• Accueil
  • > Recherche : animal crabe

Résultats de votre recherche

LA PECHE AUX CRABES

Posté par othoharmonie le 4 mars 2016

 

Suite à la régression d’autres espèces, le Dormeur est devenu (en termes de tonnage) l’un des crustacés les plus recherchés et pêchés en Europe.

Il est pêché par des caseyeurs, au moyen de casiers appâtés (l’appât est appelé boette en Bretagne) et disposés en filières (en zone rocheuse ou à leurs abords). Le nombre de casiers par filière (10 à 40) varie selon les capacités du navire et de la stratégie de pêche retenue. Dès les années 1970, les plus gros caseyeurs pouvaient en Bretagne sud mouiller un total de 350 à 600 casiers, par filière de 40 à 60. Initialement artisanalement fait de bois et filet ils sont maintenant en plastique et nylon. À titre d’exemple, rien qu’en Bretagne-sud, les 6 Quartiers abritaient en 1980 : 373 caseyeurs, dont 335 de moins de 8 tonneaux, un seul faisant plus de 30 tonneaux. Ces navires disposaient de 10 650 casiers pour la flotte du Guilvinec, 13 000 pour Concarneau, 8 500 pour Lorient, 14 540 pour Auray, 7 500 pour Vannes et 5 000 à Saint-Nazaire, ce qui leur a permis de pêcher 3 B95 tonnes de dormeurs cette même année 1980.

Pêche aux crabes

En Bretagne nord, la flotte était surtout concentrée dans les « quartiers » de Paimpol, Brest et Morlaix avec respectivement 174, 160 et 128 caseyeurs

Le dormeur est aussi pêché par des chalutiers au moyen d’engins trainés (chalut de fond), qui endommagent les fonds.

C’est aussi une prise accessoire des filets à soles ou d’autres engins (seules les pinces sont alors vendues).

Il peut être conservé un certain temps en vivier comme à Camaret-sur-mer. Cette pêche est surtout pratiquée en été et automne, d’avril à octobre en Bretagne-Sud.

Malgré une réglementation précisant une taille marchande minimale (donnée en largeur de carapace en France) une pêche annuelle quantitativement croissante jusque dans les années 1980 (milliers de tonnes de dormeurs capturés rien qu’en métropole), sauf certaines années en été lors des pics de production, la demande restait supérieure à l’offre (le marché Français importait à lui seul environ 6 000 t de chair de crabe en 1986 selon la FAO). La règlementation française reprend une taille marchande proposée par les professionnels.

Depuis les années 1970, la pêche ciblée de cette espèce s’est substituée à celle du homard et des langoustes et des araignées de mer (Maia squinada), largement surexploités 6. Elle constitue un revenu important pour la pêche artisanale, particulièrement en France pour certains ports de Manche et d’Atlantique.

Au début des années 1980, la Manche était la première zone de production, au bénéfice de flottilles bretonnes et anglaises assurant respectivement plus de 40 % du total européen des pêches devant la Norvège (10 %).

Le nombre d’individus prélevés est considérable. Selon la Marine Marchande, environ 10 000 tonnes de dormeurs avaient été débarquées et déclarées en 1980. Deux ans après,8 700 tonnes auraient été pêchées, d’une valeur de 85 millions de francs, soit environ 40 % du total européen. Presque vingt an après (en 1999), le total des captures déclarées dans le monde selon la FAO s’élevait à 41 337 t (19 988 t pour le Royaume-Uni et 8 498 t pour la France, soit une diminution de tonnage pêché pour la France malgré des moyens techniques améliorés).

Bien que cette pêche soit récente (hors pêche à pied), des chutes de rendement sont observées depuis 20 à 30 ans dans certaines zones d’Europe. Cette régression de l’espèce a causé des reconversions ou au contraire une intensification de la pêche (plus profonde, plus instrumentalisée, et avec éloignement toujours plus au large des zones de pêche).

On cherche à mieux comprendre la croissance (modèle de von Bertalanffy…) et la biologie de l’espèce (ex : étude des parasitoses, des zones de reproduction et corridors et vitesses de déplacements par marquage-recapture.

Pour preuve de sa fraicheur, cet animal est généralement vendu vivant. Or ses pinces sont – comme celles du homard – très puissantes, suffisamment pour presque sectionner un doigt humain. Le tendon du muscle qui les ferme est donc généralement sectionné sur le bateau par le pêcheur lui-même, au niveau de l’articulation au moyen d’un outil tranchant. D’un point de vue bioéthique, c’est sans doute une source supplémentaire de souffrance pour l’animal, sans que l’on sache si elle est moindre que la pose de l’élastique sur les pinces du homards.

Au Royaume-Uni

Dans ce pays qui a toujours été le premier producteur de crabes-tourteaux, des objectifs de gestion de la ressource et de contrôle de l’effort de pêche se traduisent dans les textes réglementaires en 1870. Les tailles marchandes minimales sont édictées, publiées par la revue « Fishing Prospects 1979-1980, Lowestoft ».

  • Depuis 1976, cette taille est de 115 mm de largeur (soit environ 70 mm de longueur) pour le Devon, de 127 mm (à peu près 76 mm] dans le Dorset, le Hampshire et en Cornouailles.
  • Dans les années 1980, des travaux scientifiques proposaient de l’augmenter à 140 mm pour les femelles et 160 mm pour les mâles.

En France

Pour les pêcheurs, à partir des années 1960 apparait une première auto-réglementation, faite par un organisme professionnel : le Comité Interprofessionnel des Crustacés et Coquillages de Pêche, et plus précisément par sa Section I : « Langouste rouge, homard, crabe et araignée », sans base scientifique ni évaluation des populations et sans tenir compte des inégalités régionales ou de la pression de pêche, mais avec l’objectif d’intuitivement déterminer la taille minimale idéale pour protéger les jeunes et les reproducteurs, sans brimer l’effort de pêche. La marine marchande édictait également des règles (publiées via des arrêtés) pour les pêcheurs amateurs.

  • 19 octobre 1964 : la taille marchande minimale (en deçà de laquelle tout animal pêché doit immédiatement être rejeté à l’eau) est fixée à 70 mm.
  • 1er août 1978 : suite à des méventes, le CRUSCO [décision no 3] fait passer cette taille à 100 mm.
  • le 6 octobre 1978, par décision no 40 du CRUSCO, pour permettre la survie d’une pêche par canots côtiers en Bretagne-Sud, la taille passe marchande min. passe à 80 mm de largeur.

Il est interdit pour tout grand crustacé de capturer et vendre des femelles grainées (portant leurs œufs). Il est interdit de commercialiser des crabes clairs ou blancs (venant de muer). La pêche du tourteau est interdite sur les cantonnements à crustacés créés pour tenter de protéger des noyaux de population de homards. Anne Le Foll dans sa thèse (p. 32/189) note que faute de contrôles, cette réglementation, au moment de son travail n’était pas respectée.

Publié dans CRABE | Pas de Commentaires »

Les Mues du Crabe

Posté par othoharmonie le 4 mars 2016

CRABES

La mue est un moment délicat pour tous les crustacés. 5 % des crabes captifs meurent durant la mue. C’est aussi, d’après les observations réalisées sur les animaux en captivité, un moment où les crabes peuvent adopter un comportement cannibale, ce qui constitue d’ailleurs un frein à leur élevage. Chez les femelles, la mortalité lors des mues est bien moindre, car les mâles qui vont à ce moment se reproduire avec elles les protègent durant plusieurs jours (d’une vingtaine de jours avant la mue jusqu’à 10 jours après, selon les individus, et d’après les observations faites par Edwards (1971) sur 36 couples maintenus en captivité ; en moyenne cette durée de protection de la femelle par le mâle est de 8 jours en pré-mue et 5 jours en post-mue). Les mâles fécondants effectuent toujours leurs mues à un autre moment, ce qui leur permet de toujours protéger les femelles en mues.

La mue du crabe-dormeur se fait toujours sous l’eau, de nuit et loin de l’estran. Elle serait selon Aiken [1969] déclenchée par le système hormonal, activé par deux types de stimuli : température de l’eau et photopériode.

D’après les observations faites sur des animaux captifs, la mue dure de 30 minutes à 6 heures, durant lesquelles le crabe s’extrait de son ancien exosquelette ; c’est l’exuviation ; le bouclier dorsal se fend le long de lignes dites lignes exuviales. Il s’ouvre alors sous la pression du corps qui gonfle (voir pourquoi ci-dessous). L’abdomen puis les 8 péréiopodes en sortent et ces derniers poussent ensuite en avant l’exuvie pour en extraire le reste du corps en finissant par les pinces.

Dès le début de la mue et durant environ 24 h, l’animal gonfle en absorbant de l’eau (60 % du poids total du corps à ce moment). Dans les mois qui vont suivre (dits période d’ »intermue »), cette eau sera peu à peu remplacée par les organes et la chair en croissance. Les crabes devenus mous sont vulnérables à leurs prédateurs durant 7 à 8 jours, mais il faudra 2 ou 3 mois pour que la chitine ait parfaitement consolidé la carapace. Le crabe en train de muer est vulnérable à ses prédateurs naturels, mais moins à l’homme, car cessant de s’alimenter pour quelques semaines, il n’est pas attiré par les appâts des casiers de pêche.
Les mues peuvent survenir toute l’année, mais sont nettement plus fréquentes au printemps et en été.
Une étude (en 1979) a montré en Bretagne-Sud 3 pics importants de mue ; en mai, juillet et octobre, mais ces pics étaient moins nets et décalés dans le temps l’année suivante (1980). Ces pics présentent une certaine corrélation avec les variations mensuelles de la température de l’eau ; les mues sont rares en dessous de 8 °C et plus fréquentes au-dessus de 10 °C.

Croissance

Avant maturité sexuelle, l’accroissement de taille et poids à la mue sont comparables pour mâles et femelles, puis il diminuent à chaque mue, plus fortement chez les femelles. Des observations faites en Manche laissent penser que les mâles après avoir atteint une taille de 10 cm, muent 3 fois plus souvent que les femelles.
La croissance est moins rapide dans les eaux froides ; le jeune crabe atteint 80 mm de longueur (350 g) à 3 à 4 ans en Bretagne-Sud/Golfe de Gascogne, alors qu’il lui faut presque le double (5 à 6 ans) en Mer du nord. Des données anglaises, intermédiaires donnent un poids moyen de 450 g vers 5 ans, 1 kg vers 7 ans et 1,5 kg vers 15 ans. On connait mal les cycles de mues à grande profondeur (vers 200 m).

Reproduction

Elle a commencé à être étudiée il y a plus d’un siècle à l’Est de la Grande- Bretagne (Écosse, Northumberland) par Williamson (1904), Pearson (1908), L. Ebour (1927-1928) et plus tard par0, Edwards et Meaney (1968) dans les eaux du Norfolk du Yorkhshire et du sud-Irlande.

Le tourteau est une espèce gonochorique, c’est-à-dire à reproduction sexuelle obligatoire. Les glandes génitales mâle et femelles sont abritées dans le céphalothorax à la surface de l’hépatopancréas. Les femelles semblent adultes quand leur carapace atteint 73 mm. Les dates de fécondation et fécondité varient selon la température et le milieu. En Bretagne sud, un début de développement ovarien apparait en juillet. Il se poursuit jusqu’en mars de l’année suivante où de mars à juin la femelle est sexuellement non active. Le mâle semble sexuellement mâture plus tôt, dès 65 mm .

  • Accouplement : la femelle ovigène ne se nourrit pas. Le mâle, attiré par une femelle mâture et prête à muer se tient sur elle, jusqu’à ce qu’elle mue. Après la mue, elle devient réceptive. C’est alors que la copulation se produit, souvent de nuit et pouvant durer plusieurs heures.
  • Le sperme est stocké par la femelle dans une spermathèque où il est conservé vivant plusieurs mois, alors que des bouchons spermatiques apparaissent sur les orifices génitaux de la femelle (sous la languette abdominale). Elle n’est donc plus fécondable avant mue qui suivra la ponte qui ne se produira que plusieurs mois après, jusqu’à un an plus tard ; ceci explique que les jeunes femelles semblent pouvoir être fécondées avant leur maturité ovarienne. En captivité, plusieurs pontes successives ont été observées après une seule fécondation, mais l’auteur ne précisait pas si les œufs étaient fertilisés.

Publié dans CRABE | Pas de Commentaires »

LE CRABE ARAIGNEE

Posté par othoharmonie le 1 mars 2016

Crabe araignée

 

En 1555, Pierre Belon est semble-t-il le premier naturaliste à désigner sous l’appellation d’« araignée de mer » (yraigne de mer) le crabe que nous connaissons aujourd’hui sous ce nom. Il l’identifie clairement à l’animal qu’Aristote, puis Pline l’Ancien nomment maia (μαία en grec). Il est en contradiction sur ce point avec Guillaume Rondelet qui, au même moment (1558), fait correspondre les maia de l’Antiquité avec son « Cancre Mæas », c’est-à-dire notre tourteau (Cancer pagurus) ; il n’évoque l’appellation « araignée de mer » ni dans ce paragraphe, ni dans le suivant qu’il consacre à son « Cancre Squinado », c’est-à-dire notre araignée. Jules César Scaliger, traducteur en français de l’Histoire des animaux d’Aristote, argumente toutefois dans le sens de Belon, rejetant l’interprétation de Rondelet. Par la suite, l’interprétation de Belon s’imposera peu à peu et, en 1801, Lamarck associera définitivement le nom de genre Maja aux araignées de mer.

En ces temps, à l’exception de Belon qui décrit l’espèce explicitement sous ce nom, le terme « araignée de mer » a une connotation visiblement vernaculaire. Les auteurs le soulignent régulièrement :

« Des crustacés… dont quelques-uns sont désignés, par les habitans de nos côtes maritimes, sous le nom d’araignées de mer, composent dans le supplément de l’Entomologie systématique de Fabricius, deux genres, ceux de parthenope et d’inachus. M. de Lamarck les a réunis en un, sous le nom de maja… »

— Jacques Eustache de Sève, 1817

À l’initiative de Lamarck, la nomenclature normalisée du xixe siècle utilise « maïa » pour le nom français du genre Maja (qui à l’époque, est très large). Mais les auteurs de l’époque utilisent volontiers les termes « d’araignées de mer » ou « araignées marines » ou « crabes araignées » pour faire référence à l’ensemble des Majoidea, alors nommés trigonés ou oxyrinques (puis oxyrhynques).

Concernant la désignation de cette catégorie de crabes, l’usage actuel diffère au fond assez peu de ces sens anciens. Au plan vernaculaire, sur le littoral français, une araignée de mer est avant tout un crabe du genre MajaM. squinado en Méditerranée, M. brachydactyla sur la façade atlantique. En France, La DGCCRF, l’administration chargée de ces questions, entérine d’ailleurs cet usage en réservant strictement l’appellation commerciale « araignée de mer » à Maja squinado, ce qui inclut toutefois M. brachydactyla, la distinction des deux espèces étant très récente. Cet usage est si ancré sur le littoral que, dans la pratique quotidienne, on se passe très généralement du qualificatif « de mer » et que l’on se contente de parler d’« araignées ».

Par ailleurs, ce sont surtout les spécialistes qui ont tendance à généraliser cette appellation, ou celle de « crabe-araignée », pour faire référence collectivement à la famille, voire au reste des Majoidea.

Publié dans CRABE | Pas de Commentaires »

La Symbolique du crabe

Posté par othoharmonie le 28 février 2016

CRABE

Alors que le crabe est considéré durant l’Antiquité comme animal protecteur, sa réputation change au Moyen Âge, comme celle de l’ensemble des créatures marines. Il est même devenu maléfique, symbole des monstres marins marcheurs ; ce rejet est sûrement aggravé par ses habitudes nécrophages. Au contraire, en Asie, les espèces du genre Dorippe, sur la carapace desquelles on distingue un visage humain, sont très recherchées car, selon la légende, ils contiennent l’âme de guerriers défunts.

Le motif du crabe tenant dans ses pinces un papillon aux ailes éployées apparaît au revers d’une monnaie d’Auguste. Mais il est surtout connu à partir de la Renaissance comme illustration de la devise Festina lente.

Cancer vient du nom grec du crabe. Ce nom choisi pour la maladie de cancer témoigne qu’en Occident la symbolique liée à cet animal est plutôt négative. C’est aussi le nom d’une constellation et l’un des 12 signes astrologiques. 

Le mot crabe, féminin jusqu’au xviiie siècle, serait emprunté par deux voies différentes : d’une part au moyen néerlandais crabbe au masculin, via le picard crabocrape et le wallon crâbe, masc. ; d’autre part au vieux norroiskrabbi au masculin, via le normand crabecrabbe, nom féminin. À noter que la variation de genre ne se limite pas aux langues d’oïl : le néerlandais krab et le norvégien krabbe sont admis au masculin ou au féminin. Crabe a remplacé chancre, issu du latin cancer.

Ces décapodes ont donné naissance à plusieurs expressions en français.

  • L’expression un panier de crabes désigne un groupe de personne collaborant mais en se nuisant les uns les autres. Cette expression est apparue en France au milieu du xxe siècle
  • L’expression marcher en crabe signifie se déplacer de côté.

 

Publié dans CRABE | Pas de Commentaires »

CARACTERISTIQUES DU CRABE

Posté par othoharmonie le 28 février 2016

 

 

Les caractéristiques générales des crabes sont celles des Brachyura, c’est-à-dire des crustacés décapodes (cinq paires de pattes dont la première est modifiée pour former une paire de pinces) dotés d’une carapace plutôt plate, et d’un abdomen court et large placé sous le thorax. On distingue les Brachyura, les vrais crabes, des Paguroidea ou crabes ermites.  Les crabes classiques, ou des Paguroidea (bernard l’hermite, crabes de cocotier et crabes royaux), avec des nuances pour chaque espèce : voir les articles détaillés pour plus d’informations sur leur description ou leur mode de vie.

 CRABE BLEU

La plupart des crabes sont marins, mais il existe quelques crabes d’eau douce et des crabes terrestres dont des crabes arboricoles. Ils disposent tous de cinq paires de pattes dont la première est modifiée pour former une paire de pinces.

Certaines espèces sont toxiques spécialement les crabes très colorés du groupe des Xanthidae. Un crabe marin à carapace blanche (Demania toxica), que l’on rencontre aux îles Cook, est considéré comme le plus venimeux des animaux marins

Les crabes représentent une importante ressource alimentaire pour les hommes et font donc l’objet d’une activité économique particulièrement développée. Dans le bassin méditerranéen, le crabe de roche (crabe vert) est souvent l’un des composants de recettes traditionnelles telles que la soupe de poisson. Quant au tourteau, il est généralement pêché en Bretagne.

Le crabe peut se consommer comme Crabe en mue.

On estime les captures mondiales de crabes à 1,2 million de tonnes par an (données 2003). Il faut cependant souligner que le crabe étant un animal côtier très facile à capturer, ce chiffre ne tient pas compte de la pêche individuelle et de la pêche artisanale, surtout dans les pays pauvres, le crabe représentant une source de protéines très économique. Sur les côtes d’Afrique équatoriale, les enfants attrapent facilement les crabes bleus qu’ils font simplement rôtir à la braise.

La pêche des crabes du Kamtchatka représente à elle seule environ 45 000 tonnes annuelles.

De nombreuses recherches ont lieu sur des substances extraites des crabes, telle la chitosane avec ses applications en cosmétique, diététique et médecine, tel un biomatériau translucide riche en brome sur l’extrémité de leurs pattes ou leurs pinces et qui se révèle 1,5 fois plus dur que le verre acrylique et extrêmement résistant, d’où des applications industrielles potentielles

Publié dans CRABE | Pas de Commentaires »

Le COLIBRI au folklore martiniquais

Posté par othoharmonie le 24 janvier 2016

 

colibri-huppe
  

Il était une fois…

Qu’on ne s’attende point à trouver ici des cosmogonies ou des métaphysiques. Ni même l’expression des grandes aventures sentimentales qui marquent l’homme. La pensée comme le sentiment est un luxe.

Il était une fois, une fois de malheur, une fois de misère et de honte, un homme noir accroché à la terre noire…

Qu’on le prenne comme on voudra, c’est un peuple qui a faim. Pas un conte où ne revienne — vision de ripaille ou de saoulerie — cette obsession des ventres vides. C’est Hearn qui le signale:

«Pauvre Yé, tu vis encore pour moi d’une façon intense ailleurs que dans ces histoires de boire et de manger qui révèlent si cruellement la longue faim de ta race d’esclaves. Car je t’ai vu couper la canne à sucre sur les flancs de montagnes bien au-dessus des nuages. Je t’ai vu grimper de plantation en plantation, le coutelas à la main; je t’ai vu grimper à travers les bois grouillants de serpents jusqu’à quelque cratère éteint pour cueillir un choux palmiste, toujours affamé, toujours sans ressources»

Qu’il s’agisse de Yé, de Nanie-Rosette, du conte de dame Kélément, l’inspiration reste la même: la misère, la faim. Toujours la même revanche du rêve sur la réalité. Magnifique revanche. A nous le ciel des bombances! Et c’est à la conquérir, la bombance, qu’un Ti-Jean-l’oraison, qu’un St-Jean Bango doivent le meilleur de leur gloire. Et même quand manger n’est pas l’idéal, l’idéal reconnu par la morale, il reste du moins la tentation suprême, irrésistible, la forme la plus attrayante et la plus perfide du péché. Vous le savez, Nanie-Rosette, prisonnière du rocher, guettée par le diable pour n’avoir pas su résister à la succulence du «féroce».

Boire, manger, toujours incessamment repris, le même rêve. Ne sourions pas, à ces «naïvetés». Sous une forme de prime abord puérile, mais, en tout cas, directe, document historique d’une valeur inestimable. Quand on aura dépouillé toutes les archives, compulsé tous les dossiers, fouillé tous les papiers des abolitionnistes, c’est à ces contes que reviendra celui qui voudra saisir, éloquente et pathétique, la grande misère de nos pères esclaves.

Et voilà qui révèle le mécanisme secret du merveilleux. Quand l’homme écrasé par une société inique cherche en vain autour de lui le grand secours, découragé, impuissant, il projette sa misère et sa révolte dans un ciel de promesse et de dynamite.

Après le cycle de la faim, le cycle de la peur. Le maître et le compagnon d’esclavage, le fouet, et la délation. C’est l’époque où des aventuriers, blancs ou nègres, se spécialisent dans la chasse «aux marrons»; l’époque où les molosses fouillent ravins et montagnes; celle où la délation assure la liberté au traître. Autant dire le temps de la Peur, de la grande Peur et de l’universelle Suspicion.

D’où l’étrange et caractéristique mythologie du zombi. Tout est zombi. Lisez, méfiez-vous de tout. Leurs formes rassurantes ou charmantes? Leurre! Piège! Attention au crabe qui claudique dans la rue, au lapin qui détale dans la nuit, à la femme trop aimable et trop aguichante: zombi, zombi vous dis-je! Comprenez que contre vous, conspirent l’humanité et l’animalité et la nature toute entière.

«Zombi, écrit Hearn, le mot est plein de mystère, même pour ceux qui le créèrent… Le zombi vous trompe sous l’apparence d’un compagnon de voyage, d’un vieux camarade, comme les esprits du désert des Arabes; ou même sous la forme d’un animal».

Ne le confondez pas avec le vulgaire revenant devenu Zombi lui aussi par un abus de langage. Ne le confondez pas davantage, avec le Zombi haïtien, ce doux et consciencieux robot, ce mort vivant de bonne volonté. Autrement brutal le phénomène martiniquais. On a peur. On se méfie. De quoi? De tout. Du mal qui s’affirme, comme du mal qui se camoufle. Gardez-vous de l’être; mais encore, gardez-vous du paraître…

COLIBRIUn tambour. Le grand rire du Vaudou descend des mornes. Combien, au cours des siècles, de révoltes ainsi surgies! Que de victoires éphémères! Mais aussi quelles défaites! Quelles répressions! Mains coupées, corps écartelés, gibets, voilà ce qui peuple les allées de l’histoire coloniale. Et rien de tout cela n’aurait passé dans le folklore? Vous connaissez le conte de Colibri. Colibri, contre qui se liguent le Cheval, le Boeuf, le Poisson-Armé et Dieu lui-même. Colibri et son fidèle compagnon: le tambour!

«Pouesson-Armé fonçait toujours. Au second coup, ce fut fini.

— Mon dernier combat, dit Colibri qui tomba mort.

Pouesson Armé, en toute hâte, ramassa un grand coutelas qui traînait par là, coupa la tête de Colibri, la mit sous la pierre de taille dans la cour de la maison. Alors seulement, il prit le tambour et l’emporta». (L. Hearn. Trois fois bel conte…)

Et maintenant que reste-t-il? La Faim, la Peur, la Défaite. Le grand circuit triangulaire et ses monotones escales. Ce qui reste? Colibri, le vaillant colibri est bien mort. Son tambour ne bat plus la charge. Alors, il reste, à côté du Crapaud mutilé, à côté du Tigre, Colibri, mais Lapin le madré, le rusé, le roublard… le lâcheur. Abâtardissement de la race. Voilà le grand fait. Les solutions individuelles remplacent les solutions de masse. Les solutions de ruse remplacent les solutions de force.

Que reste-t-il? Les petits malins, les astucieux, ceux qui savent y faire. Désormais l’humanité se divise en deux groupes: ceux qui savent et ceux qui ne savent pas se débrouiller. Admirable résultat de deux siècles de civilisation!

Il était une fois un homme noir accroché à la terre noire…

Aimé Césaire et René Ménil

Publié dans COLIBRI | Pas de Commentaires »

Le comportement du Sajou Noir

Posté par othoharmonie le 9 mai 2015

 

 290px-Tufted_Capuchin

Compte tenu de son intelligence, de son calme et de son habileté, le sajou noir a été sélectionné pour assister les personnes tétraplégiques dans les années 1990. L’aide simienne consistait à enseigner au primate des tâches quotidiennes simples, routinières et répétitives que ne pouvaient assurer en permanence, les personnes chargées des tétraplégiques ne vivant pas en institution spécialisée : tourner les pages d’un livre, ramasser un objet, ouvrir une porte, appuyer sur un bouton, porter des aliments à la bouche… Le singe devait être en mesure d’assumer au moins une dizaine d’actes avant d’être placé. Une adaptation de six mois était nécessaire au dresseur pour transférer son autorité à la personne handicapée, et le singe pouvait effectuer une cinquantaine de tâches simples. Mais l’aide simienne a été abandonnée en 2007. En effet, certains singes devenaient inattentifs, se fatiguaient, ou développaient des comportements agressifs ou sexuels inappropriés. Et même si la robotique a depuis, réalisé d’énormes progrès, rien ne vaut l’assistance humaine. 

 

Le sajou noir ou Cebus apella  est un singe de petite taille qui ne présente pas de différence morphologique évidente entre mâle et femelle, sinon par la taille. Le mâle étant plus massif. Son pelage court et soyeux est dans les tons gris-brun ou marron sur la partie dorsale, et plus clair sur la poitrine et le ventre. Les mains et les pieds sont noirs, et les avant-bras et la partie inférieure des jambes sont recouverts de poils sombres. La tête ronde est ornée d’une touffe de poils noirs formant une coiffure en balai-brosse à la Grace Jones, en forme d’arche gothique dont la pointe se rejoint entre les deux yeux. Cette coiffe se prolonge en favoris jusqu’aux mâchoires inférieures. La face sombre est ornée de deux petites oreilles rondes. La queue préhensile est longue et épaisse.

Le sajou noir fait partie des primates, il peut vivre jusqu’à 20 ans en milieu naturel. 

Le sajou noir est présent dans le nord et le centre nord de l’Amérique du Sud, dans les parties sud du Venezuela, du Surinam et de la Guyane française, et au Brésil principalement dans les États d’Amazonas, de Roraima, d’Amapa, de Parã, de Mato Grosso, de Maranhão, et peut-être dans celui de Tocantins, jusqu’au sud du Brésil et en Argentine. L’espèce semble être présente également dans le nord de la Bolivie et au sud-est de la Colombie. Le primate fréquente différents types de forêts selon l’endroit où il vit, depuis le niveau de la mer jusqu’à 2.000 mètres d’altitude. On le trouve dans les forêts inondées de plaines, les forêts de lianes et les mangroves, certaines forêts de palmiers, mais également dans les forêts collinéennes et de petite montagne. 

Comportement du sajou noir

Le capucin Cebus apella est un singe social et grégaire qui vit en communautés régentées par un mâle dominant souvent peu commode. Le domaine vital des groupes qui peuvent compter jusqu’à une quarantaine d’individus, s’évalue entre 25 et 40 hectares. Le singe possède une activité diurne qui n’est pas exclusivement arboricole. Il peut en effet, franchir d’assez longues distances au sol pour rejoindre un nouveau groupe d’arbres. Il vit en sympatrie avec le saïmiri commun et le saki noir. Le sajou noir possède une vaste gamme de vocalisations. Très puissant, le cri d’alarme du mâle dominant à la vue d’un prédateur ressemble à un aboiement. Le singe provoque l’attaquant en se mettant à découvert, permettant ainsi au reste de la troupe de se mettre à l’abri. Les autres échanges consistent en des mimiques et des gestuelles. Le toilettage est un mode d’expression tactile permettant d’apaiser les tensions et de raffermir la cohésion entre les membres du groupe.

Mais la particularité la plus étonnante du sajou noir, consiste en son aptitude à utiliser des outils. En effet, il est capable de se servir des pierres pour ouvrir des noix à coque dure, en les frappant contre les fruits. Il se sert d’abord de ses dents pour retirer la fibre des noix de palme qu’il convoite, puis les laisse sécher pendant une huitaine de jours. Puis il cale le fruit dans un creux de branche ou de tronc et frappe la coque à l’aide d’une pierre qu’il tient généralement à deux mains. Il est également capable d’utiliser des branches pour sonder des fruits pour en retirer la pulpe, des fourmilières pour en retirer des insectes, et d’utiliser des « éponges » de fibre pour absorber le jus. Ses principaux prédateurs sont la harpie féroce, un aigle ravisseur, les petits et les grands félidés, les serpents de belle taille, et occasionnellement les caïmans et les crocodiles.

Reproduction du sajou noir

La femelle donne naissance à un jeune tous les deux ans, au terme d’une gestation de 160 à 180 jours. Les trois premières semaines il est porté par sa mère, puis il s’accroche aux poils ventraux. Lorsqu’il a acquis plus de force, il grimpe sur le dos SAJOUde sa génitrice pour se déplacer. Il reste dépendant de sa mère pendant un peu plus d’une année. Il faut environ quatre ans à une femelle pour atteindre sa maturité sexuelle, et entre six et huit ans pour un mâle.

Régime alimentaire du sajou noir

Le sajou noir est omnivore à tendance frugivore. En effet, son régime alimentaire est majoritairement composé de fruits, de baies et de noix, mais il se nourrit également de moelle de plantes, de bourgeons, de nectar et d’insectes tels que larves, sauterelles. Il lui arrive occasionnellement de manger des petits vertébrés tels que reptiles, grenouilles, oiseaux, rats, chauves-souris et même des crabes.

Menaces sur le sajou noir

Les principales menaces pesant sur le sajou noir sont la déforestation, donc la disparition de son habitat, la chasse pour la viande et le trafic des jeunes. Les populations de l’île Margarita au large du Venezuela pourraient disparaître à court terme car il est traqué comme nuisible dans les plantations de canne à sucre ou capture comme animal de compagnie. Il est cependant classé en « préoccupation mineure » sur l’ensemble de sa répartition géographique. 

Publié dans SINGE | Pas de Commentaires »

Au temps des chasseurs de phoques

Posté par othoharmonie le 10 janvier 2015

 

290px-Phoque_crabier_-_Crabeater_SealA peine trente ans après la découverte de la Georgie du Sud, les chasseurs ont déjà décimé une grande partie des populations de phoques existant autour du continent austral. Leurs bases établies en Nouvelle Zélande ou en Georgie du Sud leur permettent de rayonner sur un large périmètre et promettent de fructueuses captures. Plusieurs navires affrétés pour le commerce de peaux ont sans aucun doute observé les côtes de la Péninsule Antarctique au cours de leurs chasses. Mais leurs découvertes, mettant en jeu d’importants intérêts commerciaux, ont été gardées secrètes.

C’est en 1820 que l’Antarctique est aperçue pour la première fois dans le cadre officiel d’expéditions par plusieurs équipages. Fabien Bellingshausen, de nationalité russe, est le deuxième homme à effectuer une circumnavigation de l’Antarctique au cours de laquelle il aperçoit les côtes du continent austral.Edward Bransfield de la Royal Navy britannique, en route pour les îles Shetland du Sud, entrevoit probablement la côte de Danco au nord de la Péninsule. Enfin Nathaniel Palmer, un jeune capitaine américain, approche cette année-là les côtes de la Péninsule à une distance d’environ 4,8 km (3 miles). Un an plus tard, le 7 février 1821, John Davis, chasseur nord-américain, ne doute pas d’être le premier à fouler le continent sur la baie de Hughes ! Mais il faudra attendre la décennie suivante pour que les géographes et scientifiques concluent officiellement à la découverte du continent austral.

Les années 1900 représentent l’âge d’or pour le commerce de peaux. Il est si fructueux que de nombreux bateaux embarquent dans le but de chasser le phoque. Il poussera James Weddell plus au sud que tous les autres chasseurs sur la mer qui porte aujourd’hui son nom et sur les traces du phoque de Weddell. Alors que Cook franchit le cercle polaire en descendant sous le 66º parallèle, James Weddell va lui beaucoup plus loin jusqu’à atteindre le 75º.

En 1819, William Smith, capitaine du vaisseau britannique marchand le Williams, est déporté par de violents vents vers le sud et découvre sur les côtes des îles Shetland du Sud (toutes proches de la Péninsule Antarctique) d’importantes colonies de phoques. Il s’en suivra une « véritable ruée vers l’or » qui décime en peu d’années les populations existantes. Crédules, les chasseurs ne croient pas à l’extinction animale mais pensent que les phoques ont émigrés vers d’autres destinations. Puis très vite, la raréfaction du commerce de peaux amène les chasseurs à exploiter la graisse d’éléphants de mer. Ceux-ci sont à leur tour menacés d’extinction. On trouve en Antarctique différentes reliques ayant appartenues aux industries de l’époque dont de grandes marmites en fonte (les « trypots ») servant à fondre la graisse.

 

Au temps des chasseurs de phoques dans PHOQUE et OTARIE 239px-Crabeater_Seal_in_Pl%C3%A9neau_Bay%2C_Antarctica_%286058619759%29L’exploration de l’Antarctique et de ses îles périphériques par les chasseurs du XIXe est donc très mal connue. On sait toutefois que de nombreux bateaux ont navigué sur ses eaux. Après la découverte du Williams près de 90 navires se rendirent en Antarctique. De sporadiques inscriptions sur des roches, tombes, épaves ainsi que les récits de carnets de bord constituent les témoignages actuels de cette époque révolue.

Quant aux expéditions scientifiques à cette même période, elles sont très peu nombreuses (trois !) et s’inscrivent plutôt dans une logique de compétition. L’expédition française de Dumont d’Urville(1837-40) effectue une circumnavigation de la Terre et passe deux étés en Antarctique. La seconde année, d’Urville découvre la Terre Adélie qu’il revendique pour la France. Son nom ainsi que celui donné au pingouin Adélie est un hommage à sa femme, Adèle.

La seconde expédition est américaine (1838-42) et découvre lors de son deuxième été en Antarctique la terre de Wilkes, du nom de son capitaine, sur la côte est du continent. (Wilkes Land est nommé sur la carte retraçant l’expédition de Ross).

Quant à la dernière expédition, emmenée par James Clark Ross et partie d’Angleterre en 1839, elle apprend en 40 la découverte faite par d’Urville, premier scientifique à poser le pied en Antarctique, et voit Wilkes s’aventurer dans la zone qu’elle comptait explorer. James Ross met alors le cap vers une autre destination qui lui apportera un grand succès : partant de Tasmanie, ses deux navires, l’HMS Erebus et l’HMS Terror, longent la Terre Victoria au sud du continent Antarctique jusqu’à atteindre le cap Adare pour la première fois (voir les cartes sur Wikipedia). Les conditions extrêmement clémentes leur permettent de poursuivre l’exploration vers l’ouest, entrant dans une baie où ils seront stoppés par une immense barrière de glace. La baie identifiée sera baptisée du nom du lieutenant de Ross sur le Terror« détroit de McMurdo », quant à la mer et à la barrière, elles porteront le nom de Ross. A terre, deux des trois volcans de l’île Ross (baptisée ainsi par l’expédition postérieure de Robert Falcon Scott) sont identifiés : l’un actif, portera le nom de Mont Erebus, l’autre endormi, celui de Mont Terror.

C’est sur cette fameuse barrière de Ross que s’ouvrira l’ère de l’exploration continentale Antarctique, base de nombreuses expéditions à la conquête du pôle sud.

 

source : http://www.voyage-antarctique.com/

Publié dans PHOQUE et OTARIE | Pas de Commentaires »

UNE VIE DE PHOQUE

Posté par othoharmonie le 30 décembre 2014

 

290px-Erignathus_barbatus_1996-08-04Des journées entières dans l’eau glacée

Excellent nageur, le phoque du Groenland passe l’essentiel de son temps dans l’eau. Il y chasse, y voyage, s’y repose. Lorsque le ciel est dégagé, les femelles aiment, certes, monter sur la glace et prendre un bain de soleil. Mais, dès qu’arrivent le vent, le brouillard ou la neige, elles se réfugient aussitôt dans la mer.

Un nageur rapide

Tout dans la morphologie du phoque du Groenland indique une bonne adaptation à la vie aquatique : la ligne fusiforme du corps, l’extrémité pointue du museau et l’absence d’appendices externes – le phoque n’a pas de pavillon auriculaire et ses organes génitaux sont internes. Sa vitesse à la nage atteint 20 km/h.

Si ses membres antérieurs et postérieurs sont transformés en nageoires, le phoque a un train arrière qui rappelle son appartenance aux pinnipèdes, animaux amphibies. Cette classification est désormais obsolète mais certains auteurs conservent le nom de pinnipèdes pour désigner une super famille spécifique. Les phocidés sont ainsi classés dans le sous-ordre des caniformes et dans l’ordre des carnivores au même titre que neuf autres familles, dont les otaridés mais également les ursidés et les canidés. Dans l’eau, le phoque se propulse grâce aux mouvements coordonnés de ses nageoires postérieures et aux ondulations latérales de son corps. Ses nageoires antérieures lui servent, elles, surtout pour changer de direction. Lorsqu’il se repose dans l’eau, il adopte soit la position dite « en chandelle », soit celle horizontale dite « du crocodile » : les nageoires écartées assurent un équilibre stable, le museau, le dos et la queue affleurant à la surface.

Les phoques sont des mammifères amphibies au même titre que les otaries. La principale différence entre les deux réside dans la forme de leur train arrière. Les otaries ont gardé la possibilité de se déplacer « à 4 pattes » en se servant de leurs nageoires postérieures, qu’elles peuvent replier sous leur corps. Les phoques, beaucoup plus adaptés au milieu aquatique, ne se servent de leurs nageoires postérieures que pour nager. Celles-ci restent dans le prolongement du corps et ils doivent ramper quand ils se déplacent sur terre.

Un jeûne de 65 jours

alt=Description de cette image, également commentée ci-aprèsTrès actif, le phoque du Groenland consacre une partie importante de ses journées à chasser. Son régime alimentaire se compose essentiellement de poissons de surface (capelans, harengs), de céphalopodes (calmars), de crustacés (crevettes, crabes, homards) et accessoirement de poissons de fond (carrelets et morues). Mais ce régime varie beaucoup selon les saisons, les disponibilités locales, l’âge et le sexe de l’animal. C’est ainsi que les jeunes phoques juste sevrés et encore malhabiles dans l’eau restent en surface et se nourrissent, à la façon des baleines, de crustacés planctoniques ou de petits poissons comme les morues polaires. En outre, les quantités absorbées se réduisent considérablement lors des migrations de printemps et d’automne, ainsi que pendant la mue. Pour les femelles, la nourriture diminue durant la mise bas et l’allaitement. Plusieurs biologistes nord-américains, comme K. Ronald et D. Sergeant, ont estimé que, par an, un phoque consommait 800 kg de nourriture (presque 2 % de son poids par jour) et jeûnait environ 65 jours.

Les petites proies sont attrapées et avalées par succion ; les gros poissons sont ramenés à la surface, découpés en bouchées et avalés. Les phoques ne mâchent pas !

 

Publié dans PHOQUE et OTARIE | Pas de Commentaires »

La Chèvre, Emblème de Jésus‑Christ

Posté par othoharmonie le 11 mai 2014

 

images (13)Le symbolisme chrétien mit à profit les naïves croyances des naturalistes de l’ancien monde qui prêtaient à la chèvre une extraordinaire et croissante puissance de vue : Disons de suite que le symbolisme chrétien, comme celui qui l’a précédé, réunit dans le privilège de vision merveilleuse la chèvre domestique et les chèvres sauvages des montagnes, femelles du bouquetin, de l’isard, du chamois, voire même les gazelles des hauts plateaux et des sommets désertiques de l’Asie occidentale et de l’Afrique. 

A mesure, disaient-ils, que ces animaux s’élèvent en gravissant les plus hauts sommets ils acquièrent le privilège, non seulement de voir leur champ de vision s’élargir et s’étendre, mais encore celui de sentir croître extraordinairement en eux leur puissance, leur acuité visuelle, en sorte que nul être au monde ne saurait, à leur égal, embrasser d’un coup d’œil les étendues les plus immenses, ni distinguer aussi parfaitement les détails. 

Aussi saint Grégoire de Nysse, qui mourut vers l’an 400, présente-t-il la Chèvre comme l’emblème de la totale perfection et de l’universalité du regard scrutateur du Christ qui, en tant que Dieu, voit tout dans le passé, le présent et l’avenir. 

D’autres Pères, par extension de la même idée, ont présenté la Chèvre comme l’emblème du Sauveur guérissant la cécité spirituelle des âmes’, et ouvrant, en ceux qu’il lui plaît de favoriser, les yeux de l’esprit sur ces merveilles dont saint Paul, après ses extases, disait que l’œil et l’oreille de l’homme n’en peuvent aucunement percevoir les splendeurs. 

Le Physiologus et les Bestiaires du Moyen-âge qui en sont dérivés, se basant toujours sur les dires de Pline et des Anciens, prirent aussi la Chèvre comme l’emblème de l’omniscience du Christ, du Sauveur qui est, dit le Bestiaire de Pierre le Picard, XIIIe siècle, Dex et sire de tot science

Et des mystiques de la même époque firent aussi de la chèvre, en partant du même point, la figure du Christ qui observe, des hauteurs du ciel, les actes des justes et des méchants en vue des rémunérations et des justices futures.

Les mœurs des caprinés qui leur font affectionner les hauts sommets valent aussi à l’animal qui les représente en symbolisme, d’être image emblématique du Christ pour d’autres raisons que celle de l’excellence de sa vue. 

Ainsi Pierre Le Picard, en son Bestiaire, établit un rapprochement emblématique entre le Christ et la chèvre en vertu du passage du Cantique de Salomon où li est dit : « Mon Bien-Aimé vient saillant sur les monts », traduction un peu libre du texte hébreux qui dit exactement : « Sois semblable, mon Bien-Aimé à la gazelle, au faon des biches, sur les montagnes ravinées ». Et Pierre le Picard de continuer par cette comparaison inattendue : « Comme la chèvre paît sur les penchants des montagnes les herbes odoriférantes, de même notre Sire Jésus-Christ paît en la sainte Église, car les bonnes oeuvres et les aumônes des chrétiens fidèles « sont viande de Dieu… » 

Origène qui écrivait au début du IIIe siècle a placé le symbolisme christique de la chèvre sur un autre terrain en exposant que non seulement la chèvre est douée d’une perspicacité merveilleuse, mais encore qu’elle porte dans sa poitrine une liqueur propre à procurer aux hommes le même avantage. « Ainsi, dit-il, Jésus-Christ ne voit pas seulement Dieu, son Père, mais il le rend visible pareillement à ceux que sa parole éclaire » Ce que des commentateurs traduisent plus justement ainsi : De même que la liqueur qui se trouve dans la poitrine de la chèvre fortifie à l’extrême limite du possible les yeux des hommes, de même le Sang du Christ, que le chrétien peut s’assimiler par l’Eucharistie, dessille les yeux des âmes et leur donne l’acuité spirituelle qui leur fait voir et comprendre les « choses de Dieu ». 

Sur une fresque du IVe siècle, en la catacombe de Calliste, la chevrette gazelle s’élance joyeusement, emportant le caducée de l’Hermès antique, le dieu des connaissances cachées au vulgaire, et par elles-mêmes mystérieuses. Qui nous précisera la pensée de l’artiste, auteur de ce motif étonnant ?… 

Les hermétistes du Moyen-âge rapprochèrent aussi la chèvre de la personne de Jésus en lui appliquant le vieux sens païen, christianisé par eux, du Capricorne zodiacal qui était dans l’ésotérisme ancien la Janua coeli, la Porte du Ciel, par opposition au Cancer qui est Janua inferni, au Cancer que figurent dans l’art hermétique les crabes et crustacés de tous genres. 

 « Je suis la porte des brebis… Je suis la Porte, et qui passe par moi sera sauvé », dit Jésus dans l’Évangile, se donnant ainsi comme étant la seule janua coeli, titre qui convient merveilleusement en effet à Celui qui ouvrit, pour les justes de l’humanité déchue et rejetée, la porte de la vie éternellement heureuse ; titre que la langue liturgique de l’Église fait partager au Rédempteur et à sa Mère, et que nous étudierons plus tard à propos du symbolisme de la Porte architecturale. 

Ainsi se présentent les données qui ont fait de la chèvre l’un des emblèmes de Celui à qui les maîtres anciens de la spiritualité chrétienne ont appliqué ces paroles du Cantique de Salomon : Similis est dilectus meus capreae. « Mon Bien-Aimé est semblable à la chèvre. »

Ajoutons que, par une sorte d’opposition, on a désigné par le nom de « chèvre » un reptile ophidien du Bengale, qui vit également dans l’Afrique occidentale, et qui lance, diton, au visage de son ennemi un jet de salive qui le rend aveugle. 

En Asie, l’on dit aussi que la chèvre, qui possède la faculté de voir tout, même en enfer, aime à crever les yeux des hommes ; et le médecin hindou Sucruta désigne une maladie des yeux sous le nom de mal de la chèvre 

Publié dans CHEVRE | Pas de Commentaires »

Ce qui menace la tortue Verte

Posté par othoharmonie le 16 janvier 2014

 

220px-Three_Kona_sea_turtlesLa prédation animale agit surtout lors de l’éclosion des œufs car l’espèce est menacée par les crabes, oiseaux et mammifères s’aventurant sur les plages. Mais, les œufs sont aussi directement menacés par les insectes. Une fois arrivées à l’eau, les jeunes tortues vertes ne sont pas encore en sécurité, elles deviennent les proies des céphalopodes (poulpes, calamars) et gros poissons.

Une fois le stade juvénile benthique atteint, ses prédateurs deviennent les requins et les crocodiles marins au large de l’Australie mais surtout les hommes qui la pêchent, quelquefois par inadvertance mais surtout pour sa chair. La pollution est une menace certaine et la multiplication des maladies tel que la fibropapillomatose semble le témoigner. Enfin la prédation sur les œufs reste très importante malgré certaines précautions prises par les autorités locales.

Leur nom de « tortue verte » leur vient de la couleur de leur graisse, légèrement verdâtre, du fait des algues qu’elles consomment. Chelonia, Chélonê, vient du grec « tortue ».

La taxonomie de cette tortue a suivi l’évolution des connaissances sur la phylogénétique des tortues, qui a défini petit à petit des taxons plus précis. Cette espèce s’est donc retrouvée, tour à tour, classée dans les Testudo par Linné 1758, puis Chelonia. En 1868, Bocourt décrit une autre tortue, la tortue franche du Pacifique ou Tortue noire qu’il nomme Chelonia agassizi. Ces deux populations, bien que morphologiquement légèrement différentes, font partie de la même espèce.

Publié dans TORTUE | Pas de Commentaires »

Menaces pour la Tortue

Posté par othoharmonie le 10 janvier 2014

 

290px-TortueLuth_LeatherbackLa prédation animale est importante lors de l’éclosion des œufs car le jeune animal de quelques centimètres à la naissance est menacé par les crabes, caïmans, oiseaux et mammifères s’aventurant sur les plages (par exemple, les coatis). Mais, les œufs sont aussi directement menacés par les insectes et, en Guyane française notamment, par la courtilière. Une fois arrivées à l’eau, les jeunes tortues luth ne sont pas encore en sécurité, elles deviennent les proies des pieuvres et gros poissons.

Mais, si la tortue Luth est une espèce en voie de disparition, c’est majoritairement à cause de l’homme. La première raison est la pollution des eaux. À titre d’exemple, la tortue Luth confond les sacs en polyéthylène rejetés dans la mer avec des méduses, les mange et ne peut les régurgiter, ce qui leur provoque une occlusion gastrique ou intestinale. C’est la plus grande cause de mortalité de l’animal. Un autre facteur est la multiplication des filets de pêche qui piègent sous l’eau les tortues et provoquent leur mort par noyade. En effet, la tortue Luth, étant incapable de nager à reculons, ne peut s’en libérer. On peut ajouter la réduction de son espace disponible, notamment la perturbation des lieux de ponte par les constructions littorales, par exemple.

Enfin, la prédation humaine, en elle-même, est traditionnellement faible car la chair de l’animal n’est pas considérée comme comestible. Même si cela prête à controverse, il semblerait que la tortue Luth soit l’une des deux tortues dont la chair est toxique. Elle contiendrait de la chelonitoxine et les symptômes liés à sa consommation vont de la nausée ou du vomissement jusqu’au coma voire à la mort. Pourtant, la prédation a tout de même augmenté puisque les œufs de l’animal, déjà utilisés traditionnellement dans l’alimentation des Kali’nas ou des Indonésiens, sont devenus la cible de nombreux braconniers. En effet, les œufs de tortue Luth sont considérés comme aphrodisiaques au Mexique. La chasse de l’animal en lui-même est parfois même constatée. Au Togo, notamment, des féticheurs réduisent la carapace de l’animal en poudre, la mêlent à du miel et s’en servent comme remède contre les syncopes infantiles. La graisse est utilisée contre les rhumatismes. Les carapaces, par ailleurs, sont aussi parfois utilisées dans l’art traditionnel local (une centaine d’entre elles est exposée au Musée de Géologie de l’Université de Togo). Dans certains pays, les femelles sont tuées et leur peau est transformée en bijoux et autres souvenirs touristiques.

Publié dans TORTUE | Pas de Commentaires »

L’homme, Menace de la Tortue

Posté par othoharmonie le 31 décembre 2013

220px-RothschildTortoiseSelon l’UICN, en 2004, 42 % des espèces de tortues sur les 305 espèces étudiées étaient menacées d’extinction.

L’homme est l’un des acteurs majeurs des menaces pesant sur les tortues. La collecte des tortues dans leur milieu naturel est la plus ancienne des menaces qu’il fait peser sur ces animaux. Ces collectes, facilitées par la lenteur de l’animal et par son absence d’agressivité, du moins pour la plupart des espèces, ont plusieurs fins. Tout d’abord, les tortues sont une importante source d’alimentation pour diverses populations dans le monde. La tortue est également souvent employée en médecine traditionnelle ou pour le développement de cosmétiques. Le développement de la terrariophilie est aussi une cause de collecte de tortues pour en faire des animaux domestiques. La consommation des œufs par les populations côtières a également un effet dévastateur sur les populations de tortues, surtout si elle se perpétue dans le temps. L’effet se trouve un peu différé, car on n’observe le déclin qu’au moment où la génération suivante doit commencer à se reproduire.

La pollution générale de l’environnement marin, y compris par les sacs en polyéthylène, les déchets en mer ou encore les filets et restes de filets dérivants, semble être l’une des causes principales de disparition d’espèces de tortues en mer. Sur terre, outre les pesticides (insecticides en particulier) utilisés par l’agriculture intensive et la mécanisation lourde, le « roadkill » (tortues écrasées sur les routes) est également une source croissante de mortalité de tortues. L’homme est également le principal destructeur d’habitats naturels des tortues, ce qui cause la disparition de celles-ci dans les régions concernées.

Par ailleurs, les tortues sont les proies d’une prédation naturelle. Les mammifères fouisseurs, d’autres reptiles ou les crabes se nourrissent d’œufs de tortue ou attaquent les jeunes. Ces jeunes tortues peuvent également être menacées par les oiseaux et les poissons. Une fois adultes, les tortues sont protégées par leur carapace et la prédation est beaucoup plus faible. Seuls quelques reptiles parviennent à la briser, comme, par exemple, le Crocodile de Cuba.

Les tortues sont également menacées par les parasites, comme les vers ou les tiques, ou par des éléments encore plus petits, comme les bactéries ou les champignons. Les évènements naturels tels que les incendies peuvent également contribuer à la destruction des habitats.

De nombreuses espèces de tortues sont protégées, ce qui implique que la possession, l’achat ou la vente des tortues sont souvent réglementés.

Les espèces dont le commerce est interdit sont spécifiées dans la convention CITES (ou « convention de Washington »). Enfreindre cette réglementation ou tuer des tortues appartenant à des espèces protégées expose le responsable à de lourdes sanctions (financières ou sous forme de peines de prison).

Divers programmes de protection, de gestion, d’élevage conservatoire, de surveillance et protection de quelques plages et sites de ponte ou de réintroduction sont en cours. Ces programmes s’appuient sur la constitution de réserves naturelles, la L'homme, Menace de la Tortue dans TORTUE 220px-Turtle_entangled_in_marine_debris_%28ghost_net%29restauration et protection de réseaux écologiques (réseau écologique paneuropéen en Europe et trame verte et trame bleue en France) avec des corridors écologiques et écoducs réservés, ainsi parfois que des zones tampon (buffer zones) autour des zones protégées ou de nidification.

Le terme français « tortue » aurait pour origine le Tartare, région des Enfers, dans la mythologie greco-romaine, comme en témoigne l’italien tartarughe. Cette racine se retrouve dans toutes les langues latines. Le mot latin pour « tortue » est testudo (au nominatif pluriel, testudines). Le mot francisé « testudinés », issu de la dénomination utilisée par Merrem, Fitzinger et Gray, est également utilisé pour parler des tortues.

En grec ancien Chelys désigne à la fois les tortues et une sorte de luth, on retrouve ce mot dans le nom scientifique de plusieurs espèces.

Le terme anglais le plus générique pour désigner ces espèces est turtle, il pourrait dériver du français et aurait été déformé par les marins l’ayant entendu, alors que les termes des langues germaniques sont en général formés à partir de deux termes désignant « bouclier » et « anoure » (grenouilles ou crapaud) comme Schildpadden en néerlandais ou Skilpadder en norvégien.

Les noms des différentes espèces de tortues sont très variés et peuvent s’inspirer de plusieurs éléments : une particularité physique, une forme qui les fait ressembler à autre chose, et ainsi de suite.

Publié dans TORTUE | Pas de Commentaires »

Le petit chacal et le chameau

Posté par othoharmonie le 25 avril 2013


Le petit chacal et le chameau dans CHAMEAU - DROMADAIRE imagesLe petit chacal était un animal très rusé mais, malheureusement, il n’en profitait pas seulement pour se défendre, il aimait aussi berner les gens. Hélas ! Si on apprend vite que l’on peut être très rusé, on trouve toujours quelqu’un de plus rusé encore. Et c’est ce qui arriva au petit chacal.

Le chacal aimait beaucoup les coquillages et les crabes. Quand il eut mangé tous ceux qui se trouvaient du côté du fleuve où il vivait, il se dit qu’il devait y en avoir beaucoup sur l’autre rive. Mais le fleuve était trop large, et le courant trop fort pour qu’il puisse traverser à la nage. Il y songea longtemps, et, un jour, il alla trouver son camarade le chameau.

« Frère chameau, dit-il, je connais un endroit où il y a de fameuses cannes à sucre, je te le montrerai si tu veux m’y porter.
— De bon cœur, dit le chameau qui aimait beaucoup les cannes à sucre. Où est-ce ?
— Oh ! de l’autre côté de la rivière, dit le petit chacal, mais, si je monte sur ton dos, nous y arriverons facilement. »

Le chameau ne demandait pas mieux. Le petit chacal grimpa sur son dos, entre les deux bosses, et le chameau traversa la rivière à la nage. Quand ils furent sur le bord, le petit chacal sauta à terre, indiqua au chameau le champ de cannes à sucre et courut vers la rivière pour chercher des crabes, pendant que le chameau se régalait sans penser à rien.
Le petit chacal fut rassasié avant que le chameau eût seulement mâché trois cannes à sucre. Petit père chacal n’avait pas la moindre envie d’attendre que son camarade eût fini et il se mit à courir tout autour du champ en glapissant et en faisant un grand bruit. Les villageois l’entendirent tout de suite.

« Il y a un chacal dans le champ de cannes à sucre, dirent-ils. Il va faire des trous et abîmer toute la récolte, il faut le chasser. » Ils arrivèrent en hâte avec des pierres et des bâtons, et ne virent point de chacal ; rien qu’un grand chameau qui croquait tranquillement les roseaux sucrés. Ils lui jetèrent des pierres, le frappèrent avec leurs bâtons, et le firent sortir à moitié assommé. Quand les villageois furent partis, le petit chacal arriva en dansant, et dit à son compagnon : « Il faut s’en aller, maintenant.

— Bien, je te retiens, dit le chameau ; en voilà un camarade ! Quelle idée t’a pris de glapir et de sauter comme cela ?
— Oh ! je ne sais pas, dit le chacal. C’est une habitude que j’ai comme ça de chanter après dîner.
— Ah ? dit le chameau. Très bien. Rentrons chez nous, maintenant. » Il laissa le chacal grimper sur son dos et entra dans l’eau.
Quand il fut à mi-chemin, au beau milieu de la rivière, il s’arrêta et dit : « Chacal ?
— Quoi ? dit le petit chacal.
— J’ai une drôle d’envie, reprit le chameau. Je crois que je vais me rouler dans l’eau.
— Te rouler ? cria le chacal. Ne fais pas ça, frère, tu vas me noyer ! Qu’est-ce qui te donne cette idée ? Pourquoi veux-tu te rouler ?
— Oh ! je ne sais pas, répondit le chameau. C’est une habitude que j’ai comme ça de me rouler après dîner ! »
Il se roula donc, et le petit chacal tomba dans l’eau et manqua de peu se noyer ! Il eut toutes les peines du monde à gagner la rive.

Le chameau, quant à lui, revint tranquillement à la maison, et ne voulut plus jamais lui parler

Publié dans CHAMEAU - DROMADAIRE | Pas de Commentaires »

Conte du Crapaud

Posté par othoharmonie le 12 décembre 2012

Pâté au crapaud (Le) : punition divine
réservée aux enfants ingrats ?

(D’après « Quelques scènes du Moyen Age. Légendes
et récits », paru en 1853)

On fit de la singulière tradition du pâté au crapaud une moralité dramatique imprimée à Lyon en 1589, sous le titre : « Le miroir et l’exemple moral des enfants ingrats, pour lesquels les pères et mères se détruisent pour les augmenter ; qui à la fin les déconnaissent : moralité à dix-huit personnages, par Antoine Thomas », et dont l’héroïne est une belle-fille exerçant une mauvaise influence sur un fils dont l’ingratitude lui vaut un sort peu enviable

Conte du Crapaud dans GRENOUILLE grenouille-noelUn gentilhomme de Saintonge, mariant son fils unique, lui abandonna toutes ses possessions, sans se rien réserver que le bonheur de vivre avec son fils. Le jeune homme avait fait à son père et à sa mère, qui se dépouillaient pour lui, de tendres protestations ; car la possession de toute leur fortune lui faisait contracter une riche alliance. Il était baron de Pont-Alliac, au bord de la mer, près de Royan, seigneur des Martinets, de Mons, de Maine-Baguet, et d’autres borderies ou fiefs. Il avait sur les côtes de l’Océan d’immenses prairies, et de belles vignes sur les deux rives de l’embouchure de la Gironde. Il épousait la brillante Judith, héritière de Saint-Serdolein, suzeraine de Saint-Pallais, et dame des vastes domaines et du château de Soulac.

Bientôt ce jeune seigneur, dont le cœur sans doute était avare et le naturel mauvais, approuva sa jeune épouse, au cœur sordide et cruel, qui faisait le compte de la dépense que leur causaient encore un père et une mère habitués à l’opulence. La jeune dame désirait la mort des vieillards. Assez criminel pour former ces vœux horribles, le jeune couple reculait toutefois devant l’idée d’un parricide. Mais ils le commettaient à petits coups, par des privations ignobles,.des duretés journalières, et d’indignes traitements, au bout desquels le baron de Pont-Alliac, poussé par sa femme, chassa de sa maison son père et sa mère.

C’était au mois de novembre. Comme ils s’éloignaient en pleurant, ne sachant où traîner leur misère, au moment où ils allaient franchir la grande porte du château, qui faisait face à l’Océan, le vieux père et la vieille mère rencontrèrent le cuisinier portant un gros pâté de venaison. Ils le prièrent de leur en donner une tranche, car ils avaient faim. Le maître-queux, n’osant rien faire sans ordre, courut demander à son jeune maître la permission d’accéder à la requête des vieillards. Judith se trouvait présente ; le baron refusa ; et le cuisinier alla, le cœur triste, signifier ce refus. Le vieux père et la vieille mère sortirent sans maudire leur fils.

Le jeune seigneur, qui était gourmand, s’était fait une fête de manger son pâté de venaison. Cependant on ne sait quel mouvement lui agita le cœur ; il s’arrêta au moment d’entamer le pâté. C’est que, dit la tradition, le ciel s’était obscurci ; les vents du nord sifflaient avec violence par les verrières ; la mer s’était tout à coup soulevée ; les vagues serpentaient en hurlant contre la base des rochers anguleux. On eût cru entendre au loin les sourdes clameurs de plusieurs tonnerres, mêlées aux craquements des rocs qui se divisaient en éclats et roulaient dans lamer.

La plage se couvrait de méduses, de crabes, velus et de monstrueux débris ; des myriades de flocons écumeux tigraient l’Océan ; les sables des conches tourbillonnaient avec fureur et formaient partout d’effrayantes fondrières. Les lames venaient heurter jusqu’à la porte du château, lançant. avec fracas des torrents de sable et d’eau salée.

Le baron ne songea pas aux souffrances que la tempête accumulait sur la tête de sa mère et de son vieux père, qu’il venait de chasser. Mais il n’osa pas toucher à son pâté ce jour-là. Il le fit mettre à part pour le lendemain. Le lendemain, au déjeuner, quoique la tempête ne se fût calmée qu’à demi, il se fit servir le pâté de venaison. Le cœur lui battait encore avec violence sans qu’il pût se définir ce qu’il éprouvait. Il ouvrit donc le pâté avec une sorte d’empressement et de colère. Aussitôt, dit la naïve relation, il s’en élança un gros et hideux crapaud, qui lui sauta au visage et s’attacha à son nez…

Le baron de Pont-Alliac poussa un cri d’effroi, cherchant à rejeter loin dé lui l’animal immonde qui venait de le saisir. Tous ses efforts furent inutiles. La dédaigneuse Judith, surmontant une horreur profonde, ne fut pas plus puissante. Toute la peine que prirent les serviteurs épouvantés ne put faire démordre l’affreux animal, dont les yeux, fixes et saillants, demeuraient immuablement attachés sur les yeux du baron.

Le jeune seigneur, terrifié, commença à entrevoir là une punition surhumaine. On le mena chez le curé de Saint-Serdolein, qui, dès qu’il sut comment le baron avait chassé son père et sa mère, trouva le cas trop grave pour en connaître, et l’envoya à l’évêque de Saintes. Le prélat, informé de l’excès de son ingratitude, jugea, dit toujours la relation, qu’il n’y avait que le pape qui pût l’absoudre et le secourir ; il lui enjoignit d’aller à Rome. Il fallut bien obéir.

Pendant tout ce voyage, la douleur et la honte, qui suivaient pas à pas le baron de Pont-Alliac, l’avaient fait rentrer en lui-même. Il se jeta aux pieds du Saint-Père, et lui confessa toute la laideur de son crime. Le Souverain-Pontife, voyant son repentir sincère, crut devoir lui donner l’absolution, subordonnant néanmoins la remise de sa faute énorme au pardon de ses parents. Mais à l’instant le crapaud tomba ; car un père, une mère, pardonnent aussi vite qu’on offense. Le jeune seigneur et sa femme repartirent pour la Saintonge, avec le remords dans le cœur et la résolution d’expier leur faute.

En arrivant à Pont-Alliac, ils ne trouvèrent plus leur château, que la mer avait englouti, et qui est remplacé maintenant par une conche, ou petite baie sablonneuse, où l’on prend des bains de mer. Le hameau de Saint-Serdolein, Saint-Pallais, les Martinets, Soulac, et d’autres domaines qui leur appartenaient aussi, avaient également disparu, ne laissant apercevoir au-dessus des sables que les flèches de leurs clochers, qu’on va voir encore avec terreur.

La métairie de Mons, dont le tenancier avait recueilli les vieillards, restait seule au baron de Pont-Alliac, dominant de loin le sol dévasté et les flots de la grande mer. Le baron s’y rendit avec Judith repentante ; il tomba aux pieds de son vieux père et de sa mère en pleurs, supporta sans se plaindre les châtiments du Ciel, combla les vieillards de soins et de bons traitements jusqu’à la fin de leurs jours, et pour l’instruction de son jeune fils il écrivit de sa main dans ses archives cette légende du crapaud.

Voici une seconde histoire, qui a tant de points de ressemblance avec la première, que quelques-uns ont cru que l’une des deux était une altération de l’autre. On découvrit en Suisse, dans les fouilles faites à Lassaraz, durant l’automne de 1835, une statue de guerrier du XIVe siècle ayant deux crapauds aux joues et deux crapauds aux reins, Voici les récits traditionnels qui expliquent ce monument bizarre, que les curieux ont appelé le guerrier aux crapauds.

grenouille1 dans GRENOUILLEDans des temps reculés, un jeune chevalier suisse, qui n’est connu que sous le nom du sire de Lassaraz, mérita, par sa vaillance dans les combats, les regards d’un seigneur dont il était vassal. Il devint épris de la fille de ce seigneur, qui était belle et riche, mais à qui l’on reprochait un cœur dur et une âme peu sensible. Le sire de Lussaraz, s’en inquiétant peu, la demanda en mariage. On la lui promit s’il pouvait lui apporter pour dot trois cents vaches à la montagne et un manoir. C’était toute la fortune de son père et de sa mère, dont il était le fils unique. Ces bons parents, voyant leur fils dans le chagrin, se dépouillèrent, pour le rendre heureux, de tout ce qu’ils possédaient ; et le sire de Lassaraz épousa celle qu’il aimait.

Bientôt son père et sa mère, qui ne s’étaient rien réservé, tombèrent dans une profonde détresse. Le guerrier ne s’en aperçut pas. L’hiver marchait rude et horrible. Un soir que la neige tombait à flocons, lancée par un vent glacial, les vieillards vinrent heurter à la porte de leur fils. On les reçut, mais de mauvaise grâce : on les nourrit un peu de temps ; on leur fit sentir vite qu’ils étaient à charge. Le sire de Lassaraz, de concert avec sa femme, aussi impitoyable que lui, ne tarda pas à chasser de sa maison son père et sa mère. L’hiver n’avait pas encore diminué de rigueur. On mit les vieillards dehors, à demi-vêtus, l’estomac vide ; et on refusa, par ordre du maître, de leur donner des provisions.

Pendant qu’ils cheminaient en pleurant, dans la brume obscure, à travers les sentiers glacés, le sire de Lassaraz se félicitait du parti qu’il venait de prendre, et devant un foyer ardent il se mettait à table pour souper. On servit devant lui un pâté de belle apparence ; un pot de bière mousseuse pétillait à côté. Il se plaça devant son pâté ; il se mit à l’ouvrir, avec cet empressement que donne aux âmes grossières l’espoir d’un plaisir sensuel.

Mais il n’eut pas plus tôt soulevé la croûte épaisse qui couvrait le pâté qu’il se rejeta en arrière avec un cri effroyable. Sa femme, le regardant, fut frappée de terreur et appela du secours. Deux crapauds s’étaient élancés du pâté, et, fixés aux joues du guerrier, ils paraissaient envoyés là par quelque puissance suprême. La jeune femme, après avoir surmonté le dégoût que lui inspiraient ces deux monstres, fit tous ses efforts pour les arracher de la place qu’ils avaient mordue et qu’ils semblaient dévorer, eu couvrant de leurs yeux implacables les yeux sanglants du chevalier : les tentatives de la dame furent vaines ; les serviteurs de la maison ne réussirent pas davantage.

Le guerrier, après deux heures de honte et de souffrance, songea enfin à sa cruauté filiale et se demanda si ce qui lui arrivait n’était pas un châtiment de Dieu. Il fit appeler un prêtre. Le curé d’un hameau voisin s’empressa devenir. Il entendit la confession du parricide ; mais, n’osant pas absoudre un cas si grave, il renvoya le coupable à l’évêque de Lausanne. Le sire de Lassaraz, à l’aube du jour, se mit en chemin avec un commencement de repentir dans le cœur. Ses deux crapauds ne le quittaient point. Conduit par sa femme, il était obligé de se voiler le visage en marchant, pour n’être pas un objet de risée et de mépris. L’évêque le reçut ; mais, informé de son crime, il n’osa pas non plus prononcer sur lui les paroles qui délient. « « Le pape seul peut vous juger ici-bas », dit il ; et le pénitent fut obligé d’aller à Rome.

Durant ce long voyage, il réfléchit profondément, courbé sous l’opprobre et la douleur, à sa dureté infâme pour les auteurs de ses jours. Il se jeta aux genoux du père commun des fidèles, pénétré de remords. Le pape lui imposa, pour mériter l’absolution de son crime, une austère pénitence ; puis il lui dit : « Allez trouver maintenant votre père et votre mère ; s’ils vous pardonnent, le signe qui vous a été mis tombera. »

Le sire de Lassaraz revint en Suisse avec sa femme. Mais où découvrir les vieillards qu’il avait chassés ? Pendant trois mois, il les chercha avec persévérance. Enfin, dans un ermitage écarté, il trouva deux cadavres, un vieil homme et une vieille femme morts depuis longtemps de faim et de froid. C’était son père et sa mère. Il tomba à genoux et pleura toute la nuit. Au matin, les deux crapauds se détachèrent de ses joues ; et ; comme si l’expiation n’eût pas été suffisante, les deux monstres, ne quittant pas leur victime, se glissèrent à ses reins, s’y attachèrent, et y demeurèrent vingt ans encore.

Alors seulement le sire de Lassaraz fut tué par son fils, qui voulait avoir ses biens, et on découvrit les deux crapauds, qu’il cachait avec un soin extrême. L’héritier de Lassaraz périt dévoré par les ours. Le manoir passa dans une branche collatérale. Pour conserver, dit-on, le souvenir du parricide puni, on éleva dans l’église la statue d’un guerrier avec les deux crapauds aux joues et aux reins. Cette statue, renversée aux jours destructeurs de la réforme, a été retrouvée, comme nous l’avons dit, en 1835.

Publié dans GRENOUILLE | Pas de Commentaires »

Le Chat sauvage

Posté par othoharmonie le 18 août 2012

 

L’ocelot est un chat sauvage qui vit en Amérique du Sud et en Amérique centrale. On le rencontre aussi dans le sud-est du Texas, aux États-Unis. Il vit dans différents biotopes : marais, palétuviers, prairies, buissons, forêts tropicales. Il chasse la nuit au sol et parfois dans les arbres. Il est appelé Cunaguaro au Venezuela et Jaguatirica au Brésil.

 Leopardus pardalisL’ocelot est un animal assez petit, le mâle pèse entre 9 et 13 kg environ et peut mesurer jusqu’à 150 cm de la tête au bout de la queue. La femelle est plus petite. Sa fourrure ocellée (couleur dorée) lui permet de se fondre dans l’environnement de la forêt. Vivant également dans la brousse, son pelage prend une teinte plus terne, grisâtre, qui est le meilleur des camouflages. C’est un bon grimpeur, comme le Puma, plus grand, avec lequel il partage la majorité de son aire de répartition. Son odorat est très développé. L’ocelot dort la tête reposant sur ses pattes antérieures étendues, comme un chien. C’est le seul félin à dormir ainsi.

L’ocelot peut vivre jusqu’à dix ans dans la nature, pour 20 ans environ en captivité.

Après une gestation de 80 jours, la femelle a une portée de un à quatre petits. Les petits sont dépendants de leur mère pendant 5 à 6 mois et ne quittent le territoire de celle-ci qu’à leurs 2 ans. Leur difficulté à trouver de la nourriture explique peut-être pourquoi les ocelots ne donnent qu’un ou deux petits. Les jeunes ocelots grandissent moins rapidement que les autres félins.

L’ocelot est carnivore, ses proies favorites sont les rongeurs comme les rats, les souris et les agoutis. Mais son régime alimentaire comprend aussi des oiseaux, des serpents, des poissons, des lézards, des chauves-souris, des crabes terrestres ou des animaux plus gros comme les singes, les tortues, les faons, les tatous et les fourmiliers.

L’ocelot chasse au sol même s’il vit généralement dans les arbres la journée. Il chasse normalement pendant la nuit mais la chasse peut se poursuivre le matin surtout s’il pleut ou qu’il y a des nuages.

On estime la population d’ocelots entre 800 000 et 1 500 000. Il a été pourchassé pour sa fourrure dont le commerce entre les années 1960 et 1970 était florissant ; on vendait plus de 200 000 peaux par an. Il est aujourd’hui protégé sur la majeure partie de son domaine (sud des États-Unis à l’Amérique centrale et du Sud), et depuis, dans certaines régions, sa population a augmenté. Son habitat reste néanmoins toujours menacé à cause de la déforestation qui engendre de nouveaux problèmes.

Le Chat sauvage dans CHAT 150px-Cat_silhouette.svg_

Publié dans CHAT | Pas de Commentaires »

Le Marsouin Blanc

Posté par othoharmonie le 31 mai 2012

 

Le Marsouin Blanc dans DAUPHIN 250px-Delphinapterus_leucas_head_3Le béluga ou bélouga appelé également baleine blanchedauphin blanc et marsouin blanc est un cétacé blanc de l’océan Arctique. Le nom béluga vient du mot russe beloye qui signifie blanc. Il dispose d’un des sonars les plus sophistiqués de tous les cétacés. Ce sonar lui est indispensable pour pouvoir s’orienter et se repérer dans les canaux de glace immergés qui forment un véritable labyrinthe.

Le biologiste marin Le Gall note qu’en Europe, le mot Béluga a aussi été utilisé, à tort, par les marins-pêcheurs pour désigner les marsouins et d’autres petits cétacés1.

Cet animal social peut atteindre 6 m de long, il est plus grand que la majorité des dauphins mais bien moins que les autres baleines. Les mâles adultes sont généralement plus grands que les femelles, et peuvent peser jusqu’à une tonne et demi (femelles aux alentours de la tonne). Les bélugas nouveau-nés, appelés familièrement « veau », mesurent environ 1,50 m de long pour un poids de 80 kg. Il est difficile de confondre ce cétacé avec un autre à taille adulte : il possède une crête dorsale résultat de l’atrophie d’un aileron et est entièrement blanc à l’inverse des jeunes bélugas qui sont gris. De même, sa tête ne ressemble à celle d’aucun autre cétacé : la zone frontale est souple et en forme de bulbe. Le béluga est d’ailleurs capable de « gonfler » son front en envoyant de l’air dans ses sinus. Il a un bec très court, une bouche large. Le corps du béluga ressemble globalement à un cylindre (en particulier lorsqu’il est bien nourri) qui s’effile vers le museau et vers la queue. Les nageoires latérales sont larges et courtes. Enfin, contrairement aux autres cétacés, ses vertèbres cervicales ne sont pas soudées, impliquant une certaine flexibilité du cou qui lui permet de déplacer sa tête latéralement.

Le béluga appartient au genre Delphinapterus (du grec ancien delphín (dauphin)), du préfixe, a- (dit « privatif ») et de pteron (aile), « dauphin sans ailes ») en raison de l’absence d’aileron dorsal. Les scientifiques pensent que cette préférence évolutive pour une crête dorsale plutôt que pour un aileron, est due à une adaptation à la vie de ces créatures sous la glace, ou un moyen de réduire la surface de peau pour éviter une trop grande dissipation de chaleur.

La maturité sexuelle intervient à l’âge de huit ans pour les mâles, et à cinq ans pour les femelles. Les mères donnent naissance à un unique petit au cours du printemps suivant la période de gestation d’une durée de quinze mois. Les petits bélugas sont uniformément gris foncé ; mais cette coloration s’éclaircit avec l’âge, allant de bleu à gris, jusqu’à ce qu’ils prennent enfin leur couleur blanche typique à l’âge de neuf ans pour les mâles et sept ans pour les femelles. Les petits restent sous la protection de la mère deux ans durant. L’accouplement du béluga n’est pas très bien connu ; il survient probablement au cours de l’hiver ou au tout début du printemps, quand les groupes de bélugas sont encore dans leur territoire hivernal ou alors au début de leur période de migration. Cependant, l’accouplement semble survenir à d’autres périodes également. Un béluga vit en moyenne trente ans.

250px-Beluga%2C_Wei%C3%9Fwal_%28Delphinapterus_leucas%29 dans DAUPHINLe béluga a été décrit en premier par Peter Simon Pallas en 1776. Il fait partie de la famille des Monodontidae au même titre que le narval. Ledauphin Irrawaddy fut un temps classé dans cette famille avant que de récentes études génétiques n’infirment cette hypothèse.

Le plus ancien ancêtre connu du béluga est le Denebola brachycephala espèce du Miocène aujourd’hui éteinte. Un seul fossile a été découvert, dans la péninsule de la Basse-Californie, indiquant que la famille prospérait autrefois dans des eaux plus chaudes. Les fossiles suggèrent également que l’habitat des bélugas s’est déplacé en fonction de la couverture de la banquise : suivant son expansion durant les périodes glaciaires et de son retrait au cours des périodes de réchauffement.

Le béluga est une créature très sociable. Il se déplace en groupes subdivisés en sous-entités habituellement composées d’animaux du même âge et du même sexe. Les mères et leurs petits intègrent généralement des groupes restreints. Lorsque les nombreuses sous-entités se rejoignent dans les estuaires, l’on peut dénombrer des milliers d’individus ; ce qui représente une proportion significative de la population mondiale des bélugas et les rend d’autant plus vulnérables à la chasse.

Ce mammifère marin nage relativement lentement et se nourrit majoritairement de poissons ; il mange également des céphalopodes (pieuvres, calmars…) et des crustacés (crabes, crevettes…). Il chasse cette faune des fonds marins généralement jusqu’à 300 m, bien qu’il puisse atteindre deux fois cette profondeur. Pour se nourrir, le béluga plonge généralement de 3 à 5 minutes, mais il peut retenir sa respiration pendant 20 minutes.

Le béluga est capable d’émettre un large éventail de sons passant par les sifflements, les claquements, les tintements et autres couics. C’est ce qui lui vaut son surnom de «canari des mers». Certains chercheurs qui ont écouté un groupe de bélugas ont décrit cela comme un orchestre à cordes s’accordant avant un concert. Les scientifiques ont isolé une cinquantaine de sons particuliers, la plupart situés dans une gamme de fréquence allant de 0,1 à 12 kHz.

Leurs principaux prédateurs naturels sont l’ours blanc et les orques. Lorsque les bélugas sont piégés par les glaces, les ours les assomment d’un coup de patte et les hissent sur la banquise pour les achever.

Les menaces pesant sur les bélugas varient selon leur distribution. La population de l’estuaire du Saint-Laurent, dont le nombre d’individus stagne depuis plusieurs années à environ un millier, a fait l’objet d’études qui laissent penser que la pollution est le principal danger à cet endroit. Il apparaît que, depuis plusieurs dizaines d’années, ces animaux sont exposés à divers composés organochlorés, des hydrocarbures aromatiques polycycliques et des métaux lourds. Dans un cadre scientifique, des nécropsies ont été faites sur des carcasses échouées. Les analyses mettent en évidence un haut taux de cancer, le plus élevé de tous les cétacés, et comparable à celui de l’homme. Les cas de cancers rapportés sur des individus du Saint-Laurent semblent se stabiliser. Diverses infections ont également été observées, notamment des parasites métazoaires dans les voies respiratoires et gastro intestinales. Ces infections pourraient être directement reliées à une contamination par les polluants énumérés ci-haut, qui présentent un potentiel immonudépresseur. Selon le Parc du Fjord du Saguenay, il est erroné de croire que la carcasse d’un béluga échoué est considéré comme une déchet toxique. Toutefois, l’impact à long-terme de la pollution sur le devenir de cette population n’est pas clairement connu.

 Delphinapterus leucasOutre la pollution, d’autres activités humaines constituent également une menace pour l’espèce. Alors que certaines populations en sont venues à tolérer les petites embarcations, d’autres au contraire les évitent. Depuis la fin de la chasse commerciale, l’observation des bélugas est d’ailleurs devenue une activité florissante, notamment dans le Saint-Laurent et dans la rivière Churchill (baie d’Hudson). De plus, on observe une augmentation du trafic maritime, notamment sur le fleuve Saint-Laurent, accompagnée d’une augmentation de la taille des navires. Le bruit fait par les moteurs des bateaux pourrait provoquer des dommages permanents aux oreilles des bélugas. Des études sont en cours pour déterminer l’impact de ces sons sur le la physiologie et le comportement du béluga. Les collisions avec les bateaux sont aussi une menace pour tous les cétacés.

La pollution, le trafic maritime et l’utilisation de brise-glaces sont donc autant de facteurs qui perturbent l’environnement des bélugas.

Publié dans DAUPHIN | Pas de Commentaires »

Le Kraken, la pieuvre

Posté par othoharmonie le 22 mars 2012

 

Le Kraken, la pieuvre dans PIEUVRE 175px-Colossal_octopus_by_Pierre_Denys_de_MontfortLa légende du Kraken est d’origine ancienne, des témoignages ont été recueillis bien avant le 18ème siècle. Mais c’est dans l’ouvrage d’un évêque danois, Erik Pontoppidan, datant de cette période, qu’on en trouve pour la première fois une description et une tentative d’explication. Personne n’avait la moindre idée de l’identité de ce monstre. Ce qu’on savait de lui reposait sur les récits des pêcheurs du Nord qui l’avaient rencontré. Ils rapportaient que son dos semblait faire deux kilomètres de circonférence au minimum. Des cornes luisantes sortaient de l’eau et augmentaient d’épaisseur au fur et à mesure qu’elles s’élevaient vers le ciel jusqu’à la hauteur d’un mât de bateau. Après être resté à la surface de l’eau, un court instant, il redescendait avec lenteur. Réputé peu dangereux pour les marins, il créait cependant, lors de ses plongées, des tourbillons qui entraînaient les navires dans les profondeurs. Les pêcheurs avaient, par ailleurs, remarqué qu’il dégageait un parfum puissant et particulier capable d’attirer les autres poissons.

Malgré les pertes humaines recensées, le Kraken n’avait pas une réputation d’agresseur, dans les récits il n’est jamais question d’attaque directe envers l’homme.

Les crabes et les poulpes ont souvent été confondus. Le Kraken, mot issu de la langue norvégienne, était appelé Krake, Kraxe ou Krabbe de par sa ressemblance avec le crabe (une créature ronde, aplatie et pleine de bras) mais c’est bien d’un céphalopode qu’il s’agissait. Erik Pontoppidan le classait parmi le genre polype (poulpe) ou étoile de mer, la classification zoologique n’étant pas encore très développée à cette époque.

 dans PIEUVRE…Le kraken est aussi appelé « crabe-poisson » et n’est pas, d’après des pilotes norvégiens, tellement énorme, tête et tentacules comprises. Il n’est pas plus grand que notre « Öland » (c’est-à-dire moins de 16 km)… Il reste à la mer, constamment entouré par d’innombrables petits poissons qui lui servent de nourriture et qui sont alimentés par celui-ci en retour : pour son repas, si je me souviens bien, écrit E. Pontoppidan, ne dure pas plus de trois mois, et trois autres sont ensuite nécessaires pour le digérer. Ses excréments nourrissent par la suite une armée de poissons, et pour cette raison, les pêcheurs sondent les fonds après son passage… Peu à peu, le kraken monte à la surface, et, quand il est à dix ou douze brasses de celle-ci, les bateaux ont mieux à sortir de son voisinage ou ils devront craindre leur destruction. Tel une île flottante, l’eau jaillissante de ses terribles narines forme des vagues spiralées autour de lui pouvant atteindre un grand nombre de miles. Peut-on douter qu’il s’agisse du Leviathan de Job ?

« vingt mille lieues sous les mers », le roman de Jules verne, contribuera également pendant des décennies à entretenir l’aspect effrayant de la pieuvre (il faut noter que dans ce texte, Jules Verne parle indistinctement de poulpe et de calmar).


220px-USS_Alligator_0844401« Le Nautilus était alors revenu à la surface des flots. Un des marins, placé sur les derniers échelons, dévissait les boulons du panneau. Mais les écrous étaient à peine dégagés que le panneau se releva avec une violence extrême, évidemment  tiré par la ventouse d’un bras de poulpe. Au moment où nous nous pressions les uns sur les autres pour atteindre la plate-forme, deux autres bras, cinglant l’air, s’abattirent sur le marin placé devant le capitaine Nemo et l’enlevèrent avec une violence irrésistible. L’infortuné était perdu. Qui pouvait l’arracher à cette puissante étreinte ? Cependant, le capitaine Nemo s’était précipité sur le poulpe, et d’un coup de hache, il lui avait encore abattu un bras. Son second luttait avec rage contre d’autres monstres qui rampaient sur les flancs du Nautilus. L’équipage se battait à coups de hache. Le Canadien, Conseil et moi, nous enfoncions nos armes dans ces masses charnues. Une violente odeur de musc pénétrait l’atmosphère. C’était horrible. Un instant, je crus que le malheureux, enlacé par le poulpe, serait arraché à sa puissante succion. Sept bras sur hui avaient été coupés. Un seul brandissait la victime comme une plume, se tordait dans l’air. Mais au moment où le capitaine Nemo et son second se précipitaient sur lui, l’animal lança une colonne d’un liquide noirâtre, secrété par une bourse située dans son abdomen. Nous en fûmes aveuglés. Quand ce nuage se fut dissipé, le calmar avait disparu et avec lui mon infortuné compatriote ! »

L’auteur associe l’imaginaire et les connaissances scientifiques de l’époque. D’immenses zones inexplorées au fond des océans permettent d’envisager des aventures extraordinaires et terrifiantes.


issu de dossier thématique – La Cité de la Mer / mars 2006

Publié dans PIEUVRE | Pas de Commentaires »

Légende de la pieuvre 2

Posté par othoharmonie le 20 mars 2012

 

Légende de la pieuvre 2 dans PIEUVRE 175px-Colossal_octopus_by_Pierre_Denys_de_MontfortLe kraken ; transcription : /krakenn/) est une créature fantastique issue des légendes scandinaves médiévales. Il s’agit d’un monstre de très grande taille et doté de nombreux tentacules. Dans ses rencontres avec l’homme, il est réputé capable de se saisir de la coque d’un navire pour le faire chavirer, faisant ainsi couler ses marins, qui sont parfois dévorés. Sa légende a pour origine l’observation de véritables calmars géants dont la longueur a été estimée à 13-15 mètres (40-50 pieds), tentacules compris. Ces créatures vivent normalement à de grandes profondeurs, mais ont été repérées à la surface et auraient « attaqué » les navires.

Il est très probable que ces légendes soient des histoires vraies exagérées, et que le kraken soit en réalité un calmar géant. En effet, ces derniers peuvent mesurer jusqu’à 20 mètres de long, et laissent de grosses cicatrices aux cachalots qui les chassent.

 Bien que le nom kraken n’apparaisse jamais dans les sagas scandinaves, il existe des monstres marins, le Hafgufa et le Lyngbakr, décrits dans l’Örvar-Odds Saga et dans le Konungs skuggsjá, œuvre norvégienne de 1250. Dans la première édition de son Systema Naturae (1735), Carl von Linné inclut, dans une classification taxonomique des organismes vivants, le kraken comme un céphalopode avec le nom scientifique de Microcosmus mais l’animal est exclu des éditions ultérieures. Le kraken a également été largement décrit par Erik Pontoppidan, évêque de Bergen, dans son « Histoire Naturelle de Norvège«  (Copenhague, 1752-1753).

 Les premiers contes, y compris celui de Pontoppidan, décrivent le kraken comme un animal « de la taille d’une île flottante » dont le vrai danger, pour les marins, n’était pas la créature elle-même, mais le tourbillon qu’elle engendrait après sa descente rapide dans l’océan. Toutefois, Pontoppidan décrit également le potentiel destructeur de l’immense bête : « Il est dit que, si elle attrape le plus gros navire de guerre, elle parviendra à le tirer vers le fond de l’océan » (Sjögren, 1980). Le Kraken a toujours été distingué des serpents de mer, également dans les traditions scandinaves (Jörmungand par exemple). l’une des premières descriptions est donnée par le Suédois, Jacob Wallenberg dans son livre Min son på galejan (« Mon fils sur la galère ») à partir de 1781:

 …Le kraken est aussi appelé « crabe-poisson » et n’est pas, d’après des pilotes norvégiens, tellement énorme, tête et tentacules comprises. Il n’est pas plus grand que notre « Öland » (c’est-à-dire moins de 16 km)… Il reste à la mer, constamment entouré par d’innombrables petits poissons qui lui servent de nourriture et qui sont alimentés par celui-ci en retour : pour son repas, si je me souviens bien, écrit E. Pontoppidan, ne dure pas plus de trois mois, et trois autres sont ensuite nécessaires pour le digérer. Ses excréments nourrissent par la suite une armée de poissons, et pour cette raison, les pêcheurs sondent les fonds après son passage… Peu à peu, le kraken monte à la surface, et, quand il 

Une illustration de Vingt mille lieues sous les mers par Alphonse de Neuville

est à dix ou douze brasses de celle-ci, les bateaux ont mieux à sortir de son voisinage ou ils devront craindre leur destruction. Tel une île flottante, l’eau jaillissante de ses terribles narines forme des vagues spiralées autour de lui pouvant atteindre un grand nombre de miles. Peut-on douter qu’il s’agisse du Leviathan de Job ?

 Selon Pontoppidan, les pêcheurs norvégiens ont souvent pris le risque d’essayer de pêcher près du kraken car la capture y est bonne. Si un pêcheur a une très bonne prise, ils ont l’habitude de transmettre cette information. Pontoppidan a également affirmé que le monstre est parfois confondu avec une île et que les cartes comportent des îles qui ne sont pas toujours présentes et qui étaient donc en fait le kraken. Pontoppidan a également raconté qu’une fois, un jeune spécimen du monstre est mort et s’est échoué à Alstahaug (Sjögren, Bengt, 1980).

Depuis la fin du XVIIIe siècle, le kraken a été décrit dans un certain nombre d’ouvrages, comme une grande créature ressemblant au poulpe, et il a souvent été affirmé que le kraken de Pontoppidan aurait pu être fondé sur des observations du calmar géant. Toutefois, dans les premières descriptions, la créature se rapproche plus du crabe que du poulpe et, en général, possède des traits qui sont associés aux grandes baleines plutôt qu’au calmar géant.

En 1802, le malacologiste français Pierre Denys de Montfort a reconnu l’existence de deux types de poulpes géants dans son Histoire Naturelle Générale et Particulière des Mollusques, une description encyclopédique des mollusques. Montfort a fait valoir que le premier type, le kraken-pieuvre, a été décrit par les marins norvégiens et baleiniers américains ainsi que les anciens écrivains comme Pline l’Ancien. En effet, un passage de L’Histoire naturelle du Romain Pline l’Ancien (Ier siècle) narre également le cas d’un monstre marin à tentacules attaquant des réserves de poissons en saumure. La description correspond tout à fait à celle du kraken. Le deuxième type de bien plus grande taille, l’immense poulpe, aurait attaqué un bateau à voile de Saint-Malo, au large de la côte de l’Angola.

 Montfort a osé la plus sensationnelle des revendications. Il a proposé que dix navires de guerre britanniques qui avaient mystérieusement disparu, une nuit en 1782 devait avoir été attaqués et coulés par une pieuvre géante. Malheureusement pour Montfort, les Britanniques savaient ce qui était arrivé aux navires, démontant la révélation de Montfort. La carrière de Pierre Denys de Montfort ne s’en est jamais remise et il est mort de faim, pauvre, à Paris vers 1820 (Sjögren, 1980). Pour la défense de Pierre Denys de Montfort, il convient de noter que beaucoup de sources décrivant le poulpe-kraken ont probablement décrit le véritable calmar géant, prouvant ainsi son existence en 1857.

200px-Nautilus_view_bay dans PIEUVRE En 1830, peut-être conscient du travail de Pierre Denys de Montfort, Alfred Tennyson a publié un célèbre poème intitulé « The Kraken » (essentiellement un sonnet irrégulier), qui diffuse l’histoire du Kraken en anglais. Le poème, dans ses trois dernières lignes, porte également des similitudes avec la légende du Leviathan, un monstre marin, qui doit remonter à la surface à la fin du jour.

 La description de Tennyson a apparemment influencé Jules Verne qui imaginait l’antre du fameux calmar géant de « Vingt mille lieues sous les mers » de 1870. Verne fait aussi de nombreuses références au Kraken et à l’évêque Pontoppidan, dans son roman.

L’évolution ultérieure de l’image du Kraken remonte au Kraken de la culture populaire.

Publié dans PIEUVRE | Pas de Commentaires »

Pieuvre à bras et ventouses

Posté par othoharmonie le 16 mars 2012

Pieuvre à bras et ventouses dans PIEUVRE 220px-Img_octopus_arm_and_suckers_057513Très casanière, la pieuvre ne sort de son abri que pour en trouver un plus sûr, ou pour chercher de la nourriture. Quand elle chasse, elle préfère la tombée de la nuit ou le lever du jour. Ses expéditions diurnes sont de courte durée. Le spécialiste anglais M. J. Wells a observé en 1983 que, même en aquarium, ce mollusque est un animal plutôt crépusculaire, capable, toutefois, en cas de besoin, de se nourrir à toute heure. En Méditerranée, on sait, depuis les études effectuées en 1976 par les savants soviétiques C. Nigmatullin et A. Ostapenko, que les périodes d’intense activité nutritionnelle se situent entre 16 et 22 heures.

Animal carnivore, Octopus vulgaris se nourrit essentiellement de crustacés (crabes ou langoustes), ainsi que d’autres mollusques comme les bivalves, et parfois, même, d’autres céphalopodes, ou plus rarement de poissons. M. J. Wells a minutieusement décrit l’attaque d’une proie : dès que celle-ci est en vue, la pieuvre lève la tête et fait face à l’intrus, puis elle s’en approche tout doucement, en changeant de couleur. Ensuite, grâce à son système de propulsion, elle se jette sur lui.

   La pieuvre peut piéger plusieurs crabes dans la membrane inter-brachiale qui relie les bras entre eux à leur base. Elle les immobilise à l’aide des ventouses et les rassemble dans cette sorte de poche, puis elle les ramène dans le terrier pour les dévorer.

   Au centre de la couronne formée par les huit bras, le bulbe buccal, organe complexe doté d’une puissante musculature, actionne deux redoutables mandibules qu’on appelle « bec de perroquet ». Ce « bec » permet à la pieuvre de déchiqueter sa victime avant de l’avaler. Auparavant, elle l’a paralysée à l’aide de poisons sécrétés par ses glandes salivaires dans le compartiment clos constitué par la membrane reliant un bras à l’autre. Ces glandes produisent également des enzymes qui, tout en ayant sans doute pour fonction de diffuser le poison, jouent aussi un rôle dans la prédigestion des aliments.

  220px-Haliphron_atlanticus dans PIEUVRE Lorsque les pieuvres se nourrissent, par exemple, de mollusques à coquille, elles cherchent, dans certains cas, à percer un ou plusieurs trous dans cette coquille pour extraire plus facilement la chair de la victime. Le chercheur britannique M. Nixon a montré, en 1980, que ces trous étaient creusés par râpage, grâce à deux structures qui font partie du bulbe buccal, la radula, minuscule organe en forme de langue, et la papille salivaire.

   En somme, l’alimentation de ce mollusque s’effectue grâce à une triple action des bras, de la masse buccale et des glandes salivaires. Les parties les plus dures, carapaces ou coquilles, sont rejetées : le refuge d’une pieuvre se reconnaît à l’amas des débris alimentaires qui jonchent les alentours.

Publié dans PIEUVRE | Pas de Commentaires »

123
 

Жихен - Tendresse Éternelle |
binsle120 |
Univers sans lisse |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Les maux avec des mots
| Iz avance
| mbuello