• Accueil
  • > Recherche : explication bête bon dieu

Résultats de votre recherche

Cigogne et spiritualité

Posté par othoharmonie le 11 novembre 2013


Nous sommes nous aussi comme des oiseaux migrateurs.

C’est l’apôtre qui a écrit l’épître aux hébreux qui nous révèle cela.

 Cigogne et spiritualité dans CIGOGNE white_stork_from_the_crossley_id_guide_britain_and_ireland-231x300

Il nous dit dans le chapitre 13 aux hébreux ; notre cité à nous n’est pas ici-bas, elle est à venir, en réalité, nous sommes en migration, comme l’hirondelle, la grue, la cigogne, nous sommes appelé à aller vers d’autres climats et je crois que cette migration mérite une explication et c’est en allant au centre de Ribeauvillé que nous apprenons par exemple que la cigogne ne part pas seulement à cause du froid, mais elle part parce qu’en hiver, elle ne trouverait pas sa nourriture.

La preuve c’est que les cigognes du centre de réintroduction, depuis plusieurs années supportent les hivers et n’en meurt pas.

Mais en 1973;on c’est rendu compte que les couples de cigognes diminuaient d’année en année. 10% des cigognes mouraient électrocuter par les lignes de haute tension ; il y avait un autre facteur qui faisait que les cigognes ne revenaient plus en Alsace » je ne sais pas si elles avaient perdu le langage de l’alsacien », mais elles revenaient plus. Puis on à étudié ceci, là ou elles allaient les peuples on changé de régime politique, c’est des régimes souvent militaires et les soldats s’amusaient avec les tanks, leurs armes à foncer dans les cigognes et ils en tuaient jusqu’à 60% par année.

Alors, on a voulu sauver ces magnifiques oiseaux. Nous devons savoir que ces oiseaux partaient, non seulement à cause du froid parce qu’ils étaient frileux, mais parce qu’ils ne trouvaient plus leur nourriture, ils ne vivent pas seulement de grenouilles et de poison mais aussi d’insectes pour leur équilibre nutritif.

Nous aussi nous devons comprendre que le point capital de notre progrès spirituel, ne dépend pas seulement d’avoir une chaude assemblée extraordinaire mais il faut aussi avoir une bonne nourriture spirituelle et dans la semaine, il faut continuer à se nourrir de la parole de Dieu, comme la cigogne partait pour échapper à la famine qui la menaçait.

Nous devons nous aussi quelque fois savoir prendre le temps de nous retirer pour nous nourrir de la Parole de Dieu.

Nous sommes appelés à être comme les cigognes, des oiseaux migrateurs qui font tous les efforts pour trouver leur nourriture. « exemple : s’éloigner de la télé ».

Notre chose primordiale c’est notre nourriture spirituelle comme l’oiseau migrateur. Je n’ai pas peur du froid de l’incrédulité qui sévit autour de moi, je n’ai pas peur du froid de l’apostasie qui vient, ce que j’ai peur c’est de l’anémie spirituelle qui ferait de nous un corps sans défense à l’heure de l’attaque et comme la cigogne, apprenons à changer de climat et d’endroit pour y trouver la nourriture. L’homme ne vivra pas de pain seulement mais de toute parole qui sortira de la bouche de Dieu.

Il est important de savoir que les oiseaux migrateurs sont conduits par Dieu par un instinct qui leurs as été donné et qu’ils ont tous le même point de repère quand ils partent.

Ce point de repère c’est le soleil. Les oiseaux sont extraordinaires, l’hirondelle des mers à l’âge de 3 mois parcourent 18000 kilomètres, elle n’a jamais fait le voyage, à trois mois elle s’envole, sont point de repère le soleil.

L’oie sauvage s’élève à 8800 m d’altitude, là ou l’homme ne peut pas respirer sans un apport d’oxygène, elle vit, traverse et va à son point.

Dieu est le Dieu extraordinaire, il leurs à donné à tous un point commun, un point de repère, le soleil.

J’ai appris sur les coutumes des bêtes sauvages, les oies sauvages un jour sont parties, elles sont arrivé dans un faisceau de brouillard et de nuages, n’ayant plus leur point de repère, le soleil, elles sont revenus en arrière et repartit que le lendemain.

Nous aussi, nous avons le même point de repère, l’ancien testament se termine avec ces mots. Malachie4/2 Pour vous qui craignez mon nom se lèvera le soleil de la justice, et la guérison sera sous ses ailes.

Jésus est le soleil de justice, le point de repère de chacun d’entre nous, nous sommes comme ces oiseaux migrateurs, nous avons choisi le soleil de justice, Jésus-Christ, le Fils de Dieu.

Dans notre migration, nous allons nous aussi vers une ère nouvelle mais en ayant toujours les yeux fixés sur Jésus. Voir dans Hébreux 11 les héros de la foi ; j’appelle ce chapitre le catalogue de Dieu; on voit tous les champions de la foi, et Hébreux 12/2:Ayez les regards sur Jésus.

Comme les oiseaux migrateurs, nous avons le soleil comme point de repère, ce soleil de justice Jésus qui à apporté la santé dans ses rayons.

Les français ont inventé des avions avec une géométrie, ont arrive à rentré les ailes, à les sortir, à les placer de telles façons que l’avion peut aussi facilement se mouvoir comme un oiseau dans l’espace. Les oiseaux ont reçu du créateur une possibilité quand ils étaient en vol; par exemple quand ils arrivent sur une région glacée et glaciale leurs plumes se resserrent et font protection contre le froid, mais tout d’un coup, ils arrivent dans un endroit chaud, leurs plumes s’ouvrent pour faire ventilation. Nos cigognes ont une telle possibilité comme les sternes des mers, l’oie sauvage, le plumier, tous ont la même faculté; nous aussi, nous avons une vie spirituelle à géométrie variable. Il arrive quelque fois que dans la prière ont à de la peine à s’exprimer car tout est glacial autour de nous, ont sent les démons qui nous frôlent, les ténèbres qui nous environnent, nous sommes comme gelé.ET tout à coup, nous nous concentrons sur le Christ, et voilà qu’apparaît le magnifique parler en langues qui nous permet de prier, et celui qui parle en langues s’édifie lui-même.

D’autre fois, c’est la prière de combat, d’autres fois la prière d’adoration ; il ne faut pas oublier comme les oiseaux avec leurs plumages peuvent résister au froid ou à la chaleur ; nous avons-nous aussi un manteau qui nous protège.

La parole de Dieu nous dit : nous devons revêtir Jésus-Christ, revêtir l’homme nouveau.

J’ai appris, qu’on pouvait supprimé l’instinct migrateur des cigognes et ont y est arrivé, en les mettant en cage, c’est pas la meilleur façon, il y a une autre façon qui est beaucoup plus humaine, c’est celle de couper les plumes d’une aile ; quand on arrive à faire cela, au bout de trois ans, la cigogne à perdu son instinct migratoire et c’est pour cela que l’on peut voir dans les environs, installé toute l’année, elles ne partent plus, elle ont perdu l’instinct migratoires.

Il y a beaucoup de chrétiens qui ont perdu l’instinct migratoire, ils ne croient pas au retour du Seigneur, on leurs à couper une plume d’une aile, ils ne croient plus au baptême du Saint-Esprit, ils ne crient plus aux dons spirituelles, on à taillé. On commence à dire que les prophéties étaient bonnes pour les écrits avant le nouveau testament, et on perd notre instinct migratoire.

Et j’ai appris qu’on ne nourrissait pas n’importe comment un cigogneau, les petits cigogneaux étaient nourrit par régurgitation ce qui veut dire, retour dans la bouche des aliments qui ont été déposé dans l’œsophage ou l’estomac.

C’est-à-dire que les cigognes mâchent une première fois la nourriture, la laisse en dépôt dans leur œsophage ou leur estomac et sans vomissement la laisse revenir en petites boules dans le nid et les cigogneaux se nourrissent.

Et j’ai regardé que nous aussi nous sommes appelés à être comme les cigognes. C’est Abraham qui dit dans Genèse 18 : Dieu dit à Abraham, je l’ai choisi afin qu’il ordonne à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l’Eternel en pratiquant la droiture, la justice et afin que l’Eternel accomplisse en sa faveur, ses promesses qu’il à faites, afin qu’il enseigne à ses enfants.

Les cigognes nous enseignent une chose, ce qu’elles mangent, elles le donnent ensuite à leurs enfants et vous ce que vous avez reçu, depuis des années, est ce que vous l’avez enseigné à vos enfants? prenons nos responsabilités, comme les couples de cigognes s’unissent pour nourrir les cigogneaux et mangent premièrement la nourriture qu’ils vont leurs donner.

Texte de ALDO BENZI

Publié dans CIGOGNE | Pas de Commentaires »

Liens entre les lutins et les chevaux

Posté par othoharmonie le 18 octobre 2012

 

Liens entre les lutins et les chevaux dans CHEVAL 220px-Lutin_by_godoPlusieurs chercheurs ont remarqué des liens très étroits entre lutins et chevaux, « si étroits que, dans les chansons de geste médiévales comme dans le plus moderne folklore, lorsque le lutin prend forme animale, il adopte presque toujours celle-là ». La raison semble liée, en plus du lien à l’élément liquide et au dieu Neptune déjà évoqué, au fait que le cheval, animal familier des hommes, est aussi le plus approprié pour se rendre dans les univers féeriques et pour jouer les « tours » caractéristiques du lutin, tels que jeter un cavalier dans une mare de boue, une rivière ou une fontaine. Dans la littérature médiévale,Malabron et Zéphyr se changent fréquemment en chevaux. Le « nain » Frocin qui affuble le roi Marc’h d’oreilles de cheval dans la version de la légende fournie par Béroul au xiie siècle, est vraisemblablement issu du lutin folklorique. Le roman de Thèbes et d’autres textes évoquent aussi la paternité d’un fabuleux poulain noir pour le netunnoitun ou luiton, ce dernier étant bien connu à l’époque pour s’occuper des écuries. Guillaume d’Auvergneaffirme au xiiie siècle qu’au matin, les crins des chevaux sont retrouvés tressés, et couverts de petites gouttes de cire. François Le Poulchre ajoute en 1587 qu’un cheval rentré souillé à l’étable peut être retrouvé « estrillé et net le lendemain, sans que de créature il eut été touchée pour en oster l’ordure ». Paul Sébillot fournit de nombreux témoignages : en Normandie, le lutin mène les chevaux boire, dans la Beauce et en Franche-Comté, il les étrille, les soigne, et les nourrit, ce qui en en Haute-Bretagne les fait hennir au moment où le Maît’ Jean apporte leur nourriture. Le fouletot franc-comtois vole le foin pour le donner à sa bête préférée, si le maître n’en a pas dans son fenil. En Normandie, le lutin vole les plus beaux épis d’avoine pour ses favoris, il en est de même en Acadie, où il prend le grain des chevaux gras pour le donner à ceux des plus pauvres paysans.

L’elficologue Pierre Dubois cite de nombreux témoignages de lutins visitant les écuries durant la nuit, et laissant pour traces de leur passage des torsades dans les crinières, qu’ils utilisent afin de se confectionner des étriers (les fameux « nœuds de fées »), et galoper toute la nuit. Paul Sébillot en relève dans la Manche en 1830, cette croyance est très ancrée dans le Nord de la France, particulièrement la Bretagne et la Normandie. Preuve du forfait des lutins, le propriétaire retrouve son animal couvert de sueur au matin. Les chevaux aux « nœuds de fées » sont prisés sur les marchés bretons, et les juments réputées pour devenir de bonnes poulinières. La tradition rapporte qu’il ne faut surtout pas démêler les crinières de ces juments : dans le Berry, cela les fait avorter, en Franche-Comté cela provoque une mort dans l’année, et en Acadie, les lutins se vengent en maltraitant les chevaux. Des témoignages de crinières emmêlées sont recueillis par les paysans de Haute-Bretagne et du Québec jusqu’au début du xxe siècle.

Ces phénomènes ont été de tous temps attribués aux lutins ou à des créatures similaires, jusqu’à la découverte d’une explication scientifique, celle d’une plique polonaise, défaut d’entretien longtemps considéré comme une maladie.

Tomte dans CHEVALLa diabolisation du lutin conduit toutefois à une inversion progressive de son rôle envers les chevaux : dans le Berry, d’animal favori, le cheval devient sa victime, et « seuls l’âne et le bœuf échappent aux tourments des lutins, grâce à leur rôle dans la Nativité ». Les deux croyances coexistent parfois, le sôtré étant capable d’agacer les chevaux ou de les soigner. Un objet déjà utilisé pour se protéger des changelings, tel qu’une pierre percée (contre le foulta de Suisse romande) ou une série de coquilles d’œufs (contre le chorriquet à Treffiagat), peut être déposé dans l’écurie pour en chasser les lutins. En Ontario, des graines de lin sont mélangées à la ration des chevaux, pour forcer les lutins à trier. Les traditions canadiennes parlent de créer une girouette à forme équine que le lutin vient ensuite chevaucher, ou de faire détresser les crinières par une femme enceinte. En Haute-Bretagne, des séances d’exorcisme sont menées, mais sont mal acceptées par les populations à en croire ce témoignage collecté par Paul Sébillot : « si on brûle les crins avec un cierge bénit, le lutin ne revient jamais, mais les bêtes sont, par suite de son départ, exposées à dépérir ».

Parallèlement « les silhouettes du lutin et du cheval tendent à se confondre et à se fondre en un seul personnage dont le rôle est d’égarer, d’effrayer et de précipiter dans quelque mare ou rivière ceux qui les montent ». Paul Sébillot rapporte des croyances populaires quant à plusieurs lutins-chevaux jouant ce rôle, notamment le Bayard de Normandie, le Mourioche de Haute-Bretagne, Maître Jean, le Bugul-noz et la jument blanche de la Bruz. Dans les îles anglo-saxonnes, Puck prend cette forme pour effrayer la population.

Publié dans CHEVAL | Pas de Commentaires »

La Coccinelle et ses points

Posté par othoharmonie le 25 août 2012

 

La question

 Adalia bipunctata‘Coccinelle, demoiselle, bête à bon dieu…’ S’il est un insecte qui nous est sympathique, c’est bien la coccinelle ! Elle plaît au jardinier par son appétit pour les pucerons, mais elle attire aussi les enfants qui aiment les percher sur leurs doigts pour compter leurs points et les regarder s’envoler. D’ailleurs, ces petits coléoptères sont loins d’être tous identiques : de différentes tailles, parfois jaunes ou noires, même légèrement poilues, elles n’ont également pas toutes le même nombre de points. Est-ce dû au hasard, ou cela a-t-il une explication scientifique? 

 La réponse

Commençons par détruire les idées reçues, comme nous aimons le faire sur AxiomCafe. Le nombre de points sur les élytres (coque de protection des ailes) des coccinelles n’indique pas leur âge, que ce soit en nombre de semaines, de mois ou d’années. La quantité de tâches n’indique pas non plus la position sociale de l’insecte. La coccinelle telle que nous la reconnaissons habituellement est au stade dit imago, c’est à dire adulte. Sa morphologie est stable et n’évolue plus : le nombre de points est prédéterminé à la sortie de l’oeuf. Ils nous servent bien souvent à identifier les différentes espèces de coccinelles.

Le nombre de points de la coccinelle dépend de son espèce !

Il existe des espèces arborant jusqu’à 22 points ! La plus commune dans nos régions est la coccinelle à 7 points, nommée en conséquence Coccinella septempunctata: la ‘coccinelle à sept points’. Sous ses airs sympathiques, c’est en réalité une vraie tueuse, et ses larves le sont tout autant. Notre coccinelle peut ainsi dévorer plus de 200 pucerons par jour !

 Si les points n’indiquent pas l’âge de l’animal, la couleur de la coccinelle évolue en revanche : jaune à la naissance, elle prend sa couleur rouge progressivement. Attention toutefois ! Il existe des espèces de coccinelles dont la couleur définitive est jaune ou orange ! Ce ne sont pas des juvéniles (enfants) de la Coccinella septempunctata, mais bien des espèces différentes. Notez que la Coccinella septempunctata est facilement reconnaissable grâce à ses tâches blanches sur la tête, ainsi que la tache noire juste derrière la tête, entre les deux élytres.

En résumé…

 Contrairement à l’idée reçu, le nombre de points de la coccinelle ne dépend ni de son âge ni de son statut social mais de son espèce. La plus commune de nos régions est la Coccinella septempunctata, autrement dit la coccinelle à sept points.

Publié dans COCCINELLE | Pas de Commentaires »

Coccinelle pourquoi Bête à Bon Dieu

Posté par othoharmonie le 23 août 2012


Pourquoi dit-on ‘la bête à bon dieu’ ?

 Brumus quadripustulatusIl est déjà parfois difficile de ne pas mélanger les mythes urbains avec leurs interprétation scientifique, mais lorsqu’il s’agit de retrouver l’origine d’une appellation, qui a traversé les âges et les histoires, c’est une autre affaire. La coccinelle est une bénédiction pour les jardiniers car elle les débarrasse des pucerons, mais il était également admis que l’envol des coccinelles annonçait la pluie, synonyme de bonne récolte. Par extension, si le vol des coccinelles porte chance, la légende préconise de souffler un voeu à la demoiselle qui en s’envolant ira le répéter au bon dieu…

Mais il semblerait que derrière ces suppositions pour le moins hasardeuses se cache une origine historique, comme celle présentée par le musée Zoologique de Lausanne :

 

«Suite à l’assassinat à Paris d’un homme, son apprenti est soupçonné et condamné à mort malgré ses protestations. Condamné à avoir le coup tranché, il y avait foule ce jour là pour assister à cette exécution. Lorsque le bourreau lève sa hanche, il aperçoit une coccinelle posée sur le cou du jeune homme. A première vue le bourreau ne pouvait se décider à trancher le cou du jeune homme, il enleva donc la coccinelle très délicatement et lorsqu’il relève sa hache, quelle n’est pas sa surprise de constater que la coccinelle était de retour sur le cou de ce pauvre jeune homme. Le bourreau eut beau insister, mais la coccinelle était obstinée, au point que le roi d’alors (Robert le Pieux) intervint et souligna que la coccinelle accomplissait là une mission divine et qu’il s’agissait d’un miracle. On gracia le jeune homme, et quelques jours plus tard le véritable coupable fut découvert. Dès lors les gens de Paris parlaient de la « bête du bon Dieu » et plus personne ne pensait à écraser ce petit insecte sans que cela apparaisse comme un sacrilège ».

Coccinelle pourquoi Bête à Bon Dieu dans COCCINELLE danae0271-300x199

Cette explication, moultes fois racontée et transformée -comme c’est l’usage dans la transmission de légendes- fait qu’au fur et à mesure des versions on ne sait plus très bien si c’est le bourreau ou le condamné qui retire la coccinelle, provoquant l’émotion des juges. Quoi qu’il en soit, il semble que l’on prête à ce petit coléoptère des propriétés pour le moins ‘miraculeuses’ depuis longue date.

Publié dans COCCINELLE | Pas de Commentaires »

Le Loup-Garou !

Posté par othoharmonie le 8 mai 2012

Une Histoire de Loup-garou 

Louvigny de Montigny (1876-1955)

– J’sus pas histoireux, non, vous savez que j’sus pas histoireux, répétait le chasseur Jos. Noël, chaque fois qu’il était sollicité de raconter quelques-unes de ses aventures qu’il rapportait volontiers après s’être fait prier un brin, et qu’il exagérait invariablement à chaque répétition.

De sorte que ses histoires étaient devenues fameuses et que les étrangers se faisaient un régal de les entendre de sa bouche. Et le remarquable, c’est que gascon comme à peu près tous les voyageurs canadiens, il finissait par se convaincre de la vraisemblance de ces souvenirs dont l’évocation lui mettait dans la voix un frisson qui ne manquait pas d’émouvoir aussi ses auditeurs.

Le Loup-Garou ! dans LOUP 220px-Loup-garou-LebrunJos. Noël, c’est le braconnier terrible, chassant également au poil, à la plume, et aussi adroit à dépister le gibier que les garde-chasses. Les paysans, plus attachés à la terre, l’appellent avec mépris et tout bas « un métis, comme qui dirait un commencement de sauvage. » Ce qualificatif l’humilie cependant, car Jos. Noël s’estime « pire qu’un sauvage. »

Aussi est-il ravissant de le voir rentrer d’une expédition où il a pu « faire cheniquer » les Algonquins qui braconnent comme lui dans la région du lac Thérien.

Notre homme vit en effet pauvrement, si l’on veut, mais librement, à la façon des oiseaux. Il a son nid – sa masure – sur le rivage du lac qui étend soyeusement sa nappe sur les cantons de Preston et de Gagnon, cet immense élargissement de la rivière Petite-Nation que les colons continuent de nommer Lac-Long, bien qu’il ait reçu, il y a quelques années, le nom du premier pionnier de ce territoire, le vénérable abbé Amédée Thérien.

Puisque nous y sommes, notons donc en passant l’idée qu’ont eue des gens de raison d’émailler le martyrologue géographique qu’est notre province de Québec, par des dénominations signifiant enfin quelque chose. Et souhaitons voir bientôt les noms de nos législateurs, de nos poètes et de nos philanthropes s’appliquer à ces nappes d’eau majestueuses, à ces caps altiers, à ces monuments impérissables qui s’affichent aujourd’hui lacs Tortu, Rond, Long, Bossu, et montagnes Plate, en Équerre ou Carrée.

Encore que ces appellations baroques n’ont pas toujours la justesse de celles que Jos. Noël donne aux différents points de sa réserve. Quand il appelle une montagne Chevreuil, c’est qui s’y trouve quelques familles ruminant, paisibles, dans la chênaie ou dans l’érablière, mais condamnées par lui à mort, sans espoir de commutation. Quand il nomme un lac Castor, c’est qu’il s’y multiplie quelques castes de ces rongeurs dont la peau est vendue d’avance.

Mais là où Jos. Noël est superbe, c’est à l’arrivée en son domaine de sportsmen qui se confient à lui pour faire un bon coup de feu. Il se plaît alors à dévoiler ses cachettes, à indiquer ses « ravages » de chevreuils, ses « débarcadères » de loutres et ses « battues» de visons, soucieux seulement de faire porter son nom de grand chasseur à Montréal ou à Ottawa qui lui semblent la métropole et la capitale de l’univers. Au demeurant, Jos. Noël est suffisamment assuré qu’avec toutes leurs armes à répétition les citadins ne feront pas beaucoup de mal à ses bêtes.

Chaque été, avec quelques camarades, j’allais rater quelques belles pièces de gibier dans le domaine de Jos. Noël. Nous le louions pour nous guider, pendant les vacances du temps passé et déjà loin : ces années que je regrette assurément pour leurs soixante jours de liberté franche, mais pas du tout à cause de l’internement de dix mois qu’il nous fallait subir sous prétexte de nous instruire et qui nous faisait soupirer comme à l’attente d’un héritage après la sortie du collège.

Fichier:Lycaon-Nathan.jpgPar un de ces divins crépuscules de juillet, nous revenions d’un campement à l’embouchure du lac Poisson-Blanc où nous étions allés forcer une pauvre biche que nous ramenions victorieusement dans le canot, avec certaines autres dépouilles opimes et nos chiens haletants après une journée de course folle.

Fatigués nous aussi de deux heures d’aviron, nous mîmes une sourdine à notre gaieté lorsqu’il s’agit de faire le portage de cinq milles qui nous séparait du lac Thérien, et que nous devions cependant accomplir pour atteindre nos quartiers, à la station Duhamel.

Aussi, proposa-t-on, ayant enfin pris terre, de dresser la tente sur la berge et d’attendre le lendemain pour faire le portage. Au reste, la marche devait être délicieuse à entreprendre par une belle aurore d’été.

– I’mouillerait à boire deboute, prononça vivement Jos. Noël, i’ ventrait à m’dévisser la tête de d’sus les épaules, i’ ferait un temps à m’vendre au iable que jamais j’passerai la nuit su’ c’chemin-cite.

– Et pourquoi ça ?

– Pourquoi ?… Pourquoi ?… Tenez, j’sus pas histoireux, j’pas d’affaire à vous dire pourquoi ; mais croyez-moué qu’on a autant d’acquêt à continuer not’ bauche jusqu’au boute.

Et ayant en un clin d’oeil fait tourner le canot sur ses épaules, le guide cria : Ever up ! – celui, dans sa langue hétéroclite, invitait à se mettre en route. Il allait même partir lorsque nous lui demandâmes de donner au moins des explications ayant la vertu de nous faire oublier la fatigue de nos jambes et de nos bras.

– Eh ben, v’là ! L’loup-garou ravaude toutes les nuits par icite et j’ai pas envie de l’rencontrer encore une fois.

– Tiens, tiens, l’ami Jos. Noël qui a vu le loupgarou. Elle est inattendue, celle-là, et faut nous dire comment cela s’est fait.

– J’sus pas histoireux, mais puisque vous voulez pas vous décider à partir, écoutez ben et escusez-là.

Remettant alors son canot sur la touffe d’aulnettes verdissant le rivage, Jos. Noël alluma sa pipe et commença d’une voix tremblotante qui enleva tout doute sur sa sincérité :

– Vous allez voir, à un mille et quèques parches d’icite, le creek Doré qui servait à la drave des Edwards, y’ a sept ou huit ans. C’est su’ c’creek que j’ai blanchi plus que j’blanchirai pas dans toute ma vie.

C’était su’ la fin d’février. J’venais d’déouacher un ours tout justement au lac Vaseux, à la décharge du Poisson-Blanc, d’ous qu’on d’sort. C’était une fantaisie qui avait pris à un big bug d’Bytown d’avoir une peau d’ours, et j’étais allé li qu’ri, à la raquette, pendant qui s’soûlait au village.

J’trouve mon dormeux dans sa ouache, j’l’assomme et l’emmêne dans ma traîne. Le long du ch’min, mon chien Boulé fait lever un buck qui passe dret devant mon fusil. J’le caboche, au vol, et pis l’entraîne avec l’autre.

Mais on a beau avoir la patte alarte, on traverse point l’Poisson-Blanc et pis on le n’traverse pas en criant ciseau. C’qui fait qu’on arrivait su la breunante quand j’lâchai l’lac pour prendre le portage, en plein ous qu’on est dans l’moment d’à c’te heure.

La noirceur timbe tout d’un coup ; l’temps s’brumasse, s’pesantise et i’ commence à neiger, à mouiller, pis au bout d’une minute i’ timbait pus inque d’la pluie, à siaux.

Comme j’voulais pas rester su’ la route, à pas plus d’huit milles de chez nous, j’poigne mes jambes et j’me mets à marcher, mais au bout d’un mille, ça marchait pus, pantoute.

Ça calait comme une swamp, la traîne collait à terre, j’étais trempe comme an’ lavette et au bout d’mon respire.

Allons, Seigneur ! quoi faire ! Ça a l’air pas mal ch’nu d’rester en chemin… D’un autre côté, j’voulais pas m’en aller allège à la maison et laisser mes deux animaux dans l’bois ousque les loups ou les renards les auraient étripés. J’avais peur itou de c’sauvage de Tanascon, de c’trigaudeux qui passe son temps à ravauder pour faire des canailleries.

Pis j’pense aussi tout d’un coup qu’on s’trouvait faire su’ l’Mardi Gras et qu’il allait y avoir du fun avec queque chose à boire au village… J’me rattelle, mais ça pouvait plus avancer.

Toujours qu’pour lorse j’gagne l’vieux chanquier, qui avait été abandonné l’printemps d’avant, pour passer la nuit à l’abri, ou tant seulement me r’niper un p’tit brin et attendre qu’la pluie soit passée. Mais vous savez si c’est d’meure, ces pluies d’hiver : quand ça commence, ça finit pus.

J’fume trois, quatre pipes en faisant sécher mes hardes contre la cambuse ousque j’avais allumé une bonne attisée après avoir eu une misère de cheval maigre pour trouver des écopeaux sèches. Et comme j’étais à moquié mort d’éreintement et que j’cognais des clous d’six pouces et demi, j’me résine donc, en sacraillant ben un peu, à passer la nuit dans un chanquier.

J’accote la porte avec une bonne bûche, j’étends quéques branches de cèdre su l’bed qu’les hommes du chanquier avaient laissé correct, j’plie mon capot d’sus, j’snob mon fusil à la tête, et dors garçon !…

Ben sûr plusieurs heures plus tard, – parce que l’feu était éteindu, – mon chien Boulé, qui s’était couché avec moué, m’réveille en grognant… J’écoute et ça rôdait autour du chanquier. J’entendais rouler les quarts vides qui avaient été laissés là par les raftmen, comme si quéque finfin avait essayé d’faire des belles gestes avec… Et pis les archements s’approchent, et tout au ras d’la porte, j’entends un tas de r’niflages avec des grognements d’ours.

J’compte ben qu’c’est pas la peine d’vous dire si i’ faisait noir, en grand, dans not’ sacrée cabane pas d’feu, par c’te nuit mouillée.

J’me dis : C’est drôle qu’un ours ait sorti de sa ouache de c’temps-cite ; mais l’crapet a p’t’être ben cru que c’était l’printemps, rapport à la pluie, et fatigué de se licher la patte, i’aurait aussi ben voulu recommencer à manger pour tout de bon. Toujours que j’m’assis su l’bed, j’décroche mon tisonnier, j’y rentre deux balles par-dessus la charge de posses qu’i avait déjà et j’me dis qu’si l’vingueux venait roffer trop proche, j’y vrillerais un pruneau qui y ferait changer les idées.

J’me disais : J’voué rien, c’est ben clair, mais si l’ours rentre dans l’chanquier ousqu’i’ sent son pareil et pis l’chevreux mort, i’ pourra pas faire autrement que d’faire canter la porte et j’watcherai l’moment d’le garrocher.

Ben, j’avais pas aussitôt dit ça qu’l’animal était entré dans la cabane sans qu’la porte eusse canté d’une ligne.

Ça bite le iable ! que j’dis. Et j’étais ben sûr qu’i’étais rentré, par c’qu’i marchait en faisant craquer l’plancher comme si un animal de deux cents se s’rait promené su’ l’side walk…

La peur, ça m’connaît pas, mais j’vous persuade qu’j’aurais une tapée mieux aimé m’voir à danser quelque rigodon d’Mardi Gras et à passer la diche avec mes voisins du lac Long.

Pis, c’était d’voir mon Boulé ; lui qu’i’ aurait pas kické d’s’engueuler avec un cocodrile enragé, le v’là qui s’racotille, qui s’colle su moué, la queue entour les jambes, et si ébiscaillé qu’i’ devait pus avoir formance de chien en toute.

J’le poigne pour tâcher d’le sacrer en bas, d’le soukser, pas d’affaire. I’s’grippe après moué, et s’met à siller comme un chien qu’i’ aurait attrapé l’aspe et qu’il aurait senti sa mort.

Tandis c’temps-là, l’animal qui tournaillait dans la place, nous avait aperçus, et j’me trouve tout d’un coup face à face avec une paire de z’yeux d’flammes, qui remuaient, tenez, pareils à des trous d’feu dans une couverte de laine ; c’était pas des yeux d’ours, c’est moué qui vous l’dis. Le v’là qui s’met à grogner, pis à rire, pis à brailler, pis à s’rouler su’l’dos, à planter l’chêne, à swingner qui timbe dans son jack. I’ achevait pus d’culbuter, l’maudit.

Débarque donc, véreux d’chien, que j’dis à Boulé.

Mais i’était collé au bed, i’ tremblait comme une feuille avec pus une coppe de coeur…

Vous pensez qu’j’étais pas gros, moué non plus, avec c’te gibier dans c’te noirceur d’enfer… J’avais les cheveux dret su’ la tête ; l’eau m’coulait dans l’dos et même que j’me tenais la gueule pour empêcher mes dents d’faire du train…

À la fin, y’a un sacré boute, que j’dis. J’griffe mon fusil et j’vise l’animal dans ses yeux de feu : V’lan ! L’coup part pas… Ah ben, ça y est, c’est l’iable qui nous a ensorcelés. Mais avant d’me laisser emporter tout rond par le gripet, j’voulais au moins essayer l’aut’coup, et pour pas l’manquer, j’attends que l’animal arrive au ras moué.

Comme si i’avait diviné mon idée, le v’là qui arrive aussitôt… Ah ! mon blasphème ! que j’dis, puisque t’en veux, poigne-le. Et, mes vieux, c’coup-là partit en faisant un éclair qui m’fit voir une bête effrayante avec un corps d’ours, une grande queue et haut su pattes comme un veau.

Mais aussitôt l’éclair passé, v’la-t-i pas que j’entends appeler mon nom, oui :

Jos. Noël ! Jos. Noël !

et par une voix que j’connaissais d’puis des années, par Ti-Toine Tourteau.

Là, j’vous l’dis, j’ai eu peur, un peu croche. Et, ma foi d’gueux ! j’aurais aimé mieux m’voir entouré d’une gang de chats tigrés en furie que d’me savoir face à face avec c’pendard, c’vendu au mistigris, c’t’étripeur d’poules noires, c’te chasseur de galeries… c’te tout c’que vous voudrez d’maudit. On rencontre pas des églises à tous les pas dans l’bois et pis on n’a pas toujours le temps d’faire ses dévotions all right ; mais j’vous dis que c’pendard-là nous escandalisait tous et qu’pas un chrétien voulait y parler sans avoir quéque médaille bénite dans l’gousset : un sacreur qui faisait lever les poêles… c’est bien simple, un sorcier qui méritait d’être cruxifié su’ un poteau de télégraphe.

C’était lui, l’possédé, qui m’parlait, sûr comme vous êtes là, avec un’ voix d’mourant :

– Tu m’as tué, Jos. Noël, tu m’as tué, mon Dieu, mon Dieu.

- Pardon…

– Hein, c’t’y toué, Ti-Toine, c’t’y toué ? qu’ j’y criais quasiment plus mort que lui. Mais lève-toi donc, animal, es-tu mort ?…

Batème ! répond donc ; as-tu envie que l’iable m’emporte avec toué ? I’ continuait à s’lamenter :

– J’vas mourir, j’vas mourir.

– Torrieux d’sarpent, veux-tu m’faire mourir de peur ? Réponds donc une bonne fois. C’t’y toué, Ti- Toine Tourteau ?

– Oui,… oui,… tu m’as tué,… j’vas mourir.

– Ous tu d’viens ?…

I’ répondait pus, mais j’l’entendais qui gigotait comme un croxignole dans la graisse bouillante.

J’ai p’t’-être ben rêvé, que j’me dis, en fin d’compte ; l’gars est p’t’être ben malade ; ça s’peut ben que j’me trouve chez lui… Quoi penser dans un ravau pareil ? J’essaye d’allumer une allumette, mais i’s’cassaient à mesure que j’les frottais su’ l’mur.

Ah ben, y’a des sacrées imites, que j’dis. J’saute en vas du lite pour voir si c’était du lard ou du cochon, mais v’là que j’timbe su’ un corps étendu cont’ la cambuse. Des grands doigts fretes comme d’la glace m’attrapent le poignet et me mettent la main dans une mare chaude et collante comme du sang.

– Tu m’as tué, soupirait-il encore, tu m’as tué…

Fallait inque m’égratigner… une goutte de sang.

Ah ! sainte bénite ! j’me rappelle tout d’un coup qu’on délivre les loups-garous en les grafignant, en leur faisant sortir une goutte de sang, et j’y d’mande ben vite :

– T’es-tu loup-garou ?

I’répétait :

– Tu m’as trop fait mal, tu m’as tué… oui, j’sus loup-garou…

C’est tout c’que j’ai entendu parce que je revins à moué inque le sourlendemain, ou plutôt le lendemain, puisque c’ravau-là s’était passé l’mercredi des Cendres.

220px-Loup_garou_02 dans LOUPDepuis sept ans que c’pendard de Tourteau faisait pas ses pâques, i’avait viré en loup-garou à la première heure du huitième carême qui i’allait encore commencer comme un chien. C’est l’matin du jeudi qu’j’ai été trouvé à la porte du chanquier par Tanascon qui s’vante encore d’m’avoir sauvé la vie, parce que c’jour-là i’ m’a volé mon chevreux pis mon ours…

– Et Ti-Toine Tourteau ? demandâmes-nous sans rire à Jos. Noël qui ne parlait plus.

– On l’a jamais r’vu.

– Et le chantier en question, il doit être fort intéressant à visiter…

– Pour ça, y’a pas d’trouble, vous l’voirez point. La première chose que j’ai faite a été d’y mettre une allumette qui a pris celle-là, j’en réponds…

Voyant que nous n’allions pas réussir à décider notre guide, nous fîmes le sacrifice de notre nuit en forêt, dédommagés d’ailleurs par la narration qui avait dissipé notre lassitude.

Et Jos. Noël, morne encore du souvenir évoqué, recoiffa son canot et reprit le portage qui fut franchi d’une haleine, dans le silence de la veillée fraîchissante que nous nous gardions aussi de troubler, les oreilles à la confidence des oiseaux commençant à rêver, les yeux au ciel où fuyaient des petits nuages, comme un troupeau de grands cerfs blancs, poursuivis par les archanges qui leur lançaient des étoiles. 

Publié dans LOUP | Pas de Commentaires »

L’Ane 8

Posté par othoharmonie le 25 décembre 2011

Par Édouard Drumont

 S’il me fallait chercher l’analyse la plus complète et l’explication la plus profonde de la nature de l’Ane, je la demanderais à Apulée.

 Ces mythes grecs, si clairs dans la radieuse jeunesse de l’Hellade, tombèrent un peu dans la subtilité au moment de la décadence. Malgré tout, même dans le latin alambiqué de l’Africain Apulée, ils gardent encore je ne sais quel charme pénétrant.

 L'Ane 8 dans ANEN’est-elle point saisissante cette allégorie d’un homme jeune et beau métamorphosé en Ane et condamné à ne reprendre sa première forme que lorsqu’il aura mangé des roses ? C’est l’éternelle histoire de l’indigent auquel on ordonne pour se guérir du Haut-Brion et du jus de poulet. C’est le cercle vicieux en un mot ; il faut justement à l’Ane ces roses que nul n’aura la pensée de lui offrir.

 J’aperçois là, pour ma part, formulée en termes très suffisamment précis, une nouvelle preuve de la similitude que j’indiquais en commençant entre le travailleur et l’Ane. Pour se relever de la position humiliée qui est la sienne, il faut à l’homme comme à la bête des roses, c’est-à-dire les parfums, la grâce, la science, l’art, l’idéal, tout ce qui brille, tout ce qui sent bon, tout ce qui poétise et enchante l’existence. Or, précisément, c’est ce qui n’est pas à la portée des misérables.

 Au milieu d’un sacrifice, l’Ane s’approche du prêtre d’Isis qui porte des roses à la main et il reprend son enveloppe première. En dépit des détails scabreux auxquels se plaît la fable milésienne qui a servi de thème premier à Apulée, l’auteur ne s’est-il pas proposé un enseignement plus haut ? N’a-t-il pas voulu dire à tous que c’est au prêtre qu’appartient la mission d’initier à l’éternelle beauté, de relever et d’affranchir les déshérités de l’univers ?

Que disions-nous ? Que l’Ane était dédaigné de la littérature. Dans le monde antique finissant, il inspire un livre à Apulée ; dans notre monde moderne, déjà bien vieux, et qui, avec ses troubles, ses angoisses, ses fantômes hallucinants, ressemble tant au siècle où vécut l’Africain, Victor Hugo donne à un poème tout entier ce titre : l’Ane.

 Ne voilà-t-il pas de quoi consoler le pauvre animal de la disgrâce qui vient de le frapper ? Jadis, martial du moins après sa mort, il fournissait la peau ronflante à ces tambours sonores sur lesquels on battait la charge ; s’il ne courait pas lui-même au-devant d’un trépas sublime, il avait la satisfaction d’y envoyer les autres. Hélas ! on a crevé les tambours en même temps qu’on tuait beaucoup d’autres choses. L’Ane n’est plus utile à la musique qu’en fournissant avec ses tibias les montures de ces clarinettes que Toussenel détestait si cordialement et qui sont de plus en plus nécessaires aux aveugles qui se multiplient dans un pays où les borgnes sont rois…  (FIN)

 ÉDOUARD DRUMONT.

ULBACH, Louis (1822-1889) : L’âne par Victor Hugo, conférence faite à Courbevoie, le 7 novembre 1880 au profit de la bibliothèque populaire.- Paris : Calmann-Lévy, 1881.- 19 p. ; 22 cm.


Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Bibliothèque Municipale de Lisieux (30.XI.2001)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Bibliothèque municipale, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.66.50.- Minitel : 02.31.48.66.55. – Fax : 02.31.48.66.56
Mél : bmlisieux@mail.cpod.fr, [Olivier Bogros] bib_lisieux@compuserve.com
http://www.bmlisieux.com/


Diffusion libre et gratuite (freeware) Texte établi sur l’exemplaire d’une collection particulière.


File:Donkey closeup 03.svg

Publié dans ANE | Pas de Commentaires »

 

Жихен - Tendresse Éternelle |
binsle120 |
Univers sans lisse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les maux avec des mots
| Iz avance
| mbuello