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LE MESSAGE DU PEUPLE DES SINGES

Posté par othoharmonie le 3 mai 2015

 

Javan_Lutung_Trachypithecus_auratus_at_Bronx_Zoo_3Le Peuple des Singes Miroir, miroir, miroir. Le plus grand miroir de l’humanité, nous le sommes. Mais cela, vous l’avez déjà en partie deviné et c’est bien pour ça que nous sommes, par vous, maltraités… L’humanité n’aime pas se regarder alors elle brise le miroir pour ne plus avoir à supporter le reflet. Jamais vous ne trouverez plus fidèle reflet que ce que vous offre le peuple des Singes, jadis confortablement installé dans les forêts et les espaces luxuriants, aujourd’hui trop souvent confiné aux villes, aux parcs zoologiques, aux cirques et aux innombrables cages de vos scientifiques aveugles. Par la science, tel que vous la pratiquez actuellement, jamais vous ne retrouverez l’équilibre et la santé. Vous ne pourrez que cacher le déséquilibre, camoufler la maladie ou temporairement éteindre la douleur… 

La science, tel que vous la pratiquez actuellement, n’est qu’une partie du Grand Tout et c’est le Grand Tout qui guérit véritablement, ré-harmonise, équilibre et distribue toutes les bontés de la vie. Nous du peuple des Singes savons vivre à même cette bonté de vie, lorsque nous ne sommes point perturbés par les humains. Humanité, cessez de penser que par la souffrance que vous nous infligez dans vos laboratoires, vous trouverez réponse à vos multiples problèmes de santé. La torture engendre la torture, la souffrance engendre la souffrance, la peur engendre la peur car la vie est aussi un très puissant miroir. Vous êtes déconnectés du Grand 

Tout et de cela découle toutes les maladies! La clef se trouve dans la reconnaissance de la divinité qui vous habite car par elle et en elle, toutes les guérisons sont possibles. Ce que vous donnez vous revient… Ceci n’est pas punition ou récompense, ceci est loi. En faisant souffrir des êtres pour trouver des solutions, vous engendrez, à long terme, d’autres souffrances et d’autres problèmes encore plus grands. Ne l’avez-vous point remarqué? Oh, humanité, regardez avec vos véritables yeux et voyez que votre peuple paniqué envahit tous les coins de paradis, pille les ressources de la Mère-Terre et la pollue… Certains humains ont le courage de se dresser devant le rouleau compresseur de la « civilisation » et, de par notre message, nous espérons qu’il y en aura de plus en plus! Humanité, en plus de d’eau et de nourriture saine, nous avons besoin d’espace, d’arbres, et d’air pur pour vivre. 

N’est-ce pas là un miroir pour vous, d’une grande simplicité? Le cadeau du peuple des Singes est pressant et impératif, comme les vies effrénées que vous menez. Le cadeau du peuple des Singes est le miroir. Regardez dans nos yeux et vous verrez votre propre souffrance… Regardez dans nos yeux et vous verrez votre propre sagesse… Cette sagesse millénaire que nous transportons est aussi la vôtre, endormie dans vos cellules. Vous savez intrinsèquement comment vivre vos vies pour être en harmonie. Il y a bien longtemps vous avez fait le choix d’oublier la source même de votre existence, vous avez fait le choix de faire l’expérience de la vie sans une connexion consciente à votre divinité. Ce choix génère de grandes souffrances mais il n’est pas trop tard pour vous re-connecter à la partie de vous qui est primate; cette partie tant jugée, rejetée, méprisée. C’est elle que vous mettez en cage. 

Laissez -là plutôt s’exprimer car c’est par elle que vous retrouverez votre chemin vers vous-même. L’évolution de l’humain ne se fera pas sans l’acceptation totale de sa partie « animale »! Tout comme l’humanité, le peuple des Singes transporte une grande conscience. C’est pourquoi nous sommes chargés de vous miroiter vos actions, vos pensées, vos émotions, ainsi que leurs répercussions! Nous sommes parfaitement capables de capter toutes vos subtilités et cela est unique dans le monde animal. Il est était ainsi voulu. De tous mes frères animaux, rares sont ceux qui peuvent capter et utiliser la faculté appelée humour! Nous en sommes capables et ceci est un des cadeaux que nous donnons à l’humanité pour qu’elle puisse observer, avec recul, l’absurdité dans laquelle parfois elle vit. 

 L’humour est un puissant outil pour regarder le miroir avec détachement car l’humanité par son égo, est bien souvent manipulée. La sagesse que nous vous offrons a pour but de déjouer cet égo qui vous a fait prisonnier. Vous aussi, humanité, vous êtes dans des cages mais vous ne les voyez point… Trop souvent, vos valeurs sont apparences, vanités, mensonges, compétition et soif de pouvoir. Votre monde en est formées, alors on ne peut vraiment vous en blâmer mais posez-vous cette question : « êtes-vous fondamentalement satisfaits, heureux dans le monde dans lesquels vous vivez? » 

Nous ne parlons pas ici de votre vie matérielle, de votre quotidien dans vos cages civilisées, mais bien plutôt de l’état général de votre planète, au-delà de votre point de vue immédiat… Y trouvez-vous une source d’harmonie ou d’anxiété? De joie ou de peur? L’amour règne-t-il en maître dans vos sociétés? Nous espérons tous que la paix, la joie et la compassion habite votre cœur et votre vie, car plus il y a de gens qui vivent ces états d’être, plus il y a de chance de rétablir l’équilibre brisé de cette merveilleuse planète! 

Regardez le miroir, humanité et riez car c’est dans l’humour que ce cache la clef qui va vous permettre de vraiment transformer. Lorsque vous riez de vous-même c’est que vous avez la distance nécessaire pour enfin voir et bouger vers les nouveaux horizons que vous choisirez. Il nous arrive, nous du peuple des Singes, d’agir avec violence et cruauté envers les membres de notre propre espèce. Vos scientifiques ont pu remarquer, à des moments bien précis, le chaos qui s’est emparé de nos communautés et les multiples gestes, en apparence isolés, que nous avons posés. Sachez que ceci est un miroir qui vous est présenté, pas pour que vous l’utilisiez à des fins de justifications pour vos propres actions mais bien pour que vous puissiez en voir l’absurdité et l’inhérente folie. Vous ne devez pas singer nos agissements mais bien savoir qu’ils sont un reflet de vos agissements, de vos croyances, de vos actions. Si les humains vivaient en paix, à l’intérieur comme à l’extérieur, les singes seraient les premiers à changer leur comportement… 

Description de cette image, également commentée ci-aprèsPuis, les autres animaux changeraient aussi… Votre société a, pour la grande majorité, acheté la croyance que « c’est le plus fort qui survie » et cette croyance vous nuit terriblement car nous avons tous besoins des différences que chacun apportent pour vivre en harmonie. Le peuple des singes vous dit ceci : la longévité n’est pas un but en soi ou une preuve de réussite, surtout lorsqu’elle est vécue dans la domination, la cruauté et au détriment d’autrui. L’Amour est la véritable mesure d’un être car c’est avec cette force intérieure qu’on vit en équilibre et en paix. Le peuple des singes vous dit : il est temps pour vous de réévaluer vos valeurs et de remettre tout ce que vous croyez en question, humanité, car ce sont vos croyances qui déterminent vos expériences de vie! Transformez-vous d’abord en-dedans et ensuite, vos actions seront porteuses de renouveau. Lorsqu’un nombre suffisant d’entre vous aurez choisis l’Amour et la coopération entre espèces (et entre races…), votre monde se transformera de façon extraordinaire. L’humanité, comme le peuple des singes, se transforme lorsque la masse critique est atteinte. Vos « chercheurs » ont, depuis longtemps, observé ceci chez nous… 

Miroir, miroir, miroir. De nos folies, de nos grimaces, vous riez mais avez-vous bien saisies? Notre humour et nos grivoiseries ne sont pas le fruit d’une simple imitation dépourvu de conscience. Le peuple des singes sait très bien ce qu’il fait et pourquoi il le fait car c’est son rôle. De tous mes frères animaux, nous sommes ceux qui possèdent le corps émotionnelle, la conscience et le mental les plus similaires à l’homme. Et la génétique, paraîtrait-il, est assez proche aussi merci! Comme d’autres animaux, le peuple des singes vient, lui aussi, d’un peuple des étoiles très sage. Ce peuple a toujours été responsable de ce qu’on appelle le « mental supérieur ». Ceci est la faculté de penser à un niveau élevé, la faculté de formuler des intentions claires à partir de schémas mentaux issus tout droit du Grand Cristal, dont nous sommes les gardiens. Même si vous ne pouvez les voir, sachez humanité, que vos pensées crées sans cesse des formes géométriques, des schémas dont les plus élevés se trouvent à être de formes cristallines. Il existe, au sein même de votre planète, un Grand Cristal qui, depuis des milliers d’années, dort. Il ne peut être réactivé qu’au moment où une majorité d’êtres sauront contrôler leurs pensées et les diriger vers ce qui est Amour, vers ce qui construit la vie. 

Par définition, le Grand Cristal qui vit au centre de votre terre est le plus puissant amplificateur qui soit! Le jour de la réactivation de ce Grand Cristal approche à grand pas car le Maître Cristal, partie des confins de l’Univers, est maintenant de retour sur terre! Et, au moment de la réactivation, vous remarquerez que nous, du peuple des singes, parlons! Et oui, humanité, lorsque réactivé le Grand Cristal sera, nous parlerons comme vous le langage limité des mots et nos yeux vous transmettront les notes et les octaves du mental supérieur afin que vous puissiez entendre sa musique et sa majesté. Il y a de cela plusieurs milliers d’années, notre peuple des étoiles a accepté d’envoyer des représentants de son espèce ici pour vivre l’aventure terrestre et côtoyer les humains à titre de gardiens du Grand Cristal. Ces êtres ont de très grands corps très similaires aux vôtres mais ils ont des têtes d’apparence simiennes. Lorsque l’humanité est tombée dans l’obscurité et l’oubli, après l’engloutissement des continents (Atlantide et Lémurie), il en a été décidé que l’outil le plus puissant pour ramener l’homme à sa conscience divine serait celui de l’imitation, du miroir. Le peuple des singes a pris la relève du Grand Cristal qui s’est à ce moment endormi. 

Avant ces grands événements, le peuple des singes avait la faculté de la parole et dans, certains cas, servait d’interprète et d’oracle pour le Grand Cristal. Le dieu Hanuman de la mythologie hindou, a d’ailleurs bel et bien existé. Il était un important représentant simien du peuple des étoiles et il est venu enseigner de grandes choses au peuple des singes et à certains êtres humains initiés… Le Grand Cristal a toujours été et est toujours, le plus puissant amplificateur de pensées et le plus extraordinaire miroir de création qui soit. L’homme se reconnaissant facilement comme « proche parent » du singe, il fut alors pensé qu’il serait facile pour les humains de voir et de comprendre le message du peuple des singes, malgré le fait qu’ils avaient abandonné volontairement la faculté de la parole. Cette faculté s’est endormie avec le Grand Cristal et le mutisme du peuple des singes avait pour but de protéger le savoir relié à l’emplacement et à l’existence du Grand Cristal. Il fut aussi décidé que l’humour serait utilisé pour permettre aux humains de briser les coquilles rigides de leur ego boursouflé. En effet, l’ego n’a aucune prise sur l’humour… 

N’est ce pas là un phénomène fascinant? Nous ne parlons point ici de l’humour sarcastique ou tordu de certains êtres mais bien plutôt de l’humour juste et vrai qui jaillit comme une cascade au fond de l’être et qui désamorce tous les nombreux drames de la dualité. Bien que nous n’ayons pas la faculté du rire, nous transportons en nous le pouvoir de l’humour. Il n’y a rien de plus puissant que de se regarder dans un miroir avec humour, humanité. Ainsi, si vous désirez savoir ce qu’il en advient de vous, regardez ce qui arrive au peuple des singes… 

Description de cette image, également commentée ci-après

Les seules différences actuelles entre l’humanité et le peuple des singes c’est que nos barreaux ne sont pas invisibles et que nous connaissons bien nos bourreaux… Humanité, le règne de l’ego tire à sa fin. De la nature, des animaux vous n’êtes ni supérieurs ni séparés. Ce que vous nous faites, c’est à vous que vous le faites. Cette loi est incontournable et le temps est venu pour vous de pleinement conscientiser les conséquences réelles de vos actes et de faire un choix. Ce choix n’entraîne aucun jugement, aucune condamnation, seulement des différences dans le type de vie que vous vivrez et le monde qui vous entourera. Nous, du peuple des singes, remettons ce choix à vos pieds, humanité. Et nous continuerons de vous montrez les conséquences de ce choix, dans toutes nos actions et éventuellement, à travers nos paroles. Soyez attentif à vous et observez-nous pour savoir où en est l’état de votre monde. 

Nous sommes votre plus fidèle reflet. Et nous vous offrons aussi, la puissance de l’humour comme outil afin de déjouer l’arrogance et la peur qui habitent en vous. Ne vous prenez pas au sérieux. Aimez, riez, dansez mais de grâce, cessez de vous prendre au sérieux. Cela est l’apanage du mental inférieur et il est grand temps pour vous d’élever votre conscience au niveau du mental supérieur. De là jaillira les véritables solutions… 

Nous, du peuple des singes, vous saluons… d’un pied de nez…

Issu de l’article http://communication-animal.net/

 

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L’épouillage, un rituel qui entretient l’amitié

Posté par othoharmonie le 13 avril 2015

 

Gombe_Stream_NP_AlphatierOn voit souvent deux ou trois chimpanzés ensemble, qui fouillent longuement la fourrure des autres et mangent ce qu’ils y trouvent. Au départ, l’épouillage était uniquement destiné à débarrasser l’animal des parasites qui encombrent son pelage, en particulier dans les parties de son corps qu’il ne peut atteindre lui-même. Aujourd’hui, plus qu’une mesure d’hygiène, c’est devenu un rituel, qui entretient l’amitié. Ce comportement occupe une grande place dans la vie sociale de tous les singes qui vivent au sein d’un groupe. Autre moment privilégié : quand ils s’informent les uns les autres, au moyen de cris. Les chimpanzés ont toujours un œil sur les voisins. Que l’un d’eux découvre un congénère ayant saisi une proie, il crie pour avertir les autres, qui s’approchent et quémandent leur part en poussant de petits cris. On a répertorié 23 cris différents ! (Le chimpanzé est un des animaux les plus bruyants de la forêt.) Chaque cri est associé à des grimaces, postures, gestes et mimiques diverses, qui vont du petit grognement de satisfaction accompagnant un repas au hurlement portant sur plusieurs kilomètres. Les cris que poussent les chimpanzés provoquent souvent des réponses de la part des autres membres du groupe ou des groupes voisins, créant alors un chœur qui domine toute la forêt, parfois pendant plusieurs dizaines de minutes.

Des outils pour se nourrir et se défendre

Le chimpanzé est l’animal qui sait le mieux utiliser des outils. Il s’en sert surtout pour se nourrir, de toutes les façons possibles : par exemple il ratisse une surface avec un bâton pour attraper une noix hors de portée de sa main. Plus compliqué : pour casser la coque d’un fruit dont il a envie, le chimpanzé utilise soit un morceau de bois si l’enveloppe du fruit est tendre, soit une pierre si elle est dure, et cela même si l’outil le plus approprié est hors de sa vue ! Il se souvient de l’endroit où se trouvent les meilleurs marteaux possible pour tel fruit, et parcourt 500 mètres, s’il le faut, histoire de ne pas écraser un fruit plutôt tendre avec un outil trop dur. Il pose alors la noix, si riche en matières grasses, sur une surface dure… et il a inventé l’enclume. Le chimpanzé sait aussi de quelle façon il faut manier une branche pour s’en servir comme d’un levier et détacher une fourmilière accrochée à une autre branche.

Mais le plus étonnant est qu’il sait fabriquer ce dont il a besoin : il sélectionne une branche longue et fine qui peut atteindre 60 cm de longueur puis l’effeuille pour pouvoir l’introduire dans la fourmilière. Il la ressort précautionneusement et la fait glisser entre ses lèvres ou entre ses doigts, pour retenir les insectes qui la recouvrent ; il n’a plus qu’à les avaler prestement, avant qu’ils ne le piquent !

Le chimpanzé ne boit pas très souvent, car il trouve la plus grande partie de l’eau dont son organisme a besoin dans les fruits les plus pulpeux qu’il consomme. Il boit directement à la surface d’un ruisseau, ou bien trempe ses mains et lèche l’eau qui dégouline de ses doigts. Mais, quand il a très soif, il choisit une large feuille, qu’il utilise comme une cuillère. Ou bien il mâche une feuille jusqu’à la rendre poreuse, l’imbibe d’eau et la presse dans sa bouche comme si c’était une éponge !

Performances pour un animal

Le chimpanzé a encore d’autres cordes à son arc : pour se défendre, il prend une branche et en fait une lance ; une pierre, et elle devient un projectile…

En 1965, une expérience célèbre a été faite en Guinée : Adriaan Kortland a placé un léopard empaillé, un de leurs principaux prédateurs, près d’un groupe de chimpanzés. Dès que ceux-ci le virent, ils se dressèrent et, tout en poussant des cris d’intimidation, ramassèrent des bâtons qu’ils lancèrent avec beaucoup d’adresse en prenant soin de viser la tête et le dos du félin.

Le chimpanzé utilise aussi l’outil comme moyen de locomotion. Par exemple, il traverse l’eau sans se mouiller, grâce à un bâton, dont il se sert comme d’une canne pour franchir un ruisseau sur un pont naturel. Ou encore une large feuille devient chasse-mouches ou parapluie ; une brindille devient cure-dents ou Coton-Tige ; avec une feuille, il s’essuie le derrière en cas de diarrhée.

Les chercheurs se demandent pourquoi le chimpanzé n’a pas développé autant que l’homme sa capacité à utiliser l’outil. Il semblerait que ce soit lié au fait que le chimpanzé est un animal forestier et grimpeur, ce qui occupe ses quatre membres.


 

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Zoom sur l’Ara Macao

Posté par othoharmonie le 28 mars 2015

 

img-23-small580Les différents perroquets réunis dans le genre Ara se caractérisent par leur peau faciale totalement dénudée, comme l’ara macao, ou portant seulement de petites plumes. Ils ont aussi en commun une longue queue étagée – les plumes centrales étant les plus longues – et un plumage richement coloré.

Le plumage de l’ara macao est à dominante rouge. Les plumes des ailes sont jaunes et bleues (primaires et secondaires). La mandibule inférieure du bec est gris-noir et les pattes gris foncé. Le plumage des deux sexes est semblable et les jeunes ressemblent étroitement aux adultes avec, toutefois, des coloris moins vifs.

Comme tous les perroquets, l’ara macao a un bec crochu qui remplit de multiples fonctions, notamment celle de « troisième patte » lorsque l’animal se déplace. C’est ce qui distingue véritablement le bec des perroquets de celui des autres oiseaux.

Un autre trait commun aux aras et à tous les psittaciformes est la disposition originale des quatre doigts de chaque patte. En effet, le premier doigt (le pouce) et le quatrième doigt (ou doigt externe), sont dirigés vers l’arrière. Cette opposition des doigts deux à deux (zygodactile) facilite la prise des aliments ou des supports. Ce caractère morphologique n’est pas l’apanage des seuls perroquets. D’autres espèces en sont dotées.

La plupart des oiseaux possèdent une glande uropygienne, située sur le croupion, qui sécrète une substance huileuse dont l’oiseau enduit son plumage pour le protéger de l’eau et de la dessiccation. Cette glande, peu développée chez la majorité des perroquets, est même totalement absente chez les aras. Pour compenser cette lacune, ceux-ci portent, disséminées sur le corps, des plaques de « duvet poudreux ». Ce duvet particulier, caché sous le plumage externe, est constitué de courtes plumes à croissance continue (caractère exceptionnel) dont l’extrémité cassante se fragmente en minuscules particules cornées qui remplissent un rôle voisin de celui que peut jouer le sébum produit par la glande uropygienne. Les perroquets frottent leur tête sur ces plaques, puis ensuite sur leur plumage pour l’enduire de cette « poudre » à l’effet imperméabilisant et assouplissant. D’autres oiseaux, comme les hérons, ont aussi recours à ce système.

Les perroquets peuvent imiter la parole humaine lorsqu’on le leur apprend, mais ils ne parlent pas. On ne sait encore quelle est l’adaptation organique qui permet cette imitation. La langue des perroquets est, le plus souvent, préhensile. Elle est capable de tenir adroitement un aliment en l’appliquant contre la mandibule supérieure ; l’oiseau peut, de plus, grâce à sa langue, l’orienter et le faire circuler à la demande pour permettre au bec de l’attaquer sous l’angle le plus favorable. Riche de nombreux corpuscules gustatifs et tactiles, la langue fournit aussi aux oiseaux de nombreuses et précieuses indications sur leur nourriture. En effet, comme beaucoup d’oiseaux, les perroquets n’ont pas d’odorat.

Les perroquets ont un système digestif assez semblable à celui des autres oiseaux. Mais il présente quelques particularités adaptatives en relation avec leur régime alimentaire. Ainsi le jabot est-il plus spécialement développé chez les aras, comme chez les autres perroquets granivores. Cette poche, constituée d’une paroi mince et extensible, n’est autre qu’un élargissement de l’œsophage. Elle sert au stockage des aliments qui y sont humidifiés et ramollis, avant d’être digérés ou régurgités à l’intention d’un partenaire ou des jeunes.

L’estomac, quant à lui, est constitué de deux parties : un estomac glandulaire appelé « ventricule succenturié » et un estomac musculaire plus connu sous le nom de « gésier ». Après leur passage dans le jabot, les aliments sont digérés et parviennent d’abord dans l’estomac glandulaire, dont les muqueuses sécrètent la pepsine, une enzyme active en milieu acide, et l’acide chlorhydrique qui entament le processus de la digestion chimique. Puis l’estomac musculaire complète la dislocation des aliments par une action mécanique de trituration. Peu développé chez les perroquets qui se nourrissent exclusivement de fruits et de baies (frugivores) ou de pollen (nectarivore), le gésier l’est au contraire beaucoup plus chez les espèces granivores, comme l’ara macao. Il est constitué alors d’épaisses parois aux muscles puissants, doublées de plaques ridées à la fois souples et très résistantes.

La cavité crânienne est assez vaste et abrite, chez de nombreuses espèces, un cerveau relativement gros. Ce trait anatomique n’est pas sans rapport avec une organisation cérébrale plus développée que chez d’autres oiseaux : la capacité des perroquets à coordonner leurs mouvements – tant pour leur alimentation que pour leurs déplacements – et à vivre de façon grégaire témoigne de ce psychisme assez élaboré.

La peau blanchâtre partant du bec et entourant l’œil est un signe distinctif des perroquets du genre Ara. Elle peut être dénudée, comme chez l’ara macao, ou porter de courtes plumes disposées irrégulièrement ou, au contraire, arrangées en lignes continues ou discontinues. Ces plumes sont noires chez l’ara ararauna et rouges chez l’ara chloroptère. La fonction précise de cet aspect de la peau n’est pas connue, mais on peut supposer qu’il joue un rôle lors des parades.

La mandibule supérieure est reliée au crâne par une suture tendineuse qui fait office de charnière et de pivot permettant au bec d’exercer une force démultipliée, à la façon d’un levier. Le dessous de cette mandibule porte une série de lames cornées qui assurent l’affûtage des bords tranchants de la mandibule inférieure, aident à tenir fermement les graines ou les fruits glissants, agissent comme une râpe pour user la coque des fruits coriaces. La mandibule inférieure est mobile latéralement et d’avant en arrière afin de faciliter tous les mouvements de décortiquage ou d’usure des aliments.

Les couleurs ont une origine structurale ou pigmentaire. Par leur structure, les plumes diffractent la lumière, à la façon d’un prisme, ce qui donne les teintes vertes ou bleu-vert. Le pigment le plus courant, la mélanine, produit, selon sa concentration, des tons du noir au jaune, en passant par des bruns rougeâtres. Le rouge vif est dû à la présence de caroténoïdes.

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Et le cacatoès

Posté par othoharmonie le 23 mars 2015

 

 

290px-Cacatua_galerita_-Victoria_Butterfly_Gardens-8aC’est un animal mesurant de 45 à 50 cm de longueur et pesant de 800 à 900 g. Son plumage est blanc, avec une grande huppe érectile orientée vers l’arrière au repos, d’un jaune soutenu. Le dessous des ailes et de la queue est jaune clair. Il a un bec d’un gris très foncé, presque noir. Les deux sexes sont semblables quoique la femelle soit plus petite et que les yeux ne soient pas tout à fait de la même couleur : d’un brun tirant sur le rouge chez la femelle, sur le noir chez le mâle. C’est un animal bruyant aussi bien en vol, le matin et le soir lorsqu’il va se nourrir, qu’au repos. 

Ce sont des oiseaux sédentaires vivant en grandes bandes en dehors de la période de reproduction dans toutes les régions boisées et surtout au voisinage de l’homme. 

Il se nourrit essentiellement de baies, de graines, de fruits à coques et de racines. Son régime alimentaire est omnivore. Un animal perché au sommet d’un arbre est chargé d’assurer la sécurité du groupe pendant qu’ils se nourrissent. 

Les couples sont fidèles mais le gros problème de ce perroquet est l’agressivité du mâle envers la femelle qui peut aller jusqu’à la mort. 

La femelle est semblable à son partenaire, hormis les iris qui sont rouges. Les juvéniles peuvent être distingués des adultes par leurs parties inférieures infiltrées de gris. 

En plus de la race nominale, on a répertorié deux autres sous-espèces dont les différences ne sont guère marquées : E.r. albiceps se distingue par son cercle oculaire moins étendu, rose foncé ou pourpre terne. E.r. kuhli présente un plumage plus clair et une crête plus courte. Il est également plus petit. 

 Le cacatoès rosalbin par exemple, émet des cris très caractéristiques. Lorsqu’il est en vol ou perché au sommet d’un arbre, il lance un cri aigu et grinçant qui se prolonge et se termine par une brusque inflexion montante, un peu comme le bruit d’un bouchon de liège que l’on visse dans le goulot d’une bouteille. Quand il se restaure, le cacatoès rosalbin produit des faibles grognements. Son cri de contact est un « chill-chill » strident. Alarmé, il délivre des notes rudes et tranchantes.  

Bien qu’il ait une action bénéfique pour stopper la propagation de certaines mauvaises  herbes, le cacatoès rosalbin possède un potentiel de destruction encore plus considérable et il est considéré comme un parasite dans la majeure partie de l’Australie. Les cultures, en particulier les céréales, subissent de grosses pertes chaque année. Les cacatoès provoquent souvent la destruction des arbres dans lesquels ils nichent ou établissent leurs dortoirs. La population mondiale est estimée à plus de 5 millions d’individus et les effectifs sont en constante augmentation. Cette espèce remarquable n’est pas protégée dans toutes les régions et elle peut être abattue si elle provoque des pertes agricoles trop importantes 

Le Cacatoès, perroquet de lux, vient en quatre formats: micro, mini, médium et maxi et en trois couleurs: le rose, le blanc et le noir, sauf pour le modèle micro (perruche calopsitte) qui fournit maintenant, grâce à l’habileté de l’humain, une plus grande sélection de coloris. Initialement développés de l’Australie jusqu’à l’Indonésie, les oiseaux de la famille des cacatoès tendent à disparaître de ces régions à cause du pillage des forêts et de la contrebande (je donnerai ici l’exemple du cacatoès à huppe citron, qui aujourd’hui est terriblement en danger à cause de la déforestation qui sévit à Sumba en Indonésie et qui est la seule île où on le retrouve). 

Certains modèles sont donc maintenant fabriqués en série, ici, en Amérique du Nord. 

Dans leur milieu naturel, les cacatoès sont malheureusement souvent considérés comme des pestes, un peu l’équivalent de nos pigeons, spécialement par les fermiers d’Australie. Les cacatoès détruisent nombre de cultures, poussant l’effronterie jusqu’à s’en prendre aux silos à grain. Ce sont des oiseaux très destructeurs. Leurs ravages s’étendent aussi bien aux toitures des maisons, aux clôtures qu’aux automobiles; finalement à tout ce qui leur tombe sous le bec. 

 

je vous conseille de lire le blog : http://www.perroquet-perroquets.com/cacatoes.php

 

 

 

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LA CHOUETTE, L’OISEAU LUNAIRE

Posté par othoharmonie le 2 mars 2015

 

 

La chouette, que nous poursuivons d’une fâcheuse réputation de voleuse et dont nous faisons un emblème de laideur, apparemment contre l’avis de Rabelais, était l’oiseau d’Athéna. Oiseau nocturne, en relation avec la lune, elle ne peut supporter la lumière du soleil, et s’oppose donc en ceci à l’aigle, qui la reçoit les yeux ouverts.

 

290px-Bubo_scandiacus_Delta_3René Guénon a noté qu’on pouvait voir là, ainsi que dans le rapport avec Athéna-Minerve, le symbole de la connaissance rationnelle, perception de la lumière lunaire par reflet, s’opposant à la connaissance intuitive, perception directe de la lumière solaire. C’est peut-être aussi pourquoi elle est traditionnellement un attribut des devins : elle symbolise leur don de clairvoyance, mais à travers les signes qu’ils interprètent.

Dans la mythologie grecque la chouette est représentée par Ascalaphos, fils d’Acheron et de la nymphe de l’obscurité : c’est elle qui voit Perséphone goûter à un fruit de l’enfer, un grain de grenage, et la dénonce, lui interdisant ainsi tout espoir de remonter définitivement au jour.

Chez les Aztèques, elle est l’animal symbolique du dieu des enfers, avec l’araignée. Dans plusieurs Codex, elle est représentée comme la gardienne de la maison obscure de la terre. Associée aux forces chthoniennes, elle est aussi un avatar de la nuit, de la pluie, des tempêtes. Ce symbolisme l’associe à la fois à la mort et aux forces de l’inconscient luni-terrestre, qui commandent les eaux, la végétation et la croissance en général.

Dans le matériel funéraire des tombes de la civilisation pré-incaïques Chimu (Pérou), se rencontre fréquemment la représentation d’un couteau sacrificiel en forme de demi-lune, surmonté de l’image d’une divinité mi-humaine mi-animale en forme d’oiseau de nuit, chouette ou hibou. Ce symbole qui est manifestement lié à l’idée de mort et de sacrifice, est orné de colliers de perles et de coquilles marines, la poitrine peinte en rouge, et la divinité ainsi représentée est souvent flanquée de deux chiens, dont on connaît la signification de psychopompe. Ce hibou, ou cette chouette, tient souvent un couteau de sacrifice dans une main et dans l’autre le vase destiné à recueillir le sang de la victime.

De nos jours encore elle est divinité de la mort et gardienne des cimetières pour de nombreuses ethnies indo-américaines. Il demeure cependant frappant qu’un vecteur de symbole aussi universellement ténébreux et associé à de sinistres idées ait pu, dans les langues latines, désigner en tant qu’adjectif la jolie femme, puis indifféremment tout ce qui est de bon présage.                                               

« Chouette » est un nom vernaculaire qui désigne des oiseaux de la famille des Strigidae, sans pour autant désigner tous les oiseaux de cette famille, qui regroupe environ 200 espèces caractérisées comme des rapaces solitaires et nocturnes. La chouette se distingue du hibou par la simple absence d’aigrettes sur la tête. Les aigrettes sont des touffes de plumes, qui dans le cas du hibou donne l’impression d’oreilles ou de cornes.

La symbolique de la chouette est multiple, et a beaucoup varié :

  • Comme on l’a vu, la chouette était, dans le monde antique, le symbole de la sagesse.  Elle était liée à la déesse grecque Athéna, déesse des Arts et de la sagesse de la guerre défensive et de l’activité intelligente. De ce fait la chouette  prêta son symbole ailé à la ville d’Athènes, qui frappa monnaie à l’effigie de l’animal qui, d’ailleurs, se retrouve actuellement sur la pièce grecque de un euro. Dans de nombreuses institutions (écoles, universités), la chouette fait partie des armes héraldiques.                                        
  • Dans le monde romain, les termes « striga » (sorcière) et « strix  » (chouette/stryge) étaient utilisés en parallèle. On accusait les oiseaux nocturnes de boire le sang des enfants pendant la nuit, d’où le mythe des stryges. Les Romains empruntèrent aux Grecs leur vision des chouettes. Ils y voyaient aussi un symbole de mort, car elles volent de nuit et nichent en des lieux difficiles d’accès. Voir une chouette de jour devenait alors un mauvais présage.
  • Au  Moyen Age, elle était associée à la rouerie et à la tromperie  du fait que la chouette  profite de la nuit pour chasser, moment où ses proies sont souvent « aveugles » tandis qu’elle voit clair. On la clouait donc devant sa porte pour conjurer le sort maléfique.
  • Dans l’armée française, elle est le symbole de la Brigade de Renseignement.
  • Pour les Romains, le cri de la chouette annonce le décès proche de quelqu’un vivant dans le voisinage. Cette croyance se retrouve dans certaines régions françaises mais ici associée au décès d’un être proche au niveau familial.
  • Son caractère nocturne lui vaut aussi une connotation démoniaque : elle se retrouve être l’animal de compagnie des sorcières comme le savent les lecteurs de Harry Potter.  
  • Sa capacité à voler en silence, sa couleur blanche et son cri strident, expliquent le nom de la chouette effraie,  dite aussi Dame Blanche, d’où sa présence dans de nombreuses histoires de fantômes.
  • De façon plus anecdotique,  la double symbolique « oiseau de la sagesse »/ »oiseau à lunettes qui veille tard » en fait le symbole tout trouvé de certains  khagneux (étudiants préparationnaires littéraires) qui la nomment «Vara » (cagneuse, en latin).
  • La chouette est le symbole touristique de la ville de Dijon, elle y est sculptée dans une pierre d’angle de l’Eglise Notre-Dame. Dans la rue de la Chouette, voie piétonne qui longe le côté nord de l’église et le chevet, une pierre de Notre-Dame porte une marque singulière qui a suscité la curiosité de certains historiens de la ville. A l’angle d’un contrefort d’une chapelle de l’église est sculpté un oiseau que les Dijonnais appellent la chouette. Sa signification est toujours inconnue, bien que de nombreuses hypothèses aient été émises à son sujet. Pour certains, la chouette pourrait être une forme de signature laissée là par un architecte ou par un tailleur de pierre. Il ne peut s’agir en tout cas de la signature de l’architecte de l’église, car cette chouette est sculptée sur une chapelle élevée à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle, soit plusieurs siècles après la construction de Notre-Dame.

 

LA CHOUETTE, L’OISEAU LUNAIRE dans CHOUETTE ET HIBOU 220px-Aryballos_owl_630_BC_Staatliche_AntikensammlungenLa chouette est très usée à cause de la vénération  superstitieuse qu’elle suscite. En effet, Dijonnais et touristes ont coutume de la caresser, de la main gauche, pour demander que leur souhait soit exaucé. Il n’en subsiste donc aujourd’hui que la forme générale, la plupart des détails de la sculpture ayant depuis longtemps disparu.

Dans la nuit du 5 au 6 janvier 2001, un vandale a porté à la chouette plusieurs coups de marteau. Cette dégradation suscita l’émotion des Dijonnais. Plutôt que de laisser la chouette en l’état ou de remplacer le bloc de pierre sur lequel elle était sculptée, il fut décidé d’en réparer les cassures. Un moulage de la chouette avait été réalisé en 1988 par un statuaire mouleur du Louvre. Il servit de modèle à la réparation, qui consista à incruster des fragments de pierre, ensuite patinés. Ce travail s’accomplit fin janvier et début février 2001. Depuis cet incident, un système de vidéosurveillance a été mis en place afin de prévenir toute récidive. La chouette restaurée a été inaugurée officiellement le 12 mai 2001.

Ces péripéties n’ont fait qu’accroître la popularité de cette sculpture à Dijon. L’Office de tourisme l’a choisi en 2001 comme symbole de fléchage pour le Parcours de la Chouette, circuit touristique piéton qui fait le tour du centre historique avec un balisage devant les principaux monuments. 

Machin chouette est une expression familière qui désigne une personne dont on ne connaît pas, ou plus, le nom. C’est aussi le titre d’une pièce de théâtre de Marcel Achard, créée au Théâtre Antoine en 1964.

  • Au Japon, les chouettes sont des symboles positifs ou négatifs en fonction de leur espèce. Les chouettes effraies sont démoniaques alors que les chouettes hulottes sont des messagères des Dieux. 

Bibliographie : Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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Les hommages du lion

Posté par othoharmonie le 18 octobre 2014

 

La première chose que fait un lion avec sa nouvelle conquête, c’est d’égorger ses lionceaux pour que celle-ci accepte plus vite ses hommages.

http://www.dailymotion.com/video/x22aevv

 

La scène est atroce. À grandes foulées, le lion fond sur sa minuscule proie. Ses yeux brillent d’une lueur assassine, ses babines se retroussent sur de monstrueux crocs. Il gagne du terrain. Les crochets du lionceau affolé ne servent à rien. La lionne tente de s’interposer, mais un coup de patte dans sa direction accompagné d’un terrible rugissement l’incite à battre en retraite. Elle n’est pas de taille. Le fauve finit par saisir dans sa gueule la minuscule boule de poils qui laisse échapper des cris déchirants. Mais l’assassin est sans pitié. Il resserre sa prise. Les griffes déchirent les entrailles. Le sang jaillit, le petit corps se tord dans tous les sens. La mère pleure de rage, mais bientôt le meurtre est consommé. La victime s’affaisse sans vie. Le nouveau maître de la troupe, celui qui vient de déposer l’ancien roi, a tué le dernier enfant de son prédécesseur. C’est la façon d’opérer pour que les lionnes soient fécondables le plus rapidement possible, car lui-même est toujours à la merci d’être détrôné par un rival plus fort. C’est la dure loi de la jungle !

 

Le lion est le plus social des félidés. Chaque femelle reste dans son clan natal tout au long de sa vie. Elle vit en parfaite intelligence avec ses mère, grands-mères, tantes, cousines et filles, partageant les faveurs des mâles régnant sur le clan. En revanche, les jeunes mâles quittent leur groupe natal, à l’adolescence, attirés par l’aventure. Mais ils partent rarement seuls, préférant s’acoquiner avec plusieurs compagnons de jeux et de sang (entre deux et sept). Pendant quelques années, le gang rôde dans la savane, chassant ensemble et faisant mille conneries. Au bout d’un certain temps, les jeunes lions se sentent assez forts pour fonder une famille en restant unis. La seule solution qui s’offre à eux est de voler le harem d’une autre bande.

Elle rugit langoureusement

images (16)Depuis le temps que les lionnes sont victimes de leurs tueurs d’époux royaux, elles ont mis au point une stratégie pour protéger leurs enfants. Avant même qu’ils ne naissent, quand elles se sentent l’humeur de batifoler, elles testent la force de leurs époux en organisant une joute entre eux et les bandes rivales du coin. L’une d’entre elles, la plus sexy, s’éloigne du groupe pour draguer un de ces étrangers. La jeune lionne joue à merveille l’aguicheuse. Elle rugit langoureusement, fait rouler ses muscles, frissonne de plaisir, émet un fumet aphrodisiaque. Elle lui raconte combien elle et ses soeurs sont malheureuses avec leurs vieux maris. Le pauvre puceau tombe forcément amoureux de la belle inconnue qui n’hésite pas à se donner à lui. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’une lionne n’est pas fécondable par un mâle étranger qui lui fait une seule fois l’amour. Se croyant futur père, le malheureux convainc ses potes d’attaquer les maris en place. Au cours des semaines suivantes, les escarmouches se multiplient. Puis la grande bagarre se produit. Souvent, le jeune gang est chassé ; parfois, il s’empare du trône et du harem. Dans les deux cas, les femelles sont les grandes gagnantes, car elles sont assurées d’avoir maintenant pour maris de rudes combattants qui les protégeront jusqu’à l’adolescence de leurs lionceaux. 

À lire : Passions animales de Frédéric Lewino, éditions Grasset

 

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Morphologie et incapacité à voler du dodo

Posté par othoharmonie le 16 octobre 2014

 

220px-Dronte_17th_CenturyEn octobre 2005, une équipe internationale de chercheurs a effectué des fouilles sur une partie de la Mare aux Songes, le site le plus important de restes de dodos. De nombreux restes ont été trouvés, dont des os des oiseaux à différents stades de maturité et plusieurs os appartenant manifestement au squelette d’un animal seul et conservés en position naturelle. Ces résultats ont été rendus publics en décembre 2005 au Naturalis de Leyde. Avant cela, quelques espèces ayant un lien avec le dodo étaient connues, la plupart de ce qu’on dispose d’elles étant composé d’os isolés et dispersés. Le muséum d’histoire naturelle de Dublin et celui d’Oxford, entre autres, possèdent un modèle de dodo assemblé à partir de ces restes dissociés. Un œuf de dodo est exposé au musée d’East London, en Afrique du Sud.

Jusqu’à récemment, les restes de dodos les mieux en état, actuellement disponibles au muséum d’histoire naturelle d’Oxford, étaient formés d’os de pattes et de crâne, qui contenaient les seuls restes de tissus connus de l’espèce. Le Manchester Museum expose une petite collection d’os de dodos.

Les restes du dernier dodo empaillé connu avaient été conservés par l’Ashmolean Museum d’Oxford, mais au milieu du xviiie siècle, l’animal a commencé à se détériorer et le directeur ou le conservateur du musée a ordonné qu’on se débarrasse de celui-ci, à l’exception de ce qu’il en reste aujourd’hui, aux environs de 1755.

En juin 2007, un groupe d’aventuriers explorant une cave située sur l’île Maurice a trouvé le squelette de dodo le plus complet et le mieux préservé jamais découvert.

D’après les illustrations d’artistes du dodo, celui-ci était doté d’un plumage grisâtre, un bec d’environ 23 centimètres avec une extrémité crochue, de très petites ailes, de robustes pattes jaunes et d’une touffe de plumes sur son derrière. Les dodos étaient de très gros oiseaux, pesant environ 23 kilogrammes. Le sternum était insuffisant pour permettre le vol ; les dodos ont évolué pour s’adapter à un écosystème insulaire sans prédateurs.

L’image traditionnelle du dodo est celle d’un animal gros, maladroit, d’où le synonyme Didus ineptus ; cependant, plusieurs contestations sont nées récemment sur cette approche de l’oiseau. Les scientifiques d’aujourd’hui avancent l’idée que les représentations anciennes du dodo sont celles de dodos suralimentés vivant en captivité. Étant donné que l’île Maurice connaît des saisons sèches et humides, le dodo s’est probablement engraissé lui-même à la fin de la saison humide afin de pouvoir vivre durant la saison sèche, durant laquelle la nourriture se faisait plus rare ; les rapports contemporains décrivent des oiseaux « voraces » et parfois agressifs. En captivité, où la nourriture est disponible en grande quantité, les dodos se suralimentent très facilement.

Plusieurs versions demeurent sur le régime alimentaire du dodo. Il y a plusieurs siècles, Henri de Blainville, pensant que le dodo était proche du vautour, voyait l’alimentation du dodo principalement constituée de chairs d’animaux morts, tandis que Linné ou Cuvier, pour qui il était plus proche des gallinacées, avançaient la possibilité selon laquelle le dodo se nourrirait de graines. Roelandt Savery pensait quant à lui que le dodo mangeait des coquillages et des escargots. L’hypothèse la plus répandue actuellement avance que l’alimentation du dodo se baserait essentiellement sur les graines et les fruits.

Les travaux du professeur américain Stanley Temple ont légèrement perturbé les connaissances sur l’alimentation du dodo. Celui-ci défendit l’explication selon laquelle seule l’ingestion des graines du tambalacoque par le dodo pouvait permettre leur germination ; il affirma que l’extinction du dodo était la cause de la disparition progressive des tambalacoques. Il gava dix-sept dindons sauvages de fruits de tambalacoque : trois d’entre eux ont germé. Temple n’a pas essayé de faire germer des graines de fruits non ingérés par les dindons, ce qui rend les résultats de son expérience peu certains. Temple a aussi ignoré les rapports sur la germination des graines de tambalacoque établis par A. W. Hill en 1941 et H. C. King en 1946, d’après lesquels les graines germaient, bien que très rarement, sans nécessiter l’abrasion de la graine dans le gésier du dodo

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Développement DE LA PUCE

Posté par othoharmonie le 23 septembre 2014

 

220px-Flea_LarvaAprès chaque repas sanguin, les puces femelles pondent de quatre à huit œufs ronds ou ovales (0,5 mm de long), à coque lisse, de couleur blanchâtre. Leur texture est collante, mais ils tombent facilement de la peau ou fourrure de l’animal hôte. Si les conditions thermohygrométriques lui sont favorables, l’œuf éclot après quelques jours et il en sort une larve en forme de ver qui, chez les espèces d’hôtes habituels, mesurent au moins 1,5 mm de long. La larve n’est pas parasite, elle passe par 3 stades durant lesquels elle se nourrit de débris organiques, de dépouilles larvaires et du sang séché se trouvant dans les excrétions des puces adultes. Au repos elle se fixe solidement aux poils ou sur des fibres à sa disposition en évitant la lumière (elle est lucifuge) et en recherchant une certaine humidité. Elle se recouvre ensuite de poussières, de fibres, de grains de sable, et de débris organiques et, sous ce revêtement elle se tisse un cocon avec la soie fournie par ses glandes labiales. Dans cet abri, la larve blanche brunit de plus en plus et se métamorphose en adulte en une dizaine de jours. Mais l’adulte peut rester enfermée pendant plusieurs mois dans son cocon. Sa durée moyenne de survie dans le cocon est de 150 jours, où il semble par ailleurs relativement protégé contre les insecticides, jusqu’à ce que des conditions propices, comme une augmentation de la température et des concentrations en dioxyde de carbone, favorisent son émergence. La larve est sensible aux vibrations. L’émergence des adultes est alors immédiate et le cycle peut se poursuivre.

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La sexualité du Panda

Posté par othoharmonie le 26 août 2014

 

 

http://www.dailymotion.com/video/x2240yz

 

Le panda géant (Ailuropoda melanoleuca) est un solitaire intraitable. La femelle comme le mâle. Ils n’ont qu’une seule obsession en tête : manger, dévorer, bâfrer du bambou, rien que du bambou. Jusqu’à 40 kilos par jour ! Mais, intéressons-nous plutôt à leur régime sexuel. Pas folichon. Le mâle comme la femelle ne sont pas des excités de la bête à deux dos. C’est en mai que les hormones tirent cette Chinoise de sa léthargie. Un léger frisson d’excitation parcourt son échine. Son appétit est moins féroce. Elle se sent même dans une disposition conciliante, trouvant soudain la solitude difficile à supporter. Ah ! la coquine, elle ne refuserait pas la petite visite de courtoisie d’un mâle pour une petite conversation et plus si affinité… Mais comment prévenir ses voisins solitaires de son humeur sentimentale ? Impossible d’accrocher un dazibao sur un arbre. Mais quand la femelle panda veut faire crac-crac, rien ne l’arrête ! 

Elle commence par bêler d’amour. Malgré le coeur qu’elle y met, elle n’approche pas les performances vocales d’une Céline Dion. Qu’importe, le mâle panda se laisse séduire par l’atroce mélodie, accourant lourdement. Pour doubler ses chances de séduction, la femelle parcourt la forêt en parfumant chaque arbre avec son arôme hormonal conservé dans une glande anale. Respirant longuement l’effluve hormonal, chaque mâle en tire des renseignements sur l’âge, sur l’identité exacte et sur l’état d’excitation de la femelle. S’il devine une vieille emmerdeuse, il lâche aussitôt l’affaire. Au contraire, si l’odeur lui plaît, il se met aussitôt à braire comme un âne pour la prévenir de son arrivée, mais aussi pour tenter de décourager les autres prétendants.

 

Ne se donner à lui qu’à l’heure dite

Malheureusement, quand il rejoint la belle parfumeuse, il découvre souvent qu’elle est déjà entourée. Pas moyen de faire autrement, il faut se battre. Pour mieux apprécier le spectacle, la femelle ravie grimpe sur un arbre. La mêlée est générale, ces mignons petits nounours montrent alors que leurs longues griffes ne leur servent pas qu’à éplucher les bambous. Morsures, griffures, grondements, poil hérissé, coups de boule… tous les coups sont permis. En effet, il faut en finir au plus vite, car la femelle n’est d’humeur à la bagatelle que trois jours par an. Une occasion de ratée peut signifier un an d’abstinence. Finalement, le panda le plus gros, le plus méchant fait fuir ses rivaux. Il invite la femelle à descendre de son perchoir. Empoté comme pas deux, ce n’est pas lui qui lui proposerait de faire l’amour sur une branche.

Pour autant, la midinette ne se laissera pas embrocher immédiatement. Elle peut faire lanterner son amoureux plusieurs jours, le fuyant dès qu’il approche, ne se donnant à lui qu’à l’heure dite, quand elle est enfin prête à ovuler. Quand il l’étreint enfin, c’est pourtant avec la nervosité d’un chamallow et l’entrain d’un corbillard. Il se place derrière elle, fatigué avant même d’avoir commencé. Son érection est à peine convenable. Après plusieurs coïts laborieux, il s’éloigne pour aller mâchonner son bambou, délaissant la femelle, même si cette dernière risque de le tromper immédiatement avec un autre mâle resté dans les parages.

À lire : Passions animales de Frédéric Lewino, éditions Grasset

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le Pou, Un animal de tête

Posté par othoharmonie le 21 août 2014

 

images (16)HORREUR ! De quelle maison où s’épanouissent des enfants d’âge scolaire ce cri n’a-t-il jamais jailli ?

Ce cri, exprimant en vrac l’énervement des démangeaisons, le dégoût, la honte, et l’abattement devant le travail de nettoyage qui attend toute la famille, explose devant cet animal de quelques millimètres : le pou. Il faut avouer tout de même qu’il ne correspond guère à nos critères de beauté, ne dit-on pas  » laid comme un pou  » ? .

Pourtant, parmi tous les sentiments évacués à travers ce mot, un seul n’est réellement pas à sa place : la honte. La présence du pou sur le cuir chevelu n’est absolument pas indice de malpropreté. Cette bestiole n’est pas exclusive, elle apprécie tout autant tête sale et tête propre. Dès l’instant où il peut marcher sur la tête (celle des autres bien entendu), le pou est heureux.

Marcher est le mot exact. Insecte, il possède six pattes munies de pinces lui permettant de s’agripper solidement aux cheveux et de se déplacer assez vite. Mais le pou n’est ni puce, ni papillon : il ne saute pas et ne vole pas (et pour cause, puisqu’il n’a pas d’aile !). La propagation d’une tête à l’autre se fait uniquement par contact. Son seul univers est la chaleur douillette d’une tête et la forêt de cheveux. Il quitte d’ailleurs rarement son hôte et meurt s’il reste trop longtemps séparé de sa source de nourriture. Il ne survit pas plus de 36 à 48 heures sans contact humain. Ses repas se composent uniquement de sang, pris en deux ou trois fois par jour, parfois plus. Pour se rassasier à nos dépens, l’extrémité antérieure de sa mâchoire est munie de sortes d’épines lui permettant de fixer sa bouche sur la peau tendre du crâne hôte. Sa salive contient une substance anticoagulante et son pharynx muni de muscles puissants agit comme une pompe aspirante.

Mais ce qui lui sert de cuillère pour déguster notre sang si riche, est une pièce spécialisée, composée de trois stylets rétractables et qu’il ne sort de sa tête qu’au moment des repas. Cette sorte de seringue perce la peau délicate et tendre de notre cuir chevelu et il n’a plus qu’à aspirer le sang nourricier par des tubes creux. Son corps alors s’enfle comme une outre. Cette piqûre est indolore, mais l’injection de sa salive provoque une réaction allergisante et des démangeaisons. Le grattage énergique qui s’ensuit peut parfois provoquer des plaies ouvrant la porte aux microbes et aux excréments des poux. Le pou est d’ailleurs vecteur du typhus dans de mauvaises conditions d’hygiène.

Toute la vie du pou se passe donc sur une tête. Le corps humain ayant une température constante, ces animaux peuvent s’y multiplier toute l’année, et les jeunes mâles sont très performants dans le jeu de l’amour. La femelle pond surtout la nuit. Elle colle ses œufs (ou lentes) à la base d’un cheveu, tout près du cuir chevelu. Elle sécrète pour cela un cément très résistant. Durant sa vie, elle peut pondre de 50 à 300 œufs. S’ils ne sont pas dérangés, 50% des lentes éclosent au bout d’une dizaine de jours. La chevelure humaine poussant d’environ 1 cm par mois, l’œuf s’éloigne lentement du crâne. La lente localisée à plus d’un centimètre de la peau est donc morte ou éclose. Dès sorti de l’œuf, bébé pou, qui ressemble à papa et maman, prend déjà son premier repas de sang. La larve subira trois mues avant de devenir adulte, 8 à 14 jours après son éclosion.

Cosmopolite, le pou se trouve sous toutes les latitudes et sur tous les continents. Le « Pediculus humanus capitis » n’est pas le seul pou parasite de l’homme. Il y a également « Pediculus humanus humanus », le pou du corps, qui n’attache pas ses œufs à un cheveu ou à un poil. Faisant partie de la même espèce que son cousin de tête, il peut s’accoupler avec et produire des intermédiaires. Et puis il y aussi le pou du pubis (Phtirus pubis) plus connu sous le nom de morpion.

La seule envie que provoquent ces bestioles depuis la nuit des temps est de s’en débarrasser. La lutte contre les poux existe depuis l’Antiquité. L’épouillage était manuel ou utilisait des peignes spéciaux. Les premiers insecticides apparurent entre 1920 et 1930. Au XVII ème siècle, l’éducation d’une princesse française incluait, dans le chapitre « bonnes manières », le comportement à tenir face aux démangeaisons : la demoiselle ne devait se gratter que par nécessité. Il était impoli d’attraper ses propres poux en public, sauf en compagnie d’intimes. Pourtant l’épouillage manuel, très prisé chez les primates, tient une place de choix dans de nombreuses cultures. Cette pratique, apportant une certaine satisfaction physique, renforce les liens du groupe. De la banquise aux tropiques, l’épouillage revêt une importance extrême. La nécessité de se débarrasser de ces parasites exaspérants, parfois au cours de cérémonies ou de rituels codifiés, crée des règles et des contacts entre individus, jouant un rôle structurant très important. Parfois la récolte stockée pouvait servir de cadeaux, de monnaies, de nourriture.

images (17)Et cet insecte, abject pour nous autres, a servi et sert de ciment social.

« Abject, moi ? Alors pourquoi dites-vous « fier comme un pou » ? C’est bien parce que vous reconnaissez ma beauté ou mon intelligence ! »

Eh bien non, pauvre bestiole, tu vas perdre tes illusions : l’expression « fier comme un pou » serait en fait la déformation de « fier comme un poul », mot jadis utilisé pour désigner le mâle de la poule. Donc, « fier comme un pou » veut dire « fier comme un coq » et toc !

Source : http://www.affo-nature.org/la-naturatheque

 

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Chèvre noire d’un cimetière de la Drôme

Posté par othoharmonie le 23 mai 2014

 veillant sur les morts et attachée aux divinités infernales ?

220px-Cape_Verdean_goatLa chèvre étant, de tous les animaux, celui que préfèrent les divinités de la terre féconde et des profondeurs infernales dans les plus anciennes conceptions de la mythologie grecque, et cette idée perdurant à l’époque gallo-romaine ainsi qu’en témoignent les nombreux sarcophages gallo-romains sur lesquels figure l’animal, faut-il y voir une explication à la légende relatant l’apparition d’une chèvre noire lorsqu’une ancienne croix fut mutilée dans un cimetière de la Drôme menacé par l’installation d’une gravière ?

Le Zeus primitif, plus d’une fois symbolisé par des haches en pierre, fut le Dieu des cavernes et fut élevé dans un antre du massif crétois de l’Ida, au coeur de cette montagne qu’Hésiode appelait laMontagne aux Chèvres. Zeus passait pour avoir été nourri par la chèvre Amalthée, dans l’antre de Psychro, situé dans le mont Lassithi, au sud de la ville crétoise de Lyktos. Ce sanctuaire, où l’on a retrouvé de nombreux ossements de chèvres, était beaucoup plus ancien que celui de l’Ida et paraissait avoir été fréquenté surtout aux XIIe et XI<e siècles avant notre ère.

Les idées romaines à ce sujet sont encore plus significatives, puisque la chèvre apparaît sur un très grand nombre de sarcophages. Pour ne citer que la Gaule seule, le recueil d’Espérandieu indique à Narbonne un tombeau sur lequel figurent des chèvres ; dans la région de Tarbes, un fragment de stèle avec des chèvres en train de brouter ; à Saint-Cricq, près d’Auch, un sarcophage où deux chèvres s’attaquent à coups de cornes. A Saint-Médard-d’Eyran, deux sarcophages représentent de nombreuses chèvres, isolées ou groupées, en même temps que les divinités chtoniennes (du mot grec signifiant la terre), allongées par terre et tenant à la main des cornes d’abondance. Si l’on ajoute ces innombrables bas-reliefs, où le Mercure gallo-romain est accompagné d’une chèvre, sans doute parce qu’il remplit ici le rôle d’une divinité psychopompe, l’on est obligé de reconnaître que la chèvre a pris, dans l’antiquité polythéiste, une grande importance dans les conceptions funéraires et infernales.

En outre, les dieux infernaux étant également les dispensateurs des richesses, il n’est dès lors pas étonnant : 1° que les cavernes, les puits funéraires et les tombeaux n’aient eu leurs chèvres, gardiennes ou symboles des trésors que renferment la terre et le monde infernal ; 2° que ces animaux, au service ou en rapport avec les dieux de la richesse, aient été représentés, dans l’imagination des peuples, comme étant en or ou en tout autre métal précieux.

En 1917, Anfos Martin, inspecteur de l’enseignement primaire et directeur de la revue Le Bassin du Rhône, rapporte une légende recueillie à l’occasion d’un de ses passages annuels aux abords du cimetière Saint-Paulet, situé à droite du chemin allant de Souspierre à Sallettes, dans la Drôme, et plus précisément entre la route montant à Eyzahut et le ruisseau le Vermenon – sur le terrain enregistré sous le n°117 du plan cadastral de Souspierre, section de Saint-Paulet, quartier de la Blanche. Il est si ancien que le plan cadastral et les matrices qui l’accompagnent n’en font pas mention, le terrain qu’il occupe n’étant au demeurant pas propriété communale.

L’inspecteur explique que ce cimetière est en passe d’être ruiné depuis qu’on vient y extraire du gravier pour les chemins. La coupe de terrain de la gravière montre, entre la couche de terre arable et le gravier que l’on extrait, une rangée de tombes ouvertes par où sortent des crânes, des tibias et divers ossements. Ces tombes sont constituées sur les côtés par de larges pierres plates posées de champ, les unes à la suite des autres, et, à la partie supérieure, de pierres semblables disposées de la même façon, mais posées à plat.

Dans la terre provenant de la couche arable, on trouve, avec les débris d’ossements, de petits vases en poterie bleutée. Le piédestal assez original d’une ancienne croix dont le bras horizontal manque, occupe l’angle du chemin de Salettes et de la nouvelle route d Eyzahut. Depuis neuf ans, je passe chaque année en cet endroit, et je m’y arrête dans l’intention de voir s’il n’y a rien à glaner pour l’histoire du pays, ajoute notre Anfos Martin. Je n’y ai encore recueilli jusqu’ici qu’une légende. Cette légende est d’autant plus intéressante que les fermiers des environs la tiennent pour un fait véritable.

En voyant la vieille croix mutilée, je demandai, il y a quatre ans, au propriétaire actuel du terrain, M. Chavagnac, qui habite dans une ferme à côté, s’il connaissait l’auteur de cette mutilation et de la mutilation d’ailleurs de toutes les croix des environs. Il me répondit qu’il ne le connaissait pas. Je le questionnai alors, et c’est là que je voulais en venir, sur l’ancienneté de la croix et sur le cimetière. Nous causâmes longuement. Je lui fis remarquer combien il était attristant, pour un homme qui avait un peu de cœur, de voir profaner un cimetière, de voir des squelettes humains foulés aux pieds et broyés par les roues des tombereaux ; je gagnai sa confiance et il me raconta ce qui suit.

« Mon père, lorsqu’il acheta, peu après la guerre de 1870, la propriété que je possède, trouva la vieille croix complètement démolie. Il la releva avec le concours des fermiers voisins et cela, à la suite de l’apparition mystérieuse, la nuit, sur le cimetière, d’une chèvre noire, qui sautait, bondissait, lançait des coups de cornes terribles dans l’air, puis disparaissait subitement, lorsqu’on voulait s’en approcher. » Cette Chèvre qui lui était apparue plusieurs fois ainsi qu’à d’autres personnes, ne se montra plus dans le cimetière dès que la croix en eut été relevée.

Mais… « Ah ! Monsieur quelle affaire ! Depuis que cette croix a été mutilée, la chèvre est revenue. Je l’ai vue, il y a peu de temps encore, une nuit de clair de lune, en rentrant un peu tard de la foire de La Bégude, où j’étais allé vendre des bestiaux. Elle était au-dessus des tombes et regardait dans la gravière. Tout à coup elle se retourna, tournoya dans les touffes de buis, se cabra et fonça tête basse dans la nuit. Je hâtai le pas pour être, au plus tôt, en sécurité, au milieu de ma famille. »

Chèvre noire d’un cimetière de la Drôme dans CHEVRE 220px-Chevre_avec_sa_clocheCe récit d’un paysan que je jugeai superstitieux, poltron et sujet à des hallucinations après avoir bu, peut-être, plus que de coutume les jours de foire, aurait certainement disparu à mon esprit, si la lecture de l’article de notre collègue M. Guénin, de Brest, sur « La Chèvre en Préhistoire » ne me l’avait rappelé, poursuit Anfos Martin. Pensant que la chèvre du cimetière de Saint-Paulet pouvait bien être celle qui accompagne, sur les bas-reliefs, le Mercure gallo-romain, ou bien une de celles qui sont représentées sur les sarcophages de la Narbonnaise, et certainement une des chèvres légendaires qui peuplent les cimetières gallo-romains, j’ai profité, aujourd’hui, de mon passage annuel à Salettes pour faire une enquête sur ses apparitions.

Le secrétaire de mairie, M. Brès, qui s’est mis aimablement à ma disposition pour l’examen du cadastre, n’en avait jamais entendu parler ; mais il s’est rappelé, qu’il y a environ quatre ans, époque qui correspond a mon entretien avec M. Chavagnac, les gens de Souspierre et des environs furent bien surpris de voir, un beau jour, appendu à la vieille croix, un magnifique pain au-dessous duquel avait été placés quelques sous, cinq, dit-il, en menue monnaie. Ce pain et ces sous restèrent plus de trois semaines sur la croix. On ne sut jamais qui les avait mis. M. Brès pense maintenant qu’il y a un rapport entre ce fait et celui de l’apparition de la chèvre à cette époque. A son avis le pain et les sous étaient une offrande pour apaiser la chèvre irritée par la profanation du cimetière, et dont l’apparition était rendue possible par la mutilation de la croix.

Cette offrande, par sa nature, semble d’ailleurs bien être elle-même la survivance d’une coutume gallo-romaine. Le propriétaire de la ferme qui est un peu avant d’arriver au vieux cimetière, M. Armand, un homme de 73 ans, qui a tout son bon sens m’a déclaré qu’il n’avait jamais aperçu la chèvre, mais que son voisin, M. Thomas qui demeurait dans une ferme au dessus de la sienne et dont les trois enfants vivent encore, avait vu dans le cimetière, par une belle nuit étoilée, trois ou quatre chèvres qui se poursuivaient et se battaient, qu’il avait voulu s’en approcher, mais qu’elles avaient disparu tout aussitôt.

M. Armand était parmi ceux qui, vers 1873, relevèrent la vieille croix du cimetière ; il ne se permet pas de douter du dire de ses voisins, Thomas et Chavagnac. Questionné sur le pain et les sous qui se trouvaient sur la croix il y a environ quatre ans, M. Armand, assez embarrassé, m’a dit à peu près textuellement : « Ah ! Monsieur, vous savez, c’est là un vieil usage. Des gens qui avaient ou qui redoutaient un malheur dans leur maison, ont placé là ce pain et ces quelques sous pour que quelqu’un, en les emportant, emportât aussi avec lui le malheur ». Cette explication de M. Armand n’est pas en contradiction avec celle de M. Brès ; elle paraît au contraire la confirmer. Quoi qu’il en soit, j’ai été bien intéressé par mon enquête dont les résultats montrent, une fois de plus, combien, pour tout ce qui touche surtout au culte des morts, le passé, malgré les apparences, est encore vivant parmi nous.

Marcel Baudouin, membre de la Société préhistorique française, explique à la suite de ce témoignage d’Anfos Martin que selon lui, l’origine de toutes ces affaires de chèvre est relative au signe du Zodiaque, bien connu, qui est le Capricorne. Celui-ci était au solstice d’hiver, quand, 1500 ans avant J.-C, le Bélierétait à l’équinoxe de printemps et fut lui-même à l’équinoxe d’automne au Néolithique supérieur (8000 ans av. J.-C.). Or qui dit équinoxe d’automne, ajoute Baudouin, dit – Flammarion l’a reconnu il y a longtemps – Fête de la Toussaint, Fête des Sépultures, Fête des Morts ! D’où l’histoire des chèvres dans les cimetières… Et de conclure : on a une preuve matérielle : « Les Représentations de Mercure [le Dieu-Soleil de l’équinoxe], qui, pour le printemps, est accompagné du Bélier et du Coq, et qui, pour l’automne, est accompagné de la Chèvre, comme vient de le redire M. Anfos Martin.

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La Chèvre 4

Posté par othoharmonie le 16 mai 2014

 

 

Par Fulbert Dumonteil

 images (7)La guerre se mêle toujours à ses amours : ce sont des combats renouvelés des temps héroïques, des luttes épouvantables ; le vieux sol d’Israël résonne sourdement sous les pieds des rivaux et l’on entend, au loin, comme un cliquetis d’épées, un bruit de cornes retentissantes qui épouvantent les vautours du Sinaï. 

Voici les adversaires aux prises, tête contre tête, cornes contre cornes, pied contre-pied ; immobiles, attentifs et tout à coup ils se lâchent, s’éloignent à pas lents et graves, se retournent, se regardent, se défient du pied qui frappe, de la corne qui s’incline, du regard qui brille, et s’élancent avec furie. 

Ce sont des attaques impétueuses et des bonds effroyables, des coups de tête à ébranler les murs de Béthulie, des coups de cornes à briser les portes de Jéricho.

Tantôt, le vaincu reste, gisant sur le sol ensanglanté et ce n’est plus qu’un cadavre ; tantôt un coup de corne, décidant de la victoire, l’envoie dans un ravin où le chacal du désert, sanglotant dans les ténèbres, viendra, à pas timides, lui dévorer les os. 

Complétons cette galerie de famille par une esquisse du Chevrotin de l’Himalaya, vulgairement appelé Porte-musc. 

Ce gentil animal est bien le membre le plus étrange et le plus curieux de la grande famille des Chèvres. 

C’est un parfumeur doublé d’un acrobate, il saute ou il distille. Sur son blason de bête il porte un alambic et un trapèze. 

C’est un montagnard austère et libre qui dédaigne les plaines et les collines. Il lui faut un glacier pour piédestal, les neiges pour tapis, l’infini pour horizon. Il n’est pas grand, ce gracieux Chevrotin, mais c’est à six mille mètres au-dessus du niveau de la mer qu’il campe, sur son trône de glace. 

C’est là-haut que le chasseur intrépide s’en va chercher le roi des parfums, le musc de l’Himalaya dont une once ne coûte pas moins de trente francs dans les bazars de Calcutta.

Des oreilles droites et longues, effilées ; la tête petite et fine, un bel oeil noir bravant l’éclat des neiges et le feu des éclairs ; un regard infaillible qui découvre l’insecte dans la mousse et sonde le fond des abîmes ; un corps léger, pointillé de taches blanches reposant sur quatre aiguilles et un pied si délicat, si mignon qu’il pourrait entrer, sans la briser, dans une coquille d’oeuf. 

Ce Chevrotin n’a pas de cornes ; mais, en revanche, sa mâchoire est ornée de deux défenses qui se projettent dans le vide. Avec son front nu et sa mâchoire armée, le porte-musc a l’air d’un animal en train de dévorer ses cornes. 

C’est près du nombril, dans une petite poche, que le Porte-musc recèle le parfum délicat auquel il a donné son nom. 

Le mâle seul possède cette bourse précieuse que le chasseur arrache aussitôt que sa victime est atteinte, avec une avidité infernale, lui prenant du même coup la bourse et la vie ! (A SUIVRE…)

 

DUMONTEIL, Fulbert (1830-1912) : La Chèvre (1882).


Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (13.VII.2002) Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com
http://www.bmlisieux.com/


Diffusion libre et gratuite (freeware)


Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882.


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La Chèvre en littérature

Posté par othoharmonie le 10 mai 2014

 

par Fulbert Dumonteil

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 1B

Commençons d’abord par son seigneur et maître, le Bouc : Mauvais caractère, mauvaise odeur et mauvaise réputation ; impudent et impudique, emblême de luxure et de brutalité ; l’air hautain, dédaigneux ; marchant d’un pied d’airain à la tête de son sérail, le front large, les cornes hautes et menaçantes, la barbiche flottante et touffue, les yeux étincelants comme deux boutons d’or ; faisant sonner sa clochette d’un air vainqueur, enveloppant enfin son harem fringant d’un regard oblique et farouche. Vindicatif et sournois, tyrannique et débauché, opiniâtre et vaillant, autoritaire et butor, affamé de ronce et de vengeance, n’oubliant rien et bravant tout, assouvissant, un beau jour, dans le sang de son maître, la haine d’une année. Bête, satyre ou diable, tel est le bouc. Eh bien ! malgré ses débauches et ses méfaits, on ne peut lui contester son superbe courage, sa grandeur sauvage, sa majesté satanique, je ne sais quel prestige de réprobation et de fatalité.

Cynique et fier, il secoue sa grosse tête de satyre, comme s’il voulait jeter au vent toutes les légendes diaboliques dont la superstition enroula ses cornes, et il s’avance à travers les buissons et les ravins, avec une résignation hautaine, comme s’il était chargé encore des iniquités d’Israël.

Capricieuse, vagabonde et lascive est la Chèvre.

Douée d’une agilité surprenante, d’une gaieté pittoresque et d’une grâce étrange ; indépendante et hardie comme une fille des abîmes et des glaciers ; paradant dans les jeux du cirque, cabriolant sur les tréteaux, tirant la bonne aventure sur les places publiques, et dansant comme une almée autour de la Esméralda ; la corne en arrière, le nez busqué, la bouche sensuelle et l’oeil brillant ; la patte leste et les moeurs légères, impatiente de la corde, irrégulière de l’étable, dédaigneuse de caresses ; fantaisiste et bizarre, grimpant le long des corniches et se suspendant aux flancs des rochers ; insouciante et friande, avide de voltige et de bourgeons, fléau des bois, ne vivant que pour l’aubépine et la liberté, le salpêtre et l’amour.

La Chèvre est fille de l’Asie et l’on est à peu près d’accord qu’elle descend du Bouquetin oegagre, qui habite les chaînes du Caucase.

Répandue sur le globe entier, elle rend à l’homme d’importants services, en lui donnant sa peau, son poil, son lait, sa chair, ses fromages exquis, délices du gourmet et régal du montagnard.

Dans le centre de l’Afrique, la Chèvre est la grande ressource des caravanes et la nourriture capitale de l’indigène : C’est un don royal et un gage d’alliance ; c’est le plat traditionnel des festins barbares. Après les victoires on mange la Chèvre d’honneur et quelquefois aussi les … prisonniers.

Chez nous, la Chèvre est la vache de l’indigent, comme l’âne est le cheval du pauvre, c’est l’hôtesse aimée des cabanes et gâtée des enfants. Combien de fois n’a-t-elle pas prêté le secours de ses riches mamelles au sein tari d’une mère, et rempli tous les devoirs d’une bonne nourrice.

Épouse un peu légère, la Chèvre est une mère excellente. Il faut la voir au milieu de ses cabris jouant, exécuter pour leur plaire des cabrioles audacieuses qui ne sont plus de son âge. Il faut l’entendre quand on lui a ravi ses petits, appeler ses chers chevreaux de cette voix navrante, presque humaine, qui a l’air d’un sanglot.

La domestication de la Chèvre remonte aux temps les plus reculés. Sa place est marquée dans la Genèse et ses cornes se profilent sur les monuments de la vieille Égypte. Le plaintif Jérémie se fait suivre d’une Chèvre comme une simple cocotte de Bougival, et la reine de Saba amène à Salomon un troupeau de Chèvres blanches comme le lait. Enfin, si une louve allaita Romulus, Alexandre-le-Grand fut nourri par une Chèvre tout comme M. Thiers.

Parmi les Chèvres exotiques, je vous montrerai d’abord la Chèvre angora, couverte d’une toison magnifique, longue, fine, ondulée ; elle semble vêtue de soie. C’est une bête aristocratique et bien posée, fière de sa valeur industrielle, élégante et grave, drapée, pour ainsi dire, dans sa richesse et sa beauté.

Bien différente est la chèvre d’Égypte, un prodige de laideur. Sa tête étrange semble détachée d’une momie ou sortie d’un bocal à esprit de vin : des oreilles pendantes, comme cassées, des yeux blancs à fleur de tête, le nez bossu, la bouche oblique, les lèvres disjointes, et des dents grimaçantes plus jaunes qu’un chapelet du temps de Mahomet.

Voici les petites Chèvres naines du Sénégal, des miniatures de délicatesse et de grâce, des merveilles d’agilité. On dirait de leurs cornes un fuseau et de leur barbiche un flocon de soie.

C’est la Chèvre de Lilliput. Son lait est un trésor inépuisable, sa vie une cabriole éternelle. Bondissant comme un Chamois ou faisant pivoter sa jolie tête blanche sur ses épaules noires, elle s’en va dans les forêts vierges, brouter les feuilles parfumées des mimosas parmi les singes et les écureuils, stupéfaits de son agilité.

Je vous présente enfin la plus illustre et la plus précieuse de toutes les espèces ; la Chèvre de Cachemire. Elle ne porte point de châle ; mais sous ses longs poils soyeux elle cache un duvet floconneux et doux, d’une finesse incomparable qui sert à tisser ces étoffes magnifiques qui ont fait sa réputation et sa gloire.

N’oublions pas que la Chèvre a trouvé le café.

Un jeune berger appelé Kaldi s’aperçut, un jour, qu’après s’être repues avec délices de certains fruits inconnus, ses Chèvres se livraient aussitôt à des cabrioles extravagantes.

Kaldi s’empressa de goûter aux fruits merveilleux et partagea incontinent la gaieté de son troupeau.

Au même instant un moine vint à passer, qui se trouva bien surpris de tomber en plein bal. Une trentaine de Chèvres exécutaient un cotillon fantastique tandis que le bouc, droit sur ses pattes et les cornes inclinées, décrivait gravement un cavalier seul, en face du berger qui figurait une espèce de chaîne des dames.

Le bon moine s’informe du motif de cette fureur chorégraphique, et Kaldi lui raconte sa découverte.

La piété n’exclut pas les instincts gastronomiques. Ceux du moine étaient grands : il imagina de faire bouillir les fruits du berger et cette décoction ingénieuse donna le café.

Le café et le cachemire, la plus riche des étoffes et la plus exquise des boissons, n’est-ce pas assez pour faire pardonner à la Chèvre ses caprices, sa gourmandise et ses moeurs légères !

Mais voici le bouc de Judée qui vient tout à coup dresser, au milieu des ruines, sa tête souveraine, couronnée de deux épées.

Animal superbe et redoutable, il s’avance avec la double majesté d’un patriarche et d’un sultan ; puis il s’arrête fièrement, campé sur ses pieds d’airain, la tête haute, le front altier, l’aspect abrupt, les cornes immenses, droites et minces : deux lances tournées vers le ciel.

Son jarret est de bronze et son oeil une flamme ; son front est de granit, il frappe, pare, ébranle, riposte, assomme, c’est une massue et un bouclier, une enclume, un maillet.

Quand il passe, taciturne et sombre, à la tête de son troupeau errant, on dirait qu’il mène ses Chèvres étiques en captivité.

1ADépaysé autour même de son berceau, il apparaît comme un maudit, comme un étranger sur ce sol déshérité qu’il foule depuis trois mille ans.

Agenouillé dans la poussière, il semble, avec son grand oeil jaune, suivre à l’horizon l’image flottante de Moïse ou de Mahomet ; puis, il s’en va, suivi de cinq ou six esclaves, brouter les buissons du Sinaï, ou l’herbe desséchée qui penche sur le tombeau des rois. Relevant tout à coup sa tête farouche comme s’il voulait secouer l’antique malédiction et le soleil de feu qui pèsent sur son front, il frappe les cailloux de son pied nerveux, espérant peut-être, dans cette terre de prodiges, faire jaillir une source des rochers. Quand vient le printemps, le Bouc de Judée se forme un harem au milieu des bruyères et des myrtes sauvages et malheur au Moabite ou au Philistin qui oserait l’approcher !

La guerre se mêle toujours à ses amours : ce sont des combats renouvelés des temps héroïques, des luttes épouvantables ; le vieux sol d’Israël résonne sourdement sous les pieds des rivaux et l’on entend, au loin, comme un cliquetis d’épées, un bruit de cornes retentissantes qui épouvantent les vautours du Sinaï.

Voici les adversaires aux prises, tête contre tête, cornes contre cornes, pied contre-pied ; immobiles, attentifs et tout à coup ils se lâchent, s’éloignent à pas lents et graves, se retournent, se regardent, se défient du pied qui frappe, de la corne qui s’incline, du regard qui brille, et s’élancent avec furie.

Ce sont des attaques impétueuses et des bonds effroyables, des coups de tête à ébranler les murs de Béthulie, des coups de cornes à briser les portes de Jéricho.

Tantôt, le vaincu reste, gisant sur le sol ensanglanté et ce n’est plus qu’un cadavre ; tantôt un coup de corne, décidant de la victoire, l’envoie dans un ravin où le chacal du désert, sanglotant dans les ténèbres, viendra, à pas timides, lui dévorer les os.

Complétons cette galerie de famille par une esquisse du Chevrotin de l’Himalaya, vulgairement appelé Porte-musc.

Ce gentil animal est bien le membre le plus étrange et le plus curieux de la grande famille des Chèvres.

C’est un parfumeur doublé d’un acrobate, il saute ou il distille. Sur son blason de bête il porte un alambic et un trapèze.

C’est un montagnard austère et libre qui dédaigne les plaines et les collines. Il lui faut un glacier pour piédestal, les neiges pour tapis, l’infini pour horizon. Il n’est pas grand, ce gracieux Chevrotin, mais c’est à six mille mètres au-dessus du niveau de la mer qu’il campe, sur son trône de glace.

C’est là-haut que le chasseur intrépide s’en va chercher le roi des parfums, le musc de l’Himalaya dont une once ne coûte pas moins de trente francs dans les bazars de Calcutta.

Des oreilles droites et longues, effilées ; la tête petite et fine, un bel oeil noir bravant l’éclat des neiges et le feu des éclairs ; un regard infaillible qui découvre l’insecte dans la mousse et sonde le fond des abîmes ; un corps léger, pointillé de taches blanches reposant sur quatre aiguilles et un pied si délicat, si mignon qu’il pourrait entrer, sans la briser, dans une coquille d’oeuf.

Ce Chevrotin n’a pas de cornes ; mais, en revanche, sa mâchoire est ornée de deux défenses qui se projettent dans le vide. Avec son front nu et sa mâchoire armée, le porte-musc a l’air d’un animal en train de dévorer ses cornes.

C’est près du nombril, dans une petite poche, que le Porte-musc recèle le parfum délicat auquel il a donné son nom.

Le mâle seul possède cette bourse précieuse que le chasseur arrache aussitôt que sa victime est atteinte, avec une avidité infernale, lui prenant du même coup la bourse et la vie !

La vivacité du Chamois égale à peine l’agilité du Chevrotin de l’Himalaya. Il ne connaît point le vertige, mais sa vue le donne. Comme un oiseau, comme un trait, il traverse l’espace, bondit de rocher en rocher, saute par-dessus les ravins et les abîmes, se joue au bord des précipices et se perd dans les cîmes comme l’aigle dans les nues.

Une seule chose peut le suivre dans cette effrayante voltige : l’oeil de l’homme.

Une seule chose peut l’atteindre dans ce galop aérien : une balle.

Quand il ne bondit plus c’est qu’il est tombé. Ne dites pas qu’il a été moins rapide que le plomb du chasseur. Le plomb et lui se sont rencontrés.

Entre la société et lui, ce gracieux Chevrotin, la plus libre d’entre les bêtes libres, a mis une barrière infranchissable : des Chèvres de rochers, des pics inaccessibles, un mur de glace.

Ce n’est certes point un malfaiteur qui fuit, qui se dérobe à de justes châtiments. C’est un petit philosophe qui a ses idées sur la civilisation et qui se retranche derrière ses neiges comme dans le recueillement de ses pensées. C’est un rêveur aimable et doux qui se plaît à contempler de haut, sans ironie et sans dédain, les choses basses de la terre.

Qu’elle est heureuse et libre la petite Chèvre sauvage du Thibet. Que lui manque-t-il ? N’a-t-elle pas l’herbe odorante des montagnes et l’eau bleue des glaciers ? N’a-t-elle pas cette liberté qu’elle aime et qu’elle va chercher jusque dans les nues ? Gymnaste incomparable et passionné, Léotard et Blondin des corniches vertigineuses, des pics et des aiguilles accessibles à son pied seul, elle passe sa vie dans une voltige éternelle, ayant pour spectateurs les aigles et les vautours, pour orchestre le bruit des cascades et des torrents, et pour cirque l’Hymalaya.

Et, du haut de son trône de glace, le petit Chevrotin musqué voit défiler à ses pieds tous ces habitants de la montagne qu’il domine et qu’il prend, sans doute, en pitié.

N’est-il pas invulnérable et comme inaccessible lui-même en son gîte aérien ? Non ! Sans parler de l’homme avec qui il n’y a ni sécurité ni liberté, le Chevrotin de l’Hymalaya, comme le Chamois des Pyrénées et le Bouquetin à peu près disparu des Alpes, a un ennemi implacable qui plane sans cesse sur sa tête comme une autre épée de Damoclès : c’est le grand vautour du Thibet.

Ce despote des airs le guette, le suit, le surprend dans ses contemplations ou dans ses jeux, s’abat comme un bloc, l’étourdit du bruit de ses ailes, l’aveugle de son bec, lui brise le crâne, lui ouvre le flanc, lui déchire le coeur et il ne reste bientôt plus que des os épars dans la neige rougie.

La Sarigue a une poche où elle met ses petits. – C’est un berceau vivant.

L’Araignée-Loup a aussi une poche qu’elle a filée, où elle dépose ses oeufs. – C’est un nid de satin.

Des reptiles terribles ont encore une poche où ils secrètent leur venin. – C’est la mort.

Le Cousin possède également une poche en forme de trompe où il loge ses aiguillons. – C’est une trousse à lancettes.

La Mangouste porte à son cou une pochette remplie d’une liqueur dont elle sait se désaltérer quand l’atmosphère est étouffante. – C’est une gourde.

Le Pélican enfin a reçu de la nature une vaste poche où il met son poisson en réserve. – C’est un garde-manger.

Le Chevrotin de l’Himalaya renferme dans sa poche le trésor de ses parfums. – C’est un flacon de toilette.

Pour lui, c’est sa gloire et son souci, c’est sa richesse, c’est sa mort.

A2Pareil à ces victimes qu’on tue pour leur or ou qu’on persécute à cause de leur génie, le petit Porte-musc périt par son mérite et sa renommée. Ce qui fit sa gloire fait sa perte.

Elle cachait un trésor dans son sein, la douce bête des montagnes, et la main de l’homme est venue l’arracher à ses entrailles fumantes.

Qu’importe ! Est-ce qu’un parfum ne vaut pas une vie ! Est-ce que les belles créoles de Calcutta se soucieraient du martyre d’un Chevrotin dont la cruelle agonie a sué de délicieuses senteurs ! Est-ce qu’elles s’informeront des flots de sang qu’a coûtés une goutte de parfum !

Depuis la Chèvre de Cachemire jusqu’au Bouc de Judée, nous avons vu passer les plus illustres et les plus pittoresques de la grande famille Caprine, les uns drapés de fine laine, les autres vêtus de soie, presque tous encornés superbement ; ceux-ci laitiers incomparables, ceux-là fabricants renommés de fromages ou fournisseurs ordinaires de ces portefeuilles ministériels qui s’usent si vite.

Eh bien ! c’est pour la Chèvre de nos pays que je garde mes sympathies. Pour la Chèvre qui nourrit le montagnard des Alpes ou des Pyrénées, le paysan des monts d’Auvergne ou de mes chères collines du Périgord ; c’est pour la Chèvre bienfaisante et familière des cabanes, qui promène ses puissantes mamelles au milieu des bruyères roses et des genêts d’or, tandis que ses cabris joyeux bondissent au bord des torrents.

J’ai été élevé par une Chèvre et je lui dois, sans doute, cette vivacité capricieuse qui ne m’a guère servi dans ma carrière.

Qu’importe. Je me rappelle que, tout enfant, je mêlais dans mes prières naïves aux noms de mes parents celui de ma nourrice à barbe, restée la compagne de mes jeux.

Sur mes vieux jours, je me souviens encore de Jeannette et je lui consacre ici ces dernières gouttes d’encre, en reconnaissance du lait dont elle me nourrit.

FULBERT DUMONTEIL.

Source : DUMONTEIL, Fulbert (1830-1912) : La Chèvre (1882).

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LE PAON, LA MYTHOLOGIE et LES RELIGIONS

Posté par othoharmonie le 2 mars 2014

 

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En Inde, le Paon bénéficie d’un statut particulier. Les gens pensent que lorsque l’oiseau déploie sa queue, cela indique que la pluie se prépare. Il est très présent dans la mythologie de l’Hindouisme. 

Selon une légende indienne, à l’origine les paons mâles avaient un plumage brun et terne. Seule la longueur de leurs plumes les distinguait des femelles. Un jour un paon aperçut INDRA qui courait comme si un démon était à ses trousses et lui en demanda la raison. INDRA répondit dans un souffle qu’effectivement il était pourchassé par le terrible RÂVANA et malgré ses armes il préférait ne pas s’exposer inutilement. 

Comme RÂVANA arrivait en courant, l’oiseau déploya rapidement sa large queue et INDRA put ainsi se dissimuler derrière. RÂVANA passa sans rien remarquer. Une fois le danger passé, INDRA remercia le paon et lui offrit des plumes aux   merveilleuses couleurs. On dit aussi qu’il devint le héraut d’ INDRA et que son cri perçant annonce l’orage. 

Le paon est également la monture de PÂRVATI, l’épouse de SHIVA, et de SKANDA, le Dieu de la guerre, un des fils de SHIVA. Profitant que SHIVA était occupé , le géant TÂRAKA en avait profité pour semer le trouble. SKANDA, nommé chef des armées par les dieux, le provoqua en duel et le pourfendit avec son épée. D’une moitié de son corps naquît le paon et de l’autre le coq. C’est donc ainsi que la paon est devenu la monture de SKANDA et le coq (belliqueux ) son enseigne. 

Son nom scientifique, pavo, découle d’une appellation sanskrit, «Pavana» qui fait référence à la divinité hindoue VAYU, le vent qui est aussi le souffle de la vie et le père de HANUMAN Ji. LAKSHMI, épouse du dieu hindou, VISHNU, est parfois représentée avec des brassards, sous la forme de paons. KRISHNA est également souvent représenté en compagnie de paons. Dans le nord de l’Inde, ses plumes sont brûlées pour éloigner la maladie, et même de guérir les morsures de serpents. 

Chez les Boudhistes, le paon a conservé auprès des divinités et des maîtres fondateurs la place qu’il occupait dans la mythologie indienne. BOUDHA se serait incarné dans le corps d’un paon et le paon est le véhicule d’ AMITÂBHA. Avec sa tête couronnée d’une aigrette, sa traîne déployée dont les multiples yeux ouverts veillent sur le monde et son cri qui fend le ciel comme s’il voulait mobilier toutes les créatures de la terre à son appel, le paon est prédestiné par la Nature à devenir le symbole de la puissance et de la gloire. 

Le paon est l’enseigne de la dynastie MAURYA (les Maurya sont une dynastie hindoue fondée par Chandragupta Maurya dans l’année qui a suivi la retraite d’Alexandre le Grand d’Inde. En effet, l’incursion grecque avait mis en évidence la nécessité d’un État unifié pour faire face à une éventuelle invasion depuis les marches occidentales. Les MAURYA formèrent le premier grand empire de l’Inde et régnèrent ainsi sur une grande partie du sous-continent jusqu’en 187 avant J.C., date à laquelle ils disparaîtront au profit de la dynastie SHUNGA. Il est l’emblème du soldat rajput, et en particulier des Jats qui le vénèrent et qui, à la manière de KHRISNA, ornent leur turban avec ses plumes. Avec ses plumes, les Indiens fabriquaient des éventails pour éventer les princes. Encore aujourd’hui en Islam indien, le gardien « adoube » les pèlerins qui visitent la tombe des saints avec un long plumeau en plumes de paon chargé de la baraka qui imprègne la sépulture. 

Le paon restera le symbole de la royauté en Inde islamique. Le «Trône du paon», incrusté de pierres précieuses, réalisé pour le prince moghol Shäh Jahän (connu pour avoir fait construire le célèbre Tâj Mahal à Agra en l’honneur de sa défunte épouse) sera emmené en Iran par Nader Shah après la bataille de Karnal (1738). Ce trône qui comporte douze colonnes où sont perchés deux paons laissera son nom de « Trône du paon » aux trônes des shah d’Iran qui règneront après lui. 

En 1963, le paon a été déclaré comme le «oiseau national de l’Inde» en raison du riche patrimoine religieux qui s’y attache et pour son implication dans les traditions indiennes. 

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En Grèce, la mythologie fournit sa propre histoire. IO était une jeune prêtresse d’Héra, fille du roi d’ARGOS. Une nuit, elle rêva qu’elle devait se rendre au bord de lac Lerne et y rencontrer ZEUS. Ayant raconté son rêve à son père, ce dernier se renseigna auprès des oracles de Delphes et de Dodone mais seul l’oracle de Loxias donna une réponse qui affirmait que la jeune fille devait réaliser ce rêve sinon toute la famille risquait de périr foudroyée. Elle se rendit sur les bords du lac et y rencontra effectivement ZEUS. Est-ce la beauté de la jeune fille ou les enchantements de LYNX, la fille de PAN et d’ ECHO, toujours est-il que le dieu en tomba amoureux et il s’unit à elle. Mais il fut obligé de la transformer en génisse d’une éclatante blancheur afin que son épouse ne soupçonnât pas son infidélité. HERA, qui n’était pas dupe de la métamorphose de l’animal, demanda à ZEUS de la lui offrir. 

Mais ZEUS de temps en temps continua à rencontrer IO en se changeant en taureau. Alors IO fut confiée à la garde d’ ARGOS qui était un parent de la jeune femme.

ARGOS (ou Argus) avait la particularité d’avoir cent yeux, dont seulement cinquante se fermaient pendant qu’il dormait. En fait, le nombre d’oeil n’est pas bien fixé puisqu’il varie de un à l’infini. Il était doué d’une force prodigieuse qui lui avait permis de délivrer l’Arcadie d’un taureau sauvage; il tua aussi un Satyre qui enlevait les troupeaux aux Arcadiens et la terrible ECHIDNA. 

Alors ZEUS demanda à HERMES d’arracher la prisonnière à son gardien. ARGOS

avait attaché IO à un olivier dans le bois sacré à MYCENES afin de mieux la surveiller. Il existe plusieurs versions de la façon utilisée par HERMES pour tuer ARGOS. D’après certains auteurs, il lança une pierre qui le tua ou il l’endormit grâce à une flûte de pan ou avec une baguette magique avant de le tuer. 

Héra rendit honneur au fidèle ARGOS en transférant ses yeux sur les plumes de son animal préféré, le paon. Délivrée, IO ne jouit pas longtemps de sa liberté : HERA lui envoya un taon. L’insecte, s’attacha à ses flancs, et rendit si furieuse la génisse qu’elle erra pendant des mois à travers toute la Grèce sans jamais s’arrêter, elle longea le golfe qui devait porter son nom (golfe Ionien) puis passa le Bosphore (ou « passage de la Vache ») et rencontra sur le mont Caucase, PROMETHEE, qui selon ESCHYLE, lui prédit un beau destin. De là, IO gagna l’ EGYPTE, où elle reprit sa forme humaine de belle jeune femme, et enfanta EPAPHOS dont le nom peut se traduire par « toucher » . Après avoir récupéré son fils qui avait été enlevé par les Curètes sur l’ordre d’Héra et relâché par Zeus, elle s’installa définitivement en EGYPTE où on l’identifia alors

à la déesse Isis. EPAPHOS Devint roi d’ EGYPTE et fonda MENPHIS. Son nom est en fait le nom grec du dieu égyptien APIS. Après sa mort, IO fut transformée en constellation. 

Chez les Romains, HERA prendra le nom de JUNON.

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LE PAON, LA MYTHOLOGIE et LES RELIGIONS dans PAONIl est symbole de paix et de prospérité en Chine et au Vietnam. 

Pour les chrétiens, le paon a plusieurs valeurs symboliques. Il est considéré avec bienveillance car sa chair est réputée imputrescible par les premiers chrétiens comme le corps du Christ au tombeau. Parce qu’il mue et n’est pas affecté par le venin des serpents qu’il tue, le paon incarnera l’immortalité de l’âme chez les chrétiens des premiers siècles. L’empereur Justinien se fera représenter couronné d’une tiare en plumes de paon sur une statue équestre monumentale à CONSTANTINOPLE. Il est souvent représenté sur les images de la Nativité. Deux paons buvant à une coupe indiquent la renaissance spirituelle et les ailes des anges sont souvent en plumes de paon. Plus tard, vers la fin du Moyen-Age, il deviendra le symbole de l’orgueil et de la vanité.

 

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En Terre d’Islam, il est un symbole cosmique. Lorsqu’il fait la roue, il symbolise soit l’univers, soit la pleine lune, soit le zénith. Son statut y est toutefois ambivalent.

Selon Ibn’Abbâs (618-687), le premier à interpréter les paroles du Prophète , le paon aurait été considéré très tôt comme le favori de l’ange déchu, Iblis/Satan. Une légende ancienne très populaire raconte comment le paon s’est vu involontairement associé au démon. Pour avoir refusé de s’incliner devant Adam, Dieu signifie à Iblis son exil du jardin d’Eden. Iblis lui annonce qu’il tentera les descendants de son ennemi Adam l’Homme, afin d’éprouver leur foi. Dieu lui accorde cette requête, et promet l’Enfer à ceux qui écouteront ses conseils en se détournant de la parole de Dieu. Iblis s’attacha à réaliser son voeu. Il attendait une occasion pour pouvoir pénétrer au Paradis. Il en vit tout à coup sortir le paon. Connaissant le secret du paon mangeur de serpents, il se transforma en serpent et , en lui tenant à peu près le même langage que le Renard tînt au Corbeau pour lui faire lâcher son fromage, pour se faire avaler. Il alla alors se présenter à Adam et Eve et on connaît la suite……Pour avoir désobéi à Dieu, les Anges, agissant sur les instructions de Dieu, les saisirent par le cou et les expulsèrent du Paradis. Ils jetèrent Adam sur l’ïle de Ceylan, Eve à Djeddah, une ville d’Arabie, le Paon à Kaboul et le serpent dans la région d’Ispahan. Depuis ce jour le paon est triste. 

La diabolisation du paon prend néanmoins un caractère exceptionnel dans la tradition islamique, où l’oiseau à conservé sa dimension positive. Le paon intervient dans des circonstances qui s’il avait été diabolisé, en interdirait la présence. Ainsi l’animal fantastique qui transporte la Prophète au ciel , la Burâq, est parfois décrite avec une queue de paon. 

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Le Paon occupe une place centrale dans la religion des Yézidis. Les Yezidis, appelés également Yazidis constituent une petite minorité religieuse de langue kurde d’environ cent mille membres vivant principalement dans les régions de Mossoul en Irak, d’Alep en Syrie mais aussi en Turquie, en Iran , en Arménie et en Géorgie. Malik Tawus, le « Seigneur Paon » ou Malak Tawus, l’ »Ange Paon » est le Dieu des Yézédis. Sur la tombe de leur chef spirituel avant que cette tombe soit saccagée en 1872, on pouvait voir au milieu d’autres symboles qui ornaient les murs une représentation du paon et du serpent. 

 dans PAONPour en finir avec ce long chapitre, une légende de Bohême raconte la triste destinée de cet oiseau aux plumes couleur arc-en-ciel devenu le principal objet de jalousie des méchants: « Lorsque Dieu eut créé le paon, les sept péchés capitaux jalousèrent sa beauté.- Certes ! Je suis injuste leur répondit Dieu, mais en vérité, je vous ai encore trop donné. Les péchés mortels doivent être noirs comme la nuit qui les couvre de son voile ». Dieu posa alors sur les plumes de l’oiseau, l’oeil jaune de l’Envie, l’oeil vert de la Jalousie, et ainsi de suite. Depuis lors le paon est persécuté par les péchés qui voudraient bien récupérer leurs yeux ». 

La morale que l’on pourrait tirer de cette histoire c’est qu’aveuglée par la haine, l’intolérance transforme le paradis en enfer. 

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Phoenix, le Paon

Posté par othoharmonie le 15 février 2014

 

Black_and_White_Peacock_Drawing« Quant aux Phoenix, je me penche sur sa signification dans la mythologie chinoise. Il était associé au Sud, au Feu, à l’Ete et au rouge. Le phoénix chinois ressemble à un faisan avec des plumes de paon – certaines descriptions en sont plus précises et plus difficiles à imaginer : tête d’un cygne, crête d’un coq, bec d’une hirondelle, cou de serpent, forme de dragon, ailes écailleuses, queue de poisson, avec parfois des morceaux de tortue… L’élément mâle du phoénix s’appelle donc Feng. L’élément femelle s’appelle Huang. Ensemble ils représentent le bonheur conjugal. Le plumage du phoénix est de cinq couleurs. Son chant est le plus merveilleux qu’on puisse imaginer. Il se nourrit de « fruits de bambous ». Dans le confucianisme, le phoénix porte sur la tête le symbole de la vertu d’humanité, sur les ailes al conformité morale, sur le dos la justice, sur la poitrine la bienveillance et sur le ventre la bonne foi. On dit aussi que sa tête représente le ciel, ses yeux le soleil, ses ailes le vent, ses pattes la terre, son dos la lune et sa queue les planètes. Le phoénix est associé au yang et à l’été. Le suzaku était le nom donné au Phoenix rouge, symbolisant le Sud. « 

« – Oiseau mythique au plumage écarlate, d’une beauté inégalable, qui, après avoir vécu plusieurs siècles, se brûlait lui-même sur un bûcher et renaissait de ses cendres, le Phénix est le symbole de l’Immortalité et de la Résurrection, celle du Christ au Moyen-Age.

— Assimilé au soufre philosophique et au nombre quatre (les quatre éléments de la pierre physique et les quatre étapes de la transmutation) par les alchimistes, le Phénix représente la fixité de l’être vivant en sa mort continuelle, source de renaissances spontanées. L’image de cet animal légendaire nous incite à brûler nos insuffisances et à renaître des cendres du viel homme. (Le Message des Constructeurs des Cathédrales de C. Jacq aux éditions du Rocher)

— En Egypte il était un symbole des révolutions solaires et une manifestation de l’Ame de Râ, dieu solaire, associé à Héliopolis, centre initiatique consacré au culte de cette divinité.

— En Chine, le Phénix (feng-huang) est le deuxième des quatre animaux fabuleux sacrés ou doués de spiritualité, unissant en eux le yin et le yang. Son corps représente les cinq qualités humaines : sa tête, la vertu ; ses ailes, le devoir ; son dos, le comportement adéquat au cours des rituels ; sa poitrine, la vertu d’humanité ; son ventre, la fiabilité. (La Philosophie du Tao de J.C. Cooper aux éditions Dangles)

— Oiseau de Cinabre des Taoïstes, en raison de sa couleur (le cinabre est le sulfure rouge de mercure), il servait de monture aux Immortels au même titre que la Grue. — Dans l’iconographie, le Phénix mâle symbolise le bonheur et le Phénix femelle, l’Impératrice. Rassemblés, ils souhaitent une union heureuse. »

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Le colibri, gros plan

Posté par othoharmonie le 19 janvier 2014

 

220px-Phlogophilus_hemileucurus_+_Paphinia_cristata_-_Gould_-_Humm._161Fascinants par leur taille minuscule, les colibris, qui passent de fleur en fleur pour trouver le nectar qui constitue l’essentiel de leur alimentation, sont capables d’un vol extrêmement performant et rapide. Battant des ailes plusieurs dizaines de fois par seconde – de sorte, qu’en vol, il est impossible de distinguer ces dernières –, les « oiseaux-mouches », comme ils sont surnommés, sont les seuls oiseaux à savoir voler en marche arrière.

1. La vie des colibris

1.1. De petits oiseaux amateurs de nectar

Indépendants et plus ou moins agressifs, les colibris vivent en général en populations lâches. Ils présentent, selon les espèces, diverses manières de se nourrir et d’occuper l’espace. Les « territoriaux » exploitent des végétaux à fleurs très riches en nectar et ont tendance à se contenter de territoires restreints qu’ils défendent âprement à coups de bec contre tout intrus. Ils se déplacent peu, à l’inverse des « trappeurs » qui, s’intéressant à des fleurs moins mellifères, doivent nécessairement couvrir davantage de terrain pour subvenir à leurs besoins. Les « généralistes » ne se contentent pas seulement du nectar des fleurs ; ils sucent aussi le jus s’écoulant des fruits abîmés ou trop mûrs, capturent des insectes en vol ou explorent les fleurs et les feuilles à la recherche de ceux qui se seraient englués dans le suc. Les colibris « chapardeurs » pillent même les toiles d’araignée, dont ils s’approprient adroitement les victimes. Pour recueillir le nectar, les colibris « perceurs », comme le colibri féerique, Heliothryx barroti, ou le colibri à épaulettes, Eupherusa eximia, percent la base des longues corolles, car leur bec est trop court pour s’introduire jusqu’au fond.

Une langue pour récolter le nectar

Une langue pour récolter le nectar


La langue des colibris est un remarquable outil. La scission en deux branches, l’enroulement des bords en deux gouttières longitudinales et la présence de fines excroissances favorisent la rétention du suc des fleurs. La langue est également protractile, c’est-à-dire capable de saillir nettement hors du bec, grâce aux deux muscles latéraux de la langue qui passent sous le crâne, puis remontent par-dessus pour se fixer enfin à la hauteur des fosses nasales, tout près de la base du bec.

Des oiseaux polygames

Chaque année, à la saison des amours, la recherche d’un ou d’une partenaire est l’occasion de parades ritualisées. Dans les forêts tropicales à la végétation dense, le mâle se contente souvent de démonstrations assez statiques, préférant demeurer immobile et se fier à sa voix pour séduire une femelle. Pourtant, la plupart des colibris sont de si piètres chanteurs qu’ils doivent unir leurs faibles gazouillis pour être audibles. Ces chœurs réunissent plus de cent participants chez l’ermite à brins blancs, Phaethornis superciliosus. Ailleurs, la parade des mâles donne lieu à un véritable ballet aérien auquel s’associe généralement la femelle. Toutefois, les femelles de certaines espèces se posent plus volontiers sur une branche proche pour assister aux évolutions de leur mâle.

Le colibri, gros plan dans OISEAUX 320px-Sparkling_Violet-ear_%28Colibri_coruscans%29_11Après l’accouplement, la femelle abandonne le mâle. Elle assumera seule les exigences de la ponte, de la couvaison et de l’élevage des jeunes.

1.2. Un nid construit par la femelle

Installé sur une fourche d’arbre, sur une liane, dans un cactus ou à l’extrémité d’une large feuille (sur sa face inférieure), le nid du colibri, très élaboré chez certaines espèces, peut être très volumineux, représentant jusqu’à vingt fois la taille de l’oiseau. Mais il se réduit parfois à une délicate cupule, guère plus grosse qu’une demi-noix.

Le nid est l’œuvre exclusive de la femelle. Celle du colibri lucifer, Calothorax lucifer, n’attend d’ailleurs pas d’avoir trouvé un partenaire pour en réaliser la construction. Réunissant de la mousse, des fibres, des tigelles, des brins d’herbe, des débris d’écorce, de la bourre et même du duvet, elle élabore rapidement un édifice soigné. Il faut une quinzaine de jours et des centaines d’allers et retours à la femelle du saphir à oreilles blanches, Hylocharis leucotis, pour bâtir la douillette coupe de mousse dont elle fixe l’assise à l’aide de toiles d’araignée et qu’elle tapisse de poils fins, prélevés sur des galles du chêne.

Récolte tous azimuts

Pour rendre le nid le plus confortable possible, les colibris utilisent des matériaux variés. Les lichens sont très recherchés, car ils offrent à la fois un camouflage précieux et une bonne protection contre les infiltrations d’eau de pluie. Les qualités adhésives des fils et des toiles tissés par les araignées et certaines chenilles servent tantôt à ceinturer les divers éléments du nid, tantôt à fixer celui-ci sur son support, notamment lorsque la construction est élaborée à l’extrémité d’une feuille retombante. Dans ce dernier cas, les observateurs ont noté que la longueur de la feuille choisie et la façon dont elle retombe sont des paramètres fondamentaux : il ne faut pas que la feuille soit susceptible d’être retournée par le vent, ce qui condamnerait les œufs.

La femelle du colibri thalassin, Colibri thalassinus, laisse pendre, à l’extérieur de son nid, des brins d’herbe dont la verticalité favorise l’écoulement des gouttes de pluie.

Tous les matériaux sont bons, qu’ils soient d’origine végétale, animale ou humaine. Au Costa Rica, des colibris ont été observés prélevant des cheveux sur la tête d’observateurs parfaitement immobiles, sans doute pour en tapisser l’assise de leur nid, comme s’il s’agissait de bourre végétale. Dans certains cas, des colibris se livrent au pillage de nids d’autres espèces. Une femelle de colibri thalassin a ainsi été vue profiter des absences de la propriétaire d’un nid occupé par des petits pour y voler de la mousse.

1.3. Des centaines de voyages pour nourrir les poussins

Ce sont le plus souvent deux œufs qui sont pondus, à 48 heures d’intervalle. Comparativement à la taille de certains colibris, ces œufs sont assez volumineux, bien que leur poids soit, en moyenne, compris entre 0,4 et 1,4 g à peine. Les plus petits œufs de colibris mesurent entre 8 et 11 mm de long, ce sont ceux du colibri d’Hélène, Mellisuga helenae ; les plus gros, ceux du colibri géant, Patagona gigas, peuvent atteindre 20 mm. Quelle que soit l’espèce considérée, les œufs sont toujours d’un blanc uni et de forme elliptique. Leur taille ne les prive cependant pas d’une résistance satisfaisante aux menus accidents qui peuvent se produire, par exemple à l’occasion de coups de vent.

L’incubation nécessite de deux à trois semaines. Durant cette période, la femelle ne dispose que de brefs moments de répit pour trouver à se nourrir. Comme elle est seule à couver – le mâle, généralement, n’assure pas le relais même si quelques exceptions existent –, toute variation trop importante de température en son absence menace les embryons. L’assiduité de la femelle à couver se traduit dans certains cas par la persistance à couver durant plusieurs semaines des œufs non fécondés et dépourvus d’embryon, ou dont l’embryon est mort.

À l’éclosion, les poussins de colibris brisent leur coquille par des coups répétés qu’ils donnent de leur bec court. Très vite, celui-ci se développe, facilitant ainsi le nourrissage des petits par la femelle. Comme tous les oiseaux nidicoles (littéralement « qui aiment le nid »), les jeunes colibris sortent de l’œuf à un stade de développement peu avancé et doivent achever leur croissance en demeurant à l’abri du nid. Les poussins sont presque nus à l’éclosion, si l’on excepte de rares plaques d’un court duvet. Leurs paupières sont soudées et leurs globes oculaires se devinent sous la peau fine et quasi transparente. Au tout début de leur existence, les poussins ne réagissent donc nullement à la vue de leur mère. Ce sont les vibrations qu’elle imprime au nid lorsqu’elle se pose au bord de ce dernier qui stimulent la nichée. Les petits dressent le cou, d’abord obliquement en raison de la faiblesse de leurs muscles, puis verticalement, le bec largement ouvert. Quand leurs yeux s’ouvrent, au bout d’une semaine environ, les jeunes pointent tout naturellement leur bec vers leur mère.

Lorsque la femelle du colibri part à la recherche de nourriture, elle stocke les matières alimentaires qu’elle récolte dans la partie supérieure de son tube digestif. Il s’agit de nectar, pur ou mêlé de minuscules insectes vite ramollis par un début de digestion. De retour au nid, elle distribue la nourriture à ses poussins par régurgitation dans le gosier béant de ses petits, en y enfonçant profondément le bec. Allant et venant sans cesse durant cette période où les jeunes dépendent totalement d’elle pour leur survie, la femelle renouvelle l’opération deux ou trois fois chaque heure, soit plusieurs dizaines de fois par jour.

Après environ deux à trois semaines, les petits colibris abandonnent le nid. Ils sont alors capables de voler et se livrent à des simulacres de vols nuptiaux, véritables exercices d’entraînement qui annoncent les futures parades.

1.4. Voler aussi en reculant

134px-050305_Brown_Violet-ear_crop dans OISEAUXQu’il s’agisse de parcourir un territoire, de se livrer à des déplacements migratoires à la recherche de nourriture ou d’attirer l’attention d’une femelle, l’existence du colibri se déroule essentiellement dans les airs. Au cours de toutes ses activités, le colibri se déplace à la force de ses ailes. Il est assez rare de voir cet oiseau marcher, et, même lorsqu’il lui faut changer de place sur une branche, il préfère voler brièvement plutôt que d’avoir recours à ses modestes pattes.

Malgré sa petite taille, il est un authentique champion du vol et sa vitesse est surprenante. Selon des études pratiquées en soufflerie citées par l’Américain Scott Weidensaul, le colibri à gorge rubis, Archilochus colubris,atteint 43 km/h, et quelques espèces tropicales vont jusqu’à 70 km/h. Certains ornithologues estiment que les colibris seraient capables de voler à 95 km/h ou même de dépasser les 100 km/h dans la nature, sans doute aidés par de puissants vents favorables.

Les colibris sont, par ailleurs, les seuls oiseaux au monde capables de voler en marche arrière.

Un rythme spectaculaire

L’oiseau-mouche peut filer droit dans les airs, pratiquer le vol stationnaire ou reculer en modifiant simplement l’incidence de ses ailes, c’est-à-dire leur angle d’attaque dans l’air. Mais, quel que soit le mode de vol qu’il choisit, le rythme de ses battements d’ailes, incroyablement rapide, ne varie pas. De l’ordre d’une cinquantaine ou d’une soixantaine par seconde, l’ornithologue français J. Berlioz en retient les valeurs de 78 et même 200 – ce qui constituerait le record absolu – chez certaines espèces.

1.5. Milieu naturel et écologie

L’altitude et la latitude importent peu aux colibris, que l’on rencontre sur tout le continent américain, de l’Alaska à la Terre de Feu, des forêts de plaines aux hautes montagnes. Le colibri détenteur du record d’altitude est le métallure de Stanley, Chalcostigma stanleyi, qui vit sur les pentes des volcans équatoriens, au-dessus de 3 800 m.

Aux épaisses forêts tropicales, les colibris préfèrent souvent les milieux moyennement boisés, les habitats ouverts parsemés de buissons, ou même les régions subdésertiques. En effet, ces oiseaux qui nichent souvent à moins de cinq mètres du sol s’accommodent mal des très grands arbres. De plus, les forêts pluviales ne recèlent pas toujours les fleurs qui leur conviennent.

Les colibris sont plus rares dans les régions arides. Ainsi, le saphir Xantus, Hylocharis xantusii, qui vit dans la presqu’île de Basse-Californie, à la très maigre végétation, et le colibri à queue courte, Myrmia micrura, qui fréquente le littoral aride du sud de l’Équateur et du nord-ouest du Pérou, sont des cas extrêmes. Se nourrissant du suc des cactées, ils dépendent du pic des cactus (Melanerpes cactorum) ou de certains insectes aux puissantes mandibules pour entamer l’enveloppe épaisse de ces plantes coriaces.

Le colibri roux, Selasphorus rufus, qui atteint l’Alaska, est l’espèce la plus septentrionale. L’espèce qui s’étend le plus au sud est le colibri du Chili, Sephanoides sephaniodes. Présent à l’ouest de la cordillère des Andes, il atteint la Patagonie. On l’observe en Terre de Feu et jusqu’aux îles Malouines.

D’amples mouvements migratoires

Description de l'image  Myrmia micrura.jpg.Ces oiseaux-mouches aux répartitions extrêmes qui nidifient dans les régions tempérées n’y disposent souvent plus d’une nourriture assez abondante, en hiver quand fleurs et insectes se raréfient. L’arrivée de la mauvaise saison est l’occasion de mouvements migratoires dont l’ampleur peut surprendre si l’on considère la petitesse de ces oiseaux. Pourtant, leurs performances sont élevées et leur musculature autorise des déplacements rapides et à grande échelle. Le colibri roux, par exemple, niche sur une étroite bande depuis l’Alaska jusqu’à l’Arizona et hiverne au Mexique. Les trajets les plus spectaculaires sont accomplis par le colibri à gorge rubis,Archilocus colubris, qui occupe en été la moitié est des États-Unis et l’extrême sud-est du Canada, et hiverne au sud du Mexique et en Amérique centrale. Ces oiseaux sont parfois victimes d’un coup de froid tardif une fois revenus sur leurs lieux de nidification les plus septentrionaux.

Certains parmi les colibris se contentent de voler au-dessus des terres ou de longer la côte du golfe du Mexique. D’autres oiseaux relient la Floride à la péninsule mexicaine du Yucatán, parcourant plus de mille kilomètres d’une traite au-dessus des flots.

Une bonne résistance au froid

Au Québec, l’ornithologue Arthur C. Bent a observé des colibris ayant résisté à une température inférieure à 0 °C pendant plusieurs jours et à un enneigement de 15 cm ; les oiseaux se nourrissaient alors de menus insectes engourdis.

Les colibris sédentaires habitant des zones montagneuses intertropicales, à plusieurs milliers de mètres d’altitude dans les Andes, présentent une adaptation aux baisses nocturnes de température. Leur métabolisme chute et ils entrent dans une léthargie accompagnée d’un ralentissement des rythmes respiratoire et cardiaque, avec baisse de la température interne. Chez le colibri de Clémence, Lampornis clemenciae, on compte de 480 à 1 200 battements cardiaques à la minute, pour une température ambiante de l’ordre de 30 °C dans la journée. La nuit, lorsque la température a chuté de moitié, son rythme cardiaque tombe à 36 pulsations à la minute.

Un engourdissement provisoire est également constaté chez certains colibris, dont le métallure à gorge de feu (Metallura eupogon). Chez ces espèces montagnardes, la température corporelle nocturne est légèrement inférieure à 20 °C, c’est-à-dire à la moitié de la température diurne.

Des oiseaux pollinisateurs

Seuls oiseaux du Nouveau Monde à se nourrir essentiellement de nectar, les colibris jouent un rôle certain dans la pollinisation. Il reste à prouver que certaines fleurs ne pourraient exister sans les colibris qui, eux-mêmes, disparaîtraient en l’absence de ces fleurs ; mais il est établi que quelques fleurs, dont celles à corolle tubulaire, ont besoin d’espèces de colibris déterminées pour assurer leur pollinisation dans des proportions importantes. Des adaptations botaniques sont apparues sur certaines fleurs. Ainsi, tant qu’une fleur de Centropogon n’est pas visitée par un colibri, ses étamines sont orientées vers le bas. Lorsqu’un colibri vient en prélever le nectar, son crâne heurte les étamines et se couvre de pollen ; ces dernières se relèvent alors et dégagent le pistil, qui pourra recevoir à son tour le pollen véhiculé par un autre colibri. De même, lorsque le campyloptère violet, Campylopterus hemileucurus, visite une fleur de Rasizea spicata, le pistil, d’abord relevé, s’abaisse dès que les étamines ont été délestées de leur pollen.

De rares prédateurs

En raison de leur petite taille et de leur vol extrêmement véloce, les colibris n’ont pour ainsi dire pas de prédateurs réguliers. De plus, ils se montrent fort agressifs et n’hésitent pas à foncer sur rivaux, intrus ou prédateurs, en cherchant à les piquer avec le bec, avant de s’esquiver prestement.

Les plus gros d’entre eux sont parfois la proie de certains faucons, et les serpents arboricoles s’attaquent de nuit aux colibris somnolents. Enfin, les petites espèces seraient susceptibles de se prendre dans les grosses toiles d’araignées. Le chercheur Scott Weidensaul cite également des captures occasionnelles par des libellules, des mantes religieuses, et même par des poissons et des grenouilles, qui s’empareraient des colibris pendant leur bain.

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La Tortue luth

Posté par othoharmonie le 10 janvier 2014

 

220px-Baby-leatherback-1La Tortue luth, unique représentant du genre Dermochelys, est une espèce de tortue de la famille des Dermochelyidae.

C’est la plus grande des sept espèces actuelles de tortues marines, la plus grande des tortues de manière générale, et le quatrième plus grand reptile après trois crocodiliens.

Elle ne possède pas d’écailles kératinisées sur sa carapace, mais une peau sur des os dermiques. C’est le seul représentant contemporain de la famille des Dermochelyidae, le clade des tortues à dos cuirassé, connu aussi par diverses espèces fossiles, dont certaines géantes comme l’Archelon.

La tortue Luth fréquente tous les océans de la planète, mais sa survie est gravement menacée par le braconnage, les filets de pêche, la pollution et l’urbanisation du littoral. Elle figure sur la liste de l’UICN des espèces en voie de disparition et fait l’objet de conventions et de programmes internationaux de protection et de conservation.

Le trait le plus remarquable est l’absence visible de carapace avec des écailles kératinisées comme chez la plupart des autres tortues. Chez la tortue Luth, la structure osseuse de la carapace est réduite à de petits osselets en forme d’étoiles imbriquées, insérées dans un tissu conjonctif et cartilagineux épais. Les plus gros de ces osselets sont tuberculés et disposés en lignes. Ces lignes, visibles sous la peau, forment des crêtes ondulées appelées carènes qui filent de la tête vers la queue de l’animal lui donnant un aspect profilé comme les carènes de la coque d’un bateau. Le dos de l’animal présente sept carènes : celle du milieu est la « carène vertébrale », les six autres sont les « carènes latérales ». Sur le ventre, le plastron ne possède que trois carènes peu marquées.

Cette carapace profondément transformée n’est pas attachée, fait unique chez les espèces de tortues encore vivantes, à la colonne vertébrale et aux côtes mais en est séparée par une couche adipeuse. Du côté externe elle est complètement dépourvue de toute couverture d’écailles. La protection du dos est en revanche assurée par un épaississement marqué de la peau, qui forme ainsi une pseudo-carapace lisse ayant l’aspect du cuir.

La tortue Luth pèse en moyenne 500 kg pour une longueur d’environ 180 cm.

Comme les autres tortues marines, la tortue Luth est incapable de se replier à l’intérieur de sa carapace.

La Tortue luth dans TORTUE 180px-PonteluthUne tortue Luth peut pondre plus de 1 000 œufs en une année. Ils sont de couleur blanche, mesurent environ 50 mm de diamètre et possèdent une membrane souple. Ils sont accompagnés d’œufs stériles sans jaune, de diamètre inférieur aux œufs viables. Les scientifiques ne s’accordent pas à comprendre leur utilité dans le nid même s’ils représentent presque la moitié de la ponte.

L’incubation varie de 60 à 70 jours et a lieu à plus de 26 °C. En dessous de cette température, les œufs ne se développent pas. La détermination sexuelle dépend de la chaleur du nid. Entre 26 et 30 °C, c’est l’incubation classique, produisant un mélange de mâles et femelles. Au-dessus de 30 °C, les tortues ne seront que des femelles.

À l’éclosion, le spécimen mesure de 7 à 8 centimètres de longueur. Il possède des nageoires antérieures surdimensionnées. Il est alors une proie facile pour de nombreux prédateurs. Le premier instinct de la tortue Luth est de se diriger vers le point le plus brillant à l’horizon : la mer (qui reflète les rayons solaires), où de nouveaux dangers l’attendent et où les scientifiques perdent sa trace.

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Constitution d’une Tortue

Posté par othoharmonie le 4 janvier 2014

 

Source wikipédia

Le squelette des tortues est composé d’os et de cartilages. On le divise généralement en trois parties : le crâne, le squelette axial et le squelette appendiculaire.

220px-Archelon_skeletonLes tortues sont des Anapsides, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de fosse temporale au niveau du crâne. Pour toutes les tortues, l’os carré est concave. L’os squamosal est limité à la moitié de la joue. L’os quadratojugal et l’os carré sont relativement grands. L’os postpariétal est absent, de sorte que la fosse temporale est encadrée seulement par les os pariétaux et les os supratemporaux pour la plupart des tortues primitives Proganochelys. L’os postfrontal est absent, ce qui a pour conséquence une surface de contact importante entre l’os préfrontal et l’os postorbitaire d’une part, et entre l’os frontal et l’os postorbitaire d’autre part.

La mâchoire n’a pas de dents, mais est couverte d’une surface cornée tranchante : les tortues sont donc munies d’un bec. Le cou des tortues est composé de sept vertèbres cervicales mobiles (et d’une huitième fusionnée à la carapace) et de dix vertèbres thoraciques.

Les tortues possèdent une ceinture scapulaire encerclée par les côtes. Cette importante modification anatomique peut être suivie au cours des premiers stades de l’ontogénèse. Les articulations sont composées de parties cartilagineuses. Chez les tortues marines, les jambes sont remplacées par des nageoires.

Les tortues ont une queue généralement de taille réduite.

La caractéristique principale des tortues est d’être des reptiles munis d’une carapace. Celle-ci est composée d’un fond plat, le plastron, et d’une dossière convexe, la coquille. Ces deux parties sont réunies latéralement par deux ponts osseux et il reste donc une ouverture à l’avant pour laisser passer la tête et les pattes antérieures et une ouverture à l’arrière d’où sortent les pattes postérieures et la queue. La carapace est constituée de plaques osseuses soudées au squelette de l’animal et est recouverte d’écailles en kératine sur sa face externe.

Chez les tortues terrestres, la carapace est particulièrement massive et peut représenter deux tiers du poids total de l’animal. Elle sert à la fois de bouclier, à maintenir une partie la chaleur interne de l’animal et à stocker le calcium.

L’organisation des organes des tortues correspond de manière générale à celle des vertébrés. Quelques différences sont néanmoins à souligner : elles n’ont pas d’oreilles externes (les oreilles internes sont situées derrière les yeux), pas de dents (remplacées par un bec) et ont un cloaque. Le cœur des tortues possède trois cavités (deux oreillettes et un ventricule), il est plutôt plat, large et sa pointe est arrondie. L’appareil respiratoire de la tortue est l’un des plus évolués parmi les reptiles : la tortue possède en effet une glotte, un larynx, un pharynx et une trachée (composée d’anneaux cartilagineux). Elle possède deux poumons avec de nombreux replis et situés sous la dossière, ce qui explique pourquoi une tortue sur le dos peut mourir d’étouffement. La tortue n’a pas de diaphragme, la respiration est réalisée grâce aux mouvements de l’ensemble des muscles du corps. Le système digestif est assez classique avec un foie volumineux. Comme les autres reptiles, les tortues sont recouvertes d’écailles. Comme pour la plupart des autres reptiles, l’œil est protégé par trois paupières.

Les différences entre les tortues adultes mâles et femelles ne sont pas toujours bien marquées. Par exemple, pour les tortues marines, le sexage génétique ou la dissection sont nécessaires pour déterminer le sexe.

Chez les tortues de petite taille, les femelles sont généralement plus grandes que les mâles. Chez les tortues de grande taille, au contraire, les mâles sont généralement plus grands. Le plastron des mâles est souvent plus concave que celui des femelles, plutôt plat. Le cloaque est plus proche du bout de la queue chez les mâles, queue par ailleurs plus grande et plus forte.

Certains caractères plus particuliers différencient mâles et femelles chez certaines espèces. Chez la Cistude par exemple, les mâles ont les yeux rouges et les femelles ont les yeux jaunes. Chez l’Émyde peinte de Bornéo, la femelle à une tête brune alors que la tête du mâle est colorée. Chez les tortues aquatiques, les mâles ont des griffes développées pour favoriser l’accrochage de la femelle lors de l’accouplement.

L’espérance de vie des tortues varie suivant les espèces. En moyenne, les tortues terrestres vivent une cinquantaine d’années. La majorité des tortues dépassant l’âge de cent ans sont des Tortues géantes des Seychelles ou des Galapagos. Différents records de longévité ont été enregistrés, notamment celui de Harriet, une tortue géante des îles Galápagos ayant vécu environ 175 ans, encore celui d’Adwaita, une tortue géante des Seychelles qui serait morte avec un âge supérieur à 250 ans.

Ces tortues géantes peuvent mesurer jusqu’à 130 centimètres de long pour un poids de 300 kilogrammes. La plus grande des espèces de tortues vivantes reste cependant la tortue luth, car elle peut mesurer jusqu’à 2 mètres de long pour un poids record observé de 950 kilogrammes. Les plus grandes tortues éteintes retrouvées sont les archelons, des tortues marines de la fin du Crétacé dont on sait qu’ils pouvaient mesurer jusqu’à 460 centimètres de longueur.

Il existe plusieurs cas de tortues possédant deux têtes visibles. Un exemple notable est « Janus », nommée ainsi d’après le dieu aux deux visages de la mythologie romaine, une tortue mâle née en couveuse le 3 septembre 1997 au Muséum d’histoire naturelle de Genève. Des cas de tortues à deux têtes apparaissent notamment dans les élevages intensifs de tortues.

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Langage des animaux : mythe ou réalité ?

Posté par othoharmonie le 30 novembre 2013

(D’après « La Science française », paru en 1893)

 

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Le sujet d’une émission raisonnée chez l’animal n’est point nouveau. Dans l’antiquité, on croyait à leur âme : ainsi de Platon et Flavius Josèphe quiont cru au langage et à la raison des bêtes. Saint Basile lui-même dit dans son Homélie du Paradis terrestre, dont il fait une belle description, qu’il était peuplé de bêtes qui s’entendaient entre elles et qui parlaient sensément.

Nous pourrions citer bien d’autres auteurs, mais cela nous mènerait trop loin. Dupont de Nemours a cherché à comprendre et à traduire la langue de quelques animaux et surtout le chant des oiseaux ; et, bien que ses opinions soient hasardées, elles doivent du moins fixer l’attention sur une foule de faits curieux, car il est certain que les animaux, vivant en société ou en famille, doivent avoir quelques moyens de s’entendre et de se communiquer leurs idées.

C’est, selon cet observateur curieux, une erreur de croire que les oiseaux répètent toujours le même son. II assure que le croassement des corbeaux ne comprend pas moins de vingt-cinq mots différents, que voici :

Cra, cré, cro, cron, cronon.
Grass. gress, gross, gronss, grononess.
Crac, crea, crae, crona, groness.
Crao, creo, croe, crone, gronass.
Craon, creo, croo, crono, gronoss.

« Si nous pensons, ajoute Dupont, qu’avec nos dix chiffres arabes, qui sont dix lettres, dix mots, en les combinant deux à deux, trois à trois, quatre à quatre, on forme les chiffres diplomatiques de 100, de 1000, de 10000 caractères, et si on les combinait de cinq à cinq, on en ferait un chiffre de 100000 caractères, ou de plus de mots que n’en a aucune langue connue, on aura moins de peine à comprendre que les corbeaux puissent se communiquer leurs idées. Leurs vingt-cinq mots suffisent bien pour exprimer là, droite, armé, froid, chaud, partir, je t’aime, moi de même, un nid, et une dizaine d’autres avis qu’ils ont à se donner, selon leurs besoins. »

Le chien n’emploie que des voyelles, et quelquefois, mais seulement dans la colère, les deux consonnes get z. Le chat emploie les mêmes voyelles que le chien, et de plus six consonnes, m, n, g, r, v, f. Les araignées emploient deux voyelles et deux consonnes, puisqu’elles prononcent les mots tak et tok.

A propos du chant des oiseaux, Dupont continue ainsi : « Cette énergique accentuation du discours tient à la surabondance de l’amour. Les oiseaux ne peuvent trouver cette force énorme dans leurs muscles, si frêles, que par un excès de vie dont les éléments donnent à leur amour une extrême ardeur. En pareil cas, il ne suffit pas d’aimer, il faut ajouter à la pensée même par les intonations et le rythme. C’est ce qui fait nos poètes et ce qui rend nos oiseaux musiciens. »

Le coq parle la langue de ses poules, mais, de plus, il chante sa vaillance et sa gloire. Le chardonneret, la linotte, la fauvette, chantent leurs amours. Le pinson chante son amour et son amour-propre ; le serin, son amour et son talent réel. Le mâle alouette chante un hymne sur les beautés de la nature, et déploie toute sa vigueur lorsqu’il fend les airs et s’élève aux yeux de la femelle qui l’admire. L’hirondelle, toute tendresse, toute affection, chante rarement seule, mais en duo, trio, en quatuor, en sextuor, en autant de parties qu’il y a de membres dans la famille sa gamme n’a que peu d’étendue et pourtant ce petit concert est plein de charmes.

Le rossignol a trois chansons : celle de l’amour suppliant, d’abord langoureuse, puis mêlée d’accents d’impatience très vive, qui se termine par des sons filés, respectueux, qui vont au cœur. Dans cette chanson, la femelle fait la partie en interrompant le couplet par des sons très doux, auquel succède un oui timide et plein d’expression. Elle fuit alors, mais les deux amants voltigent de branche en branche, le mâle chante avec éclat très peu de paroles rapides, coupées, suspendues par des poursuites qu’on prendrait pour de la colère : aimable colère !… C’est sa seconde chanson, à laquelle la femelle répond par des mots plus courts encore : Ami, mon ami.

Enfin on travaille au nid : c’est une affaire trop grande, on ne chante plus. Le dialogue continue, mais il n’est que parlé, et on y distingue à peine le sexe de ces interlocuteurs. C’est après la ponte que, perché sur une jeune branche voisine de celle qui porte sa famille, un peu au-dessus d’elle, battant la mesure par le petit mouvement qu’il imprime au rameau, et quelquefois par un léger mouvement des ailes, il distrait sa compagne des soins pénibles de l’incubation par les charmes d’une harmonie indicible.

Les deux couplets suivants rappelleront peut-être les vers de Du Bartas, qui essaya par des onomatopées bizarres de figurer le chant de l’alouette : du moins ceux-ci rendent en partie ce qu’en musique on appelle motif : c’est tout ce qu’il était possible de faire.

Dors, dors, dors, dors, ma douce amie,
Amie, amie,
Si belle et si chérie ;
Dors en aimant,
Dors en couvant,
Ma belle amie,
Nos jolis enfants,
Nos jolis, jolis, jolis, jolis, jolis,
Si jolis, si jolis, si jolis
Petits enfants.
(Un silence)

Mon amie,
Ma belle amie,
A l’amour,
A l’amour ils doivent la vie.
A tes soins ils devront le jour.
Dors, dors, dors, dors, ma douce amie,
Auprès de toi veille l’amour,
L’amour,
Auprès de toi veille l’amour.

Le rossignol cherche la solitude. Cependant on ne trouve point cet oiseau dans l’intérieur des grandes forêts, ni surtout dans les montagnes couvertes de sapins. Cet oiseau sédentaire se tient dans les-bosquets ou sur la lisière des bois.

Un observateur s’est assuré que la sphère remploie par la voix du rossignol n’avait pas moins d’un tiers de lieue de diamètre, lorsque l’air était calme, et Beichstein est parvenu à rendre assez exactement, par les combinaisons de nos lettres, l’effet produit par le rossignol. Beichstein recommande de les siffler et d’essayer de prononcer en sifflant les sons indiqués par les lettres.

Voici la chanson du rossignol dans la langue de ces oiseaux. C’est vraisemblablement l’original rossignolier dont Dupont nous a donné la traduction en français.

Tiouou, tiouou, tiouou, tiouou,
Shpetiou tokoua,
Tio, tio, tio, tio,
Kououtio, kououtio, kououtio, kououtio,
Tsii, tsii, tsii, tsii, tsii, tsii, tsii, tsii, tsii, tsii,
Kouorortiou, Tskoua pipistkouisi,
Tso, tso, tso, tso, tso, tso, tso, tso, tso, tso, tso, tso, tsirrhading !
Tsisi si tosi si si si si si si si,
Tsorre tsosrre tsorse tsorrchi ;

Tsatn, tsatn, tsatn, tsatn, tsatn, tsatn, tsatn,tsi.
Dlo dlo dlo dla dlo dlo dlo dlo dlo
Kouioo trrrrrrrrtzt.
Lu lu lu ly ly ly lil li li li
Kouio didl li loulybi.
Ila guour guour, koui kouio !
Kouio, kououi kououi kououikoui koui koui koui
Ghi, ghi, ghi.
Gholl gholl gholl gholl ghia hududoi.
Koui koui horr ha dia dia dillhi !
Hets, hets, hets, hets, hets, hets, hets, hets, hets,
hets, hets, hets, hets, hets, hets.
Touarrho hostehoi.
Kouia kouia kouia kouia kouia kouia kouia kouiati ;
Koui koui koui io io io io io io io koui
Lu lyle lolo didi io kouia.
Higuai guai guay guai guai guai guai guai kouior tsio tsiopi.

Jeunes lecteurs, chantez, égayez-vous en accompagnant les oiseaux qui s’ébattent au printemps.

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Alimentation et reproduction de la cigogne

Posté par othoharmonie le 15 octobre 2013

Alimentation et reproduction de la cigogne dans CIGOGNE 320px-klappern_des_weissstorches

La Cigogne blanche consomme une grande variété de proies animales. Elle préfère se nourrir dans les prairies qui se trouvent dans un rayon de 5 km autour de son nid et sur les sites où la végétation est courte, de sorte que ses proies sont plus accessibles. Son régime alimentaire varie selon la saison, l’endroit et la disponibilité des proies. Les proies les plus courantes sont les insectes, principalement des coléoptères et des orthoptères (sauterelles, criquets et grillons), respectivement 49,5 % et 43,7 % des insectes lors d’une étude sur trois ans effectuée en Espagne à partir de pelotes de réjection, les insectes représentant 99,3 % du nombre total des proies. Viennent ensuite les lombrics, les reptiles, les amphibiens — notamment les grenouilles telles que la grenouille verte  et la grenouille rousse  — et de petits mammifères comme les campagnols (notamment Microtus arvalis et les espèces du genre Arvicola), les taupes et les musaraignes. Elle attrape ces rongeurs en les guettant à la sortie de leur trou. Moins souvent, la Cigogne blanche consomme aussi des œufs d’oiseaux, de jeunes oiseaux, des poissons, des mollusques, des crustacés et, en Afrique du Nord, des scorpions.

La Cigogne blanche chasse principalement pendant la journée ; elle avale directement les petites proies, mais tue et découpe les proies plus grosses avant de les avaler. Elle avale parfois des élastiques qu’elle prend pour des vers de terre, et ceux-ci peuvent parfois causer la mort de l’individu par occlusion intestinale. Elle chasse sans gêne dans les terrains ouverts et n’hésite pas à suivre les engins de labour ou les batteuses afin de consommer les animaux débusqués ou déchiquetés par les machines. En Afrique elle sait également tirer profit des feux de brousse qui dénichent toutes sortes de proies. On a observé des oiseaux retournant en Lettonie au cours du printemps repérer leurs proies, des grenouilles Rana arvalis, en suivant les appels nuptiaux produits par des rassemblements de grenouilles mâles. Des Cigognes blanches hivernant dans l’ouest de l’Inde ont été observées suivant une Antilope cervicapre pour capturer les insectes dérangés par le bovidé.

Le régime alimentaire des oiseaux non reproducteurs est similaire à celui des oiseaux nicheurs, mais les proies sont plus souvent prises dans les zones sèches. Lorsque les cigogneaux sont âgés de plusieurs semaines, près de 4 kg de nourriture sont quotidiennement nécessaires pour nourrir une famille. Les Cigognes blanches passant l’hiver en Inde se nourrissent parfois avec la Cigogne épiscopale. Des cas de cleptoparasitisme ont été reportés, une Cigogne blanche ayant volé un rongeur au Busard des roseaux  en Inde ; à l’inverse le Busard cendré  est connu pour harceler les Cigognes blanches se nourrissant de campagnols dans certaines parties de la Pologne.

Reproduction

Photo de 2 cigognesLa Cigogne blanche se reproduit dans les zones agricoles ouvertes près de zones humides, construisant son grand nid de branches dans les arbres, sur les bâtiments, ou sur une plate-forme bâtie par l’homme et prévue à cet effet. Les nids sont généralement construits en colonies lâches, mais on a compté jusqu’à neuf nids sur un même toit. Généralement placé à grande hauteur, il est à l’abri des prédateurs terrestres mais peut occasionnellement être construit au sol. L’espèce nidifie souvent à proximité de l’habitat humain ; les nids peuvent être construits sur les églises ou d’autres bâtiments. Chaque nid mesure de un à deux mètres de profondeur, de 0,8 à 1,5 m de diamètre et pesant de 60 à 250 kg. Il est généralement utilisé année après année, en particulier par les plus vieux mâles. Le mâle revient plus tôt dans la saison, et choisit le nid. Les grands nids produisent plus de jeunes à l’envol, et semblent être recherchés. Un changement de nid est souvent lié à un changement dans l’appariement et à une saison de reproduction mauvaise l’année précédente ; les jeunes oiseaux sont ainsi plus susceptibles de changer de site de nidification. Si un individu arrivant à un nid reste généralement pour s’y reproduire, on a observé dans le Sud-Ouest de la Pologne plusieurs couples se succéder dans un même nid avant qu’un ne se décide à s’y établir.

Quand le mâle a choisi le nid, les partenaires se saluent en claquetant du bec, la tête renversée sur le dos. Quand l’entente est réussie, à force de parades et de caresses, l’accouplement donne lieu à d’audacieuses acrobaties. Le plus souvent, l’oiselle doit se tenir debout, tandis que son partenaire bat des ailes pour s’équilibrer en s’accroupissant sur elle. Les partenaires copulent fréquemment pendant le mois avant que la femelle ne ponde. Des rapports fréquents sont généralement signe de compétition spermatique ou de relations hors couple, mais ce deuxième comportement est rare chez la Cigogne blanche.

Il arrive souvent que d’autres espèces d’oiseaux nichent dans les grands nids de la Cigogne blanche. Parmi les occupants les plus réguliers, on compte le Moineau domestique , le Moineau friquet  et l’Étourneau sansonnet ; on recense des résidents moins communs, comme le Faucon crécerelle , la Chouette chevêche le Rollier d’Europe , la Bergeronnette grise , le Rougequeue noir , le Choucas des tours  et le Moineau espagnol .

Chez la Cigogne blanche un couple n’élève qu’une seule couvée par an. La femelle pond généralement quatre œufs, mais des pontes d’un à sept œufs ont déjà été signalées. Les œufs sont blancs, mais ont souvent l’air sales ou jaunâtres à cause d’un revêtement gluant. Ils mesurent en moyenne 72,58 × 51,86 mm, et pèsent de 96 à 129 g, dont 10,76 g de coquille. Un œuf est pondu tous les deux jours, mais l’incubation commence dès que le premier œuf est pondu, de sorte que l’éclosion, qui commence 33 à 34 jours plus tard, est asynchrone. Les deux parents participent à l’incubation pendant la journée, mais la tâche est assurée la nuit par la femelle seule.

La température et les conditions météorologiques au moment de l’éclosion sont importantes ; les températures fraîches et le temps humide diminuent le succès reproducteur en augmentant le taux de mortalité des poussins. De façon un peu inattendue, une étude a montré que les oisillons étant sortis de l’œuf plus tard et qui parviennent à l’âge adulte ont plus de poussins que leurs congénères de nids éclos plus tôt. Le premier petit sortant de l’œuf bénéficie généralement d’un avantage concurrentiel sur les autres. Les poussins plus faibles ou petits sont parfois tués par leurs parents. Cela se produit quand les ressources alimentaires se font insuffisantes, la réduction de la taille des couvées augmentant les chances de survie des autres oisillons. Les cigogneaux ne s’attaquent pas entre eux, les poussins plus forts ne sont notamment pas agressifs envers les plus faibles membres de leur couvée comme c’est le cas chez certaines espèces (caïnisme), et la méthode de nourrissage employée par les parents — la régurgitation de grandes quantités de nourriture à la fois sur le fond du nid — ne permet pas aux plus forts de se nourrir entièrement au détriment des plus faibles ; l’infanticide par les parents reste donc le moyen efficace de réduire la taille d’une couvée mais n’est pas souvent observé.

De 75 grammes à l’éclosion, la masse corporelle des poussins augmente très rapidement dans les premières semaines et atteint un plateau d’environ 3,4 kg en 45 jours ; la longueur du bec augmente de manière linéaire pendant environ 50 jours. Les jeunes oiseaux sont nourris avec des vers de terre et des insectes, qui sont régurgités par les parents sur le fond du nid. Les aînés peuvent atteindre le bec des parents et y obtenir leur nourriture. L’eau est versée directement du bec des adultes dans celui des jeunes. Les dix premiers jours, les parents nourrissent les petits toutes les heures ; quand ces derniers ont atteint l’âge de deux ou trois semaines, les adultes reviennent toutes les deux heures. Les poussins quittent le nid 58 à 64 jours après l’éclosion.

La Cigogne blanche commence généralement à se reproduire à l’âge de quatre ans, même si certains individus peuvent se reproduire dès deux ans et au plus tard à sept ans. Le record de longévité connu pour une Cigogne blanche sauvage est détenu par un individu retrouvé mort 39 ans après avoir été bagué en Suisse, tandis que des oiseaux captifs ont vécu pendant plus de 35 ans.

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