DES COQUILLAGES ET LES HOMMES

Posté par othoharmonie le 24 avril 2017

 

 

Depuis toujours, l’homme est fasciné par l’étrange beauté des coquillages. D’objets utilitaires servant d’outils ou de monnaie, ils deviennent des objets détenteurs de symboles – ils sont portés comme amulette ou porte-bonheur –, pour finalement pénétrer dans la sphère de l’art. La frontière entre ces trois dimensions – utilitaire, symbolique et artistique – est cependant parfois assez mince. 

coquillage

Dès l’âge préhistorique, le coquillage – qui est avant tout un aliment de par le mollusque qu’il contient –, est utilisé comme parure ou comme matériau pour la fabrication d’ustensiles domestiques et d’armes. Parmi les coquillages marins utilisés se distinguent deux grandes familles : d’une part les gastéropodes en spirale, tels que les cauris, nautiles et conques, et d’autre part les bivalves comme les huîtres, coquilles Saint-Jacques ou moules. Plus tard, le coquillage devient pour de nombreux peuples un élément décoratif du vêtement, révélateur d’un statut social. À ce titre, il est souvent présent lors des rites de passages. Sa beauté et sa ressemblance avec certaines parties du corps humain le font ainsi participer des composantes spirituelles des civilisations anciennes. Les propriétés magiques des cauris, notamment, sont largement répandues, de leur usage comme monnaie, à leur valeur symbolique de fécondité et de sexualité. L’Antiquité attribue à la coquille une symbolique liée à la naissance de Vénus et à la beauté. Au Moyen Âge, la coquille Saint-Jacques est associée au pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, revêtant ainsi une symbolique religieuse.  Les coquillages deviennent aussi peu à peu une source d’inspiration artistique, comme en témoigne le mythe de la naissance de Vénus, illustré maintes fois par les artistes. La représentation de la déesse – debout ou couchée sur un coquillage quelconque, puis, à partir de la Renaissance, sur une coquille Saint-Jacques stylisée – a été rendue célèbre par La Naissance de Vénus de Sandro Botticelli. 

Les coquillages suscitent également l’intérêt des collectionneurs, entrant dans les cabinets de curiosités, ancêtres des collier coquilagesmusées, où l’on retrouve toutes sortes de « merveilles »  naturelles ou artificielles. Le coquillage devient un élément de collection par excellence, les trésors rapportés des voyages lointains devenant l’objet d’une véritable « conchyliomanie ». 

À partir du XVIIe  siècle, ils constituent un nouveau répertoire pour les natures mortes, dont le genre se développe alors en provenance des Pays-Bas. Le baroque, et surtout la rocaille et le rococo au XVIIIe  siècle, en font leur motif de prédilection. On les retrouve de l’architecture aux arts décoratifs : argenterie, céramique, verre, textile et mobilier. De même, aux XIXe  et XXe siècles, les artistes décorateurs de l’Art nouveau, comme René Jules Lalique (1860-1945), les utilisent très largement. Enfin, au XXe  siècle, du surréalisme à l’Art Brut, les coquillages continuent à fasciner. 

Aujourd’hui encore, les artistes s’emparent tant des mythes – origine, sexualité – que de l’esthétique – formes, décor – liés aux coquillages, en les questionnant à travers une grande diversité de pratiques artistiques. De la vidéo à la sculpture, en passant par la photographie, le dessin, la lithographie et la peinture, le point commun de toutes les œuvres de  l’exposition est d’utiliser les coquillages – ou les crustacés – comme matière première, qu’elle soit physique ou intellectuelle. 

Plusieurs thématiques traversent le travail des artistes présentés. La notion du corps est abordée par ORLAN et Christelle Familiari. La récupération, de la collecte à l’assemblage, est une pratique inhérente aux artistes liés à l’Art Brut, comme Paul Amar, Pascal-Désir Maisonneuve et Hippolyte  Massé, mais se trouve également à l’œuvre chez Bill Woodrow. La culture populaire survient, détournée ou assimilée, chez Patrice Carré, Hervé Di Rosa, Sybille Parant, Bernadette Genée et Alain Le Borgne, tandis que les symboles de la culture savante sont subvertis par Dali, Man Ray et Gérard Collin-Thiébaut. Divers aspects scientifiques, du paysage à l’anthropomorphisme, sont présents chez Laëtitia Bourget, Paul-Armand Gette et Didier Trenet. Enfin, Françoise Quardon et Patrick Van Caeckenbergh s’intéressent à la transformation de l’espace, du décor à l’habitat. 

À cette production contemporaine s’ajoutent des objets ethnographiques – dont certains proviennent de la collection du musée – ainsi que des coquillages. Cet ensemble permet d’évoquer les questions de collection, d’utilisation des coquillages par les individus – usage dont se saisit l’artiste Mark Brusse –, ainsi que la pratique artisanale récente. En arrière plan, la culture populaire est également évoquée. Elle foisonne de références, de la chanson de Brigitte Bardot de 1967, aux « Crabes aux pinces d’or » d’Hergé, en passant par les bibelots des boutiques de souvenirs. Enfin, la projection de documentaires de Jean Painlevé constitue une ouverture à la culture scientifique. 

Ainsi, à travers la diversité des œuvres et des objets réunis, l’exposition tend à démontrer l’importance et la portée des coquillages et des crustacés, tant pour les peuples que pour l’histoire de l’art. 

L’exposition est réalisée en partenariat avec le Musée International des Arts Modestes (MIAM) de Sète et dans le cadre de l’année de « Brest capitale maritime de la biodiversité ». Musée des beaux-arts de Brest, mai 2010.

 

Dossier pédagogique Coquillages et crustacés. Musée des beaux-arts de Brest, mai 2010.

 

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Coquillage et sa symbolique

Posté par othoharmonie le 22 avril 2017

 

 

Symboliquement, le coquillage est lié aux organes de naissance et particulièrement à la vulve (le mot latin Concha, désigne les deux choses). 

En Inde, le Dieu Vishnou portait un coquillage, symbole de l’océan, du premier souffle de vie et du son originel. Celui-ci est en quelque sorte la figuration de sa Shakti, son énergie intérieure primordiale qui donne lieu à manifestation et qui conserve cette dernière. Liée de ce point de vue avec les cinq éléments, cette Shakti en est à l’origine en même temps qu’elle en est issue : mère et fille de la création et de la créature, elle s’identifie aussi aux eaux primordiales et, dans son mouvement de spirale, développe et involue le Moi dont elle est à la fois la source et le but. 

COQUILLES

Lié aux concepts de la conception et de la fécondité, le coquillage est un attribut de la déesse de l’Amour. La symbolique chrétienne écarta cet aspect, elle le considérait au contraire comme un symbole de la tombe qui avant la résurrection, enveloppe les corps de défunts. Il faut pourtant noter la parenté implicite qui demeurait ainsi entre les deux interprétations du coquillage, dans la mesure où le coquillage-tombe est le nouveau berceau d’où se lèvera le ressuscité et où la coquille de Vénus tenait à l’évidence le même rôle symbolique. Ces deux images renvoient à celle de la barque où l’on expose certains nouveau-nés marqués par le destin qui doivent naître une seconde fois à travers cette épreuve et à laquelle, systématiquement, l’on confie les mots pour leur voyage vers l’Au-delà. L’image de la fécondation du coquillage hermaphrodite, par la rosée tombée de ciel en fit aussi un symbole de la vierge. La coquille Saint-Jacques était l’emblème des pèlerinages effectués vers Saint- jacques de Compostelle, mais elle était également l’attribut des Saints, comme Saint Roch ou Saint Coloman ou L’archange Raphaël et en tant que compagnon de voyage de Tobie. 

Le bestiaire du Moyen Age dit que : « selon la volonté Divine, la nature a protégé la chair molle du coquillage au moyen d’une solide écorce, comparable au sein maternelle protecteur ». Dans le même registre symbolique, le Coquillage était la figure dans l’ancien Mexique du Dieu de la Lune. Il représentait aussi la matrice féminine, la naissance et en deçà et au-delà de celle-ci le royaume de la mort en ce que la mort n’est pas le pendant de la vie comme en Occident, mais le symétrique de la naissance : la venue au monde est la mort au royaume de l’âme et la disparition de ce monde est la naissance à l’Au- delà. D’où la chaine signifiant eau/mère et femme/ Lune/mort et renaissance, qui finit par renvoyer à la notion d’immortalité spirituelle et plus encore d’éternité, ce que l’on retrouve exactement dans la coquille d’escargot. 

Extrait de l’Encyclopédie des Symboles de « Michel Cazenave (livres de poche)

 

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Des coquillages symboliques chez les Néandertaliens

Posté par othoharmonie le 22 avril 2017

 

 

Coquillages perforés et colorés par des pigments témoigneraient de l’émergence d’une culture symbolique chez l’homme de Neandertal, longtemps considéré comme un cousin mal dégrossi.

 coquillages

La découverte de coquillages perforés et de traces de pigments sur un site occupé par des Néandertaliens dans le sud-est de l’Espagne, montrerait que ces anciens homininés utilisaient des ornements, bijoux et peut-être maquillage. Un usage symbolique associé à l’apparition des premières cultures humaines.

Différents bivalves –bucardes, spondyle, amandes, coquilles Saint-Jacques…- ont été mis au jour dans deux grottes de la province de Murcie, la Cueva de Aviones et la Cueva Antón, la première située à moins de 7 kilomètres de la mer (à l’époque de son utilisation), la seconde à 60 km à l’intérieur des terres. Datées d’il y a 50.000 ans (Paléolithique), soit environ 10.000 ans avant que l’homme moderne Homo sapiens s’installe en Europe, ces grottes -et ce qui s’y trouve- peuvent être attribuées sans ambigüité aux Néandertaliens, soulignent les chercheurs qui ont mené ces fouilles. 

Dans la Cueva Antón, l’anthropologue João Zilhão (Université de Bristol, GB) et ses collègues français, espagnols ou italiens, ont notamment découvert une coquille Saint-Jacques portant la trace d’une perforation et d’une coloration rouge (mélange d’hématite et de goethite (les analyses des pigments ont été réalisées par spectroscopie). 

Des coquilles de bucardes perforées au sommet (umbo) ou des coquilles de spondyles portant les traces de pigments ainsi que des échantillons de pigments jaunes (jarosite, sidérite) ou rouge (hématite, goethite) ont été découverts. Les pigments ne proviennent pas de l’environnement naturel de la grotte, précisent les chercheurs dans leur article publié par les Proceedings of the National Academy of Sciences, mais sont sans doute originaires du site de La Unión, éloigné de 3 à 5 km de la Cueva de los Aviones, exploité dès l’Antiquité pour l’argent, l’or et divers métaux.

Même si les coquilles de bucardes ont pu être naturellement perforées, leur présence dans ces grottes démontre qu’elles ont sélectionnées pour un usage symbolique, soulignent les chercheurs. Ils rapprochent cette découverte de celles des petits Nassarius d’Afrique du Nord, utilisés il y a 80.000 ans pour fabriquer des parures.

En France, les traces de culture néandertaliennes du Châtelperronien (de 35 000 à 30 000 ans avant notre ère) se mêlent à celles de l’occupation par Homo sapiens, brouillant les pistes. Les coquillages et les pigments de Murcie démontreraient que l’homme de Neandertal n’est pas qu’un imitateur et que la culture n’a pas attendu les premiers hommes modernes de l’Aurignacien pour émerger.

Cécile Dumas
Sciences-et-Avenir.com

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La Divination par les Coquillages

Posté par othoharmonie le 17 avril 2017

 

En Afrique, depuis des siècles, les coquillages sont un élément important de civilisation. Et les cauris « parlent » entre les doigts habiles du devin qui donne une consultation.

 Divination

 Origine des cauris

Les cauris ou Cypraea moneta, sont de petits coquillages importés des Îles Maldives. Ils ont constitué la plus ancienne monnaie chinoise connue. Leur nom vient du mot sanskrit kaparda oukapardika tranformé par les Anglais encauri ou cowri. Ils auraient été amenés par les Arabes sur les côtes orientales de l’Afrique. A Madagascar, l’art de la divination, qui se fait par des grains (sikidy) est également d’origine arabe.

 Eléments de géomancie

La géomancie (art de deviner l’avenir en jetant de la terre ou des cailloux au hasard d’après les figures qui en résultent) se fait notamment par les dés, les osselets, les noix de coco (en Polynésie). Selon la religion des Yoruba (des Afro-Brésiliens notamment) certains devins n’officient qu’avec des coquillages. A Cuba, selon cette même religion, les devins, outre les coquillages, se servent de noix coupées en deux.

Selon certains auteurs, la géomancie peut se rattacher à des cultes chthoniens (relatifs à la terre) en relation avec des rites de fertilité. Le nom donné par les Arabes à la géomancie Zarb el Ramisignifie littéralement « frapper le sable » et se rapporte à une opération rituelle d’ouverture de la « terre-mère ».    

Cori

 Utilisations des cauris en Afrique

Les cauris se prêtaient à plusieurs usages. Ils constituaient la monnaie en Afrique de l’Ouest, notamment à l’époque des grands empires du Ghana, du Mali et du Songhaï. Une certaine valeur religieuse amenait les prêtres animistes à confectionner des costumes entièrement ou en partie faits de cauris que revêtaient leurs porteurs de masques dans les manifestations cérémonielles, dans les bois sacrés. Des objets à caractère magique ou culturel, cornes, gris-gris, fétiches étaient sertis de cauris chez le guérisseur ou le sorcier. Ces objets et ces costumes couverts de cauris se rencontrent en Casamance chez les Diola et au Sénégal oriental chez les Bassari, là où la religion traditionnelle est encore vivace.

Sur le plan symbolique, les cauris sont fréquemment mis en relation avec le féminin. Leur forme étant associée à celle du sexe féminin, les cauris peuvent être utilisés lors de rites de fécondité.

 Pratique de divination

Dans les milieux islamisés, les cauris servent à prédire l’avenir. Le consultant se rend chez le devin qui lui présente d’abord quatre cauris. Le premier murmure tout bas ou pense seulement l’objet de sa visite et souffle ou crache sur les cauris. Le second peut demander à son client de les jeter ensuite. Selon la disposition des cauris, le devin se montre déjà capable, dès ce premier jet, d’augurer de bons ou mauvais résultats. Il peut répéter le geste avec les quatre cauris seuls avant de les mélanger avec les autres et de procéder au déchiffrement de leur message.

Dans chaque famille wolof, surtout dans les villes, des femmes pratiquent la divination par les cauris. Cet usage devient presque un passe-temps chez les femmes désœuvrées mais toujours avec un fond divinatoire.

À côté de cette catégorie se livrant plus à une activité ludique et distrayante, il existe de véritables cauristes professionnels. La plupart des consultations tournent autour de thèmes habituels, d’événements heureux ou malheureux, coutumiers ou autres : mariages, baptêmes, deuils, chance de recevoir de l’argent ou autres dons, voyages, état de concorde ou de désaccord.

 Deux cauristes du Sénégal

Nous avons rencontré à Dakar deux jeteuses de cauris. Elles se sont exprimées en wolof. Les entretiens ont été traduit par Ibrahim Chérif Baleï que nous tenons à remercier ici.

La première est une dame d’une soixantaine d’années qui habite la Médina. Elle nous reçoit un vendredi, et ce jour étant celui des prières, elle ne sortira pas les cauris. Tout en vaquant à ses occupations, elle nous explique qu’elle est sérère. Elle est née aux alentours de Joal – centre d’une région principalement habitée par cette ethnie. Son mari est de parents lébou et sérère. Après leur mariage, ils se sont installés à Dakar. Elle pratique la voyance depuis l’âge de 25 ans environ et nous explique qu’on ne peut faire ce métier trop jeune. Il faut avoir une certaine maturité. Sa mère et sa grand-mère étaient elles-mêmes jeteuses de cauris.

C’est Dieu qui lui a donné le don. Les cauris ne suffisent pas à prédire l’avenir. Il faut avoir quelque chose en soit de profond que seul Dieu peut donner, nous dit-elle. Manifestement, l’aspect spirituel et religieux est très important pour les cauristes qui s’estiment dotés d’un pouvoir divin.

C’est le cas de Neïbaï, une dame d’une cinquantaine d’années qui habite Thies et que nous avons rencontrée à Dakar. Magnifique dans son boubou orangé, c’est une dame avenante qui aime parler de sa vie et de son travail. Elle est wolof. Ses parents n’étaient pas jeteurs de cauris mais son grand-père l’était. Elle a commencé la voyance à 18 ans. Elle s’est aperçue qu’elle avait un don lorsqu’elle s’est amusée à prédire l’avenir à des amis autour d’elle.

La voyance se fait avec douze cauris au minimum. Neïbaï en utilise trois de plus. Elle n’a jamais utilisé d’autre support que les cauris (comme le sable ou le Coran). Elle les jette autant de fois qu’elle souhaite visualiser quelque chose et le plus souvent, à l’arrivée, il y a un cauri qui se détache de tous les autres et qui désigne le « client ».

Elle nous explique que lorsqu’elle « voit » de mauvaises nouvelles, elle ne le dit pas directement à son interlocuteur mais lui suggère de faire des sacrifices (tuer un poulet blanc, donner quelques pièces à des jumeaux…).

Elle m’a prédit la réussite sociale, l’argent et le mariage !

 Bibliographie

  • Encyclopédie Universalis, 1998
  • Magazine Afrique histoire, n°10/1984, Dakar, 1984, pp. 27 à 32
  • Revue Ethiopiques, n°15, Dakar, 1978, pp. 24 à 35
  • Revue Notes africaines, éd. I.F.A.N., Dakar, 1984, notamment l’article de Amar Samb : Les systèmes de divination en Afrique noire.

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La coquille saint Jacques et sa Grande Histoire

Posté par othoharmonie le 15 avril 2017

 

 

C’est une belle légende qui va naître au moyen-âge. Toutefois, la coquille saint Jacques que les jacquets ramenaient des cotes de la Galice, comme preuve de leur périple, n’est qu’un emblème que les chrétiens fixèrent sur un symbole bien plus ancien puisque de toute éternité, comme tout symbole d’ailleurs. Car le symbole, en tant que signifiant, véhicule du savoir fondamental de la Tradition Primordiale, exprime un signifié immuable et permanent. 

Dès l’époque secondaire, ces mollusques construisaient leur coquille en suivant les leçons de géométrie transcendante. Le mot coquille est issu du latin vulgaire conchilia pris du latin classique conchylium, coquillage. Ce mot est emprunté au grec de même sens konkhulion diminutif de konkhê (conque, d’où Conques…) et croisé avec le latin coccum (coque).  

coquile st jacques

L’étymologie n’aura pas fini de nous révéler d’autres secrets de cet hermaphrodite aux allures si féminines. En effet, Aphrodite est le nom de la déesse grecque connue des romains sous le nom de Vénus, déesse de l’amour et de la beauté, bien évidemment. Plusieurs peintres, dont Corelli et Botticelli, ont été inspirés par cette Vénus et nous ont légué des tableaux représentant la naissance d’une Vénus, sortant nue et vierge d’une coquille, ou bien tenant une coquille. La coquille signifiait donc virginité, beauté et amour. Ceci pour les significations étymologiques, mythologiques et symboliques de la coquille, avant que ces millions de pèlerins ne se rendent à cet occident de la terre, à Fisterra. Au début de ces grandes migrations, les pèlerins se contentèrent de ramasser quelques coquillages qu’ils trouvaient sur la plage et qu’ils ramenaient chez eux comme souvenir. Car depuis l’Antiquité on portait des coquillages pour se préserver de la sorcellerie, du mauvais sort et de toutes sortes de maladies. L’iconographie chrétienne de la coquille n’apparaît que bien plus tard,  avec le culte voué à saint Jacques en ce début du Moyen Âge. Sans doute pour des raisons symboliques, la coquille s’est imposée comme attribut de l’apôtre et a donc pris le nom de saint Jacques. Petit à petit, cousue sur le chapeau, sur le sac ou sur le manteau, elle va devenir l’emblème, non seulement des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, mais progressivement de tous les pèlerins. En plus de son pouvoir protecteur, elle permettait de se distinguer des autres voyageurs, de boire dans les fontaines ou de demander l’aumône car à la vue de la coquille, la charité devient devoir. C’est ainsi que depuis, les pèlerins placent leur voyage sous le signe de ce symbole.

 coquille st jacques

Le « Veneranda dies », sermon extrait du Codex Calixtinus

confère une légitimité à ce symbole et le codifie en précisant que les deux valves du coquillage représentent les deux préceptes de l’amour du prochain auxquels celui qui les porte doit conforter sa vie, à savoir aimer Dieu plus que tout et son prochain comme soi-même. Et nous voici ramenés à la notion d’Amour déjà signifiée par la coquille dans la mythologie. 

Et en s’appuyant sur le premier épître de Jean (1Jn 4,16) « Dieu est Amour et celui qui demeure dans l’Amour demeure en Dieu, et Dieu en lui » ce sermon précise que cet Amour de Dieu n’est pas seulement une idée ou une espérance, mais que, dans la foi, il est une   rencontre avec ce Dieu qui nous a aimés le premier et nous permet de répondre à l’Amour divin. Car l’Amour est une énergie. Nous pouvons même dire qu’il est l’Energie Une,  celle qui n’est pas limitée par l’ego, celle dont découlent toutes les autres. C’est l’agapè, terme grec qui exprime l’Amour infini de Dieu, l’Amour gratuit, traduit en latin par caritas, qui est devenu charité, celle qui conduit à la plénitude. Certes, le pèlerin ignorait peut être tout ce développement du symbolisme de la coquille qu’il arborait sur ses vêtements. Mais le Chemin, au fil des jours et des rencontres le lui rappelait résolument et , presque à son insu, il aimera son prochain comme soi-même, en application du commandement le plus important.(Mc, 12,31) et sous l’influence bénéfique de la coquille. 

La coquille saint Jacques est aussi appelée Mérelle ou Mérelle de Compostelle. Mérelle signifie Mère de la Lumière. Elle évoque les eaux, c’est-à-dire la fécondité, l’énergie qui renferme quelque chose de délicat, de précieux. La perle est un trésor identique au grain de sénevé, à la pierre philosophale; symbole essentiel de la féminité créatrice. Cachée dans sa coquille, la perle est Connaissance nécessitant effort et persévérance. La perle a un caractère noble, dérivé de sa sacralité. C’est pourquoi elle orne la couronne des rois ; elle signifie le mystère du Soi rendu sensible. Elle joue un rôle de centre, lorsque les instincts sont maîtrisés : il s’agit de spiritualiser la matière, le corps, de transfigurer les éléments grâce à l’introversion de l’énergie, à la concentration que la perle cachée, puis découverte, représente justement. Nous sommes maintenant plongés dans un vocabulaire et un environnement alchimique, où Mérelle sert à désigner le principe Mercure, appelé encore Voyageur ou Pèlerin, ou encore « l’eau benoîte » des Philosophes. 

Car le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle est celui de la quête de l’intériorité, de cette perle précieuse comme l’est la démarche alchimique. Cette quête prend son départ en nous, tel que nous sommes (notre matière première) et nous conduit de dépouillement en dépouillement, de révélation en révélation, jusqu’à notre centre, source d’une vie nouvelle. Un guide intérieur, en qui nous mettons toute notre confiance, nous accompagne dans ce voyage, il est symbolisé par saint Jacques. Et, en arrivant à Compostelle, la coquille portée au chapeau, se transforme en astre éclatant, en auréole de lumière, car le premier but de transformation de la conscience est atteint. L’Adepte sait lire le Grand Livre de la Nature. L’étoile qui lui a servi de guide tout le long du parcours, maintenant illumine son esprit. Il peut la traverser et se rendre à Fisterra et, devant l’infini de l’océan, se préparer à la rencontre de l’Absolu. 

LES POUVOIRS DE LA COQUILLE ST JACQUES : http://devantsoi.forumgratuit.org/t236-comment-elever-son-taux-vibratoire-avec-des-coquilles-saint-jacques?highlight=SR+JACQUES

 

 coquille st jacques  animée

Le Logo. 

Le logo européen a été établi par les graphistes espagnols Macua et Garcia-Ramos à la  demande du Conseil de l’Europe. Nous connaissons tous cet emblème jaune sur fond bleu servant de balisage sur les chemins de saint Jacques. Nous étions tous, un jour très heureux de le revoir, nous croyant perdus sur le Chemin. Que signifie-t-il exactement?

Nous pouvons lui trouver quatre niveaux de lecture différents : 

1 – C’est l’emblème traditionnel des pèlerinages vers Saint Jacques. La représentation stylisée de la coquille saint Jacques dont nous venons d’évoquer le symbolisme. 

2 – L’idée de convergence des chemins. Une représentation symbolique de l’ensemble des chemins de saint Jacques en Europe qui convergent tous vers cet unique point, situé dans la partie la plus occidentale de l’Espagne. 

3 – Ce logo transmet également cette notion de dynamique des mouvements vers l’Ouest, de cette transhumance occidentale qui existe depuis l’aube de l’humanité, représentant en ceci la poursuite de la course de l’astre solaire, symbole primitif de la divinité. 

4 – Mais le quatrième niveau de lecture est certainement le plus intéressant, car le plus ésotérique. Ce logo est obtenu à partir d’un cercle. Un cercle s’appréhende par une lecture double: il est ce que l’on voit, c’est-à-dire une forme pleine, homogène et statique, parfaitement fermée sur soi. Mais il est tout autant ce qui ne se voit pas : un vide, un abîme cachant en soi un chemin invisible, principe de toute ouverture. Il est donc l’intermédiaire nécessaire entre le visible et l’invisible. Il est au delà de la frontière qui existe entre le créé et l’incréé. Atteindre le centre du cercle c’est rejoindre l’origine et la fin, l’ α et l’ ω; c’est donc se libérer définitivement de sa situation terrestre et matérielle, c’est la finalité de toute initiation. Comme nous le savons tous, le cercle est composé d’un centre (qui vient d’être évoqué dans le chapitre précédent) et d’une circonférence. Celle-ci est divisée en douze parties égales. (Douze mois, douze apôtres, douze signes du zodiaque, deux fois douze heures, etc.) Le point ainsi obtenu et situé le plus à gauche, à l’occident, est le point d’où tout émane et où tout converge : le Principe. Les deux points immédiatement adjacents sont reliés entre eux. Ainsi ils ne convergent pas vers le point focal, mais forment avec lui une trinité, la transcendance du ternaire. Les neuf autres points convergent vers le point focal, le Principe, et forment ainsi l’image d’une coquille symbolique. Ces neufs rayons qui irradient représentent les neuf degrés d’émanation du Principe, ils sont donc porteurs des neufs noms de Dieu, ceux que Dieu donna à Moïse sur le mont Sinaï. Ils représentent aussi les neuf niveaux de la hiérarchie angélique. Il résulte de ce schéma que nous avons désormais un moyen d’appréhender le Dieu incognicible par le biais de ses degrés d’émanations successifs et ses intermédiaires. 

Le Deus Absconditus ne se cache plus, mais se révèle à l’aide de ces neuf rayons, dans une nuit obscure, nous indiquant ainsi, à tous, la voie du retour, celle qui nous fait passer du multiple à l’Unité, celle qui nous replacera dans notre état primordial, celui de la Connaissance, quand nous étions nous même Dieu. 

Ecrit par Gilbert Buecher

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Coquillages, l’or des mers

Posté par othoharmonie le 15 avril 2017

 

Les coquillages servent encore de monnaie dans plusieurs régions du monde. Au-delà de leur valeur d’échange, ils ont surtout une signification symbolique et sociale.

Un jour, sur une plage, des hommes ont ramassé des coquillages. Sans doute les ont-ils trouvés beaux. Ils se sont mis à les échanger contre des marchandises. Avec l’évolution des sociétés néolithiques, passant du troc aux transactions monétaires, ils ont choisi des coquillages et en ont fait une monnaie. Pourquoi ? Probablement parce qu’il s’agissait d’un matériau aisément transportable, suffisamment rare pour avoir de la valeur dès lors qu’il était utilisé loin des rivages, plus facile à conserver et à échanger que d’autres objets naturels ou fabriqués.

COQUILLAGE

La monnaie telle que nous la connaissons, faite de pièces de métal, a vraisemblablement été inventée au VIIe siècle avant notre ère par des Grecs d’Asie mineure. Mais les échanges de valeurs ont commencé des siècles auparavant, sous forme de monnaies dites aujourd’hui primitives. Par exemple, le sel a longtemps constitué un étalon de valeur et un moyen de paiement de l’Europe à la Chine, en passant par l’Afrique. Les coquillages constituaient un autre moyen de paiement répandu. Cependant, ainsi que l’ont révélé des anthropologues tels Marcel Mauss, Maurice Godelier et, plus récemment, Francis Dupuy, les monnaies coquillages, plus que d’autres monnaies primitives, ont une spécificité : leur acquisition et leur usage sont codifiés par l’organisation de la société ; elles sont souvent utilisées pour des rituels et pour renforcer les relations sociales, à l’occasion d’un mariage par exemple, pour dédommager une victime ou élever le rang social de ceux qui les possèdent. Ainsi, leur fonction symbolique l’emporte souvent sur leur valeur monétaire, qui tient à leur rareté et à la difficulté de tailler le coquillage pour obtenir l’objet recherché. Avant d’examiner cette fonction symbolique, revenons sur l’étonnante diversité des monnaies coquillages et de leurs usages de par le monde. On les rencontre aussi bien en Afrique qu’en Amérique ou en Océanie.

La pêche des porcelaines

Le cas le plus connu est celui de deux espèces de porcelaine, les cauris, utilisées en Chine il y a plus de 4 000 ans : la porcelaine monnaie (Cypraea moneta) et la porcelaine anneau d’or (Cypraea annulus). Les cauris (voir la figure 2) servaient encore de monnaie, dans l’Empire du Milieu, à l’époque de Marco Polo, au début du XIVe siècle. Initialement, il s’agissait de coquillages bruts. Puis, pour éviter de les faire venir de régions trop éloignées, les Chinois en firent des imitations de plus en plus simplifiées, en utilisant de l’os, du métal, de la terre cuite ou de l’ivoire. De cette époque, il reste en Chine l’idéogramme du mot « acheter », qui s’inspire de l’apparence du cauri.

Les cauris circulaient aussi en Inde, au Cambodge, en Thaïlande et en Birmanie il y a 2 000 ans. Au Bengale, ils ont perduré jusqu’au XXe siècle. Pendant longtemps, les cauris qui inondaient le monde étaient pêchés aux Maldives et dans l’archipel de Laccadive, au Sud-Ouest de l’Inde. Leur nom est d’ailleurs issu du terme hindou kauri.

En Afrique de l’Ouest et dans une partie de l’Afrique centrale, les populations utilisaient également les cauris. Des marchands arabes les transportaient par bateau (s’en servant de lest) jusqu’en Afrique du Nord. Puis des caravanes, traversant le Sahara, prenaient le relais. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, les cauris furent la monnaie coquillage la plus courante du Sénégal à l’Ouganda et du Sahel au golfe de Guinée. Seuls le Nord et le Sud de l’Afrique ignoraient leur usage. Des monnaies secondaires étaient aussi échangées. Par exemple, les Bantu du royaume du Congo utilisaient comme monnaie une petite olive(Olivancillaria nana), sous le nom de Nzimbu. La tribu Batatela taillait de petits disques, les Musanga, dans des coquilles de grands escargots..

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