Rêver de cervidés

Posté par othoharmonie le 27 février 2017

reverREVER de CHEVREUIL


Rêver de voir un chevreuil en liberté :
Il ne faut pas effaroucher par une maladresse ce qui fait le bonheur.

Rêver de voir un chevreuil apprivoisé :
Des enfants seront une source de joie.

Rêver de voir un chevreuil que l’on tire ou tue à la chasse :
 Une liaison d’amour sera troublée par une grande souffrance.

Rêver de voir un chevreuil mort dans un magasin de gibier :
Succès matériel.

Rêver de voir un chevreuil mâle :
Mise en garde contre une grosse sottise.

Rêver de se voir préparer un rôti de chevreuil :
Gain inattendu.

Rêver de préparer ou de manger du chevreuil:
On sera invité par des gens de marque ou recevra des gens de marque.

le voir dans un pré : vous passerez de bons moments pleins de gaieté

le tuer : vous n’attribuez aucune valeur à ce que vous avez ; vous agissez avant de penser. 

 cervidés

Rêver de Renne

Rêver de renne annonce un guide spirituel.
Rêver de renne signifie, encore un peu de patience, le bonheur est pour bientôt.

Chiffres de chance associés au rêve de renne:
Si vous rêvez de renne vous pouvez vous jouer ces chiffres: 11.44 

Interprétation du rêve n° 1 pour rêver de Renne :

Le rêve de renne est l’emblème du bonheur et de la réussite.
Le renne symbolise la chance dans les affaires et en amour.
Le rêve de renne peut aussi être symbole de loyauté.
Le renne peut aussi faire référence à noël.
Dans le rêve de renne, indique un avenir prometteur.

Interprétation du rêve n° 2 pour rêver de Renne :

Le rêve de renne indique l’arrivée d’évènements prometteurs dans votre vie.
Par contre, chassé un renne: présage une période de chagrin et de déception en amour.
Le renne peut aussi être l’emblème de la naissance. 

Si vous rêvez de renne, la chance est avec vous, puisque la chance est avec vous, vous allez pouvoir expérimenter votre chance en jouant au jeu de hasard, ou en faisant des paris. Espérons que cette chance vous sourira plus dans ces domaines.
En rêvant de renne, vous allez avoir un bon avenir, tout ce que vous entreprendrez ce que soit aussi bien dans le milieu professionnel ou relationnel, vous le gagnerez en faisant beaucoup d’effort.

Si vous rêvez de renne, vous allez pouvoir être en paix, le bonheur frappera à votre porte.

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Le caribou et l’homme

Posté par othoharmonie le 27 février 2017

 

Caribou, le compagnon de l’homme dans le grand nord

Des peintures préhistoriques au traîneau du Père Noël, le renne et le caribou ont une place de choix dans l’imaginaire des peuples chasseurs du Grand Nord comme dans celui des enfants occidentaux. L’exploitation des richesses du sous-sol arctique et les erreurs de l’homme empêcheront-elles ces animaux de survivre ?

caribou homme

L’élevage du renne

L’instinct grégaire du renne a sans doute facilité sa domestication et la formation de grands troupeaux vivant en semi-liberté sur d’immenses territoires. Le renne est assez puissant pour servir d’animal de trait. Les Saami (Lapons) se nourrissent de sa viande et utilisent sa fourrure pour confectionner de chauds vêtements. Son lait, très riche, est particulièrement recherché par les peuplades du Nord, dans des régions où le climat interdit l’élevage des bovins.

Il existe plusieurs degrés dans la domestication, depuis les animaux gardés à l’étable pour la monte ou l’attelage, jusqu’aux vastes troupeaux qui voient l’homme une fois l’an, lors des regroupements pour l’abattage ou le marquage des jeunes.

Utilisé comme moyen de transport dans le nord de la Sibérie et de la Russie européenne, le renne est également élevé pour sa viande et sa fourrure en Russie, en Finlande, en Norvège et en Suède. Ces élevages jouent un rôle économique non négligeable pour les pays qui possèdent de grands troupeaux de rennes domestiques.

Les caribous victimes des erreurs de l’homme

Si certaines populations de caribous ont encore des effectifs importants, d’autres populations et sous-espèces sont menacées. Les délicats paramètres écologiques qui ont façonné ces troupeaux naturels depuis le début de l’ère quaternaire sont maintenant perturbés par des faits technologiques comme la construction d’oléoducs ou de gazoducs et, de façon générale, l’exploitation industrielle des régions arctiques, ainsi que la chasse.

Depuis le début du xxe siècle, la chasse avec des fusils de plus en plus performants a considérablement réduit les effectifs des grands troupeaux d’autrefois, et contribué de façon importante au déclin de plusieurs populations des régions arctiques canadiennes, telle celle de caribous de la toundra de la rivière Porcupine, qui est passée de 178 000 individus recensés à 1989 à 123 000 en 2001. Pour éviter de nouvelles hécatombes, certains troupeaux sont protégés. La chasse y est interdite ou limitée aux besoins locaux. Ainsi les Inuits ont-ils réduit les prises effectuées sur le caribou de Peary, sous-espèce en voie de disparition.

Les populations de caribous sont également affectées par les activités humaines industrielles. Un exemple marquant est un événement survenu à la fin des années 1970 dans l’Est canadien : des milliers de caribous en migration sont morts noyés par les eaux d’un barrage hydroélectrique relâchées brutalement dans le fleuve que le troupeau traversait. Il aurait suffi de différer cette manœuvre pour éviter un accident déplorable. Cela prouve aussi qu’une gestion correcte de la faune est impossible sans concertation.

Les incidences humaines sur ces ongulés –  de même que sur toute la faune et la flore sauvages – peut également être indirecte. Ainsi, après l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl en 1986, les retombées radioactives de l’explosion ont été absorbées par les lichens de Scandinavie, qui ont agi comme des concentrateurs de pollution radioactive. Les rennes, en s’en nourrissant, ont accumulé les radionucléides dans leurs tissus. Impropres à la consommation, des milliers d’entre eux ont dû être abattus par les autorités. Mais les effets de ce type de pollutions se ressentent aussi à long terme sur les populations touchées ; des études menées dans les années 1990 ont ainsi montré des anomalies chromosomiques chez les jeunes rennes vivant dans des zones ayant été exposées aux retombées radioactives.

Les caribous souffrent également du réchauffement climatique qui, notamment, modifie le couvert végétal et entraîne une augmentation des précipitations de neige – affectant donc les ressources alimentaires des caribous mais aussi l’accessibilité à ces dernières –, et a des incidences sur les populations d’insectes des régions où ils vivent (densités, époque d’apparition, etc.).

Des oléoducs sur les chemins migratoires

Le sous-sol de l’Arctique est riche en pétrole, désormais exploitable – et exploité – grâce au développement de nouveaux moyens technologiques. Entre les sites de forage au nord et les ports pétroliers au sud, on construit des oléoducs, longs de centaines de kilomètres. Pour que de telles structures gênent le moins possible les migrations de la grande faune terrestre, les canalisations ont été alternativement enterrées et surélevées d’environ 3 m au-dessus du sol afin de ménager plusieurs passages. Des études sur l’impact de ces structures sur les caribous ont été effectuées. L’une d’elles, menée sur l’impact d’un oléoduc de 1 400 km de long terminé en 1970, a montré que les élans, qui se déplacent aussi de façon saisonnière, acceptent  les obstacles : seuls 14 individus sur 1 082 (soit 1,38 %) ont refusé de les franchir. Mais la migration du troupeau de caribous de Grant, habitant la toundra de l’Alaska, a été très perturbée. Les mâles sont passés, mais pas les jeunes ni les femelles, et les animaux se sont trouvés séparés.

En revanche, le troupeau de Nelchina, habitant aussi l’Alaska, mais en forêt, n’a pas modifié ses habitudes. Quatre individus seulement sur 7 900 animaux ont refusé de traverser. Les autres sont passés sous l’oléoduc, surélevé de 2,40 m, ou par-dessus, là où il était enterré.

Lorsqu’il n’y a pas de route le long de l’oléoduc et que les activités humaines ne sont pas trop intenses, les chances de passage des animaux restent élevées. Mais, quand les pistes et les routes d’accès sont très fréquentées, les caribous restent à distance et n’effectuent pas leur migration. Les populations sont alors sérieusement en danger.

Caribou

Des rennes introduits en Amérique

Entre 1891 et 1902, pour enrayer la disparition du caribou et transformer les Amérindiens en fermiers, 280 rennes européens domestiqués ont été introduits en Alaska. En 1930, ils étaient 600 000. Puis l’effectif a chuté à 252 000 en 1937, à 155 000 en 1941, et enfin à 26 700 en 1952, à cause d’une mauvaise gestion des troupeaux et d’un surpâturage excessif des lichens, qui ont fait mourir de faim de nombreux herbivores, dont les rennes et les caribous.

Un autre cas frappant est fourni par l’île Saint-Mathieu, dans la mer de Béring. En 1944, 29 rennes sont importés sur cette petite île de 332 km2. Ils prospèrent si bien qu’on en compte 6 000 en 1963. Au printemps 1964 pourtant, il ne reste plus que 42 animaux. Tous les autres sont morts d’inanition en raison de la destruction des lichens, totalement arasés par un troupeau trop important. L’île, en fait, aurait probablement pu supporté 6 rennes au km2. Or, en 1963, on en compte 3 fois plus. Le froid très rigoureux de l’hiver 1963-1964 a fait le reste.

Toutes les expériences d’introduction du renne n’ont toutefois pas été aussi dramatiques, comme en témoigne l’histoire du troupeau de Bahr. En décembre 1929, sous la conduite d’Andrew Bahr, un pâtre lapon, un troupeau de 3 450 rennes originaires de Sibérie part d’Alaska pour se rendre dans l’État du Mackenzie (Canada). La longue marche des ongulés, sur 2 254 km de versants montagneux et de toundra, constitue l’une des épopées les plus fameuses de l’histoire du Grand Nord. En mars 1935, 2 382 rennes arrivèrent à destination, à proximité de la ville d’Inuvik. De nombreux animaux avaient succombé, victimes des prédateurs ou du climat, certains s’étaient égarés, mais d’autres étaient nés.

Une longue histoire commune avec l’homme

Les relations entre le caribou et l’espèce humaine existent dès l’arrivée de cette dernière sur le continent américain. Depuis cette lointaine époque, le caribou est chassé par les peuples amérindiens du Grand Nord et par les Inuits. Dans le Yukon (Canada), des traces de chasse au caribou datant de 13 000 ans ont été mises au jour.

Une chasse excessive a sans doute été le facteur essentiel ayant entraîné la disparition de plusieurs populations ou sous-espèces de caribous. Ainsi, la population de caribou des bois de l’île du Prince-Édouard a-t-elle disparu au cours de la seconde moitié du xixe siècle, tandis que le caribou de Dawson, ou caribou des îles de la Reine-Charlotte, sous-espèce endémique de l’île Graham, en Colombie-Britannique, s’est éteinte au début du xxe siècle. Aujourd’hui, la poursuite en hélicoptère ou en scooter des neiges ne laisse aucune chance aux animaux visés. Les caribous de la toundra, les plus accessibles, sont les plus menacés.

En Eurasie, l’histoire des rennes et celle des hommes sont étroitement mêlées depuis les périodes glaciaires. On a retrouvé en Europe des restes de rennes fossilisés associés avec des vestiges de culture humaine datant de l’époque acheuléenne, au début du paléolithique, il y a quelque 3 millions d’années. Au paléolithique supérieur, le renne est apparemment l’une des espèces animales les plus recherchées par l’homme. De splendides peintures rupestres, notamment celles d’Altamira et de Lascaux, évoquent les chasses aux rennes que pratique l’homme de Cro-Magnon, il y a 17 000 ou 18 000 ans.  

Le renne est très doux et s’habitue facilement à l’homme. Il n’est donc pas étonnant que les populations humaines des terres glacées aient choisi de le domestiquer de préférence à d’autres espèces. Les Saami de Scandinavie (Lapons) auraient domestiqué les rennes il y a déjà plusieurs
centaines d’années.
 

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Tous les caribous portent des bois

Posté par othoharmonie le 24 février 2017

 

Contrairement aux autres cervidés, les caribous des deux sexes portent des bois. Toutefois, dans quelques groupes canadiens, des femelles en sont dépourvues. C’est en automne, lors des amours, que la ramure est le plus développée. Son envergure peut dépasser 1,50 m chez un mâle adulte. Chaque animal possède une ramure originale qui le distingue de ses congénères. Les bois tombent une fois l’an. Les mâles reproducteurs sont les premiers à les perdre, à la fin du rut. Ils ne repousseront que début mars. Parfois, un mâle adulte perd ses bois pendant la saison du rut. Dans ce cas, il ne s’accouplera pas, mais refera sa réserve de graisse. Les femelles gestantes gardent généralement les leurs jusqu’au début du printemps, au moment où naissent les jeunes. Ainsi, chez les femelles, les bois tombent après la mise-bas, et leur repousse est immédiate.

Pendant la repousse, les bois sont recouverts d’une sorte de peau très vascularisée appelée velours. Puis ce tissu se dessèche et tombe par lambeaux. Le caribou s’en débarrasse en se frottant contre les arbres. En quelques semaines, une nouvelle ramure est en place. Les bois des femelles sont plus simples, ou bien ressemblent à ceux des mâles, mais en plus petits.

Quand les caribous se déplacent, ils font entendre un cliquetis audible à plus de 100 m du troupeau, sans doute dû au claquement des tendons sur les os sésamoïdes, situés au niveau des phalanges.

Les caribous se nourrissent en marchant tête baissée et peuvent parcourir ainsi jusqu’à 7 km à l’heure, franchissant avec aisance des névés et escaladant des glaciers pentus, en creusant des marches dans la glace avec leurs sabots antérieurs. En marchant, les caribous marquent le sol de leur odeur (glande interdigitale) ; en se frottant la tête contre les troncs d’arbre, ils déposent la sécrétion de leur glande préorbitale. C’est aussi cette glande que la femelle frotte contre le corps de son jeune faon pour que celui-ci porte son odeur. Elle peut ainsi le retrouver facilement dans le troupeau. La glande tarsienne produit une sécrétion odorante qui attire les femelles. Les mâles urinent sur leurs pattes postérieures pour en augmenter l’odeur.

Caribou

Milieu naturel du Caribou

Les caribous nord-américains vivent essentiellement dans la toundra et dans la taïga ; plus au sud, ils fréquentent aussi les régions montagneuses. Tout à fait au nord, dans le haut Arctique ou désert polaire, vit le caribou de Peary, qui se contente d’une végétation maigre et éparse. En bordure de ce désert, s’étend la toundra. Immense plaine désolée couverte de neige tassée par les vents durant le long hiver, où poussent de rares bouleaux nains et des saules buissonnants, c’est le domaine des caribous de la toundra et de ceux de Grant, qui se nourrissent surtout de lichens. Le sol caillouteux y est gelé en profondeur toute l’année. Les mousses et les carex dominent en plaine alors qu’en zone montagneuse on rencontre plutôt des saules et des aulnes. Au printemps et en été, à la fonte des neiges, les plantes vivaces réapparaissent et les caribous profitent et de leurs tiges et feuilles et des baies. Puis, en descendant vers le sud, la toundra laisse place à la taïga, limite des grands arbres et domaine des caribous des bois. Cette forêt au sol pauvre est parsemée de marais et de tourbières. Comme dans la toundra, ce sont les champignons qui permettent la lente décomposition des feuilles et aiguilles qui tombent sur le sol gelé.

On peut distinguer quatre types écologiques de caribous :  les caribous des bois vivant dans les zones boisées de plaine, ceux des zones boisées de montagne, ceux de la toundra et ceux du désert polaire. De l’Alaska (domaine du caribou de Grant) à Terre-Neuve (où vit le caribou des bois), les écarts climatiques, géologiques et topographiques, entraînent des différences dans la couverture végétale, mais un point commun subsiste : la présence de
lichens, arboricoles ou terrestres.

À l’est vivent les caribous des bois de plaine. C’est la taïga, occupée par la forêt boréale canadienne composée d’épicéas noirs et blancs, de sapins, de bouleaux à papier (Betula papyrifera) et de lichens arboricoles et terrestres. Vers l’ouest, l’habitat typique du caribou des bois est plutôt montagneux. En été et en automne, les animaux vivent au-dessus de la limite des arbres, c’est-à-dire à plus de 2 000 m d’altitude. Ils redescendent dans les plaines et les forêts semi-ouvertes lorsque la couche de neige devient trop importante en altitude.

En Scandinavie et en Russie, les rennes vivent dans les mêmes habitats que les caribous, depuis les déserts arctiques jusqu’aux zones montagneuses de la taïga. Ils se sont adaptés à plusieurs écosystèmes et sont présents depuis Ellesmere, au nord (84° N.), jusqu’à Sakhaline, au sud (46° N.).

Dans la neige neuf mois par an

CARIBOU2Les caribous subissent un climat caractérisé par des hivers longs et froids, pendant lesquels la température peut descendre à – 40 °C, et par des étés frais. De faibles précipitations tombent sous forme de neige, qui peut recouvrir le sol durant sept à neuf mois. Dans certaines régions, la couche atteint souvent 50 cm d’épaisseur, mais elle peut être beaucoup plus épaisse encore dans la toundra et le désert arctique. 

La mortalité des caribous est élevée à l’époque des avalanches printanières en montagne, ou lorsque la neige glacée les empêche de creuser pour trouver leur nourriture. Toutefois, l’allongement des jours en été et l’intense radiation solaire, caractéristique en altitude et sous ces latitudes, compensent la rigueur du climat et la courte durée de la vie végétative. La qualité de la luminosité favorise la croissance accélérée des plantes à la belle saison. Beaucoup de végétaux restent verts toute l’année. À cela, s’ajoute la présence des lichens sauveurs. C’est suffisant pour que les caribous survivent dans cet environnement hostile.

Prédateurs et compétiteurs

Le loup est le prédateur naturel du caribou. Cependant, les populations de loups ayant été réduites dans de nombreuses régions, le lynx canadien et le grizzli sont devenus les principaux prédateurs des caribous. Le coyote, le glouton, le renard roux, l’ours noir ou baribal, le lynx roux et même l’aigle doré se nourrissent à l’occasion de caribous, en particulier de nouveau-nés et  d’animaux affaiblis par l’âge ou la maladie. Certains charognards profitent des cadavres de caribous. Tel est le cas des ours polaires, des renards arctiques, de certains oiseaux comme les mouettes et les labbes, mais aussi des coyotes, carnivores très opportunistes.

D’autres espèces animales partagent la maigre végétation de ces régions avec les caribous. Ce sont les bœufs musqués, les lemmings, les lièvres variables et les lièvres arctiques. Certains, comme les lemmings, rongent avec avidité les bois des caribous lorsqu’ils tombent. Cette source non négligeable de calcium pour divers animaux l’est aussi pour les caribous
eux-mêmes qui les consomment.

Une mouche, ennemie féroce

caribou 1L’un des ennemis les plus acharnés du caribou, et qui influe énormément sur son mode de vie, est une mouche, l’œstre (famille des œstridés), qui attaque les animaux et se loge dans leurs narines. Cet insecte ressemble à un gros bourdon. Le bruit qu’il fait en volant affole les caribous qui se mettent à courir en tous sens et se réfugient dans la forêt. À l’exception des caribous de Peary, qui vivent le plus au nord, la plupart des animaux sont parasités par cette mouche, qui peut leur être fatale. C’est en été que les œstres sont les plus nombreux et perturbent les troupeaux, surtout dans la journée, laissant quelque répit aux ongulés pendant les heures les plus fraîches de la soirée. En cette saison, les caribous se séparent, vivant en petits groupes dans l’espoir de détourner l’attention des insectes. Ils essaient de décourager leurs attaques en restant immobiles, le museau près du sol. Mais cette attitude « anti-mouches » n’empêche pas les insectes de pondre.

Certaines espèces d’œstres pondent sous la peau des mammifères. Les œufs se développent en larves, puis perforent la peau des caribous avant de tomber sur le sol où elles se métamorphosent en mouches adultes. Les larves mesurent jusqu’à 25 cm de long. D’autres espèces envahissent les cavités nasales des caribous pour y déposer leurs œufs. Le développement des larves d’œstre provoque sans aucun doute de grandes souffrances chez les caribous, qu’il rend comme fous. Il est difficile d’estimer le nombre d’animaux qui périssent des suites d’une infestation par les œstres.

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Le Caribou des bois

Posté par othoharmonie le 21 février 2017

 

Le caribou des bois est donc une sous-espèce du caribou vivant dans les forêts boréales de l’Amérique du Nord. Il se présente principalement en trois écotypes : le caribou toundrique qui fréquente la toundra forestière une partie de l’année, le caribou forestier, présent toute l’année dans la forêt boréale, et le caribou montagnard, invariablement associé aux versants et aux sommets des montagnes. La population toundrique est la seule à présenter un comportement migratoire. Le caribou des bois apparaît sur les pièces de 25 cents de la monnaie royale canadienne depuis 1937.

Certains caribous peuvent parcourir 6 000 km en une seule année. Ces migrations amènent les femelles à donner naissance à leur faon dans la toundra de la partie septentrionale de l’aire fréquentée. À l’automne les caribou entreprennent une migration méridionale qui les conduit dans la taïga éparse de la forêt boréale durant l’hiver. Notons aussi qu’une petite population de caribous des bois à comportement migrateur vit dans le Nord de l’Ontario, sur les plaines longeant la baie d’Hudson.

Caribou

L’abondance des caribous toundriques subit des variations très importantes, pour des raisons plus ou moins bien connues. Dans le nord du Québec, elle a atteint des sommets vers la fin de chacun des XVIIIe, XIXe et XXe siècles. Compte tenu de leur ampleur, ces changements d’abondance ont des répercussions socio-économiques majeures. À titre d’exemple, le déclin qui a commencé vers 1900 a entraîné dans la misère les Inuits et les Cris du Nunavik (Québec) qui dépendaient de la chasse pour leur subsistance. Celle du début des années 2000 a des répercussions majeures sur les activités des autochtones et des pourvoyeurs qui opèrent dans le nord du Québec et au Labrador.

D’après les informations recueillies sur la population de la rivière George, les fluctuations d’abondance du caribou toundrique pourraient s’expliquer par l’augmentation de la compétition pour la nourriture tout au long de l’année et par l’accroissement des dépenses énergétiques associées à l’agrandissement des aires utilisées lors des pics d’abondance.

En 1954, il y avait à peine 5 000 caribous des bois dans le Nord du Québec et au Labrador. Leur nombre s’est toutefois accru de façon spectaculaire durant les quelque cinquante années qui ont suivi avant de péricliter drastiquement. La population de la rivière George, forte d’environ 800 000 membres en 1993, ne comptait plus que 74 000 spécimens en 2010 et 27 600 individus en 2012 Pendant la même période, la population de la rivière aux Feuilles est passée de 276 000 membres en 1991 à 628 000 caribous en 2001 pour redescendre à 430 000 en 2011.

Les femelles se dispersent dans les tourbières, la forêt résineuse, parfois sur des îles pour mettre bas afin de réduire les risques de prédation. À l’été, elles rechercheraient des sites offrant une meilleure qualité alimentaire ou des milieux ouverts, exposés au vent pour fuir les insectes.

En hiver, les caribous forestiers sont plus concentrés que durant les autres saisons. Ils évitent les peuplements mélangés et fréquentent des milieux ouverts riches en lichens terricoles jusqu’à ce que les conditions de neige ne permettent plus le creusage de cratères d’alimentation. Ils se déplacent alors vers des forêts de conifères. Ils utilisent les plans d’eau pour se déplacer, fuir les prédateurs et se reposer. Les domaines vitaux sont habituellement grands (200–300 km2) mais varient beaucoup selon les populations et les individus (32–1 470 km2).

Les lichens terricoles (Cladina spp., Cladonia spp., Cetraria, spp., Parmelia spp.) ou arboricoles (Alectoria spp., Bryoria spp., Evernia, spp., Usnea spp.) constituent la base du régime alimentaire du caribou forestier. Ils représentent une source d’énergie hautement digeste mais qui engendrerait un déficit en potassium. Le caribou peut cependant utiliser des plantes herbacées (Carex spp., Eriophorum vaginatum, Smilacina trifolia) et des essences ligneuses (Betula papyrifera, Populus tremuloïdes, Prunus pensylvanica, Salix spp., Amelanchier spp., Larix laricina, Alnus spp., Vaccinium spp.) selon leur disponibilité saisonnière ce qui pourrait combler le déficit en potassium.

Dans les tourbières, le caribou forestier utilise surtout les prêles et le trèfle d’eau (Menyanthes trifolium), particulièrement au printemps. En hiver, il préfère les lichens terricoles et, contrairement à l’écotype montagnard et n’utilise les lichens arboricoles qu’en dernier recours. Il creuse des cratères dans la neige (jusqu’à 120 cm) pour atteindre les lichens en s’aidant de stimulus olfactifs (nez enfoncé dans la neige ou dans les cheminées produites par les arbustes) ou visuels (blocs erratiques, eskers, abords des marécages).

 Le caribou est une proie avantageuse pour le loup en termes de temps de manipulation et de risques (de blessures ou de mortalité) associés à la capture, ce qui pourrait expliquer ses faibles densités en milieu forestier, particulièrement en présence de l’orignal, cette espèce soutenant les populations de loups. La chasse (sportive et d’alimentation) est souvent citée comme une cause importante du déclin historique des populations

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LE CERF, animal sacré

Posté par othoharmonie le 19 février 2017

 

Dans la mythologie celtique, le cerf Blanc est le messager de l’Autre Monde et le conducteur des âmes. Un signe net de l’importance du cerf dans la symbolique celtique est la fréquence relative de son apparition dans l’iconographie ou la légende. Une divinité gauloise porte le nom de Cernunnos, celui qui a le sommet du crâne comme un cerf. Elle est représentée sur le chaudron d’argent de Gundestrip, assise dans la posture bouddhique, tenant d’une main un torque et de l’autre un serpent, entourée d’animaux les plus divers, et notamment d’un cerf et d’un serpent: peut-être faut-il voir dans ces bois de cerf surmontant la tête du dieu un rayonnement de lumière céleste.

cerf animal sacré

Le symbolisme du cerf dans le monde celtique est donc très vaste et il a trait certainement aux états primordiaux. Faute d’une étude d’ensemble, on doit provisoirement se borner à relever le symbolisme de longévité et d’abondance.

Les Gaulois employaient de nombreux talismans, en bois de cerf, et on a noté, en Suisse, dans des tombes alémanes des ensevelissements de cerfs à côté de chevaux et d’hommes. On a rapproché le fait des masques de cerf dont étaient munis des chevaux sacrifiés dans des kourganes de l’Altaï aux Vième et Viième siècles avant notre ère.

En Bretagne armoricaine, saint Edern est représenté chevauchant un cerf.
Comme le renne, le chevreuil, le cerf semble avoir joué un rôle de psychopompe dans certaines traditions européennes, notamment chez les Celtes: le Morholt d’Irlande, oncle d’Yseult, occis par Tristan en un combat singulier, est dépeint gisant mort cousu dans une peau de cerf.

Dans la mythologie celte, les cerfs sont les “ bêtes à cornes des fées ”, et les messagers entre le monde des dieux et celui des hommes. Il semble qu’il ait été surtout opposé dans les pays celtiques au sanglier, où le cerf (comme le cheval) représente l’élément masculin et combatif et le sanglier le côté féminin et érotique de l’homme et de la nature.

Dans l’ancienne mythologie nordique, quatre cerfs broutent, à la cime de l’arbre du monde Yggdrasil, les bourgeons (les heures), les fleurs (les jours) et les rameaux (les saisons).

Dans la plupart des traditions chamaniques européennes, les gens sont conduit vers l’Autre Monde en poursuivant un animal magique, souvent un cerf ou un sanglier. Un des personnages européens célèbres liés à la magie est Merlin.
L’image qui ressort est un prophète vivant dans les bois, maître des animaux, dont les totems sont le cerf, le loup et le sanglier. On retrouve le mythe du Cerf Sauveur dans la Chanson de Roland, un des premiers écrits en français, daté d’environ 1090. Cette chanson de geste se passe lors de la bataille de Ronceveau en 778. Un des passages parle de la manière dont Charlemagne a pu franchir la Gironde en crue grâce à l’intervention d’un Cerf Blanc.
On raconte également qu’une biche blanche est intervenue dans la vie de Clovis en 507, au moment de sa célèbre victoire de Vouillé contre les Wisigoths.

Pour les chrétiens le cerf devait sa noblesse au fait d’être l’animal privilégié de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Dans la culture chrétienne, le cerf blanc représente le Christ ; on trouve, dans l’église de Tréhorenteuc, en Bretagne, une mosaïque représentant un cerf Blanc, entouré de 4 lions et symbolisant le Christ entouré des 4 évangélistes.

On notera qu’Origène fait du cerf l’ennemi et le pourchasseur de serpents, c’est-à-dire l’ennemi du mal, expressèment le symbole du Christ. Saint Jean de la Croix attribue aux cerfs et aux daims deux effets différents de l’appétit concupiscible, l’un de timidité, l’autre de hardiesse, fonction de l’attitude supposée de ces animaux en face de leurs désirs. Le cerf est souvent associé à la gazelle dans l’Ecriture Sainte. A propos de leur relation, Origène remarque que la gazelle possède un oeil perçant et que le cerf est tueur de serpents et les fait sortir de leurs trous grâce au souffle de ses narines. Origène compare le Christ à une gazelle selon la theoria et à un cerf selon ses oeuvres, la praxis (Homélie III sur le Cantique des Cantiques).

Le cerf symbolise la rapidité, les bonds. Quand il a soif et quand il cherche une compagne son appel rauque et sauvage apparaît irrésistible ; d’où sa comparaison avec le Christ appelant l’âme, et l’âme-épouse recherchant son époux. Le cerf symbolise aussi bien l’Epoux divin, prompt et infatigable à la poursuite des âmes, ses épouses, que l’âme elle-même recherchant la source où se désaltérer.

Le cerf ailé peut signifier la promptitude dans l’action. Mais si l’on interprète l’image en fonction de la symbolique de l’aile, c’est toute la symbolique du cerf qui se trouve alors élevée au niveau de la spiritualité: la prudence du saint, l’ardeur à s’unir à Dieu, l’attention à la parole et au souffle de l’Esprit, la sensibilité à la présence de Dieu. Les légendes de saint Eustache et de saint Hubert décrivent l’apparition d’une croix entre les bois d’un cerf qu’ils poursuivaient.

D’autres saints ont également des cerfs pour attributs (Meinhold, Oswald et Procope de Bohême).

Le cerf d’or se retrouve dans les légendes cambodgiennes mais le caractère solaire de l’animal y apparaît sous un aspect maléfique. Comme c’est souvent le cas, l’animal solaire est mis en rapport avec la sécheresse ; il faut, pour obtenir la pluie, tuer le cerf, et c’est le but de la danse du trot, si populaire au Cambodge, dans la région d’Angkor notamment. On ajoute, en d’autres contrées, que la pénétration du cerf dans un village annonce l’incendie et oblige à quitter les lieux. La même idée du cerf néfaste et porteur de sécheresse est connue de la Chine antique.

Dans l’alchimie, souvent associé à la licorne, le cerf est le symbole du mercure philosophal. Une planche du chef-d’oeuvre de Lambsprinck, (XIVième) la pierre philosophale, nous montre les deux animaux face à face dans un sous-bois. Le poème accompagnant cette troisième figure révèle que le cerf symbolise le Mercure (aspect masculin) et l’Esprit ; la licorne est le Soufre (aspect féminin) et l’âme, tandis que la forêt est le Sel et le corps. L’alchimie, en relation avec le mythe antique du chasseur Actéon qui fut changé en cerf par Diane (Artémis), envisage le cerf en tant que symbole de la transformation du métal. Le cerf est ici lié au monde féminin et “ lunaire ” de l’argent.

CERF BLANC

 

 

Le cerf blanc porte un disque solaire sur le dos(La transformation du dieu-cerf au jour).

Le Cerf Blanc était un animal quasi légendaire à cause de sa rareté, et qui le tuait en tirait beaucoup d’honneurs. Ainsi, la coutume voulait que celui qui pouvait le tuer devait, en toute légitimité, et sans que quiconque s’y oppose, donner un baiser à la plus belle des jeunes filles de la cour. Si le baiser en lui-même n’était un affront pour personne, de nombreuses querelles naissaient au moment de choisir la plus belle : chaque chevalier voulait que cette qualité soit appliquée à sa Dame!

Dans la légende arthurienne, la chasse au cerf blanc entraîne les chevaliers au-devant de leur destin.

Les cerfs blancs (Le point de vue scientifique) Il est très peu répandu dans le milieu naturel. Cependant ceux qui l’ont observé et qui continuent à tenter de comprendre l’origine de ce phénomène, ont fini par identifier 4 pigmentations chez le Cerf élaphe Rouge d’Europe : – « rouge », au pelage brun normal, – « blanc », réunit tout type de coloration dominée par le blanc ; on y retrouve des individus au poil variant du blanc au beige en virant parfois vers le jaune, et possédant des yeux bleus, bruns voire des yeux de chaque couleur – « blanc pur », dont les représentants possèdent un pelage d’un blanc pur, et les yeux de couleur bleu – la dernière pigmentation « blesswild », traduite littéralement par « sauvage béni », est extrêmement rare et est matérialisée par de larges traces blanches présentes sur un pelage brun, partout ailleurs ; ces traces sont visibles uniquement sur le devant de la tête et parfois juste au-dessus des sabots. La pure variété blanche est celle qui possède le poil bien blanc et les yeux bleus. Certains spécimens de cerfs blancs, même considérés comme « purs » présentent des spots foncés pigmentant la peau et surtout visibles au moment des mues, notamment celle du poil d’hiver au poil d’été qui laisse apparaître des espaces sans poil à certains moments.

Le cerf est l’un des animaux symboliques les plus importants des anciennes cultures du monde.

Symbolise: Arbre de vie, fécondité, rythmes de croissance, renaissances, image archaïque de la rénovation cyclique, médiateur entre le ciel et la terre, soleil levant, image du Christ, don mystique, révélation salvique, messager du divin, vélocité, crainte, chasse.

CIVILISATIONS & TRADITIONS

Les Lapons, Groenlandais, Sibériaques, Samoyèdes et Mongols donnent à des constellations le nom du cerf, de l’élan ou du renne. Certains chamanes de Sibérie se déguisent en cerfs et portent des bois de cerf sur la tête. Il est donc dit que le cerf est l’animal sacré d’une civilisation arctique ; cela expliquerait que nous trouvions également le symbole de cerf en Espagne et dans le Midi à l’époque glaciaire. Dans la civilisation arctique, le cerf était adoré parce qu’il était l’animal le plus chassé. Bien entendu, cela ne signifie nullement qu’il faille parler d’un dieu-cerf ; il est suffisant de dire que cet animal passait pour être particulièrement sacré. Ce culte du cerf a survécu à la civilisation paléolithique, mais aura certainement pris un sens nouveau pour le monde agricole du néolithique. On peut dire quelles transformations il a subies avant de s’insérer enfin dans le polythéisme celte ; mais on peut bien supposer que le cerf n’y était plus simplement le noble animal que l’on chasse : il était désormais chargé de symboles.

On prête au cerf la découverte et l’utilisation de certaines propriétés thérapeutiques du dictame. Il s’agit d’une plante dont deux des noms sont voisins du cerf – artemidion et cervi ocellum – et qui est considérée depuis l’Antiquité comme une véritable panacée, mais capable entre autres d’expulser une flèche de la plaie provoquée, puis guérir celle-ci : les cerfs, et aussi les chèvres sauvages, avaient la réputation de soigner de cette façon leurs blessures de chasse, d’avoir aussi transmis ce savoir aux hommes. Le cerf est censé faire également usage du dictame comme contre-poison après morsure de serpent ; et d’autres herbes, purgatives, seraient obsorbées par le cerf pour expulser un serpent avalé volontairement dans un but de renouvellement de ses cornes et de sa peau.

Dans le bouddhisme le cerf d’or est une manifestation du Bouddha libéré (d’ou le fait qu’il a un visage d’homme qui sourit comme un bouddha) revenant parmi les hommes pour les délivrer de la force et de l’aliénation de leurs sentiments contradictoire (Lutte entre San et Dame Eboshi) et leur faire ainsi connaître la paix de l’âme propice à la sagesse et à la connaissance ( La mort du dieu-cerf fait déposé les armes à tout le monde).

Pour le shinto japonais, le cerf est la monture des dieux, et il fait partie des symboles divins qui sont représenté sur les Kakemonos sacrés (d’ou le faite que le cerf est un dieu).

Les Indiens d’Amérique manifestent dans les danses et dans leurs cosmogonies ce lien du cerf et de l’arbre de vie: l’association qui unit étroitement le pin à l’espèce des cervidés (danses du cerf autour d’un conifère érigé sur la Plaza) peut n’être en partie que simple imagerie forestière ; mais il n’est pas improbable que, beaucoup plus profondément, elles contiennent le symbolisme qui associe le cerf non seulement à l’est et à l’aube, mais aussi aux débuts de la vie apparue à la création du monde. …

Dans plus d’une cosmogonie amérindienne c’est l’élan ou le daim qui fait surgir à l’existence, par ses abois, la vie créée, et parfois dans l’art indien l’arbre est représenté comme sortant des Cornes fourchues de l’animal. L’effigie sacrée du Dieu Soleil des Hopis (Pueblos de l’Arizona) est taillée dans une peau de daim.

Au XVIe siècle, chez les Indiens de Floride, lors de la célébration de la fête du Soleil, au printemps, un poteau était érigé au sommet duquel on élevait la peau d’un cerf arrachée à un animal capturé en cérémonie ; auparavant on l’emplissait de végétaux pour lui donner forme et on la décorait de fruits et de plantes suspendus. Cette image était orientée vers le Soleil levant et la danse se tenait autour d’elle accompagnée de prières pour une saison d’abondance.

Une coutume analogue pour la fête du printemps est signalée chez les Timucua par W.Krickeberg. Le cerf est aussi l’annonciateur de la lumière, il guide vers la clarté du jour.

Voici un extrait d’un chant des Indiens Pawnees en l’honneur de la lumière du jour:

Nous appelons les enfants. Nous leur disons de s’éveiller… Nous disons aux enfants que tous les animaux sont éveillés. Ils sortent des gîtes où ils ont dormi. Le Cerf les conduit. Il vient du sous-bois où il demeure, menant ses petits vers la Lumière du Jour. Nos coeurs sont joyeux.

 Associations à travers les mythes, les Dieux, les Déesses, les Saints…

Cernunnos

Actéon : chasseur puni par Artémis qui le transforma en cerf ; il fut aussitôt dévoré par ses propres chiens. Artémis (Diane) : soeur jumelle d’Apollon ; déesse de la chasse, de la lune (Séléné) et de la magie (Hécate).

Artémis souvent représentée avec un cerf.

Apollon & Cyparisse

Hercule: Il met ensuite un an à capturer vivant un cerf aux cornes d’or, consacré à Artémis, avant de s’attaquer à l’énorme sanglier qui dévastait le mont Erymanthe, en Arcadie.

Aristée

Tuan Mac Carell: Partholonien, seul survivant du fléau qui détruisit sa race. Un matin, il se retrouva transformé en cerf et devint le maître de tous les cerfs d’Irlande.

Finn Mac Cumaill (Irlande) : Père de Oisin

Oisin (Irlande): petit faon

Saint-Patrick: se transformait en cerf

Saint-Hubert: chasse un grand cerf et voit une croix entre ses bois, la St Hubert est fêtée le 3 novembre.

En Bretagne armoricaine, Saint Edern est représenté chevauchant un cerf.

Merlin se transforme en cerf : Pendant ce temps, Merlin, qui savait tout de la perplexité de l’empereur à table, arriva aux portes de Rome, jeta son sortilège et se changea en une créature insolite ; il devint un cerf, le plus grand et le plus étonnant qu’on ait vu. Il avait un pied de devant blanc et portait cinq bois sur la tête, les plus majestueux qu’ait eus un cerf.

Jâtaka bouddhique

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CHEVREUIL, animal Totem

Posté par othoharmonie le 18 février 2017

 

Très attachée au groupe (famille, communauté, entreprise, amis…), vous vous définissez par rapport à lui et avez du mal à vivre pour vous.  

chevreuil totem

 Pour décider, avancer ou mobiliser votre (considérable) énergie, vous avez besoin d’être soutenue et encadrée par un groupe. Ce que vous préférez : vous battre pour une cause commune, le bien de tous, vous êtes un vrai Che Guevara !
Mais derrière cette envie d’intégration, de communauté, vous cachez une vraie anxiété. Etre entourée vous rassure, y compris sur votre propre valeur.

Ce besoin de sécurité, de cocon, ne se retrouve pas que dans le domaine affectif : vous êtes en général assez casanière, attachée à votre maison, vos habitudes.

Pour vous assurer que tout est sous contrôle, vous avez parfois tendance à vouloir tout régenter autour de vous. Parfois parano, vous détestez les surprises, et l’imprévu a tendance à vous rendre nerveuse. Votre entourage finira par s’adapter, et par intégrer que, pour vous faire plaisir, il faut vous prévenir avant !

Si on sait bien vous prendre, vous vous révélez généreuse, fidèle, prête au sacrifice pour les autres… Gardez ces nobles qualités pour votre vie privée, et mettez-les sous cloche au travail !  

Sans quoi, vous pourriez vite être déçue : la vie en entreprise n’est pas toujours, comme vous en rêveriez, une grande famille sympa.  

♥♥♥

L’image la plus pure de la médecine du chevreuil est la biche, parce que le chevreuil incarne l’énergie de la douceur; la douceur émane de la compassion; la vraie compassion est silencieuse  

De tous les herbivores, le chevreuil est l’un de ceux qui parlent le moins. Il émet néanmoins certains sons, mais ceux-ci même sont relativement discrets.  

Dans l’un des meilleurs livres qui existent concernant la médecine des animaux, Les cartes médecine, on trouve une belle histoire qui parle de la biche.  

Un jour, elle voulut savoir quelle était sa mission dans la vie. Elle sentit l’appel du Grand Esprit, le besoin de communiquer avec sa source divine.  

Alors, comme le font les Premières Nations, elle partit pour monter sur la Montagne de la Vision afin d’entreprendre sa quête. Ce qu’elle ne savait pas, c’est que sur le sentier de la Montagne s’était placé.  

un démon qui voulait garder pour lui seul la magie et la puissance du Grand Esprit, et empêcher pour cela que d’autres y aient accès.  

Ainsi prenait-il, chaque fois que quelqu’un approchait, des aspects terrifiants, afin que prît peur et redescendît celui qui montait.  

Alors, lorsque la biche se fut approchée, le démon revêtit un aspect épouvantable.  

Mais elle ne s’en effraya pas, et ressentit au contraire une très grande compassion pour un être qui, afin de se sentir aimé du Créateur, devait adopter des formes si horrifiantes, c’est-à-dire devait éprouver des émotions si négatives et être rempli de jalousie.  

Et la compassion de la biche fit jaillir de son cœur un rayon d’amour qui toucha le démon, et celui-ci devint aussi petit qu’un petit caillou et s’enfuit; et la biche continua de monter la Montagne  pour rencontrer le Grand Esprit.  

Ainsi a-t-elle fait fondre le cœur du démon par son amour et sa compassion  

Telle est la médecine du chevreuil, c’est un amour très persistant que le sien, il nous enseigne comment notre douceur peut toucher les autres d’une manière beaucoup plus puissante que la violence et les paroles dures.  

On sait que cette douceur peut guérir toutes les blessures et peut nous reconnecter à la montagne sacrée où l’on retrouve la communion et la communication avec le Grand Esprit.

Sur le blog de Dany

http://danycab.canalblog.com/profile/306019/index.html

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REVER DE CERFS

Posté par othoharmonie le 18 février 2017

 

Symbole de feu et d’air, traditionnellement, le cerf représente le guide de la lumière solaire. C’est un aspect masculin important. Les bois qu’il porte le rattachent au symbolisme de l’arbre et du renouveau. Cette poussée du mental vers le ciel symbolise notre nature psychique animale, inconsciente qui s’élève à la conscience.

Le cerf est aussi, traditionnellement associé au Christ et à la résurrection. Il apparaît souvent comme annonciateur (de la bonne nouvelle). Ce symbole – rare – est très positif.

Lumière, évolution mentale.

rêver de cerf

Symboles: Evolution mentale, lumière, aspect masculin, résurrection, douceur, compassion, gentillesse.

En psychanalyse…

Si vous rêvez de cerf, cela peut exprimer:

* Votre naïveté et votre vulnérabilité, dans le cas où vous rêvez qu’un cerf est pris au piège.

* Le rejet de votre part de féminité, dans le cas où vous rêvez de cerf noir.

* Que vous essayer de supprimer vos qualités féminines, dans le cas où vous tuez un cerf.

Du côté ésotérique…

* Rêver de cerf présage la réalisation de profits.

* Rêver d’un cerf qui court présage un emploi rentable.

* Si plusieurs cerfs sont dans votre rêve, cela présage la rencontre de nombreux amis.

* Rêver de tirer sur un cerf présage un héritage.

N’oubliez pas que les interprétations peuvent différer selon les symboles que nous associons personnellement à ces thèmes. Il est possible et intéressant d’interpréter soi-même ses rêves.

Rendez-vous sur l’article: Comment interpréter soi-même ses rêves.

bois-de-cerf

Les bois du cerf

Le cerf arbore des bois immenses sur sa tête, c’est un signe distinctif qui forcément est majeur pour expliquer ce symbole.

Des bois arborés au milieu de la forêt, comment ne pas faire le lien avec l’arbre ?

Or c’est ici un arbre majestueux, qui a la particularité d’être porté, comme s’il trouvait ses racines dans la tête du sujet. Cet arbre, symbole de vie, de progression, s’origine dans la tête, lieu de l’intellect, pour se dresser vers le ciel, lieu du spirituel.

Ainsi, les bois du cerf sont-ils une représentation de l’élan spirituel du sujet qui parvient à dépasser les valeurs de l’intellect pour se tourner vers des valeurs plus élevées, et plus profondes aussi.

Ce nouvel élan (sans jeu de mot, l’élan ayant la même symbolique que le cerf) de vie est figuré par le cerf onirique. Chez Paul Diel, on dirait que le cerf appelle au dépassement des pulsions accidentelles pour se laisser diriger par les pulsions spirituelles.

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LE RENNE, animal Totem

Posté par othoharmonie le 12 février 2017

 

Renne (caribou) : Egalité, Equilibre, Frugalité
Selon la tradition chamanique, les animaux de pouvoir peuvent être appelés par les rêves ou la méditation pour nous apporter guidance et protection.
 Leur enseignement nous conduit vers la connaissance et la force. 
Nous pouvons apprendre de chaque animal et utiliser ses qualités dans notre vie.
 

Ses attributs : endurance, douceur, bonté, estime de soi, errance, nomadisme, sens de l’orientation, protection durant les déplacements, sociabilité, transition à travers la noirceur, adaptation au froid, habileté à voir ce qui est dissimulé, secret

Le renne

La Sagesse de Caribou / renne Comprend:

* Connexion à la maison sur de longues distances 
* Puissance d’errance 
* Protection tout en voyageant 
* compétences sociales 
* Maintien de celles pouvoir dans les situations de groupe 
* Possibilité de parcourir de longues périodes dans l’obscurité Le renne est un totem familial, habile en communication et les activités sociales. Ce totem est un leader né et se félicite de toute possibilité de guider les autres dans son troupeau dans de nouvelles directions 

« Tous pour un et un pour tous» pourrait facilement être la devise de ce totem.   

L’orientation est un rôle clé pour ce totem. Soyez un genre et enseignant utiles, pas un autoritaire. Il ne est pas étonnant que Rudolph (qui seraient classées avec d’autres totems mystiques) avec sa balise nez rouge-lumière a été choisi par le Père Noël pour guider son équipe de rennes dans le brouillard la nuit du réveillon de Noël. Regardez autour de vous, votre aide est nécessaire.

Le renne (Caribou) évoque toujours des images de Santa Claus et son équipe mythique qui volent et tirent son traîneau dans l’air dans la saison des vacances. ( écrit de RavenDreamer) 

Le renne ou caribou vit dans le grand Nord. Il ne craint pas le froid, son pelage très épais est une vraie couverture. Même ses larges pieds et son museau sont protégés. En hiver, il se nourrit de lichens et de mousses. Le petit renne n’est pas tacheté. Une demi-heure après sa naissance, il peut se dresser sur ses pattes. Et dès le lendemain, il suit le troupeau.

Le Renne ou Caribou - endurance, force, constance. Le Caribou enseigne qu’il est possible de s’adapter lorsque l’on fait face à une situation difficile. Il prône la prudence face à son entourage et la tenacité afin d’obtenir une réussite. Le mouvement vers son but et malgré tous les obstacles est quelque chose d’important à ses yeux.

Réver de renne est un symbole de reconnaissance et de fécondité. C’est aussi un présage de bonheur et de chance. 

hommecerf

Citation:

Pour beaucoup d’entre nous, les fêtes de fin d’année apportent des moments de surprise, d’émerveillement et de magie. Et de fait, plusieurs histoires emblématiques de Noël revêtent une dimension féérique. Pensons au voyage du père Noël et à ses neufs rennes magiques qui le transportent tout autour du monde. À l’origine, on comptait huit rennes (Tornade, Danseur, Furie, Fringant, Comète, Cupidon, Tonnerre et Éclair). Cette légende s’inspirait du poème intitulé Une visite de Saint-Nicolas ou La nuit avant Noël composé par l’Américain Clement C. Moore en 1823.

Rodolphe, le renne au nez rouge, n’a fait son apparition qu’en 1939 dans un conte pour enfants publié par la chaîne de magasins Montgomery Ward à des fins de publicité. Mise en chanson en 1949 et interprétée par la chanteuse américaine Gene Autry, l’histoire du petit renne au nez rouge a connu une renommée mondiale.

Nous entendons chaque année les histoires et les chansons des rennes du père Noël, mais savons-nous ce qui se cache derrière la fiction? Que connaissons-nous des rennes? Dans la réalité, ils n’ont peut-être pas la capacité de voler, mais ils n’en demeurent pas moins de fascinantes créatures. Selon la légende, le père Noël réside au pôle Nord et c’est là qu’il fabrique tous les jouets pour les enfants. Ainsi donc, ses rennes seraient vraisemblablement des caribous de Peary, puisqu’il s’agit de la sous-espèce la plus nordique. On la rencontre dans les îles de la Reine-Élisabeth, Prince of Wales et Somerset, très proches du pôle Nord. Mais ce ne sont là que des suppositions : qui sait en effet où le père Noël est allé chercher ses rennes!  Ecrit de Sarah McPherson 

La légende du paradis des caribous  

Une très vieille légende, transmise de génération en génération dans les familles naskapies, prétend qu’il existe un lieu sacré où se dirigent les âmes des caribous après leur mort. Dans la langue naskapie, on désigne ce lieu par : atiuk weej, ce qui signifie « maison des caribous ». Selon cette croyance, l’animal serait prêt à retourner sur terre dans un nouveau corps après avoir séjourné dans ce paradis, qui se trouverait au milieu de la vallée de la rivière Koroc. Seuls les chamans y auraient accès grâce à leur pouvoir visionnaire. 

La légende du caribou enchanté   

On raconte qu’une femme Inuite nommée Tyya se promenait loin de sa maison. C’est alors qu’un épais brouillard apparut et elle perdit son chemin. C’est un jeune chasseur de caribous qui la recueillit et la conduisit chez lui. Le lendemain, le jeune homme partit pour la chasse tout en prévenant Tyya de ne laisser entrer personne dans la tente. Pourtant, un esprit diabolique métamorphosa Tyya en caribou blanc. À ce moment-là, le jeune chasseur vit en songe l’esprit de son aïeule, une shaman très puissante, qui lui révéla un procédé magique pour rompre le mauvais sort. Le jeune homme gagna la toundra et repéra un caribou blanc, dissimulé dans une harde. Il prononça la formule magique et Tyya retrouva sa forme humaine.

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LE SYMBOLISME SOLAIRE DU CERF

Posté par othoharmonie le 11 février 2017

 

Symbole solaire du pouvoir celte, le cerf est l’animal de la vie (à cause de l’arbre que forment ses ramures), de la puissance, de la virilité, de la longévité (on disait qu’il pouvait vivre jusqu’à 900 ans) et de la vélocité. Comme l’ours, le cerf manifeste la force de la nature : sa chasse et sa capture sont le sujet de nombreuses légendes.

Grâce à sa ramure comparable à un arbre et qui se renouvelle périodiquement, le cerf passait déjà alors pour un symbole de la vie qui se perpétue, du renouveau et du passage du temps.

Il passe pour être hostile aux serpents venimeux, et son pelage constituait une amulette de protection contre leurs morsures. La poudre de bois de cerf protégeait aussi les semences des intempéries.

cerfs

Le bestiaire du Moyen Age répète les mêmes enseignements, mais ajoute encore que les cerfs auraient découvert l’effet magique dont ils font usage pour se défaire des flèches qui se sont fichées dans leur peau, et cicatriser leurs blessures. On lit aussi que les bois de cerf constituent un puissant remède : la ramure droite, plus efficace que la gauche, chasse les serpents lorsqu’on la brûle. La viande de cerf fait tomber la fièvre, de même que l’onguent que l’on tire de sa moelle.  En héraldique, le cerf est le symbole de « la douceur et de l’indulgence, car il est dépourvu de fiel, ce qui explique sa longévité, qui est d’une centaine d’années ». On y représente également la ramure seule qui est « un signe de puissance ».

Dans la mythologie celte, les cerfs sont les « bêtes à cornes des fées » et les messagers entre le monde des dieux et celui des hommes. Le dieu celtique Cernunnos était couronné d’une ramure de cerf, comme l’étaient les chamans des peuples primitifs. En fait, de la même façon que le cerf a formé un couple d’opposés avec le taureau, il semble qu’il ait été surtout opposé dans les pays celtiques au sanglier, où le cerf (comme le cheval) représente l’élément masculin et combatif et le sanglier le côté féminin et érotique de l’homme et de la nature.

Une divinité gauloise porte le nom de Cernunnos, « celui qui a le sommet du crâne comme un cerf ». Elle est représentée sur le chaudron d’argent de Gundestrup, assise dans la posture bouddhique, tenant d’une main un torque et de l’autre un serpent, entourée d’animaux les plus divers, et notamment d’un cerf et d’un serpent. Peut-être faut-il voir dans ces bois de cerf surmontant la tête du dieu un rayonnement de lumière céleste. Un autre monument remarquable est celui de Reims où Cernunnos est représenté en dieu de l’abondance. on en connaît plusieurs autres. Cependant, il semble bien que le dieu doive être compris comme le maître des animaux.

En Irlande, Saint Patrick se métamorphose et métamorphose ses compagnons en cerfs (ou en « daims ») pour échapper aux embûches du roi païen Loegaire : il agit ainsi en vertu de l’incantation ou procédé magique appelé feth fiada, lequel procurait normalement l’invisibilité. le symbolisme du cerf dans le monde celtique est donc très vaste et il a trait certainement aux états primordiaux.

En Bretagne armoricaine, Saint Edern est représenté chevauchant un cerf.

C’est ainsi que la bande de guerriers qui est chargée de veiller sur les ports de l’Irlande et qui mène une vie libre et joyeuse parmi les bois et les vallées, les Fenians (ou compagnons de Finn) agit sous l’autorité de ce dernier dont le véritable nom est Demné, qui signifie précisément le cerf. De sa femme, la biche enchantée Sav, il aura un fils, Oisin (le daim – c’est le prototype du personnage d’Ossian tel qu’il a été restitué par MacPherson à la fin du XVIIIe s.), qui lui-même aura un fils, Oscar, « celui qui aime les daims ».

Pour la possession de Grainné, la fille du haut roi de Tara, Cormac Mac Art, il poursuivra des années durant son neveu Diarmaid dont le sanglier est l’animal totem, donc aussi tabou (voir Tristan et Iseut où le cerf de Finn est remplacé par le cheval – et les oreilles de cheval du roi Marc).

Comme le cheval encore (mais également le renne ou le chevreuil), le cerf paraît avoir rempli chez les Celtes un rôle de psychopompe (qui conduit les âmes des morts) : c’est cousu dans une peau de cerf que, dans le roman de Tristan, le Morholt mort est ramené à la cour de sa sœur, la reine d’Irlande, tandis qu’Oisin, dans l’Accalam na Senorach (« le Colloque des Anciens »), va rejoindre sa mère dans l’autre monde.

A travers ses survivances dans la littérature galloise (histoire de Gereint et Enid dans les Mabinogion), puis médiévale et continentale (dans Erec et Enide de Chrétien de Troyes, par ailleurs une démarque du texte gallois), on trouve aussi la trace d’un symbole du cerf blanc qui renvoie apparemment à un ancien rituel magico-religieux pour s’approcher de la féminité divine.

Rapide et insaisissable, le cerf était souvent représenté – surtout sous la forme d’une biche ou d’un mâle de couleur blanche – comme un modèle de l’âme, ou un messager divin. Dans la mythologie celte, il tire le chariot de Flidass, déesse de la chasse.

De fait, il semble que l’invasion celte, lorsqu’elle s’est produite, a intégré dans ses propres représentations toute une partie du fonds pré-indo-européen, et que le culte ou les images de cerfs y renvoient très souvent à d’antiques pratiques chamaniques – comme dans l’épisode de Suibhne Geilt, « la folie du roi Suibhne », où l’on voit un souverain retourner à l’état de nature et vivre dans la compagnie des cerfs ou se saisir d’un daim pour en faire sa monture.

Le cerf, habitant de la forêt, est un défi perpétuel pour le roi chasseur Arthur. Au moment où la Cour prépare à Carlion le mariage d’Enid et de Gereint (Erec), on l’avertit qu’un cerf d’une splendeur inégalée traverse la forêt de Dena (Dean). Arthur le chasse et le tue, puis l’offre à Enid, lui donnant ainsi symboliquement les rênes du pouvoir.

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Mystères du renne – cervidé volant

Posté par othoharmonie le 8 février 2017

 

Dans l’imaginaire sibérien, il vole depuis des millénaires. Dans la réalité, il se dope aux hallucinogènes avec ses gardiens. Survol en traîneau, de la préhistoire au Père Noël

La rondeur si particulière des traits. La fourrure douce qui pousse sur le museau jusqu’à la truffe. Les yeux immenses, bleus en hiver, dorés en été. Un mélange étonnant de mansuétude et de sauvagerie. Le renne est une bête éminemment émouvante. «Alors que les autres cervidés changent au fil des ans en acquérant une tête d’adulte, le renne garde son museau rond et ses grands yeux. Ça le rend particulièrement attirant», s’attendrit Yasmine Ponnampalam, gardienne-cheffe au zoo du Bois du Petit-Château, à La Chaux-de-Fonds, où un bébé renne sans nom («pour éviter l’anthropomorphisme») fait craquer les visiteurs. Irrésistiblement mignon, le renne habite aussi d’étranges croyances. Voyons un peu.

rennes

3000 ans de rennes volants

«Est-ce qu’ils peuvent voler?» demande une gamine en scrutant à travers le grillage de l’enclos. Depuis quelque 3000 ans, les humains répondent que oui. «On trouve cette imagerie dans de nombreuses représentations en Mongolie et dans le sud de la Sibérie. Dans ces images gravées sur des pierres, le vol du renne se traduit à la fois dans la posture tendue de son corps et dans ses bois, qui sont représentés comme des volées d’oiseaux», explique Piers Vitebsky, anthropologue au Scott Polar Research Institute de l’University of Cambridge et auteur du fondamental Reindeer People. Living with Animals and Spirits in Siberia (HarperCollins, 2005).

Comment expliquer cet envol? «Par la domestication. Ces peuples n’utilisaient pas le renne pour le manger, mais pour le chevaucher. Ce qui leur permettait d’éprouver la vitesse fantastique de 50-60 kilomètres/heure. Une sensation complètement nouvelle. Un peu comme voler.»

Présent sur des mégalithes dits pierres à cerfs, le renne volant s’affiche également dans les fabuleux tatouages des momies du peuple Pazyryk. «Ce qui est significatif, c’est qu’on le retrouve sur leurs épaules. Les costumes des chamans ont parfois des bois de renne fixés au même endroit. Il y a cette idée que les ailes partent des épaules… Sur le terrain, des témoins m’ont parlé d’une fête du solstice dans laquelle on imagine s’envoler à dos de renne vers le soleil pour recevoir sa bénédiction.» Le rôle spirituel du renne serait donc lié à sa vitesse… «Cela me paraît tout à fait évident.»

Lorsque le cervidé hallucine

Une histoire stupéfiante court depuis quatre siècles dans les sous-bois de notre culture. Elle raconte que le renne nourrit deux passions un rien scandaleuses: il raffole, dit-on, de l’amanite tue-mouches (Amanita muscaria), un champignon aux vertus hallucinogènes, et de l’urine humaine. L’animal paraît spécialement heureux si ces deux délicatesses sont combinées.

Légende? Réalité? «Avec son chapeau rouge à taches blanches, cette amanite est un organisme à l’aspect saisissant: l’archétype même du champignon. Dès le XIXe siècle, on la retrouve dans l’imagerie du monde des fées et dans les décorations de Noël», explique l’Anglais Andy Letcher, musicien folk et chercheur en histoire culturelle, auteur d’un formidable essai consacré à la mycologie psychédélique ( Shroom. A Cultural History of the Magic Mushroom , Faber and Faber, 2006).

Quels sont les effets du psychotrope? «Un récit de voyageur a marqué les esprits. Il dit que, sous l’emprise du champignon, une brindille qui se trouve sur votre chemin vous fait bondir, pour l’enjamber, comme si c’était un tronc d’arbre. Répétée à l’envi, cette histoire a dû influencer Lewis Carroll, qui s’en est inspiré pour Alice au pays des merveilles. Elle correspond à un effet attesté: un changement dans la perception des rapports d’échelle, qu’on appelle macropsie», répond l’historien.

Et les animaux? «Les humains ne s’intéressent à ce champignon que dans quelques régions. Les rennes en mangent beaucoup, partout. Ils se comportent bizarrement après l’avoir ingéré», relève Piers Vitebsky. Si, atteints de macropsie, ils gambadent de manière exagérée, peut-on être porté à croire qu’ils s’envolent? «Peut-être…», concède l’anthropologue.

Echanges de fluides

Autre penchant étonnant de notre cervidé: «Les rennes suivent les hommes et se précipitent pour consommer leur urine. Ils y recherchent du sel. Selon les récits mythiques des Evènes de Sibérie, c’est ainsi que le renne a été domestiqué. Ce qui est plausible, d’après les traces archéologiques», signale Piers Vitebsky.

Que se passe-t-il en combinant l’urine et le champignon? Andy Letcher: «L’ingrédient actif, le muscimole, passe dans le corps sans être métabolisé. Cela permet de répéter l’expérience hallucinogène indéfiniment, en recyclant ce composant à travers l’urine. Mais aussi de filtrer la substance, en gardant les alcaloïdes psychoactifs et en éliminant les composants toxiques, responsables de vomissements et d’évanouissements.» Boire l’urine du renne dopé à l’amanite? Lorsqu’il écrit son livre, Andy Letcher écarte cette idée. «J’avais tort. J’ai rencontré depuis lors deux témoins crédibles qui m’ont expliqué comment, en Laponie, on récolte l’urine du renne intoxiqué au champignon, on la fait bouillir pendant quelques heures et enfin, on la boit.» Volet psychédélique de la relation quasi symbiotique entre l’humain et la bête.

«Tout ceci est peut-être plus fréquent qu’on ne le croit. J’ai remarqué que les gens sont circonspects, réticents à l’idée de partager ces histoires avec des étrangers. Il y a un voile de secret», reprend Andy Letcher. S’agit-il d’une pratique exclusivement chamanique? «Pas forcément. Il semblerait même que l’usage soit plutôt récréatif. Le conteur en prend pour se fortifier avant de se lancer dans son récit. Le chasseur, avant un long voyage. Tout le monde, pour rigoler et faire la fête…»

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La rumeur du Père Noël

Et si l’image du Père Noël avec ses rennes volants était une dilution folklorique du mangeur d’amanites sibérien? «C’est une idée charmante. Son costume a les couleurs du champignon. Il vole sur un traîneau et apporte des cadeaux d’un monde supérieur… Mais il s’agit d’une fausse piste», répond Andy Letcher. Lancée par un poète anglais (Robert Graves) en 1972, reprise par un ethnobotaniste américain (Jonathan Ott) en 1976, l’idée sera réfutée par l’historien Ronald Hutton dans un ouvrage paru vingt ans plus tard (The Stations of the Sun. A History of the Ritual Year in Britain, Oxford University Press, 1996). «Mais cette notion reste très populaire dans les cercles psychédéliques.»

Le Père Noël, on le sait désormais, a deux papas américains, qui le créent de toutes pièces. Côté texte, le poète Clement Clarke Moore le décrit en 1823 dans The Night before Christmas, lui flanquant un traîneau et des bêtes volantes. Côté image, l’illustrateur Thomas Nast lui donne son costume et son aspect en 1863. Le marketing arrivera après. Coca-Cola chevauche l’image de Santa Claus dès 1931. Et, côté cervidés, le dénommé Carl Lomen, homme d’affaires, organise dès 1926 des défilés du Père Noël, avec ses rennes, en association avec le grand magasin Macy’s. Objectif: promouvoir la vente de la viande et de la fourrure de l’animal, qui a été ­introduit en Alaska à partir de 1898…

Et le renne créa l’homme

Même sans voler, même sans planer sous amanite, le renne reste, du point de vue humain, un animal au rôle très singulier. Sans lui, notre histoire n’aurait pas été la même. Le renne nous constitue… «Aujourd’hui, suite au déplacement des zones climatiques, on ne le trouve plus que dans le Nord. Avant la fin de la dernière glaciation, il était très abondant jusque dans le sud de la France», explique l’archéologue Laure Fontana, chercheuse au CNRS et auteure de L’Homme et le Renne (CNRS, 2012).

Signes particuliers? «C’est un animal grégaire, qui se promène en troupeaux composés de milliers de têtes. Ceci facilite la chasse, et donc l’intérêt que lui porte le chasseur-collecteur. En deuxième lieu, la femelle porte des bois comme le mâle, ce qui est exceptionnel parmi les cervidés. Les humains apprennent à utiliser ce matériau entre 40 000 et 30 000 ans avant notre ère. Dans l’économie de l’Europe préhistorique, le bois de renne devient une ressource indispensable, avec laquelle on fabrique aussi bien des sagaies pour la chasse que des objets d’art mobilier.»

Côté images, le renne de notre préhistoire est en revanche excessivement rare. «Dans l’art pariétal, il y a extrêmement peu de représentations. Avant qu’on trouve la grotte Chauvet, le renne était presque absent. Il y en a quelques-uns dans la grotte de Lascaux, avec des bois complètement délirants, pas du tout réalistes… Pourquoi, alors qu’il est l’animal clé du système économique, le renne n’est-il pas représenté proportionnellement à son importance? Je suis en train de travailler là-dessus. C’est une vraie interrogation.» Le renne: un mystère. Même quand il n’est pas là.

Piers Vitebsky, anthropologue sur http://www.letemps.ch/societe/

«Ces peuples utilisaient l’animal pour le chevaucher. Une sensation nouvelle. Un peu comme voler» 

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Le Chevreuil dans le Bosquet

Posté par othoharmonie le 6 février 2017

 

 
chevreuilDans une des lettres qu’il a écrite à W.G. Gray au sujet de l’« Ancien Membre », un rite du clan, Cochrane mentionne aussi le « Chevreuil dans le Bosquet » qui est également un des mythes du clan. Plus d’une fois, ceux qui ont vu ces lettres, qui m’ont été données par Bill Gray juste avant sa mort, m’ont demandé ce qu’il entendait par là. De nombreuses interprétations de ce concept ont été faites par des groupes qui n’en ont jamais entendu parler ou en des termes très vagues. Ainsi, tout comme pour le mythe du Bâton, de la Rose au-delà du Tombeau et du Château, il est peut être temps de le présenter à un auditoire plus large que notre petit groupe qui se réunissait autour de Cochrane.

Tout d’abord et avant tout, le « Chevreuil dans le Bosquet » représente l’esprit de sacrifice et d’autorité. Il peut aussi représenter l’idée du sort ou de la destinée qui crée le futur que nous tous allons vivre. C’est un symbole de sacrifice qui, plus qu’un simple symbole sorcier, est basé sur un concept ancien et universel. Il y a de nombreuses cultures où un animal est bloqué par ses cornes dans un bosquet ou un buisson, et qui devient ainsi celui que l’on sacrifie en lieu et place d’un homme. C’est une idée tellement répandue que le motif de Ram dans le Bosquet fut utilisé, par exemple, pour décorer des pieds de tables dans la ville sumérienne d’Ur.

Le même concept est mentionné dans la Genèse, lorsque Dieu demande à Abraham d’emmener son fils Isaac dans la région de Moriah et de monter sur la crête de la montagne qu’il avait choisie. Là, Abraham devait construire un bûcher et y sacrifier son fils en l’honneur du Seigneur. Abraham s’apprêtait à le faire et, lorsqu’il est sur le point sacrifier Isaac, Dieu lui dit de regarder derrière lui et qu’il trouvera là un sacrifice plus approprié. Abraham le fit et trouva un bélier pris au piège, par ses cornes, dans un buisson. Il le prit et l’offrit à Dieu en lieu et place d’Isaac. Si ça ce n’est pas un premier exemple de sacrifice substitutionnel, alors je ne sais pas ce qui en est un.

L’unique différence entre cela et le concept même du « Chevreuil dans le Bosquet », c’est que pour nous le Cerf a toujours été un animal sacré, même s’il est et a toujours été chassé pour sa viande. Dans le passé, lorsqu’un cerf était tué, sa tête pouvait servir d’offrande rituelle à l’Ancien Dieu Cornu en signe de sacrifice ainsi qu’en remerciement pour cette mort. Même de nos jours, il y a toujours une certaine mystique dans la mise à mort d’un cerf et l’on ne manque pas de faire faire un « trophée », qui sera en général accroché à un endroit où tous pourront l’admirer.

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Etudions un événement historique raconté par Lady Stenton dans son livre « English Society in the Middle Ages ». En 1255, un groupe de chasseurs a tué un magnifique cerf dans la forêt de Rochingham. Ils lui ont coupé la tête et l’ont accrochée face à l’Est à un mat dans une clairière. Par hasard, ils avaient un fuseau avec eux et l’ont placé dans la gueule du cerf. Si nous croyons Lady Stenton, ce n’était rien de plus qu’une blague un peu crue destinée à se moquer du roi d’une manière assez surprenante. Ce que ne dit pas Lady Stenton, c’est en quoi, en faisant cela, on se moquait du roi. Elle ne dit pas non plus pourquoi un groupe de chasseurs avait bien pu se munir d’un fuseau. Si nous revenons sur cet événement et si nous l’étudions avec une approche Sorcière, en se souvenant en même temps du concept du « Chevreuil dans le Bosquet », qui symbolise le destin et le sacrifice, alors toute la scène prend une nouvelle signification. Ce qui est décrit était le rituel d’offrande du vieux Chevreuil dans le Bosquet.

Tout d’abord d’un point de vue Sorcier, les personnes ayant chassé le cerf devaient être membres de la classe dirigeante, qui seule pouvait chasser ouvertement dans ce qui devait être une réserve de chasse privée. A cause des lois bien plus draconiennes de cette époque, la seule manière qu’avait un paysan de chasser un cerf était de le braconner et, dans ce cas, il ne l’aurait certainement pas signalé en accrochant la tête sur un mat à la vue de tous. La carcasse, tout comme l’acte en lui-même, aurait été bien dissimulée. Deuxièmement, dans de nombreux procès en sorcellerie, vous conservez l’impression que derrière les accusés il y avait d’autres personnes qui restaient dans l’ombre, et qu’on n’arrêtait ni ne jugeait jamais, à la différence de tant de sorcières issues de classes plus modestes.

Ainsi, pourquoi un petit, mais tout de même fortuné, propriétaire terrien voudrait-il avoir une des toutes premières places dans une organisation interdite ? C’était une époque pleine de superstitions ; on disait même que l’air était peuplé d’entités invisibles et la plupart des gens vivaient dans une très grande peur du Diable et de tout ce qui le concernait. Quelle meilleure position pour un petit propriétaire terrien, qui dépendait probablement d’un seigneur plus important et dont la subsistance dépendait du travail bénévole de paysans et des serfs, que d’être le Grand Maître de l’ancienne religion pagano-magique de leurs ancêtres ? Ce que nous devons garder à l’esprit, c’est que la grande majorité de la population, dont les racines païennes ne sont pas très loin, se souviendra du Grand Maître des rassemblements. Il est aussi le représentant du Vieux Cornu, Dieu sur Terre, dont les paroles faisaient, à une certaine époque, fonction de loi.

Pour aller encore plus loin dans ce sens, ils n’avaient pas besoin de connaître l’identité réelle du Grand Maître (qui a dit que le système des cellules est une invention de l’espionnage contemporain ?). Ainsi, lors d’une réunion spéciale, on disait aux coven que le vieil untel qui fut un « bon camarade » devait être laissé seul, tandis que le vieil untel était un mauvais camarade contre qui la magie du coven pouvait être utilisée. La tentation de s’en servir pour accomplir les dessins propres du Maître a toujours été là. Comme la Sorcellerie était très morcelée et désorganisée, cela pouvait se faire même si le Grand Maître ne faisait que semblant de servir la tradition. Mais je suspecte que tout de même un grand nombre d’entre eux croyaient toujours aux pouvoirs de l’Ancienne Foi, comme les évènements de la forêt de Rockingham le montrent.

En plaçant sur un mat, face à l’Est, la tête coupée du cerf, l’esprit du mort était offert au Jeune Dieu Cornu, symbolisé par le soleil levant, en paiement d’un cycle de sept années de pouvoir. Il était sacrifié en lieu et place de la propre vie du maître. Les douze autres chasseurs devaient être des membres moins importants du clan. Ils étaient là pour observer le sacrifice et témoigner que tout s’est déroulé selon les règles de la Foi. Cela place solidement l’acte dans son ensemble dans le mythe du sacrifice substitutionnel, et cela seul le Maître d’un coven ou d’un clan pouvait le faire.

chevreuilPour ce qui est du fuseau placé dans la gueule du cerf, il s’agit d’une référence claire au vieux concept anglo-saxon des Wyrd, des Parques ou du Destin. Comme dans de nombreuses autres cultures, le destin est représenté sous la forme de trois sœurs. Comme filles de la déesse de la Nuit, elles sont celles qui tissent le fil du destin de chacun dans le temps et l’espace, elles créent le passé, le présent et le futur qu’il nous faut vivre. Une des sœurs crée le fil, l’autre sœur le tisse dans le tissu de l’existence et la troisième coupe le fil de la vie lorsque le moment est venu.

Etrangement, les Trois Sœurs sont aussi les gardiennes du Chaudron de Création, qui est un endroit où le passé, le présent et le futur sont encore et toujours dans un état de flux, de mouvement et où le futur n’est pas figé. Ce serait de ce même chaudron que les Parques tirent le fil de la vie de chacun. Avec ce que nous nommons la vie, commence la trame de l’existence qui est tissée dans les variations de temps, avec une place préétablie. Le moment de la mort est également tissé dans cette trame. Lorsque le fil est coupé, l’âme retourne dans le chaudron jusqu’à une nouvelle renaissance.

Si l’on considère d’un côté la vie du cerf et de l’autre celle des chasseurs, le fil de la vie de chacun est parallèle sur la chaîne du temps, que la destinée a déterminé lorsqu’ils sont nés. La destinée détermine aussi qu’à un certain moment le chasseur rencontrera le chassé et l’un des deux mourra. Cette mort sera aussi une partie du sacrifice à l’Ancien Dieu Cornu de la forêt. Dans le même temps, les Trois Sœurs auraient aussi pu décider que le chasseur sera tué par le cerf. Dans ce cas, le destin aurait décidé que le chasseur, en tant que Maître de l’assemblée, avait fait son temps et que le moment était venu pour son âme de regagner une fois encore sa demeure.

Après avoir lu cela, le lecteur peut penser : « en quoi est-ce que cela nous concerne ? ». C’est une bonne question. Dans la même lettre, Cochrane a aussi écrit : « Le chasseur, le vieux Tubal Cain et le Chevreuil ne font qu’un et représentent la même Présence Divine sous la forme du destin. En disant cela, Cochrane exprimait fermement sa foi ; dans un sens religieux, nous sommes tous ce que nous sommes parce que le destin en a décidé ainsi. Nos vies suivent le chemin qu’a dessiné pour nous le destin ; ainsi lorsqu’un changement survient dans notre vie, les choses peuvent ne pas aller exactement comme on le souhaite. Voilà le prix qu’il nous faut payer pour nous être soumis à la volonté d’Hécate. Une chose que nous avons promis lorsque nous avons été initiés en Sorcellerie.

Dans le cas de Cochrane, il s’est toujours vu, à un certain niveau, comme celui qui, plus tard, dirigera l’ensemble des coven traditionnels. Dans le même temps, dans une autre lettre à Bill Gray, il montre combien il savait que cela ne sera jamais le cas. Dans cette lettre, il affirme catégoriquement que, comme Gray, il ne vivra pas assez longtemps pour voir le résultat de ce qu’il a entamé, ce qui s’est effectivement réalisé. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui s’intéressent à ce que Cochrane a fait et mis sur pied, bien plus qu’au cours de sa vie, et Cochrane acceptait cela comme faisant partie de son destin. Cochrane disait que le « Chevreuil dans le Bosquet » était le symbole de tous ses espoirs et aspirations, et il est devenu le sacrifice à la réalité du « pouvoir qui nous mène sur un chemin précis, il n’y a rien à y gagner. Nous faisons ce qu’on nous dit de faire en protestant, en nous plaignant, et même parfois en geignant, non pas parce que nous sommes esclaves de quelque chose qui nous dirige, mais parce que celui ou ce qui décide du futur sait pourquoi ».

Dans un sens, lorsque nous commençons à rechercher la Déesse et sa magie, nous devenons le chasseur. Lorsque nous l’avons trouvée, nous devenons la proie, car la Déesse nous prend et nous fait sienne pour toujours. Quelles que soient nos protestations, lorsqu’elle tisse sa toile de magie lunaire, nous sommes pris et voilà le sacrifice que nous impose le destin, parce que nous sommes ceux qu’elle aime.

Comme le Chaudron de Création, qui n’est jamais figé, le concept du « Chevreuil dans le Bosquet » est en évolution constante. A une époque, il symbolisait l’animal sacrifié à sa place par le prêtre-roi d’un groupe tribal, en échange de sa propre vie et du renouvellement de sa charge pour une nouvelle période. Plus tard, l’animal était sacrifié à la place du Maître d’un grand nombre de coven, aussi bien qu’à la place du maître d’un seul coven. Ce n’est après tout qu’une légère modification du concept de base, même si cela montre le déclin de la vieille foi païenne. On constate ainsi que la Sorcellerie évolue en même temps que les gens. Dans l’interprétation moderne du Chevreuil, il y a un changement radical, puisque le Maître n’a plus à payer le prix du sang au terme de sa charge ; l’accent est ainsi mis sur le sacrifice, mais il est devenu un sacrifice individuel.

Bien que Cochrane ait été le Maître de notre ancien groupe, il était aussi le Chevreuil dans le Bosquet ; lorsque quelque chose allait de travers ou lorsque les choses n’allaient pas comme elles le devaient, il en prenait toute la responsabilité. Lorsqu’un des membres avait un problème, en général, il le prenait à sa charge. Plus encore, il se chargeait des novices et essayait de nous faire surmonter ce qu’il appelait « les mystères du Clan de Tubal Cain » tout en sachant parfaitement qu’il y aurait un prix à payer pour tout cela et qu’il serait un de ceux qui devront en payer le prix. Dans son cas, c’était le sacrifice de ce qu’il appelait son propre navire magique.

Pour le futur, je pense pouvoir parier que le « Chevreuil dans le Bosquet » changera encore.

a – Parce que, comme beaucoup d’autres concepts Sorciers, il n’est pas gravé dans le marbre,
b – et, à une autre époque et à un autre endroit, d’autres groupes voudront probablement exprimer d’autres idées concernant l’esprit de sacrifice et découvrirons que le concept du vieux Chevreuil convient à merveille, si on l’utilise symboliquement.

chevreuilFinalement, pour les lecteurs qui trouvent que l’idée du chasseur et de la proie qui sont d’une certaine manière connectés magiquement l’un à l’autre est un peu datée, laissez-moi vous assurer qu’il n’en est rien. Depuis des siècles, les habitants des Alpes autrichiennes considèrent le chamois un peu de la même de la façon que nous considérons le cerf, c’est un animal spécial et magique. Même de nos jours, lorsqu’un chamois est chassé et tué, la carcasse de l’animal est descendue de la montagne et les guides ainsi que les gens du cru font une cérémonie et le photographient pour commémorer cette mort. Ce n’est pas pour glorifier le chasseur, mais plutôt au contraire pour honorer la proie.

Une partie de la cérémonie implique l’utilisation de deux brindilles de genévrier. L’une est trempée dans le sang de l’animal avec quelques longs poils de son bas ventre, qui seront donnés au chasseur pour qu’il les mette à son chapeau. La seconde brindille est placée dans la gueule du cerf mort avec l’intention magique réfléchie de connecter le chasseur et le chassé. Dans le même temps, la brindille de genévrier agit comme une protection contre l’esprit du chamois qui pourrait vouloir se venger de son assassin. Ce n’est plus qu’une vieille coutume, mais on y retrouve une vieille croyance où le chamois était considéré comme différent et n’était pas traité de la même manière que les autres animaux à cornes, qui eux étaient tués sans que cela donne lieu à une cérémonie.

Le chamois était différent, car son lien avec l’ancienne déité cornue était connu. Cela le dotait d’un esprit ou d’une âme spéciale puisqu’il était à l’image de l’ancien Dieu des troupeaux de chamois. Ainsi, dans les vingt-quatre heures qui suivaient sa mort, cet esprit pouvait se venger de son tueur, d’où la protection magique de la brindille de genévrier. Cela tiendra captif l’esprit jusqu’à ce que le choc de sa mort et que son attache avec sa vie passée se soit suffisamment affaiblie pour briser ses liens avec sa vie terrestre. Il ira ensuite vers les montagnes de l’autre monde où il sera libre d’errer sans aucun danger, sous la protection de son dieu et créateur cornu. Bref, une représentation vivante du concept séculaire e du destin du Dieu Sacrifié dans sa forme animale.

Ainsi, lorsque nous parlons du « Chevreuil dans le Bosquet », nous ne parlons pas d’un concept du passé qui est gravé dans le marbre et n’évolue plus, mais de quelque chose de fluide et susceptible de changer, tout en restant profondément enraciné dans l’ancien concept de l’animal que l’on sacrifie à la place d’une personne et qui, comme nous le savons tous, tient une place importante dans les anciens rites. De nos jours, il est devenu le symbole de l’esprit de sacrifice dans l’idée que lorsque l’initié, lorsqu’il fait le serment du coven, se soumet à la volonté d’Hécate. En un sens, en faisant cela, il devient le Chevreuil dans le Bosquet, car il a choisi de suivre un chemin qu’elle a choisi pour lui. Peu importe où cela le mène, car c’est ce que les Parques ont décidé et qu’il a choisi en connaissance de cause d’accepter.

par Evan John Jones du site http://lapierresorciere.free.fr/TC/EJJ.htm

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UNE HISTOIRE DE CHASSE ET DE SORCELLERIE

Posté par othoharmonie le 3 février 2017

M. le Commandant Henri de la Bassetière a bien voulu rédiger pour nous une curieuse histoire. « Jusqu’à quel point est-elle authentique – nous écrit-il – je l’ignore, car les faits remonteraient au milieu du siècle dernier ». Elle doit être, en tout cas, l’une des dernières du genre. Si elle peut paraître étonnante pour des étrangers, elle ne surprendra pas les Vendéens qui ont pu entendre, aux veillées d’hiver, raconter les histoires des garous, des chevaux-mallets et autres bêtes enchantées.

Buck Whitetail Deer (Odocoileus virginianus)

Voici l’histoire, telle qu’elle me fut racontée par mon vieil ami, M. de B. le dernier des gentilshommes chasseurs vendéens, un soir, pendant qu’il fumait sa pipe et dégustait à petites gorgées un excellent muscadet.

« Monsieur X, dont la propriété est à quelques lieues d’ici, était en train de lire dans son bureau quand il entendit la porte s’ouvrir et il vit entrer un ours debout sur ses pattes de derrière. L’ours fit le tour de la pièce en s’appuyant sur le mur et sortit par où il était entré. X en resta tout pantois. Cependant à la réflexion il finit par se persuader qu’il avait été le jouet d’un rêve ou d’une hallucination.

Mais quelques semaines plus tard comme il était dans la même pièce, la porte s’ouvrit à nouveau et un mouton entra, fit le tour de la pièce et sortit. Cette fois X s’écria : « Je saurai le fin mot du mystère », et il s’élança sur les traces de l’animal. Celui-ci, se voyant poursuivi, grimpa à toute allure l’escalier et, toujours suivi par X, atteignit le grenier où une fenêtre était ouverte, et sauta dans le vide. Quand X regarda par cette fenêtre,  il ne vit plus rien et ses recherches autour de la maison furent vaines.

Du coup, il ne se crut plus le jouet d’une hallucination et alla exposer l’affaire à son curé. Celui-ci ne prit pas la chose au sérieux et offrit à X d’aller passer une nuit dans la pièce hantée. Son offre fut acceptée. M. le curé s’installa donc muni d’un confortable en-cas qui lui permettrait de prendre des forces jusqu’à minuit. Mais le lendemain matin au grand scandale des dévots, il n’était pas encore arrivé à l’église une demi-heure après l’heure habituelle de la messe. Le sacristain finit par s’émouvoir et alla sonner au presbytère, puis chez M. X. Ce dernier entra dans son bureau et le trouva vide. Ils se mirent alors à la recherche de leur curé et le trouvèrent après maintes recherches, errant, hagard, dans la campagne. A toutes les questions qui lui furent posées, il répondit simplement : « Je ne veux rien dire, car ce que j’ai vu est trop épouvantable pour que je puisse le raconter.

Pendant plusieurs jours, aucun nouvel incident ne vint troubler la tranquillité de X, qui commençait à respirer. Mais, un soir qu’il était assis dehors sur sa terrasse, il aperçut un chevreuil qui traversait la prairie devant lui. Le fait en lui-même n’avait rien de très anormal, étant donné la proximité de la forêt voisine, si ce n’est que ce chevreuil était phosphorescent. Cette apparition s’étant produite à deux reprises, X prit un fusil et attendit le passage de l’animal. L’ayant aperçu à nouveau, il épaula vivement et tira. Mais, soit que le diable s’en mêlât, ou plutôt que la main du tireur eut tremblé, le chevreuil n’accusa pas le coup.

Alors X invita quelques amis à venir à son aide pour abattre cette bête extraordinaire. Après quelques essais infructueux, un soir, un tireur plus calme ou qui avait peut-être une queue de lézard dans sa poche, réussit à faire culbuter le chevreuil. Mais comme tous se précipitaient pour le ramasser, il se releva, et, d’un bond, disparut dans la nuit et le bois voisin cacha sa phosphorescence.

Le lendemain, X apprit qu’un de ses voisins s’était alité à la nuit, disait-il, d’un accident de chasse. Il avait plusieurs grains de plomb dans l’épaule ».

Depuis ce moment, toutes les bêtes fantastiques disparurent et M. X vécut en paix.

H. DE LA BASSETIERE
Revue du Bas-Poitou
1941 – 3e livraison

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LE CHEVREUIL – Esprit guide

Posté par othoharmonie le 3 février 2017

 

Si le chevreuil se présente à vous, cela signifie:chevreuil
Vous avez vécu une expérience négative et porteuse d’agressivité, et vous ressentez le besoin de vous retrouver dans un environnement rassurant et réconfortant.
Vous devez, plus que jamais, vous fier à votre intuition.
Vous êtes parti pour une aventure passionnante qui vous mènera sur différents chemins et qui vous permettra de faire des découvertes importantes.
Faites preuve de douceur avec les autres et avec vous-même.

Si le chevreuil est votre animal de pouvoir:
Votre personnalité est un mélange de caractéristiques masculines comme le contrôle, l’autorité, et la protection, et de caractéristiques féminines comme l’amour, l’attention et l’abandon mais vous vous sentez néanmoins plus proche des particularités propres à votre sexe.
Vous êtes très sensible et intuitif, ce qui vous permet souvent de savoir ce que les autres ressentent avant même qu’ils en aient pris conscience.
Vous évoluez avec volonté, conscience et vivacité, et vous pouvez changer de direction rapidement tout en restant complètement centré sur vous-même.
C’est à l’extérieur que vous vous sentez le plus à l’aise, particulièrement dans les bois ou dans une forêt, et vous avez besoin de vous y retrouver régulièrement pour refaire le plein d’énergie.

(Steven D. Farmer : »L’Esprit-Guide de l’Animal »)

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Le Masque du Cerf

Posté par othoharmonie le 1 février 2017

De tous les masques c’est sans doute celui du cerf qui est le plus ancien, il remonte jusqu’au temps des cavernes. Prêtre du dieu des troupeaux, le chaman était sans doute vêtu en peau de cervidé et portait des bois pendant le rite. Le même Dieu cornu se retrouve dans les populations d’éleveurs, mais alors, au lieu d’être le Dieu de la Chasse il devenait le Dieu des Troupeaux et de la fertilité de ces troupeaux. Chez les Celtes c’était Cernunnos, et dans la mythologie celte et anglo-saxonne on trouve un concept de Dieu-cerf, danseur et meneur du groupe, personnifiant les actions rituelles des prêtres/danseurs, et servant les Dieux.

hommecerf

Dans le Chant d’Amergin, on trouve écrit « je suis un cerf à 7 cors » ou encore « je suis le cerf aux 7 combats » On peut comprendre par-là « je suis le roi qui règne 7 ans ». Mêlez cela à l’image du chevreuil dans le bosquet et nous voilà avec le concept d’un roi divin sacrifié (même métaphoriquement ) pour que le nouveau roi puisse régner à son tour pendant 7 ans.

Dans notre tradition nous voyons un meneur, portant un masque de cerf, qui reçoit une mort cérémonielle à la fin du cycle de 7 ans. Cette mort peut être symbolisée par un sacrifice de sang plutôt que par le décès réel du meneur, et par un renouvellement de l’engagement vis à vis des Dieux et le serment des dirigeants. Le meneur de la danse, masqué en cerf, après avoir été meneur pendant 7 ans, subira une mort symbolique et rituelle avant de naître à nouveau et de jurer de mener les danseurs sous sa nouvelle forme spirituelle de cerf, roi de la danse.

Le bosquet dans lequel est retenu le chevreuil est représenté symboliquement comme un arbre solitaire, l’arbre du monde Yggdrasill, le puissant frêne, l’arbre qui est le pont entre le monde d’en bas, le monde physique où nous vivons et le monde d’en haut. Ainsi la perche de frêne ne représente pas seulement le Dieu, mais le frêne de vie également.
Dans l’histoire de la pendaison d’Odin sur le frêne sacré il y a deux choses à comprendre. L’une est le sacrifice aux dieux par pendaison, que l’on peut mettre en parallèle avec le symbole du chevreuil qui s’est pris les cornes dans le bosquet, ou bien le Roi cerf attrapé et suspendu par ses cornes à l’arbre sacré. En dehors de l’aspect sacrificiel de tout cela on y trouve une dimension magique. Le fait de souffrir sur un arbre sacré fait partie de l’initiation des chaman/prêtres dans beaucoup de cultures. En se plongeant dans un état symbolique de mort, le chaman s’ouvre aux secrets et au savoir ésotérique pendant sa transe. Une partie de ce savoir est ce que nous appellerons « l’emprunt ».

Cette faculté est décrite comme le fait d’extraire son esprit de son corps pour prendre une forme animale un peu comme Odin quand il lâchait ses deux corbeaux. Lors des états de transe dus à la danse l’affirmation « je suis ce que je dis être et je peux à la fois voir et entendre, donc je me souviens » résume très bien tout ce à quoi rime la danse. La persistance d’éléments chamaniques dans l’adoration d’Odin, et la perduration de ces croyances à travers l’âge sombre saxon et plus tard chez les vikings, laisse imaginer comment ce concept a pu plus tard intégrer la Sorcellerie anglaise ou anglo-saxonne.

Le cerf mène la danse, portant le bâton cornu, qu’il passe ensuite à un autre danseur au début du rite. Ce bâton est ensuite passé de main en main autour du cercle jusqu’à ce que quelqu’un ressente le besoin de le garder jusqu’à la fin de la danse. Le cerf alors quitte le cercle et prend place loin des autres danseurs. Tout en restant en un certain sens le meneur de la danse, il devient aussi le symbole double du meneur/cerf et du Roi du château, ou Roi dans le château, le château étant dans ce cas le rempart autour du tombeau. Ce château est l’endroit où se rend le chaman/prêtre pour recevoir le savoir au sujet du passé, du présent et du futur. Il est l’esprit qui mène le chaman au travers du labyrinthe du chaudron, ou bien, d’un autre point de vue, celui qui guide le prêtre, meneur de la danse, vêtu en animal, à travers la mort, et jusque dans le monde d’en bas, puis le ramène à nouveau.

De retour dans notre monde le prêtre, ou la prêtresse reprend doucement sa forme humaine, perdant le pouvoir de voir à travers les yeux de l’animal qu’il ou elle a invoqué.

La partie finale du rituel est un hommage au Roi cerf. Les danseurs dansent doucement autour de lui et se passent le bâton cornu de main en main jusqu’à ce que celui ci revienne au prêtre. Le prêtre revient, non plus en tant que Roi du Château mais bien en tant que Roi cerf, meneur de la danse une fois encore.

En dépit de la reconnaissance du cerf dans la mythologie et dans la symbolique, il faut garder à l’esprit qu’il est difficile de définir son rôle exact dans les rites. Le cerf, en tant que tel, peut représenter le Dieu Herne-Cernunos, le totem tribal etc…. Il suffit de regarder la petite statuette de cervidé (assez proche de l’élan nord américain) au musée de Brighton, pour se rendre compte qu’il y a là quelque chose de spécial. Cet objet de bronze, daté du Ier ou second siècle de notre ère a été décrit comme étant un objet de culte d’une quelconque peuplade Romano-celtique du Sussex. Cela ne peut certes pas être prouvé, mais si on s’en tient à la réputation du chaman, portant un masque de cerf, et couvert de sa peau, à l’époque néolithique, qui a ensuite donné naissance au mythe du chasseur cornu (dont un individu hanterait le grand chêne dans le grand parc de Windsor) il faut bien reconnaître que le cerf est tout à fait à part des autres animaux cornus.

(…)

homme-cerf

Encore aujourd’hui, dans les Alpes autrichiennes quand un chasseur tue un chamois, et qu’il descend le cadavre de la montagne, les guides et les villageois enregistrent cette mort et font des photographies. Ce n’est pas fait uniquement pour la gloire du chasseur, mais aussi pour honorer la victime. Parallèlement à cela un bâton de genévrier, trempé dans le sang du chamois est accroché au chapeau du chasseur, avec une touffe de poils coupée sous le ventre du chamois. Une autre branche de genévrier est placée dans la bouche de l’animal avec l’intention magique de lier le chasseur et sa proie, mais aussi d’empêcher que l’esprit de l’animal ne vienne hanter le chasseur.

(…)

Pour vraiment comprendre le cerf ou son équivalent à l’intérieur des rites ou des danses, il faut d’abord comprendre la nature du cerf lui-même, et sa vie dans le cycle des années. Les jeunes cerfs lui lancent un défi à la période du rut, et il viendra un temps où il sera affaibli et fatigué et où il sera rejeté de la harde. Il vous faut aussi comprendre le jeune cerf qui lance son défi et le perd jusqu’à ce qu’il soit assez fort pour vaincre le vieux cerf. En comprenant cela vous commencerez à comprendre la nature même du cerf. Il y a une étroite relation d’un point de vue ésotérique, entre le cerf « animal » et le cerf « symbole et concept mystique ». Cela fait, montez votre propre groupe ou coven. Le sentiment et la compréhension de ce que le cerf « dans le rite » signifiera pour vous, comment le groupe visualisera et interprétera le masque du cerf d’une façon qui sera la vôtre et celle du groupe, fera qu’à la fin vous aurez un cerf tel que vous le voyez et le comprenez.

Ne vous y trompez pas, les anciens ne basaient pas leur foi et leurs concepts religieux sur la lecture d’épais livres, bien au contraire ils se fiaient à ce qu’ils observaient et retenaient de ce qui se passait autour d’eux. En ayant le sens de l’observation, ils avaient découvert que quelque chose les liait à la nature, les faisant devenir partie intégrante de son cycle. Ils ajoutaient à cette compréhension un désir de donner une forme à l’Esprit de la Création, qu’aujourd’hui nous appelons les Dieux ou les Déesses, ou simplement Dieu. D’une certaine façon nous sommes chanceux. Nous pouvons voir avec le même regard que les anciens, nous pouvons comprendre de la même manière qu’ils le faisaient, et en même temps donner à cette compréhension une forme qui correspond à nos besoins et aspirations, plutôt que de nous sentir liés par leurs traditions. Si on va dans ce sens, les rites des danses et des masques doivent être pris comme étant le départ d’un voyage d’exploration et de découverte, qui nous permettra de redécouvrir les anciennes vérités et de les adapter aux exigences actuelles.

Par Evan Jones et Chas Clifton, traduction Véro

Extrait de « Sacred Mask, Sacred Dance ».
Issu de la Wicca francophone http://www.le-sidh.org/site/article_179.html

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LA MYTHOLOGIE DU CERF

Posté par othoharmonie le 1 février 2017

La mythologie du cerf, qui se retrouve de nos jours dans de nombreux récits, contes ou légendes, est une constante chez tous les peuples qui l’ont côtoyé ou chassé depuis la préhistoire. Elle a donc joué un rôle important de l’Europe à l’Asie en passant par l’Afrique du Nord et l’Amérique. Ce sont les bois qui ornent son front qui en ont fait un animal mythique par leur majesté et leur renouvellement périodique considéré comme un symbole de fertilité, de la mort et de la renaissance. La puissance de son brame et le caractère tumultueux de ses amours s’ajoutent au mythe et témoignent du renouvellement continu de la vie dans de nombreuses traditions religieuses.

Considéré comme le gibier le plus noble, ce fut l’un des animaux les plus représentés de la préhistoire, à l’antiquité puis au cours du Moyen Âge dans les miniatures et enluminures ornant une grande partie des livres et traités de chasse lui ont été consacrés. À chacune de ces époques, ce sont ses bois, dont l’élan majestueux orne son front, qui en font un animal mythique.

cerf

Pierre Moinot en préface à son Anthologie du cerf en souligne les raisons : « Voici donc l’animal porteur d’une forêt de symboles, tous apparentés au domaine obscur de la force vitale. Et d’abord ses bois, cette ramure dont le nom, la forme et la couleur semblent sortir des arbres et que chaque année élague comme un bois sec, chaque année les refait pour donner la preuve visible que tout renaît, que tout reprend vie ; par la chute et la repousse de ces os branchus qui croissent avec une rapidité végétale, la nature affirme que sa force intense n’est qu’une perpétuelle résurrection, que tout doit mourir en elle et que pourtant rien ne peut cesser. Aussi a-t-elle lié les bois du cerf à l’élan dont elle est tout entière la pérennité. La profusion de la sève qui les nourrit rejoint en lui la richesse de la semence, de sorte qu’il représente l’immémoriale vigueur fécondante, la puissance d’une inlassable sexualité. Son brame les met en scène d’une façon qui frappe l’imagination des hommes. Aussi a-t-on pris l’animal comme l’expression de la virilité, et par là de la puissance, puis de la suprématie. Pendant des siècles, cerf et seigneur ont été voués l’un à l’autre, il a été fait noble, un interdit frappait sa viande, son braconnage était puni de mort. Seuls les rois des hommes pouvaient chasser le roi des forêts ».

cerf1Chaque année, entre février et mai, le cerf mâle perd ses bois qui repoussent à la fin août. Ils atteignent leur pleine maturité en septembre juste avant la période du rut. Le nombre total de cors est variable (entre 10 et 16) et ils peuvent mesurer de 70 à 90 centimètres de long.

Dans le Physiologus, composé au IIe siècle de notre ère, le cerf était assimilé au Christ. Quant à Bède le vénérable, il en faisait l’image du chrétien et Raban Maur le comparaît à l’homme innocent. Le cerf, symbole du Christ, apparaît dans la vie des saints tels que saint Patrick, sainte Hélidie, dite Alyre ou sainte Begge.

Les récits médiévaux le font figurer souvent dans les scènes bibliques, au Paradis, parmi les animaux dans l’Arche de Noé. Il est également représenté dans de nombreux épisodes du cycle arthurien. Dans les textes historiques ou littéraires, les épisodes de la vie des rois ou des personnages célèbres sont souvent illustrés par des scènes de chasse au cerf. Tout au cours du Moyen Âge, le cerf – tout comme la biche – apparaît tel un révélateur des vérités recherchées par l’homme. En l’an 507, une biche montra à Clovis un gué sur la Vienne qui permit au roi chrétien de marcher sur les hérétiques wisigoths d’Alaric II et de les vaincre à la bataille de Vouillé. Une biche fit découvrir la retraite de saint Gilles aux officiers du roi Wamba (673), tandis qu’un cerf indiquait à Dagobert le lieu où reposaient les reliques de saint Denis.

Dès le XVe siècle, le cerf entre dans l’emblématique royale de France. Charles VI fait du cerf ailé son emblème de prédilection, comme relaté par Philippe de Mézières dans le Songe du vieil pèlerin. Ses successeurs, Charles VII et Louis XII, ainsi que la branche les ducs de Bourbon, le choisissent comme support de leurs armes. À la même époque, Richard II, roi d’Angleterre, adopte pour bannière le cerf blanc reposant sur une terrasse herbue.

Il est à noter que jusqu’au XVIe siècle, le bois de cerf, coupé en tranches et frit, passait pour un régal de roi. En outre, la corne de cerf moulue se vendait chez les épiciers. Elle servait à préparer des gelées et entremets. Le cerf fut même paré de vertus roboratives. Et comme l’a expliqué le romancier Pierre Moinot, « Si les rois ont voulu être inhumés dans une peau de cerf nappant leur dépouille mortelle, c’est qu’elle a la vertu, elle qui vivante ressuscitait chaque année par ses bois, de montrer à l’âme le chemin de la vie éternelle ». Cette pratique fut celle de Clément VI qui avait fait peindre la Chambre du cerf au Palais des papes d’Avignon. Après sa mort, selon ses vœux, sa dépouille fut entourée d’un linceul en peau de cerf avant d’être déposée sur un châssis de fer à l’intérieur de son tombeau à La Chaise-Dieu. Mais l’apothéose du divin cerf culmina, au cours de la Renaissance, avec l’apparition de la légendaire conversion de saint Hubert, au temps des mérovingiens, en 683.

En réalité, il y a deux légendes où le cerf, symbole du Christ, parle et pousse à la conversion. Au fil du temps, l’une a chassé l’autre. Telle fut initialement l’aventure de Placidius, un romain illustre par sa naissance, ses richesses et sa valeur militaire. Il poursuivait à la chasse un cerf, quand soudain l’animal s’arrêta et son poursuivant vit entre ses ramures le Christ crucifié. Le cerf lui parla de son salut et l’invita à se faire baptiser, ce qu’il fit avec son épouse et leurs deux enfants. Placide aurait reçu, après sa conversion, le nom d’Eustache. Devenu général, il revint victorieux d’une expédition, mais refusa de rendre grâces aux dieux et à l’empereur de ce triomphe. Ce qui lui valut d’être arrêté et exposé aux lions avec les siens. « Ils furent alors enfermés dans un bœuf d’airain incandescent, et consommèrent leur martyre par ce supplice » affirme le Martyrologe. Le récit de ce martyr apparaît uniquement à partir du VIIIe siècle et serait, selon le médiéviste Alain Boureau, une création de l’époque carolingienne. Eustache est l’un des quatorze saints auxiliateurs. Il aurait vécu vers l’an 130, avec sa femme et ses deux fils. On le fête le 20 septembre. Saint Hubert (656-727), est contemporain de la diffusion de cette légende. La sienne ne commença à prendre forme qu’à partir du XVe siècle, soit huit siècles après la mort de l’évêque de Liège. Avec le recul, elle apparaît comme un simple copier-coller de celle d’Eustache.

CERF2

Sa légende a traversé les âges et exerce toujours un attrait incontestable. Saint Hubert, le futur patron des chasseurs, commençait à chasser, un cerf blanc dix-cors quand celui-ci bondit d’un fourré, s’arrêta net et se retourna. Ce fut alors que son chasseur vit entre ses bois un crucifix. L’animal se présenta alors comme étant le Crucifié et lui demanda de se convertir. Dans la légende, cette apparition est expliquée par le fait qu’Hubert avait osé chasser un vendredi saint. Mais d’après un autre récit, l’événement aurait eu lieu le jour de Noël.

Dans la construction de cette légende, il n’est pas indifférent de noter qu’elle fait apparaître un cerf dix-cors pour marquer « le symbolisme avec les dix commandements reçus au mont Sinaï par Moïse, pour inviter l’Humanité à se tourner vers Dieu ». Et que le cerf, et particulièrement le cerf blanc, est devenu dans l’iconographie médiévale le symbole du Christ ou son envoyé.

Cette scène, tant de fois reproduite, tant par l’art religieux que par l’art populaire, est devenue un poncif et il serait bien difficile de représenter Hubert autrement que descendu de cheval et agenouillé devant le cerf miraculeux qui porte un crucifix entre sa ramure.

Devenu évêque de Liège, il mourut le vendredi 30 mai 727, âgé de 71 ans. D’abord enseveli à Liège, sa dépouille fut transportée, en 825, à l’abbaye d’Andage qui devient désormais l’abbaye Saint-Pierre-Saint-Paul de Saint-Hubert. Le 3 novembre, jour de sa canonisation, la fête de Saint-Hubert est célébrée les chasseurs par de grandes chasses.

Dans son étude consacrée à cette légende, Paul Delatour constate en conclusion : « Dans le cas de saint Hubert, l’apparition du cerf, n’est pourtant pas le fait du hasard. Avec un rapport sans doute heureux mais plutôt fortuit avec le fait que Hubert pratiquait la chasse, le cerf est d’un symbolisme constant dans l’iconographie chrétienne primitive. Depuis les psaumes jusqu’aux peintures des catacombes de Rome (Saint Calixte, Domitille), aux basiliques paléochrétiennes, et bien au-delà plus proche de nous, l’image du cerf étanchant sa soif à la fontaine – la source de vie – renouvelant tous les printemps la magnificence de ses bois – fait clairement écho à la fameuse formulation de saint Paul dépouiller le vieil homme pour revêtir l’homme nouveau » 

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Le Chevreuil Astrologique

Posté par othoharmonie le 27 janvier 2017

 

Du 24 juin au 22 juillet

 

Très attachée au groupe (famille, communauté, entreprise, amis…), vous vous définissez par rapport à lui et avez du mal à vivre pour vous. Pour décider, avancer ou mobiliser votre (considérable) énergie, vous avez besoin d’être soutenue et encadrée par un groupe. Ce que vous préférez : vous battre pour une cause commune, le bien de tous, vous êtes un vrai Che Guevara !

Mais derrière cette envie d’intégration, de communauté, vous cachez une vraie anxiété. Etre entourée vous rassure, y compris sur votre propre valeur. Ce besoin de sécurité, de cocon, ne se retrouve pas que dans le domaine affectif : vous êtes en général assez casanière, attachée à votre maison, vos habitudes.

Pour vous assurer que tout est sous contrôle, vous avez parfois tendance à vouloir tout régenter autour de vous. Parfois parano, vous détestez les surprises, et l’imprévu a tendance à vous rendre nerveuse. Votre entourage finira par s’adapter, et par intégrer que, pour vous faire plaisir, il faut vous prévenir avant !

Si on sait bien vous prendre, vous vous révélez généreuse, fidèle, prête au sacrifice pour les autres… Gardez ces nobles qualités pour votre vie privée, et mettez-les sous cloche au travail ! Sans quoi, vous pourriez vite être déçue : la vie en entreprise n’est pas toujours, comme vous en rêveriez, une grande famille sympa.

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Le chevreuil symbolise la douceur, le recueillement, la méditation, la quiétude et la paix intérieure.
C’est aussi la dextérité et le bon conseil. 

Les Chevreuils sont des êtres étonnants, chaleureux, accueillants et bienveillants et votre vie personnelle et familiale est très importante pour vous. Elle est la source de vos plus grandes joies ainsi que de votre bonheur. Vous faites donc tout ce que vous pouvez pour protéger et défendre vos proches. Votre maison est souvent la source première de leur bonheur. Vous ne cessez d’étonner votre entourage et de les surprendre par vos faits et gestes. En fait, certaines personnes vous trouvent lunatique ou rêveur, mais en fait, vous visualisez périodiquement vos rêves et vos buts. Cette sagesse vous permet d’augmenter le pourcentage de réalisation de vos objectifs. En amour, vous êtes doux, affectueux, bienveillant et dévoué. Les vibrations de votre lune, le « sept » vous apportent de l’harmonie et de la chance dans votre union. Vous possédez beaucoup de volonté et la vie vous apprendra très jeune à ralentir afin de pouvoir mieux vous orienter.

Vous possédez des talents dans différents domaines, tels que l’art, la médecine, la divination, les langues. Vous communiquez votre bonne humeur autour de vous. Vous alliez la souplesse et la force. Votre esprit est rapide et vous vous montrez à l’aise dans tout ce qui concerne la spiritualité. Vous avez soif d’inconnu et de mobilité. Vous vous montrez curieuse. L’énergie de la vie souffle à travers vous. Fidèle en amitié, vous êtes un havre de paix en période de trouble.

(astrologie Claudette Msadoque)

Une histoire raconte qu’un jour le chevreuil entendit l’appel du Grand-Esprit du haut de la montagne sacrée…

Il se mit en route mais ne savait pas qu’un démon tentait d’empêcher tous les êtres créés de s’approcher du Grand-Esprit.

Le chevreuil n’eut aucune crainte face à lui pourtant lui qui était l’archétype de tous les monstres qui ont déja existés…

Dans un ultime effort pour effrayer le chevreuil, le démon crachait le feu et faisait des sons horribles.

Toute créature serait morte de peur mais le chevreuil dit au démon :
S’il vous plait, laissez-moi passer, je m’en vais voir le Grand-Esprit !
Les yeux du chevreuil brillaient d’amour et de compassion pour cette grosse brute de démon.

Celui-ci, tout étonné que le chevreuil n’ai pas peur, redoublait d’effort.
Malgré tout, il ne réussissait pas à l’effrayer car l’amour de ce si gentil animal avait pénétré son coeur endurci.

Le démon sentait son coeur fondre à vue d’oeil et son corps se rétrécir jusqu’a ce qu’il atteigne la taille d’une noix de Grenoble.
Ce changement était dû à l’amour persistant du chevreuil et à sa douceur.
Grâce à sa gentillesse et à sa tendresse le chemin qui mène à la montagne sacrée du Grand-Esprit est libre et tous les enfants de Mére-terre peuvent y accéder sans crainte que les démons bloquent l’entrée…

Le chevreuil est l’enseignant de la douceur afin de toucher le corps et l’esprit des êtres bléssés qui tentent de nous empêcher d’accéder à la montagne sacrée…

Ce lieu ou rayonne la sérénité….

Puisse votre intuition se développer pour aider ceux perdus sur le chemin…

Rachel du site http://www.medecinedemereterre.com/pages/astrologie-amerindienne/chevreuil-24-juin-au-22-juill.html

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Le cerf Astrologique

Posté par othoharmonie le 27 janvier 2017

le cerf

: 21 mai- 20 juin

Ce animal emblématique amérindien est la muse du zodiaque. Le cerf est une source d’inspiration et a un esprit très vif. Avec un humour taillé sur mesure, le cerf a tendance à faire rire tout le monde. Avec son excellente capacité à vocaliser, le cerf est une personne de conversation accomplie.

Cela combiné à son intelligence naturelle, le cerf est un invité indispensable aux dîners. Conscient du monde qui l’entoure, et encore plus conscient de son apparence, le cerf a tendance à trop s’impliquer. Cependant, le narcissisme domine le cerf à cause de son amabilité et de son affabilité.

Dans un environnement favorable, la vivacité naturelle et la personnalité pétillante du cerf rayonnent encore plus. Il est une puissante source d’inspiration dans les relations. Livré à lui-même, le cerf peut être égoïste, de mauvaise humeur, impatient, et avoir deux visages.

- voire plus : http://www.espritsciencemetaphysiques.com/les-signes-astrologiques-amerindiens-et-leur-signification.html#sthash.GQqYbHSd.dpuf

Si vous êtes Gémeaux, votre animal totem est le Cerf

Le Cerf est un symbole d’élégance et de sociabilité. Sensible, gracieux, il parcourt des étendues considérables, poussé par une insatiable curiosité.

  • Caractère

Le Cerf est extraverti et devient même très bavard à la saison des amours, lorsqu’il brame ! Vivant et se déplaçant en harde, il est fort sociable. La Biche, fine et intuitive, repère le danger de loin.

  • Comment utiliser votre totem ?

Cultivez une sociabilité qui vous ouvrira des portes et vous permettra de vous exprimer. Cerf et Biche sont des symboles de spiritualité, d’écoute, d’adaptabilité. Pensez à mettre un frein à votre sensibilité, sous peine de vous transformer en victime. La douceur de la Biche est appréciée, mais un excès de douceur peut conduire à des complications !

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Clovis au Gué de la Biche

Posté par othoharmonie le 25 janvier 2017

  

 
 
Nos vieux chroniqueurs racontent une légende des premiers temps de notre histoire : c’est une fleur au milieu du sang, des cadavres et des ruines amoncelées par la guerre. Invoquant l’aide et la protection de Dieu dans la terrible bataille qu’il s’apprête en 507 à livrer au barbare Alaric à Vouillé, roi des Wisigoths, Clovis doit d’engager avantageusement le combat à l’irruption d’un cerf montrant aux Francs un gué stratégique.

Dieu, qui voulait faire de la Gaule le royaume de France, avait laissé les Goths débarrasser nos plus belles provinces de la domination romaine. Mais les Goths hérétiques devaient céder leurs conquêtes à Clovis et à ses Francs. Alaric II tenait sous sa puissance le Centre et l’Ouest, depuis la Loire jusqu’aux Pyrénées, et il régnait sur les belles campagnes du Languedoc et de la Provence. Clovis avait essayé de faire alliance avec Alaric, mais le perfide barbare avait fini par rompre l’alliance et une guerre terrible avait éclaté.

biche

Enfin, les deux rois semblaient désirer la paix, et Clovis était allé en Guyenne pour conférer avec le roi des Goths. Il envoya d’abord des ambassadeurs à Alaric, et le lieu et le jour de l’entrevue avaient été arrêtés. Il était convenu que chacun des princes arriverait au rendez-vous sans armes et avec une faible escorte. Mais les envoyés de Clovis, qui se défiaient et qui observaient tout, s’aperçurent qu’on avait fait venir des massues de fer dont devaient s’armer secrètement les gens d’Alaric. L’ambassade de Clovis revint en hâte vers le prince franc et l’avertit du piège qu’on lui tendait.

Aussi Clovis se garda bien d’aller au rendez-vous et la guerre recommença plus acharnée que jamais. Enfin, après des chances diverses, les deux partis convinrent de prendre pour arbitre Thierry, roi des Ostrogoths. Thierry devait être impartial, car il était parent des deux princes : il avait épousé la sœur de Clovis, et il avait donné sa fille en mariage à Alaric. Des chargés de pouvoir furent expédiés de part et d’autre à Thierry et chacun fit valoir ses droits, et exposa ses sujets de plainte. Thierry, après avoir longuement examiné cette grande cause, donna raison au roi des Francs, et il prononça cette singulière sentence :

« Devant le palais d’Alaric, un des chevaliers de Clovis viendra ficher en terre une lance ; Alaric et ses Goths jetteront sur la lance des deniers d’argent jusqu’à ce qu’elle en soit toute couverte et qu’on ne voie plus la pointe de fer. Cette montagne d’argent appartiendra à Clovis. »

A ces paroles, Alaric et ses Goths jetèrent des cris de surprise et de colère. C’était dur en effet. Sans être obligés de faire de grands calculs mathématiques, ils comprirent quelle base devrait avoir une pyramide de pièces d’argent pour entourer et cacher entièrement une longue lance. S’il se fût agi d’une épée plantée en terre, on aurait pu peut-être se soumettre au jugement, mais une lance !

Alaric furieux tira son épée et il jura de s’en rapporter au jugement de Dieu lui-même puisqu’on se moquait de lui, en lui imposant une chose impossible. La colère des Goths ne connut plus de bornes ; on insulta les envoyés de Clovis et c’est à peine s’ils purent s’échapper sains et saufs pour venir rendre compte à leur maître de ce qui s’était passé.

Clovis aussi tira sa puissante épée, il passa le reste de l’année et le commencement de la suivante à assembler une armée formidable pour demander à une lutte décisive l’anéantissement des hérétiques et la délivrance de la Gaule. Sans oublier son rôle de fondateur d’une grande monarchie, il se regardait surtout comme le champion de Dieu. Le converti de Tolbiac, malgré un reste de barbarie qui explique ses fautes, fut toujours un ardent chrétien, tenant compte, dans sa politique et ses entreprises militaires, des intérêts supérieurs de la religion. Aussi, avant de s’engager dans sa dernière expédition contre Alaric, voulut-il s’assurer la protection du ciel.

En 507, il passe la Loire et s’avance vers Tours. Alors il appelle quelques-uns de ses fidèles paladins les plus dévoués et les plus pieux : « Voici de riches présents, portez-les à Tours, au tombeau du grand thaumaturge et priez-le avec ferveur pour Clovis et les Francs. Par l’intercession de saint Martin, Dieu, je l’espère, nous donnera la victoire : c’est pour lui, c’est pour la vraie foi que je combats ; qu’il me fasse triompher des ennemis de la Foi catholique et des oppresseurs de ce beau pays !… »

Les envoyés partirent joyeux et pleins d’enthousiasme. Arrivés à Tours, ils allèrent droit à la basilique de saint Martin. Au moment où ils mirent le pied dans l’église, les prêtres chantaient ce verset du Psaume : « Praecinxisti me, Domine, virtute ad bellum… Seigneur vous m’avez ceint de force pour la guerre, vous avez renversé sous mes pieds ceux qui s’élevaient contre moi, vous avez mis en fuite, devant moi, mes ennemis, vous avez dispersé ceux qui me poursuivaient de leur haine. »

En entendant ces paroles, les pieux envoyés furent saisis de joie. Suivant les idées de ce temps, ils virent là un heureux présage et comme une réponse céleste aux vœux qu’ils formaient dans leurs cœurs. Ils déposèrent leur riche offrande et prièrent avec ardeur le saint patron des Gaules, puis ils revinrent en toute hâte au camp royal. Clovis vit là aussi un signe de victoire ; plus intrépide que jamais, plein de confiance en Dieu, il se mit en route et vint poser ses tentes en face de la rivière de Vienne, près de la cité de Chinon.

Mais là une épreuve l’attendait et la protection du ciel, sur laquelle il comptait, sembla lui faire défaut. Un obstacle imprévu et insurmontable arrêtait sa marche et protégeait la retraite de son ennemi. Le fleuve de Vienne, démesurément gonflé par les pluies, avait débordé. Ses flots, plus jaunes encore que de coutume, avaient franchi les rives et offraient une large nappe d’eaux perfides, ne laissant plus reconnaître les endroits praticables et ne permettant-pas, à cause de la profondeur, même à la cavalerie de s’y engager. L’armée n’avait pas ce qu’il fallait pour construire des ponts de bateaux, et le temps nécessaire à ce travail eut permis à Alaric de se retirer.

Clovis, attristé mais non découragé, établit son camp sur la rive droite de la Vienne, dont la rive gauche était occupée par les troupes des guerriers goths. Le lendemain, à la pointe du jour, il se mit en prières, exposant à Dieu qu’il n’avait plus d’espoir qu’en lui et lui demandant de ne pas permettre que les hordes ennemies lui échappent. Pendant ce temps, les guerriers francs parcouraient les rives du fleuve. Plusieurs troupes s’étaient formées, descendant et remontant le cours de la rivière et cherchant s’ils ne découvriraient pas un endroit favorable qui pût permettre de la franchir.

la biche

A quelque distance s’étendait, comme une nappe de verdure, la forêt de Chinon, agitant sous la brise, les cimes de ses arbres séculaires. Tout à coup on vit sortir du bois un cerf d’une merveilleuse grandeur. Dressant sa belle tête et regardant d’un œil étonné ces masses d’hommes qui animaient ces campagnes ordinairement si paisibles, il semblait hésiter à avancer. A cette vue les guerriers francs s’élancent ; les plaisirs de la chasse vont faire diversion à leurs tristes préoccupations.

Le cerf effrayé part comme un trait, mais au lieu de revenir à la forêt, il court au fleuve. D’innombrables chasseurs forment comme un rempart qui va se rétrécissant et acculant le noble animal à la rivière. Les cris l’épouvantent, cent bras se lèvent, brandissent des épieux ou tendent des arcs. Haletant, le cerf monte et redescend le long du cours d’eau cherchant évidemment à passer le torrent.

Il s’élance enfin au milieu des flots, mais ô prodige !… au lieu de nager, il court de pied ferme, l’eau lui monte à peine au-dessus des genoux… il est sauvé… les épieux retombent, les arcs s’abaissent, on laisse la vie à l’envoyé de Dieu. Car c’en est un, les soldats l’ont compris. C’est Dieu, ami des Francs, Dieu vaincu par les prières de leur roi, qui a fait sortir du bois ce guide providentiel pour montrer à l’armée un chemin praticable à travers la Vienne débordée.

Des cris de triomphe et de joie partent de tous côtés et tandis que les uns vont reconnaître le gué et le sonder, les autres courent avertir le roi qui donne aussitôt ses ordres. Surexcitée par ce prodige, l’armée s’ébranle, elle s’avance en bon ordre par le chemin miraculeusement trouvé, et tous arrivent sains et saufs sur la rive opposée. Mais dès qu’Alaric et ses Goths ont vu les premières colonnes s’engager dans les eaux de la Vienne, ils se sont empressés d’opérer une retraite qui ressemble à une fuite et de gagner les environs de Poitiers.

Les chroniqueurs nous parlent encore d’un prodige qui précéda la lutte définitive des Francs et des Goths près de Poitiers. Le voici :

Clovis, si visiblement protégé par le ciel, n’en eut que plus d’ardeur pour rejoindre un adversaire qui semblait vouloir éviter les chances d’une bataille. « Tant chevaucha le roy Clovis et ceux de sa compaignie » qu’ils arrivèrent près de Poitiers où était Alaric. Le roi fit tendre ses pavillons près de l’église Saint-Hilaire. « Et advint que la nuyt, entour minuyt, fut veu par plusieurs ung estourbillon de feu qui sortit de l’église Saint-Hylaire et vint descendre droit sur la tente où le roy dormoit. Aucuns qui ce signe virent, le tindrent à grant signifiance. »

Clovis aussi. Il se prépara au combat et il s’y prépara en roi chrétien, faisant défense à ses gens que « nul ne prît une chose sans payer ». Le lendemain Alaric s’avança ; la bataille se livra sur les bords du Clain. Les Goths furent complètement défaits. Au milieu de la mêlée, Clovis chercha son terrible antagoniste, une lutte corps à corps s’engagea entre les deux princes et Clovis, d’un coup d’épée, étendit Alaric mort à ses pieds.

Ce fut, dit-on, à cette bataille que fut inauguré le nouvel étendard national. Les Goths virent avec surprise nos bannières semées de fleurs de lis au lieu des trois croissants ou même des trois crapauds qui étaient le signe héraldique des anciens Francs. Ainsi fut écrasée l’hérésie arienne en France, ainsi furent délivrées nos provinces centrales, ainsi fut assise la monarchie. Le premier roi chrétien avait accompli son œuvre providentielle, ce fut là le dernier fait éclatant de la vie de Clovis.

Un fait vrai peut-être se cache sous le merveilleux. Et quand même on ne voudrait voir dans le fait de ce cerf passant la rivière à gué qu’un fait tout naturel, ce fait-là ne serait-il pas providentiel ?…

(D’après « Revue du Centre », paru en 1879)

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Le Cerf, et superstitions

Posté par othoharmonie le 25 janvier 2017

Doux et tranquille, le Cerf se distingue des autres animaux de la forêt par la couleur et la forme de sa haute ramure qui le font ressembler à un arbre. Porteur de nombreux symboles, on lui attribue des qualités de noblesse et de majesté, il est l’incarnation de la puissance, de la virilité et de la fécondité. Ses bois qui tombent chaque année et repoussent au printemps, évoquent la nature dans son éternel recommencement. Les anciens lui donnaient une très longue vie : quatre fois autant que la corneille et neuf fois autant que l’homme ! Il fut de tous temps l’emblème des dieux, des rois et des sorciers qui utilisaient sa ramure pour se parer. Les Gaulois avaient un dieu à la tête ornée de bois de Cerf nommé Cernunnos.

cerf

Diane, souveraine des bois et des forêts, parcourait l’univers sur un char tiré par quatre Cerfs et Merlin l’enchanteur se montrait parfois sous l’apparence de cet animal. Il y a bien longtemps, les bois d’une grande dureté de ce cervidé, servaient à la fabrication d’outils tranchants et de peignes. Au moyen-âge, on pensait que les bois de Cerf avaient des propriétés curatives et magiques contre certains maux, la ramure droite étant plus efficace que la gauche quand on la brûlait. Aussi, la poudre de ses bois protégeait les semences des intempéries.

Ennemi des serpents, on raconte que le Cerf est funeste à ces derniers et que son souffle puissant les arrache de leur repaire, pour les écraser sous ses pieds. Ceux qui portent une dent de Cerf sur eux ou dorment sur une peau de Cerf seront protégés contre les reptiles qui prendront aussitôt la fuite. On prétend qu’une pierre fabuleuse se forme dans son œil à laquelle on attribue des propriétés merveilleuses contre les venins. Ses larmes sont aussi un remède à certaines maladies. La chasse et la capture du Cerf sont le sujet de nombreuses légendes. On le dit sensible à la musique et aux accents de la flûte en particulier qui l’enchante. Il se couche même pour l’écouter et les chasseurs usent de ce moyen pour le distraire et le capturer. Messager entre le monde des dieux et celui des hommes, ce grand herbivore est aussi un animal psychopompe qui guide l’âme des défunts dans l’au-delà. Solitaire, nocturne et crépusculaire, le Cerf est remarquable par sa ramure et sa silhouette élégante et légère !

Issu du site : http://zimzimcarillon.canalblog.com

le renne

En France, selon le « Traité des superstitions » du XVIIe siècle, rencontrer un chevreuil en chemin lorsque l’on va faire sa demande en mariage est un signe désastreux pour la future union. Un sujet sur 150.000 est atteint de leucisme, une dépigmentation partielle. Ce « fantôme » de la forêt semblerait, quant à lui, épargné par les chasseurs superstitieux. 

Croiser un cerf dit un livre de superstitions et il nous arrivera du malheur : voici le texte issu du Traité des superstitions selon l’Écriture sainte: les décrets des conciles …

Il vous arrivera malheur si….

« si le matin nous rencontrons dans notre chemin un prêtre, un Moine, une fille, un lièvre, un serpent, un lézard, un cerf, un chevreuil ou un sanglier, si étant à table l’on renverse la salière, l’on fait tomber du sel devant nous, ou que l’on répande du vin sur nos chausses.. ; si un butor vole la nuit pardessus notre tête, si nous saignons de la narine, si avant de diner nous rencontrons une femme grosse, si en sortant du logis nous bronchons, si en chemin faisant nous trouvons certains nombre de pies, ou d’autres oiseaux à notre gauche.

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LE PEUPLE DES RENNES

Posté par othoharmonie le 21 janvier 2017

 

Entre taïga et toundra sibérienne, le peuple nomade des Nenets, éleveurs de rennes depuis la nuit des temps, résiste à la tentation de la sédentarisation. Ses membres lui préfèrent une vie de rigueur, mais une vie d’hommes libres.

C’est un territoire de bout du bout, un paysage de fin du monde, un ciel sans limite qu’épouse une terre étale figée par des millénaires de gel. Le district autonome des Nenets borde l’extrême nord de la Russie et mord largement sur le cercle polaire. Depuis le fleuve Ob et l’Oural, il remonte et s’étend le long des mers de Barents et de Kara jusqu’au mont Timan, sur une vaste et morne plaine de près de 177.000 kilomètres carrés. Un lieu de solitude quasi absolue où l’on recense 0,2 habitant au kilomètre carré, avec une forte densité humaine dans les villes principales. Près de la moitié des Nenets 40.000 au total vit sédentarisée dans la capitale de Narian-Mar. Pourtant, dans cette Sibérie polaire, mythique, symbole d’une nature inamicale, les derniers nomades résistent encore et toujours à l’assimilateur, hors du temps, de ce temps en flux tendu propre au monde moderne. Le leur est rythmé par deux saisons, un long hiver, une étroite fenêtre estivale, et par la migration des rennes qu’ils accompagnent au fil d’une transhumance séculaire, entre taïga et toundra. Car le renne est roi en Nenetsie, grand pourvoyeur de richesses pour ce peuple d’éleveurs qui en mange la chair et les abats les morceaux de choix crus, gelés ou bouillis, qui en boit le sang, se couvre de sa peau, sculpte ses outils dans ses os, utilise ses tendons pour tresser cordes et lassos… Sans compter la vente de bétail et de peaux qui permet, à l’automne, d’acheter les produits de base, en ville, avant l’hiver et la grande migration.

RENNES

Des mois durant, les clans nomades conduiront leurs troupeaux des forêts de la taïga à la toundra nourricière, une terre où le lichen abonde à la belle saison. Là, hommes et bêtes prendront leurs quartiers d’été, autour des lacs, rompant pour quelques semaines avec l’errance. Mais pour l’heure, l’hiver a tout avalé et, au coeur de ce grand écran blanc, il faut de bons yeux pour entrevoir le campement d’Anatoli et de sa famille. En cette saison, on ne distingue pas l’ombre d’une ligne d’horizon sur le permafrost, tant ciel et sol sont enlacés dans les brumes exhalées par l’océan Arctique. On perçoit avant d’apercevoir la voix du renne, des milliers de rennes qui constituent le cheptel d’Anatoli. Un son de corne, un brame profond que les bêtes se renvoient comme un écho. Anatoli profite de cette journée au campement pour réparer son traîneau avant de reprendre la route. Les Nenets ne restent pas plus de cinq ou six jours au même endroit, le temps pour les bêtes d’épuiser le lichen sous la couche de neige qu’elles grattent du sabot. Les femmes, quant à elles, mettent cette journée à profit pour s’occuper du troupeau, préparer les repas, coudre et broder des vêtements et des cuissardes fourrés, tout en pouponnant leurs jeunes enfants pas encore scolarisés. Car dès l’âge de 7 ans, les petits Nenets intégreront l’internat au village, rompant de longs mois avec la vie de famille, une séparation que n’adoucissent pas vraiment les deux mois de vacances et le retour au campement. Autour de Lena et de Galia aujourd’hui, ce sont donc des bambins minuscules, emmaillotés jusqu’aux yeux, qui se chamaillent, caressent les chiens, rient d’un rire léger comme une cascade de grelots. Sous leur capuchon de peau, ils affrontent l’air vif, des heures durant sous 30 °C, parfois 40 °C. De la fourrure, on ne voit que leur bouille émerger, deux joues vermillons et dodues, comme des pommes charnues croquées par le froid vorace.

Les journées sont remplies, longues et pourtant bien courtes. La vie des Nenets se love dans la brève parenthèse d’un jour qui commence tard et finit tôt. Dès que le ciel s’éclaircit dans les lumières mauves d’un soleil à la peine, il faut s’activer. Timofeï est de corvée de bois aujourd’hui, et ce n’est pas peu dire : des heures de traîneau, des troncs à scier puis à débiter et à rapporter… Le bois, c’est le nerf de la guerre ici, hommes et femmes sont rompus à sa quête difficile, et parfois le butin est maigre, il faut se rationner. Pendant ce temps, Kolia, l’un des fils d’Anatoli, ira chasser le lièvre avec ses amis, histoire de varier un peu le menu renne à tous les repas ! Les jeunes hommes, séparés en deux groupes de cinq ou six traîneaux, tendront une embuscade afin de replier dans la nasse plusieurs dizaines de ces gros lapins polaires qui envahissent littéralement la région. C’est si vrai que parfois, lorsqu’ils se déplacent par milliers sur le permafrost, blancs sur blanc, le sol monochrome semble se soulever, onduler, respirer. Quand ils ne chassent pas, les hommes pêchent, et la tâche n’est pas plus aisée. Il faut casser la glace des rivières pétrifiées pour y plonger la ligne ou le filet, la faire exploser à la barre à mine quand, au coeur de l’hiver, elle avoisine le mètre d’épaisseur…

Le-Peuple-des-Rennes

Ici, chaque activité est plus âpre qu’ailleurs, marquée au fer du climat. Ici plus qu’ailleurs, chacun mérite son repos, le soir, dans la douceur du tchoum, la tente conique traditionnelle, le refuge, le lieu social, la matrice dont le poteau central symbolise l’axe sacré pour cette ethnie animiste. Deux heures suffisent pour monter les tchoums. Autour d’un plancher de bois recouvert de peaux de rennes, on élève la structure une trentaine de perches fines que l’on couvre d’une épaisse toile de feutre, puis de peaux cousues entre elles. Le tout abrite un intérieur cosy, organisé autour d’un poêle à bois, tendu de peaux et de tissus russes aux arabesques colorées; la chaleur, 30 °C, y est aussi prégnante que le froid est coupant dehors. Demain, Anatoli et les siens déferont le campement. Il faudra charger les traîneaux et repartir jusqu’au prochain point où l’on remontera les trois tchoums de la famille, qui abritent jusqu’à dix ou quinze personnes chacun. De tradition clanique, les Nenets vivent dans des campements de deux ou trois tentes le plus souvent, rarement plus de six ou sept, et chaque clan dispose de ses propres zones de pâturage. Mais ponctuellement, les différentes familles se retrouvent au gré de leurs déplacements, chacune escortée de son troupeau de 2000 à 20.000 têtes. L’immensité blanche se couvre alors de bois et de fourrure, se fait torrent animal, que rejoignent des rivières de bestiaux venus de tout le territoire. La migration prend des allures d’épopée, de chevauchée fantastique façon pôle Nord. Sur fond de bruit de sabots sur la neige, un crépitement ininterrompu comme une pluie tropicale, des formes émergent de la brume épaisse, des fantômes glissants, agitant le fouet dans des claquements secs. Ce sont les caravanes des traîneaux qui passent, tirées par des rennes puissants et guidées par les femmes, meneuses chevronnées.

Le jour du départ, tandis que certains démontent le campement, Lena et Galia ont une mission capitale: choisir et attraper les bêtes qu’on va atteler aux traîneaux. Rompues à l’art du lasso, les deux femmes capturent en quelques gestes précis les rennes qu’elles ont sélectionnés pour leurs qualités à l’attelage: les plus expérimentés seront en tête, les jeunes vigoureux dans leur sillage. Elles prendront alors la route, tractant jusqu’à dix traîneaux sanglés entre eux : le matériel derrière, la famille devant, les enfants confortablement installés sous des strates de peaux douillettes. Si au mois de mars, le jour étiré permet des courses de sept ou huit heures, de la mi-novembre à la mi-janvier, la nuit polaire freine la progression. Sans la stopper toutefois : les Nenets n’ont pas d’instrument de navigation en main, mais une boussole dans la tête, un sens de l’orientation inscrit dans leurs cellules, et de bons chiens qui encadrent les troupeaux. Même de nuit, on avance, tendu vers l’objectif du jour : trouver un coin propice au bétail, à l’abri du vent, moins enneigé. On refera alors les mêmes gestes, encore et encore, jour après jour, au rythme du seul métronome que le peuple des fils de Noum le dieu du ciel et des grandes tempêtes connaisse: celui de la nature qui les nourrit, qu’ils vénèrent jusque dans les prières et les offrandes qui accompagnent les gestes du quotidien. Cette façon de vivre, scandée par les saisons, par la lumière, depuis la nuit des temps comme gravée dans les glaces éternelles, semble impérissable. Et pourtant, bien des dangers guettent ces princes de la toundra, à commencer par le réchauffement climatique qui pourrait, à terme, faire d’eux les tout premiers réfugiés du genre. Les Nenets sont aussi trahis par cette terre qu’ils aiment tant, si riche de trésors qu’elle attire toutes les convoitises. L’argent n’a pas d’odeur mais une couleur dans la blanche Sibérie: le bleu pétrole. Et dans les sols du district de Iamalo- Nenetsie, la Russie puise 90 % de sa production de gaz.

Enfin, bien sûr, l’assimilation choisie ou forcée a mis à mal la civilisation du renne, mais sans jamais l’éradiquer. Le régime soviétique s’est pourtant employé à russifier les Nenets, en les forçant à travailler dans des kolkhozes, les fermes collectives d’Etat, à renoncer aux rituels animistes et à se débarrasser de leurs chamans. En vain. Le chaman reste le pilier central du clan, le lien incontestable entre les hommes et les esprits présents dans le moindre brin de lichen. Mais l’acharnement mis à faire des Nenets de bons Russes a déraciné toute une génération, celle de l’époque soviétique, qui s’est éloignée de la toundra et de sa langue maternelle. A la chute du bloc de l’Est, les feux brillants de l’Occident ont repris le flambeau de l’assimilation. Scolarisés, les enfants sont sédentarisés de fait, dans les villes et les villages, et font l’apprentissage de la vie moderne, ne renouant avec le nomadisme que le temps des vacances, deux fois l’an. A l’adolescence, étape charnière, nombre de jeunes gens feront le choix du renoncement à la tradition, à la dureté de la toundra, amollis par le confort de la société high-tech. Pourtant, ni la coercition ni les tentations ne sont venues à bout de cette culture ancestrale. Il restera toujours des rennes à élever et des Nenets pour les garder, des hommes et des femmes qui rejettent la course folle du monde moderne et lui préfèrent le lent va-et-vient de la transhumance. Car lorsqu’on naît Nenets, on ne résiste pas aussi aisément que cela à l’appel de la toundra.

Dossier paru sur LE FIGARO.com 

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