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La métamorphose du Rhinocéros

Posté par othoharmonie le 21 décembre 2014

Sumatran_RhinoLes rhinocéros sont des animaux massifs aux membres courts, à l’encolure brève, généralement d’assez grande taille ; les plus grandes espèces atteignent presque 2 mètres au garrot et pèsent 3,5 tonnes

La peau, épaisse, forme parfois des plaques rigides fortement kératinisées, reliées entre elles par un tégument plus mince et souple. Les poils sont rares, sauf chez Rhinoceros tichorhinus, qui a été le contemporain de l’homme au Paléolithique, et chez le rhinocéros actuel de Sumatra (Didermocerus lasiotis), souvent appelé rhinocéros laineux en raison de sa toison relativement abondante.

Les membres antérieurs et les membres postérieurs sont terminés chacun par trois doigts. À peu près également développés, quoique le médian soit un peu plus robuste, ces doigts portent des sabots incomplets et reliés par une sole plantaire commune. Les cornes nasales sont les phanères les plus caractéristiques des rhinocéros. Elles sont formées de tubes ou de fibres cornés, noyés dans une gangue fortement kératinisée (cf. MAMMIFÈRES, pl. I). Selon les espèces, les animaux portent 1 ou 2 cornes pouvant atteindre une dimension considérable, jusqu’à 1,50 m chez les rhinocéros blancs (Ceratotherium simum). La denture a pour formule : 

Les dents jugales, prémolaires et molaires, ont une table d’usure où les replis d’émail dessinent grossièrement la lettre grecque π.

Le système nerveux se signale par le faible développement de l’encéphale, qui classe de ce point de vue les rhinocéros dans une position très inférieure aux autres Périssodactyles et à la plupart des Ongulés. Parmi les organes des sens, l’odorat est d’une extrême finesse, plaçant le rhinocéros tout de suite derrière l’éléphant (lequel est généralement considéré comme le Mammifère macrosmatique le plus évolué). L’ouïe est très fine, alors que la vision, surtout diurne, est médiocre.

Les rhinocéros sont généralement considérés comme des animaux plutôt craintifs mais qui peuvent devenir dangereux, en raison de leur masse, quand ils foncent pour se défendre. Les individus vivent habituellement isolés, ou par couples

Les religions, les mythologies et les arts font souvent appel à la métamorphose. Les dieux se transforment ou transforment les créatures en animaux, en arbres, en fleurs ou en rochers. Dieu – celui de la Genèse -, crée l’homme à partir d’une poignée de poussière et Ève à partir d’une côte enlevée à Adam.

Ailleurs – dans le domaine esthétique – sculpteurs, architectes et écrivains empruntent parfois leur matériau, sinon leur inspiration, à la mythologie. Celle-ci est donc un élément fondamental issue des profondeurs de l’imaginaire et du besoin impérieux qu’éprouve l’homme d’expliquer ou de se représenter le monde, donc d’en déchiffrer la signification. Elle appartient au vaste domaine de l’anthropologie dont les composantes psychologiques, sociales et ludiques ont partie liée avec les exigences propres au genre théâtral: la nécessité d’étonner, de susciter l’illusion, le rire ou la crainte, de matérialiser les fantasmes et les hallucinations.

La métamorphose s’insère fréquemment dans un mythe. Celui-ci, d’après MIRCEA ELIADE, « raconte une histoire sacrée, (…) relatant les « gesta » des êtres surnaturels et la manifestation de leur puissances sacrées ; il devient le modèle de toutes les activités humaines sacrées ».

Mais RHINOCÉROS (pas plus que LA MÉTAMORPHOSE de KAFKA) ne se propose comme « une histoire sacrée ». Toutefois, à y regarder de plus près, son contenu profane et parfois humoristique met en scène un « élément tabou » (de l’anglais « taboo » et du polynésien « tabu », « interdit, sacré »), frôlant donc l’interdit ou l’impur les êtres humains, frappés par un mal contagieux et endémique, rejettant la civilisation et ses valeurs (à savoir le contrôle des instincts, la tolérance, la liberté, l’humanisme, l’amitié, l’amour et la famille) pour le retour à l’état de nature, à la « loi de la jungle ».

D’une certaine façon, la métamorphose de l’homme met en oeuvre le processus inverse de la fable – récit dans lequel les animaux empruntent une conduite humaine. En fait, fable et mythe visent un objectif commun: « dégager, implicitement, une morale », donc une ligne de conduite à tenir, ou à ne pas tenir. Celle du mythe se dégage du caractère (monstrueux) de la métamorphose qui est perçue comme anormale, dangereuse pour l’ordre, la stabilité et le bonheur de l’individu ou de la société.

Photographie en noir et blanc d'un Rhinocéros vu de trois-quarts profil en train de gravir un talus dans le parc d'un zoo.Dans RHINOCÉROS, il a apparition et révélation progressive de la « bête humaine » et ce, à double titre: « bête » renvoie à bestialité – donc à ce qu’il y a de monstrueux dans l’homme-, mais aussi à « bêtise », donc aux dérapages et aux défaillances de l’intelligence et de la raison. L’humain devient le lieu de l’inhumain, l’inhumain en l’homme et dans l’histoire, l’humanité produisant des rhinocérites dont l’ampleur catastrophique confine au génocide. La métamorphose aboutit donc à la monstruosité.

EMMANUEL JACQUART commente RHINOCÉROS Folio p. 59,60,61.

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Pour sauver les rhinocéros

Posté par othoharmonie le 19 décembre 2014

290px-Woolly_rhino_nashornLes rhinocéros sont officiellement protégés par… un morceau de papier : l’Appendice I de la Convention de Washington CITES (Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora) qui interdit le commerce des produits dérivés du rhinocéros et d’autres espèces à risque. 

Pourtant, le commerce criminel continue, surtout en Chine, en Corée, à Taïwan et en Thaïlande. En effet, l’efficacité de la Convention CITES dépend exclusivement de la bonne volonté et des mesures adoptées par les états signataires.À part les soupçons de peu de fermeté, voire de connivence de certaines administrations, c’est un fait que les fonds, les ressources humaines et les instruments techniques à la disposition de la conservation des espèces naturelles à risque sont très réduits, surtout en Afrique. Parmi les techniques mises en oeuvre pour sauver les rhinocéros de l’extinction, outre le contrôle rapproché et les patrouilles anti-braconnage, on a tenté la coupe de la corne et le transfert dans des zones plus sûres. La coupe (avec une scie circulaire…) n’est pas efficace parce que les braconniers tuent l’animal pour les autres parties employées dans la magie et dans la médecine populaire, et surtout pour agacer les garde-chasses. En 1989, 58 rhinocéros indiens ont été foudroyés par les clôtures électrifiées qui devaient les protéger. Au Kenya, en revanche, il semble que le Tsavo Rhino Sanctuary à l’intérieur du Parc National de Tsavo, clôturé par une haie électrique à énergie solaire, ait du succès. 

Un programme de transfert en masse des derniers exemplaires de rhinocéros du Zimbabwe loin des confins dangereux avec la Zambie dans le parc de Matusadona et un programme de surveillance par télémétrie ont permis de sauver des centaines de survivants. Mais déplacer les rhinocéros n’est pas toujours conseillé, étant donné qu’ils sont très sensibles aux changements environnementaux et ils peuvent mourir de troubles intestinaux ou de déshydratation.Toutefois, au Népal des dizaines de rhinocéros ont été déplacés avec succès du Royal Chitwan National Park au Royal Bardia National Park proche. Les rhinocéros sont suivis à dos d’éléphant et, quand on en aperçoit un, il est immédiatement encerclé par des éléphants et frappé par une seringue anesthésiante. En Afrique, en revanche, on dit que pour faire bouger rapidement un rhinocéros il suffit de lui mordre la queue… 

À part les sauvetages in extremis, les superstitions et les traditions, le problème a un aspect économique qui peut aussi offrir une solution possible. L’Unesco et la CITES considèrent le safari comme un instrument écologique très important pour financer la conservation des espèces, en plus de la sauvegarde de la culture ancienne de la symbiose entre indigènes et animaux. Les chasseurs qui agissent sous le contrôle strict de ranger et de Professional Hunter, et payent en devise forte, empêchent le braconnage et créent du travail, tandis que l’interdiction totale de la chasse a toujours entraîné le massacre illégal des animaux. Le safari ne requiert pas d’investissements et rend beaucoup plus que le tourisme de masse qui pollue énormément en raison des véhicules circulants, du nombre de visiteurs, de la concentration, des infrastructures, des bâtiments et des moyens de transport. Mais surtout, le tourisme de masse déracine la culture traditionnelle et corrompt les valeurs de base qui sont le fondement même d’un safari africain authentique et sérieux. Et par personne, un seul chasseur autorisé crée plus de postes de travail et paye des chiffres quotidiens nettement supérieurs à un quelconque touriste. 

 » La chasse, affirme Peter Beard, aurait très bien pu continuer au Kenya aussi sans avoir la moindre incidence sur le patrimoine faunique, il s’agit d’utiliser les ressources naturelles avec intelligence et clairvoyance « . Au Kenya, la conversion des braconniers a eu du succès : capturés, réarmés et destinés au contrôle sélectif du gibier jusqu’à trois cents pièces par an (par rapport aux milliers braconnées), ils produisent de la viande alimentaire. Au Zimbabwe, les game farm produisent avec les safaris plus de viande par hectare que le bétail domestique, et avec de moindres conséquences pour le terrain, rendu stérile par le piétinement des sabots des vaches et des chèvres. Par ailleurs l’animal sauvage vit aussi pendant les périodes de sécheresse, s’abreuvant à des sources plus lointaines que le bétail d’élevage. 

Ces données de fait sont le fondement de l’utilisation durable de la faune et de la flore sauvage comme ressource économique alimentaire et pharmaceutique, adopté par de nombreuses organisations naturalistes. Que la chasse légale soit une solution réaliste ne doit pas scandaliser. 

Dans la verte Angleterre, relève The Economist, en 2004, la population de cerfs a atteint des niveaux jamais vus depuis la préhistoire, au détriment des bois et de différentes espèces d’oiseaux, et toutes les associations écologiques britanniques s’accordent pour dire que la solution est celle de la chasse contrôlée et sélective. 

L’approche la plus correcte doit donc souligner la grande valeur économique de la faune sauvage pour les habitants qui la considèrent depuis toujours comme un risque pour le bétail et les récoltes, et pour cela braconnent et vendent la viande, les peaux et les cornes aux receleurs pour quelques shillings. En Afrique du Sud, le commerce contrôlé de produits de rhinocéros (d’abattages sélectifs payants d’exemplaires stériles ou malades) est une voie possible : les communautés Rhinocéros empaillé vu de profil.indigènes sont encouragées à protéger le rhinocéros comme source de revenu. En effet, l’homme conserve seulement ce qui a une valeur concrète et immédiate. Si la faune ne procure pas un revenu aux indigènes, elle est détruite parce qu’elle abîme les récoltes, menace les élevageset représente… des tripes gratuites. 

Comme a dit un indigène de la Namibie  » Avant nous abattions nos animaux pour manger, maintenant nous faisons les courses avec l’argent que les gens nous donnent pour en prendre soin, et c’est moins fatiguant « . 

Extrait de : Le Rhinocéros – Histoires fantastiques et légendes authentiques en Français

 

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Rhinocéros et Mythologie

Posté par othoharmonie le 13 décembre 2014

1024px-Durer_drawingUn tel animal n’avait pas été vu en Europe depuis douze siècles : on savait par les auteurs anciens qu’il existait, mais il était devenu pour la culture occidentale une bête mythique, parfois confondue dans les bestiaires avec le légendaire « monoceros » (la licorne). Les Indiens l’appelaient (ganda) (nom de l’espèce en gujarati), mais tous les érudits identifièrent immédiatement l’animal décrit sous le nom de rhinoceros par Pline l’Ancien, Strabon et d’autres auteurs anciens.

« Dans les mêmes jeux on montra aussi le rhinocéros qui porte une corne sur le nez ; on en a vu souvent depuis : c’est le second ennemi naturel de l’éléphant. Il aiguise sa corne contre les rochers, et se prépare ainsi au combat, cherchant surtout à atteindre le ventre, qu’il sait être la partie la plus vulnérable. Il est aussi long que l’éléphant ; il a les jambes beaucoup plus courtes, et la couleur du buis. »

— Pline l’Ancien

Savants et curieux vinrent examiner la bête. On en fit un ou plusieurs dessins, dont au moins celui qui servira de modèle à Hans Burgkmair et Albrecht Dürer, accompagnés de descriptions et de commentaires tirés des Anciens, et qui circulèrent en Italie, en Europe centrale et en Allemagne, notamment du fait des échanges intellectuels et commerciaux entre les Portugais et les Allemands, particulièrement présents à Lisbonne2. Dès le 13 juillet 1515 paraissait à Rome un poemetto de Giovanni Giacomo Penni décrivant l’arrivée sensationnelle de l’animal9.

Dans les jours qui suivirent, le roi fit défiler la bête sans incident avec d’autres animaux exotiques au cours d’une ou plusieurs parades dans les rues de Lisbonne. Le 3 juin, jour de lafête de la Sainte Trinité, Manuel organisa un combat opposant le rhinocéros à l’un de ses jeunes éléphants, puisque tout ce que l’on savait des mœurs de cet animal, notamment par Pline l’Ancien, était que l’éléphant et le rhinocéros seraient les pires ennemis. Découvrant son adversaire et peut-être effrayé par la foule bruyante venue en nombre, l’éléphant courut se réfugier dans son enclos et le rhinocéros fut déclaré vainqueur par abandon. L’arène se tenait dans une cour qui s’étendait entre les appartements royaux et la Casa da Mina, où se trouve aujourd’hui le ministère de l’Intérieur et la Place du Palais.

Le Rhinocéros de Dürer est le nom généralement donné à une gravure sur bois d’Albrecht Dürer datée de 1515. L’image est fondée sur une description écrite et un bref croquispar un artiste inconnu d’un Rhinocéros indien (Rhinoceros unicornis) débarqué à Lisbonne plus tôt dans l’année. Dürer n’a jamais observé ce rhinocéros qui était le premier individu vivant vu en Europe depuis l’époque romaine. Vers la fin de 1515, le roi de Portugal, Manuel Ier, envoya l’animal en cadeau au pape Léon X, mais il mourut dans unnaufrage au large des côtes italiennes au début de 1516. Un rhinocéros vivant ne sera pas revu en Europe jusqu’à ce qu’un second spécimen indien arrive à Lisbonne en 1577.

280px-Dürer_rhinoEn dépit de ses inexactitudes anatomiques, la gravure de Dürer devint très populaire en Europe et fut copiée à maintes reprises durant les trois siècles suivants. Elle a été considérée comme une représentation réaliste d’un rhinocéros jusqu’à la fin du xviiie siècle. Par la suite, des dessins et peintures plus corrects la supplantent, en particulier des représentations de Clara le rhinocéros qui fut exposée dans toute l’Europe au cours des années 1740 et 1750. Néanmoins, beaucoup d’artistes, comme Salvador Dalí ou Niki de Saint Phalle, continuent d’éprouver pour cette œuvre de Dürer une indéniable fascination en la reproduisant selon différentes manières.

En 1514, Afonso de Albuquerque, gouverneur de l’Inde portugaise à Goa, envoya deux ambassadeurs auprès de Muzaffar Shah II, sultan de Cambay (Gujarat moderne), pour lui demander le droit de construire un fort portugais sur l’île de Diu. Le sultan ne donna pas son accord mais renvoya les Portugais avec des cadeaux prestigieux, dont un rhinocéros et un fauteuil incrusté d’ivoire. L’animal fut fourni avec un gestionnaire et avait une jambe enchaînée.

À la différence des rhinocéros africains, le Rhinocéros indien (R. unicornis) ne possède qu’une seule corne. En outre, son dos est couvert de plaques de peau épaisse reliées entre elles par de la peau souple, favorisant leur articulation lors du déplacement de l’animal.

Albuquerque fit embarquer au plus vite ce cadeau royal sur la nef Nossa Senhora da Ajuda, sous le commandement de Francisco Pereira Coutinho, appelé « Le Rusticão ». Le bateau quitta Goa en janvier 1515 avec deux autres vaisseaux à destination de Lisbonne. Il fit escale à Madagascar, sur l’île de Sainte-Hélène et aux Açores. L’animal était nourri de paille, de foinet de riz cuit. Après un voyage particulièrement rapide de quatre mois, la flotte des Indes chargée d’épices et autres trésors arriva dans le port de Lisbonne le 20 mai 1515, mais c’est sans conteste le débarquement du rhinocéros, venant enrichir la ménagerie exotique du roi Manuel Iern , qui fit la plus forte impression.

Entre le 20 mai et le 3 juin 1515, le rhinocéros fut à Lisbonne l’objet de la curiosité générale : artistes et savants en firent des croquis et des descriptions qu’ils envoyèrent à leurs correspondants en Europe. C’est sur la base d’un de ces documents que Penni composa en Italie son poemetto, illustré d’une gravure assez sommaire de la bête. Un humaniste morave,Valentim Fernandes, envoya à des amis une lettre décrivant l’animal, lettre dont le texte original en allemand est perdu mais est connu par une copie en italien conservée à laBibliothèque nationale centrale de Florence. Un document comparable illustré par un auteur inconnu parvint à Nuremberg et inspira Albrecht Dürer.

Dans un premier temps, Dürer fit une copie à la plume et à l’encre de ce croquis, avec une reprise de la légende qui l’accompagnait. Ce dessin, intitulé RHINOCERON 1515, non signé mais qui est attribué à Dürer, est aujourd’hui au British Museum à Londres. La légende, en allemand, parle de « notre roi de Portugal », ce qui montre que l’auteur de la lettre était portugais, tandis que la date de 1513 est une faute de copie pour 1515. Dürer a interprété son modèle et en a fait une chimère : il a rajouté sur son dos une petite dent de narval (ce que l’on considérait alors comme une corne de licorne), a dessiné les plis de la peau du rhinocéros comme les plaques de la carapace d’un crustacé, a interprété le rendu de la peau de ses pattes comme des écailles de reptile ou de pattes d’oiseau et lui a dessiné une queue d’éléphant.

Un dessin à la plume illustrant le Livre d’Heures de l’Empereur Maximilien, réalisé peu après, s’inspire de l’interprétation de Dürer (notamment par la carapace et la dent de narval).

Pour permettre une duplication en grand nombre du dessin Albrecht Dürer réalisa peu après une gravure sur bois d’après son dessin à la plume, ce qui fait qu’à l’impression le rhinocéros apparaît orienté dans l’autre sens. Cette gravure est intitulée « 1515 RHINOCERVS » et signée de son monogramme habituel, « AD ». La technique de la gravure sur bois ne permettant pas de tracer des lignes aussi fines qu’à la plume, les plaques de la carapace du rhinocéros n’évoquent plus un crustacé mais plutôt les plaques d’une armure métallique. La légende de la gravure, composée en caractères mobiles, est placée par Dürer au-dessus de l’image, et possède de notables différences par rapport à la légende du dessin : on y mentionne cette fois « le grand et puissant roi de Portugal » et on ne reproduit plus le nom de l’animal en langue indienne. L’ensemble mesure 248 × 317 mm.

La traduction française de la légende en allemand de la gravure de Dürer est la suivante :

« En l’année 1513 après la naissance du Christ, on apporta de l’Inde à Emmanuel, le grand et puissant roi de Portugal, cet animal vivant. Ils l’appellent rhinocéros. Il est représenté ici dans sa forme complète. Il a la couleur d’une tortue tachetée, et est presque entièrement couvert d’épaisses écailles. Il est de la taille d’un éléphant mais plus bas sur ses jambes et presque invulnérable. Il a une corne forte et pointue sur le nez, qu’il se met à aiguiser chaque fois qu’il se trouve près d’une pierre. Le stupide animal est l’ennemi mortel de l’éléphant. Celui-ci le craint terriblement car lorsqu’ils s’affrontent, le rhinocéros court la tête baissée entre ses pattes avant et éventre fatalement son adversaire incapable de se défendre. Face à un animal si bien armé, l’éléphant ne peut rien faire. Ils disent aussi que le rhinocéros est rapide, vif et intelligent. »

— Faidutti 1996, chap. 3.2

Photographie en noir et blanc d'un Rhinocéros vu de trois-quarts profil en train de gravir un talus dans le parc d'un zoo.Après la mort de l’artiste en 1528, plusieurs rééditions de ce bois gravé furent réalisées jusqu’au début du xviie siècle. On peut les classer d’après la progression plus ou moins avancée d’une fente dans le bois (elle part des poils de la queue, et s’étend progressivement aux pattes arrière, puis au museau pour les impressions les plus tardives), ainsi que par les corrections apportées au texte composé en caractères mobiles. Johann David Passavant a ainsi repéré six éditions : deux avec cinq lignes de légende ; une troisième avec cinq lignes et demi ; une quatrième avec cinq lignes complètes ; une cinquième édition hollandaise, publiée par Hendrick Hondius, dont la légende commence par « Int jaer ons Heern 1515… » (corrigeant ainsi la date erronée de 1513 donnée par les quatre premières éditions allemandes et remontant à une faute de copie de Dürer quand il réalisa son premier dessin à la plume) ; enfin une sixième édition sur deux planches en clair-obscur.

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