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Coquillages et Sorcellerie

Posté par othoharmonie le 21 mai 2017

Le recours aux forces de l’invisible se pratique dans la plupart des capitales subsahariennes. Tout est ensuite une question de spécificités. 

coquillages et sorcellerie

Bénin : Le pays du « çakatu »

Au Bénin, terre du vaudou, l’exercice du pouvoir est très souvent marqué par un compagnonnage avec les forces occultes. Avant de rencontrer Jésus et de découvrir la Bible, l’ancien président Mathieu Kérékou a eu son marabout durant les années 1990. Au moment de son triomphe électoral en 1991, son successeur, Nicéphore Soglo, a été foudroyé par un çakatu (« mauvais sort »). « Il souffrait le martyre et avait l’impression qu’on lui plantait des aiguilles dans le corps. C’est alors que j’ai décidé d’appeler à l’aide le ministre français de la Défense, Pierre Joxe », se souvient son fils, Lehady. Avion sanitaire de l’armée française, court séjour à l’hôpital parisien du Val-de-Grâce, soins intensifs… Soglo a été remis sur pied durant l’entre-deux-tours, mais c’est en balbutiant et soutenu physiquement par son épouse Rosine qu’il a prêté serment. Il lui a fallu plusieurs années pour s’en remettre. 

Les médecins du Val-de-Grâce ont diagnostiqué un classique « empoisonnement », selon un haut officier français de l’époque qui a suivi ce dossier. « Mais au Bénin, cela ne fait pas l’ombre d’un doute, cette attaque avait une dimension magique. Et malheur à celui qui prétendrait le contraire », explique un proche de l’ancien président béninois. Un tel épisode laisse des traces.

L’actuel chef de l’État, l’évangélique Boni Yayi, toujours prompt à invoquer Dieu dans ses discours, a « envoyé des émissaires visiter les plus hautes divinités du pays lors de son arrivée au pouvoir en 2006 », assure un fin connaisseur des us et coutumes du palais de la Marina. À vrai dire, cela n’a rien de surprenant, ni de condamnable. Et c’est éventuellement plus prudent.

« Lors de chaque élection, je sais que l’on organise pour moi des sacrifices d’animaux. Je laisse faire », reconnaît un responsable politique. Plus marquant encore, la méfiance au sein du marigot. Certains caciques auraient des pouvoirs occultes. Un nom revient régulièrement… mais il est difficile de violer le secret de la confession. « Une chose est sûre, nous dînons très rarement les uns chez les autres », résume un élu de haut rang. On comprend mieux la fragilité des alliances politiques béninoises ! 

sorcellerie au bénin

Cameroun : « Infection » au fond du couloir

Janvier 2005, contre toute attente, le nouveau directeur général s’est présenté pour la passation de service. La veille, pourtant, un gros chat blanc était tombé du onzième étage du bâtiment et était reparti sans une égratignure. Une démonstration de force supposée de son prédécesseur. Quelques mois plus tôt, le responsable d’un groupe de travaux publics avait exigé de changer entièrement le mobilier de son bureau lors de sa prise de fonctions. Idem pour ce nouveau patron de la police : le « sortant » avait placé un crâne bien en évidence dans le bureau… 

Circonscrits dans les années 1970 et 1980 aux zones rurales, les faits de sorcellerie, supposés ou réels, sont de plus en plus librement évoqués dans les administrations et les grandes entreprises camerounaises, où la guerre des postes fait rage. Mais cette « immunisation » des bureaux concerne également les ministères, où elle serait systématique. Ces pratiques ont aussi cours au palais d’Etoudi, selon un habitué des lieux qui cite notamment le secrétariat général de la présidence et la passation de pouvoirs entre les présidents Ahidjo et Biya. 

Pour l’anthropologue François Bingono Bingono, qui se présente comme « crypto-communicologue », la sorcellerie s’est démocratisée. « Personne ne veut se laisser surprendre. Chaque fois qu’une personne est appelée à de nouvelles fonctions, elle s’entoure d’un maximum de précautions. Ne pas le faire revient à s’exposer à un risque d’ »infection » par l’evu [« sorcellerie », en langue bétie, NDLR]. On part du principe que celui qui s’en va a laissé des fétiches destinés à asseoir sa propre puissance ou à le protéger », explique-t-il.

François Bingono Bingono, qui apprécie par « autodérision » d’être appelé « sorcier », a sa petite idée sur cette mode des actes de purification. « Les Africains prétendument cartésiens ont intégré des confréries, des loges maçonniques et des cercles exotériques fréquentés par les Occidentaux. Mais ils se sont vite heurtés au sectarisme de ces derniers et sont revenus aux fondamentaux pour leur quête de spiritualité. » 

Côte d’Ivoire : à chacun son fétiche

Ce fut l’un des premiers gestes des forces pro-Ouattara : détruire les fétiches de Laurent Gbagbo. Les jours suivant la capture de l’ex-chef d’État et de son épouse Simone, le 11 avril, à la résidence présidentielle de Cocody, les Abidjanais ont vu les bulldozers démolir des monuments, notamment au carrefour Saint-Jean à Cocody, à L’Indénié, à Adjamé et à Yopougon-Siporex. Selon la presse nationale, les démolisseurs y ont trouvé des écritures bibliques, des statuettes, des ossements. 

En Côte d’Ivoire, les croyances sont tenaces. « C’est enraciné en nous, explique le journaliste Venance Konan. Nous avons presque tous nos fétiches, mais personne n’en parle. » À commencer par les militaires. Les FRCI, mercenaires burkinabè et chasseurs dozos, qui ont aidé Alassane Ouattara à prendre le pouvoir, sont munis de multiples amulettes, bagues, talismans, grigris et coquillages. Des fétiches censés les protéger des balles et leur assurer le succès sur le champ de bataille. Durant la campagne électorale, les deux camps ont également eu recours aux rituels de sacrifice des boeufs et des poulets. 

Certains politiques ne peuvent rien décider ni faire sans voir leur féticheur. Félix Houphouët-Boigny, dans les années 1950, envoyait régulièrement un de ses émissaires, Lady Sidibe, pour « consulter ». Cela arrivait notamment lorsqu’il avait une rencontre importante comme avec le général de Gaulle. Si Henri Konan Bédié ne semble pas y recourir, Laurent Gbagbo a demandé la protection mystique des féticheurs de la région du Poro, dans le nord du pays. Mais on raconte qu’en novembre 2004, après l’attaque des Sukhoi de l’armée ivoirienne sur la base militaire française de Bouaké, les vieux sont sortis et ont jeté un sort aux avions de Gbagbo. Quelques instants plus tard, le président français, Jacques Chirac, donnait l’instruction d’abattre les appareils. 

Le fétichisme et la sorcellerie sont à différencier du « maraboutage », très répandu au Sénégal. « On ne réclame pas d’organes humains », précise le président des jeunes marabouts du Sénégal, Sérigne Modou Bousso Dieng. « Les pratiques occultes sont interdites par l’islam et, contrairement à la sorcellerie, le maraboutage se fait sur la base du Coran », ajoute-t-il.

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Pascal Airault, Georges Dougueli, Malika Groga-Bada

 

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SOUS LE SIGNE DU RAT

Posté par othoharmonie le 4 novembre 2016

 

ratLes Rats sont réputés pour leurs qualités de persuasion, et leur propension à accumuler, amasser, épargner. Leur charme naturel et leur caractère dégourdi et agréable en font des amis attirants pour presque tout le monde.

Toutefois, sous sa nonchalance apparente, le Rat sera un fin calculateur, adroit et sans embarras. Son intérêt personnel est sa seule vraie motivation, et l’avarice n’est jamais bien loin si le Rat se laisse aller à ses penchants naturels.

Foncièrement matérialiste, le Rat ne renonce pas à quelques écarts pour protéger et encourager un proche.

Le rat n’a pas sa langue dans sa poche, la moutarde lui monte souvent au nez, mais lors de ses violents accès de colère, il n’est jamais grossier.

On aime le Rat, ou on le déteste.

Intellectuellement, le Rat a l’esprit vif et se trouve toujours en quête de nouvelles connaissances, qu’il amasse avidement, dans l’éventualité d’un usage futur. Curieux dans l’âme, le Rat accueille les défis comme une manière de rester dans la course.

Lorsque le rat laissera un peu de place aux autres dans sa vie, il trouvera le vrai bonheur.

LE RAT

Le profil de la femme Rat

La femme Rat est élégante dans sa façon d’être et de bouger. Elle s’habille avec goût, sans trop en faire, elle est aussi très attentive aux détails et sait comment se mettre en valeur. Énergique et créative, la femme Rat a de nombreux talents et sans doute est-elle douée dans un domaine artistique. Elle est aussi très exigeante avec elle-même et déteste le laisser-aller. L’apparence ou plutôt les apparences comptent donc beaucoup pour elle : elle cherche à s’entourer de belles choses et de belles personnes. La femme Rat déclenche souvent les jalousies féminines car elle n’hésite pas à exprimer ses ambitions et à se mettre en avant. Mais elle est aussi sociable et souvent bien entourée. Elle virevolte et semble toujours pressée. La femme Rat noue facilement des relations et sait mettre à l’aise les gens. Surtout les hommes, avec lesquels elle n’entre pas en concurrence.

La femme Rat et les hommes

La femme Rat est extrêmement séduisante et attire le regard des hommes. Elle est romantique et passionnée, mais manque parfois de constance amoureuse. Ce qu’elle aime ce sont les commencements, un premier regard, un premier rendez-vous, le cœur qui s’emballe… Elle déteste s’ennuyer et cherche la personne qui saura faire en sorte que son cœur continue à battre la chamade même après plusieurs années. Si ce n’est pas le cas, la femme Rat sait très bien passer à autre chose, le changement ne lui fait pas peur. Elle devrait s’entendre à merveille avec les hommes Dragon et Singe, énergiques et créatifs comme elle, les hommes Cochon, qui l’attirent et la flattent, les hommes Serpent, ambitieux et respectueux, les hommes Boeuf dont elle se sent proche et complémentaire, et les hommes Chien qui peuvent lui apporter une bonne stabilité. Cela se complique avec les hommes Lapin et Tigre, plus amis qu’amants, les hommes Mouton, trop différents d’elle, les hommes Coq avec lesquels la femme Rat a tendance à entrer en compétition, les hommes Rat, trop semblables à elle, et enfin, les hommes Cheval, diamétralement opposés à la femme Rat.

Le profil de l’homme RatRat et rate

L’homme Rat est adaptable, imaginatif et ingénieux, mais aussi fuyant, difficile à saisir et à comprendre. Ces proches peuvent avoir le sentiment de ne pas le connaître totalement. En réalité, l’homme Rat se protège et n’aime pas dévoiler ses sentiments, qu’il a tendance à considérer comme des failles empêchant l’esprit pratique d’atteindre ses objectifs. Mais l’homme Rat n’est pas froid pour autant, il est même charmeur et en général très sociable. Il garde en revanche toujours son vernis protecteur afin de préserver fermement son intimité. L’homme Rat aime la fête et être au courant de ce qui se passe autour de lui. Il est très observateur et à tendance à tout analyser. Cette qualité fait de lui un très bon stratège, perspicace et ingénieux. Mais il peut être aussi un brin égoïste et difficile à satisfaire. Ces connaissances diront sans doute de lui qu’il est charmeur, admirable et brillant ; et ses plus proches amis commenceront peut-être à déceler dans son attitude un caractère exigeant, une grande ambition et une certaine avidité. Mais ils savent aussi qu’il est énergique, créatif et malin. Capable de se sortir des situations les plus compliquées.

L’homme Rat et les femmes

L’homme Rat a un pouvoir de séduction très développé. Il dégage en général un magnétisme qui ne laisse personne indifférent. Les femmes le voient comme un homme fort sur qui s’appuyer. Charmeur et élégant, il joue de son magnétisme et soigne son image, si bien qu’il peut même avoir un petit côté personnage de roman à l’eau de rose pour jeune fille. L’homme Rat devrait s’entendre à merveille avec les femmes Boeuf et Chien, car ils se complètent très bien, mais également avec les femmes Dragon et Cochon qui comprennent son fonctionnement, les femmes Singe et Serpent qui admirent la personnalité de l’homme Rat, enfin, les femmes Lapin devraient créer avec lui une belle amitié. Cela se complique avec les femmes Rat et Tigre, souvent en concurrence, les femmes Cheval et Coq qui auront du mal à s’accorder avec le caractère de l’homme Rat et enfin les femmes Mouton, peut-être trop dispersées pour lui. 

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La constellation du Cygne

Posté par othoharmonie le 27 novembre 2015

             

 

constellation_cygneLes Grecs nomment cette constellation, Ornis, l’Oiseau en général; mais les plus instruits la désignent. par le nom d’un oiseau particulier, qui est le Cygne (Hyginus). On rapporte que Zeus, étant devenu amoureux de Némésis, et ne pouvant rien obtenir d’elle, eut recours à une ruse. Il engagea Aphrodite à se métamorphoser en Aigle, et il prit lui la forme d’un Cygne, qui semblait fuit devant l’Aigle ravisseur, et se soustraire à sa poursuite. C’est sous cette forme, que le Cygne timide alla chercher un asile sur le sein de Némésis, qui l’accueillit, et le serrant tendrement entre ses bras, elle s’endormit. Zeus sut profiter de cet officieux sommeil; et apres avoir joui des fruits de son artifice, il s’envola aux cieux, où son image est encore avec celle de l’aigle qui paraît le poursuivre. Effectivement l’Aigle céleste se lève immédiatement après le Cygne, un peu plus au midi que lui. Némésis

devint mère; et comme elle avait eu commerce avec un oiseau, elle accoucha d’un oeuf, dont s’empara Hermès, et qu’il porta à Sparte, où il le jeta dans le sein de Léda. Il en naquit une fille d’une éclatante beauté, que Léda adopta pour sa fille; c’était Hélène. D’autres auteurs rapportent, que c’était avec Leda elle-même, qu’avait eu commerce Zeus métamorphosé en Cygne. Cette dernière tradition est celle que nous a conservée Germanicus, qui donne à la mère d’Hélène le double nom de Némésis et de Léda. Théon les admet toutes les deux, et il en fait naître Hélène et les Dioscures, Castor et Pollux. Eratosthèns ajoute, que le Cygne, qu’il appelle le grand Oiseau, est la forme , sous laquelle Zeus réussit à plaire à Némésis, qui prenait successivement toutes les formes, pour se soustraire à ses poursuites, afin de garder sa virginité. Comme elle s’était métamorphosée en cygne, Zeus prit la forme de cet oiseau et dirigea son vol dans l’Attique, près de Ramnunte, où il obtint les faveurs de Némésis. Cette union produisit l’oeuf, dont naquit Hélène, suivant le poète Cratès. De retour dans l’Olympe Zeus plaça parmi les astres l’oiseau, dont il avait pris la forme, et il lui a conservé les ailes déployées, comme il les avait, quand il s’envola aux cieux. Théon dit qu’il a les ailes étendues, comme s’il volait, en s’abattant sur la terre. Il le plaça près de la main droite de Cephée. Théon rapporte aussi une autre tradition, laquelle suppose que ce fut en honneur d’Apollon, que le Cygne fut placé aux cieux, à cause de son chant.

Hyginus fait Léda fille de Thestius. Zeus, sous la forme de ce cygne, obtint ses faveurs, selon lui, près des rives de l’Eurotas en Laconie. Elle en eut Pollux et Hélène; Castor et Clytemnestre étaient de Tyndare.

Une des ailes du Cygne s’appuie sur la circonférence du cercle arctique, et touche l’extrémité du pied gauche d’Ingeniculus (Hercule) L’autre aile s’étend vers le tropique , près des pieds de Pégase; l’extrémité de sa queue s’unit à la tête du Céphée. Il se couche avec la Vierge et la Balance, la tête la première, Il se lève avec la fin du Sagittaire, et avec le Capricorne; conséquemment au coucher des Gémeaux qui renferment les Dioscures. Lorsque le Soleil est dans les Gémeaux, le Cygne monte avec la nuit.

Ovide  le désigne sous le nom de Milvus, ou du Milan , et il en fixe le lever, au seize avant les calendes d’avril, cinq jours avant l’entrée du Soleil au Bélier. Il raconte à ce sujet une histoire sur les motifs qui l’ont fait consacrer aux cieux. On suppose, que Cronos / Saturne avait été détrôné par Zeus / Jupiter, et que, pour s’en venger, il avait appelé a son secours les Titans. La Terre avait mis au monde un Taureau monstrueux, dont la partie postérieure était un serpent. Styx, par ordre des Moires  / Parques, l’a voit enfermé dans une sombre forêt, et entouré d’un triple mur. Les Destins avaient promis la victoire sur les dieux, à celui des Géants, qui brûlerait sur les autels les entrailles de ce boeuf. Briarée, armé d’une hache du métal le plus dur, l’immole, et déjà il se préparait à brûler les entrailles du boeuf, lorsque Zeus ordonne aux oiseaux de les enlever. Le Milan s’en saisit et les lui apporta. C’est ce service, qu’a récompensé  Zeus, en le plaçant aux cieux. 

Si on se rappelle que l’équinoxe de printemps, époque du triomphe de Zeus sur les Titans, et les Geants, répondait au signe du Taureau céleste, et celui d’automne au Scorpion, avec lequel se lève le Dragon, ou le Serpent, on concevra aisément comment le Taureau et le Serpent s’inscrivent dans lacomposition d’un tel emblème astronomique, destiné à exprimer les termes extrêmes de la route du Soleil dans les signes supérieurs. Le Milvus, étant alors supposé se lever, au moins pour les pays, qui ont peu de latitude, annonçait aux mortels la victoire de Zeus. On retrouve le mythe de la conquête de la Toison d’Or, gardée par un Taureau, qui vomissait des flammes et par un Dragon. On a pris le Milvus pour le Cygne; mais il pourrait être aussi bien le Vautour, qui tient la Lyre. Germanicus parle du lever du Milvus en Attique , en mars, et il l’unit à un lever d’Orion. Il parle encore du lever du Milvus, au trois des calendes d’avril, quelques jours après le coucher du matin de Pégase.

La denomination générique d’Oiseau ou de grand Oiseau, que lesAnciens ont donnée à cette constellation, est cause de la différence des oiseaux, qu’on y a peint, quoique le Cygne soit le nom le plus connu. QueIques-uns l’ont appelé le Coq, ou la Poule. C’est surtout chez les Arabes et les Hébreux, qu’il prend ce nom.

Ulugh-Beg appelle l’étoile du bec, Minkâr-al-Deggjâgje; celle de la poitrine, Sadr-al-Deeggjâje; la Luisante de la queue,Al-Riaph, Deneb-al-Deggjâgje; l’étoile boréale du genou droit, Rucha-al -Deggjâgje . Ce nom signifie la Poule, dit Hyde; on l’appelle aussi .Altaîr, l’Oiseau , et par corruption , Hirseym , dans certains globes. Il a la forme de l’oiseau Katha, dont le cou et les ailes sont allongés. Sur ses ailes on remarque quelques étoiles appelées Alphâwren , les Cavaliers. Katha est un oiseau aquatique semblable, par sa forme et sa grosseur, à une colombe. On l’appelle en persan, Ispherûd, et en turc, Baghirtik.

CygneOn nomme la brillante de la queue Arided, Arioph; celle du bec, Albireo (Riccioli, Bayer); celle de l’extrémité de la queue Azelfage et Elhanaf (Scaliger). Le nom de la brillante, Arided, signifie chez les Arabes, Redolens Lilium; ils l’appelent aussi la Rose. Le peuple nomme le Cygne, la Croix, à cause de la position de ses étoiles (Bayer).

Les Latins le nomment Olor, Cygnus , Milvus. Ce mot de Milvus se rend 
chez les Grecs par Ictynus et Dictys (Hésychius). Les Grecs le nomment Ornis (Germanicus, Hipparque). Aratus y ajoute l’épithète de Aeolos, varius.

Voici ses noms, tels qu’ils se trouvent dans Blaeü : Ales canora; Helenae Genitor, Ales Jovis, Olor Ledaeus, Ledae Adulter, Phoebi Assessor, Volucris Phoebeius, Avis Veneris, Ciconia, Milvus; en Grec Cycnos, Ornis; en Arabe, Altayr, Hirezim, Arided, Adigege, Digegi , Adigegi , Addigagato, Gallina, Tharnigoleth, Crux. Celle de la queue se nomme Arrioph, Aridef, Denebedigge, Denebaldigaga, Denebadigege, Dhaubod-Digageti, Cauda Gallinae. (Ch. Dupuis).

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LES PETITS SAUVEURS DE RHINOCEROS

Posté par othoharmonie le 19 décembre 2014

Javan_Rhino_ZimmermanQuand les rhinocéros étaient encore chassés avec l’arc et les flèches et avec les lances pour subsister, leur système de réaction, basé sur la première alarme donnée par le volettement des pique-boeufs (Buphagus erythrorhynchus) les gardes du rhinocéros ou askari wa kifaru en swahili, les petits oiseaux au bec rouge qui mangent les parasites sur leur peau, et sur l’ouïe fine et directionnelle, l’odorat et la vue qui n’est pas aussi faible qu’on le dit, suffisait à en garantir la sécurité par la fuite ou la charge. L’équilibre est altéré quand les  établissements humains se multiplient et les animaux sauvages sont considérés comme une menace pour l’agriculture et pour le développement commercial et industriel en Afrique qui, jusqu’aux années 60 du XXe siècle, était encore envisagé selon les canons occidentaux, et par l’attribution superstitieuse de pouvoirs occultes à des organes animaux. 

Les rhinocéros causent de graves dommages aux plantations, car leur estomac requiert une grande quantité de nourriture pour se remplir. Ainsi les agriculteurs anéantissent l’animal sauvage et les braconniers se consacrent à la chasse de spéculation. 

Le braconnage et la superstition constituent le cocktail assassin qui menace les rhinocéros, mais ce sont la surpopulation, la déforestation et l’agriculture qui ont limité la mobilité de ces animaux, empêchant leurs contacts et les échanges entre les différents groupes. Dans une aire donnée, il faut au moins cinquante rhinocéros pour en garantir la conservation : pour le succès de la reproduction, un nombre inférieur n’offrirait pas la diversité génétique nécessaire, causant maladies et malformations chez les petits. 

Contrairement à un lieu commun, la faute principale de la perte des rhinocéros n’est pas à attribuer aux chasseurs étrangers, mais elle est imputable aux politiques imprévoyantes de gestion du territoire et de la faune, et aux braconniers locaux. Il suffit de dire que l’anglais John A. Hunter qui a abattu selon les chroniques 1600 rhinocéros, agissait sur ordre du gouvernement afin de libérer les terres de ces grosses bêtes encombrantes, pour y transférer la tribu des Wakamba. Deux nettoyages ethniques en un seul coup. Malheureusement, même au troisième millénaire, un nouveau gouvernement africain a déclaré démagogiquement que le peuple vient avant la Nature ; ainsi on néglige l’environnement et tout le monde va mal. Par conséquent, la faune sauvage est anéantie par la réduction rapide des aires naturelles occupées par les immigrés illégaux, par la destruction de la végétation, par la faim, des éléments qui se traduisent aussi par le braconnage. 

Les possessions françaises entre les XIXe et XXe siècles ont vu un véritable massacre encouragé par l’administration coloniale au nom du progrès. En 1927, pas moins de 800 cornes ont été exportées par le sultanat de la zone de Fort Archambault (Sahr) près du Lac Tchad. Le chasseur professionnel Cannon a tué avec un boucher appelé Tiran près de 350 rhinocéros en moins de quatre ans au Cameroun, en Oubangui-Chari et au Tchad. Le marché et l’opportunité ont également entraîné l’abandon de la chasse à l’ivoire pour celle aux rhinocéros, parce qu’abattre les rhinocéros est plus facile que les éléphants et la demande de cornes ne cesse de croître. La mentalité d’autrefois est bien représentée par l’opinion de Stewart Edward White dans son The Land of Footprints de 1913  » Les rhinocéros sont trop nombreux. Il ne fait aucun doute que cette espèce doit être la première à disparaître parmi les grands animaux africains. On ne saurait permettre à un animal si lunatique de courir dans une zone habitée, ni dans des zones constamment traversées par l’homme. L’espèce devra probablement être conservée dans des zones circonscrites appropriées. Ce serait un péché que de faire disparaître un exemple si parfait d’animal préhistorique  » et il indique que  » La peau de rhinocéros bien traitée devient transparente comme l’ambre et on réalise avec des souvenirs comme des écuelles, des plateaux, des coupe-papiers, des fouets, des bâtons et naturellement les pieds du rhinocéros sont d’excellentes boîtes à cigares ou encriers « . Par ailleurs, parmi les outrages que l’imagination perverse de l’homme a su infliger à la faune, il y a eu précisément l’expédition de White dans le but de prendre au lasso le plus grand nombre de rhinocéros et d’autres espèces sauvages africaines. 

Pour information, les cow-boys Ambrose Means et Marshall Loveless ont réussi l’exploit. Le psychologue Gerhard Swanepoel a tracé le portrait-robot du braconnier sud-africain : 30 ans, indigène, mâle, il parle afrikaans, zoulou ou anglais. Un tiers a suivi le premier cycle de l’enseignement secondaire, un tiers le second cycle du second degré, 30 % est au chômage, d’autres sont manoeuvres ou commerçants. L’écoulement a lieu dans les grandes villes dotées de voies de communication, d’aéroport et de criminalité organisée. Les délinquants attaquent les fermes privées pour voler les armes avec lesquelles braconner, mais le plus souvent les armes sont des vieux AK-47 qui se vendent à 100 rands à Soweto. Ceux qui procurent la bush meat pour le marché alimentaire indigène utilisent essentiellement les pièges de fil barbelé volé, au lieu des traditionnelles fibres des feuilles de Sansieveria aethiopica, ou construisent des fusils rustiques à chargement par la bouche. De moins en moins utilisés l’arc et les flèches empoisonnées avec l’uhlunguyembe (Acokanthera oppositifolia) ou le Strophanthus kombe pour les buffles et les antilopes, ou le gifbol (Boophane disticha) pour les petites proies. Dans le delta du Zambèze, les bandes de braconniers sur véhicules tout-terrain Unimog supplantent les pauvres indigènes Sena qui chassent avec les chiens, les faméliques Kaffir dogs et avec des lances et panga, la large serpe africaine. En général ils n’en tirent que les entrailles, étant donné que les indigènes sont très friands de tripes, le reste est jeté. Le pire c’est quand dans le bush les incendies font rage, allumés par les braconniers qui détruisent la végétation et les récoltes, entraînant des régimes plus pauvres en hydrates de carbone et vitamines, la famine pour les animaux d’élevage et une carence en protéines pour la population. 

À noter que le braconnier qui risque de nombreux coups, de nombreuses années de prison et la vie, les garde-chasses ayant en Afrique le permis de tuer, touche seulement quelques dollars. La corne est revendue à quelques intermédiaires, puis à un commerçant qui la garde en magasin pour atteindre une certaine quantité à exporter illégalement, dissimulée au milieu d’autres marchandises, par exemple du port de Beira, jusqu’à Hongkong, en Inde, à Singapour, au Japon. 

Les indices se dirigent vers des grossistes indiens qui approvisionnent les marchés orientaux et recyclent les profits en Inde, au Japon et en Chine. Les gains sont répartis entre les grossistes sur la côte (à Dar Es Salaam, etc.), les commerçants des pays importateurs et le cerveau de l’opération qui se trouve probablement à Tokyo. 

Extrait de : Le Rhinocéros – Histoires fantastiques et légendes authentiques en Français

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CONFUSION ENTRE RHINOCEROS ET LICORNE

Posté par othoharmonie le 13 décembre 2014

 

Parmi les variantes orientales de la confusion entre rhinocéros et licorne, on peut signaler le bulan, chez les peuples altaïques.

 

220px-Rhinoceros_unicornis_(Panzernashorn)Selon les Etymologiae d’Isidore de Séville (environ 560-636), un traité médiéval à son tour repris par de nombreux autres auteurs, le  » rhinocéros est le nom donné à l’animal par les Grecs, sa traduction latine est corne sur le nez… Il est si fort qu’il est impossible pour les chasseurs de le capturer ; mais, comme l’affirment ceux qui ont écrit sur la nature des animaux, on lui met devant une jeune fille vierge qui lui offre le sein ; et lui, abandonnant toute férocité, il s’endort dans son sein et il est capturé comme s’il était sans défense « . Le rapport entre vierge et licorne remonte au Mahabarata, grand récit de Bharata, poème épique de l’Inde ancienne entre le

IVe siècle av. J.-C. et le IVe siècle apr. J.-C. Cette technique de chasse insolite est confirmée au fil des siècles par d’innombrables textes et représentations, avec la seule variante du sein dénudé ou couvert, mais le fait indiscutable qu’aucune licorne n’a jamais été capturée fait douter, plus que de la méthode, de l’existence même des licornes, ou de la pénurie de vierges. Isidore de Séville est aussi le premier à narrer dans le même texte la capture de la licorne avec une vierge et le combat entre un rhinocéros et un éléphant tiré de Pline. Et dans l’Isidorus versificatus du XIIe siècle, on lit que  » le rhinocéros, cet animal qui n’a qu’une corne au milieu du front et que nul ne peut vaincre est vaincu par une vierge nue « . Cette version est reprise aussi dans les Carmina burana, un recueil de deux cent cinquante documents poétiques et musicaux du XIIe- XIIIe siècle, contenus dans le Codex Latinus Monacensis. Le titre de Carmina burana a été introduit par le spécialiste Johannes Andreas Schmeller en 1847 pour la première publication du manuscrit, provenant de Seckau, mais retrouvé en 1803 dans l’abbaye de Benediktbeuern, l’ancienne Bura Sancti Benedicti fondée vers 740 par saint Boniface à Bad Tölz en Bavière. Le chant  93 récite :

Rhinoceros virginibus se solet exhibere

sed cujus est virginitas intemerata vere

suo potest gremio hunc sola retinere.

Igiturque juveni virgo sociatur,

et me senem spreverit jure defraudatur,

ut ab hac rhinoceros se capi patiatur.

 

Dans le Deuxième voyage de Sindbad, un cycle indépendant d’histoires de la période Abbasside inséré dans Les Mille et Une Nuits, à leur tour une série de contes tirés des histoires persanes Hazar Afsanah (Mille légendes), traduits en arabe vers 850, la marin rencontre le rhinocéros sur une île  » plus petit qu’un éléphant, mais plus grand qu’un buffle, avec une seule corne d’environ une coudée « . 

Nicolò De Conti (1395-1469), marin, voyageur et commerçant de Chioggia, en 1444 décrit le rhinocéros comme  » un animal à la tête de porc, une queue de boeuf et une corne sur le front, comme celle de la licorne, mais plus courte d’une coudée « . Pour découvrir les lieux mystérieux d’origine des épices, il voyage de Samarkand à l’Inde, du Catai à Bornéo, de Java aux Moluques, observant la flore, la faune, les coutumes, et apprenant les langues, les habitudes, les comportements et les religions, allant même jusqu’à devenir musulman pour éviter le supplice du pal. 

S’étant adressé au pape vénitien Eugène IV Condulmer pour se reconvertir à la religion chrétienne, il est chargé par le Souverain Pontife de raconter ses voyages à son secrétaire, l’homme de lettres Poggio Bracciolini (1380-1459) qui les reprend pour ses exigences philosophiques dans le IVème livre du De varietate fortunae (1431-1448). Les Hieroglyphica, sive de Sacris Ægyptiorum Aliarumque Gentium Litteris Commentariorum de Gianpietro Valeriano, dit Pierius (1477-1558), sont une oeuvre de succès qui décrit amplement le  » rhinocerote « , tandis que selon Jean Fonteneau, dit Alfonse de Saintonge, dans La Cosmographie avec l’espère et régime du soleil et du Nord, de 1545,  » Dans cette terre d’Éthiopie il y a des éléphants et des  » robincéros  » qui sont un type de licornes, presque formés comme des mulets « . D’autres auteurs nient l’existence de la licorne comme le médecin Andrea Martini qui, en 1556, publie Contre la fausse opinion de la licorne et Ambroise Paré1 (1510-1590) dans le Discours de la licorne de 1582. 

En 1585 le frère augustin Juan Augustin Gonzalez de Mendoza visite les franciscains missionnaires au Cambodge où il voit des éléphants et des rhinocéros en vrai et à son retour en Espagne dans la Historia de las cosas mas notables, ritos y costumbres del gran Reyno de la China est en mesure de démentir qu’il s’agit de la licorne. Jan-Huygen van Linschoten (1563-1611) dans l’Histoire de la navigation de Jean-Hugues de Linscot et de son voyage aux Indes orientales de 1610, affirme qu’il existe seulement le rhinocéros. Ulisse Aldovrandi dans son De quadrupedibus solipedibus publié en 1616, mais remontant à la fin du siècle précédent, consacre un chapitre au rhinocéros, qui se différencie d’animaux incertains comme la licorne, le monoceros de Pline, l’oryx d’Aristote, l’onagre ou l’âne des Indes avec lesquels les anciens confondaient souvent le périssodactyle et confirme que Marco Polo s’est trompé. En effet, en 1295, le voyageur vénitien Marco Polo1 (1254-1324) fut fait prisonnier par les Génois dans une bataille navale et, entre 1298 et 1299, il dicta dans les prisons de Gênes à son compagnon de captivité Rustichello da Pisa son récit de voyage Le Divisament dou monde. Écrit en franco-italien, le livre est connu sous le titre de Il Milione du nom Emilione d’un ancêtre de la famille Polo. 

CONFUSION ENTRE RHINOCEROS ET LICORNE dans RHINOCEROSIl raconte que, de passage sur l’île de Sumatra, faisant partie de la suite de la princesse Cocacin, nièce du Grand Khan Kublai (1214-1294, descendant de Gengis Khan), il entend parler de la présence d’une licorne qu’il pense capturer pour l’apporter à Venise, mais il voit seulement un rhinocéros  » Egli hanno leonfanti assai selvatici, e unicorni che non sono guari minori che leonfanti. E sono di pelo di bufali, e piedi come leonfanti. Nel mezzo della fronte hanno un corno nero e grosso: e dicovi che non fanno male con quel corno, ma co’ la lingua, chè l’hanno ispinosa tutta quanta di spine molte grandi. Lo capo hanno come di cinghiaro, la testa  porta tuttavia inchinata verso terra; ed istà molto volentieri nel fango; ella è molto laida bestia  a vedere. Non è, come si dice di qua, ch’ella si lasci prendere alla pulcella, ma è il contrario « . 

Le mythe de la licorne est détruit aussi par le jésuite Claude Dumolinet (1620-1687) qui dans son catalogue du cabinet de curiosités de la bibliothèque de Sainte-Geneviève affirme qu’il  » n’est plus permis de nier qu’il s’agit de la corne d’un poisson  » précisément de narval2, depuis toujours faite passer pour celle de la licorne, et le huguenot controversé François Leguat (1634-1735) dans les Voyages et aventures de F. Leguat et de ses compagnons en deux îles désertes des Indes orientales de 1708 écrit que  » Pour la licorne, c’est une chimère…

 

Le rhinocéros est la vraie licorne quadrupède « . La légende de la licorne s’écroule en 1827, quand le baron Georges Léopole Chrétien Frédéric Dagobert Cuvier (1769-1832) déclare qu’il ne peut exister un animal doté d’une seule corne et d’un ongle fendu, car l’os frontal aurait dû aussi être fendu et il est impossible qu’une corne pousse sur la fente. En effet, celle du rhinocéros n’est pas composée d’une gaine cornée qui revêt un os relié au crâne, mais il s’agit d’un ensemble de soies très dures indépendantes du crâne. 

Le dilemme de la licorne pourrait s’expliquer banalement par des récits imprécis ou exagérés du rhinocéros indien à une corne, ou par la difficulté d’examiner l’animal sauvage dans son milieu, ou aussi par la présence fréquente d’antilopes avec une seule corne pour des causes génétiques, comme, par exemple, les coudous (Tragelaphus strepsiceros ou Grand koudou) qui vivent dans la zone de Tsipishe en Afrique du Sud, ou parce qu’elle s’est cassée. 

Le mythe trouve une conclusion plausible en 1930 avec le livre d’Odell Shepard The Lore of the Unicorn « Il semble probable que l’idée de la licorne est née de l’usage d’unir les cornes de divers animaux domestiques par un procédé encore utilisé aujourd’hui. On peut trouver ici l’explication des vaches et des taureaux avec une seule corne que, selon Claudius Elianus, on pouvait trouver en Éthiopie, et des troupeaux unicornes dont parle Pline qui vivaient en Mauritanie. Même les vaches avec une seule corne courbée vers l’arrière et longue un empan, vues à Zeila en Éthiopie par Lodovico de Varthema (écrivain et voyageur italien du XVIe siècle) étaient peut-être de ce type. La tête de bélier avec une seule corne envoyée à Périclès (495-429 av. J.-C.) par ses paysans, était peut-être celle du plus bel exemplaire parmi les troupeaux, symbole parfait de cette suprématie que, selon l’interprétation de Plutarque (biographe grec du Ier siècle apr. J.-C.) ils souhaitaient à leur seigneur. Enfin, le mystérieux boeuf unicorne, mentionné trois fois dans le Talmud, qu’Adam sacrifia à Yahvé, était peut-être le plus bel exemplaire de son troupeau de bêtes, la chose la plus précieuse que possédait Adam « . Et en mars 1933, le biologiste américain Franklin Dove effectue une simple opération sur un veau mâle d’un jour à peine, unissant les deux cornes sur la tête du veau.

 

Extrait de : Le Rhinocéros – Histoires fantastiques et légendes authentiques traduit en Français

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les parasites à l’Antiquité

Posté par othoharmonie le 3 octobre 2014

 

Les parasites des animaux en Europe et leurs traitements décrits dans la seconde moitié du XVIIIe siècle

 

téléchargement (3)B. ROBIN *Résumé : Durant la deuxième moitié du XVIIIe siècle, les connaissances sur les parasites des animaux domestiques se sont affinées. Les travaux de F.W. Hastfer, Ph.-E. Lafosse, Ph. Chabert et B. Clark ont permis une meilleure connaissance et une meilleure description de ceux-ci. A cette époque, les traitements sont à base de remèdes qui relèvent du règne animal, du règne végétal et des minéraux. Il faudra attendre la seconde moitié du XXe siècle pour voir des vaccins antiparasitaires et des molécules très actives.

 

INTRODUCTION

Les connaissances sur les parasites des animaux ont très peu évolué entre l’Antiquité et le début de la période ici étudiée. Les Egyptiens, les Grecs et les Romains avaient une bonne connaissance des affections causées par les parasites macroscopiques et en avaient pour la plupart établi les symptômes et les traitements (16). La découverte du microscope permit une étude morphologique plus précise dans certains cas. Par exemple, Nicolas Andry de Boisregard (1648-1752), dans son ouvrage sur La génération des vers, décrit la puce de l’homme d’une façon très détaillée, dans une planche finement dessinée tandis que les planches relatives aux ténias sont beaucoup moins précises. 

Le début de la seconde moitié du XVIIIe siècle voit la parution de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert ; les courants scientifiques se multiplient et les sciences vétérinaires évoluent, principalement autour d’un littéraire, Claude Bourgelat et d’un scientifique, Philippe-Etienne Lafosse. Les études des parasites des animaux ne sont pas à cette époque une priorité, mais elles s’affineront vers la fin du XVIIIe siècle. 

LES POUX

Les poux ne sont pas, à cette époque, l’objet d’une étude importante, mais F.W. Hastfer (12), L. Vitet (18) et Ph.-E. Lafosse (15) en font état. Le premier considère que les petits poux rougeâtres de la brebis fatiguent extrêmement ces animaux et entraînent leur dépérissement. Pour le deuxième, les poux entraînent des démangeaisons qui font perdre les poils et qui permettent aux gales et aux dartres de s’installer. Les poux du cheval et du boeuf sont différents ; ceux de la brebis sont de deux espèces : les uns, gros et fort adhérents à la peau ; les autres, petits et rougeâtres. La chèvre et le porc ont chacun leur espèce. Les causes de la multiplication des poux sont la malpropreté dans les étables, la poussière, le défaut de pansage, les mauvais aliments et le contact immédiat avec un animal infesté de poux. La contagiosité de la maladie contraint de séparer les animaux sains des malades, avant tout traitement. Pour le troisième auteur, les maladies pédiculaires sont très fréquentes et peu de praticiens s’y arrêtent. Les vieux chevaux y sont plus sujets que les jeunes, leur peau est plus dure et les poils sont hérissés et clairsemés. 

F.W. Hastfer conseille de laver les brebis après la tonte avec un remède préparé de la façon suivante : faire cuire une demi-livre de tabac, additionnée d’une poignée de sel, dans cinq à six pintes d’eau. L. Vitet recommande de laver les animaux avec une infusion de feuilles de tabac ou de ciguë dans de l’eau additionnée d’eau-de-vie. Dans le cas d’insuccès, il préconise l’onguent mercuriel chez le boeuf et le cheval et, pour la brebis, une forte infusion de coloquinte ou de feuilles de tabac, additionnée de quelques grains de sublimé corrosif. Pour Ph.-E. Lafosse, les mercuriaux sont le meilleur remède, mais les infusions de tabac dans de l’eau-de-vie, appliquées sur l’animal sont aussi efficaces. 

LES TIQUES

Dans un mémoire, inclus dans le tome III des Instructions (8), sur les chevaux et les mulets dans les colonies françaises par M. Moreau de Saint-Méry, il est question de la tique, insecte blanchâtre puis devenant gris sale, qui s’attache aux peaux des équidés et des bestiaux. Les tiques se gorgent de sang aux dépens de l’animal qui maigrit, et entraînent de violentes démangeaisons.

 

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Le Chien par Esope

Posté par othoharmonie le 1 mai 2012

 

Le Chien et son Ombre.

Un Chien, tenant un morceau de viande dans sa gueule, traversait une rivière :  il vit son image dans l’eau, et crut d’abord que Le Chien par Esope dans CHIENc’était un autre chien qui portait une autre proie ; il approche, l’image s’éloigne.
    Je ne te poursuivrai pas, dit-il, ni ne quitterai ce que je tiens ; mon instinct me dit que tu n’es que mon ombre.
    Imitez la prudence du Chien, et ne quittez jamais la substance pour l’Ombre.

Analyse de Fables d’Esope

 

Du Chien et de son Image par Esope

Un Chien traversant une rivière sur une planche, tenait dans sa gueule un morceau de chair, que la lumière du Soleil fit paraître plus gros dans l’eau, comme c’est l’ordinaire. Son avidité le poussa à vouloir prendre ce qu’il voyait, et il lâcha ce qu’il portait, pour courir après cette ombre. C’est ainsi que sa gourmandise fut trompée, et il apprit à ses dépens qu’il vaut mieux conserver ce que l’on possède, que de courir après ce qu’on n’a pas.

Analyse de Fables d’Esope

Du Chien qui ne vint pas en aide à l’Âne contre le Loup parce que l’Âne ne lui avait pas donné de pain. Un Dogue assez fort pour vaincre non seulement des Loups mais encore des Ours avait fait une longue route avec un Âne qui portait un sac plein de pain. Chemin faisant, l’appétit vint. L’Âne, trouvant un pré, remplit abondamment son ventre d’herbes verdoyantes. Le Bologneser.jpgChien de son côté priait l’Âne de lui donner un peu de pain pour ne pas mourir de faim. Mais l’autre, bien loin de lui donner du pain, le tournait en dérision et lui conseillait de brouter l’herbe avec lui. Là-dessus, l’Âne voyant un Loup approcher, demanda au Chien de venir à son aide. Il répondit :  » Tu m’as conseillé de paître pour apaiser ma faim, moi à mon tour je te conseille de te défendre contre le Loup avec les fers de tes sabots.  » En disant ces mots, il partit, abandonnant en plein combat son ingrat compagnon condamné à servir bientôt de pâture à son ravisseur. Cette fable montre que celui qui ne fournit pas son aide à ceux qui la réclament est d’habitude abandonné à son tour en cas de nécessité.

Analyse de Fables d’Esope

 

Du Cuisinier et du Chien.
Un Chien étant entré dans la cuisine, et épiant le temps que le Cuisinier l’observait le moins, emporta un coeur de Boeuf, et se sauva. Le Cuisinier le voyant fuir après le tour qu’il lui avait joué, lui dit ces paroles :  » Tu me trompes aujourd’hui impunément ; mais sois bien persuadé que je t’observerai avec plus de soin, et que je t’empêcherai bien de me voler à l’avenir ; car tu ne m’as pas emporté le coeur ; au contraire tu m’en as donné.  » Les pertes et la mauvaise fortune ouvrent l’esprit, et font que l’Homme prend mieux ses précautions pour se garantir des disgrâces qui le menacent.

Analyse de Fables d’Esope

 

 

De deux Chiens.

  220px-Bullterrier_femelle dans CHIEN Deux Chiens gardaient au logis. L’un, tout joyeux, dit à l’autre :  » Frère, je viens d’apprendre que notre Maître se marie dans sa maison des champs. Or, tu sais qu’il n’est point de noces sans festin ; c’est pourquoi, si tu veux m’en croire, nous irons tous deux en prendre notre part, et la chère que nous y ferons, Dieu le sait !  » Cela dit, ils partent, et prennent si mal leur chemin, qu’ils s’engagent dans certains marécages, et ne s’en retirent que tout couverts de fange Dans cet état, ils arrivent au lieu de la noce. Ils comptaient sur un grand accueil de la part des conviés, mais fort mal à propos, dès qu’ils parurent, chacun s’écria contre leur malpropreté. À peine étaient-ils entrés dans la salle du festin, qu’on les en chassa, l’un à coups de pied, et l’autre à coups de bâton. Tout se passa de sorte que nos deux Chiens crottés s’en retournèrent fatigués, affamés et battus.

Analyse de Fables d’Esope

 

 

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La grenouille et le Beouf

Posté par othoharmonie le 9 avril 2012

De la Grenouille et du Boeuf.

La grenouille et le Beouf dans GRENOUILLE   La Grenouille ayant un jour aperçu un Boeuf qui paissait dans une prairie, se flatta de pouvoir devenir aussi grosse que cet animal. Elle fit donc de grands efforts pour enfler les rides de son corps, et demanda à ses compagnes si sa taille commençait à approcher de celle du Boeuf. Elles lui répondirent que non. Elle fit donc de nouveaux efforts pour s’enfler toujours de plus en plus, et demanda encore une autre fois aux Grenouilles si elle égalait à peu près la grosseur du Boeuf. Elles lui firent la même réponse que la première fois. La Grenouille ne changea pas pour cela de dessein ; mais la violence qu’elle se fit pour s’enfler fut si grande, qu’elle en creva sur-le-champ.

Analyse d’Esope

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L’Ane 2

Posté par othoharmonie le 25 décembre 2011

 

Par Édouard Drumont

 L'Ane 2 dans ANEL’Ane ne sait ce que c’est qu’une généalogie, le sang d’âne court les prés comme le sang de peuple court les rues et les ruisseaux. Fécond comme les pauvres, l’Ane enfante au hasard des milliers d’ânons qui travailleront comme lui et, comme lui, souffriront les mauvais traitements. En fait de nom, il n’a qu’un sobriquet, il est Aliboron. Pour lui, le livre d’or de Clio ne s’ouvre pas, et s’il va à la bataille, pour laquelle les fabulistes lui reprochent unanimement de n’avoir qu’un goût modéré, c’est pour s’exposer aux coups sans pouvoir acquérir de gloire. A travers les ornières qu’ont faites les canons, il traîne la cantine qui versera une goutte de cordial à quelque agonisant ; il est dans les ambulances…

 Être utile, voilà quel est le rôle de l’Ane ici-bas. Sous la pluie et sous le soleil, il transporte au marché les légumes et les fruits, il va chaque jour au moulin, pliant sous le poids de sacs de farine, il sert aux femmes et aux enfants, et si parfois il rechigne un peu devant quelque fardeau trop lourd, il se résigne vite et, soutenu par cette philosophie qui le caractérise, il se remet bien vite en route.

 Prolifique comme le prolétaire, accommodant d’humeur et facile à vivre comme lui, l’Ane n’est-il point l’image du vilain toujours peinant, toujours écrasé sous l’impôt, toujours produisant plus qu’il ne consomme et toujours conspué par ceux qui consomment plus qu’ils ne produisent ?

 Par un illogisme qui s’explique par le désir d’être dispensé même de la reconnaissance, on s’est efforcé, en effet, de rendre ridicule ce paria. Ce n’est point seulement une victime qu’on exploite, c’est une cible à toute plaisanterie. Les privilégiés qui reprochent à l’homme du peuple son ignorance au lieu de s’occuper de la faire cesser, ont personnifié l’ignare dans un animal qui sait ce que très peu de docteurs savent : supporter patiemment la souffrance…

Par un symbolisme plus profond qu’on ne croit, l’Ane n’apparaît dans la vie publique qu’en des manifestations qui semblent compléter encore la ressemblance de sa destinée avec celle du plébéien. Monté par Silène, il est mêlé aux fêtes orgiaques, il est flanqué à droite et à gauche d’outres remplies de ce vin dans lequel l’ouvrier cherche si souvent l’oubli de ses maux. Uni à son grave camarade le Boeuf dans l’étable de Béthléem, il réchauffe de son haleine ce divin nouveau-né qui vient dire au monde : « Heureux les pauvres, car le royaume du ciel leur appartient ! » (A SUIVRE…)

 

 DRUMONT, Édouard (1844-1917) : L’Ane (1882).


Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (17.VII.2002)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com
http://www.bmlisieux.com/


Diffusion libre et gratuite (freeware)


Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882.

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La Fête de l’Ane

Posté par othoharmonie le 17 décembre 2011

 

La Fête de l'Ane dans ANE 220px-The_Flight_into_Egypt-1500_Vittore_CarpaccioDans l’iconographie chrétienne, l’âne est l’attribut d’Issachar, de St Antoine de Padoue, de Ste Austreberte, et de St Philibert. L’art en fait aussi un emblème de la nation juive, de la synagogue, et de la sobriété. Au Moyen âge, il représenta aussi le Diable, comme dans la religion égyptienne il avait été l’image de Typhon. Mais surtout il a été au centre de manifestations populaires dans lesquelles les rites de la religion chrétienne étaient parodiés. 

Cette introduction de l’âne dans les cérémonies religieuses est mentionnée dès le IXe siècle. En certaines églises, elle constituait l’élément principal d’une fête spéciale; en plusieurs autres, elle semble n’avoir été qu’un intermède plus ou moins compliqué de la Fête des fous. Même diversité sur le jour de la célébration et sur le souvenir attaché à l’animal, qui figure, tantôt en nature vivante, tantôt en décor. Suivant les localités, il représente soit l’âne de Balaam, soit l’âne de la fuite en Égypte (Ancien Testament), soit l’âne que la tradition place à côté du boeuf, en l’étable de Bethléem  (Nouveau Testament), soit l’âne qui servit de monture à Jésus, lors de son entrée triomphale dans Jérusalem.

 A Rouen, la solennité avait lieu le jour de Noël; elle avait pour objet de représenter les temps qui ont précédé le Christ, et les personnages qui ont annoncé et préparé son avènement. En ce jour-là, le peuple se rendait à la cathédrale, formant une 150px-Ane_Cappadoce dans ANEprocession, à la tête de laquelle marchaient Moïse, Aaron, David, les prophètes, Nabuchodonosor, les trois adolescents de la fournaise, Zacharie, père de Jean-Baptiste, le vieux Siméon, Virgile, Maro, vates gentilium, et les sybilles qui ont annoncé le Messie, six juifs et six païens résumant le monde ancien. Les deux figurants principaux étaient Balaam et son ânesse : le prophète armé d’une énorme paire d’éperons et porté sur un grand mannequin en bois reproduisant l’enveloppe d’un âne, sous les draperies duquel un prêtre caché criait des prophéties. L’office ingénieusement machiné, costumé et dialogué, qui terminait cette procession et parfois la remplaçait (Ordo processionis asinorum secundum Rothomagensem usum) se trouve curieusement analysé dans le Glossarium de Ducange.

 A Beauvais, le 14 janvier, un âne richement caparaçonné et monté par la plus belle jeune fille de la ville, tenant un enfant ou une grosse poupée emmaillotée, rappelait la fuite en Égypte. Ils étaient menés, avec grande escorte, de la cathédrale à l’église Saint Étienne, où le clergé les introduisait en pompe dans le sanctuaire. Ils y assistaient à une messe, en laquelle les répons de l’Introït, du Kyrie, du Gloria in excelsis, du Credo, etc., étaient remplacés par la modulation Hinhan trois fois répétée. Après l’épître, on chantait la Prose de l’âne.

 La messe terminée, le prêtre, au lieu de dire : Ite, missa est, disait trois fois : Hinhan; et le peuple, au lieu de Deo gratias, répondait trois fois : Hinhan.

 

                                                                                   Gif anes

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Lion 3

Posté par othoharmonie le 4 décembre 2011

Par H. Demesse

Lion  3 dans LION lionLorsque les Lionceaux viennent au monde après une gestation de cent huit à cent dix jours, leur taille est celle d’un chat qui aurait atteint la moitié de son développement. Seuls de tous les carnassiers, les Lions naissent les yeux ouverts. Comme la Lionne pendant l’allaitement ne quitte guère ses petits, si ce n’est pour aller se désaltérer, elle établit son repaire près d’une source ou d’une rivière. Elle s’assure ainsi une proie abondante et facile lorsque les animaux de la contrée sont attirés par le besoin de l’eau.

Après les fortes chaleurs du jour, aux premières fraîcheurs de la nuit, l’Antilope et la Girafe, le Zèbre et le Buffle recherchent les sources…. Le guide de la troupe d’Antilopes s’avance lentement, en flairant et en écoutant sans cesse ; il cherche à percer de ses yeux les ténèbres de la nuit. Après chaque pas, il s’assure que tout est calme et silencieux. Les Antilopes sont assez intelligentes pour avancer contre le vent, et presque toujours le guide du troupeau perçoit à temps le danger. Il s’arrête, écoute, regarde, flaire, et aussitôt, rebroussant chemin, se livre à une fuite rapide, qui entraîne toute la troupe et la dérobe au danger.

Le Zèbre s’approche avec la même prudence ainsi que la Girafe, mais soudain le Lion fait un bond, saute sur le cou de sa victime et lui enfonce les dents dans la nuque.

lion-blanc-245599 dans LIONC’est cette façon de chasser indigne du grand carnassier qui a fait dire à Barrow : « Cet animal est traître, il est rare qu’il attaque ouvertement, il s’embusque jusqu’à ce qu’il puisse sauter sur sa proie. » Nous lisons dans le Dictionnaire pittoresque d’histoire naturelle ce détail que nous n’avons trouvé reproduit nulle part : on croit que pour cette chasse où sa force est le plus souvent inutile, mais où la ruse devient nécessaire, le Lion sait s’associer le Caracal, petit Lynx qui, d’une taille plus semblable à la leur, peut facilement approcher ses victimes sans leur inspirer d’épouvante et sans déterminer leur fuite. On dit qu’il s’en sert comme d’un pourvoyeur et qu’il partage ensuite avec lui sa proie. Il est peut-être plus probable que si le Caracal suit le Lion, c’est afin de profiter des restes de ce puissant carnassier. Il ne serait cependant pas impossible qu’il y eût du vrai dans ce récit.

Lorsque les animaux se sont accouplés, le pays qu’ils habitent est dans la désolation. Le Lion consomme énormément ; on en jugera par ces chiffres donnés par Jules Gérard. En 1855, dit-il, les trente Lions qui se trouvaient dans la province de disney-roi-lion-00012Constantine coûtaient annuellement 180000 francs.

« Dans les contrées où je chasse d’habitude, écrit-il, l’Arabe qui paye 5 francs d’impôt à l’État paye 50 francs au Lion. Un seul Lion tue ou consomme une valeur annuelle de 6000 francs en chevaux, mulets, boeufs, chameaux et moutons ; en prenant la moyenne de sa vie, qui est de trente-cinq ans, chaque Lion coûte donc aux Arabes 210000 francs. »

De 1856 à 1857, toujours d’après Jules Gérard, 60 Lions ont enlevé dans la seule province de Bône 10000 pièces de bétail, grandes et petites…. En captivité le Lion absorbe par jour, en moyenne, de 6 à 7 kilos de viande. (A SUIVRE…) 

 

HENRI DEMESSE. 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (30.I.2009) Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com

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Diffusion libre et gratuite (freeware) 



Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 

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Lion mythologique

Posté par othoharmonie le 3 décembre 2011

Il va de soi que le Lion est solaire : « Cet animal, selon Plutarque, était – en effet – consacré au Soleil, parce que, de tous ceux à grilles recourbées, c’est le seul qui voit en naissant, et parce qu’il dort fort peu, et les yeux ouverts »

 

Ainsi s’exprimait le poète d’autrefois. L’homme de science d’aujourd’hui, assure que le lion est généralement monogame, ce n’est donc pas Alexandre Dumas. Il passe, dit-on, la journée à dormir ou à digérer, dissimulé dans les « buissons ou caché dans les cavernes », et il chasse la nuit, en s’attaquant à de gros herbivores plutôt qu’à l’Homme devenu son protecteur. Les Lions sont reconnaissants. 

 

Lion mythologique  dans LION 2eu9utrb

Si vous vous intéressez a la symbolique solaire, vous serez surpris de l’importance du chiffre 3. Dans un Grand livre sur le Zodiaque, M. Senard nous rappelle que le Lion de l’étendard de Juda occupe le zénith du zodiaque : « Vient d’abord près de la partie extérieure du cercle un lion couche en dessous duquel se trouvent trois lions plus petits indiquant les trois décans du signe, puis, en se rapprochant du centre du cercle, viennent : I° un héros brandissant un sceptre à trois pointes, 2° un cavalier tenant par la bride un cheval qui piaffe et résiste, enfin, 3° la tête et le cou d’un âne qui s’approche d’un buisson touffu »

 

Les Jeux olympiques qui se déroulaient dans la forêt de Némée s’organisaient de trois en trois ans. C’est le temps nécessaire pour qu’un lion mâle porte une crinière abondante. 

 

L’idée de force appelle l’image du lion ou bien celle d’Hercule. Les deux images étant liées, on ne peut guère représenter Hercule qu’avec sa massue et sa peau de bête gagnée à l’occasion de son premier travail. Il convient de se souvenir qu’Hercule a été conçu par Jupiter dans l’espace de trois nuits et qu’il est né sous des coups de tonnerre redoubles. Par dépit, l’irascible Junon lui imposa d’incroyables corvées, notamment celle de vaincre ce monstrueux lion qui terrifiait la région de Némée. Hercule, dans ce combat, n’avait pas d’arme suffisamment acérée pour transpercer le fauve. Il ne put le tuer qu’en l’étouffant et en usant des propres griffes de l’animal pour le dépecer. 

 

pt7725 dans LIONLa fable insiste sur l’invincibilité du bouclier léonien. Bien des exploits des héros de ce Signe tiennent à leur cuirasse, plus forte que la carapace du cancérien. Manifestement, avec le Crabe et le Lion, les Signes d’été mettent en vedette les pouvoirs d’immunisation et d’autoprotection. La symbolique de la Vierge, 3e Signe d’été, va dans le même sens : la force n’est plus dans l’offensive mais dans la défensive. Ce n’est plus le printemps avec ses coups de bélier, mais le temps du bouclier. Nous sommes en présence d’une puissance concentrée parce que le Jour en réduisant sa durée donne l’image d’un repliement sur soi : image d’étreinte, d’autocontrainte ou d’autorégulation avec ses bavures explosives. Cette puissance concentrée parait hautement enviable, puisque plusieurs astrologues pensent, ni plus ni moins, que le zodiaque doit commencer, non pas a 0° du Bélier, à l’heure du printemps, mais à 0° du Lion, une trentaine de jours après le commencement de l’été, à l’heure où les aoûtiens de notre hémisphère se bronzent pour livrer au Soleil un culte épidermique. Les aoûtiens se taillent, à la façon d’Hercule, une peau de bête, invincible aux railleries mais qu’il faudra bien quitter en décembre, sous le Signe du Sagittaire qui vit la mort d’Hercule pour des raisons toujours épidermiques (tunique de Nessus, dont nous reparlerons lorsque vous aurez perdu votre bronzage). 

 

Parce qu’il est, théoriquement, le plus fort, le Lion-Soleil devrait être le premier. Neil Armstrong, cosmonaute, fut le premier a marcher sur la Lune et à prononcer des paroles historiques en évitant de bafouiller malgré la grandeur des circonstances. Le Lion est un Signe en affinité avec l’Espace. Il lui faut un cadre, un décor, une scène, un fief ou un domaine. C’est pourquoi, il est souvent le Roi de quelque chose : de Cuba, pour Fidel Castro, du suspense, pour Hitchcock. Longtemps, Pierre Dac a été le roi de la rigolade, avec un humour franc et massu qui cuirasse à jamais contre les pièges de la finesse. Avec Tex Avery, Bourvil, Goscinny, Averty, Louis de Funès, et même Mireille Mathieu et Louis Pauwels, on voit que le Lion aime à rire et à chanter. C’est tout de suite l’insolation, le rire brûlure au 2e degré. 

 

Hercule-Lion, votre héros modèle, n’était pas toujours très souple. On raconte qu’un dénommé Linus, professeur de musique, « lui enseigna à jouer d’un instrument qui se touchait avec l’archet ». Mais comme Hercule, avec ses grosses mains, détonnait en touchant, Linus fit un sermon déplaisant qui lui valut de recevoir le violon sur la tête. On comprend pourquoi le compositeur Stockhausen est du Lion : il brise les carcans de la musique, ses normes et instruments, il libère le son, comme Hercule, dans un autre travail, nettoie les bourbiers des boeufs conformistes. Ceci dit, Stockhausen, tout en introduisant les grenouilles dans un orchestre libéré, est un homme trop distingué pour casser un violon sur la tête d’un batracien. 

 

pt37841Les Lions forts sont irascibles, au moins autant que le Soleil dont les rayons, selon la médecine, sont amis-ennemis de l’homme. Hercule, héros Solaire, embête tout le monde et le Soleil avec. Un jour, qu’il ne voulait pas bronzer, il se mit en colère contre le roi du ciel et lui décocha plusieurs flèches. Un comble ! Le Soleil ébloui par tant d’audace et admirant le courage insolent de son archer lui fit présent d’un gobelet d’or. Finalement, la révolte est-elle payante ? Oui, pour Bourguiba, non pour Mata-Hari… mais, cette lionne a sans doute échoué faute d’être une vraie insolente. Elle ne fut qu’un Hercule manipulée, victime de son manque d’autocontrôle. 

 

Dans les Jeux olympiques, Hercule-Lion ne craignait personne. Encore moins son père Jupiter qui voulut lutter contre lui sous la figure d’un athlète. La fable raconte que l’avantage « fut égal des deux côtés », Et c’est, là, un des multiples prodiges de la pensée symbolique lorsqu’elle n’est pas emprisonnée dans les livres d’érudits viscéralement ennemis des sources fortes de la vie. II ressort, de quelques travaux semblables à ceux d’Hercule, que les planètes principales du système solaire pourraient bien faire contrepoids à la force du Soleil, comme si notre astre central, loin d’être un despote omnipuissant, avait, face à lui, des forces au moins égales, quoique moins apparentes. 

 

Les planètes sont rivales du Soleil, comme I’Homme herculéen est l’impétueux rival des dieux. Hercule n’est qu’un nom sous lequel es hommes ont rassemblé tous les exploits des hommes capables, ne fût-ce qu’un instant, de tenir le Soleil en échec, ainsi que tous les fatalismes. Orgueil, ou puissance du vouloir… un problème au cœur de chacun, ce muscle herculéen aux grandeurs et faiblesses sublimes. 

 

Texte paru dans Les Signes du destin, éd. RMC/Editions du Rocher 1981

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Eléphant 6

Posté par othoharmonie le 21 novembre 2011

Par Louis Figuier 


Eléphant 6 dans ELEPHANT 320px-Elephant_With_Trunk_In_Others_MouthLa tête de l’Éléphant est entourée de deux immenses et minces oreilles, qui s’étendent en haut, en arrière et même en bas. Elles lui servent d’éventail contre la chaleur. L’oeil est très petit, car il n’a pas le tiers de la grosseur du globe de l’oeil du boeuf, si l’on compare la grandeur de ces deux animaux. La bouche est également petite et presque entièrement cachée derrière les défenses et la base de la trompe.

Cette trompe n’est autre chose que le nez prolongé d’une façon démesurée, en forme de tube, et qui se termine par les ouvertures des narines.

La trompe de l’Éléphant est, à la fois, un organe de tact, d’odorat, de préhension, et en même temps une arme redoutable. Par contre, l’extrémité de cet organe qui se termine par une sorte de doigt, saisit les objets avec tant de délicatesse qu’elle peut ramasser un grain de blé, une mouche, un fétu.

Les défenses de l’Éléphant ne sont autre chose que les dents incisives prodigieusement allongées. Dirigées obliquement en bas, en avant et en dehors, elles se recourbent en haut. Leur longueur peut dépasser deux mètres et demi, et elles peuvent peser jusqu’à cinquante ou soixante kilogrammes. Chez les femelles, elles sont quelquefois peut allongées et ne font pas saillie hors des lèvres.

220px-Mammoth_ivory_hg dans ELEPHANTLes défenses servent à l’Éléphant d’arme offensive et défensive. Elles protègent la trompe, qui se replie dans leur courbure, lorsque l’animal traverse des bois épineux et fourrés ; elles lui servent encore à écarter et à maintenir les branches d’arbres, lorsque la trompe va cueillir les sommités de rameaux feuillus.

L’énorme tête dont nous venons d’examiner les différentes parties s’unit à un cou tellement court que les mouvements en sont très circonscrits et très difficiles. Le dos est voûté et la croupe ravalée ; la queue est courte et mince. Les jambes antérieures manquent de clavicules, et ne paraissent être que de massifs piliers placés sous le corps pour en soutenir la pesante masse. Comme ceux des membres postérieurs, les os en sont placés dans une position perpendiculaire au corps et au sol : ce qui donne à l’animal un air lourd et gêné ; les jambes antérieures sont d’ailleurs plus longues que celles de derrière, qui sont très courtes. Sous les pieds se trouve une espèce de semelle calleuse, assez épaisse pour empêcher les sabots de toucher à terre.

Ce corps informe, colossal et pesant, est revêtu d’une peau calleuse, épaisse, crevassée et d’un gris sale et noirâtre, munie de poils rares et qui ne sont guère apparents que sur la trompe, sur les paupières et sur la queue, terminée par un bouquet de crins. (A SUIVRE…) 

 

FIGUIER, Louis (1819-1894) : L’Éléphant (1882). 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (05.II.2009) Texte relu par : A. Guézou
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Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 



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Eléphant 9

Posté par othoharmonie le 21 novembre 2011

Par Louis Figuier 


Diodore de Sicile décrit un moyen, aussi hardi que périlleux, qui était employé de son temps, par les Éthiopiens chasseurs Eléphant 9 dans ELEPHANT 220px-Ivory_traded’Éléphants. Ces hommes, dit Diodore de Sicile, se cachent sur des arbres, pour observer les sentiers que suivent ordinairement les Éléphants. Quand l’un de ces animaux vient à passer sous l’arbre où le chasseur est aux aguets, celui-ci saute sur l’animal, le saisit par la queue, et de ses jambes lui serre fortement la cuisse gauche ; puis, avec une petite hache parfaitement effilée, il frappe à coups redoublés ses tendons et ses jarrets de la jambe droite. Tout cela se fait avec une merveilleuse vitesse, car il faut ou s’emparer de l’animal ou perdre la vie. Le plus souvent c’est l’Éléphant qui périt ; mais quelquefois aussi il écrase dans sa chute l’Éthiopien, ou il le tue, en le serrant contre des arbres ou contre des rochers.

Ces mêmes particularités sont racontées par Agatharcide, de Gnide, par Pline et par Strabon.

Les Abyssins modernes ont conservé le courage traditionnel de leurs ancêtres. Selon le voyageur Bruce, il y a encore en Abyssinie des hommes auxquels on donne le nom d’agagéers, c’est-à-dire coupe-jarrets, qui chassent les Éléphants, en leur coupant les tendons des jambes à coups de sabre. Ils montent à cheval, et lorsque l’animal court sur eux, ils savent l’esquiver et revenir ensuite à la charge. Une fois qu’ils l’ont blessé, ils l’achèvent à coups de flèche et de zagaies.

Dans l’état sauvage, l’Éléphant des Indes atteint l’âge de deux cents ans ; mais en captivité il ne vit guère que cent vingt ans.

220px-Roosevelt_safari_elephant2 dans ELEPHANTA la guerre, on l’emploie pour transporter les malades, les tentes et les ustensiles. Les Anglais ont essayé de l’atteler à leurs trains d’artillerie.

Bien plus, les propriétaires des grandes plaines cultivées de certaines parties de l’Inde sont parvenus à lui faire tirer la charrue. Jamais plus monstrueux laboureur n’avait éventré la terre de son soc redoutable. L’Éléphant laboureur fait à lui seul l’ouvrage d’une trentaine de boeufs.

Il est spécialement utile dans la chasse au tigre, pour porter les chasseurs, et même pour les défendre si leur terrible gibier se retourne contre eux.

Dès la plus haute antiquité l’Éléphant d’Asie a été dressé au service domestique et militaire, et cet usage s’est continué jusqu’à nos jours. Dans les combats que se livraient les peuples de l’Asie, on le chargeait de tours, occupées par des hommes armés de flèches, de frondes ou de javelots.

310px-Afrikanischer_Elefant-paintingLes premières armées qui conduisirent des Éléphants à leur suite portaient avec eux le gage de la victoire. En effet, la vue seule de ces animaux équipés en guerre frappait de terreur les bataillons ennemis. Les Romains furent très effrayés lorsqu’ils virent, pour la première fois, dans leurs campagnes contre Pyrrhus, ces machines vivantes. Ils apprirent pourtant à combattre les Éléphants africains. Avec des haches, ils brisaient leurs jambes colossales ; ils lançaient au milieu de leurs troupes d’énormes pieux, pour entraver leur marche.

Plus tard, les Romains apprirent à conduire eux-mêmes des Éléphants au combat, et César en fit un usage avantageux dans la campagne des Gaules. Les restes des Éléphants amenés par les Romains dans les Gaules ont été retrouvés dans le midi de la France. A Rome, on vit paraître les Éléphants dans le Colysée, pour combattre les gladiateurs, et souvent on les attela au char qui portait les triomphateurs au Capitole. (A SUIVRE…). 

 

FIGUIER, Louis (1819-1894) : L’Éléphant (1882). 



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Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 



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Le buffle 2

Posté par othoharmonie le 21 novembre 2011

 

Par Henri Dalivoy 


Quelques notions historiques vont me servir d’entrée en matière. Qu’on se tranquillise, je ne remonterai pas tout à fait au déluge.

 Buffle nain(Syncerus caffer nanus)L’antiquité grecque et romaine ne paraît pas avoir connu le Buffle ; un savant prélat italien, correspondant de Buffon, monsignor Caëtani, a signalé, il est vrai, un fragment de sculpture représentant la tête de cet animal, découvert, au siècle dernier, dans des fouilles archéologiques faites à Rome ; mais on n’en citerait pas, je crois, d’autres spécimens, à supposer encore que celui-ci ne donnât pas lieu à contestation. Quoi qu’il en soit, rien de plus incertain si le bubalus de la Bible, le boubalos ou le bonassos d’Aristote, le bubalus de Pline et de Martial, désigne le Buffle ou l’Aurochs, le Bison ou la Vache de Barbarie, le Zèbre ou l’Antilope, etc. : on n’a que l’embarras du choix. L’identification du bubalus et du bugle des auteurs du moyen âge n’est pas non plus rigoureusement déterminée. L’origine asiatique de ce bovidé prête moins à la controverse : il provient de la zône torride de l’ancien continent, des régions chaudes et marécageuses de l’Inde. Son apparition en Europe date, selon l’opinion admise, de la fin du sixième siècle, époque à laquelle, d’après le chroniqueur Paul Diacre, il fut introduit en Italie ; toutefois, il est probable que son acclimatation sur le littoral du Danube est bien antérieure. Plusieurs siècles auparavant, on le trouve déjà en Perse, en Syrie et en Égypte. 

 

Aujourd’hui, il existe à l’état sauvage en Asie (principalement aux Indes) et en Afrique (Cafrerie, le Cap, Congo, pays du centre) ; à l’état domestique, en Asie (Chine, Indes, Afghanistan, Perse, Arménie, Syrie, Palestine, bords de la mer Caspienne et de la mer Noire), en Afrique (Égypte) et en Europe (moyen et bas Danube, Turquie, Grèce et Italie) ; à l’état sauvage et à l’état domestique dans les îles de la Sonde, à Ceylan, Bornéo, Sumatra, Java, Timor, aux Moluques, aux Philippines, aux Mariannes, etc. Constatons enfin qu’au commencement du siècle, Napoléon essaya de le naturaliser dans les Landes, et que le Buffalo d’Amérique, malgré la ressemblance des noms, n’est autre que le Bison.

Le Jardin des plantes possède actuellement deux Buffles du Cap, le mâle et la femelle ; le Jardin d’acclimatation, une famille complète de Buffles d’Europe, le père, la mère et un tout jeune Buffletin. Il est donc facile, même avec les goûts les plus  Bison d'Europe (Bison bonasus)sédentaires, d’acquérir de visu une idée exacte des deux espèces caractéristiques de cet intéressant animal.

Intéressant, je ne retire pas le mot. Le moyen, en effet, de ne point ressentir malgré soi, un peu de pitié pour ces pauvres captifs, à la morne mélancolie, qui vous adressent, comme un reproche, un long regard résigné, et, parfois, lèvent au ciel des yeux suppliants, où on lit le regret des forêts vierges de l’Afrique ou des immenses steppes du littoral danubien ? Ému par ce regard, j’oublie que le Buffle à l’état sauvage n’inspire pas du tout le même intérêt ; si je le plains, prisonnier, libre, je ne serais nullement curieux de le rencontrer sur mon chemin.

De mon excursion à ces frileux jardins
                Qui montrent sans dangers aux pâles citadins
                Les fils des chauds soleils et des gorges sauvages
                Usant leur instinct libre aux barreaux de leurs cages.

Le buffle 2  dans VACHE - BOEUF.... 220px-Bison_broute4je ne me suis pas borné à rapporter une impression, un souvenir : j’ai bel et bien, séance tenante, rédigé d’après nature une description aussi consciencieuse que pittoresque du Buffle du Cap et du Buffle d’Europe. Par malheur, je n’avais pas encore vu les planches destinées à accompagner le texte. Dès que les dessins de M. Lançon m’eurent passé sous les yeux, mon devoir me fut tout tracé : je jetai mes feuillets au panier. Sacrifice douloureux. Mais devant ce terrible crayon, le plus sage pour moi est de confesser humblement l’infériorité de ma littérature ; la lutte me serait trop désavantageuse, mon amour-propre aurait trop à souffrir de la comparaison. Il ne me reste que la ressource d’appeler à mon aide un auxiliaire dont personne ne niera l’autorité. Buffon, immortel Buffon, à la rescousse !

« Le Buffle est d’un naturel plus dur et moins traitable que le boeuf ; il obéit plus difficilement, il est plus violent, il a des fantaisies plus brusques et plus fréquentes : toutes ses habitudes sont grossières et brutes ; il est, après le cochon, le plus sale des animaux domestiques, par la difficulté qu’il met à se laisser nettoyer et panser. (A SUIVRE…) 

 

 

DALIVOY, Henri : Le buffle (1882). 

 



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Vache_13 dans VACHE - BOEUF....

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Le buffle 3

Posté par othoharmonie le 21 novembre 2011

 

Par Henri Dalivoy 

 

 Anoa de MalaisieSa figure est grosse et repoussante, son regard stupidement farouche ; il avance ignoblement son cou, et porte mal sa tête, presque toujours penchée vers la terre ; sa voix est un mugissement épouvantable, d’un ton beaucoup plus fort et plus grave que celui d’un taureau ; il a les membres maigres et la queue nue, la mine obscure, la physionomie noire, comme le poil et la peau : il diffère principale du boeuf à l’extérieur par cette couleur de la peau qu’on aperçoit aisément sous le poil, qui n’est que peu fourni. Il a le corps plus gros et plus court que le boeuf, les jambes plus hautes, la tête proportionnellement beaucoup plus petite, les cornes moins rondes, noires et en partie comprimées, un toupet de poil crépu sur le front : il a aussi la peau plus épaisse et plus dure que le Boeuf ; sa chair, noire et dure, est non seulement désagréable au goût, mais répugnante à l’odorat. Le lait de la femelle Buffle n’est pas si loin que celui de la Vache ; elle en fournit cependant en plus grande quantité », etc., etc.

Comment trouvez-vous le morceau ? Entre nous, il n’est pas éminemment remarquable : je dirai même tout bas, qu’il ne suffirait point à illustrer son auteur ; l’exactitude, la précision, la couleur, le brillant de la forme y laissent tant soit peu à désirer. Dût-on m’accuser de fatuité, je regrette mon essai descriptif.

Écoutons une autre sommité de la science.

 Syncerus caffer« Le Buffle a les membres gros et courts, le corps massif, la tête grande, le front bombé, le chanfrein droit et étroit, le mufle très large. Ses cornes, bas placées, sont triangulaires et marquées à intervalles réguliers d’empreintes peu profondes ; elles se dirigent d’abord obliquement en dehors et en arrière, puis se relèvent vers la pointe. Elles sont de couleur noire, et cette couleur est aussi celle des sabots, des ergots, des poils et de la peau. Les poils sont rares sur le corps et assez épais sur le front où ils forment une sorte de touffe ; les genoux sont aussi d’ordinaire assez velus et le bas des jambes même est quelquefois garni de poils longs et frisés. A la partie inférieure du cou et antérieure de la poitrine, la peau forme un fanon de grandeur variable suivant les races et même suivant les individus. Le port du Buffle est lourd et ses allures sont gauches ; en courant, il allonge le cou et tend le museau comme pour flairer ; il semble en effet se guider principalement par le sens de l’odorat. Malgré la lenteur de sa marche, il est précieux comme bête de trait, car sa force est très grande, comparativement même à celle du boeuf. »

Tenez-vous à être renseigné par un autre écrivain non moins compétent ?

« Le Buffle ordinaire a le corps un peu allongé, arrondi, le cou court et épais, lissé, mais sans fanons ; la tête plus courte et plus large que celle du boeuf ; le front grand, le museau court, les jambes de moyenne longueur, fortes, vigoureuses ; la queue assez longue ; le garrot presque élevé en forme de bosse, le dos incliné ; la croupe haute et retombante ; la poitrine assez mince, le ventre gros, les flancs rentrés ; les yeux petits, à expression sauvage et méchante, les oreilles longues et larges, les cornes…. »

Mais il me semble qu’insister là-dessus serait scabreux : je saute, à regret, la dissertation relative aux cornes.

« Les sabots sont bombés, grands, larges. Les poils sont rares, roides, presque soyeux ; ceux des épaules, de la partie antérieure du cou, du front, de la touffe terminale de la queue sont allongés. L’arrière-train, la croupe, la poitrine, le ventre, les cuisses et la plus grande partie des jambes sont presque entièrement nus. L’animal est d’un gris noir foncé ou noir ; les flancs sont roux, le fond de la peau est noir ; les poils tirent tantôt sur le gris bleu, tantôt sur le brun ou le roux, » etc., etc.

 Syncerus caffer cafferAbrégeons. A moins d’épuiser tout le stock scientifique sur la matière, voilà, je pense, assez de citations pour contenter les exigences les plus difficiles. Il est présumable, du reste, que ni vous ni moi ne nous préoccupons outre mesure de savoir si le Buffle a une côte de plus ou de moins que le boeuf, si sa langue est lisse ou rugueuse, s’il a ou non l’haleine fétide, s’il justifie l’observation qu’a fait Aristote à propos des ruminants : Nullum cornutum animal pedere ; s’il plonge à dix ou douze pieds de profondeur pour arracher avec ses cornes des plantes aquatiques qu’il mange en continuant à nager ; si les trayons de la femelle sont transversaux ou parallèles, s’il est vrai que son lait serve à fabriquer le fromage parmesan, et toutes autres questions de ce genre, fort importantes, je suis le premier à le reconnaître, et longuement traitées dans les ouvrages spéciaux, mais par contre, dénuées de charme et manquant d’intérêt aux yeux de pauvres ignorants de notre sorte. En attendant que MM. les naturalistes aient pu résoudre ces graves problèmes, dormons tranquilles, et surtout, selon le recommandable précepte de maître François Rabelais, « beuvons frais ». (A SUIVRE….)

DALIVOY, Henri : Le buffle (1882). 

 



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Le buffle 4

Posté par othoharmonie le 21 novembre 2011

Par Henri Dalivoy 

 

 Bubalus bubalisLe lecteur me saura gré de ne pas m’arrêter aux divisions, subdivisions et variétés de l’espèce Buffle, depuis le bos bubalus vulgaris et le Buffle de la Cafrerie ou du Cap jusqu’au Buffle Arni, au Buffle Kérabau, au Buffle Bhain, au Buffle brachycère et au Buffle des Célèbes, qui tient le milieu entre le Buffle et l’Antilope. Les zoologues ne sont pas encore parvenus à se mettre parfaitement d’accord à propos de la nomenclature et du classement des divers types connus. Ne soyons pas plus royalistes que les rois de l’Académie des sciences et du Muséum, et bornons-nous à quelques détails inédits sur le Buffle des rives danubiennes. C’est cette variété, comprenant le Buffle commun et le Buffle blanc, que M. Lançon a représentée en majeure partie dans ses admirables dessins. C’est à lui que nous sommes redevable des renseignements qui suivent. Ayant vécu pendant plusieurs mois en Roumanie, en Valachie, etc., il a pu étudier à l’aise ces animaux et les croquer, sous de multiples aspects, avec l’exactitude, la fougue et la vive couleur locale qui lui sont familières. 

 

 Bubalus bubalis  à TaïwanDans toute la basse région danubienne, le Buffle vit sur les bords du fleuve, au milieu des pacages et des steppes, moitié domestique, moitié sauvage, presque en liberté, à la façon des taureaux et des chevaux de la Camargue. Sa rusticité s’y approprie à merveille à la nonchalance orientale de ses maîtres. Lent, lourd, capricieux parfois, mais fort, robuste, dur à la peine et d’une sobriété sans pareille, il est utilement employé aux travaux de culture et de transport. La manière de l’atteler est des plus primitives : en guise de joug, on lui introduit la tête entre deux barres de bois parallèles, reliées verticalement l’une à l’autre et rattachées au timon par de longues chevilles qui complètent ainsi le collier, ou, pour mieux dire, le carcan. Impossible de pousser plus loin la simplicité et l’économie. Mais le Buffle n’a pas l’habitude d’être gâté et se trouve très bien, paraît-il, de ce rude harnais.

Il n’est ferré que des pieds de devant. Excellente bête de somme, il charrie les plus lourds fardeaux ; une seule paire enlève facilement une grosse pièce d’artillerie, que huit chevaux ou six boeufs auraient peine à traîner. Aussi un attelage de Buffles est-il considéré comme une richesse et entouré de tous les soins dont sont capables ses indolents et flegmatiques propriétaires.

Son pelage peu fourni et laissant presque la peau à nu lui fait redouter surtout les ardeurs du soleil. L’eau semble être son élément. En toute saison, sauf au coeur de l’hiver, on l’y voit nageant, s’ébattant par bandes ou, plus souvent encore, enfoncé jusqu’au cou dans les flaques marécageuses où il barbote, broute et s’endort tranquillement, la tête seule hors de l’eau. Quand on l’attelle, pendant les chaleurs, on le couvre d’une épaisse couche de boue qu’on tâche de renouveler ou d’arroser dès que l’argile est devenue sèche. Arrivé au relai, il va se jeter dans la vase avant même d’apaiser sa soif à l’auge du puits.

Le buffle 4  dans VACHE - BOEUF.... 250px-Bubalus_depressicornisAu pâturage, il vit en bonne intelligence avec les Boeufs, les Anes et les Chevaux. Pour ami, il a l’oiseau des Buffles, le textor erythrorhyncos – traduction littérale : le tisserand à bec rouge – qui, perché sur son dos, le débarrasse de la vermine ; pour ennemi, une espèce de mouche venimeuse, au nom aussi imagé, probablement, qui, les soirs d’été, s’attaque à la plupart des animaux domestiques, les affole par ses piqûres au mufle et cause quelquefois leur mort. Afin de préserver leurs troupeaux, les gens du pays allument de distance en distance, dans le pacage et la steppe, de grands feux de fumier qui durent toute la nuit. Les bêtes sont accoutumées à recourir elles-mêmes au remède : aussitôt qu’un Buffle ou un Cheval se sent piqué, il se dirige à toute vitesse, aiguillonné par la douleur, vers le feu le plus rapproché, expose à cette fumée âcre la partie du naseau où s’est attaché l’insecte et lui fait ainsi lâcher prise, en prévenant par une sorte de cautérisation l’effet du virus. On se figure le tableau. Le charme des claires nuits d’Orient, l’ampleur confuse de l’horizon, les oppositions d’ombres et de lumières, les silhouettes désordonnées des animaux réfugiés autour de la fournaise, la tête dans le feu, râlant, bondissant, en furie, tout donne à cette scène nocturne un caractère saisissant, vraiment fantastique ; on peut en croire sur parole M. Lançon : il s’y connaît.

Un autre spectacle curieux, dans un genre différent, est celui d’une troupe de Buffles quand elle traverse à la nage les bras du Danube, les plus vieux portant, assis sur leur front et les mains appuyées aux cornes, deux ou trois marmots qui trouvent ce véhicule très commode pour passer l’eau sans mouiller leurs guenilles. Quel joli pendant réaliste à la légende d’Arion, sans la lyre, et à la fable du Singe et du Dauphin, sans la mésaventure finale ! (A SUIVRE…) 

 

DALIVOY, Henri : Le buffle (1882). 

 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (11.II.2009) Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
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Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 



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Le buffle 5

Posté par othoharmonie le 21 novembre 2011

 

Par Henri Dalivoy 

 Buffle d'Afrique (Syncerus caffer)Malgré leur air rébarbatif, les Buffles danubiens ne sont guère farouches. De petits bambins à moitié nus, et munis d’une simple gaule, vont les chercher au pâturage ou dans les mares, les arrachent au repos, les rassemblent et les conduisent à la ferme ou au travail, avec autant d’aisance et de sécurité que s’il s’agissait des plus inoffensifs quadrupèdes.

Les indigènes vantent généralement son instinct, sa mémoire, sa finesse d’ouïe et d’odorat. Il dépasse en longévité le Boeuf, le Cheval, et atteint, dit-on, jusqu’à quarante ans. Sa chair a bien un fumet un peu prononcé, mais au demeurant, à ce que m’assure M. Lançon, elle n’est point désagréable ; sèche, on la conserve longtemps : elle se mange crue, découpée en longues lanières qui rappellent vaguement le saucisson d’Arles. On estime sa graisse à l’égal de celle du Cochon ; le lait de la femelle, toujours d’après mon auteur, est très savoureux et s’emploie surtout à la confection d’une espèce de petit fromage fort apprécié là-bas des connaisseurs.

Nous sommes loin, avec l’utile serviteur domestique des populations roumaines et valaques, du ruminant dangereux, sournois, traître et rageur qui se rencontre, à l’état sauvage, dans d’autres climats ; plus à craindre, en Afrique, que le Lion, l’Éléphant ou le Rhinocéros ; redouté aussi aux Indes, où il est l’adversaire souvent victorieux du Tigre, dans les combats de bêtes féroces qui mettent en présence ces deux ennemis.

Pour être absolument complet, j’aurais encore à parler des divers usages de la peau et des cornes de Buffle ; mais la fabrication des peignes et la buffleterie ne sont pas mon affaire. Il suffit de signaler que, par une amère dérision du sort, les dépouilles de ce superbe animal servent également à la coquetterie féminine et au majestueux uniforme du gendarme.   (FIN).     

 

 DALIVOY, Henri : Le buffle (1882). 

 



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L’Ours 1

Posté par othoharmonie le 19 novembre 2011

Par Jules Vallès

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Fait drôlement !

 

Museau pointu, épaules larges, train de derrière plus large encore ; pas de queue. Etabli sur son séant, les pattes de devant en l’air, il ressemble à une pyramide poilue plantée sur sa base. Il est en effet la pyramide de nos premiers grands souvenirs de la nature. Nous le voyons près de nous dans le drame de la vie terrestre, à partir du jour où on a pu en ressusciter les personnages et en rebâtir les décors. Il est assis, grognon, devant le berceau de notre race.

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Il donne même son nom à l’époque primitive qu’on appelle l’époque du Grand Ours.

Il ne fera que perdre de la taille et de la force à mesure qu’il descendra les chemins tout d’un coup barricadés par les portes en pierre des villes et les palissades de la civilisation.

Il apparaît énorme à nos ancêtres.

Les bêtes des temps primitifs sont à son niveau : Éléphants à crinière et à toison de laine, qu’on appelle Mammouths, Boeufs sauvages qui comme lui ont du poil et une fourrure pour les défendre du froid sous un ciel de marbre blanc.

Mais, solitaires et farouches sur cette terre glacée, tous les autres sont quand même et toujours un danger pour l’homme. L’Ours, qui doit être un jour camarade des Singes de baraque et paillasse à la Foire au pain d’épice, commence par être une espèce de chien d’aveugle. C’est lui qui entraîne l’homme sur la route des cavernes et des huttes où l’on est protégé contre la neige, le vent et le danger. C’est lui qui fraye les routes vierges et pour ainsi dire les tasses, pionnier monstrueux. Il a creusé des abris, découvert des asiles où nos ancêtres pénètrent et dont ils s’emparent. Ils fournissent le vivre à l’Ours quand ils l’attaquent à faux et sont vaincus, mais l’Ours leur fournit le couvert quand ils réussissent à le déloger sans lui rester sous la dent. Il leur fournit aussi le vêtement quand ils le tuent. L’homme se glisse dans la peau encore chaude de la bête comme il s’est glissé dans la caverne. L’Ours est donc pour notre race, à son origine, à la fois un frère de lait, un père nourricier et un pélican blanc, tout noir qu’on nous l’ait montré. (A SUIVRE…) 

 

 

VALLÈS, Jules (1832-1885) : L’Ours (1882). 



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L’Ours 6

Posté par othoharmonie le 19 novembre 2011

Par Jules Vallès

Alexandre Dumas a raconté dans ses Impressions de voyage en Suisse qu’étant descendu à l’hôtel de la Porte à Martigny, il eut l’occasion de goûter d’un bifteck d’ours qui faisait la réputation de l’hôtellerie.

L'Ours 6  dans OURS 220px-American_Black_Bear_close-upVoilà le récit de ce fameux dîner :

« Lorsque je rentrai dans la salle à manger, les voyageurs étaient à table : je jetai un coup d’oeil rapide et inquiet sur les convives ; toutes les chaises se touchaient et toutes étaient occupées, je n’avais pas de place !

» Un frisson me parcourut par tout le corps, je me retournai pour chercher mon hôte. Il était derrière moi. Je trouvai à sa figure une expression méphistophélitique. Il souriait…

» – Et moi, lui dis-je, et moi, malheureux ?…

» – Tenez, me dit-il, en m’indiquant du doigt une petite place à part, tenez, voici votre place, un homme comme vous ne doit pas manger avec tous ces gens-là.

» C’est qu’elle était merveilleusement servie, ma petite table. Quatre plats formaient le premier service, et au milieu était un bifteck d’ours, mince à faire honte à un bifteck anglais.

» Mon hôte vit que ce bifteck absorbait mon attention. Il se pencha mystérieusement à mon oreille :

» – Il n’y en aura pas de pareil pour tout le monde, c’est du filet d’ours, rien que cela !

» J’aurais autant aimé qu’il me laissât croire que c’était du boeuf.

» Je regardais machinalement ce mets si vanté, qui me rappelait ces malheureuses bêtes que, tout petit, j’avais vues, rugissantes et crottées, avec une chaîne au nez et un homme au bout de la chaîne, danser lourdement à cheval sur un bâton, comme l’enfant de Virgile ; j’entendais le bruit mat du tambour sur lequel l’homme frappait ; le son aigu du flageolet dans lequel il soufflait ; et tout cela ne me donnait pas,pour la chair tant vantée que j’avais sous les yeux, une sympathie bien dévorante, j’avais pris le bifteck sur mon assiette ; et j’avais senti à la manière triomphante dont ma fourchette s’y était plantée, qu’il possédait au moins cette qualité qui devait rendre les moutons de Mlle de Scudéri bien malheureux. Cependant j’hésitais toujours, le tournant et retournant sur les deux faces rissolées, lorsque mon hôte qui me regardait sans rien comprendre à mon hésitation, me détermina par un dernier : Goûtez-moi cela et vous m’en direz des nouvelles.

» En effet j’en coupai un morceau gros comme une olive, je l’imprégnai d’autant de beurre qu’il était capable d’en éponger, et, en écartant mes lèvres, je le portai aux dents, plutôt par mauvaise honte que dans l’espoir de vaincre ma répugnance. Mon hôte, debout derrière moi, suivait tous mes mouvements avec l’impatience bienveillante d’un homme qui se fait un bonheur de la surprise que l’on va éprouver. La mienne fut grande, je l’avoue. Cependant je n’osai tout à coup manifester mon opinion. Je craignis de m’être trompé ; je recoupai silencieusement un second morceau d’un volume double à peu près du premier ; je lui fis prendre la même route avec les mêmes précautions et quand il fut avalé :

» – Comment, c’est de l’ours ? dis-je.

» – Parole d’honneur.

» – Eh bien, c’est excellent.

220px-Spiritbear dans OURS» Au même instant on appela à la table mon digne hôte, qui, rassuré par la certitude que j’avais fait honneur à son mets favori, me laissa en tête à tête avec mon bifteck. Les trois quarts avaient déjà disparu lorsqu’il revint, et, reprenant la conversation où il l’avait interrompue.

» – C’est, me dit-il, que l’animal auquel vous avez à faire est une fameuse bête… pesant au moins trois cent vingt !

» – Beau poids.

» Je ne perdais pas un coup de dent.

» – … Qu’on n’a pas eu sans peine, je vous en réponds.

» Je portai mon dernier morceau à ma bouche.

» – Ce gaillard a mangé la moitié du chasseur qui l’a tué…

» Le morceau me sortit de la bouche comme repoussé par un ressort.

» – Que le diable vous emporte ! dis-je, en me retournant de son côté, de faire de pareilles plaisanteries à un homme qui dîne.

» – Je ne plaisante pas, monsieur, c’est vrai comme je vous le dis. »

Eh bien ! cette histoire de bifteck d’ours qui devint rapidement populaire en 1832 n’était qu’une mystification. Voici ce que Dumas raconte dans son Grand Dictionnaire de cuisine, oeuvre posthume, à l’article OURS. (A SUIVRE…)

 

VALLÈS, Jules (1832-1885) : L’Ours (1882). 



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