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LE CERF, animal sacré

Posté par othoharmonie le 19 février 2017

 

Dans la mythologie celtique, le cerf Blanc est le messager de l’Autre Monde et le conducteur des âmes. Un signe net de l’importance du cerf dans la symbolique celtique est la fréquence relative de son apparition dans l’iconographie ou la légende. Une divinité gauloise porte le nom de Cernunnos, celui qui a le sommet du crâne comme un cerf. Elle est représentée sur le chaudron d’argent de Gundestrip, assise dans la posture bouddhique, tenant d’une main un torque et de l’autre un serpent, entourée d’animaux les plus divers, et notamment d’un cerf et d’un serpent: peut-être faut-il voir dans ces bois de cerf surmontant la tête du dieu un rayonnement de lumière céleste.

cerf animal sacré

Le symbolisme du cerf dans le monde celtique est donc très vaste et il a trait certainement aux états primordiaux. Faute d’une étude d’ensemble, on doit provisoirement se borner à relever le symbolisme de longévité et d’abondance.

Les Gaulois employaient de nombreux talismans, en bois de cerf, et on a noté, en Suisse, dans des tombes alémanes des ensevelissements de cerfs à côté de chevaux et d’hommes. On a rapproché le fait des masques de cerf dont étaient munis des chevaux sacrifiés dans des kourganes de l’Altaï aux Vième et Viième siècles avant notre ère.

En Bretagne armoricaine, saint Edern est représenté chevauchant un cerf.
Comme le renne, le chevreuil, le cerf semble avoir joué un rôle de psychopompe dans certaines traditions européennes, notamment chez les Celtes: le Morholt d’Irlande, oncle d’Yseult, occis par Tristan en un combat singulier, est dépeint gisant mort cousu dans une peau de cerf.

Dans la mythologie celte, les cerfs sont les “ bêtes à cornes des fées ”, et les messagers entre le monde des dieux et celui des hommes. Il semble qu’il ait été surtout opposé dans les pays celtiques au sanglier, où le cerf (comme le cheval) représente l’élément masculin et combatif et le sanglier le côté féminin et érotique de l’homme et de la nature.

Dans l’ancienne mythologie nordique, quatre cerfs broutent, à la cime de l’arbre du monde Yggdrasil, les bourgeons (les heures), les fleurs (les jours) et les rameaux (les saisons).

Dans la plupart des traditions chamaniques européennes, les gens sont conduit vers l’Autre Monde en poursuivant un animal magique, souvent un cerf ou un sanglier. Un des personnages européens célèbres liés à la magie est Merlin.
L’image qui ressort est un prophète vivant dans les bois, maître des animaux, dont les totems sont le cerf, le loup et le sanglier. On retrouve le mythe du Cerf Sauveur dans la Chanson de Roland, un des premiers écrits en français, daté d’environ 1090. Cette chanson de geste se passe lors de la bataille de Ronceveau en 778. Un des passages parle de la manière dont Charlemagne a pu franchir la Gironde en crue grâce à l’intervention d’un Cerf Blanc.
On raconte également qu’une biche blanche est intervenue dans la vie de Clovis en 507, au moment de sa célèbre victoire de Vouillé contre les Wisigoths.

Pour les chrétiens le cerf devait sa noblesse au fait d’être l’animal privilégié de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Dans la culture chrétienne, le cerf blanc représente le Christ ; on trouve, dans l’église de Tréhorenteuc, en Bretagne, une mosaïque représentant un cerf Blanc, entouré de 4 lions et symbolisant le Christ entouré des 4 évangélistes.

On notera qu’Origène fait du cerf l’ennemi et le pourchasseur de serpents, c’est-à-dire l’ennemi du mal, expressèment le symbole du Christ. Saint Jean de la Croix attribue aux cerfs et aux daims deux effets différents de l’appétit concupiscible, l’un de timidité, l’autre de hardiesse, fonction de l’attitude supposée de ces animaux en face de leurs désirs. Le cerf est souvent associé à la gazelle dans l’Ecriture Sainte. A propos de leur relation, Origène remarque que la gazelle possède un oeil perçant et que le cerf est tueur de serpents et les fait sortir de leurs trous grâce au souffle de ses narines. Origène compare le Christ à une gazelle selon la theoria et à un cerf selon ses oeuvres, la praxis (Homélie III sur le Cantique des Cantiques).

Le cerf symbolise la rapidité, les bonds. Quand il a soif et quand il cherche une compagne son appel rauque et sauvage apparaît irrésistible ; d’où sa comparaison avec le Christ appelant l’âme, et l’âme-épouse recherchant son époux. Le cerf symbolise aussi bien l’Epoux divin, prompt et infatigable à la poursuite des âmes, ses épouses, que l’âme elle-même recherchant la source où se désaltérer.

Le cerf ailé peut signifier la promptitude dans l’action. Mais si l’on interprète l’image en fonction de la symbolique de l’aile, c’est toute la symbolique du cerf qui se trouve alors élevée au niveau de la spiritualité: la prudence du saint, l’ardeur à s’unir à Dieu, l’attention à la parole et au souffle de l’Esprit, la sensibilité à la présence de Dieu. Les légendes de saint Eustache et de saint Hubert décrivent l’apparition d’une croix entre les bois d’un cerf qu’ils poursuivaient.

D’autres saints ont également des cerfs pour attributs (Meinhold, Oswald et Procope de Bohême).

Le cerf d’or se retrouve dans les légendes cambodgiennes mais le caractère solaire de l’animal y apparaît sous un aspect maléfique. Comme c’est souvent le cas, l’animal solaire est mis en rapport avec la sécheresse ; il faut, pour obtenir la pluie, tuer le cerf, et c’est le but de la danse du trot, si populaire au Cambodge, dans la région d’Angkor notamment. On ajoute, en d’autres contrées, que la pénétration du cerf dans un village annonce l’incendie et oblige à quitter les lieux. La même idée du cerf néfaste et porteur de sécheresse est connue de la Chine antique.

Dans l’alchimie, souvent associé à la licorne, le cerf est le symbole du mercure philosophal. Une planche du chef-d’oeuvre de Lambsprinck, (XIVième) la pierre philosophale, nous montre les deux animaux face à face dans un sous-bois. Le poème accompagnant cette troisième figure révèle que le cerf symbolise le Mercure (aspect masculin) et l’Esprit ; la licorne est le Soufre (aspect féminin) et l’âme, tandis que la forêt est le Sel et le corps. L’alchimie, en relation avec le mythe antique du chasseur Actéon qui fut changé en cerf par Diane (Artémis), envisage le cerf en tant que symbole de la transformation du métal. Le cerf est ici lié au monde féminin et “ lunaire ” de l’argent.

CERF BLANC

 

 

Le cerf blanc porte un disque solaire sur le dos(La transformation du dieu-cerf au jour).

Le Cerf Blanc était un animal quasi légendaire à cause de sa rareté, et qui le tuait en tirait beaucoup d’honneurs. Ainsi, la coutume voulait que celui qui pouvait le tuer devait, en toute légitimité, et sans que quiconque s’y oppose, donner un baiser à la plus belle des jeunes filles de la cour. Si le baiser en lui-même n’était un affront pour personne, de nombreuses querelles naissaient au moment de choisir la plus belle : chaque chevalier voulait que cette qualité soit appliquée à sa Dame!

Dans la légende arthurienne, la chasse au cerf blanc entraîne les chevaliers au-devant de leur destin.

Les cerfs blancs (Le point de vue scientifique) Il est très peu répandu dans le milieu naturel. Cependant ceux qui l’ont observé et qui continuent à tenter de comprendre l’origine de ce phénomène, ont fini par identifier 4 pigmentations chez le Cerf élaphe Rouge d’Europe : – « rouge », au pelage brun normal, – « blanc », réunit tout type de coloration dominée par le blanc ; on y retrouve des individus au poil variant du blanc au beige en virant parfois vers le jaune, et possédant des yeux bleus, bruns voire des yeux de chaque couleur – « blanc pur », dont les représentants possèdent un pelage d’un blanc pur, et les yeux de couleur bleu – la dernière pigmentation « blesswild », traduite littéralement par « sauvage béni », est extrêmement rare et est matérialisée par de larges traces blanches présentes sur un pelage brun, partout ailleurs ; ces traces sont visibles uniquement sur le devant de la tête et parfois juste au-dessus des sabots. La pure variété blanche est celle qui possède le poil bien blanc et les yeux bleus. Certains spécimens de cerfs blancs, même considérés comme « purs » présentent des spots foncés pigmentant la peau et surtout visibles au moment des mues, notamment celle du poil d’hiver au poil d’été qui laisse apparaître des espaces sans poil à certains moments.

Le cerf est l’un des animaux symboliques les plus importants des anciennes cultures du monde.

Symbolise: Arbre de vie, fécondité, rythmes de croissance, renaissances, image archaïque de la rénovation cyclique, médiateur entre le ciel et la terre, soleil levant, image du Christ, don mystique, révélation salvique, messager du divin, vélocité, crainte, chasse.

CIVILISATIONS & TRADITIONS

Les Lapons, Groenlandais, Sibériaques, Samoyèdes et Mongols donnent à des constellations le nom du cerf, de l’élan ou du renne. Certains chamanes de Sibérie se déguisent en cerfs et portent des bois de cerf sur la tête. Il est donc dit que le cerf est l’animal sacré d’une civilisation arctique ; cela expliquerait que nous trouvions également le symbole de cerf en Espagne et dans le Midi à l’époque glaciaire. Dans la civilisation arctique, le cerf était adoré parce qu’il était l’animal le plus chassé. Bien entendu, cela ne signifie nullement qu’il faille parler d’un dieu-cerf ; il est suffisant de dire que cet animal passait pour être particulièrement sacré. Ce culte du cerf a survécu à la civilisation paléolithique, mais aura certainement pris un sens nouveau pour le monde agricole du néolithique. On peut dire quelles transformations il a subies avant de s’insérer enfin dans le polythéisme celte ; mais on peut bien supposer que le cerf n’y était plus simplement le noble animal que l’on chasse : il était désormais chargé de symboles.

On prête au cerf la découverte et l’utilisation de certaines propriétés thérapeutiques du dictame. Il s’agit d’une plante dont deux des noms sont voisins du cerf – artemidion et cervi ocellum – et qui est considérée depuis l’Antiquité comme une véritable panacée, mais capable entre autres d’expulser une flèche de la plaie provoquée, puis guérir celle-ci : les cerfs, et aussi les chèvres sauvages, avaient la réputation de soigner de cette façon leurs blessures de chasse, d’avoir aussi transmis ce savoir aux hommes. Le cerf est censé faire également usage du dictame comme contre-poison après morsure de serpent ; et d’autres herbes, purgatives, seraient obsorbées par le cerf pour expulser un serpent avalé volontairement dans un but de renouvellement de ses cornes et de sa peau.

Dans le bouddhisme le cerf d’or est une manifestation du Bouddha libéré (d’ou le fait qu’il a un visage d’homme qui sourit comme un bouddha) revenant parmi les hommes pour les délivrer de la force et de l’aliénation de leurs sentiments contradictoire (Lutte entre San et Dame Eboshi) et leur faire ainsi connaître la paix de l’âme propice à la sagesse et à la connaissance ( La mort du dieu-cerf fait déposé les armes à tout le monde).

Pour le shinto japonais, le cerf est la monture des dieux, et il fait partie des symboles divins qui sont représenté sur les Kakemonos sacrés (d’ou le faite que le cerf est un dieu).

Les Indiens d’Amérique manifestent dans les danses et dans leurs cosmogonies ce lien du cerf et de l’arbre de vie: l’association qui unit étroitement le pin à l’espèce des cervidés (danses du cerf autour d’un conifère érigé sur la Plaza) peut n’être en partie que simple imagerie forestière ; mais il n’est pas improbable que, beaucoup plus profondément, elles contiennent le symbolisme qui associe le cerf non seulement à l’est et à l’aube, mais aussi aux débuts de la vie apparue à la création du monde. …

Dans plus d’une cosmogonie amérindienne c’est l’élan ou le daim qui fait surgir à l’existence, par ses abois, la vie créée, et parfois dans l’art indien l’arbre est représenté comme sortant des Cornes fourchues de l’animal. L’effigie sacrée du Dieu Soleil des Hopis (Pueblos de l’Arizona) est taillée dans une peau de daim.

Au XVIe siècle, chez les Indiens de Floride, lors de la célébration de la fête du Soleil, au printemps, un poteau était érigé au sommet duquel on élevait la peau d’un cerf arrachée à un animal capturé en cérémonie ; auparavant on l’emplissait de végétaux pour lui donner forme et on la décorait de fruits et de plantes suspendus. Cette image était orientée vers le Soleil levant et la danse se tenait autour d’elle accompagnée de prières pour une saison d’abondance.

Une coutume analogue pour la fête du printemps est signalée chez les Timucua par W.Krickeberg. Le cerf est aussi l’annonciateur de la lumière, il guide vers la clarté du jour.

Voici un extrait d’un chant des Indiens Pawnees en l’honneur de la lumière du jour:

Nous appelons les enfants. Nous leur disons de s’éveiller… Nous disons aux enfants que tous les animaux sont éveillés. Ils sortent des gîtes où ils ont dormi. Le Cerf les conduit. Il vient du sous-bois où il demeure, menant ses petits vers la Lumière du Jour. Nos coeurs sont joyeux.

 Associations à travers les mythes, les Dieux, les Déesses, les Saints…

Cernunnos

Actéon : chasseur puni par Artémis qui le transforma en cerf ; il fut aussitôt dévoré par ses propres chiens. Artémis (Diane) : soeur jumelle d’Apollon ; déesse de la chasse, de la lune (Séléné) et de la magie (Hécate).

Artémis souvent représentée avec un cerf.

Apollon & Cyparisse

Hercule: Il met ensuite un an à capturer vivant un cerf aux cornes d’or, consacré à Artémis, avant de s’attaquer à l’énorme sanglier qui dévastait le mont Erymanthe, en Arcadie.

Aristée

Tuan Mac Carell: Partholonien, seul survivant du fléau qui détruisit sa race. Un matin, il se retrouva transformé en cerf et devint le maître de tous les cerfs d’Irlande.

Finn Mac Cumaill (Irlande) : Père de Oisin

Oisin (Irlande): petit faon

Saint-Patrick: se transformait en cerf

Saint-Hubert: chasse un grand cerf et voit une croix entre ses bois, la St Hubert est fêtée le 3 novembre.

En Bretagne armoricaine, Saint Edern est représenté chevauchant un cerf.

Merlin se transforme en cerf : Pendant ce temps, Merlin, qui savait tout de la perplexité de l’empereur à table, arriva aux portes de Rome, jeta son sortilège et se changea en une créature insolite ; il devint un cerf, le plus grand et le plus étonnant qu’on ait vu. Il avait un pied de devant blanc et portait cinq bois sur la tête, les plus majestueux qu’ait eus un cerf.

Jâtaka bouddhique

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Oie des Neiges : la Vigilance, l’Endurance, la Puissance créatrice

Posté par othoharmonie le 14 février 2017

 

Cycle : la Lune du renouveau de la Terre.

Animal totem complémentaire : le Castor, l’ours brun.

Couleur : Blanc.

Forces : Prudent, déterminé, courageux, ambitieux, loyal, sobre.

Faiblesses : Têtu, rigide, exigeant, rancunier, sévère, fataliste

 oie des neiges

L’Oie des Neiges est blanche avec le bout des ailes noir. Comme cet animal peut parcourir des milliers de kilomètres, vous êtes un aventurier à l’esprit curieux, sans cesse à la recherche de nouvelles expériences et de nouvelles rencontres. Éternel insatisfait, vous avez soif de nouveauté et de connaissance. Le respect de la tradition et de l’autorité vous rend intraitable dans de nombreux de cas ! D’une nature discrète, vous aimez pourtant la compagnie et vous savez vous montrer serviable. Malgré tout, vous restez un mystère pour votre entourage. Vous êtes aussi soucieuse de trouver la sécurité au sein d’un environnement rassurant.

La famille, un partenaire attentif et sérieux ainsi que deux ou trois enfants sont pour vous des éléments indispensables à votre équilibre intérieur. Votre totem minéral : Le Quartz. C’est une pierre très puissante. Elle transmet l’énergie et favorise la concentration.

Les Indiens l’utilisaient pour faire tomber la pluie et lire l’avenir. Son éclat et sa pureté ont un pouvoir bénéfique. Portez-la sur vous et, lors de moments importants, serrez-la dans votre main ou fixez-la. Cela vous aidera à trouver une solution.

Votre totem végétal : Le Bouleau. C’est l’un des plus anciens arbres et des plus majestueux. Les Indiens utilisaient son écorce pour écrire. Ses feuilles broyées avec l’écorce donnaient un breuvage pour soigner les troubles digestifs.

Posez-en une branche sur l’un de vos meubles. Cela protégera les lieux. Oie des Neiges est très ambitieuse et fait beaucoup d’efforts pour réussir. Elle vise haut et travaille dur pour grimper les échelons. Elle préfère généralement le travail solitaire et consciencieux. Le statut social, le pouvoir et les hauts revenus financiers sont toujours pour elle une source de motivation. Elle prend le temps qu’il faut pour atteindre ses objectifs. Elle préfère travailler dans un environnement conventionnel de grande structure, où ses responsabilités sont clairement établies et où les postes sont évolutifs. Elle a le sens du devoir. On peut toujours compter sur elle pour terminer son travail. Elle est à l’aise dans la mise en route de projets. Elle garde ses collègues à distance car elle manque de confiance en elle, elle évite de leur donner l’occasion de la rabaisser.

L’Oie des Neiges s’épanouit dans des professions tels que banquier, dirigeant, analyste, informaticien, ingénieur, architecte, anthropologue, libraire, agent immobilier ou dentiste. Elle est autodidacte. L’Oie des Neiges est très à l’aise en tant que dirigeant et très professionnelle dans ce rôle. Elle aime tout gérer et attache une grande importance à la qualité du travail. Elle récompense le dévouement, l’acharnement au travail et la compétence.

Elle exige autant des autres que d’elle-même. Très attachée à sa famille, à son environnement stable, mais capable aussi de voler à une altitude extraordinaire d’un continent à l’autre, Oie des Neiges montre qu’il est possible d’associer les aspirations matérielles, et spirituelles dans nos vies quotidiennes. Patiente, endurante, laborieuse, elle a tendance à manquer de confiance en elle, et a un grand besoin de sécurité.

Vous êtes le champion des vols de longue durée et vous appartenez à la période du renouveau, celle où la terre se réveille peu à peu. Tout comme Oie, vous êtes fait pour le travail de longue haleine, mais vous êtes aussi soucieux de trouver la sécurité au sein d’un environnement rassurant. La famille, un partenaire attentif et sérieux ainsi que deux ou trois enfants sont pour vous des éléments indispensables à votre équilibre intérieur. À moins que vous ne décidiez de faire partie des nombreuses célibataires qui sont uniquement préoccupés par leurs activités professionnelles… Oie des Neiges est membre du clan de Tortue, qui t’unit à l’élément Terre. « Lentement, mais sûrement », telle est sa devise dans l’existence.  

Réagissez de façon plus favorable à l’inattendu et apprenez à respecter les faiblesses des autres. Votre allié est Cerf. Il vous apprendra à être spontané et à prendre votre envol. Acceptez la vie comme elle vient et ne vous rendez pas malheureux pour des choses ou des êtres qui n’en valent pas la peine.

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LE RENNE, animal Totem

Posté par othoharmonie le 12 février 2017

 

Renne (caribou) : Egalité, Equilibre, Frugalité
Selon la tradition chamanique, les animaux de pouvoir peuvent être appelés par les rêves ou la méditation pour nous apporter guidance et protection.
 Leur enseignement nous conduit vers la connaissance et la force. 
Nous pouvons apprendre de chaque animal et utiliser ses qualités dans notre vie.
 

Ses attributs : endurance, douceur, bonté, estime de soi, errance, nomadisme, sens de l’orientation, protection durant les déplacements, sociabilité, transition à travers la noirceur, adaptation au froid, habileté à voir ce qui est dissimulé, secret

Le renne

La Sagesse de Caribou / renne Comprend:

* Connexion à la maison sur de longues distances 
* Puissance d’errance 
* Protection tout en voyageant 
* compétences sociales 
* Maintien de celles pouvoir dans les situations de groupe 
* Possibilité de parcourir de longues périodes dans l’obscurité Le renne est un totem familial, habile en communication et les activités sociales. Ce totem est un leader né et se félicite de toute possibilité de guider les autres dans son troupeau dans de nouvelles directions 

« Tous pour un et un pour tous» pourrait facilement être la devise de ce totem.   

L’orientation est un rôle clé pour ce totem. Soyez un genre et enseignant utiles, pas un autoritaire. Il ne est pas étonnant que Rudolph (qui seraient classées avec d’autres totems mystiques) avec sa balise nez rouge-lumière a été choisi par le Père Noël pour guider son équipe de rennes dans le brouillard la nuit du réveillon de Noël. Regardez autour de vous, votre aide est nécessaire.

Le renne (Caribou) évoque toujours des images de Santa Claus et son équipe mythique qui volent et tirent son traîneau dans l’air dans la saison des vacances. ( écrit de RavenDreamer) 

Le renne ou caribou vit dans le grand Nord. Il ne craint pas le froid, son pelage très épais est une vraie couverture. Même ses larges pieds et son museau sont protégés. En hiver, il se nourrit de lichens et de mousses. Le petit renne n’est pas tacheté. Une demi-heure après sa naissance, il peut se dresser sur ses pattes. Et dès le lendemain, il suit le troupeau.

Le Renne ou Caribou - endurance, force, constance. Le Caribou enseigne qu’il est possible de s’adapter lorsque l’on fait face à une situation difficile. Il prône la prudence face à son entourage et la tenacité afin d’obtenir une réussite. Le mouvement vers son but et malgré tous les obstacles est quelque chose d’important à ses yeux.

Réver de renne est un symbole de reconnaissance et de fécondité. C’est aussi un présage de bonheur et de chance. 

hommecerf

Citation:

Pour beaucoup d’entre nous, les fêtes de fin d’année apportent des moments de surprise, d’émerveillement et de magie. Et de fait, plusieurs histoires emblématiques de Noël revêtent une dimension féérique. Pensons au voyage du père Noël et à ses neufs rennes magiques qui le transportent tout autour du monde. À l’origine, on comptait huit rennes (Tornade, Danseur, Furie, Fringant, Comète, Cupidon, Tonnerre et Éclair). Cette légende s’inspirait du poème intitulé Une visite de Saint-Nicolas ou La nuit avant Noël composé par l’Américain Clement C. Moore en 1823.

Rodolphe, le renne au nez rouge, n’a fait son apparition qu’en 1939 dans un conte pour enfants publié par la chaîne de magasins Montgomery Ward à des fins de publicité. Mise en chanson en 1949 et interprétée par la chanteuse américaine Gene Autry, l’histoire du petit renne au nez rouge a connu une renommée mondiale.

Nous entendons chaque année les histoires et les chansons des rennes du père Noël, mais savons-nous ce qui se cache derrière la fiction? Que connaissons-nous des rennes? Dans la réalité, ils n’ont peut-être pas la capacité de voler, mais ils n’en demeurent pas moins de fascinantes créatures. Selon la légende, le père Noël réside au pôle Nord et c’est là qu’il fabrique tous les jouets pour les enfants. Ainsi donc, ses rennes seraient vraisemblablement des caribous de Peary, puisqu’il s’agit de la sous-espèce la plus nordique. On la rencontre dans les îles de la Reine-Élisabeth, Prince of Wales et Somerset, très proches du pôle Nord. Mais ce ne sont là que des suppositions : qui sait en effet où le père Noël est allé chercher ses rennes!  Ecrit de Sarah McPherson 

La légende du paradis des caribous  

Une très vieille légende, transmise de génération en génération dans les familles naskapies, prétend qu’il existe un lieu sacré où se dirigent les âmes des caribous après leur mort. Dans la langue naskapie, on désigne ce lieu par : atiuk weej, ce qui signifie « maison des caribous ». Selon cette croyance, l’animal serait prêt à retourner sur terre dans un nouveau corps après avoir séjourné dans ce paradis, qui se trouverait au milieu de la vallée de la rivière Koroc. Seuls les chamans y auraient accès grâce à leur pouvoir visionnaire. 

La légende du caribou enchanté   

On raconte qu’une femme Inuite nommée Tyya se promenait loin de sa maison. C’est alors qu’un épais brouillard apparut et elle perdit son chemin. C’est un jeune chasseur de caribous qui la recueillit et la conduisit chez lui. Le lendemain, le jeune homme partit pour la chasse tout en prévenant Tyya de ne laisser entrer personne dans la tente. Pourtant, un esprit diabolique métamorphosa Tyya en caribou blanc. À ce moment-là, le jeune chasseur vit en songe l’esprit de son aïeule, une shaman très puissante, qui lui révéla un procédé magique pour rompre le mauvais sort. Le jeune homme gagna la toundra et repéra un caribou blanc, dissimulé dans une harde. Il prononça la formule magique et Tyya retrouva sa forme humaine.

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LE SYMBOLISME SOLAIRE DU CERF

Posté par othoharmonie le 11 février 2017

 

Symbole solaire du pouvoir celte, le cerf est l’animal de la vie (à cause de l’arbre que forment ses ramures), de la puissance, de la virilité, de la longévité (on disait qu’il pouvait vivre jusqu’à 900 ans) et de la vélocité. Comme l’ours, le cerf manifeste la force de la nature : sa chasse et sa capture sont le sujet de nombreuses légendes.

Grâce à sa ramure comparable à un arbre et qui se renouvelle périodiquement, le cerf passait déjà alors pour un symbole de la vie qui se perpétue, du renouveau et du passage du temps.

Il passe pour être hostile aux serpents venimeux, et son pelage constituait une amulette de protection contre leurs morsures. La poudre de bois de cerf protégeait aussi les semences des intempéries.

cerfs

Le bestiaire du Moyen Age répète les mêmes enseignements, mais ajoute encore que les cerfs auraient découvert l’effet magique dont ils font usage pour se défaire des flèches qui se sont fichées dans leur peau, et cicatriser leurs blessures. On lit aussi que les bois de cerf constituent un puissant remède : la ramure droite, plus efficace que la gauche, chasse les serpents lorsqu’on la brûle. La viande de cerf fait tomber la fièvre, de même que l’onguent que l’on tire de sa moelle.  En héraldique, le cerf est le symbole de « la douceur et de l’indulgence, car il est dépourvu de fiel, ce qui explique sa longévité, qui est d’une centaine d’années ». On y représente également la ramure seule qui est « un signe de puissance ».

Dans la mythologie celte, les cerfs sont les « bêtes à cornes des fées » et les messagers entre le monde des dieux et celui des hommes. Le dieu celtique Cernunnos était couronné d’une ramure de cerf, comme l’étaient les chamans des peuples primitifs. En fait, de la même façon que le cerf a formé un couple d’opposés avec le taureau, il semble qu’il ait été surtout opposé dans les pays celtiques au sanglier, où le cerf (comme le cheval) représente l’élément masculin et combatif et le sanglier le côté féminin et érotique de l’homme et de la nature.

Une divinité gauloise porte le nom de Cernunnos, « celui qui a le sommet du crâne comme un cerf ». Elle est représentée sur le chaudron d’argent de Gundestrup, assise dans la posture bouddhique, tenant d’une main un torque et de l’autre un serpent, entourée d’animaux les plus divers, et notamment d’un cerf et d’un serpent. Peut-être faut-il voir dans ces bois de cerf surmontant la tête du dieu un rayonnement de lumière céleste. Un autre monument remarquable est celui de Reims où Cernunnos est représenté en dieu de l’abondance. on en connaît plusieurs autres. Cependant, il semble bien que le dieu doive être compris comme le maître des animaux.

En Irlande, Saint Patrick se métamorphose et métamorphose ses compagnons en cerfs (ou en « daims ») pour échapper aux embûches du roi païen Loegaire : il agit ainsi en vertu de l’incantation ou procédé magique appelé feth fiada, lequel procurait normalement l’invisibilité. le symbolisme du cerf dans le monde celtique est donc très vaste et il a trait certainement aux états primordiaux.

En Bretagne armoricaine, Saint Edern est représenté chevauchant un cerf.

C’est ainsi que la bande de guerriers qui est chargée de veiller sur les ports de l’Irlande et qui mène une vie libre et joyeuse parmi les bois et les vallées, les Fenians (ou compagnons de Finn) agit sous l’autorité de ce dernier dont le véritable nom est Demné, qui signifie précisément le cerf. De sa femme, la biche enchantée Sav, il aura un fils, Oisin (le daim – c’est le prototype du personnage d’Ossian tel qu’il a été restitué par MacPherson à la fin du XVIIIe s.), qui lui-même aura un fils, Oscar, « celui qui aime les daims ».

Pour la possession de Grainné, la fille du haut roi de Tara, Cormac Mac Art, il poursuivra des années durant son neveu Diarmaid dont le sanglier est l’animal totem, donc aussi tabou (voir Tristan et Iseut où le cerf de Finn est remplacé par le cheval – et les oreilles de cheval du roi Marc).

Comme le cheval encore (mais également le renne ou le chevreuil), le cerf paraît avoir rempli chez les Celtes un rôle de psychopompe (qui conduit les âmes des morts) : c’est cousu dans une peau de cerf que, dans le roman de Tristan, le Morholt mort est ramené à la cour de sa sœur, la reine d’Irlande, tandis qu’Oisin, dans l’Accalam na Senorach (« le Colloque des Anciens »), va rejoindre sa mère dans l’autre monde.

A travers ses survivances dans la littérature galloise (histoire de Gereint et Enid dans les Mabinogion), puis médiévale et continentale (dans Erec et Enide de Chrétien de Troyes, par ailleurs une démarque du texte gallois), on trouve aussi la trace d’un symbole du cerf blanc qui renvoie apparemment à un ancien rituel magico-religieux pour s’approcher de la féminité divine.

Rapide et insaisissable, le cerf était souvent représenté – surtout sous la forme d’une biche ou d’un mâle de couleur blanche – comme un modèle de l’âme, ou un messager divin. Dans la mythologie celte, il tire le chariot de Flidass, déesse de la chasse.

De fait, il semble que l’invasion celte, lorsqu’elle s’est produite, a intégré dans ses propres représentations toute une partie du fonds pré-indo-européen, et que le culte ou les images de cerfs y renvoient très souvent à d’antiques pratiques chamaniques – comme dans l’épisode de Suibhne Geilt, « la folie du roi Suibhne », où l’on voit un souverain retourner à l’état de nature et vivre dans la compagnie des cerfs ou se saisir d’un daim pour en faire sa monture.

Le cerf, habitant de la forêt, est un défi perpétuel pour le roi chasseur Arthur. Au moment où la Cour prépare à Carlion le mariage d’Enid et de Gereint (Erec), on l’avertit qu’un cerf d’une splendeur inégalée traverse la forêt de Dena (Dean). Arthur le chasse et le tue, puis l’offre à Enid, lui donnant ainsi symboliquement les rênes du pouvoir.

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Mystères du renne – cervidé volant

Posté par othoharmonie le 8 février 2017

 

Dans l’imaginaire sibérien, il vole depuis des millénaires. Dans la réalité, il se dope aux hallucinogènes avec ses gardiens. Survol en traîneau, de la préhistoire au Père Noël

La rondeur si particulière des traits. La fourrure douce qui pousse sur le museau jusqu’à la truffe. Les yeux immenses, bleus en hiver, dorés en été. Un mélange étonnant de mansuétude et de sauvagerie. Le renne est une bête éminemment émouvante. «Alors que les autres cervidés changent au fil des ans en acquérant une tête d’adulte, le renne garde son museau rond et ses grands yeux. Ça le rend particulièrement attirant», s’attendrit Yasmine Ponnampalam, gardienne-cheffe au zoo du Bois du Petit-Château, à La Chaux-de-Fonds, où un bébé renne sans nom («pour éviter l’anthropomorphisme») fait craquer les visiteurs. Irrésistiblement mignon, le renne habite aussi d’étranges croyances. Voyons un peu.

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3000 ans de rennes volants

«Est-ce qu’ils peuvent voler?» demande une gamine en scrutant à travers le grillage de l’enclos. Depuis quelque 3000 ans, les humains répondent que oui. «On trouve cette imagerie dans de nombreuses représentations en Mongolie et dans le sud de la Sibérie. Dans ces images gravées sur des pierres, le vol du renne se traduit à la fois dans la posture tendue de son corps et dans ses bois, qui sont représentés comme des volées d’oiseaux», explique Piers Vitebsky, anthropologue au Scott Polar Research Institute de l’University of Cambridge et auteur du fondamental Reindeer People. Living with Animals and Spirits in Siberia (HarperCollins, 2005).

Comment expliquer cet envol? «Par la domestication. Ces peuples n’utilisaient pas le renne pour le manger, mais pour le chevaucher. Ce qui leur permettait d’éprouver la vitesse fantastique de 50-60 kilomètres/heure. Une sensation complètement nouvelle. Un peu comme voler.»

Présent sur des mégalithes dits pierres à cerfs, le renne volant s’affiche également dans les fabuleux tatouages des momies du peuple Pazyryk. «Ce qui est significatif, c’est qu’on le retrouve sur leurs épaules. Les costumes des chamans ont parfois des bois de renne fixés au même endroit. Il y a cette idée que les ailes partent des épaules… Sur le terrain, des témoins m’ont parlé d’une fête du solstice dans laquelle on imagine s’envoler à dos de renne vers le soleil pour recevoir sa bénédiction.» Le rôle spirituel du renne serait donc lié à sa vitesse… «Cela me paraît tout à fait évident.»

Lorsque le cervidé hallucine

Une histoire stupéfiante court depuis quatre siècles dans les sous-bois de notre culture. Elle raconte que le renne nourrit deux passions un rien scandaleuses: il raffole, dit-on, de l’amanite tue-mouches (Amanita muscaria), un champignon aux vertus hallucinogènes, et de l’urine humaine. L’animal paraît spécialement heureux si ces deux délicatesses sont combinées.

Légende? Réalité? «Avec son chapeau rouge à taches blanches, cette amanite est un organisme à l’aspect saisissant: l’archétype même du champignon. Dès le XIXe siècle, on la retrouve dans l’imagerie du monde des fées et dans les décorations de Noël», explique l’Anglais Andy Letcher, musicien folk et chercheur en histoire culturelle, auteur d’un formidable essai consacré à la mycologie psychédélique ( Shroom. A Cultural History of the Magic Mushroom , Faber and Faber, 2006).

Quels sont les effets du psychotrope? «Un récit de voyageur a marqué les esprits. Il dit que, sous l’emprise du champignon, une brindille qui se trouve sur votre chemin vous fait bondir, pour l’enjamber, comme si c’était un tronc d’arbre. Répétée à l’envi, cette histoire a dû influencer Lewis Carroll, qui s’en est inspiré pour Alice au pays des merveilles. Elle correspond à un effet attesté: un changement dans la perception des rapports d’échelle, qu’on appelle macropsie», répond l’historien.

Et les animaux? «Les humains ne s’intéressent à ce champignon que dans quelques régions. Les rennes en mangent beaucoup, partout. Ils se comportent bizarrement après l’avoir ingéré», relève Piers Vitebsky. Si, atteints de macropsie, ils gambadent de manière exagérée, peut-on être porté à croire qu’ils s’envolent? «Peut-être…», concède l’anthropologue.

Echanges de fluides

Autre penchant étonnant de notre cervidé: «Les rennes suivent les hommes et se précipitent pour consommer leur urine. Ils y recherchent du sel. Selon les récits mythiques des Evènes de Sibérie, c’est ainsi que le renne a été domestiqué. Ce qui est plausible, d’après les traces archéologiques», signale Piers Vitebsky.

Que se passe-t-il en combinant l’urine et le champignon? Andy Letcher: «L’ingrédient actif, le muscimole, passe dans le corps sans être métabolisé. Cela permet de répéter l’expérience hallucinogène indéfiniment, en recyclant ce composant à travers l’urine. Mais aussi de filtrer la substance, en gardant les alcaloïdes psychoactifs et en éliminant les composants toxiques, responsables de vomissements et d’évanouissements.» Boire l’urine du renne dopé à l’amanite? Lorsqu’il écrit son livre, Andy Letcher écarte cette idée. «J’avais tort. J’ai rencontré depuis lors deux témoins crédibles qui m’ont expliqué comment, en Laponie, on récolte l’urine du renne intoxiqué au champignon, on la fait bouillir pendant quelques heures et enfin, on la boit.» Volet psychédélique de la relation quasi symbiotique entre l’humain et la bête.

«Tout ceci est peut-être plus fréquent qu’on ne le croit. J’ai remarqué que les gens sont circonspects, réticents à l’idée de partager ces histoires avec des étrangers. Il y a un voile de secret», reprend Andy Letcher. S’agit-il d’une pratique exclusivement chamanique? «Pas forcément. Il semblerait même que l’usage soit plutôt récréatif. Le conteur en prend pour se fortifier avant de se lancer dans son récit. Le chasseur, avant un long voyage. Tout le monde, pour rigoler et faire la fête…»

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La rumeur du Père Noël

Et si l’image du Père Noël avec ses rennes volants était une dilution folklorique du mangeur d’amanites sibérien? «C’est une idée charmante. Son costume a les couleurs du champignon. Il vole sur un traîneau et apporte des cadeaux d’un monde supérieur… Mais il s’agit d’une fausse piste», répond Andy Letcher. Lancée par un poète anglais (Robert Graves) en 1972, reprise par un ethnobotaniste américain (Jonathan Ott) en 1976, l’idée sera réfutée par l’historien Ronald Hutton dans un ouvrage paru vingt ans plus tard (The Stations of the Sun. A History of the Ritual Year in Britain, Oxford University Press, 1996). «Mais cette notion reste très populaire dans les cercles psychédéliques.»

Le Père Noël, on le sait désormais, a deux papas américains, qui le créent de toutes pièces. Côté texte, le poète Clement Clarke Moore le décrit en 1823 dans The Night before Christmas, lui flanquant un traîneau et des bêtes volantes. Côté image, l’illustrateur Thomas Nast lui donne son costume et son aspect en 1863. Le marketing arrivera après. Coca-Cola chevauche l’image de Santa Claus dès 1931. Et, côté cervidés, le dénommé Carl Lomen, homme d’affaires, organise dès 1926 des défilés du Père Noël, avec ses rennes, en association avec le grand magasin Macy’s. Objectif: promouvoir la vente de la viande et de la fourrure de l’animal, qui a été ­introduit en Alaska à partir de 1898…

Et le renne créa l’homme

Même sans voler, même sans planer sous amanite, le renne reste, du point de vue humain, un animal au rôle très singulier. Sans lui, notre histoire n’aurait pas été la même. Le renne nous constitue… «Aujourd’hui, suite au déplacement des zones climatiques, on ne le trouve plus que dans le Nord. Avant la fin de la dernière glaciation, il était très abondant jusque dans le sud de la France», explique l’archéologue Laure Fontana, chercheuse au CNRS et auteure de L’Homme et le Renne (CNRS, 2012).

Signes particuliers? «C’est un animal grégaire, qui se promène en troupeaux composés de milliers de têtes. Ceci facilite la chasse, et donc l’intérêt que lui porte le chasseur-collecteur. En deuxième lieu, la femelle porte des bois comme le mâle, ce qui est exceptionnel parmi les cervidés. Les humains apprennent à utiliser ce matériau entre 40 000 et 30 000 ans avant notre ère. Dans l’économie de l’Europe préhistorique, le bois de renne devient une ressource indispensable, avec laquelle on fabrique aussi bien des sagaies pour la chasse que des objets d’art mobilier.»

Côté images, le renne de notre préhistoire est en revanche excessivement rare. «Dans l’art pariétal, il y a extrêmement peu de représentations. Avant qu’on trouve la grotte Chauvet, le renne était presque absent. Il y en a quelques-uns dans la grotte de Lascaux, avec des bois complètement délirants, pas du tout réalistes… Pourquoi, alors qu’il est l’animal clé du système économique, le renne n’est-il pas représenté proportionnellement à son importance? Je suis en train de travailler là-dessus. C’est une vraie interrogation.» Le renne: un mystère. Même quand il n’est pas là.

Piers Vitebsky, anthropologue sur http://www.letemps.ch/societe/

«Ces peuples utilisaient l’animal pour le chevaucher. Une sensation nouvelle. Un peu comme voler» 

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LA MYTHOLOGIE DU CERF

Posté par othoharmonie le 1 février 2017

La mythologie du cerf, qui se retrouve de nos jours dans de nombreux récits, contes ou légendes, est une constante chez tous les peuples qui l’ont côtoyé ou chassé depuis la préhistoire. Elle a donc joué un rôle important de l’Europe à l’Asie en passant par l’Afrique du Nord et l’Amérique. Ce sont les bois qui ornent son front qui en ont fait un animal mythique par leur majesté et leur renouvellement périodique considéré comme un symbole de fertilité, de la mort et de la renaissance. La puissance de son brame et le caractère tumultueux de ses amours s’ajoutent au mythe et témoignent du renouvellement continu de la vie dans de nombreuses traditions religieuses.

Considéré comme le gibier le plus noble, ce fut l’un des animaux les plus représentés de la préhistoire, à l’antiquité puis au cours du Moyen Âge dans les miniatures et enluminures ornant une grande partie des livres et traités de chasse lui ont été consacrés. À chacune de ces époques, ce sont ses bois, dont l’élan majestueux orne son front, qui en font un animal mythique.

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Pierre Moinot en préface à son Anthologie du cerf en souligne les raisons : « Voici donc l’animal porteur d’une forêt de symboles, tous apparentés au domaine obscur de la force vitale. Et d’abord ses bois, cette ramure dont le nom, la forme et la couleur semblent sortir des arbres et que chaque année élague comme un bois sec, chaque année les refait pour donner la preuve visible que tout renaît, que tout reprend vie ; par la chute et la repousse de ces os branchus qui croissent avec une rapidité végétale, la nature affirme que sa force intense n’est qu’une perpétuelle résurrection, que tout doit mourir en elle et que pourtant rien ne peut cesser. Aussi a-t-elle lié les bois du cerf à l’élan dont elle est tout entière la pérennité. La profusion de la sève qui les nourrit rejoint en lui la richesse de la semence, de sorte qu’il représente l’immémoriale vigueur fécondante, la puissance d’une inlassable sexualité. Son brame les met en scène d’une façon qui frappe l’imagination des hommes. Aussi a-t-on pris l’animal comme l’expression de la virilité, et par là de la puissance, puis de la suprématie. Pendant des siècles, cerf et seigneur ont été voués l’un à l’autre, il a été fait noble, un interdit frappait sa viande, son braconnage était puni de mort. Seuls les rois des hommes pouvaient chasser le roi des forêts ».

cerf1Chaque année, entre février et mai, le cerf mâle perd ses bois qui repoussent à la fin août. Ils atteignent leur pleine maturité en septembre juste avant la période du rut. Le nombre total de cors est variable (entre 10 et 16) et ils peuvent mesurer de 70 à 90 centimètres de long.

Dans le Physiologus, composé au IIe siècle de notre ère, le cerf était assimilé au Christ. Quant à Bède le vénérable, il en faisait l’image du chrétien et Raban Maur le comparaît à l’homme innocent. Le cerf, symbole du Christ, apparaît dans la vie des saints tels que saint Patrick, sainte Hélidie, dite Alyre ou sainte Begge.

Les récits médiévaux le font figurer souvent dans les scènes bibliques, au Paradis, parmi les animaux dans l’Arche de Noé. Il est également représenté dans de nombreux épisodes du cycle arthurien. Dans les textes historiques ou littéraires, les épisodes de la vie des rois ou des personnages célèbres sont souvent illustrés par des scènes de chasse au cerf. Tout au cours du Moyen Âge, le cerf – tout comme la biche – apparaît tel un révélateur des vérités recherchées par l’homme. En l’an 507, une biche montra à Clovis un gué sur la Vienne qui permit au roi chrétien de marcher sur les hérétiques wisigoths d’Alaric II et de les vaincre à la bataille de Vouillé. Une biche fit découvrir la retraite de saint Gilles aux officiers du roi Wamba (673), tandis qu’un cerf indiquait à Dagobert le lieu où reposaient les reliques de saint Denis.

Dès le XVe siècle, le cerf entre dans l’emblématique royale de France. Charles VI fait du cerf ailé son emblème de prédilection, comme relaté par Philippe de Mézières dans le Songe du vieil pèlerin. Ses successeurs, Charles VII et Louis XII, ainsi que la branche les ducs de Bourbon, le choisissent comme support de leurs armes. À la même époque, Richard II, roi d’Angleterre, adopte pour bannière le cerf blanc reposant sur une terrasse herbue.

Il est à noter que jusqu’au XVIe siècle, le bois de cerf, coupé en tranches et frit, passait pour un régal de roi. En outre, la corne de cerf moulue se vendait chez les épiciers. Elle servait à préparer des gelées et entremets. Le cerf fut même paré de vertus roboratives. Et comme l’a expliqué le romancier Pierre Moinot, « Si les rois ont voulu être inhumés dans une peau de cerf nappant leur dépouille mortelle, c’est qu’elle a la vertu, elle qui vivante ressuscitait chaque année par ses bois, de montrer à l’âme le chemin de la vie éternelle ». Cette pratique fut celle de Clément VI qui avait fait peindre la Chambre du cerf au Palais des papes d’Avignon. Après sa mort, selon ses vœux, sa dépouille fut entourée d’un linceul en peau de cerf avant d’être déposée sur un châssis de fer à l’intérieur de son tombeau à La Chaise-Dieu. Mais l’apothéose du divin cerf culmina, au cours de la Renaissance, avec l’apparition de la légendaire conversion de saint Hubert, au temps des mérovingiens, en 683.

En réalité, il y a deux légendes où le cerf, symbole du Christ, parle et pousse à la conversion. Au fil du temps, l’une a chassé l’autre. Telle fut initialement l’aventure de Placidius, un romain illustre par sa naissance, ses richesses et sa valeur militaire. Il poursuivait à la chasse un cerf, quand soudain l’animal s’arrêta et son poursuivant vit entre ses ramures le Christ crucifié. Le cerf lui parla de son salut et l’invita à se faire baptiser, ce qu’il fit avec son épouse et leurs deux enfants. Placide aurait reçu, après sa conversion, le nom d’Eustache. Devenu général, il revint victorieux d’une expédition, mais refusa de rendre grâces aux dieux et à l’empereur de ce triomphe. Ce qui lui valut d’être arrêté et exposé aux lions avec les siens. « Ils furent alors enfermés dans un bœuf d’airain incandescent, et consommèrent leur martyre par ce supplice » affirme le Martyrologe. Le récit de ce martyr apparaît uniquement à partir du VIIIe siècle et serait, selon le médiéviste Alain Boureau, une création de l’époque carolingienne. Eustache est l’un des quatorze saints auxiliateurs. Il aurait vécu vers l’an 130, avec sa femme et ses deux fils. On le fête le 20 septembre. Saint Hubert (656-727), est contemporain de la diffusion de cette légende. La sienne ne commença à prendre forme qu’à partir du XVe siècle, soit huit siècles après la mort de l’évêque de Liège. Avec le recul, elle apparaît comme un simple copier-coller de celle d’Eustache.

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Sa légende a traversé les âges et exerce toujours un attrait incontestable. Saint Hubert, le futur patron des chasseurs, commençait à chasser, un cerf blanc dix-cors quand celui-ci bondit d’un fourré, s’arrêta net et se retourna. Ce fut alors que son chasseur vit entre ses bois un crucifix. L’animal se présenta alors comme étant le Crucifié et lui demanda de se convertir. Dans la légende, cette apparition est expliquée par le fait qu’Hubert avait osé chasser un vendredi saint. Mais d’après un autre récit, l’événement aurait eu lieu le jour de Noël.

Dans la construction de cette légende, il n’est pas indifférent de noter qu’elle fait apparaître un cerf dix-cors pour marquer « le symbolisme avec les dix commandements reçus au mont Sinaï par Moïse, pour inviter l’Humanité à se tourner vers Dieu ». Et que le cerf, et particulièrement le cerf blanc, est devenu dans l’iconographie médiévale le symbole du Christ ou son envoyé.

Cette scène, tant de fois reproduite, tant par l’art religieux que par l’art populaire, est devenue un poncif et il serait bien difficile de représenter Hubert autrement que descendu de cheval et agenouillé devant le cerf miraculeux qui porte un crucifix entre sa ramure.

Devenu évêque de Liège, il mourut le vendredi 30 mai 727, âgé de 71 ans. D’abord enseveli à Liège, sa dépouille fut transportée, en 825, à l’abbaye d’Andage qui devient désormais l’abbaye Saint-Pierre-Saint-Paul de Saint-Hubert. Le 3 novembre, jour de sa canonisation, la fête de Saint-Hubert est célébrée les chasseurs par de grandes chasses.

Dans son étude consacrée à cette légende, Paul Delatour constate en conclusion : « Dans le cas de saint Hubert, l’apparition du cerf, n’est pourtant pas le fait du hasard. Avec un rapport sans doute heureux mais plutôt fortuit avec le fait que Hubert pratiquait la chasse, le cerf est d’un symbolisme constant dans l’iconographie chrétienne primitive. Depuis les psaumes jusqu’aux peintures des catacombes de Rome (Saint Calixte, Domitille), aux basiliques paléochrétiennes, et bien au-delà plus proche de nous, l’image du cerf étanchant sa soif à la fontaine – la source de vie – renouvelant tous les printemps la magnificence de ses bois – fait clairement écho à la fameuse formulation de saint Paul dépouiller le vieil homme pour revêtir l’homme nouveau » 

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Origine et évolution du cerf

Posté par othoharmonie le 7 janvier 2017

 

Les lointains ancêtres des tout premiers cervidés sont sans doute les mêmes que ceux des chevrotains, ces autres ruminants qui vivaient déjà à la fin de l’éocène, il y a quelque 50 millions d’années. Ils étaient petits, sans bois, mais leurs canines supérieures sortaient de leur bouche. Eumeryx, l’un des premiers cervidés connus, vivait à l’oligocène en Asie. Sa silhouette était proche de celle de petites espèces asiatiques actuelles, l’hydropote  et les muntjacs (Muntiacus). Il vivait encore, il y a environ 30 millions d’années, dans les denses forêts qui recouvraient l’actuelle Asie centrale.

Les premiers porteurs de bois apparaissent il y a environ 20 millions d’années. Dicroceros, découvert en Asie, porte sur la tête de simples et courtes fourches, juchées sur de hauts pivots. Au pliocène, le climat se refroidit et les animaux, contraints de vivre dans des steppes peu boisées, deviennent grégaires ; ils grandissent et leurs bois se ramifient. Megaloceros giganteus, le mégalocéros, un cerf géant qui peuple les toundras d’Europe jusqu’à la fin de la première époque glaciaire, est le plus grand cervidé ayant jamais existé ; ses bois palmés peuvent atteindre 4 m d’envergure. Le mégalocéros disparaît à mesure que la forêt regagne du terrain.

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Il y a environ 2 millions d’années, au pléistocène, apparaissent en Asie les premiers élaphes, à l’origine des cerfs actuels. Un groupe progresse vers l’est et l’Amérique par l’isthme de Béring ; un autre se dirige vers l’ouest et l’Afrique du Nord, avant la formation du détroit de Gibraltar.

Au début de la première époque interglaciaire, entre les glaciations de Günz et de Mindel, on trouve Cervus acoronatus, un cerf aux bois fourchus et dotés de puissants surandouillers. La sous-espèce Cervus elaphus priscus, à la fin de cette période, est le premier cerf connu à empaumures.

Puis, dès la deuxième période interglaciaire, les cerfs ressemblent aux cerfs actuels. Depuis 400 000 ans, le développement de leurs empaumures a accompagné la régression de leurs surandouillers, et leurs défenses primitives se sont peu à peu réduites à des canines arrondies.

Aujourd’hui, le cerf élaphe est présent sur tous les continents dans l’hémisphère Nord. Grâce à ses étonnantes facultés d’adaptation, il s’est bien acclimaté dans l’hémisphère Sud, là où il a été introduit.

Une riche symbolique

 Maintes gravures et peintures du paléolithique, telles celles de Lascaux, vieilles de 17 000 ans, représentent le cerf. Ces peintures n’illustrent sans doute pas, comme cela a pu être proposé, un rite destiné à attirer la bonne fortune aux chasseurs, mais sont plutôt porteuses d’une symbolique de type religieux. Dans l’art rupestre du paléolithique, le cerf, porteur d’une symbolique masculine, est sans doute associé à la fertilité et au cycle de la vie, et paré de qualités psychopompes. Au néolithique, le bois de cerf est un symbole de virilité, et sert à la construction d’outils « nobles », travaillés, destinés à la chasse, au travail de la terre, aux activités de construction. 

Dans le monde celtique, le dieu Cernunnos (dont l’étymologie signifie peut-être « cornu ») porte des bois de cerfs. Ses attributions sont soumises à supputations : peut-être règne-t-il sur la fertilité des champs – attribution symbolisée par le renouvellement cyclique des bois du cerf dans la nature –, et sur l’ensemble des animaux ; peut-être aussi est-il le dieu des Enfers.

Dans les mythologies orientales, le cerf est d’abord un animal psychopompe, qui conduit les morts dans l’autre monde. Autrefois, en Extrême-Orient, le cerf-volant figurait un cerf et symbolisait l’âme reliée magiquement aux forces du ciel, mais condamnée à rester au sol. Dans les cosmogonies amérindiennes, l’élan du cerf qui bondit fait jaillir la vie.

Dans la tradition chrétienne, le cerf – en particulier le cerf blanc – symbolise le Christ ; cette association est attestée dès le iie siècle avec le Physiologus, l’ancêtre des bestiaires. On la retrouve dans les légendes médiévales de deux saints, Eustache et Hubert, auxquels le Christ en croix serait apparu entre les bois d’un grand cerf qu’ils étaient en train de chasser, rencontre à l’origine de leur conversion au christianisme. Dans l’imagerie chrétienne, le cerf buvant à la source représente l’âme en quête du divin. 

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LA BICHE ET LE CERF

Posté par othoharmonie le 4 janvier 2017

 

Le cerf élaphe est un grand mammifère de 1,50 m au garrot et de plus de 200 kg. Le thorax puissant, le cou portant crinière sous la gorge, le dos droit, le ventre fuyant et les membres fins de l’animal lui confèrent son élégance, mais ce sont les bois, dont l’élan majestueux orne son front, qui en ont fait un animal mythique.

la biche et le cerf

Les bois sont des productions osseuses pleines, fixées sur deux protubérances de l’os frontal, les pivots. Apanage du mâle, ils tombent chaque année à la fin de l’hiver, sous l’effet d’un taux très bas de testostérone, l’hormone sexuelle mâle. Les nouveaux bois poussent presque immédiatement, en relation avec le cycle sexuel et la longueur du jour. Le processus de chute et de repousse est plus précoce chez les sujets âgés, dont la ramure est plus volumineuse. Les premiers bois apparaissent à l’âge de 9 ou 10 mois : ce sont souvent de simples dagues sous velours, auxquelles le jeune mâle doit son nom de « daguet ». Ils se ramifient dès la deuxième année en cors, ou andouillers, sans rapport direct avec l’âge de l’animal, même si le poids des bois tend à augmenter avec celui-ci. La taille et la croissance de la ramure sont liées à l’alimentation et à l’état de santé de l’animal, ainsi qu’à son hérédité : plus grands, les cerfs d’Europe orientale possèdent des bois plus volumineux et plus lourds (15 kg) que ceux d’Europe occidentale (5 kg maximum en Écosse). Mâles et femelles ont les oreilles assez grandes et pointues et de grands yeux, bruns, avec une pupille allongée. Les biches ont une tête plus fine et anguleuse ; le faon a une tête courte et pointue.

Le pelage varie avec les saisons. Le pelage d’été est d’un fauve rouge et luisant, le ventre est noirâtre chez le mâle, le cou et la tête plus gris, les membres foncés ; les fesses, ou cimier, sont d’un jaune clair bordé d’une ligne foncée. La queue, de 15 à 20 cm, est fauve clair, une ligne noire court le long du dos, du crâne à la queue. La biche ne porte jamais de crinière foncée, et son ventre est souvent plus clair. Jusqu’au mois d’août, le faon porte une livrée rougeâtre mouchetée de blanc, qui le dissimule dans la végétation. La livrée s’estompe en été et disparaît avec la mue d’automne. En hiver, le poil des animaux, plus terne, est gris-brun et plus long. Épais, le pelage d’hiver est très isolant : il arrive que la neige ne fonde pas sur le dos des animaux. Au printemps, il se détache par plaques et laisse apparaître le poil d’été. La mue d’automne est plus discrète. Au Danemark existent des cerfs entièrement blancs.

La biche porte quatre mamelles sur l’abdomen.

Le cerf est un ongulé artiodactyle ; il marche sur la pointe de ses quatre doigts, garnis de sabots.

Ses membres antérieurs, qui supportent le poids des bois, sont très musclés. L’allure ordinaire du cerf qui se déplace est le pas ou le trot léger, l’animal ne galopant que s’il fuit ou poursuit un congénère. Le mâle redresse la tête, de façon à coucher ses bois sur l’encolure, pour ne pas heurter les branches. Le cerf est également capable de nager et fait un excellent sauteur. 

La longueur et le volume des bois ont plus d’importance que le nombre d’andouillers. Ils indiquent le rang social du cerf et ont un effet dissuasif et d’intimidation au moment du rut. Mais leur chute inverse momentanément la hiérarchie établie, les animaux les plus âgés étant décoiffés les premiers.

faon

L’accouplement

Apparemment indifférentes au brame du cerf, les biches broutent tranquillement. Toutefois, selon des recherches effectuées en Grande-Bretagne, le cri du mâle aurait un effet physiologique sur les biches, accélérant leur ovulation. Une biche est en chaleur entre 24 et 48 heures. Elle éloigne alors son jeune faon et ne se dérobe plus aux avances du cerf, qui la saillit une ou plusieurs fois. Après la monte, qui dure quelques secondes, le mâle se cabre pour se dégager (il « fait la chandelle »).

Après la période du brame, les cerfs seuls s’écartent du territoire et redeviennent peu visibles

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Le cerf, une figure christique

Posté par othoharmonie le 29 décembre 2016

 

Au Moyen Âge, le cerf est un animal à la charge symbolique particulièrement forte. À l’égal de l’ours ou du lion, il fait partie des royautés animales. Des auteurs comme Bède le vénérable ou Raban Maur en font l’image du chrétien, de l’homme innocent, pur et saint. La légende de l’invention des reliques de saint Denis, trouvées par Dagobert sur les indications d’un cerf envoyé par la Providence renforce cette idée. Les hagiographes de saint Hubert ou de saint Eustache l’associent plus particulièrement au Christ, apparu en croix à ces deux saints entre les bois d’un cerf. Divers parallèles sont établis en ce sens par les lettrés du Moyen Âge. Les livres de vénerie insistent ainsi sur le fait que le cerf est un animal destiné à être sacrifié au terme d’un rituel précis, comme le Christ a été rituellement sacrifié. De même, les bois du cerf, repoussant chaque année après être tombés, apparaissent comme des images de la résurrection. Le cerf à la robe d’un blanc immaculé devient un véritable symbole christique.

cerf christique

Cette association explique le succès de cet animal auprès des rois souhaitant démontrer leur piété. Richard II d’Angleterre choisit ainsi le cerf blanc couché sur une prairie que l’on voit au dos du diptyque Wilton comme emblème personnel. C’est néanmoins dans les rois de France du XVe siècle que le cerf trouve les plus fidèles dévots. Si le cerf fait discrètement partie du vocabulaire traditionnel de la monarchie, c’est Charles VI qui, le premier, donne à cet animal une réelle importance dans le bestiaire royal, sous la forme du cerf ailé (parfois appelé cerf volant ou cerf de justice). Philippe de Mézières introduit ainsi ce thème dans le Songe du viel pèlerin, décrivant le roi comme un « noble cerf ailé », image du Christ sur Terre. Cette comparaison aura un immense succès pendant tout le XVe siècle. Son fils, le contesté Charles VII, reprend cette symbolique pour affirmer sa légitimité et sa filiation, faisant souvent représenter ses armoiries tenues par deux cerfs blancs ailés portant une couronne autour du cou. Louis XI, peu enclin à la pompe symbolique et à la célébration allégorique de son pouvoir, délaisse quelque peu les cerfs qui seront à nouveau à l’honneur sous Charles VIII et Louis XII. Celui-ci est le dernier à être chanté comme le cerf de France, François Ier et successeurs abandonnant totalement ce symbole. Pendant toute cette période, les cerfs ailés font partie du répertoire iconographique de la monarchie, abondant dans les tapisseries, les manuscrits et les décors monumentaux. Certains princes, comme Pierre II de Bourbon suivent la mode et adoptent également cet animal.

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Le cochon magique

Posté par othoharmonie le 5 mai 2016

Déjà au Néolithique, ce qui est resté jusqu’à nous le « trophée » de cette chasse, la dent du sanglier, est investie d’un pouvoir magique, qui paraît en rapport avec la résurrection. On a trouvé des squelettes néolithiques des deux sexes inhumés avec comme seule parure un bracelet fait de deux défenses de sanglier à leur poignet (Lingolsheim, Alsace, France). 

 On a aussi retrouvé des défenses de sangliers, associées à des restes humains, près du baptistère de Limoges, daté des environs du IIIe siècle après J.-C. Ce « culte » du sanglier perdurait donc dans les rites de la chrétienté naissante, de façon officielle ou officieuse… en tout cas on continuait sans doute à lui attribuer un pouvoir magique en rapport avec l’au-delà. On trouve encore aujourd’hui des pattes de sangliers clouées sur les portes des granges du Limousin ou de l’Auvergne. Sans doute possèdent-elles, comme la dent un pouvoir magique protecteur, pour le bétail ou pour la nourriture. 

cochon magique

Dans la mythologie celte, le cochon magique est comme le chaudron un instrument de résurrection que possède le puissant Dagda (Teutates en Gaule),le dieu patron des druides qui règne sur la vie et la mort. On peut se nourrir au chaudron sans jamais qu’il ne tarisse et les morts, jetés dedans, retrouvent une nouvelle vie. De même le cochon peut être mangé un jour et redevenir intact le lendemain et mangeable à nouveau. Il est facile d’établir un parallèle avec le taureau dont le mythe est sans doute premier et qui a perduré dans les religions orientales (culte de Mithra…). Le taureau indo-européen est en effet à la fois la puissance destructrice et la source de la vie et de l’éternité. Le symbolisme de la corne d’abondance qui lui est lié se retrouve sans doute dans le croissant lunaire de l’Islam lui-même qui n’est autre qu’une corne ou plutôt une paire de cornes. Le croissant, alors qu’il peut se refermer, comme la mort sur l’homme, ouvre une porte sur l’éternité. Le bracelet des deux dents de sanglier, au poignet des défunts néolithiques, est leur passeport pour l’éternité, la forme de la dent est celle du croissant et les deux dents associées forment un cercle, comme le cycle de la vie.

Le sanglier est lui aussi associé autant à la force et à la guerre qu’à l’abondance, la nourriture et la santé. 

Le dieu Mars romain semble avoir repris cette même dualité. Il est en effet à la fois le dieu de la guerre et le dieu de l’abondance, des récoltes et des troupeaux. Est-ce la même dualité que celle de la foudre qui est capable de tuer mais qui a donné le feu aux hommes ? La mythologie attachée à la foudre semble bien le confirmer (chez les Germains avec Thor, mais aussi chez les Grecs avec Zeus qui punit Prométhée pour sa trahison). On pourrait voir dans le sanglier une conjonction des opposés renforçant la puissance du symbole fort de cette double valeur antagoniste. La question de la couleur joue peut-être un rôle. Le sanglier, naturellement noir, est blanc lorsqu’il est le sanglier mythique que poursuit le roi Arthur. Néanmoins, il est possible que cette vision soit faussée : on pense que la guerre possédait un caractère religieux profond chez les Celtes et leur rapport à la mort était certainement bien différent du nôtre aujourd’hui, du moins dans nos sociétés fortement désacralisées. 

L’importance des symboles cycliques, le triskell représentant la course diurne du soleil, ou les cornes du Dieu Cerf Cernunnos pour la succession des saisons, laissent penser que la mort devait être entièrement acceptée comme faisant partie elle aussi du cycle de la vie. C’est peut-être pourquoi, sous l’emblème du sanglier, les guerriers celtes étaient décrits si impavides face à la mort.

 

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LE CHEVAL WICCAN

Posté par othoharmonie le 16 décembre 2015

 

cheval wiccanLe cheval est un grand mammifère herbivore et ongulé à sabot unique, appartenant aux espèces de la famille des Équidés. Il communique le plus souvent par langage corporel, l’étude de sa gestuelle, des mouvements d’oreilles et des attitudes de sa tête permet de déterminer son humeur. Le cheval a longtemps été utilisé dans les guerres, pour l’agriculture et comme moyen de transport. Il est utilisé comme un intermédiaire qui contribue à la thérapie de personnes souffrant d’un handicap physique ou mental ou qui sont déstructurées socialement.

Cet animal est considéré comme un être psychopompe. Chez la plupart des Altaïques, la selle et le cheval du mort sont déposés près du cadavre, afin d’assurer au défunt son dernier voyage. Etymologie La racine indo-européenne du mot « cheval » est *h1 éḱwos, tous les termes issus de la langue indo-européenne primitive pour désigner le cheval en dé- rivent, tel le latin classique equus et le sanskrit ásva. Le terme « cheval » dérive du latin populaire caballus et désigna d’abord un « mauvais cheval », puis, populairement, un « cheval de travail ».

Ce mot dont l’usage est attesté au IIème siècle est probablement d’origine gauloise et remplace, sans doute avant le milieu du IIIème siècle, le classique equus. Les principaux dérivés du mot « cheval » sont « chevalier », « chevalière », « chevalerie », « chevaucher », « chevalet », « cavale », « cavalier », « cavalerie » et « cavalcade ». D’autres termes savants liés au cheval sont empruntés au grec ancien ἵππος (híppos), d’où l’adjectif « hippique » ou le terme « hippodrome ». Cette racine grecque se retrouve aussi dans le prénom « Philippe » (qui aime les chevaux), « Hippolyte » (qui délie les chevaux), « hippocampe » (cheval cambré), et hippopotame (cheval du fleuve). Le latin equus est lui aussi issu de cette racine indo-européenne, à l’origine des termes comme « équidés », « équitation » et les adjectifs « équestre » et « équin ». Traditions françaises Epona est une Déesse gallo-romaine étroitement associée au cheval. Elle était représentée dans les temps gaulois sous forme de cheval, puis de femme chevauchant un cheval.

Dans de nombreuses traditions, notamment occitanes (Sud de la France), le diable peut prendre la forme du Drac, cheval ou âne qui prend de nombreux enfants sur sa croupe, laquelle peut s’allonger indéfiniment, et qui se précipite ensuite dans un étang pour les noyer. Au Moyen Âge apparaît la licorne, animal fantastique possédant une longue corne sur le front. Autrefois, le maréchal-ferrant était réputé quasi invulnérable à toute forme de magie et de sorcellerie. Traditions celtes Le cheval avait une importance telle que les Celtes l’associaient au soleil : il tirait le chariot de l’astre du jour à travers le ciel, ce qui fait de lui un animal sacré associé au dieu du soleil et du ciel. Certaines statues cultuelles représentent Taranis comme un cheval à visage humain. Le dieu Teutatès, “Père du Peuple,” était souvent représenté comme un cheval barbu, et l’un des noms du Dagda, “Eochaid,” vient d’une racine signifiant “cheval”. L’association du cheval avec les étendues d’eau (lacs, rivières et mer) est intéressante : le cheval de Manannan Mac Lir, le dieu souverain de l’Autre Monde, pouvait voyager sur terre et sur mer, et entre les mondes, avec une même aisance. Plus tard, les mythes romains relient Epona à Neptune, le dieu des océans et des chevaux. Morvarc’h, le cheval marin (cheval de Marc’h) se déplace sur terre et sur mer sans laisser aucune trace. Son maître le tue malencontreusement en chassant à l’arc une biche blanche qui, poursuivie sous la mer, trouve refuge chez Dahud. Cette dernière lui fait pousser les oreilles et la crinière de Morvarc’h.

La jument blanche ou grise est associée à un certain nombre de déesses généreuses et fertiles qui veillent au cycle de la vie : Rhiannon au Pays de Galles, Macha en Ulster, Mala Liath en Écosse, et Epona en Europe. Ces déesses détiennent aussi la clé qui ouvre les portes de l’Inframonde et, en se transformant en équidé, elles emportent les âmes des dé- funts au Pays d’Été. Dans la tradition celtique, la période de Beltaine, période de l’accouplement, symbolise la porte par laquelle l’âme entre dans le monde et la période de Samhain, période de la mort, symbolise la porte par laquelle l’âme quitte le monde. Ces deux portes sont les points fondamentaux du cycle de la vie.

«La jument blanche est le seul animal autorisé à voyager librement entre ce monde et l’Autre Monde» : elle ouvre les portes de la vie à Beltaine, permettant un grand flot d’énergie. Quand les portes sont refermées à Samhain, elle emporte l’âme dans l’après-vie pour qu’elle soit renouvelée avant sa renaissance. Par son association avec le cycle de la vie, et donc avec la sexualité, le cheval représente non seulement la fertilité humaine mais aussi la fertilité de la terre elle-même. En Irlande, les rois s’engageaient dans un mariage symbolique avec une jument blanche pour s’allier à la souveraineté de la terre.

La présence des immenses chevaux blancs dans les collines crayeuses de Grande-Bretagne (comme le cheval d’Uffington, gravé il y a près de 3000 ans par un peuple certes antérieur aux Celtes, mais dont la culture a sans doute eu un impact sur eux) a dû renforcer la conscience des liens qui unissent le cheval et la terre. Les déesses celtes, en effet, se transforment souvent en juments grises ou blanches, ou galopent à travers les collines sur leurs chevaux clairs. Une histoire intéressante concernant Rhiannon, une déesse habituellement douce, montre le cheval comme une représentation de sa puissance et de sa colère : la déesse a invité un jeune mortel sur son île magique, mais, un jour, le jeune homme tente d’abuser d’elle. Furieuse, elle se transforme en jument et charge le jeune homme.

Elle le blesse à la cuisse, brisant l’os d’un coup de sabot. La blessure à la cuisse est la marque que la déesse reprend la souveraineté qu’elle avait accordée (chez les Celtes, la souveraineté du roi n’est possible que s’il est sans blessure), c’est aussi une castration symbolique (la cuisse est un euphémisme pour les parties génitales), comme celle du Roi Pêcheur, qui entraîne la stérilité de la terre dans le conte du Graal. En Irlande, le héros Conal Cernach possède un cheval à tête de chien, le Rouge de Rosée, qui déchire le flanc de ses ennemis. Les chevaux de Cuchulainn, le Gris de Macha (c’est le roi des chevaux d’Irlande) et le Sabot Noir, ont une intelligence humaine : le Gris refuse de se laisser atteler au char du héros qui se prépare pour son dernier combat, et il verse des larmes de sang ; un peu plus tard, il guidera le vengeur Conal Cernach vers le corps de son maître ; le Noir, lui, va se noyer de désespoir. Dans le folklore, la jument est aussi une créature fantomatique qui cause des cauchemars (en anglais, le mot cauchemar, nightmare, signifie jument de la nuit).

En Écosse, le kelpie ou Each Uisge hante les lochs et apparaît sous la forme d’un poney qui offre son dos aux voyageurs pour les aider à traverser. Mais dès que la victime est sur son dos, le kelpie devient une créature terrifiante avec d’immenses dents, qui plonge dans les profondeurs du loch emportant son cavalier dans l’Autre Monde. Si ces chevaux folkloriques ont un aspect plutôt négatif, la croyance populaire a conservé le souvenir d’un animal capable de passer d’un monde à l’autre, et accorde au cheval (et à la jument en particulier) des facultés surnaturelles.

Un Each Uisge ou Aughisky (littéralement « cheval d’eau ») est un cheval fantastique métamorphe issu du folklore écossais et irlandais, en particulier celte et gaélique. Il vit dans la mer et les lochs, et est réputé très dangereux par son habitude de séduire les humains pour les pousser à les chevaucher pour ensuite les noyer, puis les dévorer. le March-Malaen (malaen : latin malignus) est un des trois fléaux de l’île de Bretagne. Le Ceffyl dŵr (« cheval aquatique ») est, dans le folklore gallois, un cheval aquatique et fantastique, esprit de l’eau et du brouillard, qui apparaît comme un magnifique animal sur les berges d’un cours d’eau ou d’une voie navigable. Il tente alors le voyageur fatigué de le monter, mais à peine celui-ci s’est-il installé sur son dos que le Ceffyl dŵr s’envole en flèche au-dessus des rivières et des montagnes avant de jeter son cavalier à terre.

LE CHEVAL WICCAN dans CHEVAL 220px-Horse_PlayL’Alastyn, aussi connu sous les noms de Glashtyn et de Cabyll-ushtey, est, dans le folklore de l’île de Man, une créature humanoïde qui sort régulièrement de l’eau la nuit et peut prendre l’apparence d’un poulain gris. Le folklore breton est rempli d’anecdotes ou de contes relatifs à des chevaux diaboliques, qui égarent les voyageurs ou les précipitent dans des fondrières ou des marais. Les chevaux noirs, dans ces contes, sont le plus souvent soit le diable, soit un démon, soit un damné, soit une âme en peine, ou bien ils sont la monture d’un héros de ces chasses maudites, dont le plus célèbre est sans doute le roi Arthur, condamné à poursuivre dans une course sans fin un gibier inaccessible.

Il est significatif, au passage, de remarquer que dans ses plus anciennes versions, la chasse d’Arthur est accompagnée d’une meute de chiens blancs et poursuit un lièvre, animal typique lunaire. Il existe un tabou sur la consommation de viande équine dans les pays anglo-saxons, et il est possible, selon Robert Graves que ce tabou soit d’origine celte car, en dehors de certains rites, le cheval devient très vite un animal sacré. Les artefacts et les ossements découverts à Newgrange et dans d’autres sites archéologiques prouvent que les chevaux étaient bien établis dans la culture irlandaise vers 2000 avant JC. Ils étaient montés et quelquefois mangés, soit aux périodes de disette, soit lors de fêtes rituelles. Tacite notait, au 1er siècle, que les prêtres celtes germaniques considéraient que les chevaux pouvaient comprendre la volonté des dieux plus clairement que les hommes et, ainsi, pouvaient révéler des secrets divins.

En Irlande, selon le récit d’un témoin oculaire, rapporté par Frazer, au cours d’une cérémonie des feux de la Saint-Jean, après que tous les paysans eurent sauté par-dessus les braises, on vit apparaître une grande construction en bois d’environ huit pieds de longueur, munie à l’une de ses extrémités d’une tête de cheval, et recouverte d’un grand drap blanc qui cachait l’homme qui la portait. On l’accueillit pas de grands cris : Le Cheval Blanc ! Le Cheval Blanc ! Le masque sauta par-dessus le feu, puis se lança à la poursuite des spectateurs. Quand le témoin demanda ce que représentait le cheval, on lui répondit : tout le bétail. Le cheval est donc devenu le symbole de toute abondance, ce qu’expliquent son dynamisme et sa force impulsive et Traditionnellement, le premier mai en Angleterre un des danseurs Morris se déguise en cheval «hobby».

Selon les Grecs de l’Antiquité, le cheval a été créé par Poséidon, le dieu de la mer. Quatre chevaux tirent le char du Dieu Hélios et ils correspondent chacun à un moment du jour. Erithreus : soleil levant, Acteon : aube rayonnante, Lampos: éblouissant midi, Philogaesus : soleil couchant. Pégase est un cheval ailé, fils du dieu Poséidon et de la Gorgone Méduse.

Les archéologues ont retrouvé de nombreuses représentations de Pégase sans cavalier, sur des monuments et objets funéraires dans l’Antiquité, laissant à penser qu’il s’agit d’un animal psychopompe dont la charge est de ramener les âmes descendues sur terre vers le soleil. Le centaure est une créature mi-homme, mi-cheval, que l’on disait issue soit d’Ixion et de Néphélé, soit de Centauros et des juments de Magnésie. Arion ou Areionest un cheval immortel, fils de Poséidon et de Déméter, doué de la parole. Traditions nordiques Le cheval dans la mythologie nordique est le plus important des animaux par son rôle, aussi bien dans les textes, Eddas et sagas, que dans les représentations et les cultes.

Relaxed dans CHEVALIl est au centre de nombreux rituels de fécondité et de fertilité en relation avec le dieu Freyr Étroitement associé à la cosmogonie des anciens germano-scandinaves et à une profonde symbolique d’inspiration chamanique, il se voit confier la charge d’emporter les morts au Walhalla comme psychopompe, de tirer le char du soleil et de la lune ou encore d’éclairer le monde avec sa crinière. Il est lié à de nombreux éléments vitaux, la lumière, l’air, l’eau et le feu.

Le cheval mâle est par ailleurs nettement valorisé par rapport à la jument. Des rituels liés à son sacrifice, à la consommationde sa viande ou à l’utilisation de parties de son corps, étaient censés apporter protection et fertilité. Ses ossements sont des instruments de magie noire dans les sagas. La lutte contre les traditions et les rituels équestres, comme l’hippophagie, est un élément capital dans la christianisation des régions historiquement de religion nordique, Germanie, Scandinavie et Islande. Une caractéristique constante des textes de la mythologie nordique est le mépris envers la jument, ce qui explique la honte subie par Loki lorsqu’il se transforme en jument pour séduire Svadilfari, et enfanter Sleipnir.

Dans les sagas, la jument est un symbole d’homosexualité passive, la simple utilisation de ce nom pour désigner un homme devient une insulte. Sleipnir est un cheval fabuleux à huit jambes capable de se déplacer au-dessus de la mer comme dans les airs, monture habituelle du dieu Odin. Il est le fils du dieu Loki et du puissant étalon Svaðilfari. De nombreuses théories ont été proposées pour décrypter la symbolique de Sleipnir et sa possible relation avec des pratiques chamaniques à l’époque du paganisme nordique, il semble ainsi avoir tenu un rôle de psychopompe. Sleipnir continue à être pré- sent dans le folklore en tant que monture d’Odin durant la chasse sauvage. Il emporte Hermod dans le royaume de Hel lorsque celui-ci va la supplier de laisser repartir Baldr. Árvak et Alsvid (« Tôt levé » et « Très rapide ») sont les deux chevaux qui tirent le char de la déesse Sól à travers le ciel chaque jour, leur crinière émettant la lumière du jour. Dans les Þulur de l’Edda en prose, Blóðughófi, parfois anglicisé en Blodughofi « sabot sanglant», est un cheval capable de traverser le feu et les ténèbres, et appartenant à Freyr. Dans le Heimskringla, la saga de Haakon Ier de Norvège raconte qu’il doit boire un bouillon comportant la chair d’un cheval sacrifié rituellement.

Cette histoire s’accorde avec la perception germanique du cheval symbole de souveraineté, et avec la nécessité, pour le roi, d’être rituellement lié à son royaume. Les rites de fertilité et d’abondance sont une manière, pour le souverain, de veiller à la bonne santé des terres sur lesquelles il règne. Le niðstöng est, selon la saga d’Egill, un pieu dans lequel on enfonce le crâne d’un cheval, que l’on oriente ensuite en direction de la victime en prononçant une malédiction. En Suède on fabrique des Julhäst, ou chevaux de Jul (gâteaux de forme équine) à la période de Noël. Jacob Grimm remarque la tradition de Basse-Saxe consistant à décorer la charpente du toit de tête de chevaux en bois, notant qu’elles protégeraient du mal : la même se retrouve à Hambourg, Reichenau (au Xe siècle), Vindaus (Norvège) et dans toute la Scandinavie à l’époque Viking. Des noms de lieux dans les régions nordiques font référence au cheval, comme les deux îles Hestur et Koltur, dont les noms signifient respectivement « cheval » et « poulain ».

Traditions d’Asie En Inde, l’un des avatars de Vishnou est le cheval blanc et cet animal est lié à Indra, divinité de la guerre. Dans le légendaire coréen, Chŏllima ( littéralement « 1000 lieues cheval ») ou son abréviation Chonma ( littéralement « 1000 chevaux ») est un cheval ailé, trop rapide pour être monté. Il est commun aux cultures sibériennes et originaire d’Asie centrale. On dit que Chŏllima est trop rapide pour être monté et qu’il parcourt 1000 lieues par jour. Qilin ou Kirin est un animal composite fabuleux issu de la mythologie chinoise possédant plusieurs apparences. Il tient généralement un peu du cerf et du cheval, possède un pelage, des écailles ou les deux, et une paire de cornes ou une corne unique semblable à celle du cerf.

Créature cosmogonique et roi des animaux à pelage, il ne réside que dans les endroits paisibles ou au voisinage d’un sage, en découvrir un est toujours un bon présage. On lui prête aussi le pouvoir d’amener un fils talentueux qui fera de grandes choses. Il apparaît dans les textes (mais pas toujours dans les représentations) avec une corne unique, et il est souvent appelé licorne dans les langues occidentales. Il est parfois surnommé « cheval dragon ». Tianma est un cheval ailé céleste dans le folklore chinois, protecteur des vers à soie.

Sources : L’arbre celtique : http://www.arbre-celtique.com Scathcraft    : http://scathcraft.wordpress.com  Nagali, Dressons-nous contre le complexe Petit Poney !,

 Lune Bleue n°7 Le cheval dans le rituel funéraire des Altaïens du Sud : www.emscat. revues.org/1718       Retrouvez les articles de l’encyclopédie collaborative païenne et sorcière Wiccapedia : www.wiccapedia.fr

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Le Masque de l’Oie

Posté par othoharmonie le 17 octobre 2015

 

masque de l'oieDepuis des siècles le mythe des oies sacrées a été mêlé à d’autres concepts et peu à peu elles ont perdu l’élément qui les rendait sacrées. Essayer de retirer ce qui était étranger au mythe des oies est un travail énorme, bien plus grand que ce que nous avons recréé avec les masques sacrés. Il est toujours possible de créer quelque chose à partir de ce qui nous reste du mythe des oies sacrées.

J’ai observé une statue contemporaine bretonne appartenant à un ami. En dehors de ses qualités artistiques, la première chose qui m’est venue à l’esprit c’est que je pouvais la « lire » car ce n’était rien de plus qu’une somme de symboles Païens. Je ne sais pas si l’artiste qui a fabriqué la statue savait ce qu’il faisait ou non, mais tous les bons symboles étaient là et ils étaient souvent juste là où vous pourriez penser les trouver.

C’était une statue de la déesse sur son trône. Derrière le trône était représenté le soleil de minuit que vous vous attendiez à trouver, mais c’était le vrai soleil et non une roue solaire ou un symbole solaire. Plus intéressant parmi tous les autres symboles il y avait deux oies, une de chaque côté du trône. Chacune avait le cou tendu et regardait la Déesse. De ce que l’on sait de l’oie dans la mythologie celte, on aurait pu s’attendre à trouver les oiseaux aux pieds de la Déesse, la regardant avec adoration, car, comme le corbeau, l’oie sauvage emporte les âmes de ceux qui meurent en hiver.

Dans ce symbolisme, l’oie sauvage tient le rôle de la Mère sous son aspect de la Déesse du Nord Glacial au Blanc Visage celle dont « le souffle est né du vent glacé du Nord ».

Ici on constate que l’observation de la nature est devenue, dans la mythologie de l’Ancienne Foi, une allégorie. Vous n’avez qu’à observer le retour des oies sauvages qui cacardent pour réaliser que même de nos jours il y a une certaine magie dans leur arrivée – surtout si nous pensons à leurs habitudes migratoires et aux longues distances qu’elles parcourent pour hiberner ici en Grande Bretagne.

L’arrivée des oies annonce l’arrivée de l’hiver, lorsque l’ombre de la mort chasse le vieux comme l’enfant, le malade comme le bien portant. Lorsque les oies sauvages quittent le pays, cela annonce l’arrivée du printemps. Comme les anciens habitants du pays observaient la formation en V de ces vols qui quittaient le pays au lever du soleil et ne réapparaissaient plus avant l’automne. Ils disaient que les oies emportaient avec elles les âmes des personnes mortes en hiver, pour les mener jusqu’au trône de la Déesse au Blanc Visage. Avec les premiers froids de l’hiver les oies et la mort arrivaient et lorsque les oies repartaient, apparaissaient les premiers indices annonciateurs des beaux jours et du règne favorable du Roi Eté (en souhaitant que les dieux n’étaient pas en colère et n’envoient pas de tempêtes, de tornades ou de mauvais temps en général)

En Amérique du Nord les Indiens ont observé que le départ des oies amène l’hiver et que leur retour annonce l’arrivée de l’esprit du prochain été. De toute façon elles restent un symbole vivant de la foi.

Peut être que les oies les plus sacrées de l’Antiquité furent les oies du Capitole à Rome qui étaient, bien sûr, des animaux domestiques. On dit qu’elles ont sauvé la garnison du Capitole en l’alertant nuitamment de l’arrivée d’une armée gauloise qui avait déjà conquit tout le reste de Rome. (Je suppose qu’il s’agit ici du seul exemple concret et documenté de l’ancienne sacralité des oies).

téléchargement (1)Une fois encore nous prenons le peu de faits connus et en tirons une thèse basée sur ce que nous savons et nous créons un rôle pour l’Oie dans les rites de la même manière que pour le Cerf, le Corbeau et l’Ecureuil. Inclure l’Oie signifie que nous retournons à l’ancienne image d’une des facettes de la Déesse. L’Oie peut symboliser le concept qui recouvre la mort, l’âme et la re-naissance éventuelle de l’âme ainsi que l’Oie qui emporte l’âme de ceux qui viennent de mourir. Avec leur retour, elles apportent une partie de l’âme qu’elles ont trouvée là où l’on est avant la re-naissance.

Certains puristes pourraient dire qu’il n’y a rien de tout cela dans la Tradition Sorcière stricte. Ils n’ont pas tort, mais je les mets au défi de me définir ce qu’est la « Tradition Sorcière stricte ». Même si le concept des oies magiques appartient plus à l’Autre Monde celte qu’à la Sorcellerie, la Sorcellerie est assez dynamique pour accepter les rites et les concepts qu’un coven ou un clan ont créé dans le cadre de la pensée Sorcière. En ayant cela à l’esprit, lorsque le moment sera venu j’espère que parmi toutes les oies qui viendront cet hiver il y aura une des ces oies magiques envoyées par la Déesse pour ramener mon âme à la maison.  

 

par Evan John Jones

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Animal TOTEM L’OIE des Neiges

Posté par othoharmonie le 19 septembre 2015

 

22 décembre au 19 janvier : Couleur : Blanc
Forces : Prudent, déterminé, courageux, ambitieux, loyal, sobre
Faiblesses : Têtu, rigide, exigeant, rancunier, sévère, fataliste
Son élément : la terre
Son allié : le cerf
Ton meilleur jour: le samedi.  
Ta pierre: le rubis.  
Ta plante: l’acacia.  
Cycle: La lune du renouveau de la terre.

oies-neiges

OIE : appelle à la vigilance, la puissance créatrice. L’Oie montre qu’il est possible d’associer les aspirations matérielles, et spirituelles dans nos vies quotidiennes. CARACTERE

Elle est blanche avec le bout des ailes noir. Comme cet animal peut parcourir des milliers de kilomètres, vous êtes une aventurière à l’esprit curieux sans cesse à la recherche de nouvelles expériences et de nouvelles rencontres. Éternelle insatisfaite, vous avez soif de nouveauté et de connaissance. Le respect de la tradition et de l’autorité vous rend intraitable dans beaucoup de cas ! D’une nature discrète, vous aimez pourtant la compagnie et vous savez vous montrer serviable. Malgré tout, vous restez un mystère pour votre entourage.
Conseil du chamane

Votre vie est faite de beaucoup d’engagements personnels, de sérieux et de persévérance mais à force de voler à tir d’ailes toujours plus loin, vous pouvez finir par oublier l’essentiel car vaincre est une chose satisfaisante mais cela n’a aucun sens si vous ne prenez pas le temps de jouir de ces victoires. Cultivez davantage de fantaisie et soyez moins exigeant envers vous et les autres.

Vie amoureuse de l’oie blanche
Vous êtes aussi soucieuse de trouver la sécurité au sein d’un environnement rassurant. La famille, un compagnon attentif et sérieux ainsi que deux ou trois enfants sont pour vous des éléments indispensables à votre équilibre intérieur.

L’oie des neiges est blanche avec le bout des ailes noir. Comme cet animal qui peut parcourir des milliers de kilometres, vous êtes une aventurière à l’esprit curieux. Eternelle insatisfaite, vous avez soif de nouveauté et de connaissance.

Patiente, endurante, travaillante. Tendance à manquer de confiance, grand besoin de sécurité. Tu es la championne des vols de longue durée et tu appartiens à la période du renouveau, celle où la terre se réveille peu à peu. Tout comme l’oie, tu es faite pour le travail de longue haleine, mais tu es aussi soucieuse de trouver la sécurité au sein d’un environnement rassurant. La famille, un compagnon attentif et sérieux ainsi que deux ou trois enfants sont pour toi des éléments indispensables à ton équilibre intérieur. À moins que tu ne décides de faire partie des nombreuses célibataires qui sont 
uniquement préoccupées par leurs activités professionnelles… Tu es membre du clan de la tortue, qui t’unit à l’élément terre. «Lentement, mais sûrement», telle est ta devise dans l’existence. Réagis de façon plus favorable à l’inattendu et apprends à respecter les faiblesses des autres. Ton allié est le cerf.  Il te montrera à être spontanée et à prendre ton envol. Accepte la vie comme elle vient et ne te rends pas malheureuse pour des choses ou des êtres qui n’en valent pas la peine. 

Votre totem minéral est le quartz. C’est une pierre très puissante. Elle possède une grande force de transmission d’énergie et favorise la concentration. Les indiens l’utilisaient lors de cérémonies pour faire tomber la pluie et pour lire l’avenir. Son éclat et sa pureté possèdent un pouvoir magique bénifique. Portez-la sur vous et, lors de moments importants, tenez la serrée dans votre main ou fixez-la intensement. Cela vous aidera à trouver une solution.

Vie amoureuse et sexualité: 
Les OIES sont des amoureuses habiles et compréhensives, elles ont du cran et de l’endurance. Les hommes pourvoient bien aux besoins de la famille, ils sont fidèles et dignes de confiance, tandis que les femmes sont de bonnes maîtresses de maison et d’excelentes ménagères. Hommes et femmes veulent la sécurité et la protection d’une relation durable, c’est pourquoi ils ne sont guère sujets aux coups de foudre.

Santé: 
Les Oies ont une forte constitution, elles ne se laissent pas facilement abattre par la maladie. 
Là ou la majorité garderait le lit, elles continuent à travailler normalement. 
Eruptions nerveuses et allergies sont courantes chez elles. 
Elles peuvent aussi ressentir des maladies rhumatismales.

Votre totem végétal est le bouleau. C’est l’un des plus anciens arbres et des plus majestueux. Les Indiens utilisaient son écorce pour écrire. Ses feuilles broyées avec l’écorce donnaient un breuvage pour soigner les troubles digestifs. Lors d’une promenade en foret, rapportez une branche et posez la en hauteur sur l’un de vos meubles. Cela protègera les lieux. D’autre part, vous pouvez la boire en tisane pour faciliter la digestion.

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Panthère nébuleuse

Posté par othoharmonie le 30 juillet 2015

 

Neofelis_nebulosaLa Panthère nébuleuse  ou Panthère longibande est une espèce de félin de taille moyenne, avec des pattes courtes et une très longue queue. Le pelage est fauve distinctement marqué de larges taches rectangulaires aux rebords sombres évoquant des nuages, ce qui est à l’origine de son nom. Il s’agit du félin actuel qui a les canines les plus longues proportionnellement à sa taille.

La Panthère nébuleuse est difficile à observer dans la nature en raison de son caractère discret. Elle est réputée pour ses talents arboricoles, cependant elle se déplace essentiellement au sol, et utilise les arbres pour se mettre à l’abri des prédateurs comme le tigre et le léopard. Territoriale et solitaire, elle chasse des proies tant nocturnes que diurnes, dont la taille varie de celle de l’Écureuil terrestre des palmiers au Cerf cochon .

L’aire de répartition s’étend dans toute l’Asie du Sud-Est du Népal jusqu’à la Chine. Son habitat de prédilection est la forêt primaire tropicale humide, bien qu’elle puisse s’accommoder d’autres biotopes. La Panthère nébuleuse est placée en annexe I de la CITES et est protégée par les législations nationales de la quasi-totalité des pays où elle vit. Toutefois, la déforestation et le braconnage sont des menaces sérieuses pour l’avenir de l’espèce, et l’Union internationale pour la conservation de la nature estime que ce félin est « Vulnérable ». Par ailleurs, c’est un félin rare dans les espaces zoologiques, la formation de couples reproducteurs est difficile et rend l’élevage conservatoire délicat.

Les caractéristiques morphologiques et comportementales de la Panthère nébuleuse sont à mi-chemin entre celles des grands félins (Pantherinae) et des petits félins. En conséquence, son classement taxonomique a été fortement débattu. En 2006, des analyses génétiques et morphologiques ont conduit à la création d’une nouvelle espèce : Neofelis diardi. La Panthère nébuleuse de Taïwan est probablement une sous-espèce invalide, ce qui ouvre des possibilités de réintroduction à Taïwan.

La Panthère nébuleuse est un félin important dans le folklore des Aborigènes de Taïwan. Elle est également assez présente en philatélie.

La robe de la Panthère nébuleuse est marquée de larges taches de couleur plus sombre que le fond uni, de forme elliptique à rectangulaire et bordées sur l’arrière d’une ligne noire épaisse. Des petits points noirs peuvent éventuellement se trouver à l’intérieur des taches. Les marques sur les épaules sont de la largeur du flanc. Une double rayure partielle parcourt la colonne vertébrale. Le fond uni de la robe est dans les tons fauve clair.

Le museau est de couleur blanche, la face intérieure des membres et le ventre sont couleur crème. De petites taches noires unies marquent le front et les joues. Le nez est rose, avec parfois de petites taches noires. Les pattes et le ventre sont tachetés de marques oblongues entièrement noires. Deux barres noires horizontales courent sur la nuque. À l’extrémité de la queue, les taches se muent en rayures noires épaisses. Les marques des jeunes sont pleines sur les flancs et deviennent « nébuleuses » vers l’âge de six mois. La disposition des taches est unique à chaque individu.

 

La Panthère nébuleuse est le félin dont les canines sont de nos jours les plus longues proportionnellement à sa taille : elles peuvent atteindre 3,8 à 4,5 cm de long12. Afin de laisser la place aux canines, le diastème entre les canines et les molaires est large ; de plus, la première prémolaire est souvent absente de la denture ou de taille réduite. L’ouverture de la mâchoire atteint 100. En raison de la longueur des canines et des adaptations morphologiques associées, la Panthère nébuleuse est souvent comparée au Tigre à dents de sabre, bien qu’elle n’y soit absolument pas apparentée.

Le crâne est plus allongé et étroit que celui des autres petits félins, avec une crête sagittale bien développée pour supporter les muscles des mâchoires. La forme du crâne et des canines est similaire aux Panthera, mais la taille est trop petite pour y correspondre. L’os hyoïde est complètement ossifié.

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La Panthère nébuleuse est un animal très habile dans les arbres. Sa longue queue qui sert de balancier, ses pattes courtes et ses larges pieds qui lui confèrent un centre de gravité très bas ainsi que sa puissance musculaire et la souplesse de ses articulations en font un animal extrêmement habile dans les arbres. La Panthère nébuleuse peut bondir de branches en branches, descendre un tronc la tête en bas ou se suspendre sur une branche avec ses pattes postérieures. Parmi les félins, seul le Margay en Amérique du Sud a des capacités de grimpeur similaires.

Ces capacités pour l’escalade ont dans un premier temps conduit à l’hypothèse que la Panthère nébuleuse était arboricole. Cependant les observations réalisées dans la nature ont montré qu’elle est plus souvent au sol que dans les arbres. Par exemple, en 1987, un subadulte, capturé dans un poulailler au Népal puis relâché dans le parc national de Chitawan après avoir été muni d’un collier émetteur, se déplaçait systématiquement au sol et se reposait dans les denses prairies d’un lit de rivière. De même, une étude réalisée à la fin des années 1990 montre que la distance moyenne parcourue par ce félin est supérieure à un kilomètre par jour, ce qui serait difficile pour des déplacements uniquement arboricoles.

L’utilisation des aptitudes arboricoles pour trouver un refuge ou de la nourriture est sans doute influencée par les prédateurs et les proies présentes sur le territoire. Par exemple, en présence du tigre ou du léopard, la Panthère nébuleuse adopte une stratégie d’évitement en ayant un comportement plus arboricole et plus nocturne

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LE LEOPARD DES NEIGES

Posté par othoharmonie le 28 juillet 2015

 

 

L’once , aussi appelée irbispanthère des neiges ou léopard des neiges est une espèce de félins des hautes montagnes. On la rencontre dans les vallées isolées des montagnes d’Asie centrale, de Sibérie centrale (dans la réserve naturelle de Saïano-Chouchensk) et de l’Altaï (notamment dans la réserve naturelle de Katoun), où elle monte jusqu’à 5 500 m. On l’appelle le « fantôme des montagnes ».

Auparavant cette espèce était classée dans le genre Uncia, dont elle était la seule représentante (espèce Uncia uncia). Elle fait à présent partie du genre Panthera.

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L’once possède un pelage très long et épais (jusqu’à 12 cm sur le ventre), qui se renouvelle deux fois par an. Les couleurs vont du gris pâle au gris crème, le ventre et le cou étant blanc cassé tandis que la face dorsale est parsemée de taches foncées en formes de rosette, se fondant dans le paysage. L’once a de grosses pattes aux coussinets couverts de poils qui la protègent du froid et des oreilles courtes et arrondies. Le poids d’une once adulte se situe entre 35 et 55 kg. Son corps mesure de 90 cm à 1,30 m. Sa queue mesure au moins 75 % de la longueur de son corps, généralement de 90 cm à 1 m. Elle l’aide à garder l’équilibre sur des corniches dangereuses.

 

On connaît mal les mœurs de ces félins qui vivent reclus dans l’Himalaya, dans l’Altaï et en Sibérie. On sait que l’once est un animal très solitaire qui occupe un territoire immense. On dit qu’un couple d’onces habite une vallée entière. C’est un félin excessivement rare et difficile à observer dans la nature en raison de l’inaccessibilité de son habitat. Pour se nourrir, elle chasse des ongulés; mouflons, bouquetins, tahrs, markhors sur les hautes montagnes durant l’été. En saison hivernale, plus bas dans les vallées et forêts, elle chasse des cerfs et des sangliers. Elle s’attaque également à de plus petites proies telles que les marmottes, les lièvres et les pikas. Chaque jour, l’once parcourt de grandes distances pour rechercher ses proies et suit les déplacements saisonniers des troupeaux ruminants. Elle fait son gîte dans une anfractuosité de rocher et paraît demeurer fidèle à ses abris habituels.

Contrairement au léopard, l’once a des mœurs plutôt diurnes et chasse à vue, comme le guépard ; cependant ses grands yeux sont si bien adaptés à une faible luminosité qu’elle peut chasser dans une quasi-obscurité. En dépit de sa grande taille et du fait que les zoologues rattachent l’once aux panthérinés, elle ronronne à la manière des petits félins, ce qui en fait une exception. Certains spécialistes sont d’avis que le guépard et l’once auraient une souche lointaine commune et seraient tous deux originaires d’Asie occidentale.

Grâce à ses pattes postérieures longues et ses muscles en forme de ressorts (particularité de l’espèce), l’once est le meilleur sauteur parmi les félidés. Elle peut sauter jusqu’à 15 mètres de longueur et 6 mètres de hauteur4. Elle chasse à l’affût puis se précipite d’un seul bond sur sa proie. Quand les léopards des neiges sont jeunes, ils jouent ensemble et font des sauts jusqu’à 3 m de long.

La reproduction a lieu entre fin janvier et milieu mars, et la mère reste avec ses petits jusqu’à l’hiver suivant. Les femelles peuvent mettre au monde un à cinq petits par portée et parfois 6 (mais cela est très rare et se produit uniquement en captivité, où souvent seuls un ou deux petits survivent), au bout d’une durée de gestation de 90 à 104 jours, dans une tanière camouflée. Les petits naissent aveugles, ils ouvrent leurs yeux dès 7 à 9 jours. À la naissance, ils pèsent entre 430 et 573 g. Ils sont allaités, mais peuvent se nourrir de viande dès leurs 2 mois. L’once atteint sa maturité sexuelle à l’âge de 2 ans. Elle peut vivre jusqu’à 15 ans en liberté et 21 ans en captivité. 

Description de cette image, également commentée ci-après

Selon le Snow Leopard Trust, la panthère des neiges est chassée illégalement pour sa fourrure, très prisée en Asie Centrale, en Europe de l’Est et en Russie sous forme de manteau et autres vêtements. Les os et d’autres parties du corps du léopard des neiges sont également très demandés dans la médecine chinoise traditionnelle. Enfin, les félins sont souvent capturés à l’état sauvage pour aller rejoindre des collections animalières privées en Asie Centrale

Protection

L’once est répertoriée sur la liste rouge de l’UICN comme faisant partie des espèces en danger, il ne resterait plus que 4 080 à 6 590 individus survivant à l’état sauvage. Elle est encore braconnée pour sa fourrure et parce qu’il lui arrive d’attaquer des animaux domestiques car ses proies sont de plus en plus rares. Des associations de sauvegarde aident les bergers à construire des enclos protecteurs s’ils s’engagent à ne pas tuer les prédateurs. Cette espèce figure sur la liste des espèces de l’Annexe I du CITES.

 

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La vérité est un rhinocéros qui dort

Posté par othoharmonie le 17 décembre 2014

images (2)Le rhinocéros est omniprésent dans la littérature, souvent décrit comme un personnage déconcertant et surréel ou l’interprète perfide d’aventures improbables. Dans la Bible il est confondu avec un boeuf sauvage appelé re’em ou remim. Le terme reem, dans le Dittionario novo hebraico de David de Pomis publié à Venise en 1587, est traduit improprement en grec par monoceros et en latin par rhinoceros, naricornis et unicornis, il est donc identifié avec la licorne, depuis toujours un Doppelgänger du rhinocéros. La traduction d’un texte considéré par le dogme catholique comme inspiré de Dieu, du reste, crée des problèmes théologiques, parce que là où l’original parle d’un seul animal, dans la traduction latine on en retrouve deux ou trois… Il est singulier de noter que même dans la mythologie chinoise le xieniu ou hsi-niu ou  » boeuf de bon augure  » à une corne est traduit par rhinocéros. D’ailleurs, rimu est le grand aurochs assyrien, ou taureau primitif auroch du Moyen-Orient, tandis que rim en arabe est l’oryx blanc (Oryx leucoryx)1 que l’on trouve encore dans le désert, espèce voisine du gemsbok (Oryx gazella) de l’Afrique australe, espèce à la morphologie ressemblant beaucoup à l’iconographie traditionnelle de la licorne, mais avec deux cornes bien pointues et, bien que d’une taille moyenne-petite, très craint par les autres antilopes qui, lorsque les oryx arrivent à l’abreuvoir, s’en éloignent aussitôt par précaution. 

Le rhinocéros est confondu ou identifié avec des créatures fantastiques telles que la licorne ou avec le monoceros, avec l’âne à la tête rouge, avec l’onagre ou avec l’ealus, avec une corne vers l’avant et une vers l’arrière, décrit par Ctésias de Cnide, voyageur, historien et médecin à la cour d’Artaxerxés roi de Perse, au VIe siècle av. J.-C., qui dans l’Indikà écrivait des merveilles de l’Inde, rapportées dans une version fragmentaire du patriarche Photios de Jérusalem après environ mille trois cents ans. Élien cite Ctésias, dont le texte ne nous est connu que par cet intermédiaire « Il y a en Inde des ânes sauvages qui ne sont pas moins grands que des chevaux… Ils portent une corne sur le devant de la tête, longue d’une coudée et demie… J’ai entendu dire que les Indiens boivent dans ces cornes polychromes, pas tous mais les plus nobles d’entre eux, et ils les ornent d’or, comme les bracelets qu’ils portent aux bras. Et on dit que celui qui boit dans cette corne ne connaît plus les maladies, il n’en est plus atteint. Il ne connaît plus non plus ni spasmes, ni épilepsie, ni les effets du poison. S’il a bu avant quelque chose d’empoisonné, il le vomit et recouvre une parfaite santé ». Et il correspond à la licorne dans l’Histoire de l’Inde de Mégasthènes, quatre livres qui remontent au IIIe siècle av. J.-C. 

Nous savons de Pline (23/24-79 apr. J.-C.) que, dans la Rome antique, les rhinocéros provenaient d’Inde et d’Afrique, destinés à participer aux jeux, encouragés par Pompée qui bâtit le premier théâtre en pierre à Rome en 55 av. J.-C. Les jeux de Dion sont cités par Cicéron (106-43 av. J.-C.) dans ses lettres. Les animaux arrivés à Rome pour la venatio étaient confiés au custos vivarii, le responsable du vivarium, ou zoo ; les rhinocéros étaient présents dans celui d’Auguste de 29 à 14 av. J.-C., puis des empereurs Domitien (81-96 apr. J.-C.), Commode

(180-193), Caracalla (211-217), Élagabal (215-222) et Gordien III (238-244). La lutte entre les fauves, rapporte Marcus Valerius Martialis (environ 40-104), était très palpitante : le rhinocéros luttait souvent contre l’éléphant, tous deux incités avec des tisons allumés et des épouvantails en paille. Mais avec le déclin de l’Empire romain, la tradition brutale d’exhiber en public les rhinocéros, commencée en Egypte par le Roi Ptolémée II Philadelphe en 309 av. J.-C. se perd. Pline l’Ancien, donc, connaît les rhinocéros, cités précédemment par Hérodote  » le rhinocéros avec une seule corne sur le nez, comme on voit souvent. Cette bête, qui est le deuxième ennemi naturel de l’éléphant, après avoir aiguisé sa corne sur une pierre, se prépare au combat et dans la lutte vise surtout à frapper le ventre de l’adversaire, parce qu’il sait qu’il est plutôt mou. Il a la même longueur que l’éléphant, les pattes beaucoup plus courtes, la couleur du buis « . Pline considère d’autres animaux comme similaires, mais pas identiques au rhinocéros « . En Inde, ils connaissent aussi des boeufs aux sabots compacts, avec une seule corne (unicornes)

 La bête plus sauvage est le monoceros; il a le corps du cheval, la tête du cerf, les pieds de l’éléphant, la queue du sanglier ; un mugissement grave, une seule corne noire haute de deux coudées qui se dresse au milieu du front. On dit qu’on ne le prend pas vivant  » et sur l’aiguisage de la corne avant la lutte, il écrit que  » Cornu ad saxa limato praeparat se pugnae » une particularité que de nombreux auteurs démentent, mais le fait est documenté que, en 1994, trois rhinocéros ont détruit une roulotte pour aiguiser leurs cornes. 

Le Physiologus, manuscrit hellénistique du IIe siècle, rédigé à Alexandrie d’Égypte, est une synthèse de connaissances scientifiques et un manuel de doctrine chrétienne qui connaît une très large diffusion. Il est à la base des bestiaires d’époques postérieures et de la conviction en Occident de l’existence de la licorne qui dérive des mythes chinois les plus anciens. Le k’ilin, ou kirin en japonais, est un cerf à la queue de boeuf et aux sabots de cheval, avec une seule corne, des poils dorsaux de cinq couleurs et ceux du ventre jaunes ou bruns. Il ne piétine pas l’herbe fraîche, ni ne tue d’animaux, il paraît quand apparaissent des souverains parfaits et sa vision est maléfique s’il est blessé. Ainsi, l’existence diaphane et supposée de la licorne dans ses diverses interprétations s’entremêle et s’embrouille pendant des centaines d’années avec la présence réelle du rhinocéros, à une et même deux cornes. Et la confusion entre licorne fantastique et rhinocéros réel, observé par des voyageurs et découvreurs, accrédite pendant des siècles le mythe. 

Le rhinocéros est bien connu de Claudius Elianus de Préneste (170-235) naturaliste romain du IIIe siècle apr. J.-C. qui, dans De natura animalium, en donne pour sûre la description à ses contemporains grâce aux jeux du cirque et dit de la licorne qu’elle est un animal différent, de l’intérieur de l’Inde, grande comme un cheval, d’un pelage roussâtre que les indigènes appellent kartàzonos; revêche, à la corne noire à spirales, elle lutte aussi contre les femelles, sauf pendant la période des amours, une description qui semble toutefois correspondre parfaitement à celle du rhinocéros, comme le laisse supposer le nom qui vient du sanskrit khadgà, comme le mot arabe pour le rhinocéros, karkaddan

images (3)À côté de Pline, une autre source du surprenant dans le monde animal est la Collectanea rerum memorabilium (De mirabilibus mundi) de Caius Julius Solinus, géographe latin entre le IIIe et le Ive siècle apr. J.-C.  » le rhinocéros naît en Inde, la couleur est celle du buis, il porte sur le nez une seule corne qu’il aiguise avant de combattre contre l’éléphant  » et décrit dans sa Polyhistoria le monoceros comme  » un monstre au corps de cheval, les pattes d’éléphant, la queue de cochon, la tête de cerf, et une corne merveilleuse d’un mètre et demi, tellement pointue que, si elle touche à peine quelqu’un, elle le transperce aussitôt. Il n’est jamais capturé vivant : tué il peut l’être, mais pris, jamais « .

 

Extrait de : Le Rhinocéros – Histoires fantastiques et légendes authentiques en Français

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La chèvre historique

Posté par othoharmonie le 19 avril 2014

 

250px-Chèvres_nainesEn Grèce, c’est la chèvre Amalthée qui s’appliqua à nourrir Zeus enfant quand son père Cronos le cherchait pour le dévorer ; c’est elle aussi qui organisa autour du petit les danses bruyantes des Courètes, destinées à couvrir les cris du divin bébé, caché dans une grotte du mont Ida. D’autres chèvres nourricières sont connues dans la mythologie grecque, comme celle qui donna la mammelle à Philandros et Phylacidès, les fils d’Acacallis et Apollon, ou celle qui allaita Égisthe, fils de Pélopie et de Thyeste ;  le nom de cet Égisthe, de même étymologie que le mot « égide », est d’ailleurs tiré de la dénomination grecque de la chèvre : aix, aigos (Grimal 1990 : 342, 367).

Mais, bien que mère attentive, la nourrice de Zeus était en réalité un animal monstrueux, si horrible à voir que les Titans avaient exigé qu’elle ne quitte pas sa caverne. Selon certaines versions du mythe Amalthée n’est pas le nom de la chèvre, mais celui d’une nymphe qui accompagnait cet animal alors appelé Aïx. Dans tous les cas, un jour que l’enfant divin jouait avec l’animal nourricier, il lui brisa involontairement une corne, dont il fit présent à la  nymphe qui l’accompagnait, en l’assurant qu’elle se remplirait de fruits suivant ses souhaits : ainsi apparut la Corne d’Abondance. À la mort de la chèvre qui l’avait nourri, Zeus, lors du combat des dieux contre les Titans, fit de sa peau un bouclier, celui-là même sur lequel la déesse Pallas attacherait plus tard la tête de la Méduse. La peau de cette chèvre prit le nom d’ « égide » (d’un mot grec dérivé du nom de la chèvre, Aix), devenue symbole de protection jusque dans notre expression actuelle « sous l’égide de… ». Voici la version du mythe, telle que contée par Ératosthène, qui vécut de 287 à 212 avant notre ère environ, et qui dit l’avoir empruntée au poète et chanteur mythique  Musée, disciple d’Orphée :

« Musée dit que Zeus, à sa naissance, fut remis par Rhéa entre les mains de Thémis, que celle-ci donna le nouveau-né à Amalthée, que cette dernière le confia à une chèvre qu’elle possédait, et que cette chèvre fut la nourrice de Zeus. Cette chèvre était une fille d’Hélios et d’un aspect si épouvantable que les dieux du temps de Cronos, horrifiés par l’aspect qu’avait cette fille, avaient demandé à Terre de la cacher dans une des grottes de Crète. Terre la cacha donc loin des regards et la remit entre les mains d’Amalthée, qui nourrit Zeus au lait de cette chèvre. Quand l’enfant parvint à l’âge viril et s’apprêta, bien qu’il fût sans armes, à faire la guerre aux Titans, un oracle invita Zeus à utiliser la peau de la chèvre comme une arme, en raison de son caractère invulnérable et terrifiant, et parce qu’elle portait, au milieu du dos, le visage de Gorgone. Zeus suivit l’oracle et apparut, grâce à ce stratagème, deux fois plus grand qu’il n’était. Il recouvrit les os de la chèvre d’une autre peau, lui donna la vie et la rendit immortelle. On dit qu’il la transforma en constellation céleste. »

Effectivement, la Chèvre se trouve maintenant au ciel, sous forme de la constellation du même nom, ainsi que le rapporte Ovide (Fastes V) : « le dieu métamorphosa en étoiles sa nourrice et la corne féconde de sa nourrice, qui aujourd’hui encore porte le nom de sa maîtresse ». Tout près, se trouvent les deux chevraux mis bas par la nourrice de Zeus au moment où le dieu lui était apporté. Le mythe dit que ces chevraux auraient été « catastérisés » (c’est-à-dire placés au ciel, honneur auquel nul bouc n’a eu droit) par Zeus en raison du service rendu par leur mère, mais les astronomes pensent qu’ils auraient été reconnus par Cléoastre de Ténédos, au VIe siècle avant notre ère. En tout cas, ils étaient bien connus des navigateurs, car leur lever et leur coucher était annonciateur des tempêtes d’équinoxe et, au quatrième siècle avant notre ère, Aratos écrit dans Les Phénomènes, un poème didactique sur l’astronomie, que « la Chèvre et les Chevreaux souvent voient des hommes faire naufrage sur la mer bouillonnante » (Charvet 1998 : 77-80).

Que la chèvre nourrice de Zeus ait eu un aspect monstrueux, terrifiant, n’est pas très étonnant : le mot grec Khimairâ, signifiant « jeune chèvre » a donné notre mot Chimère, par allusion au monstre attesté dans L’Iliade, et qui était un hybride de trois animaux (lion, chèvre, serpent). La Chimère grecque, sorte de dragon cracheur de feu qui fut tué par le héros Bellérophon, était décrite soit la sous forme d’un être formé de trois parties prises à ces espèces, soit sous celle d’un lion à trois têtes de ces mêmes animaux. Dans tous les cas c’est un être composite, et son nom est maintenant utilisé pour désigner tout être, mythique ou réel, rassemblant les éléments de plusieurs espèces. En exemple de chimère, on peut donc citer le capricorne, qui a corps de bouc ou de chèvre, et queue de poisson ou de dauphin. Un autre exemple est le tragélaphos grec, mi-bouc mi-cerf, dont le nom a été donné par les naturalistes à une famille d’antilopes d’Afrique du Sud : les tragélaphinés.

La chèvre, participant de la grotte (comme dans le mythe d’Amalthée qui éleva Zeus dans une caverne de l’Ida), entrentient donc des sympathies avec le monde souterrain, et dans les contes populaires comme La Chèvre d’Or, elle garde les trésors enfouis. Elle n’en n’est pas moins un animal montagnard, familier des crevasses, des rochers escarpés et des cîmes, et donc aussi de nature aérienne, ce qui la prédispose à la prophétie. Ainsi, Diodore de Sicile nous apprend que l’emplacement du grand temple d’Apollon à Delphes fut découvert par des chèvres : leurs bergers avaient remarqué que chaque fois qu’elles s’approchaient d’une faille d’où s’exhalaient des fumées inquiétantes, elles se mettaient à danser ; ils y reconnurent un signe des dieux et y édifièrent un sanctuaire à Gaïa, déesse de la terre, ultérieurement dédié à Apollon (Bibliothèque historique, XVI). Là, durant des siècles, des pèlerins vinrent consulter les oracles donnés par une pythie (devineresse) que les exhalaisons d’éthylène naturel faisait tomber en une transe lui permettant de prophétiser (De Boer & al. 2001).

Autre découverte imputée par les grecs à une chèvre, celle des vertus du vin : le berger Staphylos (nom qui signifie « la grappe », en grec) remarqua que l’une de ses chèvres rentrait toujours plus tard, et surtout plus gaie, que les autres ; l’ayant suivie, il découvrit que c’est parce qu’elle se gavait de fruits jusqu’alors inconnus : les raisins, qu’on eut ensuite l’idée de presser pour en faire un liquide… dont les vertus sont désormais bien connues (Grimal 1990 : 428)

Description de cette image, également commentée ci-aprèsLe rôle nourricier de la chèvre s’atteste également dans la mythologie nordique, où la chèvre Heidhrún, qui broute l’arbre Læradhr poussant sur le toit de la valhöll (« salle des guerriers morts au combat »), fait couler de son pis un hydromel qui va remplir les coupes que servent les valkyries aux einherjar, qui sont les guerriers morts et rassemblés autour du dieu Odhinn (Simek 1996 : 102, 159-160).

En Orient (Chine, Tibet) la vivacité de la chèvre l’a prédisposée à être associée au dieu de la foudre, tout comme en Grèce, on l’a vu, la constellation de la Chèvre et des Chevreaux est annonciatrice d’orage. Et si la couverture du Tabernacle était tissée en poils de chèvres, ce n’est peut-être pas sans rapport avec le fait que YHVH s’était manifesté à Moïse sous la forme de tonnerre et d’éclairs. De même, le fait que le char de Thorr soit tiré par les deux boucs Tanngrísnir (« celui qui montre les dents ») et Tanngnjóstr (« celui qui grince des dents »), de sorte que ce dieu est surnommé hafra dróttin ou « seigneur des boucs », permet de corréler l’ensemble à l’image des caprinés en général, qui sont des animaux « orageux », prompts à se battre et à s’affronter à coups de cornes. La transposition mythique de ces combats voit dans les coups de tonnerre le fracas des cornes qui s’entre-frappent, et dans les éclairs les étincelles détachées par les sabots des lutteurs sur les rochers, ou bien, dans le cas des boucs de Thorr, l’éclat de leurs dents. Il n’est du reste pas impossible que l’odeur caractéristique des caprins (surtout du bouc !) ait été rapprochée de celle, méphitique, qui se produit au point de chute de la foudre. Cette métaphore caprine du tonnerre et de la foudre est donc la raison pour laquelle on a songé à se protéger de ce phénomène en plaçant une corne de bouc, ou sa peau, à l’étage supérieur des maisons (Charbonneau Lassay 1940 : 181).

Aristote (VI, 19) disait que les chèvres « n’ont pas de stabilité », et que ce sont des animaux « vifs et versatiles ». Le rapprochement du nom latin de la chèvre, capra, avec les termes du type « caprice » et « capricieux » a souvent été mis à profit pour justifier la libre nature de cet animal, semblant ne souffrir aucune loi. C’est pourquoi du reste saint Augustin en fit l’emblème du paganisme, ignorant la loi du Christ : « par la chèvre » – écrit-il dans un sermon – « il faut comprendre l’Église des païens qui sautait avec des bons sans entrave ».

Au cours des âges, on assiste en fait à une nette dégradation de l’image des caprins, progressivement contaminée par la mauvaise réputation du bouc, la lubricité légendaire de ce dernier en étant la cause (Voisenet 2000 : 31-32). Déjà, Philon écrivait que « les boucs […] sont lascifs dans leurs relations sexuelles où ils montrent une ardeur frénétique ». Avec l’avènement du christianisme, cet animal fut donc nettement rejeté dans le camp du mal, et à partir du XIIe siècle, on en fit même l’incarnation préférée du démon.

Par voie de conséquence, sa femelle et son petit, sans faire l’objet d’une condamnation aussi nette, n’en ont pas moins subi les effets de la réprobation des clercs, qui a fait pencher leur statut symbolique du côté du paganisme et du satanisme. Lors du jugement dernier, tel que décrit par Matthieu dans le Nouveau Testament,  les boucs ne sont-ils pas placés à gauche, alors que les brebis le sont à droite ? Dans son Sermon sur le Cantique, Saint Bernard commentait cela en disant que les boucs, symbole des « sens du corps égarés et lascifs par lesquels le péché est entré dans l’âme », représentent les pécheurs, et doivent donc être placés à gauche. Et Matthieu (XXV, 31, 34, 41) justifiait cette répartition en disant que YHVH se tournerait vers ceux de gauche en leur disant : « Retirez-vous de moi, maudits ; allez au feu que j’ai préparé pour le diable et les siens ».

En Europe, de nombreux mythes dualistiques de création de la chèvre imputent sa création au Diable cherchant à imiter l’œuvre divine, et l’opposent à d’autres animaux domestiques très positivement valorisés. En France, on dit ainsi que lorsque Dieu créa la vache, le diable voulut l’imiter, ne réussissant qu’à faire la chèvre, donc ici considérée comme une sorte de « vache ratée ». Un récit arménien comparable dit que Dieu créa le mouton, et le diable la chèvre, mais quand ce dernier voulut fièrement montrer sa créature à Dieu, il la prit par la queue, qui lui resta dans la main : dans cette optique, la chèvre serait donc un « mauvais mouton ». D’autres légendes, russes et polonaises, exposent qu’après avoir créé la chèvre, le diable, incapable de l’animer, ne put le faire qu’un invoquant la puissance divine ; et cela l’énerva tellement que, d’un coup de dent, il coupa la queue de la pauvre bête. Enfin, un petit conte catalan montre fort bien comment la chèvre est, au sens propre, « marquée » par le démon :

« Dieu et le diable parièrent à qui ferait le coursier le plus beau et le plus vigoureux. Dieu fit le cheval. Le diable, pour surpasser l’œuvre de Dieu, chargea un petit démon d’aller espionner ce que faisait Notre-Seigneur au Ciel. Le démon réussit à voir comment Dieu faisait la queue du cheval : il courut en enfer, et raconta au diable que la créature divine avait une longue queue formée d’une poignée de poils réunis seulement par un bout et qui pendaient librement comme sur un plumeau. Le diable voulut absolument savoir quelle était la longueur de la queue, et le petit espion lui dit qu’elle avait à peu près deux empans de long. Pour surpasser Notre-Seigneur, le diable fit à la chèvre – c’était son œuvre – une queue de sept aunes. Quand tous les deux comparurent à l’endroit convenu, Dieu présenta le cheval, avec son allure altière et son élégance inimitable. Il fit un parcours magnifique qui suscita l’admiration générale :  d’abord au pas, puis au trot, et pour finir au galop. Alors le diable lâcha la chèvre barbue, cornue et poilue comme lui. Elle avait une très longue queue qui traînait par terre sur plusieurs aunes, et s’accrochait à tous les buissons et à toutes les plantes, l’empêchant de marcher. Furieux et honteux de cet échec éclatant, le diable coupa la queue de la chèvre d’un coup de dents. Libérée de cette traîne qui l’entravait, la chèvre s’enfuit à toutes jambes et disparut. Comme elle était une œuvre du diable et qu’elle porte son empreinte, la chèvre l’aide autant qu’elle peut, et a une grande amitié pour lui : aussi le diable se cache-t-il souvent sous la forme d’un bouc. Sur la queue de la chèvre, on reconnaît encore la marque des dents du démon » (Amades 1988 : 240-241).

Un rituel de carême peu connu, mentionné par saint Augustin dans un de ses sermons confirme la valence négative de la chèvre : « Il faut fouler aux pieds les vices et les peaux de chèvre ; il faut déchirer la guenille maudite des chevreaux ». Ce rite consistait, pour le catéchumène, à se mettre debout sur une peau de chèvre, afin de bien montrer qu’il renonçait aux vices et aux péchés du passé (Mariño Ferro 1996 : 85).

Description de cette image, également commentée ci-aprèsPourtant, le côté aérien (car montagnard) de la chèvre sauve son image d’une totale contamination par celle du bouc. Cette nature aérienne s’atteste avec la « chèvre unijambiste » (Aja-ekapâda) du panthéon védique, qui est une sorte de tourbillon atmosphérique considéré comme une puissance. Et ce sont des chèvres qui tirent le chario de Pûshan, divinité védique du soleil, car il doit emprunter des chemins escarpés. Dans son Exposition sur le Cantique, Grégoire le Grand fait de la chèvre une image de « la foi, l’espérance et la charité par lesquelles nous nous gardons purs et grâce auxquelles nous gravissons les hautes montagnes de la contemplation ». Et dans son Élucidation du cantique, Alain de Lille va jusqu’à la comparer au Christ, à cause de l’acuité de son regard et de sa familiarité avec les hauteurs, selon une comparaison déjà exprimée par le Pseudo-Cassiodore à cause de la finesse de vue et de la rapidité de l’animal (Ayzac 1866, Miquel 1992 : 62). Mais il convient de préciser qu’il s’agit là de la chèvre sauvage, telle qu’elle est décrite dans les bestiaires médiévaux comme celui d’Oxford, du XIIIe siècle : « La chèvre a la particularité suivante : pour paître elle va de sommet en sommet et grâce à l’acuité de sa vue elle distingue les bonnes herbes des mauvaises herbes […]. De même les bons prédicateurs […] s’élèvent de vertu en vertu, toujours plus haut. Avec les yeux du cœur ils savent reconnaître les bonnes pensées des mauvaises. » Et d’ajouter : « La chèvre aime à rester sur les très hautes montagnes et sait reconnaître le simple promeneur du chasseur. De même, Notre-Seigneur Jésus-Christ aime les hautes montagnes, c’est-à-dire les Prophètes et les Apôtres. »

Ce thème de l’acuité visuelle légendaire des caprins remonte à l’Antiquité, car Pline l’Ancien rapporte déjà que, de son temps (Ier siècle), on disait « qu’elles voient aussi clair la nuit que le jour », et que manger du foie de bouc donne aux nyctalopes la faculté de voir la nuit (Histoire naturelle, livre VIII, lxxvi). La christianisation de ce motif s’opéra rapidement, et saint Grégoire de Nysse, qui mourut vers l’an 400 présentait la chèvre comme l’emblème de la totale perfection et de l’universalité du regard scrutateur du Christ. Et l’association de la chèvre au Christ se renforçait de la fameuse comparaison du Cantique de Salomon : « Mon Bien-Aimé est semblable à la chèvre ». Certaines figurations du Bon Pasteur le montrent environné de moutons et de chèvres et portant sur les épaules, non l’habituelle brebis égarée, mais bel et bien une chèvre. Nul doute que dans ce cas, la chèvre figure « l’âme égarée dans les vices impurs » (Charbonneau-Lassay 1940 : 194).

Parmi ces vices, figure évidemment la concupiscence, et Vulson de la Colombière en témoigne : « La Chèvre ronge avec des dents venimeuses les bourgeons des meilleurs arbres, ruinant la campagne, d’où vient que les Athéniens la bannissoient de leur territoire, et même aujourd’hui elles sont défendues en plusieurs provinces de France. La Chèvre dénote la femme de mauvaise vie, car tout de mesme que sa morsure est pestilentielle aux bourgeons, ainsi les baisers et les paroles de la courtisane causent beaucoup de dommages et de malheurs aux hommes ; et comme la Chèvre cherche à manger les bourgeons et nouvelles feuilles, tout de mesme la femme débauchée tasche à corrompre et attirer en ses filets les jeunes gens comme estant plus facile à décevoir pour le peu d’expérience qu’ils ont. »

Enfin, le caractère ambigu de la chèvre se retrouve dans ce que l’on dit de son intelligence. Pour Pline l’Ancien, elle est remarquable, et il en veut pour preuve l’histoire suivante : « Deux chèvres venant en sens contraire se rencontrèrent sur un pont très étroit ; le peu de largeur de la passerelle ne leur permettait pas de faire demi-tour, et la marche en arrière était rendue impossible en raison de la longueur du chemin à parcourir, sans voir, sur une piste étroite, avec, au-dessous, la menace d’un torrent aux ondes rapides. Alors une des deux chèvres se coucha, et l’autre passa en l’enjambant. »

Or La Fontaine, traitant du même sujet dans sa fable Les Deux Chèvres, leur prête assez de bêtise et de fierté mal placée pour qu’aucune ne veuille céder le chemin à l’autre, et que cela les conduise à leur perte :

Dès que les Chèvres ont brouté,

Certain esprit de liberté

Leur fait chercher fortune; elles vont en voyage

Vers les endroits du pâturage

Les moins fréquentés des humains.

Là s’il est quelque lieu sans route et sans chemins,

Un rocher, quelque mont pendant en précipices,

C’est où ces Dames vont promener leurs caprices;

Rien ne peut arrêter cet animal grimpant.

Deux Chèvres donc s’émancipant,

Toutes deux ayant patte blanche,

Quittèrent les bas prés, chacune de sa part.

L’une vers l’autre allait pour quelque bon hasard.

Un ruisseau se rencontre, et pour pont une planche.

Deux Belettes à peine auraient passé de front

Sur ce pont;

D’ailleurs, l’onde rapide et le ruisseau profond

Devaient faire trembler de peur ces Amazones.

Malgré tant de dangers, l’une de ces personnes

Pose un pied sur la planche, et l’autre en fait autant.

Je m’imagine voir avec Louis le Grand

Philippe Quatre qui s’avance

Dans l’île de la Conférence.

Ainsi s’avançaient pas à pas,

Nez à nez, nos Aventurières,

Qui, toutes deux étant fort fières,

Vers le milieu du pont ne se voulurent pas

L’une à l’autre céder. Elles avaient la gloire

De compter dans leur race (à ce que dit l’Histoire)

L’une certaine Chèvre au mérite sans pair

Dont Polyphème fit présent à Galatée,

Et l’autre la chèvre Amalthée,

Par qui fut nourri Jupiter.

Faute de reculer, leur chute fut commune;

Toutes deux tombèrent dans l’eau.

Cet accident n’est pas nouveau

Dans le chemin de la Fortune.

Une fois de plus, on le voit, entre le texte antique et son adaptation du XVIIe siècle, le statut symbolique de la chèvre a subi une nette dépréciation : de particulièrement intelligent qu’était cet animal pour Pline, il devient un modèle de stupidité chez La Fontaine.

source : http://public.terredeschevres.fr/1_PRINCIPAL/1_1_terre/Histoire/Histoire_01mythes.html

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Le panda géant a capturé le cœur des gens dans le monde entier

Posté par othoharmonie le 21 décembre 2013

images (9). Il est devenu le symbole de la protection des espèces en voie de disparition. L’une des attractions favorites du zoo, le panda est extrêmement rare.

Il est difficile d’évaluer le nombre de pandas en vie. On estime qu’il y en a 800 qui vivent à l’état sauvage et environ 100 qui vivent en captivité, la plupart dans des zoos, dans des centres d’élevage et dans des réserves en Chine. Malgré toute l’attention accordée à son sort et les efforts internationaux pour sauver le panda, il risque fort de disparaître.

Autrefois, le panda errait dans les terres en contrebas des montagnes, du Myanmar au nord du Vietnam ainsi que dans l’est et le sud de la Chine. Mais l’agriculture, le développement et les coupes rases ont détruit les forêts de bambous qui leur servaient d’habitat naturel.

Plus de 50% de ces forêts ont été perdues durant les dix dernières années et elles ne sont pas facilement remplaçables. Les bambous ne fleurissent que tous les 80 à 100 ans, il leur faut 20 ans pour pousser suffisamment afin de pouvoir subvenir aux besoins d’une population de pandas.

Les choses se sont aggravées dans les années 1980. La plupart des forêts de bambous de Chine ont péris soudainement de façon inexplicable et plus de 150 pandas sont morts affamés.

La perte de leur habitat associée à l’avance des habitations humaines ont forcé les pandas à se retirer plus haut dans les montagnes où ils sont isolés et incapables de voyager vers les bosquets de bambous qui peuvent encore les faire vivre.

Les scientifiques ne savent pas si les taches noires et blanches des pandas sont un camouflage adapté à leur habitat montagnard ou si cela permet aux animaux solitaires de se reconnaitre. Malheureusement leur belle fourrure fait d’eux une proie facile pour les braconniers. Bien qu’ils soient protégés dans les réserves, les pandas sont parfois tués par des pièges illégaux qui sont destinés aux antilopes et aux cerfs.

Les zoos et les centres d’élevage étudient les habitudes de cet animal solitaire, espérant en encourager l’élevage, mais ce n’est pas du tout facile. Les pandas à l’état sauvage ont  un taux de reproduction très faible et un taux de mortalité infantile très élevé. Selon les chercheurs, ils ne connaissent cependant pas les problèmes de ceux en captivité. A l’état sauvage, tous les adultes males et femelles participent à la reproduction. En captivité, ils sont seulement 28%.
 
Des zones isolées d’habitation pour les pandas ne marcheront pas. Leurs défenseurs disent qu’il est nécessaire de renforcer les réserves de panda actuelles et d’établir des corridors entre elles. La Chine fait de nombreux efforts pour assurer la pérennité de l’espèce. Depuis 1963, le gouvernement a proclamé 13 réserves protégées où les bambous prospèrent, dans six chaines montagneuses isolées dans le Sichuan, Shaanxi,  et dans les provinces Gansuin de la Chine occidentale.

Cependant le problème de la perte d’habitat pour les pandas est un défi pour la Chine à cause de la demande de terre et de ressources par une population de plus d’un milliard de personnes. « Le seul espoir pour la vie des pandas, c’est l’harmonie entre les besoins des hommes et les besoins des pandas. » dit Elizabeth Kemf du Fonds Mondial pour la Nature (WWF). « Les pandas géants ont besoin de vastes étendues de forêts montagneuses tempérées avec beaucoup de bambous; les gens qui vivent à proximité ont besoin de sources de revenus sures et de meilleurs moyens de subsistance; la Chine a besoin de l’aide des peuples du monde pour protéger son « trésor national » pour toute l’humanité ».

Dans le cadre de l’effort mondial pour protéger la planète et les animaux qui l’habitent, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) gère l’un des plus grands accords au monde, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Ce traité international entre les gouvernements a pour but de s’assurer que le commerce international des animaux sauvages et des plantes ne menace pas leur survie.

L’une des décisions majeures du CITES concerne le prêt des pandas géants aux zoos. Les larges sommes d’argent payées -allant jusqu’à un million de dollars ou plus l’année- sont une incitation à retirer les pandas de leur habitat naturel. Désormais, ils ne peuvent être exportés que si cela aide à protéger l’espèce. Des lieux d’élevage adaptés doivent être mis en place, et tous les bénéfices doivent servir à la protection des pandas géants. La Chine applique des lois strictes contre le braconnage des pandas. Les contrevenants peuvent encourir une peine de prison à vie pour avoir vendu des fourrures au marché noir.

Aujourd’hui, 160 gouvernements sont tenus à la Convention CITES, qui offre une protection à plus de 35 000 espèces d’animaux et de plantes. Pas une seule espèce n’a disparu depuis le début de la CITES en 1975.

                     Animal Planet collabore avec les Nations Unies pour promouvoir une prise de conscience dans le monde à propos de la biodiversité et de l’importance de protéger les espèces en voie de disparition et leur habitat.

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Le premier occidental à découvrir le panda géant

Posté par othoharmonie le 15 décembre 2013

 

 

220px-Lightmatter_pandaLe panda géant, c’est l’ancien “ours du Père David”, du nom du religieux qui fut, en 1869, le premier “occidental” à en découvrir un exemplaire, dans les montagnes sud-occidentales de la Chine.

Naturaliste, explorateur et missionnaire, c’est à l’âge de 34 ans que le Père Armand David (1826-1900), de la Congrégation des Lazaristes, fut envoyé à Pékin. Là, il fut mis à la tête d’une école et consacra ses loisirs à chercher des spécimens de la flore et de la faune des environs de la capitale chinoise, tant pour la collection de son école que pour celles du Muséum d’Histoire Naturelle à Paris.

Les autorités dirigeantes du Muséum parisien, frappées de la qualité de ses envois, persuadèrent ses supérieurs de lui permettre d’étendre son travail scientifique et mirent à sa disposition les fonds nécessaires pour entreprendre des voyages d’exploration dans nombre de régions encore inconnues de la Chine. C’est ainsi que, pendant douze ans, le Père David parcourut la Chine, prenant des notes et collectionnant des spécimens de mammifères, d’oiseaux, d’insectes et de plantes.

Il est impossible de dresser une liste complète de tous les animaux que le missionnaire Armand David a découvert. Notons cependant le célèbre cerf du Père David (Elaphurus davidianus) et le panda géant.

Pendant l’hiver de 1868-1869, le Père David se trouvait au poste missionnaire de Tchentou dans la province occidentale du Setchouan. Là, il entendit étrangement parler de bêtes et de plantes remarquables que l’on trouvait dans les montagnes et les forêts aux alentours du petit village de Moupin. En particulier, on narrait que se trouvait dans cette région un ours blanc. Après un pénible voyage à travers les montagnes, le Père David arriva le 1er mars 1869 à Moupin et se mit aussitôt à explorer les environs à la recherche de ces trésors du monde végétal et animal. Le 11 mars, comme il rentrait au soir d’une journée passée dans les montagnes, il fut invité chez un fermier du nom de Li; là, dans la chambre où il fut logé, il remarque aussitôt une peau de ce fameux ours blanc qui, à la vérité, n’était pas totalement blanc, mais blanc et noir. La joie du Père David ne connut plus de bornes quand les chasseurs promirent de lui ramener un spécimen. Ils partirent sur le champ et, le 23, revinrent avec un jeune panda géant qu’ils avaient capturé vivant, mais qu’ensuite, ils avaient dû tuer pour faciliter son transport. Plus tard, d’autres semblables animaux furent obtenus et expédiés à Paris, où le professeur Alphonse Milne-Edwards (1835-1900) publia une description détaillée de ce remarquable animal.

Le panda géant puisse-t-il rester longtemps encore comme un monument vivant, pour ce grand naturaliste qui l’a découvert.

 

Pour en savoir plus : Histoire du panda : Le panda était déjà connu depuis des millénaires dans l’Orient mystérieux lorsque son existence fut révélée au monde occidental

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Les vertus du corbeau.

Posté par othoharmonie le 2 août 2013

Les vertus du corbeau. dans CORBEAU corvus_corone_cornix_0379

Une Corneille

1] Le corbeau, appelé aussi mamygère, est connu de tous. Pris et enfoui vivant dans du crottin de cheval pendant xl jours, puis brûlé et mis en pommade, c’est un remède excellent pour ceux qui ont la goutte aux pieds et aux mains.

 2] Sa fiente, en fumigations, guérit les dartres blanches et la lèpre blanche.

 3] Ses œufs, avec de l’alun, noircissent les cheveux blancs.

 Les Vertus De la corneille cardidone (?)

 4] Le cœur de la corneille, porté sur soi, procure la concorde entre l’homme et la femme.

 5] Si tu donnes en secret son intérieur rôti à une femme, elle te chérira tout à fait.

 6] Si tu frottes ton membre avec son cerveau mélangé à du miel et du satyrion et que tu aies des rapports avec une femme, elle te chérira et ne se donnera pas à un autre qu’à toi.

 7] Son sang desséché, mêlé à deux cuillerées de vin, pris dans un breuvage, guérit merveilleusement les hydropiques.

 8] Si quelqu’un a mal au pied, prends une corneille sans blessure, coupe-lui l’ergot de la patte droite auprès de l’articulation, puis après avoir fait un phylactère, attache-le sous le pied du malade en état de pureté ; puis ayant frotté toute la corneille avec de l’essence de térébenthine ou avec de l’huile, laisse-la s’envoler vivante. Attache son ergot au pied malade; si c’est le pied gauche, l’ergot de gauche, si c’est le pied droit, l’ergot de droite. Mais que le phylactère ne soit pas mouillé et qu’il ne tombe pas à terre, mais qu’il soit porté attaché dans une peau de cerf. Et lorsque tu coupes l’ergot, dis : « J’enlève ton ergot pour la guérison de la sciatique, de la goutte et de toutes les articulations. » Et l’ayant frottée, laisse-la partir.

Les vertus de la pie. 

9] La pie est un oiseau intelligent qui imite la voix de l’homme.

 10] Son cœur, porté sur soi, avec de la racine de lierre, calme les attaques de nerfs des femmes. Semblablement, c’est un remède pour la dysurie.

11] C’est un oiseau de couleur changeante, qui rend vertueux celui qui le mange.

Issu du livre médical sommaire d’Hermès Trismégiste De la connaissance scientifique et de l’influence physique des animaux, Composé pour son élève Asclépios

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