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La Mouche et le Spirituel

Posté par othoharmonie le 27 avril 2012

 

« LE SPIRITUEL D’UNE CHOSE EST LA VÉRITÉ. »

 Tant que ce spirituel n’a pas été élucidé, on peut tout comparer à une noix creuse et vide, dans l’intérieur de laquelle il n’y a absolument rien. La position est donc la base. Ceci est ce que nous avons énoncé et qui doit obtenir ici sa confirmation. Examinez donc à présent notre mouche de ce point de vue.


 Anthomyie pluviale (Anthomyia pluvialis) Est-elle, elle-même, spirituelle seulement, ou bien seulement matérielle ? Non, devrez-vous répondre, elle est matérielle d’une part, et puisqu’elle vit, elle est aussi spirituelle d’autre part. Elle se trouve, à l’égal d’innombrables autres êtres, entre les deux polarités principales, c’est-à-dire entre la polarité vivante et positive du soleil, et la polarité négative des planètes en face du soleil.

 Cela signifie que par conséquent elle est neutre, c’est-à-dire ni totalement positive et pas non plus entièrement négative; oui, c’est juste ainsi, bien et vrai; par conséquent ni exclusivement génératrice, ni exclusivement porteuse, mais bien plutôt accumulatrice de lumière.

 Mais qu’est-ce-que la lumière? Nous le savons, elle se représente à partir de la mobilité de la vie; donc lumière et vie sont une et même chose, et la lumière n’est qu’une manifestation de la vie.

 Mais étant donné que notre mouche est un accumulateur de la lumière, qu’accumule-t-elle encore ? N’est-elle pas ainsi un accumulateur de vie?

 Et maintenant comment se manifeste cette vie dans la mouche? – Se manifeste-t-elle peut-être encore dans une lumière éblouissante?

 Vous devriez être aveugles ou bien avoir une vue fantastique si vous prétendiez avoir déjà vu voler une mouche qui émet sa propre lumière comme une luciole. – Oui, la mouche conserve en elle la vie de façon exemplaire; elle ne la laisse plus irradier, et elle s’est vêtue d’un habit sombre, afin que la vie puisse justement d’autant plus augmenter en elle.

 Or, voyez-vous, Mes chers enfants, qui n’aperçoit pas l’essence de l’humilité dans la mouche, celui-là doit être plus que trois fois aveugle.

 Vous connaissez sa multiple utilité, mais la lumière du monde ne la reconnaît pas, et ainsi la mouche diligente, active et qui se rend utile par chacun de ses mouvements, doit être abandonnée au mépris général. Mais, et pourquoi cela? Parce que la mouche est un accumulateur de vie, et préfère la multiplier en elle plutôt que d’en faire parade en se distrayant elle-même.

 Reconnaissez-vous maintenant sa position, et comment de cette position s’en vont à présent des rayons dans toutes les directions afin que, bien éclairés, vous puissiez apercevoir la victoire que ce petit animal remporte en combattant toujours courageusement? Mais qu’est vraiment cette victoire? Il suffit que nous revenions à notre position et que nous passions attentivement en revue tous ces points que nous avons appris à connaître jusqu’à présent; oui, en partant de la raison première de la naissance de la lumière, et en considérant bien tout ce qui a été dit au sujet de la lumière, nous verrons qu’il est plus qu’évident, que parmi toutes les tâches possibles et imaginables, la plus difficile à résoudre est précisément celle-ci: Comment fait-on pour lier la vie libre? Et avant cela, comment fait-on pour rassembler la vie errant librement partout?

 Nous avons appris, quand on parla de la formation d’une planète, que la mouche est la première créature visible qui l’habite. Nous voyons donc la mouche accueillir d’abord et accumuler en elle la vie dispersée; et maintenant que l’on a parlé de la lumière, nous voyons à nouveau la mouche entre les soleils et les planètes, comme collecteur de vie; mais, quelle différence y-a-t-il donc entre l’époque actuelle et celle des origines, lorsque la mouche était encore l’unique habitant d’un corps terrestre?

 D’un côté, absolument aucune, puisqu’elle correspond encore aujourd’hui, comme par le passé, parfaitement à sa nature et à l’ordre qui lui a été fixé; mais d’un autre côté il y a par contre une différence infiniment grande, puisque nous la voyons se tenir à présent à l’extrémité polaire la plus basse, non seulement du rassemblement de la vie, mais aussi de la conversion et du retour de la même vie vers des puissances toujours plus grandes et plus intérieures, et enfin jusqu’à la plus haute et la plus sublime Puissance de la Vie Première elle-même.

 Alors existait encore entre elle et la Puissance infinie, un abîme sans fond; maintenant celui-ci est comblé par l’être humain, comme aussi par cette série presque infinie d’autres êtres qui ont précédé l’homme. Ceci n’est-il pas une différence infinie entre la condition d’alors et celle actuelle?

 Il a été déjà montré ce qu’était autrefois ce petit animal; aujourd’hui c’est le même petit animal qui vous est montré, mais avec lui aussi la victoire, et c’est en cela justement que se trouve la différence infinie entre autrefois et aujourd’hui; car autrefois aucune mouche n’aurait encore pu entonner l’hymne de la victoire: mais maintenant elle le peut, et c’est bien pour cela qu’entre son chant d’alors et celui d’aujourd’hui existe une différence infinie; et qu’est donc cette différence infinie? – C’est la victoire justement; et qu’est donc la victoire? 


La Mouche et le Spirituel dans MOUCHEEt maintenant touchez du doigt et saisissez la victoire qui est sous votre nez. Mais si vous ne pouvez pas encore l’apercevoir, alors Je vous le dis explicitement, c’est le maintien de la vie reçue qui représente la victoire. Et de quelle manière la mouche put-elle donc conserver cette vie? Elle put la conserver grâce à sa grande activité, car « la vie veut être exercée »; elle put en outre la conserver grâce à sa grande humilité, car la vie veut être « rassemblée »; elle put la conserver enfin avec la plus aveugle soumission à Ma Volonté légiférante (donc par une parfaite obéissance) car toute vie doit être « jugée » si elle veut un jour se retrouver d’une certaine façon elle-même, et arriver à la conscience et à la connaissance de son propre être.

 Si vous considérez ces points, et réfléchissez sur les Lois qui vous ont été données par Moi pour la conservation perpétuelle de la vie, et si vous confrontez bien toutes ces choses entre elles, en gardant toujours présent à l’esprit ce qu’est la victoire, alors vous parviendrez enfin à reconnaître ce que signifiaient les strophes d’introduction de la mouche, lorsqu’elles vous disaient: 

LA MOUCHE, LA MOUCHE – ELLE VOUS CHANTE LA VICTOIRE! 

Car, voyez-vous, cette petite chanson consistant en quelques strophes, qui vous a été dictée depuis pas mal de temps, peut être considérée du début à la fin, comme seulement une première strophe de ce grand cantique qui vous a été donné à présent; car c’est seulement en ce grand cantique que vous reconnaissez le véritable hymne de la victoire de la mouche; et puisque nous avons appris maintenant à connaître cette victoire, préparons-nous à la découvrir en nous-même et à y prêter bien attention, afin de devenir de plus en plus plus capables de nous rapprocher réciproquement toujours plus, jusqu’à remporter ainsi en nous-mêmes la dernière et plus grande victoire, laquelle est:


 Bactrocera dorsalis  »La réunion de chaque vie particulière 

avec Ma Vie Première et Éternelle ».

 Cependant la mouche, dans la prochaine et dernière communication, aura encore à nous faire connaître dans une petite chansonnette, comment il arrivera que, sans le moindre préjudice, toute vie pourra rester éternellement indépendante, tout en restant intimement jointe avec la Vie Première. 

Extrait de : Une démonstration naturelle pour éclairer l’éternelle vérité :  »Dieu est Amour » Reçu par la Grâce du Seigneur par Jacob Lorber  1942

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Grenouilles bénéfiques

Posté par othoharmonie le 10 avril 2012

File:GmimmTheFrogPrince.gifLes Grenouilles, qui disparaissent en hiver et se multiplient au printemps, sont associées à l’idée de résurrection et de multitude. Ce sont des symboles de fertilité liés à l’eau et la terre (éléments fécondants). En Egypte, le hiéroglyphe du têtard symbolise la multitude. La déesse Haquet, à tête de Grenouille, préside à la création et la naissance des dieux et de leur double. De nos jours, la Grenouille reste un symbole de plaisir sexuel. Des chercheurs américains ont cru trouver une association entre le goût réputé des Français à la fois pour les conquêtes amoureuses et pour les cuisses de Grenouilles.

La déesse Iris, déesse de la fécondité dont le culte s’est répandu de l’Egypte à la Grèce puis à Rome, est représentée avec des Crapaudsaccrochés sur le corps. Le Crapaud est aussi symbole d’éternité, que les souverains mérovingiens auraient choisi en le prenant comme emblème protecteur. Une autre croyance étrange indique qu’une pierre précieuse, la  » Crapaudine « , située dans le crâne des Crapauds, est un puissant talisman.

A la Renaissance, François 1er a fait de la Salamandre son emblème, gravé dans la pierre du château de Blois, avec pour devise Nustrico et extingo ( » Je l’entretiens et je l’éteins « ). La Salamandre est représentée sous la forme d’un dragon crachant des flammes. Le feu ferait ici directement allusion à l’ardeur amoureuse de François 1er ! Remarquons que les représentations populaires des dragons évoquent plus souvent un Triton avec une crête qu’une Salamandre.

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Le tigre et le Brahmine

Posté par othoharmonie le 16 février 2012

Le tigre, le brahmine et le chacal

Un jour, un brahmine traversait un village de l’Inde. Il faut savoir qu’un brahmine est un Hindou qui ne fait jamais de mal aux animaux, et qui les traite en frères. Donc, un jour, le brahmine traversait un village lorsqu’il vit sur le bord de la route une grande cage de bambou, et dans cette cage, il y avait un énorme tigre, que les villageois avaient pris dans un piège et enfermé là pour le vendre à une ménagerie, parce qu’il dévorait tous leurs moutons.

Le tigre et le Brahmine dans TIGRE 320px-Tigeress_with_cubs_in_Kanha_Tiger_reserve« Frère brahmine, frère brahmine, dit le tigre, ouvre la porte et laisse-moi sortir un peu pour aller boire. J’ai tellement soif, et il n’y a pas d’eau dans ma cage.
— Mais, frère tigre, dit le brahmine, si j’ouvre la porte, tu me sauteras dessus et tu me mangeras ?
— Que vas-tu penser là ? demanda le tigre. Jamais de la vie je ne ferais une chose pareille ! Fais-moi sortir juste une petite minute, pour chercher une goutte d’eau, frère brahmine ! »
Le brahmine ouvrit la porte de la cage et laissa sortir le tigre, mais, dès que celui-ci fut dehors, il sauta sur le brahmine pour le manger. « Frère tigre, dit le pauvre brahmine, tu m’as promis de ne pas me manger, ce que tu fais là n’est ni honnête ni juste !
— Au contraire, c’est tout à fait honnête et juste, dit le tigre, et quand bien même il en serait autrement, ça m’est égal. Je vais te manger. » Mais le brahmine supplia tellement le tigre que celui-ci finit par consentir à attendre jusqu’à ce qu’ils eussent consulté les cinq premières personnes qu’ils rencontreraient.

La première chose qu’ils virent sur le bord du chemin fut un grand figuier banian.
« Frère banian, dit le brahmine, est-il juste et honnête que le tigre veuille me manger après que je l’ai fait sortir de sa cage ? » Le figuier banian les regarda, et dit d’une voix lasse : « Pendant l’été, quand le soleil est brûlant, les hommes viennent s’abriter à mon ombre et se rafraîchissent avec mes fruits mais, quand le soir vient et qu’ils sont reposés, ils cassent mes branches et éparpillent mes feuilles. L’homme est une race ingrate. Que le tigre mange le brahmine. »
Le tigre sauta sur le brahmine, mais celui-ci cria : « Pas encore ! pas encore ! Nous n’en avons vu qu’un ! Il y en a encore quatre à consulter. »

Un peu plus loin, ils virent un buffle couché en travers du chemin. Le brahmine s’arrêta et lui dit : « Frère buffle, oh ! frère buffle, est-ce qu’il te semble honnête et juste que ce tigre veuille me manger, quand je viens juste de le faire sortir de sa cage ? » Le buffle les regarda, et dit d’une voix basse et profonde : « Quand j’étais jeune et fort, mon maître me faisait travailler dur, et je le servais bien. Je portais de lourds fardeaux, et je traînais de grandes charrettes. Maintenant que je suis vieux et faible, il me laisse sans eau et sans nourriture pour que je meure sur le chemin. Les hommes sont ingrats. Que le tigre mange le brahmine. »

220px-Golden_tiger_1_-_Buffalo_Zoo dans TIGRELe tigre fit un bond, mais le brahmine dit très vite : « Oh ! mais, ce n’est que le deuxième, frère tigre, et tu m’en as accordé cinq ! » Le tigre grommela beaucoup, mais consentit à aller un peu plus loin.

Bientôt, ils virent un aigle planant au-dessus de leurs têtes, et le brahmine l’implora : « Oh ! frère aigle, frère aigle ! Dis-nous s’il te semble juste que ce tigre veuille me manger, après que je l’ai délivré d’une terrible cage ? » L’aigle continua à planer lentement pendant quelques instants, puis il descendit et parla d’une voix claire : « Je vis dans les nuages, et je ne fais aucun mal aux hommes. Cependant, toutes les fois qu’ils peuvent trouver mon aire, ils tuent mes enfants et me lancent des flèches. Les hommes sont une race cruelle. Que le tigre mange le brahmine. » Le tigre sauta de nouveau, et le brahmine eut bien de la peine à le persuader d’attendre encore. Il y consentit pourtant et ils continuèrent leur chemin.

Un peu plus loin, ils virent un vieux crocodile, à demi enterré dans la vase, près de la rivière. « Frère crocodile, frère crocodile, dit le brahmine, est-ce que vraiment il te semble juste que ce tigre veuille me manger, alors que je l’ai délivré de sa cage ? » Le vieux crocodile se retourna dans la vase, et grogna, et souffla, après quoi, il dit, de sa voix éraillée : « Je reste tout le jour couché dans la vase, aussi innocent qu’une colombe. Je ne chasse pas les hommes, et pourtant, toutes les fois qu’un homme me voit, il me jette des pierres et me pique avec des bâtons pointus, en m’insultant. Les hommes ne valent rien. Que le tigre mange le brahmine.
— En voilà assez, dit le tigre, tu vois bien qu’ils sont tous du même avis. Allons !
— Mais il en manque un, frère tigre, dit le pauvre brahmine, plus qu’un, le cinquième ! Le tigre finit par consentir, bien malgré lui.

Bientôt ils rencontrèrent un petit chacal, trottant gaiement sur la route. « Oh ! frère chacal, frère chacal, dit le brahmine, dis-nous ce que tu penses ! Est-ce que vraiment tu trouves juste que ce tigre veuille me manger, après que je l’ai délivré de sa cage ?
— Plaît-il ? demanda le petit chacal.
— Je dis, répéta le brahmine en élevant la voix, crois-tu qu’il soit juste que ce tigre me mange, quand c’est moi qui l’ai fait sortir de sa cage ?
— Cage ? répéta le petit chacal d’un ton distrait.
— Oui, oui, sa cage, dit le brahmine. Nous voulons connaître ton avis. Penses-tu…
— Oh ! dit le petit chacal. Vous voulez avoir mon avis ? Alors, je vous prierai de parler bien distinctement, car je suis quelquefois assez lent à comprendre. De quoi s’agit-il ?
— Penses-tu, dit le brahmine, qu’il soit juste que ce tigre veuille me manger, quand c’est moi qui l’ai fait sortir de sa cage ?
— Quelle cage ? demanda le petit chacal.
— Celle où il était, dit le brahmine. Tu vois bien…
— Mais je ne comprends pas bien, interrompit le petit chacal. Tu dis que tu l’as délivré ?
— Oui, oui, oui, dit le brahmine. C’est arrivé comme ça : je marchais le long de la route, et je vis le tigre…
— Oh ! ma tête ! dit le petit chacal. Je ne pourrai jamais rien comprendre, si tu commences une si longue histoire. Il faut parler plus clairement. Quelle sorte de cage ?
— Une grande cage ordinaire, dit le brahmine, une cage en bambou.
— Ça ne me dit rien du tout, fit le petit chacal. Vous feriez mieux de me montrer la chose, alors, je comprendrai tout de suite. » Ils rebroussèrent chemin et arrivèrent à l’endroit où se trouvait la cage.

Fichier:Canis mesomelas (Cape Cross).jpg« À présent, voyons un peu, dit le petit chacal. Frère brahmine, où étais-tu placé ?
— Juste ici, sur la route, dit le brahmine.
— Tigre, où étais-tu ? dit le petit chacal.
— Eh bien ! dans la cage, naturellement, dit le tigre, qui commençait à s’impatienter, et qui avait bien envie de les manger tous les deux.
— Oh ! je vous demande pardon, monseigneur, dit le petit chacal. Je suis vraiment bien peu intelligent. Je ne peux pas me rendre compte. Si vous vouliez bien… Comment étiez-vous dans cette cage ? Dans quelle position ?
— Idiot ! Comme cela ! dit le tigre, en sautant dans la cage ; là, dans ce coin, avec la tête tournée de côté.
— Oh ! merci, merci, dit le petit chacal. Je commence à y voir clair, mais, il y a encore une chose, pourquoi y restiez-vous ?
— Ne peux-tu pas comprendre que la porte était fermée ? hurla le tigre.
— Ah ! la porte était fermée ? Je ne comprends pas très bien. La… porte… était… fermée ?… Comment était-elle fermée ?
— Comme cela, dit le brahmine en poussant la porte.
— Ah ! comme cela ? Très bien, dit le petit chacal. Mais, je ne vois pas de serrure. Ce n’est pas très solide. Pourquoi le tigre ne pouvait-il pas sortir ?
— Parce qu’il y a un verrou, dit le brahmine en poussant le verrou.
— Ah ! il y a un verrou ? dit le petit chacal. Vraiment ? Il y a un verrou ? Eh bien ! Mon bon ami, dit-il au brahmine, maintenant que le verrou est poussé, je vous conseille de le laisser comme il est. Et pour vous, monseigneur, continua-t-il en s’adressant au tigre, plein de fureur, je crois qu’il se passera un certain temps avant que vous ne trouviez quelqu’un d’autre pour vous ouvrir. »

Et, se tournant vers le brahmine, il lui fit un profond salut.
« Adieu, frère, dit-il. Votre chemin va par ici, et le mien va par là. Bonne journée ! 

                                            c84j12dh

 

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Rêver de renard

Posté par othoharmonie le 22 janvier 2012

Rêver de renard dans RENARD renard_015Le renard est avant tout un symbole de ruse ou d’intelligence, selon le contexte du rêve. Dans une première approche, il peut représenter l’intelligence du rêveur, mais aussi son isolement, sa marginalité. Il vit loin de la société des hommes et n’est pas un animal grégaire. Il ne vit pas en meute.

 Dans une deuxième approche, il peut symboliser un homme rusé, séducteur et prédateur. C’est le renard qui pénètre dans le poulailler pour voler des poules qu’il va dévorer. Il agit de façon insidieuse, par la ruse, comme un hors-la-loi. A ce titre, il représente le séducteur qui pénètre dans le domaine des autres pour voler leur femme, c’st à dire les séduire. Sa ruse, son pelage flamboyant et sa queue touffue illustrent bien cette apparence séduisante.

 Traditionnellement, c’est ce sens de malin, rusé ou fourbe – c’est-à-dire avec une notion de nuisible pour l’homme – qui se retrouve dans l’ensemble des traditions populaires du globe.

renard 18Une seconde lecture – plus initiatique – nous amène au renard du Petit Prince, livre essentiel à la symbolique dense. Ici, le renard symbolise l’homme intelligent, en marge de la société, l’homme à la recherche de lui-même, de l’amour et de la fraternité véritable. Le renard tisse des liens avec des êtres authentiques face à une société figée qui le rejette, celle qui a perdu le sens de ses valeurs.

 Positif : Intelligence, recherche de soi et de l’amour authentique, énergie (sexuelle).

Négatif : séduction, ruse solitude, marginalité, énergie sexuelle basse.

                                                  barre20separation dans RENARD

Le site de Tristan-Frédéric Moir : http://tristan.moir.free.fr/Nouveausite/index.html

Psychanalyste – Psychothérapeute – Onirologue
Analyse et interprétation de rêves

En direct chaque mercredi de 23h à 1h30 sur
« Radio Ici & Maintenant ! » 95.2 FM

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Le Renard du Petit Prince

Posté par othoharmonie le 21 janvier 2012

CHAPITRE XXI

Gif renardsC’est alors qu’apparut le renard:

 - Bonjour, dit le renard.

- Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.

- Je suis là, dit la voix, sous le pommier.

- Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli…

- Je suis un renard, dit le renard.

- Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste…

- Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.

- Ah! pardon, fit le petit prince.

 Mais, après réflexion, il ajouta:

 - Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?

-Gif renards Tu n’es pas d’ici, dit le renard, que cherches-tu ?

- Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?

- Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C’est bien gênant ! Ils élèvent aussi des poules. C’est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?

- Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?

- C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie « créer des liens… »

- Créer des liens ?

- Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…

 - Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur… je crois qu’elle m’a apprivoisé…

 - C’est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses…

- Oh! ce n’est pas sur la Terre, dit le petit prince.

 Le renard parut très intrigué :

 - Sur une autre planète ?

- Oui.

- Il y a des chasseurs, sur cette planète-là ?

- Non.

- Ça, c’est intéressant ! Et des poules ?

- Non.

- Rien n’est parfait, soupira le renard.

 Mais le renard revint à son idée:

 Gif renards- Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m’ennuie donc un peu. Mais, si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m’appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé…

Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince:

 - S’il te plaît… apprivoise-moi ! dit-il.

- Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n’ai pas beaucoup de temps. J’ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.

 - On ne connaît que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !

 - Que faut-il faire? dit le petit prince.

- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près…

 Le lendemain revint le petit prince.

 Gif renards- Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l’après-midi, dès trois heures je commencerai d’être heureux. Plus l’heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m’agiterai et m’inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur ! Mais si tu viens n’importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le cœur… Il faut des rites.

 - Qu’est-ce qu’un rite ? dit le petit prince.

- C’est aussi quelque chose de trop oublié, dit le renard. C’est ce qui fait qu’un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux ! Je vais me promener jusqu’à la vigne. Si les chasseurs dansaient n’importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n’aurais point de vacances.

 Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l’heure du départ fut proche:

 - Ah! dit le renard… Je pleurerai.

- C’est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t’apprivoise…

- Bien sûr, dit le renard.

- Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.

- Bien sûr, dit le renard.

- Alors tu n’y gagnes rien !

- J’y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.

 Puis il ajouta:

 - Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d’un secret.

 Le petit prince s’en fut revoir les roses:

 - Vous n’êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n’êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisé et vous n’avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n’était qu’un renard semblable à cent mille autres. Mais j’en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.

 Et les roses étaient bien gênées.

Gif renards- Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu’elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c’est elle que j’ai arrosée. Puisque c’est elle que j’ai mise sous globe. Puisque c’est elle que j’ai abritée par le paravent. Puisque c’est elle dont j’ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c’est elle que j’ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c’est ma rose.

 Et il revint vers le renard:

 - Adieu, dit-il…

- Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu’avec le cœur.

 L’essentiel est invisible pour les yeux.

 - L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.

- C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

- C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose… fit le petit prince, afin de se souvenir.

- Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose…

 - Je suis responsable de ma rose… répéta le petit prince, afin de se souvenir.

 

                                                                       Gif renards

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Mythe de l’abeille

Posté par othoharmonie le 2 janvier 2012

Gif abeilleLes abeilles sont dotées de caractéristiques particulières qui leur permettent de les associer à des déesses. Sur le mont Ida en Phrygie, Cybèle est la Mère des dieux et la Reine des abeilles. Elle conçut son fils Attis après avoir cueilli la fleur d’amandier jaillie des organes mâles coupés d’Agdistis/Cybèle, qui est née à la fois mâle et femelle, et qui avait été castrée par les dieux. (Dans la Théogonie d’Hésiode, les Nymphes Méliennes sont également nées du sang des testicules d’Ouranos ; ce sont des nymphes du frêne). Quand Attis est devenu adulte, il veut se marier et Cybèle le rend fou par sa jalousie, si bien qu’il se castra et se tua. On considère Cybèle comme la Reine des abeilles et celà a une importante signification : lors du vol nuptial des abeilles, le mâle abandonne ses organes génitaux dans le corps de la femelle. Il se castre et meurt. La future reine est ainsi celle qui a provoqué la castration et la mort de celui avec qui elle s’est unie. Concernant les ouvrières, on peut les comparer à des déesses vierges qui seront à l’origine d’une immaculée conception. En effet, Les abeilles sont capables de se reproduire par parthénogenèse c’est-à-dire sans l’intervention de mâles, et ceci aboutit à la production de mâles qui sont uniquement là pour féconder la reine, pour leur donner des femelles. Les ouvrières sont d’excellentes représentantes pour les déesses vierges. Les abeilles symbolisent admirablement la résurrection car elles sont en repos en hiver et elles renaissent au printemps avec l’arbre qui leur sert de demeure. J’ai démontré dans les articles étudiant Gif abeillel’arbre des mythologies que l’arbre est un symbole par excellence de la résurrection. De nombreuses déesses sont considérées comme des arbres mourant et renaissant tels leurs fruits fermentés ou non ; ces arbres mourants voient leur sève en analogie descendre en hiver dans les racines et remonter au printemps pour redonner vie à la nature tel un dieu voyageant aux enfers et refaisant surface au printemps. Cet arbre sacré est le lieu d’habitation des abeilles tel l’Yggdrazil. Dans un mythe toujours hittite appelé « la disparition du feu », l’abeille, l’aigle et serpent doivent trouver le Feu disparu. Après y être parvenu, ils retrouvent leur lieu d’habitation : un arbre. L’aigle habite la partie supérieure du tronc de l’arbre, l’abeille la partie moyenne et le serpent la partie inférieure. Cette vision est conforme à celle de l’arbre Huluppu du mythe de « la descente aux enfers d’Inanna ».

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Abeille animal totem

Posté par othoharmonie le 28 décembre 2011

Abeille animal totem dans ABEILLES 39514D’après les traditions chamaniques nous sommes liés dès la naissance à un animal voir plusieurs (9 pour certaines traditions).

Ces animaux « totems » sont des alliés, des aides, des soutiens dans notre cheminement.  Ce sont des entités spirituelles et n’ont de cohérence que dans la réalité non-ordinaire, mais leurs effets sont sensibles à tous les niveaux de conscience. Chaque animal a des qualités propres. Nous ne possédons pas nécessairement les qualités de nos animaux totems, mais ils peuvent nous les apprendre si nous sommes à leur écoute.

L’Abeille:

Pour moi l’abeille porte un grand symbole que l’humain devrait apprendre à regarder. Symbole de collaboration et de l’organisation, seule l’abeille n’est rien.

La ruche est pur symbole d’harmonie, parfaite : vie en communauté.
Par son travail acharné, l’abeille permet à énormément d’espèces végétales de se reproduire et de ce travail en harmonie entre elles et avec le reste, est produit le miel, dit : aliment aux mille vertus, nectar des dieux.

L’abeille est encore une communicatrice hors pair et elle invite à savoir retirer le miel de la vie.

Gif abeille

 

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Le peuple des abeilles

Posté par othoharmonie le 27 décembre 2011

Le projet « Le peuple des abeilles » d’Eric Tourneret a commencé en 2004 avec l’idée de toucher le grand public par des images originales, inédites de la vie des abeilles.

Sensibilisé par la lutte des apiculteurs français pour l’interdiction des insecticides systémiques, Eric Tourneret commence alors un travail de fond de trois ans sur cet insecte emblématique en France à la rencontre des apiculteurs et en s’immergeant dans la vie de la ruche.

« Les abeilles sont vivantes, sauvages et si l’idée de prise de vue ne respecte pas leur instinct et leur nature, rien ne se passe. Douces, piquantes parfois, elles me rappellent toujours à l’ordre si je suis distrait ou maladroit ».

La démarche photographie d’Eric Tourneret a été de rendre « vivantes » les abeilles en les faisant poser comme des modèles. La plupart des photographies ont été minutieusement préparées dans un souci de recherche graphique et de rapport de taille entre l’abeille et son environnement.

« Chaque fleur demande une approche visuelle différente et il me fallait souvent continuer la prise de vue jusqu’à comprendre la forme de la fleur. L’autre défi était de s’éloigner des images déjà vues et de chercher à chaque fois un autre regard, un autre cadrage, une autre référence culturelle et photographique. »

Abeilles et fleurs sont indissociables et leur lien a conduit à la coévolution et à la diversité des espèces que l’on connaît aujourd’hui. De tout temps, les abeilles ont intéressé les hommes, et ce lien ancestral qui remonte au paléolithique se retrouve dans toutes les cultures du monde. Le miel y est décrit comme la nourriture des dieux, source d’ivresse mais aussi médicament des hommes et des bêtes. Mais c’est la pollinisation qui constitue la contribution essentielle des abeilles aux écosystèmes naturels et à l’agriculture. 40 % de la production alimentaire mondiale repose sur la pollinisation.

Voir son site : http://www.thehoneygatherers.com/html/biographie.html

 

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L’âne par Victor Hugo 2

Posté par othoharmonie le 24 décembre 2011

Le poète a eu tout simplement l’idée de donner la parole à un héros du jour, et il lui a donné cette parole fière, superbe, inspirée, prophétique, dont il a le secret, mais qui, depuis la Bible, n’avait jamais été donnée à une bête.

L'âne par Victor Hugo 2 dans ANE Est-ce calomnier ce temps-ci que de prétendre être assourdi par des braîments, dans les journaux, dans les clubs, dans les banquets, dans les théâtres, dans des endroits en apparence plus solennels et d’ordinaire plus silencieux, quelquefois dans des conférences ?

 N’entendons-nous pas ruer des ânes sous leurs reliques ? Ne voyons-nous pas des ânes présomptueux se jeter dans le gué avec des éponges ? Ne voyons-nous pas des ânes braillards se dévorer réciproquement les oreilles, dans leurs conciliabules organisés pour choisir le bât dont ils veulent être bâtés ? N’assistons-nous pas au charivari d’ânes blancs, d’ânes noirs et d’ânes rouges, qui mettraient en fuite la Liberté, par leur façon de l’interpeller, si la Liberté n’était pas sourde aux bêtes, et si elle n’écoutait pas que des hommes, absolument hommes ?

Victor Hugo a donc écrit un très beau livre d’actualité.

 Au surplus, un écrivain de génie ne justifie pas sa gloire, uniquement par l’élan de son inspiration, par le charme qu’il lui donne. Il n’acquiert des droits incontestables à la postérité, que s’il est l’écho exact, permanent, autant que mélodieux, des douleurs, des aspirations, des hymnes ou des cris de détresse de son temps.

 Le poète qui a donné une forme sublime aux mélancolies de la première partie du siècle ; qui, pendant son noble exil, a infligé la marque des Châtiments au crime couronné ; qui a pleuré des larmes sanglantes sur l’Année terrible ; qui, à travers ses deuils intimes, a toujours porté plus haut dans son coeur les grands deuils de la patrie ; celui-là reste dans son rôle, dans son devoir, et, je le dis sérieusement, dans son action providentielle, quand, au faîte de sa vie, ébloui de cette autre aurore d’au delà de la vie qui monte vers lui, jetant un regard sur ceux qu’il dépasse et qui ne peuvent le suivre, il les exhorte avec une raillerie douce, assez mordante pour les stimuler, assez paternelle pour ne pas les décourager, et du haut de sa sérénité, ayant le secret de l’amour infini qui est l’épanouissement de tout effort humain, il met des bonnets d’âne à notre fausse science, à notre fausse sagesse, à notre fausse piété, à nos puériles ambitions.

 Issu de la conférence faite à Courbevoie, le 7 novembre 1880 au profit de la bibliothèque populaire

par Louis Ulbach – sous la présidence de M. Laurent Pichat, sénateur

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L’âne par Victor Hugo 8

Posté par othoharmonie le 24 décembre 2011

L’homme, entre un passé qui s’obstine et un présent qui s’impatiente, est-il juste au moins envers lui-même ? Non. Sa conscience troublée fait défaillir sa volonté. Se sentant impuissant, il s’abandonne au hasard.

                                  File:Sommer, Giorgio (1834-1914) - n. 6143 - Napoli - (Kostümszene Gemüsehändler mit Esel (Asinaio).jpg

 Et pourtant, s’il le voulait, la nature est là, en attendant les maîtres, qui le conseille, qui l’invite, qui lui ouvre des horizons infinis ; mais, halluciné par ses rêves, égaré par ses calculs, ballotté entre le despotisme et la licence, abruti par l’autorité de la doctrine, de la loi, du fait, enivré de la liberté buissonnière, l’homme broie du vide dans un moulin qui tourne à tous les vents.

 Voilà ce que dit l’âne, à peu près, à un philosophe. Le philosophe devient triste. Il réfléchit que l’âne n’est pas si bête ; il s’incline, et les bras croisés, sentant battre son coeur dans son habit de pédant, il murmure :

 ……………………………….. Jusqu’à ce jour
Où la science aura pour but l’immense amour, Où partout l’homme, aidant la nature asservie,
Fera de la lumière et fera de la vie, Où les peuples verront les puissants écrivains,
Les songeurs, les penseurs, les poètes divins, Tous les saints instructeurs, toutes les fières âmes,
Passer devant leurs yeux comme des vols de flammes ; Où l’on verra, devant le grand, le pur, le beau,
Fuir le dernier despote et le dernier fléau ; Jusqu’au jour de vertu, de candeur, d’espérance,
Où l’étude pourra s’appeler délivrance, Où les livres plus clairs réflèteront les cieux,
Où tout convergera vers ce point radieux :
- L’esprit humain meilleur, l’âme humaine plus haute, La terre, éden sacré, digne d’Adam, son hôte,
L’homme marchant vers Dieu sans trouble et sans effroi, La douce liberté cherchant la douce loi,
La fin des attentats, la fin des catastrophes ; – Oui, jusqu’à ce jour-là, tant que les philosophes,
Prêtres du beau, d’autant plus vils qu’ils sont plus grands, Seront les courtisans possibles des tyrans,
………………………………………………………
Les oreilles de l’âne auront raison dans l’ombre !

 

Est-ce le dernier mot du poème ? Non, Messieurs. Je vous ai dit d’espérer. Victor Hugo est de ceux qui ne désespèrent jamais ; car ils ont la moitié du secret que l’homme n’aura jamais tout entier. Le poète répond au philosophe :

 

Tout marche au but ; tout sert ; il ne faut pas maudire. Le bleu sort de la brume et le mieux sort du pire ;
Pas un nuage n’est au hasard répandu ; Pas un pli du rideau du temple n’est perdu ; L’éternelle splendeur lentement se dévoile.
Laisse passer l’éclipse et tu verras l’étoile !

 

C’est là la conclusion du livre. (A SUIVRE…)

  

Issu de la c onférence faite à Courbevoie, le 7 novembre 1880 au profit de la bibliothèque populaire

par Louis Ulbach – sous la présidence de M. Laurent Pichat, sénateur

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Le culte de l’âne

Posté par othoharmonie le 19 décembre 2011

Parmi les accusations intentées par les païens aux premiers chrétiens, deux des plus fréquentes étaient celles d’adorer une tête d’âne et de manger de la chair humaine. Ces calomnies avaient déjà été lancées par les Grecs d’Égypte contre les juifs ; les chrétiens s’y trouvèrent exposés par le seul fait que l’Église sortait de la Synagogue. Mais si l’accusation d’anthropophagie est de celles que la malignité imagine sans peine, il n’en est pas de même de celle d’onolâtrie ; depuis longtemps, les savants se préoccupent de savoir pourquoi et comment les juifs, puis les chrétiens, ont été soupçonnés d’adorer un âne. M. Joseph Halévy croit avoir découvert le mot de l’énigme .

Donkey Catalan race.jpgL’antisémite alexandrin Apion racontait, d’après un géographe du IIIe siècle nommé Mnaséas, l’histoire suivante. Autrefois, les Juifs et les Iduméens étaient en guerre pour la ville iduméenne de Dora. Un prêtre d’Apollon, Zabid, vint trouver les Juifs et leur promit de leur livrer Apollon, le dieu de Dora, qui se rendrait de lui-même à leur temple, à condition qu’ils s’éloigneraient tous de Jérusalem. Les Juifs le crurent et s’éloignèrent. Alors Zabid fabriqua une machine de bois dont il s’enveloppa et où il fixa trois rangs de lumières ; ainsi équipé, il se mit en marche, ayant de loin l’apparence d’une constellation. Zabid, profitant de la stupeur des Juifs, arriva à leur temple, enleva la tête d’or de l’âne et retourna à Dora.

Josèphe, qui rapporte ce conte, répond que le véritable âne de l’affaire, c’est Apion, qui ne sait même pas que la ville de Dora n’est point en Idumée, mais en Phénicie, près du mont Carmel. Il remarque d’ailleurs combien il est absurde de supposer qu’un homme ait pu pénétrer sans obstacle dans le temple de Jérusalem et emporter de là une lourde tête d’âne en or massif.

Les historiens grecs Posidonius et Apollonius Molon racontaient qu’Antiochus Epiphane, en pillant le temple de Jérusalem, avait trouvé, dans le trésor, une tête d’âne en or. Mais ii y découvrit encore autre chose. Le sanctuaire renfermait une statue en pierre, représentant Moïse monté sur un âne, tenant un livre dans ses mains. Apion ajoutait qu’Antiochus y vit aussi un Grec couché sur un lit, que l’on engraissait de toutes sortes de victuailles, dans l’intention de le sacrifier et de le manger rituellement. Cet horrible festin exigeait chaque année une victime.

M. Bücher a supposé que ces accusations d’onolâtrie et d’anthropophagie avaient primitivement été portées contre les peuples syriens en général et qu’Apion les appliqua spécialement aux Juifs pour les besoins de sa cause. L’anecdote de Mnaséas s’expliquerait comme suit. Il y avait en Idumée une ville nommée Adora, qui était en lutte avec une bourgade voisine. Zabid l’Adorien vola la tête d’âne dans le temple de la bourgade inconnue et la rapporta dans la sienne, qui était vouée au culte d’Apollon ; ces enlèvements d’idoles sont fréquents dans toute l’histoire de l’Orient. D’autre part, certaines pratiques des cultes syriens pouvaient donner lieu à l’accusation d’anthropophagie, et, quant au culte de la statue de Moïse, M. Bücher a rappelé un passage d’Epiphane (IVe siècle), qui signale précisément ce culte dans l’Arabie Pétrée.

M. Halévy a bien raison de repousser l’explication de M. Bücher. Jamais une rivalité entre deux obscurs villages n’aurait pu donner naissance à la fable rapportée par les historiens grecs. C’est dans des faits palestiniens mal compris, mais là seulement, qu’il convient d’en chercher la source. M. Halévy l’a essayé.

Le culte de l'âne dans ANEIl existait un vieil antagonisme, ou plutôt une haine intense (car il s’y mêlait des motifs religieux), entre les Juifs et les Samaritains, entre Jérusalem et Samarie. La Genèse raconte que Sichem (en hébreu « épaule »), fils de Hamor (en hébreu « âne »), prince de la ville de Sichem, viola Dina, la fille de Jacob. Sichem + Hamor, cela fait « un dos d’âne », d’où M. Halévy suppose qu’aura pu naître une légende populaire attribuant le culte de l’âne aux Sichémites. Dans les Juges (IX, 28), il est parlé avec mépris des « hommes d’Hamor, père de Sichem » ; donc, Hamor est l’objet d’une sorte de culte à Sichem (survivance d’un culte totémique, n’en déplaise à M. Halévy, qui ne veut pas entendre parler de totems chez les Juifs). Après tout, le culte de l’âne ne serait pas plus extraordinaire à Sichem qu’en Phrygie, où la légende du roi Midas nous prouve cependant qu’il existait.

Quand les Grecs de la côte attribuèrent le culte de l’âne aux Juifs de Sichem, il était assez naturel qu’ils en soupçonnassent tous les Juifs indistinctement, en particulier ceux de Jérusalem.

Aux yeux de M. Halévy, l’histoire de Mnaséas doit s’entendre presque à la lettre. La ville de Dora, non loin d’Apollonias, possédait un temple de Resheph, l’Apollon phénicien. Dora est en guerre avec Sichem, la ville samaritaine. Zabid, citoyen de Dora, va trouver les Sichémites et leur promet de faire venir la statue d’Apollon dans leur temple. Au lieu de cela, par une ruse de guerre, favorisée par la stupidité proverbiale des Samaritains, il enlève l’idole des Sichémites, la tête d’âne en  dans ANEor.

Cette même ville de Sichem rendait un culte à Moïse, en qui elle voyait le véritable sauveur du monde et une incarnation de Jéhovah. L’existence, dans le temple de Sichem, d’une statue de Moïse monté sur un âne est d’autant moins invraisemblable que les Samaritains ne répugnaient pas, comme les autres Juifs, aux simulacres religieux.

« Comme on le voit, conclut M. Halévy, la légende que nous étudions n’est peut-être pas aussi dépourvue de fondement qu’on est tenté de le croire. Elle pourrait avoir un fond de réalité si l’on en place le berceau dans le sanctuaire samaritain du mont Garizim. » En revanche, transportée à Jérusalem, elle devient absurde. Cette transposition est l’oeuvre d’écrivains grecs qui raisonnaient ainsi : « Pourquoi les Juifs de Jérusalem n’auraient-ils pas le même culte qu’ils attribuent aux Juifs (Samaritains) de Sichem ? »

Reste le Grec captif et engraissé. M. Halévy remarque que les Grecs d’Égypte appelaient le Dieu des Juifs Iaô, l’âne ciô  (en copte) et les Grecs iaones (singulier iaôn). Il y aurait donc eu confusion, par voie de calembour, entre le Dieu, l’âne et le Grec mangé rituellement. Cela est trop ingénieux pour être vrai. L’accusation d’anthropophagie entre gens de religions différentes n’est que le suprême effet de l’odium theologicum ; il n’est pas besoin de calembours pour l’expliquer .

L’accusation d’onolâtrie fut portée contre les chrétiens avec une ténacité singulière. Sous Septime Sévère, à Carthage, un gladiateur promena à travers la ville une figure d’âne avec l’inscription : « Dieu des chrétiens » . Tout le monde connaît le graffite découvert au Palatin à Rome, représentant un homme à tête d’âne qui paraît crucifié, à côté duquel se tient un autre homme en prière avec l’inscription : « Alexamène adore son Dieu . » Mais M. Wuensch semble avoir démontré, à la suite de Haupt, que l’interprétation ordinaire de ce graffite est inadmissible. Ce savant a publié, en 1898, une série d’inscriptions sur plomb, découvertes dans des sarcophages en terre cuite sur la voie Appienne. Ce sont des imprécations contre des chevaux et des cochers du cirque, dont les auteurs sont les adeptes d’une secte gnostique, adoratrice de Typhon-Seth, dieu à tête d’âne. Le graffite du Palatin n’est donc pas une caricature du Christ : c’est la représentation grossière de l’hommage rendu à Typhon-Seth par un de ses adorateurs .

Si la légende de l’adoration de l’âne par les chrétiens est une calomnie inepte, il n’en est pas moins certain que l’âne occupe une place peu banale dans la tradition chrétienne primitive. Jésus fit son entrée à Jérusalem sur une ânesse accompagnée de son ânon (Matthieu, XXI, 7), afin que fut accomplie la prophétie: « Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient à toi, débonnaire, et monté sur un âne, sur le poulain de celle qui porte le joug. » Parce qu’il avait été la monture de J.-C. (et de la Vierge lors de la fuite en Égypte, suivant la tradition iconographique), l’âne a toujours joué un certain rôle dans la religion populaire. Il suffit de rappeler la fête de l’âne, qui se célébrait, au Moyen Âge, le jour de la Circoncision . Une croyance assez répandue veut que le dos de l’âne soit marqué d’une croix, en mémoire de celui qu’il a porté.

Y aurait-il lieu d’établir un rapport quelconque entre la prétendue idole de Moïse monté sur un ânon et l’image familière de Jésus entrant sur une ânesse à Jérusalem ? Je me contente de poser la question, sans croire que nous ayons les moyens de la résoudre. Mais lorsqu’on cherche à démêler l’origine des traditions populaires, il ne faut jamais oublier que l’interprétation des images en a été l’un des facteurs les plus féconds.

 

                                                                                              Gif anes

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Dieu, l’abeille et Gouna

Posté par othoharmonie le 18 décembre 2011

Comte Africain

Ouahiribé Dembélé (auteur), Françoise Diep (traductrice), François Moïse Bamba (conteur), album

et CD bilingue (5 plages), Lirabelle, collection Contes du Burkina Faso, 2006

 

Dieu, l'abeille et Gouna dans ABEILLES dieulabeilleetgouna 

Le conte :

Dieu, l’abeille et l’oiseau Gouna revendiquent la place d’aîné. Pour trancher, Dieu propose une épreuve : chacun doit partir le plus loin possible et demander à sa mère de préparer le dolo (bière de mil). Dieu remporte l’épreuve. Mais c’est la Terre qui lui conteste alors son statut d’aîné. Pour prouver sa toute-puissance, Dieu provoque la sécheresse. Les animaux demandent à Gouna d’aller intercéder en leur faveur auprès de Kaza, la mère de Dieu. Celui-ci réussit. Tous reconnaissent la puissance de Dieu.

 dans ABEILLES Il y a cohérence narrative des 2 parties du conte : il s’agit de reconnaître Dieu comme créateur du monde et tout-puissant. Il y a aussi une profonde cohérence symbolique qu’expliquent les 2 dernières pages de l’album. Il s’agit d’un conte initiatique fondamental dans la culture sénoufo :

 - dieu unique créateur du monde ;

- son pendant féminin protège les villages, le poro (rituel d’initiation masculine) ; représenté par la mère de Dieu dans le conte ;

- place de l’abeille et de l’oiseau Gouna dans le panthéon sénoufo ; symboles de fécondité ; place expliquée aux initiés pendant le poro ; valeur étiologique du conte concernant leur apparence physique ;

- dolo boisson des fêtes et des cérémonies ; le conte rend compte des étapes de sa fabrication ;

- place des plus âgés dans la société sénoufo (comme dans la plupart des sociétés africaines) : âge gage d’autorité et de sagesse ;

- place de la femme : société sénoufo autrefois matrilénéaire.

 La traduction permet donc de découvrir avec ce conte une culture différente.

 Les illustrations

Elles sont sobres et plaisantes, mais le sont-elles pour un enfant (couleurs assez sombres) ?

L’unité des couleurs souligne l’unité du conte. La mise en page très claire.

 Le CD bilingue

5 plages

1 – Pi Youpi, Non-sens

2 – Dieu, l’abeille et Gouba, version française

3 – Soriyayariya, Je ne me connais pas d’ennemi

4 – Allah, Liden ani Gouna, version originale dioula

Le récit est ponctué de bruitages qui semblent restituer l’atmosphère des réunions autour du griot.

5 – Chant sénoufo et percussions par Sukimata Oulibaly et ses enfants.

 L’album

La conception n’en est pas tout à fait satisfaisante s’il n’y a pas d’accompagnement pédagogique dûment préparé. Rien n’est mentionné sur ces cinq plages : il n’y a aucune indication sur leurs rapports, qui ne sont même pas si évidents à l’audition. La version française et la version dioula

Différente. L’accompagnement est réduit à 2 pages sur la portée initiatique du conte : l’essentiel des informations est donné, mais si celles-ci avaient été un peu plus développées, elles auraient permis d’éviter les risques de rejet de l’album, vu les difficultés que l’on peut avoir à comprendre l’unité du conte si l’écoute est rapide, les valeurs symboliques si on n’a pas de connaissances préalables.

 Celles-ci sont complexes pour des enfants (matrilinéarité). Même des adolescents et des adultes ont besoin de faire des recherches s’ils veulent bien comprendre le rapport entre le personnage de Kaza mère de Dieu, le pendant féminin de Dieu, Katieleo : les 2 pages ne suffisent donc pas. Il n’y a pratiquement rien du point de vue géographique, rien sur les instruments de musique…

 C’est une faiblesse pour l’usage familial, pour un usage direct en classe aussi. Mais comme l’album et le CD sont très riches, une exploitation pédagogique interdisciplinaire et interculturelle peut être très stimulante et fructueuse.

 Conclusion :

Gif abeilleL’ensemble, qui peut être considéré comme inabouti au premier abord, mérite d’être retenu. Une première approche visant la compréhension de la cohérence narrative et le plaisir de l’écoute peut être intéressante. Et surtout de nombreuses exploitations pédagogiques sont possibles Les deux pages documentaires constituent un point de départ pour des recherches complémentaires, l’élaboration d’un document d’accompagnement sur la musique, la géographie…, des échanges entre élèves de différentes origines. L’approfondissent sera adapté aux groupes de travail, hétérogènes ou non, au collège, en lycée professionnel ou même en lycée.

 Présentation de l’album-CD, de l’auteur, du conteur, de la traductrice

Présentation des éditions Lirabelle sur Ricochet

Accéder au site, au catalogue

                                                                                     Gif abeille

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Le miel

Posté par othoharmonie le 18 décembre 2011

Le miel dans ABEILLES 220px-Honey_combAliment premier, à la fois nourriture et boisson, à l’image du lait auquel il est souvent associé, le miel est dans toutes les traditions d’abord symbole de richesse et de douceur. Dans les textes sacrés d’Orient et d’Occident, lait et miel coulent en ruisseaux sur toutes les terres promises. Les traditions celtes célèbrent l’hydromel comme boisson d’immortalité. Comme dans la mythologie grecque, où il est le breuvage des Dieux de l’Olympe. Symbole de connaissance, de savoir et de sagesse, il est l’aliment réservé aux élus, aux initiés, aux êtres d’exception, dans ce monde comme dans l’autre. La tradition grecque veut que Pythagore ne se soit nourri, sa vie durant, que de miel. 

 Tous les grands prophètes font référence au miel dans les Ecritures, la Parole est du miel, il représente la douceur, la justice, la vertu et la bonté divine. Le Coran parle en termes sacrés des abeilles et du miel : « le miel est le premier bienfait que Dieu a donné à la Terre. » Virgile appelle le miel le don céleste de la rosée, la rosée étant elle-même symbole d’initiation. Le miel en viendra aussi à désigner la béatitude suprême et l’état de nirvâna. Symbole de toutes les douceurs, le miel de la connaissance fonde le bonheur de l’homme. 

 180px-Filtering_of_honey_ dans ABEILLESLa perfection du miel en fait un élément majeur dans de nombreux rituels religieux. Pour les Egyptiens, il provient des larmes du dieu Râ et fait partie de toutes les offrandes religieuses de l’Egypte pharaonique. En Islam, selon le Prophète, il rend la vue, conserve la santé et ressuscite les morts. Chez les indiens d’Amérique, il joue un grand rôle dans les cérémonies et les rituels d’initiation et de purification. Nourriture inspirante, il a donné le don de la poésie à Pindare et celui de la science à Pythagore. 

 Dans la pensée psychanalytique moderne, le miel symbolise le « Moi supérieur », ultime conséquence du travail intérieur sur soi-même. Résultat d’une transmutation de la poudre éphémère du pollen en succulente nourriture d’immortalité, il symbolise la transformation initiatique, la conversion de l’âme, l’intégration achevée de la personne. 

 220px-Met_Flasche_und_GlasA l’époque, les Celtes se réconfortent avec du vin miellé et de l’hydromel. L’abeille, dont le miel sert à faire de l’hydromel ou ligueur d’immortalité, est l’objet, en Irlande, d’une étroite surveillance légale. Un texte juridique moyen-gallois dit que « la noblesse des abeilles vient du paradis et c’est à cause du péché de l’homme qu’elles vinrent de là : Dieu répandit sa grâce sur elles et c’est à cause de cela qu’on ne peut chanter la messe sans la cire ». Même si ce texte et tardif et d’inspiration chrétienne, il confirme une tradition très ancienne dont le vocabulaire offre encore des traces (le Gallois, cwyraidd de cwyr « cire » signifie « parfait, accomplit », et l’Irlandais moderne céir-bheach, littéralement « cire d’abeille », désigne aussi la perfection. Le symbolisme de l’abeille évoque donc, chez les Celtes comme ailleurs, les notions de sagesse et d’immortalité de l’âme.

 

                                                                        Gif abeille

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Abeille messagère de l’été

Posté par othoharmonie le 18 décembre 2011

 

Abeille messagère de l'été dans ABEILLES 220px-Ocelles-Abeilles_Luc_ViatourMessagère de l’été, l’abeille est associée à la lumière et au soleil car selon la mythologie égyptienne, elle serait née des larmes du dieu-soleil Ré tombées sur terre. Pour les Nosaïris, hérésiarques musulmans de Syrie, Ali, lion d’Allah est le Prince des abeilles qui, selon certaines versions, seraient les anges, et selon d’autres, les croyants.

Dans le langage métaphorique des derviches Bektachi, l’abeille représente le derviche et le miel est la divine réalité qu’il recherche. De même dans certains textes de l’Inde, l’abeille représente l’esprit s’enivrant du pollen de la connaissance.

Personnage de fable pour les Soudanais et les habitants de la boucle du Niger, elle est symbole royal en Chaldée, bien avant que le Premier Empire en France ne la glorifie. Ce symbolisme royal ou impérial est solaire.

L’abeille dans l’Egypte ancienne

 Systropha planidensSymbole de l’âme, elle est parfois identifiée à Déméter pour la Grèce antique où elle peut représenter l’âme descendue aux enfers ; ou bien, au contraire, elle matérialise l’âme sortant du corps. A Eleusis et à Ephèse, les prêtresses portent le nom d’abeilles. Virgile en a célébré les vertus. On les trouve représentées sur les tombeaux en tant que signes de survie post-mortuaire. Car l’abeille devient symbole de résurrection. La saison d’hiver, trois mois, durant laquelle elle semble disparaître, car elle ne sort pas de sa ruche, est rapprochée du temps, trois jours, durant lequel le corps du Christ est invisible, après sa mort, avant d’apparaître de nouveau ressuscité.

On la retrouve au Cachemire et au Bengale, et dans de nombreuses traditions indiennes d’Amérique du Sud, ainsi qu’en Asie centrale et en Sibérie. Platon, enfin, affirme que les âmes des hommes sobres se réincarnent sous forme d’abeille.

Une histoire de la mythologie grecque raconte qu’un jour les abeilles d’Aristée, fils d’Apollon, étaient toutes mortes. Amoureux de la Dryade Eurydice, il fut cause de sa mort, en la poursuivant le jour de ses noces avec Orphée : comme elle fuyait devant lui, la malheureuse n’aperçut pas sous ses pieds un serpent caché dans les hautes herbes. Pour la venger, les nymphes, ses compagnes, firent périr toutes les abeilles d’Aristée. Sa mère, Cyrène, dont il implora le secours afin de réparer cette perte, le mena consulter Protée, dont il apprit la cause de son infortune, et reçut ordre d’apaiser les mânes d’Eurydice par des sacrifices expiatoires. Docile à ses conseils, Aristée, ayant immédiatement immolé quatre jeunes taureaux et autant de génisses, en vit sortir une nuée d’abeilles qui lui permirent de reconstituer ses ruches.

 dans ABEILLESL’abeille symbolise également l’éloquence, la poésie et l’intelligence. La légende concerne Pindare et Platon, puisque des abeilles se seraient posées sur leurs lèvres au berceau,  elle est d’ailleurs reprise par Ambroise de Milan ; les abeilles frôlent ses lèvres et pénètrent dans sa bouche. Les propos de Virgile selon lequel les abeilles renferment une parcelle de la divine Intelligence reste vivant chez les Chrétiens du Moyen Age. On retrouve ici la valeur symbolique du bourdonnement, véritable chant, de l’abeille.

Par son miel et par son dard, l’abeille est considérée comme l’emblème du Christ ; d’un côté, sa douceur et sa miséricorde ; et de l’autre, l’exercice de sa justice en tant que Christ-juge. Les auteurs du Moyen Age évoquent souvent cette figure. Pour Bernard de Clairvaux, elle symbolise l’Esprit Saint.

Les Celtes se réconfortaient avec du vin miellé et de l’hydromel. L’abeille, dont le miel servait à faire de l’hydromel ou liqueur d’immortalité, était l’objet, en Irlande, d’une étroite surveillance légale. Un texte juridique dit que « la noblesse des abeilles vient du paradis et c’est à cause du péché de l’homme qu’elles vinrent de là ; Dieu répandit sa grâce sur elles et c’est à cause de cela qu’on ne peut chanter la messe sans la cire ». 

L’ensemble des traits empruntés à toutes les traditions culturelles dénote que, partout, l’abeille apparaît essentiellement comme douée d’une nature ignée, c’est un être de feu. Elle représente les prêtresses du Temple, les Pythonisses, les âmes pures des initiés, l’Esprit, la Parole ; elle purifie par le feu et elle nourrit par le miel ; elle brûle par son dard et illumine par son éclat.

Des abeilles domestiques autour de leur reine, sur un rayon de mielSur le plan social, elle symbolise le maître de l’ordre et de la prospérité, roi ou empereur, non moins que l’ardeur belliqueuse et le courage. Elle s’apparente aux héros civilisateurs, qui établissent l’harmonie par la sagesse et par le glaive. 

Quant à la ruche, c’est un symbole lunaire et Cancer puisqu’elle est la maison des abeilles et, par métonymie, les abeilles elles-mêmes, en tant que collectivité, peuple. Sa valeur symbolique est claire : en tant que « maison », la ruche est rassurante, protectrice, maternelle. En tant que collectivité, elle est laborieuse : le but de la ruche n’est-il pas celui de l’atelier, de l’usine. Elle symbolise cette union appliquée, organisée, soumise à des règles strictes, qui est censée apaiser les inquiétudes fondamentales de l’être et donner la paix. Ainsi dans les sectes initiatiques ou les communautés religieuses formes d’organisations évoquant symboliquement celles par lesquelles certains maîtres, chefs d’Etat ou d’entreprise assurant aujourd’hui leur pouvoir, sous les noms d’ordre, de justice et de sécurité.

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins 

 

                                                                              Gif abeille

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Abeille et superstitions

Posté par othoharmonie le 17 décembre 2011

 

Nées des larmes du Christ et appelées petites servantes de Dieu, les abeilles doivent être ménagées ; en tuer une porte malheur.

 Les abeilles ou « les petites servantes de Dieu ».

Abeille et superstitions dans ABEILLES 220px-Ocelles-Abeilles_Luc_ViatourSelon la tradition chrétienne, les abeilles sont directement originaires du paradis d’où leur surnom de « petites servantes de Dieu », car elles sont humbles et ne rechignent jamais au labeur.

En tuer une est donc un risque certain de s’attirer le malheur !

En milieu rural, avant le mariage, la jeune fille se devait d’en informer les abeilles. Si celles ci continuaient à butiner et qu’elles ne déplaçaient pas leur ruche, alors il était admis qu’elles étaient satisfaites de l’événement à venir et que ceci était de bon augure.

Lors d’un décès, un membre de la famille se rendait à la ruche et prononçait à 3 reprises la formule suivante : « Petites fées, Petites fées, votre maître (ou maîtresse) est mort(e) » ! En effet ne pas les prévenir faisait courir le risque qu’elles ne Gif abeillemeurent à leur tour ou encore qu’elles partent à jamais.

Des présages pouvaient aussi être tirés de leur comportement. De manière générale, si elles devenaient paresseuses c’était signe d’une catastrophe à venir, à l’inverse une production particulièrement abondante était une promesse de prospérité.

Au pays de Galles, une abeille autour du berceau d’un enfant endormi annonce qu’il aura la volonté et la chance nécessaire pour mener à bien ses projets.

 Si une abeille pénètre dans une maison, c’est signe de bonne nouvelle ou de visite, si elle pique un rhumatisant à l’articulation douloureuse, il est guéri, mais si un essaim s’installe dans le jardin, il faut s’attendre à une mort prochaine.

 

 

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Mule légendaire

Posté par othoharmonie le 15 décembre 2011

Almamula, également connue sous le nom la mulánima, est une mule fabuleuse issue du folklore au Nord de l’Argentine. Le légende liée à cet être serait une façon d’enseigner que les relations sexuelles immorales ne devraient pas arriver.

 

Légende

Mule légendaire dans ANESelon la légende, cet être était originellement une femme sans moralité, qui a commis l’inceste avec son frère et son père, et même le curé du village, et ne l’a jamais regretté. En punition pour cette conduite, elle a été maudite par Dieu, qui l’a changée en mule avec des chaînes attachées, qu’elle fait glisser. Il est très dangereux de la croiser car elle peut tuer n’importe qui sur son chemin d’un coup de pied durant la nuit, en haute montagne.

 

Elle erre dans la montagne durant la nuit et passe par la périphérie des villes les jours de tempête.

 

Il est dit que la chaîne, qui produit également un grand bruit, est la représentation du poids de ses péchés, mais aussi l’espoir que la femme transformée en mule parvienne un jour à rencontrer un homme vaillant qui saisirait ses rênes, accomplirait le rituel et ferait en sorte que son âme puisse enfin gagner le ciel.

 

D’autres traditions indiquent que les gens qui ont des relations sexuelles immorales et ne le regrettent pas seront maudits et transformés du jour au lendemain en mule.

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L’âne

Posté par othoharmonie le 13 décembre 2011

  

L'âne dans ANEPeu d’animaux, sur cette vaste terre, ne traînent autant de casseroles que celui dont je vais vous parler. Rentré dans le langage courant, l’âne est devenu synonyme de stupidité, de paresse, de lubricité et d’entêtement

 

Depuis le roi  Midas jusqu’à l’école républicaine, l’histoire a affublé d’oreilles d’âne tous les mauvais élèves qui disaient âneries sur âneries et qui n’entendaient rien à la musique du français ou des mathématiques. Déjà au 6ème siècle, Isidore de Séville dans le « Livre des étymologies » comprenait le mot asinus (âne en latin) comme in-sania, c’est-à-dire « privé de sens ». 

 

Son entêtement et sa paresse allaient de paires, il n’y avait qu’une carotte pour faire avancer son âne et « à laver la tête d’un âne, on perd sa lessive » puisque celui-ci, à peine « schampooiné« , ne tardait pas à se rouler dans la poussière. Mais ce que le proverbe n’aura pas retenu, c’est que l’âne agissait ainsi pour se protéger des piqûres d’insectes qui le harcelaient et pour se débarrasser des tiques. Qu’on le taxe d’animal lubrique tombe sous le sens, la taille de son sexe d’abord en ferait rougir plus d’un et son appétence pour sa femelle en chaleur a peu de commune mesure, il peut perdre des dizaines de kilos en un rien de temps,  saillant son ânesse presque douze fois par jour. 

 

Pourtant, pourtant, dans toutes les familles paysannes, et ce depuis qu’il a été domestiqué voilà déjà plus de 6.000 ans, dans les lointaines terres d’Egypte et de Sumer où l’agriculture, les villes-états, l’écriture et la civilisation ont vu le jour, l’âne était le plus corvéable et le plus utile des animaux que l’homme ait eu la chance et le bonheur de rencontrer. Aucun paysan ne me contredira : labeur et humilité sont les deux mamelles de notre Terre-Mère Gaïa et si un animal sait où le bât blesse, c’est bien notre équidé ! 

 

 dans ANEUn animal stupide ! Qu’on le compare à son cousin cheval qui n’obéit à son maître que parce qu’il a subi un dressage violent, ce débourrage comme le nomme les éleveurs de chevaux ne peut pas se pratiquer sur l’âne. Ainsi, à l’instar de nos enfants qui, comme l’âne, braille avant de savoir parler (le verbe brailler vient de braire qui est le cri de l’âne), notre animal aux longues oreilles a besoin d’une éducation plus qu’un douloureux dressage et les « ânes » qui ne l’ont toujours pas compris continuent à s’user la corne et les neurones pour que l’âne marche à la baguette. Notre animal vient d’Afrique, un pays désertique, montagneux, terre d’accueil des plus grands prédateurs de l’époque : lion, panthère et crocodile, il est donc difficilement impressionnable. Contrairement au cheval qui peut s’emballer parce qu’un quelconque animal l’a surpris, l’âne est un animal réfléchi qui analyse le danger et y fait généralement front. Cela me rappelle une certaine ânesse qui, malgré les coups répétés de son grand prophète Balaam, refusait d’avancer parce qu’elle avait vu l’ange terrible du Seigneur brandir son épée, menaçant celui qui oserait aller maudire Israël ! (Nb 22.21) 

 

Parlons un peu des dieux et des mythes qui nous narrent les aventures de notre animal. 

 

Par Bertrand CHATELAIN

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L’Ane et Le Boeuf

Posté par othoharmonie le 10 décembre 2011

Introduction par J. BITOUN 

 

« Des correspondants m’ont fait très justement part d’omissions que j’ai commises à propos de certains aspects allégoriques associés à la vie d’Ulysse. Pour résumer, je n’aurais pas assez mis en évidence le rôle de l’âne et celui du cheval dans deux des mythes traités. «  

 

 L'Ane et Le Boeuf dans ANEUlysse, afin de faire croire aux envoyés d’Agamemnon qu’il était devenu fou, attela ensemble un âne et un bœuf à sa charrue car cette pratique n’était pas usitée dans l’Antiquité au point que les rédacteurs de la Bible, une bonne dizaine de siècles plus tard, ont cru bon de l’interdire sans donner d’explication. En effet on lit dans le Chapitre 22 du Deutéronome, consacré aux Prescriptions diverses, l’interdit du verset 10: « Tu ne laboureras point avec un bœuf et un âne attelés ensemble », intercalé entre des pêches de vigne et la composition filaire de vêtements d’hiver. Il semblerait que cette révélation divine ait subi l’influence mythologique de la folie simulée d’Ulysse mais que ne sachant pas comment l’interpréter, les Septantes, de culture grecque, se soient contentés de recopier servilement l’épisode de la simulation odysséenne en transformant le résultat de la feinte folie mythologique d’Ulysse en une sainte interdiction divine. 

 

En fait de Parole de Dieu, une preuve supplémentaire est ainsi apportée que les textes bibliques, et avec eux tous leurs corollaires prétendument révélés, ont bien été conçus et rédigés par des hommes qui profitaient, comme leurs ancêtres, du souffle rafraîchissant de la pensée hellénique dont la Mythologie constituait un vecteur au même titre que la philosophie, les sciences exactes, les arts, la médecine, etc. En un mot toutes les disciplines de l’esprit dans lesquelles une poignée de citoyens libres et évolués ont excellé, pendant une période très courte, à l’intérieur d’un petit quadrilatère géographique, centré sur le Parthénon, pour rayonner dans le temps et dans l’espace, malgré la Barbarie et le despotisme, l’ignorance et la superstition, la cruauté et la violence. A l’époque de Périclès, vers le V° Siècle avant JC, des esprits aussi brillants que Socrate, Platon, Aristote, Eschyle, Sophocle, Euripide, Xénophon, Hippocrate, Hérodote, Phidias, entre autres, qui se rencontraient chaque jour dans les rues d’Athènes en allant faire leur emplettes sur le marché de Plaka, en bas de l’Acropole, ne se doutaient pas de l’impact et de l’influence que leurs pensées exerceraient sur les générations à venir, partout dans le monde l-ane-le-boeuf-et-le-laboureur dans ANEet en toutes circonstances. Comme si la Providence, aidée des Dieux bienfaisants de l’Olympe, avait bâti un édifice virtuel parfait, composé de rayons lumineux, convergeant à la même époque et émis au même endroit par les intelligences les plus brillantes. Cette même Providence s’est manifestée à la Renaissance, puis au Siècle des Lumières, mais toujours à partir des bases incontournables de l’Hellénisme. 


Revenons à nos deux animaux de trait! La folie d’Ulysse aurait été encore plus convaincante s’il avait eu l’idée d’atteler ensemble une gentille ânesse et un porc répugnant. Ce dernier animal, considéré comme impur, n’aurait alors, en raison de son indiscipline, pas permis à Ulysse de creuser les douze sillons et d’y déverser du sel. De plus le lait d’ânesse, réputé pour ses vertus épidermiques, ne pouvait pas être fourni par un animal lubrique et fougueux, par opposition au bœuf placide et travailleur. Shakespeare ne s’y est pas trompé, dans sa comédie truculente « Le songe d’une nuit d’été (A Midsummer Night’s Dream) », lorsqu’il affuble, d’une tête d’âne, l’empoté personnage de Bottom, dont tombe amoureuse la délicate et adorable Reine des Fées, Titania, à la suite d’un artifice de Puck, commandé par son mari Obéron. Cette pièce s’inscrit largement dans le répertoire mythique par les nombreux symboles qu’elle véhicule, notamment celui de l’âne dont on a peine à croire que le célèbre barde de Stratford n’aurait pas été influencé par le stratagème resquilleur d’Ulysse. Néanmoins si, par une lubie dont la Mythologie est apparemment coutumière, un autre couple d’animaux hétéroclite avait remplacé celui choisi par Ulysse, gageons que le verset 10 du Chapitre 22 du Deutéronome aurait été modifié en conséquence et qu’aujourd’hui encore une génération d’orthodoxes bornés le réciterait tel quel avec la ferme conviction de son origine divine. 

le-boeuf-l-ane-et-le-chevalC’est sur un ânon bien docile, et non sur un bourricot impur, que Jésus est juché pour son entrée remarquable à Jérusalem. Comment interpréter aussi le symbole paisible de l’âne et du bœuf figurant dans l’étable o- Jésus est né, les deux animaux étant associés à la Nativité sans toutefois être attelés ensemble. A moins de considérer la Vie et la Mort de Jésus comme des symboles relevant d’un légendaire crypto hellénique, il ne convient pas de chercher très loin l’explication de la présence effective des deux quadrupèdes, qui constituaient l’unique bien appartenant à la famille de Joseph: l’ordre romain de recensement indiquait clairement qu’il concernait personnes et bétail. Si certains théologiens chrétiens se plaisent à voir d’une part dans l’âne les Paens vicieux, entêtés, lubriques, d’autre part dans le boeuf, le peuple juif, soumis, travailleur, patient, comment devraient-ils alors interpréter le mythe d’Ulysse qui utilise ces deux animaux pour sauver la tranquillité et l’existence de sa fidèle Marie et de son petit Jésus, anachronisme mis à part, autrement que par souci d’essayer d’échapper à un ordre injuste, plutôt que de s’y soumettre consciencieusement, comme le fit Joseph, au risque de perdre femme et enfant?

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Le mythe de l’âne

Posté par othoharmonie le 10 décembre 2011

Le mythe de l'âne dans ANE ane-egypte-antiqueDe l’Antiquité à nos jours, l’âne exerce une telle influence qu’il s’illustre dans la culture sous plusieurs images. Sacré pour certains, méprisé par d’autres, on a fait de lui un personnage de contes et de légendes, une entité parfois à la mauvaise réputation, un bouc émissaire sujet à toutes sortes de fables, car en réalité l’âne a « bon dos ». Pourtant, véritable source d’inspiration, il nous livre ses secrets d’âne, nous renvoyant parfois une image ancrée à l’humanité comme un miroir à double face.

Qualités ou défauts, l’âne est bien un reflet de la société au travers des âges, car depuis plus de cinq mille ans il accompagne les hommes sans ménager sa peine, et d’aussi loin que l’on peut remonter dans le temps, certaines caractéristiques morphologiques ou participations font qu’il reste lié étroitement à la culture.

Souvent sujet de légendes ou balivernes, son image est pourtant souvent salie. Bête, têtu ou méchant, parfois il représente la colère ou le danger. Les ânes rouges de l’Égypte ancienne incarnaient le maléfice si d’aventures les âmes en route vers l’au-delà le rencontraient. Une superstition qui s’explique, car dans ce cas les auteurs évoquent certainement l’Hémione, ce demi âne à la robe rouge, si difficile à dresser.

Dans la mythologie grecque ou plus précisément mysienne
, les ânes par milliers furent sacrifiés au nom de Priape, fils de Jupiter et de Vénus, dieu de la fécondité abandonné par Vénus. Par la suite, la dérive légendaire voulut que l’âne de Priape soit affublé d’un membre sexuellement démesuré… Enfin, d’après la légende grecque et romaine, Apollon, fils de Jupiter, aurait puni le roi Midas en l’affublant de grandes oreilles, car ce dernier préférait la flûte d’un rival (Pan), nous rappelant d’ailleurs le bonnet d’âne distribué naguère dans nos écoles.

Chez les Romains
, l’âne de Bacchus (monté en réalité par Silène son fidèle serviteur) transporte des vases emplis d’alcool. Résultat ? En associant plaisir du vin et plaisirs terrestres, il devient, malgré lui, compère de débauches. En revanche, « Les Vestalia » fête romaine en l’honneur de la déesse Vesta, fille de Jupiter et Rhée, célébrée le 8 et 9 juin, redore son blason en mettant en avant des processions d’ânes couronnées de fleurs.

http://www.asinerie.net/connaissance/culture.html

 

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Le Saumon et les Dieux

Posté par othoharmonie le 7 décembre 2011

 

Saumon coho Le Saumon sacré remonte à la source de toute chose : il remonte aux initia, – comme nous essayons bien maladroitement de le faire – et l’on comprend alors qu’il soit le symbole d’un niveau d’initiation, le plus élevé. 

 

Chez les Grecs : Il est le symbole de l’Océan, l’image de la Déesse Mère  primitive, créatrice certes, mais terrible, le domaine de Nérée et de ses Néréides aux cent pieds, kenning/ métaphore dans lesquelles nous pouvons voir, soit la mer moutonnante aux “cent” vagues, soit les poissons innombrables peuplant l’océan qui est aussi habité par les Tritons “hommes poissons” mais aussi d’Ichtyocentaures. Ces tritons étaient en fait les pêcheurs/ chasseurs de cétacés des chefferies du Maglemose, le Grand Marais danois, qui s’habillaient de peaux de phoque pour survivre dans ces eaux glaciales (cf. art. Narval et Naglfar) et c’est à ce titre qu’ils étaient les “mâles” des Sirènes atlantes (cf.). 

 

Chez les Nordiques : La confusion entre Tritons et Atlantes au sens architectural comme supports de balcon ou de voûte – comme Atlas supporte la voûte du ciel Ouranos – donne à penser qu’il était autrefois évident que les Tritons étaient Atlantes et, par conséquent, que leur domaine Thétys (Cétus) était le Grand Marais alimenté par le Fleuve Baltique, l’Eridan/ Eider archaïque des Boréens… 

 

Dans leur mythologie, l’affreux Loki se changea en saumon après qu’il eut hypocritement poussée l’aveugle Höder à tuer son frère Balder (Apollon) “en jouant” au lancer du rameau de Gui  sacré. Il tenta alors d’échapper à la colère des dieux Ases en se cachant sous la cascade Franang. Mais il y fut pris grâce au filet qu’il avait lui-même inventé : « Tel est pris, qui croyant prendre ! »… 

 

Le Saumon et les Dieux dans POISSON 7112728-blue-tonique-poisson-saumonChez les Celtes : Le saumon s’appelle Eo en breton et en Gallois. C’est le symbole de la Connaissance car “il a bu l’eau dans laquelle étaient tombées les baies 59 de l’If” (Thuya –› Thyone). Il fait donc partie du repas traditionnel des druides et est un symbole d’immortalité (celle de l’Esprit, transmis au clan par l’initiation) : dans leurs “transformations” rituelles, il achève leur initiation par degrés, il est l’homologue du sanglier et correspond à une classe initiatique probablement réservée aux druidesses. 

 

Chez les Indous : le “poisson” est la monture de Varuna. 

 

Au Moyen Orient : « Notons que le mot salma ou “saumon” a donné le nom du titre royal chez les Kéniens ancêtres du roi David, chez les Phéniciens (Sélim, un mot qui est passé chez les Musulmans), chez les Assyriens (Salman), chez les Grecs et les Crétois du minoéen récent (Salmoneus). C’est ce titre qui fut également adopté par le roi Salomon… » J–P. Ronecker, op. cit. 

 

Blasons : Le Saumon est présent sur les écus et faussement blasonné en Ichtyos 

chrétien (cf. Glasgow in art. Blasons). En Provence, c’est l’esturgeon, un poisson qui remontait le Rhône en Mai

gifs poissons

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