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Le Coq est le symbole alchimique du Vitriol

Posté par othoharmonie le 27 décembre 2015

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Formé par la cuisson du sel et du soufre. Au début du Grand Œuvre, le Lion vert (la matière première) est soumis au feu de l’athanor, et se trouve agressé par le Renard dont la queue figure le soufre. Basile Valentin, parlant du soufre se muant en Vitriol, fait dire à l’adepte que « le coq mangera le renard », et au final, un Coq triomphant symbolisera l’issue de sa confrontation avec le Lion.

L’origine de cette symbolique se trouve chez le philosophe Lucrèce, et chez Pline l’Ancien (Histoire naturelle). Lucrèce affirme dans son De natura rerum que : « quand chassant la nuit au battement de ses ailes, le Coq appelle l’aurore de sa voix éclatante, le plus courageux des Lions est incapable de lui tenir tête et de le regarder en face, tant il songe alors à la fuite ». La pierre alectoire (pierre du Coq) est, depuis l’antiquité romaine jusqu’au Moyen-Âge, le talisman des athlètes.

Ce bézoard, nom donné aux concrétions pierreuses que l’on trouve dans le corps des animaux, aurait, selon le Grand Albert, la vertu d’étancher la soif. Cependant, il doit être extrait d’un Coq d’au moins quatre ans. Mais le véritable pouvoir de cette pierre merveilleuse est ésotérique et ne peut être obtenu qu’à l’issue d’un combat symbolique de Coqs. Ce duel, d’une extrême violence, se termine par la mort d’un des deux gallinacés. Son sens est à rapprocher du mythe d’Abel et de Caïn, qui sont les personnifications de deux forces antagonistes.

À la mort d’Abel, Seth représentera la force de l’équilibre, le bâton du boiteux, ou encore, l’axe du caducée. À la mort du Coq, on trouvera cette force sous la forme d’une pierre en fouillant l’intérieur de ses entrailles. D’après le Lapidaire de Marbode (1035-1123), la pierre serait cristalline, blanche, et de la grosseur d’une fève. Elle rend les athlètes invincibles et procure le verbe clair et l’éloquence aux orateurs.

C’est une pierre de lumière, la même qui est évoquée par l’acronyme des alchimistes (et des Francs-Maçons), V.I.T.R.I.O.L : Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem soit : Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée. En d’autres termes : la pierre philosophale. Se rectifier, c’est marcher droit à nouveau après un boitement mais à l’aide d’une canne, d’un bâton rectiligne, symbole de l’Équilibre. L’idée d’un coq emblème des Gaulois est relativement récente. Si les Celtes vénéraient le Coq comme attribut de Lug, puis de Mercure (époque gallo-romaine), ils n’en ont pas fait pour autant l’emblème de leur peuple.

Ce sont les Romains qui ont nommé l’habitant de la Gaule gallus (gaulois), mot qui signifie aussi Coq. Jules César, dans sa Guerre des Gaules, compare la vaillance du Coq protégeant farouchement sa basse-cour à la fougue des guerriers gaulois. Mais il faut attendre la fin du Moyen-Âge pour voir les souverains français accepter le Coq comme emblème de leur courage et de leur vigilance, et c’est seulement à partir de la Renaissance que le Coq personnifie la Nation française .

Voir un Coq en rêve annonce souvent une bonne nouvelle, mais, selon Artémidore d’Ephèse, rêver d’un combat de Coqs présage un conflit, une bataille. Cependant, compte tenu de la richesse du symbole dans son aspect alchimique et initiatique, le combat de Coqs ne peut être que bénéfique. Il est, en effet, une étape nécessaire à la découverte de la Pierre Philosophale, à la réalisation du Grand Œuvre qui va nous transformer, nous faire évoluer.

Les plumes de Coq symbolisent le courage et la victoire du jour sur la nuit. Ses plumes sont donc réservées aux guerriers chamaniques. Animal familier qui sait se faire entendre, Coq a trouvé une place importante dans de nombreuses religions et traditions. Symbole universel, les vertus qu’on prête à cet animal solaire sont en effet innombrables. Porte-bonheur, prophète guérisseur, il incarne le courage, l’intelligence, et on l’associe volontiers à la résurrection. Sa démarche, le buste en avant, le fait passer pour fier.

Parce qu’il a pour lui seul de nombreuses poules, on en a fait un symbole de virilité : il est d’usage de dire d’un homme qui cherche à séduire les femmes qu’il fait le Coq. En Extrême-Orient, Coq symbolise les Cinq Vertus : les vertus civiles, les vertus militaires, le courage, la bonté et la confiance. Annonçant l’avènement du soleil, il est efficace contre les mauvaises influences de la nuit : il les éloigne de la maison, si on le place en effigie sur la porte. Au Viêt-Nam, la patte de Coq bouillie est une image du macrocosme et sert à la divination. Dans le Bouddhisme tibétain, Coq est un symbole exceptionnellement néfaste : il figure au centre de la Roue de l’Existence, associé au Porc et au Serpent comme l’un des Trois Poisons ; sa signification est le désir, l’attachement, la convoitise et la soif. En Europe, il est parfois pris comme une image de la colère.

COQSymbole de la lumière naissante, il est un attribut d’Apollon. Symbole du temps, il est aussi attribut d’Hermès. Dans les traditions nordiques, Coq est symbole de vigilance guerrière. Comme symbole maçonnique, il est signe de la vigilance et de l’avènement de la lumière initiatique. Il correspond au mercure alchimique. Au Japon, son chant est associé à celui des dieux ; c’est lui qui fit sortir la déesse Amaterasu de la caverne où elle se cachait, ce qui correspondit au lever du soleil et à la manifestation de la lumière. Dans l’enceinte des grands temples Shintoïstes, des Coqs magnifiques circulent en toute liberté. Des Coqs sacrés sont également entretenus au temple d’Ise.

Parfois on considère même que les Torii des temples furent à l’origine édifié pour servir de perchoirs au volatile. Les Japonais lui attribuent encore la vertu du courage, et son rôle bénéfique lui est reconnu dans tous les pays d’Extrême-Orient. Le caractère chinois qui le désigne, « Ki », est homophone de celui qui signifie bon augure, favorable. Chez les Musulmans, le Coq a un rôle annonciateur. Mahomet parle d’un Coq sacré de très grande taille et d’une blancheur immaculée, dans le paradis. Selon le prophète, ce grand Coq blanc avertira les Musulmans du jour du jugement dernier. Dans la culture islamique, il est comparé au muezzin chargé, depuis le haut d’un minaret, d’appeler aux cinq prières quotidiennes de l’Islam : comme lui, il réveille les croyants et les invite à la prière.

Pour les Chrétiens, le Coq est l’emblème du Christ (lumière et résurrection), et symbole de l’intelligence divine. Comme le Christ, il annonce l’arrivée du jour après la nuit, c’est-à-dire, symboliquement, celle du bien après le mal. C’est en vertu de ce pouvoir qu’une représentation de Coq orne de nombreux clochers d’églises. Les Romains sacrifiaient des Coqs aux dieux pour obtenir la protection de leur maison. Au XVIIe siècle, les marins de l’île de Ceylan, au sud de l’Inde, offraient des Coqs au Roi des Vents pour s’assurer une navigation sans encombre. Au Bénin où l’on pratique un culte appelé Vodoun, le Coq est un symbole de vie. Selon la tradition, pour faire revenir à la vie quelqu’un qui est mort violemment, il convient de faire tournoyer un Coq vivant par les pattes au-dessus de la dépouille.

L’animal est ensuite sacrifié, et son foie est mangé cru. Ces rites ont traversé l’Atlantique avec les esclaves africains et survivent, en Haïti notamment, sous le nom de Vaudou. En Guinée-Bissau, au sud du Sénégal, le peuple des Bijogos se sert de Poulets pour savoir si les étrangers sont les bienvenus. Leur roi ne peut décider seul d’accueillir un visiteur : il doit COQdemander à l’esprit protecteur du village sa bienveillance. Pour cela, il saisit un Poulet et lui tranche le cou d’un geste franc. Quand le Poulet s’immobilise, le roi verse les dernières gouttes de son sang sur une statuette représentant l’esprit protecteur. Une prêtresse l’aide à interpréter la réaction de l’esprit.

Demandez à votre totem Coq de vous aider à créer un bouclier de protection psychique vous avertissant des dangers, et à protéger physiquement votre conjoint et votre famille. Vous accéderez à son pouvoir en lisant le Kâma-Sûtra, et en ayant une grande confiance en vous-même. En tant que guérisseur, Coq accroît l’énergie Yang, et soigne les dysfonctionnements sexuels.

En tant que gardien ou protecteur, Coq éloigne les mauvais esprits, et protège contre le feu.

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L’HISTOIRE DU VILAIN PETIT CANARD

Posté par othoharmonie le 30 septembre 2015

 

 

Voici l’histoire du vilain petit canard d’Hans Christian Andersen raconté et illustré par Monde Des Petits. 

canardComme il faisait bon dans la campagne ! C’était l’été. Les blés étaient dorés, l’avoine verte, les foins coupés embaumaient, ramassés en tas dans les prairies, et une cigogne marchait sur ses jambes rouges, si fines et si longues et claquait du bec en égyptien (sa mère lui avait appris cette langue-là).  Au-delà, des champs et des prairies s’étendaient, puis la forêt aux grands arbres, aux lacs profonds. 

En plein soleil, un vieux château s’élevait entouré de fossés, et au pied des murs poussaient des bardanes aux larges feuilles, si hautes que les petits enfants pouvaient se tenir tout debout sous elles. L’endroit était aussi sauvage qu’une épaisse forêt, et c’est là qu’une cane s’était installée pour couver. Elle commençait à s’ennuyer beaucoup. C’était bien long et les visites étaient rares les autres canards préféraient nager dans les fossés plutôt que de s’installer sous les feuilles pour caqueter avec elle. 

Enfin, un œuf après l’autre craqua. “Pip, pip”, tous les jaunes d’œufs étaient vivants et sortaient la tête. 
— Coin, coin, dit la cane, et les petits se dégageaient de la coquille et regardaient de tous côtés sous les feuilles vertes. La mère les laissait ouvrir leurs yeux très grands, car le vert est bon pour les yeux. 
— Comme le monde est grand, disaient les petits. 
Ils avaient bien sûr beaucoup plus de place que dans l’œuf. 
— Croyez-vous que c’est là tout le grand monde ? dit leur mère, il s’étend bien loin, de l’autre côté du jardin, jusqu’au champ du pasteur — mais je n’y suis jamais allée. 
« Êtes-vous bien là, tous ? » Elle se dressa. « Non, le plus grand œuf est encore tout entier. Combien de temps va-t-il encore falloir couver ? J’en ai par-dessus la tête. » Et elle se recoucha dessus. 

— Eh bien ! Comment ça va ? demanda une vieille cane qui venait enfin rendre visite. 
— Ça dure et ça dure, avec ce dernier œuf qui ne veut pas se briser. Mais regardez les autres, je n’ai jamais vu des canetons plus ravissants. Ils ressemblent tous à leur père, ce coquin, qui ne vient même pas me voir. 
— Montre-moi cet œuf qui ne veut pas craquer, dit la vieille. C’est, sans doute, un œuf de dinde, j’y ai été prise moi aussi une fois, et j’ai eu bien du mal avec celui-là. Il avait peur de l’eau et je ne pouvais pas obtenir qu’il y aille. J’avais beau courir et crier. Fais-moi voir. Oui, c’est un œuf de dinde, sûrement. Laisse-le et apprends aux autres enfants à nager. 
— Je veux tout de même le couver encore un peu, dit la mère. Maintenant que j’y suis depuis longtemps. 
— Fais comme tu veux, dit la vieille, et elle s’en alla. 
Enfin, l’œuf se brisa. 
— Pip, pip, dit le petit en roulant dehors. 
Il était si grand et si laid que la cane étonnée, le regarda. 
— En voilà un énorme caneton, dit-elle, aucun des autres ne lui ressemble. Et si c’était un dindonneau, eh bien, nous allons savoir ça au plus vite. 

Le lendemain, il faisait un temps splendide. La cane avec toute la famille S’approcha du fossé. Plouf ! Elle sauta dans l’eau. Coin ! Coin ! commanda-t-elle, et les canetons plongèrent l’un après l’autre, même l’affreux gros gris. 

— Non, ce n’est pas un dindonneau, s’exclama la mère. Voyez comme il sait se servir de ses pattes et comme il se tient droit. C’est mon petit à moi. Il est même beau quand on le regarde bien. Coin ! coin : venez avec moi, je vous conduirai dans le monde et vous présenterai à la cour des canards. Mais tenez-vous toujours près de moi pour qu’on ne vous marche pas dessus, et méfiez-vous du chat. 
Ils arrivèrent à l’étang des canards où régnait un effroyable vacarme. Deux familles se disputaient une tête d’anguille. Ce fut le chat qui l’attrapa. 
— Ainsi va le monde ! dit la cane en se pourléchant le bec. 

Elle aussi aurait volontiers mangé la tête d’anguille. 

— Jouez des pattes et tâchez de vous dépêcher et courbez le cou devant la vieille cane, là-bas, elle est la plus importante de nous tous. Elle est de sang espagnol, c’est pourquoi elle est si grosse. Vous voyez qu’elle a un chiffon rouge à la patte, c’est la plus haute distinction pour un canard. Cela signifie qu’on ne veut pas la manger et que chacun doit y prendre garde. Ne mettez pas les pattes en dedans, un caneton bien élevé nage les pattes en dehors comme père et mère. Maintenant, courbez le cou et faites coin ! 

Les petits obéissaient, mais les canards autour d’eux les regardaient et s’exclamaient à haute voix : 
— Encore une famille de plus, comme si nous n’étions pas déjà assez. Et il y en a un vraiment affreux, celui-là nous n’en voulons pas. 
Une cane se précipita sur lui et le mordit au cou. 
— Laissez le tranquille, dit la mère. Il ne fait de mal à personne. 
— Non, mais il est trop grand et mal venu. Il a besoin d’être rossé. 
— Elle a de beaux enfants, cette mère ! dit la vieille cane au chiffon rouge, tous beaux, à part celui-là : il n’est guère réussi. Si on pouvait seulement recommencer les enfants ratés ! 
— Ce n’est pas possible, Votre Grâce, dit la mère des canetons; il n’est pas beau mais il est très intelligent et il nage bien, aussi bien que les autres, mieux même. J’espère qu’en grandissant il embellira et qu’avec le temps il sera très présentable. 
Elle lui arracha quelques plumes du cou, puis le lissa : 
— Du reste, c’est un mâle, alors la beauté n’a pas tant d’importance. 
— Les autres sont adorables, dit la vieille. Vous êtes chez vous, et si vous trouvez une tête d’anguille, vous pourrez me l’apporter. 

Cependant, le pauvre caneton, trop grand, trop laid, était la risée de tous. Les canards et même les poules le bousculaient. Le dindon — né avec des éperons — et qui se croyait un empereur, gonflait ses plumes comme des voiles. Il se précipitait sur lui en poussant des glouglous de colère. Le pauvre caneton ne savait où se fourrer. La fille de basse-cour lui donnait des coups de pied. Ses frères et sœurs, eux-mêmes, lui criaient : 

— Si seulement le chat pouvait te prendre, phénomène ! 
Et sa mère : 
— Si seulement tu étais bien loin d’ici ! 
C’en était trop ! Le malheureux, d’un grand effort s’envola par-dessus la haie, les petits oiseaux dans les buissons se sauvaient à tire d’aile. 

« Je suis si laid que je leur fais peur », pensa-t-il en fermant les yeux. 
Il courut tout de même jusqu’au grand marais où vivaient les canards sauvages. Il tombait de fatigue et de chagrin et resta là toute la nuit. 
Au matin, les canards en voyant ce nouveau camarade s’écrièrent : 

— Qu’est-ce que c’est que celui-là ? 
Notre ami se tournait de droite et de gauche, et saluait tant qu’il pouvait. 
— Tu es affreux, lui dirent les canards sauvages, mais cela nous est bien égal pourvu que tu n’épouses personne de notre famille. 
Il ne songeait guère à se marier, le pauvre ! Si seulement on lui permettait de coucher dans les roseaux et de boire l’eau du marais. 
Il resta là deux jours. Vinrent deux oies sauvages, deux jars plutôt, car c’étaient des mâles, il n’y avait pas longtemps qu’ils étaient sortis de l’œuf et ils étaient très désinvoltes. 

— Écoute, camarade, dirent-ils, tu es laid, mais tu nous plais. Veux-tu venir avec nous et devenir oiseau migrateur ? Dans un marais à côté il y a quelques charmantes oiselles sauvages, toutes demoiselles bien capables de dire coin, coin (oui, oui), et laid comme tu es, je parie que tu leur plairas. 
Au même instant, il entendit “Pif ! Paf !”, les deux jars tombèrent raides morts dans les roseaux, l’eau devint rouge de leur sang. Toute la troupe s’égailla et les fusils claquèrent de nouveau. 

Des chasseurs passaient, ils cernèrent le marais, il y en avait même grimpés dans les arbres. Les chiens de chasse couraient dans la vase. Platch ! Platch ! Les roseaux volaient de tous côtés; le pauvre caneton, épouvanté, essayait de cacher sa tête sous son aile quand il vit un immense chien terrifiant, la langue pendante, les yeux étincelants. Son museau, ses dents pointues étaient déjà prêts à le saisir quand — Klap ! il partit sans le toucher. 

— Oh ! Dieu merci ! je suis si laid que même le chien ne veut pas me mordre. 
Il se tint tout tranquille pendant que les plombs sifflaient et que les coups de fusils claquaient. Le calme ne revint qu’au milieu du jour, mais le pauvre n’osait pas se lever, il attendit encore de longues heures, puis quittant le marais il courut à travers les champs et les prés, malgré le vent qui l’empêchait presque d’avancer. 

vilain petit canardVers le soir, il atteignit une pauvre masure paysanne, si misérable qu’elle ne savait pas elle-même de quel côté elle avait envie de tomber, alors elle restait debout provisoirement. Le vent sifflait si fort qu’il fallait au caneton s’asseoir sur sa queue pour lui résister. Il s’aperçut tout à coup que l’un des gonds de la porte était arraché, ce qui laissait un petit espace au travers duquel il était possible de se glisser dans la cabane. C’est ce qu’il fit. 

Une vieille paysanne habitait là, avec son chat et sa poule. Le chat pouvait faire le gros dos et ronronner. Il jetait même des étincelles si on le caressait à rebrousse-poil. La poule avait les pattes toutes courtes, elle pondait bien et la femme les aimait tous les deux comme ses enfants. 

Au matin, ils remarquèrent l’inconnu. Le chat fit chum et la poule fit cotcotcot. 
— Qu’est-ce que c’est que ça ! dit la femme. 
Elle n’y voyait pas très clair et crut que c’était une grosse cane égarée. 
« Bonne affaire, pensa-t-elle, je vais avoir des œufs de cane. Pourvu que ce ne soit pas un mâle. Nous verrons bien. » 

Le caneton resta à l’essai, mais on s’aperçut très vite qu’il ne pondait aucun œuf. Le chat était le maître de la maison et la poule la maîtresse. Ils disaient : « Nous et le monde », ils pensaient bien en être la moitié, du monde, et la meilleure. Le caneton était d’un autre avis, mais la poule ne supportait pas la contradiction. 
— Sais-tu pondre ? demandait-elle. 
— Non. 
— Alors, tais-toi. 
Et le chat disait : 
— Sais-tu faire le gros dos, ronronner ? 
— Non. 
— Alors, n’émets pas des opinions absurdes quand les gens raisonnables parlent. Le caneton, dans son coin, était de mauvaise humeur; il avait une telle nostalgie d’air frais, de soleil, une telle envie de glisser sur l’eau. Il ne put s’empêcher d’en parler à la poule. 
— Qu’est-ce qui te prend, répondit-elle. Tu n’as rien à faire, alors tu te montes la tête. Tu n’as qu’à pondre ou bien ronronner, et cela te passera. 
— C’est si délicieux de glisser sur l’eau, dit le caneton, si exquis quand elle vous passe par-dessus la tête, et de plonger jusqu’au fond ! 
— En voilà un plaisir, dit la poule. Tu es complètement fou. Demande au chat, qui est l’être le plus intelligent que je connaisse, s’il aime glisser sur l’eau ou plonger la tête dedans. Je ne parle même pas de moi. Demande à notre hôtesse, la vieille paysanne. Il n’y a pas plus intelligent. Crois-tu qu’elle a envie de nager et d’avoir de l’eau par-dessus la tête ? 
— Vous ne me comprenez pas, soupira le caneton. 
— Alors, si nous ne te comprenons pas, qui te comprendra ? Tu ne vas tout de même pas croire que tu es plus malin que le chat ou la femme… ou moi-même ! Remercie plutôt le ciel de ce qu’on a fait pour toi ! N’es-tu pas là, dans une chambre bien chaude, avec des gens capables de t’apprendre quelque chose ? Mais tu n’es qu’un vaurien, et il n’y a aucun plaisir à te fréquenter. Remarque que je te veux du bien, et si je te dis des choses désagréables c’est que je suis ton amie… Essaie un peu de pondre ou de ronronner ! 
— Je crois que je vais me sauver dans le vaste monde, avoua le caneton. 
— Eh bien ! vas-y donc ! 
Il s’en alla. 

L’automne vint, les feuilles dans la forêt passèrent du jaune au brun, le vent les faisait voler de tous côtés. L’air était froid, les nuages lourds de grêle et de neige, dans les haies nues les corbeaux croassaient “kré ! kru ! krà !” oui, il y avait de quoi grelotter. Le pauvre caneton n’était guère heureux. 

Un soir, au soleil couchant, un grand vol d’oiseaux sortit des buissons. Jamais le caneton n’en avait vu de si beaux, d’une blancheur si immaculée, avec de longs cous ondulants. Ils ouvraient leurs larges ailes et s’envolaient loin des contrées glacées vers le midi, vers les pays plus chauds, vers la mer ouverte. Ils volaient si haut, si haut, que le caneton en fut impressionné; il tournait sur l’eau comme une roue, tendait le cou vers le ciel… il poussa un cri si étrange et si puissant que lui-même en fut effrayé. 

Jamais il ne pourrait oublier ces oiseaux merveilleux ! Lorsqu’ils furent hors de sa vue, il plongea jusqu’au fond de l’eau et quand il remonta à la surface, il était comme hors de lui-même. Il ne savait pas le nom de ces oiseaux ni où ils s’envolaient, mais il les aimait comme il n’avait jamais aimé personne. Il ne les enviait pas, comment aurait-il rêvé de leur ressembler… 

L’hiver fut froid, terriblement froid. Il lui fallait nager constamment pour empêcher l’eau de geler autour de lui. Mais, chaque nuit, le trou où il nageait devenait de plus en plus petit. La glace craquait, il avait beau remuer ses pattes, à la fin, épuisé, il resta pris dans la glace. 
Au matin, un paysan qui passait le vit, il brisa la glace de son sabot et porta le caneton à la maison où sa femme le ranima. 
Les enfants voulaient jouer avec lui, mais lui croyait qu’ils voulaient lui faire du mal, il s’élança droit dans la terrine de lait éclaboussant toute la pièce; la femme criait et levait les bras au ciel. Alors, il vola dans la baratte où était le beurre et, de là, dans le tonneau à farine. La paysanne le poursuivait avec des pincettes; les enfants se bousculaient pour l’attraper… et ils riaient… et ils criaient. Heureusement, la porte était ouverte ! Il se précipita sous les buissons, dans la neige molle, et il y resta anéanti. 

Il serait trop triste de raconter tous les malheurs et les peines qu’il dut endurer en ce long hiver. 

Pourtant, un jour enfin, le soleil se leva, déjà chaud, et se mit à briller. C’était le printemps. Alors, soudain, il éleva ses ailes qui bruirent et le soulevèrent, et avant qu’il pût s’en rendre compte, il se trouva dans un grand jardin plein de pommiers en fleurs. Là, les lilas embaumaient et leurs longues branches vertes tombaient jusqu’aux fossés. 

Comme il faisait bon et printanier ! Et voilà que, devant lui, sortant des fourrés trois superbes cygnes blancs s’avançaient. Il ébouriffaient leurs plumes et nageaient si légèrement, et il reconnaissait les beaux oiseaux blancs. Une étrange mélancolie s’empara de lui. 
— Je vais voler jusqu’à eux et ils me battront à mort, moi si laid, d’avoir l’audace de les approcher ! Mais tant pis, plutôt mourir par eux que pincé par les canards, piqué par les poules ou par les coups de pied des filles de basse-cour ! 
Il s’élança dans l’eau et nagea vers ces cygnes pleins de noblesse. À son étonnement, ceux-ci, en le voyant, se dirigèrent vers lui. 
— Tuez-moi, dit le pauvre caneton en inclinant la tête vers la surface des eaux. 
Et il attendit la mort. 

Mais alors, qu’est-ce qu’il vit, se reflétant sous lui, dans l’eau claire ? C’était sa propre image, non plus comme un vilain gros oiseau gris et lourdaud… il était devenu un cygne !!! 
Car il n’y a aucune importance à être né parmi les canards si on a été couvé dans un œuf de cygne ! 
Il ne regrettait pas le temps des misères et des épreuves puisqu’elles devaient le conduire vers un tel bonheur ! Les grands cygnes blancs nageaient autour de lui et le caressaient de leur bec. 
imagesQuelques enfants approchaient, jetant du pain et des graines. Le plus petit s’écria : — Oh ! il y en a un nouveau. 
Et tous les enfants de s’exclamer et de battre des mains et de danser en appelant père et mère. 
On lança du pain et des gâteaux dans l’eau. Tous disaient : « Le nouveau est le plus beau, si jeune et si gracieux. » Les vieux cygnes s’inclinaient devant lui. 

Il était tout confus, notre petit canard, et cachait sa tête sous l’aile, il ne savait lui-même pourquoi. Il était trop heureux, pas du tout orgueilleux pourtant, car un grand cœur ne connaît pas l’orgueil. Il pensait combien il avait été pourchassé et haï alors qu’il était le même qu’aujourd’hui où on le déclarait le plus beau de tous ! Les lilas embaumaient dans la verdure, le chaud soleil étincelait. Alors il gonfla ses plumes, leva vers le ciel son col flexible et de tout son cœur comblé il cria : « Aurais-je pu rêver semblable félicité quand je n’étais que le vilain petit canard ! » 

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A la conquête du Perroquet et du Lion

Posté par othoharmonie le 7 avril 2015

 

 

620717550_982390Il était une fois une bande de perroquets qui vivait dans la forêt. Tôt le matin, ils allaient manger des épis de maïs à la ferme, et l’après-midi ils mangeaient des oranges. Ils faisaient un grand remue-ménage avec leurs cris et plaçaient toujours un perroquet en sentinelle dans les plus grands arbres pour voir si quelqu’un venait. 

Les perroquets sont aussi nuisibles que les sauterelles, car ils ouvrent pour les picorer les épis de maïs, lesquels, ensuite, pourrissent à la pluie. Et comme, d’autre part, les perroquets sont bons à manger en ragoût, les ouvriers agricoles les chassaient au fusil. Un jour, un homme fit tomber d’un coup de fusil un perroquet sentinelle ; celui-ci, blessé, se débattit un bon moment avant de se laisser capturer. L’ouvrier le porta à la maison, pour les enfants du patron ; les garçons le soignèrent, car il n’avait qu’une aile brisée. 

Le perroquet guérit très bien et s’apprivoisa complètement. On l’appela Pedrito. Il apprit à donner la patte ; il aimait se tenir sur l’épaule des gens et leur chatouillait les oreilles avec son bec. Il vivait en liberté et passait presque toutes ses journées dans les orangers et les eucalyptus du jardin. Il aimait également se moquer des poules. À quatre ou cinq heures de l’après-midi, l’heure à laquelle on prenait le thé à la maison, le perroquet entrait lui aussi dans la salle à manger, se hissait à l’aide de son bec et de ses pattes sur la nappe et mangeait du pain trempé dans du lait. Il raffolait du thé au lait. 

Pedrito passait tant de temps avec les garçons, et les gosses lui disaient tant de choses, que le perroquet apprit à parler. 

Il disait : « Bonjour, petit perroquet !… Elle est bonne la soupe !… De la soupe pour Pedrito !… »

Il disait d’autres choses que l’on ne peut répéter, car les perroquets, comme les enfants, apprennent avec beaucoup de facilité les gros mots. Quand il pleuvait, Pedrito hérissait ses plumes et se racontait tout bas tout un tas de choses. 

Quand le temps s’améliorait, il volait alors en criant comme un fou. Il était, on le voit, un perroquet bien heureux qui, en plus d’être libre, comme le désirent tous les oiseaux, prenait aussi, comme les gens riches, son five o’clock tea. Or, voici ce qui arriva au milieu de ce bonheur : après une après-midi de pluie qui faisait suite à cinq jours de tempête, le soleil sortit enfin et Pedrito se mit à voler en criant :

« Quelle belle journée, petit perroquet ! Elle est bonne la soupe !… Donne la patte, Pedrito ! » 

Il s’envola loin, jusqu’à ce qu’il vit, en contrebas, tout en bas, la rivière Paraná, qui ressemblait à un large et lointain ruban blanc. Il continua et continua de voler ; enfin, il se percha sur un arbre pour se reposer. Et voilà que rapidement, il vit briller au sol, à travers les branches, deux lumières vertes, comme d’énormes vers luisants. 

« Qu’est-ce donc ? se demanda la perroquet. Elle est bonne la soupe ! Qu’est-ce que c’est ? Bonjour Pedrito !… » 

Le perroquet parlait toujours ainsi, comme tous les perroquets, en faisant des phrases sans queue ni tête, et parfois il était difficile de le comprendre. Comme il était très curieux, il descendit de branche en branche pour se rapprocher. Il vit alors que les deux lumières vertes étaient les yeux d’un tigre, qui s’était accroupi et le regardait fixement. Mais Pedrito était tellement heureux de la belle journée qu’il n’eut pas peur du tout. « Bonjour, Tigre ! dit-il. Donne-la patte, Pedrito ! » 

Et le tigre, avec sa voix terriblement rauque, lui répondit : « – Bon-jour !

– Bonjour Tigre ! Elle est bonne la soupe !… Elle est bonne la soupe !… Elle est bonne la soupe !… » 

 Et il répéta de nombreuses de fois « Elle est bonne la soupe !… » parce qu’il était quatre heures de l’après-midi et qu’il avait très envie de prendre du thé au lait. Le perroquet avait oublié que les animaux sauvages ne prennent pas de thé au lait, c’est pourquoi il invita le tigre. « Il est bon, le thé au lait ! lui dit-il. Bonjour Pedrito ! Tu veux prendre du thé au lait avec moi, ami tigre ? » Mais le tigre se mit en colère car il crut que le perroquet se moquait de lui et, de plus, comme il avait faim lui aussi, il eut envie de dévorer le perroquet bavard. Il lui répondit donc :

  « Bon-jour ! Ap-pro-che-toi un peu car je suis sourd ! Le tigre n’était pas sourd. Ce qu’il voulait, c’était que Pedrito se rapproche assez pour l’attraper d’un coup de patte. Mais le perroquet ne pensait qu’au plaisir qu’auraient les gens de la maison lorsqu’il se présenterait pour prendre le thé avec ce magnifique ami. Et il vola jusqu’à une autre branche, plus proche du sol. 

« Elle est bonne la soupe, à la maison ! répéta-t-il en criant aussi fort qu’il pouvait. – Plus près ! Je n’en-tends pas ! » répondit le tigre de sa voix rauque. Le perroquet se rapprocha un peu plus et dit : « Il est bon, le thé au lait ! – Rap-pro-che-toi en-co-re ! » répéta le tigre. Le pauvre perroquet se rapprocha encore et, à cet instant, le tigre fit un terrible saut, aussi haut qu’une maison, et atteignit Pedrito avec l’extrémité de ses griffes. 

Il n’était pas parvenu à le tuer, mais lui avait arraché toutes les plumes du dos et la queue entière. Il ne restait plus à Pedrito une seule plume sur la queue. « Attrape ! rugit le tigre. Va donc prendre ton thé au lait ! » Le perroquet, hurlant de douleur et de peur, s’envola ; mais il ne pouvait pas bien voler, car il lui manquait la queue, qui est le gouvernail des oiseaux. Il volait en titubant d’un côté ou de l’autre, et tous les oiseaux qui le rencontraient s’éloignaient, effrayés, de cette étrange bestiole. Enfin il put parvenir à la maison, et la première chose qu’il fit fut de se regarder dans le miroir de la cuisinière. 

Pauvre Pedrito ! C’était l’oiseau le plus bizarre et le plus laid que l’on puisse imaginer, tout déplumé, sans queue et tremblant de froid. Comment pourrait-il se présenter dans la salle à manger dans un tel état ? Il vola alors jusqu’au creux qu’il y avait dans le tronc un eucalyptus, et qui formait une sorte de grotte, et se cacha dans le fond, grelottant de froid et de honte. Pendant ce temps, dans la salle à manger, tous s’étonnaient de son absence : « Où peut bien être Pedrito ? disaient-ils. Et ils appelaient : « Pedrito ! Elle est bonne, la soupe, Pedrito ! Thé au lait, Pedrito ! » Mais Pedrito ne sortait pas de sa grotte, ni ne répondait, muet et immobile. Ils le cherchèrent partout, mais le perroquet ne se montra pas. Tous crurent alors que Pedrito était mort, et les garçons fondirent en larmes. Chaque après-midi, à l’heure du thé, ils se souvenaient toujours du perroquet et se rappelaient aussi combien il aimait manger du pain trempé dans du thé au lait. Pauvre Pedrito ! Ils ne le reverraient plus parce qu’il était mort. 

Mais Pedrito n’était pas mort, seulement il restait dans sa grotte, sans se laisser voir par personne, parce qu’il éprouvait beaucoup de honte à se voir pelé comme une souris. La nuit, il descendait pour manger et remontait aussitôt. À l’aube, il descendait de nouveau, sur la pointe des pattes, et allait se regarder dans le miroir de la cuisinière, toujours très triste car les plumes tardaient beaucoup à repousser. Enfin, un beau jour, par une après-midi où la famille était assise à table, à l’heure du thé, elle vit entrer un Pedrito très calme, qui se dandinait comme si rien ne s’était passé. Tous crurent mourir, mourir de plaisir quand ils le virent bien vivant et avec de très belles plumes. 

ZsXME« Pedrito, petit perroquet ! lui disaient-ils. Que t’est-il arrivé, Pedrito ? Comme il a des plumes brillantes, le petit perroquet ! » Mais ils ignoraient que c’étaient de nouvelles plumes et Pedrito, très sérieux, ne pipait mot. Il ne fit rien d’autre que de manger du pain trempé dans du thé au lait. Mais pour ce qui est de parler, pas un seul mot. Aussi le maître de maison fut-il très étonné quand, le matin suivant, le perroquet s’envola et se percha sur son épaule en bavardant comme un fou. En deux minutes, il lui raconta ce qui lui était arrivé : une promenade au Paraguay, sa rencontre avec le tigre et le reste ; et il ponctuait chacun de ses épisodes en chantant : « Pas une plume sur la queue de Pedrito ! Pas une plume ! Pas une plume ! » 

Et il l’invita à aller à la chasse au tigre avec lui. Le maître de maison, qui était justement sur le point d’acheter une peau de tigre dont il avait besoin pour la mettre devant le poêle, fut très content de pouvoir l’obtenir gratuitement. Il retourna à la maison prendre son fusil de chasse, et entreprit avec Pedrito le voyage au Paraguay. Ils convinrent que lorsque Pedrito verrait le tigre, il le distrairait en bavardant pour que l’homme puisse s’approcher tout doucement avec son fusil de chasse. Et il en fut ainsi. Le perroquet, posé sur une branche de l’arbre, bavardait et bavardait, en regardant en même temps de tous côtés, pour voir s’il apercevait le tigre. Enfin il entendit un bruit de branches cassées et vit soudain au pied de l’arbre deux lumières vertes qui le fixaient : c’étaient les yeux du tigre.

Alors, le perroquet se mit à crier : « Belle journée ! Elle est bonne, la soupe !… Bon thé au lait ! Veux-tu du thé au lait ? » 

Le tigre, très en colère après avoir reconnu le perroquet déplumé qu’il croyait avoir tué et qui avait de nouveau de très belles plumes, jura que cette fois celui-ci ne lui échapperai pas. Ses yeux étincelèrent de colère quand il répondit de sa voix rauque : « Ap-pro-che-toi plus ! Je suis sourd ! » Le perroquet vola jusqu’à une branche plus proche, toujours en bavardant : « Bon, le pain au lait !… 

IL EST AU PIED DE CET ARBRE !… » 

En entendant ces derniers mots, le tigre rugit et se leva d’un bond : « À qui parles-tu ? mugit-il. À qui as-tu dit que je suis au pied de cet arbre ? – À personne, à personne !… cria le perroquet. Bonjour Pedrito ! Donne la patte, petit perroquet ! » Et il continua à bavarder en sautant de branche en branche et en s’approchant. Mais il avait dit “Il est au pied de cet arbre” pour avertir l’homme, qui s’était approché et soigneusement accroupi, avec le fusil de chasse sur l’épaule. Arriva un moment où le perroquet ne put plus s’approcher plus, parce que sinon il tomberait dans la gueule du tigre, alors il cria : « Elle est bonne, la soupe !… 

ATTENTION ! – En-co-re plus près ! rugit le tigre en prenant son élan pour sauter. – Bon, le thé au lait ! ATTENTION, IL VA SAUTER ! » 

Et en effet, le tigre sauta. Il fit un énorme saut que le perroquet évita en s’élançant dans les airs comme une flèche, en même temps que lui. Au même moment, l’homme, qui avait appuyé le canon de son fusil contre un tronc pour ajuster son tir, pressa la détente. Neuf balles, chacune de la taille d’un pois chiche, entrèrent comme un éclair dans le cœur du tigre qui, en lançant un hurlement qui fit trembler la forêt tout entière, tomba, mort. Quant au perroquet, quels cris de bonheur il lançait ! Il était fou de joie, parce qu’il se savait vengé – et bien vengé ! – de ce fourbe animal qui lui avait arraché les plumes. 

L’homme était lui aussi très content, parce que tuer un tigre est une chose difficile, et que de plus il avait une fourrure à mettre devant le poêle de la salle à manger. Quand ils arrivèrent à la maison, tous apprirent pourquoi Pedrito était resté si longtemps caché dans le creux de l’arbre, et tous le félicitèrent pour son exploit. Ils vécurent dès lors très heureux. Mais le perroquet n’oubliait pas ce que lui avait fait le tigre ; lorsqu’il entrait dans la salle à manger pour prendre le thé, il s’approchait toujours de la peau du tigre, étendue devant le poêle, et il l’invitait à prendre du thé au lait. « Elle est bonne, la soupe !… lui disait-il. Tu veux du thé au lait ? La soupe pour le tigre ! » 

Et tous mouraient de rire. Et Pedrito aussi. 

El loro pelado extrait des Cuentos de la selva (Contes de la forêt vierge) LE PERROQUET DEPLUME Traduction : Bruce Demaugé-Bost

 

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L’empreinte chez le perroquet

Posté par othoharmonie le 25 mars 2015

 

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C’est vers 1935 que l’Autrichien Konrad Lorenz décrivit le premier concept de l’imprégnation en observant le développement du comportement chez les jeunes oiseaux (exemple de l’oie). Il réalisa que les jeunes oiseaux qu’il avait élevé lui-même à partir d’un très bas âge le considéraient comme un réel parent. C’est l’exemple de l’oie qui née et qui décide de suivre le premier être animé qui se présente, mère ou humain.

L’imprégnation (imprinting ou empreinte) est le processus d’apprentissage particulier qui se produit à très bas âge (avant le sevrage), qui se caractérise par 5 principes de base :

• Il s’agit d’un phénomène naturel et essentiel au développement de l’individu
• Il amène un comportement spécifique par rapport à un objet déterminé
• Il se termine lors d’une période critique ou sensible bien définie
• Il s’agit d’un phénomène irréversible, fixé pour la vie chez l’individu
• Il peut impliquer les 5 sens

A une période où le jeune perroquet est très sensible et où il est exposé à un stimulus très significatif qui crée un rapport exclusif des oisillons avec leurs parents, autour de l’apport alimentaire (la becquée) et autour de la sécurisation du lieu. L’oisillon s’attache à un modèle qui est présent dès qu’il commence à prendre conscience de l’environnement qui l’entoure. Cela peut donc être un parent, comme une toute autre espèce animale, comme le cas de l’homme intrusif qui fera de l’élevage à la main. (EAM, NAM). On parle donc de la mise en place définitive d’un lien entre un déclencheur extérieur et un comportement instinctif. Cette mise en place n’est pas commandée par un déterminisme biologique très spécifique (comme un lien de parenté, une odeur) mais par des circonstances. L’imprégnation aura lieu avec l’être qui sera là au moment où celle-ci se passera.

En s’imprégnant à ses proches parents, le jeune animal en vient à reconnaitre les caractéristiques distinctives propres à son espèce. Par exemple, l’animal élevé par sa mère naturelle s’identifiera à l’espèce de sa mère, alors que l’animal élevé par un humain cristallisera son identification à l’être humain. Cette étape est essentielle et détermine l’évolution des rapports sociaux qui développera l’individu avec l’âge.

Plusieurs comportements normaux seront influencés par les conditions de l’empreinte. Entre autres, l’imprégnation semble déterminante face aux comportements de reproduction et d’alimentation. C’est l’exemple de la perruche EAM qui veut donner la becquée à son humain.

En général la plupart des empreintes s’effectue en bas âge et il existe une période précise et relativement courte pendant laquelle le perroquet est sensible au phénomène pour un comportement donné.

Les espèces nidifuges possèdent un plumage et sont aptes à se déplacer dès peu de temps après l’éclosion (canards, oies, poules etc.) donc ils doivent s’imprégner très rapidement à leur parents pour survivre. Les oiseaux de proie sont la plupart nidicoles puisque les oisillons demeurent au nid sur une période prolongée. L’imprégnation des jeunes aux parents plus donc s’effectuer plus tardivement et durant plus longtemps. La période critique pendant laquelle s’opère le phénomène d’empreinte ne se répète pas dans la vie d’un individu pour un comportement donné. C’est donc dire que l’imprégnation est un phénomène unique. De plus, une fois la période terminée, l’empreinte est cristallisée et l’oiseau conservera cette préférence d’espèce pour la vie. Même s’il est possible qu’un oiseau imprégné à l’humain et rendu à l’âge adulte se reproduise avec un congénère et donne une nichée, dès qu’il apercevra un humain il sera tenté d’abandonner sa nichée pour courtiser son humain (hors espèces domestiquées, perruche ondulée, calopsitte élégante et inséparable). Car cett imprégnation induit l’empreinte sexuelle de l’oiseau.

Les choses deviennent encore plus complexes, pour comprendre les mécanismes de l’imprégnation, lorsque l’on considère que la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat (très peu développé chez les oiseaux) et le gout peuvent simultanément ou indépendamment jouer un rôle dans les rouages du phénomène. Des questions peuvent ainsi surgir, par exemple, quelle importance peut avoir les contacts physiques et le son de la mère sur l’imprégnation de l’oisillon acore aveugle ? Que peuvent devenir des oiseaux imprégnés en captivité une fois relâché dans la nature ?

L’empreinte a des répercussions à très long terme :
• Identité (apprendre les caractéristiques de ses parents)
• Attachement
• Relation et adaptation sociale
• Les types d’individus avec lesquels il aura des relations privilégiées

Finalement, l’empreinte est une forme d’apprentissage rapide, spécifique, irréversible et efficace car elle ne nécessite aucun renforcement. L’empreinte désigne la persistance et la stabilité extrême qui caractérisent les préférences acquises au cours de la phase sensible. Elle protège les informations biologiques importantes relatives au caractère de l’espèce. Son irréversibilité protège les acquis de la phase sensible afin qu’ils ne soient pas occultés par les expériences ultérieures inadéquates pour la survie de l’espèce. C’est un phénomène qui fait partie de l’instinct de survie de l’oiseau. Tout ce qui est acquis par imprégnation est permanent et détermine les comportements futurs.

Une imprégnation défaillante (EAM par les débutants ou les gens malintentionnés qui veulent faire du profit) produira un perroquet avec un système de défense actif. La méthode d’élevage à la main est la source première de la plupart des problèmes de comportements des perroquets EAM.

Pour conclure, le phénomène de l’imprégnation constitue un processus d’apprentissage très complexe, que l’homme ne pourra jamais remplacer aussi bien que les parents oiseaux. Ce qui nous amène à constater que la meilleure école de la vie pour les perroquets est sans contredits l’environnement naturel et les parents naturels.

Sources :
Médecine vétérinaire du Québec, été 1998
Konrad Lorenz, biologiste et zoologiste
Guy Fitzgeralg, vétérinaire de Montréal
Johanne Vaillancourt, comportementaliste pour perroquets

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Coq et Poules…

Posté par othoharmonie le 30 octobre 2012

Poules, coqs et couvées : précautions
à observer pour des oeufs parfaits

(D’après « Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris », paru en 1902)

 par LA RÉDACTION

 

 Coq et Poules... dans POULE et COQ coq_et_poule-300x247Au début du XXe siècle, le docteur Ferdinand Delisle rapporte de son voyage en Languedoc quelques singulières superstitions ayant trait aux poules, et plus particulièrement aux couvées, de l’animal dont il convient de rapidement se séparer sitôt qu’il a « chanté le Gallet » aux œufs qui, récoltés chez autrui, doivent être saupoudrés de mie de pain s’ils sont amenés à passer une rivière, en passant par la présence indispensable d’un crapaud dans le nid pour en chasser les poux

Au mois d’août dernier, étant à la campagne en Lauragais, portion du Languedoc, j’entendis chanter près de moi une poule. Cela ne me disait pas grand-chose, plusieurs picoraient de ci de là, et je continuai de lire mon courrier. Il n’en fut pas de même de la ménagère qui s’occupe de la basse-cour qui me dit brusquement et d’un air effaré : « Abetz entendut ? Cnto le Gallet. » Naturellement cela me laissait froid que la poule chantât ou non le Gallet, cela ne me disait absolument rien. Elle la surveillait à cause de cela paraît-il, depuis plusieurs jours. Ceci mérite explication.

Il arrive, que parfois une poule, de l’espèce de celles qu’on surveille à cause de la qualité de leurs œufs, de leur volume, de leur régularité à pondre, des câlineries fréquentes et journalières du coq, maître de la basse-cour, il arrive, dis-je, qu’un beau jour cette poule se met, sans qu’on sache pourquoi, à chanter autrement que ne font les poules habituellement. Son chant se rapproche, reproduit, au dire des gens habitués, celui d’un jeune coq non encore complètement développé, pas adulte. Elle a chanté le « Gallet », c’est à-dire comme un jeune coq. C’est fini, elle n’est plus bonne à rien, il faut s’en débarrasser, coûte que coûte, au plus vite. Car c’est fort grave d’avoir dans une basse-cour une poule qui chante le Gallet. Cela porte malheur, non pas seulement à la basse-cour, mais encore à tout ce qui entoure et soigne la basse-cour. La tuer et en faire un pot-au-feu, cela n’est pas suffisant, cela ne remédierait à rien.

Le lendemain de cette affaire avait lieu le marché hebdomadaire de Baziège, localité voisine, et on y porta la poule que « Cantâo le Gallet », et comme elle était grosse et belle, on la vendit fort bien, chassant le mauvais sort de notre basse-cour, quitte à passer la guigne à une autre, ce dont se souciait fort peu la bonne femme. Je n’ai jamais été convaincu que ce fût cette poule qui ait chanté le Gallel, c’est plus probablement un jeune coq qui avait chanté en l’honneur de ladite poule. Cependant la petite-fille de la directrice de la basse-cour, âgée de 17 ans, m’a affirmé que c’était bien la poule et non le jeune coq qui avait « Cantat le Gallet. »

Ce fait, au sujet duquel je paraissais si incrédule, provoqua d’autres confidences non moins amusantes sur les précautions à prendre pour réussir les couvées de poulets et autres volatiles de basse-cour. Ce n’est pas sans quelques réticences toutefois qu’on m’en voulut bien instruire. Voici les confidences :

Quand on veut « poser des œufs », c’est le terme consacré dans le Toulousain et le Lauragais, autrement les faire couver, il est des règles dont on ne doit pas s’écarter sous peine d’insuccès. Pour les œufs récoltés sur la ferme, il n’y a rien à dire, mais, par exemple, si n’ayant pas d’œufs, on va en demander chez un propriétaire plus ou moins éloigné et séparé de l’endroit où ils seront couvés par une rivière ou un ruisseau, alors même fort petit, voire à sec en été, qu’on n’aurait franchi qu’un pont, il faut prendre de grandes précautions sous peine d’insuccès certain.

Les œufs auxquels on aura fait passer l’eau sans se conformer aux dites précautions n’écloront pas et seront clairs, quoi qu’on fasse, quelque bonne couveuse que soit la poule choisie à cet effet. Pour qu’ils puissent éclore, lorsque la ménagère a placé les œufs à faire couver dans le panier destiné à les transporter, elle demande de la mie de pain à la personne qui lui a remis les œufs, mie de pain qu’elle émiette au dessus des œufs, dans le panier et les œufs pourront alors traverser l’eau, rivière ou petit ruisseau sans le moindre inconvénient ; ils donneront les petits poulets ou autres volatils attendus. Les précautions ne se bornent pas a cela. Le panier contenant ces œufs qui ont passé l’eau, il ne faut jamais le poser sur une table, sur une chaise ou sur tout autre meuble ; il doit être simplement posé sur le sol de la pièce, quelle qu’en soit la nature. Le pourquoi on n’a jamais pu me le faire connaître ; c’est l’usage voilà tout.

Ma sœur ayant reçu une douzaine d’œufs de pintade au mois de juillet dernier, et n’ayant pas de poule couveuse, de glousse à ce moment, les confia à une jeune ménagère du voisinage pour les faire couver. Au mois d’août dernier, on lui annonça que sauf un tous les œufs n’avaient rien donné, avaient été clairs ou que les poussins étaient morts sur le picqué. Ces œufs avaient passé l’eau (la Marqueissonne alors à sec) sans mie de pain avec eux et on avait laissé une nuit durant le panier qui les contenait sur la table de la salle à manger. Fatalement ils ne pouvaient éclore ! Les bonnes et crédules campagnardes sont absolument convaincues que c’est grâce à ces précautions qu’elles doivent la réussite de leurs couvées.

Lorsque la couvée a réussi, à partir du jour où on lâche dans les champs glousse et petits, il est d’usage tous les soirs de compter les jeunes poulets suivant la glousse quand ils rentrent au poulailler, c’est pour la ménagère le moyen de savoir si le nombre des poussins reste le même, et cela ne leur est en rien nuisible. Mais si d’autres personnes procèdent à la même vérification, c’est fort grave et les jeunes poulets courent danger de mort. Que chat, renard, belette ou fouine aient prélevé une ou plusieurs pièces de la bande, ce n’est pas la vraie cause initiale, un autre que la ménagère a compté les poulets. Aussi la bonne femme ne dit presque jamais le nombre exact de la couvée, et celle de chez moi était fort mécontente de voir ma sœur ou ma femme se livrer à cette vérification.

Très-fréquemment les poussins sont plus ou moins envahis par la vermine au moment ou peu après leur naissance. Cela tient à ce que les poux sont en très grand nombre sur les poules couveuses et les malheureux petits ont souvent l’existence fort compromise de ce fait. Sans doute avec du pétrole on peut facilement les débarrasser, mais cela est considéré comme insuffisant bien que très efficace. Le meilleur procédé pour empêcher le développement des poux, aussi bien sur les poules couveuses que sur les poussins, consiste à avoir dans le local où est le nid de la couveuse, un beau crapaud. Sa seule présence est un sûr moyen pour la destruction de la vermine, et même chose admirable, pour qu’elle ne se produise pas. Il n’est pas en liberté dans ledit local, non, il est placé dans un récipient, un pot où à la longue il finit toujours par crever, mais même desséché certains croient qu’il produit son action salutaire et protectrice, vrai crapaud porte-veine, fétiche précieux contre les poux de poule.

coq_et_poule_de_bresse-300x240 dans POULE et COQEnfin j’appellerai votre attention sur le moment le plus favorable pour la « pose des œufs ». Cela a une très grande importance parce que suivant qu’on aura mis à couver des œufs tel ou tel jour de la semaine, le succès sera très variable. Le jour à choisir est très important d’abord au point de vue du succès en lui-même, c’est-à-dire du nombre de poussins qui naîtront, par exemple, pour une couvée de 25 œufs. C’est aussi à bien considérer quand il s’agit d’avoir plutôt des mâles que des femelles. Aussi le jour fatidique pour poser les œufs de façon à avoir particulièrement des poussins mâles serait le vendredi. On est assuré, si les « œufs sont dans les conditions voulues, d’avoir plus de poulets que de poules ! Qui se serait attendu à voir Vénus dans cette affaire ! Il y a des femmes pour lesquelles la tache germinative de l’œuf contient un ver et c’est lui qui fait que les œufs sont clairs dans une couvée. Le ver vit aux dépens de l’œuf dont il commence par manger le jaune.

Telles sont quelques-unes des croyances bizarres encore répandues dans la région toulousaine. Les gens qui me les ont contées disent tous qu’ils n’y croient pas, mais tous sans exception agissent comme y croyant absolument, sans compter que ces pratiques sont, j’en suis convaincu, accompagnées des prières qu’on n’avoue pas.

Un membre de la Société d’anthropologie de Paris explique que si des pratiques, que nous qualifions de superstitions, ont pu avoir leur raison d’être à une certaine époque et dans certains milieux, il est incontestable que le plus grand nombre remonte à une époque où la science n’existant pas encore, aucun motif sérieux ne peut être donné pour leur conservation. Tout ce qui concerne la génération, par exemple, a été l’objet des croyances superstitieuses les plus vivaces, et dans les campagnes de la Brie, du Nivernais, de la Bretagne et d’ailleurs, on reste persuadé que, pour qu’une couvée réussisse, il faut qu’il y ait absolument un nombre d’œufs déterminé. C’est en général un nombre impair, mais c’est quelquefois aussi un nombre pair, et semble-t-il un multiple de trois.

Une pratique également très répandue chez les personnes qui font couver des œufs, est de mettre au fond du panier un morceau de fer, qui est destiné à préserver la couvée des funestes effets de l’orage et de la foudre. C’est souvent un fragment de fer à cheval, qui joue le rôle de porte-bonheur dans les superstitions populaires.

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Histoire de Poules

Posté par othoharmonie le 14 août 2012

Poules, coqs et couvées : précautions à observer pour des oeufs parfaits

(D’après « Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris », paru en 1902)

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Au début du XXe siècle, le docteur Ferdinand Delisle rapporte de son voyage en Languedoc quelques singulières superstitions ayant trait aux poules, et plus particulièrement aux couvées, de l’animal dont il convient de rapidement se séparer sitôt qu’il a « chanté le Gallet » aux œufs qui, récoltés chez autrui, doivent être saupoudrés de mie de pain s’ils sont amenés à passer une rivière, en passant par la présence indispensable d’un crapaud dans le nid pour en chasser les poux

Histoire de Poules dans POULE et COQ 320px-Brahma_kippen%2C_witcolumbia_zwart_getekend_%281%29Au mois d’août dernier, étant à la campagne en Lauragais, portion du Languedoc, j’entendis chanter près de moi une poule. Cela ne me disait pas grand-chose, plusieurs picoraient de ci de là, et je continuai de lire mon courrier. Il n’en fut pas de même de la ménagère qui s’occupe de la basse-cour qui me dit brusquement et d’un air effaré : « Abetz entendut ? Cnto le Gallet. » Naturellement cela me laissait froid que la poule chantât ou non le Gallet, cela ne me disait absolument rien. Elle la surveillait à cause de cela paraît-il, depuis plusieurs jours. Ceci mérite explication.

Il arrive, que parfois une poule, de l’espèce de celles qu’on surveille à cause de la qualité de leurs œufs, de leur volume, de leur régularité à pondre, des câlineries fréquentes et journalières du coq, maître de la basse-cour, il arrive, dis-je, qu’un beau jour cette poule se met, sans qu’on sache pourquoi, à chanter autrement que ne font les poules habituellement. Son chant se rapproche, reproduit, au dire des gens habitués, celui d’un jeune coq non encore complètement développé, pas adulte. Elle a chanté le « Gallet », c’est à-dire comme un jeune coq. C’est fini, elle n’est plus bonne à rien, il faut s’en débarrasser, coûte que coûte, au plus vite. Car c’est fort grave d’avoir dans une basse-cour une poule qui chante le Gallet. Cela porte malheur, non pas seulement à la basse-cour, mais encore à tout ce qui entoure et soigne la basse-cour. La tuer et en faire un pot-au-feu, cela n’est pas suffisant, cela ne remédierait à rien.

Le lendemain de cette affaire avait lieu le marché hebdomadaire de Baziège, localité voisine, et on y porta la poule que « Cantâo le Gallet », et comme elle était grosse et belle, on la vendit fort bien, chassant le mauvais sort de notre basse-cour, quitte à passer la guigne à une autre, ce dont se souciait fort peu la bonne femme. Je n’ai jamais été convaincu que ce fût cette poule qui ait chanté le Gallel, c’est plus probablement un jeune coq qui avait chanté en l’honneur de ladite poule. Cependant la petite-fille de la directrice de la basse-cour, âgée de 17 ans, m’a affirmé que c’était bien la poule et non le jeune coq qui avait « Cantat le Gallet. »

Ce fait, au sujet duquel je paraissais si incrédule, provoqua d’autres confidences non moins amusantes sur les précautions à prendre pour réussir les couvées de poulets et autres volatiles de basse-cour. Ce n’est pas sans quelques réticences toutefois qu’on m’en voulut bien instruire. Voici les confidences :

Quand on veut « poser des œufs », c’est le terme consacré dans le Toulousain et le Lauragais, autrement les faire couver, il est des règles dont on ne doit pas s’écarter sous peine d’insuccès. Pour les œufs récoltés sur la ferme, il n’y a rien à dire, mais, par exemple, si n’ayant pas d’œufs, on va en demander chez un propriétaire plus ou moins éloigné et séparé de l’endroit où ils seront couvés par une rivière ou un ruisseau, alors même fort petit, voire à sec en été, qu’on n’aurait franchi qu’un pont, il faut prendre de grandes précautions sous peine d’insuccès certain.

Les œufs auxquels on aura fait passer l’eau sans se conformer aux dites précautions n’écloront pas et seront clairs, quoi qu’on fasse, quelque bonne couveuse que soit la poule choisie à cet effet. Pour qu’ils puissent éclore, lorsque la ménagère a placé les œufs à faire couver dans le panier destiné à les transporter, elle demande de la mie de pain à la personne qui lui a remis les œufs, mie de pain qu’elle émiette au dessus des œufs, dans le panier et les œufs pourront alors traverser l’eau, rivière ou petit ruisseau sans le moindre inconvénient ; ils donneront les petits poulets ou autres volatils attendus. Les précautions ne se bornent pas a cela. Le panier contenant ces œufs qui ont passé l’eau, il ne faut jamais le poser sur une table, sur une chaise ou sur tout autre meuble ; il doit être simplement posé sur le sol de la pièce, quelle qu’en soit la nature. Le pourquoi on n’a jamais pu me le faire connaître ; c’est l’usage voilà tout.

Ma sœur ayant reçu une douzaine d’œufs de pintade au mois de juillet dernier, et n’ayant pas de poule couveuse, de glousse à ce moment, les confia à une jeune ménagère du voisinage pour les faire couver. Au mois d’août dernier, on lui annonça que sauf un tous les œufs n’avaient rien donné, avaient été clairs ou que les poussins étaient morts sur le picqué. Ces œufs avaient passé l’eau (la Marqueissonne alors à sec) sans mie de pain avec eux et on avait laissé une nuit durant le panier qui les contenait sur la table de la salle à manger. Fatalement ils ne pouvaient éclore ! Les bonnes et crédules campagnardes sont absolument convaincues que c’est grâce à ces précautions qu’elles doivent la réussite de leurs couvées.

Lorsque la couvée a réussi, à partir du jour où on lâche dans les champs glousse et petits, il est d’usage tous les soirs de compter les jeunes poulets suivant la glousse quand ils rentrent au poulailler, c’est pour la ménagère le moyen de savoir si le nombre des poussins reste le même, et cela ne leur est en rien nuisible. Mais si d’autres personnes procèdent à la même vérification, c’est fort grave et les jeunes poulets courent danger de mort. Que chat, renard, belette ou fouine aient prélevé une ou plusieurs pièces de la bande, ce n’est pas la vraie cause initiale, un autre que la ménagère a compté les poulets. Aussi la bonne femme ne dit presque jamais le nombre exact de la couvée, et celle de chez moi était fort mécontente de voir ma sœur ou ma femme se livrer à cette vérification.

Très-fréquemment les poussins sont plus ou moins envahis par la vermine au moment ou peu après leur naissance. Cela tient à ce que les poux sont en très grand nombre sur les poules couveuses et les malheureux petits ont souvent l’existence fort compromise de ce fait. Sans doute avec du pétrole on peut facilement les débarrasser, mais cela est considéré comme insuffisant bien que très efficace. Le meilleur procédé pour empêcher le développement des poux, aussi bien sur les poules couveuses que sur les poussins, consiste à avoir dans le local où est le nid de la couveuse, un beau crapaud. Sa seule présence est un sûr moyen pour la destruction de la vermine, et même chose admirable, pour qu’elle ne se produise pas. Il n’est pas en liberté dans ledit local, non, il est placé dans un récipient, un pot où à la longue il finit toujours par crever, mais même desséché certains croient qu’il produit son action salutaire et protectrice, vrai crapaud porte-veine, fétiche précieux contre les poux de poule.

318px-Brahma_kippen%2C_Buffcolumbia_%281%29 dans POULE et COQEnfin j’appellerai votre attention sur le moment le plus favorable pour la « pose des œufs ». Cela a une très grande importance parce que suivant qu’on aura mis à couver des œufs tel ou tel jour de la semaine, le succès sera très variable. Le jour à choisir est très important d’abord au point de vue du succès en lui-même, c’est-à-dire du nombre de poussins qui naîtront, par exemple, pour une couvée de 25 œufs. C’est aussi à bien considérer quand il s’agit d’avoir plutôt des mâles que des femelles. Aussi le jour fatidique pour poser les œufs de façon à avoir particulièrement des poussins mâles serait le vendredi. On est assuré, si les « œufs sont dans les conditions voulues, d’avoir plus de poulets que de poules ! Qui se serait attendu à voir Vénus dans cette affaire ! Il y a des femmes pour lesquelles la tache germinative de l’œuf contient un ver et c’est lui qui fait que les œufs sont clairs dans une couvée. Le ver vit aux dépens de l’œuf dont il commence par manger le jaune.

Telles sont quelques-unes des croyances bizarres encore répandues dans la région toulousaine. Les gens qui me les ont contées disent tous qu’ils n’y croient pas, mais tous sans exception agissent comme y croyant absolument, sans compter que ces pratiques sont, j’en suis convaincu, accompagnées des prières qu’on n’avoue pas.

Un membre de la Société d’anthropologie de Paris explique que si des pratiques, que nous qualifions de superstitions, ont pu avoir leur raison d’être à une certaine époque et dans certains milieux, il est incontestable que le plus grand nombre remonte à une époque où la science n’existant pas encore, aucun motif sérieux ne peut être donné pour leur conservation. Tout ce qui concerne la génération, par exemple, a été l’objet des croyances superstitieuses les plus vivaces, et dans les campagnes de la Brie, du Nivernais, de la Bretagne et d’ailleurs, on reste persuadé que, pour qu’une couvée réussisse, il faut qu’il y ait absolument un nombre d’œufs déterminé. C’est en général un nombre impair, mais c’est quelquefois aussi un nombre pair, et semble-t-il un multiple de trois.

Une pratique également très répandue chez les personnes qui font couver des œufs, est de mettre au fond du panier un morceau de fer, qui est destiné à préserver la couvée des funestes effets de l’orage et de la foudre. C’est souvent un fragment de fer à cheval, qui joue le rôle de porte-bonheur dans les superstitions populaires.

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Rêver de coq

Posté par othoharmonie le 14 août 2012

 

Rêver de coq dans POULE et COQ 220px-BrahmaSymbole gaulois, cet animal règne sur le monde des poules en despote. C’est aussi un symbole solaire, celui des forces naissantes, de la montée de la lumière. C’est un aspect masculin dominant et guerrier. En rêve, son symbolisme est rarement positif. C’est son aspect belliqueux qui prédomine, mais aussi le désir sans discernement et la possessivité.

Mais le coq, par son chant, est le précurseur de la lumière. Son chant, s’il est entendu en rêve, symbolise la venue d’un nouveau jour, le passage à l’état d’homme conscient pour un individu de sexe masculin.

+ lumière et conscience naissante.

-      Comportements masculins archaïques, bêtise, domination

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Rêver de Poule

Posté par othoharmonie le 14 août 2012

Rêver de Poule dans POULE et COQ POULES-150x121Comme dans le langage populaire, ce volatile représente la femme un peu légère ou allumeuse, aux formes plus développées que son intelligence. Dans un rêve d’homme, la poule est le reflet de son regard sur les femmes et de l’usage qu’il voudrait en faire, juste bonne à être consommée.

Dans un rve féminin, c’est le regard que la rêveuse porte sur elle ou sur une de ses congénères qu’elle juge stupide.

Aspect féminin négatif, comportement dénué d’intelligence, regard dévalorisant et superficiel sur la femme.

 

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BIBLIOGRAPHIE Poule et Coq

Posté par othoharmonie le 18 juillet 2012

Notes et références poulesgifs poussins et poules

  1. Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne . Montpellier, France, Cirad.
  2. Nom vernaculaire français d’après Dictionary of Common (Vernacular) Names sur Nomen.at 
  3.  La poule mutée, dans Pour la Science,no 391, mai 2010, p. 7.

Source wikipédia.

  • Barret, Ns (de Lyon). Chant du coq des vieux Gaulois, dédié à Philippe Ier, roi des Français. Lyon : impr. de D.-L. Ayné, 1830, 4 p.
  • Camuset, Roland. Histoire du Coq Sportif, 1989.
  • gifs poussins et poulesCartier, Patrice. D’où vient le coq gaulois ? Qui a inventé la pizza ? : petit guide des symboles qui font l’Europe. Paris : De La Martinière jeunesse, 2008. ISBN 978-2-7324-3825-2
  • Colas, Henri. Les Chants du coq gaulois, avec musique. Paris : Bloud et Gay, 1916, 248 p.
  • Ducrocq, Théophile. Le Coq prétendu gaulois. Paris : A. Fontemoing, 1900, 16 p. Extrait de la ″Revue générale du droit″.
  • Ducrocq, Théophile. Le Coq prétendu gaulois, suivi d’un rapport à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, et complément à la légende du coq dit gaulois, usurpant le revers de nos nouvelles monnaies d’or, 2e éd. Paris : A. Fontemoing, 1908, 38 p.gifs poussins et poules
  • Maury, Arthur. Les Emblèmes et les drapeaux de la France : le coq gaulois. Paris, A. Colin, 1904, 354 p.
  • Méry, Joseph. Le Chant du coq gaulois : au profit des veuves et orphelins des braves morts pour la liberté. Paris : tous les marchands de nouveautés, 1830, 8 p.
  • Papin, Yves D. Le Coq, histoire, symbole, art, littérature. Hervas, 1993.
  • Pastoureau, Michel. Les Emblèmes de la France. Paris : C. Bonneton, 1998, 223 p. ISBN 2-86253-172-3
  • Périquet, Jean-Claude. Des poules : l’histoire, l’anatomie, l’élevage et la diversité / ill. de Yann Le Bris, Isabelle Arslanian et Michel Sinier. Nantes : Éd. du Gulf Stream ; Paris : France UPRA sélection, 2003, 67 p. (Sauvegarde). ISBN 2-909421-24-4. Jean-Claude Périquet est le président de la fédération française des associations d’éleveurs de volailles et de palmipèdes.
  • Poncet, Alice. Poème national de la grande guerre, chanté par le coq gaulois et l’alouette française. Lamalou-les-Bains : éditions de la ″Revue du Languedoc et des jeux floraux″, 1916, 149 p.
  • (Proclamation du gouvernement provisoire, pour le maintien du coq gaulois et des trois couleurs, commençant par ces mots :) République française. Citoyens de Paris, le coq gaulois et les trois couleurs…. Paris, Impr. du gouvernement, février 1848.
  • Couplets, patriotiques pour la remise du drapeau civique donné par le roi à la garde nationale de Condom. (Signé : Par un chasseur de la [...]e compagnie.) Le Coq Gaulois. Paroles de M. Ayma,… musique de Meillan. Condom, 1831.
  • Hommage d’un patriote aux défenseurs de la nation. Le Coq gaulois, chant patriotique. Chaumont : imp. de Cavaniol, 1871.

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Le Loup-Garou !

Posté par othoharmonie le 8 mai 2012

Une Histoire de Loup-garou 

Louvigny de Montigny (1876-1955)

– J’sus pas histoireux, non, vous savez que j’sus pas histoireux, répétait le chasseur Jos. Noël, chaque fois qu’il était sollicité de raconter quelques-unes de ses aventures qu’il rapportait volontiers après s’être fait prier un brin, et qu’il exagérait invariablement à chaque répétition.

De sorte que ses histoires étaient devenues fameuses et que les étrangers se faisaient un régal de les entendre de sa bouche. Et le remarquable, c’est que gascon comme à peu près tous les voyageurs canadiens, il finissait par se convaincre de la vraisemblance de ces souvenirs dont l’évocation lui mettait dans la voix un frisson qui ne manquait pas d’émouvoir aussi ses auditeurs.

Le Loup-Garou ! dans LOUP 220px-Loup-garou-LebrunJos. Noël, c’est le braconnier terrible, chassant également au poil, à la plume, et aussi adroit à dépister le gibier que les garde-chasses. Les paysans, plus attachés à la terre, l’appellent avec mépris et tout bas « un métis, comme qui dirait un commencement de sauvage. » Ce qualificatif l’humilie cependant, car Jos. Noël s’estime « pire qu’un sauvage. »

Aussi est-il ravissant de le voir rentrer d’une expédition où il a pu « faire cheniquer » les Algonquins qui braconnent comme lui dans la région du lac Thérien.

Notre homme vit en effet pauvrement, si l’on veut, mais librement, à la façon des oiseaux. Il a son nid – sa masure – sur le rivage du lac qui étend soyeusement sa nappe sur les cantons de Preston et de Gagnon, cet immense élargissement de la rivière Petite-Nation que les colons continuent de nommer Lac-Long, bien qu’il ait reçu, il y a quelques années, le nom du premier pionnier de ce territoire, le vénérable abbé Amédée Thérien.

Puisque nous y sommes, notons donc en passant l’idée qu’ont eue des gens de raison d’émailler le martyrologue géographique qu’est notre province de Québec, par des dénominations signifiant enfin quelque chose. Et souhaitons voir bientôt les noms de nos législateurs, de nos poètes et de nos philanthropes s’appliquer à ces nappes d’eau majestueuses, à ces caps altiers, à ces monuments impérissables qui s’affichent aujourd’hui lacs Tortu, Rond, Long, Bossu, et montagnes Plate, en Équerre ou Carrée.

Encore que ces appellations baroques n’ont pas toujours la justesse de celles que Jos. Noël donne aux différents points de sa réserve. Quand il appelle une montagne Chevreuil, c’est qui s’y trouve quelques familles ruminant, paisibles, dans la chênaie ou dans l’érablière, mais condamnées par lui à mort, sans espoir de commutation. Quand il nomme un lac Castor, c’est qu’il s’y multiplie quelques castes de ces rongeurs dont la peau est vendue d’avance.

Mais là où Jos. Noël est superbe, c’est à l’arrivée en son domaine de sportsmen qui se confient à lui pour faire un bon coup de feu. Il se plaît alors à dévoiler ses cachettes, à indiquer ses « ravages » de chevreuils, ses « débarcadères » de loutres et ses « battues» de visons, soucieux seulement de faire porter son nom de grand chasseur à Montréal ou à Ottawa qui lui semblent la métropole et la capitale de l’univers. Au demeurant, Jos. Noël est suffisamment assuré qu’avec toutes leurs armes à répétition les citadins ne feront pas beaucoup de mal à ses bêtes.

Chaque été, avec quelques camarades, j’allais rater quelques belles pièces de gibier dans le domaine de Jos. Noël. Nous le louions pour nous guider, pendant les vacances du temps passé et déjà loin : ces années que je regrette assurément pour leurs soixante jours de liberté franche, mais pas du tout à cause de l’internement de dix mois qu’il nous fallait subir sous prétexte de nous instruire et qui nous faisait soupirer comme à l’attente d’un héritage après la sortie du collège.

Fichier:Lycaon-Nathan.jpgPar un de ces divins crépuscules de juillet, nous revenions d’un campement à l’embouchure du lac Poisson-Blanc où nous étions allés forcer une pauvre biche que nous ramenions victorieusement dans le canot, avec certaines autres dépouilles opimes et nos chiens haletants après une journée de course folle.

Fatigués nous aussi de deux heures d’aviron, nous mîmes une sourdine à notre gaieté lorsqu’il s’agit de faire le portage de cinq milles qui nous séparait du lac Thérien, et que nous devions cependant accomplir pour atteindre nos quartiers, à la station Duhamel.

Aussi, proposa-t-on, ayant enfin pris terre, de dresser la tente sur la berge et d’attendre le lendemain pour faire le portage. Au reste, la marche devait être délicieuse à entreprendre par une belle aurore d’été.

– I’mouillerait à boire deboute, prononça vivement Jos. Noël, i’ ventrait à m’dévisser la tête de d’sus les épaules, i’ ferait un temps à m’vendre au iable que jamais j’passerai la nuit su’ c’chemin-cite.

– Et pourquoi ça ?

– Pourquoi ?… Pourquoi ?… Tenez, j’sus pas histoireux, j’pas d’affaire à vous dire pourquoi ; mais croyez-moué qu’on a autant d’acquêt à continuer not’ bauche jusqu’au boute.

Et ayant en un clin d’oeil fait tourner le canot sur ses épaules, le guide cria : Ever up ! – celui, dans sa langue hétéroclite, invitait à se mettre en route. Il allait même partir lorsque nous lui demandâmes de donner au moins des explications ayant la vertu de nous faire oublier la fatigue de nos jambes et de nos bras.

– Eh ben, v’là ! L’loup-garou ravaude toutes les nuits par icite et j’ai pas envie de l’rencontrer encore une fois.

– Tiens, tiens, l’ami Jos. Noël qui a vu le loupgarou. Elle est inattendue, celle-là, et faut nous dire comment cela s’est fait.

– J’sus pas histoireux, mais puisque vous voulez pas vous décider à partir, écoutez ben et escusez-là.

Remettant alors son canot sur la touffe d’aulnettes verdissant le rivage, Jos. Noël alluma sa pipe et commença d’une voix tremblotante qui enleva tout doute sur sa sincérité :

– Vous allez voir, à un mille et quèques parches d’icite, le creek Doré qui servait à la drave des Edwards, y’ a sept ou huit ans. C’est su’ c’creek que j’ai blanchi plus que j’blanchirai pas dans toute ma vie.

C’était su’ la fin d’février. J’venais d’déouacher un ours tout justement au lac Vaseux, à la décharge du Poisson-Blanc, d’ous qu’on d’sort. C’était une fantaisie qui avait pris à un big bug d’Bytown d’avoir une peau d’ours, et j’étais allé li qu’ri, à la raquette, pendant qui s’soûlait au village.

J’trouve mon dormeux dans sa ouache, j’l’assomme et l’emmêne dans ma traîne. Le long du ch’min, mon chien Boulé fait lever un buck qui passe dret devant mon fusil. J’le caboche, au vol, et pis l’entraîne avec l’autre.

Mais on a beau avoir la patte alarte, on traverse point l’Poisson-Blanc et pis on le n’traverse pas en criant ciseau. C’qui fait qu’on arrivait su la breunante quand j’lâchai l’lac pour prendre le portage, en plein ous qu’on est dans l’moment d’à c’te heure.

La noirceur timbe tout d’un coup ; l’temps s’brumasse, s’pesantise et i’ commence à neiger, à mouiller, pis au bout d’une minute i’ timbait pus inque d’la pluie, à siaux.

Comme j’voulais pas rester su’ la route, à pas plus d’huit milles de chez nous, j’poigne mes jambes et j’me mets à marcher, mais au bout d’un mille, ça marchait pus, pantoute.

Ça calait comme une swamp, la traîne collait à terre, j’étais trempe comme an’ lavette et au bout d’mon respire.

Allons, Seigneur ! quoi faire ! Ça a l’air pas mal ch’nu d’rester en chemin… D’un autre côté, j’voulais pas m’en aller allège à la maison et laisser mes deux animaux dans l’bois ousque les loups ou les renards les auraient étripés. J’avais peur itou de c’sauvage de Tanascon, de c’trigaudeux qui passe son temps à ravauder pour faire des canailleries.

Pis j’pense aussi tout d’un coup qu’on s’trouvait faire su’ l’Mardi Gras et qu’il allait y avoir du fun avec queque chose à boire au village… J’me rattelle, mais ça pouvait plus avancer.

Toujours qu’pour lorse j’gagne l’vieux chanquier, qui avait été abandonné l’printemps d’avant, pour passer la nuit à l’abri, ou tant seulement me r’niper un p’tit brin et attendre qu’la pluie soit passée. Mais vous savez si c’est d’meure, ces pluies d’hiver : quand ça commence, ça finit pus.

J’fume trois, quatre pipes en faisant sécher mes hardes contre la cambuse ousque j’avais allumé une bonne attisée après avoir eu une misère de cheval maigre pour trouver des écopeaux sèches. Et comme j’étais à moquié mort d’éreintement et que j’cognais des clous d’six pouces et demi, j’me résine donc, en sacraillant ben un peu, à passer la nuit dans un chanquier.

J’accote la porte avec une bonne bûche, j’étends quéques branches de cèdre su l’bed qu’les hommes du chanquier avaient laissé correct, j’plie mon capot d’sus, j’snob mon fusil à la tête, et dors garçon !…

Ben sûr plusieurs heures plus tard, – parce que l’feu était éteindu, – mon chien Boulé, qui s’était couché avec moué, m’réveille en grognant… J’écoute et ça rôdait autour du chanquier. J’entendais rouler les quarts vides qui avaient été laissés là par les raftmen, comme si quéque finfin avait essayé d’faire des belles gestes avec… Et pis les archements s’approchent, et tout au ras d’la porte, j’entends un tas de r’niflages avec des grognements d’ours.

J’compte ben qu’c’est pas la peine d’vous dire si i’ faisait noir, en grand, dans not’ sacrée cabane pas d’feu, par c’te nuit mouillée.

J’me dis : C’est drôle qu’un ours ait sorti de sa ouache de c’temps-cite ; mais l’crapet a p’t’être ben cru que c’était l’printemps, rapport à la pluie, et fatigué de se licher la patte, i’aurait aussi ben voulu recommencer à manger pour tout de bon. Toujours que j’m’assis su l’bed, j’décroche mon tisonnier, j’y rentre deux balles par-dessus la charge de posses qu’i avait déjà et j’me dis qu’si l’vingueux venait roffer trop proche, j’y vrillerais un pruneau qui y ferait changer les idées.

J’me disais : J’voué rien, c’est ben clair, mais si l’ours rentre dans l’chanquier ousqu’i’ sent son pareil et pis l’chevreux mort, i’ pourra pas faire autrement que d’faire canter la porte et j’watcherai l’moment d’le garrocher.

Ben, j’avais pas aussitôt dit ça qu’l’animal était entré dans la cabane sans qu’la porte eusse canté d’une ligne.

Ça bite le iable ! que j’dis. Et j’étais ben sûr qu’i’étais rentré, par c’qu’i marchait en faisant craquer l’plancher comme si un animal de deux cents se s’rait promené su’ l’side walk…

La peur, ça m’connaît pas, mais j’vous persuade qu’j’aurais une tapée mieux aimé m’voir à danser quelque rigodon d’Mardi Gras et à passer la diche avec mes voisins du lac Long.

Pis, c’était d’voir mon Boulé ; lui qu’i’ aurait pas kické d’s’engueuler avec un cocodrile enragé, le v’là qui s’racotille, qui s’colle su moué, la queue entour les jambes, et si ébiscaillé qu’i’ devait pus avoir formance de chien en toute.

J’le poigne pour tâcher d’le sacrer en bas, d’le soukser, pas d’affaire. I’s’grippe après moué, et s’met à siller comme un chien qu’i’ aurait attrapé l’aspe et qu’il aurait senti sa mort.

Tandis c’temps-là, l’animal qui tournaillait dans la place, nous avait aperçus, et j’me trouve tout d’un coup face à face avec une paire de z’yeux d’flammes, qui remuaient, tenez, pareils à des trous d’feu dans une couverte de laine ; c’était pas des yeux d’ours, c’est moué qui vous l’dis. Le v’là qui s’met à grogner, pis à rire, pis à brailler, pis à s’rouler su’l’dos, à planter l’chêne, à swingner qui timbe dans son jack. I’ achevait pus d’culbuter, l’maudit.

Débarque donc, véreux d’chien, que j’dis à Boulé.

Mais i’était collé au bed, i’ tremblait comme une feuille avec pus une coppe de coeur…

Vous pensez qu’j’étais pas gros, moué non plus, avec c’te gibier dans c’te noirceur d’enfer… J’avais les cheveux dret su’ la tête ; l’eau m’coulait dans l’dos et même que j’me tenais la gueule pour empêcher mes dents d’faire du train…

À la fin, y’a un sacré boute, que j’dis. J’griffe mon fusil et j’vise l’animal dans ses yeux de feu : V’lan ! L’coup part pas… Ah ben, ça y est, c’est l’iable qui nous a ensorcelés. Mais avant d’me laisser emporter tout rond par le gripet, j’voulais au moins essayer l’aut’coup, et pour pas l’manquer, j’attends que l’animal arrive au ras moué.

Comme si i’avait diviné mon idée, le v’là qui arrive aussitôt… Ah ! mon blasphème ! que j’dis, puisque t’en veux, poigne-le. Et, mes vieux, c’coup-là partit en faisant un éclair qui m’fit voir une bête effrayante avec un corps d’ours, une grande queue et haut su pattes comme un veau.

Mais aussitôt l’éclair passé, v’la-t-i pas que j’entends appeler mon nom, oui :

Jos. Noël ! Jos. Noël !

et par une voix que j’connaissais d’puis des années, par Ti-Toine Tourteau.

Là, j’vous l’dis, j’ai eu peur, un peu croche. Et, ma foi d’gueux ! j’aurais aimé mieux m’voir entouré d’une gang de chats tigrés en furie que d’me savoir face à face avec c’pendard, c’vendu au mistigris, c’t’étripeur d’poules noires, c’te chasseur de galeries… c’te tout c’que vous voudrez d’maudit. On rencontre pas des églises à tous les pas dans l’bois et pis on n’a pas toujours le temps d’faire ses dévotions all right ; mais j’vous dis que c’pendard-là nous escandalisait tous et qu’pas un chrétien voulait y parler sans avoir quéque médaille bénite dans l’gousset : un sacreur qui faisait lever les poêles… c’est bien simple, un sorcier qui méritait d’être cruxifié su’ un poteau de télégraphe.

C’était lui, l’possédé, qui m’parlait, sûr comme vous êtes là, avec un’ voix d’mourant :

– Tu m’as tué, Jos. Noël, tu m’as tué, mon Dieu, mon Dieu.

- Pardon…

– Hein, c’t’y toué, Ti-Toine, c’t’y toué ? qu’ j’y criais quasiment plus mort que lui. Mais lève-toi donc, animal, es-tu mort ?…

Batème ! répond donc ; as-tu envie que l’iable m’emporte avec toué ? I’ continuait à s’lamenter :

– J’vas mourir, j’vas mourir.

– Torrieux d’sarpent, veux-tu m’faire mourir de peur ? Réponds donc une bonne fois. C’t’y toué, Ti- Toine Tourteau ?

– Oui,… oui,… tu m’as tué,… j’vas mourir.

– Ous tu d’viens ?…

I’ répondait pus, mais j’l’entendais qui gigotait comme un croxignole dans la graisse bouillante.

J’ai p’t’-être ben rêvé, que j’me dis, en fin d’compte ; l’gars est p’t’être ben malade ; ça s’peut ben que j’me trouve chez lui… Quoi penser dans un ravau pareil ? J’essaye d’allumer une allumette, mais i’s’cassaient à mesure que j’les frottais su’ l’mur.

Ah ben, y’a des sacrées imites, que j’dis. J’saute en vas du lite pour voir si c’était du lard ou du cochon, mais v’là que j’timbe su’ un corps étendu cont’ la cambuse. Des grands doigts fretes comme d’la glace m’attrapent le poignet et me mettent la main dans une mare chaude et collante comme du sang.

– Tu m’as tué, soupirait-il encore, tu m’as tué…

Fallait inque m’égratigner… une goutte de sang.

Ah ! sainte bénite ! j’me rappelle tout d’un coup qu’on délivre les loups-garous en les grafignant, en leur faisant sortir une goutte de sang, et j’y d’mande ben vite :

– T’es-tu loup-garou ?

I’répétait :

– Tu m’as trop fait mal, tu m’as tué… oui, j’sus loup-garou…

C’est tout c’que j’ai entendu parce que je revins à moué inque le sourlendemain, ou plutôt le lendemain, puisque c’ravau-là s’était passé l’mercredi des Cendres.

220px-Loup_garou_02 dans LOUPDepuis sept ans que c’pendard de Tourteau faisait pas ses pâques, i’avait viré en loup-garou à la première heure du huitième carême qui i’allait encore commencer comme un chien. C’est l’matin du jeudi qu’j’ai été trouvé à la porte du chanquier par Tanascon qui s’vante encore d’m’avoir sauvé la vie, parce que c’jour-là i’ m’a volé mon chevreux pis mon ours…

– Et Ti-Toine Tourteau ? demandâmes-nous sans rire à Jos. Noël qui ne parlait plus.

– On l’a jamais r’vu.

– Et le chantier en question, il doit être fort intéressant à visiter…

– Pour ça, y’a pas d’trouble, vous l’voirez point. La première chose que j’ai faite a été d’y mettre une allumette qui a pris celle-là, j’en réponds…

Voyant que nous n’allions pas réussir à décider notre guide, nous fîmes le sacrifice de notre nuit en forêt, dédommagés d’ailleurs par la narration qui avait dissipé notre lassitude.

Et Jos. Noël, morne encore du souvenir évoqué, recoiffa son canot et reprit le portage qui fut franchi d’une haleine, dans le silence de la veillée fraîchissante que nous nous gardions aussi de troubler, les oreilles à la confidence des oiseaux commençant à rêver, les yeux au ciel où fuyaient des petits nuages, comme un troupeau de grands cerfs blancs, poursuivis par les archanges qui leur lançaient des étoiles. 

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Esope analyse le chien

Posté par othoharmonie le 1 mai 2012

D’un Bouvier.
Un Bouvier, paissant un troupeau de Boeufs, perdit un Veau. Il passa son temps à parcourir tous les endroits déserts et à faire des recherches, mais il ne découvrit rien. Alors il promit à Jupiter, au cas où il trouverait le Voleur qui avait pris son Veau, de Elio v Schaerlig im Juni 2007 klein.jpglui offrir un Chevreau en sacrifice. Il arriva dans un bois de chênes et là il découvrit que le Veau avait été dévoré par un Lion. Éperdu et terrifié, levant les mains au ciel, il s’écria :  » Seigneur Jupiter, je t’avais promis de te donner un Chevreau si je découvrais mon Voleur. Maintenant je te promets un taureau si j’échappe à ses coup.  » Cette fable convient aux malheureux qui, en cas de perte demandent aux dieux de trouver la chose perdue et qui, l’ayant trouvée, cherchent à ne pas tenir leur promesse.

 

Analyse des Fables d’Esope

 

Du Bouvier et de Hercule.
Un Charretier emmenait d’un village un chariot qui glissa dans une fondrière. Il lui fallait du secours et il se tenait là sans rien faire, implorant Hercule. Car c’était ce dieu qu’il aimait et honorait entre tous. Alors le dieu lui apparut et lui dit :  » Mets la main aux roues, pique tes Boeufs et ensuite implore le dieu quand à ton tour tu agiras. En attendant, ne fais pas de prières en vain. « 

Analyse des Fables d’Esope

 

De deux Chiens qui crèvent à force de boire.
Deux Chiens passaient le long d’un fleuve ; comme ils le regardaient, ils y aperçurent une pièce de chair qui flottait assez loin d’eux. Alors l’un dit à l’autre :  » Camarade, il nous faut bien garder de manquer cette proie, et pour l’atteindre, j’imagine un expédient qui me semble sûr. Toute cette eau qui coule entre ce que tu vois et la rive où nous sommes, nous pouvons la boire. Or, sitôt que nous l’aurons bue, tu conçois bien qu’il faut que l’endroit où ce friand morceau flotte, reste à sec, et ainsi il nous sera fort aisé d’arriver jusqu’à lui. Compte, mon cher, qu’il ne peut nous échapper « . Et cela dit, ils en burent tous deux de telle sorte, qu’à force de se gonfler d’eau, ils perdirent bientôt haleine, et crevèrent sur la place.

Analyse des Fables d’Esope

Bouvier des Flandres.jpgDu Père de famille reprochant à son Chien d’avoir laissé prendre ses Poules.
Un Père de famille ayant oublié de fermer l’abri dans lequel ses Poules passaient la nuit, au lever du jour trouva que le Renard les avait toutes tuées et emportées. Indigné contre son Chien comme s’il avait mal gardé son bien, il l’accablait de coups. Le Chien lui dit :  » Si toi, à qui tes Poules donnaient des oeufs et des poussins, tu as été négligent à fermer ta porte, quoi d’étonnant à ce que moi, qui n’en tire aucun profit, enseveli dans un profond sommeil, je n’aie pas entendu venir le Renard « . Cette fable veut dire qu’il ne faut attendre des Serviteurs de la maison aucune diligence, si le Maître lui même est négligent.

Analyse des Fables d’Esope

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Rêver de renard

Posté par othoharmonie le 22 janvier 2012

Rêver de renard dans RENARD renard_015Le renard est avant tout un symbole de ruse ou d’intelligence, selon le contexte du rêve. Dans une première approche, il peut représenter l’intelligence du rêveur, mais aussi son isolement, sa marginalité. Il vit loin de la société des hommes et n’est pas un animal grégaire. Il ne vit pas en meute.

 Dans une deuxième approche, il peut symboliser un homme rusé, séducteur et prédateur. C’est le renard qui pénètre dans le poulailler pour voler des poules qu’il va dévorer. Il agit de façon insidieuse, par la ruse, comme un hors-la-loi. A ce titre, il représente le séducteur qui pénètre dans le domaine des autres pour voler leur femme, c’st à dire les séduire. Sa ruse, son pelage flamboyant et sa queue touffue illustrent bien cette apparence séduisante.

 Traditionnellement, c’est ce sens de malin, rusé ou fourbe – c’est-à-dire avec une notion de nuisible pour l’homme – qui se retrouve dans l’ensemble des traditions populaires du globe.

renard 18Une seconde lecture – plus initiatique – nous amène au renard du Petit Prince, livre essentiel à la symbolique dense. Ici, le renard symbolise l’homme intelligent, en marge de la société, l’homme à la recherche de lui-même, de l’amour et de la fraternité véritable. Le renard tisse des liens avec des êtres authentiques face à une société figée qui le rejette, celle qui a perdu le sens de ses valeurs.

 Positif : Intelligence, recherche de soi et de l’amour authentique, énergie (sexuelle).

Négatif : séduction, ruse solitude, marginalité, énergie sexuelle basse.

                                                  barre20separation dans RENARD

Le site de Tristan-Frédéric Moir : http://tristan.moir.free.fr/Nouveausite/index.html

Psychanalyste – Psychothérapeute – Onirologue
Analyse et interprétation de rêves

En direct chaque mercredi de 23h à 1h30 sur
« Radio Ici & Maintenant ! » 95.2 FM

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