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La coquille saint Jacques et sa Grande Histoire

Posté par othoharmonie le 15 avril 2017

 

 

C’est une belle légende qui va naître au moyen-âge. Toutefois, la coquille saint Jacques que les jacquets ramenaient des cotes de la Galice, comme preuve de leur périple, n’est qu’un emblème que les chrétiens fixèrent sur un symbole bien plus ancien puisque de toute éternité, comme tout symbole d’ailleurs. Car le symbole, en tant que signifiant, véhicule du savoir fondamental de la Tradition Primordiale, exprime un signifié immuable et permanent. 

Dès l’époque secondaire, ces mollusques construisaient leur coquille en suivant les leçons de géométrie transcendante. Le mot coquille est issu du latin vulgaire conchilia pris du latin classique conchylium, coquillage. Ce mot est emprunté au grec de même sens konkhulion diminutif de konkhê (conque, d’où Conques…) et croisé avec le latin coccum (coque).  

coquile st jacques

L’étymologie n’aura pas fini de nous révéler d’autres secrets de cet hermaphrodite aux allures si féminines. En effet, Aphrodite est le nom de la déesse grecque connue des romains sous le nom de Vénus, déesse de l’amour et de la beauté, bien évidemment. Plusieurs peintres, dont Corelli et Botticelli, ont été inspirés par cette Vénus et nous ont légué des tableaux représentant la naissance d’une Vénus, sortant nue et vierge d’une coquille, ou bien tenant une coquille. La coquille signifiait donc virginité, beauté et amour. Ceci pour les significations étymologiques, mythologiques et symboliques de la coquille, avant que ces millions de pèlerins ne se rendent à cet occident de la terre, à Fisterra. Au début de ces grandes migrations, les pèlerins se contentèrent de ramasser quelques coquillages qu’ils trouvaient sur la plage et qu’ils ramenaient chez eux comme souvenir. Car depuis l’Antiquité on portait des coquillages pour se préserver de la sorcellerie, du mauvais sort et de toutes sortes de maladies. L’iconographie chrétienne de la coquille n’apparaît que bien plus tard,  avec le culte voué à saint Jacques en ce début du Moyen Âge. Sans doute pour des raisons symboliques, la coquille s’est imposée comme attribut de l’apôtre et a donc pris le nom de saint Jacques. Petit à petit, cousue sur le chapeau, sur le sac ou sur le manteau, elle va devenir l’emblème, non seulement des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, mais progressivement de tous les pèlerins. En plus de son pouvoir protecteur, elle permettait de se distinguer des autres voyageurs, de boire dans les fontaines ou de demander l’aumône car à la vue de la coquille, la charité devient devoir. C’est ainsi que depuis, les pèlerins placent leur voyage sous le signe de ce symbole.

 coquille st jacques

Le « Veneranda dies », sermon extrait du Codex Calixtinus

confère une légitimité à ce symbole et le codifie en précisant que les deux valves du coquillage représentent les deux préceptes de l’amour du prochain auxquels celui qui les porte doit conforter sa vie, à savoir aimer Dieu plus que tout et son prochain comme soi-même. Et nous voici ramenés à la notion d’Amour déjà signifiée par la coquille dans la mythologie. 

Et en s’appuyant sur le premier épître de Jean (1Jn 4,16) « Dieu est Amour et celui qui demeure dans l’Amour demeure en Dieu, et Dieu en lui » ce sermon précise que cet Amour de Dieu n’est pas seulement une idée ou une espérance, mais que, dans la foi, il est une   rencontre avec ce Dieu qui nous a aimés le premier et nous permet de répondre à l’Amour divin. Car l’Amour est une énergie. Nous pouvons même dire qu’il est l’Energie Une,  celle qui n’est pas limitée par l’ego, celle dont découlent toutes les autres. C’est l’agapè, terme grec qui exprime l’Amour infini de Dieu, l’Amour gratuit, traduit en latin par caritas, qui est devenu charité, celle qui conduit à la plénitude. Certes, le pèlerin ignorait peut être tout ce développement du symbolisme de la coquille qu’il arborait sur ses vêtements. Mais le Chemin, au fil des jours et des rencontres le lui rappelait résolument et , presque à son insu, il aimera son prochain comme soi-même, en application du commandement le plus important.(Mc, 12,31) et sous l’influence bénéfique de la coquille. 

La coquille saint Jacques est aussi appelée Mérelle ou Mérelle de Compostelle. Mérelle signifie Mère de la Lumière. Elle évoque les eaux, c’est-à-dire la fécondité, l’énergie qui renferme quelque chose de délicat, de précieux. La perle est un trésor identique au grain de sénevé, à la pierre philosophale; symbole essentiel de la féminité créatrice. Cachée dans sa coquille, la perle est Connaissance nécessitant effort et persévérance. La perle a un caractère noble, dérivé de sa sacralité. C’est pourquoi elle orne la couronne des rois ; elle signifie le mystère du Soi rendu sensible. Elle joue un rôle de centre, lorsque les instincts sont maîtrisés : il s’agit de spiritualiser la matière, le corps, de transfigurer les éléments grâce à l’introversion de l’énergie, à la concentration que la perle cachée, puis découverte, représente justement. Nous sommes maintenant plongés dans un vocabulaire et un environnement alchimique, où Mérelle sert à désigner le principe Mercure, appelé encore Voyageur ou Pèlerin, ou encore « l’eau benoîte » des Philosophes. 

Car le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle est celui de la quête de l’intériorité, de cette perle précieuse comme l’est la démarche alchimique. Cette quête prend son départ en nous, tel que nous sommes (notre matière première) et nous conduit de dépouillement en dépouillement, de révélation en révélation, jusqu’à notre centre, source d’une vie nouvelle. Un guide intérieur, en qui nous mettons toute notre confiance, nous accompagne dans ce voyage, il est symbolisé par saint Jacques. Et, en arrivant à Compostelle, la coquille portée au chapeau, se transforme en astre éclatant, en auréole de lumière, car le premier but de transformation de la conscience est atteint. L’Adepte sait lire le Grand Livre de la Nature. L’étoile qui lui a servi de guide tout le long du parcours, maintenant illumine son esprit. Il peut la traverser et se rendre à Fisterra et, devant l’infini de l’océan, se préparer à la rencontre de l’Absolu. 

LES POUVOIRS DE LA COQUILLE ST JACQUES : http://devantsoi.forumgratuit.org/t236-comment-elever-son-taux-vibratoire-avec-des-coquilles-saint-jacques?highlight=SR+JACQUES

 

 coquille st jacques  animée

Le Logo. 

Le logo européen a été établi par les graphistes espagnols Macua et Garcia-Ramos à la  demande du Conseil de l’Europe. Nous connaissons tous cet emblème jaune sur fond bleu servant de balisage sur les chemins de saint Jacques. Nous étions tous, un jour très heureux de le revoir, nous croyant perdus sur le Chemin. Que signifie-t-il exactement?

Nous pouvons lui trouver quatre niveaux de lecture différents : 

1 – C’est l’emblème traditionnel des pèlerinages vers Saint Jacques. La représentation stylisée de la coquille saint Jacques dont nous venons d’évoquer le symbolisme. 

2 – L’idée de convergence des chemins. Une représentation symbolique de l’ensemble des chemins de saint Jacques en Europe qui convergent tous vers cet unique point, situé dans la partie la plus occidentale de l’Espagne. 

3 – Ce logo transmet également cette notion de dynamique des mouvements vers l’Ouest, de cette transhumance occidentale qui existe depuis l’aube de l’humanité, représentant en ceci la poursuite de la course de l’astre solaire, symbole primitif de la divinité. 

4 – Mais le quatrième niveau de lecture est certainement le plus intéressant, car le plus ésotérique. Ce logo est obtenu à partir d’un cercle. Un cercle s’appréhende par une lecture double: il est ce que l’on voit, c’est-à-dire une forme pleine, homogène et statique, parfaitement fermée sur soi. Mais il est tout autant ce qui ne se voit pas : un vide, un abîme cachant en soi un chemin invisible, principe de toute ouverture. Il est donc l’intermédiaire nécessaire entre le visible et l’invisible. Il est au delà de la frontière qui existe entre le créé et l’incréé. Atteindre le centre du cercle c’est rejoindre l’origine et la fin, l’ α et l’ ω; c’est donc se libérer définitivement de sa situation terrestre et matérielle, c’est la finalité de toute initiation. Comme nous le savons tous, le cercle est composé d’un centre (qui vient d’être évoqué dans le chapitre précédent) et d’une circonférence. Celle-ci est divisée en douze parties égales. (Douze mois, douze apôtres, douze signes du zodiaque, deux fois douze heures, etc.) Le point ainsi obtenu et situé le plus à gauche, à l’occident, est le point d’où tout émane et où tout converge : le Principe. Les deux points immédiatement adjacents sont reliés entre eux. Ainsi ils ne convergent pas vers le point focal, mais forment avec lui une trinité, la transcendance du ternaire. Les neuf autres points convergent vers le point focal, le Principe, et forment ainsi l’image d’une coquille symbolique. Ces neufs rayons qui irradient représentent les neuf degrés d’émanation du Principe, ils sont donc porteurs des neufs noms de Dieu, ceux que Dieu donna à Moïse sur le mont Sinaï. Ils représentent aussi les neuf niveaux de la hiérarchie angélique. Il résulte de ce schéma que nous avons désormais un moyen d’appréhender le Dieu incognicible par le biais de ses degrés d’émanations successifs et ses intermédiaires. 

Le Deus Absconditus ne se cache plus, mais se révèle à l’aide de ces neuf rayons, dans une nuit obscure, nous indiquant ainsi, à tous, la voie du retour, celle qui nous fait passer du multiple à l’Unité, celle qui nous replacera dans notre état primordial, celui de la Connaissance, quand nous étions nous même Dieu. 

Ecrit par Gilbert Buecher

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Les mollusques sont partout

Posté par othoharmonie le 26 juillet 2016

 

7 classes, 35 ordres, 232 familles, 117 000 espèces

Il est bon, tout d’abord, de rappeler ce qu’est un mollusque, car peu de gens savent ce qu’on doit inclure dans ce groupe. Les mollusques sont des invertébrés à corps mou, le plus souvent muni d’une coquille externe, à l’exception de certains céphalopodes. Dans l’embranchement des mollusques, on trouve notamment les gastéropodes (escargots, bigorneaux, aplysies, etc.), les bivalves (la coque, l’huître, le couteau, la moule, etc.), les polyplacophores (les différentes espèces de chitons), les céphalopodes (nautile, pieuvre, calmar, seiche, etc.), ainsi que quelques groupes d’importance moindre, comme les dentales. Tous ces animaux sont donc apparentés et proviennent d’un ancêtre commun, qui vivait il y a plus de 500 millions d’années, âge du plus ancien fossile de mollusques connu. On dit d’un tel groupe qu’il est monophylétique.

huitre-perleDe nombreux mollusques sont susceptibles d’être rencontrés par le promeneur ou le pêcheur à pied sur les côtes de France.
Il y a bien sûr la multitude de petits gastéropodes de l’estran comme les bigorneaux ou les gibbules et les chapeaux chinois, patelle ou arapède dans le sud ou bernique (bernic = petit chapeau- en breton), mais il y a aussi des animaux moins connus comme les aplysies (lièvre de mer) ou les anodontes (moule d’eau douce).

Les chitons (les mollusques polyplacophores) font partie de ces espèces que peu de personnes savent identifier. Ce sont de petits animaux de forme ovale que l’on trouve en soulevant les pierres. Les huit plaques superposées qui couvrent l’animal permettent une identification immédiate. Les chitons se fixent fermement sur les rochers grâce à leur pied, ils consomment les algues encroûtantes qu’ils détachent avec à leur radula, une longue langue cornée. Autres animaux curieux, les dentales sont de petits mollusques présentant une longue coquille conique ouverte à ses deux extrémités. Ils vivent enfouis dans le sol, la partie large de la coquille laissant dépasser le pied, qui leur permet de se mouvoir, ainsi que de petits tentacules. Ils se nourrissent de petits organismes et de détritus. En se promenant le long de l’estran, il arrive de trouver la coquille vide de ces animaux.

Autre bizarrerie de nos côtes, les aplysies qui sont de curieux gastéropodes à la coquille réduite sinon invisible, on les appelle également lièvres de mer. D’une couleur brune à violacée, parfois tachetée, les aplysies peuvent atteindre une taille de 20 cm. Elles se rencontrent parfois en masse sur l’estran, échouées ou sur leur support. Les aplysies emploient la même stratégie que les seiches, en cas de danger elles projettent un écran opaque pour semer leur poursuivant. Cet écran est fait d’une encre épaisse qui se dilue en dessinant des volutes de couleur violette du plus étonnant effet.

Et n’oublions pas que certains de ces mollusques, parmi les céphalopodes, peuvent être capturés en pêchant au haveneau, comme la seiche (Sepia officinalis), la petite sépiole (genre Sepiola) ou des juvéniles de calmar (Loligo vulgaris).

Le poulpe (Octopus vulgaris), lui, se rencontre dans les anfractuosités des rochers. Cet animal est devenu rare après l’hiver extrêmement rigoureux de 1963, il tend cependant à recoloniser son aire d’origine.

Enfin, il est possible de trouver une multitude de bivalves dans la zone de balancement des marées, notamment les huîtres, les coques, les praires, les palourdes, les pétoncles et encore bien d’autres fruits de la mer.
 

Les mollusques bivalves

Le plus grand : le bénitier (Tridacna gigas) 1,50 m ; 320 kg.
Un des plus petits : la dreisene (dreisena polymorpha) ou moule d’eau douce zébrée, 1 à 2 mm ; 0,5 gr.
Les mollusques bivalves tiennent leur nom de leur caractéristique la plus évidente, une coquille formée de deux valves articulées par un ligament élastique.

La coquille est secrétée par le manteau, ce denier formant deux lobes qui entourent le reste des parties molles.
Ce sont des animaux à la forme variable, depuis l’élégante coquille Saint-Jacques jusqu’au couteau en passant par des espèces garnies d’épines comme la bucarde. Ils vivent la plus souvent enfouis dans le substrat ou accrochés par un byssus à des supports divers, comme les rochers ou les épaves.

Les bivalves n’ont pas de tête différenciée mais ils possèdent un long pied qu’ils sortent par l’entrebâillement de la coquille pour se mouvoir. Ce sont des animaux filtreurs qui se nourrissent d’organismes microscopiques en suspension dans l’eau, essentiellement du phytoplancton. L’eau entre par un orifice inhalant et sort par un orifice exhalant, ces orifices pouvant être prolongés par de longs siphons chez les bivalves fouisseurs. C’est d’ailleurs grâce à ces siphons que l’on peut facilement repérer une coque, un couteau ou une palourde. Lorsque l’animal est enfoui, les siphons montent jusqu’à la surface du substrat, créant ainsi deux orifices bien visibles dans le sol. Il suffit de plonger le doigt dans le sable ou la vase pour déterrer le coquillage ainsi repéré. Une fois inhalée, l’eau est filtrée par les branchies qui assument deux rôles : la respiration et la rétention des particules alimentaires. Ces dernières sont amenées à la bouche, ornée de quatre lobes ciliés qui assurent le tri final. Enfin, il faut préciser que les deux valves peuvent se fermer fortement grâce à 1 ou 2 muscles adducteurs.

Les bivalves les plus courants que l’on doit connaître car excellents comestibles sont la moule (genre Mytilus), l’huître creuse (Crassostrea gigas), l’huître plate (Ostrea edulis), la palourde croisée (Ruditapes decussatus), la coque (Cerastoderma edule), les couteaux (genre Ensis), le praire (Venus verrucosa), la coquille Saint-Jacques (Pecten maximus) et le pétoncle (Chlamys varia).

Article par Arnaud Filleul. http://www.pratique.fr/

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HUITRES et MOULES en voie de disparition

Posté par othoharmonie le 1 juillet 2016

 

La conchyliculture française

 

La surmortalité des huitres rappelle celles des abeilles : un parasite, le varrpa décime les naissains d’huitres déjà fragilisés par les pesticides les nitrates, les variations de températures dues au changement climatique, etc…  Cette mortalité atteint, selon l’Ifremer de 40 à 80 % contre 20 à 30 % dans les années « normales ».   Pire, un autre vecteur fait mourir les huitres : un virus inoffensif pour l’homme mais mortel pour les huitres, le virus OsHV-1. 

 La plus grande partie des huîtres est produite et consommée en France. Du fait de la crise ostréicole, les prix des huitres ont augmenté de 30% en 2012. 

 Environ 127 000t d’huîtres creuses sont produites en France en 2008, dont 25% en Normandie. Le bassin de Marennes-Oléron commercialise entre 45000 et 60000 tonnes d’huîtres par an ce qui représente 45% de la production française. 

Les plus importants producteurs d’huîtres sont la Chine, les États-Unis, le Japon, la Corée et la France. 

La France a longtemps été le premier producteur, consommateur et exportateur d’huîtres en Europe, avec 150 000 tonnes produites par an en moyenne (plus de 4,7 kilos chaque seconde). Près de la moitié de cette production nationale est consommée au moment des fêtes.

 en voie de disparition

Vous pouvez consommer des huîtres à volonté : non seulement elles sont bonnes pour la santé, mais elles sont aussi toutes « bio » (et leur coquillage peuvent servir en compost…). 

 Peu caloriques (110 kcal la douzaine), riches en oligo-éléments (fer, magnésium, calcium, etc.) et vitamines, les huîtres sont élevées dans la mer, sans ajout de produits chimiques, dans des zones qui  font l’objet d’une vérification stricte de la qualité de l’eau. 

 Les jeunes huîtres, particulièrement vulnérables, sont victimes d’ une surmortalité étonnante depuis 2008, sans que l’on en connaisse la cause réelle : Sur cette maladie des huitres, voir L’huitre, bientôt une perle rare  

  

  Les huîtres, 100% bio !

De ce fait,  aucun label bio n’est apposé pour les huîtres, même si certaines se sont vues décernées le label Rouge(Marennes Oléron Fines de Claires et Spéciales Pousse en Claires) garantissant qu’elles sont soumises à des normes de contrôle exigeantes. 

En 2005, la conchyliculture mondiale produit 13,468 millions de tonnes (en augmentation de 2,34 % par rapport à 2004) pour un chiffre d’affaire de 11,4 milliards $. 

La famille la plus produite est celle des ostréidés (huîtres) avec plus de 4.6 millions de tonnes. 

Viennent ensuite les vénéridés (3 millions de tonnes), les Mytilidés (moules) et les Pectinidés (Coquilles et pétoncles). 

La dernière famille, les Solecurtidés correspond à la production d’une espèce exclusivement en Chine. 

 Nom latinCrassostrea gigas ; L’autre espèce élevée en Europe – l’huître plate (Ostrea edulis) – est loin d’avoir retrouvé son niveau de production après les deux épizooties dont elle a été victime dans les années 1920 et 1980. 

Production (UE 27): 142 000 t (2007), 4ème rang mondial.
Valeur (UE 27): 295 millions € (2007). 

Biologie des huitres

Principaux pays producteurs européens: France (premier producteur européen et 4ème mondial), Irlande, Espagne, Portugal. 

Principaux pays producteurs mondiaux (hors Europe): Chine, Corée du Sud, Japon. 

 La production mondiale d’huîtres est estimée à 3,25 millions de tonnes en 1997 (source FAO).

 Les chiffres de la production chinoise sont à relativiser devant la tendance à l’exagération des autorités de ce pays et le peu d’informations fiables disponibles.  

La production des huitres 

Il existe quatre méthodes d’élevage des huîtres : 

  • en suspension sous tables (en Méditerranée)
  • en eau profonde
  • au sol
  • en surélevé 

Les romains étaient de grands amateurs d’huîtres et pratiquaient l’ostréiculture. On découvre dans les textes de Pline l’Ancien qu’ils avaient déjà remarqué que  » les huîtres sont meilleures en certains lieux qu’en d’autres « . Quand la Gaule fut asservie, les romains importèrent des huîtres des côtes bretonnes et de la Manche. 

Auprès de la plupart des villas romaines, on a retrouvé des amas de coquilles d’huîtres. On trouvait partout en Gaule des viviers (Clermont, Poitier, Saintes, Jarnac…) sur  » la route des huîtres  » qu’il fallait alimenté en eau de mer et qui étaient destinés à stocker les huîtres lors de leur voyage vers Rome. (source : pleinemer.com)

Trouver des moules locales relève presque de la mission impossible, cet été, sur les côtes vendéennes et charentaises. Et pour cause : la quasi-totalité succombe avant d’atteindre les étals.

Depuis mars, les mytiliculteurs de Charente-Maritime ont perdu au moins 12.000 tonnes de moules pour un préjudice de vingt millions d’euros. En baie de L’Aiguillon, zone la plus touchée, la surmortalité atteint entre 90 % et 100 % de la production. Une situation inédite.

Les coupables de cette hécatombe seraient, selon l’Ifremer, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, deux souches de Vibrio splendidus. Injectée dans le muscle d’une moule, cette bactérie provoque sa mort en moins de vingt-quatre heures. « On les connaît depuis des années, mais cette fois elles sont bien plus agressives », explique Jean-Pierre Baud, coordinateur national conchylicole à l’Ifremer.

Le même phénomène touche déjà les huîtres. Les plus jeunes sont attaquées depuis 2008 par le virus Herpes microvariant, avec des pertes moyennes de 50 à 70 %. Et depuis 2012, la bactérie Vibrio aestuarianus provoque une mortalité chronique de 30 à 40 % chez les adultes. Ces agents pathogènes, peu dangereux à l’origine, se sont révélés tout à coup très virulents, sans explication scientifique.

Percer un mystère

Une myriade de programmes de recherche français et européens tentent de percer le mystère en étudiant les interactions entre le coquillage et son environnement. Avec prudence, Jean-Pierre Baud évoque notamment le rôle des pesticides et du changement climatique, qui ont « peut-être défait certains équilibres ». « Cela reste une hypothèse », s’empresse-t-il d’ajouter. Pour le chercheur, l’étude de la mortalité est« un puzzle, il faut réussir à comprendre l’importance de chaque facteur ».

Mais cette analyse ne convainc pas les professionnels. « L’Ifremer se cache derrière le multifactoriel et le politiquement acceptable », râle Gérald Viaud, président du Comité national conchylicole. Lui-même, ostréiculteur en Charente-Maritime, constate une dégradation croissante du milieu naturel.

« Les marais doux, qui étaient le réceptacle des bassins versants, ont laissé place à de vastes zones céréalières », observe-t-il. Résultat : « L’eau arrive plus rapidement sur nos exploitations, provoquant des chocs de salinité. » Gérald Viaud accuse également l’urbanisation du littoral, qui « bouleverse les équilibres estuariens ».

oeuvre de marin

Les conchyliculteurs manifestent

Se sentant ignorés des pouvoirs publics, plusieurs centaines de conchyliculteurs ont manifesté leur colère le 19 juillet en bloquant le pont de l’île de Ré. Trois jours plus tard, ils envahissaient le Vieux Port de La Rochelle.

La mortalité, qui s’étend peu peu aux saint-jacques, pétoncles et coques, est économiquement désastreuse pour les 1.250 entreprises conchylicoles de Charente-Maritime, qui font travailler 6.000 permanents.

Gérald Viaud s’inquiète :

Ça va faire cinquante ans que je travaille dans l’ostréiculture, j’aimerais que mes enfants et mes petits-enfants puissent également en vivre.

 Alors, prévient-il, « si l’État continue de faire la sourde oreille, il faudra que la profession dans son ensemble se décide à porter plainte devant la Cour européenne ». En attendant, si vous croisez des moules au détour d’un marché, ne vous privez pas. Celles qui parviennent à survivre sont parfaitement saines.

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en savoir plus : La filière mytilicole sous perfusion

En juin, le gouvernement a annoncé une aide de dix millions d’euros pour soutenir les producteurs de moules. Plusieurs dispositifs sont mis en place : report de paiement des cotisations sociales, prise en charge des intérêts bancaires et aide directe aux entreprises touchées. Au niveau local, le conseil général de Vendée a alloué 18.000 euros aux douze entreprises de la baie de L’Aiguillon, tandis que le conseil régional des Pays de la Loire a voté en juin 1,35 million d’euros d’aide sous forme de prêts à taux zéro.

Repères :

>> La conchyliculture, l’élevage des coquillages, produit 170.000 tonnes par an en France. Au premier rang, l’ostréiculture, pour 60 % du tonnage, suivie de la mytiliculture pour 30 %, le reste se partageant entre la pectiniculture (coquilles saint-jacques et pétoncles), la cérastoculture (coques), la vénériculture (palourdes) ou encore la halioticulture (ormeaux). 

>> La France est le deuxième producteur des États membres de l’Union européenne, et le cinquième dans le monde. 

>> Le chiffre d’affaires annuel est de 780 millions d’euros, pour 18.000 emplois directs, dont 9.300 à temps plein. 

>> Le domaine public compte 17.000 hectares de parcs, et 3.000 hectares de domaines privés sont utilisés pour l’élevage au sol ou surélevé. Les bouchots (pieux de bois disposés en ligne sur l’estran) et les filières (dispositif flottant pour l’élevage en pleine mer) s’étalent sur 1.600 km dans les différentes zones de production (façades atlantique et méditerranéenne, Corse). 

>> Deux mille sept cents établissements agréés par les services vétérinaires assurent la mise en marché pour la consommation humaine.

 

Source : Comité national de la conchyliculture

 

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REVER DE MOULE et D’HUITRE

Posté par othoharmonie le 18 juin 2016

REVER DE MOULE

La moule présente trois sens dès qu’elle s’incruste dans un rêve. Si, dans la vie quotidienne, on s’en sert pour des gâteaux ou pour des petits fours, dans un rêve, la moule prend un autre sens et jour un autre rôle. Premièrement, une moule dans un rêve indique que vous serez heureux et vous serez content de tout. Un moule, deuxièmement, est synonyme de petite richesse. Vous ferez des gains mais ils seront assez minimes mais cela vous enchantera. Donc vous serez une personne joviale et épanouie par des petits plaisirs. Une moule dans un rêve a aussi d’autre interprétation. Dans une relation amicale, la moule est symbole de sincérité. La moule, dans le monde onirique, prévoit que vous êtes en bonne relation avec vos amis. Vous avez beaucoup d’affections envers vos amis et ce sentiment est réciproque. Car vos amis vous aiment aussi. Vous vous aidez et cette relation amicale sincère joue un rôle très important dans votre existence.

 

 

 huitres-et-moules

 

 REVER D’HUITRES

 

HUITRES  : Ce bivalve symbolise le repli sur soi, la peur du monde extérieur. Cette attitude est d’autant plus regrettable que la personnalité qui se protège sous cette coquille résistante est fort appréciée. C’est le sens que donneront les amateurs de la chair de l’huître. D’ailleurs, pour confirmer ce sens, certaines huîtres cachent une perle.

Les rêves huîtres symbolisent la rencontre avec une personnalité secrète, d’un abord extrêmement difficile. La persévérance vous permettra de découvrir le trésor qui se cache au fond d’elle.

Autisme, repli sur soi, beauté intérieure.

HUITRES PERLIERES : La perle est un symbole de beauté intérieure, féminin et lunaire. Elle représente la partie cachée et essentielle de la personnalité, celle qui va jaillir un jour à la lumière, visible et appréciée par tous. La perle représente une forme de vie naissante issue d’autres éléments féminins: la mer et le coquillage. Sa pureté immaculée l’identifie à une vie sacrée. Sa forme sphérique la relie au symbolisme du monde. Elle symbolise une gestation achevée, une perfection atteinte.

Si vous découvrez une perle, vous êtes dans la reconnaissance de cette beauté intérieure, que de longues années ont portée à maturité.

Si vous portez une perle, vous exprimez cette perfection atteinte. D’autres sont capables de l’admirer. Il n’y a pas ici exhibitionnisme, la taille de la perle mettant l’accent sur la modestie qui est la vôtre.

Maturation, expression d’une beauté intérieure, perfection atteinte.

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QUAND LES HUITRES FONT PARLER D’ELLES

Posté par othoharmonie le 16 juin 2016

 

 

Cueillie sur le littoral, elle était expédiée jusqu’à Rome où elle était très appréciée. L’huître était appelée « callibléphares », littéralement « belles paupières », par les romains en raison des bords de son manteau. Malgré le savoir-faire romain en matière d’ostréiculture, l’huître plate n’est pas cultivée en France à cette époque. Des écrits attestent que l’exploitation des gisements naturels d’huîtres plates se poursuit pendant le Moyen-Âge et à la Renaissance.

huitresC’est au XVIIème siècle que se développe une première culture d’huîtres dans les réservoirs des marais salants de la côte atlantique, puis dans des bassins spécialement aménagés dans la région de Marennes-Oléron. La méthode consistait à récolter les naissains d’huîtres sur des rochers ou en dragant sur des gisements naturels, pour ensuite les élever dans les bassins.

Au XVIIIème siècle, le sel perd son rôle primordial de monnaie qu’il avait acquis au Moyen-Âge. Cette perte d’importance sociale et commerciale du sel entraîne la disparition de sa production, conduisant à la libération de nombreuses zones de marais salants. Le littoral Atlantique, particulièrement impacté par cette décision, dispose à présent de dizaines de milliers d’hectares de marais. La conchyliculture, et plus particulièrement l’ostréiculture, va ainsi se développer par le biais de ces différents marais qui ne vont ainsi pas être abandonnés. L’ostréiculture connaît toutefois une dépendance importante des naissains récoltés en mer sur les rochers ou par dragage. Les gisements naturels sont ainsi surexploités et s’épuisent. Dans les années 1850, tous les gisements français sont plus ou moins touchés par des interdictions d’exploitation.

L’ostréiculture moderne va ainsi naître. Pour contourner la baisse des rendements de pêche de naissains d’huîtres plates et les interdictions d’exploitation, l’idée d’immerger des pieux de bois afin de capter le naissain apparaît : le captage sur collecteur est né.

 

Pour faire face à la pénurie d’huîtres plates, les arcachonnais importent à partir de 1860 des huîtres portugaises (Crassostrea Angulata). Le hasard a voulu que cette espèce vienne également peupler nos eaux françaises et qu’elle y soit cultivée. En effet, dans les années 1860, un navire chargé de livrer des huîtres portugaises à Arcachon a dû décharger sa cargaison dans l’estuaire de la Gironde afin de pouvoir gérer au mieux la tempête qu’il subissait.

Cette espèce, robuste et résistante, croit vite. Elle supplante rapidement l’huître plate sur le littoral atlantique. Dans les années 1900, on capte ainsi un tiers d’huîtres plates, contre deux tiers d’huîtres portugaises.

Frappée par des mortalités massives dans les années 1920, l’huître plate connaît une disparition presque totale. Initialement localisée dans le sud-ouest, l’huître portugaise fut alors introduite dans tous les bassins de production. Ainsi, dans les années 1960, la production d’huîtres portugaises représentait près de 80% des productions, contre seulement 20% pour l’huître plate.

Cependant, dans les années 1970, l’huître portugaise connaît une epizootie qui la décime et fait disparaitre l’espèce des côtes françaises. L’introduction de l’huître creuse japonaise (Crassostrea Gigas) originaire du pacifique, à la suite de cette épidémie a permis la reprise de l’élevage d’huîtres creuses en France. Cette espèce est aujourd’hui l’espèce d’huîtres la plus cultivée en France et dans le monde.

 

Pendant longtemps, en France, les hommes se contentaient de pêcher les huîtres sur les gisements naturels. A l’époque, il s’agissait de l’huître endémique des côtes françaises : l’huître plate Ostrea edulis. Au cours du XIXème siècle, ces gisements commencèrent à s’épuiser, du fait de la surpêche, et des mesures de protection devinrent nécessaires. Ainsi, dès 1850, le Ministère de l’agriculture demanda au naturaliste Victor Coste d’étudier les installations des ostréiculteurs italiens. En 1853, Napoléon III signa un décret portant règlement sur la police de la pêche maritime côtière. L’exploitation des gisements devint alors contrôlée : nombre d’autorisations de pêche limité, interdiction de pêche pendant les périodes de reproduction (1er Mai au 31 Août), pêche autorisée uniquement entre le lever et le coucher du soleil, …

 perle

Des actions de repeuplement des gisements naturels furent aussi menées. Victor Coste créa des bancs artificiels et mit au point des dispositifs de captage du naissain. C’est l’apparition, vers 1860, des premiers parcs. L’Etat permit aussi l’importation d’huîtres étrangères. C’est ainsi que l’huître creuse portugaise (Crassostrea angulata) arriva en France dans le bassin d’Arcachon. Son introduction dans l’estuaire de la Gironde est accidentelle : en 1868, le navire « Le Morlaisien » fut pris dans une tempête et sa cargaison d’huîtres creuses fut rejetée en mer. Ces dernières s’adaptèrent à ce nouveau milieu et s’y reproduisirent.

 

Dans notre région des Pays de la Loire, l’huître creuse portugaise est élevée dès 1915 dans les chenaux du Payré (commune de Talmont-Saint-Hilaire, Vendée). Elle est introduite avec succès en 1947 dans la baie de Bourgneuf.

 

Les huîtres en Bretagne nord, c’est une longue histoire. Les gastronomes n’ont pas attendu le XIXème siècle pour les apprécier.

A Rome déjà, l’huître avait sa place dans les fastueux banquets. Les Romains en importaient des côtes bretonnes et de la Manche pendant les invasions en Gaule. Dans son ouvrage «Histoire de l’huître en Bretagne», Olivier Levasseur parle d’un « parcours cahotique », souvent ponctué de « graves crises de l’huître, pêchée et cultivée dès le VI ème siècle dans la région ».

Le mollusque va disparaître des tables au Moyen-Age, détrôné notamment par la coquille Saint-Jacques. Louis XIV va le réhabiliter, au point d’en manger tous les matins. François 1er ne tarira d’éloges sur l’huître de Cancale… Le port breton va devenir la capitale de l’huître. La culture s’étend aux rades de Saint-Malo et de Saint-Brieuc, aux côtes du Trégor, jusqu’à la région de Brest.

 Au XVIIIème siècle, la surexploitation de la ressource appauvrit les bancs. Un édit royal interdit la pêche du 1er avril au 31 octobre. Dans le même temps, les techniques d’élevage se développent, tout comme les outils d’exploitation.

En 1858, un commissaire de la Marine invente le système des collecteurs pour capter les larves d’huîtres, les naissains. Sa mise en oeuvre, qui démarre à Cancale et se généralise sur les côtes bretonnes, donne le coup d’envoi de l’ostréiculture : il est désormais possible de repeupler et de recréer des bancs!

En Bretagne nord, c’est essentiellement l’huître plate qui est cultivée. L’huître creuse portugaise, plus robuste et moins chère, est introduite dans la région au milieu du XIX ème siècle. Deux épizooties -la dernière dans les années 80- vont attaquer et mettre à mal les huîtres bretonnes.

L’huître creuse japonaise, la gigas, va permettre à l’ostréiculture régionale de survivre. Elle constitue aujourd’hui l’essentiel des cultures : la Bretagne-nord produit 26.700 tonnes d’huîtres creuses et seulement 1.500 tonnes de plates.

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MOULES PERLIERES, un cycle de vie

Posté par othoharmonie le 12 juin 2016

 

Moules perlièresLa moule perlière est réputée ne vivre (en groupes denses ou individus épars) que dans les cours d’eau peu profonds à moyennement profonds (10 cm à 2m) aux eaux pures et plutôt oligotrophes, fraiches en été, riches en oxygène et pauvres en calcaire des massifs de moyenne montagne et des plaines. Ses substrats et micro-habitats préférés sont le gravier fin, les anfractuosités de roches en éboulis et moins souvent les fonds sableux. Ces habitats coïncident en partie avec ceux recherchés par les salmonidés pour la ponte.

Bien que les moules d’eau douces ne soient pas réputées très mobiles, le modèle de distribution spatiale des moules adultes et plus encore des juvéniles n’est pas aléatoire : les jeunes individus de cette espèce montrent de très nettes préférences (par exemple étudiées dans la rivière Kerry, au nord-ouest de l’Ecosse) de profondeur, de vitesse moyenne du courant, de substratum et de taux de végétation aquatique…), en termes de distance à la berge. Les profondeurs optimales mesurée en Écosse seraient de 30 à 40 cm et les courants optimaux de 0,25 à 0,75 mètres par seconde à des niveaux d’eau intermédiaires. Pour les juvéniles la qualité du substratum est vitalement déterminante ; si les adultes tolèrent des substrats limoneux ou vaseux (pour une durée inconnue), aucune jeune moule n’est trouvée vivante dans un tel habitat. Des rivières où se succèdent des substrats vaseux-limoneux et plus sableux/graveleux pourraient donc abriter des populations d’âges différents. Comme les poissons peuvent remonter les glochidies vers la source, chaque rivière peut théoriquement être (re)colonisée sur une grande partie de son cours, à condition de n’être pas polluée. Ceci expliquerait le fait que les petites rivières à castors où les barrages sont nombreux puissent aussi accueillir ces moules, les jeunes en aval du barrage, et les adultes en aval et/ou en amont où les sédiments s’accumulent. Il a été démontré que les barrages de castors sont aussi très favorables aux jeunes salmonidés.

Des modélisations dont la fonction discriminante est basée sur la qualité du substratum se sont montrées capables en Écosse de prédire la présence/absence de moules, avec un taux de 76 à 92% de succès.

En 2007, une étude a porté sur la survie/mortalité des très jeunes moules (stade post-parasitaire) dans leur habitat naturel selon de nombreux paramètres physicochimiques dans 26 cours d’eau de sept pays européens. Elle visait notamment à vérifier le caractère bioindicateur de l’espèce pour la qualité du substrat à 5 et 10 cm dans les cours d’eau. L’étude a confirmé l’importance de la qualité du sédiment pour la jeune moule qui a besoin de sable ou de gravier pauvre en nutriments .

Le Potentiel redox présentait une différence marquée entre la surface du sédiment et sa mesure à 5 et 10 cm dans le lit, là où il n’y a pas de recrutement de jeunes moules, alors qu’aucune différence de potentiel Redox n’était détectable sur les sites de bonne qualité riches en jeunes moules perlières. De même pour la conductivité électrique, et, dans une moindre mesure, le pH. En outre, les sections de lits de rivières où le sédiment résistait à la pénétration étaient aussi parmi les plus pauvres en recrutement de moules perlières. Ces données confirment que le colmatage du système de macropores interstitiels nuit à la survie des jeunes moules.

Alors que d’autres unioidés supportent ou apprécient des sédiment fins, ce n’est pas le cas de M. margaritifera pour laquelle une bonne circulation d’eau entre la surface et les interstices à 5-10 cm de profondeur est un facteur essentiel et prédictif de bonne qualité d’habitat pour cette espèce, alors que la bonne qualité chimique de l’eau libre est insuffisante, en raison d’une dissociation de l’eau courante et de l’eau interstitielle (qui peut être très polluée et anoxique dans les sites dégradés).

Historiquement, l’espèce semble avoir été présente jusqu’au xixe siècle dans une grande partie de l’Europe de l’Ouest et de l’Est de l’Amérique du Nord, et plutôt en zone froide et tempérée ce qui semble conforme au fait qu’elle soit associée dans son cycle de développement au saumon atlantique7, mais l’espèce est en régression depuis au moins un siècle et en régression accélérée depuis la fin du xxe siècle, au point d’être considérée comme en danger d’extinction par de nombreux spécialistes.

La coquille (dont la forme évoque celle d’un rein) est longue de 60 à 150 mm, et large de 30 à 60 mm (pour une épaisseur de 25 à 40 mm). Ses valves, épaisses (par rapport à celles d’autres moules) sont striées à l’extérieur (= bandes d’accroissement), et sont nacrée à l’intérieur. La couleur externe fonce avec l’âge, pour devenir noire ou presque noire.

Quand la moule est ouverte, le côté rond vers le haut, la valve droite a une seule dent cardinale et la valve gauche en a deux.

Environ une moule sur 1000 produirait une perle, souvent de forme irrégulière, généralement produite au bord du manteau.

moule

Bauer (1992) a conclu de l’étude de 48 populations de cette espèce à travers l’Europe qu’il existe une variation importante des traits d’histoire de vie selon la latitude (du cercle polaire arctique à l’Espagne), avec un succès de reproduction positivement corrélée à la fois la durée maximale de vie (constatée au nord) et la longueur maximale de la coquille, mais négativement corrélée au taux de croissance, ce qui laisserait penser que les populations du sud sont plus vulnérables en termes de succès de reproduction.

Cycle de vie

Le cycle de vie de la moule perlière se déroule en 4 étapes de développement : le stade glochidies, une phase parasitaire, un stade juvénile et le stade adulte. Il est associé à celui de la truite fario et à celui du saumon atlantique, car les larves du mollusque sont réputées ne pouvoir se développer qu’à l’abri dans les branchies de ces poissons, et uniquement de ceux-ci.

Chez les moules d’eau douce, les sexes sont séparés (mais si la densité de population est réduite, les femelles peuvent devenir hermaphrodite et s’autoféconder).

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LA VIE DES MOULES

Posté par othoharmonie le 11 juin 2016

 

 

Les moules sont répandues dans toutes les mers du monde. Elles ont un pied allongé, un manteau à bords épais frangés ; les deux valves triangulaires et bombées sont de dimensions égales ; un byssus solide sert à la fixation sur les roches, les supports d’élevage, ou sur les fonds vaseux ou sablonneux.

Mollusque lamellibranche comestible à coquille bivalve, de couleur noirâtre ou violacée, qui vit fixé sur des corps immergés et qui fait l’objet d’un élevage en mer, la mytiliculture.

 La vie des moules

En ce qui concerne la moule d’eau douce, cette espèce était autrefois abondante. Elle a été exploitée depuis la Préhistoire par l’Homme, sans doute comme nourriture et pour les perles de nacre qu’elle renferme parfois (exploitable en joaillerie pour 1 individu sur 1 000 en moyenne). On raconte ainsi que Marie de Médicis portait un jour, pour le baptême de son fils, une robe composée de 32 000 perles de Margaritifera margaritifera.

Le journal Le Figaro en 1892 décrit leur abondance dans certains cours d’eau en Bretagne, dans le Nord de la France, dans l’Est (Vologne particulièrement), dans la Dordogne, la Garonne, etc. mais note déjà leur raréfaction. Il évoque aussi déjà l’espoir de leur culture et note aussi ses usages, y compris alimentaires, dans des pays comme l’Angleterre, l’Allemagne ou la Chine. L’Ouest-Éclair les évoque en 1921, donnant comme exemples de localisation Le Faouët, le Stang-Alar près de Quimper, etc., signe qu’elles étaient encore assez nombreuses à cette date.

En France, elle était encore signalée en 1998 dans les Pyrénées-Atlantiques et les Vosges ainsi que dans le centre de la France. En 2008, elle est encore connue dans la Vienne, la Dronne et la Charente, mais est encore très présente sur la rivière Dordogne. Elle est également signalée dans l’Èbre (Espagne). Un peuplement récemment confirmé dans l’Oise s’est éteint suite à une pollution chimique de la rivière. Le Grand Ouest héberge enfin quelques populations relictuelles notamment sur l’Airou, le Sarthon et la Rouvrepour la Basse-Normandie, l’Éllez, le ruisseau de Bonne Chère, le ruisseau du Loc’h pour la Bretagne et les gorges du Haut-Allier en Auvergne (Haute-Loire)

 

 MOULES

La France a, suite au Grenelle Environnement, prévu un plan de restauration national, à décliner régionalement. La directive-cadre sur l’eau devrait contribuer à la restauration de la bonne qualité écologique des cours d’eau et des bassins versants, mais un certain nombre de paramètres critiques dont la turbidité restent préoccupants, voire montrent une dégradation. Le réchauffement climatique en mettant en été à sec les parties amont de cours d’eau est également un facteur de risque supplémentaire.

Un programme de conservation de mulettes perlières est actuellement en cours dans le Massif Armoricain et concerne les 6 principales populations restantes de ce secteur (Bretagne et Basse-Normandie), avec le soutien de l’Union européenne (programme LIFE+). Coordonné par l’association Bretagne Vivante, il se déroule jusqu’en 2016. Dans le cadre de ce programme, les populations de mulette de ces 6 cours d’eau sont étroitement suivies.

Des études en génétique des populations ont permis de démontrer que la population de la rivière Éllez en Finistère montrait une différenciation exceptionnelle mais une très faible variabilité génétique pouvant être expliquée par l’isolement de cette population depuis plusieurs dizaines de millions d’années dans l’ouest de la Bretagne et depuis un million d’années dans la dépression géographique locale, le Yeun Elez. Des données similaires existent pour le N-W de l’Espagne

Un Plan National d’Action pour la Mulette perlière (version préliminaire 2010-05-30) vient d’être mis en place et la première station d’élevage inaugurée dans le Finistère.

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Moules d’eau douce

Posté par othoharmonie le 11 juin 2016

moules d'eau douceIl existe des « moules d’eau douce » mais qui sont classées dans l’ordre des Unionoida et ne sont pas consommables. La plus connue est la moule zébrée, espèce invasive qui colonise en Europe et en Amérique du nord de nombreux canaux, lacs et cours d’eau, au point parfois de poser des problèmes de dysfonctionnement des écluses, de boucher des tuyaux ou éliminer d’autres espèces moins résistantes. Cette espèce n’est habituellement pas consommée, ni commercialisée, et elle peut accumuler des quantité importantes de toxiques, dans la chair, mais surtout dans la coquille.

Les principales espèces de moules de mer comme Mytilus edulis peuvent également séjourner temporairement dans l’eau douce. Aux Pays-Bas, l’un des principaux gisements de moules est l’estuaire de l’Escaut.

La moule perlière d’eau (Linnaeus 1758), ou mulette, est un mollusque lamellibranche des rivières claires d’Europe, de Russie, du Canada1 et de la façade Est des États-Unis, communément classée parmi les moules d’eau douce. Dans le cycle de développement de l’espèce, la larve doit – durant quelques mois – parasiter un saumon ou une truite (qui la nourrit et la transporte).

Les adultes tolèrent des substrats limoneux ou vaseux mais les juvéniles ont impérativement besoin d’un substrat sableux ou graveleux dans lequel de l’eau propre et oxygénée puisse circuler.

C’est une espèce connue pour sa durée de vie exceptionnelle (plus d’un siècle), mais qui est au bord de l’extinction bien que protégée.

Cette espèce a jusqu’au milieu du xxe siècle été exploitée pour la production des perles de joaillerie, avant la découverte au xviiie siècle des huîtres perlières tropicales, souvent plus grosses et surtout plus régulières.

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DANS LE MONDE DES OCEANS

Posté par othoharmonie le 2 juin 2016

 

 fonds sous marin

L’histoire du peuple des océans a commencé plus de 3 milliards d’années avant que le premier animal ne foule la terre ferme. A l’aube du monde, la vie a conquis tous les milieux marins, des eaux tropicales aux déserts de glace, des rivages au grand bleu. La plaine de sable paraît déserte. Un crabe se hâte. 

Surtout ne pas traîner seul, à découvert. Ici, sur l’étendue sableuse, nulle part où se cacher. Une seule solution… s’enfouir. Il suffira de laisser les yeux émerger pour voir sans être vue. La rascasse ennemie ressemble à un rocher, mais au milieu du sable, on ne voit qu’elle. Son faciès effrayant lui a valu le surnom de « poisson démon ». Un poisson qui marche en griffant le sable de ses nageoires à deux doigts. 

Pour se mettre à l’affût, elle se fond dans le décor. Que l’on soit proie, prédateur, petit ou gros, pour se cacher sur l’étendue plane, il faut s’ensabler. Tête en bas, les poissons rasoirs chassent les animaux cachés entre les grains de sable. Des poissons qui dansent sur la tête, d’autres qui marchent sans savoir nager, la nature ne craint pas d’expérimenter dans toutes les directions. Les anguilles jardinières ont une autre stratégie. Elles sortent du sable pour picorer les petits crustacés qui flottent dans le courant. A l a moindre alerte, elles disparaissent dans leur terrier. A l’entrée d’un tunnel, deux poissons montent la garde. 

Et des crevettes travaillent comme des bulldozers. Elles entretiennent le terrier qu’elles partagent avec les gobies. Les crevettes sont aveugles et gardent toujours une antenne au contact de leurs partenaires. Collaboration efficace. Au moindre mouvement des guetteurs ; tous aux abris ! Pour débusquer coquillages et crustacés, on peut souffler. Ou creuser. Il faut être enfoui très profond pour échapper à la raie pastenague. Elle creuse jusqu’à atteindre sa proies et les mange. Des poissons profitent de son travail de terrassier pour gober les petits animaux qu’elle amis en suspension. Le poisson-pierre est un piètre nageur, amis un redoutable chasseur. Il ne lui suffit pas de ressembler à un caillou…. Il se dissimule… s’immobilise ;. Et attend. La petite vie du peuple des sables continue paisiblement.

Un bernard-l’hermite par en vadrouille. Un autre grimpe sur une pierre. Non, sur un poisson-pierre. Se fondre dans le paysage. L’œil aux aguets. Immobile, à l’affût, sans se laisser distraire. Attendre des heures, des jours… La patience est enfin récompensée. Quand la nuit tombe, la plaine de sable se met à grouiller. Chacun marche à son rythme, à sa façon. Les oursins sont perchés sur leurs aiguilles comme sur le séchasses. Mais ce sont des dizaines de pattes extensibles qui leur permettent de déambuler. Et d’escalader. L’oursin de feu est aussi un très bon grimpeur. Tous les moyens sont bons pour se promener au fond de l’océan. 

fonds meer

La crevette impériale chevauche une synapse qui rampe par contractions successives. Comme son proche parent Poursin, l’étoile de mer se déplace sur des centaines de petites ventouses. Mais un seul pied suffit au  lambi pour arpenter la plaine. La nature a vraiment tout essayé. Même les poissons qui marchent à quatre pattes. Au fond de l’eau, chacun subit la loi de la pesanteur. Pour échapper à l’étoile de mer, le pétoncle a inventé depuis longtemps la propulsion à réaction. Pas de précipitions pour le poulpe à anneaux bleus. C’est sur la pointe des tentacules qu’il s’avance. Avant que le jour se lève, les animaux nocturnes retournent s’enfouir bien à l’abri dans le sable. 

Ces animaux étranges qui arpentent le fond marin ressemblent à leur ancêtre qui vivaient il y a 500 millions d’années

[…] 

extrait LA PERLE ENTRE L’OCEAN ET LE CIEL  – La perle, entre l’océan et le ciel.

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HUITRE : Origines et évolution d’un symbole chrétien

Posté par othoharmonie le 30 mai 2016

 

 

HuitreSymbole fascinant par sa beauté, et doté d’une puissance mystérieuse et créatrice, la perle est l’attribut des grandes divinités antiques de la fertilité. Dans la symbolique chrétienne, elle est devenue l’emblème du Christ et de sa naissance virginale, et la plus parfaite évocation du royaume des deux. À cette nouvelle symbolique va s’ajouter une dimension gnostique, perceptible chez des auteurs chrétiens de langue syriaque, sans doute influencés par les croyances mandéennes et manichéennes qui ont aussi élevé ce symbole au plus haut rang dans leurs doctrines du salut. 

Parmi les symboles  universels   que   l’historien des religions est amené à étudier, la perle est certainement l’un  des plus récurrents, mais  aussi  par l’évolution qu’il- a  connue entre l’Antiquité et les  débuts du christianisme, l’un  des plus complexes. Par son origine marine, sa forme ronde, et la douceur de son éclat, la perle née de l’huître est considérée, dans de nombreuses croyances antiques, comme le fruit d’une intervention divine ou céleste.  Doublement celée entre les coquilles de l’huître et la profondeur de l’océan, la perle apparaît comme l’archétype mystérieux de la vie à son commencement. À ce titre, la perle est généralement associée à la puissance créatrice féminine gouvernée par la lune, ou une déesse lunaire de la fertilité et des eaux. Avec la diffusion du christianisme, la perle devient, dans la nouvelle religion, symbole de la naissance virginale du Christ, de son Évangile et du royaume des deux.. 

Mais la mer est» aussi, un monde inconnu, donc dangereux, par ses tempêtes et les créatures   monstrueuses qu’elle : recèle. À l’époque de Marco Polo, les pécheurs de perles du golfe Persique observaient des rites à caractère magique censés les protéger des monstres marins, et leur permettre de remonter sains et saufs de leurs plongées. Ces  croyances sans   doute  très   anciennes nous ramènent  sur le plan mythologique  au   motif de la perle et du dragon, très courant en Chine  et que l’on retrouve au cœur du récit gnostique de la quête de la perle dans les Actes de Thomas. C’est en  effet dans les  milieux gnostiques à caractère dualistes nés en Orient, et dont l’influence est sensible chez certains auteurs chrétiens de langue syriaque, que le symbole de la perle atteint son  plus haut niveau d’expression poétique, mais aussi de complexité. 

DE LA – « DAME AUX PERLES » – SYRIENNE AUX JOYAUX DE L’EMPIRE : ROMAIN

L’univers symbolique associé à la ; perle évoque donc la vie dans  ses différentes  phases et son renouvellement  on  pense donc tout naturellement à l’eau, mais l’eau seule ne suffît pas : il faut aussi de la lumière. C’est ainsi que selon certaines croyances antiques, l’huître, pour enfanter la perle, remonte à la surface de l’océan et reçoit du ciel une rosée fécondante, ou la lumière venue du ciel qui permettra la « conception. D’après les auteurs anciens, c’est de l’Orient que viennent les plus belles perles et c’est aussi sous sa forme orientale que la déesse grecque Aphrodite apparaît à la fois comme maîtresse des eaux et reine du ciel, les deux domaines qui évoquent l’origine de la perle. Déesse grecque de l’amour et de la beauté, Aphrodite orientale a des fonctions complexes. Apparentée à une divinité lunaire protectrice des eaux; de la végétation et de la vie, elle est vénérée par les femmes, car elle est  aussi la déesse de l’amour et de la fécondité. De cet héritage oriental, il ne reste pas grand-chose à la déesse Aphrodite grecque  mais son affinité  avec le monde marin est symbolisée par son attribut :  la coquille qui a porté sur la rive la déesse « née de l’écume ». 

huitre perle

Pourtant, selon une variante de ce récit, Aphrodite serait née dans un coquillage ; ce que tendrait à  confirmer l’étude  des  représentations de la: déesse ; agenouillée dans sa coquille dont elle s’apprête à sortir comme une perle. On  se  rapproche d’une légende phénicienne  selon laquelle la divinité locale assimilée à Aphrodite, est née d’un œuf ramené par les pécheurs sur les rives de l’Euphrate, et couvé par une colombe. Ces deux représentations montrent donc une divinité née de la mer, soit dans un œuf- dont la forme et le symbolisme rappellent la perle – soit entre deux coquilles qui s’ouvrent pour la laisser, sortir. La proximité avec la perle est encore plus évidente si  l’on se reporte au  nom donné à Aphrodite syrienne dans le culte qui lui était rendu à Antioche : elle est appelée Margarito (perle), ou « la dame aux perles ». 

Mais Aphrodite est aussi une divinité ouranienne et proche en cela, des divinités orientales régnant dans le ciel. À » Babylone les  destins de la communauté et de sa vie matérielle en a l’occurrence la santé, les saisons et leur influence sur la végétation -se jouent dans la marche des astres que les prêtres sont chargés d’interpréter. Or, dans ce panthéon céleste,. la divinité Innana Ishtar, «reine du ciel», est assimilée à l’étoile du matin et du  soir, Vénus- Aphrodite. Parmi les nombreux hymnes qui lui sont adressés, la grande déesse est célébrée comme « le joyau qui  brille dans le ciel ». Jastrow, qui présente ce texte, suggère que le terme employé désigne peut-être un diamant. Pourtant, certaines sources suggèrent qu’il pourrait s’agir d’une perle. En effet, d’après le récit de la descente d’ishtar aux enfers, la déesse doit passer par sept portes, et se dépouiller à chaque fois d’une de ses parures  à la quatrième porte, elle abandonne ses perles. 

Et si l’on se reporte aux spéculations associant à l’influence des gemmes  celles  des  astres développées  dans  les lapidaires  grecs Théophile d’Edesse associe, à la planète  Vénus l’améthyste, l’onyx et la perle (margaritès) ls. Si Ishtar, reine du ciel, est descendue aux enfers, il semblerait qu’Aphrodite ait aussi partie liée avec le monde des morts. Roscher signale une représentation de la déesse à Delphes, évoquée par, Plutarque sous la forme d’une « statuette d’Aphrodite tombale : vers laquelle on invite  les  défunts  à remonter pour qu’ils reçoivent les libations ». Cette fonction serait étroitement liée à son rôle de déesse de la végétation dont le rythme est  marqué par l’exubérance de la vie, et la saison passée, la mort, puis 1e renouveau. Deonna, lui, s’intéresse à la représentation du buste de la déesse à la coquille sur des monuments funéraires grecs et romains. Plus qu’un élément décoratif, il suggère que la coquille évoque la: naissance de la déesse, et rappelle qu’Aphrodite, protectrice des voyageurs sur la mer, est aussi présente auprès d’eux lors du voyage vers l’au-delà. Par la suite, les chrétiens auraient adopté роur leur, sépulture  le simple coquillage comme symbole de résurrection. 

lire la suite … http://mondeose.com/fr/histoire-dhuitre/

 

extrait LA PERLE ENTRE L’OCEAN ET LE CIEL  – La perle, entre l’océan et le ciel.

 

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L’usage médical des Perles

Posté par othoharmonie le 28 mai 2016

 

 

La régénération par les perles

La croyance la plus courante leur accordait le pouvoir de conférer une grande vitalité à ceux qui en possédaient. L’association des perles avec les forces fondamentales de la nature a aussi fait croire qu’elles étaient un indicateur de la santé de leur porteur. Elles pâlissaient s’il était malade et perdaient leur lustre s’il mourait.

En Babylonie, on attribuait aux perles et à la coquille qui les contenait des pouvoirs régénérateurs. Les Chinois leur ont attribué des pouvoirs vitaux et aussi celui d’empêcher les incendies de forêts.

huitre perlière médical

La valeur métaphorique et mythologique des perles a fait d’elles l’objet d’étude des alchimistes et des astrologues, ainsi que des interprètes de rêves. Associées dans la mythologie ancienne à la lune, au soleil et au ciel, les perles ont eu plusieurs significations pour les astrologues. Les alchimistes leur ont trouvé beaucoup d’usages médicaux. Les praticiens modernes de la MÉDECINE AYURVÉDIQUE continuent d’employer certaines vieilles formules des alchimistes pour promouvoir la longétivité, la virilité, la bonne vue et la digestion. Les PERLES étaient aussi connues comme les aphrodisiaques et elles étaient un produit de première classe pour la cosmétologie en Chine et en Égypte.

L’emploi médicinal des perles est très ancien. Il est mentionné dans le CHARAKA-SAMHITA, le plus ancien texte médical écrit en sanscrit qui date des débuts de l’ère chrétienne. C’est surtout en Orient que des vertus thérapeutiques ont été attribuées aux perles. Elles étaient employées pour soigner les fièvres, l’indigestion et les hémorragies et on leur attribuait des vertus stimulantes.

La littérature abonde en récits de méthodes pour les employer comme pilules, pommades, etc. Selon Narahari, médecin du Cachemire en 1240, la perle soignait les maladies oculaires. C’est un antidote contre les poisons. Elle soignait la tuberculose, fortifiait et améliorait la santé en général.

Pour les médécins arables, la POUDRE DE PERLE guérissait les yeux malades. Elle était efficace pour soigner les palpitations, les nerfs, la mélancolie et les hémorragies. Au Japon, même au XXe siècle, des qualités médicales étaient accordées aux perles. En Chine, elles étaient employées pour soigner les yeux et les oreilles. Au Japon, elles l’étaient contre l’insomnie, les troubles gynécologiques, la toux et d’autres maux. Dans toutes les civilisations orientales, les PERLES ENTIÈRES, en poudre ou brûlées, étaient employées pour soigner des maladies du coeur, l’indigestion et pour faire toute sorte de fortifiants. En Grêce, les perles ont été employées comme médicaments même après Aristote, Platon et Hippocrate qui ont développé les bases de la médecine moderne.

Beaucoup d’écrivains médiévaux citent les effets bénéfiques des perles. Leurs qualités étaient tellement puissantes qu’il suffisait de les porter pour qu’elles fissent leur effet croyait-on.

Les perles ont eu une place centrale dans la pharmacie mondiale jusqu’à l’avènement de la médecine scientifique au XIXe siècle. C’est seulement à ce moment-là que les médecins occidentaux ont considéré que les perles n’avaient pas plus de valeur médicale que la vulgaire craie. En Inde, les guérisseurs emploient de nombreuses prescriptions ancienne et, en Chine, elles sont utilisées dans les cures traditionnelles.

Comme les liens entre attributs surnaturels, les soins médicaux et les superstitions étant difficilement discernables, il n’est pas surprenant que les usages superstitieux des perles aient proliféré. Dans l’Atharveda qui date au moins de 2400 av. J.-C, on fait allusion à une amulette de perle et de nacre employée par les Hindois pour donner longue vie et prospérité aux jeunes disciples brahmanes. Pour les mystiques taoïstes qui recherchaient l’immortalité, les perles étaient un ingrédient important dans une formule pour perpétuer l’éternelle jeunesse. Dans le livre de Han, ancien texte chinois, on dit que la perle est l’âme occulte de l’huître. Au Moyen-Âge, les dames offraient des perles à leurs chevaliers pour qu’ils les portent dans les tournois.

perle

La perle comme cadeau de mariage

De bonne ou de mauvaise augure

Finalement, grâce au lien des perles avec les notions de pureté et de douceur, depuis l’Antiquité, elles ont été un cadeau de mariage convenable. Selon une ancienne tradition hindoue, il est courant dans les mariages que l’on présente et perce une perle vierge.

Dans les mariages en Occident, les perles sont aussi courantes. Mais dans plusieurs pays occidentaux, on considère de mauvais augure que la mariée porte des perles le jour de son mariage car elles représentent les larmes quelle versera dans sa vie matrimoniale.

Extrait du site : http://www.gemperles.com/

 

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Symbolisme de l’HUITRE PERLIERE

Posté par othoharmonie le 27 mai 2016

 

 

Symbolisme moral et spirituel des perles

Les perles étaient des symboles mystiques et moraux dans les différentes sociétés du fait de leur origine mysthique et spirituelle. Quelquefois, elles incarnaient des êtres ou des principes sacrés ou encore des idées abstraites. De la préhistoire à l’époque moderne, la perle a toujours été le symbole de la beauté parfaite et pure, de l’amour en plénitude, de l’innocence, de l’humilité et du sens de la gratitude ou de la reconnaissance.

L’hindouisme a employé l’image des perles sans ses textes sacrés dès l’an 1000 av. J.-C. Le bouddhisme chinois inclut les perles parmi les huit bijoux, aussi connus comme les huit objets précieux dans son iconographie. Les cultes mystérieux des temps gréco-romains, qui ont atteint leur zénith au IIIe siècle, ont aussi trouvé une signification spéciale aux perles. Les premiers chrétiens considéraient ces gemmes comme un puissant symbole de pureté, de foi et de la naissance sacrée du Christ.

La richesse perlière de L’Inde et de la Perse a permis à leurs habitants d’apprécier et de collectionner de grandes quantités de perles. En Orient, elles apparaissent dans les cultes religieux et dans la poésie. Dans les Veda (1000 av. J.-C), le Ramayana et le Mahabharata, il y a plusieurs allusions aux perles. Un ancien mythe hindou rapporte que ce sont les éléments qui ont fait ces offrandes à la divinité. L’air lui a offert l’arc-en-ciel, le feu l’éclair, la terre un rubis, et la mer une perle. L’arc-en-ciel a formé une auréole autour du Dieu, l’éclair lui a servi de lampe, le rubis a orné son front et il a mis la perle sur son coeur.

 huitre perle

En Occident, la NAISSANCE DE LA PERLE est associée à celle de Vénus. Cette légende a été représentée par Botticelli (1486) dans son tableau LA NAISSANCE DE VÉNUS qui se trouve à la galerie des Offices à Florence et sur lequel Vénus est représentée sortant d’un grand coquillage. Les perles sont aussi associées aux larmes. Les perles blanches sont des larmes de femmes, les perles noires sont des larmes d’hommes.

Dans le monde religieux, on a toujours loué la perle comme un symbole de pureté, d’humilité et de crainte de Dieu. Les premiers chrétiens ont transformée un mythe ancien de l’origine divine dans une métaphore de la naissance du Christ, faisant de la perle un emblème tant du Christ que de la Vierge. La perle a aussi représenté l’âme incarnée dans un corps terrestre. L’ÂME PERLE était innocente, pure et pleine de foi et de sagesse, quoique entourée par la corruption du monde. Puis l’imagerie sacrée de la perle s’est concentrée sur sainte Marguerite d’Antioche, dont le nom vient du mot grec signifiant perle. Les portes de perlespearly gate, ont aussi symbolisé l’entré dans le royaume des cieux, rappelant la porte de perles qu’avait Aphrodite. Cette porte représentait l’entrée dans son paradis sexuel.

 

L’association des perles avec le plaisir sexuel au paradis s’est étendue à l’islam. L’iconographie islamique utilisait la perle comme symbole de la divine plénitude sexuelle. Lorsque le croyant mourait, il était enchâssé dans une perle ou entouré de perles parmi lesquelles il vivrait éternellement accompagné d’une belle femme.

Jusqu’au XVIIe siècle et même longtemps après, les Européens ont accepté l’origine divine des perles. À l’époque victorienne, comme représentation de l’amour, la perle était un symbole du clitoris, rappelant la porte perlière d’Aphrodite. Son emploi dans l’imagerie religieuse en a fait un symbole de salut, tandis que sa valeur monétaire en faisait un symbole de richesse. Encore aujourd’hui, en psychologie, on emploie la perle dans l’interprétation des rêves. Elle symbolise le centre mystique ou l’âme ou encore la sublimation de pulsions anormales.

Les perles ayant joui pendant tant de siècles du statut de création mystique et de porteuses de pouvoirs surnaturels, l’obsession des hommes à leur égard n’a pas été due seulement à la luxure et à la richesse, mais plutôt à des motivations spirituelles ou superstitieuses.

 

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HUITRES PERLIERES

Posté par othoharmonie le 25 mai 2016

 

Bien que toutes les huîtres puissent sécréter des perles, les huîtres comestibles ne sont pas utilisées à ces fins. L’huître perlière appartient à une famille différente, les Pteriidae. Les perles produites naturellement ou en culture proviennent de cette famille d’huîtres.

Huitre perlière

Production de perles

La perle de nacre est fabriquée par l’huître quand un corps étranger (sable, larve…) s’immisce entre sa coquille et son manteau. Au fil des ans, ce corps étranger est recouvert de couches concentriques de carbonate de calcium qui cristallise sous forme d’aragonite, phénomène désigné sous le nom d’accrétion ; ceci finit par donner une perle. Seules l’huître perlière des mers chaudes (appelée aussi « pintadine ») et la moule perlière d’eau douce peuvent en fabriquer.

 

La perliculture désigne l’activité humaine qui consiste à cultiver les huîtres perlières, soit à les élever, à les greffer et à les entretenir pour en obtenir des perles de qualité.

Les premiers essais de culture des perles sont anciens : les Chinois introduisaient des statuettes de Bouddha dans les huîtres en guise de nucléus, les Araméens de petites figurines en terre cuite représentant des animaux. Le Suédois Carl von Linné et un Français font des essais, mais ce sont les Japonais To Kichi Nishikawa, Tatsuhei Mise et surtout Kokichi Mikimoto (1858-1954) qui réussissent à mettre la technique au point, et en font une industrie.

Beaucoup d’huîtres meurent après la greffe : environ dix pour cent immédiatement, et dix pour cent dans les deux ans. Un tiers des huîtres rejettent le nucléus et la nacre sécrétée par le greffon forme alors un keshi (graine de pavot en japonais), une sorte de perle manquée. Un cinquième des huîtres greffées produisent une perle inutilisable. Sur les trente pour cent de greffons donnant une perle utilisable, seul un pour cent font des perles parfaites.

Dans certaines variétés d’huîtres, on pose un noyau contre la coquille : c’est le mabé, une demi-perle enchâssée dans de la nacre. C’est Coco Chanel qui rendit ces mabés « populaires », montés en boucles d’oreille. Des recherches récentes ont permis de mettre au point une variété de mabés dont le noyau est scupté connus sous le nom d’Icônes de Tahiti. Ces gemmes sont cultivés en un temps record de 3 à 4 mois avec un taux de réussite allant jusqu’à 80 %.

 Perle-tahiti-

Perles d’Akoya

Ce sont les perles de culture de tradition japonaise (mais il commence à s’en produire plus en Chine). Elles sont obtenues depuis plus d’un siècle par introduction d’un greffon dans des huîtres de mer (Pinctada fucata et Pinctada martensi), et font entre 2 et 9 mmde diamètre. Elles sont naturellement jaunes, vertes et crèmes, mais sont retraitées pour devenir champagne, blanches ou argentées.

Perles d’Australie (ou des Mers du Sud)

Produite par l’espèce Pinctada maxima. Elles sont parmi les plus solides et les plus grosses (le record est détenu par une perle de près de 3 centimètres de diamètre). Elles sont aussi obtenues selon la technique japonaise, et ont une grande variété de teintes (plus foncées en Australie et dans le Pacifique).

Perle de Tahiti, Mabé, Keshi et Icônes de Tahiti

La culture des perles produites par l’espèce Pinctada margaritifera de Polynésie a fait l’objet d’essais depuis les années 1920, mais c’est à partir de 1965, et grâce à l’aide de spécialistes japonais, qu’elle s’est vraiment développée. La perliculture constitue aujourd’hui une activité importante en Polynésie française, pratiquée dans les fermes perlières.

Les huîtres de Polynésie, variété Pinctada margaritifera, forment des perles dites « perles noires de Tahiti », qui est une AOC, dont les tons nacrés varient du vert à des coloris plus sombres ou plus clairs, en passant par des teintes tirant vers le violet. Le Japon en est le principal marché de consommateurs.

Lors de la greffe, la poche reproductrice de l’huître est incisée pour y déposer un petit morceau du manteau d’une autre huître. Les cellules issues de ce greffon de manteau se développent ensuite et tapissent la poche reproductrice. Ce sont ces cellules qui sécrètent la nacre qui forme habituellement la coquille. En même temps que ce greffon, un petit nucléus sphérique est introduit, généralement un morceau de coquillage, qui sert de noyau aux sécrétions du greffon qui forme plus tard une perle. Certains barèmes de qualités fixent que le nucléus devrait être recouvert d’une couche de nacre d’un minimum de 0,8 mm. Les taux de mortalité après greffes varient en fonction des exploitations et de l’expérience du greffeur, mais des taux de réussite habituels tournent aux alentours de 25 à 30 %.

Historiquement, des greffeurs Japonais étaient engagés lors des courtes périodes de greffe. Protégeant le secret de leurs techniques, ils entouraient leur travail de précautions, mais ces techniques furent néanmoins apprises par des Polynésiens. Il existe maintenant de nombreux greffeurs autochtones, et une école de greffe forme aujourd’hui de jeunes Polynésiens. Des greffeurs originaires de Chine, moins chers que leur confrères japonais, sont également régulièrement engagés.

Le Mabé se différencie de la perle par le procédé de fabrication. Au lieu de greffer l’huitre en y insérant un nucleus dans la poche reproductrice, un implant est collé à l’intérieur de la coquille de la nacre. Ainsi, le Mabé est récolté après qu’une couche de nacre l’ai recouvert. Contrairement à la perle qui, une fois récoltée laisse la possibilité de refaire une deuxième greffe, l’extraction du Mabé ne peut être faite qu’en le découpant de la nacre donc en sacrifiant l’animal.

À l’origine, les mabés n’étaient réalisés que sous des formes simples (larmes, cœurs, …) comme le montre l’illustration. Mais récemment, grâce à de nouvelles technologies mises au point par Paul Cross1, un spécialiste californien de la perle de Tahiti, on voit apparaitre toute une variété de motifs défiants l’imagination. Le premier né de cette nouvelle génération de mabés, connus aussi sous le nom d’Icônes de Tahiti, fut un mabé en forme du caractère de Disney, Mickey produit en 19982. Mais très rapidement, une diversité d’autres présentations ont vu le jour. On peut trouver ainsi des mabés en forme de dent de requins, de coquillages et même l’Oscar de Hollywood y a vu le jour.

 PECHE

Perles d’eau douce (ou de Chine)

Elles sont cultivées depuis le xiiie siècle en Chine, par l’introduction d’un morceau de manteau d’une moule, c’est-à-dire l’extrémité du corps de la moule qui fabrique la nacre, dans une autre moule d’eau douce. Les qualités sont variables, de laiteuse ou même sans éclat à brillante. Les tailles obtenues varient entre 2 et 13 mm de diamètre. La production annuelle atteint 800 tonnes.

Les perles d’eau douce ont connu une grande popularité grâce à leur variété de couleur et de forme, à leur abondance et à leur prix très intéressant. Leur taille varie en général de 2 à 13 mm. On en trouve des ternes, des laiteuses, d’autres qui ont un poli soyeux d’autres encore qui sont brillantes.

C’ est la moule d’eau douce Margaritifera margaritifera qui est élevée pour produire les perles d’eau douce. Il existe, pour ce type de perles, une très grande variété de formes, de couleurs, de tailles et de lustre. La grande variété de formes est due au fait que, contrairement aux autres coquillages perliers, les moules ne sont pas nucléonées. Nucléoner signifie que l’on introduit dans le coquillage un noyau appelé nucléon, sur lequel, suivant les variétés, le coquillage dépose de quelques dixièmes à quelques millimètres de nacre. Dans le cas des perles d’eau douce, ce sont des morceaux de manteau d’une autre moule d’eau douce que l’on glisse dans le manteau après incision. Jusqu’à cinquante par coquillage. De ce fait, la perle est totalement en nacre et beaucoup plus solide que les autres perles de culture, mais sa forme est très variable car elle n’est pas guidée dans son processus de croissance par une sphère.

Les moules sont remises en eau pour une période de deux à six ans. Plus on laissera de temps au mollusque, plus la taille des perles sera importante. Elle peut aller jusqu’à 16 mm. La capacité de ces coquillages à produire jusqu’à cinquante perles à la fois, combiné aux nombreuses fermes perlières qui se sont développées en Chine, explique les quantités importantes qui sont produites : 1 500 tonnes en 2007. D’où le coût bien moindre de ces perles, même si les plus belles atteignent désormais la qualité de leurs cousines d’eau de mer.

La qualité des perles dépend de la taille, de la sphéricité, du peu de défauts de surface et du lustre. Les perles d’eau douce ont un lustre très variable, de terne, voire laiteux, jusqu’à très beau et même éclatant. Il peut, pour les plus belles, égaler le lustre des perles d’Akoya. La technicité des Chinois a tellement évolué ces dernières années qu’il faut être spécialiste pour distinguer désormais à l’œil nu les plus belles perles d’eau douce de leurs voisines d’eau de mer.

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LES HUITRES FOSSILES

Posté par othoharmonie le 21 mai 2016

 

 

L’étude des huîtres fossiles montre que de nombreuses espèces ont existé dans le passé et ont, comme leurs ancêtres, joué un rôle écologique et trophique important sur les plateaux continentaux, contribuant notamment au cycle du carbone et aux puits de carbone. Les paléontologues retrouvent des accumulations massives de coquilles d’ostréidés, très épaisses (« intérieur » d’un banc ou récif constitué d’huîtres) ou en couches bidimensionnelles lorsqu’elles couvraient le sédiment. Diverses espèces ont occupé une large gamme de niches écologiques, avec des morphotypes adaptés à différents substrats et à des conditions environnementales, climatiques et édaphiques variant selon la salinité, la turbidité, l’oxygénation, le courant, la saison, la bathymétrie, etc.

huitres fossiles

La croissance accrétionnaire et saisonnière des coquilles (via les stries de croissance) est une mémoire des fluctuations environnementales. Elle permet des études sclérochronologiques, qu’on peut affiner par l’analyse des teneurs en isotopes stables (C et O), ce qui permet de rétrospectivement évaluer l’âge absolu des huîtres fossiles et reconstituer leurs dynamiques de populations. On a ainsi pu évaluer le temps représenté par certaines couches sédimentaires (cycles annuels à pluriséculaires).

Leur comportement (mouvements des valves, rythmes biologiques, croissance, date et heure de ponte) est utilisé pour suivre en temps quasi réel, et à distance, l’évolution de la qualité de l’eau sur les côtes.

La coquille se compose d’aragonite et de protéines comme la conchyoline.

Le manteau constitue la structure la plus externe du corps mou de l’huître. Il correspond à la membrane qui se rétracte lorsqu’on la pique ou qu’on l’asperge de citron. Une grande partie de l’intérieur de l’huître est occupée par les branchies. Elles ont un rôle respiratoire, mais également nutritionnel. En effet, les cils présents sur les axes des branchies créent un courant d’eau qui permet l’acheminement vers la bouche des particules nutritives dont se nourrit l’animal. Comme les autres lamellibranches, l’huître ne possède pas de tête. Un muscle adducteur important permet de contrôler l’ouverture de la coquille. C’est ce muscle qui maintient l’huître fermée et que l’on doit couper lors de l’ouverture de l’animal.

Un certain nombre d’autres mollusques n’appartenant pourtant pas à cette famille, contiennent dans leur désignation le terme « huître » tout simplement parce que leur apparence est proche de celles des vraies huîtres ou parce qu’ils produisent également des perles.

Par exemple : la famille Spondylidae, les huîtres épineuses

 

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LE CRABE est un signe négatif

Posté par othoharmonie le 14 mars 2016

 

Le soleil entre dans le cancer autour du 22 juin, juste après avoir atteint le point le plus élevé, au début de l’été, la période de croissance.  La lune gouverne le Cancer.

Le symbole correct pour ce signe n’est pas comme il est souvent représenté sur les gravures, un crabe relativement gros, mais le petit Bernard-l’Ermite dont le comportement exprime mieux le caractère de ce signe.

Le Bernard-l’Ermite protège son fragile arrière train à l’intérieur de coquilles d’escargots abandonnées.  Lorsqu’il a trop grandi pour son domicile, il part à la recherche d’une coquille à sa nouvelle dimension et s’y loge prestement.  De cette position sûre, notre créature veille à l’affût de sa proie que, de ses grosses pinces elle saisit promptement et qu’elle tire à l’intérieur de sa demeure pour s’en repaître à loisir.

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Sa démarche, latérale ou oblique, à reculons, caractéristique du crabe, illustre bien ce signe.

Ces deux principaux traits témoignent du discernement psychologique des premiers astrologues qui ont choisi le crabe pour symbole des natifs de ce signe.

Les expériences recueillies sous Gemini sont affermies, classées et en progrès sous le Cancer.  Le Cancer est un collectionneur à tous les niveaux.  Au niveau matériel les natifs du Cancer rassemblent de belles choses; au niveau émotionnel, il est émotionnel par nature. il approfondit ses expériences.  Mentalement, il recueille le savoir d’une manière scientifique et, spirituellement, il tente d’affiner sa compréhension de la raison d’être des choses.  Son point fixe c’est sa maison, son château dans lequel il se retire toujours à la fin de chaque incursion avec le nouveau trésor qu’il vient d’obtenir.  Ici il est entouré de tout ce qu’il a rassemblé au long de son existence.  Par nature, il est casanier et bon vivant.

La rapide retraite dans une armure protectrice au moindre signe de danger caractérise aussi la tortue, raison pour laquelle cet animal symbolisait le cancer dans l’ancienne Babylone .

La locomotion rétrograde du crabe illustre la propension du Cancer à se perdre lui-même avec joie dans le passé.  Il vit dans un état de conscience historique et, rétrospectivement, il peut apprécier la continuité des événements.  D’où la représentation du signe dans l’ancienne Amérique sous la forme du «serpent à plumes qui se déplace à reculons».  Pour les Chinois c’était la coupe transversale d’un arbre dont les cercles annuels racontent l’histoire.  Je les ai tous inclus dans le cadre du tableau.

Le Bernard-l’Ermite en personne repose sur ses trésors, cachés à l’intérieur d’un coffre de fer qu’il a, pur plus de sûreté, enterré dans le sable.  Il est tendu vers la lune, la planète qui le gouverne (nous en reparlerons).  Des mains émergent du cadre pour saisir les joyaux et les pierres précieuses, surtout des aigues-marines et des pierres dé lune, les joyaux de la lune; toutes choses précieuses rassemblées à un niveau matériel .

c’est le classique symbole de la souffrance qui conduit au discernement.  Une perle est, de par son existence même, le symptôme d’une maladie dans l’huître.  Si un corps étranger, une pierre ou un fragment de coquille, pénètre dans l’huître, son corps, faible et sensible, une fois irrité, va réagir en recouvrant l’objet étranger de couches successives de nacre, afin d’arrondir celui-ci pour apaiser la douleur.  C’est ainsi que, par la souffrance, se forme un magnifiquejoyau.

A côté de cette huître ouverte, le Kephera, le scarabée sacré de l’Egypte ancienne, roule une perle vers le haut de la pente .  Ici le symbolisme est double.  Le scarabée (scarabeus) est un coléoptère qui pond ses oeufs dans le fumier qu’il a d’abord malaxé en une boule.  Il roule alors la boule dans un trou déjà creusé dans ce but.  En sûreté, sous terre et pourvu d’une abondante nourriture, l’oeuf dans le fumier devient finalement un nouveau coléoptère.  Les Egyptiens de l’Antiquité ne savaient pas qu’un oeuf avait déjà été pondu dans le fumier et ils pensaient qu’un coléoptère s’était créé luimême à partir de la matière en état de putréfaction.

C’était la génération spontanée.  De nombreux Anciens croyaient que la vie apparaissait spontanément à partir de la matière en décomposition sans que le processus habituel d’implantation ait été réalisé.  C’est pourquoi le bousier Kephera a été aussi considéré comme un compagnon de la Divinité qui, sans cesse, se recrée.

Dans ce cas, la boule de bouse était le soleil doré que Kephera roulait chaque jour sur le chemin des cieux, de l’est à l’ouest.  C’était le symbole fondamental de la renaissance, la vie qui, d’elle-même, se renouvelle sans cesse grâce au pouvoir de Râ, le soleil. Parce que la conscience se développe et se ranime par la douleur, j’ai substitué une perle à la boule de bouse transformant ainsi le symbole du soleil en symbole de la lune parce que la mer et tout ce qui en elle vit, tout comme l’âme, se trouvent liés pour une grande part à la lune.  Ceci non seulement en raison de l’influence considérable exercée par la lune sur le flux et le reflux des marées mais aussi en raison de la subordination de nombreuses créatures de la mer au cycle lunaire dans leur comportement sexuel.Il existe une interaction complexe entre la lune, la procréation et la mer.  C’est la lune qui donne la forme et qui gouverne l’implantation ainsi que la croissance.  Elle est directement concernée par la matière primordiale, l’océan primordial d’où tout a été formé et plus substantiellement par la mer d’où toute vie a évolué.  L’ océan est notre mère à tous.  On l’appelle Mara, «qui est amer».Il est Mater Materia et il est aussi MARIE, Mère de Dieu, tout comme il est Maya, la mère du Bouddha.  Ce sont des aspects différents du même principe dont l’origine est Binah, la Mère Primordiale sur le pilier de la forme, à gauche dans l’Arbre de Vie de la Kabbale.

Extrait du site http://jean-paul.barriere.pagesperso-orange.fr

 

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Le coq, toute une histoire

Posté par othoharmonie le 17 décembre 2015

 

COQBien beau l’histoire de la poule et de l’oeuf, mais pour pondre, il a bien fallu qu’un coq intervienne ! C’est un fameux animal qui a suscité bien des discours mythologiques.

Depuis qu’il y a des coqs, le genre humain a toujours été fasciné par ce volatile brillant et remarquable.
Il a toujours été associé à la fécondité. Pas seulement à cause de ses poules, mais par sa crête érectile et son aspect éminemment phallique.
De plus, il fait lever le soleil. Et quand on fait lever le soleil, on préside à la fécondité de la terre car sans le soleil, pas de lumière, pas de sagesse et pas de fécondité.

En raison de ces caractères, il était aussi associé au dévergondage sexuel et c’est une des raisons pour lesquelles il se faisait si souvent dépouiller, c’est à dire dé-pouler, ou encore déplumer. 
Le rite du décarêmage consistait à sacrifier un coq à la fin du carême en signe d’abandon de toute luxure (pauvre coq)
L’homme, disait Platon est un bipède sans plume. C’est pourquoi Diogène se promenait avec un coq déplumé. Diogène qui faisait partie des Cyniques (des chiens) connaissait la tradition selon laquelle Pythagore s’était réincarné dans un coq qui parlait. Les Pythagoriciens avaient deux interdits alimentaires : la fève et le coq.

Dans l’antiquité on les faisait souvent se combattre. Ça continue d’ailleurs aujourd’hui. Le propriétaire du coq vainqueur se faisait couronner.
Il n’y a pas si longtemps, chez nous, on élisait chaque année un Roi du coq. 
Ca se passait le jeudi-gras, (après les cendres) appelé jeudi-jeudiot. Chaque enfant apportait son coq. Après la bataille, le propriétaire du vainqueur était élu pour un an. Le roi de l’année précédente suivait le cortège, dé-pouillé ou dé-poulé de ses vêtements. Le dimanche suivant, premier dimanche de carême, on lançait un coq à la volée et celui qui l’attrapait devenait ministre (Capio).
Quelquefois, on enfermait le coq dans un panier avec la tête qui dépassait. Un enfant, les yeux bandés devait lui couper la tête. C’était le colin-maillard. 
Le roi, devenait maître d’une classe d’âge et s’appelait « bacularius » : bâtonnier, d’où baccalauréat.

Un Roi du coq, un adulte, était désigné le 1er mai par les confréries d’Archers. Ils fixaient un coq (papegault) au sommet d’un mat. Celui qui l’atteignait devenait Roi pour un an.
Il faut signaler que le premier mai est le jour de la fête de saint Marcoul, fou de mai, vêtu de son coqueluchon et de sa crête (grelots)
Le mot coqueluchon désignait d’abord un capuchon qu’on se mettait lorsqu’on avait la coqueluche, maladie dont la toux rappelle le chant du coq.

Le coq était autrefois désigné par gault (gallinacés) ou geau qui venait de la racine GAL, terme grec qui servait à nommer le lait : gala, mais aussi le blanc. Encore aujourd’hui, les Français sont appelés par les Grecs : les Gallika.
Rabelais raconte que :
« C’est à cause pourquoi Galli (ce sont les François) ainsi appelés parce que blancs sont naturellement comme laict, que les Grecs nomme « gala ». Volontiers portent plume blanche sur leur bonnet. »

À Saint Jacques de Compostelle, il y a une cage avec un couple de gallinacés. Les Français qui faisaient partie du pèlerinage cherchaient toujours à s’emparer d’une plume du coq pour mettre à leur chapeau.
Ces gallinacés ont pour origine le miracle du pendu-dépendu qui est arrivé à deux pèlerins. Le fils avait été accusé de vol par une servante. On le pendit. Le père continua son voyage à Compostelle. En revenant, il trouva son fils toujours pendu mais encore vivant. On alla trouver le juge qui, n’y croyant pas, promit de dépendre le pendu si le coq déjà cuit, qui ornait sa table, se mettait à chanter. Illico le coq ressuscita en chantant. On pendit la servante.

Pour bien comprendre la mythologie du coq, il faut s’imprégner d’une chaîne sémantique : Coq – gal – gallus – gaulois – gala – lait – blanc – laiteux – galaxie – voie lactée.
Chaîne à laquelle on rajoutera « sperme » et « moelle » (substantifique) et même « perle ».  La voie lactée a été créée grâce au sperme contenu dans le pénis d’Ouranos que son fils Chronos avait outrageusement coupé sur l’incitation de sa mère Gé.
Le reste du sperme tomba dans la mer et donna naissance à Vénus qui sortit de la mer dans une coquille saint Jacques (de Compostelle) Et oui, quand vous allez vous bronzer à la mer, vous vous baignez dans l’écume (Aphrodite) qui n’est autre que le sperme d’Ouranos !

Autrefois, en Touraine, on offrait un coq BLANC à saint Christophe (encore un passeur de voie lactée) pour qu’il guérisse d’un mal qui venait au bout du doigt. (sans doute un panaris) Mais il fallait que le coq soit blanc.

Lorsque Mahomet monta au ciel, il trouva, je crois au troisième ciel, un ange blanc, géant, qui avait une tête et des pattes de coq. Quand il chantait, tous les coqs de la terre chantaient, quand il battait des ailes, tous les coqs de la terre battaient des ailes.Le coq, toute une histoire dans POULE et COQ 800px-Coq_Cou_nu_FR_2013
Pour la mythologique, un grand coq blanc s’étend de la terre au ciel.
La tradition Talmudique nous dit que lorsqu’un homme rencontre l’Ange de la mort, il se met à pleurer et à crier et sa voix pénètre aux extrémités du monde mais il n’y a que le coq qui l’entende.

C’est peut-être ça que Saint Pierre entendit lors de son reniement : trois fois le coq chanta prévoyant la mort de Jésus. Au sommet de chaque église il y a un coq. Or, Saint Pierre est le patron de l’Eglise. Le coq étant un animal psychopompe, c’est grâce à son chant que les âmes des morts montent au cieux.

Il est le seul animal dont le lion à peur. Car le cri du lion fait perdre la mémoire des origines. Le coq la fait retrouver

Voilà quelques renseignements sur l’animal séculaire, nécessaire à notre vie à tous mais aussi à notre mort.

écrit par Willy Bakeroot

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DES CANARDS PARTICULIERS

Posté par othoharmonie le 10 octobre 2015

 

 

 Les canards belges

Riche en cours d’eau et marais, la Belgique possède de nombreuses races de canards. Pas toujours sélectionnées pour l’aviculture sportive mais plutôt pour la production. La plupart de ces races belges sont, de nos jours, rares, voire ont disparu.

 canard particulier

Le canard de Forest

Ce canard de 3 kg porte le nom de la localité de Forest-lez-Bruxelles où habitait son créateur, Herman Bertrand. Son standard fut adopté au début du siècle, mais la première guerre mondiale mit un sérieux frein à son développement. La variété d’origine est le bleu liseré noir.

Principales caractéristiques : port légèrement relevé ; bec long, de couleur bleue ; tarses cuir orange chez les variétés claires, brun orange foncé et à palmures noirâtres chez les variétés foncées. Différentes variétés : bleu liseré noir, bleu uni, noire, chocolat, gris perle, gris perle liseré, blanche. 

Le canard de Herve

Grand canard probablement importé de France (ses ressemblances avec le canard de Rouen clair sont importantes, surtout au point de vue du coloris du plumage) qui s’est bien adapté aux plateaux du pays de Herve. Bien que non sélectionnés, les sujets rencontrés étaient assez homogènes.

Principaux caractères : port horizontal ; yeux brun foncé ; bec rosé légèrement teinté de gris (jamais de vert) ; tarses jaunes.

 

Le canard de Huttegem ou d’Audenarde

Au siècle dernier, les prairies bordant l’Escaut aux environs d’Audenarde (avec Huttegem comme centre) étaient presque constamment sous les eaux ; les habitants de l’endroit en profitèrent pour entreprendre l’élevage du canard sur une assez grande échelle, dans des sortes d’abris en paille ou huttes disséminées dans ces zones marécageuses. Comme la cane couvait peu, les éleveurs faisaient couver les oeufs par la poule du pays bien acclimatée aux prairies humides : la Huttegem.

Le standard de cette race fut adopté en 1913. Canard de taille moyenne (canard : 2,25 à 2,5 kg ; cane : 2 à 2,25 kg), paraissant assez haut sur pattes. Animal élevé à 2 fins : chair (chair blanche) et ponte.

 

Autres caractéristiques : port oblique, allant vers la verticale ; tête fine ; bec droit, de couleur bleu plomb ; yeux à iris bleu foncé, presque noir ; cou long et mince ; tarses rouge clair, souvent tachetés de noir. Coloris du plumage : bleu ; le cou, la poitrine, le ventre, le vol, l’abdomen jusqu’au croupion sont blancs. 

Le canard d’Idegem ou du Gavre

Originaire d’Idegem, région de Grammont, ce canard était de petite taille, un peu plus fort que le canard de la Semois, mais à la tête plus petite. Il était utilisé pour l’élevage des aquatiques d’ornement sauvages et comme appelant à la chasse, mais aussi pour sa production et sa chair fine. Principaux caractères : port horizontal ; bec et cou moyens ; tarses fins ; masse de 1,5 à 1,7 kg. Toutes les variétés bien déterminées, sauf la blanche, sont admises, avec ou sans huppe. 

Le canard de La Plaigne

Les prairies souvent inondées qui bordaient les rives de l’Escaut dans le Tournaisis étaient mises à profit pour l’élevage du canard de La Plaigne. Les canetons étaient surtout nourris de vers de terre qui se trouvaient en abondance dans ces terrains. Souvent les paysans faisaient en sorte de faire débuter les éclosions en novembre pour avoir des canards à vendre en fin d’hiver, époque à laquelle ils se vendaient le plus cher. Ce canard aurait pour origine des croisements effectués à partir de 1873 par Aimable Dervol, un éleveur d’Ypres.

Il n’y a pas eu de standard précis : le canard de La Plaigne ressemble par son plumage au canard de Huttegem, mais avec un bec verdâtre et de taille plus réduite ; il existe aussi une variété blanche avec un bec orange. 

Le canard de Merchtem

L’origine de cette race n’est pas connue : à partir de la race anglaise Aylesbury ou du canard belge de Termonde ? Du sang de Coureur indien améliora sa ponte. Merchtem est proche de Bruxelles, et les produits de basse-cour issus de cette contrée étaient destinés, au siècle dernier, au marché de la capitale belge.

C’est un beau canard de 3 à 3,5 kg (la cane est plus légère), au port horizontal, au plumage uniformément blanc, au bec rosé, aux yeux foncés et aux tarses jaunes. Il fournit de très gros canetons moyennement précoces à chair très blanche. La cane de Merchtem est une très bonne pondeuse. 

Le canard de Termonde

Il est semblable à d’autres races de canards disséminées de par le monde : canard Suédois, Duclair (France) et de Poméranie (Allemagne). 

Le canard de la Semois

C’est un petit canard (1,25 à 1,5 kg), un peu plus gros que le Mignon, qui a pour origine la vallée de la Semois. Ornemental (surtout la variété à huppe), le canard de la Semois était souvent utilisé pour la couvaison et l’élevage des aquatiques d’ornement sauvages. 

Principales caractéristiques : port horizontal ; bec de longueur moyenne, de couleur jaune vif à fève blanche ; yeux à iris bleu, toléré foncé ; cou mince, de longueur moyenne, légèrement courbé ; tarses fins, jaunes. Il n’existe qu’un seul coloris de plumage : le blanc ; par ailleurs, ce canard peut avoir une huppe. 

  Canard Campbell

Créé en 1901 par Mme Campbell d’Uley (Gloucestershire), en Angleterre, à partir du canard sauvage, du Coureur Indien panaché brun et blanc et du Rouen. Lors de l’établissement du premier standard, le coloris ne fut pas trop pris en considération : Mme Campbell s’était surtout employée à produire un canard à pondre. Et ce dernier connut son heure de gloire au début du siècle, car c’était effectivement une véritable  » machine à pondre  » des oeufs de 85 g, à la coquille de couleur blanche à verdâtre – en moyenne 250 à 260 oeufs par an et par cane, avec un record du monde de 357 oeufs en 365 jours en 1928 ! 

Le canard pèse 2,5 kg et la cane 2 kg. Ce n’est donc pas une grosse race, ce qui semble logique : les meilleures canes pondeuses ne sont, en effet, pas de gros animaux.

Jusqu’à une époque récente, cette race de canard était dénommée « Kaki Campbell » ou « Kaki », mais depuis l’apparition de la variété blanche (encore rare) il faut dire « Campbell » : « Campbell kaki » ou « Campbell blanc », selon la variété. 

  Canards Cayuga

Il porte le nom du lac Cayuga, au sud du lac Ontario, dans l’état de Nevv York (Etats-Unis). Ce serait vers 1851 qu’apparurent des canards noirs sur le lac, et les premiers spécimens, envoyés par W. Simpson, arrivèrent en Angleterre vers 1871, où ils furent sélectionnés. Cette hypothèse est séduisante, mais je pense que l’origine de ce canard est plus simple : on obtient facilement des canards noirs par croisements. Le Cayuga peut être considéré comme le grossissement du canard Labrador, par croisement avec le Rouen par exemple. Un éleveur nommé Garnot, en France, était parvenu vers 1880 à obtenir du canard Labrador plus gros que le Rouen. De plus, Lewis Wright rapporte que, 20 ans avant l’envoi de W. Simpson, on trouvait un canard noir, bien fixé, dans le Lancashire.

C’est un canard assez gros (canard : 3 kg cane : 2,5 kg), au tempérament docile, au plumage complètement noir profond à riches reflets verts.

Les oeufs pèsent 65 g ; la coquille a une couleur variable de blanc à verdâtre. 

  Canards Coureur Indien

Au 18ème siècle, Buffon décrivait déjà un canard qui ressemble fortement au Coureur Indien. S’il est donc exact qu’il existait en Europe et plus particulièrement en France des canards rappelant cette variété, il ne semble pas qu’il faille chercher là la véritable origine de cet oiseau. Cette origine a d’ailleurs été discutée. Voiteller, en 1925, écrit que « cette race est de création récente et paraît être le résultat de croisements où la race de Pékin aurait été mise à contribution. Pour justifier un peu son nom exotique, on a tenté de faire l’histoire de son importation en Europe, mais ses premiers propagateurs ont reconnu lui avoir donné son nom sans souci de son origine. »

Chenevard, en 1931, écrit aussi que « l’origine de cette race est obscure et discutée ; la seule chose certaine est que sa diffusion dans le monde est due à l’Angleterre. Pour les uns, elle vient de Chine, ou de Malaisie, ou de l’Inde du Nord où elle serait connue depuis trente siècles. Son importation en Angleterre daterait du 19ème siècle. Pour d’autres, elle serait une création de Lancelot-Pickering et proviendrait de croisements entre des canards provenant de Virginie et de Pékin. »

 Canard a la queue leu-leu

En réalité, il semble que la véritable origine de ce canard remonte à son importation par les Anglais. Les indications fournies par ces derniers sont trop précises pour pouvoir être mises en doute. Les voici pour l’essentiel. Un capitaine de bateau ramena d’Asie des canards (Coureurs Indiens ) blancs, fauves, fauve et blanc, et en distribua à des amis éleveurs, en particulier à Mme Little, originaire de VVorkington, habitant Carlisle. Cette dame en céda à Pickering d’Applery qui sélectionna ce canard. 

A partir de l’Angleterre, ces canards arrivèrent ensuite sur le continent. La cane pond des oeufs de 65 g minimum, d’après le standard ; la couleur de la coquille est blanche pour la plupart des variétés, verdâtre pour les variétés foncées. La cane Coureur a une réputation d’excellente pondeuse. Le record de ponte, en concours, est de l’ordre de 350 oeufs en 365 jours. Une cane Coureur dans des conditions favorables donne plus de 200 oeufs par année. Elle pond dès l’âge de 6 mois, et cette ponte est soutenue pendant 3, 4 et même 5 ans. Actuellement, il semble que les éleveurs se soient évertués à sélectionner le type de ce canard plutôt que ses facultés de ponte.

Unique chez les canards : le Coureur indien a un port quasi vertical, alors que tous les autres ont une ligne du dos plus ou moins horizontale. Son corps mince et allongé, son long cou, ses petites ailes, sa tête mince, ses pattes portées très en arrière ne font que renforcer cette impression verticale. 

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La Petite Gardeuse d’oies

Posté par othoharmonie le 29 septembre 2015

 

 

La Petite Gardeuse d’oies (Die Gänsemagd) est un conte de Jacob et Wilhelm Grimm.

la-petite-gardeuse-doieUne princesse doit quitter sa mère la reine pour rejoindre l’époux qui lui est destiné. Celle-ci lui fait don d’un mouchoir sur lequel elle dépose trois gouttes de son sang puis lui offre un cheval nommé « Falada » et unecamériste.

La jeune fille part ensuite pour rejoindre son époux mais en chemin, elle perd le précieux mouchoir que lui avait donné sa mère.

Or ce mouchoir avait le pouvoir de la protéger ; elle devient donc faible et incapable de se défendre. La camériste qui l’accompagne, voyant qu’elle a perdu son mouchoir et qu’elle est désormais à sa merci, l’oblige à échanger ses habits avec elle et prend sa place en lui faisant promettre de ne jamais révéler son secret. Arrivée au château, la camériste épouse le prince et la jeune princesse est obligée de garder les oies du roi. La camériste fait ensuite tuer le cheval Falada qui avait le pouvoir de parler et pourrait révéler son secret. Mais la princesse obtient le droit d’accrocher la tête de Falada sur une porte et lui parle chaque jour en passant devant. Or même morte, la tête a toujours le pouvoir de parler et lui répond inlassablement :

« Ô jeune reine, comme tu vas là, si ta mère savait cela, son cœur volerait en éclats. »

C’est ainsi que le roi apprend un jour l’identité de la princesse. Mais comme celle-ci refuse de trahir sa promesse, il lui suggère de se confier à un poêle et apprend enfin toute la vérité. La camériste subit son supplice et meurt dans un tonneau rempli de clous. La jeune princesse épouse le prince.

 

Un jour, il y a très longtemps, le fils d’un puissant comte, errant dans un endroit sauvage, y rencontra une vieille, très vieille femme en train de lier un énorme tas d’herbe fraîche. — Qu’allez-vous faire de toute cette herbe? qu’il lui demande. — L’apporter chez moi pour la donner à mes oies. — C’est bien trop lourd pour vous, laissez-moi vous aider. — Volontiers, dit la vieille qui, avec une force insoupçonnée dans ce corps chétif, arrima le tas d’herbe sur le dos du jeune homme et ajouta:

– Prenez donc aussi mes paniers de pommes.

– Est-ce loin? demanda le pauvre garçon, écrasé sous la charge.

– Une heure de marche, pas plus…

Allez! En route! Le chemin grimpait durement, le soleil chauffait, les pierres roulaient sous les pieds, l’herbe pesait lourd comme du plomb, les pommes avaient le poids du bronze.  »Je n’en peux plus », dit le jeune comte, s’arrêtant pour reprendre haleine.

– Ah! Ah! fit la vieille avec un ricanement, jeune et fort comme tu es, ne peux-tu soulever ce que je transporte à tous les jours? Pourquoi s’arrêter? Personne ne viendra te secourir ici . » Et, ricanant de plus belle, elle prit son élan et sauta debout sur le tas d’herbe. Le garçon chancela: petite et menue comme elle était, la vieille pesait plus lourd qu’un plein tonneau de vin.

 »Assez, vieille sorcière! » cria-t-il tout en cherchant à se débarrasser de son fardeau. Mais c’était impossible: les paniers demeuraient fixés à ses mains, l’herbe attachée à son dos et la sorcière par-dessus.  »Il n’y a pas de joie sans peine, dit celle-ci. Je te réserve une belle surprise, mais il faut d’abord avancer », et, disant cela, elle lui fouettait les bras et les jambes à grands coups de chardon. Quand, au sommet de la montagne, la cabane de la vieille femme apparut enfin, le comte était à rendu bout de forces. Ses genoux tremblaient et un brouillard s’étendait devant les yeux. Il remarqua pourtant, au milieu d’un troupeau, une horrible gardienne d’oies, vieille et édentée, qui, sans se soucier de lui, s’élança vers la sorcière, disant:

– Comme vous revenez tard, mère, que vous est-il arrivé?

– Rien de fâcheux, au contraire, mon enfant; cet aimable jeune homme m’a offert de m’aider, et, en sa compagnie, le temps a passé très vite. Ce fut seulement après avoir longuement plaisanté sur les joies de cette promenade que la vieille, enfin, sauta à terre et délivra son porteur. Celui-ci s’écroula, plus qu’il ne s’assit, sur un banc, et il s’endormit aussitôt, anéanti de fatigue Une main brutale l’arracha à son sommeil quelques instants plus tard.  »Voici ta récompense, lui dit la vieille, si tu en fais bon usage, elle t’apportera du bonheur. » Le comte regarda ce qui lui était offert: c’était un coffret d’émeraude contenant une unique mais très grosse perle. Il remercia la vieille et partit aussitôt. Sa fatigue s’était dissipée, mais il dut marcher pendant trois jours avant de pouvoir quitter la montagne et il se trouva alors aux abords d’une grande ville, inconnue de lui. Il demanda son chemin et on le conduisit au palais. Le roi et la reine le reçurent si bien que, n’ayant rien d’autre à leur offrir, il prit le coffret d’émeraude, qu’il posa sur les genoux de la reine. Celle-ci l’ouvrit et aussitôt, devenant très pâle, elle s’évanouit. Tandis qu’on ranimait la reine, le roi s’empara du coffret, regarda ce qu’il contenait et demanda:  »Comment avez-vous eu cette perle? Je donnerais tout au monde pour retrouver celle qui l’a perdue.

– Je ne sais pas qui l’a perdue, dit le comte, mais celle qui me l’a donnée ne mérite certes pas tant d’empressement. » Puis il raconta ce qu’il savait de la sorcière. Le roi l’écouta avec attention et le supplia de le conduire aussitôt auprès d’elle. Quant à la reine, à peine revenue de son évanouissement, elle insista tellement pour se joindre à eux, que tous trois se mirent aussitôt en route. A la nuit tombante ils s’égarèrent et le comte se retrouva seul, dans une vallée sauvage où il décida de passer la nuit dans les branches d’un gros orme, au-dessus d’un puits abandonné. Il allait s’endormir lorsque, à la lueur de la lune, il aperçut une forme humaine descendant la vallée: c’était la gardienne d’oies. Elle s’approcha du puits, ôta les nattes grises qui couvraient ses cheveux et le masque de peau qui cachait son visage, puis, se penchant sur l’eau, elle mouilla ses mains, ses bras et sa figure.

La Petite Gardeuse d'oies dans OIE ET CANARD 250px-Blue_Fairy_Book-The_Goose_Girl-3Alors elle apparut, belle comme le jour, avec son teint de lis, ses yeux clairs et le manteau d’or de ses cheveux la couvrant tout entière. Si grande était la stupéfaction du comte qu’il ne pouvait en croire ses yeux et, écartant les feuilles, il se pencha pour mieux voir. Mais son geste fit craquer une branche et, prompte comme une biche effarouchée, la jeune fille remit son masque et disparut à travers les buissons, tandis qu’un nuage venait voiler la lune et couvrir sa retraite. Le comte descendit de l’arbre et s’élança à la poursuite de la si belle inconnue.

Il ne put la rejoindre, mais sa course le conduisit auprès de l’endroit où s’étaient arrêtés le roi et la reine et, les éveillant, il leur raconta ce qu’il venait de voir. A son récit, l’émotion de la reine s’accrut encore. Incapable d’attendre que le jour se lève, elle décida le roi à reprendre aussitôt leurs recherches, et tous trois marchèrent longtemps à la clarté des étoiles. Arrivés enfin, au sommet de la montagne, ils aperçurent une lumière. La sorcière veillait encore, guettant les arrivants, et au premier coup qu’ils frappèrent, la porte s’ouvrit.

– Que désirez-vous? dit la vieille, hargneuse.

– Madame, lui dit la reine, d’où tenez-vous cette perle?

– C’est une larme que pleurait une pauvre fille, chassée par ses parents.

– Ma fille aussi pleurait des perles, dit la reine.

– Et moi, je l’ai chassée, dit le roi.

– Si ma fille est encore en vie et si vous savez où elle est, s’écria la reine, dites-le-moi, par pitié. Mais la sorcière refusa de répondre et lui demanda quel crime avait pu commettre son enfant pour qu’elle soit chassée.  »J’avais trois filles, commença la reine, que j’aimais tendrement, mais la plus jeune était ma préférée. »

 – Elle était la mienne aussi, reprit le roi, mais un jour, j’ai voulu savoir à quel point mes filles m’aimaient. L’aînée, qui est coquette, m’a répondu qu’elle m’aimait plus que sa plus belle robe. La seconde, qui est coquette aussi, m’a dit qu’elle me préférait à ses plus beaux bijoux. La troisième m’a répondu:  »Je vous aime comme j’aime le sel. » Alors je l’ai chassée et j’ai partagé mon royaume entre les deux autres.

– Ah! Ah! Ah! s’écria la sorcière. Les aliments sans sel n’ont pas de goût. Votre fille voulait dire que, sans vous, la vie n’aurait plus de saveur, et vous l’avez chassée. Ah! Ah! Ah!

– Hélas! dit la reine. Nous l’avons compris trop tard! Nous avons fait en vain fouiller la forêt et la montagne. Sans doute les bêtes sauvages ont dévoré notre pauvre fille.

– Sans doute, dit la sorcière et, se levant, elle ouvrit une porte et appela:  »Viens, ma fille. » Ce ne fut pas la gardienne d’oies qui entra, ou plutôt ce fut elle, sous la forme de la magnifique princesse que le comte avait aperçue au bord du puits. Elle se jeta en pleurant de joie dans les bras de ses parents, et ses larmes étaient des perles. Sans mot dire, le comte observait la scène, puis, détachant avec effort son regard de la belle princesse, il voulut implorer la pitié de la sorcière…

Mais il ne reconnut plus celle-ci. Un sourire de joie la transfigurait et il comprit que cette vieille femme si odieuse n’était pas une sorcière, mais plutôt une bonne fée déguisée.  »Puisque vous avez déshérité votre enfant, dit-elle intervenant alors, et puisque, depuis trois ans, je la considère comme ma fille, avant de vous la rendre laissez-moi la doter.

Pour fortune, je lui donne ce monceau de perles, qui sont toutes les larmes qu’elle a versé sur vous. Pour demeure, je lui offre cette chaumière où elle a vécu loin de tout danger, sans autre chagrin que votre absence, et pour époux je lui suggère de prendre ce jeune comte dont le cœur est bon, puisqu’il a tour à tour secouru une vieille femme ployant sous sa charge et aussi des parents accablés par le chagrin. » A peine avait-elle achevé sa phrase que la chaumière se mit à craquer de toutes parts: un splendide palais la remplaça, et le jour levant éclaira la montagne, brusquement devenue fertile et peuplée. Nul ne revit la bonne fée, mais la fille du roi et le fils du comte vécurent longtemps, heureux et puissants dans le lieu même où, autrefois, il avait été si difficile de nourrir un troupeau d’oies. 

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LA CHOUETTE, L’OISEAU LUNAIRE

Posté par othoharmonie le 2 mars 2015

 

 

La chouette, que nous poursuivons d’une fâcheuse réputation de voleuse et dont nous faisons un emblème de laideur, apparemment contre l’avis de Rabelais, était l’oiseau d’Athéna. Oiseau nocturne, en relation avec la lune, elle ne peut supporter la lumière du soleil, et s’oppose donc en ceci à l’aigle, qui la reçoit les yeux ouverts.

 

290px-Bubo_scandiacus_Delta_3René Guénon a noté qu’on pouvait voir là, ainsi que dans le rapport avec Athéna-Minerve, le symbole de la connaissance rationnelle, perception de la lumière lunaire par reflet, s’opposant à la connaissance intuitive, perception directe de la lumière solaire. C’est peut-être aussi pourquoi elle est traditionnellement un attribut des devins : elle symbolise leur don de clairvoyance, mais à travers les signes qu’ils interprètent.

Dans la mythologie grecque la chouette est représentée par Ascalaphos, fils d’Acheron et de la nymphe de l’obscurité : c’est elle qui voit Perséphone goûter à un fruit de l’enfer, un grain de grenage, et la dénonce, lui interdisant ainsi tout espoir de remonter définitivement au jour.

Chez les Aztèques, elle est l’animal symbolique du dieu des enfers, avec l’araignée. Dans plusieurs Codex, elle est représentée comme la gardienne de la maison obscure de la terre. Associée aux forces chthoniennes, elle est aussi un avatar de la nuit, de la pluie, des tempêtes. Ce symbolisme l’associe à la fois à la mort et aux forces de l’inconscient luni-terrestre, qui commandent les eaux, la végétation et la croissance en général.

Dans le matériel funéraire des tombes de la civilisation pré-incaïques Chimu (Pérou), se rencontre fréquemment la représentation d’un couteau sacrificiel en forme de demi-lune, surmonté de l’image d’une divinité mi-humaine mi-animale en forme d’oiseau de nuit, chouette ou hibou. Ce symbole qui est manifestement lié à l’idée de mort et de sacrifice, est orné de colliers de perles et de coquilles marines, la poitrine peinte en rouge, et la divinité ainsi représentée est souvent flanquée de deux chiens, dont on connaît la signification de psychopompe. Ce hibou, ou cette chouette, tient souvent un couteau de sacrifice dans une main et dans l’autre le vase destiné à recueillir le sang de la victime.

De nos jours encore elle est divinité de la mort et gardienne des cimetières pour de nombreuses ethnies indo-américaines. Il demeure cependant frappant qu’un vecteur de symbole aussi universellement ténébreux et associé à de sinistres idées ait pu, dans les langues latines, désigner en tant qu’adjectif la jolie femme, puis indifféremment tout ce qui est de bon présage.                                               

« Chouette » est un nom vernaculaire qui désigne des oiseaux de la famille des Strigidae, sans pour autant désigner tous les oiseaux de cette famille, qui regroupe environ 200 espèces caractérisées comme des rapaces solitaires et nocturnes. La chouette se distingue du hibou par la simple absence d’aigrettes sur la tête. Les aigrettes sont des touffes de plumes, qui dans le cas du hibou donne l’impression d’oreilles ou de cornes.

La symbolique de la chouette est multiple, et a beaucoup varié :

  • Comme on l’a vu, la chouette était, dans le monde antique, le symbole de la sagesse.  Elle était liée à la déesse grecque Athéna, déesse des Arts et de la sagesse de la guerre défensive et de l’activité intelligente. De ce fait la chouette  prêta son symbole ailé à la ville d’Athènes, qui frappa monnaie à l’effigie de l’animal qui, d’ailleurs, se retrouve actuellement sur la pièce grecque de un euro. Dans de nombreuses institutions (écoles, universités), la chouette fait partie des armes héraldiques.                                        
  • Dans le monde romain, les termes « striga » (sorcière) et « strix  » (chouette/stryge) étaient utilisés en parallèle. On accusait les oiseaux nocturnes de boire le sang des enfants pendant la nuit, d’où le mythe des stryges. Les Romains empruntèrent aux Grecs leur vision des chouettes. Ils y voyaient aussi un symbole de mort, car elles volent de nuit et nichent en des lieux difficiles d’accès. Voir une chouette de jour devenait alors un mauvais présage.
  • Au  Moyen Age, elle était associée à la rouerie et à la tromperie  du fait que la chouette  profite de la nuit pour chasser, moment où ses proies sont souvent « aveugles » tandis qu’elle voit clair. On la clouait donc devant sa porte pour conjurer le sort maléfique.
  • Dans l’armée française, elle est le symbole de la Brigade de Renseignement.
  • Pour les Romains, le cri de la chouette annonce le décès proche de quelqu’un vivant dans le voisinage. Cette croyance se retrouve dans certaines régions françaises mais ici associée au décès d’un être proche au niveau familial.
  • Son caractère nocturne lui vaut aussi une connotation démoniaque : elle se retrouve être l’animal de compagnie des sorcières comme le savent les lecteurs de Harry Potter.  
  • Sa capacité à voler en silence, sa couleur blanche et son cri strident, expliquent le nom de la chouette effraie,  dite aussi Dame Blanche, d’où sa présence dans de nombreuses histoires de fantômes.
  • De façon plus anecdotique,  la double symbolique « oiseau de la sagesse »/ »oiseau à lunettes qui veille tard » en fait le symbole tout trouvé de certains  khagneux (étudiants préparationnaires littéraires) qui la nomment «Vara » (cagneuse, en latin).
  • La chouette est le symbole touristique de la ville de Dijon, elle y est sculptée dans une pierre d’angle de l’Eglise Notre-Dame. Dans la rue de la Chouette, voie piétonne qui longe le côté nord de l’église et le chevet, une pierre de Notre-Dame porte une marque singulière qui a suscité la curiosité de certains historiens de la ville. A l’angle d’un contrefort d’une chapelle de l’église est sculpté un oiseau que les Dijonnais appellent la chouette. Sa signification est toujours inconnue, bien que de nombreuses hypothèses aient été émises à son sujet. Pour certains, la chouette pourrait être une forme de signature laissée là par un architecte ou par un tailleur de pierre. Il ne peut s’agir en tout cas de la signature de l’architecte de l’église, car cette chouette est sculptée sur une chapelle élevée à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle, soit plusieurs siècles après la construction de Notre-Dame.

 

LA CHOUETTE, L’OISEAU LUNAIRE dans CHOUETTE ET HIBOU 220px-Aryballos_owl_630_BC_Staatliche_AntikensammlungenLa chouette est très usée à cause de la vénération  superstitieuse qu’elle suscite. En effet, Dijonnais et touristes ont coutume de la caresser, de la main gauche, pour demander que leur souhait soit exaucé. Il n’en subsiste donc aujourd’hui que la forme générale, la plupart des détails de la sculpture ayant depuis longtemps disparu.

Dans la nuit du 5 au 6 janvier 2001, un vandale a porté à la chouette plusieurs coups de marteau. Cette dégradation suscita l’émotion des Dijonnais. Plutôt que de laisser la chouette en l’état ou de remplacer le bloc de pierre sur lequel elle était sculptée, il fut décidé d’en réparer les cassures. Un moulage de la chouette avait été réalisé en 1988 par un statuaire mouleur du Louvre. Il servit de modèle à la réparation, qui consista à incruster des fragments de pierre, ensuite patinés. Ce travail s’accomplit fin janvier et début février 2001. Depuis cet incident, un système de vidéosurveillance a été mis en place afin de prévenir toute récidive. La chouette restaurée a été inaugurée officiellement le 12 mai 2001.

Ces péripéties n’ont fait qu’accroître la popularité de cette sculpture à Dijon. L’Office de tourisme l’a choisi en 2001 comme symbole de fléchage pour le Parcours de la Chouette, circuit touristique piéton qui fait le tour du centre historique avec un balisage devant les principaux monuments. 

Machin chouette est une expression familière qui désigne une personne dont on ne connaît pas, ou plus, le nom. C’est aussi le titre d’une pièce de théâtre de Marcel Achard, créée au Théâtre Antoine en 1964.

  • Au Japon, les chouettes sont des symboles positifs ou négatifs en fonction de leur espèce. Les chouettes effraies sont démoniaques alors que les chouettes hulottes sont des messagères des Dieux. 

Bibliographie : Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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Le petit Paon

Posté par othoharmonie le 7 mars 2014

 

Un vieux et une vieille adoptèrent un petit paon et l’élevèrent comme un véritable enfant. Au printemps, le petit paon sortit gratter le fumier pour y trouver des vers de terre mais découvrit à la place un ducat d’or !…

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Il était une fois un vieux et une vieille. Ils vivaient loin du village, dans une ferme.
Comme ils n’avaient pas d’enfant, et que cela les attristait beaucoup, ils adoptèrent un petit paon et l’élevèrent tout au long de l’hiver, bien au chaud dans la cuisine, comme un véritable enfant.

Le printemps venu, le petit paon sortit gratter le fumier pour y trouver des vers de terre.
Gratte, gratte, gratte tant que soudain sous sa patte : un ducat d’or ! « J’ai trouvé un ducat d’or, j’ai trouvé un ducat d’or ! »

De l’autre côté du village, le roi, dans son palais, entend. C’est un roi très cupide ! Tout trésor doit lui revenir !
Il envoie ses soldats arracher le ducat du bec du petit paon.

Le petit paon est bleu-vert de colère :
« Rendez-moi mon ducat d’or ! Rendez-moi mon ducat d’or ! »
Les soldats s’en moquent. Ils filent à grandes enjambées.

Mais le petit paon n’a pas l’intention de se laisser faire !
Il se met en route vers le palais royal :
« Roi, roi, rends-moi mon ducat, rends-moi mon ducat ! »

Mais voilà que sur le chemin, surgit un renard. Il se pourlèche :
« Petit paon je vais te manger ! »
« Tu me mangeras ou je te mangerai, mais sur mes pas, ne reviendrai ! »
Le petit paon ouvre le bec et avale le renard tout entier.

« Roi, roi, rends-moi mon ducat, rends-moi mon ducat ! »

Mais voilà le chemin barré par une rivière.
« Petit paon je vais t’avaler ! »
« Tu me mangeras ou je te mangerai, mais sur mes pas, ne reviendrai ! »
Le petit paon ouvre le bec et avale la rivière tout entière.

« Roi, roi, rends-moi mon ducat, rends-moi mon ducat ! »

Mais voilà autour de lui un essaim d’abeilles en furie !
« Petit paon nous allons te piquer ! »
Le petit paon ouvre le bec et avale l’essaim tout entier.

Le petit paon est arrivé devant le palais. Sous les fenêtres du roi, il fait les cent pas :
« Roi, roi, rends-moi mon ducat ! Roi, roi, rends-moi mon ducat ! »
« Qu’est-ce que c’est que ce vacarme ? crie le roi. Soldats ! Attrapez cet effronté et jetez-le dans le poulailler. Les coqs lui feront la peau ! »

Dans le poulailler, les coqs s’élancent, ergots tendus. Mais le petit paon se suspend au grillage tête en bas, ouvre le bec et… Et du bec du petit paon sort… Le renard.
Le renard étripe les coqs, étrangle les poules, assassine les canards et s’en va, bien repus et la queue en panache, en laissant la porte ouverte.

Le petit paon sort derrière lui et retourne sous les fenêtres du roi :
« Roi, roi, rends-moi mon ducat ! Roi, roi, rends-moi mon ducat ! »
« Soldats, jetez ce petit paon dans le four de la cuisine ! »

Dans le four de la cuisine, le petit paon se couche sur le flan, ouvre le bec et… Et du bec du petit paon sort… La rivière ! La rivière éteint le feu, brise la porte du four, se répand dans la cuisine, renverse vaisselle et meubles sur son passage et va rejoindre son lit en massacrant le jardin fleuri du roi.

Et le petit paon, lui, retourne sous les fenêtres du roi :
« Roi, roi, rends-moi mon ducat ! Roi, roi, rends-moi mon ducat ! »

Le roi hurle :
« Cette fois, je m’en occupe moi-même ! »
Il attrape le petit paon, le dépose sur son trône et s’assoit sur lui ! Na !

Sous le gros derrière du roi, le petit paon ouvre le bec et… Et du bec du petit paon sort…. L’essaim d’abeilles.
Et pique, pique, pique le derrière du roi !
« J’abdique, dit le roi, qu’est-ce que tu veux, volaille de l’enfer ? »
« Roi, roi, rends-moi mon ducat ! Roi, roi, rends-moi mon ducat ! »
Le roi sort une pièce de sa poche et la jette au petit paon.
« Ce n’est pas mon ducat d’or ! Roi, roi, rends-moi mon ducat ! »

Au bord de la crise de nerf, le roi conduit le petit paon dans la salle au trésor : « Cherche-le toi-même, ton ducat d’or ! »

Des ducats, il y en a des monceaux. Et aussi des tas de perles, de rubis, de diamants…
Picore par ci, picore par là, le petit paon remplit son ventre… Et vous savez combien il y de place dans ce petit ventre… Et puis, tranquillement, il rentre à la ferme chez ses parents.

Le vieux et la vieille sont heureux de revoir leur enfant mais lui, le petit paon, il crie :
« Pendez-moi au plafond, battez-moi avec un balai ! »
Il crie tant et si fort que les vieux s’exécutent et battent – bien doucement – les flancs du petit paon.

Alors du bec du petit paon coulent des diamants, des rubis, des perles, et des ducats d’or, beaucoup de ducats d’or. Un vrai trésor. De quoi vivre heureux.

C’est ce qu’ils firent et s’ils ne sont pas morts, ils vivent encore. 

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