Résultats de votre recherche

L’imprimé léopard dans la mode

Posté par othoharmonie le 21 août 2015

 

 

 

La papesse de la mode Diana Vreeland ne disait-elle pas: « Qui voudrait vivre dans un monde sans léopard? ». Retour sur un imprimé toujours indompté pour un style félin et mordant. 


2565 avant J.-C. Un symbole de pouvoir98134207

 

La stèle funéraire de Néfertiabet montre la princesse habillée d’une robe asymétrique en léopard. Un hommage aux déesses Bastet (protectrice des mères et des enfants) et Sekhmet (incarnation des forces destructrices), qui, représentées sous l’apparence de félines, évoquaient le pouvoir créateur, mais aussi dévastateur de la femme. 

1955 Sauvage sex-appeal

Au milieu du xxe siècle, l’imprimé léopard devient synonyme d’une sensualité assumée. Il est adopté par les séductrices de Hollywood Jayne MansfieldAva Gardner ou Elizabeth Taylor. S’il transformait les femmes en irrésistibles prédatrices, il éveillait chez les hommes un impérieux désir de les apprivoiser.


1997 La robe de la controverse

Lors de sa présentation haute couture automne-hiver 1997-1998, Jean Paul Gaultier fait défiler une robe-bustier en satin agrémentée d’une peau de léopard réalisée en perles brodées par Lesage dans un effet de trompe-l’oeil magistral. Cette collection, qui coïncide avec l’apogée des campagnes menées par l’association Peta (People for the Ethical Treatment of Animals), n’a fait qu’attiser la rage des activistes anti-fourrure. 

2013 Grunge et pop

Dans sa version 2.0, acidulée et colorée, le léopard charme une nouvelle génération de fans qui raffolent des pulls tachetés technicolor Sister by Sibling ou des robes oversize un rien ghetto chic de DKNY. En un siècle, ce symbole de la séduction est devenu fun et mignon.

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/styles/mode/histoire-de-la-mode-l-imprime-leopard-en-quatre-dates_1285337.html#1O7C4rIOTQy4UIu7.99

 

Publié dans PANTHERE - LEOPARD | Pas de Commentaires »

Une Faune accompagnatrice de la Salamandre

Posté par othoharmonie le 27 janvier 2015

 

220px-Salamandre-monteaperta-07-10-10Du fait de leurs exigences en matière d’habitat naturel, les salamandres tachetées adultes sont assez isolées des autres espèces d’amphibiens. On attribue même une certaine tendance aux salamandres mâles à un comportement territorial, ce qui n’est toutefois pas encore clairement mis en évidence. Des relations de dominance sont prouvées ainsi que des « combats » entre mâles, surtout pendant la période d’accouplement. Dans les biotopes de salamandres on trouve parfois la grenouille rousse, le crapaud commun et le triton alpestre. D’autres espèces peuvent aussi être rencontrées dans la même région, comme l’alyte accoucheur dans le sud de la Forêt-Noire en Allemagne, ainsi que le triton palmé. Les larves de salamandres quant à elles sont fréquemment accompagnées des planaires Crenobia alpina et Polycelis felina ainsi que de la limace Bythinella dunkeri à proximité des sources (son biotope).

La meilleure protection de la salamandre tachetée contre ses prédateurs potentiels est sa remarquable coloration cutanée, sa « parure d’alerte » ainsi que les sécrétions des glandes cutanées, employées en fonction de la violence de l’attaque et/ou de la situation dangereuse pour l’animal. Si l’agresseur montre toujours une attitude hostile, la salamandre libère une sécrétion mousseuse blanchâtre grâce à ses glandes parotoïdes et dorsales. La forme de réaction de défense la plus violente s’exprime par un jet de cette sécrétion cutanée. Il a été observé que des adultes complètement développés de salamandre peuvent, dans cette situation, envoyer le jet de toxines jusqu’à un mètre de distance. Dans la littérature scientifique on ne trouve aucune indication selon laquelle une salamandre adulte aurait été dévorée par un prédateur. Jusqu’ici ont été seulement rapportées des attaques de rats, de poules, de canards, de chiens, de chats et parfois aussi de serpents (comme la couleuvre à collier), qui ont cependant toutes été déjouées, le prédateur prenant rapidement ses distances.

De ce fait on considère que la salamandre n’a pas d’ennemis naturels, hormis l’homme, qui ne compte cependant pas parmi les prédateurs de l’espèce. La situation est différente pour les larves et les juvéniles, qui sont ainsi attaqués par certaines espèces de carabes forestiers comme Carabus problematicus et Carabus violaceus. Les carabes dévorent fréquemment la partie ventrale des larves – généralement la partie dorsale reste ainsi que certaines parties de la tête et de la queue. Les larves sont plus fréquemment en danger, puisqu’elles ne sont pas capables de produire de toxines empoisonnées. Parmi leurs prédateurs on trouve les larves d’odonates (notamment Cordulegaster boltonii et Cordulegaster bidentata). D’autres prédateurs importants sont les poissons déjà cités comme la truite fario, le saumon de fontaine et le chabot commun, en particulier lorsque les larves de salamandres se retrouvent plus bas en plaine dans des zones poissonneuses. Également la rare musaraigne aquatique (Neomys fodiens) chasse de temps à autre les larves de salamandre.

L’infestation de salamandres tachetées adultes par des parasites externes, également appelés ectoparasites, n’a jusqu’ici pas été observée du fait de la forte teneur en poison cutané de la salamandre. Les parasites vivant à l’intérieur du corps, ou endoparasites, sont présents chez la salamandre tachetée. On a ainsi observé une population de salamandres dans le Taunus(montagne moyenne dans le Land de Hesse en Allemagne) porteuses du ver à tête épineuse (famille des acanthocéphales) Pomphorhynchus laevis. Le parasite était localisé dans le foie des larves de salamandre, où on en a trouvé jusqu’à cinq exemplaires. Une atteinte directe aux amphibiens n’a pourtant pas pu être déterminée malgré ce taux d’infestation. De façon isolée, ont été observées des infections de nématodes dans l’intestin et la muqueuse de la bouche.

La salamandre tachetée se trouve seulement dans les collines boisées et les régions montagneuses, en particulier dans l’ouest, le centre et le sud-ouest du pays. S’y ajoute une série de régions interconnectées comme les monts Métallifères, le nord et l’est de la Bavière.

Au nord-est de l’Allemagne se trouvent quelques populations isolées, en particulier dans la région des landes de Lunebourg. L’espèce est absente du nord-est du pays, (elle ne traverse pas l’Elbe vers l’est). Au sud-est de la Bavière, au sud du Danube, une importante région non peuplée existe également. La limite de répartition altitudinale est approximativement de 200 à 450 mètres au-dessus du niveau de la mer ; quelques populations sont connues au-delà de cette limite, par exemple à 650 mètres d’altitude dans le massif montagneux du Harz et à 1 000 mètres dans la Forêt-Noire et les Alpes. Il existe quelques observations isolées en Basse-Saxe en dessous de 100 mètres d’altitude, par exemple dans la réserve naturelle de la forêt de Hasbruch dans le district de Oldenburg (25 mètres d’altitude).

Quelques individus adultes ont été également découverts au nord, dans la plaine du Rhin supérieur, dans des secteurs topographiquement bas. On ne dispose cependant pas encore de preuves certaines de reproduction de la salamandre tachetée en plaine. La plupart de celles-ci auraient été entraînées, au stade larvaire voire au stade adulte, des avants-monts ainsi que des stations de la Forêt noire limitrophes vers la plaine lors d’épisodes de crue.

Pour illustrer cela, un exemple de la région naturelle du « Vorderer dans l’Odenwald« , dans le secteur autour d’Heidelberg, où la salamandre tachetée est encore très commune : latopographie dans ce secteur est très variée ; les pentes boisées voisines du massif du Königstuhl (jusqu’à 566 mètres d’altitude), très abruptes, présentent de nombreux petits ravins et plusieurs vallées annexes dans la vallée du Neckar et la plaine du Rhin. Les ravins riches en végétation sont accompagnés de ruisseaux clairs et d’innombrables « lames », qui satisfont idéalement aux exigences de la salamandre tachetée, grâce à une humidité de l’air supérieur à la moyenne.

220px-Feuersalamander_FehlpaarungAinsi, comme peut le comprendre le connaisseur d’amphibiens, il n’est pas anormal de voir émerger des salamandres, après de fortes pluies ou de violents orages, en pleine ville et dans les mares de jardin, les accès de cave ou les installations de canalisation, qui explorent leur nouvel environnement. À partir d’ici les animaux migrent contraints et forcés vers de nouveaux habitats plutôt atypiques, puisque leur retour est interdit par plusieurs obstacles insurmontables vers leur habitat naturel d’origine. On retrouve ainsi des salamandres tachetées dans des situations de très basses en altitude autour de Heidelberg, près des maisons, dans des jardins, des pépinières, des champs de vignes, etc.

Quelques stations de salamandre tachetée sont encore très certainement inconnues. Du fait de leur mode de vie caché et leur activité nocturne, particulièrement durant les épisodes de mauvais temps, ces amphibiens peuvent s’établir dans un habitat durant plusieurs décennies, sans qu’aucun humain ne les aperçoive jamais, en dépit de leurs couleurs remarquables.

Publié dans SALAMANDRE | Pas de Commentaires »

BIOGRAPHIE DE LA SALAMANDRE

Posté par othoharmonie le 22 janvier 2015

 

Claire Peltier, « Une salamandre photosynthétique : du jamais vu ! » [archive], sur Futura-sciences,‎ 3 août 2010

 

  • Eiselt & Lanza, 1956 : Salamandra salamandra gigliolii subsp. nov. aus Italien. Abhandlungen und Berichte für Naturkunde. Musem für Naturkunde, Magdeburg, vol. 9, p. 3-11.
  • Joger & Steinfartz, 1994 : Zur subspezifischen Gleiderung der südiberischen Feuersalamander (Salamandra salamandra-complex). Abhandlungen und Berichte für Naturkunde. Musem für Naturkunde, Magdeburg, vol. 17,p. 83-98.
  • Köhler & Steinfartz, 2006 : A new subspecies of the fire salamander, Salamandra salamandra (Linnaeus, 1758) from the Tendi valley, Asturias; Spain. – Salamandra, vol. 42, no 1, p. 13-20 (texte intégral).
  • Malkmus, 1983 : Beschreibung einer neuen form des Feuersalamanders der Serra de Monchique (Portugal): Salamanadra salamandra (gallaica) crespoi n. subsp. (Amphibia, Urodela, Salamandridae). Faunistische Abhandlungen. Staatliches Museum für Tierkunde in Dresden, vol. 10, p. 169-174.
  • Lacépède, 1788 : Histoire Naturelle des Quadrupèdes Ovipares et des Serpens, des Poisson et des Cetaces, vol. 2, p. 1-462 (texte intégral).
  • Linnaeus, 1758 : Systema naturae. 10th edition. vol. 1, L. Salvii Holmiae (texte intégral).
  • Obst, 1981 : Der Feuersalamander des Pirin-Gebirge in Bulgarien als Salamandra salamandra beschkovi subsp. n. eine vorlaufige Mitteilung (Amphibia, Urodela, Salamandridae). Faunistische Abhandlungen. Staatliches Museum für Tierkunde in Dresden, vol. 8, p. 197-201.
  • 250px-Salamandra_salamandra_(Marek_Szczepanek)Sochurek & Gayda, 1941 : Ueber die Lurche und Kriechtiere bei Wien, mit Untersuchungen über den Rassenkreis des Feuersalamanders. Das Aquarium. Die Fachzeitschrift des Naturfreundes. Berlin, vol. 15, p. 43-44.
  • Schreiber, 1912 : Herpetologia Europaea. Eine systematische Bearbeitung der Amphibien und Reptilien, welche bisher in Europe aufgefunden sind. Second Edition [Jena]: Gustav Fischer, p. 1-960 (texte intégral).
  • Seoane, 1885 1884 : Identidad de Lacerta schreiberi (Bedriaga) y Lacerta viridis var. Gadovii (BOULENGER), é investigaciones herpetologicas de Galicia. La Coruña, p. 1-19 (texte intégral).
  • Wolterstorff, 1928 : Bollmolche-gebärende Feuersalamander aus Oviedo. Blätter für Aquarien- und Terrarien-Kunde. Stuttgart, vol. 39, p. 132-133.
  • Wolterstorff, 1934 : Über Salamandra maculosa Laur. (= salamandra L.) molleri und eine neue Form, subsp. bezarae. Blätter für Aquarien- und Terrarien-Kunde. Stuttgart, vol. 45, p. 147-149.

 

Publié dans SALAMANDRE | Pas de Commentaires »

Le  » Dreamtime  » ou  » Temps de Rêve « 

Posté par othoharmonie le 8 juin 2014

 

téléchargement (6)Depuis quelques cinquante millénaires, les Aborigènes furent les seuls habitants des immensités australes. A l’arrivée des Britanniques blancs, les hommes « bruns » se trouvaient divisés en 350 tribus totalisant entre 350 000 et 500 000 individus.

L’organisation sociale aborigène était celle d’une société hautement évoluée qui assurait à ses membres une grande sécurité économique, sociale et psychologique, parfaitement adaptée aux besoins de chacun. L’ordre et la loi étaient maintenus sans chef véritable, par un réseau de réciprocités économiques et morales fondées sur un système de relation de parenté parfois complexe et débordant largement celle de la simple parenté consanguine.

Ce peuple vivait une étroite symbiose avec la terre sur le plan économique mais aussi spirituel. Dans le grand mythe d’origine, le Dreamtime, le passé, le présent et l’avenir, l’homme et tout ce qui fait l’univers visible et invisible, matériel et immatériel, s’articulent dans un système de croyances complexes qui s’expriment par le biais d’une abondante littérature orale, du chant et de la danse.

Au coeur de ce système, on trouve le totémisme. Cette croyance en une relation de parenté entre chaque être humain et tout ce qui participe à la Création agit comme principe d’organisation et d’identification tant individuelle que collective : la personne (ou le groupe) ayant telle espèce d’animal ou de plante pour totem est soumise à un ensemble d’obligations et d’interdits liés à cette espèce ; elle est en quelques sorte responsable de son bien-être et de sa pérénnité. Ainsi, le totémisme exprime et explique à la fois le grand respect des Aborigènes à l’égard de la nature en son entier. Animaux, plantes, sources, montagnes, rochers, etc., jusqu’au simple caillou, sont investis d’une valeur spirituelle liée aux mythes fondateurs, au Temps de Rêve. Ce temps de Rêve est un concept fondamental de la religion aborigène, un temps cosmique sans commencement ni fin, dans lequel le présent, le passé et le futur coexistent.

Avant, le monde était informe, une masse molle et mal équilibrée. Le premier, Warramurrungundji est sorti de la mer pour donner naissance aux êtres humains. Il a été suivit par d’autres esprits, qui ont sculpté le relief de la terre, jusqu’alors plate. Ginga, l’ancêtre crocodile, a façonné les contrées rocheuses. Gandajitj, le kangourou géant, a creusé les dépressions. Almudj, le serpent arc-en-ciel, a engendré les alignements des collines.

Une fois leurs actes créateurs terminés, les grands esprits ancestraux sont apparus en rêve aux premiers être humains pour leur indiquer en détail les itinéraires de pélerinage de ces « Sites de Rêve ». Voyant leur vie comme un voyage en quête de leurs ancêtres, les Aborigènes allaient de site en site (walkabout) suivant ces chemins préétablis appelés « songlines« . Lors de ce parcours initiatique, ils chantaient des airs du Dreamtime adaptés à chaque lieu – colline, source ou rocher – car les esprits demeurent à jamais dans ce qu’ils ont créé.

Publié dans KANGOUROU | Pas de Commentaires »

Histoire évolutive des hippopotames

Posté par othoharmonie le 7 avril 2014

 

290px-Tête_d'hippopotameComme son nom l’indique, les Grecs anciens voyaient dans l’hippopotame une sorte de cheval. Jusqu’en 1985, les naturalistes regroupaient les hippopotames avec les cochons, en se fondant sur les particularités des molaires. Pourtant, l’étude des protéines du sang, puis de la systématique moléculaire et enfin plus récemment de fossiles a bien montré que leurs parents génétiques les plus proches sont les cétacés : les baleines, les marsouins et animaux apparentés. Les hippopotames ont plus de points communs avec les baleines qu’ils n’en ont avec d’autres ongulés comme les cochons. Ainsi, l’ancêtre commun des hippopotames et des baleines a existé après que la lignée s’est séparée des ruminants, séparation qui s’est elle-même produite après la divergence du reste des ongulés artiodactyles, cochons compris. Alors que la baleine et l’hippopotame sont les plus proches parents vivants l’un de l’autre, la séparation de leurs lignages s’est produite très peu de temps après leur divergence du reste des ongulés artiodactyles.

En 2005, la population d’hippopotames du Parc national Virunga en République démocratique du Congo était tombée à 800 ou 900 individus alors qu’elle en comptait environ 29 000 dans le milieu des années 1970, provoquant des inquiétudes quant à la survie de cette population. Ce déclin est attribué aux dégâts causés par la Deuxième Guerre du Congo. On croit que les braconniers sont d’anciens rebelles Hutus, des soldats congolais mal payés et des milices locales. Les braconniers chassent pour se nourrir, mais aussi pour le profit financier. Un hippopotame de trois tonnes vaut des milliers de dollars. La vente de viande d’hippopotame est illégale, mais quand elle arrive inopinément dans les marchés, elle se vend si vite qu’il est difficile pour les fonctionnaires du WWF d’intervenir. Les défenseurs de l’environnement avertissent que cet hippopotame pourra bientôt avoir disparu du Congo. Le massacre des animaux dans le parc a été longtemps cautionné par l’Armée rwandaise dans les parcs naturels au Congo.

On a estimé que la population des hippopotames de l’ensemble de l’Afrique est entre 125 000 et 150 000, de laquelle la Zambie (40 000) et la Tanzanie (20 000-30 000) ont les plus grandes populations.

On a décrit cinq sous-espèces d’hippopotames en se fondant sur des différences morphologiques (H. a amphibiusH.a. kibokoH.a. capensisH.a. tschadensisH.a. constrictus; Lydekker 1915). Pourtant, l’existence de ces sous-espèces présumées n’avait pas été confirmée par des analyses génétiques, c’est ce qu’a fait une étude récente d’Okello et al. (2005).

En utilisant l’ADN mitochondrial des biopsies de peau prélevées dans 13 lieux d’échantillonnage, les auteurs ont examiné la diversité et la structure génétiques parmi les populations d’hippopotames à travers le continent. Ils trouvent que la différentiation génétique est basse mais significative parmi 3 des 5 groupes présumés - H.a. amphibiusH.a. capensisH.a. kiboko. Si ces conclusions sont exactes, cela voudrait dire que les hippopotames communs au Kenya et en Somalie (kiboko), en Afrique du Sud (capensis de la Zambie à l’Afrique du Sud) et dans le reste des pays africains sub-sahariens (amphibius) représentent trois sous-espèces distinctes, avec H.a. amphibius comme groupe ancestral. Okello et al. ont établi également que les hippopotames communs ont connu en Afrique une expansion démographique importante au cours du Pléistocène et ultérieurement, expansion qu’ils attribuent à une augmentation des étendues d’eau à la fin de cette époque.

Publié dans HIPPOPOTAME | Pas de Commentaires »

Psychanalyse de l’Escargot

Posté par othoharmonie le 12 juin 2012

 

Le temps logiques / PSYCHANALYSE Laurence Follézou

En ces temps agités pour la psychanalyse en terre de France, j’ai choisi de vous présenter un cas de gentille subversion politique, celle de Francesco del Cossa, exemplaire pour nos rencontres annuelles.

 Del Cossa, artiste peintre de son état, fait partie de la grande Ecole de Ferrare, école soutenue par la famille d’Este. C’est la période du quattrocento, période de renouvellement du langage artistique, tout y est décloisonné, le théâtre, la musique, l’architecture… l’archéologie, la psychanalyse, la neurologie… L’Italie est très divisée et traversée par le grand schisme d’occident. Le monde catholique est partagé entre trois papes s’excommuniant hardiment l’un l’autre. C’est donc le tout début d’une renaissance singulière.

 Vers 1470, del Cossa peint une Annonciation, c’est un travail de ‘commande’ qui en dehors de bien des particularités pour l’histoire de l’art sur le plan de la perspective, comporte un élément génial : un escargot fonce droit devant lui, toutes cornes dehors.

Psychanalyse de l'Escargot dans ESCARGOT Pomacea-300x197Voici l’escargot de l’Annonciation, à ma connaissance, il n’en existe qu’un seul. Cet animal a fait tomber beaucoup d’encre. Daniel Arasse, historien d’art, disparu depuis peu, a écrit à ce sujet des éléments appuyés sur un raisonnement géométrique. Pour lui Dieu au fond du tableau a la même taille que notre gastéropode. Géants tous deux, ils se trouvent dans le même alignement. Il en fait ainsi une concordance Dieu-Escargot. Umberto Eco abonde dans ce sens et use d’humour, au fond Dieu a laissé beaucoup de temps se passer entre la Chute et l’Annonciation, l’escargot en est le symbole.

 

Mais regardons de près cet animal surpris en pleine course du côté de la Vierge. Le peintre a choisi de le représenter sur le bord du tableau, il aurait pu, à la limite, le peindre sur le cadre.

Il n’appartient pas à l’image, il fait partie d’un autre monde, celui du peintre regardant la scène, sinon nous aurions affaire à un escargot monstrueux, ayant la même taille que le pied de la vierge alors qu’à échelle réelle, cet escargot a la taille d’un bon escargot de Bourgogne.

 Quelle était alors l’intention de Del Cossa ? Pour Daniel Arasse, le tableau ne représente évidemment pas la vérité de l’Annonciation, il n’en est qu’une image. Mais cette image comporte l’emblème de l’intention de l’artiste, comme figure de l’impossible.

Pour qu’une femme puisse enfanter il y a une nécessité qu’elle ait des règles. Les règles étaient considérées comme la trace du péché originel, en anglais, les règles se nomment  » The curse of Eve « . La malédiction d’Eve traverse ainsi le Channel, à Saint-Malo Robert

Surcouf montre du doigt l’ennemi, et son débarquement possible. La vierge a été choisie par Dieu et représente le seul cas d’Immaculée Conception. On peut supposer que cela ne comporte aucune trace de règles, pure de toute trace de malédiction, le tabernacle sans tache, le ‘ pas de trace de tache’.

En 1470, date de création de ce tableau, la question de l’Immaculée Conception est une question primordiale, les papes qui se suivent rapidement à cette époque de l’histoire, veulent asseoir leur autorité et Sixte IV en 1477 prend la décision de fêter cette Immaculée Conception le 8 décembre. Sixte IV avait été nommé en 1464 ministre général de l’Ordre des Frères mineurs, un franciscain. Frères mineurs et Frères prêcheurs, plus tard franciscains et dominicains sont ‘englués’ dans des disputes d’Ecole depuis le moyen âge et à travers la personne de Marie, c’est la question du pouvoir de l’Eglise qui est en cause.

Du Ve au XVIe siècle la virginité donne lieu à maintes polémiques à travers lesquelles se forme cette croyance particulière à l’Immaculée Conception. L’Immaculée Conception devient un dogme de l’église par sa promulgation en 1854, par Pie IX, la vierge échappe légalement au péché originel, les apparitions nombreuses en confortent la dévotion. Au fond, ce qui est dogmatisé c’est le péché originel, cette promulgation trouve sa cohérence politique comme tentative de saper tout ce qui relève de l’Aufklärung, le savoir basé sur la raison éclairée. Il s’agit à ces moments là de l’histoire 1477, 1854, 2004 de barrer le chemin aux valeurs essentielles que sont le refus de l’intolérance, la liberté de penser…

 Et, ainsi, il se trouve qu’un escargot nous indique comment regarder ce que nous voyons… dans cette rencontre amoureuse entre le divin et l’humain. Généralement cet animal glisse pour avancer sur un mucus visqueux sécrété par une glande située sous la lèvre inférieure. Nous pouvons en constater le rail épais sur nos murs, plus l’escargot bave et plus il prend de la vitesse. Del Cossa le peint en pleine vitesse mais sans trace de bave et pour plus de précaution encore, il le peint juste sur le bord du tableau, en prenant bien garde de ne pas ‘salir’ l’espace virginal de sa muqueuse épaisse.

 Cet extraordinaire mouvement chez un animal dégusté depuis l’antiquité et stocké dans les monastères pour le ressortir en période de disette, intéresse les scientifiques du Massachusetts. Ces américains se sont décidés à construire un robot-escargot afin d’analyser la mécanique de son déplacement et espèrent ainsi résoudre la mécanique des fluides à petites échelles. Un escargot ça bave et Del Cossa, grand peintre de la nature, nous donne ici une trace ironique et non dupe d’une commande politique qui le fait vivre par ailleurs, bien qu’il quitte Ferrare sur cet argument : la commande ne le fait plus vivre, les couleurs, surtout le bleu ‘enfant de Marie’, sont hors de prix.

Gravure ancienne représentant un homme âgé vétu des couleurs de l'amérique, tenant un document et chevauchant un escargotIl existe une fresque au palais de Schifanoia à Ferrare dont quelques scènes ont été peintes par Del Cossa, notamment celle d’un jeune homme introduisant sa main dans la jupe d’une jeune fille, venant pointer au-delà de la gentille subversion politique, la curiosité du peintre sur la féminité. L’Annonciation de del Cossa, est bientôt suivie par d’autres dont celle de Carlo Crivelli, peintre, formé lui aussi à l’école de Ferrare, peinte en 1486 parée d’une courge et d’une pomme. Le message est clair.

 Donc, ce ‘pas de trace de bave’, cette absence de trace de bave fait signe à quelqu’un de ce qui a été interrogé par un peintre et de ce qui sera… un dogme de l’église.

Quelque chose fait signe, vous le verrez avec nos intervenants au cours de cette journée, une trace hasardeuse dans la rencontre peut, tout à coup, occuper notre espace mental, l’instant d’un regard, et souligne le malentendu de dire des choses qui ne se laissent pas aisément saisir. Comment dès lors se donner le temps de comprendre ce qui chiffonne dans un espace qui se situera comme ‘hors d’oeuvre’, espace réservé à recevoir une inscription, un dire, un symptôme, un imaginaire flamboyant où nous pourrons relater les exploits de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours… Nous entendrons ainsi aujourd’hui l’évocation de traces volontaires ou involontaires, signes de notre héritage culturel, d’archéologie science toute moderne, tout comme la neurologie et la psychanalyse. L’évocation de l’extension lente et majestueuse du gros orteil pour le neurologue reste aujourd’hui un signe majeur et re-trace une bagarre de vingt ans dans l’histoire de la médecine. Nous entendrons le psychanalyste situer le lieu d’une incorporation minutieuse et tragique de la musique d’un père dans l’oeuvre du fils, lieu d’une intimité filiale.

Au-delà de la trace de départ, le moment de conclure ‘le temps pour comprendre’ sera la marque d’une rencontre multiple d’aujourd’hui  » dans cette visibilité du monde devenue énorme, effrayante… dans une telle perspective géante, inhumaine par ses dimensions, chacun se sent devenir infiniment petit « . Je rends hommage ainsi à Romain Gary très sensible sur les questions de danger médiatique et de transparence sociale.

Le moment de conclure laisse place au style, cette marque de poinçon intime à l’exergue de chacun. Le peintre saura ainsi utiliser le choc des techniques, des formes, intégrant le versant rituel à sa toile, en métamorphose, comme un passage d’une trace à une autre, dans un saut hors-temps, comme une urgence.

 Avant de passer la parole à nos intervenants, je vous transmets une recette à base d’escargots relatée par Lacarrière comme étant celle d’un peintre du Mont Athos du XVIIIe siècle. Il s’agit de donner de l’élasticité à l’or en poudre, utilisé notamment sur les icônes :

1. Trouver l’escargot

2. Allumer une bougie devant la tête de l’animal

3. Recueillir sa bave qu’il devrait expulser magistralement sous l’effet de la chaleur

Conclure en mélangeant l’or, l’alun et la bave.

 » Il y a toujours deux manières de résoudre un problème, j’opterai toujours pour la troisième « 

 

Friedrich Nietzsche ‘Mort parce que bête’ 

Remerciements à del Cossa, D. Arasse, U. Eco, Crivelli, R. Gary, Lacarrière, J. Lacan et Nietzsche.

Publié dans ESCARGOT | Pas de Commentaires »

 

Жихен - Tendresse Éternelle |
binsle120 |
Univers sans lisse |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Les maux avec des mots
| Iz avance
| mbuello