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Le peuple des animaux : Communication avec Tomy et l’araignée

Posté par othoharmonie le 28 mars 2017

 

Les animaux ont-ils une âme ? Cette question, chacun se l’est un jour posée… tout en étant incapable d’y apporter une réponse satisfaisante. En effet, lorsqu’on aborde un tel sujet, on recueille généralement de simples opinions ou l’affirmation d’une croyance, mais guère plus.

Sensibles depuis toujours au monde animal, Daniel Meurois et Anne Givaudan ont, quant à eux, abordé la question d’une manière peu commune. A l’aide d’une méthode de travail bien particulière, ils ont eu la possibilité pendant de longs mois d’entrer en contact étroit avec des forces directrices de l’univers animal, des âmes-groupes, des dévas et des animaux eux-mêmes.

L’éclairage qu’ils apportent ainsi sur l’intelligence animal fait de ce document sans doute l’unique. De leur expérience résulte donc des récits troublants qui, sous la forme d’enseignements vivants, nous fournit mille et une informations relatives à un monde dont nous ignorons pratiquement tout.

Face aux actuelles aberrations qui exploitent et déciment le monde animal, par inconscience et par profit à court terme, nous avons tendance à faire un appel au bon sens et au respect animal.

De ce travail, il en résulte cette conversation avec l’Ame-guide animal  du chien Tomy qui dit ceci  dans le livre intitulé : LE PEUPLE ANIMAL 

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« Lorsque vous regardez un animal découvrir un endroit ignoré de lui, vous, les hommes ne parlez généralement que de flair ou d’instinct, incapables que vous êtes d’accéder à une vibration plus intime de l’univers physique. Oui, je dis bien physique, car la mémoire d’un lieu fait encore bien partie du monde relativement dense. Sa pénétration exige seulement un déverrouillage des facultés d’écoute du cœur. Ne vous y trompez pas… Le cœur peut réellement écouter autrement que poétiquement. Les poèmes humains traduisent une perception souvent confuse ou un espoir, à moins que ce ne soit un souvenir inconscient… mais l’âme animale, quant à elle, vit constamment tout cela.

Regardez bien Tomy, chers humains, vous le voyez flairer la poussière et la paille du sol de cette grange, ainsi d’ailleurs que le feraient beaucoup d’autres animaux. Bien sûr, c’est l’idée de leur odeur et des informations véhiculées par celle-ci qui vous vient à l’esprit, mais vous devez savoir que c’est aussi au-delà de l’odeur que l’animal cherche. C’est vers cette dimension, trop négligée de votre monde, que l’on nomme l’éther, qu’il dirige sa quête. L’odeur est une manifestation de la lumière dense renvoyée par toute chose. La lumière subtile, quant à elle, ce que vous appelez aura, dégage sa propre odeur et c’est elle que cherche l’animal car c’est par elle qu’il trouve la porte d’accès à la mémoire d’un lieu ou d’un objet. 

Approchez-vous de Tomy. Ne soyez plus observateurs mais tentez de vous mettre en symbiose avec lui ; aimez-le pour la vie qui est en lui, sachant que ce qu’il connaît aujourd’hui, chaque homme, chaque femme l’a expérimenté analogiquement des milliers de fois, il y a des milliards d’années »….

C’est un véritable défi qui nous est lancé. Faut-il renoncer, à tout comportement d’homme et de femme afin de nous laisser entraîner vers d’autres réflexes et aussi une logique différente ? Sans doute la Présence-guide  a-t-elle agi sur quelques déclics au plus profond de nous-mêmes, car la question ‘n a pas plutôt surgi en nous qu’elle perd immédiatement de sa consistance, emportée par un flot d’images déferlantes. Ainsi, c’est une sorte de bouillard lumineux qui envahit notre conscience et en son sein apparaissent subrepticement des images gorgées de soleil, de pluie et de vent. Celles d’un champ aux reflets blonds en bas d’une colline aride, celle d’une lame de faucheuse qui tournoie et d’un moteur qui toussote sur une route de campagne. Puis ce sont des images de bottes traînant sur la terre battue, des bruits de fourches qui raclent le sol et des cris d’hommes et d’enfants qui viennent nous submerger. Autant de visions, autant de perceptions, qui font parler en nous le monde de la paille, celui des êtres qui l’ont mise en botte s, enfin celui de la poussière chaude et acre de la grange.

Nous savons, avec une certitude absolue, que Tomy a ressenti tout cela et sans doute plus encore.  Tomy soupire bruyamment et nous aurions presque envie et besoin de l’imiter… nous sommes désormais dans un état de conscience tel qu’il nous semble percevoir quelque chose se déverser de l’esprit du jeune chien Tomy jusqu’au centre du nôtre ; et nous entendons ces paroles :

« Non, là il n’y a pas d’amour » – « Nous somme dans le monde de l’utile » – « Aimer, aimer… Qu’y a-t-il pour aimer, qu’y a-t-il à aimer… et qui donc aimer » ?

Face à lui, entre quelques piquets de bois et la pierre du mur, rayon de lumière blafarde vient jouer avec une immense toile d’araignée. Un petit animal velu se tient immobile en son centre et paraît l’observer :

« Il y a tout au moins elle à aimer… »

« L’araignée » ?

« Bien sûr, reprend la voix-guide. Mais aimer, pour un animal qui ouvre sa conscience, cela ne signifie pas nécessairement s’approprier. Cela peut être jouer, c’est à dire reconnaître l’autre comme un être à part entière, digne d’intérêt.

araignée

« Mais pour un chien… pour un chat, jouer dans de telles conditions, c’est chercher à dominer. L’araignée sera écrasée, avalée. Est-ce cela que l’on appelle un jeu «  ?

 » Vous êtes au royaume animal, ne l’oubliez pas, mes amis. Le regard posé par vos frères sur ce que vous appelez vie et mort est souvent bien différente du vôtre. Pourquoi attendre de l’animal plus que ce que l’homme parvient lui-même à donner ?

L’âme animale ne craint pas la mort en elle-même. Elle la fréquente de beaucoup plus près que l’humain ne saurait le faire, parce qu’elle n’a pas de culture qui en dresse de perception hideuse et parce qu’elle est dénue de la notion de morbide. Ce qu’elle craint, c’est l’énergie qui génère parfois l’apparition de cette mort, la hargne, la haine ou le sadisme qui la font naître. Si Tomy venait à écraser cette araignée, il le ferait par manque d’une certaine conscience, mais sans engendrer une énergie qui souille le cœur et le lieu. Son ego n’a pas encore suffisamment éclos en lui pour que la notion de responsabilité signifie quelque chose à son propos ».

Tandis que la voix achève de prononcer ces mots, nos regards sont de plus en plus attirés par l’araignée au centre de sa toile. Nos consciences s’en approchent involontairement de si près qu’il nous semble maintenant l’observer à la loupe. Insensiblement, nous nous laissons absorber par sa présence et une sorte de voile translucide vient à tomber… c’est un voile par lequel la lumière acquiert une épaisseur, une consistance jaunâtre. Nous comprenons alors que, sans l’avoir cherché, nous venons de basculer sur une autre longueur d’onde de notre univers. L’animal et sa toile …. Qui y  a-t-il derrière cette merveilleuse organisation et, nous devrions dire, cette si douce présence ?

 araignée

Nous ressentons alors des projections de lumière, les émanations d’une conscience puissante et sereine qui s’adresse à nous en ces termes :

« Amis, ô amis, fait-elle, comme si elle nous connaissait de toute éternité, béni soit cet instant où une oreille humaine s’ouvre. Ecoutez, écoutez simplement car je veux vous dire qui je suis et qui vous ignorer chaque jour… je suis le cœur et l’âme de la planète araignée, son intelligence aussi, l’inspiratrice, l’ordonnatrice de tous ces filets que vous découvrez chaque matin couverts de rosée, de toutes ces toiles tendues et retendues patiemment dans les recoins oubliés de vos maison. Je suis une force mentale qui essaie d’apprivoiser la matière, les souvenirs de votre monde et qui apprend aussi ses lois. 

A travers des milliards et des milliards de corps, je tisse un immense réseau par lequel l‘organisation de cette terre pénètre lentement en moi, dans tous ses rouages… car je suis une mémoire, amis. Je construis une intelligence basée sur une mémoire détaillée  t nourrie de toute l’intimité des intelligences qui y vivent aujourd’hui. Patiemment, je bâtis la structure d’un univers pour demain… pour après-demain peut-être… peu importe car j’ignore votre temps. Il y a une boule de feu, un espoir qui vit en mon centre et qui, déjà, a la vision d’un monde à venir, un monde fort des richesses de celui-ci. Avec vos mots de matière… vous diriez peut-être que je suis un cerveau qui se bâtit, une race en gestation qui vivre et grandira sur d’autres Terres, sous d’autres Cieux.

Toutes ces toiles qu’à travers les cellules de mon être je tisse inlassablement par les forêts et les grandes, les caves et les greniers, sont plus que de simples instruments afin que mon corps subsiste et s’ancre en ce monde. Ce sont des lecteurs, des capteurs de ce que la conscience humaine produit, de votre intelligence créative et destructive, de vos errances, d e vos doutes et de vos peurs, mais aussi de vos percées vers l’Infini. Par leur réseau subtil j’absorbe l’histoire de votre monde, ses mutations et les schémas de votre croissance.  Ainsi, lorsque chaque matin votre vision de l’ordonnance des choses vous dicte de briser d’un revers de la main l’un des capteurs de ma mémoire, faites-le au moins sans colère ni reproche. La vie ne vous appartient pas.. ne l’oubliez jamais. Elle essaie de parler par toutes les voies, tous les pores de la Création… avec ou sans l’homme, en deça et au-delà de lui. Acceptez seulement de m’observer, de pénétrer l’étincelle de conscience et d’amour enclose en chacun de mes corps. Vos peurs sont à l’image de vos yeux embués et de vos oreilles fermées. Alors, apprenez à m’écoute r, à me regarder… sous toutes mes apparences. Il est trop injuste de fuir et de détester ce que l’on n’a pas pris la peine d’approcher et de voir. C’est une platitude que de dénoncer cela, mais c’en est également une que de vivre et de perpétuer un tel état de fait d’âge en âge. Tout mon être vous propose un pas de plus vers l’harmonie en découvrant un autre visage du respect de la vie.

A chaque seconde qui s’écoule, je vois et sens des millions d’épaules qui se haussent face à ma présence et autant de cris que l’on me jette. Du fond de mon âme, je les reçois, je les analyse et j’y perçois toute votre détresse. J’y lis votre incapacité de percevoir le Divin en toute chose, votre coupure d’avec le Monde, et derrière tout cela, votre crainte héréditaire de devoir relativiser votre propre image, votre importance devant l’immensité de la Création.

Qu’est-ce qu’une araignée ? dites-vous. Mais, un peu de tous ces éléments, de toutes ces forces qui circulent en vous ! Un peu de cet Etre sans nom dont vous cherchez, vies après vies, la trace lumineuse, sans trop souvent poser même l’avouer.

Sachez-le, une araignée lit en vous plus sûrement que la plupart des créatures de votre monde. Elle est déchiffreuse de perceptions auditives et démissions psychiques. En cet instant, amis, je perçois une foule d’interrogations qui déferlent en vous, mais surtout, surtout cette lancinante question qui traîne encore chez les hommes. L’intelligence animale … Y en a-t-il vraiment une ? Ne se limite-t-elle pas à la simple reproduction de quelques schémas ?

Mais, dites-moi, vous, humains, ce qu’est l’Intelligence ! Savez-vous réellement qu’elle peut ne pas avoir visage humain, que vous pouvez ne pas en être la juste et éternelle mesure ?

Il n’y a pas une intelligence, mais des intelligences… Certains de vos frères, dans d’autres mondes, ne perçoivent pas sept couleurs dans l’arc en ciel mais bien plus, d’autres captent les parfums et en font des sculptures, d’autres encore jouent avec le temps et s’y déplacent comme sur une route ! Tous n’ont pas votre apparence, loin s’ne faut. De la même façon, nous autres, dévas  et frères animaux bâtissons à l’intérieur même de votre monde, des sphères de conscience et d’intelligence dont vous ne pouvez avoir la moindre idée. Nous y développons des civilisations. oui, je dis bien des civilisations. Mais autour de concepts qu’aucun mot ne saurait traduire. Des civilisations d’images mentale s, des civilisations édifiées à partir  de reliefs vivants issus de notre conscience, des univers complets, parfaits dans leurs rouages… et où l’intelligence, la sensibilité, la logique divines déploient l’une de leurs myriades de facettes. Oui, il y a plusieurs terres qui s’entrecroisent au coeur même de cette terre… et, sachez-le, seule l’Intelligence des intelligences, celle qu’affine un cœur pur, permet de se déplacer de l’un de ces univers à l’autres, de l’univers de l’homme à ceux qui ne le sont plus ou pas encore.

Une telle vision de la part de l’âme arachnoïde vous surprend, n’est-ce pas, frères humains ?

Mais l’histoire et le rôle de ceux que vous appelez dévas, voyez-vous, c’est l’histoire de la Présence divine qui s’expanse à tout instant… dans autre horizon que celui de l’Unité ».

Fin du message de l’araignée

Unité… ce mot est resté gravé en nous alors que la « vision » vient soudain de s’estomper. Puis peu à peu, tandis que l’image de Tomy somnolant et du vieux mas s’est éloignées, notre temps d’home et de femme a repris ses droits et sa densité. A trois mètres au-dessous de nous, deux corps de chair ankyloses attendent… notre retour !

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Le caribou et l’homme

Posté par othoharmonie le 27 février 2017

 

Caribou, le compagnon de l’homme dans le grand nord

Des peintures préhistoriques au traîneau du Père Noël, le renne et le caribou ont une place de choix dans l’imaginaire des peuples chasseurs du Grand Nord comme dans celui des enfants occidentaux. L’exploitation des richesses du sous-sol arctique et les erreurs de l’homme empêcheront-elles ces animaux de survivre ?

caribou homme

L’élevage du renne

L’instinct grégaire du renne a sans doute facilité sa domestication et la formation de grands troupeaux vivant en semi-liberté sur d’immenses territoires. Le renne est assez puissant pour servir d’animal de trait. Les Saami (Lapons) se nourrissent de sa viande et utilisent sa fourrure pour confectionner de chauds vêtements. Son lait, très riche, est particulièrement recherché par les peuplades du Nord, dans des régions où le climat interdit l’élevage des bovins.

Il existe plusieurs degrés dans la domestication, depuis les animaux gardés à l’étable pour la monte ou l’attelage, jusqu’aux vastes troupeaux qui voient l’homme une fois l’an, lors des regroupements pour l’abattage ou le marquage des jeunes.

Utilisé comme moyen de transport dans le nord de la Sibérie et de la Russie européenne, le renne est également élevé pour sa viande et sa fourrure en Russie, en Finlande, en Norvège et en Suède. Ces élevages jouent un rôle économique non négligeable pour les pays qui possèdent de grands troupeaux de rennes domestiques.

Les caribous victimes des erreurs de l’homme

Si certaines populations de caribous ont encore des effectifs importants, d’autres populations et sous-espèces sont menacées. Les délicats paramètres écologiques qui ont façonné ces troupeaux naturels depuis le début de l’ère quaternaire sont maintenant perturbés par des faits technologiques comme la construction d’oléoducs ou de gazoducs et, de façon générale, l’exploitation industrielle des régions arctiques, ainsi que la chasse.

Depuis le début du xxe siècle, la chasse avec des fusils de plus en plus performants a considérablement réduit les effectifs des grands troupeaux d’autrefois, et contribué de façon importante au déclin de plusieurs populations des régions arctiques canadiennes, telle celle de caribous de la toundra de la rivière Porcupine, qui est passée de 178 000 individus recensés à 1989 à 123 000 en 2001. Pour éviter de nouvelles hécatombes, certains troupeaux sont protégés. La chasse y est interdite ou limitée aux besoins locaux. Ainsi les Inuits ont-ils réduit les prises effectuées sur le caribou de Peary, sous-espèce en voie de disparition.

Les populations de caribous sont également affectées par les activités humaines industrielles. Un exemple marquant est un événement survenu à la fin des années 1970 dans l’Est canadien : des milliers de caribous en migration sont morts noyés par les eaux d’un barrage hydroélectrique relâchées brutalement dans le fleuve que le troupeau traversait. Il aurait suffi de différer cette manœuvre pour éviter un accident déplorable. Cela prouve aussi qu’une gestion correcte de la faune est impossible sans concertation.

Les incidences humaines sur ces ongulés –  de même que sur toute la faune et la flore sauvages – peut également être indirecte. Ainsi, après l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl en 1986, les retombées radioactives de l’explosion ont été absorbées par les lichens de Scandinavie, qui ont agi comme des concentrateurs de pollution radioactive. Les rennes, en s’en nourrissant, ont accumulé les radionucléides dans leurs tissus. Impropres à la consommation, des milliers d’entre eux ont dû être abattus par les autorités. Mais les effets de ce type de pollutions se ressentent aussi à long terme sur les populations touchées ; des études menées dans les années 1990 ont ainsi montré des anomalies chromosomiques chez les jeunes rennes vivant dans des zones ayant été exposées aux retombées radioactives.

Les caribous souffrent également du réchauffement climatique qui, notamment, modifie le couvert végétal et entraîne une augmentation des précipitations de neige – affectant donc les ressources alimentaires des caribous mais aussi l’accessibilité à ces dernières –, et a des incidences sur les populations d’insectes des régions où ils vivent (densités, époque d’apparition, etc.).

Des oléoducs sur les chemins migratoires

Le sous-sol de l’Arctique est riche en pétrole, désormais exploitable – et exploité – grâce au développement de nouveaux moyens technologiques. Entre les sites de forage au nord et les ports pétroliers au sud, on construit des oléoducs, longs de centaines de kilomètres. Pour que de telles structures gênent le moins possible les migrations de la grande faune terrestre, les canalisations ont été alternativement enterrées et surélevées d’environ 3 m au-dessus du sol afin de ménager plusieurs passages. Des études sur l’impact de ces structures sur les caribous ont été effectuées. L’une d’elles, menée sur l’impact d’un oléoduc de 1 400 km de long terminé en 1970, a montré que les élans, qui se déplacent aussi de façon saisonnière, acceptent  les obstacles : seuls 14 individus sur 1 082 (soit 1,38 %) ont refusé de les franchir. Mais la migration du troupeau de caribous de Grant, habitant la toundra de l’Alaska, a été très perturbée. Les mâles sont passés, mais pas les jeunes ni les femelles, et les animaux se sont trouvés séparés.

En revanche, le troupeau de Nelchina, habitant aussi l’Alaska, mais en forêt, n’a pas modifié ses habitudes. Quatre individus seulement sur 7 900 animaux ont refusé de traverser. Les autres sont passés sous l’oléoduc, surélevé de 2,40 m, ou par-dessus, là où il était enterré.

Lorsqu’il n’y a pas de route le long de l’oléoduc et que les activités humaines ne sont pas trop intenses, les chances de passage des animaux restent élevées. Mais, quand les pistes et les routes d’accès sont très fréquentées, les caribous restent à distance et n’effectuent pas leur migration. Les populations sont alors sérieusement en danger.

Caribou

Des rennes introduits en Amérique

Entre 1891 et 1902, pour enrayer la disparition du caribou et transformer les Amérindiens en fermiers, 280 rennes européens domestiqués ont été introduits en Alaska. En 1930, ils étaient 600 000. Puis l’effectif a chuté à 252 000 en 1937, à 155 000 en 1941, et enfin à 26 700 en 1952, à cause d’une mauvaise gestion des troupeaux et d’un surpâturage excessif des lichens, qui ont fait mourir de faim de nombreux herbivores, dont les rennes et les caribous.

Un autre cas frappant est fourni par l’île Saint-Mathieu, dans la mer de Béring. En 1944, 29 rennes sont importés sur cette petite île de 332 km2. Ils prospèrent si bien qu’on en compte 6 000 en 1963. Au printemps 1964 pourtant, il ne reste plus que 42 animaux. Tous les autres sont morts d’inanition en raison de la destruction des lichens, totalement arasés par un troupeau trop important. L’île, en fait, aurait probablement pu supporté 6 rennes au km2. Or, en 1963, on en compte 3 fois plus. Le froid très rigoureux de l’hiver 1963-1964 a fait le reste.

Toutes les expériences d’introduction du renne n’ont toutefois pas été aussi dramatiques, comme en témoigne l’histoire du troupeau de Bahr. En décembre 1929, sous la conduite d’Andrew Bahr, un pâtre lapon, un troupeau de 3 450 rennes originaires de Sibérie part d’Alaska pour se rendre dans l’État du Mackenzie (Canada). La longue marche des ongulés, sur 2 254 km de versants montagneux et de toundra, constitue l’une des épopées les plus fameuses de l’histoire du Grand Nord. En mars 1935, 2 382 rennes arrivèrent à destination, à proximité de la ville d’Inuvik. De nombreux animaux avaient succombé, victimes des prédateurs ou du climat, certains s’étaient égarés, mais d’autres étaient nés.

Une longue histoire commune avec l’homme

Les relations entre le caribou et l’espèce humaine existent dès l’arrivée de cette dernière sur le continent américain. Depuis cette lointaine époque, le caribou est chassé par les peuples amérindiens du Grand Nord et par les Inuits. Dans le Yukon (Canada), des traces de chasse au caribou datant de 13 000 ans ont été mises au jour.

Une chasse excessive a sans doute été le facteur essentiel ayant entraîné la disparition de plusieurs populations ou sous-espèces de caribous. Ainsi, la population de caribou des bois de l’île du Prince-Édouard a-t-elle disparu au cours de la seconde moitié du xixe siècle, tandis que le caribou de Dawson, ou caribou des îles de la Reine-Charlotte, sous-espèce endémique de l’île Graham, en Colombie-Britannique, s’est éteinte au début du xxe siècle. Aujourd’hui, la poursuite en hélicoptère ou en scooter des neiges ne laisse aucune chance aux animaux visés. Les caribous de la toundra, les plus accessibles, sont les plus menacés.

En Eurasie, l’histoire des rennes et celle des hommes sont étroitement mêlées depuis les périodes glaciaires. On a retrouvé en Europe des restes de rennes fossilisés associés avec des vestiges de culture humaine datant de l’époque acheuléenne, au début du paléolithique, il y a quelque 3 millions d’années. Au paléolithique supérieur, le renne est apparemment l’une des espèces animales les plus recherchées par l’homme. De splendides peintures rupestres, notamment celles d’Altamira et de Lascaux, évoquent les chasses aux rennes que pratique l’homme de Cro-Magnon, il y a 17 000 ou 18 000 ans.  

Le renne est très doux et s’habitue facilement à l’homme. Il n’est donc pas étonnant que les populations humaines des terres glacées aient choisi de le domestiquer de préférence à d’autres espèces. Les Saami de Scandinavie (Lapons) auraient domestiqué les rennes il y a déjà plusieurs
centaines d’années.
 

En savoir plus sur http://www.larousse.fr/

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Tous les caribous portent des bois

Posté par othoharmonie le 24 février 2017

 

Contrairement aux autres cervidés, les caribous des deux sexes portent des bois. Toutefois, dans quelques groupes canadiens, des femelles en sont dépourvues. C’est en automne, lors des amours, que la ramure est le plus développée. Son envergure peut dépasser 1,50 m chez un mâle adulte. Chaque animal possède une ramure originale qui le distingue de ses congénères. Les bois tombent une fois l’an. Les mâles reproducteurs sont les premiers à les perdre, à la fin du rut. Ils ne repousseront que début mars. Parfois, un mâle adulte perd ses bois pendant la saison du rut. Dans ce cas, il ne s’accouplera pas, mais refera sa réserve de graisse. Les femelles gestantes gardent généralement les leurs jusqu’au début du printemps, au moment où naissent les jeunes. Ainsi, chez les femelles, les bois tombent après la mise-bas, et leur repousse est immédiate.

Pendant la repousse, les bois sont recouverts d’une sorte de peau très vascularisée appelée velours. Puis ce tissu se dessèche et tombe par lambeaux. Le caribou s’en débarrasse en se frottant contre les arbres. En quelques semaines, une nouvelle ramure est en place. Les bois des femelles sont plus simples, ou bien ressemblent à ceux des mâles, mais en plus petits.

Quand les caribous se déplacent, ils font entendre un cliquetis audible à plus de 100 m du troupeau, sans doute dû au claquement des tendons sur les os sésamoïdes, situés au niveau des phalanges.

Les caribous se nourrissent en marchant tête baissée et peuvent parcourir ainsi jusqu’à 7 km à l’heure, franchissant avec aisance des névés et escaladant des glaciers pentus, en creusant des marches dans la glace avec leurs sabots antérieurs. En marchant, les caribous marquent le sol de leur odeur (glande interdigitale) ; en se frottant la tête contre les troncs d’arbre, ils déposent la sécrétion de leur glande préorbitale. C’est aussi cette glande que la femelle frotte contre le corps de son jeune faon pour que celui-ci porte son odeur. Elle peut ainsi le retrouver facilement dans le troupeau. La glande tarsienne produit une sécrétion odorante qui attire les femelles. Les mâles urinent sur leurs pattes postérieures pour en augmenter l’odeur.

Caribou

Milieu naturel du Caribou

Les caribous nord-américains vivent essentiellement dans la toundra et dans la taïga ; plus au sud, ils fréquentent aussi les régions montagneuses. Tout à fait au nord, dans le haut Arctique ou désert polaire, vit le caribou de Peary, qui se contente d’une végétation maigre et éparse. En bordure de ce désert, s’étend la toundra. Immense plaine désolée couverte de neige tassée par les vents durant le long hiver, où poussent de rares bouleaux nains et des saules buissonnants, c’est le domaine des caribous de la toundra et de ceux de Grant, qui se nourrissent surtout de lichens. Le sol caillouteux y est gelé en profondeur toute l’année. Les mousses et les carex dominent en plaine alors qu’en zone montagneuse on rencontre plutôt des saules et des aulnes. Au printemps et en été, à la fonte des neiges, les plantes vivaces réapparaissent et les caribous profitent et de leurs tiges et feuilles et des baies. Puis, en descendant vers le sud, la toundra laisse place à la taïga, limite des grands arbres et domaine des caribous des bois. Cette forêt au sol pauvre est parsemée de marais et de tourbières. Comme dans la toundra, ce sont les champignons qui permettent la lente décomposition des feuilles et aiguilles qui tombent sur le sol gelé.

On peut distinguer quatre types écologiques de caribous :  les caribous des bois vivant dans les zones boisées de plaine, ceux des zones boisées de montagne, ceux de la toundra et ceux du désert polaire. De l’Alaska (domaine du caribou de Grant) à Terre-Neuve (où vit le caribou des bois), les écarts climatiques, géologiques et topographiques, entraînent des différences dans la couverture végétale, mais un point commun subsiste : la présence de
lichens, arboricoles ou terrestres.

À l’est vivent les caribous des bois de plaine. C’est la taïga, occupée par la forêt boréale canadienne composée d’épicéas noirs et blancs, de sapins, de bouleaux à papier (Betula papyrifera) et de lichens arboricoles et terrestres. Vers l’ouest, l’habitat typique du caribou des bois est plutôt montagneux. En été et en automne, les animaux vivent au-dessus de la limite des arbres, c’est-à-dire à plus de 2 000 m d’altitude. Ils redescendent dans les plaines et les forêts semi-ouvertes lorsque la couche de neige devient trop importante en altitude.

En Scandinavie et en Russie, les rennes vivent dans les mêmes habitats que les caribous, depuis les déserts arctiques jusqu’aux zones montagneuses de la taïga. Ils se sont adaptés à plusieurs écosystèmes et sont présents depuis Ellesmere, au nord (84° N.), jusqu’à Sakhaline, au sud (46° N.).

Dans la neige neuf mois par an

CARIBOU2Les caribous subissent un climat caractérisé par des hivers longs et froids, pendant lesquels la température peut descendre à – 40 °C, et par des étés frais. De faibles précipitations tombent sous forme de neige, qui peut recouvrir le sol durant sept à neuf mois. Dans certaines régions, la couche atteint souvent 50 cm d’épaisseur, mais elle peut être beaucoup plus épaisse encore dans la toundra et le désert arctique. 

La mortalité des caribous est élevée à l’époque des avalanches printanières en montagne, ou lorsque la neige glacée les empêche de creuser pour trouver leur nourriture. Toutefois, l’allongement des jours en été et l’intense radiation solaire, caractéristique en altitude et sous ces latitudes, compensent la rigueur du climat et la courte durée de la vie végétative. La qualité de la luminosité favorise la croissance accélérée des plantes à la belle saison. Beaucoup de végétaux restent verts toute l’année. À cela, s’ajoute la présence des lichens sauveurs. C’est suffisant pour que les caribous survivent dans cet environnement hostile.

Prédateurs et compétiteurs

Le loup est le prédateur naturel du caribou. Cependant, les populations de loups ayant été réduites dans de nombreuses régions, le lynx canadien et le grizzli sont devenus les principaux prédateurs des caribous. Le coyote, le glouton, le renard roux, l’ours noir ou baribal, le lynx roux et même l’aigle doré se nourrissent à l’occasion de caribous, en particulier de nouveau-nés et  d’animaux affaiblis par l’âge ou la maladie. Certains charognards profitent des cadavres de caribous. Tel est le cas des ours polaires, des renards arctiques, de certains oiseaux comme les mouettes et les labbes, mais aussi des coyotes, carnivores très opportunistes.

D’autres espèces animales partagent la maigre végétation de ces régions avec les caribous. Ce sont les bœufs musqués, les lemmings, les lièvres variables et les lièvres arctiques. Certains, comme les lemmings, rongent avec avidité les bois des caribous lorsqu’ils tombent. Cette source non négligeable de calcium pour divers animaux l’est aussi pour les caribous
eux-mêmes qui les consomment.

Une mouche, ennemie féroce

caribou 1L’un des ennemis les plus acharnés du caribou, et qui influe énormément sur son mode de vie, est une mouche, l’œstre (famille des œstridés), qui attaque les animaux et se loge dans leurs narines. Cet insecte ressemble à un gros bourdon. Le bruit qu’il fait en volant affole les caribous qui se mettent à courir en tous sens et se réfugient dans la forêt. À l’exception des caribous de Peary, qui vivent le plus au nord, la plupart des animaux sont parasités par cette mouche, qui peut leur être fatale. C’est en été que les œstres sont les plus nombreux et perturbent les troupeaux, surtout dans la journée, laissant quelque répit aux ongulés pendant les heures les plus fraîches de la soirée. En cette saison, les caribous se séparent, vivant en petits groupes dans l’espoir de détourner l’attention des insectes. Ils essaient de décourager leurs attaques en restant immobiles, le museau près du sol. Mais cette attitude « anti-mouches » n’empêche pas les insectes de pondre.

Certaines espèces d’œstres pondent sous la peau des mammifères. Les œufs se développent en larves, puis perforent la peau des caribous avant de tomber sur le sol où elles se métamorphosent en mouches adultes. Les larves mesurent jusqu’à 25 cm de long. D’autres espèces envahissent les cavités nasales des caribous pour y déposer leurs œufs. Le développement des larves d’œstre provoque sans aucun doute de grandes souffrances chez les caribous, qu’il rend comme fous. Il est difficile d’estimer le nombre d’animaux qui périssent des suites d’une infestation par les œstres.

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LE CERF, animal sacré

Posté par othoharmonie le 19 février 2017

 

Dans la mythologie celtique, le cerf Blanc est le messager de l’Autre Monde et le conducteur des âmes. Un signe net de l’importance du cerf dans la symbolique celtique est la fréquence relative de son apparition dans l’iconographie ou la légende. Une divinité gauloise porte le nom de Cernunnos, celui qui a le sommet du crâne comme un cerf. Elle est représentée sur le chaudron d’argent de Gundestrip, assise dans la posture bouddhique, tenant d’une main un torque et de l’autre un serpent, entourée d’animaux les plus divers, et notamment d’un cerf et d’un serpent: peut-être faut-il voir dans ces bois de cerf surmontant la tête du dieu un rayonnement de lumière céleste.

cerf animal sacré

Le symbolisme du cerf dans le monde celtique est donc très vaste et il a trait certainement aux états primordiaux. Faute d’une étude d’ensemble, on doit provisoirement se borner à relever le symbolisme de longévité et d’abondance.

Les Gaulois employaient de nombreux talismans, en bois de cerf, et on a noté, en Suisse, dans des tombes alémanes des ensevelissements de cerfs à côté de chevaux et d’hommes. On a rapproché le fait des masques de cerf dont étaient munis des chevaux sacrifiés dans des kourganes de l’Altaï aux Vième et Viième siècles avant notre ère.

En Bretagne armoricaine, saint Edern est représenté chevauchant un cerf.
Comme le renne, le chevreuil, le cerf semble avoir joué un rôle de psychopompe dans certaines traditions européennes, notamment chez les Celtes: le Morholt d’Irlande, oncle d’Yseult, occis par Tristan en un combat singulier, est dépeint gisant mort cousu dans une peau de cerf.

Dans la mythologie celte, les cerfs sont les “ bêtes à cornes des fées ”, et les messagers entre le monde des dieux et celui des hommes. Il semble qu’il ait été surtout opposé dans les pays celtiques au sanglier, où le cerf (comme le cheval) représente l’élément masculin et combatif et le sanglier le côté féminin et érotique de l’homme et de la nature.

Dans l’ancienne mythologie nordique, quatre cerfs broutent, à la cime de l’arbre du monde Yggdrasil, les bourgeons (les heures), les fleurs (les jours) et les rameaux (les saisons).

Dans la plupart des traditions chamaniques européennes, les gens sont conduit vers l’Autre Monde en poursuivant un animal magique, souvent un cerf ou un sanglier. Un des personnages européens célèbres liés à la magie est Merlin.
L’image qui ressort est un prophète vivant dans les bois, maître des animaux, dont les totems sont le cerf, le loup et le sanglier. On retrouve le mythe du Cerf Sauveur dans la Chanson de Roland, un des premiers écrits en français, daté d’environ 1090. Cette chanson de geste se passe lors de la bataille de Ronceveau en 778. Un des passages parle de la manière dont Charlemagne a pu franchir la Gironde en crue grâce à l’intervention d’un Cerf Blanc.
On raconte également qu’une biche blanche est intervenue dans la vie de Clovis en 507, au moment de sa célèbre victoire de Vouillé contre les Wisigoths.

Pour les chrétiens le cerf devait sa noblesse au fait d’être l’animal privilégié de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Dans la culture chrétienne, le cerf blanc représente le Christ ; on trouve, dans l’église de Tréhorenteuc, en Bretagne, une mosaïque représentant un cerf Blanc, entouré de 4 lions et symbolisant le Christ entouré des 4 évangélistes.

On notera qu’Origène fait du cerf l’ennemi et le pourchasseur de serpents, c’est-à-dire l’ennemi du mal, expressèment le symbole du Christ. Saint Jean de la Croix attribue aux cerfs et aux daims deux effets différents de l’appétit concupiscible, l’un de timidité, l’autre de hardiesse, fonction de l’attitude supposée de ces animaux en face de leurs désirs. Le cerf est souvent associé à la gazelle dans l’Ecriture Sainte. A propos de leur relation, Origène remarque que la gazelle possède un oeil perçant et que le cerf est tueur de serpents et les fait sortir de leurs trous grâce au souffle de ses narines. Origène compare le Christ à une gazelle selon la theoria et à un cerf selon ses oeuvres, la praxis (Homélie III sur le Cantique des Cantiques).

Le cerf symbolise la rapidité, les bonds. Quand il a soif et quand il cherche une compagne son appel rauque et sauvage apparaît irrésistible ; d’où sa comparaison avec le Christ appelant l’âme, et l’âme-épouse recherchant son époux. Le cerf symbolise aussi bien l’Epoux divin, prompt et infatigable à la poursuite des âmes, ses épouses, que l’âme elle-même recherchant la source où se désaltérer.

Le cerf ailé peut signifier la promptitude dans l’action. Mais si l’on interprète l’image en fonction de la symbolique de l’aile, c’est toute la symbolique du cerf qui se trouve alors élevée au niveau de la spiritualité: la prudence du saint, l’ardeur à s’unir à Dieu, l’attention à la parole et au souffle de l’Esprit, la sensibilité à la présence de Dieu. Les légendes de saint Eustache et de saint Hubert décrivent l’apparition d’une croix entre les bois d’un cerf qu’ils poursuivaient.

D’autres saints ont également des cerfs pour attributs (Meinhold, Oswald et Procope de Bohême).

Le cerf d’or se retrouve dans les légendes cambodgiennes mais le caractère solaire de l’animal y apparaît sous un aspect maléfique. Comme c’est souvent le cas, l’animal solaire est mis en rapport avec la sécheresse ; il faut, pour obtenir la pluie, tuer le cerf, et c’est le but de la danse du trot, si populaire au Cambodge, dans la région d’Angkor notamment. On ajoute, en d’autres contrées, que la pénétration du cerf dans un village annonce l’incendie et oblige à quitter les lieux. La même idée du cerf néfaste et porteur de sécheresse est connue de la Chine antique.

Dans l’alchimie, souvent associé à la licorne, le cerf est le symbole du mercure philosophal. Une planche du chef-d’oeuvre de Lambsprinck, (XIVième) la pierre philosophale, nous montre les deux animaux face à face dans un sous-bois. Le poème accompagnant cette troisième figure révèle que le cerf symbolise le Mercure (aspect masculin) et l’Esprit ; la licorne est le Soufre (aspect féminin) et l’âme, tandis que la forêt est le Sel et le corps. L’alchimie, en relation avec le mythe antique du chasseur Actéon qui fut changé en cerf par Diane (Artémis), envisage le cerf en tant que symbole de la transformation du métal. Le cerf est ici lié au monde féminin et “ lunaire ” de l’argent.

CERF BLANC

 

 

Le cerf blanc porte un disque solaire sur le dos(La transformation du dieu-cerf au jour).

Le Cerf Blanc était un animal quasi légendaire à cause de sa rareté, et qui le tuait en tirait beaucoup d’honneurs. Ainsi, la coutume voulait que celui qui pouvait le tuer devait, en toute légitimité, et sans que quiconque s’y oppose, donner un baiser à la plus belle des jeunes filles de la cour. Si le baiser en lui-même n’était un affront pour personne, de nombreuses querelles naissaient au moment de choisir la plus belle : chaque chevalier voulait que cette qualité soit appliquée à sa Dame!

Dans la légende arthurienne, la chasse au cerf blanc entraîne les chevaliers au-devant de leur destin.

Les cerfs blancs (Le point de vue scientifique) Il est très peu répandu dans le milieu naturel. Cependant ceux qui l’ont observé et qui continuent à tenter de comprendre l’origine de ce phénomène, ont fini par identifier 4 pigmentations chez le Cerf élaphe Rouge d’Europe : – « rouge », au pelage brun normal, – « blanc », réunit tout type de coloration dominée par le blanc ; on y retrouve des individus au poil variant du blanc au beige en virant parfois vers le jaune, et possédant des yeux bleus, bruns voire des yeux de chaque couleur – « blanc pur », dont les représentants possèdent un pelage d’un blanc pur, et les yeux de couleur bleu – la dernière pigmentation « blesswild », traduite littéralement par « sauvage béni », est extrêmement rare et est matérialisée par de larges traces blanches présentes sur un pelage brun, partout ailleurs ; ces traces sont visibles uniquement sur le devant de la tête et parfois juste au-dessus des sabots. La pure variété blanche est celle qui possède le poil bien blanc et les yeux bleus. Certains spécimens de cerfs blancs, même considérés comme « purs » présentent des spots foncés pigmentant la peau et surtout visibles au moment des mues, notamment celle du poil d’hiver au poil d’été qui laisse apparaître des espaces sans poil à certains moments.

Le cerf est l’un des animaux symboliques les plus importants des anciennes cultures du monde.

Symbolise: Arbre de vie, fécondité, rythmes de croissance, renaissances, image archaïque de la rénovation cyclique, médiateur entre le ciel et la terre, soleil levant, image du Christ, don mystique, révélation salvique, messager du divin, vélocité, crainte, chasse.

CIVILISATIONS & TRADITIONS

Les Lapons, Groenlandais, Sibériaques, Samoyèdes et Mongols donnent à des constellations le nom du cerf, de l’élan ou du renne. Certains chamanes de Sibérie se déguisent en cerfs et portent des bois de cerf sur la tête. Il est donc dit que le cerf est l’animal sacré d’une civilisation arctique ; cela expliquerait que nous trouvions également le symbole de cerf en Espagne et dans le Midi à l’époque glaciaire. Dans la civilisation arctique, le cerf était adoré parce qu’il était l’animal le plus chassé. Bien entendu, cela ne signifie nullement qu’il faille parler d’un dieu-cerf ; il est suffisant de dire que cet animal passait pour être particulièrement sacré. Ce culte du cerf a survécu à la civilisation paléolithique, mais aura certainement pris un sens nouveau pour le monde agricole du néolithique. On peut dire quelles transformations il a subies avant de s’insérer enfin dans le polythéisme celte ; mais on peut bien supposer que le cerf n’y était plus simplement le noble animal que l’on chasse : il était désormais chargé de symboles.

On prête au cerf la découverte et l’utilisation de certaines propriétés thérapeutiques du dictame. Il s’agit d’une plante dont deux des noms sont voisins du cerf – artemidion et cervi ocellum – et qui est considérée depuis l’Antiquité comme une véritable panacée, mais capable entre autres d’expulser une flèche de la plaie provoquée, puis guérir celle-ci : les cerfs, et aussi les chèvres sauvages, avaient la réputation de soigner de cette façon leurs blessures de chasse, d’avoir aussi transmis ce savoir aux hommes. Le cerf est censé faire également usage du dictame comme contre-poison après morsure de serpent ; et d’autres herbes, purgatives, seraient obsorbées par le cerf pour expulser un serpent avalé volontairement dans un but de renouvellement de ses cornes et de sa peau.

Dans le bouddhisme le cerf d’or est une manifestation du Bouddha libéré (d’ou le fait qu’il a un visage d’homme qui sourit comme un bouddha) revenant parmi les hommes pour les délivrer de la force et de l’aliénation de leurs sentiments contradictoire (Lutte entre San et Dame Eboshi) et leur faire ainsi connaître la paix de l’âme propice à la sagesse et à la connaissance ( La mort du dieu-cerf fait déposé les armes à tout le monde).

Pour le shinto japonais, le cerf est la monture des dieux, et il fait partie des symboles divins qui sont représenté sur les Kakemonos sacrés (d’ou le faite que le cerf est un dieu).

Les Indiens d’Amérique manifestent dans les danses et dans leurs cosmogonies ce lien du cerf et de l’arbre de vie: l’association qui unit étroitement le pin à l’espèce des cervidés (danses du cerf autour d’un conifère érigé sur la Plaza) peut n’être en partie que simple imagerie forestière ; mais il n’est pas improbable que, beaucoup plus profondément, elles contiennent le symbolisme qui associe le cerf non seulement à l’est et à l’aube, mais aussi aux débuts de la vie apparue à la création du monde. …

Dans plus d’une cosmogonie amérindienne c’est l’élan ou le daim qui fait surgir à l’existence, par ses abois, la vie créée, et parfois dans l’art indien l’arbre est représenté comme sortant des Cornes fourchues de l’animal. L’effigie sacrée du Dieu Soleil des Hopis (Pueblos de l’Arizona) est taillée dans une peau de daim.

Au XVIe siècle, chez les Indiens de Floride, lors de la célébration de la fête du Soleil, au printemps, un poteau était érigé au sommet duquel on élevait la peau d’un cerf arrachée à un animal capturé en cérémonie ; auparavant on l’emplissait de végétaux pour lui donner forme et on la décorait de fruits et de plantes suspendus. Cette image était orientée vers le Soleil levant et la danse se tenait autour d’elle accompagnée de prières pour une saison d’abondance.

Une coutume analogue pour la fête du printemps est signalée chez les Timucua par W.Krickeberg. Le cerf est aussi l’annonciateur de la lumière, il guide vers la clarté du jour.

Voici un extrait d’un chant des Indiens Pawnees en l’honneur de la lumière du jour:

Nous appelons les enfants. Nous leur disons de s’éveiller… Nous disons aux enfants que tous les animaux sont éveillés. Ils sortent des gîtes où ils ont dormi. Le Cerf les conduit. Il vient du sous-bois où il demeure, menant ses petits vers la Lumière du Jour. Nos coeurs sont joyeux.

 Associations à travers les mythes, les Dieux, les Déesses, les Saints…

Cernunnos

Actéon : chasseur puni par Artémis qui le transforma en cerf ; il fut aussitôt dévoré par ses propres chiens. Artémis (Diane) : soeur jumelle d’Apollon ; déesse de la chasse, de la lune (Séléné) et de la magie (Hécate).

Artémis souvent représentée avec un cerf.

Apollon & Cyparisse

Hercule: Il met ensuite un an à capturer vivant un cerf aux cornes d’or, consacré à Artémis, avant de s’attaquer à l’énorme sanglier qui dévastait le mont Erymanthe, en Arcadie.

Aristée

Tuan Mac Carell: Partholonien, seul survivant du fléau qui détruisit sa race. Un matin, il se retrouva transformé en cerf et devint le maître de tous les cerfs d’Irlande.

Finn Mac Cumaill (Irlande) : Père de Oisin

Oisin (Irlande): petit faon

Saint-Patrick: se transformait en cerf

Saint-Hubert: chasse un grand cerf et voit une croix entre ses bois, la St Hubert est fêtée le 3 novembre.

En Bretagne armoricaine, Saint Edern est représenté chevauchant un cerf.

Merlin se transforme en cerf : Pendant ce temps, Merlin, qui savait tout de la perplexité de l’empereur à table, arriva aux portes de Rome, jeta son sortilège et se changea en une créature insolite ; il devint un cerf, le plus grand et le plus étonnant qu’on ait vu. Il avait un pied de devant blanc et portait cinq bois sur la tête, les plus majestueux qu’ait eus un cerf.

Jâtaka bouddhique

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LE SYMBOLISME SOLAIRE DU CERF

Posté par othoharmonie le 11 février 2017

 

Symbole solaire du pouvoir celte, le cerf est l’animal de la vie (à cause de l’arbre que forment ses ramures), de la puissance, de la virilité, de la longévité (on disait qu’il pouvait vivre jusqu’à 900 ans) et de la vélocité. Comme l’ours, le cerf manifeste la force de la nature : sa chasse et sa capture sont le sujet de nombreuses légendes.

Grâce à sa ramure comparable à un arbre et qui se renouvelle périodiquement, le cerf passait déjà alors pour un symbole de la vie qui se perpétue, du renouveau et du passage du temps.

Il passe pour être hostile aux serpents venimeux, et son pelage constituait une amulette de protection contre leurs morsures. La poudre de bois de cerf protégeait aussi les semences des intempéries.

cerfs

Le bestiaire du Moyen Age répète les mêmes enseignements, mais ajoute encore que les cerfs auraient découvert l’effet magique dont ils font usage pour se défaire des flèches qui se sont fichées dans leur peau, et cicatriser leurs blessures. On lit aussi que les bois de cerf constituent un puissant remède : la ramure droite, plus efficace que la gauche, chasse les serpents lorsqu’on la brûle. La viande de cerf fait tomber la fièvre, de même que l’onguent que l’on tire de sa moelle.  En héraldique, le cerf est le symbole de « la douceur et de l’indulgence, car il est dépourvu de fiel, ce qui explique sa longévité, qui est d’une centaine d’années ». On y représente également la ramure seule qui est « un signe de puissance ».

Dans la mythologie celte, les cerfs sont les « bêtes à cornes des fées » et les messagers entre le monde des dieux et celui des hommes. Le dieu celtique Cernunnos était couronné d’une ramure de cerf, comme l’étaient les chamans des peuples primitifs. En fait, de la même façon que le cerf a formé un couple d’opposés avec le taureau, il semble qu’il ait été surtout opposé dans les pays celtiques au sanglier, où le cerf (comme le cheval) représente l’élément masculin et combatif et le sanglier le côté féminin et érotique de l’homme et de la nature.

Une divinité gauloise porte le nom de Cernunnos, « celui qui a le sommet du crâne comme un cerf ». Elle est représentée sur le chaudron d’argent de Gundestrup, assise dans la posture bouddhique, tenant d’une main un torque et de l’autre un serpent, entourée d’animaux les plus divers, et notamment d’un cerf et d’un serpent. Peut-être faut-il voir dans ces bois de cerf surmontant la tête du dieu un rayonnement de lumière céleste. Un autre monument remarquable est celui de Reims où Cernunnos est représenté en dieu de l’abondance. on en connaît plusieurs autres. Cependant, il semble bien que le dieu doive être compris comme le maître des animaux.

En Irlande, Saint Patrick se métamorphose et métamorphose ses compagnons en cerfs (ou en « daims ») pour échapper aux embûches du roi païen Loegaire : il agit ainsi en vertu de l’incantation ou procédé magique appelé feth fiada, lequel procurait normalement l’invisibilité. le symbolisme du cerf dans le monde celtique est donc très vaste et il a trait certainement aux états primordiaux.

En Bretagne armoricaine, Saint Edern est représenté chevauchant un cerf.

C’est ainsi que la bande de guerriers qui est chargée de veiller sur les ports de l’Irlande et qui mène une vie libre et joyeuse parmi les bois et les vallées, les Fenians (ou compagnons de Finn) agit sous l’autorité de ce dernier dont le véritable nom est Demné, qui signifie précisément le cerf. De sa femme, la biche enchantée Sav, il aura un fils, Oisin (le daim – c’est le prototype du personnage d’Ossian tel qu’il a été restitué par MacPherson à la fin du XVIIIe s.), qui lui-même aura un fils, Oscar, « celui qui aime les daims ».

Pour la possession de Grainné, la fille du haut roi de Tara, Cormac Mac Art, il poursuivra des années durant son neveu Diarmaid dont le sanglier est l’animal totem, donc aussi tabou (voir Tristan et Iseut où le cerf de Finn est remplacé par le cheval – et les oreilles de cheval du roi Marc).

Comme le cheval encore (mais également le renne ou le chevreuil), le cerf paraît avoir rempli chez les Celtes un rôle de psychopompe (qui conduit les âmes des morts) : c’est cousu dans une peau de cerf que, dans le roman de Tristan, le Morholt mort est ramené à la cour de sa sœur, la reine d’Irlande, tandis qu’Oisin, dans l’Accalam na Senorach (« le Colloque des Anciens »), va rejoindre sa mère dans l’autre monde.

A travers ses survivances dans la littérature galloise (histoire de Gereint et Enid dans les Mabinogion), puis médiévale et continentale (dans Erec et Enide de Chrétien de Troyes, par ailleurs une démarque du texte gallois), on trouve aussi la trace d’un symbole du cerf blanc qui renvoie apparemment à un ancien rituel magico-religieux pour s’approcher de la féminité divine.

Rapide et insaisissable, le cerf était souvent représenté – surtout sous la forme d’une biche ou d’un mâle de couleur blanche – comme un modèle de l’âme, ou un messager divin. Dans la mythologie celte, il tire le chariot de Flidass, déesse de la chasse.

De fait, il semble que l’invasion celte, lorsqu’elle s’est produite, a intégré dans ses propres représentations toute une partie du fonds pré-indo-européen, et que le culte ou les images de cerfs y renvoient très souvent à d’antiques pratiques chamaniques – comme dans l’épisode de Suibhne Geilt, « la folie du roi Suibhne », où l’on voit un souverain retourner à l’état de nature et vivre dans la compagnie des cerfs ou se saisir d’un daim pour en faire sa monture.

Le cerf, habitant de la forêt, est un défi perpétuel pour le roi chasseur Arthur. Au moment où la Cour prépare à Carlion le mariage d’Enid et de Gereint (Erec), on l’avertit qu’un cerf d’une splendeur inégalée traverse la forêt de Dena (Dean). Arthur le chasse et le tue, puis l’offre à Enid, lui donnant ainsi symboliquement les rênes du pouvoir.

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Le Chevreuil dans le Bosquet

Posté par othoharmonie le 6 février 2017

 

 
chevreuilDans une des lettres qu’il a écrite à W.G. Gray au sujet de l’« Ancien Membre », un rite du clan, Cochrane mentionne aussi le « Chevreuil dans le Bosquet » qui est également un des mythes du clan. Plus d’une fois, ceux qui ont vu ces lettres, qui m’ont été données par Bill Gray juste avant sa mort, m’ont demandé ce qu’il entendait par là. De nombreuses interprétations de ce concept ont été faites par des groupes qui n’en ont jamais entendu parler ou en des termes très vagues. Ainsi, tout comme pour le mythe du Bâton, de la Rose au-delà du Tombeau et du Château, il est peut être temps de le présenter à un auditoire plus large que notre petit groupe qui se réunissait autour de Cochrane.

Tout d’abord et avant tout, le « Chevreuil dans le Bosquet » représente l’esprit de sacrifice et d’autorité. Il peut aussi représenter l’idée du sort ou de la destinée qui crée le futur que nous tous allons vivre. C’est un symbole de sacrifice qui, plus qu’un simple symbole sorcier, est basé sur un concept ancien et universel. Il y a de nombreuses cultures où un animal est bloqué par ses cornes dans un bosquet ou un buisson, et qui devient ainsi celui que l’on sacrifie en lieu et place d’un homme. C’est une idée tellement répandue que le motif de Ram dans le Bosquet fut utilisé, par exemple, pour décorer des pieds de tables dans la ville sumérienne d’Ur.

Le même concept est mentionné dans la Genèse, lorsque Dieu demande à Abraham d’emmener son fils Isaac dans la région de Moriah et de monter sur la crête de la montagne qu’il avait choisie. Là, Abraham devait construire un bûcher et y sacrifier son fils en l’honneur du Seigneur. Abraham s’apprêtait à le faire et, lorsqu’il est sur le point sacrifier Isaac, Dieu lui dit de regarder derrière lui et qu’il trouvera là un sacrifice plus approprié. Abraham le fit et trouva un bélier pris au piège, par ses cornes, dans un buisson. Il le prit et l’offrit à Dieu en lieu et place d’Isaac. Si ça ce n’est pas un premier exemple de sacrifice substitutionnel, alors je ne sais pas ce qui en est un.

L’unique différence entre cela et le concept même du « Chevreuil dans le Bosquet », c’est que pour nous le Cerf a toujours été un animal sacré, même s’il est et a toujours été chassé pour sa viande. Dans le passé, lorsqu’un cerf était tué, sa tête pouvait servir d’offrande rituelle à l’Ancien Dieu Cornu en signe de sacrifice ainsi qu’en remerciement pour cette mort. Même de nos jours, il y a toujours une certaine mystique dans la mise à mort d’un cerf et l’on ne manque pas de faire faire un « trophée », qui sera en général accroché à un endroit où tous pourront l’admirer.

chevreuil

Etudions un événement historique raconté par Lady Stenton dans son livre « English Society in the Middle Ages ». En 1255, un groupe de chasseurs a tué un magnifique cerf dans la forêt de Rochingham. Ils lui ont coupé la tête et l’ont accrochée face à l’Est à un mat dans une clairière. Par hasard, ils avaient un fuseau avec eux et l’ont placé dans la gueule du cerf. Si nous croyons Lady Stenton, ce n’était rien de plus qu’une blague un peu crue destinée à se moquer du roi d’une manière assez surprenante. Ce que ne dit pas Lady Stenton, c’est en quoi, en faisant cela, on se moquait du roi. Elle ne dit pas non plus pourquoi un groupe de chasseurs avait bien pu se munir d’un fuseau. Si nous revenons sur cet événement et si nous l’étudions avec une approche Sorcière, en se souvenant en même temps du concept du « Chevreuil dans le Bosquet », qui symbolise le destin et le sacrifice, alors toute la scène prend une nouvelle signification. Ce qui est décrit était le rituel d’offrande du vieux Chevreuil dans le Bosquet.

Tout d’abord d’un point de vue Sorcier, les personnes ayant chassé le cerf devaient être membres de la classe dirigeante, qui seule pouvait chasser ouvertement dans ce qui devait être une réserve de chasse privée. A cause des lois bien plus draconiennes de cette époque, la seule manière qu’avait un paysan de chasser un cerf était de le braconner et, dans ce cas, il ne l’aurait certainement pas signalé en accrochant la tête sur un mat à la vue de tous. La carcasse, tout comme l’acte en lui-même, aurait été bien dissimulée. Deuxièmement, dans de nombreux procès en sorcellerie, vous conservez l’impression que derrière les accusés il y avait d’autres personnes qui restaient dans l’ombre, et qu’on n’arrêtait ni ne jugeait jamais, à la différence de tant de sorcières issues de classes plus modestes.

Ainsi, pourquoi un petit, mais tout de même fortuné, propriétaire terrien voudrait-il avoir une des toutes premières places dans une organisation interdite ? C’était une époque pleine de superstitions ; on disait même que l’air était peuplé d’entités invisibles et la plupart des gens vivaient dans une très grande peur du Diable et de tout ce qui le concernait. Quelle meilleure position pour un petit propriétaire terrien, qui dépendait probablement d’un seigneur plus important et dont la subsistance dépendait du travail bénévole de paysans et des serfs, que d’être le Grand Maître de l’ancienne religion pagano-magique de leurs ancêtres ? Ce que nous devons garder à l’esprit, c’est que la grande majorité de la population, dont les racines païennes ne sont pas très loin, se souviendra du Grand Maître des rassemblements. Il est aussi le représentant du Vieux Cornu, Dieu sur Terre, dont les paroles faisaient, à une certaine époque, fonction de loi.

Pour aller encore plus loin dans ce sens, ils n’avaient pas besoin de connaître l’identité réelle du Grand Maître (qui a dit que le système des cellules est une invention de l’espionnage contemporain ?). Ainsi, lors d’une réunion spéciale, on disait aux coven que le vieil untel qui fut un « bon camarade » devait être laissé seul, tandis que le vieil untel était un mauvais camarade contre qui la magie du coven pouvait être utilisée. La tentation de s’en servir pour accomplir les dessins propres du Maître a toujours été là. Comme la Sorcellerie était très morcelée et désorganisée, cela pouvait se faire même si le Grand Maître ne faisait que semblant de servir la tradition. Mais je suspecte que tout de même un grand nombre d’entre eux croyaient toujours aux pouvoirs de l’Ancienne Foi, comme les évènements de la forêt de Rockingham le montrent.

En plaçant sur un mat, face à l’Est, la tête coupée du cerf, l’esprit du mort était offert au Jeune Dieu Cornu, symbolisé par le soleil levant, en paiement d’un cycle de sept années de pouvoir. Il était sacrifié en lieu et place de la propre vie du maître. Les douze autres chasseurs devaient être des membres moins importants du clan. Ils étaient là pour observer le sacrifice et témoigner que tout s’est déroulé selon les règles de la Foi. Cela place solidement l’acte dans son ensemble dans le mythe du sacrifice substitutionnel, et cela seul le Maître d’un coven ou d’un clan pouvait le faire.

chevreuilPour ce qui est du fuseau placé dans la gueule du cerf, il s’agit d’une référence claire au vieux concept anglo-saxon des Wyrd, des Parques ou du Destin. Comme dans de nombreuses autres cultures, le destin est représenté sous la forme de trois sœurs. Comme filles de la déesse de la Nuit, elles sont celles qui tissent le fil du destin de chacun dans le temps et l’espace, elles créent le passé, le présent et le futur qu’il nous faut vivre. Une des sœurs crée le fil, l’autre sœur le tisse dans le tissu de l’existence et la troisième coupe le fil de la vie lorsque le moment est venu.

Etrangement, les Trois Sœurs sont aussi les gardiennes du Chaudron de Création, qui est un endroit où le passé, le présent et le futur sont encore et toujours dans un état de flux, de mouvement et où le futur n’est pas figé. Ce serait de ce même chaudron que les Parques tirent le fil de la vie de chacun. Avec ce que nous nommons la vie, commence la trame de l’existence qui est tissée dans les variations de temps, avec une place préétablie. Le moment de la mort est également tissé dans cette trame. Lorsque le fil est coupé, l’âme retourne dans le chaudron jusqu’à une nouvelle renaissance.

Si l’on considère d’un côté la vie du cerf et de l’autre celle des chasseurs, le fil de la vie de chacun est parallèle sur la chaîne du temps, que la destinée a déterminé lorsqu’ils sont nés. La destinée détermine aussi qu’à un certain moment le chasseur rencontrera le chassé et l’un des deux mourra. Cette mort sera aussi une partie du sacrifice à l’Ancien Dieu Cornu de la forêt. Dans le même temps, les Trois Sœurs auraient aussi pu décider que le chasseur sera tué par le cerf. Dans ce cas, le destin aurait décidé que le chasseur, en tant que Maître de l’assemblée, avait fait son temps et que le moment était venu pour son âme de regagner une fois encore sa demeure.

Après avoir lu cela, le lecteur peut penser : « en quoi est-ce que cela nous concerne ? ». C’est une bonne question. Dans la même lettre, Cochrane a aussi écrit : « Le chasseur, le vieux Tubal Cain et le Chevreuil ne font qu’un et représentent la même Présence Divine sous la forme du destin. En disant cela, Cochrane exprimait fermement sa foi ; dans un sens religieux, nous sommes tous ce que nous sommes parce que le destin en a décidé ainsi. Nos vies suivent le chemin qu’a dessiné pour nous le destin ; ainsi lorsqu’un changement survient dans notre vie, les choses peuvent ne pas aller exactement comme on le souhaite. Voilà le prix qu’il nous faut payer pour nous être soumis à la volonté d’Hécate. Une chose que nous avons promis lorsque nous avons été initiés en Sorcellerie.

Dans le cas de Cochrane, il s’est toujours vu, à un certain niveau, comme celui qui, plus tard, dirigera l’ensemble des coven traditionnels. Dans le même temps, dans une autre lettre à Bill Gray, il montre combien il savait que cela ne sera jamais le cas. Dans cette lettre, il affirme catégoriquement que, comme Gray, il ne vivra pas assez longtemps pour voir le résultat de ce qu’il a entamé, ce qui s’est effectivement réalisé. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui s’intéressent à ce que Cochrane a fait et mis sur pied, bien plus qu’au cours de sa vie, et Cochrane acceptait cela comme faisant partie de son destin. Cochrane disait que le « Chevreuil dans le Bosquet » était le symbole de tous ses espoirs et aspirations, et il est devenu le sacrifice à la réalité du « pouvoir qui nous mène sur un chemin précis, il n’y a rien à y gagner. Nous faisons ce qu’on nous dit de faire en protestant, en nous plaignant, et même parfois en geignant, non pas parce que nous sommes esclaves de quelque chose qui nous dirige, mais parce que celui ou ce qui décide du futur sait pourquoi ».

Dans un sens, lorsque nous commençons à rechercher la Déesse et sa magie, nous devenons le chasseur. Lorsque nous l’avons trouvée, nous devenons la proie, car la Déesse nous prend et nous fait sienne pour toujours. Quelles que soient nos protestations, lorsqu’elle tisse sa toile de magie lunaire, nous sommes pris et voilà le sacrifice que nous impose le destin, parce que nous sommes ceux qu’elle aime.

Comme le Chaudron de Création, qui n’est jamais figé, le concept du « Chevreuil dans le Bosquet » est en évolution constante. A une époque, il symbolisait l’animal sacrifié à sa place par le prêtre-roi d’un groupe tribal, en échange de sa propre vie et du renouvellement de sa charge pour une nouvelle période. Plus tard, l’animal était sacrifié à la place du Maître d’un grand nombre de coven, aussi bien qu’à la place du maître d’un seul coven. Ce n’est après tout qu’une légère modification du concept de base, même si cela montre le déclin de la vieille foi païenne. On constate ainsi que la Sorcellerie évolue en même temps que les gens. Dans l’interprétation moderne du Chevreuil, il y a un changement radical, puisque le Maître n’a plus à payer le prix du sang au terme de sa charge ; l’accent est ainsi mis sur le sacrifice, mais il est devenu un sacrifice individuel.

Bien que Cochrane ait été le Maître de notre ancien groupe, il était aussi le Chevreuil dans le Bosquet ; lorsque quelque chose allait de travers ou lorsque les choses n’allaient pas comme elles le devaient, il en prenait toute la responsabilité. Lorsqu’un des membres avait un problème, en général, il le prenait à sa charge. Plus encore, il se chargeait des novices et essayait de nous faire surmonter ce qu’il appelait « les mystères du Clan de Tubal Cain » tout en sachant parfaitement qu’il y aurait un prix à payer pour tout cela et qu’il serait un de ceux qui devront en payer le prix. Dans son cas, c’était le sacrifice de ce qu’il appelait son propre navire magique.

Pour le futur, je pense pouvoir parier que le « Chevreuil dans le Bosquet » changera encore.

a – Parce que, comme beaucoup d’autres concepts Sorciers, il n’est pas gravé dans le marbre,
b – et, à une autre époque et à un autre endroit, d’autres groupes voudront probablement exprimer d’autres idées concernant l’esprit de sacrifice et découvrirons que le concept du vieux Chevreuil convient à merveille, si on l’utilise symboliquement.

chevreuilFinalement, pour les lecteurs qui trouvent que l’idée du chasseur et de la proie qui sont d’une certaine manière connectés magiquement l’un à l’autre est un peu datée, laissez-moi vous assurer qu’il n’en est rien. Depuis des siècles, les habitants des Alpes autrichiennes considèrent le chamois un peu de la même de la façon que nous considérons le cerf, c’est un animal spécial et magique. Même de nos jours, lorsqu’un chamois est chassé et tué, la carcasse de l’animal est descendue de la montagne et les guides ainsi que les gens du cru font une cérémonie et le photographient pour commémorer cette mort. Ce n’est pas pour glorifier le chasseur, mais plutôt au contraire pour honorer la proie.

Une partie de la cérémonie implique l’utilisation de deux brindilles de genévrier. L’une est trempée dans le sang de l’animal avec quelques longs poils de son bas ventre, qui seront donnés au chasseur pour qu’il les mette à son chapeau. La seconde brindille est placée dans la gueule du cerf mort avec l’intention magique réfléchie de connecter le chasseur et le chassé. Dans le même temps, la brindille de genévrier agit comme une protection contre l’esprit du chamois qui pourrait vouloir se venger de son assassin. Ce n’est plus qu’une vieille coutume, mais on y retrouve une vieille croyance où le chamois était considéré comme différent et n’était pas traité de la même manière que les autres animaux à cornes, qui eux étaient tués sans que cela donne lieu à une cérémonie.

Le chamois était différent, car son lien avec l’ancienne déité cornue était connu. Cela le dotait d’un esprit ou d’une âme spéciale puisqu’il était à l’image de l’ancien Dieu des troupeaux de chamois. Ainsi, dans les vingt-quatre heures qui suivaient sa mort, cet esprit pouvait se venger de son tueur, d’où la protection magique de la brindille de genévrier. Cela tiendra captif l’esprit jusqu’à ce que le choc de sa mort et que son attache avec sa vie passée se soit suffisamment affaiblie pour briser ses liens avec sa vie terrestre. Il ira ensuite vers les montagnes de l’autre monde où il sera libre d’errer sans aucun danger, sous la protection de son dieu et créateur cornu. Bref, une représentation vivante du concept séculaire e du destin du Dieu Sacrifié dans sa forme animale.

Ainsi, lorsque nous parlons du « Chevreuil dans le Bosquet », nous ne parlons pas d’un concept du passé qui est gravé dans le marbre et n’évolue plus, mais de quelque chose de fluide et susceptible de changer, tout en restant profondément enraciné dans l’ancien concept de l’animal que l’on sacrifie à la place d’une personne et qui, comme nous le savons tous, tient une place importante dans les anciens rites. De nos jours, il est devenu le symbole de l’esprit de sacrifice dans l’idée que lorsque l’initié, lorsqu’il fait le serment du coven, se soumet à la volonté d’Hécate. En un sens, en faisant cela, il devient le Chevreuil dans le Bosquet, car il a choisi de suivre un chemin qu’elle a choisi pour lui. Peu importe où cela le mène, car c’est ce que les Parques ont décidé et qu’il a choisi en connaissance de cause d’accepter.

par Evan John Jones du site http://lapierresorciere.free.fr/TC/EJJ.htm

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Le monde moderne et les animaux

Posté par othoharmonie le 4 février 2017

 

Nous pouvons fermer les yeux autant que nous le voulons, la réalité contemporaine de notre rapport aux animaux n’est pas honorable. Elevage intensif, expérimentation scientifique et déconsidération, font aussi partie du paysage, aux côtés de notre rapport affectif envers nos animaux de compagnie. Comment l’être l’humain justifie-t-il de faire subir à l’animal de telles situations de maltraitance ? C’est à se demander quelle est la réelle « bonne cause » pour laquelle des milliers d’animaux sont sacrifiés toutes les semaines au nom de la recherche. N’est-il pas sérieusement temps de modérer nos expérimentations animales ? Pensons-nous que les animaux sont des choses, à notre service ? 

animaux

En dessinant un univers mécanique, dans lequel tout serait inerte et déterminé, Galilée au 17ème siècle, Descartes et Newton au 18ème siècle, ont promu un mode de pensée radical, fondateur de notre culture. « Ce que le matérialisme dit c’est que d’une manière imprécise, à un moment de l’évolution, la conscience humaine se serait allumée subitement, commente Rupert Sheldrake avec une pointe d’ironie (…) Tout le reste de l’univers serait totalement inconscient et mécanique ». Cette philosophie matérialiste, qui décrit la nature, et donc l’animal, comme totalement dénués de conscience et obéissant à des automatismes, a ouvert la voie à toutes sortes d’exploitations abusives par l’homme de son environnement. Car à partir du moment où l’animal est une machine qui n’a pas de conscience, tout est justifié. 

Mais nous n’avons pas toujours eu ce rapport à l’animal. Vinciane Despret nous raconte comment, jusqu’au 18ème siècle, nombre d’animaux soupçonnés d’avoir commis des crimes, avaient des droits et étaient traînés en justice, avec procédures en bonne et due forme. « Ces procès témoignaient d’une sagesse que nous réapprenons, ça et là, à cultiver : la mort de l’animal peut ne pas aller de soi. La justice devait intervenir » raconte-t-elle. Et c’est ce qu’il s’est passé en 1713, à Piedade no Maranhao au Brésil, non pas avec des animaux domestiques, mais avec des termites accusées de la destruction d’une partie d’un monastère. Surprenant. « L’avocat qui leur fut attribué plaida de manière ingénieuse, poursuit Vinciane Despret (…) Le juge décida, au regard des faits et des arguments, d’obliger les moines à offrir un tas de bois aux termites ; ces dernières reçurent quand à elles l’ordre de quitter le monastère et de limiter leur louable industrie à ce tas de bois ». Si cet exemple paraît incroyable, il montre combien nous avons su par le passé considérer les formes de vie qui nous entourent comme étant conscientes et détentrices de droits, tout comme nous.  

isabelleLes chercheurs qui ont ouvert avec Bruno Latour et Isabelle Stengers la « boîte noire » de la fabrication des sciences modernes n’ont pas fini de faire vaciller les contours du monde qui nous entoure. Le dernier livre de Vinciane Despret « Que diraient les animaux…si on leur posait les bonnes questions ? » ne s’adresse pas seulement à la communauté des chercheurs (sociologues ou philosophes des sciences, éthologues et scientifiques) mais se trouve susceptible d’intéresser et de concerner n’importe qui soucieux des rapports que nous entretenons avec les animaux. Plus que cela, il rend directement préhensibles et accessibles les conséquences pratiques et quotidiennes (pour tout un chacun) d’autres versions d’un « faire science ». Interrogés non seulement dans les laboratoires, mais aussi dans leur milieu de vie, avec ceux qui vivent à leurs côtés, ré-harnachés en quelque sorte par cette opération aux ambiguïtés du monde, les animaux dont parle Vinciane Despret n’apparaissent plus du tout bêtes.

La mise en cause, bien que jamais abordée frontalement (sous le registre de la critique ou de la dénonciation) n’en reste pas moins radicale : les frontières ontologiques entre les êtres humains et les animaux définies par les sciences expérimentales depuis plus d’un siècle ne tiennent pas l’épreuve de notre relation aux animaux et de la relation qu’ils entretiennent avec leur environnement. Si la mise en cause n’est jamais abordée frontalement, c’est aussi que le propos de Vinciane Despret n’est pas d’attaquer la science, ni les scientifiques, mais plutôt des manières de faire science. Il ne s’agit pas pour elle de disqualifier en généralité les résultats des sciences expérimentales mais d’interroger spécifiquement et cas par cas leurs dispositifs méthodologiques et le type d’interprétation que ces dispositifs génèrent.

Pour cela, la démonstration de Vinciane Despret n’emprunte pas le déroulement linéaire du livre de sciences sociales, c’est un abécédaire, on entre ainsi « par le milieu », on déambule d’une lettre à l’autre et l’on comprend vite que ce cheminement bien singulier ne relève pas du tout d’un simple effet de style. La logique d’exposition correspond directement à la proposition heuristique du livre : la connaissance que nous avons des animaux n’est ni univoque, ni de portée générale, elle est résolument plurielle et ouverte, ainsi n’y accède-t-on qu’à accorder de l’importance à la discontinuité, à l’événement. On y accède par fragments donc, par morceaux d’expériences, aux frontières des mondes humains et non humains, c’est-à-dire tout aussi bien dans les laboratoires que dans les fermes des éleveurs, les zoos, dans les forêts amérindiennes ou les pâturages portugais. L’espièglerie de l’exemplification et la multiplication des anecdotes cocasses procèdent également de cette heuristique particulière, la mise à mal du Grand Partage entre humains et animaux peut ainsi être poursuivie sans gravité ni pathos, et surtout s’accompagner d’un rire communicatif qu’en progressant dans la lecture, on se surprend même à éprouver comme partagé avec les animaux eux-mêmes.

Chaque entrée du livre est indexée à un terme (Corps, Génie, Imprévisibles, Justice) et à une question provocatrice (« Les singes savent-ils singer ? » « Les oiseaux font-ils de l’art ? » « Peut-on conduire un rat à l’infanticide ? » « Les animaux font-ils des compromis ? »), ces couplages étranges se trouvent eux-mêmes rapportés aux cas empiriques (des éléphants thaïlandais qui peignent des esquisses devant les touristes, des pingouins aux identités sexuelles multiples, des pies menteuses, des orangs-outans qui lancent leurs selles à la tête des scientifiques, des perroquets qui ne répètent pas ce que l’on voudrait…) indifféremment extraits de corpus de recherches éthologiques ou de Youtube. Vinciane Despret ne répond pas aux questions posées en début de chaque chapitre mais au contraire nous propose de la suivre dans ses hésitations, elle donne ainsi à voir différentes situations où ces questions reçoivent d’autres réponses que celles envisagées par les scientifiques (cf. V comme Versions) ces derniers étant bien souvent incapables de les recevoir pour la double raison qu’elles échappent aux dispositifs d’établissement de la preuve mais surtout qu’ils n’attendent aucune réponse qui puisse être formulée par les animaux eux-mêmes.  cf. p 206

 livrecf. p 209 Parmi la foule d’exemples qui sont avancés, je proposerais d’en extraire simplement deux d’entre eux, pas les plus drôles, dont je laisse le plaisir de la découverte aux lecteurs du livre, mais sans doute ceux qui nous (êtres humains) concernent le plus. Le premier exemple se trouve à la lettre « S comme Séparations », sous-titré de « Peut-on mettre un animal en panne ? » ; y est examiné le régime de production de preuves qui a conduit à la formulation de la théorie de l’attachement par le psychologue Harry Harlow. « Le poison de l’héritage » d’Harry Harlow tient selon Despret en la manière dont le laboratoire expérimental a produit les preuves d’une des plus grandes évidences sensibles que nous avons en commun avec beaucoup d’animaux : l’affection. Pour parvenir à démontrer la nécessité vitale du lien tactile, Harlow a répété avec des rates, puis avec de petits macaques rhésus, des procédures de séparations d’avec leurs petits. De là, le type de questions qu’il pose sont les suivantes : que se passe-t-il si l’on affame la mère et qu’on lui donne le choix entre se nourrir et rejoindre son petit ? Que se passe-t-il si la mère est remplacée par un mannequin en tissu ? Que se passe-t-il si le mannequin est en métal et fournit du lait ? « L’expérience de séparation ne s’arrête pas à séparer des êtres les uns des autres, elle consiste à détruire, à démembrer et, surtout à enlever. Comme si c’était le seul acte qui puisse être accompli […] Apparaît alors le véritable fil qui guide cette histoire : celui d’une routine qui s’emballe et devient folle. Séparer les mères et leurs petits, puis séparer les mères d’elles-mêmes, dans leur propre corps, enlever les ovaires, les yeux, le bulbe olfactif  ». Cette fois-ci rien de drôle, bien au contraire. La science expérimentale apparaît comme une machine non plus simplement « à rendre bête » mais plus littéralement comme un appareil de torture. Le fait qu’à aucun moment Harry Harlow interroge ce que les dispositifs eux-mêmes induisent, que jamais ne soit imaginé qu’ils puissent largement « causer » le désespoir qu’ils sont précisément censés permettre d’enregistrer, fait dire à Vinciane Despret que la théorie de Harlow ne tient qu’à une chose : « un exercice systématique et aveugle de l’irresponsabilité»

 cf. p 116. Vinciane Despret s’appuie particulièrement dans ce chapitre sur les travaux de Noëlie V (…)

Dans le second exemple (qui pourra être lu dans ses développements à la Lettre K « comme Kilos », sous-titré de « Existe-t-il des espèces tuables ? »), Vinciane Despret nous invite à réfléchir un peu plus sérieusement sur nos propres manières de faire, et c’est bel et bien à cet endroit qu’est disposée la charge pragmatique du livre. La propension des sciences expérimentales à séparer pour ordonner le vivant ne leur est pas propre, les techniques modernes d’abattage, en convertissant des corps en carcasses, procèdent d’opérations du même ordre. « Les parties du corps de l’animal sont traduites en mode de cuisson : le rôti, la pièce à bouillir, le morceau à braiser », « on parlera du bœuf, du veau, du porc ». En même temps que le laboratoire des sciences expérimentales devient monde, le corps mort des « animaux tuables » devient viande, dépouillés ainsi de leur singularité, ce qu’il reste des corps peut alors se muer en une mesure en kilogrammes. On comprend combien tout cela nous concerne, on entrevoit aussi le type de questions vertigineuses que cela peut susciter : Et si en achetant des morceaux de viande dans le supermarché d’à côté, en recoupant ces morceaux dans nos assiettes, nous remâchions l’oubli que c’est une vie que nous nous apprêtons à avaler ? 

 Que diraient les animaux, si… on leur posait les bonnes questions ?

Vinciane Despret

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LA MYTHOLOGIE DU CERF

Posté par othoharmonie le 1 février 2017

La mythologie du cerf, qui se retrouve de nos jours dans de nombreux récits, contes ou légendes, est une constante chez tous les peuples qui l’ont côtoyé ou chassé depuis la préhistoire. Elle a donc joué un rôle important de l’Europe à l’Asie en passant par l’Afrique du Nord et l’Amérique. Ce sont les bois qui ornent son front qui en ont fait un animal mythique par leur majesté et leur renouvellement périodique considéré comme un symbole de fertilité, de la mort et de la renaissance. La puissance de son brame et le caractère tumultueux de ses amours s’ajoutent au mythe et témoignent du renouvellement continu de la vie dans de nombreuses traditions religieuses.

Considéré comme le gibier le plus noble, ce fut l’un des animaux les plus représentés de la préhistoire, à l’antiquité puis au cours du Moyen Âge dans les miniatures et enluminures ornant une grande partie des livres et traités de chasse lui ont été consacrés. À chacune de ces époques, ce sont ses bois, dont l’élan majestueux orne son front, qui en font un animal mythique.

cerf

Pierre Moinot en préface à son Anthologie du cerf en souligne les raisons : « Voici donc l’animal porteur d’une forêt de symboles, tous apparentés au domaine obscur de la force vitale. Et d’abord ses bois, cette ramure dont le nom, la forme et la couleur semblent sortir des arbres et que chaque année élague comme un bois sec, chaque année les refait pour donner la preuve visible que tout renaît, que tout reprend vie ; par la chute et la repousse de ces os branchus qui croissent avec une rapidité végétale, la nature affirme que sa force intense n’est qu’une perpétuelle résurrection, que tout doit mourir en elle et que pourtant rien ne peut cesser. Aussi a-t-elle lié les bois du cerf à l’élan dont elle est tout entière la pérennité. La profusion de la sève qui les nourrit rejoint en lui la richesse de la semence, de sorte qu’il représente l’immémoriale vigueur fécondante, la puissance d’une inlassable sexualité. Son brame les met en scène d’une façon qui frappe l’imagination des hommes. Aussi a-t-on pris l’animal comme l’expression de la virilité, et par là de la puissance, puis de la suprématie. Pendant des siècles, cerf et seigneur ont été voués l’un à l’autre, il a été fait noble, un interdit frappait sa viande, son braconnage était puni de mort. Seuls les rois des hommes pouvaient chasser le roi des forêts ».

cerf1Chaque année, entre février et mai, le cerf mâle perd ses bois qui repoussent à la fin août. Ils atteignent leur pleine maturité en septembre juste avant la période du rut. Le nombre total de cors est variable (entre 10 et 16) et ils peuvent mesurer de 70 à 90 centimètres de long.

Dans le Physiologus, composé au IIe siècle de notre ère, le cerf était assimilé au Christ. Quant à Bède le vénérable, il en faisait l’image du chrétien et Raban Maur le comparaît à l’homme innocent. Le cerf, symbole du Christ, apparaît dans la vie des saints tels que saint Patrick, sainte Hélidie, dite Alyre ou sainte Begge.

Les récits médiévaux le font figurer souvent dans les scènes bibliques, au Paradis, parmi les animaux dans l’Arche de Noé. Il est également représenté dans de nombreux épisodes du cycle arthurien. Dans les textes historiques ou littéraires, les épisodes de la vie des rois ou des personnages célèbres sont souvent illustrés par des scènes de chasse au cerf. Tout au cours du Moyen Âge, le cerf – tout comme la biche – apparaît tel un révélateur des vérités recherchées par l’homme. En l’an 507, une biche montra à Clovis un gué sur la Vienne qui permit au roi chrétien de marcher sur les hérétiques wisigoths d’Alaric II et de les vaincre à la bataille de Vouillé. Une biche fit découvrir la retraite de saint Gilles aux officiers du roi Wamba (673), tandis qu’un cerf indiquait à Dagobert le lieu où reposaient les reliques de saint Denis.

Dès le XVe siècle, le cerf entre dans l’emblématique royale de France. Charles VI fait du cerf ailé son emblème de prédilection, comme relaté par Philippe de Mézières dans le Songe du vieil pèlerin. Ses successeurs, Charles VII et Louis XII, ainsi que la branche les ducs de Bourbon, le choisissent comme support de leurs armes. À la même époque, Richard II, roi d’Angleterre, adopte pour bannière le cerf blanc reposant sur une terrasse herbue.

Il est à noter que jusqu’au XVIe siècle, le bois de cerf, coupé en tranches et frit, passait pour un régal de roi. En outre, la corne de cerf moulue se vendait chez les épiciers. Elle servait à préparer des gelées et entremets. Le cerf fut même paré de vertus roboratives. Et comme l’a expliqué le romancier Pierre Moinot, « Si les rois ont voulu être inhumés dans une peau de cerf nappant leur dépouille mortelle, c’est qu’elle a la vertu, elle qui vivante ressuscitait chaque année par ses bois, de montrer à l’âme le chemin de la vie éternelle ». Cette pratique fut celle de Clément VI qui avait fait peindre la Chambre du cerf au Palais des papes d’Avignon. Après sa mort, selon ses vœux, sa dépouille fut entourée d’un linceul en peau de cerf avant d’être déposée sur un châssis de fer à l’intérieur de son tombeau à La Chaise-Dieu. Mais l’apothéose du divin cerf culmina, au cours de la Renaissance, avec l’apparition de la légendaire conversion de saint Hubert, au temps des mérovingiens, en 683.

En réalité, il y a deux légendes où le cerf, symbole du Christ, parle et pousse à la conversion. Au fil du temps, l’une a chassé l’autre. Telle fut initialement l’aventure de Placidius, un romain illustre par sa naissance, ses richesses et sa valeur militaire. Il poursuivait à la chasse un cerf, quand soudain l’animal s’arrêta et son poursuivant vit entre ses ramures le Christ crucifié. Le cerf lui parla de son salut et l’invita à se faire baptiser, ce qu’il fit avec son épouse et leurs deux enfants. Placide aurait reçu, après sa conversion, le nom d’Eustache. Devenu général, il revint victorieux d’une expédition, mais refusa de rendre grâces aux dieux et à l’empereur de ce triomphe. Ce qui lui valut d’être arrêté et exposé aux lions avec les siens. « Ils furent alors enfermés dans un bœuf d’airain incandescent, et consommèrent leur martyre par ce supplice » affirme le Martyrologe. Le récit de ce martyr apparaît uniquement à partir du VIIIe siècle et serait, selon le médiéviste Alain Boureau, une création de l’époque carolingienne. Eustache est l’un des quatorze saints auxiliateurs. Il aurait vécu vers l’an 130, avec sa femme et ses deux fils. On le fête le 20 septembre. Saint Hubert (656-727), est contemporain de la diffusion de cette légende. La sienne ne commença à prendre forme qu’à partir du XVe siècle, soit huit siècles après la mort de l’évêque de Liège. Avec le recul, elle apparaît comme un simple copier-coller de celle d’Eustache.

CERF2

Sa légende a traversé les âges et exerce toujours un attrait incontestable. Saint Hubert, le futur patron des chasseurs, commençait à chasser, un cerf blanc dix-cors quand celui-ci bondit d’un fourré, s’arrêta net et se retourna. Ce fut alors que son chasseur vit entre ses bois un crucifix. L’animal se présenta alors comme étant le Crucifié et lui demanda de se convertir. Dans la légende, cette apparition est expliquée par le fait qu’Hubert avait osé chasser un vendredi saint. Mais d’après un autre récit, l’événement aurait eu lieu le jour de Noël.

Dans la construction de cette légende, il n’est pas indifférent de noter qu’elle fait apparaître un cerf dix-cors pour marquer « le symbolisme avec les dix commandements reçus au mont Sinaï par Moïse, pour inviter l’Humanité à se tourner vers Dieu ». Et que le cerf, et particulièrement le cerf blanc, est devenu dans l’iconographie médiévale le symbole du Christ ou son envoyé.

Cette scène, tant de fois reproduite, tant par l’art religieux que par l’art populaire, est devenue un poncif et il serait bien difficile de représenter Hubert autrement que descendu de cheval et agenouillé devant le cerf miraculeux qui porte un crucifix entre sa ramure.

Devenu évêque de Liège, il mourut le vendredi 30 mai 727, âgé de 71 ans. D’abord enseveli à Liège, sa dépouille fut transportée, en 825, à l’abbaye d’Andage qui devient désormais l’abbaye Saint-Pierre-Saint-Paul de Saint-Hubert. Le 3 novembre, jour de sa canonisation, la fête de Saint-Hubert est célébrée les chasseurs par de grandes chasses.

Dans son étude consacrée à cette légende, Paul Delatour constate en conclusion : « Dans le cas de saint Hubert, l’apparition du cerf, n’est pourtant pas le fait du hasard. Avec un rapport sans doute heureux mais plutôt fortuit avec le fait que Hubert pratiquait la chasse, le cerf est d’un symbolisme constant dans l’iconographie chrétienne primitive. Depuis les psaumes jusqu’aux peintures des catacombes de Rome (Saint Calixte, Domitille), aux basiliques paléochrétiennes, et bien au-delà plus proche de nous, l’image du cerf étanchant sa soif à la fontaine – la source de vie – renouvelant tous les printemps la magnificence de ses bois – fait clairement écho à la fameuse formulation de saint Paul dépouiller le vieil homme pour revêtir l’homme nouveau » 

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Le Cerf, et superstitions

Posté par othoharmonie le 25 janvier 2017

Doux et tranquille, le Cerf se distingue des autres animaux de la forêt par la couleur et la forme de sa haute ramure qui le font ressembler à un arbre. Porteur de nombreux symboles, on lui attribue des qualités de noblesse et de majesté, il est l’incarnation de la puissance, de la virilité et de la fécondité. Ses bois qui tombent chaque année et repoussent au printemps, évoquent la nature dans son éternel recommencement. Les anciens lui donnaient une très longue vie : quatre fois autant que la corneille et neuf fois autant que l’homme ! Il fut de tous temps l’emblème des dieux, des rois et des sorciers qui utilisaient sa ramure pour se parer. Les Gaulois avaient un dieu à la tête ornée de bois de Cerf nommé Cernunnos.

cerf

Diane, souveraine des bois et des forêts, parcourait l’univers sur un char tiré par quatre Cerfs et Merlin l’enchanteur se montrait parfois sous l’apparence de cet animal. Il y a bien longtemps, les bois d’une grande dureté de ce cervidé, servaient à la fabrication d’outils tranchants et de peignes. Au moyen-âge, on pensait que les bois de Cerf avaient des propriétés curatives et magiques contre certains maux, la ramure droite étant plus efficace que la gauche quand on la brûlait. Aussi, la poudre de ses bois protégeait les semences des intempéries.

Ennemi des serpents, on raconte que le Cerf est funeste à ces derniers et que son souffle puissant les arrache de leur repaire, pour les écraser sous ses pieds. Ceux qui portent une dent de Cerf sur eux ou dorment sur une peau de Cerf seront protégés contre les reptiles qui prendront aussitôt la fuite. On prétend qu’une pierre fabuleuse se forme dans son œil à laquelle on attribue des propriétés merveilleuses contre les venins. Ses larmes sont aussi un remède à certaines maladies. La chasse et la capture du Cerf sont le sujet de nombreuses légendes. On le dit sensible à la musique et aux accents de la flûte en particulier qui l’enchante. Il se couche même pour l’écouter et les chasseurs usent de ce moyen pour le distraire et le capturer. Messager entre le monde des dieux et celui des hommes, ce grand herbivore est aussi un animal psychopompe qui guide l’âme des défunts dans l’au-delà. Solitaire, nocturne et crépusculaire, le Cerf est remarquable par sa ramure et sa silhouette élégante et légère !

Issu du site : http://zimzimcarillon.canalblog.com

le renne

En France, selon le « Traité des superstitions » du XVIIe siècle, rencontrer un chevreuil en chemin lorsque l’on va faire sa demande en mariage est un signe désastreux pour la future union. Un sujet sur 150.000 est atteint de leucisme, une dépigmentation partielle. Ce « fantôme » de la forêt semblerait, quant à lui, épargné par les chasseurs superstitieux. 

Croiser un cerf dit un livre de superstitions et il nous arrivera du malheur : voici le texte issu du Traité des superstitions selon l’Écriture sainte: les décrets des conciles …

Il vous arrivera malheur si….

« si le matin nous rencontrons dans notre chemin un prêtre, un Moine, une fille, un lièvre, un serpent, un lézard, un cerf, un chevreuil ou un sanglier, si étant à table l’on renverse la salière, l’on fait tomber du sel devant nous, ou que l’on répande du vin sur nos chausses.. ; si un butor vole la nuit pardessus notre tête, si nous saignons de la narine, si avant de diner nous rencontrons une femme grosse, si en sortant du logis nous bronchons, si en chemin faisant nous trouvons certains nombre de pies, ou d’autres oiseaux à notre gauche.

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Message du Peuple des Chevreuils

Posté par othoharmonie le 20 janvier 2017

 

 Salutations! Nous sommes le peuple des chevreuils, les cervidés qui gardent l’entrée de vos forêts et l’accès aux autres mondes de la nature. Nous sommes aussi les gardiens de l’accès à votre coeur, de l’espace divin qui se trouve à l’intérieur de votre coeur physique! Comme tous mes frères et soeurs du royaume animal, j’incarne à la fois des qualités physiques et des qualités éthériques ou, si vous préférez, spirituelles.

cerf

Ce que vous percevez de nous dans la physicalité est une représentation amoindrie de nos forces spirituelles. Contrairement à ce que beaucoup d’Êtres humains pensent, le monde tel qu’ils le perçoivent, tel qu’ils le vivent, est d’abord spirituel. Lorsque ralentie dans sa fréquence vibratoire, l’énergie forme la matière. Tout est énergie, vibrant à une fréquence ou à une vitesse différente. Votre propre fréquence et les croyances que vous avez choisies d’adopter façonnent votre perception et vos expériences dans ce monde. La fréquence la plus élevée sur votre terre se compose d’un curieux mélange de compassion, de joie, de tendresse et d’harmonie. C’est ce qu’on appelle l’amour avec un grand A! L’amour est un mot qui a été utilisé de bien drôles de façons par les Êtres humains.

C’est, d’abord et avant tout, une fréquence d’énergie qui génère des images différentes pour chaque personne. Pour beaucoup de gens, ce mot n’est pas synonyme de joie, de compassion, de tendresse ou d’harmonie, mais ce mot amène la fermeture du chakra du coeur et le repli sur soi-même. Nous ne pouvons pas vous blâmer de cet état de fait car nous-mêmes avons beaucoup souffert de la fermeture du chakra du coeur chez les humains. Nous savons aussi que cette terre vit une grande noirceur depuis quelques milliers d’années. Le temps de la noirceur est terminé cependant, et celui de la lumière solaire approche très rapidement. Les Êtres de cette planète qui ne pourront pas se centrer dans leur coeur, qui ne pourront pas vivre dans l’ouverture de ce précieux chakra, ne pourront pas vivre dans l’intensité de la lumière d’amour qui vient vers nous et prend expansion en nous. Ces Êtres quitteront cette planète pour aller se reposer ou aller expérimenter la fermeture du chakra coronaire en d’autres lieux.

Avez-vous remarqué que de plus en plus de gens quittent cette terre à cause de problèmes cardiaques? Cela n’est pas un hasard. Votre coeur, influencé par votre chakra du coeur, est très sollicité actuellement. La fermeture de ce chakra a longtemps été considérée comme une excellente façon de survivre à la dureté et à la peur, présente partout sur votre planète. Maintenant, il est nécessaire pour vous d’apprendre à ouvrir et à vivre en harmonie dans ce chakra afin qu’il vous donne accès à la divinité qui loge dans votre coeur physique. Votre planète entière s’aligne actuellement à la fréquence du coeur. Il est donc primordial pour vous de pouvoir y vivre sans rester accrochés à vos vieilles peurs.

Au cours de votre histoire, surtout durant les derniers millénaires, votre terre à vécu à la fréquence du troisième chakra – le Plexus Solaire – et vous avez expérimenté toute la gamme des situations et des émotions reliées au pouvoir. La terre s’aligne présentement à la fréquence du coeur et elle peut le faire car l’énergie d’amour solaire qui a disparu de cette planète revient maintenant prendre sa juste place, comblant enfin le grand manque de ce plexus situé au bas de votre sternum. Bien que la disparition de l’énergie SOLAIRE fut planifiée, le manque SOLAIRE ressenti dans ce chakra, tant par vous que par la terre, a créé un dé-balancement profond dans l’équilibre du pouvoir. Votre histoire reflète ce dé-balancement par les luttes, les guerres et les dissensions de toutes sortes ayant pour base le pouvoir : pouvoir politique, pouvoir spirituel, pouvoir monétaire et pouvoir relié à l’énergie sous toutes ses formes. N’est ce pas là un juste portrait de vos civilisations, de vos sociétés?

Lorsque ce centre, le troisième chakra, sera totalement re-balancé par la puissance de l’énergie solaire qui émerge actuellement sur cette planète, vous trouverez les luttes de pouvoir totalement absurdes et vous recevrez graduellement les outils nécessaires à votre autosuffisance énergétique. Dans un tel contexte, les luttes de pouvoir cesseront d’être une dynamique active dans votre vie. C’est alors que l’ouverture du coeur s’offrira à vous car en dehors des luttes de pouvoirs, des luttes d’énergie qui vous détruisent depuis des millénaires, il y a l’amour, cette force de compassion, d’équilibre, de tendresse et de joie. Le moment est venu pour vous d’y accéder, si c’est votre choix bien sûr! Toutefois, sachez que ce choix est déterminant pour vous et votre planète car la terre ne pourra plus supporter encore longtemps les Êtres qui choisissent de tourner le dos à la fréquence de l’amour. Les Êtres qui préfèrent continuer de jouer dans l’illusion du manque de pouvoir devront s’incarner en d’autres lieux.

Nous sommes les cervidés, les chevreuils, gardiens des autres mondes de la forêt et gardiens de l’entrée de votre coeur. Il peut vous paraître étrange que nous partagions avec vous de telles informations! Vu de l’extérieur, nous ne sommes que des animaux avec des bois sur la tête. Justement, laissez-nous vous expliquer à quoi servent les bois que nous portons sur notre tête, d’autant plus que nous sommes des éléments importants de l’initiation que l’humanité vit présentement.

Les bois que nous portons sont des antennes qui nous servent à capter l’information géodésique, physique et électromagnétique de notre planète terre. Beaucoup d’animaux quadrupèdes et plus particulièrement ceux qui possèdent des cornes ou des bois, servent d’ancrage aux différentes énergies qui proviennent du cosmos ou des couches protectrices autour de la terre. Nous recevons ces énergies, ces informations et nous les ancrons dans la terre. Les chevreuils sont particulièrement bons dans cette tâche parce qu’ils portent en eux les attributs de pureté et d’innocence. N’ayant pas de jugements ou de peurs par rapport à ce que nous recevons, nous sommes des canaux clairs et nous faisons tout ceci dans la fréquence de l’amour. Cette capacité à capter l’information en tous genres nous aide aussi à détecter les intentions et les états d’esprit des gens qui nous approchent.

Nous savons, longtemps avant que le premier chasseur arrive, que nous allons être chassés et nous déterminons lesquels d’entre nous sont prêts à donner leur vie, à passer de l’autre côté. Les humains, n’étant pas connectés à nous, abattent souvent les « mauvais » individus et il n’est pas rare que nous soyons tués en trop grand nombre. Lorsque nous sommes chassés par un prédateur animal, nous n’avons généralement pas ce problème car le prédateur a reçu un signal lui indiquant la bête prête à se sacrifier. Lorsque le moment de la mort arrive, les prédateurs savent quoi faire pour que la proie quitte son corps AVANT d’être consommée et ce même si certains prédateurs semblent jouer avec leur nourriture. Les animaux prédateurs ne font pas souffrir leur proie et ne chassent que ce qu’ils ont besoin pour survivre Ce système de fonctionnement, cette entente n’est dé-balancée que lorsqu’il y a un problème de surpopulation de prédateurs ou un problème de territoire, généralement causé par les activités humaines.

Le cerf

Si les Êtres humains se reconnectaient à leur capacité télépathique et s’ils prenaient le temps de contacter les devas des animaux qu’ils s’apprêtent à chasser, tout serait beaucoup plus équilibré.

À travers cette communication, nous partageons avec vous plusieurs niveaux d’information car nous sommes des Êtres à la fois physiques et à la fois spirituels. Nous utilisons le mot spirituel sans faire référence à une religion ou à une organisation de croyances spécifiques. Le spirituel ici désigne notre âme, tant individuelle que collective. Il désigne notre conscience de vie ainsi que les qualités que nous incarnons dans notre corps physique durant notre séjour terrestre.

Notre plus grand cadeau à l’humanité est à la fois notre force de vie et notre innocence, notre pureté de coeur. Ces deux attributs sont et seront les deux filtres à travers lesquels tout les Êtres vivants de cette planète devront passer afin d’accéder à une autre façon d’être et afin de vivre les changements planétaires harmonieusement. La force de vie et l’innocence peuvent paraître contradictoires, mais elles ne le sont pas. La force de vie, la vitalité qui nous habite est due à notre innocence, cette qualité naturelle qui nous permet d’être présents et frais à chaque instant comme si nous n’avions jamais existé auparavant. La peur naît de l’attachement au passé. Sans cet attachement, elle est inexistante. Oui, cela est possible même dans les moments où nous sommes pourchassés, blessés et abattus par vos armes sophistiquées. Notre corps réagit par survie, ce que vous appelez instinct, mais notre esprit demeure dans cet état d’innocence et d’ouverture de coeur.

Sachez ceci : si vous tuez un animal avec compassion, en le regardant dans les yeux et en ouvrant votre coeur avec sincérité, il vous transmettra ses forces, frères humains. Et ça, c’est la réelle nourriture dont vous avez besoin! Viendra un moment où vous n’aurez plus à tuer et à manger pour nourrir votre corps physique.

Comme nous l’avons déjà mentionné, les jeux de pouvoir et l’illusion du manque sont irrémédiablement appelés à disparaître sur cette planète car nous passons actuellement dans l’ère de l’ouverture du coeur, la fréquence de l’amour. Nous, du peuple des chevreuils, sommes les gardiens de ces espaces et personne ne peut y accéder dans la peur, la violence et la souffrance. De la même façon, nous sommes aussi les gardiens des forêts et les gardiens des autres dimensions ou vivent les Êtres de la forêts : lutins, elfes, fées, trolls, etc. Lorsqu’un Être se présente à nous, nous voyons s’il est ou non dans son coeur. S’il ne l’est pas, nous tenterons de lui transmettre les qualités d’innocence et de pureté du coeur qui peuvent l’amener dans un autre espace. S’il ne peut recevoir cette transmission, l’accès aux autres mondes de la nature et ainsi, l’entrée à l’espace divin de son coeur lui sera refusée!

Voyez-vous, l’amour et la peur ne peuvent pas cohabiter dans le même espace. L’innocence et la pureté de coeur sont comme des solvants qui font littéralement fondre toutes les peurs et toutes les souffrances. Mais on ne peut forcer un Être à accepter l’amour, surtout s’il craint les changements qui l’accompagnent… La force de vie, l’innocence et la pureté de coeur sont des qualités naturelles chez les enfants humains avant qu’on ne leur enseigne à fermer la porte pour mieux s’adapter à la société. Votre processus éducatif est un long et souvent douloureux entraînement vers la fermeture.

La société est un bien étrange concept pour nous, et nous ne le comprenons qu’en partie. Notre monde, c’est la forêt, les rivières, les champs de fleurs et les montagnes. C’est dans ces endroits que l’énergie du coeur vit le plus intensément et c’est pour cela que beaucoup d’entre vous y êtes attirés. Pour survivre en tant qu’espèce, vous devrez réduire la taille de vos villes et vous reconnecter à la nature. Vous devrez aussi et surtout vous ouvrir à l’innocence et à la pureté de coeur qui vivent en vous.

Le cerf

Vous serez ainsi investis d’une vitalité nouvelle! Notre rôle est de vous y aider et d’agir en tant que gardiens pour les mondes et les espaces où ces qualités règnent en maître. Personne n’échappera à ce test, nécessaire à l’intérieur de l’initiation, que l’humanité vit et continuera de vivre. La peur et l’amour ne peuvent cohabiter. Lequel choisirez-vous, frères humains? Il n’y a pas de jugement, seulement des choix et si l’amour est votre choix, appelez-nous à vous, pour que nous soyons vos guides vers l’innocence et la pureté du coeur. Vous verrez ainsi la vie avec les yeux de l’enfant et la sagesse de l’Être centré dans son coeur!

Merci de nous avoir entendus!

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Reçu par Caroline Leroux, communicatrice animale
www.communication-animal.net

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Le Loup : la Famille, l’Endurance, l’Intuition, l’Apprentissage

Posté par othoharmonie le 12 janvier 2017

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Son clan : Grenouille.

Son élément : Eau.

Son allié : Ours Brun.

 le loup

Sensible, réceptif. Besoin de solitude. Capable d’écouter les autres, digne de confiance. C’est lui le Maître. Il dépiste et initie les idées nouvelles. Il s’agit de la capacité d’être membre d’une société tout en vivant selon ses propres rêves et selon ses propres idées. Loup a une soif d’apprentissage. Et c’est aussi un excellent professeur. Il enseigne à ses petits, à sa meute, toutes les connaissances qu’il a apprises lors de ses voyages, de ses déplacements.

Il est très lié à sa famille mais il tient à son indépendance. Loup est très fidèle, il se choisi une partenaire pour la vie durant. Lorsqu’il hurle à la lune, il se relie à l’énergie spirituelle, à la connaissance universelle. Loup nous enseigne la force de transmettre notre savoir aux autres pour améliorer leur quotidien, pour partager notre expérience. On vous appelle le « chasseur des domaines infinis », et vous appartenez à la période des vents violents. Vous traquez tout ce qui donne un sens à votre vie, tant sur le plan matériel que spirituel. Vous êtes membre du clan de Grenouille, qui vous unit à l’élément Eau.

Par conséquent, vous êtes sensible et réceptif, et vous savez mieux que quiconque écouter les confidences de vos amis. En amour, si vous donnez votre cœur, c’est pour la vie. Vous ne tolérez aucune tromperie de la part de votre partenaire. Vous avez la capacité, parfois désagréable pour vous, de discerner les intentions d’autrui, même les plus dissimulées. Votre allié est Ours Brun : il peut vous apprendre à être plus indulgent face aux manquements de vos proches. De même, vous devez comprendre que, sur le sentier du succès professionnel, diplomatie et sens des négociations sont des éléments indispensables. Évitez à tout prix les disputes et les conflits. C’est une bonne chose de dire ce que vous pensez, mais il y a aussi l’art et la manière de le faire.

loupPratiquez le yoga et la méditation : il n’y a rien de tel pour canaliser votre énergie. Dans le monde des animaux totems, Loup peut symboliser : une intelligence vive, l’appétit de liberté, une connexion profonde avec nos instincts, un sentiment de menace, le manque de confiance en quelqu’un ou en nous-même. Les significations positives soulignent un lien profond avec votre intuition et votre instinct. Sur le plan négatif, Loup pourrait représenter une menace perçue, ou un manque de confiance envers quelqu’un, ou dans vos actes.

Cet animal totem reflète aussi une forte intelligence, et la capacité de gérer des questions importantes, stratégiquement et avec tact. Quand vous avez Loup comme animal totem, cela peut refléter la vivacité de votre intelligence vive et des instincts aiguisés. Loup symbolise un lien très fort avec l’instinct et quand il se présente à vous comme un animal guide, il pourrait suggérer que vous possédez ou pourriez développer une manière de voir ou de comprendre le monde autour de vous de façon davantage instinctive.

Que le Loup apparaisse sous forme physique ou dans un rêve ou une méditation, il peut signifier que vous avez tendance à utiliser votre intuition pour comprendre ce qui se passe dans votre vie. Le fait que l’animal totem Loup se rende visible peut aussi être un appel à utiliser cette capacité pour faire face à un défi dont vous avez fait l’expérience récemment.

Si la présence du Loup se fait sentir comme menaçante, faites attention à la façon dont votre nature instinctive et vos émotions à l’état brut peuvent compromettre votre équilibre ou votre harmonie avec les personnes de votre entourage. Ou encore, votre animal pouvoir peut se montrer sous une telle forme pour vous avertir des tendances dévorantes de quelqu’un proche de vous. Loup comme animal totem met en avant l’appétit de liberté. Il nous encourage à vivre une vie pleinement guidée par notre intuition et proche de nos savoirs instinctuels. Quand le Loup manifeste sa présence comme guide spirituel dans votre vie, cela peut être un appel à vivre votre quotidien plus librement, et insuffler l’intensité de la passion dans vos actes.

Le Loup nous encourage à garder un esprit vif et à faire confiance à nos instincts pour trouver la voie qui nous convient le mieux dans notre vie ou par rapport à un problème spécifique à résoudre. L’animal totem Loup peut véhiculer l’impression que vous êtes menacé.

La présence de cet animal totem pourrait alors symboliser la charge émotionnelle liée à un événement, une situation ou une personne qui vous incommode. Le Loup pourrait ainsi vous signaler une présence prédatrice et instiller un sentiment de vulnérabilité peu rassurant. Rencontrer votre esprit animal de cette manière vous invite à regarder ce qui peut avoir une telle influence dans votre vie actuelle ou passée. Peut-être votre animal totem vous avertit-il de certaines difficultés à affirmer auprès des autres les limites de l’espace personnel au-delà desquelles votre bien-être est compromis.

Vous sentez peut-être que vous vous êtes trop exposé, ou avez été trop laxiste envers quelqu’un ou dans une certaine situation, et qu’il est sans doute nécessaire de mettre les choses au clair. Loup comme un animal totem pourrait aussi attirer votre attention sur le fait que vous êtes face à une rude concurrence au travail ou que le comportement des gens autour peut rappeler la présence menaçante d’une « meute de Loups ».

L’expression « Jeune Loup » désigne un arriviste. « Les Loups » était le surnom des bandits de grand chemin. « Voir le Loup » désignait la première expérience sexuelle, qui faisait de la jeune fille une jeune femme (dans la symbolique du conte du Petit Chaperon Rouge). Loup est le douzième esprit totem de la roue de la vie des chamanes amérindiens. Il correspond en occident à notre signe astrologique des Poissons. Ce n’est qu’avec l’avènement du christianisme que Loup, comme nombre d’autres animaux nocturnes, a été diabolisé. Animal de meute ou solitaire, ce noble habitant des forêts fut longtemps respecté à juste titre : on pensera entre autres à la « Louve Romaine » qui fut la nourrice des fondateurs de Rome, Romulus et Remus et qui, à ce titre, eut un rôle civilisateur de premier ordre dans la culture latine.

Un peu plus tard, le Loup fut assimilé à l’idée de sauvagerie. Encore que ce terme méritât d’être discuté : s’il est regrettable que Loup soit devenu le symbole de la cruauté ou de l’agressivité gratuite (surtout à travers les contes pour enfants), il est plus intéressant et surtout plus juste de le considérer comme la figure animale de la sauvagerie positive (à rapprocher de l’idée de « bon sauvage »), c’est-à-dire de ce qui ne peut être domestiqué, asservi. Car lorsque Loup est domestiqué, il devient chien et n’est plus Loup. Et n’est-ce pas précisément le fait que Loup refuse toute intégration dans la société humaine, qui l’a conduit à devenir une bête effrayante ? On sait bien, en effet, à quel point les attaques de Loups contre l’homme sont rares, voir inexistantes en dehors des cas de rage lupine.

Il faut donc voir dans la phobie de l’homme à l’égard du Loup quelque chose de plus profond, de plus caché : la peur de ce qui échappe au contrôle humain, de ce qui reste profondément libre. On évoquera d’ailleurs à ce sujet plusieurs cas où des loups, pris par les cruelles mâchoires de pièges, ont préféré s’arracher la patte entravée plutôt que de rester prisonniers. Car Loup est avant tout un symbole de liberté spirituelle, de cette part de notre âme que tous ceux qui ont été confronté à la torture ou à l’emprisonnement savent inaliénable. Et n’est ce pas cette part d’âme que rien ne peut nous retirer qui se reflète dans l’œil de Loup, à la nuit tombée, en argentant son regard ? Plutôt souffrir, plutôt se mutiler soi-même qu’accepter de perdre sa liberté, voilà un des messages communs à la fois au Loup totémique et au signe des Poissons.

D’ailleurs, Fenrir, le Loup géant de la mythologie scandinave, ne véhicule pas d’autre message : enchaîné par les dieux (parce que dérangeant l’ordre divin, le dogme civilisateur), la prophétie annonce qu’il ne se libérera qu’à la fin des temps, à la fin du cycle. Souvent associé avec le pouvoir spirituel que l’homme devait acquérir afin de devenir un bon chasseur. Loup symbolise la famille, l’endurance, l’Intuition, l’Apprentissage.

C’est l’éclaireur, celui qui va au-devant des autres pour choisir la meilleure route. Il est aussi celui qui innove, qui découvre les nouveaux secrets et les partage. Comme le Chien, il est de nature solitaire. Nous apprendrons le détachement tout en conservant des liens serrés avec notre entourage. Loup, animal consacré au dieu Mars, symbolise le héros guerrier pour de nombreux peuples envahisseurs mais aussi le principe de destruction… la peur du noir et l’inconnu. Il apporte un profond sentiment de fidélité, de force intérieure et d’intuition.

Il montre la voie des apprentissages. Apprenez à connaître votre moi le plus profond et vous bénéficierez toujours de courage et d’une présence spirituelle, même dans l’obscurité la plus complète. Loup est un chasseur hors pair, doté de pouvoirs puissants et d’une grande endurance. Il a l’odorat aussi fin que l’Aigle à la vue perçante et a la capacité de se mouvoir discrètement. Loup est aussi un animal sociable : il mettra ses capacités de découverte à la disposition de sa meute. C’est un fin découvreur, mais découvrir pour lui seul ne l’intéresse pas. C’est un animal fidèle, il a aussi appris que seul il n’est rien. Je pense qu’on peut dire que le loup est solitaire et solidaire. Il vit ses rêves mais aime les partager.

Il est aussi le symbole du maître : il pousse à la recherche du pouvoir qui est en chacun d’entre nous. La Louve symbolise la fécondité, mais aussi la prostituée, la tentation charnelle. Les Amérindiens vénèrent sa force et son habileté à la chasse. Monogame, Loup s’unit pour la vie ; il est aussi fidèle que Chien. Dans la meute, des liens familiaux puissants s’allient à un désir très vif d’individualisme.

FranceLoup, animal allié, est le dépisteur et l’initiateur des idées nouvelles. La médecine de Loup favorise l’émergence du pouvoir qui réside en chacun de nous. Si Loup se révèle être votre animal totem, à mesure qu’il prend vie en vous, s’avive aussi le désir de partager votre savoir, en écrivant ou en diffusant l’information qui aidera les autres à mieux percevoir leur unicité et le sentier de vie qui leur est propre. La conscience humaine atteindra de nouveaux sommets à mesure que nous partagerons les uns avec les autres les grandes vérités que nous avons découvertes. Loup, animal allié vous lance un défi : il vous demande d’abandonner certaines idées dépassées afin de laisser place à l’ouverture et à la grandeur d’âme.

Cessez de hurler à la lune. Vous avez parcouru de nombreux sentiers, ceux-ci vous ont mené à de nombreuses impasses, vous connaissez mieux la forêt et cette connaissance approfondie est source de sagesse. Les maîtres ou éclaireurs, qui vous guident vers de nouvelles expériences, peuvent se présenter sous diverses apparences : une voix intérieure, un arbre, un nuage, une pierre, un livre, un messager… Cherchez des lieux où l’isolement permettra à votre maître intérieur de se manifester. Dans le calme d’un lieu de puissance, loin des autres humains, vous trouverez votre vérité intérieure.

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Importance écologique du chevreuil

Posté par othoharmonie le 10 janvier 2017

 

En tant qu’herbivore, le chevreuil contrôle la densité de la végétation au sein de son écosystème, soit par broutage, soit par les frottis et les blessures qu’il occasionne aux jeunes arbres pour marquer son territoire. Il contribue à l’entretien de zones de clairières ou de milieux semi-ouverts et parfois de corridors intra- ou inter-forestiers. Comme pour d’autres animaux, son piétinement peut endommager les sols fragiles (pentes, sables, etc.) mais aussi contribuer à enfouir des graines, ou au contraire mettre au jour des graines anciennement enfouies, leur permettant de germer. C’est néanmoins un animal léger qui n’est pas réputé pour endommager les sols.

Dans un système naturel, il est lui-même contrôlé par ses prédateurs (loup, lynx) et par les maladies et le parasitisme qui se développent plus rapidement quand ses populations se densifient. Comme de nombreux animaux, il joue un rôle de diffusion pour certaines espèces (dont les parasites) en transportant des graines et diverses propagules (spores de champignons, œufs, larves ou petits animaux) dans son pelage, sous ses sabots et dans son tube digestif.

Chevreuils

Enfin, dans les forêts où les grands prédateurs carnivores ont survécu, il constitue une proie importante pour ces derniers. Quand il meurt de mort naturelle (maladie, parasitisme), ou des suites de blessure de chasse ou d’autres causes (roadkill, empoisonnement, etc.), son cadavre reste une source d’alimentation pour les invertébrés et animaux nécrophages.

Ses ossements et surtout ses bois peuvent être rongés par d’autres animaux (écureuil en particulier) qui semblent y récupérer des sels minéraux (notamment dans les régions naturellement acides et pauvres en calcium), et peut-être aussi aiguiser leurs dents. Dans les forêts polluées par des métaux lourds (plomb en particulier) issus de séquelles de guerre ou industrielles, ou par les retombées du passage du nuage de Tchernobyl, le cadavre et le squelette du chevreuil peuvent être une source de polluants qui retournent directement dans la chaîne alimentaire.

Depuis les plans de chasse et l’agrainage qui l’ont beaucoup favorisé, et en l’absence de prédateurs naturels, le chevreuil est devenu le mammifère herbivore sauvage le plus commun en forêt, dans de nombreux pays de l’hémisphère nord. Il reste pourtant très discret. Ses populations sont donc difficiles à dénombrer, d’autant qu’il est essentiellement forestier. S’il s’approche volontiers des habitations proches des lisières tôt le matin ou la nuit, il fuit le contact de l’homme et est gêné par des dérangements répétitifs. Sa musculature et son système circulatoire sont adaptés à la fuite immédiate et aux bonds lui permettant de franchir les clôtures basses et les buissons en une fuite rapide en forêt dense ou au milieu des ronciers[11], mais s’épuise rapidement à la course en milieu ouvert.

Vitesse de déplacement

Les chevreuils ont une morphologie adaptée à la course et aux bonds. Ils ont une musculature sèche, concentrée près du corps avec de longues pattes fines et légères. Leurs sabots frêles sont serrés et très pointus, idéals pour la course. Ils peuvent bondir jusqu’à 1,75 mètres de haut, et jusqu’à 6 mètres en longueur. En cas de danger, ils peuvent courir extrêmement vite, jusqu’à une vitesse de 90 km/h, mais sur une courte distance (la vitesse maximale de l’espèce, a été enregistrée par un chevreuil mâle, qui a atteint 98 km/h en pointe sur 100 mètres, avec une vitesse moyenne de 72 km/h sur 700 mètres). Ils peuvent également courir moins vite mais sur une plus longue distance. Ils courent beaucoup plus vite que leurs prédateurs, cependant en l’absence de loups et de lynx dans certaines régions de France, ils se déplacent moins et sont moins musclés. Un chevreuil entrainé aux sprints, est aussi rapide qu’une gazelle de Thomson.

Comportement social

Un groupe de trois jeunes chevreuils dans la réserve animale du Domaine des grottes de Han en Belgique.

Il est grégaire et peut former des groupes de plus de 10 individus en milieu ouvert en hiver. La cellule sociale de base du chevreuil est matriarcale, associant une chevrette et sa progéniture de l’année (jusqu’au 10e-11e mois, après quoi les jeunes sont repoussés par la femelle). L’adulte est sédentaire en forêt sur un territoire enforesté de 30 à 60 voire 100 hectares, qu’il conserve durant toute sa vie. Comme le cerf élaphe, il passe environ 50 % de son temps à se reposer et dispose donc de réseaux de zones de repos sur son territoire. Il exploite aussi occasionnellement les abords des forêts.

L’adulte communique surtout par des postures, et à distance par un cri dit aboiement parce qu’il évoque un aboiement de chien, alors que le faon émet de faibles piaulements.
Certains individus plus aventuriers migrent et s’intègrent dans d’autres groupes, entretenant la diversité génétique des populations locales au sein de métapopulations régionales, à condition que les forêts ne soient pas trop isolées les unes des autres par des phénomènes d’insularisation écologique et de fragmentation écopaysagère.
Son comportement est modifié en l’absence de prédateurs naturels (loup, lynx) ; il se déplace moins et est moins musclé.

Comportement

Chevreuil_reposChez les mâles, il est caractérisé sept mois par an (de février à août) par une activité de marquage hormonal et/ou odorant du territoire, par « frottis » et « grattis » (on parle de « régalis » quand un frottis est associé à un gratti). Ce comportement pose problème pour la régénération forestière , là où les populations sont denses. Une étude a porté en France sur des plants de chêne sessile de 3 ans exposés au chevreuil en conditions contrôlées (avec suivi de l’état des arbres durant 3 ans). Après trois ans, 39 % des plants étaient morts (c’est plus que le taux naturel de mortalité qui est élevé chez les jeunes chênes). 51 % ont eu une perte de hauteur importante par rapport à leur hauteur initiale (supérieure à 20 cm) et 10 % seulement se sont normalement développés (comme les plants témoins non « frottés »). Cette étude a également montré que les blessures faites au printemps (montée de sève, feuilles plus fragiles..) sont deux fois plus importantes, « à comportement égal du chevreuil »Ces résultats pourraient être tempérés par deux éléments qui restent des hypothèses, à ce jour non scientifiquement démontrées (mais qui ne semblent pas avoir fait l’objet d’études) :

  1. Plus les chevreuils sont nombreux, plus ils tendent à marquer leur territoire ;
  2. Les chevreuils semblent plus activement marquer leur territoire là où ils sentent l’odeur de l’homme (et des chiens ?), leurs dégâts étant alors amplifiés sur les plants issus de pépinières puis replantés en forêt, ou dans les parcelles fortement gérées par l’homme. Néanmoins leurs dégâts ne peuvent être niés là où ils sont très nombreux (la clôture d’une parcelle suffit à y favoriser fortement la régénération naturelle).

Pour limiter les dégâts sur les arbres, les forestiers demandent aux chasseurs de respecter un « équilibre sylvo-cynégétique » qui n’est pas toujours consensuel. Les forestiers ne veulent pas non plus se priver des chevreuils qui font partie de l’écosystème forestier et qui, avec les autres « grands gibiers », contribuent au revenu de la forêt souvent à hauteur de 50 % environ, voire plus.

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Le cerf et l’homme

Posté par othoharmonie le 7 janvier 2017

 

Associé au cycle de la vie dans de nombreuses cultures en raison du renouvellement printanier des bois du mâle, le cerf symbolise le Christ dans l’imagerie chrétienne médiévale. Emblème de saint Hubert, patron de la chasse, il est traditionnellement considéré comme un gibier de prestige. En dépit de la chasse et du morcellement croissant de son habitat, ce sont surtout les croisements possibles avec le cerf sika qui peuvent représenter une menace pour lui.

cerf-sika

Un animal exploité depuis très longtemps

Depuis toujours, la venaison du cerf a nourri l’homme, sa peau l’a protégé du froid, ses os l’ont chauffé et sa graisse l’a éclairé. De ses bois, les hommes préhistoriques tiraient des pointes de flèches ou des harpons, avec ses dents ils fabriquaient des parures et des bijoux découverts dans les grottes, comme en Espagne, en Transylvanie et en France. Les populations nomades de Sibérie et d’Amérique du Nord se servaient des bois des wapitis pour supporter la construction de leurs tentes. Aujourd’hui encore, bois, pattes et crochets sont utilisés dans la confection de porte-manteaux, lustres, broches, boutons de manchette, entre autres…

Mais surtout, le cerf a approvisionné guérisseurs et apothicaires. Ses organes ou ses sécrétions entraient dans la fabrication de potions miraculeuses et d’onguents. De nos jours, des cerfs sont élevés dans plusieurs pays d’Europe orientale pour la production de substances à usage pharmaceutique. Enfin, on a longtemps prêté aux bois en velours réduits en poudre des vertus aphrodisiaques. Cette croyance encore vivace dans certains pays, en Extrême-Orient en particulier, est cause de l’anéantissement de certaines espèces asiatiques. Elle est à l’origine d’un marché florissant, aujourd’hui alimenté par les élevages néo-zélandais.

Admiré et chassé

Très tôt on attribue au cerf des qualités de noblesse et de majesté. Au iiie siècle, selon une tradition rapportée par Zonaras, un historien du xiie siècle, l’empereur romain Aurélien aurait fait, après sa victoire sur Zénobie, régente de Palmyre, une entrée triomphale à Rome sur un char tiré par quatre cerfs ayant appartenu au roi des Goths. Il serait, dans cet équipage,  monté sur le Capitole et y aurait immolé les quatre cervidés.

La majesté de la ramure du cerf ne manque pas d’impressionner les seigneurs féodaux, qui s’approprient l’animal et en quelque sorte s’identifient à lui. En effet, la place de choix du cerf parmi les animaux sauvages est comme le reflet de leur propre statut dans la société. Admiré pour sa grâce puissante, il est souvent l’objet de cadeaux, que les familles régnantes offrent en signe d’amitié et de bienveillance, peuplant ou repeuplant de nombreux massifs forestiers dans toute l’Europe.

Parallèlement, le cerf, comme les autres gibiers, fait l’objet d’une chasse spécifique pratiquée par la noblesse : la vénerie ou chasse à courre, très codifiée. Elle est à l’origine de monuments célèbres, comme les châteaux de Chambord, Fontainebleau, Versailles, initialement des pavillons de chasse où le roi de France invitait les grands du royaume. Enfin, autre signe de la place que tient le cerf dans le monde de la chasse, saint Hubert, dont le symbole est le cerf, n’est-il pas le patron des chasseurs depuis le xviiie siècle ?

Aujourd’hui, la grande vénerie du cerf reste très pratiquée en France, où environ 37 équipages spécialisés dans la chasse au cerf prennent environ 800 animaux chaque année. Il s’agit d’une tradition très controversée, principalement à cause du fait que le gibier, seul, est poursuivi jusqu’à épuisement total par une meute de chiens et tout un équipage humain à pied et à cheval, et à cause des pratiques de l’hallali et de la curée. Ainsi la chasse à courre n’existe-t-elle plus aujourd’hui qu’en France. Elle a en effet été interdite dans les autres régions où elle était pratiquée (dont la Belgique en 2000, l’Écosse en 2002 et le Pays de Galles et l’Angleterre en 2005).

cerf

D’autres modes de chasse sont pratiqués sur le cerf, la battue, mais surtout la chasse à l’affût ou à l’approche par un chasseur seul. Depuis le xixe siècle, des abus de chasse nombreux dus au perfectionnement et à la multiplication des armes à feu entraînèrent une diminution rapide des populations dans certaines régions, notamment dans le Midi. Le plan de chasse, instauré en 1963 sur les conseils de l’Association nationale des chasseurs de grand gibier, a largement contribué au redressement de cette situation. Chaque année dans chaque région, les prélèvements autorisés sont fixés par arrêté préfectoral ; ils sont assortis de minima de prises à respecter dans le cadre de la gestion de l’espèce. En France, environ 10 000 cerfs sont prélevés chaque année par la chasse. De nombreuses forêts ont été peuplées ou repeuplées par des animaux capturés dans les réserves nationales.

Un habitat morcelé

De plus en plus, la construction d’infrastructures routières et ferroviaires réduit le domaine vital des cerfs et isole les populations. Ces grandes voies de communication, souvent prises sur la forêt, créent de véritables coupures qui limitent les déplacements des animaux. Par ailleurs, le trafic routier représente une source de mortalité pour eux. Une solution partielle consiste en la création de passages larges, de préférence aériens, bien intégrés dans l’environnement et situés sur les trajets habituels des animaux. De même, l’aménagement de nouvelles terres agricoles ainsi que l’urbanisation entraînent également la réduction de l’habitat du cerf.

Pourtant, ni le morcellement de son habitat ni la chasse ne semblent être une menace importante pour le cerf dont, à l’échelle de l’espèce, les effectifs sont en augmentation. En fait, les scientifiques s’inquiètent plus du mélange génétique entre les différentes sous-populations, et de l’hybridation qui se produit avec le cerf sika (Cervus nippon), dans les régions où ce dernier a été introduit. 

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Origine et évolution du cerf

Posté par othoharmonie le 7 janvier 2017

 

Les lointains ancêtres des tout premiers cervidés sont sans doute les mêmes que ceux des chevrotains, ces autres ruminants qui vivaient déjà à la fin de l’éocène, il y a quelque 50 millions d’années. Ils étaient petits, sans bois, mais leurs canines supérieures sortaient de leur bouche. Eumeryx, l’un des premiers cervidés connus, vivait à l’oligocène en Asie. Sa silhouette était proche de celle de petites espèces asiatiques actuelles, l’hydropote  et les muntjacs (Muntiacus). Il vivait encore, il y a environ 30 millions d’années, dans les denses forêts qui recouvraient l’actuelle Asie centrale.

Les premiers porteurs de bois apparaissent il y a environ 20 millions d’années. Dicroceros, découvert en Asie, porte sur la tête de simples et courtes fourches, juchées sur de hauts pivots. Au pliocène, le climat se refroidit et les animaux, contraints de vivre dans des steppes peu boisées, deviennent grégaires ; ils grandissent et leurs bois se ramifient. Megaloceros giganteus, le mégalocéros, un cerf géant qui peuple les toundras d’Europe jusqu’à la fin de la première époque glaciaire, est le plus grand cervidé ayant jamais existé ; ses bois palmés peuvent atteindre 4 m d’envergure. Le mégalocéros disparaît à mesure que la forêt regagne du terrain.

bois_du cerf

Il y a environ 2 millions d’années, au pléistocène, apparaissent en Asie les premiers élaphes, à l’origine des cerfs actuels. Un groupe progresse vers l’est et l’Amérique par l’isthme de Béring ; un autre se dirige vers l’ouest et l’Afrique du Nord, avant la formation du détroit de Gibraltar.

Au début de la première époque interglaciaire, entre les glaciations de Günz et de Mindel, on trouve Cervus acoronatus, un cerf aux bois fourchus et dotés de puissants surandouillers. La sous-espèce Cervus elaphus priscus, à la fin de cette période, est le premier cerf connu à empaumures.

Puis, dès la deuxième période interglaciaire, les cerfs ressemblent aux cerfs actuels. Depuis 400 000 ans, le développement de leurs empaumures a accompagné la régression de leurs surandouillers, et leurs défenses primitives se sont peu à peu réduites à des canines arrondies.

Aujourd’hui, le cerf élaphe est présent sur tous les continents dans l’hémisphère Nord. Grâce à ses étonnantes facultés d’adaptation, il s’est bien acclimaté dans l’hémisphère Sud, là où il a été introduit.

Une riche symbolique

 Maintes gravures et peintures du paléolithique, telles celles de Lascaux, vieilles de 17 000 ans, représentent le cerf. Ces peintures n’illustrent sans doute pas, comme cela a pu être proposé, un rite destiné à attirer la bonne fortune aux chasseurs, mais sont plutôt porteuses d’une symbolique de type religieux. Dans l’art rupestre du paléolithique, le cerf, porteur d’une symbolique masculine, est sans doute associé à la fertilité et au cycle de la vie, et paré de qualités psychopompes. Au néolithique, le bois de cerf est un symbole de virilité, et sert à la construction d’outils « nobles », travaillés, destinés à la chasse, au travail de la terre, aux activités de construction. 

Dans le monde celtique, le dieu Cernunnos (dont l’étymologie signifie peut-être « cornu ») porte des bois de cerfs. Ses attributions sont soumises à supputations : peut-être règne-t-il sur la fertilité des champs – attribution symbolisée par le renouvellement cyclique des bois du cerf dans la nature –, et sur l’ensemble des animaux ; peut-être aussi est-il le dieu des Enfers.

Dans les mythologies orientales, le cerf est d’abord un animal psychopompe, qui conduit les morts dans l’autre monde. Autrefois, en Extrême-Orient, le cerf-volant figurait un cerf et symbolisait l’âme reliée magiquement aux forces du ciel, mais condamnée à rester au sol. Dans les cosmogonies amérindiennes, l’élan du cerf qui bondit fait jaillir la vie.

Dans la tradition chrétienne, le cerf – en particulier le cerf blanc – symbolise le Christ ; cette association est attestée dès le iie siècle avec le Physiologus, l’ancêtre des bestiaires. On la retrouve dans les légendes médiévales de deux saints, Eustache et Hubert, auxquels le Christ en croix serait apparu entre les bois d’un grand cerf qu’ils étaient en train de chasser, rencontre à l’origine de leur conversion au christianisme. Dans l’imagerie chrétienne, le cerf buvant à la source représente l’âme en quête du divin. 

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Milieu naturel du cerf

Posté par othoharmonie le 2 janvier 2017

 

Le cerf élaphe vit surtout dans l’hémisphère Nord, à l’exception des régions polaires et des déserts. Dans l’hémisphère Sud, il a été introduit en Argentine, au Chili et en Nouvelle-Zélande, mais ne l’a jamais été en Australie. En Afrique, le cerf ne se rencontre qu’en Algérie et en Tunisie. Aux États-Unis, il vit en Californie et sur la côte est. Les populations de Corse, d’Afrique, de Suède, du Turkestan, du Cachemire, du Xinjiang et du Népal sont rares ou menacées. Son cousin, le wapiti, présent dans l’est de l’Amérique du Nord, se retrouve, avec de légères variantes, dans les régions centrales et orientales d’Asie.

Le cerf

De nombreux groupes occupent encore des milieux proches de celui d’origine de l’espèce : landes à bruyère d’Écosse, garrigues espagnoles, prairie nord-américaine, pampa argentine ou pelouses d’altitude d’Asie. Mais, dans les régions centrales de son aire de répartition, le cerf peuple de grands massifs forestiers ou des marais, comme en Inde. Il faut à ce grand mammifère de vastes forêts de 1 000 à 2 000 ha au moins, peu découpées par des voies de pénétration. Il habite aussi bien les massifs résineux, comme dans les Rocheuses, que les forêts de feuillus. Ces dernières, plus variées et plus fournies, sont toutefois plus favorables à son développement. Le cerf est ainsi un indicateur de la bonne santé et de la diversité d’une forêt, capable de lui offrir nourriture et tranquillité. En France, il vit en plaine et en montagne, et se multiplie dans certaines forêts méditerranéennes, qu’il peut contribuer à débroussailler. Ses crottes sombres en forme d’obus, ou fumées, déposées en groupe, et les pousses ou rameaux grignotés le signalent.

La superficie qu’il occupe varie selon les saisons, en fonction de l’état de la végétation, de la richesse du milieu, ainsi que des activités humaines. Resserré l’été, son domaine s’étend pendant la mauvaise saison, les animaux se déplaçant d’un secteur à l’autre de leur domaine vital. En montagne, notamment dans les Alpes, les cerfs occupent parfois les pelouses d’altitude situées au-dessus de la limite supérieure des arbres, à plus de 2 000 m. L’enneigement les chasse dans le fond des vallées et sur les versants bien ensoleillés où ils établissent leur domaine vital d’hiver, distant parfois de plusieurs dizaines de kilomètres du domaine estival, obligeant les hardes à de véritables migrations.

Des points d’eau réguliers conditionnent son existence dans les milieux chauds et secs d’Espagne, de Tunisie ou d’Asie.

Cohabitation entre ongulés

La plupart du temps, le cerf partage son habitat avec d’autres ongulés sauvages, le chevreuil et le sanglier notamment. En temps normal, le mode d’utilisation de l’espace et les préférences alimentaires des cerfs et des chevreuils limitent le risque de concurrence. Toutefois, lorsque le cerf est très abondant, il peut nuire au chevreuil. Le sanglier, omnivore, est moins affecté, bien que le cerf le domine lorsque l’un et l’autre se nourrissent aux mêmes endroits. En montagne, la concurrence alimentaire avec le chamois et le mouflon est faible et se manifeste plutôt l’hiver, quand tous partagent les mêmes zones d’hivernage.

cerf christique

Peu de prédateurs

Seuls les plus grands carnivores sont de taille à chasser une proie aussi imposante que le cerf. Depuis toujours, son principal prédateur sauvage est le loup, qui chasse à la course, en meute, surtout les sujets jeunes, âgés ou affaiblis, plus faciles à capturer. En Europe, le lynx chasse à l’affût les biches et surtout les faons, et l’ours chasse le cerf à la rencontre ; mais son prélèvement reste modeste. En Asie, le tigre peut être un prédateur occasionnel. En Amérique du Sud, le cerf est la proie du puma.

Les très jeunes faons sont parfois aussi victimes du renard, du chien errant, du sanglier, voire de l’aigle, en montagne. Là où les grands prédateurs ont été éliminés ou fortement limités par l’homme, la chasse peut réguler les populations de cerfs.

La principale défense du cerf consiste à fuir le danger, mais, lorsqu’il est acculé, le mâle fait usage de ses bois, qui peuvent se révéler des armes redoutables. L’andouiller le plus bas, appelé andouiller d’œil, ou de massacre, est suffisamment aigu pour asséner des blessures mortelles à l’assaillant.

Les cerfs, comme tous les ongulés sauvages, sont les hôtes de nombreux parasites, poux et tiques notamment, mais les maladies proprement dites sont rares et les épidémies exceptionnelles. Ces dernières touchent surtout des animaux en surdensité, la maladie se transmettant alors beaucoup plus facilement d’un animal aux autres. 

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LE CERF et son origine

Posté par othoharmonie le 29 décembre 2016

 

Le cerfOriginaires d’Asie, les cerfs se sont admirablement adaptés aux grandes variations de température depuis des milliers d’années. Chez le cerf élaphe comme chez son cousin le wapiti, le mâle porte avec majesté de grands bois ramifiés, tandis que la biche en est dépourvue.

Les cerfs vivent la plupart du temps en groupes, les hardes, où les sexes sont séparés presque toute l’année. La harde des femelles varie de 5 ou 6 à 30 ou 40 animaux, parfois plus en hiver dans les forêts très peuplées. Elle est constituée de trios familiaux formés par une biche, son faon de l’année et celui de l’année précédente (appelé daguet si c’est un mâle et bichette si c’est une femelle) ; elle peut aussi comprendre de jeunes cerfs de un et deux ans. La harde est conduite par une biche expérimentée et prudente, capable de se reproduire, la « meneuse ». La hiérarchie, cependant très fluctuante, repose sur l’âge, la taille et la naissance.

Les mâles de trois ans et plus forment de petites hardes qui dépassent rarement une dizaine d’animaux. Le mâle dominant, celui qui porte les plus beaux bois, se tient très souvent à l’arrière du groupe, laissant un jeune ouvrir le chemin. La harde des mâles est moins stable, et ceux-ci vivent seuls une partie du temps, rejoignant parfois d’autres mâles, voire des femelles, lorsque les conditions de vie deviennent difficiles.

La taille d’une harde de biches ou de cerfs varie selon la saison, l’état physiologique des animaux, la nourriture disponible et l’habitat. Dans les collines dénudées d’Écosse, vivent toute l’année des hardes de plus de 500 animaux.

Le cerf a besoin d’un grand territoire. Un trio familial se déplace à l’intérieur d’un domaine de 500 à 1 500 hectares, tandis qu’un mâle adulte, plus mobile, a besoin de 2 000 à 5 000 hectares, parfois plus ; ainsi, lorsqu’il quitte les femelles après le rut, il peut parcourir de 10 à 20 km. Toutefois, le mâle ne dispute pas son domaine à ses congénères ; lors de la reproduction, il leur interdit plutôt l’accès aux femelles.

En Europe occidentale, le cerf se nourrit davantage au printemps et en été, parce que l’herbe représente près de 80 % de son alimentation, celle-ci étant complétée par des fleurs, des pousses, des fruits et des feuilles vertes. En hiver, ses besoins diminuent de moitié et il consomme alors surtout des rameaux d’arbres, des ronces, du lierre, des écorces et des feuilles mortes. À l’automne, il recherche les glands dont il raffole, et consomme à l’occasion des champignons ou même des pommes, qu’il gaule en se servant de ses bois.

La composition de l’alimentation du cerf varie selon les régions et leurs ressources alimentaires. Par exemple, en Écosse, le cerf recherche la bruyère.

Le brame du cerf

Le terme de « brame » (ou bramement) désigne le cri du mâle en rut. Dans les grandes forêts de plaine, les cerfs, muets le reste de l’année, se font entendre dès la fin du mois d’août. Le brame y culmine dans la deuxième quinzaine de septembre, et, en montagne, deux semaines plus tard. Pour se reproduire, les cerfs sont fidèles aux mêmes lieux. Des études réalisées en France par le chercheur F. Klein ont montré que les adultes reviennent chaque année dans le secteur où ils ont vu le jour.

Le brame se déroule dans les zones fréquentées par les biches. Certains cerfs dominants rassemblent des biches en nombre variable, qu’ils surveillent de près. Dans les landes écossaises, des cerfs entourés de plus de 100 femelles ont été observés.

Pendant la période du rut, le cerf ne supporte plus la présence de ses rivaux ; il se roule dans des cuvettes boueuses (appelées souilles) avant de se frotter aux arbres, de lacérer la végétation, de gratter le sol de ses sabots et de ses bois, et de déposer sur les arbres les sécrétions de ses larmiers.

Les mâles se jaugent et définissent leur dominance à travers leur brame et la taille et le volume de leurs bois. Ceux qui participent le plus activement à la reproduction ont en général 5 ou 6 ans au moins. Les rivalités ont lieu entre cerfs de même taille. Multipliant les avertissements, les animaux marchent souvent parallèlement, roulant les épaules et se présentant leurs bois, grinçant des dents, révulsant les yeux. Si ces postures rituelles ne dissuadent pas un des deux rivaux, le combat s’engage, les deux adversaires se projetant de toute leur force l’un contre l’autre et entrechoquant bruyamment leurs bois. Souvent, dès les premiers échanges, l’un des deux prend la fuite. 

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Les chauves-souris à travers les âges

Posté par othoharmonie le 24 octobre 2016

 

Les chauves-souris ont survécu à des climats changeants, d’abord tropicaux, puis tempérés et glaciaires.

Cette histoire commence il y a 55 millions d’années, soit 10 millions d’années seulement après la disparition des dinosaures. Icaronyteris sp. est alors certainement un animal qui saute de branches en branches, qui plane peut-être, pour capturer des insectes. 

chauve-souris

23 millions d’années après (il n’existe pas de fossiles pouvant nous renseigner entre-temps), les continents ont leurs formes actuelles pour la plupart. Les chauves-souris profitent alors de leur capacité à voler pour aller d’île en île et coloniser toutes les terres émergées.

Il y a 20 millions d’années, les modifications climatiques laissent apparaître des forêts tropicales nombreuses, particulièrement en Europe. Les chiroptères en profitent pour se diversifier.

Face aux quatre grandes glaciations de ces deux derniers millions d’années, les espèces doivent quitter l’Europe vers le sud. Elles constituent des îlots de population qui recolonisent les territoires abandonnés après le retour du climat tempéré actuel.

L’apparition de l’homme, et sa faculté à coloniser l’espace, vont aider les chauves-souris à profiter de nombreux gîtes. Après avoir vécu dans les grottes avec l’homme préhistorique pendant longtemps, elles l’accompagnent maintenant dans ses habitations, aussi modernes soient-elles.

Les chauves-souris sont présentes partout dans le monde. Les scientifiques estiment le nombre d’espèces à un millier, de tailles très variées (de plusieurs kilogrammes à seulement deux grammes). Après les rongeurs, elles représentent l’ordre le plus important chez les mammifères. Il existe deux sous-ordres, les mégachiroptères, très différents des microchiroptères.

Les chauves-souris ont longtemps été considérées comme des oiseaux. Il faut attendre la deuxième moitié du XIXe siècle pour que l’ordre des chiroptères soit décrit.

Les deuxsous-ordres sont très différents puisque les mégachiroptères sont plus apparentés aux primates et à l’homme, qu’aux microchiroptères.

Les mégachiroptères

Ils sont aussi appelés « renards volants », en raison de leur museau pointu qui ressemble à celui des renards. 

Ils ont une vue en couleur et vivent la journée suspendus aux branches des arbres, caractéristique qui leur a permis d’être connus du grand public. 

Originaires de l’Ancien monde, ils sont tous frugivores et participent à la dissémination des graines, favorisant la colonisation forestière.

Leur taille est très variable : avec une envergure de 1,7 m, Pteropus vampyrus est la plus grande chauve-souris au monde. La plus petite espèce ressemble plutôt à un microchiroptère de taille moyenne.

Les microchiroptères

Ils rassemblent le plus grand nombre d’espèces (759 connues à ce jour) pour 16 familles. En Europe, seules trois familles occupent l’espace aérien avec les vespertilionidés, les rhinolophidés et les molossidés.

  •  Les vespertilionidés

Sur les 320 espèces dans le monde (40 genres), 25 vivent en Europe.

Le museau est lisse et ne possède pas d’appendices nasaux. Les oreilles ont un tragus, les ailes au repos sont repliées le long du corps.

  • Les rhinolophidés

Sur les 70 espèces mondiales, 5 vivent en Europe.

Elles émettent des ultrasons au travers d’appendices foliacés appelés « feuilles nasales ». Les oreilles sont larges à la base, pointues à l’extrémité, et ne possèdent pas de tragus (ils ont un anti-tragus). Au repos, les ailes enveloppent l’animal.

  • Les molossidés

Sur les 52 espèces dans le monde, une seule vit en Europe.

Avec une lèvre supérieure comprenant 5 plis, ses narines s’ouvrent vers l’avant. L’uropatagium est court et la queue libre dépasse largement.

D’autres familles ont des aires de distribution plus locales, principalement sur les îles (les mystacinidés ne vivent qu’en Nouvelle-Zélande, les myzopodidés à Madagascar).

Toutes familles réunies, leurs régimes alimentaires sont très diversifiés : certaines sont insectivores, d’autres carnivores, piscivores, frugivores, végétariennes ou nectarivores. Ces dernières participent d’ailleurs à la pollinisation de nombreuses espèces forestières : c’est par exemple une chauve-souris qui assure la survie des Baobabs en Afrique.

Trois espèces, toutes sud-américaines, sont hématophages : Diphylla ecaudata et Diaenus youngi se nourrissent du sang des oiseaux, Desmodus rotondus de celui de plus gros animaux comme le bétail. Nous n’avons donc rien à craindre des Vampires en Europe.

 

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Chauves-souris en Bretagne

Posté par othoharmonie le 8 octobre 2016

 

Les chauves-souris sont tellement discrètes que l’on ne sait pas toujours qu’il y en a près de chez nous… voire dans nos murs. Cachées derrière un volet, une écorce d’arbre dé- collée, dans le clocher d’une église… Pourtant à certains moments de l’année, elles peuvent se regrouper par dizaines voire par centaines, pour hiberner ou pour mettre bas leurs petits. Les scientifiques ont identifié 21 espèces en Bretagne. Sept d’entre elles sont considérées comme menacées en Europe . La région n’est pas spécialement riche en chiroptères , comparée à d’autres en France. Cela s’explique par sa situation péninsulaire, la rareté des cavités naturelles et la fraîcheur du climat. Mais elle accueille tout de même des populations non négligeables pour deux espèces vulnérables : le grand rhinolophe et la barbastelle d’Europe.

L’étude des chauves-souris en Bretagne est encore récente puisqu’elle n’a commencé qu’au milieu des années 1980. La plupart des espèces gardent encore tout leur mystère, en particulier les plus communes bien qu’elles soient les plus nombreuses. Résultat aujourd’hui : les scientifiques ne commencent à bien connaître que quatre espèces. Parce qu’elles sont menacées et ont fait l’objet d’un suivi renforcé. À savoir le petit et le grand rhinolophe, le grand murin et le murin à oreilles échancrées.

chauve souris

Les chauves-souris sont des animaux souvent peu connus et pourtant passionnants. Première originalité et pas des moindres : ce sont les seuls mammifères volants au monde. Elles sont actives la nuit. En Europe, elles se nourrissent exclusivement d’insectes qu’elles repèrent en utilisant des ultrasons. Ce qui explique l’importance pour ces espèces des milieux riches en insectes comme les zones humides, les boisements, les pâturages, etc. Dépourvues de tout comportement constructeur, elles dépendent entièrement des abris naturels ou d’origine humaine. Selon les espèces et les saisons, elles choisissent pour s’installer des grottes, des mines, des combles de bâtiments, des arbres, ou encore des anfractuosités dans des murs. Frais en hiver, chaud en été Elles s’accouplent à l’automne, pour certaines espèces lors de grands rassemblements pouvant réunir des centaines d’individus. Puis, elles hibernent en général dans des grottes, des mines ou des ruines pour pallier le manque de nourriture. À cette saison, elles ont besoin d’abris ayant un microclimat propice à leur léthargie – une température constante aux environs de 10 °C et un taux d’humidité proche de 100 %. Quelques espèces moins frileuses choisissent des arbres creux. L’été, les femelles se regroupent dans des endroits chauds, sombres et calmes, comme les combles d’église, pour mettre au monde leur unique petit de l’année.

Le petit rhinolophe

Le petit rhinolophe est le plus petit des rhinolophidés européens (envergure : 19 à 25 cm, poids : 5 à 7 g). Il chasse essentiellement dans les boisements de feuillus et les boisements des berges. Comme tous les rhinolophidés, il a vu ses effectifs s’effondrer dans l’ensemble de l’Europe depuis le milieu du XXe siècle. C’est également une espèce vulnérable en Europe.

Le grand murin

Le grand murin est, comme son nom l’indique, le plus grand des murins européens. Il peut atteindre une envergure de 35 à 43 cm et un poids de 28 à 40 g. Il a souffert à partir des années 1960 d’une diminution très spectaculaire de ses effectifs, certaines estimations faisant état d’une baisse de 80 % à l’échelle européenne. Aujourd’hui, c’est une des espèces de chauves-souris les plus fragiles en Bretagne, protégée elle aussi en Europe.

Le murin à oreilles échancrées est une chauve-souris de 23 cm d’envergure (poids : 7 à 15 g). Depuis quelques années, l’espèce progresse vers l’ouest de la région. Les animaux chassent principalement dans les vallées boisées où ils recherchent des diptères (mouches, moustiques, etc.) et des araignées. L’espèce est aussi connue pour fréquenter les étables à la recherche d’insectes.

La barbastelle d’Europe

 La barbastelle d’Europe est une espèce forestière de taille moyenne avec une envergure de 27 cm et un poids de 6 à 13 g. Elle est considérée comme menacée en Europe. Son régime alimentaire est composé à 80 % de micro-papillons de nuit ce qui en fait une espèce spécialisée.

Des espèces plus communes Enfin parmi les espèces plus courantes on peut citer la pipistrelle commune et la sérotine commune. La première est la plus petite des espèces de chauves-souris européenne (envergure ne dépassant pas 19 cm et pesant 5 g). Elle chasse dans tous les types de milieux, même en ville. On la trouve régulièrement dans les habitations (toitures, coffres de volets roulants, etc.).

La sérotine commune est une chauve-souris de grande taille puisqu’elle peut faire 36 cm d’envergure et peser 26 g. Elle est présente dans de nombreux milieux comme les parcs, les bois, le bocage ou les zones remembrées. Très discrète, elle fréquente aussi les habitations humaines, en été comme en hiver. Rares ou pas, les chauves-souris ont en tout cas un point commun. Il est souvent bien difficile d’en voir plus que quelques battements d’ailes saccadés et furtifs, aperçus entre chien et loup ou captés au hasard d’un halo de lumière.

CHAUV . SOURISDes mutations à venir pour la forêt bretonne ? Autre sujet d’inquiétude pour les chauves-souris : la forêt bretonne pourrait connaître de profondes mutations dans les prochaines décennies. Car de nombreux boisements arrivent à maturité et devront être récoltés. Or la forêt est l’une des principales sources continentales de biodiversité de la région. Des études récentes montrent que les chauves-souris arboricoles  installent de préférence leurs colonies de reproduction dans des peuplements de feuillus, plutôt âgés et riches en bois mort (et en insectes). Une récolte en peu de temps des peuplements mâtures aurait des conséquences sur les chauves-souris. La demande actuelle du marché est très orientée vers le résineux. Si bien que la part des surfaces résineuses devrait logiquement augmenter, diminuant ainsi les capacités d’accueil et d’alimentation des chauves-souris. Les besoins croissants en bois, notamment pour la filière bois-énergie, pourraient favoriser localement une sylviculture plus dynamique, voire intensive avec des essences à croissance rapide et à rotations courtes. Ce type de peuplements est moins favorable aux chauves-souris. De même, la récolte de l’ensemble des rémanents de coupe pour la fabrication de plaquettes leur serait préjudiciable. Car elle ôterait une grande partie du bois mort en forêt, source de diversité en insectes. Là encore, il est difficile d’évaluer l’impact de ces changements à venir. L’heure est donc à la surveillance sur ce sujet . C’est une nécessité pour mieux comprendre les relations entre chauves-souris et milieux forestiers, mais aussi plus largement prévoir des gestions sylvicoles productives de biens et services également favorables à la biodiversité

Dossier | Les chauves-souris en Bretagne | avril 2014 http://www.bretagne-environnement.org/

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LE POUVOIR SACRE DES DAUPHINS

Posté par othoharmonie le 10 septembre 2016

 

Valérie VALTON spécialiste de l’agence Dolphinesse, des rencontres et nages Eco-Responsables avec les dauphins sauvages et la Vie sauvage.

Interview

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Valérie VALTON, vous êtes une spécialiste des rencontres et nages Eco-Responsables avec les dauphins sauvages et la Vie sauvage en général, d’où vous vient cette passion pour les dauphins et le monde animal dans son ensemble ?

Dans mon enfance, les animaux domestiques ont été une grande source d’affection et de formidables compagnons de jeux. Je me sentais merveilleusement bien avec eux. Tout d’abord par ce qu’ils offrent une qualité de présence incroyable, toujours totale et entière. Et puis leurs actes sont parfaitement alignés avec leur ressenti et leur langage. Ils sont pleinement eux-mêmes, entiers et transparents. Je les trouvais donc faciles à comprendre et nos relations étaient fluides et paisibles. Ce qui ne paraissait pas du tout être le cas entre les êtres humains, que j’avais beaucoup plus de mal à comprendre. De plus, comme les animaux nous acceptent entièrement tels que nous sommes, sans jugement ni projection ou attente, je me sentais pleinement moi-même, détendue et aimée à leur contact. C’est pour toutes ces raisons que je me sentais si bien en leur compagnie.

J’ai certes toujours eu une compréhension naturelle et instinctive de leur langage et de leur ressenti. Et enfant je n’avais pas compris que ce n’était pas le cas de tout le monde.

J’avais d’ailleurs aussi ce même faculté de pouvoir percevoir clairement ce que ressentent et disent vraiment les humains au-delà des mots, mais cela était à l’époque plutôt source de souffrance et de confusion. 
Les animaux ont aussi toujours été pour moi des êtres vivants à part entière, doués eux aussi d’une personnalité, d’émotions, de communication etc. C’était une évidence pour moi.

Quant aux animaux sauvages, ils me fascinaient, j’étais très curieuse à leur égard car je les connaissais moins. Une part de moi était convaincu que l’on pouvait entrer en contact établir le même type de liens avec eux qu’avec les animaux domestiques. Je rêvais de pouvoir vraiment les rencontrer.

Cependant, suite au décès de ma mère et aux difficultés qui ont suivies, je me suis coupée d’une grande partie de ma sensibilité pour moins souffrir. J’ai ensuite été happée par le souci de construire ma vie professionnelle. Les animaux sont passés à l’arrière-plan pendant plus de dix ans. Et même si je ne ratais pas une occasion d’aller en voir et d’être à leur contact, je n’étais plus en lien avec eux comme auparavant. Ce n’est qu’une fois mes blessures guéries que j’ai pu ré-ouvrir pleinement ma sensibilité et que le contact avec eux s’est immédiatement rétabli. Comme j’ai alors arrêté ma carrière pour changer de vie, j’ai cherché ce qui pourrait bien enchanter mon cœur. C’est là que je me suis rappelée que j’avais toujours rêvé de rencontrer les animaux sauvages, et notamment de nager avec des dauphins sauvages alors c’est ce que j’ai fait. Ce fût une vraie révélation.

Et j’ai d’ailleurs eu auprès des dauphins la confirmation que ma conviction était juste. Il est tout à fait possible d’entrer en lien avec eux, d’interagir et de communiquer avec eux. J’ai donc eu très envie d’approfondir ces rencontres, de mieux les connaître etc. et c’est ce que je n’ai cessé de faire depuis.

Ce qui m’a le plus frappé chez les dauphins, c’est leur degré de conscience. J’avais eu la nette sensation qu’ils avaient une conscience plus grande que la nôtre. Dans nos échanges de regard, j’avais l’impression qu’ils voyaient des parties de moi auquel je n’avais même pas accès. Comme si eux me voyait tout entière, dans une entièreté plus vaste et dont je n’avais même pas idée jusque-là.

Ce qui m’a aussi beaucoup ébranlé dans toutes les rencontres qui ont de facto suivies, c’est qu’il s’est toujours passé quelque chose de spécial à chaque rencontre. Cela a tantôt été source de guérison émotionnelle ou source de révélations sur moi-même ou encore de guidance, que celle-ci soit générale ou précise. Ils m’ont aussi offert des révélations sur la Vie, l’essence de la Vie.

C’est d’ailleurs au cœur d’un de leur regard que j’ai pu ressentir l’évidence de l’Unité de toute vie. Cela n’était qu’un concept jusque-là pour moi. Alors que dans ce regard si intense, j’ai été saisie et complètement ébranlée. Ce n’était pas un dauphin qui regardait un humain et vice versa, mais la vie qui se contemplait elle à travers nos yeux respectifs. L’essence de ce qu’il était et de ce que j’étais était la même, la Vie elle-même et il en va de même pour tout ce qui est. Cela a éclaté en moi comme une telle évidence à cet instant-là. C’était un instant de Grâce.

Enfin, ils m’ont aussi appris petit à petit comment communiquer avec eux. La gamme des possibilités en ce sens est large et j’en découvre un peu plus à chaque fois. Continuer à découvrir et à explorer jusqu’où nous pouvons entrer en lien, communiquer et interagir avec eux et avec tous les mammifères marins et autres animaux sauvages me passionne, c’est pour cela que je continue.

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Vous proposez désormais à ceux qui le souhaitent de se joindre à vous lors de certains voyages pour vivre ces rencontres et nager avec les dauphins sauvages, les baleines etc. Comment l’envie vous est-elle venue ?

J’ai eu envie que d’autres puissent aussi bénéficier des cadeaux extraordinaires que les dauphins, baleines etc., se proposent de nous offrir. Que chacun puisse vivre ces instants de grâce si précieux, aussi guérisseurs que transformateurs. Et j’avais par ailleurs aussi envie de pouvoir partager ce que je vivais et ce qui me passionne avec les autres.

Et comme l’a dit le commandant Cousteau: « L’Homme ne protège que ce qu’il aime, et il n’aime que ce qu’il connaît ». Alors je me suis dit que cela pouvait aussi être une manière de contribuer au bien-être des dauphins et tous les animaux sauvages. Que si chacun pouvait vivre cette rencontre et en être profondément touché, alors chacun prendrait conscience de l’urgent besoin de prendre meilleur soin de la planète et de toute la vie animale qui l’habite.

C’est pour cela que je propose désormais que l’on m’accompagne sur certains voyages pour aller à la rencontre et nager avec les dauphins sauvages, baleines etc. et même désormais aussi des éléphants etc., Cela se fait toujours en petit groupe et selon une approche Eco-Responsable et en conscience. Et ce, uniquement dans des lieux où la rencontre peut encore être vraiment authentique.

Pouvez-vous nous parler du pouvoir sacré et thérapeutique des dauphins ? Peut-on vraiment nager avec les dauphins et comment?

Oui bien sûr que l’on peut vraiment nager avec les dauphins et même avec les baleines etc.

Et au-delà des règles de sécurité, si l’on aime vraiment les mammifères marins, il faut vraiment avoir une approche Eco-responsable. C’est-à-dire aller à leur rencontre dans un réel respect et sans créer de nuisance. Cela signifie que nous devons chaque fois ne faire que proposer une rencontre et laisser les dauphins libres de l’accueillir ou non. Ce doit toujours être leur choix. Et il y a aussi certaines règles cruciales pour que les interactions lorsqu’elles ont lieu soient elles aussi respectueuses. Pour que les dauphins puissent se sentir en confiance avec nous et avoir raison de l’être.

Il est vraiment important que chacun de nous ait conscience de cela pour que ces rencontres puissent perdurer, que les dauphins gardent l’envie de nous côtoyer et d’interagir avec nous.

Et oui les dauphins sauvages mais aussi tous les animaux ont un pouvoir thérapeutique puissant. La palette de ce qu’ils peuvent nous offrir est large tant d’un point de vue thérapeutique que spirituel. Pour les dauphins, il y a certes une partie thérapeutique que nous ressentons tous. Ils réveillent en nous notre élan de vie, la Joie de vivre, déclenchent une certaine reconnexion à notre enfant intérieur et à sa joie naturelle d’être. Ils émanent aussi une certaine légèreté, la simplicité, la liberté etc. Et au-delà de ces aspects que nous ressentons tous en leur présence, ce que les dauphins peuvent apporter est toujours unique et unique à chaque personne, toujours en lien avec ce que celle-ci vit au moment de la rencontre. C’est incroyablement pertinent et approprié à chacun et c’est donc aussi chaque fois différent.

D’où l’intérêt de vivre cette rencontre par soi-même car personne ne peut s’en faire l’intermédiaire pour les autres.

Pour moi, comme je l’expliquais plus haut, ce fut une grande aide à la guérison émotionnelle, puis ils m’ont permis de voir des facettes de moi-même et d’accéder à certaines compréhensions, il y a eu des révélations sur l’essence de ce que je suis et sur la Vie elle-même. Cela dépendait de là où j’en étais et de mon besoin du moment. Et parfois aussi, il n’y a aucun mot ni aucune compréhension possible que l’on puisse mettre sur ce qui a été vécu. Même si l’on a conscience que quelque chose a été clairement ébranlée au plus profond de soi.

J’observe qu’il en est de même pour les participants, chacun a une expérience avec eux qui lui est propre et qui est parfaitement en lien avec leurs vécus du moment. Il m’est certes possible d’aiguiller un peu les participants lorsque les dauphins leur pointent quelque chose avec force et évidence et qu’ils ne le voient pas bien. Mais mon rôle essentiel est de faire en sorte que les participants soient dans un état de présence, de conscience et d’ouverture maximale afin qu’ils puissent vivre la rencontre dans toute sa profondeur et accueillir eux-mêmes en conscience tous les cadeaux qui leur sont offerts.

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Quelle est la rencontre qui vous a le plus marqué dernièrement et pourquoi ?

Cet été, j’ai nagé avec les dauphins sauvages puis je suis allée auprès des baleines à bosses et des orques. Les dauphins et baleines m’ont successivement montrés deux points sur lesquels il me fallait évoluer et le sens dans lequel il me fallait aller. Mais pour la toute première fois, ils m’ont concrètement indiqués quoi faire, c’est-à-dire quel acte concret poser et comment le faire, et ce, à un moment bien précis. De vrais coachs ! J’étais complètement ébahie… et bien sûr, infiniment reconnaissante car les résultats ont été immédiats et pour le meilleur dans les deux cas. J’étais loin d’imaginer qu’ils pouvaient ainsi me dire et me montrer quoi faire dans la matière puisque nos mondes sont si différents et pourtant, ils le peuvent aussi..

Vous avez eu une carrière de 10 ans dans les affaires à l’international avant Dolphinesse, qu’est-ce que cette expérience vous a appris ?

C’était avant tout une aventure humaine très riche. J’y ai noué des amitiés, découvert les profondes différences culturelles qu’il y a entre les régions du monde et les pays, tant dans la manière de voir la vie, que de penser ou de travailler. J’ai appris comment fonctionne le monde des affaires. Découvert le microcosme des sociétés où les humains tentent ensemble, malgré leurs différences et leurs intérêts personnels très divergents, de créer et de faire vivre des projets.

Et, cela m’a surtout appris que le bonheur n’a rien à voir avec ce que la société nous propose et veut nous faire croire. Que la réussite, la notoriété et l’argent ne peuvent amener aucun bonheur en soi. Ils ne peuvent en aucun cas apporter la sécurité ou la reconnaissance et encore moins une joie et un bien-être profond. C’est cette ‘désillusion’ qui m’a permis de comprendre que le bonheur ne pouvait qu’être intérieur, puisque rien de tout ce que j’avais pu construire sur le plan extérieur ne réussissait à nourrir mes besoins réels ni à m’apporter la Joie. Et cette prise de conscience a été cruciale pour moi, elle a grandement propulsé et accéléré mon cheminement intérieur.

Cela m’a aussi donné le courage de quitter cette carrière. Je n’avais à l’époque aucune idée de ce que j’allais bien pouvoir faire par la suite. J’étais en train de renaître à moi-même et j’allais en même temps renaître à une nouvelle vie. Ce fût une aventure incroyable, pas toujours facile ni confortable certes. Mais quand je regarde ma vie d’aujourd’hui comparée à celle d’avant, je vois combien cela a été une réelle bénédiction.

Valérie, avez-vous eu un parcours spirituel pour trouver la joie et l’harmonie ? Qu’est-ce qui vous permet de garder votre équilibre intérieur au quotidien ?

Alors que j’étais adolescente, ma mère m’a dit peu de temps avant son décès: « La Vie n’est pas ce que nous en t’avons montré, la vie c’est le Bonheur». J’ai depuis toujours été en quête de savoir ce que pouvait bien être le bonheur et s’il était vraiment possible en ce monde. Cela m’a amené à le chercher au dehors, puis à faire un chemin intérieur, de guérison et de spiritualité. J’ai compris que pour résoudre la question du bonheur il me fallait questionner l’essence même de ce que je suis et ce qu’est la vie elle-même. Et à force de chercher, il y a eu un moment béni où la vérité s’est enfin révélée. Cela a été profondément libérateur et il s’en est suivi un immense lâcher prise, un abandon à la vie. Ce fût une renaissance, mais cette fois, à la Joie d’Etre.

Et depuis, chaque jour est une nouvelle expérience riche en découverte sur moi-même et sur la vie, qui m’emmène vers une libération toujours plus grande. C’est désormais une aventure joyeuse et passionnante, pleine en soi. Et, chaque fois que je me vois tentée de me recréer de la souffrance ou de repartir dans le mental, c’est le fait de me voir faire qui coupe court tout de suite à cela. Rester en présence et en conscience est donc clé pour moi.

Et pour être bien équilibrée, j’ai besoin d’être le plus souvent possible en extérieur, d’être en contact de la nature et des animaux, d’avoir du temps avec moi-même et aussi d’être en lien et de partager avec les autres.

Vous allez proposer un voyage au cœur d’un sanctuaire des éléphants en Thaïlande en 2016…. Pouvez-nous dire quelques mots sur ce nouveau voyage ?

C’est un voyage qui comporte deux objectifs. 
Le premier est de pouvoir offrir de vivre une vraie rencontre intime avec les éléphants. Il s’agit de passer une semaine aux côtés des éléphants et pour chacun, de s’occuper de l’un d’eux en particulier. Chaque jour, vous allez le nourrir et l’abreuver, vous occuper de ses soins si nécessaires, l’emmener en promenade en étant tout simplement à pieds à ses côtés. Partager avec lui le grand moment de joie qu’est leur bain auquel participe aussi ses congénères etc. Leur dédier une semaine nous donne vraiment le temps de faire connaissance, d’entrer en lien avec, de nouer une relation et de vivre un échange d’une réelle profondeur. On est là pour partager avec eux leur quotidien. Ce sont des instants magiques, mutuellement guérisseurs et transformateurs. Les éléphants ont tant à nous apprendre…

Les éléphants de Thaïlande étaient utilisés dans l’industrie forestière pour trainer les troncs de la forêt jusqu’à la route et aux camions de chargement. Cela est désormais interdit. Et faute d’alternative disponible, les Mahouts (propriétaires des éléphants) se retrouvent sans emploi et n’ont plus les moyens de nourrir et prendre soin de leur éléphant. Ces derniers se retrouvent donc soit dans une industrie touristique qui en fait le plus souvent une utilisation abusive et honteuse, soit à errer et à mendier sur le bitume bouillant au milieu du trafic des grandes villes, soit ils sont abandonnés. C’est donc pour répondre à l’urgence de la situation et au manque de possibilité de reconversion acceptables que des sanctuaires ont été créés ici et là par accueillir les éléphants dans le besoin et parfois aussi leurs Mahouts avec.

Apparté : Attention néanmoins car il y a pléthore de soi-disant sanctuaires mais nombreux sont ceux qui sont des attractions touristiques déguisées où l’on se soucie uniquement des gains financiers et pas du tout des éléphants.. Soyez avisé. Néanmoins, il existe quelques vrais sanctuaires qui font un travail remarquable et qui ouvre la voie à une nouvelle alternative positive.

Les éléphants secourus qui arrivent dans ces sanctuaires sont donc souvent en mauvais état. Ceux-ci ont donc pour but de les soigner, de leur redonner le goût de la vie et de la bientraitance humaine, tout en leur offrant une retraite paisible dans un environnement aussi proche que possible de leur habitat naturel (selon les moyens à disposition du sanctuaire). Partir dans ces sanctuaires en tant qu’Eco-participant actif offre ainsi une source de revenu financière au sanctuaire et une aide humaine sur le terrain à leur équipe. Et ce, tout en nous permettant d’être au contact des éléphants de manière respectueuse mais aussi de contribuer nous-même directement à leur bon rétablissement et à leur bien-être.

C’est donc bénéfique pour tous, pour les éléphants, pour soutenir ces beaux projets de sanctuaire si nécessaires et aussi pour nous. Voilà pourquoi ce voyage me tient tant à cœur.

Site web : www.dolphinesse.net

Visionnez la vidéo : Vivre une rencontre intime avec les dauphins sauvages au travers des yeux de Valérie Valton.

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Les mythes autour des chauves-souris tropicales

Posté par othoharmonie le 25 août 2016

 

Les chauves-souris se rencontrent partout sauf dans les zones polaires, mais c’est dans les régions tropicales du Nouveau Monde qu’elles sont le plus nombreuses et le plus diversifiées : environ 260 espèces sur les quelque 950 décrites, soit plus du quart des chiroptères. Ainsi, 3 kilomètres carrés de forêt guyanaise hébergent plus de 50 espèces de chauves-souris différentes, alors que 100 kilomètres carrés de forêt équatoriale au Gabon en abritent 35. Cet écart est moins important entre l’Asie et l’Amérique : pour des surfaces similaires, la péninsule de Malacca d’une part, le Costa Rica et Panamá d’autre part possèdent respectivement environ 90 et 110 espèces de chiroptères.

Par ailleurs, dans les forêts tropicales américaines, le nombre d’espèces de chauves-souris équivaut à peu près à celui des autres espèces de mammifères.

Chauve souris

Les chiroptères d’Amérique tropicale se répartissent en 9 familles et 81 genres. Six de ces familles sont endémiques de ce continent : les noctilionidés (2 espèces), les mormoopidés (8 espèces), les phyllostomidés (qui, avec environ 143 espèces, réunissent plus de la moitié des espèces chiroptères du Nouveau Monde), les natalidés (5 espèces), les furiptéridés (2 espèces) et les thyroptéridés (2 espèces) ; les trois autres familles – les emballonuridés, les molossidés et les vespertilionidés – sont également représentées dans l’Ancien Monde.

Certaines espèces, comme les vampires, ont un régime très spécialisé ; d’autres, au contraire, sont omnivores et se nourrissent en partie de végétaux et en partie d’animaux, des invertébrés surtout. Selon leur alimentation, on distingue 6 grandes catégories de chauves-souris : les hématophages ; les insectivores – qui sont les plus nombreuses – ; les frugivores, les nectarivores, les piscivores et les carnivores.

Un peu plus de la moitié des chauves-souris d’Amérique tropicale se nourrissent d’insectes, soit la totalité des espèces des familles des emballonuridés, des mormoopidés, des natalidés, des furiptéridés, des thyroptéridés, des vespertilionidés et des molossidés ; 20 % des phyllostomidés ; un seul noctilionidé, le petit noctilion, Noctilio albiventris.

Les insectes sont généralement capturés en vol, parfois aussi lorsqu’ils sont posés au sol ou dans la végétation.

Bien que le mot vampire soit originaire d’Europe centrale (étymologiquement, il pourrait venir d’un mot turc [uber] signifiant « sorcière »), c’est dans les régions les plus chaudes d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud que l’on trouve les vrais vampires. Un certain nombre d’invertébrés, comme les sangsues, les tiques et de nombreux insectes (punaises, puces, moustiques), se nourrissent de sang, mais, chez les vertébrés, les vampires sont les seuls à avoir adopté ce régime alimentaire. Il est d’ailleurs assez paradoxal que ces chauves-souris hématophages soient apparues et aient évolué uniquement en Amérique, continent qui, avant l’introduction du bétail par les Européens, était relativement pauvre en grands mammifères. D’autres parties du monde, comme l’Afrique, avec ses grands troupeaux d’herbivores, semblaient, a priori, plus favorables. Sur ce point, le mystère demeure.

Des trois espèces existant actuellement, le vampire commun, Desmodus rotundus, est celle qui a l’aire de répartition la plus étendue. Présent du Mexique à l’Argentine et au Chili, il évite pourtant la région des hauts plateaux mexicains ainsi qu’une bonne partie de la cordillère des Andes. Toutefois, on le trouve à plus de 1 000 m d’altitude (2 300 m au Mexique, 2 600 m en Colombie et même 3 800 m au Pérou). Les vampires se rencontrent dans les deux hémisphères, dans les régions où la température hivernale minimale est au moins égale à 10 °C.

Vol de chauve souris

Vrais et faux vampires

L’histoire de la nomenclature des vampires est significative. Elle montre combien la légende et la réalité ont souvent été confondues.

Bien que les vampires aient été connus dès la conquête du Mexique par Hernán Cortés, il faut attendre 1760 pour que Buffon baptise « vampire » une grosse chauve-souris d’Amérique du Sud, dont il décrit les mœurs hématophages en se fondant sur des témoignages de voyageurs à leur retour du Nouveau Monde. À la même époque, Carl von Linné la décrit sous le nom de Vespertilio spectrum. Il s’agit, en fait, de l’actuel Vampyrum spectrum, le faux vampire, qui, s’il est carnivore, n’est pas un buveur de sang. Nul doute que les termes choisis par ces naturalistes pour dénommer cet animal ont été inspirés par sa grande taille et son aspect peu engageant.

À partir de cette époque et pendant tout le xixe siècle, les zoologistes des muséums européens ont tendance à appeler « vampires » toute une série d’espèces de chauves-souris en général de grande taille, souvent des phyllostomidés, c’est-à-dire possédant l’étrange feuille nasale attribut de cette famille. De là à leur attribuer des mœurs de vampires, il n’y avait qu’un pas. C’est ainsi que sont apparus à cette période des VampyrusVampyrops et autres Vampyressa, qui n’ont en fait rien du vampire. On a même baptisé « vampires » de grandes chauves-souris mangeuses de fruits de l’Ancien Monde : la plus grande chauve-souris du monde, la roussette de Malaisie, une chauve-souris frugivore de 1,70 m, a ainsi été décrite en 1792 sous le nom de Pteropus vampyrus.

En revanche, le vrai vampire reçoit, en 1810, le nom anodin de « phyllostome [à bouche en forme de feuille] arrondi » (Phyllostoma rotundus) ! En 1822, le Français Desmarest découvre que cette petite chauve-souris se nourrit de sang et peut s’attaquer à l’homme. C’est Oldfield Thomas qui, en 1901, lui donne son nom définitif de Desmodus rotundus.

Le vampire sorti des tombeaux

Nombreux sont les mythes et légendes évoquant des créatures suceuses de sang. En Orient, on peut citer, par exemple, les striges (oiseaux de nuit), et les goules qui dévorent les cadavres dans les cimetières. En Europe, le mot vampir, sans doute originaire des Balkans, fait son apparition au xviiie siècle (en Allemagne en 1732).

À l’origine, le vampire est censé être l’esprit d’un mort qui sort la nuit de sa tombe et prend des aspects variés : un animal (grenouille, araignée ou puce) chez les Roms vivant dans les pays slaves, ou un légume (citrouille, pastèque), ou un autre objet inanimé ailleurs, pour aller sucer le sang d’une personne endormie. Celle-ci deviendra vampire à son tour. On notera que, dans les croyances européennes, les chauves-souris ne sont pas associées au vampirisme. Seule la découverte, au xvie siècle, de l’existence d’une chauve-souris hématophage que les scientifiques vont appeler « vampire » va permettre – bien ultérieurement – cette association, qui, aujourd’hui, est bien ancrée dans les esprits.

Vampires et esprits malins

On pourrait s’attendre à une figuration du vampire dans toutes les mythologies, ainsi que dans les arts et l’artisanat des pays où l’espèce est prospère. Curieusement, on la rencontre au contraire plutôt rarement : ainsi il n’en existe aucune trace dans la culture aztèque. En revanche, les Mayas connaissaient bien cet animal : pour eux, la zotziha, ou maison des chauves-souris, est l’une des étapes qui conduit les mourants dans les entrailles de la terre. C’est la demeure du dieu-vampire, ou « chauve-souris de la mort » (camazotz), qui décapite ses victimes. Chez les Arawaks des Guyanes, plusieurs mythes évoquent des chauves-souris géantes qui dévorent ou sucent le sang des êtres humains.

Sur l’île de la Trinité, les morsures des vampires sur des hommes sont attribuées à un esprit malfaisant appelé « soucouyant ». C’est généralement une vieille femme, qui se dépouille la nuit de son apparence humaine et, pour se déplacer, se transforme en boule de feu. Elle pénètre dans les maisons par le trou de la serrure, ou à travers des fissures.

Les premières « victimes » européennes

Natalus_stramineusLes récits des premiers voyages européens et les mythes amérindiens en témoignent : l’homme a, de tout temps, été l’une des proies du vampire. Ainsi, au retour d’un périple dans les régions qui constituent l’actuel Costa Rica, le voyageur au long cours Benzoni écrivait en 1565 : « Il y a de nombreuses chauves-souris qui mordent les gens au cours de la nuit ; on les trouve le long de la côte jusqu’au golfe de Paria et dans d’autres régions, mais nulle part ailleurs elles ne provoquent autant de dommages que dans cette province ; je les ai rencontrées en plusieurs endroits, sur la côte et particulièrement à Nombre de Dios, où, alors que je dormais, elles m’ont mordu aux orteils si délicatement que je n’ai rien senti, mais, au matin, j’ai trouvé les draps (…) baignés de sang… »

Morsures sélectives

Chez l’homme, le vampire choisit de préférence les pieds, les mains et certains endroits de la tête, en particulier le bout de l’oreille. Ce sont en fait les surfaces les plus riches en vaisseaux capillaires. Les tonsures pratiquées par certains peuples Amérindiens, comme les Yanomami du haut Orénoque, sont apparemment une aubaine pour ces chauves-souris, qui les apprécient tout particulièrement.

Au Mexique, une enquête a établi que les chauves-souris vampires s’en prennent le plus souvent aux enfants des deux sexes et préfèrent les femmes aux adultes masculins. Cet ordre de préférence (jeunes, puis femelles et ensuite seulement mâles) vaut également pour d’autres proies, en particulier les bovins. En ce qui concerne ces derniers, le chercheur suisse Dennis Turner estime que la sélection est déterminée par l’épaisseur de la peau, faible chez le veau, moyenne chez la vache, maximale pour le taureau, ainsi que par le degré d’exposition : les veaux dorment plus longtemps et ils restent plus isolés les uns des autres que les adultes.

Sans qu’on sache très bien pourquoi, les vampires s’en prennent à certains individus plutôt qu’à d’autres : sur l’île de la Trinité, par exemple, un enfant de 14 ans a subi des morsures sur les membres, le dos et le visage pendant deux années consécutives, alors que son frère et sa mère, qui vivaient sous le même toit, n’ont jamais été importunés. Seul le cochon que cette famille possédait a lui aussi été mordu.

Pour l’homme, il est d’ailleurs facile de se protéger des morsures au cours du sommeil, puisqu’il suffit de dormir sous une moustiquaire. Il n’en va pas de même pour le bétail…

Un mythe cinématographique

Si la littérature vampirique apparaît au début du xixe siècle, c’est, à la fin du siècle, en 1897, l’écrivain Bram Stoker qui va donner au vampirisme son plus célèbre héros, Dracula (1897). C’est aussi lui qui, pour la première fois, associe la figure maléfique du vampire à la chauve-souris. Le nom de Dracula est quant à lui lié, étymologiquement, au dragon et au diable (le premier est d’ailleurs associé au second dans la symbolique chrétienne médiévale) : il a pour racine drac, qui signifie « diable » en roumain et qui dérive du latin draco, « dragon ».

C’est surtout avec le septième art que le thème du vampirisme va se développer. La plupart des films de vampires tirent leur origine du Dracula de Bram Stoker. Les deux premiers qui s’en inspirent ont été portés à l’écran respectivement en 1922 par F. W. Murnau (Nosferatu le vampire) et en 1931 par Tod Browning (Dracula), et annoncent la naissance de ce mythe contemporain. Dracula a, depuis, été adapté un nombre considérable de fois, et est devenu un mythe à part entière au sein de celui des vampires.

Le mythe de Dracula a fixé dans l’imaginaire l’association vampires/chauves-souris. Bouclant la boucle, en 1988, des paléontologues ont associé Dracula aux chauves-souris, en baptisant Desmodus draculae les restes fossiles d’une chauve-souris hématophage retrouvés au Venezuela dans des terrains du pléistocène.

 

Porteur de la rage

Pour se nourrir, une chauve-souris vampire prélève en moyenne 20 ml de sang par jour (soit un peu plus de 7 litres en une année). Sa salive contenant des substances anticoagulantes, la plaie peut continuer de saigner plusieurs heures après son départ. On a beaucoup spéculé autour des conséquences de ces morsures sur la santé et à la productivité du bétail. Une recherche faite sur des élevages de vaches, en Équateur, a montré que la production de lait n’était pas perturbée par ces pertes de sang occasionnelles. En fait, les prélèvements de sang effectués par les vampires sont minimes par rapport au volume total de sang du bétail, ou même de l’homme, ne provoquant pas de problème particulier.

En revanche, les vampires peuvent, en se nourrissant, transmettre un certain nombre de maladies aux conséquences beaucoup plus graves, en particulier la rage. Le virus infeste la victime par l’intermédiaire de la salive de la chauve-souris, puis s’attaque au système nerveux et entraîne des altérations du comportement, des paralysies et, presque toujours, la mort. Comme tous les mammifères (l’homme ne fait pas exception), les vampires sont eux-mêmes sensibles à ce virus, dont ils peuvent mourir. Pour des raisons encore mal connues, on assiste périodiquement à des épidémies migratrices qui entraînent une mortalité massive pour les bovins et animaux domestiques et, dans une moindre mesure, pour les chauves-souris.

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