Message de la Pieuvre

Posté par othoharmonie le 22 mars 2012

 

Message de la Pieuvre dans PIEUVRE 220px-Haliphron_atlanticusJe visitais un petit aquarium avec ma famille, les poissons y semblaient à l’aise dans des espaces assez importants. Chemin faisant, nous nous sommes retrouvés face à un aquarium plutôt petit où logeait une pieuvre…

Je n’avais pas d’intention véritable, sachant par avance que les pieuvres sont des animaux bien plus intelligents que ne le pensent la plupart des gens, et qu’ainsi, elle ne serait pas tout à fait ravie de se retrouver dans un endroit aussi exigu. Ce fut une question de ma fille qui me fit changer d’avis :

« Maman, pourquoi elle pleure, la pieuvre ? »

Du haut de ses 4 ans, elle avait capté l’état émotionnel de l’animal marin, on pouvait nettement sentir la connexion qui s’était établie entre les deux… Encouragée, je décidais donc d’essayer d’établir un contact avec cette pieuvre et posais, pour m’y aider, une main sur la paroi en verre.

Très rapidement, je vis un fond marin et un trou dans un rocher… J’envoyais un : « Bonjour »

« Pourquoi ne suis-je plus là-bas ? Pourquoi m’a-t-on amené ici où je n’ai pas beaucoup d’espace ? »

Avec douceur, j’ai expliqué qu’ainsi, elle ne serait jamais pêchée et qu’elle vivrait une vie tranquille.

« A quoi bon une vie morte ? Je préfère une vie avec des risques, même mortels, mais vivre véritablement au lieu d’être ainsi dans une semi-vie ! »

 Octopus macropusUn petit temps, puis elle reprit : « Peux-tu me ramener là –bas ? Là où est ma maison ? »

  »Non, je ne peux pas… Tu es là pour que l’on puisse te regarder, savoir à quoi tu ressembles »

« Vous pourriez venir me voir là où est ma véritable place ! » Une fois encore, j’ai eu la vision du fond marin et du trou de rocher.
Elle continua : « Vous, les humains, ne savez pas regarder comme il se doit la Nature, vous ne faites que détruire ce que vous ne comprenez pas ! »

Plusieurs fois, la pieuvre avait changé de couleur suivant les émotions qui la traversaient. Et maintenant c’était le cas, doublé d’un coup de ses tentacules qui la propulsèrent au fond de l’aquarium.

Redevenant « normale », elle se rapprocha de la vitre. Confuse, j’essayais de justifier : « La plupart ne savent pas vraiment ce qu’ils font, ils ne se rendent pas compte… »

« Certains oui, mais pas tous ! Il y en a qui savent, et cela ne change rien ! Toi, tu sais ! »

« Effectivement, mais je ne … »

« C’est pour cette raison que je te parle, pour que tu dises aux autres, ceux qui ne savent pas, qu’il faut cesser les destructions, même si pour moi, il est trop tard…
Ce que vous faites aux autres, vous le faites aussi à vous-même ! »

La pieuvre partit à donner des coups de sa tête contre la paroi en verre comme pour bien signifier qu’elle n’était pas heureuse. Le contact était terminé, je ne pouvais plus que m’éloigner à regret.

Je savais que cette transmission allait être difficile ; maintenant pendant que je retranscris cette « conversation », je me suis de nouveau connectée avec cette pieuvre (la distance ne comptant pas) et ai une nouvelle fois ressenti ses émotions…

Je crois qu’en cet instant là, ma compassion a été déployée plus que jamais auparavant.

Par Héléna R&F – http://www.lesailesdelumiere.com/article-l-appel-de-la-pieuvre-74578803.html

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La Pieuvre, le poulpe

Posté par othoharmonie le 22 mars 2012


Le poulpe ou octopus est un vieux compagnon des “Peuples de la Mer et du Nord” qui l’héritèrent de leurs ancêtres constructeurs des Mégalithes et des Crétois récemment submergés. La pieuvre est en effet gravée sur les parois des dolmens bretons (Gavr’Inis) et omniprésente dans la décoration plus tardive du palais de Minos en Crête et dans les ruines de Santorin détruite, d’abord par l’explosion de la caldéra de Théra, puis par les reflux du raz de marée…

La Pieuvre, le poulpe dans PIEUVRE On la trouve aussi dans la figuration grecque classique (tardive) de la Gorgone

Méduse qui, nous pensons, représente une survivante du raz de marée – une soleil immergée, puis renaissante et moqueuse, avec des civelles dans ses cheveux – figure/ eidolon dont on ne parle pas sauf par périphrase, qui est donc un “tabou” qu’on ne saurait regarder en face sans périr : elle vous paralyse, vous pétrifie, vous donne des affres, elle est “affreuse” en un mot… c’est une incube !

 Au Moyen Âge, la pieuvre mégalithique fut appelée “porte des enfers”.

 En Basse Bretagne chrétienne, on l’appelle Minard, création du Diable (§ in art.

Église) ou bien “enfant du diable”. En Allemagne elle a donné naissance aux légendes (forcément exagérées) du Kraken, d’où l’expression “dire des Krakes” tel le fameux Baron de Mûnchausen – premier film UFA en couleurs “véritables” (Agfa) qui réapparut le 1er Janvier 07 après avoir été taboué depuis… 1943 !

 

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Et la Pieuvre !

Posté par othoharmonie le 22 mars 2012

 

Et la Pieuvre ! dans PIEUVREContrairement aux idées reçues, la pieuvre est presque inoffensive. Symbole de fécondité en Extrême Orient ou de sagesse chez les grecs de l’Antiquité, le poulpe devient dans la civilisation occidentale, l’objet de nombreux récits effrayants.

Dans « les travailleurs de la mer », Victor-Ugo écrit : « La pieuvre est de toutes les bêtes la plus formidablement armée. Qu’est-ce donc que la pieuvre ? C’est la ventouse… cela se jette sur vous. L’hydre harponne l’homme. Cette bête s’applique sur sa proie, la recouvre, et la noue de ses longues bandes. En-dessous elle est jaunâtre, en dessus elle est terreuse ; rien ne saurait rendre cette inexplicable nuance poussière ; on dirait une bête faite de cendre qui habite l’eau. Elle est arachnide par la forme et caméléon par la coloration. Irritée, elle devient violette. Chose épouvantable, c’est mou. Ses nœuds garottent ; son contact paralyse. Elle a un aspect de scorbut et de gangrène ; c’est de la maladie arrangée en monstruosité ».

Suite à cette description terriblement efficace, la pieuvre aura du mal à se remettre de son image de tueuse auprès du grand public.

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Le Kraken, la pieuvre

Posté par othoharmonie le 22 mars 2012

 

Le Kraken, la pieuvre dans PIEUVRE 175px-Colossal_octopus_by_Pierre_Denys_de_MontfortLa légende du Kraken est d’origine ancienne, des témoignages ont été recueillis bien avant le 18ème siècle. Mais c’est dans l’ouvrage d’un évêque danois, Erik Pontoppidan, datant de cette période, qu’on en trouve pour la première fois une description et une tentative d’explication. Personne n’avait la moindre idée de l’identité de ce monstre. Ce qu’on savait de lui reposait sur les récits des pêcheurs du Nord qui l’avaient rencontré. Ils rapportaient que son dos semblait faire deux kilomètres de circonférence au minimum. Des cornes luisantes sortaient de l’eau et augmentaient d’épaisseur au fur et à mesure qu’elles s’élevaient vers le ciel jusqu’à la hauteur d’un mât de bateau. Après être resté à la surface de l’eau, un court instant, il redescendait avec lenteur. Réputé peu dangereux pour les marins, il créait cependant, lors de ses plongées, des tourbillons qui entraînaient les navires dans les profondeurs. Les pêcheurs avaient, par ailleurs, remarqué qu’il dégageait un parfum puissant et particulier capable d’attirer les autres poissons.

Malgré les pertes humaines recensées, le Kraken n’avait pas une réputation d’agresseur, dans les récits il n’est jamais question d’attaque directe envers l’homme.

Les crabes et les poulpes ont souvent été confondus. Le Kraken, mot issu de la langue norvégienne, était appelé Krake, Kraxe ou Krabbe de par sa ressemblance avec le crabe (une créature ronde, aplatie et pleine de bras) mais c’est bien d’un céphalopode qu’il s’agissait. Erik Pontoppidan le classait parmi le genre polype (poulpe) ou étoile de mer, la classification zoologique n’étant pas encore très développée à cette époque.

 dans PIEUVRE…Le kraken est aussi appelé « crabe-poisson » et n’est pas, d’après des pilotes norvégiens, tellement énorme, tête et tentacules comprises. Il n’est pas plus grand que notre « Öland » (c’est-à-dire moins de 16 km)… Il reste à la mer, constamment entouré par d’innombrables petits poissons qui lui servent de nourriture et qui sont alimentés par celui-ci en retour : pour son repas, si je me souviens bien, écrit E. Pontoppidan, ne dure pas plus de trois mois, et trois autres sont ensuite nécessaires pour le digérer. Ses excréments nourrissent par la suite une armée de poissons, et pour cette raison, les pêcheurs sondent les fonds après son passage… Peu à peu, le kraken monte à la surface, et, quand il est à dix ou douze brasses de celle-ci, les bateaux ont mieux à sortir de son voisinage ou ils devront craindre leur destruction. Tel une île flottante, l’eau jaillissante de ses terribles narines forme des vagues spiralées autour de lui pouvant atteindre un grand nombre de miles. Peut-on douter qu’il s’agisse du Leviathan de Job ?

« vingt mille lieues sous les mers », le roman de Jules verne, contribuera également pendant des décennies à entretenir l’aspect effrayant de la pieuvre (il faut noter que dans ce texte, Jules Verne parle indistinctement de poulpe et de calmar).


220px-USS_Alligator_0844401« Le Nautilus était alors revenu à la surface des flots. Un des marins, placé sur les derniers échelons, dévissait les boulons du panneau. Mais les écrous étaient à peine dégagés que le panneau se releva avec une violence extrême, évidemment  tiré par la ventouse d’un bras de poulpe. Au moment où nous nous pressions les uns sur les autres pour atteindre la plate-forme, deux autres bras, cinglant l’air, s’abattirent sur le marin placé devant le capitaine Nemo et l’enlevèrent avec une violence irrésistible. L’infortuné était perdu. Qui pouvait l’arracher à cette puissante étreinte ? Cependant, le capitaine Nemo s’était précipité sur le poulpe, et d’un coup de hache, il lui avait encore abattu un bras. Son second luttait avec rage contre d’autres monstres qui rampaient sur les flancs du Nautilus. L’équipage se battait à coups de hache. Le Canadien, Conseil et moi, nous enfoncions nos armes dans ces masses charnues. Une violente odeur de musc pénétrait l’atmosphère. C’était horrible. Un instant, je crus que le malheureux, enlacé par le poulpe, serait arraché à sa puissante succion. Sept bras sur hui avaient été coupés. Un seul brandissait la victime comme une plume, se tordait dans l’air. Mais au moment où le capitaine Nemo et son second se précipitaient sur lui, l’animal lança une colonne d’un liquide noirâtre, secrété par une bourse située dans son abdomen. Nous en fûmes aveuglés. Quand ce nuage se fut dissipé, le calmar avait disparu et avec lui mon infortuné compatriote ! »

L’auteur associe l’imaginaire et les connaissances scientifiques de l’époque. D’immenses zones inexplorées au fond des océans permettent d’envisager des aventures extraordinaires et terrifiantes.


issu de dossier thématique – La Cité de la Mer / mars 2006

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Nautilus mollusque

Posté par othoharmonie le 22 mars 2012

Les nautiles sont des céphalopodes tétrabranchiaux marins.

 Nautilus pompiliusLeurs nombreux tentacules (environ 90) ne comportent pas de ventouses. Leur coquille est développée et enroulée vers l’avant, en forme de spirale. L’intérieur est cloisonné en différentes loges. Le corps du nautile occupe la dernière loge, qui est la plus grande. Un siphon traverse les cloisons. Les loges que n’occupe pas l’animal contiennent un mélange de gaz et de liquide. Ces animaux possèdent 4 branchies (2 à droite et 2 à gauche). Ils se déplacent par réaction en projetant de l’eau via un entonnoir. Ils peuvent également ramper lorsqu’ils se trouvent sur un sol solide.

Leurs yeux sont constitués de simples chambres noires ouvertes par une pupille étroite. Chaque œil est équipé de deux tentacules ophtalmiques.

Les lieux où l’on trouve les nautiles sont : certaines îles du Pacifique, et au large des côtes australiennes. Ils abondent à environ 400 mètres de profondeur. Ils se nourrissent de déchets organiques.

Ces animaux ont peu changé morphologiquement depuis 400 millions d’années

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Rêver de pieuvre

Posté par othoharmonie le 20 mars 2012

 

Rêver de pieuvre dans PIEUVRELa pieuvre est proche du symbolisme de l’araignée.

 Elle représente la mère tentaculaire qui garde ses enfants prisonniers dans un amour possessif et exclusif. Ici, cette possessivité est inconsciente. La personne représentée manque de discernement. Elle est régie par des pulsions primitives qui deviennent négatives et étouffantes pour ses enfants. Le silence de la mer montre que cet amour n’est pas exprimé de façon perceptible. Il manque ici la parole nécessaire à une véritable communication, un échange libérateur qui permette une compréhension et l’émancipation des enfants.

 La pieuvre symbolise dans le rêve, la mère archaïque, tentaculaire, qui veut garder sa progéniture et la contrôler.

 Amour possessif, comportements primitifs et inconscients.

 Selon le dictionnaire des rêves de Tristan Moir, http://tristan.moir.free.fr/dicoreve/index.html : Psychanalyste – Psychothérapeute – Onirologue – Analyse et interprétation de rêves

En direct chaque mercredi de 23h à 1h30 sur « Radio Ici & Maintenant ! » 95.2 FM

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Tentacule, un ou une

Posté par othoharmonie le 20 mars 2012

 

Tentacule, un ou une dans PIEUVRE 220px-An%C3%A9mone_de_mer-BretagneUn tentacule (nom masculin, souvent utilisé à tort au féminin) est un appendice que possèdent certains invertébrés.

Chez les méduses

Les tentacules des méduses sont utilisés pour piéger des proies et sont urticants. Cependant, elles ne peuvent pas les utiliser de façon indépendante. Mais la scyphoméduse est une exception : elle peut les utiliser comme une pieuvre.

Chez les céphalopodes

Les céphalopodes ont huit bras munis de ventouses (exception : le nautile, qui en a plus, sans ventouses). Les calmars, les seiches, et les pieuvres, selon la définitions de ce terme, possèdent aussi deux tentacules.

Chez les anémones de mer

Les anémones de mer ont des tentacules rétractables. Elles les utilisent quand une proie passe au-dessus d’elles.

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Légende de la pieuvre 1

Posté par othoharmonie le 20 mars 2012

 

Cthulhu and R'lyeh.jpgA Papetoai, l’emplacement autour du temple a toujours été un lieu sacré. A Fa’ato’ai, comme on l’appelait autrefois, il y avait un marae et une source d’eau fraîche et une une grande pieuvre envoyée par les dieux de l’ancien temps pour apporter à la population l’amour et l’harmonie. Tous les habitants venaient écouter la pieuvre parler de la nature, des étoiles et compléter leur connaissance du monde. Pendant longtemps, la pieuvre remplit sa mission et les habitants vivaient ensemble très paisiblement.

 Mais un jour, des étrangers débarquèrent sur la plage de Vaihere. Ces Hommes Tortues étaient venus à la nage très loin. « De l’autre côté de la mer, il y a d’autres terres, d’autres pays, d’autres gens » dirent-ils à la population étonnée.

 Les Hommes Tortues allèrent alors voir la pieuvre au marae Tapuatea, et lui racontèrent leur histoire. Curieux, les gens de Fa’ato’ai demandèrent aux Hommes Tortues de les emmener voir où ils habitaient. La pieuvre, refusa d’abord de les laisser partir, mais pour éviter des conflits, elle accepta à contre-cœur que quelques habitants partent.

 Quand ils revinrent de leur séjour au pays des Hommes Tortues, ils se mirent à raconter tout ce qu’ils avaient vu et tout ce qu’ils avaient appris dans ce nouveau pays. Ils racontèrent comment les gens là-bas vivaient et ce qu’ils faisaient. Et bientôt apparurent la discorde parmi eux; car ils changèrent leurs façons de vivre. Souvent on les entendait dire « Non, ce n’est pas comme ça. Là-bas, au pays des Hommes Tortues, voilà comment sont les choses, voilà comment ils pensent, voilà comment ils font  » alors les gens se mettaient à discuter et à se quereller.

 Les dieux entendant ces disputes parmi les habitants dirent à la pieuvre  » Nous te donnons une terre pour que tu puisses montrer aux gens comment s’aimer et vivre en harmonie, et maintenant ils se querellent. Si tu es incapable de guider les gens de l’île, nous allons te punir ».

Fichier:20000 Nemo sextan (cvet).jpg Quand la pieuvre entendit cette remarque des dieux, elle quitta Fa’ato’ai et alla se cacher dans la montagne Rotui et tellement contrariée de plus pouvoir remplir sa mission, elle déversa son encre sur le versant de la montagne jusqu’à la plage de Vaihere où les Hommes Tortues avaient débarqué. On dit aujourd’hui qu’il ne faut pas pêcher à cet endroit parce que tous les poissons sont empoisonnés par l’encre de la pieuvre.

 L’ancien nom de Mo’orea était Aimeho, ce qui veut dire manger en cachette ; vient de cette légende parce qu’on ne voit jamais une pieuvre manger car sa bouche est en dessous de son corps et donc qu’elle mange en se cachant.

 Le nom en entier est « Aimeho i te rärä varu » ou Aimeho aux huit radiations, représentant les huit tentacules de la pieuvre. La tête de la pieuvre se trouve sur le Mont Rotai et ses tentacules rayonnent pour former les huit chaînes de montagne de l’île. Depuis l’église du village de Papetoai, l’on peut voir la tête et les deux yeux de la pieuvre couchée sur le Mont Rotai.

 

D’après Hinano Garnier Murphy

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Légende de la pieuvre 2

Posté par othoharmonie le 20 mars 2012

 

Légende de la pieuvre 2 dans PIEUVRE 175px-Colossal_octopus_by_Pierre_Denys_de_MontfortLe kraken ; transcription : /krakenn/) est une créature fantastique issue des légendes scandinaves médiévales. Il s’agit d’un monstre de très grande taille et doté de nombreux tentacules. Dans ses rencontres avec l’homme, il est réputé capable de se saisir de la coque d’un navire pour le faire chavirer, faisant ainsi couler ses marins, qui sont parfois dévorés. Sa légende a pour origine l’observation de véritables calmars géants dont la longueur a été estimée à 13-15 mètres (40-50 pieds), tentacules compris. Ces créatures vivent normalement à de grandes profondeurs, mais ont été repérées à la surface et auraient « attaqué » les navires.

Il est très probable que ces légendes soient des histoires vraies exagérées, et que le kraken soit en réalité un calmar géant. En effet, ces derniers peuvent mesurer jusqu’à 20 mètres de long, et laissent de grosses cicatrices aux cachalots qui les chassent.

 Bien que le nom kraken n’apparaisse jamais dans les sagas scandinaves, il existe des monstres marins, le Hafgufa et le Lyngbakr, décrits dans l’Örvar-Odds Saga et dans le Konungs skuggsjá, œuvre norvégienne de 1250. Dans la première édition de son Systema Naturae (1735), Carl von Linné inclut, dans une classification taxonomique des organismes vivants, le kraken comme un céphalopode avec le nom scientifique de Microcosmus mais l’animal est exclu des éditions ultérieures. Le kraken a également été largement décrit par Erik Pontoppidan, évêque de Bergen, dans son « Histoire Naturelle de Norvège«  (Copenhague, 1752-1753).

 Les premiers contes, y compris celui de Pontoppidan, décrivent le kraken comme un animal « de la taille d’une île flottante » dont le vrai danger, pour les marins, n’était pas la créature elle-même, mais le tourbillon qu’elle engendrait après sa descente rapide dans l’océan. Toutefois, Pontoppidan décrit également le potentiel destructeur de l’immense bête : « Il est dit que, si elle attrape le plus gros navire de guerre, elle parviendra à le tirer vers le fond de l’océan » (Sjögren, 1980). Le Kraken a toujours été distingué des serpents de mer, également dans les traditions scandinaves (Jörmungand par exemple). l’une des premières descriptions est donnée par le Suédois, Jacob Wallenberg dans son livre Min son på galejan (« Mon fils sur la galère ») à partir de 1781:

 …Le kraken est aussi appelé « crabe-poisson » et n’est pas, d’après des pilotes norvégiens, tellement énorme, tête et tentacules comprises. Il n’est pas plus grand que notre « Öland » (c’est-à-dire moins de 16 km)… Il reste à la mer, constamment entouré par d’innombrables petits poissons qui lui servent de nourriture et qui sont alimentés par celui-ci en retour : pour son repas, si je me souviens bien, écrit E. Pontoppidan, ne dure pas plus de trois mois, et trois autres sont ensuite nécessaires pour le digérer. Ses excréments nourrissent par la suite une armée de poissons, et pour cette raison, les pêcheurs sondent les fonds après son passage… Peu à peu, le kraken monte à la surface, et, quand il 

Une illustration de Vingt mille lieues sous les mers par Alphonse de Neuville

est à dix ou douze brasses de celle-ci, les bateaux ont mieux à sortir de son voisinage ou ils devront craindre leur destruction. Tel une île flottante, l’eau jaillissante de ses terribles narines forme des vagues spiralées autour de lui pouvant atteindre un grand nombre de miles. Peut-on douter qu’il s’agisse du Leviathan de Job ?

 Selon Pontoppidan, les pêcheurs norvégiens ont souvent pris le risque d’essayer de pêcher près du kraken car la capture y est bonne. Si un pêcheur a une très bonne prise, ils ont l’habitude de transmettre cette information. Pontoppidan a également affirmé que le monstre est parfois confondu avec une île et que les cartes comportent des îles qui ne sont pas toujours présentes et qui étaient donc en fait le kraken. Pontoppidan a également raconté qu’une fois, un jeune spécimen du monstre est mort et s’est échoué à Alstahaug (Sjögren, Bengt, 1980).

Depuis la fin du XVIIIe siècle, le kraken a été décrit dans un certain nombre d’ouvrages, comme une grande créature ressemblant au poulpe, et il a souvent été affirmé que le kraken de Pontoppidan aurait pu être fondé sur des observations du calmar géant. Toutefois, dans les premières descriptions, la créature se rapproche plus du crabe que du poulpe et, en général, possède des traits qui sont associés aux grandes baleines plutôt qu’au calmar géant.

En 1802, le malacologiste français Pierre Denys de Montfort a reconnu l’existence de deux types de poulpes géants dans son Histoire Naturelle Générale et Particulière des Mollusques, une description encyclopédique des mollusques. Montfort a fait valoir que le premier type, le kraken-pieuvre, a été décrit par les marins norvégiens et baleiniers américains ainsi que les anciens écrivains comme Pline l’Ancien. En effet, un passage de L’Histoire naturelle du Romain Pline l’Ancien (Ier siècle) narre également le cas d’un monstre marin à tentacules attaquant des réserves de poissons en saumure. La description correspond tout à fait à celle du kraken. Le deuxième type de bien plus grande taille, l’immense poulpe, aurait attaqué un bateau à voile de Saint-Malo, au large de la côte de l’Angola.

 Montfort a osé la plus sensationnelle des revendications. Il a proposé que dix navires de guerre britanniques qui avaient mystérieusement disparu, une nuit en 1782 devait avoir été attaqués et coulés par une pieuvre géante. Malheureusement pour Montfort, les Britanniques savaient ce qui était arrivé aux navires, démontant la révélation de Montfort. La carrière de Pierre Denys de Montfort ne s’en est jamais remise et il est mort de faim, pauvre, à Paris vers 1820 (Sjögren, 1980). Pour la défense de Pierre Denys de Montfort, il convient de noter que beaucoup de sources décrivant le poulpe-kraken ont probablement décrit le véritable calmar géant, prouvant ainsi son existence en 1857.

200px-Nautilus_view_bay dans PIEUVRE En 1830, peut-être conscient du travail de Pierre Denys de Montfort, Alfred Tennyson a publié un célèbre poème intitulé « The Kraken » (essentiellement un sonnet irrégulier), qui diffuse l’histoire du Kraken en anglais. Le poème, dans ses trois dernières lignes, porte également des similitudes avec la légende du Leviathan, un monstre marin, qui doit remonter à la surface à la fin du jour.

 La description de Tennyson a apparemment influencé Jules Verne qui imaginait l’antre du fameux calmar géant de « Vingt mille lieues sous les mers » de 1870. Verne fait aussi de nombreuses références au Kraken et à l’évêque Pontoppidan, dans son roman.

L’évolution ultérieure de l’image du Kraken remonte au Kraken de la culture populaire.

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L’image de la Pieuvre

Posté par othoharmonie le 18 mars 2012

 

L'image de la Pieuvre dans PIEUVRE 200px-Nautilus_view_bayMet apprécié des cuisines méditerranéennes depuis l’Antiquité, cet innocent mollusque n’a pas toujours représenté la figure d’un pouvoir occulte démesuré. Il semble bien que ce soit une confusion taxinomique avec un autre céphalopode, l’Architeuthis, ou calmar géant, qui lui confère dans le récit des marins son aspect monstrueux.

 Très vivante dans le folklore scandinave, la figure mythologique du Kraken (que nous avons vu plus haut), pourvue de nombreux bras qui s’agrippe aux navires et les entraîne vers le fond, n’a pourtant jamais été représentée et garde tout son mystère jusqu’au XVIIIe siècle. L’article que lui consacre le Supplément de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert croit pouvoir identifier cet animal légendaire à une sorte de poulpe géant. Cette conjecture est entérinée par le naturaliste Pierre Denys de Montfort dans son Histoire naturelle des mollusques (1802), qui lui donne sa première concrétisation iconographique, inaugurant un genre qui, de Vingt mille lieues sous les mers (Jules Verne, 1869) à Pirates de Caraïbes II (Gore Verbinski, 2006), occupe une place marquée de l’imaginaire enfantin.

 A ce stade, l’image de la pieuvre géante est une figure de fantaisie, proche du dragon ou de la licorne. Elle évoque une force menaçante dissimulée au fond des mers, sans pour autant être liée à un contenu métaphorique déterminé. A la fin du XIXe siècle, on la voit associée à la franc-maçonnerie, première manifestation d’un lien entre cette figure et un pouvoir occulte – mais sur un mode qui tient encore de la caricature amusante, non de la dénonciation argumentée. En 1901, un récit de l’écrivain américain Frank Norris lui donne valeur de modèle structural. En décrivant les manipulations spéculatives des compagnies de chemins de fer destinées à affaiblir les paysans californiens, The Octopus (La Pieuvre) installe l’idée d’un pouvoir tentaculaire secret qui agit par le biais des leviers économiques.

 Souvent noyées à tort dans un nuage d’occultisme et de folklore, les formes modernes du conspirationnisme sont directement liées à l’essor de nouveaux pouvoirs économiques sans contrepartie ni contrôle politique, qui accompagnent le développement du capitalisme industriel à partir de la seconde moitié du XIXe siècle. L’image de la pieuvre géante s’avère une figure idéale pour donner une figure concrète à des entités mal définies dont l’action n’est perceptible qu’indirectement. A la connotation traditionnelle de puissance cachée du Kraken, les tentacules permettent d’ajouter l’idée de ramifications multiples, tandis que le corps mou du céphalopode illustre celle d’un pouvoir sans visage. Au début du XXe siècle, l’essor de la communication commerciale et politique emprunte à l’univers de la caricature la force de la simplification métaphorique. Dans ce contexte, la figure de la pieuvre devient une redoutable arme visuelle.

Une illustration de Vingt mille lieues sous les mers par Alphonse de Neuville Il lui manque encore un élément décisif. C’est la combinaison de la pieuvre et de ses tentacules avec la figure géographique du globe ou du planisphère qui lui confère sa forme achevée. Dans un dessin du Minneapolis Times de 1902, intitulé « The Octopus Who Strangles the World » (« La pieuvre qui étrangle le monde »), la tête du céphalopode est celle de John Davison Rockefeller, PDG de la Standard Oil, dont les bras enserrent le monde entier.

Dès lors, cette figure s’appliquera à toutes les formes d’empire, supposé ou réel, dont la domination est perçue comme le résultat d’un mécanisme caché. En 1917, l’ouvrage du géographe allemand Alfred Hettner, Englands Weltherrschaft und ihre Krisis (« La crise de l’empire mondial anglais »), fournit un modèle canonique qui inspirera de nombreuses déclinaisons, notamment des versions dénonçant la ploutocratie américaine ou la Russie bolchevique.

 Les figures et les métaphores aussi perdent leur efficacité et se dévalorisent, au fur et à mesure de leur répétition et de la diversification de leurs contextes d’usage. D’une grande puissance graphique, la figure de la pieuvre assise sur le monde finit par souffrir de sa dimension caricaturale et de son association étroite à l’univers conspirationniste. On la trouve encore employée après-guerre, par exemple par le parti communiste français pour dénoncer le plan Marshall. Mais le coeur n’y est plus, et la figure tombe rapidement en désuétude. On ne la rencontre désormais plus guère que dans les ouvrages ou les sites inspirés par la mouvance islamiste, qui associent volontiers antisémitisme et dénonciation de l’Occident capitaliste.

 Stauroteuthis syrtensisQue conclure de ce parcours iconographique? Si l’on ne peut nier que l’image de la pieuvre géante ait été associée à l’antisémitisme, cet usage est loin d’épuiser sa signification. C’est parce qu’elle est une représentation par excellence de la conspiration qu’elle a été utilisée dans le cadre antisémite, et non l’inverse. Le film de Grignon lui-même en apporte la preuve: dans la séquence incriminée par Riché, la mention des Rothschild n’est pas faite au hasard, mais renvoie à un épisode historique cité de façon elliptique, qui attribue un rôle-clé à la création de la Réserve fédérale américaine en 1913. Cette thèse renvoie à un schéma complotiste déjà ancien, dont on peut retrouver de nombreuses occurrences en ligne, qui décrit une société secrète, prétendument intitulée La Pieuvre noire (cette organisation où l’on rencontre aussi bien des francs-maçons que des communistes, vise évidemment l’instauration d’un gouvernement mondial).

 La pieuvre de Grignon n’est pas antisémite, mais bien complotiste. Faute d’interroger d’assez près les documents qu’il utilise, Pascal Riché se trompe à plusieurs reprises dans ses interprétations visuelles. L’un des exemples historiques auquel il renvoie, sans en identifier la source, est issu du pamphlet américain Coin’s Financial School, publié en 1893 par William Hope Harvey. Là encore, il s’agit d’une charge anticapitaliste et anti-anglaise, sans aucun lien avec l’antisémitisme. Un prof n’aime pas qu’on lui fasse la leçon. Pour se le permettre, encore faut-il disposer d’arguments irréfutables. Dans le cas contraire, mieux vaut réfléchir à deux fois avant de procéder à des associations hasardeuses.

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Pieuvre et évolution

Posté par othoharmonie le 18 mars 2012


Pieuvre et évolution dans PIEUVRE 175px-Colossal_octopus_by_Pierre_Denys_de_MontfortLa pieuvre est unique aujourd’hui, parmi les invertébrés, pour le haut degré d’évolution qu’elle représente. Des mollusques primitifs d’il y a 500 millions d’années, qui portaient une lourde coquille, à la pieuvre qui peuple nos mers, l’adaptation de cet animal à son milieu a été prodigieuse.

La pieuvre commune (Octopus vulgaris) appartient à la classe des céphalopodes (un mot qui signifie tête et pieds), ce sont les plus évolués des mollusques. Ils sont apparus dans les océans il y a plusieurs centaines de millions d’années, au cambrien (ère primaire), bien avant les vertébrés. À cette époque, ils possédaient une coquille externe. Ce sont probablement les premiers animaux d’une certaine taille nageant dans les océans, et ils y ont joui d’une grande liberté pendant des millions d’années. Leur situation a commencé à se détériorer à la fin du paléozoïque (ère primaire) – au dévonien et au carbonifère – et davantage encore au début du mésozoïque (ère secondaire), au moment où les poissons et, plus tard, les reptiles se sont répandus dans les océans. Pour survivre, certains céphalopodes se sont retirés dans des eaux plus profondes, d’autres sont devenus plus mobiles, car l’épaisseur de leur coquille s’est réduite. À l’approche de l’ère tertiaire, elle devient interne ou disparaît. Les calmars, seiches et pieuvres vont ainsi survivre jusqu’à nos jours dans les eaux côtières, dangereuses mais riches.

 320px-Enteroctopus_dolfeini dans PIEUVRE   Les différentes phases de cette évolution ont pu être très rigoureusement suivies, grâce aux nombreux fossiles de céphalopodes primitifs ayant une coquille externe (ammonites, bélemnites…) qui ont été retrouvés. Il en existe actuellement un représentant encore en vie : le nautile. Comme ses ancêtres, celui-ci construit, au cours de sa croissance, des loges successives dans lesquelles l’eau est remplacée par un gaz qui assure sa flottabilité. En revanche, on ne sait guère, en l’absence de données paléontologiques les concernant, comment les espèces actuelles, à corps mou ou munies d’une coquille interne, ont évolué dans le passé. On sait seulement que tous les céphalopodes ont été, à une époque, en compétition avec des vertébrés, ce qui a influencé leur évolution.

   Les céphalopodes récents les mieux connus représentent trois lignées distinctes. Le calmar évolue en pleine mer, la seiche, elle, est un peu au-dessus du fond marin, tandis que la pieuvre (ou poulpe) ne le quitte que rarement.

    Octopus vulgaris est certainement l’un des céphalopodes les plus répandus et les plus connus. Le philosophe grec Aristote l’identifiait déjà parmi les autres espèces de la Méditerranée orientale.

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Pieuvre et synergétique

Posté par othoharmonie le 18 mars 2012

Octopus vulgaris évolue sur le fond de la mer, près des côtes, en solitaire attaché à son territoire, dont il chasse les intrus. La pieuvre commune s’installe dans un abri individuel, le plus loin possible des autres animaux. Elle n’accepte les relations avec ses congénères que pour la reproduction. Après celles-ci, la femelle retrouve vite la solitude pour couver ses œufs.

    D’ordinaire, les pieuvres ne se déplacent que pour chercher leur nourriture ou, tout au plus, pour changer d’abri. Vivant en contact étroit avec le fond marin, elles s’appuient souvent sur leurs bras, ou encore rampent, les bras étalés, lorsqu’elles avancent ou reculent, sans hâte. Pourtant, elles peuvent aussi se déplacer rapidement par propulsion.

La propulsion à réaction

 Une jeune femelle.Ce système locomoteur, unique dans le règne animal, a joué un rôle important dans l’évolution des céphalopodes. Il sert surtout aux déplacements rapides. Par une fente située du côté ventral du corps, ou manteau, et appelée fente palléale, l’eau pénètre dans une cavité dite cavité palléale. Puis les muscles circulaires du manteau se contractent, ce qui ferme la fente et expulse l’eau par le tuyau de l’entonnoir qui émerge en permanence de la cavité. Le courant ainsi créé propulse l’animal dans la direction opposée. Plus les contractions sont fortes, plus la pieuvre se déplace rapidement, les bras dans le prolongement du corps. La pieuvre change de direction à son gré en orientant l’entonnoir, très mobile, un peu comme un gouvernail, et il lui suffit d’écarter les bras pour freiner. Tandis que l’animal se déplace, les mouvements des muscles du manteau assurent à la fois le déplacement et l’irrigation des branchies en eau oxygénée.

    La pieuvre peut ainsi se déplacer lentement, en avant comme en arrière, ou encore nager rapidement, à reculons, à la recherche d’une proie, ou pour prendre la fuite.

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Art du camouflage de la pieuvre

Posté par othoharmonie le 18 mars 2012

Pour échapper à un ennemi, la pieuvre bénéficie d’un atout grâce auquel elle dissimule sa fuite et donne le change : elle puise une sorte d’encre dans une poche spéciale et en envoie de petits jets. Le nuage noir ainsi dégagé, qui semble dessiner la forme de l’animal, peut persister 10 minutes. Présente chez la plupart des céphalopodes, cette poche débouche dans l’intestin, tout près de l’anus. Elle comprend deux parties, l’une, glandulaire, produisant la mélanine, l’autre servant de réservoir pour ce pigment noir qui, mélangé au mucus, formera cette « encre » que la pieuvre expulse à volonté en nuage compact pour désemparer son agresseur.

 Pour passer inaperçue ou, au contraire, pour attirer l’attention, lorsqu’elle veut, par exemple, impressionner un ennemi ou séduire son partenaire en vue de l’accouplement, la pieuvre possède toute une batterie de mécanismes combinant à la fois posture, structure cutanée et couleurs.

 Changer de couleur et de forme

 Wunderpus photogenicusParticulièrement remarquable est la capacité de ce mollusque de changer de couleur d’une façon radicale et, parfois, instantanée. C’est le fait des chromatophores, cellules pigmentées du derme, hautement spécialisées. Grandes, elles sont entourées d’une couronne de fibres musculaires en forme de rayons qui peuvent se contracter. Leur contraction dilate la cellule pigmentée, le retour au repos étant ensuite effectué par la contraction du sac pigmentaire. La couleur ainsi obtenue dépend à la fois du pigment et de la densité des grains qui le composent, c’est-à-dire de l’état d’expansion de la cellule. Chez la pieuvre, les chromatophores sont superposés en 4 ou 5 couches, et leurs pigments peuvent être jaunes, orange ou rouges, et souvent bruns et noirs. Comme toutes les cellules, les chromatophores vieillissent. Jaunes et orange quand ils sont jeunes, ils foncent avec l’âge.

    La disposition des cellules pigmentaires semble liée à celle d’autres cellules sous-jacentes, qu’elles peuvent alternativement masquer ou dévoiler, selon leur état de contraction. Ce sont les iridophores et les leucophores, dont la taille ne varie pas. Les premières sont dotées d’un indice de réfraction élevé et produisent des couleurs structurales. Les leucophores dispersent la lumière et apparaissent comme des taches blanches. L’interaction de ces différents éléments (chromatophores recouvrant des leucophores eux-mêmes entourés par des iridophores) est à l’origine des champs chromatiques qui produisent la variété des dessins de la peau. Le Britannique J. Messenger a montré que cet art du camouflage, propre aux céphalopodes, résulte d’un simple phénomène passif de réflexion, les pieuvres ne discernant pas les couleurs. Lorsque les chromatophores se contractent, les iridophores réfléchissent automatiquement les rayons lumineux qui les touchent, quelle que soit la longueur d’onde émise. Les leucophores, eux, forment des taches claires ou sombres. Les chromatophores imitent simplement le clair-obscur ou l’intensité du fond.

 Art du camouflage de la pieuvre dans PIEUVRE 220px-Haliphron_atlanticus   Les dessins composés par la pieuvre ne dépendent pas seulement des facteurs chromatiques, mais aussi de la posture et de la structure de l’animal. Ainsi, pour disparaître aux yeux des prédateurs, son corps se couvre de larges taches sombres et claires et se hérisse de papilles, tandis que les bras dorsaux de l’animal se lèvent et se tordent.

    Le nombre des dessins fondamentaux composés par la pieuvre est limité. Certains, dits « permanents », sont destinés essentiellement à rendre le mollusque invisible et ne changent pratiquement pas durant des heures ou même des jours. D’autres, qui ne durent que quelques secondes ou quelques minutes, ont pour effet, au contraire, d’attirer l’attention ou d’impressionner. Dans ce dernier cas, la pieuvre pâlit, seul le bord des bras reste très foncé. Quant au corps, il est lisse, et les bras s’arrondissent en un grand arc, tandis que la membrane qui les relie est tendue au maximum.

    Selon les recherches effectuées en 1969 par le Britannique A. Packard et l’Américain G. Sanders, les pieuvres ne possèdent à leur naissance que 65 chromatophores, alors que, à l’âge de un an, on en compte déjà de 1 à 2 millions. Le nouveau-né ne peut que pâlir ou s’assombrir. Chez les petits, seuls les mécanismes liés à la posture ont atteint leur plein développement : contre une agression, le très jeune animal se contente de se rendre invisible et de prendre la fuite. Plus tard, avec l’évolution de son cerveau, il essaiera d’intimider l’agresseur.

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Pieuvre à bras et ventouses

Posté par othoharmonie le 16 mars 2012

Pieuvre à bras et ventouses dans PIEUVRE 220px-Img_octopus_arm_and_suckers_057513Très casanière, la pieuvre ne sort de son abri que pour en trouver un plus sûr, ou pour chercher de la nourriture. Quand elle chasse, elle préfère la tombée de la nuit ou le lever du jour. Ses expéditions diurnes sont de courte durée. Le spécialiste anglais M. J. Wells a observé en 1983 que, même en aquarium, ce mollusque est un animal plutôt crépusculaire, capable, toutefois, en cas de besoin, de se nourrir à toute heure. En Méditerranée, on sait, depuis les études effectuées en 1976 par les savants soviétiques C. Nigmatullin et A. Ostapenko, que les périodes d’intense activité nutritionnelle se situent entre 16 et 22 heures.

Animal carnivore, Octopus vulgaris se nourrit essentiellement de crustacés (crabes ou langoustes), ainsi que d’autres mollusques comme les bivalves, et parfois, même, d’autres céphalopodes, ou plus rarement de poissons. M. J. Wells a minutieusement décrit l’attaque d’une proie : dès que celle-ci est en vue, la pieuvre lève la tête et fait face à l’intrus, puis elle s’en approche tout doucement, en changeant de couleur. Ensuite, grâce à son système de propulsion, elle se jette sur lui.

   La pieuvre peut piéger plusieurs crabes dans la membrane inter-brachiale qui relie les bras entre eux à leur base. Elle les immobilise à l’aide des ventouses et les rassemble dans cette sorte de poche, puis elle les ramène dans le terrier pour les dévorer.

   Au centre de la couronne formée par les huit bras, le bulbe buccal, organe complexe doté d’une puissante musculature, actionne deux redoutables mandibules qu’on appelle « bec de perroquet ». Ce « bec » permet à la pieuvre de déchiqueter sa victime avant de l’avaler. Auparavant, elle l’a paralysée à l’aide de poisons sécrétés par ses glandes salivaires dans le compartiment clos constitué par la membrane reliant un bras à l’autre. Ces glandes produisent également des enzymes qui, tout en ayant sans doute pour fonction de diffuser le poison, jouent aussi un rôle dans la prédigestion des aliments.

  220px-Haliphron_atlanticus dans PIEUVRE Lorsque les pieuvres se nourrissent, par exemple, de mollusques à coquille, elles cherchent, dans certains cas, à percer un ou plusieurs trous dans cette coquille pour extraire plus facilement la chair de la victime. Le chercheur britannique M. Nixon a montré, en 1980, que ces trous étaient creusés par râpage, grâce à deux structures qui font partie du bulbe buccal, la radula, minuscule organe en forme de langue, et la papille salivaire.

   En somme, l’alimentation de ce mollusque s’effectue grâce à une triple action des bras, de la masse buccale et des glandes salivaires. Les parties les plus dures, carapaces ou coquilles, sont rejetées : le refuge d’une pieuvre se reconnaît à l’amas des débris alimentaires qui jonchent les alentours.

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Pieuvres mâles et femelles

Posté par othoharmonie le 16 mars 2012

 Octopus macropusLa pieuvre ne renonce à sa solitude que pour l’accouplement. Celui-ci peut avoir lieu en toute saison. Le mâle atteint la maturité sexuelle bien avant la femelle. Katharina Mangold a étudié les pieuvres avec le laboratoire de Banyuls dans les années 1980. Elle observa  que la plupart des pieuvres mâles, en mer catalane, étaient matures lorsqu’elles atteignaient le poids de 200 g, alors que les plus petites femelles qui l’étaient pesaient au minimum 500 g. Dans une même population, la maturité des femelles intervient à des stades très différents de la croissance. Quoi qu’il en soit, les femelles acceptent de s’accoupler même lorsqu’elles sont encore immatures. Elles ne repoussent les mâles qu’au début de la ponte.

La copulation des pieuvres peut durer des heures et se répéter plusieurs fois, soit avec le même partenaire, soit avec un autre. Les deux sexes se reconnaissent rapidement, grâce sans doute à certaines réactions à la fois chimiques et tactiles… Le mâle introduit l’un de ses bras, dit « bras hectocotyle », dans la cavité palléale de la femelle pour déposer dans l’orifice de l’oviducte de celle-ci les spermatophores. Ces petites structures tubulaires sécrétées par le pénis contiennent des millions de spermatozoïdes. Arrivées à destination, elles éclatent, les spermatozoïdes libérés s’introduisent dans la glande de l’oviducte. Au moment de la ponte, les œufs qui sortent de l’oviducte sont fécondés au passage par les spermatozoïdes.

   Une fois prête à pondre, la femelle nettoie soigneusement le plafond de son abri, car elle va y suspendre ses œufs, qu’elle pond en cordons. Chaque cordon, d’environ 10 cm, héberge de 2 000 à 3 000 œufs d’environ 2,4 mm. Selon sa taille, la pieuvre peut pondre de 100 000 à 500 000 œufs. La ponte dure de 15 à 30 jours et l’incubation de 24 à 125 jours, selon la température.

  Un accouplement à distance 

Pieuvres mâles et femelles dans PIEUVRE 220px-An%C3%A9mone_de_mer-BretagneLes femelles prennent grand soin de leurs œufs : elles les nettoient et les irriguent, tandis qu’elles-mêmes cessent pratiquement de se nourrir. Elles meurent généralement peu après l’éclosion, ayant perdu environ un tiers de leur poids.

    Les jeunes commencent par vivre de 5 à 12 semaines en pleine eau, en se nourrissant de larves de crevettes, avant de se poser sur le fond et d’adopter le mode de vie des adultes. Orphelines dès leur naissance, les petites pieuvres semblent connaître de façon innée les ruses et les comportements typiques de leur espèce.

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Pieuvre commune

Posté par othoharmonie le 16 mars 2012

 Octopus vulgarisLa pieuvre est un céphalopode dont les huit bras sont liés à une tête portant de chaque côté les yeux et elle-même prolongée par un corps musculaire (le manteau), où se trouvent les appareils digestif, pulmonaire et génital. Sur la face ventrale du manteau s’ouvre une large fente, la fente palléale, qui laisse entrer l’eau de mer dans la cavité palléale où se trouvent branchies et viscères. De la fente sort le tuyau de l’entonnoir, dont la partie intérieure est évasée. C’est de ce tuyau que l’eau est expulsée avec plus ou moins de force, selon les besoins de l’animal pour se propulser. Dans la cavité palléale, près de l’entonnoir, s’ouvrent également l’anus et les orifices rénaux et génitaux (oviducte ou pénis).

   La pieuvre, comme tous les invertébrés, n’a pas de squelette.

    La longévité de la pieuvre est de 12 à 24 mois pour les femelles, un peu plus sans doute pour les mâles. La pieuvre adulte peut peser de 2 à 3 kg. Certains individus plus grands (jusqu’à 10 kg) ont été signalés, mais ils sont rares. Cette croissance rapide n’est possible que grâce à un système digestif performant. En Méditerranée, pendant l’été, une pieuvre réussit, en 100 jours, à passer de 250 g à 1 kg (elle prend donc 7,5 g par jour). Selon les chercheurs R. O’Dor et M. J. Wells, une pieuvre qui pèse 1 kg à 18 mois a absorbé de 2,5 à 3 fois son propre poids pendant sa vie. La maturation sexuelle utilise une grande partie des réserves accumulées sous forme de protéines dans le manteau. Selon certains auteurs, la mort de l’animal serait provoquée par l’hyperactivité de la glande optique. 

 Signes particuliers

Yeux

Moving Octopus Vulgaris 2005-01-14.oggLes deux yeux de la pieuvre sont situés latéralement sur la tête. Au contraire de ceux de nombreux invertébrés, ils présentent, pour l’essentiel, la même structure que ceux des vertébrés : une cornée, un iris, un cristallin, une rétine (un peu moins complexe toutefois) et deux paupières. La vision s’accommode aisément des changements de luminosité, mais la pieuvre ne discerne pas les couleurs. En revanche, elle voit distinctement de près comme de loin. Cette vision remarquable est l’aboutissement de toute une évolution. Ainsi, l’œil du nautile, proche des céphalopodes primitifs, est dépourvu de cristallin et bien moins performant.

 Bec

On l’appelle « bec de perroquet ». Situé dans le bulbe buccal, il comprend deux mandibules, l’une supérieure, l’autre, inférieure, chacune de forme différente. Très puissantes, elles permettent à la pieuvre de déchiqueter les carcasses des crabes.

 Ventouses

Disposées en deux rangées sur chacun des huit bras, les ventouses forment des sortes de chambres entourées de parois musculaires, avec, tout au bord, un anneau adhésif à structure radiée dont la partie périphérique, molle, assure une adhérence parfaite. Après amputation d’un bras, la pieuvre peut le régénérer, retrouvant à la fin un membre parfaitement fonctionnel.

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Etre pieuvre

Posté par othoharmonie le 16 mars 2012

 

La pieuvre commune, Octopus vulgaris, est répartie dans le monde entier. On la trouve aussi bien dans les eaux tempérées que tropicales ou subtropicales. Seules les eaux du pôle ou subpolaires en sont dépourvues. En Méditerranée la pieuvre commune est le plus gros octopode de tous ceux qui fréquentent cette mer, avec Octopus macropus, céphalopode dont les bras sont plus longs et plus fins. Octopus vulgaris est également abondant dans l’est de l’Atlantique et au Japon.

 Etre pieuvre dans PIEUVRE 220px-Mimic_Octopus_2  Ce mollusque vit le long des côtes, jusqu’à 100-150 mètres de profondeur. Le scientifique espagnol A. Guerra indique, dans une étude de 1979, que la pieuvre commune est moins abondante au fur et à mesure que la profondeur augmente. En principe, elle préfère les récifs de corail ou les rochers. Cependant, dans de nombreuses régions, on la rencontre aussi sur des fonds sableux ou vaseux, comme sur des herbiers.

   Quel que soit l’environnement, elle profite du moindre trou ou anfractuosité pour s’y cacher, et sa capacité de changer sa couleur (ainsi que la texture de sa peau), et de se fondre parfaitement dans son habitat n’a pratiquement pas d’équivalent.

Manger, croître, pondre et mourir : telle est la vie d’une pieuvre. Une vie éphémère, surtout pour les femelles (de 12 à 14 mois), et non dépourvue de dangers. Prédatrices actives, les pieuvres peuvent en effet être à leur tour les victimes d’autres espèces carnivores, surtout à certains moments de leur cycle vital. Car les céphalopodes représentent, dans la chaîne alimentaire marine, un maillon d’une importance capitale. Les plus grands consommateurs de céphalopodes sont les cachalots. Des pinnipèdes (phoques, otaries, éléphants de mer) ou de nombreux poissons et oiseaux de mer sont aussi des prédateurs potentiels. Se nourrissant surtout d’espèces de pleine eau (pélagiques), peu d’entre eux représentent un véritable danger pour les pieuvres. Les principaux ennemis des octopodes adultes et vivant en zone côtière sont les congres et les murènes. En outre, il arrive que les céphalopodes s’entre-dévorent.

La fragilité des nouveau-nés

250px-Hapalochlaena_maculosa dans PIEUVRELa période la plus dangereuse dans la vie de la pieuvre est celle qui suit sa naissance, et qu’elle passe en pleine eau. La mortalité est alors importante. Cependant, K. Mangold estime que, même si la mortalité est alors de 90 %, 10 000 petites pieuvres pourront tout de même survivre et se poser sur le fond marin. Par la suite, elles resteront d’abord à la merci de nombreux animaux benthiques – crustacés et autres –, mais, avec la croissance, leurs moyens de défense (en particulier le fameux nuage d’encre qui imite la silhouette de l’animal) leur assureront une bonne protection.

   Dans certains endroits, en limite de la distribution de l’espèce surtout, le recrutement, c’est-à-dire la reproduction et le repeuplement par une nouvelle génération de pieuvres, peut être perturbé par la destruction de l’équilibre écologique. Dans la Manche, par exemple, la pieuvre était considérée, comme une calamité pour les pêcheurs de crustacés et les ostréiculteurs, jusqu’à ce qu’un hiver d’une rigueur exceptionnelle, dans les années 1960, anéantisse le recrutement. Près de trente ans après cet événement, la présence d’une pieuvre dans cette mer est un phénomène plutôt rare. Dans, d’autres régions, en revanche, on a pu constater que les pieuvres proliféraient en raison de pêches sélectives dont leurs prédateurs, en l’occurrence les congres, étaient les principales victimes.

   Grand amateur de crustacés, la pieuvre est souvent considérée par les pêcheurs comme une rivale. En réalité, la brièveté de sa vie, ses croissances rapides et son faible métabolisme amènent des chercheurs comme R. O’Dor et M. Wells à relativiser l’impact de ce mollusque sur la chaîne alimentaire marine. La quantité de nourriture absorbée par la pieuvre ne dépend-elle pas de son poids ? Or celui-ci n’est important que pendant un laps de temps très court. Ce mollusque qui disparaît après la reproduction est, en réalité, un animal peu destructeur.

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La pieuvre animal mythique

Posté par othoharmonie le 14 mars 2012

 

 Octopus macropusAnimal mystérieux, d’apparence quelque peu fantasmatique, avec ses huit bras armés de ventouses et son œil toujours vigilant, la pieuvre a de tout temps fasciné les hommes, qui lui ont attribué une dimension et des pouvoirs surhumains.

 De Victor Hugo à Jules Verne en passant par Simon de Montfort, les romanciers ont souvent présenté la pieuvre comme un monstre redoutable. Pourtant, s’il existe bien dans l’océan Indien et dans le Pacifique deux petites pieuvres dangereuses pour l’homme et, sur les côtes du Pacifique nord, une très grosse espèce (Octopus dofleini) pouvant peser jusqu’à 50 kg, la pieuvre est, en fait, une créature non agressive, plutôt craintive et paresseuse. Quant à l’animal géant qu’ont parfois rencontré les navigateurs, le fameux Architeutis dont la taille peut atteindre 20 mètres, ce n’est pas une pieuvre, mais un calmar.

 Dotés de facultés qui les rapprochent des vertébrés, les céphalopodes en général, et tout particulièrement Octopus vulgaris, qui a servi de modèle expérimental et qui s’adapte très bien à la vie en aquarium, constituent de passionnants sujets d’étude. Les travaux sur la cérébralisation, le comportement et les capacités d’apprentissage sont particulièrement spectaculaires. Mais l’étude en laboratoire sur d’autres aspects de la vie de la pieuvre commune, comme sa croissance, sa reproduction ou sa nutrition, a apporté de précieuses indications sur sa biologie et a permis de mieux comprendre celle d’autres céphalopodes.

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Pieuvre et l’homme

Posté par othoharmonie le 14 mars 2012

Comme le dauphin, la pieuvre est présente dans la vie quotidienne de l’Antiquité grecque et romaine. Sa chair était appréciée des navigateurs, et, surtout, son apparence frappait l’imagination des artistes et artisans, comme en témoignent amphores, pièces de monnaie, céramiques, mosaïques et autres vestiges. Les Anciens attribuaient à la pieuvre des facultés extraordinaires. Le philosophe grec Aristote était persuadé que, prise avec une pieuvre dans un même filet, la langouste mourait de frayeur ! En Grèce, on croyait les pieuvres capables d’aller à terre voler des figues et des olives ou de faire ripaille dans les dépôts de poissons ! On les imaginait grimpant aux murs ou aux arbres – une croyance partagée par les Japonais et les habitants de certaines îles du Pacifique…

Pieuvre et l'homme dans PIEUVRE    Des naturalistes romains comme Pline l’Ancien ou Oppien prétendirent que les céphalopodes mangeaient leurs propres bras. Pourtant, des textes, de Pline notamment, décrivent déjà avec précision l’anatomie de ces mollusques.

 Appréciés depuis des siècles, à la fois comme appâts (en Amérique du Nord) et comme aliments, les céphalopodes constituent, aujourd’hui encore, un élément important de l’alimentation, humaine, en raison surtout de la richesse en protéines de leur manteau. Dans de nombreux pays, Octopus vulgaris est l’espèce la plus récoltée près des côtes, par chalut, pose de casiers ou avec des lignes. Les statistiques de la FAO indiquent que les pieuvres représentent une part variable mais non négligeable des prises annuelles de céphalopodes (3 892 145 de tonnes en 2005). Plus de vingt pays sont impliqués, dont l’Espagne et le Japon, grands consommateurs de céphalopodes, ainsi que les régions de la côte nord-ouest de l’Afrique. Bien qu’à l’heure actuelle l’impact des activités de pêche paraissent négligeable, si l’on en croit Hochachka et d’autres naturalistes, la vigilance reste nécessaire. L’importance économique croissante de la pieuvre commune expose l’espèce aux dangers d’une pêche excessive, alors que les relations entre âge, taille, reproduction et taux de mortalité de l’animal sont mal connues.

 Issu du Larousse

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Pieuvre et vertus

Posté par othoharmonie le 14 mars 2012

 

Pieuvre et vertus dans PIEUVRE 320px-E_dofleini_closeupLa consommation d’animaux à tentacules est de moins en moins marginale. Les espèces les plus populaires sont la pieuvre (poulpe), le calmar et la seiche. La pieuvre se reconnaît à sa grosse tête arrondie et à ses longs tentacules. Le calmar et la seiche se caractérisent par leurs tentacules plus courts que leur long corps fuselé. Le calmar (aussi appelé encornet) est toutefois plus petit que la seiche. Celle-ci possède en outre un os blanc central (qu’on retrouve souvent dans les cages à oiseaux), tandis que le calmar n’en a pas.

 Parmi les céphalopodes, le calmar est l’espèce la plus capturée commercialement. La seiche arrive au deuxième rang et la pieuvre au troisième. Les Asiatiques sont les principaux consommateurs de ces mollusques.

 Le calmar, la seiche et la pieuvre se caractérisent par un contenu particulièrement faible en lipides et élevé en protéines. Ils sont d’excellentes sources de cuivre, de sélénium et de vitamines B12, et contiennent de nombreux autres nutriments essentiels à la santé.

Principes actifs et propriétés

 Très peu d’études ont été réalisées pour déterminer les effets sur la santé de la consommation des céphalopodes. Dans les années 1990, une étude clinique de petite envergure a conclu que la consommation de fruits de mer (dont le calmar) n’avait pas eu d’effet significatif sur les taux de lipides sanguins d’hommes en santé.

 Cependant, quelques études démontrent qu’il y aurait des bénéfices à consommer des poissons et des fruits de mer. Tout d’abord, une étude réalisée auprès de plus de 14 000 femmes a démontré que, plus elles en consommaient, moins leur risque de cancer colorectal était élevé. Une autre étude, effectuée chez une population d’hommes chinois, a démontré que la consommation d’au moins un repas de poisson ou de fruits de mer par semaine pourrait diminuer le risque d’infarctus fatal du myocarde, comparativement à une consommation moindre. À l’heure actuelle, on ne sait pas quels composés spécifiques des poissons et des fruits de mer pourraient être associés à leurs effets bénéfiques. Les chercheurs croient toutefois que la présence d’acides gras oméga-3 pourrait avoir un rôle important à jouer.

 Acides gras oméga-3. Le calmar et la pieuvre contiennent de l’acide eicosapentaénoïque (AEP) et de l’acide docosahexaénoïque (ADH), deux acides gras de la famille des oméga-3. Ceux-ci agissent comme précurseurs de messagers chimiques favorisant un bon fonctionnement immunitaire, circulatoire et hormonal. Plusieurs études épidémiologiques et cliniques ont mis en évidence que la consommation d’acides gras oméga-3, majoritairement d’origine marine, aurait des effets favorables sur la santé cardiovasculaire et réduirait la mortalité par maladie cardiovasculaire. Ces acides gras agissent sur plusieurs plans, notamment en réduisant la tension artérielle, les triglycérides sanguins et la formation de caillots sanguins, diminuant ainsi les risques d’athérosclérose.

 Enteroctopus dofleiniUne portion de 75 g (2 ½ onces) de calmar contient 0,4 g d’AEP et d’ADH et une même portion de pieuvre en fournit 0,1 g. À titre de comparaison, 75 g (2 ½ onces) de pétoncles, de palourdes et d’huîtres en contiennent respectivement 0,2 g, 0,2 g et 1,0 g. Des portions équivalentes de saumon de l’Atlantique d’élevage et de saumon kéta en conserve contiennent respectivement 1,6 g et 0,9 g d’AEP et d’ADH.

 Les études scientifiques démontrent que la consommation quotidienne de 0,5 g à 1,8 g d’AEP et d’ADH combinés permettrait de profiter des bienfaits qui y sont reliés, même si les quantités optimales d’acides gras oméga-3 à consommer ne sont pas établies avec certitude. Un article publié récemment suggère que, pour la population en général, la consommation quotidienne de 0,25 g d’AEP et d’ADH combinés serait suffisante pour diminuer la mortalité par maladie coronarienne. Pour les gens déjà atteints d’une maladie coronarienne, la recommandation serait de 1 g d’AEP et d’ADH par jour. 

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