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Le caribou et l’homme

Posté par othoharmonie le 27 février 2017

 

Caribou, le compagnon de l’homme dans le grand nord

Des peintures préhistoriques au traîneau du Père Noël, le renne et le caribou ont une place de choix dans l’imaginaire des peuples chasseurs du Grand Nord comme dans celui des enfants occidentaux. L’exploitation des richesses du sous-sol arctique et les erreurs de l’homme empêcheront-elles ces animaux de survivre ?

caribou homme

L’élevage du renne

L’instinct grégaire du renne a sans doute facilité sa domestication et la formation de grands troupeaux vivant en semi-liberté sur d’immenses territoires. Le renne est assez puissant pour servir d’animal de trait. Les Saami (Lapons) se nourrissent de sa viande et utilisent sa fourrure pour confectionner de chauds vêtements. Son lait, très riche, est particulièrement recherché par les peuplades du Nord, dans des régions où le climat interdit l’élevage des bovins.

Il existe plusieurs degrés dans la domestication, depuis les animaux gardés à l’étable pour la monte ou l’attelage, jusqu’aux vastes troupeaux qui voient l’homme une fois l’an, lors des regroupements pour l’abattage ou le marquage des jeunes.

Utilisé comme moyen de transport dans le nord de la Sibérie et de la Russie européenne, le renne est également élevé pour sa viande et sa fourrure en Russie, en Finlande, en Norvège et en Suède. Ces élevages jouent un rôle économique non négligeable pour les pays qui possèdent de grands troupeaux de rennes domestiques.

Les caribous victimes des erreurs de l’homme

Si certaines populations de caribous ont encore des effectifs importants, d’autres populations et sous-espèces sont menacées. Les délicats paramètres écologiques qui ont façonné ces troupeaux naturels depuis le début de l’ère quaternaire sont maintenant perturbés par des faits technologiques comme la construction d’oléoducs ou de gazoducs et, de façon générale, l’exploitation industrielle des régions arctiques, ainsi que la chasse.

Depuis le début du xxe siècle, la chasse avec des fusils de plus en plus performants a considérablement réduit les effectifs des grands troupeaux d’autrefois, et contribué de façon importante au déclin de plusieurs populations des régions arctiques canadiennes, telle celle de caribous de la toundra de la rivière Porcupine, qui est passée de 178 000 individus recensés à 1989 à 123 000 en 2001. Pour éviter de nouvelles hécatombes, certains troupeaux sont protégés. La chasse y est interdite ou limitée aux besoins locaux. Ainsi les Inuits ont-ils réduit les prises effectuées sur le caribou de Peary, sous-espèce en voie de disparition.

Les populations de caribous sont également affectées par les activités humaines industrielles. Un exemple marquant est un événement survenu à la fin des années 1970 dans l’Est canadien : des milliers de caribous en migration sont morts noyés par les eaux d’un barrage hydroélectrique relâchées brutalement dans le fleuve que le troupeau traversait. Il aurait suffi de différer cette manœuvre pour éviter un accident déplorable. Cela prouve aussi qu’une gestion correcte de la faune est impossible sans concertation.

Les incidences humaines sur ces ongulés –  de même que sur toute la faune et la flore sauvages – peut également être indirecte. Ainsi, après l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl en 1986, les retombées radioactives de l’explosion ont été absorbées par les lichens de Scandinavie, qui ont agi comme des concentrateurs de pollution radioactive. Les rennes, en s’en nourrissant, ont accumulé les radionucléides dans leurs tissus. Impropres à la consommation, des milliers d’entre eux ont dû être abattus par les autorités. Mais les effets de ce type de pollutions se ressentent aussi à long terme sur les populations touchées ; des études menées dans les années 1990 ont ainsi montré des anomalies chromosomiques chez les jeunes rennes vivant dans des zones ayant été exposées aux retombées radioactives.

Les caribous souffrent également du réchauffement climatique qui, notamment, modifie le couvert végétal et entraîne une augmentation des précipitations de neige – affectant donc les ressources alimentaires des caribous mais aussi l’accessibilité à ces dernières –, et a des incidences sur les populations d’insectes des régions où ils vivent (densités, époque d’apparition, etc.).

Des oléoducs sur les chemins migratoires

Le sous-sol de l’Arctique est riche en pétrole, désormais exploitable – et exploité – grâce au développement de nouveaux moyens technologiques. Entre les sites de forage au nord et les ports pétroliers au sud, on construit des oléoducs, longs de centaines de kilomètres. Pour que de telles structures gênent le moins possible les migrations de la grande faune terrestre, les canalisations ont été alternativement enterrées et surélevées d’environ 3 m au-dessus du sol afin de ménager plusieurs passages. Des études sur l’impact de ces structures sur les caribous ont été effectuées. L’une d’elles, menée sur l’impact d’un oléoduc de 1 400 km de long terminé en 1970, a montré que les élans, qui se déplacent aussi de façon saisonnière, acceptent  les obstacles : seuls 14 individus sur 1 082 (soit 1,38 %) ont refusé de les franchir. Mais la migration du troupeau de caribous de Grant, habitant la toundra de l’Alaska, a été très perturbée. Les mâles sont passés, mais pas les jeunes ni les femelles, et les animaux se sont trouvés séparés.

En revanche, le troupeau de Nelchina, habitant aussi l’Alaska, mais en forêt, n’a pas modifié ses habitudes. Quatre individus seulement sur 7 900 animaux ont refusé de traverser. Les autres sont passés sous l’oléoduc, surélevé de 2,40 m, ou par-dessus, là où il était enterré.

Lorsqu’il n’y a pas de route le long de l’oléoduc et que les activités humaines ne sont pas trop intenses, les chances de passage des animaux restent élevées. Mais, quand les pistes et les routes d’accès sont très fréquentées, les caribous restent à distance et n’effectuent pas leur migration. Les populations sont alors sérieusement en danger.

Caribou

Des rennes introduits en Amérique

Entre 1891 et 1902, pour enrayer la disparition du caribou et transformer les Amérindiens en fermiers, 280 rennes européens domestiqués ont été introduits en Alaska. En 1930, ils étaient 600 000. Puis l’effectif a chuté à 252 000 en 1937, à 155 000 en 1941, et enfin à 26 700 en 1952, à cause d’une mauvaise gestion des troupeaux et d’un surpâturage excessif des lichens, qui ont fait mourir de faim de nombreux herbivores, dont les rennes et les caribous.

Un autre cas frappant est fourni par l’île Saint-Mathieu, dans la mer de Béring. En 1944, 29 rennes sont importés sur cette petite île de 332 km2. Ils prospèrent si bien qu’on en compte 6 000 en 1963. Au printemps 1964 pourtant, il ne reste plus que 42 animaux. Tous les autres sont morts d’inanition en raison de la destruction des lichens, totalement arasés par un troupeau trop important. L’île, en fait, aurait probablement pu supporté 6 rennes au km2. Or, en 1963, on en compte 3 fois plus. Le froid très rigoureux de l’hiver 1963-1964 a fait le reste.

Toutes les expériences d’introduction du renne n’ont toutefois pas été aussi dramatiques, comme en témoigne l’histoire du troupeau de Bahr. En décembre 1929, sous la conduite d’Andrew Bahr, un pâtre lapon, un troupeau de 3 450 rennes originaires de Sibérie part d’Alaska pour se rendre dans l’État du Mackenzie (Canada). La longue marche des ongulés, sur 2 254 km de versants montagneux et de toundra, constitue l’une des épopées les plus fameuses de l’histoire du Grand Nord. En mars 1935, 2 382 rennes arrivèrent à destination, à proximité de la ville d’Inuvik. De nombreux animaux avaient succombé, victimes des prédateurs ou du climat, certains s’étaient égarés, mais d’autres étaient nés.

Une longue histoire commune avec l’homme

Les relations entre le caribou et l’espèce humaine existent dès l’arrivée de cette dernière sur le continent américain. Depuis cette lointaine époque, le caribou est chassé par les peuples amérindiens du Grand Nord et par les Inuits. Dans le Yukon (Canada), des traces de chasse au caribou datant de 13 000 ans ont été mises au jour.

Une chasse excessive a sans doute été le facteur essentiel ayant entraîné la disparition de plusieurs populations ou sous-espèces de caribous. Ainsi, la population de caribou des bois de l’île du Prince-Édouard a-t-elle disparu au cours de la seconde moitié du xixe siècle, tandis que le caribou de Dawson, ou caribou des îles de la Reine-Charlotte, sous-espèce endémique de l’île Graham, en Colombie-Britannique, s’est éteinte au début du xxe siècle. Aujourd’hui, la poursuite en hélicoptère ou en scooter des neiges ne laisse aucune chance aux animaux visés. Les caribous de la toundra, les plus accessibles, sont les plus menacés.

En Eurasie, l’histoire des rennes et celle des hommes sont étroitement mêlées depuis les périodes glaciaires. On a retrouvé en Europe des restes de rennes fossilisés associés avec des vestiges de culture humaine datant de l’époque acheuléenne, au début du paléolithique, il y a quelque 3 millions d’années. Au paléolithique supérieur, le renne est apparemment l’une des espèces animales les plus recherchées par l’homme. De splendides peintures rupestres, notamment celles d’Altamira et de Lascaux, évoquent les chasses aux rennes que pratique l’homme de Cro-Magnon, il y a 17 000 ou 18 000 ans.  

Le renne est très doux et s’habitue facilement à l’homme. Il n’est donc pas étonnant que les populations humaines des terres glacées aient choisi de le domestiquer de préférence à d’autres espèces. Les Saami de Scandinavie (Lapons) auraient domestiqué les rennes il y a déjà plusieurs
centaines d’années.
 

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Prédateurs du Castor

Posté par othoharmonie le 3 décembre 2013

En Europe, depuis des centaines de milliers d’années, et jusqu’au haut moyen-âge, le castor a eu de nombreux prédateurs sauvages.

Quelques-uns de ses prédateurs les plus dangereux ont disparu de la préhistoire à l’antiquité (tigre à dent de sabre, hyène européenne, lion des cavernes, ours des cavernes…) ou ils ont fortement régressé de l’antiquité à nos jours, car pourchassés par l’Homme. Mais dans le même temps, le castor semble avoir aussi fait l’objet d’une chasse intensive de la part de l’Homme (pour sa viande, sa fourrure, ses dents) ; et il a continué à régresser alors que ses prédateurs naturels n’étaient plus, pas ou peu présents, ou au bord de l’extinction dans l’essentiel de leur aire naturelle de répartition, tel le loup, l’ours brun, et le lynx et le glouton en Europe et Eurasie. Il est possible que les jeunes castors puissent être parfois victimes de mustélidés, du chat sauvage, mais sa morsure étant redoutable, ce risque semble limité.

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Quelques indices paléontologiques laissent penser que l’Homme a précocement chassé le castor ; au moins depuis la préhistoire ;

  • sur des chantiers de fouille préhistorique, on en retrouve des ossements par exemple associés à ceux de cerfs, sangliers, mouton et bœuf, qui étaient mangés par l’homme.
  • Le musée de Saint-Germain-en-Laye possède un fragment de tête de castor retrouvé sous le dolmen d’Argenteuil (Seine-et-Oise).
  • Ce musée détient aussi fragment de canine de castor percé d’un « trou de suspension » ; cette dent a été trouvée à Chassemy dans l’Aisne lors de la fouille d’un site préhistorique (sépultures de l’époque de la pierre polie et/ou gauloise) Elle a pu être utilisée en pendentif, en amulette, ou cousue comme élément décoratif sur un vêtement ou une coiffure (illustration ci-contre)…
  • On a aussi trouvé avec ces ossements un « cubitus droit, façonné en poinçon » (daté du « Rubané ancien » ; On trouve des restes de bois anciens visiblement rongés et taillés par des castors, conservés dans certains sédiments lacustres (par ex dans le Lac de Saint-Andéol en Lozère).
  • « Les Romains, au moins ceux qui habitaient les Gaules, accordaient -Selon Gabriel de Mortillet (1872)- une grande importance aux canines de castor employées comme amulettes. On rencontre fréquemment dans les collections d’antiques de petites griffes en bronze avec anneau de suspension, dont on ignorait jusqu’à présent l’usage. Je me suis assuré, en examinant le vide intérieur de ces griffes,, qu’il est triangulaire, forme des canines du castor. Ses dimensions sont aussi celles de ces canines, de sorte qu’il serait très-facile d’en encastrer une dans l’intérieur de la griffe. Bien plus, dans plusieurs d’entre elles, j’ai encore retrouvé une petite portion de la dent, ce qui ne laisse plus aucun doute. Ces griffes surmontées d’un anneau étaient la monture de canines de castor que les Gallo- Romains portaient comme amulettes  ; Je donne, figures 3 et 4 (illustration ci-contre) le dessin, grandeur naturelle, de deux de ces montures de bronze, qui existent au musée des antiquités nationales de Saint-Germain (…) Le musée de Saint-Germain possède une autre griffe analogue provenant de Champlieu, également en forêt de Compiègne. On en voit aussi au musée de Rouen, au musée d’Épinal et dans diverses autres collections. L’emploi des canines de castor comme amulette était donc d’un usage très général à l’epoque romaine ».
  • imagesCertains constructeurs préhistorique de cités lacustres semblent avoir utilisé pour tailler le bois, des mâchoires inférieures de castor, Les dents du castor sont très coupantes et ont été utilisées en complément aux haches dont on trouve aussi les traces sur le bois de certains pieux. Les préhistoriens ont trouvé de telles dents par exemple lors de fouilles faites à Saint-Aubin et à Concise, dans les déchets de construction laissé par les hommes des cités lacustres;
  • En 1640, Jean Marius Mayer, médecin allemand, publie un ouvrage sur les propriétés médicales des diverses parties du castor. Ce livre fut réédité et augmenté en 1685, par Jean Franck, puis traduit en français, en 1746, ce qui laisse penser qu’une chasse destinée à fournir la pharmacopée de l’époque était aussi pratiquée.
  • Selon Olaûs Magnus (1555), le castor construisait encore des barrages et huttes dans le nord de l’Europe alors que – probablement pour échapper à la prédation humaine – il avait déjà dans le sud pris l’habitude de creuser des terriers et de se cacher.
  • En 1822, les derniers castors se cachent de plus en plus ; les constructions émergées de castor (barrages et huttes) sont devenus si rare dans le centre et sud de l’Europe, que les naturalistes les signalent à l’attention de leurs lecteurs, ainsi Brehm, dans son ouvrage La Vie des animaux illustrée, rapporte que pendant l’été 1822 on a trouvé des constructions de castor émergées près de la Nathe, non loin de la ville de Barby, dans un endroit désert, couvert de roseaux, qui n’était parcouru que par un cours d’eau de six à huit pas de large et qui était connu de tout temps sous le nom de l’ étang aux castors {ibid., p. 155) ; et Lenz en 1837 note que la colonie des castors captifs de Nymphenbourg (Bavière) a construit des huttes à sec (ibid. p. 159), et selon Ghudzinski, peu de temps avant les années 1870, les castors du Bug bâtissaient et ne fouissaient pas.
  • Jusqu’aux xixe et xxe siècles les trappeurs européens en ont fait un piégeage intense en Russie et Sibérie. L’espèce a presque disparu, comme dans certaines parties de l’Amérique du Nord. Les autorités décident de le protéger, voire de le réintroduire.

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Qui est le castor

Posté par othoharmonie le 1 décembre 2013

 

Travailleur acharné, organisé, le castor est en perpétuelle activité. Il n’a de cesse d’aménager au mieux son territoire pour y vivre en famille. La qualité de sa fourrure a été la source de ses malheurs. Pourchassé par l’homme, il a été la cause de bien des conflits dans le Nouveau Monde.

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Les castors vivent en couple et semblent très fidèles l’un à l’autre. Quatre à huit animaux cohabitent en une colonie : le couple reproducteur et les jeunes des 2 ou 3 dernières portées. Hormis le mâle et la femelle adultes, les aînés ont rarement plus de deux ans. On peut compter jusqu’à trois colonies au kilomètre carré. Mais la moyenne est plutôt de l’ordre de 0,4 à 0,8 colonie au kilomètre carré. Animal semi-aquatique, le castor aménage son espace autour d’un plan d’eau, lac ou rivière assez lente. Son territoire comporte des sites particuliers, comme la plate-forme de repos ou… le réfectoire ! Souvent, au bord des grandes rivières et si la configuration de la berge le permet, le castor ne construit pas de hutte, mais creuse un terrier dont l’entrée est sous l’eau et dont les réseaux souterrains peuvent atteindre 10 m de long ! Se nourrissant essentiellement d’arbres, le castor, lorsqu’il construit sa hutte, choisit de préférence un cours d’eau aux rives boisées, là où l’eau est profonde et tranquille. La hutte, qui repose sur une accumulation de boue et de grosses pierres, est recouverte de branches. Des branchages et de la boue colmatent l’ensemble, qui peut mesurer 2 m de haut, 12 m de diamètre à la base, au fond de l’eau. Le castor y creuse, au-dessus de la surface de l’eau, une chambre intérieure unique, d’environ 2 m de large sur 0,6 m de haut, dont il tapisse le sol de copeaux de bois secs.

   Pour transporter facilement les branches et morceaux de bois qu’il débite sur la berge, il utilise les plus petits affluents de son plan d’eau ; et c’est pour les aménager que ce grand bâtisseur construit des canaux, la plus simple de ses réalisations.

   Huttes et barrages sont des constructions très élaborées. Le principe est d’assurer une profondeur d’eau suffisante pour stocker la nourriture au fond sans que la glace n’en condamne l’accès et pour maintenir l’entrée de la hutte sous le niveau de l’eau. Ainsi, les provisions, retenues par des pierres, ne gèlent pas et sont facilement accessibles aux castors qui pourront, au cœur de l’hiver, plonger sous la glace depuis leur hutte et y rapporter les branches dont ils se nourrissent. Le barrage s’appuie généralement sur un obstacle naturel : rétrécissement de la rivière, grosse pierre, tronc tombé. À partir de là, les castors apportent les matériaux de construction : grandes branches orientées face au courant, branchages et boue pour colmater les passages de l’eau. Un barrage mesure en moyenne 22,75 m de long, mais certains peuvent atteindre 600 m !

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TERRITOIRE MARQUÉ du castor

Posté par othoharmonie le 1 décembre 2013

 
 

320px-Castor_canadensis1Chaque famille défend son plan d’eau et ses ressources de nourriture, mâles et femelles marquant le territoire par une sécrétion huileuse produite par des glandes spéciales situées près de l’anus : le castoréum. Reconnu par tous les membres du groupe, il est déposé sur des monticules édifiés à partir de brindilles et de boue. Tout castor étranger qui rencontre une telle balise rebrousse aussitôt chemin. Le castor adapte son type d’habitation à son environnement. Il peut « faire un nid » dans une grotte, creuser un terrier ou construire une hutte. L’ouverture externe est toujours immergée. À l’intérieur, le plancher d’habitation est au niveau de l’eau. Le castor s’y sèche. Un deuxième niveau est aménagé avec une litière de copeaux de bois et de brindilles sèches qui sert de couche aux animaux. Le castor garde toujours propre et net son intérieur et renouvelle régulièrement le sol du nid avec des copeaux neufs, débités dans la hutte. Une sorte de cheminée, dans les branchages de la voûte, permet l’aération. 

Le castor est une espèce qui aménage son habitat. Son milieu de vie est principalement aquatique. Bien qu’il puisse rester sous l’eau 15 minutes en apnée, un castor ne s’éloigne jamais de plus de 30 mètres du rivage.

Afin de construire son habitat, le castor abat principalement les arbres à bois tendre tels le bouleau, le saule, le peuplier, et le tremble, mais apprécie également des bois plus durs comme le chêne ou le frêne. Il ne ronge que rarement les résineux, et quasiment jamais les aulnes.

Le castor vit dans une hutte, qui est généralement appuyée à la berge. Elle est construite avec des branches de bois et de la terre. Cette hutte est en général composée d’une entrée et de deux chambres. L’accès s’y fait essentiellement sous l’eau, mais la chambre principale est sous terre. Afin de renouveler l’air et de sécher la litière qu’il y amène, le castor intègre à sa hutte des conduites d’aération.

Sur un même site, on trouve plusieurs huttes de tailles différentes, et dont la fonction varie selon les périodes de l’année. En hiver, c’est la hutte la plus proche d’une zone d’abattage qui sera le plus souvent utilisée, tandis qu’au printemps, certaines huttes seront plus occupées lors de la reproduction. Les castors vivent en famille sur un territoire bien déterminé. Lorsqu’un territoire est épuisé, la famille se déplace pour chercher une nouvelle zone riche en nourriture. Les berges délaissées se reboiseront progressivement pour redonner après quelques années un nouveau territoire nourrissant. Lorsque les petits sont chassés de la cellule familiale, ils partent à la recherche de nouvelles zones à coloniser, et d’un(e) partenaire pour fonder une nouvelle famille.

Le castor fabrique des barrages, qui peuvent atteindre plus de 75 mètres de long et plus de 1 mètre de haut. Le plus grand barrage découvert mesure 850 mètres de long, il se situe dans le Parc national Wood Buffalo, dans le nord de l’Alberta au Canada. Il construit ces barrages afin de retenir l’eau, et créer ainsi des zones dans lesquelles il peut se déplacer en toute sécurité. Le castor n’apprécie pas de circuler sur terre mais il doit malgré tout s’y rendre afin d’y chercher sa nourriture. Ces retenues d’eau lui permettent donc de se rendre à la nage sur les divers sites de son territoire. Cela lui permet également de ramener vers sa hutte le bois qu’il mangera, ou qui lui servira dans différents travaux de réparation, ou de construction, d’une de ses huttes ou barrages. Le castor se crée des réserves de nourriture, sous l’eau, à l’entrée de sa hutte en prévision des grands froids (gel). Il a besoin d’un minimum de 30 cm d’eau pour se déplacer aisément. Les barrages et les huttes sont construits avec du bois de différents diamètres, et le tout est colmaté avec de la terre qu’il tasse avec ses mains (et non pas avec la queue comme on l’a longtemps cru).

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la Castor , ÉCOLOGIQUE SANS LE SAVOIR

Posté par othoharmonie le 27 novembre 2013

 

220px-BeaverDam_8409Le travail du castor n’influe pas seulement sur le modelé des paysages. Il joue également un rôle important dans la vie aquatique. Dans les rivières de montagne, son ouvrage accentue la production de plancton, nourriture préférée des truites. Les barrages et retenues d’eau qu’il construit contribuent à relever la température de l’eau en été, ce qui facilite la croissance des poissons, donc le développement des espèces piscivores : hérons et plongeons chez les oiseaux, ou, chez les mammifères, la loutre de rivière du Canada. Ses retenues d’eau favorisent aussi le développement de diverses plantes aquatiques, qui servent de nourriture à divers animaux, dont l’ours.

   L’influence bénéfique du castor sur l’environnement ne s’arrête pas là. Il lui est même arrivé de corriger les erreurs écologiques commises par l’homme. Ainsi, au début du XXe siècle, en Alabama et en Géorgie, une mauvaise exploitation agricole des terres avait entraîné une importante érosion des sols. Le travail des castors, dès qu’on les a laissé faire, a permis de stabiliser de nombreuses vallées.

 

Le castor, à la fois « bûcheron »« hydraulicien » et « terrassier » est un animal qui présente des caractéristiques particulières et inhabituelles d’aménageur de son écosystème ;

En « ouvrant » à la lumière les ripisylves, les forêts galeries, et les fonds de vallées, et en inondant certains terrains, les familles de castors recréent et entretiennent des chapelets de zones humides s’alimentant gravitairement de l’amont vers l’aval. Ces milieux sont propices à l’épuration de l’eau (grâce notamment au pouvoir désinfectant des UV). Ils sont aussi facteurs d’hétérogénéisation et de complexification des cours d’eau et de leurs écotones, et au développement de la faune et de la flore (fleurs sauvages, insectes, batraciens, oiseaux, algues, poissons…). Ces barrages, s’ils sont assez nombreux et importants et si le fond est percolant (ceci ne vaut pas sur les rivières entamant un socle granitique) renforcent fortement l’alimentation des nappes phréatiques (Cf. Loi de Darcy) et favorisent une remontée du niveau de sources périphériques et une alimentation plus régulière des sources (moins d’à sec de ruisseaux en été, et débits d’étiage plus réguliers et importants).
Si les ressources en écorce viennent à manquer localement, la famille de castors cherche un autre endroit où s’installer en aval ou en amont, laissant le temps aux arbres de repousser avant un nouveau retour. Si une famille disparaît (déplacement, prédation, maladie…), le barrage se dégrade rapidement entrainant une baisse du plan d’eau qui laisse un nouvel espace ensoleillé ouvert à la colonisation des plantes pionnières. Ces cycles sont favorables à l’entretien d’une biodiversité plus élevée5 que s’il n’était pas présent et à un cycle biogéochimique plus complexe.

En régulant le débit des cours de l’eau de l’amont des grands cours d’eau, et en conservant des quantités importantes d’eau près du haut des bassins versants, il diminue également, et très efficacement, les risques de sécheresse en amont de ses barrages, et d’inondations en aval de ceux-ci, lors des crues. Au Canada, la réintroduction de castor canadensis dans l’Alberta, grâce aux petits barrages qu’il construit et entretient a permis de faire localement fortement reculer le risque d’incendie et le stress hydrique des arbres (facteur de maladies ou parasitoses) ; Dans 90 % des cas la présence d’eau s’est avérée liée aux castors, plus qu’aux variations locales de température et de précipitations.

On a aussi noté qu’en Europe, là où le castor était revenu, les populations de rat musqué régressaient.

On a noté qu’après l’extinction de plusieurs de ses populations dans plusieurs régions du Canada, la disparition de ses barrages a entrainé un important déficit en eau, puis des sécheresses et des incendies de forêts. Ces conséquences ont entraîné la décision de le réintroduire dans plusieurs zones où les incendies ont effectivement été réduits par la réapparition des barrages.

Toutes les essences autochtones européennes et nord-américaines d’arbres poussant dans les zones humides ont coévolué avec le castor : coupées par le castor, elles recèpent facilement et produiront des taillis et des racines qui continueront à stabiliser les berges, tout en laissant plus de lumière éclairer la zone du barrage. Dans leur milieu, les populations naturelles de castor ne font donc pas de dégâts dans l’écosystèmes forestier. Inversement, les arbres coupés par les castors récemment introduits en Amérique du Sud pour leur fourrure ne recèpent pas. Dans ce dernier cas, loin de son habitat naturel, le castor devient un déprédateur, avec des effets négatifs pour la biodiversité. Il pourrait même peut-être un jour y devenir invasif. C’est néanmoins une espèce qui sur les petits cours d’eau est très facile à piéger.

Les barrages de castor semblent globalement très favorables à la biodiversité et à de nombreuses espèces menacées des zones humides, mais – localement – ils peuvent aussi défavoriser certaines espèces rares ou menacées. Ce pourrait être le cas, en amont de certains barrages, d’espèces inféodées à des zones de fort courant et/ou à des fonds de gravier propre comme le sont les mulettes (ou moules d’eau douce). Cependant le castor fait spontanément ses barrages sur des zones où de la terre est disponible (car il en a besoin pour colmater les nombreux trous de ses barrages), zones qui sont justement propices aux apports de limons sur le fond et réputées non propices à ces moules. Sur les cours d’eau où les castors font des barrages (ils n’en font pas au travers des grandes rivières ou des grands fleuves ni en zone très rocheuse), un barrage situé en aval d’une forêt galerie favorise des accumulations automnales de feuilles mortes en amont du barrage. Ces feuilles nourrissent de nombreux invertébrés (copépodes et crustacés telles que les daphnies notamment, qui sont une des bases de la pyramide alimentaire) mais en couvrant le fond, elles défavorisent d’autre formes de vie inféodées aux zones de courant de fond et/ou de lumière.

la Castor , ÉCOLOGIQUE SANS LE SAVOIR dans CASTOR 220px-Castor_fiber_tree_felling_2_brok_beentreeIl a été suggéré en Amérique du Nord que les grands barrages du castor canadien soient aussi des obstacles partiels à la migration d’espèces de poissons qui sont hôtes des moules d’eau douce. Sur la zone amont d’un barrage (et plusieurs barrages se succèdent parfois sur de courtes distances) certaines populations de moules peuvent donc régresser ou disparaître. Néanmoins divers indices fossiles montrent que durant trois interglaciaires, ces mulettes et les castors ont coexisté en Amérique du Nord, comme en Europe, mais peut-être pas aux mêmes endroits.

Pour toutes ces raisons, le castor est de plus en plus considéré comme un auxiliaire efficace de l’homme dans ses opérations de renaturation, de génie écologique et de gestion différenciée des berges, ou de manière générale pour une bonne gestion des cours d’eau et la restauration quantitative et qualitative de cette ressource, quand les questions de coexistence avec les agriculteurs ou sylviculteurs riverains ont été préparées et résolues. En termes de bilan global, la présence de castors semble avantageuse pour l’écosystème, et pour l’Homme. (La condition est de lui laisser un nombre suffisant d’arbres, tiges et branches à ronger). Les peupleraies ou les arbres qu’on souhaite conserver en lisière de cours d’eau peuvent être préservés par un simple grillage bas posé autour de l’arbre, ou quelques fils électrifiés.

De plus, à la différence de la loutre, il est peu exigeant sur la qualité de l’eau et peut ainsi recoloniser certaines zones de qualité médiocre qu’il contribuera à écologiquement restaurer.

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Les Mœurs du Castor du Canada

Posté par othoharmonie le 25 novembre 2013

 

 

téléchargement (2)Mœurs :         Le Castor du Canada est un animal très sociable, qui vit en famille unie. La famille ou la colonie est formée du mâle et de la femelle adultes, de leurs jeunes de l’année et ceux de l’année précédente. On peut trouver de nombreuses variations dans la structure de la famille, et plusieurs colonies sont occupées par un individu ou un couple seulement. Ils vivent tous ensemble dans la même hutte pendant l’hiver et occupent toute l’année le même territoire. La femelle adulte est le membre dominant de la colonie.

Le Castor du Canada peut vivre jusqu’à 20 ans, mais en général il vit moins de dix ans. Ses prédateurs sont nombreux. Ce sont l’ours, le loup, le Coyote, le Pékan, le Carcajou, la loutre et le lynx. Il semble par contre qu’à part la loutre qui parvient à se faufiler dans la hutte du Castor du Canada, ce qui apparemment arrive rarement, ses prédateurs ne sauraient le capturer facilement. L’homme est ainsi son principal prédateur.

Statut de l’espèce    : Le Castor du Canada est une espèce abondante au pays, mais cela n’a pas toujours été le cas. Sa fourrure avait à l’époque, depuis l’arrivée des Européens, une forte valeur marchande. On l’utilisait surtout pour faire des manteaux et des chapeaux de feutre. Ce n’est qu’en 1920 que le gouvernement a réalisé l’ampleur de la diminution du nombre de castors au Québec, et au début des années 1930, il a aboli dans plusieurs régions le piégeage de l’animal. Par cette mesure et par une grande amélioration de son habitat suite aux perturbations de la forêt, la densité des populations de Castor du Canada a pu augmenter rapidement. Aujourd’hui, on le piège toujours pour sa fourrure, mais des réglementations existent et l’espèce est plus abondante que jamais.

Pour plus de chances d’observation :         L’observation d’un Castor du Canada en nature n’est pas rare, surtout vers la fin de la journée lorsqu’il commence sa période d’activité nocturne. Contrairement à d’autres animaux qui laissent des traces peu visibles de leur passage, celles du castor sont faciles à repérer. Sa hutte et son barrage sont particulièrement apparents. Comme le Castor du Canada s’active souvent autour de sa hutte, il est bon de la repérer. Cependant, la hutte n’est pas nécessairement habitée. En effet, la hutte ainsi que le barrage du Castor du Canada sont si solidement construits qu’ils peuvent rester en place même s’ils ont été abandonnés depuis plusieurs années. À l’automne, la présence d’une réserve de branches fraîches devant sa hutte indique que des castors y vivent.

Un bon indice pour s’assurer de la présence du Castor du Canada est la découverte d’un arbre fraîchement abattu. Si les copeaux de bois à la base du tronc coupé sont encore pâles, vous voilà près de votre but! Visitez cet endroit, promenez-vous y à la fin de la journée ou au lever du jour, et vous aurez de fortes chances de l’apercevoir. N’oubliez pas vos jumelles!

Vous découvrirez peut-être aussi, surtout au printemps, les monticules de boue et de végétaux atteignant quelquefois jusqu’à 60 cm de hauteur, qu’il érige et imprègne de son urine pour délimiter son territoire. Ces monticules sont nommés des bornes odorantes parce qu’elles dégagent l’odeur du castoréum, une substance fortement odorante produite par des glandes et entraînée dans l’urine de l’animal.

Références utilisées : Banfield, A.W.F., Les mammifères du Canada, Musée National des Sciences Naturelles, 1974.

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Chasse et piégeage du castor

Posté par othoharmonie le 22 novembre 2013

 

200px-Castor_dents-hayeLa chasse a été la première menace pour l’espèce. Ces animaux, faciles à piéger, ont été chassés depuis l’antiquité pour leur fourrure qui servait notamment à produire des chapeaux, leur chair et pour le castoréum, une substance huileuse sécrétée par des glandes sexuelles situées en dessous de la queue (assimilées à tort aux testicules). Cette chasse les a conduits à l’extinction sur une grande partie de leur aire naturelle de répartition avant même le milieu du xxe siècle.

Une fable d’Ésope évoque leur chasse et raconte comment un castor, ne pouvant plus échapper aux chasseurs qui le poursuivaient, se mutila pour éviter d’être pris.

Au Moyen Âge, le castor européen a été largement chassé pour sa chair, car les chrétiens étaient autorisés à en manger le vendredi, celle-ci étant assimilée à celle du poisson et non à de la viande, en raison de la vie aquatique de l’animal (Voir aussi carême).

Alors que le castor avait déjà presque disparu en Europe de l’Ouest, aux xviiie et xixe siècles, la demande de fourrure se reporte vers le castor canadien qui est aussi chassé pour son castoréum) par les trappeurs, au point qu’il a rapidement disparu d’une grande partie de l’Amérique du Nord. L’impact écologique de sa disparition a déclenché le lancement de programmes de réintroduction, qui lui ont permis de réintégrer certaines zones desquelles il avait disparu.

Bien qu’il soit un des symboles nationaux du Canada, le castor y est considéré dans plusieurs régions comme un animal localement envahissant. Après son retour ou sa réintroduction, il peut à nouveau inonder des zones, ce qui diminue le risque d’incendie de forêt, mais peut causer l’inondation de zones où l’on a entre temps construit des routes ou planté des champs. On contrôle alors le niveau d’eau au moyen de siphons autoamorcés silencieux (car c’est le bruit de l’eau qui coule, qui est le stimulus déclenchant l’acte instinctif de construire ou colmater un barrage).

Le castor a longtemps été victime de la chasse par les trappeurs en Amérique du Nord, il devint d’ailleurs l’emblème et le couvre-chef du célèbre trappeur Davy Crockett.

Dans de nombreux pays, il pâtit de sa ressemblance avec le ragondin (aussi appelé myocastor) et avec le rat musqué, espèces invasives et considérées comme nuisibles car dégradant fortement les berges. Il est parfois aussi empoisonné par les appâts empoisonnés destinés à éliminer les rats musqués. Des mesures permettant de protéger les castors de ces appâts sont expérimentées.

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Du castor au trappeur

Posté par othoharmonie le 18 novembre 2013

 

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Encore aujourd’hui, sa fourrure est recherchée pour sa grande valeur. On dit même que sa chair est excellente. Bien que nous ayons modifié l’environnement, le castor s’accommode assez bien de ces changements, pourvu qu’il lui reste un coin d’eau et de la nourriture. À Montréal, un biologiste contrôle leur nombre et surveille les endroits où ils s’installent. Quand il construit un barrage, le territoire ainsi inondé permet à nombre d’animaux aquatiques d’y trouver refuge, mais il arrive parfois que la partie inondée soit une route, un champ, ce qui ne fait pas l’affaire de tout le monde.

 

téléchargement (12)Le castor a joué un rôle important dans l’exploration de la Nouvelle France. Les trappeurs et les coureurs des bois poussaient de plus en plus loin leurs activités pour satisfaire les besoins croissants des européens. Chez-eux, les populations de castors avaient été presque anéanties à cause d’une exploitation excessive. À cause de l’importance que prend ce commerce en Nouvelle France, on voit même s’établir des rivalités entre les Français, trafiquant les fourrures avec les Algonquins et les Hurons sur le St-Laurent, et les Hollandais d’Albany négociant leurs fourrures avec les Iroquois sur la rivière Hudson. Vers 1750, on estimait déjà à plus de 2 millions le nombre de castors tués en Amérique. Vers 1780, les peaux de castors servaient même de monnaie d’échange, si bien qu’un trappeur pouvait se procurer de nombreux objets utilitaires. En échange de 14 peaux de castors, il recevait un fusil… En plus des fourrures, on chassait le castor pour son musc, auquel on attribuait à tord ou à raison, des propriétés curatives.

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Le Castor et l’homme contemporain

Posté par othoharmonie le 18 novembre 2013

 

220px-CastorChapeauDer_Kuerschner_klopftDu 17ème à la fin du 19ème siècle, le castor a disparu de nombreuses régions de France (bassins de la Loire, de la Seine, du Rhin…) du fait de sa destruction directe par l’homme (chair, fourrure, prime de destruction versée par des syndicats de digue…). De fait, il ne subsistait plus que dans la basse vallée du Rhône. Au début du 20ème siècle, la population de castor du Rhône était estimée à quelques dizaines d’individus, uniquement localisés dans la basse vallée. Afin d’éviter sa disparition, le castor fut protégé dès 1909. Dans les années soixante, la population était estimée entre 3 000 et 5 000 individus. On peut estimer aujourd’hui que l’ensemble des effectifs devrait être compris entre 8 000 et 10 000 individus. L’espèce continue encore à étendre son aire de répartition notamment sur le bassin de la Loire et dans une moindre mesure en Alsace. Des perspectives de colonisation existent encore sur les bassins de la Saône et du Doubs.

41 départements métropolitains sont concernés à des degrés divers par la présence du castor, essentiellement dans le Sud-est, le Centre et le Nord-est. Le Bassin rhodanien constitue le berceau originel de l’espèce à partir duquel de nombreuses réintroductions ont pu être engagées et réussies. Le castor est aussi présent sur la Loire et certains de ses affluents (Allier, Ardoux, Cher, Beuvron, Indre, Vienne…), sur le haut bassin du Tarn (Tarn, Dourbie…), sur le haut bassin de la Moselle (Moselle, Madon…) et sur le bassin du Rhin (Doller, Ill, Moder…). Des petites populations réintroduites existent dans le Finistère (Aulne, Ellez), dans le Languedoc (Vidourle), en Champagne (Der, Marne,…) et en Haute-Savoie sur les affluents des lacs d’Annecy et du Leman.

Où l’observer
L’espèce nord américaine est très facile à observer au Canada et dans les états du nord des U.S.A. L’animal est très imposant par sa taille. Il faut le chercher ou l’attendre au près de ses barrages.
En France l’espèce colonise un nombre croissant de cours d’eau loin des zones urbanisées. L’animal est courant dans les affluents du Rhône, dans la Drome et l’Ardèche, dans les affluents de l’Allier et de la Loire. C’est aux heures crépusculaires qu’il est le plus facile à observer. Il affectionne les rivières de taille moyenne qui ne s’assèchent pas en été.

Ne le répétez pas et surtout ne le faites pas ! 
Les cinéastes animaliers que je fréquente assidûment m’ont confié, en me faisant jurer le secret, un moyen fort simple et efficace pour voir ou filmer un castor travaillant sur son barrage. Il suffit d’aller provoquer une petite fuite en retirant quelques branches à l’ouvrage, de se mettre à bon vent et d’attendre. Bien vite notre animal apparaît à la surface de l’eau, inspecte le chantier et se met au travail.

Risques de confusion 
Le castor peut être confondu à la nage avec le ragondin, appelé également nutria. Le castor a une nage très coulée, le corps est presque immergé sauf la nuque et la moitié supérieure de la tête. Le ragondin nage en surface, la totalité de la tête et le haut du dos émergent. Le rapport de la longueur de la tête sur celui du corps (sans queue) est d’environ 1/5 pour le castor et d’1/3 pour le ragondin. A terre tout risque de confusion est exclus, le castor à une large queue plate en forme de pelle, le ragondin a une longue queue fine en forme de lime.

Comment constater la présence des castors ?

Elle est matérialisée par de nombreux indices, comme des chantiers de coupes d’arbres et d’arbustes pour satisfaire les besoins alimentaires ainsi que des coulées d’accès aux chantiers. Sur les berges, on peut observer des gîtes qui peuvent en fonction de la texture et de la hauteur de berge se présenter soit sous la forme de terrier, soit sous la forme de hutte de branches. Parfois, le castor construit sur les petits cours d’eau des barrages constitués de branchages mais aussi parfois de galets ou d’argile.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsEnfin d’autres indices plus rares peuvent être relevés, comme les canaux creusés par les castors pour relier deux points d’eau ou l’édification « d’échelle » de branches pour franchir un obstacle. Tous ces indices témoignent de l’aptitude d’aménageur du castor pour satisfaire ses besoins alimentaires, de déplacements et de sécurité.

Statut 
Le castor d’Europe est une espèce protégée sur l’ensemble du territoire national.

Menaces
Globalement l’espèce a atteint des effectifs en France qui la mette à l’abri des menaces, cependant quelques risques peuvent menacer l’espèce. Parmi les principaux, on peut citer :

– l’introduction illégale de castor canadien qui entre en compétition directe avec l’espèce européenne ;
– l’urbanisation sur certain fleuve qui empêche la circulation des animaux et par conséquent les échanges de population ;
– la destruction des milieux et la canalisation de certaines rivières.

La lutte contre les rongeurs aquatiques indésirables comme le ragondin ou le rat musqué constitue également un risque difficile à apprécier, notamment dans le cadre de luttes collectives par utilisation d’anticoagulants. La sélectivité des appâts et l’innocuité des toxiques n’ont jamais été testées sur le Castor. Localement, le piégeage (piège conibear utilisé contre le ragondin) peut, aussi, constituer une menace.

Article réalisé par Eric Tournier et Jean-Pierre Fleury.

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