LE COLIBRI FAIT SA COUR

Posté par othoharmonie le 12 février 2016

 

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C’est le bruit du vent passant entre les plumes de sa queue qui produit le chant de cour du colibri.

 

Les colibris, ou oiseaux-mouches, sont célèbres pour leur petite taille mais également pour le bourdonnement qu’ils produisent en battant leurs ailes. Il provient de la friction de l’air à travers les plumes. Mais pour faire la cour, le mâle colibri use également des plumes de sa queue pour fredonner son chant d’amour. 

Dans la revue Science, des chercheurs de l’université de Yale (Etats-Unis) décomposent la structure aérodynamique de ce chant. Pour ce faire, ils ont effectué des mesures en soufflerie en soumettant à des vents plus ou moins intenses une trentaine de plumes appartenant à quatorze espèces différentes de colibri. Pour analyser les sons produits, ils ont utilisé du matériel qui sert habituellement en aviation pour inspecter les composants d’aéronefs, un laser doppler vibromètre. 

L’appareil permet de mesurer les vibrations à haute fréquence du mouvement de l’air pour déterminer par exemple l’aérodynamique des fuselages. Résultat : le colibri produit son chant nuptial quand un souffle d’air frappe une plume la faisant vibrer, à la manière d’un drapeau au vent. Les plumes de forme et de taille différentes vibrent à des fréquences différentes mais elles ont des structures harmoniques. En d’autres termes, les sons ainsi produits par l’air sur les plumes de queue sont uniques.  

Outre ce son, les plumes adjacentes peuvent également vibrer à des fréquences différentes, créant ainsi deux ou plusieurs tonalités simultanées. Certains colibris font encore mieux, ils produisent deux sons avec leur queue et un troisième avec leurs cordes vocales. Les auteurs suggèrent que la sélection sexuelle a favorisé la diversification des plumes de queue et que le chant qu’elles produisent est un facteur décisif dans le choix du mâle.

Ainsi, perchés sur une branche tout en s’assurant d’être bien vu par un colibri de passage, ils déploient les plumes de la gorge ou du cou afin de leur adresser un message sans équivoque. Ils agissent aussi de la sorte en exhibant leur queue bien ouverte. Ceci est plus fréquent chez la femelle et les jeunes qui désirent mettre en évidence les pointes blanches des plumes caudales.

Les voltiges aériennes sont principalement de deux types. La première parade se caractérise par un léger va-et-vient d’avant en arrière faisant face à un autre individu. Dans cette mimique en forme d’un petit arc horizontal, les plumes de la queue et de la gorge sont bien déployées. La seconde voltige aérienne, souvent appelée «le pendule», la manifestation est d’une plus grande intensité. Elle consiste à un grand arc de cercle exécuté de haut en bas adoptant la forme d’un grand «U» d’où l’oiseau peut s’élever de 1 à 12 mètres pour ensuite rejoindre son perchoir. A ce moment, il est possible d’entendre un bourdonnement produit par les ailes et des cris grinçants. Cette dernière parade est propre au mâle qui témoignerait de son agressivité vis-à-vis un autre individu de même sexe ou de sexe opposé. Quant à la première, elle ne saurait être l’apanage d’un seul sexe et serait encore là pour témoigner des sentiments hostiles envers d’autres colibris. Les recherches récentes n’excluent pas que ces parades et ces hautes voltiges soient utilisées en d’autres circonstances pour communiquer leurs intentions amoureuses à un partenaire de sexe opposé.

On connaît également une autre parade réalisée par les deux opposants simultanément, qu’on appelle : «vol vertical», les individus volent de haut en bas sur une certaine hauteur en se faisant face à une distance de moins de 1 mètre l’un de l’autre. Cette dernière parade peut être accompagnée de gazouillis.

On reconnaît également un autre vol dit «horizontal» qui se fait sur une courte trajectoire horizontale et peut être accompagné de gazouillis ou de bourdonnements. Ce comportement serait également utilisé pour témoigner son agressivité vis-à-vis un autre colibri et possiblement comme parade nuptiale.

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