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COLIBRI SUR LE CHAPEAU

Posté par othoharmonie le 20 janvier 2016

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Les colibris ont été victimes de notre admiration. On les a jadis chassés pour leur magnifique plumage. Les autochtones de l’Amérique du Sud utilisaient les plumes des colibris pour leurs ornements. Dans le marché de la mode du milieu du XIXe siècle, en Europe et en Amérique du Nord, les plumes de colibris étaient très convoitées. À cette époque, plusieurs millions de peaux de colibris ont été exportées d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, non seulement pour décorer les chapeaux et les vêtements des dames, mais aussi pour des manufactures d’ornements et de fleurs artificielles. Plus récemment, on a commencé à en capturer en grand nombre dans des volières et des cages, afin de les observer de plus près. À moins de permis spéciaux, il est interdit de garder les colibris en captivité.

Comment on chasse les oiseaux de paradis à la Nouvelle-Guinée

Quelques lignes n’eussent pas suffi à dénombrer ici toutes les cruautés de la mode. Comment se procure-t-on ces admirables oiseaux de paradis qui font l’ornement des chapeaux de nos élégantes et valent par leur beauté et leur rareté de véritables fortunes ?… Notre gravure montrera à nos lecteurs comment s’opère cette chasse ; et notre Variété leur dira par quelles ruses, et au prix de quels préjudices pour l’agriculture, on s’empare de tant d’oiseaux utiles, de tant de jolies bêtes qui faisaient la joie de la nature et la richesse des campagnes, pour les faire périr dans de hideuses tortures, afin de parer de leurs dépouilles les chapeaux des belles dames.

VARIETÉ
Les Cruautés de la mode

Un paradisier de dix mille francs. – Hécatombes d’oiseaux. – Goélands et mouettes. -Un désastre pour l’agriculture.- La chouette porte-bonheur. – L’électrocution des hirondelles. – Oiseaux étouffés ou écorchés vifs. – Le héron scalpé. Comment on obtient la plume d’autruche: – Les ligues pour la protection des oiseaux. – La mode criminelle et triomphante.

Les cruautés de la mode… En lisant ce titre, mes lectrices vont me taxer d’exagération. -
– Est-il possible, diront-elles, d’accuser la mode de cruauté ?… La mode peut être absurde, ridicule, baroque, elle peut commettre des excentricités… Mais des cruautés ?
Oui, des cruautés !… je maintiens mon titre, mesdames, et je vous demande la permission de dresser un acte d’accusation documenté qui vous convaincra, je l’espère.

Vous avez pu lire, ces jours derniers, dans les journaux, que le Jardin zoologique de Londres venait de recevoir d’Océanie un admirable oiseau de paradis dont on estimait la valeur à dix mille francs pour le moins, en raison de sa rareté.
Eh bien, savez-vous, mesdames, pourquoi ce paradisier est si rare ?… Parce que, sans relâche, depuis des années, on lui fait une guerre impitoyable: on le poursuit, on le capture, on le tue pour que vous puissiez vous en faire une parure.
Et ce qui se passe pour l’oiseau de paradis se produit également pour tous les oiseaux dont la beauté tente votre coquetterie.

Pour vous permettre de satisfaire à cette mode barbare et criminelle, on détruit tout ce que la nature a créé de plus beau, de plus joyeux et de plus inoffensif.
Il faut que vous sachiez pourtant à quels chiffres fantastiques s’élèvent les hécatombes d’oiseaux dont les plumes servent à orner vos chapeaux.

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Les seuls modistes parisiennes consomment annuellement jusqu’à 40,000 hirondelles de mer. Un marchand de Londres, – un seul marchand – a vendu, dans l’année 1907, 32,000 oiseaux-mouches, 80,000 oiseaux de mer et 800,000 paires d’ailes d’oiseaux de diverses espèces. On estime à 300,000,000 le chiffre des oiseaux sacrifiés, tous les ans, dans les pays civilisés, à la mode féminine.
Certains pays sont presque complètement dépeuplés d’oiseaux qui leur sont spéciaux. Tels sont le canard du Labrador, le pigeon de l’île Maurice, le râle d’Auckland, l’étourneau de la Réunion, le bouvreuil de Açores et la mésange à tête blanche.

Mais cette frénésie de massacre ne s’exerce pas que sur les oiseaux exotiques. Les hôtes ailés de nos campagnes et de nos côtes en sont aussi les victimes.
Il y a deux ou trois ans, la chasse des goélands et des mouettes avait pris, en France et en Angleterre, des proportions inquiétantes. Les jolis oiseaux de mer n’eussent pas tardé à disparaître jusqu’au dernier, si ou n’eût apporté en maints endroits des entraves à cette destruction systématique. Dans le comte de Devonshire, près de l’île Lundy, où les mouettes étaient très abondantes, on vit, à maintes reprises, les chasseurs arracher aux oiseaux blessés leurs ailes – qui seules pouvaient servir à l’ornementation des chapeaux féminins – et rejeter à la mer les corps pantelants des pauvres bêtes.

A Granville, un arrêté municipal défendit la chasse aux oiseaux de mer. A Camaret, les pêcheurs eux-mêmes réclamèrent la protection du préfet du Finistère pour ces mouettes et ces goélands qui, disaient-ils, « rendent d’immenses services aux pêcheurs, à qui ils indiquent les bancs de sardines qu’ils suivent dans leur marche. »
Sans cette intervention intéressée, il est probable que l’on ne verrait plus aujourd’hui une seule mouette sur nos côtes.

***

Quant aux jolis oiseaux de nos champs et de nos bois, on sait quelle guerre acharnée leur est faite. Des intérêts électoraux empêchent le plus souvent l’application des lois qui les protègent. Ces lois, dans le Midi surtout; sont lettres mortes. L’extermination en masse des oiseaux par les engins prohibés est ouvertement tolérée. Il n’y a plus d’oiseaux en Provence. Il n’y en a plus guère dans maintes autres provinces françaises. Or, la disparition des oiseaux n’est pas seulement un préjudice pour le pittoresque et le charme des campagnes, c’est encore un désastre pour les récoltes. Un professeur d’agriculture a calculé que 45,000 chenilles, vers et autres insectes étaient nécessaires pour alimenter, dans l’espace d’une saison, une seule nichée de mésanges. C’est au chiffre de 300 millions de francs que les calculs les plus modérés évaluent les dégâts que font subir annuellement à l’agriculture les insectes dont les oiseaux font leur nourriture habituelle. Plus le nombre de ceux-ci diminuera, plus augmentera, par conséquent, le chiffre des déprédations dues à la vermine des champs.

La prospérité économique du pays en sera fatalement ralentie… Mais qu’est-ce que ça peut bien faire aux despotes qui créent la mode et aux brebis de Panurge qui la suivent ?…

Ces oracles avaient, l’an dernier, à pareille époque, décrété que rien ne serait mieux porté sur un chapeau féminin que la tête de la chouette, du hibou, du grandduc et de l’effraie. On se mit donc à faire une chasse furibonde à ces oiseaux de nuit. Or, ils sont de ceux, qu’on devrait protéger envers et contre tout, car chacun sait qu’ils ne vivent que de rats, de souris et de tous ces petits rongeurs qui causent tant de dégâts dans les cultures… Eh bien ! non, pour obéir aux ukases de l’élégance, et pour la satisfaction d’une mode grotesque et barbare, on les détruisit en masse.

Ces bêtes si utiles étaient autrefois victimes d’une superstition qui régnait dans les villages. En liberté, disait-on, elles portaient malheur, alors que, clouées à la porte d’une grange, elles portaient bonheur au logis. Il n’y a pas plus de vingt-cinq à trente ans, j’ai vu encore de ces pauvres oiseaux crucifiés, dont les ailes pleuraient du sang autour des clous.

L’instruction a chassé des campagnes cette croyance féroce. Et c’est le monde des villes, le « beau monde » qui la recueille à présent !… Une feuille mondaine, annonçant cette mode nouvelle, assurait que, « fixée au-dessus d’un joli front, la tête d’une chouette présageait toutes sortes de prospérités ».

Peut-on penser vraiment qu’il y ait chez nous des femmes assez dénuées de bon sens et de sensibilité pour croire qu’un bonheur puisse leur venir d’une aussi imbécile cruauté ?…

La mode, qui ne respecte rien, s’attaqua même, voici quelques années, aux pauvres petites hirondelles qui sont les bons génies de nos toits. Il y eut un moment où l’hirondelle était l’ornement obligé de tout chapeau féminin.

C’est à l’époque de leur migration, quand elles s’apprêtaient à traverser la Méditerranée, ou bien quand elles nous revenaient après l’avoir traversée, que les habitants de certaines contrées du Midi les sacrifiaient par milliers.
Il y avait plusieurs moyens de les prendre. Voici le piège indigne qu’on leur tendait généralement, et qui constituait le moyen le plus expéditif de s’emparer d’elles : on tendait des rangées de fil de fer pareilles à celles des fils télégraphiques. Les hirondelles venaient s’y poser sans défiance. Quand le chasseur jugeait qu’elles étaient en nombre suffisant, il les foudroyait en faisant passer dans les fils un courant électrique d’une grande intensité.

Un de nos confrères rapportait alors ce détail typique sur l’hécatombe des hirondelles : « J’ai vu un jour, disait-il, un plumassier de Paris télégraphier à Marseille pour une commande d’hirondelles. Quatre jours après, il en avait reçu 220 prises en même temps de cette façon expéditive…» Et voilà à quelles inexcusables barbaries la coquetterie féminine doit ses coutumières satisfactions…

***

Mais ces cruautés ne sont rien auprès de celles qu’on fait subir aux jolies bêtes des Tropiques pour leur conserver, mortes, le brillant de leur plumage. Le colibri, l’oiseau-mouche, ces « flammes ailées », comme les appelle Michelet, sont si frêles qu’on ne peut les chasser avec le plomb le plus petit. On les prend avec un piège placé dans la corolle des fleurs dont ils vont sucer le suc, ou bien encore on les étourdit soit en leur lançant du sable au moyen d’une sarbacane, soit en tirant un coup de fusil à poudre, dont la répercussion suffit à les jeter à terre.
Pour prendre les marabouts, les bengalis et les sénégalis, les noirs d’Afrique creusent un trou dans le sable, en des endroits où ils savent que l’eau peut suinter ; ils dissimulent un filet sur le bord de cette mare improvisée. Après le coucher du soleil, les oiseaux viennent en masse s’y baigner et s’y désaltérer. Alors, le filet se rabat brusquement et les pauvres petites bêtes sont captives.

Quant aux paradisiers, les Papous de la Nouvelle-Guinée les prennent à la glu ou avec des lacets. Ils réussissent même parfois à les saisir vivants, en grimpant sur les arbres où les oiseaux dorment. Mais le moyen le plus répandu consiste à les étourdir et à les abattre au moyen d’une flèche faite avec la nervure d’une feuille de latanier, dont le bout est garni d’une lourde boule de gutta-percha.
Tous ces animaux pris vivants ou simplement étourdis sont écorchés vifs ou étouffés dans un four ad hoc. Ainsi, leur plumage n’est point endommagé, ne porte aucune trace de sang, et les belles dames peuvent se parer avec fierté de leurs dépouilles.

1000990-ColibriMais la barbarie la plus abominable est celle qu’on emploie pour se procurer l’aigrette du héron blanc, la plus belle, la plus recherchée de toutes les aigrettes.
Le héron blanc, qui fournit cet ornement si convoité par toutes les modistes de la terre, n’en est lui-même avantagé par la nature que pendant la saison des nids. Très sauvage, en temps ordinaire, il reste, une fois père, auprès de ses enfants, et, absorbé par sa tendresse, se laisse approcher avec facilité. On ne le capture pas, on se contente de lui enlever la peau de la tête, garnie du précieux duvet, et l’infortuné, ainsi scalpé, meurt lentement et douloureusement, près de ses petits, qui ne tardent pas, eux aussi, à périr, faute de nourriture.

Chaque aigrette de héron blanc représente une somme terrible de souffrances subies par une jolie bête inoffensive, et la mort de toute une nichée d’oiseaux… Réjouissez-vous, ô fastueuses élégantes qui pouvez garnir vos chapeaux de ces plumets merveilleux, dont le kilogramme se vend. jusqu’à cinq mille francs sur les marchés de Londres et de New-York, réjouissez-vous ! il n’est pas donné à tout le monde de se parer au prix de tant de cruautés.

La plume d’autruche elle-même ne s’obtient pas, quoiqu’on puisse en croire, sans faire souffrir l’animal. On sait que le fermage des autruches est une industrie qui se pratique en Afrique et dans l’Amérique du Sud. Il y a, au Cap, des fermes d’autruches depuis plus de quarante ans. On récolte les plumes au moment de la mue, c’est-à-dire vers les mois de Juin ou Juillet. Les plumes du dos et du ventre tombent naturellement, mais il faut tirer celles de la queue et des ailes, et ce tirage ne va pas sans brutalité.

Voici comment on s’y prend dans les fermes du Cap. Un gardien attire à l’écart l’autruche en lui jetant du grain. Pendant que la bête baisse la tête, le gardien la saisit par le cou. En même temps, quelques hommes vigoureux se jettent sur elle, se cramponnent aux pattes, aux ailes, et la forcent à s’accroupir. Maintenue en cet état, on lui arrache les plumes des ailes et de la queue. Ce procédé barbare est souvent fatal à l’autruche qui, en se défendant, peut se briser une jambe.
« Il faut souffrir pour être belle » disait un proverbe d’autrefois… « Il faut faire souffrir pour être belle », devrait dire plus justement ce proverbe, aujourd’hui.

***

Au printemps dernier, j’assistais à une conférence antivivisectionniste faite à Paris, dans une salle très mondaine, par un savant médecin. L’auditoire était des plus selects : messieurs en habit, dames en grands falbalas… Car l’antivivisectionnisme devient, à ce qu’il paraît, un petit jeu pour snobs et snobinettes. Or, je remarquai que ces personnes sensibles, qui frémissaient d’horreur au récit des souffrances subies par de pauvres animaux dans les chambres de tortures de la science, avaient toutes d’immenses chapeaux chargés de plumes, d’ailes, d’oiseaux entier… Et ces dames ne semblaient même pas se douter qu’elles étaient elles-mêmes complices de cruautés tout aussi répréhensibles que celles qui soulevaient leur indignation.
0 inconscience !…

Pourtant, les femmes ne peuvent arguer de leur ignorance. Partout, en Allemagne, en Angleterre, en Suisse, des ligues se sont créées pour combattre le port des plumes d’oiseaux. La reine d’Angleterre est, elle-même, à la tête de la ligue anglaise. Elle ne permet, dans son entourage, que les plumes provenant de l’autruche ou de la volaille de basse-cour.

On conte même, à ce-propos, une jolie anecdote. Un jour, la reine Maud de Norvège se présenta à une fête de charité, à Londres, avec un chapeau orné d’une superbe orfraie. La reine d’Angleterre fut informée de ce manquement à ses principes.

Elle manda sa fille et lui intima l’ordre d’enlever immédiatement ce chapeau. Et la reine Maud obéit et donna désormais l’exemple du respect aux volontés si généreuses et si humaines de sa mère.

En Amérique, certains États ont même fait des lois contre cette mode barbare « Aucune femme, mariée ou non, dit une de ces lois, ne pourra porter sur son chapeau d’autres plumes que celles provenant d’un dindon, d’un coq ou de tout autre oiseau de basse-cour destiné à l’alimentation… »

Des amendes considérables punissent toute infraction à cette loi.
Eh bien, en dépit de tout cela, cette mode absurde et cruelle subsiste, plus forte, plus impérieuse que jamais. Le ruban, la fleur, ces industries si françaises, sont abandonnées: la plume triomphe ! Il paraît que les chapeaux de femmes, cette saison, seront encore plus garnis de dépouilles d’oiseaux qu’ils ne le furent jusqu’ici.
Allons !… Nous vivons décidément en des temps singuliers. Les objurgations en faveur de la raison et de la pitié ne rencontrent qu’indifférence et cynisme, et il en est, hélas !des crimes de la mode comme des autres crimes : ils restent impunis.

Ernest LAUT. Le Petit Journal illustré du 8 Novembre 1908

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L’exploitation du Papillon

Posté par othoharmonie le 26 septembre 2015

 

PAPILLONAu-delà de l’admiration artistique, l’homme a su tisser des liens avec les papillons et exploiter certaines espèces. Plusieurs papillons de nuit sont producteurs de soie et élevés comme tels. Ils appartiennent au groupe des bombyx (famille des saturniidés). Le plus célèbre est le bombyx du mûrier, Bombyx mori, dont la chenille est connue sous le nom de ver à soie. Le corps trop lourd et les ailes trop petites de ce papillon lui interdisent de voler. Le ver à soie est élevé depuis 5 000 ans. À l’origine, les Chinois étaient les seuls à détenir le secret de son élevage et le gardaient jalousement : tout don, vol ou trafic des œufs du précieux papillon au bénéfice d’un étranger était sanctionné par une sentence de mort. En dépit de telles mesures dissuasives, plusieurs de ces œufs, accompagnés de graines de mûrier, parviennent clandestinement à Constantinople, en 555. L’industrie de la soie se répand lentement. En France, Louis XI l’établit à Lyon au xive siècle. Les vers à soie sont élevés intensivement jusqu’au xixe siècle, dans des fermes appelées magnaneries. Apparus en 1932, les textiles synthétiques comme le Nylon imposent une rude concurrence à l’industrie de la soie, qui connaît un ralentissement durable.Coûteuse, la sériciculture représente aujourd’hui une production très réduite en France, comme dans le reste de l’Europe.

La chenille du bombyx est glabre et atteint huit ou neuf centimètres de long. Elle se nourrit en abondance des feuilles du mûrier, sa seule source d’alimentation pendant les trente à quarante jours que dure sa vie larvaire. Au terme de son développement, elle tisse un cocon blanchâtre, plus ou moins épais, fait d’un fil d’une longueur de un à deux kilomètres et de plusieurs fils accessoires courts. Une des extrémités du cocon est moins épaisse : dans la nature, c’est par là que l’adulte sort à l’issue de la métamorphose, après avoir ramolli la fibre avec une sécrétion émolliente.

La qualité du fil de soie varie d’une race de bombyx à l’autre. Le cocon n’est pas utilisé en totalité. Pour débarrasser le fil continu des cours fils de soie accessoires qui entourent le cocon, celui-ci est ébouillanté, la chrysalide meurt et le fil de soie continu peut être déroulé. Le fil commercialisé est le plus souvent constitué de plusieurs fils torsadés ensemble.

D’autres papillons sont élevés pour la production de la soie, comme Antheraea yamamai et Antheraea pernyi, les bombyx japonais et chinois du chêne, dont l’élevage a été tenté en Europe. Antheraea pernyi produit un cocon trois fois plus lourd que le bombyx du mûrier, mais la fibre est moins longue et plus épaisse. Il est actuellement élevé en Chine et dans certains pays de l’Est.

Des insectes peu protégés

Les papillons de nuit, comme les autres animaux, sont menacés par les activités humaines. Excepté quelques espèces comme les mites et les ravageurs de cultures (les pyrales du maïs, du riz, de la canne à sucre, etc.), ils sont rarement visés par des destructions volontaires, et c’est avant tout la disparition de leur habitat qui est à l’origine de la raréfaction des papillons en de nombreuses régions. Le remembrement des terres cultivées se traduit souvent par l’arrachage des haies et des buissons et par l’abattage des arbres. Les végétaux dont les chenilles se nourrissent, jugés inutiles, sont éliminés au profit de cultures papillons-vivrières ou décoratives, ou de la sylviculture. Le défrichage, le drainage, l’assèchement des marais, la fauche des prairies et des talus, jusqu’au labourage, participent à la disparition des milieux favorables aux papillons et à la destruction directe des œufs, chenilles et chrysalides. Enfin, l’usage intensif d’engrais et de pesticides, par la destruction des œufs, chenilles et chrysalides, a provoqué la raréfaction des papillons, y compris en des régions encore peu touchées par la disparition des milieux naturels.

Des conventions internationales et nationales protègent de nombreux animaux dans la plupart des pays du monde. Mais les lépidoptères, et particulièrement les papillons de nuit, sont rarement pris en compte. Ainsi, seules 27 espèces de lépidoptères sont protégées, à l’échelle européenne, par la Convention de Berne : 26 sont strictement protégées (Annexe II), une est protégée (Annexe III) ; il s’agit de l’isabelle, ou papillon vitrail,Actias isabellae. Cette espèce est en revanche, en France, totalement protégée. Les captures, dont ce superbe papillon a longtemps pâti, sont interdites.

 

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La Cochenille

Posté par othoharmonie le 1 septembre 2014

 

220px-Planococcus_citri_from_CSIROApparence : Les cochenilles sont toutes des parasites des végétaux, à fort dimorphisme sexuel. Le mâle adulte est un insecte ailé ne possédant qu’une paire d’ailes antérieures. Ses ailes postérieures sont réduites à des structures nommées hamulohaltères, des antennes et des pattes (tarses uni-articulés) développées. Il n’a pas de pièces buccales et ne vit qu’un à deux jours, le temps de se reproduire. Chez la plupart des familles de cochenilles, la femelle est aptère, à l’aspect néoténique et peut avoir des antennes et pattes réduites (beaucoup vivent fixées sur des végétaux). La femelle ressemble à une larve en forme d’écaille, de galle ou couverte de cire, alors que d’autres familles comme les Diaspididae peuvent avoir une disparition totale des pattes chez la femelle adulte, pour rester complètement fixée sur la plante.

Taille : En zone tempérée, elles ne mesurent au mieux que quelques mm, mais des espèces du genre Callipappus atteignent 40 mm de long. En Afrique, Aspidoproctus maximus Lounsbury, 1908 mesure jusqu’à 35 mm de long et 20 mm de largeur.

Certaines cochenilles sécrètent une matière d’apparence cotonneuse, constituée de fins filaments cireux ou d’écailles cireuses. Certaines espèces ont une salive toxique : lorsque la plante est parasitée par un nombre important de cochenilles, on peut voir apparaitre sur les feuilles des taches noires correspondant aux toxines qui s’accumulent jusqu’à créer une petite lésion : la feuille finit par dépérir peu après (elle tombe, se recroqueville, jaunit ou se nécrose, selon les espèces).

Pour certaines espèces très petites (difficile à observer et à remarquer sur la plante), on peut déceler leur présence au niveau des jeunes feuilles : les cochenilles se fixent sur la jeune feuille en émergence, profitant d’une arrivée constante de sève, et d’un matériel plus tendre, donc plus facile à percer. La conséquence est un sous-développement de la nouvelle feuille au niveau de la piqûre. Tout autour de celle-ci, la feuille est beaucoup moins développée et peu apparaitre légèrement difforme, à cause de la dissymétrie engendrée par le manque local de sève . On peut vérifier s’il s’agit bien de cochenilles en laissant la feuille sur la plante (durant quelques jours où quelques semaines, selon la vitesse de développement de la plante) : l’insecte va se nourrir de manière quasi continue, produisant son bouclier de cire : cela se traduira par une fine couche (en général brun clair) présente tout autour de l’encoche. En grattant doucement, vous décollerez en un seul coup l’intégralité de cette petite plaque fine (sinon, c’est peut-être qu’il y en a deux toutes proches l’une de l’autre). Avec une très bonne loupe ou un petit microscope amateur, en observant la partie de la plaque collée à la feuille, vous retrouverez près de son centre les membres de l’insecte qui lui permettait de rester fixer fermement attachés à la plante.

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Seize papillons menacés de disparition sur le territoire français

Posté par othoharmonie le 27 octobre 2013


Seize papillons menacés de disparition sur le territoire français dans PAPILLON cid-db-ff-dde-531092-jpg_362343 

La première liste rouge consacrée à une famille d’insectes vient d’être dévoilée.

Seize espèces de papillons de jour sont aujourd’hui menacées de disparition dans l’Hexagone tandis que dix-huit autres sont en sérieux danger. C’est le constat que viennent de faire le comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et le Muséum national d’histoire naturelle, associés dans l’élaboration d’un tout nouveau chapitre de la liste rouge des espèces menacées en France. Les papillons de jour sont en effet les premiers insectes à être évalués dans ce cadre. Notamment parce que leur lien spécifique avec leurs plantes-hôtes – les chenilles de chaque espèce se nourrissent quasi exclusivement d’un type de plante spécifique – en fait d’excellents indicateurs de l’état de santé des milieux naturels.

Au total, les scientifiques se sont penchés sur les quelque 253 espèces réputées présentes de manière non occasionnelle sur le territoire français. Et pour juger de leur santé, ils ont examiné cinq critères : la taille de la population de l’espèce, son taux de déclin, son aire de répartition géographique et le degré de fragmentation de celle-ci. Résultat : le sylvain des spirées (Neptis rivularis), un papillon de nos contrées, aurait tout bonnement disparu du territoire. Deux autres, le mélibée (Coenonympha hero) et l’hespérie du barbon (Gegenes pumilio), sont en « danger critique » d’extinction.

Hiérarchiser les actions

Le premier, aux ailes gris-brun ornées de taches cerclées d’orange, est victime de la disparition des prairies humides de moyenne montagne, souvent remplacées par des plantations de résineux. Autrefois présent dans tout l’est de la France, il ne trouve à présent asile que dans le massif du Jura, entre 500 et 1 000 mètres d’altitudes. Très sédentaire, il est aussi potentiellement très sensible au changement climatique. Le second, aux ailes marron foncé dessus et beige grisé dessous, voit son territoire se réduire comme peau de chagrin. Méditerranéen dans l’âme, amateur de milieux rocheux chauds et secs, il s’est heurté frontalement à l’urbanisation intensive du littoral dans le sud-est de la France. 

Sous le coup d’une menace un peu moins pressante mais néanmoins réelle, on trouve le fadet des tourbières (Coenonympha tullia), le damier du frêne (Euphydryas maturna) et la vanesse des pariétaires (Polygonia egea). 

L’objectif d’une telle liste est de fournir une base scientifique solide pour hiérarchiser les actions de protection à mener, certaines des espèces les plus menacées, citées ici, ne faisant encore l’objet d’aucun dispositif de protection. Car, outre leurs jolies couleurs, ces insectes ont plusieurs missions dans les écosystèmes. En plus de constituer un important maillon de la chaîne alimentaire, les chenilles régulent la production végétale tandis que les papillons participent à la pollinisation des plantes à fleurs…

Consulter la liste rouge intégrale des papillons de France sur le site de l’UICN

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Papillon du jour

Posté par othoharmonie le 25 novembre 2012

 

L’état des connaissances en Champagne-Ardenne pour ce groupe peut être jugé comme assez bon seulement, en dépit de l’attrait certain qu’exercent ces Insectes sur les Naturalistes. Des données anciennes nombreuses existent sur les Rhopalocères de l’ensemble de notre région, les départements de l’Aube et de la Marne (à l’ouest) étant les mieux renseignés. Elles permettent d’évaluer la régression et ainsi la vulnérabilité de ces espèces de Papillons.

Papillon du jour dans PAPILLON papillonz On connaît actuellement 130 espèces de Rhopalocères dans notre région (sur 415 en Europe). 

Les larves des Rhopalocères (chenilles), toujours terrestres, sont le plus souvent phytophages. Elles habitent souvent les milieux ouverts, notamment prairies, pelouses, marais, landes, lisières et clairières forestières, talus et bermes des chemins et des  routes, mais d’autres espèces sont typiquement forestières. D’assez nombreuses espèces se rencontrent dans les jardins et les parcs des villages et des villes. L’écologie est souvent moins stricte que celle des insectes aquatiques, mais de nombreuses espèces ont cependant des exigences assez marquées dues surtout à l’inféodation de la chenille à une ou à quelques plantes hôtes. Ces dernières ayant en général une écologie spécialisée, cela entraîne une localisation précise de l’espèce de Papillon concernée. Les adultes fréquentent les mêmes milieux mais ont bien sur un rayon d’action plus vaste. 

 Le peuplement des Rhopalocères en Champagne-Ardenne est diversifié en raison de la diversité des habitats présents du nord au sud. Diverses espèces possèdent une distribution particulière, liée à leurs habitats spécifiques. En particulier les pelouses calcicoles, notamment les pelouses thermophiles et xérophiles, hébergent des espèces spéciales, souvent rares et menacées.

 Certaines sont liées aux lisières et ourlets forestiers, surtout thermophiles. De nombreuses autres espèces préfèrent les prairies humides ou fraîches, montagnardes ou non, alors qu’un nombre non négligeable d’entre elles est spécifique des marais alcalins. Les landes tourbeuses de l’Ardenne  abritent le rare Boloria. De même certains types forestiers, comme les forêts assez ouvertes à forte couverture graminéenne, les bois thermophiles et les bois humides clairièrés hébergent des Papillons spécifiques rares et menacés. On peut considérer que le peuplement des Papillons de jour de la Champagne-Ardenne est assez représentatif du peuplement de la plaine et des collines françaises. On remarquera cependant la présence de plusieurs espèces thermophiles en limite d’aire dans le sud et la présence d’espèces boréales ou montagnardes dans l’Ardenne primaire.

Les menaces relatives aux espèces de Rhopalocères sont nombreuses. Ce sont comme pour les

papillon-2 dans PAPILLONOrthoptères les destructions et les modifications de leurs milieux de vie (surtout ceux des chenilles) qui sont à l’origine de leur régression ; cela est plus grave que pour les orthoptères car ces derniers sont Orientations Régionales de Gestion de la Faune sauvage et de l’amélioration de la qualité de ses Habitats polyphages contrairement aux chenilles des rhopalocères, en général sténophages, qui disparaissent en même temps que leur plante hôte.

 Citons :

-  le drainage, l’assèchement, la plantation en peupliers et la transformation en champ de maïs

des grandes tourbières alcalines de la Champagne crayeuse,

-  l’intensification (avec les engrais), 

-  la fauche précoce et la mise en culture des prairies, 

-  l’abandon agricole des pelouses et landes, 

-  le mise en culture ou la plantation en résineux des pelouses et des landes.

-  le remblaiement des fossés et dépressions marécageuses des prairies humides, 

-  La gestion des bords de route avec des produits chimiques ou des fauches précoces comme la

gestion monospécifique de certaines forêts jouent aussi un rôle important dans leur

disparition. 

-  L’utilisation des pesticides a ici un rôle majeur et est à l’origine de la diminution des effectifs

de la plupart des espèces. Cette dernière peut être évaluée contrairement à celle des autres

ordres d’insectes, étant donnée la bibliographie régionale bien fournie. 

 papillons-00041Les milieux les plus menacés de disparition sont les pelouses thermophiles, les landes et tourbières acides, les prairies oligotrophes et les marais alcalins.

 Quelques sites hébergeant des Papillons de jour vulnérables ou intéressants sont protégés en

Champagne-Ardenne. Les réserves de Givet et de Chalmessin sont concernées par plusieurs espèces rares. D’autres sites à Rhopalocères vulnérables sont protégés par un arrêté préfectoral de biotope, dont plusieurs marais du plateau de Langres et plusieurs rièzes et tourbières de l’Ardenne primaire. Certains sites loués ou achetés par le Conservatoire du Patrimoine Naturel de Champagne-Ardenne possèdent des Papillons de jour vulnérables. Enfin de nombreux sites riches en Rhopalocères menacés sont retenus dans le cadre de Natura 2000, essentiellement des prairies humides (vallées de la Voire, de l’Aisne, de la Seine), des pelouses calcaires, mais aussi des landes acides, des marais alcalins ou acides, des forêts thermophiles, des forêts humides.

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Papillons en voie de disparition

Posté par othoharmonie le 1 septembre 2012


Papillons en voie de disparition dans PAPILLON papillons-00026Le Gazé, ou Piéride de l’Aubépine, dont la chenille se développe dans les haies d’aubépines, de prunelliers et sur d’autres rosacées ligneuses a disparu d’Angleterre ; il est en voie de disparition dans le nord de la France, en Hollande et en Belgique. Il est protégé en Île-de-France.

À quoi sert-il de porter des noms d’espèces sur des listes d’espèces protégées ou en danger, « listes rouges » et autres, lorsque la destruction de leurs biotopes, celle de leurs plantes nourricières, et l’utilisation abusive des pesticides restent possibles ou sont même encouragées ?

L’Apollon : la sous-espèce sewensis de l’Apollon a disparu de Sewen F-68290 aux environs de 1977, suite à la disparition de son biotope, les landes à orpins, provoquée par le boisement naturel de ces landes qui n’étaient plus pâturées. Sa chenille vit, en Suisse, sur l’Orpin blanc Sedum album ; la littérature cite aussi Sedum telephium, S. annum, S. villosum, Rhodiola rosea et Sempervivum tectorum comme plantes hôtes.

Pour subsister, l’Apollon [1] a besoin non seulement des plantes nourricières, mais aussi des plantes nectarifères telles les chardons, scabieuses et knauties (Pro Natura, 1987), et de sites dépourvus d’arbres et de buissons où l’ensoleillement est maximal.

[1] Dans la mythologie grecque, Apollon, dieu de la beauté, des arts, de la lumière et de la divination est le père d’Asclépios, donc le grand-père de Machaon. Podalire est le frère de Machaon ; Alexanor est le fils de Machaon. Papilio alexanor a été décrit par Esper, en 1799 ; Iphiclides podalirius (de Podalire) – le Flambé – avait été décrit par Linné en 1758 sous le nom de Papilio podalirius (Lampert, 1922) ; Iphiclides est le

 VulcainEn France, 35 espèces de lépidoptères sont protégées par l’Arrêté du 22 juillet 1993 (Journal officiel de la République française du 24 septembre 1993) – reprises dans l’Arrêté du 23 avril 2007 (Journal officiel de la République française du 6 mai 2007), dont l’Alexanor et les trois espèces d’Apollons : l’Apollon, le Petit Apollon, le Semi-Apollon.

La Directive Habitat-Faune-Flore publiée au Journal officiel des Communautés européennes le 22 juillet 1992 prévoit, dans son annexe II, la désignation de zones spéciales de conservation pour des espèces animales et végétales d’intérêt communautaire ; elle désigne, dans son annexe IV, des listes d’espèces animales et végétales d’intérêt communautaire nécessitant une protection stricte.

 

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