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Coquillages et Sorcellerie

Posté par othoharmonie le 21 mai 2017

Le recours aux forces de l’invisible se pratique dans la plupart des capitales subsahariennes. Tout est ensuite une question de spécificités. 

coquillages et sorcellerie

Bénin : Le pays du « çakatu »

Au Bénin, terre du vaudou, l’exercice du pouvoir est très souvent marqué par un compagnonnage avec les forces occultes. Avant de rencontrer Jésus et de découvrir la Bible, l’ancien président Mathieu Kérékou a eu son marabout durant les années 1990. Au moment de son triomphe électoral en 1991, son successeur, Nicéphore Soglo, a été foudroyé par un çakatu (« mauvais sort »). « Il souffrait le martyre et avait l’impression qu’on lui plantait des aiguilles dans le corps. C’est alors que j’ai décidé d’appeler à l’aide le ministre français de la Défense, Pierre Joxe », se souvient son fils, Lehady. Avion sanitaire de l’armée française, court séjour à l’hôpital parisien du Val-de-Grâce, soins intensifs… Soglo a été remis sur pied durant l’entre-deux-tours, mais c’est en balbutiant et soutenu physiquement par son épouse Rosine qu’il a prêté serment. Il lui a fallu plusieurs années pour s’en remettre. 

Les médecins du Val-de-Grâce ont diagnostiqué un classique « empoisonnement », selon un haut officier français de l’époque qui a suivi ce dossier. « Mais au Bénin, cela ne fait pas l’ombre d’un doute, cette attaque avait une dimension magique. Et malheur à celui qui prétendrait le contraire », explique un proche de l’ancien président béninois. Un tel épisode laisse des traces.

L’actuel chef de l’État, l’évangélique Boni Yayi, toujours prompt à invoquer Dieu dans ses discours, a « envoyé des émissaires visiter les plus hautes divinités du pays lors de son arrivée au pouvoir en 2006 », assure un fin connaisseur des us et coutumes du palais de la Marina. À vrai dire, cela n’a rien de surprenant, ni de condamnable. Et c’est éventuellement plus prudent.

« Lors de chaque élection, je sais que l’on organise pour moi des sacrifices d’animaux. Je laisse faire », reconnaît un responsable politique. Plus marquant encore, la méfiance au sein du marigot. Certains caciques auraient des pouvoirs occultes. Un nom revient régulièrement… mais il est difficile de violer le secret de la confession. « Une chose est sûre, nous dînons très rarement les uns chez les autres », résume un élu de haut rang. On comprend mieux la fragilité des alliances politiques béninoises ! 

sorcellerie au bénin

Cameroun : « Infection » au fond du couloir

Janvier 2005, contre toute attente, le nouveau directeur général s’est présenté pour la passation de service. La veille, pourtant, un gros chat blanc était tombé du onzième étage du bâtiment et était reparti sans une égratignure. Une démonstration de force supposée de son prédécesseur. Quelques mois plus tôt, le responsable d’un groupe de travaux publics avait exigé de changer entièrement le mobilier de son bureau lors de sa prise de fonctions. Idem pour ce nouveau patron de la police : le « sortant » avait placé un crâne bien en évidence dans le bureau… 

Circonscrits dans les années 1970 et 1980 aux zones rurales, les faits de sorcellerie, supposés ou réels, sont de plus en plus librement évoqués dans les administrations et les grandes entreprises camerounaises, où la guerre des postes fait rage. Mais cette « immunisation » des bureaux concerne également les ministères, où elle serait systématique. Ces pratiques ont aussi cours au palais d’Etoudi, selon un habitué des lieux qui cite notamment le secrétariat général de la présidence et la passation de pouvoirs entre les présidents Ahidjo et Biya. 

Pour l’anthropologue François Bingono Bingono, qui se présente comme « crypto-communicologue », la sorcellerie s’est démocratisée. « Personne ne veut se laisser surprendre. Chaque fois qu’une personne est appelée à de nouvelles fonctions, elle s’entoure d’un maximum de précautions. Ne pas le faire revient à s’exposer à un risque d’ »infection » par l’evu [« sorcellerie », en langue bétie, NDLR]. On part du principe que celui qui s’en va a laissé des fétiches destinés à asseoir sa propre puissance ou à le protéger », explique-t-il.

François Bingono Bingono, qui apprécie par « autodérision » d’être appelé « sorcier », a sa petite idée sur cette mode des actes de purification. « Les Africains prétendument cartésiens ont intégré des confréries, des loges maçonniques et des cercles exotériques fréquentés par les Occidentaux. Mais ils se sont vite heurtés au sectarisme de ces derniers et sont revenus aux fondamentaux pour leur quête de spiritualité. » 

Côte d’Ivoire : à chacun son fétiche

Ce fut l’un des premiers gestes des forces pro-Ouattara : détruire les fétiches de Laurent Gbagbo. Les jours suivant la capture de l’ex-chef d’État et de son épouse Simone, le 11 avril, à la résidence présidentielle de Cocody, les Abidjanais ont vu les bulldozers démolir des monuments, notamment au carrefour Saint-Jean à Cocody, à L’Indénié, à Adjamé et à Yopougon-Siporex. Selon la presse nationale, les démolisseurs y ont trouvé des écritures bibliques, des statuettes, des ossements. 

En Côte d’Ivoire, les croyances sont tenaces. « C’est enraciné en nous, explique le journaliste Venance Konan. Nous avons presque tous nos fétiches, mais personne n’en parle. » À commencer par les militaires. Les FRCI, mercenaires burkinabè et chasseurs dozos, qui ont aidé Alassane Ouattara à prendre le pouvoir, sont munis de multiples amulettes, bagues, talismans, grigris et coquillages. Des fétiches censés les protéger des balles et leur assurer le succès sur le champ de bataille. Durant la campagne électorale, les deux camps ont également eu recours aux rituels de sacrifice des boeufs et des poulets. 

Certains politiques ne peuvent rien décider ni faire sans voir leur féticheur. Félix Houphouët-Boigny, dans les années 1950, envoyait régulièrement un de ses émissaires, Lady Sidibe, pour « consulter ». Cela arrivait notamment lorsqu’il avait une rencontre importante comme avec le général de Gaulle. Si Henri Konan Bédié ne semble pas y recourir, Laurent Gbagbo a demandé la protection mystique des féticheurs de la région du Poro, dans le nord du pays. Mais on raconte qu’en novembre 2004, après l’attaque des Sukhoi de l’armée ivoirienne sur la base militaire française de Bouaké, les vieux sont sortis et ont jeté un sort aux avions de Gbagbo. Quelques instants plus tard, le président français, Jacques Chirac, donnait l’instruction d’abattre les appareils. 

Le fétichisme et la sorcellerie sont à différencier du « maraboutage », très répandu au Sénégal. « On ne réclame pas d’organes humains », précise le président des jeunes marabouts du Sénégal, Sérigne Modou Bousso Dieng. « Les pratiques occultes sont interdites par l’islam et, contrairement à la sorcellerie, le maraboutage se fait sur la base du Coran », ajoute-t-il.

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Pascal Airault, Georges Dougueli, Malika Groga-Bada

 

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Les rats des égouts ou Rat Brun

Posté par othoharmonie le 5 août 2016

 

Le rat adulte a une taille comprise entre 20 à 28 centimètres sans compter la queue. Sa queue est d’une longueur de 17 à 23 centimètres. Chez le rat brun la queue du rat est donc plus courte que son corps avec sa tête, contrairement au rat noir qui est plus petit et a une queue plus longue que son corps.

Les différentes études consultées rapportent des masses corporelles de 200 à plus de 650 g pour les rats adultes, les rats mâles étant généralement plus gros et plus grands que les femelles. Les rats bruns vivant en zone urbaine sont plus gros que les rats vivant en zone rurale. De même, les rats domestiques ont une masse corporelle plus importante que les rats sauvages, le rapport taille et poids variant beaucoup selon les lignées.

rat

Le rat brun à l’état sauvage a une couleur gris brunâtre sur le dos et gris blanchâtre sur le ventre, le rat domestique peut quant à lui arborer des couleurs, des marquages et des mutations différentes. On trouve aussi des animaux noirs.

Le rat brun a une tête pointue et fine, surmontée latéralement par deux oreilles assez petites, le museau porte les vibrisses qui sont très utiles au rat pour se repérer. Les yeux du rats sont assez petits et ses masséters sont assez développés. Le rat a un cou presque inexistant et un tronc longiligne relativement mince, qui devient plus important au niveau des intestins et des pattes postérieures. Le corps du rat se termine par une queue annelée et très peu velue.

Le nombre de doigts de chaque patte, antérieure ou postérieure, est de 5. Un rat se sert d’ailleurs de ses pattes antérieures pour faire sa toilette, se nourrir… La musculature développée du rat lui permet de courir et de sauter (parfois jusqu’à 1 m de hauteur et 1,20 m de longueur). Le rat est également un très bon nageur, il peut nager 800 m.

Comparé au rat noir, le rat brun a un museau moins pointu, plus biseauté et des oreilles plus petites ainsi que des pattes postérieures plus grosses.

La capacité de stockage de l’estomac du rat est importante, et celui-ci contient toujours des aliments comme c’est le cas chez les rongeurs. Les intestins chez le rat joue un rôle essentiel puisqu’ils permettent la digestion de la cellulose. Son appareil digestif lui rend impossible le vomissement. Le transit digestif du rat brun est de 12 h à 24 h. Le rat est un animal cæcotrophe, c’est-à-dire qu’il ingère une partie de ses excréments. Des excréments mous et verts, traversant une seconde fois le tube digestif et passant par le cæcum pour être rejetés sous forme de crottes dures et sèches. Cette ingestion leur permet de récupérer certains nutriments mais aussi d’absorber complètement la cellulose.

Le cœur d’un rat adulte de 300 g pèse environ 0,25 g . Un adulte a une fréquence cardiaque de 250 à 450 battements par minute.

La température du corps du rat varie de 36 °C à 38 °C. Son nombre de chromosomes est de 42.

L’appareil respiratoire du rat est constitué comme chez tous les mammifères d’une partie supérieure (narines, cavités nasales, larynx, trachée) et d’une partie inférieure (bronches et poumons). Le rat possède un volume thoracique réduit avec un volume pulmonaire de 25 mL et un rythme respiratoire de 70 à 115 inspirations par minute

Le rat brun ou surmulot (Rattus norvegicus) est une espèce de rats. C’est un rongeur trapu de la famille des Muridae. Il a un corps long d’environ 25 cm et une queue d’à peu près la même taille. Adulte, il pèse environ 300 g. Il est donc plus grand et plus lourd que son proche parent le rat noir (Rattus rattus).

Il est appelé rat brunsurmulot ou rat surmulotrat d’égoutrat de Norvège ou encore rat gris pour le distinguer du rat noir.

Originaire du Japon, du nord de la Chine et de l’est de la Russie, il s’est répandu à travers l’Europe dès le ixe siècle, à l’occasion des incursions vikings dont il infestait les drakkars (d’où son nom norvegicus). Le surmulot est aujourd’hui présent sur tous les continents, excepté l’Antarctique. Il vit au contact des humains et plus particulièrement dans les espaces urbains équipés d’égouts. C’est un animal nocturne, omnivore à tendance carnivore qui se nourrit des déchets des citadins. L’essentiel des surmulots nichent dans les égouts, qui leur offrent un abri dépourvu de prédateurs et des opportunités de nidification, d’où le nom de « rat d’égout ». Grégaire, le rat brun vit la plupart du temps en groupe très hiérarchisé.

Extrêmement prolifique, cette espèce est connue comme vecteur possible de nombreuses maladies, ce qui fait considérer le rat brun comme un animal nuisible et potentiellement invasif, au même titre que plusieurs autres espèces de rats. Toutefois, ce rat intelligent, sociable et facile à apprivoiser, est également l’espèce souche du rat domestique d’élevage. Utilisé principalement en expérimentation comme animal de laboratoire et organisme modèle, c’est aussi un animal de compagnie dont le succès va croissant.

La vie sociale du rat brun est très hiérarchisée, contrairement à d’autres espèces de rats comme le rat noir. Les groupes familiaux se trouvent placés sous l’autorité d’un mâle dominant qui peut voir sa primauté remise en question par des rats, et cela au cours de rixes pouvant s’avérer violentes. Les groupes se composent d’au moins 20 membres et peuvent atteindre jusqu’à 200 membres, mais ils sont généralement constitués de 40 à 60 animaux. L’unité d’un groupe se fonde sur l’odeur, une odeur familiale exclut tout individu qui ne la possède pas. Les membres communiquent par des attitudes corporelles, des sons et des cris qui permettent d’éviter les conflits. Un mâle peut avoir plusieurs femelles et une femelle capable de procréer s’accouple avec plusieurs mâles. Les femelles du groupe participent souvent à l’éducation des ratons et s’occupent même des ratons orphelins. Plusieurs membres du groupe partent ensemble à la recherche de nourriture ou à la découverte de territoires inconnus.

Les rats se comprennent donc principalement grâce à des ultrasons inaudibles pour l’homme. Ainsi un rat peut prévenir les autres de dangers environnants ou bien de son état personnel. Les rats utilisent également leur corps pour communiquer et exprimer certaines émotions ; par exemple les rats se reniflent réciproquement le museau et l’anus pour se saluer.

Le caractère éventuellement nuisible du rat brun pour l’homme provient des dégâts qu’il cause (aux greniers pour un grain dévoré, 10 à 15 grains sont souillés et rendus inconsommables, les fils électriques sont parfois rongés par les rats…) et par les maladies qu’ils contribuent à propager (peste, leptospirose, salmonellose…). De même, du fait de son introduction (avec le rat noir et le rat polynésien) dans 82 % des archipels mondiaux et au vu de son caractère invasif, le rattus norvegicus occasionne de nombreux bouleversements dans les écosystèmes insulaires et contribue également à l’éradication de certaines espèces animales.

D’un autre côté, bien que considéré par l’homme comme nuisible, les rats d’égout jouent un rôle important dans le traitement des déchets humains. Sans les rats, les égouts et canalisations seraient en permanence bouchés. À Paris, les rats dévorent ainsi près de 800 tonnesd’ordures par jour.

Dans certaines grandes villes d’Asie, on compte pour un habitant 10 rats. En France métropolitaine, on compte un rat pour un habitant. Après dix ans de dératisation à Budapest on compte un rat pour 400 habitants.

Dans la législation française, le rat ne fait pas partie de la liste d’espèces susceptibles d’être classés nuisibles ; il fait cependant parties des espèces invasives. Le député Patrick Roy a interpelé en 2006 le ministère de l’écologie, s’étonnant de l’absence dans cette liste du rat d’égoût (rattus norvegicus) qui d’après lui est bien plus nuisible que le putois (Mustela putorius putorius), qui, lui, pourtant figure sur cette liste. Le ministère de l’écologie a répondu en résumé que légalement « les taupes, campagnols, rats et souris ne sont pas du gibier » et que par conséquent ils n’ont pas de statut juridique particulier. Chacune de ces espèces peut donc « faire l’objet de mesures de lutte pour prévenir les dégâts dont elle est à l’origine sans encadrement réglementaire particulier » à condition toutefois que ce soit des « méthodes de lutte sélectives, proportionnées aux dégâts commis et ne constituant pas des mauvais traitements ou actes de cruauté ».

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Un Colibri sur l’eau

Posté par othoharmonie le 20 février 2016

 

 

Créé pour Ariane, adapté pour Soyuz & Vega ; Un Colibri peut accueillir, par voyage, un lanceur Ariane 5 ou deux lanceurs Soyuz ou deux lanceurs Vega. 

Validé par les autorités russes, le Colibri est à même d’aller récupérer les éléments du lanceur Soyuz à Saint-Petersbourg pour les rapatrier en Guyane. Loin d’être brise-glace, il ne peut faire ce trajet qu’en période estivale, début mai à début novembre. 

sur l'eau

Selon le Commandant, il y a eu peu d’adaptations : “ce sont des remorques routières de même configuration qu’Ariane. Les colis sont lourds et moins volumineux mais, au nombre de seize, les remorques sont plus importantes. Nous avons donc ajouté des points de saisissage [arrimage] ainsi que des marquages au sol pour faciliter le chargement.” Quant à Vega, le Colibri n’a qu’à le récupérer à Livourne, en Italie, où il charge habituellement les segments des boosters d’Ariane. 

Rapatrier en Guyane les éléments d’Ariane 5 fabriqués en Europe n’est pas une mince affaire. Il suffit juste de leur faire traverser les quelques 8000 km séparant les deux continents ; un navire peut faire ça direz-vous. Certes, mais pas n’importe quel navire. Seuls le MN Toucan et le MN Colibri sont adaptés à un tel transport : des éléments particulièrement volumineux, inempilables, et pour certains dangereux. Créé pour Ariane 5 et adapté pour convoyer Soyuz et Vega, Latitude 5 vous invite à bord du MN Colibri pour sa rentrée dans le redouté chenal de Kourou. 

Après 40 minutes de navigation en pilotine, notre équipe rejoint le Colibri au large des Iles du Salut vers 6h du matin. Dans le château avant, la passerelle jouit d’une pénombre feutrée que seuls les écrans de contrôle radar et commandes machine diluent doucement. Ici tout est calme, on gère le stress que la traversée du chenal ne manque pas de provoquer. En compagnie de Conor Mandé,   pilote qui guidera le Colibri dans ce chenal , nous saluons le commandant Marc Guillemot (voir page 20) et son second, Hélène, le barreur et le sondeur. Une tasse de café à la main, commandant et pilote échangent leurs avis. “Je te laisse nous guider dans le chenal Conor” annonce le Commandant.

 

«Comme un équilibriste sur un fil»

“C’est bien, nous avons un vent de Sud”.

 

Pour passer le chenal en crabe, ce qui est nécessaire, ce sera plus facile. Avec seulement 10 à 15 m de marge à l’avant et à l’arrière du bateau avec les bords du chenal, cette manœuvre est toujours délicate. Qui plus est à «K0», l’entrée de ce canal sous-marin où la rencontre des eaux de l’océan Atlantique et du fleuve Kourou forme un réseau hydraulique aléatoire. C’est bien là tout l’intérêt du duo pilote / commandant : l’un connaît les lieux, l’autre son navire. 

L’autre point critique les attend quelques kilomètres plus loin : la roche Ariana, où il est facile de s’échouer. Concentré, le regard fixé devant lui, Conor annonce paisiblement ses instructions au barreur. “2, 0, 0”. “2, 0, 0 done ” confirme ce dernier sous  la surveillance du Commandant. 

Rapidement, une vedette de gendarmerie vient à la rencontre du bateau. Quelques saluts depuis le pont, la vedette repart, cette fois en guise d’escorte. A l’avant, deux sondeurs vérifient en permanence la profondeur de ce chenal si capricieux. “2, 8, 3”, Conor continue à donner le cap. 

Sur le Colibri, le débarquement se poursuit. La marée est haute, il faut en profiter pour ouvrir la porte du garage. “La réelle  spécificité du Colibri est son garage de 8 mètres de haut pour accueillir les éléments d’Ariane. La plupart des navires réduisent les espaces vides. Mais l’EPC (Etage Principal Cryotechnique), le SYLDA (Système de Lancement Double Ariane) et les segments nécessitent de gros volumes. Le Colibri et le Toucan sont donc construits dans un échantillon de tôle adapté à Ariane et au chenal” explique le Commandant. 

Désormais l’ultime priorité se tourne vers les segments S1, chargés de poudre. Les activités sur le pont sont suspendues, le temps que le convoi roulant des S1 s’extrait du bateau. Ceci fait, la priorité revient aux conteneurs du pont. Les autres colis du garage, non dangereux, attendront leur tour demain…….. 

TOUTE une histoire que je vous propose de lire ici :  http://www.cnes.fr/automne_modules_files/standard/public/p11317_060bca7630fe88f96c10ca83949df4beL5N94_DossierMNCOLIBRI.pdf

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LE COLIBRI DE MARTINIQUE

Posté par othoharmonie le 24 janvier 2016

 

 

En Martinique vivent 4 espèces de colibris /

Le plus grand et le plus gros colibri des petites Antilles est le Madère. Il mesure environ 12 cm et pèse 6 à 10g. Il se rencontre en forêt humide. Il est resplendissant de couleur, ses ailes sont vertes avec des reflets bleus et les plumes en dessous de la queue sont bleues violet irisées de vert.

 Martinique-Colibri-madère-6

Le mâle et la femelle se ressemblent, le bec noir de la femelle est plus long et plus courbe que celle de son compagnon. Le nid est construit par la femelle toute seule. Il se présente sous la forme d’une petite coupe faite de coton ou de fibres de fromager l’ensemble est soudé avec des fils de toile d’araignées ; la ponte est de 2 œufs blancs comme chez tous les colibris. Le plus petit et le plus connu est le colibri huppé ou foufou. C’est un butineur émérite, son dos est vert avec des reflets métalliques, et le reste tout gris. 

Le mâle possède une huppe, mais pas la femelle. Le foufou est un oiseau agressif et querelleur, mais n’hésite pas à s’approcher des maisons pour construire son nid et se nourrir. Il consomme le nectar des fleurs, … mais il lui arrive de capturer au vol des insectes. Le Colibri falle-vert est plus petit que le madère. Il vit en zone sèche à basse altitude. Sa couleur vert métallisé, irisé de bleu, les plumes de sa gorge tête et poitrine ont un léger aspect d’écaille, le bec noir est légèrement incurvé, les 2 sexes se ressemblent. 

Le Colibri tête-bleue est endémique à la Martinique et à la Dominique. Mâle et femelle sont différents. La femelle est dotée d’un plumage gris blanc sur le dessus et le dessous vert métallique. Le mâle lui est vert bleuté, la tête et la queue bleu roi métallique. 

Le Colibri tête-bleue fréquente les milieux humides, en montagne. Son nid de forme conique est souvent fixé à une branche à la verticale, pas très loin du sol. Il est fait de toiles d’araignées et de salive sécrétée par la femelle. Dans la nature, le colibri vit entre 5 et 8 ans. En captivité, alimentés par de l’eau sucrée et des protéines, les colibris peuvent doubler leur espérance de vie et ainsi atteindre 16  ans. Dans la nature, quand il atteint l’âge de 5 ans il devient plus lent et peut être plus facilement la proie des serpents, des mygales et des chats. 

La plupart des colibris se nourrissent d’extraits de fleurs, et parfois de pollen, de protéines des moustiques par exemple et petites araignées qu’ils capturent pendant leurs vols acrobatiques ou dans  les fleurs. 

Quelques espèces de ce minuscule oiseau peuvent avaler 30 fois leur poids. Les fleurs préférées sont rouges, jaunes, blanches ou bleus, et dans cet ordre. Certaines espèces de colibri parcourent plus de 70 km pour trouver à manger et retourner à leur site de repos. Le bec sert avec la langue, à cueillir le nectar, capturer les insectes et tisser le nid si délicat. Les colibris se baignent plusieurs fois dans la journée, dans la rosée des feuilles ou les gouttelettes des cascades. Certains même se jettent dans l’eau. Le colibri émet des sons de basse et de haute fréquence. D’une manière générale, son chant n’est pas très beau … on ne peut pas tout avoir !

 Comment nourrir les colibris / Les bouteilles ou biberons d’eau sucrés, sont très bénéfiques car ils augmentent l’espérance de vie de ces oiseaux. Mais si ces bouteilles ne sont pas bien lavées tous les jours, et désinfectées une fois par semaine (à l’eau javellisée par exemple) et bien rincées, pour éliminer les champignons qui s’installent, ils transmettent des mycoses sur la langue des colibris et entraînent leur mort. L’eau sucrée doit être changée tous les jours car elle fermente avec la chaleur et peut tuer les colibris. Le dosage correct est d’un verre d’eau avec une cuillère et demie à soupe de sucre.

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PROTECTION ET ASSISTANCE AUX CYGNES

Posté par othoharmonie le 14 novembre 2015

Assistance aux cygnes

Ils sont connus pour leur cou courbé  et pour leurs belles plumes blanches, au nombre de 25 000 chez le cygne adulte. Cependant, quelques espèces ont un plumage noir. Leurs deux pieds sont palmés. Les petits du cygne sont appelés cygneaux. Les cygnes sont parmi les plus gros oiseaux en vol, pesant jusqu’à 15 kg.  Ils ont aussi une pièce de peau déplumée entre les yeux et sur le bec chez les adultes. Les plumages de chaque sexe sont similaires, mais les mâles sont généralement plus grands et plus lourds que les femelles

Le Cygne tuberculé ou Cygne muet (Cygnus olor). Le premier nom de l’animal provient de la bosse qu’il a sur le bec, appelé tubercule ; le second du fait qu’il émet de rares cris plutôt de faible puissance.

C’est l’un des plus lourds oiseaux capables de voler, les mâles pesant en moyenne environ 10,2 kg et les femelles environ 8,4 kg. Les adultes mesurent de 125 à 170 cm de long avec une envergure de 200 à 240 cm. Sur terre, ils peuvent atteindre 1,2 m de haut. Les mâles sont plus grands que les femelles (ainsi leur longueur de cou mesurée depuis l’angle du bréchet est de 82,5 cm contre 75,5 cm). Il existe un morphe blanc dit cygne blanc polonais qui apparaît dans toutes les populations. Les juvéniles peuvent se déplacer en groupe mais les couples sont monogames. Le Cygne tuberculé peut devenir agressif, surtout lors de la période de nidification.

La population mondiale est estimée entre 600 000 et 620 000 individus. C’est le cygne le plus commun en Europe en été, en particulier dans le Nord de la France.. Il est aussi présent en Grande-Bretagne, au nord et dans le centre de l’Europe, au nord et dans le centre de l’Asie. Il a été introduit en Amérique du Nord, en Afrique du Sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Dans ces pays, il est souvent considéré comme une espèce nuisible ou invasive. On le rencontre également de manière sporadique en Asie, jusqu’en Chine.

Cette espèce qui est res nullius en France (Res nullius (la chose de personne) est une expression latine utilisée en droit civil (droit des biens) qui désigne une chose sans maître, c’est-à-dire qui n’a pas de propriétaire mais qui est néanmoins appropriable).

Il est  l’animal du roi au Royaume-Uni et le symbole de la monarchie au Danemark.

Le Cygne tuberculé est l’un des plus lourds oiseaux capables de voler, les mâles pesant en moyenne environ 10,2 kg (mais jusqu’à 23 kg), les femelles environ 8,4 kg et les jeunes à l’envol entre 6 et 8 kg.

Le plumage des adultes est blanc. Les yeux sont de couleur noisette. Les lores (Le lore est, chez l’oiseau, l’espace compris entre la partie antérieure de l’œil et la base du bec)  de l’adulte sont dénudés, cunéiformes et de couleur noire. Le bec est orange avec un onglet noir au bout. Une bosse noire est présente à la base : le tubercule. Celui-ci est généralement plus gros chez le mâle en période de reproduction.

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Il existe deux morphes chez les cygneaux : le morphe gris et le morphe blanc.

Le morphe gris est plus commun alors que les cygneaux blancs possèdent un gène leucistique  (Le leucistisme (du grec blanc) est une particularité génétique due à un gène récessif, qui donne une couleur blanche au pelage ou plume, les yeux gardant leur couleur normale. Le leucistisme est différent de l’albinisme : les animaux leucistiques ne sont pas plus sensibles au soleil que n’importe quel autre. Au contraire, ils y seraient même légèrement plus résistants : la couleur blanche ayant un albédo (L’ albédo est une grandeur sans dimension, rapport de l’énergie solaire réfléchie par une surface à l’énergie solaire incidente) élevé, elle protège davantage de la chaleur.  Chez les individus du morphe gris, le duvet des cygneaux passe du gris au brun grisâtre avant de prendre une coloration blanche après la première mue. Les pattes et le bec sont gris ardoise.

Les cygneaux du morphe blanc, quant à eux, exhibent un duvet de couleur blanche, un bec fauve et des pattes rosées. Pendant la première année après l’éclosion, le bec des cygneaux devient progressivement rosâtre. Le tubercule est absent chez les cygneaux et peu développé chez les juvéniles. Les lores sont couverts de plumes de duvet à l’éclosion. Ce morphe se caractérise par un plumage entièrement blanc dès la naissance et des pattes grises (au lieu de noires).

Cette mutation correspond à un faux albinisme et se transmet selon les lois de l’hérédité. Elle est apparue à la fin du 19ème siècle chez des cygnes tuberculés proches des humains.

Locomotion

Étant donné que les courtes pattes sont placées juste avant la queue, cette espèce marche de façon maladroite. Par contre, les adultes peuvent courir assez vite lorsqu’ils se sentent menacés.

Le cygne tuberculé peut prendre son envol à partir du sol ou d’un plan d’eau. Il a besoin de courir sur une distance de 8 à 10 mètres avant de pouvoir s’envoler. Il peut voler à une vitesse de 80,5 km/h et ne dépassera pas une altitude de 150 m]. Les grands groupes utilisent la formation en V. Le cygne tuberculé se pose généralement sur l’eau mais utilise à l’occasion la terre ferme ou la glace.  Cette espèce se déplace sur l’eau aisément. Les ailes sont souvent légèrement élevées ce qui lui permet d’être poussé par les vents.  Lors de lamue, les individus poussent l’eau avec leurs ailes pour se déplacer plus rapidement.

Alimentation en surface

Elle est constituée principalement de plantes aquatiques submergées comme l’élodée du Canada, des joncs, des characées du genre Chara, des algues vertes mais aussi des feuilles de jeunes saules. Le cygne tuberculé consomme dans une moindre proportion plusieurs espèces d’amphibiens, de mollusques et de petits organismes aquatiques.. Le cygne tuberculé préfère les plans d’eau dont la profondeur lui permet d’atteindre le fond (jusqu’à un mètre) avec son long cou. Il  se nourrit aussi au sol de plantes terrestres, de graminées et de quelques invertébrés (petits escargots, limaces ou insectes mangés avec les feuilles qu’il ingère). La ration quotidienne a été estimée comprise entre 3,6 et 4 kg pour des adultes en cours de mue.

Comportement social

Le cygne tuberculé est agressif envers les intrus sur son territoire. Mais il peut être apprivoisable quand on leur donne souvent du pain et même quand on lui donne dans le bec.  Il montre son agressivité en battant des ailes et en frappant l’eau avec ses pieds palmés, ce qui produit un son pouvant s’entendre à plusieurs centaines de mètres. Lors des confrontations, l’adulte (généralement le mâle mais parfois la femelle) poursuit son rival avec la tête et le cou posés sur le corps, les ailes relevées et le bec pointé vers l’avant et près du cou. Cette posture est caractéristique des interactions agressives chez le cygne tuberculé]. Les deux adversaires utilisent également leurs ailes pour se frapper, ils s’entremêlent le cou et se mordent l’un l’autre le dos et le cou. Le mâle dominant peut monter sur son rival, utiliser ses pattes et son cou pour pousser l’autre cygne sous l’eau jusqu’à ce que celui-ci abandonne le combat ou se noie.

Il est possible d’observer des bandes de plus de cent individus. Ces grands groupes sont généralement constitués de juvéniles non appariés.  Il arrive également que les groupes familiaux restent ensemble pendant l’hiver.

Vocalisation des oiseaux.

Le cygne tuberculé est moins vocal que le cygne chanteur et que le cygne siffleur; le son le plus associé à cette espèce est le bruit de ses ailes en vol, audible jusqu’à deux kilomètres. Ce son est particulier à l’espèce . L’adulte possède néanmoins de huit à dix cris différents qui se manifestent lors de certaines situations. Par exemple, des cris spécifiques existent pour marquer les salutations entre partenaires, les réactions face aux perturbations, la défense du territoire, les interactions entre les membres d’un même groupe, l’empreinte de la voix et la sollicitation de nourriture, entre autres]. Les deux sexes vocalisent de façon égale.

Il existe également plusieurs cris utilisés uniquement par les cygneaux : le cri de contact, le cri de détresse, le cri de salutation, le cri de fatigue et le cri de défense..

Reproduction

Après sa formation, qui a lieu à l’automne ou en hiver, le couple attendra un an avant de se reproduire mais restera généralement uni pour la vie. Les cygnes tuberculés montrent plusieurs comportements lors de la parade nuptiale, allant du hérissement des plumes du cou et au lissage mutuel en passant par le redressement du corps hors de l’eau.

Lorsque les adultes sont appariés, chaque couple se met à la recherche d’un territoire. Les cygnes tuberculés s’installent souvent près des canards ou des goélands qui bénéficient de la capacité des cygnes à atteindre les plantes aquatiques. Ils défendent agressivement un territoire de grandeur variable, allant de 1,2 à 4,7 ha. Les territoires sont généralement assez éloignés les uns des autres.

En Angleterre, une étude de 1967 mesura une distance moyenne entre les nids de 2,4 à 3,2km.

Les deux parents construisent le nid. Celui-ci est placé sur un monticule fait de branches construit en eau peu profonde au milieu ou au bord de divers plans d’eau: lacs, rivières, étangs, parcs. Le nid est constitué de quenouilles, de roseaux et de racines de plantes aquatiques et l’intérieur est recouvert de végétaux fins, de plumes et de duvet. Ces oiseaux monogames réutilisent le même nid année après année, le restaurant ou le reconstruisant au besoin. Le nid peut donc atteindre un diamètre de 2 m et une hauteur de 0,6 à 0,8 m.

La femelle pond généralement de 4 à 8 œufs à raison d’un œuf par deux jours. Bien que le mâle et la femelle prennent soin du nid, la couvaison, qui dure de 34 à 41 jours, est assurée principalement par la femelle]. Les poussins sont nidifuges et restent au nid moins de 48 heure. Lorsque les poussins quittent le nid, les familles cherchent leur nourriture ensemble.

La longévité record pour cette espèce est de 26 ans et 9 mois. 

 PROTECTION DES CYGNES :

 J’ai deja fait plusieurs recherches mais j’ai toujours des resultats différents :

* Donc d’apres l’ Arrêté du 11 août 2006 fixant la liste des espèces, races ou variétés d’animaux domestiques ( http://www.animaux-fr.com/annonces-bourgogne-franche-comte/liste_especes_races_varietes_animaux_domestiques.php )
J’ai trouvé que le cygne tuberculé était considéré comme un animal domestique (donc pas de certificat de capacité)

* D’après le livre « Les anatidés d’ornement » de Jean Claude Périquet, les espèces d’anatidés protégées en France, faisant partie du genre cygnus : 

« Sont donc interdits la destruction ou l’enlèvement des oeufs ou des nids, la destruction, la capture ou l’enlèvement, la naturalisation de ces oiseaux qu’ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur mise en vente, leur vente ou leur achat. Mais les échanges entre éleveurs sont possibles à condition de demander une autorisation de transport à la Direction de Protection de la Nature.
Remarquons la présence des cygnes dans cette liste. Vous n’avez donc pas le droit de vendre ou d’acheter de cygne tuberculé, le cygne si commun de nos parcs et de nos lacs. La réglementation est sans doute éxagérée sur ce point! »
220px-Photojenni_-_Aboard_the_swan_ferry_%28by%29 dans CYGNE

L’homme est le seul animal qui rougisse ; c’est d’ailleurs le seul animal qui ait à rougir de quelque chose…

 Selon le site de la protection des oiseaux de Belgique, Le statut de protection du Cygne détient le record d’ancienneté en Grande-Bretagne puisqu’il remonte à 1482. À cette époque (et encore maintenant sur certains sites privilégiés), les oiseaux étaient marqués (soit au bec, soit sur une palmure) et appartenaient à la Couronne Britannique.

 

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Entre le cygne sauvage et le cygne privé

Posté par othoharmonie le 31 octobre 2015

 

Cygne_epinalLa femelle du cygne couve pendant six semaines au moins; elle commence à pondre au mois de février: elle met, comme l’oie, un jour d’intervalle entre la ponte de chaque œuf; elle en produit de cinq à huit, et communément six ou sept; ces œufs sont blancs et oblongs, ils ont la coque épaisse et sont d’une grosseur très considérable; le nid est placé, tantôt sur un lit d’herbes sèches au rivage, tantôt sur un tas de roseaux abattus, entassés et même flottants sur l’eau. Le couple amoureux se prodigue les plus douces caresses, et semble chercher dans le plaisir les nuances de la volupté; ils y préludent en entrelaçant leurs cous; ils respirent ainsi l’ivresse d’un long embrassement; ils se communiquent le feu qui les embrase, et lorsque enfin le mâle s’est pleinement satisfait; la femelle brûle encore, elle le suit, l’excite, l’enflamme de nouveau, et finit par le quitter à regret pour aller éteindre le reste de ses feux en se lavant dans l’eau.

Les fruits d’amours si vives sont tendrement chéris et soignés; la mère recueille nuit et jour ses petits sous ses ailes, et le père se présente avec intrépidité pour les défendre contre tout assaillant; son courage dans ces moments n’est comparable qu’à la fureur avec laquelle il combat un rival qui vient le troubler dans la possession de sa bien-aimée; dans ces deux circonstances, oubliant sa douceur, il devient féroce et se bat avec acharnement, souvent un jour entier ne suffit pas pour vider leur duel opiniâtre; le combat commence à grands coups d’ailes, continue corps à corps et finit ordinairement par la mort d’un des deux, car ils cherchent réciproquement à s’étouffer en se serrant le cou et se tenant par force la tête plongée dans l’eau; ce sont vraisemblablement ces combats qui ont fait croire aux Anciens, que les cygnes se dévoraient les uns les autres; rien n’est moins vrai, mais seulement ici, comme ailleurs, les passions furieuses naissent de la passion la plus douce, et c’est l’amour qui enfante la guerre.

En tout autre temps ils n’ont que des habitudes de paix, tous leurs sentiments sont dictés par l’amour; aussi propres que voluptueux, ils font toilette assidue chaque jour; on les voit arranger leur plumage, le nettoyer, le lustrer et prendre de l’eau dans leur bec pour la répandre sur le dos, sur les ailes avec un soin qui suppose le désir de plaire, et ne peut être payé que par le plaisir d’être aimé. Le seul temps où la femelle néglige sa toilette est celui de la couvée, les soins maternels l’occupent alors toute entière, et à peine donne-t-elle quelques instants aux besoins de la nature et à sa subsistance.

Les petits naissent fort laids et seulement couverts d’un duvet gris ou jaunâtre, comme les oisons; leurs plumes ne poussent que quelques semaines après, et sont encore de la même couleur; ce vilain plumage change à la première mue, au mois de septembre; ils prennent alors beaucoup de plumes blanches, d’autres plus blondes que grises, surtout à la poitrine et sur le dos; ce plumage chamaré tombe à la seconde mue, et ce n’est qu’à dix-huit mois et même à deux ans d’âge que ces oiseaux ont pris leur belle robe d’un blanc pur et sans tache; ce n’est aussi que dans ce temps qu’ils sont en état de produire.

Les jeunes cygnes suivent leur mère pendant le premier été, mais ils sont forcés de la quitter au mois de novembre; les mâles adultes les chassent pour être plus libres auprès des femelles; ces jeunes oiseaux tous exilés de leur famille, se rassemblent par la nécessité de leur fort commun; ils se réunissent en troupes et ne se quittent plus que pour s’apparier et former eux-mêmes de nouvelles familles.

Comme le cygne mange assez souvent des herbes de marécages et principalement de l’algue, il s’établit de préférence sur les rivières d’un cours sinueux et tranquille, dont les rives sont bien fournies d’herbages; les Anciens ont cité le Méandre, le Mincio, le Strymon, le Caystre, fleuves fameux par la multitude des cygnes dont on les voit couverts; l’île chérie de Vénus, Paphos, en était remplie. Strabon parle des cygnes d’Espagne, et suivant Ælien l’on en voyait de temps en temps paraître sur la mer d’Afrique, d’où l’on peut juger, ainsi que par d’autres indications, que l’espèce se porte jusque dans les régions du Midi; néanmoins celles du Nord semblent être la vraie patrie du cygne et son domicile de choix, puisque c’est dans les contrées septentrionales qu’il niche et multiplie. Dans nos provinces nous ne voyons guère de cygnes sauvages que dans les hivers les plus rigoureux. Gesner dit qu’en Suisse on s’attend à un rude et long hiver quand on voit arriver beaucoup de cygnes sur les lacs. C’est dans cette même saison rigoureuse qu’ils paraissent sur les côtes de France, d’Angleterre et sur la Tamise, où il est défendu de les tuer, sous peine d’une grosse amende; plusieurs de nos cygnes domestiques partent alors avec les sauvages si l’on n’a pas pris la précaution d’ébarber les grandes plumes de leurs ailes.

Nid de cygne tuberculé avec deux œufs non éclos (à gauche) et parent surveillant sa couvée (à droite).Néanmoins quelques-uns nichent et passent l’été dans les parties septentrionales de l’Allemagne, dans la Prusse et la Pologne; et en suivant à peu près cette latitude, on les trouve sur les fleuves près d’Azof et vers Astracane, en Sibérie chez les Jakutes, à Séléginskoi, et jusqu’au Kamtschatka; dans cette même saison des nichées, on les voit en très grand nombre sur les rivières et les lacs de la Lapponie; ils s’y nourrissent d’œufs et de crysalides d’une espèce de moucheron dont souvent la surface de ces lacs est  couverte.

Les Lappons les voient arriver au printemps du côté de la mer d’Allemagne: une partie s’arrête en  Suède et surtout en Scaniem. Horrebows prétend qu’ils restent toute l’année en Islande, et qu’ils habitent la  mer lorsque les eaux douces sont glacées; mais s’il en demeure en effet quelques-uns, le grand nombre suit  la loi commune de migration, et fuit un hiver que l’arrivée des glaces du Groenland rend encore plus rigoureux  en Islande qu’en Lapponie.  Ces oiseaux se sont trouvés en aussi grande quantité dans les parties septentrionales de l’Amérique, que  dans celles de l’Europe. Ils peuplent la baie d’Hudson, d’où vient le nom de cary-swan’s-nest que l’on peut traduire porte-nid de cygne, imposé par le capitaine Button, à cette longue pointe de terre qui s’avance du nord dans la baie. Ellis a trouvé des cygnes jusque sur l’île de Marbre, qui n’est qu’un amas de rochers bouleversés, à l’entour de quelques petits lacs d’eau douce; ces oiseaux sont de même très nombreux au Canada, d’où il paraît qu’ils vont hiverner en Virginie et à la Louisiane; et ces cygnes du Canada et de la Louisiane, comparés à nos cygnes sauvages, n’ont offert aucune différence. Quant aux cygnes à tête noire des îles Malouines et de quelques côtes de la mer du Sud, dont parlent les Voyageurs, l’espèce en est trop mal décrite, pour décider si elle doit se rapporter ou non à celle de notre cygne.

Les différences qui se trouvent entre le cygne sauvage et le cygne privé, ont fait croire qu’ils formaient deux espèces distinctes et séparées; le cygne sauvage est plus petit; son plumage est communément plus gris que blanc; il n’a pas de caroncule sur le bec qui toujours est noir à la pointe, et qui n’est jaune que près de la tête; mais à bien apprécier ces différences, on verra que l’intensité de la couleur, de même que la caroncule ou bourrelet charnu du front, sont moins des caractères de nature, que des indices et des empreintes de domesticité; les couleurs du plumage et du bec étant sujettes à varier dans les cygnes comme dans les autres oiseaux domestiques, on peut donner pour exemples le cygne privé à bec rouge dont parle le docteur Plott; d’ailleurs cette différence dans la couleur du plumage n’est pas aussi grande qu’elle le paraît d’abord ; nous avons vu que les jeunes cygnes domestiques naissent et restent longtemps gris; il paraît que cette couleur subsiste plus longtemps encore dans les sauvages, mais qu’enfin ils deviennent blancs avec l’âge; car Edwards a observé que dans le grand hiver de 1740, on vit aux environs de Londres plusieurs de ces cygnes sauvages qui étaient entièrement blancs; le cygne domestique doit donc être regardé comme une race tirée anciennement et originairement de l’espèce sauvage. Mrs Klein, Frisch et Linnæus l’ont présumé comme moi, quoique Willughby et Ray prétendent le contraire.

Extrait de l’Histoire naturelle des oiseaux : Buffon – Le Cygne

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La chouette et les Dieux

Posté par othoharmonie le 13 octobre 2015

la chouette et les dieuxAh les chouettes ! Vous avez la  » hulette  » (hulotte). 
Vous avez le chat-huant qui vit dans les grands bois, mais qui est très rare, 
qui fait « houhouhouhou… houhouhouhouhou… houhouhouhou… ».

Et vous avez la toute petite, très rare de nos jours aussi, 
qui faisait encore une fois son nid dans les souches de pré. 
Maintenant elles ont presque disparu.

Ou alors, dans les nids de muraille, dans les vieux nids de muraille, on appelait ça le « choutôt » (chevêche): « kwioucoucou, kwîou, kwî-ou… kwîoucoucou, kwîou, kwîou ». Cet oiseau-là, j’en ai trouvé étant gosse. Sûrement, il y avait encore des vieilles rues, des chemins creux, des « queules » (souches) dans les « pians » (haies), des souches creuses des chênes, d’ormes, ou de toutes espèces d’arbres. C’était plein de nids. Ils appelaient ça des « écornées »: ils laissaient un gros pied de chêne et ils coupaient le bois tous les dix quinze ans, tout du long, au fur et à mesure de la repousse.

Au bout d’un certain temps, le pied se creusait et il venait un trou. Alors, sur cette écornée-là, elle était pas bien haute, je montais facilement, en deux ou trois sauts j’étais dessus. J’avais dix douze ans, à peine, il y a bien cinquante-cinq ans de ça. Un jour, en montant sur la souche, j’ai trouvé un nid de chouette, avec six oeufs dedans. Naturellement, j’ai jamais rien fait de mal aux oiseaux. J’y passais tous les jours, c’était au bout du chemin, en bas de la bergerie. Alors, tous les jours, quand les oeufs ont été éclos, je montais voir les petites chouettes. Les premiers temps, elles ne voyaient pas clair, je ne les touchais pas. Mais quand elles ont été toutes emplumées, quand elles ont commencé d’ouvrir les yeux, elles se retournaient sur le dos, avec les griffes en avant.

Là, fallait pas les toucher ! Alors, tu y vas tous les jours, tu te mets pas loin d’elles et tout d’un coup, tu fais « touoût… touoût… ». Petit à petit, tu leur donnes confiance. Elles sifflent, elles crachent, elles font fff…, mais elles ne se retournent plus sur le dos avec les griffes en avant. Et quand elles ne se retournent plus, tu viens tous les jours t’asseoir près du nid et tu continues: « touoût… touoût… touoût… « et tu commences d’avancer la main vers elles, mais faut aller doucement, tout doucement. Faut d’abord faire voyager ta main sur elles sans les toucher, et après tu peux les toucher, et après tu peux les flatter. C’était au mois de juin, avant les vacances.

Les chouettes restent longtemps dans le nid avant de s’envoler. Elles faisaient leurs petits assez tard, ça dépend des nichées. Je montais m’asseoir sur la souche tous les jours, pendant que mes moutons étaient avec ma chienne. Et je prenais les chouettes, j’en mettais une sur mon épaule, j’en mettais une dans ma poche, j’en mettais une sur ma tête…, elles ne bougeaient pas.

Elles ne bougeaient pas, tout à coup, j’étais assis au milieu des chouettes, voilà ma grand-mère qui arrive, une bonne vieille de quatre-vingts ans, ah, cinq cents nom de nom !

- Mais, elle dit, qu’est-ce que tu fais là-dessus ? Pose-moi ça, pose-moi ça! Je ne veux plus te voir, pose-moi ça!

Mais non, je ne l’ai pas écoutée, tu sais bien, quand on est gosse! Je suis resté avec mes chouettes. Eh bien ! elle a fait demi-tour, et ce jour-là, elle n’est pas revenue garder les moutons avec moi, et elle est restée un sacré bout de temps sans revenir. Ça l’avait sidérée de m’avoir vu avec des chouettes tout à l’entour de moi.

Mais tu sais, dans le temps, on les crucifiait, les chouettes. C’est un oiseau qu’on voyait la nuit. Et souvent la nuit, quand on se trouve tout seul, dans un coin, qu’on entre dans une grange, si on croise une chouette, ça fait lugubre.

On a même coutume de dire que, quand les vieux entendaient une chouette non loin d’eux le soir, qu’elle faisait « houhouhou », ils disaient que c’était leur fin, c’était la chouette qui les appelait, c’était un oiseau de malheur.

Etant jeunes, on allait souvent grimper dans les murailles de la tour, au vieux château. Et au-dessus, il y avait encore les quatre trous des arquebusiers, comme ils disaient. Dans ces trous-là, tous les ans, on trouvait un nid de tiercelet, le tiercelet rouge, I’émouchet (faucon crécelle).

Et en bas, les deux ou trois trous, c’était sans doute pour loger une arquebuse, des trous qui avaient une visée, un découvert, tu pouvais sans doute tirer si les autres approchaient trop près du château. Alors là, il y avait d’autres nids: c’était des effraies.

A l’époque, ils disaient que le plus grand destructeur de taupes, c’était l’effraie, la chouette. Alors ça, je le croirais bien, parce que, tout à l’entour du nid, chaque fois qu’on montait voir, il y avait des taupes. Il y avait des taupes.

Extrait de « Demain j’aurai mille ans » Contes et récits paysans – Maurice Digoy et Rémi Guillaumeau.
Éditions du pas de l’âne. 7, place Sainte Barbe – 71400 AUTUN

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Les plumes et le duvet

Posté par othoharmonie le 10 octobre 2015

 

 

Contrairement aux discours de l’EDFA (ASSOCIATION EUROPÉENNE DES INDUSTRIES DE PLUMES ET ARTICLES DE LITERIE), les plumes et le duvet (1)  utilisés très largement par les industries de l’habillement et de la literie sont bel et bien issus de la cruauté.

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En effet, la majorité des plumes et du duvet utilisés pour garnir divers textiles ne sont pas issus du plumage d’animaux déjà morts, ni de la récupération de plumes tombées à terre dans les élevages !

Le plumage à vif est la méthode standard dans les principaux pays producteurs ! 

En 2009 les journalistes de France 2 ont filmé un élevage d’oies en Hongrie. Ces volatiles sont plumés à vif, leur douleur est insoutenable tout comme les images diffusées dans le cadre de ce reportage.

La Hongrie n’est malheureusement pas le seul pays à pratiquer cet acte cruel… 

Le plumage des oies vivantes peut représenter jusqu’à 80% de la collecte mondiale des plumes et si la Chine prend une importance croissante, les principaux producteurs de plumes sont européens, parmi lesquels la Hongrie, la Pologne et… la France.

Les plumes sont arrachées du cou, du dos et de la poitrine, en blessant souvent grièvement les animaux. Les plaies sont, dans le meilleur des cas, cousues immédiatement et sans anesthésie par les ouvriers et les ouvrières.​

Les animaux sont ensuite soit laissés dehors – c’est ainsi que les animaux plumés vivants souffrent, en plus de leurs blessures, du froid, et cela afin que nous ayons bien chaud ! – soit ré-entassés dans des hangars dans des conditions désastreuses.

Le 30 Juin 2009, à 40 km de Hambourg, dans le village de Königsmoor, Allemagne…

En secret et dans la plus grande sécurité le personnel de l’une des plus grandes installations d’élevage d’oies en Allemagne commet des cruautés illégales envers les animaux. Systématiquement, des centaines d’oies sont brutalement poussées vers une machine à plumer, machine créée en réalité pour le plumage d’animaux morts.

Sur cette vidéo tournée à leur insu, on peut voir les disques rotatifs en métal cassant le duvet de la peau des oies pleurantes. Les machines résonnent comme les scies circulaires, et on peut entendre les cris de panique des oies. Un employé attrape les oies grossièrement à l’aile ou la gorge, pour les plumer. Les oies essaient de fuir et elles sont poussées à coup de pied dans la machine à plumer. Un membre du personnel se met en colère et frappe sur une oie. Les animaux une fois plumés sont jetés dans le pâturage – ils s’enfuient, ils sont paniqués. Quelques animaux restent, la procédure de plumage leur a infligée des blessures trop graves pour survivre, bon nombre d’entre eux mourront. 

(1)Lexique spécialisé :

  • Le duvet : Plumage formant la première couche des oiseaux aquatiques et se composant de touffes de filaments légers et moelleux qui poussent à partir d’un noyau faiblement ébauché, mais n’ont ni tige ni vexille.
  • La plume : Enveloppe cornée des volailles. Elle a un vexille plus court et plus doux que les pennes et, contrairement aux flocons de duvets, elle a une tige bien développée.

 

téléchargement (2)Dans le doute, n’achetez pas !

D’une part, des produits déclarés « sans plumage à vif » peuvent provenir d’animaux qui avaient été précédemment plumés à vif ! Les magasins qui vendent des oreillers et des couettes ne savent pas toujours d’où viennent les plumes ni comment elles sont produites à causes de nombreux intermédiaires de la filière.

​Et si vous vous demandez si les plumes qui se trouvent dans vos oreillers, doudounes, coussins et autre proviennent d’une oie ou d’un canard vivant à qui on a arraché les plumes  ou si elles proviennent d’un volatile mort, vous constaterez qu’il n’y a à ce jour aucun moyen de le savoir.

Explications dans l’excellent et très complet article fait par l’association Respect Animal.

A noter : même si la production de volailles (poulets, dindes, pintades) est la seconde production de viande en France après le porc et devant le bœuf et le veau, les plumes ne représentent environ que 5% du poids vif des animaux, et la production de  »plumes neuves », par opposition aux « plumes de récupération », via ce canal, est d’une importance toute relative.​​

 

 

Le cas du duvet de canard…

Selon l’état actuel de nos informations, on ne plume pas les canards, vivants s’entend… Malheureusement, là encore, il y a de nombreuses possibilités de fraude : on pourrait y mêler du duvet d’oie, et les éleveurs de canards pourraient être incités à plumer également leurs animaux.

En outre, la plupart des canards sont engraissés dans des élevages de masse cruels, et souffrent par millions pour la production de foie gras..

 Pour comprendre ce qu’est le foie gras, n’hésitez pas à vous rendre sur le site de l’association L214 !​​

 Au 21ème siècle …

Il existe tant de matières alternatives pour assurer notre confort ! Les produits synthétiques sont tout aussi efficaces et confortables !

Ainsi le polyester ou le gel microfibre reproduisent de nos jours parfaitement dans les couettes et autres articles de literie l’effet gonflant typique du duvet de canard ou du duvet d’oie. Il existe de nombreuses variétés de fibres en polyester (Quallofil Air, Hollofil, Cyclafill…). Plus les fibres sont élaborées de façon à contenir de l’air, plus elles sont légères tout en restant isolantes. Certaines sont siliconées pour avoir un toucher proche des couettes naturelles, les fibres glissent plus facilement les unes sur les autres comme le duvet.

Ces matières synthétiques ont également un très bon pouvoir isolant comme en témoigne leur emploi par les unités spéciales de l’armée ou les fabricants de vêtements et literie pour les sports extrêmes… – « Sur le plan du confort thermique, notre test ne montre pas de réelle différence entre naturelle et synthétique » Que Choisir, article sur les couettes, décembre 2011. 

De plus, ces alternatives synthétiques sont moins chères, plus résistantes à l’humidité, et conviennent également aux allergiques (certaines personne le sont aux plumes et duvet).

Et les alternatives synthétiques aux plumes et duvet ont également tout bon côté environnemental, si on les compare avec les bilans environnementaux de la production de plumes et de duvet (élevages industriels + traitement par des procédés chimiques complexes), lesquels sont extrêmement négatifs !

Sans parler bien sûr du nettoyage : pour le nettoyage des couettes en plumes et duvet, direction le pressing ! Les couettes synthétiques présentent de grands avantages écologiques également en termes d’entretien : elles passent à la machine à laver, de 30 à 90°, ainsi qu’au sèche-linge !

Enfin, la plupart des fabricants développent des gammes à base de polyester recyclé, souvent associées à des enveloppes également « vertes », coton « bio », viscose de bambou, etc. 

​Ces souffrances inimaginables sont infligées pour des raisons évidentes de rentabilité.

Les vétérinaires contactés parlent de torture, ces pauvres bêtes pourront être plumées 4 fois pour récolter des plumes ou du duvet toujours plus doux pour contenter les acheteurs…

 

 oies-blanches

​ Le cas du duvet d’OIES…

 

Au cours de leur brève existence, les oies sont plumées 2 à 4 fois à la main par des « brigades de plumage ». Ce travail est payé à la pièce : en l’espace de 5 heures, on plume ainsi à nu environ 3000 animaux. L’Union Européenne interdit cette façon de procéder mais il n’y a pas de sanction!

Les usages méconnus des plumes….

En sus des utilisations connues des plumes pour habillement et literie, les industriels exploitent de bien d’autres manières ces produits de la souffrance animale ! Ainsi on trouve des plumes dans les matériaux d’isolation, l’industrie automobile, les engrais et les farines animales (ainsi, entre autres utilisations, la poudre de plume ou farine sert comme farine animale, et transformée, donne la cystéine, utilisée en boulangerie comme correcteur de la force de la pâte à pain…).

 

Des articles pour aller plus loin …

Un très bon article synthétique sur le sujet, avec deux vidéos, d’Animalier.

Un article de la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, qui explique de façon pragmatique les réalités de l’industrie : « Production de plumes et de duvets«  

L’article de l’association One Voice dénonçant la prise de position en 2010 de l’EFSA, favorable à la collecte sur animaux vivants !

​Un article de la fondation « 30 millions d’amis » faisant le point sur la situation et la législation européenne.

Un article en français expliquant le scandale allemand de 2009.

Une vidéo de campagne de PETA à la fois sur le plumage et le foie gras.

SOURCE DE l’ARTICLE : http://www.laissons-leur-peau-aux-animaux.org/

 

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L’HISTOIRE DU VILAIN PETIT CANARD

Posté par othoharmonie le 30 septembre 2015

 

 

Voici l’histoire du vilain petit canard d’Hans Christian Andersen raconté et illustré par Monde Des Petits. 

canardComme il faisait bon dans la campagne ! C’était l’été. Les blés étaient dorés, l’avoine verte, les foins coupés embaumaient, ramassés en tas dans les prairies, et une cigogne marchait sur ses jambes rouges, si fines et si longues et claquait du bec en égyptien (sa mère lui avait appris cette langue-là).  Au-delà, des champs et des prairies s’étendaient, puis la forêt aux grands arbres, aux lacs profonds. 

En plein soleil, un vieux château s’élevait entouré de fossés, et au pied des murs poussaient des bardanes aux larges feuilles, si hautes que les petits enfants pouvaient se tenir tout debout sous elles. L’endroit était aussi sauvage qu’une épaisse forêt, et c’est là qu’une cane s’était installée pour couver. Elle commençait à s’ennuyer beaucoup. C’était bien long et les visites étaient rares les autres canards préféraient nager dans les fossés plutôt que de s’installer sous les feuilles pour caqueter avec elle. 

Enfin, un œuf après l’autre craqua. “Pip, pip”, tous les jaunes d’œufs étaient vivants et sortaient la tête. 
— Coin, coin, dit la cane, et les petits se dégageaient de la coquille et regardaient de tous côtés sous les feuilles vertes. La mère les laissait ouvrir leurs yeux très grands, car le vert est bon pour les yeux. 
— Comme le monde est grand, disaient les petits. 
Ils avaient bien sûr beaucoup plus de place que dans l’œuf. 
— Croyez-vous que c’est là tout le grand monde ? dit leur mère, il s’étend bien loin, de l’autre côté du jardin, jusqu’au champ du pasteur — mais je n’y suis jamais allée. 
« Êtes-vous bien là, tous ? » Elle se dressa. « Non, le plus grand œuf est encore tout entier. Combien de temps va-t-il encore falloir couver ? J’en ai par-dessus la tête. » Et elle se recoucha dessus. 

— Eh bien ! Comment ça va ? demanda une vieille cane qui venait enfin rendre visite. 
— Ça dure et ça dure, avec ce dernier œuf qui ne veut pas se briser. Mais regardez les autres, je n’ai jamais vu des canetons plus ravissants. Ils ressemblent tous à leur père, ce coquin, qui ne vient même pas me voir. 
— Montre-moi cet œuf qui ne veut pas craquer, dit la vieille. C’est, sans doute, un œuf de dinde, j’y ai été prise moi aussi une fois, et j’ai eu bien du mal avec celui-là. Il avait peur de l’eau et je ne pouvais pas obtenir qu’il y aille. J’avais beau courir et crier. Fais-moi voir. Oui, c’est un œuf de dinde, sûrement. Laisse-le et apprends aux autres enfants à nager. 
— Je veux tout de même le couver encore un peu, dit la mère. Maintenant que j’y suis depuis longtemps. 
— Fais comme tu veux, dit la vieille, et elle s’en alla. 
Enfin, l’œuf se brisa. 
— Pip, pip, dit le petit en roulant dehors. 
Il était si grand et si laid que la cane étonnée, le regarda. 
— En voilà un énorme caneton, dit-elle, aucun des autres ne lui ressemble. Et si c’était un dindonneau, eh bien, nous allons savoir ça au plus vite. 

Le lendemain, il faisait un temps splendide. La cane avec toute la famille S’approcha du fossé. Plouf ! Elle sauta dans l’eau. Coin ! Coin ! commanda-t-elle, et les canetons plongèrent l’un après l’autre, même l’affreux gros gris. 

— Non, ce n’est pas un dindonneau, s’exclama la mère. Voyez comme il sait se servir de ses pattes et comme il se tient droit. C’est mon petit à moi. Il est même beau quand on le regarde bien. Coin ! coin : venez avec moi, je vous conduirai dans le monde et vous présenterai à la cour des canards. Mais tenez-vous toujours près de moi pour qu’on ne vous marche pas dessus, et méfiez-vous du chat. 
Ils arrivèrent à l’étang des canards où régnait un effroyable vacarme. Deux familles se disputaient une tête d’anguille. Ce fut le chat qui l’attrapa. 
— Ainsi va le monde ! dit la cane en se pourléchant le bec. 

Elle aussi aurait volontiers mangé la tête d’anguille. 

— Jouez des pattes et tâchez de vous dépêcher et courbez le cou devant la vieille cane, là-bas, elle est la plus importante de nous tous. Elle est de sang espagnol, c’est pourquoi elle est si grosse. Vous voyez qu’elle a un chiffon rouge à la patte, c’est la plus haute distinction pour un canard. Cela signifie qu’on ne veut pas la manger et que chacun doit y prendre garde. Ne mettez pas les pattes en dedans, un caneton bien élevé nage les pattes en dehors comme père et mère. Maintenant, courbez le cou et faites coin ! 

Les petits obéissaient, mais les canards autour d’eux les regardaient et s’exclamaient à haute voix : 
— Encore une famille de plus, comme si nous n’étions pas déjà assez. Et il y en a un vraiment affreux, celui-là nous n’en voulons pas. 
Une cane se précipita sur lui et le mordit au cou. 
— Laissez le tranquille, dit la mère. Il ne fait de mal à personne. 
— Non, mais il est trop grand et mal venu. Il a besoin d’être rossé. 
— Elle a de beaux enfants, cette mère ! dit la vieille cane au chiffon rouge, tous beaux, à part celui-là : il n’est guère réussi. Si on pouvait seulement recommencer les enfants ratés ! 
— Ce n’est pas possible, Votre Grâce, dit la mère des canetons; il n’est pas beau mais il est très intelligent et il nage bien, aussi bien que les autres, mieux même. J’espère qu’en grandissant il embellira et qu’avec le temps il sera très présentable. 
Elle lui arracha quelques plumes du cou, puis le lissa : 
— Du reste, c’est un mâle, alors la beauté n’a pas tant d’importance. 
— Les autres sont adorables, dit la vieille. Vous êtes chez vous, et si vous trouvez une tête d’anguille, vous pourrez me l’apporter. 

Cependant, le pauvre caneton, trop grand, trop laid, était la risée de tous. Les canards et même les poules le bousculaient. Le dindon — né avec des éperons — et qui se croyait un empereur, gonflait ses plumes comme des voiles. Il se précipitait sur lui en poussant des glouglous de colère. Le pauvre caneton ne savait où se fourrer. La fille de basse-cour lui donnait des coups de pied. Ses frères et sœurs, eux-mêmes, lui criaient : 

— Si seulement le chat pouvait te prendre, phénomène ! 
Et sa mère : 
— Si seulement tu étais bien loin d’ici ! 
C’en était trop ! Le malheureux, d’un grand effort s’envola par-dessus la haie, les petits oiseaux dans les buissons se sauvaient à tire d’aile. 

« Je suis si laid que je leur fais peur », pensa-t-il en fermant les yeux. 
Il courut tout de même jusqu’au grand marais où vivaient les canards sauvages. Il tombait de fatigue et de chagrin et resta là toute la nuit. 
Au matin, les canards en voyant ce nouveau camarade s’écrièrent : 

— Qu’est-ce que c’est que celui-là ? 
Notre ami se tournait de droite et de gauche, et saluait tant qu’il pouvait. 
— Tu es affreux, lui dirent les canards sauvages, mais cela nous est bien égal pourvu que tu n’épouses personne de notre famille. 
Il ne songeait guère à se marier, le pauvre ! Si seulement on lui permettait de coucher dans les roseaux et de boire l’eau du marais. 
Il resta là deux jours. Vinrent deux oies sauvages, deux jars plutôt, car c’étaient des mâles, il n’y avait pas longtemps qu’ils étaient sortis de l’œuf et ils étaient très désinvoltes. 

— Écoute, camarade, dirent-ils, tu es laid, mais tu nous plais. Veux-tu venir avec nous et devenir oiseau migrateur ? Dans un marais à côté il y a quelques charmantes oiselles sauvages, toutes demoiselles bien capables de dire coin, coin (oui, oui), et laid comme tu es, je parie que tu leur plairas. 
Au même instant, il entendit “Pif ! Paf !”, les deux jars tombèrent raides morts dans les roseaux, l’eau devint rouge de leur sang. Toute la troupe s’égailla et les fusils claquèrent de nouveau. 

Des chasseurs passaient, ils cernèrent le marais, il y en avait même grimpés dans les arbres. Les chiens de chasse couraient dans la vase. Platch ! Platch ! Les roseaux volaient de tous côtés; le pauvre caneton, épouvanté, essayait de cacher sa tête sous son aile quand il vit un immense chien terrifiant, la langue pendante, les yeux étincelants. Son museau, ses dents pointues étaient déjà prêts à le saisir quand — Klap ! il partit sans le toucher. 

— Oh ! Dieu merci ! je suis si laid que même le chien ne veut pas me mordre. 
Il se tint tout tranquille pendant que les plombs sifflaient et que les coups de fusils claquaient. Le calme ne revint qu’au milieu du jour, mais le pauvre n’osait pas se lever, il attendit encore de longues heures, puis quittant le marais il courut à travers les champs et les prés, malgré le vent qui l’empêchait presque d’avancer. 

vilain petit canardVers le soir, il atteignit une pauvre masure paysanne, si misérable qu’elle ne savait pas elle-même de quel côté elle avait envie de tomber, alors elle restait debout provisoirement. Le vent sifflait si fort qu’il fallait au caneton s’asseoir sur sa queue pour lui résister. Il s’aperçut tout à coup que l’un des gonds de la porte était arraché, ce qui laissait un petit espace au travers duquel il était possible de se glisser dans la cabane. C’est ce qu’il fit. 

Une vieille paysanne habitait là, avec son chat et sa poule. Le chat pouvait faire le gros dos et ronronner. Il jetait même des étincelles si on le caressait à rebrousse-poil. La poule avait les pattes toutes courtes, elle pondait bien et la femme les aimait tous les deux comme ses enfants. 

Au matin, ils remarquèrent l’inconnu. Le chat fit chum et la poule fit cotcotcot. 
— Qu’est-ce que c’est que ça ! dit la femme. 
Elle n’y voyait pas très clair et crut que c’était une grosse cane égarée. 
« Bonne affaire, pensa-t-elle, je vais avoir des œufs de cane. Pourvu que ce ne soit pas un mâle. Nous verrons bien. » 

Le caneton resta à l’essai, mais on s’aperçut très vite qu’il ne pondait aucun œuf. Le chat était le maître de la maison et la poule la maîtresse. Ils disaient : « Nous et le monde », ils pensaient bien en être la moitié, du monde, et la meilleure. Le caneton était d’un autre avis, mais la poule ne supportait pas la contradiction. 
— Sais-tu pondre ? demandait-elle. 
— Non. 
— Alors, tais-toi. 
Et le chat disait : 
— Sais-tu faire le gros dos, ronronner ? 
— Non. 
— Alors, n’émets pas des opinions absurdes quand les gens raisonnables parlent. Le caneton, dans son coin, était de mauvaise humeur; il avait une telle nostalgie d’air frais, de soleil, une telle envie de glisser sur l’eau. Il ne put s’empêcher d’en parler à la poule. 
— Qu’est-ce qui te prend, répondit-elle. Tu n’as rien à faire, alors tu te montes la tête. Tu n’as qu’à pondre ou bien ronronner, et cela te passera. 
— C’est si délicieux de glisser sur l’eau, dit le caneton, si exquis quand elle vous passe par-dessus la tête, et de plonger jusqu’au fond ! 
— En voilà un plaisir, dit la poule. Tu es complètement fou. Demande au chat, qui est l’être le plus intelligent que je connaisse, s’il aime glisser sur l’eau ou plonger la tête dedans. Je ne parle même pas de moi. Demande à notre hôtesse, la vieille paysanne. Il n’y a pas plus intelligent. Crois-tu qu’elle a envie de nager et d’avoir de l’eau par-dessus la tête ? 
— Vous ne me comprenez pas, soupira le caneton. 
— Alors, si nous ne te comprenons pas, qui te comprendra ? Tu ne vas tout de même pas croire que tu es plus malin que le chat ou la femme… ou moi-même ! Remercie plutôt le ciel de ce qu’on a fait pour toi ! N’es-tu pas là, dans une chambre bien chaude, avec des gens capables de t’apprendre quelque chose ? Mais tu n’es qu’un vaurien, et il n’y a aucun plaisir à te fréquenter. Remarque que je te veux du bien, et si je te dis des choses désagréables c’est que je suis ton amie… Essaie un peu de pondre ou de ronronner ! 
— Je crois que je vais me sauver dans le vaste monde, avoua le caneton. 
— Eh bien ! vas-y donc ! 
Il s’en alla. 

L’automne vint, les feuilles dans la forêt passèrent du jaune au brun, le vent les faisait voler de tous côtés. L’air était froid, les nuages lourds de grêle et de neige, dans les haies nues les corbeaux croassaient “kré ! kru ! krà !” oui, il y avait de quoi grelotter. Le pauvre caneton n’était guère heureux. 

Un soir, au soleil couchant, un grand vol d’oiseaux sortit des buissons. Jamais le caneton n’en avait vu de si beaux, d’une blancheur si immaculée, avec de longs cous ondulants. Ils ouvraient leurs larges ailes et s’envolaient loin des contrées glacées vers le midi, vers les pays plus chauds, vers la mer ouverte. Ils volaient si haut, si haut, que le caneton en fut impressionné; il tournait sur l’eau comme une roue, tendait le cou vers le ciel… il poussa un cri si étrange et si puissant que lui-même en fut effrayé. 

Jamais il ne pourrait oublier ces oiseaux merveilleux ! Lorsqu’ils furent hors de sa vue, il plongea jusqu’au fond de l’eau et quand il remonta à la surface, il était comme hors de lui-même. Il ne savait pas le nom de ces oiseaux ni où ils s’envolaient, mais il les aimait comme il n’avait jamais aimé personne. Il ne les enviait pas, comment aurait-il rêvé de leur ressembler… 

L’hiver fut froid, terriblement froid. Il lui fallait nager constamment pour empêcher l’eau de geler autour de lui. Mais, chaque nuit, le trou où il nageait devenait de plus en plus petit. La glace craquait, il avait beau remuer ses pattes, à la fin, épuisé, il resta pris dans la glace. 
Au matin, un paysan qui passait le vit, il brisa la glace de son sabot et porta le caneton à la maison où sa femme le ranima. 
Les enfants voulaient jouer avec lui, mais lui croyait qu’ils voulaient lui faire du mal, il s’élança droit dans la terrine de lait éclaboussant toute la pièce; la femme criait et levait les bras au ciel. Alors, il vola dans la baratte où était le beurre et, de là, dans le tonneau à farine. La paysanne le poursuivait avec des pincettes; les enfants se bousculaient pour l’attraper… et ils riaient… et ils criaient. Heureusement, la porte était ouverte ! Il se précipita sous les buissons, dans la neige molle, et il y resta anéanti. 

Il serait trop triste de raconter tous les malheurs et les peines qu’il dut endurer en ce long hiver. 

Pourtant, un jour enfin, le soleil se leva, déjà chaud, et se mit à briller. C’était le printemps. Alors, soudain, il éleva ses ailes qui bruirent et le soulevèrent, et avant qu’il pût s’en rendre compte, il se trouva dans un grand jardin plein de pommiers en fleurs. Là, les lilas embaumaient et leurs longues branches vertes tombaient jusqu’aux fossés. 

Comme il faisait bon et printanier ! Et voilà que, devant lui, sortant des fourrés trois superbes cygnes blancs s’avançaient. Il ébouriffaient leurs plumes et nageaient si légèrement, et il reconnaissait les beaux oiseaux blancs. Une étrange mélancolie s’empara de lui. 
— Je vais voler jusqu’à eux et ils me battront à mort, moi si laid, d’avoir l’audace de les approcher ! Mais tant pis, plutôt mourir par eux que pincé par les canards, piqué par les poules ou par les coups de pied des filles de basse-cour ! 
Il s’élança dans l’eau et nagea vers ces cygnes pleins de noblesse. À son étonnement, ceux-ci, en le voyant, se dirigèrent vers lui. 
— Tuez-moi, dit le pauvre caneton en inclinant la tête vers la surface des eaux. 
Et il attendit la mort. 

Mais alors, qu’est-ce qu’il vit, se reflétant sous lui, dans l’eau claire ? C’était sa propre image, non plus comme un vilain gros oiseau gris et lourdaud… il était devenu un cygne !!! 
Car il n’y a aucune importance à être né parmi les canards si on a été couvé dans un œuf de cygne ! 
Il ne regrettait pas le temps des misères et des épreuves puisqu’elles devaient le conduire vers un tel bonheur ! Les grands cygnes blancs nageaient autour de lui et le caressaient de leur bec. 
imagesQuelques enfants approchaient, jetant du pain et des graines. Le plus petit s’écria : — Oh ! il y en a un nouveau. 
Et tous les enfants de s’exclamer et de battre des mains et de danser en appelant père et mère. 
On lança du pain et des gâteaux dans l’eau. Tous disaient : « Le nouveau est le plus beau, si jeune et si gracieux. » Les vieux cygnes s’inclinaient devant lui. 

Il était tout confus, notre petit canard, et cachait sa tête sous l’aile, il ne savait lui-même pourquoi. Il était trop heureux, pas du tout orgueilleux pourtant, car un grand cœur ne connaît pas l’orgueil. Il pensait combien il avait été pourchassé et haï alors qu’il était le même qu’aujourd’hui où on le déclarait le plus beau de tous ! Les lilas embaumaient dans la verdure, le chaud soleil étincelait. Alors il gonfla ses plumes, leva vers le ciel son col flexible et de tout son cœur comblé il cria : « Aurais-je pu rêver semblable félicité quand je n’étais que le vilain petit canard ! » 

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La Petite Gardeuse d’oies

Posté par othoharmonie le 29 septembre 2015

 

 

La Petite Gardeuse d’oies (Die Gänsemagd) est un conte de Jacob et Wilhelm Grimm.

la-petite-gardeuse-doieUne princesse doit quitter sa mère la reine pour rejoindre l’époux qui lui est destiné. Celle-ci lui fait don d’un mouchoir sur lequel elle dépose trois gouttes de son sang puis lui offre un cheval nommé « Falada » et unecamériste.

La jeune fille part ensuite pour rejoindre son époux mais en chemin, elle perd le précieux mouchoir que lui avait donné sa mère.

Or ce mouchoir avait le pouvoir de la protéger ; elle devient donc faible et incapable de se défendre. La camériste qui l’accompagne, voyant qu’elle a perdu son mouchoir et qu’elle est désormais à sa merci, l’oblige à échanger ses habits avec elle et prend sa place en lui faisant promettre de ne jamais révéler son secret. Arrivée au château, la camériste épouse le prince et la jeune princesse est obligée de garder les oies du roi. La camériste fait ensuite tuer le cheval Falada qui avait le pouvoir de parler et pourrait révéler son secret. Mais la princesse obtient le droit d’accrocher la tête de Falada sur une porte et lui parle chaque jour en passant devant. Or même morte, la tête a toujours le pouvoir de parler et lui répond inlassablement :

« Ô jeune reine, comme tu vas là, si ta mère savait cela, son cœur volerait en éclats. »

C’est ainsi que le roi apprend un jour l’identité de la princesse. Mais comme celle-ci refuse de trahir sa promesse, il lui suggère de se confier à un poêle et apprend enfin toute la vérité. La camériste subit son supplice et meurt dans un tonneau rempli de clous. La jeune princesse épouse le prince.

 

Un jour, il y a très longtemps, le fils d’un puissant comte, errant dans un endroit sauvage, y rencontra une vieille, très vieille femme en train de lier un énorme tas d’herbe fraîche. — Qu’allez-vous faire de toute cette herbe? qu’il lui demande. — L’apporter chez moi pour la donner à mes oies. — C’est bien trop lourd pour vous, laissez-moi vous aider. — Volontiers, dit la vieille qui, avec une force insoupçonnée dans ce corps chétif, arrima le tas d’herbe sur le dos du jeune homme et ajouta:

– Prenez donc aussi mes paniers de pommes.

– Est-ce loin? demanda le pauvre garçon, écrasé sous la charge.

– Une heure de marche, pas plus…

Allez! En route! Le chemin grimpait durement, le soleil chauffait, les pierres roulaient sous les pieds, l’herbe pesait lourd comme du plomb, les pommes avaient le poids du bronze.  »Je n’en peux plus », dit le jeune comte, s’arrêtant pour reprendre haleine.

– Ah! Ah! fit la vieille avec un ricanement, jeune et fort comme tu es, ne peux-tu soulever ce que je transporte à tous les jours? Pourquoi s’arrêter? Personne ne viendra te secourir ici . » Et, ricanant de plus belle, elle prit son élan et sauta debout sur le tas d’herbe. Le garçon chancela: petite et menue comme elle était, la vieille pesait plus lourd qu’un plein tonneau de vin.

 »Assez, vieille sorcière! » cria-t-il tout en cherchant à se débarrasser de son fardeau. Mais c’était impossible: les paniers demeuraient fixés à ses mains, l’herbe attachée à son dos et la sorcière par-dessus.  »Il n’y a pas de joie sans peine, dit celle-ci. Je te réserve une belle surprise, mais il faut d’abord avancer », et, disant cela, elle lui fouettait les bras et les jambes à grands coups de chardon. Quand, au sommet de la montagne, la cabane de la vieille femme apparut enfin, le comte était à rendu bout de forces. Ses genoux tremblaient et un brouillard s’étendait devant les yeux. Il remarqua pourtant, au milieu d’un troupeau, une horrible gardienne d’oies, vieille et édentée, qui, sans se soucier de lui, s’élança vers la sorcière, disant:

– Comme vous revenez tard, mère, que vous est-il arrivé?

– Rien de fâcheux, au contraire, mon enfant; cet aimable jeune homme m’a offert de m’aider, et, en sa compagnie, le temps a passé très vite. Ce fut seulement après avoir longuement plaisanté sur les joies de cette promenade que la vieille, enfin, sauta à terre et délivra son porteur. Celui-ci s’écroula, plus qu’il ne s’assit, sur un banc, et il s’endormit aussitôt, anéanti de fatigue Une main brutale l’arracha à son sommeil quelques instants plus tard.  »Voici ta récompense, lui dit la vieille, si tu en fais bon usage, elle t’apportera du bonheur. » Le comte regarda ce qui lui était offert: c’était un coffret d’émeraude contenant une unique mais très grosse perle. Il remercia la vieille et partit aussitôt. Sa fatigue s’était dissipée, mais il dut marcher pendant trois jours avant de pouvoir quitter la montagne et il se trouva alors aux abords d’une grande ville, inconnue de lui. Il demanda son chemin et on le conduisit au palais. Le roi et la reine le reçurent si bien que, n’ayant rien d’autre à leur offrir, il prit le coffret d’émeraude, qu’il posa sur les genoux de la reine. Celle-ci l’ouvrit et aussitôt, devenant très pâle, elle s’évanouit. Tandis qu’on ranimait la reine, le roi s’empara du coffret, regarda ce qu’il contenait et demanda:  »Comment avez-vous eu cette perle? Je donnerais tout au monde pour retrouver celle qui l’a perdue.

– Je ne sais pas qui l’a perdue, dit le comte, mais celle qui me l’a donnée ne mérite certes pas tant d’empressement. » Puis il raconta ce qu’il savait de la sorcière. Le roi l’écouta avec attention et le supplia de le conduire aussitôt auprès d’elle. Quant à la reine, à peine revenue de son évanouissement, elle insista tellement pour se joindre à eux, que tous trois se mirent aussitôt en route. A la nuit tombante ils s’égarèrent et le comte se retrouva seul, dans une vallée sauvage où il décida de passer la nuit dans les branches d’un gros orme, au-dessus d’un puits abandonné. Il allait s’endormir lorsque, à la lueur de la lune, il aperçut une forme humaine descendant la vallée: c’était la gardienne d’oies. Elle s’approcha du puits, ôta les nattes grises qui couvraient ses cheveux et le masque de peau qui cachait son visage, puis, se penchant sur l’eau, elle mouilla ses mains, ses bras et sa figure.

La Petite Gardeuse d'oies dans OIE ET CANARD 250px-Blue_Fairy_Book-The_Goose_Girl-3Alors elle apparut, belle comme le jour, avec son teint de lis, ses yeux clairs et le manteau d’or de ses cheveux la couvrant tout entière. Si grande était la stupéfaction du comte qu’il ne pouvait en croire ses yeux et, écartant les feuilles, il se pencha pour mieux voir. Mais son geste fit craquer une branche et, prompte comme une biche effarouchée, la jeune fille remit son masque et disparut à travers les buissons, tandis qu’un nuage venait voiler la lune et couvrir sa retraite. Le comte descendit de l’arbre et s’élança à la poursuite de la si belle inconnue.

Il ne put la rejoindre, mais sa course le conduisit auprès de l’endroit où s’étaient arrêtés le roi et la reine et, les éveillant, il leur raconta ce qu’il venait de voir. A son récit, l’émotion de la reine s’accrut encore. Incapable d’attendre que le jour se lève, elle décida le roi à reprendre aussitôt leurs recherches, et tous trois marchèrent longtemps à la clarté des étoiles. Arrivés enfin, au sommet de la montagne, ils aperçurent une lumière. La sorcière veillait encore, guettant les arrivants, et au premier coup qu’ils frappèrent, la porte s’ouvrit.

– Que désirez-vous? dit la vieille, hargneuse.

– Madame, lui dit la reine, d’où tenez-vous cette perle?

– C’est une larme que pleurait une pauvre fille, chassée par ses parents.

– Ma fille aussi pleurait des perles, dit la reine.

– Et moi, je l’ai chassée, dit le roi.

– Si ma fille est encore en vie et si vous savez où elle est, s’écria la reine, dites-le-moi, par pitié. Mais la sorcière refusa de répondre et lui demanda quel crime avait pu commettre son enfant pour qu’elle soit chassée.  »J’avais trois filles, commença la reine, que j’aimais tendrement, mais la plus jeune était ma préférée. »

 – Elle était la mienne aussi, reprit le roi, mais un jour, j’ai voulu savoir à quel point mes filles m’aimaient. L’aînée, qui est coquette, m’a répondu qu’elle m’aimait plus que sa plus belle robe. La seconde, qui est coquette aussi, m’a dit qu’elle me préférait à ses plus beaux bijoux. La troisième m’a répondu:  »Je vous aime comme j’aime le sel. » Alors je l’ai chassée et j’ai partagé mon royaume entre les deux autres.

– Ah! Ah! Ah! s’écria la sorcière. Les aliments sans sel n’ont pas de goût. Votre fille voulait dire que, sans vous, la vie n’aurait plus de saveur, et vous l’avez chassée. Ah! Ah! Ah!

– Hélas! dit la reine. Nous l’avons compris trop tard! Nous avons fait en vain fouiller la forêt et la montagne. Sans doute les bêtes sauvages ont dévoré notre pauvre fille.

– Sans doute, dit la sorcière et, se levant, elle ouvrit une porte et appela:  »Viens, ma fille. » Ce ne fut pas la gardienne d’oies qui entra, ou plutôt ce fut elle, sous la forme de la magnifique princesse que le comte avait aperçue au bord du puits. Elle se jeta en pleurant de joie dans les bras de ses parents, et ses larmes étaient des perles. Sans mot dire, le comte observait la scène, puis, détachant avec effort son regard de la belle princesse, il voulut implorer la pitié de la sorcière…

Mais il ne reconnut plus celle-ci. Un sourire de joie la transfigurait et il comprit que cette vieille femme si odieuse n’était pas une sorcière, mais plutôt une bonne fée déguisée.  »Puisque vous avez déshérité votre enfant, dit-elle intervenant alors, et puisque, depuis trois ans, je la considère comme ma fille, avant de vous la rendre laissez-moi la doter.

Pour fortune, je lui donne ce monceau de perles, qui sont toutes les larmes qu’elle a versé sur vous. Pour demeure, je lui offre cette chaumière où elle a vécu loin de tout danger, sans autre chagrin que votre absence, et pour époux je lui suggère de prendre ce jeune comte dont le cœur est bon, puisqu’il a tour à tour secouru une vieille femme ployant sous sa charge et aussi des parents accablés par le chagrin. » A peine avait-elle achevé sa phrase que la chaumière se mit à craquer de toutes parts: un splendide palais la remplaça, et le jour levant éclaira la montagne, brusquement devenue fertile et peuplée. Nul ne revit la bonne fée, mais la fille du roi et le fils du comte vécurent longtemps, heureux et puissants dans le lieu même où, autrefois, il avait été si difficile de nourrir un troupeau d’oies. 

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Comment le Léopard a acquit ses taches

Posté par othoharmonie le 23 août 2015

Comment le Léopard acquit ses taches 

 


220px-Charging_Leopard-001À l’époque où tout le monde partait à égalité, ma Mieux-Aimée, le Léopard vivait en un lieu nommé le Haut-Veld. Souviens-toi que ce n’était pas le Bas-Veld, ni le Bush-Veld, ni le Sour-Veld, mais le Haut-Veld, exclusivement nu, brûlant et éclatant, avec du sable, des rochers couleur de sable et exclusivement des touffes d’herbe jaunâtre et sablonneuse. La Girafe, le Zèbre, l’Éland, le Coudou et le Bubale y vivaient eux aussi : et ils étaient tous exclusivement jaune-brun-roux partout, mais le Léopard était le plus exclusivement jaune-brun-roux de tous, une espèce d’animal en forme de chat gris-jaune qui se confondait à un poil près avec la couleur exclusivement jaune-gris-brun du Haut-Veld. C’était très embêtant pour la Girafe, le Zèbre et les autres, car il se tapissait près d’une pierre ou d’un buisson es’sclusivement jaune-gris-brun et lorsque passaient la Girafe, le Zèbre, l’Éland, le Coudou, le Gruit ou le Damalisque, il leur sautait dessus et leur faisait faire des bonds. Tu peux me croire. Et il y avait également un Ethiopien avec des arcs et des flèches (un homme exclusivement gris-brun-jaune en ce temps-là) qui vivait sur le Haut-Veld en compagnie du Léopard ; et ces deux-là chassaient ensemble. 

L’Éthiopien avec ses arcs et ses flèches, le Léopard es’sclusivement avec ses dents et ses griffes ; si bien que la Girafe, l’Éland, le Coudou, le Couagga et tous les autres ne savaient plus sur quelle patte sauter, ma Mieux-Aimée. Tu peux me croire ! 

Après très longtemps (les choses vivaient éternellement en ce temps-là) ils apprirent à éviter tout ce qui ressemblait à un Léopard ou à un Ethiopien. Et petit à petit ils quittèrent le Haut-Veld (à commencer par la Girafe car elle avait de longues pattes). Pendant des jours et des jours et des jours, ils filèrent avant de parvenir à une immense forêt, es’sclusivement remplie d’arbres, de buissons et d’ombres rayées, tachetées, mouchetées où se cacher.

Après une autre longue période, à force de rester moitié dans l’ombre, moitié en dehors, et à cause des ombres glissantes et mouvantes des arbres qui leur tombaient dessus, la Girafe devint tachetée, le Zèbre rayé, l’Éland et le Coudou plus foncés avec de petites vagues grises sur le dos comme l’écorce sur un tronc d’arbre. Ainsi, on avait beau les entendre et les sentir, on pouvait rarement les voir et encore, à condition de bien savoir où regarder. Ils passaient du bon temps parmi les ombres es’sclusivement tachetées-mouchetées de la forêt, tandis que le Léopard et l’Éthiopien parcouraient en tous sens le Haut-Veld es’sclusivement gris-jaune-rouge, là-bas, en se demandant où étaient passés leurs petits déjeuners, leurs dîners et leurs goûters. Finalement, ils eurent si faim, ce Léopard et cet Éthiopien, qu’ils mangèrent des rats, des scarabées et des lapins de rochers ; puis ils eurent tous les deux le Gros Mal Au Ventre ; c’est alors qu’ils rencontrèrent Baviaan, le Babouin aboyeur à tête de chien, qui est Vraiment l’Animal le Plus Sage de Toute l’Afrique du Sud. 

Léopard dit à Baviaan (il faisait très chaud ce jour-là) :

— Rien ne va plus ! Où est passé tout le gibier ? 

Baviaan cligna de l’œil. Il le savait, lui. 

L’Éthiopien dit à Baviaan : 

— Peux-tu m’indiquer l’actuel habitat de la Faune aborigène ? (Ce qui voulait dire la même chose, mais l’Ethiopien utilisait toujours de longs mots. C’était une grande personne.) 

Et Baviaan cligna de l’œil. Il le savait, lui. 

Alors Baviaan dit : 

— Le jeu a changé : le gibier est parti ailleurs, et je te conseille, Léopard, de gagner rapidement de nouveaux points. 

Et l’Éthiopien dit : 

— Tout ça c’est bien beau, mais j’aimerais savoir où a émigré la Faune aborigène. 

Alors Baviaan dit : 

— La Faune aborigène a rejoint la Flore aborigène car il était grand temps pour elle de changer ; et je te conseille à toi aussi, Ethiopien, de changer le plus tôt possible. 

Cela intrigua le Léopard et l’Éthiopien, mais ils partirent à la recherche de la Flore aborigène ; et après bien des jours ils virent une grande et immense forêt pleine de troncs d’arbres es’sclusivement mouchetés, tachés, hachés, tachetés, chamarrés, bigarrés, nervurés, rainurés et veinés d’ombre. (Dis ça tout haut très vite et tu verras à quel point la forêt devait être pleine d’ombres.) 

— Qu’est-ce donc, dit le Léopard, qui soit aussi exclusivement sombre, et pourtant plein de petits morceaux de lumière ? 

— Je ne sais pas, dit l’Éthiopien. Mais il s’agit certainement de la Flore aborigène. Je sens Girafe et j’entends Girafe, mais je ne vois pas Girafe. 

— C’est curieux, dit le Léopard. C’est sans doute parce que nous venons du soleil. Je sens Zèbre, j’entends Zèbre, mais je ne vois pas Zèbre. 

— Attends un peu, dit l’Éthiopien. Il y a longtemps que nous ne les avons pas chassés. Peut-être avons-nous oublié à quoi ils ressemblent. 

— Taratata ! dit le Léopard. Je me souviens parfaitement d’eux sur le Haut-Veld, surtout de leurs os à moelle. 

— Girafe mesure environ dix-sept pieds de haut et elle est exclusivement fauve-jaune doré de la tête aux pieds ; et Zèbre mesure environ quatre pieds et demi et il est exclusivement gris-fauve de la tête aux pieds. 

— Hmmm, dit l’Éthiopien en plongeant son regard parmi les ombres tachetées-mouchetées de la Flore aborigène. Dans ce cas, ils devraient ressortir sur ce fond noir comme des bananes mûres dans un fumoir. 

Mais il n’en était rien. Le Léopard et l’Éthiopien chassèrent toute la journée ; et bien qu’ils pussent les sentir et les entendre, ils ne les virent pas. 

— Pour l’amour du ciel, dit le Léopard à l’heure du thé, attendons qu’il fasse nuit. Cette chasse en plein jour est un parfait scandale. 

Comment le Léopard a acquit ses taches  dans PANTHERE - LEOPARD 1024px-Schneeleopard_KoelnIls attendirent donc la nuit et alors le Léopard entendit quelque chose qui reniflait bruyamment dans la lumière des étoiles toute rayée par les branches et il sauta sur le bruit ; cela sentait comme Zèbre, et cela avait la consistance de Zèbre, et lorsqu’il le coucha à terre cela se débattit comme Zèbre, mais il ne le voyait pas. Alors il dit : 

— Cesse de remuer, ô toi personne sans forme. Je vais rester assis sur ta tête jusqu’au lever du jour, car il y a quelque chose en toi que je ne comprends pas. 

Sur ce, il entendit un grognement, puis un choc et un bruit de lutte, et l’Éthiopien s’écria : 

— J’ai attrapé une chose que je ne vois pas. Cela sent comme Girafe et cela se débat comme Girafe, mais cela n’a aucune forme. 

— Méfie-toi, dit le Léopard. Reste assis sur sa tête jusqu’au lever du jour, comme moi. Ils n’ont aucune forme, ni l’un ni l’autre. 

Ils s’assirent donc sur eux jusqu’au matin clair et le Léopard dit : 

— Quoi de neuf de ton côté, mon Frère ? 

L’Éthiopien se gratta la tête et dit : 

— Ce devrait être exclusivement d’un riche roux-orangé fauve de la tête aux pieds et ce devrait être Girafe, mais c’est couvert de taches marron. Et toi, quoi de neuf de ton côté, mon Frère ? 

Le Léopard se gratta la tête et dit : 

— Ce devrait être es’sclusivement d’un délicat gris-fauve et ce devrait être Zèbre, mais c’est recouvert de rayures noires et pourpres. Que diable t’es-tu fait, Zèbre ? Ignores-tu que si tu étais sur le Haut-Veld, je pourrais te voir à des milles ? Tu n’as aucune forme. 

— Oui, dit le Zèbre, mais ici ce n’est pas le Haut-Veld. Tu ne vois donc pas ? 

— Si, à présent je vois, dit le Léopard. Mais hier, je ne pouvais pas. Comment cela se fait-il ? 

— Laissez-nous nous relever, dit le Zèbre, et nous vous montrerons. 

Ils laissèrent le Zèbre et la Girafe se relever ; et le Zèbre se dirigea vers de petits buissons d’épines où la lumière du soleil tombait toute striée, et Girafe se dirigea vers de grands arbres où les ombres tombaient en taches. 

— Maintenant regardez ! dirent le Zèbre et la Girafe. Voilà comment ça se fait. Un, deux, trois ! Où est passé votre petit déjeuner ? 

Léopard ouvrit de grands yeux, l’Éthiopien ouvrit de grands yeux, mais ils ne voyaient que des ombres striées et des ombres tachetées dans la forêt, aucune trace de Zèbre et de Girafe. Ils étaient tout simplement partis se cacher parmi les ombres de la forêt. 

— Hi ! Hi ! dit l’Éthiopien. C’est un bon tour à retenir. Profite de la leçon, Léopard. Tu ressors sur ce fond sombre comme un morceau de savon dans un seau à charbon. 

— Ho ! Ho ! dit le Léopard. Serais-tu surpris d’apprendre que tu ressors sur ce fond sombre comme un cataplasme sur un sac de charbon ? 

— Allons ! ce n’est pas en nous insultant que nous attraperons le dîner, dit l’Éthiopien. Le fin mot de la chose, c’est que nous ne sommes pas assortis à nos décors. Je vais suivre le conseil de Baviaan. Il m’a dit de changer et comme je n’ai rien à changer à part ma peau, je vais la changer. 

— En quelle couleur ? dit le Léopard, terriblement excité. 

— En joli marron-noir très pratique avec un peu de violet et quelques touches de bleu-ardoise. Ce sera le truc parfait pour se cacher dans les creux et derrière les arbres. 

Donc il changea de peau séance tenante et le Léopard était de plus en plus excité, il n’avait jamais vu homme changer de peau auparavant. 

— Et moi ? dit-il lorsque l’Éthiopien eut introduit son dernier petit doigt dans sa belle peau noire toute neuve. 

— Suis, toi aussi, les conseils de Baviaan. Il t’a dit de gagner de nouveaux points le plus tôt possible. 

— Ce que j’ai fait, dit le Léopard. Je suis venu jusqu’à ce point avec toi. Et voilà le résultat ! 

— Oh, pas du tout ! dit l’Éthiopien. Baviaan voulait parler de points sur ta peau. 

— Pour quoi faire ? dit le Léopard. 

— Pense à Girafe, dit l’Éthiopien. Ou si tu préfères les rayures, pense à Zèbre. 

Ils sont très contents de leurs taches et de leurs rayures. 

— Hmmm, dit le Léopard. Pour rien au monde je ne voudrais ressembler à Zèbre. 

— Eh bien, décide-toi, dit l’Éthiopien, parce que je n’aimerais pas chasser sans toi, mais j’y serai contraint si tu persistes à ressembler à un tournesol devant une clôture goudronnée. 

— Alors j’opte pour les points, dit le Léopard, mais ne les fais pas trop voyants. Pour rien au monde, je ne voudrais ressembler à Girafe. 

— Je vais les faire du bout des doigts, dit l’Éthiopien. Il me reste plein de noir sur la peau. Viens par ici ! 

800px-Leopard_Mating_Dance dans PANTHERE - LEOPARDAlors l’Éthiopien joignit ses cinq doigts (il restait beaucoup de noir sur sa peau neuve) et il les appuya partout sur le Léopard, et là où les cinq doigts appuyaient, ils laissaient cinq petites marques noires proches les unes des autres. Tu peux les voir sur la peau de n’importe quel Léopard, ma Mieux-Aimée. 

Parfois les doigts glissaient et les marques n’étaient pas très nettes, mais si tu observes attentivement un Léopard, tu verras toujours les cinq points, faits par cinq gros bouts de doigts noirs. 

— Maintenant tu es vraiment beau ! dit l’Éthiopien. Tu peux t’étendre sur le sol nu et passer pour un tas de cailloux. Tu peux t’étendre sur les rochers nus et passer pour un morceau de pudding. Tu peux t’étendre sur une branche feuillue et passer pour un rayon de soleil filtrant à travers les feuilles ; et tu peux t’étendre en plein milieu d’un chemin et ne ressembler à rien du tout. Pense à ça et ronronne ! 

— Mais si je suis tout ça, dit le Léopard ; pourquoi ne t’es-tu pas recouvert de taches toi aussi ? 

— Oh, tout noir c’est mieux pour un Nègre, dit l’Éthiopien. Viens avec moi, nous allons voir si nous pouvons rendre la pareille à M. Un-Deux-Trois-Où-est-votre-petit-déjeuner ! 

Alors ils s’en allèrent et vécurent heureux très longtemps, ma Mieux-Aimée. 

Voilà. 

Parfois tu entendras de grandes personnes dire : 

— L’Éthiopien peut-il changer sa peau et le Léopard ses taches ? 

À mon avis, même les grandes personnes cesseraient de dire de telles idioties si le Léopard et l’Éthiopien ne l’avaient pas fait une fois, tu ne crois pas ? Mais ils ne le referont jamais, ma Mieux-Aimée. Ils sont très heureux ainsi. 

C’est moi le Baviaan Très Sage 
Et je dis, fort sérieux, 
Fondons-nous dans le paysage 
Et sortons seuls, tous les deux, 
Car ces visiteurs qui nous viennent 
C’est l’affaire de Maman… 
Nounou veut bien que tu m’emmènes 
Je t’en prie, partons gaiement. 

Près de la soue des gorets roses 
Asseyons-nous sur le mur, 
Allons dire aux lapins des choses 
Quand leur queue bat le sol dur. 

Faisons, Papa, n’importe quoi 
Tant qu’il s’agit toi et moi, 
D’aller fureter, sans rester 
Enfermés jusqu’au goûter. 

Tu veux tes bottes ? Les voici. 
Tiens, ton chapeau et ta canne, 
Et ta pipe, si tu boucanes. 
Viens vite, filons d’ici.

 

SOURCE http://kiplinginfrench.free.fr/HCCtable.html

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DES PIERRES COMME DES CAMELEONS

Posté par othoharmonie le 7 juin 2015

 

images (8)Au milieu du XIXe siècle, la « pierre qui croule » d’Uchon, galet de granit de huit mètres de large et de 2 mètres 30 de haut, pesant plus de 20 tonnes et situé à l’orée du bois d’Escrots, jouissait d’une propriété curieuse, celle d’osciller du nord au sud à la moindre pression. C’était mystérieux et divertissant.

Les savants expliquaient déjà prosaïquement le phénomène : la « pierre qui croule » et son support, appartenant à la catégorie des granits porphyroïdes tendant à se décomposer, les parties exposées aux intempéries, depuis des siècles, s’effritèrent peu à peu. Seuls, les points de contact échappant à cette décomposition, formèrent un pivot naturel qui, par sa position légèrement oblique, permettait un déplacement facile du centre de gravité.

Mais pour les habitants, la « pierre qui croule » était auréolée de surnaturel. Les anciens, paraît-il, la consultaient comme un oracle, et leurs descendants, vigilants gardiens des traditions ancestrales, la prenaient encore pour arbitre. Seulement, par une singularité de leur nature, ils l’avaient transformée en juge spécialiste de la fidélité conjugale.

Quelque mari jaloux concevait-il des doutes sur la sagesse de son épouse ? Il l’amenait de gré ou de force à la « pierre qui croule ». Et là, de son doigt tremblant, l’inculpée devait mettre le juge en mouvement. Le nombre des oscillations fixait, sans erreur possible, le soupçonneux conjoint sur son bonheur ou son infortune.

Que de drames, que de comédies se jouèrent à l’ombre du rocher ! Les bonnes langues disent même que certaines villageoises à l’âme inquiète venaient en cachette s’exercer à risquer l’épreuve. Néanmoins, la « pierre qui croule » était la terreur des petites Morvandelles à tête folle, la bête noire aussi de tous les coqs de village. Une longue rancune s’amassait contre elle et devait, tôt ou tard, causer sa perte.

C’est en l’année 1869 que l’événement survint. Mortifiés par les méfaits de la pierre, naïvement curieux, surtout, d’en connaître le secret, les gars du pays, par un beau matin, s’acheminèrent au bois d’Escrots avec des cordes, une paire de bœufs et des leviers solides. Ils arrivent, lient étroitement le roc et attellent les bœufs à la corde. Puis, les leviers posés, l’attaque commence dans un effort combiné de pesées et de tractions. Comme surprise d’abord, la pierre vacille désespérément, mais résiste. Et c’est en vain que, tendue par les bœufs, la corde grince ; c’est en vain que les hommes halètent dans une poussée rageuse : le bloc les nargue et paraît inébranlable.

Alors les assaillants se piquent au jeu. On court chercher du renfort, l’attelage est doublé, l’assaut recommence furieux. Cette fois, la pierre, lasse de tant d’affronts, après une oscillation suprême, quitte son pivot, se déplace de quelques pouces et se condamne pour toujours à l’immobilité. Ce fut tout ! Une bande de niais venait, en une heure, de détruire l’œuvre patiente des siècles. A présent, rien n’est changé.

Le roc est toujours là, énorme sur son socle de granit. Mais, ne l’interrogez plus, son âme est absente. Absente ? En est-on sûr ? Arc-boutez-vous contre la pierre ; imprimez-lui une secousse et vous la sentirez tressaillir. Un rien, peut-être lui rendrait la vie, et quelque puissant vérin, prudemment secondé par des coins mis à propos, suffirait sans doute à rétablir l’oracle.

Un peu plus bas que l’église, à une centaine de mètres de celle-ci, l’oratoire présente un singulier aspect. Il est une sorte de guérite en pierres de taille ouverte d’un côté, et dont les parois latérales construites en encorbellement sont ornées de deux petites niches en accolades. On y accède par quatre marches disjointes, mais sa toiture en pinacle se compose de moellons bien équarris et d’une conservation parfaite. La croix, déposée à l’intérieur, remplace une stèle à tablette circulaire d’un usage indéterminé, provenant sans doute du château. Le pinacle lui-même était probablement amorti par une croix monumentale, car de tout temps l’édicule porta le nom de Belle-Croix.

Son histoire est intéressante. Les seigneurs d’Uchon gardaient jalousement, paraît-il, dans leur chapelle, quelques ossements de saint Sébastien. Or, saint Sébastien, comme on le sait, détournait la peste. Ses statues s’étaient multipliées au XVe et XVIe siècles dans nos églises de campagne, lorsque le fléau grandissant menaçait de devenir endémique. Autun fut, à maintes reprises, particulièrement éprouvé, et les habitants se rendirent plus d’une fois, au cours du XVIe et du XVIIe siècle, en pèlerinage aux reliques d’Uchon.

L’affluence était grande et l’église trop étroite. Aussi s’avisa-t-on de construire, au XVIe siècle, le petit édifice de Belle-Croix, afin que le prêtre y célébrât la messe et que tous les pèlerins pussent y assister en plein air. La chronique rapporte qu’en 1637, « sous la conduite de leur évêque, Messire Claude de la Magdelaine, 4 500 pèlerins d’Autun passèrent la planche de Mesvres » pour monter à Uchon. Et toute la région suivait l’exemple. Saint-Nizier, Montcenis, Luzy, Blanzy, Saint-Bérain, Charmoy, Arnay-le-Duc, venaient à tour de rôle prier saint Sébastien, chaque fois que la peste faisait de nouvelles victimes. Les habitants de Montcenis, même, offrirent longtemps en reconnaissance, à l’église d’Uchon, un pain bénit le lendemain de la Trinité.

Une après-midi suffit à l’excursion de la montagne rocheuse. Elle n’est d’ailleurs pas éloignée du village. Mais, quel étrange spectacle ! On a comme une impression de chaos. Il semble que ces blocs ont été projetés là, en de bizarres amoncellements, par des Titans en délire. On admire et on a le cœur serré devant ce bouleversement de la nature sur un sol aride et escarpé. Ces masses de granit grisâtres affectent les formes les plus hétéroclites. Imaginez-les en silhouette sur une demi-clarté lunaire, projetant leurs grandes ombres et vous aurez le décor le plus fantastique qu’il soit donné de rêver.

Ici, un sphinx pose éternellement son énigme ; plus bas, un monstrueux éléphant paraît s’être couché complaisamment pour présenter sa croupe aux visiteurs. Voyez cette grotte : longtemps elle servit d’asile à une pauvre vieille qui inspirait à tous crainte et respect. Sa demeure a conservé le nom de Celle aux fas (fas pour fées). Plus loin, c’est la chambre du loup de la Gravelière qui garde encore un mauvais renom. D’autres anfractuosités prêtent moins à la légende. Les tapis de plumes de volailles et de perdrix qui en garnissent l’entrée dénoncent assez les repaires du renard, le damné rôdeur de la montagne. Tout en haut dominent les amas gigantesques de la Ravière arrondis et patinés par le temps. Et, comme pour ajouter un attrait au paysage, certaines cavités circulaires ou elliptiques auxquelles on donne le nom d’écuelles ou de bassins, se rencontrent à la surface de gros blocs ; elles affectent la forme d’une demi-sphère concave ou la disposition de sièges.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsLes savants expliquent la présence des écuelles et chaises d’Uchon par l’action des premiers rayons du soleil sur l’eau congelée dans quelques dépressions naturelles qui se creusent ainsi progressivement. Mais les pâtres y voient tout autre chose. S’ils jouent sur les rochers tant que le soleil brille, ils s’en éloignent avec crainte dès que la nuit tombe. Des êtres fallots, croient-ils, farfadets et lutins, rôdent dans ces solitudes, s’installent dans les fauteuils de granit, se baignent dans les bassins, hantent les grottes, agitent les pierres dans l’ombre.

Au fait, voici la griffe du Diable qui n’est rien moins que rassurante. C’est une roche haute de trois mètres et mesurant douze mètres de tour, tombée, on ne sait comment, en équilibre sur un socle. Elle porte dans ses flancs une large empreinte produite par des érosions naturelles et qui ressemble à une griffe colossale. A ses pieds, l’amoncellement des pierres donne l’impression d’un caméléon apocalyptique préposé à sa garde.

Comment une pareille mise en scène n’inspirerait-elle pas la légende ? Et celle que l’on conte est si vieille, qu’elle est, depuis bien longtemps, reçue dans la tradition. Pour Uchon, c’est de l’histoire. L’action se perd dans la nuit des temps, mais on sait qu’elle se passait à l’époque lointaine où les habitants de Toulon avaient décidé de jeter, sur l’Arroux, un solide pont de pierre. On procédait alors à peu près comme aujourd’hui, et plusieurs concurrents briguaient l’adjudication des travaux. Or, si le prix proposé paraissait rémunérateur, les conditions étaient dures. L’une d’elles notamment, plus dangereuse, fixait, pour l’achèvement du pont, un délai trop court à dire d’experts. L’inexécution de cette dernière clause entraînait retenue de la moitié du paiement.

Effrayés par ces exigences, les entrepreneurs d’alentour s’étaient retirés les uns après les autres, peu soucieux de risquer la ruine pour un gain peut-être illusoire. Un jour, survint à Toulon une sorte d’aventurier, maître maçon ambulant, comme il s’en trouvait au Moyen Age, habile de son métier, d’ailleurs, et confiant en son expérience. D’où venait-il ? Du Nord, croit-on. Il menait à sa remorque une gracieuse enfant, sa fille, à qui de grands yeux bleus dans un visage pâle auréolé de cheveux d’or donnaient un charme indéfinissable.

A peine arrivé, le maçon s’enquiert. Il apprend qu’un pont est à construire, examine les charges imposées, et, plus audacieux que ses confrères, prend l’engagement de livrer le travail en temps voulu. Il se met à l’œuvre, engage ses ouvriers et pousse activement les travaux. Cependant, le temps presse et bien que l’arcade soit menée bon train sur ses étais habilement combinés, voici venir la veille de l’échéance fixée pour la livraison du pont, et, par une erreur incompréhensible, la clef de voûte manque. Il faudrait une énorme pierre pour combler le vide et parachever l’œuvre.

Où la trouver ? On n’en connaît pas sur place ; Uchon seule pourrait la fournir. Mais Uchon n’est pas proche et le transport d’une telle masse, si tant est qu’il soit possible, exigerait plusieurs jours. Le maçon perdra-t-il donc le bénéfice de son industrie ? Le pauvre homme se désespère et s’arrache les cheveux. Au demeurant, il n’était point dévot et plutôt que d’invoquer le secours du Ciel : « Holà ! s’écrie-t-il, Messire Satan, venez à mon aide, et vous n’en serez point leurré. » Rarement le diable se mêle ostensiblement des affaires des hommes. Il n’en finirait plus de répondre à tous les mécréants qui l’invoquent. Mais il a parfois son idée et se montre quand il lui sied.

 

Cette fois, Satan mûrissait un projet. Ce maître en laideur et en corruption voyait d’un œil haineux croître en sagesse et en beauté la fille du constructeur. Rebelle à ses instigations, la belle enfant nourrissait en son cœur l’amour le plus chaste pour un brave garçon qui secondait son père avec intelligence. Le jeune homme, violemment épris de ses charmes lui avait demandé sa main et tous deux, fiancés désormais, n’attendaient que l’achèvement de l’entreprise pour obtenir le consentement paternel.

Trop favorable était l’occasion, le diable parut. Dans sa hâte, il n’avait pas pris le temps de se donner une apparence décente. Aussi n’était-il pas beau ! Sa longue tête grimaçante, ornée d’une barbe de bouc, d’oreilles de loup et de deux cornes sinistres, ballottait sur un corps noir efflanqué, de stature colossale. Ses pieds et ses mains se terminaient en griffes, et, sur son dos, deux longues ailes nervées comme celles des vampires, se repliaient, au repos, avec un bruit de papier froissé. « Or ça ! tu réclames mes services ? Je suis à toi, bonhomme ; mais rien pour rien, à bon entendeur salut ! »

Puis, de sa voix tantôt rauque, tantôt glapissante : « Je vois d’ici, parmi les roches d’Uchon, la pierre qui, sans équarrissage, sera ta clé de voûte. Demain je te la baillerai avant l’aurore. » Tremblant, d’abord, et médusé par la frayeur, le maçon s’était ressaisi. L’appât du gain l’endurcissait. « Oui bien, fit-il, mais qu’exigerez-vous en échange ? Mon âme, peut-être ? – Ton âme ne vaut pas qu’on se dérange. Non, ce qu’il me faut, c’est ta fille. – Ma fille ? vous plaisantez, elle n’a point seize ans ! – Il me la faut, te dis-je, ou tire-toi d’affaire. »

Description de l'image BennyTrapp Chamaeleo chamaeleon Samos Griechenland.jpg.Certes, le constructeur n’était pas un père modèle, mais la prétention du diable lui parut si monstrueuse, qu’il résista longtemps. Cependant, Satan voulait sa proie. Tantôt persuasif, tantôt menaçant, il fit tant et si bien que le malheureux père, grisé par ses promesses de fortune, se laissa tenter. Au bout d’une heure, il apposait sa signature sur le contrat livrant sa fille au diable, à condition que la clé de voûte lui serait apportée secrètement la nuit suivante, avant que le coq n’eût chanté. Satan avait partie gagnée. Satisfait, il étendit ses ailes et prit son vol en ricanant. A peine eut-il franchi l’horizon qu’un homme effaré surgit d’un buisson et prit sa course vers la ville. C’était le triste fiancé, involontaire témoin du marché criminel qui allait briser sa vie.

Haletant, il accourt près de la jeune fille, et lui conte tout ce qu’il vient de voir et d’entendre. Terrorisés, les pauvres enfants vont se jeter aux pieds de la Madone. Et soudain, le jeune homme se relève, une inspiration lui vient. Sans perdre une minute, il se munit d’un sac, glisse au fond le coq le mieux gorgé du bourg et s’élance vers le pays d’Uchon. Cinq lieues l’en séparent, mais le danger lui donne des ailes. Avant minuit, il atteint le sommet de la montagne et se blottit contre un rocher. La nuit est belle, la lune étend partout ses rayons blafards. Bientôt, un gigantesque oiseau de nuit grossit dans le ciel et vient planer sur la montagne. Il tournoie, descend et s’abat sur une roche comme un vautour sur sa proie.

C’est Satan. Il saisit le bloc entre ses griffes et, de nouveau, s’élève dans les airs. De sa cachette, le jeune homme a tout vu. Prestement, il tire du sac le coq endormi, le secoue et, bien en face de la lune, le perche sur le roc. Réveillé en pleine nuit, le chanteur matinal s’imagine voir l’aurore, et, de sa voix la plus claironnante, jette vers le ciel son cri de triomphe. Tout aussitôt déchire l’espace un affreux blasphème répercuté par les échos de la montagne. Dupe de l’ingénieux fiancé, Satan croit son marché rompu. Ses griffes se détendent, ses bras s’ouvrent et le rocher fend les airs pour retomber avec fracas sur le granit qui, depuis lors, lui sert de piédestal.

Telle était la dureté de la pierre, que le choc ne la brisa point ; mais, la griffe du diable, brillant des ardeurs de l’enfer, s’y était incrustée. L’empreinte en est visible et demeure en témoignage de l’histoire. Vainement, au point du jour, le constructeur attendit sa clé de voûte. Satan fut infidèle et le maçon encourut la déchéance. Mais, tandis qu’il se lamentait, vinrent à lui les deux fiancés. La joie qui rayonnait sur leur visage avait assez d’éloquence. Et comprenant enfin son ignominie, le père dénaturé implora son pardon. Ici se termine le récit.

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A la conquête du Perroquet et du Lion

Posté par othoharmonie le 7 avril 2015

 

 

620717550_982390Il était une fois une bande de perroquets qui vivait dans la forêt. Tôt le matin, ils allaient manger des épis de maïs à la ferme, et l’après-midi ils mangeaient des oranges. Ils faisaient un grand remue-ménage avec leurs cris et plaçaient toujours un perroquet en sentinelle dans les plus grands arbres pour voir si quelqu’un venait. 

Les perroquets sont aussi nuisibles que les sauterelles, car ils ouvrent pour les picorer les épis de maïs, lesquels, ensuite, pourrissent à la pluie. Et comme, d’autre part, les perroquets sont bons à manger en ragoût, les ouvriers agricoles les chassaient au fusil. Un jour, un homme fit tomber d’un coup de fusil un perroquet sentinelle ; celui-ci, blessé, se débattit un bon moment avant de se laisser capturer. L’ouvrier le porta à la maison, pour les enfants du patron ; les garçons le soignèrent, car il n’avait qu’une aile brisée. 

Le perroquet guérit très bien et s’apprivoisa complètement. On l’appela Pedrito. Il apprit à donner la patte ; il aimait se tenir sur l’épaule des gens et leur chatouillait les oreilles avec son bec. Il vivait en liberté et passait presque toutes ses journées dans les orangers et les eucalyptus du jardin. Il aimait également se moquer des poules. À quatre ou cinq heures de l’après-midi, l’heure à laquelle on prenait le thé à la maison, le perroquet entrait lui aussi dans la salle à manger, se hissait à l’aide de son bec et de ses pattes sur la nappe et mangeait du pain trempé dans du lait. Il raffolait du thé au lait. 

Pedrito passait tant de temps avec les garçons, et les gosses lui disaient tant de choses, que le perroquet apprit à parler. 

Il disait : « Bonjour, petit perroquet !… Elle est bonne la soupe !… De la soupe pour Pedrito !… »

Il disait d’autres choses que l’on ne peut répéter, car les perroquets, comme les enfants, apprennent avec beaucoup de facilité les gros mots. Quand il pleuvait, Pedrito hérissait ses plumes et se racontait tout bas tout un tas de choses. 

Quand le temps s’améliorait, il volait alors en criant comme un fou. Il était, on le voit, un perroquet bien heureux qui, en plus d’être libre, comme le désirent tous les oiseaux, prenait aussi, comme les gens riches, son five o’clock tea. Or, voici ce qui arriva au milieu de ce bonheur : après une après-midi de pluie qui faisait suite à cinq jours de tempête, le soleil sortit enfin et Pedrito se mit à voler en criant :

« Quelle belle journée, petit perroquet ! Elle est bonne la soupe !… Donne la patte, Pedrito ! » 

Il s’envola loin, jusqu’à ce qu’il vit, en contrebas, tout en bas, la rivière Paraná, qui ressemblait à un large et lointain ruban blanc. Il continua et continua de voler ; enfin, il se percha sur un arbre pour se reposer. Et voilà que rapidement, il vit briller au sol, à travers les branches, deux lumières vertes, comme d’énormes vers luisants. 

« Qu’est-ce donc ? se demanda la perroquet. Elle est bonne la soupe ! Qu’est-ce que c’est ? Bonjour Pedrito !… » 

Le perroquet parlait toujours ainsi, comme tous les perroquets, en faisant des phrases sans queue ni tête, et parfois il était difficile de le comprendre. Comme il était très curieux, il descendit de branche en branche pour se rapprocher. Il vit alors que les deux lumières vertes étaient les yeux d’un tigre, qui s’était accroupi et le regardait fixement. Mais Pedrito était tellement heureux de la belle journée qu’il n’eut pas peur du tout. « Bonjour, Tigre ! dit-il. Donne-la patte, Pedrito ! » 

Et le tigre, avec sa voix terriblement rauque, lui répondit : « – Bon-jour !

– Bonjour Tigre ! Elle est bonne la soupe !… Elle est bonne la soupe !… Elle est bonne la soupe !… » 

 Et il répéta de nombreuses de fois « Elle est bonne la soupe !… » parce qu’il était quatre heures de l’après-midi et qu’il avait très envie de prendre du thé au lait. Le perroquet avait oublié que les animaux sauvages ne prennent pas de thé au lait, c’est pourquoi il invita le tigre. « Il est bon, le thé au lait ! lui dit-il. Bonjour Pedrito ! Tu veux prendre du thé au lait avec moi, ami tigre ? » Mais le tigre se mit en colère car il crut que le perroquet se moquait de lui et, de plus, comme il avait faim lui aussi, il eut envie de dévorer le perroquet bavard. Il lui répondit donc :

  « Bon-jour ! Ap-pro-che-toi un peu car je suis sourd ! Le tigre n’était pas sourd. Ce qu’il voulait, c’était que Pedrito se rapproche assez pour l’attraper d’un coup de patte. Mais le perroquet ne pensait qu’au plaisir qu’auraient les gens de la maison lorsqu’il se présenterait pour prendre le thé avec ce magnifique ami. Et il vola jusqu’à une autre branche, plus proche du sol. 

« Elle est bonne la soupe, à la maison ! répéta-t-il en criant aussi fort qu’il pouvait. – Plus près ! Je n’en-tends pas ! » répondit le tigre de sa voix rauque. Le perroquet se rapprocha un peu plus et dit : « Il est bon, le thé au lait ! – Rap-pro-che-toi en-co-re ! » répéta le tigre. Le pauvre perroquet se rapprocha encore et, à cet instant, le tigre fit un terrible saut, aussi haut qu’une maison, et atteignit Pedrito avec l’extrémité de ses griffes. 

Il n’était pas parvenu à le tuer, mais lui avait arraché toutes les plumes du dos et la queue entière. Il ne restait plus à Pedrito une seule plume sur la queue. « Attrape ! rugit le tigre. Va donc prendre ton thé au lait ! » Le perroquet, hurlant de douleur et de peur, s’envola ; mais il ne pouvait pas bien voler, car il lui manquait la queue, qui est le gouvernail des oiseaux. Il volait en titubant d’un côté ou de l’autre, et tous les oiseaux qui le rencontraient s’éloignaient, effrayés, de cette étrange bestiole. Enfin il put parvenir à la maison, et la première chose qu’il fit fut de se regarder dans le miroir de la cuisinière. 

Pauvre Pedrito ! C’était l’oiseau le plus bizarre et le plus laid que l’on puisse imaginer, tout déplumé, sans queue et tremblant de froid. Comment pourrait-il se présenter dans la salle à manger dans un tel état ? Il vola alors jusqu’au creux qu’il y avait dans le tronc un eucalyptus, et qui formait une sorte de grotte, et se cacha dans le fond, grelottant de froid et de honte. Pendant ce temps, dans la salle à manger, tous s’étonnaient de son absence : « Où peut bien être Pedrito ? disaient-ils. Et ils appelaient : « Pedrito ! Elle est bonne, la soupe, Pedrito ! Thé au lait, Pedrito ! » Mais Pedrito ne sortait pas de sa grotte, ni ne répondait, muet et immobile. Ils le cherchèrent partout, mais le perroquet ne se montra pas. Tous crurent alors que Pedrito était mort, et les garçons fondirent en larmes. Chaque après-midi, à l’heure du thé, ils se souvenaient toujours du perroquet et se rappelaient aussi combien il aimait manger du pain trempé dans du thé au lait. Pauvre Pedrito ! Ils ne le reverraient plus parce qu’il était mort. 

Mais Pedrito n’était pas mort, seulement il restait dans sa grotte, sans se laisser voir par personne, parce qu’il éprouvait beaucoup de honte à se voir pelé comme une souris. La nuit, il descendait pour manger et remontait aussitôt. À l’aube, il descendait de nouveau, sur la pointe des pattes, et allait se regarder dans le miroir de la cuisinière, toujours très triste car les plumes tardaient beaucoup à repousser. Enfin, un beau jour, par une après-midi où la famille était assise à table, à l’heure du thé, elle vit entrer un Pedrito très calme, qui se dandinait comme si rien ne s’était passé. Tous crurent mourir, mourir de plaisir quand ils le virent bien vivant et avec de très belles plumes. 

ZsXME« Pedrito, petit perroquet ! lui disaient-ils. Que t’est-il arrivé, Pedrito ? Comme il a des plumes brillantes, le petit perroquet ! » Mais ils ignoraient que c’étaient de nouvelles plumes et Pedrito, très sérieux, ne pipait mot. Il ne fit rien d’autre que de manger du pain trempé dans du thé au lait. Mais pour ce qui est de parler, pas un seul mot. Aussi le maître de maison fut-il très étonné quand, le matin suivant, le perroquet s’envola et se percha sur son épaule en bavardant comme un fou. En deux minutes, il lui raconta ce qui lui était arrivé : une promenade au Paraguay, sa rencontre avec le tigre et le reste ; et il ponctuait chacun de ses épisodes en chantant : « Pas une plume sur la queue de Pedrito ! Pas une plume ! Pas une plume ! » 

Et il l’invita à aller à la chasse au tigre avec lui. Le maître de maison, qui était justement sur le point d’acheter une peau de tigre dont il avait besoin pour la mettre devant le poêle, fut très content de pouvoir l’obtenir gratuitement. Il retourna à la maison prendre son fusil de chasse, et entreprit avec Pedrito le voyage au Paraguay. Ils convinrent que lorsque Pedrito verrait le tigre, il le distrairait en bavardant pour que l’homme puisse s’approcher tout doucement avec son fusil de chasse. Et il en fut ainsi. Le perroquet, posé sur une branche de l’arbre, bavardait et bavardait, en regardant en même temps de tous côtés, pour voir s’il apercevait le tigre. Enfin il entendit un bruit de branches cassées et vit soudain au pied de l’arbre deux lumières vertes qui le fixaient : c’étaient les yeux du tigre.

Alors, le perroquet se mit à crier : « Belle journée ! Elle est bonne, la soupe !… Bon thé au lait ! Veux-tu du thé au lait ? » 

Le tigre, très en colère après avoir reconnu le perroquet déplumé qu’il croyait avoir tué et qui avait de nouveau de très belles plumes, jura que cette fois celui-ci ne lui échapperai pas. Ses yeux étincelèrent de colère quand il répondit de sa voix rauque : « Ap-pro-che-toi plus ! Je suis sourd ! » Le perroquet vola jusqu’à une branche plus proche, toujours en bavardant : « Bon, le pain au lait !… 

IL EST AU PIED DE CET ARBRE !… » 

En entendant ces derniers mots, le tigre rugit et se leva d’un bond : « À qui parles-tu ? mugit-il. À qui as-tu dit que je suis au pied de cet arbre ? – À personne, à personne !… cria le perroquet. Bonjour Pedrito ! Donne la patte, petit perroquet ! » Et il continua à bavarder en sautant de branche en branche et en s’approchant. Mais il avait dit “Il est au pied de cet arbre” pour avertir l’homme, qui s’était approché et soigneusement accroupi, avec le fusil de chasse sur l’épaule. Arriva un moment où le perroquet ne put plus s’approcher plus, parce que sinon il tomberait dans la gueule du tigre, alors il cria : « Elle est bonne, la soupe !… 

ATTENTION ! – En-co-re plus près ! rugit le tigre en prenant son élan pour sauter. – Bon, le thé au lait ! ATTENTION, IL VA SAUTER ! » 

Et en effet, le tigre sauta. Il fit un énorme saut que le perroquet évita en s’élançant dans les airs comme une flèche, en même temps que lui. Au même moment, l’homme, qui avait appuyé le canon de son fusil contre un tronc pour ajuster son tir, pressa la détente. Neuf balles, chacune de la taille d’un pois chiche, entrèrent comme un éclair dans le cœur du tigre qui, en lançant un hurlement qui fit trembler la forêt tout entière, tomba, mort. Quant au perroquet, quels cris de bonheur il lançait ! Il était fou de joie, parce qu’il se savait vengé – et bien vengé ! – de ce fourbe animal qui lui avait arraché les plumes. 

L’homme était lui aussi très content, parce que tuer un tigre est une chose difficile, et que de plus il avait une fourrure à mettre devant le poêle de la salle à manger. Quand ils arrivèrent à la maison, tous apprirent pourquoi Pedrito était resté si longtemps caché dans le creux de l’arbre, et tous le félicitèrent pour son exploit. Ils vécurent dès lors très heureux. Mais le perroquet n’oubliait pas ce que lui avait fait le tigre ; lorsqu’il entrait dans la salle à manger pour prendre le thé, il s’approchait toujours de la peau du tigre, étendue devant le poêle, et il l’invitait à prendre du thé au lait. « Elle est bonne, la soupe !… lui disait-il. Tu veux du thé au lait ? La soupe pour le tigre ! » 

Et tous mouraient de rire. Et Pedrito aussi. 

El loro pelado extrait des Cuentos de la selva (Contes de la forêt vierge) LE PERROQUET DEPLUME Traduction : Bruce Demaugé-Bost

 

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LE MALÉFICE DU HIBOU

Posté par othoharmonie le 5 mars 2015

 

290px-Marsh_owl_(Asio_capensis)Le froid était très vif en cette nuit de février 1756. L’homme marchait à grands pas, s’arrêtant de temps en temps pour mieux s’orienter. En ce lieu la forêt était moins dense et les rayons de lune éclairaient par instants cette silhouette, la faisant ressembler à quelque énorme insecte. Brusquement l’homme se figea. En face de lui le château fort lui apparut à la fois imposant et inquiétant, se dressant comme un obstacle infranchissable. Après s’être assis, l’inconnu sortit une arquebuse de sa housse. Dans deux heures tout au plus, le jour se lèverait; il lui suffisait d’attendre et d’être patient, le reste se déroulerait, il en était sûr, suivant son plan.

L’oiseau, comme sorti de nulle part, survola une des tourelles de la forteresse, longea le chemin de ronde, puis piqua vers la vallée. Un claquement sec se fit entendre. Comme happé en plein vol par la main d’un géant invisible, l’oiseau s’immobilisa une fraction de seconde, puis entama une chute à la verticale.

Accroupi au pied de la muraille, le chasseur regardait sa proie. Sa stupeur fut grande quant il s’aperçut de son erreur. Il n’avait pas tué le hibou mais un vulgaire faucon. Il n’eut d’ailleurs pas le loisir d’y réfléchir longtemps ; il ressentit une violente douleur à la nuque, puis ce fut le néant.

Le village de Malesuerte comptait un peu moins de deux cents âmes . L’agriculture, l’élevage et la production de charbon.

de bois occupaient la totalité de la population qui vivait chichement. Isolés du reste du monde pendant les longs mois d’hiver, les villageois menaient une vie rude, parfois même à la limite du supportable. Cette solitude les rendait taciturnes et ombrageux. La famille Auguste n’échappait pas à la règle et, comme les autres, était sujette à la superstition.

Ce jour là, le clan était rassemblé dans la salle commune, autour de la grande table en chêne massif. Il y avait là le père, trois de ses quatre fils, la mère et les deux filles. Le père Auguste, assis en bout de table, le buste bien droit, ses mains puissantes posées à plat, s’adressait à ses garçons. C’était un homme d’environ soixante ans, cheveux blancs, le visage buriné par la vie au grand air, aux traits empreints d’une certaine noblesse qui ne laissait pas deviner sa condition modeste de charbonnier. Sa voix aiguë pour un homme de stature très imposante, surprenait : « Je crois qu’il ne faut plus se leurrer, votre frère aîné ne reviendra plus. Je ne voulais d’ailleurs pas qu’il s’attaque au hibou. Cet oiseau est un sorcier déguisé. »

Un long silence suivit. On attendait que le père n’ait plus rien à dire. Joseph, le troisième fils, d’un imperceptible signe de la main, demanda la parole :  « Père, l’idée de la mort de mon frère Jacques m’est insupportable. C’est pour nous tous qu’il a eu le courage d’aller au château. Nous devons le venger. »

Joseph était le trait d’union entre le village et le marché de la ville située à cinq lieues plus bas, dans la vallée. Il y transportait les marchandises, vendues ou troquées , à dos de mulet. Son contact avec le monde extérieur lui faisait ressentir les choses de la vie sous un éclairage différent. Il avait du mal à admettre la sorcellerie et les drôles d’histoires qui en découlaient. Pendant une année, le père Auguste avait hébergé gratuitement un colporteur, à la seule condition qu’à l’issue de son séjour, Joseph sache lire et compter. A l’époque , l’enfant très doué avait facilement assimilé cet apport intellectuel. Maintenant, une fois par semaine, le soir, en rentrant du marché, il faisait les comptes sur la grande table. La famille et même parfois quelques voisins venaient le regarder. Ces gens simples admiraient Joseph, subjugués qu’ils étaient par la magie des chiffres qui s’alignaient sur le papier posé devant lui. Seul, était audible le léger grattement de la plume d’oie, bruit amplifié par le silence quasi religieux qui régnait dans la pièce. Pendant ces soirées, le temps semblait s’arrêter, comme si un dieu miséricordieux avait décidé que ces oubliés avaient eux aussi besoin d’une lumière spirituelle.

Accoudé à sa fenêtre, Joseph dominait la rue principale où contrairement aux habitudes, à cette heure de la journée, la foule se pressait nombreuse. Des bruits de voix, des sons lui parvenaient par bribes, parfois compréhensibles, parfois sourds et confus : c’était la rumeur, sournoise, protégée par l’anonymat, dangereuse et perfide. Elle s’insinuait dans tous les esprits, lentement mais sûrement, distillant son poison ; le village était maudit disait-elle et un exorciste allait venir pour extraire le Mal. La disparition de Jacques, l’aîné de la famille Auguste, après celle des trois filles du village, c’était le trop plein qui avait déclenché l’intervention de l’Eglise.

Joseph ferma les yeux ; il ne se sentait pas très bien. En ville, il s’était lié d’amitié avec Raphaël, le vieil armurier, qui lui avait raconté comment ,jadis, l’Inquisition procédait pour chasser les démons. Il eut le pressentiment que le malheur allait frapper le village.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsDe haute taille, d’une maigreur extrême, tonsuré, le visage blafard, lugubre dans sa robe de bure sombre, frère Thomas arriva le surlendemain. Il était accompagné d’un deuxième moine, sorte de géant au visage inexpressif, qui avait tout du garde du corps. La charrette qui les transportait, tirée par un âne, était encadrée par deux pandores à cheval. L’autorité judiciaire n’avait pas lésiné sur les moyens en expédiant, elle aussi, deux représentants de la loi. Deux familles furent priées d’aller prendre pension chez des parents ou des amis, afin de libérer leur logis pour les nouveaux venus.

L’après midi l’enquête commençait. Frère Thomas décida d’interroger toutes les personnes susceptibles d’apporter un témoignage concret sur l’enlèvement des trois fillettes disparues. Il n’apprit rien de bien précis si ce n’est le fait qu’à chaque disparition, un hibou avait été aperçu près de la maison de la victime. Cet oiseau de nuit venait, on en était presque sûr, du château. D’ailleurs il y avait bien longtemps que l’on n’avait revu le châtelain. Peut-être le hibou le séquestrait- il ? Certains affirmaient même que le rapace et le maître des lieux ne faisait qu’un ; la nuit il se transformait pour assouvir on ne sait quelle vilenie. L’enquêteur décida qu’un des gendarmes irait rapidement visiter le château. Il verrait ensuite s’il était nécessaire de « donner » la question à l’un des témoins. Il soupçonnait certains de ne point lui dire toute la vérité.

Le château dominait le village, rappelant que dans un lointain passé son rôle était de protéger les paysans qui dépendaient du puissant seigneur, maître absolu de toutes ces terres environnantes. A vol d’oiseau, à travers la forêt, la distance qui les séparait pouvait être estimée à un quart de lieue, mais pour y accéder par la voie normale, il fallait ressortir du village par la porte sud puis remonter un chemin sinueux et pentu.

C’est en 1200, alors que Philippe II régnait sur une France très chrétienne et sous forte influence papale, que le premier seigneur, Thibaut de Passevent prit possession de ce fief, don de son suzerain. Il partit d’ailleurs très rapidement, en 1202, pour la quatrième croisade ordonnée par Innocent et conduite par Boniface de Montferrat. Les croisés, alliés de Venise qui fournissait les moyens de navigation pour la traversée furent détournés sur la côte Adriatique puis vers Constantinople dont ils s’emparèrent, fondant l’Empire latin. De retour en 1204, Thibaut vécut sur ses terres, soucieux d’assurer sa descendance . Depuis les comtes de Passevent s’étaient succédés sur ce domaine et, actuellement, c’est le dernier héritier, Jauffret, qui en était le seigneur. Il sortait rarement et personne ne pouvait se vanter de vraiment le connaître.

Le gendarme arrêta son cheval devant l’énorme porte en bois massif, un peu surpris qu’elle fut entrouverte. Toujours en selle, il pénétra à l’intérieur et se trouva, après être passé sous un porche, dans une cour pavée, délimitée par des bâtiments dont les fenêtres protégées par des barreaux n’étaient pas sans évoquer celles d’une prison. Mettant pied à terre, le pandore attacha sa monture à un anneau scellé dans le mur. Il ne put s’empêcher d’imaginer un preux chevalier qui, quelques siècles plus tôt , aurait eu le même geste. Inconsciemment il était impressionné par l’atmosphère qui régnait en ce lieu. De sa voix puissante il appela plusieurs fois mais à l’écho de ses exhortations suivait un silence anormalement pesant. Il faillit repartir mais pensant à son chef qui attendait son rapport, il prit la décision de pousser plus loin ses investigations. Un coup d’œil circulaire lui fit découvrir une porte basse, située sur sa gauche, apparemment ouverte. Il s’approcha et, la poussant du pied pour élargir le passage, il découvrit qu’elle donnait sur un escalier en pierre qui s’enfonçait vers le niveau inférieur. En descendant les premières marches il eut la désagréable impression d’être guidé comme un vulgaire gibier s’avançant dans le piège tendu par un invisible chasseur. L’endroit était humide et sentait le moisi. Passant la main sur son front, il la retira mouillée par la transpiration ; il ne pouvait s’empêcher de céder à une certaine angoisse. Il s’invectiva mentalement et poursuivit sa descente. L’escalier était plongé dans une demi obscurité propice à créer un climat quelque peu surnaturel ; le sentiment d’être épié le rendit encore plus nerveux et c’est presque au pas de charge qu’il atteignit la dernière marche. Faisant une pause pour mieux récupérer, il crut voir deux yeux qui le fixaient intensément. Il fallait qu’il se calme, il n’allait pas comme ces paysans ignorants croire aux histoire de hibou. Il s’appuya sur la porte qui lui faisait face et nota que l’énorme verrou qu’il venait de tirer glissait facilement, ce qui prouvait un entretien constant. La pièce dans laquelle il venait d’entrer était très vaste et relativement bien éclairée grâce aux ouvertures pratiquées dans le plafond en forme de voûte. Une croisée d’ogives donnait à ce lieu un air de chapelle. Sur le sol des caisses oblongues étaient parfaitement rangées. La première qu’il essaya d’ouvrir lui résista ; sortant son poignard, il réussit après de longs efforts, à décrocher le couvercle qu’il souleva. Il ne put retenir un cri ; une onde glacée parcourut tout son corps le laissant comme étourdi. Là, devant lui, gisait le corps d’une fillette, sec, vidé, comme momifié. Au dessus, par l’ouverture d’une meurtrière dissimulée dans le mur, apparut l’extrémité métallique d’un carreau d’arbalète. Le gendarme entendit ,un sifflement, ressentit une violente douleur à la nuque, puis ce fut le néant.

L’arrivée du cheval sans cavalier, à la tombée de la nuit, provoqua un énorme malaise à Malesuerte . Frère Thomas décida, prudemment , d’attendre le lendemain pour agir. Grimaud le gendarme, pensait à son adjoint disparu ; pour lui le retour de la monture était la preuve formelle que son collègue avait été agressé. Bon cavalier il n’avait pu être désarçonné et, très respectueux du règlement, il n’avait sûrement pas oublié d ‘attacher son cheval s’il s’en était séparé.

*******

Description de cette image, également commentée ci-aprèsDans le laboratoire qu’il avait créé au château, Jauffret de Passevent, examinait deux jeunes femmes allongées sur des lits placés de part et d’autre de l’escabeau sur lequel il était assis. Une « pompe » actionnée par un poids qui descendait très lentement, entraînant un mécanisme complexe, faisait circuler à travers des tuyaux reliés aux deux corps, le liquide sanguin. Ainsi une des deux femmes se « vidait » au bénéfice de l’autre. Quelques soubresauts, accompagnés d’un râle profond, alertèrent le comte qui souleva la paupière de la personne placée à sa droite, constatant ainsi que ce n’était plus qu’un cadavre. –« déjà ! c’est à peine suffisant. Il faudra que j’avise. » soliloqua Jauffret en stoppant la machine. Sur sa gauche, le visage de la femme avait perdu sa lividité d’origine et sa bouche entrouverte témoignait du retour vers une respiration plus régulière. Une nouvelle fois Agnès de Passevent reprenait vie.

Atteinte d’une mystérieuse maladie, un apport de sang nouveau et vivifiant lui était indispensable par périodes régulières. Son époux avait cherché et trouvé la solution grâce aux secrets appris et transmis par un de ses ancêtres qui avait longtemps séjourné dans la région de Constantinople. En ce temps là, de nombreuses universités arabes enseignaient les mathématiques et les sciences, en avance sur les connaissances des savants du royaume de France. Le vrai problème avait été l’approvisionnement qui posait un sérieux cas de conscience. L’amour du comte pour  son Epouse l’avait finalement emporté . Le village était là, il suffisait de se servir ; après tout ces gens lui appartenaient.

Sortant de ses réflexions, Jauffret passa dans la pièce voisine où se tenait, debout sur la table, un magnifique hibou. Voyant apparaître son maître, l’oiseau, en signe de bienvenue, pencha légèrement la tête et ferma un œil ; c’est toujours ainsi qu’il l’accueillait. S’asseyant sur un fauteuil qui ressemblait fort à un trône, le seigneur s’adressa au rapace : « Vois-tu Soliman j’ai encore besoin de tes services. Ces jeunes filles ne peuvent pas toutes être utilisées pour régénérer Agnès. Certaines ne sont pas compatibles. C’est ce qui explique le grand nombre de tes incursions au village. J’ai repris la bague au doigt de ta dernière victime. La voici ; décide toi même de la date de ton intervention. Es-tu d’accord ? » Ce faisant, il posa sur la table un merveilleux bijou : la bague en or dans laquelle était serti un magnifique rubis. Le rapace leva la patte en signe d’assentiment. Sa mission très simple naguère, s’était compliquée depuis l’arrivée des étrangers au village et des rumeurs faisant état de sa présence sur les lieux des différentes disparitions. Le plus discrètement possible, il déposait à portée de la jeune fille choisie un message avec un dessin représentant une femme arrivant au château. Jointe à ce message, la bague. Le rêve des amours du beau prince et de l’humble bergère est éternel. La future victime venait d’elle même se livrer au bourreau.

Le soleil n’arrivait pas à percer le brouillard givrant dû à la conjonction du froid et de l’humidité. Un cavalier, penché sur l’encolure de sa monture, franchissait la porte sud. Sa silhouette, dans ce décor figé et hostile, faisait penser à quelque fantôme échappé d’une légende celte. C’était le gendarme Grimaud qui, tenace, continuait son enquête. Il revenait du château où le cheval de son adjoint, la bride libre, l’avait conduit, lui donnant ainsi la certitude que c’est là bas que le malheur était arrivé. Le vieux soldat n’arrivait pas à se consoler ; une véritable amitié le liait au disparu qu’il avait lui même formé professionnellement ; de plus il regrettait amèrement de ne pas l’avoir accompagné dans sa mission. Des larmes coulaient sur ses joues tannées par des années de campagnes dans l’armée du roi Louis. C’était la première fois de sa vie qu’il pleurait.

Lorsqu’il atteignit la place du bourg, une forte agitation y régnait. Frère Thomas n’avait pas perdu son temps. Jugeant inutile d’aller voir le seigneur des lieux, qui ne pouvait être la cause de la colère de Dieu, il décida d’interroger un des témoins. Celui-ci serait désigné par des villageoises. Deux matrones, estimant qu’il valait mieux ne pas s’attirer les foudres de l’inquisiteur, se portèrent volontaires. Après un court conciliabule, elles décidèrent que Fanchette dite la bâtarde, correspondait au profil demandé. Fanchette, quinze ans bientôt, jolie quoique menue pour son âge, était de caractère taciturne et sauvage. Née de père inconnu elle fut recueillie, à la mort de sa mère, par des voisins. Un murmure traversa la foule que le moine estima être la preuve d’un accord général. C’est de cette foule que les deux paysannes extirpèrent leur proie muette et tremblante de peur . Elles la portèrent jusqu’au centre de la place car la terreur qu’elle éprouvait l’empêchait de marcher. Le deuxième moine, le colosse, posa à terre un immense cadre en bois sur lequel les deux femmes attachèrent la fillette après l’avoir entièrement déshabillée. C’est dans une grange où tout avait déjà été aménagé en une sorte de tribunal, que l’homme de Dieu fit transporter celle qui allait, disait-il, lui révéler les obscurs dessous de cette affaire .

Son second, transformé en tourmenteur, attendait les ordres. L’inquisiteur commença par asperger d’eau bénite la malheureuse victime, puis fit un signe à son aide. Le premier supplice choisi pour une « question » simple : la scarification. Un cri horrible, d’une puissance dont on n’ aurait pu soupçonner la suppliciée capable, fit frissonner toute l’assistance, lorsque le bourreau, d’un coup de lame commença son œuvre. Le silence qui suivit fut rompu par la voix grave de frère Thomas qui, main droite tendue, agitait un crucifix. «  Avoue que tu as été visité par le diable, avoue tes crimes, responsables de la malédiction qui s’est abattue sur le village. »

Il y eut un mouvement de foule dans le fond de la salle. C’était Joseph qui ne pouvant en supporter davantage, sortait rapidement pour ne pas évacuer sur place son dernier repas. Le vent frais qui soufflait à l’extérieur lui fit reprendre ses esprits ; il arrivait à nouveau à raisonner correctement. La nuit n’allait pas tarder à tomber. Ici pendant l’hiver tout se passait très vite, il n’y avait pratiquement pas de crépuscule. L’ interrogatoire arrêté, il faudrait bien placer la prisonnière quelque part. La nuit venue il aviserait. Il repensa à son ami le vieil armurier qui lui avait parlé de la Renaissance, des philosophes qui mettaient en doute l’existence de Dieu, de l’importance de l’homme dans l’univers, le guidant vers un humanisme que sa nature généreuse acceptait naturellement, spontanément.

Bien à l’abri derrière le muret qui prolongeait la fontaine, Joseph observait l’entrée du bâtiment où Fanchette   était séquestrée. Le moine géant montait la garde devant la porte d’entrée. Bien que possédant une longue dague, le jeune homme savait qu’il n’avait aucune chance dans un combat au corps à corps contre un tel adversaire, sûrement armé lui aussi. Il en était là de ses réflexions, cherchant une hypothétique solution, lorsque dame chance lui tendit une main secourable. La sentinelle, après avoir jeté un long regard aux alentours, entrebâilla la porte et pénétra à l’intérieur. La lune était montante depuis deux nuits et sa clarté, sans être trop vive, permettait d’éviter les problèmes de déplacement. En quelques foulées, Joseph, dague à la main se faufila dans la grange. Il lui fallut de longues secondes pour que ses yeux s’habituent à l’obscurité. Ce fut le bruit d’une forte respiration accompagnée de grognements qui attira son attention. Après avoir enfoncé un chiffon dans la bouche de la fille, le moine lui avait détaché les chevilles. Malgré la résistance de sa victime, il lui écartait inéluctablement les jambes. La robe de bure relevée jusqu’à la taille laissait voir ses fesses musclées qui se mouvaient à la recherche du plaisir. Joseph plaça la pointe de son arme sous l’omoplate gauche du violeur, l’orientant légèrement vers le haut puis pesa de tout son poids sur le manche de sa dague. Le corps du moine devint tout   flasque. La suppliciée n’ était pas en trop mauvais état. Le bourreau avait peut-être ,en officiant, pensé à ne pas abîmer celle qu’il espérait retrouver la nuit.

Fuir ne servirait à rien, tôt ou tard ils seraient repris ; il ne fallait pas compter sur la complicité des habitants de Malesuerte.

Une seule solution s’offrait à lui : ruser et battre ce maudit moine avec ses propre armes. Pour cela Joseph disposait de deux atouts sérieux ; tout d’abord, une grande imagination , et puis un esprit rationnel libéré de toutes ces croyances, conséquences d’un obscurantisme entretenu par la religion.

Après avoir libéré Fanchette, il attacha le moine sur le cadre de torture, en prenant soin auparavant de nettoyer et de dissimuler la blessure, lui croisa les mains qu’il entoura d’un chapelet pris dans une poche du vêtement de l’ecclésiastique. Il fit la leçon à la jeune paysanne, lui expliquant l’attitude à adopter pour la suite des évènements. Puis après avoir fermé la porte d’entrée, il revint à l’extérieur et se mit à hurler. Quelques minutes plus tard les habitants portant des torches le découvrir à genoux ; l’extase se lisait sur son visage.

-« Je passais par hasard, leur dit-il, lorsque j’ai aperçu une lumière aveuglante, peut-être était-ce un ange, qui venait de la grange. Je n’ai pas osé entrer, c’est sûrement un miracle. »

Personne n’ayant le courage d’ouvrir la porte, on alla quérir frère Thomas. Entouré de quelques hommes, dont certains armés de fourches, il entra puis, stupéfait, s’arrêta . Fanchette à genoux, les bras en croix, s’adressait au religieux attaché sur le cadre. Elle ne se fit pas prier pour expliquer qu’un ange était venu lui annoncer que le village était lavé de ses péchés. Le moine s’était offert en signe de rédemption.

L’inquisiteur comprit qu’il n’avait plus sa place à Malesuerte. Après quelques instants de réflexion, il annonça son prochain départ. Joseph aurait bien aimé savoir si le moine avait «  gobé » son conte. Avait-il la foi au point de croire au miracle ? Etait-il simplement bon perdant devant une situation qui lui échappait ? Il se promit d’en discuter plus tard avec son ami Raphaël.

Le village avait repris ses habitudes et la tension était retombée depuis que la menace de l’Eglise n’était plus ressentie par les habitants. La famille Auguste, chez qui vivait maintenant Fanchette, avait même reçu la visite des deux matrones responsables de ses malheurs, venues implorer son pardon. Tout semblait être au beau fixe et pourtant la menace du hibou demeurait, elle, bien réelle.

Le gendarme ne pouvait se résoudre à considérer son enquête comme terminée. Les disparitions restaient toujours une énigme. Son côté mécréant lui faisait rejeter les explications données par frère Thomas qui pour lui n’était qu’un pervers dangereux. Le souvenir de son jeune adjoint venait hanter ses nuits et il savait que seule la vengeance le libèrerait. Il faudrait bien qu’un jour le comte Jauffret sorte de son antre. Il suffisait d’être patient .

Il errait donc, observant, écoutant les conversations des uns et des autres, à l’affût de quelque détail qui le mettrait sur une piste. Sa pugnacité allait être récompensée.

La nuit et une brume épaisse s’étaient alliées pour gommer petit à petit les contours des objets environnants. Tout devenait flou et irréel. Enveloppé dans sa cape, tapis au poste d’observation qu’il avait choisi parce qu’il dominait le village, Grimaud perçut un bruit venant du chêne voisin. Un rapace, parti de la cime de l’arbre, après avoir parcouru une vingtaine de mètres se posa sur le rebord de la fenêtre d’une des maisons. L’oiseau semblait tenir une proie dans son bec ; il la posa et frappa ensuite contre la vitre ; lorsque la personne, à l’intérieur, se manifesta, il repartit. Le gendarme bondit et parvint rapidement à la fenêtre ouverte, se trouvant nez à nez avec une jeune femme à qui il arracha des mains l’objet apporté par le hibou. Poussant un cri la villageoise referma brutalement, terrorisée par cette apparition soudaine. Bague et message en main, il ne fallut pas longtemps à l’enquêteur pour deviner comment le châtelain procédait pour attirer ces naïves jeunes filles. Maintenant il tenait ce monstre qui laisserait la porte du château ouverte afin de laisser entrer

« l’invitée ». Il devait en profiter pour y pénétrer sans être vu. A cette seule condition il garderait un avantage certain sur l’adversaire. Il eut une pensée pour son malheureux collègue qui s’était probablement fait piéger parce que repéré dès son arrivée. Il fallait donc détourner l’attention d’un éventuel guetteur en l’occupant côté forêt. Qui voudrait bien l’aider ? Il songea à Joseph qu’il devinait intelligent, ayant du caractère, et beaucoup plus évolué que les autres villageois ; il le soupçonnait d’ailleurs d’avoir joué la comédie, devant la grange, pour sauver Fanchette. Il avait examiné le « gros » et son œil d’expert avait rapidement trouvé la cause de sa mort. Par prudence il n’avait rien dit. Joseph à qui Grimaud raconta ses dernières découvertes, accepta d’emblée. Il n’oubliait pas que son frère avait disparu lui aussi en allant chasser ce maudit hibou.

D’immenses bûches brûlaient dans la vaste cheminée de la salle d’armes, rendant la température de la pièce un peu plus clémente. De temps à autre les craquements du bois qui éclatait sous les morsures des flammes rompaient le silence de la pièce. Sur l’encadrement du foyer faisant saillie dans la salle, des trophées de chasse étaient posés ; il fallait être fin observateur pour remarquer que le hibou placé là, était lui, bien vivant. Immobile il observait le maître des lieux perdu dans ses pensées. Le comte Jauffret était bien obligé d’admettre que les transfusions faites à son épouse étaient de moins en moins performantes. Ce jour, elle avait souhaité demeurer dans sa chambre en compagnie de sa suivante.

Il fut tiré de ses sombres réflexions par un bruit insolite venant de l’extérieur. S’approchant d’une fenêtre, il vit un jeune homme, une hache à la main, en train d’abattre un chêne. Cette forêt appartenait au domaine comtal ; nul ne pouvait se permettre d’en couper le bois sans son autorisation. Tout contrevenant prenait de grands risques en outrepassant la loi. Jusqu’à ce jour personne n’avait osé s’y risquer. Le châtelain n’hésita pas longtemps ; décrochant une arbalète du mur voisin, il l’arma rapidement puis s’accoudant pour avoir une bonne assise, il visa l’intrus, attendant pour tirer que celui-ci ne bouge plus. Concentré sur sa cible l’arbalétrier n’entendit pas arriver dans son dos le gendarme Grimaud ; ce dernier avait par précaution enroulé des chiffons autour de ses chaussures pour éviter tout bruit. Pétrifié par la surprise, Jauffret sentit la pointe d’un sabre s’appuyer fortement sur son cou. –« Par Pilate et Barabbas, tu lâches ton arme ou je t’étripe. » La voix du militaire résonna sous la voûte comme un cri de victoire. Homme d’expérience, il savait que tuer un noble pouvait lui valoir Description de cette image, également commentée ci-aprèsde sérieux ennuis. Sous Louis XV on ne badinait pas avec les roturiers qui se le permettaient. Ne cédant pas à son impulsion première dictée par la vengeance il désarma son adversaire puis lui lia les poignets ; passant ensuite le buste à la fenêtre, il agita son couvre-chef. En bas, soulagé et heureux Joseph répondit à son signal.

Après avoir dépêché un courrier à cheval vers la ville la plus proche, Grimaud accueillit avec soulagement un lieutenant de police et ses hommes. La comtesse fut acheminée sur Paris pour un retour dans sa famille. Le comte de Passevent, lui, serait jugé par un tribunal spécial nommé par le Roi.

Par la porte sud, le gendarme Grimaud repartait, mission accomplie. Il n’était pas seul ; Joseph l’accompagnait, en route pour l’école de gendarmerie. « Vois-tu fiston lui glissa l’ancien, dans cette aventure, j’ai perdu un ami, mais le destin m’a donné un fils. »

FIN

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Marcher avec des chats

Posté par othoharmonie le 2 décembre 2014

 

chatnoirUn chat m’a appris à marcher avec des chats, ce qui introduit l’énorme différence avec la marche d’un chien. Pour être en bonne santé psychologique, un chien doit tenir compte de son maître comme le chien alpha; la tête du peloton. Sinon, si le chien croit qu’il est responsable et doit prendre des décisions pour protéger son compagnon humain, il obtiendra psychotique, parce qu’il ne comprend pas le monde des humains. Un chien heureux bénéficie à vivre sous la protection de son maître et cherche à répondre à ses commandes. 

Un chien avec un comportement dérangeant, parfois au point que vous envisager de le faire mettre bas, le plus souvent seulement besoin d’apprendre à faire confiance et à obéir à un être humain. Les différences entre les races de chiens peuvent aussi être assez énorme. Une personne qui possédait avec succès un type de chien, peut être perdu par un autre. Il existe des différences entre les races trop de chats. Vie intérieure peut être insupportable pour certaines races et agréable pour les autres.Certaines races développer des liens étroits avec leur compagnon humain. Pourtant, tous les chats ont tendance à être des chats, avec plus de différences individuelles de personnalités entre eux. 

Le rang le plus élevé que vous pouvez réaliser dans l’esprit d’un chat est celui de chat, ou compagnon chat. Marcher avec un chat est comme jouer à un jeu vidéo coopératif avec un ami, où vous explorez, cacher, canard et franchir des obstacles ensemble. Le chat sait que vous êtes un chat avec des cadeaux spéciaux et il apprécie cela. Mais la raison principale pour laquelle il sortira marche avec vous est parce qu’il aime votre entreprise. Cela introduit un exercice d’entraînement que vous pouvez faire, en apprenant à faire face avec les chats que vous rencontrez dans les rues. Certains chats viendront à vous, dire si vous vous asseyez sur un banc. D’autres chats ont besoin de vous mettre à genoux et de faire un poli « miaou? » Pourtant, d’autres chats décider de ne pas prendre le risque d’approcher un étranger. 

Vous devez l’accepter et ne pas essayer d’insister ou, bien pire, la poursuite du chat. Mais ce que vous pouvez faire est de s’asseoir et commencer à méditer, ou tout simplement profiter du paysage. Avec votre attitude, montrer au chat que vous faites cela en raison de sa présence. Si le chat fixe trop, alors vous avez un lien avec lui, même si il reste à distance. La méditation commune sera confirmé si il plisse les yeux calmement à vous.Vous ne pouvez jamais avoir l’occasion de le caresser. Mais il aime vous. Cats parlez. Ils ne construisent pas des phrases comme les humains, mais la modulation de leurs miaulements dit tout. Un chat joyeux que la pointe des pieds le long vous pouvez pousser un heureux « merawraw! » 

Un chat triste peut faire un « maaaw … » désolé et descendant Un ami était plus surpris que je avoir une conversation avec son chat « Gueule! » (Bonjour, je suis ici!), « Meraw? » (Comment allez-vous?) « Merawraw! » (Je vais bien!) « Mew ?! » (Et vous?) « Mrrrraw! » (Je suis bien aussi et Je te aime!). Le chat était très heureux de rencontrer un homme qui peut parler. Vous ne devez pas être à l’aise dans une conversation de chat de sortir marcher avec des chats. Mais au moins, vous devez être conscients du fait qu’ils ont des sentiments et des préoccupations, tout comme le font les humains. Les chats peuvent apprendre faire et ne pas faire. Un chat sauvage était assez violent et souvent récupéré à des gens qui ont essayé d’être gentil avec lui. Un jour, il me griffait mal à la main. Je criais de douleur et immédiatement soufflé vers lui, qui est un signal que les chats comprennent le mieux. 

Le lendemain, quand je l’ai rencontré dans la rue, sa tête était un peu plus bas et il a fait un miaulement faible et long à dire qu’il était désolé. Il n’a jamais récupéré à moi de nouveau et a appris à éviter de faire ça avec d’autres êtres humains. Je fis une longue marche avec lui et quelques années plus tard, il a fait adopter. Un chat qui mord quand vous caressez lui peut être un chat dominant qui considère qu’il est en charge de fournir les câlins, pas vous. Ensuite, il suffit que faire: attendre les câlins, par exemple en étendant la main juste pour le chat de venir frotter. Ne jamais tenter de toucher le ventre d’un chat, sauf si vous avez déjà une relation longue et profondément confiance avec lui. Si un chat semble montrer un désir intense que vous touchez le ventre, cela signifie que vous êtes autorisé à caresser sa tête. Ou le dos. En fait, certains chats détestent se faire caresser sur la tête et d’autres acceptent seulement les caresses sur la tête. Un chat est pas un bébé, un ours en peluche ou un sac de pommes de terre. Regardez comment les gens se comportent dans les rues. Les femmes jouissent à agglomérer. Lovers appuyez intensément les uns contre les autres. Mais vous ne verrez pas une personne de charger une autre sur une épaule comme un gros morceau de viande. 

Si jamais cela arrive, la victime se plaignait. Si le contrevenant persiste, il pourrait obtenir une ordonnance du tribunal pour demander l’aide d’un psychologue, pour faire comprendre que vous ne vous présentez pas votre affection aux gens en les manipulant comme un bébé, un ours en peluche ou un sac de pommes de terre, surtout si les gens ne se plaignent explicitement et même si elles ne crient de douleur. Un chat de la maison typique aspire pour la sécurité et la chaleur de la tour ou le ventre de sa propriétaire. Vous n’êtes pas obligé de le forcer sur votre corps. Et beaucoup de propriétaires de chats seront toujours attendre dix minutes de plus à se lever, jusqu’à ce que le chat se termine sa sieste. Le chat a besoin de vous sentir bien trop et il y aura sans aucun doute à ce sujet. Il ya des circonstances étaient un peu potatoing peut être bon. Certains chats ne détestent pas. L’un des chats d’un ami a tendance à déprimer et ne viendra pas spontanément sur ​​moi. Mais elle le fait d’accepter que je lui pommes de terre pendant quelques secondes, toujours la tenir dans une position respectueuse, à son installation sur mon ventre. 

Je serai alors en mesure de lui faire sentir merveilleux pour quelques dizaines de minutes. Une condition essentielle est que je ne serai jamais essayer de la retenir si elle ne veut pas installer sur mon ventre. Lorsque je me rends, mon ami le considère comme une fête pour ses chats. Le chat d’un autre ami va hurler, sauter et récupérer la porte, elle qui a fermé la porte se dresse entre lui et moi. Je ne dois pas empêcher les chats de se déplacer autant d’affection de chat que je dois. Je ne serais pas d’affection de chat si je tentais de les retenir. Certains propriétaires de chats confondent chat affection avec soumission fatigué à la manipulation unpainful. Ne jamais blessé un chat sur ​​le but. Ne jamais lui infliger de la douleur à montrer votre désapprobation. Il n’a besoin que d’un signal clair pour comprendre que quelque chose vous agace. Par exemple, si il a tendance à essayer d’aiguiser ses griffes sur votre pantalon, il suffit de mettre vos mains sur ses pattes et dire « non! » Vous pourriez avoir à lui dire encore une fois ou deux fois, mais il va apprendre. Et apprenez que vous êtes un chat qu’il peut traiter. Beaucoup de livres et de documentaires tentent d’expliquer le comportement des chats par des faits scientifiques au sujet de leurs ancêtres. 

Chat_lune

Cela est souvent instructif. Juste être prudent avec certains auteurs qui ont tendance à présenter des animaux comme horlogerie sans âme. Les chats domestiques ne respectent pas une personne juste parce que personne les nourrit. Même les chats sauvages, paient souvent pas attention à la nourriture. Pour être considéré comme un ami par un chat de la maison, une bien meilleure approche, en plus de la méditation commune, est de jouer avec lui. Utiliser un pointeur laser, ou un petit morceau de tissu verrouillée à l’extrémité d’une tige de bois mince. Le point laser ou le morceau de tissu doivent être une petite souris qui se promène le long et tout à coup devient très effrayé par le chat et fuit loin. Un chat sait toujours qui joue avec lui; qui marionnettistes de la souris. Je vous réussi à conduire le chat fou et haletant chasser la souris, il sera votre ami pour toujours. Une fois qu’un chat a confiance en vous, vous pouvez essayer de marcher avec lui. Les premiers essais seront probablement pas aller plus loin que quelques mètres. Il suffit d’aller à essayer, essayer un jour. Il ya des règles:

« Vous attendez-moi et je vous attends. » Encore une fois, un chat est pas un chien que vous tirez sur la laisse. Si le chat décide d’entrer et de numériser une maison abandonnée pendant cinq ou dix minutes, juste attendre à l’extérieur jusqu’à ce qu’il revienne. Il est pas sa faute si vous êtes trop grand pour entrer par la fente de la porte.

  • Carrefour sont négociés. Le plus souvent, un chat accepte la direction que je veux. Mais parfois, il prend une décision et je vais suivre.
  • Chaque fois qu’il y a un danger possible, qui se manifeste par beaucoup de bruit comme les gens qui crient ou une conduite de voiture, le chat va se cacher, par exemple à l’intérieur d’un buisson ou sous une voiture. Vous devez attendre jusqu’à ce que le «danger» est terminée. En revanche, vous devez choisir les chemins le long de laquelle le chat a des endroits pour se cacher si nécessaire. Il est parfois frustrant de constater que le chat ne sera pas vous utiliser comme une protection. Rappelez-vous que vous êtes à lui un autre chat, qui a besoin de se cacher aussi. Je me suis débrouillé pour obtenir un chat se servir de moi comme un repaire et protection, se mettant à genoux ou en laissant mon manteau Hang Low, afin d’obtenir la forme d’une chaise ou un buisson. Je le chat choisit de rouler en arrière vers une cachette loin, il suffit de suivre lui et attendre jusqu’à ce qu’il décide de sortir à nouveau. Il peut ne pas vouloir risquer le même chemin encore ce jour-là peut-être mieux changer de direction ou à pied à la maison avec lui.
  • Marcher implique arrêt. Un chat adore traîner à un endroit donné et regarder les gens. Choisissez un endroit sûr avec beaucoup de vue.
  • Si le chat est dans le doute, puis aller quelques mètres plus loin, vérifier si tout va bien et si oui lui dire qu’il peut prendre le risque de venir.
  • Temps de marche est pas câliner temps. Caresses sont grands pour façonner l’équipe avant de sortir dans la nature. Mais là, il est à propos de l’accent et de la sécurité.

Les gens sont surpris quand ils voient quelqu’un marche avec un chat. Expliquez-leur que vous êtes «marcher avec le chat » et pas « marcher le chat » comme vous promener un chien. Un chat et je devais une fois de supporter la haine des gens au sommet d’un bâtiment, en jetant les déchets vers le chat. Nous venons battu en retraite, le chat essayant de courir d’un buisson à la protection tout en me suivant. Le lendemain, il revint à ma porte et fit un petit miaulement de demander à sortir à pied. Le plus gros paquet de chats que je marchais avec est de trois. Mais je ne faisais de longues promenades avec l’un des trois. La seconde n’a jamais été plus que quelques rues loin avec moi. Le troisième a seulement suivi le peloton parce qu’il était follement amoureuse de la deuxième.

SOURCE : http://www.4p8.com/eric.brasseur

 

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INTERVIEW D’UN DRESSEUR DE PUCES

Posté par othoharmonie le 29 septembre 2014

 

téléchargement (3)Jean-Dominique Kérignard, alias Alfredo Panzani, dirige la Compagnie « Les petits miracles » un théâtre ambulant pour enfants qui se déplace en France et à l étranger et présente une animation : « Les puces savantes » dont le succès se renouvelle à chaque représentation.

 « Sous le plus grand des petits chapiteaux du monde , Alfredo Panzani, ancien dompteur de fauves, a troqué ses lions et ses éléphants contre une ménagerie de puces savantes avec laquelle il parcourt le monde. Tour à tour jongleuses, acrobates, cracheuses de feu, équilibristes, les puces dressées du grand Panzani vous entraînent dans une frénésie de tours de force et d’élégance ponctués par un numéro unique au monde : Zaza, la puce volante, qui, au péril de sa vie, est propulsée dans les airs grâce à un canon miniature. Un spectacle plein d’humour et de poésie . « Les Puces Savantes », dans le plus pur style des baraques foraines d’antan, est un spectacle tout public, mêlant humour et manipulation d’objets pouvant être produit soit en salle soit en plein air ».

Petite note humoristique : les affiches publicitaires présentant les cirques de puces savantes stipulaient : « les chiens ne sont pas admis au spectacle ! »

Propos recueillis par Aurélie de Lanlay et Sylvain Prud’homme

Les rideaux d’un chapiteau miniature se soulèvent, un dompteur en uniforme rouge à galons, fouet à la ceinture et moustache, nous invite à entrer. Installée sur une table, la piste : rond de moquette grand comme une assiette au-dessus duquel sont suspendus de minuscules trapèzes, plongeoirs, filins. Les tigres, les lions ? Alfredo Panzani les a troqués il y a des années pour d’autres fauves moins encombrants. Il relève sa manche, va chercher le premier au creux de son avant bras, le pose sur le tapis…A nos loupes !

Alfredo Panzani, vous nous accordez un entretien à la sortie d’un numéro très impressionnant, le lancer au canon de trois puces au dessus de votre chapiteau, en plein air.

Oui, c’est le moment le plus périlleux du spectacle. Dans cette région surtout (St Martin de Crau, avec le mistral, une bourrasque est vite arrivée. J’ai beau avoir l’habitude après toutes ces années, au moment où j’allume l à mèche du canon, je suis toujours inquiet.

Elles sont montées à quinze mètres, peut être vingt…Vous avez rattrapé les deux premières sans difficulté, mais la troisième a failli vous échapper.

C’est vrai, je me suis fait une frayeur. Il faut savoir prendre des risques mais j’aurais été. Une pu e savante ça ne se trouve pas sous les sabots d’un cheval !

Il ya longtemps que ces trois là travaillent avec vous ?

Des années. Chacune a son caractère .Par exemple, Mimi la puce la plus forte : je l’ai trouvée sur le dos d’un tigre, un beau mâle de 350 kilos. Je ne sais pas si c’est son alimentation, le sang de ce tigre colossal dont elle s’est abreuvée pendant longtemps, en tous cas elle a une puissance phénoménale. Vous avez vu ce numéro où elle déroule seule un tapis rougeau milieu de la piste ?

Pour elle le tapis représente plusieurs centaines de kilos ?

Rapporté à sa taille, trois tonnes cinq. Et elle le déroule sans peine, en trois sauts. C’est prodigieux ce qu’il lui faut comme force. Comme pour cet autre numéro où, placée dans la paume de ma main, elle soulève et maintien un clou à la verticale au-dessus de sa tête.

Il ya aussi votre puce Lulu, qui saute à travers un cerceau enflammé. Et puis Zaza la voltigeuse. Quand avez-vous commencé le dressage des puces ?

J’ai commencé les puces à la suite de mon accident. Nous étions dompteurs de fauves de père en fils n soir de représentation, il y avait de l’orage dans l’air, les tigres étaient très énervés et Sultan un gros mâle, m’a sauté sur le dos…je suis resté 3 mois à l’hôpital et j’ai décidé là de travailler désormais, avec des bêtes moins dangereuses.

Vous avez avec chacune de vos puces une relation particulière ?

téléchargement (4)Disons que j’ai une préférée : Zaza. Probablement parce que c’est la moins brutale. C’est très net au moment de l’alimentation : Mimi et Lulu se précipitent sur mon bras pour « boire ». Zaza est plus compliquée, elle prend son temps, cherche un endroit qui lui convient, au pli du coude ou à la naissance de l’anconé*. C’est une sensuelle.

Cette relation avec Zaza se sent pendant le spectacle, notamment dans votre façon de la tenir entre le pouce et l’index. Au moment où vous la montrez au public, vous n’avez jamais peur qu’elle saute ?

C’est tout un lent travail d’apprivoisement. D’ordinaire, pour éviter qu’elles s’enfuient, les puces sont attachées. Tous les cirques de puces qui ont existé ou existent encore utilisent le système de l’attelage. N attache les puces avec un cheveu, un crin de cheval, ou un fil d’or. L’or est le métal le plus ductile et ne casse pas, même si le fil est très fin Il faut arriver à attraper la puce, à faire un petit nœud coulant que l’on glisse en arrière de la première paire de pattes, puis on l’attelle à l’objet qu’elle va tracter. Le plus souvent ces puces restent attachées à vie.

Tandis que vous préférez les laisser en liberté ?

Oui, mais j’ai du leur apprendre à ne pas sauter. C’est un apprentissage assez cruel, on met les puces dans un bocal, avec un couvercle fermé. An début, les puces sautent. La puce à une substance dans ses pattes qui lui permet une propulsion de l’ordre de 45 à 50 G. par comparaison, un pilote d’avion de chasse subit une accélération de 1,5 G. pour la puce, c’est une détente phénoménale ! A notre échelle, c’est comme si, sautant en l’air, on atteignait la hauteur de la Tour Eiffel ( 300 m). Elle se détend donc très fort et se cogne la tête contre le couvercle du bocal. Elle répète ses sauts plusieurs fois, puis module leur puissance. On remplace alors le bocal par un autre plus petit, qui l’oblige à sauter moins haut. Puis par un autre, plus petit, jusqu’à qu’elle ne saute plus du tout On peut alors l’atteler et lui faire tire toutes les charges que l’on veut.

Pourtant, vos puces continuent de bondir lorsqu’il le faut, notamment dans le numéro où l’une d’entre elle multiplie les saltos avant et arrière.

Oui, mais ça je l’obtiens uniquement avec Zaza, parce que notre relation est assez libre. Il y a une confiance entre nous qui permet ça. Elle sait que je l’ai adoptée, qu’on va rester ensemble, que je ne vais pas la quitter pour quelqu’un d’autre. Toujours cette méthode de la main de fer dans un gant de velours. On est en confiance et je la laisse libre de sauter comme elle veut. Bon, je n’irais pas jusqu’à la laisser aller boire le sang de d’autres personnes !

On parle de la cruauté du dressage des fauves, mais cette méthode du couvercle est terrible !

Oui, comme le fait que les puces restent attachées à vie. J’ai voulu bannir ce dernier aspect, en travaillant sans attelage. La cruauté va parfois plus loin .Sur internet, on trouve des images du cirque tenu par Maria Fernanda Cardoso, une colombienne qui vit maintenant en Australie. Elle ne travaille pas avec des puces d’homme, mais avec des puces de chien et de kangourou. Elle devait se produire au festival d’Edimbourg, mais une manifestation de la SPA a empêché les représentations. Il est vrai qu’elle pousse le bouchon un petit peu loin : pour attacher plus facilement ses puces, elle n’hésite pas à leur perforer l’abdomen.

Cela veut die qu’elle perd chaque fois les puces qu’elle a apprivoisées ?

Elle n’apprivoise pas ses puces, elle élève des lapins infestés de puces. Pour en avoir toujours sous la main. Ce qui veut dire aussi cruauté pour les lapins. Remarquez au passage l’incohérence de la SPA : quand elle recommande de traiter les chiens et les chats contre les puces, est ce que ce n’est pas de la cruauté envers les puces ?

Existe-t-il une solidarité entre les dompteurs de puces ?

Il existe site ou nous sommes tous répertoriés. Nous sommes environ 35 à travers le monde, des mexicains, des américains, quelques anglais, une hollandaise qui vient de se lancer et qui , après avoir vu mon spectacle à Anvers a copié la plupart de mes idées…Sinon ,aux Etats Unis on voit de plus en plus de cirques avec de fausses puces, notamment un cirque dont les accessoires ont été réglés par les gens qui on créé les effets spéciaux du film Ghostbusters. On y voit par exemple des trapèzes automatisés, le premier se balance et quand la puce est censée avoir sauté, c’est le suivant qui se met en mouvement. Dans le commerce, on trouve même pour 2500$ des petites valises toutes équipées contenant le plongeoir miniature, la piste, le tapis et le reste…

Et ça marche ces spectacles là ?

Je ne sais pas, franchement, je ne sais pas. Je ne vois pas l’intérêt si on ne travaille pas avec de vrais insectes.

Y a-t-il dans votre spectacle des numéros que vous redoutez plus que d’autres ?

Le canon , bien sûr.. Quand Mimi sort de la gueule du canon, je suis toujours inquiet car je ne sais pas ou elle va tomber dans le public. Même si, bon, je commence à connaître sa propension à atterrir sur les surfaces souples et à se précipiter dans les décolletés, ce qui n’est pas pour me déplaire…Quand Lulu saute au milieu du cercle de feu, j’ai peur qu’elle refuse l(obstacle. Cela pourrait arriver un jour. Une autre chose me fait peur- et là je vous révèle un petit secret de dresseur- c’est que pour fidèliser mes puces, je fais toujours en sorte d’avoir 2,5 ou 2,7 grammes d’alcool dans le sang. J’en ai fait des alcooliques, qui ne peuvent plus se passer de moi. Et bien entendu, j’interdis l’accès au spectacle aux personnes imbibée, de crainte que mes puces ne m’abandonnent pour eux !

Le spectacle est il partout bien reçu ?

Cela crée parfois des situations insolites. Par exemple au japon, au festival de Shizuoka, se posait un gros problème de langue. Je disais mon texte en anglais, avec quelques mots de japonais appris phonétiquement, comme :-« c’est extraordinaire » ou « Au secours ! Elle ne sait pas nager ! »…Les deux premiers jours il y avait des spectateurs qui parlaient un peu anglais, mais ensuite c’était les vacances et le public était constitué de gens modestes qui ne parlaient pas du tout l’anglais et attendaient sans comprendre avec leur loupe en main…un grand moment de solitude !

D’autres surprises de ce genre ?

téléchargement (5)A Sao Polo, on devait jouer dans un parc, j’avais envoyé à l’avance les plans de mon chapiteau et on m’avait répondu : »parfait, on va construire une scène un peu plus grande pour pouvoir élargir le public », On arrive avec Zaza et on voit 3 grandes scènes de 10 mètres sur 12, posées à 1m50 de haut ! J’explique que çà ne va pas du tout et que les gens doivent être tout près, qu’il faut qu’ils puissent voir, on me répond de ne pas m’inquiéter car, les 3000 spectateurs verront tout grâce à six écrans géants ! Ils ont finalement baissé la scène, et j’ai eu 150 spectateurs près de moi pour les moments nécessitant la participation du public…Et, tout s’est bien passé. Le spectacle a été filmé, fort bien d’ailleurs, et ça a marché. Cela est surprenant…j’ai l’habitude de jouer pour 50 personnes et là, j’entendais les réactions de 3000 personnes ! Dans un autre registre, à Gorron, en Mayenne, la chargée de communication n’avait pas du tout fait son boulot et, en cinq représentations nous avons eu en tout : huit spectateurs ! Là encore, grand moment de solitude…

Il y a-t-il des différences selon que le public soit fait d’enfants ou d’adultes ?

Bien sûr, mais l’idéal est que les deux soient mélangés : cela rajoute quelque chose, on peut suivre le regard des parents sur leurs enfants. Ils constatent que les enfants voient les puces, alors que l’on sent qu’eux-mêmes doutent et se penchent pour les voir aussi.

Variez- vous les numéros selon les lieux et le public ?

Cela arrive…Nous jouions près de Carcassonne aux Ampélofolies, une fête du vin et de la truffe. L’organisateur m’avait impérativement demandé de présenter une puce « cavant » la truffe. J’avais donc installé un bac à sable miniature et à un moment la puce trouvait un petit morceau de truffe que je ramassais entre le pouce et l’index…mais en général le spectacle ne bouge pas, en 12 ans j’ai répété 3400 fois le même texte et rempli l’équivalent de deux stades de France ( mais pas en 2 jours comme Johnny !)

Pour en savoir plus, sur internet :

La Compagnie « Les Petits Miracles » Jean-Dominique Kérignard

* « l’anconé » est un petit muscle de la loge postérieure de l’avant bras qui, comme le triceps, étend l’avant bras sur le bras. Notre dresseur est un anatomiste accompli !

Source : http://www.jbwhips.com/QUAND-ON-ATTELAIT-LES-PUCES.html

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Le Corbeau et la Pléiade

Posté par othoharmonie le 24 avril 2014

                                    

                                                                                                       Par Jacques Bienvenu

        Il convient de donner un rappel des événements qui jalonnent l’incroyable histoire de la mystification d’Adrien Le Corbeau. C’est à la fin de l’année 2000, que je publiais un article intitulé  « Le canular du Corbeau »,dans la revue Histoires littéraires[1], Dans cet article, je montrais que les souvenirs de Madame X fréquemment cités dans « la Pléiade » et attribués à Hermine Lecomte du Noüy étaient des faux.   

 images        Toutefois, à la publication de cet article Louis Forestier, l’éditeur de Maupassant dans « la Pléiade », n’a pas cru à la dénonciation des faux comme l’atteste la réédition ultérieure de 2003 des contes et nouvelles. A la fin de cette année 2003 je complétais ma démonstration dans un article publié dans L’Angélus intitulé « Le retour du Corbeau » dans lequel j’ajoutais des preuves irréfutables et je  révélais notamment que le faussaire connu en France sous le nom d’Adrien Le Corbeau était d’origine roumaine. Cette fois il devenait impossible de nier la vérité. Dès lors, M. Forestier dans un moment d’inquiétude a juste  signalé dans l’édition de 2004 l’existence de mon premier article et maintenu l’ensemble de ses textes dans l’édition de 2005.Compte tenu de cette résistance opiniâtre de l’éditeur de Maupassant, je donnais un article dans ma revue l’Angélus, intitulé «  Le triomphe du Corbeau dans la Pléiade ». Enfin je publiais un dossier complet de cette affaire en annexe du « Dictionnaire Maupassant » de Sandrine de Montmort  publié aux éditions Scali en 2007. J’y  précisais, à l’aide de documents inédits, les raisons profondes de l’identification de Madame X à Hermine Lecomte du Noüy. 

        Or, en mars 2008, coup de théâtre ! Voici que dans la nouvelle édition des contes de « la Pléiade », Louis Forestier comprend enfin ! Il se décide à éliminer toutes les références aux écrits d’Adrien Le Corbeau ! 

        Voyons,  à présent, comment l’éditeur scientifique de Maupassant a effectué ses modifications. Jusqu’à cette date il écrivait dans ses notes sur Le Horla (tome II, p.1617): 

Pierre Borel (Le Destin tragique de Guy de Maupassant, p.31) est le seul à affirmer que Guy voyait son double au temps où il fréquentait Chatou et Bezons. On sait ce que valent, souvent, les affirmations de ce critique. Il pourrait s’agir du démarquage hâtif d’une observation faite plus tard par Hermine Lecomte du Noüy (dans ses souvenirs fréquemment cités, parus dans La Grande Revue, octobre 1912)”. « Savez-vous, qu’en fixant longtemps mes yeux sur ma propre image réfléchie dans une glace, je crois parfois perdre la notion du moi? En ces moments-là, tout s’embrouille dans mon esprit et je trouve bizarre de voir là cette tête, que je ne – reconnais plus. Alors il me paraît curieux d’être ce que je suis, c’est-à-dire  quelqu’un .Et je sens que si cet état durait une minute de plus je deviendrais complètement fou. »

 Ce texte me paraît clairement poser les limites d’une expérience qu’on tire trop vite vers celle du double, thème fantastique par excellence.

 Observons au passage que le critique niait la  problématique du double dans Le Horla en s’appuyant sur le texte du faussaire ! Dans l’édition de 2008, (même page) l’éminent spécialiste supprime l’extrait des souvenirs de Madame X qu’il remplace par le texte de Maupassant beaucoup plus sûr, il est vrai, que celui d’Adrien Le Corbeau. Voici la transformation de l’édition 2008 (p.1617) :

Pierre Borel (Le Destin tragique de Guy de Maupassant, p.31) est le seul à affirmer que Guy voyait son double au temps où il fréquentait Chatou et Bezons.On sait ce que valent, souvent, les affirmations de ce critique. Il faut se reporter au texte du conte  (p.931) qui sur ce point concorde avec la première version : «  Je ne vis rien d’abord, puis, tout à coup, il me sembla qu’une page du livre resté ouvert sur ma table venait de tourner toute seule. Aucun souffle d’air n’était entré par ma fenêtre. Je fus surpris et j’attendis. Au bout de quatre minutes environ, je vis, oui,  je vis, de mes yeux une autre page se soulever et se rabattre sur la précédente, comme si un doigt l’eut feuilletée. Mon fauteuil était vide, semblait vide. »

Ce texte me paraît clairement poser les limites d’une expérience qu’on tire trop vite vers celle du double, thème fantastique par excellence. 

     Or, Louis Forestier tronque  volontairement la dernière phrase qui est : 

 Mon fauteuil était vide, semblait vide ; mais je compris qu’il était là, lui, assis à ma place, et qu’il lisait. 

            Il est certain qu’avec la dernière phrase ainsi censurée, le texte n’a plus rien à voir avec la question du double. Décidemment, le travail du faussaire aura été contagieux ! C’est vraiment tragique !  Par ailleurs,  M. Forestier a retiré les  deux pages du texte de Madame X citées dans les notes de La Mère Sauvage. M. Pierre Danger se voit ainsi  gratifié d’une immense citation à la place des écrits du faussaire. Le nom de Pierre Danger est orthographié Pierre « Dangé ». Un pseudo de plus dans cette histoire de faussaires.

           Mais ceci n’est rien. Dans l’introduction du tome I des contes de Maupassant l’éditeur de Maupassant citait avant ses rectifications un passage du texte de Le Corbeau :  «  Il me semblait vraiment que mon âme se fut, en quelque sorte, dissoute dans cet élément trouble qui me baignait et qu’elle flottait au-dessus de ma tête. »(P.LIX). Dans l’édition 2008 (toujours p.LIX), Louis Forestier supprime le texte du Faussaire et le remplace par un texte de Maupassant . Il  remplace aussi  la note n°4 qui mentionnait Le canular du Corbeau par :  Sur l’eau, P. 57-58.  Le problème est que juste une ligne après, l’éminent professeur oublie de supprimer une citation du faussaire : «  Savez-vous qu’en fixant longtemps mes yeux sur ma propre image réfléchie dans une glace, je crois perdre la notion du moi ». On reconnaît une partie du passage cité  de Madame X dans les notes du Horla ! De plus l’éditeur renvoie ce passage cité page LX  en note à : Ibid.,P. 684.qui est la référence aux souvenirs de Madame X et non à Sur l’eau. J’ajoute  à titre documentaire que son édition était tellement infestée par les faux écrits de Madame X, qu’il en a oublié, par exemple, un long passage à la page 1623 du tome I nouvelle édition 2008 où il cite encore  selon ses propre termes Hermine Lecomte du Noüy dans La Grande Revue du 25 mars 1913. 

Tentons cependant d’être positif. Que M. Forestier ait enfin compris au bout de huit années que les articles de Madame X étaient faux et qu’il les élimine peu à peu, même très grossièrement, dans « la Pléiade », il faut s’en réjouir. Tout de même,  il est des choses inacceptables. Dans la nouvelle édition de 2004 Louis Forestier avait ajouté en note ( n°4) après avoir cité l’article du faussaire la référence de mon article : 

On a émis l’hypothèse que cet article serait l’œuvre d’un  faussaire   (voir : « Le canular du Corbeau », Histoires littéraires, octobre-décembre 2000, n° 4.) 

Après avoir fait disparaître cette note, un chercheur correct aurait pu au moins reconnaître que le « ON » ne s’était pas trompé et en donner référence. Bien entendu, il n’en est rien. L’honnêteté intellectuelle n’est pas le fort de l’éditeur de Maupassant. C’est avec la plus grande discrétion que ces modifications se sont accomplies. Enfin,  pour être tout à fait complet sur le sujet, signalons que plusieurs mois après les vastes changements opérés dans « la Pléiade », paraissait un article qui nous apprenait en outre qu’Adrien Le Corbeau avait déjà publié des prétendus souvenirs sur Maupassant dans un journal roumain, souvenirs beaucoup moins élaborés, il est vrai, que ceux de La Grande Revue mais qui en reprenaient certains passages[2]. 


[1] octobre-décembre 2000, n° 4.

[2] « Le Corbeau et une autre amie de Maupassant », A.V.Dulau, M.Johnston,   Histoires littéraires , avril-mai-juin 2008, n°34.

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Hamster de Chine

Posté par othoharmonie le 8 juillet 2013

Hamster de Chine dans HAMSTER - COBAYE chineLe Hamster de Chine est une espèce de Hamsters qui est originaire des déserts du nord de la Chine et de la Mongolie. Le statut d’espèce du hamster de Chine est très discuté. Pour de nombreux auteurs, les études génétiques ne permettent pas de prouver qu’il ne s’agit pas que d’une sous-espèce de Cricetulus barabensis.

Le Hamster de Chine est aussi appelé Hamster nain de Chine ou Hamster rayé.

Les proportions du corps du hamster chinois, comparé à celles des autres hamsters domestiques, apparaissent longues et minces et ils ont, pour des hamsters, une queue relativement longue. Les mâles ont un scrotum relativement gros et c’était eux qui étaient, autre fois, gardés pour les recherches scientifiques.

Les hamsters chinois ne sont pas associés aux hamsters nains. Le terme « nain » est souvent utilisé pour faire appelle aux hamsters de type Phodopus.

La couleur sauvage est brun-gris avec une raie noire sur le dos et un ventre blanchâtre. Cette coloration, combiné à leur minceur et à leur longue queue les fait davantage ressembler à des souris, mais en fait, ils font partie du groupe des hamsters. Issue de la couleur sauvage, on retrouve une mutation tachetée, qui montre diverses taches blanches sur le dos du hamster.

Caractère en Captivité

Ils ont un tempérament doux et se maintiennent facilement en main; un de leurs traits attachants est leur habitude à s’accrocher à un doigt de notre main avec leurs quatre pattes. Les hamsters chinois peuvent être nerveux lorsqu’ils ne sont pas apprivoisés, mais ils sont calmes et doux de nature.

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Le Lynx Boréal

Posté par othoharmonie le 23 juillet 2012

 

 Lynx lynxLe Lynx boréal également appelé Lynx d’Eurasie, Lynx commun, Loup-cervier et improprement Lynx d’Europe, est une espèce de félin du genre Lynx. Aisément reconnaissable à ses longues pattes, sa courte queue et sa face aux oreilles pointues, le Lynx boréal apparaît dans de grandes variétés de robes et de tailles.

Habitant des forêts boréales, c’est un félin discret chassant les petits ongulés comme le chevreuil. Largement distribuées, ses populations ont cependant régressé en Europe de l’Ouest, où plusieurs tentatives de réintroduction ont eu lieu.

Objet de superstitions depuis le Moyen Âge, le Lynx boréal est resté méconnu jusqu’au début des années 1980. Il est encore l’objet de débats, particulièrement lors de sa réintroduction, avec les chasseurs et les bergers.

La face du Lynx boréal est ornée d’un collier de poils longs autour du cou. Comme tous les lynx, ses oreilles triangulaires sont surmontées d’une touffe de poils noirs, qui mesurent jusqu’à 4,5 cm de long ; le revers est marqué par une tache blanche. Des rayures verticales barrent le front, et une marque noire part du coin externe de l’œil jusqu’aux joues. Il n’a que 28 dents au lieu des 30 habituelles chez les félins ; toutefois, le Lynx boréal possède comme caractéristique de pouvoir avoir une dent surnuméraire.

La queue courte se termine par un manchon noir. Les jambes sont longues et les pieds volumineux en comparaison du reste du corps. Il s’agit d’une adaptation au déplacement dans la neige : les longues pattes permettent de se dégager plus facilement dans un épais manteau neigeux. Du fait de ses pieds larges, le Lynx boréal exerce une pression sur le sol trois fois plus faible que celle du Chat sauvage (Felis silvestris). Par conséquent, le Lynx boréal s’enfonce moins dans la neige, comme s’il portait des raquettes et marche silencieusement.

La couleur de sa fourrure est la plus variable du genre Lynx. Elle varie du blanc crème au brun foncé, avec plus ou moins de taches noires sur le corps, qui peuvent être pleines ou en rosettes. Le Lynx boréal a une fourrure particulièrement dense, notamment sur le dos où la concentration de poils atteint 9 000 poils/cm2 contre 4 600 sur le ventre. La pilosité est composée de douze à treize poils de bourre pour un poil de jarre.

Le Lynx boréal est deux fois plus gros que les trois autres espèces de lynx. Il pèse de 9 à 35 kg, la plus grande sous-espèce étant le Lynx de Sibérie ; la moyenne est de 25 kg pour les mâles et 21 kg pour les femelles. Il mesure de 65 à 75 cm à l’épaule et sa longueur est de 77 à 135 cm. Le dimorphisme sexuel est important : les mâles sont en moyenne un quart plus gros que les femelles.

Bien que les fossiles soient rares chez les félins, les lynx font office d’exception. Le Lynx d’Issoire (Lynx issiodoriensis) est généralement considéré comme l’ancêtre commun du genre Lynx. Possédant une aire de répartition très large, Lynx issiodorensis présentait une morphologie proche des  félinés  tout en ayant les caractéristiques des lynx. Plusieurs hypothèses d’« apparitions » des lynx modernes au travers de la forme intermédiaire du Lynx d’Issoire ont été proposées. Une hypothèse suggère une divergence en trois lignées distinctes : L. pardinus, L. lynx, et L. rufus ; dans cette première hypothèse, L. canadensis descend de L. lynx.

Fichier:Lynx lynx (Kerkrade Zoo) 01.jpgLe Lynx boréal est plus éloigné de Lynx issiodorensis que le Lynx pardelle (Lynx pardinus) : une hypothèse proposée est que le Lynx boréal, originaire d’Asie, aurait repoussé le Lynx pardelle sur la péninsule espagnole. Le Lynx du Canada et le Lynx boréal sont en fait issus d’une même forme de Lynx d’Issoire asiatique qui aurait effectué une colonisation des Amériques en traversant le détroit de Béring.

Le Lynx boréal est un prédateur solitaire, actif du crépuscule au lever du soleil. Le territoire du mâle recouvre celui d’une ou plusieurs femelles. Le lynx mâle est intolérant envers les autres mâles traversant son territoire, mais ce sont les femelles qui restent les plus vindicatives entre elles. Les territoires comportent cependant des « zones neutres » où il est possible de circuler sans qu’il y ait affrontement : il s’agit fréquemment des limites du territoire.

Chaque adulte a un territoire de 11 à 300 km2, selon l’abondance des proies ; lorsqu’elles sont rares le lynx doit patrouiller des zones plus vastes pour se trouver à manger. Une formule permettant de calculer la densité de Lynx boréal pour 100 km2 en fonction de la biomasse d’ongulés a été proposée à partir de l’analyse de territoires de lynx de différents pays occupés, mais elle reste incertaine étant donné la variété des méthodes de comptage.

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Morphologie et caractère du Lynx

Posté par othoharmonie le 22 juillet 2012

 

Les lynx ont un physique très reconnaissable parmi les félins, et peuvent difficilement être confondus avec les membres d’un autre genre, hormis peut-être le Caracal. Le corps est caractérisé par une démarche chaloupée du fait de leurs membres postérieurs très développés, ce qui est une particularité du genre, les félins ayant plutôt la partie antérieure du corps plus puissante. Les jambes sont longues et les pattes volumineuses en comparaison du reste du corps ; il s’agit d’une adaptation au déplacement dans la neige : les longues pattes permettent de se dégager plus facilement dans un épais manteau neigeux et les pieds très larges agissent comme des raquettes afin de ne pas s’enfoncer dans la neige. De plus, les coussinets très larges ont pour effet d’étouffer le bruit des pas et d’assurer une démarche totalement silencieuse. Les lynx exercent une pression très faible sur le sol, même en comparaison avec d’autres carnivores : ainsi le Lynx boréal exerce une pression sur le sol trois fois plus faible que celle du Chat sauvage  et on estime ce ratio entre 4,1 et 8,8 pour le Lynx du Canada et le Coyote (Canis latrans). L’empreinte des lynx, aussi longue que large, ressemble à celle du chat domestique, la piste est quasiment rectiligne, surtout lorsqu’ils avancent au pas.

La queue est courte, comme tronquée et se termine en manchon ; elle mesure à peine 20 à 25 cm de long. La taille totale varie selon les espèces, mais reste dans les mêmes proportions : seul le Lynx boréal se différencie cependant par son gabarit pouvant être deux fois plus élevé que celui des autres espèces. Le dimorphisme sexuel est important : les mâles sont en moyenne un quart plus gros que les femelles.

Morphologie et caractère du Lynx dans LYNX

La quantité de taches et la couleur de la robe des lynx varient selon les espèces et la latitude. Quatre types de robes sont reconnus : tacheté, rayé, uni et à rosettes. Chaque individu a une disposition particulière des marques. Parmi les quatre espèces de lynx, le Lynx pardelle a une fourrure très tachetée, tandis que le Lynx du Canada a peu ou pas de taches, notamment parce que sa longue fourrure a tendance à atténuer les marques. Au nord, les robes des lynx sont plutôt de couleur grise tandis qu’au sud elles tendent vers le roux. En règle générale, les joues, le ventre, l’intérieur des pattes, le menton et le tour des yeux sont de couleur crème. Le Lynx du Canada et le Lynx boréal ont une fourrure particulièrement dense, notamment sur le dos où la concentration de poils atteint 9 000 poils/cm2 contre 4 600 sur le ventre ; on compte également de douze à treize poils de bourre pour un poil de jarre.

 

Taille et poids des différentes espèces du genre Lynx

Lynx boréal Lynx du Canada Lynx pardelle Lynx roux
Longueur 77 à 135 cm 85 à 114 cm 85 à 110 cm 76 à 124 cm
Hauteur au garrot 65 à 75 cm 60 à 65 cm 42 à 47 cm 45 à 68 cm
Poids 9 à 35 kg 8 à 14 kg 9 à 13 kg 6 à 13 kg
Barre de séparation

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