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Le cauchemar de Muffin : se faire couper les griffes

Posté par othoharmonie le 26 décembre 2015

griffe de chatL’attention de Pénélope Smith fut appelée un jour sur une chatte, Muffin, qui griffait et mordait son entourage.

La petite Muffin avait été adorable jusqu’au moment où, presque simultanément, les humains lui coupèrent les griffes et lui ôtèrent définitivement la possibilité d’avoir des petits. Lorsque Pénélope prit contact, elle découvrit un animal traumatisé. La chatte avait mal au ventre.

Elle se plaignit de douleurs dans les orteils et était furieuse contre son entourage pour la cruauté qu’il manifestait à son égard. Pénélope apprit que personne n’avait pris le temps de lui expliquer ce qui s’était passé. Sur le premier point, par exemple, ses clients n’avaient pas réalisé que la coupe des griffes, un acte banal dans notre système social, n’était pas une opération indispensable pour les chats. Selon les animaux, cette coupe s’accompagnait souvent de souffrances physiques et émotionnelles, parfois durables. Pénélope expliqua que la coupe des griffes laissait à Muffin un sentiment de vulnérabilité, car on lui enlevait en même temps une partie « avancée » de son système de défense.

Par ailleurs, lorsque la chatte plantait ses griffes dans un tronc ou un objet prévu à cet effet, elle agissait non seulement sur les griffes, mais en profitait aussi pour s’étirer, pour aligner ses vertèbres et activer sa circulation sanguine. C’étaient des actes évidemment difficiles à réaliser quand on vous coupait « les ongles ». De plus, l’absence de griffes modifie la sensibilité des pattes et rend parfois douloureux le fait de « labourer » une litière, d’où la recherche de nouveaux lieux pour uriner, parfois dans une maison… L’entretien que Pénélope Smith eut avec Muffin et les conseils qu’elle lui prodigua à cette occasion apaisèrent l’animal. Les gens de son entourage aidèrent le petit être à retrouver sa sérénité en lui prodiguant de doux massages et en lui consacrant davantage de leur temps, notamment à jouer ensemble. Muffin redevint progressivement la chatte adorable qu’elle avait été, car maintenant ces gens semblaient la comprendre.

Cette anecdote est tirée du livre de Pénélope Smith « Animal talk: interspecies telepathic communication » (Ed. Beyond words publishing, Inc., Hillsboro, Oregon, USA. 1999. pp. 93-95)

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L’importance des rituels lors de la perte de l’animal

Posté par othoharmonie le 20 décembre 2015

 

YorkshireChoisir comment disposer du corps de son animal aide également à mieux accepter son décès. Pauline a décidé d’enterrer son yorkshire sur le terrain derrière sa maison,« pour qu’il soit toujours près de nous ». Nadine a, elle, fait le choix d’être inhumée avec les cendres de sa chatte Isis. « Elle sera avec moi le jour où je partirai, et même après. » Quelle que soit la décision, il est conseillé de la prendre lorsque son animal est encore en bonne santé, afin de ne pas regretter une éventuelle décision précipitée au moment de son décès.

Effectuer un rituel, telles qu’une cérémonie d’enterrement ou encore l’écriture d’un poème, permet de faire face à la perte, mais aussi de rendre hommage à son compagnon. Après treize ans passés à ses côtés, Virginie a voulu honorer son chien en dispersant ses cendres sur son lieu de promenade préféré. « De cette façon, je sais qu’il est encore heureux là où il est. » De son côté, Francine, qui a perdu Cassiopée, sa chienne de 14 ans, a décidé de organiser une cérémonie. « À la date d’anniversaire de son adoption, je vais inviter quelques amis à une commémoration pendant laquelle je lirai un petit texte en sa mémoire, face à ses cendres. » Aurélie a, elle, préféré faire pousser une belle plante en l’honneur de sa lapine Sweety.

Reprendre un animal ?

Peur de l’oublier, de le trahir, de souffrir à nouveau… De nombreux propriétaires, comme Virginie, 38 ans, se sont dit qu’ils ne pourraient plus jamais avoir d’animal. « Je n’ai pas repris de chien car cela m’a fait trop de mal de  perdre Tchouk. C’était un vrai ami, comme il y en a peu. Il est irremplaçable. » Pour la vétérinaire Marina von Allmen, cette idée de « remplacement » n’a pas lieu d’être. « Reprendre un compagnon pour que ce soit le même que le précédent, ce ne serait ni rendre hommage à celui qui vient de nous quitter, ni accorder notre amour inconditionnel au nouvel arrivant. Le risque est d’en faire un animal de remplacement, condamné à ne pas se sentir à la hauteur. » Dans le cas des amoureux d’une race en particulier, il est conseillé de choisir un animal de couleur ou de sexe différents. Sans oublier que chaque animal a son caractère et ses particularités.

Quand reprendre un nouveau compagnon ? Cela dépend du ressenti personnel mais parfois aussi de la façon dont est décédé l’animal, comme l’observe Martine Golay Ramel. « Lorsque vous l’avez accompagné dans la maladie, ou la vieillesse, et l’avez vu décliner, il y a un processus de pré-deuil. Mais quand il s’agit d’un accident, le choc est si important qu’il n’est pas recommandé de reprendre un animal tout de suite. »

Si la douleur est forte pour le propriétaire, il ne faut pas oublier qu’elle l’est aussi pour les autres animaux de la maison, s’il y en a. « Ils viennent de perdre un véritable ami qui ne sera pas facilement remplaçable. Il s’agit de les aider eux aussi dans leur deuil », rappelle la vétérinaire. Ils peuvent avoir envie, ou besoin, d’un nouveau compagnon. En l’espace de six mois, Martine a perdu trois de ses quatre chiens, jeunes mais malades. Elle a senti le grand désespoir du dernier. « Il a très mal vécu leur départ, et, alors que je ne voulais plus reprendre d’autres chiens, il a fallu le faire. Sinon il se serait laissé mourir. Maintenant, il est apaisé et semble revivre. »

Selon la thérapeute Martine Golay Ramel, si la décision de reprendre un animal est si difficile, c’est parce que « pour beaucoup de propriétaires, elle rappelle que l’animal était un animal et non un être humain. Ce qui est très déstabilisant quand on a aimé son compagnon comme un ami, un frère ou un enfant. » Mais, malgré la douleur, il est difficile pour beaucoup d’amoureux des animaux de vivre sans eux. « Il faut savoir faire un deuil, quel qu’il soit, et avancer. Au fond, ce n’est pas parce qu’on a d’autres animaux qu’on remplace les précédents dans notre cœur, confie Caroline. On ne les oublie jamais. »

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Chat : l’Observation, la Sensualité, l’Indépendance, la Magie, la Méditation

Posté par othoharmonie le 13 décembre 2015

 

chatChat nous permet d’observer une situation avec calme et sans idée préconçue avant de prendre une décision. Il nous rappelle que nous avons le droit de choisir à quel moment et de quelle manière résoudre nos problèmes. Il fait preuve d’une très grande sensualité, et prouve par là que la conscience et la sensibilité sont les facettes d’une même réalité. Chat nous enseigne la patience, l’art du bon timing pour l’action, et le courage d’explorer l’inconnu avec confiance.

Ceux qui ont Chat comme animal de pouvoir ou totem peuvent être encouragés à développer leur équilibre entre indépendance et sociabilité. L’harmonie entre ombre et lumière, temps pour l’action et temps pour l’observation, sont également des attributs du totem Chat. Suivons cet animal dans un voyage profond de découverte de soi. Rappelons que le Chat, que nous connaissons aujourd’hui principalement comme animal domestique, n’était pas un animal commun pour les Amérindiens. Il est donc rare de le voir comme animal totem dans leur tradition. Il a été introduit en Amérique par les colons européens, et ne fait donc pas partie des traditions totémiques originelles. Néanmoins, la symbolique du Chat est présente dans de nombreuses autres cultures anciennes et modernes partout dans le monde. Un des symboles les plus connus est le culte du Chat en Égypte Ancienne.

Aujourd’hui, Chat fait souvent partie de notre vie quotidienne et il représente un animal totem source d’inspiration pour beaucoup d’entre nous. Les Chats ont tendance à être actifs la nuit, et sont capables de voir dans l’obscurité grâce à leurs yeux nyctalopes. Parce qu’ils peuvent être aperçus durant leurs errances nocturnes, ils sont associés dans plusieurs cultures avec le domaine de l’obscurité et des ténèbres. Par extension, le Chat a été considéré comme un symbole ou un représentant de la sorcellerie et des arts de la magie noire, surtout si la couleur de son pelage est noire ! Une autre façon d’interpréter cette caractéristique du totem du Chat est de prêter attention à sa capacité de voir dans l’obscurité et d’y être à l’aise quand la plupart des autres animaux et les humains ne le sont pas.

Si le Chat se présente dans votre vie comme animal protecteur ou si vous avez cet animal comme totem, vous pouvez être tenté de commencer à explorer les domaines de votre vie ou certains aspects de vous-même que vous ne connaissez pas encore bien. L’esprit du Chat est d’une aide précieuse pour ceux qui ont besoin de trouver le courage de s’attaquer à des problèmes ou des inquiétudes persistantes dans leur vie. Chat est connu pour être un bon chasseur qui utilise non seulement la force, mais un sens affiné du choix du moment de l’attaque. Il semble suivre sa proie et être en mesure d’attendre patiemment et de se positionner jusqu’à ce qu’il soit certain de l’attraper à coup sûr. Par affinité avec cet animal totem, vous pouvez être en mesure de vous attaquer aux problèmes quotidiens avec patience, confiance et un bon sens du timing dans vos actions.

La sagesse du Chat réside dans la capacité à rester calme, à observer et ensuite agir quand le moment est venu. Ainsi, vous êtes mieux placé pour atteindre votre objectif et préserver votre énergie, même dans les moments de tension et d’action intenses. Chat apparaît à plusieurs reprises dans la mythologie celtique, notamment dans « Le Voyage de Maelduin », au cours duquel les voyageurs rencontrent un chaton apparemment innocent qui effectue des cabrioles au sommet de quatre colonnes, sautant de l’une à l’autre… Lorsqu’un des membres de la troupe tente de dérober un trésor caché à proximité, Chat se transforme en un trait de feu et le réduit en cendres. Dans une autre légende, le guerrier Arthur rencontre le « Cath Palug », rejeton de la grande truie Henwen. Arthur ne parvient à le tuer qu’après une lutte acharnée.

On peut donc en conclure que Chat est un bon gardien et un protecteur efficace des pouvoirs intérieurs de l’individu. On peut l’invoquer en cas de situation conflictuelle, quand sa férocité est jugée appropriée. Il ne doit cependant pas nous servir de prétexte pour nous mettre en colère. Protection divine ou porteur de mystère et de magie, Chat pouvait annoncer le malheur lorsqu’il était noir, tandis qu’un Chat Blanc prédisait un évènement heureux, tel le Chat d’Argent en Bretagne. Chat enseigne la prudence. Il a toujours été associé à la perception de l’invisible tel l’énergie et les entités : ceux qui l’ont pour guide seront souvent plus ouvert aux arts occultes.

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En Égypte, les Chats avaient des privilèges spéciaux et étaient traités royalement. En Scandinavie, le Chat symbolise la fertilité, et en Inde, il est un symbole d’accouchement. Dans les temps anciens, on croyait que les sorcières prenaient la forme de leur chat la nuit. Le Chat est farouchement indépendant. Vous ne pourrez jamais le posséder : il vous permettra de prendre soin de lui et de l’aimer, mais seulement selon ses conditions. Il va et vient comme et quand ça lui plaît. La médecine du Chat est l’indépendance, la curiosité, de nombreuses vies, l’ingéniosité, l’imprévisibilité, la guérison, la capacité à combattre farouchement lorsqu’il est piégé, voir l’invisible, la protection. Il représente également l’amour, et peut nous aider dans la méditation. Si le Chat est votre animal pouvoir, alors vous avez de la magie et du mystère dans votre vie. Vous êtes indépendant et un libre penseur. Vous vous sentez probablement excité, dynamisé la nuit.

Vous resterez avec une personne ou dans une situation jusqu’à ce que cela vous ennuie, et alors vous partirez. Vous avez un grand talent pour organiser les choses. Ce totem a plusieurs significations, articulées autour de la notion d’équilibre subtil entre les contraires, tels que intérieur et extérieur, action et repos, lumière et obscurité. Il est hautement symbolique de la connexion avec ce qui est habituellement caché, ou le mystère de l’inconnu.

Généralement, le Chat représente : patience, attente du bon moment pour agir, esprit d’indépendance et, en même temps, appréciation des liens sociaux, esprit d’aventure, courage, connexion profonde et détendue avec soi, curiosité, exploration de l’inconnu ou de l’inconscient.

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Âne : l’Humilité, la Pauvreté, l’Ascétisme, l’Initiation, la Patience

Posté par othoharmonie le 6 décembre 2015

 

ANEL’Âne a mauvaise réputation ; symbole d’ignorance, d’obstination, de méchanceté, de paresse et de luxure, il fut longtemps assimilé aux mondes obscurs, aux forces du mal. Comme Satan, comme la Bête, il incarne le sexe, la libido : il exprime les instincts de l’homme lorsqu’il ne les maîtrise pas, la vie dévouée au matérialisme et à la sensualité. Pour les Égyptiens, qui croyaient en une vie après la mort, la rencontre de l’Âne Rouge pouvait être fatale pour l’âme. Seth, le meurtrier d’Osiris était souvent représenté par un Âne. L’Âne était aussi l’image de l’homme profane, l’homme de la glèbe qui n’a pas quitté son lieu de naissance (ses murs) et qui n’est pas initié aux mystères des dieux.

De même, l’Égyptien des temps pharaoniques avait en horreur tout étranger, notamment le nomade asiatique résidant sur les rives du Nil, qu’il considérait comme un ignorant, un Âne. En Inde, il sert de monture à plusieurs divinités maléfiques, notamment à Nairrita (gardien de la région des morts) et à Kâlarâtiî (aspect sinistre de Dêvi, la Déesse mère de l’hindouisme). De même, dans le bouddhisme tibétain, le Mulet ou l’Âne est la monture de Lha-Mo, horrible démone dérivée de l’aspect destructeur de Dêvi.

Au Moyen-Âge, le Diable était parfois figuré par un homme avec une tête et des sabots d’Âne. Le dieu grec de la Fécondité, Priape, connu pour les dimensions impressionnantes de son membre viril, était représenté comme un personnage ithyphallique, et souvent aux côtés de cet animal. En Orient comme en Occident, on promenait le coupable d’adultère sur un Âne à travers les villages. On faisait de même dans de nombreuses régions françaises et italiennes pour le mari qui s’était laissé battre par sa femme, car « il n’est pas homme, et son Âne, emblème de sa virilité, doit à ce point de vue subir le châtiment, puisqu’il ne s’est pas montré capable de faire respecter ses droits de mari ».

Depuis longtemps, l’Âne est ainsi considéré comme un animal ridicule. Les rois eux même se punissaient en se traitant d’Âne. Cependant, dans la chrétienté, l’Âne était considéré comme le compagnon comprenant le mieux la volonté divine. C’est ainsi qu’on le voit près du berceau de Jésus, ou lorsque celui ci entra dans Jérusalem sur un Âne. Les Ânes sont d’une autre nature que vu plus haut, ils sont les symboles de l’humilité, de la simplicité, de la pauvreté, du dépouillement (matériel), d’ascétisme, de vérité, de révélation, d’initiation, de sagesse et ils possèdent toutes les vertus. Il symbolise aujourd’hui la douceur, malgré la bêtise qu’on lui impose, ainsi que la paresse et la luxure

Au sens chamanique du terme, on retiendra que ce totem est un caractère pratique, sociable et persistant. Étant souvent dépendant affectivement, il dépérit si ses proches lui sont enlevés. Il incite donc à garder les liens avec ceux qui lui sont chers. L’Âne nous enseigne que tout travail devrait être bien fait, peu importe le temps que cela prendra pour l’achever. Il nous élève également spirituellement, nous aidant à comprendre les messages de l’au-delà, et nous enseigne la patience.

 

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Bénédiction du Cygne

Posté par othoharmonie le 27 novembre 2015

 

la cathédrale St John the Divine, située sur l’ile de Manhattan à New York, a fait salle comble ce dimanche 4 octobre pour la bénédiction des animaux  l’occasion de Saint François d’assise, leur saint patron.

Une fois n’est pas coutume, des chats, des chiens, mais aussi des cygnes, des oiseaux, des lapins et autres animaux en tout genre se sont rassemblés pour cet événement

Bénédiction du cygne

photo de Elizabeth Shafiroff/Reuters dans le Figaro.fr 

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Les mythes de chant du cygne

Posté par othoharmonie le 20 novembre 2015

 

 

Chant du cygne« Peu importe qu’une histoire soit vraie, pourvu qu’elle soit belle », disait Giono. C’est donc en guise d’introduction, pour ne pas y revenir et comme on s’acquitte d’une basse besogne, que je l’affirme ici : les cygnes trompettent, sifflent, drensent, drensitent, mais le chant du cygne, hélas, CA N’EXISTE PAS !.. tiens, à propos d’hélas… c’est aux Grecs, une fois de plus, que nous devons cette légende : et comme les légendes ont aussi des histoires… voici celle du chant du cygne. 

Il y eut, bien entendu, des précurseurs, et non des moindres: au Xème siècle avant notre ère, un aveugle divin du nom d’Homère effleura timidement la chose en l’hymne XXI de l’Iliade… et, cinq-cents ans plus tard, ce fut au tour d’Eschyle, par la bouche de son Agamemnon, d’en faire autant, mais de manière encore plus timorée.  

Il fallut attendre le Phédon de Platon pour que le chant du cygne fît une entrée fracassante et triomphale dans la littérature occidentale… fracassante et triomphale, certes, mais tragique, en cela que Socrate, emprisonné, sur le point de se faire exécuter, accueillait en sa geôle ses anciens disciples… et voici ce qu’il répondit à ces derniers, qui, naturellement, hésitaient à questionner une ultime fois son immense sagesse : 

A ce que je vois, vous me croyez inférieur aux cygnes pour la divination. Quand ils sentent approcher l’heure de leur mort, les cygnes chantent ce jour-là plus souvent et plus mélodieusement qu’ils ne l’ont jamais fait, parce qu’ils sont joyeux de s’en aller chez le dieu dont ils sont les serviteurs. 

Socrate et Platon l’avaient dit. Le mythe était né. 

Le dieu dont il est question dans l’extrait, c’est Apollon : dès son plus jeune âge, le futur dieu du soleil, de la beauté, de la grâce, et, partant, de la musique, se vit offrir par son Zeus de père un magnifique char d’or céleste – tiré par trois immenses cygnes blancs et majestueux, s’il vous plait !.. ces oiseaux, dès lors, devinrent son emblème, et, sacrés, peuplèrent de leur silhouette sereine et gracile ses nombreux sanctuaires pourvus d’un plan d’eau. 

C’est par un glissement tout naturel que l’on finit par prêter les talents du maître aux serviteurs, et puisque Apollon passait pour le meilleur musicien de tous les temps, les cygnes furent bientôt tenus pour des volatiles au chant divin… mais seulement en des circonstances exceptionnelles, au moment de mourir, où, sentant venir leur dernier souffle et sur le point d’aller rejoindre leur dieu tutélaire, ils entonnent à sa gloire un chant d’une incroyable beauté, reproduisant aux oreilles humaines le miracle d’Apollon.

 

Par la suite, un nombre impressionnant d’auteurs, de tous les horizons, de toutes les époques, entretinrent pieusement cette étincelle, jaillie du détour d’une plume antique, et firent d’elles un feu de joie : un chroniquer des Croisades n’écrivit-il pas « contrefaisant le cinne qui chante quand il doit morir », Shakespeare ne fit-il pas dire à son Emilia mourante « je veux imiter le cygne et mourir en musique », Franz Schubert n’appela-t-il pas son dernier recueil de lieders Le chant du cygne, Marcel Aymé ne lui consacra-t-il pas l’un de ses plus émouvants Contes du chat perché?.. bref, en 1798, ce fut la consécration : le très sérieux dictionnaire de l’Académie Française enregistra notre locution comme se rapportant au « dernier ouvrage d’un grand poète, qu’un homme a fait peu de temps avant sa mort » ! 

Le chant du cygne, donc… bien qu’il ne soit que pure affabulation, car, ainsi que Pline l’Ancien l’avait déjà remarqué, les cygnes sont muets, sa légende est parvenue jusqu’à nous de la plus belle des manières, consacrée par les arts, trônant au sommet de notre imaginaire poétique !.. mais au fond, pourquoi – car après tout, nous avons cessé de croire en Apollon ?.. je n’en sais rien. Peut-être en avons-nous tout simplement besoin, pour adoucir à nos yeux la mort d’un si bel animal, ou bien la mort en général… peut-être recherchons-nous tous, quelque part, notre chant du cygne.  

Source :  http://www.les-vegetaliseurs.com/

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PROTECTION ET ASSISTANCE AUX CYGNES

Posté par othoharmonie le 14 novembre 2015

Assistance aux cygnes

Ils sont connus pour leur cou courbé  et pour leurs belles plumes blanches, au nombre de 25 000 chez le cygne adulte. Cependant, quelques espèces ont un plumage noir. Leurs deux pieds sont palmés. Les petits du cygne sont appelés cygneaux. Les cygnes sont parmi les plus gros oiseaux en vol, pesant jusqu’à 15 kg.  Ils ont aussi une pièce de peau déplumée entre les yeux et sur le bec chez les adultes. Les plumages de chaque sexe sont similaires, mais les mâles sont généralement plus grands et plus lourds que les femelles

Le Cygne tuberculé ou Cygne muet (Cygnus olor). Le premier nom de l’animal provient de la bosse qu’il a sur le bec, appelé tubercule ; le second du fait qu’il émet de rares cris plutôt de faible puissance.

C’est l’un des plus lourds oiseaux capables de voler, les mâles pesant en moyenne environ 10,2 kg et les femelles environ 8,4 kg. Les adultes mesurent de 125 à 170 cm de long avec une envergure de 200 à 240 cm. Sur terre, ils peuvent atteindre 1,2 m de haut. Les mâles sont plus grands que les femelles (ainsi leur longueur de cou mesurée depuis l’angle du bréchet est de 82,5 cm contre 75,5 cm). Il existe un morphe blanc dit cygne blanc polonais qui apparaît dans toutes les populations. Les juvéniles peuvent se déplacer en groupe mais les couples sont monogames. Le Cygne tuberculé peut devenir agressif, surtout lors de la période de nidification.

La population mondiale est estimée entre 600 000 et 620 000 individus. C’est le cygne le plus commun en Europe en été, en particulier dans le Nord de la France.. Il est aussi présent en Grande-Bretagne, au nord et dans le centre de l’Europe, au nord et dans le centre de l’Asie. Il a été introduit en Amérique du Nord, en Afrique du Sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Dans ces pays, il est souvent considéré comme une espèce nuisible ou invasive. On le rencontre également de manière sporadique en Asie, jusqu’en Chine.

Cette espèce qui est res nullius en France (Res nullius (la chose de personne) est une expression latine utilisée en droit civil (droit des biens) qui désigne une chose sans maître, c’est-à-dire qui n’a pas de propriétaire mais qui est néanmoins appropriable).

Il est  l’animal du roi au Royaume-Uni et le symbole de la monarchie au Danemark.

Le Cygne tuberculé est l’un des plus lourds oiseaux capables de voler, les mâles pesant en moyenne environ 10,2 kg (mais jusqu’à 23 kg), les femelles environ 8,4 kg et les jeunes à l’envol entre 6 et 8 kg.

Le plumage des adultes est blanc. Les yeux sont de couleur noisette. Les lores (Le lore est, chez l’oiseau, l’espace compris entre la partie antérieure de l’œil et la base du bec)  de l’adulte sont dénudés, cunéiformes et de couleur noire. Le bec est orange avec un onglet noir au bout. Une bosse noire est présente à la base : le tubercule. Celui-ci est généralement plus gros chez le mâle en période de reproduction.

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Il existe deux morphes chez les cygneaux : le morphe gris et le morphe blanc.

Le morphe gris est plus commun alors que les cygneaux blancs possèdent un gène leucistique  (Le leucistisme (du grec blanc) est une particularité génétique due à un gène récessif, qui donne une couleur blanche au pelage ou plume, les yeux gardant leur couleur normale. Le leucistisme est différent de l’albinisme : les animaux leucistiques ne sont pas plus sensibles au soleil que n’importe quel autre. Au contraire, ils y seraient même légèrement plus résistants : la couleur blanche ayant un albédo (L’ albédo est une grandeur sans dimension, rapport de l’énergie solaire réfléchie par une surface à l’énergie solaire incidente) élevé, elle protège davantage de la chaleur.  Chez les individus du morphe gris, le duvet des cygneaux passe du gris au brun grisâtre avant de prendre une coloration blanche après la première mue. Les pattes et le bec sont gris ardoise.

Les cygneaux du morphe blanc, quant à eux, exhibent un duvet de couleur blanche, un bec fauve et des pattes rosées. Pendant la première année après l’éclosion, le bec des cygneaux devient progressivement rosâtre. Le tubercule est absent chez les cygneaux et peu développé chez les juvéniles. Les lores sont couverts de plumes de duvet à l’éclosion. Ce morphe se caractérise par un plumage entièrement blanc dès la naissance et des pattes grises (au lieu de noires).

Cette mutation correspond à un faux albinisme et se transmet selon les lois de l’hérédité. Elle est apparue à la fin du 19ème siècle chez des cygnes tuberculés proches des humains.

Locomotion

Étant donné que les courtes pattes sont placées juste avant la queue, cette espèce marche de façon maladroite. Par contre, les adultes peuvent courir assez vite lorsqu’ils se sentent menacés.

Le cygne tuberculé peut prendre son envol à partir du sol ou d’un plan d’eau. Il a besoin de courir sur une distance de 8 à 10 mètres avant de pouvoir s’envoler. Il peut voler à une vitesse de 80,5 km/h et ne dépassera pas une altitude de 150 m]. Les grands groupes utilisent la formation en V. Le cygne tuberculé se pose généralement sur l’eau mais utilise à l’occasion la terre ferme ou la glace.  Cette espèce se déplace sur l’eau aisément. Les ailes sont souvent légèrement élevées ce qui lui permet d’être poussé par les vents.  Lors de lamue, les individus poussent l’eau avec leurs ailes pour se déplacer plus rapidement.

Alimentation en surface

Elle est constituée principalement de plantes aquatiques submergées comme l’élodée du Canada, des joncs, des characées du genre Chara, des algues vertes mais aussi des feuilles de jeunes saules. Le cygne tuberculé consomme dans une moindre proportion plusieurs espèces d’amphibiens, de mollusques et de petits organismes aquatiques.. Le cygne tuberculé préfère les plans d’eau dont la profondeur lui permet d’atteindre le fond (jusqu’à un mètre) avec son long cou. Il  se nourrit aussi au sol de plantes terrestres, de graminées et de quelques invertébrés (petits escargots, limaces ou insectes mangés avec les feuilles qu’il ingère). La ration quotidienne a été estimée comprise entre 3,6 et 4 kg pour des adultes en cours de mue.

Comportement social

Le cygne tuberculé est agressif envers les intrus sur son territoire. Mais il peut être apprivoisable quand on leur donne souvent du pain et même quand on lui donne dans le bec.  Il montre son agressivité en battant des ailes et en frappant l’eau avec ses pieds palmés, ce qui produit un son pouvant s’entendre à plusieurs centaines de mètres. Lors des confrontations, l’adulte (généralement le mâle mais parfois la femelle) poursuit son rival avec la tête et le cou posés sur le corps, les ailes relevées et le bec pointé vers l’avant et près du cou. Cette posture est caractéristique des interactions agressives chez le cygne tuberculé]. Les deux adversaires utilisent également leurs ailes pour se frapper, ils s’entremêlent le cou et se mordent l’un l’autre le dos et le cou. Le mâle dominant peut monter sur son rival, utiliser ses pattes et son cou pour pousser l’autre cygne sous l’eau jusqu’à ce que celui-ci abandonne le combat ou se noie.

Il est possible d’observer des bandes de plus de cent individus. Ces grands groupes sont généralement constitués de juvéniles non appariés.  Il arrive également que les groupes familiaux restent ensemble pendant l’hiver.

Vocalisation des oiseaux.

Le cygne tuberculé est moins vocal que le cygne chanteur et que le cygne siffleur; le son le plus associé à cette espèce est le bruit de ses ailes en vol, audible jusqu’à deux kilomètres. Ce son est particulier à l’espèce . L’adulte possède néanmoins de huit à dix cris différents qui se manifestent lors de certaines situations. Par exemple, des cris spécifiques existent pour marquer les salutations entre partenaires, les réactions face aux perturbations, la défense du territoire, les interactions entre les membres d’un même groupe, l’empreinte de la voix et la sollicitation de nourriture, entre autres]. Les deux sexes vocalisent de façon égale.

Il existe également plusieurs cris utilisés uniquement par les cygneaux : le cri de contact, le cri de détresse, le cri de salutation, le cri de fatigue et le cri de défense..

Reproduction

Après sa formation, qui a lieu à l’automne ou en hiver, le couple attendra un an avant de se reproduire mais restera généralement uni pour la vie. Les cygnes tuberculés montrent plusieurs comportements lors de la parade nuptiale, allant du hérissement des plumes du cou et au lissage mutuel en passant par le redressement du corps hors de l’eau.

Lorsque les adultes sont appariés, chaque couple se met à la recherche d’un territoire. Les cygnes tuberculés s’installent souvent près des canards ou des goélands qui bénéficient de la capacité des cygnes à atteindre les plantes aquatiques. Ils défendent agressivement un territoire de grandeur variable, allant de 1,2 à 4,7 ha. Les territoires sont généralement assez éloignés les uns des autres.

En Angleterre, une étude de 1967 mesura une distance moyenne entre les nids de 2,4 à 3,2km.

Les deux parents construisent le nid. Celui-ci est placé sur un monticule fait de branches construit en eau peu profonde au milieu ou au bord de divers plans d’eau: lacs, rivières, étangs, parcs. Le nid est constitué de quenouilles, de roseaux et de racines de plantes aquatiques et l’intérieur est recouvert de végétaux fins, de plumes et de duvet. Ces oiseaux monogames réutilisent le même nid année après année, le restaurant ou le reconstruisant au besoin. Le nid peut donc atteindre un diamètre de 2 m et une hauteur de 0,6 à 0,8 m.

La femelle pond généralement de 4 à 8 œufs à raison d’un œuf par deux jours. Bien que le mâle et la femelle prennent soin du nid, la couvaison, qui dure de 34 à 41 jours, est assurée principalement par la femelle]. Les poussins sont nidifuges et restent au nid moins de 48 heure. Lorsque les poussins quittent le nid, les familles cherchent leur nourriture ensemble.

La longévité record pour cette espèce est de 26 ans et 9 mois. 

 PROTECTION DES CYGNES :

 J’ai deja fait plusieurs recherches mais j’ai toujours des resultats différents :

* Donc d’apres l’ Arrêté du 11 août 2006 fixant la liste des espèces, races ou variétés d’animaux domestiques ( http://www.animaux-fr.com/annonces-bourgogne-franche-comte/liste_especes_races_varietes_animaux_domestiques.php )
J’ai trouvé que le cygne tuberculé était considéré comme un animal domestique (donc pas de certificat de capacité)

* D’après le livre « Les anatidés d’ornement » de Jean Claude Périquet, les espèces d’anatidés protégées en France, faisant partie du genre cygnus : 

« Sont donc interdits la destruction ou l’enlèvement des oeufs ou des nids, la destruction, la capture ou l’enlèvement, la naturalisation de ces oiseaux qu’ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur mise en vente, leur vente ou leur achat. Mais les échanges entre éleveurs sont possibles à condition de demander une autorisation de transport à la Direction de Protection de la Nature.
Remarquons la présence des cygnes dans cette liste. Vous n’avez donc pas le droit de vendre ou d’acheter de cygne tuberculé, le cygne si commun de nos parcs et de nos lacs. La réglementation est sans doute éxagérée sur ce point! »
220px-Photojenni_-_Aboard_the_swan_ferry_%28by%29 dans CYGNE

L’homme est le seul animal qui rougisse ; c’est d’ailleurs le seul animal qui ait à rougir de quelque chose…

 Selon le site de la protection des oiseaux de Belgique, Le statut de protection du Cygne détient le record d’ancienneté en Grande-Bretagne puisqu’il remonte à 1482. À cette époque (et encore maintenant sur certains sites privilégiés), les oiseaux étaient marqués (soit au bec, soit sur une palmure) et appartenaient à la Couronne Britannique.

 

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Le cygne est un chantre merveilleux

Posté par othoharmonie le 2 novembre 2015

 

LE CYGNEBelon regarde le cygne comme le plus grand des oiseaux d’eau, ce qui est assez vrai, en observant néanmoins que le pélican a beaucoup plus d’envergure; que le grand albatros a tout au moins autant de corpulence, et que le flamant ou phénicoptère a bien plus de hauteur, eu égard à ses jambes démesurées. Les cygnes dans la race domestique, sont constamment un peu plus gros et plus grands que dans l’espèce sauvage; il y en a qui pèsent jusqu’à vingt-cinq livres; la longueur du bec à la queue est quelquefois de quatre pieds et demi, et l’envergure de huit pieds; au reste, la femelle est en tout un peu plus petite que le mâle.

Le bec ordinairement long de trois pouces et plus, est, dans la race domestique, surmonté à sa base par un tubercule charnu, renflé et proéminent, qui donne à la physionomie de cet oiseau une sorte d’expression; ce tubercule est revêtu d’une peau noire, et les côtés de la face, sous les yeux, sont aussi couverts d’une peau de même couleur; dans les petits cygnes de la race domestique, le bec est d’une teinte plombée, il devient ensuite jaune ou orangé avec la pointe noire; dans la race sauvage le bec est entièrement noir avec une membrane jaune au front; sa forme paraît avoir servi de modèle pour le bec des deux familles les plus nombreuses des oiseaux palmipèdes, les oies et les canards; dans tous, le bec est aplati, épaté, dentelé sur les bords, arrondi en pointe mousse, et terminé à sa partie supérieure par un onglet de substance cornée.

Dans toutes les espèces de cette nombreuse tribu, il se trouve au-dessous des plumes extérieures, un duvet bien fourni, qui garantit le corps de l’oiseau des impressions de l’eau. Dans le cygne, ce duvet est d’une grande finesse, d’une mollesse extrême et d’une blancheur parfaite; on en fait de beaux manchons et des fourrures aussi délicates que chaudes.

La chair du cygne est noire et dure, et c’est moins comme un bon mets que comme un plat de parade, qu’il était servi dans les festins chez les Anciens, et par la même ostentation chez nos ancêtres; quelques personnes m’ont néanmoins assuré que la chair  des jeunes cygnes était aussi bonne que celle des oies du même âge.

Quoique le cygne soit assez silencieux, il a néanmoins les organes de la voix conformés comme ceux des oiseaux d’eau les plus loquaces; la trachée artère descendue dans le sternum fait un coude, se relève, s’appuie sur les clavicules, et de-là, par une seconde inflexion, arrive aux poumons. A l’entrée et au-dessus de la bifurcation, se trouve placé un vrai larynx garni de son os hyoïde, ouvert dans sa membrane en bec de flûte: au-dessous de ce larynx le canal se divise en deux branches, lesquelles après avoir formé chacune un renflement, s’attachent au poumon; cette conformation, du moins quant à la position du larynx, est commune à beaucoup d’oiseaux d’eau, et même quelques oiseaux de rivage ont les mêmes plis et inflexions à la trachée artère, comme nous l’avons remarqué dans la grue, et selon toute apparence, c’est ce qui donne à leur voix ce retentissement bruyant et rauque ces sons de trompette ou de clairon qu’ils font entendre du haut des airs et sur les eaux.

Néanmoins la voix habituelle du cygne privé, est plutôt sourde qu’éclatante; c’est une sorte de strideur, parfaitement semblable à ce que le peuple appelle le jurement du chat, et que les Anciens avoient bien exprimé par le mot imitatif drensant : c’est, à ce qu’il paraît, un accent de menace ou de colère; l’on n’a pas remarqué que l’amour en eût de plus doux, et ce n’est point du tout sur des cygnes presque muets, comme le sont les nôtres dans la domesticité, que les Anciens avoient pu modeler ces cygnes harmonieux, qu’ils ont rendus si célèbres. Mais il paraît que le cygne sauvage a mieux conservé ses prérogatives, et qu’avec le sentiment de la pleine liberté, il en a aussi les accents: l’on distingue en effet dans ses cris, ou plutôt dans les éclats de sa voix, une sorte de chant mesuré, modulé; des sons bruyants de clairon, mais dont les tons aigus et peu diversifiés sont néanmoins très éloignés de la tendre mélodie, et de la variété douce et brillante du ramage de nos oiseaux chanteurs.

Au reste, les Anciens ne s’étaient pas contentés de faire du cygne un chantre merveilleux, seul entre tous les êtres qui frémissent à l’aspect de leur destruction, il chantait encore au moment de son agonie, et préludait par des sons harmonieux à son dernier soupir: c’était, disaient-ils, près d’expirer, et faisant à la vie un adieu triste et tendre, que le cygne rendait ces accents si doux et si touchants, et qui, pareils à un léger et douloureux murmure, d’une voix basse, plaintive et lugubre, formaient son chant funèbre; on entendait ce chant, lorsqu’au lever de l’aurore, les vents et les flots étaient calmés; on avait même vu des cygnes expirants en musique et chantant leurs hymnes funéraires. Nulle fiction en Histoire Naturelle, nulle fable chez les Anciens n’a été plus célébrée, plus répétée, plus accréditée; elle s’était emparée de l’imagination vive et sensible des Grecs ; Poëtes, Orateurs, Philosophes même l’ont adoptées, comme une vérité trop agréable pour vouloir en douter. Il faut bien leur pardonner leurs fables; elles étaient aimables et touchantes; elles valaient bien de tristes, d’arides vérités, c’étaient de doux emblèmes pour les âmes sensibles. Les cygnes, sans doute, ne chantent point leur mort; mais toujours, en parlant du dernier essor et des derniers élans d’un beau génie prêt à s’éteindre, on rappellera avec sentiment cette expression touchante; c’est le chant du cygne!

 

Extrait de l’Histoire naturelle des oiseaux : Buffon – Le Cygne

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Entre le cygne sauvage et le cygne privé

Posté par othoharmonie le 31 octobre 2015

 

Cygne_epinalLa femelle du cygne couve pendant six semaines au moins; elle commence à pondre au mois de février: elle met, comme l’oie, un jour d’intervalle entre la ponte de chaque œuf; elle en produit de cinq à huit, et communément six ou sept; ces œufs sont blancs et oblongs, ils ont la coque épaisse et sont d’une grosseur très considérable; le nid est placé, tantôt sur un lit d’herbes sèches au rivage, tantôt sur un tas de roseaux abattus, entassés et même flottants sur l’eau. Le couple amoureux se prodigue les plus douces caresses, et semble chercher dans le plaisir les nuances de la volupté; ils y préludent en entrelaçant leurs cous; ils respirent ainsi l’ivresse d’un long embrassement; ils se communiquent le feu qui les embrase, et lorsque enfin le mâle s’est pleinement satisfait; la femelle brûle encore, elle le suit, l’excite, l’enflamme de nouveau, et finit par le quitter à regret pour aller éteindre le reste de ses feux en se lavant dans l’eau.

Les fruits d’amours si vives sont tendrement chéris et soignés; la mère recueille nuit et jour ses petits sous ses ailes, et le père se présente avec intrépidité pour les défendre contre tout assaillant; son courage dans ces moments n’est comparable qu’à la fureur avec laquelle il combat un rival qui vient le troubler dans la possession de sa bien-aimée; dans ces deux circonstances, oubliant sa douceur, il devient féroce et se bat avec acharnement, souvent un jour entier ne suffit pas pour vider leur duel opiniâtre; le combat commence à grands coups d’ailes, continue corps à corps et finit ordinairement par la mort d’un des deux, car ils cherchent réciproquement à s’étouffer en se serrant le cou et se tenant par force la tête plongée dans l’eau; ce sont vraisemblablement ces combats qui ont fait croire aux Anciens, que les cygnes se dévoraient les uns les autres; rien n’est moins vrai, mais seulement ici, comme ailleurs, les passions furieuses naissent de la passion la plus douce, et c’est l’amour qui enfante la guerre.

En tout autre temps ils n’ont que des habitudes de paix, tous leurs sentiments sont dictés par l’amour; aussi propres que voluptueux, ils font toilette assidue chaque jour; on les voit arranger leur plumage, le nettoyer, le lustrer et prendre de l’eau dans leur bec pour la répandre sur le dos, sur les ailes avec un soin qui suppose le désir de plaire, et ne peut être payé que par le plaisir d’être aimé. Le seul temps où la femelle néglige sa toilette est celui de la couvée, les soins maternels l’occupent alors toute entière, et à peine donne-t-elle quelques instants aux besoins de la nature et à sa subsistance.

Les petits naissent fort laids et seulement couverts d’un duvet gris ou jaunâtre, comme les oisons; leurs plumes ne poussent que quelques semaines après, et sont encore de la même couleur; ce vilain plumage change à la première mue, au mois de septembre; ils prennent alors beaucoup de plumes blanches, d’autres plus blondes que grises, surtout à la poitrine et sur le dos; ce plumage chamaré tombe à la seconde mue, et ce n’est qu’à dix-huit mois et même à deux ans d’âge que ces oiseaux ont pris leur belle robe d’un blanc pur et sans tache; ce n’est aussi que dans ce temps qu’ils sont en état de produire.

Les jeunes cygnes suivent leur mère pendant le premier été, mais ils sont forcés de la quitter au mois de novembre; les mâles adultes les chassent pour être plus libres auprès des femelles; ces jeunes oiseaux tous exilés de leur famille, se rassemblent par la nécessité de leur fort commun; ils se réunissent en troupes et ne se quittent plus que pour s’apparier et former eux-mêmes de nouvelles familles.

Comme le cygne mange assez souvent des herbes de marécages et principalement de l’algue, il s’établit de préférence sur les rivières d’un cours sinueux et tranquille, dont les rives sont bien fournies d’herbages; les Anciens ont cité le Méandre, le Mincio, le Strymon, le Caystre, fleuves fameux par la multitude des cygnes dont on les voit couverts; l’île chérie de Vénus, Paphos, en était remplie. Strabon parle des cygnes d’Espagne, et suivant Ælien l’on en voyait de temps en temps paraître sur la mer d’Afrique, d’où l’on peut juger, ainsi que par d’autres indications, que l’espèce se porte jusque dans les régions du Midi; néanmoins celles du Nord semblent être la vraie patrie du cygne et son domicile de choix, puisque c’est dans les contrées septentrionales qu’il niche et multiplie. Dans nos provinces nous ne voyons guère de cygnes sauvages que dans les hivers les plus rigoureux. Gesner dit qu’en Suisse on s’attend à un rude et long hiver quand on voit arriver beaucoup de cygnes sur les lacs. C’est dans cette même saison rigoureuse qu’ils paraissent sur les côtes de France, d’Angleterre et sur la Tamise, où il est défendu de les tuer, sous peine d’une grosse amende; plusieurs de nos cygnes domestiques partent alors avec les sauvages si l’on n’a pas pris la précaution d’ébarber les grandes plumes de leurs ailes.

Nid de cygne tuberculé avec deux œufs non éclos (à gauche) et parent surveillant sa couvée (à droite).Néanmoins quelques-uns nichent et passent l’été dans les parties septentrionales de l’Allemagne, dans la Prusse et la Pologne; et en suivant à peu près cette latitude, on les trouve sur les fleuves près d’Azof et vers Astracane, en Sibérie chez les Jakutes, à Séléginskoi, et jusqu’au Kamtschatka; dans cette même saison des nichées, on les voit en très grand nombre sur les rivières et les lacs de la Lapponie; ils s’y nourrissent d’œufs et de crysalides d’une espèce de moucheron dont souvent la surface de ces lacs est  couverte.

Les Lappons les voient arriver au printemps du côté de la mer d’Allemagne: une partie s’arrête en  Suède et surtout en Scaniem. Horrebows prétend qu’ils restent toute l’année en Islande, et qu’ils habitent la  mer lorsque les eaux douces sont glacées; mais s’il en demeure en effet quelques-uns, le grand nombre suit  la loi commune de migration, et fuit un hiver que l’arrivée des glaces du Groenland rend encore plus rigoureux  en Islande qu’en Lapponie.  Ces oiseaux se sont trouvés en aussi grande quantité dans les parties septentrionales de l’Amérique, que  dans celles de l’Europe. Ils peuplent la baie d’Hudson, d’où vient le nom de cary-swan’s-nest que l’on peut traduire porte-nid de cygne, imposé par le capitaine Button, à cette longue pointe de terre qui s’avance du nord dans la baie. Ellis a trouvé des cygnes jusque sur l’île de Marbre, qui n’est qu’un amas de rochers bouleversés, à l’entour de quelques petits lacs d’eau douce; ces oiseaux sont de même très nombreux au Canada, d’où il paraît qu’ils vont hiverner en Virginie et à la Louisiane; et ces cygnes du Canada et de la Louisiane, comparés à nos cygnes sauvages, n’ont offert aucune différence. Quant aux cygnes à tête noire des îles Malouines et de quelques côtes de la mer du Sud, dont parlent les Voyageurs, l’espèce en est trop mal décrite, pour décider si elle doit se rapporter ou non à celle de notre cygne.

Les différences qui se trouvent entre le cygne sauvage et le cygne privé, ont fait croire qu’ils formaient deux espèces distinctes et séparées; le cygne sauvage est plus petit; son plumage est communément plus gris que blanc; il n’a pas de caroncule sur le bec qui toujours est noir à la pointe, et qui n’est jaune que près de la tête; mais à bien apprécier ces différences, on verra que l’intensité de la couleur, de même que la caroncule ou bourrelet charnu du front, sont moins des caractères de nature, que des indices et des empreintes de domesticité; les couleurs du plumage et du bec étant sujettes à varier dans les cygnes comme dans les autres oiseaux domestiques, on peut donner pour exemples le cygne privé à bec rouge dont parle le docteur Plott; d’ailleurs cette différence dans la couleur du plumage n’est pas aussi grande qu’elle le paraît d’abord ; nous avons vu que les jeunes cygnes domestiques naissent et restent longtemps gris; il paraît que cette couleur subsiste plus longtemps encore dans les sauvages, mais qu’enfin ils deviennent blancs avec l’âge; car Edwards a observé que dans le grand hiver de 1740, on vit aux environs de Londres plusieurs de ces cygnes sauvages qui étaient entièrement blancs; le cygne domestique doit donc être regardé comme une race tirée anciennement et originairement de l’espèce sauvage. Mrs Klein, Frisch et Linnæus l’ont présumé comme moi, quoique Willughby et Ray prétendent le contraire.

Extrait de l’Histoire naturelle des oiseaux : Buffon – Le Cygne

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Suivre la noblesse du Cygne

Posté par othoharmonie le 31 octobre 2015

 

Swan_(Cygnus)Dans toute société, soit des animaux, soit des hommes, la violence fit les tyrans, la douce autorité fait les Rois : le lion et le tigre sur la terre, l’aigle et le vautour dans les airs, ne règnent que par la guerre, ne dominent que par l’abus de la force et par la cruauté; au lieu que le cygne règne sur les eaux à tous les titres qui fondent un empire de paix, la grandeur, la majesté, la douceur; avec des puissances, des forces, du courage et la volonté de n’en pas abuser, et de ne les employer que pour la défense: Il sait combattre et vaincre, sans jamais attaquer; Roi paisible des oiseaux d’eau, il brave les tyrans de l’air; il attend l’aigle sans le provoquer, sans le craindre; il repousse ses assauts, en opposant à ses armes la résistance de ses plumes, et les coups précipités d’une aile vigoureuse qui lui sert d’égide, et souvent la victoire couronne ses effort. Au reste, il n’a que ce fier ennemi, tous les autres oiseaux de guerre le respectent, et il est en paix avec toute la Nature; il vit en ami plutôt qu’en Roi au milieu des nombreuses peuplades des oiseaux aquatiques, qui toutes semblent se ranger sous sa loi; il n’est que le chef, le premier habitant d’une république tranquille, où les citoyens n’ont rien à craindre d’un maître qui ne demande qu’autant qu’il leur accorde, et ne veut que calme et liberté. 

Les grâces de la figure, la beauté de la forme répondent, dans le cygne, à la douceur du naturel; il plaît à tous les yeux, il décore, embellit tous les lieux qu’il fréquente; on l’aime, on l’applaudit, on l’admire; nulle espèce ne le mérite mieux; la Nature en effet n’a répandu sur aucune autant de ces grâces nobles et douces qui nous rappellent l’idée de ses plus charmants ouvrages: coupe de corps élégante, formes arrondies, gracieux contours, blancheur éclatante et pure, mouvements flexibles et ressentis, attitudes tantôt animées, tantôt laissées dans un mol abandon; tout dans le cygne respire la volupté, l’enchantement que nous font éprouver les grâces et la beauté, tout nous l’annonce, tout le peint comme l’oiseau de l’amour, tout justifie la spirituelle et riante mythologie, d’avoir donné ce charmant oiseau pour père à la plus belle des mortelles.

A sa noble aisance, à la facilité, la liberté de ses mouvements sur l’eau, on doit le reconnaître, non seulement comme le premier des navigateurs ailés, mais comme le plus beau modèle que la Nature nous ait offert pour l’art de la navigation. Son cou élevé et sa poitrine relevée et arrondie, semblent en effet figurer la proue du Navire fendant l’onde, son large estomac en représente la carène; son corps penché en avant pour cingler, se redresse à l’arrière et se relève en poupe; la queue est un vrai gouvernail; les pieds sont de larges rames, et ses grandes ailes demi-ouvertes au vent et doucement enflées, sont les voiles qui poussent le vaisseau vivant, navire et pilote à la fois.

Fier de sa noblesse, jaloux de sa beauté, le cygne semble faire parade de tous ses avantages; il a l’air de chercher à recueillir des suffrages, à captiver les regards et il les captive en effet, soit que voguant en troupe on voie de loin, au milieu des grandes eaux, cingler la flotte ailée, soit que s’en détachant et s’approchant du rivage aux signaux qui l’appellent, il vienne se faire admirer de plus près en étalant ses beautés et développant ses grâces par mille mouvements doux, ondulants et suaves.

Aux avantages de la Nature, le cygne réunit ceux de la liberté; il n’est pas du nombre des ces esclaves que nous puissions contraindre ou renfermer; libre sur nos eaux, il n’y séjourne, ne s’établit qu’en y jouissant d’assez d’indépendance pour exclure tout sentiment de servitude et de captivité; il veut à son gré parcourir les eaux, débarquer au rivage, s’éloigner au large ou venir longeant la rive, s’abriter sous les bords, se cacher dans les joncs, s’enfoncer dans les anses les plus écartées, puis quittant sa solitude revenir à la société et jouir du plaisir qu’il paraît prendre et goûter en s’approchant de l’homme, pourvu qu’il trouve en nous ses hôtes et ses amis, et non ses maîtres et ses tyrans.

Cygnus buccinatorChez nos ancêtres, trop simples ou trop sages, pour remplir leurs jardins des beautés froides de l’art, en place des beautés vives de la Nature, les cygnes étaient en possession de faire l’ornement de toutes les pièces d’eau; ils animaient, égaiyaient les tristes fossés des châteaux, ils décoraient la plupart des rivières, et même celle de la capitales, et l’on vit l’un des plus sensibles et des plus aimables de nos Princes, mettre au nombre de ses plaisirs, celui de peupler de ces beaux oiseaux les bassins de ses maisons royales; on peut encore jouir aujourd’hui du même spectacle sur les belles eaux de Chantilly, où les cygnes font un des ornements de ce lieu vraiment délicieux, dans lequel tout respire le noble goût du maître.

Le cygne nage si vite, qu’un homme marchant rapidement au rivage, a grande peine à le suivre. Ce que dit Albert, qu’il nage bien, marche mal et vole médiocrement, ne doit s’entendre, quant au vol, que du cygne abâtardi par une domesticité forcée, car libre sur nos eaux et surtout sauvage, il a le vol très haut et très puissant; Hésiode lui donne l’épithète d’altivolans, Homère le range avec les oiseaux grands Voyageurs, les grues et les oies; et Plutarque attribue à deux cygnes, ce que Pindare feint des deux aigles que Jupiter fit partir des deux côtés opposés du monde, pour en marquer le milieu au point où ils se rencontrèrent. Le cygne, supérieur en tout à l’oie qui ne vit guère que d’herbages et de graines, sait se procurer une nourriture plus délicate et moins commune; il ruse sans cesse pour attraper et saisir du poisson ; il prend mille attitudes différentes pour le succès de sa pêche, et tire tout l’avantage possible de son adresse et de sa grande force; il sait éviter ses ennemis ou leur résister; un vieux cygne ne craint pas dans l’eau le chien le plus fort; son coup d’aile pourrait casser la jambe d’un homme, tant il est prompt et violent; enfin il paraît que le cygne ne redoute aucune embûche, aucun ennemi, parce qu’il a autant de courage que d’adresse et de force.

Les cygnes sauvages volent en grandes troupes, et de même les cygnes domestiques marchent et nagent attroupés; leur instinct social est en tout très fortement marqué. Cet instinct le plus doux de la Nature, suppose des mœurs innocentes, des habitudes paisibles, et ce naturel délicat et sensible qui semble donner aux actions produites par ce sentiment l’intention et le prix des qualités morales. Le cygne a de plus l’avantage de jouir jusqu’à un âge extrêmement avancé de sa belle et douce existence; tous les Observateurs s’accordent à lui donner une très longue vie; quelques-uns même en ont porté la durée jusqu’à trois cents ans; ce qui sans doute est sort exagéré ; mais Willughby ayant vu une oie qui, par preuve certaine, avait vécu cent ans, n’hésite pas à conclure de cet exemple, que la vie du cygne peut et doit être plus longue, tant parce qu’il est plus grand, que parce qu’il faut plus de temps pour faire éclore ses œufs; l’incubation dans les oiseaux répondant au temps de la gestation dans les animaux, et ayant peut-être quelque rapport au temps de l’accroissement du corps, auquel est proportionnée la durée de la vie: or, le cygne est plus de deux ans à croître, et c’est beaucoup, car dans les oiseaux le développement entier du corps est bien plus prompt que dans les animaux quadrupèdes.

Extrait de l’Histoire naturelle des oiseaux : Buffon – Le Cygne

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Histoire du Cygne héraldique

Posté par othoharmonie le 27 octobre 2015

 

CYGNE BlasonLe cygne apparaît tôt dans le bestiaire héraldique. Vers 1200, il est déjà présent parmi la vingtaine d’espèces animales ornant les blasons repérées par Michel Pastoureau .

Cependant, si sa présence est ancienne, le cygne demeure un animal relativement peu fréquent dans l’héraldique au cours de la période médiévale. Bien que les oiseaux figurent dans près de 10 % des armoiries portées entre les xiiie et xve siècles, à peine 2 % d’entre elles représentent un cygne. Michel Pastoureau et Laurent Hablot, spécialistes de l’emblématique médiévale, proposent d’expliquer cette rareté par le caractère ambivalent du cygne dans les bestiaires médiévaux. Ainsi, selon Hugues de Fouilloy, rédigeant son De avibus (Le Livre des oiseaux) entre 1130 et 1160 :

« La blancheur du cygne est le symbole du converti. Le cygne a un plumage blanc mais une peau noire. Allégoriquement la couleur blanche du plumage signifie le prétexte sous lequel la peau noire est dissimulée. Parce que le péché de chair est dissimulé par divers prétextes. Lorsque le cygne nage sur la rivière, il tient son cou dressé, parce que l’homme fier, entaché par des possessions matérielles, se rengorge lui-même de posséder des biens transitoires. On dit que le cygne produit un chant d’une immense douceur lorsqu’il est à l’agonie. De même, à la fin de sa vie le fier prend toujours plaisir à la douceur de ce monde, et mourant, il se souvient de ses mauvaises actions. Mais lorsque le cygne est privé de son plumage neigeux, placé sur une broche, il est mis à rôtir dans les flammes. De même, une fois mort, le riche orgueilleux, dépouillé de sa gloire terrestre, est précipité dans les flammes de l’enfer, où il est son châtiment, de sorte que celui qui avait coutume de rechercher les plus viles nourritures, descendu aux abysses, devient nourriture pour les flammes. »

Sa fréquence sur l’écu augmente considérablement à partir du xviie siècle, au moment où le répertoire des meubles et figures héraldiques s’accroît et se diversifie. L’héraldiste Théodore de Renesse dénombre à la fin du xixe siècle 774 familles européennes ayant un cygne ou une tête de cygne sur leur blason. À titre de comparaison, le même auteur ne compte que 12 familles arborant le rat — une figure beaucoup moins appréciée — sur leur écu.

Le cygne est, en héraldique, une figure naturelle qui s’inspire de l’oiseau du même nom. Relativement peu fréquent sur l’écu tout au long du Moyen Âge, cet animal est, en revanche, à compter du xive siècle, une figure courante des ornements extérieurs de l’écu, en particulier le cimier et les supports, de même que sur les devises et emblèmes personnels.

Sa fréquence sur l’écu augmente considérablement à partir du xviie siècle, au moment où le répertoire des meubles et figures du blason s’accroît et se diversifie.

Quand rien n’est précisé, le cygne est représenté passant, les ailes fermées et tourné vers la gauche.

Le cygne est dit becqué, langué ou membré, suivant que son bec, sa langue ou ses pattes sont d’une couleur différente de celle du corps.

Navré, il est transpercé d’une flèche ou d’un dard.

Lorsqu’il est posé sur une onde, c’est-à-dire qu’il paraît nager sur une mer ou une rivière, il est dit nageant.

Dans le premier quart du xiiie siècle, Wolfram Von Eschenbach crée dans son Willehalm le personnage sarrasin de Josweiz. Né d’un père blanc, Matusales et d’une mère noire, une Africaine de Jetakranc, Josweiz a la peau noire et blanche et ses armes représentent un cygne blanc aux pattes et au bec noirs, reflet fidèle de son apparence et de sa filiation.

Dans les armoriaux imaginaires des chevaliers de la Table ronde du xve siècle étudiés par Michel Pastoureau, le cygne n’est qu’exceptionnellement employé. Ne figurant sur aucun écu, il n’est utilisé que dans les cimiers et supports de deux chevaliers jouant un rôle mineur. Le roi Urien de Gorre, beau-frère d’Arthur et père d’Yvain, a pour supports deux cygnes d’argent, becqués et membrés de sable. Patrides le Hardi, neveu de Baudemagu, a pour cimier une tête et un col de cygne d’argent, becqué de sable et pour supports deux cygnes d’argent, becqués et membrés de sable.

Armes parlantes

Selon Michel Pastoureau, le cygne serait, contrairement à d’autres oiseaux comme le coq et le corbeau, rarement employé dans les armes parlantes. Cependant, les exemples sont relativement abondants dans les pays de langue germanique (schwan, cygne en allemand), notamment Schwangau, Schwanberg, Schwanheim, Schwanenberg, Hohenschwangau et Merenschwand.

Histoire du Cygne héraldique dans CYGNE 220px-H%C3%A9raldique_meuble_cygne.svgL’un des exemples les plus célèbres d’armes parlantes avec un cygne est celui du dramaturge Jean Racine, dont le blason familial représentait, sous forme de rébus, un rat au-dessous d’un cygne (Racine ≈ rat-cygne). Appréciant peu la figure du « vilain rat » qui « [le] choquait », Jean Racine ne conserva que le cygne dans les armes qu’il fit enregistrer en 1697 en conformité avec l’édit royal de novembre 1696 : « D’azur au cygne d’argent becqué et membré de sable ».

 

Il peut être difficile de distinguer le cygne de l’oie dans certaines représentations artistiques, en raison de leur morphologie semblable (les deux appartiennent à la famille des Anatidés) et de la couleur blanche qu’ont en commun toutes les espèces de cygnes de l’hémisphère nord et plusieurs races d’oie domestique. Cette confusion peut se retrouver en héraldique.

 

L’alcyon est, d’après la mythologie grecque, un oiseau aquatique fabuleux qui faisait son nid sur les flots de la mer. Souvent identifié avec le martin-pêcheur, la mouette, le pétrel, le goéland ou le cygne, il est figuré dans ses plus anciennes représentations héraldiques comme un martin-pêcheur dans son nid, donc comme un oiseau de taille moyenne, au bec pointu. L’apparence de l’alcyon s’est ensuite modifiée puisque ses représentations plus tardives en font une « sorte de cygne, représenté dans son nid et voguant sur les flots ».

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L’exception du canard mandarin

Posté par othoharmonie le 21 octobre 2015

 

Mandarin mâle et femelle 

Le canard mandarin est un symbole de la fidélité en Asie (il est parfois offert en cadeau à un couple de jeunes mariés en Chine), car il vit en couple toute sa vie durant. La femelle pond de six à douze œufs par an qu’elle couve pendant environ 28 jours, entre avril et juillet.

Il fréquente toutes sortes d’étendues d’eau, à condition qu’elles soient à proximité d’une forêt assez dense.

Reconnaissable entre tous, le mâle se distingue par la forme et la couleur si particulière de ses ailes. Il perd ce plumage resplendissant après la période de reproduction (vers la fin du printemps), pour prendre une apparence plus proche de la femelle, à tel point qu’il peut être difficile de les différencier.

Il mesure entre 41 et 49 centimètres de long pour une envergure allant de 65 à 75 centimètres. Le mâle pèse dans les 630 grammes et la femelle 570 grammes.

Le Canard mandarin (Aix galericulata) est une espèce de canards appartenant à la famille des anatidés, originaire d’Asie du Nord-Est. Il peut cependant être observé à l’état sauvage en Europe où quelques individus échappés de captivité se sont acclimatés et s’y reproduisent aujourd’hui régulièrement.

 L’exception du canard mandarin dans OIE ET CANARD

L’alimentation du canard mandarin varie en fonction des saisons. En automne et en hiver il consomme surtout des glands et des graines. Au printemps il se nourrit principalement d’insectes, d’escargot, de poissons et de plantes aquatiques. En été il se nourrit surtout de vers, de petits poissons, de grenouilles, de mollusques et de petits serpents. 

L’habitat traditionnel de l’espèce est le nord-est de la Chine, le Japon, Taïwan et la Corée. Des populations sont présentes dans certaines régions d’Europe comme la Grande-Bretagne ou la région de Berlin, probablement issues d’individus échappés de jardins zoologiques ayant réussi à s’acclimater.

Bien que très répandu en Asie du Sud-Est, c’est une espèce menacée suite à la destruction de son habitat naturel, la forêt. En 1980, le Japon a commandé 3 000 couples de canards mandarins aux Pays-Bas pour repeupler son territoire.

En revanche la variété blanche est considérée comme domestique.

Le Canard mandarin bénéficie d’une protection totale sur le territoire français depuis l’arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire2. Il est donc interdit de le détruire, le mutiler, le capturer ou l’enlever, de le perturber intentionnellement ou de le naturaliser, ainsi que de détruire ou enlever les œufs et les nids, et de détruire, altérer ou dégrader son milieu.

Le Mandarin, tout le monde le connait pour l’avoir vu au moins une fois dans sa vie, d’autres pour le détenir et l’élever.
Paré de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, le mâle est souvent désigné dans la littérature comme le plus beau canard du monde. Comme les 143 espèces différentes d’anatidés, on le trouve parfois sur des eaux stagnantes ou tumultueuses comme celles des torrents, à l’embouchure des fleuves en limite de la mer. Mais sa prédilection reste les petits lacs ou les étangs entourés de forêts. Là est son véritable domaine.

Le mâle possède un merveilleux plumage, il faut l’avoir vu sur l’eau en période d’excitation, avec sa huppe érectile et ses rémiges secondaires tenues à la manière de deux drapeaux roux-orangé. Un assortiment de couleurs des plus réussi orne le plumage, c’est un « mariage » de blanc, de jaune, d’orange, de bleu métallisé de chamois et de beige avec ici ou là un peu de noir. Nous ne le décrirons pas davantage puisque vous pouvez l’admirer en photo. Il a également, toujours pour se mettre en valeur, la possibilité de « gonfler » les plumes de sa tête d’où partent des plumes chatain-orangé. L’ensemble forme une sorte de huppe. Les scapulaires : plumes tertiaires de la partie interne de l’aile (celles qui ressemblent à des petits drapeaux) ont la particularité de pouvoir être tenues soit à la verticale, soit couchées sur l’arrière du dos.

La femelle, paraît terne, le ventre et la sous-queue sont blancs, la tête est grise, le reste du corps est brun, une marque blanche part de l’oeil et se dirige vers l’arrière de la nuque. Certaines ont un bec gris, d’autres l’ont rouge presqu’aussi soutenu que celui du mâle. Chez certaines la couleur des pattes diffèrent également, elles sont jaunâtre lorsque le bec est rouge ou brunes lorsque le bec est gris. En apparence les mandarins sont de petits canards avec un bec court, une tête large, un petit cou et une queue relativement longue par rapport au reste du corps. Un mâle adulte mesure en moyenne 45 cm de long et pèse environ 630 grammes. Un femelle pèse aux environs de 570 grammes.

 La tradition chinoise veut que les couples de canards mandarins restent ensembles toute la vie.

Dans le feng-shui, le couple de canards mandarins représente vraiment l’amour, le bonheur et la fidélité conjugale.

En pratique, l’image du canard mandarin chinois sert à améliorer la présence de l’amour dans la vie, la chance en amour, ou à renforcer la qualité de la vie conjugale. 

  C’est le voeux d’un mariage harmonieux et le véritable symbole de la fidélité et du bonheur conjugal.

On en trouve facilement sous la forme de pendentif, figurine ou statuette, que ce soit en bois, en résine ou en pierre, et l’on pourra les placer aussi bien dans le salon que dans la chambre de la maison.

Le couple de canards mandarins est aussi un objet que l’on peut offrir lors d’un mariage, ou d’un anniversaire de mariage, pour souhaiter au couple un amour et un bonheur durable.

 

 

 

 

 

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Les canards célèbres

Posté par othoharmonie le 17 octobre 2015

 

 

Canard célèbreDans la langue du journalisme, on appelle canard une bourde, une chose absurde présentée avec toutes les apparences de la vérité, quelquefois même appuyée de dissertations historiques ou scientifiques qui semblent de nature à écarter toute accusation de supercherie.

Le mot canard a pénétré dans le langage courant pour désigner une fausse nouvelle, une mystification.

Un auteur contemporain donne au canard l’origine suivante :

« Pour renchérir sur les nouvelles ridicules que les journaux de France lui apportaient tous les matins, un journaliste belge imprima, dans les colonnes d’une de ses feuilles, qu’il venait de se faire une expérience très intéressante et bien propre à caractériser l’étonnante voracité du canard. Vingt de ces volatiles étant réunis, on hacha l’un d’eux avec ses plumes et on le servit aux autres qui le dévorèrent gloutonnement. On immola le deuxième, qui eut le même sort, puis le troisième, et enfin successivement tous les canards, jusqu’à ce qu’il n’en restât plus qu’un seul, qui se trouva ainsi avoir dévoré les dix-neuf autres, dans un temps déterminé et très court. Cette fable, spirituellement racontée, eut un succès que l’auteur était peut-être loin d’en attendre. Elle fut répétée par tous les journaux de l’Europe ; elle passa même en Amérique, d’où elle revint chargée d’hyperboles. On en rit beaucoup, et le mot canard resta pour désigner les nouvelles invraisemblables que les journaux offrent chaque jour à la curiosité de leurs lecteurs. »

L’origine du canard nous semble beaucoup plus ancienne. L’auteur d’un ouvrage publié en 1605, dédié à Sully et intitulé : Histoire admirable des plantes et herbes esmerveilleuses et miraculeuses en nature, dit très gravement qu’il existe un arbre dont la moëlle est de fer, et d’autres arbres dont les fruits tombés dans les eaux se changent en poissons et les fruits tombés sur terre se transforment en oiseaux volants. Il parle surtout d’un arbre, lequel estant pourry produit des vers, puis des canards vivans et volans. Du Bartas, le poète de l’époque, a chanté cet arbre merveilleux.

….. Dans les glaneuses campagnes
Vous voyez des oysons qu’on appelle gravagnes,
Qui sont fils (comme on dit) de certains arbrisseaux
Qui leur feuille féconde animent dans les eaux.
Ainsi le vieil fragment d’une barque se change
En des canards volans : ô changement estrange!
Même corps fut jadis arbre verd, puis vaisseau,
Naguère champignon et maintenant oiseau.

Il est très probable que le volatile, si singulièrement engendré, dont parlent Du Bartas et le naturaliste, son contemporain, n’est autre que la macreuse (canard de mer). En effet, pendant longtemps, les marins, n’ayant jamais pu découvrir de nids de macreuses — par la raison que ces oiseaux font leurs nids dans les régions les plus froides du globe — ont prétendu que la macreuse prenait naissance dans les coquillages attachés aux débris des vaisseaux. Le nom scientifique de la macreuse prouverait même que les savants partagèrent, jusqu’à un certain point, cette croyance : en effet, ils l’ont appelée anatife ou anatifère, deux mots latins anas (canard) et ferre (porter). Les marins de nos jours donnent encore le nom de graine de canards à un coquillage qui s’attache particulièrement aux carènes des vieux navires.

Ne pourrait-on pas admettre que la croyance relative à la macreuse, tournée plus tard en ridicule, amena l’emploi du mot canard avec le sens figuré qu’il a pris dans la conversation. Usité d’abord parmi les marins, il aurait passé ensuite dans le langage populaire, et l’histoire du journaliste belge, qui probablement connaissait la légende du canard de mer, l’aurait fait pénétrer dans la langue du journalisme, où il a fait fortune.

Quoiqu’il en soit, les journaux de notre époque, même les plus sérieux, se livrent avec un zèle infatigable à l’éducation du canard. Telle absurdité plaisante, sortie du cerveau d’un journaliste, entre deux verres de Champagne, est servie le lendemain au public avec une gravité et un appareil de mise en scène qui trompent quelquefois les gens du métier eux-mêmes.

Le canard le plus célèbre est, sans contredit, celui auquel on a donné le nom de serpent de mer, du Constitutionnel. De temps à autre, ce journal, peu plaisant s’il en fut, publie un article constatant, avec preuves à l’appui, que les passagers de tel navire, commandé par le capitaine un tel, ayant à son bord tel ou tel savant, ont aperçu, dans les eaux de telle mer, un monstrueux serpent dont ils ont pu reconnaître exactement les formes, les mouvements et les caractères distinctifs. L’article, assaisonné aux meilleures sauces, dans les cuisines de la rédaction, est servi tout chaud aux lecteurs émerveillés. Les initiés rient dans leur barbe, et les autres croient avoir ajouté un beau fleuron à leurs connaissances en histoire naturelle.

Le serpent de mer du Constitutionnel a fait si bonne route qu’on dit souvent : c’est un serpent de mer au lieu de : c’est une fausse nouvelle, une plaisanterie.

Ce n’est pas que le serpent de mer n’existe que dans l’imagination des journalistes en bonne humeur, comme beaucoup sont portés à le croire. Cet animal n’est pas un mythe, et nous aurons occasion de lui consacrer un article.

Les canards ne sont pas toujours à l’adresse des naïfs et des ignorants. L’Académie des sciences elle-même en a avalé plus d’un, et du plus beau plumage; témoin l’histoire suivante, qui vaut la peine d’être racontée.

Les canards célèbres dans OIE ET CANARD 220px-1993_06_theatre_donald_duckLe célèbre Ampère était aussi distrait que savant. Un jour, il devait lire, à une séance de l’Académie, un rapport sur une question de la plus haute importance. Arrivé à l’Institut, quelques minutes seulement avant l’ouverture de la séance, Ampère s’aperçut qu’il avait oublié chez lui le rapport qu’il devait lire. Très contrarié de cet oubli, il s’arrêta sur la première marche de l’escalier et se mit à réfléchir à ce qu’il devait faire. Machinalement, sa main s’était posée sur la pomme de marbra de la rampe où le soleil dardait à ce moment de chauds rayons. Il remarqua que le côté de la pomme exposé au soleil était relativement chaud, tandis que l’autre côté, placé à l’ombre, avait la froideur ordinaire du marbre. Il remarqua en outre que la pomme, légèrement dévissée, pouvait faire un demi-tour de plus sur elle-même. Il lui fit faire ce demi-tour, de façon que le côté chaud se trouvât à l’ombre et le côté froid au soleil. Alors un sourire narquois apparut sur ses traits, et montant dans la salle où l’attendaient ses collègues déjà réunis, il leur dit : « Messieurs, avant de vous donner lecture de mon rapport, j’ai hâte de vous faire constater un phénomène étrange. » Il les conduisit alors au pied de l’escalier, leur fit toucher la pomme merveilleuse, froide du côté du soleil et chaude du côté de l’ombre, et s’amusa pendant plus d’une heure de leurs exclamations de surprise et des explications que la plupart donnaient incontinent. L’Académie rentra en séance, et, sans plus penser au rapport que devait lire Ampère, mit à l’ordre du jour cette question : « Pourquoi une pomme de marbre, exposée au soleil, reste-t-elle froide du côté où dardent les rayons solaires, et devient-elle chaude du côté placé à l’ombre ? »

Pondant plusieurs mois, bon nombre d’académiciens s’escrimèrent à expliquer le phénomène, mais pas un n’eut l’idée de s’assurer de la véracité du fait, en exposant une pomme de marbre au soleil. Le plus curieux de l’affaire, c’est qu’Ampère lui-même présenta à ses collègues un mémoire où il prétendait donner une explication irréprochable au point de vue de la science. Un beau jour enfin, la piste fut éventée, les rieurs eurent beau jeu et Ampère se fit, à l’Académie des sciences, des ennemis irréconciliables.

Une aventure du même genre advint, il y a quelques années, à une académie de province. Un chroniqueur l’a racontée comme il suit :

« S’il m’en souvient bien, c’était à… ne nommons pas la ville. Respect aux académies malheureuses ! Un jour, le président arriva rouge d’émotion, et tout haletant de joie :

» Messieurs et honorés collègues, dit-il, je viens vous proposer de décerner à l’un de nos compatriotes, le docteur V…, chirurgien de marine, en ce moment à Chandernagor, un diplôme de membre correspondant. Le docteur V… doit prendre rang désormais parmi les plus illustres bienfaiteurs de l’humanité. Il vient d’inventer une manière de guérir les fractures des membres, qui ouvre une voie nouvelle et brillante à la chirurgie. Voici la lettre que j’ai reçue de lui tout à l’heure :

« Mon cher maître, ce matin, un matelot, tombé du haut d’une vergue sur le pont, s’est brisé la jambe gauche. Il gisait sans pouvoir se relever, quand un de ses camarades accourt et entoura le membre fracturé de ficelle goudronnée. Aussitôt le blessé, qui n’avait donné aucun signe de douleur, se relève et reprend immédiatement son service, comme s’il ne lui fut rien arrivé. Je compte bien désormais user d’un moyen aussi héroïque, quand pareil cas se renouvellera. »

L’Académie, à l’unanimité des suffrages et par acclamation, accorda le diplôme demandé.

» Le président se hâta d’écrire à Chandernagor pour annoncer au docteur V… la glorieuse marque de sympathie et d’admiration que lui décernait l’élite savante de ses concitoyens.

» Le docteur répondit :

« Merci à vous et à l’Académie, mon cher maître. A propos! J’étais si pressé l’autre jour en vous écrivant, que j’ai oublié de mentionner un détail peu important, sans doute, mais qui complète l’observation chirurgicale qui me vaut tant d’honneur. La jambe cassée du matelot était une jambe… de bois. »

Le canard n’a quelquefois d’autre but que de faire courir les gens. C’est alors une sorte de poisson d’avril. Un journal annonça un jour que le puits de Grenelle lançait dans ses gerbes d’eau de beaux petits poissons rouges, tout prêts à être mis en bocal, et que le gardien du puits les cédait à un prix modéré. Il vint des acheteurs. Un autre annonça que désormais le public serait admis à visiter l’intérieur de l’obélisque : il se présenta des visiteurs. Un troisième rapporta que, dans les fouilles faites à Alise, on avait retrouvé une paire de pistolets qui, grâce à une inscription, étaient reconnus pour avoir appartenu à César. Le public pourrait aller admirer ces pièces rares au musée de Cluny, où le gouvernement les avait fait déposer. Et il vint au musée de Cluny des curieux qui demandèrent à voir les pistolets de César.

Image illustrative de l'article Le Canard enchaînéA un degré moins élevé de l’échelle sociale, le canard est un puissant élément de succès pour les exhibiteurs de curiosités qui parcourent les foires et les fêtes de banlieue. Nous avons vu le prospectus d’un Musée antique qui annonçait, entre autres merveilles : un pépin de la pomme qu’Eve offrit à Adam — le plat sur lequel Esaü mangea les lentilles qui lui coûtèrent si cher — un morceau de la mâchoire d’âne avec laquelle Samson assomma tant de Philistins — le glaive avec lequel Judith trancha la tête à Holopherne — la queue du chien d’Alcibiade — le cheveu qui tenait suspendue l’épée sur la tête de Damoclès, etc.

Qui de nous est sûr de n’avoir pas, plus d’une fois, avalé des canards, absolument comme il arrive aux habitués des restaurants de Paris de manger du chat pour du lapin et du cheval mariné pour du sanglier?

issu du site : Le dictionnaire des curieux

 

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La chouette et les Dieux

Posté par othoharmonie le 13 octobre 2015

la chouette et les dieuxAh les chouettes ! Vous avez la  » hulette  » (hulotte). 
Vous avez le chat-huant qui vit dans les grands bois, mais qui est très rare, 
qui fait « houhouhouhou… houhouhouhouhou… houhouhouhou… ».

Et vous avez la toute petite, très rare de nos jours aussi, 
qui faisait encore une fois son nid dans les souches de pré. 
Maintenant elles ont presque disparu.

Ou alors, dans les nids de muraille, dans les vieux nids de muraille, on appelait ça le « choutôt » (chevêche): « kwioucoucou, kwîou, kwî-ou… kwîoucoucou, kwîou, kwîou ». Cet oiseau-là, j’en ai trouvé étant gosse. Sûrement, il y avait encore des vieilles rues, des chemins creux, des « queules » (souches) dans les « pians » (haies), des souches creuses des chênes, d’ormes, ou de toutes espèces d’arbres. C’était plein de nids. Ils appelaient ça des « écornées »: ils laissaient un gros pied de chêne et ils coupaient le bois tous les dix quinze ans, tout du long, au fur et à mesure de la repousse.

Au bout d’un certain temps, le pied se creusait et il venait un trou. Alors, sur cette écornée-là, elle était pas bien haute, je montais facilement, en deux ou trois sauts j’étais dessus. J’avais dix douze ans, à peine, il y a bien cinquante-cinq ans de ça. Un jour, en montant sur la souche, j’ai trouvé un nid de chouette, avec six oeufs dedans. Naturellement, j’ai jamais rien fait de mal aux oiseaux. J’y passais tous les jours, c’était au bout du chemin, en bas de la bergerie. Alors, tous les jours, quand les oeufs ont été éclos, je montais voir les petites chouettes. Les premiers temps, elles ne voyaient pas clair, je ne les touchais pas. Mais quand elles ont été toutes emplumées, quand elles ont commencé d’ouvrir les yeux, elles se retournaient sur le dos, avec les griffes en avant.

Là, fallait pas les toucher ! Alors, tu y vas tous les jours, tu te mets pas loin d’elles et tout d’un coup, tu fais « touoût… touoût… ». Petit à petit, tu leur donnes confiance. Elles sifflent, elles crachent, elles font fff…, mais elles ne se retournent plus sur le dos avec les griffes en avant. Et quand elles ne se retournent plus, tu viens tous les jours t’asseoir près du nid et tu continues: « touoût… touoût… touoût… « et tu commences d’avancer la main vers elles, mais faut aller doucement, tout doucement. Faut d’abord faire voyager ta main sur elles sans les toucher, et après tu peux les toucher, et après tu peux les flatter. C’était au mois de juin, avant les vacances.

Les chouettes restent longtemps dans le nid avant de s’envoler. Elles faisaient leurs petits assez tard, ça dépend des nichées. Je montais m’asseoir sur la souche tous les jours, pendant que mes moutons étaient avec ma chienne. Et je prenais les chouettes, j’en mettais une sur mon épaule, j’en mettais une dans ma poche, j’en mettais une sur ma tête…, elles ne bougeaient pas.

Elles ne bougeaient pas, tout à coup, j’étais assis au milieu des chouettes, voilà ma grand-mère qui arrive, une bonne vieille de quatre-vingts ans, ah, cinq cents nom de nom !

- Mais, elle dit, qu’est-ce que tu fais là-dessus ? Pose-moi ça, pose-moi ça! Je ne veux plus te voir, pose-moi ça!

Mais non, je ne l’ai pas écoutée, tu sais bien, quand on est gosse! Je suis resté avec mes chouettes. Eh bien ! elle a fait demi-tour, et ce jour-là, elle n’est pas revenue garder les moutons avec moi, et elle est restée un sacré bout de temps sans revenir. Ça l’avait sidérée de m’avoir vu avec des chouettes tout à l’entour de moi.

Mais tu sais, dans le temps, on les crucifiait, les chouettes. C’est un oiseau qu’on voyait la nuit. Et souvent la nuit, quand on se trouve tout seul, dans un coin, qu’on entre dans une grange, si on croise une chouette, ça fait lugubre.

On a même coutume de dire que, quand les vieux entendaient une chouette non loin d’eux le soir, qu’elle faisait « houhouhou », ils disaient que c’était leur fin, c’était la chouette qui les appelait, c’était un oiseau de malheur.

Etant jeunes, on allait souvent grimper dans les murailles de la tour, au vieux château. Et au-dessus, il y avait encore les quatre trous des arquebusiers, comme ils disaient. Dans ces trous-là, tous les ans, on trouvait un nid de tiercelet, le tiercelet rouge, I’émouchet (faucon crécelle).

Et en bas, les deux ou trois trous, c’était sans doute pour loger une arquebuse, des trous qui avaient une visée, un découvert, tu pouvais sans doute tirer si les autres approchaient trop près du château. Alors là, il y avait d’autres nids: c’était des effraies.

A l’époque, ils disaient que le plus grand destructeur de taupes, c’était l’effraie, la chouette. Alors ça, je le croirais bien, parce que, tout à l’entour du nid, chaque fois qu’on montait voir, il y avait des taupes. Il y avait des taupes.

Extrait de « Demain j’aurai mille ans » Contes et récits paysans – Maurice Digoy et Rémi Guillaumeau.
Éditions du pas de l’âne. 7, place Sainte Barbe – 71400 AUTUN

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LA VIE SOCIALE DE L’OIE

Posté par othoharmonie le 11 octobre 2015

 

 

OIEL’oie est un animal grégaire; elle a donc une tendance naturelle à rejoindre ses congénères. Ce comportement est hautement appréciable lorsqu’il faut conduire les oies en groupe d’un endroit à un autre. C’est avec plaisir que je me souviens de l’air ébahi d’automobilistes arrêtés par mon troupeau d’oies qui se rendaient en rangs serrés d’une pâture à une autre.

Les oies ne craignent pas les autres animaux et font face, notamment, aux chats ou aux chiens même de grande taille.

Cohabitation avec d’autres espèces

La poule peut cohabiter avec d’autres espèces, tels que le canard ou l’oie. Néanmoins, il faut veiller à satisfaire les besoins des uns et des autres au niveau de l’alimentation ou du logement.

Le plus simple est de faire cohabiter les animaux ensembles depuis leur plus jeune âge. Un regroupement plus tardif peut parfois amener des problèmes.

Lors de l’introduction d’un nouvel animal dans une basse-cour, il faut savoir que le dernier arrivé est d’office placé en bas de la pyramide hiérarchique. Puis la personnalité de chaque individu se manifeste au point, parfois, de bousculer toute la hiérarchie mise en place et d’en détrôner les meneurs.

On ne peut que recommander une vigilance très accrue au moment de l’introduction d’un nouveau venu. Les réactions peuvent se révéler très violentes. Blessure(s) et mort dans les cas graves peuvent survenir dans les premières heures, voir les premiers jours. Attention, les canards de Barbarie peuvent être très agressifs vis-à-vis de leurs congénères.

Une manière de contourner la difficulté est de profiter d’un changement d’enclos pour introduire le ou les nouveau(x) venu(s). Tous les animaux sont placés sur un pied d’égalité: la nouveauté pour tout le monde. La curiosité et la découverte d’un nouvel environnement occulte un peu la compétition entre animaux. Néanmoins, une surveillance est nécessaire pendant les premières heures, voire pendant 1 jour ou 2.

Il ne faut pas croire que l’animal le plus grand en taille dominera automatiquement le plus petit. L’établissement d’une hiérarchie intra et inter-espèce est bien plus subtil que cela. Chez nous, il est déjà arrivé qu’un jeune canard fasse seul la loi au sein d’un groupe d’une quinzaine d’oie: il s’arrogeait le droit de manger en premier et sans partage.

Observer les animaux permet d’observer la hiérarchie au sein d’un groupe. Par exemple, si l’eau ou la nourriture vient à manquer pendant une heure ou deux, la hiérarchie est mise à jour au moment du ravitaillement. Est-ce une poule qui becque un canard? Ou bien un grand canard qui empêche une jeune cane d’accéder à l’abreuvoir? Visiblement, certains règnent sans partage.

C’est la raison pour laquelle, il faut être particulièrement vigilant quant à l’approvisionnement en eau et nourriture quand la basse-cour est peuplée. La taille du poulailler et de la volière est également un facteur à ne pas négliger pour une cohabitation inter-espèce réussie. Permettre à un dominé de fuir facilitera aussi la cohabitation. Plantez même l’un ou l’autre buisson dans la volière afin de permettre à un animal pourchassé de se cacher. Pensez à choisir des mangeoires qui donnent accès au plus grand nombre. Choisissez un abreuvoir circulaire ou linéaire suffisamment grand pour éviter les bousculades.

 

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Les plumes et le duvet

Posté par othoharmonie le 10 octobre 2015

 

 

Contrairement aux discours de l’EDFA (ASSOCIATION EUROPÉENNE DES INDUSTRIES DE PLUMES ET ARTICLES DE LITERIE), les plumes et le duvet (1)  utilisés très largement par les industries de l’habillement et de la literie sont bel et bien issus de la cruauté.

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En effet, la majorité des plumes et du duvet utilisés pour garnir divers textiles ne sont pas issus du plumage d’animaux déjà morts, ni de la récupération de plumes tombées à terre dans les élevages !

Le plumage à vif est la méthode standard dans les principaux pays producteurs ! 

En 2009 les journalistes de France 2 ont filmé un élevage d’oies en Hongrie. Ces volatiles sont plumés à vif, leur douleur est insoutenable tout comme les images diffusées dans le cadre de ce reportage.

La Hongrie n’est malheureusement pas le seul pays à pratiquer cet acte cruel… 

Le plumage des oies vivantes peut représenter jusqu’à 80% de la collecte mondiale des plumes et si la Chine prend une importance croissante, les principaux producteurs de plumes sont européens, parmi lesquels la Hongrie, la Pologne et… la France.

Les plumes sont arrachées du cou, du dos et de la poitrine, en blessant souvent grièvement les animaux. Les plaies sont, dans le meilleur des cas, cousues immédiatement et sans anesthésie par les ouvriers et les ouvrières.​

Les animaux sont ensuite soit laissés dehors – c’est ainsi que les animaux plumés vivants souffrent, en plus de leurs blessures, du froid, et cela afin que nous ayons bien chaud ! – soit ré-entassés dans des hangars dans des conditions désastreuses.

Le 30 Juin 2009, à 40 km de Hambourg, dans le village de Königsmoor, Allemagne…

En secret et dans la plus grande sécurité le personnel de l’une des plus grandes installations d’élevage d’oies en Allemagne commet des cruautés illégales envers les animaux. Systématiquement, des centaines d’oies sont brutalement poussées vers une machine à plumer, machine créée en réalité pour le plumage d’animaux morts.

Sur cette vidéo tournée à leur insu, on peut voir les disques rotatifs en métal cassant le duvet de la peau des oies pleurantes. Les machines résonnent comme les scies circulaires, et on peut entendre les cris de panique des oies. Un employé attrape les oies grossièrement à l’aile ou la gorge, pour les plumer. Les oies essaient de fuir et elles sont poussées à coup de pied dans la machine à plumer. Un membre du personnel se met en colère et frappe sur une oie. Les animaux une fois plumés sont jetés dans le pâturage – ils s’enfuient, ils sont paniqués. Quelques animaux restent, la procédure de plumage leur a infligée des blessures trop graves pour survivre, bon nombre d’entre eux mourront. 

(1)Lexique spécialisé :

  • Le duvet : Plumage formant la première couche des oiseaux aquatiques et se composant de touffes de filaments légers et moelleux qui poussent à partir d’un noyau faiblement ébauché, mais n’ont ni tige ni vexille.
  • La plume : Enveloppe cornée des volailles. Elle a un vexille plus court et plus doux que les pennes et, contrairement aux flocons de duvets, elle a une tige bien développée.

 

téléchargement (2)Dans le doute, n’achetez pas !

D’une part, des produits déclarés « sans plumage à vif » peuvent provenir d’animaux qui avaient été précédemment plumés à vif ! Les magasins qui vendent des oreillers et des couettes ne savent pas toujours d’où viennent les plumes ni comment elles sont produites à causes de nombreux intermédiaires de la filière.

​Et si vous vous demandez si les plumes qui se trouvent dans vos oreillers, doudounes, coussins et autre proviennent d’une oie ou d’un canard vivant à qui on a arraché les plumes  ou si elles proviennent d’un volatile mort, vous constaterez qu’il n’y a à ce jour aucun moyen de le savoir.

Explications dans l’excellent et très complet article fait par l’association Respect Animal.

A noter : même si la production de volailles (poulets, dindes, pintades) est la seconde production de viande en France après le porc et devant le bœuf et le veau, les plumes ne représentent environ que 5% du poids vif des animaux, et la production de  »plumes neuves », par opposition aux « plumes de récupération », via ce canal, est d’une importance toute relative.​​

 

 

Le cas du duvet de canard…

Selon l’état actuel de nos informations, on ne plume pas les canards, vivants s’entend… Malheureusement, là encore, il y a de nombreuses possibilités de fraude : on pourrait y mêler du duvet d’oie, et les éleveurs de canards pourraient être incités à plumer également leurs animaux.

En outre, la plupart des canards sont engraissés dans des élevages de masse cruels, et souffrent par millions pour la production de foie gras..

 Pour comprendre ce qu’est le foie gras, n’hésitez pas à vous rendre sur le site de l’association L214 !​​

 Au 21ème siècle …

Il existe tant de matières alternatives pour assurer notre confort ! Les produits synthétiques sont tout aussi efficaces et confortables !

Ainsi le polyester ou le gel microfibre reproduisent de nos jours parfaitement dans les couettes et autres articles de literie l’effet gonflant typique du duvet de canard ou du duvet d’oie. Il existe de nombreuses variétés de fibres en polyester (Quallofil Air, Hollofil, Cyclafill…). Plus les fibres sont élaborées de façon à contenir de l’air, plus elles sont légères tout en restant isolantes. Certaines sont siliconées pour avoir un toucher proche des couettes naturelles, les fibres glissent plus facilement les unes sur les autres comme le duvet.

Ces matières synthétiques ont également un très bon pouvoir isolant comme en témoigne leur emploi par les unités spéciales de l’armée ou les fabricants de vêtements et literie pour les sports extrêmes… – « Sur le plan du confort thermique, notre test ne montre pas de réelle différence entre naturelle et synthétique » Que Choisir, article sur les couettes, décembre 2011. 

De plus, ces alternatives synthétiques sont moins chères, plus résistantes à l’humidité, et conviennent également aux allergiques (certaines personne le sont aux plumes et duvet).

Et les alternatives synthétiques aux plumes et duvet ont également tout bon côté environnemental, si on les compare avec les bilans environnementaux de la production de plumes et de duvet (élevages industriels + traitement par des procédés chimiques complexes), lesquels sont extrêmement négatifs !

Sans parler bien sûr du nettoyage : pour le nettoyage des couettes en plumes et duvet, direction le pressing ! Les couettes synthétiques présentent de grands avantages écologiques également en termes d’entretien : elles passent à la machine à laver, de 30 à 90°, ainsi qu’au sèche-linge !

Enfin, la plupart des fabricants développent des gammes à base de polyester recyclé, souvent associées à des enveloppes également « vertes », coton « bio », viscose de bambou, etc. 

​Ces souffrances inimaginables sont infligées pour des raisons évidentes de rentabilité.

Les vétérinaires contactés parlent de torture, ces pauvres bêtes pourront être plumées 4 fois pour récolter des plumes ou du duvet toujours plus doux pour contenter les acheteurs…

 

 oies-blanches

​ Le cas du duvet d’OIES…

 

Au cours de leur brève existence, les oies sont plumées 2 à 4 fois à la main par des « brigades de plumage ». Ce travail est payé à la pièce : en l’espace de 5 heures, on plume ainsi à nu environ 3000 animaux. L’Union Européenne interdit cette façon de procéder mais il n’y a pas de sanction!

Les usages méconnus des plumes….

En sus des utilisations connues des plumes pour habillement et literie, les industriels exploitent de bien d’autres manières ces produits de la souffrance animale ! Ainsi on trouve des plumes dans les matériaux d’isolation, l’industrie automobile, les engrais et les farines animales (ainsi, entre autres utilisations, la poudre de plume ou farine sert comme farine animale, et transformée, donne la cystéine, utilisée en boulangerie comme correcteur de la force de la pâte à pain…).

 

Des articles pour aller plus loin …

Un très bon article synthétique sur le sujet, avec deux vidéos, d’Animalier.

Un article de la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, qui explique de façon pragmatique les réalités de l’industrie : « Production de plumes et de duvets«  

L’article de l’association One Voice dénonçant la prise de position en 2010 de l’EFSA, favorable à la collecte sur animaux vivants !

​Un article de la fondation « 30 millions d’amis » faisant le point sur la situation et la législation européenne.

Un article en français expliquant le scandale allemand de 2009.

Une vidéo de campagne de PETA à la fois sur le plumage et le foie gras.

SOURCE DE l’ARTICLE : http://www.laissons-leur-peau-aux-animaux.org/

 

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Histoire de L’oie d’Anjou

Posté par othoharmonie le 4 octobre 2015

oie d'AnjouL’oie blanche fait partie du paysage agricole de la région historique de l’Anjou depuis le Moyen Age. Cette ancienne province solidement ancrée sur les cours de la Loire, de la Sarthe, du Loir et de la Mayenne recouvre les départements actuels du Maine et Loire, du sud de la Mayenne, du sud ouest de la Sarthe et du nord de l’Indre et Loire. 

L’oie figurait et figure encore sur certains blasons comme celui de la ville de L’Oie. Beaucoup de lieux dits de la région font référence à l’oie et au piron (nom local donné aux jeunes oies mâles). 

C’est en partie du à la présence de ce réseau hydrographique dense que l’élevage des oies a trouvé naturellement sa place. La nature des sols, la présence de nombreuses mares et la douceur du climat procurent toutes les conditions nécessaires à l’éclosion  précoce des oisons et au maintien de la couleur blanche des plumes de nos oies. 

Au Moyen Age, l’oie était omniprésente dans les basses cours de ferme et procurait aux fermiers jusqu’à peu, la plume et le duvet nécessaires à la fabrication de vêtements, couettes matelas et oreillers. En plus de la viande, la peau de l’oie était tannée en mégisserie pour confectionner des houppes à poudre mais aussi des gants, manchettes et faux cols ainsi que des vêtements pour les enfants. Cette peau était commercialisée sous le nom de « cygne ». 

Les marchés de Château Gontier et de Brissac Quincé qui ont lieu à laSaint Maurice remontent au XVe siècle. D’autres marchés dont ceux deLongué et de Vihiers aussi très anciens rassemblent plusieurs milliers d’oies. Tous les écrits des voyageurs font mention de la présence de ces troupeaux d’oies (« les gardeuses »). Au marché de Château Gontier elles étaient réunies en cercle sur de la paille. Les ventes avaient lieu après la troisième plumaison (entre novembre et la fin décembre). Les oies étaient bien sûr élevées en plein air sur des parcelles de céréales sur pied puis finies avec des pâtées à base de pommes de terre cuites, de son, de farine d’orge, de sarrasin et de maïs. 

Cette diversité de valorisation autour de l’oie d’Anjou permettait aux éleveurs d’obtenir un complément de revenus pour pouvoir acheter ce qui n’était pas produit sur la ferme.

La production des oies en Anjou a bien sûr évolué avec la diminution de l’intérêt pour les plumes et duvets ainsi que la peau. Aujourd’hui l’Oie d’Anjou est élevée uniquement pour sa viande si délicate. Malgré les bouleversements des modes de production et des circuits de commercialisation l’élevage de l’oie en Anjou reste traditionnel, respectant l’animal, ses rythmes et ses besoins. 

  • N’est pas oie d’Anjou qui veut !

Tout d’abord être née dans la belle région d’Anjou, qui nous offre son climat doux et océanique.

En effet le climat est déterminant pour nos dates de ponte, ce qui nous permet de gambader les premières car nous avons été pondues dès le mois de mars. Voilà déjà une partie de notre secret pour être si belles à noël, nous sommes dorlotées en élevage en moyenne 222 jours. 

C’est le début d’une grande et belle histoire dès que nous rencontrons celui ou celle qui va s’occuper de nous !

Pendant  presque 8 mois.

C’est un moment très important car nous allons devoir le reconnaître très rapidement en enregistrant sa voix et ses intonations. Nous les oies nous avons la particularité de suivre le premier venu et tant mieux si c’est un éleveur d’Oie d’Anjou.

 

Un site : http://www.oiedanjou.fr/

 

 

 

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Vivre un réel processus de deuil pour notre animal

Posté par othoharmonie le 3 octobre 2015

 

M.ZEN de FrancescaDéni, colère, culpabilité, dépression, acceptation… Le deuil d’un animal comporte les mêmes étapes que celui d’un être humain. Des étapes qui ne se traversent pas forcément dans un ordre préétabli, comme l’explique Marina von Allmen. « Elles peuvent surgir en boucles et certaines peuvent même être « zappées », pour resurgir lors d’un autre deuil. »

D’abord, le déni. « Je ne voulais pas y croire, je me suis mise à hurler et à pleurer. C’était trop brutal, trop soudain », se souvient Jennifer. Retrouver son chat allongé dans l’herbe, mort écrasé, a été un choc assourdissant. « J’ai été dans un état second pendant quelques jours ». Selon Martine Golay Ramel, « pour beaucoup, l’animal de compagnie rythme le quotidien et sa mort déclenche une perte de repères ».

Une fois le choc passé, la colère et la recherche d’un responsable prennent souvent le dessus. « J’ai ressenti tellement de rancoeur contre l’automobiliste qui a écrasé mon chat et qui n’a même pas eu la décence de s’arrêter, » commente Souslik. Pour Camille, le plus insupportable a été pendant un certain temps de voir d’autres propriétaires avec leurs chevaux. « Je leur en voulais d’avoir la chance que leur cheval soit encore là. Pourquoi le méritaient-ils plus que Rock et moi ? » Mais le plus souvent, la colère éprouvée est dirigée contre soi-même et l’impression d’avoir failli à son animal fait culpabiliser.

Ne pas avoir été présent dans les derniers instants, l’avoir réprimandé quelques heures avant sa mort, ne pas s’être assez bien occupé de lui… Autant de raisons de se sentir coupable lorsque son animal décède. « C’est un passage quasi obligé », affirme Martine Golay Ramel. De son côté, la vétérinaire Marina von Allmen souhaite rassurer les propriétaires : « les animaux ne nous en veulent pas pour nos agissements ou nos manquements ». Mais même en sachant cela, difficile de ne pas se sentir responsable. Ophélie, qui, faute de place, a dû laisser sa chatte chez ses parents, s’en est terriblement voulu. « Elle s’est faite écraser en traversant la route. Je me dis qu’elle a dû se sentir abandonnée et qu’elle essayait peut-être de me rejoindre. Encore aujourd’hui, je me sens responsable. Je n’ai même pas pu lui dire au revoir. »

Ne pas avoir pu dire adieu est un regret qu’ont connu de nombreux propriétaires. « Il faut savoir que comme chez les humains,il y a des animaux qui attendent notre départ pour mourir, explique Marina von Allmen. D’autres, à l’inverse, désirent notre présence. Cela dépend du caractère de l’animal mais aussi de notre façon plus ou moins inconsciente de vouloir le retenir auprès de nous. » Une acceptation de la mort qu’a voulu montrer Norbertus à sa labrador Orit. « Elle a fait ses adieux à chaque membre de la famille, avant de se cacher. Mais je l’ai mise dans son panier, parmi nous tous. Le lendemain elle ne bougeait plus, elle s’était endormie sereinement. »

La phase de « dépression réactionnelle » pendant un deuil est probablement la plus difficile à surmonter. Au décès de son chat, Saloua a perdu tout intérêt pour ce qui l’entourait. « J’ai failli échouer dans mes études universitaires, je m’absentais tout le temps. Je n’avais pas le courage de quitter ma chambre. » Cet état dépressif ne doit pas être sous-estimé. Selon la vétérinaire Marina von Allmen, il est même nécessaire. « Cette étape permet de vraiment ressentir à quel point nous passons du vide et du désespoir à la reconnaissance de ce qu’il nous a été donné de vivre avec notre animal. » C’est ce sentiment de gratitude qui a permis à Camille d’accepter enfin la disparition de son cheval. « La douleur n’a finalement duré qu’un moment par rapport au bonheur d’avoir vécu cette belle histoire avec Rock. »

 

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L’OIE DE TOURAINE

Posté par othoharmonie le 1 octobre 2015

 

 OIE DE TOURRAINE

  

Volaille ancienne de notre région, oubliée un temps reprend petit à petit, grâce à quelques collectionneurs passionnés, sa place dans notre patrimoine régional. 

De taille moyenne, d’un blanc immaculé, aux yeux bleu ciel, aux palmes et bec orange vif.

Calme et sereine, elle est d’un élevage agréable. 

* On la retrouvait sur la table des banquets de fin de vendanges ou lors de fêtes des battages, vers la fin septembre.  

* La coutume veut que les Tourangeaux, le 11 novembre, fête de Saint-Martin, se réunissent en famille pour manger une oie rôtie.    

Cette tradition remonterait au IVème siècle:

« Les habitants de la ville de Tours, avaient choisi Martin comme successeur de l’évêque Lidoire décédé. Le nouvel élu ayant disparu, on partit à sa recherche, parcourant la campagne, fouillant les grottes des coteaux de Loire.

Lorsque, aux abords  d’une cabane abandonnée, des oies dérangées,poussaient de grands cris. Franchissant la porte de la masure, on trouva Martin en prières.  

Grâce aux Oies, les Tourangeaux avaient retrouvé leur éveque. »

 

~~~~~

 

* On retrouve dans les archives de Sainte Maure de Touraine la trace d’un ancien impôt concernant le propriétaire du lieu dit la Tournellerie, qui le jour de la Saint Michel, devait offrir au seigneur du château de la Louère, dont le fief dépendait, une oie blanche ayant un chef d’ail pendu au col et deux deniers.  

Nous sommes à la recherche d’autres légendes ou coutumes de la Touraine ancienne en rapport avec les oies.

N’hésitez pas à nous contacter.

 

Les Oies du Plessis, 

couvées de façon naturelles, par des poules en majorité, sont élevées en prairie dès les premières semaines, dès que la température extérieure le permet.

Au début, dans de petits parcs modulables, puis l’évolution de la taille des pâtures se fait d’elle même.

 

ISSU DU SITE : http://www.histoiredoies.com/

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L’HISTOIRE DU VILAIN PETIT CANARD

Posté par othoharmonie le 30 septembre 2015

 

 

Voici l’histoire du vilain petit canard d’Hans Christian Andersen raconté et illustré par Monde Des Petits. 

canardComme il faisait bon dans la campagne ! C’était l’été. Les blés étaient dorés, l’avoine verte, les foins coupés embaumaient, ramassés en tas dans les prairies, et une cigogne marchait sur ses jambes rouges, si fines et si longues et claquait du bec en égyptien (sa mère lui avait appris cette langue-là).  Au-delà, des champs et des prairies s’étendaient, puis la forêt aux grands arbres, aux lacs profonds. 

En plein soleil, un vieux château s’élevait entouré de fossés, et au pied des murs poussaient des bardanes aux larges feuilles, si hautes que les petits enfants pouvaient se tenir tout debout sous elles. L’endroit était aussi sauvage qu’une épaisse forêt, et c’est là qu’une cane s’était installée pour couver. Elle commençait à s’ennuyer beaucoup. C’était bien long et les visites étaient rares les autres canards préféraient nager dans les fossés plutôt que de s’installer sous les feuilles pour caqueter avec elle. 

Enfin, un œuf après l’autre craqua. “Pip, pip”, tous les jaunes d’œufs étaient vivants et sortaient la tête. 
— Coin, coin, dit la cane, et les petits se dégageaient de la coquille et regardaient de tous côtés sous les feuilles vertes. La mère les laissait ouvrir leurs yeux très grands, car le vert est bon pour les yeux. 
— Comme le monde est grand, disaient les petits. 
Ils avaient bien sûr beaucoup plus de place que dans l’œuf. 
— Croyez-vous que c’est là tout le grand monde ? dit leur mère, il s’étend bien loin, de l’autre côté du jardin, jusqu’au champ du pasteur — mais je n’y suis jamais allée. 
« Êtes-vous bien là, tous ? » Elle se dressa. « Non, le plus grand œuf est encore tout entier. Combien de temps va-t-il encore falloir couver ? J’en ai par-dessus la tête. » Et elle se recoucha dessus. 

— Eh bien ! Comment ça va ? demanda une vieille cane qui venait enfin rendre visite. 
— Ça dure et ça dure, avec ce dernier œuf qui ne veut pas se briser. Mais regardez les autres, je n’ai jamais vu des canetons plus ravissants. Ils ressemblent tous à leur père, ce coquin, qui ne vient même pas me voir. 
— Montre-moi cet œuf qui ne veut pas craquer, dit la vieille. C’est, sans doute, un œuf de dinde, j’y ai été prise moi aussi une fois, et j’ai eu bien du mal avec celui-là. Il avait peur de l’eau et je ne pouvais pas obtenir qu’il y aille. J’avais beau courir et crier. Fais-moi voir. Oui, c’est un œuf de dinde, sûrement. Laisse-le et apprends aux autres enfants à nager. 
— Je veux tout de même le couver encore un peu, dit la mère. Maintenant que j’y suis depuis longtemps. 
— Fais comme tu veux, dit la vieille, et elle s’en alla. 
Enfin, l’œuf se brisa. 
— Pip, pip, dit le petit en roulant dehors. 
Il était si grand et si laid que la cane étonnée, le regarda. 
— En voilà un énorme caneton, dit-elle, aucun des autres ne lui ressemble. Et si c’était un dindonneau, eh bien, nous allons savoir ça au plus vite. 

Le lendemain, il faisait un temps splendide. La cane avec toute la famille S’approcha du fossé. Plouf ! Elle sauta dans l’eau. Coin ! Coin ! commanda-t-elle, et les canetons plongèrent l’un après l’autre, même l’affreux gros gris. 

— Non, ce n’est pas un dindonneau, s’exclama la mère. Voyez comme il sait se servir de ses pattes et comme il se tient droit. C’est mon petit à moi. Il est même beau quand on le regarde bien. Coin ! coin : venez avec moi, je vous conduirai dans le monde et vous présenterai à la cour des canards. Mais tenez-vous toujours près de moi pour qu’on ne vous marche pas dessus, et méfiez-vous du chat. 
Ils arrivèrent à l’étang des canards où régnait un effroyable vacarme. Deux familles se disputaient une tête d’anguille. Ce fut le chat qui l’attrapa. 
— Ainsi va le monde ! dit la cane en se pourléchant le bec. 

Elle aussi aurait volontiers mangé la tête d’anguille. 

— Jouez des pattes et tâchez de vous dépêcher et courbez le cou devant la vieille cane, là-bas, elle est la plus importante de nous tous. Elle est de sang espagnol, c’est pourquoi elle est si grosse. Vous voyez qu’elle a un chiffon rouge à la patte, c’est la plus haute distinction pour un canard. Cela signifie qu’on ne veut pas la manger et que chacun doit y prendre garde. Ne mettez pas les pattes en dedans, un caneton bien élevé nage les pattes en dehors comme père et mère. Maintenant, courbez le cou et faites coin ! 

Les petits obéissaient, mais les canards autour d’eux les regardaient et s’exclamaient à haute voix : 
— Encore une famille de plus, comme si nous n’étions pas déjà assez. Et il y en a un vraiment affreux, celui-là nous n’en voulons pas. 
Une cane se précipita sur lui et le mordit au cou. 
— Laissez le tranquille, dit la mère. Il ne fait de mal à personne. 
— Non, mais il est trop grand et mal venu. Il a besoin d’être rossé. 
— Elle a de beaux enfants, cette mère ! dit la vieille cane au chiffon rouge, tous beaux, à part celui-là : il n’est guère réussi. Si on pouvait seulement recommencer les enfants ratés ! 
— Ce n’est pas possible, Votre Grâce, dit la mère des canetons; il n’est pas beau mais il est très intelligent et il nage bien, aussi bien que les autres, mieux même. J’espère qu’en grandissant il embellira et qu’avec le temps il sera très présentable. 
Elle lui arracha quelques plumes du cou, puis le lissa : 
— Du reste, c’est un mâle, alors la beauté n’a pas tant d’importance. 
— Les autres sont adorables, dit la vieille. Vous êtes chez vous, et si vous trouvez une tête d’anguille, vous pourrez me l’apporter. 

Cependant, le pauvre caneton, trop grand, trop laid, était la risée de tous. Les canards et même les poules le bousculaient. Le dindon — né avec des éperons — et qui se croyait un empereur, gonflait ses plumes comme des voiles. Il se précipitait sur lui en poussant des glouglous de colère. Le pauvre caneton ne savait où se fourrer. La fille de basse-cour lui donnait des coups de pied. Ses frères et sœurs, eux-mêmes, lui criaient : 

— Si seulement le chat pouvait te prendre, phénomène ! 
Et sa mère : 
— Si seulement tu étais bien loin d’ici ! 
C’en était trop ! Le malheureux, d’un grand effort s’envola par-dessus la haie, les petits oiseaux dans les buissons se sauvaient à tire d’aile. 

« Je suis si laid que je leur fais peur », pensa-t-il en fermant les yeux. 
Il courut tout de même jusqu’au grand marais où vivaient les canards sauvages. Il tombait de fatigue et de chagrin et resta là toute la nuit. 
Au matin, les canards en voyant ce nouveau camarade s’écrièrent : 

— Qu’est-ce que c’est que celui-là ? 
Notre ami se tournait de droite et de gauche, et saluait tant qu’il pouvait. 
— Tu es affreux, lui dirent les canards sauvages, mais cela nous est bien égal pourvu que tu n’épouses personne de notre famille. 
Il ne songeait guère à se marier, le pauvre ! Si seulement on lui permettait de coucher dans les roseaux et de boire l’eau du marais. 
Il resta là deux jours. Vinrent deux oies sauvages, deux jars plutôt, car c’étaient des mâles, il n’y avait pas longtemps qu’ils étaient sortis de l’œuf et ils étaient très désinvoltes. 

— Écoute, camarade, dirent-ils, tu es laid, mais tu nous plais. Veux-tu venir avec nous et devenir oiseau migrateur ? Dans un marais à côté il y a quelques charmantes oiselles sauvages, toutes demoiselles bien capables de dire coin, coin (oui, oui), et laid comme tu es, je parie que tu leur plairas. 
Au même instant, il entendit “Pif ! Paf !”, les deux jars tombèrent raides morts dans les roseaux, l’eau devint rouge de leur sang. Toute la troupe s’égailla et les fusils claquèrent de nouveau. 

Des chasseurs passaient, ils cernèrent le marais, il y en avait même grimpés dans les arbres. Les chiens de chasse couraient dans la vase. Platch ! Platch ! Les roseaux volaient de tous côtés; le pauvre caneton, épouvanté, essayait de cacher sa tête sous son aile quand il vit un immense chien terrifiant, la langue pendante, les yeux étincelants. Son museau, ses dents pointues étaient déjà prêts à le saisir quand — Klap ! il partit sans le toucher. 

— Oh ! Dieu merci ! je suis si laid que même le chien ne veut pas me mordre. 
Il se tint tout tranquille pendant que les plombs sifflaient et que les coups de fusils claquaient. Le calme ne revint qu’au milieu du jour, mais le pauvre n’osait pas se lever, il attendit encore de longues heures, puis quittant le marais il courut à travers les champs et les prés, malgré le vent qui l’empêchait presque d’avancer. 

vilain petit canardVers le soir, il atteignit une pauvre masure paysanne, si misérable qu’elle ne savait pas elle-même de quel côté elle avait envie de tomber, alors elle restait debout provisoirement. Le vent sifflait si fort qu’il fallait au caneton s’asseoir sur sa queue pour lui résister. Il s’aperçut tout à coup que l’un des gonds de la porte était arraché, ce qui laissait un petit espace au travers duquel il était possible de se glisser dans la cabane. C’est ce qu’il fit. 

Une vieille paysanne habitait là, avec son chat et sa poule. Le chat pouvait faire le gros dos et ronronner. Il jetait même des étincelles si on le caressait à rebrousse-poil. La poule avait les pattes toutes courtes, elle pondait bien et la femme les aimait tous les deux comme ses enfants. 

Au matin, ils remarquèrent l’inconnu. Le chat fit chum et la poule fit cotcotcot. 
— Qu’est-ce que c’est que ça ! dit la femme. 
Elle n’y voyait pas très clair et crut que c’était une grosse cane égarée. 
« Bonne affaire, pensa-t-elle, je vais avoir des œufs de cane. Pourvu que ce ne soit pas un mâle. Nous verrons bien. » 

Le caneton resta à l’essai, mais on s’aperçut très vite qu’il ne pondait aucun œuf. Le chat était le maître de la maison et la poule la maîtresse. Ils disaient : « Nous et le monde », ils pensaient bien en être la moitié, du monde, et la meilleure. Le caneton était d’un autre avis, mais la poule ne supportait pas la contradiction. 
— Sais-tu pondre ? demandait-elle. 
— Non. 
— Alors, tais-toi. 
Et le chat disait : 
— Sais-tu faire le gros dos, ronronner ? 
— Non. 
— Alors, n’émets pas des opinions absurdes quand les gens raisonnables parlent. Le caneton, dans son coin, était de mauvaise humeur; il avait une telle nostalgie d’air frais, de soleil, une telle envie de glisser sur l’eau. Il ne put s’empêcher d’en parler à la poule. 
— Qu’est-ce qui te prend, répondit-elle. Tu n’as rien à faire, alors tu te montes la tête. Tu n’as qu’à pondre ou bien ronronner, et cela te passera. 
— C’est si délicieux de glisser sur l’eau, dit le caneton, si exquis quand elle vous passe par-dessus la tête, et de plonger jusqu’au fond ! 
— En voilà un plaisir, dit la poule. Tu es complètement fou. Demande au chat, qui est l’être le plus intelligent que je connaisse, s’il aime glisser sur l’eau ou plonger la tête dedans. Je ne parle même pas de moi. Demande à notre hôtesse, la vieille paysanne. Il n’y a pas plus intelligent. Crois-tu qu’elle a envie de nager et d’avoir de l’eau par-dessus la tête ? 
— Vous ne me comprenez pas, soupira le caneton. 
— Alors, si nous ne te comprenons pas, qui te comprendra ? Tu ne vas tout de même pas croire que tu es plus malin que le chat ou la femme… ou moi-même ! Remercie plutôt le ciel de ce qu’on a fait pour toi ! N’es-tu pas là, dans une chambre bien chaude, avec des gens capables de t’apprendre quelque chose ? Mais tu n’es qu’un vaurien, et il n’y a aucun plaisir à te fréquenter. Remarque que je te veux du bien, et si je te dis des choses désagréables c’est que je suis ton amie… Essaie un peu de pondre ou de ronronner ! 
— Je crois que je vais me sauver dans le vaste monde, avoua le caneton. 
— Eh bien ! vas-y donc ! 
Il s’en alla. 

L’automne vint, les feuilles dans la forêt passèrent du jaune au brun, le vent les faisait voler de tous côtés. L’air était froid, les nuages lourds de grêle et de neige, dans les haies nues les corbeaux croassaient “kré ! kru ! krà !” oui, il y avait de quoi grelotter. Le pauvre caneton n’était guère heureux. 

Un soir, au soleil couchant, un grand vol d’oiseaux sortit des buissons. Jamais le caneton n’en avait vu de si beaux, d’une blancheur si immaculée, avec de longs cous ondulants. Ils ouvraient leurs larges ailes et s’envolaient loin des contrées glacées vers le midi, vers les pays plus chauds, vers la mer ouverte. Ils volaient si haut, si haut, que le caneton en fut impressionné; il tournait sur l’eau comme une roue, tendait le cou vers le ciel… il poussa un cri si étrange et si puissant que lui-même en fut effrayé. 

Jamais il ne pourrait oublier ces oiseaux merveilleux ! Lorsqu’ils furent hors de sa vue, il plongea jusqu’au fond de l’eau et quand il remonta à la surface, il était comme hors de lui-même. Il ne savait pas le nom de ces oiseaux ni où ils s’envolaient, mais il les aimait comme il n’avait jamais aimé personne. Il ne les enviait pas, comment aurait-il rêvé de leur ressembler… 

L’hiver fut froid, terriblement froid. Il lui fallait nager constamment pour empêcher l’eau de geler autour de lui. Mais, chaque nuit, le trou où il nageait devenait de plus en plus petit. La glace craquait, il avait beau remuer ses pattes, à la fin, épuisé, il resta pris dans la glace. 
Au matin, un paysan qui passait le vit, il brisa la glace de son sabot et porta le caneton à la maison où sa femme le ranima. 
Les enfants voulaient jouer avec lui, mais lui croyait qu’ils voulaient lui faire du mal, il s’élança droit dans la terrine de lait éclaboussant toute la pièce; la femme criait et levait les bras au ciel. Alors, il vola dans la baratte où était le beurre et, de là, dans le tonneau à farine. La paysanne le poursuivait avec des pincettes; les enfants se bousculaient pour l’attraper… et ils riaient… et ils criaient. Heureusement, la porte était ouverte ! Il se précipita sous les buissons, dans la neige molle, et il y resta anéanti. 

Il serait trop triste de raconter tous les malheurs et les peines qu’il dut endurer en ce long hiver. 

Pourtant, un jour enfin, le soleil se leva, déjà chaud, et se mit à briller. C’était le printemps. Alors, soudain, il éleva ses ailes qui bruirent et le soulevèrent, et avant qu’il pût s’en rendre compte, il se trouva dans un grand jardin plein de pommiers en fleurs. Là, les lilas embaumaient et leurs longues branches vertes tombaient jusqu’aux fossés. 

Comme il faisait bon et printanier ! Et voilà que, devant lui, sortant des fourrés trois superbes cygnes blancs s’avançaient. Il ébouriffaient leurs plumes et nageaient si légèrement, et il reconnaissait les beaux oiseaux blancs. Une étrange mélancolie s’empara de lui. 
— Je vais voler jusqu’à eux et ils me battront à mort, moi si laid, d’avoir l’audace de les approcher ! Mais tant pis, plutôt mourir par eux que pincé par les canards, piqué par les poules ou par les coups de pied des filles de basse-cour ! 
Il s’élança dans l’eau et nagea vers ces cygnes pleins de noblesse. À son étonnement, ceux-ci, en le voyant, se dirigèrent vers lui. 
— Tuez-moi, dit le pauvre caneton en inclinant la tête vers la surface des eaux. 
Et il attendit la mort. 

Mais alors, qu’est-ce qu’il vit, se reflétant sous lui, dans l’eau claire ? C’était sa propre image, non plus comme un vilain gros oiseau gris et lourdaud… il était devenu un cygne !!! 
Car il n’y a aucune importance à être né parmi les canards si on a été couvé dans un œuf de cygne ! 
Il ne regrettait pas le temps des misères et des épreuves puisqu’elles devaient le conduire vers un tel bonheur ! Les grands cygnes blancs nageaient autour de lui et le caressaient de leur bec. 
imagesQuelques enfants approchaient, jetant du pain et des graines. Le plus petit s’écria : — Oh ! il y en a un nouveau. 
Et tous les enfants de s’exclamer et de battre des mains et de danser en appelant père et mère. 
On lança du pain et des gâteaux dans l’eau. Tous disaient : « Le nouveau est le plus beau, si jeune et si gracieux. » Les vieux cygnes s’inclinaient devant lui. 

Il était tout confus, notre petit canard, et cachait sa tête sous l’aile, il ne savait lui-même pourquoi. Il était trop heureux, pas du tout orgueilleux pourtant, car un grand cœur ne connaît pas l’orgueil. Il pensait combien il avait été pourchassé et haï alors qu’il était le même qu’aujourd’hui où on le déclarait le plus beau de tous ! Les lilas embaumaient dans la verdure, le chaud soleil étincelait. Alors il gonfla ses plumes, leva vers le ciel son col flexible et de tout son cœur comblé il cria : « Aurais-je pu rêver semblable félicité quand je n’étais que le vilain petit canard ! » 

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