LES GRANDS SINGES

Posté par othoharmonie le 15 avril 2015

 

Il existe actuellement deux espèces de chimpanzés : le chimpanzé commun, le plus courant, ou Pan troglodytes, et le bonobo (Pan paniscus), ou chimpanzé pygmée.

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Les chimpanzés sont bien adaptés à la vie arboricole : corps svelte, bras longs et puissants, pouces des mains et des pieds opposables aux autres doigts. Dans les arbres, ils se déplacent le plus souvent à quatre pattes sur les branches. Sinon, ils se suspendent par les mains, avançant chacun des bras alternativement : c’est la brachiation. Le chimpanzé a un mode de locomotion mixte, terrestre et arboricole. La recherche de nourriture s’effectue essentiellement dans les arbres, mais les déplacements supérieurs à une cinquantaine de mètres, pour aller d’un arbre porteur de fruits à un autre, s’effectuent au sol. Mais, même là, la marche bipède est rarement pratiquée, et la course est occasionnelle. Au sol, ils marchent en prenant appui sur leurs pieds posés à plat, et aussi sur le dos des doigts des mains.

Vernon et Frances Reynolds, qui les ont observés en Ouganda, sont d’accord avec Jane Goodall, qui les a étudiés en Tanzanie, pour dire que les chimpanzés passent de 50 à 70 % de leur journée dans les arbres. Ils y font même souvent la sieste (et y passent la nuit, dans des nids).

Les aptitudes sensorielles des chimpanzés sont semblables à celles de l’homme : l’odorat est très peu développé et la vue prédomine. Comme chez tous les primates, les yeux ont une position très antérieure. Ils ont migré, au cours de l’évolution, vers l’avant de la tête, ce qui a permis la vision en relief. En même temps, les parties du cerveau correspondant se sont développées. Les primates diurnes ont aussi acquis la vision des couleurs et celle du relief. Cela aide les doigts agiles des singes à parvenir à des manipulations délicates. Elle est également très précieuse pour évaluer les distances, ce qui est essentiel à des animaux se déplaçant dans les arbres.

Le chimpanzé, comme les autres grands singes, est remarquable par le grand développement de son cerveau. Le volume de la boîte crânienne est d’environ 360 cm3 (500 chez les gorilles ; 1 400 chez l’homme). Mais, le poids relatif du cerveau n’est pas un critère d’intelligence, car, en proportion, le cerveau est plus lourd chez les petits singes que chez les grands. Ce grand développement du cerveau permet au chimpanzé une vie sociale très riche. Il lui permet également de résoudre des problèmes quelquefois complexes, notamment en utilisant des outils.

Le chimpanzé commun a 32 dents, comme les autres singes anthropoïdes et l’homme. Elles sont assez peu spécialisées.

Les incisives ont une forme de spatule, alors que les molaires ont des pointes, ou cuspides, très peu marquées. Ces formes de dents sont liées à leur régime végétarien et à prédominance frugivore, qui ne requiert pas d’adaptation poussée. Pour la même raison, la mâchoire du chimpanzé est peu développée, par rapport à celle du gorille, par exemple.

Le dimorphisme sexuel est peu prononcé : les mâles sont plus grands et plus lourdement bâtis. Ils ont également des canines plus grandes que celles des femelles, qui leur servent lors des combats ; ils peuvent ainsi s’infliger des blessures parfois mortelles. Les femelles qui ont des jeunes avec elles sont beaucoup plus sédentaires que les mâles. Les naissances sont relativement rares, car l’espèce est peu prolifique.

 Quatre ou deux sous-espèces ?

Le chimpanzé commun est lui-même divisé en quatre sous-espèces, qui n’ont pas de nom français. La première, Pan troglodytes troglodytes, la plus courante, a le visage rosé, qui ne devient noir qu’en vieillissant. Ce chimpanzé devient chauve très jeune, et les mâles possèdent une barbe réduite. On le trouve généralement depuis le sud-est du Nigeria à l’ouest du fleuve Congo et de l’Oubangui.

La seconde est Pan troglodytes verus dont la partie inférieure du visage est claire : les mâles possèdent une véritable « barbe » avec des poils plus longs et plus fournis sur la gorge ; leur front se dégarnit avec l’âge. Cette sous-espèce vit en Afrique de l’Ouest, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée et Guinée-Bissau, au Liberia, au Mali, au Sénégal et en Sierra Leone. C’est la plus rare et la plus menacée (environ 15 000).

 

La troisième est Pan troglodytes vellerosus, au Cameroun et au Nigeria.

Enfin, Pan troglodytes schweinfurthi a le visage sombre, des poils denses sur la tête, même chez les vieux individus. On le trouve à l’est de l’aire de répartition de l’espèce, c’est-à-dire au nord du fleuve Congo, de l’Oubangui aux grands lacs. Cependant, comme il existe d’une façon générale de grandes variations morphologiques entre individus, ces quatre sous-espèces restent assez mal définies et des études génétiques récentes suggèrent soit de les réduire à deux clades principaux, P. t. vellerosus en Afrique de l’Ouest et P. t. troglodytes en Afrique centrale et orientale (Gonder et al. 2006), soit que ces variations sont trop infimes pour justifier cette différenciation (Fischer et al. 2006). Mais le maintien de cette division se justifie par les mesures de conservation à prendre pour protéger l’espèce.

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L’HOMME ET LES SINGES

Posté par othoharmonie le 15 avril 2015

 

 

On peut se demander si les chimpanzés ont des prédateurs. On n’a jamais vu quiconque les attaquer. Cependant, les observations d’Adriaan Kortland ont montré quelle réaction de panique une panthère – même empaillée – était capable de déclencher chez eux ; donc les prédateurs de chimpanzés sont à rechercher parmi les plus gros animaux de la forêt. Outre la panthère, il est possible que des serpents ou des gros rapaces s’attaquent aux chimpanzés, surtout aux jeunes, quand ils sont laissés un moment sans surveillance. Dans la nature, on n’a jamais observé de réaction très violente lorsqu’un chimpanzé a croisé quelque animal que ce soit, ce qui tend à prouver qu’il n’y en a aucun qui soit très craint par eux. En fait, comme pour beaucoup d’espèces animales, le premier ennemi du chimpanzé est sans conteste… l’homme.

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Le chimpanzé est plus proche de l’homme que n’importe quel autre grand singe vivant aujourd’hui. À l’échelle de l’évolution, les primates sont récents. Alors que les mammifères existent depuis au moins 200 millions d’années, les ancêtres des singes ne sont apparus qu’au début de l’ère tertiaire, il y a environ 60 millions d’années. D’Amérique du Nord ils se sont répandus en Europe, en Asie, en Afrique, et enfin en Amérique du Sud, mais plus tard. Les premiers primates n’avaient pas grand-chose à voir avec l’homme. Ils descendaient des insectivores (aujourd’hui : hérissons, musaraignes, taupes) et ressemblaient plutôt à l’actuel tupaïe (sorte d’écureuil au museau allongé, qui forme une classe à part, à mi-chemin entre les insectivores et les primates), ou au microcèbe, lémurien qu’on trouve à Madagascar et qui ressemble à une grosse souris.

Les primates actuels sont répartis en deux groupes : les prosimiens, primates inférieurs très répandus à Madagascar, et les simiens, les singes proprement dits.

Parmi ceux-ci, les grands singes, ceux qui ressemblent le plus à l’homme, sont appelés singes anthropomorphes ou anthropoïdes. Ce sont le chimpanzé, le gorille, le gibbon et l’orang-outang. Ils se sont différenciés encore plus tard, à la fin du tertiaire, il y a 20 millions d’années. On a retrouvé de nombreux fossiles de ces ancêtres, en Europe, et surtout en Afrique, qui est le berceau de l’homme. Ils ont pour nom pliopithèque, limnopithèque, ou, plus proche de nous, kenyapithèque, qui vivait il y a 10 millions d’années au Kenya.

En ce qui concerne l’ancêtre du chimpanzé, on se perd en conjectures pour savoir si c’est le singe fossile, trouvé lui aussi au Kenya et appelé « Proconsul » (il date de 20 millions d’années ; c’est Hopwood, en 1933, qui l’a décrit ; aujourd’hui, on dit plus volontiers le Dryopithecus africanus) ou bien un autre Dryopithecus, mais pas africain, celui-là, puisqu’on l’a trouvé en Europe. Cet ancêtre européen date d’ailleurs sensiblement de la même époque.

Aujourd’hui, tous les grands singes ont une aire de répartition restreinte : on ne les trouve que dans les grands massifs forestiers équatoriaux, qui rétrécissent dangereusement, en Afrique comme en Asie. Voilà pourquoi les chimpanzés, hôtes d’élite des forêts africaines, diminuent de jour en jour. Jusqu’à l’extinction ?

L’homme a toujours été fasciné par le chimpanzé, un singe plus proche encore de lui que le gorille. Il a voulu se l’approprier comme animal de compagnie, de cirque ou de laboratoire. Heureusement, la concertation internationale a mis en place des mesures pour sauver ce parent si cher.

Depuis 1969, il est totalement interdit de chasser le chimpanzé, pour le consommer ou le revendre. Il faut savoir que les exportations d’animaux sont particulièrement meurtrières : seuls les jeunes individus sont capturés, mais, pour ce faire, il faut d’abord tuer la mère et souvent plusieurs autres animaux du groupe. Ensuite, le stress intense s’ajoute aux conditions de transport souvent déplorables, si bien que la plupart des animaux expédiés meurent avant, ou peu de temps après leur arrivée. Ainsi, l’Institut Pasteur de Guinée a exporté 700 chimpanzés entre 1917 et 1960. On estime que cela représente en fait la mort de 3 000 à 4 000 chimpanzés !

Les mesures d’interdiction sont difficiles à appliquer et n’empêchent pas le trafic clandestin.

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LE MILIEU NATUREL DES CHIMPANZES

Posté par othoharmonie le 13 avril 2015

 

 

290px-Bonobo1_CincinnatiZooL’aire de répartition du chimpanzé diminue. Il y a une cinquantaine d’années, on en trouvait partout, de l’ouest à l’est, du Sénégal à la Tanzanie. Mais la forêt tropicale est en régression : l’homme étend sans cesse son territoire, détruisant la forêt sur son passage, si bien que, n’ayant plus d’habitat, le chimpanzé disparaît. Si l’on parle strictement en terme de surface, Pan troglodytes troglodytes et P. troglodytes schweinfurthi ont été peu touchés en Afrique centrale et de l’Est. Mais leur terrain est tout de même diminué de tous les côtés, surtout aux limites est et nord. À l’est, il n’y en a plus au Rwanda, ni au Burundi, de moins en moins en République centrafricaine, au Soudan et en Ouganda. Il n’y en a presque plus en Tanzanie. Il n’y a qu’en République démocratique du Congo, au Gabon, en Guinée-Équatoriale et au Cameroun qu’on en trouve encore en abondance. P. troglodytes verus, à l’ouest, est dans une situation critique. S’il vit encore dans neuf pays africains, il est devenu très rare et proche de l’extinction au Burkina Faso, au Ghana, en Guinée-Bissau et au Sénégal, et a disparu à l’état sauvage au Togo et en Gambie. Peut-être déjà éteinte au Bénin, l’espèce survit pour l’essentiel en Côte d’Ivoire, au Liberia, en Sierra Leone et au Mali.

P. t. vellerosus est la sous-espèce la plus menacée avec ses faibles effectifs estimés à moins de 6 500 individus et a le plus souffert de la réduction de son habitat. Si elle est à l’abri dans le Parc national de Gashaka-Gumti, au Nigeria, elle est souvent victime du braconnage dans les zones où elle n’est pas protégée.

La première cause de sa raréfaction est la déforestation : devant la montée démographique, de plus en plus de terres sont défrichées pour l’agriculture, les pâturages, les plantations industrielles, l’extraction minière ou la construction de routes. Les arbres sont coupés, pour fournir du bois précieux, de la pâte à papier ou simplement du combustible, qui est une source d’énergie bon marché pour beaucoup de populations pauvres. On estime que l’Afrique occidentale et centrale a perdu plus de 80 % de sa forêt originelle. Les forêts des extrémités est et ouest du continent ne sont déjà presque plus que des souvenirs. Dans les années à venir,  il ne restera qu’un seul bloc forestier important en Afrique tropicale : le bassin du fleuve Congo, où habite le bonobo. À la déforestation, il faut ajouter le braconnage, encore assez répandu, en vue de la capture de petits vivants et pour la viande vendue sur certains marchés. Enfin, le chimpanzé succombe également aux maladies infectieuses qu’il peut contracter par les contacts de plus en plus fréquents avec les hommes et leurs déchets, et a été atteint de plein fouet dans certaines régions par la fièvre hémorragique due au virus Ebola. Au cœur de la République démocratique du Congo, l’espace limité du bonobo, lui, s’est peu réduit de volume, sauf au sud. Mais le bonobo est tout de même en déclin dans de nombreuses localités. Il n’y a qu’au nord qu’on le trouve encore en abondance. Il reste, à l’état sauvage, entre 30 000 et 50 000 bonobos, et entre 172 700 et 299 700 chimpanzés communs (2003), selon des estimations à prendre toutefois avec précaution. Les deux espèces de chimpanzés sont menacées. Elles figurent dans la classe A des espèces totalement protégées prévue en annexe de l’African Convention on the Conservationof Nature and Natural Resources signée en 1968 par 40 États et ratifiée par 30 d’entre eux, dont le Cameroun, la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire, le Congo, le Gabon, le Kenya, le Ghana, le Liberia, le Mali, le Mozambique, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, la Tanzanie, l’Ouganda, le Togo et la Zambie. Les chimpanzés sont également inscrits à l’annexe I de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction) et classés dans la catégorie « en danger » par l’U.I.C.N. (Union internationale pour la conservation de la nature) depuis 2007. En danger d’extinction, ils bénéficient d’une protection totale, que ce soit vis-à-vis de la chasse, de la capture, ou pour toute autre utilisation commerciale.

Le chimpanzé disperse les graines

Le chimpanzé commun, on l’a vu, occupe des habitats variés, allant de la savane buissonnante à la forêt dense humide. Le climat le plus sec qu’il fréquente se trouve aux limites nord et est de sa zone de répartition. Il vit alors dans une savane plus ou moins riche en arbres. Ailleurs, dans les régions plus arrosées, il occupe tous les types de forêts, que celles-ci soient primaires (vierges), dégradées – à tous les stades d’évolution – ou inondées. Sa préférence va à la forêt secondaire, c’est-à-dire celle qui a repoussé après avoir été coupée. On le trouve aussi sur tous les types de relief, du bord de la mer jusqu’à 3 000 m d’altitude à la frontière  ougando-congolaise, sur le mont Ruwenzori.

Le bonobo, lui, est un animal exclusivement forestier et qui ne fréquente que les plaines. Mais, comme l’autre espèce, il occupe divers types de forêts – forêts primaires, ou forêts secondaires à sous-bois dense ou saisonnièrement inondées. Lui aussi marque une nette préférence pour les forêts secondaires.

Comme les deux espèces se nourrissent essentiellement de fruits, les chimpanzés jouent un rôle important dans la dissémination des graines. Au Gabon, dans les années 70, les chercheurs français Annette et Marcel Hladik ont recense près de 150 espèces végétales dont les fruits, feuilles ou fleurs étaient mangés par les chimpanzés ; un tiers étaient des lianes. Ils ont donc un rôle négatif sur la végétation, puisqu’ils prélèvent des quantités non négligeables de graines et de jeunes pousses, mais ils le compensent car ils avalent les graines des fruits, puis, allant un peu plus loin, les libèrent dans leurs fèces. Ils contribuent ainsi à la dispersion des plantes dont ils se nourrissent, participent au renouvellement de la forêt et au maintien de la diversité chez les végétaux. Toutefois, l’action du chimpanzé n’a pas été étudiée assez en détail pour savoir si, au bout du compte, il rend plus de services qu’il ne cause de dommages : on ne sait pas, par exemple, si, comme l’éléphant, il est indispensable à certaines plantes dont les graines, sans lui, ne pourraient être disséminées…

LE MILIEU NATUREL DES CHIMPANZES dans SINGEÀ l’occasion, le chimpanzé est aussi un prédateur de petits vertébrés. Il est capable alors de piller des nids d’oiseaux ou de capturer de petites antilopes, des jeunes rongeurs ou des petits d’autres singes, comme le babouin.

Les proies sont le plus souvent attrapées par surprise, par des individus isolés. En général, il n’y a pas de technique de chasse précise, ni de collaboration entre deux ou plusieurs chimpanzés pour attraper une proie. C’est plutôt le hasard qui détermine la proie : ainsi, le jeune babouin, le colobe ou le cercopithèque (un singe à longue queue) est attaqué lorsqu’il se déplace ou se nourrit dans les arbres fruitiers, au cours d’une rencontre inopinée avec un chimpanzé.

Le chimpanzé peut également se comporter en parasite. Au Gombe, en forêt de Tanzanie, où travaille la célèbre primatologue Jane Goodall, la forêt est mélangée à la savane. Chimpanzés et babouins y cohabitent en bon voisinage. Les chercheurs ont vu des chimpanzés voler leur proie à des babouins. À la grande surprise des scientifiques, les babouins ne réagissaient pas, alors qu’ils ont des canines capables de tenir en respect une panthère. Ni les vols, ni les meurtres n’empêchent les jeunes babouins et les jeunes chimpanzés de jouer ensemble.

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L’APPRENTISSAGE DES CHIMPANZES

Posté par othoharmonie le 13 avril 2015

 

 

Bonobos_adoring_baby_(4531338876)Tous les primates sont nidicoles : c’est-à-dire que le petit naît à un stade de développement peu avancé, et qu’il dépend entièrement de sa mère pour survivre. Le bébé chimpanzé naît après une gestation de 4 mois. Il ne pèse que 1,7 kg. Il est très vulnérable et incapable de se déplacer seul. S’agripper est le seul réflexe qu’il possède ; aussi sa mère le porte-t-elle sous son ventre, mais, les premiers jours, elle doit le soutenir pendant ses déplacements pour ne pas le perdre. À 1 an, le petit chimpanzé est capable de grimper sur le dos de sa mère, qui le porte sur les épaules. Elle commence à le laisser de temps en temps, mais le récupère à la moindre alerte. Jusqu’à 2 ans, le petit alterne les moments où il est sur le dos de sa mère et ceux où il part seul à l’aventure, de plus en plus longtemps et de plus en plus loin.

L’apprentissage par le jeu

Le jeu n’aide pas seulement le petit à fortifier ses muscles mais aussi à connaître la vie, découvrir son environnement et les autres membres de la communauté. C’est à travers le jeu qu’il s’insère dans le groupe. Le singe qui n’a pas joué étant petit est un inadapté social. On a vu des animaux nés en captivité et élevés seuls : une fois adultes, ils n’étaient pas capables de communiquer correctement avec les autres, ne savaient pas trouver leur place dans la hiérarchie et n’arrivaient ni à courtiser les femelles ni à s’accoupler.

Dès ses premiers mois, le petit joue sans cesse avec sa mère, le matin, dans leur nid, ou pendant les siestes : elle le bouscule gentiment, le chatouille ou le boxe sans brutalité. Et lui, il tape sa mère, avec des feuilles ou ses propres pieds. C’est aussi en jouant qu’elle lui apprend à trouver sa nourriture. À 2 ans, le petit se nourrit presque entièrement d’aliments solides, mais sa mère peut continuer à l’allaiter pendant encore très longtemps, même si un autre petit vient à naître. Les liens mère-enfant persistent encore pendant plusieurs années, après qu’il est entré dans le stade juvénile. Dès lors, il va de plus en plus jouer avec les autres jeunes de son âge ou d’autres plus âgés et même avec des adultes qui ne sont pas ses parents. Parfois, les chimpanzés organisent de véritables crèches : une douzaine de jeunes singes ne sont encadrés que par une mère ou deux, avec ou sans leur propre petit. Les petits s’amusent à courir sur les branches, à se balancer, à sauter de l’une à l’autre. Entre eux, ce sont des bagarres, des poursuites, des simulacres de bataille avec des petites branches.

Adolescents à 9 ans

Femelle bonobo allongée, embrassant son bébéVers 9 ans, avec la puberté, le chimpanzé devient adolescent. Il continue sa maturation, à la fois physique et comportementale. À cet âge, il est fréquemment seul, ou en compagnie d’adultes. Les liens maternels, qui se sont relâchés progressivement pendant l’enfance et l’adolescence, cessent brusquement vers 13 ans. À cet âge, le chimpanzé est un adulte. Le jeu est alors remplacé par les activités sociales des adultes, notamment l’épouillage mutuel. Chez les grands singes, l’allongement de la période de développement dépend de la longévité : le gibbon, adulte vers 9 ans, vit encore 30 ans, le chimpanzé, adulte à 13 ans, vit jusqu’à 40 ans.

Les chimpanzés adultes sont bienveillants ou indifférents envers leurs enfants. Les mâles adultes sont plus agressifs vis-à-vis des adolescents du même sexe, qui sont des rivaux en puissance. S’ils s’approchent trop, les jeunes mâles sont menacés et attaqués. Ils sont rejetés à la périphérie du groupe, jusqu’à ce qu’ils puissent tenir tête aux mâles les plus forts.

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L’épouillage, un rituel qui entretient l’amitié

Posté par othoharmonie le 13 avril 2015

 

Gombe_Stream_NP_AlphatierOn voit souvent deux ou trois chimpanzés ensemble, qui fouillent longuement la fourrure des autres et mangent ce qu’ils y trouvent. Au départ, l’épouillage était uniquement destiné à débarrasser l’animal des parasites qui encombrent son pelage, en particulier dans les parties de son corps qu’il ne peut atteindre lui-même. Aujourd’hui, plus qu’une mesure d’hygiène, c’est devenu un rituel, qui entretient l’amitié. Ce comportement occupe une grande place dans la vie sociale de tous les singes qui vivent au sein d’un groupe. Autre moment privilégié : quand ils s’informent les uns les autres, au moyen de cris. Les chimpanzés ont toujours un œil sur les voisins. Que l’un d’eux découvre un congénère ayant saisi une proie, il crie pour avertir les autres, qui s’approchent et quémandent leur part en poussant de petits cris. On a répertorié 23 cris différents ! (Le chimpanzé est un des animaux les plus bruyants de la forêt.) Chaque cri est associé à des grimaces, postures, gestes et mimiques diverses, qui vont du petit grognement de satisfaction accompagnant un repas au hurlement portant sur plusieurs kilomètres. Les cris que poussent les chimpanzés provoquent souvent des réponses de la part des autres membres du groupe ou des groupes voisins, créant alors un chœur qui domine toute la forêt, parfois pendant plusieurs dizaines de minutes.

Des outils pour se nourrir et se défendre

Le chimpanzé est l’animal qui sait le mieux utiliser des outils. Il s’en sert surtout pour se nourrir, de toutes les façons possibles : par exemple il ratisse une surface avec un bâton pour attraper une noix hors de portée de sa main. Plus compliqué : pour casser la coque d’un fruit dont il a envie, le chimpanzé utilise soit un morceau de bois si l’enveloppe du fruit est tendre, soit une pierre si elle est dure, et cela même si l’outil le plus approprié est hors de sa vue ! Il se souvient de l’endroit où se trouvent les meilleurs marteaux possible pour tel fruit, et parcourt 500 mètres, s’il le faut, histoire de ne pas écraser un fruit plutôt tendre avec un outil trop dur. Il pose alors la noix, si riche en matières grasses, sur une surface dure… et il a inventé l’enclume. Le chimpanzé sait aussi de quelle façon il faut manier une branche pour s’en servir comme d’un levier et détacher une fourmilière accrochée à une autre branche.

Mais le plus étonnant est qu’il sait fabriquer ce dont il a besoin : il sélectionne une branche longue et fine qui peut atteindre 60 cm de longueur puis l’effeuille pour pouvoir l’introduire dans la fourmilière. Il la ressort précautionneusement et la fait glisser entre ses lèvres ou entre ses doigts, pour retenir les insectes qui la recouvrent ; il n’a plus qu’à les avaler prestement, avant qu’ils ne le piquent !

Le chimpanzé ne boit pas très souvent, car il trouve la plus grande partie de l’eau dont son organisme a besoin dans les fruits les plus pulpeux qu’il consomme. Il boit directement à la surface d’un ruisseau, ou bien trempe ses mains et lèche l’eau qui dégouline de ses doigts. Mais, quand il a très soif, il choisit une large feuille, qu’il utilise comme une cuillère. Ou bien il mâche une feuille jusqu’à la rendre poreuse, l’imbibe d’eau et la presse dans sa bouche comme si c’était une éponge !

Performances pour un animal

Le chimpanzé a encore d’autres cordes à son arc : pour se défendre, il prend une branche et en fait une lance ; une pierre, et elle devient un projectile…

En 1965, une expérience célèbre a été faite en Guinée : Adriaan Kortland a placé un léopard empaillé, un de leurs principaux prédateurs, près d’un groupe de chimpanzés. Dès que ceux-ci le virent, ils se dressèrent et, tout en poussant des cris d’intimidation, ramassèrent des bâtons qu’ils lancèrent avec beaucoup d’adresse en prenant soin de viser la tête et le dos du félin.

Le chimpanzé utilise aussi l’outil comme moyen de locomotion. Par exemple, il traverse l’eau sans se mouiller, grâce à un bâton, dont il se sert comme d’une canne pour franchir un ruisseau sur un pont naturel. Ou encore une large feuille devient chasse-mouches ou parapluie ; une brindille devient cure-dents ou Coton-Tige ; avec une feuille, il s’essuie le derrière en cas de diarrhée.

Les chercheurs se demandent pourquoi le chimpanzé n’a pas développé autant que l’homme sa capacité à utiliser l’outil. Il semblerait que ce soit lié au fait que le chimpanzé est un animal forestier et grimpeur, ce qui occupe ses quatre membres.


 

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Le chimpanzé

Posté par othoharmonie le 11 avril 2015

 

Une légende africaine veut que le chimpanzé soit si agile qu’il peut rivaliser avec les oiseaux et atteindre des hauteurs vertigineuses, même si c’est en grimpant en haut d’un arbre et non pas en volant… Au xxe siècle, ce n’est pas aux oiseaux mais à l’homme que ce singe est comparé le plus fréquemment.

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Les chimpanzés vivent en communautés d’au moins une vingtaine d’individus (jusqu’à une centaine ou plus) ; ils occupent un territoire, qu’ils défendent contre les voisins. Non pas par des barrières naturelles, mais par des frontières que les chimpanzés se transmettent d’une génération à l’autre. Dans les milieux les plus favorables (la forêt dense humide), les chimpanzés sont plutôt sédentaires : une petite dizaine d’individus se partagent une vingtaine de kilomètres carrés, dont ils ne couvrent qu’un dixième par jour. Dans les savanes sèches, à la périphérie est et ouest de leur aire de répartition, ils deviennent de vrais nomades : un groupe peut – d’un campement à l’autre – occuper une surface de plus de 700 km2.

À l’intérieur du groupe, chaque mâle a accès indifféremment à toutes les femelles pour la reproduction, ce qui ne l’empêche pas de poursuivre aussi celles des groupes voisins qui sont réceptives. Il arrive souvent que plusieurs mâles s’accouplent successivement avec la même femelle. Huit fois sur dix, c’est le mâle qui s’approche de la femelle ; elle lui présente l’arrière-train et se fait monter immédiatement sans qu’il y ait aucune parade sexuelle, mais il arrive parfois que ce soit la femelle qui prenne l’initiative, en se mettant en posture d’accouplement devant un mâle, qui s’exécute aussitôt (et en quelques secondes…).

Une société hiérarchisée

Chaque groupe est le maître sur son domaine vital. Si des étrangers s’y introduisent, il les chasse en poussant des cris, frappant sol et arbres, agitant des branches, etc. Mais il arrive que les domaines vitaux de groupes voisins empiètent l’un sur l’autre. La situation se règle alors grâce à la hiérarchie, car les groupes ne sont pas égaux entre eux : un groupe avec beaucoup de mâles adultes domine celui qui en compte peu. Ainsi, dans les zones où deux territoires se superposent, le groupe dominant est prioritaire sur le groupe dominé. Le second évite la zone lorsque le premier s’y trouve, ou la quitte sans bruit dès qu’il entend le groupe dominant approcher. De la même façon, à l’intérieur d’un groupe, il existe une hiérarchie stable entre les mâles adultes. Cela dit, comme la composition des groupes est très variable, quand les animaux se rencontrent, les relations de dominance sont moins bien établies que chez d’autres singes : le plus souvent, si deux individus se croisent sur une branche, le dominé s’écarte devant le dominant, ou bien le touche doucement sur les lèvres, la cuisse ou les régions génitales, pour faire acte de soumission.

Comme ils font leurs nids, ils se couchent

Dans la journée, les chimpanzés parcourent leur territoire à terre ou dans les arbres, mais, la nuit, ils nichent dans les arbres, entre 6 et 30 m au-dessus du sol. Chacun – sauf les jeunes, qui dorment avec leur mère – construit son propre nid chaque soir, avec des grosses branches et un confortable matelas de feuilles, près de l’endroit où il s’est nourri, ou bien réutilise un nid construit antérieurement.

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Les singes de la sagesse

Posté par othoharmonie le 11 avril 2015

 

 SINGE

Ce thème est originaire de Chine. La plus ancienne trace connue est dans les Entretiens de Confucius, écrits entre -479 avant J.-C. et 221. Il y est écrit : « 非礼勿视、非礼勿听、非礼勿言、非礼勿动 / 非禮勿視,非禮勿聽,非禮勿言,非禮勿動 », qui pourrait être traduit par : « Devant l’impolitesse, ne pas regarder, ne pas écouter, ne pas parler, ne pas bouger »1.

On retrouve cette phrase à l’identique en 1658 dans le rouleau 80 de la description complète des chroniques de l’histoire des Song retraçant l’histoire de la Dynastie Song (960 – 1279). 

Le texte accompagnant les trois singes a été introduit par un moine bouddhiste de l‘école Tiāntái zōng avec le conte « Ne pas voir, ne pas entendre, ne pas parler » vers le viiie siècle, ce qui se traduit en grammaire japonaise  « 见ざる、闻かざる、言わざる » 

Les singes de la sagesse (aussi appelés « les trois petits singes ») est un symbole d’origine asiatique constitué de trois singes, dont chacun se couvre une partie différente du visage avec les mains : le premier les yeux, le deuxième la bouche et le troisième les oreilles. Ils forment une sorte de maxime picturale : « Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire ». À celui qui suit cette maxime, il n’arriverait que du bien. 

 

Une des plus anciennes représentations connues de ces trois singes se trouve au Nikkō Tōshō-gū, l’un des Sanctuaires et temples de Nikkō au Japon. Elle est attribuée au sculpteur Hidari Jingoro (1594-1634).

 Cette maxime fut notamment prise pour devise par Gandhi, qui gardait toujours avec lui une petite sculpture de ces trois singes. 

D’autres interprétations sont également connues ou possibles :

  • Il y a ceux qui voient des choses et en parlent, mais n’écoutent pas ce que l’on leur dit…
  • Il y a ceux qui ne voient rien, écoutent les autres et en parlent…
  • Il y a ceux qui entendent et voient des choses, mais n’en parlent pas…

Dans la philosophie orientale, la figure du Yin/Yang invite à trouver une chose et son contraire dans un même cadre. 

Il existe une autre signification, mais celle-ci résulte d’un amalgame entre le culte Kōshin et d’autres préceptes : « ne pas vouloir voir ce qui pourrait poser problème, ne rien vouloir dire de ce qu’on sait pour ne pas prendre de risque et ne pas vouloir entendre pour pouvoir faire « comme si on ne savait pas. » 

Les singes de la sagesse sont au nombre de trois. Dans la mythologie chinoise, c’est un singe qui fut le compagnon du pèlerin Xuanzang, et qui l’aida à trouver les livres saints du bouddhisme. C’est cet aspect qui est employé dans la symbolique de trois petits singes : ne rien voir, ne rien entendre et ne rien dire.

Ils ont été introduits par un moine Bouddhiste de la secte Tendai vers le 7eme siècle. Ils étaient à l’origine associée à la divinité Vadjra.

Cette tradition est apparue à la fin de l’ère Muromchi (1333-1568) : il devint ordinaire de sculpter ces représentations sur les koshinto, piliers en pierre utilisés pendant le rituel du Koshin. Selon le Kiyu Shoran, les trois singes sont en relation avec la croyance Sanno, où ils sont considérés comme des messagers divins. Ils représentent le Santai (les trois vérités) évoqué par la secte bouddhique du Tendai. Il semble que le fondateur de la secte Tendai, Saicho, a représenté son idéal religieux sous la forme des singes. Une représentation fameuse des trois singes se trouve à Nikko, au temple Toshogu.

Les trois singes s’appellent Mizaru (L’aveugle), Kikazaru (Le sourd) et Iwazaru (Le muet). Plus précisément, leurs noms veulent dire  »je ne dis pas ce qu’il ne faut pas dire« , « je ne vois ce qu’il ne faut pas voir« , et enfin « je n’entends ce qu’il ne faut pas entendre« , car selon le principe de la secte originelle, si l’on respecte ces trois conditions, le mal nous épargnera. C’est une expression de la sagesse et du bonheur.

Ce fut notamment une devise de Gandhi qui gardait parait-il toujours avec lui une petite sculpture de ces trois singes de la sagesse.

Les singes de la sagesse dans SINGE

« Le problème n’est pas l’émotion mais la relation que l’on a avec elle. »

Thierry Vissac met en lumière la construction du personnage spirituel qu’engendre nécessairement une quête de Vérité : singer le sage. Illusions et fantasmes sont ainsi le lot des chercheurs spirituels. Et il est vrai que, bien souvent, « il suffit aujourd’hui à quelqu’un d’avoir compris quelque chose ou encore d’avoir perçu un mouvement d’énergie inhabituel en lui pour qu’il se juge illuminé ». Le chercheur spirituel, au travers de ses lectures, des conférences auxquelles il assiste, des « éveillés » qu’il suit un temps, adopte un langage, un corpus de croyance, somme toute un personnage qui a ses codes. L’auteur, de façon amusante, relève ainsi la façon dont des formulations non-duelles sont abondamment utilisées par des apprentis de la non-dualité (restés en pleine dualité). Ainsi en est-il de « l’effort appliqué à ne jamais utiliser le « Je » dans le but … de montrer aux autres « qu’il n’y a plus personne ». Au lieu de dire « je », simplement, ils diront : cette forme humaine va aux toilettes ». Et nous pouvons en effet témoigner, à la suite de Thierry Vissac, de tels égarements qui montrent la puissance d’un nouveau conditionnement sur lequel aucun recul n’est envisagé. Le seul fait d’utiliser une telle façon de parler n’est-il pas le signe de la compréhension ? Telle est la croyance partagée inconsciemment par certains chercheurs, fasciné par le miroir aux alouettes de l’éveil qui apporterait la fin de leurs tourments.

Au-delà de cet aspect anecdotique, mais parfois prégnant dans certains cercles, l’auteur invite à l’exploration de ce qui est, c’est-à-dire de ce qui se présente dans l’instant, sur le vif. « Le problème n’est pas l’émotion mais la relation que l’on a avec elle ». Mais le mécanisme de fuite est puissant : n’est-ce pas lui qui crée le personnage spirituel ? Ne croit-on pas être en train de gravir les marches menant au paradis, à l’éveil ? Une démarche de Connaissance de soi commence par mettre au jour les illusions dont nous nous nourrissons, dont celle de la démarche spirituelle ! Mais « les illusions qui s’effondrent ne nous laissent pas tout à fait dans le désert… s’ouvre un espace nouveau ». Et la compréhension qui en jaillit est réellement nôtre, vivante et vivifiante. Elle n’est plus de seconde main, et dépasse le cadre des mots. C’est elle, par son renouvellement, qui permettra de comprendre de plus en plus profondément ce que signifie « accueillir ce qui est ».  Un ouvrage direct et qui pointe juste.

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LE SINGE DANS LA MYTHOLOGIE

Posté par othoharmonie le 11 avril 2015

 

Baboon_LACMA_AC1992.152.63Dans les mythologies et les cosmogonies, le singe occupe une place toute particulière et nombre de ses aspects symboliques se retrouvent d’une culture à l’autre.

Dans la Roue de l’existence tibétaine, il symbolise la Conscience versatile, celle qui, liée au monde sensible, se disperse d’un objet à l’autre. Réputé être l’ancêtre des Tibétains, qui le considèrent comme un Bodhisattva, il est, selon Si Yeou Ki, le fils du Ciel et de la Terre. Il accompagne donc Xuanzang (Hiun-Tsang) dans son voyage à la recherche des Livres saints du Bouddhisme. Il y apparaît comme le compagnon facétieux, magicien taoïste de grande envergure. Le Roi-Singe, dans l’art extrême oriental, évoque la sagesse, le détachement. C’est pourquoi les célèbres Singes du Jingoro, au temple de Nikko, sont représentés l’un se bouchant les oreilles, le second se cachant les yeux, le troisième se fermant la bouche. Une interprétation occulte plus ancienne tend à voir dans les trois sages de Jingoro la représentation d’un Singe créateur de toutes choses ici-bas, conscient de l’illusion et de l’impermanence de la réalité.

Cette croyance se retrouve dans le panthéon égyptien, où le singe est le scribe savant, celui qui possède la connaissance de la réalité. Il note la parole de Ptah, le dieu créateur, comme celle d’Anubis, qui pèse l’âme des morts. Il apparaît en Égypte comme le magicien suprême, artiste, ami des fleurs, des jardins, des fêtes, prestidigitateur puissant capable de lire les plus mystérieux hiéroglyphes. Il est donc l’animal psychopompe par excellence, reliant la Terre et le Ciel. Il y est représenté comme celui qui gouverne les heures, le maître du temps privilégié. Lors du voyage des morts de vie en vie, Champollion mentionne un singe vert accompagnant le Dieu Pooh, dans une portion de l’espace située entre la Terre et la Lune, lieu du séjour des âmes. Pooh y est représenté « accompagné du cynocéphale dont la posture indique le lever de la lune (Champollion, Panthéon égyptien) ». Pour les Éyptiens, le singe est un grand initié qui doit être évité dans l’autre monde où il pêche les âmes dans le réseau de ses filets.

Chez les Fali du Nord Cameroun, le singe noir est un avatar du forgeron voleur de feu, devenant ainsi, par extension, le magicien et maître de la technique. Indéniablement, le Singe est un initié.

Chez les indiens Bororo, Claude Levi-Strauss rapporte qu’il est le héros civilisateur, l’inventeur de la technique, le malin magicien qui masque ses pouvoirs et son intelligence rusée. Il convient de ne pas rire de lui car le Singe aura le dessus.

Un singulier singe vert apparaît dans de nombreux contes traditionnels africains, du Sénégal jusqu’en Afrique du Sud, et revêt les caractéristiques symboliques du magicien rusé : celui qui vit en lisière des forêts et connaît les secrets de la création du monde.

Dans la mythologie hindoue, l’épopée de Ramayana fait du singe le sauveur de Dieu au moment du passage du « grand pont ». Rêver d’un singe est un appel en faveur d’un développement de la personne lié au mystère de la création à la puissance de la Nature.

 

En Afrique, des gravures rupestres représentent déjà des singes, et le babouin était un dieu chez les Égyptiens de l’Antiquité. Mais il faut attendre le milieu du xviie siècle pour lire une description reconnaissable d’un chimpanzé. Elle a été faite par l’Anglais Tulp, en 1641 et ce n’est qu’à la fin du xviie siècle, en 1699 précisément, qu’est dessiné pour la première fois un chimpanzé. Il s’agit d’une gravure du chirurgien Tyson, faite en Angleterre, qui représente un jeune chimpanzé, debout, se tenant à l’aide d’une canne, et que le chirurgien a appelé orang-outan ! Le nom d’espèce du chimpanzé, « troglodyte », a été défini en 1799 par le naturaliste allemand Blumenbach. Ce nom fait référence au fait que, d’après les anciennes croyances, les grands singes avaient occupé les cavernes avant les hommes préhistoriques.

LE SINGE DANS LA MYTHOLOGIE dans SINGE 220px-Dog_african_mask-romanceorBeaucoup d’histoires circulent sur les chimpanzés en Afrique. L’une d’elles illustre la grande agilité du chimpanzé pour grimper : la tortue veut se venger de la grue, qui a tué sa mère pour la manger. Elle demande au chimpanzé de l’aider, en allant saccager son nid en haut de l’arbre. Il accepte de le faire, en échange d’un panier de noix, cent œufs et diverses autres broutilles. Comme il est le seul à pouvoir lui rendre ce service, la tortue est bien obligée d’accepter son prix exorbitant.

Plus près de nous, la compagne de Tarzan est un chimpanzé femelle, qui répond curieusement au nom de Cheetah (ce qui veut dire « guépard », en anglais).

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La place du Singe

Posté par othoharmonie le 10 avril 2015

 

220px-Affe_vor_SkelettLa première description « scientifique » des singes qui nous soit parvenue date du IVème siècle avant J.-C. et revient au philosophe grec Aristote. Dans son Histoire des animaux, il décrit le « singe » (ou « pithèque » , probablement le magot), le « cèbe » (le cercopithèque) et le « cynocéphale » (le babouin), qui « ont une nature intermédiaire entre celle de l’homme et celle des quadrupèdes ». Il ajoute que le cèbe « est un singe qui a une queue » et que les cynocéphales leur ressemblent par leur forme, « sauf qu’ils sont plus grands, plus forts et que leur face ressemble plutôt à un museau de chien ».

Pour le naturaliste romain du Ier siècle Pline l’Ancien, les singes sont les animaux qui, « par leur conformation, ressemblent le plus à l’homme ». Dans L’Histoire naturelle, il cite aussi les callitriches qui ne vivent que « sous le ciel d’Éthiopie », les cynocéphales et lessatyres. Ces derniers sont assimilés à des singes qui vivent « dans les montagnes indiennes situées au levant équinoxial », dans un pays « dit des Catharcludes ». Ils « courent tant à quatre pattes que sur leurs deux pieds » et « ont la face humaine ».

Un siècle plus tard, le médecin grec Galien contourne l’interdiction par le droit romain de disséquer des cadavres humains en pratiquant la vivisection de différents animaux, dont des singes magots. Il constate en effet que « de tous les animaux le singe ressemble le plus à l’homme pour les viscères, les muselés, les artères, les nerfs et la forme des os »

Au moyen-âge, les singes acquièrent un statut d’animal de compagnie fort prisé des puissants. Macaques et cercopithèques sont importés très tôt en Europe où ils égaient les cours des princes et des évêques, parfois vêtus de riches habits. Le motif du singe est souvent repris dans les enluminures, les fresques et les sculptures, et symbolise la folie et la vanité de l’Homme. Leurs représentations iconographiques figurent invariablement un collier et une chaîne, laquelle est parfois reliée à un billot de bois pour limiter les mouvements de l’animal dans la pièce

 

Au xviiie siècle, le comte de Buffon publie une œuvre monumentale pour les sciences animales. Dans l’Histoire naturelle, il établit une « nomenclature des singes » qui sépare les animaux de l’Ancien et du Nouveau Monde.

Le premier groupe est divisé en trois « familles », toujours selon les critères aristotéliciens de la longueur de la queue. La première regroupe les « singes », c’est-à-dire les animaux « sans queue, dont la face est aplatie, dont les dents, les mains, les doigts et les ongles ressemblent à ceux de l’homme et qui, comme lui, marchent debout sur leur deux pieds », et inclut l’Orang-outan, le Pithèque et le Gibbon. Les membres de la seconde famille sont appelés « babouins » et se caractérisent notamment par leur queue courte, leur face alongée et leur museau large et relevé. Buffon y inclut le Babouin proprement dit (ou Papion), le Mandrill et l’Ouandérou et le Lowando (qu’il suspecte d’appartenir à la même espèce). La dernière famille est celle des « guenons » qui ont la queue au moins aussi longue que le corps. Elles comptent neuf espèces : le Macaque (et l’Aigrette), le Patas, le Malbrouck (et le Bonnet-chinois), le Mangabey, la Mone, le Callitriche, le Moustac, le Talapoin et le Douc.

Les Singes du Nouveau Monde se séparent quant à eux entre « sapajous » et « sagouins » . Les premiers « ont la queue prenante » et regroupent l’Ouarine (et l’Alouate), le Coaïta, le Sajou, le Saï et le Saïmiri. Les seconds l’ont « entièrement velue, lâche et droite » et comprennent le Saki, le Tamarin, le Ouistiti, le Marikina, le Pinche et le Mico.

Parallèlement, le concept de famille s’impose peu à peu en zoologie et c’est John Edward Gray, du British Museum de Londres, qui propose le premier une division des mammifères selon ce principe. Il sépare ainsi l’ordre des Primates en Hominidae, Sariguidae, Lemuridae (prosimiens), Galeopithecidae (dermoptères) et Vespertilionidae (chauves-souris)16. Les deux premières familles sont classées dans un groupe nommé « antropomorphes » et correspondent à la distinction Catarrhini/Platyrrhini de Geoffroy. Les « Hominidae » se composent de cinq « tribus » : Hominina (humains), Simiina (chimpanzés, orangs-outans et gibbons), Presbytina , Cercopithecina  mangabeys, macaques) et Cynocephalina (babouins). Les « Sariguidae » se divisent quant à eux en Mycetina (hurleurs), Atelina (singes-araignées), Callithricina (sapajous), Saguinina (sagouins, douroucoulis et sakis) et Harpalina (ouistitis).

C’est ainsi que dès les années 1830, la classification scientifique des singes atteint, dans ses grandes lignes, l’ordre qui prévaut encore au xxie siècle et recense les principaux groupes d’espèces connus aujourd’hui. La principale exception à ce constat est la place réservée à l’espèce humaine, qui y est systématiquement rangée dans un groupe bien à part, les savants de l’époque rechignant à faire tomber l’ancestrale barrière entre « l’Homme » et « les bêtes sauvages ».

 La place du Singe dans SINGE 220px-Nazca_monkey

Le premier scientifique à avoir soutenu que les autres primates pouvaient être apparentés aux hommes est Giulio Cesare Vanini, avant Charles Darwin, dans les années 1600. L’affirmation du fait que l’homme est un singe est aujourd’hui banale, certains titres comme « L’homme est un singe comme les autres » soulignent cet état de fait

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Bibliographie du SINGE

Posté par othoharmonie le 10 avril 2015

 

 

d3fe8f07Le singe est un des 12 animaux illustrant les cycles du zodiaque chinois lié au calendrier chinois. On associe chacun des animaux de ce zodiaque à certains traits de personnalité.

Arts martiaux

L’art martial du singe considère l’animal comme incarnant les qualités suivantes : adresse, agilité, ruse, souplesse. Ses techniques sont imprévisibles. Ses parades sont acrobatiques. Ses frappes sont très courtes et très rapides, dans les points vitaux. Les grimaces du singe y sont imitées. Aussi, il est utilisé pour stimuler le cœur, en travaillant sur l’amplitude et la vitesse. 

Certains singes du genre Cebus (Sapajous) sont dressés pour pouvoir aider au quotidien les personnes diminuées dans leur capacité motrice et ainsi accroître leur autonomie. 

  1. Définitions lexicographiques et étymologiquesde « Singe » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2.  Définitions lexicographiques et étymologiques de « Sapajou » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  3. Jacques Dumont, Les animaux dans l’Antiquité grecque, L’Harmattan,‎ 2001 , p. 244.
  4.  Stefano Perfetti, Aristotle’s Zoology and Its Renaissance Commentators, 1521-1601, Leuven University Press,‎ 2000 , p. 172.
  5. Pline l’AncienHistoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne ],VII, 2, 17 et VIII, 81, 55.
  6.  Adolphe Bloch, « Galien anthropologiste », Bulletins de la Société d’anthropologie de Paris, vol. 1, no 1,‎ 1900, p. 347-359 (lire en ligne
  7. Kathleen Walker-Meikle, Medieval Pets, Boydell Press,‎ 2012, 13-14 p. (lire en ligne 
  8. Marco Polo, La Description du monde, Le Livre de Poche,‎ 2012, 408 p.
  9. BuffonHistoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roy, vol. 14, Paris, Imprimerie royale,‎ 1766, 511 p. (lire en ligne )
  10. BuffonHistoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roy, vol. 15, Paris, Imprimerie royale,‎ 1767, 207 p. (lire en ligne
  11.  Carolus LinnæusSystema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, vol. 1, Stockholm, Laurent Salvius,‎ 1758, 10e éd., 824 p. (lire en ligne )

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LA DECOUVERTE DU PERROQUET

Posté par othoharmonie le 8 avril 2015

 

 

290px-Perruche_AlexandreChristophe Colomb fut autrefois fort impressionné par les perroquets des Antilles lors de ses voyages sur chacune des îles visitées. Cependant ses récits relataient plus des différentes utilisations qu’en faisaient les Indiens d’Amérique qu’ils n’en faisaient une description précise.

A l’opposé l’aventurier génois De Cuneo, qui accompagna Christophe Colomb lors de son second voyage, témoigna en premier de l’usage de ces oiseaux en tant que denrées alimentaires, et donna une idée de leur grande diversité quand il décrivit « 3 espèces de perroquets de taille et de couleurs différentes sur toutes les îles … où j’ai été » (Morison 1963). Les îles mentionnées ici étant : la Guadeloupe, Hispaniola, Cuba, la Jamaïque et peut-être Puerto-Rico ; les 3 types de psittacidés semblaient être :

- des aras (Ara)

- des perroquets (Amazona)

- des perruches (Aratinga).

Ses remarques suggérèrent que chacune des îles possédaient un représentant de chacun de ces genres.

Malheureusement, au cours des deux siècles suivants aucun spécimen n’ayant été collecté et très peu de dessins réalisés, les descriptions écrites de la vie de ces oiseaux manquaient pour la plupart de détails. De plus quand les premiers naturalistes débarquèrent aux Antilles, plusieurs espèces de perroquets avaient déjà disparu.

De surcroît, il n’y a aucune façon de savoir à quoi ces espèces ressemblaient, ni combien d’espèces existaient alors. Parmi ces naturalistes on compte les Pères Du Tertre et Labat qui laissèrent les meilleures descriptions de ces oiseaux bien qu’ils ne considèrent que certaines îles des Petites Antilles. En effet ni l’un ni l’autre n’ont indiqué à combien d’îles ils se référaient bien que l’on puisse présumer qu’il s’agissait des îles occupées par les Français : dans les années 1650, ces derniers étaient établis en Guadeloupe, en Dominique, en Martinique, mais occupaient également d’autres îles comme Sainte-Lucie ou Grenade. Mais tout comme De Cuneo, ils attestent de l’extraordinaire variété de psittacines qu’abritaient autrefois les Antilles.

Une autre lacune des premières descriptions de perroquets – en plus d’être fragmentaires – réside dans le fait que sur certains points, elles sont rendues confuses par l’utilisation répandue des perroquets comme animaux de compagnie et comme monnaie d’échange par les Européens, par les Indiens avec eux et par les Indiens entre eux.

Toutes les espèces d’Aras qui habitaient les Grandes et les Petites Antilles sont aujourd’hui éteintes et les 17 espèces encore présentes à l’heure actuelle vivent en Amérique du Sud et en Amérique Centrale. Plusieurs de ces espèces sont en grand danger et disparaissent inexorablement.

Nul ne sait combien d’espèces ont autrefois habité les Antilles. Il est pour l’instant admis qu’il en existait 6 ou 7 espèces.

Si beaucoup d’espèces sont éteintes depuis des siècles, des spécimens d’une seule espèce ont pu être capturé : L’Ara de Cuba (Ara tricolor). Cette espèce au plumage or, jaune, rouge et bleu a survécu jusqu’à la fin des années 1800 quand Gundlach a collecté quelques spécimens.

D’après Greenway (1958), sa disparition tout comme celle des autres aras, était apparemment due à la chasse et à leur capture afin d’en faire des animaux domestiques.

Outre Cuba, parmi les îles ayant abrité des aras, on trouve :

- La Jamaïque sur laquelle vivaient deux espèces d’aras :

# L’Ara gossei (Rothschild 1905) : une espèce rouge et bleue semblable à l’Ara de Cuba mais avec un front jaune au lieu de rouge et avec un peu de jaune sur la queue. Les caractéristiques et l’identification de cette espèce sont incertaines.

# L’Ara erythrocephala était apparemment très proche sinon identique à l’Ara militaris ou l’Ara ambigua.

Hispaniola sur laquelle vivait une espèce à laquelle aucun nom n’a été attribué et qui ressemblait à l’Ara tricolor.

- La Martinique où vivait une espèce endémique, l’Ara martinica.

# Cette espèce a été décrite assez brièvement par Rothschil d’après quelques lignes du Père Jacques Breton dans sa « Relation de l’Establissement des François depuis 1635 en île de la Martinique » (1640) – comme ayant le dessus du corps et de la tête bleu roi, le dessous du cou et le ventre rouge vif. Une description par ailleurs très proche de celle de l’Ara arauna du LA DECOUVERTE DU PERROQUET dans PERROQUET 220px-PZSL1852PlateAves46continent sud américain (Clark 1905c).

# Une autre espèce d’ara aurait peut-être vécu en Martinique : Rochefort (1558) a décrit une espèce d’ara pour les Antilles avec « la tête, le dos et les ailes jaunes pâles et la queue entièrement rouge » et une autre espèce avec « un plumage constitué d’un mélange de rouge, de blanc, de bleu, de vert, et de noir« . Aucune de ces descriptions ne se rapprochant d’aucune des espèces connues des Antilles ou d’Amérique Centrale ou du Sud, il est possible qu’une des espèces de Rochefort ait résidé en Martinique, mais n’est que pure hypothèse.

- En Dominique existait l’Ara atwoodii dont les caractéristiques sont encore incertaines.

- Enfin la Guadeloupe, qui abritait l’Ara de Guadeloupe Ara guadeloupensis.

Il apparaît en fait qu’il y a eu en fin de compte 2 invasions principales des Antilles par les Aras rouges :

1) Une invasion de Cuba, venant du Yucatán, par l’Ara macao, l’Ara chloroptera ou leur ancêtre commun, donnant naissance à l’Ara tricolor et à son tour à l’Ara gossei de la Jamaïque ainsi qu’à l’Ara « sans nom » d’Hispaniola. D’autre part, une première migration a eu lieu en Jamaïque à partir de la pointe Honduro-Nicaraguaïenne donnant naissance à l’Ara gossei suivi par les colonisations successives de Cuba et d’Hispaniola.

2) Une invasion des Petites Antilles venant de l’Amérique du Sud par l’Ara macao donnant naissance à l’Ara guadeloupensis et probablement à d’autres espèces sur d’autres îles.

 A LIRE SUR  http://www.lameca.org/dossiers/especes_disparues/sommaire.htm

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Le Perroquet de Flaubert

Posté par othoharmonie le 8 avril 2015

 

flaubertLe Perroquet de Flaubert est le titre français du roman de Julian Barnes qui est paru sous le titre original de Flaubert’s Parrot en 1984, et pour lequel Barnes se vit sélectionné pour le Booker Prize la même année et gagna le Geoffrey Faber Memorial Prize l’année suivante. En France, il remporta le prix Médicis essai en 1986. Le roman suit l’amateur retraité Geoffrey Braithwaite dans sa quête du perroquet empaillé ayant inspiré Gustave Flaubert lors de la rédaction du conte Un cœur simple. L’intrigue principale laisse cependant une large place aux réflexions du veuf sur la vie de Flaubert et la sienne propre

Le roman écrit principalement à la première personne suit l’ancien médecin désormais retraité et veuf Geoffrey Braithwaite dans son pèlerinage à travers Rouen, Croisset et d´autres de lieux de résidence de Flaubert, à la recherche de nouvelles informations sur la vie de son auteur favori. Lors de la visite de deux musées différents consacrés à sa vie, il constate que chacun des deux établissements revendique la possession du perroquet lui ayant supposément servi lors de la rédaction du conte Un Coeur simple, dans lequel un perroquet est longuement décrit. Braithwaite veut tirer cette affaire au clair et découvrir lequel des deux perroquets servit de modèle à l´écrivain de Croisset. Au terme de ses investigations, il apprend que non seulement le perroquet original pouvait être l´un des deux revendiqués, mais aussi cinquante autres se trouvant dans la réserve de l´Hôtel-Dieu de Rouen où Flaubert l´avait emprunté quelque temps.

Si la trame principale est assez simple, de nombreuses digressions sur la vie de Flaubert ainsi que celle du narrateur constituent l´essentiel du roman. Braithwaite tente de donner une forme objective à ses observations sur son écrivain fétiche et son oeuvre, mais n´y parvient guère et démontre plutôt son amateurisme. À travers cette subjectivité refoulée, le lecteur en apprend davantage sur Braithwaite et particulierement sur les raisons de sa fascination pour cet auteur mort depuis un bon siècle. Cette quête maniaque semble combler un vide: le deuil de sa femme, dont la cause de la mort demeure jusqu´à la fin du livre obscure, ce qui nourrit un sentiment de méfiance à l´égard du narrateur.

Le roman se fait l´écho de nombreuses théories postmodernes déclinées sur un mode humoristique. La polémique autour de  »la mort de l´auteur » de Roland Barthes est l´une des influences indubitables du roman: le narrateur se demande dès la deuxième page pourquoi il cherche à retrouver dans la vie de Flaubert ce qu´il a appris à travers ses romans, alors que ce dernier professait la totale indépendance du texte vis-à-vis de son auteur.

Le second thème postmoderne concerne le traitement de la subjectivité et la multiplication des points de vue. On trouve par exemple dans le deuxième chapitre une triple chronologie de la vie de Flaubert. Alors que la première version de la biographie est extrêmement positive et laudative, la seconde est marquée par un excès opposé de pessimisme et de négativité. La troisième version est une série de citations que le lecteur présume être de Flaubert, et dont l´incongruité alliée à la partialité du choix des citations achèvent de discréditer le sérieux.

Un dernier aspect typique de l´écriture postmoderne est le jeu avec la métafiction. Le roman en tant que fiction fait ainsi usage d´un personnage réel (Flaubert) , mais mêle à la fois des éléments de sa vie réelle, de sa vie imaginaire à travers les lettres qu´il envoya à ses amis, et ce celle des personnages de ses romans avec lequel il s´identifiait souvent (le fameux « Madame Bovary, c´est moi! »). Chacun des éléments se trouve si imbriqué dans les autres que le lecteur se voit forcé de prendre une distance critique avec les allégations de Braithwaite. À travers ce personnage excentrique, on pourrait aussi retrouver la patte de l´autobiographie, puisque Julian Barthes a écrit de nombreux articles sur cet écrivain dont il est au moins aussi passionné que son personnage de fiction.

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Le mythe de L’oiseau parleur

Posté par othoharmonie le 7 avril 2015

 

perroquet_4Le parler des perroquets est lié à un don individuel à chaque animal mais c’est surtout un mythe. Bien sûr la plupart savent répéter quelques mots ou imiter quelques bruits. Et même les associer à un geste ou un objet, par exemple dire « santé ! » quand ils voient un verre ou une bouteille mais tout ça est très loin des capacités que les profanes s’imaginent.

Les phrases sont souvent composées de plusieurs mots courts comme par exemple : Qu’est-ce que c’est ? Cette petite phrase contient six mots ! Si un perroquet réussit à apprendre cinq phrases de ce style, on peut effectivement prétendre qu’il arrive à dire 30 mots – en vérité il s’agit seulement de cinq courtes expressions. Mais prenez un texte normal composé de 30 mots. Cela va être très difficile à lui apprendre.

Siffler ou imiter des bruits (chat, chien, sonnette, etc.) sont plus facile que parler. Un des meilleurs parleurs est sûrement un gis du Gabon du zoo de Knoxville. Mais lui aussi fait surtout rire avec ses bruitages.

Mark Steiger: « La grande difficulté consiste à faire parler un perroquet sur ordre et devant un public et tout cela sans être enfermé dans une cage. J’en ai trois qui parlent dans mon spectacle. Par contre mon meilleur parleur ne montre pas son don sur scène pourtant à la maison il prononce de nombreux mots et expressions. Il parle malheureusement seulement quand lui il veut mais pas sur commande.  C’est le cas avec la plupart des perroquets parleurs.

Pour une émission de TV où je montrais mes jeux et tests d’intelligence le producteur m’avait fièrement annoncé qu’il avait aussi engagé un autre perroquet sur le plateau qui avait la réputation d’un imitateur fantastique. Etant intimidé celui-ci n’avait pas ouvert le bec durant le show! « .  

Les gris du Gabon et les amazones imitent plus facilement les voix hautes de femmes et enfants et ils ont la réputation d’être les meilleurs parleurs. Evidemment il y a moins de personnes avec des aras apprivoisés pour comparer correctement. La hauteur de voix du perroquet dépend beaucoup de sa taille physique. Les petits cacatoès et les perruches parlent souvent avec une voix « téléphonique » peut compréhensible. Luna, l’ara hyacinthe de Mark Steiger imite avec une voix très grave.
Il existe des méthodes (DVD, livres) qui prétendent de fournir le se

cret pour avoir un perroquet étonnement bavard – encore un moyen de gagner de l’argent sur le dos des gens sans fournir un résultat contrôlable!

On ne peut pas prédire le temps de l’apprentissage pour prononcer un mot. Cela peut varier entre quelques secondes et quelques mois ou jamais.

Dans certains spectacles la présentation de perroquets parlant se fait par un trucage avec playback. Les spectateurs n’entendent en vérité pas ce que le bec crochu est sensé de dire dans le micro mais la voix d’une personne cachée dans les coulisses.

La règlementation 
Les éleveurs capacitaires ont le grand mérite de sauver des espèces d’une extinction définitive. Mais à cause de l’élevage à la main (EAM) une surproduction de beaucoup d’espèces sera évidente car il n’existe finalement que très peu d’acquéreurs potentiels. En France pour détenir la plupart des perroquets « attractifs » il faut être titulaire d’un certificat de capacité ce qui est difficile à obtenir. La vente est interdite. Ces oiseaux « hors la loi » sont finalement détenus cachés par des particuliers sans aucun contrôle sur leurs conditions de détention. Personne ne sait combien il y en a et comment ils sont traités. 

De temps en temps les organismes de la protection des animaux découvrent et sauvent des pauvres oiseaux.

Pour être en règle il existe la solution d’acheter un perroquet « en vente libre » comme par exemple le Gris du Gabon ou même certaines espèces rares issues de deuxième génération née en captivité. 
La convention de Washington et l’Arrêté de Guyane en France aident à préserver des espèces mais la souffrance individuelle d’un perroquet n’est absolument pas prise en compte. Imaginez l’énorme souffrance d’un Gris du Gabon, capturé brutalement dans la jungle, séparé de son partenaire, transporté dans des conditions épouvantables et finalement contraint de finir sa longue vie enfermé dans une petite cage chez un particulier ignorant. 

 

Il est évident que la détention de perroquets ne devrait pas être lié a un certificat de capacité mais à une déclaration obligatoire pour toutes les espèces suivie par des visites de contrôle régulières par les services vétérinaires ou des membres compétents de la protection des animaux. 
Les conditions de détention (taille minimale des volières, etc.) doivent être réglementée et contrôlée. La détention d’un seul perroquet ne devrait généralement pas être permise (avec rares exceptions individuelles). 

Allez lire le site www.docteur-firmin.com

 Clinique Vétérinaire du Phoenix 116, rue de Cannes, Le Cannet

 

 

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A la conquête du Perroquet et du Lion

Posté par othoharmonie le 7 avril 2015

 

 

620717550_982390Il était une fois une bande de perroquets qui vivait dans la forêt. Tôt le matin, ils allaient manger des épis de maïs à la ferme, et l’après-midi ils mangeaient des oranges. Ils faisaient un grand remue-ménage avec leurs cris et plaçaient toujours un perroquet en sentinelle dans les plus grands arbres pour voir si quelqu’un venait. 

Les perroquets sont aussi nuisibles que les sauterelles, car ils ouvrent pour les picorer les épis de maïs, lesquels, ensuite, pourrissent à la pluie. Et comme, d’autre part, les perroquets sont bons à manger en ragoût, les ouvriers agricoles les chassaient au fusil. Un jour, un homme fit tomber d’un coup de fusil un perroquet sentinelle ; celui-ci, blessé, se débattit un bon moment avant de se laisser capturer. L’ouvrier le porta à la maison, pour les enfants du patron ; les garçons le soignèrent, car il n’avait qu’une aile brisée. 

Le perroquet guérit très bien et s’apprivoisa complètement. On l’appela Pedrito. Il apprit à donner la patte ; il aimait se tenir sur l’épaule des gens et leur chatouillait les oreilles avec son bec. Il vivait en liberté et passait presque toutes ses journées dans les orangers et les eucalyptus du jardin. Il aimait également se moquer des poules. À quatre ou cinq heures de l’après-midi, l’heure à laquelle on prenait le thé à la maison, le perroquet entrait lui aussi dans la salle à manger, se hissait à l’aide de son bec et de ses pattes sur la nappe et mangeait du pain trempé dans du lait. Il raffolait du thé au lait. 

Pedrito passait tant de temps avec les garçons, et les gosses lui disaient tant de choses, que le perroquet apprit à parler. 

Il disait : « Bonjour, petit perroquet !… Elle est bonne la soupe !… De la soupe pour Pedrito !… »

Il disait d’autres choses que l’on ne peut répéter, car les perroquets, comme les enfants, apprennent avec beaucoup de facilité les gros mots. Quand il pleuvait, Pedrito hérissait ses plumes et se racontait tout bas tout un tas de choses. 

Quand le temps s’améliorait, il volait alors en criant comme un fou. Il était, on le voit, un perroquet bien heureux qui, en plus d’être libre, comme le désirent tous les oiseaux, prenait aussi, comme les gens riches, son five o’clock tea. Or, voici ce qui arriva au milieu de ce bonheur : après une après-midi de pluie qui faisait suite à cinq jours de tempête, le soleil sortit enfin et Pedrito se mit à voler en criant :

« Quelle belle journée, petit perroquet ! Elle est bonne la soupe !… Donne la patte, Pedrito ! » 

Il s’envola loin, jusqu’à ce qu’il vit, en contrebas, tout en bas, la rivière Paraná, qui ressemblait à un large et lointain ruban blanc. Il continua et continua de voler ; enfin, il se percha sur un arbre pour se reposer. Et voilà que rapidement, il vit briller au sol, à travers les branches, deux lumières vertes, comme d’énormes vers luisants. 

« Qu’est-ce donc ? se demanda la perroquet. Elle est bonne la soupe ! Qu’est-ce que c’est ? Bonjour Pedrito !… » 

Le perroquet parlait toujours ainsi, comme tous les perroquets, en faisant des phrases sans queue ni tête, et parfois il était difficile de le comprendre. Comme il était très curieux, il descendit de branche en branche pour se rapprocher. Il vit alors que les deux lumières vertes étaient les yeux d’un tigre, qui s’était accroupi et le regardait fixement. Mais Pedrito était tellement heureux de la belle journée qu’il n’eut pas peur du tout. « Bonjour, Tigre ! dit-il. Donne-la patte, Pedrito ! » 

Et le tigre, avec sa voix terriblement rauque, lui répondit : « – Bon-jour !

– Bonjour Tigre ! Elle est bonne la soupe !… Elle est bonne la soupe !… Elle est bonne la soupe !… » 

 Et il répéta de nombreuses de fois « Elle est bonne la soupe !… » parce qu’il était quatre heures de l’après-midi et qu’il avait très envie de prendre du thé au lait. Le perroquet avait oublié que les animaux sauvages ne prennent pas de thé au lait, c’est pourquoi il invita le tigre. « Il est bon, le thé au lait ! lui dit-il. Bonjour Pedrito ! Tu veux prendre du thé au lait avec moi, ami tigre ? » Mais le tigre se mit en colère car il crut que le perroquet se moquait de lui et, de plus, comme il avait faim lui aussi, il eut envie de dévorer le perroquet bavard. Il lui répondit donc :

  « Bon-jour ! Ap-pro-che-toi un peu car je suis sourd ! Le tigre n’était pas sourd. Ce qu’il voulait, c’était que Pedrito se rapproche assez pour l’attraper d’un coup de patte. Mais le perroquet ne pensait qu’au plaisir qu’auraient les gens de la maison lorsqu’il se présenterait pour prendre le thé avec ce magnifique ami. Et il vola jusqu’à une autre branche, plus proche du sol. 

« Elle est bonne la soupe, à la maison ! répéta-t-il en criant aussi fort qu’il pouvait. – Plus près ! Je n’en-tends pas ! » répondit le tigre de sa voix rauque. Le perroquet se rapprocha un peu plus et dit : « Il est bon, le thé au lait ! – Rap-pro-che-toi en-co-re ! » répéta le tigre. Le pauvre perroquet se rapprocha encore et, à cet instant, le tigre fit un terrible saut, aussi haut qu’une maison, et atteignit Pedrito avec l’extrémité de ses griffes. 

Il n’était pas parvenu à le tuer, mais lui avait arraché toutes les plumes du dos et la queue entière. Il ne restait plus à Pedrito une seule plume sur la queue. « Attrape ! rugit le tigre. Va donc prendre ton thé au lait ! » Le perroquet, hurlant de douleur et de peur, s’envola ; mais il ne pouvait pas bien voler, car il lui manquait la queue, qui est le gouvernail des oiseaux. Il volait en titubant d’un côté ou de l’autre, et tous les oiseaux qui le rencontraient s’éloignaient, effrayés, de cette étrange bestiole. Enfin il put parvenir à la maison, et la première chose qu’il fit fut de se regarder dans le miroir de la cuisinière. 

Pauvre Pedrito ! C’était l’oiseau le plus bizarre et le plus laid que l’on puisse imaginer, tout déplumé, sans queue et tremblant de froid. Comment pourrait-il se présenter dans la salle à manger dans un tel état ? Il vola alors jusqu’au creux qu’il y avait dans le tronc un eucalyptus, et qui formait une sorte de grotte, et se cacha dans le fond, grelottant de froid et de honte. Pendant ce temps, dans la salle à manger, tous s’étonnaient de son absence : « Où peut bien être Pedrito ? disaient-ils. Et ils appelaient : « Pedrito ! Elle est bonne, la soupe, Pedrito ! Thé au lait, Pedrito ! » Mais Pedrito ne sortait pas de sa grotte, ni ne répondait, muet et immobile. Ils le cherchèrent partout, mais le perroquet ne se montra pas. Tous crurent alors que Pedrito était mort, et les garçons fondirent en larmes. Chaque après-midi, à l’heure du thé, ils se souvenaient toujours du perroquet et se rappelaient aussi combien il aimait manger du pain trempé dans du thé au lait. Pauvre Pedrito ! Ils ne le reverraient plus parce qu’il était mort. 

Mais Pedrito n’était pas mort, seulement il restait dans sa grotte, sans se laisser voir par personne, parce qu’il éprouvait beaucoup de honte à se voir pelé comme une souris. La nuit, il descendait pour manger et remontait aussitôt. À l’aube, il descendait de nouveau, sur la pointe des pattes, et allait se regarder dans le miroir de la cuisinière, toujours très triste car les plumes tardaient beaucoup à repousser. Enfin, un beau jour, par une après-midi où la famille était assise à table, à l’heure du thé, elle vit entrer un Pedrito très calme, qui se dandinait comme si rien ne s’était passé. Tous crurent mourir, mourir de plaisir quand ils le virent bien vivant et avec de très belles plumes. 

ZsXME« Pedrito, petit perroquet ! lui disaient-ils. Que t’est-il arrivé, Pedrito ? Comme il a des plumes brillantes, le petit perroquet ! » Mais ils ignoraient que c’étaient de nouvelles plumes et Pedrito, très sérieux, ne pipait mot. Il ne fit rien d’autre que de manger du pain trempé dans du thé au lait. Mais pour ce qui est de parler, pas un seul mot. Aussi le maître de maison fut-il très étonné quand, le matin suivant, le perroquet s’envola et se percha sur son épaule en bavardant comme un fou. En deux minutes, il lui raconta ce qui lui était arrivé : une promenade au Paraguay, sa rencontre avec le tigre et le reste ; et il ponctuait chacun de ses épisodes en chantant : « Pas une plume sur la queue de Pedrito ! Pas une plume ! Pas une plume ! » 

Et il l’invita à aller à la chasse au tigre avec lui. Le maître de maison, qui était justement sur le point d’acheter une peau de tigre dont il avait besoin pour la mettre devant le poêle, fut très content de pouvoir l’obtenir gratuitement. Il retourna à la maison prendre son fusil de chasse, et entreprit avec Pedrito le voyage au Paraguay. Ils convinrent que lorsque Pedrito verrait le tigre, il le distrairait en bavardant pour que l’homme puisse s’approcher tout doucement avec son fusil de chasse. Et il en fut ainsi. Le perroquet, posé sur une branche de l’arbre, bavardait et bavardait, en regardant en même temps de tous côtés, pour voir s’il apercevait le tigre. Enfin il entendit un bruit de branches cassées et vit soudain au pied de l’arbre deux lumières vertes qui le fixaient : c’étaient les yeux du tigre.

Alors, le perroquet se mit à crier : « Belle journée ! Elle est bonne, la soupe !… Bon thé au lait ! Veux-tu du thé au lait ? » 

Le tigre, très en colère après avoir reconnu le perroquet déplumé qu’il croyait avoir tué et qui avait de nouveau de très belles plumes, jura que cette fois celui-ci ne lui échapperai pas. Ses yeux étincelèrent de colère quand il répondit de sa voix rauque : « Ap-pro-che-toi plus ! Je suis sourd ! » Le perroquet vola jusqu’à une branche plus proche, toujours en bavardant : « Bon, le pain au lait !… 

IL EST AU PIED DE CET ARBRE !… » 

En entendant ces derniers mots, le tigre rugit et se leva d’un bond : « À qui parles-tu ? mugit-il. À qui as-tu dit que je suis au pied de cet arbre ? – À personne, à personne !… cria le perroquet. Bonjour Pedrito ! Donne la patte, petit perroquet ! » Et il continua à bavarder en sautant de branche en branche et en s’approchant. Mais il avait dit “Il est au pied de cet arbre” pour avertir l’homme, qui s’était approché et soigneusement accroupi, avec le fusil de chasse sur l’épaule. Arriva un moment où le perroquet ne put plus s’approcher plus, parce que sinon il tomberait dans la gueule du tigre, alors il cria : « Elle est bonne, la soupe !… 

ATTENTION ! – En-co-re plus près ! rugit le tigre en prenant son élan pour sauter. – Bon, le thé au lait ! ATTENTION, IL VA SAUTER ! » 

Et en effet, le tigre sauta. Il fit un énorme saut que le perroquet évita en s’élançant dans les airs comme une flèche, en même temps que lui. Au même moment, l’homme, qui avait appuyé le canon de son fusil contre un tronc pour ajuster son tir, pressa la détente. Neuf balles, chacune de la taille d’un pois chiche, entrèrent comme un éclair dans le cœur du tigre qui, en lançant un hurlement qui fit trembler la forêt tout entière, tomba, mort. Quant au perroquet, quels cris de bonheur il lançait ! Il était fou de joie, parce qu’il se savait vengé – et bien vengé ! – de ce fourbe animal qui lui avait arraché les plumes. 

L’homme était lui aussi très content, parce que tuer un tigre est une chose difficile, et que de plus il avait une fourrure à mettre devant le poêle de la salle à manger. Quand ils arrivèrent à la maison, tous apprirent pourquoi Pedrito était resté si longtemps caché dans le creux de l’arbre, et tous le félicitèrent pour son exploit. Ils vécurent dès lors très heureux. Mais le perroquet n’oubliait pas ce que lui avait fait le tigre ; lorsqu’il entrait dans la salle à manger pour prendre le thé, il s’approchait toujours de la peau du tigre, étendue devant le poêle, et il l’invitait à prendre du thé au lait. « Elle est bonne, la soupe !… lui disait-il. Tu veux du thé au lait ? La soupe pour le tigre ! » 

Et tous mouraient de rire. Et Pedrito aussi. 

El loro pelado extrait des Cuentos de la selva (Contes de la forêt vierge) LE PERROQUET DEPLUME Traduction : Bruce Demaugé-Bost

 

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Comment ouvrir les chakras des animaux

Posté par othoharmonie le 5 avril 2015

 

H151529_LComme pour le corps humain il nécessaire avant tout travail en lithothérapie de bien connaître les chakras car ce sont eux qui vont canaliser les énergies cristallines.

Il faut bien connaître les interactions entres les organes et les chakras, les passages entre les chakras et les différents corps énergétiques, les corrélations des chakras entre eux, en comprendre et en maîtriser le fonctionnement : les ouvrir, les fermer, débloquer les noeuds énergétiques, canaliser les énergies, doser les énergies, localiser les dysfonctionnements, réguler, équilibrer, harmoniser.

Pour ouvrir les chakras de votre animal, vous devez utiliser votre potentiel de concentration et de méditation directement sur l’animal ou à distance en visualisant ses centres d’énergies.

Observez les zones sombres ou tachetées dans les zones de ses chakras, déplacez vos mains au-dessus de lui pour voir si vous ressentez une zone qui vous semble trop froide, trop chaude ou asymétrique.

Si vous ressentez des zones sombres ou tachetées dans la zone d’un chakra vous pouvez nettoyer ce chakra en vous aidant des pierres qui lui sont associées tout en vous concentrant de manière à visualiser une lumière blanche se déversant dans le chakra de la Couronne de l’animal et se répandant à travers son corps.

Visualisez l’obscurité qui était accrochée aux chakras de l’animal être repoussée loin d’eux et la lumière blanche passer au travers des chakras à partir du chakra de la couronne situé en haut de la tête et se déplaçant le long de la colonne vertébrale jusqu’aux pieds de l’animal et jusqu’à la terre, vous verrez les couleurs des chakras s’éclaircir jusqu’à ce qu’ils soient parfaitement lumineux et que chaque chakra brille de la couleur qui lui est personnelle.

Je propose de consulter ce site : http://www.crystal-energy.com/articles/36_chakras-animaux.html

 

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La maltraitance vue par les Animaux

Posté par othoharmonie le 5 avril 2015

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Plus pragmatiquement, laissons les Animaux nous montrer leur propre point de vue sur ce qu’ils considèrent « maltraitance », loin de renier les souffrances parfois physiques qui en découlent, et aussi nous offrir des conseils avisés pour « supporter » voire accueillir de telles situations, pour aider activement en actions, pourquoi pas si cela est vraiment et justement demandé, aider en transmutation par le cœur certainement : n’oublions pas le pouvoir créateur propre à chaque petite conscience de vie qui sait écouter et soigner. Et par mon rôle et mon expérience quotidienne de soignante, je pourrais vous témoigner de l’ampleur des changements qui sont possibles en écoutant les animaux en souffrance, en communication tout intuitive.

Ainsi, forts de l’écoute des Animaux, y compris sur le plan de la matière – injustices corporelles, maladies, et plus encore – nous nous poserons en co-agissants pour faire circuler une plus belle Harmonie, car les Animaux, surprenants de conscience et de générosité, tout autant que nous les Humains, sauront nous montrer aussi comment passer les voiles apparents d’une situation et voir au-delà, non plus à travers seulement des réactions et prismes émotionnels en chaînes, mais au loin, vers le cœur des événements et des gens. Grâce à eux, nous ne poserons plus, ou moins, d’a priori mais nous entendrons la sagesse animale sur toute situation, aussi déroutante soit-elle, ce qui nous permettra de mesurer, par une écoute sensible et intuitive, notre positionnement, nos actions et nos paroles, et ainsi aider à rétablir une entente entre Hommes et Animaux.

Mal-traiter signifie aussi que nous pouvons « traiter bien ». Cela implique alors de bien voir l’Autre dans ses besoins les plus élémentaires de corps mais aussi de cœur et d’En-vie (d’Esprit). Et pour cela, nul préjugé extérieur à l’autre ne pourra apporter clé d’une compréhension de l’autre, de soi, une compréhension mutuelle. La glace qui nous empêche de discerner l’Autre et de voir qui Il Est est sans doute un obstacle majeur à l’établissement de rapports harmonieux et respectueux de la nature profonde de chacun. C’est la méconnaissance qui peut enclencher des processus de mal-traitance, car alors je me trompe sur la nature de l’autre, ses besoins, ses envies et ce qu’il a envie de transmettre au monde.

Les peurs, origines de mécompréhensions…

D’ailleurs, de façon tout anodine, n’est-ce pas les peurs des personnes qui ne connaissent pas les chiens qui font que la rencontre avec un gros chien leur sera difficile, voire conflictuelle ? La personne qui ne connaît pas et qui n’ose pas s’ouvrir et s’offrir à l’autre, ou qui ne sait plus le faire, aura tendance à projeter ce qu’il croit être l’autre… même dans ses plus terribles peurs inconscientes… « il va me faire du mal, il va mal m’accueillir, etc. j’ai peur de cela donc », sans même entendre la voix de l’autre, je me projette à sa rencontre, de façon maladroite et qui peut être vécue brutalement, avant que cet autre ne me touche…

C’est un peu ce qu’il se produit dans les rencontres humaines inconscientes, un jeu de peur et de pouvoir, qui peut aussi se décliner dans les rapports qu’entretiennent les hommes face aux animaux… par peur de ne pas véritablement savoir Qui est l’autre, cet animal qui me sait de tout son corps mais que je préfère voir réduit au terme de « bête », afin de contrôler les échanges que nous pourrions entretenir. Et si cet Animal osait me montrer tel que je suis, en ressortirais-je différent ? chamboulé ? Alors, traditionnellement, je préfère faire le choix de la maintenir dans une croyance édictée par un type de société ou d’habitudes, de sorte que de cet Autre ne sorte pas le Divin, qui me fait tant peur. Car une fois confronté à ce Divin qui vibre partout –par Tout-, je ne pourrais faire autrement que de le voir, et cela me fait peur, m’immobilise.

Florence Emmeline Lombardini

Association Wakama Nagi – Esprit Animal : www.wakama-nagi.org

 

 

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Le Perroquet en Noir et Blanc

Posté par othoharmonie le 4 avril 2015

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Le Perroquet noir ou Coracopsis noir (Coracopsis nigra (Linnaeus, 1758)) est avec le Perroquet vasa Coracopsis vasa une des deux espèces du genre Coracopsis.

Trois sous-espèces sont reconnues :

– Coracopsis nigra nigra (Shaw, 1812) de l’est de Madagascar ;
– Coracopsis nigra sibilans Milne-Edwards & Oustalet, 1885 des Comores ;
– Coracopsis nigra libs Bangs, 1927 de l’ouest et du sud de Madagascar.

Ce perroquet peuple Madagascar et les Comores. Il a peut-être été introduit aux Seychelles (sous-espèce C. n. sibilans) à partir desquelles il a conquis naturellement l’île Curieuse. Il a été également introduit à Maurice (sous-espèce C. n. nigra).

Il mesure 35 à 40 cm pour une masse de 315 g (C. n. nigra) ou de 132 à 153 g (C. n. sibilans aux Seychelles). Son plumage est brun sombre avec les sous-caudales grisâtres.

Le Perroquet noir peuple les forêts humides denses, y compris les mangroves, mais également les savanes, les forêts secondaires sèches.

Il consomme des fruits, des baies, des fleurs et des graines. Il est plus frugivore que son proche parent, le Perroquet vasa.

Elle se déroule de novembre à janvier.

Cet oiseau est sédentaire mais des mouvements diurnes, liés à la recherche de nourriture, existent.


 

Le Perroquet Blanc est appelé Cacatoès blanc

Il niche dans les cavités des arbres. Le Cacatoès à huppe blanche est principalement originaire d’Indonésie et plus précisément de l’archipel des Moluques où il vit aux abords des forêts tout en haut des arbres et aux alentours des terres agricoles. Le Cacatoès à huppe blanche est un perroquet de grande taille, très proche du Cacatoès des Moluques par l’aspect mais beaucoup plus petit par la taille, à ceci près que son plumage ainsi que sa grande huppe sont intégralement blancs sauf 290px-Cockatoo.1.arp.500pixl’intérieur de la huppe, le dessous de la queue et l’intérieur des ailes qui sont jaunes.

Cet oiseau mesure entre 45 à 50 cm et pèse en moyenne 900 g.

Ses pattes et son bec sont grisâtres entrant en contraste avec son plumage et sa huppe entièrement blancs.

La femelle est plus petite que le mâle et a les yeux rouges contrairement au mâle qui les a marron.

Les deux sexes possèdent une grosse crête érectile blanche.

Les cacatoès blancs sont relativement plus calmes que leurs congénères plus petits (comme les Cacatoès de Goffin), mais cela n’en fait pas des compagnons de tout repos pour autant.

Les cacatoès ont besoin d’espaces de jeux qui leur sont clairement désignés un parc de jeux garni sera un minimum afin de l’empêcher de déprimer et de faire du picage.

Si le perroquet n’a pas ses propres installations pour jouer, c’est le mobilier qui va y passer.

Pour bien faire, le perroquet devrait avoir plusieurs installations dans la maison, car il voudra suivre son humain chouchou un peu partout.

Le cacatoès est un perroquet très destructeur il faudra donc changer ses jouets le plus souvent possible car aucun matériel ne lui résistera bien longtemps.

En revanche l’amener à chercher sa nourriture est une bonne façon de l’occuper. Ce Cacatoès a besoin d’un régime varié, car il lui est facile de devenir obèse, ce qui nuirait à sa santé. Le cacatoès ne devrait pas se nourrir que de graines car celles-ci ne feraient qu’engorger son foie, ce qui provoquerait une pousse anormale du bec de l’oiseau. Le cacatoès ne mange pas beaucoup. Il a ses préférences et choisit les graines, légumes et fruits avec attention en laissant dans le fond de l’auget les autres graines.

Une volière de 4 m de longueur, 1,50 m de largeur et 2 m de hauteur devrait correspondre à ses besoins.

Des nichoirs de type « tonneau » renforcé avec du fer et haut d’environ 70 cm seront nécessaire à leur reproduction.

Les cacatoès demandent une bonne éducation impliquant l’apprentissage de l’autonomie facilitant les choses, mais cela n’enlèvera rien au fait que le cacatoès demande de l’attention humaine plusieurs heures par jour.

Il faut absolument être conscient qu’un cacatoès mal éduqué (surtout un mâle) peut devenir un animal dangereux, par sa taille, par sa force, et par son attitude combative.

Malgré tout, ce cacatoès est certainement le plus affectueux de tous les perroquets.

Leur capacité à parler n’est pas très grande, mais ils peuvent néanmoins dire quelques mots, voire quelques phrases.

Le Cacatoès à huppe blanche aime se baigner en été comme tous les autres oiseaux.

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L’instinct et la socialisation du Perroquet

Posté par othoharmonie le 4 avril 2015

 

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Les perruches et perroquets sont des animaux grégaires. C’est-à-dire que ce sont des espèces qui vivent en groupe, et à travers le groupe. Les membres qui le compose doivent impérativement se conformer, pour la cohésion du groupe (la cohérence, l’entente). Le groupe se compose de dizaines voir de centaines d’individus, afin d’être plus efficaces lors de la recherche alimentaire, lors de la reproduction et pour se protéger des prédateurs. C’est donc un groupe social où les individus ont une part d’instincts communs (chacun possède les mêmes) et une part de socialisation (apprentissage propre à chacun).

L’instinct (les comportement conditionnés)

Les perruches et perroquets sont des animaux-proie. Vivre en groupe comme ils le font leur permettent de satisfaire leurs besoins alimentaires, de garantir la survie du groupe avec la reproduction, de se procurer un sentiment de sécurité et de répondre à leurs besoins sociaux et affectifs (jeux, toilettage, activités, affections, vocalisations et contacts visuels). Les stimulations internes et physiologiques comme les variations hormonales et la faim que subissent ces oiseaux sont des réponses instinctives. Le caractère et la personnalité des individus n’ont aucun effet sur ces types de comportements instinctifs. Ces comportements instinctifs sont présents dès le plus jeune âge et leur permettent de remplir certaines fonctions sans avoir recours à l’apprentissage. Il est ainsi important que chaque individu se conforme aux codes du groupe, afin d’être intégré et de survivre. Tout comportement anormal fera que l’oiseau sera rejeté par le groupe ; c’est pourquoi un oiseau malade cache si bien ses pathologies, c’est une réponse instinctive de survie pour éviter d’être mis à l’écart. Egalement, perruches et perroquets sont programmés génétiquement pour apprendre les codes (surveillance du danger, vocalisations/cris de contact, solution à un problème, etc.) et les appliquer. Ils copient ce qu’ils observent et se les réapproprient.

En outre, une partie des informations instinctives sont appuyées par une très grande capacité à apprendre, ce qui les rend adaptables aux situations particulières, comme la vie en captivité.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsL’apprentissage et les acquis personnels

Les acquis personnels proviennent des stimulations externes, c’est-à-dire de l’environnement spécifique de votre oiseau, ses congénères, vous, sa cage, son parc, vos échanges et interactions, donc, son cadre de vie. Les acquis de vote oiseau seront présents grâce aux apprentissages et aux expériences qu’il va vivre tout au long de sa vie. C’est dans ces moments de compréhension, d’apprentissage et de réappropriation que vous observerez que votre oiseau a des comportements intelligents et raisonnés. Ce sont ses aptitudes à apprendre de son environnement et à s’adapter qui permettront une relation saine et de confiance avec vous. Votre oiseau va donc apprendre à travers son environnement, vos échanges, vos jeux, mais également avec les autres compagnons qu’il aura, et à travers ses propres expérimentations (échecs ou réussites).

 

Je conseille de lire le site : http://www.perruche-perroquet.com

 

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Croyances autour du Perroquet

Posté par othoharmonie le 3 avril 2015

 

 

800px-Poicephalus_senegalus_-pet_eating_seeds-8De nombreuses représentations de corsaires et de pirates des siècles derniers nous les montrent souvent accompagnés d’un perroquet sur leurs épaules. Outre la beauté de ses plumes vivement colorées, sa faculté à reproduire les sons, la parole humaine, et son intelligence le place au-dessus des autres animaux. Le perroquet peut en effet prédire des changements météorologiques. S’il se met à parler à tort et à travers, on peut conclure que le temps est incertain. S’il se lisse les plumes ou s’agite la nuit sans dormir, c’est que l’orage n’est pas loin. Tuer un perroquet porte d’ailleurs malheur et provoque des incendies. 

La croyance populaire veut que les oiseaux ne soient pas considérés comme bien malins… Ne dis-t-on pas d’un homme idiot qu’il possède une cervelle de moineau ou qu’il répète ce qu’on lui dit comme un perroquet ? Ces croyances communes sont pourtant remises en causes depuis plusieurs années : le cerveau de l’oiseau n’en a pas terminé de révéler des capacités cognitives défiant l’idée de ce que l’on s’en faisait. 

S’il est communément accepté que la reconnaissance de soi est une base de la conscience de sa propre existence, on acceptait par contre difficilement, jusqu’à présent, d’en créditer d’autres animaux que certains mammifères – incluant l’homme – comme les chimpanzés, les dauphins ou les éléphants. Comment opèrent-on afin d’objectiver la présence d’une conscience d’un soi différencié de l’environnement chez un individu ? 

Simplement en observant leurs réactions face à un miroir.

 

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La femme au perroquet

Posté par othoharmonie le 3 avril 2015

 

280px-Édouard_Manet_-_Young_Lady_in_1866_-_Google_Art_Project

 

En 1866, à l’Exposition de peinture, dans le salon d’honneur, une toile de Courbet, représentant une femme admirable et admirée, attirait tous les regards. Chacun s’extasiait devant le talent du peintre, devant la perfection de l’œuvre. -Cette femme était couchée sur une robe grenat recouverte de dentelles noires. Celte toile était le triomphe de la matière sur l’idéal, en un mot l’apothéose de la chair. Cette toile se nommait sur le livret : La Femme au perroquet. Elle restera légendaire.

La rue Mouffetard, cette rue sordide, puante l’été, boueuse l’hiver et sale en tout temps, a aussi sa femme au perroquet, mais, hélas elle n’est ni enviée, ni admirée; son salon d’honneur, c’est la rue, et si elle est légendaire, ce n’est pas au même titre que son homonyme.

 

Depuis trente ans qu’elle erre dans tous les quartiers de Paris, traînant ses guenilles, aussi fièrement que les anciens gueux, elle est le sujet de toutes les conversations; tout le monde la voit, personne ne la connaît.

 

Pourquoi ce nom bizarre, la femme au perroquet? Parce que personne ne sait son nom, et que, comme elle a toujours sur son bras gauche un magnifique perroquet vert, on trouve tout naturel de la nommer la femme au perroquet.

 

D’où vient cette femme? Qui est-elle? Par quel concours de circonstances est-elle ou paraît-elle réduite à une profonde misère? Le seul moyen de répondre à ces questions était d’aller la chercher, de la trouver et de lui parler, c’est ce que j’ai fait; et, comme Titus, je n’ai pas perdu ma journée.

Rue Mouffetard, il existe un petit marchand de vin (nom prédestiné, il se nomme Champagne), dont la boutique, coupée en deux, est louée à une marchande de pommes de terre frites ; la maison est sombre et humide; c’est du vieux Paris. Devant le comptoir en étain, de la paille mouillée sert de tapis au buveur. C’est là que je rencontrai la femme au perroquet elle était assise à une table, son perroquet sur le poing ; elle mangeait des moules. J’entrai, je m’assis à côté d’elle, et j’essayai d’entamer la conversation ; elle hésita, soit timidité ou méfiance, et me répondit à peine; enfin elle se décida à causer. J’avoue que je fus très-heureux, depuis longtemps cette femme m’intriguait. Je l’avais mainte et mainte fois rencontrée, et son air triste et résigné m’avait touché. Je n’avais jamais oublié les regards qu’elle jetait sur les enfants qui la suivaient en se moquant d’elle; ses regards indiquaient d’amers regrets. On eût dit qu’il y avait là une grande douleur.

C’était une erreur, la femme au perroquet n’envie rien, ne désire rien; elle trouve meilleur un gros morceau de pain bis mangé en plein air, qu’une bonne table accompagnée de servitude. Elle vit au milieu de nous comme une sauvage au milieu des forêts de l’Amérique; peu lui importe que l’épi poudreux meure de soif dans les sillons; que janvier, de son haleine glacée, gerce nos visages et gèle les ceps bourgeonnants; que le printemps fasse verdir les arbres, gazouiller les oiseaux, que le gazon de mai soit plein de fraises, de violettes et de muguets! Elle marche, va, vient et revient, elle est libre, c’est tout pour elle.

A la première vue, on dirait que la misère lui a pris mesure, car, été comme hiver, elle est vêtue d’une robe sans forme et sans nom : tantôt l’étoffe en est de soie, de barége ou d’indienne, et indique évidemment une fabrication antérieure à notre siècle. Elle est coiffée d’un vieux chapeau qui rappelle vaguement ceux des prêtres espagnols ; ce chapeau est orné de fleurs fanées. Elle est nu-jambes, et a pour chaussures de vieilles savates dépareillées. J’ai dit que son perroquet reposait sur son poing; il y est attaché au moyen d’une vieille ficelle. Elle a une chaufferette en fer battu et un cabas. La chaufferette est un luxe et sert à deux fins : d’abord à réchauffer le perroquet ; puis, en second lieu, elle s’accompagne en frappant sur le couvercle, car elle chante dans les cours, elle chante des chansons bizarres, de vieilles mélopées, et le perroquet fait chorus.

Voici un couplet de ce qu’elle chantait :

 

Colinette au bois s’en alla

En sautillant par-ci par-là,

Trala déridera, trâla déridera.

Un beau monsieur la rencontra,

Frisé, poudré par-ci par-là,

Trala déridera, trala déridera.

Fillette, où courez-vous comme ça?

— Monsieur, je m’en vais dans c’petit bois-là

Cueillir là noisette.

N’y a pas de mal à çà.

Colinette,

N’y a pas de mal à çà.

On ne rit pas en entendant cette femme. Pourquoi? Parce qu’elle chante avec conviction, c’est son bonheur, c’est sa joie, sa vocation. N’ayant pu être comédienne, n’ayant pu avoir les planches, elle a la rue, c’est plus vaste, et on y est moins difficile. Elle ne demande pas l’aumône : chanter, pour elle, n’est pas un métier pour vivre ; elle tire les cartes, elle prédit la bonne et la mauvaise aventure ; elle a beaucoup de clients, elle porte la joie au crédule, à domicile. Je lui demandai son adresse, elle me répondit : Dans la rue, on me trouve. Malgré cela, je parvins à découvrir son domicile, et j’avoue qu’il est impossible de rien imaginer de semblable; elle reste rue des Lyonnais, au cinquième, dans une petite chambre qu’elle loue soixante francs par an. Il n’y a pour tous meubles qu’un grabat, une chaise cassée, une table en bois blanc et un monceau de loques, sa garde-robe. Tout cela est boueux, étendu pêle-mêle, sans ordre, et je défie à l’œil le plus expérimenté de découvrir un coin du carreau qui ne soit caché par un objet quelconque.

La condition, m’a-t-elle dit, que lui a faite son propriétaire, est de ne recevoir personne. Je soupçonne que c’est elle qui ne le veut pas. Pourquoi? Ses voisins disent que le soir, après être rentrée, elle change de costume, qu’une voiture vient la prendre à sa porte, et qu’elle va dans le monde  — Je ne sais quel monde ! — Mais ce qui est certain, c’est qu’elle a reçu une éducation remarquable, qu’elle appartient à une excellente famille, qu’elle a un frère fort à son aise et fort désolé des idées vagabondes de sa sœur.

images (4)La femme au perroquet a soixante ans : elle est vive, alerte ; elle n’a jamais, depuis trente années, parlé à ses voisins ; il semble qu’elle ait peur de la civilisation ; elle est enracinée dans ses habitudes comme un arbre planté en terre. Dans sa rue des Lyonnais, elle est aux antipodes de Paris; elle ne s’occupe de rien, elle ne lit même pas le Petit Journal…

Si elle fuit la société des hommes, en revanche elle recherche celle des animaux : il y a vingt ans, elle avait quatre chats; les chats morts, elle prit deux lévriers ; les chiens morts, elle acheta un perroquet (celui qu’elle a). Voilà sa vie. Qui aurait le courage de la blâmer? Assurément personne. Est-elle à plaindre? Ah que non! Elle a une passion, elle la satisfait. Combien, dans d’autres situations, n’en peuvent dire autant!

 

Extrait du livre de Les Curiosité de Paris de Charles Virmaitre 

 

 

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