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Des rats qui communiquent par le cerveau

Posté par othoharmonie le 1 octobre 2016

rats

À l’Institut international pour les neurosciences de Natal (Brésil) ainsi qu’à l’université Duke (Durham, États-Unis), deux villes distantes de 6.500 km environ, des rats étaient entraînés à appuyer sur des leviers situés en dessous de l’une des deux diodes luminescentes qui s’allumait pour obtenir en récompense une gorgée d’eau. C’est après cette phase que 32 microélectrodes ont été insérées dans le cortex moteur de leurs cerveaux et connectées à une machine.

Dans une seconde partie de l’expérience, seul l’un des rongeurs devait réaliser la même tâche. Le second, lui, devait composer avec les deux diodes allumées. Comment faire le bon choix ?

Après avoir enregistré l’activité du cortex moteur du premier rat, les auteurs l’ont simplifiée en tentant d’extraire uniquement le signal correspondant au choix du levier. Cet influx électrique a alors été envoyé dans le cortex moteur du second rat. Bien qu’on ne sache pas vraiment comment ce signal a été encodé, le rat se dirigeait le plus souvent (dans 64 % des cas au lieu de 50 % s’il se dirigeait au hasard) vers le bon côté de sa cage.

Pour que les animaux aient droit à leur récompense, il fallait que les deux rats réussissent le test. En cas d’échec, les scientifiques ont remarqué que le premier rongeur modifiait le signal qu’il envoyait, celui-ci étant plus net et plus marqué. Souvent, le deuxième rat réussissait alors mieux l’exercice.

Voir la vidéo sur http://www.futura-sciences.com/magazines

 

Miguel Nicolelis est un habitué des découvertes sensationnelles. C’est lui déjà qui, il y a quelques années, avait permis à des singes de contrôler un bras robotique par leurs ondes cérébrales. Récemment, il a encore fait parler de lui en permettant à des rats de voir dans l’infrarouge grâce à une neuroprothèse. Désormais, dans sa dernière expérience menée avec ses collègues de l’université Duke, il vient de réussir, avec un succès relatif, à faire entrer en communication des rats dont les cerveaux étaient connectés à une machine et distants de plusieurs milliers de kilomètres.

Dans son livre, Beyond Boundaries, sorti en 2011, il expliquait déjà vouloir réaliser une telle expérience, avec comme objectif de créer un ordinateur d’un genre nouveau, basé sur un ensemble de cerveaux branchés en réseau. Ou comment donner une nouvelle définition du mot brainstorming

C’est donc un premier pas en ce sens qui est décrit dans les colonnes de la revue Scientific Reports.

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Rat et souris pour expérience

Posté par othoharmonie le 1 octobre 2016

 

Sur les 2,2 millions d ’animaux utilisés chaque année en France pour la recherche, rats et souris fournissent le gros des bataillons. En Europe, les souris représentent près de 61 % des animaux de laboratoire et les rats, près de 14 %. Des chiffres qui ne sont pas très différents d ’un bout à l ’autre du globe.  Mais alors pourquoi ces animaux sont-ils si précieux pour les scientifiques ? Georges Chapouthier, biologiste et philosophe, directeur de recherche émérite au CNRS, coauteur d’un ouvrage intitulé Le Chercheur et la Souris »*, a répondu aux questions du Point.fr.

Rat et souris expériences

Le Point.fr : Pourquoi la recherche a-t-elle si souvent recours aux rats et aux souris pour l ’expérimentation animale ?

Georges Chapouthier : D’abord, il y a une question de modèles. Pour mener une étude concernant des microbes, on va utiliser des colonies bactériennes. Pour la génétique, on prendra plutôt des mouches drosophiles. Mais, dans les nombreux cas où l’on vise la physiologie humaine, on opérera effectivement le plus souvent sur des rats ou des souris. Parce que ce sont des mammifères, ils sont suffisamment proches de l’homme. Sans être trop proches quand même…

D ’autres mammifères seraient tout aussi valables comme modèles, non ?

Bien sûr, mais les rats et les souris blanches –– puisque ce sont eux qui sont utilisés –– sont, pour plusieurs raisons, vraiment très commodes. Premièrement, ils sont très doux et donc très faciles à manipuler. Deuxièmement, ils sont petits et donc faciles à gérer. On peut facilement placer 100, 200 rats en cage dans un même endroit. Troisièmement, ils se reproduisent très vite. La gestation est de l’ordre de trois semaines et l’animal est adulte au bout de deux mois, ce qui permet une nouvelle fois de travailler facilement sur de grandes quantités d’animaux, comme on se doit de le faire, par exemple, pour tester un médicament.

Mais ce qui est vrai pour le rat l ’est-il vraiment pour l’homme ?

Ceux qui s’opposent à l’expérimentation animale le mettent en doute. Pourtant, imaginons que vous travaillez sur un somnifère : si vous le testez sur une drosophile, les effets ne seront pas très nets. En revanche, si un somnifère fait dormir un rat, il fera à 99,9 % dormir un homme. Quelques molécules peuvent être spécifiques d’une espèce, mais c’est rarissime ! Dans l’écrasante majorité des cas, ce qui est applicable au rat est aussi applicable à l’homme. De plus, l’autre avantage de travailler souvent avec les mêmes espèces animales, c’est qu’on les connaît très bien. On a même créé des lignées particulières plus ou moins sensibles à telle ou telle chose, comme des souris plus anxieuses ou moins anxieuses… Ainsi a-t-on désormais des modèles particuliers chez la souris ou chez le rat.

Vous disiez tout à l ’heure que les rats et les souris sont d’excellents modèles parce qu’ils sont proches de nous sans l’être trop. Cela a-t-il un rapport avec le fait que ces animaux aient historiquement été considérés comme nuisibles ?

Tout à fait ! Il y a là une grosse ambiguïté de fond, philosophique. On travaille sur ces animaux parce qu’ils sont proches de nous mais, en même temps, parce qu’ils sont aussi perçus comme suffisamment lointains pour ne pas trop titiller notre éthique ! Les rats et les souris ne sont pas ressentis comme très sympathiques, et donc cela semble moins gênant que d’expérimenter sur des chats ou des chiens, par exemple. Les rats et les souris sont pourtant des animaux sensibles.

Ces rats et ces souris, spécialement élevés pour la recherche, souvent consanguins, ne se retrouvent-ils pas avec des tares qui peuvent compromettre la fiabilité des tests, notamment médicamenteux, qui sont faits sur eux ?

Il y a, en effet, des lignées de souris qui développent, par exemple, beaucoup de cancers ou qui deviennent obèses. Cette objection est juste. C’est pourquoi il faut faire des tests sur différentes lignées de souris et recouper les expériences.

Pour vous qui êtes à la fois neurobiologiste et philosophe intéressé aux droits des animaux, l ’expérimentation animale est-elle absolument nécessaire ?

C’est un sujet pour le moins brûlant. Dans l’état actuel des connaissances, oui, elle est indispensable pour fabriquer des médicaments afin d’améliorer la santé humaine. Les modèles cellulaires ou informatiques peuvent servir dans certains cas. Mais, pour reprendre l’exemple du somnifère, vous ne pouvez pas faire dormir une colonie de cellules ou un ordinateur. Si vous voulez tester quelque chose qui agit sur l’ensemble d’un organisme, vous êtes contraint de passer par la recherche animale. Cela ne veut pas dire que l’on ne peut pas faire des choses pour l’améliorer. Ce qui a d’ailleurs déjà été fait.

Ces expérimentations sont-elles bien encadrées ?

Elles le sont de plus en plus et il y a, d’ailleurs, de moins en moins d’animaux utilisés pour la recherche. Quand j’ai commencé il y a 40 ans, le scientifique était quasiment libre de faire ce qu’il voulait avec les animaux. Maintenant, il y a un encadrement. Les projets de recherche passent par des comités d’éthique. Il y a des enseignements d’éthique, des contrôles… Et la réglementation est assez satisfaisante pour les vertébrés et les pieuvres, qui sont bien mieux protégés dans la recherche que dans la gastronomie. Reste qu’à mon avis ce n’est pas encore suffisant. Car il pourrait y avoir plus de contrôles vétérinaires et, surtout, la formation des chercheurs en la matière mériterait d’être renforcée et améliorée.

 

* Le Chercheur et la Souris. Georges Chapouthier et Françoise Tristani-Potteaux. CNRS Édition. 2013

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