image qui transporte deux Shiva Lingam, illustre la légende selon laquelle Râma lui avait ordonné de rapporter ces Lingam de Lanka.

Les images d’Hanuman sont fréquentes un peu partout. La plupart du temps, il est représenté dans une posture héroîque, prêt au combat ou transportant la montagne qu’il est allé chercher dans les Himalayas pour y trouver les herbes médicinale qui soigneront les blessures des guerriers de la grande bataille du Râmâyana. Il est souvent présent auprès de Râma et /ou de Sîtâ, dans une attitude de dévotion, comme on l’a vu. Cet amour inconditionnel (bhakti) est si intense que parfois Hanuman ouvre sa poiitrine pour montrer que Râma et Sîtâ résident dans son coeur. On peut, sans risque de se tromper, faire un rapprochement entre ce type de représentation moderne et l’image chrétienne du Sacré Coeur de Jésus…

Description de cette image, également commentée ci-aprèsTrès hindoue, en revanche, cette image peu banale de Hanuman avec cinq têtes, plus précisément désigné sous le nom de Shrî Vishvarûpa Panchamukha Hanuman, dans laquelle chaque tête est une incarnation de Vishnu. Celle qui fait face à l’Est est Hanuman, celle face au Nord est le Seigneur Narasimha. A l’Ouest fait face le Seigneur Vâraha tandis que face au ciel demeure le visage d’Hayagriva.

On donne divers noms à Hanuman : Marut Putra (Fils des Marut), Ânili (Fils d’Anila), Ânjaneya (Fils d’Anjanâ). On connaît aussi plusieurs variantes de la litanie des 108 noms d’Hanuman.

Les temples d’Hanuman

Hanuman est très largement vénéré en Inde et ses sanctuaires sont innombrables. Les temples qui lui sont consacrés sont moins nombreux. On en connaît cependant plusieurs, où Hanuman y est honoré sous l’un ou l’autre de ses noms (Hanuman, Anjaneya, Sankat Mochan)

Source : http://ganapati.perso.neuf.fr/

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Le singe sacré et l’homme

Posté par othoharmonie le 1 mai 2015

 

290px-Trachypithecus-geei-croppedEn Inde, les singes sacrés bénéficient d’une situation privilégiée, puisqu’ils y sont vénérés. Mais d’autres colobinés sont chassés pour leur viande, pour leur fourrure ou pour approvisionner la pharmacopée traditionnelle. Tous souffrent de la disparition accélérée de leurs forêts tropicales.

Comme beaucoup d’espèces, le singe sacré possède de nombreux noms vernaculaires ou très savants, selon les sources. En hindi, il se nomme hanuman, ou langur. Ce dernier nom est, d’ailleurs, parfois attribué très largement à toutes les espèces asiatiques de la sous-famille des colobinés. Les scientifiques, quant à eux, appellent parfois semnopithèques (du grec semnos, vénérable, et pithecos, singe) l’entelle commun ainsi que tous les représentants des genres Semonopithecus, Presbytis et Trachypithecus. Chez les Anglais, ces mêmes espèces de singes portent le nom éloquent de « mangeurs de feuilles » ou « singes des feuilles » (leaf monkeys). Le terme d’entelle vient pour sa part du grec et signifie « celui qui commande » ; c’était le nom d’un héros de l’Antiquité, guerrier troyen que chanta Virgile dans le livre V de l’Enéide.

La mythologie indienne fait de l’entelle le descendant du dieu-singe Hanuman. La célèbre épopée indienne du Ramayana raconte l’intervention d’Hanuman et de son peuple singe pour aider le prince Rama (incarnation de Vishnou) à libérer sa femme Sita, prisonnière de Ravana, le roi des démons, qui la retient captive à Lanka, une ville au-delà des mers. Pour ce faire, les singes ramassent des arbres et des rochers et les transportent jusqu’à la grève. En cinq jours, ils réussissent ainsi à construire un gigantesque pont sur l’océan, qu’ils empruntent avec Rama pour aller affronter victorieusement le roi des démons à la terrible bataille de Lanka. Cette tradition se retrouve à travers toute l’Inde et dans le Sud-Est asiatique, même loin de l’aire de répartition actuelle du singe sacré. Le combat de Rama et des singes contre le démon figure sur des bas-reliefs de nombreux temples, sur celui d’Angkor Vat, au Cambodge, et sur celui de Prambanan, à Java, en Indonésie, par exemple, de même qu’il est repris à Bali comme thème de danses.

Une autre légende explique la coloration contrastée du singe sacré. On raconte que c’est lui qui introduisit la mangue en Inde, après l’avoir volée à Lanka. Condamné au bûcher pour ce larcin mais s’étant échappé, il en a gardé la face, les mains et les pieds tout noirs.

Dans la littérature contemporaine, Rudyard Kipling fait de ces singes des héros du Livre de la jungle. On raconte aussi que le meilleur confiseur de Simla, ayant préparé un magnifique gâteau de noces, l’avait enfermé, en attendant le repas, dans une pièce dont la fenêtre était restée ouverte, face à la montagne. Quand on vint chercher le gâteau, les entelles faisaient la chaîne pour le sortir, morceau par morceau. Les miettes blanchirent le flanc de la montagne.

On dit encore que, pour jouer un très mauvais tour à son voisin, il suffit de jeter une poignée de grains sur son toit à l’époque de la mousson. Dès que les entelles ont repéré les grains, ils viennent les ramasser, n’hésitant pas à retourner et à jeter les tuiles pour ne rien laisser perdre.

En Inde, les entelles bénéficient du respect de la population hindoue et vivent dans l’enceinte des temples, où ils sont protégés et nourris. Mais, parfois, ils deviennent si familiers avec les hommes qu’ils n’hésitent pas à s’approcher des maisons pour y voler quelque chose ou pour piller les jardins et les récoltes. On raconte qu’au début du xxesiècle, une bande de singes qui avaient été transportés par charrette loin de l’endroit où ils étaient devenus indésirables étaient revenus tranquillement, en suivant à pied la charrette tout le long du chemin de retour !

 Description de cette image, également commentée ci-après

Les colobes africains ont vécu une époque très difficile au début du xxe siècle, lorsque la fourrure de colobe guéréza fit fureur en Europe. En fait, cette mode avait commencé dès la fin du xixe siècle, et ce sont des dizaines de milliers de peaux de colobes noir et blanc qui ont été exportées tous les ans pendant cette trop longue période. La fourrure servait de doublure pour des pelisses ou était utilisée pour confectionner de petits tapis.

Aujourd’hui, la chasse commerciale pour la fourrure a pratiquement cessé en Afrique, et les colobes guérézas sont, heureusement, passés de mode. Mais il y existe toujours une chasse locale, qui semble avoir un effet non négligeable dans l’ouest de l’aire de répartition de l’espèce.

Mais le colobe guéréza, comme les autres colobes, souffre aujourd’hui essentiellement de la disparition de son habitat (déforestation pour l’exploitation du bois, expansion des terres cultivées…).

Dans la forêt de Kyasanur

Dans la région de Mysore, au sud de l’Inde, les entelles et le macaque bonnet jouent un rôle important dans le cycle d’une maladie qui a commencé à faire parler d’elle en 1957. Dans la forêt de Kyasanur, ces singes, ainsi que de nombreux autres vertébrés, sauvages ou non (le bétail est lui aussi touché), peuvent être atteints par le virus de la maladie de la forêt de Kyasanur (genre Flavivirus). Ce virus, un arbovirus (pour Arthropode Born Virus, virus transmis par des arthropodes piqueurs comme les moustiques et les tiques) transmis par des tiques Haemaphysalis, provoque une fièvre hémorragique potentiellement mortelle chez les singes.

L’homme peut être touché par la maladie de la forêt de Kyasanur, mais il est un hôte occasionnel. Cependant, il a provoqué de façon indirecte, par son activité, une augmentation considérable de la prévalence de la maladie chez les animaux. Dans les années précédant la reconnaissance de cette maladie chez l’homme, la population a pratiquement doublé autour de la forêt. Les villageois ont déboisé de grandes surfaces et ont mené leurs bovins pâturer dans le sous-bois. Les zones déboisées ont été rapidement envahies par une plante d’origine américaine, la corbeille d’or, Lantana sp., qui pousse en fourrés denses, favorables à la prolifération de petits mammifères (musaraignes, rongeurs, etc.). La population de tiques vivant dans la région sur les petits mammifères et les bovins s’est donc fortement accrue. Les entelles et les macaques, descendant volontiers à terre, sont piqués par les tiques et contractent la maladie. Les mêmes tiques piquent également les forestiers, les ramasseurs de bois, les bergers. L’infection chez l’homme s’accompagne rarement des signes cliniques qui permettent de la déceler : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, perte d’appétit et de sommeil. La convalescence est longue et la mortalité atteint 5 % des cas cliniques. Les méthodes de prévention consistent à surveiller l’état de santé des populations d’entelles pour suivre le développement du virus et à encourager le port de vêtements protecteurs contre les piqûres de tiques par les personnes qui vont en forêt. Il existe un vaccin.

Mesures de protection

Les populations d’entelles sont toutes en déclin. L’entelle le plus menacé est Semnopithecus ajax, du nord-ouest de l’Inde ; ses effectifs sont estimés (2003) à moins de 500 individus, dont 250 adultes. Semnopithecus hypoleucos du sud-ouest de l’Inde est vulnérable, tandis que Semnopithecus priam, du sud de l’Inde et du Sri Lanka, et Semnopithecus hector, du nord de l’Inde, du Bhoutan et du Népal, sont quasi-menacés. Ces espèces souffrent de la déforestation intensive.

Le langur du Nilgiri, Trachypithecus johnii, dans l’ouest du massif des Ghats (sud-ouest de l’Inde), souffre de la fragmentation et de la disparition de son habitat, ainsi que de la chasse (sa peau est utilisée pour la fabrication de percussions, sa chair est consommée et sert en médecine traditionnelle – la pression exercée par celle-ci sur l’espèce diminue toutefois, résultat de campagnes de protection impliquant les communautés locales).

Plus à l’est, des pays tels que le Viêt Nam, aidés par des organismes internationaux comme l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), mettent en place des programmes de protection. Ce pays héberge plus de quinze espèces de primates, dont huit colobinés : un rhinopithèque ou singe doré, les trois espèces de doucs et quatre espèces du genre Trachypithecus. Mais les espèces sauvages du pays doivent faire face à une déforestation dramatique : en 1944, la forêt recouvrait encore 43 % du pays ; en 1993, elle ne représentait plus que 20 % de sa surface, voire moins. Parallèlement, la population humaine a considérablement augmenté. C’est dire la menace qui pèse sur les espèces sauvages en général, et les singes en particulier. Malgré cela, il existe au Viêt Nam une stratégie nationale de leur conservation.

En Chine, les projets de protection sont maintenant nombreux, et heureusement, car les singes y ont longtemps été chassés pour de prétendues propriétés médicinales, fort prisées dans la pharmacopée traditionnelle locale. Au sud du pays, la forêt tropicale humide de la province du Yunnan et la forêt subtropicale du Guangxi hébergent encore de nombreux primates, dont des entelles comme le langur de François,Trachypithecus francoisi (entre 1 400 et 1 650 individus sur son aire de répartition chinoise) et Trachypithecus phayrei. En-dehors de cette zones, les programmes les plus importants concernent les rhinopithèques ou singes dorés. La réserve de Fanjingshan abrite le rarissime et très menacé Rhinopithecus brelichi, dont ne subsistent qu’environ 750 individus (estimation 2005).

Rhinopithecus roxellana, le rhinopithèque de Roxellane, et Rhinopithecus bieti bénéficient de l’existence de plusieurs réserves sur leur aire de répartition. Parallèlement à la protection des habitats, indispensable pour la survie des écosystèmes, Rhinopithecus bieti fait l’objet d’un programme de reproduction en captivité.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsUn autre colobiné menacé est le nasique, Nasalis larvatus, endémique de l’île de Bornéo. Il est présent sur l’ensemble des entités politiques de l’île : le petit État de Brunei, les provinces malaises de Sabah et de Sarawak, les provinces indonésiennes de Kalimantan Timur, Kalimantan Tengah, Kalimantan Barat et Kalimantan Selatan. Dans la partie malaise, la quasi-totalité de la population de nasiques se trouve dans la province de Sarawak, et n’atteint pas 1 000 individus. Les nasiques sont plus nombreux dans la partie indonésienne. Sur toute l’île, les populations de nasiques décroissent et sont maintenant totalement isolées les unes des autres.

À l’échelle internationale, les colobinés sont protégés par la Convention de Washington (Cites) qui réglemente le commerce des espèces sauvages menacées ; ils y sont, selon les espèces, inscrits en Annexe I (toute chasse ou capture interdite) ou en Annexe II (prélèvements réglementés).

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LE SINGE ET LA MYTHOLOGIE INDIENNE

Posté par othoharmonie le 28 avril 2015

 

 

 

La mythologie indienne fait des « entelles » (SINGE SACRE) les descendants du dieu-singe Hanuman. Bouddhistes et hindous les vénèrent et leur ouvrent leurs temples. Habitants du sous-continent indien, les entelles, singes sacrés, souffrent pourtant aujourd’hui des activités humaines.

 imagesLES-DEUX-SINGES-LES-DEUX-SINGES-LES-DEUX-SINGES-

Les primates forment un groupe ancien de mammifères qui partagent leurs plus lointains ancêtres avec les insectivores. Les premiers primates vivaient sans doute à la fin de l’ère secondaire, il y a 70 millions d’années. Le plus ancien fossile connu présentant des caractères associés aux primates est Purgatorius unio,d’Amérique du Nord. C’était un petit animal arboricole et végétarien de la taille d’un rat. Après lui, on trouve des primates de la taille d’un écureuil ; ils ont une longue queue, et leurs quatre membres se terminent par cinq doigts dont un pouce opposable. À la fin de l’éocène, il y a environ 36 millions d’années, leurs descendants, les simiiformes (singes) sont déjà des primates modernes (leur crâne est mieux développé).

Les singes regroupent les singes du Nouveau Monde (platyrhiniens) et ceux de l’Ancien Monde (catarhiniens). Parmi ces derniers, la famille des cercopithécidés, à laquelle appartiennent les entelles, était déjà présente en Afrique au début du miocène, il y a une vingtaine de millions d’années, avec Prohylobates etVictoriapithecus, qui pesaient entre 5 et 25 kg selon les espèces et étaient probablement arboricoles.

La diversification de la famille des cercopithécidés en deux sous-familles bien différenciées est plus récente, puisqu’elle remonterait seulement à quelque 7 à 8 millions d’années. D’un côté, les cercopithécinés avec, entre autres, les cercopithèques, les macaques et les babouins actuels, tous relativement omnivores, qui sont restés très proches de leurs ancêtres de la fin du tertiaire ; de l’autre, les colobinés, qui regroupent les doucs, les nasiques, les entelles et les colobes africains. Ces derniers, tous presque exclusivement végétariens, sont très différents des premiers animaux de ce groupe qui comptait, au pliocène, Mesopithecusen Europe et au Moyen-Orient et Dolichopithecus en Europe.

Aujourd’hui, sur le sous-continent indien, des pentes de l’Himalaya à Sri Lanka, les entelles, ou singes sacrés (genre Semnopithecus), sont, comme les autres colobinés, menacés par la régression de la forêt tropicale.

 

Les entelles, dans l’ensemble, vivent plutôt en groupes mixtes ou en harems. Tout dépend, notamment, de leur densité, très variable, et de la richesse du milieu. Ainsi, dans des zones de prairies et de cultures, il arrive que l’on compte seulement trois animaux au km2, tandis que les forêts tropicales peuvent en héberger jusqu’à 130 au km2.

Si la densité d’entelles est relativement faible par rapport à la richesse de la forêt, les animaux vivent plutôt en groupes mixtes : plusieurs mâles cohabitent avec les femelles adultes accompagnées de leurs jeunes. Si la densité est proche du maximum possible, la structure sociale se modifie : certains mâles vivent seuls avec leur harem de femelles adultes et les jeunes de celles-ci, tandis que les autres mâles célibataires se regroupent en bandes.

Le domaine vital d’un groupe mixte peut varier de 0,05 à 13 km2, et celui d’une troupe de mâles de 7 à 22 km2.

Les entelles communs sont, de façon générale, paisibles et peu agressifs, par comparaison aux macaques habitant les mêmes forêts, surtout quand les densités ne sont pas trop élevées et les ressources, abondantes. Les troupes voisines ont alors souvent des domaines vitaux qui se chevauchent, et chacune n’en défend vraiment que le centre. Les disputes sont vocales, et des aboiements, brefs et sonores, permettent aux animaux de chaque groupe de se repérer et de respecter des distances raisonnables entre eux.


singe-et-la-demoneLorsque le chef d’une troupe est remplacé par un autre mâle issu de la communauté, le changement s’opère sans violence et le nouveau dominant ne chasse pas son prédécesseur du groupe.

En revanche, quand les densités sont plus fortes, les mâles qui vivent en harems sont régulièrement harcelés par des mâles célibataires désireux de prendre leur place. Les combats sont alors fréquents et, souvent, assez violents. Les célibataires peuvent se mettre à plusieurs pour évincer un chef de harem, puis ils poursuivent le combat entre eux jusqu’à ce que l’un d’eux s’impose comme dominant et s’approprie les femelles.

Celles-ci restent habituellement en dehors de ces conflits, mais, souvent, dans ces périodes de grand désordre, les jeunes se trouvent séparés de leur mère et en pâtissent. Quand les disputes se succèdent, le nombre des naissances décroît. Si les effectifs sont très denses, les comportements agressifs des mâles auront tendance à réduire la survie des jeunes, et donc à ralentir, voire à stopper la croissance de la population, ce qui, en retour, entraîne une diminution de l’agressivité.

 

L’entelle commun se nourrit, aussi bien à terre que dans les arbres, essentiellement de feuilles, qu’il trouve en abondance dans la forêt tropicale. Il doit avaler d’immenses quantités de ces feuilles difficiles à digérer pour compenser leur faible rendement énergétique. Grâce à son système digestif bien particulier, il peut même consommer des espèces végétales dangereuses, voire mortelles, pour d’autres singes. Ainsi, il mange en toute impunité les fruits de la noix vomique, Strychnos nusvomica, qui tueraient certainement un macaque rhésus. Il ne dédaigne pas non plus le calotropis, au latex tellement repoussant que même les insectes ne s’y attaquent pas. L’abondante sécrétion de ses glandes salivaires facilite la fermentation des aliments, dans la première partie de son estomac.

Outre des feuilles d’arbre – il choisit les plus tendres –, l’entelle se nourrit aussi de bourgeons, de petits rameaux, de fleurs et de fruits. On l’a vu également manger de la terre argileuse, des insectes, des galles d’insectes, des champignons, des gommes végétales, des racines et le cœur de certaines tiges. Pour ce qui est de l’eau, il en absorbe déjà une grande quantité dans ses aliments et boit, à l’occasion, dans des cavités naturelles sur les arbres où il se déplace.

Le groupe cherche surtout sa nourriture aux heures fraîches de la journée, tôt le matin ou tard l’après-midi. Au milieu du jour, les singes se reposent à l’ombre d’un arbre ou de rochers.

Tout au nord-ouest de l’aire de répartition de l’espèce, dans les hautes vallées du Cachemire, entre l’Inde et le Pakistan, les entelles communs vivent autour de 3 600 m d’altitude en été et ne descendent pas au-dessous de 2 000 m en hiver. Ils adaptent alors leur régime à une végétation qui n’est plus tellement tropicale. Ils se nourrissent des fruits et des feuilles du marronnier de l’Himalaya, de l’érable, du pin bleu et de l’if. En hiver, leur consommation de conifères augmente, sans doute plus par nécessité que par goût, et ils sont, alors, souvent obligés de passer pratiquement la journée entière à s’alimenter. Il n’y a que l’été, quand les journées sont plus chaudes, qu’ils peuvent se reposer en milieu de journée.

Là aussi, les singes descendent volontiers à terre et savent profiter de toutes les plantes disponibles, même s’ils apprécient surtout, au début de l’été, les fruits des ronces et des arbustes comme les viornes. Dans ces zones de montagne où les sources ne manquent pas, ils peuvent boire autant qu’ils le souhaitent, même s’ils supportent fort bien la sécheresse.

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LES SINGES DE L’INDE

Posté par othoharmonie le 28 avril 2015

 

 

Langur_in_NandankananLes langurs sacrés sont organisés en bandes qui peuvent parfois vivre en ville (l’animal étant considéré comme sacré en Inde, il n’est jamais inquiété par la présence humaine). Le mode de vie de ces singes reflète leur statut privilégié. Dans la ville de Jodhpur, quelque 2 100 langurs sauvages s’invitent régulièrement dans la société des hommes pour goûter leur denrées. Certains Hindous laissent ces animaux sacrés partager leur pique-nique ou se servir dans leurs jardins.

Cependant, le langur étant un compétiteur naturel du macaque rhésus, des langurs dressés sont aussi utilisés pour éloigner ces derniers des centres-villes de certaines régions d’Inde où leur surpopulation est problématique.

Dans la nature, il affectionne les habitats escarpés et couverts de végétation.

Le régime alimentaires des entelles est essentiellement composé de feuilles, de fleurs et de fruits. Leur estomac est pourvu de saccules permettant de détoxifier ce type de nourriture, contenant notamment des strychnines, des tanins et des alcaloïdes.

La femelle met bas un petit à la fois.

Le Semnopithèque entelle est une espèce de primate de la famille des Cercopithecidae qui vit dans le sous-continent indien. On l’appelle également Entelle d’HanumanEntelle des Indes (ou Entelle de l’Inde), Langur sacréLangur gris ou encore Houleman

 

Le corps peut atteindre 70 cm de long avec une queue de 100 cm.
Les petits naissent avec une fine fourrure foncée qui épaissit et revêt une couleur dorée tirant sur le gris.
Plus de la moitié de ces singes sont tués par des maladies, des prédateurs, ou lors d’infanticides – pratique courante lorsqu’un nouveau mâle prend la tête d’un groupe. Mais les survivants peuvent vivre près de quarante ans. L’espèce a été décrite pour la première fois en 1797 par le naturaliste français Louis Dufresne sous le nom de Simia entellus. Il s’agit d’un des spécimens ramené en France par l’expédition de La Pérouse.

C’est l’espèce type du genre Semnopithecus, créé en 1822 par Anselme Desmarest. Par la suite, ce genre a longtemps été inclus dans le genre Presbytis et l’entelle est également connu sous le synonyme Presbytis entellus.

Semnopithecus entellus comprenait sept sous-espèces avant que Colin Groves ne les élève au rang d’espèces à part entière en 2001

Des milliers de singes venus des forêts voisines ont envahi les rues de la ville d’Agra, dans l’Uttar Pradesh (nord-est de l’Inde). Les animaux s’introduisent dans les maisons à la recherche de nourriture, obligeant les habitants à se protéger avec des grilles. « Les gens sont retenus prisonniers dans leurs propres maisons », déplore ainsi un habitant. L’extension continue de la ville et la diminution des zones forestières expliquent cette cohabitation forcée.

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La juste place des Animaux

Posté par othoharmonie le 25 avril 2015

DSC_0048-2Ainsi, dans certaines traditions, notamment dites occidentales, on complaît l’animal ou dans un rôle de bourreau (comme les requins…) ou comme la victime des Hommes (comme le font penser parfois les défenseurs de la protection animale) ou comme l’ami qui seul peut nous comprendre face au monde insensible des humains. Qu’en est-il LUI de l’ANIMAL ? Peut-on lui accorder simplement sa juste place, son juste droit à vivre, en toute simplicité, en étant à la fois, pourquoi pas, tout cela, mais aussi bien PLUS ? Un peu à notre image… Nous souffrons ainsi de notre rigueur à vouloir à tout prix nous définir, donc visiblement nous définir par rapport à l’autre, puisque notre être est impalpable, donc indéfinissable au sens « humain » du terme. Et ainsi, jugement bien évidemment oblige, et distanciation par rapport à ce que l’on croit être visiblement différent, et cela implique ordre et hiérarchie.

Les Animaux, eux, dans toute leur individualité et leurs sensibilités émotionnelles mosaïques, parlent d’une seule VOIX. Ils ne nient pas leur apparence singulière, qui réclame attention personnalisée, notamment sur leurs besoins spécifiques de nature (d’espèces), sur leurs échanges émotionnels, sociaux et spirituels, qui se tissent différemment en fonction de leur espèce, de leur lieu de vie, de leur mémoire et histoires de vie. Ils apportent aussi à travers ce prisme de lecture, et en prenant complètement en acceptation et respect leur diversité, une voix à l’unité et à la conscience d’être simplement identiques. Ils osent nous dire : la trame de toute vie peut être Une, et il est donc sans importance véritable de défendre tel ou tel positionnement. Point de dualité, de lutte dans la rencontre entre individus, entre espèces, car celle-ci est mue par un profond respect du Sacré de chacun.

La Rencontre et le JEU de la Vie

Et il n’a plus à avoir peur des réactions de l’autre, et surtout de ses motivations, car au fond il porte les mêmes motivations, propres au vivant : vivre, éprouver le maximum de bonheur et de saveur propre à alimenter l’âme, à travers le corps, et l’individu dans toutes ses dimensions, et faire vivre l’Âme de lumière à travers l’expérience de la matière grâce à la Rencontre et le JEU de la Vie.

Revenons au sujet stricto sensu de la maltraitance animale et voyons en quoi il peut nous toucher aussi gravement et fondamentalement. Si de notre méconnaissance profonde de l’Autre surgit un acte de maltraitance, par ignorance, par peur d’ouverture à l’Autre, à Soi, au Conscient Suprême en toute simplicité présent dans chacun, alors nous pouvons entendre la voix de notre plus grand inconfort dans nos rapports conflictuels qui se montrent irrespectueux, la voix de notre souffrance et de notre handicap à ne pas savoir vivre : comment vivre, qui suis-je ? comment me nomme-je ? Si je ne cherche pas à m’identifier pour me poser structure et ainsi m’édifier autour de cet axe…toujours par rapport à un concept, une idée, voire un autre, donc en réaction, si j’ai réussi à dépasser cela, alors j’EXISTE et ne me pose plus la question du positionnement donc du rapport à l’autre en terme de quantité : plus ou moins gentil, plus ou moins agréable, etc. Ainsi, chaque rencontre est vécue non de l’extérieur et par le conflit mais de l’intérieur : Un TERRE rieur. Je sens, je vois, je touche, je vibre et rayonne, je pose des choix mais toujours je sens l’autre pas par son aspect de personnalité mais dans une note globale qui se veut état, auquel je suis libre de me laisser en lui.

Et chaque être qui m’accompagne est… libre de le faire, en toute conscience, animal, humain, mari, femme. Ainsi, je ne le regarde plus dans sa posture de positionnement et d’identification, donc sous forme utilitaire (le « faire ») mais je perçois et sens l’autre comme un UN unique et entier, qui évolue en totale liberté sur sa route, sur sa Terre, et qui se construit à travers ses idées et concepts. Ainsi, je lui porte respect comme je peux me porter respect et me laisser apprendre à m’aimer. Ainsi, tout est vécu et vie et non réaction face à l’autre. Et par cette aventure, envers un ami animal ou humain, je gère mon cœur et je pose écoute au Cœur de l’autre qui saura me dire et me faire comprendre où commencent mes interactions et où se pose une limite à ma co-intervention pour laisser le champ libre à l’autre dans ses choix.

Le respect des besoins de l’Animal

Oui, au quotidien, cela engendre respect mutuel et donc attention auprès des besoins de « nos » animaux à la différence est que les besoins sont envoyés par l’animal lui-même et non par projection de son gardien ou allié humain. C’est une différence fondamentale, qui crée un espace qui inclue la liberté consciente de chacun, qui pose en fondement la reconnaissance de la souveraineté ÉGALE entre chaque être peu importe sa race, son espèce. C’est un champ d’action des libres qui reconnaissent le Sacré en tout vivant, c’est pour la science et les habitudes de peur occidentales, une redéfinition même de la vie et de ses vivants la sillonnant. Où cela mène ? cela appartient à chacun de s’en faire une idée puis de la suivre et de l’expérimenter, de la savourer. Une chose est sûre, cela mène au Confort de Vie, corporel, mental, émotionnel et spirituel, dans une globalité qui se veut simple et sans complexe tortueux. Et quoi a-t-on peur ? de s’ennuyer à ne pas se compliquer le quotidien ? c’est fort possible, nous offrent les Animaux en souriant !!

En attendant cet état d’être qui nous permet de poser de véritables actes de rencontre, nous pouvons nous faire aider, guider de la Parole des Animaux et de la Nature tout entière, de notre Nature et nous pouvons tendre la main, nous offrir confort de l’accueil. Peut-être serons-nous surpris d’être amenés à revisiter le lien de subordination que nous offrions inconsciemment et par habitude aux animaux qui peuplent notre entourage tout autant qu’aux animaux sauvages du monde entier. Certes, pour beaucoup, ce n’est pas maltraitance que de ne pas écouter les besoins fondamentaux et sacrés de chacun, mais c’est peut-être à partir de là que découlent ensuite des actes totalement fous inconscients de cruauté, de non-respect et d’abandon des besoins même les plus physiques comme l’alimentation ou le repos.

Et si, par notre vie nous offrions exemple et entraînions ensuite la Terre entière à entendre le chant de la Vie ? Nous y trouverions peut-être enfin notre Identité, bien loin de ce que nous essayons de (re)construire à chaque pas, en recherche et errance parfois. Nous serions bercés par les rythmes de la vie présente en chaque parcelle de Nature et enfin nous serions tout simplement prêts à écouter et prendre soin de Nous.

Autour de ce sujet qu’est la maltraitance animale, puissions-nous poser un regard plein d’amour pour entendre l’Animal, les Animaux nous exprimer une partie de leurs émotions et sensations face à la souffrance reçue tout autant qu’à l’espoir qu’ils mettent en la Vie et en NOUS.


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Puissent-ils nous offrir de voir clair, afin d’être des écoutants et des aidants pour la bienveillance et non pour la maltraitance.
Merci

Florence Emmeline Lombardini

Ostéopathe animalière de formation vétérinaire, communicante animale, claire-sentante

Courriel : contact@terres-d-emeraude.eu

Association Wakama Nagi – Esprit Animal : www.wakama-nagi.org

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