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L’exploitation du Papillon

Posté par othoharmonie le 26 septembre 2015

 

PAPILLONAu-delà de l’admiration artistique, l’homme a su tisser des liens avec les papillons et exploiter certaines espèces. Plusieurs papillons de nuit sont producteurs de soie et élevés comme tels. Ils appartiennent au groupe des bombyx (famille des saturniidés). Le plus célèbre est le bombyx du mûrier, Bombyx mori, dont la chenille est connue sous le nom de ver à soie. Le corps trop lourd et les ailes trop petites de ce papillon lui interdisent de voler. Le ver à soie est élevé depuis 5 000 ans. À l’origine, les Chinois étaient les seuls à détenir le secret de son élevage et le gardaient jalousement : tout don, vol ou trafic des œufs du précieux papillon au bénéfice d’un étranger était sanctionné par une sentence de mort. En dépit de telles mesures dissuasives, plusieurs de ces œufs, accompagnés de graines de mûrier, parviennent clandestinement à Constantinople, en 555. L’industrie de la soie se répand lentement. En France, Louis XI l’établit à Lyon au xive siècle. Les vers à soie sont élevés intensivement jusqu’au xixe siècle, dans des fermes appelées magnaneries. Apparus en 1932, les textiles synthétiques comme le Nylon imposent une rude concurrence à l’industrie de la soie, qui connaît un ralentissement durable.Coûteuse, la sériciculture représente aujourd’hui une production très réduite en France, comme dans le reste de l’Europe.

La chenille du bombyx est glabre et atteint huit ou neuf centimètres de long. Elle se nourrit en abondance des feuilles du mûrier, sa seule source d’alimentation pendant les trente à quarante jours que dure sa vie larvaire. Au terme de son développement, elle tisse un cocon blanchâtre, plus ou moins épais, fait d’un fil d’une longueur de un à deux kilomètres et de plusieurs fils accessoires courts. Une des extrémités du cocon est moins épaisse : dans la nature, c’est par là que l’adulte sort à l’issue de la métamorphose, après avoir ramolli la fibre avec une sécrétion émolliente.

La qualité du fil de soie varie d’une race de bombyx à l’autre. Le cocon n’est pas utilisé en totalité. Pour débarrasser le fil continu des cours fils de soie accessoires qui entourent le cocon, celui-ci est ébouillanté, la chrysalide meurt et le fil de soie continu peut être déroulé. Le fil commercialisé est le plus souvent constitué de plusieurs fils torsadés ensemble.

D’autres papillons sont élevés pour la production de la soie, comme Antheraea yamamai et Antheraea pernyi, les bombyx japonais et chinois du chêne, dont l’élevage a été tenté en Europe. Antheraea pernyi produit un cocon trois fois plus lourd que le bombyx du mûrier, mais la fibre est moins longue et plus épaisse. Il est actuellement élevé en Chine et dans certains pays de l’Est.

Des insectes peu protégés

Les papillons de nuit, comme les autres animaux, sont menacés par les activités humaines. Excepté quelques espèces comme les mites et les ravageurs de cultures (les pyrales du maïs, du riz, de la canne à sucre, etc.), ils sont rarement visés par des destructions volontaires, et c’est avant tout la disparition de leur habitat qui est à l’origine de la raréfaction des papillons en de nombreuses régions. Le remembrement des terres cultivées se traduit souvent par l’arrachage des haies et des buissons et par l’abattage des arbres. Les végétaux dont les chenilles se nourrissent, jugés inutiles, sont éliminés au profit de cultures papillons-vivrières ou décoratives, ou de la sylviculture. Le défrichage, le drainage, l’assèchement des marais, la fauche des prairies et des talus, jusqu’au labourage, participent à la disparition des milieux favorables aux papillons et à la destruction directe des œufs, chenilles et chrysalides. Enfin, l’usage intensif d’engrais et de pesticides, par la destruction des œufs, chenilles et chrysalides, a provoqué la raréfaction des papillons, y compris en des régions encore peu touchées par la disparition des milieux naturels.

Des conventions internationales et nationales protègent de nombreux animaux dans la plupart des pays du monde. Mais les lépidoptères, et particulièrement les papillons de nuit, sont rarement pris en compte. Ainsi, seules 27 espèces de lépidoptères sont protégées, à l’échelle européenne, par la Convention de Berne : 26 sont strictement protégées (Annexe II), une est protégée (Annexe III) ; il s’agit de l’isabelle, ou papillon vitrail,Actias isabellae. Cette espèce est en revanche, en France, totalement protégée. Les captures, dont ce superbe papillon a longtemps pâti, sont interdites.

 

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Les croyances autour des Papillons

Posté par othoharmonie le 26 septembre 2015

 

CROYANCESDans toutes les civilisations et à toutes les époques, les papillons sont évoqués. Admirés et recherchés pour leur beauté, ces animaux gracieux et fragiles d’apparence sont le symbole quasi universel de la légèreté, de l’inconstance, voire de l’infidélité ; mais au Japon, ils sont le symbole de la femme, grâce et beauté, et de l’amour.

Les artistes ont depuis longtemps immortalisé ces créatures admirables, dont le mystère de la transformation n’a jamais cessé de fasciner : les murs antiques de Thèbes l’Égyptienne montrent des papillons peints voici 3 500 ans, et beaucoup de porcelaines et de soieries chinoises s’ornent de leurs silhouettes. Ces insectes remarquables ne pouvaient manquer, sinon d’inspirer, du moins de prendre place dans la mythologie. Les Grecs voyaient en la métamorphose du papillon la personnification de l’âme humaine : une légende dit que Prométhée ayant façonné le corps humain avec de l’argile, Pallas y enferma un papillon pour lui donner vie.

En Roumanie, la croyance populaire veut que les papillons soient nés des larmes de la Vierge Marie. Furtives apparitions de la nuit, les papillons nocturnes sont souvent considérés comme des fantômes, ou encore comme l’âme qui se détache du corps des défunts pour prendre son envol. De fait, on les considère parfois comme les annonciateurs de la mort : leur apparition est un mauvais présage. En Inde, on dit que le sphinx tête-de-mort, qui fréquente les champs de pommes de terre, est la réincarnation d’un moine auquel des cultivateurs auraient refusé pitance et qui, mort d’inanition, reviendrait les hanter : son masque lugubre leur rappelle que, bientôt, leur heure aussi viendra. Le nom scientifique du sphinx tête-de-mort est quant à lui inspiré des mythes associés à la mort dans la mythologie grecque : il doit son nom de genre, Acherontia, à l’Achéron, l’un des fleuves des Enfers grecs, et son nom d’espèce, atropos, à l’une des Moires, déesses dont la fonction est de décider de la vie et de la mort (ainsi Atropos coupe-t-elle le fil de la vie arrivée à son terme).

Les papillons continuent d’inspirer l’homme et son langage, à preuve les nombreuses expressions courantes, telles que volage comme un papillon, papillonner, papilloter des yeux… Autrefois, les papillotes, qui dérivent également de papillon, évoquaient les paillettes, puis elles ont bouclé les cheveux, et enfin, remplies de bonbons, ont été accrochées au sapin de Noël. Les botanistes ont appelé papilionacées les fleurs dont les pétales évoquent les ailes de l’insecte.

Certains objets usuels leur ont emprunté leur nom : le nœud papillon se pose au col, l’écrou papillon est bien utile aux bricoleurs, et les automobilistes, quant à eux, redoutent les « papillons »… Les sportifs aussi s’en sont emparés, avec la brasse papillon, curieux détour de l’imagination si l’on songe que les papillons ne nagent pas !

 

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