• Accueil
  • > Recherche : cris du loups

Résultats de votre recherche

Le Caribou des bois

Posté par othoharmonie le 21 février 2017

 

Le caribou des bois est donc une sous-espèce du caribou vivant dans les forêts boréales de l’Amérique du Nord. Il se présente principalement en trois écotypes : le caribou toundrique qui fréquente la toundra forestière une partie de l’année, le caribou forestier, présent toute l’année dans la forêt boréale, et le caribou montagnard, invariablement associé aux versants et aux sommets des montagnes. La population toundrique est la seule à présenter un comportement migratoire. Le caribou des bois apparaît sur les pièces de 25 cents de la monnaie royale canadienne depuis 1937.

Certains caribous peuvent parcourir 6 000 km en une seule année. Ces migrations amènent les femelles à donner naissance à leur faon dans la toundra de la partie septentrionale de l’aire fréquentée. À l’automne les caribou entreprennent une migration méridionale qui les conduit dans la taïga éparse de la forêt boréale durant l’hiver. Notons aussi qu’une petite population de caribous des bois à comportement migrateur vit dans le Nord de l’Ontario, sur les plaines longeant la baie d’Hudson.

Caribou

L’abondance des caribous toundriques subit des variations très importantes, pour des raisons plus ou moins bien connues. Dans le nord du Québec, elle a atteint des sommets vers la fin de chacun des XVIIIe, XIXe et XXe siècles. Compte tenu de leur ampleur, ces changements d’abondance ont des répercussions socio-économiques majeures. À titre d’exemple, le déclin qui a commencé vers 1900 a entraîné dans la misère les Inuits et les Cris du Nunavik (Québec) qui dépendaient de la chasse pour leur subsistance. Celle du début des années 2000 a des répercussions majeures sur les activités des autochtones et des pourvoyeurs qui opèrent dans le nord du Québec et au Labrador.

D’après les informations recueillies sur la population de la rivière George, les fluctuations d’abondance du caribou toundrique pourraient s’expliquer par l’augmentation de la compétition pour la nourriture tout au long de l’année et par l’accroissement des dépenses énergétiques associées à l’agrandissement des aires utilisées lors des pics d’abondance.

En 1954, il y avait à peine 5 000 caribous des bois dans le Nord du Québec et au Labrador. Leur nombre s’est toutefois accru de façon spectaculaire durant les quelque cinquante années qui ont suivi avant de péricliter drastiquement. La population de la rivière George, forte d’environ 800 000 membres en 1993, ne comptait plus que 74 000 spécimens en 2010 et 27 600 individus en 2012 Pendant la même période, la population de la rivière aux Feuilles est passée de 276 000 membres en 1991 à 628 000 caribous en 2001 pour redescendre à 430 000 en 2011.

Les femelles se dispersent dans les tourbières, la forêt résineuse, parfois sur des îles pour mettre bas afin de réduire les risques de prédation. À l’été, elles rechercheraient des sites offrant une meilleure qualité alimentaire ou des milieux ouverts, exposés au vent pour fuir les insectes.

En hiver, les caribous forestiers sont plus concentrés que durant les autres saisons. Ils évitent les peuplements mélangés et fréquentent des milieux ouverts riches en lichens terricoles jusqu’à ce que les conditions de neige ne permettent plus le creusage de cratères d’alimentation. Ils se déplacent alors vers des forêts de conifères. Ils utilisent les plans d’eau pour se déplacer, fuir les prédateurs et se reposer. Les domaines vitaux sont habituellement grands (200–300 km2) mais varient beaucoup selon les populations et les individus (32–1 470 km2).

Les lichens terricoles (Cladina spp., Cladonia spp., Cetraria, spp., Parmelia spp.) ou arboricoles (Alectoria spp., Bryoria spp., Evernia, spp., Usnea spp.) constituent la base du régime alimentaire du caribou forestier. Ils représentent une source d’énergie hautement digeste mais qui engendrerait un déficit en potassium. Le caribou peut cependant utiliser des plantes herbacées (Carex spp., Eriophorum vaginatum, Smilacina trifolia) et des essences ligneuses (Betula papyrifera, Populus tremuloïdes, Prunus pensylvanica, Salix spp., Amelanchier spp., Larix laricina, Alnus spp., Vaccinium spp.) selon leur disponibilité saisonnière ce qui pourrait combler le déficit en potassium.

Dans les tourbières, le caribou forestier utilise surtout les prêles et le trèfle d’eau (Menyanthes trifolium), particulièrement au printemps. En hiver, il préfère les lichens terricoles et, contrairement à l’écotype montagnard et n’utilise les lichens arboricoles qu’en dernier recours. Il creuse des cratères dans la neige (jusqu’à 120 cm) pour atteindre les lichens en s’aidant de stimulus olfactifs (nez enfoncé dans la neige ou dans les cheminées produites par les arbustes) ou visuels (blocs erratiques, eskers, abords des marécages).

 Le caribou est une proie avantageuse pour le loup en termes de temps de manipulation et de risques (de blessures ou de mortalité) associés à la capture, ce qui pourrait expliquer ses faibles densités en milieu forestier, particulièrement en présence de l’orignal, cette espèce soutenant les populations de loups. La chasse (sportive et d’alimentation) est souvent citée comme une cause importante du déclin historique des populations

Publié dans CERF-CHEVREUIL-RENNE | Pas de Commentaires »

L ’Ours Par Aubépine

Posté par othoharmonie le 5 janvier 2015

 

images (2)Nom scientifique : Ursus sp. (racine commune pour les différents genres ; 8 espèces différentes ; le panda géant n’est pas pris en compte dans cette fiche, étant une race particulière)

Gaélique : Art («pierre de Dieu» ou «ours»)

Gaulois : Artos

Breton : Arzh

Vieux norrois : Björn

Amérindien : Honon (Miwok), Kuruk (Pawnee), Machk (Algonquin), Mato (Sioux), Nokosi (Seminole)…

Inuit : Pisugtooq (ours polaire littéralement : «l’éternel vagabond»)

Japonais : クマ Kuma

Taille et poids : De 130 à 280 cm (selon les espèces), de 100 à 730kg (pour les mâles) et de 50 à 450kg (pour les femelles)

Habitat : L’ours a besoin de grands espaces sauvages. On en retrouve en Europe, Amérique du

Nord, Amérique Sud et en Asie.

Régime : Omnivore (spécialisation selon espèce) et méliphage (aimant le miel et les larves d’abeilles)

Sens et performances : Grandes capacités olfactives et auditives. L’ours peut courir rapidement (jusqu’à 50km/h), grimper, nager et  se déplacer sur ses pattes arrières.

Longévité : De 25 à 40 ans.

Mode de vie : Le plus souvent diurne, l’ours peut aussi être actif la nuit. Il est semi-hibernant, il hiverne. Sa température baisse mais il peut se réveiller facilement. Solitaires, les ours ne se retrouvent qu’en période de reproduction ou, pour les femelles, durant les six mois où elles élèvent leurs petits (1 à 3 par portée).

Légendes et histoires : On retrouve fréquemment cet animal en peluche. A croire que sa médecine (après le Koala) est la plus appréciée des enfants. Le culte de cet animal pourrait être très ancien, remontant à 70 000 ans. A Drachenloch, en Suisse des autels et amas d’os des cavernes ont été retrouvé datant de cette période.

 

A Saint Pé-d’Ardet, il existe un autel dédié à Ardehe (datant du 6ème siècle avant l’ère commune). Ce lieu se trouve dans la vallée de l’Ourse, près de Lourdes. Dans la Grèce antique, à Brauron, les filles de 5 à 10 ans réalisaient une danse de l’ourse dans le temple d’Artémis, en l’honneur de la Déesse.

Les Bersekkers, farouches guerriers-ours germano-nordique (plus connus que les Ulfhednar, les guerriers-loups), auraient eu la capacité d’adopter la force de cet animal, portant des peaux, lançant des cris et se déplaçant comme des ours suite à un rituel chamanique (peut-être accompagné de l’absorption d’une éventuelle drogue ?).

 images (3)

Dans la culture celtique, l’ours est associé à la classe guerrière, au pouvoir temporel et à la protection des terres, procurant l’abondance avec générosité. Au moyen âge, l’ours, symbole païen, fut associé par la chrétienté à la lubricité, la gloutonnerie, et la colère. Quelques villages des Pyrénées perpétuent encore aujourd’hui une tradition immémoriale au mois de février ou mars : la fête de l’ours.

 

Symbolisme : Associé aux cycles lunaires et à l’hibernation, l’ours est souvent vu comme un symbole d’introspection. L’alliance étroite de la sagesse et de la force ont fait de lui une icône importante associée à la juste royauté (l’image la plus parlante est celle de l’Arthur celtique). Cet animal symbolise l’énergie primordiale, la souveraineté, l’intuition et l’instinct. Bien sûr, une fiche sur l’ours ne serait pas complète sans évoquer les deux constellations qui portent son nom, la petite et le grande ourse (dont le nom provient de la mythologie grecque). L’aspect terrestre et celui stellaire donnent une fois encore, une dimension d’équilibre à cet animal.

 

En magie et chamanisme : Méditation et introspection en vue de réaliser des projets Accéder aux savoirs véhiculés par les rêves (appelé loge des rêves dans certaines cultures amérindiennes) Rechercher une vie plus équilibrée et harmonieuse Découvrir ses ressources intérieures Apprendre à poser ses limites Guérison physique, psychologique et énergétique Développer le courage et le dynamisme Développer son indépendance, sa dignité et son intégrité

 

Divinités et figures légendaires associées :

Grecs : Artémis (racine Art), nymphe Callisto ; Latins : Diane ; Celtes : Arthur, Andarta, Arduinna,

Matugenos (fils de l’ours), Ardeho, Arthe/Artahe/ Artehe (dieux pyrénéens) ; Nordiques : Thor ;

Inuits : Nanook

Végétaux associés : Le chêne, l’ail des ours

 

Médias : On retrouve régulièrement l’ours dans des fictions, contes ou dans le folklore populaire. Pour ne citer que quelques exemples (car la liste est très longue) : Rebelle (de Pixar), l’Ours (de Jean Jacques Annaud), Frère des Ours (de Disney), le petit ours brun etc…

Issu du Magazine Lune Bleue

Publié dans OURS | 1 Commentaire »

Piano à chats et singulier

Posté par othoharmonie le 18 août 2014

concert donné en 1549

téléchargement

 

Décrit, pour la première fois semble-t-il, par Kircher, jésuite allemand du XVIIe siècle, dans son Musurgia Universalis (1650), le piano à chats, instrument baroque et cruel, existait déjà en 1549, comme en témoigne le concert de chats qui eut lieu lors des fêtes religieuses données le jour de l’octave de l’Ascension en l’honneur d’une image miraculeuse de la Vierge

Dans son Musiciana paru en 1877, Jean-Baptiste Weckerlin nous explique que Charles-Quint étant en Flandre en 1549, il assista, le dimanche qui suivit l’octave de l’Ascension, avec son fils Philippe II et les reines, du haut du balcon de l’hôtel de ville de Bruxelles, à un spectacle où le profane et le sacré marchaient côte à côte.

Nous voulons parler d’une procession en l’honneur d’une image miraculeuse de la Vierge. Parmi les croix, les bannières, les longues files de prêtres et de moines, s’avançaient, en manière d’entremets ou intermèdes, le diable sous la forme d’un taureau jetant du feu par les cornes, puis l’archange saint Michel et derrière ce patron de Bruxelles, un chariot où un ours touchait de l’orgue.

Cet orgue était le grand attrait de la cérémonie, car les sons qui en sortaient n’avaient rien de l’harmonie produite habituellement par cet instrument. La raison en était bien simple ; l’orgue était un orgue à chats. Si l’on veut se faire une idée de cette invention, il suffit de se figurer une vingtaine de caisses très étroites ou vingt malheureux matous se trouvaient enfermés dans l’impossibilité de remuer ; seuls, les longs panaches de leurs queues dépassaient le haut des caisses et étaient liés par des cordes correspondant au registre de l’orgue.

A mesure que l’ours musicien pressait les touches, il tirait les cordes et en même temps les queues des chats qui, aussitôt, se mettaient à miauler, qui, les basses, qui, les tailles et les dessus, selon la nature des airs exécutés. Aux accords étranges de cette musique burlesque, des ours, des loups et des cerfs dansaient autour d’une grande cage où des singes jouaient de la cornemuse. Ensuite, la procession reprenant son cours exposait religieusement aux yeux curieux de la foule, l’arbre de Jessé et la représentation de tous les mystères de la Vierge.

S’il faut en croire l’abbé Mann, ce singulier concert aurait déridé un instant le grave Philippe II dont le visage austère s’éclairait si rarement. Bienheureux dut être celui à qui revenait l’honneur d’avoir fait sourire son prince mais quelque grotesquement diabolique qu’ait été son idée, elle ne lui appartenait pas en propre, car les chroniques veulent qu’un certain abbé Baigne ait régalé un jour Louis XI d’un concert de pourceaux.

Ce piano à chats est ainsi décrit par Kircher : « Il n’y a pas si longtemps, dit-il, qu’un acteur aussi ingénieux qu’illustre, a construit un tel instrument pour dissiper la mélancolie d’un grand prince. Il recueillit des chats, différents par la taille et donc par la gravité de leur voix et les enferma dans un panier fabriqué tout exprès, de telle sorte que leurs queues, sortant à travers des trous, étaient introduites et maintenues dans des tubes.

images (2)« Il ajouta des touches munies de pointes très fines à la place des marteaux, disposa les félins par tonalité de voix croissante de telle sorte qu’à chaque touche corresponde la queue d’un animal, et plaça dans un lieu convenable cet instrument destiné à la récréation du prince. En ayant ensuite joué, il en tira les accords que pouvaient produire les cris des animaux.

« En effet, les touches mues par les doigts de l’instrumentiste en martyrisant les queues des chats, mettaient en rage les malheureuses bêtes et les faisaient hurler d’une voix tantôt grave et tantôt aiguë, produisant une mélodie qui poussait les hommes à rire et pouvait inciter les souris elles-mêmes à danser. »

(D’après « Le Magasin pittoresque », paru en 1890)

Publié dans CHAT | Pas de Commentaires »

Relations sociales du Grand Corbeau

Posté par othoharmonie le 30 juillet 2013


Intelligence

Relations sociales du Grand Corbeau dans CORBEAU common_raven_by_david_hofmannLe Grand Corbeau possède l’un des plus gros cerveaux de toutes les espèces d’oiseau. Plus spécifiquement, son pallium est volumineux. Il montre également plusieurs habiletés telles que la résolution de problème ainsi que d’autres processus cognitifs comme l’imitation et l’intuition, et il aurait passé avec succès le test du miroir.

Une expérience conçue pour évaluer l’intuition et la résolution de problème présentait un morceau de viande attaché à une corde qui pendait d’un perchoir horizontal. Pour atteindre la viande, l’oiseau devait se tenir sur le perchoir, tirer la corde en plusieurs étapes et tenir la corde à chaque étape afin de la raccourcir. Quatre des cinq Grands Corbeaux réussirent effectivement l’épreuve, et la transition depuis l’absence de succès (ignorer la nourriture ou simplement tirer sur la corde) jusqu’à un succès constant et prévisible (amener la viande jusqu’au perchoir) se fit sans apprentissage apparent.

Le Grand Corbeau est connu pour voler et cacher des objets brillants comme des galets, des morceaux de métal et des balles de golf. Une hypothèse est que ce comportement servirait à impressionner les autres corbeaux. D’autres études indiquent que les juvéniles sont curieux envers toute chose nouvelle et que l’attraction pour les objets ronds et brillants serait basée sur leur similarité avec des œufs. Les adultes perdent cet intérêt intense pour l’inhabituel et deviennent néophobes.

Récemment, les chercheurs ont reconnu que les oiseaux jouent. Les jeunes Grands Corbeaux sont parmi les plus joueurs des espèces d’oiseaux. Ils ont été observés glissant le long des bancs de neige, apparemment pour le simple plaisir. Ils jouent même avec d’autres espèces, par exemple en jouant à chat avec des loups et des chiens. Le Grand Corbeau est connu pour ses acrobaties aériennes spectaculaires, comme les loopings.

Relations intraspécifiques

Cette espèce possède un cri caractéristique « rrok-rrok », profond et caverneux, qui diffère de celui des autres corvidés selon les observateurs expérimentés. Son vocabulaire complexe inclut un « toc-toc-toc », un « kraa » sec et rocailleux, un croassement guttural et bas ainsi que plusieurs cris de nature presque musicale.

Tout comme les autres corvidés, le Grand Corbeau peut imiter les sons de son environnement, incluant la voix humaine. Il possède un large éventail de vocalisations qui continuent d’intéresser les ornithologues. Gwinner a conduit plusieurs études au début des années 1960, enregistrant et photographiant ses résultats de façon détaillée.

De 15 à 30 catégories de vocalisation ont été notées chez cette espèce, la plupart étant utilisée lors des interactions sociales. Les cris observés incluent les cris d’alarme, les cris de vol et les cris de poursuite. Le Grand Corbeau produit également des sons non vocaux dont des sifflements d’ailes et des claquements de bec. Les clappements et les claquements ont été observés plus souvent chez les femelles que chez les mâles. Si le membre d’un couple est introuvable, son partenaire imite ses cris pour encourager son retour.

Un comportement utilisé par les jeunes individus est le « recrutement » : de jeunes corbeaux dominants appellent à grands cris d’autres corbeaux sur les lieux de sources importantes de nourriture (habituellement une carcasse). Bernd Heinrich émet l’hypothèse que l’évolution de ce comportement aurait permis aux juvéniles d’être plus nombreux que les adultes, leur permettant ainsi de se nourrir des carcasses sans en être chassés. Une explication plus conventionnelle suggère que les individus coopèrent en échangeant de l’information sur les carcasses des grands mammifères parce que ces carcasses sont trop grosses pour que seuls quelques individus s’en nourrissent.

Les corbeaux observent l’endroit où d’autres Grands Corbeaux cachent leur nourriture et se souviennent de ces endroits, ce qui leur permet d’y voler la nourriture. Ce type de vol se rencontre si régulièrement que les individus parcourent de plus grandes distances pour trouver de meilleures caches pour leur propre nourriture. Il a également été noté que les Grands Corbeaux font semblant de construire des caches sans pour autant y déposer de nourriture, probablement pour tromper les autres corbeaux.

Relations interspécifiques

Outre les jeux mentionnés dans le paragraphe « intelligence », les Grands Corbeaux ont été observés manipulant d’autres animaux pour qu’ils travaillent pour eux, par exemple en appelant des loups et des coyotes sur le site d’une carcasse. Les canidés ouvrent alors la carcasse, ce qui la rend plus accessible aux corbeaux.

Publié dans CORBEAU | Pas de Commentaires »

La légende du Loup blanc !

Posté par othoharmonie le 14 février 2013

 

La légende du Loup blanc ! dans LOUP 230px-canis_lupus_265b

L’histoire que je vais vous raconter remonte à la nuit des temps.

A cette époque, la terre était recouverte de vastes forêts sans fin, certaines étaient inextricables et les voyageurs égarés retrouvaient rarement leur chemin.

En ces temps là, les loups vivaient nombreux, ils formaient des clans très hiérarchisés, intelligents, forts et courageux, ils n’avaient d’autres ennemis que les hommes.

Les hommes quant à eux nourrissaient une haine profonde envers les loups et lorsqu’ils se trouvaient face à face, il était rare que tous deux survivent à cette rencontre.

A peine l’enfant des hommes marchait, qu’il avait appris à haïr le loup.

Chaque décennie écoulée, les loups, uniquement les chefs de clan et quelques élus entreprenaient le grand voyage. De toutes les régions du Nord de l’hémisphère, ils convergeaient en un même lieu, une vaste clairière au centre d’une forêt profonde et noire, quelque part dans un pays que l’on appellera plus tard la France.

Certains venaient de très loin, c’était le grand rassemblement au cours duquel les loups mâles et femelles encore solitaires allaient sceller une nouvelle alliance, ils venaient là trouver le compagnon d’une vie.

Les chefs partageaient leur savoir et les jeunes bâtissaient leur descendance.

Cette année là, Loup blanc, chef de clan encore solitaire venait pour y trouver une compagne, chemin faisant il pensait au lourd secret qui était le sien.

Quelques mois plus tôt, au cours d’une chasse, il avait découvert une jeune femme évanouie dans la neige fraîche. Il s’était approché d’elle doucement, avec méfiance comme on lui avait toujours appris, de longues minutes s’étaient écoulées ainsi, quand soudainement la jeune femme bougea, elle entrouvrit les yeux et loin d’être terrifiée par la vue du loup, elle lui sourit.

czechoslovakian_wolfdog_pair dans LOUPElle tendit une main et caressa la fourrure de l’animal, celui-ci accueillit cette marque d’affection d’abord avec surprise puis bientôt avec plaisir. Sans savoir qu’il pouvait la comprendre, elle lui expliqua sa peur lorsqu’elle s’était vue égarée dans la forêt, en entendant du bruit, elle s’était mise à courir sans voir une grosse branche qui barrait le chemin, elle avait trébuché lourdement et s’était évanouie.

Tout en lui parlant elle n’avait cessé de le caresser. Elle le regarda droit dans les yeux et lui demanda de l’emmener jusqu’au village, seule dit-elle, je ne retrouverai jamais ma route.

Il s’exécuta, il la reconduisit jusqu’à l’entrée du village et longtemps il resta là, à la regarder partir, même lorsqu’il ne pouvait plus la voir.

De retour dans la tanière du clan, il comprit qu’il ne serait plus jamais le même, jamais plus il ne verrait les hommes de la même manière.

Il se prit même à revenir guetter l’entrée du village dans l’espoir de l’apercevoir.

A de nombreux kilomètres de là, une louve et son frère cheminaient au côté d’un chef de clan, ils faisaient eux aussi route vers le grand rassemblement.

La louve Calypsone venait y faire alliance, elle l’espérait depuis longtemps mais depuis l’été dernier, elle était habitée par la peur, son chemin avait croisé celui d’un gentilhomme blessé, au lieu de le dénoncer à la meute comme il se doit, elle l’avait caché, recouvert de feuilles et de branchages et l’avait nourri jusqu’à ce qu’il puisse se débrouiller seul.

L’homme n’avait jamais manifesté la moindre crainte face à la louve, au contraire il aimait à lui parler, à la caresser, il lui faisait des confidences comme il l’aurait fait à un des ses semblables. Il rêvait d’un monde où les hommes et les loups feraient la paix, un monde où la haine de l’autre n’existerait plus.

Un soir alors que Calypsone venait le retrouver, il était parti en laissant sur le sol son écharpe, un peu de son odeur qu’elle prit plaisir à renifler.

Souvent, depuis lors, elle venait s’allonger au pied de l’arbre qui avait été le témoin de leur amitié.

La clairière sacrée était prête, tous les participants s’étaient rassemblés en plusieurs cercles, au milieu se trouvaient les solitaires, il était de coutume de s’observer et lorsqu’un loup mâle trouvait une louve à sa convenance, il s’avançait au milieu du cercle, puis de là en rampant il se dirigeait vers l’élue.

Ce soir sacré, lorsque Calypsone aperçu Loup blanc, elle reconnut immédiatement le compagnon qui habitait ses rêves, celui qu’elle avait toujours attendu.

Aussi, bousculant toutes les règles, elle s’avança vers lui, sans crainte, le regardant au fond de ses prunelles dorées.

Loup blanc, comme s’il avait toujours su ce qui allait arriver, accepta Calypsone comme compagne sans se formaliser de la façon cavalière qu’elle avait utilisée pour arriver à ses fins.

La nuit même leur union fût scellée. Le grand sage donna son accord après avoir vérifié qu’ils n’appartenaient pas au même clan et que leurs deux statures s’harmonisaient entre elles.

La louve fit ses adieux au clan qui l’avait vu grandir et se prépara au voyage de retour.

Leur périple fût sans histoire.

Inconsciemment ou pas, Loup blanc construisit leur gîte non loin de l’endroit où il avait découvert la jeune femme l’hiver dernier.

Au printemps de l’année qui suivit, Calypsone donna naissance à deux louveteaux, un mâle et une femelle. Avant de mettre bât, elle avait avoué à Loup blanc le parjure qu’elle avait fait à sa race en cachant et en nourrissant un humain. Loup blanc lui avait à son tour confié son secret et depuis lors ils ne formaient plus qu’un.

Une nuit, ils furent réveillés par des cris qui les fit sortir de leur tanière, ils aperçurent au loin une fumée épaisse, un incendie embrasait le ciel. Les cris durèrent longtemps et au petit jour une odeur âcre parvint jusqu’à eux.

La magie des loups en ces temps là était grande et leur haine des humains encore plus grande, plusieurs clans s’étaient unis pour détruire un village qui avait tué plusieurs des leurs. Ceux qui n’avaient pas péris dans l’incendie, furent dévorés pas les loups.

Loup blanc rassembla sa compagne et ses petits et décida de s’éloigner à tout jamais de ces contrées barbares, il voulait un monde différent pour sa descendance.

telechargementAu même moment, un homme et une femme, seuls survivants du massacre fuyaient eux aussi l’horreur de la nuit.

La légende dit que la route des loups croisa celle des humains

Qu’il reconnu la jeune femme qu’il avait secouru de même que Calypsonne reconnu l’homme comme étant celui qu’elle avait caché dans les bois.

On dit aussi qu’ils firent chemin ensemble jusqu’à une grande clairière.

Uniquement avec leur courage, ils bâtirent un monde nouveau où tous ceux qui vivaient sans haine furent les bienvenus. Les humains comme les loups…

Loup blanc fût à l’origine d’une nouvelle race de loups, plus proche de l’homme et qui bien des années plus tard donnera naissance à cette race de loup civilisé que l’on appellera le Chien

Source: Duterte

Venez rejoindre le forum de Francesca : http://devantsoi.forumgratuit.org/

Publié dans LOUP | 1 Commentaire »

La vengeance du Lièvre – 2

Posté par othoharmonie le 1 novembre 2012

  

(Suite…)

La vengeance du Lièvre - 2 dans LAPIN - LIEVRE 220px-Eastern_Cottontail_rabbit%2C_Rideau_RiverLe lendemain de ce jour mémorable, les deux époux s’entretenaient ensemble sur les moyens de se venger du blaireau qui leur avait fait tant de mal. Qu’était, en effet, devenu le blaireau? Il s’était réfugié dans sa tanière et, craignant à juste titre les représailles du vieux, il n’osait plus en sortir. 

Les deux époux causaient donc ensemble. Tout à coup, un bruit léger de pas se fit entendre à la porte de la cabane. Une voix très douce demanda la permission d’enter. C’était le lièvre, le joli lièvre blanc qui habite dans la montagne, et qui venait leur faire visite. 

Le lièvre n’est pas méchant comme le blaireau! Aussi les deux époux le reçurent très poliment. Ils le firent asseoir auprès d’eux, et lui offrirent du thé. Alors le vieillard lui raconta comme quoi le blaireau avait assommé sa femme et la lui avait fait manger; comment lui, de désespoir, s’était ouvert le ventre, qu’une divinité étant alors apparue avait rendu la vie à la vieille et guéri sa propre blessure.

Ensuite il lui parla de leurs projets de vengeance, et lui demanda s’il ne connaîtrait pas un moyen de s’emparer du blaireau. 
– Chers amis, répondit le lièvre, après avoir en silence écouté cet étrange récit, ne vous mettez pas en peine. Vous voulez une vengeance? Vous l’aurez. Et c’est moi-même qui m’en charge. Foi de lièvre, vous n’attendrez pas longtemps! 

Là-dessus tous les trois se firent les saluts d’usage; le lièvre prit congé de ses amis et retourna dans son gîte, pour ruminer son plan. 

Le blaireau, dans son terrier, s’ennuyait à mourir. A quelque temps de là, le lièvre vint le voir: 
– Camarade, lui dit-il en entrant, que se passe-t-il donc? On ne te voit plus dans les champs. Serais-tu par hasard malade? 
Le blaireau ne voulut pas expliquer à son visiteur le vrai motif pour lequel il se tenait caché, et lui répondit qu’en effet, il se sentait un peu malade. 
– Mon cher, repartit alors le lièvre, ce n’est pas en restant ainsi enfermé que tu te guériras. Regarde quel temps splendide nous avons aujourd’hui! Voyons! ne viens-tu pas faire avec moi un tour de promenade? Nous irons à la montagne où nous ramasserons du menu bois. 

Le blaireau, d’un côté, s’ennuyait à mourir. De l’autre, il n’avait aucun motif de soupçonner le joli lièvre blanc de lui vouloir du mal. Ce fut donc sans hésiter qu’il accepta la proposition. Ils partent bras dessus bras dessous, s’en vont dans la montagne, ramassent de menus branchages, en font des fagots et se les attachent mutuellement sur le dos. Puis, ils se disposent à redescendre. Le lièvre avait apporté un briquet: car le lièvre avait son plan. Profitant d’un moment où son compagnon est distrait, il passe doucement, derrière lui, bat le briquet pour en tirer du feu: «Katchikatchi», fait le briquet. 

Le blaireau entend, et sans se retourner: 
– Lièvre, demande-t-il, qu’est-ce qui a fait «Katchikatchi» derrière moi? 
– Ce n’est rien, répond l’autre. La montagne où nous sommes s’appelle Katchikatchi; c’est son nom que tu as cru entendre! 

Tout en parlant ainsi, le lièvre a mis le feu au fagot du blaireau. La flamme en crépitant fait «Ka-pika». Le blaireau demande encore: 
– Qu’est-ce qui a fait «Ka-pika» derrière moi? 
– Oh! ce n’est rien, répond le lièvre. La montagne où nous sommes s’appelle aussi Ka-pika; c’est son nom que tu as cru entendre! 

Le fagot brûlait… La flamme atteignit bientôt les poils du blaireau. A la première sensation de la douleur, celui-ci poussa un cri d’effroi! Puis, la souffrance devenant de plus en plus cuisante, il se roula sur le sol, avec des contorsions horribles; enfin, n’en pouvant plus, il se précipita au bas de la montagne, et s’enfuit dans sa tanière, où il passa la nuit dans d’affreuses tortures. 

Le lendemain matin, le lièvre vint lui faire une seconde visite: 
– Camarade, lui dit-il, avec une tendresse feinte, il t’est survenu hier une aventure fort désagréable! J’ai eu pitié de toi. Je suis allé trouver un pharmacien de mes amis. Il m’a remis ce remède. Bois-le ce soir, avant de t’endormir, et demain tes souffrances auront complètement disparu. 

Et il lui tendit une petite fiole, laquelle contenait un poison très violent, qu’il avait lui-même préparé avec des herbes de la montagne. Le blaireau, qui ne soupçonnait pas son ami d’avoir à son égard de mauvaises intentions, accepta sans méfiance aucune le soi-disant remède. Le lièvre lui souhaita alors bonne chance, et le saluant profondément, retourna dans son gîte, jouissant en son cœur du succès de sa ruse. 

220px-1010101 dans LAPIN - LIEVRELe blaireau avala le poison. Aussitôt il éprouva dans tout son corps une brûlure épouvantable. Il se tordit comme un ver, au milieu d’atroces souffrances et se mit à pousser des cris déchirants. Le lendemain, à l’aurore, le lièvre vint voir si le blaireau était mort. Celui-ci n’était pas mort encore, car les blaireaux ont la vie dure. Il était couché et souffrait horriblement. 

Le lièvre jugea alors que l’occasion était on ne peut plus favorable pour assouvir sa vengeance: 
– Blaireau, lui cria-t-il, tu te souviens sans doute de la vieille Tora, que tu as assommée et fait manger à son mari. Eh bien, apprends que les dieux punissent toujours le crime. C’est moi qu’ils ont choisi comme instrument de leur vengeance. C’est moi qui ai mis le feu à ton fagot de bois au mont Katchikatchi. Ce remède que je t’ai apporté hier est un violent poison que je t’avais moi-même préparé pour te faire mourir. Meurs donc! Et que Gombéiji et Tora soient vengés! 
Il dit, et saisissant une grosse pierre, il en assomma le blaireau, qui ne tarda pas à rendre le dernier soupir…

Le blaireau ne tarda pas à rendre le dernier soupir.

Le lièvre, après avoir accompli sa mission, se rendit de ce pas chez le vieux et la vieille qui l’attendaient dans leur cabane. Il leur raconta dans tous les détails l’histoire de la vengeance. Les braves gens furent bien heureux d’apprendre la mort de leur ennemi. Grande fut leur reconnaissance à l’égard du joli lièvre blanc qui les avait vengés. Ils l’adoptèrent pour leur fils, l’appelèrent Usagidono, l’aimèrent et le traitèrent bien. Le lièvre commença dès lors à leur rendre toutes sortes de services. 
La veuve du blaireau vivait, avec ses deux enfants, dans une bien misérable condition. Tous les animaux de la montagne savaient ce qui s’était passé. On racontait partout, le soir à la veillée, les méfaits du blaireau, le secours inespéré du ciel, la vengeance du lièvre blanc. Ce dernier était porté aux nues, tandis que la conduite du premier était l’objet des appréciations les plus malveillantes.

Aussi, point n’existait-il de pitié pour la veuve et ses deux fils. 
Les pauvres déshérités ne pouvaient plus paraître en plein jour; dès qu’on les apercevait, c’était à qui les insulterait davantage. On leur jetait des pierres, les chiens aboyaient après eux, les loups les poursuivaient, les lièvres eux-mêmes riaient à leur passage. 

L’aîné des deux enfants portait le nom de Tanukitaro; son frère s’appelait Yamajiro. Ils n’étaient pas méchants comme l’avait été leur père. Mais la situation dans laquelle ils vivaient était intolérable et, de tout cœur, ils haïssaient le joli lièvre blanc, qui avait tué leur père et les avait réduits à cette existence malheureuse. 

Un des devoirs les plus sacrés de la piété filiale leur ordonnait de venger la mort de leur pauvre père. Ils décidèrent, en conséquence, de faire mourir son meurtrier. Mais ils savaient que ce dernier n’était point lâche ni poltron, comme le sont, en général, tous ceux de son espèce. Ils jugèrent prudent de s’exercer d’abord au maniement des armes. Voilà pourquoi, toutes les nuits, les deux frères passaient plusieurs heures à faire de l’escrime, sur le devant de leur tanière. 

220px-Sylvilagus_floridanus2 Yamajiro, quoique plus jeune, fit des progrès beaucoup plus rapides que son frère, car il était plus intelligent que l’aîné, chose que l’on rencontre assez souvent chez les bêtes. Il était aussi plus robuste et plus habile… 

Pendant que les deux jeunes blaireaux se préparaient de la sorte à accomplir leur vengeance, le joli lièvre blanc habitait, comme nous l’avons dit, la cabane de Gombéiji. Sa renommée avait pris des proportions colossales. Tous les animaux le respectaient et le saluaient au passage. L’armée des lièvres l’avait nommé son général en chef. 

Lui, toujours humble au milieu des honneurs, bon et serviable, rendait à Gombéiji et à Tora toutes sortes de bons offices. C’était lui qui puisait l’eau du puits, faisait la cuisine, lavait la vaisselle, présentait le thé et le tabac aux visiteurs. 
(A SUIVRE…)

Ferrand, Claudius (1868-1930). Fables et légendes du Japon – 1903.

Publié dans LAPIN - LIEVRE | Pas de Commentaires »

Morphologie du Dauphin

Posté par othoharmonie le 27 mai 2012

 

Sa forme fuselée et hydrodynamique, sa peau lisse et très souple qui se déforme et absorbe les turbulences de l’eau font du dauphin un animal doué pour la vitesse. ( 44 km/h; c’est le plus rapide des petits dauphins ).

 Son dos est généralement noir, son ventre blanc avec des dessins bruns ou violets. 

Ses dimensions: longueur: de 1,7m à 4 m – poids: de 70kg (dauphin commun ou delphinus delphis) à 400kg (le tursiops) 

Morphologie du Dauphin dans DAUPHINIl possède un bec assez long appelé rostre, avec 80 à 100 dents, toutes semblables entre- elles. Le rostre est formé de deux mâchoires allongées qui lui donnent l’air de sourire Pointues et petites, ces dents ne conviennent pas à la mastication mais elles permettent de saisir solidement les proies. Les aliments absorbés sont broyés par les robustes parois de leur estomac. 

Ses nageoires
Elles servent au dauphin à s’équilibrer et se guider. 

Sa nageoire caudale, appelée aussi palette est aplatie dans un plan horizontal. Sa nageoire dorsale est bien développée. 

Dans une nageoire, le dauphin a les mêmes os que dans une main humaine. Ces os sont le vestige de l’époque où les ancêtres du dauphin étaient des animaux terrestres à 4 pattes et 220px-Sousa_chinensis_%283%29_by_Zureks dans DAUPHINqui sont allés à l’eau pour se nourrir. 

Son œil

Le dauphin a les yeux très écartés. Il peut voir en haut, en bas et même derrière lui mais il ne voit pas très bien de face. Donc pour déceler ce qu’il y a devant lui, il utilise l’écholocation, c’est à dire la localisation des obstacles et des bancs de poissons par l’écho: le dauphin émet des ultrasons et reçoit en retour les échos qui déterminent la vitesse, la taille et la direction de la proie par exemple, et cela grâce au melon, ce font rempli de graisse, de muscles et de canaux, qui permet au dauphin de choisit la direction dans laquelle il envoie les sons. Petit, l’œil ne possède qu’une seule paupière, mais sa vision est très bonne sous l’eau et à l’air libre. 

 Sousa chinensis chinensisIl voit net sous l’eau car son œil s’aplatit quand il plonge et ainsi l’image se forme exactement sur la rétine  

Une épaisse couche de graisse sous-cutanée lui sert d’isolant thermique et l’aide à toujours garder la même température (entre 35 et 36° C.)On dit qu’il est homéotherme. Cette température est indépendante de celle du milieu extérieur. Ce sont donc des animaux à sang chaud. Le dauphin évacue la chaleur par les nageoires, parties moins riches en graisse donc moins isolée et plus irriguées par les vaisseaux sanguins qui transportent le sang chaud. 

Sa longévité: Il peut vivre jusqu’à 50 ans. (tursiops) 

Le dauphin possède des poumons, restes encore de ses ancêtres terrestres ressemblant à des loups, qui, il y a 50 millions d’années se sont aventurés dans l’océan à la recherche de proies ( le Mesonyx, puis le Pakicetus et le Prosqualodon).

Son nez, l’évent, situé au-dessus de la tête, est sans odorat. Il lui sert seulement à respirer. Il ne s’ouvre que lorsqu’il est au-dessus de l’eau. 
Le dauphin commun peut rester immerger en apnée totale 3 à 4 minutes. ( 15 mn pour le grand dauphin )  

Il renouvelle jusqu’à 90% de l’air de ses poumons à chaque respiration. Ce chiffre n’est que de 15% chez la plupart des mammifères dont l’Homme. 
Pendant son sommeil, il flotte à 50 cm sous l’eau et toutes les 1/2 mn, un coup de palette le remonte à la surface, il respire sans se réveiller de façon automatique. 

Le dauphin est un animal social qui vit en troupeau de plusieurs centaines d’individus. Les groupes sont mixtes: mâles, femelles et jeunes.  

Il n’y a pas de chef.

Le Sonar du Dauphin – L’écholocalisation  

Sa bosse sur le front s’appelle le melon, c’est de là qu’il émet les ultrasons grâce auxquels il se repère et repère son  Delphinus delphisenvironnement, ce système est appelé sonar ou l’Echolocalisation , c ‘est un peu son 3° œil ! La grande particularité des delphinidés est d’émettre des ultrasons grâce à leur bosse sur la tête, le melon. C’est une sorte de radar ou sonar qui lui permet de se repérer dans son environnement, de communiquer et même de chasser. 

Des petits émetteurs placés sur son front bombés envoient des ultrasons : cris très aigus qui ne sont pas perceptibles à l’oreille humaine. Ces sons frappent les objets qui l’entourent et reviennent à lui comme un écho pour lui donner l’information. Ainsi le Dauphin sait toujours exactement où il se trouve et ce qui l’entoure ! Ses yeux placés de chaque côté de sa tête ne lui permettent pas de voir en relief, mais grâce à son sonar il peut quasiment reconstituer une image en 3 dimensions, en inondant l’objet ou le sujet d’impulsions sonar. 

Ainsi dans la nuit, le dauphin n’est jamais aveugle. Grâce à son sonar il peut s’orienter n’importe où et même repérer un petit poisson nageant à des centaines de mètres de lui! Ce sens lui est bien pratique lorsqu’il chasse et pêche car il est ainsi capable de repérer ses proies très facilement même sous le sable. 

Le dauphin passe la journée à chasser le poisson, à communiquer avec ses congénères et à jouer : le dauphin commun est le plus joueur de tous  Son principal ennemi est l’orque, bien qu’il soit lui-même un delphinidé. 

Le dauphin est un mammifère, c’est à dire qui porte des mamelles. Il est vivipare, c’est à dire que le petit se développe dans le ventre de la femelle.  Le dauphin ne forme pas de couple permanent; il choisit un nouveau partenaire chaque année. 

Il atteint sa maturité sexuelle vers 5 ou 6 ans.  Les accouplements ont lieu d’octobre à décembre dans l’Atlantique Nord. 

La gestation dure de 350 à 360 jours. La portée est d’un seul petit. 

Les naissances s’étalent de septembre à octobre. Le petit se présente par la queue et cela probablement afin d’éviter que le nouveau-né n’essaie de respirer avant qu’il ne soit totalement sorti. Il sait tout de suite nager.

 Pendant la naissance, deux autres femelles, les “tantes”, protègent la mère et le petit contre les requins attirés par le sang. Immédiatement, la femelle emmène son petit respirer à la surface. 

La mère allaite le petit pendant 12 à 18 mois, malgré les dents qui sortent dès la première semaine.  Les mamelles sont situées dans les sillons placés sur le côté du ventre. Le petit reste près de sa mère ou de ses “tantes” 2 semaines. 

Les femelles mettent au monde tous les 2 ou 3 ans.

Publié dans DAUPHIN | Pas de Commentaires »

Le Lama, protecteur de troupeau

Posté par othoharmonie le 3 mai 2012

 

Comme le chien ou l’âne, le lama peut aussi être utilisé comme animal de protection des troupeaux ovins.

  Vigogne (Vicugna vicugna)Le lama réagit agressivement envers les animaux qui s’approchent d’un troupeau (chiens, coyotes, renards, loups). Les lamas qui pèsent entre 115 et 225 kg peuvent facilement effrayer les loups. Le lama émet des cris d’alarme aigus et pourchasse les prédateurs en s’interposant entre le troupeau et le prédateur.

 Comme le chien le lama doit avoir noué des liens étroits avec les moutons. On Place d’abord le lama près des brebis, dans un enclos séparé. Dès que les brebis se sont habituées à sa présence, on laisse le lama entrer dans l’enclos des brebis. Peu à peu le lama adoptera sa nouvelle famille en adoptant des comportements doux avec les moutons. Il devient alors un compagnon très protecteur et défend son territoire et le troupeau avec énergie.

 Témoignage d’un éleveur utilisant des lamas pour protéger son troupeau

 Après un an d’apprentissage chez nous, « Tonto Chuno », mâle lama de six ans est parti en novembre 2000 dans un troupeau de 350 brebis, sur le versant Ouest du Vercors, pour participer à leur protection contre les prédateurs.

Un lama, gardien du troupeau ? Pourquoi un lama se mettrait-il à protéger des moutons contre un prédateur ?

 Le Lama, protecteur de troupeau dans LAMA 2224953835_small_2Et bien tout simplement parce que cela s’inscrit dans le comportement normal de cet animal : c’est une particularité comportementale du lama que de défendre un territoire et les petits. Un éleveur de lamas vous dira que le mâle est très attaché aux jeunes lamas qui naissent : lors d’une naissance, il se précipite pour flairer le nouveau-né, il reste très souvent couché près des jeunes lamateaux pendant que les mères broutent. Et lorsque le lama est dans un troupeau de moutons, il n’est pas rare de voir les agneaux lui sauter sur le dos comme ils le font habituellement avec les brebis.

 Un lama est toujours aux aguets : il surveille tout ce qui se passe dans le pré. Parfois, si le terrain le permet, il aime monter sur un lieu plus élevé : surélévation du terrain, petite colline, rocher… d’où il a une vue encore plus large.

 Très territorial, le lama chasse les intrus qui risquent de présenter un danger pour son groupe. Donc, il sera efficace pour éloigner les chiens, loups et renards.

On peut se demander avec raison si le lama est efficace dans toutes les situations : des loups qui attaquent en meute, plusieurs chiens qui se liguent etc….

Aux États-Unis où les grands prédateurs ne sont pas rares (ours, pumas), les lamas sont connus pour prévenir les bergers en cas d’attaque : le lama va signaler le danger en poussant le cri d’alerte : une sorte de hennissement que l’éleveur reconnaît parfaitement. En ce qui me concerne, j’ai observé une femelle alpaga (donc de taille moitié moindre qu’un lama) qui hennissait. Je me suis précipitée : elle signalait la présence dans le champ d’un taureau, animal qu’elle savait ne pas faire partie de notre élevage… D’autres éleveurs ont observé le lama se mettre entre les moutons et le danger.

 Très souvent, le lama va devenir le chef du troupeau, et assumera son rôle en conduisant le troupeau pour manger, boire ou se mettre à l’abri. Il peut également empêcher le troupeau d’aller dans un lieu où se trouve un prédateur et ramener ses moutons dans un endroit plus sûr. Nous avons observé un jour le troupeau revenir sans raison apparente. Tout le troupeau avait une attitude « bizarre ». En allant regarder de près, j’ai vu que dans le bois d’où les lamas revenaient, il y avait un sanglier de belle taille… Je pourrais vous raconter dès dizaines d’exemples similaires…

 Tous les éleveurs qui utilisent des lamas aux États-Unis confirment l’arrêt presque total des mortalités dues aux prédateurs depuis qu’ils y ont introduit leur lama, et certains attestent de la reprise de cette mortalité lorsque, pour une raison ou une autre, ils ont enlevé le lama. C’est vrai qu’à la maison, je sais tout de suite s’il s’est passé quelque chose, les lamas le disent : une naissance, une barrière mal fermée, un lama qui n’est pas dans son parc, un sanglier ou un chien étranger…

 

Un Éleveur de Lamas

 Si vous désirez acheter un lama pour aider à la protection de votre troupeau de moutons, d’oies ou de canards gras. Bernard et Christiane Giudicelli vous proposent plusieurs lamas aptes à cette fonction, formation et conseils d’élevage : comment nourrir et soigner un lama, quels comportements adopter pour assurer son éducation. Ils ont également développé tout un chapitre sur ce sujet dans le nouveau livre « Lamas et Alpagas, les connaître, les élever », indiquant les conditions de succès pour cette activité.

Publié dans LAMA | Pas de Commentaires »

Avantages de la meute de loups

Posté par othoharmonie le 2 mars 2012

 

Pour des animaux sociaux comme les loups, la vie en meute présente plusieurs avantages :

  • La possibilité d’attaquer des animaux plus grands qu’eux, ainsi la chasse est plus efficace pour moins d’efforts.
  • Les réserves sont mieux gérées (moins de surplus abandonné aux concurrents lorsque plus de bouches sont à nourrir).
  • La protection des louveteaux, leur éducation et l’initiation aux rudiments de la chasse – la meute est une véritable maternelle où chaque membre prend soin des petits.
  • Le fait que seul le couple alpha se reproduise empêche la prolifération de loups sur un territoire, de plus les loups ne se reproduisent pas chaque année si la nourriture fait vraiment défaut.

 Entre les meutes

Fichier:Canis lupus lycaon 03.jpgLeur moyen de communication est le hurlement, ils poussent des cris. Les loups hurlent — entre autres — pour se rassembler et maintenir une cohésion dans le groupe. Leurs gémissements avertissent également les loups aux alentours de la présence de la meute, afin de prévenir contre les intrusions. Tout comme les gémissements, les hurlements sont composés de plusieurs harmoniques ce qui donne l’impression que la meute qui hurle est beaucoup plus nombreuse qu’elle ne l’est réellement. Il arrive parfois qu’un loup solitaire hurle pour se signaler à un conjoint potentiel. Chaque loup a une fréquence vocale distinctive. Rarement, certains loups peuvent présenter le même hurlement. On peut enregistrer les hurlements d’une meute et développer des algorithmes pour décomposer le signal sonore. Ces algorithmes peuvent attribuer à chaque animal ses vocalisations propres.

 Un autre sens utilisé pour la communication externe chez le loup est l’odorat. Ses facultés olfactives supérieures à celles de l’homme lui permettent de distinguer l’odeur de ses congénères. Il utilise ainsi des marquages au sol tel que l’urine ou les fèces (excréments). Ces marquages servent à délimiter son territoire ainsi qu’à donner des renseignements sur lui-même, par exemple tel que l’état sexuel (hormonal) des femelles pendant la période de reproduction.

 Les loups utilisent tout un éventail de grognements, gémissements et brefs aboiements pour communiquer entre eux au sein de la meute que ce soit pour exprimer la peur, l’anxiété, la domination ou la soumission, la protestation ou encore pour jouer ou avertir la meute de la présence d’un intrus.

Publié dans LOUP | Pas de Commentaires »

La rumeur sur le Loup

Posté par othoharmonie le 29 février 2012

            

A la source d’une peur, on trouve bien souvent une rumeur. Et au bout d’une rumeur, naît la peur. Il n’en est pas allé différemment de la peur du loup. Un jour on lui prête quelques méfaits, le lendemain chacun relaye ces croyances. Les médias les premiers.

La rumeur sur le Loup dans LOUP 320px-Czechoslovakian_Wolfdog_pairLa rumeur est toujours intimement liée à la peur. C’est sur la peur que la rumeur repose, mais, en contrepartie, elle entretient la peur et s’en fait le relais. Quand ce cercle vicieux est enclenché, c’est presque le mouvement perpétuel qui s’instaure entre ces deux pôles. Le loup n’a pas échappé à ce tourbillon infernal. Les premières accusations lancées à l’encontre de cet animal qui dérange ont lancé le processus. Des siècles de rumeurs, ensuite, ont créé de toutes pièces, petit à petit, l’animal cruel et sanguinaire qui erre encore aujourd’hui et connaît de beaux jours dans notre inconscient collectif. Il n’est pas rare de nos jours que le loup fasse l’objet de rumeurs, même dans des contrées dont il a totalement disparu. La peur se vend bien. Les médias le savent… Ils l’exploitent.                                                                                                                                                                                                                                                                                                            

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   La « peur du sauvage » ou le témoin d’une société

 Loup gris commun (Canis lupus lupus)Pour comprendre une rumeur et, éventuellement, la combattre, il est donc avant tout indispensable de comprendre le groupe dans lequel elle surgit. Ainsi, Kapferrer espère faire naître une « radioscopie de la France profonde révélée par ses rumeurs ». De grands domaines de crispations semblent en dessiner les contours révélateurs : la peur de l’étranger, la peur pour les enfants, la peur pour la santé, la peur du changement, mais surtout, pour le cas qui nous occupe, la peur du retour à l’état sauvage. Les rumeurs de fauves semant la terreur dans les campagnes sont monnaie courante. « A l’évidence, elles reflètent un désarroi aigu du monde rural, c’est-à-dire ceux qui sont au front, face à la nature, cette même nature qu’un combat millénaire a réussi à faire reculer, à maîtriser, à rendre productive. Loin de se sentir soutenu par l’arrière, par ceux qui, de Paris, de la ville, prennent les décisions qui les concernent, ils se sentent lâchés. » (KAPFERRER, 1987, 184). Un éleveur parle des loups à un journaliste de « Terre Sauvage » : « J’en ai tué et je recommencerai. Vous croyez que c’est drôle de voir mourir ses brebis ? Vous croyez que les écolos de Paris accepteraient de vivre comme nous ? » (NICOLINO, 2003, 64). Le malaise profond du monde rural est indéniable, particulièrement en ce qui concerne l’écologie.                      

« Le loup-garou de Paris« , comme bon nombre de grands films, a contribué à donner du loup une image démoniaque. Ph.: www.  euroloup.com                                        

51604H3EH6L._SL500_AA300_ dans LOUPCes rumeurs sont unanimes selon Kapferrer, « on » nous envoie des bêtes sauvages. Pour ce qui est du retour du loup dans le Mercantour, l’accusation est portée haut et fort à l’encontre des écologistes. La thèse du retour naturel du loup est sévèrement réfutée par les éleveurs. « L’écologiste est la bête noire du paysan. Il tend à vouloir le supplanter dans ce qui fonde l’identité de la paysannerie : la gestion de l’environnement naturel. Le monde rural vit très mal les parachutages d’écologistes dans la campagne française : l’arrivée subite de ces experts en chambre lui parait être une insulte à sa propre compétence et à des siècles de traditions et d’expériences rurales, durement acquises sur le tas. Il est significatif que les « envoyeurs » des bêtes sauvages soient des écologistes : ce sont eux qui pilotent les avions et les hélicoptères. Le survol par avion est normal : l’écologiste dispose de larges moyens, puisqu’il est soutenu par le gouvernement, moyens qui font défaut à l’agriculture. D’autre part, on survole un pays comme on survole un dossier. A la différence des paysans qui connaissent à fond le dossier nature pour y plonger leurs mains dès l’aube, l’écologiste plane dans l’abstraction et légifère de façon irresponsable. Il est un apprenti sorcier. Ses décisions portent un grave préjudice à ceux qui connaissent véritablement la nature, qui vivent dans la nature, les paysans, les sociétés de chasse. En lâchant l’animal sauvage, on tue l’animal domestique, on rend impraticable la nature qu’il fallut tant de siècles pour contrôler. Pour le monde rural, rien n’est plus symbolique de l’utilité ou de l’inutilité des écologistes que la réimplantation d’animaux sauvages sous leur égide : lynx dans les Vosges, vautours en Cévennes. Ces actes séduisent les citadins : pour eux, la nature est un concept, l’état sauvage une compensation à l’état artificiel de leur environnement de béton. » (KAPFERRER, 1987, 184-185). A cet égard, il est important de signaler que, dans le cas qui nous occupe, les loups sont bien revenus en France naturellement, faute de quoi, ils auraient été abattus en toute légalité. La thèse est officielle et appuyée d’arguments solides. (voir : Espèce protégée ? Le droit ne suffit pas !)

640px-Canis_lupus_meute_Gramat« Derrière ce discours naturaliste, il y a un discours social, mettant à nu les rapports que le monde rural entretient avec son environnement. Dix années plus tôt, dans le cadre d’une enquête sur le loup en Limousin, les chercheurs citent une réflexion presque machinale des habitants : « Les loups vont revenir. » Cette phrase est un symbole. La campagne française se désertifie. Les villages abandonnés se multiplient ; les voies secondaires de la SNCF se ferment une à une. Les loups n’auront plus peur du bruit et de la présence raréfiée de l’homme. La nature redevient hostile. Les rumeurs de Bête expriment un désarroi profond. Dans les ruines des villages abandonnés, les bêtes vont revenir. Au niveau le plus profond, ce que craignent les ruraux, c’est le retour de la sauvagerie : dire que les bêtes sont de retour, c’est aussi porter un jugement sur les rapports sociaux, ou plutôt, leur absence. Laisser la France aller en friche, c’est s’engager lentement sur le chemin qui mènerait de façon inéluctable à l’Etat sauvage. » (KAPFERRER, 1987, 185-186).

Publié dans LOUP | Pas de Commentaires »

L’âne par Victor Hugo 6

Posté par othoharmonie le 24 décembre 2011

 

L'âne par Victor Hugo 6 dans ANEJe voudrais pouvoir vous citer un admirable tableau de l’origine de la terre, un tour de force littéraire que Victor Hugo, seul, est capable d’accomplir. Le poète, en racontant les évolutions du globe avant l’arrivée de l’homme, se maintient dans la stricte description scientifique, et pourtant poétise cet exposé technique.

 Mais je fatiguerais votre attention, quand je veux seulement la défier. L’enthousiasme, comme l’ennui, pèse sur l’âme et l’opprime. Je n’irais pas au bout de ma tâche, si je m’arrêtais toutes les fois que je suis ému et transporté.

 Je me borne à une analyse ; c’est à vous plus tard, si je n’ai pas trahi mon projet, à prendre le livre, à achever la lecture.

 Victor Hugo, dans toutes ses oeuvres, en apparence les plus capricieuses, a un plan très arrêté, très complet, et le poème a des divisions méthodiques.

 Voulant prouver que l’homme use mal de son savoir, et que le savoir est malsain quand il n’est pas animé de l’amour de l’humanité, il met par séries tous ses griefs, et débute par l’enfance.

- Que faites-vous de l’enfance ? demande-t-il aux pédants.

 Vous savez, Messieurs, que Victor Hugo, ce grand coeur paternel, est toujours particulièrement tendre, éloquent, douloureux, quand il parle de l’enfance. Ne vous étonnez donc pas de l’entendre s’exprimer ainsi par la voix de son âne :

 

…………………….Pauvres fous ! Dieu vous livre
L’enfant, du paradis des anges encore ivre ;
Vite, vous m’empoignez ce marmot radieux,
Ayant trop de clarté, trop d’oreilles, trop d’yeux,
Et vous me le fourrez dans un ténébreux cloître,
On lui colle un gros livre, au menton, comme un goître ;
Et vingt noirs grimauds font dégringoler des cieux,
O douleur ! ce charmant petit être joyeux ;
On le tire, on le tord, on l’allonge, on le tanne,
Tantôt en uniforme, et tantôt en soutane ;
Un beau jour Trissotin l’examine ; un préfet
Le couronne ; et c’est dit ; un imbécile est fait !

 

Je ne sais si j’ai des lycéens dans mon auditoire. Je voudrais en avoir beaucoup ; mais je les prierais de ne pas prendre ces paroles du poète pour une excitation à la révolte.

 dans ANECette colère généreuse, combien de mères l’ont ressentie devant les programmes dans lesquels la routine emprisonne les enfants ! On s’occupe d’élargir l’espace dans cette cage des écoliers ; on y fait entrer plus d’air, plus de ciel, plus de nature, moins de formules, moins de fatras ; on fatigue moins la mémoire, on compte davantage sur le raisonnement ; mais nous sommes encore bien loin de la solution entrevue ; et, je le dis à regret, la France, qui n’est pas la dernière, n’est pas non plus la première, en fait d’instruction et d’éducation. C’est un tort qu’elle a expié, il y a dix ans ; tort qu’elle comprend ; qu’elle n’a pas encore réparé aujourd’hui, et pour lequel le poète a raison de la harceler.

 Tyrannique envers l’enfant, comment l’homme se conduit-il envers le génie ?

Victor Hugo a le droit de ne pas redouter qu’on l’accuse de parler pour lui, et comme on sent son grief involontaire dans cette plainte touchante :

 Après avoir plongé dans la sublimité, Après avoir volé le gouffre illimité,
Dans l’humaine cohue obstinée à ses voiles Malheur à qui revient ! L’infini plein d’étoiles,
Sur la terre où le cuistre admire l’avorton, N’a qu’un débarcadère appelé Charenton.
 
Oui, le crachat jaillit de cent bouches ouvertes Sur tous les pâles Christs des saintes découvertes ! Oui, malheur au héros qui, la lunette en main,
Se dresse au lointain bord de l’horizon humain, Guetteur mystérieux et vedette avancée !
Il est toujours tué ; par qui ? par la pensée ! Car, dès que les docteurs ont vu, troupeau jaloux,
Poindre une idée, ils ont la tristesse des loups, La foule n’aime point qu’un astre la dérange
Avec un flamboiement de clarté trop étrange, Et la pensée humaine a peur des vastes cris
Du génie, et du vol des immenses esprits.

 

(A SUIVRE…)

 

Issu de la conférence faite à Courbevoie, le 7 novembre 1880 au profit de la bibliothèque populaire

par Louis Ulbach – sous la présidence de M. Laurent Pichat, sénateur

Publié dans ANE | Pas de Commentaires »

 

Жихен - Tendresse Éternelle |
binsle120 |
Univers sans lisse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les maux avec des mots
| Iz avance
| mbuello