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Rentrer au rang d’animalumaniste

Posté par othoharmonie le 9 juin 2017

Buck Whitetail Deer (Odocoileus virginianus)Les animaux, c’est bien, mais tu ferais mieux de commencer par t’occuper des hommes. Tous ceux qui sont engagés en faveur des animaux, d’une manière ou d’une autre, ont déjà entendu cette objection ou l’un de ses variantes : Quand on voit le nombre de gens qui meurent de faim dans le monde, on  se dit que les animaux, c’est pas la priorité, et : C’est quand même bizarre de s’intéresser davantage au sort des animaux qu’à celui des humains : pourquoi cette misanthropie ?

Les remarques de ce genre s’expliquent de plusieurs manières. D’une part, ceux qui les formulent n’ont sans doute sincèrement pas encore compris qui sont réellement les animaux non humains. Ils n’ont pas pris le temps d’apprendre le lien génétique qui nous unit à eux ni ne se sont intéressés à leur fascinante complexité psychologique. D’autre part, en attaquant ceux qui portent un combat qu’ils ne comprennent pas, ils tentent de se déculpabiliser de leur propre indifférence. Ils ferment les yeux sur les violences imposées aux animaux ; il leur faut trouver une justification à leur atonie. Le plus souvent, et ce n’est pas un hasard, les contempteurs des défenseurs des animaux ne militent pas non plus pour améliorer le sort des hommes et des femmes de cette planète. Ils ne font rien du tout. I est donc temps que cesse la mauvais e foi et qu’enfin soit admise cette vérité ; la cause animale est une cause humanitaire.

Cette lutte s’inscrit dans une logique globale et universelle de défense des plus faibles, des opprimés, des humiliés. Or, il n’y a pas en la matière de frontière. Celui qui déteste ces deux sœurs que sont l’injustice et la violence les combat sur tous les champs de batailles où elles commettent leurs crimes. « La dénonciation de la violence est indispensable, écrit la philosophe Corinne Pelluchon, mais il faut prendre garde à ne pas installer une sorte de concurrence entre les victimes de la domination (les femmes, les enfants, les pauvres, celles et ceux qui subissent le racisme ou toute autre forme de discrimination, les animaux). Car toutes les violences sont liées ; elles s’enracinent dans le même penchant au mal ». Ce n’est pas un hasard si Louis Michel, figure majeure du mouvement révolutionnaire et anarchiste du XIXè siècle, pionnière du féminisme voyait dans son amour des bêtes, et dans la détestation des souffrances qu’on leur inflige, l’inspiration de toutes ses luttes en faveur des faibles. « Au fond de ma révolte contre les forts, je trouve du plus loin qu’il me souvienne l’horreur des tortures infligées aux bêtes », écrit-elle.

grenouille

Depuis la grenouille que les paysans coupent en deux, laissant se traîner au soleil la moitié supérieure, les yeux horriblement sortis, les bras tremblants, cherchant à s’enfouir sous la terre, jusqu’à l’oie dont on cloue les pattes, jusqu’au cheval qu’on fait épuiser par les sangsues ou fouiller par les cornes des taureaux, la bête subit, lamentable, le supplice infligé par l’homme. Et plus l’homme est féroce envers la bête, plus il est rampant devant les hommes qui le dominent. 

[…] Nombreux sont les intellectuels qui ont, au cours des siècles derniers, appelé à la fin de l’exploitation animal ou qui ont simplement demandé que cessent les traitements les plus barbares à l’égard des animaux. Montaigne et Rousseau figurent au premier rang de ces animalumanistes, mais on pourrait s’attarder sur les lignes écrites pas Tolstoï, Margueritte Yourcenar « végétarienne afin de ne pas » digérer d’agonies ». Ou encore Romain Gary. En 1956, dans Les Racines du Ciel, parfois considéré comme le premier roman écologiste, Gary alerte sur la destruction de la nature et des animaux qui la peuplent. Il raconte l’histoire de Morel, qui consacre son énergie à éviter le massacre des éléphants en Afrique, pourchassés pour leur ivoire 

Nous devons nous tourner avec beaucoup plus d’humilité et de compréhension vers les autres espèces animales, différentes mais non inférieures, écrit-il notamment. Le roman a été acclamé par la critique, il a été récompensé par le prix Goncourt. C’est bien, mais combien de ceux qui ont attribué cette distinction ont su mettre en pratique les recommandations de Gary ?

Une fois les petits fours engloutis et les bulles de champagne évaporées, il n’est pas resté grand-chose du message de l’auteur, si ce n’est un prétexte à la bonne conscience…. ! Voilà bien l’un des problèmes de la protection animale en particulier et de l’écologie en général ; même si beaucoup observent encore ces prises de position avec condescendance et ironie, chacun est bien obligé de reconnaître qu’elles s’appuient sur des revendications dont les fondements sont justes. Il devient délicat aujourd’hui d’affirmer être indifférent à la souffrance animale et aux destructions de l’écosystème. D’ailleurs, la première chose que vous répond u éleveur ou un boucher, dans un débat, c’est : « Moi aussi j’aime les animaux ! Sauf que ces mots sont immédiatement suivis d’un « Mais » – j’aime les animaux, mais… ou j’aime la nature, mais… un peu comme le type raciste qui dirait : « J’ai rien contre les Arabes, mais… »

En rétablissant le lien qui nous unit à toutes les autres espèces, l’atispécisme propose la définition d’un nouvel humanisme, qui ne s’entend plus comme priorité absolue donnée à l’être humain, mais qui étendant son champ d’intérêt à toutes les espèces sensibles. Il ne s’agit pas d’enlever des droits aux hommes, mais d ‘en accorder à de nouveaux individus. L’antispécisme revendique de nous élargissions notre sphère de considération morale. En ce sens, nous pouvons qualifier ce nouvel humanisme d’anumanisme.

- Extrait du livre ANTISPECISTE RECONCILIER L’HUMAIN, l’ANIMAL ET LA NATURE de Aymeric Caron  page 229 – Aux Editions France Loisirs

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LE SYMBOLISME SOLAIRE DU CERF

Posté par othoharmonie le 11 février 2017

 

Symbole solaire du pouvoir celte, le cerf est l’animal de la vie (à cause de l’arbre que forment ses ramures), de la puissance, de la virilité, de la longévité (on disait qu’il pouvait vivre jusqu’à 900 ans) et de la vélocité. Comme l’ours, le cerf manifeste la force de la nature : sa chasse et sa capture sont le sujet de nombreuses légendes.

Grâce à sa ramure comparable à un arbre et qui se renouvelle périodiquement, le cerf passait déjà alors pour un symbole de la vie qui se perpétue, du renouveau et du passage du temps.

Il passe pour être hostile aux serpents venimeux, et son pelage constituait une amulette de protection contre leurs morsures. La poudre de bois de cerf protégeait aussi les semences des intempéries.

cerfs

Le bestiaire du Moyen Age répète les mêmes enseignements, mais ajoute encore que les cerfs auraient découvert l’effet magique dont ils font usage pour se défaire des flèches qui se sont fichées dans leur peau, et cicatriser leurs blessures. On lit aussi que les bois de cerf constituent un puissant remède : la ramure droite, plus efficace que la gauche, chasse les serpents lorsqu’on la brûle. La viande de cerf fait tomber la fièvre, de même que l’onguent que l’on tire de sa moelle.  En héraldique, le cerf est le symbole de « la douceur et de l’indulgence, car il est dépourvu de fiel, ce qui explique sa longévité, qui est d’une centaine d’années ». On y représente également la ramure seule qui est « un signe de puissance ».

Dans la mythologie celte, les cerfs sont les « bêtes à cornes des fées » et les messagers entre le monde des dieux et celui des hommes. Le dieu celtique Cernunnos était couronné d’une ramure de cerf, comme l’étaient les chamans des peuples primitifs. En fait, de la même façon que le cerf a formé un couple d’opposés avec le taureau, il semble qu’il ait été surtout opposé dans les pays celtiques au sanglier, où le cerf (comme le cheval) représente l’élément masculin et combatif et le sanglier le côté féminin et érotique de l’homme et de la nature.

Une divinité gauloise porte le nom de Cernunnos, « celui qui a le sommet du crâne comme un cerf ». Elle est représentée sur le chaudron d’argent de Gundestrup, assise dans la posture bouddhique, tenant d’une main un torque et de l’autre un serpent, entourée d’animaux les plus divers, et notamment d’un cerf et d’un serpent. Peut-être faut-il voir dans ces bois de cerf surmontant la tête du dieu un rayonnement de lumière céleste. Un autre monument remarquable est celui de Reims où Cernunnos est représenté en dieu de l’abondance. on en connaît plusieurs autres. Cependant, il semble bien que le dieu doive être compris comme le maître des animaux.

En Irlande, Saint Patrick se métamorphose et métamorphose ses compagnons en cerfs (ou en « daims ») pour échapper aux embûches du roi païen Loegaire : il agit ainsi en vertu de l’incantation ou procédé magique appelé feth fiada, lequel procurait normalement l’invisibilité. le symbolisme du cerf dans le monde celtique est donc très vaste et il a trait certainement aux états primordiaux.

En Bretagne armoricaine, Saint Edern est représenté chevauchant un cerf.

C’est ainsi que la bande de guerriers qui est chargée de veiller sur les ports de l’Irlande et qui mène une vie libre et joyeuse parmi les bois et les vallées, les Fenians (ou compagnons de Finn) agit sous l’autorité de ce dernier dont le véritable nom est Demné, qui signifie précisément le cerf. De sa femme, la biche enchantée Sav, il aura un fils, Oisin (le daim – c’est le prototype du personnage d’Ossian tel qu’il a été restitué par MacPherson à la fin du XVIIIe s.), qui lui-même aura un fils, Oscar, « celui qui aime les daims ».

Pour la possession de Grainné, la fille du haut roi de Tara, Cormac Mac Art, il poursuivra des années durant son neveu Diarmaid dont le sanglier est l’animal totem, donc aussi tabou (voir Tristan et Iseut où le cerf de Finn est remplacé par le cheval – et les oreilles de cheval du roi Marc).

Comme le cheval encore (mais également le renne ou le chevreuil), le cerf paraît avoir rempli chez les Celtes un rôle de psychopompe (qui conduit les âmes des morts) : c’est cousu dans une peau de cerf que, dans le roman de Tristan, le Morholt mort est ramené à la cour de sa sœur, la reine d’Irlande, tandis qu’Oisin, dans l’Accalam na Senorach (« le Colloque des Anciens »), va rejoindre sa mère dans l’autre monde.

A travers ses survivances dans la littérature galloise (histoire de Gereint et Enid dans les Mabinogion), puis médiévale et continentale (dans Erec et Enide de Chrétien de Troyes, par ailleurs une démarque du texte gallois), on trouve aussi la trace d’un symbole du cerf blanc qui renvoie apparemment à un ancien rituel magico-religieux pour s’approcher de la féminité divine.

Rapide et insaisissable, le cerf était souvent représenté – surtout sous la forme d’une biche ou d’un mâle de couleur blanche – comme un modèle de l’âme, ou un messager divin. Dans la mythologie celte, il tire le chariot de Flidass, déesse de la chasse.

De fait, il semble que l’invasion celte, lorsqu’elle s’est produite, a intégré dans ses propres représentations toute une partie du fonds pré-indo-européen, et que le culte ou les images de cerfs y renvoient très souvent à d’antiques pratiques chamaniques – comme dans l’épisode de Suibhne Geilt, « la folie du roi Suibhne », où l’on voit un souverain retourner à l’état de nature et vivre dans la compagnie des cerfs ou se saisir d’un daim pour en faire sa monture.

Le cerf, habitant de la forêt, est un défi perpétuel pour le roi chasseur Arthur. Au moment où la Cour prépare à Carlion le mariage d’Enid et de Gereint (Erec), on l’avertit qu’un cerf d’une splendeur inégalée traverse la forêt de Dena (Dean). Arthur le chasse et le tue, puis l’offre à Enid, lui donnant ainsi symboliquement les rênes du pouvoir.

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Tous les Animaux ont besoin d’Amour

Posté par othoharmonie le 29 septembre 2016

 

 

Tous les animaux ont été créés, comme l’homme, selon leur espèce, avec un mandat à accomplir, et il y a un rapport de progression entre les corps des animaux et celui de l’homme.

Dieu a pourvu d’intelligence le plus petit animal, comme le plus gros. 

L’animal est sur le chemin de l’homme, il a un instinct qui ne s’éteindra pas plus que l’âme humaine. L’homme est la lumière de l’animal, l’animal est la lumière du végétal, le végétal est la lumière du minéral. 

tous les animaux

Ainsi un homme bon, pacifique, aura des animaux doux, obéissants. Les animaux progressent comme l’homme et ont l’instinct de la conservation. Ils n’ont pas été mis sur terre seulement pour la satisfaction de l’homme.   

Un chien a en lui tous les vices et tous les crimes. Les naïfs, en le voyant souffrir et être malade, disent : « Qu’a donc fiait ce pauvre animal innocent pour mériter un pareil sort ? » Et cependant sa souffrance lui est précieuse et lui acquiert pour l’avenir les Plus grands avancements. 

Les animaux sont rangés par classes et dans chaque classe par familles. Et si l’une de ces classes d’animaux ne voulait pas avancer, une autre la pousserait. Il en est de même pour toutes les classes, même pour nous. Si une famille voulait s’encroûter, une autre la pousserait, car il faut avancer. 

Dans l’existence des fourmis le travail est encouragé et récompensé et la paresse punie par des rigueurs pouvant aller jusqu’à l’exclusion de la fourmilière. Si pour les taquiner vous retardez le travail de quelques-unes, vous pouvez être pour elles la cause d’une punition imméritée. Il se peut alors qu’un être plus puissant que l’homme vous contrarie dans votre travail. Inversement nous pouvons recevoir de l’aide si nous facilitons le travail des inférieurs. 

Les infiniment petits qu’on ne voit qu’à travers un microscope travaillent, eux aussi ; ils ont leurs lois qui les régissent, leurs peines et leurs punitions. Les animaux sont gardés, comme les gens, par des êtres qui président à leur formation, à leur naissance, qui sont leurs défenseurs et que nous offensons si nous les maltraitons. 

Les animaux souffrent continuellement et souvent d’une façon intolérable ; si nous le savions, nous aurions autrement pitié d’eux. Il faut être bon envers les animaux et envers les plantes. Celui qui n’a jamais fait mal à un animal, qui ne détruit ou ne blesse jamais un végétal sans une cause vraiment utile, est protégé à son tour par les animaux ou les végétaux. S’il est sur le penchant d’un précipice et qu’il tombe, il se trouvera tout à coup une racine pour le retenir ; si un animal féroce parcourt la campagne et qu’il le rencontre, l’animal viendra le caresser, ou ne le verra pas. 

Il y a un domaine spécial pour les animaux ; mais celui qui les maltraite n’est plus dans ce domaine et ne trouve plus les animaux. Si au contraire vous n’avez jamais fait de mal à une bête et que vous vous trouviez un jour égaré dans la campagne, vous rencontrerez une araignée, ou tout autre animal qui vous montrera le chemin. Si vous maltraitez un animal, il vous arrivera, lorsque vous en aurez un que vous aimerez beaucoup, de le voir maltraité sans que vous puissiez venir à son secours. Il en est ainsi pour tout, car il faut apprendre à tout aimer, et nous devons tout respecter, car tout a été créé par Dieu. 

Trois paysans ont chacun un vieux cheval malade. En supposant qu’il leur a coûté un certain prix, il leur a rendu des services. Le premier, voyant que le cheval ne fait plus sa besogne, le bat pour essayer de le faire travailler. 

Le second l’envoie à l’équarisseur puisqu’il est hors de service.

Le troisième dit : « Oh ; pauvre bête, je puis bien le soigner jusqu’à sa mort et le garder dans son écurie ; Dieu fera bien pousser quelque chose de plus dans mon champ ». 

Ne pensez-vous pas que ce dernier, quand il reviendra, ne pourra pas avoir toute la famille des animaux à son service ? Si, il aura autant de chevaux qu’il en désirera ; et cela s’étend très loin, sur toutes les choses. 

Je plains celui qui ferait du mal à un animal, car pensez-vous que cet animal n’est pas aussi animé par autre chose que par la matière ? Sachez bien et retenez que, dans une planète plus élevée, nous serons à notre tour les animaux de cette planète, avec cette différence de ceux de la nôtre que nous aurons la parole.   

Si vous frappez un taureau qui veut vous tuer, je vous déclare que vous n’irez pas au Ciel avant que vous n’ayez été tué par un taureau. Il ne faut jamais tuer les animaux, pas plus les animaux réputés dangereux que les autres. On peut écarter un serpent de son chemin et du chemin d’un enfant qui en serait menacé, mais il ne faut pas le tuer. En général le serpent ne nous fera pas de mal ; et , s’il nous en fait, ce sera la dernière fois ; plus jamais nous n’aurons à craindre quoi que ce soit des serpents. 

Il est écrit bien avant la création (je ne dis pas de ce monde) : Celui qui est marqué par le Ciel ne saurait être déchiré par les bêtes fauves 

Il ne faut pas détruire les vipères, elles sont très friandes de mouches charbonneuses, de toutes espèces d’insectes et d’animaux malsains. Un cultivateur peut tuer une vipère qui, cinq minutes avant, lui a sauvé la vie en prenant une mouche charbonneuse qui allait le piquer.  

 

Paroles de Maître PHILIPPE De LYON sur le blog de Francesca http://francoise1.unblog.fr/

 

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LE TEMPLE DES RATS AU RAJASTHAN

Posté par othoharmonie le 8 septembre 2016

 

Temple des ratsLe plus célèbre des temples dédiés à Karni Mata est le temple à Deshnok , lequel a été créé à la suite de sa mystérieuse disparition où elle se volatilisa de la caverne qu’elle se construisit elle-même pour méditer, sans que nul ne la voit. Le temple est connu pour ses rats, lesquels sont sacrés et traités en tant que tels, leur présence bénissant ceux qui fréquentent le temple, ce dernier leur accordant une religieuse protection.

Karni Mata, sainte ermite, membre d’une caste de conteurs de la région, les Charan, aurait demandé à Yama, le dieu de la Mort, de rendre la vie au fils d’un conteur affligé. Yama s’exécuta, mais ressuscita le jeune homme sous forme de rat. De colère, Karni Mata vola toutes les âmes de sa caste du royaume de Yama : ils se réincarneraient désormais en rat, avant de renaître sous forme humaine…

Le lieu est soumis à plusieurs légendes
– Il paraitrait tout d’abord que la population de rats n’augmente jamais. Le site en abriterait aux alentours de 10 000. 
– Il paraitrait également que nous n’y voyons jamais de ratons. Il faut savoir que les nouveaux rats surgissent de nulle part et que les plus vieux se réincarnent à leur mort. 
– Il paraitrait que l’on ne voit jamais de rats à l’extérieur du temple (pour celui-là je dois admettre qu’il est vrai qu’on n’en a pas vu ailleurs que dans l’enceinte du temple). 
– Et finalement parmi cette dizaine de milliers de rats ne se trouveraient qu’un seul rat blanc, qui, si on l’aperçoit apporterait bonheur et fortune (cool, on l’a vu !).

Dernier détail, faîtes attention où vous mettez les pieds : qui tue un rat doit le remplacer par une statue de rongeur en or pur !

La porte du temple portant des représentations de rats et de tridents (symbole de shiva) est en argent massif, la façade en grès rose et le reste est en marbre blanc.

ON ne peut pas porter de chaussures à l’intérieur de l’enceinte. La balade s’effectuera donc pieds nus ou en chaussettes au milieu des rats (avec cette très agréable sensation de marcher au milieu de la pisse et des crottes de rats). Simple détail a priori pour les croyants !

Comme la plupart des temples, le temple est ornée de nombreuses sculptures d’une superbe minutie.

. En fait, des rats il y en a un peu partout à l’intérieur du temple, très souvent autour des gamelles de boisson et nourritures qui leur sont mis à disposition. Les rats peuvent vous passer entre les jambes si vous vous trouvez sur le chemin d’une gamelle, mais sinon ils dorment tranquillement dans un coin.

Dans tous les cas, on ne peut pas dire que le flux de touristes les dérangent énormément.

Pendant l’année, les pèlerins de toute l’Inde visitent Karni Mata au temple de Deshnok pour lui rendre des hommages religieux. En dehors du Rajasthan, Karni Mata est connue, respectée et aimée dans des États comme le Gujarat, le Madhya Pradesh et en Haryana. Durant le festival de Navrati (célébration de la Shakti, de neuf Déesses), des centaines de personnes voyagent à pied pour aller la vénérer et prier dans ce temple. Si un des rats est tué par accident, le fauteur doit offrir en compensation une statuette de rat en or massif aux brahmanes du temple. Voir ou apercevoir un rat blanc au milieu des hordes de rats noirs est considéré comme particulièrement de bon augure.

Rats

Parmi les milliers de rats vivant au sein du temple, la tradition dit qu’il y a quatre ou cinq rats blancs, que l’on considère comme particulièrement saints. Ils sont les manifestations de Karni Mata elle-même et de sa famille (on se rappellera que Karni Mata est dans une région où vivent les Bishnoïs, dont leur maître, Jambheshwar Bhagavan, choisit de se réincarner en antilope). Les apercevoir est un privilège et les visiteurs ont le devoir de leur donner de la nourriture semblable à de la confiserie, dont les restes sont ainsi bénis par leur salive (les fidèles au temple de Karni Mata considèrent que la nourriture ou les boissons goûtées par les rats sont prasad, « bénies » ; ainsi, par exemple, les dévots trempent leurs doigts dans les bols de lait donnés à l’intention des rats, puis les lèchent ensuite en signe de communion avec la divinté).

C’est la seule communauté de rats diurnes connue dans le monde. Un rat qui monte sur un pied humain est considéré comme une bénédiction de sa part.

De même que le taureau est la monture du Dieu Shiva, l’oie du Dieu Brahmâ, Garuda (le roi des oiseaux) du Dieu Vishnou, le rat est aussi la monture du Seigneur Ganesh, Dieu très populaire et omniprésent en Inde.

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Rat et souris dans la culture

Posté par othoharmonie le 8 septembre 2016

Dans l’Antiquité grecque et romaine, souris et rat ne se distinguent pas vraiment dans le langage et de ce fait ils ne se distinguent pas non plus dans les croyances de l’époque. La souris est connue dans toute l’Antiquité alors que le rat aurait été introduit plus tardivement dans l’Antiquité greco-romaine. Ce rongeur est un symbole de la vie souterraine, il est tenu pour maléfique et nuisible, c’est un animal glouton et prolifique. Il dévaste les réserves alimentaires et les champs et il propage des épidémies. Strabon affirme que le rat a répandu la peste en Ibérie. Néanmoins, quelques valeurs positives sont également associées au rat et à la souris en Occident dans l’Antiquité. Pline l’Ancien dit, par exemple, que l’on ne doit pas négliger les rats puisqu’ils peuvent être porteurs de présages et ainsi rendre service.

rats et souris

Apollon était perçu comme un dieu agraire en tant que « dieu-rat ». Apollon Sminthéen (peut-être du crétois « sminthos » : chasseur de souris) sait propager les maux, comme la peste, mais il sait aussi les guérir. Il est alors lié à la médecine et à l’art divinatoire. Des souris blanches étaient élevées dans son temple.

Au cours de l’histoire, ces rongeurs sont fréquemment confondus et partagent bien souvent un même aspect culturel. Depuis la Préhistoire, les « rats » et les « souris » (au sens large) ont toujours accompagné l’Homme. De ce fait, ce sont des animaux qui occupent une très forte symbolique et qui sont fortement présents dans les domaines folkloriques et artistiques. Dans certaines de ses fables, Jean de La Fontaine emploie aussi bien le terme de rat que celui de souris pour désigner le même animal. Impossible alors de savoir auquel des deux rongeurs le poète fait référence. De même, si la Batrachomyomachia attribuée à Homère est traduite par « La Bataille des grenouilles et des rats » elle est traduite dans d’autres langues par « La Bataille des grenouilles et des souris » comme c’est le cas par exemple en anglais (« The Battle of Frogs and Mice ») ou encore en espagnol (« La Batalla de las ranas y ratones »). Dans les fables d’Ésope, le problème est le même. On retrouve également cette assimilation en Asie. Ainsi Mûshika, la monture du dieu Ganesh peut être un rat comme elle peut être une souris et dans l’astrologie chinoise, le premier signe du zodiaque est le rat mais il est parfois désigné sous le nom de souris. La langue chinoise ne faisant pas, dans le langage courant, la distinction entre le rat et la souris.

Les rats ou les souris sont présents dans la littérature antique. On les voit ainsi apparaître dans la Batrachomyomachia, épopée parodiant l’Iliade. Cette épopée comique est généralement attribuée à Homère et pourrait ainsi dater de la fin du viiie siècle av. J.-C.. Elle prend comme protagonistes des grenouilles et des rats. Selon les anglophones, germanophones et hispanophones, il ne s’agit pas de rats mais de souris. Ce récit raconte la bataille entre les grenouilles et les rats (ou souris) à la suite de la noyade de Psicharpax, le rongeur, alors qu’il était sur le dos de Physignathe, le batracien. Ils apparaissent également dans de nombreuses fables de l’écrivain grec Ésope aux viie et vie siècles av. J.-C.. Les fables d’Ésope ont notamment inspiré les fables de La Fontaine et c’est à Ésope que l’on attribue la paternité du genre littéraire de la fable. Parmi ces fables, on peut citer, si l’on s’en tient aux titres donnés par Jean de La Fontaine, La Grenouille et le RatLe Rat de ville et le Rat des champs,Le Lion et le RatConseil tenu par les ratsLe Combat des Rats et des Belettes. Il y a également d’autres fables que l’on ne retrouve pas chez Jean de La Fontaine et qui concernent rat et souris comme Le Taureau et le RatLe Serpent, la Belette et les Rats et Le Lion qui a peur d’une souris et le Renard.

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Les mythes autour des chauves-souris tropicales

Posté par othoharmonie le 25 août 2016

 

Les chauves-souris se rencontrent partout sauf dans les zones polaires, mais c’est dans les régions tropicales du Nouveau Monde qu’elles sont le plus nombreuses et le plus diversifiées : environ 260 espèces sur les quelque 950 décrites, soit plus du quart des chiroptères. Ainsi, 3 kilomètres carrés de forêt guyanaise hébergent plus de 50 espèces de chauves-souris différentes, alors que 100 kilomètres carrés de forêt équatoriale au Gabon en abritent 35. Cet écart est moins important entre l’Asie et l’Amérique : pour des surfaces similaires, la péninsule de Malacca d’une part, le Costa Rica et Panamá d’autre part possèdent respectivement environ 90 et 110 espèces de chiroptères.

Par ailleurs, dans les forêts tropicales américaines, le nombre d’espèces de chauves-souris équivaut à peu près à celui des autres espèces de mammifères.

Chauve souris

Les chiroptères d’Amérique tropicale se répartissent en 9 familles et 81 genres. Six de ces familles sont endémiques de ce continent : les noctilionidés (2 espèces), les mormoopidés (8 espèces), les phyllostomidés (qui, avec environ 143 espèces, réunissent plus de la moitié des espèces chiroptères du Nouveau Monde), les natalidés (5 espèces), les furiptéridés (2 espèces) et les thyroptéridés (2 espèces) ; les trois autres familles – les emballonuridés, les molossidés et les vespertilionidés – sont également représentées dans l’Ancien Monde.

Certaines espèces, comme les vampires, ont un régime très spécialisé ; d’autres, au contraire, sont omnivores et se nourrissent en partie de végétaux et en partie d’animaux, des invertébrés surtout. Selon leur alimentation, on distingue 6 grandes catégories de chauves-souris : les hématophages ; les insectivores – qui sont les plus nombreuses – ; les frugivores, les nectarivores, les piscivores et les carnivores.

Un peu plus de la moitié des chauves-souris d’Amérique tropicale se nourrissent d’insectes, soit la totalité des espèces des familles des emballonuridés, des mormoopidés, des natalidés, des furiptéridés, des thyroptéridés, des vespertilionidés et des molossidés ; 20 % des phyllostomidés ; un seul noctilionidé, le petit noctilion, Noctilio albiventris.

Les insectes sont généralement capturés en vol, parfois aussi lorsqu’ils sont posés au sol ou dans la végétation.

Bien que le mot vampire soit originaire d’Europe centrale (étymologiquement, il pourrait venir d’un mot turc [uber] signifiant « sorcière »), c’est dans les régions les plus chaudes d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud que l’on trouve les vrais vampires. Un certain nombre d’invertébrés, comme les sangsues, les tiques et de nombreux insectes (punaises, puces, moustiques), se nourrissent de sang, mais, chez les vertébrés, les vampires sont les seuls à avoir adopté ce régime alimentaire. Il est d’ailleurs assez paradoxal que ces chauves-souris hématophages soient apparues et aient évolué uniquement en Amérique, continent qui, avant l’introduction du bétail par les Européens, était relativement pauvre en grands mammifères. D’autres parties du monde, comme l’Afrique, avec ses grands troupeaux d’herbivores, semblaient, a priori, plus favorables. Sur ce point, le mystère demeure.

Des trois espèces existant actuellement, le vampire commun, Desmodus rotundus, est celle qui a l’aire de répartition la plus étendue. Présent du Mexique à l’Argentine et au Chili, il évite pourtant la région des hauts plateaux mexicains ainsi qu’une bonne partie de la cordillère des Andes. Toutefois, on le trouve à plus de 1 000 m d’altitude (2 300 m au Mexique, 2 600 m en Colombie et même 3 800 m au Pérou). Les vampires se rencontrent dans les deux hémisphères, dans les régions où la température hivernale minimale est au moins égale à 10 °C.

Vol de chauve souris

Vrais et faux vampires

L’histoire de la nomenclature des vampires est significative. Elle montre combien la légende et la réalité ont souvent été confondues.

Bien que les vampires aient été connus dès la conquête du Mexique par Hernán Cortés, il faut attendre 1760 pour que Buffon baptise « vampire » une grosse chauve-souris d’Amérique du Sud, dont il décrit les mœurs hématophages en se fondant sur des témoignages de voyageurs à leur retour du Nouveau Monde. À la même époque, Carl von Linné la décrit sous le nom de Vespertilio spectrum. Il s’agit, en fait, de l’actuel Vampyrum spectrum, le faux vampire, qui, s’il est carnivore, n’est pas un buveur de sang. Nul doute que les termes choisis par ces naturalistes pour dénommer cet animal ont été inspirés par sa grande taille et son aspect peu engageant.

À partir de cette époque et pendant tout le xixe siècle, les zoologistes des muséums européens ont tendance à appeler « vampires » toute une série d’espèces de chauves-souris en général de grande taille, souvent des phyllostomidés, c’est-à-dire possédant l’étrange feuille nasale attribut de cette famille. De là à leur attribuer des mœurs de vampires, il n’y avait qu’un pas. C’est ainsi que sont apparus à cette période des VampyrusVampyrops et autres Vampyressa, qui n’ont en fait rien du vampire. On a même baptisé « vampires » de grandes chauves-souris mangeuses de fruits de l’Ancien Monde : la plus grande chauve-souris du monde, la roussette de Malaisie, une chauve-souris frugivore de 1,70 m, a ainsi été décrite en 1792 sous le nom de Pteropus vampyrus.

En revanche, le vrai vampire reçoit, en 1810, le nom anodin de « phyllostome [à bouche en forme de feuille] arrondi » (Phyllostoma rotundus) ! En 1822, le Français Desmarest découvre que cette petite chauve-souris se nourrit de sang et peut s’attaquer à l’homme. C’est Oldfield Thomas qui, en 1901, lui donne son nom définitif de Desmodus rotundus.

Le vampire sorti des tombeaux

Nombreux sont les mythes et légendes évoquant des créatures suceuses de sang. En Orient, on peut citer, par exemple, les striges (oiseaux de nuit), et les goules qui dévorent les cadavres dans les cimetières. En Europe, le mot vampir, sans doute originaire des Balkans, fait son apparition au xviiie siècle (en Allemagne en 1732).

À l’origine, le vampire est censé être l’esprit d’un mort qui sort la nuit de sa tombe et prend des aspects variés : un animal (grenouille, araignée ou puce) chez les Roms vivant dans les pays slaves, ou un légume (citrouille, pastèque), ou un autre objet inanimé ailleurs, pour aller sucer le sang d’une personne endormie. Celle-ci deviendra vampire à son tour. On notera que, dans les croyances européennes, les chauves-souris ne sont pas associées au vampirisme. Seule la découverte, au xvie siècle, de l’existence d’une chauve-souris hématophage que les scientifiques vont appeler « vampire » va permettre – bien ultérieurement – cette association, qui, aujourd’hui, est bien ancrée dans les esprits.

Vampires et esprits malins

On pourrait s’attendre à une figuration du vampire dans toutes les mythologies, ainsi que dans les arts et l’artisanat des pays où l’espèce est prospère. Curieusement, on la rencontre au contraire plutôt rarement : ainsi il n’en existe aucune trace dans la culture aztèque. En revanche, les Mayas connaissaient bien cet animal : pour eux, la zotziha, ou maison des chauves-souris, est l’une des étapes qui conduit les mourants dans les entrailles de la terre. C’est la demeure du dieu-vampire, ou « chauve-souris de la mort » (camazotz), qui décapite ses victimes. Chez les Arawaks des Guyanes, plusieurs mythes évoquent des chauves-souris géantes qui dévorent ou sucent le sang des êtres humains.

Sur l’île de la Trinité, les morsures des vampires sur des hommes sont attribuées à un esprit malfaisant appelé « soucouyant ». C’est généralement une vieille femme, qui se dépouille la nuit de son apparence humaine et, pour se déplacer, se transforme en boule de feu. Elle pénètre dans les maisons par le trou de la serrure, ou à travers des fissures.

Les premières « victimes » européennes

Natalus_stramineusLes récits des premiers voyages européens et les mythes amérindiens en témoignent : l’homme a, de tout temps, été l’une des proies du vampire. Ainsi, au retour d’un périple dans les régions qui constituent l’actuel Costa Rica, le voyageur au long cours Benzoni écrivait en 1565 : « Il y a de nombreuses chauves-souris qui mordent les gens au cours de la nuit ; on les trouve le long de la côte jusqu’au golfe de Paria et dans d’autres régions, mais nulle part ailleurs elles ne provoquent autant de dommages que dans cette province ; je les ai rencontrées en plusieurs endroits, sur la côte et particulièrement à Nombre de Dios, où, alors que je dormais, elles m’ont mordu aux orteils si délicatement que je n’ai rien senti, mais, au matin, j’ai trouvé les draps (…) baignés de sang… »

Morsures sélectives

Chez l’homme, le vampire choisit de préférence les pieds, les mains et certains endroits de la tête, en particulier le bout de l’oreille. Ce sont en fait les surfaces les plus riches en vaisseaux capillaires. Les tonsures pratiquées par certains peuples Amérindiens, comme les Yanomami du haut Orénoque, sont apparemment une aubaine pour ces chauves-souris, qui les apprécient tout particulièrement.

Au Mexique, une enquête a établi que les chauves-souris vampires s’en prennent le plus souvent aux enfants des deux sexes et préfèrent les femmes aux adultes masculins. Cet ordre de préférence (jeunes, puis femelles et ensuite seulement mâles) vaut également pour d’autres proies, en particulier les bovins. En ce qui concerne ces derniers, le chercheur suisse Dennis Turner estime que la sélection est déterminée par l’épaisseur de la peau, faible chez le veau, moyenne chez la vache, maximale pour le taureau, ainsi que par le degré d’exposition : les veaux dorment plus longtemps et ils restent plus isolés les uns des autres que les adultes.

Sans qu’on sache très bien pourquoi, les vampires s’en prennent à certains individus plutôt qu’à d’autres : sur l’île de la Trinité, par exemple, un enfant de 14 ans a subi des morsures sur les membres, le dos et le visage pendant deux années consécutives, alors que son frère et sa mère, qui vivaient sous le même toit, n’ont jamais été importunés. Seul le cochon que cette famille possédait a lui aussi été mordu.

Pour l’homme, il est d’ailleurs facile de se protéger des morsures au cours du sommeil, puisqu’il suffit de dormir sous une moustiquaire. Il n’en va pas de même pour le bétail…

Un mythe cinématographique

Si la littérature vampirique apparaît au début du xixe siècle, c’est, à la fin du siècle, en 1897, l’écrivain Bram Stoker qui va donner au vampirisme son plus célèbre héros, Dracula (1897). C’est aussi lui qui, pour la première fois, associe la figure maléfique du vampire à la chauve-souris. Le nom de Dracula est quant à lui lié, étymologiquement, au dragon et au diable (le premier est d’ailleurs associé au second dans la symbolique chrétienne médiévale) : il a pour racine drac, qui signifie « diable » en roumain et qui dérive du latin draco, « dragon ».

C’est surtout avec le septième art que le thème du vampirisme va se développer. La plupart des films de vampires tirent leur origine du Dracula de Bram Stoker. Les deux premiers qui s’en inspirent ont été portés à l’écran respectivement en 1922 par F. W. Murnau (Nosferatu le vampire) et en 1931 par Tod Browning (Dracula), et annoncent la naissance de ce mythe contemporain. Dracula a, depuis, été adapté un nombre considérable de fois, et est devenu un mythe à part entière au sein de celui des vampires.

Le mythe de Dracula a fixé dans l’imaginaire l’association vampires/chauves-souris. Bouclant la boucle, en 1988, des paléontologues ont associé Dracula aux chauves-souris, en baptisant Desmodus draculae les restes fossiles d’une chauve-souris hématophage retrouvés au Venezuela dans des terrains du pléistocène.

 

Porteur de la rage

Pour se nourrir, une chauve-souris vampire prélève en moyenne 20 ml de sang par jour (soit un peu plus de 7 litres en une année). Sa salive contenant des substances anticoagulantes, la plaie peut continuer de saigner plusieurs heures après son départ. On a beaucoup spéculé autour des conséquences de ces morsures sur la santé et à la productivité du bétail. Une recherche faite sur des élevages de vaches, en Équateur, a montré que la production de lait n’était pas perturbée par ces pertes de sang occasionnelles. En fait, les prélèvements de sang effectués par les vampires sont minimes par rapport au volume total de sang du bétail, ou même de l’homme, ne provoquant pas de problème particulier.

En revanche, les vampires peuvent, en se nourrissant, transmettre un certain nombre de maladies aux conséquences beaucoup plus graves, en particulier la rage. Le virus infeste la victime par l’intermédiaire de la salive de la chauve-souris, puis s’attaque au système nerveux et entraîne des altérations du comportement, des paralysies et, presque toujours, la mort. Comme tous les mammifères (l’homme ne fait pas exception), les vampires sont eux-mêmes sensibles à ce virus, dont ils peuvent mourir. Pour des raisons encore mal connues, on assiste périodiquement à des épidémies migratrices qui entraînent une mortalité massive pour les bovins et animaux domestiques et, dans une moindre mesure, pour les chauves-souris.

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L’histoire du Rat et de la Souris

Posté par othoharmonie le 2 août 2016

 

surmulotDans l’Antiquité grecque et romaine, souris et rat ne se distinguent pas vraiment dans le langage et de ce fait ils ne se distinguent pas non plus dans les croyances de l’époque. La souris est connue dans toute l’Antiquité alors que le rat aurait été introduit plus tardivement dans l’Antiquité greco-romaine. Ce rongeur est un symbole de la vie souterraine, il est tenu pour maléfique et nuisible, c’est un animal glouton et prolifique. Il dévaste les réserves alimentaires et les champs et il propage des épidémies. Strabon affirme que le rat a répandu la peste en Ibérie. Néanmoins, quelques valeurs positives sont également associées au rat et à la souris en Occident dans l’Antiquité. Pline l’Ancien dit, par exemple, que l’on ne doit pas négliger les rats puisqu’ils peuvent être porteurs de présages et ainsi rendre service.

Apollon était perçu comme un dieu agraire en tant que « dieu-rat ». Apollon Sminthéen (peut-être du crétois « sminthos » : chasseur de souris) sait propager les maux, comme la peste, mais il sait aussi les guérir. Il est alors lié à la médecine et à l’art divinatoire. Des souris blanches étaient élevées dans son temple.

Les rats ou les souris sont présents dans la littérature antique. On les voit ainsi apparaître dans la Batrachomyomachia, épopée parodiant l’Iliade. Cette épopée comique est généralement attribuée à Homère et pourrait ainsi dater de la fin du viiie siècle av. J.-C.. Elle prend comme protagonistes des grenouilles et des rats. Selon les anglophones, germanophones et hispanophones, il ne s’agit pas de rats mais de souris. Ce récit raconte la bataille entre les grenouilles et les rats (ou souris) à la suite de la noyade de Psicharpax, le rongeur, alors qu’il était sur le dos de Physignathe, le batracien. Ils apparaissent également dans de nombreuses fables de l’écrivain grec Ésope aux viie et vie siècles av. J.-C.. Les fables d’Ésope ont notamment inspiré les fables de La Fontaine et c’est à Ésope que l’on attribue la paternité du genre littéraire de la fable. Parmi ces fables, on peut citer, si l’on s’en tient aux titres donnés par Jean de La Fontaine, La Grenouille et le RatLe Rat de ville et le Rat des champs, Le Lion et le RatConseil tenu par les ratsLe Combat des Rats et des Belettes. Il y a également d’autres fables que l’on ne retrouve pas chez Jean de La Fontaine et qui concernent rat et souris comme Le Taureau et le RatLe Serpent, la Belette et les Rats et Le Lion qui a peur d’une souris et le Renard.

L’existence du rat et de la souris est indissociable de celle des hommes puisqu’ils évoluent près d’eux, mais le rat et la souris évoluent généralement dans des univers sombres tels les égouts, les cachots. Ainsi en Occident, la souris mais surtout le rat sont porteurs de symboles plus ou moins maléfiques, au même titre que des animaux tels le ver de terre, le crapaud, le serpent… Tous ont le point commun d’être jugés rebutants par l’homme de par leur aspect ou bien de par les maladies qu’ils peuvent véhiculer. Le rat est en effet l’un des agents transmetteurs de la leptospirose, ainsi que des nombreuses épidémies de peste qui ont parcouru l’Europe. Le rat et la souris souillent également certaines réserves alimentaires, ainsi il n’est pas étonnant que depuis le Moyen Âge, leur valeur symbolique soit généralement négative. Ainsi, la Bible les considère négativement à cause de leur rôle de nuisible. Ils sont jugés hostiles à l’homme et signifient alors le mal, la peste et le diable.

De par la nature superstitieuse des gens au Moyen Âge mais aussi de par l’image maléfique ou malfaisante des rats bon nombre de superstitions ont vu le jour. De même, pour se débarrasser de ces indésirables, d’autres superstitions ont vu le jour. Généralement apercevoir un rat est un funeste présage. Par exemple si des rats rongent des meubles dans une maison, particulièrement dans une chambre, c’est qu’un des membres de la maison ou de leur famille va bientôt mourir. Pour se débarrasser de cet animal malfaisant voire maléfique, on a parfois recours à des éléments religieux. Il faut notamment asperger trois coins du grenier d’eau bénite le premier dimanche du carême. Les rats doivent alors s’enfuir par le coin restant.

Conseil_Tenu_par_les_RatsLes différentes superstitions sur le rat sont les suivantes :

  • Si des rats rongent des meubles dans une maison, particulièrement dans une chambre à coucher, c’est qu’un des membres de la maison ou de leur famille va bientôt mourir.
  • Si des rats quittent une maison sans en être chassés c’est que celle-ci va s’effondrer.
  • Si des rats quittent un navire, c’est que celui-ci va sombrer.
  • Si des rats pénètrent dans une maison sans raison apparente, c’est une fois de plus annonciateur de mort.
  • Si un enfant jette au rat une dent de lait qu’il vient de perdre, en lui en demandant une nouvelle dent plus belle et plus solide alors il aura une jolie dentition.

Et celles pour s’en débarrasser :

  • Lire l’Évangile selon Saint-Jean dans trois coins d’une maison, les rats s’échapperont alors par le quatrième. Sagement choisi, ce quatrième coin peut même les diriger vers la maison d’un voisin trop riche que vous méprisez.
  • Aspergez trois coins du grenier d’eau bénite le premier dimanche du carême. Les rats sont alors censés s’enfuir par le quatrième coin.
  • Enduire les rats de colle et de plumes et y mettre le feu.
  • Introduire de l’ail dans le rectum du rat, recoudre, et le laisser retourner auprès des siens. Le rat était alors censé raconter ses malheurs à ses congénères et les décourager de s’approcher des hommes.
  • Planter dans les champs à protéger un écriteau avec la formule magique suivante: « Je vous conjure tous, méchants rats qui êtes ici, de ne me faire aucun tort. Je vous défends ce champ, et si après ma défense, je vous y retrouve jamais, j’atteste la mère des dieux que je vous couperai en sept morceaux! »
  • Placer un baril de bière là où il y avait des rats et faire flotter sur la bière une grande quantité de bouchons de liège. Les rats sont censés prendre les bouchons pour un couvercle stable et s’y aventurer. Les bouchons se dérobent sous leurs pattes, et ils n’arrivent plus à sortir du tonneau. Ivres sous l’effet de l’alcool, ils se noient.
  • Adopter un rat albinos. En le voyant, les rats sauvages le prennent pour un fantôme et déguerpissent.
  • On pouvait réciter cette phrase : « Rat, rate ou souriate, souviens-toi que sainte Gertrude est morte pour toi dans un coffre de fer rouge ; je te conjure, au nom du grand Dieu vivant, de t’en aller hors de mes bâtiments et héritages ».

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Le Sanglier pour les peuples Celtes

Posté par othoharmonie le 13 mai 2016

 

Le symbolisme du sanglier est d’origine très ancienne et couvre la plus grande partie du monde indo-européen. Le mythe est issu de la tradition hyperboréenne. Le sanglier y figure l’autorité spirituelle. Ce qui peut être en rapport avec la retraite solitaire en forêt du druide ou du brahmane, ou avec la propriété du sanglier de déterrer la truffe mystérieuse produit de la foudre, selon d’anciennes légendes, et de se nourrir des fruits du chêne, arbre sacré. A lui s’oppose l’ours, emblème du pouvoir temporel. En Gaule, aussi bien qu’en Grèce, on chasse le sanglier, et même on le met à mort. C’est l’image du spirituel traqué par le temporel.  

sangliers et peuple celte

Le quatrième des douze travaux d’Hercule consistait à capturer vivant le sanglier d’Erymanthe, animal malfaisant qui se terrait sur cette montagne d’Arcadie appelée Erymanthe. C’est également Homère qui nous rapporte dans un de ces récits comment Heleager, aidé de Thésée et d’Atlante, donne la chasse au sanglier monstrueux de Calydon, envoyé par Artémis pour punir l’impiété de son roi Oené. Il y a là, de toute évidence, un symbolisme d’ordre cyclique, par substitution d’un règne à un autre. Notre cycle est désigné par les Hindous comme étant celui du sanglier blanc.

En astrologie chinoise, le sanglier est considéré comme un signe particulièrement auspicieux et un gage de loyauté.

Au Japon, le sanglier est un animal zodiacal, associé au courage, voire à la témérité. Il sert de monture au Kami de la guerre. Inoshishi, porc sauvage-sanglier, est le dernier des douze animaux du Zodiaque. Au Japon, il est donc symbole de courage et de témérité. Devant les sanctuaires shintoïstes consacrés à Wakenokiyomaro se trouvent des statuettes de sangliers. Le dieu de la guerre, lui-même, Usa-Hachiman est parfois représenté sur un sanglier.

Si le sanglier apparaît au centre de la Roue de l’Existence bouddhique, c’est sous la forme d’un animal noir, symbole de l’ignorance et des passions. On le désigne parfois comme un porc et c’est bien sous cet aspect qu’il faut voir les significations obscures de l’animal, autant est vil celui du porc. Le porc sauvage est le symbole de la débauche effrénée et de la brutalité.

Pendant tous ces temps anciens, il est frappant de constater que le sanglier fut pour l’homme non seulement un concurrent mais aussi un adversaire réellement dangereux. A l’époque gauloise au moment où se sont développées les grandes forêts en Europe, l’animal est chassé autant par plaisir que par nécessité. C’est à cette même époque qu’il prend une valeur symbolique de plus en plus importante et l’allure d’un véritable symbole guerrier. Les représentations figurées qui attestent de ce caractère abondent. L’une des plus célèbres est la statuette retrouvée à Euffigneix en Haute-Marne. Le sanglier figure très fréquemment sur des enseignes militaires gauloises, en particulier sur celles de l’Arc de Triomphe d’Orange et sur des monnaies de l’indépendance. On possède un assez grand nombre de sangliers votifs en bronze et de nombreuses représentations sur des reliefs de pierre. L’animal n’a cependant rien à voir avec la classe guerrière, si ce n’est pour s’opposer à elle en tant que symbole de la classe sacerdotale.

Le sanglier est, comme le druide, en rapport étroit avec la forêt : il se nourrit du gland du chêne et la laie, symboliquement entourée de ses neuf marcassins, fouit la terre au pied du pommier, l’arbre de l’immortalité. Confondu avec le porc, dont il se distingue du reste très mal, les Celtes avaient des troupeaux de porcs vivant pratiquement à l’état sauvage, le sanglier constitue la nourriture sacrificielle de la fête de Samain et c’est l’animal consacré à Lug. Dans plusieurs récits mythiques, il est question du porc magique qui, dans les festins de l’Autre Monde, est toujours cuit à point et ne diminue jamais. Au grand festin de la fête de Samain, le premier novembre, la nourriture principale consiste en viande de porc.

Moccus « porc » est un surnom de Mercure dans une inscription gallo-romaine de Langres. Le twrch trwyth, en irlandais triath, le roi, qui s’oppose à Arthur, représente le Sacerdoce en lutte contre la royauté à une époque de décadence spirituelle. Le père de Lug, Cian, se transforme en porc druidique pour échapper à ses poursuivants. Il meurt toutefois sous forme humaine.

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En aucun cas, et pas même dans des textes irlandais d’inspiration chrétienne, le symbolisme du sanglier n’est pris en mauvaise part. Il y a là une contradiction entre le monde celtique et les tendances générales du christianisme. On pense par association d’idées à Dürer, remplaçant, près de la crèche de Noël, le bœuf et l’âne par le sanglier et le lion.

Cependant, bien avant les Gaulois, les hommes chassaient et vénéraient les sangliers. A l’époque néolithique, l’homme cherche à domestiquer l’animal et le porc domestique est né à cette époque et, pendant des siècles, il fournit la plus grande partie de la viande consommée par l’homme en Europe.

Durant la Préhistoire, la cohabitation, plus ou moins concurrentielle, plus ou moins prédatrice, de l’homme et du sanglier, connut sans doute des phases diverses principalement du fait de l’alternance de périodes glacières et de phases interglaciaires. A cette même époque, le sanglier est très présent dans le pourtour méditerranéen et apparaît fréquemment dans la mythologie et notamment celle des Grecs, comme évoqué précédemment.

Dans la tradition chrétienne, le sanglier symbolise le démon, soit qu’on le rapproche du cochon, goinfre et lubrique ; soit que l’on considère son impétuosité, qui rappelle la fougue des passions ; soit encore que l’on évoque son passage dévastateur dans les champs, les vergers et les vignobles.

Ce symbolisme du sanglier était très riche chez les Celtes, mais il était aussi présent de façon généralisée dans les mythes indo-européens comme dans la Grèce mycénienne, l’Inde védique, chez les Germains, laissant penser à une origine commune. Il représente la force et le courage ainsi que la Connaissance et a un rapport avec l’Au-delà. Les Celtes le considéraient comme un animal sacré. Des têtes de sanglier ornent les armes et sa viande accompagne les défunts dans leur dernier voyage.

Les pratiques funéraires de l’époque reflètent d’ailleurs l’importance accordée à l’animal. Dès l’âge de Bronze (2000 – 800 avant Jésus-Christ), on dépose dans les sépultures des défenses de sanglier. On y voit une promesse d’abondance dans l’au-delà, peut-être pour le guerrier la préfiguration du banquet divin qui attend les plus méritants. Son rôle est à rapprocher de celui du taureau dans les mythologies des origines de l’Europe. Certains druides, dont le sanglier était l’attribut, se faisaient appeler « sanglier ».

Le Moyen Age européen reprit cette symbolique dans l’Héraldique où le sanglier est très représenté, notamment dans les Ardennes, mais également dans le vocabulaire de l’escrime avec l’expression « dent du sanglier ». En règle générale, le sanglier apparaît dans les blasons, de profil et « passant » c’est-à-dire semblant avancer, trois pattes au sol, une patte avant levée. Il est dit « défendu » si ses défenses sont d’une couleur différente de celle du corps. Sa tête se dit « hure », son nez « boutoir » et sa couche « bauge ».

Le sanglier apparaît souvent dans la pharmacopée du passé. L’utérus de laie, après marinade, fournissait une poudre qui passait pour renforcer celui de la femme et de le rendre propre à la fécondation. L’urine de l’animal tué restant dans sa vessie était, après adjonction d’un peu d’huile, mise à sécher dans la cheminée. Lorsqu’elle avait pris la consistance du miel, c’était un remède contre les calculs biliaires et les vers chez l’enfant.

Les défenses des mâles furent également employées comme talisman pour la protection. Les Romains en fixaient aux harnais de leurs chevaux avant les batailles. Aujourd’hui, on les voit toujours comme pendentifs pour les ânes ou les mules dans certains pays.

Les soies de l’animal continuent pour leur part à fournir à la brosserie une matière première d’une qualité exceptionnelle et irremplaçable, d’une dureté qui les rend inusables, tout en étant d’une grande douceur.

Enfin, le sanglier joue un grand rôle sur la dissémination des truffes. En effet, le sanglier en mangeant vers de terre et insectes contribue à la dissémination des ascopores et du mycélium truffier dans la forêt. De plus par son action de remuage et d’aération du sol, le sanglier semble favoriser le développement de la truffe, tout en faisant des dégâts sur de jeunes truffières plantées en arrachant les arbres. La truffe c’est ce champignon souterrain de la taille d’une noix, que l’on appelle « le diamant noir » dans le Périgord et en Provence, bien dans la symbolique plutonienne ou Scorpion et de tout ce que recèle le monde souterrain.

Bibliographie : Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins – Vu sur le site http://www.sylvie-tribut-astrologue.com/tag/les-celtes-consideraient-le-sanglier-comme-un-animal-sacre/

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Le cochon magique

Posté par othoharmonie le 5 mai 2016

Déjà au Néolithique, ce qui est resté jusqu’à nous le « trophée » de cette chasse, la dent du sanglier, est investie d’un pouvoir magique, qui paraît en rapport avec la résurrection. On a trouvé des squelettes néolithiques des deux sexes inhumés avec comme seule parure un bracelet fait de deux défenses de sanglier à leur poignet (Lingolsheim, Alsace, France). 

 On a aussi retrouvé des défenses de sangliers, associées à des restes humains, près du baptistère de Limoges, daté des environs du IIIe siècle après J.-C. Ce « culte » du sanglier perdurait donc dans les rites de la chrétienté naissante, de façon officielle ou officieuse… en tout cas on continuait sans doute à lui attribuer un pouvoir magique en rapport avec l’au-delà. On trouve encore aujourd’hui des pattes de sangliers clouées sur les portes des granges du Limousin ou de l’Auvergne. Sans doute possèdent-elles, comme la dent un pouvoir magique protecteur, pour le bétail ou pour la nourriture. 

cochon magique

Dans la mythologie celte, le cochon magique est comme le chaudron un instrument de résurrection que possède le puissant Dagda (Teutates en Gaule),le dieu patron des druides qui règne sur la vie et la mort. On peut se nourrir au chaudron sans jamais qu’il ne tarisse et les morts, jetés dedans, retrouvent une nouvelle vie. De même le cochon peut être mangé un jour et redevenir intact le lendemain et mangeable à nouveau. Il est facile d’établir un parallèle avec le taureau dont le mythe est sans doute premier et qui a perduré dans les religions orientales (culte de Mithra…). Le taureau indo-européen est en effet à la fois la puissance destructrice et la source de la vie et de l’éternité. Le symbolisme de la corne d’abondance qui lui est lié se retrouve sans doute dans le croissant lunaire de l’Islam lui-même qui n’est autre qu’une corne ou plutôt une paire de cornes. Le croissant, alors qu’il peut se refermer, comme la mort sur l’homme, ouvre une porte sur l’éternité. Le bracelet des deux dents de sanglier, au poignet des défunts néolithiques, est leur passeport pour l’éternité, la forme de la dent est celle du croissant et les deux dents associées forment un cercle, comme le cycle de la vie.

Le sanglier est lui aussi associé autant à la force et à la guerre qu’à l’abondance, la nourriture et la santé. 

Le dieu Mars romain semble avoir repris cette même dualité. Il est en effet à la fois le dieu de la guerre et le dieu de l’abondance, des récoltes et des troupeaux. Est-ce la même dualité que celle de la foudre qui est capable de tuer mais qui a donné le feu aux hommes ? La mythologie attachée à la foudre semble bien le confirmer (chez les Germains avec Thor, mais aussi chez les Grecs avec Zeus qui punit Prométhée pour sa trahison). On pourrait voir dans le sanglier une conjonction des opposés renforçant la puissance du symbole fort de cette double valeur antagoniste. La question de la couleur joue peut-être un rôle. Le sanglier, naturellement noir, est blanc lorsqu’il est le sanglier mythique que poursuit le roi Arthur. Néanmoins, il est possible que cette vision soit faussée : on pense que la guerre possédait un caractère religieux profond chez les Celtes et leur rapport à la mort était certainement bien différent du nôtre aujourd’hui, du moins dans nos sociétés fortement désacralisées. 

L’importance des symboles cycliques, le triskell représentant la course diurne du soleil, ou les cornes du Dieu Cerf Cernunnos pour la succession des saisons, laissent penser que la mort devait être entièrement acceptée comme faisant partie elle aussi du cycle de la vie. C’est peut-être pourquoi, sous l’emblème du sanglier, les guerriers celtes étaient décrits si impavides face à la mort.

 

Lire la suite sur le site d’origine : http://spiritualite-indo-europeenne.over-blog.com/article-35810583.html

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LA PANTHERE DE DIONYSOS

Posté par othoharmonie le 15 août 2015

 

 

imagesLe culte de Dionysos ne s’implanta pas facilement en Grèce, sans doute parce qu’il venait de chez ces Barbares d’Anatolie, ces Phrygiens et ces Thraces, lieu de naissance des plus anciennes Déesses-Mères, androgynes comme Cybèle. Dionysos, lui-même, était parfois interpellé de la façon suivante : « Où vas-tu… toi, l’homme-femme ? », souvent attaqué comme on agresse encore parfois aujourd’hui les homosexuels. Il faut préciser qu’il portait des vêtements de femme, mais sans doute avait-il hérité de la bisexualité de ces déesses crétoises ou anatoliennes, de la Déesse-Mère ou du Serpent ? N’était-il pas, par excellence, le dieu qui prit toutes les formes, connut toutes les métamorphoses : il se changea en lion, en panthère, en fait en ce qu’il voulait, lui le dieu de la démesure et de l’ivresse, maître des Ménades comme son homologue romain Bacchus, dieu du vin et des vendanges de septembre, qui était lui aussi le maître des Bacchantes.

On a chargé les Ménades, Corybantes et Bacchantes, pour faire d’elles de dangereuses hystériques dévorant leurs propres enfants, des animaux vivants qu’elles déchiraient à belles dents, des taureaux sauvages en particulier, et cela au cours d’une transe sacrée. Certes, il existe une tradition prétendant qu’au cours de transes rituelles des sacrifices d’animaux, voire d’enfants, avaient lieu. On peut suggérer autre chose, une relation beaucoup plus directe au chamanisme. Comment ne pas évoquer l’histoire de Penthée qui lui-même prenait progressivement la forme d’un animal. Il sera d’ailleurs lapidé par les Ménades dont il avait surpris les secrets ; elles lui trancheront la tête et la porteront à sa mère, Agavé, qui la prend pour une tête de lion… Tirésias avait pourtant averti Penthée : « Si tu mets la main sur ce dieu, tu vas t’en repentir, toi et les tiens ! ». Mais Penthée ne l’écoute pas. Il insulte Dionysos, veut l’enfermer : « Tu as tort, l’avertit ce dernier, de méconnaître mon pouvoir » ; et aussitôt il fit en sorte que toutes les femmes de la ville soient entraînées par les Ménades et leurs chants sauvages. Même la mère de Penthée les suivra, en transe comme les autres. Dionysos interrompra brutalement la transe mais lorsqu’Agavé émergera, il sera trop tard, elle aura déchiqueté son fils et elle mesurera l’horreur de son geste. Dieu terrible, Dionysos finira par forcer le respect des Grecs mais jamais sans arrière-pensée, même après qu’il eut inventé le théâtre. Il fut en effet le premier metteur en scène. Il inspirait aussi bien les poètes que les acteurs. Ce qui est probable, c’est que les cultes venus de ces pays « barbares » ne pouvaient que choquer les Grecs « sages ».

Les Grecs reprochaient aux Barbares l’immodestie des femmes à laquelle Dionysos conviait ses Ménades mais on peut aussi voir dans le conflit entre Dionysos et les dieux olympiens une opposition entre deux modes d’approche du monde, de la vie, de la connaissance. Les adeptes de Dionysos prônaient une connaissance directe de la divinité par fusion avec lui ; la divination, la transe, l’expérience mystique immédiate, tout cela ne saurait s’aborder par les voies de la rationalité. Comme cela a été écrit : « Le fidèle de Dionysos, au summum de son extase, ne fait qu’un avec son dieu ; la divinité pénètre en lui, il est ‘Enthéos’ et le nom de Bacchus désigne aussi bien le dieu que son adorateur ». Il s’agissait d’acquérir par cette fusion l’immortalité. Devenir Dionysos, c’était en même temps absorber son immortalité, concept tout à fait étranger à la mentalité grecque.

Cependant cette opposition fondamentale, nous la retrouvons aujourd’hui, entre ceux qui croient à une certaine qualité d’expérience mystique, s’intéressent au retour du chamanisme, de certaines pratiques irrationnelles, et ceux qui ne croient qu’une science fondée sur la raison pure, la répétitivité de l’expérience et l’élaboration rigoureuse de règles et de lois. Ainsi s’opposent la Vierge folle et la Vierge sage. 

Il fallait bien que les Grecs changent quelque peu la nature de Dionysos pour le rendre acceptable. Ils changèrent même son lieu de naissance, élisant Thèbes.  Sa mère aurait été une célèbre princesse dont Zeus serait tombé éperdument amoureux. Au point de dire à Sémélé, fort imprudemment, qu’elle pouvait tout exiger de lui. Mal inspirée par Héra, l’éternelle jalouse, Sémélé demande à voir Zeus dans toute sa splendeur. Exigence fatale, car Zeus est contraint de tenir sa promesse : « Non, je t’en prie, ne me demande pas cela ! » supplie Zeus, « si tu me vois dans toute ma puissance, cela te perdra ! ». Mais Héra a été persuasive et Sémélé insiste, obstinée. Alors Zeus lui apparut dans sa gloire et la pauvre princesse fut aussitôt foudroyée car Zeus/Jupiter est foudre, orage, tonnerre, feu à l’état pur. Il eut tout juste le temps de retirer du corps de la mère l’enfant qu’elle attendait et de le placer dans sa cuisse. Autrefois la cuisse désignait l’utérus, ce qui nous ramène à l’androgynat de Zeus lui-même. Ainsi Dionysos achèvera sa gestation dans « la cuisse de Jupiter ».

Description de cette image, également commentée ci-aprèsPlus tard, grâce à Hermès/Mercure, Dionysos retrouvera sa mère aux Enfers et elle prendra alors place dans l’Olympe, acquérant là son statut d’immortelle.

Ce dieu du vin né du feu et élevé par la pluie prend parfois aussi la forme symbolique d’un « grain de raisin », comme d’autres dieux parèdres de la Déesse Mère seront des « grains de blé ». Et Dionysos « homme-femme », voyageur, allant de-ci, de-là, par monts et par vaux, enseignera à cultiver la vigne, tout comme il enseignera les Mystères à l’instar de Déméter.

Comme Héphaïstos, Dionysos se situe évidemment sur le versant de la Vierge folle. Dans l’imaginaire collectif cette « démence » est due en effet à l’ébriété, à l’ivresse qui délivre et dénoue, libère les instincts les plus fous, lève tous les interdits.

Quant à la vie amoureuse de Dionysos, elle commence par un premier amour avec un adolescent nommé Ampélos qui mourra accidentellement et sera ensuite changé par le dieu en constellation ou, dans une autre version, en pied de vigne.

Par la suite, alors que Thésée eut abandonné Ariane sur l’île de Naxos, Dionysos qui passait par là serait tombé amoureux d’elle : il apparut à Ariane, l’emmène sur l’Olympe et en fait sa femme. Ariane est parfois vue comme la mère des Ménades. A la mort de sa compagne, Dionysos aurait jeté sa couronne dans le ciel pour lui rendre hommage. Ariane serait donc devenue la constellation de la couronne boréale.

D’Althée, la reine de Calydon, il eut une fille, Déjanire, qui sera adoptée par l’époux d’Althée, Oenée. Enfin, ce sera Aphrodite/Vénus qui lui donnera plusieurs fils, dont Priape, divinité phallique des Vergers et des Jardins, Hyménée, dieu du chant nuptial et, selon le cinquante-septième Hymne orphique, l’Hermès souterrain, chtonien ou infernal.

D’autres mythes viennent informer sur la personnalité de Dionysos. Ainsi, les femmes d’Argos devenues folles et qui dévorèrent leurs nourrissons car elles n’exaltaient pas convenablement Dionysos. Il y a aussi les trois filles de Proétos : Lysippé, Iphinoé, Iphianassa, frappées de démence par Dionysos, ou Héra, et guéries par Mélampous.

Quant aux sœurs Agavé, Ino et Autonoé, elles tuèrent Penthée, le fils d’Agavé, lors d’un délire dû à Dionysos. Et puis, les Minyades, filles du roi d’Orchomène en Béotie, Minyas, au nombre de trois : Leucippé, Arsinoé et Alcathoé, qui refusèrent de s’adonner au culte de Dionysos. Pour se venger, il les punit en les frappant de folie.

Cependant, Dionysos c’est le dieu du vin, de la végétation arborescente et de tous les sucs vitaux : sève, urine, sperme, lait, sang. Il se spécialisera par la suite dans la vigne qu’il était censé avoir donnée aux hommes, ainsi que l’ivresse et la transe mystique. Ses attributs incluent tout ce qui touche à la fermentation, aux cycles de régénération. N’est-il pas d’ailleurs le fils de Sémélé avatar de la déesse phrygienne de la terre, et puis aussi amant d’Ariane, déesse minoenne de la végétation, et enfin compagnon des nymphes et des satyres. Il est fréquemment associé au bouc et au taureau, animaux jugés particulièrement prolifiques.

Plusieurs portraits sont accolés à la personnalité de Dionysos : celui qui sert le vin pur et qui aime la chair crue, ou encore le protecteur des arbres et l’esprit de l’écorce, le protecteur des figuiers ou bien le garant de la fécondité.

On l’appelait aussi bien Zagreus, fils de Zeus et de Perséphone, que Bromios ce qui signifie « au bruyant cortège ». On le disait Digonos, c’est-à-dire « deux fois né » ou encore Bakkhos « qui retentit ».

L’attribut majeur et personnel de Dionysos est le thyrse qu’il tient à la main, qu’on trouve à ses pieds ou dans son cortège. Il régit le pin et le lierre, ainsi que leurs fruits, la pomme de pin et les baies de lierre dont il est souvent couronné. Ces plantes sont une apparente exception dans la nature car elles sont toujours vertes au cours de l’année et ne semblent pas perdre leurs feuilles, ce qui renvoie aux résurrections du dieu. On notera aussi que les vrais fruits du pin sont cachés dans la pomme et que les baies du lierre, toxiques, entraient dans la fabrication d’une bière que consommaient les Ménades et qui LA PANTHERE DE DIONYSOS dans PANTHERE - LEOPARD 220px-Cat_tongue_macrocontribuaient à la transe.

On trouve encore le grenadier et la grenade, le figuier et les figues. Le grenadier est issu du sang du dieu, ses fruits mûrissent en hiver et Perséphone reste liée aux enfers pour en avoir mangé. Le figuier est associé à la vie cachée dans le monde méditerranéen, car il pousse spontanément là où il y a de l’eau souterraine et révèle les sources.

Comme il a apporté la vigne et le vin aux hommes, on trouve également la vigne et le raisin, la coupe à boire. Mais il s’agit plutôt d’un amalgame avec Bacchus, son équivalent romain.

Quant à son bonnet phrygien, il rappelle l’origine asiatique de Dionysos. On trouve aussi la flûte, les cymbales et les tambourins.

Les animaux associés à Dionysos sont le bouc, le taureau, l’âne et la panthère. Ses temples majeurs se trouvaient à Athènes avec le Théâtre de Dionysos, Eleusis, Smyrne et Ephèse.

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant & John Hazel – Collection Marabout  

Dieux et Héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur    

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Le léopard et l’Homme

Posté par othoharmonie le 26 juillet 2015

 

Étymologie et sémantique

L’étymologie des termes « léopard » et « panthère » revêt une importance particulière parce qu’elle a servi de base aux descriptions des bestiaires médiévaux.

Le mot léopard descend du bas latin leopardus, lui-même composé du terme leo (lion) et pardus (panthère). Le mot évolue de leupart au xiie siècle à leopart au xiiie siècle. Aux xiie et xive siècles, la forme liepart est également utilisée.

Le mot « léopard » est utilisé par métonymie pour désigner la peau du léopard utilisée en pelleterie. Il désigne également l’Angleterre, du fait de la présence de léopards sur son blason. L’adjectif « léopardé », issu du mot« léopard » désigne une peau parsemée de taches, rappelant celle du Léopard ; le terme est cependant plus utilisé pour désigner le « lion léopardé », c’est-à-dire un lion passant, la tête de profil.

Le mot « panthère » vient du latin panthera lui-même issu du grec ancien  pánthêr, se composant de / pân (« tout ») et  / thếr (« animal sauvage ») désigne l’ensemble des bêtes sauvages. Une forme écrite« pantere » se trouve dans un bestiaire du xiie siècle. Le terme « panthère » peut également désigner par analogie une courtisane, une amante, voire tout simplement une femme jalouse et violente. Une panthère représente parfois un anarchiste.

Par analogie d’aspect, de nombreux animaux ou plantes portent des noms contenant le terme léopard ou panthère : requin-léopard, amanite panthère, Panthère des neiges, etc.

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Une peinture rupestre d’un léopard a été découverte en 1993 et datée d’il y a 31 000 ans dans une grotte ardéchoise. Le Léopard est présent sur des mosaïques romaines. Le léopard est l’un des attributs de Dionysos(Bacchus dans sa version latine), il est représenté à de multiples reprises comme sa monture ou tirant son char lors des triomphes du Dieu. Philostrate l’Ancien (iiie siècle) déclare que Bacchus aime le Léopard car c’est un animal excité, bondissant comme une bacchante. Ainsi, le Léopard figure dans de nombreuses sculptures, peintures, mosaïques en compagnie de Bacchus, comme dans le temple de Liber Pater en Libye, ou encore dans Ariane et Bacchus de Titien.

Au xviiie siècle, le peintre travaille sur une exactitude anatomique, notamment en s’exerçant à la représentation de sujets réels détenus dans les zoos54. Au xixe siècle, les léopards figurèrent parmi les sujets favoris des peintres, tels le couple de léopards de Jacques-Laurent Agasse.

Le peintre japonais Kawanabe Kyōsai dépeint un léopard au xixe siècle, et titre « Tigre sauvage jusqu’à présent inconnu ».

En Afrique, les chefs portent des coiffes ou des capes en fourrure de léopard, ou parent leur trône d’une peau de léopard. En raison de sa discrétion, le léopard est une figure rusée dans les légendes africaines : il a la réputation d’effacer ses traces de pas avec sa queue lorsqu’il avance.

Dans certaines tribus bantoues et particulièrement au Congo-Kinshasa, le léopard était considéré comme un animal rusé, puissant et résistant. C’est la raison pour laquelle le président Mobutu Sese Seko portait la toque et certains attributs de léopard qui le rendaient puissant aux yeux de la population. Mobutu Sese Seko était d’ailleurs surnommé « Le léopard de Kinshasa ». Un léopard fait maintenant partie des armoiries du pays.

Le léopard est préféré au lion comme le roi des animaux par les tribus africaines. Comme le lion, il est ridiculisé dans les légendes par des animaux plus faibles, comme la tortue, le lièvre ou la gazelle.

Dans le royaume de Dahomey, le souverain était nommé « le léopard » et portait des peaux de léopards. Le commerce de ces peaux était très actif. D’autres chefs de tribus gardaient des léopards captifs auprès d’eux et pouvaient en apprivoiser pour les garder auprès d’eux lors des séances publiques.

Le léopard est considéré comme le grand félin le plus sauvage par les tribus africaines et avait la réputation d’être mangeur d’hommes. La légende des hommes-léopards est similaire à celles des loups-garous : un homme prend l’apparence d’un léopard par magie pour tuer des hommes. La secte des hommes-léopards Aniota est une société secrète africaine dont les membres portaient des vêtements et des armes en léopard.

 

Royal Arms of England (1198-1340).svgLe léopard est en héraldique un symbole de pouvoir et d’autorité. Le léopard est un lion passant : le corps est de profil sur ses quatre pattes au visage de face, la queue est retournée sur le dos et le panache pointe l’extérieur du blason. Un léopard-lionné est un léopard rampant, c’est-à-dire dressé sur ses pattes arrières, le visage de face. Un autre meuble héraldique est la tête de léopard, qui est une tête de lion de face. En France, le léopard est porté sur les armoiries des guerriers ayant remporté des victoires sur l’Angleterre, dont le léopard est le symbole.

La panthère héraldique est par contre très différente de l’originale : c’est un animal fabuleux composé d’une tête de taureau ou de cheval, d’un corps de lion avec des pattes avant de l’aigle. Elle crache des flammes par sa gueule. Elle ne se trouve que dans les armoiries autrichiennes.

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L’ANIMAL ET LE MONDE DE L’AU-DELÀ

Posté par othoharmonie le 17 juin 2015

monies animalesDe l’Ancien au Nouvel Empire s’opère un glissement sensible du domaine royal au domaine divin. Dès lors, l’animal, « image vivante du dieu », est perçu comme le support matériel en lequel se manifeste la divinité selon sa spécificité. L’animal, représentant unique de son espèce, choisi en fonction de critères précis pour incarner le dieu durant son existence, est entouré de soins particuliers, élevé dans l’enceinte du temple et reçoit à sa mort les honneurs divins : en tant que nouvel Osiris, son corps est embaumé et il rejoint ses prédécesseurs dans la nécropole dévolue aux manifestations animales du dieu, tandis que son successeur est intronisé. Il en va ainsi, au moins dès le Nouvel Empire, des taureaux Apis, manifestation de Ptah à Memphis, Mnévis, manifestation de Rê à Héliopolis, et Boukhis, manifestation de Montou-Rê à Armant.

A la Basse Époque, les clergés locaux, exacerbant ou se faisant seulement l’écho d’une tendance accrue à un nationalisme régional qui s’appuie sur les cultes tutélaires et la piété populaire, étendent cette pratique à tous les représentants d’une espèce, selon une tradition inaugurée autour des falconidés d’Horus – principe royal par excellence – au moins dès la XXXe dynastie à Edfou, Philae et Athribis . Désormais, tout être vivant en qui la divinité peut trouver un support pour se manifester devient l’emblème de son action à tous les stades de l’existence. Les théologiens développent le système imagé de l’expression du divin habituel à l’Égyptien en ayant recours à la figuration d’un animal ou de l’une de ses parties significatives pour rappeler ou décrire une situation précise de l’activité créatrice. De la sorte, les mœurs amphibies du crocodile évoquent la conjonction des éléments aquatiques et terrestres, lesquels sont à la base de la création et source de toute vie qui se concrétise par le surgissement de la lumière.

Ainsi le crocodile devient-il, sous le vocable de Sobek-Rê, l’une des manifestations du démiurge en son activité créatrice et organisatrice de l’univers. Selon ce principe, d’innombrables nécropoles sont ouvertes à proximité des temples, dans lesquelles s’entassent les momies des représentants d’une espèce dont chacune constitue le réceptacle d’une parcelle de la divinité.

La momie de l’animal consacré à un dieu local devient ainsi l’expression tangible de l’immanence du principe divin, notion qui jusqu’alors ne dépassait guère le cercle des théologiens et autour de laquelle se cristallise dorénavant une grande part de la piété populaire. Cette pratique atteint sa pleine expansion à l’époque ptolémaïque. En dépit du manque de critères de datation dans la plupart des cas, certaines études ont permis de poser quelques jalons chronologiques. Notamment, l’étude des momies de crocodiles du Muséum tendrait à montrer que les plus anciennes ne seraient pas antérieures au IIIe siècle avant notre ère et qu’un grand nombre d’entre elles aurait été confectionné dans le courant du Ier siècle avant notre ère, autrement dit à la fin de l’époque ptolémaïque.

imagesLa quantité et la qualité des momies animales auraient décru au cours de l’époque romaine et cette forme de culte aurait disparu dans les premiers siècles de notre ère, parallèlement à l’affirmation du christianisme  . Beaucoup reste à faire cependant en ce qui concerne la compréhension du phénomène religieux que constitue, à la Basse Epoque, la momification de tous les représentants d’une même espèce associée à la manifestation d’une divinité. La présence de momies de tel animal dans tel lieu s’explique parfois difficilement si l’on considère les cultes principaux de la localité. Il faut peut-être alors se tourner vers l’essor, à l’époque tardive, de cultes secondaires méconnus et réexaminer la théologie locale. Le problème de l’approvisionnement en animaux destinés à la momification serait en outre à reconsidérer. La forte proportion de jeunes et de bébés observée dans certaines populations d’animaux momifiés comme les chiens, les chats ou les crocodiles impliquerait l’existence d’élevages.

Ces élevages devaient toutefois être réservés à quelques espèces – dont les crocodiles – et l’on est amené à supposer que, pour la plupart des animaux, les Égyptiens pré- levaient des spécimens vivants dans leur cheptel ou bien organisaient des collectes à grande échelle afin de récupérer les animaux morts naturellement. En ce qui concerne les oiseaux – à l’exception des faucons pour lesquels les textes anciens mentionnent des fauconneries -, on peut également suggérer la tenue de grandes chasses au filet en vue d’approvisionner les officines des embaumeurs. Les représentants d’espèces sauvages, dangereuses et difficiles à observer, ont probablement été offerts après avoir été tués au cours d’une chasse à moins qu’ils n’aient été trouvés morts au détour d’une promenade dans les franges désertiques de la vallée et soustraits à l’action des charognards et des nécrophages : ceci expliquerait le fait que l’on rencontre parfois simplement des fragments momifiés, tels les griffes et dents de hyènes ou de lions.

La pratique cultuelle qui a abouti à la momification de nombreux animaux offre la possibilité de connaître les espèces qu’ont côtoyées les anciens Egyptiens. Beaucoup d’entre elles ont disparu du sol de l’Egypte, en grande partie à cause de l’action de l’homme. Il faut aujourd’hui les rechercher plus à l’ouest, dans les réserves du Sahara, et au sud, au cœur de l’Afrique orientale. A leur tour, elles se trouvent menacées par l’homme en raison du développement démographique et de l’instabilité politique de nombreux pays et leurs aires de répartition ne cessent de se restreindre. A plus ou moins court terme, certaines d’entre elles risquent de s’éteindre, tel l’oryx dont le dernier spécimen a été vu en Egypte en 1906 et qui survit aujourd’hui en petit nombre dans le Sahara.

 

Extrait de : L’ANIMAL ET LE MONDE DE L’AU-DELÀ LES MOMIES DU MUSÉUM D’HISTOIRE NATURELLE DE LYON Muriel NICOLOTTI & Lilian POSTEL Institut d’Égyptologie Victor-Loret Université Lumière-Lyon 2

 

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Un PARDON Ecologiste

Posté par othoharmonie le 1 janvier 2015

 

 20-preuves-que-les-animaux-ont-un-grand-coeur-et-font-preuve-de-tendresse-avec-dautres-animaux8

PARDON aux animaux qui hurlent de terreur et de douleur dans les abattoirs 

PARDON aux animaux qui meurent de soif, de froid, d’étouffement, pendant d’interminables jours de transport vers l’abattoir 

PARDON aux animaux qui auront vécu toute leur « vie » dans l’enfer des usines d’élevage intensif, sans jamais marcher, manger normalement, respirer l’air de l’extérieur, profiter de leurs mères ou de leurs enfants, malades, sur-vaccinés d’hormones de croissance et/ou d’antibiotiques 

PARDON aux animaux agressés et dévorés par la voracité humaine 

PARDON aux oies et canards que l’on gave jusqu’à percer leur gosier, jusqu’à l’étouffement, pour que leur foie malade et hypertrophié abîment des estomacs « humains » 

PARDON  à l’oiseau abattu en plein vol ou au repos sur une branche 

PARDON au joyeux lapin sacrifié au cours de ses sorties, au sanglier innocent, au cerf traqué par la meute… 

PARDON à l’animal pris dans un piège et agonisant pendant des heures dans une infâme souffrance 

PARDON au taureau assassiné par les pics d’une « danseuse » odieuse, sous les bravos d’une foule débile 

PARDON aux animaux qu’on fait combattre pour le plaisir de psychopathes, 

PARDON aux escargots qu’on torture plusieurs jours avec du gros sel pour les faire dégorger, avant de les cuire vivants 

PARDON aux animaux des laboratoires victimes de parodies de tests (rendus inutiles par l’avancée scientifique des cultures sur cellules) des grands laboratoires pharmaceutiques ou cosmétologiques dont le seul but n’est pas de protéger l’homme mais de savoir jusqu’à quelle dose de toxicité ils peuvent pousser leurs produits sans que cela ne se remarque trop et de cautionner des autorisations honteuses de mise sur le marché 

PARDON aux animaux prisonniers à vie dans des cages chez les particuliers, dans les cirques, les zoos ou les élevages industriels ; aux dauphins et orques arrachés à leur famille, innocents, et pourtant condamnés à la prison à vie 

PARDON aux 100 millions de tonnes de poissons capturés dans les mers et océans 

PARDON à ces êtres vivants dont on sacrifie et pollue le milieu 

PARDON aux poissons de rivière qui agonisent dans l’eau polluée ou dans des lits asséchés

PARDON aux poissons d’élevage dont la nourriture et l’espace inappropriés déforment leur physique et dont la surpopulation fait qu’ils s’attaquent entre eux 

PARDON aux crustacés et notamment aux homards qu’on pêche si facilement lors de leur migration, qu’on coupe en deux et qu’on ébouillante vivants 

PARDON aux esturgeons qu’on éventre pour vendre à prix d’or leurs œufs 

PARDON aux grenouilles dont on arrache à vif les cuisses et souvent dépecées vivantes 

PARDON aux animaux qu’on délocalise et qu’on prive de leur milieu naturel pour être ensuite abandonnés à des milliers de kilomètres de leur environnement  natal 

PARDON aux animaux dépecés vivants pour leur fourrure vitale pour eux, et si futile pour les humains qui les portent 

PARDON aux animaux sacrifiés au nom de la plupart des « grandes religions  

PARDON à l’animal abandonné, rongé par la détresse, prêt à pardonner à son maître qui préfère partir en vacances et qui ne viendra jamais le rechercher 

PARDON aux animaux qui subissent les déforestations 

PARDON aux ours, oiseaux et autres animaux dont les habitats-banquises disparaissent à cause de notre mode de vie mondial 

PARDON aux animaux victimes des guerres humaines 

PARDON aux animaux pour tous les membres de l’espèce humaine qui connaissent leur souffrance, et s’en moquent.

PARDON aux animaux pour tous ces chercheurs payés pour les faire souffrir, ou qui recherchent sur des évidences comme par exemple la question de savoir si l’animal est un être sensible ! 

PARDON à tous ces êtres vivants victimes de notre folle société de consommation

 

Jean Marc GOVERNATORI     

www.alliance-ecologiste-independante.co

 

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Le Rhinocéros Légendaire

Posté par othoharmonie le 15 décembre 2014

 

Le Rhinocéros Légendaire dans RHINOCEROSLe rhinocéros, dont le nom, déjà fixé à l’époque romaine, signifie littéralement corne sur le nez, est un animal qui a toujours impressionné l’homme par son aspect terrifiant et massif. Représenté dès les temps préhistoriques, il a, au cours des siècles, été souvent l’objet d’estampes, de tableaux ou de sculptures. Ce thème apparaît également dans la littérature ou le cinéma.

Bien qu’il ne soit pas aussi souvent représenté que d’autres espèces animales, le rhinocéros est figuré dans de nombreuses grottes ornées dont les Combarelles, la grotte Chauvet, lagrotte Margot, Cussac, Arcy-sur-Cure. Des rhinocéros laineux sont attestés à Lascaux et à Rouffignac.

Les figurations aurignaciennes (- 32 000 à – 29 000 ans) de la grotte Chauvet comprennent une représentation de deux rhinocéros s’affrontant et une tête rhinocéros à deux cornes. Les techniques utilisées sont parfois plus qu’une simple esquisse au charbon. En particulier, les artistes ont utilisé une technique de préparation par raclage de la paroi pour faire ressortir l’animal, représenté avec un trait noir sur fond blanc.

Les archéologues ont mis au jour dans la vallée de l’Indus, sur le site de Mohenjo-daro, des tombes attribuées à la période -2400 -1800. Ils y ont trouvé des cachets rectangulaires en stéatite blanche portant de courtes inscriptions et des représentations animales dont celles de rhinocéros indiens.

Le rhinocéros a été assez peu représenté par les artistes dans l’Antiquité. En Égypte, on peut toutefois citer une représentation de Thoutmôsis III (environ -1450) chassant le rhinocéros. Il y a également un rhinocéros à deux cornes sur la Mosaïque Barberini de Préneste (Palestrina), qui reproduit un original égyptien du IIe s. av. J.-C., et un rhinocéros (indien ?) assez maladroitement représenté sur un fresque d’un tombeau de Marisa, dans le Negev (Israël), également au IIe s. av. J.-C. En Chine, des vases en bronze (zun) en forme de rhinocéros ont été découverts, datant des dynasties Shang (XIe s. av. J.-C.) et des Han occidentaux (206 av. J.-C. – 9 ap. J.-C.).

Aux trois premiers siècles, les bronziers gallo-romains ont fabriqué de petites statuettes de rhinocéros en bronze. L’une est au Musée d’archéologie nationale (Saint-Germain-en-Laye) ; une autre, représentant un rhinocéros « noir » africain d’une manière très réaliste, a été retrouvée dans l’épave de Port-Vendres III et est datée de la fin du iie siècle.

Certaines mosaïques romaines du iie au ive siècle représentent des rhinocéros. Il y en a un, peu réaliste, sur une mosaïque de Pérouse (IIe s.) représentant Orphée charmant les animaux, un autre sur une mosaïque de Lydda (Lod, Israël) du ive siècle, où il fait face à un éléphant dans un paysage africain. La plus belle (et énigmatique) est un détail de la mosaïque de la Grande Chasse dans la villa romaine du Casale à Piazza Armerina, également du ive siècle, où un groupe de soldats romains capture au lasso un rhinocéros indien dans un marécage.

Cet animal semi-mythique continue au xviie et au xviiie siècle d’apparaître assez fréquemment dans les arts décoratifs (tapisseries, fresques, décor de céramique, illustrations de livres) sans toutefois inspirer de réalisations aussi monumentales que celles du xvie siècle. Signalons toutefois un bas-relief de bronze par Giambologna sur une porte de la cathédrale de Pise(Italie).

Au milieu du xviiie siècle, le rhinocéros en armure est un thème conventionnel clairement lié à celui du décor exotique et de la chinoiserie. En témoignent la tapisserie du « Cheval rayé » de la Suite des Indes, ou encore ces statuettes qui font partie des chefs d’œuvre de la porcelaine de Saxe.

Avec la tournée de Clara les choses changent. L’image du rhinocéros indien a supplanté celle du monstre cuirassé de Dürer. Le Hollandais Vandelaar réalise deux gravures quasi surréalistes avant la lettre (où Clara, alors encore toute jeune, broute dans un décor de ruines accompagnée d’un squelette humain); l’Allemand Johann Elias Ridinger réalise d’après nature dessins et gravures plus conventionnels. À la demande de Louis XV, Clara pose pour le peintre animalier Jean-Baptiste Oudry, dont le tableau monumental fut exposé au Salon de 1751, tandis qu’à Venise Pietro Longhi réalise deux versions de la Mostra del Rinoceronte, d’un réalisme outrancier.

Le xixe siècle en France sera celui du réalisme animalier, qui prend des proportions monumentales. Pour l’Exposition universelle de 1878 à Paris, Henri-Alfred Jacquemart réalise un rhinocéros, fondu en 1878 à Nantes dans les usines de J. Voruz Aîné. D’une hauteur de 2,86 m et d’une largeur de 2,29 m, il fait partie d’un ensemble de quatre statues de fonte (dorées à l’origine) monumentales (un cheval, un taureau, un éléphant et un rhinocéros) entourant la fontaine devant le Palais du Trocadéro. Démonté en 1935 lors de la démolition du Palais du Trocadéro, le rhinocéros de Jacquemart fut installé Porte de Saint-Cloud jusqu’en 1985. Avec le cheval et l’éléphant (le taureau est à Nîmes), ce rhinocéros est aujourd’hui sur le parvis duMusée d’Orsay.

Toujours à Paris, Auguste Cain réalise en 1882 sur commande de l’État le groupe « Rhinocéros attaqué par des tigres » en 1882. L’original en plâtre (aujourd’hui perdu ?) est présenté hors-concours au Salon 1882, et sa version monumentale en bronze est placée en 1884 dans le Jardin des Tuileries, où il se trouve toujours.

La statue de Jacquemart a sans doute inspiré en 1930 la jeune artiste américaine Katharine Ward Lane (1899-1989) qui devait décorer la façade des nouveaux laboratoires de biologie de l’université Harvard à Cambridge, Massachusetts. La Fondation Rockefeller avait financé le projet pour 2 millions de dollars de l’époque. De 1932 à 1937, date de l’inauguration, elle réalisa deux colossales statues en bronze de rhinocéros indiens, de la taille dit-on des plus gros spécimens connus. Traditionnellement surnommés Bessie et Victoria, ces deux rhinos comptent parmi les plus grosses statues de bronze fondues au xxe siècle aux États-Unis.

Enfin Salvador Dalí a conçu « le Rhinocéros habillé de dentelle », rhinocéros dürérien associé à des tests d’oursins. Cette statue de bronze a été produite à de nombreux exemplaires, la plupart de simples statuettes, mais une version monumentale de 3,52 m de haut et de 3,6 tonnes se trouve aujourd’hui à Marbella (Espagne). Il existe d’autres exemplaires de ce colosse.

220px-Jacquemart_RhinocerosC’est au XVe siècle que l’auteur du Songe de Poliphile avait imaginé un monument constitué d’une statue colossale d’éléphant portant sur son dos un obélisque égyptien. L’influence de cette œuvre inclassable fut immense aux XVIe et XVIIe siècles, notamment pour la conception de jardins. L’éléphant portant un obélisque fut réalisé par plusieurs artistes (il y en a un sur laPiazza della Minerva à Rome, œuvre d’Ercole Ferrata en 1667). Un sculpteur français – était-ce Jean Goujon ? – associa cet éléphant (qu’il ne connaissait que par les illustrations du Songe de Poliphile) au Rhinocerus de Dürer, et réalisa un rhinocéros portant un obélisque pour l’entrée solennelle du roi Henri II à Paris le 16 juin 1549. Le monument a hélas disparu, il n’en demeure qu’une gravure.

Récupéré par les surréalistes, ce thème a été repris au XXe siècle. Dans un des tableaux du Casanova de Federico Fellini, le décor du palais romain d’un diplomate britannique, dans lequel se déroule une orgie, comprend un rhinocéros dürérien rose portant sur son dos une colonne ornée d’une spirale (comme les colonnes Trajane ou Antonine) et terminée par un demi-globe, symbole sexuel évident.

Salvador Dalí, quant à lui, a conçu deux sculptures. L’une représente l’éléphant du Poliphile, surmonté d’un obélisque et intitulée « l’Eléphant Spatial », l’autre le rhinocéros dürérien portant sur son dos un empilement de tests d’oursins ayant la forme d’un obélisque, et intitulée « le Rhinocéros cosmique ». Les deux animaux ont les pattes démesurément allongées comme celles d’un insecte. Dali a déclaré que si la ville de Paris devait un jour lui élever une statue, il souhaitait une version colossale du Rhinocéros cosmique, surmontée de son buste par Arno Breker, et installée dans les jardins du Trocadéro, là même où s’était dressé le rhinocéros de Jacquemart.

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CONFUSION ENTRE RHINOCEROS ET LICORNE

Posté par othoharmonie le 13 décembre 2014

 

Parmi les variantes orientales de la confusion entre rhinocéros et licorne, on peut signaler le bulan, chez les peuples altaïques.

 

220px-Rhinoceros_unicornis_(Panzernashorn)Selon les Etymologiae d’Isidore de Séville (environ 560-636), un traité médiéval à son tour repris par de nombreux autres auteurs, le  » rhinocéros est le nom donné à l’animal par les Grecs, sa traduction latine est corne sur le nez… Il est si fort qu’il est impossible pour les chasseurs de le capturer ; mais, comme l’affirment ceux qui ont écrit sur la nature des animaux, on lui met devant une jeune fille vierge qui lui offre le sein ; et lui, abandonnant toute férocité, il s’endort dans son sein et il est capturé comme s’il était sans défense « . Le rapport entre vierge et licorne remonte au Mahabarata, grand récit de Bharata, poème épique de l’Inde ancienne entre le

IVe siècle av. J.-C. et le IVe siècle apr. J.-C. Cette technique de chasse insolite est confirmée au fil des siècles par d’innombrables textes et représentations, avec la seule variante du sein dénudé ou couvert, mais le fait indiscutable qu’aucune licorne n’a jamais été capturée fait douter, plus que de la méthode, de l’existence même des licornes, ou de la pénurie de vierges. Isidore de Séville est aussi le premier à narrer dans le même texte la capture de la licorne avec une vierge et le combat entre un rhinocéros et un éléphant tiré de Pline. Et dans l’Isidorus versificatus du XIIe siècle, on lit que  » le rhinocéros, cet animal qui n’a qu’une corne au milieu du front et que nul ne peut vaincre est vaincu par une vierge nue « . Cette version est reprise aussi dans les Carmina burana, un recueil de deux cent cinquante documents poétiques et musicaux du XIIe- XIIIe siècle, contenus dans le Codex Latinus Monacensis. Le titre de Carmina burana a été introduit par le spécialiste Johannes Andreas Schmeller en 1847 pour la première publication du manuscrit, provenant de Seckau, mais retrouvé en 1803 dans l’abbaye de Benediktbeuern, l’ancienne Bura Sancti Benedicti fondée vers 740 par saint Boniface à Bad Tölz en Bavière. Le chant  93 récite :

Rhinoceros virginibus se solet exhibere

sed cujus est virginitas intemerata vere

suo potest gremio hunc sola retinere.

Igiturque juveni virgo sociatur,

et me senem spreverit jure defraudatur,

ut ab hac rhinoceros se capi patiatur.

 

Dans le Deuxième voyage de Sindbad, un cycle indépendant d’histoires de la période Abbasside inséré dans Les Mille et Une Nuits, à leur tour une série de contes tirés des histoires persanes Hazar Afsanah (Mille légendes), traduits en arabe vers 850, la marin rencontre le rhinocéros sur une île  » plus petit qu’un éléphant, mais plus grand qu’un buffle, avec une seule corne d’environ une coudée « . 

Nicolò De Conti (1395-1469), marin, voyageur et commerçant de Chioggia, en 1444 décrit le rhinocéros comme  » un animal à la tête de porc, une queue de boeuf et une corne sur le front, comme celle de la licorne, mais plus courte d’une coudée « . Pour découvrir les lieux mystérieux d’origine des épices, il voyage de Samarkand à l’Inde, du Catai à Bornéo, de Java aux Moluques, observant la flore, la faune, les coutumes, et apprenant les langues, les habitudes, les comportements et les religions, allant même jusqu’à devenir musulman pour éviter le supplice du pal. 

S’étant adressé au pape vénitien Eugène IV Condulmer pour se reconvertir à la religion chrétienne, il est chargé par le Souverain Pontife de raconter ses voyages à son secrétaire, l’homme de lettres Poggio Bracciolini (1380-1459) qui les reprend pour ses exigences philosophiques dans le IVème livre du De varietate fortunae (1431-1448). Les Hieroglyphica, sive de Sacris Ægyptiorum Aliarumque Gentium Litteris Commentariorum de Gianpietro Valeriano, dit Pierius (1477-1558), sont une oeuvre de succès qui décrit amplement le  » rhinocerote « , tandis que selon Jean Fonteneau, dit Alfonse de Saintonge, dans La Cosmographie avec l’espère et régime du soleil et du Nord, de 1545,  » Dans cette terre d’Éthiopie il y a des éléphants et des  » robincéros  » qui sont un type de licornes, presque formés comme des mulets « . D’autres auteurs nient l’existence de la licorne comme le médecin Andrea Martini qui, en 1556, publie Contre la fausse opinion de la licorne et Ambroise Paré1 (1510-1590) dans le Discours de la licorne de 1582. 

En 1585 le frère augustin Juan Augustin Gonzalez de Mendoza visite les franciscains missionnaires au Cambodge où il voit des éléphants et des rhinocéros en vrai et à son retour en Espagne dans la Historia de las cosas mas notables, ritos y costumbres del gran Reyno de la China est en mesure de démentir qu’il s’agit de la licorne. Jan-Huygen van Linschoten (1563-1611) dans l’Histoire de la navigation de Jean-Hugues de Linscot et de son voyage aux Indes orientales de 1610, affirme qu’il existe seulement le rhinocéros. Ulisse Aldovrandi dans son De quadrupedibus solipedibus publié en 1616, mais remontant à la fin du siècle précédent, consacre un chapitre au rhinocéros, qui se différencie d’animaux incertains comme la licorne, le monoceros de Pline, l’oryx d’Aristote, l’onagre ou l’âne des Indes avec lesquels les anciens confondaient souvent le périssodactyle et confirme que Marco Polo s’est trompé. En effet, en 1295, le voyageur vénitien Marco Polo1 (1254-1324) fut fait prisonnier par les Génois dans une bataille navale et, entre 1298 et 1299, il dicta dans les prisons de Gênes à son compagnon de captivité Rustichello da Pisa son récit de voyage Le Divisament dou monde. Écrit en franco-italien, le livre est connu sous le titre de Il Milione du nom Emilione d’un ancêtre de la famille Polo. 

CONFUSION ENTRE RHINOCEROS ET LICORNE dans RHINOCEROSIl raconte que, de passage sur l’île de Sumatra, faisant partie de la suite de la princesse Cocacin, nièce du Grand Khan Kublai (1214-1294, descendant de Gengis Khan), il entend parler de la présence d’une licorne qu’il pense capturer pour l’apporter à Venise, mais il voit seulement un rhinocéros  » Egli hanno leonfanti assai selvatici, e unicorni che non sono guari minori che leonfanti. E sono di pelo di bufali, e piedi come leonfanti. Nel mezzo della fronte hanno un corno nero e grosso: e dicovi che non fanno male con quel corno, ma co’ la lingua, chè l’hanno ispinosa tutta quanta di spine molte grandi. Lo capo hanno come di cinghiaro, la testa  porta tuttavia inchinata verso terra; ed istà molto volentieri nel fango; ella è molto laida bestia  a vedere. Non è, come si dice di qua, ch’ella si lasci prendere alla pulcella, ma è il contrario « . 

Le mythe de la licorne est détruit aussi par le jésuite Claude Dumolinet (1620-1687) qui dans son catalogue du cabinet de curiosités de la bibliothèque de Sainte-Geneviève affirme qu’il  » n’est plus permis de nier qu’il s’agit de la corne d’un poisson  » précisément de narval2, depuis toujours faite passer pour celle de la licorne, et le huguenot controversé François Leguat (1634-1735) dans les Voyages et aventures de F. Leguat et de ses compagnons en deux îles désertes des Indes orientales de 1708 écrit que  » Pour la licorne, c’est une chimère…

 

Le rhinocéros est la vraie licorne quadrupède « . La légende de la licorne s’écroule en 1827, quand le baron Georges Léopole Chrétien Frédéric Dagobert Cuvier (1769-1832) déclare qu’il ne peut exister un animal doté d’une seule corne et d’un ongle fendu, car l’os frontal aurait dû aussi être fendu et il est impossible qu’une corne pousse sur la fente. En effet, celle du rhinocéros n’est pas composée d’une gaine cornée qui revêt un os relié au crâne, mais il s’agit d’un ensemble de soies très dures indépendantes du crâne. 

Le dilemme de la licorne pourrait s’expliquer banalement par des récits imprécis ou exagérés du rhinocéros indien à une corne, ou par la difficulté d’examiner l’animal sauvage dans son milieu, ou aussi par la présence fréquente d’antilopes avec une seule corne pour des causes génétiques, comme, par exemple, les coudous (Tragelaphus strepsiceros ou Grand koudou) qui vivent dans la zone de Tsipishe en Afrique du Sud, ou parce qu’elle s’est cassée. 

Le mythe trouve une conclusion plausible en 1930 avec le livre d’Odell Shepard The Lore of the Unicorn « Il semble probable que l’idée de la licorne est née de l’usage d’unir les cornes de divers animaux domestiques par un procédé encore utilisé aujourd’hui. On peut trouver ici l’explication des vaches et des taureaux avec une seule corne que, selon Claudius Elianus, on pouvait trouver en Éthiopie, et des troupeaux unicornes dont parle Pline qui vivaient en Mauritanie. Même les vaches avec une seule corne courbée vers l’arrière et longue un empan, vues à Zeila en Éthiopie par Lodovico de Varthema (écrivain et voyageur italien du XVIe siècle) étaient peut-être de ce type. La tête de bélier avec une seule corne envoyée à Périclès (495-429 av. J.-C.) par ses paysans, était peut-être celle du plus bel exemplaire parmi les troupeaux, symbole parfait de cette suprématie que, selon l’interprétation de Plutarque (biographe grec du Ier siècle apr. J.-C.) ils souhaitaient à leur seigneur. Enfin, le mystérieux boeuf unicorne, mentionné trois fois dans le Talmud, qu’Adam sacrifia à Yahvé, était peut-être le plus bel exemplaire de son troupeau de bêtes, la chose la plus précieuse que possédait Adam « . Et en mars 1933, le biologiste américain Franklin Dove effectue une simple opération sur un veau mâle d’un jour à peine, unissant les deux cornes sur la tête du veau.

 

Extrait de : Le Rhinocéros – Histoires fantastiques et légendes authentiques traduit en Français

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Piano à chats et singulier

Posté par othoharmonie le 18 août 2014

concert donné en 1549

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Décrit, pour la première fois semble-t-il, par Kircher, jésuite allemand du XVIIe siècle, dans son Musurgia Universalis (1650), le piano à chats, instrument baroque et cruel, existait déjà en 1549, comme en témoigne le concert de chats qui eut lieu lors des fêtes religieuses données le jour de l’octave de l’Ascension en l’honneur d’une image miraculeuse de la Vierge

Dans son Musiciana paru en 1877, Jean-Baptiste Weckerlin nous explique que Charles-Quint étant en Flandre en 1549, il assista, le dimanche qui suivit l’octave de l’Ascension, avec son fils Philippe II et les reines, du haut du balcon de l’hôtel de ville de Bruxelles, à un spectacle où le profane et le sacré marchaient côte à côte.

Nous voulons parler d’une procession en l’honneur d’une image miraculeuse de la Vierge. Parmi les croix, les bannières, les longues files de prêtres et de moines, s’avançaient, en manière d’entremets ou intermèdes, le diable sous la forme d’un taureau jetant du feu par les cornes, puis l’archange saint Michel et derrière ce patron de Bruxelles, un chariot où un ours touchait de l’orgue.

Cet orgue était le grand attrait de la cérémonie, car les sons qui en sortaient n’avaient rien de l’harmonie produite habituellement par cet instrument. La raison en était bien simple ; l’orgue était un orgue à chats. Si l’on veut se faire une idée de cette invention, il suffit de se figurer une vingtaine de caisses très étroites ou vingt malheureux matous se trouvaient enfermés dans l’impossibilité de remuer ; seuls, les longs panaches de leurs queues dépassaient le haut des caisses et étaient liés par des cordes correspondant au registre de l’orgue.

A mesure que l’ours musicien pressait les touches, il tirait les cordes et en même temps les queues des chats qui, aussitôt, se mettaient à miauler, qui, les basses, qui, les tailles et les dessus, selon la nature des airs exécutés. Aux accords étranges de cette musique burlesque, des ours, des loups et des cerfs dansaient autour d’une grande cage où des singes jouaient de la cornemuse. Ensuite, la procession reprenant son cours exposait religieusement aux yeux curieux de la foule, l’arbre de Jessé et la représentation de tous les mystères de la Vierge.

S’il faut en croire l’abbé Mann, ce singulier concert aurait déridé un instant le grave Philippe II dont le visage austère s’éclairait si rarement. Bienheureux dut être celui à qui revenait l’honneur d’avoir fait sourire son prince mais quelque grotesquement diabolique qu’ait été son idée, elle ne lui appartenait pas en propre, car les chroniques veulent qu’un certain abbé Baigne ait régalé un jour Louis XI d’un concert de pourceaux.

Ce piano à chats est ainsi décrit par Kircher : « Il n’y a pas si longtemps, dit-il, qu’un acteur aussi ingénieux qu’illustre, a construit un tel instrument pour dissiper la mélancolie d’un grand prince. Il recueillit des chats, différents par la taille et donc par la gravité de leur voix et les enferma dans un panier fabriqué tout exprès, de telle sorte que leurs queues, sortant à travers des trous, étaient introduites et maintenues dans des tubes.

images (2)« Il ajouta des touches munies de pointes très fines à la place des marteaux, disposa les félins par tonalité de voix croissante de telle sorte qu’à chaque touche corresponde la queue d’un animal, et plaça dans un lieu convenable cet instrument destiné à la récréation du prince. En ayant ensuite joué, il en tira les accords que pouvaient produire les cris des animaux.

« En effet, les touches mues par les doigts de l’instrumentiste en martyrisant les queues des chats, mettaient en rage les malheureuses bêtes et les faisaient hurler d’une voix tantôt grave et tantôt aiguë, produisant une mélodie qui poussait les hommes à rire et pouvait inciter les souris elles-mêmes à danser. »

(D’après « Le Magasin pittoresque », paru en 1890)

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Esope et le Moustique

Posté par othoharmonie le 6 août 2014

 

Le Moustique et le Lion

Un cousin s’approcha d’un lion et lui dit : « Je n’ai pas peur de toi, et tu n’es pas plus puissant que moi. Si tu prétends le contraire, montre de quoi tu es capable. Est-ce d’égratigner avec tes griffes et de mordre avec tes dents ? Une femme même qui se bat avec son mari en fait autant. Moi, je suis beaucoup plus fort que toi ; si tu veux, je te provoque même au combat. » Et, sonnant de la trompe, le cousin fondit sur lui, mordant le museau dépourvu de poil autour des narines. Quant au lion, il se déchirait de ses propres griffes, jusqu’à ce qu’il renonça au combat. Le cousin, ayant vaincu le lion, sonna de la trompe, entonna un chant de victoire, et prit son essor. Mais il s’empêtra dans une toile d’araignée, et, se sentant dévorer, il gémissait, lui qui faisait la guerre aux plus puissants, de périr par le fait d’un vil animal, une araignée.

Le Moustique et le Taureau

Un Moustique qui s’était posé sur la corne d’un Taureau, après y avoir séjourné longtemps, lui demanda, au moment de repartir, s’il désirait qu’il prît enfin congé. Le Taureau lui fit cette réponse : « Je n’avais pas remarqué ton arrivée, je ne remarquerai pas ton départ non plus. »

Cette Fable pourrait s’appliquer à l’homme sans pouvoir dont ni la présence ni l’absence n’est utile ou nuisible.

Ce personnage méconnu, ayant vécu à une époque très lointaine, se doit de figurer dans le Panthéon des illustres par le fait qu’il est le « Père des Fables » !

téléchargement (1)Oui, un Fabuliste. Mais surtout il est l’inspirateur et le conteur dont les mots rejoindront l’imaginaire des Scaldes, des Orateurs, des tribuns ou des bouffons. N’oublions pas qu’à une époque, la culture orale était celle prédominante chez nombres de peuples et que le Mythe, le Fabuleux et le Merveilleux se mêlaient à l’Histoire, aux Légendes et à la Connaissance.

Ainsi rendre hommage à celui qui incarne toutes ces choses humaines est bien le moins à faire quand on désire parcourir les mondes antiques…

On ne sait que très peu de la vie d’Esope, ni de sa naissance exacte et peu sur sa mort.
Toutefois le personnage, selon Plutarque ou Hérodote, était un esclave, peut-être de guerre, très laid, boiteux, bègue et même bossu, pour tout dire difforme !

Peut-être vint-il de la ville de Thrace, Mésembrie, ou d’une cité Phrygienne. Il fut l’esclave d’un être du nom de Iadmon qui finit par l’affranchir après l’avoir repris à un certain Xanthos. On le fait parfois orateur, conseiller de Crésus lui-même !
On dit alors que chargé d’apporter à la cité de Delphes des offrandes au temple d’Apollon il y vola peut-être une coupe sacré… procès fut fait et Esope aurait été condamné à mort puis jeté du haut d’une falaise !

En fait, et en cela on trouve tout le trait mensonger, parfois vrai, toujours ambigu et trouble de la Fable… la vie d’Esope ne pouvait être que conter telle une Fable ! D’ailleurs à cette époque les Fables existaient déjà mais n’ayant point de nom on leur donna celui d’Esope.
Sans doute de là vient sa grande notoriété en Grèce, dans toute l’Antiquité puis au travers des cultures et des siècles. Esope ne semble jamais avoir écrit de Fables mais en aurait colporté beaucoup, les narrant de belle manière.
Etait-il réel ?
Fut-il aussi laid qu’on l’a écrit ?
Créa t-il le genre qu’est la Fable ou n’en fut-il que le brillant passeur ?

Pourquoi un être devient célèbre et un autre le demeure ? Une question de Fable.
Esope fut choisi par le Destin pour être le Père des Fables, qu’il en soit ainsi !

Nom : Esope (Aisôpos en Grec).

Fable d’Esope

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LE PAON, LA MYTHOLOGIE et LES RELIGIONS

Posté par othoharmonie le 2 mars 2014

 

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En Inde, le Paon bénéficie d’un statut particulier. Les gens pensent que lorsque l’oiseau déploie sa queue, cela indique que la pluie se prépare. Il est très présent dans la mythologie de l’Hindouisme. 

Selon une légende indienne, à l’origine les paons mâles avaient un plumage brun et terne. Seule la longueur de leurs plumes les distinguait des femelles. Un jour un paon aperçut INDRA qui courait comme si un démon était à ses trousses et lui en demanda la raison. INDRA répondit dans un souffle qu’effectivement il était pourchassé par le terrible RÂVANA et malgré ses armes il préférait ne pas s’exposer inutilement. 

Comme RÂVANA arrivait en courant, l’oiseau déploya rapidement sa large queue et INDRA put ainsi se dissimuler derrière. RÂVANA passa sans rien remarquer. Une fois le danger passé, INDRA remercia le paon et lui offrit des plumes aux   merveilleuses couleurs. On dit aussi qu’il devint le héraut d’ INDRA et que son cri perçant annonce l’orage. 

Le paon est également la monture de PÂRVATI, l’épouse de SHIVA, et de SKANDA, le Dieu de la guerre, un des fils de SHIVA. Profitant que SHIVA était occupé , le géant TÂRAKA en avait profité pour semer le trouble. SKANDA, nommé chef des armées par les dieux, le provoqua en duel et le pourfendit avec son épée. D’une moitié de son corps naquît le paon et de l’autre le coq. C’est donc ainsi que la paon est devenu la monture de SKANDA et le coq (belliqueux ) son enseigne. 

Son nom scientifique, pavo, découle d’une appellation sanskrit, «Pavana» qui fait référence à la divinité hindoue VAYU, le vent qui est aussi le souffle de la vie et le père de HANUMAN Ji. LAKSHMI, épouse du dieu hindou, VISHNU, est parfois représentée avec des brassards, sous la forme de paons. KRISHNA est également souvent représenté en compagnie de paons. Dans le nord de l’Inde, ses plumes sont brûlées pour éloigner la maladie, et même de guérir les morsures de serpents. 

Chez les Boudhistes, le paon a conservé auprès des divinités et des maîtres fondateurs la place qu’il occupait dans la mythologie indienne. BOUDHA se serait incarné dans le corps d’un paon et le paon est le véhicule d’ AMITÂBHA. Avec sa tête couronnée d’une aigrette, sa traîne déployée dont les multiples yeux ouverts veillent sur le monde et son cri qui fend le ciel comme s’il voulait mobilier toutes les créatures de la terre à son appel, le paon est prédestiné par la Nature à devenir le symbole de la puissance et de la gloire. 

Le paon est l’enseigne de la dynastie MAURYA (les Maurya sont une dynastie hindoue fondée par Chandragupta Maurya dans l’année qui a suivi la retraite d’Alexandre le Grand d’Inde. En effet, l’incursion grecque avait mis en évidence la nécessité d’un État unifié pour faire face à une éventuelle invasion depuis les marches occidentales. Les MAURYA formèrent le premier grand empire de l’Inde et régnèrent ainsi sur une grande partie du sous-continent jusqu’en 187 avant J.C., date à laquelle ils disparaîtront au profit de la dynastie SHUNGA. Il est l’emblème du soldat rajput, et en particulier des Jats qui le vénèrent et qui, à la manière de KHRISNA, ornent leur turban avec ses plumes. Avec ses plumes, les Indiens fabriquaient des éventails pour éventer les princes. Encore aujourd’hui en Islam indien, le gardien « adoube » les pèlerins qui visitent la tombe des saints avec un long plumeau en plumes de paon chargé de la baraka qui imprègne la sépulture. 

Le paon restera le symbole de la royauté en Inde islamique. Le «Trône du paon», incrusté de pierres précieuses, réalisé pour le prince moghol Shäh Jahän (connu pour avoir fait construire le célèbre Tâj Mahal à Agra en l’honneur de sa défunte épouse) sera emmené en Iran par Nader Shah après la bataille de Karnal (1738). Ce trône qui comporte douze colonnes où sont perchés deux paons laissera son nom de « Trône du paon » aux trônes des shah d’Iran qui règneront après lui. 

En 1963, le paon a été déclaré comme le «oiseau national de l’Inde» en raison du riche patrimoine religieux qui s’y attache et pour son implication dans les traditions indiennes. 

*******

En Grèce, la mythologie fournit sa propre histoire. IO était une jeune prêtresse d’Héra, fille du roi d’ARGOS. Une nuit, elle rêva qu’elle devait se rendre au bord de lac Lerne et y rencontrer ZEUS. Ayant raconté son rêve à son père, ce dernier se renseigna auprès des oracles de Delphes et de Dodone mais seul l’oracle de Loxias donna une réponse qui affirmait que la jeune fille devait réaliser ce rêve sinon toute la famille risquait de périr foudroyée. Elle se rendit sur les bords du lac et y rencontra effectivement ZEUS. Est-ce la beauté de la jeune fille ou les enchantements de LYNX, la fille de PAN et d’ ECHO, toujours est-il que le dieu en tomba amoureux et il s’unit à elle. Mais il fut obligé de la transformer en génisse d’une éclatante blancheur afin que son épouse ne soupçonnât pas son infidélité. HERA, qui n’était pas dupe de la métamorphose de l’animal, demanda à ZEUS de la lui offrir. 

Mais ZEUS de temps en temps continua à rencontrer IO en se changeant en taureau. Alors IO fut confiée à la garde d’ ARGOS qui était un parent de la jeune femme.

ARGOS (ou Argus) avait la particularité d’avoir cent yeux, dont seulement cinquante se fermaient pendant qu’il dormait. En fait, le nombre d’oeil n’est pas bien fixé puisqu’il varie de un à l’infini. Il était doué d’une force prodigieuse qui lui avait permis de délivrer l’Arcadie d’un taureau sauvage; il tua aussi un Satyre qui enlevait les troupeaux aux Arcadiens et la terrible ECHIDNA. 

Alors ZEUS demanda à HERMES d’arracher la prisonnière à son gardien. ARGOS

avait attaché IO à un olivier dans le bois sacré à MYCENES afin de mieux la surveiller. Il existe plusieurs versions de la façon utilisée par HERMES pour tuer ARGOS. D’après certains auteurs, il lança une pierre qui le tua ou il l’endormit grâce à une flûte de pan ou avec une baguette magique avant de le tuer. 

Héra rendit honneur au fidèle ARGOS en transférant ses yeux sur les plumes de son animal préféré, le paon. Délivrée, IO ne jouit pas longtemps de sa liberté : HERA lui envoya un taon. L’insecte, s’attacha à ses flancs, et rendit si furieuse la génisse qu’elle erra pendant des mois à travers toute la Grèce sans jamais s’arrêter, elle longea le golfe qui devait porter son nom (golfe Ionien) puis passa le Bosphore (ou « passage de la Vache ») et rencontra sur le mont Caucase, PROMETHEE, qui selon ESCHYLE, lui prédit un beau destin. De là, IO gagna l’ EGYPTE, où elle reprit sa forme humaine de belle jeune femme, et enfanta EPAPHOS dont le nom peut se traduire par « toucher » . Après avoir récupéré son fils qui avait été enlevé par les Curètes sur l’ordre d’Héra et relâché par Zeus, elle s’installa définitivement en EGYPTE où on l’identifia alors

à la déesse Isis. EPAPHOS Devint roi d’ EGYPTE et fonda MENPHIS. Son nom est en fait le nom grec du dieu égyptien APIS. Après sa mort, IO fut transformée en constellation. 

Chez les Romains, HERA prendra le nom de JUNON.

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LE PAON, LA MYTHOLOGIE et LES RELIGIONS dans PAONIl est symbole de paix et de prospérité en Chine et au Vietnam. 

Pour les chrétiens, le paon a plusieurs valeurs symboliques. Il est considéré avec bienveillance car sa chair est réputée imputrescible par les premiers chrétiens comme le corps du Christ au tombeau. Parce qu’il mue et n’est pas affecté par le venin des serpents qu’il tue, le paon incarnera l’immortalité de l’âme chez les chrétiens des premiers siècles. L’empereur Justinien se fera représenter couronné d’une tiare en plumes de paon sur une statue équestre monumentale à CONSTANTINOPLE. Il est souvent représenté sur les images de la Nativité. Deux paons buvant à une coupe indiquent la renaissance spirituelle et les ailes des anges sont souvent en plumes de paon. Plus tard, vers la fin du Moyen-Age, il deviendra le symbole de l’orgueil et de la vanité.

 

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En Terre d’Islam, il est un symbole cosmique. Lorsqu’il fait la roue, il symbolise soit l’univers, soit la pleine lune, soit le zénith. Son statut y est toutefois ambivalent.

Selon Ibn’Abbâs (618-687), le premier à interpréter les paroles du Prophète , le paon aurait été considéré très tôt comme le favori de l’ange déchu, Iblis/Satan. Une légende ancienne très populaire raconte comment le paon s’est vu involontairement associé au démon. Pour avoir refusé de s’incliner devant Adam, Dieu signifie à Iblis son exil du jardin d’Eden. Iblis lui annonce qu’il tentera les descendants de son ennemi Adam l’Homme, afin d’éprouver leur foi. Dieu lui accorde cette requête, et promet l’Enfer à ceux qui écouteront ses conseils en se détournant de la parole de Dieu. Iblis s’attacha à réaliser son voeu. Il attendait une occasion pour pouvoir pénétrer au Paradis. Il en vit tout à coup sortir le paon. Connaissant le secret du paon mangeur de serpents, il se transforma en serpent et , en lui tenant à peu près le même langage que le Renard tînt au Corbeau pour lui faire lâcher son fromage, pour se faire avaler. Il alla alors se présenter à Adam et Eve et on connaît la suite……Pour avoir désobéi à Dieu, les Anges, agissant sur les instructions de Dieu, les saisirent par le cou et les expulsèrent du Paradis. Ils jetèrent Adam sur l’ïle de Ceylan, Eve à Djeddah, une ville d’Arabie, le Paon à Kaboul et le serpent dans la région d’Ispahan. Depuis ce jour le paon est triste. 

La diabolisation du paon prend néanmoins un caractère exceptionnel dans la tradition islamique, où l’oiseau à conservé sa dimension positive. Le paon intervient dans des circonstances qui s’il avait été diabolisé, en interdirait la présence. Ainsi l’animal fantastique qui transporte la Prophète au ciel , la Burâq, est parfois décrite avec une queue de paon. 

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Le Paon occupe une place centrale dans la religion des Yézidis. Les Yezidis, appelés également Yazidis constituent une petite minorité religieuse de langue kurde d’environ cent mille membres vivant principalement dans les régions de Mossoul en Irak, d’Alep en Syrie mais aussi en Turquie, en Iran , en Arménie et en Géorgie. Malik Tawus, le « Seigneur Paon » ou Malak Tawus, l’ »Ange Paon » est le Dieu des Yézédis. Sur la tombe de leur chef spirituel avant que cette tombe soit saccagée en 1872, on pouvait voir au milieu d’autres symboles qui ornaient les murs une représentation du paon et du serpent. 

 dans PAONPour en finir avec ce long chapitre, une légende de Bohême raconte la triste destinée de cet oiseau aux plumes couleur arc-en-ciel devenu le principal objet de jalousie des méchants: « Lorsque Dieu eut créé le paon, les sept péchés capitaux jalousèrent sa beauté.- Certes ! Je suis injuste leur répondit Dieu, mais en vérité, je vous ai encore trop donné. Les péchés mortels doivent être noirs comme la nuit qui les couvre de son voile ». Dieu posa alors sur les plumes de l’oiseau, l’oeil jaune de l’Envie, l’oeil vert de la Jalousie, et ainsi de suite. Depuis lors le paon est persécuté par les péchés qui voudraient bien récupérer leurs yeux ». 

La morale que l’on pourrait tirer de cette histoire c’est qu’aveuglée par la haine, l’intolérance transforme le paradis en enfer. 

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Les animaux sont aussi des baromètres

Posté par othoharmonie le 3 février 2013

Insectes baromètres et thermomètres
pressentant pluie, grêle et vent

(D’après « Le Mois littéraire et pittoresque », paru en 1901)

  par LA RÉDACTION

Les animaux sont aussi des baromètres dans XXX - ARTICLES DE PRESSE 4972737chat1-150x150Sur la seule foi d’observations, nos ancêtres considéraient certains insectes comme excellents thermomètres-baromètres dont il suffisait de scruter le comportement pour prévoir pluie, orage, vent ou encore grêle, tels les grillons, rainettes ou géotrupes

Déjà chez les Anciens — maints passages d’auteurs grecs ou latins l’attestent — on cherchait à prédire le temps, et, comme les observations scientifiques manquaient alors, le peuple érigea en principes des coïncidences fortuites. Virgile, par exemple, va nous renseigner sur les préjugés météorologiques en honneur chez ses superstitieux contemporains. Citons donc quelques vers du chantre de Mantoue traduits par Delille.

Voici d’abord les signes précurseurs de l’orage :

La grue avec effroi s’élançant des vallées
Fuit ces noires vapeurs de la terre exhalées ;
Le taureau hume l’air par ses larges naseaux ;
La grenouille se plaint au fond de ses roseaux ;
L’hirondelle en volant effleure le rivage ;
Tremblante pour ses oeufs, la fourmi déménage.

La pluie se pronostique également avec facilité :

Quand la jeune Phébé rassemble sa lumière,
Si son croissant terni s’émousse dans les airs,
La pluie alors menace et la terre et les mers.

Il faudra craindre les vents :

Quand des feux du soleil, l’Occident se colore
Si de taches semé, sous un voile ennemi,
Son disque renaissant se dérobe à demi.

La grêle s’abattra :

Si de son lit de pourpre on voit l’Aurore en pleurs
Sortir languissamment sans force et sans couleurs.

Au contraire, lorsque l’arc de la lune brille le quatrième jour, le beau temps se maintiendra un mois durant :

Le ciel sera sans eau, l’aquilon sans haleine.
L’océan sans tempêtes…

grenouilles dans XXX - ARTICLES DE PRESSEA quelques-uns de ces pronostics, nos populations rurales accordent encore certaine confiance, et les indications que les hommes des champs tirent des végétaux ou des animaux se sont multipliées au cours des âges. Ainsi on admet que la corolle du liseron se ferme aux approches de la pluie, que le mouron, ce « baromètre du pauvre homme », comme on le surnomme dans les campagnes, tient également ses fleurs closes dans des circonstances atmosphériques analogues, et si la rose de Jéricho contracte ses branches, on peut compter sur la sécheresse. Mais la prédiction du temps basée sur la gent animale paraissait jusqu’ici assez illusoire malgré l’intérêt que lui témoignèrent de grands savants.

Sous ce rapport, l’exemple de la rainette est typique. Le naturaliste Dumeril n’écrivait-il pas, en 1863, à propos de cette jolie petite grenouille verte : « On se fait un hygromètre ou un baromètre vivant en mettant une de ces bestioles dans un vase où l’on a soin de lui donner de l’eau et des insectes pour sa nourriture. Munie dans sa prison de verre d’une petite échelle, son ascension indique que le temps sera sec. » Le maréchal Vaillant soutenait la même thèse, lors d’une discussion relative à l’établissement d’observatoires météorologiques sur toute l’étendue de nos possessions africaines : « La grenouille du père Bugeaud, disait-il, égayé encore aujourd’hui les bivouacs de nos soldats en Afrique. Ce grand homme de guerre consultait sa rainette avant de mettre ses troupes en marche pour une expédition » et, poursuivait l’orateur, il faut se livrer à des observations analogues dans notre colonie afin de démontrer ou d’infirmer leur exactitude. Eh bien, l’expérience a prononcé aujourd’hui. La rainette ne saurait donner un renseignement atmosphérique sérieux.

Au début du XXe siècle, une revue américaine estimée, Popular science monthly, proposa de déterminer la température de l’air par un procédé assez singulier reposant sur le nombre de cris lancés par le grillon dans l’espace d’une minute, nombre variable suivant les oscillations thermométriques. Mlle W. Brooke y formula, en effet, la règle mathématique suivante. Adoptez 72 stridulations par minute à 60° Fahrenheit (15,5°C) et pour chaque série de quatre stridulations en plus, ajoutez 1° Farhenheit ; pour chaque période de quatre stridulations en moins, diminuez de la même quantité et vous obtiendrez une concordance parfaite entre les températures ainsi déterminées et celles relevées au thermomètre — du moins la Broooke nous l’affirme.

Vers le même temps, l’entomologiste avignonnais bien connu J.-H. Fabre, a montré que les géotrupes étaient de distingués météorologistes. Voyons à l’œuvre ces sagaces insectes, et d’abord un mot sur leurs mœurs. Parmi les assainisseurs des champs, les uns, tels que les mouches, les dermestes et les nécrophages, sont chargés de disséquer les cadavres. Une taupe gît-elle éventrée sur le chemin, au pied de la haie, un enfant sans pitié a-t-il lapidé un lézard qu’avril venait de revêtir de sa splendide parure d’émeraude, vite ces petits croque-morts accourent, attirés par le fumet du morceau. Ils charcutent, ils dissèquent et en une journée les minuscules fossoyeurs ont accompli leur tâche. La place est nette.

La seconde catégorie d’insectes préposés par la Nature à la salubrité rurale ne met pas moins d’empressement à faire disparaître les bouses de vaches, le crottin du cheval ou autres déjections d’animaux, et les géotrupes se distinguent entre tous. Ils épurent, ces pauvres « bousiers », avec toute l’ardeur de leurs mandibules, de leurs pattes, et nous n’accordons à ces utiles auxiliaires qu’un regard dédaigneux.

Les géotrupes abandonnent seulement leurs repaires vers le crépuscule et, à condition toutefois que l’atmosphère soit calme et chaude, ils se mettent à la recherche des matériaux nauséabonds dont ils vont se repaître avec délice. En une séance nocturne, la souillure choisie par chaque groupe sera enfouie. Mais si la pluie menace ou si le vent souffle, nos stercoraires restent tranquilles, car ils ont amassé sous terre des victuailles suffisantes pour un long chômage.

Fabre décrit dans son mémoire les curieuses expériences qui lui ont permis de tirer ces conclusions et il en résume les grandes lignes en trois cas généraux.

Premier exemple : soirée magnifique. Les géotrupes s’agitent dans la cage où le naturaliste les a enfermés et se montrent impatients d’accomplir leur tournée vespérale, signe de beau temps pour le lendemain. Effectivement, le jour suivant, l’atmosphère fut d’une remarquable pureté.

Deuxième observation : nuit superbe encore. Selon les indications du baromètre et l’état du ciel, le savant naturaliste croit à la continuation du beau temps. Les bousiers ne partagent pas cet avis. Ils ne mettent pas le nez dehors contrairement à leur habitude. L’insecte, plus subtil que l’homme, avait senti l’averse qui tomba un peu avant l’aurore.

Troisième fait, non moins typique. Cette fois, le ciel est couvert et la venue d’une forte ondée semble prochaine. Cependant, grâce à la subtilité de leurs organes, les géotrupes pensent sans doute le contraire puisqu’ils bourdonnent dans leur geôle. La justesse de leur pronostic s’affirme du reste bientôt, les nimbus menaçants se dissipent et, dès son lever, le soleil se montre radieux.

images-3De même, l’état électrique de l’atmosphère influence beaucoup les bousiers. Aux approches de l’orage, par de lourdes et chaudes soirées, ils s’agitent et s’inquiètent plus que de coutume. A cet égard, J.-H. Fabre relate une expérience bien remarquable. Les 12, 13, 14 novembre, les géotrupes de ses volières firent preuve d’une extraordinaire agitation. Quelle était donc le pourquoi ? Une bourrasque avait éclaté sur le nord de la France, et la forte dépression barométrique, cause de la tempête, se répercutait dans la région d’Avignon. Comme le constate le sagace entomologiste, les géotrupes lui parlaient de l’ouragan « avant son journal » ! Faut-il regarder ces constatations comme des coïncidences fortuites ?

Cependant Fabre a vu de même les chenilles processionnaires du pin subir l’influence des perturbations atmosphériques. Bien mieux, elles paraissent pourvues d’organes curieux, véritable arsenal d’instruments météorologiques. Alors, tandis que la rainette serait impuissante à prédire le temps, les géotrupes et les processionnaires constitueraient de merveilleux insectes-baromètres dont la délicatesse laisserait bien loin les indications brutales de la colonne de mercure.

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Le Lièvre des traditions

Posté par othoharmonie le 21 décembre 2012

 
D’après : http://racines.traditions2.free.fr/begrue/index.htm

Cet animal “qui gambade le jour et dort la nuit” a une particularité : « Il naît les yeux ouverts et de ce fait il est initié aux Mystères° et joue un grand rôle dans la magie* et la médecine populaire. » De plus il est “changeant” (de pelage) et lunatique comme l’astre dans le visage duquel certains peuples pensent le voir se dessiner en lieu et place de notre “Homme de la Lune” :

Très prolifique, notre Jeannot lapin est un symbole* de fécondité et pour cela il représente la Terre Mère, la Triple Déesse, Luna/ Diana/ Dana/ Nana/ Hécate/ Artio ou Artémis Phoebe. Comme Elle, il est sacré*, depuis la Grèce des Pélasges jusqu’à la Grande-Bretagne et aux Pays Baltes, et sa chasse est interdite, taboue, sauf le 1° Mai où elle est ritualisée !

Le Lièvre des traditions dans LAPIN - LIEVRE ethiopian_highland_hare_lepus_starcki_runningUn emblème de cette fécondité est la patte de lapin, symbole phallique s’il en est, et dont on a des traces depuis le sixième siècle AEC. On peut sans doute lui rapprocher cette coutume : « La peau du jeune lièvre dans laquelle on place de l’armoise séchée sert à fabriquer la “jarretière du voyageur” qui permet de se déplacer avec autant de rapidité22 que l’animal. » Eloïse Mozzani, Le livre des superstitions, Laffont Bouquins 95.

Si le Lapin “pond” les oeufs de Pâques chez les Germains, c’est parce qu’il est la Déesse Mère/ Lune qui précède le lever de la Soleil et que, pour Ostara/ Aurore, il pond l’Œuf du Monde à l’occasion de la renaissance de la nature” (cf. Cygne et Grue, supra). Il s’agit probablement là d’un rite* résiduel venu de la Grande Dispersion des Indo-Européens*, de cette époque où nos ancêtres suivaient le cri “gru-gruou” de la grue couronnée lors du Grand Hiver Fimbulvetter, à la recherche de la Soleil cachée par les cendres volcaniques de la Grande Éruption (cf. notre art. Déluges*)…

Car ce n’est pas tout : les Allemands appellent le lièvre Hase, phoniquement bien près de Ase*… qui est le nom du Mage* nordique23 ! Cette “Grande Oreille” qu’on retrouve jusque dans les églises est celle du petit dieu gallo-romain Auribus, ou celle de la Déesse Mère “aux Oreilles” qui doit “prêter l’oreille aux supplications”, puis celle du Dieu Fils breton qui tel un “ravi” de Provence trône sur les genoux de sa Vierge Mère* et c’est aussi celle de notre hypothétique saint Oyand de Grenoble…
Et ce “Dieu Fils” nous amène à remarquer que ce “lapin fou de mars” dont il est question dans Alice au pays des merveilles (de Lewis Caroll) pourrait bien figurer ce jour supplémentaire qu’on ajoute à l’année tous les quatre ans, entre février et mars…

Chez les Celtes : Comme le lapin vit sous terre, nos ancêtres le croyaient en relation avec le monde des morts et des “dieux inférieurs” (“l’enfer” annwn), aussi ils ne mangeaient par la chair de leur animal sacré*, leurs lointains et éburovices cousin du Moyen Orient, les Ebro/ Hébreux non plus d’ailleurs. Est-ce en rapport avec le fait que sa chair donne des crises de rhumatismes et qu’elle peut même être létale pour les personnes âgées ?

En Chine : le lièvre est le préparateur de la “drogue d’immortalité” qui était peut-être faite de “son fiel utilisé par leurs forgerons pour la fonte des épées” (Jean Chevalier, op. cit.). Il est aussi chez eux le symbole du printemps…

Au Japon : le lapin Usagi est le symbole de la longévité (…sexuelle?)
Au Moyen Âge : il est encore le symbole de la Terre Mère qu’on voit sur la tapisserie de la Dame à la Licorne*, et il est celui de la Terre (des Ases-Hases) pour les alchimistes.
L’action de l’Église : Mais notre Jeannot Lapin est devenu “sorcier” par la grâce (?) de l’Église qui voulut l’éliminer (quel vilain mot !) et le remplacer par Marie.

Cependant la tradition des oeufs rouges offerts par la jeune fille à celui qui va être autorisé à la courtiser (cf. les Fêtes* provençales païennes de la Sainte Baume), en prélude à la hiérogamie rituelle des Fêtes du 1° Mai, perdurait néanmoins comme tous les rites* fondamentaux : il fallut donc “coloniser” celui-ci et ce ne fut pas sans peine :

On peut en effet s’interroger sur la nécessité qu’on les cloches – les anciens “tambours d’airain” des pépiniéristes atlantes* – d’aller à Rome pour y faire leurs Pâques et de pondre des oeufs, tout particulièrement lorsqu’elles en reviennent ! Preuves incontestables d’une difficile “colonisation” du mythe* de la renaissance et de la fécondité printanières, indéracinable et toujours… renaissant ! Mais, “faisant d’une pierre deux coups”, on colonisa dans la foulée l’archaïque cloche des Frisons elle-même !

Dans le tarot de Wirth, sur la “lame” attribuée à Orion qui lutte, tel Héraklès massue en main à dextre et à senestre contre le cataclysme, la toison en “bouclier”, en pardalide, on peut voir un lièvre chthonien à ses pieds, le signe astrologique* du Taureau y figure aussi : souvenirs de son origine boréenne ?…

Dans le Folklore : Le lièvre est devenu Hare en Angleterre : un nom du Diable* (curieuse homophonie avec notre “pauvre Hère…)

lapin1 dans LAPIN - LIEVREEn Dordogne, c’est le lièvre qui convoque les sorciers* pour leurs “esbats”, lesquels sont appelés sabbats par l’Eglise* qui inventa nombre d’histoires de Diables* qui “hantent” nos recueils folkloriques. Mais, on y trouve quelquefois… matière à décrypter24 :

« Dans la Manche, des lièvres ferrés (cloutés)n, qu’on entendait courir sur les ponts (bifrost)n ou à proximité des rocailles (Rokr, Tour)n, gardaient des trésors (les Pommes d’Or)n. » Ces Vikings de Normandie sont visiblement restés plus proches de notre vieille coutume !

Cette chanson populaire, citée par J.-P.. Ronecker dans son excellent Bestiaire, Fabuleux appartient à la tradition des rites érotiques des “sorcières” de la Veille de Mai ou Nuit de Walpurgis, et l’on peut en conclure qu’il est ici question de l’ancêtre de la rituelle Chasse à Courre au Renard qui s’est conservée en Angleterre25 (Ah, si les écolos-pastèques étaient un peu moins incultes).

En occitan ou appelle notre lièvre “lebra” (prononcer “lébro”) et il est l’objet d’une Bourrée montagnarde : “Ay vist lou loup, lou lébro et lou rénard dansa(r)”. Les Bretons “gallo” ont aussi conservé une danse du même genre qui le remémore.

Le folklore espagnol des superstitions perpétue l’interdit de la consommation du lièvre en prétendant que : « la femme enceinte qui en mange perdra son bébé ou il dormira les yeux ouverts (ce qui est effrayant)n. » E. Mozzani, op. cit.Dicton des Alpes : “Quand le lièvre blanc sort le matin, La neige s’alourdit le soir !”

http://gouteursdelievre.ifrance.com/sitesinteressants.htm

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