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Les Hommes et les animaux partagent beaucoup plus de choses qu’on ne le croit

Posté par othoharmonie le 14 juin 2017

 

L’absence de langage oral chez les animaux non humains a parfois été présentée comme une preuve de leur manque d’intelligence et de sensibilité. Double erreur. D’une part, il y a un langage oral chez de nombreux animaux, mais nous ne le comprenons pas. D’autre part, nous oublions que le langage des émotions se passe souvent de mots. La primatologue Jane Goodall fait remarquer qu’en de nombreuses circonstances les humains se rapprochent de leurs cousins grands singes pour revenir à des modes de communication silencieux ; quand ils passent la main dans le dos d’un ami, quand ils se prennent dans les bras, quand ils frappent dans les mains…

 l'homme et l'animal

Les découvertes des éthologues (ceux qui étudient le comportement animal) passent souvent en arrière-plan. Comme si cela n’intéressait finalement pas grand monde. Comment respecter des êtres auxquels on est indifférent et dont on ne connaît rien ? Pour pouvoir tuer son ennemi, il faut surtout ne rien savoir de lui. Ce n’est pas un hasard si les comportements des animaux d’élevage sont très peu étudiés, et si parmi ces animaux le cochon suscite le moins d’attention : il est de tous le plus proche de l’homme. Mieux vaut donc ne pas trop en savoir sur les souffrances physiques et psychologies qu’il endure. Comment, sinon, continuer de l’exploiter et de le manger sans honte ?

 En revanche, nous sommes à peu près tous calés en matière de chats et de chiens. Normal. Eux, ils nous intéressent. Eux, nous les regardons. Nous essayons de communiquer avec eux. Nous les considérons, tout simplement. Tout ça parce que nous avons choisi d’en faire nos compagnons privilégiés. Quiconque a cohabité avec un chien ou un chat est capable de vous décrire avec moult détails et anecdotes les manifestations de leur intelligence et de leur sensibilité. Toute personne qui partage le quotidien d’un canis lupus familiaris vous racontera les moments de complicité avec son animal, et même les conversations, souvent drôle parce que rythmées d’incompréhension mutuelle. « Comment expliquer qu’un chien soit capable de comprendre plusieurs mots de la langue de son « maître »…. tandis que le maître lui, n’entrave presque rien au vocabulaire oral et gestuel du chien «  ?

Certes, il parvient à deviner quand l’animal souhaite sortir ou quand il a faim, mais c’est uniquement parce que celui-ci sait quels signaux envoyer pour se faire remarquer. On pourrait rétorquer que le chine émet beaucoup moins de signaux que l’humain et qu’il  n’est pas, contrairement à nous, un être de communication.  Ce n’est que partiellement vrai. La vérité est que son langage passe par une gamme d’aboiements ou de grognements que nous ne déchiffrons pas, et par des attitudes corporelles ou des expressions qui restent obscures pour la plupart des propriétaires de chiens. Mais nous sommes sans doute fautifs. Richard Dawkins raconte que les chiens domestiques lisent mieux les expressions sur le  visage humain que les loups. L’explication : au fil de la cohabitation, de génération en génération, les chiens – qui furent les premiers animaux domestiqués par l’homme – ont appris à comprendre et à mimer les expressions humaines liées à la joie, la colère, la honte ou l’affection. Nous n’avons pas suffisamment rendu la politesse. Il nous aurait fallu apprendre à traduire davantage les signes qu’ils nous envoient avec la queue, les oreilles, la posture, le regard ou les sons. Néanmoins, nous comprenons suffisamment les chiens pour être obligés d’admettre qu’ils éprouvent de la joie et de la peine, qu’ils souffrent, qu’ils ont des envies, qu’ils aiment et qu’ils détestent, qu’ils savent ce que sont l’affection et le chagrin.

le chienLe chien est d’ailleurs un modèle intéressant pour tout esprit sceptique qui oserait encore douter aujourd’hui de l’existence chez les animaux non humains de l’empathie, c’est-à-dire cette faculté à se mettre à la place d’un autre et à imaginer ce qu’il ressent. Les exemples répertoriés de chiens qui viennent en aide à un congénère en difficulté sont légion.

-          Oui peut-être, mais quid de l’empathie d’un animal pour le membre d’une autre espèce ?

Là encore, le chien fait la démonstration la plus éclatante qu’elle existe bel et bien. Lorsqu’une relation de confiance entre un chien et un homme existe, il est fréquent que le chien console l’humain s’il se rend compte que celui-ci est accablé par la tristesse. Les chiens qui refusent d’abandonner leur maître décédé, en passant des jours entiers sur sa tombe, n’expriment-ils pas le lien profond qui peut unir ces deux êtres issus de deux espèces différentes ? Par ailleurs, la capacité que possèdent les chiens à imiter les expressions faciales humaines est une preuve irréfutable d’empathie.

-          Oui, d’accord, mais le chien est un animal à part. C’est pour ça qu’on l’a domestiqué.

Non, l’empathie n’existe pas que chez les chiens. Elle est évidemment très développée chez nos plus proches cousis, les singes. L’éthologue néerlandais Frans de Waal a longuement décrit les relations riches et complexes qui unissent les primates, leur capacité à la querelle et à la réconciliation, et il a pu constater la réactivité à la souffrance de leurs compagnons. Il évoque une expérience où des singes refusent d’activer un mécanise m qui leur procure de la nourriture dès lors qu’ils se rendent compte qu’en le déclenchant celui-ci envoie des décharges électriques qui font souffrir un autre singe.

 L’empathie a été constatée chez de nombreuses espèces.

[…] On pourrait passer en revue toutes les espèces…. On pourrait également parler de cas recensés d’hippopotames venant au secours d’impalas attaqués par des crocodiles ; Ou de ces dauphins de Nouvelle-Zélande qui ont protégé des nageurs de l’attaque d’un requin blanc en formant un cercle autour du groupe.

En fait, pour comprendre un animal, il faut commencer par prendre le temps de l’observer. L’éthologie, c’est-à-dire l’étude des espèces animales, a connu un second souffle dans la deuxième partie du siècle dernier. Karl von Frisch, Konrad Lorenz, Nikolaas, Tinbergen, Donald Griffin, Jane Goodall, Frans de Waal, Richard Dawkins ou Marc Bekoff ont, parmi d’autres, considérablement contribué à ouvrir nos yeux sur les autres espèces. Leurs travaux sont une mine d’informations indispensables, qui devraient être enseignées dans toutes les écoles.

Je recommanderais au moins la lecture de deux ouvrages passionnants pour mieux comprendre l’intelligence, la sensibilité et la complexité de nos cousins animaux :

-          L’animal est-il une personne ? du biologiste Yves Christen,

-          Les Emotions des animaux, de Marc Bekoff,

qui tous deux regorgent d’anecdotes instructives.

Quant au livre d’Yves Christen. J’en retiens ce passage qui m’a bouleversé et qui interrogera tous les animalosceptiques : « On devrait […] relire ce qui arrive au chasseur William Harris après qu’il eut tué son premier éléphant, une femelle, lorsqu’il revint la chercher le lendemain. Il trouva auprès d’elle son petit, désespéré, qui se précipita sur lui, l’enlaçant de sa trompe comme pour lui demander de l’aide. Là, dit Harris, je ressentis un vrai regret de ce que j’avais fait et il me vint à l’idée que j’avais commis un meurtre ».

 

- Extrait du livre ANTISPECISTE RECONCILIER L’HUMAIN, l’ANIMAL ET LA NATURE de Aymeric Caron  page 67 – Aux Editions France Loisirs

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RECONCILIER L’HUMAIN, l’ANIMAL ET LA NATURE

Posté par othoharmonie le 7 juin 2017

 

Le spécisme, nommé par analogie avec le racisme et le sexisme, « désigne toute attitude de discrimination envers un animal en raison de son appartenance à une espèce donnée », écrit l’auteur. Ce « préjugé » consacre à la fois la supériorité des humains sur les autres espèces et légitime des différences de traitement, en créant des catégories « injustifiées » (animaux de boucherie, de compagnie, de loisirs, etc.).

Mais l’ANTISPECISME, dont se revendique Aymeric Caron, refuse de faire passer les intérêts des humains avant ceux des « animaux non humains » – sans toutefois nier les différences entre les espèces. Cette obligation morale et éthique implique de ne plus tuer ni de ne faire souffrir des animaux qui partagent avec nous les mêmes caractéristiques (être capable de sensibilité, d’intelligence ou d’empathie), et dont la vie importe autant que la nôtre.

En effet,  nous choyons nos chiens et nos chats, mais nous mangeons les vaches, les moutons et les cochons. Nous méprisons les pigeons et admirons les aigles. Nous exterminons les rats tout en protégeant les pandas. Pourquoi ? Car la plupart d’entre nous sommes Spécistes. C’est ce « dogme en vigueur » qu’entend pourfendre l’écrivain AYMERIC CARON auteur de ce  livre : ANTISPECISTE  aux éditions Fayard

Livres d'Emeric

EXTRAIT du livre Antispéciste de Aymeric Caron – PAGE 115

LA CONDITION DES ANIMAUX DANS LES CIRQUES ET LES ZOOS

Il n’est pas dans la nature d’aucun animal sauvage d’être dressé à faire des tours sous la menace d’un fouet ou sous les ordres d’un sifflet. Un lien ou un tigre n’a pas à se tenir sagement sur un cube ou à lever la patte lorsqu’on le lui ordonne, pas plus qu’il n’a à bondir dans des cerceaux. Un éléphant n’a pas à tourner en rond sur une piste minuscule, à s’asseoir sur un tabouret ou à se dresser sur ses pattes arrières au signal. Un singe n’a pas à faire le pitre pour amuser la galerie en montant sur un vélo. Un dauphin, une orque ou une otarie n’ont pas à s’incliner devant des spectateurs, ni à virevolter dans les airs en parfaite synchronisation, ni à trimbaler un bonhomme ou un objet au bout de leur museau. Ça vous plairait, à vous, de devoir faire le guignol devant des chiens, des chats ou des singes ? « C’est tellement mignon » ! clameraient-ils tandis qu’ils assisteraient au spectacle de l’humiliation.

On dompte le féroce, on maîtrise le puissant, on instrumentalise l’intelligence. Aucun de ces animaux soumis à nos caprices n’a choisi ce qui lui arrive. Soyons objectifs : parmi les dresseurs, il est évident que certains et même beaucoup sans doute, sont sincèrement attachés aux animaux qu’ils côtoient quotidiennement. Mais il arrive d’aimer mal. D’étouffer, de faire souffrir, d’oppresser. On aime mal lorsque jamais on ne se demande : « Mais que veut vraiment l’autre » ? On aime mal quand on ne permet pas à celui sur lequel on a jeté son dévolu de réaliser pleinement son être. On aime mal lorsque l’on ne pense qu’à soi et non à celui qu’on est censé aimer.

Les numéros de cirque ne sont pas conçus pour le plaisir des animaux, mais pour celui des humains qui s’en amusent. Je pourrais m’étendre longuement sur les enquêtes qui ont montré les conditions déplorables dans lesquelles sont détenus certains animaux de cirque, comme ces lions qui passent leurs journées dans des cages de quelques mètres carrés.

L’association Peta rappelle :

« Tous les animaux détenus dans des cirques ont des besoins spécifiques. Certains, comme les lions ont besoin d‘un climat chaud ; d’autres, comme les ours, d’un climat plus frais. Tous ont besoin d‘espace, d’activités, de liens sociaux, d’eau et de nourriture en quantité suffisante […] Pendant la morte saison, les animaux restent dans des box de transport, des étables, voire même dans des camions ou des remorques« .

On pourrait évoquer la possibilité d’un cirque respectueux, de normes de bien-être à respecter et à améliorer. Or, le débat ne se situe plus à cet endroit. Jamais un cirque ne sera un lieu d’épanouissement pour un animal sauvage.

Arrêtons-nous un instant sur le cas des orques qui deviennent agressives en captivité. Prisonnières, elles sont désespérées, stressés, en un mot, malheureuses. Il faut pour comprendre la détresse de ces mammifères marins visionner le film Blackfish ou même une vidéo accessible sur YouTube qui montre l’attaque de l’orque Kasatka, contre le dresseur Ken Peters en 2006 en SeaWorld San Diego. Pendant de longues minutes, au lieu d’exécuter le numéro attendu, à savoir pousser Ken par la plante des pieds et le projeter en l’air, Kasatka va saisir l’une de ses chevilles dans sa mâchoire, l’entraîner au fons du bassin plusieurs fois tout en le ramenant à la surface pour qu’il puisse respirer.  Pendant près de dix minutes, l’orque va jouer avec son prisonnier en refusant de la lâcher.

Image de prévisualisation YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=aDT3EqopzpY

Les dresseurs comprendront plus tard c qui a provoqué la colère de l’animal ; les pleurs de son bébé Kalia dans un bassin attenant. Ils raconteront aussi que dans l’après midi, Kastka s’était emportée contre son bébé et qu’n arrivant dans le bassin destiné au show, elle avait continué de « parler » à son enfant.

Les cris qu’elle entendra pendant le numéro seront des cris de détresse. Et l’on comprend alors que Kasatka, qui a elle-même été violemment capturée à l’âge d’un an en Islande, qui a été séparée de sa mère, se rebelle contre sa situation et contre ce que les hommes font subir à son propre bébé. Elle est en colère, et veut montrer au maître qu’il peut être l’esclave si elle le désire. Elle pourrait tuer Peters mais elle choisit de lui laisser la vie ; il ne s’agit que d’un avertissement. Les orques sont extrêmement intelligente s, et savent très bien ce qu’elles font. En février 2016, Peter a révélé qu’un animal par moi était mort prématurément chez SeaWorld au cours des trois mois précédents. Les mammifères marins n’ont rien à fiche dans des cages en verre.

En Février 2015, la ville de Lieusaint, en Seine et Marne, a décidé d’interdire les cirques avec animaux sauvages. Elle a justifié sa position en expliquant que « les spectacles de cirque contiennent des numéros imposant aux animaux des exercices contre nature », que « les conditions de détention et de dressage des animaux occasionnent à ces derniers des pathologies avérées » et que « les normes minimales ne peuvent pas être respectées par ces cirques du fait de la nature itinérante de ces établissements ».

Lieusaint a suivi l’exemple de bon nombre de pays. Un mouvement est en marche dans le monde, qui atteste que les droits des animaux sauvages commencent à être sérieusement pris en compte, sauf évidemment en France où, une fois de plus, nous avons dix métros de retard.

En juillet 2015, la Catalogne, après avoir banni la corrida en 2016, a voté l’interdiction des animaux sauvages dans ses cirques. Des interdictions similaires, complètes ou partielles existent déjà dans près de trente pays, parmi lesquels l’Autriche, la Belgique, la Bolivie, la Bulgarie, Chypre, le Costa Rica, la Croatie, le Danemark, la Finlande, la Grèce, la Hongrie, l’Inde, Israël, la Lettonie, le Liban, Malte, le Mexique, les Pays-Bas, le Pérou, le Portugal, Singapour, la Slovénie et la Suède. Certains de ces pays interdisent même tout animal, sauvage ou non (les chiens et les chevaux par exemple)

[…] 

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Le monde moderne et les animaux

Posté par othoharmonie le 4 février 2017

 

Nous pouvons fermer les yeux autant que nous le voulons, la réalité contemporaine de notre rapport aux animaux n’est pas honorable. Elevage intensif, expérimentation scientifique et déconsidération, font aussi partie du paysage, aux côtés de notre rapport affectif envers nos animaux de compagnie. Comment l’être l’humain justifie-t-il de faire subir à l’animal de telles situations de maltraitance ? C’est à se demander quelle est la réelle « bonne cause » pour laquelle des milliers d’animaux sont sacrifiés toutes les semaines au nom de la recherche. N’est-il pas sérieusement temps de modérer nos expérimentations animales ? Pensons-nous que les animaux sont des choses, à notre service ? 

animaux

En dessinant un univers mécanique, dans lequel tout serait inerte et déterminé, Galilée au 17ème siècle, Descartes et Newton au 18ème siècle, ont promu un mode de pensée radical, fondateur de notre culture. « Ce que le matérialisme dit c’est que d’une manière imprécise, à un moment de l’évolution, la conscience humaine se serait allumée subitement, commente Rupert Sheldrake avec une pointe d’ironie (…) Tout le reste de l’univers serait totalement inconscient et mécanique ». Cette philosophie matérialiste, qui décrit la nature, et donc l’animal, comme totalement dénués de conscience et obéissant à des automatismes, a ouvert la voie à toutes sortes d’exploitations abusives par l’homme de son environnement. Car à partir du moment où l’animal est une machine qui n’a pas de conscience, tout est justifié. 

Mais nous n’avons pas toujours eu ce rapport à l’animal. Vinciane Despret nous raconte comment, jusqu’au 18ème siècle, nombre d’animaux soupçonnés d’avoir commis des crimes, avaient des droits et étaient traînés en justice, avec procédures en bonne et due forme. « Ces procès témoignaient d’une sagesse que nous réapprenons, ça et là, à cultiver : la mort de l’animal peut ne pas aller de soi. La justice devait intervenir » raconte-t-elle. Et c’est ce qu’il s’est passé en 1713, à Piedade no Maranhao au Brésil, non pas avec des animaux domestiques, mais avec des termites accusées de la destruction d’une partie d’un monastère. Surprenant. « L’avocat qui leur fut attribué plaida de manière ingénieuse, poursuit Vinciane Despret (…) Le juge décida, au regard des faits et des arguments, d’obliger les moines à offrir un tas de bois aux termites ; ces dernières reçurent quand à elles l’ordre de quitter le monastère et de limiter leur louable industrie à ce tas de bois ». Si cet exemple paraît incroyable, il montre combien nous avons su par le passé considérer les formes de vie qui nous entourent comme étant conscientes et détentrices de droits, tout comme nous.  

isabelleLes chercheurs qui ont ouvert avec Bruno Latour et Isabelle Stengers la « boîte noire » de la fabrication des sciences modernes n’ont pas fini de faire vaciller les contours du monde qui nous entoure. Le dernier livre de Vinciane Despret « Que diraient les animaux…si on leur posait les bonnes questions ? » ne s’adresse pas seulement à la communauté des chercheurs (sociologues ou philosophes des sciences, éthologues et scientifiques) mais se trouve susceptible d’intéresser et de concerner n’importe qui soucieux des rapports que nous entretenons avec les animaux. Plus que cela, il rend directement préhensibles et accessibles les conséquences pratiques et quotidiennes (pour tout un chacun) d’autres versions d’un « faire science ». Interrogés non seulement dans les laboratoires, mais aussi dans leur milieu de vie, avec ceux qui vivent à leurs côtés, ré-harnachés en quelque sorte par cette opération aux ambiguïtés du monde, les animaux dont parle Vinciane Despret n’apparaissent plus du tout bêtes.

La mise en cause, bien que jamais abordée frontalement (sous le registre de la critique ou de la dénonciation) n’en reste pas moins radicale : les frontières ontologiques entre les êtres humains et les animaux définies par les sciences expérimentales depuis plus d’un siècle ne tiennent pas l’épreuve de notre relation aux animaux et de la relation qu’ils entretiennent avec leur environnement. Si la mise en cause n’est jamais abordée frontalement, c’est aussi que le propos de Vinciane Despret n’est pas d’attaquer la science, ni les scientifiques, mais plutôt des manières de faire science. Il ne s’agit pas pour elle de disqualifier en généralité les résultats des sciences expérimentales mais d’interroger spécifiquement et cas par cas leurs dispositifs méthodologiques et le type d’interprétation que ces dispositifs génèrent.

Pour cela, la démonstration de Vinciane Despret n’emprunte pas le déroulement linéaire du livre de sciences sociales, c’est un abécédaire, on entre ainsi « par le milieu », on déambule d’une lettre à l’autre et l’on comprend vite que ce cheminement bien singulier ne relève pas du tout d’un simple effet de style. La logique d’exposition correspond directement à la proposition heuristique du livre : la connaissance que nous avons des animaux n’est ni univoque, ni de portée générale, elle est résolument plurielle et ouverte, ainsi n’y accède-t-on qu’à accorder de l’importance à la discontinuité, à l’événement. On y accède par fragments donc, par morceaux d’expériences, aux frontières des mondes humains et non humains, c’est-à-dire tout aussi bien dans les laboratoires que dans les fermes des éleveurs, les zoos, dans les forêts amérindiennes ou les pâturages portugais. L’espièglerie de l’exemplification et la multiplication des anecdotes cocasses procèdent également de cette heuristique particulière, la mise à mal du Grand Partage entre humains et animaux peut ainsi être poursuivie sans gravité ni pathos, et surtout s’accompagner d’un rire communicatif qu’en progressant dans la lecture, on se surprend même à éprouver comme partagé avec les animaux eux-mêmes.

Chaque entrée du livre est indexée à un terme (Corps, Génie, Imprévisibles, Justice) et à une question provocatrice (« Les singes savent-ils singer ? » « Les oiseaux font-ils de l’art ? » « Peut-on conduire un rat à l’infanticide ? » « Les animaux font-ils des compromis ? »), ces couplages étranges se trouvent eux-mêmes rapportés aux cas empiriques (des éléphants thaïlandais qui peignent des esquisses devant les touristes, des pingouins aux identités sexuelles multiples, des pies menteuses, des orangs-outans qui lancent leurs selles à la tête des scientifiques, des perroquets qui ne répètent pas ce que l’on voudrait…) indifféremment extraits de corpus de recherches éthologiques ou de Youtube. Vinciane Despret ne répond pas aux questions posées en début de chaque chapitre mais au contraire nous propose de la suivre dans ses hésitations, elle donne ainsi à voir différentes situations où ces questions reçoivent d’autres réponses que celles envisagées par les scientifiques (cf. V comme Versions) ces derniers étant bien souvent incapables de les recevoir pour la double raison qu’elles échappent aux dispositifs d’établissement de la preuve mais surtout qu’ils n’attendent aucune réponse qui puisse être formulée par les animaux eux-mêmes.  cf. p 206

 livrecf. p 209 Parmi la foule d’exemples qui sont avancés, je proposerais d’en extraire simplement deux d’entre eux, pas les plus drôles, dont je laisse le plaisir de la découverte aux lecteurs du livre, mais sans doute ceux qui nous (êtres humains) concernent le plus. Le premier exemple se trouve à la lettre « S comme Séparations », sous-titré de « Peut-on mettre un animal en panne ? » ; y est examiné le régime de production de preuves qui a conduit à la formulation de la théorie de l’attachement par le psychologue Harry Harlow. « Le poison de l’héritage » d’Harry Harlow tient selon Despret en la manière dont le laboratoire expérimental a produit les preuves d’une des plus grandes évidences sensibles que nous avons en commun avec beaucoup d’animaux : l’affection. Pour parvenir à démontrer la nécessité vitale du lien tactile, Harlow a répété avec des rates, puis avec de petits macaques rhésus, des procédures de séparations d’avec leurs petits. De là, le type de questions qu’il pose sont les suivantes : que se passe-t-il si l’on affame la mère et qu’on lui donne le choix entre se nourrir et rejoindre son petit ? Que se passe-t-il si la mère est remplacée par un mannequin en tissu ? Que se passe-t-il si le mannequin est en métal et fournit du lait ? « L’expérience de séparation ne s’arrête pas à séparer des êtres les uns des autres, elle consiste à détruire, à démembrer et, surtout à enlever. Comme si c’était le seul acte qui puisse être accompli […] Apparaît alors le véritable fil qui guide cette histoire : celui d’une routine qui s’emballe et devient folle. Séparer les mères et leurs petits, puis séparer les mères d’elles-mêmes, dans leur propre corps, enlever les ovaires, les yeux, le bulbe olfactif  ». Cette fois-ci rien de drôle, bien au contraire. La science expérimentale apparaît comme une machine non plus simplement « à rendre bête » mais plus littéralement comme un appareil de torture. Le fait qu’à aucun moment Harry Harlow interroge ce que les dispositifs eux-mêmes induisent, que jamais ne soit imaginé qu’ils puissent largement « causer » le désespoir qu’ils sont précisément censés permettre d’enregistrer, fait dire à Vinciane Despret que la théorie de Harlow ne tient qu’à une chose : « un exercice systématique et aveugle de l’irresponsabilité»

 cf. p 116. Vinciane Despret s’appuie particulièrement dans ce chapitre sur les travaux de Noëlie V (…)

Dans le second exemple (qui pourra être lu dans ses développements à la Lettre K « comme Kilos », sous-titré de « Existe-t-il des espèces tuables ? »), Vinciane Despret nous invite à réfléchir un peu plus sérieusement sur nos propres manières de faire, et c’est bel et bien à cet endroit qu’est disposée la charge pragmatique du livre. La propension des sciences expérimentales à séparer pour ordonner le vivant ne leur est pas propre, les techniques modernes d’abattage, en convertissant des corps en carcasses, procèdent d’opérations du même ordre. « Les parties du corps de l’animal sont traduites en mode de cuisson : le rôti, la pièce à bouillir, le morceau à braiser », « on parlera du bœuf, du veau, du porc ». En même temps que le laboratoire des sciences expérimentales devient monde, le corps mort des « animaux tuables » devient viande, dépouillés ainsi de leur singularité, ce qu’il reste des corps peut alors se muer en une mesure en kilogrammes. On comprend combien tout cela nous concerne, on entrevoit aussi le type de questions vertigineuses que cela peut susciter : Et si en achetant des morceaux de viande dans le supermarché d’à côté, en recoupant ces morceaux dans nos assiettes, nous remâchions l’oubli que c’est une vie que nous nous apprêtons à avaler ? 

 Que diraient les animaux, si… on leur posait les bonnes questions ?

Vinciane Despret

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La chauve-souris meilleure amie de l’homme

Posté par othoharmonie le 15 octobre 2016

 

Curieux ! L’espèce est réputée la plus détestée au monde. Le point sur un phénomène insolite au sein de la biodiversité.

En occident, la chauve-souris est souvent considérée comme vampire, fantôme ou esprit errant. On s’effraie de son vol en rase motte, on craint pour ses cheveux, et l’on s’inquiète de voir ces Dracula miniatures envahir nos maisons de campagne. Pourtant, symbole de longévité en Chine, synonyme de chance en Pologne, sacrée en Angleterre et en Australie, elle aiderait à lutter contre les ravages des insectes, serait l’alliée de l’agriculture biologique et l’amie de la biodiversité. Mauvaise réputation ? Réalité ? Qu’en est-il de la chauve-souris aujourd’hui ?

chauve souris amie de l'homme

L’image catastrophique de l’animal viendrait d’un amalgame courant avec le vampire. Or des 1100 espèces de chauves-souris qui peuplent la terre, 3 seulement aiment le sang. Précisons tout de suite que les 38 espèces européennes sont exclusivement insectivores et que les 3 espèces qui ternissent la réputation du mammifère vivent en Amérique du Sud. Elles sont minuscules, leur morsure concerne exclusivement les animaux des basses-cours et l’homme n’a rien a craindre de la chauve-souris. Au contraire. La médecine lui porte grand intérêt. En effet, les substances anticoagulantes de la chauve-souris hématophage sont utilisées pour lutter contre l’hémophilie. La texture particulière de leurs ailes aide à constater en temps réel l’effet de médicaments et la thermorégulation dont elles font preuve sous hibernation est très sérieusement étudiée pour des applications anesthésiques. D’un point de vue éthologique, des chercheurs de l’Université du Texas étudient leurs moyens de communication. Ils espèrent démontrer l’existence d’un langage primitif chez les chauves-souris, identique à celui des hommes. Une première dans le règne animal. Les clics et les bourdonnements émis auraient une signification, en les changeant de place ou en les mélangeant, cela signifierait autre chose. Une sorte de grammaire. Des neurologues ont depuis rejoint l’équipe des chercheurs.

Payer pour les exterminer plutôt que de les sauver

Pour admirer les qualités de la chauve-souris à l’état naturel, encore faut-il ne pas s’effrayer de son aspect. Merlin Tuttle, américain spécialiste mondial des chiroptères se souvient : « En 1978, National Geographic me demanda d’écrire un chapitre consacré aux chauves-souris dans le livre Les animaux sauvages d’Amérique. Les photos sélectionnées pour représenter les différentes espèces étaient affreuses. Des monstres ! Je leur ai dit : si vous deviez montrer un renard ou n’importe quel autre animal, vous ne choisiriez pas ces photos. Et ils étaient d’accord ! ». Depuis Merlin Tuttle a créé Bat Conservation International* (BCI), une fondation pour venir en aide au seul mammifère capable de voler. « En étudiant les chauves-souris à l’université, j’ai réalisé combien elles étaient menacées. J’ai alors choisi de mettre ma carrière scientifique entre parenthèse pour me consacrer totalement à leur protection. Tout le monde m’a pris pour un fou : un des dix plus grands spécialistes des chauves-souris interrompait sa carrière pour tenter de sauver l’espèce la plus détestée au monde ! Je ne pense pas que l’on puisse dire qu’une seule espèce est plus importante que les autres. Mais les programmes supposés œuvrer pour sauver la vie sauvage font rarement attention au rôle central des chauves-souris. Elles sont si impopulaires que l’opinion publique les a classées au rang des blattes et des animaux nuisibles. Lorsque j’ai fondé BCI, la plupart des gens aurait préféré payer pour exterminer les chauves-souris plutôt que de les sauver. Aujourd’hui c’est un peu moins dur qu’avant, mais c’est toujours un vrai challenge de protéger une espèce que les gens craignent depuis des siècles. Pourtant, quel que soit l’endroit sur cette planète, nous bénéficions tous de l’aide des chauves-souris. Il y a quelques années, je voulais étudier les chauves-souris du Tennessee et j’ai contacté un fermier qui possédait une grotte. Il m’a dit : tuez-en autant que vous le pourrez, elles sentent mauvais et me donnent une détestable réputation. Au lieu de lui dire que cet animal était en danger d’extinction et que je n’en tuerai pas, je suis descendu dans la grotte. Au sol, j’ai découvert des milliers d’ailes de doryphores, des insectes mangeurs de patates. J’en ai pris une poignée car j’avais vu des champs de pommes de terre à proximité et je suis sorti. Je lui montré ce que contenait ma main et très naïvement, je lui ai demandé : ça m’intéresse de savoir ce que ces chauves-souris mangent, vous savez ce que c’est ? Il a écarquillé les yeux et a dit : mais ce sont des doryphores ! Combien elles en mangent ? À peu près 30 kilos d’insectes en une nuit, pas seulement des doryphores, des moustiques, des mites… C’est tout ce que je lui ai dit. Plus tard, lorsque je suis revenu, il avait décidé que chacune de ses chauves-souris valait dans les 5 dollars et vous vous faisiez expulser à coup de fusil si vous dérangiez une seule d’entre elles ! »

chez francesca

200 tonnes d’insectes ingérés en une nuit

Je rejoins Merlin Tuttle à Bracken cave pour constater les qualités insectivores des chauves-souris. Au Texas, à 120 Km d’Austin, se trouve cette grotte très particulière, propriété de la fondation BCI. Tous les soirs, à la tombée de la nuit, 20 millions de chauves-souris mexicaines à longue queue s’envolent du site. C’est la plus forte concentration de mammifères au monde. Elles font disparaître 200 tonnes d’insectes en une nuit. Pour filmer la scène, je m’introduis dans la grotte. Je dois préciser que mes cheveux sont très longs et pas une chauve-souris ne me touchera. Une méchante rumeur vient de voler en éclat. Les milliers de chauves-souris partent à l’assaut des insectes en un ouragan vertigineux. Pas de battement d’ailes mais un vrombissement mystérieux qui donne la sensation que le groupe n’est plus qu’un organisme unique. Quel sentiment merveilleux de savoir que cette formation serrée nous débarrasse des fléaux imputables aux insectes. Moustiques, mites, criquets, sauterelles ou coléoptères… Sans les chauves-souris nous serions submergés en quelques jours.

Chauves-souris et agriculture biologique

Ces insectes attaquent les cultures, gâtent les fruits, dévastent les champs. Un constat bien connu des agriculteurs. Certains font confiance au « tout chimique », d’autres, prônant le bio, se tournent vers la chauve-souris. Et pour ceux qui n’ont ni grotte, ni mine pour accueillir le mammifère, BCI a fabriqué des « bat house », petites maisons conçues pour abriter les colonies. Frank Bibin est l’un de ces agriculteurs. Il habite en Georgie, aux Etats-Unis. « L’idée d’attirer les chauves-souris nous est venue en lisant une brochure éditée par Merlin Tuttle. Il expliquait qu’elles étaient le moyen d’éradiquer les insectes nuisibles. On a trouvé que c’était une bonne idée dans la mesure où l’on avait décidé de passer à l’agriculture biologique. Nous avons construit notre première maison pour chauves-souris en 1998 et nous avons attendu 18 mois pour que 25 d’entre elles s’y installent. À la fin de l’année, elles étaient 125. Alors nous avons construit une deuxième « bat house » et une nouvelle colonie est arrivée en 30 jours seulement. Notre population de chauves-souris fluctue aujourd’hui entre 3500 et 4500 spécimens. Elles ont considérablement réduit le nombre d’insectes nuisibles au point que nous n’utilisons plus du tout d’insecticide. D’autre part, le guano, ces déjections récupérées au pied des « bat house », nous sert de fertilisant naturel ». Autre exemple, en Floride. L’université de Gainesville était envahie par les moustiques. En septembre 1991, la ville entreprit de construire une « bat house » géante. Au printemps, 18 mâles s’installèrent, puis 300 autres. Trois ans plus tard, 1000 femelles séduites, colonisèrent à leur tour « l’établissement ». En mai 1998, on comptait 70.000 chiroptères qui consommaient chaque nuit quelques 60 millions d’insectes nuisibles. La population de chauve-souris attira des prédateurs, hiboux et faucons, favorisant l’émergence d’une nouvelle biodiversité. L’expérience, très positive, fut reconduite non loin de là, du côté du lac Alice.

En France aussi

Les Français s’intéressent depuis peu à ses gîtes artificiels pour chauves-souris. Le groupe de chiroptères de Midi-Pyrénées* lance régulièrement des campagnes de sensibilisation auprès des particuliers et des agriculteurs et propose des plans de construction de « bat house ». En Ariège, la fédération Rénova* travaille pour la réhabilitation du patrimoine fruitier et s’engage pour la protection du mammifère. « Les chauves-souris mangent la carpocapse, un papillon nocturne qui pond dans les pommes. Notre but est de sauvegarder les variétés fruitières locales qui font la richesse de notre terroir et de préserver la biodiversité ». À l’heure où l’on observe une prolifération des insectes tropicaux et un élargissement de leur territoire dû au réchauffement climatique, il serait temps d’encourager ces initiatives et de réagir.

Haro sur le Chikungunya !

Et pourtant. Alors que le développement durable est dans toutes les bouches, les autorités françaises ont dispersé des quantités impressionnantes d’insecticides à la Réunion pour contrer le Chikungunya au lieu d’inciter au repeuplement de l’île en chauves-souris. La nocivité des produits chimiques a fait disparaître quantité d’insectes, pollinisateurs compris, et par effet rebond, les dernières chauves-souris. Il est probable que le Chikungunya reviendra, porté par des moustiques résistants aux insecticides, obligeant une surenchère de produits chimiques. Le combat contre ce fléau viral ne fait que commencer. Cet été, pour la première fois dans le sud de la France à Nîmes, deux personnes ont déclaré le Chikungunya. N’oublions pas que la pipistrelle, chauve-souris commune de nos campagnes avale 600 moustiques à l’heure. Alors avis à ceux qui possèdent un jardin, n’abattez pas systématiquement vos arbres morts, ils sont des nichoirs naturels. Et si d’aventure une chauve-souris vole en rase motte près de votre tête, réjouissez-vous. Elle vient probablement de vous protéger de piqûres.

chauvesouris

70% des fruits tropicaux disparaîtraient

Les chauves-souris pollinisatrices apportent elles aussi leur lot de bénéfices. Si abeilles et bourdons sont indispensables à la pollinisation des végétaux sous climats tempérés, il en est autrement dans les pays tropicaux ou désertiques. En Afrique, Amérique du Sud ou Indonésie, la température impose aux fleurs de ne s’ouvrir que la nuit pour éviter une dessiccation par évaporation. Ces végétaux sont donc tributaires des chauves-souris nocturnes pour survivre et se reproduire. Les cactus, petits écosystèmes offrant ombre et humidité dans les déserts et baobabs, véritables arbres de vie, doivent leur pérennité aux chauves-souris. Une très grande variété de végétaux, plantes et arbres dépendent d’elles pour leur survie. Bananes, dattes, mangues… 70% des fruits tropicaux disparaîtraient de nos assiettes sans les chiroptères pollinisateurs. Quant aux frugivores, elles sont les alliées de la reforestation. Elles digèrent les fruits en 15 minutes seulement et dispersent les graines en déféquant en vol, alors que les oiseaux libèrent leurs excréments au repos sur une branche d’arbre déjà existant. D’autre part, les chauves-souris, à l’inverse des singes et des volatiles, aiment les espaces découverts et n’hésitent pas à coloniser les sites abandonnés par l’homme. Usines désaffectées et ruines oubliées abritent différentes colonies qui contribuent activement au reboisement.

Une vie entre parenthèse

Les qualités de la chauve-souris, pourtant manifestes, sont mal connues du grand public. Peu de personnes se soucient de leur disparition et des conséquences. Des 38 espèces européennes, 19 vivent une situation critique en France. Des 44 espèces américaines, un peu plus de la moitié sont en grand danger d’extinction. Menacée par la pollution et les insecticides à spectre large qui provoquent la raréfaction de la faune entomologique, elles sont également chassée ou dérangées dans leur sommeil. Durant l’hibernation, la chauve-souris réduit son rythme cardiaque à une pulsation toutes les trois minutes et sa température corporelle est de quelques degrés. L’énergie accumulée du printemps à l’automne doit lui permettre de tenir les 150 jours que dure l’hibernation. Si une intrusion humaine l’oblige à se réveiller, l’énergie consommée lors de ce réveil forcé provoquera sa mort et celle de toute la colonie ainsi dérangée. Et pourtant, à l’état naturel, les chiroptères comptent peu de prédateurs. Chouettes, hiboux et faucons dans les airs, parasites (tiques et puces) dans les grottes, serpents et chats lorsqu’elles nichent dans les arbres… la nature, habile dans la distribution des rôles au sein de la chaîne alimentaire avait décidé qu’avec un seul petit par an, la chauve-souris ne méritait pas d’être sévèrement chassée. C’était sans compter avec la disparition des sites sauvages, l’assèchement des zones humides, la pollution des sols, et la généralisation des monocultures. L’abatage systématique des arbres morts, la perte d’accès aux combles et toitures, ces sites de reproduction, accentuent la tendance. Elles sont même mangées par l’homme en Afrique et en Indonésie !

Ô rage, ô désespoir

Pour finir, la chauve-souris est l’objet d’une campagne de dénigrement sans précédent : On l’accuse de propager la rage. Pourtant, des études menées pendant 12 ans sur 800 chauves-souris par des chercheurs de l’Institut Pasteur et de l’université de Barcelone ont établi que le mammifère volant est contagieux seulement pendant 5 jours, et que dans ce cas, le virus n’affecte pas leur comportement et ne les tue pas. À l’inverse des chats, chiens et renards, la chauve-souris enragée ne mort pas ! Autrement dit, pour contracter la rage en côtoyant les chauves-souris, il faut réussir à en attraper une qui a le virus et l’embêter jusqu’à ce qu’elle vous morde. Le Quotidien du médecin a même précisé le 12 septembre 2005 que le virus de la rage transmis par la chauve-souris aurait une pathogénicité atténuée comparée à celle des autres animaux. En conclusion, la transmissibilité de la rage par la chauve-souris est très faible, les probabilités de l’attraper, minimum et l’argument semble un faux prétexte pour l’éradiquer.

Des villes qui agissent

Heureusement, une prise de conscience est en marche. Lentement. En Europe, la chauve-souris fait désormais l’objet de mesures de protection très encadrées et l’on tente de favoriser sa survie en aménageant les entrées de grottes, de clochers ou encore des ponts sous lesquels sont installées des briques creuses. On doit l’action de préservation la plus impressionnante à Merlin Tuttle. Au Texas, à la fin des années 80, un million de chauves-souris en quête d’habitat s’installent sous le pont de Congress Avenue Bridge. La population, effrayée, appelle à l’éradication. Tuttle intervient et explique aux médias leur utilité. La public est conquis. Depuis, chaque soir d’été, plusieurs milliers de touristes affluent pour admirer l’envol des chauves-souris. « Elles sont parties prenante de notre économie et génèrent 8 millions de dollars, juste à cause des touristes qu’elles attirent », m’apprend Cynthia Maddox, responsable du tourisme d’Austin. « Aucune autre mégapole ne peut se venter d’avoir plus d’un million de chauves-souris en centre ville » dit-elle fièrement. Avoir réussi à transformer une peur ancestrale en attraction touristique est la plus grande victoire de Merlin Tuttle. Il a si bien démontré leur intérêt que Mark Bloshok, ingénieur des ponts et chaussée aux Texas, s’est spécialisé dans la conception de ponts dont l’infrastructure encourage ces animaux à les coloniser. C’est ainsi que 1,5 millions de chauves-souris ont choisi pour nichoir le nouveau pont de Mac Neal Bridge. Espérons que cet exemple de cohabitation entre l’homme et l’animal fasse des émules. Comme aime à le dire Merlin Tuttle, « la vie sur cette planète ne serait pas la même sans les chauves-souris ».

 

En France : [->http://www.sfepm.org/groupeChiropteres.htm ]

Et [->http://www.ariegenews.com/news/news-2-17-805.html ]

BCI, Merlin Tuttle : [->http://www.batcon.org ]

Le livre (en anglais) : [->http://www.amazon.fr/Bat-House-Builders-Handbook/dp/0963824805 ]

 

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Le Porc, cousin de l’homme

Posté par othoharmonie le 12 mai 2016

En remontant plus haut, certains protohistoriens voient dans le porc l’animal propre aux fermiers sédentaires, et donc l’animal rejeté ou honni par les peuples nomades – ce que sont les tribus primitives des Hébreux – éleveurs de moutons, de chèvres et de chameaux, tous animaux qui peuvent les suivre dans leurs déplacements. D’autres font observer que l’élevage du cochon nécessite de grandes quantités d’eau, laquelle est rare au Proche-Orient. D’autres encore soulignent la nécessité séculaire de conduire les porcs dans les forêts pour les nourrir : dans les régions privées de forêt, il faut les alimenter avec des grains et donc prélever à leur profit une part importante de la nourriture destinée aux hommes. Ces dernières explications sont sans doute fondées mais elles ont un côté positiviste que l’historien des sociétés anciennes accepte avec réticence.

elevage-porc

Plus séduisantes sont les explications d’ordre taxinomique, développées par quelques anthropologues. Ceux-ci remarquent que le porc n’est pas le seul animal déclaré impur par le Lévitique et le Deutéronome, tant s’en faut. Il ne faut donc pas l’envisager isolément mais prendre en compte toutes les espèces considérées comme impures. Or si certaines se nourrissent bien d’immondices et de charognes, d’autres pas du tout. C’est pourquoi, plutôt que de mettre en avant les mœurs et le régime alimentaire des animaux concernés il vaut mieux partir des connaissances et des classifications zoologiques. Non pas celles d’aujourd’hui, bien évidemment, mais celles des époques bibliques. Semblent ainsi déclarés impurs et tabous tous les animaux qui ne réunissent pas les critères de classification habituels. Ils sont « hors catégories », inclassables donc suspects et dangereux : le porc parce qu’il ne rumine pas alors qu’il a le sabot fendu comme tous les ruminants ; le corbeau, le vautour et les oiseaux de proie parce qu’ils mangent de la chair alors qu’ils volent ; la crevette, la langouste, l’anguille et d’autres espèces aquatiques parce qu’elles nagent mais ne présentent ni écailles ni arrêtes.

À moins de considérer que les interdits bibliques répondent à la seule volonté divine et qu’il est vain et illicite de leur chercher une explication rationnelle – position adoptée par beaucoup de rabbins – c’est peut-être du côté de ces hypothèses taxino-miques qu’il faut aujourd’hui chercher pour comprendre les interdits alimentaires ayant cours dans le Proche-Orient ancien.

Il est cependant une raison qui semble aujourd’hui plus fondée que toutes les autres : le cousinage biologique entre l’être humain et le cochon. Cette parenté, bien connue des sociétés anciennes, aide à mieux comprendre non seulement les tabous mais aussi la symbolique fortement ambivalente du porc, construite à la fois sur l’attrait et le rejet. Pour les savoirs antiques et médiévaux, trois animaux seulement sont pensés comme des « cousins de l’homme » : l’ours, en raison de son aspect extérieur, de son régime alimentaire, de ses mœurs et de son comportement sexuel (longtemps on a cru que l’ours mâle était attiré par les jeunes filles, qu’il enlevait et violait) ; le cochon en raison de son anatomie interne, de sa physiologie, de ses maladies, de son caractère omnivore, de son intelligence et de sa sensibilité ; et le singe, à propos duquel plusieurs encyclopédistes du xiiie siècle précisent : « en fait, contrairement à l’ours et au cochon, le singe ne ressemble pas du tout à l’homme mais il est tellement diabolique qu’il fait semblant de lui ressembler ».

L’idée d’un cousinage entre l’homme et le porc est donc ancienne. Dans les récits mythologiques elle s’exprime surtout par le thème de la métamorphose : des humains sont changés en porcs et inversement. Le livre X de l’Odyssée, par exemple, nous raconte comment les compagnons d’Ulysse, errant sur les mers après la ruine de Troie, abordent sur l’île d’Aea, possession de la redoutable magicienne Circé. Celle-ci leur fait bon accueil, leur offre un banquet puis, comme elle a coutume de le faire avec ses visiteurs, les transforme en pourceaux en leur faisant boire un philtre et en les touchant de sa baguette magique. Grâce à une herbe protectrice fournie par le dieu Hermès, Ulysse échappe à la métamorphose et menace Circé de la tuer. Mais il tombe sous le charme de la magicienne dont il partage l’amour et la vie pendant quelque temps. Il obtient néanmoins qu’elle rende à ses compagnons leur nature humaine.

Source : http://ashp.revues.org/1170

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MORPHOLOGIE DU CRABE

Posté par othoharmonie le 1 mars 2016

Le corps des brachyoures a les caractéristiques principales de l’anatomie des décapodes.

Leur corps segmenté, recouvert d’un exosquelette plus ou moins dur en carbonate de calcium, possède typiquement un céphalothorax très grand, déprimé et abritant tous les organes, cette fusion de la tête et du thorax résultant du processus de carcinisation , appelé aussi brachyurisation (évolution morphologique vers une forme de crabe). Le céphalothorax est formé de la tête (lobe préoral + 4 segments) et du péréion (8 segments), l’ensemble est enveloppé d’une carapace continue formée par les plèvres du dernier segment céphalique et lestergites du péréion. Le pléon (du grec rrXècov, « mettre à la voile ») correspondant à l’abdomen (7 segments) est réduit et rabattu sous la face inféropostérieure du céphalothorax où il se loge dans une dépression : ce rabat chez la plupart des mâles est attaché par un système de bouton-pression grâce à deux crochets qui se « pressionnent » sur deux fossettes, protégeant ainsi sa première paire de pléopodes copulateurs.

crabe

Les 3 premiers segments du péréion ont fusionné avec la tête ; leurs appendices sont les pattes-machoires ou maxillipèdes associées aux pièces buccales (Mandibules, Maxillules, Maxilles). Les appendices des 5 derniers segments du péréion sont les péréiopodes. La première paire de ces péréiopodescorrespond aux chélipèdes (pince), généralement très développées. La pince comprend un dactyle mobile, s’articulant sur le propodus composé du manus et du polex (appelé familièrement paume, le propode et le dactyle forment la « main »). Les autres péréiopodes sont locomoteurs. Les appendices des arthropodes sont, en principe, biramés formés d’un endopodite ventral plus puissant et d’un exopodite dorsal plus délicat, souvent foliacé et à rôle respiratoire. Ces deux branches sont portées par un segment basilaire, le protopodite qui, chez les crustacés, est subdivisé en précoxopodite, coxopodite et basipodite (portant l’exo- et l’endopodite). Chez les brachyoures, les exopodites des péréiopodes sont branchiaux et abrités dans les cavités branchiales situées dans les portions du céphalothorax.

Leur tête porte deux yeux composés mobiles qui peuvent se loger dans une encoche orbitaire de la carapace. Ils sont généralement au bout de pédoncules oculaires (tiges coniques plus ou moins effilées, articulées au céphalon, souvent rétractiles), ce qui leur donne un large champ visuel (360° chez les crabe-fantômes).

L’estomac, souvent subdivisé en deux parties appelées estomac cardiaque et estomac pylorique, est prolongé par l’intestin moyen et accompagné d’un important hépatopancréas, glande qui synthétise les principales enzymes digestives. L’estomac cardiaque comporte un appareil masticateur (moulin gastrique) formé de pièces chitineuses épaissies très mobiles.

Leur carapace peut être garnie d’épines dorsales et latérales (par exemple épine supraorbitaire ou épistomienne), de spinules, tubercules, crêtes et carènes qui sont des éléments de diagnose.

La plus petite espèce décrite à ce jour est le Nannotheres moorei (taile d’1,5 mm) de la famille des Pinnotheridae, la plus grande est le crabe-araignée géant du Japon qui peut atteindre jusqu’à 3,5 m d’envergure, pattes étendues, dont 37 cm pour le corps, et un poids d’environ 20 kg, ce qui en fait le plus grand arthropode vivant.

LE CRABE

Comportement alimentaire

La majorité des espèces de brachyoures sont prédatrices et/ou nécrophages. Il existe également chez ce crustacé opportuniste des espèces herbivores, omnivores et détritivores (filtreurs de planctons, algues sur rochers, etc.). Chez les macrophages, la nourriture est prélevée à l’aide des chélipèdes qui la transfèrent à la 3e paire de maxillipèdes ; les maxillipèdes poussent la nourriture plus loin vers les mandibules et les maxilles qui la déchiquètent avant l’ingestion. Chez les microphages, le prélèvement alimentaire se fait par filtration. Celle-ci peut être assurée par les peignes de soies situés au niveau de certains appendices, par exemple au niveau des maxillipèdes dans le cas des Pinnotheridae. Les particules filtrées sont ensuite rabattues vers la bouche. La filtration est soit active (pièces buccales), due aux battements de l’un de ses appendices (scaphognathite), ou passive, utilisant un courant d’eau naturel ou généré par l’hôte si le crabe est symbiotique. En fonction du comportement alimentaire des crabes, les chélipèdes peuvent présenter des morphologies variables. Ainsi, les crabes se nourrissant d’algues encroûtantes présentent des pinces en forme de cuillère pour gratter et récolter la nourriture. Les crabes carnivores/nécrophages, comme Cancer pagurus (Linnaeus, 1758), qui se nourrit de coquillages, ont des pinces à mors émoussés, rappelant la face broyeuse des molaires, adaptées au broyage des coquilles. D’autres présentent des pinces à mors tranchants, en lame, permettant la découpe de chair.

Des cas de cannibalisme sont répertoriés : certains mâles mangent la femelle molle qui vient de muer (cette mue est à l’origine de l’émission d’une phéromone qui déclenche l’accouplement), le crabe-violoniste Uca tangeri  mange ses enfants lorsqu’il ne trouve plus de ressources sur terre.

Les crabes ont de nombreux prédateurs : mérous, rascasse, murènes, pieuvres, crocodiles, oiseaux, ratons, iguanes, ocelots, singes.

Une centaine d’espèces de Xanthidae ingèrent des Dinoflagellés lorsqu’ils s’alimentent, ce qui les rend toxiques.

La plupart des brachyoures sont gonochoriques, seules quelques rares espèces sont hermaphrodites.

L’accouplement est précédé d’une promenade nuptiale, le mâle postant la femelle entre ses pattes de devant en attendant que cette dernière mue et soit féconde.

Chez de nombreuses espèces de crabes, la fécondation interne n’est possible qu’après la mue de la femelle. Lors de l’accouplement ventre à ventre, le mâle introduit ses deux stylets copulateurs (correspondant à deux pattes abdominales transformées) dans les orifices génitaux de la femelle et y injecte ses spermatophores contenant les spermatozoïdes. Les œufs fécondés sont pondus (frai) mais restent collés sur les pléopodes de la femelle qui est dite « ovigère » (qui signifie « porteuse d’œuf) ou « grainée ». L’abdomen est alors « décollé » du céphalothorax et fournit un espace de protection pour la ponte.

Les œufs sont couvés pendant un temps qui varie selon les espèces (généralement plusieurs mois), puis éclosent au stade protozoé ou zoé (biologie) ; il y a un nombre variable de stades zoés selon les espèces. Après le dernier stade zoé, le crabe passe par un dernier stade larvaire, lui aussi pélagique, la mégalope; sa morphologie est intermédiaire entre la forme zoé et la forme crabe. Après un certain laps de temps, cette larve migre vers le substrat où elle effectue sa dernière mue larvaire qui la conduit au stade 1er crabe. La durée de la vie larvaire est très variable ; par exemple elle est de 65 ± 11 jours en moyenne chez les crabes Cancridae et de 29 ± 16 pour les Ocypodidae. Cependant, il existe des durées de développement larvaire beaucoup plus longues, de 4 – 12 mois chez Cancer magister, ou beaucoup plus courtes comme chez Tunicotheres moseri où le développement ne dure qu’entre 3 et 7 jours. Enfin, le développement direct, où l’individu sortant de l’œuf ressemble à un adulte en miniature, est rare. Ce cas se rencontre, par exemple, chez des crabes de la famille des Xanthidae : Pilumnus lumpinusP. novaezelandiaeP. vestitus.

Un crabe « mou » (le crabe en mue est un mets que l’homme juge très raffiné) est un crabe qui fait sa mue et dévagine sa carapace, devenue trop petite, ce qui le rend non seulement vulnérable, mais lui enlève toute possibilité de défense. Pendant les quelques jours qu’il lui faut pour que sa nouvelle carapace durcisse, il se réfugie à la limite des eaux de marée moyenne et se cache sous les rochers, les algues, s’ensable ou même retourne dans son exuvie. Après la mue, il lui arrive de manger son exuvie pour restaurer ses réserves calciques.

Plus de 6 800 espèces actuelles et près de 1 800 fossiles ont été décrites à ce jour (De Grave & al., 2009), réparties sur l’ensemble de la planète. En France sont recensées 4 000 espèces de crustacés dont 400 crustacés décapodes et une centaine de crabes. Les crabes colonisent une grande variété de milieux : aquatiques évidemment mais aussi continentaux, certaines espèces réalisant la quasi-totalité de leur cycle en dehors de l’eau. C’est surtout en zone tropicale que l’on trouve indifféremment des crabes marins, des crabes d’eau douce (850 espèces dont beaucoup ont une adaptation à une vie semi-terrestre, certaines espèces des familles dePotamonautidae ou Sesarmidae vivant dans la canopée) et des crabes terrestres.

L’apparition des crabes remonte à l’ère secondaire, le plus ancien fossile de crabe connu datant du jurassique moyen, il y a environ 170 Ma.

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LE CHANT DU CYGNE

Posté par othoharmonie le 28 octobre 2015

 

AUCUN chant, jusqu’ici, n’a été plus vanté que le chant du Cygne , lequel, comme on sait, est devenu proverbe. Quand l’admiration publique voulut décerner un hommage flatteur au chantre du Barbier de Séville et de Guillaume Tell , elle le surnomma le Cygne de Pesaro.

CHANT DU SIGNE

Nous croyons donc intéresser nos lecteurs en consacrant ici quelques pages au rôle symbolique que joue le Cygne dans les mythologies anciennes et modernes. Pour les Grecs, le Cygne est un oiseau prophétique consacré à Apollon ; pour les peuples du Nord, il possède également le don de la divination et offre des rapports intimes avec les divinités de la lumière. Tout porte à croire que la beauté du Cygne, son air calme et majestueux, le charme et l’élégance de ses attitudes, où Ton remarque autant de grâce que de noblesse, et surtout l’éclatante blancheur de son plumage, lui ont valu, de tout temps, l’honneur d’être pris pour l’emblème de l’astre du jour.

Quant à la faculté musicale du Cygne, nous y reviendrons tout à l’heure. Pour le moment, restons dans le domaine de la fable, et sans trop nous attarder à en analyser les fictions aimables et touchantes, faisons d’abord remarquer que le nom de Cycnus a été donné par les poètes grecs et latins à différents personnages dont la destinée rappelle plus ou moins les traits principaux de la légende du Cygne. Parmi les héros célébrés sous ce nom par les anciens mythologues et présentés comme ayant subi la métamorphose du chasseur Cycnus dont parle Ovide, nous nous bornerons à citer ce chef de Liguriens, fils du roi Sthénélus, ami et parent de Phaéton. Il passait pour habile musicien, et après avoir versé d’abondantes larmes à la mort de son imprudent ami (Phaéton), il fut changé en Cygne par Apollon et mis au rang des astres. Telle est l’origine de la Constellation du Cygne. Virgile, qu’on appelle aussi le Cygne de Mantoue , a recueilli au Xe chant de Y Enéide ce souvenir des temps héroïques :

« On raconte, dit-il, que Cycnus, touché du malheur de son cher Phaéton, pleurait son ami sous le feuillage ombreux des peupliers ses sœurs (les Héliades métamorphosées en peupliers), et charmait par ses chants ses tristes amours ; il vieillit en chantant, vit son corps se couvrir d’un blanc et moelleux duvet, quitta la terre, et, toujours en chantant, s’envola vers les cieux. »

Ajoutons que chez les Grecs l’Apollon dorien. qui présidait aussi au chant, avait pour compagnon le Cygne. Homère, dans un de ses Hymnes, leur rend simultanément hommage, comme le prouve cette invocation : « O Phébus, le Cygne te chante mélodieusement, en agitant ses ailes, lorsqu’il s’élance sur le rivage près du Pénée ; c’est à toi que le poète, en tenant sa lyre sonore, chante toujours le premier et le dernier. » Nous dirions bien encore que Jupiter, épris de Léda, femme de Tyndare, choisit la forme de cet oiseau pour se rapprocher de celle qu’il aimait; que, séduite par le Cygne divin, Léda mit au monde un œuf d’où sortirent les Dioscures ainsi que la blonde Hélène, etc., etc.; mais nous croyons par ce qui précède avoir suffisamment démontré les attributions du Cygne dans la mythologie classique, et il est temps de nous occuper des fables qui ont un rapport direct avec son agonie mélodieuse. Isidore de Séville, et après lui Albert le Grand, disent que le Cygne ou Cycnus est ainsi nommé parce qu’il produit un son agréable en modulant les sons de sa voix. Quoi qu’il en soit de cette étymologie, les poètes anciens ont prodigué au Cygne les épithètes les plus flatteuses : « Cygne chanteur, Cygne mélodieux », disent Homère et Euripide. Eustathe, le scoliaste d’Homère, ajoute gravement : « L’expérience est notre meilleur garant de ce que les Cygnes chantent d’une manière remarquable. » Callimaque, dans son Hymne à Délos, appelle les Cygnes « oiseaux des Muses ; » Horace, voulant louer Pindare, l’appelle Dircœum Cycnum , et enfin Virgile, qui honore les Cygnes des épithètes de sonorus, argutus, excellens, sublime, cantans , caractérise par ces mots charmants leurs modulations harmoniques :

Longo canoros Dant per colla nodos. « Et font sortir de leurs longs gosiers des chants mélodieux et retentissants. » (ENÉIDE, 1. vu. v. 700.) Les poètes ne sont pas seuls à célébrer le chant du Cygne; philosophes, historiens, naturalistes, tous se réunissent d’un commun accord pour en faire l’éloge. Au reste, d’après Pausanias, la renommée du Cygne comme musicien était un fait établi : « Quand les Cygnes chantent, dit Oppien, les rochers et les vallées leur répondent; plus que tous les autres oiseaux, ils méritent le nom de musiciens, et c’est aussi sous ce nom qu’ils sont consacrés à Apollon. Leur chant n’est pas lugubre comme celui des Alcyons, mais suave et doux comme le son tiré de la flûte ou de la harpe. » Elien, au livre V de son Histoire de trouve le moyen d’enchérir sur Oppien, et les Pères de l’Eglise eux-mêmes, ont vanté le chant du Cygne. Saint Chrysostôme, dans ses Commentaires sur les Epîtres de Saint Paul, attribue ce chant à l’harmonie, et D. Naziance, dans une épître où il blâme les discours superflus et loue les paroles discrètes, dit qu’il préfère le chant suave, quasi rare, des Cygnes, à l’éternel babil des hirondelles. Le Cygne est donc célébré comme un oiseau chanteur, le favori d’Apollon. D’après le témoignage des anciens, dit à ce sujet M. Georges Kastner, (1) le Cygne n’est pas seulement doué de la faculté mélodieuse, mais c’est à l’heure suprême qu’il exhale ses plus beaux chants. Tandis que toute la nature vivante a horreur de la mort et frémit à l’idée de la destruction, le Cygne, comme s’il avait le pressentiment d’une vie meilleure, bat des ailes et prélude par des accents d’un charme ineffable à son dernier soupir- » Aristote, du reste, affirme au IX e livre de son LE CHANT DU CYGNE dans CYGNEdes Animaux, que les Cygnes ont l’habitude de chanter, surtout lorsqu’ils vont mourir. Des personnes qui ont voyagé sur les mers d’Afrique en ont vu beaucoup qui chantaient d’une voix plaintive et mouraient ensuite. Voici maintenant comment Platon, dans le interprète cette tradition mystérieuse : « Il semble, dit-il par la bouche de Socrate, que vous me regardez comme moins habile à la divination que les Cygnes ; car ceux-ci, quand ils sentent leur fin prochaine, se mettent à chanter encore plus qu’auparavant et avec bien plus de douceur. Ils se félicitent ainsi d’aller rejoindre le Dieu dont ils avaient été les compagnons.

Mais les hommes, parce qu’eux-mêmes ils redoutent la mort, publient faussement qu’alors les Cygnes chantent de tristesse, comme s’ils déploraient leur mort, ne considérant pas qu’aucun oiseau ne chante quand il a faim ou froid ou qu’il éprouve quelqu’autre douleur. Ni les rossignols, ni les hirondelles, ni la huppe même ne le font, bien qu’on dise que celle-ci chante par 1 effet d un sentiment de tristesse.

Pour moi, je ne crois pas que ces oiseaux chantent pour cette cause non plus que les Cygnes mais comme ils sont consacrés à Apollon, et qu’ils participent aux dons prophétiques, ils prédisent les biens delà vie future et se réjouissent ce jourlà plus qu’ils n’ont jamais fait en aucune circonstance de leur vie. » Pythagore est du même avis que Platon, et dit que le chant suprême du Cygne ne signifie pas la tristesse, mais la joie de passer à une vie meilleure. La plupart des poètes latins, à l’exemple des Grecs, offrent des citations que nous pourrions multiplier ; mais ce que nous venons de dire suffit pour ne laisser aucun doute sur le mythe du Cygne mourant dans la poésie classique, ainsi que sur la signification que les anciens philosophes attribuaient à cette fable. Quant à l’origine naturelle de cette fiction qui a si heureusement inspiré tant de beaux génies, on la trouve dans les traditions égyptiennes.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsEn effet, pour désigner un musicien âgé, les Egyptiens, dans leur écriture hiéroglyphique, dessinaient un Cygne, parce que, selon eux, cet oiseau ne chante jamais plus mélodieusement qu’aux approches de la mort. La figure du Cygne est donc un funèbre, témoins ces beaux vers de Lucrèce : « Les Cygne de l’antre de l’Hélicon, dans les convulsions de la froide mort, font entendre d’une voix lugubre leur plainte harmonieuse. » Aussi les anciens ont-ils souvent représenté cet oiseau sur les monuments funéraires. On a des preuves de ce symbole dans le témoignage de certains auteurs défavorables au chant du Cygne. On connaît l’ancien proverbe qui dit que les Cygnes chanteront quand les geais cesseront de babiller, c’est-à–dire jamais. Les poètes mêmes qui ont fait l’éloge des Cygnes en louant les charmes harmonieux de leur voix, leur appliquent parfois des épithètes propres à faire entendre le contraire. Ainsi Virgile, qui, suivant l’opinion traditionnelle leur accorde volontiers des qualités mélodieuses, les traite tout autrement quand il parle avec connaissance de cause : il leur applique alors lepithète de rauci, rauques, qui, certes, ne réveille ancune idée musicale. « Les Cygnes rauques se font entendre sur les eaux murmurantes. » Ovide va même jusqu’à imiter par le mot drensent le cri qu’ils font entendre : « La grue crie, et les Cygnes, qui vont par groupes, grincent sur les fleuves. »

Quant aux naturalistes anciens, Élien, entre autres (L. I), reconnaît que les Cygnes ont une grande réputation de chanteurs, mais que ni lui ni probablement aucun autre n’a occasion de les entendre; il sait seulement, ajoute-t-il, que les anciens ont la ferme croyance que d’ordinaire cet oiseau chante avant de mourir une espèce d’air qui s’appelle à cause de cela F air du Cygne . Pline s’exprime encore plus ouvertement contre le préjugé en question : « On parle, dit-il (L. X), des chants mélodieux du Cygne à l’heure de sa mort, c’est un préjugé démenti par l’expérience.» Enfin Lucien se raille agréablement de la crédulité de ceux qui croient à cette fable, et Athénée, après avoir cité l’avis d’Aristote sur cette question, ajoute : « Alex. Myndien m’assure qu’ayant observé plusieurs Cygnes qui se mouraient, jamais il ne les entendit chanter.

Cette erreur, adoptée par les écrivains les plus éminents de l’antiquité, se transmit avec leurs œuvres de siècle en siècle, et le Moyen âge, si enclin au merveilleux, recueillit religieusement la fiction relative à la surprenante faculté vocale de l’oiseau d’Apollon. Les épopées du Nord font mention de Valkyries ou femmes-cygnes, qui presque toujours symbolisent la grâce féminine : De leur col blanc courbant les lignes, On voit dans les contes du Nord y Sur le vieux Rhin, des femmes-cygnes Nager en chantant près du bord, a dit Théophile Gautier. Les Eddas et les Niebelungen nous les montrent assises au bord des rivages, ayant comme attribut la blancheur des plumes de cet oiseau. Du domaine de la mythologie, les vierges-cygnes passèrent plus tard dans les contes chevaleresques et figurèrent longtemps dans les traditions populaires. C’est ainsi que le roman français intitulé le Lac du Désiré , peint l’étonnement d’un chevalier qui aperçoit une vierge-cygne sans guimple (voile) dans la forêt. Enfin la littérature du Moyen âge a donné le nom de Chevalier au Cygne à un personnage mystique qui fait l’objet d’un long poème, dû au minnesinger Conrad de Wùrtzbourg, dont une version a été reproduite en vers au treizième siècle, par Renaut et par Graindor de Douai, puis en prose par Berthauld de Villebresme. Il en est provenu un livre populaire en langue française, très répandu dans le Pays-Bas et cité pour la première fois dans un ouvrage intitulé le Chevalier au Cygne et Godefroy de Bouillon, publié par le baron de Reiffemberg.

1024px-John-James-Audubon-001 dans CYGNELes hommes-cygnes n’ont donc pas tenu moins de place que les femmes-cygnes dans les mythologies du Nord. Au Cygne, dit avec raison M. Georges Kastner, auquel nous devons les principaux éléments de cette étude, « au Cygne correspond ainsi toute une épopée chevaleresque où l’oiseau tant de fois chanté par la muse antique prend, sous l’influence du génie romantique, une signification nouvelle. Le Cygne amène en effet vers le Nord de vaillants chevaliers qui fondent les premières principautés des bords du Rhin… Au caractère religieux dont Pavait revêtu l’antiquité, le Cygne des traditions du Nord unit un caractère profondément historique, » Passons maintenant du domaine de la poésie dans celui de la science, et analysons les recherches qu’a provoquées parmi les naturalistes le mythe que les religions antiques ont légué aux cultes du Nord.

Le dix-septième siècle a vu surtout se multiplier les dissertations spéciales sur le Chant du Cygne. Bartholin, dans ses nombreux opuscules de médecine et de chirurgie où l’on trouve une monographie du Cygne, se met au nombre des partisans de l’ancienne croyance ; après avoir décrit l’anatomie et le chant de l’oiseau, il conclut en démontrant que le Cygne est organisé de manière à pouvoir chanter. Voici sa définition : « Un oiseau plus grand que l’oie, au genre de laquelle il appartient. Il a une voix suave et harmonieuse. » Le dix-huitième siècle était moins crédule. Le 23 février 1720, le sieur Morin présente à l’Académie royale des inscriptions et belles-lettres un Mémoire bizarre, dont le titre est presque une épigramme : Question naturelle et critique, scavoir pourquoi les Cygnes, qui chantoient autrefois si bien, chantent aujourd’hui si mal . Il va sans dire que l’auteur de ce Mémoire relègue dans le domaine de la fable tout ce que les anciens ont dit au sujet du Cygne.

Enfin, en 178 3, des observations faites sur des Cygnes sauvages, à Chantilly, propriété du prince de Condé, devinrent encore l’objet d’un Mémoire adressé à l’Académie. Il résulta d’une lettre écrite à Buffon par l’abbé Arnaud, « qu’on ne peut pas dire que les Cygnes de Chantilly chantent; mais leurs cris sont véritablement et constamment modulés ; leur voix n’est point douce, elle est au contraire aiguë, perçante et très peu agréable. x» Mongez, qui de son côté publia les observations qu’il fit sur ces mêmes Cygnes de Chantilly, assure que leur chant est composé de deux parties alternatives très distinctes : 1 Ils commencent par répétera mivoix un son pareil à celui qui est exprimé par ce monosyllabe, couq, couq, couq , toujours sur le même ton. Ils élèvent ensuite la voix leur chant a quelque analogie, pour la qualité du son, au cri déchirant du paon » Un autre observateur, que sa place à Chantilly avait mis à portée d examiner les deux Cygnes que l’on y nourrissait, Valmont de Bomare, rapporte ce qui suit dans son Dictionnaire d’histoire naturelle : « Le Cygne a une voix, mais quelle voix ? un cri perçant.

On entend tou hou à plusieurs reprises ; le hou est d’un demi-ton au-dessus du tou ; comme la femelle donne les deux mêmes sons, mais plus bas ou moins forts, \orsqu ils crient ensemble, l’oreille distingue sensiblement une espèce de carillon aigre et désagréable. On dirait, dans le lointain, que c’est un concert discordant, un bruit semblable à celui de deux trompettes de foire lorsque les enfants s’en amusent ; enfin, la voix du Cygne, si célèbre par sa mélodie, a une gamme très bornée, un diapason d’un ton et demi L histoire de la nature ne doit pas peindre des fictions ‘, elle doit la dessiner d’un trait pur et correct. »

Après de pareils témoignages, on a lieu d’être surpris lorsque Bachaumont ( Mémoires secrets J, racontant l’expérience faite sur les Cygnes de Chantilly, parle d’un concert mélodieux , car l’organisation particulière de la poitrine et de la gorge du Cygne ne lui permet pas de chanter ; excellente raison à laquelle aurait rien dû songer le célèbre naturaliste Bory de Saint-Vincent, lorsqu’il attribue aux Cygnes « des sons pareils à ceux d’une harpe éolienne.» Il est vrai qu’il écrivait cela dans l’Encyclopédie moderne (t. vu, p. 418 ), à l’article CANARD! En résumé, dit de Salgues, qui range avec raison la croyance au chant du Cygne parmi les Erreurs et les préjugés répandus dans la société, « la configuration de son bec n’annonce guère qu’il soit destiné à se distinguer dans 1 art des Linus et des Orphée. On ne connaît point de chants gracieux sortis d’un bec large, ouvert et aplati. »

Il nous faut donc renoncer au respect pour le talent musical du Cygne, surtout à l’harmonie que cet oiseau produit avant de mourir, dont aucun auteur sérieux n’a affirmé la vérité. Mais quelle est alors l’origine de cette opinion qui attribue au favori d’Apollon un chant si doux et si agréable.? De toutes les hypothèses, la préférable est celle émise par M. Georges Kastner : « N est-il pas possible, dit le savant écrivain, que la mythologie ancienne ait considéré le Cygne comme un oiseau consacré à Apollon, non pas à cause de la beauté de son chant, mais à cause de La beauté de ses formes, de la blancheur, de la pureté de son plumage, ou peut-être que, pour des raisons quelconques, on le croyait propre à la divination, comme d’autres oiseaux encore? Une fois consacré à Apollon, le Cygne est devenu le compagnon des Muses et le symbole des poètes, et ce n’est que plus tard qu’on lui a attribué cette voix suave et harmonieuse qui convenait si bien à sa beauté de même qu’à la nature de son rôle auprès du dieu de la lumière et des arts. » En effet, on s’est plu de tout temps à représenter le Cygne comme le symbole des poètes. C’est ainsi qu’Alciat, dans ses Emblèmes , nous montre un Cygne sur un parchemin qui pend à 1 une des branches d’un vieil arbre, avec cette inscription : Insigna poetarnm, et six vers latins dont voici la traduction :

Trumpeter_Swans_in_Grand_Teton_NP-NPS« Il y a des écussons de famille avec 1 oiseau de Jupiter, d’autres avec des serpents ou des lions. Mais ces animaux féroces ne conviennent pas à l’image du poète; c’est le beau Cygne qui doit soutenir les lauriers de la sagesse. Il est consacré à Phébus et se nourrit dans nos contrées. Autrefois il était roi, et il conserve encore aujourd’hui ses anciens titres. » Henri Heine, dans un de ses Lieders , et notre poète Millevoye, ont consacré chacun une strophe à la poétique allégorie des anciens. Mais Lamartine seul, en interprétant ce sujet, s’est rendu 1 écho des giands poètes de l’antiquité, et surtout de Platon : Chantons, puisque mes doigts sont encore sur ma lyre; Chantons, puisque la mort comme un Cygne m’inspire, Au bord d\in autre monde, un cri mélodieux.

C’est un présage heureux donné par mon génie : Si notre âme n’est rien qu’amour et qu’harmonie, Qu’un chant divin soit mes adieux! La lyre en se brisant jette un son plus sublime; La lampe qui s’éteint tout à coup se ranime, Et d’un éclat plus pur brille avant d’expirer ; Le Cygne voit le ciel à son heure dernière : L’homme seul, reportant ses regards en arrière, Compte ses jours pour les pleurer. A notre époque, où tant de poétiques fictions et de nobles croyances ont disparu pour faire place souvent à de tristes réalités, le chant du Cygne restera, nous l’espérons, comme un symbole des dernières inspirations du génie. Meyerbeer, Rossini, Auber et Halévy sont allés se rejoindre dans la tombe ; mais tout n’a pas péri avec eux, car leurs chefs-

d’œuvre sont immortels comme leur gloire. Aussi, nous, qui avons connu ces musiciens illustres et entendu leurs derniers accents, terminerons-nous par ces belles paroles de Buffon : « Il faut bien pardonner aux Grecs leurs fables, elles étaient aimables et touchantes, elles valaient bien d’arides, de froides vérités : c’étaient de doux emblèmes pour les cœurs sensibles. Sans doute, les Cygnes ne chantent point leur mort ; mais toujours en parlant du dernier effort et des derniers élans d’un beau génie près de s’éteindre, on rappellera avec sentiment cette expression touchante : « C’est le chant du Cygne ! »

(1) Les Sirènes, Essai sur les principaux Georges Kastner. Paris, iB5B. 3″ Partie

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PANTHERE et LEOPARD, le saviez-vous

Posté par othoharmonie le 25 août 2015

 

 la-panthere et le léopard

Il est important de souligner que le léopard est aussi appelé la panthère et que contrairement à ce qu’on pourrait croire il s’agit du MÊME ANIMAL.

Son habitat 

La panthère vit en asie, en Afrique et au Moyen-Orient.

Sa nourriture

Le léopard n’est pas dutout un animal difficile quant à son régime alimentaire. Il se nourrit de petits animaux tel que des rongeurs, des lapins, des serpents, des insectes et même des poissons. Il mange aussi des animaux de taille moyenne comme des antilopes, des gazelles, de phacochères et des gnous. Enfin il mange aussi des singes.

Certains léopards sont réputés pour avoir tué des humains. Ils font cela quand ils sont blessés ou affaiblis et qu’il ne peuvent plus chasser autre chose.Cependant, on trouve des cas extrêmes où des léopard on attaqué des centaines d’hommes au cours de leur vie. L’un des deux cas les plus graves est celui d’un léopard qu’on a nommé le léopard de Rudrapayagaurait tué 125 personnes. Un autre cas encore plus grave, est celui d’une femelle léopard baptisée Panar Leopard qui aurait tué environ 400 personnes !!

Les bébés

Les bébés restent dans le ventre de la mère pendant environ 3 mois et il en naît de 2 à 3.

Savais-tu que…?

  •  La panthère aime grimper au arbres. Cela lui permet de ne pas se faire attaquer, de manger tranquille et de ne pas se faire voler ses proies.
  • Certains léopard naissent noirs. De la même façon que certains tigres naissent blancs. On les appelle alors, panthères noires.
  • Le léopard vit envrion 10 ans, mais peut aller jusqu’à 20 ans en captivité.
  • Le léopard est très difficile à observer car il reste caché dans les arbres.
  • Depuis toujours, semble-t-il, on utilise le léopard pour la chasse.
  • On retrouve environ 8 sous-espèces de léopard : Le léopard d’Arabie, le léopard  de Java, le léopard  d’Afrique, le léopard du Sri Lanka et le léopard indien. 

Dans la classification des espèces, le genre Panthera (de la famille des félins) regroupe plusieurs espèces de félins comme le léopard, le jaguar, le lion, le tigre, et le léopard des neiges.

Chacune de ces espèces a un nom scientifique ayant pour base Panthera :

Le léopard s’appelle Panthera pardus.
Le jaguar s’appelle Panthera onca.
Le lion s’appelle Panthera leo.
Le tigre s’appelle Panthera tigris.
Et le léopard des neiges s’appelle Panthera uncia.

Étrangement, on appelle un lion un lion, un tigre un tigre, un jaguar un jaguar, mais quand il s’agit du léopard, on hésite toujours entre panthère ou léopard

Quand il s’agit du léopard tacheté, on dit généralement léopard. Quand il s’agit d’un léopard noir, on a plutôt tendance à dire panthère noire. De même pour le léopard des neiges, avez-vous souvent entendu panthère des neiges?
Pourtant, toutes les appellations sont exactes, puisque « léopard » et « panthère » sont synonymes. Il s’agit simplement de préférences et d’habitudes.

 

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La vie de la panthère

Posté par othoharmonie le 3 août 2015

 

leopard-panthereMême si elle convoite des proies d’une grande diversité, la panthère se caractérise par deux comportements constants : elle chasse à l’affût et en solitaire. Elle ne poursuit pas ses futures victimes, mais les guette, dissimulée dans les arbres ou les herbes hautes, parfaitement camouflée grâce à son pelage ocellé.

Avant de se tapir, la panthère scrute les alentours ; du haut d’un arbre, elle observe le paysage. Elle peut ainsi, lors de l’affût, demeurer très passive, en attente près d’un endroit propice tel qu’un point d’eau auquel viennent se désaltérer nombre d’animaux.

Elle peut également, après avoir repéré une proie au loin, entamer une approche des plus discrètes. Mais la panthère pratique avant tout une chasse opportuniste, saisissant l’occasion lorsqu’elle se présente. À la recherche de sa future victime, elle parcourt en silence son territoire, tous les sens aux aguets. La moindre silhouette, le plus léger souffle, l’odeur la plus subtile la mettent en arrêt. Elle se glisse ensuite vers l’animal choisi, ventre plaqué au sol, sans un bruit. Les dernières foulées la séparant de sa proie sont parcourues à une vitesse qui atteint les 60 km/h, en deux ou trois bonds de près de 6 m de long et pouvant parfois aller jusqu’à 3 m de haut. Elle assène alors le coup de grâce au cours d’une attaque finale qui ne dure que quelques secondes. Si l’animal est de petite taille, comme un singe ou un rongeur, elle le saisit à la nuque. En revanche, lorsqu’il s’agit d’une victime plus conséquente, telle qu’une antilope, une gazelle ou un impala, elle la prend à la gorge et l’étouffe.

Malgré des atouts naturels incontestables, la panthère ne revient victorieuse de la chasse qu’une fois sur quatre. C’est sans doute pour ne pas gaspiller une proie chèrement acquise qu’elle a l’habitude de hisser la carcasse sur un arbre. Cela la met au moins hors d’atteinte des chacals et des hyènes. Ensuite, il ne reste plus qu’à la protéger des vautours.

L’appétit de la panthère s’accommode d’une si grande variété de proies qu’il serait bien difficile d’en dresser une liste exhaustive. Elle manifeste une grande faculté d’adaptation, aussi bien en ce qui concerne la méthode de chasse que pour le choix de sa nourriture.

Courageuse, mais pas téméraire

En règle générale, la panthère s’attaque à des mammifères de même taille qu’elle ou plus petits, évitant autant que possible de se trouver en compétition avec d’autres carnivores tels que les lions, les tigres ou les lycaons qui, de leur côté, se régalent d’animaux plus grands. En Asie, elle s’en prend volontiers aux cerfs et aux sangliers, aux bufflons et aux jeunes bovins sauvages, aux bouquetins et aux mouflons, de même qu’aux babouins et aux macaques. Menant une existence solitaire, c’est le plus souvent seule qu’elle part en quête de proies ; on a cependant pu observer, notamment en Inde, plusieurs individus s’associant pour la capture d’un singe : une des  panthères tente de le déloger de l’arbre où il s’est réfugié, tandis qu’une autre guette la chute de l’animal, qui a bien peu de chances d’échapper au piège.

Dans la grande forêt africaine, la panthère chasse céphalophes et potamochères, tandis que, dans la savane, gazelles, impalas ou gnous constituent son ordinaire ; mais elle ne dédaigne pas pour autant les damans, lièvres et autres rongeurs. Le bétail domestique a longtemps constitué pour elle un gibier facile, ce qui lui a valu d’être persécutée jusqu’à l’extermination, particulièrement dans certaines régions du sud de l’Afrique. Quant aux oiseaux, ils figurent plus rarement à son menu. En cas de disette, il arrive qu’elle se rabatte sur de très petites proies, comme des grenouilles, des reptiles, voire des poissons. La plupart du temps, elle ne convoite que des animaux très jeunes ou très âgés, sachant que les adultes vigoureux risquent fort de lui échapper. C’est là sa contribution à la sélection naturelle, qui assure la santé et le bon équilibre des troupeaux.

Des études ont été conduites sur l’alimentation des panthères à partir d’analyses de leurs excréments. Dans l’Himalaya, les résultats montraient que les chèvres sauvages étaient présentes dans 70 % des excréments, le bétail domestique représentant 14 % et les porcs-épics 9 %.

Dans le parc national Kalahari Gemsbok en Afrique du Sud, il a été remarqué que les femelles suitées chassaient surtout le renard à oreilles de chauve-souris, le protèle et les céphalophes, alors que les mâles se nourrissaient en plus de porcs-épics et de jeunes oryx.

Dans le parc national de Tai en Côte-d’Ivoire, plus de 30 espèces de proies différentes ont été retrouvés dans des excréments de panthères, dont 99 % de mammifères.

imagesUne fois en possession de sa victime, la panthère l’entraîne à l’écart, afin de la savourer seule et en toute tranquillité. Elle commence par lui ouvrir l’abdomen pour en extraire les entrailles, dont elle consomme immédiatement le foie, les reins et le cœur ; elle dissimule par ailleurs l’estomac et les intestins sous une couche d’herbes, de feuilles ou de terre, puis termine en dévorant le nez, la langue et les yeux. Le reste de la carcasse est ensuite placé à l’abri des éventuelles convoitises des charognards, le plus souvent au creux d’une fourche d’arbre, en prévision des repas à venir.

Après s’être repue, elle va en général s’abreuver. Elle élit volontiers domicile à proximité des points d’eau, mais, en période de sécheresse, elle est capable de faire preuve d’une remarquable sobriété, ne buvant que tous les deux ou trois jours.

La panthère ne manifeste aucune préférence marquée pour un milieu particulier. Du moment qu’elle dispose d’eau en suffisance et d’une réserve de gibier satisfaisante, elle s’accommode de conditions de vie fort diversifiées. C’est ainsi qu’elle aime vivre dans la forêt tropicale ou le long des lisières boisées qui bordent les cours deau – car elle possède d’excellentes aptitudes pour la nage –, aussi bien que dans les savanes buissonnantes ou les semi-déserts rocheux.

 

Ressources Encyclopédiques

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Le rôle spirituel de nos animaux de compagnie

Posté par othoharmonie le 22 juillet 2015

 

chien-handicapSi chaque espèce s’incarne dans le but d’expérimenter une certaine perspective sur la vie, les animaux de « compagnie » tels que le chien et le chat par exemple, s’incarnent, eux, dans le but de partager une expérience avec l’Homme. Ils sont là pour apporter quelque chose à l’Humain et pour vivre cette expérience du lien avec l’Humain (cela sert les deux perspectives).

La raison pour laquelle il est si facile d’aimer les animaux, c’est qu’ils sont naturellement en alignement avec eux-mêmes (sauf dans le cas d’animaux qui ont trop été influencés et contrôlés par l’Homme, par exemple un chien maltraité qui vivra dans la peur d’être lui-même et s’alignera sur la volonté de son maître en s’oubliant lui-même).

Ce que nous appelons vulgairement « l’instinct », est un en fait un haut état d’alignement avec soi-même. Que veut dire être aligné avec soi-même ? Cela veut dire être aligné avec qui nous sommes réellement et ce que nous désirons et ne désirons pas à chaque instant. Cela veut dire être parfaitement aligné à nos émotions. Cela veut dire avoir suffisamment d’amour pour soi pour ne pas avoir besoin d’être sans cesse à la recherche de reconnaissance et d’amour de la part des autres, comme c’est le cas pour l’Humain.

L’humain, incapable d’écouter ses émotions, d’être lui-même, de s’aimer (car la société lui a fait croire que c’était « égocentrique » et « égoïste » de s’aimer), aura donc toute sa vie des difficultés à aimer les autres, en rejetant toujours la faute sur les autres au lieu de se demander si son incapacité à aimer ne vient pas de lui-même.

Pourquoi les animaux sont-ils capables d’aimer « inconditionnellement » ?

L’amour inconditionnel c’est l’amour qui s’exerce sans conditions. L’amour inconditionnel c’est l’amour qui se donne sans rien n’attendre en retour si sans exiger que la personne fasse, dise ou soit quelque chose de différent de ce qu’elle est sur le moment présent. Jamais un animal ne se dit « J’aimerai que mon maître soit plus jeune / plus riche / moins ci ou ça… qu’on habite dans une maison plus grande / qu’on habite dans un autre pays… » ou alors faire la tête car il a trop donné d’amour comparé à ce qu’il a reçu… se vexer car il n’aura pas reçu en retour la caresse qu’il aura donné… L’Animal est toujours en parfait accord avec « ce qui est ». Il ne cherche jamais à changer les choses, comme le fait l’humain, ou à toujours vouloir que les choses soient différentes et se plaindre.

Certains diront que c’est justement la preuve qu’ils ne sont pas intelligents. Mais de l’autre côté les plus grands enseignements spirituels prônent la même chose : le plus haut état d’avancement spirituel est la capacité de vivre dans le moment présent et d’accepter tout ce qui est. Alors, qui fait preuve du plus haut état d’alignement et d’avancement spirituel ? L’animal qui lorsqu’il n’est pas avec l’Homme ne se développe pas de maladies, qui est en parfait alignement avec lui-même et qui vit dans le moment présent sans jamais se soucier du futur, en étant dans le lâcher prise et dans la confiance en ses propres capacités (même malgré des conditions de vie souvent bien pires que celles de l’Homme) ?

Ou alors, l’humain (supposé « plus intelligent »), qui ne vit jamais dans le moment présent, qui vit dans un état de manque, de stress, d’inquiétude, de colère, de frustration, d’attente, d’autodestruction, et souvent de désir également de nuire aux autres ? Lequel des deux est le plus « avancé » et a à apprendre de l’autre ?

Les animaux sont un reflet très puissant de ce que l’Homme est loin d’arriver à faire et à être. Pourtant, c’est véritablement ce qui sauverait l’humanité et nous permettrait de nous reconnecter à notre vraie nature : consciente, connectée à nous-même, à nos émotions, à nos désirs, à nos besoins, et capables de nous aimer, afin de pouvoir être capable de donner sans rien n’attendre en retour (étant « pleins » d’amour pour nous-mêmes, le reste étant du « surplus » que nous pourrions donner sans mesurer).

Un animal ne se regardera jamais dans la glace en se disant : « Mais qu’est ce que tu es moche, regardes tes cuisses, regardes ton gros nez, regardes tes poils, regardes la couleur que tu as ».
Encore une fois, est-ce un signe de bêtise ou au contraire de profonde intelligence ?
Est-ce une preuve d’intelligence de la part de l’être humain que de se détester à ce point ? Combien d’êtres humains sur Terre s’aiment tels qu’ils sont ?

Un animal se compare-t-il aux autres de son espèce ? Se compare-t-il aux autres espèces ? Un singe se demande-t-il pourquoi lui, il n’a pas une trompe comme l’éléphant ? Le chat se demande-t-il pourquoi lui, il doit se laver alors que les chiens non, passant ses journées à ruminer sur le fait que la vie n’est pas juste ? Se demande-t-il pourquoi le chat du voisin a plus de nourriture, ou plus de câlins, ou un panier plus douillet ?

Pourtant l’humain, lui, passe sa vie à se comparer aux autres, à son voisin, aux autres races, aux autres pays, se détruisant intérieurement en pensant à ce qu’il estime « juste » ou « pas juste » (selon ses propres critères bien souvent en plus erronés car incapable de voir « le plus grand plan » des choses, et ne jugeant bien souvent que par rapport à sa propre petite personne), au lieu de tout simplement vivre sa vie avec les moyens qu’il a et ce qu’il est et en devenir la meilleure version.

C’est donc cela que les animaux de compagnie, qui ont décidé de venir s’incarner pour aider les humains, viennent nous apporter et nous enseigner : l’Amour de soi et des autres, l’amour inconditionnel, le lâcher prise, la confiance en la vie et en ses propres capacités.

Le chat ou le chien ne se demandent pas, quand vous leur servez à manger, s’ils auront à manger demain. Ils mangent leur repas, et vont jouer ou dormir. Ils ne passent pas la nuit à se dire « Mais imagines si demain en partant au bureau mon maître a un accident ? et qu’il ne peut pas rentrer me donner à manger ? Qu’est ce que je vais devenir ? Je vais mourir de faim ! Oh non… vite, des antidépresseurs, un verre d’alcool, ou une cigarette pour me calmer ». L’animal a une parfaite confiance en la vie, et en ses aptitudes à faire face aux circonstances extérieures si jamais il en avait besoin, autrement dit en ses propres capacités.

L’animal ne va pas s’inquiéter en avance du fait de manquer de nourriture ou de quoi que ce soit dans le futur, il vit au jour le jour. Par contre, si jamais un jour il manque de nourriture, il aura encore une fois parfaitement confiance en ses propres aptitudes à trouver de la nourriture, et à se sortir de ce pétrin, jusqu’à la prochaine étape de sa vie. Et bien sûr, tout cela, sans ne jamais avoir à blâmer qui que ce soit, ni la vie, ni les humains, ni les autres chiens, ni les autres espèces, ni le gouvernement ! Il sera toujours en alignement avec lui-même et continuera simplement sa vie chaque jour, dans la joie de découvrir ce que chaque journée va lui apporter et lui faire vivre. Également, l’animal, recevant une caresse de son maître, ne va jamais se demander « Et si un jour il ne m’aime plus ? et si un jour il aime un autre animal ? » Il profite simplement du moment présent et du bonheur de recevoir de l’amour à ce moment-là, sans exiger que cela dure toute la vie, ou que cela soit fait de telle manière ou telle manière plutôt qu’une autre.

Autrement dit, l’Animal, au contraire de l’Homme, ne se place JAMAIS en tant que victime. Il est le créateur de sa réalité et ne blâmera jamais les autres de ce qu’il a ou n’a pas, il prend l’entière responsabilité de sa vie, et ça, n’est-ce pas le plus haut degré d’avancement spirituel ? N’est ce pas tout ce que tous les livres d’enseignants de développement personnel ou spirituel tentent de transmettre ?

Extrait de  Laura Marie sur www.lauramarietv.com

 

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LA PREMIERE PRESENTATION D’UN PRIMATE

Posté par othoharmonie le 16 mai 2015

 

  

Sapajus_libidinosusÀ cette époque, il n’est pas question de partir étudier de manière systématique les singes sur le terrain. Seuls quelques savants privi­légiés ont l’occasion d’observer les rarissimes spécimens vivants arrivés en Europe. Les anthropomorphes continuent à être des objets d’étonnement. La première présentation publique d’un primate anthropoïde, ainsi que sa désignation par le nom sous lequel nous le connaissons aujourd’hui, chimpanzé (dérivé du mot bantou kimpanzi), a lieu en septembre 1738 à Londres. On s’empresse de mettre la jeune femelle en scène dans une Heure du thé. 

Elle est revêtue d’une robe en soie, boit très délicatement du thé et s’appuie sur un bâton, conformément à une représentation désormais clas­sique. Thomas Boreman en décrit le caractère modeste, doux, discret et tranquille, comme il se doit pour une véritable lady. Elle imite les comportements humains à un degré étonnant. Le premier chim­panzé vivant arrivé en France débarque à Paris en 1740. Buffon travaille alors à une oeuvre titanesque, une histoire naturelle où il définit le simien comme un animal bipède, dénué de queue, dont les mains, les doigts et les ongles ressemblent à ceux des hommes. Le grand naturaliste précise que les grands singes, dont la face est aplatie, portent des masques de figure humaine et ajoute : « Ce sont de tous les singes ceux qui ressemblent le plus à l’homme, ceux qui, par conséquent, sont les plus dignes d’être observés. » 

Il compare les anthropomorphes aux hommes en l’état de nature : ils ont la même taille, la même force, la même ardeur pour les femmes, sont bipèdes et utilisent des armes. Il explique, par ailleurs, que le chimpanzé qu’il a adopté s’est approprié certaines habitudes humaines. Il est notamment capable de se servir du thé et utilise couverts, serviette, verre, tasse et soucoupe. Buffon refuse cependant d’huma­niser les anthropomorphes : la ressemblance est anatomique et non mentale. Il estime que les facultés d’imitation du primate relèvent de la caricature : le singe n’est pas capable de poursuivre un projet en copiant un savoir-faire. Cette impossibilité d’enchaîner les pensées volontaires en vue d’une fin garantit la prééminence de l’Homme sur ces espèces, de nature purement animale. Il déclare cependant que l’orang-outan est le « premier des singes ou le dernier des hommes  ». 

Il défend un principe d’évolution des vivants, tout en refusant l’idée que les humains (dont il affirme l’unité) aient pu passer par le stade animal. Envisageant donc le simien (de l’ordre de la dégénéres­cence) comme un miroir de l’humain (de l’ordre du perfectible), mais

uniquement d’un point de vue physique (les primates ne pensent ni ne parlent), Buffon conclut par cette phrase : il « n’est en effet qu’un animal, mais un animal très singulier, que l’Homme ne peut voir sans entrer en lui-même, sans se reconnaître, sans se convaincre que son corps n’est pas la partie la plus essentielle de sa nature 1 ». Le savant reconnaît, néanmoins, que les anthropoïdes peuvent manifester des sentiments, font preuve de mémoire et sont capables d’apprendre. En ce qui concerne nomenclature et classification des primates, les naturalistes sont alors en désaccord. Le tableau dressé est confus : Buffon distingue le Pongo du Jocko, noms qu’il emprunte à Battell, mais qu’il attribue tour à tour au chimpanzé et à l’orang-outan, tout en les présentant ensemble : il est possible qu’ils appartiennent à la même espèce. 

Les relations entre savants et primates anthro­poïdes ont, de fait, été longtemps embourbées dans les problèmes d’identification. Par ailleurs, les érudits pensent que les « orangs-outans » se déplacent en mode bipède aussi bien que quadrupède. Ils sont en effet trompés par la disposition des grands singes à imiter ceux qui les entourent. À partir d’études sur la localisation de leur trou occipital et d’examens de leur colonne vertébrale, Daubenton prouve néanmoins que les anthropomorphes sont quadrupèdes. Ses études sont en fait motivées par la recherche d’un critère objectif de distinction entre humains et anthropomorphes, ici la locomotion, bipède pour les premiers et quadrupède pour les seconds. Elles démontrent que la posture verticale, attribut qui fut aussi important que le langage dans le partage entre humanité et animalité, est un caractère fondamental de l’Homme. Pour Daubenton, les singes qui vivent à proximité des humains, en Europe, sont donc des singes dénaturés.

 

SOURCE : Petite Histoire des Grands Singes 

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Premières cohabitations entre hommes et singes

Posté par othoharmonie le 16 mai 2015

 

Tufted_CapuchinAu XVIIIe siècle, l’histoire naturelle connaît un engouement sans pareil. Le public a alors le goût des espèces rares et étonnantes, par exemple le rhinocéros présenté à la foire de Saint-Germain (1749), ou l’éléphant exhibé à Reims (1773). Le peuple a alors accès à quelques bêtes exotiques grâce à des montreurs ambulants, présents sur les foires. Les comportements d’imitation des singes non anthropoïdes sont mis en évidence lors de spectacles. Ils sont habillés et figurent certaines professions ou activités humaines, mimant des scènes du quotidien, jouant aux cartes, mangeant avec des couverts ou imitant les danses à la mode.

Les primates comme objets taxinomiques

Dans les muséums, l’afflux de spécimens pousse les naturalistes à s’atteler au grand oeuvre de mise en ordre des objets du monde. Dans ce cadre, ils privilégient les études morphologiques et anatomiques, l’observation des caractères externes et l’analyse de la structure interne des animaux, ainsi que l’anatomie comparée. 

Leur volonté de maîtrise du chaos s’exprime également dans la pratique de dénomination. Les savants trouvent dans le système linnéen la possibilité de mener à bien cette tâche commune selon des stan­dards rigoureux d’analyse et des codes partagés, autour desquels ils forment un collectif. En 1735, Carl von Linné parvient en effet à systématiser une nouvelle nomenclature dite « binomiale », c’est-à-dire composée d’un binôme : le premier des deux termes désigne le genre ; le second, l’espèce. 

Il définit l’ordre des Anthropomorpha à partir de caractères morphologiques communs aux hommes, singes et paresseux. En 1758 (dixième édition du Systema Naturae), il échange le terme d’Anthropomorpha contre celui de Primates (dérivé du mot latin primas : « qui est au premier rang », « qui a la préémi­nence », « qui est supérieur » – Gaffiot, 1974), pour nommer le groupe qui comporte les humains (parmi lesquels Homo sapiens ou diurnus, Homo ferus et certains hommes monstrueux), les chimpanzés (Simia satyrus) et les orangs-outans (Homo nocturnus, Homo sylvestris ou troglodytes). Créationniste et fixiste, Linné parle sous le contrôle de Dieu, la Nature constituant un réservoir d’évidences sensibles qui attestent l’existence divine : « Je nomme les espèces comme Dieu les a créées. » Le système linnéen obéit à la prescription biblique de dénomination des objets du monde, mais l’Homme est placé dans la série animale, ce qui constitue une rupture épistémologique décisive. 

SOURCE : Petite Histoire des Grands Singes 

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Le plus beau des singes est laid, comparé à l’espèce humaine

Posté par othoharmonie le 14 mai 2015

albifrons_editDès le VIIe siècle avant notre ère, les primates sont également présents dans certains poèmes, fables, satires et divers écrits phi­losophiques. Ils incarnent notamment la laideur et la disgrâce la plus extrême, ou figurent des êtres maléfiques, intrigants et rusés. Au VIe siècle av. J.-C., époque à partir de laquelle les singes deviennent familiers, les simiens jouent différents rôles dans les fables d’Ésope. Ils constituent des sujets parfaits pour incarner le personnage de l’anti-héros, dont le poète grec est le précurseur. Au IVe siècle av. J.-C., Platon juge que le singe (pithêkos) est un piètre imitateur de l’Homme. Il est en effet doté d’un intellect sans profondeur et d’une pensée sans justesse. 

Le philosophe ajoute que « Le plus beau des singes est laid, comparé à l’espèce humaine  » et précise que « Le plus savant des hommes comparé à Dieu ressemble à un singe quant à la sagesse, à la beauté et à tout le reste  ». Selon lui, le primate tente de se faire passer pour un homme, mais il n’est qu’un bouffon, un imposteur avide et un vil imitateur qui suscite le rire. Dans son Histoire des animaux, Aristote expose les ressemblances entre humains et pri­mates. Dans le chapitre 8 du livre II (« Les singes, les cynocéphales »), qu’il consacre aux singes, il les considère dotés « d’une nature qui participe à la fois de celle de l’homme et de celle des animaux à quatre pieds […]  ». Il dit aussi que « Leur visage présente de nombreuses similitudes avec l’homme, car ils possèdent des narines et des oreilles voisines, et des dents comme celles de l’homme  […] ».

 

Ayant forme humaine, ils ont des mains, des doigts et des ongles « semblables à ceux de l’homme, sauf que tout cela est plus bestial ». Par ailleurs, de nombreux auteurs de l’Antiquité dépeignent les singes en tant qu’animaux domestiques, élevés pour rendre de menus services, compagnons de jeu ou intégrés dans les familles comme des enfants. En Afrique du Nord, les macaques de Barbarie vivent en hôtes dans les maisons, partageant la table des habitants. « En 310 avant J.-C., Diodorus décrivit l’une de ces villes situées près de Carthage. Il raconte que les quadrumanes jouissaient de la considé­ration des habitants qui donnaient à leurs enfants des noms de singes. Ceux qui tuaient un de ces animaux étaient passibles de la peine de mort ». Rassemblant tous les savoirs de son époque à propos des simiens et des hybrides, l’écrivain et naturaliste Pline l’Ancien évoque leurs étonnantes similitudes avec les hommes, leurs capa­cités d’imitation et leur extraordinaire intelligence. Il précise qu’il existe plusieurs espèces de singes : les Satyres, les Choromandae et les Syrictae. Il s’agirait respectivement de gibbons, de babouins et d’orangs-outans. L’historien grec Plutarque estime que les simiens ne peuvent remplir aucune fonction, si ce n’est celle d’amuseur public. Au IIe siècle, le sophiste Elien attribue également des comportements humains au singe. Il le décrit sous la figure du cocher, menant un attelage de chèvres. À partir de cette époque, les Romains côtoient, eux aussi, différentes espèces de primates.

 

SOURCE : Petite Histoire des Grands Singes

 

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La domestication des Simiens

Posté par othoharmonie le 14 mai 2015

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Implantés dans les régions de la côte septentrionale de l’Afrique de l’Ouest, où les simiens étaient accueillis dans les familles comme animaux familiers, les marchands phéniciens ont beaucoup contribué à faire connaître les espèces originaires d’Afrique dans des contrées dont elles étaient, jusque-là, totalement absentes. Ils ont également facilité la diffusion de thèmes artistiques égyptiens, assyriens et orientaux dans le bassin égéen, puis en Méditerranée. 

Peu de singes y arrivent vivants durant la période minoenne-mycénienne (2700-1200 av. J.-C.). Seuls les gens fortunés les importent ou les reçoivent en cadeau. Ils sont néanmoins peu à peu présents dans l’art. Des figurations de simiens sont ainsi visibles dans différents sites en Grèce ancienne à partir des années 1400 av. J.-C. C’est en Crète qu’on en trouve l’une des plus belles illustrations : des primates colorés en bleu, et sans doute réalisés d’après nature, sont représentés dans leur milieu naturel. On peut les admirer dans la Maison des fresques à Cnossos (minoen tardif). Des vases grecs, datant notamment de la période proto-corinthienne, prouvent qu’il existe des espaces de cohabitation entre singes et humains à cette époque. Différentes espèces sont représentées, parmi lesquelles le babouin. 

Plus tard, les voyages de Grecs illustres en Égypte, ainsi que les échanges commerciaux établis entre la Grèce et les îles égéennes, puis avec la ville d’Alexandrie, continuent à favoriser la diffusion des représen­tations égyptiennes dans le monde antique grec. Des relations s’ins­taurent également entre la Grèce et la Mésopotamie. Importés par les Carthaginois et par les Phéniciens, qui les côtoient depuis long­temps, les macaques de Barbarie se font assez communs en Grèce. Ils sont très prisés comme animaux de compagnie. Devenus popu­laires, ils apparaissent également dans l’art étrusque. 

SOURCE : Petite Histoire des Grands Singes

 

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Primates humanisés et orchestres de singes

Posté par othoharmonie le 14 mai 2015

ursinus_2En Égypte ancienne, les échanges commerciaux, les tributs offerts aux vainqueurs, ainsi que les cadeaux échangés entre puissants ont favorisé l’introduction de différentes espèces de petits singes à queue dans le pays, principalement des babouins et des colobes. Dans l’art, le primate le plus représenté est le babouin hamadryas. Le thème récurrent du simien témoigne du vif intérêt porté à ces animaux, qui apparaissent assis sur des chars de marchandises, accrochés au cou de girafes, tenus en laisse ou installés sur une épaule. Admis dans l’en­tourage des souverains en tant qu’animaux de compagnie, ils vivent dans leurs appartements privés. Des scènes de la vie quotidienne les montrent attachés à côté des trônes, tenant des fruits dans les mains, en train de danser, ou encore sous les traits de musiciens jouant de la mandoline, de la flûte ou de la lyre. 

En Mésopotamie, il n’existe aucune espèce de primate autochtone. Les singes sont pourtant déjà men­tionnés à Babylone, au temps très ancien de l’Akkadien Narâm-Sîn, « roi des quatre rives du monde » (2254-2218 av. J.-C.). La présence des primates, dans l’art et l’artisanat, est principalement due à une influence égyptienne (à partir du IIe millénaire), progressivement supplantée par une emprise hellénistique. Parfois extrêmement pré­cises et réalistes, différentes représentations dépeignent les simiens en train de servir des boissons aux membres d’un orchestre constitué de bêtes, honorés lors de rites dédiés à certains dieux ou adoptés par des particuliers comme animaux familiers à la mode. 

Le roi assyrien Asurnasirpal II possédait des singes parmi les espèces remarquables exhibées dans ses parcs. À Ur, dès 2000 av. J.-C., des oeuvres montrent des simiens extrêmement proches des humains : ils sont tenus en laisse, sont accroupis sur l’épaule ou sur la tête de leur proprié­taire. 

En Asie Mineure, la présence de primates est elle aussi déjà attestée à des périodes très reculées. Des statuettes, poteries, amu­lettes et vases égyptiens, ornés de figures simiesques, ont été décou­verts en Palestine, en Syrie, et dans différentes îles de la mer Égée. Une sculpture en ivoire, originaire de Syrie du Nord, figure un singe debout qui porte des vêtements, un collier, et tient un vase. 

D’autres oeuvres présentent des primates bipèdes, des cynocéphales accroupis, des singes musiciens ou des mères tenant leur petit dans les bras. Dans la Bible (Rois, 10,19-22 ; Chroniques, 9,21), des simiens sont évoqués dans les listes de marchandises importées par les Hébreux. Les références aux singes apparaissent plus tard dans la littérature rabbinique, mais elles se rapportent à une tradition ancienne. Leur forte ressemblance physique et comportementale avec les humains les rend dangereux aux yeux des érudits. 

Le fait de les voir en rêve est interprété comme néfaste, en raison de la laideur imputée à l’animal, qui incarne une catégorie d’emblée inférieure à l’Homme : il est à Adam ce qu’Adam est à Dieu. Tournés en ridicule, les simiens sont néanmoins considérés comme des objets de luxe. Dans les récits rab­biniques anciens, ils remplissent des fonctions de serviteurs et sont notamment éduqués à verser de l’eau sur les mains de leur maître, ainsi que sur celles de ses convives. De même que les représenta­tions égyptiennes ou assyriennes qui exhibent des singes richement vêtus, ou d’habiles musiciens, ces descriptions témoignent des capacités d’imitation des primates et de leur intégration dans la vie quotidienne, dès les temps archaïques. 

 

SOURCE : Petite Histoire des Grands Singes 

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La Ressemblance Homme et Singe

Posté par othoharmonie le 12 mai 2015

 

 

 Baboons2Dès l’Antiquité, les hommes sont fascinés par les singes et la facilité avec laquelle ils imitent leurs comportements. De nombreuses représentations artistiques témoignent de cette capacité à « singer » les humains, parfois de manière métaphorique, notamment par le biais de l’image récurrente des singes musiciens. 

Cependant, une fois passé le temps des anciennes religions qui vénèrent les dieux hybrides, on redoute le mélange illégitime entre essences opposées, humaines et animales. Une défiance se juxtapose à la fascination : les primates 1 se montrent semblables à l’Homme, tout en exhibant tous les caractères de l’ensauvagement et de la bestialité lubrique. 

Une obsession émerge, qui a durablement marqué l’histoire des relations entre hommes et simiens : la volonté compulsive de déterminer des critères de dis­tinction, afin d’affirmer que l’espèce humaine est unique et qu’elle se distingue radicalement du singe. Parallèlement à cette obsession s’exprime pourtant un étonnement, sans cesse renouvelé, face à ces êtres si proches. 

À la Renaissance, les savants se donnent donc pour mission de décrire les similitudes morphologiques et anatomiques entre hommes et anthropomorphes, constituant de la sorte les pri­mates en objets de savoir. Ils prennent cependant soin de maintenir des différences indépassables. 

Au XVIIIe siècle, les anthropoïdes sont encore extrêmement rares en Europe. Les naturalistes des Lumières s’efforceront de les nommer, de les classer et de rassembler toutes les connaissances disponibles à leur sujet.

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Les sanctuaires et programmes de réintroduction des Singes

Posté par othoharmonie le 12 mai 2015

 

Semnopithecus_hypoleucosOn distingue deux types de sanctuaires accueillant des grands singes. D’une part les sanctuaires ex situ, c’est-à-dire dans des pays où l’on ne trouve pas de populations naturelles de grands singes. Ils accueillent en général les rescapés des cirques, des médias et des laboratoires, ainsi que ceux qui ont été abandonnés par leurs propriétaires, en particulier aux États-Unis, où leur détention par des particuliers est encore légale dans certains États. Ils permettent également d’accueillir certains individus sauvés des zoos. D’autre part, on distingue les sanctuaires in situ, dans les pays où les grands singes sont présents à l’état sauvage. Ils accueillent principalement des orphelins sauvés du trafic d’animaux de compagnie et de viande de brousse. 

Des structures coûteuses Dans les deux cas, il s’agit d’offrir aux grands singes des conditions de vie les meilleures possibles en captivité. Leur espérance de vie étant de l’ordre d’une cinquantaine d’années, ces structures coûtent extrêmement cher à entretenir, et arrivent rapidement à saturation en terme d’effectif. Cela s’explique par le fait que les entrées sont nombreuses, par saisies, abandons, ou arrêt d’activité, tandis que le nombre de sorties est largement inférieur, les seules possibles ex situ étant par décès des animaux. De plus, bien que les sanctuaires soient indispensables à l’application des lois, les gouvernements ne s’y impliquent généralement pas. En Europe, par exemple, il est extrêmement difficile de procéder à une saisie de grands singes, car il n’y a pour eux que peu de lieux d’accueil. Il n’en existe aucun en France… La réhabilitation 

Dans le cas des sanctuaires ex situ, il n’y a pas d’autre avenir pour les animaux. Jusqu’à leur mort, ils ne connaîtront que la captivité, sous couvert de semi-liberté. Mais dans le cas des sanctuaires in situ, certains individus pourront espérer être réintroduits et donc retrouver la liberté. Pour cela, plusieurs conditions doivent être réunies. On considère en général qu’il faut qu’ils n’aient pas été capturés trop jeunes, pour que leur mère leur ait déjà enseigné quelques grands principes de survie. Il faut également qu’ils n’aient pas été captifs trop longtemps, pour qu’ils ne soient pas devenus trop dépendants de l’homme. Et bien sûr, il faut réussir à leur apprendre à survivre seuls dans la nature. Apprendre à vivre seul Le processus de réhabilitation est défini par l’UICN/SSC1 comme l’ « entraînement et la formation d’individus inadaptés sur le plan comportemental à l’acquisition de compétences leur permettant de survivre en toute indépendance dans un milieu sauvage ». Avant de pouvoir relâcher un individu, il faudra en effet au préalable lui apprendre à vivre seul, sans humain, et notamment (Grundmann, 2004) :

-          à se nourrir seul, c’est-à-dire : savoir localiser les ressources de nourriture, reconnaître les aliments comestibles, non comestibles et toxiques, connaître les techniques de capture, de traitement et de transformation de certains aliments (utilisation d’outils, épluchage, techniques de chasse…) ; ˜ à se mouvoir en terrain complexe (locomotion arboricole en particulier) ; 

-          les comportements sociaux de son espèce ; 

-          à déterminer quel comportement adopter devant les différentes espèces sympatriques et notamment les comportements de peur/fuite face aux prédateurs ; 

-          à construire des nids. C’est à la seule condition qu’il maîtrise tous ces comportements, que l’on pourra envisager de réintroduire un individu. Un apprentissage de longue durée 

Une des particularités des grands singes est que, comme les humains, ils restent longtemps auprès de leur mère – une dizaine d’années (plus ou moins selon l’espèce) – avant d’être autonomes. 

Cela est étroitement lié à leurs capacités cognitives. Comme nous humains, ils ont beaucoup à apprendre de leurs aînés, et notamment des comportements sociaux parfois très complexes. Pour cette raison, tous les individus ne peuvent être candidats à un relâcher, car tous ne sont pas capables d’un tel apprentissage. 

Chez certains, le traumatisme de la capture est trop grand pour être surmonté. Quant à ceux qui sont relâchés, on estime, dans le cas des orangs-outans, qu’ils ne seraient que 50 % à survivre, mais les données sont insuffisantes pour une estimation plus précise (Grundmann, 2004). 

Seuls les bonobos n’ont, pour l’instant, pas été l’objet de programmes de réintroduction. Réhabiliter oui, mais où ? Hormis cet apprentissage complexe que doivent faire les individus et dont dépend leur survie, il faut également, pour qu’une réhabilitation soit possible, qu’un site approprié soit disponible, c’est-à-dire un site relativement préservé de toute activité humaine, où les ressources, en terme d’espace et de nourriture, sont suffisantes. Il faut aussi prendre en compte :

-          l’écologie et le comportement des individus sauvages éventuellement déjà présents. Si d’autres individus sont déjà présents, ils ne doivent pas être trop nombreux, car un site n’a qu’une capacité d’accueil limitée en terme de ressources. D’autre part, dans le cas d’une espèce grégaire et territoriale telle que le chimpanzé, une réintroduction proche d’une communauté sauvage est particulièrement risquée. Si les femelles ont une chance de l’intégrer, les mâles vont probablement être tués. Toutefois, s’il parvient à intégrer une communauté sauvage, la probabilité de survie d’un individu va augmenter car il va pouvoir profiter de leurs connaissances. 

-          le contexte social, économique et politique du site. L’accord et la compréhension des populations locales vis-à-vis de ce type de programme sont un élément crucial pour sa réussite. Il n’est pas possible de relâcher un animal sur un site où la chasse ou la déforestation est importante. Dans la mesure où la forêt est souvent leur moyen de subsistance principal, il faut que le programme bénéficie également aux populations, et leur proposer des alternatives en matière de ressources et de méthodes de chasse (la chasse aux collets nuit beaucoup aux chimpanzés bien qu’ils ne leur soient pas destinés). En outre, le contexte politique est également important, dans la mesure où, en cas de guerre, les forêts deviennent rapidement des zones de non-droit, comme on a pu le voir au Rwanda ou en RDC. 

-          l’état sanitaire et génétique des candidats au relâcher. Il n’est en effet pas possible d’envisager un relâcher d’individus qui seraient potentiellement dangereux pour ceux déjà présents, parce qu’ils sont malades, par exemple, ou porteurs d’une tare génétique. 

Hamadryas_baboonAyant été en contact avec les humains, ils sont susceptibles d’être porteurs de maladies et pourraient donc causer une épidémie aux conséquences dramatiques pour une espèce déjà en danger. Une solution à court terme La création de sanctuaires in situ et ex situ permet l’accueil des grands singes rescapés du trafic ou de la captivité. Tant que rien ne sera fait pour que leurs existences et leur liberté soient respectées, ils seront malheureusement indispensables. 

Une implication gouvernementale dans leur développement démontrerait une réelle volonté de faire appliquer et évoluer les lois. Néanmoins, ils ne constituent qu’une solution à court terme au problème. Qu’ils finissent leur existence en semi-liberté ou que quelques-uns survivent à une réintroduction dansleur milieu naturel ne permet que de résoudre les conséquences immédiates de l’exploitation des grands singes. 

C’est à la racine du problème qu’il faut aussi s’attaquer, et pour cela, une prise de conscience collective est nécessaire, les mentalités doivent évoluer. Le combat à mener pour nos cousins est d’autant plus complexe qu’il faut être présents sur deux fronts : d’une part sur celui de la captivité intolérable dont ils font l’objet. Aucun laboratoire, aucun cirque, aucun dresseur, aucun zoo ne devrait aujourd’hui continuer à les exploiter. Et bien sûr, aux États-Unis, plus aucun particulier ne devrait s’en servir comme animal de compagnie ou substitut d’enfant. Le deuxième front est encore plus vaste. Pour que les grands singes aient un avenir, il faut que leur forêt en est un. 

Il faut que les populations locales soient impliquées dans la conservation de la biodiversité si riche de leurs pays, et que nous, Occidentaux, leur offrions notre aide pour trouver des solutions leur permettant de vivre en harmonie avec la nature. Ce que nous n’avons pas su faire chez nous. Il ne s’agit donc pas d’entreprendre une répression du braconnage de viande de brousse ou de la déforestation, mais de mettre en place, ensemble, une politique de développement durable, profitable à tous.

 

Extrait du magazine http://www.one-voice.fr/

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L’homme ne descend pas du singe

Posté par othoharmonie le 10 mai 2015

 

 

Bien que cette croyance ait été à l’époque supprimée par une simple affirmation… L’homme n’est pas descendant du singe, tous deux ont un ancêtre …

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La conférence de Pascal Picq sur le thème : « Voir autrement l’humain «  est une invitation au voyage dans le temps et dans l’espace, conférence passionnante et vivante, claire et érudite, destinée à un large public. Paléoanthropologue et maître de conférences au Collège de France l’a tenue il y plus d’un an, en novembre 2011, dans un lieu futuro-paradisiaque créé par l‘homme en hommage à d‘autres espèces, le Biodôme de Montréal.

J’ai choisi de façon très subjective quelques phrases truculentes, savoureuses et pertinentes de ce scientifique sérieux qui ne se prend pas au sérieux, de cet intellectuel « habité » par la joie et le plaisir de transmettre le savoir, qui semblent particulièrement contagieux. Il démolit au passage quelques petites idées reçues qui traînent par-ci, par-là, en « s’énervant » exactement comme j’aime. Une excellente écoute!

 

 

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Qu’est-ce que l’humain? C’est à cette question que le paléoanthropologue et auteur français Pascal Picq, nous propose de réfléchir dans le cadre de Voir autrement l’humain, l’une des Grandes conférences de l’Espace pour la vie. Pascal Picq, nous invite à repenser notre relation à l’autre et à la nature à travers la paléoanthropologie, une discipline fondamentale pour comprendre les enjeux de l’évolution, avec cet acteur de plus en plus important : l’Homo sapiens. Son propos vient nourrir notre réflexion quant à l’importance et aux moyens à prendre pour resituer notre espèce qui, par son succès évolutif, pèse sur cette terre, si bien que nous en sommes devenus responsables.

Cette conférence a eu lieu le 8 novembre 2011, au Jardin botanique de Montréal.

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Le comportement du Sajou Noir

Posté par othoharmonie le 9 mai 2015

 

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Compte tenu de son intelligence, de son calme et de son habileté, le sajou noir a été sélectionné pour assister les personnes tétraplégiques dans les années 1990. L’aide simienne consistait à enseigner au primate des tâches quotidiennes simples, routinières et répétitives que ne pouvaient assurer en permanence, les personnes chargées des tétraplégiques ne vivant pas en institution spécialisée : tourner les pages d’un livre, ramasser un objet, ouvrir une porte, appuyer sur un bouton, porter des aliments à la bouche… Le singe devait être en mesure d’assumer au moins une dizaine d’actes avant d’être placé. Une adaptation de six mois était nécessaire au dresseur pour transférer son autorité à la personne handicapée, et le singe pouvait effectuer une cinquantaine de tâches simples. Mais l’aide simienne a été abandonnée en 2007. En effet, certains singes devenaient inattentifs, se fatiguaient, ou développaient des comportements agressifs ou sexuels inappropriés. Et même si la robotique a depuis, réalisé d’énormes progrès, rien ne vaut l’assistance humaine. 

 

Le sajou noir ou Cebus apella  est un singe de petite taille qui ne présente pas de différence morphologique évidente entre mâle et femelle, sinon par la taille. Le mâle étant plus massif. Son pelage court et soyeux est dans les tons gris-brun ou marron sur la partie dorsale, et plus clair sur la poitrine et le ventre. Les mains et les pieds sont noirs, et les avant-bras et la partie inférieure des jambes sont recouverts de poils sombres. La tête ronde est ornée d’une touffe de poils noirs formant une coiffure en balai-brosse à la Grace Jones, en forme d’arche gothique dont la pointe se rejoint entre les deux yeux. Cette coiffe se prolonge en favoris jusqu’aux mâchoires inférieures. La face sombre est ornée de deux petites oreilles rondes. La queue préhensile est longue et épaisse.

Le sajou noir fait partie des primates, il peut vivre jusqu’à 20 ans en milieu naturel. 

Le sajou noir est présent dans le nord et le centre nord de l’Amérique du Sud, dans les parties sud du Venezuela, du Surinam et de la Guyane française, et au Brésil principalement dans les États d’Amazonas, de Roraima, d’Amapa, de Parã, de Mato Grosso, de Maranhão, et peut-être dans celui de Tocantins, jusqu’au sud du Brésil et en Argentine. L’espèce semble être présente également dans le nord de la Bolivie et au sud-est de la Colombie. Le primate fréquente différents types de forêts selon l’endroit où il vit, depuis le niveau de la mer jusqu’à 2.000 mètres d’altitude. On le trouve dans les forêts inondées de plaines, les forêts de lianes et les mangroves, certaines forêts de palmiers, mais également dans les forêts collinéennes et de petite montagne. 

Comportement du sajou noir

Le capucin Cebus apella est un singe social et grégaire qui vit en communautés régentées par un mâle dominant souvent peu commode. Le domaine vital des groupes qui peuvent compter jusqu’à une quarantaine d’individus, s’évalue entre 25 et 40 hectares. Le singe possède une activité diurne qui n’est pas exclusivement arboricole. Il peut en effet, franchir d’assez longues distances au sol pour rejoindre un nouveau groupe d’arbres. Il vit en sympatrie avec le saïmiri commun et le saki noir. Le sajou noir possède une vaste gamme de vocalisations. Très puissant, le cri d’alarme du mâle dominant à la vue d’un prédateur ressemble à un aboiement. Le singe provoque l’attaquant en se mettant à découvert, permettant ainsi au reste de la troupe de se mettre à l’abri. Les autres échanges consistent en des mimiques et des gestuelles. Le toilettage est un mode d’expression tactile permettant d’apaiser les tensions et de raffermir la cohésion entre les membres du groupe.

Mais la particularité la plus étonnante du sajou noir, consiste en son aptitude à utiliser des outils. En effet, il est capable de se servir des pierres pour ouvrir des noix à coque dure, en les frappant contre les fruits. Il se sert d’abord de ses dents pour retirer la fibre des noix de palme qu’il convoite, puis les laisse sécher pendant une huitaine de jours. Puis il cale le fruit dans un creux de branche ou de tronc et frappe la coque à l’aide d’une pierre qu’il tient généralement à deux mains. Il est également capable d’utiliser des branches pour sonder des fruits pour en retirer la pulpe, des fourmilières pour en retirer des insectes, et d’utiliser des « éponges » de fibre pour absorber le jus. Ses principaux prédateurs sont la harpie féroce, un aigle ravisseur, les petits et les grands félidés, les serpents de belle taille, et occasionnellement les caïmans et les crocodiles.

Reproduction du sajou noir

La femelle donne naissance à un jeune tous les deux ans, au terme d’une gestation de 160 à 180 jours. Les trois premières semaines il est porté par sa mère, puis il s’accroche aux poils ventraux. Lorsqu’il a acquis plus de force, il grimpe sur le dos SAJOUde sa génitrice pour se déplacer. Il reste dépendant de sa mère pendant un peu plus d’une année. Il faut environ quatre ans à une femelle pour atteindre sa maturité sexuelle, et entre six et huit ans pour un mâle.

Régime alimentaire du sajou noir

Le sajou noir est omnivore à tendance frugivore. En effet, son régime alimentaire est majoritairement composé de fruits, de baies et de noix, mais il se nourrit également de moelle de plantes, de bourgeons, de nectar et d’insectes tels que larves, sauterelles. Il lui arrive occasionnellement de manger des petits vertébrés tels que reptiles, grenouilles, oiseaux, rats, chauves-souris et même des crabes.

Menaces sur le sajou noir

Les principales menaces pesant sur le sajou noir sont la déforestation, donc la disparition de son habitat, la chasse pour la viande et le trafic des jeunes. Les populations de l’île Margarita au large du Venezuela pourraient disparaître à court terme car il est traqué comme nuisible dans les plantations de canne à sucre ou capture comme animal de compagnie. Il est cependant classé en « préoccupation mineure » sur l’ensemble de sa répartition géographique. 

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SINGE ET SORCELLERIE

Posté par othoharmonie le 7 mai 2015

 

290px-Stavenn_Trachypithecus_auratus_01En début de mois, un singe vervet soupçonné de sorcellerie a été brûlé vif à Johannesburg, en Afrique du Sud. À la suite de cet événement, plusieurs organisations de défense du bien-être animal ont appelé les autorités à s’intéresser davantage au sort des animaux sauvages persécutés pour leur lien supposé avec la sorcellerie ou recherchés pour la médecine traditionnelle.

La mort du singe, qui faisait la une des journaux et des sites d’actualités sud-africains, a suscité l’indignation des lecteurs et attiré l’attention des médias du monde entier.

Cora Bailey, fondatrice du Community Led Animal Welfare (CLAW) et spécialiste des animaux de compagnie auprès d’IFAW (Fonds international pour la protection des animaux – www.ifaw.org), a été appelée par un riverain inquiet pour porter secours au singe après que la police n’a pas donné suite aux demandes de ce dernier.

« Malheureusement, lorsque nous sommes arrivés, le singe avait déjà été délogé de l’arbre, battu et mutilé à grands renfort de fourches et de machettes, puis brûlé vif par la foule devant un groupe de jeunes enfants. Les bourreaux ont indiqués être persuadés que le singe était un sorcier » a déclaré Cora Bailey.

Cette dernière s’est alors employée à calmer les habitants et à leur expliquer que le singe était inoffensif, avançant qu’il devait probablement errer dans la ville en raison de la destruction progressive de son habitat, ou d’un isolement du reste de son groupe.

Elle leur a également expliqué combien ces formes de violence pouvaient affecter le développement psychologique des jeunes, et devenir le terreau de la violence et de la criminalité. Son message a été entendu par les habitants qui, le calme revenu, ont tour à tour exprimé des regrets et promis d’éviter les cruautés envers les animaux à l’avenir.

« Malheureusement, ces événements ne sont pas un cas isolé. Le jour-même où nous avons été appelés pour nous occuper de ce singe, nous avons reçu deux autres appels nous informant que d’autres singes vervets avaient été aperçus. Nous n’avons pas réussi à les trouver mais il faut espérer qu’ils aient tous les deux réussi à s’échapper et qu’ils n’aient pas connu le même sort que le premier, a précisé Cora Bailey. En janvier dernier, l’intervention de CLAW avait permis de sauver de justesse la vie d’un autre vervet, retrouvé dans un arbre dans une cour d’école, et qui aurait également été tué par la foule si la solide grille de l’école ne l’en avait pas empêché ».

Les singes vervets – à l’instar des hiboux, des caméléons, des grenouilles, des serpents ou encore des babouins – font partie des nombreuses espèces animales qui, accusées de sorcellerie, sont violemment persécutées lorsqu’elles sont trouvées près des villages. D’autres animaux, tels que la tortue et le vautour, sont capturés et parfois tués pour les vertus médicinales qui sont attribuées à leurs parties.

« Il faut que les dirigeants et nos gardiens de la faune sauvage s’adressent au grand public pour faire cesser ces superstitions obsolètes et pour dire aux habitants que l’utilisation d’animaux sauvages dans la médecine traditionnelle n’a plus sa place dans nos sociétés modernes » a déclaré Mme Bailey.

« Il faut également prendre conscience de la cruauté des traitements infligés à ces animaux. Plusieurs études prouvent que les enfants témoins d’actes cruels envers les animaux seront plus enclins, une fois adultes, à avoir des comportements violents vis-à-vis de leurs semblables. L’Afrique du Sud est déjà durement touchée par le fléau de la criminalité et des violences généralisées à l’encontre des femmes et des enfants. Il est donc de notre devoir d’insuffler à la société des valeurs de bienveillance et de compassion. »

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