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Premières cohabitations entre hommes et singes

Posté par othoharmonie le 16 mai 2015

 

Tufted_CapuchinAu XVIIIe siècle, l’histoire naturelle connaît un engouement sans pareil. Le public a alors le goût des espèces rares et étonnantes, par exemple le rhinocéros présenté à la foire de Saint-Germain (1749), ou l’éléphant exhibé à Reims (1773). Le peuple a alors accès à quelques bêtes exotiques grâce à des montreurs ambulants, présents sur les foires. Les comportements d’imitation des singes non anthropoïdes sont mis en évidence lors de spectacles. Ils sont habillés et figurent certaines professions ou activités humaines, mimant des scènes du quotidien, jouant aux cartes, mangeant avec des couverts ou imitant les danses à la mode.

Les primates comme objets taxinomiques

Dans les muséums, l’afflux de spécimens pousse les naturalistes à s’atteler au grand oeuvre de mise en ordre des objets du monde. Dans ce cadre, ils privilégient les études morphologiques et anatomiques, l’observation des caractères externes et l’analyse de la structure interne des animaux, ainsi que l’anatomie comparée. 

Leur volonté de maîtrise du chaos s’exprime également dans la pratique de dénomination. Les savants trouvent dans le système linnéen la possibilité de mener à bien cette tâche commune selon des stan­dards rigoureux d’analyse et des codes partagés, autour desquels ils forment un collectif. En 1735, Carl von Linné parvient en effet à systématiser une nouvelle nomenclature dite « binomiale », c’est-à-dire composée d’un binôme : le premier des deux termes désigne le genre ; le second, l’espèce. 

Il définit l’ordre des Anthropomorpha à partir de caractères morphologiques communs aux hommes, singes et paresseux. En 1758 (dixième édition du Systema Naturae), il échange le terme d’Anthropomorpha contre celui de Primates (dérivé du mot latin primas : « qui est au premier rang », « qui a la préémi­nence », « qui est supérieur » – Gaffiot, 1974), pour nommer le groupe qui comporte les humains (parmi lesquels Homo sapiens ou diurnus, Homo ferus et certains hommes monstrueux), les chimpanzés (Simia satyrus) et les orangs-outans (Homo nocturnus, Homo sylvestris ou troglodytes). Créationniste et fixiste, Linné parle sous le contrôle de Dieu, la Nature constituant un réservoir d’évidences sensibles qui attestent l’existence divine : « Je nomme les espèces comme Dieu les a créées. » Le système linnéen obéit à la prescription biblique de dénomination des objets du monde, mais l’Homme est placé dans la série animale, ce qui constitue une rupture épistémologique décisive. 

SOURCE : Petite Histoire des Grands Singes 

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