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Une mouche : un faux grain de beauté

Posté par othoharmonie le 13 avril 2012


Une mouche : un faux grain de beauté dans MOUCHE 220px-Lytta_vesicatoria_Spanische_Fliege_BrehmsLa mouche était également un faux grain de beauté, fait de mousseline noire et collé sur le visage. Les mouches étaient utilisées pour faire ressortir la blancheur du teint. L’usage des mouches était déjà connu au XVIIème siècle. C’est au XVIIIème siècle qu’elles vont devenir les symboles de la parure. La localisation de la mouche sur le visage possédait une symbolique particulière qui donnait des précisions sur le tempérament et la personnalité de l’utilisatrice à un moment donné.

Position des mouches sur le visage

Nom de la mouche Lieu
La discrète ou la friponne mouche sous la lèvre
L’assassine ou la passionnée mouche près de l’oeil
La baiseuse mouche au coin de la bouche
La majestueuse mouche sur le front
La galante mouche sur la joue
L’enjouée mouche dans le creux du sourire
la recéleuse mouche sur un bouton
L’effrontée mouche sur le nez
La coquine mouche près des lèvres
La passionnée mouche sur le haut de l’oeil
La généreuse mouche sur le haut de la poitrine

Mots-clefs : symbolique de la mouche, symbolique des mouches

L’art de poser des mouches de taffetas noir sur le visage d’une jolie femme avait ses règles, que je rapporterai pour l’instruction de nos grandes et petites coquettes de comédie ou d’opéra. Une des lois principales de cet art est de ne point mettre des mouches sur ces petits creux, ces agréables fossettes où se nichent l’Amour et les Grâces, au dire des poêtes. La mouche que l’on met au coin de l’œil se nomme la passionnée, elle en relève l ‘éclat; celle que l’on applique au milieu du front donne un grand air, c’est la majestueuse, il la faut un peu large ; l’enjouée est renfermée dans les plis gracieux d’un visage riant. La galante se place au milieu de la joue; la baiseuse, au coin de la bouche, elle a sa part des baisers donnés et reçus, qu’elle semble appeler. La mouche de sympathie reste quand elle est posée par celui que l’on aime : si l’homme qui déplaît s’avise de la mettre, elle tombe un instant d’après. On ne doit point semer son visage de mouches, deux ou trois suffisent. La mouche effrontée su campe sur le nez; la coquette aupres de la bouche. La receleuse est celle qui cache quelque rougeur ou quelque tache. 

insecte_023 dans MOUCHE

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La mouche en cosmétique

Posté par othoharmonie le 12 avril 2012

 

Le 18 ème siècle : Epoque de raffinement.

La mouche en cosmétique dans MOUCHE Langage_des_MouchesLe maquillage est recouvert d’un épais fard blanc, les joues sont rouges, les rouge à lèvre sont choisie en fonction du rang social (grenat pour les dames de la cour, rouge plus claire pour les bourgeoises et violet agressif pour les femmes de mauvaises réputation).

C’est aussi la grande mode des mouches, chaque emplacement a une signification (au coin de l’œil pour la passionnée, au milieu de la joue pour la galante, aux commissures des lèvres pour la coquette et sur les seins pour la provocante).

Le visage était recouvert de blanc. On pensait que les produits blancs donnaient une peau blanche. Le blanc évoquait la virginité et donnait l’illusion d’un visage pur, exempt de toute tache, de toute cicatrice, et dissimulait les rougeurs, les couperoses et les dermatoses provoquées par la nourriture très épicée et par les vins capiteux. La blancheur du teint était également un signe d’oisiveté et donc de richesse. Les dames se mettaient aussi parfois une quantité impressionnante de mouches (petites rondelles de taffetas noir disposées sur le visage et destinées entre autres à cacher les impuretés tels que les boutons, les petites rougeurs, les grains de beauté…), toujours pour faire ressortir la blancheur de leur teint. Les précieuses se blanchissaient et évitaient, lors des promenades, le bronzage en portant un masque qu’elles maintenaient par un bouton entre les dents, ce qui évitait la conversation.

Une couleur marque l’apogée de cette illusion : le rouge. Le rouge était la marque du pouvoir aristocratique. Quand une femme voulait séduire, elle ajoutait du rouge sur les joues. Dès 1673, toutes en portaient.

Sous Louis XIV, le fard devint le symbole de l’amour, de l’émancipation, mais aussi de l’adultère, de l’impudeur. Les femmes se fardent à l’extrême, surchargées de blanc et de rouge. Toutes les gammes de rouge explosent agressivement. Les cosmétiques de l’époque se composent de céruse, du sublimé, du rouge d’Espagne, du vinaigre distillé ou de l’eau de fleur. La céruse est de l’oxyde de plomb (produit extrêmement toxique) que l’on poudrait sur le visage, le cou, parfois les bras et la naissance de la gorge. Au début du XVIIIe siècle, les précieuses fabriquaient elles-mêmes leurs fards.

mode-et-robes-au-18-eme-siecle dans MOUCHEElles portaient toutes des noms :
Près de l’œil, elle se nomme assassine ou passionnée.
Au coin de la bouche, c’est la baiseuse.
Sous la lèvre, elle devient friponne ou coquette.
Sur le nez, effrontée ou gaillarde.
Sur le front, la majestueuse
Sur la joue, c’est la galante.
Sur une ride, dans le creux du sourire, elle est enjouée.
Sur la poitrine, c’est la généreuse.
Sur un bouton, la receleuse.
Ou bien sur le menton, ne serait-ce point la discrète

Cette mode disparaitra à la fin du XVIIIème siècle. Il faudra attendre un bon siècle pour que cette mode soit à nouveau en vigueur. Dans les années trente, l’emplacement favori est le coin de l’œil droit, les spécialistes du maquillage les vendent en boîtes. On les fixe en humectant  la partie encollée. Nous sommes à l’ère de la mouche autocollante. Les adeptes du piercing n’ont rien inventés avec la “médusa” et la “Madonna” qui agrémentent la lèvre supérieure.

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