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La vie de l’Aigle royal

Posté par othoharmonie le 18 novembre 2014

 

SONY DSCTournoyant très haut dans le ciel, l’aigle royal explore son vaste domaine. Parmi plus de 300 espèces de rapaces diurnes, il est sans doute celui qui incarne le mieux l’oiseau de proie. L’homme, qui l’a longtemps pourchassé, cherche maintenant à préserver ce superbe oiseau au regard fier et à l’envergure impressionnante.

Il est plus courant de découvrir des restes de mammifères ou des coquilles de mollusques que des traces fossiles, même fragmentaires, d’oiseaux. Car la structure délicate de leur squelette, leurs os creux et la fragilité de leurs plumes ne permettent pas une bonne fossilisation. Cela explique pourquoi l’étude phylogénétique, c’est-à-dire la détermination des modalités de l’évolution des oiseaux, n’est pas aisée. Toutefois, certains des matériaux fossiles existants ont conduit les paléontologues à établir des affinités entre les rapaces et les cigognes, ibis et hérons (ciconiiformes) et, de façon plus éloignée, avec les pélicans (pélécaniformes).

Les ancêtres primitifs des rapaces font leur apparition entre 63 et 36 millions d’années avant notre ère. En ces temps reculés vivent des rapaces d’une taille impressionnante, parfois inaptes au vol, tel Diatryma, dont l’aspect rappelle celui d’une autruche et qui habite les plaines d’Amérique voici 60 millions d’années. Avec son énorme bec, crochu et acéré, et sa taille (2,10 m), il est sans doute un prédateur redoutable. De l’oligocène au pliocène (de – 36 à – 2 millions d’années), de nombreuses espèces d’oiseaux existant encore voient le jour. Parmi celles-ci des rapaces, et peut-être l’aigle royal, ou du moins une forme voisine de celle que nous connaissons. Résultat d’une longue évolution, l’aigle royal, après avoir traversé avec succès les bouleversements climatiques du pléistocène (de – 2 millions d’années à – 10 000 ans), a été confronté, à notre époque, à des dangers qui l’ont mis en péril.

Présent sur quatre continents, l’aigle royal a longtemps été chassé par l’homme. Il a dû supporter et il subit encore les ravages de l’agriculture intensive et de ses moyens chimiques (dont le DDT, qui s’accumule dans les tissus, provoquant une baisse dramatique de la fécondité) ; ces produits ont causé des dégâts considérables sur les populations de rapaces. De nombreux pays ont adopté une législation interdisant les pesticides les plus nocifs. Ces mesures seront-elles suffisantes pour que l’aigle continue à tracer ses orbes superbes dans le ciel ?

Pour élire une partenaire ou honorer sa compagne, l’aigle la courtise en plein ciel. Ces jeux nuptiaux commencent aux beaux jours de l’hiver quand les ascendances thermiques sont favorables. Le couple s’élève en spirale et vole ailes étendues. Les grandes plumes se frôlent parfois. Soudain, le mâle gagne en altitude avant de piquer sur la femelle, ses ailes à moitié repliées, simulant l’attaque. Sur sa lancée, il reprend de la hauteur et recommence à plusieurs reprises ce manège. La femelle bascule sur le dos et feint de parer de ses serres ce semblant d’assaut. Parfois, elle agrippe, un instant très bref, les serres du mâle. Selon les régions, ces parades spectaculaires cessent en janvier ou se prolongent jusqu’en mars-avril.

La plaque incubatrice permet à la femelle de maintenir en permanence l’œuf à la température élevée dont il a besoin pour éclore. Cette zone de la face ventrale se modifie aux approches de la reproduction par des changements successifs. Sous l’action d’hormones, le duvet qui protège la peau tombe peu à peu jusqu’à ce qu’elle soit tout à fait dénudée ; et sa surface s’échauffe grâce à un afflux de sang dans les vaisseaux capillaires qui se sont mis à gonfler. L’équilibre thermique, indispensable à la couvaison, se trouve alors assuré. Les femelles de la plupart des oiseaux possèdent, comme l’aigle, une plaque incubatrice, parfois même plusieurs. En son absence, chaque espèce adopte sa propre méthode de substitution. Les canards s’arrachent le duvet ventral et en garnissent leur nid ; les fous de Bassan couvrent leur œuf de leurs pattes palmées, toujours irriguées en abondance ; quant au manchot empereur, il dépose son œuf sur ses pattes, l’abritant ainsi dans un repli de la peau de son ventre.

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Parabole du témoignage d’une cigogne

Posté par othoharmonie le 11 novembre 2013


 

Parabole du témoignage d’une cigogne dans CIGOGNEA Tazrouk, dans le Hoggar, les Petits Frères avaient une fraternité chez les anciens esclaves des Touaregs, familles pauvres qui vivaient en cultivant le long de l’oued un peu de blé et quelques légumes. C’était un lieu de paix que cet oued de Tazrouk et nos frères y avaient aussi leur jardin qu’ils travaillaient. Mais que de difficultés pour arriver à tirer quelque chose du sable ! Quand on avait de l’eau, les sauterelles arrivaient ; si l’on échappait aux sauterelles, on avait les chenilles. Et des lapins venaient des alentours pour faire place nette, dévorant le peu de verdure que nous avions obtenu à grand-peine. Il nous fallait alors poser des pièges qui nous procuraient un peu de viande, appréciable lorsque ce n’était pas du renard ou du chacal.

Un soir, un vol de cigognes se dirigeant vers le nord arriva dans le ciel de Tazrouk : c’était le printemps. En décrivant de larges cercles, le vol descendit sur l’oued pour y passer la nuit. Cherchant un point d’atterrissage, une belle cigogne femelle alla mettre ses pattes dans une de nos trappes. Elle passa la nuit à perdre son sang et lorsqu’à l’aube, les Petits Frères s’aperçurent de sa présence, c’était trop tard. Elle mourut le jour même et nous l’enterrâmes sur les rives de l’oued.

Alors le drame commença, drame qui nous toucha tous profondément. Le vol de cigognes était reparti vers le nord, mais le compagnon de l’oiseau mort resta dans l’oued. Le même soir, nous le vîmes descendre près du jardin, à l’endroit même où sa compagne avait été prise, tourner, tourner en gémissant et en la cherchant. Cela dura jusqu’au coucher du soleil.

Le lendemain, la scène se répéta. Le vol de cigognes avait peut-être atteint la Méditerranée et la pauvre bête était encore là, cherchant sa compagne. Elle resta toute l’année. Chaque jour, elle partait en quête de nourriture et on la voyait au coucher du soleil se profiler sur le ciel au-dessus du jardin et descendre en gémissant, chercher l’absente et dormir sur le sable là où elle sentait peut-être encore le sang de sa compagne.

Les Frères s’habituèrent à la cigogne, et la cigogne s’habitua aux Frères. Elle entrait dans le jardin et venait prendre quelque morceau de viande ou de pain trempé que les frères lui tendaient. N’était-ce pas émouvant de voir cette créature sensible à l’amour et aux caresses des frères qui, se sentant responsables de son veuvage, multipliaient leurs attentions à son égard. Je me souviens de son regard, de sa manière de pencher la tête de côté, du mouvement régulier de son grand bec, de sa façon de me fixer comme pour essayer de me comprendre et sortir enfin de sa solitude. Moi aussi, j’essayais de la comprendre, mais je restais moi-même, et elle resta cigogne. Je demeurais dans mes limites tout comme elle demeurait dans les siennes. Et ces limites étaient déterminées par la nature. C’était l’incommunicabilité.

180px-portrait_jungstorch dans CIGOGNEEt, cependant, ce migrateur avait fait et savait faire des choses extraordinaires, des choses que moi-même je n’aurais jamais été capable de faire. Il était parti des pays chauds, du Mali peut-être ou du Niger, il avait parcouru des centaines de et des centaines de kilomètres sans boussole, sans radar, il était capable de continuer son voyage sans carte géographique et d’aller retrouver le clocher ou la cheminée de l’année précédente, pour y faire son nid. Et cependant… avec toute sa science de capitaine au long cours, il n’aurait pas pu lire mon alphabet, ni interpréter le son de ma voix.

Le printemps suivant, un autre vol de cigognes arriva sur l’oued de Tazrouk. Notre amie, cette fois, se joignit à lui et elle repartit vers le Nord. J’ai souvent pensé à cette cigogne pour trouver …

CARRETTO Carlo, Au-delà des choses. Collection « Témoignages 13 », Editions Paulines, 1971 (2e édition), pp. 71-73.

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Cigogne et spiritualité

Posté par othoharmonie le 11 novembre 2013


Nous sommes nous aussi comme des oiseaux migrateurs.

C’est l’apôtre qui a écrit l’épître aux hébreux qui nous révèle cela.

 Cigogne et spiritualité dans CIGOGNE white_stork_from_the_crossley_id_guide_britain_and_ireland-231x300

Il nous dit dans le chapitre 13 aux hébreux ; notre cité à nous n’est pas ici-bas, elle est à venir, en réalité, nous sommes en migration, comme l’hirondelle, la grue, la cigogne, nous sommes appelé à aller vers d’autres climats et je crois que cette migration mérite une explication et c’est en allant au centre de Ribeauvillé que nous apprenons par exemple que la cigogne ne part pas seulement à cause du froid, mais elle part parce qu’en hiver, elle ne trouverait pas sa nourriture.

La preuve c’est que les cigognes du centre de réintroduction, depuis plusieurs années supportent les hivers et n’en meurt pas.

Mais en 1973;on c’est rendu compte que les couples de cigognes diminuaient d’année en année. 10% des cigognes mouraient électrocuter par les lignes de haute tension ; il y avait un autre facteur qui faisait que les cigognes ne revenaient plus en Alsace » je ne sais pas si elles avaient perdu le langage de l’alsacien », mais elles revenaient plus. Puis on à étudié ceci, là ou elles allaient les peuples on changé de régime politique, c’est des régimes souvent militaires et les soldats s’amusaient avec les tanks, leurs armes à foncer dans les cigognes et ils en tuaient jusqu’à 60% par année.

Alors, on a voulu sauver ces magnifiques oiseaux. Nous devons savoir que ces oiseaux partaient, non seulement à cause du froid parce qu’ils étaient frileux, mais parce qu’ils ne trouvaient plus leur nourriture, ils ne vivent pas seulement de grenouilles et de poison mais aussi d’insectes pour leur équilibre nutritif.

Nous aussi nous devons comprendre que le point capital de notre progrès spirituel, ne dépend pas seulement d’avoir une chaude assemblée extraordinaire mais il faut aussi avoir une bonne nourriture spirituelle et dans la semaine, il faut continuer à se nourrir de la parole de Dieu, comme la cigogne partait pour échapper à la famine qui la menaçait.

Nous devons nous aussi quelque fois savoir prendre le temps de nous retirer pour nous nourrir de la Parole de Dieu.

Nous sommes appelés à être comme les cigognes, des oiseaux migrateurs qui font tous les efforts pour trouver leur nourriture. « exemple : s’éloigner de la télé ».

Notre chose primordiale c’est notre nourriture spirituelle comme l’oiseau migrateur. Je n’ai pas peur du froid de l’incrédulité qui sévit autour de moi, je n’ai pas peur du froid de l’apostasie qui vient, ce que j’ai peur c’est de l’anémie spirituelle qui ferait de nous un corps sans défense à l’heure de l’attaque et comme la cigogne, apprenons à changer de climat et d’endroit pour y trouver la nourriture. L’homme ne vivra pas de pain seulement mais de toute parole qui sortira de la bouche de Dieu.

Il est important de savoir que les oiseaux migrateurs sont conduits par Dieu par un instinct qui leurs as été donné et qu’ils ont tous le même point de repère quand ils partent.

Ce point de repère c’est le soleil. Les oiseaux sont extraordinaires, l’hirondelle des mers à l’âge de 3 mois parcourent 18000 kilomètres, elle n’a jamais fait le voyage, à trois mois elle s’envole, sont point de repère le soleil.

L’oie sauvage s’élève à 8800 m d’altitude, là ou l’homme ne peut pas respirer sans un apport d’oxygène, elle vit, traverse et va à son point.

Dieu est le Dieu extraordinaire, il leurs à donné à tous un point commun, un point de repère, le soleil.

J’ai appris sur les coutumes des bêtes sauvages, les oies sauvages un jour sont parties, elles sont arrivé dans un faisceau de brouillard et de nuages, n’ayant plus leur point de repère, le soleil, elles sont revenus en arrière et repartit que le lendemain.

Nous aussi, nous avons le même point de repère, l’ancien testament se termine avec ces mots. Malachie4/2 Pour vous qui craignez mon nom se lèvera le soleil de la justice, et la guérison sera sous ses ailes.

Jésus est le soleil de justice, le point de repère de chacun d’entre nous, nous sommes comme ces oiseaux migrateurs, nous avons choisi le soleil de justice, Jésus-Christ, le Fils de Dieu.

Dans notre migration, nous allons nous aussi vers une ère nouvelle mais en ayant toujours les yeux fixés sur Jésus. Voir dans Hébreux 11 les héros de la foi ; j’appelle ce chapitre le catalogue de Dieu; on voit tous les champions de la foi, et Hébreux 12/2:Ayez les regards sur Jésus.

Comme les oiseaux migrateurs, nous avons le soleil comme point de repère, ce soleil de justice Jésus qui à apporté la santé dans ses rayons.

Les français ont inventé des avions avec une géométrie, ont arrive à rentré les ailes, à les sortir, à les placer de telles façons que l’avion peut aussi facilement se mouvoir comme un oiseau dans l’espace. Les oiseaux ont reçu du créateur une possibilité quand ils étaient en vol; par exemple quand ils arrivent sur une région glacée et glaciale leurs plumes se resserrent et font protection contre le froid, mais tout d’un coup, ils arrivent dans un endroit chaud, leurs plumes s’ouvrent pour faire ventilation. Nos cigognes ont une telle possibilité comme les sternes des mers, l’oie sauvage, le plumier, tous ont la même faculté; nous aussi, nous avons une vie spirituelle à géométrie variable. Il arrive quelque fois que dans la prière ont à de la peine à s’exprimer car tout est glacial autour de nous, ont sent les démons qui nous frôlent, les ténèbres qui nous environnent, nous sommes comme gelé.ET tout à coup, nous nous concentrons sur le Christ, et voilà qu’apparaît le magnifique parler en langues qui nous permet de prier, et celui qui parle en langues s’édifie lui-même.

D’autre fois, c’est la prière de combat, d’autres fois la prière d’adoration ; il ne faut pas oublier comme les oiseaux avec leurs plumages peuvent résister au froid ou à la chaleur ; nous avons-nous aussi un manteau qui nous protège.

La parole de Dieu nous dit : nous devons revêtir Jésus-Christ, revêtir l’homme nouveau.

J’ai appris, qu’on pouvait supprimé l’instinct migrateur des cigognes et ont y est arrivé, en les mettant en cage, c’est pas la meilleur façon, il y a une autre façon qui est beaucoup plus humaine, c’est celle de couper les plumes d’une aile ; quand on arrive à faire cela, au bout de trois ans, la cigogne à perdu son instinct migratoire et c’est pour cela que l’on peut voir dans les environs, installé toute l’année, elles ne partent plus, elle ont perdu l’instinct migratoires.

Il y a beaucoup de chrétiens qui ont perdu l’instinct migratoire, ils ne croient pas au retour du Seigneur, on leurs à couper une plume d’une aile, ils ne croient plus au baptême du Saint-Esprit, ils ne crient plus aux dons spirituelles, on à taillé. On commence à dire que les prophéties étaient bonnes pour les écrits avant le nouveau testament, et on perd notre instinct migratoire.

Et j’ai appris qu’on ne nourrissait pas n’importe comment un cigogneau, les petits cigogneaux étaient nourrit par régurgitation ce qui veut dire, retour dans la bouche des aliments qui ont été déposé dans l’œsophage ou l’estomac.

C’est-à-dire que les cigognes mâchent une première fois la nourriture, la laisse en dépôt dans leur œsophage ou leur estomac et sans vomissement la laisse revenir en petites boules dans le nid et les cigogneaux se nourrissent.

Et j’ai regardé que nous aussi nous sommes appelés à être comme les cigognes. C’est Abraham qui dit dans Genèse 18 : Dieu dit à Abraham, je l’ai choisi afin qu’il ordonne à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l’Eternel en pratiquant la droiture, la justice et afin que l’Eternel accomplisse en sa faveur, ses promesses qu’il à faites, afin qu’il enseigne à ses enfants.

Les cigognes nous enseignent une chose, ce qu’elles mangent, elles le donnent ensuite à leurs enfants et vous ce que vous avez reçu, depuis des années, est ce que vous l’avez enseigné à vos enfants? prenons nos responsabilités, comme les couples de cigognes s’unissent pour nourrir les cigogneaux et mangent premièrement la nourriture qu’ils vont leurs donner.

Texte de ALDO BENZI

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Les vertus De la cigogne

Posté par othoharmonie le 7 novembre 2013

 Les vertus De la cigogne dans CIGOGNE white_stork_at_giza_zoo_by_hatem_moushir_12

1] La cigogne est un oiseau très courageux. En effet, lorsque le printemps arrive, elles prennent toutes leur vol, enrôlant toutes sortes d’oiseaux, les oies sauvages, les canards et toute espèce d’oiseaux, puis quittent l’Egypte, la Lybie, la Syrie et se dirigent vers la Lycie, vers un fleuve qui s’appelle le Xanthus, et là, engagent la guerre contre les corbeaux, les corneilles, les geais, les vautours et tous les oiseaux carnivores. Comme ceux-ci connaissent l’endroit, ils se trouvent tous là.

2] L’armée des pélicans [lire des cigognes] se range en bataille sur un des côtés du fleuve : sur l’autre rive se dispose celle des corbeaux, des vautours et des autres oiseaux carnivores : pendant tout le septième mois, ils se préparent à la guerre : ils savent, en effet, les jours où ils doivent commencer la guerre : et lorsqu’ils commencent la guerre, leurs cris s’entendent jusqu’au ciel : et des flots de sang des oiseaux blessés coulent vers le fleuve, ainsi que des plumes dont on ne saurait dire la quantité. Les Lyciens les utilisent pour garnir leurs lits. Après leur retour de la guerre, on pourrait voir les corneilles blessées, ainsi que la foule des autres oiseaux carnivores : nombreux aussi sont les blessés parmi les cigognes, les pélicans et les oiseaux qui les accompagnent : beaucoup d’entre eux aussi tombent morts pendant la bataille.

3] La guerre qu’ils se livrent entre eux et la victoire des uns ou des autres fournit aux hommes un présage : car si l’armée des cigognes remporte la victoire, il y aura grande quantité et abondance de blé et des autres grains : si la masse des corneilles est victorieuse, il y aura abondance de brebis, de bestiaux, de bœufs et d’autres quadrupèdes.

4] Les cigognes ont aussi une autre particularité remarquable : car lorsque les parents vieillissent et ne peuvent plus voler, leurs enfants, les soutenant de chaque côté sous les aisselles, les transportent d’une place à l’autre et les nourrissent ainsi. Et lorsqu’ils n’y voient plus clair, leurs enfants leur mettent la nourriture dans le bec et cet échange, ce payement en retour, s’appelle ἀντιπελάργωσις, piété filiale.

5] Les œufs de la cigogne ont cette propriété : dissous dans du vin, ils noircissent les cheveux. Mais il faut frotter le front et les yeux avec du levain : il faut aussi après avoir teint les cheveux, les laver et les oindre d’huile de myrrhe ou de verjus, dans quoi on aura fait fondre de la graisse d’ours ou de sanglier.

6] Si tu prends un petit poussin d’une cigogne, que tu le mettes dans une marmite neuve, et qu’après l’avoir lutée, tu le mettes cuire à sec sur le fourneau, lorsqu’il sera carbonisé, tu enlèveras la cendre, tu la broieras convenablement et lu auras un collyre sec pour le néphélion, le larmoiement, le trichiasis ; et tout cela, fais-le comme un homme de l’art ; si tu veux en faire un collyre mou, mets la cendre dans du miel non enfumé, en quantité suffisante, mélange bien et emploie.

7] Ayant enlevé à une cigogne vivante les tendons des pattes, des jambes et des ailes, donne-les à porter à des goutteux des pieds et des mains, membre pour membre, et ils seront guéris.

8] Une cigogne, mangée bouillie une fois chaque année, au printemps, avant qu’elle se soit envolée pour la guerre, conserve indemnes et sans douleurs les nerfs et les articulations de celui qui l’a mangée : car elle fera fuir la goutte aux pieds, aux mains, aux genoux, la sciatique, l’arthrite, l’opisthotonos et toutes les maladies nerveuses et articulaires.

9] Sa fiente, en cataplasme avec des feuilles de jusquiame et de laitue, soulage les goutteux.

10] Prends la peau de son estomac, lave-la dans du vin, fais-la sécher à l’ombre, tiens-la bien unie. Si quelqu’un a bu un breuvage mortel, grattes-en, mets la raclure dans du vin avec de l’eau de mer, donne à boire et l’on sera conservé indemne.

11] Ses intestins, mangés, guérissent les coliques et les maux de reins.

12] Son fiel, en liniment, rend la vue perçante.

13] Si quelqu’un prend le cœur d’une cigogne victorieuse dans la guerre et le lie dans une peau d’épervier ou de vautour vaincue, et qu’il écrive sur le cœur ceci : « J’ai vaincu mes adversaires », puis qu’il suspende le tout à son bras : le porteur sera terrible et admiré ; il vaincra tous ses supérieurs à la guerre et dans les procès. C’est un phylactère inviolable, donnant la victoire et très puissant.

Issu du livre médical sommaire d’Hermès Trismégiste De la connaissance scientifique et de l’influence physique des animaux, Composé pour son élève Asclépios

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Cigogne et Légende

Posté par othoharmonie le 2 novembre 2013

 

 

Dessin de GrandvilleLa cigogne blanche est le symbole de l’Alsace car depuis des siècles elle vit à l’état sauvage dans cette région. Grande migratrice, elle revient tous les ans au printemps faire son nid dans ce coin de France qu’elle affectionne tout particulièrement. 

Son nom en hébreu signifie « la fidèle » et la légende de la cigogne raconte qu’au commencement elle était entièrement blanche. Ce n’est qu’après avoir vu la cruauté des Hommes qu’elle a demandé et obtenu l’autorisation de plonger le bout de ses ailes dans le charbon, afin de les obscurcir en signe de deuil. 

Quelque soit son pays de prédilection, la cigogne est connue pour apporter les bébés. Les futures mamans doivent passer commande en mettant quelques morceaux de sucre sur le rebord de leur fenêtre. L’oiseau va alors chercher le bambin auprès d’une source ou d’une mare, là où les lutins ramènent des profondeurs de la terre les âmes tombées du ciel avec la pluie, et réincarnées en nouveau-nés. Ainsi on dit qu’elle les apporte dans un linge, au bout de son bec ; son retour annonce que la nature va renaître et que les beaux jours sont proches. On a vu en elle un symbole de la résurrection.

 Cependant que de rôles variés ont reposé sur elle dans la diversité des traditions et des peuples. La Bible la range parmi les animaux impurs, mais le prophète Jérémie constate sa clairvoyance : « La cigogne dans le ciel connaît la saison… mais mon peuple ne connaît pas le droit de Dieu ». Les Hébreux l’appelle « hasida » (la pieuse) et Maïmonide la compare au mystique qui s’isole en sa méditation. Que de fois elle réfléchit, immobile, sur la haute tige d’une seule patte : pas étonnant qu’elle soit aussi le symbole du philosophe perdu en sa contemplation. 

En Extrême-Orient, on lui attribue une longévité exceptionnelle, et elle est un symbole de longue vie. Et parce qu’elle chasse et tue les serpents, les Chrétiens l’ont comparée au Christ et l’ont considérée comme l’adversaire du démon. Elle incarne aussi la reconnaissance filiale car elle subvient dit-on, aux besoins de ses vieux parents. Ecoutez saint Basile au 4è siècle : « Les cigognes, autour de leur père dont la vieillesse a fait tomber les plumes, se rassemblent en cercle : elles le réchauffent de leurs propres ailes : elles pourvoient abondamment à sa nourriture et, même dans leur vol, lui procurent tout le secours possible, en lui ménageant doucement de chaque côté le soutien de leur ailes« . 

Il semble que les cigognes fréquentant les zones humides pour leurs besoins alimentaires, aient ainsi remplacé depuis le siècle dernier, les lutins qui étaient dans des temps plus anciens préposés à la livraison des bébés. Si une cigogne s’est posée sur votre maison, elle devient votre porte-bonheur dans presque tous les domaines : fécondité et fidélité en premier lieu, mais aussi richesse, santé, protection contre la foudre, bénédiction de la ville entière où elle a élu domicile etc… Cette quantité de vertus lui a sans doute été attribuée dans les siècles passés parce qu’elle débarrassait les champs et marécages des serpents et d’autres animaux peu appréciés par les habitants. 

Cigogne et Légende dans CIGOGNE 200px-stork2A cause de l’assèchement des marais, de la pollution causée par le progrès, des lignes à haute tension, des pesticides et de la chasse qui les décime dans les pays d’Afrique où elles migrent annuellement, les cigognes risquaient de disparaître d’Alsace. <Pour luter contre leur disparition, de nombreuses Associations se sont formées pour la protection de l’environnement et un centre de réintroduction a été mis sur pied dans les Vosges. 

Ainsi, on a installé sur les toits des bases pour les inviter à y installer leur nid. Pendant trois ans, on garde les cigogneaux en volière pour leur faire perdre l’instinct de migration. A ce jour, le programme a donné d’excellents résultas, et souvent les cigognes migratrices viennent rejoindre sur les toits leurs consoeurs devenues sédentaires. On peut voir aujourd’hui leurs nids sur les clochers des églises, les tours des ville set des villages et les cheminées des maisons.

Le retour de cet oiseau synonyme de fertilité est tout à fait symbolique.

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Danger pour la cigogne

Posté par othoharmonie le 1 novembre 2013


Danger pour la cigogne dans CIGOGNE 320px-ap_simbil_3La diminution des populations de cigognes est souvent due aux activités humaines. En effet, ces oiseaux sont décimés sciemment par la chasse ou indirectement par l’augmentation récente des lignes électrifiées, un peu partout en Europe. Les chasseurs attendent le passage des migrateurs, le doigt sur la gâchette.

Au Soudan, où il y aurait environ 3 000 cigognes tuées par hivernage, on pratique une chasse très spectaculaire, qui a lieu aux heures les plus chaudes, quand les oiseaux sont assommés par la chaleur. Les chasseurs peuvent alors s’en approcher, courir après eux et les attraper à la main, car ils sont lents à s’envoler.

Enfin, dans les pays industrialisés, de nombreuses cigognes trouvent la mort en étant électrocutées ou en se blessant sur les fils électriques. Différentes mesures – épouvantails, ultrasons, enterrement des câbles – sont à l’étude pour limiter le nombre de ces accidents, mais, pour le moment, elles se sont montrées impraticables ou insuffisantes. Des silhouettes de rapaces ont même été fixées en haut des pylônes pour éloigner les cigognes des câbles meurtriers, et des spirales de plastique rouge et blanc ont été posées sur les câbles électriques pour les signaler.

La disparition des cigognes sauvages dans des pays comme la Suisse et la France – où il ne restait que neuf couples en 1974 – a incité les autorités à mettre sur pied un programme de réimplantation de cet animal, qui a d’abord été lancé en Suisse près de la ville d’Altreu par M. M. Bloesh, en collaboration avec deux scientifiques français, A. Schierer et W. Bœtcherstein. Des cigognes ont été importées, d’abord d’Alsace, où la population était encore florissante (le premier enclos réalisé dans cette région date de 1956 : on y accueillait les animaux blessés), ensuite d’Algérie. On élevait des couples captifs en enclos pour tenter de reconstituer plus tard une population sauvage. En Suisse, à partir de 1990, 153 couples se reproduisaient librement ou en captivité. En France, la population de cigognes a ainsi pu être sauvée de justesse.

 « Jamais, dit-on, une cigogne ne nichera sur une maison où il y a eu un divorce. » Célèbre est la fidélité que l’on attribue à la cigogne vis-à-vis de son conjoint. Malheur à celle qui n’est pas fidèle ! Elle sera condamnée : les fables sur des tribunaux champêtres rassemblant les cigognes et laissant après leur départ, des oiseaux exécutés sont nombreuses. Dans ces récits, les condamnés sont toujours des femelles.

Chez les Grecs anciens, la cigogne a aussi la réputation d’être un symbole de fidélité aux vieux parents, et une loi obligeant les enfants à s’occuper de leurs parents a été appelée « Pelargonia », de pelargos, cigogne.

Mais la cigogne évoque aussi une notion de longévité. En Chine, pour souhaiter une longue vie à un ami ou à un parent, on lui offre l’image d’une cigogne.

Cet oiseau atteindrait un âge fabuleux : « À 600 ans, dit-on, elle ne mange plus ni ne boit ; à 2 000 ans, elle devient toute noire. » Et, dans le nord de la France, une cigogne élevant sa nichée sur une maison assurait longue vie au propriétaire.

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Max la cigogne

Posté par othoharmonie le 31 octobre 2013

Max est une cigogne blanche née en mai 1999 à proximité de la commune d’Avenches en Suisse.

Max la cigogne dans CIGOGNE telechargement-14Baguée et équipée d’une balise Argos le 5 juillet 1999, les cycles de migration de Max sont suivis par le Musée d’histoire naturelle de Fribourg. La Cigogne blanche « Max » est née autour du 20 mai 1999. Elle a été baguée (N°6215) et munie d’une balise Argos le 5 juillet 1999 et peut, depuis lors, être suivie par des satellites. Au nid, il n’est pas possible de déterminer le sexe. Cette cigogne a été baptisée « Max » en hommage à M. Max Bloesch (1908-1997) qui depuis 1948, a réintroduit à Altreu (SO) de jeunes Cigognes provenant d’Alsace et d’Europe de l’Est. De 1955 à 1961, 262 jeunes Cigognes provenant d’Algérie ont été introduites en Suisse. En 1960, un couple non captif nicha à nouveau pour la première fois en Suisse et depuis, la population a augmenté. De fait, notre cigogne balisée Max est une femelle.

Max a pour mère une cigogne née à Mannheim (D). Cette dernière avait été baguée le 19.6.1997 (Radolfzell / Germania / 06407) et, lors de sa migration, avait fait halte à Bulle où, affaiblie, elle avait été capturée, le 4.9.1997. Placée dans la station de soins pour animaux sauvages du Musée d’histoire naturelle de Fribourg, elle avait été soignée, puis relâchée, le 12.9.1997 au Haras national d’Avenches. Elle devint sédentaire, nicha pour la première fois en 1999 et éleva un jeune (Max).

Quant à Max, elle a niché pour la première fois en 2002 et a depuis lors élevé 25 jeunes: Max est migratrice et a franchi le détroit de Gibraltar à 16 reprises mais depuis 2008, Max a choisi l’Espagne pour ses quartiers d’hiver. Néanmoins, chaque année, elle revient à Tüfingen (D) pour nicher. En 2010, Max détient le record mondial de longévité d’un animal équipé d’un équipement de suivi.

Max est arrivé le 18 mars 2002 à Mühlhofen, au nord du lac de Constance. Bien qu’elle y a trouvé un partenaire, elle avait quitté cet endroit pour se rendre 6 km plus au nord, vers le « Affenberg », près de Salem. Elle a trouvé un nouveau partenaire et a occupé un nid existant sur un arbre – le seul nid dans cette région qui est surveillé par une caméra vidéo! Des copulations ont été observées le 20 mars. La ponte des oeufs a commencé à partir du 1 avril. Des 3 oeufs sont éclos 2 jeunes (le 2 et le 4 mai) dont 1 mourra le 7 mai. Le 8 mai, une autre jeune cigogne qui était née à Böhringen (à l’endroit ou la cigogne balisée « Uli » était déjà né!) a été mis au nid avec le seul jeune restant. Les deux jeunes se portaient bien et étaient régulièrement nourris par Max et le deuxième parent.

telechargement-15 dans CIGOGNEEn septembre 2002, Max s’est de nouveau rendu au Maroc pour y passer l’hiver. En février 2003, Cette Cigogne, une femelle, est revenue au nord du lac de Constance et elle y a encore élevé des jeunes. Le 2 septembre 2003 elle est partie pour la cinquième fois vers le sud. Elle a encore passé un hiver au Maroc. En 2004, elle a quitté son quartier d’hiver déjà le 31 janvier. Par l’Espagne et la France, elle est de nouveau revenue à Salem où elle a élevé 3 jeunes. L’hiver 2004/05, elle est restée fidèle à son site d’hivernage au Maroc, mais déjà le 13 janvier 2005, elle a traversé le détroit de Gibraltar. Le 15 février 2005, elle se trouvait au nord-est de l’Espagne, tout près de la frontière française.

A voir la suite des déplacements sur la colonne de droite.

La Cigogne Max a péri vers le 10 décembre 2012 près de Madrid. Son histoire ici 

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LA CIGOGNE DU VERSEAU

Posté par othoharmonie le 28 octobre 2013

 

 LA CIGOGNE DU VERSEAU dans CIGOGNE images1La cigogne est très généralement un oiseau de bon augure, à part dans le Lévitique où elle se trouve qualifiée « d’immonde ». Elle est aussi symbole de piété filiale car 400 ans avant Jésus-Christ les Grecs associaient la cigogne qu’ils nommaient « pelargos » à ce respect des parents parce qu’elle les nourrissait alors qu’ils étaient vieillissants. De là découla le nom de la loi « Pelargonia » qui obligeait les enfants à s’occuper de leurs parents.

Dans certaines régions, on assure que la cigogne apporte les enfants, ce qui pourrait être en rapport ave ses mœurs d’oiseau migrateur, son retour correspondant au réveil de la nature. C’est sans doute dans la même perspective et pour la même raison, qu’on lui prête le pouvoir, par son seul regard, d’être cause de la conception. C’est d’ailleurs en février qu’elle marque son grand retour, c’est-à-dire dans le mois du Verseau. Par ailleurs, l’attitude de cet oiseau, dressé immobile et souvent solitaire sur un seul pied, en fait un des symboles de la contemplation. En Extrême-Orient, et notamment au Japon, la cigogne se confond avec la grue et apparaît comme un symbole d’immortalité.

En Europe, avoir un nid de cigognes sur le toit de sa maison porterait chance. Par ailleurs, comme elle n’oublie jamais où se trouve son nid, la cigogne symbolise la constance.

Une autre croyance voudrait qu’elle ait volé autour de Jésus lors de sa crucifixion. Elle serait ainsi devenue un symbole de résurrection, de régénération. C’est pourquoi la cigogne qui vole au-dessus d’une maison ou y construit son nid serait annonciatrice d’une future naissance. On entend dire encore : « Si une cigogne s’est posée sur votre maison, elle devient votre porte-bonheur dans presque tous les domaines : fécondité et fidélité d’abord, mais également richesse, santé, protection contre la foudre, bénédiction de la ville entière où elle a élu domicile. Cette quantité de vertus lui a sans doute été attribuée dans les siècles passés parce qu’elle débarrassait les champs et marécages des serpents et d’autres animaux peu appréciés par la population ».

La cigogne est encore symbole de longévité. On lui prête de pouvoir atteindre un âge fabuleux. Mais alors qu’elle arrive à six cents ans, elle ne mange plus, se contentant pour vivre de boire et, après deux mille ans, elle devient toute noire. Elle est, avec le lièvre et le corbeau, un animal cher aux alchimistes taoïstes.

Au Maroc aussi, la croyance populaire considérait la cigogne comme un porte-bonheur. Une légende marocaine assure que la cigogne serait un imam, un homme saint habillé de deux burnous, l’un noir et l’autre blanc. « Un jour, en plein Sahara, l’eau nécessaire à ses ablutions vint à manquer à l’imam. Pour ne pas manquer la prière, il utilisa le petit lait pour faire sa toilette commettant ainsi un grave péché car le petit lait était béni du fait de sa rareté en ce lieu désertique. Alors le Tout Puissant le métamorphosa en cigogne et l’expédia au Maroc pour expier son péché ».

Il est un petit conte intitulé « les Cigognes » d’Hans Christian Andersen, célèbre pour sa petite sirène, qui reprend une légende célèbre dans le nord de l’Europe assurant que c’est la cigogne blanche qui apportait les bébés aux jeunes parents. On retrouve cette hypothèse dans le poème d’un Allemand, Jean-Frédéric Wentzel, en 1840. Cependant, les premières légendes européennes sont bien plus anciennes, comme on vient de le voir.

 400px-BrantaLeucopsisMigration dans CIGOGNE

Quoi qu’il en soit, le folklore allemand est plein d’histoires rapportant que les cigognes trouvaient les bébés dans des grottes ou des marais et qu’elles les apportaient dans un panier, arrimé sur leur dos ou tenu dans leur bec, qu’elle déposait dans les maisons. Dans les grottes se trouvaient des « pierres de cigogne » où se trouvaient les enfants, mais il existait aussi des « fontaines aux enfants ».

Une légende de la fin du XIXe siècle raconte d’ailleurs que le « puits aux enfants de la cathédrale de Strasbourg conduirait à un lac souterrain sur lequel, à bord de sa barque, un gnome à barbe blanche pêcherait les âmes des enfants avec un filet d’or ».

On racontait encore que les nouveau-nés étaient remis à la mère ou lâchés dans la cheminée, ce qui semble un peu rude. Les couples désirant un enfant devaient avertir la cigogne en plaçant quelques friandises sur le rebord de la fenêtre pour la cigogne. Cette légende a, comme la cigogne, parcouru le monde et se raconte aussi bien en Amérique du Sud qu’aux Philippines.

Toujours dans le folklore germanique, la déesse Holda donne vie aux nouveau-nés à partir des âmes des défunts et la cigogne est chargée d’apporter les enfants à leurs parents. Dans la mythologie slave, la cigogne fait naître les âmes en les apportant du paradis jusqu’à la Terre, au printemps et en été. D’ailleurs, les Néerlandais ne s’y trompent pas puisqu’ils appellent la cigogne « transporteur d’âmes ». Pour en revenir aux Slaves, ils voyaient la cigogne comme un porte-bonheur et tuer cet oiseau portait malheur. Enfin, la cigogne aurait influencé jusqu’à l’origine même des enfants. C’est ainsi qu’on affirmait aux enfants d’esclaves afro-américains que les bébés blancs étaient apportés par les cigognes tandis que les bébés noirs naissaient à partir d’œufs de buses. En Orient, on soutenait qu’un simple regard de la cigogne suffisait pour rendre une femme enceinte. Le caractère durable du mythe de la cigogne et du nouveau-né est lié fait qu’il remédie à la difficulté de parler de sexe et de procréation aux jeunes enfants.

En Grèce, la cigogne était consacrée à Héra, la déesse de l’enfantement et dans la mythologie grecque, Antigone, fille de Laomédon roi de Troie, pour avoir osé comparer sa propre beauté à celle d’Héra, vit ses cheveux changés en serpents. Mais les dieux prirent pitié d’elle et la changèrent en cigogne et comme chacun sait, les cigognes mangent les serpents, ce qui les rend utiles et bénéfiques.

Enfin, si la cigogne a été choisie pour apporter les bébés, c’est sans doute en raison de son plumage blanc symbolisant la pureté, de sa taille aussi puisqu’elle est assez grande pour transporter un nouveau-né, ou encore son vol à haute altitude, un vol entre Terre et Ciel en quelque sorte…

Et pourtant le folklore autour de la cigogne blanche et pure connait aussi des détracteurs. En effet, il existe un conte polonais qui affirme que Dieu a fait le blanc plumage de l’oiseau, mais que le diable y a ajouté le noir des ailes. La cigogne aurait donc des instincts ni toujours bons, ni forcément mauvais. Par exemple, en Allemagne, on expliquait que les nouveau-nés handicapés ou mort-nés avaient été lâchés accidentellement par la cigogne, ou comme punition pour des actes peu honorables des parents dans leur passé. De même, les angiomes de naissance portent le nom de « morsure de la cigogne ». Les mères obligées de rester allongées avant l’accouchement sont dites « becquées » par la cigogne.

Dans l’Angleterre du Moyen Age, la cigogne était associée à l’adultère, peut-être à cause de ses parades nuptiales un peu trop démonstratives. Sa toilette et ses postures étaient interprétées comme de la fatuité. Alors la cigogne pouvait réprimander les femmes infidèles et l’attaquer avec des coups de bec. Seules les femmes étaient concernées par ce comportement moraliste.

Même si les légendes ont la vie dure, il n’en va pas autant de celle des cigognes. En effet, alors qu’en 1900 les cigognes se comptaient par milliers en Alsace, il n’en restait que deux couples en 1982. Les lignes à haute tension, la sécheresse, sa chasse au Mali, ainsi que l’emploi de pesticides très puissants visant à l’élimination des criquets furent les causes majeures de la disparition des cigognes. C’est pourquoi qu’il fut créé, en 1976, le Centre de Réintroduction des cigognes et des loutres, en Alsace, sur la route des vins, au cœur d’anciens marais. Il se trouve dans le petit village d’Hunawihr, près de Riquewihr et de Ribeauvillé. Ce parc abrite en permanence plus de 150 cigognes et une soixantaine de couples niche dans le parc. La population peut atteindre jusqu’à 250 oiseaux après la naissance des petits cigogneaux. Les cigognes y vivent en liberté quelle que soit la période de l’année, en pleine activité : construction des nids, accouplement, élevage des petits, vol en plein ciel… Vue les périls que attendent les cigognes pendant leur migration, le Parc a pour but de leur enlever l’instinct migratoire tout en leur permettant de voler et de se reproduire sur les villages alsaciens dès que cet instinct a disparu.

Cependant, l’oiseau et l’oiseau Verseau dont la liberté est la raison de vivre peut-il se complaire dans cet encadrement, même si c’est pour son bien.

D’Alsace, la légende de la cigogne s’est répandue dans toute la France et au-delà des frontières. Aujourd’hui, l’oiseau migrateur tient toujours une place de choix sur les faire-part de naissance et dans l’imaginaire populaire.

Enfin, dans l’interprétation des rêves, lorsqu’on voit une cigogne en songe, on dit que la cigogne n’apporte pas le bébé, mais qu’elle l’emporte. La cigogne serait le complément du verbe quitter, se sauver, dans le sens de sauvegarde. Ce rêve aurait une connotation spécifique qui exprime le besoin de prendre de la distance, de se placer hors d’atteinte d’une souffrance.

Pour d’autres interprètes des rêves de cigogne, celle-ci serait messagère de renouveau avec ce nouveau-né qu’elle apporte dans son bec tout comme son arrivée annonce le printemps. La voir en rêve serait un signe positif de renouvellement. C’est un oiseau messager qui annonce une nouvelle phase de vie en cours.

Source : Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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Les Migrations des Cigognes

Posté par othoharmonie le 20 octobre 2013


Description de cette image, également commentée ci-aprèsLa recherche systématique sur les migrations commence avec l’ornithologue allemand Johannes Thienemann, qui débute des études par baguage en 1906 à l’observatoire d’oiseaux « Vogelwarte Rossitten », sur l’isthme de Courlande dans ce qui est alors la Prusse-Orientale. Bien que peu de cigognes passent par cet observatoire, celui-ci coordonne le baguage à grande échelle de l’espèce dans toute l’Allemagne et ailleurs en Europe. Entre 1906 et la Seconde Guerre mondiale près de 100 000 Cigognes blanches sont baguées, principalement des juvéniles, et plus de 2 000 « reprises » longue-distance (c’est-à-dire d’oiseaux capturés à nouveau, loin de leur lieu de baguage) d’oiseaux portant des bagues de Rossitten sont effectuées entre 1908 et 1954. Des techniques plus modernes sont aujourd’hui utilisées de manière complémentaire, comme les balises Argos. Tel est le cas de Max la cigogne, suivi par le musée d’histoire naturelle de Fribourg depuis sa naissance en 1999 et encore vivant en 2012, qui détient ainsi le record de longévité pour un animal muni d’une balise.

Les Cigognes blanches quittent leur aire de reproduction d’été en août et septembre en Europe, s’envolant vers le sud pour rejoindre l’Afrique. Plutôt solitaires lors de la nidification, elles se montrent particulièrement grégaires pour la migration. Elles passent l’hiver dans la savane du Kenya et d’Ouganda, au Sud jusque dans la province du Cap, en Afrique du Sud.

Dans ces quartiers d’hiver, ils se rassemblent en grands groupes qui peuvent dépasser le millier d’individus. Certains oiseaux partent vers l’Ouest, dans l’Ouest du Soudan et du Tchad, et peuvent rejoindre le Nigeria. Au printemps, les oiseaux reviennent vers le nord et passent par le Soudan et l’Égypte de février à avril. Ils sont de retour en Europe vers fin mars et avril, après un trajet moyen de 49 jours, alors que le périple d’automne est accompli en 26 jours environ. Le vent arrière ou la rareté de la nourriture et de l’eau augmentent la vitesse moyenne du vol.

Pour éviter la longue traversée de la Méditerranée, les oiseaux d’Europe centrale empruntent deux tracés différents. L’un contourne la mer par l’Est, passant par le Bosphore en Turquie, traversant le Levant, puis en contournant le désert du Sahara en descendant vers le sud par la vallée du Nil ; il est emprunté par 340 000 oiseaux, formant des rassemblements spectaculaires. Le second itinéraire passe par l’Ouest de la Méditerranée, et s’effectue via le détroit de Gibraltar ; 35 000 Cigognes blanches l’empruntent. Ces couloirs de migration maximisent l’utilisation des courants ascendants et permettent donc aux cigognes d’économiser leur énergie. La route de l’Est est de loin la plus utilisée, avec 530 000 Cigognes blanches y passant chaque année, ce qui en fait dans cette zone le second migrant le plus fréquent après la Bondrée apivore (Pernis apivorus). Les colonies de rapaces, de Cigognes blanches et de Pélicans blancs peuvent s’étendre sur 200 km de long. Le trajet par l’Est est en distance deux fois plus long que par l’Ouest, mais les oiseaux prennent le même temps pour atteindre les aires d’hivernage quel que soit leur itinéraire.

Les Migrations des Cigognes dans CIGOGNE 2608552234_ab71e07db3_mLes Cigognes blanches juvéniles effectuent leur première migration vers le sud selon le même trajet que leurs parents, mais déplacés de ce trajet par les conditions météorologiques, ils sont désorientés et peuvent rejoindre de nouvelles zones d’hivernage. Les adultes, familiers des endroits qu’ils traversent, peuvent compenser les vents forts et ajuster leur direction pour retrouver leurs quartiers d’hiver usuels. Ainsi tous les oiseaux ayant migré au printemps, même ceux ayant hiverné dans des endroits inhabituels, peuvent trouver leur chemin pour retourner vers les sites de reproduction traditionnels. Cependant les jeunes de moins d’un an restent généralement sur les zones d’hivernage et attendent la migration suivante. Une expérience avec de jeunes oiseaux élevés en captivité à Kaliningrad et relâchés en l’absence de cigognes sauvages pouvant leur servir d’exemple a révélé qu’ils semblaient avoir un instinct de voler vers le sud, même si la dispersion dans la direction était importante.

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La Cigogne, un oiseau vénéré partout dans le monde

Posté par othoharmonie le 19 octobre 2013

La Cigogne, un oiseau vénéré partout dans le monde dans CIGOGNE images-101Qui n’a vu l’image de la cigogne blanche portant tendrement dans son bec un nouveau-né emmailloté ? En installant ses nids dans les villages et les cités, cet oiseau, symbole de fidélité et de fécondité, a tissé des liens très forts avec les hommes, dont il hante les légendes. Et, pourtant, sa population diminue, en partie par la faute de ceux-ci.

Cigogne et fécondité

Dans certaines régions d’Allemagne et de l’est de la France, une très ancienne tradition populaire veut que la cigogne apporte les bébés dans les foyers. En vieil hollandais, d’ailleurs, le nom de l’oiseau, ooievaar, vient de l’allemand odebaar, qui signifie « transporteur d’âmes ». Aujourd’hui encore, en Allemagne, on appelle les angiomes de naissance des « baisers de cigogne ».

D’autres textes font de ce bel oiseau le responsable de la conception. En Europe du Nord, on imagine qu’il féconde les femmes en leur mordant la jambe. En Orient, on lui attribue, comme au héron, le pouvoir de féconder une femme par un simple regard. Chez les Germains, la cigogne est en relation avec la déesse Holda, qui garde dans des lieux humides les âmes des défunts tombées avec la pluie. Elle les réincarne ensuite dans des corps d’enfants et charge l’oiseau blanc de les apporter aux parents qui le désirent. C’est là un trait commun à beaucoup de croyances selon lesquelles les femmes deviennent enceintes quand elles s’approchent de certains endroits où les âmes des enfants les attendent.

Des oiseaux légendaires

Le nom de la cigogne blanche en suédois et en anglais (stork) ou en allemand (storch) viendrait de Starke ihn(« Donne-lui de la force »), un cri lancé, selon un conte chrétien, par une cigogne qui, assistant à la crucifixion du Christ, aurait eu pitié de sa souffrance…

Oiseau de bon augure, la cigogne l’est au même titre que l’ibis et que le héron. Dans différents pays, son image, liée à des récits de métamorphose, confère à l’oiseau une origine humaine. Plusieurs légendes existent autour de cet animal. En Russie, on raconte qu’après avoir créé crapauds et serpents Dieu a voulu s’en débarrasser. Pour ce faire, il les a rassemblés dans un sac en confiant à un homme la tâche d’aller jeter ce sac à la mer sans l’ouvrir. Mais la curiosité étant la plus forte, l’homme a entrouvert le sac et les bêtes se sont échappées. Alors Dieu, pour le punir, l’a transformé en cigogne afin que, toute sa vie, il soit obligé de manger ces animaux répugnants.

Une légende analogue existe dans les pays d’Afrique du Nord, et jusqu’en Iran. Elle fait de cet oiseau un animal sacré, dont on ne doit pas manger la chair. Il serait en effet la réincarnation d’un marabout qui aurait transgressé la religion en effectuant ses ablutions rituelles avec du petit-lait ! Puni par Allah, le saint homme fut changé en cigogne, mais obtint le droit de nicher sur les mosquées, notamment sur celle de La Mecque. Depuis, dans ces pays musulmans, on appelle la cigogne hadj Belgassen : le « pèlerin de Belgassen ».

En 1666, Laurent d’Arvieux, interprète d’un chargé de mission de Louis XIV dont on a retrouvé les notes, constatait, lors d’un séjour en Tunisie : « Des anciens aqueducs, il ne reste que quelques arches servant à porter des nids de cigognes. En nous voyant avec nos fusils, des paysans nous avertirent de ne pas tuer ces oiseaux, de crainte d’attirer sur nous la malédiction des dieux… ».

L’idée que les cigognes ont une âme est également ancrée dans certaines régions des Pays-Bas, de Lituanie et d’Allemagne, où l’on assurait que, à l’époque de l’hivernage, elles se transformaient en êtres humains…

La cigogne et la foudre

« Heureuse la maison choisie par la cigogne pour y faire son nid, car la foudre l’épargnera. » Cette croyance est si forte en 1007 que les ouvriers qui travaillent à la reconstruction de la cathédrale de Strasbourg, en partie détruite par la foudre, arrêtent leur travail de peur que la foudre ne frappe à nouveau. Ils ne le reprennent que lorsqu’un couple de cigognes vient élire domicile dans les échafaudages… Les liens entre la cigogne et le feu sont aussi souvent présents chez les Germains, qui pensent que cet oiseau apporte aux hommes la foudre et, en même temps, le feu. Cette éminente mission a été remplie ailleurs par d’autres oiseaux – le roitelet pour les Celtes, le pic épeiche pour les Romains, l’aigle pour les Grecs, le faucon en Inde.

images-112 dans CIGOGNEEn Thuringe, si la cigogne ne revient pas nicher comme à l’habitude sur une maison, celle-ci risque de brûler bientôt. En outre, certains prétendent qu’une cigogne peut aider à éteindre le feu en transportant de l’eau dans son bec. Une manière comme une autre d’évoquer la façon dont elle abreuve ses petits.

une espèce à sauver

La diminution des populations de cigognes est souvent due aux activités humaines. En effet, ces oiseaux sont décimés sciemment par la chasse ou indirectement par l’augmentation récente des lignes électrifiées, un peu partout en Europe. Les chasseurs attendent le passage des migrateurs, le doigt sur la gâchette.

Au Soudan, où il y aurait environ 3 000 cigognes tuées par hivernage, on pratique une chasse très spectaculaire, qui a lieu aux heures les plus chaudes, quand les oiseaux sont assommés par la chaleur. Les chasseurs peuvent alors s’en approcher, courir après eux et les attraper à la main, car ils sont lents à s’envoler.

Enfin, dans les pays industrialisés, de nombreuses cigognes trouvent la mort en étant électrocutées ou en se blessant sur les fils électriques. Différentes mesures – épouvantails, ultrasons, enterrement des câbles – sont à l’étude pour limiter le nombre de ces accidents, mais, pour le moment, elles se sont montrées impraticables ou insuffisantes. Des silhouettes de rapaces ont même été fixées en haut des pylônes pour éloigner les cigognes des câbles meurtriers, et des spirales de plastique rouge et blanc ont été posées sur les câbles électriques pour les signaler.

La disparition des cigognes sauvages dans des pays comme la Suisse et la France – où il ne restait que neuf couples en 1974 – a incité les autorités à mettre sur pied un programme de réimplantation de cet animal, qui a d’abord été lancé en Suisse près de la ville d’Altreu par M. M. Bloesh, en collaboration avec deux scientifiques français, A. Schierer et W. Bœtcherstein. Des cigognes ont été importées, d’abord d’Alsace, où la population était encore florissante (le premier enclos réalisé dans cette région date de 1956 : on y accueillait les animaux blessés), ensuite d’Algérie. On élevait des couples captifs en enclos pour tenter de reconstituer plus tard une population sauvage. En Suisse, à partir de 1990, 153 couples se reproduisaient librement ou en captivité. En France, la population de cigognes a ainsi pu être sauvée de justesse.

Fidélité et longévité

« Jamais, dit-on, une cigogne ne nichera sur une maison où il y a eu un divorce. » Célèbre est la fidélité que l’on attribue à la cigogne vis-à-vis de son conjoint. Malheur à celle qui n’est pas fidèle ! Elle sera condamnée : les fables sur des tribunaux champêtres rassemblant les cigognes et laissant après leur départ, des oiseaux exécutés sont nombreuses. Dans ces récits, les condamnés sont toujours des femelles.

Chez les Grecs anciens, la cigogne a aussi la réputation d’être un symbole de fidélité aux vieux parents, et une loi obligeant les enfants à s’occuper de leurs parents a été appelée « Pelargonia », de pelargos, cigogne.

Mais la cigogne évoque aussi une notion de longévité. En Chine, pour souhaiter une longue vie à un ami ou à un parent, on lui offre l’image d’une cigogne.

Cet oiseau atteindrait un âge fabuleux : « À 600 ans, dit-on, elle ne mange plus ni ne boit ; à 2 000 ans, elle devient toute noire. » Et, dans le nord de la France, une cigogne élevant sa nichée sur une maison assurait longue vie au propriétaire.

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Alimentation et reproduction de la cigogne

Posté par othoharmonie le 15 octobre 2013

Alimentation et reproduction de la cigogne dans CIGOGNE 320px-klappern_des_weissstorches

La Cigogne blanche consomme une grande variété de proies animales. Elle préfère se nourrir dans les prairies qui se trouvent dans un rayon de 5 km autour de son nid et sur les sites où la végétation est courte, de sorte que ses proies sont plus accessibles. Son régime alimentaire varie selon la saison, l’endroit et la disponibilité des proies. Les proies les plus courantes sont les insectes, principalement des coléoptères et des orthoptères (sauterelles, criquets et grillons), respectivement 49,5 % et 43,7 % des insectes lors d’une étude sur trois ans effectuée en Espagne à partir de pelotes de réjection, les insectes représentant 99,3 % du nombre total des proies. Viennent ensuite les lombrics, les reptiles, les amphibiens — notamment les grenouilles telles que la grenouille verte  et la grenouille rousse  — et de petits mammifères comme les campagnols (notamment Microtus arvalis et les espèces du genre Arvicola), les taupes et les musaraignes. Elle attrape ces rongeurs en les guettant à la sortie de leur trou. Moins souvent, la Cigogne blanche consomme aussi des œufs d’oiseaux, de jeunes oiseaux, des poissons, des mollusques, des crustacés et, en Afrique du Nord, des scorpions.

La Cigogne blanche chasse principalement pendant la journée ; elle avale directement les petites proies, mais tue et découpe les proies plus grosses avant de les avaler. Elle avale parfois des élastiques qu’elle prend pour des vers de terre, et ceux-ci peuvent parfois causer la mort de l’individu par occlusion intestinale. Elle chasse sans gêne dans les terrains ouverts et n’hésite pas à suivre les engins de labour ou les batteuses afin de consommer les animaux débusqués ou déchiquetés par les machines. En Afrique elle sait également tirer profit des feux de brousse qui dénichent toutes sortes de proies. On a observé des oiseaux retournant en Lettonie au cours du printemps repérer leurs proies, des grenouilles Rana arvalis, en suivant les appels nuptiaux produits par des rassemblements de grenouilles mâles. Des Cigognes blanches hivernant dans l’ouest de l’Inde ont été observées suivant une Antilope cervicapre pour capturer les insectes dérangés par le bovidé.

Le régime alimentaire des oiseaux non reproducteurs est similaire à celui des oiseaux nicheurs, mais les proies sont plus souvent prises dans les zones sèches. Lorsque les cigogneaux sont âgés de plusieurs semaines, près de 4 kg de nourriture sont quotidiennement nécessaires pour nourrir une famille. Les Cigognes blanches passant l’hiver en Inde se nourrissent parfois avec la Cigogne épiscopale. Des cas de cleptoparasitisme ont été reportés, une Cigogne blanche ayant volé un rongeur au Busard des roseaux  en Inde ; à l’inverse le Busard cendré  est connu pour harceler les Cigognes blanches se nourrissant de campagnols dans certaines parties de la Pologne.

Reproduction

Photo de 2 cigognesLa Cigogne blanche se reproduit dans les zones agricoles ouvertes près de zones humides, construisant son grand nid de branches dans les arbres, sur les bâtiments, ou sur une plate-forme bâtie par l’homme et prévue à cet effet. Les nids sont généralement construits en colonies lâches, mais on a compté jusqu’à neuf nids sur un même toit. Généralement placé à grande hauteur, il est à l’abri des prédateurs terrestres mais peut occasionnellement être construit au sol. L’espèce nidifie souvent à proximité de l’habitat humain ; les nids peuvent être construits sur les églises ou d’autres bâtiments. Chaque nid mesure de un à deux mètres de profondeur, de 0,8 à 1,5 m de diamètre et pesant de 60 à 250 kg. Il est généralement utilisé année après année, en particulier par les plus vieux mâles. Le mâle revient plus tôt dans la saison, et choisit le nid. Les grands nids produisent plus de jeunes à l’envol, et semblent être recherchés. Un changement de nid est souvent lié à un changement dans l’appariement et à une saison de reproduction mauvaise l’année précédente ; les jeunes oiseaux sont ainsi plus susceptibles de changer de site de nidification. Si un individu arrivant à un nid reste généralement pour s’y reproduire, on a observé dans le Sud-Ouest de la Pologne plusieurs couples se succéder dans un même nid avant qu’un ne se décide à s’y établir.

Quand le mâle a choisi le nid, les partenaires se saluent en claquetant du bec, la tête renversée sur le dos. Quand l’entente est réussie, à force de parades et de caresses, l’accouplement donne lieu à d’audacieuses acrobaties. Le plus souvent, l’oiselle doit se tenir debout, tandis que son partenaire bat des ailes pour s’équilibrer en s’accroupissant sur elle. Les partenaires copulent fréquemment pendant le mois avant que la femelle ne ponde. Des rapports fréquents sont généralement signe de compétition spermatique ou de relations hors couple, mais ce deuxième comportement est rare chez la Cigogne blanche.

Il arrive souvent que d’autres espèces d’oiseaux nichent dans les grands nids de la Cigogne blanche. Parmi les occupants les plus réguliers, on compte le Moineau domestique , le Moineau friquet  et l’Étourneau sansonnet ; on recense des résidents moins communs, comme le Faucon crécerelle , la Chouette chevêche le Rollier d’Europe , la Bergeronnette grise , le Rougequeue noir , le Choucas des tours  et le Moineau espagnol .

Chez la Cigogne blanche un couple n’élève qu’une seule couvée par an. La femelle pond généralement quatre œufs, mais des pontes d’un à sept œufs ont déjà été signalées. Les œufs sont blancs, mais ont souvent l’air sales ou jaunâtres à cause d’un revêtement gluant. Ils mesurent en moyenne 72,58 × 51,86 mm, et pèsent de 96 à 129 g, dont 10,76 g de coquille. Un œuf est pondu tous les deux jours, mais l’incubation commence dès que le premier œuf est pondu, de sorte que l’éclosion, qui commence 33 à 34 jours plus tard, est asynchrone. Les deux parents participent à l’incubation pendant la journée, mais la tâche est assurée la nuit par la femelle seule.

La température et les conditions météorologiques au moment de l’éclosion sont importantes ; les températures fraîches et le temps humide diminuent le succès reproducteur en augmentant le taux de mortalité des poussins. De façon un peu inattendue, une étude a montré que les oisillons étant sortis de l’œuf plus tard et qui parviennent à l’âge adulte ont plus de poussins que leurs congénères de nids éclos plus tôt. Le premier petit sortant de l’œuf bénéficie généralement d’un avantage concurrentiel sur les autres. Les poussins plus faibles ou petits sont parfois tués par leurs parents. Cela se produit quand les ressources alimentaires se font insuffisantes, la réduction de la taille des couvées augmentant les chances de survie des autres oisillons. Les cigogneaux ne s’attaquent pas entre eux, les poussins plus forts ne sont notamment pas agressifs envers les plus faibles membres de leur couvée comme c’est le cas chez certaines espèces (caïnisme), et la méthode de nourrissage employée par les parents — la régurgitation de grandes quantités de nourriture à la fois sur le fond du nid — ne permet pas aux plus forts de se nourrir entièrement au détriment des plus faibles ; l’infanticide par les parents reste donc le moyen efficace de réduire la taille d’une couvée mais n’est pas souvent observé.

De 75 grammes à l’éclosion, la masse corporelle des poussins augmente très rapidement dans les premières semaines et atteint un plateau d’environ 3,4 kg en 45 jours ; la longueur du bec augmente de manière linéaire pendant environ 50 jours. Les jeunes oiseaux sont nourris avec des vers de terre et des insectes, qui sont régurgités par les parents sur le fond du nid. Les aînés peuvent atteindre le bec des parents et y obtenir leur nourriture. L’eau est versée directement du bec des adultes dans celui des jeunes. Les dix premiers jours, les parents nourrissent les petits toutes les heures ; quand ces derniers ont atteint l’âge de deux ou trois semaines, les adultes reviennent toutes les deux heures. Les poussins quittent le nid 58 à 64 jours après l’éclosion.

La Cigogne blanche commence généralement à se reproduire à l’âge de quatre ans, même si certains individus peuvent se reproduire dès deux ans et au plus tard à sept ans. Le record de longévité connu pour une Cigogne blanche sauvage est détenu par un individu retrouvé mort 39 ans après avoir été bagué en Suisse, tandis que des oiseaux captifs ont vécu pendant plus de 35 ans.

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Répartition et migration de la Cigogne

Posté par othoharmonie le 15 octobre 2013

Répartition et migration de la Cigogne dans CIGOGNE 320px-white_stork-mindaugas_urbonas-1La sous-espèce type a une aire de répartition disjointe mais très étendue à travers l’Europe ; les populations sont plus denses dans la péninsule Ibérique et en Afrique du Nord à l’Ouest, ainsi qu’en Europe centrale et de l’Est — avec le quart de la population mondiale se concentrant en Pologne — et dans l’Ouest de l’Asie. La population de la sous-espèce C. c. asiatica compte près de 1 450 oiseaux et se limite à une région d’Asie centrale située entre la mer d’Aral et le Xinjiang, dans l’ouest de la Chine. On pense que la population du Xinjiang a disparu vers 1980. Les itinéraires de migration étendent l’aire de répartition de cette espèce dans de nombreuses parties d’Afrique et d’Inde. Certaines populations sont situées sur la route de migration de l’Est, qui passe à travers Israël en direction de l’Afrique orientale et centrale.

Quelques cas de reproduction ont été signalés en Afrique du Sud depuis 1933 à Calitzdorp, et environ 10 oiseaux ont été vus nicher depuis les années 1990 autour de Bredasdorp. Une petite population de cigognes blanches hiverne en Inde et appartient principalement à la sous-espèce C. c. asiatica, puisque des volées comptant jusqu’à 200 oiseaux ont été observées dans les années 1900 migrer au printemps à travers la vallée de Kurram. Cependant des oiseaux bagués en Allemagne ont été recapturés dans l’Ouest et dans le Sud de l’Inde, respectivement à Bîkâner et Tirunelveli. Un spécimen atypique avec un cercle oculaire rouge, une caractéristique de la Cigogne orientale (C. boyciana), a également été rapporté et une étude plus approfondie de la population indienne est nécessaire. Au nord de son aire de reproduction, la Cigogne blanche est un migrateur de passage ou erratique en Finlande, en Grande-Bretagne, en Irlande, en Islande, en Norvège et en Suède, ainsi qu’à l’Ouest des Açores et de Madère. La répartition de l’espèce s’étend vers l’Ouest de la Russie.

Habitat

La Cigogne blanche privilégie les prairies herbeuses pour trouver son alimentation, les terres cultivées, souvent aux abords des cours d’eau, ainsi que les marais et les zones inondables ; 75 % des nids sont situés dans ces zones humides. Elle évite les zones envahies par les herbes hautes et les arbustes. Dans la région de Tchernobyl, dans le Nord de l’Ukraine, les populations ont diminué après l’accident nucléaire de 1986, quand les terres agricoles ont laissé la place aux broussailles et aux herbes hautes. Dans certaines parties de la Pologne, les sols naturellement pauvres en ressources alimentaires ont contraint les Cigognes blanches à chercher leur nourriture dans les décharges depuis 1999. Des oiseaux ont également été signalés prospecter dans les décharges au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Afrique du Sud. Dans ses zones d’hivernage, elle peuple les savanes et les steppes, évitant les forêts tropicales.

La Cigogne blanche niche en grand nombre dans les régions aux prairies ouvertes, en particulier aux zones herbeuses humides ou périodiquement inondées, et moins dans les zones plus végétalisées, buissonneuses ou forestières. On a retrouvé cet oiseau nichant jusqu’à 2 000 m d’altitude en Arménie. En Afrique, sur les aires d’hivernage, on la retrouve dans les prairies, les zones humides, et les terres agricoles. La Cigogne blanche a probablement bénéficié des activités humaines durant le Moyen Âge, les zones boisées ayant été défrichées pour la création de nouveaux pâturages et de terres agricoles, et l’espèce se trouvait alors dans une grande partie de l’Europe, nichant jusque dans le nord que la Suède. Un couple a niché au sommet de la cathédrale Saint-Gilles d’Édimbourg, en Écosse, en 1416.

Au xixe siècle l’industrialisation et les changements dans les méthodes agricoles causent un déclin de l’espèce, et la Cigogne blanche ne niche plus dans de nombreux pays depuis, les bastions de la population de l’Ouest étant dorénavant en Espagne, en Ukraine et en Pologne. Dans la péninsule ibérique, les populations sont concentrées dans le Sud-Ouest, et ont également diminué en raison des pratiques agricoles. Une étude publiée en 2005 a révélé que la région de Podhale dans les hautes terres du Sud de la Pologne avait connu un afflux de Cigognes blanches, les premières ayant nidifié en 1931, à des altitudes de plus en plus élevées au fil des années, pour atteindre 890 mètres d’altitude en 1999. Cela pourrait être lié au réchauffement climatique, menant également d’autres animaux et des plantes à des altitudes plus élevées. En 2003, une autre étude rapportait que, au cours des vingt années passées, les Cigognes blanches nichant dans la province de Poznań, dans l’ouest de la Pologne, arrivaient au printemps environ dix jours plus tôt qu’à la fin du xixe siècle.

Migrations

La recherche systématique sur les migrations commence avec l’ornithologue allemand Johannes Thienemann, qui débute des études par baguage en 1906 à l’observatoire d’oiseaux « Vogelwarte Rossitten », sur l’isthme de Courlande dans ce qui est alors la Prusse-Orientale. Bien que peu de cigognes passent par cet observatoire, celui-ci coordonne le baguage à grande échelle de l’espèce dans toute l’Allemagne et ailleurs en Europe. Entre 1906 et la Seconde Guerre mondiale près de 100 000 Cigognes blanches sont baguées, principalement des juvéniles, et plus de 2 000 « reprises » longue-distance (c’est-à-dire d’oiseaux capturés à nouveau, loin de leur lieu de baguage) d’oiseaux portant des bagues de Rossitten sont effectuées entre 1908 et 1954. Des techniques plus modernes sont aujourd’hui utilisées de manière complémentaire, comme les balises Argos. Tel est le cas de Max la cigogne, suivi par le musée d’histoire naturelle de Fribourg depuis sa naissance en 1999 et mort en décembre 2012 en détenant le record de longévité pour un animal muni d’une balise.

Itinéraires

Les Cigognes blanches quittent leur aire de reproduction d’été en août et septembre en Europe, s’envolant vers le sud pour rejoindre l’Afrique. Plutôt solitaires lors de la nidification, elles se montrent particulièrement grégaires pour la migration. Elle passent l’hiver dans la savane du Kenya et d’Ouganda, au sud jusque dans la province du Cap, en Afrique du Sud. Dans ces quartiers d’hiver, elles se rassemblent en grands groupes qui peuvent dépasser le millier d’individus. Certains oiseaux partent vers l’ouest, dans l’Ouest du Soudan et du Tchad, et peuvent rejoindre le Nigeria. Au printemps, les oiseaux reviennent vers le nord et passent par le Soudan et l’Égypte de février à avril. Ils sont de retour en Europe vers fin mars et avril, après un trajet moyen de 49 jours, alors que le périple d’automne est accompli en 26 jours environ. Le vent arrière ou la rareté de la nourriture et de l’eau augmentent la vitesse moyenne du vol.

Pour éviter la longue traversée de la Méditerranée, les oiseaux d’Europe centrale empruntent deux tracés différents. L’un contourne la mer par l’Est, passant par le Bosphore en Turquie, traversant le Levant, puis en contournant le désert du Sahara en descendant vers le sud par la vallée du Nil ; il est emprunté par 340 000 oiseaux, formant des rassemblements spectaculaires. Le second itinéraire passe par l’Ouest de la Méditerranée, et s’effectue via le détroit de Gibraltar ; 35 000 Cigognes blanches l’empruntent3. Ces couloirs de migration maximisent l’utilisation des courants ascendants et permettent donc aux cigognes d’économiser leur énergie. La route de l’Est est de loin la plus utilisée, avec 530 000 Cigognes blanches y passant chaque année, ce qui en fait dans cette zone le second migrant le plus fréquent après la Bondrée apivore (Pernis apivorus). Les colonies de rapaces, de Cigognes blanches et de Pélicans blancs peuvent s’étendre sur 200 km de long. Le trajet par l’Est est en distance deux fois plus long que par l’Ouest, mais les oiseaux prennent le même temps pour atteindre les aires d’hivernage, quel que soit leur itinéraire.

Photo de pélicansLes Cigognes blanches juvéniles effectuent leur première migration vers le sud selon le même trajet que leurs parents, mais déplacés de ce trajet par les conditions météorologiques, ils sont désorientés et peuvent rejoindre de nouvelles zones d’hivernage. Les adultes, familiers des endroits qu’ils traversent, peuvent compenser les vents forts et ajuster leur direction pour retrouver leurs quartiers d’hiver usuels. Ainsi tous les oiseaux ayant migré au printemps, même ceux ayant hiverné dans des endroits inhabituels, peuvent trouver leur chemin pour retourner vers les sites de reproduction traditionnels. Cependant les jeunes de moins d’un an restent généralement sur les zones d’hivernage et attendent la migration suivante. Une expérience avec de jeunes oiseaux élevés en captivité à Kaliningrad et relâchés en l’absence de cigognes sauvages pouvant leur servir d’exemple a révélé qu’ils semblaient avoir un instinct de voler vers le sud, même si la dispersion dans la direction était importante.

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des réponses sur la Cigogne d’Alsace

Posté par othoharmonie le 12 octobre 2013


issus du site http://alsace.lpo.fr/index.php/le-repas-de-la-cigogne

Différentes espèces de cigognes

des réponses sur la Cigogne d’Alsace dans CIGOGNE cigogne-repas2_nicoEn Alsace, l’espèce de cigogne la plus connue est la cigogne blanche dont le plumage est blanc à l’exception du bout des ailes qui est noir. Elle construit son nid dans de nombreux villages et n’est pas difficile à observer. 

Il existe une autre espèce de cigogne beaucoup plus discrète : la cigogne noire dont le plumage est noir à l’exception du ventre qui est blanc. Elle ne niche pas en Alsace, mais on en trouve quelques unes dans d’autres régions comme la Lorraine et des pays comme la Pologne. Il est possible d’observer la cigogne noire traverser l’Alsace en période de migration.
Certaines font des haltes au bord des petits cours d’eau, des rivières, dans les zones marécageuses. Elle s’y nourrit surtout de petits poissons, grenouilles et tritons. Mais comme elle est très discrète, on la voit rarement.

Si elle trouve suffisamment de zones humides où se nourrir, et de grandes forêts tranquilles avec de grands arbres pour bâtir son nid, la cigogne noire viendra peut-être un jour nicher en Alsace.

La grande famille des cigognes comprend en tout 19 espèces parmi lesquelles le marabout africain.

Dans les lignes qui suivent, nous allons nous intéresser à l’alimentation de la cigogne blanche.


de la cigogne blanche pour se nourrir ?

La cigogne blanche est armée d’un long bec dont elle se sert tantôt comme une pincette pour attraper les petites proies, tantôt comme un poignard pour tuer des proies plus grosses. Ses longues pattes sont elles aussi très utiles pour se faufiler dans les hautes herbes et surprendre ses proies par le haut.

La cigogne blanche est-elle difficile pour sa nourriture ?

Pas du tout, elle mange tous les petits animaux vivants ou morts qui passent à la portée de son bec.

De quoi se nourrit-elle quand elle est en Alsace ?

Sa nourriture est extrêmement variée : elle consomme beaucoup d’insectes comme des criquets et des sauterelles ainsi que d’autres petits animaux comme des araignées, des vers de terre, des limaces etc. Elle recherche également les petits mammifères comme les campagnols, les mulots et même les taupes, ou encore des reptiles ou des batraciens comme les orvets, les grenouilles. Mais, contrairement à une idée répandue, les grenouilles ne constituent pas l’essentiel de son alimentation.


Où se nourrit-elle en Alsace ?

La cigogne blanche se nourrit principalement dans les prairies, avec une préférence pour les prairies humides.

La recherche de nourriture devient plus facile pour elle à l’époque des foins. Des centaines de petits animaux, pris de panique lorsque les machines agricoles coupent l’herbe qui leur servait de refuge, tentent de s’enfuir. Ils se retrouvent alors dans les becs des cigognes à l’affût. A cette occasion, il n’est pas rare de voir des rassemblements de plus d’une dizaine de cigognes qui suivent un tracteur en train de faucher ou de ramasser du foin.
Jadis, les cigognes recherchaient également leur nourriture en bordure des marécages, dans les friches, ou dans certaines cultures (luzernes, jeunes céréales…) à condition que les traitements chimiques n’y soient pas trop intensifs : malheureusement, ces différents types de milieux sont devenus très rares en Alsace.

Quand on sait que les prairies humides ont également fortement diminué en Alsace, on comprend l’importance de préserver celles qui restent pour permettre à la cigogne, et aux autres animaux qui les fréquentent, de survivre dans notre région.

Missions possibles au centre de soins http://alsace.lpo.fr/

Photo de cigognesLe centre de Rosenwiller accueille les oiseaux et les petits mammifères sauvages. La période de forte affluence se situe entre mi-mai et mi-septembre, mais le travail ne manque pas tout au long de l’année. Les tâches principales à effectuer sont les suivantes :

- nourrissage des oisillons et des jeunes mammifères (à la main)

- nourrissage des adultes en soins (dont les rapaces) à la main

- nourrissage en volières

- aide aux soins spécifiques

- nettoyage des boxes, des volières et des bassins

- nettoyage de l’infirmerie (sol, plan de travail, vaisselle des

   animaux…)

- entretien des espaces verts

- travaux de bricolage

- acheminement des animaux vers le centre.

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Hunawihr, centre de réintroduction des cigognes

Posté par othoharmonie le 10 octobre 2013

Hunawihr, centre de réintroduction des cigognes dans CIGOGNE telechargement-8

« Alors qu’en 1900 les cigognes se comptaient par milliers en Alsace, il n’en restait que 2 couples en 1982 ! Les lignes à hautes tensions, la sécheresse et sa chasse au Mali mais aussi l’emploi de pesticides très puissants visant à éliminer les criquets dans ce pays constituent les causes majeures de la disparition de la Cigogne.

Situé en Alsace, sur la route des vins, le Centre de Réintroduction des cigognes et des loutres a été créé en 1976 au coeur d’anciens marais. Il est situé plus précisément dans le petit village d’Hunawihr (Riquewihr et Ribeauvillé)[…].

Le parc abrite en permanence plus de 150 cigognes, dont une soixantaine de couples niche dans le parc ; une population atteignant plus de 250 individus après la naissance des jeunes. Tout a été mis en oeuvre pour aménager au mieux l’espace naturel dans lequel les cigognes vivent en liberté et, quelque soit la période de l’année, il y a toujours de l’activité au sein du parc (construction des nids, accouplement, nourrissage et élevage des jeunes, vol en plein ciel). Créé en 1991 le Centre d’élevage des loutres est le premier centre français de reproduction et de réintroduction de la loutre européenne. Une partie du centre est ouvert au public. […]

[La disparition des cigognes] étant due à une destruction pendant leur migration, le premier travail du Parc des Cigognes est de leur enlever l’instinct migratoire tout en leur permettant de voler et de se reproduire sur les villages alsaciens dès que cet instinct a disparu. Ce programme de réintroduction passe par le prélèvement et l’élevage à la main de plusieurs dizaines de cigognes par an. »

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Protection de la Cigogne

Posté par othoharmonie le 6 octobre 2013

Protection de la Cigogne dans CIGOGNE 220px-storks_in_cerceda_community_of_madrid_spain_01L’industrialisation et les changements des méthodes agricoles (principalement le drainage des zones humides et la transformation des prairies en cultures notamment maïsicoles) entament le déclin de la Cigogne blanche au XIXe siècle : le dernier individu sauvage en Belgique est vu en 1895, en Suède en 1955, en Suisse en 1950 et aux Pays-Bas en 1991. L’espèce a cependant été réintroduite depuis dans de nombreuses régions. Alors qu’elle était considérée en 1988 comme « quasi menacée » (NT) par l’Union internationale pour la conservation de la nature, elle est depuis 1994 considérée comme de « préoccupation mineure ».

La Cigogne blanche fait partie des espèces concernées par l’Accord sur la conservation des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie (AEWA). Les signataires de l’accord sont tenus de s’engager dans une grande variété de stratégies de conservation, décrites dans un plan d’action détaillé, et destiné à traiter des questions clés telles que la conservation des espèces et des habitats, la gestion des activités humaines, la recherche et l’éducation, et leur mise en œuvre. Les menaces pesant sur l’espèce comprennent le recul continuel des zones humides, les collisions avec les lignes électriques aériennes, l’utilisation de pesticides persistants (comme le DDT) pour la lutte contre les criquets en Afrique, la mauvaise alimentation dans ces quartiers d’hiver en résultant, ainsi que des sécheresses, enfin la chasse en grande partie illégale sur les itinéraires migratoires et dans les zones d’hivernage. Au Soudan par exemple, il y aurait chaque année 3 000 oiseaux tués par la chasse. La démographie est principalement dépendante du taux de survie des adultes plus que du succès reproducteur.

Dans les années 1980, la population était tombée à moins de neuf couples nicheurs dans toute le haut de la vallée du Rhin, et où la Cigogne blanche était un oiseau emblématique pendant des siècles. Dans cette zone les efforts de conservation ont réussi à accroître la population d’oiseaux jusqu’à 270 couples en 2008, en grande partie grâce aux actions de l’Association pour la Protection et la Réintroduction des Cigognes en Alsace Lorraine (APRECIAL). La réintroduction d’oiseaux élevés en captivité a endigué le recul des effectifs en Italie, aux Pays-Bas et en Suisse. Quelques couples se reproduisent aussi en Afrique du Sud, provenant en général de la population hivernante habituelle.

En Pologne, on a rajouté des plate-formes au dessus de poteaux électriques pour éviter que le grand nid de l’oiseau cause des problèmes de distribution, et les nids sont parfois déplacés d’un poteau électrique à une plate-forme artificielle. L’enterrement des câbles ou des silhouettes de rapaces sur les pylônes sont des stratégies étudiées dans les pays industrialisés pour prévenir les accidents. Aux Pays-Bas les mesures d’introductions d’oiseaux élevés en zoos ont été complétées par des initiatives bénévoles de nourrissage et de construction de nids. Des programmes de réintroduction similaires ont été établis en Suède et en Suisse, où 175 couples se sont reproduits en 2000. La viabilité à long terme de la population suisse n’est pas certaine, le succès reproducteur étant faible et le nourrissage ne paraissant pas donner d’avantages aux couvées.

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Parabole du témoignage d’une cigogne

Posté par othoharmonie le 5 octobre 2013


Parabole du témoignage d’une cigogne dans CIGOGNE images-111A Tazrouk, dans le Hoggar, les Petits Frères avaient une fraternité chez les anciens esclaves des Touaregs, familles pauvres qui vivaient en cultivant le long de l’oued un peu de blé et quelques légumes. C’était un lieu de paix que cet oued de Tazrouk et nos frères y avaient aussi leur jardin qu’ils travaillaient. Mais que de difficultés pour arriver à tirer quelque chose du sable ! Quand on avait de l’eau, les sauterelles arrivaient ; si l’on échappait aux sauterelles, on avait les chenilles. Et des lapins venaient des alentours pour faire place nette, dévorant le peu de verdure que nous avions obtenu à grand-peine. Il nous fallait alors poser des pièges qui nous procuraient un peu de viande, appréciable lorsque ce n’était pas du renard ou du chacal.

Un soir, un vol de cigognes se dirigeant vers le nord arriva dans le ciel de Tazrouk : c’était le printemps. En décrivant de larges cercles, le vol descendit sur l’oued pour y passer la nuit. Cherchant un point d’atterrissage, une belle cigogne femelle alla mettre ses pattes dans une de nos trappes. Elle passa la nuit à perdre son sang et lorsqu’à l’aube, les Petits Frères s’aperçurent de sa présence, c’était trop tard. Elle mourut le jour même et nous l’enterrâmes sur les rives de l’oued.

Alors le drame commença, drame qui nous toucha tous profondément. Le vol de cigognes était reparti vers le nord, mais le compagnon de l’oiseau mort resta dans l’oued. Le même soir, nous le vîmes descendre près du jardin, à l’endroit même où sa compagne avait été prise, tourner, tourner en gémissant et en la cherchant. Cela dura jusqu’au coucher du soleil.

Le lendemain, la scène se répéta. Le vol de cigognes avait peut-être atteint la Méditerranée et la pauvre bête était encore là, cherchant sa compagne. Elle resta toute l’année. Chaque jour, elle partait en quête de nourriture et on la voyait au coucher du soleil se profiler sur le ciel au-dessus du jardin et descendre en gémissant, chercher l’absente et dormir sur le sable là où elle sentait peut-être encore le sang de sa compagne.

Les Frères s’habituèrent à la cigogne, et la cigogne s’habitua aux Frères. Elle entrait dans le jardin et venait prendre quelque morceau de viande ou de pain trempé que les frères lui tendaient. N’était-ce pas émouvant de voir cette créature sensible à l’amour et aux caresses des frères qui, se sentant responsables de son veuvage, multipliaient leurs attentions à son égard. Je me souviens de son regard, de sa manière de pencher la tête de côté, du mouvement régulier de son grand bec, de sa façon de me fixer comme pour essayer de me comprendre et sortir enfin de sa solitude. Moi aussi, j’essayais de la comprendre, mais je restais moi-même, et elle resta cigogne. Je demeurais dans mes limites tout comme elle demeurait dans les siennes. Et ces limites étaient déterminées par la nature. C’était l’incommunicabilité.

Et, cependant, ce migrateur avait fait et savait faire des choses extraordinaires, des choses que moi-même je n’aurais jamais été capable de faire. Il était parti des pays chauds, du Mali peut-être ou du Niger, il avait parcouru des centaines de et des centaines de kilomètres sans boussole, sans radar, il était capable de continuer son voyage sans carte géographique et d’aller retrouver le clocher ou la cheminée de l’année précédente, pour y faire son nid. Et cependant… avec toute sa science de capitaine au long cours, il n’aurait pas pu lire mon alphabet, ni interpréter le son de ma voix.

Le printemps suivant, un autre vol de cigognes arriva sur l’oued de Tazrouk. Notre amie, cette fois, se joignit à lui et elle repartit vers le Nord. J’ai souvent pensé à cette cigogne pour trouver …

Extrait de : CARRETTO Carlo, Au-delà des choses. Collection « Témoignages 13 », Editions Paulines, 1971 (2e édition), pp. 71-73.

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Bibliographie de la Cigogne

Posté par othoharmonie le 5 octobre 2013


Bibliographie de la Cigogne dans CIGOGNE cb-236x300http://www.pecheur.com/achat-livre-les-cigognes-10761.html

http://www.lescigognes.net/bibliographie.html

http://www.lechoixdeslibraires.com/livre-31704-les-cigognes-savaient.htm

  •  François Haverschmidt, The Life of the White Stork, Leyde, E. J. Brill, 1949 [lire en ligne
  • Willem Van den Bossche, Eastern European White Stork Populations: Migration Studies and Elaboration of Conservation Measures, Bonn, German Federal Agency for Nature Conservation, 2002 [lire en ligne
  •  Michel Cuisin (dir.), Les cigognes, Éditions Artemis, coll. « Portraits sauvages », 2005, 62 p. ([lire en ligne
  • Encyclopédie Larousse, « cigogne blanche » sur larousse.fr, Éditions Larousse. Consulté le 2 mars 2012
  1. UICN, consulté le 2 mars 2012
  2. Cramp (1977), p. 3
  3. Encyclopédie Larousse, « Signes particuliers – Pattes »
  4. Elliott (1992), p. 437

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Les Pigeons voyageurs de l’Histoire

Posté par othoharmonie le 28 septembre 2013

(D’après un article paru en 1872)

Les Pigeons voyageurs de l'Histoire dans PIGEON - COLOMBE images-41Lors du siège de Paris en 1870-1871, les ballons ont permis à la capitale d’envoyer des messages en province, aux amis du dehors ; mais pour que le système de la poste aérienne fût complet, il fallait que le chemin du retour fût assuré comme celui de l’aller. C’est le bon office qu’ont rendu les pigeons voyageurs.

L’usage des pigeons messagers se perd dans la nuit des temps. Sans parler de l’arche de Noé et de la colombe au rameau béni, nous rappellerons l’histoire de la première croisade, pendant laquelle le sultan de Damas envoya aux assiégés de la ville de Tyr un pigeon annonçant à ceux-ci qu’une armée allait arriver à leur secours. Ce pigeon tomba entre les mains des croisés, qui enlevèrent le message léger attaché à la patte de l’oiseau, et le remplacèrent par un billet où ils faisaient dire au sultan de Damas que, vaincu et terrassé, il lui était impossible de venir délivrer la ville assiégée.

Cette fraude a été imitée par les Prussiens avec les pigeons du ballon leDaguerre, fait prisonnier pendant le siège de Paris. Mais les soldats de Bismarck ne furent pas aussi habiles que les croisés, qui avaient su imiter l’écriture et le style des Sarrasins. Les pigeons du Daguerre apportèrent à Paris une lettre écrite en un français ridicule ; cette épître avait, en outre, le malheur d’être signée du nom d’un personnage politique qui était à Paris auprès du gouvernement de la défense nationale. En 1849, les Vénitiens assiégés se servirent avec succès des pigeons pour donner de leurs nouvelles en Italie ; plus anciennement, en 1574, les messagers ailés avaient été utilement employés par les habitants de la ville de Leyde, investis par l’armée espagnole ; mais jamais, dans aucun temps, ils ne jouèrent un rôle aussi considérable que pendant le siège de Paris.

Plusieurs personnes revendiquent aujourd’hui le mérite d’avoir créé à Paris le service des oiseaux messagers ; nous croyons pouvoir affirmer en toute certitude que l’honneur des résultats acquis revient à M. Rampont, directeur général des postes, et aux membres de la Société colombophile l’Espérance, notamment MM. van Roosebeke et Cassiers, qui sont partis de Paris en ballon avec leurs oiseaux.

Toutefois nous devons reconnaître dans l’intérêt de la vérité que, trois semaines avant l’investissement, M. Ségalas avait songé aux pigeons voyageurs, et qu’il avait même installé soixante de ses élèves dans la tour de l’administration des télégraphes. Mais ce sont principalement les pigeons de la Société l’Espérance, dont l’existence à Paris était bien obscure et bien ignorée, qui ont fonctionné pendant la guerre.

La façon d’organiser le service était très simple : les ballons emportaient de Paris les pigeons voyageurs, que l’on remettait, à Tours, à la direction des postes et des télégraphes. Là, les hommes spéciaux, MM. van Roosebeke, Cassiers, se chargeaient de lancer les pigeons à Orléans, à Blois, le plus près possible de Paris. Ils attachaient préalablement une dépêche à une des plumes de la queue de l’oiseau voyageur.

Il y avait déjà fort longtemps, avant le siège de Paris, que des sociétés belges s’étaient préoccupées de l’élevage des pigeons voyageurs, et avant l’apparition du télégraphe électrique, plus d’un spéculateur de Paris a profité des renseignements que lui donnaient les colombes en lui apportant avec une rapidité étonnante le cours de la Bourse de Bruxelles. On ne se doutait pas alors du rôle que l’Histoire réservait à ce service de la poste généralement peu connu.

images-51 dans PIGEON - COLOMBETous les pigeons ne sont pas doués au même degré de cette faculté de revenir à leur colombier. Le pigeon voyageur est une espèce spéciale. Certains pigeons voyageurs, nés dans un colombier et emportés au loin, y sont revenus d’un seul trait, sans éducation préalable. Mais ce fait est très rare et même contesté. On dresse généralement les pigeons et on les habitue peu à peu à des voyages de plus en plus importants. On les élève dans un colombier semblable à celui que représentent nos gravures, et on leur laisse leur liberté ; ils voltigent autour du colombier, et s’éloignent parfois à une distance assez considérable de leur asile ; il est probable que dans ces promenades de chaque jour, ils apprennent à connaître les environs ; leur vue très perçante leur permet de retrouver certains points de repère qui les orientent et les mettent dans la bonne voie pour le retour.

Quand des pigeons ont ainsi vécu pendant quelque temps dans ces conditions, on les emporte dans des cages d’osier, à une dizaine de lieues de leur colombier, et on les lâche. La plupart rentrent au logis dans un espace de temps assez court. Quelques jours après, on les transporte à vingt lieues de leur colombier, puis à trente ou quarante lieues, et ainsi de suite, en augmentant les distances. On arrive ainsi à pouvoir lâcher à Bordeaux des pigeons voyageurs élevés à Paris ou à Bruxelles.

La vitesse du vol des pigeons voyageurs est très variable ; par un temps calme, ils font généralement douze ou quinze lieues à l’heure. Cette vitesse augmente ou diminue suivant qu’ils volent avec le vent, ou qu’ils sont obligés de remonter des courants aériens. Un fait très remarquable est l’influence de la direction du vent sur le retour des pigeons. Ceux-ci s’égarent presque toujours quand règnent les vents d’est. Les vents du sud et du sud-ouest sont au contraire très favorables au vol de ces messagers. Quand le temps est brumeux, quand il gèle et surtout quand la terre est couverte de neige, les pigeons voyageurs perdent leurs facultés ; on comprend combien l’hiver si rigoureux de 1870-1871 a nui à la poste aérienne.

Trois cent soixante-cinq pigeons ont été emportés de Paris en ballon, et lancés sur Paris. Il n’en est rentré que cinquante-sept, savoir : quatre en septembre, dix-huit en octobre, dix-sept en novembre, douze en décembre, trois en janvier, trois en février. Quelques-uns d’entre eux se sont égarés pendant très longtemps ; c’est ainsi que, le 6 février 1871, on reçut à Paris un pigeon qui avait été lancé le 18 novembre 1870. Il rapporta la dépêche n° 26, tandis que celui de la veille avait apporté la dépêche n° 51. Le 28 décembre, on reçut un pigeon qui avait perdu sa dépêche et trois plumes de sa queue. Il avait été sans doute atteint par une balle prussienne. Ce fait semble prouver que plusieurs de nos messagers du siège ont été tués par l’ennemi.

Les Parisiens n’oublieront jamais la joie que leur causait la vue d’un pigeon s’arrêtant sur les toits. Quel bonheur ineffable ! disait-on, voilà des nouvelles de province. Et les commentaires marchaient leur train. Nous devons toutefois faire observer à ce sujet que les pigeons voyageurs rentrent généralement tout droit au colombier, sans s’arrêter. Il est à supposer que, pendant le siège, les pigeons du jardin des Tuileries ont obtenu souvent un succès peu mérité.

Pigeons voyageurs.jpgIl existe à Paris, dans certains quartiers, notamment du côté des Halles, du Temple, des colombiers perchés sur les toits de vieilles maisons. Avant la guerre, nul ne soupçonnait l’existence de ces petits établissements privés, qui ont contribué à assurer les communications de Paris avec la province. Nos gravures représentent le colombier de M. van Roosebeke, un des membres les plus actifs et les plus intelligents de la Société colombophile l’Espérance. On a pu tirer un parti vraiment merveilleux des pigeons voyageurs, en employant la photographie microscopique, pour faire tenir une innombrable quantité de dépêches sur une légère pellicule de collodion. Il serait utile d’encourager l’élevage de pigeons, et d’étudier un art peu connu qui a prouvé son importance par les services qu’il a rendus pendant la guerre. On parlait autrefois de construire aux pigeons du siège une volière d’honneur, mais nous paraissons avoir déjà oublié nos promesses.

« Comme les cigognes des villes du Nord, a dit avec raison M. de Saint-Victor, comme les pigeons de Venise, ils méritent de devenir, eux aussi, des oiseaux sacrés. Paris devrait recueillir les couvées de leur colombier, les abriter, les nourrir sous les toits de l’un de ses temples. Leur race serait la tradition poétique de ce grand siège, unique dans l’Histoire. »

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