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Le Tigre ch.6

Posté par othoharmonie le 17 février 2012

 

Par Fulbert Dumonteil

 C’est un vrai Tigre, le Tigre américain.

Le Tigre ch.6 dans TIGRE 320px-Tiger_teethEt Humboldt a vu des Jaguars traverser à la nage des fleuves d’une lieue, traînant à leur gueule un Cerf ou un Cheval. Il égorge tout ce qu’il rencontre et l’on assure qu’il attaque le puissant alligator lui-même, qu’il va défier au sein des rivières. C’est toujours un duel à mort : ou le Jaguar étrangle le Caïman ou le Caïman l’entraîne et le noye au fond des eaux. Le prince de Wied a rencontré des Jaguars aussi grands que le Tigre royal. Reugger et d’Azara comparent sa force prodigieuse à celle du Lion.

Son cri est terrible, et tout tremble dans les forêts quand son formidable hou-hou fait retentir les échos à deux lieues à la ronde. C’est bien là la voix d’un maître !

Le Tigre américain a un goût particulier pour le nègre, dont les fortes exhalaisons l’attirent de très loin. Pour lui, le blanc n’est qu’une viande de seconde catégorie. Mais, faute d’un mulâtre ou d’un Indien, le Jaguar se contente d’un Espagnol.

Quand un nègre et un blanc voyagent ensemble, le nègre est toujours le préféré, et, comme une seule victime suffit au Tigre américain, le blanc continue paisiblement sa route en remerciant le Seigneur de l’avoir fait descendre non de Cham, mais de Japhet.

On chasse le Jaguar à la lance, à la fourche, au couteau, à la massue, à la flèche, au lacet. Ces deux dernières chasses sont les plus sûres et les plus curieuses. Dans le premier cas, le puissant animal est empoisonné ; dans le second, il est étranglé.

L’Indien se fabrique une barbacane avec un bambou et de toutes petites flèches avec des épines qu’il trempe dans le terrible poison appelé curare.

Poursuivi par une meute de dogues, le Tigre d’Amérique grimpe sur un arbre d’où il nargue ses adversaires hurlants. C’est alors que le chasseur lui envoie ses flèches empoisonnées, qui pénètrent plus profondément que la balle de la meilleure carabine. C’en est fait : le Jaguar se raidit, tremble et tombe, ébauche un rugissement, expire dans une convulsion horrible. Une épine a vaincu le roi des pampas.

Dans le Paraguay, quand le Jaguar a grimpé sur un arbre, on lui lance, avec une adresse merveilleuse, un lacet autour du cou. Il a été vu ; il est pris. Un chasseur attache aussitôt un bout de la corde à l’anneau de sa selle et lance son cheval au galop, traînant en rase campagne le fauve rugissant de colère et de douleur.

Si le Tigre, disloqué, meurtri, sanglant, oppose une dernière résistance, un autre chasseur lui passe un second lacet aux jambes de derrière, et les cavaliers, galopant à toute bride en sens opposé, n’ont bientôt plus qu’un cadavre entre eux. Une corde a suffi pour étrangler le tyran des forêts.

 Jaguar (Panthera onca)Il n’est pas rare de voir de petits Jaguars apprivoisés dans un village américain. Après avoir empoisonné ou étranglé ses parents, l’Indien l’emporte dans sa cabane, lui passe une corde au cou et l’attache devant la porte, à la branche d’un palmier.

Le petit Jaguar s’apprivoise, il oublie tout ; on lui donne de la viande cuite, du lait et des boules pour jouer ; il s’amuse avec les chiens, ces ennemis mortels de sa race, et fraternise avec les chats, ces pygmées !

Il est captif, il est vaincu. Mais, un jour, il regarde d’un air étrange ses compagnons de jeux et, d’une patte dédaigneuse, il repousse les boules comme s’il venait de comprendre qu’un jouet ne vaut pas la liberté.

Il s’étend comme une couleuvre à l’ombre du palmier et semble prêter l’oreille au bruit des forêts lointaines son oeil brille, sa queue frissonne, son flanc bat : n’entend-il pas le terrible hou-hou du grand carnassier des pampas, du formidable Tigre américain ?

D’un coup d’épaule, il brise sa chaîne ; d’un bond, il gagne la forêt. Il est libre, et, comme s’il voulait venger les siens, là où sa mère fut tuée, il tue !

La jungle l’emporte sur la niche, la liberté sur la chaîne : le prisonnier, l’orphelin, l’enfant se fait homme, se fait Tigre. Tout tombe sous sa griffe ou meurt sous sa dent. C’est une vaste hécatombe de fauves, de reptiles et d’oiseaux.

Le petit joueur de boules n’appartient plus qu’aux forêts. Né dans l’esclavage, on peut se faire à la chaîne et oublier la liberté. Mais si, secouant le joug, on retourne une bonne fois à la liberté, on finit par l’aimer tant qu’on ne peut plus s’en séparer.

D’un bond nouveau retombons du Paraguay au Bengale et revenons au Tigre d’Asie.

A tiger in Pilibhit Tiger Reserve.jpg

Je vous le présente non plus en manteau royal, mais en robe de chambre.

Les amours du Tigre ne durent que deux ou trois semaines. Mais quelles amours !

Ce sont des combats épouvantables et de monstrueuses caresses mêlées de cris terrifiants comme en peuvent faire entendre des Chats de neuf pieds !

Le Tigre est un papa gâteau plein de bonhomie et de tendresse pour ses gracieux bébés.

Pour jouer avec sa joyeuse famille, il néglige les troupeaux du voisinage et oublie l’humanité. (à suivre)

 

DUMONTEIL, Fulbert (1830-1912) : Le tigre (1882).


Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (07.II.2009)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com
http://www.bmlisieux.com/


Diffusion libre et gratuite (freeware)


Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882.

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Le Tigre ch.7

Posté par othoharmonie le 17 février 2012

Par Fulbert Dumonteil

 Le Tigre ch.7 dans TIGRE 320px-Malayan_Tiger_CubsC’est plaisir de voir ce grand buveur de sang ronronner comme un chat en léchant ses petits, faire le gros dos, étaler ses crocs indulgents dans un bâillement bourgeois, se rouler dans l’herbe avec ses enfants, leur donner de petites tapes sur la joue avec sa large main gantée de velours, enlacer sa petite famille avec sa longue queue chargée de bracelets, comme on passe le bras autour du cou d’un ami.

Et, si quelque fauve des steppes vient à passer, s’arrête surpris, au lieu de bondir et de le dévorer, le papa Tigre, le regardant d’un oeil calme, semble lui dire : « Pardon, ne seriez-vous pas aussi père de famille ? »

Mais c’est surtout la mère qui est chargée de l’éducation des enfants. C’est elle qui leur apprend la chasse, la pêche et la guerre.

Tapie sur les bords d’un marais, elle prend le reptile au passage et l’oiseau au vol.

- Voilà, mes enfants, comment on chasse.

Blottie, comme une grande chatte, le long des torrents et des rivières, elle étend doucement la patte et fait sauter sur la rive le poisson qui sera le plat du jour.

- Voilà comment on pêche, mes enfants.

Cachée dans les hautes herbes, tandis que ses petits font le guet, elle bondit sur le cheval sauvage et l’égorge. Ne faut-il pas que tout le monde vive ?

- Voilà comment on tue, mes fils.

Mise en face du chasseur, elle a brisé trois lances et broyé une massue ; une balle l’a frappée au coeur ; elle tombe enfin, se traîne, se débat, se meurt ; et son dernier rugissement, mêlé de fureur et d’amour, semble dire aux siens :

- Voilà comment un Tigre doit mourir !

220px-Breakfast_for_the_Cub%21 dans TIGRESi, au contraire, un chasseur lui a ravi ses petits et les emporte au galop de son cheval, elle les suit durant trois lieues en bondissant à travers les torrents et les buissons ; puis, elle tombe épuisée de fatigue et de rage, et dans un cri désespéré, rugissement suprême de tristesse et d’amour, elle a l’air de dire :

- Voyez, mes enfants, comme je vous aimais !

Alors, étendue sur l’herbe, qu’elle mord avec frénésie, elle semble morte au monde des forêts.

Qu’un beau Tigre s’avance en faisant miroiter les ors de son manteau royal, elle ne le voit pas ; qu’il fasse entendre un rugissement adouci et provocateur, elle ne l’entend pas.

Ce n’est pas un époux qu’elle cherche, ce sont ses enfants qu’elle demande ; ce sont ses petits qu’elle appelle, qu’elle pleure, et  elle ne veut pas être consolée. (FIN)

 

DUMONTEIL, Fulbert (1830-1912) : Le tigre (1882).


Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (07.II.2009)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com
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Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882.

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L’année du Tigre

Posté par othoharmonie le 5 février 2012

L'année du Tigre dans TIGRE annee_tigre_02Le Tigre est le troisième Animal dans l’ordre d’arrivée qui apparaît dans le zodiaque chinois, lié au calendrier chinois.

 Le « Tigre » est décrit comme étant courageux, impulsif, solidaire et solitaire. On dit du Tigre qu’il s’entend bien avec le « cheval » et le « chien », et très mal avec le « singe ».

 Le Tigre s’illustre souvent par son talent graphique qui l’amène à s’exprimer en contant des histoires qui passionnent. Son tempérament galvanise les autres et il reste toujours maître de lui. Le Tigre est intelligent et curieux. Le Tigre sait ce qu’est l’amitié et va au-delà du simple coup de main quand on fait appel à lui. Le Tigre a une sensibilité d’observateur avant de s’investir, préférant parfois la solitude aux bruits des villes. Le Tigre attend en général la trentaine avant d’avoir des enfants, étant un enfant lui-même, passant le premier tiers de sa vie à découvrir la vie. Le Tigre aime associer son travail et sa vie sans se déplacer pour l’un ou pour l’autre. Il se retrouve souvent dans les mouvements de masse. Il a de l’humour. Le Tigre traitera de façon loyale ses amis en les protégeant et en étant généreux avec eux.

 Ce portrait résume non pas les caractéristiques personnelles mais les tendances du Tigre en général, il existe donc des différences énormes entre personnes nées dans une année du Tigre selon l’Elément/agent de la naissance d’un Tigre.

 Les Tigres ont un agent stable commun, identifié par le Bois, par contre, leur agent annuel, lui varie selon leur année de naissance, c’est ce qui détermine si un Tigre est agent/élément annuel : Métal, Eau, Bois, Feu ou Terre.

 Pour savoir à quel agent/élément annuel, un Tigre est identifié, il suffit de savoir que c’est le dernier chiffre d’une année de naissance qui le détermine :

 0 et 1 = METALTiger_2 dans TIGRE

2 et 3 = EAU

4 et 5 = BOIS

6 et 7 = FEU

8 et 9 = TERRE

 L’association entre l’agent/élément stable et l’agent/élément annuel détermine des caractéristiques de chaque Tigre.

 Pour en savoir plus, sur les caractéristiques d’un agent/élément, consultez la page du Wu Xing

 

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Jeux et Sports liés au Renard

Posté par othoharmonie le 29 janvier 2012

Jeux et Sports liés au Renard dans RENARDLa chasse au renard est une chasse à courre traditionnelle, originaire du Royaume-Uni, qui consiste à traquer un renard à l’aide de chiens courants en suivant cette meute à pied ou à cheval.

 Le lancer de renard était un sport sanguinaire populaire dans certaines parties de l’Europe durant le XVIIe siècle et XVIIIe siècle, où les participants lançaient en l’air des renards et d’autres animaux vivants qui ne survivaient généralement pas à des lancés pouvant atteindre une hauteur de 7,5 m.

 Poule renard vipère est un jeu collectif, pratiqué généralement en extérieur dans les 300px-Fox_tossing_1719 dans RENARDcours de récréation. Le but des renards est d’attraper les poules, celui des poules de manger les vipères et les vipères doivent attraper les renards.

 Au football un renard des surfaces est une expression qui désigne un buteur, souvent expérimenté, capable de saisir l’opportunité de marquer dans une surface. L’image évoque sa capacité à bien se placer, à se faire oublier ou à se faufiler et à marquer.

 

 

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Roman de Mr. Renart

Posté par othoharmonie le 25 janvier 2012

Le Roman de Renart est un recueil de récits médiévaux français des XIIe et XIIIe siècles ayant pour héros des animaux agissant comme des humains ; le monde animal représentant la société du Moyen Âge. Le personnage principal se nomme Renart, c’est un animal alors connu sous le nom de « goupil » mais sous l’influence du Roman de Renart, le mammifère prendra le nom de renard en français.

 Roman de Mr. Renart dans RENARD 220px-RenartCe n’est pas un roman à proprement parler, mais un ensemble disparate de récits en octosyllabes de longueur variable et composés par différents auteurs, appelés dès le Moyen Âge « branches ». Les branches les plus anciennes (v. 1170) sont attribuées à un certain Pierre de Saint-Cloud. Dès le XIIIe siècle, les branches sont regroupées en recueils, apportant une certaine unité, les auteurs du Roman de Renart sont principalement anonymes sauf quelques auteurs nommés : Richard de Lison, Pierre de Saint Cloud et le Prêtre de la Croix en Brie.

 Ces textes ont des fonctions diverses :

 de critique sociale des classes dominantes, incapables de nourrir les petites gens ; de parodie des chansons de geste et romans courtois, mêlée d’anticléricalisme ;

  • psychologiques (voire cathartiques) : transgression de tabous religieux (Dieu est absent et les formes sociales de la religion – pèlerinage, croisade ou simplement le clergé – sont méprisées et ridiculisées) alors que l’antagonisme central entre Renart et Primaut fait appel à la scène primitive (le viol de la louve).

 200px-Reineke dans RENARDCes textes ont inspiré certains auteurs contemporains comme Carl Gustav Jung, dans la création de son concept d’Enfant intérieur et Paul Radin, dans son étude du Trickster. Ces auteurs furent intéressés par la figure de Till l’espiègle ou celle du renard dans Le Roman de Renart, entre autres, comme modèles de ce qu’ils nommaient le « fripon divin » : un être espiègle, malicieux et facétieux.

 Seulement, Renart dénonce la faim, la violence, la bêtise… mais ne propose rien.

Les œuvres les plus tardives (Renart le Bestourné (à l’envers) de Rutebeuf, ou l’anonyme Renart le Contrefait (1319-1342), accentuent encore la satire.

 Selon certaines interprétations, Renart représenterait le petit peuple, toujours prêt à mille « jongleries » pour survivre ; Ysengrin : la bourgeoisie, lourde et patentée ; Grimbert, le blaireau : le clergé et Brun, l’ours : la noblesse. Mais dans le texte, tous les personnages sont explicitement présentés comme appartenant à la noblesse. Renart est un chevalier qui vit dans son château de Maupertuis et est le premier à se moquer des vilains et à vivre à leurs dépens en les ridiculisant voire en n’hésitant pas à les tuer.

 200px-RenartPuisDetLes frères Grimm y voient une « épopée animalière (Thiersage) venue de Germanie via Tacite », ce qui lui confèrerait des racines indo-européennes.

 Mais le monde des animaux, miroir du monde humain, sert avant tout à critiquer celui-ci. Les auteurs se moquent de tout, des chevaliers aux pèlerins, de la justice aux courtisans, montrant partout l’hypocrisie. Successeurs d’Ésope, ils préfigurent les fables de Jean de La Fontaine.

                                                                      Renard place du Renard Mortagne-sur-Sèvre.jpg

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Renards de fiction

Posté par othoharmonie le 24 janvier 2012

Liste des renards de fiction

 

 

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Monstres marins au coeur de l’histoire

Posté par othoharmonie le 19 janvier 2012

Dans l’antiquité, tout ce que l’homme ne peut pas atteindre (le ciel, le fond des mers) est le domaine des dieux et des héros. Ainsi, l’un des douze travaux d’Hercule fut de tuer l’Hydre de Lerne, serpent d’au à corps de chien possédant plusieurs têtes.

Monstres marins au coeur de l'histoire dans BALEINE 220px-Mosaico_Trabajos_H%C3%A9rcules_%28M.A.N._Madrid%29_13Poséidon, le dieu grec des mers et des océans (Neptune chez les romains) apparaît dans de nombreux récits dont « L’Odyssée » d’Homère où il poursuit Ulysse de sa vengeance, car le héros a tué son fils, le cyclope Polyphème.

A la renaissance, l’homme sait peu de choses du monde marin. Sur les cartes marines ou portulans, les cartographes font apparaître des monstres marins pour orner les espaces vides, mais aussi parce que l’on croyait encore en leur existence et qu’ls apparaissaient comme des démonstrations divines.

Dans la « Cosmographie » de Münster, publiée en 1552, les contours du monde sont plus précis ; les océans sont mieux dessinés et le continent américain, récemment découvert, est inséré. Et l’on note, aussi étonnant que cela puisse paraître, la présence de monstres marins. Ces ouvrages remportaient beaucoup de succès. Cela peut expliquer en partie la persistance de ces images dans les traités géographies ou scientifiques.

En 1561, Olaus Magnus évoque les horribles monstres marins qui se trouvent sur la côte norvégienne : « Il se trouve dans la mer de Norvège, des poissons forts étranges et monstrueux, dont on ne connaît pas le nom, ils provoquent une grande frayeur quand on les regarde et semblent fort cruels ».

Dans de nombreux ouvrages (Ambroise Paré, Ulysse Aldrovandi, Conrad Gesner…) sont évoqués les montres marins avec des noms toujours évocateurs :

-          La vache marine

-          Le monstre marin rhinocéros

-          Le poisson dit ailé

-          Le limaçon de la mer Sarmatique

-          Le lion marin couvert d’écailles

-          Le moine marin

-          La hyène cétacée qui possède trois yeux sur le corps

-          Le cheval de mer

-          Le veau marin

-          La truie marine

-          L’aigle de mer

-          Le diable de mer décrit comme ayant « la tête fort curieuse, avec deux cornes et longues oreilles, et tout le reste du corps d’un poisson hors les bras qui approchaient du naturel ».

Cette liste n’étant pas exhaustive !

300px-Petun_thevet dans BALEINECes monstres de la Renaissance recoupent en fait des catégories animales réelles, pas encore bien identifiées. Ainsi, Ambroise Paré écrit à propos de la baleine qu’elle est « le plus grand monstre poisson qui se trouve en la mer ».

Le requin quant à lui est évoqué sous le nom général de « lamie ». Ambroise Paré dépeint la voracité de ce poisson qui s’attaque à ses congénères, mais également aux hommes : ainsi, il écrit qu’un « homme entier tout armé » a été retrouvé dans l’estomac d’un « lamie ».

Les encyclopédies zoologiques, ouvrages par nature rigoureux et descriptifs, contiennent également des illustrations de monstres marins. En 1555, Pierre Belon ‘naturaliste et médecin) consacre dans son livre une rubrique aux montres marins avec, entre autre, une illustration d’un « monstre marin ayant façon d’un moyne » ; Il est pourtant considéré comme le premier écrivain scientifique en langue française. Traversant les siècles, les montres marins réapparaissent au 17ème et 18ème siècle, se déclinant en figures de proue ou en éléments de décoration. Au 19ème, des écrivains comme Victor Hugo ou Jules Vernes les font revivre : pieuvre géante dans « les travailleurs de la mer » (1866) ou poulpe gigantesque dans « Vingt Mille lieues sous les mers » (1870). Au 20ème siècle, le cinéma (science-fiction, horreur, aventure…) s’empare des montres marins : « Vingt Mille Lieues sous les mers » de Richard Fleisher (1954) ; « Moby Dick » de John Juston (1956) ; « Le sous-marin de l’apocalypse » d’Irwin Allen (1961) ; « Abyss » de James Cameron (1989)…

 

 

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1ère Girafe de l’histoire

Posté par othoharmonie le 15 janvier 2012

 

La girafe de Charles X

1ère Girafe de l'histoire dans GIRAFE Girafe_de_Charles_X_planche_22_figure_1_detail_de_la_teteLa première girafe à entrer vivante sur le sol français fut ramenée d’Égypte en 1827 par le naturaliste Étienne Geoffroy Saint-Hilaire : elle parcourut près de 800 km (dont plus de la moitié à pied) entre Marseille et le Jardin des Plantes à Paris. L’événement eut à l’époque une portée considérable. Il s’agit de celle qui est actuellement visible, naturalisée, au Muséum d’histoire naturelle de La Rochelle.

 La girafe offerte à Charles X par Méhémet Ali est une girafe qui vécut pendant 18 ans au début du XIXe siècle dans la ménagerie du Jardin des plantes à Paris. Elle fut la première girafe à entrer en France, et la troisième en Europe, la première étant la Girafe Médicis, acquise par Laurent de Médicis à Florence en 1486.

 Elle fut offerte au roi de France, Charles X, par le vice-roi d’Égypte, Méhémet Ali. Celui-ci l’avait lui-même reçu en cadeau de Mouker Bey, un seigneur du Soudan ; l’idée de l’offrir à la France vient de Bernardino Drovetti, consul de France en Égypte.

 Née en 1825 d’après les calculs de l’époque, elle arriva à Marseille le 14 novembre 1826 et fut conduite à Paris à pied à partir du printemps 1827. Au cours de ce voyage elle était accompagnée par Geoffroy Saint-Hilaire, directeur du Jardin des plantes, ainsi que par trois vaches dont elle buvait le lait, une escorte de gendarmes à cheval, et un chariot à bagages. Arrivée le 30 juin, elle fut pendant trois ans une des principales attractions de la capitale (au cours de l’été 1827 elle reçut 600 000 visiteurs).

  dans GIRAFEElle est à l’origine de nombreuses illustrations et objets au décor dit « à la girafe ». Elle a également inspiré un couple de personnages typiques du Carnaval de Paris : La girafe et son cornac. Narcisse-Achille de Salvandy lui a donné fictivement la parole en juillet et août 1827 dans deux pamphlets politiques intitulés Lettre de la girafe au pacha d’Égypte. Honoré de Balzac a fait de même en septembre 1827 avec le Discours de la girafe au chef des six Osages, ainsi que Charles Nodier avec Tablettes de la girafe du Jardin des plantes dans Scènes de la vie privée et publique des animaux.

 Après sa mort le 12 janvier 1845, elle a été naturalisée, et fait désormais partie de la collection zoologique du Muséum d’histoire naturelle de La Rochelle.

 Dans son livre publié en 1998, Michael Allin l’appelle Zarafa, nom qu’il présente comme la transcription d’un mot arabe signifiant à la fois « girafe » et « charmante » (en fait, deux mots distincts mais se transcrivant de la même manière) ; néanmoins, ce nom n’est pas attesté du vivant de la girafe.

 En 2010, un film d’animation sur l’histoire de cette girafe, Zarafa, est en cours de réalisation par Rémi Bezançon en collaboration avec, dans un premier temps, Marie Caillou, puis Jean-Christophe Lie.

 

 

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L’Ane 1

Posté par othoharmonie le 25 décembre 2011

Par Édouard Drumont

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 L'Ane 1 dans ANEAne, je te salue, éternel porteur de bât, Ane utile, Ane patient, Ane toujours raillé, Ane à l’échine meurtrie, Ane aux longues oreilles, Ane, je te salue…

 L’Ane, vous dira Buffon, est de la famille du Cheval. Sans doute, mais c’est un cadet ; semblable à ces déshérités dont les parents occupent de brillantes positions, il est voué d’avance à la vie humiliée et douloureuse, condamné au labeur sans trêve, destiné aux coups. Dans l’ordre équestre, l’Ane d’ailleurs n’entre guère que par surprise, comme certains plébéiens n’entrent dans la maison de quelque grand seigneur que par la porte bâtarde.

 Le Cheval, lui est un animal héroïque ; il fait figure dans l’histoire, il a sa place dans l’art, il orne les bas-reliefs monumentaux, il est attelé au quadrige des triomphateurs ; il s’élance du ciseau de Phidias pour courir sur le fronton du Parthénon. Il est, selon Lamartine, le piédestal des rois ; il est le coursier fougueux dans ANE que César éperonne, de Victor Hugo, et pour lui le Richard III de Shakespeare offre un royaume un soir de défaite. Acteur dans les ardents combats, il participe de l’enthousiasme que l’Humanité éprouve pour ceux qui tuent. A Epsom ou à Longchamp, il tient cent mille hommes haletants au bout de son sabot. Il a des noms : il se nomme Incitatus et on le proclame consul, et devant lui marchent les faisceaux des Scipion et des Métellus ; il s’appelle Bucéphale ou Veillantif, et il porte Alexandre ou Roland ; il est inscrit au Stud-book sous le nom de Gladiateur ou de Monarque, et il gagne des millions à son maître avec ses jambes ; il est chanté sous le nom de Pégase et il emporte les poètes à l’hôpital sur ses ailes. Il a une généalogie comme un gentilhomme et des journaux comme le peuple souverain.

 (A SUIVRE)

  

DRUMONT, Édouard (1844-1917) : L’Ane (1882).


Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (17.VII.2002)
Texte relu par : A. Guézou
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Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882.

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L’Ane 3

Posté par othoharmonie le 25 décembre 2011

Par Édouard Drumont

 L'Ane 3 dans ANELe jour de l’entrée triomphale à Jérusalem, c’est lui, l’âne, qui porte le Sauveur. Aux vainqueurs altiers, aux manieurs de glaive farouches, à ceux que la Victoire précède en sonnant dans son clairon et que la Mort accompagne avec des cris d’oiseau de proie, le Cheval qui piaffe et qui hennit. Au doux conquérant, à l’ami des humbles, l’Ane modeste et résigné. L’esclave, bête de somme humaine ; l’Ane, esclave de l’ordre animal, sont réhabilités le même jour. La croix infâme qui sert au supplice de l’un devient un signe sacré pour toute la terre, le dos pelé de l’autre sert de monture à Celui auquel les firmaments obéissent…

 L’Église s’en souvient et le moyen âge célèbre ces fêtes de l’âne qui finissent par dégénérer en saturnales. Messire Ane pénètre dans le sanctuaire au bruit des hi-han joyeux de l’assistance en ce jour où tout est interverti ; où les serfs s’habillent en seigneurs, où les frères lais siègent au choeur.

 Sous toutes les latitudes le sort de l’Ane est le même. Sans doute on lui témoigne en Orient des égards qu’il ne rencontre pas en Europe et, si un ambassadeur turc a écrit que « Paris était le paradis des femmes et l’enfer des Chevaux », un voyageur paradoxal a pu soutenir « que Constantinople était le paradis des Anes et l’enfer des femmes ».

 Il n’est point rare de trouver là-bas quelques Anes qui, bien nourris, ménagés, ignorants des brutalités, personnifient, en quelque sorte, l’aristocratie de la race asine. Qui ne connaît les Anes d’Orient de Decamps, la meilleure toile peut-être du maître ? Près d’une muraille blanche qui s’effrite, un Ane semble attendre le moment de se remettre en marche ; un autre, encore couché, a l’air de faire la sieste. Au premier plan un jeune Arabe à la physionomie rêveuse, paraît plus préoccupé de contempler la campagne inondée de soleil, que de tourmenter les animaux dont il a la garde. (A SUIVRE…)

 DRUMONT, Édouard (1844-1917) : L’Ane (1882).


Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (17.VII.2002)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
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Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882.

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L’Ane 7

Posté par othoharmonie le 25 décembre 2011

Par Édouard Drumont

 Buffon, chose curieuse, est le plus courtois de tous avec ce manant. Il semble, à lire le chapitre que le naturaliste à manchettes consacre à Aliboron, voir l’écrivain grand seigneur se promener aux environs de son château, s’arrêter en apercevant quelque Ane de meunier, et lui dire : « Approche ici, petit, que je te décrive. »

 L'Ane 7 dans ANE« L’Ane, dit-il, est aussi humble, aussi patient, aussi tranquille que le Cheval est fier, ardent, impétueux ; il souffre avec constance, peut-être avec courage, les châtiments et les coups. Il est sobre et sur la quantité et sur la qualité de la nourriture ; il se contente des herbes les plus dures et les plus désagréables que le Cheval et les autres animaux lui laissent et dédaignent. Il est fort délicat sur l’eau ; il ne veut boire que de la plus claire et aux ruisseaux qui lui sont connus. Il ne se vautre pas, comme le Cheval, dans la fange et dans l’eau ; il craint même de se mouiller les pieds et se détourne pour éviter la boue…

 Il est susceptible d’éducation et l’on en a vu d’assez bien dressés pour faire curiosité de spectacle. Dans la première jeunesse, il est gai et même assez joli : il a de la légèreté et de la gentillesse ; mais il la perd bientôt soit par l’âge, soit par les mauvais traitements, et il devient lent, indocile et têtu ; il n’est ardent que pour le plaisir, ou plutôt il en est furieux, au point que rien ne peut le retenir et que l’on en a vu s’excéder et mourir quelques heures après. Comme il aime avec une espèce de fureur, il a aussi pour sa progéniture le plus fort attachement. Pline nous assure que lorsqu’on sépare la mère de son petit, elle passe à travers les flammes pour aller le rejoindre. Il s’attache aussi à son maître, quoiqu’il en soit ordinairement maltraité ; il le sent de loin et le distingue de tous les autres hommes. Il reconnaît aussi les lieux qu’il a coutume d’habiter, les chemins qu’il a fréquentés. »

 Toussenel, qui a trouvé souvent de si fines et de si ingénieuses analogies entre l’homme et l’animal, qui a découvert dans sa Zoologie passionnelle de si mystérieuses affinités entre l’être humain et la créature inférieure, n’a pas été indulgent pour l’Ane. Pour lui l’Ane est la personnification de l’Auvergnat, rude au travail, mais grossier et étranger à tout sentiment du Beau. Il reproche au pauvre Aliboron d’être un rural, conservateur égoïste, routinier, cupide et sec, borné d’apparence et malin en dessous.

  dans ANE« Ne nous y trompons pas, écrit l’auteur de l’Esprit des bêtes, l’Ane, comme l’Auvergnat, est plus rusé et plus ignorant que sot, et l’histoire a recueilli de lui une foule de mots mémorables, notamment celui-ci : Notre ennemi, c’est notre maître. Ce qui prouve que la maligne bête s’exprime aussi en très bon français quand elle veut. La sottise pivotale que je reproche à l’Ane est de ne pas conformer son vote à cette opinion, et de donner toujours sa voix à celui qui le malmène le plus brutalement.

 Cette contradiction bizarre entre ses bons mots et ses votes démontre que l’Ane ne fait d’opposition que par tempérament, et que cette opposition, chez lui, s’en tient volontiers à l’épigramme et à la rétivité. Je ne compte pas plus sur l’Ane que je n’avais compté sur l’opposition dynastique pour le succès de la révolution dernière. L’Ane, qui fait une guerre d’extermination au chardon, emblème de la presse bonne et mauvaise, a trop de points de contact avec les petits hommes d’État qui inventent les législations de septembre pour que j’aie foi en ses reliques. Défions-nous, défions-nous des gens qui sont toujours prêts à se rouler par terre et qui attendent que nous soyons endormis pour nous jeter à bas. »  (A SUIVRE…)

 

DRUMONT, Édouard (1844-1917) : L’Ane (1882).


Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (17.VII.2002)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
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Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882.

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Protection de l’âne

Posté par othoharmonie le 19 décembre 2011

L’association A.D.A.D.A (Association des Amis des Ânes) a vu le jour en 1968, sous l’impulsion du peintre corrézien Raymond Boissy, avec un but : « réhabiliter l’espèce asine et éviter sa disparition ».


Protection de l'âne dans ANERécalcitrant, caractériel, têtu, l’âne est assez méconnu du grand public. Il demeure pourtant un agréable animal de compagnie et très intelligent… « Il est donc nécessaire de le connaître un peu afin d’éviter de graves erreurs », souligne-t-on chez ADADA.

Depuis 2003, l’Association a construit son propre refuge en Auvergne, où vivent 80 ânes de toutes les races et en attente d’adoption. Ces animaux ont appartenu à des adhérents qui ont décédé, d’autres ont souhaité s’en séparer et elle recueille également des ânes maltraités, placés par la Direction des services vétérinaires. 

Disposant d’un réseau de correspondants en région et dans plusieurs pays  qui se dévouent à la cause asine, l’association compte aujourd’hui près de 950 adhérents. Passionnés par les ânes ou simplement curieux de connaître ce cousin du cheval. Ils ont en commun la passion pour ce doux animal de compagnie.

Comme pour la plupart des animaux de compagnie qui arrivent dans les refuges, l’âne est lui aussi victime de l’abandon. Acheter un ânon s’apparente souvent à l’acquisition d’une petite peluche vivante. Mais la cohabitation peut s’avérer contraignante pour le propriétaire, en raison des exigences engendrées par son élevage : les besoins d’espace, les soins vétérinaires, la promiscuité avec d’autres animaux ou avec certains de ses congénères. 

Tout le travail des bénévoles et du personnel d’ADADA est « d’encourager et responsabiliser les amis des ânes, leur prodiguer les soins indispensables à leur bien-être, leur faciliter les rencontres et échanges afin de promouvoir le monde asin ».

La Fondation 30 Millions d’Amis soutient régulièrement ADADA. En 2007, la Fondation lui a accordée une aide et a réglé à hauteur de 3000 € les frais vétérinaires nécessaires pour maintenir en bonne santé nos compagnons les ânes…

Un site …. http://www.30millionsdamis.fr/agir-pour-les-animaux/adoptez-moi/zoom-refuges/les-anes-bichonnes-du-refuge-dadada.html

                                                                          Gif anes

 

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L’âne commun

Posté par othoharmonie le 19 décembre 2011

 Equus asinusL’âne commun (Equus asinus ou Equus africanus asinus) ou plus simplement « âne », est à l’origine une espèce d’âne sauvage d’Afrique qui a été domestiquée et hybridée très tôt dans l’histoire pour remplir à moindre coût les mêmes fonctions que le cheval, un autre équidé comme lui. Les paysans les plus pauvres le préfèrent en effet au cheval car il se contente de peu sur le plan alimentaire, d’où son surnom de « cheval du pauvre ». De plus, l’âne peut se déplacer dans des endroits très escarpés, aussi est-il utilisé pour le transport de marchandises lourdes dans les régions peu accessibles, ou bien sous sa forme hybridée avec le cheval : le mulet. L’âne peut aussi être une ressource alimentaire ou un animal de compagnie.

Enfin, l’âne domestique a formé des populations vivant à l’état sauvage en Australie et en Amérique. C’est le phénomène du marronnage.

 

La femelle est l’ânesse et le petit l’ânon.                       Gif anes

 

 

 

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Utilisation de l’âne

Posté par othoharmonie le 19 décembre 2011

Le terme de baudet désigne un âne reproducteur, quelle que soit sa race : il ne se limite donc pas au baudet du Poitou.

 La gestation de l’ânesse dure 12 à 13 mois, parfois un peu plus. (Comparé aux 10 à 12 mois pour la jument). Elle est en chaleurs toutes les 4 semaines durant toute l’année. Elle donne à l’ânon entre 3 et 6 litres de lait d’ânesse par jour pendant six mois.

 Les hybrides de l’âne : Vieux bardot

 Son génome compte 62 chromosomes.

 La domestication de l’âne remonterait à au moins 5000 ans, date estimée de dépouilles retrouvées dans une tombe égyptienne à Abydos. Les analyses de ces dernières montrent des déformations caractéristiques de leur squelette, secondaire à leur utilisation comme animal porteur et qui n’existent pas sur les ânes sauvages.

 Transport

Utilisation de l'âne dans ANE 170px-Mykonos_MarketL’âne domestique a longtemps eu les mêmes fonctions que le cheval mais il était moins coûteux car il se contentait de peu sur le plan alimentaire ; les paysans les plus pauvres le préféraient donc au cheval, d’où son surnom de « cheval du pauvre ». De plus, l’âne peut se déplacer dans des endroits très escarpés, aussi était-il utilisé pour le transport de marchandises lourdes vers les cabanons les plus hauts perchés des calanques de Marseille, par exemple.

 

Attelé, monté ou bâté, l’âne a longtemps été utilisé comme moyen de transport. Il est aujourd’hui de plus en plus employé pour assurer le transport des affaires des randonneurs en montagne. Dans le massif cévenol, cette utilisation touristique trouve son inspiration dans un livre de Robert Louis Stevenson, Voyage avec un âne dans les Cévennes.

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Abeille messagère de l’été

Posté par othoharmonie le 18 décembre 2011

 

Abeille messagère de l'été dans ABEILLES 220px-Ocelles-Abeilles_Luc_ViatourMessagère de l’été, l’abeille est associée à la lumière et au soleil car selon la mythologie égyptienne, elle serait née des larmes du dieu-soleil Ré tombées sur terre. Pour les Nosaïris, hérésiarques musulmans de Syrie, Ali, lion d’Allah est le Prince des abeilles qui, selon certaines versions, seraient les anges, et selon d’autres, les croyants.

Dans le langage métaphorique des derviches Bektachi, l’abeille représente le derviche et le miel est la divine réalité qu’il recherche. De même dans certains textes de l’Inde, l’abeille représente l’esprit s’enivrant du pollen de la connaissance.

Personnage de fable pour les Soudanais et les habitants de la boucle du Niger, elle est symbole royal en Chaldée, bien avant que le Premier Empire en France ne la glorifie. Ce symbolisme royal ou impérial est solaire.

L’abeille dans l’Egypte ancienne

 Systropha planidensSymbole de l’âme, elle est parfois identifiée à Déméter pour la Grèce antique où elle peut représenter l’âme descendue aux enfers ; ou bien, au contraire, elle matérialise l’âme sortant du corps. A Eleusis et à Ephèse, les prêtresses portent le nom d’abeilles. Virgile en a célébré les vertus. On les trouve représentées sur les tombeaux en tant que signes de survie post-mortuaire. Car l’abeille devient symbole de résurrection. La saison d’hiver, trois mois, durant laquelle elle semble disparaître, car elle ne sort pas de sa ruche, est rapprochée du temps, trois jours, durant lequel le corps du Christ est invisible, après sa mort, avant d’apparaître de nouveau ressuscité.

On la retrouve au Cachemire et au Bengale, et dans de nombreuses traditions indiennes d’Amérique du Sud, ainsi qu’en Asie centrale et en Sibérie. Platon, enfin, affirme que les âmes des hommes sobres se réincarnent sous forme d’abeille.

Une histoire de la mythologie grecque raconte qu’un jour les abeilles d’Aristée, fils d’Apollon, étaient toutes mortes. Amoureux de la Dryade Eurydice, il fut cause de sa mort, en la poursuivant le jour de ses noces avec Orphée : comme elle fuyait devant lui, la malheureuse n’aperçut pas sous ses pieds un serpent caché dans les hautes herbes. Pour la venger, les nymphes, ses compagnes, firent périr toutes les abeilles d’Aristée. Sa mère, Cyrène, dont il implora le secours afin de réparer cette perte, le mena consulter Protée, dont il apprit la cause de son infortune, et reçut ordre d’apaiser les mânes d’Eurydice par des sacrifices expiatoires. Docile à ses conseils, Aristée, ayant immédiatement immolé quatre jeunes taureaux et autant de génisses, en vit sortir une nuée d’abeilles qui lui permirent de reconstituer ses ruches.

 dans ABEILLESL’abeille symbolise également l’éloquence, la poésie et l’intelligence. La légende concerne Pindare et Platon, puisque des abeilles se seraient posées sur leurs lèvres au berceau,  elle est d’ailleurs reprise par Ambroise de Milan ; les abeilles frôlent ses lèvres et pénètrent dans sa bouche. Les propos de Virgile selon lequel les abeilles renferment une parcelle de la divine Intelligence reste vivant chez les Chrétiens du Moyen Age. On retrouve ici la valeur symbolique du bourdonnement, véritable chant, de l’abeille.

Par son miel et par son dard, l’abeille est considérée comme l’emblème du Christ ; d’un côté, sa douceur et sa miséricorde ; et de l’autre, l’exercice de sa justice en tant que Christ-juge. Les auteurs du Moyen Age évoquent souvent cette figure. Pour Bernard de Clairvaux, elle symbolise l’Esprit Saint.

Les Celtes se réconfortaient avec du vin miellé et de l’hydromel. L’abeille, dont le miel servait à faire de l’hydromel ou liqueur d’immortalité, était l’objet, en Irlande, d’une étroite surveillance légale. Un texte juridique dit que « la noblesse des abeilles vient du paradis et c’est à cause du péché de l’homme qu’elles vinrent de là ; Dieu répandit sa grâce sur elles et c’est à cause de cela qu’on ne peut chanter la messe sans la cire ». 

L’ensemble des traits empruntés à toutes les traditions culturelles dénote que, partout, l’abeille apparaît essentiellement comme douée d’une nature ignée, c’est un être de feu. Elle représente les prêtresses du Temple, les Pythonisses, les âmes pures des initiés, l’Esprit, la Parole ; elle purifie par le feu et elle nourrit par le miel ; elle brûle par son dard et illumine par son éclat.

Des abeilles domestiques autour de leur reine, sur un rayon de mielSur le plan social, elle symbolise le maître de l’ordre et de la prospérité, roi ou empereur, non moins que l’ardeur belliqueuse et le courage. Elle s’apparente aux héros civilisateurs, qui établissent l’harmonie par la sagesse et par le glaive. 

Quant à la ruche, c’est un symbole lunaire et Cancer puisqu’elle est la maison des abeilles et, par métonymie, les abeilles elles-mêmes, en tant que collectivité, peuple. Sa valeur symbolique est claire : en tant que « maison », la ruche est rassurante, protectrice, maternelle. En tant que collectivité, elle est laborieuse : le but de la ruche n’est-il pas celui de l’atelier, de l’usine. Elle symbolise cette union appliquée, organisée, soumise à des règles strictes, qui est censée apaiser les inquiétudes fondamentales de l’être et donner la paix. Ainsi dans les sectes initiatiques ou les communautés religieuses formes d’organisations évoquant symboliquement celles par lesquelles certains maîtres, chefs d’Etat ou d’entreprise assurant aujourd’hui leur pouvoir, sous les noms d’ordre, de justice et de sécurité.

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins 

 

                                                                              Gif abeille

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Le Zébr’âne

Posté par othoharmonie le 17 décembre 2011

Le zébrâne (on lit aussi âne-zèbre, donzèbre ou donzed) est le résultat du croisement entre deux espèces : le zèbre et l’âne.

 Le Zébr'âne dans ANE 250px-ZonkeyOn peut rencontrer des zébrânes sauvages en Afrique du Sud, là où zèbres et ânes vivent en étroit voisinage. Comme les mulets, ils sont généralement stériles en raison d’un nombre impair de chromosomes qui empêche la méiose. Cependant, dans « De l’origine des espèces par voie de sélection naturelle » (1859), Charles Darwin rapporte le cas d’un zébrâne ayant apparemment produit un triple hybride avec une jument.

 On apparie généralement un zèbre mâle à une jument ou à une ânesse. Cependant, en 2005, à la Barbade, un petit zébrâne naquit de l’union d’une zébresse de Burchell et d’un âne.

Le nom générique pour les croisements entre zèbres et chevaux ou ânes est zébroïde. L’âne est un proche parent du zèbre et tous deux appartiennent à la famille des équidés. Les zébrânes sont bien sûr très rares.

 Les hybrides ne pouvant pas se reproduire entre eux, cela ne compromet pas la notion d’espèce. De tels croisements n’étant pas possibles dans la nature, il faut une intervention de l’homme pour faire naître les hybrides. Certain parents d’hybrides n’habitent même pas sur le même continent. Les ânes et les équidés sauvages n’ont pas le même nombre de chromosomes. L’âne en a soixante-deux, tandis que le zèbre en a entre trente-deux et quarante-six, selon l’espèce. Malgré cette différence, des hybrides viables voient le jour lorsque la combinaison génétique de l’hybride permet le développement de l’embryon jusqu’à la naissance. L’hybride a alors un nombre de chromosomes compris entre ceux de ses parents. La différence chromosomique rend l’hybride femelle peu fertile et l’hybride mâle stérile, en raison d’un phénomène appelé règle de Haldane. L’écart entre les nombres de chromosomes des deux espèces trouve certainement son explication dans la présence de chromosomes plus longs chez le cheval, dont le contenu génétique individuel est en gros celui de deux chromosomes du zèbre.

  Zébrule couchéLa rumeur populaire veut que seuls des couples où le zèbre est le mâle puissent produire un hybride, mais elle est démentie par l’hybride des Barbades. Deux autres « bardots-zèbre » sont nés, mais ils n’ont pas survécu jusqu’à l’âge adulte. Leur rareté montre que le plus petit nombre de chromosomes doit être du côté du mâle pour que naisse un hybride viable.

Les zébrânes sont des hybrides obtenus en appariant deux espèces d’un même genre. La progéniture présente des traits de chacun des parents et varie donc considérablement selon la manière dont les gènes de chaque parent sont exprimés ou pas et interagissent.

C’est pour cette raison qu’il est a priori impossible de croiser deux espèces hybrides telles que le zébrâne et le zébrule. Pourtant certains chercheurs comme le professeur Boyer-Chammard s’attellent à prouver le contraire.

                                                                                                 Gif anes

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Girafe, une cible trop facile

Posté par othoharmonie le 16 décembre 2011

Girafe, une cible trop facile dans GIRAFE 220px-Hieronymus_Bosch_015Depuis fort longtemps, la girafe cohabite avec l’homme, qui la considère comme un animal gibier. Grâce aux peintures rupestres des cavernes et aux ossements trouvés lors de fouilles, dans une partie du Sahara, on sait que les Africains chassent la girafe depuis des temps très reculés. Les Arabes l’ont chassée depuis des siècles à dos de chameau ou de cheval. Ces montures s’épuisant très vite, les cavaliers devaient donc se relayer souvent. Cette activité était fort périlleuse, car les girafes, en pleine course, envoyaient des rafales de cailloux sur leurs poursuivants. De temps en temps, l’une d’elles s’arrêtait net, faisait volte-face et frappait chevaux et cavaliers de ses pattes antérieures.

    Les Arabes utilisaient plusieurs techniques de chasse : ils lui sectionnaient le tendon du membre postérieur pour la mettre hors d’attaque ou bien ils l’acculaient à un bosquet d’arbres, mettaient pied à terre et la transperçaient de leurs lances. En Éthiopie et au Soudan, ils mettaient le feu à la savane pour rabattre les girafes vers un précipice, au bord duquel ils les achevaient.

    La viande des jeunes girafes femelles est très appréciée des Africains. Un grand mâle fournit environ 450 kg de viande fraîche : de quoi nourrir un village entier pendant plusieurs semaines. Pour être conservée, la viande est boucanée : elle est découpée en fines lamelles, puis séchée au soleil et fumée. Les os sont utilisés comme fertilisant, le lait est bu. La peau de la girafe fournit 2 m2 de cuir de très bonne qualité qui sert à faire des outres, des tam-tams, des lanières, des cravaches, des fouets, des sandales et des amulettes destinées à éloigner les lions. Les boucliers en peau de girafe sont particulièrement appréciés des guerriers, car ils sont plus légers que ceux en peau de buffle ou de rhinocéros, tout en étant très résistants au tranchant des épées et des lances. Les tendons des membres de la girafe sont utiles pour confectionner les cordes des guitares et des arcs ainsi que du fil à coudre.

    170px-Namibie_Etosha_Girafe_04 dans GIRAFETant que les Africains étaient les seuls à chasser la girafe, à l’aide de filets, de lances et de flèches empoisonnées, pour s’en nourrir et fabriquer divers objets, son existence n’était pas menacée. C’est à l’arrivée des colonisateurs, armés de fusils, que commença la véritable extermination des grands ongulés, comme celle de beaucoup d’autres animaux sauvages. Les Boers d’Afrique du Sud ont massacré des troupeaux entiers. En Afrique de l’Est, des chasseurs la traquèrent pour son trophée orné de cornes de 25 cm de long ! Aujourd’hui, les braconniers abandonnent tout simplement la viande de la girafe morte aux vautours et coupent seulement sa queue, terminée par une touffe de crins noirs. Cette queue porte-bonheur sert à confectionner des bracelets vendus aux touristes ainsi qu’aux femmes de certaines tribus d’Afrique orientale pour combattre la stérilité. Elle est aussi utilisée comme chasse-mouches ou comme ornement. On en fait également du fil à coudre pour fixer les perles aux vêtements des femmes masai. Au Tchad, la puissance des chefs de village est proportionnelle au nombre de queues de girafe qu’ils possèdent.

    Une telle industrie a provoqué l’effondrement des populations sauvages. De 1800 à 1865, les effectifs ont diminué considérablement et, en 1900, peu d’animaux subsistaient encore dans leur milieu naturel. En 1898, par exemple, il restait moins de 30 girafes dans le parc national Kruger, en Afrique du Sud. Le nombre chuta encore davantage lors de l’épidémie de peste bovine. Cette maladie contagieuse terrassa beaucoup d’herbivores au début du siècle. Au Botswana, entre 1942 et 1955, les girafes, avec d’autres animaux, furent systématiquement abattus lors d’une campagne contre la mouche tsé-tsé, dans le nord du pays.

   169px-Girafe_r%C3%A9ticul%C3%A9e La girafe est aujourd’hui protégée dans la plupart des pays qu’elle habite. La Tanzanie l’a même choisie comme emblème national. Néanmoins, son aire de répartition ne cesse de régresser : la sécheresse qui sévit en Afrique affecte les végétaux dont elle se nourrit, l’homme détruit son milieu naturel (exploitation pour le bois de chauffage, extension des villages et des cultures…) et le braconnage continue. À la fin des années 1990, on estimait à 111 000 le nombre de girafes en Afrique (U.I.C.N., 1998 ) mais au cours de la dernière décennie, le nombre total de girafes aurait décliné d’environ 30 % selon l’International Giraffe Working Group (IGWG), en particulier en Afrique centrale et occidentale, dans le nord du Kenya, en Éthiopie et en Somalie. Le braconnage et les conflits armés ont entraîné, par exemple, une diminution du nombre de girafes réticulées d’environ 27 000 individus dans les années 1990 à moins de 3 000 aujourd’hui, en Somalie, en Éthiopie et au Kenya. Certains groupes identifiés par la recherche citée menée par David M. Brown sont plus particulièrement menacés.

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Fête des Anes à Sens

Posté par othoharmonie le 16 décembre 2011

 

Fête des Anes à Sens dans ANEA Sens, la vieille métropole ecclésiastique de la France, la cérémonie de l’âne était jointe à la Fête des fous, qui se célébrait le jour de la Circoncision. Elle avait lieu, non à la messe, mais aux vêpres. Avant de commencer cet office, le clergé se rendait processionnellement à la porte de l’église, où deux chantres entonnaient un chant annonçant que la journée était toute dédiée à la joie : 

 

Lux hodie, lux laetitiae…. Laeta volunt quicumque colunt asinaria festa. 

 

Deux chanoines, délégués à cet effet, allaient auprès de l’âne, pour le conduire à la table du préchantre, Conductus ad tabulam. Alors commençaient, avec recommandation de chanter in falso, des vêpres d’une longueur insolite, bizarrement composées de fragments de tout ce qui se chantait dans l’année : on faisait alterner les morceaux les plus tristes avec les morceaux les plus gais et on y joignait la prose de l’âne. Dans l’intervalle des leçons, on faisait manger et boire l’animal; enfin, on le menait dans la nef, où tout le peuple, mêlé au clergé, dansait autour de lui, en imitant son chant. La danse finie, l’âne était ramené dans le chœur. 

 La manière dont la fête s’achevait est clairement indiquée par ces rubriques de la liturgie : Conductus ad prandium, Conductus ad poculum, Conductus ad ludos, accompagnées d’invocations à Jésus et à Marie, pour faire bonne chère et trouver de joyeux propos. Tandis que les plus graves se tenaient ad prandium et ad poculum, les autres, conduits par le préchantre et précédés d’une énorme lanterne, couraient ad ludos. Dans la place devant l’église, était dressé un grand théâtre, sur lequel on exécutait des farces singulièrement grasses; puis on dansait, en se livrant aux facéties les plus burlesques. Quand ces joyeusetés étaient terminées, on jetait quelques seaux d’eau sur la tête du préchantre et on rentrait pour les matines.

La prose de l’âne  est un document curieux pour le contenu et pour la forme. On l’a publiée plusieurs fois et avec des variantes qui semblent montrer qu’elle a servi pendant longtemps et en divers lieux. Elle se compose d’une poésie latine en vers léonins, formant des strophes suivies d’un refrain français. Nous la reproduisons telle qu’elle se chantait à Sens  au XIIIe siècle, d’après un manuscrit de Pierre de Corbeil. 

 L’officiant débitait les strophes

Orientis partibus,  – Adventavit asinus  – Pulcher et fortissimus,  – Sarcinis aptissimus. 

 Le choeur répondait : 

Hez, sire asne (âne), hez!

 (A ce moment, la foule devait probablement inciter l’âne à braire).

Hic in collibus Sichen,   - Enutritus sub Ruben,  – Transiit per Jordanem,  – Saliit in Bethleem.  – Hez, sire âne, hez!  – Saltu vincit hinnulos,  – Damas et capreolos,  – Super dromaderios  – Velox Madianos. 
Hez, sire âne, hez !  Aurum de Arabia – Thus et myrrham de Saba, – Tulit in ecclesia – Virtus asinaria. 
Hez, sire âne, hez !  – Dum trahit vehicula,  Multa cum sarcinula,  Illius mandibula  Dura terit pabula 
Hez, sire âne, hez ! Cum aristis hordeum – Comedit et carduum,  Triticum a palea  Segregat in area.  Hez, sire âne, hez !

 Amen dicas, asine  Jam satur ex gramine  Amen, amen, itera,  Aspernare vetera  Hez, sire âne, hez !

 Du Gange ajoute deux autres strophes, l’une après la première et l’autre après la seconde :

Lentus erat pedibus,  Nisi foret baculus  Et eum in clunibus  Pungeret. Ecce magnis auribus  Subjugalis filius,  Asinus egregius,  Asinorum dominus.

 ll donne comme refrain courant :220px-Sixt_fer_%C3%A0_cheval_x dans ANE

Hez, sire âne, car chantez  Belle bouche rechignez.  On aura du foin assez  Et de l’avoine à planté.

 Et comme refrain de la dernière strophe :

Hez va! hez va! hez va hez!   Bialx sire âne, car allez,  Belle bouche, car chantez.

 Ces deux refrains sont d’origine picarde. (E. H. Vollet).

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Mulet

Posté par othoharmonie le 15 décembre 2011

Le mulet et la mule sont des hybrides statistiquement stériles de la famille des équidés engendrés par un âne (Equus asinus) et une jument (Equus caballus). On distingue le mulet de bât, utilisé en montagne, le mulet de trait, qui rend les mêmes services Equus africanus somaliensisAu Zoo de St Louisque rendrait un cheval dans d’autres régions, et le mulet de selle, surtout aux États-Unis, qui est utilisé avec succès dans toutes les disciplines équestres.

 

Le nom de mulet vient du mot latin mulus, de même sens. On appelle mulet l’hybride mâle et mule l’hybride femelle.

 

Le bardot, parfois confondu avec les mules et les mulets, est issu du croisement entre une ânesse et un cheval. On a pu croire autrefois à l’existence du joumart, produit du croisement entre un cheval ou un âne et une vache, ou entre un taureau et une ânesse ou une jument. Ce nom désigne, par extension, tout animal de sang mêlé, issu du croisement de deux espèces voisines. Il existe aussi le cerf mulet, qui n’a de rapport que par le nom, et qui est désigné ainsi à cause de ses oreilles similaires à celles d’un mulet.

 

C’est un animal robuste, sobre et patient. Mais, quand il est jeune, il peut être très joueur.

Les caractéristiques physiques les plus notables sont :

 

  • infécond (chromosomes issus de deux espèces proches mais différentes)
  • souvent plus grand qu’un âne, il peut être plus grand que ses deux parents
  • robe (pelage) souvent baie ou noire pangaré, plus rarement alezane, grise ou isabelle dun (les robes appaloosa ou pie existent aux États-Unis)
  • tête volumineuse et allongée
  • naseaux peu dilatés
  • oreilles longues, d’une taille idéalement intermédiaire entre celles du cheval et de l’âne
  • arcades sourcilières proéminentes
  • membres fins et secs, tour de canon et sabots plus larges pour les mules de trait.

 

Le mulet et la mule tirent comme avantages :

  • du cheval, une plus grande force et une plus grande taille que l’âne ;

  • de l’âne, une plus grande sobriété et une plus grande robustesse face aux maladies.

 

 Hémione (Equus hemionus)Les mulets sont le plus souvent stériles entre eux. En cinq siècles, la société muletière britannique n’a enregistré que 60 naissances naturelles dues à des croisements de mulets, ce qui montre la marginalité du phénomène et la quasi impossibilité en pratique de créer une nouvelle espèce commercialement viable pour les éleveurs.

 

Les mulets ont 63 chromosomes, à comparer aux 64 des chevaux et aux 62 des ânes. La méiose est donc chez les femelles particulièrement compromise, puisqu’elle travaille ordinairement par paires de chromosomes.

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Le Bardot

Posté par othoharmonie le 15 décembre 2011

  

 Vieux bardotLe bardot ou bardeau est un équidé hybride obtenu par croisement entre une ânesse et un cheval entier (mâle non castré).

 

 

 

Il est parfois confondu avec le mulet (la mule), issu d’un croisement entre un âne et une jument. Le bardot est généralement obtenu de manière accidentelle par les éleveurs. En effet, celui-ci ne possède ni la force du cheval ni la robustesse de l’âne. La femelle est appelée « bardote » ou « bardine ».

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