Le Caribou des bois

Posté par othoharmonie le 21 février 2017

 

Le caribou des bois est donc une sous-espèce du caribou vivant dans les forêts boréales de l’Amérique du Nord. Il se présente principalement en trois écotypes : le caribou toundrique qui fréquente la toundra forestière une partie de l’année, le caribou forestier, présent toute l’année dans la forêt boréale, et le caribou montagnard, invariablement associé aux versants et aux sommets des montagnes. La population toundrique est la seule à présenter un comportement migratoire. Le caribou des bois apparaît sur les pièces de 25 cents de la monnaie royale canadienne depuis 1937.

Certains caribous peuvent parcourir 6 000 km en une seule année. Ces migrations amènent les femelles à donner naissance à leur faon dans la toundra de la partie septentrionale de l’aire fréquentée. À l’automne les caribou entreprennent une migration méridionale qui les conduit dans la taïga éparse de la forêt boréale durant l’hiver. Notons aussi qu’une petite population de caribous des bois à comportement migrateur vit dans le Nord de l’Ontario, sur les plaines longeant la baie d’Hudson.

Caribou

L’abondance des caribous toundriques subit des variations très importantes, pour des raisons plus ou moins bien connues. Dans le nord du Québec, elle a atteint des sommets vers la fin de chacun des XVIIIe, XIXe et XXe siècles. Compte tenu de leur ampleur, ces changements d’abondance ont des répercussions socio-économiques majeures. À titre d’exemple, le déclin qui a commencé vers 1900 a entraîné dans la misère les Inuits et les Cris du Nunavik (Québec) qui dépendaient de la chasse pour leur subsistance. Celle du début des années 2000 a des répercussions majeures sur les activités des autochtones et des pourvoyeurs qui opèrent dans le nord du Québec et au Labrador.

D’après les informations recueillies sur la population de la rivière George, les fluctuations d’abondance du caribou toundrique pourraient s’expliquer par l’augmentation de la compétition pour la nourriture tout au long de l’année et par l’accroissement des dépenses énergétiques associées à l’agrandissement des aires utilisées lors des pics d’abondance.

En 1954, il y avait à peine 5 000 caribous des bois dans le Nord du Québec et au Labrador. Leur nombre s’est toutefois accru de façon spectaculaire durant les quelque cinquante années qui ont suivi avant de péricliter drastiquement. La population de la rivière George, forte d’environ 800 000 membres en 1993, ne comptait plus que 74 000 spécimens en 2010 et 27 600 individus en 2012 Pendant la même période, la population de la rivière aux Feuilles est passée de 276 000 membres en 1991 à 628 000 caribous en 2001 pour redescendre à 430 000 en 2011.

Les femelles se dispersent dans les tourbières, la forêt résineuse, parfois sur des îles pour mettre bas afin de réduire les risques de prédation. À l’été, elles rechercheraient des sites offrant une meilleure qualité alimentaire ou des milieux ouverts, exposés au vent pour fuir les insectes.

En hiver, les caribous forestiers sont plus concentrés que durant les autres saisons. Ils évitent les peuplements mélangés et fréquentent des milieux ouverts riches en lichens terricoles jusqu’à ce que les conditions de neige ne permettent plus le creusage de cratères d’alimentation. Ils se déplacent alors vers des forêts de conifères. Ils utilisent les plans d’eau pour se déplacer, fuir les prédateurs et se reposer. Les domaines vitaux sont habituellement grands (200–300 km2) mais varient beaucoup selon les populations et les individus (32–1 470 km2).

Les lichens terricoles (Cladina spp., Cladonia spp., Cetraria, spp., Parmelia spp.) ou arboricoles (Alectoria spp., Bryoria spp., Evernia, spp., Usnea spp.) constituent la base du régime alimentaire du caribou forestier. Ils représentent une source d’énergie hautement digeste mais qui engendrerait un déficit en potassium. Le caribou peut cependant utiliser des plantes herbacées (Carex spp., Eriophorum vaginatum, Smilacina trifolia) et des essences ligneuses (Betula papyrifera, Populus tremuloïdes, Prunus pensylvanica, Salix spp., Amelanchier spp., Larix laricina, Alnus spp., Vaccinium spp.) selon leur disponibilité saisonnière ce qui pourrait combler le déficit en potassium.

Dans les tourbières, le caribou forestier utilise surtout les prêles et le trèfle d’eau (Menyanthes trifolium), particulièrement au printemps. En hiver, il préfère les lichens terricoles et, contrairement à l’écotype montagnard et n’utilise les lichens arboricoles qu’en dernier recours. Il creuse des cratères dans la neige (jusqu’à 120 cm) pour atteindre les lichens en s’aidant de stimulus olfactifs (nez enfoncé dans la neige ou dans les cheminées produites par les arbustes) ou visuels (blocs erratiques, eskers, abords des marécages).

 Le caribou est une proie avantageuse pour le loup en termes de temps de manipulation et de risques (de blessures ou de mortalité) associés à la capture, ce qui pourrait expliquer ses faibles densités en milieu forestier, particulièrement en présence de l’orignal, cette espèce soutenant les populations de loups. La chasse (sportive et d’alimentation) est souvent citée comme une cause importante du déclin historique des populations

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