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La Légende du cheval noir de l’Islet

Posté par othoharmonie le 12 octobre 2012

 

Il n’y a pas toujours eu d’église ici, à l’Islet, vous le savez; il n’y avait qu’une petite chapelle de bois rond. Les paroissiens se rendaient au Cap Saint-Ignace pour faire leurs Pâques, se marier, pour faire baptiser leurs enfants ou se faire enterrer.

La Légende du cheval noir de l'Islet dans CHEVAL 220px-Merens_calinLa nouvelle courut, un bon jour, que les résidents auraient leur curé. Grande joie dans toute la paroisse! Mais, mon Dieu comme il fallait que le nouveau curé soit étoffé! Pas d’église, pas de maison pour lui. Mais il était l’humilité même, sans vanité et quel bon coeur, ce M. Panet, le premier curé. M. Panet était un saint homme, mais un vrai saint celui-là.

On avait décidé de bâtir l’église, et M. Panet se demandait comment faire charroyer la pierre nécessaire. Il veillait une nuit et pensait: « Les chevaux sont si rares et il n’y a pas de morte saison dans les travaux de la terre. Où en trouver? Cela l’empêchait de dormir. Tout à coup son nom fut prononcé dans la nuit. Ai-je la berlue? se demanda-t-il.

La même voix l’appela une seconde fois, une voix de femme, très doucement: François, François!

Effrayé, mais il se dit en lui-même, je suis en état de grâce. Je n,ai donc rien à craindre. Se redressant, il répondit: Au nom de Dieu, que me voulez-vous?

Une belle dame lui apparut, blanche et rayonnante: “Je suis Notre-Dame du Bon Secours, dit-elle. Ne crains rien et sois confiant! Demain, à ton réveil, tu trouveras un cheval devant ta porte. Tu t’en serviras pour charroyer la pierre de ton église. La seule précaution, c’est qu’il ne faut jamais le débrider. N’oublie pas!

La dame disparut, et le bon curé tomba endormi dans sa chaise. Il se réveilla en sursaut à l’aurore. C’était en mai 1768. Le soleil éclairait déjà sa chambre. L’apparition revint à sa mémoire, mais il crût qu’elle était rêve. S’agenouillant pour faire sa prière, le curé entendit le piaffement d’un cheval dehors. Regardant par la fenêtre, il vit attaché à l’épinette rouge devant sa porte, un magnifique cheval noir dont le poil luisait au soleil. Quelle surprise! Il se passa la main sur les yeux. Mais le cheval était encore là. Il sortit sur le pas de la porte et mit la main sur la crinière du cheval pour s’assurer. Le cheval frémit de la tête aux pieds.

Les ouvriers arrivèrent à cinq heures.

- “Mes amis , dit M. Panet, j’ai emprunté un cheval pour vous. Il paraît que c’est une bête peu commune. Il vous aidera à charroyer la pierre. On le dit chatouilleux. Faites-y attention! Il ne faut pas le débrider, jamais, vous entendez? Autrement, il vous échapperait.”

- Comment s’appelle-t-il votre cheval, M. le Curé, demande Germain-à-Fabien? Après un moment de réflexion, le curé répondit: Il s’appelle Charlot. Je te le confie, mon Germain!

- N’en soyez pas inquiet, M. le Curé.

On attela Charlot à un petit chariot à roues très basses, et l’ouvrage commença. Bien que le premier voyage de pierres fut assez gros, Charlot s’en allait comme s’il n’avait eu qu’une plume derrière lui. Le curé, les voyant arriver, leur cria de ne pas se gêner, de mettre lourde la charge. Le deuxième fut deux fois plus lourd; le troisième, trois fois. Ça n’était rien du tout pour Charlot. Mais le chariot n’était pas assez fort. Les hommes en firent un deux fois plus grand, et ils y entassèrent les pierres comme si elles avaient été du foin. Les roues craquaient. Mais Charlot semblait se moquer d’eux; il touchait à peine à terre en marchant.

- Quel cheval, mes enfants, que ce Charlot! Noir comme geai, pas un poil blanc, quatre pattes parfaites, et membré de fer, donc! Et une queue qu’il portait, une croupe superbe.

- Mais il y a donc toujours un mais – de mauvaise humeur, méchant de gueule. Il fallait y faire attention. Peu importe, puisqu’on n’avait pas à le débrider.

Germain ne laissait pas les autres approcher de son cheval. Mais un beau jour, il ne put pas venir. Il faisait baptiser. Charlot passa aux mains de Rigaud-à-Baptiste.

Rigaud était un fort travailleur, mais entêté et se croyant plus futé que les autres. Puis vantard! À l’entendre, il savait tout. Son cheval, il ne lui manquait que la parole; sa vache c’était une fontaine intarissable – le lait en était de la crème pure; ses cochons engraissaient seulement à se chauffer au soleil; son chien était plus fin que bien du monde; ses poules pondaient deux oeufs chaque jour, les dimanches comme la semaine; sa terre était si fertile que le seul soin nécessaire était pour la retenir; sa femme faisait les meilleurs crêpes; sa fille avait refusé tous les farauds des alentours; elle attendait un avocat de la ville, qui devait toujours venir, mais n’arrivait jamais. Et dame! quel maquignon lui-même il était! La moitié d’un cheval, quoi!

Aujourd’hui, il avait sa chance. Charlot était à lui, son cheval. On l’entendait partout: “Hue donc par ici! Mon cheval! par là.”

Germain l’avait bien avertit: “Surtout, ne vas pas le débrider.” Mais Rigaud de répondre: “Ne t’inquiète pas, mon Germain! les chevaux, ça me connaît! Donc, Rigaud jubilait en charroyant de la pierre.

C’était en août: il faisait chaud. En traversant la rivière La Tortue, il arrête son cheval au milieu, et but deux fois dans le creux de sa main. Il siffla, mais Charlot ne voulait pas toucher à l’eau. – C’est curieux! qu’il pensa. Peut-être est-ce à cause de sa bride. Si je la lui ôtais. Qui a jamais vu un cheval boire avec sa bride! Ça prend un curé pour ne pas connaître les chevaux!”

Il lui passa la main dans la crinière, pour l’amadouer. Charlot en frémit. Et voilà la bride débouclée.

Pou…i-i-che…! Le cheval, flambant nu, partit à l’épouvante. Rigaud, lancé à quinze pieds en l’air, se ramassait dans le lit de la rivière. Revenant à lui, il aperçut le cheval qui filait comme le vent le long du chemin du roi.

220px-Friesian_Stallion dans CHEVALM. Panet, le Curé, s’en revenait à ce moment chez lui, tête nue. comme c’était son habitude, quand il portait le bon Dieu à un malade. Il vit venir le cheval échappé, près du rocher où se dresse aujourd’hui le “monument” et tôt le reconnut. – Charlot lui-même! Mais allons donc, qu’est-ce qu’il est arrivé? Il fait un grand signe de croix pour l’arrêter.

Charlot se cabra, et, quittant le chemin, piqua droit au nord, vers le rocher qui surplombe le fleuve. Le rocher se fendit avec un coup de tonnerre. Des flammes lèchent le bord de la fissure, large de plusieurs pieds. Et le diable – car c’était lui – s’engouffra tout droit dans l’enfer, laissant derrière une odeur de souffre.

Depuis ce jour, il y a là une caverne, dans le rocher – “le trou du Diable” ou encore “la porte de l’enfer”. Elle est taillée comme à la hache, dans le roc. Sa gueule noire, tournée au nord, défie les gros nordès qui sifflent sans fin, les nuits d’hiver.

Charlot était loin d’être fier de lui, après cette tâche imposée de force. Charroyer la pierre des églises n’a jamais été un plaisir pour lui. Il paraît qu’il en était à la dixième. Ce que les contribuables de Québec lui doivent une dette. Dame aussi! Il prit sa revanche contre les paroissiens de l‘Islet.

Pendant des années, on ne put passer sans accident près de la caverne du rocher, surtout la nuit. Des chevaux de passage renâclaient d’épouvante. D’autres butaient et commençaient à boiter. Une “ménoire” de la voiture se cassait, ou le “bacul” ou le “porte-faix”; ou une roue s’enfonçait jusqu’au moyeu dans l’ornière. On y entendait quelquefois des hurlements, ou le cliquetis de chaînes en mouvement. Un animal sauvage – comme un loup – sortait de la caverne en vomissant des flammes. Les jeunes gens n’osaient plus se rendre de ce côté chez leurs blondes, le dimanche soir. Tout celà c’était la faute du beau Rigaud, qui avait débridé son cheval noir. Comme on lui en voulut! Tant et tant, qu’il ne put de ce jour jamais regarder un cheval noir en pleine face.

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La réintroduction du Lynx

Posté par othoharmonie le 10 août 2012

 

C’est dans le cadre de l’opération « Grand Retour » du WWF France que la réintroduction du lynx a été programmée en étroite liaison avec le Groupe Lynx d’Alsace. La disparition du lynx en Alsace remonte à 1640 et l’ours brun fut exterminé entre 1750 et 1760.

La réintroduction du Lynx dans LYNX 220px-VenuskopfLe premier lâcher a été effectué le 5 mai 1983 dans le massif du Taennchel avec l’appui de l’Office national des forêts. Le projet de lâcher quelques exemplaires de lynx fut vivement critiqué par les éleveurs et les chasseurs craignant pour la survie de leur cheptel. D’autres personnes, sous l’emprise d’une peur atavique du loup-cervier de nos ancêtres, se joignirent aux doléances des adversaires du lynx. Trois animaux, deux mâles de 19,5 et 21 kg et une femelle de 15,5 kg capturés en République tchèque et munis de colliers radio-émetteurs pour permettre le pistage de leurs déplacements sont lâchés dans le massif du Taennchel. Transférés dans des cages situées au cœur de la pente du Taennchel, le site du lâcher, ils ont effectué une période de repos et subi une vaccination anti-rabique avant qu’ils ne soient libérés. Le premier couple, Xenie et Boric, libéré le 2 mai 1983 est resté à proximité du point de lâcher, ce qui prouve qu’ils se sont très vite acclimatés. Le mâle Boric a été retrouvé mort le 10 janvier 1984 dans la forêt de Willer-sur-Thur, victime d’un braconnier. Un autre lynx mâle, Alex, libéré le 4 juin 1983 au Taennchel a disparu le 28 octobre 1983 des contrôles télémétriques. On retrouvera son crâne le 24 mars 1986 non loin de son lâcher dans la forêt domaniale de Ribeauvillé. Il est arrivé à maintes reprises, dans d’autres circonstances, que les lynx se dispersent sur de grandes étendues.

Ce premier lâcher fut suivi par sept autres à la fin de 1991. On peut dire que jusqu’en 1993, vingt-et-un animaux ont été réintroduits dans le massif vosgien dont quinze en particulier au Taennchel. Cinq ont disparu ou ont été abattus. Tous les lynx sont suivis régulièrement par télémétrie et radiopistage. Un autre couple de lynx, Hectorine et Sixty ont été lâchés dans le massif du Climont le 27 mars 1987. Tatra, une femelle lynx, a été lâchée au Taennchel le 24 mars 1992. Au total treize lynx ont été introduits dans le massif du Taennchel, quatre dans le massif du Climont et deux dans le massif du Rossberg. Six ont été retrouvés morts par maladie ou tués par balle. En théorie il reste, dans ces trois massifs qui se jouxtent, douze lynx vivants. Récemment un lynx a été aperçu au-dessus de la crête de Sainte Marie-aux-Mines ce qui prouve que le lynx s’est très bien acclimaté dans les environs. De nombreuses mises bas sont signalées par les correspondants du Réseau lynx, créé par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Tous les indices, empreintes, poils, excréments, cadavres, hurlements ou observations visuelles sont recueillis. Ainsi 74 rapports sont enregistrés durant douze mois dans les Vosges, chevauchant les années 2006-2007.

Il apparaît aujourd’hui, que le lynx s’est durablement installé dans les Vosges, avec des reproductions attestées (Taennchel, La Hingrie près du col de Fouchy). Les hauteurs du val de Lièpvre et du val de Villé font partie des territoires qu’il fréquente. Sa discrétion et la densité encore faible de son peuplement sont ses meilleurs atoûts pour échappper à l’homme, son seul prédateur.

Lynx_lynx_cub_20050709-300x199 dans LYNXLe lynx est un animal en voie de raréfaction. C’est un superprédateur qui a sa place dans l’équilibre naturel de la forêt. Il empêche les chevreuils de devenir trop nombreux ce qui est nuisible. En capturant les animaux malades ou faibles, il améliore l’état sanitaire des animaux sur place. Le lynx ne vit qu’en forêt : les Vosges étaient le seul massif français où il était absent. Le lynx chasse à l’affût. Il attaque les proies à la gorge pour les étouffer. Les proies du lynx sont le chamois, les petits rongeurs, le cerf, le chevreuil, les petits carnivores, le lièvre, le renard. En 2006 on estimait que le massif des Vosges avait entre 30 à 40 lynx. Le massif du Taennchel reste l’un des endroits de prédilection des chasseurs en raison d’une forte densité de cerfs, de chevreuils et de sangliers. Mais la population des lynx vosgiens reste encore fragile en raison d’un braconnage fréquent et des risques liés à la chasse et à la circulation automobile.

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Loup communicateur

Posté par othoharmonie le 11 mars 2012


Loup communicateur dans LOUP loupfs_09Une caresse, un regard, un remerciement, un gémissement… Ou alors un grognement, une démarche, un simulacre de morsure… Tout est communication chez le loup.

 L’entente et la compréhension qui habitent un clan de loups ont beaucoup surpris les observateurs. L’homme qui croit encore parfois détenir le monopole du langage et tente même de se définir comme tel est loin d’imaginer le monde communicationnel qui entoure le loup. Tout comme c’est le cas entre les hommes – même mieux selon certains -, les messages passent entre les loups avec une grande transparence. Dans le silence des gestes, des odeurs, des attitudes et des yeux ou par de violents aboiements, de doux gémissements ou de grands hurlements, le clan garde constamment le contact avec tous ses membres.

 Apothéose de la communication, le hurlement a pour fonction première de réaffirmer les liens qui unissent les loups du clan : comme un grand chant.                                                                                      

Le loup hurle pour différentes raisons. La principale : le plaisir. Le plus souvent, les loups hurlent ensemble pour affirmer les liens du clan. Encore une fois, c’est le plaisir qui les y conduit. D’ailleurs, le loup ne hurle pas, dit-on. Il chante.

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Mélodie du hurlement du loup

Posté par othoharmonie le 11 mars 2012

Mélodie du hurlement du loup dans LOUP loupD’une manière plus classique, ou au moins plus évidente pour l’homme, les sons constituent un second moyen de communication. Entre eux, les loups l’utilisent pour exprimer des sentiments, pour se retrouver ou pour rassurer les petits, par exemple. Mais celui-ci a une plus large portée et servira donc également comme contact entre les clans. En réalité, ces sons sont très divers : jappements, grognements, grondements, geignements, vagissements, gémissements, glapissements… Sans oublier le plus célèbre d’entre eux, le hurlement, dont la force évocatrice a un effet fascinant sur l’homme. Le loup, contrairement aux idées reçues, peut hurler à tout moment de la journée, bien que l’on puisse lui remarquer une préférence pour l’aube et le crépuscule. La pleine lune, c’est plutôt le choix du conteur ou du photographe.

Si le loup hurle à différents moments, il le fait aussi pour différentes raisons : rallier le clan, prévenir de sa présence un autre clan, exhorter le clan avant la chasse, mais aussi par plaisir… En vérité, le loup n’a pas toujours besoin de raisons pour hurler. La solitude en est une mais, encore une fois, malgré les légendes, ce cas est des plus rares. Les loups préfèrent chanter ensemble. Les spécialistes s’accordent à reconnaître que le loup ne hurle pas ; il chante ! En effet, ce chant peut être considéré comme un hymne à la solidarité dans la mesure où sa loup-hurle dans LOUPfonction première est de réaffirmer la cohésion du groupe. Il se pratique pour le plaisir avec des variations constantes et propres à chaque individu, bien que celles-ci soient imperceptibles à une oreille humaine non experte. Ces diverses modulations permettent de se faire reconnaître, de transmettre des sentiments, mais aussi, à en croire Farley Mowat et les Esquimaux, à communiquer des informations parfois complexes, comme, par exemple, l’arrivée imminente d’un troupeau de caribous et sa localisation.

Même si, en ce qui concerne ces messages entre loups, la preuve reste à apporter, certains Esquimaux peuvent retrouver un troupeau de caribous à la seule écoute du loup. Force est de constater que le hurlement est un véritable langage. Quand un loup chante, les autres répondent au loin (jusqu’à quinze kilomètres). Si l’homme le fait, ils répondent également. Que peuvent-ils vouloir nous dire ? S’agit-il seulement de marquer un territoire?

Les loups hurlent ensemble pour affirmer l’unité du clan. Et pour le plaisir, surtout. Le hurlement n’est donc pas différent d’un grand chant que les hommes se réunissent pour entonner. Ph.: P. Mc Leod

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Malédiction du loup

Posté par othoharmonie le 9 mars 2012

Malédiction du loup dans LOUP 220px-Loup_garouLe pouvoir de transformer les autres en loups et en bêtes sauvages par une malédiction est attribué aux sorciers, aux dieux et au Diable, car la lycanthropie par malédiction peut aussi être le résultat d’un châtiment divin. En France, le Diable transformait les sorciers en loups et les obligeait à errer dans la campagne en poussant d’affreux hurlements. Saint Thomas d’Aquin affirma un temps que tous les anges, bons ou mauvais, ont le pouvoir de transformer les corps humains. Les prêtres et certains saints semblent également posséder ce pouvoir. La plus ancienne malédiction lycanthropique connue est celle que Zeus infligea au roi d’Arcadie Lycaon, mais on raconte aussi que saint Patrick transforma le roi gallois Vereticus en loup et que Saint Natalis maudit une illustre famille irlandaise dont tous les membres devinrent des loups pour sept ans.

 La littérature médiévale et de la Renaissance abonde d’exemples où des dieux et des saints maudissent ceux qui ont provoqué leur colère par la lycanthropie. Les excommuniés de l’Église catholique romaine étaient souvent suspectés de devenir des lycanthropes.

En trinquant sans le savoir avec un lycanthrope qui prononce une formule de transmission, on peut également être affecté selon la croyance lituanienne. William Shedden Ralston donne d’ailleurs l’incantation russe courante pour invoquer la lycanthropie dans ses Chants du peuple russe.

 

Déguisement de vampire moderne montrant bien les crocs proéminentsDurant l’antiquité grecque, le cannibalisme est étroitement associé à la lycanthropie car quiconque consommait de la chair humaine au cours de banquets donnés en l’honneur de Zeus Lykaos était changé en loup. Dévorer la chair crue d’un loup enragé transforme également en lycanthrope.

 La transmission par morsure est une invention très récente issue du cinéma américain, par rapprochement avec le mythe du vampire. Dans les films, l’humain mordu par un loup-garou se transforme lui-même en loup-garou à la pleine lune suivante. Il n’existe que très peu de cas de contaminations par morsures dans les légendes anciennes.

 

 Naissance, hérédité et maladies

Certains enfants nés avec des particularités physiques ou à certaines dates sont prédisposés à devenir des lycanthropes. En Roumanie, c’est le cas pour les enfants sevrés puis remis au sein et au Portugal comme en Amérique latine, des septièmes garçons issus d’une fratrie pauvre. Ceux qui portent un embryon de queue au coccyx, les enfants conçus la veille d’un dimanche ou d’un jour saint, ceux qui naissent le jour de Noël sont prédisposés, et ceux qui sont « nés coiffés », c’est-à-dire avec un morceau de placenta sur la tête, auraient une aptitude naturelle à la métamorphose, les hommes se changeant en loup-garou et les femmes en esprit malfaisant provoquant des cauchemars. Les enfants de prêtres ou de nonnes sont aussi condamnés par leur naissance à se transformer en loups tous les sept ans Selon les serbes, les slovènes et dans la région de Kashubie au nord de la Pologne, si un enfant nait avec des cheveux, une marque de naissance ou une crépine sur la tête, il possède une habileté naturelle à la métamorphose et peut se transformer en l’animal qu’il souhaite, avec une nette préférence pour le loup. Arétée de Cappadoce mentionne que les personnes qui souffrent d’épilepsie se croient elles aussi susceptibles de devenir des lycanthropes.

220px-Loup_garou_02 dans LOUP Dans d’autres cas, le pouvoir de se transformer en loup pendant la nuit est un souhait invoqué par des rituels et des allégeances sataniques abominables, souvent pour satisfaire un désir de chair humaine. L’invocateur agit de préférence à la pleine lune et adopte non seulement la forme, mais aussi la nature du loup, sans s’inquiéter de mettre à mort la plupart des créatures humaines. L’un de ces rituels est décrit en détail, il faut entrer dans une forêt à minuit lors de la pleine lune, puis dessiner deux cercles sur le sol : l’un de six pieds de diamètre, l’autre de quatorze pieds de diamètre, avant d’allumer un feu au centre du cercle le plus petit. Placer un trépied de fer au-dessus des flammes et y suspendre un pot rempli d’eau, la porter à ébullition et y jeter de l’aloès, des graines de pavot, de la solanaceae et de la ciguë. Agiter les ingrédients en faisant appel à tous les mauvais esprits de la nuit, aux fantômes emplis de haine, aux loups-garous et aux satyres. Enlever ensuite tous ses vêtements et les frotter avec la graisse d’un animal fraîchement tué mélangée à de l’anis, du camphre et de l’opium. Prendre la peau d’un loup, la poser sur soi comme on porterait un pagne, puis se placer aux limites du grand cercle et rester dans cette position jusqu’à ce que le feu s’éteigne. Si tout a été fait correctement, l’invocateur est désormais capable de prendre la forme du loup en revêtant la peau.

 L’un des moyens les plus simples pour se transformer en loup-garou serait donc d’enlever ses vêtements pour porter une peau de loup, une ceinture magique en peau de loup pouvant suffire parfois en ajoutant un frottement du corps avec divers onguents magiques fabriqués par des sorciers et des sorcières, l’onguent populeum étant composé de suc de feuilles, de branches et de bourgeons de peuplier, de feuilles de jusquiame, de morelle noire, de pavot, d’axonge et d’alcool fort, mais il en existe trois variétés, l’une transforme en loup-garou, la seconde fait croire aux sorcières qu’elles vont au sabbat (mais n’est qu’illusion) et le dernier permet un véritable transport au sabbat.

220px-Canis_lupus_portrait Boire l’eau de pluie accumulée dans une empreinte de loup ou d’un autre animal sauvage, boire à une source où viennent s’abreuver des loups, ou certains breuvages enchantés ainsi que dévorer la cervelle d’un loup et dormir dans un lieu que cet animal fréquente habituellement serait aussi considéré comme un moyen d’accomplir cette métamorphose, de même qu’effectuer trois ou neuf sauts périlleux, utiliser des ceintures en peau de pendu, et absorber certaines herbes. Boire de la bière mêlée à du sang accélèrerait la métamorphose.

Dans certains cas, la lycanthropie ne résulte pas de la métamorphose du corps mais d’un voyage de l’âme. Le lycanthrope peut être un esprit qui sort de sa tombe sous forme de loup.

 Cette variété est connue sous le nom de loup-garou fantôme. On croyait par là que le corps métamorphosé était celui d’une âme damnée qui ne trouvait pas le repos dans sa tombe. Cette âme damnée cherchait alors un hôte, humain de préférence, et il s’ensuivait une confrontation quotidienne entre l’âme humaine et l’âme damnée afin de prendre possession du corps. Si l’âme damnée l’emportait, alors la transformation pouvait avoir lieu. L’âme qui s’échappe peut chercher à dévorer des victimes tout en laissant le corps de la personne atteinte de lycanthropie en état de transe.

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Loups dans le folklore

Posté par othoharmonie le 8 mars 2012

  

Loups dans le folklore dans LOUP 221px-Grandville_leLoup_Et_Le_ChienLes relations entre les loups et les hommes sont toujours houleuses. Le folklore montre le loup comme un prédateur sanguinaire, sauf dans quelques exceptions comme en Italie (où la louve est associée au mythe de Romulus et Rémus, où elle joue un rôle protecteur nourricier), chez les Inuits et chez les Amérindiens. Voici quelques thèmes folkloriques au sujet du loup :

 

  • Le loup de Gubbio amadoué par Saint François

 

Dans la Bible, le loup est associé à la tribu de Benjamin.

 Chauveau - Fables de La Fontaine - 02-03.pngL’expression « attraper/choper le loup » signifie familièrement avoir une irritation au niveau de différentes zones sensibles du corps (aisselles, pli de l’aine, intérieur des cuisses, anus etc.), due a des frottements répétés ou à une mauvaise hygiène. Cette expression provient probablement des hurlements (comparables à ceux d’un loup) que la douleur peut provoquer…

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Le loup-garou

Posté par othoharmonie le 8 mars 2012

 

 

Fichier:GermanWoodcut1722.jpgObjet de folklore aujourd’hui ou thème de cinéma fantastique, les loups-garous, terme qui signifie « loup dont il faut se garder » ou « gardez-vous », ont longtemps semé la terreur dans les campagnes : les loups-garous (appelés « bisclaverets » en Bretagne, « varous » ou « haires » en Normandie) étaient des hommes (et même des  femmes) métamorphosés en loup par le diable, ou qui, étant sorciers, se  transmutaient eux-mêmes, grâce à un onguent magique, en carnassier. Les nuits de pleine lune en général, les loups-garous sortaient de chez eux par la fenêtre et erraient dans les campagnes et les villages en poussant des hurlements. Friands de  chair fraîche, ils mordaient et dévoraient bêtes et gens. Au petit matin, ils reprenaient forme humaine.

 La lycanthropie est attestée dès l’Antiquité gréco-latine. Le mot lycanthropie (du grec lykos, loup et anthropos homme) viendrait également du souverain mythique d’Arcadie, Lycaon, qui fut « changé par Zeus en loup, pour avoir osé lui servir, au cours d’un repas, les membres d’un enfant qu’il venait d’égorger ». Le lycanthrope était également connu des Celtes, des francs et de nombreux peuples des pays d’Europe.

Durant tout le Moyen Age, l’existence des loups-garous ne faisait aucun doute. Au XVème siècle, l’empereur germanique Sigismond réunit des autorités en la matière pour discourir sur la réalité de la lycanthropie : la conclusion des débats fut qu’on devait l’admettre.

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Légende du Loup-Aulne

Posté par othoharmonie le 6 mars 2012


Légende du Loup-Aulne dans LOUP 00077543 C’est le milieu de la nuit. La lune est pleine. Un hurlement de loup se fait entendre et l’écho lui répond. Sous un dolmen, après avoir trempé ses lèvres dans le breuvage magique du chaudron de Dadga, le héros Llevelyn se prépare pour le grand voyage au-delà du monde visible. C’est cette nuit que sa dernière initiation va s’accomplir et qu’il va visiter le monde des Morts. Les hurlements se rapprochent. Un loup d’une taille monstrueuse passe sous le dolmen en courant plus vite que le vent du Nord. Saisissant ses oreilles, Llevelyn saute sur son dos. Soudain s’ouvre devant lui la brèche entre les mondes. Le loup et son cavalier lumineux s’y précipitent et les voilà tous les deux au milieu des ombres, des fantômes de ceux qui ont déjà vécu. Mais cet univers est illusoire et une seconde brèche s’ouvre : le loup conduit alors Llevelyn dans le domaine de la mémoire de ses incarnations passées. Il se voit tel qu’il fut enfant, homme, femme, vieillard. Multiples images corporelles. Soudain un rocher vibre et pivote sur lui-même, découvrant la troisième brèche. Le loup, toujours courant, la traverse et Llevelyn pénètre les arcanes de ses vies futures: il voit tout ce qui s’accomplira et qui semble déjà réalisé. Le loup trébuche et glisse dans un gouffre. La chute semble infinie et le héros se retrouve contre la pierre froide du dolmen, alors que le coursier de la déesse de l’au-delà s’enfuit, hurlant son amour vers le disque argenté de la déesse de la Mort-dans la-Vie.

 La constellation du Loup est associée à l’Aulne, arbre magique dont le petit fruit à ailettes symbolise l’âme qui tournoie dans le vent des incarnations successives, et dont le long chaton évoque le corps qui mûrit et tombe chaque fois que l’âme a besoin d’une meilleure monture.

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Avantages de la meute de loups

Posté par othoharmonie le 2 mars 2012

 

Pour des animaux sociaux comme les loups, la vie en meute présente plusieurs avantages :

  • La possibilité d’attaquer des animaux plus grands qu’eux, ainsi la chasse est plus efficace pour moins d’efforts.
  • Les réserves sont mieux gérées (moins de surplus abandonné aux concurrents lorsque plus de bouches sont à nourrir).
  • La protection des louveteaux, leur éducation et l’initiation aux rudiments de la chasse – la meute est une véritable maternelle où chaque membre prend soin des petits.
  • Le fait que seul le couple alpha se reproduise empêche la prolifération de loups sur un territoire, de plus les loups ne se reproduisent pas chaque année si la nourriture fait vraiment défaut.

 Entre les meutes

Fichier:Canis lupus lycaon 03.jpgLeur moyen de communication est le hurlement, ils poussent des cris. Les loups hurlent — entre autres — pour se rassembler et maintenir une cohésion dans le groupe. Leurs gémissements avertissent également les loups aux alentours de la présence de la meute, afin de prévenir contre les intrusions. Tout comme les gémissements, les hurlements sont composés de plusieurs harmoniques ce qui donne l’impression que la meute qui hurle est beaucoup plus nombreuse qu’elle ne l’est réellement. Il arrive parfois qu’un loup solitaire hurle pour se signaler à un conjoint potentiel. Chaque loup a une fréquence vocale distinctive. Rarement, certains loups peuvent présenter le même hurlement. On peut enregistrer les hurlements d’une meute et développer des algorithmes pour décomposer le signal sonore. Ces algorithmes peuvent attribuer à chaque animal ses vocalisations propres.

 Un autre sens utilisé pour la communication externe chez le loup est l’odorat. Ses facultés olfactives supérieures à celles de l’homme lui permettent de distinguer l’odeur de ses congénères. Il utilise ainsi des marquages au sol tel que l’urine ou les fèces (excréments). Ces marquages servent à délimiter son territoire ainsi qu’à donner des renseignements sur lui-même, par exemple tel que l’état sexuel (hormonal) des femelles pendant la période de reproduction.

 Les loups utilisent tout un éventail de grognements, gémissements et brefs aboiements pour communiquer entre eux au sein de la meute que ce soit pour exprimer la peur, l’anxiété, la domination ou la soumission, la protestation ou encore pour jouer ou avertir la meute de la présence d’un intrus.

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Langage de loup

Posté par othoharmonie le 2 mars 2012

 

 Canis lycaonLes loups ajoutent à ces signaux sonores des signaux visuels, principalement par l’expression de leur visage, leur posture leur mouvements et la position de leur queue. Un loup dans un état agressif aura par exemple le regard fixe, les babines retroussés, les crocs apparents, se tiendra droit les poils du dos hérissés et la queue levée pour chercher à impressionner. Inversement, un loup en état de soumission se fera plus petit, le regard fuyant et les oreilles baissés, la queue entre les jambes. Le loup peut en cas de soumission passive, rouler sur le dos et exposer sa région génito-anale afin de montrer qu’il est le dominé à l’autre loup.

 En plus des marquages au sol, l’odeur laissée par un loup s’il se roule sur la neige ou se frotte contre un arbre sera comme une « carte de visite ». Le loup sécrète de nombreuses substances odorantes : à la base des poils, des pattes, au niveau de la région génito-anale.

 Il reste une part de mystère dans la communication chez le loup, notamment sur les fonctions exactes du hurlement bien que sa fonction première soit après le plaisir, la réaffirmation des liens qui unissent les loups du clan. La communication tactile (par exemple : le contact physique du museau du louveteau sur les lèvres d’un aîné pour régurgiter de la nourriture) et la communication gustative sont également encore peu étudiées.

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Communication des loups

Posté par othoharmonie le 27 février 2012

Les loups communiquent surtout avec leur corps, mais aussi avec les sons, dont les hurlements.

 Hurler a un grand nombre de significations. Cela sert à rester en contact lorsque le groupe est très dispersé. Les loups hurlent aussi au début et à la fin de la chasse et s’ils veulent protéger quelque chose, comme leur territoire ou une proie fraîchement tuée.

 On pense que ces hurlements aident à maintenir le contact social et les liens au sein du groupe.

Le loup arctique a très peu d’ennemis. En dehors du froid terrible, l’homme est le seul à être un danger pour lui.

 La fourrure d’une de ces bêtes vaut environ 500 €. Mais, par un tel climat et de telles températures, peu d’hommes se risquent à attraper un loup arctique. C’est ce qui lui a permis de se perpétuer et il n’est pas menacé comme le sont d’autres loups.

Fichier:Loups arctiques.ogv

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Le Chien 10

Posté par othoharmonie le 20 novembre 2011

 

Par G. de Cherville 

 

Beagle-Harrier-fr.jpgVoici enfin un fait plus récent, dont l’authenticité est établie par des témoins dont la véracité ne saurait être mise en doute. Depuis trente ans, les Loups sont rares dans l’Ile-de-France, où la surveillance des gardes est loin d’être aussi chimérique que dans les autres départements ; cependant, il y a trois ans, une Louve s’était établie dans la forêt de Villefermoys où sa présence fut longtemps sans être signalée, parce que, fidèle aux traditions de sa race, elle résistait stoïquement aux tentations que devait exercer sur elle le gibier qui fourmille dans ce massif, et s’en allait exercer ses déprédations à des distances assez considérables de ses domaines. 

 

Cette Louve exemplaire ne sut pas imposer à son cœur la discrète réserve que pratiquaient ses appétits. Si Loup qu’on soit, il vient une heure où la solitude semble pesante. L’heure ayant sonné pour notre ermite, elle chercha d’abord autour d’elle, puis dans tous les couverts qui lui étaient familiers, mais l’écho seul répondant aux hurlements sinistres par lesquels elle troublait le silence des nuits, elle chercha un équivalent à l’animal de son espèce qui s’obstinait à ne pas venir. 

 

Il y avait auprès de la forêt un gros Chien, moitié dogue et moitié terrier, qui avait pour emploi de surveiller et de défendre l’habitation fort isolée du sieur Boyer, garde particulier de M. T…, propriétaire du château des Bouleaux. Ce fut sur ce Chien que la Louve jeta son dévolu et, renversant toutes les traditions, elle séduisit le Chien terrier et disparut avec lui, un véritable rapt. 

 

Le Chien 10 dans CHIEN 220px-German_Shepherd_Dogs_portraitQuelques jours après M. T…, se promenant à cheval dans Villefermoys, vit la Louve sauter la route à cinquante pas de lui et derrière la Louve, lui emboîtant le pas, un Chien dans lequel il reconnut immédiatement celui de son garde. Il essaya de les poursuivre en poussant son Cheval à travers bois, mais l’un et l’autre se perdirent dans le fourré. Il rencontra des bûcherons qui lui racontèrent que plusieurs fois déjà ils avaient aperçu cette Louve et le Chien de Boyer allant de compagnie. 

 

Après une douzaine de jours, le Chien terrier réintégra la civilisation ; si les amours ne sont pas plus éternelles dans le monde des Loups que dans le nôtre, les ruptures n’y sont pas moins orageuses. L’infortuné n’avait pas été tout à fait mangé, mais tout son corps portait des traces de coups de griffes et de dentées. 

 

Cependant l’aventure ayant ébruité le secret de l’existence de la Louve, l’amodiataire de Villefermoys, M. le comte de G…., très jaloux de la conservation de ses admirables chasses, ordonna des battues pour les délivrer de ce commensal redoutable. La Louve échappa en forçant la ligne des traqueurs ; mais ceux-ci trouvèrent le liteau, qui renfermait trois petits ; l’un d’eux, absolument Loup par la forme et par le pelage, a été conservé par M. le comte de G… ; les deux autres, chez lesquels le métissage était nettement accusé par la forme des oreilles et par les balzanes de leurs pattes, furent envoyés au Jardin des Plantes. 

 

220px-Berger_allemand_en_montagne dans CHIENLa pièce a un second acte. Comme vous venez de le voir, la Louve avait sauvé sa peau ; après quelques jours de retraite, elle rentra en Villefermoys, y reprit ses demeures et ses habitudes, s’efforçant de mériter l’indulgence par sa modération locale. Au printemps suivant, volage et fidèle tout à la fois, elle revint à son Chien terrier, qui, après une fugue comme l’année précédente, comme l’année précédente aussi revint au logis, battu, pas content, mais probablement disposé à recommencer une troisième fois cette petite excursion dans la société des ennemis mortels de son espèce, si une balle bien plantée n’était pas venue dénouer ce petit roman forestier par la mort de son héroïne. (A SUIVRE

 

 

CHERVILLE, Gaspard de Pekow marquis de (1821-1898) : Le Chien (1882). 

 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (23.VII.2002)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com

http://www.bmlisieux.com/ 



Diffusion libre et gratuite (freeware) 



Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 



Gif chiens

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Le Chien 15

Posté par othoharmonie le 20 novembre 2011

 

Par G. de Cherville 

 

Galgo espagnol Hembra.jpg.jpgD’après Buffon, le lévrier serait venu du mâtin, transporté dans les pays méridionaux, où sa taille se serait développée ; puis aurait diminué progressivement lorsqu’il aurait été réimporté dans le nord pour aboutir en Angleterre aux levrettes et aux levrons. Il ne manque pas d’arguments pour battre en brèche cette explication fantaisiste. Si les similitudes physiologiques signifient quelque chose, le lévrier est moins rapproché du mâtin que du Chien de berger dont il a le ventre harpé, le museau effilé et l’énergie musculaire. Les grands lévriers ont existé au nord dans l’antiquité. Les vertagi, les Chiens si recherchés des Romains venaient de la Gaule. Ovide compare Apollon poursuivant Daphné à un lévrier gaulois chassant un lièvre, et qui, près de le saisir, s’allonge et précipite sa course. La taille de ces animaux diminue si peu dans les contrées septentrionales que l’Irlande en possédait une race gigantesque, éteinte aujourd’hui, qui n’avait pas moins de un mètre de hauteur.

 

 Quoi qu’il en soit, en raison des preuves multiples que nous avons de l’antiquité de son existence, il est incontestable que le lévrier a figuré au moins pour une part dans les croisements qui nous ont fourni les variétés de Chiens que nous avons utilisés pour la poursuite des animaux sauvages, depuis le lapin jusqu’au Lion, que nous avons même employés à chasser l’homme, dans les circonstances, assez honteuses pour notre espèce, où l’homme devenait un gibier. 

 

Les premiers descendants du lévrier furent exclusivement des Chiens courants ; le Chien d’arrêt est une création des temps modernes et la date en est indéterminée. Toussenel lui assigne pour origine le développement de l’art de la fauconnerie : « Comme il fallait des Chiens pour faire lever le gibier plume et le gibier poil devant les oiseaux de vol, dit-il, on en a rencontré qui pointaient naturellement la pièce de gibier avant de la faire partir, on a cultivé ces dispositions en prolongeant le pointage jusqu’à l’arrêt solide. On a obtenu par ce moyen le Chien couchant, c’est-à-dire qui se couche contre le gibier qu’il arrête pour se laisser couvrir avec celui-ci sous le filet. Le fusil venu, qui permettait de tirer au vol, le Chien couchant s’est transformé de lui-même en simple Chien d’arrêt. » 

 

Si la poursuite est la seule méthode de chasser qui ait été inspirée au Chien par la nature, il ne nous en semble pas moins que l’arrêt existait en germe dans les aptitudes de l’animal avant sa domestication

 

Le Chien 15 dans CHIEN 252px-Podengo_Portugues« Boire sans soif et faire l’amour en tout temps, voilà ce qui distingue l’homme de la brute, » a dit Figaro. Il aurait pu ajouter marcher sans but et sans prétexte. L’homme est le seul être qui se promène ; l’animal est économe de sa peine et de sa fatigue ; il n’use de ses forces que dans la nécessité stricte qu’exigent ses besoins d’alimentation et de reproduction ; quand il ne travaille pas, il dort. 

 

Avant de se résigner à pourchasser laborieusement sa proie, le carnassier se recueille ; il va tenter de la surprendre, le félin en donnant à la terreur le temps de paralyser la défense de sa victime, les autres en se rapprochant le plus près possible de la proie, en s’immobilisant soit pour rassembler leurs forces, soit pour mieux mesurer leur élan. L’arrêt du Chien existait en germe dans cette courte halte avant la surprise. Il est si bien inné dans la race qu’il n’est pas de chasseur auquel il ne soit arrivé de voir un Chien courant prendre une attitude de pointer devant un lièvre au gîte qu’il n’avait pas éventé. Il est si peu particulier à l’espèce canine qu’un jour dans une forêt de Normandie, nous avons pris pour un Chien un Loup que nous apercevions à cinq ou six cents mètres de l’endroit où nous nous trouvions et qui s’approchait d’un troupeau d’oies en se rasant dans les broussailles, avec des façons qu’un braque n’eût pas désavouées. 

 

Les races françaises de Chiens courants et couchants ont joui longtemps d’une légitime célébrité ; les premières fournissaient des sujets d’une vitesse médiocre, mais doués d’un odorat exquis, puissamment gorgés, aux abois retentissants, aux hurlements formidables tels qu’il convenait dans les forêts abruptes et imparfaitement percées auxquelles ils étaient destinés. Ces races ont à peu près disparu à la suite des croisements multipliés avec les Chiens anglais dont la rapidité avait été retrempée par une addition de sang de lévrier. Nous n’avons pas été beaucoup plus heureux avec nos trois principales espèces de Chiens couchants, braques, épagneuls et griffons, dont l’incurie des propriétaires a si bien amené la dégénérescence qu’aujourd’hui même, chez nous, ce sont les Chiens anglais, pointers et setters, qui tiennent le haut du pavé !  (A SUIVRE….) 

 

 

CHERVILLE, Gaspard de Pekow marquis de (1821-1898) : Le Chien (1882). 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (23.VII.2002)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com

http://www.bmlisieux.com/ 



Diffusion libre et gratuite (freeware) 



Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 



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