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LE DEPLACEMENT DES CYGNES

Posté par othoharmonie le 21 novembre 2015

 

 

vol de cygnesLeurs déplacements sur la terre ferme sont d’une gaucherie plutôt cocasse car ils se dandinent avec lourdeur. Mais lorsqu’ils regagnent leur élément, ils redeviennent des princes de fière prestance.

Peut-on se lasser de les contempler quand ils gonflent superbement leurs ailes bouffantes au-dessus du dos, quand le cou si flexible s’incurve avec élégance. Mais cette attitude est souvent le signe d’une humeur agressive ou jalouse car il se montre généralement très territorial. Aussi sociable soit-il, il n’a pas un caractère doux et conciliant. Sa colère n’est pas sans danger pour l’intrus qui l’approche et qu’il accueille avec un sifflement rauque et irrité, cherchant à le pincer de bec, avec menace de lui donner un violent coup d’aile.

Les couples se forment ou se retrouvent pendant les mois d’hiver, ou d’automne déjà, et se livrent aux préliminaires des noces. Face à face, le mâle et la femelle rapprochent leurs têtes, se caressent les joues, d’un côté, puis de l’autre, en balançant le cou comme un point d’interrogation qui ondule en lentes spirales. Après ces tendres démonstrations, accompagnées de cris très doux, ils plongent alternativement le bec ou la tête dans l’eau, redressent chaque fois le cou avec lenteur, puis entremêlent de nouveau leurs mouvements gracieux et cadencés. Il est certain que bien des couples restent unis pendant plusieurs années, peut-être même toute leur vie ( Géroudet 1959).

Le nid, une vaste construction hétéroclite de branchages et de débris végétaux divers ramassés aux alentours, abrite 5 à 7 oeufs pondus dès la fin mars et qui éclosent après cinq semaines d’incubation. Peu après l’éclosion, les poussins, au duvet gris-brun dessus, sont conduits à l’eau, mère devant, père derrière. Le plumage des jeunes Cygnes devient blanc à la fin de la première année, mais ces jeunes n’atteignent leur maturité sexuelle qu’à l’âge de trois à quatre ans.

En hiver, la famille est encore unie mais, dès le retour du printemps et de la saison des amours, les adultes ne supportent plus sur leur territoire leur progéniture de l’année écoulée: les jeunes sont chassés et émigrent vers d’autres lieux.

En Belgique, les Cygnes tuberculés domestiqués se rencontrent un peu partout, dans des sites relativement sauvages, des marais d’affaissements miniers, des canaux (comme Bruges), très localement sur la Meuse, mais surtout sur les plans d’eau de nos parcs périurbains ou le commensalisme vis-à-vis de l’homme y est plus ou moins développé (Jacobs 1988).

En hiver, les Cygnes apprécient particulièrement l’abondante nourriture distribuée par les passants : déchets de verdure, grains et pain.

Le statut de protection du Cygne détient le record d’ancienneté en Grande-Bretagne puisqu’il remonte à 1482.

A cette époque (et encore maintenant sur certains sites privilégiés), les oiseaux étaient marqués (soit au bec, soit sur une palmure) et appartenaient à la Couronne Britannique.

Chez nous, ce sont donc des individus ni indigènes, ni sauvages, mais issus de lointains descendants domestiqués qui ornaient, déjà au Moyen-Age, les parcs seigneuriaux. Souvent gardée en captivité ou en semi-liberté, cette espèce s’est essaimée un peu partout, formant des souches semi-domestiquées.

Elle s’est à tel point acclimatée qu’elle est devenue sédentaire ou faiblement erratique, l’instinct migrateur ayant disparu avec la crainte de l’homme.

LE DEPLACEMENT DES CYGNES dans CYGNE 220px-Cygnus_cygnus_070416_IOLCependant, ses mœurs n’ont pas changé et, en dépit de certaines adaptations, nos Cygnes familiers vivent comme leurs frères sauvages. Pourtant, même si nos Cygnes ont perdu leur comportement migratoire, ils volent parfaitement et c’est même un spectacle impressionnant d’observer ces grands oiseaux, étincelants de blancheur, en plein essor au-dessus des plans d’eau de nos parcs urbains.

De loin déjà, l’on entend le son musical et rythmé produit par les puissants battements de leurs ailes en un « vaou vaou vaou » cadencé. Ces vols locaux, qui ne sont souvent que de cours déplacements entre deux sites voisins, nécessitent un envol laborieux sur une longue piste de départ, l’élan étant obtenu tant par une course sur l’eau que par la puissance des ailes. Et, lorsque ces lourds oiseaux se posent, c’est également avec les pattes qu’ils freinent et piétinent la surface de l’eau pour atténuer le choc. Au bord de l’eau, sur les pelouses, les Cygnes se reposent volontiers, tantôt pour nettoyer leur plumage, tantôt pour y dormir couchés sur le sol.

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Le cygne est un chantre merveilleux

Posté par othoharmonie le 2 novembre 2015

 

LE CYGNEBelon regarde le cygne comme le plus grand des oiseaux d’eau, ce qui est assez vrai, en observant néanmoins que le pélican a beaucoup plus d’envergure; que le grand albatros a tout au moins autant de corpulence, et que le flamant ou phénicoptère a bien plus de hauteur, eu égard à ses jambes démesurées. Les cygnes dans la race domestique, sont constamment un peu plus gros et plus grands que dans l’espèce sauvage; il y en a qui pèsent jusqu’à vingt-cinq livres; la longueur du bec à la queue est quelquefois de quatre pieds et demi, et l’envergure de huit pieds; au reste, la femelle est en tout un peu plus petite que le mâle.

Le bec ordinairement long de trois pouces et plus, est, dans la race domestique, surmonté à sa base par un tubercule charnu, renflé et proéminent, qui donne à la physionomie de cet oiseau une sorte d’expression; ce tubercule est revêtu d’une peau noire, et les côtés de la face, sous les yeux, sont aussi couverts d’une peau de même couleur; dans les petits cygnes de la race domestique, le bec est d’une teinte plombée, il devient ensuite jaune ou orangé avec la pointe noire; dans la race sauvage le bec est entièrement noir avec une membrane jaune au front; sa forme paraît avoir servi de modèle pour le bec des deux familles les plus nombreuses des oiseaux palmipèdes, les oies et les canards; dans tous, le bec est aplati, épaté, dentelé sur les bords, arrondi en pointe mousse, et terminé à sa partie supérieure par un onglet de substance cornée.

Dans toutes les espèces de cette nombreuse tribu, il se trouve au-dessous des plumes extérieures, un duvet bien fourni, qui garantit le corps de l’oiseau des impressions de l’eau. Dans le cygne, ce duvet est d’une grande finesse, d’une mollesse extrême et d’une blancheur parfaite; on en fait de beaux manchons et des fourrures aussi délicates que chaudes.

La chair du cygne est noire et dure, et c’est moins comme un bon mets que comme un plat de parade, qu’il était servi dans les festins chez les Anciens, et par la même ostentation chez nos ancêtres; quelques personnes m’ont néanmoins assuré que la chair  des jeunes cygnes était aussi bonne que celle des oies du même âge.

Quoique le cygne soit assez silencieux, il a néanmoins les organes de la voix conformés comme ceux des oiseaux d’eau les plus loquaces; la trachée artère descendue dans le sternum fait un coude, se relève, s’appuie sur les clavicules, et de-là, par une seconde inflexion, arrive aux poumons. A l’entrée et au-dessus de la bifurcation, se trouve placé un vrai larynx garni de son os hyoïde, ouvert dans sa membrane en bec de flûte: au-dessous de ce larynx le canal se divise en deux branches, lesquelles après avoir formé chacune un renflement, s’attachent au poumon; cette conformation, du moins quant à la position du larynx, est commune à beaucoup d’oiseaux d’eau, et même quelques oiseaux de rivage ont les mêmes plis et inflexions à la trachée artère, comme nous l’avons remarqué dans la grue, et selon toute apparence, c’est ce qui donne à leur voix ce retentissement bruyant et rauque ces sons de trompette ou de clairon qu’ils font entendre du haut des airs et sur les eaux.

Néanmoins la voix habituelle du cygne privé, est plutôt sourde qu’éclatante; c’est une sorte de strideur, parfaitement semblable à ce que le peuple appelle le jurement du chat, et que les Anciens avoient bien exprimé par le mot imitatif drensant : c’est, à ce qu’il paraît, un accent de menace ou de colère; l’on n’a pas remarqué que l’amour en eût de plus doux, et ce n’est point du tout sur des cygnes presque muets, comme le sont les nôtres dans la domesticité, que les Anciens avoient pu modeler ces cygnes harmonieux, qu’ils ont rendus si célèbres. Mais il paraît que le cygne sauvage a mieux conservé ses prérogatives, et qu’avec le sentiment de la pleine liberté, il en a aussi les accents: l’on distingue en effet dans ses cris, ou plutôt dans les éclats de sa voix, une sorte de chant mesuré, modulé; des sons bruyants de clairon, mais dont les tons aigus et peu diversifiés sont néanmoins très éloignés de la tendre mélodie, et de la variété douce et brillante du ramage de nos oiseaux chanteurs.

Au reste, les Anciens ne s’étaient pas contentés de faire du cygne un chantre merveilleux, seul entre tous les êtres qui frémissent à l’aspect de leur destruction, il chantait encore au moment de son agonie, et préludait par des sons harmonieux à son dernier soupir: c’était, disaient-ils, près d’expirer, et faisant à la vie un adieu triste et tendre, que le cygne rendait ces accents si doux et si touchants, et qui, pareils à un léger et douloureux murmure, d’une voix basse, plaintive et lugubre, formaient son chant funèbre; on entendait ce chant, lorsqu’au lever de l’aurore, les vents et les flots étaient calmés; on avait même vu des cygnes expirants en musique et chantant leurs hymnes funéraires. Nulle fiction en Histoire Naturelle, nulle fable chez les Anciens n’a été plus célébrée, plus répétée, plus accréditée; elle s’était emparée de l’imagination vive et sensible des Grecs ; Poëtes, Orateurs, Philosophes même l’ont adoptées, comme une vérité trop agréable pour vouloir en douter. Il faut bien leur pardonner leurs fables; elles étaient aimables et touchantes; elles valaient bien de tristes, d’arides vérités, c’étaient de doux emblèmes pour les âmes sensibles. Les cygnes, sans doute, ne chantent point leur mort; mais toujours, en parlant du dernier essor et des derniers élans d’un beau génie prêt à s’éteindre, on rappellera avec sentiment cette expression touchante; c’est le chant du cygne!

 

Extrait de l’Histoire naturelle des oiseaux : Buffon – Le Cygne

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Entre le cygne sauvage et le cygne privé

Posté par othoharmonie le 31 octobre 2015

 

Cygne_epinalLa femelle du cygne couve pendant six semaines au moins; elle commence à pondre au mois de février: elle met, comme l’oie, un jour d’intervalle entre la ponte de chaque œuf; elle en produit de cinq à huit, et communément six ou sept; ces œufs sont blancs et oblongs, ils ont la coque épaisse et sont d’une grosseur très considérable; le nid est placé, tantôt sur un lit d’herbes sèches au rivage, tantôt sur un tas de roseaux abattus, entassés et même flottants sur l’eau. Le couple amoureux se prodigue les plus douces caresses, et semble chercher dans le plaisir les nuances de la volupté; ils y préludent en entrelaçant leurs cous; ils respirent ainsi l’ivresse d’un long embrassement; ils se communiquent le feu qui les embrase, et lorsque enfin le mâle s’est pleinement satisfait; la femelle brûle encore, elle le suit, l’excite, l’enflamme de nouveau, et finit par le quitter à regret pour aller éteindre le reste de ses feux en se lavant dans l’eau.

Les fruits d’amours si vives sont tendrement chéris et soignés; la mère recueille nuit et jour ses petits sous ses ailes, et le père se présente avec intrépidité pour les défendre contre tout assaillant; son courage dans ces moments n’est comparable qu’à la fureur avec laquelle il combat un rival qui vient le troubler dans la possession de sa bien-aimée; dans ces deux circonstances, oubliant sa douceur, il devient féroce et se bat avec acharnement, souvent un jour entier ne suffit pas pour vider leur duel opiniâtre; le combat commence à grands coups d’ailes, continue corps à corps et finit ordinairement par la mort d’un des deux, car ils cherchent réciproquement à s’étouffer en se serrant le cou et se tenant par force la tête plongée dans l’eau; ce sont vraisemblablement ces combats qui ont fait croire aux Anciens, que les cygnes se dévoraient les uns les autres; rien n’est moins vrai, mais seulement ici, comme ailleurs, les passions furieuses naissent de la passion la plus douce, et c’est l’amour qui enfante la guerre.

En tout autre temps ils n’ont que des habitudes de paix, tous leurs sentiments sont dictés par l’amour; aussi propres que voluptueux, ils font toilette assidue chaque jour; on les voit arranger leur plumage, le nettoyer, le lustrer et prendre de l’eau dans leur bec pour la répandre sur le dos, sur les ailes avec un soin qui suppose le désir de plaire, et ne peut être payé que par le plaisir d’être aimé. Le seul temps où la femelle néglige sa toilette est celui de la couvée, les soins maternels l’occupent alors toute entière, et à peine donne-t-elle quelques instants aux besoins de la nature et à sa subsistance.

Les petits naissent fort laids et seulement couverts d’un duvet gris ou jaunâtre, comme les oisons; leurs plumes ne poussent que quelques semaines après, et sont encore de la même couleur; ce vilain plumage change à la première mue, au mois de septembre; ils prennent alors beaucoup de plumes blanches, d’autres plus blondes que grises, surtout à la poitrine et sur le dos; ce plumage chamaré tombe à la seconde mue, et ce n’est qu’à dix-huit mois et même à deux ans d’âge que ces oiseaux ont pris leur belle robe d’un blanc pur et sans tache; ce n’est aussi que dans ce temps qu’ils sont en état de produire.

Les jeunes cygnes suivent leur mère pendant le premier été, mais ils sont forcés de la quitter au mois de novembre; les mâles adultes les chassent pour être plus libres auprès des femelles; ces jeunes oiseaux tous exilés de leur famille, se rassemblent par la nécessité de leur fort commun; ils se réunissent en troupes et ne se quittent plus que pour s’apparier et former eux-mêmes de nouvelles familles.

Comme le cygne mange assez souvent des herbes de marécages et principalement de l’algue, il s’établit de préférence sur les rivières d’un cours sinueux et tranquille, dont les rives sont bien fournies d’herbages; les Anciens ont cité le Méandre, le Mincio, le Strymon, le Caystre, fleuves fameux par la multitude des cygnes dont on les voit couverts; l’île chérie de Vénus, Paphos, en était remplie. Strabon parle des cygnes d’Espagne, et suivant Ælien l’on en voyait de temps en temps paraître sur la mer d’Afrique, d’où l’on peut juger, ainsi que par d’autres indications, que l’espèce se porte jusque dans les régions du Midi; néanmoins celles du Nord semblent être la vraie patrie du cygne et son domicile de choix, puisque c’est dans les contrées septentrionales qu’il niche et multiplie. Dans nos provinces nous ne voyons guère de cygnes sauvages que dans les hivers les plus rigoureux. Gesner dit qu’en Suisse on s’attend à un rude et long hiver quand on voit arriver beaucoup de cygnes sur les lacs. C’est dans cette même saison rigoureuse qu’ils paraissent sur les côtes de France, d’Angleterre et sur la Tamise, où il est défendu de les tuer, sous peine d’une grosse amende; plusieurs de nos cygnes domestiques partent alors avec les sauvages si l’on n’a pas pris la précaution d’ébarber les grandes plumes de leurs ailes.

Nid de cygne tuberculé avec deux œufs non éclos (à gauche) et parent surveillant sa couvée (à droite).Néanmoins quelques-uns nichent et passent l’été dans les parties septentrionales de l’Allemagne, dans la Prusse et la Pologne; et en suivant à peu près cette latitude, on les trouve sur les fleuves près d’Azof et vers Astracane, en Sibérie chez les Jakutes, à Séléginskoi, et jusqu’au Kamtschatka; dans cette même saison des nichées, on les voit en très grand nombre sur les rivières et les lacs de la Lapponie; ils s’y nourrissent d’œufs et de crysalides d’une espèce de moucheron dont souvent la surface de ces lacs est  couverte.

Les Lappons les voient arriver au printemps du côté de la mer d’Allemagne: une partie s’arrête en  Suède et surtout en Scaniem. Horrebows prétend qu’ils restent toute l’année en Islande, et qu’ils habitent la  mer lorsque les eaux douces sont glacées; mais s’il en demeure en effet quelques-uns, le grand nombre suit  la loi commune de migration, et fuit un hiver que l’arrivée des glaces du Groenland rend encore plus rigoureux  en Islande qu’en Lapponie.  Ces oiseaux se sont trouvés en aussi grande quantité dans les parties septentrionales de l’Amérique, que  dans celles de l’Europe. Ils peuplent la baie d’Hudson, d’où vient le nom de cary-swan’s-nest que l’on peut traduire porte-nid de cygne, imposé par le capitaine Button, à cette longue pointe de terre qui s’avance du nord dans la baie. Ellis a trouvé des cygnes jusque sur l’île de Marbre, qui n’est qu’un amas de rochers bouleversés, à l’entour de quelques petits lacs d’eau douce; ces oiseaux sont de même très nombreux au Canada, d’où il paraît qu’ils vont hiverner en Virginie et à la Louisiane; et ces cygnes du Canada et de la Louisiane, comparés à nos cygnes sauvages, n’ont offert aucune différence. Quant aux cygnes à tête noire des îles Malouines et de quelques côtes de la mer du Sud, dont parlent les Voyageurs, l’espèce en est trop mal décrite, pour décider si elle doit se rapporter ou non à celle de notre cygne.

Les différences qui se trouvent entre le cygne sauvage et le cygne privé, ont fait croire qu’ils formaient deux espèces distinctes et séparées; le cygne sauvage est plus petit; son plumage est communément plus gris que blanc; il n’a pas de caroncule sur le bec qui toujours est noir à la pointe, et qui n’est jaune que près de la tête; mais à bien apprécier ces différences, on verra que l’intensité de la couleur, de même que la caroncule ou bourrelet charnu du front, sont moins des caractères de nature, que des indices et des empreintes de domesticité; les couleurs du plumage et du bec étant sujettes à varier dans les cygnes comme dans les autres oiseaux domestiques, on peut donner pour exemples le cygne privé à bec rouge dont parle le docteur Plott; d’ailleurs cette différence dans la couleur du plumage n’est pas aussi grande qu’elle le paraît d’abord ; nous avons vu que les jeunes cygnes domestiques naissent et restent longtemps gris; il paraît que cette couleur subsiste plus longtemps encore dans les sauvages, mais qu’enfin ils deviennent blancs avec l’âge; car Edwards a observé que dans le grand hiver de 1740, on vit aux environs de Londres plusieurs de ces cygnes sauvages qui étaient entièrement blancs; le cygne domestique doit donc être regardé comme une race tirée anciennement et originairement de l’espèce sauvage. Mrs Klein, Frisch et Linnæus l’ont présumé comme moi, quoique Willughby et Ray prétendent le contraire.

Extrait de l’Histoire naturelle des oiseaux : Buffon – Le Cygne

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Suivre la noblesse du Cygne

Posté par othoharmonie le 31 octobre 2015

 

Swan_(Cygnus)Dans toute société, soit des animaux, soit des hommes, la violence fit les tyrans, la douce autorité fait les Rois : le lion et le tigre sur la terre, l’aigle et le vautour dans les airs, ne règnent que par la guerre, ne dominent que par l’abus de la force et par la cruauté; au lieu que le cygne règne sur les eaux à tous les titres qui fondent un empire de paix, la grandeur, la majesté, la douceur; avec des puissances, des forces, du courage et la volonté de n’en pas abuser, et de ne les employer que pour la défense: Il sait combattre et vaincre, sans jamais attaquer; Roi paisible des oiseaux d’eau, il brave les tyrans de l’air; il attend l’aigle sans le provoquer, sans le craindre; il repousse ses assauts, en opposant à ses armes la résistance de ses plumes, et les coups précipités d’une aile vigoureuse qui lui sert d’égide, et souvent la victoire couronne ses effort. Au reste, il n’a que ce fier ennemi, tous les autres oiseaux de guerre le respectent, et il est en paix avec toute la Nature; il vit en ami plutôt qu’en Roi au milieu des nombreuses peuplades des oiseaux aquatiques, qui toutes semblent se ranger sous sa loi; il n’est que le chef, le premier habitant d’une république tranquille, où les citoyens n’ont rien à craindre d’un maître qui ne demande qu’autant qu’il leur accorde, et ne veut que calme et liberté. 

Les grâces de la figure, la beauté de la forme répondent, dans le cygne, à la douceur du naturel; il plaît à tous les yeux, il décore, embellit tous les lieux qu’il fréquente; on l’aime, on l’applaudit, on l’admire; nulle espèce ne le mérite mieux; la Nature en effet n’a répandu sur aucune autant de ces grâces nobles et douces qui nous rappellent l’idée de ses plus charmants ouvrages: coupe de corps élégante, formes arrondies, gracieux contours, blancheur éclatante et pure, mouvements flexibles et ressentis, attitudes tantôt animées, tantôt laissées dans un mol abandon; tout dans le cygne respire la volupté, l’enchantement que nous font éprouver les grâces et la beauté, tout nous l’annonce, tout le peint comme l’oiseau de l’amour, tout justifie la spirituelle et riante mythologie, d’avoir donné ce charmant oiseau pour père à la plus belle des mortelles.

A sa noble aisance, à la facilité, la liberté de ses mouvements sur l’eau, on doit le reconnaître, non seulement comme le premier des navigateurs ailés, mais comme le plus beau modèle que la Nature nous ait offert pour l’art de la navigation. Son cou élevé et sa poitrine relevée et arrondie, semblent en effet figurer la proue du Navire fendant l’onde, son large estomac en représente la carène; son corps penché en avant pour cingler, se redresse à l’arrière et se relève en poupe; la queue est un vrai gouvernail; les pieds sont de larges rames, et ses grandes ailes demi-ouvertes au vent et doucement enflées, sont les voiles qui poussent le vaisseau vivant, navire et pilote à la fois.

Fier de sa noblesse, jaloux de sa beauté, le cygne semble faire parade de tous ses avantages; il a l’air de chercher à recueillir des suffrages, à captiver les regards et il les captive en effet, soit que voguant en troupe on voie de loin, au milieu des grandes eaux, cingler la flotte ailée, soit que s’en détachant et s’approchant du rivage aux signaux qui l’appellent, il vienne se faire admirer de plus près en étalant ses beautés et développant ses grâces par mille mouvements doux, ondulants et suaves.

Aux avantages de la Nature, le cygne réunit ceux de la liberté; il n’est pas du nombre des ces esclaves que nous puissions contraindre ou renfermer; libre sur nos eaux, il n’y séjourne, ne s’établit qu’en y jouissant d’assez d’indépendance pour exclure tout sentiment de servitude et de captivité; il veut à son gré parcourir les eaux, débarquer au rivage, s’éloigner au large ou venir longeant la rive, s’abriter sous les bords, se cacher dans les joncs, s’enfoncer dans les anses les plus écartées, puis quittant sa solitude revenir à la société et jouir du plaisir qu’il paraît prendre et goûter en s’approchant de l’homme, pourvu qu’il trouve en nous ses hôtes et ses amis, et non ses maîtres et ses tyrans.

Cygnus buccinatorChez nos ancêtres, trop simples ou trop sages, pour remplir leurs jardins des beautés froides de l’art, en place des beautés vives de la Nature, les cygnes étaient en possession de faire l’ornement de toutes les pièces d’eau; ils animaient, égaiyaient les tristes fossés des châteaux, ils décoraient la plupart des rivières, et même celle de la capitales, et l’on vit l’un des plus sensibles et des plus aimables de nos Princes, mettre au nombre de ses plaisirs, celui de peupler de ces beaux oiseaux les bassins de ses maisons royales; on peut encore jouir aujourd’hui du même spectacle sur les belles eaux de Chantilly, où les cygnes font un des ornements de ce lieu vraiment délicieux, dans lequel tout respire le noble goût du maître.

Le cygne nage si vite, qu’un homme marchant rapidement au rivage, a grande peine à le suivre. Ce que dit Albert, qu’il nage bien, marche mal et vole médiocrement, ne doit s’entendre, quant au vol, que du cygne abâtardi par une domesticité forcée, car libre sur nos eaux et surtout sauvage, il a le vol très haut et très puissant; Hésiode lui donne l’épithète d’altivolans, Homère le range avec les oiseaux grands Voyageurs, les grues et les oies; et Plutarque attribue à deux cygnes, ce que Pindare feint des deux aigles que Jupiter fit partir des deux côtés opposés du monde, pour en marquer le milieu au point où ils se rencontrèrent. Le cygne, supérieur en tout à l’oie qui ne vit guère que d’herbages et de graines, sait se procurer une nourriture plus délicate et moins commune; il ruse sans cesse pour attraper et saisir du poisson ; il prend mille attitudes différentes pour le succès de sa pêche, et tire tout l’avantage possible de son adresse et de sa grande force; il sait éviter ses ennemis ou leur résister; un vieux cygne ne craint pas dans l’eau le chien le plus fort; son coup d’aile pourrait casser la jambe d’un homme, tant il est prompt et violent; enfin il paraît que le cygne ne redoute aucune embûche, aucun ennemi, parce qu’il a autant de courage que d’adresse et de force.

Les cygnes sauvages volent en grandes troupes, et de même les cygnes domestiques marchent et nagent attroupés; leur instinct social est en tout très fortement marqué. Cet instinct le plus doux de la Nature, suppose des mœurs innocentes, des habitudes paisibles, et ce naturel délicat et sensible qui semble donner aux actions produites par ce sentiment l’intention et le prix des qualités morales. Le cygne a de plus l’avantage de jouir jusqu’à un âge extrêmement avancé de sa belle et douce existence; tous les Observateurs s’accordent à lui donner une très longue vie; quelques-uns même en ont porté la durée jusqu’à trois cents ans; ce qui sans doute est sort exagéré ; mais Willughby ayant vu une oie qui, par preuve certaine, avait vécu cent ans, n’hésite pas à conclure de cet exemple, que la vie du cygne peut et doit être plus longue, tant parce qu’il est plus grand, que parce qu’il faut plus de temps pour faire éclore ses œufs; l’incubation dans les oiseaux répondant au temps de la gestation dans les animaux, et ayant peut-être quelque rapport au temps de l’accroissement du corps, auquel est proportionnée la durée de la vie: or, le cygne est plus de deux ans à croître, et c’est beaucoup, car dans les oiseaux le développement entier du corps est bien plus prompt que dans les animaux quadrupèdes.

Extrait de l’Histoire naturelle des oiseaux : Buffon – Le Cygne

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L’OIE ET LES DIEUX

Posté par othoharmonie le 19 octobre 2015

 

 

Oie à bec courtLa mythologie confond souvent l’oie et le cygne. Le terme “oie” vient d’une racine indo-européenne AW, qui signifie “oiseau”. Le latin “avis” a donné “avion”. Le latin “anser” a donné “avica” puis “oue” (XIIe) Curieusement “oue” s’est parfois transformé en “ours” (la rue aux ours, à Paris s’appelait d’abord rue aux oues).

“Avis” a aussi donné “auspices”. Cygne vient du latin “cicinus” ou “cycnus” et du grec “kuknos”.

L’oie et le cygne sont les animaux d’Aphrodite (écume de mer), déesse cruelle et sévère chez les Grecs. Les Romains l’adoucirent et la nommèrent Vénus. Elle est née du sperme d’Ouranos de qui son fils, Zeus, avait coupé le pénis. 
Les oies sont membres de l’ordre des ansériformes et de la famille des anatidés et sont sauvages ou domestiques et dotées d’un plumage gris. Leur bec et leurs pattes sont jaunes ou roses. 
Lorsqu’elles migrent, elles se déplacent en V ou en ligne. Elles s’adaptent à tous les modes de vie.

Le mâle de l’oie est le jars qui a la réputation d’être fidèle en amour. Aphrodite conseillait à ceux qui avaient des problèmes de couple d’élever des oies.

Dans l’Empire Romain, la légende veut qu’elles sauvèrent le Capitole de l’invasion gauloise, en 390 avant J.C., leurs cris avait donné l’alerte.

Némésis (“l’équité” ou “la vengeance divine”), fille de la nuit, fut aimée par Zeus mais voulut lui échapper en se déguisant en castor puis en poisson, puis en oie. Zeus changeait de forme à chaque fois. Il finit par se transformer en cygne et s’unit à elle. Némésis pondit un oeuf qui fut ramassé par des bergers et donné à Léda (“la dame”, femme de Tyndare, roi de Sparte). De cet oeuf sortirent les Dioscures, (Castor et Pollux) Hélène et Clytemnestre.

D’autres disent que Némésis pondit deux oeufs. Du premier sortirent Hélène (éclat du soleil) et Polydéicos (ou Pollux, “très brillant”) et du second Clytemnestre (courtisée honorablement) et Castor (éclatant).

Némésis (qui, en Grèce, devint plus tard un concept philosophique) reçut l’épithète d’adrasteia (à laquelle on ne peut échapper). Elle était représentée décorée de cerfs et tenant dans une main une branche de pommier et dans l’autre une roue. La roue était à l’origine de l’année solaire. Les Romains l’appelèrent Fortuna ou Vortumna (celle qui fait tourner l’année) Elle portait un fouet à sa ceinture afin de flageller les plantes et ainsi les féconder.

Le sens de “Némésis”, à la fois temporel et inéluctable, ce à quoi on ne peut échapper, peut être mis en relation avec le membre de l’oie qui prit une importance singulière dans toute l’aire européenne : sa patte.
Une sainte bergère du Poitou, fêtée au 14 janvier, sainte Néomaye ou Néomoise, ou Noémie (nouvelle lune) était recherchée par plusieurs jeunes gens. Comme elle voulait leur échapper, elle demanda à Dieu de lui envoyer une difformité. Elle fut exaucée et un de ses pieds devint une patte d’oie. Les prétendants effrayés par la patte s’enfuirent sans demander leur reste.

La patte d’oie signe l’état de menstruation. Or, le tabou universel des règles établit qu’aucun homme ne doit voir une femme dans cet état. La fille poursuivie et sur le point d’être violée, montre sa patte d’oie. Le violeur présumé est effrayé et s’enfuit.

Le statut des menstrues, que certaines femmes appellent quelquefois “les ourses”, est de générer les cycles du temps. Elles sont un symbole de pérennité et donc une espérance d’éternité. La racine “men” a le sens de “mesure”… du temps. (d’où “mensuration”)

On ne peut y échapper.

La patte d’oie se réfère donc au réel sacré qui nous échappe et nous effraye. Le pouvoir de la génération est intimement lié au cycle menstruel et fait l’objet, en même temps, de toutes les envies et de tous les effrois des humains. L’effroi surgit d’ailleurs souvent devant une quelconque difformité corporelle : boiteux, bègues, borgnes, bossus, roux, ont toujours un caractère “animal” et donc divin. On leur prête des savoirs mystérieux. Il faut s’en méfier. La menstruée participe du sacré par le fait de son impureté qui elle aussi participe intimement du sacré.

OIESC’est pourquoi le statut des menstrues est identique à celui de la lèpre. Autrefois, on obligeait les lépreux à porter une patte d’oie jaune car ils étaient considérés comme impurs. L’étoile jaune a été inventée par Saint Louis, Roi de France. A partir de 1233, avec l’inquisition, il obligeait les juifs à porter une “rouelle jaune” sur la poitrine et sur le dos. Les Nazis n’ont pas fait mieux. Le symbole d’impureté féminine est la patte d’oie par excellence. On la retrouve chez la Reine de Saba que Salomon fit passer en marchant sur un miroir pour voir si elle avait un pied difforme.

D’autres version parlent de pied d’âne – On la fait passer aussi sur un pont fait du bois de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Comme elle prévoit que cet arbre servira pour la Croix, elle refuse et passe la rivière en relevant sa robe. Salomon découvre alors son infirmité.) A Toulouse, la Reine Pédauque (pied d’oie) est devenue lépreuse et se fait construire une cellule jouxtant la Garonne.

L’image qui nous est la plus familière est bien sûr celle de la Vierge Marie posée sur un quartier de lune avec un serpent qui lui entoure les pieds au risque de la piquer et de faire couler le sang…cataménial.

contes issu du site http://carmina-carmina.com/

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La symbolique de l’oie

Posté par othoharmonie le 23 septembre 2015

 

Symbole de prudence et d’intelligence pour les romains, messagère de l’Autre monde dans la tradition celtique, l’oie est un animal qui a inspiré beaucoup de civilisations…

Symboles et croyances relatifs aux animaux dans la culture occidentale, de l’Antiquité classique à nos jours. Pour savoir déchiffrer le sens d’un animal rencontré dans un site, une légende, une fête traditionnelle ou sur un chapiteau. voici un résumé avec quelques citations du livre :

 Oie

L’oie est associée à la prudence, l’astuce, l’intelligence. C’était une qualité appréciée à Rome : « Virgile raconte comment une oie avait prévenu les Romains : « Une oie volant sur le portique doré du temple jetait l’alarme en agitant ses ailes argentées et de ses cris perçants avertissait les Romains de l’approche des Gaulois. » Pline signale : « l’oie montre une vigilance dont témoigne la défense du Capitole, alors que le silence des chiens trahissait la cause publique. C’est pourquoi les censeurs donnent toujours en premier leur nourriture aux oies ». « Un groupe d’oies qui constamment murmure, dit le Bestiaire d’Oxford, symbolise ceux qui aiment se réunir, mais passent leur temps en bavardages et médisances. » « Les oies prennent grand soin de leurs petits. Horapollon a basé sur cette caractéristique le fait que l’oie soit employée, chez les Egyptiens, comme hiéroglyphe de fils. » « L’oie domestique, trop grasse, ne peut voler. C’est pourquoi Alciato l’oppose à l’aigle et au faucon, au vol puissant, pour en faire l’emblème de l’inégalité. »

 
J’ai ensuite consulté  le Dictionnaire des symboles, Brepols, 1992, p. 693-694 : En voici un résumé, et des citations :
En Chine, il est toujours fait allusion aux oies sauvages, cette primauté symbolique donnée aux animaux sauvages sur les animaux domestiques remonte aux époques archaïques ; Ainsi, l’oie devenue de nos jours le symbole de la fidélité conjugale était, au commencement, un signal, un message pour faire comprendre à une jeune fille choisie par un jeune homme qu’elle devait, devant le présent d’une oie qui lui était fait, mettre un terme aux résistances de la pudeur sexuelle, à l’exemple de ces animaux sauvages au début du printemps.

En littérature, quand les Chinois citent les « oies sauvages pleurants », ils font allusion aux réfugiés, aux hommes obligés de quitter leur province.
 

​En Egypte, les oies sauvages étaient considérées comme des messagères entre le ciel et la terre. L’avènement d’un nouveau roi était signalé par un lâcher de quatre oies sauvages aux quatre coins de l’horizon.

Lorsque les Pharaons furent identifiés au soleil, leur âme fut représentée sous la forme d’une oie, car l’oie est le « soleil sorti de l’oeuf primordial » (Champollion).

 

En Afrique du Nord, c’est une coutume encore observée de sacrifier une oie, en tant qu’animal solaire, en la période critique du changement d’année.

Dans le rituel du sacrifice du cheval et de l’ascension chamanique dans l’Altaï, rapportée par Radlov, l’oie sert de monture au Chaman pour poursuivre l’âme du cheval.

En Russie, en Asie Centrale et en Sibérie, le terme d’oie est utilisé métaphoriquement pour désigner la femme désirée.

Dans la tradition celtique continentale et insulaire, l’oie est un équivalent du cygne, dont la lexicographie ne la distingue pas toujours nettement. Considérée comme une messagère de l’Autre Monde, elle fait l’objet, chez les Bretons, d’un interdit alimentaire en même temps que le lièvre et la poule. César, qui rapporte les faits dans le De Bello Gallico (5, 12) ajoute que ces animaux étaient élevés pour le plaisir mais il n’a pas compris pourquoi.

Le jeu de l’oie, si familier dans les souvenirs d’enfance, a fait l’objet d’une interprétation ésotérique, qui le considère comme un labyrinthe et un recueil des principaux hiéroglyphes du Grand Oeuvre (Fulcanelli); les Contes de ma mère l’oie ont été aussi interprétés comme des récits hermétiques.

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UNE OIE – UN CANARD

Posté par othoharmonie le 9 septembre 2015

 

Gros oiseau (anatidé) à silhouette massive, cou allongé, bec large, pattes palmées, plumage brun ou gris, herbivore, migrateur, répandu dans tout l’hémisphère Nord.

Il existe de nombreuses races d’oie domestique, telles l’oie de Toulouse, dont la « variété de type industriel » a été sélectionnée pour la production de foie gras, l’oie du Poitou, élevée pour sa peau (« peau de cygne »), l’oie d’Alsace et l’oie du Bourbonnais, l’oie de Guinée, de format moyen, très rustique et facile à élever.

Les oies se déplacent à terre avec aisance et nagent peu. Elles mènent une vie sociale complexe, associant à la monogamie une organisation collective des vols de migration et de la prise de nourriture. Aucune espèce sauvage ne niche en France, mais presque toutes viennent y hiverner, et notamment l’oie des moissons, l’oie cendrée, dont dérive la race domestique, et l’oie rieuse, nichant dans l’extrême Nord.

CanardUNE OIE – UN CANARD dans OIE ET CANARD 220px-Zwerggans_%28Anser_erythropus%29_-_Weltvogelpark_Walsrode_2011

Canard                                                                Oie 

Oiseau palmipède appartenant à l’ordre des ansériformes. 
On nomme cane la femelle et caneton le petit du canard.

Le colvert (Anas platyrhynchos), couramment désigné par le terme générique de canard sauvage, a donné naissance à un grand nombre de races de canards domestiques ou communs : race pékin, la plus développée, aylesbury, rouen… A l’origine canard barboteur de surface, le canard commun présente un dépôt de gras sous-cutané abondant. Il ne se gave pas. 

Le canard de Barbarie (Cairina moschata) se différencie aisément des canards communs par l’existence de caroncules rouges et l’absence de chant, ce qui le fait appeler canard muet. Le mâle est nettement plus lourd que la femelle. Le barbarie produit une viande rouge avec un rendement de carcasse supérieur à celui du canard commun. Il peut se gaver. Originellement d’un plumage noir, les souches développées pour l’élevage industriel présentent le plus souvent un plumage blanc ou gris barré. 

Le croisement d’un mâle barbarie avec une cane commune donne naissance à un canard mulard, hybride infertile exploité originellement pour la production de gras, qui présente des caractéristiques intermédiaires entre celles du canard commun et celles du canard de Barbarie.

La production d’œufs de cane est quant à elle une production spécifique du Sud-Est asiatique. 

L’amélioration des techniques d’élevage a permis de diminuer l’incidence de nombreuses pathologies. Par ailleurs, les vaccinations contre la parvovirose, la maladie de Derszy et la pasteurellose aviaire confèrent une bonne protection. La réovirose et les maladies bactériennes (colibacillose et syndrome de mortalité brutale du caneton) sont les principales pathologies infectieuses qui restent à maîtriser. Le syndrome de mortalité brutale du caneton est apparu en 1991 et continue à se développer ; la maladie se déclenche vers l’âge de 5 à 10 jours chez le barbarie, et vers 12 à 15 jours chez le mulard. Elle est toujours associée à la présence de Streptococcus bovis. Les canards sont également des réservoirs, porteurs sains, de salmonelles.

Parmi les parasitoses, trichomonose, coccidiose et aspergillose nécessitent une prophylaxie médicale (aliments médicamenteux, etc.). Le canard est l’oiseau le plus sensible aux aflatoxines.

Enfin, le développement de souches lourdes a accentué les problèmes de boiterie.

 

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Comment parler de l’OIE

Posté par othoharmonie le 9 septembre 2015

 

 

L'oieLe terme oie dérive de auca qui signifie « oie » en bas latin. Auca serait une contraction de *avica, dérivé de avis, « oiseau ». La forme oie est régionale, la forme normale en ancien français étant oue (cf. Rue aux Ours, à Paris, réfection, par fausse étymologie, de la Rue aux Oues, c’est-à-dire, la « Rue des Oies »).

Cette origine se retrouve également dans l’italien et le catalan Oca ainsi qu’en gascon auca alors que l’ensemble des dénominations des langues indo-européennes dont le latin classique (Anser) dérive d’un terme indo-européen originel spécifique *ghans (que l’on retrouve dans le sanskrit Hamsa).

La plupart des espèces d’oies sont principalement végétarienne et complètent leur diète par des mollusques ou larves d’insectes. On a aussi observé des oies rechercher des coquilles de certains mollusques bivalves au printemps, probablement pour leur teneur en calcium, alors que les femelles vont avoir besoin de produire des œufs. Ce calcium pourrait aussi réduire la gravité des intoxications saturnines induites par l’ingestion de billes de plomb de chasse (confondues avec les petits cailloux ronds ingérés comme gastrolithes par de nombreux oiseaux).

 

Oie est un  ambigu en français. Les oies forment un groupe d’oiseaux appartenant à la famille des anatidés parmi laquelle on trouve aussi les cygnes et les canards. Le terme « oie » ne désigne pas spécifiquement les espèces du genre Anser, ni même les espèces de la sous-famille des Anserinae. Ainsi on qualifie volontiers les Anserinae, que ce soit les bernaches et les céréopses, d’oies mais aussi les ouettes regroupées au sein des Tadorninae. Ce sont des oiseaux aquatiques assez grands, apparentés aux canards (plus petits) et aux cygnes (plus grands). On distingue aussi les oies sauvages et les oies domestiques. Les oies cacardent.

La plupart des espèces d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord sont migratrices à l’état sauvage. Les différentes espèces d’oies sont principalement végétariennes, quelques espèces peuvent même nuire aux agriculteurs en pâturant leurs champs.

Les petits s’appellent des oisons. Le terme jars ne s’applique qu’aux mâles des oies domestiques.

Plusieurs espèces d’oies ont été domestiquées. L’Oie cendrée (Anser anser) est à l’origine des races européennes, mais en Asie l’Oie cygnoïde (Anser cygnoides) possède une histoire tout aussi longue. Les races d’oies domestiques sont donc d’issues de ces deux espèces indépendamment ou de leurs hybrides qui ne sont pas stériles.

 Comment parler de l’OIE dans OIE ET CANARD 1024px-Goslings_J3

Les Oies de Meïdoum, en Égypte, sont une des plus anciennes représentations d’oies. Aphrodite a plusieurs fois été représentée sur un char tiré par des oies blanches ou des cygnes, mais chez les anciens Grecs l’oie ou le cygne sont porteurs de la même symbolique. Chez les peuples gaulois, c’est Belisama qui est représentée chevauchant une oie. Chez les Romains, l’oie est associée au culte de Minerve.

Une fable d’Ésope raconte l’histoire d’un fermier possédant une oie pondant des œufs d’or ; il décide de la tuer afin d’obtenir tous les œufs d’or à la fois, mais perd ainsi la source de sa richesse. La Fontaine a écrit « La Poule aux œufs d’or » qui reprend la même histoire avec un autre oiseau.

Tite-Live raconte l’épisode des oies sacrées d’un temple de Junon qui sauvèrent Rome par leurs cris vers -390, lorsque les Gaulois attaquèrent le Capitole la nuit.

Le jeu de l’oie est un jeu ancien de divination encore très apprécié des enfants. Le jeu du Monopoly en est une version moderne.

L’oie, est, avec le cygne, un des véhicules (vahana) du dieu hindou Brahmâ, dieu-Créateur – « l’Aïeul de tous les êtres » – de la mythologie hindoue, né dans un Œuf d’or  rayonnant de Lui-même : l’« Univers » étant d’ailleurs traduit littéralement dans les langues indiennes par l’Œuf de Brahmâ : Brahmânda (« Univers »).

Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède (également à l’origine du dessin animé Nils Holgersson), est un roman qui décrit le voyage d’un enfant réduit magiquement en taille qui est emporté par le jars de la ferme et accompagne un troupeau d’oies sauvages à travers toute la Suède dans leur migration vers la Laponie.

L’oie est un des esprits totems de la roue de la vie des Amérindiens. En Chine, l’oie est considérée comme un principe yang qui illumine la nature. Pour les Tchéous l’oie symbolise le mariage, le mari doit offrir une oie lors de la signature du contrat de fiançailles.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsLa patte d’oie est un symbole magique du Moyen Âge. Les lépreux devaient porter une patte d’oie jaune, alors symbole d’impureté. La reine Pédauque, pé d’auca = pied d’oie, une reine lépreuse, connue par le roman La Rôtisserie de la reine Pédauque, en est une illustration.

L’oie et le canard sont la gloire de la gastronomie périgourdine. Tous les morceaux de ces volatiles sont préparés et cuisinés de mille façons. Le cou d’oie farci par exemple est un plat qui figure souvent sur la carte.

Tout est bon dans le canard gras et  l’oie, mais ces deux volatiles doivent leur célébrité à leur foie, engraissé depuis l’Antiquité égyptienne.

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La Place de l’Aigle royal

Posté par othoharmonie le 10 novembre 2014

290px-GoldenEagle-NovaL’Aigle royal est une espèce de grands rapaces de la famille des Accipitridae. C’est un oiseau brun foncé, avec un plumage plus brun-doré sur la tête et le cou. L’aigle royal utilise son agilité, sa vitesse et ses serres extrêmement puissantes pour attraper ses proies : des lapins, des marmottes, des écureuils, et de grands mammifères comme les renards, les chats sauvages et domestiques, de jeunes chèvres de montagne, de jeunes bouquetins, et de jeunes cervidés. Il consomme aussi des charognes, si les proies sont rares, ainsi que des reptiles. Des oiseaux, dont des espèces de grande taille comme des cygnes ou des grues, des corbeaux et des Goélands marins ont tous été notés comme proies potentielles.

L’aigle royal défend un territoire pouvant atteindre 155 kilomètres carrés. Il est monogame et un couple peut rester ensemble pendant plusieurs années voire pour la vie. Ils nichent en altitude, dans les falaises, les arbres ou sur les structures humaines comme des poteaux téléphoniques. Ils construisent des nids énormes auxquels ils peuvent revenir pendant plusieurs années. Les femelles pondent un à quatre œufs, et les deux parents les couvent pendant 40 à 45 jours. Souvent seul un ou deux jeunes survivent jusqu’à l’envol, à l’âge de trois mois environ. Ayant autrefois une répartition holarctique étendue, il a disparu de plusieurs des zones les plus densément peuplées. Bien que localement éteinte ou rare, l’espèce est encore assez commune enEurasie, en Amérique du Nord et dans certaines régions d’Afrique. L’espèce connaît sa plus forte densité de nidification dans le sud du comté d’Alameda, en Californie.

La sous-espèce eurasienne est utilisée pour chasser et tuer les loups dans de nombreuses communautés indigènes, où l’oiseau est considéré avec grand mysticisme. Cet aigle est protégé dans plusieurs pays depuis les années 1970.

Chez l’adulte le fond du plumage est principalement brun assez foncé, avec les plumes le dessus et l’arrière de la tête et de la nuque (le camail) d’un brun-roux clair ou brun-jaunâtre, lui ayant valu son nom d’« aigle doré », et si elles peuvent être de coloration variable d’un individu à l’autre, ne changent pas avec l’âge. Les rémiges et les rectrices sont grises à leur bases, et parcourues de quelques barres sombres et les plumes usées et décolorées, forment une zone pâle irrégulière sur les ailes ; le dessous des ailes est globalement plus roussâtre que le reste du corps. Certains individus ont des « épaulettes » (en réalité les plumes des poignets) blanches ; les plumes du tarse varient du blanc au brun foncé.

L’oisillon est entièrement blanc ; le juvénile a un plumage assez homogène et plus foncé que l’adulte, sans zone pâle, due chez les individus matures à l’usure des plumes. Les primaires et secondaires externes ont la base blanche, formant une zone blanche sur le dessus de l’aile, entrecoupée de noir, et sur le dessous un grand « écusson », parfois réduit à une simple tache. La base des rectrices est également blanche, et seule leur extrémité est noire, formant une bande sombre au bout de la queue du juvénile, s’estompant avec les années. Avec le temps le blanc disparaît progressivement, celui sur la queue persistant parfois alors que les ailes n’en ont plus ; le plumages adulte est généralement atteint à la cinquième année. Posé, la pointe des ailes de l’adulte arrive près du bout de la queue, alors que chez le juvénile elle arrive plus haut.

Après les mammifères, le second groupe de proies préférées de l’aigle royal sont les autres oiseaux. Des gallinacés, surtout des faisans et des tétras, sont les plus représentés parmi les proies. Cependant, pratiquement tous les oiseaux, de la taille d’un geai des chênes à celle d’un cygne, qui pèse environ le double du poids d’un aigle, sont des proies potentielles. En Suède, les oiseaux sont les proies principales, l’espèce la plus chassée étant le grand Tétras (Tetrao urogallus), tandis que dans les régions subarctiques on note une forte préférence pour le lagopède alpin (Lagopus muta). Les aigles royaux sont des oiseaux superprédateurs, les adultes en bonne santé ne connaissant pas de prédateurs. On a vu des aigles royaux tuer et manger de grands rapaces comme le faucon gerfaut (Falco rusticolus), l’autour des palombes (Accipiter gentilis) ou les buses du genre Buteo, que ce soit des adultes, des oisillons ou des œufs.

Les oiseaux des genres FalcoStercorarius ou Buteo comme la buse pattue (B. lagopus), qui sont normalement des concurrents, peuvent se regrouper pour chasser les aigles royaux arrivant sur leurs aires de nidification. Un aigle royal volant près d’un nid de faucon pèlerin (Falco peregrinus) a été frappé et tué par un des parents qui l’attaqua en piqué, alors que l’aigle, beaucoup plus grand, est généralement dominant et un prédateur potentiel pour ces oiseaux. Généralement l’aigle s’en tire à meilleur compte, et se livre au cleptoparasitisme, en volant les proies d’autres rapaces. Bien que l’aigle royal ne soit pas aussi grand que certains vautours, il est généralement beaucoup plus agressif que ceux-ci et capable de les chasser, ainsi que d’autres rapaces des charognes. L’aigle royal entre le plus souvent en compétition interspécifique avec les grands pygargues du genre Haliaeetus (notamment le pygargue à queue blanche et le pygargue à tête blanche) et, comme ces espèces sont de taille, de force et de ténacité comparables, l’issue dans de tels conflits dépend surtout de l’individu plus que de l’espèce.

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Le Héron dans l’histoire

Posté par othoharmonie le 1 février 2013

 Prudence quand il se prend par mégarde dans un filet ! Son bec acéré entame cruellement les mains des pêcheurs. Il est l’ennemi des pisciculteurs dont il détruit ou blesse une partie de la production. Un truc pour s’en protéger : tendre un fil autour de la pièce d’eau. Contrairement au cormoran, jamais un héron ne se pose directement sur l’eau. C’est à pied qu’il va à la pêche…

Le Héron dans l'histoire dans HERON heron-13-200x300Sans Hérons, point de Versailles
Louis XIII, fauconnier passionné, s’ennuyait ferme à Paris. Lassé de chasser les moineaux avec des pies grièches dans les Tuileries, il décide un jour de prendre ses quartiers de chasse à la campagne. À un endroit vif en bels et beaux hérons, seuls adversaires dignes de ses gerfauts royaux. Un endroit sauvage avec de l’eau et à moins de deux heures de carrosse de Paris. Ce fut Versailles qui fut choisi.

L’huile de patte de Héron
Longtemps on a cru que le héron attirait le poisson grâce à une substance secrétée par la peau de ses pattes.
L’homme, cet observateur jaloux a tout naturellement voulu s’emparer de ce prétendu pouvoir. Leurs échasses censées être magiques furent mises à bouillir. Il y a encore une quarantaine d’années, on vendait au prix de l’or dans les officines spécialisées des fioles d’huile de pattes de hérons.

Le premier oiseau bagué
C’est à l’occasion de chasses royales, en France et ailleurs, que paradoxalement l’ornithologie fit un grand pas.
Les chasseurs lorsqu’un héron s’était bien défendu, leur avait apporté grand plaisir et moult difficultés, avaient la noble habitude de le relâcher une fois marqué aux armes du maître d’équipage. C’est ainsi qu’un de ces valeureux oiseaux, marqué en 1651 par l’empereur d’Allemagne, fut repris plusieurs dizaines d’années plus tard et devint le premier oiseau bagué de l’histoire.

Jouer avec les mots
Il fait son nid dans une héronnière. Les petits du héron sont des héronneaux et non pas des Patapons.

Cuisine
Il est protégé. Mais au XIVe siècle, les choses étaient différentes.
Le Viandier de Taillevent proposait de cuisiner le héron ainsi : « soit seigné ou fendu jusques aux épaules comme dit est du cine [cygne] et du paon ; et soit appareillé comme la sigongne ; au sel menu ou à la carneline ». Bon appétit !

images-1 dans HERONSymbole
Pour les égyptiens anciens, il est symbole de résurrection et annonciateur de bonnes nouvelles.

Expressions
A très sûrement inspiré l’expression « rester le bec dans l’eau » qui signifie « être déçu après avoir espéré quelque chose ».

Littérature
Erigé au Moyen-âge en symbole de couardise.
Ridiculisé par La Fontaine (qui n’avait pas suivi des cours d’ornithologie…), dans la fable Le Héron.
Décrit par Buffon dans son Histoire naturelle comme un oiseau taciturne dont la « peine intérieure trace sa triste empreinte jusque sur sa figure ».

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